## Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, octobre 2021 — Principaux messages

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### Reprise et projections
- Le PIB réel dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MOAN) devrait augmenter de 4,1 % en 2021 comme en 2022.
- Dans la région Caucase et Asie centrale (CAC), le PIB réel devrait augmenter de 4,3 % en 2021 et de 4,1 % en 2022.
- L’ensemble de la région est en nette progression depuis le début de cette année, soutenu par des campagnes de vaccination avancées dans plusieurs pays (Conseil de coopération du Golfe, Azerbaïdjan, Jordanie, Kazakhstan, Maroc) et par une hausse des cours pétroliers et une diminution progressive des limitations de la production.
- Les données du premier semestre 2021 indiquent que la reprise se maintient malgré de nouvelles flambées épidémiques.

### Inégalités, séquelles et impact sectoriel
- La reprise est inégale et incomplète ; sur le moyen terme, le PIB réel devrait rester inférieur aux projections d’avant la crise d’environ 2,4 % dans la région MOAN et 6,9 % dans la région CAC.
- Les personnes les plus touchées : peu qualifiées, jeunes, femmes, travailleurs migrants ; les entreprises de plus petite taille et les secteurs à forte intensité de contacts ont souffert le plus.
- Secteur des entreprises : le secteur a retrouvé les niveaux prépandémiques dans l’ensemble, mais les petites entreprises et celles des secteurs à forte intensité de contacts ont accumulé des retards. Entre 15 à 25 % des entreprises devraient être restructurées ou liquidées selon la vigueur de la reprise et les mesures de soutien, ce qui pourrait affecter les banques et la fourniture de crédit dans les années à venir.
- L’économie informelle n’a pas suffi à amortir le choc en raison des mesures de confinement.

### Inflation, dettes et marché du travail
- L’inflation est en hausse, ce qui réduit l’espace de manœuvre de la politique monétaire et accentue les contraintes budgétaires.
- La hausse des prix des denrées alimentaires augmente les risques d’insécurité alimentaire, particulièrement pour les pays à faible revenu et les pays fragiles ou affectés par un conflit.
- Stabilisation de la dette : l’augmentation des ratios d’endettement et des passifs conditionnels en 2020 a détérioré les perspectives de stabilisation de la dette dans certains pays, surtout là où la reprise traîne, où les taux d’intérêt augmentent, ou où l’ajustement budgétaire est retardé.
- Faible redressement de l’emploi : le taux de chômage moyen dans la région Moyen-Orient et Asie centrale a atteint 10,7 % en 2020 (MOAN : 11,6 % ; CAC : 8,7 %). Sans réformes ambitieuses, la croissance nécessaire pour stabiliser le chômage pourrait atteindre près de 10 % dans certains pays du groupe MOAN, Afghanistan et Pakistan, et plus de 8 % dans certains pays du groupe CAC.

### Risques et vulnérabilités
- Les risques s’accumulent en raison de l’incertitude sur la durée de la pandémie. Ils incluent :
  - des retards dans les campagnes de vaccination ;
  - un durcissement des conditions financières mondiales ;
  - un retrait trop rapide des mesures de soutien ;
  - une inflation persistante ;
  - des troubles sociaux et des risques géopolitiques et sécuritaires ;
  - des chocs climatiques.

### Arbitrages de politique publique (règles et recommandations)
- Vaccins :
  - Accélérer l’acquisition et la distribution de vaccins est la priorité à court terme pour sauver des vies, favoriser la reprise et éviter un creusement des écarts.
  - Objectif : vacciner au moins 40 % de la population de la région d’ici la fin de l’année et 70 % d’ici mi-2022, nécessitant une forte coopération mondiale et régionale.
- Soutien budgétaire :
  - Les mesures de soutien supplémentaires doivent être bien ciblées.
  - Le retrait du soutien dans les pays disposant d’espace budgétaire devrait être progressif et clairement communiqué.
  - Les pays sans espace budgétaire devront s’ajuster malgré la fragilité de la reprise, soulignant l’importance de la qualité et de la composition de l’ajustement.
- Soutien monétaire :
  - Si l’inflation persiste, les banques centrales pourraient devoir relever préventivement les taux d’intérêt afin de maintenir l’ancrage des anticipations inflationnistes.
- Cadres de politique macroéconomique :
  - Les ajustements budgétaires devraient s’inscrire dans un plan budgétaire à moyen terme réaliste garantissant la viabilité de la dette.
  - Améliorer les cadres monétaires et appliquer des stratégies de communication claires pour renforcer la crédibilité et mieux répondre à la hausse de l’inflation.
- Politiques financières :
  - Retrait progressif du soutien au secteur financier, en évitant les faillites tout en réservant l’appui aux entreprises viables, afin de stimuler le secteur privé.
- Marchés du travail :
  - Encourager la réaffectation de la main-d’œuvre une fois la reprise engagée, moderniser les services publics de l’emploi et développer la formation professionnelle, en particulier pour les jeunes et les femmes.
  - Réformes pour réduire la sphère informelle, rationaliser l’emploi dans le secteur public et atténuer la charge réglementaire pesant sur les entreprises.

### Investir dans une reprise transformatrice
- Opportunité de transition vers un modèle de développement résilient, durable, inclusif et plus écologique.
- Réduire le rôle de l’État : recentrer l’action publique sur la santé, l’éducation et le développement des dispositifs de protection sociale ; revoir la finalité et la gouvernance des entreprises publiques ; réformer la réglementation pour promouvoir la concurrence, réduire les risques budgétaires et favoriser l’innovation et la croissance du secteur privé.
- Exploiter les tendances mondiales : déploiement à plus grande échelle des technologies numériques pour faciliter les dispositifs de protection sociale, développer de nouveaux secteurs et préserver la compétitivité régionale.
- S’attaquer au changement climatique : investir dans des technologies adaptées aux changements climatiques pour répondre à la menace et créer des opportunités d’emploi, nécessitant une action publique urgente et une coopération régionale.

### Rôle du FMI dans la région
- Depuis le début de la pandémie, le FMI a soutenu ses pays membres dans la région à hauteur de 20 milliards de dollars.
- Le FMI a procédé à une allocation de droits de tirage spéciaux qui augmente les réserves de la région de 49,3 milliards de dollars, ce qui aidera ces pays à mieux gérer les arbitrages à venir.

*Source : Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, octobre 2021 — Principaux messages (reo-key-messages-oct21).*

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