## 4. Tirer parti des échanges commerciaux

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### Aperçu et estimation d'impact
- Le raffermissement de la reprise mondiale offre des possibilités importantes de renforcement des exportations et de la croissance pour les régions MOANAP et CAC.
- Des calculs indicatifs montrent qu’une plus grande ouverture commerciale (participation accrue aux chaînes de valeur mondiales, diversification des exportations, amélioration de la qualité des produits) pourrait contribuer à accroître le niveau des revenus d’environ 5 à 10 % au bout de cinq à dix ans.
- Les pays importateurs de pétrole sont mieux placés que les autres pays de la région pour tirer parti de l’amélioration des perspectives du commerce international en raison d’une meilleure intégration aux chaînes de valeur mondiales et d’exportations plus diversifiées.
- Les pays exportateurs de pétrole devraient se concentrer sur la diversification de leur économie afin de produire et d’exporter une gamme plus étendue de biens et de services.

### Preuves empiriques et canaux de transmission vers la croissance
- Analyse couvrant 131 pays, dont 20 appartenant aux régions MOANAP ou CAC, indique que :
  - Les investissements dans les infrastructures favorisent la croissance du PIB réel par habitant.
  - L’investissement direct étranger (IDE) favorise la capacité de production via des transferts de technologies et de connaissances.
  - Le degré global d’ouverture commerciale (total des exportations et des importations en proportion du PIB) stimule la demande potentielle pour la production nationale et tend à accroître la productivité par la concurrence.
  - La diversification des exportations, la qualité des exportations et l’intégration aux chaînes de valeur mondiales (notamment la part de la valeur ajoutée nationale dans les exportations) jouent un rôle important dans la croissance.
- Autres constats empiriques :
  - Corrélation négative entre la croissance et le niveau initial du PIB par habitant, suggérant une convergence potentielle.
  - Les effets positifs du niveau d’éducation de la population active sur la croissance sont moins évidents lorsque l’échantillon inclut des pays à faible revenu comptant très peu de travailleurs diplômés de l’enseignement supérieur.
  - Le commerce international contribue à la hausse des revenus et à la réduction de la pauvreté (référence aux travaux conjoints FMI, Banque mondiale et OMC, 2017).
  - Le commerce peut abaisser les prix des denrées alimentaires et boissons principalement consommées par les plus pauvres (Faijgelbaum et Khandelwal, 2016).
  - Une ouverture accrue peut engendrer des coûts d’ajustement pour certaines communautés ou catégories de la population active; politiques publiques nécessaires pour atténuer ces coûts et assurer une répartition équitable des bénéfices.

### Évolution récente du degré d’ouverture commerciale
- Le degré d’ouverture commerciale a décliné ces dernières années dans les régions MOANAP et CAC, en ligne avec des tendances internationales : atonie de l’activité économique mondiale, ralentissement de la libéralisation des échanges, baisse des cours des matières premières, croissance plus lente des chaînes de valeur mondiales.
- Pour les pays importateurs de pétrole, le déclin a été plus rapide dans la région MOANAP que dans le Caucase et l’Asie centrale en raison des conflits et tensions géopolitiques régionaux.
- Pour les pays exportateurs de pétrole, l’ouverture relativement faible s’explique en grande partie par la stagnation ou le recul des exportations de pétrole et de gaz et par la chute des cours du pétrole.
- Si l’on exclut le pétrole :
  - L’ouverture commerciale a légèrement progressé dans les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP.
  - Elle est restée globalement stable dans les pays exportateurs de pétrole de la région CAC, indiquant quelques progrès en matière de diversification des exportations.
- Pour les pays importateurs de pétrole :
  - Dans la région MOANAP, tendance expliquée par une croissance des exportations plus faible que la moyenne des pays émergents et en développement.
  - Dans la région CAC, la croissance des exportations a été relativement rapide, mais la baisse des importations (due à la diminution des envois de fonds des travailleurs émigrés) explique le déclin général de l’ouverture commerciale.

### Rôle des services, intégration aux marchés et partenaires commerciaux
- Les exportations de services se sont accrues au cours des dix dernières années, mais restent modestes, en particulier dans les pays exportateurs de pétrole.
  - Les services ont représenté en moyenne 44 % des exportations totales des pays importateurs de pétrole des régions MOANAP et CAC.
  - Les services représentent moins de 15 % des exportations totales dans les pays exportateurs de pétrole.
  - Dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, le tourisme représente 51 % du total des services exportés.
- Les politiques restrictives dans le domaine des services persistent pour de nombreux pays de la région; services professionnels et de transport parmi les plus protégés.
- Innovations technologiques (commerce électronique) peuvent faciliter l’accès aux marchés internationaux, réduire les coûts et favoriser l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales pour biens et services.
- Intégration aux réseaux d’échanges internationaux :
  - La région MOANAP paraît relativement plus insérée que le Caucase et l’Asie centrale en termes de nombre de partenaires et volume d’exportations.
  - En moyenne, les pays de la région MOANAP exportent vers près de 70 % de leurs partenaires commerciaux potentiels — un score dépassé seulement par l’Amérique du Nord et l’Europe.
  - Les pays du Caucase et de l’Asie centrale n’exportent que vers 50 % de leurs partenaires potentiels.
  - Les relations d’exportation entre les pays MOANAP et CAC sont faibles.
  - La Chine est devenue un partenaire commercial de premier plan, accueillant des flux d’exportation depuis la quasi-totalité des pays des régions MOANAP et CAC.
- Remarque méthodologique : L’Afghanistan utilise l'année 2002 comme année de référence en raison de problèmes de données.

### Diversification, qualité des exportations et complexité économique
- La diversification des exportations dans les régions MOANAP et CAC est inférieure à celle des pays émergents et en développement.
  - Les pays exportateurs de pétrole présentent les exportations les moins diversifiées et sont donc plus exposés à la volatilité.
  - Les pays importateurs de pétrole se rapprochent de la moyenne des pays émergents et en développement; la région MOANAP s’en sort un peu mieux, possiblement en raison d’un meilleur accès géographique aux marchés européens et d’entrées d’IDE plus importantes.
  - Dans certains pays importateurs de pétrole de la région CAC, la diversification a marqué le pas récemment en raison du ralentissement de l’IDE (exemple : Tadjikistan).
- Qualité des exportations :
  - La plupart des pays des régions MOANAP et CAC exportent des produits de qualité inférieure par rapport aux autres pays émergents et en développement.
  - Jordanie et Tunisie sont les seuls pays où la qualité des exportations dépasse la moyenne des pays émergents et en développement.
  - Certains pays importateurs de pétrole ont amélioré la qualité de leurs exportations récemment, principalement dans l’habillement (Égypte, Jordanie, Pakistan) et la production manufacturière (Arménie, Géorgie, Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - La qualité des exportations de pétrole (combustibles minéraux) reste assez faible et s’est détériorée en Algérie et en Azerbaïdjan.
- Complexité économique :
  - L’indice de complexité économique (mesure de la diversité et complexité du panier d’exportations) est faible pour les pays exportateurs de pétrole de la région par rapport aux pays importateurs.
  - La complexité des pays importateurs de pétrole est inférieure à la moyenne des pays émergents et en développement, mais plus élevée dans la région MOANAP que dans le Caucase et l’Asie centrale.

### Recommandations et politiques prioritaires
- Renforcer l’ouverture commerciale via :
  - Participation accrue aux chaînes de valeur mondiales.
  - Diversification des exportations.
  - Amélioration de la qualité des produits et augmentation de la composante de valeur ajoutée nationale.
  - Signature d’accords commerciaux et exploitation des nouvelles possibilités d’intégration (par exemple initiatives régionales et corridors d’intégration).
- Pour atténuer les coûts d’ajustement et maximiser l’inclusivité des gains :
  - Mettre en œuvre des réformes structurelles favorisant l’investissement et la création d’emplois.
  - Adopter des politiques budgétaires ciblées permettant de réduire les coûts d’ajustement.
  - Encourager l’amélioration des infrastructures et attirer l’IDE pour transférer technologies et connaissances.
- Pour les pays exportateurs de pétrole : concentrer les efforts sur la diversification économique et la montée en gamme des exportations.
- Pour les pays exportateurs de services et les pays au fort potentiel touristique : libéraliser et clarifier les régimes d’accès au marché pour les services, réduire l’opacité des licences et exploiter les technologies numériques pour élargir l’accès aux marchés internationaux.

### Environnement du commerce international et barrières
- Effets des tensions géopolitiques et des conflits :
  - Conflits en Afghanistan, Iraq, Libye, Somalie, Syrie, Yémen ont perturbé échanges, infrastructures, main-d’œuvre et tourisme, et provoqué des afflux de réfugiés (impact sur Jordanie, Liban, Pakistan).
  - Exemples : conflit en Syrie a perturbé la principale route commerciale de l’Iraq vers la Méditerranée; conflit en Iraq a affecté voies d’exportation de la Jordanie vers l’Iran.
  - Crise diplomatique récente entre le Qatar et d’autres pays de MOANAP affecte le commerce et les flux financiers.
- Performances et évolutions du climat du commerce :
  - Procédures de commerce transfrontalier : au niveau comparable ou supérieur à la moyenne des PED, mais détérioration récente dans MOANAP et amélioration dans CAC.
  - Les restrictions de change constituent des obstacles supplémentaires au commerce.
  - Estimation empirique citée : une augmentation d’un écart-type des contrôles sur les paiements commerciaux ou les opérations de change réduit les échanges dans des proportions équivalentes à une hausse des droits de douane comprise entre 11 et 14 points de pourcentage.
- Effets des taux de change :
  - Résultat d’études : une dépréciation effective réelle de 10 % de la monnaie d’un pays s’accompagnait d’une hausse des exportations nettes réelles de 1,5 % du PIB en moyenne, avec de fortes variations d’un pays à l’autre.
  - Participation accrue aux chaînes de valeur mondiales atténue l’impact des variations de taux de change sur les flux commerciaux.
- Indicateurs spécifiques et estimations :
  - Mise en œuvre de l’Accord sur la facilitation des échanges (entrée en vigueur début 2017) : l’OMC estime que la mise en œuvre de cet accord ferait baisser les coûts douaniers du commerce de marchandises de 14 %, en particulier pour les pays en développement, et pourrait entraîner une hausse des échanges internationaux de 1.000 milliards de dollars par an.

### Intégration commerciale et accords
- Usage des accords commerciaux :
  - Seuls les importateurs de pétrole de MOANAP se distinguent par un recours fréquent aux accords commerciaux bilatéraux et régionaux.
  - Le nombre d’accords commerciaux signés par la plupart des autres pays des deux régions est notablement inférieur à la moyenne PED.
- Progrès multilatéraux et bilatéraux :
  - Négociations d’adhésion à l’OMC : huit pays de MOANAP (Algérie, Iran, Iraq, Liban, Libye, Somalie, Soudan, Syrie) et deux pays de CAC (Azerbaïdjan, Ouzbékistan) négocient leur adhésion, souvent depuis les années 90, avec des progrès lents.
  - Accords d’association avec l’Union européenne : plusieurs pays MOANAP (Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie) et la Géorgie (CAC); la Géorgie a aussi signé un accord de libre-échange avec la Chine.
  - Accords de partenariat et de coopération avec l’Union européenne : Arménie, Azerbaïdjan, Iraq.
  - Initiatives régionales : Maroc et Tunisie ont rejoint le Pacte avec l’Afrique (G20) pour accroître l’investissement privé, améliorer les infrastructures et lutter contre le chômage.

### Conclusion et mesures envisageables
- Gains potentiels de l’ouverture commerciale et de l’intégration dans les chaînes de valeur :
  - Une progression continue de l’ouverture commerciale, égale à la plus forte amélioration en glissement périodique observée dans la région, pourrait accroître de 1 point de pourcentage la croissance moyenne au bout de cinq ans.
  - La plus grande ouverture commerciale combinée à une diversification accrue, une amélioration de la qualité des exportations ou une participation plus active aux chaînes de valeur mondiales amplifierait les effets de croissance.
  - Mise en perspective macroéconomique : la mise en œuvre de réformes stimulant la croissance pourrait faire progresser le niveau des revenus de 5 à 10 % au bout de cinq à dix ans.
  - Nota graphique 4.9 — paramètres de scénario utilisés :
    - Ouverture commerciale : 7,7 points de pourcentage (pp)
    - Participation aux chaînes de valeur : 4 pp
    - Diversification : 2,4 pp
    - Qualité : 1,5 pp

### Hétérogénéité par type de pays
- Les importateurs de pétrole semblent globalement mieux placés pour tirer parti du redressement de l’économie mondiale, mais des marges de progression existent sur la qualité des produits, notamment pour les pays importateurs de la région CAC qui doivent inverser le déclin de leur intégration en aval dans les chaînes de valeur mondiales.
- Les exportateurs de pétrole doivent concentrer leurs efforts sur la diversification et l’amélioration de la qualité de leurs exportations.

### Politiques et réformes recommandées pour soutenir l’ouverture et l’inclusion
- Réformes structurelles et libéralisation des échanges pour accroître :
  - l’ouverture commerciale,
  - la participation aux chaînes de valeur mondiales,
  - la diversification des exportations,
  - la qualité des produits.
- Politiques complémentaires visant à rendre l’intégration plus inclusive :
  - accès élargi aux financements,
  - renforcement de l’éducation,
  - diffusion des technologies.
- Politiques budgétaires :
  - réduire les coûts de la transition vers une ouverture accrue (compensation de la perte éventuelle de recettes liée à la baisse des taxes sur le commerce),
  - prévoir l’augmentation éventuelle de l’investissement public dans les infrastructures.
- Réformes pour améliorer le climat des affaires et de l’investissement afin de soutenir l’accroissement des exportations et la stimulation de la croissance.

### Inclusion et distribution (Encadré 4.1)
- Résultats empiriques (106 pays, période 1980–2013, dont 11 pays MOANAP et CAC) :
  - L’inclusion, mesurée par le coefficient de Gini, ne semble pas être directement influencée par l’ouverture commerciale.
  - D’autres variables jouent un rôle plus important : expansion des circuits financiers, niveau d’éducation, part de l’emploi dans la production.
- Politiques publiques pour gérer les coûts d’ajustement du commerce :
  - politiques actives du marché du travail (aide à la recherche d’emploi, programmes de formation, assurance-salaire soigneusement conçue),
  - politiques passives (assurance-chômage, protection de l’emploi),
  - politiques complémentaires locales (enseignement, logement, crédit, infrastructures) pour soutenir zones et communautés touchées.
- Preuve empirique : les politiques budgétaires de redistribution peuvent être particulièrement efficaces pour remédier aux pertes d’emplois dans le secteur industriel (impact de l’emploi industriel sur le coefficient de Gini net non significatif).

### Accords commerciaux et adhésion à l’OMC (Encadré 4.2)
- Situation multilatérale :
  - Plusieurs pays MOANAP (Algérie, Iran, Iraq, Liban, Libye, Somalie, Soudan, Syrie) et certains CAC (Azerbaïdjan, Ouzbékistan, Turkménistan) ne sont pas membres de l’OMC.
  - Plusieurs pays viennent d’adhérer (Afghanistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Yémen).
  - Résultats empiriques sur un groupe de nouveaux membres (1996–2015) : effets de l’adhésion à l’OMC — neutres dans 63 % des cas, positifs dans 24 % des cas, négatifs dans 13 % des cas.
  - Nouveaux membres ont enregistré des résultats largement positifs en termes d’ouverture commerciale accrue, diversification, croissance, contrôle de l’inflation, limitation des déficits budgétaires et attraction des IDE.
- Situation régionale :
  - Le nombre d’accords commerciaux préférentiels (ACP) impliquant des pays MOANAP et CAC est passé de 50 en 1990 à près de 300 en 2017.
  - La profondeur des ACP reste généralement limitée ; peu d’accords atteignent le niveau des accords « approfondis ».
  - Exemple : un Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) en négociation entre le Maroc, la Tunisie et l’Union européenne pourrait générer des gains potentiels de PIB à long terme jusqu’à 1,6 % pour le Maroc et 7,4 % pour la Tunisie, associés à un accroissement des exportations et une amélioration de la balance commerciale pour les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, avec des effets négatifs modérés sur d’autres pays de la région liés au déplacement des flux commerciaux vers l’Union européenne.

### Résultats économétriques clés (Annexe 4.1 et Tableau 4.1)
- Résumé de la spécification :
  - Modèle estimé : système GMM en niveau et en différence, contrôle pour effets fixes pays–période, variables de contrôle usuelles (logarithme des termes de l’échange, niveau d’éducation, substitution pour infrastructures publiques, ratio IDE/PIB), variables auxiliaires de période indiquant la baisse tendancielle de la croissance mondiale depuis 1960.
- Coefficients significatifs extraits du Tableau 4.1 (sélection) :
  - PIB par habitant initial : 5.014*** (col. (1)); 4.618*** (col. (2)); 5.061*** (col. (3)); 5.664*** (col. (4)); 5.741*** (col. (5)); 5.730*** (col. (6))
  - Infrastructures : 2.241*** (col. (1)); 2.087*** (col. (2)); 2.458*** (col. (3)); 2.574*** (col. (4)); 3.285*** (col. (5)); 2.908** (col. (6))
  - Entrées d'IDE/PIB : 0.667** (col. (1)); 0.761* (col. (4)); 1.313** (col. (5)); 1.102* (col. (6))
  - Ouverture commerciale : 2.446*** (col. (1)); 1.919*** (col. (2)); 1.996*** (col. (3)); 2.796*** (col. (4)); 2.240 (col. (5)); 2.122 (col. (6))
  - Diversification des exportations : 4.249** (col. (2))
  - Qualité des exportations : 5.034* (col. (3))
  - Participation aux CVM : 9.170** (col. (4))
  - Intégration en aval : 11.72** (col. (4))
  - Valeur ajoutée nationale : 48.01* (col. (6))
- Informations d’échantillon et tests :
  - Nombre d’observations : 1,030 (col. (1)); 1,021 (col. (2)); 1,037 (col. (3)); 641 (cols. (4)–(6))
  - Nombre de pays : 131 (cols. (1),(4)–(6)); 123 (col. (2)); 129 (col. (3))
  - Tests de validation : Test de sur-identification de Hansen (valeurs p reportées), Test d'orthogonalité de Hansen (valeurs p reportées), Valeur p de la statistique AR(2) (valeurs p reportées) ; spécification validée par ces tests pour les régressions considérées.
- Mise en garde méthodologique : limites reconnues de l’utilisation des variables retardées comme instruments dans ce contexte ; interprétation avec prudence.

*Préparé par Alexei Kireyev (auteur principal), Maxym Kryshko, Boaz Nandwa et Magali Pinat, assistés par James Aylward et Samira Kalla pour les recherches.*

### 4. Tirer parti des échanges commerciaux

### 4. Tirer parti des échanges commerciaux

### Aperçu et estimation d'impact
- Le raffermissement de la reprise mondiale offre des possibilités importantes de renforcement des exportations et de la croissance pour les régions MOANAP et CAC.
- Des calculs indicatifs montrent qu’une plus grande ouverture commerciale (participation accrue aux chaînes de valeur mondiales, diversification des exportations, amélioration de la qualité des produits) pourrait contribuer à accroître le niveau des revenus d’environ 5 à 10 % au bout de cinq à dix ans.
- Les pays importateurs de pétrole sont mieux placés que les autres pays de la région pour tirer parti de l’amélioration des perspectives du commerce international en raison d’une meilleure intégration aux chaînes de valeur mondiales et d’exportations plus diversifiées.
- Les pays exportateurs de pétrole devraient se concentrer sur la diversification de leur économie afin de produire et d’exporter une gamme plus étendue de biens et de services.

### Preuves empiriques et canaux de transmission vers la croissance
- Analyse couvrant 131 pays, dont 20 appartenant aux régions MOANAP ou CAC, indique que :
  - Les investissements dans les infrastructures favorisent la croissance du PIB réel par habitant.
  - L’investissement direct étranger (IDE) favorise la capacité de production via des transferts de technologies et de connaissances.
  - Le degré global d’ouverture commerciale (total des exportations et des importations en proportion du PIB) stimule la demande potentielle pour la production nationale et tend à accroître la productivité par la concurrence.
  - La diversification des exportations, la qualité des exportations et l’intégration aux chaînes de valeur mondiales (notamment la part de la valeur ajoutée nationale dans les exportations) jouent un rôle important dans la croissance.
- Autres constats empiriques :
  - Corrélation négative entre la croissance et le niveau initial du PIB par habitant, suggérant une convergence potentielle.
  - Les effets positifs du niveau d’éducation de la population active sur la croissance sont moins évidents lorsque l’échantillon inclut des pays à faible revenu comptant très peu de travailleurs diplômés de l’enseignement supérieur.
  - Le commerce international contribue à la hausse des revenus et à la réduction de la pauvreté (référence aux travaux conjoints FMI, Banque mondiale et OMC, 2017).
  - Le commerce peut abaisser les prix des denrées alimentaires et boissons principalement consommées par les plus pauvres (Faijgelbaum et Khandelwal, 2016).
  - Une ouverture accrue peut engendrer des coûts d’ajustement pour certaines communautés ou catégories de la population active; politiques publiques nécessaires pour atténuer ces coûts et assurer une répartition équitable des bénéfices.

### Évolution récente du degré d’ouverture commerciale
- Le degré d’ouverture commerciale a décliné ces dernières années dans les régions MOANAP et CAC, en ligne avec des tendances internationales : atonie de l’activité économique mondiale, ralentissement de la libéralisation des échanges, baisse des cours des matières premières, croissance plus lente des chaînes de valeur mondiales.
- Pour les pays importateurs de pétrole, le déclin a été plus rapide dans la région MOANAP que dans le Caucase et l’Asie centrale en raison des conflits et tensions géopolitiques régionaux.
- Pour les pays exportateurs de pétrole, l’ouverture relativement faible s’explique en grande partie par la stagnation ou le recul des exportations de pétrole et de gaz et par la chute des cours du pétrole.
- Si l’on exclut le pétrole :
  - L’ouverture commerciale a légèrement progressé dans les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP.
  - Elle est restée globalement stable dans les pays exportateurs de pétrole de la région CAC, indiquant quelques progrès en matière de diversification des exportations.
- Pour les pays importateurs de pétrole :
  - Dans la région MOANAP, tendance expliquée par une croissance des exportations plus faible que la moyenne des pays émergents et en développement.
  - Dans la région CAC, la croissance des exportations a été relativement rapide, mais la baisse des importations (due à la diminution des envois de fonds des travailleurs émigrés) explique le déclin général de l’ouverture commerciale.

### Rôle des services, intégration aux marchés et partenaires commerciaux
- Les exportations de services se sont accrues au cours des dix dernières années, mais restent modestes, en particulier dans les pays exportateurs de pétrole.
  - Les services ont représenté en moyenne 44 % des exportations totales des pays importateurs de pétrole des régions MOANAP et CAC.
  - Les services représentent moins de 15 % des exportations totales dans les pays exportateurs de pétrole.
  - Dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, le tourisme représente 51 % du total des services exportés.
- Les politiques restrictives dans le domaine des services persistent pour de nombreux pays de la région; services professionnels et de transport parmi les plus protégés.
- Innovations technologiques (commerce électronique) peuvent faciliter l’accès aux marchés internationaux, réduire les coûts et favoriser l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales pour biens et services.
- Intégration aux réseaux d’échanges internationaux :
  - La région MOANAP paraît relativement plus insérée que le Caucase et l’Asie centrale en termes de nombre de partenaires et volume d’exportations.
  - En moyenne, les pays de la région MOANAP exportent vers près de 70 % de leurs partenaires commerciaux potentiels — un score dépassé seulement par l’Amérique du Nord et l’Europe.
  - Les pays du Caucase et de l’Asie centrale n’exportent que vers 50 % de leurs partenaires potentiels.
  - Les relations d’exportation entre les pays MOANAP et CAC sont faibles.
  - La Chine est devenue un partenaire commercial de premier plan, accueillant des flux d’exportation depuis la quasi-totalité des pays des régions MOANAP et CAC.
- Remarque méthodologique : L’Afghanistan utilise l'année 2002 comme année de référence en raison de problèmes de données.

### Diversification, qualité des exportations et complexité économique
- La diversification des exportations dans les régions MOANAP et CAC est inférieure à celle des pays émergents et en développement.
  - Les pays exportateurs de pétrole présentent les exportations les moins diversifiées et sont donc plus exposés à la volatilité.
  - Les pays importateurs de pétrole se rapprochent de la moyenne des pays émergents et en développement; la région MOANAP s’en sort un peu mieux, possiblement en raison d’un meilleur accès géographique aux marchés européens et d’entrées d’IDE plus importantes.
  - Dans certains pays importateurs de pétrole de la région CAC, la diversification a marqué le pas récemment en raison du ralentissement de l’IDE (exemple : Tadjikistan).
- Qualité des exportations :
  - La plupart des pays des régions MOANAP et CAC exportent des produits de qualité inférieure par rapport aux autres pays émergents et en développement.
  - Jordanie et Tunisie sont les seuls pays où la qualité des exportations dépasse la moyenne des pays émergents et en développement.
  - Certains pays importateurs de pétrole ont amélioré la qualité de leurs exportations récemment, principalement dans l’habillement (Égypte, Jordanie, Pakistan) et la production manufacturière (Arménie, Géorgie, Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - La qualité des exportations de pétrole (combustibles minéraux) reste assez faible et s’est détériorée en Algérie et en Azerbaïdjan.
- Complexité économique :
  - L’indice de complexité économique (mesure de la diversité et complexité du panier d’exportations) est faible pour les pays exportateurs de pétrole de la région par rapport aux pays importateurs.
  - La complexité des pays importateurs de pétrole est inférieure à la moyenne des pays émergents et en développement, mais plus élevée dans la région MOANAP que dans le Caucase et l’Asie centrale.

### Recommandations et politiques prioritaires
- Renforcer l’ouverture commerciale via :
  - Participation accrue aux chaînes de valeur mondiales.
  - Diversification des exportations.
  - Amélioration de la qualité des produits et augmentation de la composante de valeur ajoutée nationale.
  - Signature d’accords commerciaux et exploitation des nouvelles possibilités d’intégration (par exemple initiatives régionales et corridors d’intégration).
- Pour atténuer les coûts d’ajustement et maximiser l’inclusivité des gains :
  - Mettre en œuvre des réformes structurelles favorisant l’investissement et la création d’emplois.
  - Adopter des politiques budgétaires ciblées permettant de réduire les coûts d’ajustement.
  - Encourager l’amélioration des infrastructures et attirer l’IDE pour transférer technologies et connaissances.
- Pour les pays exportateurs de pétrole : concentrer les efforts sur la diversification économique et la montée en gamme des exportations.
- Pour les pays exportateurs de services et les pays au fort potentiel touristique : libéraliser et clarifier les régimes d’accès au marché pour les services, réduire l’opacité des licences et exploiter les technologies numériques pour élargir l’accès aux marchés internationaux.

*Préparé par Alexei Kireyev (auteur principal), Maxym Kryshko, Boaz Nandwa et Magali Pinat, assistés par James Aylward et Samira Kalla pour les recherches.*

### 1. I ndice de diversification des exportations, 2014 1/

### 1. Indice de diversification des exportations, 2014 1/

### Diversification des exportations et volatilité de la production
- Indicateurs présentés : Indice de diversification des exportations (De 0 à 1; indice plus élevé = diversification accrue); volatilité de la croissance du PIB réel par habitant, 1995‒2014 (écart-type).
- Groupes régionaux et catégories : CAC = Caucase et Asie centrale; MOANAP = Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan; PED = pays émergents et pays en développement.
- Observations générales :
  - Les pays importateurs de pétrole sont généralement mieux diversifiés et présentent une intégration aux chaînes de valeur mondiales plus élevée que les pays exportateurs de pétrole.
  - L’indice de diversification a été recalculé pour être compris entre 0 et 1 et équivaut à un indice de concentration des exportations de Theil.
- Données temporelles :
  - Valeurs de référence affichées pour 1995 et 2014.
  - 2014 : données les plus récentes disponibles pour l'indice de diversification.

### Indice de qualité des exportations
- Définitions et échelles :
  - Indice de qualité des exportations (De 0 à 1,2; indice plus élevé = qualité supérieure).
  - La qualité des produits est mesurée par classification CTCI-1 (1 = 90e centile de tous les pays).
- Observations :
  - Présentation par grands groupes de produits : Produits alim. et animaux vivants; Boissons et tabacs; Matières brutes, hors carburants; Combustibles minéraux; Huiles d'origine animale ou végétale; Produits chimiques; Articles manufacturés; Machines et matériel de transport.
  - Les échelles régionales de qualité pour 2014 sont fournies pour importateurs et exportateurs de pétrole dans MOANAP et CAC, ainsi que la moyenne PED.
- Données temporelles :
  - Comparaison entre 1995 et 2014; les données 2014 sont les plus récentes disponibles pour l'indice de qualité.

### Participation aux chaînes de valeur mondiales
- Mesures :
  - Intégration en amont : part de la valeur ajoutée étrangère importée et utilisée dans la production des exportations (Moyenne, 2009‒13).
  - Intégration en aval : part des exportations brutes destinée à être utilisée dans les exportations du pays de destination (Moyenne, 2009‒13).
  - Mesure fondée sur la définition de Koopman, Wang et Wei (2014); détails supplémentaires dans Aslam, Novta et Rodrigues-Bastos (2017).
- Observations clés :
  - Jordanie, Liban et Tunisie (MOANAP) et République kirghize (CAC) affichent une part relativement élevée de valeur ajoutée étrangère dans leurs exportations (intégration en amont) par rapport à la moyenne PED.
  - Égypte, Mauritanie et Maroc (MOANAP), ainsi qu’Arménie (CAC) montrent une part en aval supérieure à la moyenne PED, traduisant des niveaux de diversification et de qualité comparables aux autres PED.
  - Parmi les pays exportateurs de pétrole, l’intégration en amont est particulièrement faible, suggérant des importations majoritairement de produits finis pour consommation et investissement.
  - Les exportateurs de pétrole montrent une intégration en aval élevée principalement due au volume important d’exportations de pétrole brut destiné au raffinage par des partenaires commerciaux.
- Évolution temporelle et perspectives :
  - La plupart des importateurs de pétrole de MOANAP ont amélioré leur intégration en amont et en aval, partiellement grâce à la diversification (industrie manufacturière légère en Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - Importateurs de pétrole de CAC ont surtout progressé en intégration en amont (rôle de plaque tournante pour le transport des produits chinois vers la Russie et la région).
  - Projet des nouvelles routes de la soie : potentiel d’intensification de l’intégration en amont pour les deux régions.
  - Pacte avec l’Afrique : potentiel d’accroissement de l’intégration en aval pour les importateurs de pétrole de MOANAP.
  - Pour les pays exportateurs de pétrole des régions MOANAP et CAC : intégration en amont en déclin et intégration en aval en hausse, reflétant le développement des activités de transformation et de raffinage.

### Environnement du commerce international et barrières
- Effets des tensions géopolitiques et des conflits :
  - Conflits en Afghanistan, Iraq, Libye, Somalie, Syrie, Yémen ont perturbé échanges, infrastructures, main-d’œuvre et tourisme, et provoqué des afflux de réfugiés (impact sur Jordanie, Liban, Pakistan).
  - Exemples : conflit en Syrie a perturbé la principale route commerciale de l’Iraq vers la Méditerranée; conflit en Iraq a affecté voies d’exportation de la Jordanie vers l’Iran.
  - Crise diplomatique récente entre le Qatar et d’autres pays de MOANAP affecte le commerce et les flux financiers.
- Performances et évolutions du climat du commerce :
  - Procédures de commerce transfrontalier : au niveau comparable ou supérieur à la moyenne des PED, mais détérioration récente dans MOANAP et amélioration dans CAC.
  - Les restrictions de change constituent des obstacles supplémentaires au commerce.
  - Estimation empirique citée : une augmentation d’un écart-type des contrôles sur les paiements commerciaux ou les opérations de change réduit les échanges dans des proportions équivalentes à une hausse des droits de douane comprise entre 11 et 14 points de pourcentage.
- Effets des taux de change :
  - Résultat d’études : une dépréciation effective réelle de 10 % de la monnaie d’un pays s’accompagnait d’une hausse des exportations nettes réelles de 1,5 % du PIB en moyenne, avec de fortes variations d’un pays à l’autre.
  - Participation accrue aux chaînes de valeur mondiales atténue l’impact des variations de taux de change sur les flux commerciaux.
- Indicateurs spécifiques et estimations :
  - Mise en œuvre de l’Accord sur la facilitation des échanges (entrée en vigueur début 2017) : l’OMC estime que la mise en œuvre de cet accord ferait baisser les coûts douaniers du commerce de marchandises de 14 %, en particulier pour les pays en développement, et pourrait entraîner une hausse des échanges internationaux de 1.000 milliards de dollars par an.

### Intégration commerciale et accords
- Usage des accords commerciaux :
  - Seuls les importateurs de pétrole de MOANAP se distinguent par un recours fréquent aux accords commerciaux bilatéraux et régionaux.
  - Le nombre d’accords commerciaux signés par la plupart des autres pays des deux régions est notablement inférieur à la moyenne PED.
- Progrès multilatéraux et bilatéraux :
  - Négociations d’adhésion à l’OMC : huit pays de MOANAP (Algérie, Iran, Iraq, Liban, Libye, Somalie, Soudan, Syrie) et deux pays de CAC (Azerbaïdjan, Ouzbékistan) négocient leur adhésion, souvent depuis les années 90, avec des progrès lents.
  - Accords d’association avec l’Union européenne : plusieurs pays MOANAP (Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie) et la Géorgie (CAC); la Géorgie a aussi signé un accord de libre-échange avec la Chine.
  - Accords de partenariat et de coopération avec l’Union européenne : Arménie, Azerbaïdjan, Iraq.
  - Initiatives régionales : Maroc et Tunisie ont rejoint le Pacte avec l’Afrique (G20) pour accroître l’investissement privé, améliorer les infrastructures et lutter contre le chômage.

*Source : Services du FMI, extraits du chapitre (graphiques et notes) fournis dans le contenu.*

### Conclusion et mesures envisageables

### Conclusion et mesures envisageables

### Gains potentiels de l’ouverture commerciale et de l’intégration dans les chaînes de valeur
- Une progression continue de l’ouverture commerciale, égale à la plus forte amélioration en glissement périodique observée dans la région, pourrait accroître de 1 point de pourcentage la croissance moyenne au bout de cinq ans.
- La plus grande ouverture commerciale combinée à une diversification accrue, une amélioration de la qualité des exportations ou une participation plus active aux chaînes de valeur mondiales amplifierait les effets de croissance.
- Mise en perspective macroéconomique : la mise en œuvre de réformes stimulant la croissance pourrait faire progresser le niveau des revenus de 5 à 10 % au bout de cinq à dix ans.
- Nota graphique 4.9 — paramètres de scénario utilisés :
  - Ouverture commerciale : 7,7 points de pourcentage (pp)
  - Participation aux chaînes de valeur : 4 pp
  - Diversification : 2,4 pp
  - Qualité : 1,5 pp

### Hétérogénéité par type de pays (MOANAP et CAC, exportateurs vs importateurs de pétrole)
- Les importateurs de pétrole semblent globalement mieux placés pour tirer parti du redressement de l’économie mondiale, mais des marges de progression existent sur la qualité des produits, notamment pour les pays importateurs de la région CAC qui doivent inverser le déclin de leur intégration en aval dans les chaînes de valeur mondiales.
- Les exportateurs de pétrole doivent concentrer leurs efforts sur la diversification et l’amélioration de la qualité de leurs exportations.

### Politiques et réformes recommandées pour soutenir l’ouverture et l’inclusion
- Réformes structurelles et libéralisation des échanges pour accroître :
  - l’ouverture commerciale,
  - la participation aux chaînes de valeur mondiales,
  - la diversification des exportations,
  - la qualité des produits.
- Politiques complémentaires visant à rendre l’intégration plus inclusive :
  - accès élargi aux financements,
  - renforcement de l’éducation,
  - diffusion des technologies.
- Politiques budgétaires :
  - réduire les coûts de la transition vers une ouverture accrue (compensation de la perte éventuelle de recettes liée à la baisse des taxes sur le commerce),
  - prévoir l’augmentation éventuelle de l’investissement public dans les infrastructures.
- Réformes pour améliorer le climat des affaires et de l’investissement afin de soutenir l’accroissement des exportations et la stimulation de la croissance.

### Inclusion et distribution (Encadré 4.1)
- Résultats empiriques (106 pays, période 1980–2013, dont 11 pays MOANAP et CAC) :
  - L’inclusion, mesurée par le coefficient de Gini, ne semble pas être directement influencée par l’ouverture commerciale.
  - D’autres variables jouent un rôle plus important : expansion des circuits financiers, niveau d’éducation, part de l’emploi dans la production.
- Politiques publiques pour gérer les coûts d’ajustement du commerce :
  - politiques actives du marché du travail (aide à la recherche d’emploi, programmes de formation, assurance-salaire soigneusement conçue),
  - politiques passives (assurance-chômage, protection de l’emploi),
  - politiques complémentaires locales (enseignement, logement, crédit, infrastructures) pour soutenir zones et communautés touchées.
- Preuve empirique : les politiques budgétaires de redistribution peuvent être particulièrement efficaces pour remédier aux pertes d’emplois dans le secteur industriel (impact de l’emploi industriel sur le coefficient de Gini net non significatif).

### Accords commerciaux et adhésion à l’OMC (Encadré 4.2)
- Situation multilatérale :
  - Plusieurs pays MOANAP (Algérie, Iran, Iraq, Liban, Libye, Somalie, Soudan, Syrie) et certains CAC (Azerbaïdjan, Ouzbékistan, Turkménistan) ne sont pas membres de l’OMC.
  - Plusieurs pays viennent d’adhérer (Afghanistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Yémen).
  - Résultats empiriques sur un groupe de nouveaux membres (1996–2015) : effets de l’adhésion à l’OMC — neutres dans 63 % des cas, positifs dans 24 % des cas, négatifs dans 13 % des cas.
  - Nouveaux membres ont enregistré des résultats largement positifs en termes d’ouverture commerciale accrue, diversification, croissance, contrôle de l’inflation, limitation des déficits budgétaires et attraction des IDE.
- Situation régionale :
  - Le nombre d’accords commerciaux préférentiels (ACP) impliquant des pays MOANAP et CAC est passé de 50 en 1990 à près de 300 en 2017.
  - La profondeur des ACP reste généralement limitée ; peu d’accords atteignent le niveau des accords « approfondis ».
  - Exemple : un Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) en négociation entre le Maroc, la Tunisie et l’Union européenne pourrait générer des gains potentiels de PIB à long terme jusqu’à 1,6 % pour le Maroc et 7,4 % pour la Tunisie, associés à un accroissement des exportations et une amélioration de la balance commerciale pour les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, avec des effets négatifs modérés sur d’autres pays de la région liés au déplacement des flux commerciaux vers l’Union européenne.

### Résultats économétriques clés (Annexe 4.1 et Tableau 4.1)
- Résumé de la spécification :
  - Modèle estimé : système GMM en niveau et en différence, contrôle pour effets fixes pays–période, variables de contrôle usuelles (logarithme des termes de l’échange, niveau d’éducation, substitution pour infrastructures publiques, ratio IDE/PIB), variables auxiliaires de période indiquant la baisse tendancielle de la croissance mondiale depuis 1960.
- Coefficients significatifs extraits du Tableau 4.1 (sélection) :
  - PIB par habitant initial : 5.014*** (col. (1)); 4.618*** (col. (2)); 5.061*** (col. (3)); 5.664*** (col. (4)); 5.741*** (col. (5)); 5.730*** (col. (6))
  - Infrastructures : 2.241*** (col. (1)); 2.087*** (col. (2)); 2.458*** (col. (3)); 2.574*** (col. (4)); 3.285*** (col. (5)); 2.908** (col. (6))
  - Entrées d'IDE/PIB : 0.667** (col. (1)); 0.761* (col. (4)); 1.313** (col. (5)); 1.102* (col. (6))
  - Ouverture commerciale : 2.446*** (col. (1)); 1.919*** (col. (2)); 1.996*** (col. (3)); 2.796*** (col. (4)); 2.240 (col. (5)); 2.122 (col. (6))
  - Diversification des exportations : 4.249** (col. (2))
  - Qualité des exportations : 5.034* (col. (3))
  - Participation aux CVM : 9.170** (col. (4))
  - Intégration en aval : 11.72** (col. (4))
  - Valeur ajoutée nationale : 48.01* (col. (6))
- Informations d’échantillon et tests :
  - Nombre d’observations : 1,030 (col. (1)); 1,021 (col. (2)); 1,037 (col. (3)); 641 (cols. (4)–(6))
  - Nombre de pays : 131 (cols. (1),(4)–(6)); 123 (col. (2)); 129 (col. (3))
  - Tests de validation : Test de sur-identification de Hansen (valeurs p reportées), Test d'orthogonalité de Hansen (valeurs p reportées), Valeur p de la statistique AR(2) (valeurs p reportées) ; spécification validée par ces tests pour les régressions considérées.
- Mise en garde méthodologique : limites reconnues de l’utilisation des variables retardées comme instruments dans ce contexte ; interprétation avec prudence.

*Source : calculs et analyses contenus dans « Conclusion et mesures envisageables », chapter-4-final-fre.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2017/october/menap/french/chapter-4-final-fre.pdf_
