## 2. Dette publique et risques de financement hérités de la pandémie

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### Contexte : la situation avant la COVID-19
- À la fin de 2019 :
  - un tiers des pays affichaient des ratios de dette publique supérieurs à 70 % du PIB.
  - cinq pays avaient des besoins de financement équivalant à plus de 15 % du PIB.
- Dans les pays émergents, les banques locales détenaient une part importante de la dette intérieure : détentrices de 81 % de la dette intérieure (hors avoirs des banques centrales) parmi les principaux investisseurs.
- Liens structurels vers graphiques et tableaux pertinents sur la dette publique et les conditions financières pré-pandémie (figures listées dans le chapitre).

### Un an après le début de la pandémie : accentuation des vulnérabilités
- Macrodonnées régionales et impacts 2020 :
  - MOAN : PIB réel estimé en baisse de 3,4% en 2020 (révision à la hausse d’environ 1,6 point par rapport aux prévisions d’octobre 2020).
  - Déficits budgétaires : 3,8% du PIB en 2019 → 10,1% en 2020.
  - Dette publique : 47,6% du PIB en 2019 → 56,4% du PIB en 2020.
  - CAC : contraction d’environ 1,9% en 2020 (révision à la hausse de +0,2 point); solde budgétaire excédentaire de 0,5% du PIB en 2019 devenu négatif (5,6%) en 2020; dette publique 25,9% → 33% du PIB.
  - Plus d’un tiers des pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale affichent des ratios dette/PIB supérieurs à 70% (principalement MOAN).
- Impact moyen par rapport aux prévisions prépandémiques :
  - déficits primaires plus élevés d’en moyenne 7 % du PIB.
  - hausse moyenne de 9 points du ratio dette/PIB.
  - fin 2020 : treize pays avaient une dette publique >70% du PIB (contre 9 fin 2019).
  - quatorze pays avaient des besoins de financements publics bruts >15% du PIB (contre cinq avant la pandémie).
- Rôle du financement intérieur en 2020 :
  - banques locales ont couvert >50% des besoins de financements publics bruts au Bahreïn, en Égypte, en Jordanie, au Pakistan et en Tunisie.
  - ajoutant financements des banques centrales, part totale du secteur bancaire >50% en Arménie, en Iraq et au Liban.
  - accroissement du recours au crédit bancaire intérieur a renforcé liens État‑banques et peut entraver capacité des banques à financer le secteur privé.
- Exposition bancaire au risque souverain (exemples) :
  - exposition >20 % des actifs bancaires : Iraq, Jordanie, Qatar.
  - exposition >45 % : Algérie, Égypte, Pakistan.
  - exposition approchant 60 % : Liban.

### Risques de financement à venir (scénarios et indicateurs)
- Graphiques et indicateurs listés :
  - 2.1 Besoins de financement bruts du secteur public, 2020
  - 2.2 Échéance moyenne à l’émission des obligations en monnaie nationale
  - 2.3 Dette, financement et liens entre État et secteur bancaire dans les pays émergents de la région MO&AC
  - 2.4 Accès aux marchés internationaux dans la région MO&AC
  - 2.6 Exposition des banques au risque de crédit au secteur public ou privé
  - 2.7 Financement public et futurs risques d’évincement dans les pays émergents de la région MO&AC
- Scénario combiné de choc (description) :
  - Choc 1 : resserrement plus rapide que prévu des conditions financières mondiales → rendements (intérieurs et extérieurs) subissant un choc de 200 points de base; reconduction limitée des obligations extérieures (seule la moitié reconduite en 2021–22).
  - Choc 2 : ajustements budgétaires tardifs → ajustements retardés d’un an et reportés à 2022.
  - Dans ce scénario, les besoins de financements publics bruts en 2021–22 augmenteraient en moyenne de quelque 3 % du PIB.
  - L’augmentation de quelque 3 % du PIB représente environ la moitié de l’impact de la pandémie sur les besoins de financements publics bruts des pays émergents du MOAC en 2020.
- Conséquences si le double choc est réalisé et financé par banques locales :
  - Égypte, Oman, Pakistan et Tunisie absorberaient 10 à 23 % de plus d’actifs bancaires sous forme de dette publique en 2021–22 (en addition aux financements bancaires nets déjà prévus).
  - Cela intensifierait l’exposition du secteur bancaire au risque souverain et pourrait réduire sérieusement la capacité des banques à prêter au secteur privé, freinant la reprise.

### Besoins de financement bruts du secteur public, moyenne 2021–22 : éléments quantitatifs
- Principaux agrégats et sources (PE MOAC) :
  - besoins de financement bruts totaux du secteur public (PE MOAC) : 1 070
  - sources intérieures, brut (PE MOAC) : 862
  - sources extérieures, brut (PE MOAC) : 208
- Détails et comparaisons régionales (extraits) :
  - MOAC : 1 100 873 227
  - MOAN : 919 735 185
  - CAC : 271 51 10
  - PFR MOAC : 29 11 19
- Observations additionnelles :
  - ces pays comptent couvrir leurs besoins de financement à hauteur de 862 milliards de dollars auprès de créanciers intérieurs et se procurer 208 milliards auprès de sources extérieures.
  - la valeur médiane du service de la dette extérieure est d’environ 4 % du PIB.
  - le service de la dette intérieure dépasse 15 % du PIB au Bahreïn, en Égypte et au Pakistan.
  - dans les pays à faible revenu, les besoins de financements publics bruts devraient avoisiner 9 % du PIB en 2021–22.
- Risque d’éviction du crédit au secteur privé si les banques locales continuent d’absorber une part importante des besoins publics bruts.

### Conséquences pour l’action des pouvoirs publics
- Thèmes implicites et priorités :
  - choix de politique budgétaire face à besoins de financement accrus.
  - contraintes d’accès aux marchés internationaux.
  - interactions entre dette publique et stabilité du secteur bancaire.
- Exemples de vulnérabilités opérationnelles :
  - pays à faible revenu ont eu recours aux financements de banque centrale (Soudan, Yémen).
  - Liban : créances bancaires sur le secteur public, y compris celles de la banque centrale, en proportion du total des actifs du système bancaire (illustration d’un risque systémique).

### Recommandations et mesures politiques (synthèse spécifique au risque de financement)
- Gestion de la dette et marchés financiers :
  - renforcer stratégies de gestion de la dette à moyen terme pour traiter risques de liquidité et de reconduction/refinancement.
  - définir un plan de communication clair et transparent avec les acteurs du marché.
  - atténuer progressivement la surexposition des banques à la dette souveraine; promouvoir le développement des marchés obligataires locaux.
- Développement des marchés de capitaux locaux et diversification des détenteurs :
  - traiter la surliquidité structurelle des banques qui freine le développement des marchés monétaires.
  - augmenter l’épargne intérieure orientée vers instruments à long terme.
  - établir des marchés secondaires profonds et liquides (larges émissions d’obligations d’État de référence à tous les points de la courbe).
  - développer les sources de financement non bancaires (investisseurs institutionnels, petits épargnants).
  - proposer un éventail d’instruments (taux flottant, indexation sur l’inflation, obligations islamiques (sukuk), titres « verts »).
  - attirer les non‑résidents sur le segment des instruments à long terme via marchés secondaires liquides et intégration aux grands indices mondiaux.
- Mesures pour le secteur financier et la préservation du crédit privé :
  - soutenir le crédit tout en diminuant progressivement la surexposition des banques au risque souverain.
  - encourager les banques à comptabiliser les pertes initiales tout en accordant du temps pour reconstituer les niveaux de fonds propres.
  - améliorer pratiques de transparence et de communication; envisager pondérations du risque et exigences de fonds propres tenant compte de la concentration en titres souverains.
- Pays à accès limité aux marchés et assistance :
  - besoin d’assistance pour atteindre les objectifs de développement durable, dont ressources concessionnelles (surtout de dons) et allégement de dette au titre de l’ISSD.
  - restructuration rapide et ordonnée de la dette commerciale et bilatérale pour ceux confrontés à d’importantes difficultés de paiement, avec appui au cas par cas du Cadre commun pour les traitements de dette.

*Fonds monétaire international | Avril 2021 — Extraits du chapitre "Dette publique et risques de financement hérités de la pandémie" (pages et figures référencées dans le chapitre).*

### 2.	 Dette	publique	et	risques	de	financement	hérités	de	la	pandémie 15

### 2. Dette publique et risques de financement hérités de la pandémie

### Contexte : la situation avant la COVID-19
- Section intitulée "Contexte : la situation avant la COVID-19" (page 15).
- Liens directs dans la structure du chapitre vers les graphiques et tableaux pertinents sur la dette publique et les conditions financières pré-pandémie.

### Un an après le début de la pandémie, les vulnérabilités s’accentuent
- Section intitulée "Un an après le début de la pandémie, les vulnérabilités s’accentuent" (page 16).
- Référence au graphique 2.1 "Besoins de financement bruts du secteur public, 2020" (figure 2.1).
- Référence au graphique 1.7 "Dette publique" (figure 1.7).

### Risques de financement à venir
- Section intitulée "Risques de financement à venir" (page 20).
- Graphiques et indicateurs listés en lien :
  - 2.1 Besoins de financement bruts du secteur public, 2020
  - 2.2 Échéance moyenne à l’émission des obligations en monnaie nationale
  - 2.3 Dette, financement et liens entre État et secteur bancaire dans les pays émergents de la région MO&AC
  - 2.4 Accès aux marchés internationaux dans la région MO&AC
  - 2.6 Exposition des banques au risque de crédit au secteur public ou privé
  - 2.7 Financement public et futurs risques d’évincement dans les pays émergents de la région MO&AC

### Conséquences pour l’action des pouvoirs publics
- Section intitulée "Conséquences pour l’action des pouvoirs publics" (page 22).
- Référence au graphique 2.5 "Mesures de riposte à la crise prises par les PFR de la région MO&AC disposant de peu de financements".
- Thèmes implicites dans la structure : choix de politique budgétaire face à besoins de financement accrus, contraintes d’accès aux marchés internationaux, et interactions entre dette publique et stabilité du secteur bancaire.

### Graphiques et tableaux répertoriés dans le chapitre (sélection)
- Graphiques généraux du document incluant :
  - 1.1 Taux d’incidence de la COVID-19
  - 1.2 Offre et demande mondiales de pétrole
  - 1.3 Soutien budgétaire en riposte à la COVID-19
  - 1.4 Évolution des taux directeurs
  - 1.5 Envois de fonds
  - 1.6 Évolution des résultats des entreprises de la région MOAN et du Pakistan
  - 1.7 Dette publique
  - 1.8 Le rythme de la reprise variera dans la région ...
  - 1.9 Coût de la vaccination par rapport au PIB par habitant
  - 1.10 Mobilité et troubles sociaux en MO&AC
  - 1.11 Couverture des programmes de transferts monétaires
  - 1.12 Accès Internet et pénétration de la téléphonie mobile
- Figures spécifiques au chapitre 2 :
  - 2.1 Besoins de financement bruts du secteur public, 2020
  - 2.2 Échéance moyenne à l’émission des obligations en monnaie nationale
  - 2.3 Dette, financement et liens entre État et secteur bancaire dans les pays émergents de la région MO&AC
  - 2.4 Accès aux marchés internationaux dans la région MO&AC
  - 2.5 Mesures de riposte à la crise prises par les PFR de la région MO&AC disposant de peu de financements
  - 2.6 Exposition des banques au risque de crédit au secteur public ou privé
  - 2.7 Financement public et futurs risques d’évincement dans les pays émergents de la région MO&AC

*Source: 2. Dette publique et risques de financement hérités de la pandémie (texte), page references as listed in the chapter contents.*

### 2.1	 Besoins	de	financement	bruts	du	secteur	public	et	sources	de	financement,	2021–22		   20

### 2.1	 Besoins	de	financement	bruts	du	secteur	public	et	sources	de	financement,	2021–22		   20

### Contexte général et évolution de la pandémie
- Un an après le début de la pandémie de la maladie à coronavirus (COVID-19), la reprise économique en 2021 devrait être longue et différer d’un pays à l’autre, selon la trajectoire de la pandémie, le déploiement des vaccins, les fragilités sous-jacentes, l’exposition au tourisme et aux secteurs à forte intensité de contacts, et la marge de manœuvre et les interventions gouvernementales.
- Après une baisse rapide début 2021, les taux d’infection et de mortalité remontent à nouveau et huit pays signalent de nouveaux variants de la COVID-19.
- Les campagnes de vaccination :
  - Vaccinateurs précoces : démarrées en décembre 2020 ou janvier 2021 dans la plupart des pays de ce groupe (membres du Conseil de coopération du Golfe, Kazakhstan, Maroc); devraient avoir immunisé une fraction importante de leur population d’ici fin 2021.
  - Vaccinateurs plus lents : 13 pays/territoires (Afghanistan, Algérie, Cisjordanie et Gaza, Djibouti, Égypte, Iran, Iraq, Jordanie, Liban, Libye, Ouzbékistan, Pakistan et Tunisie) ont commencé; couverture limitée; pas d’immunisation significative avant au mieux la mi-2022 sans efforts supplémentaires.
  - Vaccinateurs tardifs : 11 autres pays, en particulier des pays à faible revenu; déploiement long et limité à court terme aux doses COVAX (couverture au maximum 20% de la population de chaque pays bénéficiaire); vaccination de l’ensemble de la population au plus tôt en 2023 sauf efforts supplémentaires.

### Conditions extérieures et prix des matières premières
- Après une chute à 27 dollars le baril en avril 2020, les cours ont atteint 67 dollars le baril à la mi-mars 2021, soit environ 4,5% de plus que la moyenne de 2019.
- Les courbes des prix à terme : 57 dollars le baril à fin 2021, puis 53 dollars en 2022; niveau moyen de 2019 = 64 dollars.
- L’indice des prix des produits alimentaires du FMI devrait progresser de près de 14% en 2021.
- Les flux de capitaux : après des sorties d’au moins 6 milliards de dollars au premier semestre 2020, le total des entrées pendant les six derniers mois de l’année a atteint 4 milliards de dollars; à fin février 2021, le montant cumul é des flux depuis le début de la pandémie était devenu positif, tendance affectée par la hausse des rendements obligataires américains à long terme.

### Ripostes politiques et effets macroéconomiques
- Mesures budgétaires en riposte à la pandémie : ont représenté en moyenne 2% du PIB (avant août 2020 pour la plupart).
- Réponses des banques centrales :
  - La plupart des banques centrales ont abaissé leurs taux directeurs à fin août 2020; cinq banques centrales ont procédé à de nouvelles baisses de 25 à 100 points de base : Arménie, Azerbaïdjan, Égypte, Ouzbékistan et Tunisie.
  - Baisses cumulées particulièrement radicales au Pakistan et en Égypte, de respectivement 625 et 400 points de base.
  - Mesures additionnelles : réduction des réserves obligatoires, moratoires sur remboursements d’emprunts, fourniture de liquidités, autorisation pour les banques d’utiliser leur volant de conservation des fonds propres.
- Mobilité et activité : confinements plus ciblés lors de la deuxième vague ont freiné moins la mobilité; rebond notable au troisième trimestre 2020; indices des directeurs d’achat repassés au-dessus du seuil d’expansion à la mi-2020 pour plusieurs pays exportateurs de pétrole.
- Envois de fonds : indice (4e trimestre 2019 = 100) a rebondi au troisième trimestre 2020 après chute au deuxième trimestre 2020; la baisse initiale a été plus prononcée dans le Caucase et en Asie centrale (CAC).

### Impacts macrofiscaux et financiers
- Pour la région MOAN :
  - PIB réel estimé en baisse de 3,4% en 2020; révision à la hausse d’environ 1,6 point par rapport aux prévisions d’octobre 2020.
  - Déficits budgétaires passés de 3,8% du PIB en 2019 à 10,1% en 2020.
  - Dette publique passée à 56,4% du PIB en 2020, contre 47,6% en 2019.
- Pour la région CAC :
  - Contraction d’environ 1,9% en 2020; révision à la hausse de +0,2 point de pourcentage.
  - Solde budgétaire excédentaire de 0,5% du PIB en 2019 devenu négatif (5,6%) en 2020.
  - Dette publique passée à 33% du PIB en 2020, contre 25,9% en 2019.
- Disparités : plus d’un tiers des pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale affichent des ratios dette/PIB supérieurs à 70% (principalement des pays de la région MOAN).
- Banques : bilans relativement solides et niveaux de fonds propres confortables, mais exposition accrue au secteur public en raison du financement interne des besoins publics bruts en 2020; certaines créances nettes des banques sur le secteur public ont encore augmenté.

### Entreprises, emploi et inégalités sectorielles
- Inflation : légèrement augmentée dans nombre de pays de la région en 2020, en partie due à la hausse des prix des produits alimentaires, à la réduction des taux directeurs et à la dépréciation du taux de change dans certains pays; exceptions où l’inflation est restée modérée : pays du Conseil de coopération du Golfe, Jordanie et Maroc.
- Marché du travail : dégradation notable, en particulier pour les jeunes.
  - Taux de chômage en 2020 : de 5% au Kazakhstan à 25% en Jordanie.
  - Taux de chômage des jeunes au 4e trimestre 2020 : Maroc ≈ 32%; Tunisie = 36,5%; Jordanie = 55% (augmentations de 3 à 10 points par rapport à avant la crise).
- Salaires et entreprises :
  - Salaires dans les secteurs à forte intensité de contacts (commerce de détail, >55% de l’emploi privé avant la pandémie) : chute spectaculaire au 2e trimestre 2020 et non encore rétablis.
  - Salaires dans secteurs peu intensifs en contacts (biens de consommation, industrie manufacturière) : faiblement affectés, reprise au 3e trimestre 2020.
  - Salaires des entreprises publiques : progression aux trois premiers trimestres 2020, liée au soutien gouvernemental aux entreprises publiques et à l’emploi public.
  - Entreprises : secteurs à forte intensité de contacts, petites entreprises et entreprises fragiles restent en contraction; grandes entreprises et industrie manufacturière proches des niveaux d’avant la pandémie.

### Perspectives de reprise et contraintes budgétaires/financières
- Trajectoires divergentes selon déploiement des vaccins, exposition au tourisme et aux secteurs à forte intensité de contacts, et marge de manœuvre des gouvernements.
- Vaccination et timing de retour aux niveaux de PIB de 2019 :
  - Pays vaccinateurs précoces : projections de croissance pour 2021 revues à la hausse; PIB devrait atteindre ses niveaux de 2019 en 2022.
  - Pays vaccinateurs plus lents et tardifs : échéance autour de 2022–23.
- Effet du soutien budgétaire en 2020 :
  - Les pays ayant opté pour un soutien budgétaire supérieur à la moyenne ont enregistré une contraction moindre et devraient se redresser plus vite; ceux ayant fourni des aides inférieures à la moyenne ne retrouveront pas les niveaux de PIB d’avant la pandémie avant 2023.
- Besoins de financement publics bruts élevés en 2021–2022 :
  - Besoins moyens des pays émergents de la région en 2021–2022 : atteignant 37% du PIB par an au Bahreïn et en Égypte.
  - Remboursement médian de la dette intérieure : de l’ordre de 10% du PIB par an.
  - Ces niveaux de besoins de financement de base pourraient limiter la marge de manœuvre des pouvoirs publics pour soutenir la reprise.

*Source : Mise à jour des Perspectives économiques régionales : Moyen‑Orient et Asie centrale, Avril 2021 (chapitres et extraits fournis).*

### 1. Révisions de la croissance en 2021 et plans de vaccination

### 1. Révisions de la croissance en 2021 et plans de vaccination

### Révisions de la croissance en 2021
- Différence par rapport aux prévisions d’octobre 2020 pour la croissance du PIB réel, moyenne pondérée, à l’exclusion des pays fragiles ou en proie à des conflits :
  - –1,0
  - –0,8
  - –0,6
  - 0,4
  - 0,0
  - 0,2
  - –0,2
  - –0,4

### Pertes de PIB en 2024 par rapport aux projections pré-COVID-19
- Indicateur présenté : Différence en pourcentage
  - Valeurs/échelle illustrée : –14, 0, –10, –6, –8, –12, –4, –2

### PIB réel et soutien budgétaire en 2020
- Indice, 2019 = 100
  - Valeurs/échelle illustrée : –14, 0, –10, –6, –8, –12, –4, –2

### Abréviations et notes techniques
- Sources : FMI, inventaire des mesures prises en riposte à la COVID-19 ; autorités nationales ; calculs des services du FMI.
- Note terminologique et codes régionaux :
  - CAC = Caucase et Asie centrale
  - CCG = Conseil de coopération du Golfe
  - MOAC = région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale
  - MOAN = Moyen-Orient et Afrique du Nord
  - PA = pays avancés
  - PEP = pays exportateurs de pétrole
  - PEPD = pays émergents et pays en développement
  - PFC = pays fragiles ou en proie à des conflits
  - PFR = pays à faible revenu
  - PIP = pays importateurs de pétrole
- Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).

### Variables liées aux plans de vaccination et au tourisme
- Expressions figurant dans le document :
  - Vaccinateurs précoces
  - Vaccinateurs plus lents
  - Vaccinateurs tardifs
  - Forte importance du tourisme
  - Faible importance du tourisme
- Chaîne littérale figurant dans le document : 20 22212019

*Source : Contenu extrait du document fourni.*

### 2. Révisions de la croissance et importance du tourisme

### 2. Révisions de la croissance et importance du tourisme

### Révisions et rôle du tourisme
- Les perspectives à moyenne échéance resteront inférieures aux prévisions d’avant la pandémie, en partie en raison d’effets négatifs durables : chômage élevé, accumulation plus lente du capital et faible productivité.
- Les séquelles les plus importantes de la crise devraient être observées dans les pays tributaires du tourisme; les effets seront plus légers chez les exportateurs de pétrole.
- Le secteur du tourisme devrait redémarrer progressivement :
  - entre 2022 et 2023 dans certains pays (Arménie, Jordanie, Maroc);
  - d’ici fin 2024 ou en 2025 dans d’autres (Azerbaïdjan, Géorgie, Liban).
- Dans les pays dépendant fortement des services à forte intensité de contacts interpersonnels, la reprise devrait rester modérée en 2021 en raison des restrictions de voyage et des mesures de distanciation.

### Perspectives pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MOAN), le Pakistan et l’Afghanistan
- PIB réel régional MOAN :
  - augmentation prévue de 4,0 % en 2021, soit 0,9 point de plus que les prévisions d’octobre.
  - Pakistan : croissance en 2021 prévue à 1,5 %.
  - Afghanistan : croissance en 2021 prévue à 4,0 %.
  - À moyen terme, le PIB réel devrait rester près de 6 points au-dessous du niveau prévu avant la crise.
- Exportateurs de pétrole :
  - PIB hors pétrole attendu en hausse de 3,3 % en 2021.
  - PIB pétrolier attendu en hausse de 5,8 % en 2021, principalement stimulé par la production libyenne (+233 %) après réouverture de gisements et ports fin 2020.
  - Activité pétrolière modérée à court terme en raison des réductions OPEP+ et des sanctions contre l’Iran.
- Importateurs de pétrole :
  - croissance attendue à 2,3 % en 2021, soit 0,4 point de moins que selon les prévisions d’octobre.
  - Projections revues à la baisse pour Jordanie, Maroc, Tunisie (forte dépendance au tourisme); hausse révisée pour la Mauritanie (expansion des industries extractives et investissement public).
- Inflation régionale :
  - devrait s’élever à 12,8 % en 2021, en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires, de l’augmentation des prix de l’énergie, des dépréciations (Iraq, Liban, Yémen) et du financement monétaire (Liban, Yémen).
  - Pays fragiles/confits (Liban, Libye, Soudan, Yémen) devraient conserver une inflation à deux chiffres.
- Budgets et comptes extérieurs :
  - Soldes budgétaires devraient s’améliorer globalement en 2021 grâce à l’augmentation des recettes et à la levée des mesures pandémiques; amélioration plus nette chez exportateurs de pétrole.
  - Hausse des recettes pétrolières devrait accroître le solde des transactions courantes des exportateurs de pétrole de 128 milliards de dollars.
  - Le déficit courant des importateurs de pétrole devrait légèrement se creuser; le secteur du tourisme continuera à peser sur de nombreuses économies à brève échéance.

### Perspectives pour le Caucase et l’Asie centrale (CAC)
- Production et croissance :
  - production attendue en hausse de 3,7 % en 2021, revenant au niveau prépandémique.
  - rythme de croissance prévu d’atteindre 4,0 % en 2025.
  - niveaux de PIB à moyen terme demeurent inférieurs d’environ 9 points aux prévisions antérieures à la crise.
- Inflation et déficits :
  - inflation attendue à 6,9 % en 2021, après un rebond l’an dernier.
  - déficits budgétaires devraient diminuer de 2,4 points de pourcentage du PIB pour s’établir à 3,2 % du PIB en 2021.
- Comptes extérieurs :
  - déficit du compte courant devrait chuter d’environ 1,5 point de pourcentage du PIB, à 2,1 % du PIB en 2021, principalement dû à l’amélioration chez les exportateurs de pétrole et de gaz.
  - le tourisme continuera toutefois de plomber les comptes dans plusieurs pays.

### Scénarios et risques macroéconomiques
- Scénarios liés aux vaccins :
  - une production accrue et une distribution accélérée des vaccins (coopération mondiale/régionale) : la croissance régionale gagnerait environ ¼ de point en 2021 et ¾ de point en 2022.
  - coût de la vaccination retenu pour les estimations : 27 dollars pour vacciner entièrement une personne (prix par dose de 11 dollars via COVAX, incluant transport, stockage frigorifique, approvisionnement et distribution).
- Risques d’aggravation :
  - nouvelles contaminations / nouveaux variants pourraient conduire à des reconfinements, surtout si la vaccination tarde, alourdissant la dette publique et les risques de financement.
  - remontée rapide des rendements obligataires aux États-Unis : resserrement des conditions de financement mondiales, sorties de capitaux, élargissement des écarts de rendement souverain.
  - pays avec dette extérieure élevée et espace budgétaire limité sont plus vulnérables; flux de portefeuille vers la région sont traditionnellement deux fois plus sensibles à l’incertitude mondiale.
- Risques sociaux et long terme :
  - arrêt prématuré des mesures de soutien : multiplication des faillites, défauts, hausse du chômage, multiplication des prêts improductifs, menace pour la stabilité financière.
  - recrudescence de l’agitation sociale liée aux confinements et effets économiques, accentuée dans les pays à marge de manœuvre limitée.
  - risque à long terme : reprise hétérogène aboutissant à une accentuation persistante des inégalités, pauvreté croissante, faillites d’entreprises viables, croissance durablement anémiée et nouveaux troubles sociaux.

### Recommandations de politique économique
- Priorités immédiates :
  - maintenir les dispositifs d’urgence jusqu’à ce que la reprise soit bien installée; veiller à ce qu’ils soient efficients et ciblés.
  - améliorer la distribution des vaccins et assurer des systèmes de santé suffisants; appliquer des restrictions locales ciblées pendant le déploiement.
- Gouvernance budgétaire et assainissement :
  - pour les pays avec marge budgétaire (ex. Azerbaïdjan, Kazakhstan, Turkménistan, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar, Mauritanie, Maroc) : rester flexibles, conserver soutien ciblé, reconstituer des amortisseurs si la reprise est plus soutenue.
  - pour les pays sans marge : rééquilibrage budgétaire dès 2021, ancré dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible, améliorer le recouvrement des recettes (restriction des exonérations fiscales, élargissement de l’assiette), dépenses plus efficientes (élimination progressive des subventions, maîtrise des masses salariales élevées).
  - redéfinir les priorités de dépense pour couvrir les besoins à court terme; associer mesures de compensation à chaque dispositif d’urgence ciblé.
- Gestion de la dette et marchés financiers :
  - renforcer stratégies de gestion de la dette pour traiter risques de liquidité, atténuer risques de reconduction/refinancement, étoffer la base d’investisseurs, surveiller et prévenir passifs conditionnels liés au soutien extrabudgétaire.
  - atténuer progressivement la surexposition des banques à la dette souveraine; promouvoir l’essor des marchés obligataires locaux.
  - soutenir l’expansion du crédit au secteur privé, tout en protégeant la stabilité financière; continuer l’apport de liquidités aux emprunteurs en difficulté mais viables.
- Ciblage du soutien social et entreprises :
  - rendre le soutien supplémentaire bien ciblé, équitable et axé sur l’économie post-pandémique : aides conditionnées par ressources, argent mobile, transferts en nature, croisement des bases de données, méthodes locales.
  - pour les entreprises, le soutien doit pallier les dysfonctionnements du marché et assurer des règles du jeu équitables entre entreprises publiques et privées; encourager transition vers le monde post-COVID-19 via formation professionnelle et incitations à l’embauche.
- Coopération internationale et accès aux vaccins :
  - renforcer le financement et la portée de COVAX; redistribuer doses excédentaires détenues par certains pays; plus grande transparence sur contrats d’achat de vaccins.
  - partage régional du savoir-faire, du matériel et des doses excédentaires pour éviter des retards logistiques dans les pays à faible revenu et les pays fragiles.
- Réformes structurelles pour la transformation à moyen terme :
  - s’attaquer aux inégalités, pauvreté, corruption; promouvoir emploi privé, climat, gouvernance.
  - réformer le secteur public et les entreprises publiques pour dégager espace pour le secteur privé et assurer viabilité des finances publiques.
  - atténuer distorsions du marché du travail favorisant emploi public, réduire informel, promouvoir emplois à forte valeur ajoutée dans le secteur privé.
  - accroître l’efficience des dépenses sociales (peut combler jusqu’à un tiers du déficit en matière de développement humain, selon une étude du FMI).
  - investir dans l’accès aux services financiers et l’infrastructure internet; tirer parti de la numérisation pour soutenir réformes.
- Adaptation au changement climatique :
  - identifier priorités d’action pour l’adaptation, investir dans infrastructures résilientes.
  - pour les exportateurs de pétrole : réduire dépendance au pétrole, reconstituer amortisseurs financiers, poursuivre diversification économique et budgétaire en remédiant aux effets distributionnels négatifs.

### Dette publique et risques de financement hérités de la pandémie
- Situation avant la COVID-19 :
  - à la fin de 2019, un tiers des pays affichaient des ratios de dette publique supérieurs à 70 % du PIB; cinq pays avaient des besoins de financement équivalant à plus de 15 % du PIB.
  - dans les pays émergents, les banques locales détenaient une part importante de la dette intérieure (détentrices de 81 % de la dette intérieure, hors avoirs des banques centrales, parmi les principaux investisseurs).
- Accentuation des vulnérabilités en 2020 :
  - par rapport aux prévisions prépandémiques, les déficits primaires sont plus élevés d’en moyenne 7 % du PIB.
  - la combinaison déficits plus élevés et contraction économique a entraîné une hausse moyenne de 9 points du ratio dette/PIB.
  - fin 2020 : treize pays avaient une dette publique supérieure à 70 % du PIB (contre 9 fin 2019).
  - quatorze pays avaient des besoins de financements publics bruts équivalant à plus de 15 % du PIB (contre cinq avant la pandémie).
- Rôle du financement intérieur :
  - les banques locales ont couvert plus de 50 % des besoins de financements publics bruts au Bahreïn, en Égypte, en Jordanie, au Pakistan et en Tunisie.
  - en ajoutant les financements des banques centrales, la part totale du secteur bancaire a dépassé 50 % en Arménie, en Iraq et au Liban.
  - l’accroissement du recours au crédit bancaire intérieur a renforcé les liens entre l’État et les banques et peut entraver la capacité des banques à financer le secteur privé.
- Structure des marchés et émission extérieure :
  - un tiers des pays ont levé des fonds sur les marchés internationaux en 2020; dix pays se sont financés sur les marchés (Arabie saoudite, Arménie, Bahreïn, Émirats arabes unis, Égypte, Jordanie, Maroc, Oman, Ouzbékistan, Qatar).
  - ces dix pays ont représenté 26 % des émissions de pays émergents et 6 % du PIB des pays émergents; néanmoins, les financements extérieurs rapportés aux besoins ont été en moyenne limités à 20 % des besoins de financements publics bruts.
  - le taux moyen des coupons sur les titres « investissement » et « spéculative » pour la région en 2020 était légèrement supérieur au taux moyen servi dans les pays émergents comparables.
- Exposition des banques au risque souverain (exemples) :
  - exposition >20 % des actifs bancaires : Iraq, Jordanie, Qatar.
  - exposition >45 % : Algérie, Égypte, Pakistan.
  - exposition approchant 60 % : Liban.
- Pays à faible revenu :
  - la plupart n’ont pas réagi vigoureusement faute de financements suffisants et se sont appuyés sur financements officiels et de banque centrale.
  - en 2020, l’augmentation médiane du déficit primaire pour ce groupe était de 2 % du PIB.

*Fonds monétaire international | Avril 2021 — Extraits du chapitre "2. Révisions de la croissance et importance du tourisme"*

### 1. Structure de la dette publique, par créancier

### 1. Structure de la dette publique, par créancier

### Principaux constats
- Les besoins de financements publics bruts devraient augmenter en 2021–22 par rapport aux niveaux prévus avant la pandémie.
- Dans les pays émergents du Moyen-Orient et d’Asie centrale (PE MOAC), les besoins de financement pourraient s’élever à 1 070 milliards de dollars en 2021–22, contre 784 milliards en 2018–19.
- Ces pays comptent couvrir leurs besoins de financement à hauteur de 862 milliards de dollars auprès de créanciers intérieurs et se procurer 208 milliards auprès de sources extérieures.
- Dans les pays à faible revenu (PFR MOAC), les besoins de financement devraient atteindre 29 milliards de dollars en 2021–22 contre 27 milliards en 2018–19.
- En moyenne, les besoins de financements publics bruts en 2021–22 devraient demeurer supérieurs à 15 % du PIB dans la majorité des pays émergents du Moyen-Orient et d’Asie centrale.
- La valeur médiane du service de la dette extérieure est d’environ 4 % du PIB.
- Le service de la dette intérieure dépasse 15 % du PIB au Bahreïn, en Égypte et au Pakistan.
- Dans les pays à faible revenu, les besoins de financements publics bruts devraient avoisiner 9 % du PIB en 2021–22.

### Sources de financement et exposition bancaire
- Les administrations publiques de quatre pays de la région (Égypte, Oman, Pakistan et Tunisie) absorberaien t, en cas de choc simulé, 10 à 23 % de plus d’actifs bancaires sous forme de dette publique en 2021–22.
- Les banques locales devront continuer de couvrir une part importante des besoins de financements publics bruts élevés des pays émergents du Moyen-Orient et d’Asie centrale, ce qui pourrait évincer le crédit au secteur privé.
- Un petit nombre de pays à faible revenu a dû recourir aux financements de banque centrale (Soudan, Yémen).
- Pour le Liban, il s’agit des créances bancaires sur le secteur public, y compris celles de la banque centrale, en proportion du total des actifs du système bancaire.

### Tableaux chiffrés (extrait : besoins et sources, 2021–22)
- Besoins de financement bruts totaux du secteur public (PE MOAC) : 1 070
- Sources intérieures, brut (PE MOAC) : 862
- Sources extérieures, brut (PE MOAC) : 208
- dont : CCG : 248 130 118
- PFR MOAC : 29 11 19
- Pour mémoire :
  - MOAC : 1 100 873 227
  - MOAN : 919 735 185
  - CAC : 271 51 10
- Note terminologique et géographique :
  - CAC = Caucase et Asie centrale
  - CCG = Conseil de coopération du Golfe
  - MOAC = Moyen-Orient et Asie centrale
  - MOAN = Moyen-Orient et Afrique
  - PE = pays émergents
  - PFR = pays à faible revenu

### Risques et dynamique de financement
- Les perspectives de se financer massivement sur les marchés internationaux sont limitées pour plusieurs pays de la région.
- Si les banques locales financent davantage la dette publique, cela pourrait accroître l’exposition du secteur bancaire au risque souverain et réduire la capacité à prêter au secteur privé, freinant la reprise.
- L’expérience du Liban illustre comment l’amplification des interactions entre dette souveraine et dette bancaire peut mettre en péril la stabilité macroéconomique, financière et budgétaire.

### Scénario combiné de choc (description)
- Le scénario combine deux chocs :
  - Resserrement plus rapide que prévu des conditions financières mondiales :
    - Rendements (intérieurs et extérieurs) subissant un choc de 200 points de base.
    - Choc sur la reconduction : seulement la moitié des obligations extérieures arrivant à échéance sont reconduites en 2021–22.
  - Ajustements budgétaires tardifs :
    - Les ajustements budgétaires prévus sont retardés d’un an et reportés à 2022.
- Dans ce scénario, les besoins de financements publics bruts en 2021–22 augmenteraient en moyenne de quelque 3 % du PIB.
- L’augmentation de quelque 3 % du PIB représente environ la moitié de l’impact de la pandémie sur les besoins de financements publics bruts des pays émergents du Moyen-Orient et d’Asie centrale en 2020.

### Conséquences en cas de réalisation du scénario
- Si les besoins budgétaires supplémentaires créés par le double choc sont financés par les banques locales et s’ajoutent aux financements bancaires nets couvrant déjà les besoins prévus pour 2021–22 :
  - Égypte, Oman, Pakistan et Tunisie absorberaient 10 à 23 % de plus d’actifs bancaires sous forme de dette publique en 2021–22.
- Une telle évolution intensifierait l’exposition du secteur bancaire au risque souverain et pourrait sérieusement réduire la capacité des banques à prêter au secteur privé, affaiblissant les perspectives d’une reprise durable.

### Recommandations et mesures politiques
- Conduire des politiques et des réformes pour diminuer les besoins de financements publics bruts élevés et atténuer la concentration de l’exposition bancaire au risque souverain.
- S’appuyer sur :
  - Une stratégie solide de gestion de la dette à moyen terme.
  - La définition d’un plan de communication clair et transparent avec les acteurs du marché.
- Renforcer la coordination entre autorités (politiques et mesures spécifiques) responsables de la régulation et de la gestion des risques liés à l’endettement public et à l’exposition bancaire.

*Fonds monétaire international, Avril 2021 (extraits du chapitre "Dette publique et risques de financement hérités de la pandémie")*

### 3. Besoins de financement bruts du secteur public, moyenne 2021–22 :

### 3. Besoins de financement bruts du secteur public, moyenne 2021–22 : scénarios avec choc

### Graphique et contexte
- Graphique 2.7. Financement public et futurs risques d’évincement dans les pays émergents de la région MO&AC.
- Présentation des besoins de financement bruts du secteur public (en pourcentage du PIB) sous scénarios avec choc pour une série de pays identifiés par codes (EGY BHR PAK KWT JOR TUN MAR GEO ARM OMN ...).

### Dette publique et risques hérités de la pandémie
- Importance de la gestion de la dette et des secteurs monétaire, budgétaire et financier pour évaluer la capacité d’absorption totale des marchés financiers nationaux et l’impact des mesures susceptibles d’altérer la capacité des États souverains à emprunter.
- Les pays disposant d’un espace budgétaire limité doivent mettre en œuvre :
  - des plans de rééquilibrage favorables à la croissance, ancrés dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible;
  - des mesures d’atténuation des risques de reconduction et de refinancement, y compris des opérations de gestion des passifs pour obtenir des modalités plus avantageuses et améliorer le profil de la dette à moyen terme.

### Réduire les risques liés à la concentration des détenteurs de la dette publique
- Les leviers recommandés :
  - développer les marchés de capitaux locaux, soutenu par :
    1) le traitement de la surliquidité structurelle des banques dans certains pays qui freine le développement des marchés monétaires et favorise les stratégies "acheter pour conserver";
    2) l’augmentation de l’épargne intérieure, placée en particulier dans des instruments à long terme;
    3) l’établissement de marchés secondaires profonds et liquides, par exemple le lancement de plus grosses émissions d’obligations d’État de référence à tous les points de la courbe des rendements.
  - étoffer progressivement la base d’investisseurs pour réduire la dépendance excessive aux banques locales et élargir les possibilités de financement du secteur privé en ciblant des investisseurs importants et hétérogènes.

### Priorités pour les gestionnaires de la dette
- Objectifs opérationnels prioritaires :
  1) développer les sources de financement non bancaires (investisseurs institutionnels, petits épargnants, par exemple);
  2) proposer un éventail d’instruments conformes aux préférences des différents investisseurs (taux flottant, indexation sur l’inflation, obligations islamiques (sukuk), titres « verts », etc.);
  3) attirer les non-résidents — en particulier sur le segment des instruments à long terme — grâce à des marchés secondaires liquides et à l’intégration d’obligations d’État en monnaie locale aux grands indices mondiaux.

### Mesures pour le secteur financier et la préservation du crédit au secteur privé
- Mesures à brève échéance :
  - soutenir le crédit tout en diminuant progressivement la surexposition des banques au risque souverain;
  - encourager les banques à comptabiliser les pertes initiales tout en accordant du temps pour reconstituer les niveaux de fonds propres;
  - améliorer les pratiques de transparence et de communication pour favoriser la discipline de marché et réduire le poids excessif des titres souverains dans les portefeuilles.
- Mesures à moyen terme :
  - renforcer les bilans bancaires et souverains, améliorer la gouvernance et offrir aux banques de nouvelles possibilités de diversification des prêts, y compris par davantage d’inclusion financière;
  - envisager des pondérations du risque tenant compte de l’ensemble du cycle et revues périodiquement;
  - envisager des exigences de fonds propres qui augmentent avec la concentration en titres souverains des bilans bancaires afin de limiter les interactions entre dette souveraine et dette bancaire et réduire les effets procycliques.

### Pays à accès limité aux marchés et besoins en assistance
- Les pays à faible revenu et les pays fragiles ou en proie à un conflit :
  - auront besoin d’une assistance pour atteindre les objectifs de développement durable, notamment de ressources concessionnelles (surtout de dons) et d’un allégement de dette au titre de l’ISSD;
  - ceux qui rencontrent d’importantes difficultés pour s’acquitter du service de leur dette pourraient bénéficier d’une restructuration rapide et ordonnée de leur dette commerciale et bilatérale, avec, au cas par cas, l’appui du Cadre commun pour les traitements de dette.

### Principaux indicateurs économiques (MOAN, Afghanistan et Pakistan : moyennes et projections 2000–22) — extraits clés
- MOAN (moyennes/projections et séries indiquées) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,5 1,2 0,8 –3,4 4,0 3,7
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 5,5 1,9 2,5 –2,5 3,0 3,3
  - Solde du compte des transactions courantes : 7,4 3,8 1,2 –3,2 0,7 0,4
  - Solde budgétaire global : 1,7 –2,6 –3,8 –10,1 –5,8 –4,7
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 7,1 9,7 6,9 10,5 12,8 8,6
- Pays exportateurs de pétrole de la région MOAN :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,6 0,3 –0,3 –4,5 4,8 3,4
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 5,8 1,2 2,2 –3,2 3,3 2,8
  - Solde du compte des transactions courantes : 10,1 6,3 3,1 –2,7 2,3 2,0
  - Solde budgétaire global : 3,6 –1,6 –3,1 –10,8 –5,3 –4,3
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 6,6 8,0 5,7 8,6 11,0 8,2
- Pays exportateurs de pétrole de la région MOAN, hors pays touchés par des conflits et Iran :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,9 1,7 1,1 –5,6 2,6 3,7
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 6,4 2,2 2,7 –4,4 3,6 3,0
  - Solde du compte des transactions courantes : 11,9 6,6 3,9 –3,4 2,9 2,4
  - Solde budgétaire global : 5,4 –1,0 –2,0 –10,5 –4,8 –3,1
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 3,2 2,3 –0,9 1,3 3,7 3,0
- Conseil de coopération du Golfe (CCG) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,4 1,9 0,7 –4,8 2,7 3,8
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 6,2 1,7 2,4 –3,9 3,5 3,4
  - Solde du compte des transactions courantes : 13,6 8,6 5,8 –1,3 4,2 3,8
  - Solde budgétaire global : 6,8 –1,6 –1,6 –9,2 –3,0 –1,4
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 2,6 2,2 –1,5 1,2 2,7 1,9
- Pays importateurs de pétrole de la région MOAN :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,1 3,5 3,3 –0,8 2,3 4,5
  - Solde du compte des transactions courantes : –4,0 –7,5 –6,7 –4,9 –5,6 –5,2
  - Solde budgétaire global : –6,6 –7,4 –7,0 –7,4 –7,6 –6,1
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 8,3 14,4 9,9 15,4 17,2 9,6
- MOANAP (MOAN, Afghanistan et Pakistan) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,5 1,7 0,9 –3,0 3,7 3,8
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 5,4 2,3 2,4 –2,2 2,8 3,4
  - Solde du compte des transactions courantes : 6,8 3,0 0,8 –3,0 0,6 0,3
  - Solde budgétaire global : 1,3 –3,0 –4,2 –9,9 –5,8 –4,7
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 7,1 8,9 6,8 10,5 12,2 8,5
- Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,2 4,1 2,9 –0,7 2,1 4,3
  - Solde du compte des transactions courantes : –2,8 –6,6 –5,8 –3,5 –4,2 –4,0
  - Solde budgétaire global : –5,9 –6,9 –7,5 –7,5 –7,3 –5,9
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 8,1 10,4 8,7 13,6 14,0 9,0
- Monde arabe (extraits) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,6 2,5 2,0 –4,2 4,3 4,0
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 5,7 2,7 2,8 –3,1 3,2 3,6
  - Solde du compte des transactions courantes : 8,1 3,5 1,4 –3,9 0,6 0,3
  - Solde budgétaire global : 2,6 –2,7 –3,5 –10,6 –5,5 –3,9

### Principaux indicateurs économiques — Région CAC (2000–22) — extraits
- CAC (agrégat) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 7,2 4,4 4,8 –1,9 3,7 4,1
  - Solde du compte des transactions courantes : 0,1 0,3 2,3 –3,6 –2,1 –2,3
  - Solde budgétaire global : 1,4 1,9 0,5 –5,6 –3,2 –1,8
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 9,0 7,9 6,6 7,4 6,9 6,2
- Pays exportateurs de gaz et de pétrole de la région CAC :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 7,3 4,2 4,7 –1,4 3,7 4,0
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 7,6 4,0 5,6 –1,4 3,5 4,0
  - Solde du compte des transactions courantes : 1,3 4,1 –1,7 –3,1 –1,4 –1,8
  - Solde budgétaire global : 2,1 2,5 0,8 –5,3 –2,9 –1,6
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 9,5 8,8 7,0 7,8 7,1 6,5
- Pays importateurs de gaz et pétrole de la région CAC :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 6,0 5,1 6,0 –4,6 3,8 4,7
  - Solde du compte des transactions courantes : –8,6 –7,5 –6,2 –7,6 –7,9 –6,4
  - Solde budgétaire global : –3,1 –1,9 –1,4 –7,3 –5,9 –3,4
  - Inflation (moyenne annuelle ; en pourcentage) : 6,5 2,6 3,8 5,2 5,7 4,2

*Fonds monétaire international | Avril 2021*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2021/april/french/text.pdf_
