## 5.L’investissement privé au service de la croissance inclusive au Moyen-Orient et en Asie centrale

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### Constat général et enjeux
- Entre 2000 et 2017, l’investissement privé annuel au Moyen-Orient et en Asie centrale a représenté en moyenne 15,6 % du PIB, soit le plus faible taux au monde après celui enregistré par l’Afrique subsaharienne (14,5 %).
- Un secteur privé plus dynamique, soutenu par un investissement privé vigoureux, est nécessaire pour favoriser les créations d’emploi et stimuler la croissance inclusive.
- Mesures identifiées comme essentielles pour débloquer l’investissement privé : étendre l’accès au crédit, investir dans l’éducation et les infrastructures, réduire le rôle joué par l’État dans l’économie et améliorer l’efficacité des pouvoirs publics et la gouvernance.
- L’investissement public a un rôle important en fournissant les infrastructures nécessaires (énergie, transports, communication) et en favorisant l’accroissement du capital humain (éducation, santé), mais lorsque les ressources budgétaires sont limitées, la hausse de l’investissement privé est cruciale.

### Comparaisons régionales et évolutions récentes
- Ratios d’investissement privés comparés (2000–09, 2010–17, 2000–17) montrent que la région a des ratios inférieurs à ceux de régions comparables :
  - L’Amérique latine et les Caraïbes affichaient des taux supérieurs d’environ 1,2 point de pourcentage.
  - Les pays émergents d’Europe affichaient des taux supérieurs d’environ 2,3 points de pourcentage.
  - L’écart avec les pays émergents d’Asie était de près de 3 points de pourcentage.
- Les ratios d’investissement des pays à faible revenu et des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à haut revenu sont très faibles par rapport aux pays comparables.
- L’investissement privé a diminué dans la région depuis la crise financière mondiale, en grande partie en raison de la faiblesse de l’activité économique, des anticipations de baisse de la rentabilité, d’un durcissement des conditions financières et de la chute des prix du pétrole en 2014–15.

### Hétérogénéité par sous-région et pays
- MOANAP (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan) :
  - Globalement, le ratio investissement privé/PIB a augmenté dans les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP. Cette hausse est principalement due à l’Algérie, dont le ratio moyen est passé de 14 % à 22 %, vraisemblablement en raison d’importants investissements des entreprises publiques.
  - La plupart des pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, en particulier l’Égypte, ont enregistré une diminution de leur ratio investissement privé/PIB depuis 2008. Afghanistan et Pakistan montrent une tendance à la baisse depuis 2004.
- CAC (Caucase et Asie centrale) :
  - Les ratios d’investissement ont baissé depuis la crise financière mondiale, en particulier dans les pays importateurs de pétrole (baisse régulière en Arménie, compensation partielle par le redressement en Géorgie).
  - Les pays exportateurs de pétrole du CAC ont enregistré une hausse du ratio investissement privé/PIB, partiellement compensée par une baisse graduelle au Kazakhstan.

### Rôle des cycles des produits de base et du pétrole
- L’exposition aux cycles des produits de base, en particulier du pétrole, détermine les flux d’investissement dans la région.
- La hausse des prix du pétrole est généralement associée à un essor de l’investissement public dans les pays exportateurs de pétrole, montrant le caractère fortement procyclique des dépenses d’investissement.
- Les prix du pétrole affectent indirectement les pays importateurs via les envois de fonds, les dons et l’investissement direct étranger provenant des pays exportateurs de pétrole. Ces canaux jouent un rôle marqué dans la région CAC où les projets pétroliers transnationaux sont importants.

### Entrées d’IDE et concentration sectorielle
- Les entrées d’investissement direct étranger (IDE) ont presque diminué de moitié depuis la crise financière mondiale.
- L’IDE est fortement concentré dans le secteur des produits de base :
  - La part de l’IDE destinée aux secteurs pétroliers et miniers a atteint 40 % en moyenne en 2012–16 contre 29 % en moyenne en 2004–08 de l’ensemble des entrées d’IDE.
  - Dans les pays importateurs de pétrole de la région CAC, la part des entrées d’IDE dans les secteurs pétroliers et miniers est passée de 5 % en moyenne à 22 % en moyenne entre ces périodes.
  - Dans les pays exportateurs de pétrole de la région CAC, les secteurs pétroliers et miniers représentaient plus de 75 % des entrées d’IDE en 2012–16.
- La concentration accrue de l’IDE dans les secteurs pétroliers et miniers a un faible effet sur la création d’emploi en raison de la nature capitalistique de ces secteurs.

### Taille du secteur public et éviction du privé
- Des signes indiquent que l’investissement public pourrait évincer l’investissement privé dans les régions MOANAP et CAC, révélant une relation de concurrence pour des ressources limitées (crédit, talents).
- La part du crédit alloué aux entreprises publiques est plus importante dans MOANAP et CAC que dans d’autres régions ; particulièrement élevée dans les pays exportateurs de pétrole de MOANAP.
- En matière d’emploi, le secteur public est beaucoup plus important dans la région que dans des pays comparables :
  - Le ratio emploi public/emploi total dans les pays exportateurs de pétrole de la région CAC est 2,7 fois plus élevé que le ratio moyen dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Dans plusieurs pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP, des écarts de rémunération considérables entre secteurs public et privé augmentent le coût du travail dans le secteur privé.
  - Dans les pays du Conseil de coopération du Golfe, les salaires dans le secteur public sont deux à trois fois plus élevés que dans le secteur privé.

### Contraintes du climat des affaires et entrepreneuriat
- Les déficiences du climat des affaires constituent une source de difficultés majeures pour le secteur privé : accès au crédit, accès aux talents, bureaucratie et réglementations.
- La création d’entreprises reste un enjeu majeur, la région affichant des taux inférieurs à ceux des autres pays émergents :
  - Dans la région MOANAP, le taux moyen de création d’entreprises est bien en deçà de celui des autres régions.
  - Dans la région CAC, le taux est similaire à celui de l’Afrique subsaharienne et de l’Amérique latine et les Caraïbes.
  - Géorgie se distingue grâce à des réformes structurelles, avec deux fois plus d’entreprises créées que le pays suivant, les Émirats arabes unis.
  - Iraq et Pakistan enregistrent des niveaux particulièrement faibles de création d’entreprises : seulement une entreprise créée pour 5 000 résidents et pour 1 000 résidents respectivement.

### Résultats empiriques sur les déterminants de l’investissement privé
- Analyse empirique (pays émergents et en développement) : déterminants clés de l’investissement privé incluent le développement du secteur financier, les perspectives de croissance intérieures, le taux de croissance des partenaires commerciaux, la volatilité des prix du pétrole et l’investissement public.
- Une variation d’un écart-type de l’un des facteurs identifiés entraînerait une augmentation importante de l’investissement privé, toutes choses égales par ailleurs.
- Observations spécifiques :
  - Amélioration des perspectives de croissance augmente l’investissement privé.
  - Croissance des partenaires commerciaux stimule l’investissement privé via une demande externe plus forte.
  - Stabilité des marchés pétroliers (faible volatilité) attire une large part de l’investissement privé dans les pays producteurs de pétrole.
  - L’investissement public peut évincer l’investissement privé, mais un certain niveau d’investissement public est indispensable (formation de la main-d’œuvre, infrastructures essentielles) pour soutenir l’investissement privé.

### Importance des facteurs institutionnels
- L’analyse confirme l’importance de l’accès à l’éducation (accroissement du capital humain) et des infrastructures pour créer un climat favorable à l’investissement privé.
- La stabilité de l’environnement politique, la qualité de la gouvernance, l’efficacité et l’intégrité des pouvoirs publics et l’état de droit comptent aussi de manière significative pour l’investissement privé.

### Principales recommandations et priorités politiques
- Réduire les écarts dans les domaines clés entre les pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale et les pays comparables afin de stimuler l’investissement privé.
- Actions prioritaires identifiées :
  - Étendre l’accès au crédit pour le secteur privé.
  - Investir dans l’éducation pour accroître le capital humain.
  - Investir dans les infrastructures essentielles (énergie, transports, communication).
  - Réduire le rôle de l’État dans l’économie où il nuit à l’activité privée concurrentielle.
  - Améliorer l’efficacité des pouvoirs publics et la gouvernance, ainsi que l’état de droit et la stabilité politique.
  - Favoriser la diversification économique pour réduire la vulnérabilité aux cycles des produits de base et stabiliser les niveaux d’investissement.

### Niveau de développement financier, gouvernance, éducation et infrastructures — constats
- Le niveau de développement financier des pays importateurs de pétrole des régions MOANAP et CAC est bien inférieur aux moyennes observées dans les pays émergents et les pays en développement (graphique 5.15).
- Ces pays présentent des résultats bien inférieurs à ceux des pays émergents et des pays en développement pour plusieurs indicateurs de gouvernance, comme l’état de droit (graphique 5.16).
- L’amélioration de ces écarts contribuerait fortement à attirer davantage d’investissement privé et à accélérer la croissance.
- Les taux de scolarisation et les niveaux d’éducation atteints sont plus faibles dans la région MOANAP que dans les pays comparables, quel que soit le niveau d’éducation.
- La qualité des infrastructures est très variable d’un pays à l’autre; certains pays pourraient faire de grands progrès en construisant un certain nombre d’infrastructures adaptées.

### Recommandations pour promouvoir l’investissement privé (mesures détaillées)
- Combinaison nécessaire de politiques:
  - politiques macroéconomiques soutenant l’activité;
  - réformes structurelles et institutionnelles.
- Mesures ciblées pour accroître l’accès au financement:
  - mise en place de centrales de risques et extension de leurs compétences;
  - renforcement des droits des créanciers en matière d’exécution des sûretés et du fonctionnement des systèmes judiciaires (et extrajudiciaires) dans ce domaine;
  - amélioration de la législation et des procédures relatives à la faillite;
  - consolidation des systèmes bancaires (en particulier dans la région CAC) afin d’étendre l’accès au crédit bancaire;
  - intensification de la concurrence entre les banques en assouplissant les conditions d’entrée sur le marché et en mettant fin au traitement préférentiel accordé aux banques publiques;
  - approfondissement des marchés nationaux de capitaux pour faciliter l’accès du secteur privé aux fonds propres et autres formes de capital-investissement telles que le capital-risque;
  - amélioration des régimes d’insolvabilité et de faillite;
  - encouragement du développement des « fintech » (Lukonga, à paraître);
  - renforcement des cadres réglementaires et prudentiels pour favoriser un développement financier sain.
- Investissements publics recommandés:
  - dépenses bien ciblées dans l’éducation, y compris orientation de l’éducation et de la formation professionnelle vers les compétences demandées par le secteur privé;
  - dépenses bien ciblées dans les infrastructures physiques pour mettre en valeur le capital humain, accroître la compétitivité et la productivité;
  - ces investissements publics constituent un complément important à l’investissement privé.
- Pour les pays confrontés à des contraintes budgétaires:
  - réaffecter des dépenses non productives (masse salariale élevée et subventions non ciblées, par exemple) vers l’investissement;
  - intégrer ces mesures dans des dispositifs solides de gestion de l’investissement public pour garantir la qualité des dépenses et une utilisation efficiente et durable des ressources.
- Mesures visant à accroître l’efficacité des pouvoirs publics:
  - allègement de la bureaucratie;
  - amélioration de la transparence et de la reddition de comptes afin d’atténuer l’impression de corruption;
  - renforcement du cadre juridique des entreprises;
  - favoriser un environnement économique concurrentiel en abaissant les barrières à l’entrée et en réduisant le poids du secteur public (entreprises publiques, par exemple).
- Objectif final: permettre le passage d’un modèle de croissance tirée par l’État à un modèle de croissance plus dynamique porté par le secteur privé, faciliter la diversification économique dans les pays exportateurs de pétrole et accroître l’assise et l’inclusivité de la croissance pour renforcer la résilience.

### Encadré 5.1 — Déterminants de l’investissement privé : approche empirique (méthodologie)
- Méthodologie générale:
  - estimation de régressions en deux étapes pour identifier empiriquement les déterminants de l’investissement privé au Moyen-Orient et en Asie centrale.
  - première étape: régression de panel à effets fixes par pays sur un échantillon de 140 pays émergents et pays en développement pour la période 1991–2015.
- Équation estimée (première étape):
  - (I/Y)_{i.t} = β_0 + β_1 (I/Y)_{i.t−1} + B X_{i,t} + γ_t + δ_i + ε_{i,t}.
- Variables macroéconomiques explicatives (X_{i,t}) incluses:
  - ratio investissement public/PIB;
  - PIB par habitant;
  - prévisions de PIB à trois ans cumulées établies dans les Perspectives de l’économie mondiale (la même année que l’investissement privé en question);
  - taux de croissance des partenaires commerciaux du pays;
  - variable muette « pays exportateur de pétrole »;
  - inverse de l’écart-type du prix quotidien du pétrole;
  - interactions entre ces deux premières variables;
  - indicateurs du développement financier (voir l’indicateur de développement financier présenté de façon détaillée dans Svirydzenka 2016);
  - degré d’ouverture du compte de capital (indicateur Chinn-Ito, 2006);
  - degré d’ouverture commerciale.
- Spécifications et étapes complémentaires:
  - la régression de panel inclut des effets fixes par année et par pays et utilise un estimateur sandwich intragroupe pour tenir compte des corrélations des erreurs types dans le temps pour chaque pays;
  - la première régression n’inclut pas de variables institutionnelles (prises en compte par les effets fixes par pays);
  - deuxième étape: séries de régressions faisant correspondre les variables muettes pays à différentes variables liées aux institutions et aux infrastructures (moyennes 1991–2015), notamment:
    - scores et composantes des indicateurs « Doing Business »;
    - indicateurs de la gouvernance dans le monde publiés par la Banque mondiale;
    - indice de liberté économique et ses composants (Heritage Foundation et Institut Fraser);
    - facilité d’accès au crédit (Forum économique mondial);
    - indice de perception de la corruption (Transparency International);
    - indice du risque politique et ses composantes (International Country Risk Guide);
    - séries de la Banque mondiale sur l’accès à l’électricité et la scolarisation dans l’enseignement secondaire et tertiaire.
  - chaque régression de deuxième étape associe la variable muette pays à une variable institutionnelle à la fois en raison de la corrélation entre variables institutionnelles.
  - le tableau 5.1.1 présente les résultats de la régression et le graphique 5.13 donne un aperçu du poids économique des variables statistiquement significatives; le graphique 5.14 présente les variables institutionnelles avec les coefficients R^2 les plus élevés.

*Département Moyen-Orient et Asie centrale PER octobre 2018.*

### Section 1

### 5.L’investissement privé au service de la croissance inclusive au Moyen-Orient et en Asie centrale

### Constat général et enjeux
- Entre 2000 et 2017, l’investissement privé annuel au Moyen-Orient et en Asie centrale a représenté en moyenne 15,6 % du PIB, soit le plus faible taux au monde après celui enregistré par l’Afrique subsaharienne (14,5 %).
- Un secteur privé plus dynamique, soutenu par un investissement privé vigoureux, est nécessaire pour favoriser les créations d’emploi et stimuler la croissance inclusive.
- Mesures identifiées comme essentielles pour débloquer l’investissement privé : étendre l’accès au crédit, investir dans l’éducation et les infrastructures, réduire le rôle joué par l’État dans l’économie et améliorer l’efficacité des pouvoirs publics et la gouvernance.
- L’investissement public a un rôle important en fournissant les infrastructures nécessaires (énergie, transports, communication) et en favorisant l’accroissement du capital humain (éducation, santé), mais lorsque les ressources budgétaires sont limitées, la hausse de l’investissement privé est cruciale.

### Comparaisons régionales et évolutions récentes
- Ratios d’investissement privés comparés (2000–09, 2010–17, 2000–17) montrent que la région a des ratios inférieurs à ceux de régions comparables :
  - L’Amérique latine et les Caraïbes affichaient des taux supérieurs d’environ 1,2 point de pourcentage.
  - Les pays émergents d’Europe affichaient des taux supérieurs d’environ 2,3 points de pourcentage.
  - L’écart avec les pays émergents d’Asie était de près de 3 points de pourcentage.
- Les ratios d’investissement des pays à faible revenu et des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à haut revenu sont très faibles par rapport aux pays comparables.
- L’investissement privé a diminué dans la région depuis la crise financière mondiale, en grande partie en raison de la faiblesse de l’activité économique, des anticipations de baisse de la rentabilité, d’un durcissement des conditions financières et de la chute des prix du pétrole en 2014–15.

### Hétérogénéité par sous-région et pays
- MOANAP (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan) :
  - Globalement, le ratio investissement privé/PIB a augmenté dans les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP. Cette hausse est principalement due à l’Algérie, dont le ratio moyen est passé de 14 % à 22 %, vraisemblablement en raison d’importants investissements des entreprises publiques.
  - La plupart des pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, en particulier l’Égypte, ont enregistré une diminution de leur ratio investissement privé/PIB depuis 2008. Afghanistan et Pakistan montrent une tendance à la baisse depuis 2004.
- CAC (Caucase et Asie centrale) :
  - Les ratios d’investissement ont baissé depuis la crise financière mondiale, en particulier dans les pays importateurs de pétrole (baisse régulière en Arménie, compensation partielle par le redressement en Géorgie).
  - Les pays exportateurs de pétrole du CAC ont enregistré une hausse du ratio investissement privé/PIB, partiellement compensée par une baisse graduelle au Kazakhstan.

### Rôle des cycles des produits de base et du pétrole
- L’exposition aux cycles des produits de base, en particulier du pétrole, détermine les flux d’investissement dans la région.
- La hausse des prix du pétrole est généralement associée à un essor de l’investissement public dans les pays exportateurs de pétrole, montrant le caractère fortement procyclique des dépenses d’investissement.
- Les prix du pétrole affectent indirectement les pays importateurs via les envois de fonds, les dons et l’investissement direct étranger provenant des pays exportateurs de pétrole. Ces canaux jouent un rôle marqué dans la région CAC où les projets pétroliers transnationaux sont importants.

### Entrées d’IDE et concentration sectorielle
- Les entrées d’investissement direct étranger (IDE) ont presque diminué de moitié depuis la crise financière mondiale.
- L’IDE est fortement concentré dans le secteur des produits de base :
  - La part de l’IDE destinée aux secteurs pétroliers et miniers a atteint 40 % en moyenne en 2012–16 contre 29 % en moyenne en 2004–08 de l’ensemble des entrées d’IDE.
  - Dans les pays importateurs de pétrole de la région CAC, la part des entrées d’IDE dans les secteurs pétroliers et miniers est passée de 5 % en moyenne à 22 % en moyenne entre ces périodes.
  - Dans les pays exportateurs de pétrole de la région CAC, les secteurs pétroliers et miniers représentaient plus de 75 % des entrées d’IDE en 2012–16.
- La concentration accrue de l’IDE dans les secteurs pétroliers et miniers a un faible effet sur la création d’emploi en raison de la nature capitalistique de ces secteurs.

### Taille du secteur public et éviction du privé
- Des signes indiquent que l’investissement public pourrait évincer l’investissement privé dans les régions MOANAP et CAC, révélant une relation de concurrence pour des ressources limitées (crédit, talents).
- La part du crédit alloué aux entreprises publiques est plus importante dans MOANAP et CAC que dans d’autres régions ; particulièrement élevée dans les pays exportateurs de pétrole de MOANAP.
- En matière d’emploi, le secteur public est beaucoup plus important dans la région que dans des pays comparables :
  - Le ratio emploi public/emploi total dans les pays exportateurs de pétrole de la région CAC est 2,7 fois plus élevé que le ratio moyen dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Dans plusieurs pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP, des écarts de rémunération considérables entre secteurs public et privé augmentent le coût du travail dans le secteur privé.
  - Dans les pays du Conseil de coopération du Golfe, les salaires dans le secteur public sont deux à trois fois plus élevés que dans le secteur privé.

### Contraintes du climat des affaires et entrepreneuriat
- Les déficiences du climat des affaires constituent une source de difficultés majeures pour le secteur privé : accès au crédit, accès aux talents, bureaucratie et réglementations.
- La création d’entreprises reste un enjeu majeur, la région affichant des taux inférieurs à ceux des autres pays émergents :
  - Dans la région MOANAP, le taux moyen de création d’entreprises est bien en deçà de celui des autres régions.
  - Dans la région CAC, le taux est similaire à celui de l’Afrique subsaharienne et de l’Amérique latine et les Caraïbes.
  - Géorgie se distingue grâce à des réformes structurelles, avec deux fois plus d’entreprises créées que le pays suivant, les Émirats arabes unis.
  - Iraq et Pakistan enregistrent des niveaux particulièrement faibles de création d’entreprises : seulement une entreprise créée pour 5 000 résidents et pour 1 000 résidents respectivement.

### Résultats empiriques sur les déterminants de l’investissement privé
- Analyse empirique (pays émergents et en développement) : déterminants clés de l’investissement privé incluent le développement du secteur financier, les perspectives de croissance intérieures, le taux de croissance des partenaires commerciaux, la volatilité des prix du pétrole et l’investissement public.
- Une variation d’un écart-type de l’un des facteurs identifiés entraînerait une augmentation importante de l’investissement privé, toutes choses égales par ailleurs.
- Observations spécifiques :
  - Amélioration des perspectives de croissance augmente l’investissement privé.
  - Croissance des partenaires commerciaux stimule l’investissement privé via une demande externe plus forte.
  - Stabilité des marchés pétroliers (faible volatilité) attire une large part de l’investissement privé dans les pays producteurs de pétrole.
  - L’investissement public peut évincer l’investissement privé, mais un certain niveau d’investissement public est indispensable (formation de la main-d’œuvre, infrastructures essentielles) pour soutenir l’investissement privé.

### Importance des facteurs institutionnels
- L’analyse confirme l’importance de l’accès à l’éducation (accroissement du capital humain) et des infrastructures pour créer un climat favorable à l’investissement privé.
- La stabilité de l’environnement politique, la qualité de la gouvernance, l’efficacité et l’intégrité des pouvoirs publics et l’état de droit comptent aussi de manière significative pour l’investissement privé.

### Principales recommandations et priorités politiques
- Réduire les écarts dans les domaines clés entre les pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale et les pays comparables afin de stimuler l’investissement privé.
- Actions prioritaires identifiées :
  - Étendre l’accès au crédit pour le secteur privé.
  - Investir dans l’éducation pour accroître le capital humain.
  - Investir dans les infrastructures essentielles (énergie, transports, communication).
  - Réduire le rôle de l’État dans l’économie où il nuit à l’activité privée concurrentielle.
  - Améliorer l’efficacité des pouvoirs publics et la gouvernance, ainsi que l’état de droit et la stabilité politique.
  - Favoriser la diversification économique pour réduire la vulnérabilité aux cycles des produits de base et stabiliser les niveaux d’investissement.

*Département Moyen-Orient et Asie centrale PER octobre 2018 — Section 1.*

### Section 2

### Section 2

### Niveau de développement financier, gouvernance, éducation et infrastructures — constats
- Le niveau de développement financier des pays importateurs de pétrole des régions MOANAP et CAC est bien inférieur aux moyennes observées dans les pays émergents et les pays en développement (graphique 5.15).
- Ces pays présentent des résultats bien inférieurs à ceux des pays émergents et des pays en développement pour plusieurs indicateurs de gouvernance, comme l’état de droit (graphique 5.16).
- L’amélioration de ces écarts contribuerait fortement à attirer davantage d’investissement privé et à accélérer la croissance.
- Les taux de scolarisation et les niveaux d’éducation atteints sont plus faibles dans la région MOANAP que dans les pays comparables, quel que soit le niveau d’éducation (voir chapitre 4 et Purfield et al. 2018).
- La qualité des infrastructures est très variable d’un pays à l’autre; certains pays pourraient faire de grands progrès en construisant un certain nombre d’infrastructures adaptées (voir chapitre 4).

### Recommandations pour promouvoir l’investissement privé
- Priorité: promotion de l’investissement privé pour stimuler la croissance et créer des emplois dans les pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale.
- Combinaison nécessaire de politiques:
  - politiques macroéconomiques soutenant l’activité;
  - réformes structurelles et institutionnelles.
- Mesures ciblées pour accroître l’accès au financement:
  - mise en place de centrales de risques et extension de leurs compétences;
  - renforcement des droits des créanciers en matière d’exécution des sûretés et du fonctionnement des systèmes judiciaires (et extrajudiciaires) dans ce domaine;
  - amélioration de la législation et des procédures relatives à la faillite;
  - consolidation des systèmes bancaires (en particulier dans la région CAC) afin d’étendre l’accès au crédit bancaire;
  - intensification de la concurrence entre les banques en assouplissant les conditions d’entrée sur le marché et en mettant fin au traitement préférentiel accordé aux banques publiques;
  - approfondissement des marchés nationaux de capitaux pour faciliter l’accès du secteur privé aux fonds propres et autres formes de capital-investissement telles que le capital-risque;
  - amélioration des régimes d’insolvabilité et de faillite;
  - encouragement du développement des « fintech » (Lukonga, à paraître);
  - renforcement des cadres réglementaires et prudentiels pour favoriser un développement financier sain.
- Investissements publics recommandés:
  - dépenses bien ciblées dans l’éducation, y compris orientation de l’éducation et de la formation professionnelle vers les compétences demandées par le secteur privé;
  - dépenses bien ciblées dans les infrastructures physiques pour mettre en valeur le capital humain, accroître la compétitivité et la productivité;
  - ces investissements publics constituent un complément important à l’investissement privé.
- Pour les pays confrontés à des contraintes budgétaires:
  - réaffecter des dépenses non productives (masse salariale élevée et subventions non ciblées, par exemple) vers l’investissement;
  - intégrer ces mesures dans des dispositifs solides de gestion de l’investissement public pour garantir la qualité des dépenses et une utilisation efficiente et durable des ressources (voir chapitre 4).
- Mesures visant à accroître l’efficacité des pouvoirs publics:
  - allègement de la bureaucratie;
  - amélioration de la transparence et de la reddition de comptes afin d’atténuer l’impression de corruption;
  - renforcement du cadre juridique des entreprises;
  - favoriser un environnement économique concurrentiel en abaissant les barrières à l’entrée et en réduisant le poids du secteur public (entreprises publiques, par exemple).
- Objectif final: permettre le passage d’un modèle de croissance tirée par l’État à un modèle de croissance plus dynamique porté par le secteur privé, faciliter la diversification économique dans les pays exportateurs de pétrole et accroître l’assise et l’inclusivité de la croissance pour renforcer la résilience.

### Encadré 5.1 — Déterminants de l’investissement privé : approche empirique
- Méthodologie générale:
  - estimation de régressions en deux étapes pour identifier empiriquement les déterminants de l’investissement privé au Moyen-Orient et en Asie centrale.
  - première étape: régression de panel à effets fixes par pays sur un échantillon de 140 pays émergents et pays en développement pour la période 1991–2015.
- Équation estimée (première étape):
  - (I/Y)_{i.t} = β_0 + β_1 (I/Y)_{i.t−1} + B X_{i,t} + γ_t + δ_i + ε_{i,t}.
- Variables macroéconomiques explicatives (X_{i,t}) incluses:
  - ratio investissement public/PIB;
  - PIB par habitant;
  - prévisions de PIB à trois ans cumulées établies dans les Perspectives de l’économie mondiale (la même année que l’investissement privé en question);
  - taux de croissance des partenaires commerciaux du pays;
  - variable muette « pays exportateur de pétrole »;
  - inverse de l’écart-type du prix quotidien du pétrole;
  - interactions entre ces deux premières variables;
  - indicateurs du développement financier (voir l’indicateur de développement financier présenté de façon détaillée dans Svirydzenka 2016);
  - degré d’ouverture du compte de capital (indicateur Chinn-Ito, 2006);
  - degré d’ouverture commerciale.
- Spécifications et étapes complémentaires:
  - la régression de panel inclut des effets fixes par année et par pays et utilise un estimateur sandwich intragroupe pour tenir compte des corrélations des erreurs types dans le temps pour chaque pays;
  - la première régression n’inclut pas de variables institutionnelles (prises en compte par les effets fixes par pays);
  - deuxième étape: séries de régressions faisant correspondre les variables muettes pays à différentes variables liées aux institutions et aux infrastructures (moyennes 1991–2015), notamment:
    - scores et composantes des indicateurs « Doing Business »;
    - indicateurs de la gouvernance dans le monde publiés par la Banque mondiale;
    - indice de liberté économique et ses composants (Heritage Foundation et Institut Fraser);
    - facilité d’accès au crédit (Forum économique mondial);
    - indice de perception de la corruption (Transparency International);
    - indice du risque politique et ses composantes (International Country Risk Guide);
    - séries de la Banque mondiale sur l’accès à l’électricité et la scolarisation dans l’enseignement secondaire et tertiaire.
  - chaque régression de deuxième étape associe la variable muette pays à une variable institutionnelle à la fois en raison de la corrélation entre variables institutionnelles.
  - le tableau 5.1.1 présente les résultats de la régression et le graphique 5.13 donne un aperçu du poids économique des variables statistiquement significatives; le graphique 5.14 présente les variables institutionnelles avec les coefficients R^2 les plus élevés.

*Département Moyen-Orient et Asie centrale PER octobre 2018*

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