## Vers une reprise difficile

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### Résumé — constat général et perspectives chiffrées
- La région fait face à « une crise sanitaire et économique sans précédent » mettant en péril des années de progrès.
- Projection de la région pour 2020 : contraction de 3,0 percent.
- Diminution du revenu réel par habitant en 2020 : 5,3 percent (revenu par habitant ramené aux niveaux de 2013).
- Projection de la croissance régionale pour 2021 : 3,1 percent.
- Déficit de financement potentiel en l’absence d’un surcroît d’aides financières : estimation centrale de 290 milliards de dollars.
- Priorités immédiates : « sauver des vies et protéger les moyens de subsistance ».
- Stratégie recommandée dans les pays maîtrisant la pandémie :
  - suppression progressive des dispositifs de secours liés à la crise,
  - rééquilibrage des dépenses budgétaires pour stimuler la demande globale,
  - poursuite d’une politique monétaire accommodante lorsque les tensions inflationnistes restent modérées.

### Évolution récente et perspectives mondiales et régionales
- Contraction mondiale projetée pour 2020 : 4,4 percent ; croissance mondiale projetée pour 2021 : 5,2 percent.
- Contraction régionale concentrée au deuxième trimestre de 2020; reprise hésitante au second semestre.
- Nombre de pays ne retrouvant pas les niveaux de production de 2019 avant 2022–24.
- Décisions de court terme ayant des implications durables pour la trajectoire de développement.

### Contraintes budgétaires, mesures prises et espace fiscal
- Espace budgétaire plus restreint au début de la crise COVID‑19 qu’au début de la crise financière mondiale.
- Trains de mesures budgétaires liés à la COVID‑19 : 3 % du PIB en moyenne (¾ % pour les nouveaux besoins sanitaires).
- Déficts budgétaires régionaux projetés : 7,6 % du PIB en moyenne; supérieurs ou égaux à 10 % dans certains cas (Afrique du Sud, Cabo Verde, Ghana, Maurice, Seychelles).
- 16 pays présentaient en 2019 un risque élevé de surendettement ou éprouvaient déjà des difficultés.
- Besoins extérieurs agrégés estimés pour 2020–23 : quelque 890 milliards de dollars (environ 55 % du PIB 2020 de la région).
  - Répartition des 890 milliards :
    - environ 480 milliards de dollars : obligations de remboursement de la dette extérieure;
    - environ 280 milliards de dollars : déficits des transactions courantes;
    - 95 milliards de dollars : dépenses non sanitaires et non sociales redéfinies par la crise;
    - 30 milliards de dollars : dépenses supplémentaires pour riposter comme d’autres pays émergents.
  - Déficit de financement non identifié : entre 130 milliards de dollars et 410 milliards de dollars; estimation du scénario central : 290 milliards de dollars.
  - Selon le scénario central : les flux privés couvriraient moins de la moitié des besoins; les flux officiels couvriraient environ un quart; déficit pour les pays à plus faible revenu : près de 130 milliards de dollars.

### Risques, scénarios défavorables et aléas
- Principaux risques : évolution de la pandémie, résilience des systèmes de santé, accès au vaccin, instabilité politique, nouveaux chocs climatiques (inondations, sécheresses).
- Scénario de deuxième vague mondiale en 2021 :
  - croissance chuterait de 1½–2½ points de pourcentage supplémentaires à court terme;
  - perte de production cumulée de 5–7 points de pourcentage du PIB sur deux ans;
  - de nombreux pays exportateurs de pétrole pourraient ne pas renouer avec les niveaux antérieurs avant 2025.
- Risques financiers : durcissement des conditions de liquidité, réévaluation des actifs risqués, vulnérabilité liée à la dette, affaiblissement des banques et intermédiaires non bancaires.
- Risques sociaux et politiques : aggravation des inégalités, tensions sociales, élections avec espace budgétaire restreint, problèmes sécuritaires (Mali).

### Conditions financières et flux de capitaux
- Sorties de capitaux d’Afrique subsaharienne entre février et mars 2020 : 5 milliards de dollars.
- Entrées de capitaux entre juin et septembre 2020 : 1,3 milliard de dollars.
- Envois de fonds pour la région attendus en 2020 : chute d’environ 20 %; exemple : Nigéria, envois nets en baisse de 40 % au deuxième trimestre.
- Principales composantes des flux (IDE et autres) à leurs plus bas historiques; coût des emprunts plus élevé qu’après la crise financière mondiale.

### Impact macroéconomique régional et profils de pays sélectionnés
- Contraction régionale en 2020 : 3,0 % (près de 7 points de pourcentage en deçà des prévisions d’il y a douze mois).
- Pertes de production cumulées dues à la pandémie : quelque 14 % du PIB en 2020–21 par rapport aux tendances antérieures.
- Prévision de croissance pour 2021 : 3,1 %.
- Calendrier de retour aux niveaux de 2019 : la région dans son ensemble ne devrait pas retrouver 2019 avant 2022; pays comme Afrique du Sud, Angola, Nigéria : pas avant 2023 ou 2024.
- Profils sélectionnés :
  - Afrique du Sud : contraction de 8,0 % en 2020; redressement à 3,0 % en 2021.
  - Nigéria : contraction de 4,3 % en 2020; croissance projetée de 1,7 % en 2021.
  - Angola : contraction de 4,0 % en 2020; reprise à 3,2 % en 2021.
  - Éthiopie : choc décalé au troisième trimestre 2020; reprise progressive au quatrième trimestre 2020; croissance retrouvant les taux d’avant la crise d’ici 2022.

### Pays tributaires du tourisme et pays fragiles / préémergents
- Pays tributaires du tourisme (Cabo Verde, Comores, Gambie, Maurice, Sao Tomé‑et‑Principe, Seychelles) :
  - Tourisme : quelque 18 % du PIB en moyenne; environ 25 % de l’emploi total.
  - Tourisme : 18 % des recettes budgétaires aux Seychelles.
  - Tourisme : plus de 46 % des recettes d’exportation en moyenne dans ces pays.
  - Flux touristiques : pas de retour aux niveaux de 2019 avant 2023; recettes commenceront à s’améliorer en 2021.
- Pays préémergents et fragiles : dépenses publiques limitées pèseront sur la croissance 2021; rebond possible via consommation et investissement financé sur ressources extérieures; risques sécuritaires (Sahel, Mali).

### Prix, inflation et sécurité alimentaire
- Inflation moyenne régionale : de 8,5 % en 2019 à 10,6 % en 2020 (projection).
- Causes : hausse des prix des produits alimentaires et dépréciation.
- Insécurité alimentaire aggravée dans certains pays (Angola, Burkina Faso, Éthiopie, Nigéria, République centrafricaine).
- Afrique de l’Est : recrudescence de criquets pèlerins reste un facteur majeur.

### Dosage macroéconomique à court terme et priorités de politique
- Priorité dans les pays où la propagation se poursuit : dépenses de santé, mesures de soutien au revenu et à la liquidité pour entreprises et ménages.
- Dans les pays mieux maîtrisant la pandémie : suppression progressive des dispositifs d’urgence; rééquilibrage des dépenses (investissements dans infrastructures publiques); poursuite d’une politique monétaire accommodante en l’absence de fortes tensions inflationnistes.
- Trouver un équilibre entre soutien et viabilité de la dette, stabilité extérieure et crédibilité à long terme.

### Protection sociale, transformation numérique et mesures d’urgence
- Jusqu’à deux tiers de la population active dans l’économie informelle, limitant la portée des registres sociaux.
- Exemples d’approches : dispositifs existants (Afrique du Sud); transferts monétaires ciblés (Madagascar, Malawi, Namibie, Togo); aide alimentaire (Gambie, Libéria, Madagascar, Sénégal, Tchad).
- Transformation numérique : argent mobile, transferts monétaires électroniques et participation virtuelle (Bénin, Côte d’Ivoire, Gambie, Lesotho, Madagascar, Namibie, Ouganda, Togo, Zambie, Zimbabwe); cas Novissi au Togo.
- Mesures temporaires adoptées : plafonds de prix, réduction des tarifs de services essentiels, fonds spéciaux extrabudgétaires, accélération des paiements, report temporaire du paiement des impôts ou cotisations.

### Politiques monétaires, liquidité et risques prudentiels
- Baisse cumulative des taux directeurs depuis janvier 2020 : 500 points de base en Zambie; 275 pb en Afrique du Sud; 250 pb en Namibie; 200 pb en Ouganda; 150 pb au Ghana.
- Injection de liquidités : entre 0,5 % du PIB en Angola et 3 % du PIB en Zambie.
- Mesures de soutien : moratoires sur remboursement des prêts; restructuration des obligations; garanties publiques (ex. nouveau programme de garantie de prêt en Afrique du Sud pouvant représenter jusqu’à 4 % du PIB; en‑cours existant de garanties à des entreprises publiques : 11 % du PIB).
- Risques : passifs conditionnels hors budget, accroissement de la dette publique si les garanties sont appelées; pertes d’efficacité si banques sous‑capitalisées.

### Assainir les finances publiques : mesures recommandées
- Accent sur les recettes intérieures via :
  1) élargir l’assiette de la TVA;
  2) augmenter la progressivité et élargir le périmètre de l’impôt sur le revenu des personnes physiques;
  3) renforcer le rôle des impôts sur le patrimoine;
  4) supprimer les exonérations de l’impôt sur les sociétés et les incitations fiscales génératrices de distorsions;
  5) accorder une plus grande place aux taxes environnementales.
- Compléter par : efficience de l’investissement public, rationalisation des dépenses fiscales, renforcement de la gestion des finances publiques, amélioration de la gestion et de la transparence de la dette.
- Transparence et cadre budgétaire à moyen terme pour renforcer la confiance des investisseurs.
- Suspension temporaire et limitée des règles budgétaires de l’UEMOA envisageable si engagement à renouer avec la viabilité après la crise.

### Préserver la stabilité extérieure et financière
- Politique monétaire : davantage d’assouplissement pour régimes crédibles avec inflation faible; limites pour régimes de rattachement strict; flexibilité du taux de change recommandée pour atténuer chocs pour les pays à monnaie flottante.
- Usage limité de ponctions sur les réserves pour lisser ajustements désordonnés; mesures temporaires de gestion des flux de capitaux pour sorties importantes.
- Financement monétaire du déficit : recours déjà observé (Ghana, Maurice, République démocratique du Congo); principes recommandés : solution de dernier recours, prêts aux conditions du marché, limités dans le temps et assortis d’un plan de remboursement.
- Nécessité d’un bilan de santé précis du système financier : classement des prêts complet, provisionnement, projection des besoins de recapitalisation; éviter un assouplissement comptable durable.

### Lutter contre la pauvreté, inégalités et retour de la croissance
- Progrès antérieurs menacés : pauvreté passée de plus de 60 percent à un peu plus de 40 percent en 2015 dans la région; gains en espérance de vie et réduction de mortalité infantile/maternelle.
- COVID‑19 : pertes massives d’emplois (ex. Afrique du Sud, 2,2 millions d’emplois perdus au deuxième trimestre 2020, soit une baisse de 14 percent de l’emploi).
- Selon la Banque mondiale : plus de 26 millions de personnes basculées dans l’extrême pauvreté en 2020 dans la seule Afrique subsaharienne.
- Réformes structurelles nécessaires pour relancer la croissance et attirer l’investissement privé; estimation pré‑COVID‑19 : 420 milliards de dollars de dépenses par an d’ici à 2030 nécessaires pour une croissance durable et inclusive.

### Financement extérieur et rôle du FMI en 2020–21
- Actions du FMI en 2020 : prêts via la facilité de crédit rapide (FCR) et l’instrument de financement rapide (IFR); augmentation de l’accès aux ressources; allégement du service de la dette via le fonds fiduciaire ARC.
- Montant débloqué par le FMI fin septembre 2020 pour la région (assistance d’urgence et allégement ARC au cours des six mois précédents) : environ 16 milliards de dollars.
- Mesures 2021 : relèvement temporaire des plafonds d’accès annuels; décaissements plus fréquents au titre de la FCR; renforcement du fonds fiduciaire ARC (allégement sous forme de dons pour six mois supplémentaires jusqu’à avril 2021); appel à un surcroît de soutien des donateurs pour les fonds fiduciaires concessionnels (RPC).

### Dette publique : évolutions récentes et indicateurs quantitatifs (moyennes/groupes)
- Dette publique (Projections pré-COVID-19 / Projections actuelles, Moyenne simple, en pourcentage du PIB) :
  - Afrique subsaharienne: 56,4 / 65,6
  - Pays exportateurs de pétrole: 50,4 / 68,5
  - Autres pays riches en ressources naturelles: 45,8 / 52,7
  - Pays pauvres en ressources naturelles: 65,9 / 73,3
- Recettes publiques (Hors dons) :
  - Afrique subsaharienne: 19,5 / 17,6
  - Pays exportateurs de pétrole: 20,4 / 16,8
  - Autres pays riches en ressources naturelles: 18,0 / 16,4
  - Pays pauvres en ressources naturelles: 20,1 / 18,6
- Ratio du service de la dette aux recettes (En pourcentage) :
  - Afrique subsaharienne: 21,9 / 32,3
  - Pays exportateurs de pétrole: 30,1 / 76,3
  - Autres pays riches en ressources naturelles: 21,8 / 29,1
  - Pays pauvres en ressources naturelles: 19,0 / 21,8
- Analyses récentes : 11 pays présentent un risque élevé de surendettement; 6 pays sont en situation de surendettement.

### Appendice statistique, méthodes et couverture
- Période de référence : estimations des services du FMI au 30 septembre 2020, utilisées pour l’édition d’octobre 2020 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM).
- Couverture : 45 pays d’Afrique subsaharienne relevant du département Afrique.
- Définitions de groupes : critères pour pays exportateurs de pétrole (exportations nettes de pétrole ≥ 30 % des exportations totales), autres pays riches en ressources naturelles (ressources naturelles non renouvelables ≥ 25 % des exportations totales), etc.
- Méthodes d’agrégation : moyennes arithmétiques et géométriques pondérées par le PIB PPA ou taux de change du marché selon les tableaux.

*Source : Vers une reprise difficile — Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne, OCTOBRE 2020.*

### Section 1

### Vers une reprise difficile

### Résumé — constat général et perspectives chiffrées
- L’Afrique subsaharienne fait face à « une crise sanitaire et économique sans précédent » qui a mis en péril des années de progrès et bouleversé les moyens de subsistance de millions de personnes.
- Les projections pour 2020 indiquent une contraction de l’activité régionale de 3,0 percent.
- L’incidence la plus forte touche les pays tributaires du tourisme; les pays exportateurs de produits de base sont aussi durement touchés; les pays plus diversifiés voient une forte décélération mais, dans bien des cas, une croissance positive en 2020.
- En 2020, la diminution du revenu réel par habitant est estimée à 5,3 percent, ramenant le revenu par habitant aux niveaux de 2013.
- Pour 2021, la croissance régionale devrait se redresser modestement à 3,1 percent.
- Les perspectives restent soumises à une incertitude élevée, liée notamment à la persistance de la pandémie de COVID‑19, à la résilience des systèmes de santé de la région et à l’accès aux financements extérieurs.
- Sans un surcroît d’aides financières massives, la région risque d’afficher des déficits de financement considérables; un déficit estimé à 290 milliards de dollars pourrait contraindre à des rééquilibrages budgétaires plus brutaux et fragiliser la reprise.
- Les priorités pour les pays où la pandémie perdure restent « sauver des vies et protéger les moyens de subsistance ». Dans les pays mieux maîtrisant la pandémie, la stratégie macroéconomique recommandée combine :
  - suppression progressive des dispositifs de secours liés à la crise,
  - rééquilibrage des dépenses budgétaires pour stimuler la demande globale,
  - poursuite d’une politique monétaire accommodante lorsque les tensions inflationnistes restent modérées.

### Évolution récente et perspectives mondiales et régionales
- L’apparition de la pandémie a été différée en Afrique subsaharienne et les taux de contamination ont été relativement bas comparativement à d’autres régions, mais une recrudescence de nouveaux cas dans de nombreux pays avancés et la menace de vagues récurrentes dans la région signifient que la pandémie restera une préoccupation concrète.
- Avec l’instauration de confinements, l’activité a reculé brutalement au deuxième trimestre de 2020; une reprise hésitante au second semestre est visible sous l’effet d’un assouplissement des mesures d’endiguement, d’une hausse des cours des produits de base et d’une détente des conditions financières.
- Projections mondiales citées : contraction de l’économie mondiale de 4,4 percent en 2020 suivie d’une croissance de 5,2 percent en 2021.
- De nombreux pays d’Afrique subsaharienne ne renoueront pas avec les niveaux de production de 2019 avant 2022–24.
- Les décisions de court terme auront des implications importantes pour la trajectoire et la viabilité du développement à plus long terme de chaque pays.

### Contraintes budgétaires, financières et mesures prises
- La région disposait d’un espace budgétaire nettement plus restreint au début de la crise de la COVID‑19 qu’au commencement de la crise financière mondiale, et elle a, en général, été plus bridée que d’autres régions.
- Les décideurs ont dû inventer « de nouvelles solutions innovantes » pour distribuer des ressources rares aux populations les plus vulnérables.
- La charge sur les politiques monétaire et prudentielle s’est alourdie; le recours à des mesures d’urgence temporaires (par exemple des plafonds de prix sur les produits de première nécessité) s’est accru.
- Le FMI a agi rapidement en 2020 pour couvrir une grande partie des besoins de la région et aider à mobiliser un soutien additionnel de la communauté internationale.

### Risques, besoins de financement et rôle des réformes
- Les perspectives peuvent être révisées à la baisse en fonction de l’évolution de la pandémie, de la résilience des systèmes de santé et de l’accès au vaccin.
- Autres risques : instabilité politique et nouveaux chocs climatiques (inondations, sécheresses).
- Les réformes structurelles demeurent cruciales pour restaurer la croissance et renforcer la résilience, notamment dans les domaines des recettes, de la transformation numérique, de l’intégration commerciale, de la concurrence, de la transparence et de la gouvernance, et de l’atténuation des changements climatiques.
- Le besoin de financements extérieurs restera important; en l’absence d’apports privés revenant aux niveaux d’avant la crise et en tenant compte des engagements existants des institutions financières internationales et des créanciers bilatéraux officiels, la région pourrait afficher un déficit de l’ordre de 290 milliards de dollars.

### Messages de politique prioritaires
- Priorité immédiate : sauver des vies et protéger les moyens de subsistance dans les pays où la pandémie perdure.
- Dans les pays où la situation sanitaire est mieux maîtrisée :
  - supprimer progressivement les dispositifs d’urgence,
  - réorienter les dépenses budgétaires vers des mesures stimulant la demande globale,
  - maintenir une politique monétaire accommodante si l’inflation reste modérée.
- Trouver un équilibre entre mesures de soutien économiques et impératifs de viabilité de la dette, de stabilité extérieure et de crédibilité à long terme.
- Utiliser la réglementation et le contrôle du secteur financier pour soutenir banques et entreprises touchées sans compromettre la capacité du système financier à soutenir la croissance future.
- Poursuivre des réformes de gouvernance pour améliorer la confiance, encourager l’aide extérieure et attirer l’investissement privé.

*Source : Vers une reprise difficile — Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne, OCTOBRE 2020.*

### Section 2

### Section 2

### Contexte mondial et résumé des projections
- La projection de croissance de l’économie mondiale pour 2020 est meilleure que la prévision de juin, tandis que la projection de croissance pour 2021 est inférieure à la prévision de juin.
- La contraction de 2020 a été globalement synchronisée et s’est concentrée sur le deuxième trimestre de 2020.
- Le redressement en 2021 devrait être inégal : reprise relativement rapide pour la Chine et les principaux pays de la zone euro; les États‑Unis devraient connaître une expansion un peu plus modérée.
- Depuis le début de 2020 :
  - le commerce mondial a diminué de 3½ % au premier semestre;
  - les déplacements et flux touristiques mondiaux ont connu un coup d’arrêt;
  - les cours du pétrole se sont stabilisés à 41½ dollars le baril (soit un recul de 32 % par rapport à 2019);
  - les cours des métaux de base et autres produits de base se sont inscrits en baisse.

### Conditions financières et flux de capitaux
- Les conditions financières mondiales sont mitigées.
- Les sorties de capitaux des pays émergents et préémergents se sont envolées au début de la crise, provoquant un élargissement brutal des écarts de taux d’intérêt.
- Les sorties de capitaux d’Afrique subsaharienne entre février et mars ont représenté 5 milliards de dollars au total.
- Depuis juin, les entrées de capitaux dans la région ont repris timidement : 1,3 milliard de dollars entre juin et septembre.
- Le coût des emprunts demeure plus élevé qu’au lendemain de la crise financière mondiale; les emprunteurs d’Afrique subsaharienne doivent encore retrouver le chemin du marché euro‑obligataire mondial et les primes de risque sont toujours volatiles.
- Les principales composantes des flux de capitaux vers la région, dont les investissements directs étrangers (IDE) et les autres flux d’investissement, se situent à leurs plus bas niveaux historiques.
- Les envois de fonds pour la région devraient chuter de quelque 20 % en 2020.
  - Exemple : les envois nets de fonds au Nigéria ont chuté de 40 % au deuxième trimestre.
- Il faudra peut‑être plus de temps pour que les IDE et autres flux d’investissement se redressent que pour les flux d’investissements de portefeuille.

### Évolution de la pandémie et mesures d’endiguement
- En Afrique subsaharienne, la pandémie a été quelque peu retardée et dominée par l’apparition de nouveaux cas en Afrique du Sud; à l’exception notable de ce pays, la propagation semble avoir été plus limitée dans le reste de la région.
- Le nombre de cas est peut‑être sous‑évalué dans beaucoup de pays de la région en raison des faibles capacités de dépistage.
- Pour la plupart, les pays d’Afrique subsaharienne ont commencé à assouplir leurs règles de confinement vers la fin du mois d’avril.
- Les projections de référence supposent que, pour la plupart des pays, certaines mesures de distanciation physique (obligatoires ou facultatives) seront maintenues en 2021, mais disparaîtront peu à peu d’ici la fin 2022, la couverture vaccinale et les traitements s’améliorant, et les contaminations locales redevenant peu nombreuses.

### Impact macroéconomique régional et projections
- L’économie régionale subira une contraction de 3,0 % en 2020, soit près de 7 points de pourcentage en deçà des prévisions du FMI d’il y a seulement douze mois.
- Pertes de production cumulées en raison de la pandémie : quelque 14 % du PIB en 2020–21 par rapport aux tendances antérieures à la crise.
- Prévision de croissance régionale pour 2021 : 3,1 %.
- La région dans son ensemble ne devrait pas retrouver les niveaux de 2019 avant 2022.
  - Dans certains des principaux pays (Afrique du Sud, Angola, Nigéria), le PIB réel ne renouera pas avec les niveaux antérieurs à la crise avant 2023 ou 2024.

### Profils de pays sélectionnés
- Afrique du Sud :
  - Contraction de 8,0 % en 2020, principalement sous l’effet des mesures d’endiguement.
  - Redressement modeste en 2021 : croissance de 3,0 %.
- Nigéria :
  - Contraction de 4,3 % en 2020 en raison de la faiblesse des cours du pétrole, de la réduction de la production sous l’accord OPEP+ et du recul de la demande intérieure.
  - Croissance projetée en 2021 : 1,7 %.
- Angola :
  - PIB réel diminuera pour une cinquième année consécutive; contraction de 4,0 % en 2020.
  - Reprise et croissance positive en 2021 : 3,2 %.
- Éthiopie :
  - Choc décalé au troisième trimestre de 2020; secteur rural d’agriculture de subsistance relativement épargné.
  - Reprise progressive au quatrième trimestre de 2020; croissance renouant avec les taux d’avant la crise d’ici à 2022.

### Pays tributaires du tourisme et pays fragiles / préémergents
- Pays tributaires du tourisme (Cabo Verde, Comores, Gambie, Maurice, Sao Tomé‑et‑Principe, Seychelles) :
  - Le tourisme représente quelque 18 % du PIB en moyenne et pèse environ 25 % de l’emploi total.
  - Le tourisme représente 18 % des recettes budgétaires aux Seychelles.
  - Le tourisme représente plus de 46 % des recettes d’exportation en moyenne dans ces pays.
  - Les flux touristiques ne devraient pas renouer avec les niveaux de 2019 avant 2023; les recettes commenceront à s’améliorer en 2021.
- Pays préémergents et pays fragiles :
  - Les dépenses publiques limitées pèseront sur la croissance en 2021, mais seront contrebalancées par une légère hausse de la consommation et par un rebond plus prononcé de l’investissement financé sur ressources extérieures.
  - Dans les pays fragiles, en particulier du Sahel, les problèmes de sécurité et l’instabilité politique (Mali) pourraient compromettre le regain attendu de confiance.

### Prix, inflation et sécurité alimentaire
- L’inflation moyenne en Afrique subsaharienne, après un pic à deux chiffres en 2017, devrait monter de 8,5 % en 2019 à 10,6 % en 2020 selon les projections.
- La hausse de l’inflation reflète en grande partie la hausse des prix des produits alimentaires et la dépréciation.
- Les perturbations de l’approvisionnement en aliments locaux et importés liées à la COVID‑19 et les pressions de dépréciation ont fait monter les prix de denrées alimentaires essentielles dans de nombreux pays, avec une profonde aggravation de l’insécurité alimentaire dans certains d’entre eux (Angola, Burkina Faso, Éthiopie, Nigéria, République centrafricaine).
- En Afrique de l’Est, la recrudescence de criquets pèlerins reste un facteur majeur de la grave insécurité alimentaire, bien que les pluies locales et les mesures de prévention aient permis de contenir cette menace pour le moment.

### Aléas, scénarios défavorables et risques
- Incertitude notable et persistante dépendant de l’évolution de la pandémie, de la durée des mesures d’endiguement, de leur applicabilité concrète et des changements de comportement durables.
- Scénario de deuxième vague mondiale en 2021 :
  - La croissance chuterait de 1½–2½ points de pourcentage de plus à court terme.
  - Perte de production cumulée de 5–7 points de pourcentage du PIB ces deux prochaines années.
  - De nombreux pays, en particulier les exportateurs de pétrole, ne parviendraient pas à renouer avec les niveaux de production antérieurs à la crise avant 2025.
- Une pandémie de plus longue durée pourrait provoquer un durcissement brutal des conditions de liquidité, une réévaluation du prix des actifs risqués, mettre au jour la vulnérabilité liée à la dette et affaiblir banques et intermédiaires non bancaires.
- Les difficultés de financement pourraient toucher les administrations publiques vulnérables, entraînant tensions sur la viabilité de la dette, défaillances, sorties de capitaux, pressions de dépréciation et, dans certains cas, inflation élevée.
- Risques intérieurs principaux : aggravation des inégalités socioéconomiques, instabilité politique préexistante, élections à venir avec espace budgétaire restreint (risque de dérapages), problèmes sécuritaires (Mali), exposition aux chocs climatiques (inondations, sécheresses).
- Risque de renouveau de mesures protectionnistes liées à la pandémie, perturbant commerce et chaînes de valeur mondiales et pesant sur la croissance potentielle.
- Pour les pays exportateurs de pétrole, la baisse de la demande et l’incertitude sur de possibles réductions de production par l’OPEP+ pourraient faire baisser davantage les cours du pétrole et provoquer de nouvelles poussées de volatilité.

### Financement extérieur et politique
- Le financement extérieur demeure indispensable.
- En l’absence d’un surcroît d’aide de la part de la communauté internationale, de nombreux pays pourraient se trouver dans une situation où le rééquilibrage des finances publiques pour réduire la dette s’avère contre‑productif :
  - paralysie de la croissance à court terme;
  - amplification des tensions sociales;
  - augmentation des primes de risque;
  - limitation de la capacité des autorités à mener des réformes destinées à rehausser la productivité.

*PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL | OCTOBRE 2020*

### Section 3

### Section 3

### Incertitude liée au vaccin et trajectoire de la reprise
- Une distribution accélérée et l’accès à un vaccin efficace, éprouvé et d’un prix abordable, une fois qu’il sera disponible, réduiraient l’incertitude, renforceraient la confiance et permettraient peut‑être un retour plus rapide de l’activité aux niveaux d’avant la COVID‑19.
- En cas de retards dans le développement ou dans la mise en place, la pandémie continuerait à peser sur les perspectives pour la région et pourrait différer la reprise.

### Dosage macroéconomique à court terme : priorités et contraintes
- Attendre la fin de la pandémie n’est pas une solution viable économiquement ; les autorités doivent opérer des choix difficiles.
- Priorité dans les pays où la propagation se poursuit : sauver des vies et protéger les moyens de subsistance via dépenses de santé et mesures de soutien au revenu et à la liquidité pour entreprises et ménages.
- Dans les pays où la pandémie est mieux maîtrisée, un dosage macroéconomique idéal comprendrait :
  - une suppression progressive des dispositifs de secours liés à la crise,
  - un rééquilibrage des dépenses pour stimuler la demande globale (par exemple via des investissements dans des infrastructures publiques),
  - une poursuite de la politique monétaire accommodante, en l’absence de fortes tensions inflationnistes.

### Espace budgétaire et ampleur des mesures fiscales
- La région est entrée dans la crise avec un espace budgétaire réduit en 2019 : 16 pays présentaient un risque élevé de surendettement ou éprouvaient déjà des difficultés.
- Les trains de mesures budgétaires liées à la COVID‑19 dans la région ont représenté seulement 3 % du PIB en moyenne (¾ % pour les nouveaux besoins sanitaires et le reste pour les transferts et les dépenses liés à la crise).
- Les déficits budgétaires devraient atteindre 7,6 % du PIB en moyenne pour l’ensemble de la région et être supérieurs ou égaux à 10 % dans certains cas (Afrique du Sud, Cabo Verde, Ghana, Maurice, Seychelles), même en tenant compte des dons émanant de donateurs.
- Selon les projections, les déficits budgétaires de la région devraient vite renouer avec les niveaux d’avant la crise, plus tôt que pour la plupart des autres régions.

### Protection sociale et transformation numérique
- Jusqu’à deux tiers de la population active relèvent de l’économie informelle, rendant une grande partie des ménages et des entreprises vulnérables hors des registres sociaux.
- Exemples d’approches adoptées :
  - Mise à profit de dispositifs de protection existants (Afrique du Sud).
  - Nouveaux transferts monétaires ciblés (Madagascar, Malawi, Namibie, Togo).
  - Aide alimentaire ou aide en nature (Gambie, Libéria, Madagascar, Sénégal, Tchad).
- La transformation numérique a permis d’accroître l’efficacité et de réduire les coûts : argent mobile, transferts monétaires électroniques et participation virtuelle (Bénin, Côte d’Ivoire, Gambie, Lesotho, Madagascar, Namibie, Ouganda, Togo, Zambie, Zimbabwe).
- Cas spécifique : Novissi au Togo s’appuie sur des solutions de téléphonie mobile pour gérer et cibler les paiements.

### Mesures d’urgence temporaires et gouvernance
- Mesures adoptées :
  - Plafonds de prix pour produits de première nécessité (Côte d’Ivoire, Eswatini, Zimbabwe).
  - Réduction des tarifs de services essentiels (Bénin, Côte d’Ivoire, Eswatini, Ghana, Guinée, Tchad, Togo).
  - Fonds spéciaux de solidarité extrabudgétaires (Botswana, Cameroun, Côte d’Ivoire, Niger, Rwanda, Tchad, Zimbabwe).
  - Accélération du paiement des factures ou apurement des arriérés (Botswana, Côte d’Ivoire, Namibie, Sierra Leone, Tchad).
  - Report temporaire du paiement des impôts ou cotisations de sécurité sociale (Cameroun, Côte d’Ivoire, Eswatini, Ouganda, Sierra Leone, Tchad, Togo).
- Gouvernance : mise en place de mesures renforcées pour assurer le suivi des dépenses liées à la COVID‑19, audits indépendants et publication des marchés (Afrique du Sud, Cameroun, Kenya, Ouganda, République centrafricaine, Sao Tomé‑et‑Principe, Tchad). Autorisation d’unités spéciales pour enquêter sur les allégations de détournement de fonds publics (Afrique du Sud).

### Politiques monétaires, liquidité etrisques prudentiels
- Baisse des taux directeurs cumulées depuis janvier 2020 : 500 points de base en Zambie, 275 pb en Afrique du Sud, 250 pb en Namibie, 200 pb en Ouganda et 150 pb au Ghana.
- Injection de liquidités dans le système bancaire : montants compris entre 0,5 % du PIB en Angola et 3 % du PIB en Zambie.
- Mesures pour soutenir les entreprises et ménages : moratoires temporaires sur le remboursement des prêts (Botswana, Namibie, Sao Tomé‑et‑Principe) ; restructuration des obligations existantes (Botswana, Eswatini, Éthiopie, Kenya, Namibie, Nigéria, Ouganda).
- Exemples de garanties publiques :
  - Nouveau programme de garantie de prêt en Afrique du Sud pouvant représenter jusqu’à 4 % du PIB.
  - En‑cours existant de garanties de prêts octroyés à des entreprises publiques à hauteur de 11 % du PIB.
- Les garanties publiques créent des passifs conditionnels hors budget et accroissent la dette publique uniquement lorsque la garantie est appelée.
- Assouplissements prudentiels : assouplissement des normes de fonds propres (Botswana, Ghana) ; report de la migration vers les normes de Bâle III (UEMOA).
- Risques : pertes d’efficacité des mesures de relance si les banques restent sous‑capitalisées ; surcharge des bilans publics et privés pouvant compromettre la stabilité à plus long terme.

### Relancer la croissance : arbitrages à moyen terme et viabilité de la dette
- À plus long terme, les dirigeants disposeront de ressources moins abondantes et devront opérer des choix difficiles entre relance et viabilité de la dette.
- La capacité d’endettement de la plupart des pays est réduite en raison d’une détérioration des perspectives de croissance, d’une couverture des réserves plus faible, d’un ralentissement des envois de fonds et d’une dégradation du contexte mondial.
- Volatilité du taux de change pesant sur le coût du service de la dette, étant donné qu’une part importante de la dette publique est souvent libellée en devise.
- Certains pays ont peut‑être franchi le seuil de viabilité ; si le service de la dette dépasse la capacité de remboursement, créanciers et emprunteurs ont intérêt à s’accorder sur des modalités d’allégement de la part des créanciers (Angola, Zambie).

### Mesures recommandées pour assainir les finances publiques
- Le rééquilibrage des finances publiques devrait avant tout s’appuyer sur les recettes intérieures. Les autorités devraient chercher activement des moyens de :
  1) élargir l’assiette de la TVA ;
  2) augmenter la progressivité et élargir le périmètre de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ;
  3) renforcer le rôle des impôts sur le patrimoine ;
  4) supprimer les exonérations de l’impôt sur les sociétés et les incitations fiscales génératrices de distorsions ;
  5) accorder une plus grande place aux taxes environnementales.

*Source : Section 3, text - Section 3 (PDF).*

### Section 4

### Section 4

### Mobilisation des recettes et renforcement de la capacité fiscale
- La taxation des ressources naturelles pourrait constituer un outil supplémentaire pour accroître les recettes intérieures, compte tenu de la dépendance accrue de nombreux pays à l’égard des industries extractives.5
- Transformation numérique et administration fiscale :
  - Exemple : à Sao Tomé‑et‑Principe, la mise en place de la facturation électronique a permis d’élargir l’assiette fiscale au secteur non structuré, ce qui a augmenté les recettes même en pleine crise de la COVID‑19.
  - Autres mesures : une méthode d’administration des recettes davantage fondée sur les risques.
- Dimension mondiale de la mobilisation des recettes :
  - La capacité des grandes entreprises internationales à se soustraire à l’impôt nuit particulièrement aux pays à faible revenu, fortement exposés au transfert de bénéfices et à la concurrence fiscale.
  - La coopération fiscale mondiale devrait être une composante majeure de la riposte internationale, en veillant à ce que les intérêts des pays à faible revenu soient totalement pris en compte (coordonner avec les Nations Unies, l’OCDE et autres institutions).
- Ciblage et efficacité des dispositifs de protection sociale :
  - Une réforme des subventions a généré d’importantes économies budgétaires dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, notamment dans le contexte de la faiblesse actuelle des prix de l’énergie.
  - Avant de réformer les subventions, les autorités doivent disposer des moyens pour protéger les résidents les plus vulnérables d’une soudaine hausse des prix des produits de première nécessité.
  - Répondre aux effets régressifs de certaines réformes fiscales (variations des taux de TVA, par exemple) via des filets de protection renforcés et mieux ciblés.
- Gouvernance des dépenses publiques et transparence :
  - Compléter les mesures budgétaires par des mécanismes garantissant l’efficience de l’investissement public, la rationalisation des dépenses fiscales, le renforcement de la gestion des finances publiques et l’amélioration de la gestion et de la transparence de la dette.6
  - Supprimer progressivement les mesures de soutien d’urgence liées à la COVID‑19 et affecter les dépenses disponibles aux activités les plus susceptibles de dynamiser la croissance.
  - S’engager à améliorer la transparence et la responsabilisation pour s’assurer que les fonds et mesures aident prioritairement les personnes qui en ont le plus besoin.
- Cadre budgétaire et confiance :
  - Une plus grande transparence renforcerait la confiance des investisseurs locaux et internationaux, surtout si elle s’inscrit dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible définissant une trajectoire économiquement et socialement durable vers la viabilité.
  - Une suspension temporaire et limitée dans le temps de l’application des règles budgétaires de l’UEMOA semble pertinente dans les circonstances de la pandémie, à condition que les pays s’engagent à renouer avec des finances publiques plus viables après la crise.

### Préserver la stabilité extérieure et des prix
- Limites et priorités de la politique monétaire :
  - Pour les pays dotés de régimes monétaires crédibles, un surcroît d’assouplissement est judicieux pour ceux qui enregistrent une inflation faible.
  - Les possibilités d’assouplissement sont plus limitées pour les pays ayant un régime de rattachement strict.
  - Pour les pays à monnaie flottante, la flexibilité du taux de change peut atténuer les chocs exogènes; une ponction sur les réserves peut se justifier pour lisser des ajustements désordonnés et atténuer l’asymétrie des bilans (graphique 1.13).
  - Pour les pays confrontés à des sorties de capitaux importantes et désordonnées, des mesures temporaires de gestion des flux de capitaux pourraient être imposées dans le cadre d’un train de mesures plus vastes.
- Capacité d’action variable :
  - Les banques centrales sous‑capitalisées ou les pays avec une faible crédibilité et des anticipations inflationnistes mal ancrées peuvent avoir une capacité restreinte à abaisser les taux d’intérêt sans accentuer les tensions inflationnistes (exemple : République démocratique du Congo).
- Financement monétaire du déficit :
  - Certains pays ont déjà fait appel à la banque centrale pour financer des dépenses de crise pendant le confinement (Ghana, Maurice, République démocratique du Congo).
  - Principes d’utilisation : les prêts directs de la banque centrale à l’État doivent être une solution de dernier recours, envisagée uniquement lorsqu’il n’est pas possible d’obtenir des financements suffisants d’autres sources.
  - Conditions recommandées : prêts aux conditions du marché, limités dans le temps et assortis d’un plan de remboursement précis à moyen terme.
  - Risques : la monétisation des déficits peut nuire à l’indépendance et à l’efficacité à long terme de la banque centrale, provoquer un désancrage des anticipations inflationnistes et accentuer les pressions sur la monnaie (exemple : Zimbabwe).7

### Préserver la stabilité financière
- Nécessité d’un système financier solide pour pérenniser la croissance :
  - La crise met de nombreux emprunteurs en difficulté, surtout si la pandémie dure.
  - Si les banques conservent le risque dans leurs bilans, les conséquences sur les prêts improductifs, la solvabilité des banques et les garanties publiques peuvent être lourdes.
- Importance d’un bilan de santé précis du système financier :
  - Disposer d’un classement des prêts suffisamment complet et d’un provisionnement des pertes sur prêts tenant compte des pertes potentielles.
  - Projeter de façon réaliste l’insuffisance des fonds propres et les besoins de recapitalisation.
  - Éviter un laxisme durable ou l’assouplissement des règles comptables qui masqueraient l’état réel du système financier et amplifieraient les pertes, fragilisant la stabilité et la capacité du système à soutenir la croissance à long terme.8

### Lutter rapidement contre la pauvreté et les inégalités
- Impact social inégal de la crise :
  - Les ressources disponibles restent insuffisantes pour compenser totalement l’impact social de la crise, qui a anéanti les progrès antérieurs en matière de développement social et touché de manière disproportionnée les catégories les plus vulnérables (graphique 1.14).
- Progrès antérieurs menacés :
  - Ces vingt dernières années, le PIB a plus que doublé dans 28 des 44 pays de la région, ce qui s’est traduit par des progrès en santé et éducation.
  - L’espérance de vie a augmenté d’environ dix ans depuis 2000; la mortalité infantile et maternelle se sont améliorées.
  - Les taux de pauvreté ont diminué, passant de plus de 60 percent à la fin des années 90 à un peu plus de 40 percent en 2015.
  - Dans des pays comme la Gambie, la Tanzanie et le Tchad, le taux de pauvreté recule de plus de 3 points de pourcentage par an.
- Réversibilité et profils de vulnérabilité :
  - La COVID‑19 a provoqué des pertes massives d’emplois (exemple : en Afrique du Sud, 2,2 millions d’emplois perdus au deuxième trimestre de 2020, soit une baisse de 14 percent de l’emploi).
  - Selon la Banque mondiale, en 2020, la pauvreté mondiale devrait augmenter pour la première fois depuis 1998, plus de 26 millions de personnes ayant basculé dans l’extrême pauvreté dans la seule Afrique subsaharienne.
  - Ces taux de pauvreté risquent de perdurer en 2021 et au‑delà.
  - Les travailleurs informels sont concentrés dans les secteurs les plus touchés (commerce de gros et de détail, alimentation, hôtellerie et restauration, tourisme, transport); les femmes sont souvent surreprésentées dans ces secteurs et subissent une charge de travail accrue (fermeture des écoles, soins familiaux non rémunérés, risque d’exposition élevé).

### Retour de la croissance et réformes structurelles
- Nécessité d’un nouvel élan aux réformes pour renouer avec la croissance :
  - Avant la crise, de nombreux pays avaient besoin d’une nouvelle série de réformes pour doper la croissance à moyen terme, offrir des perspectives d’emploi et progresser vers les ODD.
  - Ces réformes sont cruciales pour renforcer la résilience face aux futurs chocs; le coût d’un nouveau retard est plus élevé que jamais (graphique 1.15).
- Priorités sectorielles :
  - Éducation : investir dans l’apprentissage et le développement des jeunes enfants était déjà prioritaire avant la COVID‑19; les fermetures d’écoles accroissent le risque de malnutrition, de décrochage scolaire et d’inégalités.
  - Marchés des produits et du travail : une grande partie du programme de réformes antérieur reste pertinente.9
- Rôle du secteur privé :
  - Estimations antérieures à la COVID‑19 : une croissance durable et inclusive nécessiterait 420 milliards de dollars de dépenses par an d’ici à 2030, ce qui sera irréalisable sans un investissement massif du secteur privé.
  - Pour attirer le secteur privé, il faut des réformes préalables améliorant le climat des affaires : renforcer la contestabilité des marchés, lever les obstacles (réseau électrique non fiable), égaliser les conditions de concurrence entre entreprises publiques et privées et entre formel et informel, simplifier les formalités administratives, améliorer la gouvernance et élargir l’inclusion financière.
- Éviter des actions préjudiciables à long terme :
  - Dans le contexte immédiat, éviter des mesures qui malmènent les entreprises privées (report des paiements aux fournisseurs publics, non‑paiement des engagements envers producteurs d’énergie indépendants, nouvelles restrictions au commerce, maintien de plafonds de prix ou d’aides coûteux et inefficients, rationnement injuste des devises).

### Importance des financements extérieurs
- Besoins de financement de la région :
  - Sans un surcroît de financement extérieur, les pays peineront à équilibrer ajustement et croissance.
  - Estimations des services du FMI : la région accuse un lourd déficit de financement pour la période 2020–23.
  - Besoins extérieurs estimés à environ 890 milliards de dollars, dont quelque 130–410 milliards de dollars doivent encore être définis dans différents scénarios (encadré 1.3).

### Rôle du FMI en 2020–21
- Actions du FMI en 2020 :
  - Octroi rapide de prêts au titre de la facilité de crédit rapide (FCR) et de l’instrument de financement rapide (IFR).
  - Augmentation de l’accès aux ressources dans le cadre des accords existants.
  - Allégement du service de la dette via le fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes (fonds fiduciaire ARC).
  - Fin septembre 2020, le FMI avait débloqué environ 16 milliards de dollars d’aides à la région sous forme d’assistance d’urgence et d’un allégement de la dette au titre du fonds fiduciaire ARC au cours des six mois précédents.
- Poursuite de l’appui en 2021 :
  - Beaucoup de pays ayant reçu des financements ont atteint ou approchent leurs plafonds d’accès annuel; le FMI a temporairement relevé ces plafonds annuels et permis des décaissements plus fréquents au titre de la FCR afin de fournir une aide financière supplémentaire durant cette période exceptionnelle.
  - Renforcement du fonds fiduciaire ARC : allégement de la dette sous forme de dons à ses membres les plus vulnérables pour une période supplémentaire de six mois (jusqu’à avril 2021).
  - Appel à un surcroît de soutien des donateurs afin d’étoffer les prêts concessionnels du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (fonds fiduciaire RPC) pour les pays à faible revenu.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### Section 5

### Section 5

### Besoin d’assistance internationale et conséquences de son absence
- Les autorités nationales auront aussi pour la plupart besoin d’une assistance technique dans la durée ainsi que d’une coopération internationale pour faire en sorte que leurs pays ne restent pas à l’écart des effets positifs d’une reprise mondiale ou des progrès médicaux dans le cadre de la COVID-19.
- En l’absence de cette aide financière et technique, et compte tenu des obstacles et des arbitrages décrits précédemment, les perspectives à court et à plus long terme de nombreux pays seront fortement amputées, sachant que les conséquences économiques et humanitaires d’une croissance en repli continueront à se faire sentir à l’avenir.

### Construire un avenir meilleur : priorités et réformes
- Priorité à la résilience :
  - Le potentiel de la région et l’ingéniosité de sa population demeurent intacts.
  - Avec l’aide de la communauté internationale, la région finira par renouer avec une trajectoire de développement durable et inclusif, au profit de tous.
  - À contrario, risque d’une trajectoire d’instabilité macroéconomique et sociale, de croissance faible et d’inégalités persistantes.
  - Un engagement renouvelé à réformer permettra aux pays de participer à l’effort mondial visant à créer les conditions d’un avenir plus résilient et d’en tirer profit.
- Une reprise plus respectueuse de l’environnement :
  - Pour de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, il faudra placer les changements climatiques au centre des préoccupations.
  - Les coûts ex ante des mesures d’atténuation sont nettement inférieurs aux coûts ex post de l’assainissement et de la reprise.
  - Mesures locales susceptibles de créer des emplois rapidement : améliorer l’aménagement des paysages et des bassins, remettre en état les écosystèmes, assurer la gestion durable des forêts, promouvoir une agriculture régénératrice.
  - Effets positifs à plus long terme : réduction des pénuries d’eau, diminution des dégâts causés par les inondations, diminution des émissions de carbone, hausse de la productivité agricole, amélioration de la sécurité alimentaire.
  - À l’échelle internationale, la crise souligne le besoin d’agir collectivement et le potentiel d’une reprise coordonnée, plus respectueuse de l’environnement, impliquant des investissements et des technologies pour valoriser des biens publics (air pur, systèmes de protection contre les inondations, infrastructures résilientes, énergies renouvelables).
- Intégration commerciale :
  - Les politiques d’intégration commerciale et de concurrence équitable resteront importantes, en particulier face aux perturbations causées par la pandémie et au besoin potentiel de redéployer des ressources.
  - La crise pourrait entraîner une profonde réorganisation des chaînes de valeur mondiales, soulignant le potentiel de la zone de libre-échange continentale africaine comme moteur du développement du commerce régional.
  - Un cadre d’action efficace réduirait l’exposition de l’Afrique aux bouleversements mondiaux, renforcerait la concurrence et la productivité et contribuerait à la sécurité alimentaire.
  - Les échanges commerciaux dans le cadre de l’accord devaient initialement débuter en juillet 2020, mais ont été reportés en raison de la pandémie ; les autorités devraient s’employer de nouveau à appliquer l’accord dès que possible.

### Finances publiques et dette : évolutions récentes et vulnérabilités
- Évolution et niveau de la dette publique :
  - La dette publique est passée de quelque 35 % du PIB au début des années 2010 à environ 55 % du PIB au milieu des années 2010.
  - Selon les projections actuelles, la dette publique de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 65 % du PIB d’ici la fin 2020.
  - C’est dans les pays exportateurs de pétrole qu’elle devrait s’accroître le plus fortement.
- Capacité à supporter le poids de la dette :
  - Les recettes publiques en 2020 devraient être inférieures de quelque 2,3 points de pourcentage du PIB aux projections antérieures à la COVID-19.
  - Le ratio service de la dette/recettes augmente, passant de quelque 22 % selon les projections d’avant la COVID-19 à environ 27 % d’après les projections actuelles.
  - L’augmentation est particulièrement notable pour les pays exportateurs de pétrole.
  - Selon les dernières analyses, 11 pays d’Afrique subsaharienne présentent actuellement un risque élevé de surendettement, et 6 pays d’Afrique subsaharienne sont en situation de surendettement.
  - La vulnérabilité des pays ayant accès aux marchés s’est accrue, faute d’un regain d’appétence des investisseurs et d’une reprise des émissions pour le moment.
- Mesures en cours et limites :
  - L’initiative de suspension du service de la dette (ISSD) du G-20 permet de reporter les paiements immédiats au titre du service de la dette des pays participants (sans diminuer la valeur actuelle nette totale de la dette).
  - La prolongation de six mois de l’initiative constituera une aide supplémentaire.
  - Des retards dans l’approbation des protocoles d’accord entraînent que certains pays continuent à payer le service de leur dette afin d’éviter des arriérés, réduisant le montant de la suspension effective.
  - Des allongements des délais de grâce ou de remboursement dégageraient une marge pour stimuler la reprise post-COVID-19 (par exemple, allégements pour 2020 et 2021).
  - Il est nécessaire de renforcer et d’élargir la collaboration entre les créanciers membres et non membres du Club de Paris dans le cadre de l’ISSD pour résoudre collectivement les problèmes d’endettement.

### Indicateurs quantitatifs de la dette publique (Tableau 1.2.1)
- Titre : Tableau 1.2.1. Afrique subsaharienne : indicateurs de la dette publique, 2020 (Moyenne simple, en pourcentage du PIB)
- Projections pré-COVID-19 / Projections actuelles :
  - Dette publique
    - Afrique subsaharienne56,465,6
    - Pays exportateurs de pétrole50,468,5
    - Autres pays riches en ressources naturelles45,852,7
    - Pays pauvres en ressources naturelles65,973,3
  - Recettes publiques1
    - Afrique subsaharienne19,517,6
    - Pays exportateurs de pétrole20,416,8
    - Autres pays riches en ressources naturelles18,016,4
    - Pays pauvres en ressources naturelles20,118,6
  - Ratio du service de la dette aux recettes1, 2
    - Afrique subsaharienne21,932,3
    - Pays exportateurs de pétrole30,176,3
    - Autres pays riches en ressources naturelles21,829,1
    - Pays pauvres en ressources naturelles19,021,8
- Notes :
  - Source : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale ; estimations des services du FMI.
  - 1 Hors dons.
  - 2 En pourcentage.

### Besoins de financement extérieur et scénarios 2020–23
- Estimation agrégée des besoins :
  - Les besoins de financement extérieur potentiels de l’Afrique subsaharienne sont estimés à quelque 890 milliards de dollars (environ 55 % du PIB 2020 de la région) pour la période 2020–23.
  - Répartition des 890 milliards de dollars :
    - Environ 480 milliards de dollars : obligations de remboursement de la dette extérieure.
    - Environ 280 milliards de dollars : déficits des transactions courantes de la région.
    - 95 milliards de dollars : dépenses non sanitaires et non sociales qui auraient été engagées si la COVID-19 n’avait pas entraîné une redéfinition des priorités.
    - 30 milliards de dollars : dépenses supplémentaires pour orchestrer une riposte comparable à celle d’autres pays émergents.
- Déficit de financement non identifié :
  - Le déficit de financement est susceptible d’être compris entre 130 milliards de dollars et 410 milliards de dollars pour la période 2020–23 dans divers scénarios.
  - L’estimation du scénario central s’élève à 290 milliards de dollars.
  - Selon le scénario central :
    - Les flux du secteur privé devraient couvrir moins de la moitié des besoins de financement.
    - Les flux officiels provenant d’institutions financières internationales et de donateurs bilatéraux, fondés sur les engagements courants, devraient couvrir environ un quart des besoins.
    - Le déficit de financement pour les pays à plus faible revenu de la région atteint près de 130 milliards de dollars.
- Scénarios (note méthodologique) :
  - Scénario optimiste : les flux du secteur privé sont globalement inchangés par rapport aux niveaux antérieurs à la crise et couvrent environ deux tiers des besoins de financement.
  - Scénario central : les financements privés ne dépasseront pas 75 % du niveau antérieur à la crise.
  - Scénario pessimiste : les flux du secteur privé et officiels sont plafonnés à respectivement 75 % et 100 % de leurs niveaux d’avant la crise.

### Données, couverture et méthodes d’agrégation
- Période de référence des estimations :
  - Sauf indication contraire, les données et projections utilisées reposent sur les estimations des services du FMI au 30 septembre 2020 et correspondent à celles qui ont servi pour l’édition d’octobre 2020 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM).
- Couverture :
  - La base de données et les projections couvrent 45 pays d’Afrique subsaharienne relevant du département Afrique.
- Groupes de pays (critères) :
  - Pays exportateurs de pétrole : exportations nettes de pétrole ≥ 30 % des exportations totales.
  - Autres pays riches en ressources naturelles : ressources naturelles non renouvelables ≥ 25 % des exportations totales.
  - Pays pauvres en ressources naturelles : pays n’appartenant ni à l’un ni à l’autre des deux groupes ci-dessus.
  - Classes additionnelles (qui peuvent se chevaucher) : pays exportateurs de pétrole, pays à revenu intermédiaire, pays à faible revenu, pays en situation de fragilité.
  - Seuils de revenu :
    - Pays à revenu intermédiaire : revenu national brut par habitant > 1 035,00 dollars (période 2017–19, méthode Atlas).
    - Pays à faible revenu : revenu national brut par habitant ≤ 1 035,00 dollars (période 2017–19, méthode Atlas).
  - Pays en situation de fragilité : note ÉPIN moyenne ≤ 3,2 sur 2017–19 et/ou mission de maintien ou de rétablissement de la paix dans les trois dernières années.
- Méthodes d’agrégation :
  - Pour les tableaux AS1 et AS3 : moyennes arithmétiques des données de chaque pays, pondérées par le PIB calculé à parité de pouvoir d’achat (PPA) et exprimées en pourcentage du PIB du groupe.
  - Pour le tableau AS1 (prix à la consommation) : moyenne géométrique des données de chaque pays, pondérée par le PIB PPA et exprimée en pourcentage du PIB du groupe.
  - Pour les tableaux AS2–AS4 (sauf masse monétaire au sens large) : moyennes arithmétiques pondérées par le PIB converti en dollars aux taux de change du marché et exprimées en pourcentage du PIB du groupe.

*Source : Extrait de "text - Section 5", FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, octobre 2020.*

### Section 6

### Appendice statistique

### Groupements régionaux et pays membres
- Union économique et monétaire ouest‑africaine (UEMOA) : Bénin; Burkina Faso; Côte d’Ivoire; Guinée Bissau; Mali; Niger; Sénégal; Togo.
- Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) : Cameroun; Congo, Rép. du; Gabon; Guinée équatoriale; République centrafricaine; Tchad.
- Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (COMESA) — pays membres d’AfSS (liste incluse dans les tableaux).
- Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE‑5) : Burundi; Kenya; Ouganda; Rwanda; Soudan du Sud; Tanzanie (les cinq principaux membres listés séparément).
- Communauté du développement de l’Afrique australe (SADC) — pays membres d’AfSS (liste incluse dans les tableaux).
- Union douanière d’Afrique australe (SACU) : Afrique du Sud; Botswana; Eswatini; Lesotho; Namibie.
- Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) — pays membres d’AfSS (liste incluse dans les tableaux).

### Classification économique des pays d’Afrique subsaharienne
- Pays exportateurs de pétrole : Angola; Cameroun; Congo, Rép. du; Gabon; Guinée équatoriale; Nigéria; Soudan du Sud; Tchad.
- Autres pays riches en ressources naturelles : Afrique du Sud; Botswana; Burkina Faso; Congo, Rép. dém. du; Ghana; Guinée; Libéria; Mali; Namibie; Niger; République centrafricaine; Sierra Leone; Tanzanie; Zambie; Zimbabwe.
- Pays pauvres en ressources naturelles : Bénin; Burundi; Cabo Verde; Comores; Côte d’Ivoire; Érythrée; Eswatini; Éthiopie; Gambie; Guinée Bissau; Kenya; Lesotho; Madagascar; Malawi; Maurice; Mozambique; Ouganda; Rwanda; Sao Tomé‑et‑Principe; Sénégal; Seychelles; Togo.
- Catégories additionnelles figurant dans l’appendice : Pays à revenu intermédiaire; Pays à faible revenu; Pays en situation de fragilité; Zone franc.

### Sources et notes des tableaux AS1–AS4
- Sources : FMI, base de données de surveillance commune ; base de données des Perspectives de l’économie mondiale, octobre 2020.
- Note 1 : Données de l’exercice budgétaire.
- Note 2 : En 2019, les autorités zimbabwéennes ont introduit le dollar RTGS (système de règlement brut en temps réel), qui par la suite a été renommé dollar du Zimbabwe, et sont en train de modifier la monnaie de libellé de leurs comptes nationaux. Les données actuelles sont sujettes à révision. Le dollar du Zimbabwe avait cessé de circuler en 2009 et le pays avait adopté un régime multi‑devises avec le dollar comme unité de compte.
- Note 3 : (présente dans le document pour certains tableaux).
- Note 4 : Le pays étant membre de l’UEMOA, les données sur les réserves figurent dans l’agrégat UEMOA; le pays étant membre de la CEMAC, les données sur les réserves figurent dans l’agrégat CEMAC.
- Remarque : ... indique que les données ne sont pas disponibles.

### Liste des tableaux de l’appendice AS1–AS4
- AS1. Croissance du PIB réel et prix à la consommation
- AS2. Solde budgétaire global, dons compris et dette publique
- AS3. Masse monétaire au sens large et solde extérieur courant, dons compris
- AS4. Dette extérieure publique par débiteur et réserves

### Données et indicateurs présentés (extraits structurels)
- Les tableaux contiennent, pour chaque pays et pour agrégats régionaux, des séries annuelles et des prévisions pour les variables suivantes : PIB réel (Pourcentage), Prix à la consommation, Solde budgétaire global, Dette publique (En pourcentage du PIB), Masse monétaire au sens large (En pourcentage du PIB), Solde extérieur courant, dons compris (En pourcentage du PIB), Dette extérieure publique par débiteur et réserves.
- Le document présente également des agrégats et médianes pour : Afrique subsaharienne; Médiane; Hors Afrique du Sud et Nigéria; Pays exportateurs de pétrole; Pays importateurs de pétrole; Pays à revenu intermédiaire; Pays à faible revenu; Pays en situation de fragilité; Zone franc; CEMAC; UEMOA; COMESA (pays membres d’AfSS); CAE‑5; CEDEAO; SACU; SADC.

*Source : Appendice statistique, PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL | OCTOBRE 2020*

### Section 7

### Tableau AS4. Dette extérieure publique par débiteur et réserves

### Réserves (Mois d’importations de biens et de services)
- Nigéria 1,85,06,36,27,98,05,86,65,15,92,51,5
- Ouganda 13,621,723,526,229,629,74,75,14,14,43,73,2
- République centrafricaine 2 22,329,526,926,126,424,0..................
- Rwanda 20,536,239,644,553,460,34,84,44,75,74,04,3
- Sao Tomé‑et‑Principe 77,978,066,366,773,666,74,03,52,73,54,95,1
- Sénégal 1 26,539,444,947,149,245,1..................
- Seychelles 41,229,328,426,945,146,23,33,53,66,02,72,7
- Sierra Leone 28,140,638,940,047,152,52,74,03,53,94,54,1
- Soudan du Sud ..................2,40,10,10,80,20,2
- Tanzanie 23,828,628,928,128,028,04,26,35,95,85,24,3
- Tchad 2 23,626,824,924,429,325,4..................
- Togo 1 16,321,119,723,531,629,6..................
- Zambie 19,336,741,750,968,768,93,02,22,12,10,70,0
- Zimbabwe 4 36,131,133,938,451,088,90,50,50,20,20,20,2
- Afrique subsaharienne 14,021,722,123,428,127,95,15,45,06,24,13,6
- Médiane 21,426,527,326,931,531,53,63,53,53,93,23,2
- Hors Afrique du Sud et Nigéria 21,829,330,732,337,236,94,54,64,35,44,14,0
- Pays exportateurs de pétrole 7,915,216,716,820,319,66,27,05,86,93,42,5
- Hors Nigéria 21,533,737,443,357,352,97,78,28,311,89,39,5
- Pays importateurs de pétrole 18,625,625,227,232,632,74,34,54,55,84,64,2
- Hors Afrique du Sud 22,127,928,829,633,133,53,53,73,54,43,53,4
- Pays à revenu intermédiaire 11,919,820,321,726,926,45,66,05,67,14,63,8
- Hors Afrique du Sud et Nigéria 21,230,132,735,442,440,95,85,95,87,85,65,3
- Pays à faible revenu 22,928,328,228,631,432,42,83,02,83,12,82,9
- Hors pays en situation de fragilité 22,530,631,331,433,434,93,44,03,74,03,43,4
- Pays en situation de fragilité 23,524,724,425,029,929,41,81,11,11,41,41,8
- Zone franc 19,326,327,229,134,132,15,03,43,95,14,44,0
- CEMAC 17,027,227,229,136,133,94,82,32,73,53,43,7
- UEMOA 21,525,727,329,033,031,15,14,04,66,05,04,2
- COMESA (pays membres d’AfSS) 20,926,627,628,531,934,03,13,13,14,03,13,2
- CAE‑5 20,827,629,030,132,133,54,35,04,95,64,74,0
- CEDEAO 7,613,114,714,417,317,15,45,94,65,52,61,7
- SACU 13,620,717,921,630,129,45,45,76,08,26,75,8
- SADC 18,226,425,729,237,937,15,35,65,77,55,95,4

### Dette extérieure publique par débiteur (En pourcentage du PIB)
- Nigéria 1,85,06,36,27,98,05,86,65,15,92,51,5
- Ouganda 13,621,723,526,229,629,74,75,14,14,43,73,2
- République centrafricaine 2 22,329,526,926,126,424,0..................
- Rwanda 20,536,239,644,553,460,34,84,44,75,74,04,3
- Sao Tomé‑et‑Principe 77,978,066,366,773,666,74,03,52,73,54,95,1
- Sénégal 1 26,539,444,947,149,245,1..................
- Seychelles 41,229,328,426,945,146,23,33,53,66,02,72,7
- Sierra Leone 28,140,638,940,047,152,52,74,03,53,94,54,1
- Soudan du Sud ..................2,40,10,10,80,20,2
- Tanzanie 23,828,628,928,128,028,04,26,35,95,85,24,3
- Tchad 2 23,626,824,924,429,325,4..................
- Togo 1 16,321,119,723,531,629,6..................
- Zambie 19,336,741,750,968,768,93,02,22,12,10,70,0
- Zimbabwe 4 36,131,133,938,451,088,90,50,50,20,20,20,2
- Afrique subsaharienne 14,021,722,123,428,127,95,15,45,06,24,13,6
- Médiane 21,426,527,326,931,531,53,63,53,53,93,23,2
- Hors Afrique du Sud et Nigéria 21,829,330,732,337,236,94,54,64,35,44,14,0
- Pays exportateurs de pétrole 7,915,216,716,820,319,66,27,05,86,93,42,5
- Hors Nigéria 21,533,737,443,357,352,97,78,28,311,89,39,5
- Pays importateurs de pétrole 18,625,625,227,232,632,74,34,54,55,84,64,2
- Hors Afrique du Sud 22,127,928,829,633,133,53,53,73,54,43,53,4
- Pays à revenu intermédiaire 11,919,820,321,726,926,45,66,05,67,14,63,8
- Hors Afrique du Sud et Nigéria 21,230,132,735,442,440,95,85,95,87,85,65,3
- Pays à faible revenu 22,928,328,228,631,432,42,83,02,83,12,82,9
- Hors pays en situation de fragilité 22,530,631,331,433,434,93,44,03,74,03,43,4
- Pays en situation de fragilité 23,524,724,425,029,929,41,81,11,11,41,41,8
- Zone franc 19,326,327,229,134,132,15,03,43,95,14,44,0
- CEMAC 17,027,227,229,136,133,94,82,32,73,53,43,7
- UEMOA 21,525,727,329,033,031,15,14,04,66,05,04,2
- COMESA (pays membres d’AfSS) 20,926,627,628,531,934,03,13,13,14,03,13,2
- CAE‑5 20,827,629,030,132,133,54,35,04,95,64,74,0
- CEDEAO 7,613,114,714,417,317,15,45,94,65,52,61,7
- SACU 13,620,717,921,630,129,45,45,76,08,26,75,8
- SADC 18,226,425,729,237,937,15,35,65,77,55,95,4

*Voir les notes à la page 21.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/afr/2020/october/french/text.pdf_
