## sumfweo0418chapter1

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### Accélération de la croissance mondiale (2016–17) et perspectives 2018–19
- Deux tiers des pays représentant environ trois quarts de la production mondiale ont enregistré une croissance plus rapide en 2017 que l’année précédente.
- Croissance mondiale :
  - 2017 : 3,8 percent
  - 2018 : 3,9 percent
  - 2019 : 3,9 percent
  - Au‑delà de 2019 : ralentissement progressif à 3,7 percent d’ici la fin de l’horizon de prévision.
- Révisions :
  - Prévision supérieure de 0,2 point à celle des PEM d’octobre 2017 pour 2018 et 2019.
  - Les effets des modifications de la politique budgétaire américaine expliquent presque la moitié de la révision à la hausse pour 2018–19.
- Contributions à l’accélération 2017 vs 2016 :
  - Pays avancés : accélération de 0,6 point en 2017, expliquée presque entièrement par l’investissement.
  - Pays émergents et pays en développement : accélération de 0,4 point en 2017 principalement due à une augmentation de la consommation privée.
  - Chine : résurgence des exportations nettes.
  - Inde : vigueur de la consommation privée.
  - Autres PEPD : investissement fixe accéléré de 2,3 points au‑dessus du niveau de 2016.

### Commerce, investissement et secteur manufacturier
- Rebond du commerce mondial en 2017 :
  - Croissance réelle du commerce mondial estimée à 4,9 percent en 2017.
  - Pays émergents et pays en développement : croissance du commerce de 2,2 percent en 2016 → 6,4 percent en 2017.
- Moteurs : hausse de l’investissement dans les pays avancés et reprise de l’investissement dans les pays exportateurs de produits de base précédemment en difficulté.
- Smartphones et cycle technologique (faits 2017) :
  - Ventes mondiales de smartphones : près de 1,5 milliard d’unités.
  - Une personne sur cinq dans le monde possède un smartphone.
  - Technologie et services mobiles : 3.600 milliards de dollars (4,5 percent) du PIB mondial en 2017.
  - Chine : ventes de smartphones à l’étranger de 128 milliards de dollars, soit 5,7 percent du total de ses exportations.
  - iPhone prix de vente moyen : 618 dollars en 2016 → 798 dollars en 2017.
  - Les smartphones ont été responsables d’environ un sixième du taux de croissance estimé du commerce mondial en 2017.

### Prix des produits de base et énergie
- Indice des prix des produits de base (FMI) : progression de 16,9 percent entre août 2017 et février 2018.
- Pétrole :
  - Prix passés à plus de 65 dollars le baril en janvier; retombés à 63 dollars le baril en février.
  - Prix moyens projetés : 2017 = 52,8 dollars le baril; 2018 hypothèse = 62,30 dollars le baril; 2019 hypothèse = 58,20 dollars le baril; 2023 ≈ 53,6 dollars le baril.
- Gaz naturel : indice moyen (États‑Unis, Europe, Japon) +45 percent entre août 2017 et février 2018.
- Métaux : +8,3 percent entre août 2017 et février 2018; minerai de fer +4,1 percent sur la même période.
- Produits agricoles : indice +4,1 percent entre août 2017 et février 2018; sous‑indices matières premières alimentaires +4,1 percent et agricoles +6,0 percent.
- Indice des prix des produits de base (hypothèses) :
  - Progression d’environ 11,9 percent en 2018 par rapport à sa moyenne de 2017 (hausse cumulée depuis 2016 d’environ 28,9 percent).
  - Diminution d’environ 3,7 percent en 2019.

### Inflation, marché du travail et salaires
- Inflation globale :
  - Accélération liée au rebond des prix du pétrole depuis septembre.
  - Inflation hors alimentation et énergie reste généralement faible mais montre des signes de redressement dans les pays avancés.
- Exemples :
  - États‑Unis : inflation mesurée par les dépenses de consommation des ménages ≈ 1,6 percent sur 12 mois en février; légèrement supérieure à 2 percent sur trois mois (annualisé).
  - Zone euro : inflation hors alimentation et énergie sur 12 mois = 1,1 percent en février.
  - Japon : inflation hors alimentation et énergie = 0,4 percent en janvier.
  - Royaume‑Uni : inflation hors alimentation et énergie ≈ 2,4 percent en février.
- Salaires :
  - Croissance des salaires nominale faible dans la plupart des pays avancés; évolue plus ou moins parallèlement à la productivité du travail en termes réels.
  - États‑Unis : accélération de la rémunération horaire en janvier; une accélération soutenue nécessaire pour ramener l’inflation hors alimentation et énergie à l’objectif moyen terme.

### Conditions financières et politique monétaire (principales décisions)
- États‑Unis : retrait du soutien monétaire avec hausses des taux d’intérêt à court terme en décembre et en mars; marchés intègrent actuellement deux nouvelles hausses en 2018.
- Banque centrale européenne : réduction des achats d’actifs mensuels de 60 milliards d’euros à 30 milliards d’euros; intention de poursuivre ces achats jusqu’à fin septembre 2018, ou au‑delà si nécessaire.
- Royaume‑Uni : relèvement du taux bancaire de 50 points de base en novembre.
- Canada : taux directeur relevé à 1,25 percent en janvier.
- Rendements et taux de change :
  - Rendements nominal 10 ans US : +plus de 50 points de base depuis août (à fin mars 2018).
  - Allemagne : +environ 10 points de base; Royaume‑Uni : +25 points de base; Japon : restés proches de zéro.
  - Dollar US effectif réel : affaibli d’environ 1½ percent entre août 2017 et fin mars 2018; ~4½ percent plus faible que sa moyenne de 2017.
  - Euro : apprécié d’environ 1 percent et ~4 percent au‑dessus de sa moyenne de 2017.
  - Livre sterling : appréciée de 5½ percent.

### Pays émergents : inflation, monnaies et flux de capitaux
- Inflation hors alimentation et énergie :
  - Brésil et Russie : voisine de plus bas historiques.
  - Inde : s’est accélérée après une baisse due à des facteurs exceptionnels.
  - Chine : reste aux environs de 2 percent.
- Monnaies (valeur effective réelle, août 2017 → fin mars 2018) :
  - Renminbi chinois : apprécié de 3½ percent.
  - Rand sud‑africain : rebondi de 10 percent.
  - Ringgit malaisien : apprécié de plus de 8 percent.
  - Lire turque : dépréciée de plus de 10 percent.
- Flux de capitaux : ralentis au deuxième semestre 2017 après un fort premier semestre; après les turbulences de février 2018, les flux d’investissements de portefeuille ont fléchi puis se sont redressés.

### Pays exportateurs de pétrole : gains/pertes et perspectives
- Effets des variations des termes de l’échange :
  - Gains/pertes calculés par (Δp_t^A x_{t–1} – Δp_t^B m_{t–1}) / Y_{t–1} (méthode fournie).
  - Gains/pertes modestes en 2018–19 par rapport à 2015–17 malgré la hausse des prix des produits de base prévue à court terme.
- Asymétrie : baisses des prix du pétrole procurent des gains en part du revenu aux pays importateurs, mais ces gains tendent à être plus faibles que les pertes des pays exportateurs.
- Convergence des revenus :
  - Sur 5 ans : 40 pays émergents et pays en développement (environ 27 percent du total) ne devraient pas combler leurs écarts de revenu par habitant; pour 12 d’entre eux le revenu par habitant devrait diminuer sur l’horizon de prévision à cinq ans.
  - Ces pays représentent environ 11 percent de la population et du PIB totaux du groupe; si l’échantillon se limite aux pays en développement à faible revenu, la part est d’un quart (14 pays) représentant environ 30 percent de la population et du PIB du groupe.

### Hypothèses macroéconomiques et politiques (PEM, avril 2018)
- Politique budgétaire :
  - Devraient rester expansionnistes dans les pays avancés en 2018 et surtout en 2019; devenir plus ou moins neutres dans les pays émergents et en développement.
  - Politique budgétaire supposée plus souple en 2018 et 2019 comparé aux PEM d’octobre 2017, reflétant l’affaiblissement attendu du solde budgétaire structurel américain suite à la réforme fiscale.
  - Politique budgétaire légèrement restrictive pour 2020–22 et plus clairement restrictive en 2023.
- Politique monétaire (hypothèse US) :
  - Objectif pour le taux directeur américain : environ 2,5 percent d’ici la fin de 2018; environ 3,5 percent d’ici la fin de 2019; retomber à un taux d’équilibre à long terme légèrement inférieur à 3 percent en 2022.
  - Zone euro et Japon : politique monétaire très accommodante; taux à court terme demeurant négatifs dans la zone euro jusqu’au milieu de 2019 et proches de zéro au Japon sur l’horizon de cinq ans.
- Conditions financières mondiales : supposées rester généralement accommodantes pendant 2018–19; normalisation aux États‑Unis et au Royaume‑Uni sans hausse marquée ou prolongée de la volatilité.

### Effets stylisés de la réforme fiscale américaine
- Mécanisme : déductibilité temporaire de toutes les dépenses d’investissement encourage l’avancement et l’achèvement de projets d’investissement pendant la période d’application.
- Conséquence attendue : réforme fiscale américaine freine le rythme de croissance à compter de 2020 et plus vigoureusement lors de l’élimination progressive de la déductibilité à partir de 2023.

### Risques, aléas et scénarios (extraits)
- Aléas à court terme : double sens et globalement équilibrés; incertitude plus grande qu’il y a un an, menée par dispersion des vues sur l’inflation et les prix du pétrole.
- Scénario illustratif — resserrement des conditions financières :
  - Hypothèse : prime d’échéance US gagne 50 points de base en 2018 et 50 de plus en 2019; prime d’échéance revient graduellement ensuite.
  - Effet quantifié sur les États‑Unis : PIB réel inférieur d’environ ¾ de point de pourcentage au scénario de référence des PEM d’ici 2020.
  - Dans un scénario d’aggravation (ligne rouge) : production baisse d’environ ½ percent par rapport au niveau de référence à l’horizon 2020 dans les pays émergents, et de plus de ¾ percent dans les pays avancés (hors États‑Unis).

### Priorités de politique et recommandations (nationales et multilatérales)
- Objectifs macro : maintenir la reprise, combler les écarts de production, ancrer les anticipations inflationnistes.
- Budgétaire : reconstituer des amortisseurs budgétaires, assainissement progressif là où l’espace est faible, réorientation des dépenses vers l’investissement productif, infrastructures, éducation et inclusion.
- Secteur financier : achever le nettoyage des bilans, renforcer la résilience bancaire et non bancaire, préserver un cadre réglementaire robuste.
- Politiques structurelles : investir dans les infrastructures, politiques du marché du travail pour compenser le vieillissement, améliorer la productivité via réformes (ex. marché du travail Japon, déréglementation services zone euro).
- Multilatéral :
  - Commerce : abaisser barrières là où elles sont élevées (agriculture), appliquer l’Accord sur la facilitation des échanges, promouvoir accords plurilatéraux.
  - Stabilité financière : renforcer cadres de résolution, surveillance des institutions non bancaires, cybersécurité, lutte contre le blanchiment d’argent.
  - Fiscalité : coopération multilatérale contre l’érosion des assiettes fiscales.

### Technologies, productivité et matériels TIC
- Écarts d’indice prix TIC (2010–15) et implications :
  - Ajustements de prix corrigés pour la qualité des matériels et logiciels TIC aux États‑Unis impliquent un ajustement implicite à la croissance de la productivité du travail de 24 points de base (2004–14) plus 8–10 points de base pour services de télécommunication et commerce électronique.
- Production numérique gratuite : impact potentiel moyen sur la croissance de la productivité de 0,1 à 0,2% par an les années de forte présence de produits de remplacement numériques.
- Recommandation : mesurer et corriger les déflateurs des TIC pour mieux estimer la productivité.

### Marchés des métaux et batteries — cobalt et lithium (dossier spécial)
- Métaux (août 2017 → février 2018) :
  - Indice agrégé des métaux : +8,3 percent.
  - Nickel : +24,8 percent.
  - Cobalt : +38,2 percent (février 2018 vs moyenne d’août 2017); cours du cobalt ont plus que doublé entre septembre 2016 et avril 2017 puis progressé de 25 percent entre novembre 2017 et janvier 2018.
- Lithium et cobalt — offre et demande :
  - Lithium : Australie et Chili > trois quarts de la production mondiale; réserves mondiales ≈ 600 fois la production en 2015 (US Geological Survey).
  - Cobalt : République démocratique du Congo > 50 percent de l’offre mondiale en 2016; raffinage géographiquement concentré (Chine premier producteur de raffinage).
  - Demande projetée (scénarios) :
    - Lithium (Deutsche Bank, 2017) : demande batteries lithium‑ion 181 → 535 kilotonnes d’équivalent carbone lithium d’ici 2025.
    - Cobalt (Olivetti et al., 2017) : demande > 330 kilotonnes d’ici 2025 sous scénario de 10 millions de véhicules électriques en 2025 (près de trois fois la production mondiale actuelle).
  - Implication : croissance annuelle moyenne requise > 11 percent pour le cobalt, sans précédent historique.
- Voies d’atténuation :
  - Diversifier approvisionnement en cobalt; encourager investissements dans capacités minières et raffinage; renforcer recyclage du cobalt; accélérer R&D sur batteries (batterie à l’état solide) pour réduire dépendance au cobalt.

### Régime global de commerce — indicateurs et limites
- Indicateurs comparés pour G‑20 : facilité de création d’une entreprise étrangère (BM–SFI), indice de restrictivité IDE (OCDE), IR exportations de services, licences non automatiques, NPF tarif moyen, indice de restrictivité des échanges de services (OCDE), soutien à l’agriculture (OCDE), facilitation des échanges (OCDE), protection commerciale, restrictions non tarifaires, restrictions à l’exportation, nombre de mesures sur l’IDE, exigences de localisation, droits et taxes à l’importation.
- Principales constatations : plus grandes distances au libre‑échange pour restrictions sur services et investissement, facilitation des échanges et réductions tarifaires additionnelles.
- Limites : indicateurs sommaires nécessitent compléments qualitatifs (ex. examens OMC) et informations contextuelles nationalisées pour guider les réformes.

*Fonds monétaire international | Avril 2018, extrait du chapitre 1*

### 2011. Deux tiers des pays représentant environ trois quarts

### 2011. Deux tiers des pays représentant environ trois quarts

### Accélération de la croissance mondiale en 2017
- Deux tiers des pays représentant environ trois quarts de la production mondiale ont enregistré une croissance plus rapide en 2017 que l’année précédente (la part la plus élevée de pays enregistrant une accélération de la croissance sur un an depuis 2010).
- En 2017, selon les données préliminaires, la croissance mondiale a été 0,2 point plus élevée que prévu dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) d’octobre 2017, avec des chiffres supérieurs aux prévisions au deuxième semestre dans les pays avancés ainsi que dans les pays émergents et les pays en développement.
- L’augmentation de l’investissement dans les pays avancés et la fin de la baisse de l’investissement dans certains pays émergents et pays en développement exportateurs de produits de base ont été des moteurs importants de l’accélération de la croissance du PIB et de l’activité manufacturière à l’échelle mondiale.

### Contributions sectorielles à l’accélération (2016–17)
- Pays avancés : accélération de 0,6 point de la croissance en 2017 par rapport à 2016, expliquée presque entièrement par l’investissement (graphique 1.2).
  - Facteurs soutenant l’investissement : affermissement de la formation brute de capital fixe, accélération de la constitution de stocks, politiques monétaires accommodantes, bilans plus solides et meilleures perspectives.
- Pays émergents et pays en développement : accélération de 0,4 point de la croissance en 2017 principalement due à une augmentation de la consommation privée (graphique 1.2).
  - Chine : résurgence des exportations nettes.
  - Inde : vigueur de la consommation privée.
  - Pays exportateurs de produits de base durement touchés (notamment Brésil et Russie, mais aussi Angola, Équateur et Nigéria) : fin de la contraction de l’investissement fixe a joué un rôle important.
  - Autres PEPD : accélération de la croissance de l’investissement fixe de 2,3 points au-dessus du niveau de 2016 a soutenu la croissance, de même qu’un affermissement de la consommation privée.

### Rebond du commerce mondial et de l’investissement
- Le commerce mondial s’est redressé vigoureusement en 2017 après deux années de faiblesse, avec un taux de croissance réelle de 4,9 % selon les estimations.
- Ce rebond a été plus prononcé dans les pays émergents et les pays en développement : la croissance du commerce est passée de 2,2 % en 2016 à 6,4 % en 2017.
- Moteurs du rebond du commerce :
  - Hausse du taux de croissance de l’investissement dans les pays exportateurs de produits de base précédemment en difficulté.
  - Reprise de l’investissement dans les pays avancés et demande intérieure plus générale.
- Contributions régionales :
  - Pays avancés : grands exportateurs (Allemagne, États-Unis, Japon, Royaume-Uni) ont largement contribué au redressement des exportations ; la reprise des importations a été généralisée, sauf au Royaume‑Uni.
  - PEPD : rebond particulièrement vigoureux des exportations dans les pays émergents d’Asie, surtout en Chine.
  - Les importations ont fortement augmenté dans les pays exportateurs de produits de base (Angola, Brésil, Équateur, Nigéria, Russie), qui avaient connu une forte contraction en 2015–16.

### Prix des produits de base
- L’indice des prix des produits de base établi par le FMI a progressé de 16,9 % entre août 2017 et février 2018.
- Détails par sous-indices :
  - Pétrole : prix passés à plus de 65 dollars le baril en janvier (niveau le plus élevé depuis 2015), retombés à 63 dollars le baril en février (soit 27 % au-dessous du niveau du mois d’août).
  - Gaz naturel : indice moyen (États-Unis, Europe, Japon) a augmenté de 45 % entre août 2017 et février 2018, en raison de facteurs saisonniers et d’une forte demande de GNL en Chine ; prix au comptant du GNL au niveau le plus élevé depuis trois ans.
  - Métaux : progression de 8,3 % entre août et février ; demande vigoureuse pour l’aluminium et offre limitée en partie par des baisses des capacités de production chinoises ; prix du minerai de fer en hausse de 4,1 % entre août et février.
  - Produits agricoles : indice des prix agricoles a progressé de 4,1 % entre août 2017 et février 2018 ; sous-indices des matières premières alimentaires et agricoles ont augmenté de 4,1 % et de 6,0 %, respectivement.
- Note : la hausse tient principalement au pétrole et au gaz naturel.

### Inflation et marché du travail
- Inflation globale :
  - L’inflation globale s’est accélérée avec le rebond des prix du pétrole depuis septembre.
  - L’inflation hors alimentation et énergie reste généralement faible mais montre des signes de redressement dans les pays avancés et semble avoir atteint un plus bas dans les pays émergents et les pays en développement.
- Exemples concrets :
  - États‑Unis : inflation mesurée par les dépenses de consommation des ménages a commencé à s’affermir ; en février, elle avoisinait 1,6 % sur 12 mois, mais était légèrement supérieure à 2 % sur trois mois (en taux annualisé).
  - Zone euro : inflation hors alimentation et énergie sur 12 mois est montée à 1,1 % en février.
  - Japon : inflation hors alimentation et énergie a atteint 0,4 % en janvier.
  - Royaume‑Uni : inflation hors alimentation et énergie avoisinait 2,4 % en février, restant au‑dessus de l’objectif de 2 % de la Banque d’Angleterre.
- Facteurs structurels :
  - La faiblesse persistante de l’inflation dans les pays avancés par rapport aux années d’avant la crise s’explique principalement par les services aux consommateurs non échangés (services médicaux, éducation).
  - La hausse des biens échangés est restée faible, mais n’a pas fléchi.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 6. Marché du travail américain

### 6. Marché du travail américain

### Salaires, emploi et inflation
- La croissance des salaires reste aussi timide dans la plupart des pays avancés : elle évolue plus ou moins parallèlement à la productivité du travail lorsqu’elle est mesurée en termes réels (c’est‑à‑dire avec une augmentation limitée des coûts unitaires de main‑d’œuvre).
- Facteurs expliquant l’atonie des salaires :
  - persistance de capacités de production inemployées sur le marché du travail, en particulier une part encore élevée de travailleurs qui occupent involontairement un emploi à temps partiel;
  - variations de la composition de la population active (nouveaux entrants gagnant relativement moins que les travailleurs partant à la retraite).
- États‑Unis :
  - Une accélération de la croissance de la rémunération horaire en janvier (dernier signal cité) constitue un signe d’affermissement du marché du travail après une période de solides gains de salaires.
  - Une accélération soutenue des revenus du travail sera nécessaire pour porter la croissance des salaires réels au‑dessus des gains de productivité du travail et favoriser le retour de l’inflation hors alimentation et énergie à un niveau correspondant à l’objectif à moyen terme.

### Conditions financières et politique monétaire
- Les conditions financières restent accommodantes et soutiennent la reprise malgré des turbulences boursières début février et en mars.
- Décisions de politique monétaire :
  - États‑Unis : retrait du soutien monétaire avec des hausses des taux d’intérêt à court terme en décembre et en mars; les marchés intègrent actuellement deux nouvelles hausses des taux d’intérêt en 2018.
  - Banque centrale européenne : réduction du rythme mensuel d’achats d’actifs de 60 milliards d’euros à 30 milliards d’euros; intention de poursuivre ces achats jusqu’à fin septembre 2018, ou au‑delà si nécessaire.
  - Royaume‑Uni : relèvement du taux bancaire à 50 points de base en novembre.
  - Canada : taux directeur relevé à 1,25 % en janvier.
- Rendements obligataires et changes :
  - Les rendements nominaux des bons du Trésor américain à 10 ans ont progressé de plus de 50 points de base depuis août (à fin mars 2018).
  - Rendements à long terme : +environ 10 points de base en Allemagne ; +25 points de base au Royaume‑Uni ; restés proches de zéro au Japon.
  - Le dollar américain s’est affaibli en termes effectifs réels d’environ 1½ % entre août 2017 et fin mars 2018, et est environ 4½ % plus faible que sa moyenne de 2017.
  - L’euro : s’est apprécié d’environ 1 % et se situe environ 4 % au‑dessus de sa moyenne de 2017.
  - La livre sterling : s’est appréciée de 5½ %.
- Marchés d’actions et volatilité :
  - Malgré les annonces de droits de douane et mesures de rétorsion, les cours boursiers restent plus solides qu’en août.
  - La volatilité a diminué après les pics mais reste plus élevée que les creux d’avant février.
  - Les écarts sur les prêts aux entreprises sont plus faibles qu’en août ou n’ont guère changé.

### Pays émergents : inflation, monnaies et flux de capitaux
- Inflation hors alimentation et énergie :
  - voisine de plus bas historiques au Brésil et en Russie;
  - en Inde, s’est accélérée après une baisse nette au deuxième trimestre 2017 due à des facteurs exceptionnels;
  - Chine : inflation hors alimentation et énergie reste aux environs de 2 %.
  - D’autres pays (Afrique subsaharienne, Communauté des États indépendants, Moyen‑Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan) continuent d’affronter une inflation élevée liée à des dépréciations antérieures des monnaies.
- Monnaies des pays émergents :
  - renminbi chinois : apprécié de 3½ % en valeur effective réelle entre août 2017 et fin mars 2018;
  - rand sud‑africain : rebondi de 10 %;
  - ringgit malaisien : apprécié de plus de 8 %;
  - lire turque : dépréciée de plus de 10 %.
- Flux de capitaux :
  - Les flux de capitaux vers les pays émergents ont ralenti au deuxième semestre 2017 après un fort premier semestre, mais sont restés robustes.
  - Après les turbulences d’action de février 2018, les flux d’investissements de portefeuille vers les pays émergents ont fléchi puis se sont redressés.

### Croissance, écarts de production et potentiel
- Depuis 2014, les pays avancés enregistrent une reprise continue; une politique monétaire accommodante et l’affaiblissement progressif des freins liés à la crise ont soutenu la croissance supérieure au potentiel et la réduction du chômage.
- Estimations et révisions :
  - Environ 40 % de l’écart de croissance cumulé de 0,6 point pour 2016–17 (par rapport aux PEM d’octobre 2016) s’explique par une réduction plus rapide que prévu des écarts de production (redressement cyclique), le reste correspondant à une révision à la hausse de la croissance potentielle estimée.
  - Environ 40 % de la révision de 1,7 point de la croissance cumulée dans les pays avancés pendant 2016–21 (par rapport aux PEM d’octobre 2016) s’explique par une réduction plus rapide des écarts de production, le reste par une croissance potentielle plus rapide.
  - Les projections de l’emploi dans les pays avancés pour 2021 ont été relevées d’environ 1,4 million par rapport à celles des PEM d’octobre 2016.
- Calendrier de convergence vers le potentiel :
  - Les écarts de production devraient être comblés pour le groupe des pays avancés d’ici la fin 2018 (selon les estimations).
  - Les États‑Unis devraient retrouver leur croissance potentielle plus tard, mais plus soudainement, la réforme fiscale américaine portant la production au‑dessus du potentiel pendant quelques années.

### Effets de la réforme fiscale américaine (scénario stylisé)
- Mécanismes et temporalité :
  - La déductibilité temporaire de toutes les dépenses d’investissement a un effet à court terme particulièrement prononcé en encourageant les entreprises à avancer et achever des projets d’investissement pendant la période d’application.
  - Conséquence attendue : la réforme fiscale américaine freinera le rythme de croissance à compter de 2020, puis plus vigoureusement lorsque la déductibilité des dépenses d’investissement commencera à être éliminée progressivement en 2023.

### Perspectives à moyen terme et contraintes structurelles
- Les taux de croissance par habitant à moyen terme des pays avancés devraient être inférieurs à ceux d’aujourd’hui et inférieurs à ceux d’avant la crise.
- Principale raison : ralentissement de la croissance de la population active dû au vieillissement de la population dans les pays avancés; ce frein ne devrait être compensé que partiellement par une reprise de la croissance de la productivité totale des facteurs (à des taux bien inférieurs à ceux des périodes pré‑crise).

### Pays exportateurs et importateurs de produits de base
- Divergence post‑2014 :
  - Les prix des métaux ont baissé depuis 2011 et les prix du pétrole ont chuté en 2014, provoquant une divergence entre pays importateurs et pays exportateurs de produits de base.
  - Avant 2014, taux de croissance des deux groupes similaires (hors Chine); depuis 2014, les pays importateurs ont maintenu une croissance rapide, tandis que les pays exportateurs ont enregistré une croissance environ moitié de leur moyenne 2000–14.
- Conséquences pour pays exportateurs de pétrole :
  - Ralentissement marqué de la production et de la demande intérieure après la dégradation des termes de l’échange;
  - Besoins importants d’ajustement budgétaire extérieur et durcissement des conditions financières;
  - La hausse des prix des produits de base au deuxième semestre 2017 permet une consolidation budgétaire plus progressive, mais n’annule que très partiellement la perte initiale de termes de l’échange pendant 2014–16;
  - Reprise de la croissance depuis le creux de 2015 très progressive; projections de croissance pour les cinq prochaines années plus ou moins inchangées depuis octobre 2017.

*Fonds monétaire international | Avril 2018, extrait du chapitre 1*

### 1. Pays exportateurs de pétrole

### 1. Pays exportateurs de pétrole

### Gains et pertes résultant des variations des termes de l’échange
- En dépit de la hausse des prix des produits de base prévue à court terme, les gains et pertes résultant des variations des termes de l’échange devraient être modestes en 2018–19 par rapport à 2015–17.
- Méthode de calcul (tel que présenté) : le gain (perte) dans l’année t pour un pays qui exporte x dollars américains du produit A et importe m dollars américains du produit B dans l’année t–1 est égal à : (Δp_t^A x_{t–1} – Δp_t^B m_{t–1}) / Y_{t–1}, où Δp_t^A et Δp_t^B sont les variations en pourcentage des prix de A et de B entre l’année t–1 et l’année t, et Y est le PIB dans l’année t–1 en dollars américains.

### Effets asymétriques pour pays importateurs et exportateurs de pétrole
- Lorsqu’ils baissent, les prix du pétrole procurent des gains en part du revenu aux pays importateurs, mais ces gains tendent à être plus faibles que les pertes correspondantes pour les pays exportateurs.
- Raison : les factures d’importations de pétrole des pays importateurs sont généralement moins élevées en part du revenu global que les recettes des exportations de pétrole des pays exportateurs, qui forment un groupe plus petit.
- La baisse des prix du pétrole de 2014 a stimulé la demande intérieure dans de nombreux pays importateurs, mais cet effet a souvent été partiellement compensé par une réduction des subventions énergétiques, entraînant une répercussion incomplète des gains sur les usagers finaux.
- Si les hausses récentes des prix du pétrole sont répercutées sur les usagers finaux, elles pourraient modérer la demande intérieure. Toutefois, l’effet négatif n’est souvent pas suffisamment marqué pour provoquer des révisions à la baisse de la croissance, compte tenu de l’amélioration des conditions externes, en particulier l’affermissement de la demande externe.

### Perspectives de convergence des revenus
- Bilan sur 50 ans : la convergence des revenus entre pays avancés et pays émergents/pays en développement n’est pas favorable.
- Pour les cinq prochaines années : 40 pays émergents et pays en développement (environ 27 percent du total) ne devraient pas combler leurs écarts de revenu par habitant par rapport aux pays avancés; le revenu par habitant de 12 de ces pays devrait diminuer sur l’horizon de prévision à cinq ans.
- La plupart des pays dont la croissance par habitant est inférieure à celle des pays avancés sont soit des pays exportateurs de produits de base (principalement de pétrole) soit des petits pays.
- Part relative : ces pays représentent une part plus petite de la population et du PIB totaux de tous les pays émergents et pays en développement (environ 11 percent).
- Si l’échantillon est limité aux pays en développement à faible revenu, la part des pays qui ne devraient pas réduire leur écart de revenu par habitant est d’un quart (14 pays); mais ces pays représentent une part plus élevée de la population et du PIB totaux du groupe (environ 30 percent).
- Perspectives régionales :
  - Convergence attendue en Chine, en Inde, en Asie de l’Est et dans les pays émergents d’Europe et certaines parties de la Communauté des États indépendants.
  - Croissance par habitant inférieure ou à peine supérieure à celle des pays avancés en Afrique subsaharienne, en Amérique latine et Caraïbes, et dans la région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan, en grande partie à cause des résultats médiocres de nombreux pays exportateurs de produits de base dans ces régions.

### Hypothèses de politique budgétaire et monétaire
- Politiques budgétaires :
  - Devraient rester expansionnistes dans les pays avancés en 2018 et surtout en 2019.
  - Devraient devenir plus ou moins neutres dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Comparé aux PEM d’octobre 2017 : la politique budgétaire est supposée plus souple en 2018 et 2019, reflétant en grande partie l’affaiblissement attendu du solde budgétaire structurel américain suite à la réforme du code des impôts récemment adoptée.
  - Politique budgétaire légèrement restrictive dans les pays avancés pour 2020–22 et plus clairement restrictive en 2023, lorsque certaines dispositions de la réforme fiscale américaine commenceront à expirer.
- Politique monétaire :
  - Taux directeur américain supposé se normaliser plus rapidement que prévu précédemment.
  - Objectif pour le taux directeur américain : environ 2,5 percent d’ici la fin de 2018 et environ 3,5 percent d’ici la fin de 2019, pour retomber à un taux d’équilibre à long terme légèrement inférieur à 3 percent en 2022.
  - Dans la zone euro et au Japon : politique monétaire supposée rester très accommodante; taux à court terme demeurant négatifs dans la zone euro jusqu’au milieu de 2019 et proches de zéro au Japon sur l’horizon de prévision à cinq ans.
  - Hypothèses pour les pays émergents : variables selon la diversité des positions conjoncturelles.

### Hypothèses relatives aux conditions financières et aux prix des produits de base
- Conditions financières mondiales : devraient rester généralement accommodantes pendant 2018–19; normalisation aux États-Unis et au Royaume-Uni sans hausse marquée ou prolongée de la volatilité.
- Indice des prix des produits de base établi par le FMI :
  - Progression d’environ 11,9 percent en 2018 par rapport à sa moyenne de 2017 (hausse cumulée depuis 2016 d’environ 28,9 percent).
  - Diminution d’environ 3,7 percent en 2019.
- Prix du pétrole :
  - Moyenne prévue de 62,3 dollars le baril en 2018 (contre 52,8 dollars en 2017 et au-dessus de la projection de 50,2 dollars le baril des PEM d’octobre 2017).
  - Prix du pétrole prévus à 58,2 dollars le baril en 2019, puis à environ 53,6 dollars le baril en 2023.
- Prix des métaux : devraient progresser de 13 percent en 2018, après une hausse de 22,2 percent en 2017, puis rester plus ou moins stables.

### Perspectives de la croissance mondiale et par groupes
- Croissance mondiale :
  - 2017 : 3,8 percent
  - 2018 : 3,9 percent
  - 2019 : 3,9 percent
  - Au-delà de 2019 : ralentissement progressif à 3,7 percent d’ici la fin de l’horizon de prévision.
  - Révisions : prévision supérieure de 0,2 point à celle des PEM d’octobre 2017 pour 2018 et 2019; les effets des modifications de la politique budgétaire américaine expliquent presque la moitié de la révision à la hausse pour 2018–19.
- Pays avancés :
  - 2017 : 2,3 percent
  - 2018 : 2,5 percent
  - 2019 : 2,2 percent
  - À moyen terme : 1,5 percent (correspondant à une modeste croissance potentielle).
- États-Unis :
  - 2017 : 2,3 percent
  - 2018 : 2,9 percent
  - 2019 : 2,7 percent
  - Impact attendu de la réforme fiscale et de l’accord budgétaire de février 2018 : PIB réel supérieur de 1,2 percent d’ici 2020 à une projection qui n’inclut pas ces modifications fiscales.
- Zone euro :
  - 2017 : 2,3 percent
  - 2018 : 2,4 percent
  - 2019 : 2,0 percent
- Japon :
  - 2017 : 1,7 percent
  - 2018 : 1,2 percent
  - 2019 : 0,9 percent
- Pays émergents et pays en développement :
  - 2017 : 4,8 percent
  - 2018 : 4,9 percent
  - 2019 : 5,1 percent
- Extraits du tableau des projections (sélection de chiffres clés) :
  - Production mondiale : 2017 = 3,8; 2018 = 3,9; 2019 = 3,9
  - Pétrole (cours, dollars) : 2017 = 52,8 dollars le baril; hypothèses 2018 = 62,30 dollars le baril; 2019 = 58,20 dollars le baril.
  - Indice des prix hors combustibles : 2017 progression de 5,6 percent; prévision 2018 = 5,0 percent; 2019 = 5,6 percent (selon tableau détaillé).
  - Inflation (pays avancés) : 2017 = 1,7 percent; 2018 = 2,0 percent; 2019 = 1,9 percent.
  - Taux du LIBOR dépôts en dollars (6 mois) : 2017 = 1,5 percent; 2018 = 2,4 percent; 2019 = 3,4 percent (selon tableau).
- Remarques méthodologiques présentes :
  - On suppose que les taux de change effectifs réels restent aux niveaux observés entre le 26 janvier et le 23 février 2018.
  - Les groupes de pays sont définis au chapitre 3 des PEM d’avril 2015; les sous-groupes de pays exportateurs de carburants et non exportateurs de carburants sont définis au tableau D de l’appendice statistique.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 2019. La révision à la hausse de 0,5 point en 2018 et de

### sumfweo0418chapter1 - 2019. La révision à la hausse de 0,5 point en 2018 et de

### Croissance mondiale et perspectives générales
- La révision à la hausse de 0,5 point en 2018 et de 0,1 point en 2019 par rapport aux PEM d’octobre dernier s’explique par des perspectives plus favorables pour la demande extérieure, une augmentation de l’investissement privé et le budget supplémentaire pour 2018.
- Les perspectives à moyen terme restent médiocres, principalement en raison de la diminution de la population active.

### Pays émergents et pays en développement — projections et dynamique régionale
- Croissance agrégée:
  - Croissance attendue pour les pays émergents et les pays en développement : 4,8 % en 2017, 4,9 % en 2018 et 5,1 % en 2019.
  - Révision de la prévision pour 2019 : +0,1 point pour l’ensemble du groupe, avec les révisions les plus marquées concernant les pays émergents d’Europe et l’Amérique latine.
  - À moyen terme, la croissance devrait se stabiliser autour de 5 %.
- Facteurs expliquant l’accélération:
  - Amélioration des perspectives des pays exportateurs de produits de base après trois années d’activité très faible.
  - Persistance de solides résultats économiques dans les pays émergents d’Asie.
- Pays émergents d’Asie:
  - Croissance voisine de 6½ % en 2018–19.
  - Chine : 6,9 % en 2017, 6,6 % en 2018 et 6,4 % en 2019. Prévision supérieure de 0,1 point pour 2018 et 2019 par rapport aux PEM d’octobre dernier.
  - Inde : 6,7 % en 2017, 7,4 % en 2018 et 7,8 % en 2019 (prévision inchangée par rapport aux PEM d’octobre dernier).
  - À moyen terme : rééquilibrage de l’investissement vers la consommation privée et de l’industrie vers les services; dette non financière devant continuer d’augmenter en pourcentage du PIB en Chine.
- Europe centrale et orientale (pays émergents et en développement d’Europe):
  - Estimée à près de 6 % en 2017, devrait ralentir à 4,3 % en 2018 et à 3,7 % en 2019.
- Amérique latine et Caraïbes:
  - Reprise progressive : 2,0 % en 2018 et 2,8 % en 2019.
  - Brésil : 1,0 % en 2017, 2,3 % en 2018 et 2,5 % en 2019.
  - À moyen terme : croissance freinée à 2,2 % par le vieillissement et la stagnation de la productivité.
- Russie:
  - Croissance du PIB réel : 1,7 % en 2018, puis environ 1,5 % pendant le reste de l’horizon de projection.
- Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan:
  - Croissance modérée aux environs de 3½ % en 2018–19.
- Afrique subsaharienne:
  - Croissance attendue : 3,4 % en 2018 et 3,7 % en 2019.
  - Afrique du Sud : 1,3 % en 2017, 1,5 % en 2018 et 1,7 % en 2019.
  - Perspectives à moyen terme : stabilisation à 1,8 % sur la période 2020–23.

### Perspectives d’inflation
- Tendance globale:
  - L’inflation globale s’accélère avec la remontée des prix des produits de base et la réduction des écarts de production; l’inflation hors alimentation et énergie devrait monter progressivement.
- Pays avancés:
  - Inflation globale : 1,7 % en 2017 à environ 2 % en 2018–19.
  - Révision pour 2018 : +0,3 point par rapport aux PEM d’octobre dernier.
  - États-Unis:
    - Inflation hors alimentation et énergie : 1,8 % en 2017, 2 % en 2018 et 2,5 % en 2019, avant de tomber à 2,3 % à moyen terme.
    - Inflation mesurée par les dépenses de consommation des ménages : 1,5 % en 2017, 1,7 % en 2018 et 2,2 % en 2019.
  - Zone euro:
    - Inflation hors alimentation et énergie : 1,1 % en 2017, 1,2 % en 2018 et 1,7 % en 2019.
    - Devrait atteindre progressivement 2 % d’ici 2021.
  - Royaume-Uni:
    - Inflation hors alimentation et énergie : 2,4 % en 2017, 2,5 % en 2018, 2,2 % en 2019 et 2 % à moyen terme.
- Pays émergents et en développement (hors Venezuela):
  - Inflation globale : 4,0 % en 2017 et 4,6 % en 2018.
  - Projection pour 2018 : supérieure de 0,2 point à celle des PEM d’octobre dernier.
  - En 2019 et au-delà : inflation prévue aux environs de 4,0 %.
  - Remarque : Venezuela exclu, où l’inflation cette année et l’année prochaine devrait dépasser 10.000 %.

### Perspectives du secteur extérieur
- Soldes des transactions courantes:
  - Globalement restés plus ou moins stables en 2017 par rapport à 2016.
  - Amélioration notable du solde courant des pays exportateurs de pétrole (près de 3 % de leur PIB) due à un redressement partiel des prix d’exportation.
  - Prévisions 2018–19 : nouvelles améliorations des soldes courants des pays exportateurs de pétrole; creusement du déficit courant des États-Unis en raison d’une politique budgétaire expansionniste.
  - À moyen terme : soldes courants plus ou moins stables à leur niveau de 2017–18; baisse du déficit courant américain attendue à mesure que s’atténuent les effets de la politique budgétaire expansionniste; diminution des excédents en Chine et, dans une moindre mesure, en Europe.
- Déséquilibres courants et taux de change:
  - Les déséquilibres excessifs de 2016 ont été réduits en 2017; projections indiquent une nouvelle baisse à moyen terme, mais pour certains grands pays les réductions sont modestes (par ex., Allemagne) ou l’aggravation se poursuit (par ex., États-Unis).
  - Variations des taux de change effectifs réels entre 2016 et février 2018 ont contribué à réduire modérément les écarts de 2016.
  - L’édition 2018 du Rapport sur le secteur extérieur examine les effets des variations des paramètres fondamentaux et des politiques économiques souhaitables sur l’évaluation des déséquilibres courants excessifs et des écarts de taux de change pour 2017.
- Positions extérieures globales:
  - Les positions créditrices et débitrices en pourcentage du PIB mondial devraient augmenter légèrement au cours des cinq prochaines années.
  - Positions créditrices : hausse principalement due aux pays avancés européens en raison d’excédents courants élevés attendus.
  - Positions débitrices : augmentation de la position débitrice des États-Unis et d’autres pays avancés (Canada, France, Royaume-Uni), partiellement compensée par une baisse de la position débitrice des pays débiteurs de la zone euro.
  - Prévisions 2017–23 :
    - Positions créditrices dans les pays européens avancés et au Japon devraient atteindre ou dépasser 80 % de leur PIB.
    - Position débitrice des États-Unis devrait atteindre 50 % de leur PIB.
    - Réduction notable des passifs de la position extérieure globale nette dans un groupe de pays débiteurs de la zone euro (dont l’Italie et l’Espagne), diminution de plus de 20 points de leur PIB.
- Contributions intérieures et extérieures à la croissance:
  - En 2017, la croissance de la demande intérieure a été plus rapide dans les pays créditeurs que dans les pays débiteurs, principalement en raison de la croissance élevée en Chine.
  - La contribution extérieure nette à la croissance a été positive pour les pays créditeurs; pour les pays débiteurs, la contribution extérieure nette a été forte et positive dans les pays de la zone euro, mais légèrement négative pour les États-Unis en 2017 et prévue davantage négative en 2018 en raison d’une politique budgétaire expansionniste.
  - Une augmentation de la demande intérieure dans certains pays créditeurs (par ex., Allemagne) faciliterait le rééquilibrage global; aux États-Unis, un plan à moyen terme visant à inverser la hausse du ratio de la dette publique et des mesures budgétaires pour accroître progressivement les capacités internes et la demande assurerait une dynamique de croissance plus durable et contribuerait à maîtriser les déséquilibres extérieurs.

### Aléas et risques
- Les aléas à court terme restent à double sens et plus ou moins équilibrés.
- Sources d’optimisme:
  - Confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs restée élevée jusqu’au milieu de février.
  - Indicateurs à haute fréquence laissant prévoir une croissance solide dans les mois à venir.
  - Anticipations d’une rentabilité plus élevée pouvant encourager des plans d’investissement et d’embauche plus ambitieux.
  - Reprise en cours de l’investissement pouvant favoriser un rebond de la productivité et une croissance potentielle plus élevée.
- Source de risque:
  - Les modifications attendues des politiques macroéconomiques mondiales, et leurs effets sur les taux de change, pourraient entraîner une aggravation des déséquilibres des flux (par exemple, une appréciation nette du dollar liée à des attentes d’un durcissement plus rapide de la politique monétaire américaine).
  - Les PEM supposent que les taux de change effectifs réels restent plus ou moins stables au niveau de la période de référence (février 2018).

*Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2018/april/french/sumfweo0418chapter1.pdf*

### 2. Croissance pour les pays débiteurs

### 2. Croissance pour les pays débiteurs

### Récapitulatif des risques et constats généraux
- Les turbulences des marchés de début février 2018 et la correction des marchés boursiers en mars après l’annonce par les États‑Unis de droits de douane sur l’acier et l’aluminium, ainsi que sur une série de produits chinois, et l’annonce par la Chine de mesures de rétorsion, rappellent que les prix des actifs peuvent se corriger rapidement et provoquer des ajustements de portefeuille déstabilisants.
- Les conditions financières mondiales restent très favorables malgré une volatilité légèrement plus élevée qu'aux creux observés avant les turbulences de février.
- Une version plus sévère des turbulences de début février (par exemple, un durcissement soudain des conditions financières déclenché par une accélération plus rapide de l’inflation aux États‑Unis) demeure une possibilité et pourrait modérer l’augmentation de la demande mondiale.
- Une aggravation des tensions commerciales et des obstacles élargis au commerce international pèseraient directement sur l’activité économique et affaibliraient la confiance, amplifiant d’autres répercussions négatives.

### Vulnérabilités financières
- Les conditions financières accommodantes à moyen terme peuvent conduire à une accumulation de facteurs de vulnérabilité sur fond de recherche de rendement.
- Les investisseurs se sont tournés vers des actifs plus risqués pour compenser les faibles rendements des titres traditionnels; la part des entreprises à faible note de crédit dans les indices obligataires des pays avancés a augmenté sensiblement.
- La dette des entreprises demeure considérable dans certains pays émergents, parfois avec un recours élevé à des sources de financement en dehors des relations bancaires traditionnelles.
- En Chine, le durcissement de la réglementation de l’intermédiation non bancaire est décrit comme le début d’une action nécessaire pour limiter l’accumulation de facteurs de vulnérabilité.
- Un durcissement plus rapide que prévu de la politique monétaire américaine, si nécessaire parce que l’économie américaine opère au‑dessus de son potentiel, pourrait conduire à une hausse des primes de terme et des coûts du service de la dette, amplifiant des répercussions internationales négatives.
- La croissance rapide des crypto‑actifs, si elle se maintient et attire des investisseurs institutionnels plus importants, augmenterait les liens avec le système financier et pourrait créer de nouvelles sources de risques pour la stabilité financière.
- Les atteintes à la cybersécurité et les cyberattaques contre l’architecture financière pourraient mettre à mal les systèmes de paiements internationaux et perturber les flux de biens et services.

### Baisse du soutien à l’intégration mondiale et commerce
- L’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste concerne 11 pays représentant environ 15 % du commerce mondial.
- La signature annoncée de l’accord portant création de la Zone de libre‑échange continentale couvre l’ensemble de l’Afrique.
- Le soutien accordé à la mondialisation semble s’être affaibli dans certains pays avancés; plusieurs accords (ALENA, arrangements Royaume‑Uni/UE) sont en renégociation.
- Les récentes mesures commerciales des États‑Unis (droits de douane sur panneaux solaires, machines à laver, aluminium, acier, et une série de produits chinois) et les mesures de rétorsion annoncées par la Chine sont citées comme facteurs aggravants.
- Selon l’analyse citée (FMI, 2016a), une augmentation du protectionnisme dans tous les pays entraînant une hausse de 10 % des prix des importations partout réduit la production et la consommation mondiales d’environ 1¾ % après cinq ans et de près de 2 % à long terme, tandis que l’investissement et le commerce mondiaux diminuent encore plus.
- Une baisse de l’immigration risquerait d’empêcher les sociétés vieillissantes de compenser les baisses tendancielles des taux de croissance de la population active.
- Une aggravation des déséquilibres extérieurs dans certains pays, y compris les États‑Unis (où le déficit des transactions courantes devrait augmenter en raison des mesures de relance budgétaire attendues), pourrait accroître les pressions protectionnistes.

### Facteurs non économiques
- Les tensions géopolitiques (notamment en Asie de l’Est et au Moyen‑Orient) assombrissent les perspectives à moyen terme; la prévision centrale suppose qu’elles se réduisent progressivement, mais si elles se prolongeaient la reprise serait retardée.
- L’incertitude politique (élections à venir ou leurs suites dans des pays comme le Brésil, la Colombie, l’Italie et le Mexique) risque de peser sur l’exécution des réformes ou de réorienter les programmes d’action.
- Une gouvernance médiocre et une corruption à grande échelle peuvent miner la confiance et affaiblir le soutien du public aux réformes.
- Les événements climatiques extrêmes récents soulignent le risque d’événements climatiques graves récurrents infligeant des coûts humanitaires et des pertes économiques dévastatrices; ces événements pourraient aussi accentuer les flux migratoires et déstabiliser les pays d’accueil.

### Analyse d’incertitude (graphique en éventail)
- L’incertitude entourant la prévision de croissance centrale est plus ou moins égale quant à savoir si la prévision sera révisée à la hausse ou à la baisse, mais elle est plus grande qu’il y a un an.
- L’augmentation de l’incertitude s’explique principalement par une plus grande dispersion des vues sur l’évolution de l’inflation et des prix du pétrole.
- La probabilité d’une récession sur un horizon de quatre trimestres (deuxième trimestre de 2018 au premier trimestre de 2019) a diminué dans la plupart des régions par rapport à la probabilité calculée dans les PEM d’octobre 2017.
- Les risques à moyen terme pour la croissance demeurent élevés; les conditions financières favorables impliquent que la croissance à court terme pourrait être révisée à la hausse, mais ces mêmes conditions représentent un risque pour la croissance à moyen terme, supérieur aux normes historiques.
- Les risques de déflation, mesurés par la probabilité à quatre trimestres d’une déflation au deuxième trimestre de 2019 avec un écart de production négatif, ont généralement diminué.
- Dans la zone euro, la probabilité conjointe d’une inflation globale à quatre trimestres négative au deuxième trimestre de 2019 et d’un écart de production négatif pour le même trimestre, qui est à peine supérieure à 10 %, a augmenté modérément en raison de l’effet de base d’un pic des prix du pétrole début 2018 et de leur baisse ultérieure.

### Priorités de politique
- Les politiques nationales et multilatérales doivent veiller à ce que la dynamique de reprise se maintienne, que les écarts de production se comblent et que les anticipations inflationnistes restent bien ancrées.
- La vigueur de l’activité à court terme offre l’occasion de reconstituer des amortisseurs budgétaires là où nécessaire et de se concentrer sur des priorités à moyen et long terme : rehausser la croissance potentielle, réduire les inégalités, renforcer la résilience financière et faire face aux changements climatiques.
- Les pouvoirs publics ont un rôle essentiel à jouer pour gérer les risques dans les secteurs financiers bancaires et non bancaires; un vaste démantèlement du renforcement de la réglementation et de la surveillance du secteur financier depuis la crise mondiale pourrait faciliter une prise de risque excessive et nuire à la stabilité financière mondiale.

### Pays avancés — politique monétaire
- L’expansion de l’activité dans les pays avancés a favorisé la création d’emplois, réduit les taux de chômage et comblé des écarts de production.
- Dans la plupart des pays avancés, la croissance des salaires nominaux et l’inflation hors alimentation et énergie demeurent modérées; les anticipations d’inflation future laissent entrevoir un retour lent vers les objectifs des banques centrales.
- Après de nombreuses années de croissance médiocre et d’inflation faible, les conditions macroéconomiques appellent en général à poursuivre une politique monétaire accommodante; toutefois, si la production est proche de son potentiel et que l’inflation se rapproche des objectifs, un retrait progressif du soutien monétaire se justifie.
- Il est nécessaire de continuer une politique monétaire accommodante dans la zone euro et au Japon jusqu’à ce que l’inflation accélère durablement vers les objectifs.
- Au Royaume‑Uni, le taux de chômage est proche de son plus bas niveau enregistré; de nouvelles baisses pourraient accroître les tensions inflationnistes en provoquant une croissance des salaires plus rapide alors que l’inflation est déjà supérieure à l’objectif après la dépréciation de la livre post‑référendum du Brexit.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 1. Probabilité d’une récession, 2018 : T2–2019 : T1

### 1. Probabilité d’une récession, 2018 : T2–2019 : T1

### Régions couvertes
- États-Unis
- Zone euro
- Japon
- Asie de l’Est
- Amérique latine 5
- Reste du monde

*Source: sumfweo0418chapter1 - 1. Probabilité d’une récession, 2018 : T2–2019 : T1*

### 2. Probabilité d’une déflation, 2019 : T2

### 2. Probabilité d’une déflation, 2019 : T2

### Récapitulatif des constats macroéconomiques et monétaires
- Nécessité de normaliser la politique monétaire « en fonction des données » pour ramener l’inflation au niveau fixé comme objectif et maintenir des anticipations ancrées.
- Aux États‑Unis, le taux de chômage s’est approché des creux des années 90 et des premiers signes d’accélération des salaires apparaissent; l’économie est « déjà probablement à son niveau potentiel ».
- La réforme du code des impôts de décembre 2017 et l’accord budgétaire de février 2018 pourraient stimuler considérablement l’activité et alimenter des pressions sur les salaires et les prix, imposant éventuellement « un retrait plus rapide du soutien monétaire ».

### Politique budgétaire : objectifs et recommandations
- Reconstituer les amortisseurs budgétaires et prioriser les objectifs à moyen terme.
- Dans les pays avec peu d’espace budgétaire : assainissement progressif tout en réorientant la composition des dépenses vers des domaines qui augmentent la production potentielle, réduisent les inégalités et protègent les plus vulnérables.
- Calibrer le rythme de l’assainissement en fonction de la vigueur de la reprise et éviter de freiner brutalement la croissance.
- Recommandations spécifiques :
  - Allemagne : utiliser la marge de manœuvre budgétaire pour accroître l’investissement public (infrastructures numériques, programmes de garde d’enfants, formation, intégration des réfugiés).
  - Japon : éviter une baisse prématurée du soutien budgétaire; ancrer la trajectoire de la dette avec un plan crédible d’assainissement budgétaire à moyen terme incluant « une rationalisation des prestations de santé, de retraite et de soins à long terme, ainsi que des augmentations progressives et régulières du taux de la taxe sur la consommation à compter de 2019 ».
  - États‑Unis : suite à la réforme fiscale et à l’accord budgétaire, garantir des recettes plus élevées à l’avenir et freiner progressivement la dynamique des dépenses publiques tout en réorientant celles‑ci vers les infrastructures, la lutte contre la pauvreté et l’accroissement du taux d’activité.

### Politique du secteur financier : actions prioritaires
- Achever le nettoyage des bilans et accroître la résilience aux chocs.
- Zone euro : continuer de réduire les prêts improductifs (notamment Grèce, Italie, Portugal), améliorer l’efficience‑coût et la rentabilité des banques, procéder à des consolidations dans les pays surbancarisés, et parachever l’union bancaire.
- Japon : accroître les revenus tirés des commissions, diversifier les sources de revenu, engager consolidations et rationalisations pour améliorer la rentabilité des banques régionales.
- États‑Unis : éviter une déréliction générale de la réglementation susceptible d’augmenter le risque systémique; continuer d’améliorer l’alphabétisation financière et la protection des consommateurs.
- Usage approprié et prévisible des opérations de renflouement des créanciers et des recapitalisations de précaution pour réduire l’incertitude et la charge pour les contribuables.

### Politiques structurelles : stimuler la productivité et l’inclusion
- À moyen terme, la croissance devrait ralentir et se rapprocher d’une croissance potentielle modérée après comblement des écarts de production.
- Mesures recommandées par région :
  - États‑Unis : investissements publics en infrastructures, meilleure efficacité des dépenses d’éducation, soutien aux apprentissages professionnels, formations et recyclage.
  - Japon : réformes du marché du travail (conciliant sécurité et flexibilité), réduction des obstacles à l’entrée, réforme du gouvernement d’entreprise, accroissement du taux d’activité des femmes et des travailleurs âgés, usage accru de travailleurs étrangers.
  - Zone euro : réduire la dualité du marché du travail (ex. Espagne), réforme des négociations salariales (ex. Italie), déréglementation des services et développement du capital‑risque (ex. Allemagne).

### Pays émergents : priorités et risques
- Objectifs communs : renforcer la résilience financière, réduire les écarts de revenu par rapport aux pays avancés, et partager largement les bienfaits de la croissance.
- Politique cyclique : inflation modérée dans plusieurs pays émergents; toutefois, Argentinе et Turquie présentent une inflation supérieure aux cibles, nécessitant une politique monétaire restrictive.
- Politique budgétaire : besoin général de renforcer les amortisseurs et de garantir la viabilité des programmes d’assurance sociale (ex. Brésil, Chine, Inde, Argentine).
- Renforcer la résilience financière :
  - Inde : surendettement des entreprises et qualité du crédit freinant l’investissement; recapitalisation des banques publiques annoncée en 2017 doit s’inscrire dans un ensemble de réformes.
  - Turquie : limiter les asymétries de monnaie sur les bilans et l’exposition élevée au risque de change; éviter recours excessif à l’endettement à court terme.
  - Chine : réduire la banque parallèle, comptabiliser rapidement les actifs non productifs, réduire la tolérance et faire disparaître progressivement les garanties implicites.
- Rehausser la croissance potentielle et l’inclusion : améliorer infrastructures, accès au crédit, formation professionnelle, réduire barrières au commerce (ex. Brésil, Mexique), cibler la lutte contre la corruption et promouvoir l’État de droit.

### Pays en développement à faible revenu : défis et politiques recommandées
- Détérioration de la situation des finances publiques dans plusieurs pays à faible revenu; hausse des dépenses courantes, y compris coûts du service de la dette.
- Mesures recommandées :
  - Élargir l’assiette de l’impôt, améliorer la discipline fiscale, réduire subventions inefficaces pour générer ressources pour santé, assainissement, électricité, voirie et formation.
  - Favoriser la croissance inclusive : couverture universelle des services de santé essentiels, amélioration de l’éducation préscolaire, combler les écarts de scolarisation primaire et secondaire, améliorer accès à l’eau propre et à l’assainissement.
  - Renforcer la résistance financière : supervision proactive, constitution de provisions pour créances irrécouvrables, améliorer cadres de résolution et réduire arriérés budgétaires.
  - Pour pays hors unions monétaires : usage de l’assouplissement du taux de change et des réserves pour atténuer la volatilité.

### Diversification, résilience climatique et gouvernance
- Diversification économique impérative pour exportateurs de produits de base et pays exposés aux catastrophes naturelles.
- Outils : gestion macroéconomique saine, investissement en éducation, accès au crédit, réduction des lacunes d’infrastructures, amélioration de la gouvernance (transparence, protection contre expropriation, sélection rigoureuse des projets).
- Importance d’efforts multilatéraux pour réduire émissions de gaz à effet de serre, atténuer impacts climatiques et gérer flux migratoires et pression sur pays d’accueil.

### Politiques multilatérales : domaines d’action
- Commerce : abaisser barrières dans secteurs à droits élevés (agriculture), mettre en œuvre l’Accord sur la facilitation des échanges de février 2017, adapter règles au commerce numérique, promouvoir accords plurilatéraux régionaux.
- Stabilité financière mondiale : renforcer volants de capitaux des banques, profil de liquidité, cadres de résolution pour institutions d’ampleur mondiale, consolidation de la compensation centrale, combler lacunes de données, renforcer surveillance des institutions non bancaires, lutte contre le blanchiment d’argent et cybersécurité, préserver relations de correspondants bancaires.
- Fiscalité : coopération multilatérale pour limiter l’érosion des assiettes fiscales due à la délocalisation des bénéfices et à l’évasion fiscale.
- Facteurs non économiques : coopération transfrontalière essentielle pour réduire émissions et maîtriser répercussions du réchauffement climatique.

### Scénario illustratif : effets d’un resserrement des conditions financières (Encadré scénario 1)
- Hypothèse centrale : une inflation non anticipée aux États‑Unis provoque un élargissement plus rapide que prévu de la prime d’échéance américaine :
  - la prime d’échéance gagne 50 points de base en 2018, et 50 de plus en 2019 (ligne bleue du graphique scénario 1).
  - Par la suite, la prime d’échéance « revient graduellement à son niveau de référence ».
- Effets additionnels : resserrement des conditions financières accentuant l’aversion au risque et faisant grimper les primes de risque souveraines et d’entreprise (ligne rouge du graphique scénario 1).
- Transmission et contraintes :
  - Les primes de risque souveraines et d’entreprise augmentent en 2018 et 2019 puis diminuent au même rythme que la prime d’échéance.
  - Les banques centrales des pays émergents pourraient ne pas pouvoir pleinement compenser le resserrement des conditions financières par un assouplissement monétaire.
  - Dans la zone euro et au Japon, la politique monétaire conventionnelle est restreinte par la trajectoire des taux directeurs à court terme dans le scénario de référence des PEM.
- Impact quantifié sur les États‑Unis :
  - Une augmentation des taux d’intérêt effectifs réels aux États‑Unis (due à l’élargissement plus rapide de la prime d’échéance et à la nécessité de contrer la hausse plus forte que prévu de l’inflation) « freine la demande globale et ramène le PIB réel américain à un niveau inférieur d’environ ¾ de point de pourcentage au scénario de référence des PEM d’ici 2020 ».

*Source : Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale : Reprise cyclique et changement structurel, Avril 2018.*

### 1. PIB réel

### 1. PIB réel

### Conditions financières mondiales et incidence sur l’activité
- Dans un scénario d’aggravation des conditions financières mondiales (ligne rouge), la production baisse d’environ ½ percent par rapport au niveau de référence à l’horizon 2020 dans les pays émergents, et de plus de ¾ percent dans les pays avancés (hors États-Unis).
- Aux États-Unis, l’incidence sur l’activité tient, pour près de moitié, à la normalisation plus rapide de la prime d’échéance (ligne bleue) et, pour moitié, à une aversion accrue au risque (ligne rouge).
- Il est supposé que l’étroite marge de manœuvre offerte par la politique monétaire conventionnelle dans la zone euro et au Japon exacerbe les effets d’une hausse des primes d’échéance et de risque sur les taux d’intérêt réels et, dès lors, sur l’activité.
- Ces effets pourraient être atténués dans la zone euro et au Japon si des mesures de politique monétaire non conventionnelle étaient mises en œuvre.
- Dans les pays émergents :
  - L’effet global de l’augmentation des primes d’échéance est relativement faible, car la politique monétaire compense en grande partie l’incidence sur les taux d’intérêt réels, ce qui amortit les effets sur l’activité (ligne bleue).
  - Toutefois, lorsque l’aversion au risque s’accroît et que les tensions favorables à des sorties de capitaux s’intensifient, la marge de réaction de la politique monétaire est limitée et l’activité ralentit de façon plus sensible et persistante par rapport au scénario de référence (ligne rouge).

### Smartphone sector — incidence sur le commerce mondial et sur certaines économies
- Faits clés et chiffres de 2017 :
  - Les ventes mondiales de smartphones ont atteint près de 1,5 milliard d’unités.
  - Une personne sur cinq dans le monde possède un smartphone.
  - La technologie et les services mobiles représentent 3.600 milliards de dollars (4,5 percent) du PIB mondial en 2017.
  - La Chine a vendu 128 milliards de dollars de smartphones au reste du monde, soit l’équivalent de 5,7 percent du total de ses exportations.
  - En Corée, les semi-conducteurs représentaient 17,1 percent du total des exportations.
  - À leur pic (octobre 2017), les composants de la production de smartphones représentaient :
    - plus d’un tiers des exportations de la province chinoise de Taiwan,
    - 17,4 percent des exportations de la Malaisie,
    - 15,9 percent des exportations de Singapour.
  - Les smartphones ont été responsables d’environ un sixième du taux de croissance estimé du commerce mondial en 2017.
  - Le prix de vente moyen d’un iPhone est passé de 618 dollars en 2016 à 798 dollars en 2017 (selon les états financiers trimestriels d’Apple).
  - Dans les cinq principales économies d’Asie participant au cycle technologique (Chine, Corée, Malaisie, Singapour, province chinoise de Taiwan), le total des exportations s’est accru de 6,7 percent en 2017.
- Effets sur la valeur ajoutée et l’emploi :
  - Selon les estimations, l’Irlande, la Corée et la province chinoise de Taiwan sont les principaux bénéficiaires du nouveau cycle technologique en termes de valeur ajoutée.
  - En Irlande, la valeur ajoutée des exportations d’iPhones a représenté un quart de l’expansion économique du pays en 2017.
  - Le revenu dégagé des ventes de smartphones ne profite pas pleinement à l’économie irlandaise : du fait de l’acquisition d’actifs de la propriété intellectuelle par des intérêts étrangers, l’emploi reste presque inchangé.
  - En Corée, la chaîne de production des composants des smartphones représentait environ un tiers du taux de croissance du PIB réel en 2017.
  - Dans la province chinoise de Taiwan, cette part était d’environ 40 percent.
- Cycle technologique et dynamique des ventes :
  - Le nouveau cycle technologique dépend essentiellement des dates de sortie des iPhones; les iPhones ont été en tête des ventes mondiales au quatrième trimestre de 2017, devant Samsung.
  - Les ventes d’iPhones sont passées de 35,1 millions d’unités à 78,3 millions entre le premier trimestre de 2012 et le quatrième trimestre de 2016.
  - Le cycle technologique se divise en deux parties :
    1. cycle précédant la sortie d’un nouveau modèle : exportation de composants vers la Chine (production finale),
    2. cycle suivant la sortie : envoi des smartphones de la Chine vers le reste du monde.
  - Fin 2015, les ventes mondiales de smartphones ont peut‑être atteint un plateau ; la tendance n’est pas linéaire et peut avoir atteint son pic en septembre 2015.
  - Les livraisons mondiales de smartphones ont diminué en 2017 pour la première fois depuis que les données sont collectées (IDC, 2018).
  - Malgré le ralentissement des ventes mondiales de smartphones, la demande tendancielle des exportations de semi-conducteurs coréens continue de s’accélérer, et dans la province chinoise de Taiwan les commandes de produits électroniques exportés grimpent toujours à un rythme soutenu.
- Conclusion : le nouveau cycle technologique a profondément influencé les exportations et la croissance de plusieurs pays d’Asie via des chaînes d’approvisionnement complexes; même si le marché des smartphones peut être proche de la saturation, la demande d’autres produits électroniques devrait continuer de stimuler la production de semi-conducteurs, notamment en Corée.

### Inflation hors alimentation et énergie dans les pays avancés
- Observations générales :
  - L’inflation hors alimentation et énergie dans les pays avancés a baissé pendant deux ans suite à la crise financière mondiale et n’a pas remonté de manière significative depuis (graphique 1.2.1).
  - Dans ces pays, l’augmentation des salaires est également restée d’une atonie remarquable : les salaires ont augmenté de 1,5 point de pourcentage en moins en 2017 par rapport aux années qui ont précédé la crise.
  - L’absence de tensions plus fortes sur les salaires et les prix depuis deux ans est particulièrement déroutante compte tenu de l’accélération de la demande et de la baisse du chômage dans de nombreux pays.
- Raisons avancées pour expliquer la déconnexion entre inflation et activité intérieure :
  1. Sous-estimation des capacités inemployées : La croissance des capacités de production (production potentielle) a peut-être été sous-estimée et les capacités excédentaires ne diminuent peut‑être pas aussi rapidement que ne l’indiquent l’accélération de l’activité ou la baisse de l’emploi.
  2. Anticipations : Bien que la production s’accélère et que les conditions sur les marchés du travail se durcissent, les entreprises peuvent hésiter à augmenter les salaires et les prix si elles doutent de la durabilité de la reprise. Il se peut aussi que les anticipations d’inflation des entreprises et des travailleurs se soient inscrites en baisse dans un contexte d’inflation résolument inférieure aux objectifs, de chômage de longue durée et de la perception d’une réduction de la marge de manœuvre de la politique monétaire.
  3. Frein exercé par les prix d’importation et la concurrence étrangère : En 2016, alors qu’environ la moitié des importations des pays avancés provenait d’économies dont la production était inférieure à son potentiel, l’atonie de l’inflation dans les pays avancés s’explique peut‑être en partie par l’importation de l’inflation plus faible de leurs partenaires commerciaux. L’usage répandu des technologies numériques peut avoir réduit le coût des échanges, intensifiant ainsi la concurrence pour les produits nationaux et exerçant des pressions à la baisse sur leurs prix.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 (extrait du chapitre 1)*

### 4. Amélioration de la négociabilité : Plus généralement,

### 4. Amélioration de la négociabilité : Plus généralement,

### Rôle de l’échangeabilité, de la délocalisation et de la concurrence mondiale sur l’inflation
- L’amélioration de l’échangeabilité et la menace de délocalisation de la production peuvent avoir rendu l’inflation moins sensible aux facteurs intérieurs et plus réactive aux facteurs extérieurs, y compris la demande et les capacités inemployées.
- Le chapitre 2 de l’édition d’octobre 2016 des PEM montre qu’une capacité industrielle excédentaire dans les principales économies, surtout en Chine, a exercé des pressions à la baisse sur l’inflation des prix à la production sur la période 2015–16 par l’intermédiaire des prix à l’importation plus faibles.
- La baisse des prix des marchandises par rapport aux services s’explique par des gains d’efficience plus rapides en matière de production de marchandises et par la poursuite de l’intégration de pays à coûts de production moindres dans les chaînes de valeur et le commerce.

### Biens échangeables vs services : données désagrégées et implications
- Pour interpréter la faiblesse de l’inflation, il est utile de distinguer l’inflation des biens échangeables de celle des biens non échangeables (notamment la plupart des services) :
  - Si des facteurs extérieurs étaient déterminants, on s’attendrait à une baisse plus forte de l’inflation des biens échangeables par rapport aux services.
  - Une diminution généralisée de l’inflation de tous les biens indiquerait un rôle plus important des facteurs intérieurs.
- Observations empiriques sur l’inflation hors alimentation et énergie dans 16 pays avancés (échantillon précisé dans les graphiques) :
  - Depuis la crise financière mondiale, la désinflation tient surtout aux services.
  - La moyenne pondérée de l’inflation des biens hors alimentation et énergie dans les 15 pays avancés ne présente aucun affaiblissement systématique depuis la crise financière mondiale (mais avec une forte volatilité autour d’un niveau bas).
  - Les variations de l’inflation des biens hors alimentation et énergie ont été hétérogènes d’un pays à l’autre, certains pays affichant même une hausse de cette inflation.
  - La baisse de l’inflation des services a été remarquablement vaste entre 2011–17 par rapport à 2002–08.

### Analyse sectorielle et résultats de régression
- Ventilation sectorielle de l’inflation hors alimentation et énergie (variations 2011–17 vs 2002–08) :
  - L’inflation a ralenti le plus dans les secteurs suivants : services médicaux, éducation et transport.
  - L’inflation a été plus élevée pour certains biens échangés : véhicules, produits médicaux et habillement.
- Résultats de l’analyse de régression sur la variation sectorielle de l’inflation entre 2002–08 et 2011–17 :
  - Pour les secteurs des biens échangeables : les variables muettes des pays expliquent 29 % de la variation et celles des secteurs seulement 5 %.
  - Pour les biens non échangeables : les variables muettes des pays représentent 21 % de la variation et celles des secteurs 17 %.
- Interprétation : les baisses de l’inflation hors alimentation et énergie dans des secteurs spécifiques depuis la crise sont plus largement attribuables à des facteurs propres au pays plutôt qu’à des facteurs sectoriels mondiaux uniformes.

### Rôle des politiques publiques et autres explications
- Les secteurs où l’inflation est particulièrement faible (services de soins médicaux et éducation) ne semblent pas devenir plus échangeables qu’auparavant.
- Il est probable que les politiques des pouvoirs publics aient contribué à la décélération des prix dans ces secteurs, puisque les prix des services médicaux et de l’éducation sont administrés ou réglementés dans de nombreux pays.
- Conclusion synthétique sur les causes de la morosité de l’inflation :
  - Les tendances des données désagrégées indiquent que l’amélioration de l’échangeabilité et la concurrence mondiale n’ont sans doute pas été les principales causes de la morosité de l’inflation ces dernières années.
  - La faiblesse de l’inflation des prix des services suggère que les facteurs intérieurs, notamment l’action des pouvoirs publics, sont les principaux freins.
- Pistes de recherche suggérées : étudier les effets sur l’inflation d’une échangeabilité accrue des services, de l’évolution de la mobilité des facteurs et de la contestabilité du marché de l’emploi.
- Remarque factuelle : le commerce international des services a sensiblement augmenté ces dernières années, grâce aux progrès des technologies de l’information et de la communication.

### Croissance potentielle et croissance durable : points saillants (encadré lié aux mêmes analyses)
- Estimations et évolutions récentes :
  - Entre 2011 et 2017, la croissance potentielle a augmenté, en moyenne, de 0,4 point de pourcentage pour 10 grands pays avancés, comparé à une hausse de la croissance effective de 0,6 point de pourcentage sur cette période.
  - Un groupe de cinq pays émergents (hors Chine) enregistre une baisse de la croissance potentielle d’environ 0,7 point de pourcentage depuis 2011, la croissance réelle ayant ralenti de 1,9 point de pourcentage.
- Décomposition par facteurs (fonction de production Cobb–Douglas) :
  - La modeste hausse des estimations de croissance potentielle est principalement imputable à un redressement de la productivité totale des facteurs (PTF) — le résidu dans le cadre.
  - La contribution du stock de capital à la croissance potentielle reste faible et bien inférieure à sa moyenne d’avant la crise, en partie parce que le niveau de l’investissement (en pourcentage de la production) reste bas.
  - La contribution du facteur travail reste globalement faible, en raison d’une croissance peu soutenue de la population active qui neutralise l’effet d’une légère baisse récente du TCAI.
- Croissance durable :
  - La « croissance durable » est estimée au moyen d’un filtre multivarié qui tient compte des cycles financiers (écarts des prix du crédit, du logement et des actions et de l’inflation).
  - Les estimations de croissance durable sont similaires à celles de la croissance potentielle dans les pays avancés, mais présentent une hausse légèrement plus modérée ces dernières années, la récente accélération du crédit et la hausse des prix immobiliers et boursiers impliquant que la hausse du PIB est en partie alimentée par des facteurs financiers.
  - Pour les pays émergents, les estimations de croissance durable sont légèrement en retrait par rapport à celles de la croissance potentielle.

### Mesure de la productivité et erreurs de déflateurs
- La lenteur de la croissance de la productivité pourrait être en partie due à une sous-estimation de la productivité réelle :
  - La surévaluation des déflateurs des produits des technologies de l’information et de la communication (TIC) est une cause probable de cette sous-estimation.
  - Les études sur les déflateurs dans les comptes nationaux des États-Unis font ressortir une sous-estimation de l’ordre de 0,3 point de pourcentage.
  - Le ralentissement observé de la croissance de la productivité dans de nombreux pays avancés est de l’ordre de 1 à 2 points de pourcentage par rapport à la tendance antérieure.
- Problèmes méthodologiques :
  - Difficulté d’ajuster les prix pour tenir compte des changements de qualité des matériels et logiciels TIC.
  - Sous-représentation possible des nouveaux produits et fournisseurs dans les échantillons de prix.
  - Variations importantes des déflateurs des produits TIC entre pays de l’OCDE dues à des divergences dans les méthodes d’ajustement de la qualité et les échantillons.

### Recommandations et enseignements pour les pouvoirs publics
- Pour améliorer les perspectives de croissance à moyen terme, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures visant à résoudre les faiblesses structurelles :
  - Investissement dans les infrastructures.
  - Initiatives sur le marché de l’emploi destinées à compenser les effets du vieillissement de la population sur l’économie.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 1. Matériels TIC

### sumfweo0418chapter1 - 1. Matériels TIC

### Écarts d’indice des prix TIC et implications pour la productivité
- Trois séries d’écarts présentées :  
  - Matériels TIC (Écart de croissance entre les indices des prix TIC et hors TIC)  
  - Logiciels et bases de données (Écart de croissance entre l’indice des prix des logiciels et l’indice des prix hors TIC)  
  - Services de communication (Écart de croissance entre l’indice des prix des services de télécommunication et l’IPC)
- Graphique 1.4.1 : Écart en pourcentage de la croissance annuelle moyenne, 2010–15.  
  - Note : pour l’Espagne, les statistiques pour matériels TIC et logiciels et bases de données correspondent à la période 2010–14. Pour l’Autriche, les statistiques pour les services de communication correspondent à la période 2011–15.
- Étude au Royaume-Uni : le taux de variation des prix des services de télécommunication a été surévalué de 7 points de pourcentage au cours de la période 2010–15 (Abdirahman et al., 2017).

### Estimations d’effet sur la productivité (États-Unis et comparaisons internationales)
- Ajustements de prix corrigés de la qualité des matériels et logiciels TIC aux États-Unis (Byrne, Fernald et Reinsdorf, 2016 ; Byrne et Corrado, 2017) :  
  - croissance des déflateurs corrigés nettement inférieure à celle des déflateurs officiels.  
  - Ajustement implicite à la croissance de la productivité du travail aux États-Unis : 24 points de base au cours de la période 2004–14.
  - Ajustement additionnel pour non-mesure des améliorations des services de télécommunication et économies de prix du commerce électronique : 8 à 10 points de base.
- Impact selon le poids des articles dans la production intérieure et selon les méthodes nationales de mesure des prix : l’ampleur varie d’un pays à l’autre.

### Effets liés à la mondialisation et à la relocalisation des multinationales
- Problème : statistiques de productivité couvrent la production sur le territoire ; la fragmentation internationale et la relocalisation d’actifs peuvent fausser la localisation effective de la production.  
- Guvenen et al. (2017) : ventilation de la production mondiale des multinationales ayant siège ou activités aux États-Unis :  
  - augmentation de 0,25 point de pourcentage du taux estimé de croissance de la productivité aux États-Unis sur la période 2004–08, mais aucun effet par la suite.

### Production numérique gratuite, bien‑être et limites des statistiques de productivité
- Catégories de produits numériques gratuits :  
  - produits de remplacement gratuits de produits non numériques (ex. appels vidéo sur Internet, paiement en ligne, fonctions de caméra et GPS des smartphones),  
  - médias non payants financés par la publicité et la collecte de données,  
  - produits fabriqués par des bénévoles (logiciels libres).
- Inclusion possible dans les statistiques : certains produits de remplacement gratuits peuvent être saisis en tant qu’améliorations de la qualité d’un produit numérique dont le prix est fixé.  
- Estimation fondée sur le poids des articles remplaçables dans un panier de consommation moyen OCDE en 2005 : impact moyen potentiel sur la croissance de la productivité de 0,1 à 0,2% par an les années où le nombre des produits de remplacement numériques était élevé (Reinsdorf et Schreyer, 2017).
- Médias non payants financés par la publicité : la plupart des études trouvent un effet minime sur la croissance de la productivité. Proposition extrême (Nakamura, Samuels et Soloveichik, 2017) : comptabiliser toutes les informations gratuites à des fins de marketing dans la consommation de médias relèverait le taux estimé de croissance de la productivité aux États-Unis de 0,1 point de pourcentage.
- L’effet d’un élargissement de la définition de l’investissement pour inclure la collecte de données sur les consommateurs n’a pas encore été étudié.
- Autres effets non marchands à explorer : production de logiciels libres par des bénévoles ; gains de productivité dans la gestion du temps des ménages liés aux plateformes numériques ; réaffectation entre production marchande et non marchande.

### Encadré 1.5 — Simulation MBMI : réduction temporaire de l’impôt sur les bénéfices des sociétés vs majoration temporaire de la déduction pour investissements passés en charges
- Modèle utilisé : modèle monétaire et budgétaire mondial intégré (MBMI) du FMI (version décrite dans Carton, Fernandez-Corugedo et Hunt, 2017).
- Hypothèses communes aux deux simulations : modification crédible des règles fiscales des sociétés (taux de l’impôt sur les bénéfices ou fraction des dépenses d’investissement déductible) de façon à contracter d’un demi pour cent du PIB pendant cinq exercices les recettes publiques tirées de l’imposition du secteur des entreprises ; au terme des cinq exercices, retour aux paramètres de référence ; paiements de transfert aux ménages réduits pour ramener la dette publique à son niveau de référence à long terme.
- Spécificités :  
  - Réduction du taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés : recettes tirées des ventes intérieures et extérieures imposables, possibilité de déduire tous les frais (main‑d’œuvre, loyers, amortissement du capital, charges d’intérêt, intrants intermédiaires y compris importés). Réduit les paiements au titre de l’impôt sur les bénéfices des sociétés et le montant déductible du coût d’utilisation de tous les intrants.  
  - Majoration de la déduction pour les investissements passés en charges : le taux d’impôt sur les sociétés reste inchangé ; certaines dépenses d’investissement peuvent être considérées comme dépenses (charges) et déduites des bénéfices.
- Résultats principaux :  
  - Les deux mesures augmentent le rendement des dépenses en capital, mais la majoration temporaire de la déduction pour investissements passés en charges a des conséquences beaucoup plus importantes sur l’investissement et la production.  
  - Dans le scénario de majoration de la déduction : forte incitation à investir uniquement sur la base des dépenses d’investissement pendant la période où la déduction est majorée ; l’essor de l’investissement soutient l’emploi et les salaires réels, stimule la consommation et augmente les prix domestiques.  
  - Réaction de la politique monétaire : renforcement (durcissement) de la politique monétaire ; hausse des taux d’intérêt réels qui absorbe partiellement la réduction du coût du capital, freinant l’investissement privé ; appréciation du taux de change effectif réel, baisse de la compétitivité à l’exportation, progression de la demande d’importations et détérioration de la balance courante.  
  - Après expiration de la déduction majorée : recul de l’investissement, retour du stock de capital au niveau de référence, recul de l’emploi et des salaires réels, repli de la consommation ; assouplissement monétaire ultérieur, baisse du taux d’intérêt réel et dépréciation du taux de change réel, puis amélioration des exportations.  
  - Réduction temporaire de l’impôt sur les bénéfices des sociétés : augmente le rendement de l’utilisation de tous les facteurs (incluant le capital déjà installé), mais influe beaucoup moins sur l’incitation à investir que la majoration de la déduction pour investissement ; retombées moindres sur l’investissement, avec aussi recul de l’emploi, des salaires, de la consommation et de la demande intérieure par rapport au scénario de déduction majorée.
- Conclusion synthétique : une augmentation temporaire de la déduction pour les investissements passés en charges peut avoir des effets à court terme beaucoup plus importants sur l’activité que la diminution temporaire du taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés entraînant une baisse identique des recettes budgétaires.

*Source : Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2018*

### 1. Régime global de commerce

### 1. Régime global de commerce

### Indicateurs utilisés pour comparer les régimes de commerce des pays du G-20
- Facilité de création d’une entreprise étrangère, BM–SFI (2008–11)
- Indice de restrictivité de la réglementation de l’IDE, OCDE (2016)
- IR des exportations de services en cas de présence commerciale, BM (2008–11)
- Licences non automatiques (2010–16)
- NPF : tarif moyen appliqué (2015–16)
- Indice de restrictivité des échanges de services, OCDE (2017)
- Soutien à l’agriculture : équivalent subvention à la production, OCDE (2015–16)
- Facilitation des échanges : résultats, moyenne de l’OCDE (2017)
- Protection commerciale
- Restrictions non tarifaires à l’importation
- Restrictions à l’exportation
- Nombre de mesures sur l’IDE
- Exigences de localisation
- Droits et taxes à l’importation

### Principales constatations tirées des graphiques et notes
- Les indicateurs sont normalisés de deux manières selon le graphique :
  - Graphique 1.6.1 : 0 = pays du G-20 le moins ouvert ; 1 = pays du G-20 le plus ouvert.
  - Graphique 1.6.2 : 0 = pays du G-20 le plus fermé ; 1 = libre-échange.
- L’écart par rapport au libre-échange est le plus large pour :
  - les restrictions frappant les services et l’investissement,
  - la facilitation des échanges,
  - les réductions tarifaires additionnelles accordées au titre de la nation la plus favorisée.
- Les indicateurs fournissent des ratios de couverture des importations (exportations), sauf dans le cas de l’IDE où le chiffre rapporté est le nombre de mesures.

### Limites des indicateurs et recommandations pour l’analyse
- Les indicateurs ne révèlent aucune appréciation quant à la conformité à l’OMC des mesures sous-jacentes, ni sur la question de savoir si certaines mesures, comme celles de protection commerciale, sont une riposte adéquate aux actions des autres pays.
- L’indicateur sur la « facilité de création d’une entreprise » repose sur des opinions résultant d’un processus d’enquête bien établi de la SFI.
- En raison des limites inhérentes à tout indicateur sommaire, il est préférable d’utiliser ces indicateurs avec des sources qualitatives, notamment les examens de la politique commerciale de l’OMC.
- Des informations sur le contexte propre à chaque pays sont essentielles pour les discussions sur la portée, l’ordre et le rythme des réformes commerciales.

### Domaines identifiés pour un meilleur chiffrage et amélioration des données
- Il serait utile de chiffrer d’autres aspects des régimes de commerce des pays, notamment :
  - les réglementations « derrière la frontière » qui peuvent entraver les échanges,
  - les aides de l’État (subventions, entreprises publiques),
  - les marchés publics,
  - la propriété intellectuelle.
- Une amélioration des données, à la fois dans les différents pays et sur les domaines d’action des autorités qui ont des conséquences importantes pour le commerce, permettrait de mieux éclairer les débats sur la politique commerciale.

*Fonds monétaire international | Avril 2018.*

### 2019. Elle devrait monter progressivement à 2 % d’ici

### sumfweo0418chapter1 - 2019. Elle devrait monter progressivement à 2 % d’ici

### Principales perspectives d’inflation — économies avancées
- Zone avancée (contexte) : l’inflation devrait monter progressivement à 2 % d’ici 2021 sur fond de croissance supérieure à la tendance dans les deux années à venir et d’anticipations inflationnistes qui s’affermissent.
- Japon :
  - Inflation globale prévue : 1,1 % en 2018–19 (contre 0,5 % en 2017).
  - Inflation hors alimentation et énergie : 0,1 % en 2017 → 0,5 % en 2018 → 0,8 % en 2019.
  - Remarques : l’inflation restera probablement inférieure à la fourchette établie par la Banque du Japon sur l’horizon de prévision en raison de la répercussion généralement lente de la demande vigoureuse sur les salaires et les coûts d’exploitation, et d’un ajustement très graduel des anticipations inflationnistes.
- Royaume-Uni :
  - Inflation globale : 2,7 % en 2018, comme en 2017.
  - Inflation hors alimentation, énergie, boissons alcoolisées et tabac : 2,4 % en 2017 → 2,5 % en 2018 → 2,2 % en 2019 → 2 % à moyen terme.
  - Remarques : la diminution des capacités de production inemployées et la dépréciation de la livre devraient maintenir l’inflation au-dessus de la fourchette fixée par la Banque d’Angleterre en 2018; relèvements des taux d’intérêt et retrait de l’impulsion monétaire attendus.

### Principales perspectives d’inflation — pays émergents et en développement
- Chine :
  - Inflation globale : 2,5 % cette année.
  - À moyen terme : environ 3 %.
  - Remarques : hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie; inflation hors alimentation et énergie se redresse légèrement du fait de la baisse des capacités excédentaires dans le secteur industriel, d’une demande robuste de services et de pressions croissantes sur les salaires dues à la diminution de la population active.
- Brésil et Russie :
  - Inflation globale prévue en 2018 : entre 3 % et 4 %.
  - Remarques : les écarts de production se comblent progressivement; inflation devrait s’accélérer à moyen terme avec montée de l’inflation hors alimentation et énergie et hausse modeste des prix des produits de base, mais rester bien en deçà de la moyenne des dix dernières années.
- Mexique :
  - Taux moyen d’inflation : aux environs de 4,4 % en 2018 (contre 6,0 % en 2017).
  - Prévision : ralentissement pour avoisiner 3,0 % en 2019.
  - Remarques : atténuation des effets de facteurs temporaires tels que la libéralisation des prix des carburants.
- Afrique subsaharienne :
  - Perspective : l’inflation devrait ralentir légèrement en 2018 et en 2019, mais rester supérieure à 10 % dans les économies principales.
  - Facteurs : répercussions de la dépréciation de la monnaie et impact sur les anticipations inflationnistes (Angola); facteurs liés à l’offre et hypothèse d’une politique monétaire accommodante à l’appui de la politique budgétaire (Nigéria).

### Évolution récente et perspectives des cours des produits de base
- Indice des cours des produits de base établi par le FMI :
  - Progression : +16,9 % entre août 2017 et février 2018 (périodes de référence utilisées pour l’édition d’octobre 2017 et la présente édition).
  - Détail par composante :
    - Énergie : +26,9 %.
    - Métaux : +8,3 %.
    - Produits agricoles : +4,1 %.
- Pétrole :
  - Cours du pétrole : ont dépassé 65 dollars le baril (en janvier), atteignant leur plus haut niveau depuis 2015.
  - Facteurs de hausse : interruptions de l’offre, prorogation de l’accord de production de l’OPEP, croissance mondiale plus forte que prévu.
  - Évolution récente : recul après un niveau plus élevé qu’anticipé de la production des États-Unis.
- Gaz naturel et charbon :
  - Gaz naturel : cours beaucoup progressé en raison de l’utilisation pour le chauffage en hiver et de la forte demande en Chine.
  - Charbon : cours augmentés mais moins que les autres produits énergétiques, du fait d’un passage de nombreux pays du charbon au gaz.
- Contexte OPEP :
  - Accord du 30 novembre 2017 : proroge jusqu’à la fin de 2018 l’objectif de production en place depuis janvier 2017 (après les accords d’avril 2017 et novembre 2016), prévoyant une réduction de la production.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Encadré 1.9. Perspectives d’inflation des régions et pays*

### 4. Indice des cours de métaux

### 4. Indice des cours de métaux

### Vue d’ensemble
- Période de base : 2 janv. 2014 = 100.
- Sources : Bloomberg Finance L.P. ; FMI, système des cours des produits de base ; Thomson Reuters Datastream ; estimations des services du FMI.
- Note méthodologique : les cours à terme utilisés dans les PEM sont des hypothèses de référence dérivées des cours à terme propres à chaque rapport des PEM. Les PEM d’avril 2018 ont été établies à partir des cours du 22 Iévrier 2018 heure de clôture.
- Observateurs et contributeurs : Christian Bogmans et Akito Matsumoto (co-chefs d’équipe), Rachel Yuting Fan, Lama Kiyasseh (recherche).

### Pétrole : évolution et facteurs d’offre/demande
- Mesures d’offre récentes :
  - Réduction conjointe de l’ordre de 1,2 million de barils par jour (mbj) par rapport à octobre 2016 (accord OPEP).
  - Compression supplémentaire d’environ 0,6 mbj par rapport à octobre 2016 due à la non-modification de la production de la Russie et d’autres pays non membres de l’OPEP.
  - Production du Venezuela : 2,38 mbj en 2016 ; 2,10 mbj au troisième trimestre de 2017 ; 1,62 mbj en décembre 2017 ; anticipation d’environ 1,0 mbj d’ici la fin de 2018.
- Effets d’interruptions imprévues : États-Unis (côte du golfe du Mexique), Venezuela, Libye, mer du Nord ; ouragans et dégâts aux infrastructures ont ralenti la réaction de la production aux hausses de cours.
- Estimation d’impact offre vs demande :
  - Révision à la hausse de la croissance mondiale de 0,2 point de pourcentage en 2018 implique au plus une augmentation de 0,2 % de la demande pétrolière.
  - Avec une élasticité de l’offre par rapport aux cours comprise entre 0,03 et 0,1, une progression de 0,2 % de la demande implique une hausse de 2 à 6 % des cours (soit 1 à 3 dollars par rapport à un niveau initial de 50 dollars le baril).
  - Si les prévisions de l’offre pour 2018 sont révisées à la baisse de 0,8 mbj et que l’élasticité de l’offre et de la demande sont identiques, environ 80 % de la hausse récente des cours serait due à une dégradation des conditions de l’offre.
  - Régression indiquant que, depuis août 2017, l’évolution des cours du pétrole ne peut être attribuée à celle de la demande mondiale qu’à hauteur de 20 % seulement.
- Hypothèses de référence et perspectives :
  - Cours à terme indiquent une baisse à environ 53,6 dollars le baril en 2023 (graphique plage 2).
  - Hypothèses de référence pour les cours moyens au comptant (FMI) : 62,3 dollars le baril en 2018 (hausse de 18,0 % par rapport à la moyenne de 2017) ; 58,2 dollars le baril en 2019 (graphique plage 3).
  - Risques : hausse liée à des replis supplémentaires au Venezuela et interruptions imprévues ; baisse possible due à une augmentation inattendue de la production aux États-Unis et au Canada.
  - Conclusion sur la courbe longue : devrait se maintenir à environ 55 dollars.

### Gaz naturel et charbon
- Indice des cours du gaz naturel (moyenne Europe, Japon, États-Unis) : augmentation de 45,0 % entre août 2017 et février 2018 (facteurs saisonniers et hiver extrêmement froid en Europe).
- Forte demande de GNL en Chine (réduction de l’utilisation du charbon pour lutter contre la pollution) et hausse de la demande en Inde au second semestre 2017.
- Indice des cours du charbon (moyenne australienne et sud-africaine) : progression de 8,4 % entre août 2017 et février 2018.
- Facteurs : restrictions à l’importation en Chine en juillet 2017 ; levée temporaire des restrictions pour répondre à la demande de chauffage en hiver.

### Hausse des cours des métaux : faits saillants
- Indice agrégé des métaux : augmentation de 8,3 % entre août 2017 et février 2018, soutenue par l’amélioration de la croissance dans les grands pays et la dépréciation du dollar.
- Minerai de fer :
  - Prix en février ≈ 78 dollars la tonne (contre 74,6 dollars en août) : progression de 4,1 %.
  - Facteurs : hausse des cours de l’acier, restrictions étatiques aux aciéries en Chine, hausse du charbon alimentant la demande de minerai de fer.
- Aluminium :
  - Progression d’environ 7,5 % en février par rapport à août.
  - Causes : compression de la production en Chine (mesures anti-pollution), déficit offre/demande mondial.
- Cuivre :
  - Hausse de 8 % entre août 2017 et février 2018, tirée par une forte demande en Chine.
  - Marchés à terme prévoient de nouvelles hausses à moyen terme.
- Nickel :
  - Hausse de 24,8 % par rapport à août 2017, atteignant des pics pluriannuels en février.
  - Stocks à la Bourse des métaux de Londres : creux de 14 mois en janvier.
- Cobalt :
  - Hausse de 38,2 % en février 2018 par rapport à la moyenne d’août 2017 ; record de neuf ans à la fin janvier.
- Uranium :
  - Oscillation autour de 20 dollars depuis août ; redressement début novembre suivi d’un recul : chute de 11,2 % entre août 2017 et février 2018.

### Denrées alimentaires et produits agricoles
- Indice agricole (FMI) : augmentation de 4,1 % entre août 2017 et février 2018.
  - Sous-indices : denrées alimentaires +4,1 % ; matières premières agricoles +6,0 % ; boissons −3,6 %.
- Céréales et oléagineux en particulier soutiennent l’augmentation attendue des cours alimentaires.
- Blé :
  - Hausse de 23,9 % entre août 2017 et février 2018.
  - Tensions jusqu’en novembre puis redressement dû au froid et au temps sec affectant les cultures de blé d’hiver dans les plaines du sud des États-Unis.
- Soja : hausse de 7,5 % (août 2017–février 2018) en raison des craintes sur les récoltes en Amérique du Sud (Argentine : chaleur et sécheresse).
- Maïs : augmentation de 10,1 % depuis août 2017 ; pluie au Brésil entrave les semis.
- Huile de palme : hausse de 3,4 % (août 2017–février 2018) ; facteurs : biodiesel en Indonésie et réduction de l’offre de soja.
- Coton : progression de 11,3 % (août 2017–février 2018) ; facteurs : ravageurs en Inde, perturbations aux États-Unis, contraction des stocks en Chine.
- Viandes :
  - Porc : baisse de 11,2 % entre août 2017 et février 2018 (facteurs saisonniers).
  - Bœuf : hausse de 3,1 % (forte demande à l’exportation, sécheresse aux États-Unis réduisant le nombre de bovins).
- Cacao : hausse de 6,8 % (août 2017–février 2018) liée au temps sec en Afrique de l’Ouest.
- Café Arabica : baisse de 7,6 % (août 2017–février 2018).
- Sucre : diminution de 6,7 % (août 2017–février 2018) en raison de révisions à la hausse de la surproduction mondiale anticipée (Inde : production pouvant dépasser jusqu’à 40 % celle de la campagne précédente).
- Prévisions agrégées :
  - Cours des denrées alimentaires : hausse de 2,6 % en 2018 et de 1,8 % en 2019 (contre projections antérieures d’une baisse de 0,7 % et d’une hausse de 2,6 %, respectivement).
- Risques à la hausse : perturbations et variabilité des conditions atmosphériques (La Niña), modifications des politiques commerciales, retournement partiel de la dépréciation du dollar, incertitudes sur la superficie mondiale des cultures de maïs.

### Métaux pour batteries et véhicules électriques
- Contexte technologique et structure des coûts :
  - Batteries lithium‑ion : anode généralement en carbone graphitique ; cathode utilise du lithium et un mélange de cuivre, nickel, manganèse, aluminium et cobalt ; électrolyte organique liquide.
  - Dépenses liées aux métaux des cathodes représentent une large part du coût total des batteries et des véhicules électriques.
- Dynamique des prix et de la demande :
  - Offre de lithium et de cobalt n’a pas suivi la forte croissance de la demande due à l’essor des véhicules électriques ; conséquence : hausse des cours.
  - Cours au comptant du carbonate de lithium en Chine : hausse de plus de 30 % (période non précisée dans l’extrait).

*Fonds monétaire international — Dossier spécial : marchés des produits de base — Avril 2018*

### 2017. L’évolution des cours du cobalt est encore plus re-

### sumfweo0418chapter1 - 2017. L’évolution des cours du cobalt est encore plus re-

### La situation de l’offre de lithium et de cobalt
- Lithium
  - L’Australie et le Chili sont de loin les deux principaux producteurs de lithium, avec plus des trois quarts de la production mondiale; l’Argentine arrive ensuite, très nettement derrière.
  - Selon l’US Geological Survey, les réserves mondiales étaient 600 fois plus élevées que la production en 2015.
  - La production n’est donc pas limitée par la rareté des ressources physiques; toutefois, de nouvelles capacités n’ont pas permis jusqu’à présent de contenir les cours.
  - Des déficits de production et la hausse des cours ont récemment encouragé la mise en place de nouvelles capacités.
- Cobalt
  - En 2016, la République démocratique du Congo comptait pour plus de 50 % de l’offre mondiale.
  - Parts de marché d’autres producteurs en 2016 : Chine 6,3 %, Canada 5,9 %, Russie 5,0 %.
  - Il existe un flux de production « artisanal » informel, dont une partie est sous le joug de milices insurgées et dépend du travail des enfants.
  - L’instabilité géopolitique en République démocratique du Congo peut perturber l’offre (référence aux troubles politiques de la fin des années 70 ayant provoqué une flambée des cours).
  - Le raffinage du cobalt est géographiquement concentré, la Chine étant de loin le premier producteur.
  - Le cobalt est essentiellement un sous-produit de l’exploitation minière d’autres métaux : nickel (50 %) et cuivre (35 %); seulement 6 % de la production mondiale provient de la production primaire (Olivetti et al., 2017).
  - Les mines de nickel–cobalt tirent la majeure partie de leurs recettes du nickel, rendant l’offre de cobalt provenant de ces mines peu élastique par rapport au cours du cobalt.
  - Aux cours de l’an dernier, les mines de cuivre–cobalt auraient pu mobiliser plus de la moitié de leurs recettes à partir du cobalt; le minerai et les réserves de cobalt et de cuivre se trouvent pour la plupart en République démocratique du Congo, laissant supposer que la hausse du cours du cobalt générera une augmentation de l’offre principalement en provenance de ce pays.
  - L’an dernier, les sociétés minières occidentales et chinoises ont investi massivement dans les mines de cuivre de la République démocratique du Congo.
- Historique des flambées
  - Quatre périodes de flambée des cours depuis 1915 (définition : séries d’années pendant lesquelles les cours réels se situent dans les 10 % supérieurs de la queue droite d’une distribution normale).
  - Périodes 1978–81 et 1995–96 : production mondiale a augmenté de 54,1 % et de 36,1 % en 1983 et 1995, respectivement; ces taux sont nettement supérieurs à la moyenne sur 50 ans (4,8 %).
  - En janvier 2018, les cours des contrats à 15 mois sur le cobalt semblaient indiquer que 2018 serait la première année de boom depuis la période 1995–96.
- Évolution récente des cours
  - Les cours du cobalt ont plus que doublé entre septembre 2016 et avril 2017.
  - Ils ont ensuite encore progressé de 25 % entre novembre 2017 et janvier 2018.

### Le maillon faible de la chaîne d’approvisionnement et risques associés
- Le processus particulier de production du cobalt, en tant que sous-produit principalement lié à l’exploitation du nickel et du cuivre, est peut-être le maillon le plus faible de la chaîne d’approvisionnement.
- Concentration géographique de la production primaire et du raffinage augmente le risque d’interruptions d’offre (exposition majeure à la République démocratique du Congo et à la Chine).
- Les délais d’exécution des nouveaux projets miniers sont longs.
- Craintes environnementales locales, notamment en Amérique latine, pourraient freiner la délivrance des permis et retarder la mise en service de nouvelles capacités.
- La croissance de la production de cobalt nécessaire pour répondre à certaines prévisions n’a aucun précédent historique.

### Perspectives de la demande et projections chiffrées
- Demande de lithium
  - D’après une prévision de la consommation mondiale de batteries au lithium-ion (Deutsche Bank, 2017), la demande mondiale de lithium devrait passer d’ici à 2025 de 181 à 535 kilotonnes d’équivalent carbone lithium.
  - Cette demande pourrait être satisfaite grâce à des investissements en capacités productives, mais des contraintes d’offre demeurent possibles.
- Demande de cobalt
  - Sur la base d’une prévision de ventes de véhicules électriques modeste (10 millions) en 2025 (Olivetti et al., 2017), la demande de cobalt dépasserait 330 kilotonnes d’ici à 2025, soit près de trois fois la production mondiale actuelle.
  - Une telle demande nécessiterait une croissance annuelle moyenne de plus de 11 % au cours de la prochaine décennie, bien au-delà de celle observée ces 50 dernières années.
- Comportement historique des hausses de cours
  - Selon l’expérience du XXe siècle (Jacks, 2013), les hausses des cours des produits de base culminent pour la plupart dans les deux années suivant leur apparition, car elles stimulent mutations des capacités de production et nouveaux investissements visant à accroître la productivité; toutefois, elles peuvent parfois durer plus longtemps.
- Risque identifié
  - La croissance indispensable de la production de cobalt, sans précédent historique, constitue un risque pour l’électrification du secteur des transports.

### Facteurs atténuants et voies technologiques
- Recyclage et nouvelles techniques
  - Un recyclage accru du cobalt et de nouvelles techniques d’exploitation minière primaire pourraient freiner l’instabilité des cours.
- Progrès technologiques des batteries
  - La batterie à l’état solide, l’une des principales technologies susceptibles de remplacer la batterie lithium-ion, permettrait d’avoir des batteries plus petites et à plus forte densité d’énergie qui n’auraient pas besoin de cobalt comme intrant.
  - L’adoption à grande échelle d’un concept éprouvé de batterie à l’état solide réduirait la demande de cobalt.
  - Poursuivre les travaux de recherche dans ce domaine pourrait éviter que des contraintes de ressources ne retardent ou n’arrêtent les progrès dans les domaines des véhicules électriques et du matériel électronique portable.

### Résumé des implications politiques et industrielles (points d’action implicites)
- Diversifier l’origine de l’approvisionnement en cobalt et réduire la dépendance à la République démocratique du Congo et au raffinage en Chine.
- Encourager les investissements dans des capacités minières et de raffinage tout en tenant compte des longs délais d’exécution et des obstacles environnementaux et réglementaires.
- Renforcer les filières de recyclage du cobalt pour atténuer la pression sur l’offre primaire.
- Accélérer la recherche et le développement sur les technologies de batteries (notamment batteries à l’état solide) pour réduire la dépendance au cobalt et diminuer le risque que des contraintes d’offre freinent l’électrification des transports.
- Surveiller les cours et la formation de « booms » pour anticiper les ajustements de capacité et les risques macroéconomiques liés aux matières premières.

*Christian Bogmans et Lama Kiyasseh sont les auteurs du présent encadré. Sources : US Geological Survey; calculs des services du FMI.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2018/april/french/sumfweo0418chapter1.pdf_
