## menap0517f

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### Contexte mondial et implications régionales
- La croissance mondiale devrait atteindre 3,5 percent en 2017 et 3,6 percent en 2018, en amélioration par rapport à 3,1 percent en 2016 et 3,4 percent en 2015.
- Facteurs internationaux influençant la région MOANAP : cours des produits de base, demande d’exportations, envois de fonds, taux de change et conditions financières.
- Risques à la baisse persistants : risque de repli protectionniste; normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire des États-Unis entraînant un durcissement des conditions financières mondiales et une appréciation du dollar.
- Perspectives du pétrole incertaines : effet positif à court terme de l’« accord OPEP+ » sur les prix, mais volatilité des prix et incertitudes liées au respect de l’accord, à la production des pays exemptés et à la demande mondiale.

### Résultats de croissance, 2015-18 (croissance du PIB réel)
- Monde: 2015 — 3,4 ; 2016 — 3,1 ; 2017 — 3,5 ; 2018 — 3,6
- Région MOANAP: 2015 — 2,7 ; 2016 — 3,9 ; 2017 — 2,6 ; 2018 — 3,4
- Exportateurs de pétrole région MOANAP: 2015 — 2,1 ; 2016 — 4,0 ; 2017 — 1,9 ; 2018 — 2,9
  - dont : croissance du PIB hors pétrole: 2015 — 0,7 ; 2016 — 0,4 ; 2017 — 2,9 ; 2018 — 2,7
- Importateurs de pétrole région MOANAP: 2015 — 3,9 ; 2016 — 3,7 ; 2017 — 4,0 ; 2018 — 4,4

### Pays exportateurs de pétrole : perspectives et ajustements budgétaires
- Effet de l’accord OPEP+: amélioration des perspectives de prix à court terme, mais volatilité persistante.
- Conséquences attendues en 2017:
  - Croissance globale ralentit en raison de réductions de la production pétrolière.
  - Croissance hors pétrole devrait se consolider globalement malgré le ralentissement global.
- Scénarios par sous-groupes:
  - Pays du CCG: croissance hors pétrole prévue de près de 2 percent en 2016 à 3 percent en 2017.
  - Iran: croissance hors pétrole prévue de ¾ percent en 2016 à près de 3½ percent en 2017.
  - Algérie: croissance hors pétrole devrait poursuivre son ralentissement.
- Pays en conflit: perspectives très incertaines, dépendant des conditions de sécurité et de l’évolution de la production pétrolière (Libye a sensiblement augmenté sa production fin 2016; Iraq a dépassé les prévisions en 2016).

### Rééquilibrage budgétaire et trajectoires fiscales
- Impact de la chute des prix du pétrole (fin 2014–T2 2016): déficit budgétaire moyen d’environ 10 percent du PIB en 2015 et en 2016.
- Amélioration du solde primaire hors pétrole en 2016:
  - Déficits primaires hors pétrole réduits de 5¼ points de pourcentage du PIB non pétrolier dans les pays du CCG (tirés par Oman et le Qatar).
  - Réduction de 11 points de pourcentage en Algérie.
- Mesures d’ajustement citées (exemples): hausse des prix de l’énergie (Algérie, Bahreïn, projet en Arabie saoudite), taxes sur travailleurs expatriés (Bahreïn, projet en Arabie saoudite), droits d’accise (Algérie, CCG), relèvement des taux d’imposition (Algérie, Oman), maîtrise des dépenses courantes (Algérie, Bahreïn, Oman, Qatar), réductions des dépenses d’investissement (Algérie, Oman).
- Projection 2017: déficits budgétaires globaux ramenés en moyenne à 4¼ percent du PIB.
- Hypothèse à moyen terme: déficits budgétaires des exportateurs de pétrole de la région MOANAP pourraient être ramenés à moins de 1 percent du PIB d’ici à 2022 si des réformes budgétaires ambitieuses sont durablement mises en œuvre.
- Trajectoire de financement et dette:
  - Déficit budgétaire global cumulé 2016–2021 estimé à 375 milliards de dollars (en baisse par rapport aux 565 milliards prévus en octobre 2016).
  - Recours accru à l’endettement: émissions d’obligations souveraines sur marchés étrangers ont atteint 50 milliards de dollars en 2016, soit cinq fois plus qu’en 2015.
  - Rendements souverains en dollars des pays du CCG ont augmenté d’environ 10 points de base entre le 1er novembre 2016 et le 24 mars 2017, contre une hausse de 60 points de base pour l’obligation de référence du Trésor américain à dix ans.
  - Exemples d’émissions en 2017 mentionnés: Oman a couvert plus de 70 percent de ses besoins de financement en 2017 par une émission d’euro-obligations; Koweït a levé 8 milliards de dollars avec sa première émission obligataire; Arabie Saoudite a levé 9 milliards de dollars avec sa première émission d’un sukuk.

### Soldes extérieurs et taux de change
- Hausse des cours du pétrole et assainissement budgétaire devraient globalement équilibrer le compte courant total des exportateurs de pétrole en 2017.
- Difficultés persistantes:
  - Dans les pays du CCG à régime de change fixe, appréciation du taux de change réel due au renforcement du dollar, réduisant la compétitivité et augmentant la demande d’importations.
  - Algérie: appréciation du taux de change effectif réel et nominal depuis quelques mois.
  - Iran: préparation de l’unification de ses taux de change.
  - Yémen et Libye: fortes dépréciations des taux de change parallèles dues à problèmes de sécurité et pénuries de devises.

### Secteur financier et crédit
- Situation générale:
  - Banques généralement bien capitalisées mais rentabilité en recul; liquidités raréfiées dans la plupart des pays (contraintes assouplies récemment en Arabie saoudite et Émirats arabes unis).
  - Pressions sur la qualité des actifs dans certains pays; vulnérabilités ponctuelles (secteur bancaire iranien nécessite recapitalisation et restructuration; Iraq résout difficultés des banques publiques).
- Réformes et renforcement du cadre:
  - Progrès dans réformes réglementaires, dispositifs de résolution, lois sur les faillites (adoptées aux Émirats arabes unis; prévues en Arabie saoudite), cadres de gestion des risques (Koweït).
- Crédit et liquidité:
  - Croissance du crédit a considérablement ralenti en 2016; on attend un ralentissement supplémentaire alors que la hausse des taux d’intérêt américains se transmet aux taux locaux.
  - Actions prises pour maintenir l’accès au crédit privé: assouplissement du ratio prêts/dépôts, introduction de pensions livrées à plus long terme (Arabie saoudite), adaptation des programmes d’adjudication de bons du Trésor (Qatar).
  - Besoin pour les banques centrales de gérer les liquidités plus activement; réformes en cours (ex. Algérie rétablit des instruments de refinancement).
- Facteurs idiosyncratiques soutenant le crédit: Coupe du monde de la FIFA 2022 (Qatar) et Expo 2020 (Dubaï) soutiendront la demande de crédit au Qatar et aux Émirats arabes unis.

### Réformes structurelles et diversification
- Nécessité d’un nouveau modèle de croissance: réduire dépendance aux hydrocarbures, créer des emplois privés pour une population active en rapide augmentation.
- Plans stratégiques élaborés en 2016; priorité à la mise en œuvre et à des réformes complémentaires.
- Mesures pour encourager l’investissement étranger mentionnées:
  - Nouvelles lois sur l’investissement en Algérie (adoptées) et Oman (à l’étude).
  - Autorisation de participations étrangères hors zones franches aux Émirats arabes unis.
  - Réformes des marchés boursiers et obligataires en Arabie saoudite, assouplissement des restrictions sur l’investissement étranger.
  - Exemple de facilitation administrative: ouverture du Kuwait Business Center (guichet unique).
- Progrès inégaux dans l’amélioration du climat des affaires (référence au classement Doing Business).

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### Emploi et capital humain (Section 2)
- Besoin d’emploi privé pour 6.5 millions de personnes attendues sur le marché du travail d’ici à 2022 en Algérie, en Iran et dans les pays membres du CCG.
- Limitation de la croissance de l’emploi dans le secteur public; réformes du marché du travail et amélioration du climat des affaires nécessaires.
- Arabie saoudite: augmentation prévue des taxes sur les travailleurs expatriés; ces mesures doivent s’inscrire dans un ensemble de réformes du marché du travail pour encourager l’emploi de ressortissants saoudiens dans le secteur privé.
- Importance de la mise en valeur du capital humain pour stimuler la productivité et créer des emplois pour les jeunes.
- Besoin d’améliorer la qualité de l’éducation dans les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP pour rattraper des pays émergents comme le Kazakhstan et la Turquie (TEIMS).
- Pays en conflit: stabilisation sécuritaire première condition; en Syrie le taux d’abandon scolaire a dépassé 50 percent en 2013.

### Réforme des subventions énergétiques (Encadré 1.1)
- Les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP ont pris des mesures importantes mais doivent en faire davantage pour soutenir l’assainissement des finances publiques et promouvoir l’efficience économique.
- Ces pays continuent d’afficher les prix énergétiques les plus faibles du monde, orientant l’économie vers des industries à forte intensité de capital et d’énergie, accroissant la pollution et exigeant des subventions coûteuses.
- Collectivement, ces pays représentaient plus d’un cinquième des subventions énergétiques dans le monde en 2015, soit, selon les estimations, 115 milliards de dollars (ou un peu plus de 5 percent de leur PIB) sur un total de 436 milliards de dollars dans le monde.
- Méthode : les subventions énergétiques sont calculées par la méthode du différentiel de prix (différence entre le prix de l’énergie d’un pays et un prix de référence multipliée par la consommation).
- Les subventions des pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP ont été ramenées de 190 milliards de dollars en 2014 à 86 milliards de dollars en 2016; ces économies résultent principalement de la chute des cours internationaux.
- Les pays ayant introduit une tarification automatique basée sur une formule ont vu des réductions relativement plus fortes : aux Émirats arabes unis, en Oman et au Qatar, les subventions ont reculé de 61 percent en moyenne entre 2014 et 2016, contre une baisse moyenne de 54 percent dans les autres pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP.
- Recommandations et enseignements :
  - Concevoir une stratégie bien élaborée et s’engager fermement et durablement.
  - Associer les parties prenantes dès le départ et communiquer clairement les objectifs et le coût d’opportunité des subventions.
  - Dépolitiser les réformes et viser des ajustements fondés sur le marché ou sur des formules, éventuellement progressifs.
  - Concevoir des dispositifs de sécurité ciblés pour protéger les plus vulnérables; prévoir des mesures compensatoires concentrées en début de période et provisoires.
  - Adopter une tarification davantage fondée sur le marché pour préserver les économies réalisées en cas de remontée des prix du pétrole.

### Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP : reprise fragile
- Contexte : reprise progressive favorisée par les réformes passées, un regain de confiance et la hausse de la demande extérieure; toutefois chômage élevé (surtout chez les jeunes), conflits et réfugiés pèsent sur les perspectives.
- Croissance régionale : la croissance régionale devrait être portée de 3,7 percent en 2016 à 4 percent en 2017 et à 4,4 percent en 2018.
  - Facteurs de soutien : dissipation de chocs idiosyncratiques de 2016 (sécheresse au Maroc, récolte médiocre de coton au Pakistan), réformes réduisant déficits budgétaires et améliorant le climat des affaires (Maroc, Pakistan), intensification des investissements publics (Pakistan), reprise mondiale stimulant la demande d’exportation.
  - Hétérogénéité : croissance particulièrement vigoureuse à Djibouti (dépenses d’infrastructures financées par des ressources extérieures) et au Pakistan (corridor économique Chine–Pakistan); croissance modérée en Jordanie et au Liban; prévisions de reprise en Tunisie légèrement revues à la baisse.
- Inflation :
  - L’inflation moyenne de la région devrait de nouveau progresser en 2017, pour atteindre près de 13 percent.
  - Facteurs d’accélération : hausse des cours internationaux du pétrole, réduction des subventions énergétiques (Égypte et Soudan), mise en place d’une taxe sur la valeur ajoutée (Égypte), suppression d’exonérations fiscales (Jordanie), hausse des prix alimentaires (Djibouti, Égypte, Somalie) et répercussions des dépréciations récentes des taux de change (Égypte, Soudan).
  - Cas particulier : en Égypte, l’assouplissement du régime de change s’est accompagné d’une forte dépréciation de la livre, qui a poussé l’inflation au dessus de 25 percent.
  - Prévision : l’effet des facteurs exceptionnels devrait s’atténuer et, grâce à des politiques budgétaires et monétaires prudentes, l’inflation devrait ralentir à moyen terme.

### Politiques budgétaires et vulnérabilités (Importateurs)
- Niveau d’endettement : la dette publique reste élevée et représente plus de 90 percent du PIB dans plusieurs pays importateurs de pétrole de la région MOANAP (Égypte, Jordanie, Liban).
- Charge du service de la dette importante : en Égypte, Liban et Pakistan elle absorbait entre 28 percent et 48 percent des recettes en 2016.
- Amélioration budgétaire : le déficit budgétaire moyen a été ramené à 7 percent environ du PIB en 2016, après avoir culminé à 9¼ percent du PIB en 2013; explication principale : réduction des subventions des combustibles (Égypte, Maroc, Soudan), baisse des transferts vers les entreprises énergétiques publiques (Jordanie, Liban) et efforts d’augmentation des recettes (Pakistan).
- Risques et contraintes :
  - En 2016, les recettes ont été inférieures aux prévisions des PER d’octobre 2016 en raison d’un recouvrement plus faible des impôts (Maroc, Tunisie), de retards dans les réformes (Tunisie) et d’une faible croissance (Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - Les économies réalisées grâce à la baisse des subventions et des prix du pétrole ont permis d’accroître les dépenses en infrastructures, santé, éducation et services sociaux (Égypte, Maroc, Pakistan, Tunisie), mais il sera difficile de maintenir ces dépenses si les cours du pétrole augmentent.
- Recommandations fiscales :
  - Poursuivre les réformes des subventions (Égypte, Soudan, Tunisie) et endiguer les pertes des entreprises publiques, notamment par des mécanismes d’ajustement automatique des tarifs pour les compagnies énergétiques (Jordanie, Liban, Tunisie).
  - Dégager des recettes en élargissant l’assiette de l’impôt : rationnaliser les multiples taux de TVA (Maroc, Tunisie), simplifier les barèmes d’impôt et supprimer les exonérations (Djibouti, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Pakistan, Soudan, Tunisie).
  - Renforcer l’administration fiscale (Afghanistan, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Somalie, Soudan, Tunisie); l’assistance technique du FMI et son action contribuent à renforcer l’administration des recettes (Afghanistan, Iraq).

### Réformes structurelles et compétitivité (Importateurs)
- Nécessité : compte tenu de l’espace budgétaire limité, une croissance durable et inclusive exige la poursuite des réformes structurelles pour encourager le secteur privé et stimuler la productivité.
- Progrès réalisés : renforcement de la protection des investisseurs et de la réglementation (Jordanie, Maroc, Mauritanie, Tunisie); réduction des goulets d’étranglement dans les infrastructures énergétiques (Égypte, Jordanie, Pakistan).
- Mesures complémentaires nécessaires :
  - Encourager la concurrence (Égypte, Jordanie, Maroc).
  - Réduire le déficit d’infrastructures (Liban).
  - Remédier à l’inadéquation entre compétences des demandeurs d’emploi et besoins des employeurs (Djibouti, Égypte, Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - Accélérer les réformes du marché du travail et accroître le taux d’activité des femmes (Égypte, Jordanie, Maroc).
- Compétitivité : plusieurs pays importateurs ont vu la part de leurs exportations diminuer malgré une demande extérieure soutenue; facteurs : problèmes de sécurité, baisse du tourisme (Égypte, Jordanie, Liban, Tunisie), rupture des axes commerciaux (Jordanie, Liban), renforcement du dollar augmentant les taux de change réels dans les pays à régimes de change rigides.
- Mesures recommandées : réformes structurelles pour améliorer la compétitivité et, là où l’ancrage monétaire le permet, un assouplissement des taux de change pour soutenir les entreprises exportatrices.

### Secteur financier (Section 2 conclusion)
- Une croissance durable et généralisée passe par un système financier sain.
- Observation : dans leur majorité, les banques de la région sont stables, liquides et bien capitalisées.

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### Conjoncture des banques et recommandations réglementaires (Section 3)
- Après cinq années consécutives de croissance atone, les banques se trouvent dans une conjoncture délicate, en particulier lorsque les ratios de créances improductives sont élevés.
- La croissance du crédit reste modérée et la situation demeure quasiment inchangée depuis l’édition d’octobre 2016 des PER.
- Exception : l’Égypte — un durcissement de la politique monétaire pourrait compromettre l’expansion du crédit en 2017.
- Recommandations des autorités :
  - Renforcer les cadres réglementaires et prudentiels (Djibouti, Mauritanie, Tunisie).
  - Renforcer les régimes d’insolvabilité et de faillite.
  - Dans certains cas, renforcer les dispositifs de garantie des dépôts (Égypte, Jordanie, Pakistan, Tunisie).

### Risques baissiers liés aux incertitudes de la conjoncture internationale
- Vulnérabilités principales : évolution des cours du pétrole, conjoncture internationale, événements géopolitiques.
- Prix du pétrole :
  - Perspectives à moyen terme globalement inchangées depuis l’édition d’octobre 2016 des PER.
  - Le prix à court terme devrait augmenter d’environ 5 dollars.
  - En 2017, le prix des importations de pétrole sera donc près de 30 percent plus élevé que l’année dernière.
  - Conséquences possibles d’une hausse supplémentaire : compromettre la consommation, accroître les risques budgétaires et aggraver les déséquilibres extérieurs.
  - Compensation possible : hausse des envois de fonds et d’autres aides extérieures de la part de pays exportateurs de pétrole de la région, bénéficiant essentiellement à l’Égypte, à la Jordanie, au Liban et au Pakistan.
- Incertitude des politiques économiques mondiales :
  - Une montée du protectionnisme pourrait mettre en péril la reprise mondiale et affaiblir la demande d’exportations des pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, touchant particulièrement les pays liés au commerce et aux transports maritimes internationaux (Djibouti).
- Situation financière mondiale :
  - Les écarts de taux sur les obligations souveraines de nombreux pays importateurs de pétrole se sont réduits récemment (graphique 2.6).
  - Les taux d’intérêt américains ont augmenté.
  - Un durcissement et une plus grande instabilité des conditions financières mondiales pourraient :
    - Faire augmenter le coût du crédit pour les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP et leurs banques.
    - Aggraver les préoccupations quant à la viabilité des finances publiques.
    - Peser sur les bilans des banques et fragiliser l’activité du secteur privé.
  - Ces difficultés pourraient être particulièrement aiguës pour l’Égypte, la Jordanie, le Liban, le Pakistan et la Tunisie, qui vont rivaliser pour obtenir des financements sur les marchés internationaux.
  - Note : l’Égypte et la Tunisie ont déjà fait appel avec succès aux marchés internationaux, respectivement en janvier et en février.
- Déséquilibres extérieurs et besoin de financements :
  - On s’attend à une légère réduction du déficit des transactions courantes à court terme (qui devrait être ramené de plus de 4,8 percent du PIB en 2016 à 4,3 percent d’ici à 2018).
  - Malgré cela, les déséquilibres extérieurs vont rester considérables dans de nombreux pays (Djibouti, Égypte, Jordanie, Liban, Mauritanie, Tunisie), indiquant un besoin permanent de nouvelles entrées de capitaux.
- Risques domestiques :
  - Dégradation de la situation sécuritaire ou tensions sociales (Afghanistan, Égypte, Liban, Pakistan, Somalie, Soudan, Tunisie), ralentissement des réformes (Afghanistan, Égypte, Jordanie, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Tunisie) et aggravation des retombées des conflits régionaux (Jordanie, Liban, Soudan, Tunisie) pourraient compromettre la mise en œuvre des politiques et affaiblir l’activité économique.
- Signaux positifs :
  - Soudan : l’allégement récent des sanctions américaines pourrait stimuler les investissements.
  - Liban : une série de réformes lancée à la fin d’une longue impasse politique pourrait améliorer la confiance, renforcer les entrées de capitaux et accélérer la croissance.

### Encadré 2.1 — Rôle du FMI dans les pays MOANAP touchés par un conflit
- Objectifs du FMI :
  - Aider les pays touchés par un conflit à faire face aux conséquences économiques défavorables et éviter un effondrement de leur économie.
  - Soutenir les efforts de reconstruction lorsque les conflits s’apaisent.
  - Aider les pays voisins à atténuer les répercussions économiques des conflits.
- Effets économiques des conflits :
  - Récessions profondes, inflation élevée, aggravation de la situation budgétaire et financière, affaiblissement de la qualité des institutions.
  - Effondrement de la capacité à assurer des services de base (santé, éducation) et capacité réduite à réagir à d’autres catastrophes.
  - Répercussions pour les voisins : arrivées massives de réfugiés, conséquences sur le commerce, dégradation de la confiance des investisseurs.
  - Défi post-conflit : parvenir à une reprise durable, reconstruire les institutions et infrastructures, renforcer la résilience économique et sociale.
- Domaines d’intervention et d’assistance technique :
  - Mise en place de cadres macroéconomiques fiables.
  - Politiques monétaires et de change.
  - Hiérarchisation des dépenses, notamment pour protéger les dépenses sociales essentielles, et assurer la viabilité de la dette.
  - Favorisation d’une croissance inclusive.
  - Assistance technique importante, y compris par le Centre d’assistance technique du Moyen-Orient au Liban, axée sur la reconstruction et la consolidation des institutions économiques, en particulier les banques centrales.
- Exemples d’assistance technique sectorielle :
  - Renforcement des systèmes de paiement et des systèmes bancaires (Afghanistan, Cisjordanie et Gaza, Iraq).
  - Amélioration de l’élaboration de la politique économique, gestion des finances publiques (Afghanistan, Iraq) et politique et administration fiscales (Tunisie, Somalie).
  - Conformité aux règles de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (Cisjordanie et Gaza, Libye).
  - Préparation des statistiques (Afghanistan, Cisjordanie et Gaza, Iraq).
  - Assistance ciblée à la Somalie via un fonds fiduciaire multidonateurs : développement de la capacité budgétaire nationale et outils de supervision bancaire modernes.
  - Coordination étroite avec les partenaires extérieurs (Somalie).
- Rôle financier et de mobilisation :
  - Le FMI fournit son propre concours financier (Afghanistan, Iraq) et aide à mobiliser des ressources auprès de bailleurs de fonds et d’autres institutions financières internationales (Iraq, Jordanie, Somalie).
  - Le FMI participe au dialogue de la communauté internationale et aux réunions avec les bailleurs de fonds (Cisjordanie et Gaza, Libye).
- Crise des réfugiés :
  - Caractère aigu : plus de dix millions de réfugiés recensés provenant de la région (essentiellement d’Afghanistan, de Somalie, du Soudan et de Syrie), dont plus de la moitié accueillis dans la région même (essentiellement en Iran, en Jordanie, au Liban et au Pakistan).
  - Nécessité d’un soutien international important et coordonné ; le FMI a soutenu les efforts de mobilisation de fonds, notamment dans le cadre de la conférence Supporting Syria and the Region (Londres, 2016).
  - Les accords du FMI avec les pays touchés ont été spécialement adaptés pour tenir compte des conséquences de la situation des réfugiés et des personnes déplacées (Iraq, Jordanie).

### Indicateurs clés régionaux (sélection de chiffres)
- MOANAP (moyenne 2000–13; 2015; 2016; 2017; 2018) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.0 2.8 2.7 3.9 2.6 3.4
  - Solde des transactions courantes : 9.2 5.3 -4.1 -3.4 -1.1 -0.8
  - Solde budgétaire global : 2.7 -2.8 -8.6 -9.0 -5.1 -4.1
  - Inflation (progression annuelle) : 7.0 7.0 5.8 5.6 8.2 6.8
- Exportateurs de pétrole de la région MOANAP :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.2 2.6 2.1 4.0 1.9 2.9
  - dont croissance hors pétrole : 7.0 4.0 0.7 0.4 2.9 2.7
  - Solde des transactions courantes : 13.4 8.7 -4.0 -2.7 0.4 0.6
  - Solde budgétaire global : 6.6 -0.5 -9.2 -9.9 -4.3 -3.1
  - Inflation (progression annuelle) : 7.6 5.8 5.3 4.6 5.9 6.4
- Conseil de coopération du Golfe (CCG) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.0 3.3 3.8 2.0 0.9 2.5
  - dont croissance hors pétrole : 7.0 5.3 3.8 1.9 3.0 2.7
  - Solde des transactions courantes : 17.3 13.7 -2.6 -2.0 1.8 2.1
  - Solde budgétaire global : 10.8 3.1 -9.4 -12.0 -6.5 -4.0
  - Inflation (progression annuelle) : 2.8 2.6 2.5 2.9 3.5 4.6
- Exportateurs de pétrole non membres du CCG :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.4 1.9 0.1 6.2 3.0 3.4
  - dont croissance hors pétrole : 6.9 2.4 -3.1 -1.4 2.8 2.7
  - Solde des transactions courantes : 7.7 0.0 -6.4 -3.9 -2.1 -2.2
  - Solde budgétaire global : 2.4 -4.8 -9.0 -7.4 -1.7 -2.1
  - Inflation (progression annuelle) : 12.9 9.5 8.8 6.7 8.7 8.4
- Importateurs de pétrole de la région MOANAP :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4.5 3.1 3.9 3.7 4.0 4.4
  - Solde des transactions courantes : -2.6 -4.4 -4.3 -4.8 -4.9 -4.3
  - Solde budgétaire global : -5.5 -7.7 -7.3 -7.2 -6.6 -5.9
  - Inflation (progression annuelle) : 5.8 9.4 6.6 7.7 12.8 7.6
- MOAN (ensemble régional) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.0 2.7 2.6 3.8 2.3 3.2
  - Solde des transactions courantes : 10.0 5.9 -4.4 -3.7 -1.0 -0.6
  - Solde budgétaire global : 3.5 -2.6 -9.1 -9.6 -5.2 -4.1
  - Inflation (progression annuelle) : 6.8 6.8 6.0 6.0 8.7 7.1
- Monde arabe :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.3 2.3 3.4 3.2 2.0 2.9
  - Solde des transactions courantes : 11.0 6.2 -5.5 -5.2 -1.8 -1.4
  - Solde budgétaire global : 4.0 -2.9 -10.6 -11.1 -6.5 -4.9
  - Inflation (progression annuelle) : 4.1 4.8 4.7 5.3 8.1 6.2

*Département Moyen-Orient et Asie centrale — Mise à jour des Perspectives économiques régionales, mai 2017.*

### Section 1

### menap0517f - Section 1

### Contexte mondial et implications régionales
- La croissance mondiale devrait atteindre 3,5 % en 2017 et 3,6 % en 2018, en amélioration par rapport à 3,1 % en 2016 et 3,4 % en 2015.
- Facteurs internationaux influençant la région MOANAP : cours des produits de base, demande d’exportations, envois de fonds, taux de change et conditions financières.
- Risques à la baisse persistants : risque de repli protectionniste; normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire des États-Unis entraînant un durcissement des conditions financières mondiales et une appréciation du dollar.
- Perspectives du pétrole incertaines : effet positif à court terme de l’« accord OPEP+ » sur les prix, mais volatilité des prix et incertitudes liées au respect de l’accord, à la production des pays exemptés et à la demande mondiale.

### Résultats de croissance, 2015-18 (croissance du PIB réel)
- Monde: 2015 — 3,4 ; 2016 — 3,1 ; 2017 — 3,5 ; 2018 — 3,6
- Région MOANAP: 2015 — 2,7 ; 2016 — 3,9 ; 2017 — 2,6 ; 2018 — 3,4
- Exportateurs de pétrole région MOANAP: 2015 — 2,1 ; 2016 — 4,0 ; 2017 — 1,9 ; 2018 — 2,9
  - dont : croissance du PIB hors pétrole: 2015 — 0,7 ; 2016 — 0,4 ; 2017 — 2,9 ; 2018 — 2,7
- Importateurs de pétrole région MOANAP: 2015 — 3,9 ; 2016 — 3,7 ; 2017 — 4,0 ; 2018 — 4,4

### Pays exportateurs de pétrole : perspectives et ajustements budgétaires
- Effet de l’accord OPEP+: amélioration des perspectives de prix à court terme, mais volatilité persistante.
- Conséquences attendues en 2017:
  - Croissance globale ralentit en raison de réductions de la production pétrolière.
  - Croissance hors pétrole devrait se consolider globalement malgré le ralentissement global.
- Scénarios par sous-groupes:
  - Pays du CCG: croissance hors pétrole prévue de près de 2 % en 2016 à 3 % en 2017.
  - Iran: croissance hors pétrole prévue de ¾ % en 2016 à près de 3½ % en 2017.
  - Algérie: croissance hors pétrole devrait poursuivre son ralentissement.
- Pays en conflit: perspectives très incertaines, dépendant des conditions de sécurité et de l’évolution de la production pétrolière (Libye a sensiblement augmenté sa production fin 2016; Iraq a dépassé les prévisions en 2016).

### Rééquilibrage budgétaire et trajectoires fiscales
- Impact de la chute des prix du pétrole (fin 2014–T2 2016): déficit budgétaire moyen d’environ 10 % du PIB en 2015 et en 2016.
- Amélioration du solde primaire hors pétrole en 2016:
  - Déficits primaires hors pétrole réduits de 5¼ points de pourcentage du PIB non pétrolier dans les pays du CCG (tirés par Oman et le Qatar).
  - Réduction de 11 points de pourcentage en Algérie.
- Mesures d’ajustement citées (exemples): hausse des prix de l’énergie (Algérie, Bahreïn, projet en Arabie saoudite), taxes sur travailleurs expatriés (Bahreïn, projet en Arabie saoudite), droits d’accise (Algérie, CCG), relèvement des taux d’imposition (Algérie, Oman), maîtrise des dépenses courantes (Algérie, Bahreïn, Oman, Qatar), réductions des dépenses d’investissement (Algérie, Oman).
- Projection 2017: déficits budgétaires globaux ramenés en moyenne à 4¼ % du PIB.
- Hypothèse à moyen terme: déficits budgétaires des exportateurs de pétrole de la région MOANAP pourraient être ramenés à moins de 1 % du PIB d’ici à 2022 si des réformes budgétaires ambitieuses sont durablement mises en œuvre.
- Trajectoire de financement et dette:
  - Déficit budgétaire global cumulé 2016–2021 estimé à 375 milliards de dollars (en baisse par rapport aux 565 milliards prévus en octobre 2016).
  - Recours accru à l’endettement: émissions d’obligations souveraines sur marchés étrangers ont atteint 50 milliards de dollars en 2016, soit cinq fois plus qu’en 2015.
  - Rendements souverains en dollars des pays du CCG ont augmenté d’environ 10 points de base entre le 1er novembre 2016 et le 24 mars 2017, contre une hausse de 60 points de base pour l’obligation de référence du Trésor américain à dix ans.
  - Exemple d’émissions en 2017 mentionné: Oman a couvert plus de 70 % de ses besoins de financement en 2017 par une émission d’euro-obligations; Koweït a levé 8 milliards de dollars avec sa première émission obligataire; Arabie Saoudite a levé 9 milliards de dollars avec sa première émission d’un sukuk.

### Soldes extérieurs et taux de change
- Hausse des cours du pétrole et assainissement budgétaire devraient globalement équilibrer le compte courant total des exportateurs de pétrole en 2017.
- Difficultés persistantes:
  - Dans les pays du CCG à régime de change fixe, appréciation du taux de change réel due au renforcement du dollar, réduisant la compétitivité et augmentant la demande d’importations.
  - Algérie: appréciation du taux de change effectif réel et nominal depuis quelques mois.
  - Iran: préparation de l’unification de ses taux de change.
  - Yémen et Libye: fortes dépréciations des taux de change parallèles dues à problèmes de sécurité et pénuries de devises.

### Secteur financier et crédit
- Situation générale:
  - Banques généralement bien capitalisées mais rentabilité en recul; liquidités raréfiées dans la plupart des pays (contraintes assouplies récemment en Arabie saoudite et Émirats arabes unis).
  - Pressions sur la qualité des actifs dans certains pays; vulnérabilités ponctuelles (secteur bancaire iranien nécessite recapitalisation et restructuration; Iraq résout difficultés des banques publiques).
- Réformes et renforcement du cadre:
  - Progrès dans réformes réglementaires, dispositifs de résolution, lois sur les faillites (adoptées aux Émirats arabes unis; prévues en Arabie saoudite), cadres de gestion des risques (Koweït).
- Crédit et liquidité:
  - Croissance du crédit a considérablement ralenti en 2016; on attend un ralentissement supplémentaire alors que la hausse des taux d’intérêt américains se transmet aux taux locaux.
  - Actions prises pour maintenir l’accès au crédit privé: assouplissement du ratio prêts/dépôts, introduction de pensions livrées à plus long terme (Arabie saoudite), adaptation des programmes d’adjudication de bons du Trésor (Qatar).
  - Besoin pour les banques centrales de gérer les liquidités plus activement; réformes en cours (ex. Algérie rétablit des instruments de refinancement).
- Facteurs idiosyncratiques soutenant le crédit: Coupe du monde de la FIFA 2022 (Qatar) et Expo 2020 (Dubaï) soutiendront la demande de crédit au Qatar et aux Émirats arabes unis.

### Réformes structurelles et diversification
- Nécessité d’un nouveau modèle de croissance: réduire dépendance aux hydrocarbures, créer des emplois privés pour une population active en rapide augmentation.
- Élaboration de plans stratégiques ambitieux en 2016; priorité à la mise en œuvre et à des réformes complémentaires.
- Mesures pour encourager l’investissement étranger mentionnées:
  - Nouvelles lois sur l’investissement en Algérie (adoptées) et Oman (à l’étude).
  - Autorisation de participations étrangères hors zones franches aux Émirats arabes unis.
  - Réformes des marchés boursiers et obligataires en Arabie saoudite, assouplissement des restrictions sur l’investissement étranger.
  - Exemple de facilitation administrative: ouverture du Kuwait Business Center (guichet unique).
- Progrès inégaux dans l’amélioration du climat des affaires (référence au classement Doing Business).

*Source: Département Moyen-Orient et Asie centrale — Mise à jour des Perspectives économiques régionales, mai 2017.*

### Section 2

### menap0517f - Section 2

### Emploi et capital humain
- Il faudra créer des emplois dans le secteur privé pour les 6.5 millions de personnes qui devraient arriver sur le marché du travail d’ici à 2022 en Algérie, en Iran et dans les pays membres du CCG.
- La croissance de l’emploi dans le secteur public va être beaucoup plus limitée à l’avenir, rendant une réforme du marché du travail et l’amélioration du climat des affaires fondamentales.
- En Arabie saoudite, les autorités prévoient d’augmenter les taxes sur les travailleurs expatriés; ces mesures devront faire partie d’un ensemble plus vaste de réformes du marché du travail afin d’encourager l’emploi de ressortissants Saoudiens dans le secteur privé.
- La mise en valeur du capital humain est essentielle pour stimuler la productivité et créer des emplois pour les jeunes demandeurs d’emplois.
- Les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP doivent améliorer la qualité de leur éducation pour rattraper des pays émergents comme le Kazakhstan et la Turquie, mieux classés dans les «Tendances de l’enquête internationale sur les mathématiques et les sciences» (TEIMS).
- Dans les pays en conflit, la stabilisation de la situation sécuritaire est la première condition préalable; en Syrie le taux d’abandon scolaire a dépassé 50 % en 2013.

### Réforme des subventions énergétiques (Encadré 1.1)
- Les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP ont pris des mesures importantes mais doivent en faire davantage pour soutenir l’assainissement des finances publiques et promouvoir l’efficience économique.
- Ces pays continuent d’afficher les prix énergétiques les plus faibles du monde, ce qui oriente l’économie vers des industries à forte intensité de capital et d’énergie, accroît la pollution et exige des subventions coûteuses.
- Collectivement, ces pays représentaient plus d’un cinquième des subventions énergétiques dans le monde en 2015, soit, selon les estimations, 115 milliards de dollars (ou un peu plus de 5 % de leur PIB) sur un total de 436 milliards de dollars dans le monde.
- Méthode : les subventions énergétiques sont calculées par la méthode du différentiel de prix (différence entre le prix de l’énergie d’un pays et un prix de référence multipliée par la consommation).
- Les subventions des pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP ont été ramenées de 190 milliards de dollars en 2014 à 86 milliards de dollars en 2016; ces économies résultent principalement de la chute des cours internationaux.
- Les pays ayant introduit une tarification automatique basée sur une formule ont vu des réductions relativement plus fortes : aux Émirats arabes unis, en Oman et au Qatar, les subventions ont reculé de 61 % en moyenne entre 2014 et 2016, contre une baisse moyenne de 54 % dans les autres pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP.
- Recommandations et enseignements :
  - Concevoir une stratégie bien élaborée et s’engager fermement et durablement.
  - Associer les parties prenantes dès le départ et communiquer clairement les objectifs et le coût d’opportunité des subventions.
  - Dépolitiser les réformes et viser des ajustements fondés sur le marché ou sur des formules, éventuellement progressifs.
  - Concevoir des dispositifs de sécurité ciblés pour protéger les plus vulnérables; prévoir des mesures compensatoires concentrées en début de période et provisoires.
  - Adopter une tarification davantage fondée sur le marché pour préserver les économies réalisées en cas de remontée des prix du pétrole.

### Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP : reprise fragile
- Contexte : reprise progressive favorisée par les réformes passées, un regain de confiance et la hausse de la demande extérieure; toutefois chômage élevé (surtout chez les jeunes), conflits et réfugiés pèsent sur les perspectives.
- Croissance régionale : la croissance régionale devrait être portée de 3,7 % en 2016 à 4 % en 2017 et à 4,4 % en 2018.
  - Facteurs de soutien : dissipation de chocs idiosyncratiques de 2016 (sécheresse au Maroc, récolte médiocre de coton au Pakistan), réformes réduisant déficits budgétaires et améliorant le climat des affaires (Maroc, Pakistan), intensification des investissements publics (Pakistan), reprise mondiale stimulant la demande d’exportation.
  - Hétérogénéité : croissance particulièrement vigoureuse à Djibouti (dépenses d’infrastructures financées par des ressources extérieures) et au Pakistan (corridor économique Chine–Pakistan); croissance modérée en Jordanie et au Liban; prévisions de reprise en Tunisie légèrement revues à la baisse.
- Inflation :
  - L’inflation moyenne de la région devrait de nouveau progresser en 2017, pour atteindre près de 13 %.
  - Dans plusieurs pays, l’accélération de l’inflation s’explique par la hausse des cours internationaux du pétrole, la réduction des subventions énergétiques (Égypte et Soudan), la mise en place d’une taxe sur la valeur ajoutée (Égypte), la suppression d’exonérations fiscales (Jordanie), la hausse des prix alimentaires (Djibouti, Égypte, Somalie) et les répercussions des dépréciations récentes des taux de change (Égypte, Soudan).
  - Cas particulier : en Égypte, l’assouplissement du régime de change s’est accompagné d’une forte dépréciation de la livre, qui a poussé l’inflation au dessus de 25 %.
  - Prévision : l’effet des facteurs exceptionnels devrait s’atténuer et, grâce à des politiques budgétaires et monétaires prudentes, l’inflation devrait ralentir à moyen terme.

### Politiques budgétaires et vulnérabilités
- Niveau d’endettement : la dette publique reste élevée et représente plus de 90 % du PIB dans plusieurs pays importateurs de pétrole de la région MOANAP (Égypte, Jordanie, Liban).
- Charge du service de la dette importante : en Égypte, Liban et Pakistan elle absorbait entre 28 % et 48 % des recettes en 2016.
- Amélioration budgétaire : le déficit budgétaire moyen a été ramené à 7 % environ du PIB en 2016, après avoir culminé à 9¼ % du PIB en 2013; explication principale : réduction des subventions des combustibles (Égypte, Maroc, Soudan), baisse des transferts vers les entreprises énergétiques publiques (Jordanie, Liban) et efforts d’augmentation des recettes (Pakistan).
- Risques et contraintes :
  - En 2016, les recettes ont été inférieures aux prévisions des PER d’octobre 2016 en raison d’un recouvrement plus faible des impôts (Maroc, Tunisie), de retards dans les réformes (Tunisie) et d’une faible croissance (Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - Les économies réalisées grâce à la baisse des subventions et des prix du pétrole ont permis d’accroître les dépenses en infrastructures, santé, éducation et services sociaux (Égypte, Maroc, Pakistan, Tunisie), mais il sera difficile de maintenir ces dépenses si les cours du pétrole augmentent.
- Recommandations fiscales :
  - Poursuivre les réformes des subventions (Égypte, Soudan, Tunisie) et endiguer les pertes des entreprises publiques, notamment par des mécanismes d’ajustement automatique des tarifs pour les compagnies énergétiques (Jordanie, Liban, Tunisie).
  - Dégager des recettes en élargissant l’assiette de l’impôt : rationnaliser les multiples taux de TVA (Maroc, Tunisie), simplifier les barèmes d’impôt et supprimer les exonérations (Djibouti, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Pakistan, Soudan, Tunisie).
  - Renforcer l’administration fiscale (Afghanistan, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Somalie, Soudan, Tunisie); l’assistance technique du FMI et son action contribuent à renforcer l’administration des recettes (Afghanistan, Iraq).

### Réformes structurelles et compétitivité
- Nécessité : compte tenu de l’espace budgétaire limité, une croissance durable et inclusive exige la poursuite des réformes structurelles pour encourager le secteur privé et stimuler la productivité.
- Progrès réalisés : renforcement de la protection des investisseurs et de la réglementation (Jordanie, Maroc, Mauritanie, Tunisie); réduction des goulets d’étranglement dans les infrastructures énergétiques (Égypte, Jordanie, Pakistan).
- Mesures complémentaires nécessaires :
  - Encourager la concurrence (Égypte, Jordanie, Maroc).
  - Réduire le déficit d’infrastructures (Liban).
  - Remédier à l’inadéquation entre compétences des demandeurs d’emploi et besoins des employeurs (Djibouti, Égypte, Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - Accélérer les réformes du marché du travail et accroître le taux d’activité des femmes (Égypte, Jordanie, Maroc).
- Compétitivité : plusieurs pays importateurs ont vu la part de leurs exportations diminuer malgré une demande extérieure soutenue; facteurs : problèmes de sécurité, baisse du tourisme (Égypte, Jordanie, Liban, Tunisie), rupture des axes commerciaux (Jordanie, Liban), renforcement du dollar augmentant les taux de change réels dans les pays à régimes de change rigides.
- Mesures recommandées : réformes structurelles pour améliorer la compétitivité et, là où l’ancrage monétaire le permet, un assouplissement des taux de change pour soutenir les entreprises exportatrices.

### Secteur financier
- Une croissance durable et généralisée passe par un système financier sain.
- Observation : dans leur majorité, les banques de la région sont stables, liquides et bien capitalisées.

*Source: menap0517f - Section 2, Département Moyen-Orient et Asie centrale — Mise à jour des PER, mai 2017.*

### Section 3

### menap0517f - Section 3

### Conjoncture des banques et recommandations réglementaires
- Après cinq années consécutives de croissance atone, les banques se trouvent dans une conjoncture délicate, en particulier lorsque les ratios de créances improductives sont élevés.
- La croissance du crédit reste modérée et la situation demeure quasiment inchangée depuis l’édition d’octobre 2016 des PER.
- Exception : l’Égypte — un durcissement de la politique monétaire pourrait compromettre l’expansion du crédit en 2017.
- Recommandations des autorités :
  - Renforcer les cadres réglementaires et prudentiels (Djibouti, Mauritanie, Tunisie).
  - Renforcer les régimes d’insolvabilité et de faillite.
  - Dans certains cas, renforcer les dispositifs de garantie des dépôts (Égypte, Jordanie, Pakistan, Tunisie).

### Risques baissiers liés aux incertitudes de la conjoncture internationale
- Vulnérabilités principales : évolution des cours du pétrole, conjoncture internationale, événements géopolitiques.
- Prix du pétrole :
  - Perspectives à moyen terme globalement inchangées depuis l’édition d’octobre 2016 des PER.
  - Le prix à court terme devrait augmenter d’environ 5 dollars.
  - En 2017, le prix des importations de pétrole sera donc près de 30 % plus élevé que l’année dernière.
  - Conséquences possibles d’une hausse supplémentaire : compromettre la consommation, accroître les risques budgétaires et aggraver les déséquilibres extérieurs.
  - Compensation possible : hausse des envois de fonds et d’autres aides extérieures de la part de pays exportateurs de pétrole de la région, bénéficiant essentiellement à l’Égypte, à la Jordanie, au Liban et au Pakistan.
- Incertitude des politiques économiques mondiales :
  - Une montée du protectionnisme pourrait mettre en péril la reprise mondiale et affaiblir la demande d’exportations des pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, touchant particulièrement les pays liés au commerce et aux transports maritimes internationaux (Djibouti).
- Situation financière mondiale :
  - Les écarts de taux sur les obligations souveraines de nombreux pays importateurs de pétrole se sont réduits récemment (graphique 2.6).
  - Les taux d’intérêt américains ont augmenté.
  - Un durcissement et une plus grande instabilité des conditions financières mondiales pourraient :
    - Faire augmenter le coût du crédit pour les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP et leurs banques.
    - Aggraver les préoccupations quant à la viabilité des finances publiques.
    - Peser sur les bilans des banques et fragiliser l’activité du secteur privé.
  - Ces difficultés pourraient être particulièrement aiguës pour l’Égypte, la Jordanie, le Liban, le Pakistan et la Tunisie, qui vont rivaliser pour obtenir des financements sur les marchés internationaux.
  - Note : l’Égypte et la Tunisie ont déjà fait appel avec succès aux marchés internationaux, respectivement en janvier et en février.
- Déséquilibres extérieurs et besoin de financements :
  - On s’attend à une légère réduction du déficit des transactions courantes à court terme (qui devrait être ramené de plus de 4,8 % du PIB en 2016 à 4,3 % d’ici à 2018).
  - Malgré cela, les déséquilibres extérieurs vont rester considérables dans de nombreux pays (Djibouti, Égypte, Jordanie, Liban, Mauritanie, Tunisie), indiquant un besoin permanent de nouvelles entrées de capitaux.
- Risques domestiques :
  - Dégradation de la situation sécuritaire ou tensions sociales (Afghanistan, Égypte, Liban, Pakistan, Somalie, Soudan, Tunisie), ralentissement des réformes (Afghanistan, Égypte, Jordanie, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Tunisie) et aggravation des retombées des conflits régionaux (Jordanie, Liban, Soudan, Tunisie) pourraient compromettre la mise en œuvre des politiques et affaiblir l’activité économique.
- Signaux positifs :
  - Soudan : l’allégement récent des sanctions américaines pourrait stimuler les investissements.
  - Liban : une série de réformes lancée à la fin d’une longue impasse politique pourrait améliorer la confiance, renforcer les entrées de capitaux et accélérer la croissance.

### Encadré 2.1 — Rôle du FMI dans les pays MOANAP touchés par un conflit
- Objectifs du FMI :
  - Aider les pays touchés par un conflit à faire face aux conséquences économiques défavorables et éviter un effondrement de leur économie.
  - Soutenir les efforts de reconstruction lorsque les conflits s’apaisent.
  - Aider les pays voisins à atténuer les répercussions économiques des conflits.
- Effets économiques des conflits :
  - Récessions profondes, inflation élevée, aggravation de la situation budgétaire et financière, affaiblissement de la qualité des institutions.
  - Effondrement de la capacité à assurer des services de base (santé, éducation) et capacité réduite à réagir à d’autres catastrophes.
  - Répercussions pour les voisins : arrivées massives de réfugiés, conséquences sur le commerce, dégradation de la confiance des investisseurs.
  - Défi post-conflit : parvenir à une reprise durable, reconstruire les institutions et infrastructures, renforcer la résilience économique et sociale.
- Domaines d’intervention et d’assistance technique :
  - Mise en place de cadres macroéconomiques fiables.
  - Politiques monétaires et de change.
  - Hiérarchisation des dépenses, notamment pour protéger les dépenses sociales essentielles, et assurer la viabilité de la dette.
  - Favorisation d’une croissance inclusive.
  - Assistance technique importante, y compris par le Centre d’assistance technique du Moyen-Orient au Liban, axée sur la reconstruction et la consolidation des institutions économiques, en particulier les banques centrales.
- Exemples d’assistance technique sectorielle :
  - Renforcement des systèmes de paiement et des systèmes bancaires (Afghanistan, Cisjordanie et Gaza, Iraq).
  - Amélioration de l’élaboration de la politique économique, gestion des finances publiques (Afghanistan, Iraq) et politique et administration fiscales (Tunisie, Somalie).
  - Conformité aux règles de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (Cisjordanie et Gaza, Libye).
  - Préparation des statistiques (Afghanistan, Cisjordanie et Gaza, Iraq).
  - Assistance ciblée à la Somalie via un fonds fiduciaire multidonateurs : développement de la capacité budgétaire nationale et outils de supervision bancaire modernes.
  - Coordination étroite avec les partenaires extérieurs (Somalie).
- Rôle financier et de mobilisation :
  - Le FMI fournit son propre concours financier (Afghanistan, Iraq) et aide à mobiliser des ressources auprès de bailleurs de fonds et d’autres institutions financières internationales (Iraq, Jordanie, Somalie).
  - Le FMI participe au dialogue de la communauté internationale et aux réunions avec les bailleurs de fonds (Cisjordanie et Gaza, Libye).
- Crise des réfugiés :
  - Caractère aigu : plus de dix millions de réfugiés recensés provenant de la région (essentiellement d’Afghanistan, de Somalie, du Soudan et de Syrie), dont plus de la moitié accueillis dans la région même (essentiellement en Iran, en Jordanie, au Liban et au Pakistan).
  - Nécessité d’un soutien international important et coordonné ; le FMI a soutenu les efforts de mobilisation de fonds, notamment dans le cadre de la conférence Supporting Syria and the Region (Londres, 2016).
  - Les accords du FMI avec les pays touchés ont été spécialement adaptés pour tenir compte des conséquences de la situation des réfugiés et des personnes déplacées (Iraq, Jordanie).

### Indicateurs clés régionaux (sélection de chiffres du tableau « Région MOANAP : principaux indicateurs économiques, 2000–18 »)
- MOANAP (moyenne 2000–13; 2015; 2016; 2017; 2018) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.0 2.8 2.7 3.9 2.6 3.4
  - Solde des transactions courantes : 9.2 5.3 -4.1 -3.4 -1.1 -0.8
  - Solde budgétaire global : 2.7 -2.8 -8.6 -9.0 -5.1 -4.1
  - Inflation (progression annuelle) : 7.0 7.0 5.8 5.6 8.2 6.8
- Exportateurs de pétrole de la région MOANAP :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.2 2.6 2.1 4.0 1.9 2.9
  - dont croissance hors pétrole : 7.0 4.0 0.7 0.4 2.9 2.7
  - Solde des transactions courantes : 13.4 8.7 -4.0 -2.7 0.4 0.6
  - Solde budgétaire global : 6.6 -0.5 -9.2 -9.9 -4.3 -3.1
  - Inflation (progression annuelle) : 7.6 5.8 5.3 4.6 5.9 6.4
- Conseil de coopération du Golfe (CCG) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.0 3.3 3.8 2.0 0.9 2.5
  - dont croissance hors pétrole : 7.0 5.3 3.8 1.9 3.0 2.7
  - Solde des transactions courantes : 17.3 13.7 -2.6 -2.0 1.8 2.1
  - Solde budgétaire global : 10.8 3.1 -9.4 -12.0 -6.5 -4.0
  - Inflation (progression annuelle) : 2.8 2.6 2.5 2.9 3.5 4.6
- Exportateurs de pétrole non membres du CCG :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.4 1.9 0.1 6.2 3.0 3.4
  - dont croissance hors pétrole : 6.9 2.4 -3.1 -1.4 2.8 2.7
  - Solde des transactions courantes : 7.7 0.0 -6.4 -3.9 -2.1 -2.2
  - Solde budgétaire global : 2.4 -4.8 -9.0 -7.4 -1.7 -2.1
  - Inflation (progression annuelle) : 12.9 9.5 8.8 6.7 8.7 8.4
- Importateurs de pétrole de la région MOANAP :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4.5 3.1 3.9 3.7 4.0 4.4
  - Solde des transactions courantes : -2.6 -4.4 -4.3 -4.8 -4.9 -4.3
  - Solde budgétaire global : -5.5 -7.7 -7.3 -7.2 -6.6 -5.9
  - Inflation (progression annuelle) : 5.8 9.4 6.6 7.7 12.8 7.6
- MOAN (ensemble régional) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.0 2.7 2.6 3.8 2.3 3.2
  - Solde des transactions courantes : 10.0 5.9 -4.4 -3.7 -1.0 -0.6
  - Solde budgétaire global : 3.5 -2.6 -9.1 -9.6 -5.2 -4.1
  - Inflation (progression annuelle) : 6.8 6.8 6.0 6.0 8.7 7.1
- Monde arabe :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5.3 2.3 3.4 3.2 2.0 2.9
  - Solde des transactions courantes : 11.0 6.2 -5.5 -5.2 -1.8 -1.4
  - Solde budgétaire global : 4.0 -2.9 -10.6 -11.1 -6.5 -4.9
  - Inflation (progression annuelle) : 4.1 4.8 4.7 5.3 8.1 6.2

*Département Moyen-Orient et Asie centrale — Mise à jour des PER, mai 2017*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2017/may/pdf/french/menap0517f.pdf_
