## Résumé

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### Situation et perspectives générales
- Le redressement de l’économie européenne se poursuit grâce à une riposte vigoureuse aux différentes crises, mais la reprise est loin d’être à la hauteur de la croissance économique potentielle de l’Europe.
- Les perspectives à court terme sont assombries par l’incertitude liée à la persistance de l’inflation hors alimentation et énergie, à l’orientation des politiques économiques et aux conflits géopolitiques.
- À plus long terme, la faiblesse persistante de la croissance de la productivité et de nouveaux écueils liés aux effets incertains de la fragmentation, du changement climatique et d’autres changements structurels freinent la croissance potentielle.
- Lever les principales incertitudes en matière de politiques économiques et éliminer les obstacles structurels permettrait de stimuler la croissance à court comme à long terme.

### Prévisions de croissance 2024–2025
- Pays européens avancés : taux de croissance projetés de 1,0 % pour 2024 et de 1,4 % pour 2025.
- Région Europe centrale, de l’Est et du Sud-Est (ECESE) : taux de croissance projetés de 2,3 % pour 2024 et de 3,1 % pour 2025.
- L’augmentation progressive de la demande intérieure privée, soutenue par la poursuite de la désinflation et l’assouplissement progressif des conditions financières, devrait plus que compenser les répercussions du rééquilibrage des finances publiques.
- La reprise reste plus lente qu’après les crises précédentes et les risques de révision des perspectives sont orientés à la baisse.

### Inflation et calendrier d’atteinte des objectifs
- Compte tenu de la persistance d’une inflation hors alimentation et énergie élevée :
  - Les pays européens avancés n’atteindront leurs objectifs d’inflation qu’en 2025.
  - La plupart des pays de l’ECESE atteindront leurs objectifs d’inflation qu’en 2026.

### Politique monétaire : orientation et recommandations
- Les banques centrales ont amorcé un assouplissement de leur politique monétaire.
- Les nouvelles réductions de taux devraient se faire de manière progressive en raison :
  - De la persistance de l’inflation hors alimentation et énergie.
  - De l’évolution en dents de scie de l’inflation.
- Recommandations différenciées :
  - Pays européens avancés : les décisions peuvent se fonder davantage sur les prévisions, tout en maintenant la souplesse en cas de surprises ou d’évolutions importantes.
  - Pays de l’ECESE : adopter une approche s’appuyant plus sur les données et déterminée réunion par réunion, internaliser les coûts asymétriques (élevés) d’un dépassement de l’inflation et éviter un assouplissement prématuré ou trop rapide.
- En raison des incertitudes entourant le niveau des taux neutres, les banques centrales doivent aborder la fin du cycle d’assouplissement avec prudence et se tenir prêtes à ajuster le taux final selon l’évolution de l’économie et de l’inflation.

### Politique budgétaire : reconstitution des marges et viabilité de la dette
- Depuis 2020, la dette publique a considérablement augmenté en raison du soutien apporté pendant les périodes de crise.
- Dans un contexte d’inflation plus proche de l’objectif et de croissance modérée, un niveau d’endettement élevé deviendrait un facteur de vulnérabilité sans un ajustement à moyen terme.
- Le nouveau cadre de gouvernance budgétaire européen marque une étape cruciale dans la réduction de la dette et l’amélioration de sa viabilité; il convient de le mettre en œuvre conformément à ce qui était prévu.
- L’ajustement nécessaire des finances publiques et la prise en compte des besoins croissants en matière de dépenses devront passer par :
  - Une redéfinition des priorités de dépenses.
  - Des réformes budgétaires structurelles.
- Dans les pays fortement endettés, le rééquilibrage budgétaire devrait être concentré en début de période pour :
  - Signaler la détermination des autorités.
  - Gagner la confiance des marchés.
  - Créer un espace pour faire face aux besoins futurs.

### Stabilité financière et surveillance
- Les décideurs et autorités de surveillance doivent faire preuve de grande vigilance face aux risques de dégradation de la conjoncture.
- Les banques disposent de réserves substantielles de fonds propres, mais certains facteurs de vulnérabilité persistent, notamment l’exposition à l’immobilier commercial pouvant être accentuée par un ralentissement de l’activité économique.
- Mesures recommandées :
  - Reconstitution des volants macroprudentiels pour assurer une protection.
  - Veiller à ce que les risques ne se déplacent pas vers des intermédiaires financiers non bancaires, en particulier ceux ayant des portefeuilles peu diversifiés, un taux d’endettement élevé et des asymétries de liquidité.

### Croissance potentielle, productivité et intégration européenne
- Une analyse détaillée de la croissance de la productivité et du processus de convergence en Europe accompagne le rapport et identifie des problèmes sous-jacents.
- Dans les pays européens avancés :
  - La petite taille du marché et les difficultés d’accès au capital et à la main-d’œuvre qualifiée empêchent les entreprises d’opérer à la frontière mondiale de la technologie et de l’innovation.
- Dans les pays de l’ECESE :
  - Le retard dans l’exécution des réformes structurelles et les faibles taux d’investissement ralentissent le processus de convergence.
- Pour réaliser le potentiel de croissance de l’Europe, il faut un marché unique plus vaste et mieux intégré, en particulier pour les biens, les services et les capitaux, afin que :
  - Les entreprises et entrepreneurs puissent innover et stimuler durablement la croissance.
  - Les réformes structurelles soient plus facilement menées et les incitations à l’investissement renforcées dans les pays en cours de convergence.
- Les pays de l’ECESE doivent moderniser leurs infrastructures, développer les compétences des travailleurs et améliorer leurs institutions pour renouer avec le rattrapage de la croissance du revenu.

### Intégration comme réponse aux incertitudes
- Une intégration européenne plus étroite est présentée comme la meilleure réponse à l’accumulation des incertitudes.
- Un marché unique mieux intégré protégerait entreprises et marchés du travail des tensions liées à la fragmentation mondiale et renforcerait la résilience économique face à de multiples chocs.
- L’Europe peut relever ces défis en appliquant des politiques macroéconomiques résolues et en s’engageant en faveur de l’intégration économique et de la collaboration multilatérale.

*Extrait : édition d'octobre 2024 des Perspectives économiques régionales : Europe — Résumé.*

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