## 2. MARCHÉS DU TRAVAIL : LES DIFFICULTÉS PENDANT LA PANDÉMIE, LE RÔLE DU SECTEUR INFORMEL ET LA VOIE À SUIVRE

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### Problèmes préexistants et caractéristiques du marché du travail régional
- Taux de chômage régional moyen le plus élevé au monde : 9,4 % (2018–19).
- Taux d’activité régional le plus bas : 55 % (2018–19).
- Taux d’activité des femmes : environ 33 % en 2018–19 (contre 53 % en Amérique latine et aux Caraïbes et 54 % dans la région Asie et Pacifique).
- Emploi non salarié (proxy du secteur informel) : 35 % de l’emploi total en 2018–19 ; près de 50 % dans les pays à faible revenu de la région (Somalie, Soudan, Yémen avec les taux les plus élevés).
- Vulnérabilités structurelles listées : vastes secteurs informels, poids élevé du secteur public, prévalence d’entreprises publiques inefficaces, haut chômage structurel, forte dépendance aux produits de base, faibles niveaux de compétences.

### Effets de la COVID-19 sur l’emploi et l’activité (choc 2020)
- Taux de chômage moyen de la région MOAC passé de 9,4 % (2018–19) à 10,7 % en 2020.
- Contraction de l’emploi : environ 8 millions de personnes, soit 2,2 points de pourcentage de la population en âge de travailler.
- Le taux d’activité a chuté « dans des proportions sans précédent » en 2020.
- Baisse du nombre d’heures travaillées et de l’emploi plus marquée que lors des épisodes précédents.
- Effets par groupe démographique et statut :
  - Femmes : recul de l’emploi de 6,1 percent en 2020 ; hommes : recul de 3,9 percent.
  - Jeunes : hausse du taux de chômage environ deux fois et demie supérieure à celle des adultes.
  - Travailleurs peu qualifiés : baisse de l’emploi presque deux fois plus importante que pour les travailleurs qualifiés; femmes peu qualifiées disproportionnellement affectées.
  - Migrants (pays du CCG) : brutale contraction de l’emploi des migrants, pesant sur la consommation intérieure et les envois de fonds (valeurs d’exemples d’emploi par nationalité indiquées dans le texte : –7,8; –9,7; –0,7; –7,1; –8,7; 3,0; –0,5; –1,5; 2,6; –13,1; –15,7; –3,5).
  - Secteurs à contacts fréquents : recul de l’emploi environ trois fois plus important que dans les autres secteurs.
  - Emploi privé moyen régional : −2,5 percent ; emploi public moyen régional : −1,1 percent.
- Estimation sociale : environ 7 millions de personnes de plus basculées dans l’extrême pauvreté sur la période 2020–21 par rapport aux prévisions antérieures à la crise.

### Rôle et comportement du secteur informel pendant la pandémie
- Le secteur informel, habituellement contracyclique, s’est effondré dans les sous-régions MOANAP et CAC en 2020 (graphique 2.4).
- Raisons : nature exceptionnelle du choc et mesures drastiques (confinements, distanciation) fermant des entreprises et réduisant fortement les services à contacts fréquents, où l’emploi informel est concentré.
- Implication : l’informalité n’a pas joué son rôle d’amortisseur; l’emploi informel a reculé fortement et, dans certains scénarios, pourrait rebondir rapidement ou rester élevé, affectant la durabilité et la productivité de la reprise.

### Réponses publiques et mesures adoptées pendant la pandémie
- Types de mesures observées (graphique 2.8, nombre de pays) :
  - Nouvelle organisation du travail (télétravail facilité)
  - Transferts au comptant / Subventions salariales
  - Accès aux congés payés
  - Programmes de maintien dans l’emploi
  - Allégement financier/fiscal
  - Renforcement de la protection sociale
  - Éducation/formation
  - Prévention de la discrimination et de l’exclusion
  - Mesures ciblées pour les travailleurs informels (transferts monétaires observés en Azerbaïdjan, Égypte, Iran, Jordanie, Maroc)
- Exemples de subventions salariales et programmes de maintien dans l’emploi : Iran, Kazakhstan, Maroc, Arabie saoudite, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Jordanie.

### Loi d’Okun, sensibilité chômage-croissance et perspectives de redressement
- Méthode : estimation des coefficients d’Okun et simulations utilisant les prévisions de croissance du PIB réel (PEM d’avril 2021).
- Coefficient d’Okun moyen régional : −0,035.
- Par sous-région :
  - MOANAP : coefficient d’Okun moyen −0,013.
  - CAC : coefficient d’Okun moyen −0,075.
  - MOANAP excluant pays à revenu élevé : −0,031.
- Comparaisons citées : Ball et al. (2019) estiment des coefficients moyens à −0,4 (pays avancés) et −0,2 (pays en développement).
- Constats :
  - Relation chômage-croissance historiquement ténue dans la région MOAC, grande hétérogénéité par pays.
  - Dans certains pays d’Afrique du Nord, une hausse de 1 point de pourcentage de la croissance du PIB s’accompagne d’une baisse d’environ 0,4 point de pourcentage du taux de chômage.
  - Dans plusieurs pays de MOANAP (notamment pays du CCG), coefficient proche de zéro voire positif.
- Implication des simulations : redressement des marchés du travail probablement lent et inégal à court terme (graphique 2.11). Dans beaucoup de pays, la croissance prévue ne suffira pas à ramener rapidement le chômage à son niveau prépandémique.

### Scénarios de reprise liés à l’emploi informel
- Scénario 1 — rebond rapide de l’emploi informel :
  - Pays avec vaste secteur informel pourraient voir un rebond d’emploi à court terme une fois risques sanitaires maîtrisés.
  - L’emploi informel a davantage reculé que l’emploi formel mais pourrait repartir plus vite en raison de coûts de recrutement et d’installation moindres.
  - Impact : hausse rapide de l’emploi total à court terme ; durabilité meilleure si travailleurs réintègrent le secteur formel lors de l’expansion.
- Scénario 2 — persistance d’un fort taux d’activité informelle :
  - Taux élevé d’activité informelle durable ferait obstacle à une reprise dynamique et soutenue.
  - Risque d’hystérèse : perte de compétences et piège informel, baisse de la productivité globale si la pandémie perdure (accès limité aux vaccins).

### Recommandations de politique pour une reprise inclusive et résiliente
- Priorités générales :
  - Accélérer la vaccination pour soutenir la reprise et réduire divergences.
  - Exploiter synergies entre politiques budgétaires, monétaires, macrofinancières et structurelles pour une « reprise transformatrice » plus résiliente, inclusive et verte.
  - Préserver soutenabilité budgétaire et stabilité financière tout en protégeant vies et moyens d’existence.
  - Coopération régionale et mondiale pour vaccination, numérique, adaptation au changement climatique et transition bas carbone.
- Politiques du marché du travail ciblées :
  - Améliorer opportunités d’éducation et de formation ; encourager formation professionnelle pour réduire asymétries de compétences.
  - Incitations à l’embauche conçues comme temporaires et ciblées pour pays disposant d’espace budgétaire.
  - Réformes structurelles pour encourager l’emploi formel, l’emploi des jeunes et des femmes, et faciliter mobilité des travailleurs migrants.
  - Réorienter soutien de l’État du maintien dans l’emploi vers la réaffectation des ressources au fur et à mesure de la reprise.
  - Régularisation des activités informelles (y compris définition des salaires minimums et fiscalité du travail) pour limiter séquelles et pièges informels.
  - Mettre en place une assurance chômage bien conçue.
  - Renforcer missions et digitalisation des services publics de l’emploi, améliorer employabilité et placement des jeunes.
  - Réformes réglementaires : réduire rigidités de recrutement/licenciement (ex. Algérie, Maroc, Tunisie), flexibiliser fixation des salaires (ex. Pakistan, Tunisie), contenir taille de la masse salariale publique.
  - Réduire inégalités entre femmes et hommes : services petite enfance abordables, législation anti-discrimination, transparence salariale, modalités de travail flexibles via numérique.
- Mesures pour les entreprises et système financier (liées au marché du travail) :
  - Cibler le soutien public vers entreprises viables en difficulté, éviter maintien prolongé d’entreprises non viables.
  - Favoriser restructuration rapide des entreprises viables mais insolvables et liquidation des entreprises non viables pour une reprise plus forte.
  - Surveiller risques macroprudentiels et encourager les banques vulnérables à renforcer leurs réserves pendant la période de soutien.
  - Développer marchés de capitaux nationaux et marchés des créances sinistrées pour faciliter restructurations.

### Caractéristiques de la reprise des entreprises et implications pour l’emploi
- Disparités dans la reprise :
  - Secteurs à forte intensité de contacts ont subi plus fortement et récupèrent plus lentement : au premier semestre 2020, recettes −11 % en glissement annuel (secteurs à forte intensité) vs −7 % (faible intensité).
  - Au 1er trimestre 2021 : secteurs à faible intensité recettes +18 % en glissement annuel; secteurs à forte intensité continuent de baisser.
  - PME non cotées (moins de 250 salariés) : recettes chutées de 40 à 45 % dans services/hôtellerie/tourisme; emplois −32 % dans ces secteurs (contre −20 % pour grandes entreprises).
  - Écart entre entreprises plus performantes (quartile supérieur) et moins performantes (quartile inférieur) s’est creusé : au T1 2021, quartile inférieur −30 %; quartile supérieur +16 %.
- Numérisation :
  - Investissement préalable dans technologies numériques a atténué la baisse des ventes au pic de la pandémie d’environ 4 points de pourcentage.
  - Environ 35 percent des entreprises ont augmenté ou lancé des activités numériques; 30 percent ont modifié leur processus de production.
- Vulnérabilités :
  - Estimation : 15 à 25 percent des entreprises de la région pourraient devoir être restructurées ou liquidées (test de résistance moyen terme).
  - Entreprises les moins performantes entrées dans la crise avec RCI négatif et dette élevée ; risque accru de zombification.
  - Endettement des entreprises : augmentation notable, de 51 à 57 percent au premier trimestre de 2021.

### Points chiffrés et seuils opérationnels à considérer
- Coefficient d’Okun moyen régional : −0,035.
- Coefficients régionaux : MOANAP −0,013 ; CAC −0,075 ; MOANAP hors pays à revenu élevé −0,031.
- Emploi non salarié 2018–19 : 35 percent de l’emploi total ; près de 50 percent dans pays à faible revenu de la région.
- Chute d’emploi 2020 : environ 8 millions de personnes (2,2 points de pourcentage de la population en âge de travailler).
- Chiffres d’impact public/privé de l’emploi 2020 : emploi privé −2,5 percent ; emploi public −1,1 percent.
- Estimation entreprises affectées : 15 à 25 percent devant être restructurées ou liquidées selon test de résistance.
- Part des entreprises ayant reçu au moins un type de soutien public dans un échantillon : 34 percent (PME : 33 percent ; grandes entreprises : 48 percent).
- Investissements non salariaux fin 2020 : réduction de 10 percent ; masse salariale globalement inchangée.
- Emprunts nets en 2020 (en % des actifs 2019) : hausse de 3 points de pourcentage pour la région MOANAP.

*Fonds monétaire international | Octobre 2021*

### 2.	 Marchés	du	travail	:	les	difficultés	pendant	la	pandémie,

### 2.	 Marchés du travail : les difficultés pendant la pandémie, le rôle du secteur informel et la voie à suivre

### Les problèmes déjà anciens des marchés du travail à la veille de la pandémie
- Titre de la sous-section figurant dans le document source (page 19).
- Contenu focalisé sur les vulnérabilités et faiblesses préexistantes des marchés du travail avant le choc de la COVID-19.

### Les effets sans précédent de la pandémie sur les marchés du travail
- Titre de la sous-section figurant dans le document source (page 19).
- Étude des répercussions immédiates et larges de la pandémie sur l’emploi, le chômage et les conditions de travail.

### Les effets contrastés de la pandémie dans la région
- Titre de la sous-section figurant dans le document source (page 21).
- Analyse comparative par sous-régions et par pays des impacts variables de la pandémie sur les marchés du travail.

### Quelles sont les perspectives de redressement des marchés du travail à court terme ?
- Titre de la sous-section figurant dans le document source (page 24).
- Examen des trajectoires de rétablissement probables à court terme et des facteurs déterminants pour la stabilisation de l’emploi.

### La voie à suivre : des mesures propices à une reprise inclusive
- Titre de la sous-section figurant dans le document source (page 30).
- Description des orientations politiques et mesures visant à promouvoir une reprise de l’emploi inclusive, en particulier pour les groupes vulnérables et le secteur informel.

### Bibliographie
- Section bibliographique mentionnée (page 33).

### Graphiques et tableaux associés (sélection liés au chapitre 2)
- 2.1    Résultats du marché du travail : 2018–19
- 2.2    Marché du travail pendant la pandémie : résultats selon les régions
- 2.3    Évolution trimestrielle de l’emploi dans plusieurs pays lors de précédents épisodes de fléchissement de l’activité et du choc de la COVID-19
- 2.4    Le marché du travail pendant les fléchissements et le choc lié à la COVID-19
- 2.5    Incidences de la pandémie sur les résultats du marché du travail selon divers groupes démographiques
- 2.6    Emploi par nationalité des travailleurs
- 2.7    Impact de la pandémie sur l’emploi public et privé
- 2.8    Marché du travail : réponse des pouvoirs publics pendant la pandémie dans la région MOAC
- 2.9    Coefficients d’Okun estimés par régression sur données de panel par groupes économiques de la région MOAC et par groupes de revenus à l’échelle mondiale
- 2.10   Distribution des coefficients d’Okun par pays
- 2.11   Distribution de la variation du chômage induite par les projections de croissance du PIB pour 2021–22 figurant dans les PEM d’avril 2021
- 2.12   Croissance du PIB permettant de stabiliser le chômage et écart par rapport aux projections des Perspectives de l’économie mondiale
- 2.13   Coefficients d’Okun et variables structurelles
- 2.14   Avantages salariaux dans le secteur public et coefficient d’Okun

*Source: contenu du chapitre 2 du document fourni.*

### 2.1    Situation sur le marché du travail durant la crise de la COVID-19 et d’autres

### 2.1    Situation sur le marché du travail durant la crise de la COVID-19 et d’autres chocs d’envergure mondiale 21

### Contexte régional et conjoncture mondiale
- Reprise mondiale à plusieurs vitesses, influencée par la résurgence de la pandémie, les contrastes de vaccination et les mesures de soutien.
- Cours moyen au comptant du pétrole attendu à 65,7 dollars en 2021 avant de revenir à 56,3 dollars à moyen terme ; cours moyen de 41,3 dollars en 2020 et 61,4 dollars en 2019.
- OPEP+ : suppression progressive, d’ici septembre 2022, des plafonds de production qui réduisent la production journalière de 5,8 millions de barils.
- Prix alimentaires : hausse attendue de 27,8% en 2021 (contre 13,9% en avril) et hausse supplémentaire projetée de 1,9% en 2022.
- Conditions financières mondiales restées favorables ; entrées nettes de capitaux cumulées pour la région de 2,9 milliards de dollars depuis le début de l’année jusqu’à fin août ; 19 émissions d’euro-obligations totalisant 19,8 milliards de dollars depuis le début de l’année.

### Vaccination et impact sur la reprise
- En septembre 2021, les pays de la région classés en trois catégories : 1) cinq pays où plus de 60% de la population avait reçu au moins une dose ; 2) 17 pays « bien avancés », dont 13 avec une couverture supérieure à 20% ; 3) 10 pays ayant vacciné moins de 10% de leur population.
- Dons récents couvrant des doses suffisantes pour vacciner en moyenne 7% de la population des pays à faible revenu de la région ont permis de tripler le nombre de doses quotidiennes moyennes administrées dans ces pays depuis le mois d’août.
- Projection de couverture vaccinale pour certains groupes : taux de vaccination déjà de 40% dans tous les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), attendu atteindre 70% à la fin de 2021.
- Priorité à court terme : vacciner rapidement les populations pour atteindre « au moins 40% de la population avant la fin de l’année et 70% mi-[année suivante] » (texte source).

### Mesures publiques mises en œuvre
- Mesures budgétaires : élargissement des mesures d’urgence dans de nombreux pays (exemples cités : Algérie, Bahreïn, Émirats arabes unis, Géorgie, Kazakhstan, Maroc) ; nouvelles mesures en 2021 (aides aux PME et ménages vulnérables à Oman ; nouveaux transferts monétaires au Soudan) ; maintien ou expiration de certaines mesures ailleurs.
- Mesures monétaires et macrofinancières : durcissement monétaire dans certains pays du CAC et au Pakistan ; prolongation de mesures (Kazakhstan : constatation différée des dépréciations sur prêts, diminution des coussins de fonds propres) ; nouvelles mesures (Koweït : programme de garantie de l’État pour prêts bancaires et PME).

### Dynamique de l’inflation
- Inflation globale en hausse dans la région, alimentée par la hausse des prix mondiaux des produits alimentaires et de l’énergie, les coûts de transport, la répercussion des dépréciations antérieures et le financement monétaire.
- Inflation attendue pour différentes zones et groupes :
  - MOAN : inflation globale attendue à 12,9% en 2021, retombant à 8,8% en 2022.
  - CAC : inflation attendue à 8,5% en 2021 (révision à la hausse de 1,6 point).
  - Pays exportateurs de pétrole : inflation attendue à 10,5% en 2021, retombant à 8,0% en 2022 ; inflation dans les membres du CCG ne dépassant pas 2,8% en 2021.
- Inflation des prix alimentaires particulièrement marquée dans les pays à faible revenu (ex. République kirghize, Tadjikistan) et dans ceux fortement dépendants des importations alimentaires (ex. Algérie, Arménie).
- Inflation sous-jacente en hausse en Jordanie, au Maroc, au Qatar, en Iraq et au Pakistan.

### Emploi, inégalités et impact social
- Emploi demeure inférieur aux niveaux d’avant la pandémie dans la plupart des pays (notamment Arabie saoudite, Arménie, Bahreïn, Iran, Tunisie).
- En 2020, emploi des femmes et des jeunes reculant respectivement de 6% et 10%, contre environ 4% pour les hommes et le total des adultes.
- Travailleurs peu qualifiés, jeunes, femmes et travailleurs migrants parmi les plus touchés ; travailleurs informels durement affectés contrairement aux crises antérieures.
- Secteurs dépendant des contacts physiques (voyages, tourisme) confrontés à des reprises plus lentes et inégales.
- Entreprises de petite taille, secteurs à contacts physiques et entreprises vulnérables initialement ont souffert davantage ; entreprises mieux connectées numériquement ont atténué partiellement les conséquences.
- Estimation de l’augmentation de l’extrême pauvreté : environ 7 millions de personnes de plus basculées dans l’extrême pauvreté sur la période 2020–21 par rapport aux prévisions antérieures à la crise.

### Perspectives macroéconomiques et projections par groupe
- Région MOAN : après contraction de 3,2% en 2020, PIB réel attendu progresser de 4,1% en 2021 et en 2022 (révisions à la hausse de 0,1 et 0,4 point depuis avril). Inflation attendue à 12,9% en 2021, 8,8% en 2022. Dette publique brute des pays importateurs de pétrole devrait dépasser 100% du PIB en 2021 ; besoins bruts de financement accrus de près de 50% en 2021–22 par rapport à 2018–19, atteignant 390 milliards de dollars.
- Région CAC : PIB réel attendu augmenter de 4,3% en 2021 (révision à la hausse de 0,7 point) et de 4,1% en 2022, après contraction de 2,2% en 2020. Inflation attendue à 8,5% en 2021.
- Pays exportateurs de pétrole (ensemble MOAC) : PIB réel attendu croître de 4,5% en 2021 (2,8% hors Libye) et de 4,0% en 2022 ; activité pétrolière attendue progresser de 5,3% en 2021 et de 4,4% en 2022 ; expansion non pétrolière anticipée à 3,9% en 2021 et 3,4% en 2022. Solde courant pour le groupe : de déficitaire de 1,9% du PIB en 2020 à excédent de 3,6% du PIB en 2021. Réserves officielles brutes attendues augmenter de 95 milliards de dollars, avoisinant 1 000 milliards de dollars en 2021 (révision à la hausse de plus de 100 milliards de dollars depuis avril). Besoins bruts de financement prévus à 473 milliards de dollars en 2021–22 contre 310 milliards de dollars sur 2018–19.
- Pays émergents et pays à revenu intermédiaire : croissance du PIB réel attendue à 3,6% en 2021, puis 4,2% en 2022 ; couverture vaccinale moyenne attendue avoisiner 40% d’ici mi-2022 et 70% d’ici fin 2022 ; dette totale à 86,8% du PIB en 2020, atteignant 91,7% du PIB en 2021 puis décroissant entre 2022 et 2026, retrouvant le niveau d’avant la crise en 2023. Besoins bruts de financement attendus à 564 milliards de dollars sur 2021–22, soit 20% de plus que sur 2018–19.
- Pays à faible revenu et pays fragiles/en conflit : activité attendue progresser de 3,4% en 2021 et de 4,4% en 2022 ; PIB réel à moyen terme inférieur de 4,8% aux prévisions antérieures à la crise ; taux de vaccination relativement faibles — sans action multilatérale renforcée, il faudra probablement attendre 2024 pour atteindre 70% de vaccination.

### Risques, vulnérabilités et canaux de transmission
- Risques élevés : propagation du variant delta et menace de variants plus virulents ; retards d’approvisionnement en vaccins ; nouvelle flambée épidémique pouvant retarder la reprise et compromettre la viabilité de la dette.
- Risque de resserrement des conditions financières mondiales : hausse des rendements obligataires mondiaux pouvant provoquer sorties de capitaux, creusement des écarts souverains et hausse des taux d’intérêt dans la région ; exposition particulière des pays avec moins de réserves et comptes extérieurs fragiles.
- Augmentation persistante de l’inflation : contraintes d’approvisionnement mondiales, hausse des prix alimentaires, perte d’ancrage des anticipations inflationnistes dans les cadres monétaires fragiles.
- Risque de retrait prématuré des mesures de soutien : pourrait entraîner faillites, défauts, hausse des prêts non performants, détérioration de la qualité des actifs bancaires, hausse du chômage et creusement des inégalités.
- Montée des risques sociaux, géopolitiques et sécuritaires : hausse des troubles sociaux en 2021, aggravés par vagues d’infection répétées, conditions économiques difficiles, chômage élevé et prix alimentaires élevés ; conflits et incertitudes politiques dans plusieurs pays (Iraq, Liban, Libye, Tunisie, Yémen) ; crise en Afghanistan augmentant pauvreté et déplacements.
- Chocs climatiques : changement climatique intensifiant catastrophes liées au climat, posant des défis considérables pour la région, notamment en raison d’importants besoins d’adaptation et de dépendance aux hydrocarbures.

### Conséquences structurelles et séquelles
- Risque d’un creusement permanent des écarts de richesse et de revenu, des disparités sociales et d’une croissance plus faible et moins inclusive si la reprise reste inégale.
- Vulnérabilités préexistantes exacerbées : poids de la dette, chômage structurel élevé, prévalence d’entreprises publiques inefficientes freinant l’innovation du secteur privé et posant des risques budgétaires, dépendance aux produits de base.

### Recommandations de politique et priorités
- Accélérer massivement la vaccination : indispensable pour sauver des vies, soutenir la reprise et réduire les divergences ; nécessite coopération mondiale et régionale pour obtenir et administrer les doses tout en assurant des ressources suffisantes pour les systèmes de santé.
- Politiques nationales globales et synergies : exploitation des synergies entre politiques budgétaires, monétaires, macrofinancières et structurelles pour soutenir une « reprise transformatrice » plus résiliente, inclusive et verte.
- Préserver la viabilité des finances publiques et la stabilité financière : gérer les arbitrages entre protection des vies/moyens d’existence, soutien à la demande et maintien de la soutenabilité budgétaire et de la stabilité financière.
- Coopération régionale et mondiale : cruciale pour le déploiement de la vaccination, l’exploitation du numérique, l’adaptation au changement climatique et la transition vers une moindre dépendance au carbone afin de renforcer les perspectives de croissance à moyen terme.

_Extrait de Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, Fonds monétaire international | Octobre 2021 (section 1 et extraits connexes du chapitre)._

### 2022. Jusqu’ici, la région s’est assuré l’obtention

### 2022. Jusqu’ici, la région s’est assuré l’obtention

### Vaccination : doses obtenues et déficit
- La région s’est assuré l’obtention de 576 millions de doses.
- 52% des doses ont été promises par le mécanisme pour un accès mondial aux vaccins contre la COVID-19 et par le Fonds africain pour l’acquisition des vaccins, rattaché à l’Union africaine.
- Déficit estimé d’environ 66 millions de doses :
  - 24 millions pour la région MOAN
  - 7 millions pour l’Afghanistan
  - 21 millions pour le Pakistan
  - 14 millions pour la région CAC
- Note méthodologique : les doses obtenues proviennent d’accords bilatéraux, de dons et de vaccins promis dans le cadre d’initiatives mondiales et régionales; elles ne représentent pas les doses livrées. Le déficit estimé représente le nombre de doses supplémentaires nécessaires pour vacciner 60% de la population, objectif initial qui a récemment été porté à 70%.

### Arbitrages budgétaires et viabilité de la dette
- Nécessité d’un exercice délicat d’équilibrage pour préserver la viabilité de la dette tout en soutenant la reprise.
- Principes pour l’action budgétaire :
  - Toute nouvelle aide budgétaire doit être bien ciblée sur les plus vulnérables et tenir compte de l’espace budgétaire.
  - Dans les pays disposant d’espace budgétaire, le retrait des mesures de soutien doit être clairement annoncé et progressif.
  - Les pays sans espace budgétaire devront procéder à des ajustements malgré la fragilité de la reprise; qualité et composition de l’ajustement sont cruciales.
- Mesures possibles favorisant la croissance lors de l’ajustement :
  - Redistribution des dépenses et accroissement de leur efficience.
  - Élimination des subventions qui profitent aux riches.
  - Maîtrise des masses salariales élevées.
  - Mobilisation des recettes.
- Importance de suivre de près les passifs conditionnels accumulés pendant la pandémie.

### Recommandations spécifiques pour pays exportateurs de pétrole
- Profiter de l’augmentation des recettes pétrolières pour reconstituer les marges de manœuvre.
- Éviter les dépenses procycliques si la reprise est à l’arrêt.
- Axer toute dépense supplémentaire sur des défis porteurs de transformation à plus long terme.

### Politique monétaire : arbitrages délicats
- Objectif : maîtriser l’inflation croissante sans étouffer la fragile reprise.
- Si les anticipations d’inflation demeurent ancrées :
  - Les banques centrales peuvent ignorer les pressions inflationnistes transitoires et attendre avant de durcir la politique monétaire.
- Si l’inflation devient plus persistante :
  - Les banques centrales pourraient devoir relever les taux d’intérêt (comme cela a été fait dans certains pays) pour préserver l’ancrage des anticipations.
- Pays à régime de parité fixe : politique monétaire probablement de moins en moins accommodante à mesure de la normalisation des politiques des pays avancés.

### Amélioration des cadres d’action publique
- Ajustements budgétaires fondés sur un plan budgétaire à moyen terme démontrant la viabilité de la dette à moyen terme.
- Renforcement des cadres monétaires (notamment en évitant le financement monétaire des budgets) et stratégies de communication claires.
- Consolider la stratégie de gestion de la dette :
  - Profiter des conditions favorables actuelles pour reprofiler la dette.
  - Élargir la base d’investisseurs.
  - Développer les marchés de capitaux nationaux.

### Politiques financières et stabilité
- Estimation : 15 à 25% des entreprises de la région pourraient devoir être restructurées ou liquidées.
- Retrait progressif des aides au secteur financier pour prévenir des défauts de paiement nuisibles à la reprise, à l’emploi et à la stabilité financière.
- Ciblage des mesures d’urgence vers les entreprises et secteurs en difficulté mais viables.
- Mettre en place des filets de sécurité financière : cadres de résolution bancaire et assurance des dépôts.
- Continuer à soutenir le crédit au secteur privé et surveiller l’exposition des banques aux emprunteurs souverains.
- Renforcer les régimes d’insolvabilité et développer les marchés de capitaux et obligataires intérieurs à plus long terme.

### Politiques du marché du travail
- Mesures recommandées :
  - Améliorer opportunités d’éducation et de formation.
  - Incitations à l’embauche soigneusement pensées, temporaires et ciblées pour les pays disposant d’espace budgétaire.
  - Réformes structurelles pour encourager l’emploi formel, l’emploi des jeunes et des femmes, et renforcer la mobilité des travailleurs migrants.
- Retrait des dispositifs de rétention de la main-d’œuvre (lorsque la reprise se confirme) et promotion du retour à la recherche active d’un emploi.

### Aide du FMI et allocation de DTS
- Le FMI a soutenu la région à hauteur de 20 milliards de dollars depuis le début de la pandémie.
- Coordination avec d’autres institutions régionales et internationales et contribution à l’initiative de suspension du service de la dette du G20 et des créanciers du Club de Paris.
- Révision en cours de la stratégie générale pour les pays fragiles ou en proie à des conflits.
- L’allocation générale de DTS réalisée par le FMI en 2021 a augmenté les avoirs de réserve de la région de 49,3 milliards de dollars.
- Utilisation des DTS : décisions devant être prudentes, éclairées et conformes à la viabilité macroéconomique et à la transparence.

### Investir dans l’avenir : transformation structurelle
- Repenser le rôle de l’État, promouvoir un secteur privé dynamique et renforcer la protection sociale :
  - Réorienter les contrats sociaux vers la santé et l’éducation.
  - Améliorer la qualité et la couverture des filets de sécurité.
  - Réexaminer l’efficience des subventions existantes.
  - Réévaluer les finalités et la gouvernance des entreprises publiques.
  - Réformer la réglementation pour stimuler la concurrence.
- Tirer parti des nouvelles tendances mondiales :
  - Exemples : enregistrement numérique centralisé des personnes vaccinées (Maroc); solutions numériques pour travailleurs informels (Égypte); essais de transfert international de monnaie numérique de banque centrale de gros (Tunisie; Émirats arabes unis et Arabie saoudite).
  - Investir dans technologies et infrastructures numériques pour mieux détecter et aider les groupes vulnérables, promouvoir l’inclusion financière et catalyser nouvelles opportunités de croissance et d’emploi.
- Changement climatique et transition :
  - Plusieurs pays ont une stratégie nationale pour le climat (Arabie saoudite, Égypte, Émirats arabes unis); d’autres commencent à peine à établir leur plan national d’adaptation.
  - Accélérer les plans d’adaptation, atténuation des émissions et gestion des risques de transition.
  - La coopération régionale pourrait créer des opportunités d’investissement vert et de création d’emplois.

### Choc de la COVID-19 et perspectives de la dette
- La COVID-19 a creusé les déficits budgétaires et élevé les ratios dette publique/PIB dans toute la région, dégradant les perspectives de stabilisation de la dette dans plusieurs pays.
- Analyse utilisant le nouvel outil de visualisation de la dette indique une probabilité plus forte qu’avant la COVID-19 que la dette ne se stabilise pas à un horizon de trois ans pour la plupart des pays de la région.
- Points saillants des hypothèses du scénario de référence :
  1. Les pays de la région MOAC devraient bénéficier de différentiels taux d’intérêt-taux de croissance fortement négatifs, similaires, et dans certains cas supérieurs, à leur moyenne d’avant la COVID-19. Risques accrus de croissance plus faible dus aux nouvelles vagues de COVID-19, aux séquelles à moyen terme et à une augmentation soudaine des taux d’intérêt mondiaux.
  2. Les fortes réductions de dettes ciblées pour les pays émergents reposent sur des efforts d’ajustement budgétaire relativement vigoureux à moyen terme; la faisabilité sociopolitique de ces efforts pourrait être compromise dans le contexte de reprises fragiles et d’un chômage élevé.
- Constat : ramener la dette aux niveaux antérieurs à la COVID-19 nécessite des ajustements budgétaires beaucoup plus radicaux pendant plus de dix ans; ces projections reposent sur plusieurs hypothèses favorables et pourraient être optimistes.

*Fonds monétaire international | Octobre 2021*

### 3. De nombreux pays ont fourni des aides financières exceptionnelles pendant la pandémie par le biais de mesures

### 3. De nombreux pays ont fourni des aides financières exceptionnelles pendant la pandémie par le biais de mesures extrabudgétaires et d’opérations quasi budgétaires, y compris par le truchement d’entreprises publiques

### Aides extraordinaires et passifs conditionnels
- Plusieurs pays ont fourni des aides financières exceptionnelles pendant la pandémie par le biais de mesures extrabudgétaires et d’opérations quasi budgétaires, y compris par le truchement d’entreprises publiques (voir Rigo et al., 2021).
- Une réalisation de ces passifs conditionnels pourrait s’ajouter aux facteurs pesant sur la soutenabilité budgétaire.

### Scénario alternatif et risque de non-stabilisation de la dette (période 2022–26)
- Hypothèses du scénario alternatif (période 2022–26) :
  - i) hausse de 150 points de base des taux d’intérêt réels effectifs ;
  - ii) croissance annuelle prévisionnelle pour chaque pays plafonnée à la croissance réelle moyenne enregistrée sur la période 2001–19 ;
  - iii) soldes primaires réduits de 1 % du PIB pour les pays émergents et les pays exportateurs de pétrole et de 0,5 % du PIB pour les pays à faible revenu ;
  - iv) réalisation supplémentaire des passifs conditionnels équivalant à 1 % du PIB chaque année.
- Effets observés :
  - La probabilité d’une non-stabilisation de la dette augmente nettement dans le scénario alternatif, en particulier pour les pays émergents et les pays à faible revenu.
- Recommandations de politique budgétaire :
  - Vigilance continue ;
  - Envisager, une fois la reprise amorcée, des mesures d’ajustement budgétaire ancrées dans un plan budgétaire à moyen terme crédible ;
  - Renforcement des institutions pour conforter la crédibilité de l’ajustement à moyen terme, ancrer les anticipations et signaler une volonté de prudence budgétaire ;
  - Budgétisation prudente des risques probables pour les comptes publics émanant des entreprises publiques et d’autres passifs conditionnels ;
  - Maintien d’une marge de manœuvre pour les dépenses critiques nécessitant :
    - réformes structurelles accélérées pour stimuler la croissance ;
    - stratégies de gestion de la dette visant à limiter les risques d’érosion de la confiance découlant des pressions de financement à court terme ;
    - financements sous forme de dons et de prêts concessionnels de la part des partenaires au développement.

### Afghanistan : chocs, réfugiés et retombées extérieures
- Chocs et conséquences macroéconomiques :
  - L’Afghanistan a subi de multiples chocs après le retour des Talibans au pouvoir : aide non humanitaire interrompue, avoirs extérieurs en grande partie gelés.
  - Ces chocs pourraient entraîner une contraction allant jusqu’à 30 % de la production, avec une baisse des importations, une dépréciation de l’afghani et une accélération de l’inflation.
  - La baisse du niveau de vie menace de faire basculer des millions d’individus dans la pauvreté et pourrait engendrer une crise humanitaire.
- Déplacements et coûts d’accueil :
  - Fin 2020 : 3,5 millions de personnes déplacées en Afghanistan et près de 3 millions de réfugiés afghans dans le monde, dont la moitié au Pakistan.
  - Hypothèse illustrative : en supposant qu’un million d’Afghans fuient et s’installent dans d’autres pays en proportion du nombre actuel de réfugiés afghans, le coût d’accueil annuel des nouveaux réfugiés est estimé :
    - 100 millions de dollars au Tadjikistan (1,3 % du PIB) ;
    - environ 300 millions de dollars en Iran (0,03 % du PIB) ;
    - plus d’un demi-milliard de dollars au Pakistan (0,2 % du PIB).
  - Un large afflux de réfugiés pourrait obérer les ressources publiques des pays d’accueil, aviver les pressions sur le marché du travail et entraîner des tensions sociales, soulignant le besoin d’assistance internationale.
- Commerce et flux financiers :
  - Les exportations vers l’Afghanistan représentent 4 à 8 % des exportations de l’Iran, de l’Ouzbékistan, du Pakistan et du Turkménistan.
  - Les flux transfrontaliers en espèces pourraient augmenter ; un important flux international de billets de banque a été observé ces dernières années, susceptible d’accroître les préoccupations relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
  - Le solde net de ces flux pourrait s’inverser si l’Afghanistan connaît des pénuries de devises.

### Changement climatique : impacts et réponses
- Tendances climatiques :
  - Les températures moyennes devraient augmenter dans tous les pays de la région MOAC d’ici 2050, même en cas de forte baisse des émissions mondiales.
  - Des précipitations plus faibles et plus irrégulières aggraveront la rareté de l’eau ; élévation du niveau de la mer et fréquence accrue des catastrophes liées au climat auront des conséquences inégales, touchant particulièrement les communautés agricoles.
- Adaptation :
  - La plupart des pays n’ont pas encore estimé les coûts d’adaptation ni défini les priorités.
  - Pour obtenir des financements pour l’adaptation, il faudra compléter les données manquantes sur coûts et avantages, mobiliser des ressources internes et solliciter l’aide bilatérale et multilatérale.
  - Les obligations vertes pourraient aider à attirer des ressources pour l’adaptation.
- Atténuation et transition :
  - La région représente environ 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, quelques pays étant de gros émetteurs.
  - De nombreux pays ont indiqué des objectifs dans le cadre de l’accord de Paris de 2015, souvent conditionnant de fortes réductions à une aide extérieure.
  - Pour atteindre ces objectifs en 2030, des mesures et une coopération régionale sont nécessaires dès aujourd’hui.
  - Des réformes accélérant la diversification économique et rationalisant les dépenses publiques sont indispensables pour les pays dépendant des recettes d’hydrocarbures.
  - Renforcer les cadres de divulgation des risques climatiques pour aider entreprises et établissements financiers à gérer les risques de la transition.

### Marchés du travail : effets de la pandémie et voie à suivre
- Situation pré-pandémie (2018–19) dans la région MOAC :
  - Taux de chômage régional moyen le plus élevé au monde : 9,4 %.
  - Taux d’activité le plus bas : 55 %.
  - Taux d’activité des femmes stagnait à environ 33 % en 2018–19 (contre 53 % en Amérique latine et aux Caraïbes et 54 % dans la région Asie et Pacifique).
  - Emploi non salarié (proxy du secteur informel) : 35 % de l’emploi total en 2018–19 et près de 50 % dans les pays à faible revenu de la région (Somalie, Soudan, Yémen avec les taux les plus élevés).
- Effets de la pandémie en 2020 :
  - Taux de chômage moyen de la région MOAC passé de 9,4 % avant la crise (2018–19) à 10,7 % en 2020.
  - Contraction de l’emploi d’environ 8 millions de personnes, soit de 2,2 points de pourcentage de la population en âge de travailler.
  - Pour le pays médian, l’augmentation du taux de chômage en 2020 est de très loin supérieure à celles observées lors de la crise financière mondiale et du choc pétrolier de 2014–15.
  - Le taux d’activité a chuté dans des proportions sans précédent.
  - La baisse du nombre d’heures travaillées et de l’emploi a été bien plus forte durant la crise en cours.
- Caractéristiques spécifiques et recommandations :
  - Le secteur informel, en raison de sa taille, n’a pas joué son rôle habituel d’amortisseur.
  - Les populations les plus vulnérables ont été touchées de façon disproportionnée : individus peu qualifiés, jeunes, femmes, migrants et travailleurs informels.
  - Nécessité de réformes structurelles pour renforcer le lien entre marchés du travail et croissance :
    - réduire la sphère informelle ;
    - rationaliser l’emploi dans le secteur public ;
    - supprimer des entraves réglementaires sur les marchés des produits et du travail.
  - Au fur et à mesure de la reprise, réorienter le soutien de l’État du maintien dans l’emploi vers la réaffectation des ressources pour limiter les séquelles, les pertes de compétences et l’accroissement durable des inégalités.

*Fonds monétaire international | Octobre 2021*

### 2. MARChÉS dU TRAVAIL : LES dIffICULTÉS PENdANT LA PANdÉMIE,  LE RôLE dU SECTEUR INfORMEL ET LA VOIE à SUIVRE

### 2. MARCHÉS DU TRAVAIL : LES DIFFICULTÉS PENDANT LA PANDÉMIE, LE RÔLE DU SECTEUR INFORMEL ET LA VOIE À SUIVRE

### Effets généraux et rôle du secteur informel
- Le secteur informel, qui avait historiquement joué un rôle contracyclique en absorbant des travailleurs évincés du secteur formel, s’est effondré dans les sous-régions MOANAP et CAC en 2020 (graphique 2.4).
- Explication principale : nature exceptionnelle du choc (COVID-19) et mesures drastiques (confinements, distanciation sociale) entraînant la fermeture d’entreprises et une forte réduction des activités de services à contacts fréquents, où l’emploi informel est concentré.
- Dans MOANAP et CAC en 2020 :
  - l’emploi dans les services marchands (commerce, transports, hébergement et restauration) a chuté,
  - l’emploi dans l’agriculture a reculé, alors qu’il avait été contracyclique lors de précédentes phases de contraction.

### Incidences par groupe démographique, statut et secteur
- Changements observés par rapport à la moyenne 2018–19 :
  - Femmes : augmentation du taux de chômage plus élevée que pour les hommes en 2020; niveau d’emploi en recul de 6,1 percent (femmes) contre 3,9 percent (hommes).
  - Ratio emploi/population en âge de travailler : diminution plus marquée chez les hommes (probablement liée au faible taux d’activité des femmes dans la région, en particulier en MOANAP).
- Jeunes :
  - La hausse du taux de chômage des jeunes a été environ deux fois et demie plus forte que celle des adultes (graphique 2.5).
- Qualification :
  - Les travailleurs peu qualifiés ont connu une baisse presque deux fois plus importante de l’emploi que les travailleurs qualifiés; parmi les peu qualifiés, les femmes ont été disproportionnellement affectées.
- Travailleurs migrants :
  - Les pays du CCG ont enregistré une brutale contraction de l’emploi des migrants, pesant sur la consommation intérieure et les envois de fonds.
  - Graphique 2.6 illustre les variations d’emploi par nationalité (exemples donnés : Bahreïn, Koweït, Arabie saoudite, Oman; valeurs montrées pour certains groupes : –7,8; –9,7; –0,7; –7,1; –8,7; 3,0; –0,5; –1,5; 2,6; –13,1; –15,7; –3,5).
- Secteurs :
  - En 2020, le recul de l’emploi a été environ trois fois plus important dans les secteurs à contacts fréquents que dans les autres.
- Statut d’emploi :
  - Impact sur l’emploi privé : −2,5 percent (moyenne régionale).
  - Impact sur l’emploi public : −1,1 percent (moyenne régionale).
  - Disparités : emploi privé a reculé de 3,6 percent en CAC contre 2,4 percent en MOANAP; l’emploi public a augmenté en 2020 dans certains pays de MOANAP.
- Salaires :
  - À quelques exceptions près, les pays ont connu une modération de la croissance des salaires réels en 2020 par rapport à la moyenne 2018–19.

### Mesures publiques adoptées pendant la pandémie
- Mesures observées dans la région MOAC (graphique 2.8, nombre de pays) :
  - Nouvelle organisation du travail (télétravail facilité)
  - Transferts au comptant / Subventions salariales
  - Accès aux congés payés
  - Programmes de maintien dans l’emploi
  - Allégement financier/fiscal
  - Renforcement de la protection sociale
  - Éducation/formation
  - Prévention de la discrimination et de l’exclusion
  - Mesures ciblées pour les travailleurs informels (transferts monétaires observés dans certains pays : Azerbaïdjan, Égypte, Iran, Jordanie, Maroc, selon Banque mondiale, 2021)
- Exemples de politiques salariales et de maintien dans l’emploi : subventions salariales en Iran, Kazakhstan et Maroc; programmes de maintien dans l’emploi en Arabie saoudite, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie et Jordanie.

### Perspectives de redressement : loi d’Okun et vitesse de reprise
- Méthodologie :
  - Estimation des coefficients d’Okun (sensibilité du chômage à une variation de la production réelle) et simulations pour estimer la trajectoire du chômage pendant la reprise (prévisions de croissance du PIB réel utilisées : éditions d’avril 2021 des Perspectives de l’économie mondiale du FMI).
- Résultats principaux :
  - Le lien entre marchés du travail et fluctuations du PIB est traditionnellement ténu dans la région MOAC.
  - Coefficient d’Okun moyen dans la région : −0,035.
  - Sous-régions :
    - MOANAP : coefficient d’Okun moyen −0,013.
    - CAC : coefficient d’Okun moyen −0,075.
    - En excluant les pays à revenu élevé, MOANAP atteint −0,031.
  - Comparaisons internationales (graphique 2.9) : la sensibilité observée en MOAC est globalement similaire à celle des pays émergents ou en développement et des pays à faible revenu; références citées pour comparaison : Ball et al. (2019) estimant des coefficients moyens à −0,4 (pays avancés) et −0,2 (pays en développement).
  - Hétérogénéité par pays : la relation chômage-croissance varie considérablement ; dans certains pays d’Afrique du Nord, une hausse de 1 point de pourcentage de la croissance du PIB s’accompagne d’une baisse d’environ 0,4 point de pourcentage du taux de chômage; dans plusieurs pays de MOANAP, le coefficient est proche de zéro voire positif (non significatif), notamment dans des pays du CCG en raison de la dualité du marché du travail (effets liés aux travailleurs expatriés et à l’emploi public protégé).
- Implication : selon les simulations fondées sur les estimations de la loi d’Okun, le redressement des marchés du travail sera probablement lent et inégal à court terme (graphique 2.11).

### Conclusions et voie à suivre (éléments de politique implicites dans l’analyse)
- Une hausse de la croissance est nécessaire mais pas suffisante pour réduire rapidement le chômage ; la sensibilité des marchés du travail à la croissance (coefficients d’Okun) est déterminante pour la vitesse de la création d’emplois.
- Les mesures de soutien adoptées (subventions salariales, transferts monétaires, facilitation du télétravail, programmes de maintien dans l’emploi, transferts ciblés aux travailleurs informels) ont atténué l’impact de la pandémie ; sans elles, le bilan social aurait été plus lourd.
- Les politiques visant à :
  - soutenir les secteurs à contacts fréquents et les travailleurs informels,
  - cibler les jeunes, les femmes, les travailleurs peu qualifiés et les migrants,
  - renforcer la protection sociale et les programmes de formation/éducation,
  contribueraient à accélérer et rendre plus inclusive la reprise de l’emploi, compte tenu de la faible sensibilité historique du chômage à la croissance dans de nombreux pays de la région.

*Fonds monétaire international | Octobre 2021*

### 1. MOANAP

### 1. MOANAP

### Principaux constats sur chômage et croissance
- Seuls certains pays enregistreraient une baisse du taux de chômage en moyenne sur la période 2021–22 : il s’agirait des pays où le chômage est plus sensible à la croissance et de ceux où les perspectives de croissance sont relativement positives (l’Afrique du Nord réunit ces deux conditions).  
- Dans la plupart des pays de la sous-région CAC, le chômage reculerait.  
- Dans certains pays de la sous-région MOANAP (en particulier dans ceux où la croissance du PIB n’a pratiquement pas d’incidence sur le chômage, comme différents pays du CCG), la croissance devrait atteindre près de 10 % (graphique 2.12, plage 1) pour stabiliser le taux de chômage et dépasser ce seuil pour que le chômage commence à refluer.  
- Dans certains pays du CAC, le taux de croissance requis pour stabiliser le taux de chômage doit excéder 8 %.  
- De tels taux de croissance sont nettement supérieurs aux moyennes observées durant la période précédant la pandémie et, dans de nombreux cas, aux prévisions de croissance du FMI, ce qui signifie que, si ces prévisions se réalisent, la croissance ne permettra pas de créer suffisamment d’emplois pour faire baisser le chômage (graphique 2.12, plage 2).  
- Les simulations des taux de chômage en 2020, réalisées à partir de la loi d’Okun estimée sur des données jusqu’à fin 2019, ne révèlent aucun biais systématique malgré la contraction exceptionnelle de l’activité en 2020 (la plus forte de ces 25 dernières années).

### Sensibilité du chômage à la production et asymétries
- Les résultats reposent sur la sensibilité moyenne du chômage aux fluctuations de la production, calculée à partir de la relation généralement observée sur plusieurs cycles.  
- Il existe une hypothèse d’asymétrie : la variation du chômage pourrait être plus importante lors des phases de fléchissement que lors des phases d’expansion (effets d’hystérèse).  
- Une régression sur données de panel asymétriques des pays émergents de la région MOAC met en évidence une sensibilité du chômage plus importante durant les phases de fléchissement dans le pays émergent moyen (voir graphique A.2.4 de l’annexe en ligne 2.4).  
- En moyenne, les coefficients d’Okun en période de reprise pourraient être encore plus faibles (en valeur absolue) que ceux utilisés dans les simulations présentées.

### Déterminants structurels d’un coefficient d’Okun faible
- Les différences nationales en matière de politiques du marché du travail, de structures économiques et d’institutions affectent la vitesse d’adaptation des marchés du travail aux fluctuations de la production.  
- Les facteurs associés à un coefficient d’Okun plus petit (en valeur absolue), y compris dans la région MOAC, comprennent :  
  - un vaste secteur informel, car il joue le rôle d’un filet de sécurité en permettant aux travailleurs de se tourner vers des activités informelles plutôt que de se retrouver au chômage ou de sortir de la population active;  
  - un cadre réglementaire rigide pour les marchés de produits, entraînant des coûts élevés de conformité et accroissant les frictions sur le marché du travail;  
  - une plus grande flexibilité en matière de fixation des salaires, qui fait porter sur les salaires une part de l’ajustement des marchés du travail;  
  - un niveau de compétences plus faible, les travailleurs peu qualifiés étant plus précaires sur le marché du travail formel;  
  - une part importante du secteur public dans l’emploi conjuguée à de généreux avantages salariaux dans ce secteur, rendant cet emploi plus stable et moins sensible à la croissance;  
  - une part élevée de l’agriculture et une faible part des services dans la valeur ajoutée, pouvant indiquer un bas niveau de compétences et un fort taux d’activité informelle.  
- L’ampleur du secteur informel est l’un des déterminants du coefficient d’Okun les plus robustes. Lorsque toutes les variables sont incluses dans la régression, seuls le travail informel, la part de la valeur ajoutée des services dans le PIB et le niveau d’études ou de compétences restent statistiquement significatifs.

### Scénarios possibles pour la reprise des marchés du travail
- Scénario 1 — rebond rapide de l’emploi informel :  
  - Les pays caractérisés par un vaste secteur informel pourraient enregistrer un rebond de l’emploi à court terme plus rapide que lors de crises précédentes une fois que les risques sanitaires seront maîtrisés.  
  - L’emploi a davantage reculé dans le secteur informel que dans le secteur formel au début de la crise, mais il devrait repartir plus vite dans le premier lors de la reprise en raison de coûts de recrutement et d’installation moindres.  
  - Un net rebond de l’emploi informel ferait augmenter l’emploi total à court terme, mais la reprise serait plus durable et vigoureuse si les travailleurs réintégraient le secteur formel lors de la phase d’expansion.  
- Scénario 2 — persistance d’un fort taux d’activité informelle :  
  - La persistance d’un taux élevé d’activité informelle serait un obstacle à une reprise dynamique et soutenue.  
  - Dans les pays où la pandémie perdure en raison d’un accès limité aux vaccins, les travailleurs des secteurs frappés (comme le tourisme) risquent de perdre des compétences et de n’accéder qu’à des activités informelles en revenant sur le marché du travail, conduisant à des séquelles durables (effets d’hystérèse) et à une baisse de la productivité globale.

### Voie à suivre et recommandations de politique
- L’action publique doit protéger les populations vulnérables et créer des conditions favorables au dynamisme des marchés du travail pour réduire les risques d’hystérèse et préserver une croissance potentielle plus élevée et plus inclusive.  
- Il convient de s’attaquer aux causes de la faible sensibilité des marchés du travail à la croissance afin d’accélérer la reprise et d’impulser une croissance plus vigoureuse et soutenue à long terme.  
- Recalibrage des mesures prises en réponse à la crise :  
  - Une fois la reprise établie, la priorité ne devra plus être le maintien dans l’emploi mais la réaffectation des ressources.  
  - Le retrait progressif des programmes de maintien dans l’emploi (mis en place en Azerbaïdjan, en Égypte et en Jordanie par exemple) parallèlement à l’accélération de la reprise permettrait d’éviter de financer des emplois qui pourraient devenir définitivement non viables.

*Source : estimations des services du FMI, extrait du chapitre 2 — Marchés du travail, Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, Octobre 2021.*

### 2. MARChÉS dU TRAVAIL : LES dIffICULTÉS PENdANT LA PANdÉMIE,  LE RôLE dU SECTEUR INfORMEL ET LA VOIE à SUIVRE

### 2. MARCHÉS DU TRAVAIL : LES DIFFICULTÉS PENDANT LA PANDÉMIE, LE RÔLE DU SECTEUR INFORMEL ET LA VOIE À SUIVRE

### Effets de la pandémie sur l’emploi et rôle du secteur informel
- Les politiques publiques doivent limiter les séquelles chez les travailleurs durement touchés par la pandémie en soutenant la réaffectation des ressources et en encourageant la recherche active d’emploi.
- Les pays disposant d’une marge de manœuvre budgétaire pourraient promouvoir la création d’emplois par des aides à l’embauche judicieusement conçues, temporaires et ciblées (OCDE, 2021).
- La formation professionnelle devrait être davantage encouragée pour accroître les possibilités d’emploi et remédier aux problèmes d’asymétrie de compétences.
- Il faudra consacrer des moyens pour remédier aux retards d’apprentissage chez les enfants et réaliser des investissements pour améliorer la qualité du système d’enseignement afin de favoriser l’emploi des jeunes et stimuler la productivité.
- La pandémie a mis à l’épreuve des façons d’étendre les systèmes de protection sociale aux travailleurs informels; plusieurs pays, tels que l’Égypte et le Maroc, ont créé des dispositifs de transferts monétaires ciblés s’appuyant sur l’innovation financière et l’essor du numérique.
- La régularisation des activités informelles est recommandée pour limiter les séquelles, notamment chez les travailleurs risquant d’être piégés dans le secteur informel.
  - Cette régularisation passe par une série de mesures, y compris une judicieuse définition des salaires minimums et de la fiscalité du travail.
  - Les coins fiscaux sur le travail importants peuvent désavantager l’emploi formel.
  - Il serait envisageable de réduire la charge fiscale du travail en augmentant les impôts sur la consommation, mais il faudrait compenser les éventuelles conséquences régressives par des transferts monétaires.
- Parallèlement à la régularisation des activités informelles, il est nécessaire de protéger les travailleurs en mettant en place une assurance chômage bien conçue (voir Duval et Loungani, 2019).

### Politiques actives du marché du travail et mesures structurelles recommandées
- Renforcer les missions des services publics de l’emploi pour améliorer l’employabilité et faciliter le placement, en particulier des jeunes.
- Moderniser et dématérialiser les services publics.
- Renforcer le contrôle indépendant, encourager la responsabilité et la transparence budgétaire, et favoriser l’autorité et l’indépendance du pouvoir judiciaire pour garantir l’exécution des contrats et améliorer l’intégrité, notamment dans la fonction publique.
- Supprimer les obstacles à la concurrence pour resserrer le lien entre emploi et production et augmenter les taux d’emploi.
- Réformer le cadre réglementaire du marché du travail pour éliminer des obstacles tels que :
  - rigidité des règles de recrutement et de licenciement en Algérie, au Maroc et en Tunisie;
  - faible flexibilité dans la fixation des salaires au Pakistan et en Tunisie.
- Contenir l’emploi dans le secteur public, simplifier les exigences administratives en cas de licenciement et réformer les indemnités de licenciement.
- Dans les pays du CCG, assouplir la réglementation pour faciliter la mobilité des travailleurs migrants d’un emploi à un autre (comme l’ont fait l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar) afin d’augmenter les salaires des migrants.
- Réduire les inégalités femmes–hommes :
  - faciliter l’accès à des services de la petite enfance abordables;
  - renforcer l’arsenal législatif contre les discriminations à l’égard des femmes;
  - encourager la transparence salariale et mieux faire appliquer la législation sur l’égalité salariale;
  - tirer parti de la transformation numérique pour créer des modalités de travail flexibles.

### Situation et perspectives du secteur des entreprises non financières (MOANAP / MOAC)
- Après avoir été durement touchées, les entreprises non financières de la région Moyen-Orient et Asie centrale connaissent une reprise inégale.
- Les secteurs à forte intensité de contacts, les entreprises présentant déjà des vulnérabilités, les petites entreprises et celles sans connectivité numérique suffisante ont été les principales victimes.
- Les tensions sur la liquidité devraient rester aiguës pour les entreprises vulnérables; les problèmes de solvabilité ne s’aggraveront qu’en cas de reprise économique faible ou de retrait prématuré de l’aide publique.
- À moyen terme, un test de résistance indique que 15 à 25 % des entreprises de la région pourraient avoir besoin d’être restructurées ou liquidées.
- Jusqu’à l’installation d’une reprise durable, une aide ciblée des pouvoirs publics aux entreprises et aux secteurs vulnérables mais viables demeure vitale pour éviter des faillites. La restructuration rapide des entreprises viables mais insolvables et la liquidation des entreprises non viables contribueraient à une reprise plus forte et plus résiliente.
- Pour préserver la stabilité financière :
  - surveiller de près les risques macroprudentiels;
  - maintenir des dispositifs de sécurité financière;
  - encourager les banques vulnérables à renforcer leurs réserves durant la période de répit fournie par le soutien public.

### Caractéristiques de la reprise et disparités
- Après une baisse historique des recettes au premier semestre 2020, la levée progressive des mesures d’endiguement a permis à certaines entreprises de la région MOANAP de commencer à se redresser.
- Au premier trimestre de 2021, la croissance des recettes et la rentabilité du secteur des entreprises étaient revenues aux niveaux antérieurs à la pandémie, mais la reprise reste inégale entre groupes d’entreprises.
- Exportateurs de pétrole vs importateurs de pétrole :
  - Les exportateurs de pétrole ont vu leurs chiffres d’affaires se contracter d’environ la moitié de la baisse enregistrée par les importateurs de pétrole au cours du premier semestre de 2020.
  - Les recettes et la rentabilité des importateurs de pétrole s’étaient redressées plus rapidement à la fin de 2020 et ont continué de progresser au premier trimestre de 2021.
  - Facteurs expliquant l’écart : i) prévalence plus élevée des entreprises des secteurs à forte intensité de contacts parmi les exportateurs de pétrole (20 % de plus que parmi les importateurs de pétrole); ii) perte importante de travailleurs expatriés — en particulier dans les secteurs à forte intensité de contacts — dans les pays membres du CCG, main-d’œuvre qui représentait 70 % de leur population active avant la pandémie.
- Secteurs à forte intensité de contacts :
  - Au premier semestre de 2020, les recettes de ces secteurs se sont davantage contractées que celles des secteurs à faible intensité de contacts (–11 % et –7 % respectivement, en glissement annuel).
  - Au premier trimestre de 2021, les recettes des secteurs à faible intensité de contacts s’étaient redressées (18 % en glissement annuel) et la rentabilité avait dépassé les niveaux d’avant la pandémie, tandis que la croissance des recettes dans les secteurs à forte intensité de contacts a continué de baisser.
- Entreprises selon la performance avant la pandémie :
  - L’écart entre entreprises plus performantes (quartile supérieur) et moins performantes (quartile inférieur) s’est creusé à la fin de 2020.
  - Au premier trimestre de 2021 :
    - les entreprises moins performantes ont continué de subir une forte baisse (–30 % en glissement annuel);
    - les entreprises plus performantes se sont nettement redressées avec une croissance de 16 %.
- Petites vs grandes entreprises cotées :
  - Les recettes des petites entreprises cotées se sont contractées de près du double de celles des grandes entreprises au cours du premier semestre de 2020.
  - Au premier trimestre de 2021, les petites entreprises cotées continuaient de se contracter (–11 % en glissement annuel), tandis que les grandes entreprises affichaient une croissance de 14 %.
- PME non cotées (moins de 250 salariés) dans la région MOAC :
  - Ont été fortement touchées dans les secteurs clés riches en emplois.
  - Leurs recettes ont chuté de 40 à 45 % dans les secteurs des services, de l’hôtellerie et du tourisme, contre une contraction d’environ 10 % pour les grandes entreprises.
  - Les emplois des PME ont diminué de 32 % dans ces secteurs contre 20 % pour les grandes entreprises.
  - Facteurs expliquant la vulnérabilité des PME : moindre diversification, difficulté à réduire les effectifs, accès au crédit plus restreint en période de crise.
- Entreprises publiques :
  - Sont entrées dans la crise avec une position plus faible (croissance des recettes de 2,5 %, soit environ la moitié de celle de l’entreprise privée médiane de la région MOANAP).
  - Leur reprise est plus lente.

### Indicateurs et observations complémentaires tirés des graphiques et notes
- Coefficient d’Okun et avantages salariaux dans le secteur public sont présentés dans le graphique 2.14 (données et codes pays issus du FMI (2018)).  
- Valeurs numériques associées au graphique 2.14 (présentées dans le document) : –0,57 0,03 –0,47 –0,37 –0,27 –0,17 –0,07 0 50 100 150 200 250 –50 300.
- Sources et bases de données utilisées pour l’analyse des entreprises : Compustat, S&P Global Market Intelligence, enquêtes BEEPS–ES COVID-19, enquêtes sur l’impact de la COVID-19 de la Banque mondiale.

*Fonds monétaire international | Octobre 2021*

### 1. Par groupes de pays2. Par secteur

### 1. Par groupes de pays2. Par secteur

### Effets sur les recettes et l’emploi
- Recettes des entreprises publiques au premier semestre de 2020 : –6 percent (en glissement annuel) vs entreprise privée médiane : –19 percent.
- Au premier trimestre de 2021 : recettes des entreprises publiques : –3,5 percent ; recettes des entreprises privées : 10 percent.
- Estimation de la croissance des recettes et de l’emploi fondée sur les conditions au plus fort de la pandémie (2020), avec barres représentant les fourchettes interquartiles et marqueurs la médiane.
- Définition PME : moins de 250 personnes ; grandes entreprises : 250 ou plus.
- Croissance de l’emploi : variation en pourcentage entre le nombre d’employés à temps plein en 2019 et celui en 2020.

### Soutien public et ajustement des coûts
- 34 percent des entreprises d’un échantillon de la région MOAC indiquent avoir bénéficié d’au moins un type de soutien public (échantillon limité de 3 511 entreprises provenant des enquêtes BEEPS et ES-COVID-19).
- Accès au soutien public : PME : 33 percent ont bénéficié d’au moins un type de soutien ; grandes entreprises : 48 percent.
- Pour l’entreprise médiane de la région MOANAP en 2020 :
  - Paiements d’impôt sur le revenu (impôts à payer au titre des activités de 2019) : contraction de 12 percent.
  - Taux d’imposition effectifs : diminution de 2 points de pourcentage en 2020.
  - Pour les entreprises les moins performantes avant la pandémie : baisse des paiements d’impôt : –24 percent.
  - Baisse des taux d’imposition effectifs : importateurs de pétrole : –3 points de pourcentage ; exportateurs de pétrole : –0,2 point de pourcentage.
- Charges d’intérêts des entreprises : diminution de 10 percent en 2020 ; exportateurs de pétrole : –13 percent ; importateurs de pétrole : –8 percent.
- Emprunts nets en 2020 (en pourcentage des actifs de 2019) : hausse de 3 points de pourcentage pour la région MOANAP (comparé à une augmentation de 4 points de pourcentage pour l’entreprise médiane des pays émergents).

### Numérisation et résilience des entreprises
- Investissement préalable dans les technologies numériques a atténué la baisse des ventes au pic de la pandémie d’environ 4 points de pourcentage pour les entreprises de la région MOAC (analyse de régression).
- Définition d’« entreprise dotée de capacités numériques » : disposait d’un site web et avait adopté une technologie informatique étrangère avant la pandémie ; indice construit par analyse en composantes principales.
- Environ 35 percent des entreprises interrogées ont augmenté le nombre de leurs activités numériques ou en ont lancé ; 30 percent ont modifié leur processus de production.
- Fin 2020 : dépenses non salariales réduites de 10 percent ; masse salariale globalement inchangée.
  - Masse salariale par type d’import/export : exportateurs de pétrole : contraction de 5 percent ; importateurs de pétrole : augmentation de 3 percent (témoigne de la baisse de l’emploi des expatriés dans les pays membres du CCG).

### Poches de vulnérabilité : liquidité et solvabilité
- Entreprises les moins performantes avant la pandémie :
  - Entrées dans la crise avec une capacité de service de la dette réduite (RCI négatif) et une charge de la dette élevée.
  - Risques accrus de « zombification » malgré réductions des coûts et soutien public.
- Endettement : augmentation notable, de 51 à 57 percent au premier trimestre de 2021.
- Performances avant la pandémie utilisées : quartiles inférieur et supérieur de la distribution de la rentabilité sur 2018–19.
- Mesures de vulnérabilité affichées dans Graphique 3.8 :
  - RCI (ratio de couverture des intérêts) et endettement (dette totale en proportion des actifs) présentés par groupe : performances avant la pandémie, secteur (faible/forte intensité de contacts), taille (Grandes/Petites).
- Les petites entreprises :
  - Ont été plus durement touchées, ont eu moins accès au soutien public, et font face à une reprise plus lente.
  - Faibles bénéfices, moindre capacité au service de la dette, accès restreint au crédit pouvant exacerber les risques de liquidité et de solvabilité.

### Systèmes bancaires et accumulation inégale des risques
- Prêts improductifs restés globalement stables en moyenne autour de 7½ percent du total des prêts pendant la pandémie.
- Provisionnement des pertes sur prêts en 2020 supérieur à 2019, en partie à cause des exigences réglementaires.
- Mesures de soutien rapide : allégement du fardeau du service de la dette, assouplissement des volants macroprudentiels, modification des critères de classification des prêts (pour interrompre ou retarder la comptabilisation des prêts improductifs).
- Risques s’accumulent de manière inégale en raison :
  - Des vulnérabilités d’avant la pandémie.
  - De l’exposition au secteur des entreprises, en particulier aux secteurs à forte intensité de contacts.
  - De l’assouplissement des politiques ayant retardé la comptabilisation des prêts improductifs.
- Banques les plus exposées : entrées dans la crise avec des prêts non performants plus élevés et des ratios d’adéquation des fonds propres et de liquidité plus faibles ; ces réserves se sont détériorées légèrement en 2020, partiellement atténué par un provisionnement supérieur.
- Exposition aux secteurs à forte intensité de contacts :
  - Augmentation des prêts improductifs au cours de la pandémie dans les banques les plus exposées.
  - Exposition la plus élevée dans les pays membres du CCG.
  - Risque disproportionné pour les pays à faible revenu, qui sont entrés dans la pandémie avec des prêts improductifs élevés et des réserves budgétaires et extérieures limitées.

*Fonds monétaire international | Octobre 2021*

### 1. Prêts non performants

### 1. Prêts non performants

### Contexte et méthode
- L’analyse s’appuie sur des outils de test de résistance inspirés du Rapport sur la stabilité financière dans le monde du FMI et par Tressel et Ding (2021).
- Échantillon : entreprises cotées en bourse de la région MOANAP (exportateurs de pétrole : Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar; importateurs de pétrole : Égypte, Jordanie, Maroc, Pakistan et Tunisie). Les pays de la région CAC sont exclus.
- Deux scénarios étudiés :
  - Scénario de référence : croissance du PIB réel conforme aux prévisions des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) du FMI ; soutien des pouvoirs publics aux entreprises inchangé par rapport à 2020.
  - Scénario défavorable : croissance du PIB réel inférieure d’un écart-type aux projections des PEM ; retrait du soutien des pouvoirs publics à l’ensemble des entreprises à partir de 2022 via une hausse présumée des taux d’intérêt effectifs des entreprises de 200 points de base (par rapport aux taux de 2020) et des taux d’imposition effectifs à leurs niveaux de 2019.

### Tensions de liquidité — principales projections
- Entre 38 et 42 percent des petites entreprises seraient confrontées à des pénuries de liquidités et devraient emprunter dans le scénario de référence comme dans le scénario défavorable, contre 25 percent avant la pandémie.
- Près de 31 percent (scénario de référence) et 37 percent (scénario défavorable) de la dette des petites entreprises pourraient les contraindre à un défaut de paiement d’ici à 2023 si les risques de liquidité se matérialisent.
- Les grandes entreprises présentent des perspectives de liquidité plus favorables, en raison de soldes de trésorerie plus solides avant la pandémie.

### Par intensité de contacts — impact sectoriel
- Part des entreprises à forte intensité de contacts confrontées à des besoins de liquidité :
  - Passage de 6 percent (prépandémique) à 21 percent (scénario de référence) ou 25 percent (scénario défavorable) d’ici à 2023.
- Dette à risque dans les secteurs à forte intensité de contacts : jusqu’à 20 percent de leur dette globale.
- Dans les secteurs à faible intensité de contacts, la part des entreprises exposées à un risque d’illiquidité doublerait : de 17 percent à entre 30 et 34 percent selon les scénarios (référence et défavorable).
- Bien que la part des entreprises à risque soit supérieure dans les secteurs à faible intensité de contacts, la dette à risque serait plus importante dans les secteurs à forte intensité de contacts (de 17 à 20 percent contre 9 à 13 percent dans les secteurs à faible intensité de contacts).

### Solvabilité — projections clés
- Part des petites entreprises insolvables (capitaux propres négatifs) :
  - Avant la pandémie : 7 percent.
  - En 2023 : entre 8 et 11 percent dans les scénarios de référence et défavorable, respectivement.
- Grandes entreprises : part d’entreprises avec capitaux propres négatifs déjà plus faible avant la pandémie et devrait rester faible et stable à moyen terme.
- Secteurs à forte intensité de contacts : après une forte augmentation en 2020, la part des entreprises insolvables diminuerait pour retrouver les niveaux prépandémiques dans le scénario de référence ; resterait légèrement supérieure aux niveaux prépandémiques dans le scénario défavorable.

### Viabilité, restructuration et liquidation
- Définition de la viabilité : capacité de générer des bénéfices avant intérêts et impôts couvrant les charges d’intérêts (RCI supérieur à 1) dans des « conditions économiques normales ».
- Catégories d’entreprises :
  - Saines : RCI avant et après la pandémie supérieur à 1.
  - Viables mais en difficulté : RCI supérieur à 1 avant la pandémie et inférieur à 1 après.
  - Zombies : RCI inférieur à 1 avant et après la pandémie.
- Répartition moyenne (2022–23) et composition de la dette (moyenne en 2022–23) :
  - Environ 85 percent des entreprises sont classées comme saines dans le scénario de référence.
  - Différence d’environ 10 points de pourcentage entre pays importateurs et exportateurs de pétrole dans le scénario défavorable.
  - Dans le pire des cas, respectivement 75 et 86 percent de la dette des entreprises serait sûre (risque de crédit faible) dans les pays importateurs de pétrole et dans les pays exportateurs de pétrole.
  - Néanmoins, 15 percent des entreprises (jusqu’à 25 percent dans des conditions défavorables) devraient être soit restructurées, soit liquidées.
- Parts des entreprises nécessitant restructuration ou liquidation :
  - Entreprises viables nécessitant restructuration : 9 percent (pays importateurs de pétrole) et 6 percent (pays exportateurs de pétrole) dans le scénario de référence; 14 percent et 13 percent, respectivement, dans le scénario défavorable.
  - Cela impliquerait, dans le pire des cas, que 17 percent et 10 percent de la dette des entreprises dans les pays importateurs et exportateurs de pétrole, respectivement, devrait faire l’objet d’une restructuration.
  - Entreprises zombies susceptibles de nécessiter liquidation : 6 percent et 9 percent des entreprises dans les pays importateurs et exportateurs de pétrole, respectivement, dans le scénario de référence; 9 percent et 12 percent, respectivement, dans le scénario défavorable.
- Comparaisons : ces pourcentages sont comparables aux parts d’entreprises zombies signalées pour d’autres groupes de pays : 12 to 13 percent dans les pays avancés et 9 to 11 percent dans les pays émergents (Tressel et Ding, 2021). Parts comparables de dette à liquider : environ 5 to 8 percent dans les pays avancés et 5 to 6 percent dans les pays émergents.

### Mesures de politique recommandées
- Pendant la reprise :
  - Faire preuve de souplesse et de prudence quant au retrait prématuré de l’aide publique, en ciblant progressivement les entreprises qui en ont besoin (en difficulté mais viables) — notamment les petites entreprises et celles des secteurs à forte intensité de contacts.
- À moyen terme :
  - Favoriser la réaffectation des ressources vers les entreprises viables pour permettre une reprise résiliente.
  - Inciter les grandes entreprises des pays avec des marchés de capitaux fonctionnels à lever des fonds pour renforcer leurs bilans.
  - Encourager les PME insolvables mais viables à faire appel en premier lieu à leurs propriétaires et actionnaires pour leur recapitalisation; recourir à l’aide de l’État si elles ne peuvent lever des capitaux.
  - Utiliser des apports de fonds propres pour la restructuration afin d’atténuer l’insolvabilité et le surendettement.
  - Lorsque disponibles, les fonds souverains pourraient injecter des fonds propres sous conditions de transparence, responsabilité et bonne gouvernance.
  - Dans les pays à marge budgétaire limitée, envisager des mesures à moindre coût budgétaire (par exemple conversion de la dette garantie en actions).
- Réformes des cadres d’insolvabilité et de redressement :
  - Simplifier les procédures, accroître l’expertise et la capacité des tribunaux et administrateurs de l’insolvabilité.
  - Améliorer les procédures de redressement, encourager les accords extrajudiciaires entre débiteurs et créanciers et développer des mécanismes de restructuration avec intervention judiciaire limitée (ex. restructurations hybrides).
  - Mettre en place des mécanismes de restructuration adaptés aux PME pour améliorer leur taux de survie et le taux de recouvrement des créances.
  - Simplifier les complexités procédurales et judiciaires pour les micro- et petites entreprises.
- Gouvernance des entreprises publiques :
  - Réformer la gouvernance et la gestion des risques budgétaires des entreprises publiques, améliorer la surveillance et l’évaluation des risques budgétaires; uniformiser les règles du jeu entre entreprises publiques et privées (restructuration, redressement, liquidation) pour stimuler la concurrence et la productivité.
- Accélération de la connectivité numérique :
  - Renforcer la connectivité numérique (réseaux à haut débit), réduire les obstacles au commerce numérique, financer les start-ups innovantes et renforcer les systèmes de paiement électronique.
  - Améliorer les services financiers numériques et investir dans les technologies financières pour accroître la productivité et la résilience.

*Fonds monétaire international | Octobre 2021*

### 3. LA COVId-19 ET LES PERSPECTIVES dU SECTEUR dES ENTREPRISES

### 3. LA COVId-19 ET LES PERSPECTIVES dU SECTEUR dES ENTREPRISES

### Effets attendus sur la qualité des actifs bancaires
- Après la fin de l’assouplissement des volants macroprudentiels et des règles de classification des prêts, une augmentation tardive des prêts improductifs sera probablement observée.
- Si cette détérioration n’est pas traitée, elle pourrait menacer la stabilité financière et, dans certains cas, nécessiter des ressources budgétaires à des fins de recapitalisation, ce qui renforcerait encore le lien entre banques et émetteurs souverains.

### Surveillance et retrait de l’aide publique
- Les autorités doivent surveiller de près ces risques.
- Il convient de procéder à un retrait bien calibré de l’aide publique.
- Les autorités doivent inciter les banques vulnérables à profiter de la période de répit offerte par le soutien des pouvoirs publics pour renforcer leurs réserves contre les risques à venir.

### Mesures à moyen terme pour soutenir la restructuration et la viabilité des entreprises
- Développement des marchés de capitaux pour aider les entreprises viables à renforcer davantage leurs bilans.
- Développement des marchés des créances sinistrées pour faciliter la restructuration des entreprises par le biais des mécanismes du marché.

*Fonds monétaire international | Octobre 2021*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2021/october/french/fulltextf.pdf_
