## 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?

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### Contexte et message principal
- Inflation sous-jacente supérieure aux cibles dans de nombreux pays de la région MOAC.
- Un épisode prolongé de politique monétaire plus restrictive visant à réduire l’inflation pourrait entraîner des conséquences non voulues pour les systèmes financiers de la région.
- Résilience générale probable des systèmes bancaires face à un scénario combinant taux d’intérêt élevés, crise du secteur des entreprises et tensions de liquidité, mais vulnérabilités existent, en particulier du côté des banques publiques.
- Mesures d’atténuation mises en avant :
  - renforcement des cadres macroprudentiels;
  - maîtrise des vulnérabilités créées par l’interdépendance banque–État;
  - communication plus claire et plus rapide;
  - instruments de liquidité d’urgence;
  - régimes de résolution pour empêcher la multiplication des entreprises zombies.

### Risques liés à un contexte mondial de taux durablement plus élevés
- Attentes des marchés : maintien des taux directeurs élevés sur une période prolongée (graphique 3.1, données au 21 septembre 2023).
- Effets possibles d’un scénario de taux durablement plus hauts :
  - affecter les conditions de financement;
  - provoquer des tensions dans les établissements financiers;
  - révéler des expositions et pertes masquées par les règles comptables ou le traitement réglementaire;
  - frapper des portefeuilles concentrés sur certaines catégories d’actifs, notamment les obligations souveraines.
- Observations récentes : financements pouvant s’évaporer rapidement; dépendance aux sources extérieures comme facteur de vulnérabilité.

### Facteurs aggravant l’instabilité financière dans la région
- Dépendance aux financements extérieurs :
  - passifs à l’égard des non-résidents importants dans certains pays (ex. CCG : Bahreïn et Qatar; CAC : Géorgie);
  - systèmes d’assurance des dépôts variables; certains pays sans dispositif;
  - atténuants : poids substantiel des dépôts des administrations publiques (Émirats arabes unis, Qatar); statut public de grandes banques (Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Égypte).
- Interdépendance banque–État :
  - banques détenant une grande part de la dette souveraine (Algérie, Égypte, Pakistan) exposées au risque de taux et à une détérioration des conditions de crédit;
  - renchérissement des emprunts souverains pouvant restreindre l’accès aux financements internationaux et accroître les portefeuilles de titres publics des banques (effet d’éviction);
  - observation empirique : le crédit au secteur privé tend à être plus réduit dans les pays où la dette souveraine pèse davantage dans les bilans bancaires.
- Rentabilité et qualité d’actifs :
  - rentabilité redressée par rapport aux faibles niveaux pandémiques, mais résultats des banques publiques très inférieurs à ceux d’avant la pandémie dans les PE&PRI MOAN et au Pakistan, et dans une moindre mesure dans les pays du CCG;
  - banques publiques affichant des ratios de prêts improductifs élevés dans les PE&PRI MOAN et au Pakistan;
  - ratios de fonds propres très au-dessus des seuils réglementaires dans la région MOAC;
  - volants de liquidité confortables, renforcés par le renchérissement des prix du pétrole dans les pays exportateurs.
- Risque de décalage temporel :
  - levier accru et rentabilité diminuée pour de nombreuses sociétés non financières; prêts improductifs pourraient ne pas encore refléter l’impact d’un environnement de taux durablement plus élevés;
  - hausse des prêts improductifs entraînerait des provisions supplémentaires, pesant sur l’offre de capitaux et de crédits bancaires.

### Résultats des tests de résistance et vulnérabilités des entreprises
- Objectif : simulations 2023–24 pour estimer la part de la dette des entreprises exposée au risque de défaut dans un scénario de hausse prolongée des taux; attention portée aux entreprises « zombies ».
- Définition (Acharya et al. (2022)) :
  - entreprises zombies = ratio de couverture des intérêts (RCI) sur deux ans < 2,5 et simultanément bénéficiant de prêts « bonifiés » (taux effectif inférieur au taux pratiqué pour les entreprises bien notées).
- Principaux résultats statistiques :
  - proportion d’entreprises zombies ≈ 12 % en 2022 (tendance à la hausse depuis >10 ans).
  - levier médian des entreprises zombies (total des passifs / total des actifs) fin 2022 = 40 % (double des autres entreprises = 20 %).
  - entreprises zombies détiennent ≈ 12 % de la dette des entreprises à fin 2022.
- Résultats sectoriels (simulations pour 2024) : exposition sectorielle variable; secteurs les plus exposés identifiés plus loin (transport, biens d’équipement, alimentation et boissons).

### Scénario défavorable pour les entreprises (hypothèses et impacts)
- Hypothèses clés :
  - taux d’intérêt effectif relevé de 100 points de base par an, pour atteindre une moyenne de plus de 8% à fin 2024, soit 2 points de pourcentage de plus qu’avant la pandémie;
  - chocs de rentabilité sectoriels étalonnés sur l’évolution des bénéfices pendant les deux premières années après la crise financière mondiale.
- Estimations et impacts :
  - rentabilité moyenne des entreprises ≈ 3% en 2024 contre 5% avant la pandémie;
  - ratio médian de couverture des intérêts baisserait de 3,5 à 1,5 d’ici fin 2024;
  - part de la dette à risque de défaut de paiement passerait d’environ 12% (2022) à presque 30% en 2024;
  - secteurs les plus exposés : transport, biens d’équipement, alimentation et boissons (augmentation notable de la part médiane de la dette des entreprises zombies dans alimentation et boissons à fin 2024).

### Test de résistance du secteur bancaire : scénarios, méthodologie et résultats
- Scénarios simulés (période prolongée de taux plus élevés) :
  - Scénario 1 (référence liquidité) : retrait de 20% des dépôts de résidents et de 30% des dépôts étrangers et des financements de marché.
  - Scénario 2 : scénario 1 + hausse des taux d’intérêt de 200 points de base.
  - Scénario 3 : transmission des résultats des tests des entreprises aux banques via provisionnements supérieurs.
  - Scénario 4 : combinaison des taux relevés, crise du secteur des entreprises et choc de liquidité.
- Méthodologie complémentaire : notions de solvabilité et de liquidité issues de travaux universitaires; hypothèse que les banques provisionnent entièrement le risque d’augmentation des prêts improductifs.
- Résultats agrégés et par région / type de banque :
  - résilience générale dans scénarios simples; mise à l’épreuve en choc combiné;
  - CAC : résilientes grâce à volants de trésorerie confortables et rentabilité en hausse, mais exposées aux risques de change;
  - dans les scénarios simples, de nombreuses banques peuvent supporter crise de liquidité ou crise du secteur des entreprises sans pertes de capital en raison de rentabilité élevée des banques privées (Émirats arabes unis, Géorgie, Kazakhstan), volants de trésorerie abondants et portefeuilles de titres valorisés au cours du marché (surtout CCG);
  - banques publiques plus vulnérables que banques privées dans les PE&PRI MOAN et au Pakistan et, dans une moindre mesure, dans les pays du CCG (rentabilité plus faible; portefeuilles de titres plus étoffés).
- Pertes en capital dans le scénario combiné :
  - banques privées des PE&PRI MOAN et du Pakistan : pertes de 16,7%;
  - banques privées des pays du CCG : pertes de 11,8%;
  - pertes ≈ deux fois supérieures pour les banques publiques dans ces régions.
- Distribution des pertes (médianes) :
  - pertes concentrées dans établissements aux bilans peu liquides, rentabilité faible, faibles niveaux de provisionnement, endettement supérieur, et davantage pour banques détenant de plus grosses parts de marché.
  - banques des pays avec obligations souveraines à échéances lointaines plus exposées (sensibilité aux hausses des taux).
- Sous-capitalisation selon Bâle III :
  - scénario combiné : 18% des banques des PE&PRI MOAN et du Pakistan deviendraient sous-capitalisées (pondéré par les actifs) au regard des exigences minimales de Bâle III.
  - toutes les banques des pays du CCG et de la région CAC demeureraient au-dessus des exigences minimales.
  - proportion de banques sous-capitalisées augmenterait légèrement dans le CCG et les PE&PRI MOAN et au Pakistan si l’on se fonde sur les exigences minimales de fonds propres spécifiques aux pays.
- Chute des ratios de fonds propres de catégorie 1 (points de pourcentage) :
  - PE&PRI MOAN et Pakistan :
    - banques privées : diminution de 2,6 points de pourcentage;
    - banques publiques : diminution de 4,5 points de pourcentage.
  - Pays du CCG :
    - banques publiques : diminution de 3,7 points;
    - banques privées : diminution de 2,0 points.

### Incidences sur l’offre de crédit et la croissance
- Mécanisme : érosion des fonds propres -> réduction des prêts au secteur privé pour reconstituer marges de sécurité.
- Relation historique utilisée : baisse de 1 point de pourcentage des ratios de fonds propres corrélée à une contraction du crédit réel de 1,2% au bout de huit trimestres.
- Sur la base du scénario combiné :
  - crédit réel pourrait se contracter de 4,3% sur deux ans dans les PE&PRI MOAN et au Pakistan;
  - crédit réel pourrait se contracter de 3,2% sur deux ans dans les pays du CCG.
- Implications macroéconomiques :
  - pertes de production comparables à celles observées pendant des crises du crédit passées dans les PE&PRI MOAN et au Pakistan et dans les pays du CCG;
  - réduction de l’offre de prêts nuisant à l’inclusion financière (perte d’accès pour emprunteurs marginaux).

### Dispositifs macroprudentiels : situation et recommandations
- Situation :
  - renforcement des outils macroprudentiels après la crise financière mondiale, mais application globalement lente dans la région MOAC;
  - presque tous les pays disposent d’un volant de fonds propres contracyclique, mais la plupart l’ont maintenu à zéro;
  - majorité des pays utilise des instruments axés sur les emprunteurs dans le logement; moins d’outils ciblant le secteur des sociétés non financières;
  - observations spécifiques : certains pays du CCG (ex. Arabie saoudite) n’ont pas réduit les risques de liquidité en devises; certains pays MOAN (Algérie, Liban, Maroc, Tunisie) peu actifs sur les risques des institutions financières d’importance systémique locale.
- Recommandations générales :
  - priorité à l’élaboration et au renforcement des dispositifs macroprudentiels;
  - MOAN et Pakistan : recours accru aux instruments de portée générale (ex. volant de fonds propres contracyclique); pays avec forte part de dette exposée ou nombreux zombies (ex. Émirats arabes unis, Jordanie, Koweït) : instruments axés sur les emprunteurs (plafonnement ratio service de la dette/revenu, ratio prêt/valeur);
  - réduction des risques de concentration/interdépendance : mesures ciblant grands établissements bancaires d’importance systémique locale (relèvement des exigences de fonds propres);
  - CCG : se prémunir contre tensions soudaines sur la liquidité, en particulier en devises; instruments tenant compte de la concentration des dépôts de non-résidents; réserves obligatoires et mesures liées aux devises importantes;
  - CAC : poursuivre mesures pour accroître résilience durant le cycle de crédit; encourager dédollarisation;
  - surveillance des interrelations banques–institutions financières non bancaires lors de migration des risques.

### Réponse aux vulnérabilités banque–État
- Mesures à court terme :
  - préserver les fonds propres des banques dans pays exposés au risque élevé de taux (ex. Jordanie);
  - réaliser des tests de résistance prenant en compte différents types de liens;
  - attention particulière à la classification des actifs, aux provisions et aux expositions aux risques de taux d’intérêt et de liquidité;
  - restriction de la distribution des bénéfices lorsque les risques sont élevés comme première ligne de défense.
- Mesures à moyen terme :
  - politiques macroéconomiques améliorant la viabilité de la dette pour maîtriser les besoins de financement public et éviter la détérioration des interconnexions banque-État;
  - pays où les avoirs bancaires en obligations souveraines excèdent certaines limites (ex. Égypte, Pakistan) : réduire progressivement les interconnexions (ex. exigences de fonds propres supplémentaires appliquées graduellement);
  - favoriser diversification de la base d’investisseurs pour diminuer interdépendance banque–État, en particulier où entités publiques dominent le marché (Égypte, Tunisie, MOAN et Pakistan);
  - constitution de volants de sécurité par les banques publiques, mandats clairs, adaptation des outils prudentiels (ex. tests de résistance) selon profils de risque.

### Liquidité d’urgence, communication et cadres de résolution
- Communication :
  - lisibilité des objectifs et fonctions des banques centrales essentielle pour réduire l’incertitude évitable;
  - publication de rapports de stabilité financière recommandée pour certains pays.
- Liquidité d’urgence :
  - pays sans habilitation légale à fournir liquidités d’urgence (Algérie, Maroc, Oman) : définir en priorité un cadre clair pour actions en cas de tensions de liquidité;
  - pays habilités mais sans orientations pratiques (Égypte, Jordanie, Géorgie, Tadjikistan) : élaborer instructions spécifiques et lignes directrices internes, particulièrement pour liquidités en devises;
  - interventions doivent résoudre des problèmes de liquidité et non de solvabilité; chaque intervention assortie d’une date d’échéance précise; prix des liquidités assez élevé pour décourager demandes opportunistes;
  - outils de soutien doivent respecter règles bancaires islamiques dans la région.
- Cadres de résolution :
  - déployer régimes de résolution solides pour traiter problèmes de solvabilité ex post;
  - éviter que banques prolongent constatation des pertes en renouvelant crédits impayés à taux avantageux (accumulation durable de prêts improductifs, accroissement des entreprises zombies);
  - régimes de résolution doivent permettre résolution rapide des prêts improductifs pour éviter accumulation d’actifs dépréciés.

### Encadré 3.1 — Test de résistance pour la région CAC (Géorgie et Kazakhstan) : hypothèses et résultats
- Périmètre : Géorgie et Kazakhstan.
- Hypothèses principales :
  - retours des entrées de capitaux depuis la Russie à niveaux habituels; rentabilité à sa moyenne d’avant la pandémie;
  - choc extérieur défavorable : hausse de 150 % de la prime de risque souverain;
  - dépréciation du taux de change de 30 % impactant emprunteurs non couverts.
- Limitation méthodologique : liquidité en devises non incluse (données bancaires ne distinguent pas libellé local vs devises).
- Pertes estimées (en proportion des fonds propres réglementaires de catégorie 1) :
  - 4%–7% des fonds propres réglementaires dans un scénario de tensions sur la liquidité;
  - 7,3% des fonds propres réglementaires dans le scénario intégrant expositions de change non couvertes des emprunteurs;
  - conjonction tensions de liquidité + difficultés entreprises : pertes jusqu’à 15,3% des fonds propres réglementaires.
- Impact sur adéquation des fonds propres :
  - choc combiné : seulement 1,8% des banques (pondéré par les actifs) deviendraient sous-capitalisées;
  - ratios de fonds propres reculeraient de 2,6 points de pourcentage, passant de 17,4% à 14,8%;
  - scénario de tensions pour les entreprises : ratio de fonds propres de catégorie 1 diminuerait de 1,2 point de pourcentage.
- Origine des pertes : vulnérabilités liées à la dollarisation et expositions de change non couvertes des emprunteurs.
- Résilience générale : banques CAC résilientes face à chocs de faible ampleur; vulnérables en cas de hausse subite des primes de risque souverain et forte dépréciation monétaire.

*FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, Octobre 2023 — Chapitre 3, « Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ? »*

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?

### Contexte et message principal
- Dans de nombreux pays de la région Moyen-Orient et Asie centrale (MOAC), l’inflation sous-jacente, bien qu’en recul progressif, demeure supérieure aux cibles fixées.
- Un épisode prolongé de politique monétaire plus restrictive visant à réduire l’inflation pourrait entraîner des conséquences non voulues pour les systèmes financiers de la région.
- Les systèmes bancaires de la région MOAC démontreraient sans doute leur résilience face à un scénario conjuguant des taux d’intérêt élevés, une crise dans le secteur des entreprises et une accentuation des pressions sur la liquidité, mais des sources de vulnérabilité existent, en particulier du côté des banques publiques.
- Les politiques d’atténuation des risques baissiers mises en avant incluent le renforcement des cadres macroprudentiels, la maîtrise des vulnérabilités créées par l’interdépendance entre le système bancaire et les États, une communication plus claire et plus rapide, la mise en place d’instruments de liquidité d’urgence et l’élaboration de régimes de résolution pour empêcher la multiplication des entreprises zombies.

### Risques liés à un contexte mondial de taux durablement plus élevés
- Les acteurs des marchés financiers s’attendent à ce que les taux directeurs restent élevés sur une période prolongée (graphique 3.1, données au 21 septembre 2023).
- Un scénario de taux durablement plus hauts pourrait:
  - affecter les conditions de financement;
  - provoquer des tensions dans les établissements financiers;
  - révéler des expositions et pertes masquées par les règles comptables ou le traitement réglementaire;
  - frapper des portefeuilles concentrés sur certaines catégories d’actifs, notamment les obligations souveraines.
- Les épisodes récents dans certains pays avancés ont montré que les financements peuvent s’évaporer rapidement et que la dépendance à l’égard de sources extérieures est un facteur de vulnérabilité financière.

### Facteurs aggravants de l’instabilité financière dans la région
- Dépendance aux financements extérieurs:
  - Les passifs à l’égard des non-résidents représentent une part importante des passifs dans certains pays, rendant ces systèmes bancaires vulnérables aux reflux de dépôts en cas de tensions financières mondiales.
  - Exemples cités: pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG ; Bahreïn et Qatar) et pays de la région Caucase et Asie centrale (CAC ; Géorgie).
  - Les systèmes d’assurance des dépôts varient entre pays; certains pays n’en ont pas, augmentant l’exposition en cas de retraits importants.
  - Facteurs atténuants: poids substantiel des dépôts des administrations publiques (plus stables) dans certains pays (Émirats arabes unis, Qatar) et statut public de certaines grandes banques (Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Égypte).
- Interdépendance banque–État:
  - Dans les systèmes où les banques détiennent une grande part de la dette souveraine (Algérie, Égypte, Pakistan), une exposition élevée du souverain au risque de taux et une détérioration des conditions de crédit pourraient peser sur les banques via liquidité et fonds propres.
  - Un renchérissement des emprunts souverains pourrait susciter des craintes de viabilité de la dette et restreindre l’accès aux financements internationaux, conduisant les banques nationales à accroître leurs portefeuilles de titres publics, avec conséquences défavorables sur leurs bilans et sur l’offre de crédit au secteur privé (effet d’éviction).
  - Observation: le crédit au secteur privé tend à être plus réduit dans les pays où la dette souveraine pèse davantage dans les bilans bancaires.
- Rentabilité et qualité d’actifs des banques:
  - La rentabilité des banques s’est redressée par rapport aux faibles niveaux pandémiques, mais les résultats des banques publiques restent très inférieurs à ceux d’avant la pandémie dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan, et dans une moindre mesure dans les pays du CCG.
  - Les banques publiques affichent des ratios de prêts improductifs élevés dans les PE&PRI MOAN et au Pakistan en raison d’une concentration accrue des prêts vers des entreprises publiques moins rentables.
  - Les ratios de fonds propres restent très au-dessus des seuils réglementaires dans la région MOAC.
  - Les banques disposent de volants de liquidité très confortables, renforcés par le renchérissement des prix du pétrole dans les pays exportateurs.
- Risque de décalage temporel:
  - De nombreuses sociétés non financières sont sorties de la pandémie avec un effet de levier accru et une rentabilité diminuée; les prêts improductifs pourraient ne pas encore refléter l’impact d’un environnement de taux durablement plus élevés sur la capacité de service de la dette.
  - L’augmentation des prêts improductifs se traduirait par des provisions supplémentaires, pesant sur l’offre de capitaux et de crédits bancaires.

### Résultats des tests de résistance et vulnérabilités des entreprises
- Objectif du test:
  - Simulations pour la période 2023–24 visant à estimer la part de la dette des entreprises exposée à un risque de défaut de paiement dans un scénario de hausse prolongée des taux d’intérêt.
  - Analyse axée sur les entreprises dites « zombies » (fortement endettées et présentant un risque accru d’insolvabilité).
- Définition utilisée (Acharya et al. (2022)):
  - Entreprises zombies = entreprises dont le ratio de couverture des intérêts (RCI) sur deux ans est inférieur à 2,5 et qui bénéficient simultanément de prêts « bonifiés » (taux effectif inférieur au taux pratiqué pour les entreprises bien notées).
- Principaux résultats statistiques:
  - La proportion d’entreprises zombies dans la région tend à augmenter depuis plus de 10 ans et était d’environ 12 % en 2022.
  - Le levier médian des entreprises zombies (total des passifs / total des actifs) à fin 2022 était de 40 %, soit le double de celui des autres entreprises (20 %).
  - À fin 2022, les entreprises zombies détenaient environ 12 % de la dette des entreprises.
  - Bien que le chiffre de 12 % soit inférieur aux niveaux d’avant la pandémie pour diverses raisons, le pourcentage reste significatif.
- Résultats sectoriels (simulations pour 2024):
  - La part de la dette détenue par les entreprises zombies varie par secteur; les secteurs présentés incluent: Alimentation et boissons, Biens d’équipement, Transport, Services, Commerce de détail, Immobilier, Services publics, Produits pharmaceutiques, Matériaux, TIC, Énergie.
- Interprétation:
  - Malgré la résilience globale affichée par la plupart des systèmes bancaires face aux scénarios simples de crise, des vulnérabilités peuvent apparaître dans certains segments; certaines banques pourraient subir des pertes en capital qui, bien que gérables, pourraient limiter l’activité de prêt et accroître les risques de baisse de la production.

### Orientations et mesures d’atténuation recommandées
- Renforcer les cadres macroprudentiels pour mieux détecter et limiter les risques systémiques.
- Maîtriser les vulnérabilités découlant de l’interdépendance entre le système bancaire et les États (exposition à la dette souveraine).
- Améliorer la communication des autorités (plus claire et plus rapide) afin de réduire les risques de panique et de retraits massifs.
- Mettre en place des instruments de liquidité d’urgence pour contrer les tensions financières systémiques.
- Élaborer des régimes de résolution pour éviter la multiplication d’entreprises zombies et limiter les coûts fiscaux et macroéconomiques de sauvetages inefficaces.

*FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, Octobre 2023 — Chapitre 3, « Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ? »*

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?

### Scénario défavorable pour les entreprises
- Hypothèses clés
  - Le taux d’intérêt effectif est relevé de 100 points de base par an, pour atteindre une moyenne de plus de 8% à fin 2024, soit 2 points de pourcentage de plus qu’avant la pandémie.
  - Les chocs de rentabilité sectoriels ont été étalonnés sur l’évolution des bénéfices (avant impôts et intérêts) pendant les deux premières années après la crise financière mondiale.
- Principales estimations et impacts
  - La rentabilité moyenne des entreprises pourrait descendre à environ 3% en 2024, contre 5% avant la pandémie.
  - Le ratio médian de couverture des intérêts baisserait de 3,5 à 1,5 d’ici fin 2024.
  - La part de la dette à risque de défaut de paiement ferait plus que doubler, passant d’environ 12% du total de la dette en 2022 à presque 30% en 2024.
  - Secteurs les plus exposés : transport, biens d’équipement, alimentation et boissons. Dans le secteur alimentation et boissons, la part médiane de la dette des entreprises zombies augmenterait notablement à l’horizon fin 2024.

### Test de résistance du secteur bancaire : scénarios et méthodologie
- Quatre scénarios simulés, postulant une période prolongée de taux plus élevés :
  - Scénario 1 (référence liquidité) : choc de liquidité résultant de sorties de dépôts conduisant à des moins-values sur titres détenus jusqu’à l’échéance.
    - Choc de liquidité simulé : retrait de 20% des dépôts de résidents et de 30% des dépôts étrangers et des financements de marché.
  - Scénario 2 : scénario 1 + hausse des taux d’intérêt de 200 points de base.
  - Scénario 3 : transmission des résultats des tests de résistance des entreprises aux banques via obligation de provisionnements supérieurs (en raison des probabilités accrues de défaillances).
  - Scénario 4 : combinaison des taux d’intérêt relevés, crise du secteur des entreprises et choc de liquidité.
- Méthodologie complémentaire : notions de solvabilité et de liquidité provenant de travaux universitaires; hypothèse que les banques provisionnent entièrement le risque d’augmentation des prêts improductifs dans les scénarios d’entreprises.

### Résultats agrégés et par région / type de banque
- Résilience générale mais risques notables :
  - Les banques des pays du CCG et des PE&PRI de la région MOAN et du Pakistan conserveraient leur résilience dans des scénarios de crise simples, mais pourraient être mises à l’épreuve en cas de choc combiné.
  - Les banques de la région CAC resteraient résilientes dans les scénarios décrits, grâce à des volants de trésorerie confortables permis par une rentabilité en hausse, mais elles sont plus exposées aux risques de change.
  - Dans les scénarios simples, de nombreuses banques de la région MOAC peuvent supporter une crise de liquidité ou une crise du secteur des entreprises sans pertes de capital à la clé, en raison de :
    - rentabilité généralement élevée des banques privées (Émirats arabes unis, Géorgie, Kazakhstan),
    - volants de trésorerie abondants,
    - proportion importante de portefeuilles de titres déjà valorisés au cours du marché dans certains pays (essentiellement parmi ceux du CCG).
  - Les banques publiques sont plus vulnérables que les banques privées dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan et, dans une moindre mesure, dans les pays du CCG, en raison de :
    - rentabilité plus faible,
    - portefeuilles de titres plus étoffés (augmentation du risque de taux).
- Pertes en capital dans le scénario combiné
  - Les banques privées des PE&PRI de la région MOAN et du Pakistan enregistrent des pertes de 16,7%.
  - Les banques privées des pays du CCG enregistrent des pertes de 11,8%.
  - Les pertes sont à peu près deux fois supérieures pour les banques publiques dans ces régions.
- Distribution des pertes selon caractéristiques bancaires (médianes)
  - Pertes concentrées dans les établissements aux bilans relativement peu liquides, présentant :
    - une rentabilité faible,
    - de faibles niveaux de provisionnement,
    - un endettement supérieur,
    - et davantage pour les banques détenant de plus grosses parts de marché.
  - Les banques des pays où les obligations souveraines en circulation ont des échéances plus lointaines sont plus exposées (sensibilité aux hausses des taux d’intérêt).
- Sous-capitalisation estimée selon Bâle III
  - Dans le scénario combiné, 18% des banques des PE&PRI de la région MOAN et du Pakistan deviendraient sous-capitalisées (pondéré par les actifs), en se fondant sur les exigences minimales de Bâle III.
  - En revanche, toutes les banques des pays du CCG et de la région CAC demeureraient au-dessus des exigences minimales.
  - La proportion de banques sous-capitalisées augmenterait légèrement dans le CCG et les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan si l’on se fonde sur les exigences minimales de fonds propres spécifiques aux pays.
- Chute des ratios de fonds propres de catégorie 1 (points de pourcentage)
  - Pour les PE&PRI de la région MOAN et du Pakistan :
    - banques privées : diminution de 2,6 points de pourcentage,
    - banques publiques : diminution de 4,5 points de pourcentage.
  - Pour les pays du CCG :
    - banques publiques : diminution de 3,7 points,
    - banques privées : diminution de 2,0 points.

### Incidences sur l’offre de crédit et la croissance
- L’érosion des fonds propres bancaires risque d’entraîner une réduction des prêts au secteur privé, les banques cherchant à reconstituer leurs volants de sécurité.
- Relation historique utilisée pour projection locale : une baisse de 1 point de pourcentage des ratios de fonds propres est historiquement corrélée avec une contraction du crédit réel de 1,2% au bout de huit trimestres.
- Sur la base du scénario combiné :
  - Le crédit réel pourrait se contracter de 4,3% sur une période de deux ans dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan.
  - Le crédit réel pourrait se contracter de 3,2% sur une période de deux ans dans les pays du CCG.
- Implications macroéconomiques :
  - La contraction du crédit bancaire pourrait se traduire par des pertes de production d’une ampleur comparable à celles observées pendant les crises du crédit passées dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan et dans les pays du CCG.
  - L’offre de prêts plus réduite peut nuire à l’inclusion financière, car les emprunteurs marginaux perdraient l’accès au crédit.

*FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, Octobre 2023 — Chapitre 3*

### 1. Effet d’un ratio de capital inférieur de 1 point

### 1. Effet d’un ratio de capital inférieur de 1 point

### Effet sur le crédit réel
- La plage 1 présente la réaction impulsionnelle estimée du crédit réel à la baisse des ratios de fonds propres des banques (détails dans l’annexe 3.3 en ligne). Les erreurs standard sont regroupées par banque et par période. Les lignes pointillées représentent des bandes de confiance à 95 %.
- Graphique (axes fournis) : Période 0–12 ; valeurs verticales allant de –2,5 à 0,5 (En pourcentage).

### Effet des contractions du crédit réel sur la production réelle
- La plage 2 présente la répartition des pertes de production dues aux contractions du crédit dans des scénarios de tensions (en bleu foncé) et lors de ralentissements historiques du crédit (en bleu clair).
- Les pertes de production affichées reflètent la médiane et le 95e centile des pertes dans les pays de chaque sous-région.
- Valeurs estimées :
  - La valeur médiane de la perte de production imputable à la diminution du crédit est estimée à environ 0,5 % dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan et dans les pays du CCG.
  - Au 95e centile des pertes de production estimées à la suite de la contraction du crédit prévue dans le scénario combiné :
    - contraction de 1,5 % de la production dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan sur deux ans;
    - contraction de 0,9 % de la production dans les pays du CCG sur deux ans.
  - Cas du Caucase et de l’Asie centrale (scénario le plus défavorable de l’encadré 3.1) :
    - baisse des ratios de fonds signifierait une diminution de 4,1 % du crédit réel;
    - recul possible de 0,4 % de la production;
    - 95e centile des baisses estimées de la production : 1,3 % sur deux ans.
- Note méthodologique : dans le scénario combiné, la valeur moyenne des pertes de crédit réel estimées pour les banques des différentes sous-régions et les marges d’incertitude relative à ces pertes sont appliquées à tous les pays, les données macroéconomiques disponibles pour chaque région servant à estimer les pertes de production dans chaque pays. Une crise de crédit historique est définie comme une séquence comportant au moins un choc de crédit négatif, estimé au moyen de toutes les données disponibles depuis le quatrième trimestre 2001. L’estimation des pertes de production consécutives à des chocs sur le crédit s’ajouterait à toute autre baisse de la production provenant d’autres chocs perturbant la demande globale.

### Dispositifs macroprudentiels : situation dans la région MOAC
- Après la crise financière mondiale, les banques centrales ont renforcé les outils macroprudentiels, mais l’application a été globalement lente dans la région MOAC.
- Presque tous les pays disposent d’un instrument de portée générale prévoyant les volants de fonds propres (ex. volant de fonds propres contracyclique), mais la plupart ont maintenu le volant à zéro depuis sa création.
- La majorité des pays utilise des instruments axés sur les emprunteurs dans le logement (ex. plafonnement du ratio service de la dette/revenu), alors que les outils visant le secteur des sociétés non financières sont moins répandus.
- Observations spécifiques :
  - Certains pays du CCG (comme l’Arabie saoudite) n’ont pas cherché à réduire les risques de liquidité en devises des banques.
  - Certains pays de la région MOAN (Algérie, Liban, Maroc, Tunisie) n’ont guère pris de mesures contre les risques provenant des institutions financières d’importance systémique locale.
- Graphique 3.7 synthétique :
  - Nombre moyen de mesures macroprudentielles par pays et par année (Moy. 2010–19, COVID-19) : échelle 0–5 (En nombre).
  - Ventilation des mesures macroprudentielles (En pourcentage des mesures appliquées, 2017–21) par sous-région : CAC, PE, CCG, MOANAP.

### Mesures visant à préserver la stabilité financière — recommandations générales
- Priorité : élaborer et renforcer les dispositifs macroprudentiels dans la région.
- Recommandations spécifiques pour la région MOAN et Pakistan :
  - Recours accru à des instruments macroprudentiels de portée générale (ex. volant de fonds propres contracyclique) pour éviter une contraction nette du crédit en période de fléchissement de l’activité.
  - Pays avec forte part de dette des entreprises exposée au risque de non-remboursement ou nombreux zombies (ex. Émirats arabes unis, Jordanie, Koweït) : envisager des instruments axés sur les emprunteurs (plafonnement du ratio service de la dette/revenu, ratio prêt/valeur).
- Réduction des risques de concentration/interdépendance :
  - Adopter des mesures ciblant les grands établissements bancaires d’importance systémique locale (relèvement des exigences de fonds propres applicables).
- Pour les pays du CCG :
  - Se prémunir contre des tensions soudaines sur la liquidité, en particulier en devises : instruments tenant compte du degré de concentration des dépôts des non-résidents dans les ratios de liquidité.
  - Mesures macroprudentielles relatives aux devises, comme les réserves obligatoires, sont particulièrement importantes.
- Pour la région CAC :
  - Poursuivre les mesures macroprudentielles visant à accroître la résilience durant le cycle de crédit, encourager la dédollarisation pour réduire les asymétries de devises.
- Surveillance des interrelations entre banques et institutions financières non bancaires lorsque des signes de migration des risques apparaissent.

### Réponse aux vulnérabilités entre le système bancaire et l’État
- Adopter des réponses adaptées au contexte national pour des liens complexes et multidimensionnels.
- À court terme :
  - Dans les pays exposés à un risque élevé de taux d’intérêt (ex. Jordanie) : préserver les fonds propres des banques pour absorber les pertes éventuelles.
  - Réaliser des tests de résistance prenant en compte les différents types de liens.
  - Accorder une attention particulière à la classification des actifs, aux provisions, et aux expositions aux risques de taux d’intérêt et de liquidité.
  - Lorsque les risques sont élevés, la restriction de la distribution des bénéfices peut constituer la première ligne de défense.
- À moyen terme :
  - Dans les pays à faible marge de manœuvre budgétaire : politiques macroéconomiques améliorant la viabilité de la dette pour maîtriser les besoins de financement public et éviter la détérioration des interconnexions banque-État.
  - Pour les pays où les avoirs des banques en obligations souveraines excèdent certaines limites (ex. Égypte, Pakistan) : réduire progressivement les interconnexions (ex. exigences de fonds propres supplémentaires appliquées graduellement).
  - Favoriser l’essor et la diversification de la base d’investisseurs pour diminuer l’interdépendance entre banques et État, en particulier où les entités publiques dominent le marché (Égypte, Tunisie, plus généralement MOAN et Pakistan).
  - Constitution de volants de sécurité par les banques publiques, mandats clairs, adaptation des outils prudentiels (ex. tests de résistance) selon les profils de risque.

### Liquidité d’urgence, communication et cadres de résolution
- Communication : la lisibilité des objectifs et fonctions des banques centrales est déterminante pour réduire l’incertitude évitable ; publication de rapports de stabilité financière recommandée pour certains pays.
- Liquidité d’urgence :
  - Dans les pays où les banques centrales ne sont pas habilitées à fournir des liquidités d’urgence (Algérie, Maroc, Oman) : définir en priorité un cadre clair énonçant les actions possibles en cas de tensions de liquidité.
  - Dans les pays où la loi autorise la fourniture de liquidités d’urgence mais sans orientations pratiques précises (Égypte, Jordanie, Géorgie, Tadjikistan) : donner des instructions spécifiques et des lignes directrices internes, en particulier pour les liquidités en devises.
  - Les interventions doivent viser à résoudre des problèmes de liquidité et non de solvabilité ; chaque intervention doit être assortie d’une date d’échéance précise pour limiter l’aléa moral.
  - Le prix des liquidités fournies doit être suffisamment élevé pour décourager les demandes opportunistes.
  - Les outils de soutien doivent respecter les règles bancaires islamiques dans la région.
- Cadres de résolution :
  - Déployer des régimes de résolution solides pour répondre aux problèmes de solvabilité ex post.
  - Éviter que les banques différent la constatation des pertes en renouvelant crédits impayés à des taux avantageux, ce qui conduirait à une accumulation durable de prêts improductifs et à une augmentation des entreprises zombies.
  - Les régimes de résolution doivent permettre une résolution rapide des prêts improductifs afin d’éviter l’accumulation d’actifs dépréciés dans les bilans bancaires.

*Source : extrait du chapitre "3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?" (PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : Moyen-Orient et Asie centrale, Octobre 2023, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL).*

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?

### Encadré 3.1 — Test de résistance du secteur bancaire pour la région Caucase et Asie centrale (CAC) : hypothèses principales
- Période et périmètre : étude portant sur la Géorgie et le Kazakhstan.
- Hypothèses du test de résistance :
  - Les entrées de capitaux depuis la Russie reviennent à leurs niveaux habituels, et la rentabilité à sa moyenne avant la pandémie, sur fond de normalisation des gains nets sur opérations de conversion de devises.
  - Un choc extérieur défavorable provoque une hausse de 150 % de la prime de risque souverain.
  - Le taux de change se déprécie de 30 %, ce qui met en difficulté les entreprises et les ménages emprunteurs non couverts.
- Limitation méthodologique importante :
  - La liquidité en devises n’est pas comprise dans le périmètre du test de résistance ; les données au niveau des banques sur les actifs liquides ne permettent pas de distinguer si les actifs sont libellés en monnaie locale ou en devises.

### Résultats du test de résistance : pertes et robustesse bancaire
- Pertes estimées (exprimées en proportion des fonds propres réglementaires de catégorie 1) dans différents scénarios :
  - Pertes comprises entre 4 % et 7 % des fonds propres réglementaires dans un scénario de tensions sur la liquidité (grâce à forte rentabilité et amples réserves de liquidité).
  - Dans le scénario intégrant les expositions de change non couvertes des emprunteurs (importante dépréciation), les pertes atteindraient 7,3 % des fonds propres réglementaires (graphique 3.1.1 de l’encadré, plage 1).
  - La conjonction de tensions sur la liquidité et de difficultés pour les entreprises pourrait faire grimper les pertes jusqu’à 15,3 % des fonds propres réglementaires.
- Impact sur l’adéquation des fonds propres :
  - En cas de choc combiné, seulement 1,8 % des banques (chiffre pondéré en fonction des actifs) seraient alors sous-capitalisées.
  - Les ratios de fonds propres reculeraient de 2,6 points de pourcentage au total, passant de 17,4 % à 14,8 % (graphique 3.1.1 de l’encadré, plage 2).
  - Dans le scénario de tensions pour les entreprises, le ratio de fonds propres de catégorie 1 diminuerait de 1,2 point de pourcentage.
- Origine des pertes : principalement imputables aux vulnérabilités liées à la dollarisation de l’économie et aux expositions de change non couvertes des emprunteurs.
- Résilience générale : les banques de la région CAC feraient preuve de résilience face à des chocs de faible ampleur, mais seraient particulièrement vulnérables en cas de choc défavorable entraînant une hausse subite des primes de risque souverain ainsi qu’une forte dépréciation monétaire.
- Observations additionnelles :
  - En l’absence de dépréciation, la baisse du ratio de fonds propres serait négligeable, les banques disposant de réserves suffisantes pour couvrir des besoins de provisionnement supplémentaires, même si leur rentabilité devait redescendre à son niveau moyen d’avant la pandémie (lequel est inférieur de 44 % au taux actuel).

### Graphique et définitions (références internes)
- Graphique mentionné : Graphique 3.1.1 de l’encadré — Pertes excédentaires (part du capital) et Ratios de fonds propres selon les scénarios (Fonds propres de catégorie 1/APR).
- Définitions et sigles utilisés :
  - APR = actifs pondérés des risques.
  - CAC = Caucase et Asie centrale.
  - pb = points de base.

### Indicateurs macroéconomiques régionaux (extraits pour la région CAC)
- Région CAC : principaux indicateurs économiques, 2000–24 (En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
  - CAC — PIB réel (variation en pourcentage, sur un an) : 6,7–2,05,74,84,64,2
  - CAC — Solde des transactions courantes : 0,0–3,90,66,00,40,6
  - CAC — Solde budgétaire global : 2,0–5,4–3,00,5–1, 3–1,4
  - CAC — Inflation (variation en pourcentage, sur un an) : 8,97, 39, 613,011, 08,3
- Segmentations par groupes de pays (extraits) :
  - Pays exportateurs de gaz et de pétrole de la région CAC — PIB réel (variation en pourcentage, sur un an) : 7, 0–3,04,53,33,93,6
  - Pays émergents et pays à revenu intermédiaire de la région CAC — PIB réel (variation en pourcentage, sur un an) : 5,9– 6,98,511,16,54,9
  - Pays en développement à faible revenu de la région CAC — PIB réel (variation en pourcentage, sur un an) : 6,41,47, 46,05,45,3

*Encadré 3.1 préparé par Thomas Kroen. Sources citées : Fitch Connect ; FMI, base de données des indicateurs de solidité financière ; calculs des services du FMI.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2023/october/french/ch3.pdf_
