## global-development-french - Section 1

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### Remerciements
- Les Perspectives économiques régionales pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale sont préparées chaque année par le département Moyen-Orient et Asie centrale (MCD) du FMI.
- L’analyse et les projections s’appuient principalement sur les informations recueillies par les services du département au cours des consultations avec les pays membres.
- Analyse coordonnée sous la supervision générale de Jihad Azour (directeur du département).
- Projet dirigé par Taline Koranchelian (directeur adjoint), Bikas Joshi (chef de la division études régionales) et Ali Al-Eyd (chef adjoint).
- Principaux auteurs : Olumuyiwa Adedeji, Philip Barrett, Dalmacio F. Benicio, Qiaoe Chen, Lawrence Dwight, Matthew Gaertner, Divya Kirti, Sergejs Saksonovs, Moussé Sow, Iulia R. Teodoru et Ling Zhu.
- Gestion de la base de données et assistance de recherche : Gohar Abajyan, Oluremi Akin-Olugbade et Jorge de León Miranda.
- Contributions administratives et mise en forme : liste de collaborateurs mentionnée dans le texte.

### Hypothèses et conventions
- Hypothèses principales utilisées pour les projections :
  - maintien des politiques économiques nationales actuelles ;
  - cours moyen du baril de pétrole de 61,8 dollars en 2019 et de 57,9 dollars en 2020 ;
  - taux interbancaire offert à Londres (LIBOR) sur les dépôts à six mois en dollars de 2,3 % en 2019 et de 2 % en 2020.
- Données relatives aux années 2019 et 2020 : projections fondées sur les informations statistiques disponibles pour la période se terminant à la fin du mois de septembre 2019.
- Conventions de publication :
  - points de suspension (. . .) = données non disponibles ; 0 ou 0.0 = zéro ou négligeable ;
  - trait d’union (–) entre des années ou des mois indique la période couverte ; barre oblique (/) indique un exercice budgétaire (ou financier) ;
  - « points de base » = un centième de point (de pourcentage).
- Remarque terminologique : le terme « pays » inclut certaines entités territoriales dont les statistiques sont établies distinctement.

### Groupes de pays couverts
- Rapport porte sur 31 pays du périmètre d’activités du département MCD, divisés en deux groupes :
  1. MOANAP (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan) — distinction entre pays exportateurs et importateurs de pétrole ;
  2. CAC (Caucase et Asie centrale).
- Pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP : Algérie (ALG), Arabie saoudite (SAU), Bahreïn (BHR), Émirats arabes unis (UAE), Iran (IRN), Irak (IRQ), Koweït (KWT), Libye (LBY), Oman (OMN), Qatar (QAT) et Yémen (YMN).
- Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP : Afghanistan (AFG), Djibouti (DJI), Égypte (EGY), Jordanie (JOR), Liban (LBN), Maroc (MAR), Mauritanie (MRT), Pakistan (PAK), Somalie (SOM), Soudan (SDN), Syrie (SYR) et Tunisie (TUN).
- Pays de la région MOAN : Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, Iran, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Mauritanie, Oman, Qatar, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie et Yémen.
- Pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) : Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar.
- Pays exportateurs de pétrole non membres du CCG : Algérie, Iran, Irak, Libye et Yémen.
- Pays de la région CAC : Arménie (ARM), Azerbaïdjan (AZE), Géorgie (GEO), Kazakhstan (KAZ), Kirghizistan (KGZ), Ouzbékistan (UZB), Tadjikistan (TJK) et Turkménistan (TKM).
- Pays exportateurs de pétrole de la région CAC : Azerbaïdjan, Kazakhstan, Ouzbékistan et Turkménistan.
- Pays importateurs de pétrole de la région CAC : Géorgie, Kirghizistan et Tadjikistan.
- Notes méthodologiques :
  - Somalie incluse dans les agrégats à partir de l’édition d’octobre 2017 ;
  - pour le Soudan, données de 2012 établies sans tenir compte du Soudan du Sud ;
  - la Syrie n’est pas prise en considération pour les années de projection des agrégats en raison des incertitudes.

### Évolution de l’économie mondiale et conséquences pour la région Moyen-Orient et Asie centrale
- Contexte macrointernational :
  - croissance moyenne mondiale révisée à la baisse : 3 % en 2019 et 3,4 % en 2020 ; prévisions antérieures : 3,7 % pour les deux années.
  - réduction de la demande mondiale partiellement compensée par un récent assouplissement des politiques monétaires mondiales.
  - ralentissement particulièrement marqué chez des partenaires commerciaux de premier plan (Europe et Chine).
  - malgré tensions géopolitiques régionales et perturbations pétrolières récentes, prix mondiaux du pétrole restés « étonnamment bas » et conditions financières relativement souples.
- Perspectives régionales déterminées par :
  - forte contraction à court terme en Iran suivie d’un rebond en 2020.
  - aléas principalement d’origine mondiale, globalement orientés à la baisse.
- Principaux risques identifiés :
  - tensions commerciales : droits de douane américains supplémentaires sur les produits chinois en septembre et d’autres attendus en décembre ; pays particulièrement exposés : pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP et pays d’Asie centrale.
    - note méthodologique : la part des exportations illustre les effets directs, mais des effets indirects par redéploiement de la concurrence peuvent toucher même les pays dont les ventes directes à la Chine sont faibles.
  - volatilité des prix du pétrole accrue mais inférieure aux sommets de 2018 ; niveau global semblable aux prévisions du printemps 2019.
  - Brexit désordonné : risque d’un ralentissement en Europe et effets marqués pour les pays entretenant des liens commerciaux étroits avec le continent (notamment Maroc et Tunisie) ; exposition à la livre sterling importante pour Koweït, Oman, Pakistan.
  - tensions sociales locales persistantes : mouvements de protestation en Algérie, Soudan, Géorgie et Kazakhstan.
- Recommandations de politique macroéconomique :
  - Court terme :
    - stabiliser la situation macroéconomique ;
    - renforcer la résilience en corrigeant les politiques budgétaires non viables tout en protégeant les plus vulnérables.
  - Moyen terme :
    - promouvoir l’inclusion et stimuler la croissance en éliminant les obstacles à l’emploi et à l’investissement.
  - Politiques monétaires :
    - envisager des politiques plus accommodantes si le ralentissement se prolonge dans les pays où la croissance est déjà trop faible et lorsqu’il existe une marge de manœuvre suffisante.
- Trois enjeux structurels prioritaires pour les autorités :
  1. réformes fondamentales de la politique budgétaire et des institutions correspondantes pour réduire le niveau élevé de la dette publique et améliorer l’efficience des services publics ; promotion de la transparence et de la prévisibilité budgétaires (par ex., cadres budgétaires crédibles à moyen terme) ;
  2. composition des flux de capitaux devenue moins favorable à la croissance : remplacement des IDE par des flux d’investissements de portefeuille, notamment dans MOANAP ; mesures recommandées : promouvoir des marchés plus étoffés, réduire les restrictions à l’investissement et améliorer la stabilité macroéconomique pour attirer des IDE ;
  3. mise en œuvre de réformes structurelles pour stimuler la croissance et l’emploi ; l’absence de croissance plus forte et inclusive risque d’alimenter les tensions sociales et de menacer la stabilité régionale.
- Risques à plus long terme :
  - mutations démographiques exerçant des pressions sur les marchés du travail et la demande de services publics ;
  - changement climatique entraînant une hausse des phénomènes météorologiques, incertitude sur les cours pétroliers et tensions liées aux ressources rares (notamment l’eau).

### Encadré 1 — Dissociation des tensions géopolitiques régionales des prix du pétrole
- Observation historique :
  - réactions des prix du pétrole aux tensions géopolitiques récentes de la région MOANAP ont été beaucoup plus modérées que par le passé.
  - exemple antérieur : prix du pétrole augmentant de près de 60 %, passant de 22 à 35 dollars le baril entre novembre 2002 et mars 2003.
  - exemple récent : prix du pétrole augmentant de 8 %, passant de 71 à 77 dollars entre août et octobre (année non précisée dans l’extrait).
- Facteurs expliquant la réaction modérée des prix du pétrole :
  1. risques accrus d’un choc sur la demande dus aux incertitudes commerciales mondiales, modérant fortement les prix du pétrole ;
  2. évolutions de l’offre, notamment l’importance croissante des producteurs américains d’huile de schiste.
- Données de production d’huile de schiste des États-Unis :
  - production passée d’un peu moins de 7 % à plus de 60 % de la production américaine totale de pétrole brut entre le début des années 2000 et 2018.
- Analyses empiriques :
  - une analyse par régression à partir de données mensuelles montre une relation positive et significative entre les risques politiques dans la région MOANAP et les prix réels du pétrole, mais cet effet a été atténué par l’augmentation de la production d’huile de schiste depuis 2010.
  - les stocks de pétrole brut aux États-Unis sont restés à des niveaux historiquement élevés depuis 2015, exerçant une pression à la baisse sur les prix.
  - l’incertitude relative aux échanges commerciaux (illustrée par des sommets atteints par l’indice de volatilité du Chicago Board Options Exchange (VIX)) exerce également une incidence négative sur les prix du pétrole.
- Conclusion :
  - le rôle régulateur croissant de l’huile de schiste des États-Unis a affaibli le lien entre tensions géopolitiques dans la région MOANAP et prix du pétrole ; étant donné le caractère durable de l’essor de l’huile de schiste, ce lien devrait rester faible.
  - un différend commercial prolongé, accroissant le risque d’un nouveau ralentissement alors que l’économie mondiale faiblit, devrait maintenir les prix du pétrole à un bas niveau malgré les tensions géopolitiques dans la région.

*Département Moyen-Orient et Asie centrale — Perspectives économiques régionales, octobre 2019*

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### Dissociation des tensions géopolitiques régionales des prix du pétrole (suite)

### Résultats économétriques principaux
- Variables estimées (Δ Prix réel du pétrole) :
  - Δ Risque politique dans la région MOANAP : 0,96** (0,59)
  - Δ Risque politique dans la région MOANAP (variable fictive pour le schiste) : –0.87* (0,63)
  - Δ Indice VIX : –0,12*** (0,03)
  - Δ Stock de pétrole brut américain : –0,31*** (0,16)
- Informations sur la significativité :
  - ***p<0.05, **p<0.1, *p<0.2
- Autres observations :
  - Les erreurs-types robustes sont indiquées entre parenthèses.
  - Des variables dépendantes retardées de 11 mois servent de contrôles supplémentaires pour réduire le biais des variables omises et les autocorrélations (un test de Durbin-Watson confirme l’absence d’autocorrélation).
  - Le terme et les coefficients constants de la variable fictive correspondant au schiste et les variables dépendantes retardées ne sont pas indiqués dans le tableau pour gagner de la place.

### Méthodologie et données
- Période étudiée : janvier 1999 à juin 2019.
- Définition du prix réel du pétrole : obtenu par déflation des cours mensuels moyens du pétrole au comptant sur la base de l’indice américain des prix à la consommation.
- Mesure du risque politique dans la région MOANAP :
  - Utilisation des notes médianes de risque politique de tous les pays du MOANAP établies par Political Risk Service Group.
  - Les notes initiales varient d’un maximum de 100 (risque le plus faible) à un minimum de 0 (risque le plus élevé) ; les données de cette analyse ont été transformées en soustrayant l’indice à 100 pour faire en sorte qu’un nombre plus élevé indique un risque accru.
- Variable fictive pour le schiste : fixée à 0 pour la période précédant 2010 et à 1 pour la période suivante.
- Traitement des séries temporelles : toutes les variables des séries chronologiques indiquent des variations en pourcentage par rapport au mois précédent afin de garantir une stationnarité.
- Indice de volatilité mentionné : Indice de volatilité du Chicago Board Options Exchange (VIX 5).

### Encadré 2 — Suivi des troubles sociaux au Moyen-Orient et en Asie centrale
- Observation générale :
  - Les troubles sociaux se multiplient au Moyen-Orient et en Asie centrale.
  - Selon l’Indice des troubles sociaux signalés (RSUI), ces tensions ont atteint des niveaux inégalés depuis 2014.
- Répartition et évolution :
  - La tendance récente est généralisée.
  - Au début de l’année, les troubles avaient principalement eu lieu en Algérie et au Soudan.
  - Plus récemment, des mouvements de protestation ont éclaté en Géorgie et au Kazakhstan.
  - Avant 2017, les troubles sociaux étaient relativement plus fréquents dans les pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan.
- Effets sur la gouvernance et les réformes :
  - Les tensions sociales pèsent sur les choix des dirigeants (ex. : réformes urgentes de la masse salariale du secteur public tunisien reportées par crainte de protestations généralisées).
  - Des manifestations importantes ont entraîné des changements politiques en Arménie et en Jordanie.
  - Les autorités ne peuvent pas renoncer aux réformes : des lacunes structurelles persistent et limitent la création d’emplois et les opportunités pour les citoyens, ce qui risque d’aggraver l’instabilité.
- Remarques méthodologiques sur le RSUI :
  - Voir l’encadré 1 de l’édition d’avril 2019 des Perspectives économiques régionales et l’annexe correspondante disponible en ligne pour plus de précisions sur la conception de cet indice.
  - Précédemment calculé pour uniquement 7 pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, cet indice est désormais établi pour les 27 pays de la région Moyen-Orient et Asie centrale, pour lesquels suffisamment de données sont disponibles.

*Source : Haver, Agence internationale de l’énergie (AIE), PRS Group ; département des études du FMI ; calculs des services du FMI.*

### Section 1

### global-development-french - Section 1

### Remerciements
- Les Perspectives économiques régionales pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale sont préparées chaque année par le département Moyen-Orient et Asie centrale (MCD) du FMI.
- L’analyse et les projections s’appuient principalement sur les informations recueillies par les services du département au cours des consultations avec les pays membres.
- Analyse coordonnée sous la supervision générale de Jihad Azour (directeur du département).
- Projet dirigé par Taline Koranchelian (directeur adjoint), Bikas Joshi (chef de la division études régionales) et Ali Al-Eyd (chef adjoint).
- Principaux auteurs : Olumuyiwa Adedeji, Philip Barrett, Dalmacio F. Benicio, Qiaoe Chen, Lawrence Dwight, Matthew Gaertner, Divya Kirti, Sergejs Saksonovs, Moussé Sow, Iulia R. Teodoru et Ling Zhu.
- Gestion de la base de données et assistance de recherche : Gohar Abajyan, Oluremi Akin-Olugbade et Jorge de León Miranda.
- Contributions administratives et mise en forme : liste de collaborateurs mentionnée dans le texte.

### Hypothèses et conventions
- Hypothèses principales utilisées pour les projections :
  - maintien des politiques économiques nationales actuelles ;
  - cours moyen du baril de pétrole de 61,8 dollars en 2019 et de 57,9 dollars en 2020 ;
  - taux interbancaire offert à Londres (LIBOR) sur les dépôts à six mois en dollars de 2,3 % en 2019 et de 2 % en 2020.
- Les données relatives aux années 2019 et 2020 figurant dans les graphiques et tableaux sont des projections fondées sur les informations statistiques disponibles pour la période se terminant à la fin du mois de septembre 2019.
- Conventions de publication :
  - points de suspension (. . .) = données non disponibles ; 0 ou 0.0 = zéro ou négligeable ;
  - trait d’union (–) entre des années ou des mois indique la période couverte ; barre oblique (/) indique un exercice budgétaire (ou financier) ;
  - « points de base » = un centième de point (de pourcentage).
- Remarque terminologique : le terme « pays » inclut certaines entités territoriales dont les statistiques sont établies distinctement.

### Groupes de pays couverts
- Le rapport porte sur 31 pays du périmètre d’activités du département MCD, divisés en deux groupes : 1) MOANAP (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan) — avec distinction entre pays exportateurs et importateurs de pétrole ; 2) CAC (Caucase et Asie centrale).
- Liste des pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP : Algérie (ALG), Arabie saoudite (SAU), Bahreïn (BHR), Émirats arabes unis (UAE), Iran (IRN), Irak (IRQ), Koweït (KWT), Libye (LBY), Oman (OMN), Qatar (QAT) et Yémen (YMN).
- Liste des pays importateurs de pétrole de la région MOANAP : Afghanistan (AFG), Djibouti (DJI), Égypte (EGY), Jordanie (JOR), Liban (LBN), Maroc (MAR), Mauritanie (MRT), Pakistan (PAK), Somalie (SOM), Soudan (SDN), Syrie (SYR) et Tunisie (TUN).
- Pays de la région MOAN (Moyen-Orient et Afrique du Nord) : Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, Iran, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Mauritanie, Oman, Qatar, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie et Yémen.
- Pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) : Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar.
- Pays exportateurs de pétrole non membres du CCG : Algérie, Iran, Irak, Libye et Yémen.
- Pays de la région CAC : Arménie (ARM), Azerbaïdjan (AZE), Géorgie (GEO), Kazakhstan (KAZ), Kirghizistan (KGZ), Ouzbékistan (UZB), Tadjikistan (TJK) et Turkménistan (TKM).
- Pays exportateurs de pétrole de la région CAC : Azerbaïdjan, Kazakhstan, Ouzbékistan et Turkménistan.
- Pays importateurs de pétrole de la région CAC : Géorgie, Kirghizistan et Tadjikistan.
- Notes méthodologiques : Somalie incluse dans les agrégats à partir de l’édition d’octobre 2017 ; pour le Soudan, données de 2012 établies sans tenir compte du Soudan du Sud ; la Syrie n’est pas prise en considération pour les années de projection des agrégats en raison des incertitudes.

### Évolution de l’économie mondiale et conséquences pour la région Moyen-Orient et Asie centrale
- Contexte macrointernational :
  - croissance moyenne mondiale révisée à la baisse : 3 % en 2019 et 3,4 % en 2020 ; prévisions antérieures : 3,7 % pour les deux années.
  - réduction de la demande mondiale partiellement compensée par un récent assouplissement des politiques monétaires mondiales.
  - ralentissement particulièrement marqué chez des partenaires commerciaux de premier plan (Europe et Chine), renforçant l’impact sur la région.
  - malgré tensions géopolitiques régionales et perturbations pétrolières récentes, prix mondiaux du pétrole restés « étonnamment bas » et conditions financières relativement souples.
- Perspectives régionales déterminées par :
  - forte contraction à court terme en Iran suivie d’un rebond en 2020.
  - aléas principalement d’origine mondiale, globalement orientés à la baisse.
- Principaux risques identifiés :
  - tensions commerciales : droits de douane américains supplémentaires sur les produits chinois en septembre et d’autres attendus en décembre ; pays particulièrement exposés : pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP et pays d’Asie centrale.
    - note méthodologique : la part des exportations illustre les effets directs, mais des effets indirects par redéploiement de la concurrence peuvent toucher même les pays dont les ventes directes à la Chine sont faibles.
  - volatilité des prix du pétrole accrue mais inférieure aux sommets de 2018 ; niveau global semblable aux prévisions du printemps 2019.
  - Brexit désordonné : risque d’un ralentissement en Europe et effets marqués pour les pays entretenant des liens commerciaux étroits avec le continent (notamment Maroc et Tunisie) ; exposition à la livre sterling importante pour Koweït, Oman, Pakistan.
  - tensions sociales locales persistantes : mouvements de protestation en Algérie, Soudan, Géorgie et Kazakhstan.
- Recommandations de politique macroéconomique à court et moyen terme :
  - court terme : stabiliser la situation macroéconomique et renforcer la résilience en corrigeant les politiques budgétaires non viables tout en protégeant les plus vulnérables.
  - moyen terme : promouvoir l’inclusion et stimuler la croissance en éliminant les obstacles à l’emploi et à l’investissement.
  - politiques monétaires : envisager des politiques plus accommodantes si le ralentissement se prolonge dans les pays où la croissance est déjà trop faible et lorsqu’il existe une marge de manœuvre suffisante.
- Trois enjeux structurels prioritaires pour les autorités :
  1. réformes fondamentales de la politique budgétaire et des institutions correspondantes pour réduire le niveau élevé de la dette publique et améliorer l’efficience des services publics ; promotion de la transparence et de la prévisibilité budgétaires (par ex., cadres budgétaires crédibles à moyen terme) ;
  2. composition des flux de capitaux devenue moins favorable à la croissance : remplacement des IDE par des flux d’investissements de portefeuille, notamment dans MOANAP ; mesures recommandées : promouvoir des marchés plus étoffés, réduire les restrictions à l’investissement et améliorer la stabilité macroéconomique pour attirer des IDE ;
  3. mise en œuvre de réformes structurelles pour stimuler la croissance et l’emploi ; l’absence de croissance plus forte et inclusive risque d’alimenter les tensions sociales et de menacer la stabilité régionale.
- Risques à plus long terme :
  - mutations démographiques exerçant des pressions sur les marchés du travail et la demande de services publics ;
  - changement climatique entraînant une hausse des phénomènes météorologiques, incertitude sur les cours pétroliers et tensions liées aux ressources rares (notamment l’eau).

### Encadré 1 — Dissociation des tensions géopolitiques régionales des prix du pétrole
- Observation historique :
  - réactions des prix du pétrole aux tensions géopolitiques récentes de la région MOANAP ont été beaucoup plus modérées que par le passé.
  - exemple antérieur (période précédant la guerre en Irak de 2003) : prix du pétrole augmentant de près de 60 %, passant de 22 à 35 dollars le baril entre novembre 2002 et mars 2003.
  - exemple récent (réimposition des sanctions américaines contre l’Iran) : prix du pétrole augmentant de 8 %, passant de 71 à 77 dollars entre août et octobre (année non précisée dans l’extrait).
- Facteurs expliquant la réaction modérée des prix du pétrole :
  1. risques accrus d’un choc sur la demande dus aux incertitudes commerciales mondiales, modérant fortement les prix du pétrole ;
  2. évolutions de l’offre, notamment l’importance croissante des producteurs américains d’huile de schiste.
- Données de production d’huile de schiste des États-Unis :
  - production passée d’un peu moins de 7 % à plus de 60 % de la production américaine totale de pétrole brut entre le début des années 2000 et 2018.
- Analyses empiriques :
  - une analyse par régression à partir de données mensuelles montre une relation positive et significative entre les risques politiques dans la région MOANAP et les prix réels du pétrole, mais cet effet a été atténué par l’augmentation de la production d’huile de schiste depuis 2010.
  - les stocks de pétrole brut aux États-Unis sont restés à des niveaux historiquement élevés depuis 2015, exerçant une pression à la baisse sur les prix.
  - l’incertitude relative aux échanges commerciaux (illustrée par des sommets atteints par l’indice de volatilité du Chicago Board Options Exchange (VIX)) exerce également une incidence négative sur les prix du pétrole.
- Conclusion de l’encadré :
  - le rôle régulateur croissant de l’huile de schiste des États-Unis a affaibli le lien entre tensions géopolitiques dans la région MOANAP et prix du pétrole ; étant donné le caractère durable de l’essor de l’huile de schiste, ce lien devrait rester faible.
  - un différend commercial prolongé, accroissant le risque d’un nouveau ralentissement alors que l’économie mondiale faiblit, devrait maintenir les prix du pétrole à un bas niveau malgré les tensions géopolitiques dans la région.

*Département Moyen-Orient et Asie centrale — Perspectives économiques régionales, octobre 2019*

### Section 2

### Dissociation des tensions géopolitiques régionales des prix du pétrole (suite)

### Résultats économétriques principaux
- Variables estimées (Δ Prix réel du pétrole) :
  - Δ Risque politique dans la région MOANAP : 0,96** (0,59)
  - Δ Risque politique dans la région MOANAP (variable fictive pour le schiste) : –0.87* (0,63)
  - Δ Indice VIX : –0,12*** (0,03)
  - Δ Stock de pétrole brut américain : –0,31*** (0,16)
- Informations sur la significativité :
  - ***p<0.05, **p<0.1, *p<0.2
- Autres observations :
  - Les erreurs-types robustes sont indiquées entre parenthèses.
  - Des variables dépendantes retardées de 11 mois servent de contrôles supplémentaires pour réduire le biais des variables omises et les autocorrélations (un test de Durbin-Watson confirme l’absence d’autocorrélation).
  - Le terme et les coefficients constants de la variable fictive correspondant au schiste et les variables dépendantes retardées ne sont pas indiqués dans le tableau pour gagner de la place.

### Méthodologie et données
- Période étudiée : janvier 1999 à juin 2019.
- Définition du prix réel du pétrole : obtenu par déflation des cours mensuels moyens du pétrole au comptant sur la base de l’indice américain des prix à la consommation.
- Mesure du risque politique dans la région MOANAP :
  - Utilisation des notes médianes de risque politique de tous les pays du MOANAP établies par Political Risk Service Group.
  - Les notes initiales varient d’un maximum de 100 (risque le plus faible) à un minimum de 0 (risque le plus élevé) ; les données de cette analyse ont été transformées en soustrayant l’indice à 100 pour faire en sorte qu’un nombre plus élevé indique un risque accru.
- Variable fictive pour le schiste : fixée à 0 pour la période précédant 2010 et à 1 pour la période suivante.
- Traitement des séries temporelles : toutes les variables des séries chronologiques indiquent des variations en pourcentage par rapport au mois précédent afin de garantir une stationnarité.
- Indice de volatilité mentionné : Indice de volatilité du Chicago Board Options Exchange (VIX 5).

### Encadré 2 — Suivi des troubles sociaux au Moyen-Orient et en Asie centrale
- Observation générale :
  - Les troubles sociaux se multiplient au Moyen-Orient et en Asie centrale.
  - Selon l’Indice des troubles sociaux signalés (RSUI), ces tensions ont atteint des niveaux inégalés depuis 2014.
- Répartition et évolution :
  - La tendance récente est généralisée.
  - Au début de l’année, les troubles avaient principalement eu lieu en Algérie et au Soudan.
  - Plus récemment, des mouvements de protestation ont éclaté en Géorgie et au Kazakhstan, dans un contexte social et politique très différent de celui de l’Afrique du Nord.
  - Avant 2017, les troubles sociaux étaient relativement plus fréquents dans les pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan.
- Effets sur la gouvernance et les réformes :
  - Les tensions sociales pèsent sur les choix des dirigeants (ex. : réformes urgentes de la masse salariale du secteur public tunisien reportées par crainte de protestations généralisées).
  - Des manifestations importantes ont entraîné des changements politiques en Arménie et en Jordanie.
  - Les autorités ne peuvent pas renoncer aux réformes : des lacunes structurelles persistent et limitent la création d’emplois et les opportunités pour les citoyens, ce qui risque d’aggraver l’instabilité.
- Remarques méthodologiques sur le RSUI :
  - Voir l’encadré 1 de l’édition d’avril 2019 des Perspectives économiques régionales et l’annexe correspondante disponible en ligne pour plus de précisions sur la conception de cet indice.
  - Précédemment calculé pour uniquement 7 pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, cet indice est désormais établi pour les 27 pays de la région Moyen-Orient et Asie centrale, pour lesquels suffisamment de données sont disponibles.

*Source : Haver, Agence internationale de l’énergie (AIE), PRS Group ; département des études du FMI ; calculs des services du FMI.*

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