## french-final-print - 2017. En Algérie, la croissance devrait ralentir à

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### Aperçu régional et trajectoires récentes
- En Algérie, la croissance devrait ralentir à 1,5 % en 2017, puis descendre à 0,8 % en 2018, sous l’effet de la compression projetée des dépenses publiques, avant de se redresser à moyen terme.
- En Iran, la croissance devrait marquer un repli à 3,5 % cette année.
- La situation sécuritaire et les contraintes de capacité de production de pétrole continuent de peser sur les perspectives de croissance de l’Iraq, de la Libye et du Yémen.

### Exportateurs de pétrole : diagnostics et recommandations fiscales
- Diagnostics clés :
  - Déficits budgétaires: creusement de 1,1 % du PIB en 2014 à 10,6 % du PIB en 2016; prévu 5,2 % du PIB en 2017.
  - Solde des transactions extérieures: excédent de 228 milliards de dollars en 2014 (8,8 % du PIB) → déficit de 77 milliards de dollars en 2016 (3,6 % du PIB).
  - Hétérogénéité: certains pays ont déficit < 5 % du PIB en 2016 (Émirats arabes unis, Iran, Koweït, Qatar); d’autres > 10 %.
- Recommandations de politique :
  - Cesser de privilégier la redistribution des recettes pétrolières via la dépense publique et les subventions énergétiques.
  - Poursuivre la mise en œuvre des plans de réduction du déficit budgétaire pour préserver la viabilité des finances publiques et, le cas échéant, soutenir le régime de change.
  - Renforcer institutions et dispositifs budgétaires.
  - Accélérer l’exécution des réformes structurelles destinées à diversifier les économies.

### Importateurs de pétrole : résilience et croissance inclusive
- Perspectives de croissance :
  - Croissance régionale attendue: 4,3 % en 2017 (contre 3,6 % en 2016); 4,4 % en 2018; moyenne de 5,3 % en 2019–22.
  - Rythme insuffisant pour réduire notablement le chômage (croissance d’au moins 5,5 % historiquement associée à un recul notable du chômage).
- Vulnérabilités fiscales et endettement :
  - Solde budgétaire moyen: -6,8 % du PIB en 2016 → -6,6 % en 2017 → -5,6 % en 2018.
  - Dette publique: dans la plupart des pays, dette publique > 50 % du PIB; dette publique brute d’environ 80 % du PIB fin 2016; Liban ≈ 149 % du PIB.
- Recommandations de politique :
  - Assainissement budgétaire soutenu et réformes pour corriger vulnérabilités liées à la dette.
  - Ciblage des dépenses courantes pour protéger dépenses sociales et améliorer efficience de l’investissement public.
  - Accélérer réformes structurelles: marché du travail, éducation, productivité, accès à la finance.
  - Exploiter le Pacte pour l’Afrique pour s’attaquer aux obstacles.

### Principaux risques pour la région
- Risques baissiers pour exportateurs de pétrole :
  - Volatilité des cours du pétrole; persistance des conflits régionaux; normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire américaine; politiques de repli sur soi dans économies avancées.
- Risques pour importateurs de pétrole :
  - Conflits régionaux, tensions sociales, vulnérabilité agricole aux aléas climatiques, durcissement des conditions financières mondiales.
- Risque haussier global potentiel : reprise mondiale plus forte et plus durable pouvant impulser la croissance régionale.

### Indicateurs économiques clés (extraits)
- MOANAP
  - PIB réel (croissance annuelle): 4.9, 2.8, 2.7, 5.0, 2.6, 3.5
  - Solde des transactions courantes: 8.9, 5.5, -3.7, -4.1, -1.9, -1.6
  - Solde budgétaire global: 2.4, -3.1, -8.6, -9.3, -5.7, -4.6
  - Inflation (progression annuelle, %): 6.9, 7.0, 5.8, 5.7, 7.9, 6.9
- Exportateurs de pétrole MOANAP
  - PIB réel (croissance annuelle): 5.1, 2.6, 2.1, 5.6, 1.7, 3.0
  - dont croissance hors pétrole: 6.9, 3.9, 0.6, 1.1, 2.6, 2.5
  - Solde des transactions courantes: 12.9, 8.8, -3.5, -3.6, -0.4, -0.2
  - Solde budgétaire global: 6.2, -1.1, -9.3, -10.6, -5.2, -4.1
  - Inflation (moyenne annuelle, %): 7.5, 5.8, 5.4, 4.7, 4.4, 6.1
- Importateurs de pétrole MOANAP
  - PIB réel (croissance annuelle): 4.5, 3.2, 3.9, 3.6, 4.3, 4.4
  - Solde des transactions courantes: -2.4, -4.2, -4.4, -5.3, -5.3, -4.8
  - Solde budgétaire global: -5.5, -7.3, -7.3, -6.8, -6.6, -5.6
  - Inflation (moyenne annuelle, %): 6.0, 9.4, 6.7, 7.7, 15.0, 8.3

*Département Moyen-Orient et Asie centrale, PER, octobre 2017.*

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### 1. Pays exportateurs de pétrole de la région — Adaptation et trajectoire
- Adaptation à la baisse des cours:
  - Poursuite d’efforts de diversification; nécessité d’accélérer la mise en œuvre des programmes de réforme.
  - Recommandation générale: poursuivre programmes de réduction des déficits, préserver dépenses sociales et d’investissement favorables à la croissance.
- Cours du pétrole et hypothèses:
  - Prix courants: 50–60 dollars le baril; moyenne l’an dernier: 43 dollars.
  - Hypothèse IMF: marché à terme proche des niveaux actuels; accord OPEP prorogé jusqu’au 1er trimestre 2018.
- Perspectives de croissance (sélection):
  - CCG: croissance globale ≈ 0,5 % en 2017; croissance hors pétrole ≈ 2.6 % en 2017–18; hors pétrole ≈ 3.4 % en 2022 (vs 6.7 % en 2000–15).
  - Algérie: croissance attendue 0,8 % l’an prochain; remonter à 2,4 % d’ici 2022.
  - Iran: PIB 2016 révisé de 6.5 % à 12.5 %; croissance prévue 3.5 % pour l’année en cours.
  - Libye: production pétrolière 1 mbl/j mi-2017 (contre 0.4 mbl/j l’an dernier).
  - Irak: production stagne depuis début 2017.
  - Yémen: économie devrait se contracter à nouveau cette année.
- Assainissement budgétaire:
  - Déficits: 1.1 % du PIB en 2014 → 10.6 % en 2016 → prévu 5.2 % en 2017.
  - Déficits cumulés 2018–22: 320 milliards de dollars.
  - Mesures CCG: réductions dépenses récurrentes non salariales; réduction masse salariale publique en % du PIB; coupes dépenses d’équipement; introduction TVA (prévue janvier 2018) et droits d’accise.
  - Pays hors CCG: Iraq (coupes investissements publics, modération salaires); Algérie (ajustement ciblant investissements publics); Iran (élargir assiette fiscale).
  - Progrès institutionnels: cadres budgétaires à moyen terme (Arabie saoudite, Algérie, Koweït, Qatar, ÉAU); unités macrobudgétaires.
  - Recommandation: renforcer gestion des finances publiques; nouveau modèle de gestion de la masse salariale publique indispensable.
- Financement du déficit et gestion de la dette:
  - Émission de créances reste principale source de financement.
  - Émissions CCG, 1er semestre 2017: environ 30 milliards de dollars.
  - Mesures: recours marchés financiers internationaux; émissions intérieures pour développer marchés nationaux; bureaux de gestion de la dette renforcés; émissions à plus longue échéance (ex. Oman: obligation à 30 ans en mars 2017).
  - Recommandation: décisions d’emprunt/investissement alignées sur stratégie ACTIF-PASSIF intégrant risques macrofinanciers.
- Soldes extérieurs et capitaux privés:
  - Solde courant: excédent 228 milliards de dollars en 2014 (8.8 % du PIB) → déficit 77 milliards de dollars en 2016 (3.6 % du PIB); solde global prévu légèrement excédentaire en 2019.
  - Recommandations: assainir finances publiques pour promouvoir régimes de taux de change fixe; réformes structurelles pour attirer capitaux privés; améliorer accès investisseurs étrangers (progrès ex. Arabie saoudite); durcir politique monétaire si nécessaire pour attirer investissements de portefeuille.
- Résilience du secteur financier:
  - Banques du CCG et d’Algérie: bien capitalisées, fonds propres supérieurs au minimum, rentables.
  - Tensions: baisse rentabilité (ÉAU), hausse prêts à mention spéciale (Oman), prêts rééchelonnés (ÉAU); systèmes bancaires faibles en Iraq et Iran (recapitalisations nécessaires).
  - Politique monétaire: relèvements des taux directeurs dans la plupart des banques centrales du CCG en parallèle avec la Fed.
  - Recommandation: développer marchés de capitaux nationaux; exploiter innovations technologiques pour améliorer accès au crédit tout en gérant risques.
- Réformes structurelles et diversification:
  - Nécessité d’éloignement de la redistribution via dépenses et subventions énergétiques.
  - Productivité faible dans le CCG; contribution productivité à la croissance faible; lien productivité–investissement absent.
  - Réformes prioritaires: marché du travail, éducation, attirer expatriés qualifiés, améliorer climat des affaires (guichets uniques, douanes, protection investisseurs minoritaires, initiatives PME, accès au crédit).
  - Exemples: Arabie saoudite — réformes formation, ciblage subventions salariales, taxes sur travailleurs expatriés, privatisations (16 secteurs) et PPP.
- Principaux risques:
  - Incertitude prix du pétrole (risque de dégradation), risques géopolitiques, normalisation monétaire US rapide, appréciation du dollar.
  - Scénario positif: reprise mondiale plus solide accélérerait la croissance régionale.
- Encadré 1.1 — crise diplomatique avec le Qatar (résumé):
  - Mesures du 5 juin 2017: rupture relations diplomatiques et économiques entre Qatar et plusieurs pays; fermeture espace aérien à Qatar Airways; fermeture frontière terrestre SA-Qatar; réductions transactions bancaires.
  - Effets observés au Qatar: perturbations flux commerciaux et financiers; réacheminement partiel via Koweït et Oman; tensions financières: déclassement notation souveraine, hausse taux interbancaires, baisse dépôts privés; atténuation par injections liquidités de la banque centrale et hausse dépôts du secteur public.
  - Effets régionaux: impact modéré jusqu’à présent; risque d’érosion intégration CCG, confiance, investissement et croissance si crise prolongée.

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### 2. Pays importateurs de pétrole de la région — Résilience et politiques
- Croissance et perspectives:
  - Croissance régionale attendue: 4.3 % en 2017; 4.4 % en 2018; 5.3 % moyenne 2019–22.
  - Facteurs favorables: raffermissement demande extérieure, reprise cyclique mondiale, amélioration demande intérieure et exportations, effets idiosyncrasiques (investissements miniers, projets portuaires, redémarrage tourisme).
  - Cas nationaux: Afghanistan (perspectives moins favorables à moyen terme); Égypte: croissance 4.3 % exercice 2017; Pakistan: 5.3 %; Somalie: 2.4 % en 2017 (sécheresse).
- Secteur extérieur et réserves:
  - Déficit courant 2016: ≈ 5.3 % du PIB; stable à 5.3 % en 2017; prévu 4.8 % en 2018.
  - Renforcement réserves: émissions oblig internationales (Égypte), entrées capitaux (Djibouti, Égypte, Maroc, Tunisie), augmentation exportations et envois de fonds, décaissements accords FMI.
  - Risque: appréciation des taux de change effectifs réels dans certains pays.
- Finances publiques et dette:
  - Solde budgétaire moyen: -6.8 % du PIB en 2016; -6.6 % en 2017; -5.6 % en 2018.
  - Mesures d’assainissement: maîtrise subventions énergie (Égypte, Tunisie); réduction dépenses courantes non prioritaires (Maroc, Tunisie); renforcement gestion finances publiques locales; suppression exonérations; modération salaires.
  - Endettement élevé: dette publique brute ≈ 80 % du PIB fin 2016; Liban ≈ 149 % du PIB.
  - Recommandations: assainissement budgétaire prolongé, mobilisation recettes intérieures, améliorer transparence et responsabilisation, protéger dépenses sociales, réviser ciblage aide sociale.
- Politique monétaire et inflation:
  - Inflation régionale: 7.7 % en 2016; pic à 15.0 % en 2017; retour à 8.3 % en 2018.
  - Cas extrêmes: Égypte ≈ 30 % en 2017; Soudan > 25 %; Tunisie légère hausse; certains pays inflation négligeable (Liban, Maroc, Pakistan, Jordanie).
  - Besoin: consolider cadres de politique monétaire; adoption ciblage inflation souhaitable à terme pour pays en régime flottant; renforcer indépendance banques centrales.
- Secteur financier et crédit:
  - Situation générale: secteur globalement solide fin 2016; banques bien capitalisées et liquides.
  - Créances improductives: en baisse au Pakistan et Soudan; en hausse au Maroc.
  - Croissance du crédit début 2017: hausse au Maroc et Pakistan; recul en Jordanie.
  - Recommandations: surveillance continue, politiques macroprudentielles ciblées, vigilance innovations financières.
- Réformes structurelles, emploi et inclusion:
  - Priorités: améliorer climat des affaires, réduire déficits d’infrastructures (énergie, transports), encourager PPP tout en surveillant risques budgétaires, assouplir marché du travail, améliorer éducation, réduire inégalités de genre en éducation, reforms agricoles (irrigation, formation, variétés à haut rendement).
  - Données sectorielles: agriculture absorbe > 80 % de main-d’œuvre en Afghanistan; > 40 % au Maroc et au Pakistan.
- Principaux risques (plutôt baissiers):
  - Conflits et sécurité, tensions sociales, vulnérabilité agricole, durcissement conditions financières mondiales, dollar plus fort nuisant pays avec dette en devises (Pakistan, Tunisie).

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### 4. Tirer parti des échanges commerciaux — conclusions et recommandations

### Principales conclusions
- Une plus grande ouverture commerciale, participation accrue aux chaînes de valeur mondiales, diversification des exportations ou amélioration de la qualité des produits pourrait accroître le niveau des revenus d’environ 5 à 10 % au bout de cinq à dix ans.
- Les importateurs de pétrole sont mieux placés pour tirer parti de l’amélioration des perspectives du commerce international; les exportateurs de pétrole doivent se concentrer sur diversification et qualité des exportations.
- Des réformes structurelles et politiques budgétaires ciblées sont nécessaires pour atténuer coûts d’ajustement et rendre la croissance plus inclusive.

### Preuves empiriques et résultats de régression (sélection)
- Échantillon: 131 pays dont 20 MOANAP/CAC.
- Déterminants positifs de la croissance par habitant: infrastructures, IDE, ouverture commerciale.
- Coefficients sélectionnés (sélection de valeurs issues du tableau):
  - PIB par habitant initial: 5.014***, 4.618***, 5.061***, 5.664***, 5.741***, 5.730***
  - Infrastructures: 2.241***, 2.087***, 2.458***, 2.574***, 3.285***, 2.908**
  - Entrées d'IDE/PIB: 0.667**, (col.4 blank), 0.761*, 1.313**, 1.102*
  - Ouverture commerciale: 2.446***, 1.919***, 1.996***, 2.796***, 2.240, 2.122
  - Diversification des exportations (col.2): 4.249**
  - Qualité des exportations (col.3): 5.034*
  - Participation aux CVM (col.4): 9.170**
  - Intégration en aval (col.4): 11.72**
  - Valeur ajoutée nationale (col.6): 48.01*
- Taille échantillon / observations:
  - Nombre d'observations: 1,030; 1,021; 1,037; 641; 641; 641.
  - Nombre de pays: 131; 123; 129; 131; 131; 131.
- Tests de validation (exemples p-values):
  - Hansen (sur-identification): 0.293, 0.240, 0.246, 0.197, 0.112, 0.153.
  - AR(2) p-value: 0.236, 0.470, 0.392, 0.511, 0.495, 0.557.

### Tendances et diagnostics commerciaux
- Ouverture commerciale: tassement marqué dans MOANAP et CAC ces dernières années; déclin plus rapide dans MOANAP pour importateurs en raison des conflits.
- Services: représentent en moyenne 44 % des exportations totales des importateurs de pétrole MOANAP vs < 15 % chez exportateurs de pétrole.
- Tourisme: 51 % du total des services exportés dans importateurs de pétrole MOANAP.
- Diversification et qualité: exportateurs de pétrole ont les exportations les moins diversifiées et qualité souvent inférieure; Jordanie et Tunisie dépassent la moyenne des PED en qualité des exportations.
- Réseaux commerciaux: pays MOANAP exportent vers ≈ 70 % de partenaires potentiels; CAC ≈ 50 %.

### Simulation de gains et contributions attendues (graphique 4.9)
- Simulation basée sur progression paramètre commerce égale à la meilleure amélioration en glissement périodique observée dans la région au cours des 20 dernières années:
  - Ouverture commerciale: 7.7 points de pourcentage (pp)
  - Participation aux chaînes de valeur: 4 pp
  - Diversification: 2.4 pp
  - Qualité: 1.5 pp

### Recommandations de politique
- Renforcer libéralisation des échanges et réformes structurelles pour accroître ouverture commerciale et intégration aux chaînes de valeur.
- Favoriser diversification vers secteurs à fort potentiel d’emploi.
- Améliorer qualité des exportations via accès au financement, éducation et technologies.
- Politiques budgétaires pour réduire coûts de transition: compenser perte de recettes liée à baisse des taxes sur le commerce; financer augmentation investissement public dans infrastructures.
- Mettre en œuvre l’Accord sur la facilitation des échanges et accroître usage accords commerciaux bilatéraux/régionaux.

### Inclusion et ajustement social (Encadré 4.1)
- Inclusion (Gini) ne semble pas directement influencée par ouverture commerciale; autres variables importantes: expansion circuits financiers, niveau d’éducation, part de l’emploi dans la production.
- Politiques d’ajustement:
  1. Politiques actives du marché du travail: aide à la recherche d’emploi, formation, assurance-salaire.
  2. Politiques passives: assurance-chômage, protection de l’emploi.
  3. Politiques complémentaires: enseignement, logement, crédit, infrastructures, mesures locales ciblées.
- Politiques budgétaires redistributives utiles pour compenser pertes d’emplois industriels.

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### 5. Libérer le potentiel des FinTech — diagnostics, opportunités et recommandations

### Contexte et dynamique
- FinTech en essor tardif mais croissance rapide dans quelques pays MOANAP; début d’implantation en CAC.
- Investissements mondiaux FinTech: valeur a plus que décuplé entre 2012 et 2015; rebond fort 1er semestre 2017.
- Écosystème encore balbutiant; investissements concentrés (Égypte, ÉAU, Jordanie, Liban).

### Principales activités et concentration
- MOANAP: paiements 50 % des start-ups; prêt/levée de fonds 30 %.
- CAC: accent sur systèmes de paiement (portefeuilles électroniques, crypto-monnaies).
- Transactions en liquide prédominent; FinTech reste voie limitée d’accès au financement pour PME.

### Entraves au potentiel
- Climat des affaires: fin 2016, seuls Arménie, ÉAU, Géorgie, Kazakhstan dans le quartile supérieur Doing Business.
- Capital-risque: valeur ≈ 1 milliard de dollars dans la région MOAN; stagnation suivie de baisse liée aux cours pétroliers; concentration aux ÉAU.
- Lacunes réglementaires et protection consommateurs: progrès inégaux; quelques lois monnaie électronique; peu de cadres protection données; règles prudentielles pas adaptées.
- Infrastructure TIC: pénétration Internet augmentée mais accès haut débit rare et cher; interopérabilité limitée; coût mobile prohibitif dans certains pays.
- Services d’appui: peu d’incubateurs/accélérateurs; bacs à sable réglementaires limités.
- Confiance et éducation financière lacunaires.
- Cybersécurité: fin 2016, pays MOANAP avec réglementation officielle: Algérie, ÉAU, Égypte, Maroc, Oman, Qatar, Tunisie; pays CAC: Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan, Ouzbékistan.

### Apports potentiels des FinTech
- Inclusion financière et diversification économique:
  - Téléphones portables > comptes bancaires dans de nombreux pays; paiements mobiles, P2P, financement en ligne peuvent réduire non-bancarisation.
  - Technologies (mégadonnées, registres distribués) réduisent asymétrie d’information, améliorent registres de garanties, évaluations de solvabilité.
  - Prêts aux PME: 8 % des prêts bancaires dans la région MOAN vs 18 % en moyenne pays à revenu intermédiaire.
- Commerce transfrontalier et envois de fonds:
  - Monnaies virtuelles, blockchain, plateformes P2P peuvent réduire coûts et augmenter transparence paiements transfrontaliers; atténuer diminution des relations de correspondent banking.
- Stabilité et intégrité financières:
  - FinTech peut réduire coûts bancaires, améliorer gestion risques et détection fraude; contribuer au respect AML/CFT.
- Opérations budgétaires et monétaires:
  - Numérisation peut améliorer efficacité collecte recettes publiques et paiements; exemples: Oman encourage paiements électroniques pour administration; Kazakhstan projette émission obligations d’État s’appuyant sur registres distribués et téléphonie mobile.

### Statistiques et faits clés (extraits)
- Paiements: 50 % des start-ups dans la région MOANAP.
- Prêt/levée de fonds: 30 % des start-ups.
- Plus de 60 % de la population de la région MOAN a moins de 25 ans.
- Prêts aux PME: 8 % du total des prêts bancaires dans la région MOAN vs 18 % en moyenne pays à revenu intermédiaire.
- Capital-investissement et capital-risque dans la région MOAN: ≈ 1 milliard de dollars.
- Fin 2016, pays MOANAP avec réglementation cybercriminalité/cybersécurité: Algérie, ÉAU, Égypte, Maroc, Oman, Qatar, Tunisie.
- Fin 2016, pays CAC avec réglementation cybercriminalité/cybersécurité: Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan, Ouzbékistan.
- Fin 2016, seuls quatre pays (Arménie, ÉAU, Géorgie, Kazakhstan) figuraient dans le quartile supérieur du Doing Business.

### Risques et enjeux pour stabilité et intégrité
- Risques: opérationnels, crédit, liquidité, concentration, procyclicité, finance parallèle, intégrité financière.
- Nouveaux facteurs: dépendance à prestataires tiers (cloud), émergence d’entreprises d’importance systémique, perturbations par grandes entreprises technologiques (Amazon, Google, Apple, Facebook), cyberattaques pouvant être systémiques.

### Réformes réglementaires et recommandations
- Adapter cadres juridiques et pratiques réglementaires pour soutenir FinTech et gérer risques.
- Recours accru à bacs à sable réglementaires pour comprendre risques et élaborer règles adaptées.
- Adopter réglementation fondée sur les activités plutôt que sur les entités; inclure autorités télécoms.
- Priorités de surveillance: risques macrofinanciers, prévention fraude, AML/CFT, gestion risques opérationnels liés à prestataires tiers, santé institutions financières, fonctionnement sûr systèmes de paiement.
- Renforcer capacités de surveillance et coordination entre autorités.
- Améliorer infrastructures TIC, interopérabilité paiements mobiles, réduire coûts d’accès Internet/mobile.
- Encourager incubateurs/accélérateurs, attirer capital étranger, réformer marchés de capitaux.
- Promouvoir éducation financière et dispositifs de protection des consommateurs.

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### Conclusion et mesures envisageables — synthèse
- Ouverture commerciale plus large et diversification peuvent accroître croissance moyenne d’environ 1 point de pourcentage au bout de cinq ans; mise en œuvre de réformes pourrait élever revenus de 5 à 10 % en 5–10 ans.
- Les importateurs de pétrole sont mieux placés pour tirer parti du redressement mondial; exportateurs de pétrole doivent concentrer efforts sur diversification et amélioration de la qualité des exportations.
- Mesures prioritaires:
  - Réformes structurelles (marché du travail, éducation, climat des affaires).
  - Politiques budgétaires ciblées pour absorber coûts de transition.
  - Renforcement des cadres monétaires et bancaires; développement marchés de capitaux.
  - Promotion et encadrement des FinTech: réglementations adaptées, bacs à sable, cybersécurité, infrastructures TIC, éducation financière.
- Scénarios et simulation:
  - Gains projetés liés à progression des paramètres commerciaux: ouverture 7.7 pp; participation GVC 4 pp; diversification 2.4 pp; qualité 1.5 pp.

*Département Moyen-Orient et Asie centrale, PER, octobre 2017.*

### 2017. En Algérie, la croissance devrait ralentir à

### french-final-print - 2017. En Algérie, la croissance devrait ralentir à

### Aperçu régional et trajectoires récentes
- En Algérie, la croissance devrait ralentir à 1,5 % en 2017, puis descendre à 0,8 % en 2018, sous l’effet de la compression projetée des dépenses publiques, avant de se redresser à moyen terme.
- En Iran, la croissance devrait marquer un repli à 3,5 % cette année, car l’impulsion donnée à la production pétrolière après la levée des sanctions perd de son intensité.
- La situation sécuritaire et les contraintes de capacité de production de pétrole continuent de peser sur les perspectives de croissance de l’Iraq, de la Libye et du Yémen.

### Exportateurs de pétrole : diagnostics et recommandations fiscales
- Diagnostic :
  - Le tassement des cours du pétrole a provoqué un important creusement des déficits budgétaires dans l’ensemble des pays exportateurs de la région MOANAP, de 1,1 % du PIB en 2014 à 10,6 % du PIB en 2016.
  - Ce chiffre devrait toutefois descendre à 5,2 % du PIB cette année grâce à un modeste redressement des cours et à un travail considérable de réduction des déficits.
  - Les progrès sont inégaux entre pays ; certains devront engager d’autres mesures de rééquilibrage budgétaire tout en protégeant les dépenses sociales et les crédits propices à la croissance.
- Recommandations de politique :
  - Cesser de privilégier la redistribution des recettes pétrolières par le biais de la dépense publique et des subventions énergétiques.
  - Poursuivre la mise en œuvre des plans de réduction du déficit budgétaire pour préserver la viabilité des finances publiques et, dans certains cas, soutenir le régime de change.
  - Renforcer davantage les institutions et dispositifs budgétaires.
  - Accélérer l’exécution des réformes structurelles destinées à diversifier les économies.

### Importateurs de pétrole : résilience et croissance inclusive
- Perspectives de croissance :
  - Les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP devraient afficher un taux de croissance de 4,3 % en 2017, soit un niveau nettement supérieur aux 3,6 % enregistrés en 2016.
  - À moyen terme, la croissance devrait continuer de s’améliorer progressivement pour atteindre 4,4 % en 2018, puis une moyenne de 5,3 % en 2019–22.
- Vulnérabilités fiscales et endettement :
  - Le déficit budgétaire moyen devrait diminuer légèrement de 6,8 % du PIB en 2016 à 6,6 % en 2017, puis à 5,6 % en 2018.
  - Des vulnérabilités subsistent en raison d’une faible mobilisation de recettes et d’un niveau élevé de dépenses courantes (subventions et salaires) qui, dans la plupart des pays, ont poussé la dette publique au-delà de 50 % du PIB.
  - La tendance est exacerbée par la dépréciation des monnaies, la montée des paiements d’intérêt et le caractère atone de la croissance.
- Recommandations de politique :
  - Mettre en œuvre un travail soutenu de rééquilibrage budgétaire et de réforme pour corriger les vulnérabilités liées à la dette.
  - Cibler précisément les dépenses courantes pour protéger les dépenses sociales et accroître l’efficience de l’investissement public.
  - Accélérer l’exécution de réformes structurelles ambitieuses pour renforcer l’activité du secteur privé, améliorer le climat des affaires et rehausser la qualité des infrastructures.
  - Réformes prioritaires : marché du travail, éducation, productivité, accès à la finance.
  - Le Pacte pour l’Afrique récemment mis en place offre la possibilité de s’attaquer à ces obstacles.

### Principaux risques pour la région
- Les risques qui pèsent sur la croissance des exportateurs de pétrole de la région MOANAP restent de nature baissière :
  - Volatilité des cours du pétrole (risques globalement plutôt baissiers).
  - Persistance des risques liés aux conflits régionaux et aux phénomènes géopolitiques.
  - Facteurs mondiaux défavorables possibles : normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire américaine ; politiques de repli sur soi d’économies avancées.
  - Risques mondiaux haussiers : probabilité d’une reprise mondiale plus forte et plus durable pouvant impulser la croissance régionale.
- Pour les importateurs de pétrole, risques baissiers analogues :
  - Conflits régionaux et situation sécuritaire.
  - Tensions sociales et sentiment de saturation face aux réformes.
  - Vulnérabilité de l’activité agricole aux aléas climatiques et à l’évolution des prix.
  - Facteurs mondiaux : éventualité d’un durcissement plus rapide des conditions financières mondiales ; politiques de repli sur soi d’économies avancées.
  - Facteur positif potentiel : reprise plus forte de l’activité dans la zone euro et chez d’autres partenaires commerciaux.

### Indicateurs économiques clés (extraits)
- MOANAP
  - PIB réel (croissance annuelle)4,92,82,75,02,63,5
  - Solde des transactions courantes8,95,5-3,7-4,1-1,9-1,6
  - Solde budgétaire global2,4-3,1-8,6-9,3-5,7-4,6
  - Inflation (progression annuelle, %)6,97,05,85,77,96,9
- Exportateurs de pétrole de la région MOANAP
  - PIB réel (croissance annuelle)5,12,62,15,61,73,0
  - dont croissance hors pétrole6,93,90,61,12,62,5
  - Solde des transactions courantes12,98,8-3,5-3,6-0,4-0,2
  - Solde budgétaire global6,2-1,1-9,3-10,6-5,2-4,1
  - Inflation (moyenne annuelle, %)7,55,85,44,74,46,1
- Importateurs de pétrole de la région MOANAP
  - PIB réel (croissance annuelle)4,53,23,93,64,34,4
  - Solde des transactions courantes-2,4-4,2-4,4-5,3-5,3-4,8
  - Solde budgétaire global-5,5-7,3-7,3-6,8-6,6-5,6
  - Inflation (moyenne annuelle, %)6,09,46,77,715,08,3

*Département Moyen-Orient et Asie centrale              PER, octobre 2017*

### 1.  Pays exportateurs de pétrole de la région

### 1.  Pays exportateurs de pétrole de la région

### Adaptation à la baisse des cours du pétrole
- Les pays exportateurs de pétrole de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) continuent de s’adapter à la baisse des cours du pétrole, qui a freiné la croissance et contribué à d’importants déficits budgétaires et extérieurs.
- La plupart des pays ont adopté des stratégies de diversification ambitieuses et établissent des programmes de réforme détaillés, mais devraient en accélérer la mise en œuvre pour exploiter l’élan plus vigoureux de la croissance mondiale.
- Recommandation générale : poursuivre les programmes de réduction des déficits pour préserver la stabilité budgétaire et, le cas échéant, soutenir l’arrimage de leur monnaie; certains pays devront définir de nouvelles mesures d’assainissement budgétaire tout en préservant les dépenses sociales et axées sur la croissance.

### Cours du pétrole et hypothèses
- Le pétrole s’échange aux environs de 50–60 dollars le baril, contre en moyenne 43 dollars l’an dernier.
- En mai 2017, l’OPEP et plusieurs producteurs non membres de l’OPEP ont prorogé leur accord de réduction de la production jusqu’au premier trimestre 2018.
- L’hypothèse du FMI relative aux cours pétroliers à moyen terme est fondée sur le marché à terme demeurant proche des niveaux actuels.
- Les perspectives de prix ont été revues à la baisse depuis la Mise à jour de mai 2017 des Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale.

### Perspectives de croissance
- L’assainissement budgétaire, la production pétrolière et les conflits régionaux ont été les principaux déterminants de la croissance.
- La croissance hors pétrole devrait rester en dessous des moyennes historiques.
- Parmi les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), la croissance globale devrait atteindre environ 0,5 % en 2017.
- La croissance hors pétrole devrait revenir à environ 2,6 % en 2017–18 dans le CCG.
- Projection à moyen terme : dans les pays du CCG, la croissance hors pétrole sera vraisemblablement à 3,4 % en 2022, inférieure environ de moitié aux 6,7 % de la période 2000–15.
- Cas particuliers :
  - Algérie : croissance devrait atteindre 0,8 % l’an prochain, remonter à 2,4 % d’ici 2022.
  - Iran : croissance du PIB en 2016 révisée de 6,5 % à 12,5 %; croissance prévue pour l’année en cours à 3,5 %.
  - Libye : production pétrolière passée à 1 million de barils par jour (mbl/j) à la mi-2017, en hausse par rapport à 0,4 mbl/j l’an dernier.
  - Iraq : production stagne depuis le début de l’année après une forte hausse en 2016.
  - Yémen : économie devrait se contracter à nouveau cette année.
- Remarque : les perspectives des pays en conflit restent très incertaines et sont subordonnées à la sécurité.

### Assainissement budgétaire
- Les déficits budgétaires ont bondi de 1,1 % du PIB en 2014 à 10,6 % en 2016, mais devraient redescendre à 5,2 % en 2017.
- Sur la période 2018–22, les déficits cumulés devraient atteindre 320 milliards de dollars.
- Environ la moitié des pays (Émirats arabes unis, Iran, Koweït, Qatar) affichaient un déficit budgétaire inférieur à 5 % du PIB en 2016; l’autre moitié affichait des déficits très supérieurs à 10 %.
- Mesures envisagées dans les plans budgétaires des pays du CCG :
  - nouvelles réductions des dépenses récurrentes non salariales;
  - réduction de la masse salariale publique en pourcentage du PIB;
  - nouvelles coupes dans les dépenses d’équipement;
  - augmentation des recettes non pétrolières, notamment introduction de taxes à la valeur ajoutée (prévues à compter de janvier 2018) et de droits d’accise.
- Dans les pays hors CCG :
  - Iraq : assainissement fondé sur coupes dans les investissements publics et modération des salaires.
  - Algérie : ajustement ciblant principalement les dépenses, en particulier les investissements publics.
  - Iran : efforts pour élargir l’assiette de l’impôt et réduire la dépendance aux recettes pétrolières.
- Progrès institutionnels : établissement de cadres budgétaires à moyen terme (Arabie saoudite, Algérie, Koweït, Qatar, Émirats arabes unis), création d’unités macrobudgétaires (Arabie saoudite, ÉAU, Koweït, Oman, Qatar), identification et traitement des arriérés et garanties publiques en Iraq.
- Recommandation : renforcer la gestion des finances publiques, améliorer la transparence et la responsabilisation; un nouveau modèle de gestion de la masse salariale publique est indispensable.

### Financement du déficit et gestion de la dette
- L’émission de créances reste la principale source de financement du déficit.
- Au premier semestre de 2017, les pays du CCG ont émis des créances pour un montant d’environ 30 milliards de dollars.
- Stratégies de financement :
  - recours aux marchés financiers internationaux pour les pays ayant accès à ces marchés;
  - émissions intérieures pour développer progressivement les marchés financiers nationaux (par ex. Arabie saoudite) et pour les pays hors CCG où le financement extérieur est plus limité (Iran, Iraq, Libye, Yémen).
- Mesures de gestion des risques : mise en place ou renforcement de bureaux de gestion de la dette (Koweït, Oman, Arabie saoudite, Abou Dhabi, Dubaï); émission de créances à plus longue échéance (ex. Oman : obligation à 30 ans en mars 2017).
- Recommandation : décisions d’emprunt et d’investissement doivent s’inscrire dans une stratégie de gestion des actifs et des passifs tenant compte des risques macrofinanciers.

### Soldes extérieurs et capitaux privés
- Le solde des transactions extérieures courantes est passé d’un excédent de 228 milliards de dollars en 2014 (8,8 % du PIB) à un déficit de 77 milliards de dollars en 2016 (3,6 % du PIB).
- Le solde global devrait redevenir légèrement excédentaire en 2019.
- Pays avec déficits persistants, volants de sécurité faibles et taux de change peu flexibles sont confrontés à des problèmes de financement extérieur.
- Recommandations :
  - continuer d’assainir les finances publiques pour promouvoir des régimes de taux de change fixe;
  - opérer des réformes structurelles pour attirer des capitaux privés étrangers;
  - améliorer l’accès des investisseurs étrangers au marché de capitaux (progrès observés, ex. Arabie saoudite);
  - durcissement de la politique monétaire, en fonction de la conjoncture, pour attirer investissements de portefeuille dans les pays avec monnaies non rattachées.

### Résilience du secteur financier
- Les secteurs financiers sont restés plus ou moins résilients jusqu’à présent.
- Banques du CCG et d’Algérie : bien capitalisées, fonds propres généralement bien supérieurs au minimum réglementaire, rentables.
- Tensions observées :
  - diminution de la rentabilité dans certains pays (augmentation des coûts de défaillance aux Émirats arabes unis; baisse des marges d’intérêt à Oman).
  - hausse des prêts à mention spéciale (Oman) et des prêts rééchelonnés (Émirats arabes unis).
  - systèmes bancaires faibles en Iraq et en Iran — Iraq : stratégie pour s’attaquer aux problèmes des banques publiques; Iran : réforme bancaire en cours nécessitant recapitalisations et restructurations.
- Politique monétaire : la plupart des banques centrales du CCG ont relevé leur taux directeur en parallèle avec la Réserve fédérale américaine, entraînant une augmentation des taux interbancaires et débiteurs.
- Liquidité : amélioration modeste, accélération de la croissance des dépôts; dépôts des non-résidents et financement de gros restent importants, en particulier aux Émirats arabes unis et au Qatar.
- Croissance du crédit : après un ralentissement généralisé l’an dernier, la croissance du crédit au secteur privé s’est stabilisée dans le CCG et en Algérie, mais reste bien plus lente qu’avant la chute des prix du pétrole.
- Mesures réglementaires et macroprudentielles mises en place ou renforcées (exemples : exigences de liquidité à Bahreïn; taux de référence interbancaire à Oman; développement du marché de capitaux national en Arabie saoudite; renforcement du dispositif macroprudentiel au Bahreïn, Arabie saoudite, Qatar; nouvelles lois sur la banque centrale et les banques aux ÉAU et en Iran).
- Recommandation : développer les marchés de capitaux nationaux et exploiter les innovations technologiques dans le secteur financier pour améliorer l’accès au crédit tout en gérant les risques.

### Réformes structurelles et diversification
- Nécessité urgente de s’éloigner de la redistribution des recettes pétrolières via dépenses publiques et subventions énergétiques.
- Les stratégies de diversification sont ambitieuses mais l’exécution doit s’accélérer pour profiter de la reprise cyclique mondiale.
- Productivité faible dans la région du CCG : la contribution de la productivité à la croissance est généralement faible comparée au travail; le lien productivité–investissement est largement absent dans le CCG.
- Réformes prioritaires :
  - marché du travail et éducation pour faciliter la diversification et le développement du secteur privé;
  - attirer des travailleurs expatriés qualifiés tout en augmentant la participation locale dans le secteur privé;
  - améliorer le climat des affaires pour encourager l’investissement privé et la création d’emplois (guichets uniques, procédures douanières accélérées, protection des investisseurs minoritaires, initiatives PME, meilleure accès au crédit).
- Exemples concrets :
  - Arabie saoudite : réformes des systèmes de formation et d’éducation, ciblage des subventions salariales, relèvement des taxes sur travailleurs expatriés, affinement du système Nitaqat; programme d’élimination des obstacles au secteur privé; privatisations (16 secteurs) et partenariats public–privé.
  - ÉAU, Oman, Qatar : introduction d’indicateurs de résultats pour le suivi des stratégies nationales de développement.
  - Iran, Oman : mesures pour aligner éducation/formation sur besoins des employeurs; Iran introduit des cours d’entreprenariat.
- Recommandation : améliorer gouvernance, transparence et lutte contre la corruption, en particulier dans les pays touchés par des conflits.

### Principaux risques pesant sur les perspectives
- Incertitude considérable concernant les prix du pétrole; volatilité davantage perçue comme risque de dégradation en raison des déficits budgétaires et courants.
- Risques géopolitiques et liés aux conflits régionaux, y compris la crise diplomatique entre le Qatar et d’autres pays.
- Risques mondiaux : adoption éventuelle de politiques de repli sur soi dans les pays avancés pouvant affaiblir la croissance mondiale et faire baisser les prix du pétrole; normalisation plus rapide que prévue de la politique monétaire aux États-Unis pouvant durcir les conditions financières mondiales et apprécier fortement le dollar américain.
- Scénario positif : reprise mondiale plus solide et plus durable contribuerait à accélérer la croissance dans la région.

### Encadré 1.1 — Implications économiques de la crise diplomatique avec le Qatar (résumé)
- Mesures du 5 juin 2017 : rupture des relations diplomatiques et économiques entre le Qatar et plusieurs pays (Arabie saoudite, Bahreïn, Égypte, ÉAU); fermeture de l’espace aérien à Qatar Airways; fermeture de la frontière terrestre avec l’Arabie saoudite; réduction par certaines banques des transactions avec clients liés au Qatar.
- Effets observés au Qatar :
  - perturbations des flux commerciaux et financiers; environ un sixième des importations proviennent de pays imposant des restrictions commerciales;
  - réacheminement partiel des échanges via Koweït et Oman; établissement d’autres sources d’approvisionnement alimentaire;
  - tensions financières : déclassement de la notation souveraine, hausse des taux interbancaires, baisse des dépôts privés (résidents et non-résidents), baisse des engagements envers les banques étrangères;
  - atténuation par injections de liquidités de la banque centrale et hausse des dépôts du secteur public; banques cherchant des financements long terme.
- Effets régionaux : impact modéré jusqu’à présent; exportations du Qatar vers ces pays maintenues; réactions négligeables sur les marchés financiers du CCG; risque qu’une crise prolongée ralentisse l’intégration au sein du CCG, érode la confiance, pèse sur l’investissement et la croissance et accroisse les coûts de financement.

### Indicateurs clés (extraits)
- Prix du pétrole : 50–60 dollars le baril; moyenne l’an dernier : 43 dollars.
- Déficits budgétaires : 1,1 % du PIB en 2014 → 10,6 % du PIB en 2016 → prévu 5,2 % en 2017.
- Déficits cumulés 2018–22 : 320 milliards de dollars.
- Emissions de créances CCG, 1er semestre 2017 : environ 30 milliards de dollars.
- Solde courant : excédent de 228 milliards de dollars en 2014 (8,8 % du PIB) → déficit de 77 milliards de dollars en 2016 (3,6 % du PIB); solde global prévu légèrement excédentaire en 2019.
- Croissance prévue dans le CCG : croissance globale ≈ 0,5 % en 2017; croissance hors pétrole ≈ 2,6 % en 2017–18; croissance hors pétrole ≈ 3,4 % en 2022 (contre 6,7 % en 2000–15).
- Production pétrolière Libye : 1 mbl/j mi-2017 (contre 0,4 mbl/j l’an dernier).
- Iran : croissance du PIB 2016 révisée de 6,5 % à 12,5 %; croissance prévue pour l’année en cours : 3,5 %.
- Graphiques et séries mentionnés : Graphique 1.1, Graphique 1.2, Graphique 1.3, Graphique 1.4, Graphique 1.5, Graphique 1.6, Graphique 1.7, Graphique 1.8, Graphique 1.9, Graphique 1.10, Graphique 1.11 (voir source pour détails chiffrés par pays et séries temporelles).

*Préparé par Bruno Versailles (auteur principal), Olumuyiwa Adedeji, Botir Baltabaev, Magali Pinat et Ling Zhu; contribution en recherche : Sebastián Herrador, Brian Hiland, Jorge de León Miranda. Département Moyen-Orient et Asie centrale, PER, octobre 2017.*

### 2. Pays importateurs de pétrole de la région

### 2. Pays importateurs de pétrole de la région

### Croissance et perspectives
- La croissance dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP devrait s’élever à 4,3 % en 2017.
- Prévisions : 4,4 % en 2018 et 5,3 % en moyenne sur la période 2019–22.
- La croissance de 2017 est supérieure aux 3,6 % de 2016.
- Malgré l’amélioration, le rythme prévu reste insuffisant pour réduire notablement le chômage : une croissance d’au moins 5,5 % est historiquement associée à un recul notable du chômage.
- Facteurs favorables en 2017 :
  - Raffermissement de la demande extérieure.
  - Reprise cyclique de l’économie mondiale.
  - Amélioration de la demande intérieure et des exportations.
  - Effets idiosyncrasiques (par ex. investissements miniers en Jordanie, Maroc, Mauritanie; projets portuaires à Djibouti; redémarrage du tourisme en Tunisie).
- Points nationaux :
  - Afghanistan : perspectives à moyen terme moins favorables en raison de l’aggravation de la sécurité.
  - Égypte : croissance à 4,3 % durant l’exercice 2017, dépassant les prévisions de mai 2017.
  - Pakistan : hausse de la croissance à 5,3 %, soutenue par l’investissement lié au Couloir économique Chine–Pakistan et une croissance du crédit.
  - Somalie : croissance attendue à 2,4 % en 2017, contre 3,2 % en 2016, en raison d’une sécheresse sévère.

### Secteur extérieur et réserves
- Déficit courant en 2016 : environ 5,3 % du PIB pour les pays importateurs de pétrole MOANAP (creusement d’environ 1 point de PIB en 2016).
- Déficits courants très élevés (> 10 % du PIB) : Djibouti et Mauritanie en 2016.
- Perspectives : déficit courant stable à 5,3 % du PIB en 2017, pouvant diminuer à 4,8 % du PIB en 2018.
- Facteurs d’amélioration : hausse des arrivées de touristes, envois de fonds, hausse des prix de certaines matières premières (minerai de fer, or, phosphates, coton).
- Renforcement des réserves de change : émissions obligataires internationales (Égypte), entrées de capitaux (Djibouti, Égypte, Maroc, Tunisie), augmentation des exportations et envois de fonds, décaissements liés aux accords programmatiques avec le FMI.
- Risque identifié : appréciation des taux de change effectifs réels dans certains pays (graphique 2.5), nécessitant un panachage de mesures pour éviter l’accumulation de vulnérabilités extérieures.

### Finances publiques et dette
- Solde budgétaire moyen : -6,8 % du PIB en 2016; prévu à -6,6 % en 2017; -5,6 % en 2018.
- Mesures d’assainissement en cours ou prévues :
  - Maîtrise du coût des subventions à l’énergie (Égypte, Tunisie).
  - Réduction des dépenses courantes non prioritaires (Maroc, Tunisie).
  - Renforcement de la gestion des finances publiques locales dans le cadre de la décentralisation.
  - Réduction des régimes fiscaux spéciaux (Djibouti), suppression d’exonérations, initiatives de lutte contre la fraude fiscale, élargissement de l’assiette (Égypte, Jordanie, Soudan, Tunisie).
  - Modération des salaires (Djibouti, Égypte).
- Niveau d’endettement élevé : dette publique brute d’environ 80 % du PIB à la fin 2016; Liban environ 149 % du PIB malgré un léger excédent en 2016.
- Risques supplémentaires : accumulation d’arriérés (Somalie, Soudan), garanties publiques (Pakistan), grands projets d’infrastructure financés par emprunts extérieurs (Djibouti, Mauritanie, Pakistan).
- Recommandations :
  - Assainissement budgétaire prolongé et réformes.
  - Mobiliser davantage les recettes intérieures.
  - Améliorer la transparence et la responsabilisation des finances publiques.
  - Protéger les dépenses sociales tout en améliorant l’efficience de l’investissement public.
  - Réviser le ciblage de l’aide sociale (Égypte, Jordanie, Maroc).

### Politique monétaire et inflation
- Inflation régionale : 7,7 % en 2016; pic à 15,0 % en 2017; retour à 8,3 % en 2018.
- Cas particuliers :
  - Égypte : inflation globale proche de 30 % en 2017 (forte dépréciation, réduction des subventions, introduction de la TVA, hausse des tarifs des services publics).
  - Soudan : inflation attendue au‑dessus de 25 % (dépréciation du taux de change parallèle, monétisation du déficit).
  - Afghanistan et Somalie : hausse de l’inflation liée aux prix alimentaires importés et à la sécheresse.
  - Tunisie : réintroduction du mécanisme d’ajustement des prix du pétrole et légère dépréciation du dinar poussant les prix à la hausse.
  - Pays avec inflation négligeable : Liban, Maroc, Pakistan, Jordanie (divers facteurs nationaux).
- Besoins de renforcement des cadres :
  - Consolider et moderniser les cadres de politique monétaire pour améliorer la transmission, la communication et la transparence.
  - Pour les pays passés à un régime de change flottant (Égypte, Tunisie), l’adoption d’un véritable régime de ciblage de l’inflation serait souhaitable à terme.
  - Renforcer l’indépendance des banques centrales pour asseoir la crédibilité et ancrer les anticipations.
  - Attention aux problèmes de dollarisation financière dans certains pays.

### Secteur financier et crédit
- Situation générale : le secteur financier demeure globalement solide fin 2016 ; plupart des banques bien capitalisées, liquides et relativement rentables.
- Créances improductives : en baisse au Pakistan et au Soudan; tendance à la hausse au Maroc.
- Réformes réglementaires : renforcement des cadres de résolution, dispositifs de garantie des dépôts (Pakistan).
- Corrélation avec envois de fonds : relations de correspondance bancaire réduites pèsent sur les envois de fonds, les dépôts et l’expansion du crédit (Djibouti, Somalie, Soudan).
- Croissance du crédit au secteur privé (début 2017) :
  - En hausse : Maroc, Pakistan (politiques monétaires accommodantes).
  - En recul : Jordanie (resserrement de la politique monétaire).
- Recommandations : surveillance continue de la solidité du système financier, surveillance des établissements individuels, politiques macroprudentielles ciblées, vigilance vis‑à‑vis des innovations technologiques financières.

### Réformes structurelles, emploi et inclusion
- Priorités pour profiter de la reprise :
  - Améliorer le climat des affaires pour stimuler l’investissement privé (gouvernance, transparence, responsabilisation, administration efficiente).
  - Réduire les déficits d’infrastructures, en particulier énergie et transports ; tirer parti du Pacte avec l’Afrique pour mobiliser l’investissement privé dans les infrastructures.
  - Encourager des partenariats public–privé innovants tout en surveillant les risques budgétaires.
  - Assouplir le marché du travail, réduire la dépendance aux emplois publics, améliorer les systèmes éducatifs pour aligner compétences et demande du secteur privé.
  - Supprimer les inégalités entre les sexes en matière d’éducation pour une croissance plus équitable.
  - Réformes pour accroître la productivité agricole : irrigation, formation, variétés à haut rendement, accès aux marchés ; encourager diversification agroalimentaire à forte intensité de main‑d’œuvre.
  - Améliorer l’accès au financement pour les PME et développer les marchés des capitaux ; émission régulière de titres d’État pour établir une courbe des rendements.
- Données sectorielles :
  - Agriculture : absorbe plus de 80 % de la main‑d’œuvre en Afghanistan; plus de 40 % au Maroc et au Pakistan.
- Indicateur du climat des affaires : la région doit rattraper la « frontière » (graphique 2.11), l’Égypte ayant réalisé des progrès en 2017 par de nouvelles lois sur l’industrie et l’investissement.

### Principaux risques (plutôt baissiers)
- Risques régionaux :
  - Conflits et menaces pour la sécurité persistants ou aggravés : pertes humaines, destruction d’infrastructures, flux d’émigration, désorganisation des voies commerciales, recul du tourisme.
  - Tensions sociales et essoufflement des réformes si la croissance reste morose et le chômage élevé.
  - Vulnérabilité agricole face aux aléas météorologiques et à l’évolution des cours (Maroc, Pakistan, Somalie).
- Risques mondiaux :
  - Durcissement plus rapide des conditions financières mondiales (normalisation de la politique monétaire aux États‑Unis) : hausse des coûts de financement, aggravation des tensions budgétaires, frein à l’investissement privé.
  - Dollar plus fort amplifiant les problèmes pour les pays avec une grande part de dette en devises (Pakistan, Tunisie).
  - Risque de politiques protectionnistes dans certains pays avancés nuisant aux exportations régionales.
  - Contre‑scénario favorable : regain d’activité plus important que prévu dans la zone euro et chez d’autres partenaires commerciaux, tirant la croissance régionale vers le haut.

*Source : Département Moyen-Orient et Asie centrale, PER, octobre 2017.*

### 4. Tirer parti des échanges commerciaux

### 4. Tirer parti des échanges commerciaux

### Principales conclusions
- Une plus grande ouverture commerciale, liée à une participation accrue aux chaînes de valeur mondiales, à la diversification des exportations ou à l’amélioration de la qualité des produits, pourrait contribuer à accroître le niveau des revenus d’environ 5 à 10 % au bout de cinq à dix ans.
- Les pays importateurs de pétrole sont mieux placés que les autres pays de la région pour tirer parti de l’amélioration des perspectives du commerce international, car ils sont mieux intégrés aux chaînes de valeur mondiales et leurs exportations sont plus diversifiées.
- Les pays exportateurs de pétrole devraient concentrer leurs efforts sur la diversification de leur économie pour produire et exporter une gamme plus étendue de biens et de services.
- Des réformes structurelles favorisant l’investissement et la création d’emplois, ainsi que des politiques budgétaires ciblées pour réduire les coûts d’ajustement, pourraient être nécessaires pour atténuer les effets négatifs éventuels d’une ouverture accrue et rendre la croissance plus inclusive.

### Preuves empiriques sur le commerce et la croissance
- L’analyse couvre 131 pays dont 20 appartenant aux régions MOANAP ou CAC.
- Les déterminants positifs de la croissance du PIB réel par habitant identifiés incluent :
  - investissements dans les infrastructures;
  - investissement direct étranger (IDE);
  - degré global d’ouverture commerciale (mesuré par le total des exportations et des importations en proportion du PIB).
- La diversification et la qualité des exportations, ainsi que l’intégration aux chaînes de valeur mondiales (notamment la part de la valeur ajoutée nationale dans les exportations), jouent un rôle important dans la croissance.
- Corrélation négative observée entre la croissance et le niveau initial du PIB par habitant, suggérant une convergence progressive.
- Les effets positifs du niveau d’éducation de la population active deviennent moins évidents quand l’échantillon inclut des pays à faible revenu avec très peu de travailleurs diplômés de l’enseignement supérieur.
- Sur l’inclusivité : certaines analyses n’identifient pas d’effet sensible de l’ouverture sur les inégalités, mais le commerce contribue, par la croissance, à la réduction de la pauvreté et peut réduire les écarts salariaux internes; il peut aussi abaisser les prix des denrées consommées par les plus pauvres.

### Tendances récentes de l’ouverture commerciale et des exportations
- Le degré d’ouverture commerciale a connu un tassement marqué ces dernières années dans les régions MOANAP et CAC, lié à :
  - atonie de l’activité économique mondiale et de l’investissement;
  - ralentissement de la libéralisation des échanges;
  - baisse des cours des matières premières, y compris du pétrole;
  - croissance plus lente des chaînes de valeur mondiales.
- Pour les pays importateurs de pétrole, le déclin de l’ouverture a été plus rapide dans MOANAP que dans le Caucase et l’Asie centrale en raison des conflits et tensions géopolitiques régionaux.
- Pour les pays exportateurs de pétrole, la faiblesse de l’ouverture s’explique en grande partie par la stagnation ou le recul des exportations de pétrole et de gaz et par la chute des cours du pétrole.
- Si l’on exclut le pétrole :
  - l’ouverture commerciale a légèrement progressé dans les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP;
  - elle est restée globalement stable dans les pays exportateurs de pétrole de la région CAC.
- Dans les pays importateurs de pétrole de la région CAC, le déclin général de l’ouverture s’explique par une baisse des importations provoquée par une diminution des envois de fonds des travailleurs émigrés.

### Services et intégration aux chaînes de valeur
- Les exportations de services se sont accrues au cours des dix dernières années, mais demeurent modestes, en particulier dans les pays exportateurs de pétrole.
- Les services ont représenté en moyenne 44 % des exportations totales des pays importateurs de pétrole des régions MOANAP et CAC, contre moins de 15 % dans les pays exportateurs de pétrole.
- Dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, le tourisme représente 51 % du total des services exportés.
- Les politiques restrictives dans les services sont courantes (tous secteurs confondus, les services professionnels et de transport figurent parmi les plus protégés). L’entrée sur les marchés, les conditions de propriété et d’exploitation et l’octroi des licences restent souvent opaques et discrétionnaires.
- Les innovations en matière de commerce (par ex. commerce électronique) pourraient aider les entreprises à pénétrer les marchés internationaux à moindre coût et favoriser l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales et l’émergence de réseaux de valeur régionaux.

### Réseaux commerciaux et partenaires
- La région MOANAP paraît relativement plus insérée dans le commerce mondial que le Caucase et l’Asie centrale en termes de nombre de partenaires et de valeur des échanges.
- En moyenne, les pays de la région MOANAP exportent vers près de 70 % de leurs partenaires commerciaux potentiels; la région Caucase et Asie centrale n’exporte que vers 50 % de leurs partenaires potentiels.
- Les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP dominent le commerce international de la région en raison de leur part considérable du marché mondial du pétrole; leurs exportations ciblent principalement l’Asie et les États-Unis.
- Les exportations des pays exportateurs de pétrole de la région CAC vont majoritairement vers les grands pays européens.
- Les exportations des pays importateurs de pétrole de la région CAC sont surtout dirigées vers la Russie et des pays européens proches, comme la Bulgarie.
- Les relations d’exportation entre les pays des régions MOANAP et CAC sont faibles.
- La Chine est devenue un partenaire commercial de premier plan ces dernières années pour la quasi-totalité des pays des régions MOANAP et CAC.

### Diversification, qualité des exportations et complexité
- La diversification des exportations dans MOANAP et CAC est inférieure à celle des pays émergents et en développement.
- Les exportateurs de pétrole ont les exportations les moins diversifiées dans la région et sont donc sujets à une volatilité accrue.
- Les pays importateurs de pétrole ont des niveaux de diversification proches de la moyenne des pays émergents et en développement; la région MOANAP s’en sort un peu mieux.
- La plupart des pays des régions MOANAP et CAC exportent des produits de qualité inférieure par rapport aux autres pays émergents et en développement.
- La Jordanie et la Tunisie sont les seuls pays où la qualité des exportations dépasse la moyenne des pays émergents et en développement.
- Améliorations observées de la qualité des exportations chez certains pays importateurs de pétrole dans :
  - habillement : Égypte, Jordanie, Pakistan;
  - production manufacturière : Arménie, Géorgie, Jordanie, Maroc, Tunisie.
- La qualité des exportations de pétrole (comptabilisée dans la catégorie des combustibles minéraux) reste assez faible et s’est détériorée en Algérie et en Azerbaïdjan.
- L’indice de complexité économique montre que la complexité des pays exportateurs de pétrole est faible par rapport aux pays importateurs; la complexité des pays importateurs de pétrole reste inférieure à la moyenne des pays émergents et en développement, mais plus élevée dans la région MOANAP que dans le Caucase et l’Asie centrale.

### Recommandations de politique formulées
- Consolider l’accès aux marchés d’exportation en signant des accords commerciaux et en tirant parti des nouvelles possibilités d’intégration (par ex. projets d’infrastructures et initiatives d’intégration régionale mentionnées dans le chapitre 2).
- Mettre en œuvre des réformes structurelles visant à favoriser l’investissement et la création d’emplois.
- Concevoir des politiques budgétaires ciblées pour réduire les coûts d’ajustement liés à une ouverture commerciale accrue.
- Améliorer la qualité des exportations et augmenter la part de valeur ajoutée nationale dans les exportations, en particulier pour les pays exportateurs de pétrole qui doivent aussi diversifier leur panier d’exportations.
- Encourager l’adoption d’innovations de commerce (par ex. commerce électronique) pour faciliter l’intégration aux chaînes de valeur mondiales, tant pour les biens que pour les services.

*Préparé par Alexei Kireyev (auteur principal), Maxym Kryshko, Boaz Nandwa et Magali Pinat, assistés par James Aylward et Samira Kalla pour les recherches.*

### 1. I ndice de diversification des exportations, 2014 1/

### 1. I ndice de diversification des exportations, 2014 1/

### Indice de diversification des exportations (principales caractéristiques)
- Échelle : De 0 à 1; indice plus élevé = diversification accrue.
- Données temporelles mentionnées : 1995; 2014 (les données de 2014 sont les plus récentes disponibles pour l'indice de diversification).
- Références régionales et catégories : MOANAP = Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan; CAC = Caucase et Asie centrale; PED = pays émergents et pays en développement.
- Méthodologie : L'indice de diversification a été recalculé pour être compris entre 0 et 1 et équivaut à un indice de concentration des exportations de Theil.
- Remarques sur échantillon : Les autres pays importateurs de pétrole incluent le Bangladesh, le Cambodge et le Viet Nam. Les autres pays exportateurs de pétrole incluent la Malaisie, le Mexique et l'Indonésie. Les pays sont désignés par les codes de l'Organisation internationale de normalisation (ISO).

### Diversification des exportations et volatilité de la production
- Indicateurs présentés : Volatilité de la croissance du PIB réel par habitant, 1995‒2014 (écart-type) et Diversification des exportations, 2014 (valeurs élevées = diversification accrue).
- Groupes comparés :
  - Exportateurs de pétrole MOANAP
  - Importateurs de pétrole MOANAP
  - Exportateurs de pétrole CAC
  - Importateurs de pétrole CAC
  - Moyenne PED
- Observations graphiques et de tendance :
  - Tendances distinctes pour les pays couverts par MCD et pour tous les pays.
  - Plusieurs pays (par code ISO) sont positionnés selon leur volatilité et diversification (ex. DJI, EGY, JOR, LBN, MRT, MAR, PAK, TUN, DZA, BHR, IRN, IRQ, KWT, LBY, OMN, QAT, SAU, ARE, YEM, ARM, GEO, KGZ, TJK, AZE, KAZ, TKM, UZB).

### Indice de qualité des exportations, 2014
- Échelle : De 0 à 1,2; indice plus élevé = qualité supérieure.
- Données temporelles mentionnées : 1995; Moyenne PED, 2014 (les données 2014 sont les plus récentes disponibles pour l'indice de qualité).
- Sources : Henn, Papageorgio et Spatafora (2015); calculs des services du FMI.
- Catégorisation des produits (exemples figurant dans la classification CTCI-1) :
  - Produits aliment. et animaux vivants
  - Boissons et tabacs
  - Matières brutes, hors carburants
  - Combustibles minéraux
  - Huiles d'origine animale ou végétale
  - Produits chimiques
  - Articles manufacturés
  - Machines et matériel de transport
- Note : Les catégories «Articles manufacturés divers» et «Articles et transactions non classés ailleurs» de la CTCI-1 sont exclues car elles représentent une part négligeable des exportations des pays.

### Participation aux chaînes de valeur mondiales (GVC)
- Mesures d'intégration :
  - Intégration en amont : part de la valeur ajoutée étrangère importée et utilisée dans la production des exportations (Moyenne, 2009‒13).
  - Intégration en aval : part des exportations brutes destinée à être utilisée dans les exportations du pays de destination (Moyenne, 2009‒13).
- Faits saillants :
  - Les pays importateurs de pétrole (ex. Jordanie, Liban, Tunisie dans MOANAP; République kirghize dans CAC) présentent une intégration en amont relativement élevée par rapport aux PED.
  - Égypte, Mauritanie, Maroc (MOANAP) et Arménie (CAC) montrent une part d'intégration en aval supérieure à la moyenne des PED.
  - Parmi les pays exportateurs de pétrole des deux régions, l'intégration en amont est particulièrement faible, suggérant une importation principalement de produits finis destinés à la consommation et à l'investissement.
  - Les pays exportateurs de pétrole ont un niveau d'intégration en aval assez élevé principalement en raison du volume important de leurs exportations de pétrole brut, qui est souvent raffiné par des partenaires commerciaux.
- Évolution temporelle :
  - La plupart des importateurs de pétrole de MOANAP ont amélioré leur intégration en amont et en aval, en partie grâce à des efforts de diversification (ex. industrie manufacturière légère en Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - Les importateurs de pétrole de la région CAC ont surtout progressé en intégration en amont (renforcement de leur position de plaque tournante pour le transport des produits chinois vers la Russie et le reste de la région).
  - L'intégration en aval des importateurs de la CAC s’est détériorée à mesure que la diversification des exportations déclinait.
- Méthodologie de mesure des GVC : reposant sur la définition de Koopman, Wang et Wei (2014); détails supplémentaires fournis par Aslam, Novta et Rodrigues-Bastos (2017).
- Avertissement sur les données : En raison d'inquiétudes sur la qualité des données de la base Eora MRIO, les pays sont représentés uniquement après validation de leurs données par comparaison avec celles de la base Comtrade de l'ONU sur les exportations de biens intermédiaires.

### Environnement du commerce international et obstacles
- Effets des tensions géopolitiques et conflits :
  - Les conflits ont nui aux échanges commerciaux en perturbant l'activité économique et les infrastructures et en entraînant la mort ou le déplacement de personnes actives (Afghanistan, Iraq, Libye, Somalie, Syrie, Yémen).
  - Pays voisins affectés : Jordanie, Liban, Pakistan (retombées sur le commerce transfrontalier, déclin du tourisme, afflux de réfugiés).
  - Exemples : le conflit en Syrie a perturbé la principale route commerciale de l'Iraq vers la Méditerranée; le conflit en Iraq a touché les voies d'exportation de la Jordanie vers l'Iran.
  - La crise diplomatique entre le Qatar et d'autres pays de MOANAP affecte le commerce et les flux financiers.
- Indicateurs d'environnement commercial :
  - Total des échanges transfrontaliers mesuré par la distance par rapport à la frontière (Doing Business de la Banque mondiale).
  - Restrictions de change : proportion des pays d'une région qui ont des restrictions de change et/ou des taux de change multiples.
  - Observation empirique : l'augmentation d'un écart-type des contrôles sur les paiements commerciaux ou les opérations de change réduit les échanges dans des proportions égales à une hausse des droits de douane comprise entre 11 et 14 points de pourcentage (Wei et Zhang, 2007).
- Effets des variations de taux de change :
  - Certaines études : une dépréciation effective réelle de 10 % de la monnaie d’un pays s’accompagnait d’une hausse des exportations nettes réelles de 1,5 % du PIB en moyenne, avec de fortes variations d’un pays à l’autre.
  - Participation accrue aux GVCs tend à atténuer les effets des variations des taux de change sur les flux commerciaux.
- Évolution récente :
  - L’environnement du commerce transfrontalier semble s’être détérioré dans les pays de la région MOANAP ces dernières années, alors qu’il a continué de s’améliorer dans les pays du Caucase et de l’Asie centrale.

### Accords commerciaux et facilitation des échanges
- Utilisation des accords commerciaux :
  - Seuls les pays importateurs de pétrole de MOANAP se distinguent par un recours fréquent aux accords commerciaux bilatéraux et régionaux.
  - Le nombre d’accords commerciaux signés par la plupart des autres pays des deux régions est notablement inférieur à la moyenne des PED.
- Potentiel de gains :
  - L’Accord sur la facilitation des échanges (entré en vigueur début 2017) : l’OMC estime que sa mise en œuvre ferait baisser les coûts douaniers du commerce de marchandises de 14 %, en particulier pour les pays en développement, et pourrait entraîner une hausse des échanges internationaux de 1.000 milliards de dollars par an.
- Mesures adoptées et perspectives :
  - Plusieurs pays négocient ou ont entamé des démarches d’adhésion à l’OMC (par ex. huit pays MOANAP et deux pays CAC négociant leur adhésion).
  - Accords bilatéraux d’association signés par plusieurs pays (Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie; Géorgie avec l’UE et un accord de libre-échange avec la Chine).
  - Certains pays CAC et MOANAP ont signé des accords de partenariat et de coopération avec l’Union européenne (ex. Arménie, Azerbaïdjan, Iraq).
  - Exemples d’initiatives régionales : Maroc et Tunisie ont rejoint le Pacte avec l’Afrique (G20) visant à accroître l’investissement privé, améliorer les infrastructures et lutter contre le chômage, ce qui pourrait ouvrir davantage leur accès aux marchés.
- Recommandations implicites tirées des analyses :
  - Poursuivre les réformes structurelles pour améliorer l’efficience de l’économie et réduire les coûts liés aux procédures documentaires, douanières et au transport intérieur.
  - Envisager des mesures énergiques pour mettre en œuvre l’Accord sur la facilitation des échanges.
  - Accroître l’usage des accords commerciaux bilatéraux et régionaux pour élargir l’accès aux marchés d’exportation.
  - Réduire les restrictions de change et les multiplicateurs de taux afin de limiter leurs effets négatifs indirects sur le commerce international.

*Sources : base de données du FMI sur la diversification; Henn, Papageorgio et Spatafora (2015); FMI, Perspectives de l'économie mondiale, 2017; Eora MRIO; Banque mondiale Doing Business; calculs des services du FMI.*

### Conclusion et mesures envisageables

### Conclusion et mesures envisageables

### Principales conclusions
- Une progression continue de l’ouverture commerciale, égale à la plus forte amélioration en glissement périodique observée dans la région, pourrait accroître de 1 point de pourcentage la croissance moyenne au bout de cinq ans.
- La plus grande ouverture commerciale combinée à une diversification accrue de l’économie, à une amélioration de la qualité des exportations ou à une participation plus active aux chaînes de valeur mondiales produirait des effets de croissance plus marqués.
- La mise en œuvre de réformes stimulant la croissance pourrait faire progresser le niveau des revenus de 5 à 10 % au bout de cinq à dix ans.
- Les importateurs de pétrole semblent globalement mieux placés pour tirer parti du redressement de l’économie mondiale, mais des progrès sont possibles sur la qualité des produits, en particulier pour les pays importateurs de la région CAC qui doivent inverser le déclin de leur intégration en aval dans les chaînes de valeur mondiales.
- Les exportateurs de pétrole doivent se concentrer sur une plus grande diversification et sur l’amélioration de la qualité de leurs exportations.

### Simulation et contributions attendues (graphique 4.9)
- La simulation utilise la croissance annuelle attendue pour 2018‒22 comme variable de substitution de la croissance à long terme.
- Le supplément de croissance dépend d'une progression du paramètre correspondant du commerce égale à la meilleure amélioration en glissement périodique observée dans la région au cours des vingt dernières années:
  - Pour l'ouverture commerciale : 7,7 points de pourcentage (pp)
  - Pour la participation aux chaînes de valeur : 4 pp
  - Pour la diversification : 2,4 pp
  - Pour la qualité : 1,5 pp

### Mesures politiques recommandées
- Renforcer la libéralisation des échanges et les réformes structurelles pour accroître l'ouverture commerciale et l'intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
- Favoriser la diversification vers des secteurs à fort potentiel de création d’emplois.
- Améliorer la qualité des exportations par un accès élargi aux financements, à l’éducation et aux technologies.
- Adopter des politiques budgétaires pour réduire les coûts de transition vers une ouverture commerciale accrue :
  - compenser l'éventuelle perte de recettes liée à la baisse des taxes sur le commerce;
  - prendre en charge l’augmentation éventuelle de l’investissement public dans les infrastructures.
- Mettre en œuvre des réformes plus larges pour améliorer le climat des affaires et de l’investissement afin de soutenir l’accroissement des exportations et la croissance.

### Inclusion et ajustement social (Encadré 4.1)
- Analyse empirique sur 106 pays (1980–2013), dont 11 pays MOANAP et CAC, indique que l’inclusion mesurée par le coefficient de Gini ne semble pas être directement influencée par l’ouverture commerciale.
- D’autres variables jouent un rôle plus important sur l’inégalité:
  - expansion des circuits financiers;
  - niveau d’éducation;
  - part de l’emploi dans la production.
- Les politiques publiques pour gérer les coûts d’ajustement liés au commerce international peuvent inclure:
  1. Politiques actives du marché du travail : aide à la recherche d’emploi, programmes de formation, assurance-salaire conçue avec soin.
  2. Politiques «passives» : assurance-chômage, protection de l’emploi.
  3. Politiques complémentaires : enseignement, logement, crédit, infrastructures, et mesures locales ciblées pour régions affectées.
- Les politiques budgétaires redistributives peuvent être particulièrement efficaces pour compenser les pertes d’emplois dans le secteur industriel.

### Tirer profit des accords commerciaux (Encadré 4.2)
- L'adhésion à l'OMC et la participation à des accords commerciaux peuvent encourager une ouverture accrue.
- Plusieurs pays MOANAP et certains pays CAC ne sont pas membres de l’OMC (liste des pays cités dans le texte).
- Evidence citée : parmi un groupe de pays récemment adhéré à l’OMC (1996–2015), les effets de l’adhésion ont été, en moyenne, neutres dans 63 % des cas, positifs dans 24 % des cas et négatifs dans 13 % des cas.
- Le nombre d’accords commerciaux préférentiels notifiés à l’OMC est passé de 50 en 1990 à près de 300 en 2017; cependant, la plupart des ACP impliquant MOANAP et CAC restent peu profonds.
- Exemple d’impact potentiel régional : un Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) en négociation entre le Maroc, la Tunisie et l’Union européenne pourrait générer des gains de PIB à long terme allant jusqu’à 1,6 % pour le Maroc et 7,4 % pour la Tunisie, avec effets sur exportations et balance commerciale décrits dans le texte.

### Annexe méthodologique — régression d’ouverture commerciale et croissance (Annexe 4.1)
- Équation de base estimée:
  ∆y_{i,t} = α1 y_{i,t−1} + α2 Controls_{i,t} + α3 TC_{i,t} + δ_t + γ_i + ε_{i,t}
  - ∆y_{i,t} : croissance du PIB réel par habitant
  - y_{i,t−1} : logarithme du PIB réel par habitant initial
  - Controls_{i,t} : variables de contrôle (logarithme des termes de l’échange, niveau d’éducation, substitution pour les infrastructures publiques, ratio IDE/PIB)
  - TC_{i,t} : paramètres du commerce inclus séquentiellement
  - δ_t et γ_i : effets fixes pays–période
- Méthode d’estimation : méthode des moments généralisés en système (GMM en système).
- Tests de cohérence utilisés : test de sur-identification de Hansen, test d’orthogonalité de Hansen, test d’autocorrélation des erreurs — les trois tests valident la spécification.

### Résultats clés du tableau «Ouverture commerciale et croissance économique»
- Coefficients sélectionnés (avec significativité telle qu'indiquée dans la source):
  - PIB par habitant initial : 5.014***, 4.618***, 5.061***, 5.664***, 5.741***, 5.730***
  - Infrastructures : 2.241***, 2.087***, 2.458***, 2.574***, 3.285***, 2.908**
  - Entrées d'IDE/PIB : 0.667**, (col. 4 blank), 0.761*, 1.313**, 1.102*
  - Ouverture commerciale : 2.446***, 1.919***, 1.996***, 2.796***, 2.240, 2.122
  - Diversification des exportations (col. 2) : 4.249**
  - Qualité des exportations (col. 3) : 5.034*
  - Participation aux CVM (col. 4) : 9.170**
  - Intégration en aval (col. 4) : 11.72**
  - Valeur ajoutée nationale (col. 6) : 48.01*
- Taille et échantillon:
  - Nombre d'observations : 1,030; 1,021; 1,037; 641; 641; 641 (selon spécification)
  - Nombre de pays : 131; 123; 129; 131; 131; 131
- Tests de validation (exemples de valeurs p):
  - Test de sur-identification de Hansen : 0.293, 0.240, 0.246, 0.197, 0.112, 0.153
  - Test d'orthogonalité de Hansen : 0.805, 0.632, 0.398, 0.365, 0.105, 0.108
  - Valeur p de la statistique AR(2) : 0.236, 0.470, 0.392, 0.511, 0.495, 0.557

*Source : Département Moyen-Orient et Asie centrale, PER octobre 2017.

### 5.  Libérer le potentiel des FinTech

### 5.  Libérer le potentiel des FinTech

### Contexte et dynamique
- Après un démarrage tardif, les FinTech prennent leur essor dans quelques pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) et commencent à s’implanter dans la région du Caucase et de l’Asie centrale (CAC).
- Les investissements mondiaux dans les FinTech ont connu depuis cinq ans une croissance rapide et la valeur de ces investissements a plus que décuplé entre 2012 et 2015.
- La consolidation du secteur aux États-Unis a entraîné une baisse des investissements mondiaux en 2016, mais la croissance s’est poursuivie dans d’autres régions, dont le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MOAN), et les investissements ont fortement rebondi au premier semestre de 2017 (KPMG, 2017).
- L’écosystème des FinTech est encore balbutiant dans les régions MOANAP et CAC, la région MOANAP étant plus avancée que la région CAC; les investissements sont toutefois concentrés dans quelques pays.
- Selon une enquête portant sur douze pays de la région MOANAP (WAMDA, 2016), le nombre de start-ups a été multiplié par sept depuis 2009, avec une forte concentration des investissements en Égypte, aux Émirats arabes unis, en Jordanie et au Liban.
- Les États jouent un rôle de premier plan pour encourager l’innovation en matière de FinTech; plus de 20 start-ups étrangères sont présentes dans la région MOANAP.
- Dans la région CAC, les investissements dans les services financiers numériques sont jusqu’ici principalement consentis par les banques; l’Arménie et le Kazakhstan sont en tête.

### Principales activités et concentration sectorielle
- Dans la région MOANAP :
  - Les activités de paiement occupent 50 % des start-ups.
  - Les activités de prêt constituent 30 % des start-ups (plateformes de comparaison d’emprunts, financement collectif, systèmes de prêt P2P).
- Dans la région CAC, l’accent est mis sur les systèmes de paiement (portefeuilles électroniques et crypto-monnaies).
- Les transactions en liquide prédominent encore, et les FinTech ne représentent qu’une relativement petite voie d’accès au financement pour les PME.

### Entraves au potentiel de croissance des FinTech
- Climat des affaires :
  - Fin 2016, seuls quatre pays (Arménie, Émirats arabes unis, Géorgie et Kazakhstan) figuraient dans le quartile supérieur du classement Doing Business de la Banque mondiale.
  - Restrictions persistantes à l’entrée de capitaux étrangers limitent l’arrivée de multinationales du secteur des FinTech.
- Capital-investissement et capital-risque :
  - La valeur totale des investissements en capital-investissement et en capital-risque dans la région MOAN stagnait à environ 1 milliard de dollars et a diminué en raison de la baisse des cours pétroliers.
  - Les investissements restent concentrés aux Émirats arabes unis; plusieurs facteurs, dont une réglementation restrictive, limitent la croissance.
- Lacunes réglementaires et protection des consommateurs :
  - Des cadres réglementaires sont en cours d’élaboration pour les services financiers numériques; la plupart des pays disposent de lois relatives à l’émission de monnaie électronique, mais les progrès sont plus lents pour d’autres aspects réglementaires liés aux FinTech.
  - Quelques pays seulement (Égypte, Maroc et Tunisie) ont adopté une législation relative aux services bancaires mobiles.
  - Peu de pays ont des cadres de protection des consommateurs de services financiers ou des lois sur la protection des données personnelles.
  - Les règles prudentielles n’ont pas été adaptées aux particularités des FinTech; les exigences de fonds propres applicables aux banques constituent un obstacle pour les start-ups.
- Infrastructure TIC et coût/qualité d’accès :
  - Le taux de pénétration des TIC a sensiblement augmenté, mais la qualité et le coût de l’accès à Internet et à la téléphonie mobile freinent l’adoption des FinTech.
  - L’Internet s’étend à tous les pays, mais le haut débit est rare et cher.
  - L’Azerbaïdjan, le Liban et les pays du CCG ont enregistré les plus grands progrès et présentent des taux de pénétration élevés.
  - Djibouti, Pakistan, Soudan, Tadjikistan et Yémen ont un faible taux de pénétration à la fois pour Internet et la téléphonie mobile.
  - L’absence d’interopérabilité entre les systèmes de paiement mobiles entraîne une fragmentation des marchés.
  - Dans certains pays (Arménie, Géorgie et Kirghizistan), le coût de la téléphonie mobile est prohibitif; pour plus de 80 % de la population en Arménie, en Géorgie et au Kirghizistan, un abonnement de téléphonie mobile de base représente plus de 10 % du revenu des ménages.
- Services d’appui institutionnel limités :
  - Très peu de pays ont mis en place des incubateurs et des accélérateurs (Égypte, Émirats arabes unis et Liban) ou des bacs à sable réglementaires (Abou Dhabi, Arabie saoudite et Bahreïn).
- Manque de confiance et d’éducation financière :
  - Le manque de confiance et d’éducation financière constitue une entrave majeure à l’adoption; la confiance figure parmi les principaux obstacles cités par les start-ups de la région MOAN.
- Cybersécurité :
  - Les cyberattaques peuvent provoquer perturbations, pertes financières, atteintes à la réputation et risques systémiques; la connectivité accrue multiplie les points d’entrée.
  - En fin 2016, seuls sept pays de la région MOANAP disposaient officiellement d’une réglementation en matière de cybercriminalité et de cybersécurité : Algérie, Émirats arabes unis, Égypte, Maroc, Oman, Qatar et Tunisie.
  - En fin 2016, quatre pays de la région CAC disposaient officiellement d’une réglementation en matière de cybercriminalité et de cybersécurité : Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan et Ouzbékistan.

### Apports potentiels des FinTech pour les régions MOANAP et CAC
- Croissance inclusive et diversification économique par l’inclusion financière :
  - Le nombre de téléphones portables est supérieur au nombre de comptes bancaires dans de nombreux pays des régions MOANAP et CAC.
  - Encadrés de façon adéquate, les paiements mobiles peuvent contribuer à réduire la part de la population non bancarisée.
  - Les FinTech peuvent fournir d’autres sources de financement pour ménages et PME via plateformes P2P et financement en ligne du commerce.
  - Technologies (mégadonnées, registres distribués) peuvent réduire l’asymétrie d’information, améliorer la tenue de registres de garanties et permettre d’évaluer la solvabilité des petites entreprises.
  - Les prêts aux PME représentent 8 % du total des prêts bancaires dans la région MOAN, contre 18 % en moyenne dans les pays à revenu intermédiaire.
- Commerce transfrontalier et envois de fonds :
  - Les monnaies virtuelles, registres distribués (blockchain), plateformes P2P peuvent fournir des mécanismes de paiement transfrontaliers plus efficaces, plus transparents et moins coûteux que les banques classiques ou les opérateurs traditionnels.
  - Cela pourrait atténuer des problèmes liés à la diminution des relations de correspondants bancaires dans certains pays des régions MOANAP et CAC.
- Stabilité et intégrité financières :
  - Les FinTech peuvent réduire les coûts de fonctionnement des banques, faciliter l’analyse de grands volumes de données pour la gestion des risques et la détection de la fraude.
  - Les technologies fondées sur les données pourraient contribuer au respect de la réglementation relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
- Opérations budgétaires et monétaires :
  - La numérisation peut améliorer l’efficacité de la collecte des recettes publiques et des paiements, réduire la fraude et contribuer à une meilleure transmission de la politique monétaire.
  - Exemples : Oman encourage les paiements électroniques pour l’administration; le Kazakhstan projette d’émettre des obligations d’État s’appuyant sur la technologie des registres distribués et la téléphonie mobile.

### Statistiques et faits clés (extraits)
- Paiements : 50 % des start-ups dans la région MOANAP.
- Prêt/levée de fonds : 30 % des start-ups.
- Plus de 60 % de la population de la région MOAN a moins de 25 ans.
- Prêts aux PME : 8 % du total des prêts bancaires dans la région MOAN vs 18 % en moyenne dans les pays à revenu intermédiaire.
- Capital-investissement et capital-risque dans la région MOAN : environ 1 milliard de dollars (valeur totale, stagnation suivie de baisse liée aux cours pétroliers).
- Fin 2016, pays MOANAP avec réglementation officielle en matière de cybercriminalité/cybersécurité : Algérie, Émirats arabes unis, Égypte, Maroc, Oman, Qatar, Tunisie.
- Fin 2016, pays CAC avec réglementation officielle en matière de cybercriminalité/cybersécurité : Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan, Ouzbékistan.
- Fin 2016, seuls quatre pays (Arménie, Émirats arabes unis, Géorgie et Kazakhstan) figuraient dans le quartile supérieur du classement Doing Business de la Banque mondiale.

*Source: french-final-print - 5.  Libérer le potentiel des FinTech*

### 2. Adultes (15 ans et plus) bancarisés

### 2. Adultes (15 ans et plus) bancarisés

### Principales constats sur les FinTech dans les régions MOANAP et CAC
- Les dirigeants des régions MOANAP et CAC reconnaissent le potentiel des FinTech, et certains pays créent un cadre propice à leur développement.
- Des efforts restent nécessaires dans plusieurs domaines prioritaires : combler des lacunes en matière de réglementation, de protection des consommateurs et de cybersécurité, améliorer le climat des affaires, combler les lacunes de l’infrastructure des TIC et adopter des mesures pour renforcer la confiance.
- Les FinTech ouvrent des perspectives immenses : coûts réduits pour les consommateurs, paiements en temps réel, choix plus vaste et plus pratique, et amélioration de l’accès des particuliers et des PME mal desservis.

### Risques et enjeux pour la stabilité financière et l’intégrité
- Risques à surveiller : risques opérationnels, risques de crédit, risques de liquidité et de concentration, procyclicité, finance parallèle, et risques pour l’intégrité financière.
- Nouveaux facteurs accentuant les risques : rythme de croissance des FinTech, nouvelles formes d’interconnexion, dépendance accrue à des prestataires de services tiers (cloud computing, services de gestion de données) échappant au périmètre réglementaire et susceptibles de concentration.
- Risques supplémentaires : émergence d’entreprises d’importance systémique dans le secteur des FinTech, perturbations causées par les grandes entreprises technologiques (nommées : Amazon, Google, Apple et Facebook), et hausse des risques de cyberattaques.
- Cyberattaques posant des risques systémiques : la connectivité accrue augmente le nombre de points d’entrée, et la prévention doit être une priorité absolue des autorités réglementaires. Nécessité de dispositifs de cybersécurité couvrant prévention, détection, partage d’information, surveillance et redressement.

### Réformes réglementaires et de surveillance recommandées
- Adapter cadres juridiques et pratiques réglementaires pour soutenir le développement des FinTech et veiller à la gestion des risques.
- Réexaminer cadres juridiques et réglementaires ainsi que dispositifs de surveillance et d’agrément pour assurer la clarté de la législation existante en ce qui concerne les produits financiers numériques et permettre un traitement approprié des nouveaux risques liés aux produits et modèles commerciaux innovants.
- Recours accru à des bacs à sable réglementaires pour mieux comprendre les risques liés aux FinTech et élaborer des règles adaptées.
- Adopter une réglementation fondée sur les activités, et non plus sur les entités (référence : He et al., 2017), et inclure les autorités de réglementation des télécommunications dans le cadre de collaboration.
- Poursuivre les réformes visant à assurer la mise en conformité avec les normes réglementaires internationales et les combiner à une surveillance accrue.
- Priorités de surveillance pour les autorités réglementaires et les banques centrales : risques macrofinanciers, prévention de la fraude, blanchiment d’argent et financement du terrorisme, gestion des risques opérationnels liés aux prestataires de services tiers, santé des institutions financières et fonctionnement sûr et efficace des systèmes de paiement, compte tenu du rôle accru des entreprises non financières.
- Renforcer les capacités de surveillance pour rester pertinentes et efficaces face à l’évolution rapide des technologies.

### Infrastructures, climat des affaires et capital
- Améliorations nécessaires dans les infrastructures des TIC : renforcer le taux de pénétration d’Internet et de la téléphonie mobile, augmenter la bande passante, réduire les coûts et veiller à l’interopérabilité des systèmes de paiement mobile.
- Réformes du climat des affaires recommandées : lever les restrictions aux investissements étrangers pour attirer capitaux et acteurs établis du secteur des FinTech; revoir les facteurs qui entravent le capital-investissement et le capital-risque; réformer plus largement les marchés de capitaux.

### Protection des consommateurs et éducation financière
- Promotion de l’éducation financière pour faciliter l’adoption et l’utilisation des services financiers numériques.
- Programmes d’éducation financière à étayer par des dispositifs de protection des consommateurs.
- Nécessité éventuelle d’élaborer de nouvelles règles pour clarifier les droits et obligations dans le nouveau paysage financier mondial (référence : He et al., 2017).

### Enseignements internationaux (encadré synthétique)
- Facteurs favorisant la croissance des FinTech : règles et politiques favorables, incubateurs et accélérateurs, collaboration public-privé, clarté des directives, disponibilité des capitaux d’amorçage et de croissance (y compris ouverture aux investissements étrangers), qualité des infrastructures Internet et mobile, disponibilité de compétences locales, structure du marché et degré de développement financier.
- Exemples :
  - États-Unis : couverture de tous les aspects financiers par les FinTech; croissance favorisée par qualité des infrastructures et abondance de talents et capitaux; incertitude réglementaire due à la multiplicité d’autorités au niveau fédéral; problèmes de gouvernance et cyberattaques malgré mesures techniques avancées.
  - Royaume-Uni : forte croissance des plateformes de pair à pair, paiements en ligne, exploitation de données, échanges sur marchés de capitaux et assurances; mesures favorables dont «Project Innovate» et bac à sable réglementaire; part de marché des banques principalement en ligne ou uniquement mobiles passée de 4 % en 2012 à 12 % en 2014 (Ernst and Young, 2016b); investissement important en cybersécurité mais vulnérabilité mise en évidence par «Wannacry».
  - Chine : croissance stimulée par commerce électronique, hausse rapide de la pénétration d’Internet et mobile, grand nombre de consommateurs insuffisamment desservis; réglementation prudentielle et protection des données personnelles mises en place après problèmes de pair à pair et fuites de données; législation plus rigoureuse en matière de sécurité après «Wannacry».
  - Afrique subsaharienne : modèles d’inclusion financière numérique réussis (exemple : M-Pesa au Kenya, ayant touché 80 % des ménages en quatre ans); approches pragmatiques de la réglementation (réglementation fondée sur l’activité plutôt que sur l’institution) permettant à banques et entreprises non financières (y compris opérateurs de téléphonie mobile) de fournir des services financiers mobiles; réussites en services financiers transfrontières et envois de fonds dans certains pays d’Afrique de l’Ouest.

*Source : Banque mondiale; texte fourni dans le chapitre «Libérer le potentiel des FinTech pour les régions MOANAP et CAC» du document.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2017/october/menap/french/french-final-print.pdf_
