## Section 1 — Un paysage économique mondial en mutation

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### Synthèse et hypothèses
- Après des résultats médiocres en 2016, l’activité économique devrait s’accélérer en 2017 et en 2018, surtout dans les pays émergents et les pays en développement.
- Large dispersion des résultats possibles autour des projections en raison de l’incertitude sur l’orientation de la politique économique du gouvernement qui va entrer en fonction aux États-Unis et de ses ramifications mondiales.
- Les hypothèses sur lesquelles les prévisions reposent devraient être plus précises d’ici la publication de l’édition d’avril 2017 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM).
- Hypothèses principales incorporées :
  - relance budgétaire à court terme aux États-Unis et une normalisation moins progressive de la politique monétaire américaine;
  - affermissement des cours du pétrole suite à l’accord des pays membres de l’OPEP et plusieurs autres grands producteurs pour limiter l’offre;
  - appréciation considérable du dollar américain depuis l’élection du 8 novembre.

### Évolution au deuxième semestre de 2016
- Croissance de la production mondiale estimée à environ 3 % (en taux annualisé) pour le troisième trimestre de 2016, taux globalement inchangé par rapport aux deux premiers trimestres.
- Divergences régionales :
  - Pays avancés : accélération plus vigoureuse que prévu, en partie due à la réduction du frein exercé par les stocks et à un redressement de la production manufacturière. Rebond vigoureux aux États-Unis après un premier semestre médiocre en 2016; l’économie américaine approche le plein emploi. Production inférieure à son potentiel dans plusieurs autres pays avancés, notamment dans la zone euro.
  - Pays émergents et pays en développement : situation bien plus diverse; ralentissements inattendus dans quelques pays émergents principalement pour des facteurs idiosyncratiques; croissance en Chine un peu plus élevée que prévu grâce à la poursuite de la relance.
- Indicateurs avancés (indices des directeurs des achats) restés solides au quatrième trimestre dans la plupart des régions.
- Révisions rétrospectives indiquant que le taux de croissance au Japon en 2016 et années précédentes a été plus élevé que les estimations précédentes.

### Prix des produits de base et inflation
- Prix du pétrole : augmentation récente liée à l’accord des principaux producteurs pour réduire l’offre.
- Prix des métaux de base : hausse en raison de la vigueur de l’investissement dans les infrastructures et l’immobilier en Chine et des anticipations d’un assouplissement de la politique budgétaire aux États-Unis.
- Inflation globale : redressement dans les pays avancés ces derniers mois (les prix des produits de base ayant touché leur niveau le plus bas), mais l’inflation hors alimentation et énergie est restée plus ou moins inchangée et généralement inférieure aux objectifs.
- Chine : inflation reprise; prix à la production en hausse après plus de quatre années de déflation, en lien avec réductions des capacités et hausse des prix des produits de base.
- Pays émergents et pays en développement : évolution hétérogène de l’inflation due à des variations des taux de change et à des facteurs idiosyncratiques.

### Évolution des marchés financiers et taux de change
- Taux d’intérêt nominaux et réels à long terme : augmentation considérable depuis août 2016, particulièrement au Royaume-Uni et aux États-Unis depuis l’élection de novembre.
  - Au 3 janvier 2016, rendements nominaux des obligations du Trésor américain à 10 ans avaient augmenté de près de 1 point de pourcentage depuis août et de 60 points de base depuis l’élection américaine.
  - Hausse des rendements à long terme dans la zone euro depuis août plus modérée — environ 35 points de base en Allemagne, mais 70 points de base en Italie (en raison de l’incertitude politique et du secteur bancaire).
- Politique monétaire : la Réserve fédérale américaine a relevé le taux d’intérêt à court terme en décembre, tandis que dans la plupart des autres pays avancés la politique monétaire est restée plus ou moins inchangée.
- Pays émergents : conditions financières hétérogènes mais durcies de manière générale; hausse des taux d’intérêt à long terme pour les obligations en monnaie locale surtout en Europe émergente et en Amérique latine; variations des taux directeurs depuis août (relèvements au Mexique et en Turquie; baisses au Brésil, en Inde et en Russie); fluctuations de l’EMBI.
- Taux de change et flux de capitaux :
  - Dollar américain : appréciation en valeur effective réelle de plus de 6 % depuis août.
  - Monnaies des pays avancés exportateurs de produits de base : affermissement lié à la hausse des prix des produits de base; euro et yen : affaiblissements.
  - Monnaies de plusieurs pays émergents : dépréciations sensibles (notamment lire turque et peso mexicain); monnaies de plusieurs pays exportateurs de produits de base, principalement la Russie, se sont appréciées.
  - Sorties considérables d’investissements de portefeuille de non-résidents dans les pays émergents au lendemain de l’élection américaine, après plusieurs mois d’entrées massives.

### Prévisions (chiffres clés)
- Croissance mondiale :
  - 2016 : 3,1 % (estimation, inchangé par rapport à octobre 2016).
  - 2017 : 3,4 % (prévision, inchangée par rapport à octobre 2016).
  - 2018 : 3,6 % (prévision, inchangée par rapport à octobre 2016).
- Pays avancés : croissance prévue à 1,9 % en 2017 et 2,0 % en 2018 (soit 0,1 et 0,2 point de pourcentage de plus que prévu en octobre, respectivement).
- États-Unis : projection suppose une relance budgétaire portant la croissance à 2,3 % en 2017 et à 2,5 % en 2018, soit une augmentation cumulée de ½ point de pourcentage du PIB par rapport à la prévision d’octobre.
- Pays émergents et pays en développement :
  - 2016 : croissance estimée à 4,1 %.
  - 2017 : croissance prévue à 4,5 % (soit 0,1 point de pourcentage de moins que prévu en octobre).
  - 2018 : croissance prévue à 4,8 %.
- Révisions pays spécifiquement mentionnées :
  - Chine : prévision de croissance pour 2017 révisée à la hausse à 6,5 % (soit 0,3 point de pourcentage de plus que prévu en octobre) en raison de la poursuite attendue de la relance.
  - Nigéria : prévision révisée à la hausse principalement en raison de l’augmentation de la production pétrolière suite à l’amélioration de la situation sur le plan de la sécurité.
  - Inde : prévisions de croissance pour l’exercice en cours (2016–17) et le prochain réduites de 1 point de pourcentage et de 0,4 point de pourcentage, respectivement, principalement à cause de la baisse de la consommation due à la pénurie de liquidités et aux perturbations des paiements liées au retrait de la circulation et à l’échange de billets.
  - Autres révisions à la baisse : Indonésie (investissement privé plus faible), Thaïlande (ralentissement temporaire de la consommation et du tourisme), Argentine et Brésil (modération des anticipations de reprise après croissance inférieure aux prévisions au deuxième semestre de 2016), Mexique (durcissement des vents contraires liés à l’incertitude entourant les États-Unis), Venezuela (détériorations continues), Arabie saoudite (croissance plus faible que prévu en 2017 en raison de la réduction de la production pétrolière résultant de l’accord récent de l’OPEP).

### Principaux risques et canaux d’incertitude
- Risques de ralentissement prédominants surtout à moyen terme ; perspectives susceptibles d’être révisées dans les deux sens.
- Risques de ralentissement notables :
  - Adoption de politiques de repli sur soi et mesures protectionnistes pouvant nuire à la productivité et aux revenus.
  - Durcissement plus marqué que prévu des conditions financières mondiales, avec incidence possible sur les faiblesses des bilans dans certaines parties de la zone euro et dans quelques pays émergents.
  - Montée des tensions géopolitiques et ralentissement plus prononcé en Chine.
  - Dans certains pays émergents : endettement élevé des entreprises, diminution de la rentabilité, fragilité des bilans bancaires et faible niveau des amortisseurs exposent à des retournements des flux de capitaux et à des dépréciations brutales ayant des implications sur les bilans.
  - Dans de nombreux pays à faible revenu : bas niveau des prix des produits de base et politiques expansionnistes ayant érodé les amortisseurs budgétaires et conduit à une situation économique précaire.
  - Risques géopolitiques et facteurs non économiques : guerres civiles et conflits internes (Moyen-Orient, Afrique), détresse des réfugiés et des migrants, actes de terreur, sécheresse en Afrique orientale et septentrionale, propagation du virus Zika.
- Facteurs pouvant conduire à une révision à la hausse :
  - Mesures de relance plus importantes que prévu aux États-Unis et/ou en Chine, entraînant un effet plus marqué sur l’activité et un redressement plus vigoureux chez leurs partenaires commerciaux, sauf si atténuées par des mesures protectionnistes.
  - Augmentation de l’investissement si la confiance dans la reprise de la demande mondiale s’affermit, comme l’indiquent certains indicateurs des marchés financiers.

### Actions et priorités de politique (orientations générales)
- Prévisions de base indiquent une accélération de la croissance sur le reste de l’horizon par rapport au rythme modéré de 2016, dans le contexte d’un état d’esprit positif sur les marchés financiers, en particulier dans les pays avancés.
- Risque élevé d’une déception, compte tenu des révisions à la baisse répétées ces dernières années.
- Étant donné la diversité des positions conjoncturelles et la marge de manœuvre disponible, les priorités diffèrent d’un pays à l’autre :
  - Dans les pays avancés où les écarts de production demeurent négatifs et où les pressions sur les salaires sont modérées, le risque de persistance d’une inflation basse (ou d’une déflation, dans certains cas) subsiste.

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### Section 2 — Politique monétaire, budgétaire et réformes

### Politique monétaire et budgétaire
- La politique monétaire doit donc rester accommodante, et s’appuyer sur des mesures non conventionnelles si nécessaire.
- Une politique monétaire accommodante à elle seule ne permettra pas d’accroître suffisamment la demande; il reste essentiel d’engager une relance budgétaire, calibrée en fonction de la marge de manœuvre disponible et axée sur des mesures qui protègent les groupes vulnérables et rehaussent les perspectives de croissance à moyen terme.
- Si l’ajustement budgétaire ne peut pas être remis à plus tard, il convient d’en calibrer le rythme et la composition de manière à freiner la production le moins possible.
- Dans les pays avancés où les écarts de production sont largement négatifs, toute relance budgétaire doit:
  - viser à renforcer le dispositif de protection sociale (notamment pour faciliter l’intégration des réfugiés dans certains cas);
  - accroître la production potentielle à long terme en investissant dans des infrastructures de qualité;
  - opérer des réformes fiscales propices à l’offre et équitables.
- Dans ces cas-là, des anticipations inflationnistes bien ancrées devraient permettre de normaliser progressivement la politique monétaire.

### Réformes structurelles et croissance potentielle
- Les politiques macroéconomiques accommodantes doivent être accompagnées par, et faciliter, des réformes structurelles pour enrayer le déclin de la production potentielle, notamment:
  - accroître le taux d’activité;
  - encourager l’investissement dans les qualifications;
  - améliorer l’adéquation de l’offre et de la demande sur le marché du travail;
  - libéraliser l’entrée dans les professions fermées;
  - accroître le dynamisme et l’innovation sur les marchés de produits et de services;
  - promouvoir l’investissement des entreprises, notamment dans la recherche et le développement.

### Pays émergents et en développement
- Les positions conjoncturelles et problèmes structurels sont extrêmement divers.
- Renforcer la résilience financière peut réduire la vulnérabilité à:
  - un durcissement des conditions financières mondiales;
  - des variations brutales des taux de change;
  - des risques de retournement des flux de capitaux.
- Les pays avec dette non financière élevée et croissante, engagements extérieurs non couverts, ou recours large à l’emprunt à court terme pour financer des investissements de long terme doivent:
  - adopter des pratiques plus solides pour la gestion des risques;
  - limiter les asymétries sur leurs bilans.

### Pays à faible revenu et pays dépendants des produits de base
- Dans les pays à faible revenu où les amortisseurs budgétaires ont diminué, priorités:
  - rétablir ces amortisseurs;
  - maintenir l’efficience des dépenses indispensables dans l’équipement et le secteur social;
  - renforcer la gestion de la dette;
  - accroître les recettes intérieures;
  - mettre en œuvre des réformes structurelles, notamment dans l’éducation, pour diversifier l’économie et augmenter la productivité.
- Pour les pays durement touchés par la baisse des prix des produits de base:
  - l’affermissement récent du marché offre un certain répit, mais un ajustement est urgent pour rétablir la stabilité macroéconomique;
  - laisser le taux de change s’ajuster dans les pays sans parité fixe;
  - durcir la politique monétaire selon les besoins face à une accélération de l’inflation;
  - veiller à ce que l’assainissement nécessaire des finances publiques nuise le moins possible à la croissance;
  - à plus long terme, diversifier la gamme des exportations pour les pays très tributaires d’un ou plusieurs produits de base.

### Coopération multilatérale
- Une action multilatérale demeure nécessaire pour réduire les risques sur la stabilité financière et pérenniser l’amélioration du niveau de vie à l’échelle mondiale.
- Efforts à déployer simultanément sur plusieurs fronts:
  - initiatives bien ciblées pour aider ceux qui souffrent de l’ouverture au commerce et faciliter leur reconversion vers les secteurs en croissance;
  - combattre la fraude fiscale et éviter les pratiques d’évasion fiscale, au niveau multilatéral et national;
  - renforcer la résilience du système financier: recapitaliser des établissements, nettoyer les bilans si nécessaire, mettre en place des dispositifs efficaces de résolution bancaire nationaux et internationaux, s’attaquer aux risques liés aux intermédiaires non bancaires;
  - établir un dispositif mondial de sécurité plus solide pour protéger les pays robustes mais vulnérables aux effets de contagion;
  - coopérer pour atteindre les objectifs de développement durable de 2015, atténuer et faire face au changement climatique, et éviter la propagation des épidémies à l’échelle mondiale.

### Tableau 1 — Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections (extraits)
- Titre: Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections (Variation en pourcentage, sauf indication contraire)
- Ligne extraite (format original du tableau):
  - Production mondiale3,23,13,43,60,00,03,13,63,6
- Exemples de lignes extraites (format original du tableau):
  - Pays avancés2,11,61,92,00,10,21,81,92,0
  - États-Unis2,61,62,32,50,10,41,92,32,5
  - Zone euro2,01,71,61,60,10,01,61,61,5
  - Chine6,96,76,56,00,30,06,66,56,0
  - Pétrole 9/ -47,2–15,919,93,62,0–1,215,07,62,5
  - Prix à la consommation Pays avancés 0,30,71,71,90,00,01,01,82,0
- Notes (extraits) :
  - On suppose que les taux de change effectifs réels restent aux niveaux observés entre le 4 novembre et le 2 décembre 2016.
  - Pour la production mondiale, les pays inclus dans l'agrégation des estimations et projections trimestrielles représentent environ 90 % de la production mondiale annuelle en parité de pouvoir d’achat.
  - Le cours moyen du pétrole en 2016 était de 42,7 dollars le baril; hypothèses, au 6 décembre 2016, pour 2017 : 51,2 dollars le baril, et pour 2018 : 53,0 dollars le baril.

*0117f - Section 2 — Source: 0117f - Section 2 (https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2017/january/french/0117f.pdf)*

### Section 1

### Un paysage économique mondial en mutation

### Synthèse et hypothèses
- Après des résultats médiocres en 2016, l’activité économique devrait s’accélérer en 2017 et en 2018, surtout dans les pays émergents et les pays en développement.  
- Large dispersion des résultats possibles autour des projections en raison de l’incertitude sur l’orientation de la politique économique du gouvernement qui va entrer en fonction aux États-Unis et de ses ramifications mondiales.  
- Les hypothèses sur lesquelles les prévisions reposent devraient être plus précises d’ici la publication de l’édition d’avril 2017 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM).  
- Hypothèses principales incorporées : relance budgétaire à court terme aux États-Unis et une normalisation moins progressive de la politique monétaire américaine; affermissement des cours du pétrole suite à l’accord des pays membres de l’OPEP et plusieurs autres grands producteurs pour limiter l’offre; appréciation considérable du dollar américain depuis l’élection du 8 novembre.

### Évolution au deuxième semestre de 2016
- Croissance de la production mondiale estimée à environ 3 % (en taux annualisé) pour le troisième trimestre de 2016, taux globalement inchangé par rapport aux deux premiers trimestres.  
- Divergences régionales :
  - Pays avancés : accélération plus vigoureuse que prévu, en partie due à la réduction du frein exercé par les stocks et à un redressement de la production manufacturière. Rebond vigoureux aux États-Unis après un premier semestre médiocre en 2016; l’économie américaine approche le plein emploi. Production inférieure à son potentiel dans plusieurs autres pays avancés, notamment dans la zone euro.  
  - Pays émergents et pays en développement : situation bien plus diverse; ralentissements inattendus dans quelques pays émergents principalement pour des facteurs idiosyncratiques; croissance en Chine un peu plus élevée que prévu grâce à la poursuite de la relance.  
- Indicateurs avancés (indices des directeurs des achats) restés solides au quatrième trimestre dans la plupart des régions.  
- Révisions rétrospectives indiquant que le taux de croissance au Japon en 2016 et années précédentes a été plus élevé que les estimations précédentes.

### Prix des produits de base et inflation
- Prix du pétrole : augmentation récente liée à l’accord des principaux producteurs pour réduire l’offre.  
- Prix des métaux de base : hausse en raison de la vigueur de l’investissement dans les infrastructures et l’immobilier en Chine et des anticipations d’un assouplissement de la politique budgétaire aux États-Unis.  
- Inflation globale : redressement dans les pays avancés ces derniers mois (les prix des produits de base ayant touché leur niveau le plus bas), mais l’inflation hors alimentation et énergie est restée plus ou moins inchangée et généralement inférieure aux objectifs.  
- Chine : inflation reprise; prix à la production en hausse après plus de quatre années de déflation, en lien avec réductions des capacités et hausse des prix des produits de base.  
- Pays émergents et pays en développement : évolution hétérogène de l’inflation due à des variations des taux de change et à des facteurs idiosyncratiques.

### Évolution des marchés financiers et taux de change
- Taux d’intérêt nominaux et réels à long terme : augmentation considérable depuis août 2016, particulièrement au Royaume-Uni et aux États-Unis depuis l’élection de novembre.  
  - Au 3 janvier 2016, rendements nominaux des obligations du Trésor américain à 10 ans avaient augmenté de près de 1 point de pourcentage depuis août et de 60 points de base depuis l’élection américaine.  
  - Hausse des rendements à long terme dans la zone euro depuis août plus modérée — environ 35 points de base en Allemagne, mais 70 points de base en Italie (en raison de l’incertitude politique et du secteur bancaire).  
- Politique monétaire : la Réserve fédérale américaine a relevé le taux d’intérêt à court terme en décembre, tandis que dans la plupart des autres pays avancés la politique monétaire est restée plus ou moins inchangée.  
- Pays émergents : conditions financières hétérogènes mais durcies de manière générale; hausse des taux d’intérêt à long terme pour les obligations en monnaie locale surtout en Europe émergente et en Amérique latine; variations des taux directeurs depuis août (relèvements au Mexique et en Turquie; baisses au Brésil, en Inde et en Russie); fluctuations de l’EMBI.  
- Taux de change et flux de capitaux :
  - Dollar américain : appréciation en valeur effective réelle de plus de 6 % depuis août.  
  - Monnaies des pays avancés exportateurs de produits de base : affermissement lié à la hausse des prix des produits de base; euro et yen : affaiblissements.  
  - Monnaies de plusieurs pays émergents : dépréciations sensibles (notamment lire turque et peso mexicain); monnaies de plusieurs pays exportateurs de produits de base, principalement la Russie, se sont appréciées.  
  - Sorties considérables d’investissements de portefeuille de non-résidents dans les pays émergents au lendemain de l’élection américaine, après plusieurs mois d’entrées massives.

### Prévisions (chiffres clés)
- Croissance mondiale :
  - 2016 : 3,1 % (estimation, inchangé par rapport à octobre 2016).  
  - 2017 : 3,4 % (prévision, inchangée par rapport à octobre 2016).  
  - 2018 : 3,6 % (prévision, inchangée par rapport à octobre 2016).  
- Pays avancés : croissance prévue à 1,9 % en 2017 et 2,0 % en 2018 (soit 0,1 et 0,2 point de pourcentage de plus que prévu en octobre, respectivement).  
- États-Unis : projection suppose une relance budgétaire portant la croissance à 2,3 % en 2017 et à 2,5 % en 2018, soit une augmentation cumulée de ½ point de pourcentage du PIB par rapport à la prévision d’octobre.  
- Pays émergents et pays en développement :
  - 2016 : croissance estimée à 4,1 %.  
  - 2017 : croissance prévue à 4,5 % (soit 0,1 point de pourcentage de moins que prévu en octobre).  
  - 2018 : croissance prévue à 4,8 %.  
- Révisions pays spécifiquement mentionnées :
  - Chine : prévision de croissance pour 2017 révisée à la hausse à 6,5 % (soit 0,3 point de pourcentage de plus que prévu en octobre) en raison de la poursuite attendue de la relance.  
  - Nigéria : prévision révisée à la hausse principalement en raison de l’augmentation de la production pétrolière suite à l’amélioration de la situation sur le plan de la sécurité.  
  - Inde : prévisions de croissance pour l’exercice en cours (2016–17) et le prochain réduites de 1 point de pourcentage et de 0,4 point de pourcentage, respectivement, principalement à cause de la baisse de la consommation due à la pénurie de liquidités et aux perturbations des paiements liées au retrait de la circulation et à l’échange de billets.  
  - Autres révisions à la baisse : Indonésie (investissement privé plus faible), Thaïlande (ralentissement temporaire de la consommation et du tourisme), Argentine et Brésil (modération des anticipations de reprise après croissance inférieure aux prévisions au deuxième semestre de 2016), Mexique (durcissement des vents contraires liés à l’incertitude entourant les États-Unis), Venezuela (détériorations continues), Arabie saoudite (croissance plus faible que prévu en 2017 en raison de la réduction de la production pétrolière résultant de l’accord récent de l’OPEP).

### Principaux risques et canaux d’incertitude
- Risques de ralentissement prédominants surtout à moyen terme ; perspectives susceptibles d’être révisées dans les deux sens.  
- Risques de ralentissement notables :
  - Adoption de politiques de repli sur soi et mesures protectionnistes pouvant nuire à la productivité et aux revenus.  
  - Durcissement plus marqué que prévu des conditions financières mondiales, avec incidence possible sur les faiblesses des bilans dans certaines parties de la zone euro et dans quelques pays émergents.  
  - Montée des tensions géopolitiques et ralentissement plus prononcé en Chine.  
  - Dans certains pays émergents : endettement élevé des entreprises, diminution de la rentabilité, fragilité des bilans bancaires et faible niveau des amortisseurs exposent à des retournements des flux de capitaux et à des dépréciations brutales ayant des implications sur les bilans.  
  - Dans de nombreux pays à faible revenu : bas niveau des prix des produits de base et politiques expansionnistes ayant érodé les amortisseurs budgétaires et conduit à une situation économique précaire.  
  - Risques géopolitiques et facteurs non économiques : guerres civiles et conflits internes (Moyen-Orient, Afrique), détresse des réfugiés et des migrants, actes de terreur, sécheresse en Afrique orientale et septentrionale, propagation du virus Zika.  
- Facteurs pouvant conduire à une révision à la hausse :
  - Mesures de relance plus importantes que prévu aux États-Unis et/ou en Chine, entraînant un effet plus marqué sur l’activité et un redressement plus vigoureux chez leurs partenaires commerciaux, sauf si atténuées par des mesures protectionnistes.  
  - Augmentation de l’investissement si la confiance dans la reprise de la demande mondiale s’affermit, comme l’indiquent certains indicateurs des marchés financiers.

### Actions et priorités de politique (orientations générales)
- Prévisions de base indiquent une accélération de la croissance sur le reste de l’horizon par rapport au rythme modéré de 2016, dans le contexte d’un état d’esprit positif sur les marchés financiers, en particulier dans les pays avancés.  
- Risque élevé d’une déception, compte tenu des révisions à la baisse répétées ces dernières années.  
- Étant donné la diversité des positions conjoncturelles et la marge de manœuvre disponible, les priorités diffèrent d’un pays à l’autre :  
  - Dans les pays avancés où les écarts de production demeurent négatifs et où les pressions sur les salaires sont modérées, le risque de persistance d’une inflation basse (ou d’une déflation, dans certains cas) subsiste.

*Source : Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale, janvier 2017 (Section 1).*

### Section 2

### 0117f - Section 2

### Politique monétaire et budgétaire
- La politique monétaire doit donc rester accommodante, et s’appuyer sur des mesures non conventionnelles si nécessaire.
- Une politique monétaire accommodante à elle seule ne permettra pas d’accroître suffisamment la demande; il reste essentiel d’engager une relance budgétaire, calibrée en fonction de la marge de manœuvre disponible et axée sur des mesures qui protègent les groupes vulnérables et rehaussent les perspectives de croissance à moyen terme.
- Si l’ajustement budgétaire ne peut pas être remis à plus tard, il convient d’en calibrer le rythme et la composition de manière à freiner la production le moins possible.
- Dans les pays avancés où les écarts de production sont largement négatifs, toute relance budgétaire doit:
  - viser à renforcer le dispositif de protection sociale (notamment pour faciliter l’intégration des réfugiés dans certains cas);
  - accroître la production potentielle à long terme en investissant dans des infrastructures de qualité;
  - opérer des réformes fiscales propices à l’offre et équitables.
- Dans ces cas-là, des anticipations inflationnistes bien ancrées devraient permettre de normaliser progressivement la politique monétaire.

### Réformes structurelles et croissance potentielle
- Les politiques macroéconomiques accommodantes doivent être accompagnées par, et faciliter, des réformes structurelles pour enrayer le déclin de la production potentielle, notamment:
  - accroître le taux d’activité;
  - encourager l’investissement dans les qualifications;
  - améliorer l’adéquation de l’offre et de la demande sur le marché du travail;
  - libéraliser l’entrée dans les professions fermées;
  - accroître le dynamisme et l’innovation sur les marchés de produits et de services;
  - promouvoir l’investissement des entreprises, notamment dans la recherche et le développement.

### Pays émergents et en développement
- Les positions conjoncturelles et problèmes structurels sont extrêmement divers.
- Renforcer la résilience financière peut réduire la vulnérabilité à:
  - un durcissement des conditions financières mondiales;
  - des variations brutales des taux de change;
  - des risques de retournement des flux de capitaux.
- Les pays avec dette non financière élevée et croissante, engagements extérieurs non couverts, ou recours large à l’emprunt à court terme pour financer des investissements de long terme doivent:
  - adopter des pratiques plus solides pour la gestion des risques;
  - limiter les asymétries sur leurs bilans.

### Pays à faible revenu et pays dépendants des produits de base
- Dans les pays à faible revenu où les amortisseurs budgétaires ont diminué, priorités:
  - rétablir ces amortisseurs;
  - maintenir l’efficience des dépenses indispensables dans l’équipement et le secteur social;
  - renforcer la gestion de la dette;
  - accroître les recettes intérieures;
  - mettre en œuvre des réformes structurelles, notamment dans l’éducation, pour diversifier l’économie et augmenter la productivité.
- Pour les pays durement touchés par la baisse des prix des produits de base:
  - l’affermissement récent du marché offre un certain répit, mais un ajustement est urgent pour rétablir la stabilité macroéconomique;
  - laisser le taux de change s’ajuster dans les pays sans parité fixe;
  - durcir la politique monétaire selon les besoins face à une accélération de l’inflation;
  - veiller à ce que l’assainissement nécessaire des finances publiques nuise le moins possible à la croissance;
  - à plus long terme, diversifier la gamme des exportations pour les pays très tributaires d’un ou plusieurs produits de base.

### Coopération multilatérale
- Une action multilatérale demeure nécessaire pour réduire les risques sur la stabilité financière et pérenniser l’amélioration du niveau de vie à l’échelle mondiale.
- Efforts à déployer simultanément sur plusieurs fronts:
  - initiatives bien ciblées pour aider ceux qui souffrent de l’ouverture au commerce et faciliter leur reconversion vers les secteurs en croissance;
  - combattre la fraude fiscale et éviter les pratiques d’évasion fiscale, au niveau multilatéral et national;
  - renforcer la résilience du système financier: recapitaliser des établissements, nettoyer les bilans si nécessaire, mettre en place des dispositifs efficaces de résolution bancaire nationaux et internationaux, s’attaquer aux risques liés aux intermédiaires non bancaires;
  - établir un dispositif mondial de sécurité plus solide pour protéger les pays robustes mais vulnérables aux effets de contagion;
  - coopérer pour atteindre les objectifs de développement durable de 2015, atténuer et faire face au changement climatique, et éviter la propagation des épidémies à l’échelle mondiale.

### Tableau 1 — Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections (extraits)
- Titre: Perspectives de l’économie mondiale : aperçu des projections (Variation en pourcentage, sauf indication contraire)
- Ligne extraite (format original du tableau):
  - Production mondiale3,23,13,43,60,00,03,13,63,6
- Exemples de lignes extraites (format original du tableau):
  - Pays avancés2,11,61,92,00,10,21,81,92,0
  - États-Unis2,61,62,32,50,10,41,92,32,5
  - Zone euro2,01,71,61,60,10,01,61,61,5
  - Chine6,96,76,56,00,30,06,66,56,0
  - Pétrole 9/ -47,2–15,919,93,62,0–1,215,07,62,5
  - Prix à la consommation Pays avancés 0,30,71,71,90,00,01,01,82,0
- Note (extraits):
  - On suppose que les taux de change effectifs réels restent aux niveaux observés entre le 4 novembre et le 2 décembre 2016.
  - Pour la production mondiale, les pays inclus dans l'agrégation des estimations et projections trimestrielles représentent environ 90 % de la production mondiale annuelle en parité de pouvoir d’achat.
  - Le cours moyen du pétrole en 2016 était de 42,7 dollars le baril; hypothèses, au 6 décembre 2016, pour 2017 : 51,2 dollars le baril, et pour 2018 : 53,0 dollars le baril.

*0117f - Section 2 — Source: 0117f - Section 2 (https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2017/january/french/0117f.pdf)*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2017/january/french/0117f.pdf_
