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### Aperçu régional
- Vents contraires mondiaux, difficultés intérieures et risques géopolitiques pèsent sur la région Moyen-Orient et Asie centrale (MOAC).
- Croissance attendue :
  - Région MOAN : ralentissement cette année, amélioration en 2024 et 2025 une fois certains facteurs temporaires (dont réductions temporaires de la production de pétrole) atténués; croissance demeurant faible à moyen terme en raison d’obstacles structurels persistants.
  - Région CAC : léger repli cette année et ralentissement l’an prochain et à moyen terme à mesure que l’impulsion fournie par les flux en provenance de la Russie s’estompera; problèmes structurels non résolus.
- Inflation : reflue globalement, mais facteurs pays (croissance vigoureuse des salaires dans certains pays de la région CAC) et phénomènes climatiques maintiennent des pressions locales.
- Recommandation générale : accélérer les réformes structurelles; maintenir des politiques monétaires et budgétaires restrictives dans plusieurs pays pour réduire l’inflation durablement et garantir la viabilité de la dette publique.

### 1.1 Contexte mondial et principales projections
- Croissance mondiale projetée : 3,5 percent en 2022, 3,0 percent en 2023 et 2,9 percent en 2024 (édition d’octobre 2023 des Perspectives de l’économie mondiale).
- Politique monétaire : grandes banques centrales devraient conserver une politique plus restrictive plus longtemps en raison d’une inflation sous-jacente qui diminue lentement.
- Taux des fonds fédéraux : projeté culminer à 5,4 percent d’ici à fin 2023 et se stabiliser à ce niveau jusqu’à fin 2024.
- Prix des matières premières :
  - Prix moyens au comptant du pétrole : 80,5 dollars le baril en 2023 et 79,9 dollars le baril en 2024 (révisés à la hausse par rapport à 73,1 dollars et 68,9 dollars en avril).
  - Prix alimentaires mondiaux projetés : diminution de 6,8 percent en 2023 et de 1,9 percent en 2024; prix alimentaires internationaux restent supérieurs d’environ 40 percent aux niveaux antérieurs à la pandémie.
- Activité récente : résilience au T1 2023 (réouverture chinoise, consommation US, services); T2 indique affaiblissement de l’industrie manufacturière et léger repli des services.
- Marchés et crédit : durcissement des critères d’octroi de prêts réduisant l’offre de crédit; craintes de stabilité financière atténuées dans les pays avancés.

### 1.2 Région MOAN et Pakistan — facteurs clés et perspectives
- Facteurs pesant sur la croissance MOAN :
  - Réduction de la production de pétrole dans les pays exportateurs.
  - Politiques restrictives dans les PE&PRI.
  - Fragilité et nouveaux chocs dans les PFR (ex. conflit au Soudan).
- Perspectives MOAN :
  - Amélioration attendue en 2024; croissance à moyen terme projetée inférieure à la moyenne historique.
  - Inflation : recul global, mais tensions persistantes liées à dépréciations, restrictions aux importations et sécheresses répétées.
- Dynamique interne :
  - Pays exportateurs de pétrole : PIB pétrolier ralenti après baisses de production OPEP+ (octobre 2022, avril 2023, juin 2023) et baisses temporaires par l’Arabie saoudite; croissance non pétrolière restée soutenue dans certains CCG.
  - PE&PRI et Pakistan : croissance moyenne du PIB réel de 3,1 percent au T1 2023 (contre moyenne historique de 4 percent); effets positifs du tourisme (Maroc, Tunisie) et des envois de fonds; contraintes liées au rationnement de devises (Égypte, Pakistan).
  - PFR fragiles : détérioration (Soudan, Yémen, Somalie); PFR non fragiles : résultats satisfaisants (Djibouti, Mauritanie).
- Inflation et sécurité alimentaire :
  - Inflation alimentaire en juillet (variation en glissement annuel) : supérieure à 10 percent au Maroc et en Tunisie; à 35 percent en Égypte et au Pakistan.
  - Sécurité alimentaire : en juillet, plus de 45 millions de personnes à Djibouti, en Mauritanie, en Somalie, au Soudan et au Yémen aux prises avec l’insécurité alimentaire (soit près de 50 percent des populations cumulées de ces pays).
- Politique monétaire et finances publiques :
  - Cycle de resserrement ralenti : banques centrales arrimées au dollar (sauf Iraq) ont relevé en moyenne leurs taux directeurs de 100 points de base entre janvier et août 2023; quelques PE&PRI (Égypte, Maroc, Pakistan) ont relevé leurs taux cette année.
  - Taux directeurs perçus comme inférieurs aux estimations modélisées des taux naturels : Égypte, Pakistan, Tunisie.
  - Soldes primaires non pétroliers : augmentation dans la plupart des pays du CCG en 2022 (sauf Arabie saoudite); détérioration dans d’autres pays exportateurs de pétrole (Iraq, Libye) en raison d’accroissements des salaires publics et des aides.
  - PE&PRI : réduction des soldes primaires l’an dernier malgré dépenses pour atténuer la crise du coût de la vie.
  - PFR : recettes budgétaires en moyenne d’environ 12 percent du PIB (contre environ 18 percent il y a 10 ans).
- Vulnérabilités extérieures :
  - Écarts de rendement sur obligations souveraines en devises fortement élargis dans les PE&PRI vulnérables (Égypte, Pakistan, Tunisie); écarts maintenus à des niveaux excessifs (plus de 1 000 points de base) pour l’Égypte, le Pakistan et la Tunisie depuis août.
  - Sorties d’investissements de portefeuille : 160 millions de dollars au T2 2023 pour la région MOAN et le Pakistan; sorties record de 4,5 milliards de dollars en 2022.
  - Réserves extérieures : amélioration pour la plupart des PE&PRI au premier semestre (tourisme, envois de fonds, appui bilatéral et multilatéral); couverture des réserves reste nettement inférieure aux critères d’adéquation usuels, en particulier pour l’Égypte et le Pakistan.

### Perspectives détaillées — pays et groupes
- Pays exportateurs de pétrole :
  - Croissance projetée : 2 percent en 2023 (contre 6,1 percent en 2022), environ 3,4 percent en 2024, puis stabilisation en dessous de 3 percent à moyen terme.
  - Révision 2023 : baisse de 1,1 point de pourcentage depuis avril due à réductions de production plus marquées et rationnement de devises en Iraq.
  - Inflation moyenne : 12,9 percent en 2023 (inchangé par rapport à 2022), puis 9,4 percent en 2024.
  - Soldes courants projetés : diminution de 14,6 percent du PIB en 2022 à 7,5 percent du PIB en 2023, puis 6,7 percent du PIB en 2024.
  - Soldes budgétaires non pétroliers : amélioration moyenne de 5,5 percent en 2023 puis de 1,8 percent en 2024.
- PE&PRI :
  - Croissance projetée : 3,5 percent en 2023 (contre 5,1 percent en 2022).
  - Variations nationales : Jordanie (stable); Maroc (accélération); Égypte (ralentissement, rationnement de devises); Pakistan (contraction en 2023).
  - Inflation par pays : Égypte — inflation culminant à 32,2 percent en 2024; inflation ≥ 10 percent jusqu’en 2027; Pakistan — inflation atteindrait son maximum en 2023 mais resterait élevée en 2024; Jordanie et Maroc — tensions s’apaisant (Jordanie en 2023, Maroc en 2024).
  - Soldes courants : déficit prévu de 5,2 percent du PIB en 2022 réduisant à 3,7 percent du PIB en 2023.
  - Couverture des réserves : en moyenne, quelque 70 percent de la dette extérieure à court terme en Égypte, au Pakistan et en Tunisie.
  - Soldes budgétaires : amélioration des soldes primaires à niveaux d’avant la pandémie; solde budgétaire global amélioration limitée (environ 1 percent du PIB en 2023–24) en raison d’un alourdissement de 2 percent du PIB de la charge d’intérêts.
  - Ratios dette publique/PIB : pic de 90 percent en 2023 diminuant progressivement à 80 percent en 2025.
  - Besoins de financement totaux 2023–24 : 487 milliards de dollars (hausse d’environ 8 milliards de dollars ou 16 points de pourcentage des recettes budgétaires depuis avril).
  - Besoins de financement atteignant jusqu’à 38 percent et 21 percent du PIB d’ici à 2024 pour l’Égypte et le Pakistan respectivement.
  - Émission de dette intérieure et extérieure supplémentaire requise en 2023–24 (en sus de l’amortissement) : environ 175 milliards de dollars et 6 milliards de dollars respectivement.
- PFR :
  - Activité projetée : baisse de 9,3 percent en 2023 après un repli modéré en 2022.
  - Disparités : Soudan — croissance du PIB devant reculer de plus de 18 percent en 2023; Yémen — contraction de 0,5 percent en 2023; Somalie — croissance modérée à 2,8 percent en 2023; Djibouti — croissance du PIB à 5 percent en 2023; Mauritanie — croissance à 4,5 percent.
  - À moyen terme : déficits courants supérieurs à 5 percent du PIB en 2027–28; besoins de financement extérieurs importants.
  - Flux d’aide : indispensable, mais dons officiels en baisse à moyen terme.
  - Besoins de financement bruts cumulés : environ 12 milliards de dollars jusqu’en 2028.
- Caucase et Asie centrale (CAC) :
  - Croissance projetée : 4,6 percent en 2023; 4,2 percent en 2024.
  - Révision 2023 : hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport à avril.
  - Hétérogénéité : ralentissement en Arménie et Géorgie après rebond; recul dans certains PFR (Ouzbékistan, République kirghize, Tadjikistan) en raison de baisse des envois de fonds et production aurifère/agricole.
  - Perspectives à moyen terme : croissance nettement en deçà de la moyenne historique d’avant la pandémie; dégradation des positions extérieures attendue avec normalisation des transferts privés et échanges depuis la Russie.
  - Indicateurs : inflation moyenne projetée à 11 percent en 2023 (soit 0,8 point de pourcentage plus vite que prévu en avril); inflation globale 8,3 percent en 2024.
  - Finances publiques : situation globale devant se dégrader de 1,5 percent du PIB en moyenne en 2023; dette du secteur public à des niveaux acceptables.

### Inflation, politique monétaire et conditions financières (CAC et région)
- Réserves et monnaies : accumulation de réserves en 2023; appréciation des monnaies nationales surtout en Arménie et Géorgie.
- Désinflation : liée aux effets de base, baisse des prix mondiaux des denrées alimentaires et de l’énergie, resserrement antérieur de la politique monétaire et finances publiques plus serrées.
- Canaux : canal du taux de change important (désinflation rapide en Arménie, Géorgie).
- Inflation sous-jacente rigide dans plusieurs pays en raison de vigueur de la demande dans les services et forte croissance des salaires (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Ouzbékistan, République kirghize).
- Assouplissements de politique monétaire dans certains pays CAC :
  - Arménie : taux directeur abaissé de 50 points de base depuis le début de l’année.
  - Géorgie : taux directeur abaissé de 75 points de base depuis le début de l’année.
  - Kazakhstan : taux directeur abaissé de 25 points de base depuis le début de l’année.
  - Tadjikistan : taux directeur abaissé de 300 points de base depuis le début de l’année.
- Crédit et prix du logement : expansion des agrégats monétaires et appréciation des monnaies locales favorisant une augmentation régulière du crédit privé; prix des logements en hausse en Arménie, Géorgie et Kazakhstan depuis le T1 2022.

### Principaux risques (région MOAC)
- Scénarios d’amélioration :
  - Recul de l’inflation mondiale plus rapide réduisant hausses de taux nécessaires.
  - Prix alimentaires plus bas réduisant coûts budgétaires et insécurité alimentaire.
  - Croissance mondiale plus soutenue (ex. relance en Chine).
  - Afflux constant d’immigrés et de devises revigorant la demande.
- Risques baissiers mondiaux :
  - Ralentissement plus marqué en Chine ou dans les pays avancés.
  - Intensification de la guerre en Ukraine affectant prix des denrées, combustibles et engrais.
  - Chocs climatiques (El Niño) entraînant sécheresses et inondations.
- Risques baissiers régionaux :
  - Resserrement des conditions financières mondiales aggravant retombées des conflits régionaux; détérioration de la dynamique de la dette et risques de surendettement.
  - Aggravation de la crise au Soudan accélérant flux migratoires et coûts économiques en Égypte.
  - Dégradation géoéconomique liée à la guerre de la Russie en Ukraine perturbant flux financiers, envois de fonds et échanges commerciaux.
  - Avancées limitées des réformes structurelles pesant sur perspectives à moyen terme.
  - Insuffisance durable de création d’emplois, taux de chômage élevés et forte dépendance aux produits de base instables.

### Politiques recommandées — renforcement de la résilience et stabilité macroéconomique
- Orientation macro : maintenir politiques monétaires et budgétaires restrictives pour restaurer la stabilité des prix et garantir viabilité budgétaire et extérieure.
- Réformes structurelles prioritaires :
  - Accélérer réformes de grande ampleur pour améliorer croissance potentielle, inclusion, diversification et résilience.
  - Renforcer la gouvernance pour encourager l’investissement privé : améliorer efficacité de l’action publique, état de droit, règles du jeu entre entreprises publiques et privées, réduire prépondérance des entreprises publiques, simplifier réglementations, renforcer inclusion financière (notamment PME).
  - Développer le secteur financier : consolidation des cadres réglementaires et de surveillance, application des droits de propriété et des droits des créanciers, renforcement de la concurrence bancaire, transparence et échanges d’informations.
  - Investir dans les infrastructures (transports, TIC) pour améliorer la productivité.
  - Appuyer la transformation numérique (emplois pour jeunes et femmes, travail à distance, apprentissage en ligne, finance numérique, commerce électronique).
  - Réduire obstacles à la participation des femmes (lever obstacles juridiques et politiques).
- Séquence des réformes : enchaînement et articulation des réformes de « première génération » (gouvernance, qualité de la réglementation, secteur extérieur) essentiels pour maximiser impact sur la croissance.
- Gestion du risque climatique :
  - Intégrer risques et politiques climatiques dans cadres d’action et programmes de réformes.
  - Mesures de renforcement de la résilience (mesures sociales, investissements d’infrastructures).
  - Pour pays exportateurs de pétrole : transition vers des sources d’énergie diversifiées et vertes; suppression des subventions à l’énergie comme première étape.

### Politiques monétaires, financières et budgétaires (orientations concrètes)
- Politique monétaire :
  - Objectif : rester axée sur la stabilité des prix.
  - Maintenir flexibilité du taux de change conformément aux cadres en place.
  - Communiquer clairement les intentions publiques; consolider cadres de politique monétaire et améliorer transparence; garantir indépendance des banques centrales.
  - Orientation par situation :
    - Pays à taux de change flexible et tensions inflationnistes persistantes : politique monétaire restrictive; durcir davantage dans certains pays (Égypte, Pakistan, Tunisie).
    - Pays où inflation a renoué avec objectifs : assouplissement possible avec prudence (ex. Arménie, Géorgie).
    - Pays à taux de change fixe (CCG, Jordanie) : modifications du taux directeur selon cadres.
- Renforcement du secteur financier :
  - Développer secteur financier pour améliorer liquidité, investissement et croissance.
  - Éviter tensions imprévues sur la liquidité (certains pays du CCG).
  - Région CAC : instruments macroprudentiels pour dédollarisation et meilleure gestion des risques.
  - Tous pays : élargir et diversifier base d’investisseurs; améliorer gestion des banques publiques; constituer réserves adaptées; harmoniser tests de résistance.
- Politique budgétaire :
  - Adapter action publique à réalités locales; garantir systèmes de protection sociale suffisants; cibler dépenses sociales sur plus vulnérables; éviter hausses généralisées de salaires, subventions, transferts.
  - Pays exportateurs de pétrole : éviter dépenses procycliques; diversifier recettes; cadres budgétaires à moyen terme crédibles; investissements publics ciblés sur secteurs non pétroliers et défis climatiques.
  - PE&PRI : renforcer soldes budgétaires, maîtriser dépenses courantes (salaires, subventions), supprimer exonérations fiscales dans certains cas; publication d’un projet de budget triennal (Maroc).
  - PFR : priorité stabilité et réduction de l’insécurité alimentaire; ciblage des dépenses en cas de financement contraint; aide internationale indispensable.
  - Gestion des risques budgétaires : élaborer cadres de gestion des risques, améliorer données budgétaires couvrant tout le secteur public.
  - Région CAC : politique budgétaire prudente, accroissement transparence et cadres budgétaires à moyen terme ancrés dans règles budgétaires.

### Renforcement de l’appui du FMI
- Engagements : conseils de politique économique, développement des capacités, assistance financière.
- Financements depuis début pandémie : 34 milliards de dollars à 15 pays de la région MOAC.
- Programmes approuvés récents : Arménie (accord de confirmation), Égypte (mécanisme élargi de crédit), Mauritanie (facilité élargie de crédit et mécanisme élargi de crédit), Maroc (ligne de crédit modulable et facilité pour la résilience et la durabilité), Pakistan (accord de confirmation).
- Financements d’urgence depuis 2020 : environ 6 milliards de dollars; renforcement des mécanismes de financement d’urgence pour la crise alimentaire; création d’un guichet « chocs alimentaires ».
- Fonds fiduciaire : création du fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité; approbation d’une facilité pour la résilience et la durabilité en faveur du Maroc d’un montant de quelque 1,3 milliard de dollars.
- Renforcement de la présence locale : étoffage du réseau des bureaux de représentants résidents; réouverture du Centre régional d’assistance technique au Moyen-Orient; ouverture du Centre régional de développement des capacités pour le Caucase, l’Asie centrale et la Mongolie; inauguration d’un nouveau bureau régional à Riyad, Arabie saoudite.

### Vulnérabilité climatique et besoins d’investissement
- PFR et pays fragiles/touchés par un conflit exposés de manière disproportionnée au changement climatique en raison de leur géographie et dépendance à l’agriculture.
- Sécheresses aggravant la faim; nécessité d’amplifier investissements en infrastructures résilientes au changement climatique.

### Encadré 1.1 — Conflit au Soudan : conséquences migratoires et besoins
- Situation humanitaire :
  - Début 2023 : près de 16 millions de personnes (soit un tiers de la population) avaient besoin d’assistance humanitaire; 11 millions en grave insécurité alimentaire.
  - Depuis intensification du conflit en avril, Nations Unies : augmentation de 10 millions du nombre de personnes ayant besoin d’aide.
  - Hausse de 20 percent des prix des produits alimentaires entre mars et juin.
  - 20,3 millions de personnes (42 percent de la population) confrontées à niveaux élevés de grave insécurité alimentaire (FAO).
- Déplacements :
  - En septembre, plus de 5,3 millions de personnes déplacées; 1,2 million ont quitté le pays.
  - Pays d’accueil : Égypte 317 000 réfugiés déplacés internationalement; Tchad 412 000; autres voisins ~70 000; ~250 000 réfugiés en provenance du Soudan du Sud devraient repartir dans leur pays d’origine.
- Coût économique et financement :
  - HCR estime coût pour cinq pays accueillant des réfugiés à 1 milliard de dollars jusqu’à fin décembre 2023; en septembre, 266 millions avaient été versés.
  - Bureau OCHA estime coût total de la réponse humanitaire au Soudan à 2,6 milliards de dollars (hausse de 750 millions de dollars); en septembre, donateurs avaient financé ~900 millions de dollars (~le tiers).
- Conséquences à moyen terme : perte d’infrastructures et capital humain nécessitant des années de reconstitution; fragilisation économique régionale; recommandation : donateurs internationaux et régionaux participer aux efforts d’assistance et œuvrer à mettre fin au conflit rapidement.

### Encadré 1.2 — Évolution de la structure du commerce dans la région CAC
- Changements depuis le début de la guerre en Ukraine :
  - Augmentation des échanges avec la Russie pour produits sidérurgiques, machines, produits chimiques, produits agricoles et énergie.
  - Part des exportations de la République kirghize vers la Russie : triplée (de 14 percent en 2021 à 44 percent en 2022).
  - Exportations de l’Arménie vers la Russie : pratiquement doublé (de 27 percent en 2021 à 45 percent en 2022).
  - Ouzbékistan : progression de 12 percent en 2021 à 17 percent en 2022.
  - Part des exportations de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie et du Kazakhstan vers la Russie : diminution légère.
- Diversification :
  - La plupart des pays CAC (hors Arménie et République kirghize) ont augmenté part de leurs exportations hors énergie vers partenaires autres que la Russie en 2022.
  - Hausse concentrée sur produits agricoles, denrées alimentaires et matières premières (surtout métaux).
  - Expansion géographique : exportations vers Union européenne, États-Unis, Chine et reste du monde en forte progression.
- Méthodologie et couverture :
  - Encadré préparé par Hasan Dudu.
  - Données sources : base Comtrade des Nations Unies; calculs des services du FMI.
  - Remarque : inclut tous les pays de la région CAC sauf le Tadjikistan et le Turkménistan; données sur la République kirghize n’incluent pas les exportations aurifères.

*FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, Octobre 2023.*

### Section 1

### 1. Évolutions et perspectives économiques régionales : gagner en résilience et promouvoir une croissance inclusive

### Aperçu régional
- Dans la région Moyen-Orient et Asie centrale (MOAC), des vents contraires mondiaux, des difficultés intérieures et des risques géopolitiques pèsent sur la dynamique économique, et une grande incertitude entoure les perspectives.
- Croissance attendue :
  - Région MOAN : la croissance devrait ralentir cette année, puis s’améliorer en 2024 et en 2025 à mesure que certains facteurs temporaires (dont les réductions temporaires de la production de pétrole) s’estomperont, mais la croissance devrait rester faible à l’horizon des prévisions en raison d’obstacles structurels persistants.
  - Région CAC : la croissance devrait opérer un léger repli cette année et ralentir l’an prochain et à moyen terme, à mesure que l’impulsion fournie par les flux en provenance de la Russie s’estompera et que des problèmes structurels demeureront non résolus.
- Inflation : l’inflation reflue dans l’ensemble parallèlement au relâchement des tensions sur les prix à l’échelle mondiale, mais des facteurs propres aux pays (dont une croissance vigoureuse des salaires dans certains pays de la région CAC) et des phénomènes climatiques maintiennent des pressions inflationnistes locales.
- Recommandation générale : accélérer les réformes structurelles pour promouvoir la croissance et gagner en résilience; maintenir des politiques monétaires et budgétaires restrictives dans plusieurs pays pour réduire l’inflation durablement et garantir la viabilité de la dette publique.

### 1.1. Un ralentissement mondial dans un contexte où les taux d’intérêt demeurent plus élevés plus longtemps
- Contexte international et projections mondiales :
  - Croissance mondiale projetée : 3,5 % en 2022, 3,0 % en 2023 et 2,9 % en 2024 (édition d’octobre 2023 des Perspectives de l’économie mondiale).
  - Les grandes banques centrales devraient conserver une politique monétaire plus restrictive pendant plus longtemps en raison d’une inflation sous-jacente qui diminue lentement et reste supérieure aux objectifs.
  - Taux des fonds fédéraux : projeté culminer à 5,4 % d’ici à fin 2023 et se stabiliser à ce niveau jusqu’à fin 2024 (soit environ 100 points de base de plus qu’attendu en avril).
- Prix des matières premières et alimentation :
  - Prix moyens au comptant du pétrole : 80,5 dollars le baril en 2023 et 79,9 dollars le baril en 2024 (révisés à la hausse par rapport à 73,1 dollars et 68,9 dollars en avril).
  - Prix alimentaires mondiaux projetés : diminution de 6,8 % en 2023 et de 1,9 % en 2024; prix alimentaires internationaux restent supérieurs d’environ 40 % aux niveaux antérieurs à la pandémie.
- Activité mondiale récente :
  - Résilience au T1 2023 liée à la réouverture chinoise, vigueur de la consommation aux États-Unis et dynamisme des services; indicateurs haute fréquence pour T2 montrent affaiblissement de l’industrie manufacturière, léger repli des services et recul de la croissance du commerce mondial.
  - Rebond chinois post-pandémie s’estompe en raison d’atonie du secteur immobilier et des exportations.
- Marchés financiers et crédit :
  - Craintes de stabilité financière atténuées dans les pays avancés, mais durcissement des critères d’octroi de prêts réduisant l’offre de crédit.

### 1.2. Région MOAN et Pakistan : un chemin semé d’embûches se dessine
- Facteurs pesant sur la croissance MOAN :
  - Réduction de la production de pétrole dans les pays exportateurs.
  - Politiques restrictives dans les pays émergents et pays à revenu intermédiaire (PE&PRI).
  - Fragilité persistante et nouveaux chocs dans les pays à faible revenu (PFR), par exemple le conflit au Soudan.
- Perspectives :
  - Croissance MOAN : amélioration attendue en 2024 à mesure que certains facteurs pèsent moins; croissance à moyen terme projetée inférieure à la moyenne historique en raison de difficultés structurelles persistantes.
  - Inflation MOAN : recul global mais tensions inflationnistes persistantes dans certains pays du fait de dépréciations de la monnaie, de restrictions aux importations et de sécheresses répétées.
- Dynamique interne selon catégories de pays :
  - Pays exportateurs de pétrole :
    - Croissance du PIB pétrolier ralentit après trois séries de baisses sensibles de la production de pétrole par l’OPEP+ (octobre 2022, avril 2023, juin 2023) et baisses temporaires par l’Arabie saoudite.
    - Dans le CCG, réduction considérable de la production de pétrole a ralenti la croissance du PIB pétrolier; croissance non pétrolière est restée soutenue (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Oman, Qatar) via industrie manufacturière et services.
    - Iraq : restrictions sur les ventes de devises freinent la croissance.
  - PE&PRI de la région MOAN et Pakistan :
    - Croissance moyenne inférieure à celle des pays exportateurs de pétrole; croissance moyenne du PIB réel restée médiocre, à 3,1 % au premier trimestre de 2023 (en deçà d’une moyenne historique de 4 %).
    - Progression facilitée par flux touristiques massifs (Maroc, Tunisie) et envois de fonds vigoureux (Maroc); ralentissement lié au rationnement de devises et restrictions à l’importation (Égypte, Pakistan).
  - PFR fragiles :
    - Détérioration sous l’effet des conflits et chocs climatiques (Soudan : infrastructures endommagées, offre de services de base mise en péril, importants flux migratoires; Yémen : trêve expirée en 2022 et pénurie de financements pour importations alimentaires; Somalie : conflit et grave sécheresse entraînant déplacements internes).
    - PFR non fragiles : résultats généralement satisfaisants (Djibouti, Mauritanie).
- Inflation et sécurité alimentaire :
  - Inflation globale et sous-jacente refluent dans de nombreux pays exportateurs de pétrole, renouant avec des moyennes historiques antérieures à la pandémie dans plusieurs pays, en particulier du CCG.
  - Inflation élevée persistante : Algérie, Iraq, République islamique d’Iran (prix alimentaires et effets des dépréciations).
  - Dans la plupart des PE&PRI, inflation proche des moyennes historiques d’avant la pandémie (3 %–4 %), mais pays avec fortes tensions : Égypte, Pakistan, Tunisie (inflation mensuelle annualisée nettement supérieure aux niveaux historiques).
  - Inflation alimentaire en juillet (variation en glissement annuel) : supérieure à 10 % au Maroc et en Tunisie; à 35 % en Égypte et au Pakistan.
  - Sécurité alimentaire : en juillet, plus de 45 millions de personnes à Djibouti, en Mauritanie, en Somalie, au Soudan et au Yémen étaient aux prises avec l’insécurité alimentaire, soit près de 50 % des populations cumulées de ces pays.
- Politique monétaire et finances publiques :
  - Cycle de resserrement monétaire ralenti : banques centrales des pays arrimés au dollar (à l’exception de l’Iraq) ont relevé en moyenne leurs taux directeurs de 100 points de base entre janvier et août 2023; quelques PE&PRI ont relevé leurs taux cette année (Égypte, Maroc, Pakistan).
  - Taux directeurs perçus comme inférieurs aux estimations modélisées des taux naturels dans quelques pays : Égypte, Pakistan, Tunisie (édition d’avril 2023 des Perspectives économiques régionales).
  - Soldes primaires non pétroliers (en pourcentage du PIB non pétrolier) : augmentation dans la plupart des pays du CCG l’an dernier (sauf Arabie saoudite); détérioration dans les autres pays exportateurs de pétrole en raison d’accroissements des salaires publics (Iraq, Libye) et des aides publiques (Algérie, Iraq, Libye).
  - PE&PRI : réduction des soldes budgétaires primaires l’an dernier en contexte d’endettement et de coûts d’emprunt élevés, malgré dépenses supplémentaires pour atténuer la crise du coût de la vie.
  - PFR : recettes budgétaires en moyenne d’environ 12 % du PIB (soit environ la moitié du niveau des PE&PRI), contre environ 18 % il y a 10 ans, essentiellement en raison d’une érosion des recettes dans les pays touchés par un conflit (Soudan, Yémen).
- Vulnérabilités extérieures et marchés financiers :
  - Conditions de financement extérieur dégradées pour les pays fortement endettés; écarts de rendement sur obligations souveraines en devises fortement élargis dans les PE&PRI vulnérables (Égypte, Pakistan, Tunisie) après les turbulences de mars.
  - Écarts de rendement maintenus à des niveaux excessifs (plus de 1 000 points de base) pour l’Égypte, le Pakistan et la Tunisie depuis août.
  - Émissions obligataires internationales au premier semestre 2023 : certains pays ont accédé aux marchés (Arabie saoudite, Bahreïn, Égypte, Émirats arabes unis, Jordanie, Maroc) mais à un coût comparativement plus élevé pour les PE&PRI vulnérables.
  - Conséquence : recours accru des PE&PRI aux banques nationales pour financer la dette publique, renforçant l’interdépendance banque-État et réduisant les financements disponibles pour le secteur privé.
  - Sorties de capitaux : après un rebond au début de 2023, les turbulences de mars ont provoqué une reprise des sorties de capitaux; sorties d’investissements de portefeuille de la région MOAN et du Pakistan ont atteint 160 millions de dollars au total au T2 2023, contre des sorties record de 4,5 milliards de dollars en 2022.
  - Réserves extérieures : amélioration pour la plupart des PE&PRI au premier semestre, en partie grâce au tourisme, aux envois de fonds massifs (Maroc, Tunisie) et à l’appui bilatéral et multilatéral (Pakistan); couverture des réserves reste nettement inférieure aux critères d’adéquation usuels, en particulier pour l’Égypte et le Pakistan.

*FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, Octobre 2023.*

### Section 2

### Perspectives de la région MOAN et du Pakistan : un ralentissement sur fond de difficultés grandissantes

### Aperçu régional
- La croissance dans la région MOAN et au Pakistan ralentira cette année selon les projections, en raison de plusieurs facteurs clés : la prolongation des réductions de production de pétrole dans les pays exportateurs de pétrole, la poursuite de politiques macroéconomiques restrictives afin de préserver la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette dans les PE&PRI, et la fragilité accrue du fait des conflits en cours dans les PFR, en particulier au Soudan.
- La région a récemment été frappée par de nouveaux chocs : un séisme catastrophique au Maroc et de graves inondations en Libye, qui ont fait des milliers de victimes et endommagé de nombreuses infrastructures.
- Les perspectives devraient rebondir en 2024 et continuer à s’améliorer en 2025 à mesure que certains facteurs pesant sur la croissance en 2023 se dissipent, mais la plupart des pays connaîtront une croissance modeste et inférieure à leur moyenne historique à moyen terme.
- Plus de 100 millions de jeunes devraient être en âge de travailler dans la région au cours des 10 années à venir.
- L’inflation décroîtra lentement selon les prévisions parallèlement au relâchement des tensions sur les prix à l’échelle mondiale, même si des écarts importants subsisteront entre les pays.
- Note : Les projections concernant la Libye dans le présent rapport ne tiennent pas compte de l’impact de cette catastrophe.

### Pays exportateurs de pétrole : ralentissement et évolution de la composition de la croissance
- Croissance projetée des pays exportateurs de pétrole : 2 % en 2023 (contre 6,1 % en 2022), environ 3,4 % en 2024, puis stabilisation en dessous de 3 % à moyen terme.
- Les prévisions de croissance pour 2023 sont revues à la baisse à compter d’avril de 1,1 point de pourcentage en raison de réductions de production de pétrole plus marquées que prévu et de rationnement de devises en Iraq.
- L’activité hors pétrole devrait être le principal moteur de croissance dans les pays du CCG en 2023 et au cours des années ultérieures, stimulée par un essor modéré de l’investissement; la consommation privée devrait rester faible par rapport aux tendances historiques antérieures à la pandémie.
- Malgré les efforts de diversification, la croissance hors pétrole sera insuffisante d’après les projections pour compenser le recul de la croissance pétrolière à moyen terme; des écarts de productivité subsistent dans le secteur non pétrolier (voir chapitre 2), ce qui pose des problèmes pour la création d’emplois et l’inclusion.
- Inflation moyenne dans tous les pays exportateurs de la région MOAN : 12,9 % en 2023 (niveau inchangé par rapport à 2022), puis 9,4 % en 2024 selon les prévisions.
- Taux d’inflation élevés expliqués par des tensions persistantes sur les prix dans certains pays non membres du CCG imputables à l’expansion budgétaire en cours (Algérie) et aux effets d’une forte dépréciation du taux de change (République islamique d’Iran).
- Soldes des transactions courantes projetés : diminution de 14,6 % du PIB en 2022 à 7,5 % du PIB en 2023, puis 6,7 % du PIB en 2024.
- Mesures d’assainissement des finances publiques privilégiant la rationalisation des dépenses courantes pour libérer des ressources pour la protection sociale et les infrastructures (Arabie saoudite, Bahreïn, Oman, Qatar); réduction du déficit budgétaire prévue dans certains pays (Bahreïn, Qatar).
- Soldes budgétaires non pétroliers (en pourcentage du PIB, hors pétrole) : amélioration moyenne de 5,5 % en 2023 puis de 1,8 % en 2024.
- Exceptions : accroissement de la masse salariale (Koweït, Iraq) et des subventions (Émirats arabes unis) devrait dégrader la situation des finances publiques dans ces pays en 2023.

### PE&PRI : politiques plus restrictives et conditions extérieures difficiles
- Croissance des PE&PRI de la région MOAN projetée : 3,5 % en 2023 (contre 5,1 % en 2022).
- Variations nationales :
  - Jordanie : croissance stable selon les projections.
  - Maroc : croissance projetée en accélération grâce à la vigueur des flux touristiques, des exportations et à la normalisation de l’activité agricole après la sécheresse.
  - Égypte : ralentissement en exercice 2023 en raison du rationnement de devises affectant les importations, la production et l’inflation; effets de l’inflation élevée sur le pouvoir d’achat.
  - Pakistan : contraction estimée durant l’exercice 2023 en raison des dégâts causés par des inondations massives au second semestre de 2022, de tensions inflationnistes généralisées et de restrictions à l’importation.
- À plus long terme, la poursuite de politiques macroéconomiques restrictives et la persistance de difficultés structurelles devraient freiner l’activité dans plusieurs pays; des réformes structurelles annoncées devraient stimuler la croissance progressivement selon les projections mais plusieurs obstacles persistent (inégalités d’accès aux ressources pour les femmes et les jeunes, fragmentation des systèmes de protection sociale, sous-développement du secteur privé).
- Inflation par pays :
  - Égypte : inflation globale culminant à 32,2 % en 2024; inflation restant supérieure ou égale à 10 % jusqu’en 2027.
  - Pakistan : l’inflation atteindrait son maximum en 2023 mais resterait élevée en 2024.
  - Jordanie et Maroc : tensions sur les prix qui devraient s’apaiser, l’inflation s’approchant des niveaux antérieurs à la pandémie cette année (Jordanie) ou l’an prochain (Maroc).
- Soldes courants des PE&PRI : déficit prévu de 5,2 % du PIB en 2022 réduisant à 3,7 % du PIB en 2023 du fait de la vigueur des flux touristiques et des envois de fonds, du rééquilibrage budgétaire et de la fin partielle du choc sur les termes de l’échange de 2022.
- Couverture des réserves : en moyenne, quelque 70 % de la dette extérieure à court terme en Égypte, au Pakistan et en Tunisie.
- Soldes budgétaires :
  - Les soldes budgétaires primaires devraient s’améliorer et atteindre les niveaux d’avant la pandémie cette année grâce à une rationalisation des dépenses (essentiellement suite à une baisse des subventions et transferts).
  - Le solde budgétaire global devrait s’améliorer de seulement environ 1 % du PIB en 2023–24, en raison d’un alourdissement de 2 % du PIB de la charge d’intérêts résultant de la hausse des taux d’intérêt.
  - Ratios dette publique/PIB projetés : diminution progressive d’un pic de 90 % en 2023 à 80 % en 2025, principalement due à l’érosion de la valeur réelle de la dette publique imputable à la persistance d’une inflation élevée en Égypte et au Pakistan.
- Besoins de financement brut :
  - Besoins de financement totaux pour la période 2023–24 projetés à 487 milliards de dollars, soit une hausse d’environ 8 milliards de dollars ou 16 points de pourcentage des recettes budgétaires depuis avril.
  - Besoins de financement atteignant jusqu’à 38 % et 21 % du PIB respectivement d’ici à 2024 pour l’Égypte et le Pakistan.
  - Émission de dette intérieure et extérieure supplémentaire requise en 2023–24 (en sus de l’amortissement) d’environ 175 milliards de dollars et 6 milliards de dollars respectivement, ce qui pourrait renforcer l’interdépendance entre le système bancaire et les États dans les PE&PRI de la région.

### PFR : difficultés croissantes liées aux crises et réduction de la marge d’action
- Activité économique dans les PFR de la région MOAN projetée en baisse de 9,3 % en 2023 après un repli modéré en 2022.
- Grandes disparités :
  - Soudan : aggravation de la crise avec une croissance du PIB devant reculer de plus de 18 % en 2023.
  - Yémen : contraction de 0,5 % en 2023 après l’expiration de la trêve de 2022 sans progrès macroéconomique réel.
  - Somalie : croissance modérée à 2,8 % en 2023 en raison de la sécheresse persistante.
  - Djibouti : prévision de croissance du PIB à 5 % en 2023, portée par l’accord de paix en Éthiopie stimulant le trafic portuaire et frontalier.
  - Mauritanie : croissance ralentie par la modération de l’activité dans les industries extractives et l’agriculture, mais reste vigoureuse à 4,5 %.
- À moyen terme, les PFR auront des difficultés économiques persistantes liées à leur position extérieure : déficits courants supérieurs à 5 % du PIB en 2027–28 et besoins de financement extérieurs importants.
- Flux d’aide : les flux d’aides resteront une source indispensable de financements extérieurs et publics; cependant, les PFR feront face à une baisse des dons officiels à moyen terme.
- Besoins de financement bruts cumulés : environ 12 milliards de dollars jusqu’en 2028.

### Caucase et Asie centrale (CAC) : dynamique de croissance maintenue mais ralentissement modéré
- Croissance économique dans la région CAC attendue en ralentissement modéré en 2023 et 2024, dans le contexte d’une normalisation progressive des flux migratoires, des entrées financières et des échanges commerciaux avec la Russie.
- À moyen terme, la croissance restera nettement en deçà de sa moyenne historique d’avant la pandémie en raison de problèmes structurels persistants.
- Inflation : la dynamique diffère selon les pays; inflation devant reculer plus vite que prévu en 2023 mais rester persistante en 2024 dans certains pays en raison des pressions sur les salaires.
- Facteurs de soutien à l’activité :
  - Dynamisme du commerce de transit, immigration et tourisme stimulant la croissance.
  - Flux migratoires, transferts monétaires nets et dépôts des non-résidents restent supérieurs aux niveaux d’avant-guerre dans la plupart des pays.
  - Poursuite du commerce de transit favorisant une progression sensible des exportations.
  - Croissance du tourisme solide; dans certains pays (Arménie, Géorgie), les arrivées de touristes ont dépassé les niveaux antérieurs à la pandémie.
  - Demande intérieure vigoureuse due à l’essor des ventes au détail et des services de communication (Arménie, Géorgie, Kazakhstan).
- Contraintes : ralentissement de la production dans les industries extractives a freiné la croissance en Azerbaïdjan; diminution des envois de fonds et de la production aurifère et agricole a pesé sur l’activité en République kirghize.
- Réserves extérieures : amélioration dans la plupart des pays de la région CAC grâce aux cours mondiaux élevés du pétrole et du gaz pour les exportateurs, aux excédents commerciaux dans les services (Arménie, Géorgie), à la poursuite des transferts privés depuis la Russie et à la vigueur des envois de fonds.

*Source : ch1 - Section 2, PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : Moyen-Orient et Asie centrale, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, Octobre 2023.*

### Section 3

### ch1 - Section 3

### Inflation, politique monétaire et conditions financières
- Les réserves ont continué à s’accumuler en 2023, et les monnaies nationales se sont appréciées (surtout en Arménie et en Géorgie) en raison d’entrées massives par rapport à la taille de l’économie nationale.
- L’inflation globale et l’inflation sous-jacente ont reflué grâce aux effets de base, à la baisse des prix mondiaux des denrées alimentaires et de l’énergie, au resserrement antérieur de la politique monétaire et à une situation des finances publiques plus serrée dans certains pays.
- Le processus de désinflation a été particulièrement rapide dans les pays dont la monnaie s’est appréciée fortement par rapport à celles des partenaires commerciaux (Arménie, Géorgie), soulignant l’importance du canal des taux de change dans la dynamique des prix intérieurs.
- Dans certains pays, l’inflation est devenue inférieure aux objectifs de la banque centrale (Arménie et Géorgie) et les prix réglementés ont contenu l’inflation au Tadjikistan.
- L’inflation demeure élevée dans plusieurs pays et l’inflation sous-jacente s’est révélée plus rigide que l’inflation globale en raison de la vigueur de la demande dans le secteur des services et d’une forte croissance des salaires dans certains pays (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Ouzbékistan, République kirghize).
- Les banques centrales ont assoupli la politique monétaire dans certains pays de la région CAC :
  - Arménie : taux directeur abaissé de 50 points de base depuis le début de l’année.
  - Géorgie : taux directeur abaissé de 75 points de base depuis le début de l’année.
  - Kazakhstan : taux directeur abaissé de 25 points de base depuis le début de l’année.
  - Tadjikistan : taux directeur abaissé de 300 points de base depuis le début de l’année.
- L’assouplissement a été couplé à une expansion des agrégats monétaires (Arménie, Géorgie, République kirghize) et à une appréciation des monnaies locales, favorisant un accroissement régulier (quoique de faible ampleur) du crédit au secteur privé (Azerbaïdjan, République kirghize, Tadjikistan).
- Les prix des logements ont augmenté en Arménie, en Géorgie et au Kazakhstan depuis le premier trimestre de 2022.

### Perspectives de croissance à court et moyen terme pour la région CAC
- Croissance projetée :
  - 2023 : 4,6 percent.
  - 2024 : 4,2 percent.
- La projection pour 2023 incorpore une révision à la hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport à avril, motivée par des effets positifs plus durables des flux réels et financiers vers la région (Arménie, Géorgie, Ouzbékistan, Tadjikistan).
- Hétérogénéité attendue entre pays :
  - Ralentissement prévu en Arménie et en Géorgie après un rebond de l’activité de plus de 10 percent l’an dernier.
  - Recul de l’activité dans les PFR de la région (Ouzbékistan, République kirghize, Tadjikistan) en raison d’une diminution persistante des flux d’envois de fonds et d’une baisse de la production aurifère et agricole.
  - Pour les pays exportateurs de pétrole et de gaz :
    - Azerbaïdjan : dynamique économique s’essoufflera.
    - Turkménistan : activité restera en demi-teinte, compte tenu de problèmes structurels et d’insuffisance durable des capacités de production d’hydrocarbures.
    - Kazakhstan : croissance devrait rebondir, tirée par la vigueur de la demande intérieure et l’augmentation de la production de pétrole (assouplissement des contraintes sur l’oléoduc du Caspian Pipeline Consortium et développement du gisement pétrolier de Tengiz).
- À moyen terme, l’activité économique de la région CAC ralentira selon les prévisions en raison :
  - de l’estompage des entrées de capitaux depuis la Russie;
  - d’un essoufflement de la croissance dans les industries extractives;
  - de carences structurelles persistantes (diversification limitée de l’économie et du commerce international, problèmes de gouvernance, manque de concurrence).
- Les positions extérieures devraient se dégrader en raison de la normalisation progressive des transferts privés et des échanges commerciaux depuis la Russie.
  - Azerbaïdjan et Kazakhstan devraient connaître une forte détérioration du solde des transactions courantes en raison d’une diminution des recettes d’exportation et de la vigueur des importations.
  - L’Azerbaïdjan devrait continuer à rencontrer des difficultés de production liées à des problèmes de structure (pétrole) et de capacité (gaz).

### Inflation et finances publiques : projections et effets
- D’après les projections :
  - L’inflation devrait refluer pour s’établir à 11 percent en moyenne en 2023 (soit 0,8 point de pourcentage plus vite que prévu en avril).
  - L’inflation globale dans la région CAC devrait se modérer pour atteindre 8,3 percent en 2024.
- La dette du secteur public se situe à des niveaux acceptables.
- La situation globale des finances publiques devrait se dégrader de 1,5 percent du PIB en moyenne dans l’ensemble de la région CAC en 2023.
- Des hausses des dépenses sont notamment prévues :
  - Kazakhstan : hausses des dépenses prévues (amplément compensées par des recettes non pétrolières élevées).
  - République kirghize : subventions et masse salariale.
  - Azerbaïdjan et Tadjikistan : dépenses en capital.
  - Géorgie : trajectoire de rééquilibrage progressif attendue grâce à une bonne mobilisation des recettes et une certaine rigueur budgétaire.

### Principaux risques pesant sur les perspectives (région MOAC)
- Les risques se sont atténués depuis l’édition d’avril 2023 des Perspectives de l’économie mondiale, mais restent orientés à la baisse.
- Scénarios et canaux d’amélioration :
  - Un recul de l’inflation mondiale plus rapide que prévu réduirait l’ampleur des hausses de taux nécessaires et assouplirait les conditions de financement mondiales.
  - Des prix alimentaires plus bas réduiraient les coûts budgétaires et atténueraient l’insécurité alimentaire, surtout dans les PFR.
  - Une croissance mondiale plus soutenue (par ex. relance en Chine) redynamiserait le commerce mondial et la demande extérieure pour les exportations de la région.
  - Un afflux constant d’immigrés et de devises pourrait revigorer la demande.
- Risques baissiers mondiaux :
  - Ralentissement plus marqué que prévu en Chine ou dans les pays avancés, pesant sur la demande extérieure, le tourisme et les exportations (poids de la Chine dans la demande mondiale de produits de base).
  - Intensification de la guerre en Ukraine pouvant exercer de nouvelles pressions sur les prix des denrées alimentaires, des combustibles et des engrais (par ex. suspension de l’initiative céréalire en mer Noire), ravivant l’inflation et l’insécurité alimentaire.
  - Chocs climatiques (El Niño) entraînant sécheresses et inondations, affectant infrastructures, production agricole et prix alimentaires.
- Risques baissiers propres à la région :
  - Resserrement des conditions financières mondiales et aggravation des retombées dues aux conflits régionaux, pouvant détériorer la dynamique de la dette et accentuer les risques de surendettement, avec propagation des tensions budgétaires au secteur privé via l’interdépendance entre le système bancaire et les États.
  - Aggravation de la crise au Soudan pouvant accélérer les flux migratoires et augmenter les coûts sociaux et économiques en Égypte.
  - Dégradation géoéconomique liée à la guerre de la Russie en Ukraine affectant flux financiers, envois de fonds, échanges commerciaux et activité économique, et conduisant potentiellement à des sanctions secondaires; intensification du conflit pouvant perturber infrastructures et relations commerciales (voies maritimes, oléoducs), entravant le commerce pour exportateurs et importateurs de pétrole et de gaz.
  - Avancées limitées de réformes structurelles, y compris dans le cadre de programmes appuyés par le FMI, pèseraient sur les perspectives à moyen terme et la résilience de la région.
  - Insuffisance durable de création d’emplois, taux de chômage élevés et forte dépendance aux marchés des produits de base instables.

### Politiques recommandées : renforcer la résilience et préserver la stabilité macroéconomique
- Contexte : perspectives de croissance en demi-teinte et marges de manœuvre budgétaire et extérieure réduites imposent la poursuite de politiques macroéconomiques restrictives pour restaurer la stabilité des prix et garantir la viabilité budgétaire et extérieure.
- Politiques structurelles prioritaires :
  - Accélérer la mise en œuvre de réformes structurelles de grande ampleur pour améliorer la croissance potentielle, l’inclusion, la diversification économique et la résilience aux chocs.
  - Renforcer la gouvernance pour encourager l’investissement privé :
    - Améliorer l’efficacité de l’action publique et l’état de droit.
    - Garantir des règles du jeu équitables entre entreprises publiques et privées.
    - Réduire la prépondérance des entreprises publiques.
    - Simplifier ou supprimer les réglementations publiques contraignantes.
    - Renforcer l’inclusion financière (en particulier des petites et moyennes entreprises).
  - Favoriser le développement financier (consolidation des cadres réglementaires et de surveillance, application des droits de propriété et droits des créanciers, renforcement de la concurrence entre banques, transparence et échanges d’informations).
  - Améliorer la productivité via des investissements dans les infrastructures, notamment les transports et les technologies de l’information et de la communication.
  - Appuyer la transformation numérique pour améliorer l’inclusion et l’efficience (emplois pour jeunes et femmes, travail à distance, apprentissage en ligne, finance numérique, commerce électronique).
  - Réduire les obstacles à la participation des femmes à la vie économique, notamment en levant les obstacles juridiques et politiques qui fragilisent le lien entre éducation et emploi des femmes.
- Importance de la séquence des réformes :
  - L’enchaînement et l’articulation des réformes (réformes de « première génération » sur la gouvernance, la qualité de la réglementation et le secteur extérieur) sont essentiels pour maximiser l’impact sur la croissance et permettre l’efficacité des réformes ultérieures (marchés du crédit et du travail).
- Gestion du risque climatique :
  - Intégrer les risques et politiques climatiques dans les cadres d’action et programmes de réformes.
  - Adopter des mesures de renforcement de la résilience au changement climatique (mesures sociales, investissements en infrastructures).
  - Promouvoir un dosage équilibré de mesures pour favoriser l’atténuation du changement climatique et une croissance plus durable.
  - Pour les pays exportateurs de pétrole : opérer la transition vers des sources d’énergie plus diversifiées et plus vertes; la suppression des subventions à l’énergie est une première étape importante.

*Source : ch1 - Section 3 (PDF).*

### Section 4

### ch1 - Section 4

### Vulnérabilité climatique et besoins d’investissement
- De nombreux PFR et pays fragiles ou touchés par un conflit sont exposés au changement climatique de manière disproportionnée en raison de leur situation géographique et de leur dépendance à l’égard de l’agriculture.
- Les sécheresses aggravent la faim, qui a atteint des niveaux déjà élevés, ce qui impose d’amplifier les investissements en infrastructures résilientes au changement climatique (Jaramillo et al., 2023).

### Politiques monétaires et financières : réduire l’inflation durablement tout en préservant la stabilité financière
- Objectif général : la politique monétaire devrait rester axée sur la stabilité des prix.
- Mesures recommandées :
  - Maintenir la flexibilité du taux de change conformément aux cadres en place pour atténuer l’impact des chocs.
  - Communiquer clairement les intentions des pouvoirs publics pour renforcer la stabilité.
  - Consolider les cadres de politique monétaire et améliorer la transparence des opérations.
  - Garantir l’indépendance des banques centrales (référence : édition d’avril 2023 des Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale).
- Orientations selon situations nationales :
  - Dans les pays à taux de change flexible et en proie à des tensions inflationnistes persistantes : politique monétaire restrictive, s’appuyer sur des données ; les PE&PRI devraient poursuivre une politique de rigueur et rester vigilants en attendant des signaux de désinflation durable. Dans certains pays à inflation élevée : durcir davantage la politique monétaire (Égypte, Pakistan, Tunisie).
  - Dans les pays où l’inflation a renoué avec les objectifs ou s’en approche et où les tensions sous-jacentes se sont apaisées : un assouplissement monétaire peut être envisagé en cas de croissance médiocre, mais il faut agir avec prudence si la demande reste forte (ex. Arménie, Géorgie).
  - Dans les pays à taux de change fixe (CCG, Jordanie) : toute modification du taux directeur doit être opérée conformément à leurs cadres d’action.
- Renforcement du secteur financier :
  - Réformes pour développer le secteur financier afin de renforcer les conditions de liquidité, stimuler l’investissement et la croissance.
  - Dans certains pays du CCG : mesures pour éviter des tensions imprévues sur la liquidité liées à des engagements extérieurs.
  - Région CAC : politiques et instruments macroprudentiels favorisant la dédollarisation et affinant la gestion des risques des entreprises et des banques.
  - Tous les pays de la région MOAC devraient élargir et diversifier la base d’investisseurs et améliorer la gestion des banques publiques (région MOAN, Pakistan) : constituer des réserves adaptées, confier des missions claires, harmoniser des instruments de surveillance comme les tests de résistance (voir chapitre 3).

### Politique budgétaire : gagner en résilience et reconstituer la marge de manœuvre
- Principes généraux :
  - Adapter l’action publique à la réalité locale compte tenu de marges de manœuvre budgétaires très variées et de dépendances différentes à l’évolution mondiale.
  - Assurer que les systèmes de protection sociale offrent une couverture suffisante et l’égalité d’accès aux services essentiels.
  - Cibler les dépenses sociales sur les catégories les plus vulnérables ; éviter des hausses généralisées des salaires, des subventions et des transferts.
- Pays exportateurs de pétrole (région MOAN) :
  - Éviter des dépenses procycliques ; accroître la marge de manœuvre budgétaire pour garantir la résilience face à la volatilité des cours du pétrole.
  - Diversification pour réduire la dépendance aux recettes pétrolières, renforcement de la gestion des risques budgétaires, mise en œuvre de cadres budgétaires à moyen terme crédibles.
  - Investissements publics ciblés sur le développement de secteurs non pétroliers et sur les problématiques liées au changement climatique.
- PE&PRI de la région MOAN :
  - Renforcer les soldes budgétaires et réduire résolument la dette du secteur public en maîtrisant les dépenses courantes (salaires, subventions) et, dans certains cas, en augmentant les recettes (par ex. suppression d’exonérations fiscales).
  - Mettre en place des cadres budgétaires à moyen terme crédibles ; exemple : publication par les autorités marocaines d’un projet de budget triennal à compter de 2023.
  - Atténuer les risques budgétaires liés aux entreprises publiques.
- PFR et pays fragiles ou touchés par un conflit (région MOAN) :
  - Priorité : garantir la stabilité tout en réduisant l’insécurité alimentaire.
  - Résolution des conflits en cours comme condition préalable à l’amélioration des niveaux de vie et de la croissance.
  - Quand le financement est contraint : efforts importants pour accroître les recettes budgétaires intérieures.
  - En présence de sécheresses persistantes et d’insécurité alimentaire catastrophique : cibler les dépenses visant à financer des moyens de subsistance sur les besoins sociaux les plus urgents (épisode grave d’insécurité alimentaire).
  - L’aide de la communauté internationale est indispensable pour atténuer les crises humanitaires actuelles.
- Gestion des risques budgétaires :
  - Principaux risques : chocs macroéconomiques (volatilité des cours des produits de base), garanties du secteur public (y compris aux entreprises publiques), catastrophes naturelles, entre autres (Boukezia et al., 2023).
  - Recommandation : élaborer des cadres de gestion des risques budgétaires, renforcer l’identification et l’évaluation des sources de risques et de leur impact sur les finances publiques.
  - Besoin de données budgétaires régulières, ponctuelles et globales couvrant l’ensemble du secteur public et d’autres statistiques macroéconomiques.
- Région CAC :
  - En contexte d’incertitude à moyen terme, conserver une politique budgétaire prudente pour constituer des réserves et réduire des vulnérabilités.
  - Réformes structurelles budgétaires : accroître la transparence du budget et adopter des cadres budgétaires à moyen terme crédibles ancrés dans des règles budgétaires pour faciliter l’accès à des financements extérieurs.

### Renforcement de l’appui du FMI
- Engagements du FMI envers la région :
  - Conseils de politique économique, développement des capacités, assistance financière.
  - Depuis le début de la pandémie, le FMI a accordé de nouveaux financements à hauteur de 34 milliards de dollars à 15 pays de la région MOAC.
  - Au cours de l’année dernière, programmes approuvés pour : Arménie (accord de confirmation), Égypte (mécanisme élargi de crédit), Mauritanie (facilité élargie de crédit et mécanisme élargi de crédit), Maroc (ligne de crédit modulable et facilité pour la résilience et la durabilité), Pakistan (accord de confirmation).
  - Depuis 2020, financements d’urgence d’environ 6 milliards de dollars et renforcement des mécanismes de financement d’urgence pour la crise alimentaire.
  - Création d’un guichet « chocs alimentaires » pour faciliter l’accès à une assistance financière liée aux pressions sur la balance des paiements liées aux produits alimentaires et aux engrais.
  - Création du fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité afin d’aider les PFR et les pays à revenu intermédiaire vulnérables face aux défis à plus long terme, dont le changement climatique.
  - Approbation récente d’une facilité pour la résilience et la durabilité en faveur du Maroc d’un montant de quelque 1,3 milliard de dollars.
  - Renforcement de la présence locale : étoffage du réseau des bureaux de représentants résidents, réouverture du Centre régional d’assistance technique au Moyen-Orient, ouverture du Centre régional de développement des capacités pour le Caucase, l’Asie centrale et la Mongolie, et inauguration d’un nouveau bureau régional à Riyad, Arabie saoudite.

### Encadré 1.1 — Le conflit au Soudan : conséquences migratoires pour l’Afrique du Nord (principaux faits et chiffres)
- Contexte et impact humanitaire :
  - Conflit aggravant une crise humanitaire de plus de 20 ans.
  - Dégradation économique et sociale depuis 2021 ; dépréciation monétaire associée à une flambée de l’inflation et à une accentuation de l’insécurité alimentaire.
  - Début 2023 : près de 16 millions de personnes, soit un tiers de la population, avaient besoin d’une assistance humanitaire ; 11 millions de personnes en proie à une grave insécurité alimentaire.
  - Depuis l’intensification du conflit en avril, les Nations Unies estiment que le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire au Soudan a augmenté de 10 millions.
  - Hausse de 20 % des prix des produits alimentaires entre mars et juin, réduisant l’accès à des aliments sains en quantité suffisante.
  - 20,3 millions de personnes (42 % de la population du pays) confrontées à des niveaux élevés de grave insécurité alimentaire (selon la FAO).
- Déplacements et réfugiés :
  - En septembre, plus de 5,3 millions de personnes avaient été déplacées ; parmi elles, 1,2 million ont quitté le pays.
  - Pays d’accueil : Égypte 317 000 réfugiés déplacés internationalement ; Tchad 412 000 ; autres pays voisins environ 70 000 ; environ 250 000 réfugiés en provenance du Soudan du Sud devraient repartir dans leur pays d’origine.
- Coût économique et financement :
  - Le HCR estime le coût total de la réponse pour les cinq pays qui accueillent des réfugiés à 1 milliard de dollars jusqu’à fin décembre 2023 ; en septembre, 266 millions avaient été versés.
  - Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires estime le coût total de la réponse humanitaire au Soudan à 2,6 milliards de dollars (soit une hausse de 750 millions de dollars). En septembre, les donateurs avaient financé environ 900 millions de dollars, soit environ le tiers des fonds nécessaires.
- Conséquences à moyen terme :
  - Perte d’infrastructures et de capital humain au Soudan : reconstitution pouvant prendre des années.
  - Fragilisation de l’économie soudanaise pénalisant les pays voisins et l’Afrique du Nord à moyen terme.
  - Recommandation : donateurs internationaux et régionaux devraient participer aux efforts d’assistance pour les réfugiés et mobiliser leurs capacités pour mettre un terme au conflit au plus vite.
- Graphique mentionné : Graphique 1.1.1 — Réponse à la crise migratoire : besoins financiers et montants financés (montants en millions de dollars pour Tchad, Égypte, Soudan du Sud, Éthiopie, République centrafricaine). Sources : HCR (2023a) ; calculs des services du FMI.

### Encadré 1.2 — Évolution de la structure du commerce dans la région Caucase et Asie centrale (CAC)
- Changements depuis le début de la guerre en Ukraine :
  - Augmentation des courants d’échanges entre la Russie et plusieurs pays de la région CAC pour plusieurs catégories de produits : produits sidérurgiques, machines, produits chimiques, produits agricoles et énergie.
  - Part des exportations de la République kirghize à destination de la Russie : triplée (de 14 % des exportations totales en 2021 à 44 % en 2022).
  - Exportations de l’Arménie vers la Russie : pratiquement doublé (de 27 % en 2021 à 45 % en 2022).
  - Ouzbékistan : progression des exportations vers la Russie passée de 12 % en 2021 à 17 % en 2022.
  - Part des exportations de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie et du Kazakhstan vers la Russie : diminution légère.
- Diversification des débouchés :
  - La plupart des pays de la région CAC (hors Arménie et République kirghize) ont augmenté la part de leurs exportations hors énergie vers des partenaires autres que la Russie en 2022.
  - Hausse concentrée sur produits agricoles, denrées alimentaires et matières premières (surtout les métaux), correspondant aux catégories pour lesquelles les exportations russes ont le plus diminué depuis le début de la guerre.
  - Expansion géographique : exportations vers l’Union européenne, les États-Unis, la Chine et le reste du monde en forte progression, indiquant un élargissement des liens commerciaux pour la région CAC.
- Graphiques mentionnés :
  - Graphique 1.2.1 — Exportations de la région CAC vers le reste du monde (variation en milliards de dollars, 2022 par rapport à la moyenne 2019–21) — liste d’articles (Papier, Boissons, Liège, Coton, Textiles, Animaux, Produits en céramique, Soie, Tapis, Tissus, Couvre-chefs, Articles en cuir) et variations indiquées.
  - Sources : base de données Comtrade des Nations Unies ; calculs des services du FMI.
  - Note : Inclut tous les pays de la région CAC sauf le Tadjikistan et le Turkménistan, faute de données suffisantes. CAC = Caucase et Asie centrale.

*PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : Moyen-Orient et Asie centrale — Octobre 2023, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL*

### Section 5

### Section 5 — Encadré 1.2 (fin)

### Auteur et remarque méthodologique
- Cet encadré a été préparé par Hasan Dudu.
- Les statistiques commerciales officielles peuvent ne pas rendre compte précisément des échanges au sein de l’Union douanière de l’Union eurasiatique et donc entre l’Arménie, le Kazakhstan, la République kirghize et la Russie.
- Les données disponibles pour la République kirghize reposent sur des enquêtes ponctuelles sur les exportateurs et les véhicules traversant la frontière.

### Principales observations sur les exportations de la région CAC
- Graphique présenté : Exportations de la région CAC par partenaire commercial (Variation en pourcentage, 2022 par rapport à la moyenne 2019–21).
- Échelle/valeurs affichées sur le graphique : –50, 0, 50, 100, 150, 200, 250.
- Partenaires commerciaux listés dans le graphique : Union européenne, Chine, États-Unis, Russie, Reste du monde.
- Codes pays figurant sur le graphique : ARMAZEGEOKAZKGZUZBCAC.
- Remarque de couverture : Inclut tous les pays de la région CAC sauf le Tadjikistan et le Turkménistan, faute de données suffisantes.
- Mention spécifique sur la République kirghize : Les données concernant la République kirghize n’incluent pas les exportations aurifères, qui ont diminué fortement pour des raisons non liées à la guerre.

### Sources et notes
- Sources : base de données Comtrade des Nations Unies ; calculs des services du FMI.
- Note terminologique : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
- Acronyme : CAC = Caucase et Asie centrale.

*Source : ch1 - Section 5, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, Octobre 2023.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2023/october/french/ch1.pdf_
