## 5.  Libérer le potentiel des FinTech

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### La révolution FinTech et situation dans les régions MOANAP et CAC
- Après un démarrage tardif, les FinTech prennent leur essor dans quelques pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) et commencent à s’implanter dans la région du Caucase et de l’Asie centrale (CAC).
- Les investissements mondiaux dans les FinTech ont plus que décuplé entre 2012 et 2015.
- La consolidation du secteur aux États-Unis a entraîné une baisse des investissements mondiaux en 2016, mais la croissance s’est poursuivie dans d’autres régions, dont le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MOAN), et les investissements ont fortement rebondi au premier semestre de 2017 (KPMG, 2017).
- L’écosystème FinTech est encore balbutiant dans les régions MOANAP et CAC, mais les banques locales et d’autres entreprises se tournent massivement vers ces technologies.
- La région MOANAP est plus avancée que la région CAC dans le développement des FinTech, mais les investissements sont concentrés dans quelques pays.
- Selon une enquête portant sur douze pays de la région MOANAP (WAMDA, 2016), le nombre de start-ups a été multiplié par sept depuis 2009, avec une forte concentration des investissements en Égypte, aux Émirats arabes unis, en Jordanie et au Liban.
- Dans certains pays (Djibouti, Égypte, Iraq, Pakistan, Somalie et Soudan), l’accès à Internet est plus restreint, mais les opérateurs de télécommunication proposent des services de paiement mobiles.
- Dans la région CAC, les investissements dans les services financiers numériques sont jusqu’ici principalement consentis par les banques. L’Arménie et le Kazakhstan sont en tête.

### Composition des activités FinTech et caractéristiques de la demande
- Dans la région MOANAP :
  - Les activités de paiement occupent 50 % des start-ups.
  - Les activités de prêt constituent 30 % des start-ups (plateformes de comparaison d’emprunts, services de financement collectif et systèmes de prêt de pair à pair).
- Les transactions en liquide prédominent encore, et les FinTech ne représentent qu’une relativement petite voie d’accès au financement pour les PME.
- Les solutions de paiement comprennent les paiements mobiles et en ligne, les portefeuilles électroniques, les virements internationaux et les services fondés sur la technologie des chaînes de blocs, tels que les monnaies virtuelles.
- Plus de 60 % de la population de la région MOAN a moins de 25 ans. La proportion de jeunes est également élevée dans la région CAC.
- Les prêts aux PME représentent 8 % du total des prêts bancaires dans la région MOAN, contre 18 % en moyenne dans les pays à revenu intermédiaire.

### Entraves structurelles, institutionnelles et politiques publiques
- Climat des affaires :
  - Fin 2016, seuls quatre pays (Arménie, Émirats arabes unis, Géorgie et Kazakhstan) figuraient dans le quartile supérieur du classement Doing Business de la Banque mondiale.
  - Les restrictions persistantes à l’entrée de capitaux étrangers limitent la pénétration des multinationales FinTech.
- Financement :
  - Le volume du capital-investissement et du capital-risque reste faible. La valeur totale des investissements en capital-investissement et en capital-risque dans la région MOAN stagnait à environ 1 milliard de dollars et a diminué en raison de la baisse des cours pétroliers.
  - Les investissements restent concentrés aux Émirats arabes unis; une réglementation restrictive limite la croissance (BVCA, 2013).
- Lacunes réglementaires et juridiques :
  - Des cadres réglementaires sont en cours d’élaboration pour les services financiers numériques; la plupart des pays disposent à présent de lois relatives à l’émission de monnaie électronique, mais les progrès sont plus lents sur d’autres aspects.
  - Quelques pays seulement (Égypte, Maroc et Tunisie) ont adopté une législation relative aux services bancaires mobiles.
  - Peu de pays se sont dotés de cadres de protection des consommateurs de services financiers ou de lois sur la protection des données personnelles (Banque mondiale, 2014).
  - Les règles prudentielles n’ont pas été adaptées aux particularités des FinTech; les exigences de fonds propres applicables aux banques constituent un obstacle important pour les start-ups.
- Infrastructure TIC et coûts d’accès :
  - Le taux de pénétration des TIC a sensiblement augmenté, mais la qualité et le coût des services d’accès à Internet et de téléphonie mobile freinent l’adoption des FinTech.
  - Internet est présent dans tous les pays, mais la pénétration reste faible dans plusieurs d’entre eux; le haut débit est rare et cher.
  - L’Azerbaïdjan, le Liban et les pays du Conseil de coopération du Golfe ont enregistré les plus grands progrès et présentent des taux de pénétration élevés pour l’accès à Internet et la téléphonie mobile.
  - D’autres pays (Djibouti, Pakistan, Soudan, Tadjikistan et Yémen) ont un faible taux de pénétration tant pour Internet que pour la téléphonie mobile.
  - L’absence d’interopérabilité entre les systèmes de paiement mobiles entraîne une fragmentation des marchés.
  - Dans certains pays (Arménie, Géorgie et Kirghizistan), le coût de la téléphonie mobile est prohibitif; pour plus de 80 % de la population en Arménie, en Géorgie et au Kirghizistan, un abonnement de téléphonie mobile de base représente plus de 10 % du revenu des ménages.
- Soutien institutionnel limité :
  - Très peu de pays ont mis en place des incubateurs et des accélérateurs (Égypte, Émirats arabes unis et Liban) ou des bacs à sable réglementaires (Abou Dhabi, Arabie saoudite et Bahreïn).
- Confiance et éducation financière :
  - Le manque de confiance et d’éducation financière constitue une entrave majeure; l’enquête WAMDA (2016) révèle que la confiance est l’un des principaux obstacles, au même titre que la visibilité et le niveau d’information de la clientèle.
  - Le manque de confiance explique en partie la collaboration fréquente entre start-ups FinTech et banques.
- Cybersécurité et cybercriminalité :
  - Les cyberattaques peuvent entraîner des perturbations, des pertes financières, des atteintes à la réputation et des risques systémiques.
  - Le nombre d’attaques visant les banques de cette partie du monde est plus fréquent, évolue rapidement et devient de plus en plus sophistiqué (Symantec, 2017).
  - Le degré de préparation aux risques informatiques reste faible dans de nombreux pays.
  - Fin 2016, seuls sept pays de la région MOANAP (Algérie, Émirats arabes unis, Égypte, Maroc, Oman, Qatar et Tunisie) et quatre de la région CAC (Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan et Ouzbékistan) disposaient officiellement d’une réglementation en matière de cybercriminalité et de cybersécurité (UIT, 2017).

### Valeur ajoutée potentielle des FinTech pour les régions MOANAP et CAC
- Inclusion financière, croissance inclusive et diversification économique :
  - Le nombre de téléphones portables est supérieur au nombre de comptes bancaires dans de nombreux pays des régions MOANAP et CAC.
  - Encadrés de façon adéquate, les paiements mobiles peuvent contribuer à réduire la part de la population non bancarisée.
  - Les FinTech pourraient fournir d’autres sources de financement pour les ménages et les PME via des plateformes d’échange de crédit (P2P) ou des programmes de financement en ligne des échanges commerciaux.
  - Les technologies (mégadonnées, registres distribués) peuvent réduire l’asymétrie d’information et améliorer la tenue de registres de garanties, facilitant l’accès au financement pour les PME.
  - Les paiements numériques laissent une trace utile pour l’évaluation de la solvabilité des petites entreprises.
- Commerce transfrontalier et envois de fonds :
  - Les FinTech (monnaies virtuelles, registres distribués, plateformes P2P) peuvent fournir des mécanismes de paiement transfrontaliers plus efficaces, plus transparents et moins coûteux que les banques classiques ou les opérateurs de transfert de fonds.
  - Ces innovations pourraient atténuer certains problèmes liés à la diminution des relations de correspondants bancaires dans certains pays des régions MOANAP et CAC.
- Stabilité et intégrité financières :
  - Les FinTech peuvent réduire les coûts de fonctionnement des banques et faciliter l’analyse de grands volumes de données pour la gestion des risques et la détection de la fraude.
  - Les technologies fondées sur les données pourraient contribuer au respect de la réglementation dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, à mesure que les pays passent de l’amélioration législative à la mise en œuvre.
- Opérations budgétaires et monétaires :
  - La numérisation peut améliorer l’efficacité de la collecte des recettes publiques et des paiements, réduire la fraude et contribuer à une meilleure transmission de la politique monétaire.
  - Oman encourage déjà les paiements électroniques pour l’administration.
  - Le Kazakhstan projette d’émettre des obligations d’État s’appuyant sur la technologie des registres distribués et la téléphonie mobile.

### Constat général et priorités pour les régions MOANAP et CAC
- Les dirigeants des régions MOANAP et CAC reconnaissent le potentiel des FinTech, et certains pays créent un cadre propice à leur développement, mais des efforts restent nécessaires dans plusieurs domaines prioritaires : combler des lacunes en matière de réglementation, de protection des consommateurs et de cybersécurité, améliorer le climat des affaires, combler les lacunes de l’infrastructure des TIC et adopter des mesures pour renforcer la confiance.
- Les cadres juridiques et les pratiques réglementaires doivent être adaptés pour soutenir le développement des FinTech et veiller à la gestion des risques.
- Un réexamen des cadres juridiques, réglementaires et des dispositifs de surveillance et d’agrément est recommandé pour assurer la clarté de la législation existante concernant les produits financiers numériques et permettre un traitement approprié des nouveaux risques liés aux produits et modèles commerciaux innovants.
- Un recours accru à des bacs à sable réglementaires permettrait de mieux comprendre les risques liés aux FinTech et d’élaborer des règles adaptées.
- La réglementation doit être fondée sur les activités, et non plus sur les entités (He et al., 2017), et le cadre de collaboration doit inclure les autorités de réglementation des télécommunications.

### Surveillance, conformité et risques macrofinanciers
- Les réformes visant à assurer la mise en conformité avec les normes réglementaires internationales doivent être maintenues et combinées à une surveillance accrue.
- Les FinTech se développant à plus grande échelle, les autorités réglementaires et les banques centrales doivent en priorité :
  - surveiller les risques macrofinanciers;
  - veiller à ce que ces nouvelles technologies ne deviennent pas des vecteurs de fraude, de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme;
  - repérer et gérer les risques opérationnels dus aux prestataires de services tiers;
  - veiller à la bonne santé des institutions financières et au fonctionnement sûr et efficace des systèmes de paiement, compte tenu du rôle accru des entreprises non financières.
- Les capacités de surveillance doivent être renforcées pour rester pertinentes et efficaces.

### Cybersécurité
- Les cyberattaques posant des risques systémiques, leur prévention doit être une priorité absolue des autorités réglementaires.
- La connectivité accrue des solutions numériques augmente le nombre de points d’entrée pour les pirates informatiques, ce qui accroît le risque d’attaques réussies.
- Des dispositifs de cybersécurité sont nécessaires pour couvrir de façon complète les questions de prévention, de détection, de partage d’information, de surveillance et de redressement.

### Infrastructures des TIC et climat des affaires (recommandations)
- Améliorations nécessaires :
  - renforcer le taux de pénétration d’Internet et de la téléphonie mobile;
  - augmenter la bande passante;
  - réduire les coûts;
  - veiller à l’interopérabilité des systèmes de paiement mobile.
- Réformes du climat des affaires recommandées :
  - lever les restrictions imposées aux investissements étrangers pour donner accès à davantage de capitaux et accélérer l’expansion grâce à l’arrivée d’acteurs établis du secteur des FinTech;
  - revoir les facteurs qui entravent le capital-investissement et le capital-risque et réformer plus largement les marchés de capitaux.

### Éducation financière et protection des consommateurs
- La promotion de l’éducation financière peut faciliter l’adoption et l’utilisation des services financiers numériques.
- Les programmes d’éducation financière doivent être étayés par des dispositifs de protection des consommateurs et pourraient nécessiter l’élaboration de nouvelles règles pour clarifier les droits et obligations au sein du nouveau paysage financier mondial (He et al., 2017).

### Encadré 5.1 — Aperçu des FinTech : bénéfices et risques clés
- Bénéfices :
  - coûts réduits pour les consommateurs;
  - paiements en temps réel;
  - choix plus vaste et plus pratique;
  - accès facilité aux services financiers pour les particuliers et les PME mal desservis;
  - gains d’efficience pour les banques, renforcement de la gestion des risques et amélioration de la conformité réglementaire.
- Risques et implications pour la stabilité financière :
  - risques opérationnels;
  - risques en matière de crédit, de liquidités et de concentration;
  - procyclicité et finance parallèle;
  - risques pour l’intégrité financière (fraude, blanchiment d’argent, financement du terrorisme);
  - dépendance accrûe à des prestataires de services tiers (cloud computing, services de gestion de données) échappant au périmètre réglementaire et susceptibles de concentration;
  - émergence d’entreprises d’importance systémique dans le secteur des FinTech;
  - perturbations causées par les grandes entreprises technologiques;
  - hausse des risques de cyberattaques.

### Innovations, technologies et problèmes pour la stabilité (extraits du Graphique 5.1.1)
- Opérations bancaires et innovations FinTech :
  - Services de paiement de détail : Porte-monnaie électroniques, paiements mobiles, monnaie électronique, paiements transfrontières, biométrie.
  - Relations avec la clientèle : Agrégateurs, outils de comparaison et de changement de prestataire, API, robots conseillers, identité.
  - Prêts : Prêts de pair à pair, financement collectif, analyse de mégadonnées, créances.
  - Banques et marchés de gros : Paiements de gros, infrastructure de compensation et de règlement.
  - Autres innovations : Monnaies numériques, comptabilité, B2B, contrats intelligents, actifs numériques.
- Technologies utilisées :
  - Internet;
  - Téléphones portables et smartphones;
  - Informatique à haute vitesse;
  - Intelligence artificielle et algorithmes d'apprentissage par la machine;
  - Robotique;
  - Nuage informatique;
  - Identité numérique/Biométrie;
  - Chaînes de blocs;
  - Mégadonnées et analyse de données.
- Problèmes pour la stabilité financière :
  - Risque lié aux modèles d'entreprise;
  - Protection des consommateurs;
  - Procyclicité;
  - Volatilité des dépôts et risque d'illiquidité;
  - Protection des données;
  - Concentration de prestataires tiers;
  - Point de défaillance unique;
  - Volatilité excessive du prix des actifs;
  - Perturbation du fonctionnement du marché;
  - Fournisseurs d'infrastructures critiques;
  - Risque informatique, juridique et cyberattaques.

### Encadré 5.2 — Expériences internationales (enseignements)
- États-Unis :
  - Les entreprises FinTech couvrent tous les aspects du monde financier;
  - croissance favorisée par la qualité des infrastructures et l’abondance de travailleurs qualifiés et de capitaux;
  - aides publiques limitées;
  - incertitude réglementaire liée à la multiplicité des autorités fédérales considérée comme un frein;
  - problèmes de gouvernance, de contrôle interne et de qualité des actifs dans certaines plateformes de prêt (ex. Lending Club);
  - mesures techniques avancées en cybersécurité, sans empêcher plusieurs cyberattaques.
- Royaume-Uni :
  - Forte croissance des plateformes de pair à pair, paiements en ligne, exploitation de données et analyse, échanges sur les marchés de capitaux et assurances;
  - mesures gouvernementales et réglementaires favorables, dont «Project Innovate» (carrefour d’innovation et bac à sable réglementaire) lancé en 2014 par l’Autorité de bonne conduite financière;
  - obligation pour les banques d’orienter les PME vers d’autres prestataires si elles ne peuvent répondre à leurs besoins;
  - part de marché des banques principalement en ligne ou uniquement mobiles et d’autres prestataires passée de 4 % en 2012 à 12 % en 2014 (Ernst and Young, 2016b);
  - investissements importants en cybersécurité, malgré la vulnérabilité mise en lumière par la cyberattaque «Wannacry».
- Chine :
  - Croissance stimulée par le commerce électronique, hausse rapide de la pénétration d’Internet et de la téléphonie mobile, grand nombre de consommateurs insuffisamment desservis, réglementation favorable et accès facile aux capitaux;
  - forte utilisation des plateformes de prêt de pair à pair et des sociétés de commerce électronique;
  - règles prudentielles et cadre de protection des données personnelles mis en place après des problèmes récents, mais réglementation relativement peu contraignante;
  - législation plus rigoureuse en matière de sécurité adoptée après l’attaque mondiale «Wannacry».
- Afrique subsaharienne (exemples) :
  - M-Pesa (Kenya) : s’est appuyé sur les technologies mobiles pour toucher 80 % des ménages en quatre ans (Banque mondiale, 2016);
  - approches pragmatiques de la réglementation (orientée activité plutôt qu’institutionnelle) permettant aux opérateurs non bancaires (y compris opérateurs de téléphonie mobile) de fournir des services financiers mobiles;
  - déploiement réussi de technologies facilitant les services financiers transfrontières, dont les envois de fonds.

*Source : chapter-5-final-fre - 5.  Libérer le potentiel des FinTech (PDF).*

### 5.  Libérer le potentiel des FinTech

### 5.  Libérer le potentiel des FinTech

### La révolution FinTech et situation dans les régions MOANAP et CAC
- Après un démarrage tardif, les FinTech prennent leur essor dans quelques pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) et commencent à s’implanter dans la région du Caucase et de l’Asie centrale (CAC).
- Les investissements mondiaux dans les FinTech ont plus que décuplé entre 2012 et 2015.
- La consolidation du secteur aux États-Unis a entraîné une baisse des investissements mondiaux en 2016, mais la croissance s’est poursuivie dans d’autres régions, dont le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MOAN), et les investissements ont fortement rebondi au premier semestre de 2017 (KPMG, 2017).
- L’écosystème FinTech est encore balbutiant dans les régions MOANAP et CAC, mais les banques locales et d’autres entreprises se tournent massivement vers ces technologies.
- La région MOANAP est plus avancée que la région CAC dans le développement des FinTech, mais les investissements sont concentrés dans quelques pays.
- Selon une enquête portant sur douze pays de la région MOANAP (WAMDA, 2016), le nombre de start-ups a été multiplié par sept depuis 2009, avec une forte concentration des investissements en Égypte, aux Émirats arabes unis, en Jordanie et au Liban.
- Dans certains pays (Djibouti, Égypte, Iraq, Pakistan, Somalie et Soudan), l’accès à Internet est plus restreint, mais les opérateurs de télécommunication proposent des services de paiement mobiles.
- Dans la région CAC, les investissements dans les services financiers numériques sont jusqu’ici principalement consentis par les banques. L’Arménie et le Kazakhstan sont en tête.

### Composition des activités FinTech et caractéristiques de la demande
- Dans la région MOANAP :
  - Les activités de paiement occupent 50 % des start-ups.
  - Les activités de prêt constituent 30 % des start-ups (plateformes de comparaison d’emprunts, services de financement collectif et systèmes de prêt de pair à pair).
- Les transactions en liquide prédominent encore, et les FinTech ne représentent qu’une relativement petite voie d’accès au financement pour les PME.
- Les solutions de paiement comprennent les paiements mobiles et en ligne, les portefeuilles électroniques, les virements internationaux et les services fondés sur la technologie des chaînes de blocs, tels que les monnaies virtuelles.
- Plus de 60 % de la population de la région MOAN a moins de 25 ans. La proportion de jeunes est également élevée dans la région CAC.
- Les prêts aux PME représentent 8 % du total des prêts bancaires dans la région MOAN, contre 18 % en moyenne dans les pays à revenu intermédiaire.

### Entraves structurelles, institutionnelles et politiques publiques
- Climat des affaires :
  - Fin 2016, seuls quatre pays (Arménie, Émirats arabes unis, Géorgie et Kazakhstan) figuraient dans le quartile supérieur du classement Doing Business de la Banque mondiale.
  - Les restrictions persistantes à l’entrée de capitaux étrangers limitent la pénétration des multinationales FinTech.
- Financement :
  - Le volume du capital-investissement et du capital-risque reste faible. La valeur totale des investissements en capital-investissement et en capital-risque dans la région MOAN stagnait à environ 1 milliard de dollars et a diminué en raison de la baisse des cours pétroliers.
  - Les investissements restent concentrés aux Émirats arabes unis; une réglementation restrictive limite la croissance (BVCA, 2013).
- Lacunes réglementaires et juridiques :
  - Des cadres réglementaires sont en cours d’élaboration pour les services financiers numériques; la plupart des pays disposent à présent de lois relatives à l’émission de monnaie électronique, mais les progrès sont plus lents sur d’autres aspects.
  - Quelques pays seulement (Égypte, Maroc et Tunisie) ont adopté une législation relative aux services bancaires mobiles.
  - Peu de pays se sont dotés de cadres de protection des consommateurs de services financiers ou de lois sur la protection des données personnelles (Banque mondiale, 2014).
  - Les règles prudentielles n’ont pas été adaptées aux particularités des FinTech; les exigences de fonds propres applicables aux banques constituent un obstacle important pour les start-ups.
- Infrastructure TIC et coûts d’accès :
  - Le taux de pénétration des TIC a sensiblement augmenté, mais la qualité et le coût des services d’accès à Internet et de téléphonie mobile freinent l’adoption des FinTech.
  - Internet est présent dans tous les pays, mais la pénétration reste faible dans plusieurs d’entre eux; le haut débit est rare et cher.
  - L’Azerbaïdjan, le Liban et les pays du Conseil de coopération du Golfe ont enregistré les plus grands progrès et présentent des taux de pénétration élevés pour l’accès à Internet et la téléphonie mobile.
  - D’autres pays (Djibouti, Pakistan, Soudan, Tadjikistan et Yémen) ont un faible taux de pénétration tant pour Internet que pour la téléphonie mobile.
  - L’absence d’interopérabilité entre les systèmes de paiement mobiles entraîne une fragmentation des marchés.
  - Dans certains pays (Arménie, Géorgie et Kirghizistan), le coût de la téléphonie mobile est prohibitif; pour plus de 80 % de la population en Arménie, en Géorgie et au Kirghizistan, un abonnement de téléphonie mobile de base représente plus de 10 % du revenu des ménages.
- Soutien institutionnel limité :
  - Très peu de pays ont mis en place des incubateurs et des accélérateurs (Égypte, Émirats arabes unis et Liban) ou des bacs à sable réglementaires (Abou Dhabi, Arabie saoudite et Bahreïn).
- Confiance et éducation financière :
  - Le manque de confiance et d’éducation financière constitue une entrave majeure; l’enquête WAMDA (2016) révèle que la confiance est l’un des principaux obstacles, au même titre que la visibilité et le niveau d’information de la clientèle.
  - Le manque de confiance explique en partie la collaboration fréquente entre start-ups FinTech et banques.
- Cybersécurité et cybercriminalité :
  - Les cyberattaques peuvent entraîner des perturbations, des pertes financières, des atteintes à la réputation et des risques systémiques.
  - Le nombre d’attaques visant les banques de cette partie du monde est plus fréquent, évolue rapidement et devient de plus en plus sophistiqué (Symantec, 2017).
  - Le degré de préparation aux risques informatiques reste faible dans de nombreux pays.
  - Fin 2016, seuls sept pays de la région MOANAP (Algérie, Émirats arabes unis, Égypte, Maroc, Oman, Qatar et Tunisie) et quatre de la région CAC (Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan et Ouzbékistan) disposaient officiellement d’une réglementation en matière de cybercriminalité et de cybersécurité (UIT, 2017).

### Valeur ajoutée potentielle des FinTech pour les régions MOANAP et CAC
- Inclusion financière, croissance inclusive et diversification économique :
  - Le nombre de téléphones portables est supérieur au nombre de comptes bancaires dans de nombreux pays des régions MOANAP et CAC.
  - Encadrés de façon adéquate, les paiements mobiles peuvent contribuer à réduire la part de la population non bancarisée.
  - Les FinTech pourraient fournir d’autres sources de financement pour les ménages et les PME via des plateformes d’échange de crédit (P2P) ou des programmes de financement en ligne des échanges commerciaux.
  - Les technologies (mégadonnées, registres distribués) peuvent réduire l’asymétrie d’information et améliorer la tenue de registres de garanties, facilitant l’accès au financement pour les PME.
  - Les paiements numériques laissent une trace utile pour l’évaluation de la solvabilité des petites entreprises.
- Commerce transfrontalier et envois de fonds :
  - Les FinTech (monnaies virtuelles, registres distribués, plateformes P2P) peuvent fournir des mécanismes de paiement transfrontaliers plus efficaces, plus transparents et moins coûteux que les banques classiques ou les opérateurs de transfert de fonds.
  - Ces innovations pourraient atténuer certains problèmes liés à la diminution des relations de correspondants bancaires dans certains pays des régions MOANAP et CAC.
- Stabilité et intégrité financières :
  - Les FinTech peuvent réduire les coûts de fonctionnement des banques et faciliter l’analyse de grands volumes de données pour la gestion des risques et la détection de la fraude.
  - Les technologies fondées sur les données pourraient contribuer au respect de la réglementation dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, à mesure que les pays passent de l’amélioration législative à la mise en œuvre.
- Opérations budgétaires et monétaires :
  - La numérisation peut améliorer l’efficacité de la collecte des recettes publiques et des paiements, réduire la fraude et contribuer à une meilleure transmission de la politique monétaire.
  - Oman encourage déjà les paiements électroniques pour l’administration.
  - Le Kazakhstan projette d’émettre des obligations d’État s’appuyant sur la technologie des registres distribués et la téléphonie mobile.

*Source : chapter-5-final-fre - 5.  Libérer le potentiel des FinTech (PDF).*

### 2. Adultes (15 ans et plus) bancarisés

### 2. Adultes (15 ans et plus) bancarisés

### Constat général et priorités pour les régions MOANAP et CAC
- Les dirigeants des régions MOANAP et CAC reconnaissent le potentiel des FinTech, et certains pays créent un cadre propice à leur développement, mais des efforts restent nécessaires dans plusieurs domaines prioritaires : combler des lacunes en matière de réglementation, de protection des consommateurs et de cybersécurité, améliorer le climat des affaires, combler les lacunes de l’infrastructure des TIC et adopter des mesures pour renforcer la confiance.
- Les cadres juridiques et les pratiques réglementaires doivent être adaptés pour soutenir le développement des FinTech et veiller à la gestion des risques.
- Un réexamen des cadres juridiques, réglementaires et des dispositifs de surveillance et d’agrément est recommandé pour assurer la clarté de la législation existante concernant les produits financiers numériques et permettre un traitement approprié des nouveaux risques liés aux produits et modèles commerciaux innovants.
- Un recours accru à des bacs à sable réglementaires permettrait de mieux comprendre les risques liés aux FinTech et d’élaborer des règles adaptées.
- La réglementation doit être fondée sur les activités, et non plus sur les entités (He et al., 2017), et le cadre de collaboration doit inclure les autorités de réglementation des télécommunications.

### Surveillance, conformité et risques macrofinanciers
- Les réformes visant à assurer la mise en conformité avec les normes réglementaires internationales doivent être maintenues et combinées à une surveillance accrue.
- Les FinTech se développant à plus grande échelle, les autorités réglementaires et les banques centrales doivent en priorité :
  - surveiller les risques macrofinanciers;
  - veiller à ce que ces nouvelles technologies ne deviennent pas des vecteurs de fraude, de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme;
  - repérer et gérer les risques opérationnels dus aux prestataires de services tiers;
  - veiller à la bonne santé des institutions financières et au fonctionnement sûr et efficace des systèmes de paiement, compte tenu du rôle accru des entreprises non financières.
- Les capacités de surveillance doivent être renforcées pour rester pertinentes et efficaces.

### Cybersécurité
- Les cyberattaques posant des risques systémiques, leur prévention doit être une priorité absolue des autorités réglementaires.
- La connectivité accrue des solutions numériques augmente le nombre de points d’entrée pour les pirates informatiques, ce qui accroît le risque d’attaques réussies.
- Des dispositifs de cybersécurité sont nécessaires pour couvrir de façon complète les questions de prévention, de détection, de partage d’information, de surveillance et de redressement.

### Infrastructures des TIC et climat des affaires
- Des améliorations sont nécessaires dans les infrastructures des TIC afin de permettre aux entreprises de tirer parti des applications innovantes des FinTech :
  - renforcer le taux de pénétration d’Internet et de la téléphonie mobile;
  - augmenter la bande passante;
  - réduire les coûts;
  - veiller à l’interopérabilité des systèmes de paiement mobile.
- Des réformes plus vastes du climat des affaires contribueront au développement des FinTech :
  - la levée des restrictions imposées aux investissements étrangers pourrait donner accès à davantage de capitaux et accélérer l’expansion grâce à l’arrivée d’acteurs établis du secteur des FinTech;
  - il est nécessaire de revoir les facteurs qui entravent le capital-investissement et le capital-risque et de réformer plus largement les marchés de capitaux.

### Éducation financière et protection des consommateurs
- La promotion de l’éducation financière peut faciliter l’adoption et l’utilisation des services financiers numériques.
- Les programmes d’éducation financière doivent être étayés par des dispositifs de protection des consommateurs et pourraient nécessiter l’élaboration de nouvelles règles pour clarifier les droits et obligations au sein du nouveau paysage financier mondial (He et al., 2017).

### Encadré 5.1 — Aperçu des FinTech : bénéfices et risques clés
- Bénéfices :
  - coûts réduits pour les consommateurs;
  - paiements en temps réel;
  - choix plus vaste et plus pratique;
  - accès facilité aux services financiers pour les particuliers et les PME mal desservis;
  - gains d’efficience pour les banques, renforcement de la gestion des risques et amélioration de la conformité réglementaire.
- Risques et implications pour la stabilité financière :
  - risques opérationnels;
  - risques en matière de crédit, de liquidités et de concentration;
  - procyclicité et finance parallèle;
  - risques pour l’intégrité financière (fraude, blanchiment d’argent, financement du terrorisme);
  - dépendance accrûe à des prestataires de services tiers (cloud computing, services de gestion de données) échappant au périmètre réglementaire et susceptibles de concentration;
  - émergence d’entreprises d’importance systémique dans le secteur des FinTech;
  - perturbations causées par les grandes entreprises technologiques;
  - hausse des risques de cyberattaques.

### Innovations, technologies et problèmes pour la stabilité (extraits du Graphique 5.1.1)
- Opérations bancaires et innovations FinTech :
  - Services de paiement de détail : Porte-monnaie électroniques, paiements mobiles, monnaie électronique, paiements transfrontières, biométrie.
  - Relations avec la clientèle : Agrégateurs, outils de comparaison et de changement de prestataire, API, robots conseillers, identité.
  - Prêts : Prêts de pair à pair, financement collectif, analyse de mégadonnées, créances.
  - Banques et marchés de gros : Paiements de gros, infrastructure de compensation et de règlement.
  - Autres innovations : Monnaies numériques, comptabilité, B2B, contrats intelligents, actifs numériques.
- Technologies utilisées :
  - Internet;
  - Téléphones portables et smartphones;
  - Informatique à haute vitesse;
  - Intelligence artificielle et algorithmes d'apprentissage par la machine;
  - Robotique;
  - Nuage informatique;
  - Identité numérique/Biométrie;
  - Chaînes de blocs;
  - Mégadonnées et analyse de données.
- Problèmes pour la stabilité financière (listés) :
  - Risque lié aux modèles d'entreprise;
  - Protection des consommateurs;
  - Procyclicité;
  - Volatilité des dépôts et risque d'illiquidité;
  - Protection des données;
  - Concentration de prestataires tiers;
  - Point de défaillance unique;
  - Volatilité excessive du prix des actifs;
  - Perturbation du fonctionnement du marché;
  - Fournisseurs d'infrastructures critiques;
  - Risque informatique, juridique et cyberattaques.

### Encadré 5.2 — Expériences internationales (enseignements)
- États-Unis :
  - Les entreprises FinTech couvrent tous les aspects du monde financier;
  - croissance favorisée par la qualité des infrastructures et l’abondance de travailleurs qualifiés et de capitaux;
  - aides publiques limitées;
  - incertitude réglementaire liée à la multiplicité des autorités fédérales considérée comme un frein;
  - problèmes de gouvernance, de contrôle interne et de qualité des actifs dans certaines plateformes de prêt (ex. Lending Club);
  - mesures techniques avancées en cybersécurité, sans empêcher plusieurs cyberattaques.
- Royaume-Uni :
  - Forte croissance des plateformes de pair à pair, paiements en ligne, exploitation de données et analyse, échanges sur les marchés de capitaux et assurances;
  - mesures gouvernementales et réglementaires favorables, dont «Project Innovate» (carrefour d’innovation et bac à sable réglementaire) lancé en 2014 par l’Autorité de bonne conduite financière;
  - obligation pour les banques d’orienter les PME vers d’autres prestataires si elles ne peuvent répondre à leurs besoins;
  - part de marché des banques principalement en ligne ou uniquement mobiles et d’autres prestataires passée de 4 % en 2012 à 12 % en 2014 (Ernst and Young, 2016b);
  - investissements importants en cybersécurité, malgré la vulnérabilité mise en lumière par la cyberattaque «Wannacry».
- Chine :
  - Croissance stimulée par le commerce électronique, hausse rapide de la pénétration d’Internet et de la téléphonie mobile, grand nombre de consommateurs insuffisamment desservis, réglementation favorable et accès facile aux capitaux;
  - forte utilisation des plateformes de prêt de pair à pair et des sociétés de commerce électronique;
  - règles prudentielles et cadre de protection des données personnelles mis en place après des problèmes récents, mais réglementation relativement peu contraignante;
  - législation plus rigoureuse en matière de sécurité adoptée après l’attaque mondiale «Wannacry».
- Afrique subsaharienne (exemples) :
  - M-Pesa (Kenya) : s’est appuyé sur les technologies mobiles pour toucher 80 % des ménages en quatre ans (Banque mondiale, 2016);
  - approches pragmatiques de la réglementation (orientée activité plutôt qu’institutionnelle) permettant aux opérateurs non bancaires (y compris opérateurs de téléphonie mobile) de fournir des services financiers mobiles;
  - déploiement réussi de technologies facilitant les services financiers transfrontières, dont les envois de fonds.

*Source : Banque mondiale; extraits du chapitre PDF fourni.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2017/october/menap/french/chapter-5-final-fre.pdf_
