## Principaux messages — Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, octobre 2022

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### Contexte général
- Les risques identifiés dans l’édition d’avril 2022 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) se sont concrétisés : les prix des produits de base sont restés élevés, les conditions financières mondiales se sont resserrées plus vite et plus sévèrement qu’initialement prévu et un ralentissement de la croissance mondiale est en cours.
- L’activité économique dans la région Moyen-Orient et Asie centrale (MOAC) résiste bien jusqu’ici, mais l’inflation a grimpé de façon inattendue et la région fait face à des incertitudes d’une ampleur exceptionnelle et d’importants risques baissiers.
- Reprise à plusieurs vitesses amorcée l’an dernier : les pays exportateurs de pétrole (PEP) soutenus par des prix de l’énergie élevés; les pays émergents et pays à revenu intermédiaire (PE&PRI) montrent un essoufflement.

### Perspectives de croissance par sous‑région et catégorie de pays
- MOAN (Moyen‑Orient et Afrique du Nord) : taux de croissance du PIB réel attendu à 5,0 % en 2022, contre 4,1 % en 2021; croissance prévue à 3,6 % en 2023. Projections 2022–23 inchangées depuis avril.
- PEP : activité attendue en accélération, passant de 4,5 % en 2021 à 5,2 % en 2022; croissance projetée à 3,5 % en 2023 en raison de la baisse progressive des augmentations de production par l’OPEP+, du recul des prix du pétrole et du ralentissement de la demande mondiale.
- PE&PRI : croissance du PIB réel prévue à 4,9 % en 2022, révision à la hausse de 0,5 point de pourcentage depuis avril (dynamisme de l’Égypte en 2022); croissance attendue à 3,9 % en 2023 (essoufflement en Égypte et Tunisie).
- PFR (pays à faible revenu) : croissance prévue à 0,8 % en 2022 (soit 0,3 point de pourcentage de moins que prévu en avril), en raison de fragilités nationales et des répercussions du niveau élevé des produits de base.
- CAC (Caucase et Asie centrale) : croissance prévue à 3,8 % en 2022 (contre 5,6 % en 2021); projections relevées depuis avril pour les PFR et les PE&PRI de la région de 2,0 points et 5,6 points de pourcentage respectivement, liées à la révision à la hausse de la Russie, entrées de fonds inattendues, bonne tenue des échanges et relance budgétaire. Croissance prévue à 4,0 % en 2023 puis probablement 3,5 % à moyen terme (inférieure à la moyenne historique d’environ 7 %).

### Inflation
- Inflation globale dans la région MOAN (hors Soudan) projetée à 12,1 % en 2022 et 11,2 % en 2023; projections revues à la hausse depuis avril.
- CAC : taux d’inflation attendu supérieur à 10 % en 2022–23 (12,9 % en 2022 et 10,5 % en 2023); projections révisées à la hausse depuis avril.
- Facteurs de hausse : effets différés du renchérissement des produits alimentaires, baisse des taux de change dans certains cas, élargissement des tensions inflationnistes.

### Comptes extérieurs, finances publiques et besoins de financement
- PEP : comptes extérieurs devraient continuer de s’améliorer en 2022–23; solde budgétaire primaire hors pétrole également renforcé; manne pétrolière estimée avoisinant 1 000 milliards de dollars sur la période 2022−26.
- PE&PRI : déficit courant en 2022 devrait demeurer proche de 2021 grâce aux importants flux d’envois de fonds et au redémarrage du tourisme; baisse des réserves de change et resserrement des conditions financières mondiales signalent une accentuation des vulnérabilités externes; déficit budgétaire primaire légèrement plus favorable qu’en 2021 malgré l’augmentation des subventions.
- Besoins de financement bruts des États projetés à 384 milliards de dollars en 2022–23 (en lien avec persistance d’un déficit primaire, hausse des charges d’intérêt et recours accru à des financements à court terme).
- PFR : forte dégradation des comptes extérieurs attendue en raison d’une hausse des importations de produits alimentaires et énergétiques; risque grave d’insécurité alimentaire; besoin d’aide internationale pour l’approvisionnement en denrées de consommation courante.

### Canaux d’impact de la guerre en Ukraine
- Conséquences pour la CAC moins préjudiciables que prévu à ce jour : retombées positives inattendues (entrées de fonds, réinstallation de travailleurs et d’entreprises en provenance de Russie) ont soutenu la demande intérieure.
- Déterminants à court terme des comptes extérieurs : flambée des prix du pétrole et répercussions de la guerre en Ukraine; pays dont les termes de l’échange s’améliorent (Azerbaïdjan, Kazakhstan) ou qui bénéficient de retombées favorables (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Ouzbékistan) devraient voir leurs résultats budgétaires s’améliorer en 2022–23.
- Effets sur pauvreté et inégalités dans la CAC : la guerre pourrait accroître la pauvreté d’à peu près 1 point de pourcentage, creuser les inégalités d’environ 1 %, et réduire la consommation réelle des ménages d’environ 2 points de pourcentage en moyenne; effet plus important dans les pays pauvres.

### Principaux risques baissiers et canaux de vulnérabilité
- Maintien des prix des produits de base à un niveau élevé et généralisation des pénuries alimentaires → problèmes d’insécurité alimentaire, troubles sociaux, tensions budgétaires.
- Hausse du coût des engrais et faibles réserves stratégiques → menace sur les récoltes en 2023 et risque d’insécurité alimentaire.
- Conditions financières plus restrictives que prévu → risques pour la dette et la stabilité financière (coût du service de la dette, dégradation de la dynamique de la dette, réduction de l’accès aux marchés, contraction du financement dans les PE&PRI).
- Élargissement de l’inflation si plusieurs chocs se conjuguent : amples chocs externes, resserrement financier provoquant tensions sur les taux de change, fragilisation de l’ancrage des anticipations d’inflation.
- Coût élevé des politiques désinflationnistes : nécessité potentielle de relèvement substantiel des taux directeurs en présence de forte dollarisation, faible profondeur des marchés financiers et cadres monétaires insuffisants, avec risque de récession.
- Répercussions de la guerre mettant en péril les progrès en matière de réduction de la pauvreté et des inégalités dans la CAC (ménages modestes particulièrement exposés aux prix alimentaires et au repli des envois de fonds).

### Scénario d’amélioration possible
- Résultats pourraient dépasser les prévisions si la modération des prix des produits alimentaires est plus marquée que prévu (reprise des exportations de céréales ukrainiennes) et, pour les pays importateurs de pétrole, s’ils bénéficient d’un recul plus fort qu’attendu des prix du pétrole.

### Recommandations politiques prioritaires
- Atténuer la crise du coût de la vie tout en préservant la viabilité des finances publiques :
  - Rétablir la stabilité des prix en resserrant la politique monétaire dans les pays connaissant une généralisation de l’inflation ou des signes de désancrage des anticipations d’inflation.
  - Lutter contre l’insécurité alimentaire par une action mondiale déterminée : lever les restrictions commerciales, puiser dans les réserves excédentaires, améliorer l’accès aux engrais et investir dans l’agriculture résiliente face aux changements climatiques.
  - Protéger les couches vulnérables tout en garantissant la viabilité de la dette : utiliser des aides ciblées existantes; recourir à des subventions temporaires aux produits alimentaires uniquement lorsque le soutien ciblé est impossible et que les risques d’insécurité alimentaire sont très préoccupants; éviter les subventions à l’énergie, les baisses d’impôts et les exonérations fiscales à caractère régressif.
  - Accélérer le rééquilibrage budgétaire dans les pays à espace budgétaire limité pour préserver la viabilité de la dette.
  - Pays exportateurs de pétrole : maximiser les retombées de la manne exceptionnelle en renforçant les volants de sécurité, en évitant les dépenses procycliques, en maintenant le rythme des réformes budgétaires et en poursuivant la diversification économique.
- Améliorer la résilience et les perspectives de croissance :
  - Mener à bien la réforme des subventions à l’énergie tout en développant les systèmes de protection sociale pour libérer des ressources, élargir la couverture et investir dans l’efficacité énergétique.
  - Améliorer les cadres budgétaires à moyen terme pour renforcer la confiance dans la santé des finances publiques.
  - Poursuivre les réformes structurelles pour une croissance inclusive et résiliente : élimination des entraves au développement du secteur privé, réformes visant à réduire l’activité informelle et à renforcer l’équité du régime fiscal, investissement dans des technologies et infrastructures résilientes face aux changements climatiques.

### Engagement et instruments du FMI
- Le FMI a soutenu ses pays membres de la région MOAC à hauteur de 21,3 milliards de dollars depuis 2020 et leur a alloué des droits de tirage spéciaux pour un montant de 49,3 milliards de dollars afin d’accroître les avoirs de réserve de la région.
- Le FMI a adapté sa panoplie d’outils en instituant le fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité, destiné à aider les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire vulnérables à renforcer leur résilience face aux chocs extérieurs et à relever des défis à plus long terme comme les changements climatiques.
- Pour lutter contre la crise alimentaire menaçant ses membres les plus vulnérables, le FMI a étoffé ses instruments de financement d’urgence en créant un guichet « chocs alimentaires ».

*Document : Principaux messages — Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, octobre 2022*

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