## 2. Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP : garantir la résilience et une croissance inclusive

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### Perspectives de croissance
- Croissance attendue :
  - 4,3 % en 2017.
  - 4,4 % en 2018.
  - 5,3 % pendant la période 2019–22.
- Constats :
  - Même à ce rythme, la croissance restera inférieure à ce qui serait nécessaire pour relever le défi du chômage.
  - Les données historiques montrent qu’une croissance d’au moins 5,5 % est associée à un recul notable du chômage.
- Facteurs favorables en 2017 :
  - Raffermissement de la demande extérieure et reprise cyclique de l’économie mondiale.
  - Accélération de la croissance dans la plupart des pays importateurs de pétrole, soutenue par la demande intérieure et les exportations.
  - Hausse des envois de fonds, reprise des exportations (Maroc, Pakistan), progression de l’IDE (Égypte, Maroc), et hausse des arrivées de touristes (Égypte, Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - Effets idiosyncrasiques : essor de l’industrie minière et hausse des exportations en Jordanie (croissance prévue 2,3 %), conditions agricoles favorables et montée des cours des phosphates au Maroc (croissance prévue 4,8 %), investissements miniers et infrastructures en Mauritanie (3,8 %), projets portuaires et transbordement à Djibouti (7,0 %), reprise graduelle en Tunisie (2,3 %), hausse de la consommation privée et publique au Soudan (3,7 %).
  - Pakistan : croissance attendue à 5,3 %, soutenue par l’investissement lié au projet du Couloir économique Chine–Pakistan et par une croissance plus soutenue du crédit.
- Contre-exemples et risques spécifiques :
  - Afghanistan : perspectives à moyen terme moins favorables qu’en mai en raison de l’aggravation des problèmes de sécurité.
  - Liban : rythme de croissance relâché en 2017, inférieur aux prévisions de mai, en raison des effets du conflit en Syrie.
  - Somalie : croissance attendue en baisse à 2,4 % (contre 3,2 % en 2016) du fait d’une sécheresse sévère.
- Recommandation structurelle :
  - Accélérer les réformes structurelles pour améliorer le cadre d’activité des entreprises, créer des emplois et stimuler une croissance inclusive.

### Secteur extérieur
- Situation et évolutions :
  - En 2016, creusement d’environ 1 point de PIB du déficit courant des pays importateurs de pétrole MOANAP, à 5,3 %.
  - Déficits courants supérieurs à 10 % du PIB : Djibouti et Mauritanie, liés aux grands projets d’infrastructure.
  - Le déficit courant devrait rester stable à 5,3 % du PIB en 2017.
  - Diminution attendue à 4,8 % du PIB en 2018, grâce au raffermissement de l’économie mondiale, aux arrivées de touristes et aux envois de fonds.
  - Amélioration possible des termes de l’échange pour les pays exportateurs de matières premières : minerai de fer (Mauritanie), or (Mauritanie et Soudan), phosphates (Jordanie et Maroc) et coton (Pakistan).
- Réserves et flux financiers :
  - Renforcement des réserves de change dans certains pays via émission obligataire internationale (Égypte), entrées de capitaux (Djibouti, Égypte, Maroc, Tunisie), augmentation des exportations et envois de fonds, et décaissements liés aux accords programmatiques avec le FMI.
  - Fin août 2017, l’engagement financier total du FMI envers les pays importateurs de pétrole MOANAP (Afghanistan, Égypte, Jordanie, Maroc, Tunisie) s’élevait à 13,7 milliards de DTS; 3,4 milliards de DTS ont été tirés, dont 1,2 milliard de DTS au cours du premier semestre 2017. Le Maroc n’a pas utilisé sa ligne de précaution et de liquidité.
- Politiques nationales favorables :
  - Égypte : flottement du régime de change, levée des restrictions de change, mise en œuvre de lois sur les autorisations industrielles et l’investissement.
  - Jordanie : augmentation de la production minière et hausse des cours des phosphates; réouverture de la frontière avec l’Iraq.
  - Afghanistan : démarrage de vols directs vers l’Inde et achèvement de la liaison ferroviaire vers le port de Chabahar.
- Risque identifié :
  - Appréciation des taux de change effectifs réels dans certains pays, nécessitant un panachage de mesures pour éviter l’accumulation de vulnérabilités extérieures.

### Finances publiques et assainissement budgétaire
- Déficit budgétaire moyen MOANAP attendu :
  - 6,8 % du PIB en 2016
  - 6,6 % en 2017
  - 5,6 % en 2018
- Mesures contribuant à l’assainissement :
  - Maîtrise du coût des subventions à l’énergie (Égypte, Tunisie) et des dépenses courantes non prioritaires (Maroc, Tunisie).
  - Renforcement de la gestion des finances publiques locales dans le cadre de la décentralisation budgétaire.
  - Réduction des régimes fiscaux spéciaux dans les zones franches (Djibouti), suppression des exonérations de la taxe générale sur les ventes et des droits de douane, initiatives de lutte contre la fraude fiscale et élargissement de l’assiette de l’impôt (Égypte, Jordanie, Soudan, Tunisie).
  - Modération des salaires (Djibouti, Égypte).
- Vulnérabilités persistantes :
  - Années de faible mobilisation des recettes intérieures et dépenses courantes élevées ont amené la dette à plus de 50 % du PIB dans la plupart des pays; la dette publique brute représentait environ 80 % du PIB à la fin 2016.
  - Dette du Liban avoisinait 149 % du PIB, malgré un léger excédent en 2016.
  - Autres risques : accumulation des arriérés (Somalie, Soudan), garanties publiques (Pakistan), grands projets d’infrastructure financés par emprunts extérieurs (Djibouti, Mauritanie, Pakistan).
- Mesures recommandées et attentes :
  - Assainissement budgétaire prolongé et réformes pour réduire les risques de surendettement.
  - Baisse attendue des niveaux de dette d’ici 2022 dans la majorité des pays grâce aux mesures d’assainissement.
  - Ciblage prudent des dépenses courantes pour protéger les dépenses sociales tout en améliorant l’efficience de l’investissement public.
  - Mobiliser davantage les recettes intérieures et renforcer la gestion des finances publiques, y compris transparence et responsabilisation.
  - Amélioration du ciblage de l’aide sociale (Égypte, Jordanie, Maroc) et réduction des dépenses courantes non prioritaires (Maroc, Tunisie).
  - Réforme de la gestion de la masse salariale publique fondée sur un nouveau modèle (diagnostics justes, complémentarité avec d’autres réformes, institutions adaptées).

### Politique monétaire et inflation
- Inflation régionale prévue :
  - 7,7 % en 2016
  - 15,0 % en 2017
  - 8,3 % en 2018
- Déterminants spécifiques et cas par pays :
  - Égypte : inflation proche de 30 %, due à une forte dépréciation monétaire, réduction des subventions aux carburants, introduction de la TVA et hausse des tarifs des services publics.
  - Soudan : inflation au‑dessus de 25 % en raison d’une forte dépréciation du taux de change parallèle et de la monétisation du déficit budgétaire.
  - Afghanistan et Somalie : hausse de l’inflation liée aux prix des produits alimentaires importés et à la sécheresse.
  - Tunisie : réintroduction du mécanisme d’ajustement des prix du pétrole et légère dépréciation du dinar devraient pousser les prix à la hausse.
  - Faible inflation : Liban (effets d’appréciations du taux de change effectif nominal), Maroc et Pakistan (détente des prix alimentaires mondiaux), Jordanie (atténuation des effets exceptionnels de la libéralisation des prix).
- Recommandations de politique monétaire :
  - Consolider et moderniser les cadres de politique monétaire pour renforcer les mécanismes de transmission, améliorer la communication et la transparence, et perfectionner les outils d’analyse.
  - Pour les pays récemment passés à un régime de change flottant (Égypte, Tunisie), l’adoption d’un véritable régime de ciblage de l’inflation serait souhaitable à terme.
  - Renforcer l’indépendance de la banque centrale pour asseoir sa crédibilité et ancrer les anticipations d’inflation.
  - Attention aux problèmes posés par la dollarisation financière dans certains pays.
- Perspective :
  - Inflation plus modérée entre 2018 et 2022 avec la mise en œuvre de politiques monétaires appropriées, la dissipation des effets des dépréciations précédentes et l’amélioration des capacités d’offre via réformes structurelles et investissements d’infrastructure.

### Secteur financier
- Situation et tendances :
  - État initial : le secteur financier demeure globalement solide; fin 2016, la majorité des banques étaient bien capitalisées, liquides et relativement rentables.
  - Reprise de la croissance du crédit (mentionnée comme soutien régional à l’activité économique, notamment au Pakistan).
- Stabilité et évolution du crédit (Section 2) :
  - Les ratios élevés de créances improductives continuent de baisser au Pakistan et au Soudan, mais ils tendent à augmenter au Maroc.
  - Les réformes réglementaires du secteur bancaire progressent : plusieurs pays renforcent leur cadre de résolution, notamment en se dotant d’un dispositif de garantie des dépôts (Pakistan).
  - Les relations de correspondance bancaire plus limitées qu’auparavant pèsent sur les envois de fonds et donc sur les dépôts et l’expansion du crédit (Djibouti, Somalie, Soudan).
  - Depuis le début de 2017, les taux de croissance du crédit au secteur privé sont en hausse au Maroc et au Pakistan, où les politiques monétaires sont accommodantes, mais sont en recul en Jordanie en raison d’un resserrement de la politique monétaire.
- Recommandations prudentes :
  - Accompagner l’expansion du crédit d’un suivi constant de la solidité du système financier.
  - Renforcer la surveillance des établissements individuels et mettre en œuvre des politiques macroprudentielles judicieusement ciblées.
  - Veiller aux opportunités et aux défis liés à l’essor rapide des innovations technologiques financières.

### Réformes structurelles pour une croissance inclusive et création d’emplois
- Objectif général :
  - Profiter de la hausse anticipée de la croissance pour accélérer des réformes structurelles visant à doper l’activité du secteur privé et promouvoir une économie plus dynamique, compétitive et inclusive.
- Mesures prioritaires :
  - Améliorer le climat des affaires : gouvernance et transparence améliorées, responsabilisation renforcée et administration plus efficiente. Exemple : l’Égypte a amélioré le climat des affaires en 2017 via des lois sur l’industrie et l’investissement.
  - Résorber les déficits d’infrastructures, en particulier dans l’énergie et les transports, et créer des partenariats public–privé innovants pour financer ces projets tout en demeurant attentif aux risques budgétaires.
  - Assouplir le marché du travail et réduire la dépendance aux emplois publics pour lutter contre le chômage élevé, surtout chez les jeunes, et augmenter la participation des femmes.
  - Améliorer les systèmes éducatifs pour mieux aligner l’offre de compétences sur la demande du secteur privé.
  - Accroître l’accès au financement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises, développer les marchés des capitaux et assurer une émission régulière de titres d’État pour établir une courbe des rendements et diversifier les canaux de financement.

### Agriculture, inclusion financière et développement productif
- Agriculture :
  - L’agriculture absorbe plus de 80 % de la main-d’œuvre en Afghanistan et plus de 40 % au Maroc et au Pakistan.
  - Réformes recommandées : meilleur accès à l’irrigation, formation aux bonnes méthodes, variétés végétales à haut rendement, amélioration de l’accès aux marchés.
  - Encourager la diversification vers des activités agroalimentaires à forte intensité de main-d’œuvre et une production agricole à plus forte valeur ajoutée.
- Inclusion financière :
  - Poursuivre l’élargissement de l’accès aux financements, surtout pour les PME, et développer les marchés des capitaux régionaux.
  - Une émission régulière de titres d’État pour établir une courbe des rendements contribuerait à diversifier les canaux de financement et faciliter la gestion des liquidités bancaires.

### Risques pesant sur les perspectives
- Principaux risques régionaux :
  - Conflits et menaces pour la sécurité entraînant pertes humaines, destruction d’infrastructures, flux d’émigration, désorganisation des voies commerciales régionales, recul du tourisme et détérioration des investissements transfrontaliers.
  - Tensions sociales et essoufflement des réformes si la croissance demeure morose et que le chômage ne baisse pas.
  - Activité agricole fragile face aux aléas météorologiques et à l’évolution des cours (Maroc, Pakistan, Somalie).
  - Baisse des prix des produits de base entraînerait des pertes de recettes publiques et d’exportation et aggraverait les déficits courants en Mauritanie (minerai de fer, or, cuivre), au Maroc (phosphates, blé, légumes), au Pakistan (coton) et au Soudan (pétrole, or).
- Risques d’environnement mondial :
  - Un durcissement plus rapide des conditions financières mondiales pourrait :
    - Faire augmenter les coûts de financement, y compris intérieurs.
    - Aggraver les tensions budgétaires et freiner l’investissement privé.
    - Provoquer un dollar plus fort, amplifiant les problèmes dans les pays où une grande partie de la dette est libellée en devises (Pakistan, Tunisie).
  - Le repli sur soi de certains pays avancés nuirait aux perspectives d’exportation de la région MOANAP.
  - À l’inverse, un regain d’activité plus important que prévu dans la zone euro et chez d’autres partenaires commerciaux contribuerait à tirer la croissance régionale vers le haut.

### Encadré 2.1 — L’initiative «la Ceinture et la Route» (Nouvelle Route de la soie)
- Objet et potentiel :
  - Initiative lancée en 2013 visant à renforcer les liens de la Chine avec l’Europe et l’Afrique via l’Asie centrale et du Sud-Ouest et le Moyen-Orient.
  - Les pays participant à la NRS sont près de 70, le chiffre final pouvant atteindre ou dépasser la centaine.
  - Axes prioritaires : développement des infrastructures, facilitation des échanges, connectivité et intégration financières, coordination des politiques économiques, recherche conjointe et échanges entre les peuples.
  - Le montant cumulé des investissements dans ces corridors pourrait atteindre 1.000 milliards de dollars sur dix ans.
  - Principales sources de financement : Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, Banque chinoise de développement, Banque chinoise d’import–export, Fonds de la Route de la soie; d’autres financements publics et privés possibles.
- Projets attendus et retombées potentielles :
  - Investissements dans l’énergie et infrastructures ferroviaires, routières et portuaires au Pakistan : 55 milliards de dollars durant la prochaine décennie.
  - Projets ferroviaires, autoroutiers et portuaires reliant l’Europe à la Russie via le Kazakhstan, et à l’Iran et à la Turquie via le Kazakhstan et le Turkménistan.
  - Voies ferrées via la République kirghize, l’Ouzbékistan et des ports djiboutiens modernisés desservant l’Éthiopie et le Soudan du Sud.
  - Oléoducs et gazoducs reliant la Chine à l’Asie centrale, à l’Azerbaïdjan et à l’Europe via la mer Noire et la Turquie.
  - Projets dans l’électricité, les ressources naturelles, l’industrie extractive, l’industrie manufacturière, l’agriculture et la transformation des produits alimentaires.
  - Effets attendus : diversification économique, stimulation des exportations et de l’emploi, réduction des pénuries d’énergie, amélioration de la connectivité financière et de l’intégration commerciale, facilitation de l’inclusion dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
- Risques et conditions de réussite :
  - Obstacles : complexité de réalisation et de gestion de projets transfrontaliers, contraintes budgétaires, de dette et de position extérieure, éviction potentielle des dépenses dans d’autres domaines de développement, perturbations des taux de change, charges futures d’exploitation et d’entretien, exonérations fiscales pesant sur les budgets nationaux.
  - Mesures recommandées :
    - Renforcer les cadres fiscaux et budgétaires à moyen terme et les capacités d’évaluation et de gestion des coûts des projets, des modalités financières et des risques.
    - Concevoir des projets commercialement rentables, transparents, suivis étroitement et mis en œuvre efficacement.
    - Favoriser des conditions concessionnelles pour les pays à faible revenu, privilégier les retombées en termes d’emplois et d’intrants locaux.
    - Encourager des partenariats avec des institutions financières internationales pour bénéficier de mécanismes d’évaluation, de suivi et de financements concessionnels supplémentaires.
    - Assurer un environnement économique ouvert et compétitif pour maximiser les retombées positives locales.

### Initiatives du FMI pour le soutien aux infrastructures
- L’Initiative pour le soutien aux infrastructures vise à prêter main forte aux pays membres en leur proposant divers outils d’évaluation relatifs à la gestion des investissements publics, aux risques budgétaires des partenariats public–privé, aux liens dette–investissement–croissance et à la viabilité de la dette, et des conseils stratégiques pour la gestion de la dette à moyen terme.

### Encadré 2.2 — La Somalie se reconstruit après des décennies de guerre civile
- Contexte et avancées :
  - La fin de la guerre civile est une occasion unique de reconstruire l’économie; les élections nationales de février 2017 sont les deuxièmes seulement depuis 1991.
  - Assistance technique internationale, dont celle du FMI, a produit des résultats tangibles en gestion économique et déclaration de données macroéconomiques et financières.
  - Depuis la reconnaissance du gouvernement fédéral en 2012, la Somalie a reçu une assistance technique à grande échelle; elle est l’un des premiers destinataires de l’assistance technique du FMI, principalement d’un fonds fiduciaire alimenté par plusieurs bailleurs.
  - Progrès dans la préparation et le suivi d’un budget annuel, la mise en œuvre d’une réforme monétaire nationale, et le renforcement de la gouvernance de la banque centrale.
- Cadre de politique et programmes du FMI :
  - Depuis la reprise de ses relations avec la Somalie en 2013, le FMI y a conduit deux consultations au titre de l’article IV.
  - Le gouvernement somalien a signé en mai 2016 un programme de référence d’un an; un nouveau programme couvre la période mai 2017–avril 2018.
  - L’existence d’arriérés empêche actuellement la Somalie de bénéficier de l’aide financière du FMI; le succès du programme en cours aidera le pays à renforcer ses institutions et à prétendre à un allégement de sa dette dans le futur.
- Difficultés persistantes et priorités :
  - Sécurité, chômage élevé chez les jeunes, sécheresse, gestion budgétaire défaillante, système de recouvrement de l’impôt inefficace, dette extérieure lourde, secteur financier et banque centrale récents, contrefaçon sapant la confiance dans la monnaie nationale.
  - Priorités : poursuivre des réformes durables et de grande envergure pour reconstruire les institutions et fournir des données économiques, financières et sociales.
- Statistiques clés (2014–16, moyenne) — Somalie vs. PFR1 :
  - Population, total (millions) : Somalie 13,9 ; PFR 642,0
  - PIB par habitant (dollars EU courants) : Somalie 426,0 ; PFR 632,3
  - APD nette reçue (% du RNB) : Somalie 22,2 ; PFR 8,7
  - Espérance de vie à la naissance, total (années) : Somalie 55,5 ; PFR 61,5
  - Taux d’activité, total (% pop. âgée de 15 ans et +)2 : Somalie 54,3 ; PFR 76,2
  - Taux d’activité, femmes (% pop. féminine de 15 ans et +)2 : Somalie 33,2 ; PFR 70,0
  - Taux d’activité, hommes (% pop. masculine de 15 ans et +)2 : Somalie 75,9 ; PFR 82,6
  - Délai d’enregistrement d’une propriété (jours) : Somalie 188,0 ; PFR 78,8

### Encadré 2.3 — Le Pacte avec l’Afrique : une initiative du G-20 pour stimuler l’investissement privé
- Objectif et mécanismes :
  - Le Pacte avec l’Afrique vise à aider les pays susceptibles de générer une croissance soutenue et inclusive à exploiter leur potentiel en promouvant l’investissement et améliorant les infrastructures.
  - Le FMI renforce l’aide destinée à développer les capacités des pays participants, prodigue des conseils de politique économique et intègre des réformes pertinentes dans la conception des programmes bénéficiant de son appui.
  - Les pays africains participants identifieront les réformes propices à la création de conditions plus favorables à l’investissement privé, amélioreront la mobilisation des recettes et financements intérieurs et dégageront une marge de manœuvre afin d’augmenter les investissements publics indispensables dans les infrastructures, tout en veillant à la viabilité de leur dette.
- Gouvernance et suivi :
  - Un groupe du G-20 chargé du financement des investissements aidera à la réalisation et à la supervision à moyen terme du programme de travail du Pacte avec l’Afrique.
  - Le suivi se fondera sur un dialogue au sein de chaque pays et l’envoi de rapports semestriels au G-20.
- Pays participants et portée :
  - Pays africains participants mentionnés : Côte d’Ivoire, Éthiopie, Ghana, Maroc, Rwanda, Sénégal et Tunisie.
  - Autres pays ayant manifesté leur intérêt ou susceptibles de participer : Algérie et Égypte.

*Source : Département Moyen-Orient et Asie centrale, PER, octobre 2017, chapitre 2 — Sections 1–3 (chapter-2-final-fre).*

### Section 1

### 2. Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP : garantir la résilience et une croissance inclusive

### Perspectives de croissance
- La croissance dans les pays importateurs de pétrole de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) devrait s’élever à 4,3 % en 2017.
- Perspectives à moyen terme : 4,4 % en 2018 et 5,3 % pendant la période 2019–22.
- Constat : même à ce rythme, la croissance restera inférieure à ce qui serait nécessaire pour relever le défi du chômage.
- Facteurs favorables en 2017 :
  - Raffermissement de la demande extérieure et reprise cyclique de l’économie mondiale.
  - Accélération de la croissance dans la plupart des pays importateurs de pétrole, soutenue par la demande intérieure et les exportations.
  - Hausse des envois de fonds, reprise des exportations (Maroc, Pakistan), progression de l’IDE (Égypte, Maroc), et hausse des arrivées de touristes (Égypte, Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - Effets idiosyncrasiques : essor de l’industrie minière et hausse des exportations en Jordanie (croissance prévue 2,3 %), conditions agricoles favorables et montée des cours des phosphates au Maroc (croissance prévue 4,8 %), investissements miniers et infrastructures en Mauritanie (3,8 %), projets portuaires et transbordement à Djibouti (7,0 %), reprise graduelle en Tunisie (2,3 %), hausse de la consommation privée et publique au Soudan (3,7 %).
  - Pakistan : croissance attendue à 5,3 %, soutenue par l’investissement lié au projet du Couloir économique Chine–Pakistan et par une croissance plus soutenue du crédit.
- Contre-exemples et risques :
  - Afghanistan : perspectives à moyen terme moins favorables qu’en mai en raison de l’aggravation des problèmes de sécurité.
  - Liban : rythme de croissance relâché en 2017, inférieur aux prévisions de mai, en raison des effets du conflit en Syrie sur tourisme, immobilier et construction.
  - Somalie : croissance attendue en baisse à 2,4 % (contre 3,2 % en 2016) du fait d’une sécheresse sévère.
- Besoin structurel : accélération des réformes structurelles pour améliorer le cadre d’activité des entreprises, créer des emplois et stimuler une croissance inclusive.
- Seuil d’emploi : les données historiques montrent qu’une croissance d’au moins 5,5 % est associée à un recul notable du chômage.

### Secteur extérieur
- En 2016, creusement d’environ 1 point de PIB du déficit courant des pays importateurs de pétrole MOANAP, à 5,3 %.
- Déficits courants supérieurs à 10 % du PIB : Djibouti et Mauritanie, liés aux grands projets d’infrastructure.
- Évolution prévue :
  - Le déficit courant devrait rester stable à 5,3 % du PIB en 2017.
  - Diminution attendue à 4,8 % du PIB en 2018, grâce au raffermissement de l’économie mondiale, aux arrivées de touristes et aux envois de fonds.
  - Amélioration possible des termes de l’échange pour les pays exportateurs de matières premières : minerai de fer (Mauritanie), or (Mauritanie et Soudan), phosphates (Jordanie et Maroc) et coton (Pakistan).
- Réserves et flux :
  - Renforcement des réserves de change dans certains pays via émission obligataire internationale (Égypte), entrées de capitaux (Djibouti, Égypte, Maroc, Tunisie), augmentation des exportations et envois de fonds, et décaissements liés aux accords programmatiques avec le FMI.
  - Fin août 2017, l’engagement financier total du FMI envers les pays importateurs de pétrole MOANAP (Afghanistan, Égypte, Jordanie, Maroc, Tunisie) s’élevait à 13,7 milliards de DTS; 3,4 milliards de DTS ont été tirés, dont 1,2 milliard de DTS au cours du premier semestre 2017. Le Maroc n’a pas utilisé sa ligne de précaution et de liquidité.
- Politiques nationales favorables :
  - Égypte : flottement du régime de change, levée des restrictions de change, mise en œuvre de lois sur les autorisations industrielles et l’investissement, visant à augmenter l’IDE et promouvoir les exportations.
  - Jordanie : augmentation de la production minière et hausse des cours des phosphates; réouverture de la frontière avec l’Iraq.
  - Afghanistan : démarrage de vols directs vers l’Inde et achèvement de la liaison ferroviaire vers le port de Chabahar.
- Risque : appréciation des taux de change effectifs réels dans certains pays, nécessitant un panachage de mesures pour éviter l’accumulation de vulnérabilités extérieures.

### Finances publiques et assainissement budgétaire
- Déficit budgétaire moyen MOANAP attendu :
  - 6,8 % du PIB en 2016
  - 6,6 % en 2017
  - 5,6 % en 2018
- Mesures contribuant à l’assainissement :
  - Maîtrise du coût des subventions à l’énergie (Égypte, Tunisie) et des dépenses courantes non prioritaires (Maroc, Tunisie).
  - Renforcement de la gestion des finances publiques locales dans le cadre de la décentralisation budgétaire.
  - Réduction des régimes fiscaux spéciaux dans les zones franches (Djibouti), suppression des exonérations de la taxe générale sur les ventes et des droits de douane, initiatives de lutte contre la fraude fiscale et élargissement de l’assiette de l’impôt (Égypte, Jordanie, Soudan, Tunisie).
  - Modération des salaires (Djibouti, Égypte).
- Vulnérabilités persistantes :
  - Années de faible mobilisation des recettes intérieures et dépenses courantes élevées (subventions et salaires) ont amené la dette à plus de 50 % du PIB dans la plupart des pays; la dette publique brute représentait environ 80 % du PIB à la fin 2016.
  - Dette du Liban avoisinait 149 % du PIB, malgré un léger excédent en 2016.
  - Autres risques : accumulation des arriérés (Somalie, Soudan), garanties publiques (Pakistan), grands projets d’infrastructure financés par emprunts extérieurs (Djibouti, Mauritanie, Pakistan).
- Mesures recommandées et attentes :
  - Assainissement budgétaire prolongé et réformes pour réduire les risques de surendettement.
  - Baisse attendue des niveaux de dette d’ici 2022 dans la majorité des pays grâce aux mesures d’assainissement.
  - Ciblage prudent des dépenses courantes pour protéger les dépenses sociales tout en améliorant l’efficience de l’investissement public.
  - Mobiliser davantage les recettes intérieures et renforcer la gestion des finances publiques, y compris transparence et responsabilisation.
  - Amélioration du ciblage de l’aide sociale (Égypte, Jordanie, Maroc) et réduction des dépenses courantes non prioritaires (Maroc, Tunisie).
  - Réforme de la gestion de la masse salariale publique fondée sur un nouveau modèle (diagnostics justes, complémentarité avec d’autres réformes, institutions adaptées).

### Politique monétaire et inflation
- Inflation régionale prévue :
  - 7,7 % en 2016
  - 15,0 % en 2017
  - 8,3 % en 2018
- Déterminants spécifiques :
  - Égypte : inflation proche de 30 %, due à une forte dépréciation monétaire, réduction des subventions aux carburants, introduction de la TVA et hausse des tarifs des services publics.
  - Soudan : inflation au‑dessus de 25 % en raison d’une forte dépréciation du taux de change parallèle et de la monétisation du déficit budgétaire.
  - Afghanistan et Somalie : hausse de l’inflation liée aux prix des produits alimentaires importés et à la sécheresse.
  - Tunisie : réintroduction du mécanisme d’ajustement des prix du pétrole et légère dépréciation du dinar devraient pousser les prix à la hausse.
  - Faible inflation : Liban (effets d’appréciations du taux de change effectif nominal), Maroc et Pakistan (détente des prix alimentaires mondiaux), Jordanie (atténuation des effets exceptionnels de la libéralisation des prix).
- Recommandations de politique monétaire :
  - Consolider et moderniser les cadres de politique monétaire pour renforcer les mécanismes de transmission, améliorer la communication et la transparence, et perfectionner les outils d’analyse.
  - Pour les pays récemment passés à un régime de change flottant (Égypte, Tunisie), l’adoption d’un véritable régime de ciblage de l’inflation serait souhaitable à terme.
  - Renforcer l’indépendance de la banque centrale pour asseoir sa crédibilité et ancrer les anticipations d’inflation.
  - Attention aux problèmes posés par la dollarisation financière dans certains pays.
- Perspective : inflation plus modérée entre 2018 et 2022 avec la mise en œuvre de politiques monétaires appropriées, la dissipation des effets des dépréciations précédentes et l’amélioration des capacités d’offre via réformes structurelles et investissements d’infrastructure.

### Secteur financier
- État initial : le secteur financier demeure globalement solide; fin 2016, la majorité des banques étaient bien capitalisées, liquides et relativement rentables.
- Tendance : reprise de la croissance du crédit (mentionnée comme soutien régional à l’activité économique, notamment au Pakistan).

*Source : Département Moyen-Orient et Asie centrale, PER, octobre 2017, chapitre 2 — Section 1.*

### Section 2

### Section 2

### Stabilité du secteur financier et évolution du crédit
- Les ratios élevés de créances improductives continuent de baisser au Pakistan et au Soudan, mais ils tendent à augmenter au Maroc.
- Les réformes réglementaires du secteur bancaire progressent : plusieurs pays renforcent leur cadre de résolution, notamment en se dotant d’un dispositif de garantie des dépôts (Pakistan).
- Les relations de correspondance bancaire plus limitées qu’auparavant pèsent sur les envois de fonds et donc sur les dépôts et l’expansion du crédit (Djibouti, Somalie, Soudan).
- Depuis le début de 2017, les taux de croissance du crédit au secteur privé sont en hausse au Maroc et au Pakistan, où les politiques monétaires sont accommodantes, mais sont en recul en Jordanie en raison d’un resserrement de la politique monétaire.
- Recommandations prudentes :
  - Accompagner l’expansion du crédit d’un suivi constant de la solidité du système financier.
  - Renforcer la surveillance des établissements individuels et mettre en œuvre des politiques macroprudentielles judicieusement ciblées.
  - Veiller aux opportunités et aux défis liés à l’essor rapide des innovations technologiques financières.

### Réformes structurelles pour une croissance inclusive et création d’emplois
- Les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP doivent profiter de la hausse anticipée de la croissance pour accélérer des réformes structurelles ambitieuses visant à doper l’activité du secteur privé et promouvoir une économie plus dynamique, compétitive et inclusive.
- Lancement d’une masse critique de réformes impératif pour renforcer la confiance et la résilience de l’économie.
- Mesures prioritaires identifiées :
  - Améliorer le climat des affaires pour stimuler l’investissement et la croissance tirée par le secteur privé.
    - Gouvernance et transparence améliorées, responsabilisation renforcée et administration plus efficiente renforceraient la confiance du secteur privé.
    - Exemple : l’Égypte a amélioré le climat des affaires en 2017 via des lois sur l’industrie et l’investissement facilitant l’enregistrement et l’activité des entreprises.
  - Résorber les déficits d’infrastructures, en particulier dans l’énergie et les transports, pour lever les obstacles à la croissance tirée par le secteur privé.
    - Le Pacte avec l’Afrique offre une occasion d’identifier et de lever ces contraintes en promouvant l’investissement privé en Afrique.
    - Réduire les déficits d’infrastructures favoriserait l’émergence de nouveaux secteurs productifs, la création d’emplois et une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
    - Créer des partenariats public–privé innovants pour financer des projets d’infrastructures, en demeurant attentif aux risques budgétaires.
  - Assouplir le marché du travail et réduire la dépendance aux emplois publics pour lutter contre le chômage élevé, surtout chez les jeunes, et augmenter la participation des femmes.
  - Améliorer les systèmes éducatifs pour mieux aligner l’offre de compétences sur la demande du secteur privé.
  - Accroître l’accès au financement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises, pour améliorer l’inclusion financière et abaisser le coût du crédit.
    - Développer les marchés des capitaux et assurer une émission régulière de titres d’État pour établir une courbe des rendements et diversifier les canaux de financement.

### Agriculture, inclusion financière et développement productif
- Agriculture :
  - L’agriculture absorbe plus de 80 % de la main-d’œuvre en Afghanistan et plus de 40 % au Maroc et au Pakistan.
  - Réformes visant à rehausser la productivité agricole : meilleur accès à l’irrigation, formation aux bonnes méthodes, variétés végétales à haut rendement, amélioration de l’accès aux marchés.
  - Encourager la diversification vers des activités agroalimentaires à forte intensité de main-d’œuvre et une production agricole à plus forte valeur ajoutée pour créer des débouchés d’emploi et une croissance plus solidaire.
- Inclusion financière :
  - Poursuivre l’élargissement de l’accès aux financements, surtout pour les PME, et développer les marchés des capitaux régionaux.
  - Une émission régulière de titres d’État pour établir une courbe des rendements contribuerait à diversifier les canaux de financement et faciliter la gestion des liquidités bancaires.

### Risques pesant sur les perspectives (orientation plutôt baissière)
- Principaux risques régionaux :
  - Conflits et menaces pour la sécurité pouvant durer ou s’aggraver, entraînant pertes humaines, destruction d’infrastructures, flux d’émigration, désorganisation des voies commerciales régionales, recul du tourisme et détérioration des investissements transfrontaliers.
  - Tensions sociales et essoufflement des réformes si la croissance demeure morose et que le chômage ne baisse pas, limitant l’élan en faveur des réformes budgétaires et structurelles.
  - Activité agricole fragile face aux aléas météorologiques et à l’évolution des cours (Maroc, Pakistan, Somalie).
  - Baisse des prix des produits de base entraînerait des pertes de recettes publiques et d’exportation et aggraverait les déficits courants en Mauritanie (minerai de fer, or, cuivre), au Maroc (phosphates, blé, légumes), au Pakistan (coton) et au Soudan (pétrole, or).
- Risques d’environnement mondial :
  - Un durcissement plus rapide des conditions financières mondiales (notamment une normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire aux États‑Unis) pourrait :
    - Faire augmenter les coûts de financement, y compris intérieurs.
    - Aggraver les tensions budgétaires et freiner l’investissement privé.
    - Provoquer un dollar plus fort, amplifiant les problèmes dans les pays où une grande partie de la dette est libellée en devises (Pakistan, Tunisie).
  - Le repli sur soi de certains pays avancés nuirait aux perspectives d’exportation de la région MOANAP.
  - À l’inverse, un regain d’activité plus important que prévu dans la zone euro et chez d’autres partenaires commerciaux contribuerait à tirer la croissance régionale vers le haut.

### Encadré 2.1 — L’initiative «la Ceinture et la Route» (Nouvelle Route de la soie)
- Objet et potentiel :
  - Initiative lancée en 2013 visant à renforcer les liens de la Chine avec l’Europe et l’Afrique via l’Asie centrale et du Sud-Ouest et le Moyen-Orient.
  - Les pays participant à la NRS sont près de 70, le chiffre final pouvant atteindre ou dépasser la centaine.
  - Axes prioritaires : développement des infrastructures, facilitation des échanges, connectivité et intégration financières, coordination des politiques économiques, recherche conjointe et échanges entre les peuples.
  - Le montant cumulé des investissements dans ces corridors pourrait atteindre 1.000 milliards de dollars sur dix ans.
  - Principales sources de financement : Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, Banque chinoise de développement, Banque chinoise d’import–export, Fonds de la Route de la soie; d’autres financements publics et privés possibles.
- Projets attendus et retombées potentielles :
  - Investissements dans l’énergie et infrastructures ferroviaires, routières et portuaires au Pakistan : 55 milliards de dollars durant la prochaine décennie.
  - Projets ferroviaires, autoroutiers et portuaires reliant l’Europe à la Russie via le Kazakhstan, et à l’Iran et à la Turquie via le Kazakhstan et le Turkménistan.
  - Voies ferrées via la République kirghize, l’Ouzbékistan et des ports djiboutiens modernisés desservant l’Éthiopie et le Soudan du Sud.
  - Oléoducs et gazoducs reliant la Chine à l’Asie centrale, à l’Azerbaïdjan et à l’Europe via la mer Noire et la Turquie.
  - Projets dans l’électricité, les ressources naturelles, l’industrie extractive, l’industrie manufacturière, l’agriculture et la transformation des produits alimentaires.
  - Effets attendus : diversification économique, stimulation des exportations et de l’emploi, réduction des pénuries d’énergie, amélioration de la connectivité financière et de l’intégration commerciale, facilitation de l’inclusion dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
- Risques et conditions de réussite :
  - Obstacles : complexité de réalisation et de gestion de projets transfrontaliers, contraintes budgétaires, de dette et de position extérieure, éviction potentielle des dépenses dans d’autres domaines de développement, perturbations des taux de change, charges futures d’exploitation et d’entretien, exonérations fiscales pesant sur les budgets nationaux.
  - Mesures recommandées :
    - Renforcer les cadres fiscaux et budgétaires à moyen terme et les capacités d’évaluation et de gestion des coûts des projets, des modalités financières et des risques.
    - Concevoir des projets commercialement rentables, transparents, suivis étroitement et mis en œuvre efficacement.
    - Favoriser des conditions concessionnelles pour les pays à faible revenu, privilégier les retombées en termes d’emplois et d’intrants locaux.
    - Encourager des partenariats avec des institutions financières internationales pour bénéficier de mécanismes d’évaluation, de suivi et de financements concessionnels supplémentaires.
    - Assurer un environnement économique ouvert et compétitif pour maximiser les retombées positives locales.

*Source : IMF — chapitre 2 (Section 2) du PDF fourni.*

### Section 3

### Section 3

### Initiatives du FMI pour le soutien aux infrastructures
- L’Initiative pour le soutien aux infrastructures vise à prêter main forte aux pays membres en leur proposant divers outils d’évaluation relatifs à la gestion des investissements publics, aux risques budgétaires des partenariats public–privé, aux liens dette–investissement–croissance et à la viabilité de la dette, et des conseils stratégiques pour la gestion de la dette à moyen terme.

### Encadré 2.2 — La Somalie se reconstruit après des décennies de guerre civile
- Contexte et opportunité
  - La fin de la guerre civile qui déchirait la Somalie est une occasion unique de reconstruire l’économie du pays.
  - Les élections nationales de février 2017 (les deuxièmes seulement depuis 1991) offrent à la Somalie une occasion de tourner la page.
- Assistance et résultats obtenus
  - Les partenaires internationaux, dont le FMI, fournissent une assistance technique qui produit des résultats tangibles.
  - Depuis la reconnaissance du gouvernement fédéral par la communauté internationale en 2012, la Somalie a reçu une assistance technique à grande échelle; elle est l’un des premiers destinataires de l’assistance technique du FMI, qui provient principalement d’un fonds fiduciaire alimenté par plusieurs bailleurs, en étroite coordination avec d’autres partenaires.
  - Cette assistance technique a produit des résultats tangibles dans les domaines de la gestion économique et de la déclaration de données macroéconomiques et financières.
  - Des progrès assez considérables ont été notés pour la reconstitution des capacités institutionnelles requises pour la préparation et le suivi d’un budget annuel, la mise en œuvre d’une réforme monétaire nationale, et le renforcement de la gouvernance de la banque centrale.
- Cadre de politique et programmes du FMI
  - Depuis la reprise de ses relations avec la Somalie en 2013, le FMI y a conduit deux consultations au titre de l’article IV.
  - Le gouvernement somalien a signé en mai 2016 un programme de référence d’un an pour soutenir les efforts de reconstruction et dresser un bilan de l’application des mesures et des réformes.
  - Un nouveau programme a été approuvé par la Direction du FMI et couvre la période mai 2017–avril 2018.
  - L’existence d’arriérés empêche actuellement la Somalie de bénéficier de l’aide financière du FMI; le succès du programme en cours et des suivants aidera le pays à renforcer ses institutions et ses politiques économiques, ce qui devrait lui permettre de prétendre à un allégement de sa dette dans le futur.
- Difficultés persistantes et priorités
  - Sécurité : la situation toujours précaire est aggravée par le taux de chômage élevé chez les jeunes.
  - Conditions climatiques : une sécheresse pénalise fortement l’activité économique et constitue un danger humanitaire.
  - Finances publiques : la situation budgétaire très inconfortable résulte en partie d’une gestion encore défaillante, d’un système de recouvrement de l’impôt inefficace et d’une dette extérieure très lourde, qui ne pourra pas être remboursée.
  - Secteur financier : la banque centrale et le secteur financier sont encore très récents, et la généralisation de la contrefaçon sape la confiance dans la monnaie nationale.
  - Priorités futures : poursuivre des réformes durables et de grande envergure pour reconstruire les institutions et fournir des données économiques, financières et sociales pour guider l’élaboration de la politique économique.
- Statistiques clés (2014–16, moyenne) — Principaux indicateurs économiques et sociaux, Somalie vs. PFR1
  - Population, total (millions) : Somalie 13,9 ; PFR 642,0
  - PIB par habitant (dollars EU courants) : Somalie 426,0 ; PFR 632,3
  - APD nette reçue (% du RNB) : Somalie 22,2 ; PFR 8,7
  - Espérance de vie à la naissance, total (années) : Somalie 55,5 ; PFR 61,5
  - Taux d’activité, total (% pop. âgée de 15 ans et +)2 : Somalie 54,3 ; PFR 76,2
  - Taux d’activité, femmes (% pop. féminine de 15 ans et +)2 : Somalie 33,2 ; PFR 70,0
  - Taux d’activité, hommes (% pop. masculine de 15 ans et +)2 : Somalie 75,9 ; PFR 82,6
  - Délai d’enregistrement d’une propriété (jours) : Somalie 188,0 ; PFR 78,8

  Notes associées :
  - Sources : Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde; calculs des services du FMI.
  - 1 Pays à faible revenu.
  - 2 Estimation de l’Organisation internationale du travail.
  - Mention : Les données macroéconomiques sur la Somalie figurant dans la présente édition des Perspectives économiques régionales sont les premières que publie le FMI depuis le début des années 90.
  - Encadré préparé par Lukas Pender Kohler, Sebastien Walker et Issouf Samake.

### Encadré 2.3 — Le Pacte avec l’Afrique : une initiative du G-20 pour stimuler l’investissement privé
- Objectif de l’initiative
  - Le Pacte avec l’Afrique lancé par le G-20 vise à aider les pays susceptibles de générer une croissance soutenue et inclusive à exploiter leur potentiel, en promouvant l’investissement et améliorant les infrastructures en Afrique.
- Rôle du FMI
  - Le FMI renforce l’aide destinée à développer les capacités des pays participants, leur prodigue des conseils de politique économique et intègre des réformes pertinentes dans la conception des programmes bénéficiant de son appui.
  - Le FMI a soutenu le lancement et la mise en œuvre de l’initiative, y compris dans le contexte de programmes actifs avec plusieurs pays participants.
  - La concertation avec le FMI et le contenu des programmes prendront en compte les réformes sur lesquelles reposent les pactes tout en protégeant la résilience macroéconomique et la viabilité de la dette publique.
  - Le FMI redouble d’efforts pour le renforcement des capacités dans ses domaines de compétence afin d’appuyer la mise en œuvre du Pacte, y compris par le biais des centres régionaux d’assistance technique en Afrique et du Centre d’assistance technique au Moyen-Orient.
- Mécanismes et engagements
  - Les pays africains participants identifieront les réformes propices à la création de conditions plus favorables à l’investissement privé, amélioreront la mobilisation des recettes et financements intérieurs et dégageront une marge de manœuvre afin d’augmenter les investissements publics indispensables dans les infrastructures, tout en veillant à la viabilité de leur dette.
  - Le G-20 et les autres pays partenaires promouvront l’initiative et encourageront leurs entreprises à investir dans les pays africains participants, y compris en organisant régulièrement des tours de table d’investisseurs et des manifestations de haut niveau, et appuieront la fourniture d’une assistance technique en conséquence.
  - Les organisations internationales fourniront une assistance technique, des conseils de politique économique et un soutien financier pour contribuer à garantir la solidité des cadres macroéconomiques, commerciaux et financiers.
  - Le G-20, les autres pays partenaires et les organisations internationales se coordonneront plus étroitement, intensifieront leur aide dans les phases précoces de préparation des projets d’infrastructure, et feront en sorte que les bras privés des institutions de développement multilatérales et bilatérales investissent davantage.
- Gouvernance et suivi
  - Un groupe du G-20 chargé du financement des investissements aidera à la réalisation et à la supervision à moyen terme du programme de travail du Pacte avec l’Afrique.
  - Le suivi se fondera sur un dialogue au sein de chaque pays et l’envoi de rapports semestriels au G-20.
- Pays participants et portée
  - Pays africains participants mentionnés : Côte d’Ivoire, Éthiopie, Ghana, Maroc, Rwanda, Sénégal et Tunisie.
  - Autres pays ayant manifesté leur intérêt ou susceptibles de participer : Algérie et Égypte.
  - Encadré préparé par Gaëlle Pierre.
  - Note : Consulter le site en ligne de l’initiative à l’adresse https://www.compactwithafrica.org/.

*Source : chapter-2-final-fre - Section 3 (PDF).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2017/october/menap/french/chapter-2-final-fre.pdf_
