## mreofre72020 - Section 1

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### Aperçu général
- La région Moyen-Orient et Asie centrale (MOAC) a réagi rapidement à la pandémie mondiale de COVID-19 en prenant des mesures contraignantes qui ont permis de sauver des vies, mais ces mesures ont eu de vastes répercussions sur l’activité économique.
- Une contraction de 4,7 % est maintenant prévue pour la région en 2020, soit un taux de croissance inférieur de 2 points de pourcentage à celui prévu en avril 2020.
- Risques dominants :
  - incertitude élevée sur la durée de la pandémie;
  - conséquences sur les fermetures d’entreprises;
  - risques de détérioration (dont troubles sociaux et instabilité politique);
  - possibilité d’une résurgence de la volatilité sur les marchés pétroliers mondiaux.
- Priorités des autorités :
  - assurer la solidité des systèmes de santé;
  - soutenir la reprise;
  - mettre en place des dispositifs de protection sociale résilients et bien ciblés;
  - faciliter le redéploiement de la main-d’œuvre et des ressources;
  - reprendre progressivement l’ajustement budgétaire et reconstituer des marges de manœuvre.
- Rôle attendu : un soutien multilatéral peut jouer un rôle essentiel pour aider les pays à surmonter ces chocs.

### Impact de la pandémie sur l’activité et les marchés
- La pandémie continue de se propager dans toute la région MOAC, malgré des assouplissements récents des restrictions dans plusieurs pays.
- Mobilité et activité :
  - La mobilité autour des lieux de travail dans la région MOAC, mesurée par Google Mobility Trends, a diminué autant qu’en Europe et dans l’Hémisphère occidental.
  - Effondrement des indices des directeurs d’achat en avril, premiers signes de redressement en mai.
- Perturbations synchronisées : contraction des échanges commerciaux; perturbations des chaînes d’approvisionnement; effondrement du tourisme et des envois de fonds — ces derniers représentant environ 14 % du PIB des pays fragiles et des pays en proie à des conflits dans la région.
- Choc pétrolier :
  - accords OPEP+ entre mars et avril, réduction de la production de pétrole de schiste aux États‑Unis et amélioration récente des attentes ont stabilisé partiellement les cours du pétrole;
  - les cours ont rattrapé la moitié des pertes depuis la fin de 2019 mais restent très en deçà des niveaux pré-COVID-19.
- Effets sur la première moitié de 2020 :
  - baisses de production supérieures aux attentes et chute des cours du pétrole ont des conséquences négatives sur les exportations et ont affecté plus fortement l’activité au 1er semestre 2020.
- Marchés financiers et flux :
  - Sorties d’investissements de portefeuille de la région estimées entre 6 et 8 milliards de dollars en mars.
  - Les émissions souveraines des pays de la région MOAC représentent la majorité des émissions souveraines des pays émergents depuis la fin mars (plus de 60 %).
  - Les écarts de rendement des obligations en dollars se sont resserrés mais restent élevés; pressions sur les monnaies régionales semblent avoir faibli.
- Système bancaire et crédit :
  - Croissance du crédit au secteur privé et des dépôts jusqu’en avril demeurée globalement stable, même si le crédit au secteur privé diminue depuis le milieu de l’année dernière.
  - Systèmes bancaires globalement résilients et bien capitalisés, mais poches de vulnérabilité pouvant accroître les prêts improductifs si la crise se prolonge.

### Mesures immédiates prises
- Cibles principales : ressources aux soins de santé, aides aux ménages vulnérables et aux secteurs les plus touchés, injection de liquidités.
- Envergure budgétaire :
  - Les mesures budgétaires annoncées ont représenté en moyenne plus de 2 % du PIB, dont environ 0,7 % du PIB finançant directement des mesures sanitaires.
  - Financement des mesures : dans environ la moitié des pays, financées par réaffectation des dépenses ou par des mesures sur les recettes.
- Mesures complémentaires depuis fin avril :
  - soutien aux petites et moyennes entreprises via moratoires fiscaux limités, reports d’échéances fiscales, suspension du paiement des factures des services d’utilité publique (exemples : Djibouti, Iran, Pakistan).
- Protection sociale et appuis aux ménages :
  - transferts monétaires et en nature (dans plus des deux tiers des pays);
  - congés payés, allocations chômage, subventions salariales, aides au paiement des factures des services publics, exonérations fiscales temporaires sur produits essentiels, trêves fiscales (exemples de pays : Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Bahreïn, Égypte, Géorgie, Iran, Maroc, Pakistan, Tadjikistan).
- Soutien aux PME : lignes de crédit aux PME (Arabie saoudite, Djibouti, Émirats arabes unis, Iran, Ouzbékistan).
- Technologies : technologies mobiles et plateformes en ligne utilisées pour distribuer aides et identifier bénéficiaires (exemples : Maroc, Tunisie, Pakistan, Jordanie).
- Politique monétaire et liquidité :
  - réductions considérables des taux directeurs en mars et avril — taux directeurs abaissés dans 16 pays de 150 points de base en moyenne;
  - Pakistan et Égypte réductions de 525 points de base et 300 points de base, respectivement; Pakistan a réduit encore son taux directeur de 100 points de base à la fin juin.
  - Injection de liquidité : neuf banques centrales (Arabie saoudite, Arménie, Émirats arabes unis, Géorgie, Jordanie, Maroc, Ouzbékistan, Tadjikistan, Tunisie) ont injecté plus de 40 milliards de dollars.
  - Interventions sur le taux de change : plusieurs pays ont laissé leur taux absorber le choc (Arménie, Géorgie, Maroc, Pakistan, République kirghize); neuf autres pays ont recouru à des interventions sur le marché des changes.

### Perspectives affaiblies et prévisions
- PIB réel de la région MOAC : recul attendu de 4,7 % en 2020 (révision de –2 points de pourcentage depuis avril 2020).
- Révisions par sous-région et groupe de pays :
  - Pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP (MOANAPEP) : contraction de 7,3 % en 2020, puis croissance de 3,9 % en 2021. Révisions à la baisse pour 2020 et 2021 de 3,1 et 0,8 points de pourcentage, respectivement, par rapport aux PER d’avril 2020.
  - Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP (MOANAPIP) : croissance en 2020 pratiquement inchangée par rapport à avril (–1,1 %), avec importantes différences entre pays; révisions à la baisse pour Afghanistan, Djibouti, Jordanie, Maroc, Soudan; Égypte et Pakistan ont revu leurs projections pour l’exercice 2020/21 d’environ 1 point de pourcentage à la baisse.
  - Région Caucase et Asie centrale (CAC) : contraction légèrement plus forte en 2020 (–1,5 %, contre –1 % en prévision d’avril) et reprise plus faible en 2021 (4,4 %, contre 4,7 %). Pays importateurs de pétrole de la CAC (CACIP) : PIB réel devrait reculer de 4,6 % en 2020.
  - Pays exportateurs de pétrole de la région CACEP : contraction attendue de –1,1 % en 2020 (contre –0,8 %).
- Production pétrolière et recettes : chute plus importante que prévu de la production de brut dans certains pays; une baisse des recettes d’exportation de pétrole de plus de 270 milliards de dollars est maintenant attendue en 2020 par rapport à 2019.
- PIB par habitant dans les pays en situation de fragilité ou de conflit : baisse prévue d’environ 2 900 dollars en 2018–19 à environ 2 000 dollars en 2020.
- Les pays qui ont adopté les confinements les plus stricts et/ou dont la mobilité autour des lieux de travail a le plus chuté ont vu leur PIB réel le plus fortement révisé depuis avril 2020 (exemples : Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Oman, République kirghize).
- PIB non pétrolier en baisse dans plusieurs pays exportateurs de pétrole en raison de perturbations du tourisme, hôtellerie, restauration, transport et commerce de détail.

### Inflation, balances courantes et finances publiques
- Inflation : la demande plus faible devrait maintenir l’inflation basse dans la région, sauf au Liban où l’inflation en glissement annuel est montée à 56 % en mai, la monnaie ayant perdu près des deux tiers de sa valeur malgré l’imposition d’un contrôle informel des capitaux.
- Soldes des transactions courantes : détérioration attendue en 2020, particulièrement dans :
  - Pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP : –5,4 % du PIB en 2020, contre 3,2 % du PIB en 2019.
  - Région CAC : –6,4 % du PIB en 2020, contre –1,5 % du PIB en 2019.
- Solde budgétaire : dans les pays importateurs de pétrole de la région, le solde budgétaire devrait se dégrader en 2020 par rapport à 2019.

*Rédigé par Joyce Wong avec le concours d’Oluremi Akin-Olugbade.*

### Effets budgétaires et viabilité de la dette (Section 2)
- Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP : les soldes budgétaires devraient reculer d’environ 1,4 point de pourcentage du PIB durant cette période (car les mesures budgétaires ont été moins importantes et certaines mesures de réaffectation ont été prises).
- Pays importateurs de pétrole de la région CAC : les soldes budgétaires se détériorent de près de 6 points de pourcentage du PIB (passant en moyenne de –1,4 % du PIB en 2019 à –7,3 % du PIB en 2020), la riposte à la COVID-19 ayant été plus forte en Géorgie, en République kirghize et au Tadjikistan.
- Impact sur la viabilité de la dette :
  - les ratios dette/PIB devraient atteindre, selon les projections actuelles, une moyenne de 95 % du PIB d’ici la fin de 2020 dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP;
  - 61 % du PIB dans les pays importateurs de pétrole de la région CAC.
- Situation contrastée chez les pays exportateurs de pétrole :
  - Dans environ la moitié des pays, les mesures ont été accompagnées d’ajustements des dépenses non prioritaires et de mesures portant sur les recettes, qui ont amélioré les soldes budgétaires hors pétrole de 2020 par rapport à 2019 (Algérie, Bahreïn, Oman, Qatar et Arabie saoudite, ce dernier pays ayant triplé son taux de taxe sur la valeur ajoutée).
  - Dans le reste des pays, le solde budgétaire hors pétrole de 2020 s’est creusé en moyenne de 4 points de pourcentage du PIB non pétrolier sur la même période, et il s’est fortement détérioré en Azerbaïdjan, aux Émirats arabes unis et au Koweït.
- Les soldes budgétaires devraient se dégrader partout en 2020 par rapport à 2019.

### Perspectives et principaux aléas (Section 2)
- Incertitude élevée quant à l’évolution et la persistance de la pandémie; les risques de révision à la baisse dominent.
- Principaux canaux de risques identifiés :
  - une hausse récente du nombre d’infections pourrait stopper la reprise même si plusieurs pays ont commencé à lever les mesures strictes;
  - un déclin prolongé de l’activité (remise en place des mesures d’endiguement, répercussions internationales, baisse de la demande extérieure) pourrait créer des risques de faillites et de fermetures d’entreprises, ralentir la reprise, aggraver la pauvreté et les inégalités, et provoquer des conséquences économiques importantes;
  - séquelles durables sur le marché de l’emploi, aggravation de la pauvreté et des inégalités pouvant créer des problèmes de stabilité; le chômage est élevé dans certains pays; troubles sociaux possibles à la levée des confinements;
  - baisses persistantes des cours ou de la production de pétrole pourraient réduire la marge de manœuvre des pays exportateurs et détériorer leurs systèmes bancaires;
  - tout durcissement des conditions financières risque de compliquer le refinancement des dettes des entreprises et des pays de la région (la dette souveraine extérieure qui arrive à échéance au deuxième semestre 2020 avoisine 21 milliards de dollars);
  - une reprise plus lente des envois de fonds et du tourisme menacerait la croissance et les financements extérieurs;
  - la baisse éventuelle du nombre de travailleurs expatriés (qui représentent plus de 70 % de la main-d’œuvre dans certains pays exportateurs de pétrole) pourrait ralentir la reprise.

### Mesures de soutien à court terme et recommandations politiques (Section 2)
- Priorités immédiates :
  - continuer à veiller à ce que les systèmes de santé disposent de ressources adéquates et soient solides et résilients;
  - faciliter la reprise économique au fur et à mesure des réouvertures, notamment en mettant progressivement fin à certaines aides d’urgence tout en évitant des coupures brutales de revenus et des faillites;
  - faciliter le redéploiement de la main-d’œuvre vers des secteurs moins exposés (p. ex. via subventions à l’embauche, reconversions professionnelles, assouplissement des rigidités du marché du travail et des barrières à l’entrée);
  - mettre en place des dispositifs d’insolvabilité solides et des mécanismes pour restructurer et prendre en charge les créances compromises afin d’éviter que les bilans fragiles du secteur privé freinent la reprise.
- Secteur financier et marchés :
  - fournir des liquidités pour aider le marché à fonctionner et éviter une détérioration des conditions de financement;
  - utiliser les réserves de fonds propres et de liquidités des banques pour absorber pertes et tensions de liquidité; assouplir les réserves de fonds propres contracycliques pour maintenir le crédit bancaire si nécessaire;
  - si les banques subissent des chocs importants et durables, les autorités de contrôle devraient demander des plans crédibles de rétablissement des fonds propres et prendre des mesures ciblées;
  - assurer une divulgation transparente des risques et des orientations claires des autorités de contrôle;
  - adopter des régimes de change flexibles comme première ligne de défense; interventions sur les taux de change pour amortir une volatilité excessive; envisager des mesures de gestion des sorties de capitaux temporaires dans des ensembles plus larges de mesures.
- Conception du soutien : toute mesure complémentaire de soutien à court terme doit être conçue pour éviter de restreindre excessivement les réaffectations: requalifier les travailleurs et faire en sorte que les crédits bénéficient aux secteurs viables.

### Soutien multilatéral et reconstitution des marges de manœuvre (Section 2)
- Appui du FMI :
  - le FMI aide activement la région et a déjà approuvé près de 17 milliards de dollars en faveur de pays de la région MOAC depuis le début de 2020.
- Instruments et mesures spécifiques mentionnés :
  - Assistance d’urgence via l’instrument de financement rapide : Égypte, Jordanie, Pakistan, République kirghize et Tunisie ont reçu une aide d’urgence.
  - Facilité de crédit rapide (conditions concessionnelles, intérêt à taux zéro) : Afghanistan, Djibouti, Mauritanie, Ouzbékistan, République kirghize et Tadjikistan ont eu accès à son équivalent.
  - Le Maroc a tiré sur sa ligne de précaution et de liquidité pour renforcer ses réserves.
  - Programmes en cours en Arménie, en Géorgie et en Jordanie ont été adaptés; en Arménie et en Géorgie, compléments pour besoins liés à la COVID-19.
  - Nouvel accord de confirmation de 12 mois approuvé en faveur de l’Égypte; programmes en Jordanie et en Égypte ont catalysé 5 milliards de dollars de financements supplémentaires d’autres créanciers publics.
  - Annonce de 1,8 milliard de dollars de contributions en faveur du Soudan dans le cadre d’un programme de référence du FMI.
  - Le fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes du FMI a allégé le service de la dette de l’Afghanistan, de Djibouti, du Tadjikistan et du Yémen.
  - En mars 2020, la Somalie a été admise à bénéficier de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés dès qu’elle atteindra le point d’achèvement.
  - Six pays de la région ont demandé un allégement dans le cadre de l’initiative de suspension du service de la dette du Groupe des Vingt : Afghanistan, Djibouti, Mauritanie, Pakistan, République kirghize et Tadjikistan.
- Recommandations à moyen terme :
  - reconstituer des marges de manœuvre en réduisant la dette publique et en accroissant les réserves;
  - promouvoir une économie résiliente et équitable via rééquilibrages des finances publiques fondés sur des cadres budgétaires à moyen terme, réformes de la gouvernance et renforcement de la surveillance des entreprises publiques;
  - étendre et mieux cibler les dispositifs de protection sociale; priorité à la mise en place de systèmes de paiement numérique et à la création de bases de données sur la protection sociale pour identifier et aider rapidement les bénéficiaires ciblés;
  - accélérer la diversification économique pour réduire la dépendance au pétrole et bâtir des économies résilientes créatrices d’emplois.

### Encadré : impact mesuré de la COVID-19 dans la région (faits saillants)
- Au 21 juin, la région présentait plus de 1 100 cas par million d’habitants, inférieur à l’Europe (4 500 cas par million d’habitants) et à l’Hémisphère occidental (3 000 cas par million d’habitants), mais supérieur à l’Afrique subsaharienne et à l’Asie.
- Les pays les plus durement frappés au sein de la région étaient l’Arabie saoudite et l’Iran, qui enregistraient respectivement plus de 4 500 cas et 2 500 cas par million d’habitants.
- En termes de victimes, au 21 juin la maladie avait été recensée dans 31 des 32 pays de la région et provoqué plus de 22 000 décès.
- Le nombre total de décès par million d’habitants de la région est d’environ 26, soit beaucoup moins que les plus de 200 décès par million d’habitants en Europe et dans l’Hémisphère occidental, mais plus que les 4 à 6 décès par million d’habitants enregistrés en Afrique subsaharienne et en Asie.

*Source : MISE À JOUR DES PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : MOYEN-ORIENT ET ASIE CENTRALE — Section 2 (extrait).*

### Section 1

### mreofre72020 - Section 1

### Aperçu général
- La région Moyen-Orient et Asie centrale (MOAC) a réagi rapidement à la pandémie mondiale de COVID-19 en prenant des mesures contraignantes qui ont permis de sauver des vies, mais ces mesures ont eu de vastes répercussions sur l’activité économique.
- Une contraction de 4,7 % est maintenant prévue pour la région en 2020, soit un taux de croissance inférieur de 2 points de pourcentage à celui prévu en avril 2020.
- Les risques dominants comprennent l’incertitude élevée sur la durée de la pandémie, les conséquences sur les fermetures d’entreprises, les risques de détérioration (dont troubles sociaux et instabilité politique) et la possibilité d’une résurgence de la volatilité sur les marchés pétroliers mondiaux.
- Priorités des autorités : assurer la solidité des systèmes de santé, soutenir la reprise, mettre en place des dispositifs de protection sociale résilients et bien ciblés, faciliter le redéploiement de la main-d’œuvre et des ressources, reprendre progressivement l’ajustement budgétaire et reconstituer des marges de manœuvre.
- Rôle attendu : un soutien multilatéral peut jouer un rôle essentiel pour aider les pays à surmonter ces chocs.

### Impact de la pandémie sur l’activité et les marchés
- La pandémie continue de se propager dans toute la région MOAC, malgré des assouplissements récents des restrictions dans plusieurs pays.
- La mobilité autour des lieux de travail dans la région MOAC, mesurée par Google Mobility Trends, a diminué autant qu’en Europe et dans l’Hémisphère occidental.
- Effondrement des indices des directeurs d’achat en avril, premiers signes de redressement en mai.
- Perturbations synchronisées : contraction des échanges commerciaux, perturbations des chaînes d’approvisionnement, effondrement du tourisme et des envois de fonds — ces derniers représentant environ 14 % du PIB des pays fragiles et des pays en proie à des conflits dans la région.
- Le choc pétrolier a frappé durement : les accords OPEP+ entre mars et avril, réduction de la production de pétrole de schiste aux États-Unis et amélioration récente des attentes ont stabilisé partiellement les cours du pétrole — les cours ont rattrapé la moitié des pertes depuis la fin de 2019 mais restent très en deçà des niveaux pré-COVID-19.
- Les baisses de production supérieures aux attentes et la chute des cours du pétrole auront des conséquences négatives sur les exportations et ont affecté plus fortement l’activité au 1er semestre 2020.
- Sorties d’investissements de portefeuille de la région estimées entre 6 et 8 milliards de dollars en mars.
- Les émissions souveraines des pays de la région MOAC représentent la majorité des émissions souveraines des pays émergents depuis la fin mars (plus de 60 %).
- Les écarts de rendement des obligations en dollars se sont resserrés mais restent élevés; pressions sur les monnaies régionales semblent avoir faibli.
- Croissance du crédit au secteur privé et des dépôts jusqu’en avril demeurée globalement stable, même si le crédit au secteur privé diminue depuis le milieu de l’année dernière.
- Systèmes bancaires globalement résilients et bien capitalisés, mais poches de vulnérabilité pouvant accroître les prêts improductifs si la crise se prolonge.

### Mesures immédiates prises
- Les autorités ont essentiellement alloué des ressources aux soins de santé, aidé les ménages vulnérables et les secteurs les plus touchés, et injecté des liquidités.
- Les mesures budgétaires annoncées ont représenté en moyenne plus de 2 % du PIB, dont environ 0,7 % du PIB finançant directement des mesures sanitaires.
- Financement des mesures : dans environ la moitié des pays, financées par réaffectation des dépenses ou par des mesures sur les recettes.
- Mesures complémentaires depuis fin avril visant à élargir la couverture budgétaire : soutien aux petites et moyennes entreprises via moratoires fiscaux limités, reports d’échéances fiscales, suspension du paiement des factures des services d’utilité publique (exemples : Djibouti, Iran, Pakistan).
- Mesures de protection sociale : transferts monétaires et en nature (dans plus des deux tiers des pays), congés payés, allocations chômage, subventions salariales, aides au paiement des factures des services publics, exonérations fiscales temporaires sur produits essentiels, trêves fiscales (exemples de pays : Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Bahreïn, Égypte, Géorgie, Iran, Maroc, Pakistan, Tadjikistan).
- Lignes de crédit aux PME (Arabie saoudite, Djibouti, Émirats arabes unis, Iran, Ouzbékistan).
- Technologies mobiles et plateformes en ligne utilisées pour distribuer aides et identifier bénéficiaires (exemples : Maroc, Tunisie, Pakistan, Jordanie).
- Politique monétaire : réductions considérables des taux directeurs en mars et avril — taux directeurs abaissés dans 16 pays de 150 points de base en moyenne ; Pakistan et Égypte réductions de 525 points de base et 300 points de base, respectivement; Pakistan a réduit encore son taux directeur de 100 points de base à la fin juin.
- Injection de liquidité : neuf banques centrales (Arabie saoudite, Arménie, Émirats arabes unis, Géorgie, Jordanie, Maroc, Ouzbékistan, Tadjikistan, Tunisie) ont injecté plus de 40 milliards de dollars.
- Interventions sur le taux de change : plusieurs pays ont laissé leur taux absorber le choc (Arménie, Géorgie, Maroc, Pakistan, République kirghize); neuf autres pays ont recouru à des interventions sur le marché des changes.

### Perspectives affaiblies et prévisions
- PIB réel de la région MOAC : recul attendu de 4,7 % en 2020 (révision de –2 points de pourcentage depuis avril 2020).
- Révisions par sous-région et groupe de pays :
  - Pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP (MOANAPEP) : contraction de 7,3 % en 2020, puis croissance de 3,9 % en 2021. Révisions à la baisse pour 2020 et 2021 de 3,1 et 0,8 points de pourcentage, respectivement, par rapport aux PER d’avril 2020.
  - Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP (MOANAPIP) : croissance en 2020 pratiquement inchangée par rapport à avril (–1,1 %), avec importantes différences entre pays; révisions à la baisse pour Afghanistan, Djibouti, Jordanie, Maroc, Soudan; Égypte et Pakistan ont revu leurs projections pour l’exercice 2020/21 d’environ 1 point de pourcentage à la baisse.
  - Région Caucase et Asie centrale (CAC) : contraction légèrement plus forte en 2020 (–1,5 %, contre –1 % en prévision d’avril) et reprise plus faible en 2021 (4,4 %, contre 4,7 %). Pays importateurs de pétrole de la CAC (CACIP) : PIB réel devrait reculer de 4,6 % en 2020.
  - Pays exportateurs de pétrole de la région CACEP : contraction attendue de –1,1 % en 2020 (contre –0,8 %).
- Production pétrolière : chute plus importante que prévu de la production de brut dans certains pays; une baisse des recettes d’exportation de pétrole de plus de 270 milliards de dollars est maintenant attendue en 2020 par rapport à 2019.
- PIB par habitant dans les pays en situation de fragilité ou de conflit : baisse prévue d’environ 2 900 dollars en 2018–19 à environ 2 000 dollars en 2020.
- Les pays qui ont adopté les confinements les plus stricts et/ou dont la mobilité autour des lieux de travail a le plus chuté ont vu leur PIB réel le plus fortement révisé depuis avril 2020 (exemples : Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Oman, République kirghize).
- PIB non pétrolier en baisse dans plusieurs pays exportateurs de pétrole en raison de perturbations du tourisme, hôtellerie, restauration, transport et commerce de détail.

### Inflation, balances courantes et finances publiques
- Inflation : la demande plus faible devrait maintenir l’inflation basse dans la région, sauf au Liban où l’inflation en glissement annuel est montée à 56 % en mai, la monnaie ayant perdu près des deux tiers de sa valeur malgré l’imposition d’un contrôle informel des capitaux.
- Soldes des transactions courantes : détérioration attendue en 2020, particulièrement dans :
  - Pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP : –5,4 % du PIB en 2020, contre 3,2 % du PIB en 2019.
  - Région CAC : –6,4 % du PIB en 2020, contre –1,5 % du PIB en 2019.
- Solde budgétaire : dans les pays importateurs de pétrole de la région, le solde budgétaire devrait se dégrader en 2020 par rapport à 2019.

*Rédigé par Joyce Wong avec le concours d’Oluremi Akin-Olugbade.*

### Section 2

### Section 2

### Effets budgétaires et viabilité de la dette
- Dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, les soldes budgétaires devraient reculer d’environ 1,4 point de pourcentage du PIB durant cette période (car les mesures budgétaires ont été moins importantes et certaines mesures de réaffectation ont été prises).
- Dans les pays importateurs de pétrole de la région CAC, les soldes budgétaires se détériorent de près de 6 points de pourcentage du PIB (passant en moyenne de –1,4 % du PIB en 2019 à –7,3 % du PIB en 2020), la riposte à la COVID-19 ayant été plus forte en Géorgie, en République kirghize et au Tadjikistan.
- Ces déficits élevés et croissants pèsent sur la viabilité de la dette : les ratios dette/PIB devraient atteindre, selon les projections actuelles, une moyenne de 95 % du PIB d’ici la fin de 2020 dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP et 61 % du PIB dans les pays importateurs de pétrole de la région CAC.
- Pour les pays exportateurs de pétrole de la région, la situation budgétaire est contrastée :
  - Dans environ la moitié des pays, les mesures ont été accompagnées d’ajustements des dépenses non prioritaires et de mesures portant sur les recettes, qui ont amélioré les soldes budgétaires hors pétrole de 2020 par rapport à 2019 (Algérie, Bahreïn, Oman, Qatar et Arabie saoudite, ce dernier pays ayant triplé son taux de taxe sur la valeur ajoutée).
  - Dans le reste des pays, le solde budgétaire hors pétrole de 2020 s’est creusé en moyenne de 4 points de pourcentage du PIB non pétrolier sur la même période, et il s’est fortement détérioré en Azerbaïdjan, aux Émirats arabes unis et au Koweït.
- Les soldes budgétaires devraient se dégrader partout en 2020 par rapport à 2019.

### Perspectives et principaux aléas
- Les perspectives économiques et l’ensemble des aléas seront exposés à une forte incertitude quant à l’évolution et la persistance de la pandémie.
- Les risques de révision à la baisse des perspectives devraient l’emporter sur les possibilités de révision à la hausse.
- Principaux canaux de risques identifiés :
  - Une hausse récente du nombre d’infections pourrait stopper la reprise même si plusieurs pays ont commencé à lever les mesures strictes.
  - Un déclin prolongé de l’activité (remise en place des mesures d’endiguement, répercussions internationales, baisse de la demande extérieure) pourrait créer des risques de faillites et de fermetures d’entreprises, ralentir la reprise, aggraver la pauvreté et les inégalités, et provoquer des conséquences économiques importantes.
  - Des séquelles durables sur le marché de l’emploi, une aggravation de la pauvreté et des inégalités pourraient créer des problèmes de stabilité, d’autant que le chômage est élevé dans certains pays; les troubles sociaux pourraient se raviver à mesure que les confinements sont levés.
  - Des baisses persistantes des cours ou de la production de pétrole pourraient réduire la marge de manœuvre des pays exportateurs et détériorer leurs systèmes bancaires.
  - Tout durcissement des conditions financières risque de compliquer le refinancement des dettes des entreprises et des pays de la région (la dette souveraine extérieure qui arrive à échéance au deuxième semestre 2020 avoisine 21 milliards de dollars).
  - Une reprise plus lente des envois de fonds et du tourisme menacerait la croissance et les financements extérieurs.
  - La baisse éventuelle du nombre de travailleurs expatriés (qui représentent plus de 70 % de la main-d’œuvre dans certains pays exportateurs de pétrole) pourrait ralentir la reprise.

### Mesures de soutien à court terme et recommandations politiques
- Priorités immédiates :
  - Continuer à veiller à ce que les systèmes de santé disposent de ressources adéquates et soient solides et résilients.
  - Faciliter la reprise économique au fur et à mesure des réouvertures, notamment en mettant progressivement fin à certaines aides d’urgence tout en évitant des coupures brutales de revenus et des faillites.
  - Faciliter le redéploiement de la main-d’œuvre vers des secteurs moins exposés (p. ex. via subventions à l’embauche, reconversions professionnelles, assouplissement des rigidités du marché du travail et des barrières à l’entrée).
  - Mettre en place des dispositifs d’insolvabilité solides et des mécanismes pour restructurer et prendre en charge les créances compromises afin d’éviter que les bilans fragiles du secteur privé freinent la reprise.
- Mesures pour le secteur financier et les marchés :
  - Fournir des liquidités pour aider le marché à fonctionner et éviter une détérioration des conditions de financement.
  - Utiliser les réserves de fonds propres et de liquidités des banques pour absorber pertes et tensions de liquidité; assouplir les réserves de fonds propres contracycliques pour maintenir le crédit bancaire si nécessaire.
  - Si les banques subissent des chocs importants et durables, les autorités de contrôle devraient demander des plans crédibles de rétablissement des fonds propres et prendre des mesures ciblées.
  - Assurer une divulgation transparente des risques et des orientations claires des autorités de contrôle.
  - Adopter des régimes de change flexibles comme première ligne de défense; interventions sur les taux de change pour amortir une volatilité excessive; envisager des mesures de gestion des sorties de capitaux temporaires dans des ensembles plus larges de mesures.
- Conception du soutien :
  - Toute mesure complémentaire de soutien à court terme doit être conçue pour éviter de restreindre excessivement les réaffectations: requalifier les travailleurs et faire en sorte que les crédits bénéficient aux secteurs viables.

### Soutien multilatéral et reconstitution des marges de manœuvre
- Le FMI aide activement la région et a déjà approuvé près de 17 milliards de dollars en faveur de pays de la région MOAC depuis le début de 2020.
- Instruments et mesures cités :
  - Assistance d’urgence via l’instrument de financement rapide : Égypte, Jordanie, Pakistan, République kirghize et Tunisie ont reçu une aide d’urgence.
  - Facilité de crédit rapide (conditions concessionnelles, intérêt à taux zéro) : Afghanistan, Djibouti, Mauritanie, Ouzbékistan, République kirghize et Tadjikistan ont eu accès à son équivalent.
  - Le Maroc a tiré sur sa ligne de précaution et de liquidité pour renforcer ses réserves.
  - Programmes en cours en Arménie, en Géorgie et en Jordanie ont été adaptés; en Arménie et en Géorgie, compléments pour besoins liés à la COVID-19.
  - Nouvel accord de confirmation de 12 mois approuvé en faveur de l’Égypte; programmes en Jordanie et en Égypte ont catalysé 5 milliards de dollars de financements supplémentaires d’autres créanciers publics.
  - Annonce de 1,8 milliard de dollars de contributions en faveur du Soudan dans le cadre d’un programme de référence du FMI.
  - Le fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes du FMI a allégé le service de la dette de l’Afghanistan, de Djibouti, du Tadjikistan et du Yémen.
  - En mars 2020, la Somalie a été admise à bénéficier de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés dès qu’elle atteindra le point d’achèvement.
  - Jusqu’à présent, six pays de la région ont demandé un allégement dans le cadre de l’initiative de suspension du service de la dette du Groupe des Vingt : l’Afghanistan, Djibouti, la Mauritanie, le Pakistan, la République kirghize et le Tadjikistan.
- Recommandations à moyen terme :
  - Reconstituer des marges de manœuvre en réduisant la dette publique et en accroissant les réserves.
  - Promouvoir une économie résiliente et équitable via rééquilibrages des finances publiques fondés sur des cadres budgétaires à moyen terme, réformes de la gouvernance et renforcement de la surveillance des entreprises publiques.
  - Étendre et mieux cibler les dispositifs de protection sociale; priorité à la mise en place de systèmes de paiement numérique et à la création de bases de données sur la protection sociale pour identifier et aider rapidement les bénéficiaires ciblés.
  - Accélérer la diversification économique pour réduire la dépendance au pétrole et bâtir des économies résilientes créatrices d’emplois.

### Encadré : impact mesuré de la COVID-19 dans la région (faits saillants)
- Au 21 juin, la région présentait plus de 1 100 cas par million d’habitants, inférieur à l’Europe (4 500 cas par million d’habitants) et à l’Hémisphère occidental (3 000 cas par million d’habitants), mais supérieur à l’Afrique subsaharienne et à l’Asie.
- Les pays les plus durement frappés au sein de la région étaient l’Arabie saoudite et l’Iran, qui enregistraient respectivement plus de 4 500 cas et 2 500 cas par million d’habitants.
- En termes de victimes, au 21 juin la maladie avait été recensée dans 31 des 32 pays de la région et provoqué plus de 22 000 décès.
- Le nombre total de décès par million d’habitants de la région est d’environ 26, soit beaucoup moins que les plus de 200 décès par million d’habitants en Europe et dans l’Hémisphère occidental, mais plus que les 4 à 6 décès par million d’habitants enregistrés en Afrique subsaharienne et en Asie.

*Source : MISE À JOUR DES PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : MOYEN-ORIENT ET ASIE CENTRALE — Section 2 (extrait).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2020/update/july/french/mreofre72020.pdf_
