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### Contexte régional et message principal
- Le conflit à Gaza et en Israël constitue un nouveau choc pour les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MOAN) et accentue les vulnérabilités économiques et sociales.
- Principaux facteurs pesant sur la croissance régionale :
  - i) les conséquences du conflit;
  - ii) la réduction de la production de pétrole (malgré un dynamisme du secteur non pétrolier dans plusieurs pays exportateurs de pétrole);
  - iii) le maintien nécessaire d’une orientation restrictive de l’action publique dans différents pays.
- Projections de croissance MOAN :
  - 2,9 percent en 2024 (après une révision à la baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport à l’édition d’octobre 2023).
  - 2,0 percent en 2023.

### Contexte mondial influençant la région
- Croissance mondiale :
  - 3,1 percent en 2024 (stable par rapport à 2023);
  - 3,2 percent en 2025.
  - Révision : hausse de 0,2 point de pourcentage depuis l’édition d’octobre 2023.
- Inflation mondiale :
  - 5,5 percent en 2024;
  - 4,4 percent en 2025;
  - Révisions à la baisse : 0,3 point de pourcentage (2024) et 0,2 point de pourcentage (2025).
- Hypothèses sous-jacentes : recul des taux d’intérêt dans les principales économies et recul des prix des produits de base en 2024 et 2025.
- Prix du pétrole : diminution de 2,3 percent en 2024 pour s’établir autour de 79 dollars le baril.
- Prix des produits de base hors combustibles : décroissance prévue de 0,9 percent en moyenne.

### Impacts directs du conflit dans la région MOAN
- Gaza (100 premiers jours du conflit) :
  - Plus de 24 000 personnes ont perdu la vie, dont plus de deux tiers étaient des femmes et des enfants.
  - Près de 1,9 millions de personnes (soit près de 85 percent de la population) ont été déplacées dans Gaza.
  - Taux de pauvreté avant le conflit : dépassait déjà 50 percent.
- Cisjordanie : durcissement des restrictions à la circulation des personnes, des biens et des capitaux; détérioration de la sécurité et de l’environnement économique.
- Tourisme :
  - Dégradation marquée des taux d’occupation dans l’hôtellerie après le déclenchement du conflit au Liban et en Jordanie par rapport à la même période l’année précédente.
  - Avant la pandémie, le tourisme représentait entre 2 percent et 20 percent du PIB et entre 5 percent et 50 percent des exportations de biens et de services selon les pays.
- Mer Rouge et chaînes d’approvisionnement :
  - Premier semestre 2023 : échanges transitant par le canal de Suez représentaient 12 percent des échanges mondiaux; 30 percent du trafic de conteneurs; entre 10 percent et 15 percent du fret maritime; 8 percent du gaz naturel liquéfié transporté par voie maritime.
  - Au 21 janvier 2024 : volume de fret cumulé sur 10 jours passant par le canal de Suez en baisse de près de 50 percent par rapport à l’année précédente.
  - Prix du fret Europe/Méditerranée–Chine : hausse de plus de 400 percent depuis mi-novembre.
  - Certaines grandes compagnies maritimes ont réorienté leur flotte vers d’autres routes de navigation.
- Marchés énergétiques et financiers :
  - Hausse de courte durée des prix du pétrole au début du conflit, puis retour en dessous des niveaux antérieurs au conflit.
  - Réaction limitée des prix du pétrole aux nouvelles réductions volontaires de la production annoncées par l’OPEP+ fin 2023.
  - Élargissement initial puis resserrement ultérieur des écarts de rendement sur la dette souveraine; sorties nettes de fonds en obligations et en actions revenues à leurs niveaux antérieurs au conflit après une accélération initiale des sorties.

### Inflation, politique monétaire et conditions financières régionales
- Désinflation en cours dans la plupart des pays de la région MOAN, en ligne avec la tendance mondiale, particulièrement là où la politique monétaire demeure restrictive.
- Estimations des taux directeurs naturels suggèrent une orientation monétaire restrictive dans de nombreux pays de la région MOAN en 2023.
- Inflation mensuelle en recul régulier; inflation hors alimentation et énergie s’est rapprochée de ses moyennes historiques antérieures à la pandémie dans quelques pays exportateurs de pétrole.
- Cas particuliers d’inflation tenace :
  - Égypte : facteurs liés à des pénuries de devises.
  - Soudan : financement monétaire et pressions sur les coûts.
  - Liban : inflation reste élevée mais pressions modérées depuis mi-2023 en raison de la fin du financement monétaire, de l’équilibre budgétaire et d’un taux de change stable.

### Performance des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG)
- Croissance hors pétrole reste vigoureuse grâce aux réformes structurelles, à la diversification, à la demande intérieure et aux entrées de capitaux.
- Excédent courant : resté confortable en 2023 malgré un léger repli des prix du pétrole, le ralentissement du commerce international et la hausse des importations.
- Solde budgétaire : bonne tenue en 2023, soutenu par le niveau élevé des prix du pétrole et par des réformes budgétaires (modération des dépenses et efforts pour augmenter les recettes non pétrolières).

### Scénario de projection et risques
- Scénario de référence (hypothèse : atténuation du conflit après le premier trimestre de 2024) :
  - Croissance régionale prévue : 2,9 percent en 2024 (contre 2,0 percent en 2023).
  - Révision à la baisse par rapport à octobre 2023 : 0,5 point de pourcentage.
  - Croissance attendue : redressement à 4,2 percent en 2025.
- Principales raisons de la révision à la baisse 2024 :
  - Répercussions du conflit pour les pays très exposés;
  - Adoption de nouvelles réductions volontaires de la production de pétrole;
  - Orientation restrictive de l’action publique dans plusieurs pays.
- Risques à la baisse accrus : escalade ou propagation du conflit hors de Gaza et d’Israël; intensification des perturbations dans la mer Rouge affectant échanges commerciaux et tourisme.

### Recommandations de politique publique et priorités
- Réponse dépendant de l’exposition, des vulnérabilités préexistantes et de l’espace budgétaire disponible de chaque pays.
- Pour les pays gravement touchés ou exposés à des risques élevés :
  - Application de mesures de gestion de crise et de politiques préventives.
- Pour les autres pays :
  - Poursuivre la consolidation des marges de manœuvre.
- Règles générales :
  - La politique monétaire doit rester axée sur la stabilité des prix.
  - La politique budgétaire doit être définie en fonction des besoins et de l’espace budgétaire disponible.
  - Mise en œuvre de réformes structurelles capitale pour stimuler la croissance et accroître la résilience à court et à long terme.

### Solde courant et effets agrégés de la réduction de la production pétrolière
- Solde courant agrégé MOAN 2024 : excédent de 3,9 % du PIB de la région MOAN, attendu en diminution d’environ 25 milliards de dollars (soit 0,7 point de pourcentage du PIB régional) par rapport aux projections d’octobre 2023.
- Nouvelles réductions volontaires de la production de pétrole freinent la croissance des pays exportateurs de pétrole.

### Épicentre du conflit : Cisjordanie et Gaza
- Croissance du PIB réel 2023 en Cisjordanie et à Gaza : estimée à environ –6 %.
  - Révision à la baisse : 9 points de pourcentage par rapport aux projections d’octobre 2023.
  - Causes : effondrement presque total de l’activité à Gaza; forte contraction en Cisjordanie liée aux restrictions de déplacement et à la détérioration de la sécurité.
- Inflation : aurait dépassé 15 % en glissement annuel à la fin décembre 2023.
- Déficit courant resté considérable.
- Viabilité financière de l’Autorité palestinienne compromise en raison de l’affaissement de l’activité économique, du non-transfert intégral des recettes « douanières » et du refus de fonds partiels par l’Autorité palestinienne.
- Secteur financier : reste solide mais risques accrus (exposition à la situation financière de l’Autorité palestinienne; destructions à Gaza; repli attendu de l’activité).
- Projection 2024 : croissance devrait revenir en territoire positif et inflation refluer graduellement sous l’hypothèse d’une atténuation progressive du conflit.

### Pays limitrophes de la zone de conflit
- Égypte :
  - Tourisme jusqu’à présent moins durement touché que Jordanie et Liban, mais données à haute fréquence suggèrent une possible dégradation.
  - Plusieurs compagnies maritimes évitent désormais la mer Rouge, pouvant affaiblir les flux de devises; recettes du canal de Suez source majeure de devises.
  - Croissance du PIB réel attendue : 3,0 % en 2024 (contre 3,8 % en 2023); révision à la baisse de 0,6 point de pourcentage par rapport à octobre 2023.
- Jordanie :
  - Croissance modérée; impact du conflit réduit les arrivées de touristes et les dépenses des ménages.
  - Croissance attendue : environ 2,6 % en 2023 et 2,6 % en 2024 (projections antérieures plus proches de 3 % en 2024).
  - Déficit courant attendu : 6,3 % du PIB.
- Liban :
  - Conflit aggrave des difficultés complexes; tourisme faible; production agricole du sud affectée.
  - Croissance du PIB réel : légèrement ralentie en 2023, rebond léger en 2024; creusement du déficit courant.

### Pays en situation fragile et PFR
- PE&PRI : déficits élevés; tensions sur taux de change et d’intérêt; accès limité au financement extérieur.
- Tunisie : besoins de financement budgétaire restent considérables en l’absence de progrès significatifs dans les réformes.
- Maroc : croissance accélérée en 2023 ≈ 3 %; inflation en reflux progressif; dynamique prévue durable en 2024 si saison agricole normale.
- PFR :
  - Croissance 2024 peu encourageante; manque de devises, inflation élevée et atonie de la production agricole freinent certains pays (Soudan, Yémen).
  - Soudan : conflit aggravant crise humanitaire; activité économique cessée dans de vastes parties; croissance toujours négative en moyenne en 2024 après forte contraction en 2023.
  - Djibouti : reprise tributaire du commerce avec l’Éthiopie; exposition aux attaques dans la mer Rouge.
  - Mauritanie : perspectives favorables portées par une production d’or supérieure aux projections.
- Projections pour le Soudan reposent sur l’hypothèse d’une fin de la guerre au milieu de 2024 et de la reprise du dialogue avec la communauté internationale.

### Pays exportateurs de pétrole et production
- Croissance hors pétrole demeure vigoureuse dans la plupart des pays exportateurs de pétrole.
- Adoption de nouvelles réductions volontaires de la production de pétrole freine la croissance générale.
- Croissance globale du CCG : 0,5 % en 2023 (soit 1 point de pourcentage de moins que dans l’édition 2023), rebondant à 2,7 % en 2024.
- Arabie saoudite : croissance revue à la baisse à –1,1 % en 2023 et à 2,7 % en 2024 (pays représentant environ 55 % des dernières réductions volontaires décidées par l’OPEP+).
- Croissance revue à la hausse pour certains exportateurs non membres du CCG (République islamique d’Iran et Libye) en raison d’une production plus élevée qu’anticipé.

### Inflation et perspectives spécifiques
- Inflation région MOAN : descente à 14,4 % en 2024 (soit 0,6 point de pourcentage de moins que la projection d’octobre 2023).
- Pays exportateurs de pétrole (moyenne) :
  - inflation globale moyenne prévue : 8,7 % en 2024; 7,9 % en 2025.
  - inflation attendue en deçà de 3 % dans les pays du CCG.
  - tensions persistantes sur les prix dans certains non-CCG (Algérie, République islamique d’Iran).
- Inflation élevée en 2024 :
  - PE&PRI : 25,6 %;
  - PFR : 69,9 % (notamment Égypte, Soudan, Yémen).
- Insécurité alimentaire répandue dans plusieurs PFR (Djibouti, Mauritanie, Somalie, Soudan et Yémen).

### Besoins bruts de financement public
- Besoins bruts de financement public pour 2024 : 186 milliards de dollars (contre 156 milliards en 2023).
  - Équivalent d’une hausse d’environ 6 points de pourcentage des recettes budgétaires par rapport aux projections d’octobre 2023, essentiellement imputable à l’évolution de la situation en Égypte et en Tunisie.
- Ces besoins devraient principalement être couverts par les banques locales, risquant de resserrer les liens entre État et banques locales.
- Les financements extérieurs représenteraient une part minime; pays très endettés font face à des difficultés d’accès aux marchés.
- Augmentation des recettes a contribué à réduire les déficits primaires dans les PE&PRI et les PFR; programmes de rationalisation des dépenses ont pâti de problèmes de mise en œuvre.
- Niveaux d’endettement restent élevés et devraient diminuer modérément au cours des deux prochaines années.

### Risques baissiers et scénarios d’escalade
- Incertitude et risques baissiers accrus depuis octobre, y compris possibilité d’extension du conflit.
- Canaux de transmission : tourisme, IDE, marchés énergétiques et financiers.
- Scénarios envisagés :
  - Dégradation des marchés financiers : hausse du coût des emprunts souverains; détérioration des primes de risque; sorties nettes de portefeuille; recours accru au financement local.
  - Fragilisation du transport maritime et du commerce régional : compagnies maritimes évitent certains axes; augmentation des coûts d’assurance; exposition particulière de l’Égypte (recettes annuelles du canal de Suez ≈ 2,2 % du PIB en balance des paiements et 1,2 % du PIB en recettes budgétaires liées aux droits associés au canal de Suez, exercice budgétaire 2022/23).
  - Hausse des prix du pétrole : région MOAN produit environ 35 % des exportations de pétrole et 14 % des exportations de gaz dans le monde; une hausse importante et durable des coûts de l’énergie provoquerait un choc d’offre négatif mondial.
    - Atténuation possible si producteurs régionaux mobilisent capacités excédentaires (représentant près de 85 % des capacités excédentaires dans le monde) ou si d’autres pays utilisent réserves stratégiques.
    - Hausse des prix favoriserait la croissance des pays exportateurs de pétrole.
  - Intensification des tensions politiques et sociales : aggravation du chômage élevé; pression sur la production et sur les soldes budgétaires; report des réformes structurelles.
  - Grands mouvements de réfugiés : répercussions régionales et au-delà; augmentation des coûts budgétaires à court terme dans pays hôtes; tensions sociales possibles.
- Scénarios extrêmes (peu probables) : durcissement des sanctions contre la République islamique d’Iran; blocus de routes de navigation (ex. détroit d’Ormuz); attaques sur grandes infrastructures pétrolières et gazières.
  - Ces événements pourraient faire s’envoler les prix du pétrole et du gaz; recours aux capacités de réserve et aux stocks stratégiques pourrait atténuer les conséquences.

### Riposte des pouvoirs publics : orientation selon exposition et vulnérabilités
- Principes généraux :
  - Laisser le taux de change jouer son rôle stabilisateur lorsque pertinent.
  - Politique monétaire axée sur la stabilité des prix, conformément au mandat des banques centrales.
  - En cas de difficultés financières systémiques, mesures de gestion de crise possibles (fourniture de liquidités d’urgence par la banque centrale).
- Mesures selon situation :
  - Pays subissant de graves répercussions ou risques élevés : prioriser la flexibilité du taux de change, stabilité monétaire et gestion de crise.
  - Pays avec espace budgétaire limité et dette élevée : rationalisation des dépenses et mobilisation des recettes.

### Orientations générales de politique économique et réformes
- Politique budgétaire :
  - Définie selon besoins et espace budgétaire disponible; préserver la viabilité de la dette.
  - Si espace insuffisant et dette élevée : rationalisation des dépenses et assainissement budgétaire reposant sur mobilisation des recettes.
  - Dispositifs de protection sociale et dépenses doivent être correctement ciblés pour bénéficier aux plus vulnérables.
- Politique monétaire :
  - Rester axée sur la stabilité des prix.
  - Régimes de change flexibles : rester restrictifs si tensions inflationnistes persistent; assouplissement possible si inflation reflue plus rapidement qu’anticipé.
  - Régimes de change fixes : se conformer au cadre de politique monétaire.
- Politique financière et macroprudentielle :
  - Mesures macroprudentielles préventives et réformes à moyen terme importantes pour la stabilité financière.
  - Approfondissement du secteur financier pour améliorer liquidité, investissement et croissance.
  - Renforcement de la gestion des banques publiques et diversification de la base d’investisseurs.
- Réformes structurelles :
  - Nécessaires pour rehausser la croissance à long terme et favoriser l’activité à court terme.
  - Amélioration de la gouvernance et solidité des institutions pour attirer investissement privé.

### Coordination internationale et climat
- COP28 : accord majeur appelant à une transition vers l’abandon des combustibles fossiles de manière juste, ordonnée et équitable.
- Contributions annoncées au fonds pour les pertes et préjudices : totalisant 792 millions de dollars.
- Engagements de mitigation : doubler l’efficacité énergétique et tripler la capacité renouvelable.
- Progrès financement climatique : 3,5 milliards de dollars apportés au Fonds vert pour le climat; 30 milliards de dollars versés par les Émirats arabes unis (en partenariat avec BlackRock, TGP et Brookfield) à un fonds d’investissement vert.

### Appui du FMI à la région MOAN
- FMI prêt à fournir conseils de politique économique, assistance technique et financements pour amortir les chocs et faciliter ajustements.
- Financements octroyés par le FMI à la région MOAN entre début 2020 et mi-janvier 2024 : plus de 27 milliards de dollars.
- Opérations et montants cités :
  - Jordanie : nouvel accord quadriennal au titre du mécanisme élargi de crédit en janvier 2024 permettant de débloquer 1,2 milliard de dollars.
  - Somalie : allégement de dette de 4,5 milliards de dollars en décembre 2023 et nouvel accord au titre de la facilité élargie de crédit approuvé.
  - Autres dispositifs approuvés pour Maroc et Mauritanie (lignes et facilités mentionnées).
- Renforcement de la présence sur le terrain : réouverture du Centre d’assistance technique au Moyen-Orient et inauguration d’un nouveau bureau régional à Riyad (Arabie saoudite).

### Principaux chiffres et indicateurs régionaux (sélection)
- Croissance MOAN : 2,9 percent en 2024; 2,0 percent en 2023; 4,2 percent en 2025.
- Révision : baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport à octobre 2023.
- Croissance mondiale : 3,1 percent en 2024; 3,1 percent en 2023; 3,2 percent en 2025.
- Inflation mondiale : 5,5 percent en 2024; 4,4 percent en 2025; révisions à la baisse de 0,3 point de pourcentage (2024) et de 0,2 point de pourcentage (2025).
- Prix du pétrole : diminution de 2,3 percent en 2024; autour de 79 dollars le baril.
- Gaza (100 premiers jours) : plus de 24 000 personnes tuées; près de 1,9 millions de personnes déplacées (soit près de 85 percent de la population).
- Canal de Suez (premier semestre 2023) : 12 percent des échanges mondiaux; 30 percent du trafic de conteneurs; entre 10 percent et 15 percent du fret maritime; 8 percent du gaz naturel liquéfié transporté par voie maritime.
- Au 21 janvier 2024 : volume de fret cumulé sur 10 jours passant par le canal de Suez en baisse de près de 50 percent par rapport à l’année précédente.
- Prix du fret Europe/Méditerranée–Chine : hausse de plus de 400 percent depuis mi-novembre.
- Besoins bruts de financement public 2024 : 186 milliards de dollars (contre 156 milliards en 2023).

*Source — IMF | Département Moyen-Orient et Asie centrale, text*

### Section 1

### text - Section 1

### Contexte régional et message principal
- Le conflit à Gaza et en Israël constitue un nouveau choc pour les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MOAN) et accentue les vulnérabilités économiques et sociales.
- Les principaux facteurs pesant sur la croissance dans la région sont : i) les conséquences du conflit ; ii) la réduction de la production de pétrole (malgré un dynamisme du secteur non pétrolier dans plusieurs pays exportateurs de pétrole) ; iii) le maintien nécessaire d’une orientation restrictive de l’action publique dans différents pays.
- Les projections de croissance de la région MOAN en 2024 s’élèvent désormais à 2,9 percent, après une révision à la baisse de 0,5 point de pourcentage (par rapport à l’édition d’octobre 2023 des Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale). Le taux de croissance était de 2,0 percent en 2023.

### Contexte mondial qui influence la région
- Croissance mondiale projetée : 3,1 percent en 2024 (stable par rapport à 2023) et 3,2 percent en 2025.
- Ces projections ont été revues à la hausse de 0,2 point de pourcentage depuis l’édition d’octobre 2023 des Perspectives de l’économie mondiale.
- Inflation mondiale projetée : 5,5 percent en 2024 et 4,4 percent en 2025; révisions à la baisse de 0,3 point de pourcentage pour 2024 et de 0,2 point de pourcentage pour 2025 par rapport aux dernières projections.
- Hypothèses sous-jacentes : recul des taux d’intérêt dans les principales économies et recul des prix des produits de base en 2024 et 2025.
- Prix du pétrole : la moyenne annuelle des prix du pétrole devrait diminuer de 2,3 percent en 2024 pour s’établir autour de 79 dollars le baril.
- Prix des produits de base hors combustibles : décroissance prévue de 0,9 percent en moyenne.

### Impacts directs du conflit dans la région MOAN
- Situation humanitaire à Gaza (100 premiers jours du conflit) :
  - Plus de 24 000 personnes ont perdu la vie, dont plus de deux tiers étaient des femmes et des enfants.
  - Près de 1,9 millions de personnes (soit près de 85 percent de la population) ont été déplacées dans Gaza.
  - Le taux de pauvreté avait déjà dépassé 50 percent avant le conflit.
- Cisjordanie : durcissement des restrictions à la circulation des personnes, des biens et des capitaux et à l’accès aux ressources, détérioration de la sécurité et de l’environnement économique.
- Tourisme : dégradation marquée des taux d’occupation dans l’hôtellerie après le déclenchement du conflit au Liban et en Jordanie par rapport à la même période l’année précédente ; le tourisme représentait, avant la pandémie, entre 2 percent et 20 percent du PIB et entre 5 percent et 50 percent des exportations de biens et de services selon les pays.
- Mer Rouge et chaînes d’approvisionnement :
  - Au premier semestre de 2023, les échanges transitant par le canal de Suez représentaient 12 percent des échanges mondiaux, dont 30 percent du trafic de conteneurs, entre 10 percent et 15 percent du fret maritime et 8 percent du gaz naturel liquéfié transporté par voie maritime.
  - Au 21 janvier 2024, le volume de fret cumulé sur 10 jours passant par le canal de Suez avait chuté de près de 50 percent par rapport à l’année précédente.
  - Les prix du fret entre l’Europe ou la Méditerranée et la Chine ont grimpé de plus de 400 percent depuis mi-novembre.
  - Certaines grandes compagnies maritimes ont réorienté leur flotte vers d’autres routes de navigation.
- Marchés énergétiques et financiers :
  - Hausse de courte durée des prix du pétrole au début du conflit, puis retour en dessous des niveaux antérieurs au conflit.
  - Réaction limitée des prix du pétrole aux nouvelles réductions volontaires de la production annoncées par l’OPEP+ fin 2023.
  - Élargissement initial puis resserrement ultérieur des écarts de rendement sur la dette souveraine; sorties nettes de fonds en obligations et en actions sont revenues à leurs niveaux antérieurs au conflit après une accélération initiale des sorties.

### Inflation, politique monétaire et conditions financières régionales
- La désinflation se poursuit dans la plupart des pays de la région MOAN, suivant la tendance mondiale, notamment là où la politique monétaire demeure restrictive.
- Estimation des taux directeurs naturels suggère une orientation monétaire restrictive dans de nombreux pays de la région MOAN en 2023.
- L’inflation en glissement mensuel diminue régulièrement et l’inflation hors alimentation et énergie s’est rapprochée de ses moyennes historiques antérieures à la pandémie dans quelques pays exportateurs de pétrole.
- Cas particuliers d’inflation tenace :
  - Égypte : facteurs liés à des pénuries de devises.
  - Soudan : financement monétaire et pressions exercées sur les coûts.
  - Liban : inflation reste élevée mais les pressions se modèrent depuis mi-2023 en raison de la fin du financement monétaire, de l’équilibre budgétaire et de l’établissement d’un taux de change stable.

### Performance des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG)
- Croissance hors pétrole demeure vigoureuse dans les pays du CCG grâce aux réformes structurelles, à la diversification, à la demande intérieure et aux entrées de capitaux.
- Excédent courant : resté confortable en 2023 malgré un léger repli des prix du pétrole, le ralentissement du commerce international et la hausse des importations.
- Solde budgétaire : bonne tenue en 2023, soutenu par le niveau élevé des prix du pétrole et par des réformes budgétaires (modération des dépenses et efforts pour augmenter les recettes non pétrolières).

### Scénario de projection et risques
- Scénario de référence : sous l’hypothèse d’une atténuation du conflit après le premier trimestre de 2024 :
  - Croissance régionale prévue : 2,9 percent en 2024 (contre 2,0 percent en 2023).
  - Révision à la baisse par rapport à octobre 2023 : 0,5 point de pourcentage.
  - Croissance attendue : redressement à 4,2 percent en 2025.
- Principales raisons de la révision à la baisse pour 2024 :
  - Répercussions du conflit, particulièrement pour les pays très exposés.
  - Adoption de nouvelles réductions volontaires de la production de pétrole.
  - Orientation restrictive de l’action publique dans plusieurs pays.
- Risques à la baisse accrus : escalade ou propagation du conflit hors de Gaza et d’Israël; intensification des perturbations dans la mer Rouge affectant échanges commerciaux et tourisme.

### Recommandations de politique publique et priorités
- La réponse appropriée dépend de l’exposition de chaque pays au conflit, des vulnérabilités préexistantes et de l’espace budgétaire disponible.
- Mesures prioritaires pour les pays gravement touchés ou exposés à des risques élevés :
  - Application de mesures de gestion de crise et de politiques préventives.
- Pour les autres pays :
  - Poursuivre la consolidation des marges de manœuvre.
- Règles générales :
  - La politique monétaire doit rester axée sur la stabilité des prix.
  - La politique budgétaire doit être définie en fonction des besoins de chaque pays et de l’espace budgétaire disponible.
  - Mise en œuvre de réformes structurelles capitale pour stimuler la croissance et accroître la résilience à court terme comme à long terme.

### Principaux chiffres et indicateurs cités
- Croissance région MOAN : 2,9 percent en 2024; 2,0 percent en 2023; 4,2 percent en 2025.
- Révision : baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport à l’édition d’octobre 2023.
- Croissance mondiale : 3,1 percent en 2024; 3,1 percent en 2023; 3,2 percent en 2025.
- Révision mondiale : hausse de 0,2 point de pourcentage depuis octobre 2023.
- Inflation mondiale : 5,5 percent en 2024; 4,4 percent en 2025; révisions à la baisse de 0,3 point de pourcentage (2024) et de 0,2 point de pourcentage (2025).
- Prix du pétrole : diminution de 2,3 percent en 2024; autour de 79 dollars le baril.
- Prix des produits de base hors combustibles : décroissance de 0,9 percent en moyenne.
- Gaza (100 premiers jours) : plus de 24 000 personnes tuées; près de 1,9 millions de personnes déplacées (soit près de 85 percent de la population).
- Taux de pauvreté à Gaza avant le conflit : dépassait déjà 50 percent.
- Part des échanges mondiaux transitant par le canal de Suez (premier semestre 2023) : 12 percent des échanges mondiaux; 30 percent du trafic de conteneurs; entre 10 percent et 15 percent du fret maritime; 8 percent du gaz naturel liquéfié transporté par voie maritime.
- Au 21 janvier 2024 : volume de fret cumulé sur 10 jours passant par le canal de Suez en baisse de près de 50 percent par rapport à l’année précédente.
- Prix du fret Europe/Méditerranée–Chine : hausse de plus de 400 percent depuis mi-novembre.

*Source: text - Section 1*

### Section 2

### text - Section 2

### Solde courant et effets agrégés de la réduction de la production pétrolière
- Le solde courant agrégé des pays de la région MOAN en 2024 (un excédent de 3,9 % du PIB de la région MOAN) devrait diminuer d’environ 25 milliards de dollars (soit 0,7 point de pourcentage du PIB régional), par rapport aux projections de l’édition d’octobre 2023 des Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale.
- L’adoption de nouvelles réductions volontaires de la production de pétrole freine la croissance globale des pays exportateurs de pétrole.

### Épicentre du conflit : Cisjordanie et Gaza
- La croissance du PIB réel pour 2023 en Cisjordanie et à Gaza est estimée à environ –6 %, d’après des estimations récentes.
- Cette estimation correspond à une révision à la baisse de 9 points de pourcentage (par rapport aux projections de l’édition d’octobre 2023 des Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale) et tient compte des évènements du quatrième trimestre :
  - effondrement presque total de l’activité à Gaza;
  - forte contraction de l’économie en Cisjordanie liée au durcissement des restrictions de déplacement imposées par Israël et à la détérioration des conditions de sécurité.
- L’inflation aurait dépassé 15 % en glissement annuel à la fin décembre 2023.
- Le déficit courant serait resté considérable.
- La viabilité financière de l’Autorité palestinienne n’est plus assurée en raison :
  - de l’affaissement de l’activité économique;
  - de la décision du gouvernement israélien de ne pas transférer l’intégralité des recettes « douanières » mensuelles prévues à l’Autorité palestinienne;
  - du refus de l’Autorité palestinienne de recevoir des fonds partiels, minant sa capacité à verser salaires et transferts sociaux et à financer la sécurité, l’éducation et la santé.
- Le secteur financier reste solide, mais les risques se sont accentués en raison :
  - de la forte exposition du secteur à la situation financière de l’Autorité palestinienne;
  - des destructions à Gaza;
  - du repli attendu de l’activité économique.
- Projection 2024 : la croissance, tombée très bas, devrait revenir en territoire positif et l’inflation refluer graduellement, dans l’hypothèse d’une atténuation progressive du conflit.

### Pays limitrophes de la zone de conflit
- Égypte :
  - Le secteur du tourisme a été moins durement touché, jusqu’à présent, que dans d’autres pays (Jordanie, Liban), mais des données à haute fréquence laissent entrevoir une possible dégradation.
  - Plusieurs compagnies maritimes évitent désormais la mer Rouge, ce qui pourrait affaiblir les flux de devises, les recettes tirées du canal de Suez représentant une source majeure de devises pour l’Égypte.
  - L’accentuation de l’incertitude devrait peser sur la confiance des investisseurs et les entrées d’investissement direct étranger.
  - Conséquence : la croissance du PIB réel devrait passer de 3,8 % en 2023 à 3 % en 2024 (soit une révision à la baisse de 0,6 point de pourcentage par rapport à l’édition d’octobre 2023 des Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale).
- Jordanie :
  - Croissance modérée portée par des paramètres fondamentaux sous-jacents solides.
  - Le conflit a réduit les arrivées de touristes et les dépenses des ménages, freinant la croissance en 2023 et 2024 qui devrait avoisiner 2,6 % dans les deux cas (projections antérieures la voyaient plus proche de 3 % en 2024).
  - Le déficit courant devrait s’établir à 6,3 % du PIB, principalement en raison de la baisse des recettes liées aux voyages et de la hausse des importations d’énergie.
- Liban :
  - Le conflit aggrave des difficultés déjà complexes.
  - Le tourisme devrait rester faible; la production agricole du sud, directement touchée, est affectée négativement.
  - Croissance du PIB réel : légèrement ralentie en 2023, rebondissant légèrement en 2024; déficit courant en creusement.

### Pays en situation fragile (PE&PRI, PFR, PFR = pays en forte récession)
- Plusieurs PE&PRI de la région MOAN font face à :
  - déficits élevés;
  - tensions sur les taux de change et d’intérêt;
  - accès limité au financement extérieur.
- Tunisie : besoins de financement budgétaire devraient rester considérables en l’absence de progrès significatifs dans la mise en œuvre des réformes.
- Maroc : exception positive — croissance accélérée en 2023 pour atteindre environ 3 %, portée par des recettes touristiques importantes et un rebond de la demande intérieure; inflation en reflux progressif; dynamique prévue durable en 2024 dans l’hypothèse d’une saison agricole normale.
- PFR (pays en forte récession) :
  - Croissance pour 2024 peu encourageante; manque de devises, inflation élevée et atonie de la production agricole freinent la croissance dans certains pays (Soudan, Yémen).
  - Soudan : le conflit a aggravé la crise humanitaire; activité économique cessée dans de vastes parties du territoire; croissance toujours négative, en moyenne, des PFR en 2024, après la forte contraction enregistrée en 2023.
  - Djibouti : reprise tributaire du commerce avec l’Éthiopie; activité fortement exposée aux attaques dans la mer Rouge, l’activité portuaire étant un moteur principal de l’économie.
  - Mauritanie : perspectives favorables, portées par une production d’or supérieure aux projections.
- Note méthodologique : Les projections pour le Soudan reposent sur l’hypothèse d’une fin de la guerre au milieu de 2024 et de la reprise du dialogue avec la communauté internationale.

### Pays exportateurs de pétrole et production
- La croissance hors pétrole demeure vigoureuse dans la plupart des pays exportateurs de pétrole.
- L’adoption de nouvelles réductions volontaires de la production de pétrole freine la croissance générale.
- Croissance globale du CCG : correction à la baisse, s’établissant à 0,5 % en 2023 (soit 1 point de pourcentage de moins que dans l’édition 2023 des Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale) en raison des baisses de production annoncées, avant de rebondir légèrement à 2,7 % en 2024.
- Arabie saoudite (pays représentant environ 55 % des dernières réductions volontaires de la production de pétrole décidées par l’OPEP+) :
  - Croissance revue à la baisse pour s’établir à –1,1 % en 2023 et à 2,7 % en 2024.
- Croissance revue à la hausse pour certains pays exportateurs de pétrole non membres du CCG, notamment République islamique d’Iran et Libye, en raison d’une production du pétrole plus élevée qu’anticipé.

### Inflation et perspectives
- L’inflation dans la région MOAN devrait descendre à 14,4 % cette année, soit 0,6 point de pourcentage de moins que la projection figurant dans l’édition d’octobre 2023 des Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale.
- Dans l’ensemble des pays exportateurs de pétrole de la région MOAN :
  - inflation globale moyenne prévue à 8,7 % en 2024 et à 7,9 % en 2025.
  - inflation attendue en deçà de 3 % dans les pays du CCG.
  - tensions persistantes sur les prix dans certains pays non membres du CCG (Algérie, République islamique d’Iran).
- Inflation élevée en 2024 dans :
  - les PE&PRI : 25,6 %;
  - les PFR : 69,9 % (en particulier en Égypte, au Soudan et au Yémen).
- Insécurité alimentaire répandue dans plusieurs PFR (Djibouti, Mauritanie, Somalie, Soudan et Yémen).

### Besoins bruts de financement public
- Les importants besoins bruts de financement public devraient rester un défi majeur dans la plupart des PE&PRI.
- Besoins de financement pour l’ensemble de l’année 2024 : 186 milliards de dollars (contre 156 milliards en 2023), soit l’équivalent d’une hausse d’environ 6 points de pourcentage des recettes budgétaires par rapport aux projections figurant dans l’édition d’octobre 2023 des Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale, essentiellement imputable à l’évolution de la situation en Égypte et en Tunisie.
- Ces besoins de financement élevés devraient principalement être couverts par les banques locales, risquant de resserrer les liens entre État et banques locales.
- Les financements extérieurs représenteraient une part minime des fonds mobilisés, les pays très endettés se heurtant à des difficultés d’accès aux marchés.
- Augmentation des recettes a contribué à réduire les déficits primaires dans les PE&PRI et les PFR, mais les programmes de rationalisation des dépenses ont pâti de problèmes de mise en œuvre.
- Niveaux d’endettement restés élevés et ne devant diminuer que modérément au cours des deux prochaines années.

### Risques baissiers et scénarios d’escalade
- Le niveau d’incertitude et les risques baissiers ont considérablement augmenté depuis octobre, notamment quant à la durée et l’éventuelle extension du conflit.
- Incidents récents (attaques par drones dans la mer Rouge en décembre 2023) illustrent l’imprévisibilité.
- Canaux de transmission des répercussions : tourisme, investissements directs étrangers, marchés énergétiques et financiers.
- Scénarios envisagés :
  - Dégradation des marchés financiers : hausse du coût des emprunts souverains, détérioration des primes de risque et des conditions de financement extérieur, accroissement des sorties nettes de portefeuille, aggravation des conséquences économiques pour les pays très endettés, recours accru au financement local renforçant les liens entre État et banques locales, diminution des flux d’IDE.
  - Fragilisation du transport maritime et du commerce régional : compagnies maritimes évitent déjà certains axes; augmentation des coûts d’assurance; exposition particulière de l’Égypte qui tire quelque 2,2 % de son PIB en recettes annuelles de sa balance des paiements et 1,2 % de son PIB en recettes budgétaires provenant des droits associés au canal de Suez (exercice budgétaire 2022/23).
  - Hausse des prix du pétrole : la région MOAN produit environ 35 % des exportations de pétrole et 14 % des exportations de gaz dans le monde; une hausse importante et durable des coûts de l’énergie provoquerait un choc d’offre négatif pour l’économie mondiale et pourrait compromettre la désinflation mondiale.
    - Atténuation possible si les producteurs régionaux mobilisent leurs capacités excédentaires (représentant près de 85 % des capacités excédentaires dans le monde) ou si d’autres pays utilisent leurs réserves stratégiques.
    - Une montée des prix du pétrole favoriserait la croissance des pays exportateurs de pétrole.
  - Intensification des tensions politiques et sociales : aggravation du chômage élevé, pression sur la production et sur les soldes budgétaires (nécessité de soutien aux ménages, subventions à l’énergie), report des réformes structurelles.
  - Grands mouvements de réfugiés : répercussions régionales et au-delà; augmentation des coûts budgétaires à court terme dans les pays hôtes et tensions sociales possibles, les pays voisins étant plus exposés à un risque d’afflux de réfugiés.
- Scénarios extrêmes (peu probables) :
  - Durcissement des sanctions à l’encontre de la République islamique d’Iran;
  - Blocus des principales routes de navigation régionales utilisées pour le transport de pétrole et de gaz (comme le détroit d’Ormuz);
  - Attaques sur de grandes infrastructures pétrolières et gazières.
  - Ces événements pourraient faire s’envoler les prix du pétrole et du gaz, mais le recours aux capacités de réserve et aux stocks stratégiques pourraient aider à atténuer les conséquences; des facteurs de la demande et de l’offre finiraient par l’emporter sur les hausses des primes de risque.
- Données citées : capacités excédentaires dans le monde et autres informations issues d’octobre 2023 (Bloomberg et Rystad).

### Riposte des pouvoirs publics : orienter la politique selon l’exposition et les vulnérabilités
- La réponse appropriée des décideurs dépendra de l’exposition du pays au conflit, de ses vulnérabilités préexistantes et de sa latitude en matière d’action publique.
- Pour les pays subissant de graves répercussions ou faisant face à des risques élevés :
  - Il devient encore plus important que le taux de change puisse jouer son rôle de stabilisateur automatique et absorber une partie du choc.
  - La politique monétaire devrait rester axée sur la stabilité des prix, conformément au mandat des banques centrales.
  - En cas de difficultés financières systémiques, des mesures de gestion de crise pourraient être nécessaires, comme la fourniture de liquidités d’urgence par la banque centrale.

_Italicisé : Source — IMF | Département Moyen-Orient et Asie centrale, text - Section 2._

### Section 3

### Section 3

### Orientations générales de politique économique
- La politique budgétaire doit être définie en fonction des besoins de chaque pays face aux nouvelles pressions sur les dépenses tout en préservant la viabilité de la dette.
- Si l’espace budgétaire est insuffisant et si la dette est élevée, il faudra peut-être envisager une rationalisation des dépenses et un assainissement budgétaire reposant sur la mobilisation des recettes.
- Les besoins de financement vont vraisemblablement augmenter dans plusieurs pays dans un contexte marqué par une demande accrue de dépenses sociales et de sécurité et une incertitude exacerbée.
- Le FMI reste un partenaire important de la région et se tient prêt à accroître son soutien.

### Préparation aux chocs et priorités de réformes
- Les pays qui se préparent à l’éventualité d’un choc ne devraient pas perdre de vue leur programme de réformes, surtout compte tenu des difficultés structurelles préexistantes.
- Les politiques monétaire et financière devraient demeurer prudentes et calibrées sur les besoins propres à chaque pays afin de renforcer la résilience.

### Politique monétaire
- La politique monétaire devrait rester axée sur la stabilité des prix.
- Dans les pays ayant un régime de change flexible, la politique monétaire devrait rester restrictive si les tensions inflationnistes persistent.
- Là où l’inflation est revenue à sa cible ou s’en approche, il conviendra d’étudier avec circonspection la possibilité d’un assouplissement le cas échéant.
- Si l’inflation dans les pays de la région MOAN refluait plus rapidement qu’anticipé, les banques centrales devraient pouvoir desserrer leur politique monétaire plus tôt.
- Quant aux pays ayant un régime de change fixe, ils devraient se conformer à leur cadre de politique monétaire.

### Politique budgétaire
- La politique budgétaire devrait être définie en fonction des besoins des pays et de l’espace budgétaire disponible.
- Tous les pays devraient veiller à ce que les dispositifs de protection sociale et les dépenses servent les objectifs fixés et soient correctement ciblés de façon à bénéficier aux plus vulnérables.
- Les PE&PRI de la région MOAN qui doivent améliorer leur solde budgétaire et réduire l’endettement du secteur public devraient poursuivre leur assainissement budgétaire, notamment en contenant les dépenses courantes et en mobilisant des recettes supplémentaires.
- Les exportateurs de produits de base de la région MOAN devraient se garder d’engager des dépenses procycliques et appliquer une politique budgétaire conforme à l’équité intergénérationnelle et à la durabilité.

### Politique financière et mesures macroprudentielles
- Des mesures macroprudentielles préventives et des réformes à moyen terme peuvent s’avérer déterminantes pour assurer la stabilité financière.
- Des réformes visant à approfondir le secteur financier amélioreraient les conditions de liquidité et contribueraient à stimuler l’investissement et la croissance.
- Certains pays du CCG ont mis en place des instances ou des cadres nouveaux afin de réguler et de suivre étroitement le secteur immobilier et les risques associés, et ont appliqué des mesures pour consolider les dispositifs de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
- Tous les pays de la région MOAN gagneraient à intensifier leurs efforts visant à diversifier la base d’investisseurs et à renforcer la gestion des banques publiques.

### Réformes structurelles
- Les réformes structurelles sont essentielles pour rehausser les perspectives de croissance à long terme et peuvent également favoriser l’activité économique à court terme.
- L’amélioration de la gouvernance pourrait être particulièrement bénéfique dans de nombreux pays de la région MOAN et participerait à la constitution d’un environnement économique propice à l’investissement privé.
- La solidité des institutions favorise la confiance des investisseurs.

### Coordination internationale et climat
- La coordination et la coopération internationales sont essentielles pour répondre aux défis à long terme, comme le changement climatique.
- L’accord majeur adopté à l’issue de la COP28 appelle à une transition vers l’abandon des combustibles fossiles de manière juste, ordonnée et équitable.
- L’accord prévoit d’importantes annonces de contribution au fonds pour les pertes et préjudices, totalisant 792 millions de dollars.
- S’agissant des stratégies d’atténuation, des engagements ont été pris en vue de doubler l’efficacité énergétique et de tripler la capacité renouvelable.
- Progrès sur le plan du financement de l’action climatique : 3,5 milliards de dollars apportés au Fonds vert pour le climat et 30 milliards de dollars versés par les Émirats arabes unis (en partenariat avec BlackRock, TGP et Brookfield) à un fonds d’investissement vert.

### Appui du FMI à la région MOAN
- Le FMI se tient prêt à fournir des conseils de politique économique, une assistance technique et des financements aux pays de la région MOAN afin d’amortir les chocs et de faciliter les ajustements nécessaires.
- Entre le début de l’année 2020 et le milieu du mois de janvier 2024, le FMI a octroyé plus de 27 milliards de dollars de financements à la région MOAN.
- États et opérations cités :
  - Égypte : les services du FMI poursuivent leurs discussions avec les autorités sur l’ensemble de mesures et de financements qui permettrait de faire avancer les revues du programme au titre du mécanisme élargi de crédit.
  - Jordanie : entretiens débutés à la mi-2023 et abouti à l’approbation d’un nouvel accord quadriennal au titre du mécanisme élargi de crédit en janvier 2024, lequel permettra de débloquer 1,2 milliard de dollars.
  - Liban : intenses activités d’assistance technique se poursuivent.
  - Maroc : approbation depuis le début de l’année 2023 d’une ligne de crédit modulable et d’une facilité pour la résilience et la durabilité.
  - Mauritanie : approbation depuis le début de l’année 2023 d’une facilité élargie de crédit et mécanisme élargi de crédit ; facilité pour la résilience et la durabilité.
  - Somalie : en décembre 2023, allégement de sa dette de 4,5 milliards de dollars après avoir atteint le point d’achèvement dans le cadre de l’initiative pour la réduction de la dette des pays pauvres très endettés renforcée et nouvel accord au titre de la facilité élargie de crédit approuvé.
- Renforcement de la présence sur le terrain : réouverture du Centre d’assistance technique au Moyen-Orient et inauguration d’un nouveau bureau régional à Riyad (Arabie saoudite).

### Principaux indicateurs régionaux (MOAN) — projections et statistiques (2000–2025)
- Moyenne 2000–2020 / 2021 / 2022 / 2023 / 2024 / 2025 — MOAN
  - PIB réel (variation en pourcentage en glissement annuel) : 3,9 / 4,1 / 5,6 / 2,0 / 2,9 / 4,2
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 4,8 / 4,4 / 4,5 / 3,2 / 3,5 / 3,8
  - Solde du compte des transactions courantes : 6,3 / 4,2 / 10,3 / 5,3 / 3,9 / 3,5
  - Solde budgétaire global : 1,2 / –1,7 / 3,6 / 0,1 / –1,3 / –1,1
  - Inflation (variation en pourcentage, en glissement annuel) : 7,4 / 14,0 / 14,4 / 16,5 / 14,4 / 11,6
- Pays exportateurs de pétrole — moyenne 2000–2025
  - PIB réel : 3,9 / 4,4 / 6,0 / 2,0 / 3,1 / 4,1
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 5,0 / 4,8 / 4,4 / 3,8 / 3,9 / 3,7
  - Solde du compte des transactions courantes : 9,0 / 7,1 / 14,6 / 7,4 / 5,8 / 5,1
  - Solde budgétaire global : 2,8 / –0,3 / 6,0 / 1,4 / 0,3 / 0,2
  - Inflation : 6,8 / 11,3 / 13,0 / 12,0 / 8,7 / 7,9
- Conseil de coopération du Golfe (CCG)
  - PIB réel : 3,8 / 3,8 / 7,8 / 0,5 / 2,7 / 4,6
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 5,4 / 5,6 / 5,5 / 3,8 / 3,9 / 4,0
  - Solde du compte des transactions courantes : 12,1 / 8,9 / 16,1 / 9,0 / 7,4 / 6,9
  - Solde budgétaire global : 5,4 / 0,7 / 7,9 / 3,7 / 3,2 / 3,3
  - Inflation : 2,2 / 2,2 / 3,3 / 2,5 / 2,3 / 2,0
- Pays exportateurs de pétrole non membres du CCG
  - PIB réel : 4,0 / 5,3 / 3,6 / 4,1 / 3,5 / 3,5
  - dont croissance hors secteur pétrolier : 4,6 / 3,8 / 3,0 / 3,9 / 3,8 / 3,3
  - Solde du compte des transactions courantes : 3,9 / 2,7 / 10,6 / 3,9 / 2,5 / 1,4
  - Solde budgétaire global : –1,3 / –2,8 / 1,1 / –3,9 / –5,8 / –6,1
  - Inflation : 12,7 / 24,3 / 27,5 / 25,7 / 17,6 / 16,0
- Pays importateurs de pétrole
  - PIB réel : 3,7 / 2,7 / 4,4 / 1,8 / 2,5 / 4,3
  - Solde du compte des transactions courantes : –3,4 / –5,1 / –5,4 / –3,5 / –4,7 / –3,9
  - Solde budgétaire global : –5,4 / –5,8 / –5,3 / –5,1 / –8,1 / –7,3
  - Inflation : 8,7 / 20,1 / 17,9 / 28,2 / 29,6 / 21,3
- Pays émergents et pays à revenu intermédiaire
  - PIB réel : 4,0 / 3,7 / 5,1 / 3,1 / 2,9 / 4,1
  - Solde du compte des transactions courantes : –4,0 / –4,8 / –4,7 / –2,8 / –4,3 / –3,4
  - Solde budgétaire global : –5,9 / –6,6 / –5,7 / –5,4 / –8,9 / –8,1
  - Inflation : 7,1 / 7,0 / 11,1 / 22,6 / 25,6 / 19,8
- Pays en développement à faible revenu
  - PIB réel : 1,9 / 0,5 / –0,4 / –9,3 / –0,7 / 5,6
  - Solde du compte des transactions courantes : –3,9 / –8,1 / –11,9 / –9,7 / –8,8 / –8,0
  - Solde budgétaire global : –3,1 / –0,3 / –2,2 / –2,6 / –1,6 / –1,3
  - Inflation : 20,4 / 171,7 / 80,7 / 85,8 / 69,9 / 35,0

*Source : autorités nationales ; calculs et projections des services du FMI.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/mcd-cca/2024/update/january/french/text.pdf_
