## 2.    Le passé se répète-t-il ? Conséquences budgétaires des envolées des prix des produits de base au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

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### 2.1. Récurrence des cycles mondiaux des produits de base
- Contexte macroéconomique mondial
  - La croissance mondiale attendue : "3,2 percent en 2022 et 2,7 percent en 2023".
  - Les risques sont fortement orientés à la baisse et la menace d’une récession s’accentue.
- Prix des produits de base (faits saillants)
  - Les prix des produits alimentaires devraient augmenter de "14,2 percent en glissement annuel en 2022".
  - Les prix du blé dépassent "d’environ 80 percent leur moyenne de 2019".
  - Les prix du pétrole devraient s’établir à "98,2 dollars le baril sur l’ensemble de l’année" 2022, soit "une hausse de 41,2 percent depuis 2021".
  - L’augmentation attendue du pétrole est inférieure de "13,2 points de pourcentage aux projections effectuées en avril".
- Conditions financières mondiales
  - Les conditions financières se sont durcies plus vite et plus sévèrement que prévu depuis le printemps 2022.
  - L’indice des conditions financières mondiales du FMI est en hausse depuis mars 2022 et atteint son plus haut niveau depuis septembre 2020, avec un resserrement plus prononcé dans les pays émergents (à l’exclusion de la Chine).
  - L’aversion pour le risque a entraîné un repli des valorisations boursières, un creusement des écarts de rendements des obligations souveraines des pays émergents et une intensification des sorties de portefeuille.

### 2.2. Enseignements tirés des flambées précédentes des cours des produits de base
- Effets différenciés selon le profil des pays
  - Décalage entre pays exportateurs et importateurs de produits de base, avec des répercussions économiques considérables (renvoi au chapitre 2 pour détails empiriques et graphiques).
- Vulnérabilités structurelles mises en lumière
  - Risque élevé d’insécurité alimentaire pour les PFR et les pays fragiles ou touchés par des conflits en raison du niveau élevé des prix des produits alimentaires et des engrais.
- Rôle des politiques fiscales et des subventions
  - Analyses historiques de ripostes budgétaires aux flambées (graphique 2.6) et examen de la dynamique des subventions et des transferts (graphique 2.7, 2.8, 2.9, 2.10).

### 2.3. Conséquences budgétaires de l’envolée actuelle des cours des produits de base
- Pressions sur les finances publiques
  - Les pays importateurs font face à des pressions budgétaires accrues du fait de prix élevés des denrées alimentaires et de l’énergie.
  - Les pays exportateurs de pétrole bénéficient d’un effet d’amortisseur lié à des recettes d’énergie élevées, offrant l’opportunité de constituer des volants de sécurité et de poursuivre la diversification.
- Impact sur l’économie et la population (chiffres clés)
  - Inflation élevée dans la région : taux moyen pondéré de "15,1 percent en glissement annuel dans la région MOAN" et "13,5 percent dans la région CAC" en juillet 2022.
  - Les prix alimentaires restent le principal moteur de l’inflation globale.
  - Le Pakistan a subi des inondations touchant "33 millions d’habitants (soit un Pakistanais sur sept)" avec des effets délétères sur écoles, infrastructures et cultures.
- Contraintes de financement et accès aux marchés
  - L’accès au financement de marché s’est réduit pour certains PE&PRI fragiles.
  - Les marges d’action budgétaire sont limitées dans de nombreux pays, soulignant la nécessité de mesures ciblées et d’amélioration de l’efficience des dépenses.

### 2.4. Quelle riposte budgétaire face à une flambée des cours des produits de base ?
- Principes généraux recommandés
  - Rétablir la stabilité des prix.
  - Protéger les groupes vulnérables grâce à un soutien ciblé.
  - Garantir la sécurité alimentaire.
  - Préserver la viabilité de la dette et la stabilité financière, en particulier dans les PE&PRI et les PFR.
  - Pour les pays exportateurs de pétrole : utiliser les recettes pétrolières exceptionnelles pour constituer des volants de sécurité et accélérer la diversification.
- Arbitrages et priorités
  - Les décideurs dans les PE&PRI et les PFR font face à des arbitrages délicats entre soutien aux ménages vulnérables et maintien de la soutenabilité budgétaire.
  - La faible latitude budgétaire accentue l’urgence de réformes structurelles pour rendre l’économie plus résiliente, viable, diversifiée et inclusive.
- Mesures de court terme (extraits)
  - Mettre en place des programmes de transferts monétaires ciblés comme première ligne de défense (ex. Maroc, Pakistan, Tunisie disposent de filets relativement bien ciblés).
  - Étendre temporairement des transferts en nature si nécessaire.
  - Exploiter les données des réseaux de téléphonie mobile pour le ciblage et les transferts, y compris pour les travailleurs informels.
  - Utiliser les subventions autociblées pour les denrées alimentaires si l’aide ciblée rapide est difficile.
- Mesures de moyen terme (extraits)
  - Poursuivre la réforme des subventions généralisées à l’énergie et adopter un mécanisme d’ajustement automatique des tarifs de l’énergie.
  - Améliorer l’efficacité énergétique et supprimer progressivement les subventions aux combustibles.
  - Stimuler la mobilisation des recettes : supprimer exonérations inefficaces, renforcer l’administration fiscale, améliorer la progressivité de l’impôt.
  - Adopter des stratégies de gestion des risques (marchés à prix fixe/long terme, options de vente pour exporter le pétrole).
  - Améliorer la gouvernance budgétaire : cadre budgétaire à moyen terme, règles fiscales, transparence des entités publiques, fonds de stabilisation encadré.
- Exigences de conception des mesures
  - Préférer des mesures ciblées et provisoires; toutes les nouvelles mesures devraient comporter une clause de caducité automatique.
  - Éviter les subventions universelles aux carburants coûteuses et régressives; éviter réductions d’impôts et exonérations générales au profit de remboursements de TVA ciblés.
  - Financer les aides à court terme en modifiant l’ordre de priorités des dépenses et en améliorant l’efficience des dépenses sociales.
- Estimations budgétaires et incidence 2022
  - Coût moyen des ripostes publiques en 2022 (hausse des subventions existantes et nouvelles mesures) : entre 0,8 et 1,3 % du PIB.
  - En 2021, les subventions à l’énergie s’élevaient à 1,5 % et 5,8 % du PIB en moyenne parmi les importateurs et les exportateurs de pétrole, respectivement.
  - En 2022, le relèvement automatique des subventions existantes à l’énergie et aux produits alimentaires ainsi que l’introduction de nouvelles subventions devraient entraîner un surcoût moyen de respectivement 0,8 et 0,3 point de PIB.
  - Pour certains pays, le surcoût budgétaire des subventions à l’énergie devrait aller de 1,7 à 3 points de PIB (Iraq, Mauritanie, Tunisie); celui des subventions alimentaires avoisinerait 1 % du PIB pour l’Iraq et la Tunisie.
- Enseignements historiques synthétiques
  - Réponses antérieures ont produit : relâchement budgétaire substantiel et persistant; rigidité budgétaire accrue; recul de l’équité budgétaire; absence d’ajustements compensatoires suffisants.
  - Mesures passées ont souvent conduit à des coupes dans les dépenses d’équipement et à une hausse durable de la dette publique.

*Source : Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, Chapitre 2, Fonds monétaire international, Octobre 2022.*

### 2.    Le passé se répète-t-il ? Conséquences budgétaires des envolées

### 2.    Le passé se répète-t-il ? Conséquences budgétaires des envolées des prix des produits de base au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

### 2.1. Récurrence des cycles mondiaux des produits de base
- Contexte macroéconomique mondial
  - La croissance mondiale attendue : "3,2 percent en 2022 et 2,7 percent en 2023".
  - Les risques sont fortement orientés à la baisse et la menace d’une récession s’accentue.
- Prix des produits de base
  - Les prix des produits alimentaires devraient augmenter de "14,2 percent en glissement annuel en 2022".
  - Les prix du blé dépassent "d’environ 80 percent leur moyenne de 2019".
  - Les prix du pétrole devraient s’établir à "98,2 dollars le baril sur l’ensemble de l’année" 2022, soit "une hausse de 41,2 percent depuis 2021".
  - L’augmentation attendue du pétrole est inférieure de "13,2 points de pourcentage aux projections effectuées en avril".
- Conditions financières mondiales
  - Les conditions financières mondiales se sont durcies plus vite et plus sévèrement que prévu depuis le printemps 2022.
  - L’indice des conditions financières mondiales du FMI est en hausse depuis mars 2022 et atteint son plus haut niveau depuis septembre 2020, avec un resserrement plus prononcé dans les pays émergents (à l’exclusion de la Chine).
  - L’aversion pour le risque a augmenté, entraînant un repli des valorisations boursières, un creusement des écarts de rendements des obligations souveraines des pays émergents et une intensification des sorties de portefeuille.

### 2.2. Enseignements tirés des flambées précédentes des cours des produits de base
- Effets différenciés selon le profil des pays
  - Décalage entre pays exportateurs et importateurs de produits de base, avec des répercussions économiques considérables (renvoi au chapitre 2 pour détails empiriques et graphiques).
- Vulnérabilités structurelles mises en lumière par les chocs précédents
  - Risque élevé d’insécurité alimentaire pour les PFR et les pays fragiles ou touchés par des conflits en raison du niveau élevé des prix des produits alimentaires et des engrais.
- Rôle des politiques fiscales et des subventions
  - Le rapport contient des analyses historiques de ripostes budgétaires aux flambées (graphique 2.6 et encarts associés) et examine la dynamique des subventions et des transferts (graphique 2.7, 2.8, 2.9, 2.10).

### 2.3. Conséquences budgétaires de l’envolée actuelle des cours des produits de base
- Pressions sur les finances publiques
  - Les pays importateurs font face à des pressions budgétaires accrues du fait de prix élevés des denrées alimentaires et de l’énergie.
  - Les pays exportateurs de pétrole bénéficient d’un effet d’amortisseur lié à des recettes d’énergie élevées, offrant l’opportunité de constituer des volants de sécurité et de poursuivre la diversification.
- Impact sur l’économie et la population
  - Inflation élevée dans la région : taux moyen pondéré de "15,1 percent en glissement annuel dans la région MOAN" et "13,5 percent dans la région CAC" en juillet 2022.
  - Les prix alimentaires restent le principal moteur de l’inflation globale, mais le renchérissement s’étend à d’autres catégories.
  - Chocs climatiques et événements extrêmes aggravent les conséquences : le Pakistan a subi des inondations touchant "33 millions d’habitants (soit un Pakistanais sur sept)" avec des effets délétères sur écoles, infrastructures et cultures.
- Contraintes de financement
  - L’accès au financement de marché s’est réduit pour certains PE&PRI fragiles, accroissant la difficulté de concilier protection des populations vulnérables et viabilité de la dette/stabilité financière.
  - Les marges d’action budgétaire sont limitées dans de nombreux pays, soulignant la nécessité de mesures ciblées et d’amélioration de l’efficience des dépenses.

### 2.4. Quelle riposte budgétaire face à une flambée des cours des produits de base ?
- Principes généraux (tels que présentés dans le chapitre)
  - Rétablir la stabilité des prix.
  - Protéger les groupes vulnérables grâce à un soutien ciblé.
  - Garantir la sécurité alimentaire.
  - Préserver la viabilité de la dette et la stabilité financière, en particulier dans les PE&PRI et les PFR.
  - Pour les pays exportateurs de pétrole : utiliser les recettes pétrolières exceptionnelles pour constituer des volants de sécurité et accélérer la diversification.
- Arbitrages et priorités
  - Les décideurs publics dans les PE&PRI et les PFR sont confrontés à des arbitrages délicats entre soutien aux ménages vulnérables et maintient de la soutenabilité budgétaire.
  - La faible latitude budgétaire dans de nombreux pays renforce l’urgence de réformes structurelles visant à rendre l’économie plus résiliente, plus viable, plus diversifiée et plus inclusive.
- Éléments analytiques disponibles dans le chapitre (références aux graphiques et tableaux pour détails empiriques)
  - Diagrammes et tableaux sur : ripostes budgétaires aux flambées passées (graphique 2.6), subventions et transferts (graphique 2.9–2.11), variation des soldes primaires en 2022 (graphique 2.12–2.13), ripostes budgétaires prévues 2022–2027 (graphique 2.15), dynamique des subventions à l’énergie (graphique 2.17).

*Source : Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, Chapitre 2, Fonds monétaire international, Octobre 2022.*

### 1. Pays exportateurs de pétrole

### 1. Pays exportateurs de pétrole

### Données chiffrées
- 90
- 92
- 106
- 96
- 100
- 94
- 98
- 102
- 104

### Périodes mentionnées
- 2015 : T2
- 17 : T1
- 18 : T4
- 20 : T3
- 22 : T2

*Source: text - 1. Pays exportateurs de pétrole (PDF).*

### 2. PE&PRI

### 2. PE&PRI

### Inflation and price dynamics
- Inflation measures: all inflation figures correspond to 3-month moving averages of seasonally adjusted annualized rates (CVS).
- Regional inflation (MOAN excluding Sudan):
  - 2022: 12.1 percent (1.7 percentage point above 2021 and 1.1 percentage point above April projection).
  - 2023: 11.2 percent (projection revised up by 2.6 percentage points).
- Drivers:
  - Renchérissement des produits alimentaires et de l’énergie depuis 2021, amplifié par la guerre en Ukraine.
  - Exchange rate depreciations exacerbating inflation in some PE&PRI (e.g., Pakistan: effective nominal depreciation ≈ 15 percent since start of war; Egypt: ≈ 10 percent).
- Inflation expectations:
  - In some countries (Égypte, Pakistan) Consensus Forecasts show higher near-term inflation expectations; medium-term expectations remain contained relative to end-2021.
- Policy implications:
  - Countries where inflation is generalizing and expectations exceed targets should tighten monetary policy.
  - For countries with exchange rate pegs, monetary tightening aligned with advanced economies is advised.
  - Medium-term reforms to monetary frameworks recommended: focus on price stability, central bank independence, reduce dollarization, develop financial markets, improve communication and transparency.

### Divergence in external and fiscal balances
- Terms-of-trade impacts (Jan–Jul 2022, PPA-weighted, percent of GDP):
  - Average net terms-of-trade gain for petroleum exporters in first half of 2022 ≈ 6 percent of GDP.
  - Petroleum-importing PE&PRI and PFR lost about 0.5 percent of GDP over same period.
- Current account balances (2021 averages):
  - Petroleum exporters: CAC = 0.9 percent of GDP; MOAN = 4.6 percent of GDP.
  - PE&PRI: deficit ≈ 3.6 percent of GDP.
  - PFR: deficit ≈ 6.6 percent of GDP.
- Projections:
  - Petroleum exporters (MOAN): current account surplus expected to rise from 4.6 percent of GDP (2021) to 9.7 percent of GDP (2022), then fall to 7.8 percent of GDP (2023). For CCG: 8.2 percent (2021) → 16.7 percent (2022) → 13.7 percent (2023).
  - PE&PRI current account deficits: remain near 5 percent of GDP in 2022, then fall slightly to 4.4 percent of GDP in 2023.
  - PFR current account: deficit cumulated from 7.7 percent (2021) → 9.3 percent (2022) → 8.3 percent (2023).
- External financing pressures:
  - PE&PRI external financing needs ratio to gross international reserves:
    - 2021: 109 percent (232 billion dollars).
    - 2022: 242 percent (275 billion dollars).
    - 2023: 163 percent (265 billion dollars).
  - Region eurobond issuance (Jan–Sep 2022): 3.65 billion dollars (vs 30.1 billion dollars same period previous year).
  - Eurobonds maturing in 2022 in region: 24.5 billion dollars (≈ one third pertains to PE&PRI).
  - Portfolio outflows since July 2021: 3.8 billion dollars withdrawn; 2.2 billion dollars since February (post-invasion).
- Reserves pressures observed in July 2022 for some countries (Égypte, Maroc, Pakistan).

### Fiscal positions and public debt
- Public debt ratios:
  - PE&PRI (MOAN): average public debt/GDP rose from 84 percent (2020) to 92 percent (2021).
- Fiscal balances:
  - Primary non-oil balances of petroleum exporters nearly returned to pre-pandemic levels by end-2021, while PE&PRI primary balances remained fragile and below pre-pandemic values.
  - PE&PRI average primary deficit (including higher subsidies) expected:
    - 2022: ≈ 3.0 percent of GDP (stable vs 2021).
    - 2023: ≈ 1.8 percent of GDP.
- Interest burden:
  - Resserrement of borrowing conditions will raise interest charges by 0.4 percent of GDP on average in 2023 and by 1.3 percent of GDP in Egypt.
- Gross financing needs of governments:
  - Expected to reach 550 billion dollars in 2022–23 (22 million dollars more than in 2020–21).
  - In Egypt and Pakistan, average annual gross financing needs expected to represent 33 percent and 22 percent of GDP, respectively.

### Financial conditions and market access
- Sovereign spreads widened substantially in several MOAN PE&PRI and Pakistan; modest widening in some CAC PE&PRI (Arménie, Géorgie). CCG sovereign risk premia remained stable since war onset.
- Eurobond market activity collapsed: issuances in region Jan–Sep 2022 = 3.65 billion dollars vs 30.1 billion dollars year-earlier.
- Many PE&PRI increased domestic reliance: bilateral, multilateral and domestic financing used to fill gaps.
- Monetary policy stances:
  - In CAC region, ex-ante real policy rates turned positive as central banks raised rates.
  - In most MOAN PE&PRI and Pakistan, ex-ante real rates remained negative.
  - For dollar-pegged regimes (CCG, Jordanie), policy rate adjustments followed Fed hikes.

### Growth outlook (2021–2023)
- MOAN region:
  - 2021: 4.1 percent real GDP growth.
  - 2022: projected 5.0 percent.
    - Petroleum exporters: 5.2 percent (2022) vs 4.5 percent (2021).
    - PE&PRI (MOAN): 4.9 percent (2022), a 0.5 percentage point upward revision since April.
    - PFR: 0.8 percent (2022), 0.3 percentage point lower than April forecast.
    - Pakistan: growth for fiscal year 2022 estimated at 6 percent.
  - 2023: regional growth to slow to 3.6 percent (unchanged since April).
    - Petroleum exporters: 3.5 percent (2023).
    - PE&PRI (MOAN): 3.9 percent (2023).
- CAC region:
  - 2021: 5.6 percent.
  - 2022: revised to 3.8 percent (upward revision of 5.6 percentage points for PE&PRI; 2.0 points for PFR vs April).
  - 2023: expected 4.0 percent (0.2 percentage point downward revision vs April).
  - Medium-term growth: ≈ 3.5 percent; historical average near 7 percent.

### Risks and downside scenarios
- Overall risk orientation: strongly tilted to the downside.
- Major risk channels:
  - Prolonged war in Ukraine and expanded sanctions → lower exports of energy, food, fertilizers → shortages, higher and more volatile food and energy prices → European slowdown affecting MOAN trade.
  - Inflation de-anchoring: generalized price rises could lift inflation by ≈ 0.2 percentage point on average and raise 5-year inflation expectations by 1 percentage point, triggering wage–price spirals.
  - Tighter global financial conditions:
    - Short-term refinancing risks high: substantial share of external public debt maturing in 2022–23 (on average about twice 2019 annual maturing amounts).
    - If U.S. 10-year Treasury yields rose cumulatively by 300 basis points in 2022 vs 2021, portfolio inflows to the region could fall by 18 billion dollars (≈ 3 percent of regional external financing needs).
  - China slowdown → trade channels weaken, commodity price effects, reduced demand for exports.
  - Food and energy shortages, fertilizer costs and low strategic stocks → heightened food insecurity and social unrest, especially in 2023.
  - Economic fragmentation due to geopolitics could reduce trade, FDI and multilateral cooperation; CAC region particularly exposed due to ties with Russia and Europe.
- Adverse scenario estimate:
  - If oil prices rise, global financial tightening intensifies, China slowdown sharpens, and global activity weakens, real GDP in MOAN and CAC could contract in 2023 by 0.9 and 2.2 percentage points, respectively.

### Policy recommendations and priorities
- Immediate priorities for all country groups:
  - Maintain or restore price stability while protecting vulnerable populations.
  - Manage tightening global financial conditions while safeguarding financial stability.
  - Ensure food and energy security and manage pandemic-related risks.
  - Strengthen global and regional cooperation to address fragmentation risks.
- Monetary policy:
  - Tighten where inflation is broadening and expectations are unanchored.
  - For pegged regimes, adjust policy rates in line with advanced economy tightening to preserve the peg.
  - Let flexible-currency regimes depreciate as needed and raise policy rates to address inflationary pressures; intervene to smooth disorderly FX moves.
  - Strengthen monetary frameworks over time: focus on price stability, central bank autonomy, reduce dollarization, deepen financial markets, improve communication.
- Fiscal policy and debt sustainability:
  - PE&PRI and PFR: preserve debt sustainability while protecting social stability — accelerate fiscal rebalancing, target inefficient spending, increase efficiency of social spending, broaden tax bases, remove inefficient exemptions, strengthen tax administration.
  - Where debt viability is compromised, consider debt restructuring.
  - Petroleum exporters: avoid procyclical spending; save part of windfall oil revenues to bolster buffers and fund diversification.
- Social protection and food security:
  - Expand targeted social assistance and transition away from generalized fuel/subsidy schemes.
  - International donors to prioritize concessional financing and grants for PFR and fragile states; support World Food Programme financing gaps.
  - Regional actions: lift trade restrictions, use excess stocks, facilitate trade routes and access to fertilizers and key inputs; increase agricultural production via access to fertilizers, gas, trade finance and resilient supply chains.
- Financial stability and structural reforms:
  - Reform insolvency regimes to manage potential rise in corporate bankruptcies.
  - Calibrate macroprudential policies where banks face concentrated exposures to vulnerable sectors.
  - Accelerate structural reforms to boost inclusive growth: reform tax systems to be more equitable, reduce informality, improve business environment, reform state-owned enterprises, increase SME access to finance, digitize services, invest in climate adaptation, energy and water security, and pursue a smooth low-carbon transition.
- IMF support:
  - Since the pandemic onset, IMF financing to MOAC region: 21.3 billion dollars.
  - Post-Ukraine war actions: new financing accord with Georgia; augmentations for Jordan and Pakistan; new financing windows introduced (e.g., "food shocks" window) and a recently operational fund for resilience and sustainability to assist vulnerable PFRs and middle-income countries.

*Source: IMF — Perspectives Économiques Régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, Octobre 2022 (section 2. PE&PRI).*

### 2022. Promoting Inclusive Growth in the Middle East and North

### 1. ÉVOLUTIONS ET PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : dES dÉfIS CROISSANTS à UN MOMENT ChARNIèRE

### Sécurité alimentaire au Moyen-Orient et en Asie centrale (Encadré 1.1)
- Facteurs compromettant disponibilité et accessibilité financière des produits alimentaires dans la région MOAC :
  - l’envolée des prix mondiaux des produits alimentaires au cours des deux dernières années;
  - la dépendance à l’égard des importations de blé et d’engrais en provenance de Russie et d’Ukraine;
  - le niveau globalement faible des réserves stratégiques et de stockage;
  - la flambée des coûts des emprunts extérieurs.
- Mesures adoptées et situations nationales :
  - Diversification des sources d’importation pour assurer l’approvisionnement (Égypte, Jordanie, Maroc, Tunisie).
  - Signes de pénuries dans d’autres pays : en Somalie, une part importante de la population connaît un niveau élevé d’insécurité alimentaire en raison d’une grave sécheresse exacerbée par des perturbations de l’offre mondiale.
  - Au Soudan, le manque d’engrais contribue à l’insécurité alimentaire : la production de blé a chuté d’environ un tiers depuis 2021 et est inférieure de 13 % à sa moyenne sur cinq ans.
- Réserves et dépendance :
  - Certains pays à faible revenu (Mauritanie, Somalie, Soudan, Yémen) ont vu leurs réserves de blé tomber à trois mois de consommation, voire moins.
  - Ces pays, pâtissant d’un accès limité aux financements et d’épisodes de sécheresse ou de maigres récoltes (Djibouti, Somalie, Soudan), dépendent de l’aide internationale pour importer des denrées alimentaires de consommation courante.
- Inflation alimentaire intérieure (taux observés) :
  - 15 % ou plus en Algérie, Arménie, Azerbaïdjan, Égypte, Géorgie, Kazakhstan, Pakistan, Ouzbékistan, République kirghize.
  - 12 % en Somalie.
- Risques à court et moyen terme :
  - Montée des prix des engrais et des carburants pouvant entraver la capacité à accroître la production et faire baisser le rendement des cultures.
  - Restrictions à l’exportation sur produits alimentaires et engrais (Égypte, Kazakhstan, Pakistan, République kirghize) susceptibles de provoquer des ruptures d’approvisionnement et des hausses de prix, avec un impact fort sur l’accessibilité financière des denrées, surtout dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

*Rédigé par Mohamed Belkhir.*

### Effets de la guerre en Ukraine sur le Caucase et l’Asie centrale (Encadré 1.2)
- Impact global :
  - Répercussions de la guerre moins sévères qu’initialement prévu dans la région CAC, grâce à la résilience à court terme de la croissance russe, à un essor inattendu des transferts monétaires et à des politiques visant à prévenir les sanctions secondaires.
  - Routes commerciales et flux financiers restent ouverts; certains accords régionaux (Union douanière Russie–Biélorussie–Kazakhstan, contrats gaz à long terme) atténuent l’impact.
- Transferts monétaires et mouvements de personnes :
  - Hausse marquée des transferts vers Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Ouzbékistan (graphique 1.2.1).
  - Ces flux pourraient correspondre à des mouvements de capitaux et à des retours d’expatriés, renforçant dépôts bancaires et appréciation des monnaies locales.
  - En Arménie : arrivées depuis la Russie en hausse de 200 % au premier trimestre 2022 par rapport à la même période en 2021 et de 50 % par rapport aux niveaux antérieurs à la pandémie; taux d’occupation dans l’hôtellerie à un niveau record.
  - En Géorgie : arrivées depuis la Russie plus élevées qu’en 2021; arrivées depuis le Bélarus et le Kazakhstan en hausse respective de 114 % et de 36 % au premier semestre 2022 par rapport à la même période avant la pandémie.
- Incertitudes et perspectives :
  - Impossible de déterminer si ces réinstallations sont temporaires ou permanentes; elles stimulent la consommation à court terme, effet à moyen terme incertain (potentiel boom des créations d’entreprises non confirmé).
  - La poursuite de la guerre expose à des risques multidimensionnels (inflation, insécurité alimentaire, financements extérieurs) et à des tensions sociopolitiques accrues si pression sur les prix et pauvreté s’aggravent.
  - Un élargissement des sanctions ou un renversement des alliances géopolitiques pourrait fragiliser les liens économiques entre la région CAC et la Russie.

*Rédigé par Robert Tchaidze.*

### 2. MOAN : CONSÉQUENCES bUdGÉTAIRES dES ENVOLÉES dES PRIx dES PROdUITS dE bASE

### Contexte général et canaux d’impact
- Contexte aggravant :
  - Hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires et des combustibles dans la région MOAN; durcissement des conditions de financement mondiales; marge de manœuvre budgétaire réduite après la pandémie.
- Réactions passées et leçons :
  - Réponses antérieures (souvent subventions généralisées) ont produit : 1) relâchement budgétaire substantiel et persistant; 2) rigidité budgétaire accrue; 3) recul de l’équité budgétaire; 4) absence d’ajustements budgétaires de compensation.
  - Ces réponses ont augmenté les risques de non-viabilité de la dette des pays importateurs de pétrole et donné lieu à des mesures budgétaires procycliques chez les exportateurs, suivies d’ajustements brutaux quand les cours ont chuté.

### Cycles mondiaux des produits de base : amplitude et contexte actuel
- Comparaison historique :
  - L’envolée actuelle depuis mi-2020 est à peu près comparable aux phases de 2008 et 2011 en amplitude et corrélation entre énergie, denrées alimentaires et intrants agricoles; épisode actuel atteint des prix alimentaires records.
- Horizon prévisionnel :
  - Les prix de l’énergie et des denrées alimentaires devraient baisser au cours des deux prochaines années, mais l’issue reste très incertaine; l’épisode pourrait être plus long que les précédents.
- Différences structurelles :
  - Conditions de financement mondiales plus restrictives pour les pays émergents qu’aux épisodes précédents (taux d’intérêt internationaux et nationaux plus hauts, primes de risque supérieures liées à une dette élevée ou des liens avec la Russie et l’Ukraine).
  - Niveaux de dette supérieurs de 25 à 40 points de PIB par rapport aux épisodes précédents, intensifiant les tensions budgétaires pour les pays émergents de la région MOAN.

### Hétérogénéité des effets selon structure d’échanges et catégories de pays
- Terme de l’échange et pays :
  - Pays exportateurs de pétrole : situation notablement améliorée.
  - Pays importateurs de pétrole (notamment Jordanie, Liban, Maroc, Tunisie) : termes de l’échange se sont détériorés comme jamais depuis mai 2020.
  - Pays à faible revenu : amélioration des termes de l’échange au Soudan et au Yémen (exportation d’or, pétrole brut); détérioration à Djibouti et en Mauritanie.
  - La hausse actuelle s’accompagne de variations plus prononcées des termes de l’échange que lors des épisodes antérieurs.

### Transmission vers les prix intérieurs et indicateurs chiffrés
- Écart de transmission partiel :
  - L’inflation intérieure des denrées alimentaires et de l’énergie n’a que partiellement reflété les hausses mondiales, en raison de subventions maintenues, de contrats d’importation à long terme et, parfois, de bonnes récoltes.
- Chiffres comparés (variation depuis 2019) :
  - Les prix mondiaux des matières premières alimentaires ont augmenté de 80 % depuis 2019.
  - Inflation intérieure des prix alimentaires :
    - Importateurs de pétrole de la région MOAN : de 6 % à 49 %.
    - Exportateurs : de 7 % à 24 %.
  - Les prix mondiaux du pétrole brut ont gagné 63 % pendant la même période.
  - Prix intérieurs de l’essence : augmentation moyenne de 26 % dans les pays importateurs de pétrole et de 12 % dans les pays exportateurs.
  - Répercussion implicite moyenne sur les prix intérieurs de l’essence pour les importateurs : 41 % (supérieure à la transmission observée entre 2007 et 2014, d’environ 15 %).
- Illustration par pays cités dans les graphiques : PAK, EGY, TUN, MAR, JOR, WBG, SOM, KWT, ALG, SAU, BHR, IRQ, OMN, QAT, UAE, etc.

### Enseignements tirés des flambées précédentes (période couverte : 2005–2016)
- Mesures budgétaires passées :
  - Les réactions budgétaires aux flambées antérieures ont été associées à des périodes prolongées d’expansion budgétaire tant chez importateurs que chez exportateurs de pétrole.
  - Ajustements ultérieurs souvent insuffisants, réduisant la marge de manœuvre future des importateurs de pétrole; ajustements parfois brutaux chez les exportateurs après effondrement des cours.

*Préparé par Filippo Gori, Jeta Menkulasi (auteure principale), Issouf Samake et Ling Zhu, avec Azhin Abdulkarim et Roy Randen.*

*Fonds monétaire international | Octobre 2022*

### 2. MOAN : conséquences budgétaires des envolées des prix des produits de base

### 2. MOAN : conséquences budgétaires des envolées des prix des produits de base

### Effets historiques des flambées des prix des produits de base
- Les pays émergents importateurs de pétrole de la région MOAN ont vu leurs soldes primaires moyens se détériorer régulièrement depuis 2008, atteignant leur point le plus bas en 2012 pour une variation cumulée de 3 points de PIB.
- L’Égypte, la Jordanie et la Tunisie ont enregistré une détérioration cumulée avoisinant 5−6 points de PIB.
- Après le choc de 2011, les soldes primaires se sont redressés mais sans revenir aux niveaux antérieurs à l’envolée des prix du pétrole, et ce, pendant six ans en moyenne.
- Les pays exportateurs de pétrole de la région ont adopté des politiques budgétaires plus expansionnistes après la hausse des prix du pétrole en 2008, avec des détériorations marquées des soldes primaires hors pétrole dans les Émirats arabes unis, le Koweït et Oman.
- Dans les pays exportateurs de pétrole, les subventions et les transferts ont culminé en 2014 avec une progression de 6 points de PIB en moyenne.

### Composition et rigidité des dépenses
- Les subventions et transferts ont culminé en moyenne en 2012 chez les pays émergents de la région MOAN (hausse de 3 points de PIB depuis 2007), puis ont baissé ensuite.
- Dans certains cas (Égypte, Tunisie), les subventions sont restées élevées plus longtemps et leur suppression n’a été que progressive ou partielle.
- Les subventions aux denrées alimentaires représentaient une part modeste du coût budgétaire global; en 2010, le coût du subventionnement des prix dans la région MOAN et au Pakistan s’élevait en moyenne à 7,8 % du PIB, mais seulement 15 % de ce total (soit 1,2 % du PIB) correspondaient au coût des subventions alimentaires.
- La masse salariale s’est accrue notablement : en moyenne +1 point de PIB dans les pays émergents de la région, et +4 points en Tunisie entre 2010 et 2017.
- Dans les pays du CCG et l’Algérie, l’expansion de la masse salariale a atteint 15,4 % du PIB hors pétrole en moyenne, et 33 % pour le Koweït.
- L’augmentation persistante des salaires et de l’emploi public a accru la part des salaires et traitements dans les dépenses totales depuis 2011.

### Ciblage et efficacité des mesures de protection sociale
- Les subventions générales aux prix et les exonérations fiscales se sont avérées mal ciblées et coûteuses pour protéger les personnes vulnérables.
- Dans certains pays (Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Yémen), les 4 déciles les moins favorisés ont reçu entre 5 et 20 % de l’ensemble des transferts budgétaires correspondant aux subventions pour le diesel et l’essence.
- Les subventions à l’énergie sont régressives, davantage dans les pays les plus pauvres de la région où la consommation et la motorisation sont concentrées chez les plus aisés.
- Les subventions aux denrées alimentaires étaient un peu mieux ciblées : les 40 % les plus pauvres ont reçu entre 30 et 60 % des subventions liées à la farine (mécanismes d’autociblage).
- Les exonérations de TVA et autres mesures fiscales destinées à réduire les prix finaux ont été globalement mal ciblées.

### Conséquences budgétaires des ajustements et de la dette
- Les ajustements budgétaires ultérieurs ont été insuffisants et de piètre qualité, se traduisant par des coupes principalement dans les dépenses d’équipement.
- La dette publique a augmenté de 18 points de PIB en moyenne dans les pays émergents de la région MOAN entre 2008 et 2015.
- Pour les exportateurs de pétrole, la dette publique nette s’est accrue d’environ 30 points de PIB en moyenne entre 2008 et 2018, malgré des réformes (droits d’accise, TVA) et des réductions des dépenses d’équipement après l’effondrement des cours à la mi-2014.
- La contraction de l’investissement public a pesé sur la croissance en creusant les déficits d’infrastructures, en particulier chez les importateurs de pétrole.
- Les dépenses sociales (santé, éducation, protection sociale) sont inférieures à celles des groupes comparables, tant en quantité que dans les résultats socioéconomiques obtenus.

### Riposte à l’envolée actuelle des prix (suite de la guerre en Ukraine)
- Comme lors d’épisodes passés, la première ligne de défense a été la généralisation des subventions aux prix et parfois la réduction d’impôts, avec souvent un relèvement automatique des subventions existantes.
- En 2021, les subventions à l’énergie s’élevaient à 1,5 % et 5,8 % du PIB en moyenne parmi les importateurs et les exportateurs de pétrole, respectivement.
- Les subventions aux produits alimentaires ont atteint de 1,5 à 2 % du PIB pour l’Algérie, l’Égypte et la Tunisie en 2021.
- En 2022, le relèvement automatique des subventions existantes à l’énergie et aux produits alimentaires ainsi que l’introduction de nouvelles subventions devraient entraîner un surcoût moyen de respectivement 0,8 et 0,3 point de PIB.
- Pour certains pays, le surcoût budgétaire des subventions à l’énergie devrait aller de 1,7 à 3 points de PIB (Iraq, Mauritanie, Tunisie), tandis que celui des subventions alimentaires avoisinera sans doute 1 % du PIB pour l’Iraq et la Tunisie.
- La hausse des subventions attendue en 2022 devrait être moindre qu’aux épisodes antérieurs, inférieure d’environ 50 % aux pics mesurés entre 2008 et 2013 pour les pays exportateurs de pétrole et les pays émergents de la région, en partie grâce à des réformes passées et à l’espace budgétaire limité.
- Les gouvernements ont aussi mis en place des mesures ciblées : transferts monétaires temporaires ciblant chômeurs, étudiants, veuves, orphelins (Bahreïn, Djibouti, Iran, Iraq, Jordanie, Maroc), remises ou bons pour factures de services publics (Djibouti, Iran, Oman, Pakistan).
- D’autres mesures incluent le subventionnement du blé produit localement (Égypte), l’augmentation de subventions existantes (Tunisie), aides à l’achat d’engrais et approvisionnement en alimentation pour le bétail (Mauritanie, Pakistan), restrictions temporaires des échanges et interdictions d’exportations (Algérie, Égypte, Émirats arabes unis), et relèvement des salaires minimums (Iran).

### Estimation du coût global des ripostes publiques en 2022
- Le coût moyen englobant la hausse des subventions existantes (et la mise en place de nouvelles) ainsi que d’autres nouvelles mesures est compris entre 0,8 et 1,3 % du PIB.
- La plupart de ces mesures ont été présentées comme provisoires, mais leur pérennisation risquerait d’accentuer la rigidité budgétaire et de réduire l’espace pour les dépenses prioritaires.

*Source : Fonds monétaire international, Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, Octobre 2022.*

### 1. PEP MOAN2. PIP MOAN

### 1. PEP MOAN2. PIP MOAN

### Subventions existantes pour les denrées alimentaires et l’énergie (situation 2021)
- Graphique 2.9 : subventions existantes pour les denrées alimentaires et l’énergie (En pourcentage du PIB, 2021).
- Note méthodologique : pour les pays exportateurs de pétrole, les subventions aux prix de l’alimentation et de l’énergie englobent les opérations inscrites au budget et les opérations hors budget. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). MOAN = Moyen-Orient et Afrique du Nord ; PE&PRI = pays émergents et pays à revenu intermédiaire ; PEP = pays exportateurs de pétrole ; PFR = pays à faible revenu ; PIP = pays importateurs de pétrole.

### Détérioration des perspectives budgétaires en 2022
- En 2022, les soldes primaires généralement plus modestes que ceux prévus avant la guerre en Ukraine dans la majorité des pays de la région MOAN et au Pakistan.
- Dans les pays émergents de la région MOAN et au Pakistan :
  - Les soldes primaires seront probablement inférieurs aux prévisions d’avant la guerre, mais, en moyenne, ils ne devraient pas varier par rapport à 2021.
  - La détérioration reflète une augmentation des dépenses courantes primaires essentiellement au Pakistan et en Tunisie (consécutive à une hausse des subventions et à d’autres mesures), partiellement compensée par une baisse des dépenses d’équipement.
- En Égypte, les coupes dans d’autres dépenses courantes compensent la hausse des subventions.
- Parmi les pays à faible revenu, les soldes budgétaires de la Mauritanie, de la Somalie et du Soudan devraient refléter des subventions à l’énergie et aux produits alimentaires plus élevées et, dans le cas du Soudan, des recettes inférieures aux prévisions.
- Chez les exportateurs de pétrole :
  - La plupart des pays du CCG n’ont pas vu leurs soldes primaires hors pétrole augmenter et continuent d’assainir leurs finances publiques en 2022.
  - Des politiques procycliques conduites en Algérie, aux Émirats arabes unis, en Iraq et au Qatar devraient se traduire par un relâchement de la politique budgétaire en 2022 par rapport à 2021, avec une hausse des subventions (Algérie, Émirats arabes unis, Iraq) et des salaires (Algérie, Émirats arabes unis, Qatar).

### Evolution attendue à moyen terme (2026 et horizon 2022–2027)
- La relance budgétaire de 2022 devrait se traduire par des soldes primaires qui, en 2026, seront sans doute inférieurs aux prévisions établies avant la guerre.
- Parmi les pays exportateurs de pétrole :
  - Les pays du CCG devraient épargner environ 20 % des recettes totales en moyenne (soit 33 % des recettes pétrolières) malgré la baisse prévue des cours à moyen terme.
  - Parmi les pays non membres du CCG, l’Algérie devrait voir son taux d’épargne publique fortement chuter, tandis que l’Iraq pourrait épargner environ un quart de ses recettes pétrolières.
- Graphique 2.13 : soldes primaires — anticipations actuelles et anticipations d’avant la guerre (En pourcentage du PIB ; PIB hors pétrole pour les pays exportateurs de pétrole ; moyenne simple) couvrant la période 2019–2026.

### Principaux risques pesant sur les perspectives budgétaires
- Risques identifiés :
  - une hausse prolongée des cours des produits de base,
  - des conditions de financement plus difficiles et changeantes,
  - une récession mondiale plus profonde.
- Conséquences historiques : les épisodes passés de renchérissement des cours des produits de base ont montré la précarité de la stabilité sociale dans les pays émergents de la région MOAN.
- Risque spécifique pour les exportateurs de pétrole : gaspillage budgétaire des recettes pétrolières par d’autres entités (entreprises publiques, fonds souverains, etc.), d’où la nécessité d’améliorer la transparence et la surveillance de leurs activités.
- Graphique 2.15 : ripostes budgétaires prévues entre 2022 et 2027 comparées à la riposte budgétaire effective au choc pétrolier de 2011 (Indice, 2008 = 100).

### Réponse budgétaire recommandée face à la flambée des cours des produits de base
- Objectifs généraux :
  - protéger au mieux les personnes vulnérables,
  - garantir la viabilité de la dette,
  - éviter de nouvelles rigidités budgétaires.
- Principes :
  - rompre le cercle vicieux entre protection sociale non ciblée et subventions généralisées,
  - mettre en œuvre des mesures efficientes pour protéger les personnes dans le besoin,
  - augmenter la résilience aux chocs futurs, notamment en achevant la réforme des subventions à l’énergie.
- Pays à faible revenu : s’appuyer sur l’aide internationale en l’absence de marge de manœuvre budgétaire suffisante.
- Risque d’un recours à des mesures non ciblées : nécessitera soit des mesures de compensation brusques et pénibles, soit un recours plus massif à l’emprunt, accentuant les vulnérabilités budgétaires.
- Nécessité : financer d’éventuelles mesures d’aide à court terme en modifiant l’ordre de priorités des dépenses.

### Politiques à court terme : atténuer l’impact de l’inflation sur les populations vulnérables (2.4.1)
- Mettre en place des programmes de transferts monétaires ciblés comme première ligne de défense.
  - Exemple de pays dotés de filets relativement bien ciblés : Maroc, Pakistan et Tunisie — instauration provisoire de transferts ciblés recommandée.
- Étendre temporairement, si besoin, des transferts en nature (denrées alimentaires) en les adaptant aux besoins des ménages les plus modestes.
- Améliorer rapidement la protection sociale :
  - Beaucoup de pays de la région MOAN n’ont pas les registres sociaux classiques ; les données des réseaux de téléphonie mobile peuvent être exploitées pour améliorer le ciblage et procéder à des transferts, y compris au profit des travailleurs informels.
- Utiliser de manière judicieuse les subventions autociblées pour les denrées alimentaires si la mise en place rapide d’une aide ciblée s’avère difficile et si le risque d’insécurité alimentaire augmente.
  - Argument : ces subventions peuvent limiter les incidences négatives des cours mondiaux des produits alimentaires sur les plus vulnérables pour un coût budgétaire généralement assez faible ; bien que tous les ménages en bénéficient, elles demeurent fondamentalement ciblées car elles concernent surtout les produits alimentaires de base principalement consommés par les plus pauvres (Verme et Araar, 2017).

### Cycle intenable de la protection sociale inefficiente (schéma de synthèse)
- Éléments du cycle :
  - Filets de protection sociale médiocres (faible couverture, niveau de protection insuffisant, ciblage inefficace) → Impact redistributif limité.
  - Flambée des cours des produits de base → Riposte budgétaire : subventionnement généralisé des prix, exonérations fiscales, salaires et emplois publics.
  - Coût budgétaire élevé et persistant : forte inertie des dépenses publiques, possibilités limitées de réaffecter les dépenses.
  - Erosion de l’espace budgétaire pour le cycle suivant : recours accru à l’emprunt, ajustement budgétaire différé, absence de mesures destinées à corriger les faiblesses des filets de protection sociale.
- Conséquence fréquentielle : coupe dans les dépenses d’équipement comme principale mesure de compensation, aboutissant à un ajustement préjudiciable à la croissance.

*Source : enquête du FMI ; Fonds monétaire international | Octobre 2022.*

### 2. MOAN : CONSÉQUENCES bUdGÉTAIRES dES ENVOLÉES dES PRIx dES PROdUITS dE bASE

### 2. MOAN : CONSÉQUENCES bUdGÉTAIRES dES ENVOLÉES dES PRIx dES PROdUITS dE bASE

### Mesures budgétaires à court terme : ciblage et temporarité
- Éviter les subventions aux prix des carburants coûteuses et régressives ; affecter les ressources budgétaires aux mesures plus efficientes énumérées dans le texte.
- Répercuter progressivement les prix mondiaux de l’énergie pour préserver la marge de manœuvre budgétaire, impératif pour les pays importateurs de pétrole.
- Pour les pays incapables de lancer rapidement des programmes bien ciblés, envisager des protections temporaires pour les ménages vulnérables :
  - remises forfaitaires sur les factures de services publics ;
  - subventions ciblées sur les combustibles principalement consommés par les ménages pauvres (propane, par exemple) ;
  - étudier des tarifs sociaux de l’électricité, sous réserve d’être progressifs.
- Éviter les réductions d’impôts et les exonérations générales : préférer des remboursements de TVA pour les ménages à faible revenu, doublés d’une transition progressive vers un taux de TVA unique (Barreix et al., 2022 ; Banque interaméricaine de développement, 2022).
- Veiller au caractère provisoire des mesures : toutes les nouvelles mesures devraient être assorties d’une clause de caducité automatique, y compris les mesures existantes dont la portée a été étendue.

### Risques des politiques expansionnistes et recommandations immédiates
- Éviter les politiques budgétaires expansionnistes qui :
  - alimentent les pressions inflationnistes intérieures ;
  - nuisent à l’équité intergénérationnelle ;
  - alourdissent la dette et accentuent les tensions financières.
- Pour les pays exportateurs de pétrole : contenir la hausse des dépenses courantes autres que sociales en cas d’envolée des recettes pétrolières.
- Tous les pays devraient éviter des augmentations permanentes de la masse salariale publique et des pensions de retraite, qui :
  - compromettent la viabilité des finances publiques ;
  - favorisent une couche étroite de la population quand l’inflation touche les pauvres de manière disproportionnée ;
  - freinent les dépenses productives pour les équipements et le bien-être social.

### Politiques à moyen terme : renforcer la résilience aux chocs futurs sur les cours des produits de base
- Poursuivre la réforme des subventions généralisées à l’énergie et mener à terme les réformes des subventions à l’énergie tout en renforçant le filet de protection sociale.
  - Opter pour un mécanisme d’ajustement automatique des tarifs de l’énergie.
  - La réforme des subventions et la réforme du filet de protection doivent aller de pair.
  - L’espace budgétaire dégagé par la réforme des subventions peut financer l’extension de la couverture sociale et d’autres dépenses d’équipement favorables à la croissance.
  - Exemples cités de pays avançant : Tunisie (élargissement de la couverture sociale) et Arabie saoudite (amélioration du ciblage via un registre social).
- Améliorer l’efficacité énergétique :
  - supprimer progressivement les subventions aux combustibles ;
  - transition vers une utilisation plus écologique et plus efficiente de l’énergie pour réduire la dépendance énergétique et l’exposition aux fluctuations des cours pétroliers.
- Stimuler la mobilisation des recettes et diversifier les recettes :
  - réformes fiscales pour élargir la marge de manœuvre budgétaire dans les pays importateurs de pétrole ;
  - diversification des recettes pour que les pays exportateurs de pétrole soient moins tributaires des hydrocarbures ;
  - concentrer les réformes sur la suppression des exonérations et des incitations fiscales inéquitables, le renforcement de l’administration fiscale et l’amélioration de la progressivité de l’impôt (FMI, 2022).
- Adopter des stratégies de gestion des risques :
  - utiliser des instruments financiers tels que les marchés à prix fixe et à long terme ;
  - commencer par des contrats à plus court terme pour les pays à expérience limitée et allonger progressivement la durée ;
  - certains pays exportateurs utilisent des options de vente pour fixer un prix plancher aux exportations de pétrole (ex. système de l’hacienda hedge au Mexique) — solution coûteuse en prime mais efficace pour réduire le coût des emprunts souverains (Ma et Valencia, 2018).
- Améliorer la gouvernance et la gestion des finances publiques :
  - augmenter la transparence et la responsabilité en matière fiscale, y compris au niveau des entités publiques autres que les administrations publiques ;
  - se tourner vers un cadre budgétaire à moyen terme et adopter des règles fiscales pour réduire les rigidités budgétaires et la procyclicité liée aux fluctuations des cours pétroliers ;
  - la création d’un fonds de stabilisation très encadré pourrait aider à garantir suffisamment de souplesse pour des politiques budgétaires contracycliques.

### Impacts de la guerre en Ukraine sur la région Caucase et Asie centrale (CAC) : pauvreté, inégalités, et envois de fonds
- Résultats de simulations basées sur microdonnées :
  - la guerre en Ukraine pourrait engendrer un accroissement de la pauvreté d’à peu près 1 point de pourcentage ;
  - une hausse des inégalités d’environ 1 % ;
  - un recul de la consommation réelle des ménages avoisinant 2 points de pourcentage en moyenne.
- Contexte préalable et vulnérabilités :
  - le pourcentage de la population vivant en situation d’extrême pauvreté est passé d’environ 33 % en 2000 à moins de 5 % en 2019 ;
  - 40 % de la population de la région vivait avec moins de 5,5 dollars par jour en 2019 ;
  - le coefficient de Gini avoisinait 0,32 ;
  - on estime qu’environ un demi-million de personnes dans la région ont sombré dans l’extrême pauvreté en 2020–21.
- Risques inflationnistes et insécurité alimentaire :
  - l’inflation a grimpé en 2021 ; les prix mondiaux des produits alimentaires et de l’énergie ont contribué à la nette dégradation des perspectives d’inflation ;
  - les prix des produits alimentaires devraient être le principal moteur de l’inflation ;
  - le renchérissement des produits alimentaires est particulièrement alarmant pour les ménages à bas revenus, qui consacrent une part importante de leurs dépenses à l’alimentation.
- Perturbations possibles des envois de fonds :
  - les envois de fonds représentent actuellement entre 10 % et 30 % du PIB en Arménie, en Géorgie, en Ouzbékistan, en République kirghize et au Tadjikistan.
  - d’après les projections de pertes de PIB de la Russie depuis le début de la guerre, les envois de fonds depuis la Russie vers les pays de la région CAC devraient enregistrer :
    - une contraction comprise entre environ 4 % et 10 % d’ici 2023 par rapport aux estimations calculées avant la guerre ;
    - une contraction comprise entre 5 % et 13 % d’ici 2026 par rapport aux estimations calculées avant la guerre.
- Conséquences différenciées et priorité des politiques sociales :
  - les pays les plus pauvres de la région devraient enregistrer la plus forte aggravation de la pauvreté (accroissement du taux de pauvreté pouvant atteindre environ le double de la moyenne régionale) ;
  - les ménages modestes sont plus exposés à l’envolée des prix des produits alimentaires et à une éventuelle contraction des envois de fonds ;
  - atténuer les effets de la guerre sur les populations vulnérables exigera un renforcement des filets de protection sociale et une meilleure compréhension de l’hétérogénéité des conséquences pour cibler les aides.

*Fonds monétaire international | Octobre 2022*

### 3. CAC : LA GUERRE EN UKRAINE EST UN fACTEUR d’AGGRAVATION dE LA PAUVRETÉ ET dES INÉGALITÉS

### 3. CAC : LA GUERRE EN UKRAINE EST UN fACTEUR d’AGGRAVATION dE LA PAUVRETÉ ET dES INÉGALITÉS

### 3.2. Comment l’inflation et les envois de fonds influent-ils sur la pauvreté et les inégalités ?
- Données et définitions :
  - Analyses fondées sur des enquêtes sur le budget des ménages (unités de consommation).
  - Seuil de pauvreté utilisé : 3,65 dollars par jour aux prix de 2017 (nouveau seuil de pauvreté des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, Banque mondiale).
  - Inégalités mesurées par le coefficient de Gini.
- Structure de la consommation :
  - Dans le décile inférieur, part de l’alimentation dans le revenu : environ 70 % au Tadjikistan et 40 % en Géorgie.
  - Les ménages modestes consacrent une part plus élevée de leur revenu à l’alimentation ; les ménages aisés sont plus exposés à la hausse des prix de l’énergie et d’autres biens et services.
- Effets des variations des prix relatifs (microsimulations) :
  - Scénario-type présenté : inflation globale = 10 %, revenu nominal des ménages augmente parallèlement à l’inflation globale, taux d’inflation alimentaire et non alimentaire compris entre 0 % et 20 %.
  - Hausse plus rapide des prix alimentaires que des autres prix entraîne :
    - Augmentation du taux de pauvreté.
    - Accroissement des inégalités (coefficient de Gini).
  - Mécanismes : part nette d’alimentation plus élevée chez les ménages modestes → perte de pouvoir d’achat et baisse de consommation chez ces ménages.
  - Sensibilités pays : pauvreté la plus sensible en République kirghize ; inégalités les plus sensibles en Arménie ; Kazakhstan le moins sensible.
- Rappel méthodologique : microsimulations s’appuient sur le cadre de Deaton (1989) et hypothèse que revenus hors production s’ajustent à l’inflation globale (annexe en ligne pour variantes).

### Les envois de fonds comme amortisseur pour les ménages pauvres
- Réactions observées aux hausses de prix alimentaires :
  - Estimations : une hausse de 1 % des prix intérieurs des produits alimentaires a fait augmenter de 0,8 % les envois de fonds aux ménages du quintile inférieur et d’environ 0,6 % ceux destinés aux ménages situés dans la moitié inférieure de la distribution.
  - Effet non statistiquement significatif pour les ménages plus aisés.
  - Temporalité : augmentation des envois de fonds durant deux trimestres après le choc, effet s’estompant au bout d’environ un an.
- Part des ménages bénéficiaires et part des envois dans le revenu :
  - Proportion des ménages modestes recevant des envois : 15 % en République kirghize et 5 % en Géorgie (tiers inférieur de la distribution).
  - Part des envois de fonds dans le revenu des ménages bénéficiaires : varie de 71 % du revenu au Tadjikistan à environ 28 % du revenu en République kirghize.
- Scénarios de perte d’envois de fonds (impact simulé) :
  - Sans envois de fonds dans le revenu des ménages :
    - Inégalités augmentent d’environ 3,4 %.
    - Taux de pauvreté augmente d’environ 5,7 points de pourcentage en moyenne.
    - Consommation totale par habitant chuterait d’environ 11 % en moyenne.
    - Note : scénario modélise impact potentiel maximal d’une baisse des envois de fonds.
  - Avec revenus contrefactuels (méthode d’appariement par score de propension) remplaçant les envois :
    - Émigration et envois de fonds améliorent le bien‑être dans tous les pays.
    - Sans émigration (revenus contrefactuels remplaçant envois) : inégalités se creusent d’environ 2 % ; taux de pauvreté augmente de près de 2,7 points de pourcentage ; consommation totale par habitant diminue d’environ 4 % en moyenne.
    - Interprétation : adaptation (plus d’heures travaillées ou nouvel emploi) compense partiellement mais pas totalement la perte d’envois de fonds.
- Remarque : la baisse serait plus importante si les émigrés revenant tardent à retrouver un emploi ou acceptent des salaires plus faibles.

### 3.3. Évolution durant les premiers mois de la guerre
- Enquêtes mensuelles par téléphone (Banque mondiale) au Kazakhstan, Ouzbékistan, République kirghize, Tadjikistan (jusqu’en juillet 2022).
- Perceptions et conditions :
  - En juillet, 86 % des ménages interrogés au Kazakhstan ont indiqué que la hausse des prix était l’un des enjeux les plus importants pour le pays.
  - Plus de 90 % ont signalé que les prix des biens et services qu’ils achètent habituellement augmentent trop vite.
  - Indicateurs liés à l’accessibilité alimentaire se sont dégradés dans la région depuis 2022 ; diminution déclarée de la consommation de produits alimentaires observée seulement au Tadjikistan jusqu’à présent.
- Usage des envois de fonds pour la sécurité alimentaire :
  - Parmi les ménages recevant des envois, part utilisée pour acheter des produits alimentaires en 2022 : près de 50 % en Ouzbékistan et en République kirghize, 80 % au Tadjikistan.
  - Conclusion : envois de fonds facteur prépondérant de la sécurité alimentaire dans la région.
- Volatilité et évolution récente des envois de fonds :
  - Transferts vers plusieurs pays CAC ont augmenté ces derniers mois ; versements depuis la Russie nettement supérieurs aux moyennes précédentes (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Ouzbékistan).
  - Montants en monnaie locale : diminués durant les premiers mois de la guerre, puis considérablement accrus, en partie en raison de la forte appréciation du rouble vis-à-vis des monnaies d’Asie centrale.
  - Impact : augmentation du pouvoir d’achat liée à ces transferts a atténué, jusqu’à présent, les répercussions de la guerre.
- Migrations :
  - Perturbations des mouvements migratoires de courte durée ; solde migratoire resté stable jusqu’à présent.
  - Entre mars et juillet, la part des ménages comptant une personne émigrée a augmenté en Ouzbékistan, République kirghize et Tadjikistan.
  - Part des ménages envisageant l’émigration a chuté en République kirghize et au Tadjikistan depuis le début de l’année.

### 3.4. Simulations d’effets directs de la guerre (scénario 2023)
- Méthodologie :
  - Comparaison entre projections d’octobre 2021 (scénario antérieur à la guerre) et d’octobre 2022 des Perspectives de l’économie mondiale pour chaque pays de la région (exception : Azerbaïdjan et Turkménistan).
  - Calibration de la diminution potentielle des envois depuis la Russie à partir de la part du pays dans les envois depuis la Russie et de l’impact estimé de la baisse projetée du PIB nominal russe.
- Résultats moyens régionaux projetés pour 2023 (par rapport aux projections antérieures à la guerre) :
  - Taux de pauvreté : augmentation moyenne de 1,1 point de pourcentage pour atteindre 17 %.
  - Inégalités : augmentation moyenne de 0,7 %, soit un coefficient de Gini de 0,33.
  - Consommation réelle des ménages : baisse d’environ 2 points de pourcentage en moyenne dans la région par rapport aux projections établies avant la guerre.
- Hétérogénéité par pays :
  - Pauvreté :
    - République kirghize et Tadjikistan : augmentation du taux de pauvreté environ le double de la moyenne régionale.
    - Effet beaucoup plus faible sur la pauvreté dans les pays plus riches (Géorgie, Kazakhstan, et dans une moindre mesure, Arménie).
    - Principale cause : renchérissement relativement élevé des produits alimentaires (sauf Ouzbékistan où la révision à la baisse de la croissance pèse davantage).
    - Pour Arménie, République kirghize et Tadjikistan : diminution des envois de fonds estimée comme un facteur prononcé.
  - Inégalités :
    - Creusement le plus marqué en Arménie et République kirghize (principalement à cause de l’inflation alimentaire élevée) et au Tadjikistan (principalement en raison d’une baisse des envois de fonds).
  - Consommation :
    - Les ménages les plus vulnérables des pays les plus fragiles seront les plus durement touchés ; la République kirghize et le Tadjikistan devraient enregistrer les contractions les plus fortes ; Arménie et Géorgie, les plus modestes.
- Contexte de référence (trois pays analysés empiriquement) :
  - Le taux de pauvreté moyen s’élève à 18 % et le coefficient Gini, à 0,34 dans les trois pays étudiés ici.

*Fonds monétaire international | Octobre 2022*

### 3. CAC : LA GUERRE EN UKRAINE EST UN fACTEUR d’AGGRAVATION dE LA PAUVRETÉ ET dES INÉGALITÉS

### 3. CAC : LA GUERRE EN UKRAINE EST UN FACTEUR D’AGGRAVATION DE LA PAUVRETÉ ET DES INÉGALITÉS

### Coût budgétaire de l’éradication de la pauvreté et pertes de bien‑être
- Le coût de l’éradication de la pauvreté (porter le revenu de l’ensemble des ménages en situation de pauvreté au niveau du seuil de pauvreté de 3,65 dollars par jour) :
  - jusqu’à 1,3 % du PIB en Ouzbékistan;
  - 2,1 % du PIB au Tadjikistan.
- Coût budgétaire moyen dans les simulations :
  - subventions des produits alimentaires qui compensent le renchérissement : 1,4 % du PIB en moyenne;
  - coût budgétaire de l’éradication de la pauvreté : 0,8 % du PIB en moyenne dans l’ensemble des pays.
- Graphique 3.8 (résumé) : montre la dégradation du bien‑être imputable à la guerre en Ukraine (pauvreté et inégalités) et le coût budgétaire annuel de l’éradication de la pauvreté (en pourcentage du PIB) pour les pays de la région CAC.
- Note méthodologique importante figurant sous le graphique :
  - la pauvreté est mesurée à l’aune d’un seuil égal à 3,65 dollars par jour en parités de pouvoir d’achat;
  - l’extrémité basse (haute) des moustaches correspond à un scénario positif (négatif) où le PIB réel est supérieur (inférieur) de 1 % et les prix relatifs des produits alimentaires sont inférieurs (supérieurs) de 5 % aux projections du scénario de référence des Perspectives de l’économie mondiale.
- Remarque : Le Kazakhstan n’est pas pris en compte dans la plage 2, car le taux de pauvreté défini en fonction du seuil de pauvreté est égal à zéro.
- Avertissement : Il est possible que l’importance des envois de fonds soit sous‑estimée du fait de la sous‑déclaration des envois de fonds dans les enquêtes sur le budget des ménages, en particulier en Ouzbékistan.

### Risques et canaux d’exposition liés à la guerre en Ukraine
- Principaux canaux d’impact identifiés :
  - renchérissement des produits alimentaires menaçant le bien‑être de nombreux ménages, accentuant les craintes d’insécurité alimentaire et les risques de troubles sociaux;
  - dépendance vis‑à‑vis de la Russie comme pays d’émigration et source d’envois de fonds : un ralentissement de la croissance de la production en Russie ou le maintien des sanctions pourrait réduire les envois de fonds.
- Effets d’une baisse durable des envois de fonds :
  - nécessité d’un appui ciblé supplémentaire pour protéger les ménages vulnérables;
  - possible retour des émigrés installés en Russie, avec conséquences sur le marché intérieur du travail et le montant des aides sociales;
  - baisse des envois de fonds pouvant peser sur les recettes publiques et provoquer une forte contraction de la consommation réelle moyenne dans l’ensemble des ménages (référence : Abdih et al., 2012).

### Performance actuelle des systèmes de protection sociale dans la région CAC
- Éléments évalués (graphique 3.9) : couverture, ciblage, adéquation, efficience.
- Observations tirées des données :
  - la plupart des pays de la région, en particulier la Géorgie, et dans une moindre mesure l’Arménie, assurent une meilleure protection sociale que d’autres pays émergents;
  - tous les pays peuvent améliorer la couverture, le ciblage, l’adéquation et l’efficience de leurs systèmes de protection sociale.
- Définitions (note sous graphique) :
  - « Couverture » : part de la population du quintile inférieur bénéficiant d’un transfert social;
  - « Ciblage » : pourcentage des transferts destinés au quintile inférieur par rapport à l’ensemble des transferts effectués;
  - « Adéquation » : montant total des transferts reçus par le quintile inférieur en proportion des revenus ou des dépenses avant transfert;
  - « Efficience » : baisse (en pourcentage) du taux de pauvreté imputable aux transferts.

### Recommandations de politique publique et mesures d’atténuation
- Principes généraux :
  - Dans la mesure du possible, laisser les prix s’ajuster, car une hausse de prix signale la rareté des ressources et favorise l’augmentation de l’offre et la modération de la demande.
  - Éviter le subventionnement universel des produits alimentaires et de l’énergie lorsque la marge de manœuvre budgétaire est limitée, du fait de son coût élevé.
- Mesures selon le degré de développement des systèmes de protection sociale :
  - Pays disposant d’un système de protection sociale robuste :
    - mettre en place des transferts monétaires ciblés en faveur des personnes les plus vulnérables et celles particulièrement exposées aux pénuries pour compenser l’effet du renchérissement des produits alimentaires et de l’énergie;
    - les pays dont la marge de manœuvre budgétaire est limitée pourraient réexaminer leurs priorités en matière de dépenses ou chercher à obtenir des financements concessionnels ou des dons afin d’assurer la viabilité de la dette.
  - Pays où le système de protection sociale est peu développé et où un élargissement de la couverture est impossible :
    - permettre un alignement progressif des prix intérieurs sur les prix internationaux;
    - accroître la portée des programmes les plus efficaces et tirer parti des outils numériques (faciliter l’identification des ménages admissibles; nouveaux moyens de versement comme les cartes prépayées ou la monnaie mobile).
  - Pays où la sécurité alimentaire est menacée et où toutes les autres options ont été épuisées :
    - réorienter temporairement les dépenses vers le subventionnement des produits alimentaires ou la distribution directe de produits alimentaires de base tout en préservant la neutralité budgétaire;
    - déployer des mesures visant à soutenir l’offre de produits alimentaires, telles que le financement des importations de céréales et d’engrais et l’accroissement des capacités de stockage.
- Renforcement des systèmes sociaux et administratifs :
  - étendre les mesures visant à moduler les programmes existants en fonction des ressources;
  - réexaminer la conception et les critères d’admissibilité des programmes et éliminer les aides non ciblées;
  - renforcer les systèmes d’identification des bénéficiaires et regrouper les programmes au sein d’un registre social unifié pour améliorer l’efficience et réduire les coûts administratifs;
  - tenir à jour les informations sur les personnes les plus vulnérables pour octroyer des aides plus rapidement et plus efficacement;
  - approfondir l’inclusion financière en permettant les paiements électroniques dans des zones reculées pour accroître l’efficience et la transparence des transferts;
  - intensifier les efforts pour identifier les citoyens admissibles qui ne reçoivent pas de prestations sociales;
  - améliorer la coordination des organismes publics pour simplifier les procédures de demande.

*Fonds monétaire international | Octobre 2022*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2022/october/french/text.pdf_
