## 2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité

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### Contexte macroéconomique et contraintes budgétaires/monétaires
- Après une longue période de chocs successifs, la marge de manœuvre s’est réduite dans de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale (MOAC), en particulier dans les pays émergents et les pays à revenu intermédiaire (PE&PRI).
- Dette publique des PE&PRI de la région MOAC : 83,5 percent du PIB en moyenne en 2022 (contre 79 percent du PIB avant la pandémie).
- Inflation globale dans les PE&PRI : taux à deux chiffres en 2022.
- Resserrement monétaire des pays avancés → durcissement des conditions financières et augmentation des coûts d’emprunt dans les PEPD.
- Arbitrage difficile pour les décideurs entre tour de vis budgétaire/monétaire (stabilité macroéconomique, viabilité de la dette) et soutien de la croissance.

### Potentiel et rôle des réformes structurelles
- Les réformes structurelles :
  - Rehausser la croissance potentielle.
  - Générer des gains de croissance à court terme.
- Réformes de gouvernance (renforcement de l’état de droit, efficacité des pouvoirs publics) : augmentation de la production même en période de faible croissance ou de marge d’action limitée.
- Amélioration de la capacité des pouvoirs publics à appliquer politiques et réglementations favorables au développement du secteur privé → stimulation de l’investissement et de la productivité.
- Articulation stratégique des réformes (ex. réforme simultanée du secteur extérieur et du marché du crédit) → accroissement des gains de production.
- Réformes favorisent diversification économique des pays exportateurs de pétrole et rehaussement de la croissance du secteur non pétrolier.

### État des réformes et résultats observés dans la région MOAC
- Progrès limités dans la mise en œuvre des réformes structurelles; nombreux pays présentent des indicateurs inférieurs aux pays situés à la frontière.
- Pays du CCG : scores supérieurs sur marché du travail, secteur extérieur, flexibilité du marché du crédit; scores inférieurs sur réglementations relatives à l’égalité des genres.
- Gouvernance en retard dans plusieurs pays → faibles résultats en voix citoyenne et responsabilité, stabilité politique, efficacité des pouvoirs publics, état de droit, maîtrise de la corruption.
- Lacunes de gouvernance particulièrement marquées dans les PFR et pays fragiles/touchés par un conflit (Afghanistan, Libye, Soudan, Yémen).
- Mouvement de convergence des niveaux de revenus par habitant vers les pays avancés toujours enlisé, surtout dans la sous-région MOAN (hors CCG) et le Pakistan.
- Productivité du travail :
  - Stagnation dans la région MOAC depuis deux décennies.
  - Dans les pays du CCG, productivité du travail hors pétrole en recul (expliqué en partie par place excessive du secteur public, sous-développement du secteur privé, manque de diversification).
  - Écart de productivité du travail dans le secteur non pétrolier par rapport aux pays émergents de la frontière; contribution moindre du secteur non pétrolier à la productivité globale par rapport à pays exportateurs de pétrole comme la Norvège.

### Marché du travail, inégalités et finance
- Marché du travail difficile et taux de chômage élevé, particulièrement chez les femmes et les jeunes.
- Disparités hommes-femmes élevées malgré progrès scolaires.
- Taux d’activité des femmes en 2022 :
  - 44,5 percent dans les pays du CCG.
  - 18,2 percent dans les pays de la région MOAN (hors CCG) et au Pakistan.
- Taille du secteur financier et ouverture commerciale : résultats semblables à la moyenne des PEPD.

### Effets empiriques et gains des réformes (méthodologie Jordà 2005, échantillon 2000–21)
- Définition de « grandes réformes » : variation annuelle strictement supérieure à deux écarts-types (qualité structurelle du pays de la médiane au dernier 5e centile).
- Cinq ans après mise en œuvre :
  - Réformes de la gouvernance : augmentation de la production d’environ 6 percent.
  - Réformes sur la qualité de la réglementation : hausse de la production d’environ 4 percent.
  - Réformes sur la qualité de la réglementation : accroissement de la productivité du travail d’environ 5,5 percent.
  - Réformes du secteur extérieur et du marché du crédit : gain de production d’environ 2,5 percent au bout de cinq ans et nette hausse de la productivité du travail à moyen terme.
- Réformes du marché du travail : effets sur l’emploi et la production prennent du temps; impact parfois faible à court terme; effet sur l’emploi non statistiquement significatif dans le scénario de référence.

### Gains de production potentiels en comblant les écarts de gouvernance
- Si la région MOAC comblait son écart avec les PEPD sur la gouvernance → gain de production moyen à moyen terme d’environ 1,3 percent.
  - Sous-région CAC : gain moyen de 1 percent.
  - PFR et pays fragiles/touchés par un conflit : gain moyen de 3 percent.
- Pays du CCG : production pourrait croître d’environ 3 percent s’ils comblaient leur écart avec les pays avancés.
- Réformes de gouvernance génèrent aussi effets positifs sur l’emploi et la productivité du travail à moyen terme.

### Réformes particulièrement utiles en période de faible croissance et sous contrainte budgétaire
- Comparaison scénario de faible croissance vs scénario de référence (au bout de cinq ans) :
  - Flexibiliser le marché intérieur du crédit en période de faible croissance → gain de croissance à moyen terme de 1,7 percent par rapport au scénario de référence.
  - Améliorer la qualité de la réglementation en période de faible croissance → gain de croissance à moyen terme de 1,2 percent par rapport au scénario de référence.
- Mécanismes : flexibilisation du marché du crédit entraîne nouveaux gains d’investissement et de productivité du travail (respectivement 11 points de pourcentage et 4 points de pourcentage en sus de l’impact du scénario de référence au bout de cinq ans).
- Exemples historiques : Koweït et République islamique d’Iran ont assoupli leur marché du crédit au début des années 2000; en 2004–07, croissance moyenne hors pétrole du Koweït et de la République islamique d’Iran a dépassé 10 percent et 6 percent, respectivement.
- Quand marge de manœuvre limitée :
  - Assouplissement du marché du crédit en situation de faible marge → production augmente de 8 percent au bout de cinq ans (contre un peu moins de 3 percent dans le scénario de référence).

### Ordonnancement, synergies et recommandations stratégiques
- Effet d’un programme de « première génération » (gouvernance, qualité de la réglementation, secteur extérieur) :
  - Augmentation de la production d’environ 3 percent l’année de sa mise en œuvre.
  - Augmentation de la production de plus de 9 percent au bout de cinq ans (soit plus de deux fois la somme des gains des mesures menées isolément).
- Recommandations d’ordonnancement :
  - Prioriser réformes où le pays a des lacunes comparatives (notamment gouvernance).
  - Promouvoir programme de première génération pour accroître l’efficacité des réformes ultérieures.
  - Enchaîner et articuler soigneusement les réformes (amélioration de la gouvernance accroît la confiance et l’impact d’autres réformes).
- Mesures d’accompagnement recommandées :
  - Approche multidimensionnelle et communication de qualité.
  - Création de coalitions et consensus entre parties prenantes.
  - Transparence et consultations publiques.
  - Protection des groupes vulnérables : coupler politiques actives du marché du travail (formation, reconversion) avec libéralisation du secteur extérieur.
  - Soutien externe pour pays à capacités et marges budgétaires limitées : assistance technique et financière d’organisations internationales et donateurs.

### Exemples nationaux d’impact des réformes (encadré 2.1)
- Géorgie :
  - Tolérance zéro vis-à-vis de la corruption après 2003; réformes judiciaires, fiscales, douanières, énergie, enregistrement foncier, enseignement supérieur.
  - Résultat : en cinq ans, progression vers les 30 premiers centiles des indicateurs de corruption, efficacité des pouvoirs publics et qualité de la réglementation.
- Maroc :
  - « Nouveau Modèle de développement » : stimuler l’investissement privé, accumulation de capital humain, participation des femmes, protection sociale, gouvernance.
  - Réformes : extension de la couverture d’assurance maladie; refonte du régime; réforme du dispositif de protection sociale; éducation; remaniement des entreprises publiques; création du Fonds Mohammed VI.
- Arabie saoudite (Vision 2030) :
  - Progrès depuis 2016 malgré la pandémie.
  - Taux d’activité des femmes : 23 % en 2016, 28 % en 2022, objectif de 30 % pour 2025.
  - Prêts bancaires aux PME : passés de 2 % à 7,7 % sur la même période (multipliés par près de quatre).
  - Croissance hors pétrole : 5,3 % en 2022; prévision de maintien supérieure à 4 % à moyen terme.

### Risques macrofinanciers liés à une hausse prolongée des taux d’intérêt (chapitre 3)
- Contexte : inflation sous-jacente en recul progressif mais encore supérieure aux cibles; marchés anticipent maintien de taux directeurs élevés (Graphique 3.1, données au 21 septembre 2023).
- Sources de vulnérabilité :
  - Expositions masquées par règles comptables et traitement réglementaire.
  - Concentration des portefeuilles bancaires (ex. obligations souveraines).
  - Dépendance aux financements extérieurs et risque de retraits des non-résidents (ex. Bahreïn, Qatar, Géorgie).
  - Variabilité des régimes d’assurance-dépôts.
  - Poids élevé des dépôts des administrations publiques (stabilisant pour certains pays).
  - Interdépendance banque-État : forte détention de dette souveraine (Algérie, Égypte, Pakistan).
  - Réactions en chaîne : renchérissement des emprunts souverains → effet d’éviction sur crédit privé.
- Situation bilan bancaire :
  - Rentabilité : redressement depuis la pandémie; résultats des banques publiques demeurent très inférieurs à ceux d’avant la pandémie dans les PE&PRI MOAN et PAK et, dans une moindre mesure, dans les pays du CCG.
  - Ratios de fonds propres : restent très au-dessus des seuils réglementaires dans la région MOAC.
  - Prêts improductifs : généralement maîtrisés, mais élevés pour banques publiques des PE&PRI MOAN et PAK.
  - Volants de liquidité : très confortables, renforcés par renchérissement des prix du pétrole pour pays exportateurs.
- Risque futur : sociétés non financières avec effet de levier accru et rentabilité diminuée → hausse potentielle des prêts improductifs si taux durablement plus élevés.

### Tests de résistance et résultats (résumé)
- Définition entreprises « zombies » : ratio de couverture des intérêts moyen sur deux ans < 2,5 et prêts « bonifiés ».
- Part des entreprises zombies en 2022 : environ 12 percent.
- Effet de levier médian fin 2022 : entreprises zombies 40 percent ; autres entreprises 20 percent.
- Part de la dette des entreprises détenue par les entreprises zombies à fin 2022 : environ 12 percent.
- Scénario défavorable d’entreprises : taux d’intérêt effectif relevé de 100 points de base par an → moyenne de plus de 8 percent à fin 2024 (soit 2 points de pourcentage de plus qu’avant la pandémie).
  - Projection de rentabilité moyenne des entreprises en 2024 : environ 3 percent (contre 5 percent avant la pandémie).
  - Projection du ratio médian de couverture des intérêts : baisse de 3,5 à 1,5 d’ici fin 2024.
  - Part de la dette à risque de défaut de paiement : passage d’environ 12 percent en 2022 à presque 30 percent en 2024.
- Scénarios de test bancaire (quatre) : choc de liquidité; + hausse des taux 200 pb; pertes d’entreprises entraînant provisions; scénario combiné.
  - Hypothèse de choc de liquidité : retrait de 20 percent des dépôts de résidents et de 30 percent des dépôts étrangers et financements de marché.
  - Hypothèse de hausse de taux additionnelle : 200 points de base.
- Résultats agrégés :
  - Résilience globale mais vulnérabilités sectorielles et bancaires subsistent.
  - Pertes en capital (scénario combiné), pertes médiannes citées : banques privées des PE&PRI MOAN et PAK 16,7 percent ; banques privées du CCG 11,8 percent ; pertes environ deux fois supérieures pour banques publiques dans mêmes groupes.
  - Sous-capitalisation selon Bâle III : sous le scénario combiné, 18 percent des banques des PE&PRI de la région MOAN et du Pakistan seraient sous-capitalisées.
- Encadré 3.1 (CAC) : pertes banques CAC comprises entre 4 percent et 7 percent des fonds propres réglementaires en scénario liquidité; jusqu’à 7,3 percent en cas de forte dépréciation; combinaison tensions → perte jusqu’à 15,3 percent; seulement 1,8 percent des banques pondérées par actifs deviendraient sous-capitalisées; ratio fonds propres passerait de 17,4 percent à 14,8 percent (baisse de 2,6 points).

### Impact attendu sur crédit et production (scénario combiné)
- Corrélation historique : baisse de 1 point de pourcentage des ratios de fonds propres ↔ contraction du crédit réel de 1,2 percent au bout de huit trimestres.
- Sur base du scénario combiné :
  - Crédit réel pourrait se contracter de 4,3 percent dans les PE&PRI MOAN et PAK sur deux ans.
  - Crédit réel pourrait se contracter de 3,2 percent dans les pays du CCG sur deux ans.
- Perte de production médiane imputable à diminution du crédit : environ 0,5 percent dans les PE&PRI MOAN et PAK et dans les pays du CCG.
- Au 95e centile des pertes de production :
  - Contraction possible de 1,5 percent de la production dans les PE&PRI MOAN et PAK sur deux ans.
  - Contraction possible de 0,9 percent de la production dans les pays du CCG sur deux ans.
- Remarque : estimations bornes inférieures (tests n’intègrent pas explicitement liens interbancaires et amplification via institutions financières non bancaires).

### Dispositifs macroprudentiels et recommandations de politique financière
- Situation macroprudentielle :
  - Presque tous pays disposent d’un instrument de portée générale (ex. volant contracyclique) mais la plupart ont maintenu le volant à zéro.
  - Instruments axés sur emprunteurs de logement largement utilisés; outils visant risque des sociétés non financières moins répandus.
  - Certains pays du CCG n’ont pas réduit risques de liquidité en devises des banques.
  - Avancées macroprudentielles globales plus faibles qu’ailleurs; panoplie d’outils varie par sous-région.
- Recommandations prioritaires :
  - Renforcement des dispositifs macroprudentiels.
  - Atténuation des risques issus des interconnexions banque-État (réduire exposition des banques à dette souveraine lorsque possible).
  - Communication plus claire et plus rapide des autorités.
  - Instruments de liquidité d’urgence et cadres opérationnels pour provision de liquidité.
  - Régimes de résolution pour empêcher multiplication d’entreprises zombies.
  - Mesures spécifiques par sous-région / exposition :
    - Région MOAN et Pakistan : recours accru aux instruments macroprudentiels de portée générale (ex. volant contracyclique).
    - Pays avec forte part de dette d’entreprise à risque ou nombreuses entreprises zombies (Émirats arabes unis, Jordanie, Koweït) : instruments axés sur emprunteurs (plafonnement ratio service de la dette/revenu, ratio prêt/valeur).
    - Pays du CCG : se prémunir contre tensions soudaines sur la liquidité en devises; envisager intégration de concentration des dépôts non-résidents dans ratios de liquidité; renforcer mesures macroprudentielles relatives aux devises (réserves obligatoires).
    - Région CAC : poursuivre mesures macroprudentielles pour résilience durant cycle de crédit; encourager dédollarisation; améliorer gestion des risques dans entreprises et banques.
  - Surveillance accrue des interrelations entre secteur bancaire et institutions financières non bancaires.
  - Réponse à court terme : préserver fonds propres des banques dans pays exposés (ex. Jordanie).
  - Tests de résistance adaptés aux différents liens banque-État pour mieux connaître gravité des risques.
- Cadres opérationnels :
  - Pays où banques centrales ne sont pas expressément habilitées à fournir liquidités d’urgence (Algérie, Maroc, Oman) : définir cadre clair d’actions possibles en cas de tensions de liquidité.
  - Pays disposant d’autorisation mais sans orientations pratiques précises (Égypte, Jordanie, Géorgie, Tadjikistan) : donner instructions spécifiques, lignes directrices internes, capacités supplémentaires pour dispositifs de liquidité d’urgence, en particulier en devises.
  - Interventions de liquidité : viser problèmes de liquidité et non de solvabilité; fixer date d’échéance précise pour limiter aléa moral; prix des liquidités suffisamment élevé pour décourager demande opportuniste; outils compatibles avec règles bancaires islamiques.

*Source: PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : Moyen-Orient et Asie centrale, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL • Octobre 2023 (extraits fournis).*

### 2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité ...................21

### 2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité

### 2.1. Les réformes sont d’autant plus urgentes que la marge  
     de manœuvre des pouvoirs publics se réduit
- Section intitulée "Les réformes sont d’autant plus urgentes que la marge de manœuvre des pouvoirs publics se réduit".
- Page: 21

### 2.2. Les réformes structurelles peuvent fortement rehausser la croissance
- Section intitulée "Les réformes structurelles peuvent fortement rehausser la croissance".
- Page: 26

### 2.3. Il est important d’enchaîner et d’articuler soigneusement les réformes
- Section intitulée "Il est important d’enchaîner et d’articuler soigneusement les réformes".
- Page: 30

### 2.4. Là où un tour de vis macroéconomique s’impose, les réformes offrent la possibilité de stimuler  
        la    croissance
- Section intitulée "Là où un tour de vis macroéconomique s’impose, les réformes offrent la possibilité de stimuler la croissance".
- Page: 32

### Bibliographie
- Page: 33

*Source: text - 2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité, PDF chapitre/section (page indications comme fournies).*

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ? .......37

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ? .......37

### 3.1. Les relèvements des taux d’intérêt au niveau mondial pourraient révéler des lignes de faille dans le secteur bancaire
- Titre du sous-chapitre : "Les relèvements des taux d’intérêt au niveau mondial pourraient révéler des lignes de faille dans le secteur bancaire."
- Localisation : page 37.
- Éléments graphiques associés :
  - Graphique 3.1. Anticipations des taux directeurs des banques centrales des principaux pays avancés (référence dans la liste des graphiques).
  - Graphique 3.2. Financement du secteur bancaire, interdépendance entre le système bancaire et les États, et volants de sécurité (référence dans la liste des graphiques).
- Encadré associé : Encadré 3.1. Test de résistance du secteur bancaire pour la région Caucase et Asie centrale (référence dans la table des encadrés, positionné p.49).

### 3.2. Certains facteurs pourraient accentuer les risques d’instabilité financière
- Titre du sous-chapitre : "Certains facteurs pourraient accentuer les risques d’instabilité financière."
- Localisation : page 38.
- Éléments graphiques associés :
  - Graphique 3.3. Difficultés des entreprises (référence dans la liste des graphiques).
  - Graphique 3.4. Pertes en capital dans divers scénarios de crise (référence dans la liste des graphiques).
  - Graphique 3.5. Sous-capitalisation bancaire et incidence sur les ratios de fonds propres (référence dans la liste des graphiques).
  - Graphique 3.7. Dispositifs macroprudentiels (référence dans la liste des graphiques).

### 3.3. Dans un scénario défavorable, des taux d’intérêt plus élevés pendant plus longtemps pourraient entraver la croissance
- Titre du sous-chapitre : "Dans un scénario défavorable, des taux d’intérêt plus élevés pendant plus longtemps pourraient entraver la croissance."
- Localisation : page 40.
- Éléments graphiques associés :
  - Graphique 3.4. Pertes en capital dans divers scénarios de crise (référence dans la liste des graphiques).
  - Graphique 3.5. Sous-capitalisation bancaire et incidence sur les ratios de fonds propres (référence dans la liste des graphiques).
  - Graphique 3.6. Incidence sur le crédit et la production (référence dans la liste des graphiques).
- Références analytiques mentionnées dans l’organisation du chapitre :
  - Présence d’un test de résistance du secteur bancaire pour la région Caucase et Asie centrale (Encadré 3.1, p.49).
  - Graphiques visant à relier changements des taux d’intérêt, pertes en capital, solvabilité bancaire, et effets sur l’octroi de crédit et la production.

*Source : PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : Moyen-Orient et Asie centrale, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL — Octobre 2023 (chapitre 3, indications de pages et liste des graphiques fournis dans le document).*

### 2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité

### 2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité

### Contexte macroéconomique et contraintes budgétaires/monétaires
- Après une longue période marquée par des chocs successifs, la marge de manœuvre s’est réduite dans de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale (MOAC), en particulier dans les pays émergents et les pays à revenu intermédiaire (PE&PRI).
- La dette publique des PE&PRI de la région MOAC s’est établie à 83,5 percent du PIB en moyenne en 2022 (contre 79 percent du PIB avant la pandémie).
- L’inflation globale dans les PE&PRI a atteint un taux à deux chiffres en 2022.
- Le resserrement monétaire opéré par les grands pays avancés a entraîné un durcissement des conditions financières dans les pays émergents et les pays en développement (PEPD) et une augmentation des coûts d’emprunt.
- Les décideurs font face au difficile arbitrage entre procéder à un tour de vis budgétaire et monétaire pour préserver la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, et favoriser la croissance.

### Potentiel et rôle des réformes structurelles
- Les réformes structurelles offrent un moyen non seulement de rehausser la croissance potentielle, mais aussi de générer des gains de croissance à court terme.
- Les réformes de la gouvernance (renforcement de l’état de droit et de l’efficacité des pouvoirs publics) sont particulièrement importantes et peuvent faire augmenter la production même lorsque la croissance est faible ou que la marge d’action est limitée.
- Améliorer la capacité des pouvoirs publics à appliquer des politiques et des réglementations favorables au développement du secteur privé stimule l’investissement et la productivité, et partant, la croissance.
- Articuler les réformes de façon stratégique (par exemple, réforme simultanée du secteur extérieur et du marché du crédit) peut augmenter les gains de production.
- Les réformes peuvent accélérer la diversification économique des pays exportateurs de pétrole et rehausser la croissance du secteur non pétrolier.

### État des réformes et résultats observés dans la région MOAC
- Progrès limités dans la mise en œuvre des réformes structurelles; de nombreux pays de la région MOAC présentent des indicateurs inférieurs à ceux des pays situés à la frontière.
- Les pays du CCG obtiennent des scores supérieurs aux autres PEPD en ce qui concerne le marché du travail, le secteur extérieur et la flexibilité du marché du crédit, mais sont en deçà pour les réglementations relatives à l’égalité des genres.
- Les réformes de la gouvernance restent à la traîne dans plusieurs pays, entraînant de faibles résultats en voix citoyenne et responsabilité, stabilité politique, efficacité des pouvoirs publics, état de droit et maîtrise de la corruption.
- Les lacunes en matière de gouvernance sont particulièrement importantes dans l’état de droit, la corruption et la stabilité politique dans les PFR et les pays fragiles ou touchés par un conflit (Afghanistan, Libye, Soudan, Yémen).
- Le mouvement de convergence des niveaux de revenus par habitant vers ceux des pays avancés est toujours enlisé, en particulier dans la sous-région MOAN (hors CCG) et le Pakistan.
- Depuis deux décennies, la productivité du travail stagne dans la région MOAC, tandis qu’elle suit une trajectoire ascendante dans les pays avancés et les autres pays émergents.
- Dans les pays du CCG, la productivité du travail hors pétrole a reculé, en partie en raison de la place excessive du secteur public, du sous-développement du secteur privé et du manque de diversification économique.
- Les pays du CCG conservent des écarts de productivité du travail dans le secteur non pétrolier par rapport aux pays émergents constituant la frontière.
- Le secteur non pétrolier contribue moins à la productivité globale du travail dans les pays du CCG que dans d’autres pays exportateurs de pétrole comme la Norvège.

### Marché du travail, inégalités et finance
- La région présente un marché du travail difficile et un taux de chômage toujours élevé, en particulier chez les femmes et les jeunes.
- Malgré des progrès sur le plan du niveau d’études, les disparités entre les femmes et les hommes sur le marché du travail restent élevées.
- Taux d’activité des femmes en 2022 :
  - 44,5 percent dans les pays du CCG
  - 18,2 percent dans les pays de la région MOAN (hors CCG) et au Pakistan
- La région présente des résultats semblables à la moyenne des PEPD en ce qui concerne la taille du secteur financier et l’ouverture commerciale.

### Considérations politiques et exemples de réussite
- Le degré de résistance aux réformes et les perspectives de réussite varient fortement selon la nature et la portée des réformes; les considérations d’économie politique et l’appropriation par les décideurs conditionnent souvent le rythme des réformes.
- Quelques pays ont démontré qu’il était possible de mettre en œuvre un vaste programme de réformes structurelles transformantes (voir encadré 2.1 et annexe 2.5 en ligne).
- Exemples notés :
  - Dans la région CAC, des améliorations rapides de la gouvernance, notamment dans la lutte contre la corruption, ont tiré la croissance (Arménie, Géorgie) et protégé l’économie contre certains chocs extérieurs (Kazakhstan).
  - En Jordanie, des mesures de libéralisation des échanges et de privatisation ont favorisé la participation du secteur privé à l’activité.

*Source : texte du chapitre "2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité", Octobre 2023, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL.*

### 4. Taux de chômage

### 4. Taux de chômage

### Méthodologie et contexte
- Analyse fondée sur des travaux antérieurs du FMI (édition d’octobre 2019 des Perspectives de l’économie mondiale ; Budina et al., 2023) adaptés à la région MOAC.
- Méthode utilisée : méthode des projections locales mise au point par Jordà (2005).
- Échantillon : 27 pays de la région MOAC, données annuelles couvrant la période 2000–21.
- Définition de « grandes réformes » : variation annuelle de l’indicateur strictement supérieure à deux écarts-types de la distribution (conduisant généralement la qualité structurelle d’un pays de la médiane au dernier 5e centile).
- Précautions : difficultés à calculer un impact précis en raison des retombées globales intersectorielles ; estimations entourées d’incertitudes. La méthode peut aboutir à des estimations biaisées si la période couverte est courte.

### Effets moyens des grandes réformes sur la production, l’emploi et la productivité
- Cinq ans après mise en œuvre :
  - Réformes de la gouvernance : augmentation de la production d’environ 6 percent.
  - Réformes sur la qualité de la réglementation : hausse de la production d’environ 4 percent.
  - Réformes sur la qualité de la réglementation : accroissement de la productivité du travail d’environ 5,5 percent.
- Réformes du secteur extérieur et du marché du crédit : gain de production d’environ 2,5 percent au bout de cinq ans et nette hausse de la productivité du travail à moyen terme.
- Réformes du marché du travail : effets sur l’emploi et la production prennent du temps à se matérialiser ; impact parfois faible à court terme et, dans le scénario de référence, l’effet sur l’emploi n’est pas statistiquement significatif.

### Gains de production potentiels en comblant les écarts de gouvernance
- Si les pays de la région MOAC comblaient leur écart avec les PEPD sur la gouvernance, gain de production moyen à moyen terme d’environ 1,3 percent.
  - Sous-région CAC : gain le plus faible de 1 percent.
  - PFR et pays fragiles ou touchés par un conflit : gain le plus élevé de 3 percent.
- Pays du CCG : production pourrait croître d’environ 3 percent s’ils comblaient leur écart avec les pays avancés.
- Observation : les réformes de gouvernance génèrent aussi des effets positifs sur l’emploi et la productivité du travail à moyen terme, agissant comme catalyseur de la croissance potentielle.

### Effets selon la nature des réformes de gouvernance
- Améliorer l’efficacité des pouvoirs publics : fort impact positif à court et moyen termes.
- Renforcer l’état de droit : peut accroître la production d’environ 6 percent au bout de cinq ans.
- Les réformes de grande portée produisent un impact plus important que des réformes ponctuelles ; intérêt d’une approche globale de la gouvernance.

### Réformes particulièrement utiles en période de faible croissance
- Comparaison entre scénario de faible croissance et scénario de référence :
  - Flexibiliser le marché intérieur du crédit en période de faible croissance : gain de croissance à moyen terme de 1,7 percent par rapport au scénario de référence au bout de cinq ans.
  - Améliorer la qualité de la réglementation en période de faible croissance : gain de croissance à moyen terme de 1,2 percent par rapport au scénario de référence au bout de cinq ans.
- Mécanismes : flexibilisation du marché du crédit entraîne de nouveaux gains d’investissement et de productivité du travail (respectivement 11 points de pourcentage et 4 points de pourcentage en sus de l’impact du scénario de référence au bout de cinq ans).
- Exemples historiques : Koweït et République islamique d’Iran ont assoupli leur marché du crédit au début des années 2000 ; en 2004–07, la croissance moyenne hors pétrole du Koweït et de la République islamique d’Iran a dépassé 10 percent et 6 percent, respectivement.

### Réformes dans un contexte de marge de manœuvre budgétaire limitée
- Réformes du marché du crédit et de la qualité de la réglementation ont un effet plus important lorsque la marge de manœuvre est limitée :
  - Assouplissement du marché du crédit en situation de faible marge de manœuvre : production augmente de 8 percent au bout de cinq ans, contre un peu moins de 3 percent dans le scénario de référence.
- Explication : ces réformes facilitent l’accès du secteur privé au crédit et peuvent stimuler l’ajustement du secteur privé ; l’amélioration de la qualité de la réglementation renforce la confiance et stimule l’investissement lorsque la croissance est atone ou la marge d’action limitée.

### Ordonnancement et articulation des réformes : recommandations stratégiques
- Prioriser les réformes dans les domaines où le pays présente des lacunes en comparaison internationale (notamment la gouvernance) pour maximiser les gains.
- Promouvoir un programme de « première génération » de réformes (gouvernance, qualité de la réglementation, secteur extérieur) pour accroître l’efficacité des réformes ultérieures.
- Articuler et enchaîner soigneusement les réformes : amélioration de la gouvernance accroît la confiance dans les institutions publiques et crée un environnement plus propice à l’activité des entreprises, renforçant l’impact d’autres réformes.

*Source : PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : Moyen-Orient et Asie centrale, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL • Octobre 2023 (section 2.2 et figures associées).*

### 1. Gouvernance

### 1. Gouvernance

### Effets empiriques des réformes structurelles
- Réformes du marché du crédit menées après des réformes de première génération : gain de production estimé avoisinant 2 % lorsque la réforme du marché du crédit est mise en œuvre après les réformes de première génération, comparé à 1,4 % obtenu dans le scénario de référence.
- Les réformes du marché du travail réalisées après des réformes de première génération ont également un effet positif, mais plus prononcé à court terme.
- Les réformes de la gouvernance ont un effet robuste et très positif sur la croissance économique et sur d’autres indicateurs macroéconomiques ; les mesures portant sur l’efficacité des pouvoirs publics et l’état de droit sont particulièrement importantes.
- Les réformes ciblant la qualité de la réglementation et le marché du crédit font augmenter la production en stimulant l’investissement.

### Synergies et ampleur d’un programme de réformes de première génération
- L’effet brut d’un programme de réformes est supérieur à la somme des effets de chacune des réformes exécutées isolément.
- Programme de réformes de première génération : augmentation de la production d’environ 3 % l’année de sa mise en œuvre, et de plus de 9 % au bout de cinq ans, soit plus de deux fois la somme des gains de production générés par ces mêmes mesures si elles avaient été menées indépendamment.
- Les décideurs peuvent amplifier les effets des réformes sur la production en les enchaînant et en les articulant de manière stratégique.
- Recommandation : améliorer simultanément la gouvernance, renforcer la qualité de la réglementation et réduire les obstacles dans le secteur extérieur pour maximiser les gains.

### Exemples nationaux illustrant les résultats
- Jordanie (début des années 2000) : la part du crédit au secteur privé est passée de 72 % en 2000 à 88 % en 2005.
- Maroc : ensemble de réformes (dont la libéralisation des échanges et la modification du cadre de politique monétaire) visant à obtenir de meilleurs résultats sociaux et économiques.
- Arabie saoudite (Vision 2030) :
  - Taux d’activité des femmes : 23 % en 2016, 28 % en 2022, objectif de 30 % fixé pour 2025.
  - Prêts bancaires aux petites et moyennes entreprises : multipliés par près de quatre, passant de 2 % à 7,7 % sur la même période.

### Considérations de mise en œuvre et politiques d’accompagnement
- Les réformes rencontrent souvent la résistance de parties prenantes défendant des intérêts catégoriels ; l’ampleur de la résistance dépend de la nature et de la portée des réformes.
- Approche recommandée :
  - Adopter une approche multidimensionnelle.
  - Assurer la détermination des autorités et la qualité de la communication pour susciter l’adhésion et la confiance.
  - Chercher à créer des coalitions et un consensus entre parties prenantes.
  - Assurer la transparence du processus de réforme et associer le grand public par des consultations et dispositifs participatifs.
  - Analyser les expériences réussies d’autres pays et comparer aux bonnes pratiques pour améliorer la conception et la mise en œuvre.
- Soutien externe : pour les pays confrontés à des contraintes de capacité et de marge budgétaire limitée, les organisations internationales et les pays donateurs peuvent fournir assistance technique et soutien financier.
- Protection des groupes vulnérables :
  - Tenir compte des effets des réformes sur la répartition et renforcer les dispositifs de protection sociale.
  - Exemple : coupler politiques actives du marché du travail (formation et reconversion) avec la libéralisation du secteur extérieur pour limiter les effets négatifs sur la répartition des revenus et faciliter le redéploiement de la main-d’œuvre.
- Autres mesures de soutien à la croissance et à la résilience :
  - Accroître la flexibilité du marché du travail lorsque la conjoncture est favorable, en équilibrant efficience et protection des travailleurs.
  - Participer aux échanges régionaux et internationaux pour accéder à des marchés plus vastes, nouvelles technologies et économies d’échelle.
  - Garantir l’accès de tous les segments de la société au financement pour stimuler l’investissement.
  - Investir dans des réformes axées sur l’égalité des genres (égalité d’accès à l’éducation et à la formation professionnelle, mesures favorisant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, congé parental, encouragement à l’entrepreneuriat et à la prise de postes de direction).

*Source: text - 1. Gouvernance (PDF).*

### 2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité

### 2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité

### Encadré 2.1 — Des réformes structurelles porteuses de transformations : exemples de la Géorgie, du Maroc et de l’Arabie saoudite
- Géorgie : la lutte contre la corruption comme clé du changement structurel
  - Après la Révolution des roses de 2003, politique de tolérance zéro vis-à-vis de la corruption; forte volonté politique et application stricte.
  - Réformes de grandes institutions publiques : appareil judiciaire, administration fiscale, douanes, distribution de l’électricité, enregistrement des droits fonciers et de propriété, enseignement supérieur.
  - Mesures : revalorisation des salaires du secteur public; recrutement de diplômés de l’enseignement supérieur ayant réussi les examens de qualification; mise en place homogène de tests normalisés à l’université.
  - Simplification administrative améliorant l’environnement des entreprises.
  - Réformes fiscales et douanières : nouveau code fiscal en 2005 (simplification, baisse des taux, élargissement de l’assiette en supprimant la plupart des avantages fiscaux); réforme douanière en 2006 éliminant 16 tranches de droits de douane et remplaçant par un taux nul couvrant 86 % des importations.
  - Résultat : en cinq ans, progression de la Géorgie vers les 30 premiers centiles des indicateurs relatifs à la corruption, à l’efficacité des pouvoirs publics et à la qualité de la réglementation.
  - Observations : retour sur une partie des réformes de gouvernance plus récemment, illustrant le rôle de la fermeté et de la constance de la volonté politique.

- Maroc : les succès des différents programmes de réformes et du Nouveau Modèle de développement
  - Objectifs du « Nouveau Modèle de développement » : stimuler l’investissement privé; augmenter l’accumulation de capital humain; accroître la participation des femmes à la vie économique; améliorer le système de protection sociale; renforcer la gouvernance des institutions publiques.
  - Réformes en cours : extension de la couverture de l’assurance maladie à l’ensemble des Marocains et refonte générale du régime; réforme du dispositif de protection sociale visant à mieux cibler les aides via réduction progressive des subventions et augmentation du nombre de bénéficiaires des transferts monétaires conditionnels à partir du nouveau registre social unique.
  - Éducation : réduire le taux de décrochage scolaire en primaire; améliorer l’acquisition de compétences des élèves de primaire; élargir l’accès aux activités extra scolaires.
  - Mesures pour le secteur privé : remaniement des entreprises publiques; nouvelle charte de l’investissement; création du Fonds Mohammed VI pour financer de grands projets d’infrastructure et apporter des fonds propres ou quasi-fonds propres aux entreprises; intensification de la concurrence.

- Arabie saoudite : le programme Vision 2030 en bonne voie
  - Transformation rapide depuis le lancement de Vision 2030 en 2016 malgré le ralentissement dû à la pandémie de COVID-19.
  - Progrès : diversification des secteurs extérieur et réel; augmentation du taux d’activité des femmes; généralisation du numérique.
  - Réformes réglementaires et législatives pour promouvoir l’entrepreneuriat, réduire le coût des activités économiques et rationaliser les droits pour les PME, stimulant l’investissement privé et la contribution du secteur non pétrolier.
  - Initiatives industrielles et climatiques : renforcement de la base industrielle non pétrolière; Initiative verte saoudienne; soutien à l’investissement, compétitivité et facilitation des échanges.
  - Indicateurs sociaux et numériques : progression depuis 2016 dans le classement de la Banque mondiale sur l’indice de capital humain; en 2022, le taux d’activité des femmes était déjà proche de l’objectif de 30 % défini dans Vision 2030; part des Saoudiens occupant un emploi très qualifié passée de 32 % en 2016 à 42 % en 2022 (objectif à moyen terme fixé à 40 % pour 2025).
  - Numérique et inclusion : opérations sans espèces représentant 62 % en 2022, contre 18 % en 2016; amélioration du score saoudien à l’indice de performance logistique de la Banque mondiale; progression dans les classements en matière d’efficacité des pouvoirs publics et d’administration en ligne.
  - Croissance : croissance hors pétrole ayant atteint 5,3 % en 2022; prévision de maintien supérieure à 4 % à moyen terme grâce à des politiques macroéconomiques saines et dynamique de réforme.

### 3 — Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : risques macrofinanciers
- Contexte et question centrale
  - Inflation sous-jacente en recul progressif mais demeurant supérieure aux cibles fixées par les banques centrales dans la région MOAC.
  - Question : un épisode prolongé de politique monétaire plus restrictive et des taux directeurs durablement élevés pourraient-ils tester la résilience des systèmes bancaires de la région MOAC et du système financier mondial ?
  - Attentes des marchés : maintien de taux directeurs élevés sur une période prolongée (Graphique 3.1, données au 21 septembre 2023).

- Principales sources de vulnérabilité identifiées
  - Expositions masquées : règles comptables et traitement réglementaire peuvent masquer temporairement expositions et pertes; concentration des portefeuilles bancaires sur certaines catégories d’actifs (par ex. obligations souveraines).
  - Dépendance aux financements extérieurs : forte vulnérabilité en cas de revirements soudains des dépôts des non-résidents et autres engagements extérieurs; exposition particulièrement pertinente pour certains pays du CCG (Bahreïn et Qatar) et CAC (Géorgie).
  - Variabilité des régimes d’assurance-dépôts : absence d’uniformité des systèmes formels d’assurance des dépôts accroît l’exposition aux retraits importants.
  - Poids des dépôts des administrations publiques : relatifs plus stables; leur poids conséquent peut atténuer le risque de retraits (exemples : Émirats arabes unis et Qatar); statut public de certaines grandes banques (Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Égypte) peut limiter les retraits.
  - Interdépendance banque-État : forte détention de dette souveraine par les banques (Algérie, Égypte, Pakistan) expose les banques aux risques de taux et aux problèmes de viabilité de la dette souveraine; possibilité d’effet d’éviction sur le crédit au secteur privé.
  - Réactions en chaîne : renchérissement des emprunts souverains pouvant limiter l’accès aux sources de financement internationales, poussant les banques nationales à augmenter leurs portefeuilles de titres publics avec conséquences défavorables pour leurs bilans.
  - Notations des entreprises et volants de sécurité bancaires : affaiblissement des notations financières des entreprises pourrait mettre à l’épreuve les abondants volants de sécurité bancaires.

- Situation actuelle des bilans bancaires et risques à la hausse
  - Rentabilité : redressement par rapport aux faibles niveaux de la pandémie; résultats des banques publiques demeurent très inférieurs à ceux d’avant la pandémie dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan, et dans une moindre mesure dans les pays du CCG.
  - Ratios de fonds propres : restent très au-dessus des seuils réglementaires dans la région MOAC.
  - Prêts improductifs : généralement maîtrisés, mais élevés pour les banques publiques des PE&PRI de la région MOAN et du Pakistan en raison d’une concentration accrue de prêts vers des entreprises publiques moins rentables.
  - Volants de liquidité : très confortables, renforcés par le renchérissement des prix du pétrole dans les pays exportateurs.
  - Risque futur : sociétés non financières sorties de la pandémie avec effet de levier accru et rentabilité diminuée; hausse potentielle des prêts improductifs si des taux durablement plus élevés nuisent à la capacité de service de la dette, entraînant des provisions supplémentaires pour créances douteuses et pesant sur l’offre de capitaux et de crédits bancaires.

- Politiques d’atténuation des risques baissiers (énoncées)
  - Renforcement des cadres macroprudentiels.
  - Maîtrise des vulnérabilités créées par l’interdépendance entre le système bancaire et les États.
  - Communication plus claire et plus rapide des autorités.
  - Mise en place d’instruments de liquidité d’urgence pour contrer les tensions financières systémiques.
  - Élaboration de régimes de résolution pour empêcher la multiplication des entreprises zombies.

*Source : FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, Octobre 2023 — Chapitre "2. Remonter la pente : appliquer des réformes pour favoriser la résilience et la prospérité" (extraits fournis).*

### 1. Passifs extérieurs du secteur bancaire

### 1. Passifs extérieurs du secteur bancaire

### Exposition et structure des bilans bancaires (éléments saillants)
- Part des passifs à l’égard des non-résidents : graphique par sous-région (CAC, CCG, PE&PRI MOAN et PAK, PE région MOANAP) présenté en pourcentage du total des passifs, médianes et dispersion (25e–75e centiles, min/max).  
- Exposition des banques à la dette souveraine et au crédit au secteur privé : créances sur le secteur public/total des actifs et créances sur le secteur privé/total des actifs, données en points et valeurs 2022 (présentation graphique avec points de pays ; certains pays exclus faute de données suffisantes).
- Rendement des actifs du secteur bancaire : indices médians avec indice 100 = moyenne 2015–19, séries temporelles 2015–19 moyenne et trimestres T1 2020 à T4 2022.
- Fonds propres de catégorie 1 et ratios de prêts improductifs : médianes, variation 2015–22 pour banques publiques (État actionnaire ≥ 50 %) et privées.

### Résultats des tests de résistance sur les entreprises (2023–24, scénarios défavorables)
- Définition d’entreprises « zombies » : ratio de couverture des intérêts (RCI) moyen sur deux ans < 2,5 et prêts « bonifiés » (selon Acharya et al., 2022).
- Part des entreprises zombies en 2022 : environ 12 percent.  
- Effet de levier médian fin 2022 : entreprises zombies 40 percent ; autres entreprises 20 percent.  
- Part de la dette des entreprises détenue par les entreprises zombies à fin 2022 : environ 12 percent.
- Scénario défavorable (taux et chocs sectoriels) : taux d’intérêt effectif relevé de 100 points de base par an, pour atteindre une moyenne de plus de 8 percent à fin 2024 (soit 2 points de pourcentage de plus qu’avant la pandémie).  
- Projection de rentabilité moyenne des entreprises en 2024 : environ 3 percent (contre 5 percent avant la pandémie).  
- Projection du ratio médian de couverture des intérêts : baisse de 3,5 à 1,5 d’ici fin 2024.  
- Part de la dette à risque de défaut de paiement : passage d’environ 12 percent du total de la dette en 2022 à presque 30 percent en 2024 (plus du double).  
- Secteurs les plus exposés : transport, biens d’équipement, alimentation et boissons (dans ce dernier, augmentation notable de la part médiane de la dette des entreprises zombies à fin 2024).

### Tests de résistance du secteur bancaire (quatre scénarios)
- Scénarios simulés :
  - Scénario 1 : choc de liquidité (sorties de dépôts entraînant moins-values sur titres détenus jusqu’à échéance) — scénario de référence pour vulnérabilité liquidité.
  - Scénario 2 : Scénario 1 + hausse des taux d’intérêt de 200 points de base.
  - Scénario 3 : Scénario d’entreprises (pertes de rentabilité) entraînant obligation de provisionnements supérieurs pour banques.
  - Scénario 4 : combinaison de taux relevés, crise du secteur des entreprises et choc de liquidité (scénario combiné).
- Hypothèses de choc de liquidité : retrait de 20 percent des dépôts de résidents et de 30 percent des dépôts étrangers et des financements de marché (simulation comparable aux PESF récents).
- Hypothèse de hausse de taux additionnelle : 200 points de base (durcissement supplémentaire possible).

### Résultats agrégés et disparités régionales
- Résilience globale : les systèmes bancaires restent globalement résilients face à scénarios de crise simples, mais vulnérabilités sectorielles et bancaires subsistent ; certaines banques subiraient des pertes en capital gérables, pouvant limiter l’activité de prêt et accroître les risques de baisse de la production.
- Résultats par région et type d’établissement :
  - Pays du CCG et PE&PRI MOAN et PAK : résilience dans scénarios simples mais mise à l’épreuve en cas de choc combiné.  
  - Région CAC : résilience dans les scénarios décrits (volants de trésorerie confortables, rentabilité en hausse), mais exposition plus élevée aux risques de change.  
  - Banques publiques vs privées : dans la plupart des scénarios, banques publiques plus vulnérables dans les PE&PRI MOAN et PAK et, dans une moindre mesure, dans le CCG (rentabilité plus faible, portefeuilles de titres plus étoffés → augmentation du risque de taux). Dans le scénario de crise du secteur des entreprises, les banques publiques sont un peu moins vulnérables en raison d’une part de prêts dans leurs actifs moins élevée.
- Facteurs explicatifs des pertes : concentration des pertes dans établissements à bilans peu liquides, rentabilité faible, faibles niveaux de provisionnement, endettement élevé, et pour les banques détenant de plus grosses parts de marché. Exposition accrue pour pays avec obligations souveraines à échéances plus lointaines.
- Pertes en capital (scénario combiné) — pertes médiannes citées : banques privées des PE&PRI MOAN et PAK 16,7 percent ; banques privées du CCG 11,8 percent ; chiffres environ deux fois supérieurs pour les banques publiques dans les mêmes groupes.
- Sous-capitalisation selon Bâle III : sous le scénario combiné, 18 percent des banques des PE&PRI de la région MOAN et du Pakistan seraient sous-capitalisées (comparaison des pertes aux fonds propres de catégorie 1, exigences Bâle III rappelées : 4,5 percent fonds propres de base + 1,5 percent fonds propres additionnels de catégorie 1 + volant de conservation 2,5 percent; la plupart des pays sélectionnés imposent un seuil minimal > 8,5 percent).

### Implications et constats de politique financière (issus de l’analyse)
- Une période prolongée de taux d’intérêt plus élevés pourrait peser sur les bilans des entreprises et limiter le dynamisme du crédit bancaire, malgré une résilience globale des systèmes bancaires dans des scénarios simples.
- Les pertes de capital, bien que gérables pour la plupart des banques, pourraient réduire l’activité de prêt et amplifier les risques de contraction de la production dans certains pays et segments.
- Importance des volants de trésorerie, des niveaux de provisioning et de la composition des portefeuilles de titres pour absorber des chocs de liquidité et de taux.
- Vulnérabilités spécifiques à surveiller : degré de dollarisation, positions de change non couvertes des emprunteurs, difficulté de financement des réserves de change, échéances longues des obligations souveraines locales.
- Les banques publiques, les banques plus grandes et celles avec bilans moins liquides, rentabilité plus faible et provisionnement insuffisant présentent des profils de vulnérabilité plus prononcés dans les scénarios combinés.

*Sources : Fitch Connect ; Haver Analytics ; calculs des services du FMI. PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : Moyen-Orient et Asie centrale, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL • Octobre 2023*

### 1. Banques devenant sous-capitalisées dans le scénario

### 1. Banques devenant sous-capitalisées dans le scénario

### Principales constatations sur la solvabilité bancaire
- La plage 1 présente la part, pondérée par le total des actifs, des banques qui deviennent sous-capitalisées dans les régions.
- Les exigences de Bâle III en matière de fonds propres font référence à une valeur minimale de 4,5 % de fonds propres ordinaires de catégorie 1, plus 1,5 % de fonds propres supplémentaires de catégorie 1, plus un volant de conservation de fonds propres de 2,5 %.
- En revanche, toutes les banques des pays du CCG et de la région CAC demeureraient au-dessus des exigences minimales dans le scénario étudié.
- La proportion de banques sous-capitalisées augmenterait légèrement dans le CCG et les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan si l’on se fonde sur les exigences minimales de fonds propres spécifiques aux pays.
- Les ratios de fonds propres de première catégorie diminueraient de 2,6 et 4,5 points de pourcentage, respectivement, pour les banques privées et les banques publiques des PE&PRI de la région MOAN et du Pakistan.
- Dans les pays du CCG, les banques publiques sont plus vulnérables que les banques privées, avec des ratios en baisse de 3,7 et 2,0 points, respectivement.
- Dans le scénario le plus défavorable pour le Caucase et l’Asie centrale examiné dans l’encadré 3.1, la baisse des ratios de fonds signifierait une diminution de 4,1 % du crédit réel, susceptible d’aboutir à un recul de 0,4 % de la production (note de bas de page).

### Impact attendu sur l’offre de crédit et la production
- Une baisse de 1 point de pourcentage des ratios de fonds propres est historiquement corrélée avec une contraction du crédit réel de 1,2 % au bout de huit trimestres.
- Sur la base du scénario combiné :
  - Le crédit réel pourrait se contracter de 4,3 % dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan sur une période de deux ans.
  - Le crédit réel pourrait se contracter de 3,2 % dans les pays du CCG sur une période de deux ans.
- D’après un modèle macroéconomique, la contraction du crédit qui accompagnerait le scénario combiné pourrait se traduire par des pertes de production comparables à celles observées pendant les crises du crédit passées dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan et dans les pays du CCG.
- La valeur médiane de la perte de production imputable à la diminution du crédit est estimée à environ 0,5 % dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan et dans les pays du CCG.
- Au 95e centile des pertes de production estimées à la suite de la contraction du crédit prévue dans le scénario combiné :
  - On pourrait observer une contraction de 1,5 % de la production dans les PE&PRI de la région MOAN et au Pakistan sur deux ans.
  - On pourrait observer une contraction de 0,9 % de la production dans les pays du CCG sur deux ans.
- Ces estimations doivent être considérées comme des bornes inférieures, car le test de résistance ne modélise pas explicitement les liens interbancaires et l’amplification via les institutions financières non bancaires.

### Dispositifs macroprudentiels : situation dans la région MOAC
- Presque tous les pays de la région disposent d’un instrument de portée générale prévoyant les volants de fonds propres (p. ex. volant de fonds propres contracyclique), mais la plupart ont maintenu le volant à zéro depuis sa création.
- La majorité des pays utilise un instrument axé sur les emprunteurs dans le secteur du logement (par ex. plafonnement du ratio service de la dette/revenu), mais les outils visant le risque dans le secteur des sociétés non financières sont moins répandus.
- Certains pays du CCG (comme l’Arabie saoudite) n’ont pas cherché à réduire les risques de liquidité en devises des banques.
- Certains pays de la région MOAN (Algérie, Liban, Maroc, Tunisie) n’ont guère pris de mesures pour diminuer les risques provenant des institutions financières d’importance systémique locale.
- Dans l’ensemble, la région MOAC a réalisé des avancées plus faibles qu’ailleurs dans le domaine macroprudentiel, et la panoplie d’outils déployés varie d’une sous-région à l’autre.

### Recommandations de politiques pour préserver la stabilité financière
- Renforcement des dispositifs macroprudentiels, atténuation des risques découlant des interconnexions banque-État, amélioration de la communication, création d’instruments de liquidités d’urgence, et mise en place de régimes de résolution pour enrayer l’augmentation des entreprises zombies.
- Mesures prioritaires pour la région :
  - Dans la région MOAN et au Pakistan : recours accru aux instruments macroprudentiels de portée générale (p. ex. volant de fonds propres contracyclique) pour éviter une contraction nette du crédit en période de fléchissement de l’activité.
  - Pays exposés à une forte part de dette d’entreprise à risque ou à de nombreuses entreprises zombies (Émirats arabes unis, Jordanie, Koweït) : envisager des instruments axés sur les emprunteurs, tels que le plafonnement du ratio service de la dette/revenu et le ratio prêt/valeur.
  - Réduction des risques liés à la concentration ou à l’interdépendance : relever les exigences de fonds propres applicables aux grands établissements bancaires d’importance systémique locale (comme pratiqué dans la plupart des pays du CCG).
  - Pays du CCG : se prémunir contre des tensions soudaines sur la liquidité, en particulier en devises ; envisager d’intégrer le degré de concentration des dépôts des non-résidents dans les ratios de liquidité à court et à long terme ; renforcer les mesures macroprudentielles relatives aux devises, comme les réserves obligatoires.
  - Pays de la région CAC : poursuivre les mesures macroprudentielles pour accroître la résilience durant le cycle de crédit, encourager la dédollarisation de l’économie afin de réduire les asymétries de devises et améliorer la gestion des risques dans les entreprises et les banques.
  - Surveillance des interrelations entre le secteur bancaire et les institutions financières non bancaires, en particulier si des signes de migration des risques vers ces entités apparaissent.
- Réponse aux vulnérabilités banque-État adaptée au contexte national :
  - À court terme : dans les pays où les systèmes bancaires sont exposés à un risque élevé de taux d’intérêt (comme la Jordanie), préserver les fonds propres des banques pour qu’elles puissent absorber les pertes éventuelles.
  - Mettre en œuvre des tests de résistance prenant en compte les différents types de liens entre banques et États afin de mieux connaître la nature et la gravité des risques.

*Source : PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : Moyen-Orient et Asie centrale, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, Octobre 2023.*

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?

### 3. Une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable : quels sont les risques macrofinanciers ?

### Risques macrofinanciers et défis pour les autorités
- Un accroissement des risques d’instabilité financière résulterait de la persistance d’une inflation sous-jacente et d’une hausse des taux d’intérêt plus forte et plus durable qu’anticipé, complexifiant la tâche des banques centrales.
- La communication claire des banques centrales sur leurs objectifs et fonctions est indispensable pour réduire l’incertitude évitable.
- Les autorités doivent agir rapidement pour prévenir l’apparition d’événements systémiques susceptibles de saper la confiance des marchés dans la résilience des systèmes financiers.
- Les interventions des banques centrales doivent viser à résoudre des problèmes de liquidité et non de solvabilité; les problèmes de solvabilité relèvent des autorités budgétaires (ou de résolution) compétentes.
- Le marché doit continuer à supporter une part importante du risque afin de limiter l’aléa moral; chaque intervention devrait être assortie d’une date d’échéance précise.

### Recommandations de politique à court et moyen terme
- À court terme :
  - Lorsque les risques sont élevés, la restriction de la distribution des bénéfices pourrait constituer la première ligne de défense.
  - Les banques centrales devraient intervenir avec parcimonie pour éviter des mesures contraires à l’orientation de la politique monétaire, en particulier dans un cycle de resserrement monétaire.
  - Le prix des liquidités fournies à titre de soutien doit être suffisamment élevé pour décourager toute demande opportuniste.
  - Les outils de soutien à la liquidité et de gestion de crise doivent respecter les règles bancaires islamiques dans la région (FMI, 2019).
- À moyen terme :
  - Dans les pays disposant d’une faible marge de manœuvre budgétaire et confrontés à des contraintes de l’emprunt, des politiques macroéconomiques qui améliorent la viabilité de la dette contribueraient à maîtriser les besoins de financement public et à éviter une détérioration des interconnexions entre le système bancaire et les États.
  - Dans les pays où les avoirs des banques en obligations souveraines excèdent certaines limites de concentration (tels que l’Égypte et le Pakistan), les autorités devraient chercher des moyens de réduire progressivement les interconnexions entre le système bancaire et l’État, après s’être assurées que des politiques macroéconomiques adéquates sont en place.
  - Imposition possible d’exigences de fonds propres supplémentaires aux banques dont les avoirs en obligations souveraines dépassent certains seuils — mesure à mettre en œuvre graduellement.
  - Favoriser l’essor et la diversification de la base d’investisseurs afin de diminuer l’interdépendance entre les banques et l’État et d’accroître la résilience du marché, en particulier dans les pays où les entités publiques dominent le marché (Égypte, Tunisie, mais aussi, plus généralement, région MOAN et Pakistan).
  - Constitution de volants de sécurité par les banques publiques, définition de mandats clairs et précis, et adaptation des outils prudentiels (comme les tests de résistance) aux différents profils de risque des banques.

### Cadres opérationnels et préparation aux crises
- Dans les pays où les banques centrales ne sont pas expressément habilitées à fournir des liquidités d’urgence (Algérie, Maroc, Oman), les pouvoirs publics devraient accorder la priorité à la définition d’un cadre clair énonçant les actions possibles en cas de tensions sur la liquidité dans le système bancaire.
- Dans les pays où la législation applicable aux banques centrales autorise la fourniture de liquidités d’urgence, mais ne prévoit pas de façon précise les orientations pratiques et les exigences opérationnelles (Égypte et Jordanie dans la région MOAN; Géorgie et Tadjikistan dans la région CAC), il serait utile de :
  - donner des instructions spécifiques aux banques;
  - disposer de lignes directrices internes pour faciliter la constitution de capacités supplémentaires sur l’utilisation des dispositifs de liquidité d’urgence, en particulier en devises.
- En cas de difficultés financières systémiques, des mesures de gestion de crise, comme le soutien de liquidité d’urgence, pourraient s’avérer nécessaires.
- Les interventions doivent comporter une date d’échéance précise pour permettre aux forces du marché de reprendre la main une fois les tensions estompées.

### Encadré 3.1 — Test de résistance du secteur bancaire pour la région Caucase et Asie centrale (résumé)
- Hypothèses du test de résistance :
  - Les entrées de capitaux depuis la Russie reviennent à leurs niveaux habituels, et la rentabilité à sa moyenne avant la pandémie, sur fond de normalisation des gains nets sur opérations de conversion de devises.
  - Un choc extérieur défavorable provoque une hausse de 150 % de la prime de risque souverain.
  - Le taux de change se déprécie de 30 %, ce qui met en difficulté les entreprises et les ménages emprunteurs non couverts.
- Principaux résultats :
  - Les pertes des banques de la région CAC sont comprises entre 4 % et 7 % des fonds propres réglementaires dans un scénario de tensions sur la liquidité, en raison de leur forte rentabilité et de leurs amples réserves de liquidité.
  - En cas d’importante dépréciation et compte tenu du niveau élevé d’expositions de change non couvertes, les pertes atteindraient 7,3 % des fonds propres réglementaires (graphique 3.1.1, plage 1).
  - La conjonction de tensions sur la liquidité et de difficultés pour les entreprises pourrait faire grimper les pertes jusqu’à 15,3 % des fonds propres réglementaires.
  - Dans ce cas combiné, seulement 1,8 % des banques (chiffre pondéré en fonction des actifs) seraient alors sous-capitalisées.
  - Les ratios de fonds propres reculeraient de 2,6 points de pourcentage au total, passant de 17,4 % à 14,8 % (graphique 3.1.1, plage 2).
  - Dans le scénario de tensions pour les entreprises, le ratio de fonds propres de catégorie 1 diminuerait de 1,2 point de pourcentage.
  - En l’absence de dépréciation, la baisse du ratio de fonds propres serait négligeable, car les banques disposeraient de réserves suffisantes pour couvrir leurs besoins de provisionnement supplémentaires, même si leur rentabilité devait redescendre à son niveau moyen d’avant la pandémie (lequel est inférieur de 44 % au taux actuel).
- Conclusion du test :
  - Les banques de la région CAC feraient preuve de résilience face à des chocs de faible ampleur, mais seraient particulièrement vulnérables en cas de choc défavorable entraînant une hausse subite des primes de risque souverain et une forte dépréciation monétaire.
- Remarques méthodologiques :
  - La liquidité en devises n’est pas comprise dans le périmètre du test de résistance en raison de limites de données au niveau des banques sur les actifs liquides, ce qui empêche de déterminer si les banques disposent de liquidités en devises suffisantes, en particulier en dollar.
  - L’étude porte sur la Géorgie et le Kazakhstan en raison du manque de données bancaires récentes sur les autres pays.

*Fonds Monétaire International, Octobre 2023*

### 2. Ratios de fonds propres selon les scénarios

### 2. Ratios de fonds propres selon les scénarios

### Perte estimée et ratio CET1 (Fonds propres de catégorie 1/APR)
- Échelle affichée : 0,20 ; 0,16 ; 0,12.
- Plage 1 : présente les pertes estimées (supérieures aux revenus nets de la banque) dans les cinq scénarios analysés. Les pertes sont exprimées en proportion des fonds propres réglementaires de catégorie 1.
- Scénarios considérés (libellés tels que présentés) :
  - Scénario de référence
  - Entreprises (sans dépréciation)
  - Liquidités
  - Liquidité +
  - 200 pb
  - Entreprises
  - Liquidités +
  - Entreprises +
  - 200 pb
- Hypothèses de scénarios mentionnées :
  - Dans le scénario Entreprises (sans dépréciation), on fait l’hypothèse que le choc de croissance ne touche que les entreprises.
  - Dans le scénario Entreprises, on suppose également que les expositions non couvertes au risque de change détenues par les emprunteurs entraînent une nouvelle augmentation des prêts improductifs.
- Plage 2 : indique les ratios de fonds propres de catégorie 1 des banques de la région CAC dans le scénario de référence et dans les différents scénarios contrefactuels.
- Pays étudiés explicitement : la Géorgie et le Kazakhstan.
- Abréviations exactes : APR = actifs pondérés des risques ; CAC = Caucase et Asie centrale ; pb = points de base.
- Sources citées : Fitch Connect ; FMI, base de données des indicateurs de solidité financière ; calculs des services du FMI.

### Principaux indicateurs économiques régionaux (sélection tirée du même document)
- Région MOAC : principaux indicateurs économiques, 2000–24 (en pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
  - Moyenne 2000–19 : 1,2
  - PIB réel (variation en pourcentage, sur un an) : 4,5–2,6 4,3 5,6 2,0 3,4
  - dont croissance non pétrolière : 5,2–2,2 4,6 4,7 2,9 3,4
  - Solde des transactions courantes : 5,7–3,4 3,3 8,6 4 ,1 3,6
  - Solde budgétaire global1, 2 : –7,9–2,6 1,8 –1,1 –1,8
  - Inflation (variation en pourcentage, sur un an) : 7, 3 10,4 12,8 14,0 18,0 15, 2
- Région CAC : principaux indicateurs économiques, 2000–24 (en pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
  - CAC — PIB réel (variation en pourcentage, sur un an) : 6,7–2,0 5,7 4,8 4,6 4,2
  - CAC — Solde des transactions courantes : 0,0–3,9 0,6 6,0 0,4 0,6
  - CAC — Solde budgétaire global : 2,0–5,4 –3,0 0,5 –1,3 –1,4
  - CAC — Inflation (variation en pourcentage, sur un an) : 8,9 7, 3 9, 6 13,0 11,0 8,3
  - Pays exportateurs de gaz et de pétrole de la région CAC : Azerbaïdjan, Kazakhstan et Turkménistan.
  - Pays émergents et pays à revenu intermédiaire de la région CAC : Arménie et Géorgie.
  - Pays en développement à faible revenu de la région CAC : Ouzbékistan, République kirghize et Tadjikistan.
- Région MOAN : principaux indicateurs économiques, 2000–24 (extraits)
  - MOAN — PIB réel (variation en pourcentage, sur un an) : 4,2–3,0 4,0 5,6 2,0 3,4
  - MOAN — Inflation (variation en pourcentage, sur un an) : 7, 2 10,8 14,0 14,4 17, 5 15,0
  - MOANAP (MOAN, Afghanistan et Pakistan) — PIB réel (variation en pourcentage, sur un an) : 4,3–2,7 4,1 5,7 1,7 3,3
  - Conseil de coopération du Golfe — Solde des transactions courantes : 12,8–1,1 8,9 16,0 9,6 8,8

### Observations méthodologiques et notes de couverture
- Les données et projections proviennent des autorités nationales ; calculs et projections des services du FMI.
- Notes spécifiques de couverture temporelle et d’exclusion :
  - Les données relatives à la période 2011–24 excluent la République arabe syrienne.
  - Les données sur l’inflation, la croissance du PIB réel et le solde budgétaire global pour la période 2022–24, ainsi que sur le solde des transactions courantes pour la période 2021–24 excluent l’Afghanistan.
- Notes sur exercices budgétaires : Afghanistan (21 mars/20 mars jusqu’en 2011 et 21 décembre/20 décembre par la suite), République islamique d’Iran (21 mars/20 mars), et Égypte et Pakistan (juillet/juin).
- Définition des groupes régionaux et composition : listes de pays par groupe telles que fournies dans le texte (PEP MOAC, PE&PRI MOAC, PDFR MOAC ; MOAN et sous-groupes ; Conseil de coopération du Golfe, etc.).

*Source : text - 2. Ratios de fonds propres selon les scénarios (PDF), PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : Moyen-Orient et Asie centrale, FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL • Octobre 2023.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2023/october/french/text.pdf_
