## 2.   Pays importateurs de pétrole de la région — MOANAP : préserver le redressement de la croissance dans un contexte de montée des risques

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### Croissance et perspectives générales
- La croissance dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP devrait se poursuivre à un rythme modeste en 2018 puis s’affermir légèrement sur le moyen terme.
- Croissance régionale :
  - 2017 : 4,1 %
  - 2018 : 4,5 %
  - 2019 : 4 %
- Facteurs soutenant la croissance :
  - Réformes en cours et bonne tenue de la demande extérieure.
  - Maintien d’une croissance solide en Égypte et au Pakistan en 2018, qui tire la croissance globale vers le haut.
  - Redressement de la consommation publique dans certains pays (Afghanistan, Pakistan).
  - Relatif maintien de la consommation privée et expansion du crédit (Pakistan, Tunisie).
- Facteurs freinant la croissance :
  - Lacunes structurelles persistantes, niveau élevé de la dette publique, marge d’action restreinte.
  - Retombées des conflits régionaux et incertitude régionale (Afghanistan, Jordanie, Liban, Somalie).
  - Resserrement des conditions financières internationales et montée de la volatilité sur les marchés financiers, notamment liée à l’évolution de la situation en Turquie.
  - Montée des tensions commerciales mondiales.

### Inégalités sectorielles et moteurs de la demande
- La reprise est lente et inégale : certains pays (Égypte, Tunisie) diffèrent des autres où la croissance est plus faible et plus fragile.
- Demande intérieure :
  - Hors Égypte et Tunisie, la demande intérieure devient de plus en plus le principal moteur de la croissance.
  - Facteurs soutenant la consommation privée : augmentation des envois de fonds (Égypte, Liban, Tunisie), dons et transferts sociaux (Tunisie), hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation.
- Investissement privé :
  - Devrait augmenter dans certains pays (Égypte, Tunisie) grâce à l’amélioration de la confiance.
  - Risques pour l’investissement privé : incertitude autour de l’action des pouvoirs publics et déséquilibres macroéconomiques (Liban, Pakistan, Soudan, Tunisie), resserrement des conditions financières.

### Réformes structurelles et recommandations pour l’accélération de la croissance
- Objectifs des réformes :
  - Améliorer la compétitivité.
  - Stimuler l’investissement et la productivité.
  - Promouvoir un secteur privé dynamique et créateur d’emplois.
- Mesures spécifiques recommandées :
  - Achèvement des réformes des subventions.
  - Amélioration de la gouvernance et de la compétitivité.
  - Optimisation du climat des affaires.
  - Traitement des déséquilibres macroéconomiques dans certains pays pour réduire l’incertitude et stimuler la confiance.

### Soldes extérieurs et vulnérabilités liées aux prix du pétrole
- Solde courant régional :
  - 2017 : 6,6 % du PIB
  - 2018 : 6,5 % du PIB (prévision)
  - 2019 : 6,1 % du PIB (prévision)
- Commerce extérieur :
  - Croissance annuelle des exportations en 2018 : 15,4 %
  - Croissance des importations en 2018 : 10,1 % (contre 8 % en 2017)
- Sensibilité aux prix du pétrole :
  - Une augmentation de 10 dollars des prix du pétrole en 2019 (au lieu de rester stables) pourrait détériorer les déficits courants de la région de 0,1 à 1,6 % du PIB selon le pays.
- Réserves et financement externe :
  - Le financement officiel bilatéral et multilatéral a contribué à constituer des matelas de réserves dans plusieurs pays (Égypte, Jordanie, Pakistan, Somalie, Tunisie).
  - Néanmoins, les réserves ont continué de décliner dans certains pays depuis début 2018.
  - La poursuite de l’appréciation du dollar et la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis pourraient accentuer les pressions sur les sorties de capitaux et intensifier les tensions sur les réserves, surtout pour les pays ayant d’importants besoins de financement extérieur (Pakistan, Soudan).

### Conditions financières et marché obligataire
- Émission d’obligations souveraines :
  - Les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP ont émis environ 12 milliards de dollars d’obligations souveraines au cours du premier semestre 2018, couvrant environ deux tiers des emprunts prévus pour l’année et représentant près de 3 milliards de dollars de plus par rapport à 2017.
  - Emprunts notables : Égypte 6,5 milliards de dollars ; Liban 5,5 milliards de dollars.
- Élargissement des écarts de rendement :
  - Depuis avril, les écarts de rendement des obligations souveraines se sont globalement élargis de 50 à 300 points de base en raison de la montée de l’incertitude et de la baisse de l’appétit pour le risque.
- Risques pour les bilans :
  - Le resserrement des conditions financières mondiales pourrait alourdir les fardeaux extérieurs et budgétaires (Liban, Pakistan, Tunisie) et mettre à mal les bilans des banques et des entreprises privées.
- Système bancaire :
  - Dans la plupart des cas, les banques de la région sont stables, liquides et bien capitalisées.
  - Croissance du crédit au secteur privé : reste modeste (contexte de croissance fragile et prédominance du financement de l’État par les banques).

### Dette publique et rééquilibrage budgétaire
- Déficit budgétaire moyen :
  - Sommet en 2013 : plus de 9 % du PIB
  - 2018 (projection) : 6,6 % du PIB
  - 2019 (prévision) : 6,3 % du PIB
- Mesures et tendances budgétaires :
  - En 2017, le rééquilibrage budgétaire a ciblé les dépenses : réductions des dépenses d’équipement, diminution ou gel des masses salariales, réductions des dépenses sur les biens et services.
  - Hausse des recettes via : relèvement/rationalisation de la TVA (Jordanie, Liban, Maroc, Tunisie), suppression des exonérations fiscales (Jordanie, Maroc), modernisation de l’administration fiscale (Afghanistan, Mauritanie, Maroc, Tunisie), rationalisation des droits de douane (Djibouti, Mauritanie, Tunisie).
  - Augmentation des dépenses pour les dispositifs de protection sociale a contribué à atténuer l’impact du rééquilibrage sur les populations pauvres, bien que des tensions sociales subsistent dans certains pays (Jordanie, Tunisie).
- Vulnérabilités persistantes :
  - La dette publique reste élevée : la dette publique dépassera 90 % du PIB dans près de la moitié des pays de la région en 2018.
  - 52 % de la dette publique est libellée en devises étrangères.
  - Un montant élevé de dette arrive bientôt à échéance.
  - Les paiements d’intérêts ont absorbé plus de 20 % des recettes en 2017 (contre 17 % en 2016).
- Recommandations budgétaires et de financement :
  - Élargir la base d’imposition, réduire les exonérations fiscales, utiliser la technologie dans la perception de l’impôt (numérisation) et revoir les seuils de revenu imposable pour améliorer l’équité et la mobilisation des recettes.
  - Achever les réformes des subventions énergétiques, notamment en adoptant des mécanismes d’ajustement automatique des prix du carburant (Égypte, Tunisie), pour éviter un retour en arrière et créer de l’espace pour des dépenses favorables à la croissance.
  - Améliorer l’efficience des dépenses en renforçant l’évaluation, la priorisation et la mise en œuvre des projets d’infrastructure.
  - Développer les marchés obligataires intérieurs pour réduire les risques de financement à l’avenir.

### Inflation et politique monétaire
- Inflation régionale :
  - 2017 : 14,4 %
  - 2018 : 10,3 % (prévision)
  - Tendance : devrait s’inscrire en baisse à moyen terme, avec de fortes disparités entre pays.
  - La plupart des pays affichent des taux d’inflation faibles à un chiffre ; six pays affichent un taux inférieur à 6 %.
- Facteurs modérateurs de l’inflation :
  - Administration des prix dans certains pays, absence d’ajustements automatiques des prix du carburant, stabilité relative des prix de l’alimentation.
- Politique monétaire :
  - Autorités monétaires : politique neutre ou de resserrement dans la grande majorité des pays (Égypte, Jordanie, Tunisie).
  - Nécessité de vigilance face à une poussée d’inflation et à la tenue des anticipations.
  - Dans certains pays (Liban, Pakistan, Soudan), de nouveaux rééquilibrages budgétaires seront nécessaires pour maîtriser le financement par les banques centrales et limiter les répercussions inflationnistes.
  - La marge de manœuvre de la politique monétaire est limitée par le risque de sorties de capitaux ou de volatilité sur les taux de change en cas de sautes d’humeur des marchés émergents.

### Croissance à moyen terme et emploi
- Croissance à moyen terme (2020–23) : environ 4,3 % (beaucoup plus lente que lors d’épisodes précédents).
- Comparaison historique : moyenne 5 % sur 2000–10.
- Seul un quart des pays devrait dépasser un taux moyen de 5 % sur le moyen terme.
- Croissance réelle par habitant : nettement plus faible que dans d’autres pays à faible revenu et revenu intermédiaire au cours de la dernière décennie ; l’écart s’est creusé récemment.
- Chômage :
  - Taux moyen de chômage au-dessus de 10 % en 2017 dans la plupart des pays.
  - Plus de la moitié de la population de la région a moins de 30 ans.
- Objectif pour améliorer les revenus par habitant et absorber la main-d’œuvre :
  - Pour relever les revenus par habitant au niveau des pays émergents et absorber les chômeurs et nouveaux entrants sur le marché du travail à moyen terme, il faudrait que la croissance annuelle atteigne 7 %.
- Contraintes à l’emploi et à la croissance : secteurs publics de grande taille, inadéquation des compétences et faible productivité.

### Réformes structurelles prioritaires
- Améliorer le climat des affaires :
  - Plusieurs pays ont adopté des lois facilitant la création, l’exploitation et la fermeture d’entreprises.
  - En appliquant leurs nouvelles lois encadrant la faillite et l’insolvabilité, l’Égypte et la Tunisie ont cherché à faciliter la restructuration des entreprises défaillantes.
  - L’Égypte prend des mesures pour faciliter l’accès aux terrains industriels pour les entreprises et va vendre des parts minoritaires de cinq entreprises publiques cette année afin de réduire le rôle de l’État dans l’économie.
- Renforcer la gouvernance et les institutions :
  - Des dispositifs de lutte contre la corruption sont mis en place, notamment des législations (Afghanistan, Mauritanie, Tunisie).
  - Amélioration de la transparence et de la responsabilité des entreprises publiques ; adoption de réglementations pour normaliser les procédures de passation de marchés publics et renforcement des compétences de l’autorité en charge de la concurrence (Égypte).
- Réformes du marché du travail :
  - Les déficits et inadéquations de compétences et l’inefficience des marchés du travail entravent la productivité et limitent la capacité des entreprises à générer des emplois.
  - Il convient d’améliorer l’efficience des dépenses dans l’éducation et de les orienter vers les résultats pour stimuler la productivité et l’inclusion.
  - Certains pays (Maroc) reconfigurent leur système d’enseignement, en liant la formation professionnelle aux déficits de compétences du secteur privé.
  - Réformes de la réglementation du travail (Maroc) pour dynamiser le marché du travail et réduire l’activité informelle ; réformes des régimes de retraite pour encourager la recherche d’emploi dans le secteur privé (Maroc, Tunisie).
- Réduire l’ampleur du secteur informel :
  - Le secteur formel ne représente qu’un tiers de l’emploi dans la région.
  - Les entreprises de moins de cinq salariés prédominent : Égypte (60 %), Jordanie (40 %), Tunisie (37 %).
  - Le secteur informel a un accès limité au crédit, aux opportunités du marché et aux services publics, ce qui limite la vitalité du secteur privé et prive l’État de recettes fiscales.
  - Les réglementations restrictives du marché du travail empêchent les entreprises de se développer et favorisent le maintien d’activités dans l’informel.
- Réformes pour améliorer la productivité :
  - Réformes macroéconomiques et structurelles proposées : ajustements des taux de change (Tunisie), facilitation de l’accès au crédit (Égypte, Maroc, Pakistan), accès aux terrains industriels (Égypte), diversification de l’économie (Mauritanie).
  - Une étude indique que des réformes du climat des affaires qui génèrent une augmentation de 1 point sur l’indice mondial de compétitivité du Forum économique mondial pour les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord se traduiraient par une croissance de la productivité de l’ordre de 1,4 point de pourcentage (Purfield et al., 2018).

### Principaux risques (majoritairement baissiers)
- Vulnérabilités externes :
  - Fluctuations des prix du pétrole.
  - Évolution des conditions financières mondiales et resserrement soudain des conditions financières mondiales.
  - Trajectoire de la croissance mondiale et perspectives commerciales.
  - Montée des tensions commerciales entraînant une perte de confiance, affectant la croissance mondiale, les marchés financiers et l’appétit pour le risque.
  - Les pays avec un régime de change plus flexible sont mieux armés pour absorber les chocs extérieurs que ceux à régime de change fixe ou fortement encadré.
- Vulnérabilités internes et régionales :
  - Combinaison d’une dette publique élevée et de la montée des charges d’intérêts ; exposition des finances publiques à une augmentation des prix du pétrole via des subventions énergétiques.
  - Détérioration des conditions de sécurité ou tensions sociales (Afghanistan, Liban, Somalie, Tunisie) et amplification des répercussions des conflits régionaux (Jordanie, Liban, Tunisie) pouvant affaiblir l’activité économique.
  - Tensions politiques et sociales pouvant ralentir la mise en œuvre des réformes, nuisant à la résilience économique et à la croissance inclusive.
  - Vulnérabilité aux événements météorologiques dans les pays où l’agriculture contribue largement à la croissance (Afghanistan, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Somalie).

### Principaux chiffres et projections
- Croissance du PIB réel :
  - 4,33,73,74,14,54,0 (Variation annuelle, pourcentage)
- Inflation :
  - 6,06,57,514,410,310,3 (Moyenne annuelle, pourcentage)
- Solde budgétaire global de l'administration centrale :
  - -5,8-7,1-7,2-6,3-6,6-6,3 (Pourcentage du PIB)
- Solde courant :
  - -2,2-4,3-5,5-6,6 -6,5 -6,1 (Pourcentage du PIB)

*Département Moyen-Orient et Asie centrale PER, octobre 2018*

### Section 1

### 2.   Pays importateurs de pétrole de la région — MOANAP : préserver le redressement de la croissance dans un contexte de montée des risques

### Croissance et perspectives générales
- La croissance dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP devrait se poursuivre à un rythme modeste en 2018 puis s’affermir légèrement sur le moyen terme.
- Croissance régionale :
  - 2017 : 4,1 %
  - 2018 : 4,5 %
  - 2019 : 4 %
- Facteurs soutenant la croissance :
  - Réformes en cours et bonne tenue de la demande extérieure.
  - Maintien d’une croissance solide en Égypte et au Pakistan en 2018, qui tire la croissance globale vers le haut.
  - Redressement de la consommation publique dans certains pays (Afghanistan, Pakistan).
  - Relatif maintien de la consommation privée et expansion du crédit (Pakistan, Tunisie).
- Facteurs freinant la croissance :
  - Lacunes structurelles persistantes, niveau élevé de la dette publique, marge d’action restreinte.
  - Retombées des conflits régionaux et incertitude régionale (Afghanistan, Jordanie, Liban, Somalie).
  - Resserrement des conditions financières internationales et montée de la volatilité sur les marchés financiers, notamment liée à l’évolution de la situation en Turquie.
  - Montée des tensions commerciales mondiales.

### Inégalités sectorielles et moteurs de la demande
- La reprise est lente et inégale : certains pays (Égypte, Tunisie) diffèrent des autres où la croissance est plus faible et plus fragile.
- Demande intérieure :
  - Hors Égypte et Tunisie, la demande intérieure devient de plus en plus le principal moteur de la croissance.
  - Facteurs soutenant la consommation privée : augmentation des envois de fonds (Égypte, Liban, Tunisie), dons et transferts sociaux (Tunisie), hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation.
- Investissement privé :
  - Devrait augmenter dans certains pays (Égypte, Tunisie) grâce à l’amélioration de la confiance.
  - Risques pour l’investissement privé : incertitude autour de l’action des pouvoirs publics et déséquilibres macroéconomiques (Liban, Pakistan, Soudan, Tunisie), resserrement des conditions financières.

### Réformes structurelles et recommandations pour l’accélération de la croissance
- Poursuivre et accélérer les réformes structurelles et institutionnelles pour :
  - Améliorer la compétitivité.
  - Stimuler l’investissement et la productivité.
  - Promouvoir un secteur privé dynamique et créateur d’emplois.
- Mesures spécifiques recommandées :
  - Achèvement des réformes des subventions.
  - Amélioration de la gouvernance et de la compétitivité.
  - Optimisation du climat des affaires.
  - Traitement des déséquilibres macroéconomiques dans certains pays pour réduire l’incertitude et stimuler la confiance.

### Soldes extérieurs et vulnérabilités liées aux prix du pétrole
- Déficit courant régional :
  - 2017 : 6,6 % du PIB
  - 2018 : 6,5 % du PIB (prévision)
  - 2019 : 6,1 % du PIB (prévision)
- Croissance annuelle des exportations en 2018 : 15,4 %
- Croissance des importations en 2018 : 10,1 % (contre 8 % en 2017)
- Sensibilité aux prix du pétrole :
  - Une augmentation de 10 dollars des prix du pétrole en 2019 (au lieu de rester stables) pourrait détériorer les déficits courants de la région de 0,1 à 1,6 % du PIB selon le pays.
- Réserves et financement externe :
  - Le financement officiel bilatéral et multilatéral a contribué à constituer des matelas de réserves dans plusieurs pays (Égypte, Jordanie, Pakistan, Somalie, Tunisie).
  - Néanmoins, les réserves ont continué de décliner dans certains pays depuis début 2018.
  - La poursuite de l’appréciation du dollar et la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis pourraient accentuer les pressions sur les sorties de capitaux et intensifier les tensions sur les réserves, surtout pour les pays ayant d’importants besoins de financement extérieur (Pakistan, Soudan).

### Conditions financières et marché obligataire
- Émission d’obligations souveraines :
  - Les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP ont émis environ 12 milliards de dollars d’obligations souveraines au cours du premier semestre 2018, couvrant environ deux tiers des emprunts prévus pour l’année et représentant près de 3 milliards de dollars de plus par rapport à 2017.
  - Emprunts notables : Égypte 6,5 milliards de dollars ; Liban 5,5 milliards de dollars.
- Élargissement des écarts de rendement :
  - Depuis avril, les écarts de rendement des obligations souveraines se sont globalement élargis de 50 à 300 points de base en raison de la montée de l’incertitude et de la baisse de l’appétit pour le risque.
- Risques pour les bilans :
  - Le resserrement des conditions financières mondiales pourrait alourdir les fardeaux extérieurs et budgétaires (Liban, Pakistan, Tunisie) et mettre à mal les bilans des banques et des entreprises privées.
- Système bancaire :
  - Dans la plupart des cas, les banques de la région sont stables, liquides et bien capitalisées.
  - Croissance du crédit au secteur privé : reste modeste (contexte de croissance fragile et prédominance du financement de l’État par les banques).

### Dette publique et rééquilibrage budgétaire
- Déficit budgétaire moyen :
  - Sommet en 2013 : plus de 9 % du PIB
  - 2018 (projection) : 6,6 % du PIB
  - 2019 (prévision) : 6,3 % du PIB
- Mesures et tendances budgétaires :
  - En 2017, le rééquilibrage budgétaire a ciblé les dépenses : réductions des dépenses d’équipement, diminution ou gel des masses salariales, réductions des dépenses sur les biens et services.
  - Hausse des recettes via : relèvement/rationalisation de la TVA (Jordanie, Liban, Maroc, Tunisie), suppression des exonérations fiscales (Jordanie, Maroc), modernisation de l’administration fiscale (Afghanistan, Mauritanie, Maroc, Tunisie), rationalisation des droits de douane (Djibouti, Mauritanie, Tunisie).
  - Augmentation des dépenses pour les dispositifs de protection sociale a contribué à atténuer l’impact du rééquilibrage sur les populations pauvres, bien que des tensions sociales subsistent dans certains pays (Jordanie, Tunisie).
- Vulnérabilités persistantes :
  - La dette publique reste élevée : la dette publique dépassera 90 % du PIB dans près de la moitié des pays de la région en 2018.
  - 52 % de la dette publique est libellée en devises étrangères.
  - Un montant élevé de dette arrive bientôt à échéance.
  - Les paiements d’intérêts ont absorbé plus de 20 % des recettes en 2017 (contre 17 % en 2016).
- Recommandations budgétaires et de financement :
  - Élargir la base d’imposition, réduire les exonérations fiscales, utiliser la technologie dans la perception de l’impôt (numérisation) et revoir les seuils de revenu imposable pour améliorer l’équité et la mobilisation des recettes.
  - Achever les réformes des subventions énergétiques, notamment en adoptant des mécanismes d’ajustement automatique des prix du carburant (Égypte, Tunisie), pour éviter un retour en arrière et créer de l’espace pour des dépenses favorables à la croissance.
  - Améliorer l’efficience des dépenses en renforçant l’évaluation, la priorisation et la mise en œuvre des projets d’infrastructure.
  - Développer les marchés obligataires intérieurs pour réduire les risques de financement à l’avenir.

### Inflation et politique monétaire
- Inflation régionale :
  - 2017 : 14,4 %
  - 2018 : 10,3 % (prévision)
  - Tendance : devrait s’inscrire en baisse à moyen terme, avec de fortes disparités entre pays.
  - La plupart des pays affichent des taux d’inflation faibles à un chiffre ; six pays affichent un taux inférieur à 6 %.
- Facteurs modérateurs de l’inflation :
  - Administration des prix dans certains pays, absence d’ajustements automatiques des prix du carburant, stabilité relative des prix de l’alimentation.
- Politique monétaire :
  - Autorités monétaires : politique neutre ou de resserrement dans la grande majorité des pays (Égypte, Jordanie, Tunisie).
  - Nécessité de vigilance face à une poussée d’inflation et à la tenue des anticipations.
  - Dans certains pays (Liban, Pakistan, Soudan), de nouveaux rééquilibrages budgétaires seront nécessaires pour maîtriser le financement par les banques centrales et limiter les répercussions inflationnistes.
  - La marge de manœuvre de la politique monétaire est limitée par le risque de sorties de capitaux ou de volatilité sur les taux de change en cas de sautes d’humeur des marchés émergents.

### Croissance à moyen terme et emploi
- Croissance à moyen terme (2020–23) : environ 4,3 % (beaucoup plus lente que lors d’épisodes précédents).
- Comparaison historique : moyenne 5 % sur 2000–10.
- Seul un quart des pays devrait dépasser un taux moyen de 5 % sur le moyen terme.
- Croissance réelle par habitant : nettement plus faible que dans d’autres pays à faible revenu et revenu intermédiaire au cours de la dernière décennie ; l’écart s’est creusé récemment.
- Chômage :
  - Taux moyen de chômage au-dessus de 10 % en 2017 dans la plupart des pays.
  - Plus de la moitié de la population de la région a moins de 30 ans.
- Objectif pour améliorer les revenus par habitant et absorber la main-d’œuvre :
  - Pour relever les revenus par habitant au niveau des pays émergents et absorber les chômeurs et nouveaux entrants sur le marché du travail à moyen terme, il faudrait que la croissance annuelle atteigne 7 %.
- Contraintes à l’emploi et à la croissance : secteurs publics de grande taille, inadéquation des compétences et faible productivité.

*Département Moyen-Orient et Asie centrale PER, octobre 2018*

### Section 2

### La marge de manœuvre est restreinte : il faut poursuivre les réformes structurelles pour réaliser une croissance durable et inclusive

### Réformes structurelles prioritaires
- Améliorer le climat des affaires :
  - Plusieurs pays ont adopté des lois facilitant la création, l’exploitation et la fermeture d’entreprises.
  - En appliquant leurs nouvelles lois encadrant la faillite et l’insolvabilité, l’Égypte et la Tunisie ont cherché à faciliter la restructuration des entreprises défaillantes.
  - L’Égypte prend des mesures pour faciliter l’accès aux terrains industriels pour les entreprises et va vendre des parts minoritaires de cinq entreprises publiques cette année afin de réduire le rôle de l’État dans l’économie.
- Renforcer la gouvernance et les institutions :
  - Des dispositifs de lutte contre la corruption sont mis en place, notamment des législations (Afghanistan, Mauritanie, Tunisie).
  - Amélioration de la transparence et de la responsabilité des entreprises publiques ; adoption de réglementations pour normaliser les procédures de passation de marchés publics et renforcement des compétences de l’autorité en charge de la concurrence (Égypte).
- Réformes du marché du travail :
  - Les déficits et inadéquations de compétences et l’inefficience des marchés du travail entravent la productivité et limitent la capacité des entreprises à générer des emplois.
  - Il convient d’améliorer l’efficience des dépenses dans l’éducation et de les orienter vers les résultats pour stimuler la productivité et l’inclusion.
  - Certains pays (Maroc) reconfigurent leur système d’enseignement, en liant la formation professionnelle aux déficits de compétences du secteur privé.
  - Réformes de la réglementation du travail (Maroc) pour dynamiser le marché du travail et réduire l’activité informelle ; réformes des régimes de retraite pour encourager la recherche d’emploi dans le secteur privé (Maroc, Tunisie).
- Réduire l’ampleur du secteur informel :
  - Le secteur formel ne représente qu’un tiers de l’emploi dans la région.
  - Les entreprises de moins de cinq salariés prédominent : Égypte (60 %), Jordanie (40 %), Tunisie (37 %).
  - Le secteur informel a un accès limité au crédit, aux opportunités du marché et aux services publics, ce qui limite la vitalité du secteur privé et prive l’État de recettes fiscales.
  - Les réglementations restrictives du marché du travail empêchent les entreprises de se développer et favorisent le maintien d’activités dans l’informel.
- Réformes pour améliorer la productivité :
  - Réformes macroéconomiques et structurelles proposées : ajustements des taux de change (Tunisie), facilitation de l’accès au crédit (Égypte, Maroc, Pakistan), accès aux terrains industriels (Égypte), diversification de l’économie (Mauritanie).
  - Une étude indique que des réformes du climat des affaires qui génèrent une augmentation de 1 point sur l’indice mondial de compétitivité du Forum économique mondial pour les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord se traduiraient par une croissance de la productivité de l’ordre de 1,4 point de pourcentage (Purfield et al., 2018).

### Principaux risques (majoritairement baissiers)
- Vulnérabilités externes :
  - Fluctuations des prix du pétrole.
  - Évolution des conditions financières mondiales et resserrement soudain des conditions financières mondiales.
  - Trajectoire de la croissance mondiale et perspectives commerciales.
  - Montée des tensions commerciales entraînant une perte de confiance, affectant la croissance mondiale, les marchés financiers et l’appétit pour le risque.
  - Les pays avec un régime de change plus flexible sont mieux armés pour absorber les chocs extérieurs que ceux à régime de change fixe ou fortement encadré.
- Vulnérabilités internes et régionales :
  - Combinaison d’une dette publique élevée et de la montée des charges d’intérêts ; exposition des finances publiques à une augmentation des prix du pétrole via des subventions énergétiques.
  - Détérioration des conditions de sécurité ou tensions sociales (Afghanistan, Liban, Somalie, Tunisie) et amplification des répercussions des conflits régionaux (Jordanie, Liban, Tunisie) pouvant affaiblir l’activité économique.
  - Tensions politiques et sociales pouvant ralentir la mise en œuvre des réformes, nuisant à la résilience économique et à la croissance inclusive.
  - Vulnérabilité aux événements météorologiques dans les pays où l’agriculture contribue largement à la croissance (Afghanistan, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Somalie).

### Principaux chiffres et projections
- Croissance du PIB réel 4,33,73,74,14,54,0 (Variation annuelle, pourcentage)
- Inflation 6,06,57,514,410,310,3 (Moyenne annuelle, pourcentage)
- Solde budgétaire global de l'administration centrale -5,8-7,1-7,2-6,3-6,6-6,3 (Pourcentage du PIB)
- Solde courant -2,2-4,3-5,5-6,6 -6,5 -6,1 (Pourcentage du PIB)

*Département Moyen-Orient et Asie centrale PER, octobre 2018*

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