## weo-april-18-fre-web — Introduction

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### Principaux thèmes couverts
- Évolution des taux d’activité dans les pays avancés ; compréhension, perspectives et implications (Chapitre 2).
- Emplois manufacturiers : conséquences sur la productivité et les inégalités (Chapitre 3).
- La croissance de la productivité dans une économie mondialisée : innovation, diffusion des connaissances et chaînes de valeur mondiales (Chapitre 4).
- Appendice statistique et hypothèses et conventions pour les projections.

### Hypothèses et conventions clés pour les projections
- Période de référence pour les taux de change effectifs réels : moyenne entre le 26 janvier et le 23 février 2018.
- Taux bilatéraux des monnaies du MCE II : constants en valeur nominale par rapport à l’euro.
- Politique nationale : supposée maintenue (encadré A1 pour hypothèses budgétaires et monétaires).
- Cours moyen du baril de pétrole :
  - 62,31 dollars le baril en 2018.
  - 58,24 dollars le baril en 2019.
  - Supposé rester constant en valeur réelle à moyen terme.
- Taux interbancaires et de marché attendus :
  - Taux offert à Londres sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars : 2,4 percent en 2018 et 3,4 percent en 2019.
  - Taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros : –0,3 percent en 2018 et 0,0 percent en 2019.
  - Taux des certificats de dépôt à six mois au Japon : 0,0 percent en 2018 et 0,1 percent en 2019.
- Données fondent sur les statistiques disponibles au 2 avril 2018.
- Conventions : "billion" = mille milliards; "points de base" = un centième de point.

### Extraits chiffrés clés (projections macroéconomiques)
- Croissance mondiale : 2017 = 3,8 %; 2018 = 3,9 %; 2019 = 3,9 %; fin d’horizon = 3,7 %.
- Pays avancés : 2018 = 2,5%; 2019 = 2,2%; moyen terme = 1,5%.
- États‑Unis : 2017 = 2,3%; 2018 = 2,9%; 2019 = 2,7%; gain attendu du PIB réel de 1,2% d’ici 2020 lié aux modifications fiscales.
- Indice des prix des produits de base : +11,9% en 2018 vs moyenne 2017; –3,7% en 2019.
- Prix du pétrole (moyenne) : 2017 = 52,81 dollars le baril; 2018 hypothèse = 62,3 dollars le baril; 2019 hypothèse = 58,2 dollars le baril; 2023 ≈ 53,6 dollars le baril.
- Prix des métaux : +22,2% en 2017; +13% en 2018 (projection).

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### Résumé conjoncturel et perspectives
- Croissance et moteurs récents :
  - Croissance mondiale en 2017 : 3,8 %; hausse attribuée à la zone euro, Japon, Chine, États‑Unis et reprise chez exportateurs de produits de base.
  - Commerce mondial : croissance réelle estimée de 4,9 % en 2017; rebond plus prononcé dans les PEPD (2,2 % → 6,4 %).
  - Investissement : essentiel à l’accélération, notamment dans les pays avancés.
- Perspectives moyen terme :
  - Croissance mondiale attendue au‑delà de deux ans : environ 3,7 %.
  - 40 pays émergents et pays en développement devraient enregistrer une croissance par habitant plus lente que les pays avancés sur les cinq prochaines années.
- Risques et aléas : équilibre à court terme ; prédominance d’un risque de révision à la baisse à plus long terme.

### Principaux risques identifiés
- Risques financiers et monétaires :
  - Possibilité d’un durcissement plus rapide de la politique monétaire, notamment aux États‑Unis.
  - Resserrement financier brutal exposerait pays, entreprises et ménages endettés, surtout dans les pays émergents.
- Risques commerciaux et géopolitiques :
  - Escalade de restrictions au commerce ; risques de repli sur soi nuisibles au commerce et à l’investissement.
  - Tensions géopolitiques, changements climatiques, cybersécurité.
- Risques de déséquilibres mondiaux :
  - Politique budgétaire expansionniste aux États‑Unis combinée à excédents ailleurs pourrait aggraver déséquilibres.
- Risques sociopolitiques : polarisation des emplois et des revenus, montée du nationalisme politique si croissance insuffisamment partagée.

### Recommandations de politique (synthèse)
- Rehausser potentiel de croissance et inclusion :
  - Réformes structurelles et politiques budgétaires pour accroître productivité et inclusion.
  - Encourager diffusion technologique, rehausser taux d’activité, investir dans la jeunesse.
  - Faciliter réaffectation de la main‑d’œuvre : qualifications, réduction des coûts de recherche d’emploi, abaissement des obstacles à l’entrée dans les services.
- Parachever la reprise et constituer des amortisseurs :
  - Maintenir politique monétaire accommodante là où inflation faible ; normaliser de façon bien communiquée et axée sur les données.
  - Reconstituer amortisseurs budgétaires ; incorporer mesures côté offre ; promouvoir inclusion.
  - États‑Unis (plein‑emploi/insoutenable) : stabiliser puis réduire la dette, accroître recettes, modifier composition des dépenses vers infrastructures, taux d’activité, réduction de la pauvreté.
  - Pays excédentaires (ex. Allemagne) : accroître investissements publics pour stimuler demande et croissance potentielle.
- Renforcer résilience financière :
  - Politiques macroprudentielles/microprudentielles ; réparer bilans ; surveiller dettes en monnaies étrangères dans les émergents; Chine : freiner croissance du crédit.
- Améliorer convergence pour pays à faible revenu :
  - Renforcer position budgétaire, résilience financière, investissements capital humain, accès au crédit, infrastructures, capacité à faire face aux chocs climatiques.
- Favoriser coopération internationale :
  - Préserver système commercial multilatéral ouvert ; coopérer sur déséquilibres extérieurs, cybersécurité, changements climatiques ; encourager diffusion internationale des connaissances.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Extraits des Perspectives de l’économie mondiale*

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### Marché du travail et taux d’activité (Chapitre 2 — extraits)

### Évolution et profils d’activité
- Tendances générales :
  - Taux d’activité femmes : augmentation marquée depuis le milieu des années 80; hausse d’environ 10 points de pourcentage dans le pays avancé médian.
  - Taux d’activité hommes : diminution quasi généralisée; inférieur de plus de quatre points de pourcentage en 2016 par rapport à 1985 dans le pays avancé médian.
  - Jeunes (15–24 ans) : taux d’activité en baisse liée à l’augmentation de la scolarisation.
  - Travailleurs âgés (55+) : forte hausse de la participation depuis le milieu des années 90.
- Groupes 25–54 ans :
  - Hommes 25–54 ans : baisse notable pour les moins instruits.
  - Femmes 25–54 ans : hausse généralisée.

### Determinants empiriques (spécification et résultats clés)
- Spécification : LFP_{i,t}^g = β_X,g X_{i,t}^g + β_D,g D_{i,t} + β_GAP,g GAP_{i,t−1} + β_Z,g Z_{i,t} + π_i^g + τ_t^g + ε_{i,t}^g.
- Variables significatives et coefficients extraits (Tableau 2.1, colonnes conservées) :
  - Écart de production : 0,360*** (Hommes et femmes, 15 ans et plus); 0,072*** (15–24 ans); 0,170* (Hommes 25–54 ans); 0,183*** (55 ans et plus).
  - Routinisation × prix relatifs des équipements : 0,303; 0,302*** (15–24 ans); 1,793*** (Hommes 25–54 ans); 0,536*** (15 ans et plus).
  - Urbanisation : 0,668***; 0,101***; 0,355*** (selon groupes).
  - Niveau d’instruction (études supérieures) : –0,275*** (jeunes); 0,332*** (Femmes 25–54); 0,135*** (ensemble).
  - Dépenses publiques PAMT : 0,041*** (jeunes); 0,039*** (Femmes 25–54); 0,031*** (ensemble).
  - Âge légal de la retraite : 0,661*** (55+).
  - Dépenses publiques prestations vieillesse : –0,750*** (55+).
  - Coin fiscal : –0,240*** (ensemble).
- Indicateurs qualité estimation : Nombre d’observations ≈ 571; Pays = 23; R^2 variant par colonne (ex. 0,515; 0,606; 0,887; 0,686; 0,578).

### Micro‑données et effets de la routinisation (logit)
- Niveau d’instruction : enseignement supérieur → probabilité d’être actif ~ deux fois plus élevé que premier cycle secondaire; effet plus marqué pour les femmes.
- Exposition à la routinisation : réduit significativement probabilité d’être actif; effet plus fort pour les hommes et travailleurs 55+.
- Politiques atténuantes :
  - Dépenses en PAMT réduisent l’association négative entre routinisation et participation ; effet notable aux 75e vs 25e centiles.
  - Formation et dépenses actives expliquent atténuation, surtout pour femmes.

### Perspectives démographiques et scénarios (cohortes)
- Scénario de référence jusqu’en 2050 : taux d’activité tendanciel médian diminuerait de 5½ points de pourcentage au cours des 30 prochaines années.
- Impact sur production potentielle : baisse de 5½ points → réduction de 3 points de pourcentage de la production potentielle d’ici 2050 (hypothèse : part du revenu provenant du travail = 56 percent).
- Simulations alternatives :
  - Réduction de l’écart hommes/femmes → taux d’activité global médian supérieur de 2½ points de pourcentage fin période.
  - Allongement de la vie professionnelle (convergence 55–59, 60–64 → 50–54) → taux global médian supérieur de 2¾ points de pourcentage en 2050.
  - Adoption de meilleures pratiques politiques → taux global supérieur d’environ 1¼ point de pourcentage en 2050.

### Immigration et intégration
- Immigration nette explique ~ la moitié de la croissance démographique des pays avancés depuis 30 ans.
- Convergence des taux d’activité des immigrés vers autochtones : une année supplémentaire dans le pays d’accueil accroît de 5 % à 6 % la probabilité de rejoindre la population active.
- Gain potentiel du taux d’activité global en cas de convergence : +1,4 point de pourcentage.

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### Emplois manufacturiers, productivité et inégalités (Chapitre 3 — extraits)

### Constats synthétiques
- Message central :
  - Transfert emplois manufacturiers → services n’entrave pas nécessairement la croissance de la productivité globale ni la convergence.
  - Si recul manufacturier coïncide avec hausse inégalité, l’explication principale est la hausse des disparités intra‑sectorielles plutôt que le simple transfert sectoriel.
- Échantillon : 21 pays avancés et 44 pays émergents et en développement (données sectorielles depuis 1970).

### Tendances et mécanismes
- Part manufacturière mondiale : relativement stable depuis les années 70 en moyenne mondiale; variations importantes au niveau pays.
- Moteurs :
  - Réaffectation internationale (délocalisations vers pays à faibles coûts).
  - Variation de la demande liée au revenu (forme en bosse de la part manufacturière vs revenu par habitant).
  - Gains de productivité manufacturière élevés réduisent emplois requis.
  - Commerce et intégration financière : accélèrent adoption et diffusion de technologie; modifient spécialisation.

### Services, productivité et convergence
- Certaines branches de services (transport et communications; intermédiation financière; services aux entreprises) présentent productivité et convergence comparables au manufacturier.
- Décomposition 2000–10 (62 pays, 10 secteurs) :
  - Gains intrasectoriels expliquent la majeure partie de la croissance de la productivité du travail.
  - Le changement structurel n’a pas exercé un frein net sur la productivité globale ; contribution positive dans de nombreuses régions en développement depuis 2000.

### Inégalités salariales
- Observations :
  - Les travailleurs moyennement qualifiés gagnaient en moyenne plus dans le manufacturier que dans les services, mais l’essentiel de la hausse de l’inégalité globale depuis les années 80 est dû à l’augmentation de l’inégalité au sein des secteurs.
  - Scénario extrême : perte d’emplois manufacturiers expliqueraient en moyenne 9 % de la hausse effective de l’inégalité entre 1980 et 2000 (jusqu’à 25 % dans certains pays).
- Canaux : déplacement des travailleurs moyennement qualifiés vers emplois peu qualifiés ; pression à la baisse des salaires bas ; perte d’avantages non salariaux et coûts de transition régionaux.

### Recommandations politiques (résumé)
- Favoriser réaffectation vers secteurs dynamiques : éliminer obstacles à l’entrée, faciliter services échangés productifs.
- Soutenir reconversion et réduire coûts de réaffectation : formation, aide à la recherche d’emploi, stages.
- Renforcer filets de sécurité pour amortir transitions.
- Stimuler productivité dans tous les secteurs : capital humain, infrastructures, climat des affaires, concurrence.
- Mesures ciblées pour régions fortement tributaires du manufacturing.

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### Innovation, diffusion internationale des connaissances et productivité (Chapitre 4 — extraits)

### Objectifs et données
- Questions : évolution paysage innovation; diffusion mondiale des connaissances; rôle des flux étrangers sur innovation et productivité intérieure; effet de la concurrence internationale.
- Données principales : PATSTAT (families de brevets, citations), ANBERD (R&D), KLEMS (productivité), World Input‑Output, EORA.

### Principaux résultats synthétiques
- La mondialisation a intensifié diffusion internationale des connaissances.
- Contribution des flux de connaissances des leaders technologiques (G-5) :
  - Pendant 2004–14, flux depuis la frontière technologique expliquent ~40 % de la croissance moyenne de la productivité sectorielle dans les pays émergents.
- Effet quantifié (tableau 4.1) :
  - Une augmentation de 1 % du stock de R&D étrangère pondéré → ≈ 0,350*** % d’augmentation des familles de brevets du bénéficiaire (col. [1]).
  - Effet sur productivité du travail : stock R&D étrangère pondéré = 0,057***; propre stock de R&D = 0,118*** (référence 1995–2014).

### Méthodologie de diffusion (modèle gravitaire)
- Estimation des parts prédictes de citation φ̂ selon barrières : frontière nationale, contiguïté, langue, distance technologique, spécialisation technologique.
- Résultats :
  - La diffusion est localisée : parts moyennes prédictes se situent entre 15 percent et 20 percent selon combinaisons barrières.
  - Depuis 1995–2014, accès des pays émergents aux connaissances de la frontière technologique a augmenté ; variation temporelle notable dans l’effet de la distance technologique (tech_dev).

### Chaînes de valeur mondiales (CVM) et entreprises
- Participation accrue aux CVM stimule dépôts de brevets moyens d’entreprises non brevetantes initiales et favorise emploi des entreprises innovantes.
- Résultats firm-level (tableau 4.2) :
  - Participation aux CVM (variation sur cinq ans) → Effet intra‑entreprise : 0,28*** sur flux brevets (statistiques t indiquées).
  - Interaction stock initial × participation CVM : coefficient négatif significatif (redistribution d’innovation entre firmes).
  - L’augmentation de participation aux CVM de 1 % tous les cinq ans explique ~ un dixième de la hausse des dépôts de brevets de l’entreprise moyenne pendant la même période.
- Instruments pour endogénéité : restrictions sur le personnel étranger, procédures d’approbation, tarifs douaniers.

### Concurrence internationale, concentration et innovation
- Effet positif de l’intensification du commerce (ex. importations finales depuis la Chine) sur diffusion et innovation.
- Concurrence / concentration mondiale :
  - Secteurs moins concentrés → diffusion et réponse à la R&D étrangère plus fortes.
  - Exemple : hausse de 10 % du stock de R&D étrangère stimulerait dépôts nationaux d’environ 5,6 % dans secteur faiblement concentré vs 2,7 % dans secteur hautement concentré (estimations d’interaction).

### Robustesse et vérifications
- Résultats robustes à :
  - Mesures alternatives de brevets (familles, trois grands offices).
  - Pondérations alternatives (liens commerciaux vs citations).
  - Spécifications dynamiques (MCO dynamiques), panels équilibrés.
- Annexe 4.3 : tests sectoriels et inclusion couples intersectoriels confirment barrières significatives (diff_country, diff_lang, tech_spec, etc.) et renforcement du rôle de la R&D étrangère dans les périodes récentes.

### Implications de politique publique (synthèse)
- Favoriser interconnexion mondiale : CVM, IDE, échanges, infrastructures.
- Renforcer capacité d’absorption : investissement R&D intérieur, capital humain (sciences, ingénierie).
- Préserver concurrence suffisante et institutions fortes (état de droit, protection DPI adéquate).
- Veiller à une répartition large des bénéfices : formation, requalification, ajustement des systèmes prélèvements‑prestations.

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### Scénarios d’aléas macrofinanciers (extrait Encadré scénario 1)
- Hypothèse : inflation non anticipée aux États‑Unis → prime d’échéance américaine +50 points de base en 2018 et +50 en 2019.
- Transmission : élargissement primes mondiales → hausse taux effectifs réels → effet procyclique via marges de risque souveraines/entreprises.
- Impact estimé :
  - PIB réel américain : inférieur d’environ ¾ de point de pourcentage au scénario de référence des PEM d’ici 2020.
  - Production : baisse d’environ ½ % par rapport au niveau de référence à l’horizon 2020 dans les pays émergents; baisse de plus de ¾ % dans les pays avancés (hors États‑Unis) dans le scénario combiné primes et aversion au risque.

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### Extraits de marché des produits de base (dossier spécial)
- Indice des prix des produits de base (FMI) : +16,9 % entre août 2017 et février 2018.
- Pétrole :
  - Plus de 65 dollars le baril en janvier (pic 2015), tombé à 63 dollars le baril en février.
  - Contribution de l’offre : révision à la baisse de l’offre 2018 de 0,8 mbj → ~80% de hausse récente due dégradation offre.
- Métaux :
  - Indice métaux : +8,3 % entre août 2017 et février 2018.
  - Minerai de fer : 74,6 → ~78 dollars/tonne (→ +4,1%).
  - Nickel : +24,8% ; Cobalt : +38,2% ; Uranium : –11,2% (entre août 2017 et février 2018).
- Marchés batteries :
  - Prévisions Deutsche Bank : demande lithium passerait de 181 → 535 kilotonnes d’équivalent carbone lithium d’ici 2025.
  - Scénario véhicules électriques (10 millions en 2025) → demande cobalt > 330 kilotonnes d’ici 2025 (≈3× la production mondiale actuelle) → nécessite croissance annuelle moyenne >11%.

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*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Extraits du document weo-april-18-fre-web (Introduction, chapitres 1–4 et annexes).*

### Introduction                                                                                                            

### weo-april-18-fre-web - Introduction

### Principaux thèmes couverts
- Introduction générale et plan du document, incluant chapitres sur :
  - Évolution des taux d’activité dans les pays avancés ; compréhension, perspectives et implications (Chapitre 2).
  - Emplois manufacturiers : conséquences sur la productivité et les inégalités (Chapitre 3).
  - La croissance de la productivité dans une économie mondialisée : innovation, diffusion des connaissances et chaînes de valeur mondiales (Chapitre 4).
- Appendice statistique et hypothèses et conventions pour les projections.
- Inventaire détaillé des tableaux et graphiques analytiques accompagnant les chapitres (liste exhaustive de graphiques et tableaux thématiques).

### Résumés analytiques et sujets traités (extraits du sommaire)
- Taux d’activité :
  - Analyse de l’évolution des taux d’activité par sexe, âge et régions.
  - Facteurs déterminants des taux d’activité : rôle des politiques publiques, exposition à la routinisation et à la délocalisation, effets démographiques et d’immigration.
  - Perspectives et scénarios pour les taux d’activité.
  - Encadrés et annexes consacrés aux comparaisons jeunes/avancés vs émergents, marchés métropolitains des États-Unis, régions européennes, migration, sources de données et analyses micro et de cohortes.
- Emplois manufacturiers :
  - Tendances structurelles et moteurs de la transformation.
  - Conséquences pour la productivité et le développement hors secteur manufacturier.
  - Incidences sur les inégalités salariales.
  - Encadrés sur la composante services de la production manufacturière, le commerce des services et rémunération comparée.
- Productivité et innovation mondiales :
  - Mesure et paysage de l’innovation (brevets, R&D).
  - Déterminants et flux de connaissances internationales.
  - Effets de la participation aux chaînes de valeur mondiales sur dépôts de brevets et emploi.
  - Rôle de la concurrence internationale, concentration et diffusion technologique.
  - Annexes méthodologiques et tests de robustesse (estimations en panel, projection locale, modèles gravitaires).

### Hypothèses et conventions pour les projections (extraits)
- Période de référence pour les taux de change effectifs réels : moyenne observée entre le 26 janvier et le 23 février 2018.
- Les taux bilatéraux des monnaies faisant partie du mécanisme de change européen II restent constants en valeur nominale par rapport à l’euro.
- Les politiques économiques nationales actuelles sont supposées maintenues (voir encadré A1 pour certaines hypothèses budgétaires et monétaires).
- Cours moyen du baril de pétrole :
  - 62,31 dollars le baril en 2018.
  - 58,24 dollars le baril en 2019.
  - Supposé rester constant en valeur réelle à moyen terme.
- Taux interbancaires et de marché attendus :
  - Taux offert à Londres sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars : 2,4 percent en 2018 et 3,4 percent en 2019.
  - Taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros : –0,3 percent en 2018 et 0,0 percent en 2019.
  - Taux des certificats de dépôt à six mois au Japon : 0,0 percent en 2018 et 0,1 percent en 2019.

### Structure documentaire et ressources statistiques
- Liste détaillée des tableaux (projections macroéconomiques par région, facteurs déterminants des taux d’activité, décompositions sectorielles, effets des connaissances étrangères, etc.).
- Liste étendue de graphiques illustrant : indicateurs de l’activité mondiale, contributions sectorielles, évolution des prix des produits de base, inflation, marchés financiers, transformation structurelle, diffusion technologique et innovation.
- Annexes fournissant : données, méthodes, échantillons de pays, définitions des variables, résultats de robustesse et méthodologies d’estimation.

*Fonds monétaire international, Avril 2018 — Extraits de l’introduction et des hypothèses des Perspectives de l’économie mondiale*

### 2019. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute a

### weo-april-18-fre-web - 2019. Il s’agit évidemment d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions, et l’incertitude qui les entoure s’ajoute a

### Conventions, périmètre et sources de données
- Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles au 2 avril 2018.
- Conventions utilisées :
  - "..." indique que les données ne sont pas disponibles ou pas pertinentes.
  - "–" entre des années ou des mois (par exemple 2017–18 ou janvier–juin) indique la période couverte, de la première à la dernière année ou du premier au dernier mois inclusivement.
  - "/" entre deux années (par exemple 2017/18) indique un exercice budgétaire (financier).
  - Par « billion », il faut entendre mille milliards.
  - Lorsque la référence est au dollar, il s’agit du dollar des États-Unis, sauf indication contraire.
  - "Points de base" = un centième de point (de pourcentage); exemple : 25 points de base équivalent à ¼ de point (de pourcentage).
- Données :
  - Les données portent sur les années civiles, sauf pour quelques pays utilisant des exercices budgétaires (voir tableau F de l’appendice statistique).
  - Pour certains pays, les données de 2017 et des années antérieures sont des estimations ; le tableau G de l’appendice statistique donne les dernières données réelles par pays.
- Conventions graphiques et tabulaires :
  - Si aucune source n’est indiquée, les données proviennent de la base de données des PEM.
  - Classement des pays non alphabétique : par taille de l’économie.
  - Les chiffres étant arrondis, les totaux peuvent ne pas correspondre exactement à la somme des composantes.
- Définitions et notices cartographiques :
  - Le terme « pays » inclut aussi des entités territoriales non étatiques dont les statistiques sont établies séparément.
  - Données composites pour groupes de pays représentent des calculs basés sur 90 % ou plus des données de groupe pondérées.
  - Frontières, couleurs, dénominations et informations sur les cartes n’impliquent aucun avis du FMI sur le statut juridique d’un territoire.

### Résumé analytique — points saillants et perspectives
- Conjoncture récente et projections courtes :
  - Croissance mondiale en 2017 : 3,8 %.
  - Croissance mondiale prévue : 3,9 % en 2018 et 3,9 % en 2019.
  - La hausse est attribuée à une croissance plus rapide dans la zone euro, au Japon, en Chine et aux États-Unis, et à une reprise dans les pays exportateurs de produits de base.
  - Le commerce et l’investissement demeurent des moteurs puissants de l’expansion mondiale.
- Perspectives médium terme :
  - Croissance mondiale attendue au-delà de deux ans : environ 3,7 %.
  - Les pays avancés connaîtront une croissance supérieure au potentiel en 2018–19 avant un ralentissement, puis reviendront à une croissance proche de leur potentiel réduit par le vieillissement et la faible productivité.
  - Dans les pays émergents et en développement, la croissance agrégée s’accélérera puis se stabilisera ; l’Inde et certains pays émergents d’Asie et d’Europe restent moteurs.
  - 40 pays émergents et pays en développement devraient enregistrer une croissance par habitant plus lente que les pays avancés au cours des cinq prochaines années.
- Dynamique et facteurs structurels :
  - L’expansion de l’investissement et du commerce mondiaux s’est poursuivie au second semestre de 2017, avec une croissance au second semestre supérieure à 4 %.
  - Les gains agrégés des pays émergents sont atténués par de fortes révisions à la baisse pour certains pays en crise (Libye, Venezuela, Yémen).
  - Transformations structurelles : baisse de la part de l’emploi manufacturier, importance accrue des services et nécessité d’investissements dans le capital humain.

### Principaux risques et aléas
- Équilibre des aléas à court terme, mais prédominance d’un risque de révision à la baisse à plus long terme.
- Risques financiers et monétaires :
  - Possibilité d’un durcissement plus rapide de la politique monétaire si la demande devient excessive, en particulier aux États-Unis où la politique budgétaire est très expansive alors que l’économie est proche du plein-emploi.
  - Un durcissement financier brutal exposerait pays, entreprises et ménages très endettés, notamment dans les pays émergents.
- Risques commerciaux et géopolitiques :
  - Escalade de restrictions au commerce et mesures de rétorsion : premiers "coups de feu" d’une éventuelle guerre commerciale déjà tirés.
  - Risque d’un glissement vers des politiques de repli sur soi nuisibles au commerce et à l’investissement.
  - Tensions géopolitiques, changements climatiques et atteintes à la cybersécurité comme menaces complémentaires.
- Risques liés aux déséquilibres mondiaux :
  - Une politique budgétaire très expansionniste aux États-Unis, combinée à des excédents courants excessifs ailleurs, pourrait aggraver les déséquilibres mondiaux.
- Risques sociopolitiques :
  - Hausse de la polarisation des emplois et des revenus, renforcement du scepticisme et montée du nationalisme politique si les bénéfices de la croissance ne sont pas partagés.

### Recommandations de politique (synthèse)
- Renforcer le potentiel de croissance plus élevé et plus inclusive :
  - Exécuter des réformes structurelles et des politiques budgétaires pour accroître la productivité et l’inclusion.
  - Encourager l’expérimentation et la diffusion de nouvelles technologies, rehausser le taux d’activité, aider les personnes déplacées par les changements structurels, investir dans les jeunes.
  - Faciliter la réaffectation de la main-d’œuvre vers les secteurs dynamiques : développer les qualifications, réduire les coûts de recherche d’emploi, abaisser les obstacles à l’entrée dans les services et à l’échange de services.
- Parachever la reprise et constituer des amortisseurs :
  - Poursuivre une politique monétaire accommodante là où l’inflation est faible, puis normaliser de façon bien communiquée et axée sur les données.
  - Reconstituer les amortisseurs budgétaires au besoin, incorporer des mesures côté offre pour accroître la production potentielle, promouvoir l’inclusion.
  - Pour pays en situation de plein-emploi ou proches de celui-ci avec déficit courant excessif et position budgétaire insoutenable (notamment les États-Unis) : stabiliser puis réduire la dette, inverser la relance procyclique, accroître recettes et limiter progressivement la croissance des dépenses publiques, modifier la composition des dépenses pour infrastructures, taux d’activité et réduction de la pauvreté.
  - Pays avec excédent courant excessif et espace budgétaire (exemple cité : l’Allemagne) : accroître les investissements publics pour accélérer la croissance potentielle et la demande.
- Améliorer la résilience financière :
  - Utiliser politiques macroprudentielles et microprudentielles pour freiner l’endettement et limiter les risques financiers.
  - Poursuivre la réparation des bilans dans certains pays avancés.
  - Pays émergents : surveiller les expositions aux dettes en monnaies étrangères.
  - Chine : freiner la croissance du crédit et s’attaquer aux risques financiers.
- Améliorer les perspectives de convergence pour les pays en développement à faible revenu :
  - Renforcer la position budgétaire, accroître la résilience financière, réduire la pauvreté et mieux partager les bienfaits de la croissance.
  - Investir dans les qualifications, améliorer l’accès au crédit et réduire les déficits d’infrastructures; renforcer la capacité de faire face aux chocs climatiques si besoin est.
- Favoriser la coopération internationale :
  - Maintenir la dynamique de réformes financières et réglementaires et préserver un système commercial multilatéral ouvert.
  - Coopérer sur les déséquilibres extérieurs excessifs, la cybersécurité et les changements climatiques.
  - Encourager la diffusion internationale des connaissances et de l’innovation résultant de l’intégration mondiale.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 (extraits des Perspectives de l’économie mondiale — avril 2018)*

### 2011. Deux tiers des pays représentant environ trois quarts

### 2011. Deux tiers des pays représentant environ trois quarts

### Accélération de la croissance mondiale en 2017
- Deux tiers des pays représentant environ trois quarts de la production mondiale ont enregistré une croissance plus rapide en 2017 que l’année précédente (la part la plus élevée de pays enregistrant une accélération de la croissance sur un an depuis 2010).
- En 2017, selon les données préliminaires, la croissance mondiale a été 0,2 point plus élevée que prévu dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) d’octobre 2017, avec des chiffres supérieurs aux prévisions au deuxième semestre dans les pays avancés ainsi que dans les pays émergents et les pays en développement.
- L’augmentation de l’investissement dans les pays avancés et la fin de la baisse de l’investissement dans certains pays émergents et pays en développement exportateurs de produits de base ont été des moteurs importants de l’accélération de la croissance du PIB et de l’activité manufacturière à l’échelle mondiale.

### Contributions à l’accélération par groupe de pays et composantes
- Pays avancés :
  - L’accélération de 0,6 point de la croissance en 2017 par rapport à 2016 s’explique presque entièrement par l’investissement.
  - L’affermissement de la formation brute de capital fixe et une accélération de la constitution de stocks ont contribué à la hausse de l’investissement.
- Pays émergents et pays en développement (PEPD) :
  - L’accélération de 0,4 point de la croissance en 2017 tient principalement à une augmentation de la consommation privée.
  - En Chine et en Inde, la croissance a été portée respectivement par la résurgence des exportations nettes et la vigueur de la consommation privée, tandis que la croissance de l’investissement a ralenti.
  - La fin de la contraction de l’investissement fixe dans les pays exportateurs de produits de base (notamment le Brésil et la Russie, mais aussi l’Angola, l’Équateur et le Nigéria) a joué un rôle important dans l’accélération de leur croissance en 2017.
  - L’accélération de la croissance de l’investissement fixe dans les autres PEPD a été de 2,3 points au‑dessus du niveau de 2016.

### Rebond du commerce mondial et investissement
- Le commerce mondial s’est redressé vigoureusement en 2017 après deux années de faiblesse, avec un taux de croissance réelle de 4,9 % selon les estimations.
- Le rebond a été plus prononcé dans les PEPD : la croissance du commerce passant de 2,2 % en 2016 à 6,4 % en 2017.
- Par pays :
  - Parmi les pays avancés, les grands pays exportateurs (Allemagne, États‑Unis, Japon, Royaume‑Uni) ont largement contribué au redressement des exportations ; la reprise des importations a été généralisée, sauf au Royaume‑Uni.
  - Dans les PEPD, le rebond des exportations a été particulièrement vigoureux dans les pays émergents d’Asie, surtout en Chine.
  - Le rebond des importations dans les PEPD s’explique en grande partie par leur hausse dans les pays exportateurs de produits de base (Angola, Brésil, Équateur, Nigéria, Russie).

### Prix des produits de base
- L’indice des prix des produits de base établi par le FMI a progressé de 16,9 % entre août 2017 et février 2018.
- Pétrole et gaz naturel :
  - Les prix du pétrole sont passés à plus de 65 dollars le baril en janvier (niveau le plus élevé depuis 2015) puis sont tombés à 63 dollars le baril en février, soit 27 % au‑dessous du niveau du mois d’août.
  - L’indice des prix du gaz naturel (moyenne pour les États‑Unis, l’Europe et le Japon) a augmenté de 45 % entre août 2017 et février 2018.
- Métaux et minerai de fer :
  - Les prix des métaux ont progressé de 8,3 % entre août et février.
  - Les prix du minerai de fer ont augmenté de 4,1 % entre août et février.
- Produits alimentaires et agricoles :
  - L’indice des prix agricoles établi par le FMI a progressé de 4,1 % entre août 2017 et février 2018.
  - Les sous‑indices des matières premières alimentaires et agricoles ont augmenté de 4,1 % et de 6,0 %, respectivement.

### Inflation et dynamique des prix
- L’inflation globale s’est accélérée avec le rebond des prix du pétrole depuis septembre, mais l’inflation hors alimentation et énergie reste généralement faible.
- Pays avancés :
  - Dans la plupart des pays avancés, l’inflation hors alimentation et énergie reste inférieure à l’objectif fixé, mais semble être en hausse en réaction à un affermissement de la demande.
  - Aux États‑Unis : l’indicateur des dépenses de consommation des ménages a commencé à s’affermir ; en février, il avoisinait 1,6 % sur 12 mois, mais était légèrement supérieur à 2 % sur trois mois (en taux annualisé).
  - Zone euro : l’inflation hors alimentation et énergie sur 12 mois est montée à 1,1 % en février.
  - Japon : l’inflation hors alimentation et énergie a atteint 0,4 % en janvier.
  - Royaume‑Uni : l’inflation hors alimentation et énergie a avoisiné 2,4 % en février (au‑dessus de l’objectif de 2 %).
- Les services aux consommateurs non échangés (services médicaux, éducation) expliquent en grande partie la faiblesse persistante de l’inflation dans les pays avancés par rapport aux années d’avant la crise.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Extraits du chapitre PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : REPRISE CYCLIQUE ET CHANGEMENT STRUCTUREL*

### 6. Marché du travail américain

### 6. Marché du travail américain

### Principaux constats
- La croissance des salaires reste timide dans la plupart des pays avancés et évolue plus ou moins parallèlement à la productivité du travail lorsqu’elle est mesurée en termes réels (c’est‑à‑dire avec une augmentation limitée des coûts unitaires de main‑d’œuvre).
- L’atonie des salaires s’explique en partie par la persistance de capacités de production inemployées sur le marché du travail, en particulier une part encore élevée de travailleurs qui occupent involontairement un emploi à temps partiel.
- Les variations de la composition de la population active (nouveaux entrants gagnant relativement moins que les travailleurs partant à la retraite) ont peut‑être aussi joué un rôle.
- Une accélération soutenue des revenus du travail sera nécessaire pour porter la croissance des salaires réels au‑dessus des gains de productivité du travail, accroître la pression des coûts pour les entreprises et favoriser le retour de l’inflation hors alimentation et énergie à un niveau correspondant à l’objectif à moyen terme.
- L’accélération de la croissance de la rémunération horaire aux États‑Unis en janvier dernier a constitué un signe encourageant d’un affermissement du marché du travail après une période de solides gains de salaires.

### Salaires, inflation et implications
- L’accélération soutenue des revenus du travail est identifiée comme nécessaire pour:
  - porter la croissance des salaires réels au‑dessus des gains de productivité du travail;
  - accroître la pression des coûts pour les entreprises;
  - favoriser le retour de l’inflation hors alimentation et énergie à un niveau correspondant à l’objectif à moyen terme.
- Dans beaucoup de pays émergents et en développement, la stabilité récente de la monnaie ou son appréciation vis‑à‑vis du dollar américain a contribué à maîtriser l’inflation hors alimentation et énergie.
- L’inflation hors alimentation et énergie:
  - voisine de plus bas historiques au Brésil et en Russie;
  - s’est accélérée en Inde après avoir baissé nettement au deuxième trimestre de 2017;
  - reste plus ou moins stable aux environs de 2 % en Chine.
- D’autres pays (Afrique subsaharienne, Communauté des États indépendants, région Moyen‑Orient/Afrique du Nord/Afghanistan/Pakistan) continuent de faire face à une inflation élevée due aux répercussions de dépréciations antérieures de la monnaie.

### Conditions financières et politique monétaire
- Les décisions de politique monétaire prises par les banques centrales ont été bien télégraphiées et absorbées sans heurt par les marchés.
- États‑Unis:
  - retrait du soutien monétaire avec des hausses des taux d’intérêt à court terme en décembre et en mars;
  - les marchés intègrent actuellement deux nouvelles hausses des taux d’intérêt en 2018.
- Zone euro:
  - la Banque centrale européenne a réduit le rythme mensuel de son programme d’achats d’actifs de 60 milliards d’euros à 30 milliards d’euros;
  - elle a l’intention de poursuivre ces achats jusqu’à fin septembre 2018, ou au‑delà si nécessaire.
- Royaume‑Uni: relèvement du taux bancaire de 50 points de base en novembre.
- Canada: taux directeur relevé à 1,25 % en janvier.
- Rendements et changes:
  - Les rendements nominaux des bons du Trésor américain à 10 ans ont progressé de plus de 50 points de base depuis août (à fin mars 2018).
  - Le dollar américain s’est affaibli d’environ 1½ % en termes effectifs réels entre août 2017 et fin mars 2018, et est environ 4½ % plus faible que sa moyenne de 2017.
  - L’euro s’est apprécié d’environ 1 % et se situe environ 4 % au‑dessus de sa moyenne de 2017.
  - La livre britannique s’est appréciée de 5½ % après le relèvement des taux par la Banque d’Angleterre et l’augmentation des anticipations d’un accord concernant le Brexit.
- Marchés d’actions et volatilité:
  - Malgré les turbulences début février et les baisses en mars liées à des annonces de droits de douane, les cours boursiers restent plus solides qu’en août; la volatilité a diminué mais reste plus élevée que les creux d’avant février.
  - Les écarts sur les prêts aux entreprises sont plus faibles qu’en août ou n’ont guère changé.

### Pays avancés : écarts de production et croissance potentielle
- Depuis 2014, les pays avancés enregistrent une reprise continue; une politique monétaire accommodante et l’atténuation des freins liés à la crise ont été essentielles.
- Environ 40 % de l’écart de croissance cumulé de 0,6 point pour 2016–17 par rapport aux projections des PEM d’octobre 2016 s’explique par une réduction plus rapide que prévu des écarts de production; le reste correspond à une révision à la hausse de la croissance potentielle estimée.
- De même, environ 40 % de la révision de 1,7 point de la croissance cumulée dans les pays avancés pendant 2016–21 (par rapport aux PEM d’octobre 2016) s’explique par une réduction plus rapide des écarts de production; le reste correspond à une croissance potentielle plus rapide.
- La production potentielle plus élevée implique que l’emploi devrait se maintenir à un niveau plus élevé aussi.
- Quand les écarts de production seront comblés (estimé être le cas d’ici la fin 2018 pour le groupe des pays avancés), la croissance devrait commencer à ralentir pour se rapprocher de son potentiel.
- Aux États‑Unis, les modifications récentes de la politique budgétaire devraient porter la production au‑dessus de son potentiel; l’économie américaine devrait enregistrer une croissance bien supérieure au potentiel pendant quelques années avant un freinage à partir de 2020, puis plus vigoureux en 2023 lorsque la déductibilité des dépenses d’investissement commencera à être éliminée progressivement.

### Pays émergents et produits de base
- Les baisses des prix des métaux depuis 2011 et le plongeon des prix du pétrole en 2014 ont creusé un écart entre pays émergents importateurs et exportateurs de produits de base.
- Les pays importateurs ont maintenu une croissance rapide; les pays exportateurs ont affiché une croissance inférieure d’environ moitié à leur moyenne 2000–14.
- Certains grands pays exportateurs de produits de base (Brésil, Russie) ont subi une récession profonde en 2015–16; le Venezuela souffre d’une crise économique et humanitaire qui s’intensifie depuis 2014.
- La hausse des prix des produits de base au second semestre de 2017 permet aux pays exportateurs de pétrole de consolider leur solde budgétaire de manière plus progressive, mais n’annule que très partiellement la dégradation initiale des termes de l’échange en 2014–16.
- Dans certains cas, la hausse des prix s’explique par des baisses de la production qui pèsent directement sur le PIB réel; les désaccords et conflits politiques internes continuent de freiner l’activité dans plusieurs pays exportateurs de pétrole.
- En conséquence, la reprise dans les pays exportateurs de pétrole depuis le creux de 2015 a été très progressive; les projections de croissance pour les cinq prochaines années sont plus ou moins inchangées depuis octobre 2017.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 1. Pays exportateurs de pétrole

### 1. Pays exportateurs de pétrole

### Gains et pertes résultant des variations des termes de l’échange
- En dépit de la hausse des prix des produits de base prévue à court terme, les gains et pertes résultant des variations des termes de l’échange devraient être modestes en 2018–19 par rapport à 2015–17.
- Méthode : Les gains (pertes) pour 2018–19 sont des moyennes simples des gains (pertes) annuels pour 2018 et 2019. Estimation de la variation du revenu disponible résultant des fluctuations des prix des produits de base : le gain dans l’année t pour un pays qui exporte x dollars du produit A et importe m dollars du produit B dans l’année t–1 est égal à : (Δp_t^A x_{t–1} – Δp_t^B m_{t–1}) / Y_{t–1}, où Δp_t^A et Δp_t^B sont les variations en pourcentage des prix de A et de B entre l’année t–1 et l’année t, et Y est le PIB dans l’année t–1 en dollars américains.

### Effets différenciés pour pays importateurs et exportateurs de pétrole
- Pour les pays importateurs de pétrole :
  - Lorsque les prix du pétrole baissent, les gains en part du revenu tendent à être plus faibles que les pertes correspondantes pour les pays exportateurs.
  - Raison : les factures d’importations de pétrole sont généralement moins élevées en part du revenu global que les recettes des exportations de pétrole du groupe exportateur, qui est plus petit.
  - L’impulsion à la demande intérieure liée à la baisse des prix du pétrole de 2014 a souvent été compensée en partie par une réduction des subventions énergétiques, entraînant une répercussion incomplète des gains sur les usagers finaux.
  - Si les hausses récentes des prix du pétrole sont répercutées sur les usagers finaux, elles pourraient modérer la demande intérieure. Toutefois, dans de nombreux cas, l’effet négatif n’est pas suffisamment marqué pour provoquer des révisions à la baisse de la croissance, compte tenu de l’amélioration des conditions externes (notamment l’affermissement de la demande externe).

### Croissance dans les pays exportateurs de produits de base
- La croissance dans les pays exportateurs de produits de base devrait se stabiliser à un niveau proche du niveau actuel à moyen terme, bien en deçà de la moyenne du passé.
- Les pays dont l’économie est diversifiée devraient continuer d’afficher une croissance relativement robuste.

### Composition et définitions
- Les pays exportateurs de produits de base incluent les pays exportateurs de carburants et de produits de base hors carburants, comme indiqué au tableau D de l’appendice statistique, plus le Brésil et le Pérou.
- Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).

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### Perspectives de convergence des revenus
- Bilan des 50 dernières années : pas favorable entre pays avancés et pays émergents/pays en développement.
- Pour les cinq prochaines années :
  - 40 pays émergents et pays en développement (environ 27% du total) ne devraient pas combler leurs écarts de revenu par habitant par rapport aux pays avancés.
  - Le revenu par habitant de 12 de ces pays devrait diminuer sur l’horizon de prévision à cinq ans.
  - La plupart des pays à croissance par habitant inférieure aux pays avancés sont soit des pays exportateurs de produits de base (principalement de pétrole) soit des petits pays.
  - Ces pays représentent une part plus petite de la population et du PIB totaux des PEPD (environ 11%).
  - Si l’échantillon est limité aux pays en développement à faible revenu : la part des pays qui ne devraient pas réduire leur écart de revenu par habitant est d’un quart (14 pays); ces pays représentent environ 30% de la population et du PIB totaux du groupe.
- Perspectives régionales :
  - Convergence attendue : Chine, Inde, Asie de l’Est en général, pays émergents d’Europe, certaines parties de la CEI.
  - Croissance par habitant inférieure ou à peine supérieure à celle des pays avancés : Afrique subsaharienne, Amérique latine et Caraïbes, région MOANAP (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan), en grande partie à cause des résultats médiocres de nombreux pays exportateurs de produits de base dans ces régions.

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### Prévisions macroéconomiques et hypothèses de politique
- Politiques budgétaires :
  - Devraient rester expansionnistes dans les pays avancés en 2018 et surtout en 2019.
  - Devraient devenir plus ou moins neutres dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Par rapport aux hypothèses des PEM d’octobre 2017, il est supposé que la politique budgétaire sera plus souple en 2018 et en 2019, reflétant notamment l’affaiblissement attendu du solde budgétaire structurel américain après la réforme du code des impôts récemment adoptée.
  - La politique budgétaire devrait être légèrement restrictive dans les pays avancés pour la période 2020–22 et plus clairement restrictive en 2023, lorsque des dispositions de la réforme fiscale américaine commenceront à expirer.
- Politique monétaire :
  - Supposition : taux directeur américain normalisé plus rapidement que prévu précédemment.
  - Objectif pour le taux directeur américain : environ 2,5% d’ici la fin de 2018 et environ 3,5% d’ici la fin de 2019, pour retomber à un taux d’équilibre à long terme légèrement inférieur à 3% en 2022.
  - Dans la zone euro et au Japon : politique monétaire supposée rester très accommodante ; taux à court terme négatifs dans la zone euro jusqu’au milieu de 2019 et proches de zéro au Japon sur l’horizon de prévision à cinq ans.
  - Hypothèses pour les pays émergents varient selon leurs positions conjoncturelles.

### Hypothèses relatives aux conditions financières et aux prix des produits de base
- Conditions financières mondiales : devraient rester généralement accommodantes pendant 2018–19.
- Indice des prix des produits de base établi par le FMI :
  - Progression d’environ 11,9% en 2018 par rapport à sa moyenne de 2017 (hausse cumulée depuis 2016 d’environ 28,9%), puis diminution d’environ 3,7% en 2019.
- Prix du pétrole (moyenne U.K. Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate) :
  - 2017 : 52,81 dollars le baril (moyenne).
  - 2018 projection : 62,3 dollars le baril.
  - 2019 projection : 58,2 dollars le baril.
  - À mesure que l’offre se redresse : 2023 projection autour de 53,6 dollars le baril.
- Prix des métaux : devraient progresser de 13% en 2018, après une hausse de 22,2% en 2017, puis rester plus ou moins stables.

### Perspectives de la croissance mondiale
- Croissance mondiale : de 3,8% en 2017 à 3,9% en 2018 et en 2019.
  - Prévision supérieure de 0,2 point à celle des PEM d’octobre 2017 pour 2018 et 2019.
  - Les modifications apportées à la politique budgétaire américaine expliquent presque la moitié de la révision à la hausse pour 2018–19.
- Au-delà de 2019 : croissance mondiale devrait ralentir progressivement à 3,7% d’ici la fin de l’horizon de prévision.
  - Ce ralentissement tient entièrement aux pays avancés ; dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance devrait se stabiliser autour de son niveau actuel.

### Points saillants par groupe
- Pays avancés :
  - Croissance : 2,5% en 2018; 2,2% en 2019.
  - À moyen terme : croissance prévue à 1,5%.
  - Aux États-Unis : croissance attendue à 2,9% en 2018 et 2,7% en 2019.
    - Impact attendu de la réforme fiscale de décembre 2017 : hausse de la croissance jusqu’à fin 2020; PIB réel supérieur de 1,2% d’ici 2020 par rapport à une projection sans ces modifications.
    - Après 2022 : croissance plus faible pendant quelques années du fait de la hausse du déficit et de la nature temporaire de certaines dispositions.
  - Zone euro : croissance de 2,4% en 2018 puis 2% en 2019 ; prévision supérieure de 0,5 et 0,3 point pour 2018 et 2019 respectivement par rapport aux PEM d’octobre 2017.
  - Japon : croissance prévue à 1,2% en 2018 et 0,9% à moyen terme.

### Extraits chiffrés clés (issus des tableaux et du texte)
- Indice des prix des produits de base : +11,9% en 2018 vs moyenne 2017; –3,7% en 2019.
- Prix du pétrole (moyenne) : 2017 = 52,81 dollars le baril; 2018 hypothèse = 62,3 dollars le baril; 2019 hypothèse = 58,2 dollars le baril; 2023 ≈ 53,6 dollars le baril.
- Croissance mondiale : 2017 = 3,8%; 2018 = 3,9%; 2019 = 3,9%; fin d’horizon = 3,7%.
- Pays avancés : 2018 = 2,5%; 2019 = 2,2%; moyen terme = 1,5%.
- États-Unis : 2017 = 2,3%; 2018 = 2,9%; 2019 = 2,7%; gain attendu du PIB réel de 1,2% d’ici 2020 lié aux modifications fiscales.
- Prix des métaux : +22,2% en 2017; +13% en 2018 (projection).

*Source : estimations et projections des services du Fonds monétaire international, extrait du chapitre 1 des Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2018.*

### 2019. La révision à la hausse de 0,5 point en 2018 et de

### PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : REPRISE CYCLIQUE ET CHANGEMENT STRUCTUREL

### Croissance mondiale et révisions récentes
- Révision à la hausse de la croissance globale de 0,5 point en 2018 et de 0,1 point en 2019 par rapport aux PEM d’octobre dernier, expliquée par des perspectives plus favorables pour la demande extérieure, une augmentation de l’investissement privé et le budget supplémentaire pour 2018.
- Perspectives à moyen terme décrites comme « médiocres », principalement en raison de la diminution de la population active.

### Pays émergents et pays en développement — principaux chiffres et trajectoires
- Croissance globale du groupe : 4,8 percent en 2017, 4,9 percent en 2018 et 5,1 percent en 2019.
- Révision de la prévision de croissance pour 2019 : +0,1 point pour l’ensemble du groupe, avec les révisions les plus marquées pour les pays émergents d’Europe et l’Amérique latine.
- Stabilisation prévue autour de 5 percent à moyen terme, soutenue par :
  - accélération modérée dans les pays exportateurs de produits de base (à des niveaux bien plus modestes que lors des 20 dernières années),
  - baisse continue du taux de croissance de la Chine à un niveau restant largement supérieur à la moyenne des pays émergents et des pays en développement,
  - accélération progressive de la croissance en Inde grâce aux réformes structurelles,
  - persistance d’une croissance vigoureuse dans les autres pays importateurs de produits de base.

- Pays émergents d’Asie : croissance voisine de 6½ percent en 2018–19.
  - Chine : 6,9 percent en 2017 → 6,6 percent en 2018 → 6,4 percent en 2019. Prévision supérieure de 0,1 point pour 2018 et 2019 par rapport aux PEM d’octobre dernier.
  - Inde : 6,7 percent en 2017 → 7,4 percent en 2018 → 7,8 percent en 2019 (prévision inchangée par rapport aux PEM d’octobre dernier).

- Europe émergente et en développement : près de 6 percent en 2017 → 4,3 percent en 2018 → 3,7 percent en 2019.

- Amérique latine et Caraïbes : reprise progressive — 2,0 percent en 2018 → 2,8 percent en 2019.
  - Brésil : 1,0 percent en 2017 → 2,3 percent en 2018 → 2,5 percent en 2019. Croissance à moyen terme attendue à 2,2 percent.

- Russie : croissance du PIB réel attendue à 1,7 percent en 2018, puis 1,5 percent pendant le reste de l’horizon de projection.

- Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan : croissance autour de 3½ percent en 2018–19.

- Afrique subsaharienne : 3,4 percent en 2018 → 3,7 percent en 2019.
  - Afrique du Sud : 1,3 percent en 2017 → 1,5 percent en 2018 → 1,7 percent en 2019 (soit 0,4 et 0,1 point de plus que prévu dans les PEM d’octobre dernier pour 2018 et 2019). Croissance moyenne prévue à 1,8 percent sur 2020–23.

### Perspectives d’inflation
- Inflation globale dans les pays avancés : 1,7 percent en 2017 → environ 2 percent en 2018–19 (prévision pour 2018 supérieure de 0,3 point aux PEM d’octobre dernier).
- États-Unis :
  - Inflation hors alimentation et énergie : 1,8 percent en 2017 → 2 percent en 2018 → 2,5 percent en 2019 → 2,3 percent à moyen terme.
  - Dépenses de consommation des ménages (mesure privilégiée par la Réserve fédérale) : 1,5 percent en 2017 → 1,7 percent en 2018 → 2,2 percent en 2019.
- Zone euro :
  - Inflation hors alimentation et énergie : 1,1 percent en 2017 → 1,2 percent en 2018 → 1,7 percent en 2019. Atteinte progressive de 2 percent d’ici 2021.
- Royaume-Uni : inflation hors alimentation et énergie : 2,4 percent en 2017 → 2,5 percent en 2018 → 2,2 percent en 2019 → 2 percent à moyen terme.
- Pays émergents et pays en développement (hors Venezuela) : inflation globale 4,0 percent en 2017 → 4,6 percent en 2018 (projection 2018 supérieure de 0,2 point aux PEM d’octobre dernier). En 2019 et au-delà, inflation attendue aux environs de 4,0 percent.
- Venezuela : inflation cette année et l’année prochaine prévue pour dépasser 10.000 percent.

### Perspectives du secteur extérieur
- Soldes courants : globalement restés plus ou moins stables en 2017 par rapport à 2016.
  - Amélioration notable du solde courant des pays exportateurs de pétrole d’environ près de 3 percent de leur PIB en 2017.
- Prévisions 2018–19 :
  - Nouvelles améliorations des soldes courants des pays exportateurs de pétrole (prix moyens du pétrole devant dépasser les prix de 2017).
  - Creusement du déficit courant des États-Unis en raison d’une politique budgétaire expansionniste (partiellement compensée par un affermissement de la demande extérieure).
- À moyen terme : soldes courants prévus rester plus ou moins stables à leur niveau de 2017–18, avec :
  - baisse du déficit courant américain au fil de l’atténuation des effets de la politique budgétaire expansionniste,
  - diminution des excédents en Chine et, dans une moindre mesure, en Europe.
- Déséquilibres courants : déséquilibres excessifs de 2016 ont été réduits en 2017; projections à moyen terme indiquent une nouvelle baisse globale des déséquilibres, mais variations prévues pour certains grands pays sont modestes (par exemple, Allemagne) ou indiquent une aggravation (par exemple, États-Unis).

### Positions extérieures globales
- Les positions extérieures globales reflètent flux financiers nets et réévaluations dues aux fluctuations des taux de change et des prix des actifs.
- Attendu : positions créditrices et débitrices en pourcentage du PIB mondial devraient augmenter légèrement au cours des cinq prochaines années.
  - Hausse des positions créditrices principalement due aux pays avancés européens (excédents courants élevés).
  - Hausse des positions débitrices due à l’augmentation de la position débitrice des États-Unis et d’autres pays avancés (Canada, France, Royaume-Uni), partiellement compensée par la baisse de la position débitrice des pays débiteurs de la zone euro.
- Prévisions 2017–23 :
  - Positions créditrices des pays européens avancés et du Japon devraient atteindre ou dépasser 80 percent de leur PIB.
  - Position débitrice des États-Unis devrait atteindre 50 percent de leur PIB.
  - Réduction notable des passifs de la position extérieure globale nette d’un groupe de pays débiteurs de la zone euro (dont Italie et Espagne) de plus de 20 points de leur PIB.

### Contributions intérieures et extérieures à la croissance du PIB
- En 2017, la croissance de la demande intérieure a été plus rapide dans les pays créditeurs que dans les pays débiteurs, principalement en raison de la croissance élevée en Chine.
- Contribution extérieure nette à la croissance :
  - Positive pour les pays créditeurs, grâce à la Chine, aux pays créditeurs d’Europe et au Japon.
  - Légèrement négative pour les États-Unis en 2017 et prévue davantage négative en 2018 en raison d’une politique budgétaire expansionniste.
  - Pour les pays exportateurs de pétrole, contribution extérieure nette négative en 2017 en raison de volumes d’exportation ternes et d’une reprise des importations.

### Aléas et risques
- Aléas à court terme restent à double sens et plus ou moins équilibrés.
- Possibilités de révision à la hausse :
  - Confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs restée élevée jusqu’au milieu de février.
  - Indicateurs à haute fréquence suggèrent une croissance solide dans les mois à venir.
  - Hausse possible de l’investissement et de l’emploi si les perspectives de rentabilité s’améliorent.
  - Reprise de l’investissement pouvant favoriser un rebond de la productivité et une croissance potentielle plus élevée.
- Risques de détérioration :
  - Modifications des politiques macroéconomiques mondiales et leurs répercussions sur les taux de change pourraient aggraver les déséquilibres des flux (par exemple, appréciation nette du dollar sur la base d’attentes d’un durcissement plus rapide de la politique monétaire américaine).

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 2. Croissance pour les pays débiteurs

### 2. Croissance pour les pays débiteurs

### Résumé des perspectives et des risques
- Les turbulences de début février 2018 et la correction des marchés boursiers en mars après l’annonce par les États‑Unis de droits de douane sur l’acier et l’aluminium, et sur une série de produits chinois, ainsi que les mesures de rétorsion annoncées par la Chine, montrent que les prix des actifs peuvent se corriger rapidement et provoquer des ajustements de portefeuille déstabilisants.
- Les conditions financières mondiales restent très favorables malgré une volatilité légèrement plus élevée qu’avant les turbulences de février et des primes de terme moins comprimées qu’à l’automne précédent.
- Une version plus sévère des turbulences de début février (par exemple un durcissement soudain des conditions financières provoqué par une accélération plus rapide de l’inflation aux États‑Unis) demeure une possibilité et pourrait modérer l’augmentation de la demande mondiale.
- Une aggravation des tensions commerciales et l’adoption d’obstacles plus larges au commerce international pèseraient directement sur l’activité économique et affaibliraient la confiance.

### Vulnérabilité financière
- Conditions financières :
  - Les conditions financières sont plus ou moins inchangées par rapport à l’automne, même si la Réserve fédérale américaine a relevé son taux d’intérêt directeur et laisse ses avoirs en obligations se contracter progressivement.
  - Les investisseurs se tournent vers des actifs plus risqués pour compenser les faibles rendements des titres traditionnels.
  - La part des entreprises à faible note de crédit dans les indices obligataires des pays avancés a augmenté sensiblement.
- Dette des entreprises :
  - La dette des entreprises demeure considérable dans certains pays émergents, avec parfois un recours élevé à des sources de financement en dehors des relations bancaires traditionnelles.
  - Le durcissement de la réglementation de l’intermédiation non bancaire en Chine, où la dette des sociétés non financières continue d’augmenter, constitue le début d’une action nécessaire pour limiter l’accumulation de facteurs de vulnérabilité.
- Scénario de réévaluation mondiale :
  - Une accélération généralisée de l’inflation pourrait provoquer une réévaluation du risque mondial et nécessiter un durcissement plus rapide de la politique monétaire américaine, entraînant une hausse des primes de terme et des coûts du service de la dette.
  - Le moment de ce durcissement pourrait coïncider avec un fléchissement de la demande américaine après l’expiration des baisses d’impôts, amplifiant les répercussions internationales négatives.
- Nouveaux risques :
  - Une croissance rapide des crypto‑actifs attirant des investisseurs institutionnels pourrait accroître les liens avec le système financier et créer de nouvelles sources de risques pour la stabilité financière.
  - Les atteintes à la cybersécurité et les cyberattaques contre l’architecture financière pourraient mettre à mal les systèmes de paiements internationaux et perturber les flux de biens et services.

### Baisse du soutien à l’intégration mondiale
- Progrès multilatéraux :
  - L’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste concerne 11 pays représentant environ 15 percent du commerce mondial.
  - La signature annoncée de l’accord portant création de la Zone de libre‑échange continentale couvre l’ensemble de l’Afrique.
- Signes d’affaiblissement du soutien à la mondialisation :
  - Renégociations d’accords (par exemple accord de libre‑échange nord‑américain, arrangements Royaume‑Uni / Union européenne).
  - Mesures récentes des États‑Unis : hausse des droits de douane sur les importations de panneaux solaires et de machines à laver, annonce de droits de douane sur l’aluminium et l’acier, et sur une série de produits chinois ; réponses de la Chine par des droits de douane sur des importations américaines.
- Effets potentiels du protectionnisme :
  - Une augmentation des obstacles tarifaires et non tarifaires nuirait à l’état d’esprit des marchés, perturberait les chaînes mondiales d’offre et ralentirait la diffusion des nouvelles technologies, réduisant productivité et investissement.
  - Selon l’analyse citée : une augmentation du protectionnisme dans tous les pays entraînant une hausse de 10 percent des prix des importations partout réduit la production et la consommation mondiales d’environ 1¾ percent après cinq ans et de près de 2 percent à long terme, tandis que l’investissement et le commerce mondiaux diminuent encore plus.
  - Une baisse de l’immigration empêcherait les sociétés vieillissantes de compenser les baisses tendancielles des taux de croissance de la population active.
  - Une aggravation des déséquilibres extérieurs dans certains pays (y compris les États‑Unis, où le déficit des transactions courantes devrait augmenter en raison des mesures de relance budgétaire sur la demande intérieure) pourrait accroître les pressions protectionnistes.

### Facteurs non économiques
- Tensions géopolitiques :
  - Les tensions géopolitiques demeurent élevées, notamment en Asie de l’Est et au Moyen‑Orient; la prévision centrale suppose une réduction progressive de ces tensions pour de nombreux pays, mais si elles se prolongeaient, la reprise serait retardée.
  - L’indice du risque géopolitique montre des périodes de forte tension liées à des événements tels que l’invasion de l’Iraq, des attaques terroristes et l’escalade de conflits.
- Incertitude politique et gouvernance :
  - L’incertitude politique risque de peser sur l’exécution des réformes ou de réorienter les programmes d’action, y compris dans le contexte d’élections à venir (par exemple Brésil, Colombie, Italie et Mexique).
  - Une gouvernance médiocre et une corruption à grande échelle peuvent miner la confiance et affaiblir le soutien aux réformes.
- Chocs climatiques :
  - Les événements climatiques extrêmes récents attirent l’attention sur le risque d’événements graves récurrents entraînant des coûts humanitaires et des pertes économiques dévastatrices, pouvant accentuer les flux migratoires et déstabiliser les pays d’accueil.

### Analyse du graphique en éventail et probabilités
- L’incertitude entourant la prévision de croissance centrale est plus ou moins égale quant à savoir si la prévision sera révisée à la hausse ou à la baisse, mais elle est plus grande qu’il y a un an.
- L’augmentation de l’incertitude s’explique principalement par une plus vaste dispersion des vues sur l’évolution de l’inflation et des prix du pétrole.
- Probabilités et évolutions récentes :
  - Avec une croissance plus vigoureuse, la probabilité d’une récession sur un horizon de quatre trimestres (deuxième trimestre de 2018 au premier trimestre de 2019) a diminué dans la plupart des régions par rapport aux PEM d’octobre 2017.
  - Les risques à moyen terme pour la croissance restent importants et supérieurs aux normes historiques.
  - Les risques de déflation, mesurés par la probabilité à quatre trimestres d’une déflation au deuxième trimestre de 2019 avec un écart de production négatif, ont généralement diminué.
  - Dans la zone euro, la probabilité conjointe d’une inflation globale à quatre trimestres négative au deuxième trimestre de 2019 et d’un écart de production négatif pour le même trimestre, qui est à peine supérieure à 10 percent, a augmenté modérément en raison de l’effet de base d’un pic des prix du pétrole début 2018 et de leur baisse ultérieure.

### Priorités politiques générales
- Les politiques nationales et multilatérales doivent veiller à :
  - Maintenir la dynamique de l’expansion synchronisée actuelle.
  - Combler les écarts de production restants.
  - Ancrer solidement les anticipations inflationnistes.
- La vigueur de l’activité économique à court terme offre l’occasion :
  - De reconstituer des amortisseurs budgétaires là où nécessaire.
  - De se concentrer davantage sur des priorités à moyen et long terme : rehausser la croissance potentielle, réduire les inégalités, renforcer la résilience financière et faire face aux changements climatiques.

### Pays avancés — Politique monétaire
- Position générale :
  - L’expansion de l’activité dans l’ensemble des pays avancés a favorisé la création d’emplois, réduit les taux de chômage et resserré les écarts de production.
  - Toutefois, dans la plupart des pays avancés, la croissance des salaires nominaux et l’inflation hors alimentation et énergie demeurent modérées.
  - Les anticipations de l’inflation future sur les marchés indiquent un lent retour vers les objectifs des banques centrales.
- Implications politiques :
  - Après de nombreuses années de croissance médiocre et d’inflation faible, les conditions appellent en général à poursuivre une politique monétaire accommodante.
  - Si la production est proche de son potentiel et que l’inflation se rapproche des objectifs, un retrait progressif du soutien monétaire se justifie.
  - Il est nécessaire de continuer une politique monétaire accommodante dans la zone euro et au Japon jusqu’à une accélération durable de l’inflation.
  - Au Royaume‑Uni, le taux de chômage est proche de son plus bas niveau enregistré ; de nouvelles baisses pourraient accentuer les tensions inflationnistes via une croissance salariale plus rapide alors même que l’inflation est déjà supérieure à l’objectif après la dépréciation de la livre post‑référendum du Brexit en juin 2016, justifiant un durcissement.

_Extrait : Chapitre 1, « Perspectives et politiques économiques mondiales », PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : REPRISE CYCLIQUE ET CHANGEMENT STRUCTUREL, Fonds monétaire international | Avril 2018._

### 1. Probabilité d’une récession, 2018 : T2–2019 : T1

### 1. Probabilité d’une récession, 2018 : T2–2019 : T1

### Régions couvertes
- États-Unis
- Zone euro
- Japon
- Asie de l’Est
- Amérique latine 5
- Reste du monde

### Remarques générales
- Titre et période spécifiées : "Probabilité d’une récession, 2018 : T2–2019 : T1".
- Liste des zones/regimes géographiques indiquées textuellement sans valeurs numériques additionnelles dans le contenu fourni.
- La mention "5" apparaît immédiatement après "Amérique latine" (présentation fidèle à la source fournie).

*Source : weo-april-18-fre-web - 1. Probabilité d’une récession, 2018 : T2–2019 : T1*

### 2. Probabilité d’une déflation, 2019 : T2

### 2. Probabilité d’une déflation, 2019 : T2

### Risques macroéconomiques et transmission
- La normalisation progressive de la politique monétaire est nécessaire pour que l’inflation retrouve le niveau fixé comme objectif et pour maintenir les anticipations ancrées.
- Aux États-Unis, le taux de chômage s’est approché des creux observés dans les années 90 et des premiers signes d’accélération des salaires apparaissent; l’économie se trouvant probablement déjà à son niveau potentiel, la réforme du code des impôts de décembre 2017 et l’accord budgétaire de février 2018 pourraient stimuler l’activité et alimenter des pressions sur les salaires et les prix, nécessitant un retrait plus rapide du soutien monétaire si elles se concrétisent.
- L’ajustement de la politique monétaire doit être guidé par les données et une communication continue est cruciale pour assurer un ajustement sans heurts.

### Politique budgétaire : reconstitution des amortisseurs et objectifs à moyen terme
- La reprise cyclique offre l’occasion d’orienter la politique budgétaire vers des objectifs à moyen terme, en reconstituant les amortisseurs budgétaires.
- Dans les pays à faible espace budgétaire : l’assainissement doit être progressif et accompagné d’une réorientation des dépenses vers des domaines qui rehaussent la croissance de la production potentielle, réduisent les inégalités et améliorent le bien‑être des plus vulnérables.
- Calibration du rythme d’assainissement : il convient d’ajuster en fonction de la vigueur de la reprise et d’éviter de freiner brutalement la croissance.
- Exemples régionaux :
  - Zone euro : plusieurs pays ont épuisé leur marge de manœuvre et doivent assainir progressivement; Italie et Espagne doivent améliorer le solde primaire structurel pour ramener la dette à la baisse; Allemagne dispose d’une marge pour accroître l’investissement public (infrastructures numériques, garde d’enfants, formation, intégration des réfugiés).
  - Japon : éviter une baisse prématurée du soutien budgétaire; ancrer la trajectoire de la dette avec un plan crédible d’assainissement à moyen terme, incluant la rationalisation des prestations de santé, de retraite et des augmentations progressives et régulières du taux de la taxe sur la consommation à compter de 2019.
  - États‑Unis : la réforme fiscale de décembre 2017 et l’accord budgétaire accentueront la hausse du déficit et la dynamique insoutenable de la dette au cours des cinq prochaines années; il est impératif d’augmenter les recettes futures et de freiner progressivement la dynamique des dépenses publiques tout en réorientant la composition vers infrastructures, lutte contre la pauvreté et accroissement du taux d’activité.

### Politique du secteur financier : nettoyage des bilans et résilience
- Après la crise, la réforme de la réglementation financière et le nettoyage des bilans ont accru la résilience, mais subsistent des zones de faiblesse; il est essentiel de fortifier ces segments et d’éviter le démantèlement des réformes.
- Zone euro : continuer de réduire les prêts improductifs (notamment Grèce, Italie, Portugal), améliorer l’efficience‑coût et la rentabilité des banques par contrôle préventif et consolidations; utiliser de manière appropriée et prévisible les opérations de renflouement des créanciers et les recapitalisations de précaution; parachever l’union bancaire.
- Japon : faibles taux d’intérêt et évolution démographique ont affaibli la rentabilité des établissements, en particulier des banques régionales; augmenter les revenus tirés des commissions, diversifier les sources de revenu, consolider et rationaliser.
- États‑Unis : simplifications récentes pour les banques de taille moyenne peu susceptibles d’accroître le risque systémique, mais éviter une déréglemen­tation générale pour les grandes banques; continuer d’améliorer l’alphabétisation financière et la protection des consommateurs.

### Politiques structurelles : croissance potentielle et inclusion
- Après comblement des écarts de production, la croissance devrait ralentir et se rapprocher d’une croissance potentielle modérée; la hausse des inégalités et la polarisation menacent la croissance à moyen terme.
- États‑Unis : investir dans les infrastructures, améliorer l’efficience des dépenses d’éducation, soutenir apprentissage professionnel, recyclage et formation continue; la réforme fiscale réduira le taux d’imposition moyen des ménages à revenu supérieur par rapport aux ménages à revenu moyen ou inférieur surtout à moyen terme.
- Japon : accroître la productivité par réformes du marché du travail (meilleure conciliation sécurité/flexibilité, mobilité interentreprises), réduire obstacles à l’entrée, poursuivre réforme du gouvernement d’entreprise; accroître le taux d’activité des femmes et travailleurs âgés et permettre un usage accru de travailleurs étrangers.
- Zone euro : réformes selon les obstacles nationaux — Espagne : réduire la dualité du marché du travail; Italie : réformer les négociations salariales pour aligner salaires et productivité; Allemagne : déréglementation des services et augmentation de l’offre de capital‑risque.

### Pays émergents : priorités différenciées
- Objectifs communs : renforcer la résilience financière, réduire les écarts de revenu avec les pays avancés et partager largement les bienfaits de la croissance.
- Politique cyclique : inflation modérée dans plusieurs pays émergents; cadres de politique monétaire améliorés (Brésil, Inde); marge de manœuvre pour soutenir l’activité si les risques se matérialisent. Argentine et Turquie ont une inflation supérieure aux cibles, nécessitant une politique monétaire restrictive.
- Politique budgétaire : priorité à renforcer les amortisseurs et assurer la viabilité des programmes sociaux, spécialement pour les exportateurs de produits de base.
- Exemples :
  - Argentine : réformes budgétaires fin 2017 apportent discipline; nécessaire d’abaisser davantage les dépenses primaires pour atteindre les objectifs du déficit primaire.
  - Brésil : priorité à la réforme de la sécurité sociale pour garantir la viabilité à long terme; tirer parti de l’affermissement de l’activité pour améliorer le solde primaire à court terme.
  - Chine : politique budgétaire a soutenu la croissance à court terme au prix d’une érosion de l’espace budgétaire; préconisé un assainissement graduel et la réintégration des dépenses extrabudgétaires dans le budget.
  - Inde : dette publique élevée et inobservation récente de l’objectif du déficit exigent un assainissement des finances publiques à moyen terme.

### Renforcement de la résilience financière dans les émergents
- Risques : surendettement des entreprises (Inde), exposition élevée au risque de change et asymétries de monnaie sur les bilans (Turquie), croissance totale du crédit encore élevée (Chine).
- Recommandations générales : limiter recours excessif à l’emprunt à court terme, comptabiliser rapidement les actifs non productifs, réduire tolérance aux garanties implicites, aligner coûts d’emprunt sur rendements ajustés au risque, éviter fortes expansions du crédit et appliquer un taux de change flexible.

### Pays en développement à faible revenu : vulnérabilités et priorités
- Détérioration récente des finances publiques dans la plupart des pays à faible revenu; baisse des prix des produits de base depuis 2014 a grevé les recettes des exportateurs.
- Les dépenses courantes (y compris coûts en hausse du service de la dette) ont davantage contribué à l’augmentation des dépenses totales que l’investissement public.
- Recommandations budgétaires : élargir l’assiette de l’impôt, améliorer la discipline fiscale, réduire subventions inefficaces et mal ciblées; prioriser coupes dans les dépenses courantes plutôt que dans l’investissement public.
- Priorités pour la croissance inclusive : couverture universelle de services de santé essentiels, amélioration de l’éducation préscolaire et scolarisation primaire/secondaire, accès à l’eau propre et assainissement, renforcement de l’accès au crédit, formation professionnelle et modernisation des infrastructures.
- Renforcement de la résistance financière : supervision proactive, constitution de provisions pour créances irrécouvrables, réduction du laxisme, amélioration des cadres de résolution pour limiter renflouements publics et arriérés budgétaires.
- Diversification économique et résistance climatique : gestion macroéconomique saine, investissement dans l’éducation et la formation, accès renforcé au crédit, et réformes de gouvernance pour encourager l’investissement privé et élargir l’activité au‑delà des secteurs primaires.

### Politiques multilatérales
- Commerce : ouverture commerciale et intégration mondiale dans un système multilatéral fondé sur des règles ont stimulé la productivité et l’accès aux biens; abaissement des barrières (p. ex. agriculture), mise en œuvre de l’Accord sur la facilitation des échanges de février 2017, adaptation des règles au commerce numérique et cybercommerce.
- Stabilité financière mondiale : poursuivre l’agenda de réformes (volants de capitaux, profil de liquidité, cadre de résolution pour institutions d’ampleur mondiale, compensation centrale pour dérivés, combler lacunes de données, surveiller institutions non bancaires); préserver les relations avec les correspondants bancaires pour maintenir l’accès aux paiements internationaux; maintien d’un dispositif de sécurité international correctement financé.
- Fiscalité : coopération multilatérale pour lutter contre l’érosion de l’assiette fiscale et la délocalisation des bénéfices.
- Facteurs non économiques : coopération transfrontalière essentielle pour réduire émissions de gaz à effet de serre et maîtriser répercussions du réchauffement climatique, ainsi que pour gérer flux migratoires liés aux événements climatiques.

### Encadré scénario 1 — Effets d’un resserrement des conditions financières
- Hypothèse : une inflation non anticipée aux États‑Unis entraîne un élargissement plus rapide que prévu de la prime d’échéance américaine, qui gagne 50 points de base en 2018, et 50 de plus en 2019 (ligne bleue du graphique scénario 1); la prime d’échéance revient graduellement à son niveau de référence par la suite.
- Le resserrement se répercute mondialement via primes de risque souveraines et d’entreprise (ligne rouge du graphique scénario 1), calculées selon l’évaluation du FMI des facteurs de vulnérabilité (financiers, budgétaires, extérieurs) et des retombées entre secteurs et pays.
- Hypothèse additionnelle : hausse des primes pèse sur les banques centrales des pays émergents, qui ne peuvent pas pleinement compenser par un assouplissement de la politique monétaire; dans la zone euro et au Japon, la politique monétaire conventionnelle est restreinte par la trajectoire des taux directeurs à court terme du scénario de référence des PEM.
- Impact estimé : une augmentation des taux d’intérêt effectifs réels aux États‑Unis freine la demande globale et ramène le PIB réel américain à un niveau inférieur d’environ ¾ de point de pourcentage au scénario de référence des PEM d’ici 2020.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 1. PIB réel

### 1. PIB réel

### Scénario d’une hausse des primes d’échéance et de l’aversion au risque : effets sur l’activité et les taux d’intérêt
- Si les primes d’échéance et l’aversion au risque augmentent (scénarios représentés par les lignes bleue et rouge dans l’analyse), la production :
  - baisse d’environ ½ % par rapport au niveau de référence à l’horizon 2020 dans les pays émergents;
  - baisse de plus de ¾ % dans les pays avancés (hors États‑Unis).
- Aux États‑Unis, l’incidence sur l’activité tient, pour près de moitié, à la normalisation plus rapide de la prime d’échéance (ligne bleue) et, pour moitié, à une aversion accrue au risque (ligne rouge).
- Il est supposé que la marge de manœuvre limitée de la politique monétaire conventionnelle dans la zone euro et au Japon exacerbe les effets d’une hausse des primes d’échéance et de risque sur les taux d’intérêt réels et, dès lors, sur l’activité.
  - Ces effets pourraient être atténués dans la zone euro et au Japon si des mesures de politique monétaire non conventionnelle étaient mises en œuvre.
- Dans les pays émergents :
  - L’effet global de l’augmentation des primes d’échéance est relativement faible, car la politique monétaire compense en grande partie l’incidence sur les taux d’intérêt réels, ce qui amortit les effets sur l’activité (ligne bleue).
  - Toutefois, lorsque l’aversion au risque s’accroît et que les tensions favorables à des sorties de capitaux s’intensifient, la marge de réaction de la politique monétaire est limitée et l’activité ralentit de façon plus sensible et persistante par rapport au scénario de référence (ligne rouge).

### Données et indicateurs mentionnés (États‑Unis, pays avancés, pays émergents)
- Indicateurs graphiques inclus dans l’unité source :
  - PIB réel (États‑Unis)
  - Inflation hors alimentation et énergie (États‑Unis)
  - Taux d’intérêt à long terme (États‑Unis)
  - Taux d’intérêt réel des entreprises (États‑Unis)
  - PIB réel (pays avancés)
  - Taux d’intérêt réel des entreprises (pays avancés)
  - PIB réel (pays émergents)
  - Taux d’intérêt réel des entreprises (pays émergents)

### Encadré 1.1 — Téléphones intelligents et commerce mondial : faits saillants
- En 2017, les ventes mondiales de smartphones ont atteint près de 1,5 milliard d’unités : une personne sur cinq dans le monde en possède un.
- Estimation de contribution : la technologie et les services mobiles représentent 3.600 milliards de dollars (4,5 %) du PIB mondial en 2017.
- Chaînes d’approvisionnement en Asie :
  - En 2017, la Chine a vendu 128 milliards de dollars de smartphones au reste du monde, soit l’équivalent de 5,7 % du total de ses exportations.
  - En Corée, les semi‑conducteurs représentaient à eux seuls 17,1 % du total des exportations.
  - À leur pic (octobre 2017), les composants de la production de smartphones représentaient :
    - plus d’un tiers des exportations de la province chinoise de Taiwan,
    - 17,4 % des exportations de la Malaisie,
    - 15,9 % des exportations de Singapour.
- Impact sur le commerce et la valeur ajoutée :
  - Les smartphones ont été responsables d’environ un sixième du taux de croissance estimé du commerce mondial en 2017.
  - L’expansion s’explique essentiellement par une hausse de la valeur ajoutée par unité plutôt que par le nombre d’unités vendues.
  - Le prix de vente moyen d’un iPhone est passé de 618 dollars en 2016 à 798 dollars en 2017 (selon les états financiers trimestriels d’Apple).
- Répartition des gains :
  - Selon les estimations, l’Irlande, la Corée et la province chinoise de Taiwan sont les principaux bénéficiaires du nouveau cycle technologique en termes de valeur ajoutée.
  - En Irlande, la valeur ajoutée des exportations d’iPhones a représenté un quart de l’expansion économique du pays en 2017.
  - En Corée, la chaîne de production des composants des smartphones représentait environ un tiers du taux de croissance du PIB réel en 2017.
  - Dans la province chinoise de Taiwan, cette part était d’environ 40 %.
- Cycle technologique et tendance des ventes :
  - Les sorties d’iPhones (dates de lancement) sont le principal facteur déterminant du nouveau cycle technologique mondial.
  - Les ventes d’iPhones sont passées de 35,1 millions d’unités à 78,3 millions entre le premier trimestre de 2012 et le quatrième trimestre de 2016.
  - Fin 2015, les ventes mondiales de smartphones ont peut‑être atteint un plateau ; la tendance non linéaire des exportations chinoises a pu avoir atteint son pic en septembre 2015.
  - Les livraisons mondiales de smartphones ont diminué en 2017 pour la première fois depuis que les données sont collectées (IDC, 2018).
- Perspectives sectorielles :
  - Malgré un possible ralentissement des ventes de smartphones, la demande d’autres produits électroniques (ordinateurs embarqués, appareils intelligents, vêtements connectés) continue de stimuler la production de semi‑conducteurs, en particulier en Corée.
  - L’influence du secteur technologique sur les exportations et la croissance de l’Asie devrait perdurer à court et moyen terme.

### Encadré sur l’inflation hors alimentation et énergie dans les pays avancés : constat et explications possibles
- Constat :
  - L’inflation hors alimentation et énergie dans les pays avancés a baissé pendant deux ans suite à la crise financière mondiale et n’a pas remonté de manière significative depuis.
  - Dans ces pays, l’augmentation des salaires est restée atone : les salaires ont augmenté de 1,5 point de pourcentage en moins en 2017 par rapport aux années qui ont précédé la crise.
- Explications avancées pour la déconnexion inflation‑activité :
  1. Sous‑estimation des capacités inemployées : la croissance des capacités de production (production potentielle) a peut‑être été sous‑estimée et les capacités excédentaires ne diminuent peut‑être pas aussi rapidement que ne l’indiquent l’accélération de l’activité ou la baisse de l’emploi.
  2. Anticipations : entreprises et travailleurs peuvent hésiter à augmenter salaires et prix s’ils doutent de la durabilité de la reprise; les anticipations d’inflation peuvent avoir baissé dans un contexte d’inflation inférieure aux objectifs, de chômage de longue durée et de perception d’une marge de manœuvre réduite pour la politique monétaire. La concurrence étrangère peut avoir limité les prix relatifs et les taux d’inflation des produits échangeables.
  3. Frein exercé par les prix d’importation et la concurrence étrangère : en 2016, environ la moitié des importations des pays avancés provenait d’économies dont la production était inférieure à son potentiel; l’atonie de l’inflation dans les pays avancés peut donc s’expliquer en partie par l’importation de l’inflation plus faible de leurs partenaires commerciaux. L’usage répandu des technologies numériques peut avoir réduit le coût des échanges, intensifiant la concurrence pour les produits nationaux et exerçant des pressions à la baisse sur leurs prix.

*Source : Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2018 (extraits de l’unité « 1. PIB réel »).*

### 4. Amélioration de la négociabilité : Plus généralement,

### 4. Amélioration de la négociabilité : Plus généralement,

### Effets généraux de l’échangeabilité et de la concurrence mondiale
- L’amélioration de l’échangeabilité et la menace de délocalisation de la production peuvent avoir rendu l’inflation moins sensible aux facteurs intérieurs et plus réactive aux facteurs extérieurs, y compris la demande et les capacités inemployées.
- Le chapitre 2 de l’édition d’octobre 2016 des PEM montre qu’une capacité industrielle excédentaire dans les principales économies, surtout en Chine, a exercé des pressions à la baisse sur l’inflation des prix à la production sur la période 2015–16 par l’intermédiaire des prix à l’importation plus faibles.
- La baisse des prix des marchandises par rapport aux services s’explique par des gains d’efficience plus rapides en matière de production de marchandises dans le passé et la poursuite de l’intégration de pays dont les coûts de production sont moindres dans les chaînes de valeur et le commerce.

### Évidence désagrégée : biens échangables vs services
- Pour l’inflation hors alimentation et énergie, la distinction entre « biens hors alimentation et énergie » et « services hors alimentation et énergie » montre que, depuis la crise financière mondiale, la désinflation tient surtout aux services (graphique 1.2.2).
- La moyenne pondérée de l’inflation des biens hors alimentation et énergie dans les 15 pays avancés ne présente aucun affaiblissement systématique depuis la crise financière mondiale, bien qu’elle affiche une forte volatilité autour d’un niveau bas.
- Si les variations de l’inflation des biens hors alimentation et énergie ont été hétérogènes d’un pays à l’autre (certains affichant même une hausse), la baisse de l’inflation des services a été remarquablement vaste (graphique 1.2.3).
- Note méthodologique : les produits alimentaires et toutes les sous-composantes liées aux combustibles sont exclus de la série des biens et des services hors alimentation et énergie.

### Résultats sectoriels
- L’inflation a ralenti le plus par rapport à 2000–07 dans les secteurs suivants : services médicaux, éducation et transport (graphique 1.2.4).
- L’inflation a été plus élevée pour certains biens échangés : véhicules, produits médicaux et habillement — contrairement à l’idée que la multiplication des plateformes de détail en ligne a tiré les prix des biens à la baisse.
- L’analyse de régression des variations de l’inflation sectorielle entre 2002–08 et 2011–17 (limitée aux secteurs des biens échangeables) indique que :
  - Les variables muettes des pays expliquent 29 % de la variation.
  - Les variables muettes des secteurs expliquent 5 % de la variation.
- Pour une analyse similaire des biens non échangeables :
  - Les variables muettes des pays représentent 21 % de la variation.
  - Les variables muettes des secteurs représentent 17 % de la variation.

### Interprétation : facteurs mondiaux vs facteurs intérieurs
- Les tendances des données désagrégées de l’inflation indiquent que l’amélioration de l’échangeabilité et la concurrence mondiale n’ont sans doute pas été les principales causes de la morosité de l’inflation ces dernières années.
- La faiblesse de l’inflation des prix des services suggère que les facteurs intérieurs, notamment l’action des pouvoirs publics (prix des services médicaux et de l’éducation administrés ou réglementés dans de nombreux pays), sont les principaux freins.
- Une possibilité examinée est que l’échangeabilité ait pu augmenter uniquement pour les services, et pas pour les biens ; cependant, les secteurs où l’inflation est particulièrement faible (services de soins médicaux et éducation) ne semblent pas plus échangeables qu’il y a quelques années.

### Données d’échantillon et notes
- Échantillon pour certains graphiques et analyses : 16 pays avancés = Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède.
- Les produits alimentaires et toutes les sous-composantes liées aux combustibles sont exclus des séries « biens hors alimentation et énergie » et « services hors alimentation et énergie ».
- L’analyse couvre comparaisons entre les périodes 2002–08 et 2011–17.

### Recommandations pour la recherche future
- Orienter les futurs travaux de recherche sur l’étude des effets sur l’inflation de :
  - l’échangeabilité des services accrue,
  - l’évolution de la mobilité des facteurs,
  - la contestabilité du marché de l’emploi.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Extraits de l’encadré 1.2 (Chapitre 1) et analyses associées.*

### 1. Matériels TIC

### 1. Matériels TIC

### Mesure des prix des TIC et impact sur la productivité
- Graphique 1.4.1 compare l’écart de croissance entre les indices des prix des TIC (matériels TIC, logiciels et bases de données, services de communication) et les indices hors TIC ou l’IPC sur la période 2010–15 (avec exceptions : Espagne 2010–14 pour matériels TIC et logiciels; Autriche 2011–15 pour services de communication).
- Études menées au Royaume-Uni indiquent que le taux de variation des prix des services de télécommunication a été surévalué de 7 points de pourcentage au cours de la période 2010–15 (Abdirahman et al., 2017).
- Aux États-Unis, les prix corrigés de la qualité des matériels et logiciels TIC montrent une croissance nettement inférieure à celle des déflateurs officiels (Byrne, Fernald et Reinsdorf (2016); Byrne et Corrado (2017)), mais :
  - L’ajustement implicite à la croissance de la productivité du travail aux États-Unis est de 24 points de base au cours de la période 2004–14.
  - Un ajustement pour tenir compte des améliorations non mesurées des services de télécommunication et des économies de prix du commerce électronique pourrait ajouter 8 à 10 points de base.
- L’ampleur de l’effet des erreurs de mesure des prix des TIC sur la productivité varie selon les méthodes de mesure des prix des pays et le poids des TIC dans la production intérieure.

### Globalisation, fragmentation de la production et relocalisations fiscales
- La numérisation facilite la fragmentation des chaînes d’approvisionnement mondiales et la relocalisation des sièges sociaux, de la propriété intellectuelle et d’autres actifs à des fins d’arbitrage fiscal, posant des problèmes de localisation correcte de la production pour les statistiques de productivité.
- Guvenen et al. (2017) ventilent la production mondiale des multinationales liées aux États-Unis ; cette ventilation :
  - Augmente de 0,25 point de pourcentage le taux estimé de croissance de la productivité aux États-Unis sur la période 2004–08.
  - N’a aucun effet après 2008.

### Produits numériques gratuits et omission de gains de bien‑être
- Les produits numériques gratuits se répartissent en trois catégories : produits de remplacement gratuits de produits non numériques; médias non payants financés par la publicité et la collecte de données; produits fabriqués par des bénévoles.
- Inclusion possible dans les statistiques :
  - De nombreux produits de remplacement gratuits pourraient être saisis en tant qu’améliorations de qualité dans les déflateurs. Sur la base du poids des articles remplaçables dans un panier de consommation moyen dans les pays de l’OCDE en 2005, l’impact moyen sur la croissance de la productivité pourrait être de 0,1 % à 0,2 % par an les années où le nombre de remplacements numériques était élevé (Reinsdorf et Schreyer, 2017). L’impact est actuellement plus faible.
  - Les études sur l’inclusion des médias non payants financés par la publicité constatent en général un effet minime sur la croissance de la productivité.
  - Une approche extrême (Nakamura, Samuels et Soloveichik, 2017) comptabilisant toutes les informations gratuites communiquées à des fins de marketing dans la consommation de médias, et définissant un déflateur des médias en ligne correspondant à une chute rapide, relèverait le taux estimé de croissance de la productivité aux États‑Unis de 0,1 point de pourcentage.
- L’effet d’un élargissement de la définition de l’investissement pour inclure la collecte de données sur les consommateurs n’a pas encore été étudié.
- La production non marchande (p. ex. logiciels libres produits par des bénévoles) et les gains de productivité liés à la réorientation des tâches ménagères par les plateformes numériques sont des sujets à approfondir pour contextualiser les statistiques de productivité.

### Notes méthodologiques et limites
- Les statistiques de productivité ne couvrent que la production vendue aux prix du marché ; elles peuvent donc omettre des gains de bien‑être liés à des produits gratuits ou non marchands.
- Les effets estimés sont sensibles aux hypothèses de mesure, aux périodes considérées (ex. 2010–15, 2004–14, 2010–14, 2011–15) et aux poids des composantes TIC dans la production nationale.
- Remarque : Les erreurs de mesure des changements de qualité des soins médicaux pourraient aussi être importantes, mais aucune estimation de leur impact éventuel n’est disponible.

*Source : Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale : Reprise cyclique et changement structurel, Avril 2018 (Encadré 1.4, extraits).*

### 2. Mesures de restriction des échanges adoptées depuis 2008

### 2. Mesures de restriction des échanges adoptées depuis 2008

### Indicateurs et profils des régimes de commerce (exemples pour les pays du G-20)
- Graphique 1.6.1 présente des exemples d’indicateurs de politique commerciale pour les pays membres du G-20 (en vigueur à la fin de janvier 2018), où l’échelle va de 0 à 1 (0 = pays du G-20 le moins ouvert ; 1 = pays du G-20 le plus ouvert).
- Indicateurs inclus (tels que libellés dans la source) :
  - Facilité de création d’une entreprise étrangère, BM–SFI (2008–11)
  - Indice de restrictivité de la réglementation de l’IDE, OCDE (2016)
  - IR des exportations de services en cas de présence commerciale, BM (2008–11)
  - Licences non automatiques (2010–16)
  - NPF : tarif moyen appliqué (2015–16)
  - Indice de restrictivité des échanges de services, OCDE (2017)
  - Soutien à l’agriculture : équivalent subvention à la production, OCDE (2015–16)
  - Facilitation des échanges : résultats, moyenne de l’OCDE (2017)
  - Protection commerciale
  - Restrictions non tarifaires à l’importation
  - Restrictions à l’exportation
  - Nombre de mesures sur l’IDE
  - Exigences de localisation
  - Droits et taxes à l’importation
- Sources de données citées : base de données COMTRADE des Nations Unies ; Global Trade Alert ; IRES de la Banque mondiale ; Organisation de coopération et de développement économiques ; Profils tarifaires dans le monde de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ; TRAINS de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement ; calculs des services du FMI.
- Note méthodologique importante : les indicateurs ne révèlent aucune appréciation quant à la conformité à l’OMC des mesures sous-jacentes, ni sur la question de savoir si certaines mesures, comme celles de protection commerciale, sont une riposte adéquate aux actions des autres pays. L’indicateur sur la « facilité de création d’une entreprise » repose sur des opinions résultant d’un processus d’enquête bien établi de la SFI.
- Mesure de couverture : Ratio couverture des importations (exportations), sauf dans le cas de l’IDE (nombre de mesures).

### Écart par rapport au libre-échange et domaines les plus restrictifs
- Graphique 1.6.2 illustre une normalisation sur la base du libre-échange (0 = pays du G-20 le plus fermé ; 1 = libre-échange).
- Principaux constats qualitatifs :
  - L’écart par rapport au libre-échange est le plus large pour les restrictions frappant les services et l’investissement, la facilitation des échanges et les réductions tarifaires additionnelles accordées au titre de la nation la plus favorisée.
  - Les différences sectorielles mettent en évidence que les contraintes les plus importantes sont souvent hors du champ purement tarifaire (services, IDE, mesures « derrière la frontière »).

### Limites des indicateurs et besoins d’amélioration des données
- Limites soulignées :
  - Les indicateurs sont des résumés sommaires et présentent des limites inhérentes.
  - Manque d’informations chiffrées dans certains domaines importants.
- Recommandations pour l’analyse et la formulation de politiques :
  - Utiliser ces indicateurs conjointement avec des sources qualitatives, notamment les examens de la politique commerciale de l’OMC.
  - Tenir compte du contexte propre à chaque pays pour discuter de la portée, de l’ordre et du rythme des réformes commerciales.
  - Chiffrer d’autres aspects des régimes de commerce des pays, notamment :
    - les réglementations « derrière la frontière » qui peuvent entraver les échanges,
    - les aides de l’État (subventions, entreprises publiques),
    - les marchés publics,
    - la propriété intellectuelle.
  - Une amélioration des données, à la fois dans les différents pays et sur les domaines d’action des autorités ayant des conséquences importantes pour le commerce, permettrait de mieux éclairer les débats sur la politique commerciale.

### Extraits de perspectives macroéconomiques connexes (sélection de chiffres clés figurant dans le texte)
- Croissance mondiale par groupe :
  - Pays avancés : croissance prévue à 2,5 percent en 2018 (0,2 point de plus qu’en 2017) et 2,2 percent en 2019; croissance à moyen terme prévue à 1,5 percent.
  - Pays émergents et pays en développement : croissance prévue à 4,9 percent en 2018 et à 5,1 percent en 2019 (soit 0,1 point de plus pour 2019 que dans les PEM d’octobre).
- Exemples de projections nationales (extraits) :
  - États-Unis : prévision de croissance pour 2018 révisée de 2,3 percent à 2,9 percent ; pour 2019 révisée de 1,9 percent à 2,7 percent.
  - Zone euro : croissance passant de 2,3 percent en 2017 à 2,4 percent en 2018, puis 2,0 percent en 2019.
    - France : 1,8 percent en 2017, 2,1 percent en 2018, 2,0 percent en 2019.
    - Allemagne : 2,5 percent en 2018, 2,0 percent en 2019.
    - Italie : 1,5 percent en 2018, 1,1 percent en 2019.
    - Espagne : 3,1 percent en 2017, 2,8 percent en 2018, 2,2 percent en 2019.
  - Royaume-Uni : 1,8 percent en 2017, 1,6 percent en 2018, 1,5 percent en 2019; prévision à moyen terme 1,6 percent.
  - Japon : 1,7 percent en 2017, prévision 1,2 percent en 2018 et 0,9 percent en 2019.
  - Chine : 6,9 percent en 2017, 6,6 percent en 2018, 6,4 percent en 2019; à moyen terme ralentissement à 5,5 percent.
  - Inde : 6,7 percent en 2017, 7,4 percent en 2018, 7,8 percent en 2019.
  - ASEAN-5 (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Viet Nam) : 5,3 percent en 2017, 5,3 percent en 2018, 5,4 percent en 2019.
  - Amérique latine et Caraïbes : 1,3 percent en 2017, 2,0 percent en 2018, 2,8 percent en 2019.
    - Mexique : 2,0 percent en 2017, 2,3 percent en 2018, 3,0 percent en 2019.
    - Brésil : 1,0 percent en 2017, 2,3 percent en 2018, 2,5 percent en 2019.
    - Argentine : 2,9 percent en 2017, 2,0 percent en 2018, remontée à 3,3 percent à moyen terme.
    - Venezuela : PIB réel prévu diminuer d’environ 15 percent en 2018 et de 6 percent en 2019.
  - Communauté des États indépendants : 2,1 percent en 2017, 2,2 percent en 2018.
    - Azerbaïdjan : prévision 2,0 percent pour 2018.
    - Kazakhstan : prévision 3,2 percent pour 2018.
  - Pays émergents et pays en développement d’Europe : 5,8 percent en 2017, 4,3 percent en 2018, 3,7 percent en 2019.
    - Pologne : 4,1 percent en 2018, 3,5 percent en 2019.
    - Turquie : 4,4 percent en 2018, 4,0 percent en 2019.
  - Afrique subsaharienne : 2,8 percent en 2017, 3,4 percent en 2018, autour de 4,0 percent à moyen terme.
    - Nigéria : 0,8 percent en 2017, 2,1 percent en 2018, 1,9 percent en 2019.
    - Angola : 0,7 percent en 2017, 2,2 percent en 2018, 2,4 percent en 2019.
    - Afrique du Sud : 1,3 percent en 2017, 1,5 percent en 2018, 1,7 percent en 2019.
  - Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan : 2,6 percent en 2017, 3,4 percent en 2018, 3,7 percent en 2019; stabilisation autour de 3,6 percent à moyen terme.
    - Arabie saoudite : reprise à 1,7 percent en 2018 (après -0,7 percent en 2017), 1,9 percent en 2019.
    - Égypte : 5,2 percent en 2018, 5,5 percent en 2019.
    - Pakistan : 5,3 percent en 2017, 5,6 percent en 2018, 4,7 percent en 2019.
- Inflation (extraits) :
  - Inflation dans les pays avancés : devrait monter à 2,0 percent en 2018, contre 1,7 percent en 2017.
  - Inflation dans les pays émergents et pays en développement, hors Venezuela : devrait passer de 4,0 percent en 2017 à 4,6 percent en 2018.
  - États-Unis : inflation globale 2,1 percent en 2017 à 2,5 percent en 2018, puis 2,4 percent en 2019. Inflation hors alimentation et énergie : 1,8 percent en 2017, 2,0 percent en 2018, 2,5 percent en 2019. Mesure CPI préférée par la Fed : 1,5 percent en 2017, 1,7 percent en 2018, 2,2 percent en 2019.
  - Zone euro : inflation globale 1,5 percent en 2018, 1,6 percent en 2019. Inflation hors alimentation et énergie : 1,1 percent en 2017, 1,2 percent en 2018, 1,7 percent en 2019.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Extraits de "2. Mesures de restriction des échanges adoptées depuis 2008" (weo-april-18-fre-web).*

### 2019. Elle devrait monter progressivement à 2 % d’ici

### weo-april-18-fre-web - 2019. Elle devrait monter progressivement à 2 % d’ici

### Perspectives d’inflation — économies avancées
- Japon
  - L’inflation globale devrait monter à 1,1 % en 2018–19 (contre 0,5 % en 2017) en raison de la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, ainsi que de la vigueur de la demande intérieure.
  - L’inflation hors alimentation et énergie devrait passer de 0,1 % en 2017 à 0,5 % en 2018 et à 0,8 % en 2019.
  - L’inflation restera probablement inférieure à la fourchette établie par la Banque du Japon sur l’horizon de prévision, en raison de la répercussion généralement lente de la demande vigoureuse sur les salaires et les coûts d’exploitation des entreprises, ainsi que d’un ajustement très graduel des anticipations inflationnistes.
- Royaume‑Uni
  - La diminution des capacités de production inemployées et les répercussions de la dépréciation de la livre devraient maintenir l’inflation à un niveau supérieur à la fourchette fixée par la Banque d’Angleterre en 2018.
  - L’inflation globale devrait s’établir à 2,7 % en 2018, comme en 2017.
  - L’inflation hors alimentation, énergie, boissons alcoolisées et tabac devrait passer de 2,4 % en 2017 à 2,5 % en 2018, avant de ralentir à 2,2 % en 2019 (et à 2 % à moyen terme), tandis que les relèvements des taux d’intérêt et le retrait de l’impulsion monétaire se poursuivent.

### Perspectives d’inflation — pays émergents et en développement
- Chine
  - L’inflation globale devrait s’accélérer à 2,5 % en 2018 et à environ 3 % à moyen terme.
  - Explications: hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie; redressement léger de l’inflation hors alimentation et énergie en raison de la baisse des capacités excédentaires dans le secteur industriel, de la persistance d’une demande robuste de services et des pressions croissantes sur les salaires dues à la diminution de la population active.
- Brésil et Russie
  - L’inflation globale devrait rester modérée en 2018, entre 3 % et 4 %, tandis que les écarts de production se comblent progressivement.
  - À moyen terme, l’inflation devrait s’accélérer avec une montée de l’inflation hors alimentation et énergie et une hausse modeste des prix des produits de base, mais demeurer bien en deçà de la moyenne des dix dernières années.
- Mexique
  - Le taux moyen d’inflation devrait tomber aux environs de 4,4 % en 2018 (contre 6,0 % en 2017), puis encore ralentir pour avoisiner 3,0 % en 2019, à mesure que les effets de facteurs temporaires tels que la libéralisation des prix des carburants s’atténuent.
- Afrique subsaharienne
  - L’inflation devrait ralentir légèrement en 2018 et en 2019, mais rester supérieure à 10 % dans les économies principales, en raison des répercussions de la dépréciation de la monnaie et de leur impact sur les anticipations inflationnistes (Angola), de facteurs liés à l’offre et de l’hypothèse d’une politique monétaire accommodante à l’appui de la politique budgétaire (Nigéria).

### Évolution des cours des produits de base et implications
- Aperçu des évolutions récentes
  - L’indice des cours des produits de base établi par le FMI a progressé de 16,9 % entre août 2017 et février 2018.
  - Les cours de l’énergie ont augmenté de 26,9 % entre ces périodes.
  - Les cours des métaux ont progressé de 8,3 %.
  - La hausse des cours des produits agricoles a été de 4,1 %.
- Pétrole
  - Les cours du pétrole ont dépassé 65 dollars le baril (en janvier), atteignant leur plus haut niveau depuis 2015.
  - Facteurs ayant influé: interruptions de l’offre, prorogation de l’accord de production de l’OPEP et croissance mondiale plus forte que prévu.
  - Depuis le pic, les cours ont reculé par suite du niveau plus élevé qu’anticipé de la production des États‑Unis.
- Gaz naturel et charbon
  - Les cours du gaz naturel ont beaucoup progressé sous l’effet de l’utilisation pour le chauffage en hiver et de la forte demande en Chine.
  - Les cours du charbon ont augmenté, mais moins que ceux des autres produits énergétiques, de nombreux pays passant du charbon au gaz.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 4. Indice des cours de métaux

### 4. Indice des cours de métaux

### Évolution générale et chiffres clés
- Les cours des métaux ont augmenté de 8,3% entre août 2017 et février 2018.
- Facteurs moteurs cités : amélioration de la croissance mondiale par rapport aux prévisions, indices des directeurs d’achat d’environ 60 points en février 2018 pour les États-Unis et la zone euro, dépréciation du dollar.

### Principaux métaux — niveaux et variations (période août 2017 → février 2018)
- Minerai de fer : revenu à environ 78 dollars la tonne en février (74,6 dollars en août), progression de 4,1%.
- Aluminium : progression de près de 7,5% par rapport à août (pics pluriennaux après compression de la production en Chine).
- Cuivre : progression de 8% pendant la même période (soutenu par la demande robuste en Chine).
- Nickel : hausse de 24,8% par rapport à août 2017 (pics pluriennaux en février).
- Cobalt : augmentation de 38,2% en février 2018 par rapport à leur moyenne d’août 2017 (record de neuf ans à la fin janvier).
- Uranium : oscillait autour de 20 dollars depuis août, s’est redressé début novembre, puis a reculé et chuté de 11,2% entre août 2017 et février 2018.

### Mécanismes d’offre et de demande
- Amélioration de la croissance mondiale expliquée comme facteur de hausse de la demande, mais l’effet estimé est limité (exposé dans le dossier : hausse de la croissance mondiale de 0,2 point de pourcentage en 2018 ↔ augmentation de tout au plus 0,2% de la demande de pétrole — exemple méthodologique sur élasticité).
- Rôle prépondérant de l’offre : exemple pour le pétrole — une révision à la baisse des prévisions d’offre pour 2018 de 0,8 mbj laisse penser qu’environ 80% de la hausse récente des cours est due à une dégradation des conditions de l’offre.
- Pour les métaux : la compression de la production en Chine (mesures visant à réduire la pollution de l’air pendant l’hiver) a réduit l’offre d’aluminium et d’autres métaux, aggravant le déficit offre/demande mondial.
- Dépréciation du dollar a soutenu les produits métalliques libellés en dollars.

### Stocks et marchés physiques
- Stocks de nickel dans les entrepôts de la Bourse des métaux de Londres : chute depuis octobre pour atteindre un creux de 14 mois en janvier.
- Cobalt : situation d’offre tendue depuis 2016, stocks et disponibilité affectés par la concentration géographique de la production et du raffinage.

### Métaux pour batteries (lithium, cobalt) — évolution des cours et offre
- Carbonate de lithium en Chine : hausse de plus de 30% en 2017 (cours au comptant).
- Cobalt : plus que doublé entre septembre 2016 et avril 2017, puis encore progressé de 25% entre novembre 2017 et janvier 2018.
- Production mondiale de lithium : Australie et Chili représentent plus des trois quarts de la production mondiale ; Argentine ensuite.
- Réserves mondiales de lithium (US Geological Survey) en 2015 : 600 fois la production.
- Cobalt : en 2016, la République démocratique du Congo représentait plus de 50% de l’offre mondiale ; la Chine assurait la part la plus importante du raffinage.
- Nature de la production de cobalt : sous-produit de l’exploitation d’autres métaux (nickel 50%, cuivre 35%), seulement 6% provient de production primaire (Olivetti et al., 2017).

### Perspectives de demande et trajectoires de production (lithium, cobalt)
- Prévision de consommation mondiale de batteries au lithium-ion (source citée) : demande mondiale de lithium attendue passer de 181 à 535 kilotonnes d’équivalent carbone lithium d’ici à 2025 (Deutsche Bank, 2017).
- Cobalt — scénario basé sur une prévision de ventes de véhicules électriques modeste (10 millions) en 2025 : demande de cobalt > 330 kilotonnes d’ici à 2025 selon Olivetti et al. (2017), soit près de trois fois la production mondiale actuelle.
- Implications : pour le cobalt, une telle demande nécessiterait une croissance annuelle moyenne de plus de 11% au cours de la prochaine décennie, bien au‑delà de l’historique des 50 dernières années.

### Contraintes d’offre, risques et atténuations
- Contraintes d’offre :
  - Dépendance géographique (ex. République démocratique du Congo pour le cobalt).
  - Délais d’exécution longs pour nouveaux projets miniers.
  - Risques sociaux et environnementaux (production artisanale, milices, travail des enfants, craintes environnementales freinant l’octroi de permis).
  - Raffinage concentré (domination chinoise).
- Risques pour les marchés : instabilité géopolitique en zones clés de production, perturbations de l’offre entraînant flambées historiques des cours.
- Mécanismes d’atténuation possibles :
  - Recyclage accru du cobalt.
  - Nouvelles techniques d’exploitation minière primaire.
  - Progrès technologiques dans les batteries (ex. batterie à l’état solide) qui pourraient réduire ou éliminer la dépendance au cobalt.
  - Investissements en capacités productives en lithium, mais possibles contraintes temporaires malgré d’importantes réserves.

### Implications pour l’électrification des transports
- Le resserrement de l’offre et la forte hausse anticipée de la demande de cobalt constituent un risque pour l’électrification du secteur des transports si la montée en capacité de production ne suit pas.
- L’adoption à grande échelle de technologies alternatives de batterie (batterie à l’état solide) pourrait réduire la demande de cobalt et atténuer des pressions sur les prix.

*Fonds monétaire international — Extrait du dossier spécial « marchés des produits de base : évolution et prévisions », Avril 2018*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et enjeux
- Dans les pays avancés, la croissance démographique ralentit, l’espérance de vie s’allonge et le nombre de personnes âgées monte en flèche.
- Selon les projections des Nations Unies, la population totale diminuera dans presque la moitié des pays avancés en raison de ces évolutions.
- À moins que le nombre de personnes actives n’augmente, le vieillissement démographique pourrait ralentir la croissance des pays avancés et compromettre la viabilité de leurs systèmes de sécurité sociale.
- L’accroissement de la main-d’œuvre disponible expliquait une proportion notable de la croissance potentielle des pays avancés durant la période 1985–2000, mais sa contribution a depuis lors chuté.
- Le taux d’activité est défini comme la proportion de la population d’âge adulte (15 ans et plus) qui travaille ou recherche activement un emploi.

### Questions de recherche du chapitre
- De quelle manière les taux d’activité ont-ils évolué dans les différents pays avancés ? Cette dynamique diffère-t-elle systématiquement par type de travailleur ? La crise financière mondiale a-t-elle modifié l’évolution des taux d’activité ?
- Quels sont les facteurs déterminants de l’évolution des taux d’activité globaux et des taux d’activité par types de travailleurs ?
  - Dans quelle mesure la modification des taux globaux observée au cours des 10 dernières années est-elle imputable à l’accélération de la transition démographique et aux effets cycliques, notamment les graves récessions associées à la crise financière mondiale et à la crise de la dette en Europe ?
  - Dans le passé, de quelle manière les politiques publiques et les institutions ont-elles influencé la décision des individus de travailler ou non par comparaison aux forces qui peuvent avoir modifié la demande de certains types de travailleurs, comme l’automatisation et les transformations structurelles ?
- Quelles sont les perspectives d’évolution des taux d’activité ?

### Méthodologie et plan du chapitre
- Bilan de l’évolution des taux d’activité de différentes catégories de travailleurs des pays avancés au cours des 30 dernières années.
- Analyse quantitative de la modification des taux au niveau des pays, en relation avec l’évolution démographique depuis le milieu de la première décennie 2000.
- Analyse des facteurs déterminants des taux d’activité de groupes de travailleurs particuliers, et examen des disparités entre pays et dans le temps.
- Étude des éléments prédictifs des décisions individuelles en matière d’emploi (niveau d’instruction, composition du ménage, exposition au progrès technologique).
- Perspectives à long terme du taux d’activité au moyen d’un modèle basé sur les cohortes.

### Principales conclusions
- Les taux d’activité globaux dans les pays avancés évoluent différemment d’un pays à l’autre, mais les tendances par catégorie de travailleurs sont étonnamment similaires entre pays.
  - Le taux d’activité des femmes a considérablement augmenté depuis le milieu des années 80, avec des variations d’ampleur selon les pays.
  - Le taux d’activité a récemment fortement augmenté pour les travailleurs plus âgés, mais a diminué pour le groupe des jeunes.
  - Depuis 35 ans, dans presque tous les pays avancés, les hommes d’âge très actif (25 à 54 ans), en particulier les moins instruits, sont de moins en moins présents dans la population active, bien que les taux d’activité restent élevés et ne diffèrent guère d’un pays à un autre.
- Le vieillissement démographique et l’effet de frein exercé par la crise financière mondiale peuvent expliquer une part importante de la baisse du taux d’activité global des hommes au cours des dix dernières années.
- L’accroissement du taux d’activité des femmes, malgré l’augmentation de l’âge moyen et les évolutions cycliques défavorables, souligne la contribution importante des politiques publiques et d’autres facteurs aux décisions de participation à la population active.
- Les politiques et les institutions (système impôts–prestations, dépenses publiques pour programmes actifs du marché du travail, mesures d’encouragement à l’activité pour groupes ciblés), ainsi que les transformations structurelles et le relèvement des niveaux d’instruction, expliquent l’essentiel de l’accroissement considérable du taux d’activité des femmes d’âge très actif et des travailleurs plus âgés au cours des 30 dernières années.
- Le progrès technologique, notamment la routinisation (automatisation de tâches), pèse sur les taux d’activité de la plupart des groupes de travailleurs.
  - La baisse des prix relatifs des équipements est associée à une diminution plus importante des taux d’activité dans les pays les plus exposés à la routinisation en raison de la composition de leurs emplois.
  - Cette exposition peut en partie expliquer la baisse du taux d’activité des hommes d’âge très actif.
- Analyses microéconomiques :
  - L’exposition à la routinisation augmente la probabilité de sortie de la population active pour les travailleurs concernés.
  - L’augmentation des dépenses au titre de programmes actifs du marché du travail et de l’éducation est associée à une moins forte probabilité que les personnes occupant un travail facilement automatisable quittent la population active.
  - La probabilité de sortie est également plus faible dans les zones urbaines, indiquant l’importance d’un accès à une offre d’emplois diversifiée.

### Implications de politique et perspectives
- De nombreux pays ont jusqu’à présent atténué les effets négatifs du vieillissement sur le taux d’activité global en renforçant la participation de groupes particuliers de travailleurs.
- Les mesures qui découragent l’entrée ou le maintien dans la population active et celles qui aident à concilier vie familiale et vie professionnelle peuvent affecter sensiblement les gains d’activité.
- La poursuite d’investissements dans l’éducation, la formation et les politiques d’activation peut encourager l’activité et accroître la résilience face aux évolutions mondiales (progrès technologique, mondialisation).
- À terme, la transformation démographique pourrait dépasser la capacité des seules politiques nationales à compenser la baisse du taux d’activité :
  - Les simulations indiquent que le taux d’activité global finira par diminuer, même si l’écart entre les hommes et les femmes est totalement éliminé.
  - Le taux d’activité des travailleurs âgés devrait fortement augmenter pour enrayer la baisse du taux d’activité global.
  - À moins que le progrès technologique compense par des gains de productivité, de nombreux pays avancés devront repenser leurs politiques migratoires pour accroître l’offre de main-d’œuvre et prendre des mesures pour encourager les personnes âgées à repousser leur départ à la retraite.
- L’immigration nette explique environ la moitié de la croissance démographique des pays avancés depuis 30 ans et peut atténuer les pressions du vieillissement et générer des gains à long terme (accélération de la croissance et de la productivité).

### Limites de l’analyse
- L’objectif du chapitre est de détecter des profils et des corrélations, et non d’établir des relations de cause à effet entre politiques publiques, caractéristiques structurelles et personnelles, d’une part, et le taux d’activité, d’autre part.
- De nombreuses variables individuelles (choix en matière d’éducation, état civil, fécondité) coïncident avec les décisions de participer à la population active.
- Les changements de politiques nationales peuvent résulter d’une évolution des normes sociales et des attitudes culturelles concernant le travail ; l’analyse de ces interactions dépasse le cadre du chapitre.

*Source : Introduction du chapitre "Taux d’activité dans les pays avancés : facteurs déterminants et perspectives", PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Avril 2018.*

### 1. Ensemble de

### Ensemble de la main-d’œuvre

### Évolution des taux d’activité par sexe et par tranche d’âge
- La proportion de femmes actives (travaillant ou cherchant activement à travailler) a fait un bond dans l’ensemble des pays avancés et le taux d’activité des femmes s’est accru de près de 10 points de pourcentage dans le pays avancé médian.
- Le taux d’activité des femmes a augmenté plus rapidement dans les pays où il était auparavant plus faible, entraînant une nette diminution de la dispersion des taux d’activité des femmes entre les pays avancés depuis 1985.
- Le taux d’activité des hommes, nettement plus élevé et généralement moins variable d’un pays à l’autre, a diminué presque partout et était inférieur de plus de quatre points de pourcentage en 2016 à celui de 1985 dans le pays avancé médian.
- L’écart entre les taux d’activité des hommes et des femmes s’est réduit en raison de ces évolutions divergentes.
- Les variations temporelles considérées couvrent la période 1985–2016 et, pour certaines statistiques, 2000–16 et 2000–12.

### Jeunes (15–24 ans) : scolarisation et activité
- Les jeunes (âgés de 15 à 24 ans), hommes et femmes, étaient nettement moins susceptibles de faire partie de la population active en 2016 qu’en 1985.
- La baisse du taux d’activité des jeunes reflète dans une large mesure l’accroissement séculaire des investissements dans le capital humain et des taux de scolarisation.
- Graphique et statistiques citées : 1. Variations du taux de scolarisation et du taux d’activité des jeunes, 2000–12 (en points de pourcentage).
- Corrélations estimées :
  - y = –0,58**x – 0,81 (relation entre variation du taux d’activité des jeunes et variation du taux de scolarisation, graphique 2.4, série 1)
  - y = –2,15*x – 0,40** (variation du rendement de l’éducation et du taux d’activité des jeunes, 1987–2013, graphique 2.4, série 2)
- La proportion des jeunes « oisifs » (ni employés, ni au chômage, ni scolarisés) est bien faible et stable depuis le début des années 2000.

### Travailleurs âgés (55 ans et plus) : hausse de la participation
- Les taux d’activité des hommes et des femmes âgés (de 55 ans et plus), qui avaient évolué à la baisse pendant plusieurs décennies, augmentent nettement depuis le milieu des années 90.
- L’augmentation est particulièrement prononcée pour les personnes âgées de 55 à 64 ans; les personnes de plus de 65 ans travaillent aussi plus longtemps depuis une dizaine d’années.
- Contexte démographique : l’espérance de vie à la naissance s’est allongée d’environ sept ans depuis 1985, tandis que l’espérance de vie à l’âge de 50 ans a augmenté de plus de cinq ans depuis 1985.
- De nombreux pays ont pris des mesures pour encourager les personnes actives à retarder leur départ à la retraite.

### Population d’âge très actif (25–54 ans) : divergences par groupe démographique
- Tendance générale : le taux d’activité des femmes d’âge très actif a augmenté de manière généralisée; le taux d’activité des hommes d’âge très actif a légèrement baissé ou stagné, surtout pour les personnes les moins instruites.
- Analyses spécifiques (comparaisons 2000 vs 2016) pour la plupart des pays avancés et pour les pays européens avancés montrent :
  - Hommes : baisse la plus marquée dans la catégorie des personnes les moins instruites; légère diminution ou stagnation pour les autres groupes.
  - Femmes : augmentation généralisée, y compris pour les femmes célibataires ou mariées, mères de jeunes enfants (moins de 6 ans) ou d’enfants plus âgés (moins de 15 ans), autochtones ou immigrées.
- Structure de la main-d’œuvre en 2015 pour le pays avancé médian : hommes d’âge très actif : 37 % ; femmes d’âge très actif : 31 % ; personnes âgées de 15 à 24 ans : 11 % ; personnes âgées de plus de 55 ans : 21 %.
- Les modifications des caractéristiques de la population (niveau d’instruction, fécondité, état civil, statut migratoire) influencent sensiblement les taux d’activité observés.

### Raisons de l’inactivité et inactivité involontaire
- Les motifs d’inactivité diffèrent nettement selon le sexe : les femmes restent plus susceptibles de sortir du marché du travail pour s’occuper de leurs enfants; la proportion de personnes non actives pour des raisons de santé et d’incapacité est plus forte pour les hommes.
- Une proportion non négligeable des personnes hors de la main-d’œuvre pourraient être « involontairement inactives » : elles auraient cessé de travailler pour des raisons économiques (du côté de la demande) plutôt que par choix personnel.
- La catégorie « inactives suite à un licenciement » est considérée comme la borne inférieure du groupe des personnes involontairement inactives.
- Comparaison 2000 vs 2016 : la proportion d’étudiants a augmenté parmi les jeunes et parmi les personnes d’âge très actif; la proportion des personnes d’âge très actif partant à la retraite de manière anticipée a diminué; la morbidité et l’incapacité deviennent des motifs d’inactivité de plus en plus importants avec l’âge.

### Distribution sectorielle de l’inactivité involontaire et vulnérabilité à l’automatisation
- Les personnes involontairement inactives sont surreprésentées dans certains secteurs :
  - Les secteurs du commerce de gros et de détail, des industries manufacturières, des industries extractives et des services publics regroupent collectivement plus de la moitié des personnes involontairement inactives, bien qu’ils emploient moins d’un tiers des personnes actives (employées ou au chômage).
- L’excédent de personnes involontairement inactives par rapport à la taille du secteur est généralement notable dans les secteurs où une plus forte proportion des emplois est constituée de travaux de routine vulnérables à l’automatisation.
- Les personnes qui perdent leur travail à la suite de suppressions d’emplois sont, de manière disproportionnée, peu ou moyennement qualifiées; la vulnérabilité à la routinisation des tâches est particulièrement prononcée dans les parties inférieures et intermédiaires de la distribution des revenus.
- Implications stylisées : ces observations témoignent des effets défavorables potentiels du progrès technologique sur les taux d’activité de certaines catégories de travailleurs et des effets importants sur la répartition des revenus.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 1. Hommes, 25 à 54 ans

### 1. Hommes, 25 à 54 ans

### Tendances générales de l’activité et de l’inactivité
- Les personnes ne participant pas à la main-d’œuvre appartiennent à des sous-catégories diverses : élèves ou étudiants, personnes à la retraite, personnes s’occupant d’enfants (« volontairement inactives ») et personnes inactives pour des raisons économiques (« involontairement inactives »).
- Les statistiques présentées ont été estimées à partir d’un échantillon aléatoire de 10.000 personnes interrogées par pays et par an dans le cadre de l’enquête de l’Union européenne sur les forces de travail (période 2000–16).
- Les catégories représentées en bleu et en rouge sont des sous-groupes constitués par des personnes ayant travaillé auparavant et n’étant pas à la retraite. Les personnes à la retraite comprennent les personnes ayant pris une retraite anticipée.

### Effet de la crise financière mondiale et évolution par groupe d’âge
- La baisse du taux d’activité des hommes d’âge très actif (25–54 ans) s’est accélérée après la crise financière mondiale.
- La progression du taux d’activité des femmes d’âge très actif s’est nettement ralentie après 2008.
- Il est difficile d’isoler l’effet de la crise de celui du ralentissement progressif de la progression du taux d’activité des femmes observé au cours des 30 dernières années.
- Les tendances sont, dans l’ensemble, similaires dans les pays ayant subi des pertes de production relativement importantes à la suite de la crise financière mondiale et de la crise de la dette en Europe et dans les pays relativement à l’abri de ces effets défavorables.

### Rôle de l’exposition à la routinisation et inactivité involontaire
- Les personnes involontairement inactives ont quitté de manière disproportionnée les secteurs et les emplois exposés à l’automatisation.
- La vulnérabilité à la routinisation est particulièrement prononcée pour les hommes se trouvant au milieu de la distribution des revenus.
- Graphique 2.7 (Rôle de l’exposition à la routinisation) utilise une échelle d’exposition à la routinisation (indice) allant de –0,4 à 1,2 et mesure un « excédent » de personnes involontairement inactives (en points de pourcentage) avec une même échelle de –0,4 à 1,2 pour certaines comparaisons.
- Les secteurs codés incluent notamment : ACC, ADM, AGR, AGRIC, CLER, CON, CRAFT, EDU, ELC, ELEM, FIN, HEA, INF, MACH, MAN, MNF, MNG, OTH, PROF, PUB, REA, SERV, TECH, TRA, TRD, WAT.

### Mesure et périodisation des tendances observées
- Les séries temporelles et comparaisons empiriques couvrent notamment les plages : 1985–2000, 01–07, 08–16, et la période 2000–16 utilisée pour les estimations tirées de l’enquête.
- Graphique 2.8 (Variation annuelle moyenne des taux d’activité) présente des axes de variation allant de –1,6 à 1,6 (en points de pourcentage) pour les groupes : 1. Hommes, 25 à 54 ans ; 2. Femmes, 25 à 54 ans ; 3. Hommes et femmes, 15 à 24 ans ; 4. Hommes et femmes, 55 ans et plus. Les colonnes représentent les valeurs médianes et les lignes verticales l’écart interquartile. Les astérisques indiquent des écarts statistiquement significatifs par rapport à la période 2001–07 au seuil de 10 %.

### Décomposition de l’emploi : chômage vs activité
- Avant la crise, les gains d’emploi étaient associés à une baisse du chômage et à une augmentation de l’activité dans la plupart des pays.
- Après la crise, la contraction de l’emploi s’est traduite à la fois par une augmentation du chômage et par une diminution du taux d’activité dans environ la moitié des pays de l’échantillon.
- Graphique 2.9 (Décomposition des transformations du marché du travail) montre des variations du taux d’emploi, du taux de chômage et du taux d’inactivité sur des plages allant de –15 à 20 (en points de pourcentage) selon les sous-périodes (1. 2000–16 ; 2. 2000–08 ; 3. 2008–16).

### Interprétation quantitative : vieillissement et cycles
- Une analyse structurelle–résiduelle décompose les changements observés depuis 2008 en : « variations intra » (changements des taux d’activité par tranche d’âge, taille relative des tranches maintenue constante), « variations inter » (changements de la taille des tranches d’âge, taux d’activité par tranche maintenu constant) et un terme d’interaction.
- Le rôle du vieillissement démographique est représenté par la « variation inter » (variation imputée lorsque les taux d’activité par tranche d’âge sont maintenus à leur niveau de 2008).
- Les variations observées du taux d’activité des hommes cadrent, en moyenne, avec l’évolution de la pyramide des âges depuis 2008 et l’effet de frein exercé par la crise financière mondiale.
- Les femmes sont plus susceptibles de travailler ou de chercher un emploi malgré le vieillissement dans un pays avancé moyen (mais pas aux États-Unis), ce qui indique que politiques publiques et autres facteurs interviennent.
- Les évolutions cycliques (amplitude du chômage et médiocrité des perspectives d’emploi après la crise) ont réduit le taux d’activité, en particulier en Europe et aux États‑Unis ; cet effet de frein s’est toutefois atténué après la reprise.
- L’estimation de la composante cyclique est effectuée à partir de la relation historique entre les taux d’activité globaux dont la tendance a été éliminée et les écarts de production (ou de chômage), en tenant compte d’évolutions différentes durant les périodes de grave récession.

### Méthodologie et sources de données
- Analyses fondées sur : Eurostat (enquête de l’Union européenne sur les forces de travail), Organisation de coopération et de développement économiques, et calculs des services du FMI.
- Approches complémentaires : analyses structurelle–résiduelle, régressions de panel entre pays, analyse des données individuelles provenant de 24 pays européens.
- La plage 2 de certaines analyses mesure l’« excédent » de personnes involontairement inactives comme la différence entre la proportion d’inactifs hors de la main-d’œuvre dans un secteur et la proportion d’actifs de la main-d’œuvre travaillant dans ce secteur. L’exposition à des tâches routinières est utilisée comme variable de remplacement de la proportion d’emplois dans un secteur donné qui risque d’être automatisée selon Das et Hilgenstock (à paraître).

_Observation extraite du PDF "weo-april-18-fre-web - 1. Hommes, 25 à 54 ans" (chapitre et graphiques cités)._

### 51. Hommes, ensemble

### weo-april-18-fre-web - 51. Hommes, ensemble

### Méthodologie et périmètre de l’analyse
- Échantillon : 23 pays avancés, période 1980–2011.  
- Spécification empirique (forme réduite) : LFP_{i,t}^g = β_X,g X_{i,t}^g + β_D,g D_{i,t} + β_GAP,g GAP_{i,t−1} + β_Z,g Z_{i,t} + π_i^g + τ_t^g + ε_{i,t}^g.  
- Groupes analysés séparément : 15–24 ans (jeunes), hommes 25–54 ans, femmes 25–54 ans, 55 ans et plus.  
- Variables explicatives : position dans le cycle (écart de production), routinisation × prix relatifs des équipements (automatisation), ouverture du commerce, part relative de l’emploi dans les services, urbanisation, niveau d’instruction (pourcentage études secondaires et supérieures), coin fiscal, taux de remplacement des allocations de chômage, dépenses publiques au titre des programmes actifs du marché du travail (PAMT), rigueur des politiques d’intégration des immigrés, densité syndicale, coordination de la détermination des rémunérations, et variables spécifiques pour femmes (dépenses publiques pour l’éducation de la petite enfance et soins des enfants, part de l’emploi à temps partiel, congé de maternité ne portant pas préjudice à l’emploi) et pour travailleurs âgés (âge légal de la retraite, dépenses publiques prestations vieillesse et d’invalidité).  
- Effets fixes de pays et d’année inclus ; erreurs-types de Driscoll–Kraay reportées.

### Résultats globaux — relations générales
- Education : l’augmentation de la proportion de travailleurs ayant achevé des études secondaires et surtout supérieures est associée à un taux d’activité nettement plus élevé, particulièrement pour les femmes 25–54 ans et les travailleurs 55 ans et plus.
- Cycle économique : l’écart de production influence positivement les taux d’activité, relation plus marquée pour les groupes relativement marginaux (jeunes, femmes).
- Transformations structurelles :
  - Une augmentation relative de l’emploi dans les services tend à accroître l’activité des femmes 25–54 ans.
  - L’urbanisation augmente le taux d’activité pour toutes les catégories de travailleurs.
- Progrès technologique / automatisation : la baisse du prix relatif des investissements combinée à une plus forte exposition initiale à des tâches routinières est liée à une diminution des taux d’activité dans les pays plus exposés à la routinisation.

### Effets des politiques et institutions
- Système impôts–prestations :
  - Coin fiscal et générosité des allocations de chômage liés à des taux d’activité plus faibles pour la plupart des groupes.
- Politiques actives du marché du travail (PAMT) :
  - Dépenses publiques au titre des PAMT associées à des taux d’activité plus élevés pour les jeunes et les femmes 25–54 ans.
- Politiques d’intégration des immigrés :
  - Mesures d’intégration rigoureuses / modifications des règles d’intégration montrent des effets distingués : les mesures d’intégration (moins rigoureuses) tendent à augmenter le taux d’activité des travailleurs d’âge très actif, effet encore plus prononcé pour les femmes; toutefois, une politique plus favorable peut aussi attirer davantage d’immigrés et modifier la structure démographique.
- Conciliation travail–famille (femmes) :
  - Accès aux services de garde d’enfants, allongement du congé de maternité et assouplissement des modalités de travail associés à une hausse du taux d’activité des femmes.
- Incitations à la retraite (travailleurs âgés) :
  - Les incitations à partir à la retraite ont un effet marqué sur la baisse du taux d’activité des travailleurs âgés.

### Principaux coefficients estimés (extraits du Tableau 2.1)
- Écart de production : 0,360*** (Hommes et femmes, 15 ans et plus); 0,072*** (15–24 ans); 0,170* (Hommes 25–54 ans); –0,006 (Femmes 25–54 ans); 0,183*** (55 ans et plus). (Erreurs-types entre parenthèses : (0,112),(0,020),(0,092),(0,068),(0,044))
- Routinisation × prix relatifs des équipements : 0,303 (Hommes et femmes, 15 ans et plus); 0,302*** (15–24 ans); 1,793*** (Hommes 25–54 ans); 0,505* (Femmes 25–54 ans); 0,536*** (55 ans et plus). (0,299),(0,048),(0,206),(0,288),(0,175)
- Ouverture du commerce décalée : 0,059***; –0,005; 0,010; –0,059***; 0,012*. (0,022),(0,005),(0,014),(0,009),(0,007)
- Part relative de l’emploi dans les services : –0,002; –0,002; 0,015***; 0,009; 0,010**. (0,010),(0,002),(0,005),(0,006),(0,004)
- Urbanisation : 0,668***; 0,101***; 0,355***; 0,194; 0,249***. (0,142),(0,019),(0,071),(0,115),(0,047)
- Niveau d’instruction (pourcentage études secondaires) : –0,050; 0,019***; 0,211***; 0,038*; 0,063***. (0,042),(0,007),(0,017),(0,021),(0,017)
- Niveau d’instruction (pourcentage études supérieures) : –0,275***; 0,019; 0,332***; 0,389***; 0,135***. (0,057),(0,015),(0,030),(0,050),(0,031)
- Coin fiscal : –0,103; –0,002; –0,129***; –0,263***; –0,240***. (0,064),(0,015),(0,029),(0,037),(0,026)
- Taux de remplacement des allocations de chômage : –0,002; –0,041***; –0,035; –0,081; –0,078***. (0,068),(0,007),(0,033),(0,050),(0,025)
- Dépenses publiques au titre des PAMT : 0,041***; 0,005; 0,039***; –0,025**; 0,031***. (0,014),(0,005),(0,006),(0,009),(0,007)
- Rigueur des politiques d’intégration des immigrés : 0,491***; –0,047**; –0,462***; 0,056; –0,207***. (0,098),(0,020),(0,049),(0,088),(0,049)
- Densité syndicale : –0,009; –0,001; 0,153***; –0,115***; –0,015. (0,068),(0,011),(0,044),(0,032),(0,025)
- Coordination de la détermination des rémunérations : 1,104***; 0,131**; 0,701***; 0,040; 0,256**. (0,245),(0,063),(0,219),(0,222),(0,120)
- Variables spécifiques (colonne concernée) :
  - Dépenses publiques pour l’éducation de la petite enfance et soins des enfants : 3,708***. (1,210)
  - Part de l’emploi à temps partiel : 0,946***. (0,118)
  - Congé de maternité ne portant pas préjudice à l’emploi : 0,025***. (0,006)
  - Âge légal de la retraite : 0,661***. (0,174)
  - Dépenses publiques, prestations vieillesse : –0,750***. (0,154)
  - Dépenses publiques, prestations d’invalidité : –0,421. (0,562)

- Indicateurs de qualité de l’estimation : Nombre d’observations = 571 (ou 489/568/570 selon colonnes); Pays = 23; R^2 = 0,515 / 0,606 / 0,887 / 0,686 / 0,578 (par colonne).

### Conclusions clés
- Les taux d’activité dans les pays avancés sont fortement liés à l’éducation, aux variations cycliques et aux transformations structurelles de la demande de main-d’œuvre, ainsi qu’aux politiques du marché du travail.  
- L’impact de ces facteurs varie nettement selon les groupes de travailleurs (jeunes, hommes 25–54, femmes 25–54, travailleurs 55+).  
- Politiques susceptibles d’accroître la participation : dépenses ciblées en PAMT (jeunes, femmes), amélioration de l’accès aux services de garde d’enfants, congés de maternité protecteurs de l’emploi, politiques d’intégration des immigrés bien conçues, et réformes affectant les incitations à la retraite.  
- Automatisation et baisse du prix relatif des équipements ont contribué à réduire les taux d’activité dans les pays initialement plus exposés à des tâches routinières.

*Source : calculs des services du FMI (extrait du chapitre 2, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : REPRISE CYCLIQUE ET CHANGEMENT STRUCTUREL, Avril 2018).*

### 3. Dépenses au titre

### 3. Dépenses au titre de programmes actifs du marché du travail

### Effets des politiques publiques sur le taux d’activité
- L’augmentation du coin fiscal et l’offre d’allocations de chômage plus généreuses ont pour effet de réduire le taux d’activité.
- Les dépenses au titre de programmes actifs du marché du travail et le resserrement de la coordination de la détermination des niveaux de rémunération sont associés à un taux d’activité plus élevé.
- Les mesures encourageant l’intégration des immigrés sont liées à un plus fort taux d’activité des travailleurs d’âge très actif.
- Graphique de référence (Graphique 2.11) montre l’impact en points de pourcentage (échelle affichée entre –0,2 et 0,3).

### Mesures touchant essentiellement les femmes et les travailleurs plus âgés
- Mesures favorables à la famille (ex. dépenses publiques au titre de l’éducation/des soins des enfants, congé de maternité ne remettant pas l’emploi en cause, proportion de personnes employées à temps partiel) sont associées à des taux d’activité des femmes plus élevés.
  - *Note méthodologique*: * indique une augmentation de 0,1 unité de la variable.
- Les incitations liées à la retraite (ex. âge de la retraite, prestations de retraite, impôt implicite sur la poursuite de l’emploi, taux de remplacement des retraites) influencent fortement la participation des travailleurs plus âgés.
  - *Note méthodologique*: ** indique une augmentation de 10 unités de la variable.
- Définitions et unités mentionnées :
  - Les dépenses publiques au titre de l’éducation et des soins aux enfants sont mesurées en pourcentage du PIB.
  - Le congé de maternité ne remettant pas l’emploi en cause est mesuré en semaines.
  - L’âge légal de la retraite est mesuré en années.
  - L’impôt implicite sur la poursuite de l’emploi est la variation de la valeur actuelle des futurs versements au titre de la retraite, nette des cotisations versées, résultant de l’allongement de cinq ans de la durée de l’emploi.
  - Le taux de remplacement du revenu par la retraite est le rapport entre le revenu disponible moyen des personnes âgées de 65 à 74 ans et le revenu disponible moyen des personnes âgées.
  - Les prestations de vieillesse et d’invalidité, dont ont été éliminées les variations du facteur cyclique démographique, sont mesurées en pourcentage du PIB.

### Rôle des institutions du marché du travail
- Une coordination plus étroite de la fixation des salaires est positivement corrélée à l’augmentation du taux d’activité de la plupart des groupes de travailleurs ; ceci confirme que des systèmes de négociation collective coordonnés peuvent accélérer la modération salariale en période de repli économique.
- La corrélation entre le taux de syndicalisation et le taux d’activité est moins robuste selon les échantillons et mesures utilisés.
- Référence à travaux empiriques : Soskice (1990) ; Bassanini et Duval (2006) ; Janssen (2018) (conclusion similaire concernant la décentralisation de la négociation collective).

### Capacité explicative des modèles empiriques (1995–2011)
- Analyse compare variations des taux d’activité entre 1995 et 2011 avec deux modèles empiriques :
  - un modèle excluant les mesures et institutions comme facteurs déterminants ;
  - un modèle incluant ces mesures et institutions.
- Résultats :
  - Les modifications apportées aux institutions et aux politiques du marché du travail peuvent expliquer une proportion quantitativement significative des variations.
  - La corrélation entre l’activité effective et l’activité indiquée par les projections est plus étroite dans le modèle qui prend en compte les politiques relatives au marché du travail.
  - Une proportion très importante de la variation du taux d’activité des jeunes n’est pas expliquée par les facteurs considérés.
- Corrélations reportées dans Graphique 2.13 (valeurs observées vs valeurs calculées) :
  - Corrélation de la référence : 0,21
  - Corrélation de la référence plus politiques publiques : 0,28
  - Corrélation de la référence : 0,34
  - Corrélation de la référence plus politiques publiques : 0,73
  - Corrélation de la référence : 0,66
  - Corrélation de la référence plus politiques publiques : 0,85
  - Corrélation de la référence : 0,29
  - Corrélation de la référence plus politiques publiques : 0,54

### Contributions à l’évolution des taux d’activité, 1985–2011 (synthèse)
- Graphique 2.14 présente la contribution moyenne de différentes catégories à l’évolution des taux d’activité (en points de pourcentage) :
  - Facteurs considérés : Résidu, Observations, Facteurs structurels, Écarts de production, Effets d’année, Technologie et commerce, Politiques publiques, Éducation.
- Constats principaux :
  - Le progrès technologique pèse sur le taux d’activité pour la plupart des groupes.
  - L’accroissement du niveau d’instruction et les politiques publiques ont plus que compensé l’effet négatif du progrès technologique pour les femmes d’âge très actif et les travailleurs plus âgés.
  - Les transformations structurelles et l’adoption de mesures décourageant les départs anticipés à la retraite contribuent également à l’accroissement du taux d’activité des travailleurs plus âgés.
  - Une proportion notable de la réduction du taux d’activité des jeunes (et, dans une certaine mesure, des hommes d’âge très actif) est imputable à un facteur commun à tous les pays avancés (effets d’année), potentiellement lié au progrès technologique, à la mondialisation, à des réorientations simultanées des politiques publiques, à des transformations structurelles ou à d’autres éléments (ex. rentabilité de l’éducation, allongement de l’espérance de vie, séquelles de la crise financière mondiale).
  - Aux États-Unis, des facteurs spécifiques (augmentation du nombre de personnes handicapées, consommation d’opioïdes, plus fort taux d’incarcération, amélioration des technologies de loisirs) sont avancés comme hypothèses expliquant une plus faible participation des hommes d’âge très actif et des jeunes, mais ces hypothèses ne peuvent pas être évaluées en coupe transversale.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 2. Hommes, 25 à 54 ans

### 2. Hommes, 25 à 54 ans

### Avantages des microdonnées et méthode empirique
- L’emploi de microdonnées permet d’examiner la participation au marché du travail au niveau individuel et du ménage, atténuant le biais d’endogénéité dû à l’omission de variables et aux relations de causalité inverse présentes dans les analyses transversales.
- La décision de participer au marché du travail est modélisée comme fonction de caractéristiques personnelles (niveau d’instruction, statut migratoire, emplacement géographique), de la composition du ménage (célibataire vs membre d’un couple, avec ou sans enfants) et de l’exposition à la routinisation.
- La vulnérabilité à l’automatisation est mesurée par une note de routinisation fondée sur les tâches récentes accomplies par les individus, suivant la méthode utilisée dans le chapitre 3 de l’édition d’avril 2017 des PEM et Das et Hilgenstock (à paraître).
- Le modèle est estimé par régressions logit sur un sous‑échantillon de 18 pays; certaines régressions proviennent d’un échantillon aléatoire de personnes interrogées dans les enquêtes de l’Union européenne sur les forces de travail menées dans 18 pays durant la période 2000–16, et d’autres estimations utilisent 24 pays durant la période 2000–16. Les régressions neutralisent l’écart de production global et comprennent des effets fixes de pays et d’année. Voir l’annexe 2.5 pour la spécification détaillée.

### Principaux déterminants de la probabilité d’être actif
- Niveau d’instruction :
  - Les personnes ayant fait des études supérieures ont une probabilité d’être actives à peu près deux fois plus forte que celles n’ayant achevé que le premier cycle du secondaire; cet effet est encore plus marqué pour les femmes que pour les hommes.
- Emplacement géographique :
  - Le taux d’activité est plus élevé en zone urbaine, probablement en raison d’un marché du travail plus diversifié offrant plus de débouchés.
- Statut migratoire :
  - Les autochtones ont une plus grande probabilité d’être actifs que les immigrés.
- Composition du ménage (catégorie de référence : « un adulte sans enfant ») :
  - Appartenir à un ménage composé d’un couple avec enfants est généralement associé à :
    - un taux d’activité plus élevé pour les hommes,
    - un taux d’activité plus faible pour les femmes.
  - Plus le nombre d’enfants est élevé, plus le taux d’activité des femmes diminue et plus celui des hommes augmente.
  - La présence d’autres adultes employés dans le ménage est associée à une probabilité plus forte d’être actif (effets communs du marché du travail).
- Remarque méthodologique : ces conclusions doivent être considérées comme des liens plutôt que comme des relations causales, car les décisions de participer à la population active et la composition des ménages résultent souvent d’un commun accord.

### Effets de la routinisation et de l’automatisation
- Exposition aux tâches routinières :
  - L’exposition à des tâches routinières a des effets négatifs significatifs sur la probabilité d’être actif.
  - Cet effet est plus important pour les hommes, et particulièrement marqué pour les travailleurs âgés de 55 ans ou plus.
  - Une modification d’une unité de la note de routinisation correspond approximativement à l’écart entre la note de routinisation du personnel technique et celle du personnel d’encadrement.
  - Dans le groupe des hommes d’âge très actif, environ 87 percent des cadres ont un emploi contre environ 84 percent des techniciens; l’écart entre les notes de routinisation de ces deux types d’emploi peut expliquer environ un tiers de la différence de trois points de pourcentage entre les taux d’activité.
- Géographie et âge :
  - L’effet négatif de la routinisation est plus faible dans les zones urbaines que dans les zones rurales, en raison de marchés du travail urbains plus diversifiés offrant davantage d’opportunités de reclassement.
  - Les politiques publiques compensent moins les effets négatifs de la routinisation chez les travailleurs âgés.

### Politiques publiques et atténuation des effets de la routinisation
- Approche empirique :
  - Le modèle logit est complété par un effet d’interaction entre la note de routinisation et des mesures publiques (dépenses au titre de programmes actifs du marché du travail, dépenses d’éducation, protection de l’emploi, coordination de la fixation des revenus, etc.).
  - Les effets sont estimés aux 75e et 25e centiles de la distribution des politiques publiques.
- Résultats :
  - Des dépenses plus élevées au titre de programmes actifs du marché du travail (PAMT) atténuent l’association négative entre l’activité et le degré de routinisation.
  - Dans les pays dont les dépenses de politiques actives correspondent au 75e centile, le lien négatif entre le degré de routinisation et le fait d’être actif est supérieur d’environ un tiers à ce qu’il est dans les pays dont les dépenses correspondent au 25e centile.
  - Les données ventilées indiquent que ces résultats tiennent essentiellement aux dépenses de formation, qui atténuent certains des effets négatifs pour les femmes d’âge très actif.
  - L’application de dispositions de protection de l’emploi plus strictes compense également une partie de l’effet négatif sur le taux d’activité, pour les hommes comme pour les femmes, bien que ces mesures puissent réduire la souplesse du marché du travail et affecter d’autres groupes (notamment les jeunes).
  - Une meilleure coordination dans la fixation des revenus est associée, pour les hommes d’âge très actif, à une diminution de l’effet de la routinisation (les négociations collectives mieux coordonnées pourraient internaliser une partie des chocs négatifs sur l’emploi).
- Limites et coûts :
  - Les programmes actifs du marché du travail peuvent être onéreux; leur succès dépend de leur conception, et leur efficacité varie considérablement selon les études citées.

### Perspectives des taux d’activité et méthode des cohortes
- Méthode :
  - Un modèle basé sur les cohortes est utilisé pour estimer l’évolution du taux d’activité par sexe et tranche d’âge dans 17 pays avancés, en intégrant effets d’âge, effets de cohorte et facteurs liés à l’année de naissance et au sexe.
  - Les estimations sont associées aux projections de la distribution de la population sur 30 ans pour prévoir l’évolution du taux d’activité global.
  - Le modèle regressif estime, pour chaque pays et chaque sexe, les taux d’activité de tranches de 5 ans (de 15 à 64 ans) et des personnes de plus de 65 ans, par rapport à une constante, à des variables fictives de cohorte et à une variable de position dans le cycle conjoncturel. L’analyse n’inclut pas d’autres déterminants de l’offre (niveau d’instruction, politiques publiques) en raison de la couverture temporelle limitée des données.
- Effets observés :
  - Profil par âge : courbe en bosse au cours du cycle de vie, avec des taux d’activité plus élevés à tous les âges pour les hommes que pour les femmes, l’écart étant particulièrement prononcé à l’âge très actif.
  - Effets de cohorte :
    - Les taux d’activité des hommes varient peu d’une cohorte à l’autre, à l’exception d’une faible diminution pour les cohortes récentes, plus marquée aux États‑Unis.
    - Les taux d’activité des femmes ont nettement augmenté d’une cohorte à l’autre. Exemple : les femmes nées dans les années 70 ont une probabilité plus élevée de 4 points de pourcentage de travailler ou de rechercher un emploi que les femmes nées au début des années 30.
    - La dispersion des effets de cohorte est plus faible pour les cohortes récentes, indiquant une convergence des taux d’activité féminins entre pays; toutefois, ces effets de cohorte plafonnent ou diminuent récemment, surtout aux États‑Unis.
- Implication :
  - La hausse historique du taux d’activité des femmes due à l’arrivée de jeunes cohortes pourrait ne plus suffire à augmenter le taux d’activité global dans de nombreux pays avancés en l’absence d’actions publiques importantes.

### Scénarios de projection
- Scénario de référence jusqu’en 2050 :
  - Les estimations des taux tendanciels par tranche d’âge et par sexe sont corrélées aux projections de la distribution de la population sur la base des Perspectives de la population mondiale de l’ONU.
  - Hypothèse : l’entrée de nouvelles cohortes dans la main‑d’œuvre ne modifie pas le profil d’activité par âge et la production reste égale à son potentiel durant la période couverte par les projections.
- Simulations complémentaires :
  - Trois simulations décrivent l’évolution du taux d’activité sous l’hypothèse d’un taux d’activité des femmes et des travailleurs âgés nettement plus élevé et de la poursuite de politiques publiques visant à accroître le taux d’activité (détails des simulations et résultats chiffrés dans les annexes correspondantes).

### Statistiques et références d’échantillon clés
- Échantillons et périodes :
  - 18 pays utilisés pour certaines estimations logit; enquêtes de l’Union européenne sur les forces de travail, période 2000–16.
  - Régressions basées sur un échantillon aléatoire de personnes interrogées dans 24 pays durant la période 2000–16 pour certaines analyses d’interaction politique.
- Valeurs observées :
  - Environ 87 percent des cadres ont un emploi contre environ 84 percent des techniciens (hommes d’âge très actif).
  - Estimations comparées aux 75e et 25e centiles des dépenses publiques (75e centile / 25e centile) pour mesurer l’atténuation des effets de la routinisation.

*Sources : Das et Hilgenstock (à paraître) ; Eurostat, enquête de l’Union européenne sur les forces de travail ; calculs des services du FMI.*

### 1. Effet de l’âge

### 1. Effet de l’âge

### Principaux constats
- En l’absence de mesures visant à stimuler le taux d’activité, le taux d’activité tendanciel médian diminuera de 5½ points de pourcentage au cours des 30 prochaines années.
- Une diminution du taux d’activité global de 5½ points de pourcentage devrait entraîner une réduction de 3 points de pourcentage de la production potentielle d’ici 2050 dans une économie avancée type.
  - Hypothèse utilisée : la part du revenu provenant du travail est de 56 percent, ce qui correspond au pourcentage observé en 2017 pour un sous‑échantillon de pays avancés (Allemagne, Australie, Canada, Espagne, États‑Unis, Italie, Japon).
  - Si cette évolution s’effectuait au même rythme chaque année, elle impliquerait une perte de production potentielle de 0,09 point de pourcentage par an pendant 33 ans.
- Les taux d’activité médians de l’ensemble de la population en âge de travailler dans les pays avancés et dans les pays émergents et en développement sont de l’ordre de 60 percent depuis 25 ans.
- L’immigration nette explique à peu près la moitié de la croissance démographique enregistrée par les pays avancés au cours des 30 dernières années.

### Profils et évolutions par sexe et tranche d’âge
- L’augmentation du taux d’activité des femmes au fil des cohortes s’est tassée, et a même légèrement baissé récemment, en particulier aux États‑Unis.
- Le profil d’activité des femmes par âge demeure inférieur à celui des hommes, effet encore plus prononcé pour la population d’âge très actif.
- Tendances longues :
  - Les taux d’activité des jeunes hommes et femmes ainsi que des hommes d’âge très actif diminuent depuis 35 ans.
  - Le taux d’activité des femmes d’âge très actif s’accroît depuis le milieu des années 80.
  - Le taux d’activité des travailleurs âgés augmente fortement depuis le milieu des années 90.

### Scénarios illustratifs et projections (impact sur le taux d’activité global médian)
- Scénario "Réduction de l’écart entre hommes et femmes" :
  - Hypothèse : le taux d’activité des femmes âgées de 25 à 54 ans converge vers le taux d’activité des hommes âgés de 25 à 54 ans sur une période de 20 ans.
  - Résultat : le taux d’activité global médian est supérieur de 2½ points de pourcentage à celui du scénario de référence à la fin de la période couverte par les projections.
- Scénario "Allongement de la vie professionnelle" :
  - Hypothèses :
    - Le taux d’activité des personnes âgées de 55 à 59 ans converge vers le taux d’activité des personnes âgées de 50 à 54 ans sur une période de 20 ans.
    - Le taux d’activité des personnes âgées de 60 à 64 ans converge vers le taux d’activité des personnes âgées de 50 à 54 ans sur une période de 40 ans.
    - Les différences entre les taux d’activité des hommes et des femmes sont maintenues constantes.
  - Résultat : en 2050, le taux d’activité global médian sera supérieur de 2¾ points de pourcentage au taux du scénario de référence.
  - Observation : une augmentation suffisamment importante des taux d’activité des travailleurs âgés, en particulier ceux qui ont plus de 65 ans, pourrait entièrement compenser ou même inverser l’effet de frein exercé par le vieillissement démographique.
- Scénario "Mise en œuvre de politiques publiques" :
  - Hypothèse : les mesures convergent vers le 10e ou le 90e centile du niveau observé dans les pays avancés, sur une période de 20 ans.
  - Méthode : les coefficients estimés du modèle empirique transversal sont utilisés pour calculer l’impact des modifications de politiques publiques sur les taux d’activité tendanciels par tranche d’âge et par sexe, puis agrégés à l’aide de coefficients de pondération démographiques.
  - Résultat : l’adoption de mesures considérées comme les meilleures pratiques peut compenser, bien que de manière limitée, l’effet de frein du vieillissement démographique ; les taux d’activité globaux seraient supérieurs d’environ 1¼ point de pourcentage à ce qu’ils sont dans le scénario de référence en 2050.

### Facteurs explicatifs des évolutions observées
- Changements institutionnels et politiques du marché du travail, transformations structurelles et relèvement des niveaux d’instruction expliquent l’essentiel de l’accroissement des taux d’activité des femmes d’âge très actif et des travailleurs âgés durant les 30 dernières années.
- Le progrès technologique (automatisation) réduit l’emploi pour la plupart des catégories de travailleurs et explique en partie la diminution du taux d’activité des hommes d’âge très actif.
  - Observations individuelles : la vulnérabilité à la routinisation augmente fortement la probabilité de suppression d’emploi.
  - Atténuation : l’augmentation des dépenses d’éducation et des programmes actifs du marché du travail, ainsi que l’accès à des marchés du travail plus diversifiés, atténuent généralement cet effet négatif.

### Implications pour les politiques publiques
- Mesures susceptibles d’accroître l’offre de main‑d’œuvre :
  - Réforme du système impôts–prestations pour réduire le coin fiscal.
  - Mesures améliorant l’adéquation entre l’offre et la demande d’emploi (marché du travail).
  - Mesures favorables à la famille : dépenses publiques pour l’éducation de la petite enfance et la garde d’enfants, modalités de travail flexibles, congés parentaux.
  - Réduction des incitations au départ anticipé à la retraite : relèvement de l’âge légal de la retraite ou accroissement de l’équité actuarielle des systèmes de pension (en veillant à préserver la protection des personnes vulnérables).
- Coûts et limites :
  - Certaines mesures peuvent avoir d’importants coûts budgétaires ou être difficiles à appliquer pour des raisons politiques en raison de leurs effets redistributifs entre générations.
  - Même une convergence vers les meilleures pratiques observées pourrait ne pas suffire à neutraliser totalement l’impact démographique prévu sur les taux d’activité.
- Autres options complémentaires :
  - Réexamen des politiques d’immigration pour accroître l’offre de main‑d’œuvre intérieure (tout effort visant à limiter l’immigration international risque d’exacerber les pressions démographiques).
  - Promotion du progrès technologique tout en accompagnant l’ajustement : mesures de recyclage, d’acquisition de compétences, et de mobilité professionnelle et géographique.
  - Accroissement des investissements dans l’éducation et la formation pour renforcer la résilience de la main‑d’œuvre et préparer les jeunes aux métiers du futur.

### Indicateurs démographiques et éducation des jeunes
- Part moyenne de la population que représentent les jeunes dans les pays émergents et en développement : environ 18 percent (soit 6 points de pourcentage de plus que dans les pays avancés).
- Dans le pays avancé médian, le taux de scolarisation dans le secondaire a augmenté de plus de 10 points de pourcentage depuis 1990, pour atteindre environ 97 percent en 2010.
- Dans les pays émergents et en développement, le taux de scolarisation dans le secondaire a augmenté de près de 40 points de pourcentage pour s’établir aux environs de 70 percent.
- Le faible et décroissant taux d’activité des jeunes peut résulter soit d’une part croissante de jeunes oisifs, soit d’une hausse des taux de scolarisation ; la distinction est cruciale pour l’action publique.

*Source : calculs et chapitres fournis dans le document.*

### 2. Pays émergents et en développement

### 2. Pays émergents et en développement

### Principales observations — écarts de participation hommes/femmes chez les jeunes
- L’écart entre les taux d’activité des jeunes hommes et des jeunes femmes demeure très important dans les pays émergents et en développement (environ 20 points de pourcentage).
- L’éventail des écarts de participation entre les jeunes femmes et les jeunes hommes va d’environ 5 points de pourcentage à près de 70 points de pourcentage la dernière année pour laquelle des données sont disponibles.
- Les données individuelles issues des recensements permettent de calculer, pour chaque pays et pour chaque année, la probabilité de participer au marché du travail de chaque jeune femme en fonction de ses caractéristiques observables, ainsi que la probabilité contrefactuelle si elle était un homme, toutes autres caractéristiques observables maintenues constantes.
- L’écart moyen entre ces deux probabilités (observée et contrefactuelle) fournit une mesure de l’écart entre les taux d’activité des hommes et des femmes qui tient compte des effets de caractéristiques personnelles non liés au sexe.

### Méthodologie utilisée pour estimer les écarts
- L’analyse estime des modèles de probabilité logit multinomiaux en fonction du couple pays–année, du sexe et du groupe d’âge (jeunes et non jeunes) pour déterminer la relation des individus au marché du travail (scolarisés, au chômage, employés, hors de la main-d’œuvre, ou non occupé) en fonction de caractéristiques observables (situation matrimoniale, parent ou non, niveau d’instruction, etc.).
- Les modèles servent ensuite à calculer des probabilités au niveau individuel, qui peuvent être regroupées pour brosser un tableau approximatif du comportement moyen.
- Les données des recensements étaient disponibles pour au moins deux années dans chaque pays considéré, l’écart entre ces années allant de 5 à 20 ans. Pour pouvoir comparer les pays, les données les plus récentes sont tenues pour acquises et la variation de l’écart est normalisée pour calculer rétrospectivement l’écart implicite 10 ans plus tôt dans chaque pays.
- La catégorie des jeunes comprend les personnes âgées de 15 à 29 ans.

### Évolution des écarts et tendances régionales
- Globalement, la situation s’améliore : la plupart des points se trouvent en dessous de la diagonale dans le graphique d’évolution, signifiant que l’écart entre les sexes se rétrécit.
- Malgré cette amélioration, l’écart entre les taux d’activité des jeunes hommes et des jeunes femmes est encore loin de disparaître.
- Encadré et graphiques régionaux indiquent des mesures comparatives (taux médian de scolarisation dans le secondaire par région ; taux d’activité des jeunes par sexe) pour AEP, AfSS, ALC, AS, EAC, MOAN, PA, PED, mais les chiffres précis des graphiques sont fournis dans les séries de données sources.

### Observations — États-Unis : baisse généralisée de la participation à la main-d’œuvre
- La diminution du taux d’activité observée aux États-Unis au cours des 20 dernières années est généralisée à l’échelle des États et a été particulièrement marquée dans les États du Sud-Est et dans certaines parties du centre et de l’Ouest du pays.
- Entre 2000 et 2016, la participation à la main-d’œuvre a diminué dans presque tous les États.
- Avant 2000, les taux d’activité ont augmenté pratiquement partout de plus de 5 points de pourcentage en moyenne entre 1976 et 2000.
- La baisse des taux d’activité est généralement plus forte pour l’ensemble d’un État que pour ses zones métropolitaines, accentuant les disparités urbain/rural.
- Les profils observés au niveau des zones métropolitaines montrent que les taux d’activité ont baissé entre 2000 et 2016 dans les trois quarts des régions métropolitaines ; seulement 16 des 50 régions les plus peuplées ont enregistré des augmentations, qui ont été relativement faibles dans la plupart des cas.

### Rôle de la crise et évolution des marges d’ajustement
- La baisse des taux d’activité s’est généralisée après la crise financière mondiale ; la diminution de l’emploi est devenue de plus en plus liée à une réduction de la participation à la main-d’œuvre.
- Avant la crise, la diminution de l’emploi se traduisait essentiellement par une augmentation du chômage; après la crise, elle s’est traduite par une chute du taux d’activité.

### Facteurs déterminants et résultats des régressions
- Les régressions transversales au niveau des zones métropolitaines examinent l’association entre les variations des taux d’activité observées sur la période 2000–16 et :
  - les conditions cycliques,
  - le vieillissement démographique,
  - le niveau d’instruction,
  - l’exposition initiale à la routinisation et à la délocalisation (représentant les effets du progrès technologique et du commerce international).
- Les résultats confirment que les conditions cycliques, le vieillissement et le niveau d’instruction ont des effets significatifs sur les taux d’activité (référence au tableau 2.2.1 pour détails économétriques).
- Les zones métropolitaines initialement les plus exposées à l’automatisation et à la délocalisation en raison de la composition de leurs emplois ont enregistré des baisses des taux d’activité plus importantes par la suite.
- Ces résultats suggèrent que l’automatisation et la délocalisation pourraient avoir éliminé certains emplois de manière permanente, même si elles ont eu des effets positifs sur l’ensemble de l’économie en ouvrant de nouvelles activités.

### Implications politiques (extraits des conclusions de l’encadré)
- Les pouvoirs publics pourraient envisager de remédier aux écarts de participation entre jeunes hommes et jeunes femmes en adoptant différentes mesures visant le marché du travail, en poursuivant des politiques sociales et en menant d’autres réformes (référence aux études citées : Elborgh-Woytek et al. (2013), Gonzales et al. (2015a), Ahn et al. (à paraître)).
- Les politiques publiques doivent également prendre en compte les effets permanents possibles de l’automatisation et de la délocalisation sur l’offre et la demande de main-d’œuvre, ainsi que les spécificités régionales (zones rurales vs urbaines).

*Source : weo-april-18-fre-web - 2. Pays émergents et en développement (PDF).*

### 2. Exposition à la délocalisation par État, 2000

### 2. Exposition à la délocalisation par État, 2000

### Exposition à la routinisation et à la délocalisation — constat général
- Graphique et indices d’exposition fournis par : US Bureau of Labor Statistics ; US Census Bureau ; calculs des services du FMI.
- Message clé : les zones plus exposées à la routinisation et à la délocalisation ont connu des évolutions différenciées des taux d’activité selon le territoire (États-Unis vs Europe) et selon la période (2000–08 vs 2008–16).

### Résultats empiriques pour les zones métropolitaines des États-Unis (Tableau 2.2.1)
- Variable dépendante : variation du taux d’activité.
- Coefficients et erreurs-types (formes et significations conservées telles qu’affichées) :
  - Taux de croissance réel moyen du PIB : 0,442*** (0,145) ; 0,444*** (0,144) ; 0,368*** (0,140)
  - Variation du taux de dépendance des personnes âgées : –0,144*** (0,040) ; –0,130*** (0,041) ; –0,152*** (0,038)
  - Variation de la proportion des personnes atteignant un niveau d’études postsecondaires : 0,037 (0,023) ; 0,040* (0,023) ; 0,053** (0,022)
  - Exposition initiale à la routinisation : –2,811** (1,153) ; –2,492** (1,222)
  - Exposition initiale à la délocalisation : –4,212*** (0,935) ; –4,929*** (0,962)
- Nombre d’observations : 370 ; 370 ; 335 ; 335 ; 335 (selon spécification).
- R² affichés : 0,289 ; 0,319 ; 0,360 ; 0,369 ; 0,414.
- Note statistique : *p < 0,1 ; **p < 0,05 ; ***p < 0,01.

### Hétérogénéité régionale en Europe (Encadré 2.3)
- Entre 2000 et 2016 :
  - Le taux d’activité a diminué dans environ un tiers des régions européennes.
  - Les taux ont diminué dans toutes les régions de la Norvège et de la Roumanie ; augmentés dans toutes les régions d’Espagne et de Suède.
  - Divergence marquée à l’intérieur de certains pays : Allemagne, France, Portugal, Royaume-Uni.
- Part des régions selon périodes :
  - Taux d’activité diminué dans environ 27 % des régions entre 2000 et 2008.
  - Taux d’activité diminué dans environ 45 % des régions entre 2008 et 2016.
- Distributions observées après crise (résumé des trajectoires régionales) :
  - Le taux d’activité a continué d’augmenter aussi bien après qu’avant la crise dans 38 % des régions.
  - Il a continué de diminuer dans 10 % des régions.
  - Il a commencé à diminuer dans 35 % des régions.
  - Il a amorcé une reprise dans 18 % des régions.
- Zones rurales vs urbaines : les zones rurales ont enregistré des baisses plus fortes ou des augmentations plus réduites des taux d’activité que les zones urbaines.

### Décomposition des effets sur le marché du travail
- Observation : lorsque l’emploi a diminué après la crise, le chômage a augmenté, mais le taux d’activité était aussi, en moyenne, en légère hausse (graphique 2.3.3).
- Les variations de l’emploi, du chômage et de l’inactivité sont présentées par plages 2000–08 et 2008–16 (graphiques et moyennes simples utilisées).

### Résultats empiriques pour les régions d’Europe (Tableau 2.3.1)
- Variable dépendante : variation du taux d’activité.
- Coefficients et erreurs-types :
  - Taux de croissance réel moyen du PIB : 0,457 (0,325) ; 1,061*** (0,383) ; 1,176*** (0,387)
  - Variation du taux de dépendance des personnes âgées : –0,282*** (0,056) ; –0,211*** (0,072) ; –0,218*** (0,072)
  - Variation de la proportion de personnes atteignant un niveau d’études postsecondaires : 0,187*** (0,053) ; 0,145** (0,069) ; 0,117* (0,070)
  - Exposition initiale à la routinisation : 4,258** (1,995) ; 5,435*** (1,815)
  - Exposition initiale à la délocalisation : 4,157** (1,968) ; 5,518*** (1,846)
- Nombre d’observations : 148 ; 148 ; 223 ; 140 ; 139 (selon spécification).
- R² affichés : 0,645 ; 0,644 ; 0,646 ; 0,730 ; 0,729.
- Note statistique : *p < 0,1 ; **p < 0,05 ; ***p < 0,01.
- Interprétation importante : contrairement aux résultats pour les zones métropolitaines des États-Unis, les régions européennes plus exposées à la routinisation et à la délocalisation en 2000 ont enregistré un accroissement du taux d’activité plus important sur 2000–16 (corrélation positive).

### Explications possibles de la corrélation positive en Europe
- Ajustement de long terme : spécification axée sur variations du taux d’activité à plus long terme laisse plus de temps aux marchés du travail pour s’ajuster.
- Effet travailleur supplémentaire : entrée sur le marché du travail d’un deuxième membre du ménage en réponse à la baisse du revenu familial — compatible avec forte hausse du taux d’activité des femmes observée dans la plupart des régions d’Europe.
- Cadres institutionnels et politiques publiques : aides et politiques européennes ont pu aider les personnes affectées par la routinisation et la délocalisation à rester actives ou encourager l’arrivée de nouvelles personnes sur le marché du travail.
- Moindre variation de la composition des emplois : moins d’emplois automatisés ou délocalisés en Europe qu’aux États-Unis durant la période considérée.

### Conséquences pour les politiques publiques
- Nécessité de considérer la dimension géographique de la vulnérabilité économique : coûts à court et moyen terme touchent principalement certains secteurs et professions, mais ont aussi des répercussions différentes selon les lieux.
- Recommandation implicite : fournir, à court et à moyen terme, un appui aux travailleurs dont l’emploi a été supprimé par suite de l’automatisation et de la mondialisation pour amortir les effets négatifs de chocs sur le marché du travail ciblés géographiquement et sectoriellement.

### Immigration et taux d’activité (Encadré 2.4)
- Rôle de l’immigration nette :
  - L’immigration nette explique plus de la moitié de la croissance démographique des pays avancés depuis le milieu des années 80.
  - Scénario de référence (Eurostat) : le taux d’activité global diminue de 7,4 points de pourcentage à l’horizon 2050.
  - Hypothèses de migration :
    - Migration forte : baisse du taux d’activité plus faible de 0,8 point de pourcentage par rapport à la référence.
    - Migration faible : baisse du taux d’activité plus élevée de 0,8 point de pourcentage par rapport à la référence.
    - Sans migration : le taux d’activité diminuerait de 2,7 points de pourcentage supplémentaires.
- Effets par âge et natifs vs immigrés (données de 24 pays avancés d’Europe, enquête EU-LFS) :
  - Jeunes immigrés (probabilité de rejoindre la population active) : 42 % contre 36 % pour les jeunes autochtones.
  - Taux d’activité des immigrés âgés de 55 ans et plus : 5 % contre 6 % pour les autochtones de même tranche d’âge.
- Conclusion : les hypothèses relatives à l’immigration prises en compte dans les projections démographiques contribuent significativement à atténuer les pressions du vieillissement démographique ; des mesures favorisant l’intégration plus rapide des immigrés sur le marché du travail produiraient d’importants gains supplémentaires.

*Source : calculs et graphiques tirés du Fonds monétaire international, avril 2018 (chapitre et encadrés cités).*

### 2. Taux d’activité, ensemble des pays avancés

### 2. Taux d’activité, ensemble des pays avancés

### Profil par âge et par statut migratoire
- Les taux d’activité des autochtones et des immigrés d’âge très actif sont très similaires.
- Différence notable : taux d’activité des immigrées = 75 % contre 80 % pour les femmes autochtones (graphique 2.4.3, plage 1).
- Les taux d’activité des jeunes immigrés sont supérieurs à ceux des jeunes autochtones (hypothèse utilisée dans l’exemple de convergence).
- Tranches d’âge et catégories utilisées explicitement :
  - Femmes, 25 à 54 ans (âge très actif)
  - Hommes, 25 à 54 ans (âge très actif)
  - Hommes et femmes, 55 ans et plus

### Convergence des taux d’activité des immigrés vers les autochtones
- Les taux d’activité des immigrés augmentent avec chaque année passée dans le pays d’accueil ; l’abscisse de la plage 2 indique le nombre d’années depuis la migration.
- Estimation d’effet durable : toute année supplémentaire passée dans le pays d’accueil accroît de 5 % à 6 % la probabilité de rejoindre la population active.
- Effet sur le taux d’activité global : en neutralisant la répartition par âge, le taux d’activité global s’accroît de 1,4 point de pourcentage de plus (par rapport à un scénario sans convergence) lorsque les taux d’activité des immigrés atteignent ceux des autochtones, en maintenant constantes les parts relatives des tranches d’âge.

### Déterminants microéconomiques des décisions d’activité (résultats du modèle logit)
- Variables ayant un effet similaire pour immigrés et autochtones :
  - Niveau d’instruction supérieur → taux d’activité plus élevé.
  - Composition du ménage influence la probabilité d’activité.
  - Menace de routinisation → probabilité de participation à la main-d’œuvre plus faible.
- Différences importantes entre immigrés et autochtones :
  - Effet de l’éducation : l’augmentation du niveau d’instruction accroît la probabilité d’être actif pour les immigrés, mais cet effet est nettement plus faible que pour les autochtones (difficultés de reconnaissance des compétences étrangères, maîtrise insuffisante de la langue).
  - Composition du ménage : être mariée et avoir des enfants a des effets négatifs beaucoup plus importants sur le taux d’activité des femmes immigrées que sur celui des femmes autochtones.
  - Effets du marché du travail local : plus faibles pour les immigrées.
- Spécifications et notes méthodologiques :
  - Régressions logit basées sur un échantillon aléatoire d’enquêtes de la population active de l’Union européenne menées dans 18 pays.
  - Seuls les effets significatifs au seuil de 10 % sont indiqués.
  - Catégorie d’éducation de base = « jusqu’au premier cycle du secondaire ».
  - Catégorie de base de composition du ménage = « un adulte sans enfant ».
  - Coefficient d’exposition à la routinisation normalisé par l’écart entre le 25e et le 75e centile.
  - Régressions neutralisent effets fixes d’âge, de sexe, de situation en zone urbaine/rurale, d’année, de pays et de région, et l’écart de production.
  - Erreurs-types regroupées par pays–année.

### Politique d’intégration des immigrés — implications et recommandations
- Politiques favorisant l’intégration (acceptation des diplômes obtenus à l’étranger, offre de formations linguistiques) pourraient :
  - Accroître l’effet positif de l’immigration sur les taux d’activité dans les pays avancés d’accueil, au-delà des effets liés à la répartition par âge.
  - Atténuer certains effets négatifs du vieillissement démographique.
  - Améliorer la viabilité des filets de protection sociale.
- Augmentation des flux migratoires potentiellement bénéfique pour le pays d’accueil :
  - Accroissement de la main-d’œuvre disponible.
  - Hausse du produit par habitant via stimulation de la demande et de l’investissement, progrès technologique, et augmentation de la productivité du travail grâce à la complémentarité des compétences.

### Sources de données, échantillon et portée de l’analyse
- Principales sources : Organisation de coopération et de développement économiques, base de données des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) du FMI, Perspectives de la population mondiale de l’ONU, données micro : enquêtes européennes de la Commission européenne sur la population active (Eurostat).
- Taille et composition de l’échantillon :
  - Échantillon initial : 39 pays considérés comme pays avancés dans le tableau B des PEM d’avril 2018, à l’exclusion des plus petits pays.
  - Analyse structurelle–résiduelle : échantillon de 32 pays avancés (données taux d’activité par tranche d’âge et par sexe disponibles pour 1980–2016).
  - Analyse transversale du rôle des politiques publiques : données annuelles sur la période 1980–2011 concernant 23 pays avancés.
  - Analyse au niveau micro : données annuelles relatives à 24 pays avancés d’Europe sur la période 2000–16.
  - Régressions avec variables de composition du ménage : sous-échantillon de 18 pays (absence d’information sur la composition des ménages pour le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Suède, la Suisse).
  - Analyse basée sur les cohortes : données annuelles 1985–2016 concernant 17 pays avancés (taux d’activité par sexe pour tranches d’âge de cinq ans, 15–64 ans, et tranche 65–99 ans).
- Tableaux et indicateurs de source (extraits) : taux d’activité (OCDE), taux d’activité par niveau d’instruction (Eurostat ; autorités nationales), taux d’emploi (OCDE), taux de chômage (FMI, base PEM), exposition à la routinisation (Das et Hilgenstock), projections démographiques (ONU, révision de 2017), et de nombreuses autres séries institutionnelles et fiscales.

### Autres faits stylisés et résultats empiriques
- Convergence des taux d’activité entre pays :
  - Peu d’indications de convergence forte pour les hommes.
  - Accroissements des taux d’activité des femmes nettement supérieurs dans les pays où les femmes étaient auparavant moins susceptibles de rejoindre la population active → dispersion des taux d’activité des femmes se rétrécit depuis 1985 dans le groupe des pays avancés.
- Structure des ménages et emploi féminin :
  - Depuis 2000, part des ménages « un adulte actif et un adulte non actif » diminue, tandis que part des ménages « les deux adultes ont un emploi » augmente (données micro UE, période 2000–16).
- Effet des taux d’activité féminins sur les hommes :
  - Aucune preuve, au niveau des pays, que l’augmentation du taux d’activité des femmes ait permis à certains hommes de se retirer de la main-d’œuvre.
  - Corrélations entre variations des taux d’activité des femmes et des hommes d’âge très actif : positives mais relativement faibles.
- Effets de la crise financière mondiale :
  - Pays avec pertes de PIB supérieures et inférieures à la médiane ont vu leurs taux d’activité évoluer de manière similaire.
  - Part des travailleurs découragés (personnes inactives qui étaient au chômage l’année précédente) s’accroît depuis la crise et s’approche du niveau record antérieur à la crise.
  - Passages emploi → chômage ont fortement augmenté durant la crise, de même que les passages chômage → retour à l’emploi après la crise.

### Indicateurs et statistiques repérables dans les graphiques et tableaux
- Taux d’activité des immigrées = 75 %; femmes autochtones = 80 %.
- Effet d’une année supplémentaire dans le pays d’accueil → hausse de la probabilité de rejoindre la population active de 5 % à 6 %.
- Gain hypothétique du taux d’activité global en cas de convergence des taux des immigrés vers ceux des autochtones = 1,4 point de pourcentage.
- Périodes et plages utilisées : 1980–2016, 1985–2016, 2000–16, 1985–2000, 2001–07, 2008–16 (présentes dans analyses et graphiques).
- R2 reportés dans les graphiques de l’annexe 2.2.1 et 2.2.3 :
  - R2 = 0,05 (hommes, 25–54 ans, graphique annexe 2.2.1)
  - R2 = 0,87 (femmes, 25–54 ans, graphique annexe 2.2.1)
  - R2 = 0,04 (graphique de l’annexe 2.2.3)

*Source : Fonds monétaire international, « PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : REPRISE CYCLIQUE ET CHANGEMENT STRUCTUREL », Avril 2018 — Extrait : Encadré 2.4 et annexes du Chapitre 2.*

### 1. Hommes, 25 à 54 ans

### 1. Hommes, 25 à 54 ans

### Graphique — variation annuelle moyenne des taux d’activité
- Graphique de l’annexe 2.2.4. intitulé "Variation annuelle moyenne des taux d’activité (En points de pourcentage)".
- Périodes représentées : "1985–2000", "01–07", "08–16".
- Note : Les colonnes représentent la médiane et les lignes verticales indiquent l’écart interquartile. Dans toutes les plages, la colonne de gauche de chaque période indique les pays se trouvant au‑dessus de la médiane établie sur la base de la perte de PIB réel durant la période 2008–12, tandis que la colonne de droite indique les pays se trouvant en dessous de la médiane.
- Sources : Organisation de coopération et de développement économiques ; calculs des services du FMI.

### Annexe 2.3 — Analyse structurelle–résiduelle du rôle du vieillissement
- Expression du taux d’activité global par sexe, LFP_a :
  - LFP_{i,t}^a = ∑_{g=1}^n LFP_{i,t}^{a,g} (pop_{i,t}^{a,g} / pop_{i,t} )
- Définition de variables :
  - i : pays
  - t : période
  - a : sexe
  - g : tranche d’âge (15–24, 25–54, 55–64, 65 et plus)
  - pop : population
- Méthode : L’effet du vieillissement démographique est égal à la différence entre le taux d’activité effectif et le taux obtenu lorsque l’on maintient constant les taux d’activité par sexe et par tranche d’âge à leurs niveaux de 2008, LFP_{i,2008}^{a,g}, tout en laissant varier les proportions de la population pop_{i,t}^{a,g} / pop_{i,t} conformément aux observations.

### Estimation du rôle des conditions cycliques
- Spécification estimée (équation 2.2) :
  - LFP_{i,t}^* = ∑_{k=0}^1 β_k UG_{i,t−k} + ∑_{k=0}^1 δ_k Crise_{i,t−k} + ∑_{k=0}^1 γ_k UG_{i,t−k} Crise_{i,t−k} + π_i + τ_t + ε_{it}
- Définitions et méthodologie :
  - LFP* : taux d’activité global dont l’évolution tendancielle a été éliminée (filtre de Hodrick–Prescott, HP).
  - UG : écart de chômage, défini par l’écart entre le taux de chômage effectif et le taux de chômage n’accélérant pas l’inflation (NAIRU).
  - Crise : variable fictive égale à 1 lorsqu’il se produit une crise monétaire, un arrêt brusque, une crise de la dette ou une crise bancaire (base Gourinchas–Obstfeld).
  - π_i et τ_t : effets fixes de pays et de période.
  - Période de données : annuelle, 1980–2016.
  - L’effet cyclique à la période t est la valeur prédite par la régression ; l’écart entre la composante cyclique prédite et la valeur qu’elle avait en 2008 indique la contribution du cycle à la variation du taux d’activité global depuis 2008.
  - Robustesse : résultats similaires avec structure de décalage plus complexe, filtres alternatifs (Corbae–Ouliaris), ou tendance mesurée comme écart par rapport à une moyenne mobile sur trois ans.

### Annexe 2.4 — Rôle des politiques publiques et d’autres facteurs : analyse transversale globale
- Spécification estimée (équation 2.3) :
  - LFP_{i,t}^g = β_{X,g} X_{i,t}^g + β_{D,g} D_{i,t} + β_{GAP,g} GAP_{i,t−1} + β_{Z,g} Z_{i,t} + π_i^g + τ_t^g + ε_{i,t}^g
- Définitions :
  - LFP_{i,t}^g : taux d’activité du groupe de travailleurs g dans le pays i à l’année t.
  - GAP : position dans le cycle économique.
  - X : série de mesures et d’institutions (dont certaines propres au groupe g).
  - D : facteurs pouvant agir sur la demande du groupe de travailleurs g.
  - Z : autres déterminants de l’offre de main-d’œuvre (niveau d’instruction).
  - π_i et τ_t : effets fixes de pays et de période.
- Méthodologie statistique :
  - Correction de Driscoll et Kraay (1998) appliquée aux erreurs‑types pour tenir compte de la corrélation spatiale, d’autocorrélation lente et d’hétéroscédasticité.
  - Résultats robustes à d’autres corrections des erreurs‑types.

### Décomposition des contributions
- Formule de contribution (équation 2.4) :
  - C_{i,t,tʹ}^{S,g} = \hat β_{S,g} (S_{i,tʹ}^g − S_{i,t}^g), pour S ∈ {X, D, GAP, Z}
- Interprétation : C_{i,t,tʹ}^{S,g} est la contribution de la variable S à la variation du taux d’activité du groupe g entre les années t et tʹ.

### Principales variables incluses dans l’analyse (sélection)
- Position cyclique :
  - Mesure : écart de production (résultats similaires avec d’autres mesures comme le taux de chômage).
- Exposition au progrès technologique :
  - Mesure : interaction entre les prix relatifs des équipements et l’exposition du pays à la routinisation en raison de la composition initiale des emplois.
  - Source des notes d’exposition : Autor et Dorn (2013) — classification des professions par proportion de tâches routinières.
  - Usage du prix relatif moyen des équipements pour atténuer l’endogénéité et capter le progrès technologique global.
- Déplacements de la demande sectorielle :
  - Mesures : rapport emploi services / emploi industriel ; part de la population urbaine.
- Niveau d’instruction :
  - Source : base de données de Barro–Lee (Lee et Lee, 2016).
  - Mesure : proportion de la population masculine ou féminine par tranche d’âge ayant achevé le primaire, le secondaire ou l’enseignement supérieur.
- Coin fiscal :
  - Définition : rapport entre la cotisation fiscale moyenne payée par un ménage comptant un seul soutien de famille et le coût total de main-d’œuvre assumé par l’employeur.
  - Sources : OCDE pour 2000–16 ; séries 1979–1999 calculées suivant Bassanini et Duval (2006) et le chapitre 3 de PEM avril 2016 (valeurs des années paires obtenues par interpolation linéaire).
- Générosité des allocations de chômage :
  - Mesure : taux de remplacement brut (allocations de chômage brut en pourcentage du niveau de rémunération brut antérieur).
  - Source et construction : indicateur synthétique OCDE (moyenne des taux de remplacement pour deux niveaux de rémunération, trois situations de famille et trois durées de chômage). Données disponibles pour années impaires et interpolées pour années paires.
  - Valeurs de référence : se rapportent à un travailleur moyen durant la période 2001–11 et à un travailleur moyen dans le secteur de la production pour la période 1981– (texte interrompu).

_Annexe et notes : Sources principales citées dans l’extrait — Organisation de coopération et de développement économiques ; calculs des services du FMI ; Eurostat ; enquête de l’Union européenne sur les forces de travail._

### 2005. Les deux séries sont raccordées.

### weo-april-18-fre-web - 2005. Les deux séries sont raccordées.

### Construction des variables et sources de données
- Dépenses publiques au titre des programmes actifs du marché du travail (PAMT) : égales aux dépenses de ces programmes par personne au chômage, en pourcentage du PIB par habitant (OCDE; méthode comme dans Gal et Theising (2015)).
- Rigueur des politiques migratoires : indice construit à partir de la base de données DEMIG POLICY (International Migration Institute), cumulant les modifications significatives depuis 1980 ; valeur plus élevée = politiques plus restrictives.
- Densité syndicale : membres de syndicats en pourcentage des salariés (OCDE).
- Coordination des activités de fixation des salaires : indice entre 1 et 5 publié par l’Amsterdam Institute for Advanced Labour Studies (1 = négociations fragmentées; 5 = négociations centralisées définissant niveaux/augmentations).
- Mesures conciliation emploi / tâches ménagères : dépenses publiques en éducation petite enfance et soins aux enfants en pourcentage du PIB; pourcentage d’employés à temps partiel; durée totale de congés maternité/parentaux sans perte d’emploi (OCDE).
- Incitations à la retraite : âge légal de la retraite (base Social Security Programs throughout the World) et générosité des régimes mesurée principalement par dépenses prestations vieillesse et incapacité en pourcentage du PIB (OCDE), ajustées pour effets cycliques et démographiques.
- Période et échantillon : analyses de panel annuelles sur un échantillon de 23 pays avancés (PA) durant la période 1980–2011, sauf mentions contraires.

### Spécifications économétriques et tests de robustesse
- Spécification de référence estimant l’équation (2.3) avec effets fixes pays et année; variantes présentées en colonnes (1) à (11) des tableaux annexes.
- Transformations/techniques alternatives présentées : transformation logistique de la variable dépendante; estimations SUR (système de quatre équations); estimateur de Beck et Katz (1995); erreurs-types HAC; correction Newey–West; moyennes sur cinq ans; exclusion des années 2008–2009; inclusion de la Slovaquie et de la République tchèque; remplacement de l’écart de production par le taux de chômage; élimination d’un pays à la fois.
- Tests de dépendance transversale : Pesaran (2004) et Frees (1995) rejettent l’indépendance transversale, Friedman (1937) n’indique pas de dépendance transversale; résultats généralement robustes à différentes corrections d’erreurs-types.
- Stationnarité : variables dépendantes stationnaires; moyennes sur cinq ans utilisées pour neutraliser distortions cycliques et certains facteurs unitaires locaux.

### Résultats principaux — jeunes (15 à 24 ans) (tableau annexe 2.4.1)
- Écart de production décalé : 0,360*** (colonne de référence).
- Ouverture du commerce décalée : 0,059***.
- Urbanisation décalée : 0,668***.
- Niveau d’instruction (pourcentage études supérieures) : –0,275***.
- Dépenses publiques au titre des PAMT : 0,041***.
- Rigueur des politiques d’intégration des immigrés : 0,491***.
- Coordination de la fixation des rémunérations : 1,104***.
- Observations : 571; Pays : 23; R2 (référence) : 0,515.

### Résultats principaux — hommes d’âge très actif (25 à 54 ans) (tableau annexe 2.4.2)
- Écart de production décalé : 0,072***.
- Routinisation × prix relatifs des équipements : 0,302***.
- Urbanisation décalée : 0,101***.
- Niveau d’instruction (second cycle) : 0,019***; (études supérieures) : 0,019 (significativité variable selon spécif.).
- Taux de remplacement des allocations de chômage : –0,041***.
- Rigueur des politiques d’intégration des immigrés : –0,047**.
- Coordination de la fixation des rémunérations : 0,131**.
- Observations : 571; Pays : 23; R2 (référence) : 0,606.

### Résultats principaux — femmes d’âge très actif (25 à 54 ans) (tableau annexe 2.4.3)
- Écart de production décalé : 0,170*.
- Routinisation × prix relatifs des équipements : 1,793*** (effet fort).
- Part relative de l’emploi dans les services : 0,015***.
- Urbanisation décalée : 0,355***.
- Niveau d’instruction (second cycle) : 0,211***; (études supérieures) : 0,332***.
- Coin fiscal : –0,129***.
- Dépenses publiques au titre des PAMT : 0,039***.
- Rigueur des politiques d’intégration des immigrés : –0,462***.
- Densité syndicale : 0,153***.
- Dépenses publiques éducation petite enfance et soins des enfants : 3,708***.
- Part de l’emploi à temps partiel : 0,946***.
- Congé de maternité ne portant pas préjudice à l’emploi : 0,025***.
- Observations : 489; Pays : 23; R2 (référence) : 0,887.

### Résultats principaux — travailleurs plus âgés (55 ans et plus) (tableau annexe 2.4.4)
- Écart de production décalé : –0,006 (non significatif dans spécif. de référence).
- Routinisation × prix relatifs : 0,505* (significativité variable).
- Ouverture du commerce décalée : –0,059***.
- Niveau d’instruction (études supérieures) : 0,389***.
- Coin fiscal : –0,263***.
- Dépenses publiques au titre des PAMT : –0,025** (effet négatif).
- Densité syndicale : –0,115***.
- Âge légal de la retraite : 0,661***.
- Dépenses publiques, prestations vieillesse : –0,750***.
- Observations : 568; Pays : 23; R2 (référence) : 0,686.

### Résultats principaux — taux d’activité global (15 ans et plus) (tableau annexe 2.4.5)
- Écart de production décalé : 0,183***.
- Routinisation × prix relatifs : 0,536***.
- Part relative de l’emploi dans les services : 0,010**.
- Urbanisation décalée : 0,249***.
- Niveau d’instruction (second cycle) : 0,063***; (études supérieures) : 0,135***.
- Coin fiscal : –0,240***.
- Taux de remplacement des allocations de chômage : –0,078***.
- Dépenses publiques au titre des PAMT : 0,031***.
- Rigueur des politiques d’intégration des immigrés : –0,207***.
- Coordination de la fixation des rémunérations : 0,256**.
- Observations : 570; Pays : 23; R2 (référence) : 0,578.

### Analyse microéconomique (annexe 2.5) — logit sur enquêtes sur forces de travail (24 pays, 2000–2016)
- Échantillon aléatoire : 10.000 personnes par pays et par an; variable dépendante = indicatrice de participation à la main-d’œuvre.
- Principaux coefficients (exponentiés, odds ratios) significatifs :
  - Âge et Âge au carré : 1,158*** et 0,998*** (hommes 25–54, colonne (1)).
  - Deuxième cycle du secondaire : 1,719*** (hommes 25–54).
  - Enseignement supérieur : 2,759*** (hommes 25–54).
  - Autochtones : 1,489*** (hommes 25–54).
  - Nombre d’enfants du ménage : effets hétérogènes (ex. 1,049*** hommes 25–54; 0,816*** femmes 25–54).
  - Possibilité d’automatisation du travail : 0,825*** (hommes 25–54), 0,900*** (femmes 25–54), 0,716*** (55+), indiquant une moindre probabilité d’appartenance à la main-d’œuvre pour les emplois plus automatisables.
  - Écart de production décalé : >1 (effet pro-cyclique sur la participation).
  - Décile de revenu prédit (lorsqu’il est inclus) : 0,952*** (réduction de la participation pour déciles supérieurs parmi certains groupes).
- Contrôles : composition du ménage, routinisation de l’emploi, effets fixes pays–région–année; erreurs regroupées pays–année.
- Robustesse : inclusion du décile de revenu prédit modifie certains effets (ex. mariage/maternité devient positif pour la participation féminine).

### Perspectives d’évolution du taux d’activité — analyse par cohortes (annexe 2.6)
- Données : OECD sur taux d’activité d’un échantillon équilibré de 17 pays avancés, période 1985–2016.
- Méthode : système de 11 équations SUR (une par tranche d’âge) estimé séparément par pays et par sexe (équation (2.5)); effets de cohorte βa,g imposés constants par sexe et pays.
- Taux d’activité tendanciels par tranche d’âge = valeurs prédites par le modèle pour un écart de production nul; taux d’activité tendanciel global = moyenne mobile sur trois ans pondérée par la structure par âge de la population.
- Scénarios de projection (illustratifs) reposant sur données ONU (Perspectives de la population mondiale) et hypothèses de fécondité moyenne, flux/politiques migratoires conformes au passé, et absence d’effet de l’entrée de nouvelles cohortes :
  - Scénario 1 : convergence progressive (20 ans) des taux d’activité des femmes 25–54 ans vers ceux des hommes 25–54 ans.
  - Scénario 2 : convergence des 55–59 ans vers 50–54 ans en 20 ans; 60–64 ans atteignent taux des 50–54 ans en 40 ans.
  - Scénario 3 : convergence vers les meilleures situations observées (90e ou 10e centile des niveaux observés dans les pays avancés) en 20 ans.
- Les coefficients estimés par le modèle transversal sont utilisés pour simuler les impacts des scénarios.

*Source : calculs des services du FMI.*

### Chapter 2: 61–126. Paris.

### Chapter 2: 61–126. Paris.

### Objectifs et introduction
- Concerne le déclin de l’emploi manufacturier et ses implications pour la croissance de la productivité et la répartition des revenus du travail.
- Deux objectifs connexes du chapitre :
  - 1) mieux comprendre la transformation en cours de l’activité manufacturière dans chaque pays et au niveau mondial;
  - 2) examiner si le secteur manufacturier présente des particularités pour la production par travailleur et le niveau et la répartition des revenus du travail, afin d’orienter l’action des pouvoirs publics pour une croissance forte et inclusive.
- Questions examinées :
  - Tendances et moteurs : évolution de la part du secteur manufacturier dans l’emploi et la production depuis les années 70; mécanismes; segments des services qui se sont développés.
  - Croissance du revenu par habitant : tendances de la production par travailleur dans les segments des services et par rapport au secteur manufacturier; incidence de la réallocation sectorielle sur la productivité globale; effet sur la convergence des revenus.
  - Inégalités de revenu : particularités du secteur manufacturier en termes de salaires et de distribution; rôle de l’évolution du secteur manufacturier dans la hausse de l’inégalité observée depuis les années 80.

### Principales conclusions synthétiques
- Deux points principaux à retenir :
  - 1) « un transfert des emplois du secteur manufacturier aux services n’entravera pas nécessairement la croissance de la productivité pour l’ensemble de l’économie ni les chances que les pays en développement gagnent du terrain sur les niveaux de revenu des pays avancés ».
  - 2) « si, dans les pays avancés, le déplacement des travailleurs du secteur manufacturier au secteur des services coïncide avec une hausse de l’inégalité des revenus du travail, celle-ci est essentiellement attribuable au creusement des disparités de revenu dans l’ensemble des secteurs. »
- Implication générale : pour soutenir une croissance équitable, il conviendrait d’adopter des mesures destinées à accroître la productivité dans l’ensemble des secteurs et à rendre plus inclusifs les gains qui en seront dégagés.

### Tendances observées et faits saillants empiriques
- L’emploi manufacturier régresse depuis près de cinq décennies dans les pays avancés.
- Pour l’échantillon étudié : composé de 21 pays avancés et 44 pays émergents et en développement pour lesquels il existe des données sectorielles sur l’emploi depuis 1970.
- La part des emplois du secteur des services dans l’emploi global a augmenté presque partout, « gagnant du terrain sur les emplois manufacturiers (essentiellement dans les pays avancés) ou agricoles (dans les pays en développement) ».
- Observations sectorielles :
  - Dans de nombreux pays en développement, l’emploi manufacturier a été plus stable, mais dans les pays plus récemment développés il semble culminer à des parts de l’emploi total relativement faibles et à des niveaux de revenu national inférieurs à ceux des pays ayant émergé plus tôt.
  - La part du secteur manufacturier dans la production a connu des fluctuations encore plus grandes que sa part dans l’emploi.
  - Quelques pays en développement ont affiché de fortes hausses de la part du secteur manufacturier tant dans l’emploi que dans la production depuis le début des années 70, principalement la Chine.
- Corrélations empiriques :
  - Les pays où les inégalités salariales augmentent depuis 1980 enregistrent généralement une baisse de la part du secteur manufacturier dans l’emploi.
  - Le coefficient de Gini utilisé va de 0 à 100; les variations sont calculées entre les moyennes sur les périodes 1980–89 et 2010–16.

### Moteurs de l’évolution sectorielle
- Facteurs expliquant l’hétérogénéité entre pays :
  - Diverses tendances des revenus intérieurs et variation associée de la demande de produits manufacturés.
  - Variabilité de la productivité dans le secteur manufacturier et dans d’autres secteurs.
  - Spécialisation et réaffectation de la production en fonction d’avantages comparatifs, facilitées par le commerce international et l’intégration régionale.
- Observation sur la productivité manufacturière :
  - Même si, dans la plupart des pays, la production augmente plus vite que l’emploi dans le secteur manufacturier depuis le début des années 70 (effet d’une croissance de la productivité comparativement rapide dans le secteur), la même tendance ne s’est pas retrouvée au niveau mondial.
  - Le mouvement globalement parallèle de la part mondiale du secteur manufacturier dans la production et l’emploi s’explique par un changement de la composition par pays de l’emploi manufacturier mondial en faveur des pays en développement, où la production par travailleur est généralement inférieure.

### Services, productivité et convergence
- Point clé : l’essor des services et la diminution ou la stabilisation du secteur manufacturier comme gisement d’emplois ne doivent pas nécessairement entraver la croissance de la productivité au niveau de l’économie.
- Raisons avancées :
  - Certaines branches du secteur des services ont des niveaux de productivité et des taux de croissance plus élevés que le secteur manufacturier tout entier.
  - Depuis le début des années 2000, l’augmentation de la part des services dans l’emploi a eu une incidence positive sur la croissance de la productivité dans l’économie tout entière dans la plupart des pays en développement.
  - Les niveaux de productivité du secteur des services tendent à s’aligner sur la limite mondiale (niveau de productivité des pays les plus productifs), tout comme dans le secteur manufacturier.
  - L’augmentation de la part des segments productifs des services dans l’emploi peut stimuler la croissance de la productivité globale et favoriser la convergence du revenu par travailleur entre pays.

### Inégalités de revenu et rôle du secteur manufacturier
- Constats :
  - Les travailleurs peu et moyennement qualifiés ont en moyenne gagné des salaires plus élevés dans le secteur manufacturier que dans les services.
  - Tandis que les revenus du travail sont certes quelque peu plus élevés et plus uniformément distribués dans le secteur manufacturier que dans les services, le principal facteur de la hausse de l’inégalité des revenus du travail dans les pays avancés depuis les années 80 a été une augmentation des inégalités dans l’ensemble des secteurs.
- Interprétation politique : si la hausse de l’inégalité est largement due à des forces affectant tous les secteurs (par exemple progrès technique, automatisation des tâches routinières), les politiques devraient viser à rendre plus inclusifs les gains de la transformation structurelle plutôt qu’à préserver à tout prix l’emploi manufacturier.

### Implications pour les politiques publiques
- Mesures recommandées pour renforcer la productivité et combattre les inégalités :
  - Favoriser la réaffectation du travail aux secteurs dynamiques en éliminant les obstacles à l’entrée et les entraves aux échanges dans le secteur tertiaire.
  - Soutenir la reconversion des travailleurs touchés par les changements structurels et réduire les coûts de leur réaffectation.
  - Renforcer les filets de sécurité pour atténuer les conséquences négatives du chômage et de la transition vers un autre emploi pour les travailleurs et leur communauté.
  - Stimuler la productivité dans l’ensemble des secteurs et permettre de canaliser la main-d’œuvre vers les activités les plus dynamiques et productives en améliorant les compétences et en supprimant les barrières à l’expansion des services échangés productifs.

### Incertitudes et scénarios prospectifs
- Incertitudes relevées :
  - Il est incertain si les tendances d’une croissance tirée par les services observées depuis le début des années 2000 dans de nombreux pays en développement se confirmeront ou si elles étaient un effet temporaire d’une demande mondiale plus forte.
  - Des facteurs temporaires (revenus accrus des produits de base, conditions d’emprunt souples) peuvent avoir stimulé la demande de services non échangés et favorisé la migration de la main-d’œuvre de l’agriculture vers les services non échangés.
  - À l’avenir, une croissance moins dynamique de la demande intérieure peut limiter l’expansion des services non échangés, tandis que les pénuries de personnes qualifiées peuvent freiner l’expansion de services échangés productifs et dynamiques.
- Conséquence politique : l’incertitude des tendances futures appelle à des mesures vigoureuses pour stimuler la productivité dans tous les secteurs et orienter la main-d’œuvre vers les activités les plus productives.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Chapitre rédigé par Wenjie Chen, Bertrand Gruss (auteur principal), Nan Li, Weicheng Lian, Natalija Novta et Yu Shi, avec l’assistance de Felicia Belostecinic, Hao Jiang, Evgenia Pugacheva et Jilun Xing et la contribution de Jorge Alvarez et Ke Wang.*

### conclusion est consacrée à la façon dont l’action des pou-

### conclusion est consacrée à la façon dont l’action des pouvoirs publics peut assurer une croissance forte et inclusive dans le contexte de la transformation structurelle en cours.

### Transformation structurelle : tendances et moteurs
- La part des emplois manufacturiers dans le monde est d’une stabilité remarquable depuis près de cinq décennies.
- Le secteur emploie environ la même proportion de la population active mondiale — environ un travailleur sur sept — que dans les années 70.
- La part du secteur manufacturier dans la production mondiale (valeur ajoutée mesurée à prix constants) est restée globalement stable entre les années 70 et le début des années 2000 et affiche une légère tendance haussière depuis.
- La stabilité mondiale masque des variations marquées au niveau du pays :
  - La part du secteur manufacturier dans la production totale des pays avancés reste inchangée depuis les années 70, mais présente des variations diverses (et compensatoires) au niveau de chaque pays.
  - La quasi-totalité des pays avancés pris individuellement, et le groupe dans son ensemble, enregistrent des baisses régulières de la part du secteur manufacturier dans l’emploi total depuis presque cinq décennies, indiquant que la productivité du travail dans le secteur manufacturier a augmenté plus rapidement que dans l’ensemble des autres secteurs.
- Pour la plupart des pays en développement, la variation médiane des parts du secteur manufacturier dans l’emploi et la production depuis 1970 est proche de zéro (graphique 3.6, plages 2 et 4). Si la Chine est exclue, le groupe collectif n’a guère enregistré de changement de la part du secteur manufacturier dans la production et l’emploi.
- Exemples de gains importants depuis 1970 : la Chine, la Corée, l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande, bien que dans certains de ces pays la part de l’emploi manufacturier reste relativement faible (exemples chiffrés fournis dans le texte : Indonésie ≈ 13 % depuis le milieu des années 90 ; Thaïlande < 15 % en 2010 ; Chine ≈ un cinquième en 2013).
- Pour la plupart des pays en développement, la part du secteur manufacturier dans la production et dans l’emploi a atteint un sommet autour du milieu de la période d’échantillon : augmentation dans les années 70 et 80, puis régression dans environ les deux tiers des pays depuis les années 90.
- Rares sont les pays ayant enregistré une hausse de la part du secteur manufacturier dans l’emploi et la production dans les années 2000 : Bangladesh, Chine, Éthiopie et Malawi.
- De nombreux pays en développement ayant connu une baisse de la part du secteur manufacturier n’ont jamais connu une forte expansion précédente ; par conséquent, la part du secteur manufacturier dans l’emploi a culminé à des niveaux et à des revenus inférieurs comparé aux pays qui se sont développés plus tôt.
- Seuls quelques pays en développement où le secteur manufacturier était relativement important en 1980 ont enregistré un pic de la part de l’emploi manufacturier plus élevé que dans le pays avancé moyen : la Corée, la RAS de Hong Kong, Maurice, la Pologne, la Roumanie, Singapour et la province chinoise de Taiwan.
- Conséquence : la part du secteur des services dans l’emploi a commencé à augmenter à un niveau de revenu par habitant plus bas dans les pays en développement d’aujourd’hui que dans les pays avancés.

### Facteurs déterminants de la part du secteur manufacturier dans la production et l’emploi
- Deux extrêmes explicatifs :
  - Réaffectations à somme nulle de l’offre : production manufacturière délocalisée vers des pays où les coûts de production sont plus faibles (essentiellement des pays en développement) de plus en plus intégrés dans le système commercial mondial.
  - Variations de la demande liées aux revenus : demande de produits manufacturés augmente plus vite que la demande de produits alimentaires et de services aux premières étapes du développement ; aux étapes ultérieures, la demande de services se développe le plus rapidement et la part manufacturière diminue.
- Analyse empirique : l’explication la plus plausible se situe entre ces deux pôles — réaffectation de la production vers les pays à faibles coûts et disparités de la demande de biens manufacturés entre pays.
- La relation entre la part de la consommation finale de produits manufacturés et le revenu réel par habitant a une forme en bosse : initialement, part manufacturière augmente quand le revenu augmente (loi d’Engel), puis diminue au profit des services à des revenus plus élevés (graphique 3.8).
- Gains d’efficacité productive :
  - Le secteur manufacturier a connu une hausse plus rapide de l’efficacité productive que les autres secteurs, réduisant la quantité de main-d’œuvre nécessaire pour produire une quantité donnée de biens manufacturés.
  - Cela s’est traduit par une augmentation plus rapide de la production par travailleur et un ralentissement de la croissance des emplois manufacturiers par rapport aux autres secteurs.
  - La hausse plus rapide de la productivité a fait baisser les coûts unitaires et le prix relatif des produits manufacturés dans la grande majorité des pays au cours des cinq dernières décennies (graphique 3.9).
  - La baisse du prix relatif des produits manufacturés a atténué le recul de la demande attribuable à l’augmentation des revenus, mais pas au point d’éviter une baisse de la part du secteur manufacturier dans l’emploi (graphique 3.10).
- Commerce et intégration financière :
  - Le commerce international peut modifier la composition sectorielle de la demande intérieure ; la baisse des coûts du commerce influe sur les tendances de spécialisation des pays, augmentant la part manufacturière dans les pays ayant un avantage comparatif et la réduisant dans les autres.
  - L’amélioration de l’accès aux financements étrangers, en réduisant le coût du capital, peut accentuer la spécialisation des économies pauvres en capitaux, surtout en présence de frictions financières et d’un rationnement du crédit.
  - La réaffectation du secteur manufacturier vers des pays bénéficiant d’un avantage comparatif contribue aussi à faire baisser le prix relatif des produits manufacturés au niveau mondial, accroissant la demande.
  - Le commerce et l’intégration financière accélèrent l’adoption et la diffusion du progrès technologique, permettant une convergence plus rapide vers la limite de la productivité et raccourcissant la phase d’industrialisation.
  - La concurrence mondiale intensifiée exerce des pressions à la baisse sur les prix manufacturiers, tendant à accroître la demande finale de produits manufacturés.
- Évidence sur 1995–2011 (analyse basée sur la base de données World Input-Output) :
  - Les parts des pays en développement dans la production brute mondiale et dans les dépenses finales des produits manufacturés ont augmenté entre 1995 et 2011, tandis qu’elles ont baissé dans les pays avancés (graphique 3.11, plage 1). Cependant, elles n’ont pas évolué en phase.
  - Dans les pays avancés, la part du secteur manufacturier dans la production brute a diminué davantage que sa part dans les dépenses (à hauteur d’environ 5 % des dépenses mondiales).
  - La différence entre l’évolution des parts dans la production brute et dans les dépenses (ampleur de la réaffectation) sur la période 1995–2011 a été grande pour certains pays :
    - Diminution plus forte de la production brute que des dépenses finales : France (à hauteur de 4 % du PIB), États-Unis (3 %), Japon (1,5 %).
    - Différence négative (production brute reculant plus que dépenses) dans plusieurs pays en développement : Inde, Mexique, Russie, Turquie.
    - Hausse de la part dans la production plus marquée que celle des dépenses : Allemagne, Chine, Corée, Irlande.
    - Cas de la Chine : différence d’environ 10 % du PIB, représentant environ 2½ % des dépenses mondiales consacrées aux produits manufacturés.
  - Les réaffectations de la production brute n’ont pas toutes correspondu à des variations égales de la valeur ajoutée du secteur manufacturier national ; une partie a tenu au contenu à valeur ajoutée de la production manufacturière.
- Remarques méthodologiques et références :
  - L’évolution des modes de consommation et des parts sectorielles a été documentée par des travaux historiques et récents (références citées dans le texte).
  - Les données utilisées incluent la base de données World Input-Output (période 1995–2011), la base de données du Programme de comparaison internationale (PCI) de la Banque mondiale et d’autres bases pour les estimations de productivité et de prix relatifs.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### 1. Productivité totale des facteurs dans le secteur

### 1. Productivité totale des facteurs dans le secteur manufacturier et prix relatif

### Prix relatifs et productivité
- Le recul du prix relatif des produits manufacturés a stimulé la demande relative de biens, mais pas au point d’éliminer la réorientation de la main-d’œuvre du secteur manufacturier vers les services.
- La note précise : « Le prix relatif renvoie au prix de la valeur ajoutée manufacturière par rapport à celle l’économie tout entière. »
- Sources citées : base de données du Groningen Growth and Development Centre ; base de données des Nations Unies ; calculs des services du FMI.
- Période d’observation graphique mentionnée : 1970–2015.

### Réallocation internationale de la production manufacturière
- Les mouvements globalement parallèles des parts de la production manufacturière et de l’emploi manufacturier s’expliquent en partie par une transition graduelle de la composition des emplois manufacturiers du monde vers les pays en développement, où :
  - la productivité tend à être plus faible,
  - la demande de produits manufacturés est plus élevée,
  - les coûts unitaires de production sont plus bas.
- Références de recherche citées : Felipe et Mehta (2016) ; Herrendorf, Rogerson et Valentinyi (2014).

### Relation production/emploi et limites de l’analyse empirique
- La relation bilatérale entre les parts du secteur manufacturier dans la production et dans l’emploi et les facteurs possibles (coûts de production et prix relatifs, intensité des échanges et niveaux de revenu) est complexe.
- Il est très difficile d’estimer empiriquement la relative importance de chacun de ces mécanismes pour un grand ensemble de pays.
- De récentes études utilisent des modèles d’équilibre général concentrés sur un mécanisme à la fois.

### Données présentées (graphique et notes)
- Graphiques et analyses temporelles couvrent les périodes 1960–2015 et 1995–2011 selon les panels.
- Note méthodologique : « La production manufacturière brute nationale inclut la valeur ajoutée de tous les secteurs nationaux incorporés dans la production manufacturière (la valeur ajoutée étrangère est exclue). » Pour plus de précisions, renvoi à l’annexe 3.2 (dans le document source).

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### L’essor des services et la « servicification » du manufacturier

### Expansion du secteur des services
- « La part des services dans l’emploi mondial a augmenté d’environ 16 points de pourcentage depuis les années 70. »
- Dans les pays avancés, l’essor des services est en grande partie la contrepartie de la baisse de la part du secteur manufacturier dans l’emploi.
- Dans les pays en développement, l’essor des services tient surtout à la migration de la main-d’œuvre agricole vers les services.

### Répartition entre services marchands et non marchands
- L’emploi dans les services non marchands (administration publique, éducation, santé) a augmenté rapidement dans le groupe des pays avancés, et a représenté environ un tiers de l’expansion globale des emplois des services depuis 1970.
- Les services marchands ont été responsables des deux tiers restants de l’expansion des emplois des services dans les pays avancés.
- « Les services marchands représentent environ les deux tiers de l’expansion globale de l’emploi dans le secteur des services depuis 1970 dans les pays avancés, et plus de 80 % dans les pays en développement. »
- Dans les services marchands, les segments ayant affiché la croissance la plus rapide : l’intermédiation financière, l’immobilier et les services aux entreprises.
- Dans les pays en développement, la hausse de l’emploi des services a été surtout tirée par le commerce de gros et de détail, l’hôtellerie et la restauration.

### Servicification du secteur manufacturier
- La production manufacturière intègre de plus en plus les services : la part des services entrant dans la production manufacturière a augmenté dans la plupart des pays au cours des deux dernières décennies (citations : Office national suédois du commerce, 2010 ; Baldwin, 2016 ; Hallward‑Driemeier et Nayyar, 2017).
- Toutefois :
  - La part des produits manufacturés dans les dépenses finales diminue dans la plupart des pays.
  - Les services qui entrent dans les produits manufacturés représentent toujours une petite partie de la valeur ajoutée totale au secteur des services.
  - Par conséquent, la servicification du secteur manufacturier n’a pas contribué notablement à la hausse de la part des services dans la production globale au cours des deux dernières décennies.

### Défis statistiques et de mesure
- L’évolution de la composante services de la production manufacturière complique la mesure des changements structurels :
  - La fragmentation croissante de la production implique que certaines activités auparavant internes aux entreprises manufacturières (marketing, services juridiques, logistique) sont désormais dégroupées et sous-traitées, et sont comptabilisées dans les statistiques comme des services.
  - Le reclassement statistique de ces activités pourrait gonfler l’ampleur apparente de la transformation structurelle.
  - En parallèle, les entreprises manufacturières produisent et vendent de plus en plus de services auxiliaires, ce qui rend l’interprétation des séries sectorielles plus difficile.
- Références méthodologiques citées : Berlingieri (2014) ; Bernard, Smeets et Warzynski (2017).

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*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Extraits du chapitre 3 (PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : REPRISE CYCLIQUE ET CHANGEMENT STRUCTUREL)*

### 2. Branches des services marchands

### 2. Branches des services marchands

### Croissance et développement au‑delà du secteur manufacturier
- Le secteur manufacturier a été traditionnellement considéré comme plus ouvert au progrès technique que le secteur des services, d’où des préoccupations quant à la croissance de la productivité globale quand la production se déplace vers les services (référence à Baumol, 1967 ; Kaldor, 1967).
- Rodrik (2013, 2016) montre que la productivité du travail dans le secteur manufacturier sur un échantillon de 130 pays a eu tendance à converger vers la limite (convergence inconditionnelle), tandis que ce n’est pas le cas pour la productivité du travail de l’économie globale (et donc du secteur non manufacturier).
- McMillan et Rodrik (2011) montrent que la transformation structurelle entre 1990 et 2005 a tendance à réduire la croissance dans les pays en développement qui n’ont pas connu de hausse de la part de l’emploi manufacturier.
- Les activités non manufacturières sont très diverses ; la dynamique de la productivité varie fortement au sein des services.
- Métriques et définitions utilisées :
  - La productivité du travail est définie comme la production à prix constants divisée par le nombre de travailleurs.
  - Pour les comparaisons entre pays, la production est exprimée en dollars internationaux au moyen de la parité de pouvoir d’achat sectorielle.
  - La productivité totale des facteurs (PTF) est la production pour une combinaison donnée d’intrants du travail et du capital ; disponible pour un groupe limité de pays.

### La productivité dans les services : en retard ?
- À première vue, la productivité du travail agrégée montre des gains plus rapides dans le secteur manufacturier que dans le secteur des services (graphique 3.13) ; toutefois, le différentiel régresse depuis 2000 dans la plupart des pays.
- La croissance moyenne de la productivité dans le secteur des services de nombreux pays en développement, dont la Chine, l’Inde et certains pays d’Afrique subsaharienne, a récemment dépassé celle du secteur manufacturier.
- Données désagrégées montrent un important chevauchement entre la croissance de la productivité du travail des branches des services et celles des industries manufacturières :
  - Échantillon de 19 pays avancés et 43 pays en développement, période 1965–2010 : certaines grandes branches des services ont une croissance de la productivité du travail comparable à celle du secteur manufacturier dans son ensemble (graphique 3.14, plage 1).
  - Données pour 13 branches manufacturières et 13 branches de services pour 19 pays avancés et 12 pays émergents et en développement (graphique 3.14, plage 2) montrent une situation similaire.
  - États‑Unis, données plus fines (20 branches manufacturières et 39 branches de services, 1947–2010) montrent un chevauchement encore plus grand (graphique 3.14, plage 3).
- Niveaux de productivité en 2005 (échantillon de 19 pays avancés et 43 pays en développement) :
  - Dans chaque pays, les travailleurs des secteurs producteurs de biens ne sont pas nécessairement plus productifs que les travailleurs du secteur des services (graphique 3.15).
  - La productivité du travail dans deux branches des services marchands sur quatre (transport et communications ; intermédiation financière et services aux entreprises) est comparable au secteur manufacturier ou plus élevée.
- Implications pour les pays en développement :
  - Les branches productives et dynamiques des services peuvent ne pas représenter une grande part de l’emploi, limitant leur influence sur la productivité globale.
  - Toutefois, les trois premières branches dans la distribution de la croissance de la productivité du travail (graphique 3.14, plage 2) sur 2000–10 représentaient, en moyenne, près de la moitié de l’emploi total dans les services marchands, environ 30 percent de l’emploi total du secteur tertiaire et près de 20 percent de l’emploi global.
  - Certaines branches des services exportables (par ex. intermédiation financière) exigent un niveau élevé de qualification ; d’autres (par ex. télécommunications) requièrent un niveau de qualification comparable au secteur manufacturier.
- Commerce international et demande intérieure :
  - Le commerce international des services reste assez limité, même pour des services très productifs comme les télécommunications, l’intermédiation financière et les services aux entreprises.
  - Des études récentes suggèrent que la demande intérieure pour les services à forte productivité est susceptible d’augmenter à mesure que leur prix devient plus abordable (référence à Duernecker, Herrendorf et Valentinyi, 2017).

### La transformation structurelle a‑t‑elle pesé sur la croissance de la productivité globale ?
- Méthodologie :
  - L’analyse suit McMillan et Rodrik (2011) et Diao, McMillan et Rodrik (2017) et utilise une décomposition permettant d’isoler :
    - la composante intrasectorielle (gains de productivité au sein des secteurs résultant d’une hausse du capital par travailleur, d’une PTF plus élevée, ou d’une réaffectation vers entreprises plus productives au sein des secteurs), et
    - la composante due au changement structurel (effet des réaffectations de travail entre secteurs aux niveaux de productivité différents).
- Résultats pour 62 pays, période 2000–10 (données sur 10 secteurs) :
  - Les gains de productivité au sein des secteurs représentent la majeure partie de la croissance de la productivité du travail globale dans les pays avancés et en développement (graphique 3.16, plage 1).
  - Le changement structurel n’a pas exercé un frein net sur la productivité globale.
  - Dans les pays avancés, la contribution du changement structurel a été négative mais quantitativement négligeable, la part de l’emploi ayant glissé progressivement vers des branches des services non marchands et les écarts de productivité intersectoriels étant relativement faibles (graphique 3.16, plage 2).
  - Dans les pays en développement, la contribution du changement structurel à la croissance de la productivité globale a été positive dans toutes les régions depuis 2000, période durant laquelle la main‑d’œuvre est passée de l’agriculture au secteur manufacturier dans certains cas et surtout aux services marchands.

*Source : weo‑april‑18‑fre‑web - 2. Branches des services marchands (Fonds monétaire international, Avril 2018).*

### conclusions de McMillan, Rodrik et Verduzco-Gallo

### conclusions de McMillan, Rodrik et Verduzco-Gallo

### Contribution du changement structurel à la croissance de la productivité
- La contribution positive du changement structurel depuis 2000 a été particulièrement importante en Afrique subsaharienne, en raison de vastes déplacements de la main-d’œuvre agricole vers d’autres secteurs.
- Le déplacement de la main-d’œuvre était essentiellement de l’agriculture vers les services marchands depuis 2000.
- Mesures chiffrées et comparaisons régionales (période 2000–10) :
  - Contribution à la croissance de la productivité globale du secteur manufacturier et des services marchands en Asie : respectivement 1,9 percent et 2,1 percent par an.
  - Contribution en Afrique subsaharienne : secteur manufacturier presque nulle; services marchands = 0,8 percent par an.
  - Contribution en Amérique latine : environ 0,2 percent par an pour chacun des deux secteurs.
- Observation de Diao, McMillan et Rodrik (2017) : le changement structurel favorable à la croissance a tenu, dans certains cas, à l’expansion particulièrement forte de la demande globale (notamment soutenue par des transferts externes ou des recettes plus élevées des produits de base), ce qui suggère que la croissance globale de la productivité peut ralentir si la demande faiblit, à moins que la productivité augmente au sein des secteurs.

### Variations sectorielles de la productivité et rôle des services
- La croissance de la productivité varie énormément d’un secteur à l’autre et explique la majeure partie de la variation régionale de la croissance de la productivité globale.
- Certaines branches des services marchands présentent des signes robustes de convergence de la productivité :
  - Branches avec convergence significative dans l’échantillon élargi : commerce et hébergement; transport et communications; services financiers et commerciaux.
  - Dans l’échantillon réduit, huit segments marchands sur neuf dans les services présentent des signes de convergence inconditionnelle (exemples cités : intermédiation financière, services postaux et télécommunications, services aux entreprises).
- Remarque : le niveau de productivité dans les services peut être plus éloigné de la limite technologique que dans l’agriculture ou le manufacturier dans certains pays; ainsi, le passage de la main-d’œuvre vers les services n’assure pas nécessairement une réduction durable des écarts de revenu par travailleur.

### Convergence sectorielle — méthodologie et résultats empiriques
- Approche : test de beta-convergence suivant Bernard et Jones (1996) et Sorensen (2001) — évalue si la croissance de la productivité d’un secteur est d’autant plus rapide que l’écart initial avec la productivité à la limite technologique est grand.
- Échantillons et périodes utilisés :
  - Échantillon élargi : 19 pays avancés et 20 pays émergents et en développement, données relatives à neuf secteurs marchands de 1965 à 2015.
  - Échantillon réduit : 19 pays avancés et 11 pays émergents et en développement, données relatives à 26 secteurs marchands de 1970 à 2010.
  - Pour la sigma-convergence, l’analyse repose sur un échantillon plus petit de 28 pays pour la période 1971–2010 (hors pays d’Europe de l’Est).
- Résultats :
  - Éléments probants de la convergence inconditionnelle de la productivité à la limite mondiale pour le secteur manufacturier et pour plusieurs segments des services.
  - Aucune convergence inconditionnelle pour l’agriculture dans l’échantillon élargi.
  - La dispersion de la productivité entre pays (sigma-convergence) a diminué au fil du temps dans les secteurs où la beta-convergence est observée.
- Note statistique : les barres pleines du graphique indiquent des coefficients statistiquement significatifs au niveau de 95 percent; un coefficient négatif et significatif indique des éléments attestant de la convergence.

### Incidences sur les écarts de revenu entre pays
- Déplacements de main-d’œuvre vers des secteurs à productivité plus élevée peuvent ne pas suffire à réduire l’écart par rapport à la frontière si la productivité à la limite augmente plus rapidement.
- Rodrik (2013) : convergence inconditionnelle observée dans le secteur manufacturier; l’absence de convergence des revenus au niveau des pays pourrait tenir à la faible part de l’emploi manufacturier dans les pays en développement.
- Importance de relever non seulement la réallocation sectorielle mais aussi la croissance de la productivité à l’intérieur des secteurs pour soutenir la convergence du revenu par travailleur.

### Implications pour les inégalités salariales
- Le secteur manufacturier a été historiquement une source d’emplois de haute qualité et de salaires relativement élevés; la diminution de la part de l’emploi manufacturier suscite des craintes concernant une plus grande inégalité des revenus.
- Mécanisme d’inégalité : les travailleurs quittant des emplois manufacturiers bien rémunérés pour des emplois de services moins bien rémunérés peuvent accroître l’inégalité et « tirer le milieu de l’échelle de revenu vers le bas ».
- Références empiriques citées :
  - Helper, Krueger et Wial (2012) : revenus moyens environ 8 percent plus élevés dans le secteur manufacturier que dans le secteur non manufacturier après prise en compte des différences observables.
  - Lawrence (2017) : exemple des États-Unis — part des hommes sans diplôme employés dans le manufacturier passée de plus d’un tiers en 1970 à 17 percent en 2015.

### Principaux enseignements et orientations politiques
- Message principal : l’absence d’une phase d’industrialisation traditionnelle ne freine pas nécessairement la croissance de la productivité globale pour les pays en développement.
- Certaines branches des services peuvent stimuler la productivité globale et favoriser la convergence du revenu par travailleur entre pays.
- Pour pérenniser les progrès du niveau de vie dans de nombreux pays en développement, il faudra prendre des mesures visant à renforcer la croissance de la productivité dans l’ensemble des secteurs (notamment améliorer la productivité intra-sectorielle au-delà de la simple réaffectation de la main-d’œuvre).

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — conclusions de McMillan, Rodrik et Verduzco-Gallo*

### 4. Services financiers

### 4. Services financiers et commerciaux

### Convergence de la productivité entre pays dans les services
- La dispersion des niveaux de productivité entre pays a régressé avec le temps dans plusieurs branches des services, favorisant d’autres éléments attestant de la convergence.
- Le niveau de convergence de la productivité dans les branches du secteur des services s’est accru depuis le milieu des années 90 ou le début des années 2000.
- Mesure utilisée : écart-type du logarithme de la productivité du travail, corrigé de la PPA (graphique 3.18).
- Remarque méthodologique : L’écart de productivité correspond à la différence logarithmique entre la valeur ajoutée par travailleur corrigée de la parité de pouvoir d’achat sectorielle par travailleur aux États-Unis et celle de chaque pays. Le secteur producteur de biens inclut l’agriculture, le secteur minier, le secteur manufacturier, les services publics et la construction. Le secteur des services comprend le reste.

### Niveau de productivité en 2005 : biens vs services
- L’écart de productivité par rapport aux États-Unis en 2005 était plus important pour les secteurs producteurs de biens que pour le secteur des services (graphique 3.19).
- Implication : La réorientation des ressources au secteur des services ne nuit pas nécessairement aux perspectives de convergence.

### Rémunération et inégalité entre industrie et services (données microéconomiques)
- Données : base de l’étude sur les revenus de Luxembourg ; panel non équilibré de 20 pays avancés depuis les années 80.
- Sectorisation pratique : le secteur manufacturier est représenté par le secteur industriel au sens large (industrie inclut activités manufacturières, construction, activités minières et services aux collectivités) afin de conserver la taille de l’échantillon.
- Résultats sur les salaires (graphique 3.20) :
  - La rémunération du travail dans l’industrie est quelque peu plus élevée que dans les services pour des niveaux de qualification comparables.
  - Pour les travailleurs moyennement qualifiés dans les deux secteurs, les revenus ne peuvent pratiquement pas être distingués.
  - La différence médiane des revenus du travail entre l’industrie et les services pour les travailleurs très et peu qualifiés est d’environ 6 et 9 points de pourcentage, respectivement.
  - Le revenu moyen des travailleurs moyennement qualifiés du secteur industriel est presque 30 % plus élevé que celui des travailleurs peu qualifiés des services.
- Niveau d’analyse des qualifications : classification CITP — très qualifiés (CITP 1 et 2), moyennement qualifiés (CITP 3–8, 10), peu qualifiés (CITP 9).
- Échantillon pour certains graphiques : 12 pays ; données correspondant à la dernière année disponible sur la période 2000–09.

### Inégalité des revenus du travail : forces explicatives (graphique 3.21 et 3.22)
- Observation générale :
  - Il y a légèrement moins d’inégalité des revenus du travail dans le secteur industriel que dans celui des services.
  - Les pays présentant un degré relativement élevé d’inégalité de revenus dans le secteur des services ont tendance à présenter une grande inégalité dans le secteur industriel également.
- Décomposition de l’évolution de l’inégalité globale (échantillon de 13 pays, annales selon disponibilité ; mesure : entropie généralisée basée sur le revenu disponible) :
  - L’essentiel de la hausse de l’inégalité globale des revenus du travail entre les années 1980 et 2000 s’explique par la hausse de l’inégalité au sein des secteurs plutôt que par les variations du poids relatif de l’emploi entre industrie et services (graphique 3.22).
  - Contribution approximative identifiée : les mouvements des parts de l’emploi entre industrie et services ont contribué à seulement 15 % environ de la hausse de l’inégalité des revenus dans toute l’économie (en maintenant la dispersion et le niveau relatif des revenus constants à leurs valeurs initiales).
- Importance relative des écarts intra-sectoriels :
  - La prime à la compétence joue un rôle plus important dans la variation des revenus entre travailleurs que leur secteur d’emploi : l’écart de revenus entre travailleurs moyennement et peu qualifiés dans un même secteur est environ de deux fois plus grand que l’écart entre les travailleurs peu qualifiés de l’industrie et des services.

### Scénarios quantitatifs sur l’impact du déplacement industriel vers les services
- Scénario extrême (exercice simplifié) : pour huit pays disposant de données depuis les années 80 et ayant connu une diminution absolue de l’emploi manufacturier, présumer que tous les emplois manufacturiers perdus entre les années 80 et 2000 étaient des emplois de travailleurs moyennement qualifiés qui ont accepté un emploi peu qualifié et peu rémunéré dans les services (au 25e percentile des salaires des métiers peu qualifiés des services).
  - Résultat de ce scénario : la hausse de l’inégalité globale des revenus du travail aurait contribué, en moyenne, à quelque 9 % de la hausse effective de l’inégalité entre les années 80 et 2000 et jusqu’à un quart dans chaque pays concerné.
- Synthèse : seule une part limitée (moins d’un quart dans une hypothèse extrême) de la hausse des inégalités de revenu pourrait avoir résulté d’un déclin de l’emploi manufacturier au profit de l’emploi non manufacturier.

### Mécanismes et canaux supplémentaires
- Canal mécanique : déplacement des travailleurs moyennement qualifiés du manufacturier vers des métiers peu qualifiés et peu rémunérés dans les services augmente la part des travailleurs au bas de la répartition des revenus et intensifie la polarisation.
- Canal de pression à la baisse des salaires : un afflux de travailleurs en concurrence pour des métiers peu qualifiés peut exercer des pressions à la baisse sur les salaires en bas de l’échelle, élargissant l’écart avec les revenus les plus élevés.
- Effets non salariaux et coûts de transition :
  - Les emplois manufacturiers offrent souvent des avantages non salariaux (régimes de retraite, congés payés, congés maladie, assurance maladie, assurance vie) et ont tendance à recourir moins au temps partiel ou aux contrats temporaires ; ils peuvent aussi bénéficier de négociations collectives.
  - Les travailleurs déplacés peuvent connaître des périodes de chômage prolongées ou quitter la population active, ce qui n’apparaît pas dans l’analyse basée uniquement sur les revenus du travail.
  - Les coûts de transition peuvent être élevés pour certains groupes et régions anciennement spécialisées dans le manufacturing.

### Conclusion synthétique
- L’augmentation de l’inégalité globale des revenus du travail s’explique principalement par la hausse de l’inégalité à l’intérieur des secteurs.
- Les principaux moteurs identifiés de l’élargissement des inégalités salariales sont la délocalisation des travailleurs moyennement qualifiés sous l’effet de la technologie et du commerce, et les pressions à la baisse sur les salaires pour les métiers moyennement et peu qualifiés, plutôt que les fluctuations du poids relatif de l’emploi entre industrie et services.
- Toutefois, les conséquences négatives du recul des emplois manufacturiers peuvent être importantes pour certains groupes et régions, en raison des coûts de transition et de la perte d’avantages non salariaux.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### Conclusions et implications

### Conclusions et implications

### Constats principaux
- Le recul de la part des emplois manufacturiers dans l’emploi total ne doit pas nécessairement entraver la croissance ou creuser les inégalités.
- Certains segments du secteur des services peuvent égaler les niveaux de productivité et les taux de croissance du secteur manufacturier, permettant à l’expansion relative des services de rapprocher le revenu national des niveaux des pays avancés.
- Le passage des parts de l’emploi de l’agriculture aux services depuis les années 2000 a favorisé la productivité au niveau de l’économie dans de nombreux pays en développement.
- Ces conclusions ne garantissent pas la convergence des revenus — ni que les récentes tendances favorables en matière de production par travailleur puissent être extrapolées dans l’avenir.
- Il est nécessaire de prendre des mesures vigoureuses pour faciliter la réaffectation de l’activité vers des secteurs à forte productivité et renforcer la croissance de la productivité dans l’ensemble des secteurs.

### Mesures politiques recommandées
- Favoriser la croissance de la demande intérieure et les qualifications de la main-d’œuvre de manière à ne pas entraver l’expansion des activités du secteur des services à forte productivité.
- Réduire les obstacles au commerce international et à l’investissement dans les services, particulièrement importants dans les pays en développement.
- Adapter les règles des accords commerciaux multilatéraux pour couvrir des domaines comme le commerce numérique et le cybercommerce.
- Veiller à ce que les compétences de la main-d’œuvre soient alignées sur celles nécessaires dans les secteurs très productifs et porteurs de l’économie.
- Mettre en œuvre un programme exhaustif de mesures pour renforcer la productivité dans l’ensemble des secteurs, incluant le renforcement du capital humain et des infrastructures physiques, et l’amélioration du climat des affaires et de l’investissement.
- Éliminer les obstacles à la libre circulation des facteurs de production entre les entreprises et promouvoir la concurrence, surtout dans les services où les barrières à l’entrée ont tendance à être plus importantes.
- Déréglementer les services pour faciliter l’entrée de nouvelles entreprises, stimuler la concurrence et générer des gains de productivité avec des retombées positives en amont et en aval (notamment dans le secteur manufacturier).
- Offrir un accès croissant à des programmes de formation et d’instruction alignés sur les besoins évolutifs de l’économie (y compris aide à la recherche d’un emploi et stages), ainsi que des filets de sécurité et des politiques de redistribution ciblant les travailleurs déplacés.
- Envisager des mesures ciblées pour faciliter la transition dans les régions fortement tributaires des emplois manufacturiers en déclin.
- Éviter des mesures qui mettent l’accent uniquement sur la taille relative du secteur manufacturier si elles ne répondent pas à une défaillance du marché spécifique, car elles pourraient préserver des entreprises à faible productivité et retarder une réaffectation efficace des ressources.

### Observations sectorielles et structurelles
- La productivité intrasectorielle souffre toujours d’anémie dans les pays en développement hors Asie de l’Est.
- Dans de nombreux pays, la hausse de la productivité dans l’agriculture — qui reste le principal employeur et affiche toujours de très bas niveaux de productivité — est essentielle pour faciliter la transition des travailleurs vers des segments dynamiques du secteur manufacturier et tertiaire.
- Le degré de participation de l’État dans les secteurs de réseau (électricité, gaz, transport ferroviaire, transport aérien, services postaux et télécommunications) et les obstacles à l’entrée dans les secteurs de réseau et autres segments (professions libérales, fret et commerce de détail) sont omniprésents et particulièrement importants dans les pays en développement.

### Données et faits clés sur la composante services de la production manufacturière
- Au niveau mondial, la contribution à la production manufacturière brute des activités non manufacturières est passée de 42% à 47% entre 1995 et 2011.
- Les segments du secteur des services représentent environ les deux tiers de la contribution des activités non manufacturières à la production manufacturière brute.
- Pour le pays médian de l’échantillon, la contribution des services à la production manufacturière brute était d’environ un tiers en 2011.
- Disparités par pays en 2011 : environ 15% en Indonésie, 50% en France, 70% au Luxembourg.
- Pour l’ensemble des pays de l’échantillon, la part de la valeur ajoutée des services dans la production manufacturière brute s’est accrue en moyenne d’environ 6 points de pourcentage entre 1995 et 2011, soit quelque 0,4 point de pourcentage par an.
- La part des services qui entrent dans la valeur totale de la production manufacturière s’est accrue d’environ 6 points de pourcentage en moyenne entre 1995 et 2011.
- Mesurée à des prix constants (réels), la hausse de la part des services dans la production manufacturière brute est inférieure à son niveau aux prix courants, et diminue même dans de nombreux pays sur la période 1995–2009 ; néanmoins, la part mesurée en prix réels s’est accrue dans environ les deux tiers des pays de l’échantillon.
- L’expansion de la valeur ajoutée des services en pourcentage de la valeur ajoutée (de près de 7 points de pourcentage, en moyenne, entre 1995 et 2011) était essentiellement due à une augmentation de la demande finale de services (d’environ 6 points de pourcentage, en moyenne) plutôt qu’à une hausse de l’utilisation des services comme intrants intermédiaires par les autres secteurs.

### Commerce international des services
- Le commerce international de services représente désormais environ un cinquième des exportations mondiales.
- La part des exportations de services s’est accrue dans la plupart des pays avancés et en développement ; dans un de ces pays sur quatre, la part des services dans les exportations s’est accrue de plus de 20 points de pourcentage depuis le début des années 80.
- La hausse de la part des services dans les exportations tient en grande partie au recul des coûts résultant du progrès des technologies de l’information et de la communication et à l’essor des chaînes de valeur mondiales.
- Le commerce international en pourcentage de la production mondiale de services est passé d’environ 3% en 1970 à 10% en 2014.
- L’augmentation des exportations de services a été particulièrement importante dans les services « modernes » échangeables à distance (télécommunications, services informatiques et de l’information, propriété intellectuelle, intermédiation financière et autres services aux entreprises comme la recherche–développement et les professions libérales).
- La part des exportations de services modernes dans le total des exportations de services s’est accrue, passant d’environ 32% en 1990 à 50%.

### Inégalités et effets sur les travailleurs
- L’évolution de l’inégalité des revenus du travail dans les pays avancés s’explique principalement par la hausse de l’inégalité des revenus dans l’ensemble des secteurs.
- Le creusement de l’inégalité des revenus a coïncidé avec des parts plus faibles des emplois manufacturiers et plus élevées des emplois des services, sous l’effet de tendances comme l’automatisation qui ont influé sur la demande des qualifications requises dans les métiers routiniers.
- Un éventail de facteurs — contraintes financières, attachement au milieu local, absence des compétences requises — peut avoir empêché les travailleurs provenant du secteur manufacturier d’accepter un emploi adéquat dans d’autres secteurs.
- Pour garantir que les gains tirés du progrès technologique soient inclusifs, les mesures adoptées devraient aider les travailleurs à en gérer les effets secondaires néfastes via formation, aide à la recherche d’un emploi, stages, filets de sécurité et politiques de redistribution ciblant les travailleurs déplacés.

*Fonds monétaire international, Chapitre 3 : EMPLOIS MANUFACTURIERS : CONSÉQUENCES SUR LA PRODUCTIVITÉ ET LES INÉGALITÉS — Conclusions et implications (extraits).*

### 2014. Le segment qui a connu la croissance la plus ra-

### weo-april-18-fre-web - 2014. Le segment qui a connu la croissance la plus ra-

### Croissance et composition des exportations de services
- Le segment qui a connu la croissance la plus rapide était les télécommunications et les services informatiques et de l'information, dont les exportations en 2014 ont atteint 10 % du total des exportations de services, contre 1 % en 1990.
- Le secteur du tourisme représente une part importante des exportations de services des pays en développement, même si son importance relative diminue avec le temps.
- Les zones bleues (services traditionnels) et rouges (services modernes) sont utilisées pour distinguer les services sur le graphique 3.2.3.

### Obstacles au commerce des services et productivité
- Les obstacles au commerce international sont plus grands pour les exportations de services que pour les biens, et particulièrement importants dans les pays en développement (Miroudot, Sauvage et Shepherd, 2013 ; Koske et al., 2015 ; Heuser et Mattoo, 2017).
- Les segments du secteur des services pour lesquels les coûts du commerce sont moins élevés tendent à être plus productifs et à présenter une plus forte croissance de la productivité (Miroudot, Sauvage et Shepherd, 2013).
- Conclusion de politique implicite : des mesures visant à réduire les obstacles au commerce dans le secteur tertiaire renforceraient l’échangeabilité et permettraient de stimuler la croissance de la productivité dans les services.

### Services modernes vs services traditionnels
- Définition : selon Loungani et al. (2017), les services modernes renvoient généralement à ceux qui ne nécessitent pas la proximité physique de l’acheteur et du vendeur. Tous les autres services sont classés dans les services traditionnels.
- La ligne de démarcation entre traditionnels et modernes devient de plus en plus floue à mesure que les technologies évoluent.
- Exemples de branches figurant dans l’analyse (liste non exhaustive extraite du texte) :
  - Services commerciaux, Services financiers, Propriété intellectuelle, Assurance et pension, Télécommunications, informatique et technologies de l’information, Voyages, Transport, Autres services traditionnels.

### Évolution de l’emploi et comparaison salaires secteurs — evidence du Brésil
- Entre 1996 et 2013, environ 10 % de la population active du Brésil a délaissé l’agriculture pour un emploi dans les services, tandis que la part des emplois manufacturiers est restée globalement stable (graphique 3.3.1).
- Les inégalités salariales ont diminué durant cette période.
- Les salaires du secteur manufacturier ne sont pas beaucoup plus élevés que dans le tertiaire après contrôle des caractéristiques observables :
  - L’écart des salaires entre les secteurs au début de la période n’était que d’environ 6 points de pourcentage et, en 2013, il était proche de zéro.
- Gains pour les travailleurs passant à la manufacture :
  - Les travailleurs passés de l’agriculture ou des services au secteur manufacturier durant la période visée ont obtenu peu d’augmentation de salaire initiale.
  - La hausse moyenne n’était pas plus élevée que le gain attendu d’une année supplémentaire d’expérience du secteur d’origine (graphique 3.3.3).
  - Les augmentations de salaire après la transition vers la manufacture n’étaient pas plus rapides les années après qu’avant, une fois pris en compte la tendance commune des salaires et les caractéristiques des travailleurs.
- Inégalités salariales au niveau sectoriel :
  - Dans le secteur formel au moins, l’inégalité des salaires n’est pas plus élevée dans les services que dans le secteur manufacturier.
  - Le recul des inégalités dans les deux secteurs ces dernières décennies est très similaire (graphique 3.3.4).
  - La dispersion des salaires entre les entreprises dans les deux secteurs joue un rôle important pour expliquer le niveau global des inégalités dans chaque secteur.
  - L’inégalité au sein des entreprises du tertiaire est moins importante que dans les entreprises manufacturières.
- Résumé de l’encadré 3.3 :
  - Les différences entre le secteur des services et le secteur manufacturier en termes du niveau et de la dispersion des salaires sont restées mineures au Brésil pendant deux décennies marquées par une expansion de la part des services dans l’emploi et un recul de l’inégalité en général.
  - Les changements affectant l’ensemble des secteurs (ex. hausse du salaire minimum ; facteurs observables au niveau des entreprises) semblent avoir joué un rôle plus prépondérant dans l’inégalité globale des revenus du travail que les changements de la taille relative du secteur manufacturier par rapport aux services dans l’emploi total.

### Données, couverture et méthode (annexes)
- Annexe 3.1 — Sources de données et couverture géographique :
  - World Input-Output, Penn World Table 9.0, FMI (Perspectives de l’économie mondiale), GGDC, World KLEMS, OCDE, OIT, ONUDI, études spécifiques (Felipe et Mehta (2016), Jorgenson, Ho et Samuels (2013), etc.).
  - Tableau de couverture : 40 pays couverts par la base World Input-Output (19 avancés et 21 en développement), 35 branches d’activité, résidu pour la partie non couverte de l’économie mondiale, représentant plus de 85 % du PIB mondial.
- Annexe 3.2 — Décomposition de la valeur ajoutée :
  - Méthode : procédure de valeur ajoutée à la consommation décrite dans Herrendorf, Rogerson et Valentinyi (2013) utilisée sur la base World Input-Output (période 1995–2011).
  - Permet de décomposer la valeur des dépenses finales mondiales consacrées aux produits manufacturés finis en valeur ajoutée de chaque pays et secteur.
- Annexe 3.3 — Productivité sectorielle, croissance globale et convergence :
  - Productivité sectorielle du travail construite comme la valeur ajoutée à prix constants divisée par le nombre de travailleurs ou par le nombre total d’heures ouvrées.
  - Échantillons et périodicité pour les séries de productivité :
    - Plage 1 : échantillon de 62 pays (19 pays avancés et 43 pays en développement) couvrant 10 grands secteurs sur la période 1965–2015.
    - Plage 2 : échantillon de 31 pays (19 pays avancés et 12 pays en développement) pour la période 1970–2010 couvrant 13 branches manufacturières et 13 branches des services.
    - Plage 3 : données pour les États-Unis sur la période 1947–2010 couvrant 20 branches manufacturières et 39 branches des services.
  - Mesures complémentaires : productivité totale des facteurs basée sur la valeur ajoutée sectorielle.

*Source : extrait du document fourni (Perspectives de l’économie mondiale : Avril 2018, Fonds monétaire international).*

### 1. Branches du secteur manufacturier et des services

### 1. Branches du secteur manufacturier et des services

### Croissance de la productivité totale des facteurs et de la productivité du travail (période 2000–10)
- Graphiques présentés :
  - Répartition de la croissance de la productivité totale des facteurs des différentes branches (noyau de la densité) pour un ensemble réduit de 20 pays (16 avancés et 4 en développement).
  - Croissance moyenne relative de la productivité du travail sectorielle (par rapport à la croissance de la productivité du travail au niveau de l’économie) sur la période 2000–10 pour 13 branches des services et le secteur manufacturier dans son ensemble.
- Classement des branches de services en deux groupes selon la croissance moyenne de la productivité du travail (période 2000–10) :
  - Services à forte croissance de la productivité (groupe de pays à forte croissance) : services postaux et télécommunications, intermédiation financière, commerce de gros et commerce de détail (quatre branches présentant en moyenne la plus forte croissance de la productivité du travail).
  - Services à faible croissance de la productivité : les branches de services restantes.
- Niveau de qualification de l’emploi (période 2000–07) : graphique fondé sur la base World Input-Output pour 40 pays (19 avancés et 21 en développement) montre un niveau élevé de qualification de l’emploi tant pour les services à forte productivité que pour les services à faible productivité et le secteur manufacturier dans son ensemble.
- Source des données PTF sectorielles : World KLEMS Comptes de la croissance et de la productivité (ISIC Rév. 3, 2011, et Rév. 4, 2017).

### Calcul de la croissance de la productivité totale des facteurs par secteur
- Présentation de la formule (méthode de comptabilité standard de la croissance) utilisée sous l’hypothèse concurrence parfaite, utilisation des pleines capacités et rendements d’échelle constants :
  - ∆ ln TFP t i = ∆ ln Y t i − v̄ t k,i ∆ ln K t i − v̄ t L,i ∆ ln L t i − (1 − v̄ t k,i − v̄ t L,i) ∆ ln M t i,
  - où i renvoie au pays, v̄ t k,i et v̄ t L,i renvoient à la part moyenne du capital et du travail sur deux périodes (t et t – 1) dans la production brute nominale; Y t i renvoie à la production brute (à prix constants); K t i mesure le service du capital; L t i est le travail; M t i est l’intrant intermédiaire.
- Graphique de l’annexe 3.3.2 : croissance de la productivité totale des facteurs par secteur, 2000–10 (différence par rapport à la productivité totale des facteurs pour l’ensemble de l’économie, en points de pourcentage). Composantes représentées incluent : Services marchands, Services non marchands, Secteur manufacturier, Vente de véhicules, Commerce de gros, Commerce de détail, Transport, Poste et télécommunications, Immobilier, Services commerciaux, Hôtels et restaurants, Services financiers, Communauté et ménages, État, Éducation, Santé.

### Décomposition de la productivité du travail globale
- Identité de base (valeur ajoutée globale par travailleur comme moyenne pondérée par la part de l’emploi) :
  - y t = ∑ i y t i θ t i , (3.1)
  - où y t = valeur ajoutée globale par travailleur (à prix constants); y t i = valeur ajoutée par travailleur dans le secteur i; θ t i = part dans l’emploi du secteur i.
- Décomposition de la croissance de la productivité du travail en deux composantes (intrasectorielle et changements structurels) :
  - g t−k,t = ∑ i θ t−k i ( y t−k i ____ y t−k ) g t−k,t i { croissance intrasectorielle } + ∑ i y t−k i _ y t−k ( 1 + g t−k,t i ) ( θ t i − θ t−k i ) { changements structurels } , (3.2)
  - définitions complémentaires :
    - g t−k,t = y t ____ y t−k − 1 = croissance de la productivité globale de la période t − k à t ;
    - g t−k,t i = y t i ____ y t−k i − 1 = croissance de la productivité dans le secteur i ;
    - y t−k i ____ y t−k = niveau de productivité relatif dans le secteur i.
- Moyennes annuelles sur une période T (k = 1 pour taux de croissance d’une année sur l’autre) :
  - g T intrasectoriel = 1 __ T ∑ t∈T ∑ i θ t−1 i y t−1 i ____ y t−1 g t i , (3.3)
  - g T structurel = 1 __ T ∑ t∈T ∑ i y t−1 i _ y t−1 ( 1 + g t i ) ( θ t i − θ t−1 i ) . (3.4)

### Analyse de convergence de la productivité entre pays — Données et échantillons
- Raison d’emploi des mesures : comparaison croisée de la productivité sectorielle entre pays exige taux de conversion de la parité de pouvoir d’achat (PPA) sectorielle pour rendre la valeur ajoutée sectorielle comparable entre pays.
- Exclusion : branches des services non marchands (administration publique, santé, éducation) exclues de l’exercice de convergence.
- Deux échantillons utilisés :
  - Échantillon élargi (GGDC et World KLEMS) : panel non équilibré de la valeur ajoutée par travailleur pour neuf secteurs marchands dans 39 pays sur la période 1965–2015. Données sur le PPP sectoriel en 2005 tirées de la base de données du GGDC sur le niveau de productivité.
  - Échantillon réduit (World KLEMS) : panel incomplet couvrant 26 secteurs marchands sur la période 1970–2007 avec des données sur la valeur ajoutée par heure pour 30 pays et des données sur la PTF pour 20 pays.
- Remarque méthodologique : selon Sorensen (2001), la série de données sur la croissance de la productivité sectorielle pour chaque pays est utilisée pour extrapoler le niveau de productivité de 2005 ou 1997 sur toute la période examinée.

### Méthodologie de test de convergence (beta-convergence)
- Spécification de référence (Bernard et Jones, 1996; Sorensen, 2001) :
  - P̂ i,t = α + β ln P i,t + D t + ε i,t , (3.5)
  - où P̂ i,t = taux de croissance tendancielle de la productivité (productivité du travail ou PTF) pour un secteur donné du pays i par rapport aux États-Unis sur la période t; P i,t = niveau de productivité sectorielle tendanciel corrigé de la PPA pour le pays i par rapport aux États-Unis l’année initiale de la période; D t = période fictive; ε i,t = choc.
- Interprétation :
  - Une estimation négative de β pour un secteur indique un élément de convergence de la productivité entre pays (beta-convergence) : plus l’écart initial est grand, plus le taux de croissance de productivité du pays à plus faible productivité est élevé (par rapport au pays à plus forte productivité).
- Périodes d’analyse : chaque période correspond à un créneau de 10 ans sans chevauchement.
- Résultats :
  - Estimations pour l’échantillon élargi (neuf secteurs marchands, 39 pays, période 1965–2015) reportées dans le tableau de l’annexe 3.3.1 (plage A) et visualisées au graphique 3.17 (plage 1).
  - Estimations pour l’échantillon réduit (26 secteurs, période 1970–2010) reportées dans le tableau de l’annexe 3.3.2 (plage A) et visualisées au graphique 3.17 (plage 2).
- Observation sur convergence :
  - La beta-convergence intersectorielle est une condition nécessaire mais insuffisante pour la convergence des niveaux de productivité ; si les chocs sont importants, la sigma-convergence peut ne pas se réaliser.

### Exercices de robustesse et résultats importants
- Préoccupation : retour à la moyenne potentiel lié aux créneaux de 10 ans sans chevauchement.
  - Plage C du tableau de l’annexe 3.3.1 : exercice de robustesse via analyse transversale sur un panel équilibré.
  - Pour chaque secteur, le taux de croissance tendancielle de la productivité sur la période 1965–2010 est régressé sur son niveau de 1965 et une constante. Plage B2 confirme que les résultats de référence ne sont pas dus au retour à la moyenne (B1 présente la spécification de référence pour comparaison).
  - Exercice similaire pour l’échantillon réduit : taux de croissance tendancielle sur la période 1973–2007 régressé au niveau de 1973 et une constante; résultats quasi inchangés (plage B2; B1 pour comparabilité).
- Utilisation de la productivité totale des facteurs (PTF) comme variable alternative :
  - Exercices de robustesse utilisant la PTF au lieu de la productivité du travail (plage C2 du tableau de l’annexe 3.3.2; C1 pour comparabilité avec productivité du travail).
  - Résultats : similaires à ceux fondés sur la productivité du travail dans un échantillon comparable.
  - Conclusions générales tirées :
    1. Plusieurs branches du secteur manufacturier ne montrent aucun élément attestant de la beta-convergence.
    2. Plusieurs segments du secteur des services font clairement état de la beta-convergence.
- Remarques additionnelles :
  - L’exclusion des observations à partir de 2008 n’affecte pas les résultats.
  - Les tableaux de l’annexe 3.3.1 et 3.3.2 rapportent des erreurs-types robustes; le regroupement d’erreurs-types au niveau du pays ne change pas les résultats.
  - L’année 1973 est choisie comme année initiale pour maximiser la couverture géographique (données pour le Japon ne remontant qu’à 1973).

*Source : calculs des services du FMI.*

### 1973. Sachant que les données pour les pays d’Europe centrale et orien-

### weo-april-18-fre-web - 1973. Sachant que les données pour les pays d’Europe centrale et orien-

### Données et échantillons
- Les données pour les pays d’Europe centrale et orientale ne sont pas disponibles avant 1995 ; l’analyse transversale élargie inclut moins d’observations de pays (20 pays).
- Sources : base de données du Groningen Growth and Development Centre ; base de données World KLEMS ; calculs des services du FMI.
- Remarques méthodologiques présentes dans les tableaux :
  - Les erreurs-types robustes (E.T.) sont indiquées.
  - Plage A : résultats de la spécification de référence au moyen de créneaux de 10 ans sans chevauchement avec des décennies fictives sur un panel non équilibré (39 pays ou 30 pays selon tableau).
  - Plage B1 : panel équilibré (28 pays pour le premier tableau ; 20 pays pour le second tableau) sur la période 1973–2007.
  - Plage B2 : régression transversale sur le même échantillon que B1.
  - Plages C1 et C2 (présentes dans le second tableau) : panels non équilibrés et spécification utilisant la productivité totale des facteurs au lieu de la productivité du travail.

### Résultats principaux — Beta-convergence (échantillon élargi, neuf secteurs)
- Présentation synthétique des estimations (Beta, E.T., t, R2) pour trois spécifications (A. Spécification de référence ; B1. Spécification de référence ; B2. Régression transversale) et trois types d’échantillons (Échantillon complet, Panel équilibré, Panel équilibré).
- Exemples de coefficients extraits du tableau :
  - Agriculture :
    - Échantillon complet : Beta 0,13 ; E.T. 0,18 ; t 0,73 ; R2 0,34
    - Panel équilibré (B1) : Beta 0,27 ; E.T. 0,19 ; t 1,41 ; R2 0,44
    - Régression transversale (B2) : Beta 0,01 ; E.T. 0,23 ; t 0,04 ; R2 0,00
  - Secteur minier :
    - Échantillon complet : Beta –1,31 ; E.T. 0,30 ; t –4,39 ; R2 0,37
    - Panel équilibré (B1) : Beta –1,00 ; E.T. 0,33 ; t –3,03 ; R2 0,35
    - Régression transversale (B2) : Beta –0,67 ; E.T. 0,31 ; t –2,16 ; R2 0,15
  - Services publics :
    - Échantillon complet : Beta –2,35 ; E.T. 0,50 ; t –4,67 ; R2 0,29
    - Panel équilibré (B1) : Beta –1,77 ; E.T. 0,42 ; t –4,21 ; R2 0,38
    - Régression transversale (B2) : Beta –1,39 ; E.T. 0,27 ; t –5,18 ; R2 0,48
  - Construction :
    - Échantillon complet : Beta –1,58 ; E.T. 0,40 ; t –3,94 ; R2 0,46
    - Panel équilibré (B1) : Beta –1,49 ; E.T. 0,44 ; t –3,36 ; R2 0,49
    - Régression transversale (B2) : Beta –0,20 ; E.T. 0,63 ; t –0,32 ; R2 0,01
- Interprétation implicite dans les résultats : plusieurs secteurs présentent des Beta négatifs et statistiquement significatifs (forts t négatifs), signalant des phénomènes de convergence sectorielle dans ces spécifications et échantillons (par ex. secteur minier, services publics, construction dans certaines spécifications).

### Résultats principaux — Beta-convergence (échantillon réduit, 26 secteurs)
- Tableaux détaillés pour 26 secteurs avec plusieurs spécifications : A (référence), B1 (panel équilibré), B2 (régression transversale), C1 (référence, panel non équilibré 1970–2007), C2 (PTF au lieu de productivité du travail).
- Exemples de coefficients et indicateurs (Beta, E.T., t, R2) représentatifs :
  - Agriculture :
    - A : Beta –0,78 ; E.T. 0,38 ; t –2,04 ; R2 0,37
    - B1 : Beta –0,49 ; E.T. 0,35 ; t –1,41 ; R2 0,47
    - B2 : Beta –0,36 ; E.T. 0,32 ; t –1,10 ; R2 0,08
    - C1 : Beta –0,51 ; E.T. 0,46 ; t –1,12 ; R2 0,57
    - C2 (PTF) : Beta –0,24 ; E.T. 0,49 ; t –0,48 ; R2 0,58
  - Secteur minier :
    - A : Beta –1,26 ; E.T. 0,52 ; t –2,40 ; R2 0,52
    - B1 : Beta –0,92 ; E.T. 0,63 ; t –1,46 ; R2 0,53
    - B2 : Beta –0,94 ; E.T. 0,62 ; t –1,52 ; R2 0,16
    - C2 (PTF) : Beta –2,40 ; E.T. 0,95 ; t –2,54 ; R2 0,47
  - Services publics :
    - A : Beta –1,60 ; E.T. 0,50 ; t –3,21 ; R2 0,32
    - B1 : Beta –2,09 ; E.T. 0,48 ; t –4,38 ; R2 0,48
    - B2 : Beta –1,78 ; E.T. 0,28 ; t –6,32 ; R2 0,69
    - C2 (PTF) : Beta –2,99 ; E.T. 0,57 ; t –5,23 ; R2 0,46
  - Secteur “Métaux de base” :
    - A : Beta –4,08 ; E.T. 0,61 ; t –6,69 ; R2 0,64
    - B1 : Beta –3,22 ; E.T. 0,58 ; t –5,58 ; R2 0,49
    - B2 : Beta –2,32 ; E.T. 0,32 ; t –7,16 ; R2 0,73
    - C2 (PTF) : Beta –3,40 ; E.T. 0,83 ; t –4,08 ; R2 0,55
  - Services financiers :
    - A : Beta –3,90 ; E.T. 0,81 ; t –4,81 ; R2 0,48
    - B1 : Beta –4,64 ; E.T. 0,61 ; t –7,60 ; R2 0,58
    - B2 : Beta –2,46 ; E.T. 0,24 ; t –10,15 ; R2 0,79
    - C2 (PTF) : Beta –3,95 ; E.T. 1,23 ; t –3,22 ; R2 0,49
  - Communauté et ménages / Ménages :
    - Ménages (exemples) :
      - A : Beta –1,67 ; E.T. 1,58 ; t –1,06 ; R2 0,11
      - B1 : Beta –3,51 ; E.T. 0,65 ; t –5,38 ; R2 0,33
      - B2 : Beta –2,34 ; E.T. 0,31 ; t –7,44 ; R2 0,81
      - C2 (PTF) : Beta –5,92 ; E.T. 1,19 ; t –4,98 ; R2 0,61
- Observations générales tirables des tableaux :
  - De nombreux secteurs présentent des Beta négatifs et des t-statistiques fortement négatives dans plusieurs spécifications, indiquant une convergence (décroissance plus rapide des niveaux initiaux plus élevés de productivité) dans ces secteurs selon les spécifications testées.
  - La magnitude des Beta et la significativité statistique varient selon la spécification (A, B1, B2, C1, C2) et selon que l’on utilise la productivité du travail ou la productivité totale des facteurs (PTF).

### Annexe 3.4 — Secteur manufacturier et inégalités
- Objet : précisions supplémentaires sur l’analyse figurant dans la section « Incidences en termes d’inégalités salariales ».
- Données et méthodologie :
  - Utilisation de micro-données tirées de l’étude sur les revenus de Luxembourg pour calculer les inégalités des revenus du travail au niveau sectoriel et global.
  - L’étude donne des données d’enquête au niveau des ménages et des personnes sur le revenu du travail, le secteur d’emploi et la profession pour un grand ensemble de pays, y compris un groupe de pays avancés depuis le début des années 80.
  - Les enquêtes sont menées à des intervalles de temps irréguliers ; les statistiques internationales du chapitre correspondent à la dernière année d’enquête disponible pour chaque pays dans une plage spécifique.
  - Faute de données, trois grands secteurs sont pris en considération (les panneaux graphiques présents montrent des séries temporelles sectorielles, mais les valeurs numériques précises figurent dans les tableaux et les données d’enquête sous-jacentes).
- Conclusions opérationnelles implicites :
  - L’analyse microéconomique par secteur à partir des enquêtes sur les revenus est utilisée pour relier les évolutions sectorielles (notamment dans le secteur manufacturier) aux incidences sur les inégalités salariales.
  - Les résultats empiriques sectoriels (présentés dans les tableaux de beta-convergence et les données microéconomiques) fournissent une base pour évaluer comment les changements sectoriels de productivité et d’emploi peuvent affecter les inégalités de revenus du travail entre et au sein des pays étudiés.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Extraits du chapitre et annexes (tableaux de résultats et notes méthodologiques).*

### 8. Services financiers et commerciaux7. Transport et communications9. Communauté et ménages

### 8. Services financiers et commerciaux7. Transport et communications9. Communauté et ménages

### Sigma-convergence (productivité du travail)
- Chaque graphique montre l’écart-type logarithmique entre pays de la productivité du travail corrigée de la parité de pouvoir d’achat (sigma-convergence) pour chacun des neuf secteurs marchands sur les dix disponibles dans la base de données du Groningen Growth and Development Centre. PPA = parité de pouvoir d’achat.
- Valeurs repérées dans le document : 1,04 ; 1,24.
- Source des données sectorielles : base de données World KLEMS ; calculs des services du FMI.

### Mesure et décomposition de l’inégalité (indice Entropie généralisée GE[0])
- Mesure utilisée : indice Entropie généralisée (GE[0]), ou l’écart logarithmique moyen, décomposable en composantes intra- et intersectorielles.
- Définition de GE(0) (équation telle que donnée) :
  - GE ( 0 ) = − 1 __ n ∑ i ln ( y i _ ̄ y ) , (3.6)
  - où n est le nombre de ménages, y i est le revenu par ménage i et ̄ y est la moyenne de y i.
- Décomposition en composantes sectorielles (équation telle que donnée) :
  - GE ( 0 ) = ∑ k v k GE ( 0 ) k + ∑ k v k ln ( 1 _ λ k ) , (3.7)
    - v k = n k __ n est la part de la population du secteur k
    - λ k = ̄ y k __ ̄ y est le revenu moyen du secteur k
  - La première somme correspond à l’inégalité intrasectorielle, la deuxième à l’inégalité intersectorielle.
- Décomposition de l’évolution temporelle (équation telle que donnée) :
  - GE ( 0 ) t + 1 − GE ( 0 ) t = ∑ k v k,t ∆ GE ( 0 ) k + ∑ k GE ( 0 ) k,t + 1 ∆ v k − ∑ k ln ( λ k,t + 1 ) ∆ v k − ∑ k v k,t ∆ ln ( λ k ) . (3.8)
  - Interprétation : somme de quatre termes expliquant 1) effet des variations de l’inégalité intrasectorielle, 2) effet des changements des parts des secteurs dans l’emploi sur la composante intrasectorielle, 3) effet des variations des parts des secteurs dans l’emploi sur la composante intersectorielle, et 4) effet des variations des niveaux de revenu sectoriels moyens relatifs.
- Remarque méthodologique :
  - L’analyse des salaires utilise les données de l’étude sur les revenus du Luxembourg sur le salaire horaire brut des membres du ménage qui travaillent à plein temps pour lesquels des données sur les compétences sont disponibles.
  - Les niveaux de qualification reposent sur la Classification internationale type des professions (CITP) (CITP 1 et 2; CITP 3–8, 10; CITP 9).
  - Codage des salaires : au niveau inférieur, salaires négatifs ou égaux à zéro sont dits « manquants » ; au niveau supérieur, salaires plus de 10 fois supérieurs à la médiane pour un pays–année sont fixés à 10 fois la médiane.
  - Les informations sur le secteur d’emploi peuvent être manquantes ; les ménages concernés sont classés dans un secteur séparé (« données manquantes ») pour assurer que la somme des composantes égale le niveau d’inégalité global.

### Résultats empiriques sur la diffusion internationale de la technologie et ses effets
- Question centrale : avec quelle facilité les connaissances et la technologie se diffusent-elles d’un pays à l’autre, comment cette relation a-t-elle évolué, et quel a été l’impact sur la productivité nationale et mondiale ?
- Données exploitées : brevets, citations entre brevets, dépenses de recherche et de développement et productivité.
- Conclusions principales :
  - La mondialisation a intensifié la diffusion mondiale des connaissances et de la technologie.
  - Cette intensification a aidé à répartir le potentiel de croissance entre les pays.
  - Les effets positifs ont été particulièrement forts dans les pays émergents, favorisant la convergence des revenus entre les pays grâce à leur utilisation accrue des connaissances étrangères disponibles.
  - Les leaders technologiques peuvent aussi profiter de l’innovation des autres pays.

### Politiques recommandées et implications
- Mesures générales : un ensemble adapté de mesures économiques maximise les avantages pour toutes les parties.
- Mesures spécifiques soulignées :
  - Renforcer l’interconnexion (faciliter la diffusion des connaissances et technologies).
  - Développer la capacité d’absorption (améliorer la capacité des pays à utiliser les connaissances étrangères).
  - Assurer une protection et un respect adéquats des droits de propriété intellectuelle pour préserver la capacité des innovateurs à recouvrer leurs coûts tout en permettant que les nouvelles connaissances soutiennent la croissance mondiale.

*Fonds monétaire international | Avril 2018*

### Introduction

### Introduction

### Objectifs et questions de recherche
- Étudier le processus de diffusion internationale de la technologie et évaluer si la mondialisation a accéléré la propagation des connaissances des leaders technologiques.
- Questions posées :
  - En quoi le paysage de l’innovation technologique a-t-il évolué ?
  - Quelle a été la vigueur de la diffusion des connaissances entre les pays ? Les connaissances sont-elles devenues plus mondialisées ?
  - Les flux de connaissances étrangères augmentent-ils l’innovation et la productivité intérieures, à la fois dans les pays avancés et dans les pays émergents ?
  - Quels sont les effets d’une plus forte concurrence internationale sur la diffusion de l’innovation et de la technologie ?
  - Quelles politiques aident à accroître la diffusion interne de la technologie ?

### Données et méthode
- Utilisation de données micro de haute qualité sur les brevets : base de données mondiale PATSTAT (Office européen des brevets).
- Mesures construites :
  - Innovation technologique : dépôts de brevets.
  - Diffusion : citations entre brevets.
- Complément par des mesures de productivité et par l’analyse de la R&D pour vérifier la robustesse des tendances, en raison des limites des brevets (certaines innovations, notamment dans les services, sont moins brevetables).

### Équipe d’auteurs
- Le chapitre a été rédigé par Aqib Aslam, Federica Coelli, Johannes Eugster, Giang Ho, Florence Jaumotte (chef d’équipe), Carolina Osorio Buitron et Roberto Piazza, avec le concours de Pankhuri Dutt, Chanpheng Fizzarotti et Menexenia Tsaroucha.

### Cadre conceptuel
- L’innovation intérieure provient de la R&D intérieure et des connaissances étrangères (voir graphique 4.2).
- Trois étapes clés pour l’influence des connaissances étrangères :
  - Connaissances étrangères disponibles : souvent mesurées par le stock cumulé de dépenses de R&D passées, corrigées par la perte de pertinence au fil du temps (annexe 4.1).
  - Degré d’utilisation du stock de connaissances étrangères : transmission via IDE, commerce international, migrations, licences, effets de démonstration, copie d’innovations étrangères (Keller, 2004, 2010).
  - Effets des flux de connaissances étrangères sur l’innovation et la productivité intérieures : les flux (produit du stock de connaissances étrangères disponibles et de la mesure de leur utilisation) stimulent l’innovation nationale et peuvent augmenter directement la productivité par adoption de technologies étrangères.

### Mesurer l’innovation : avantages et limites
- Avantages des mesures R&D et brevets :
  - Quantification directe de l’activité d’innovation : dépenses de R&D (intrants) et données de brevets (résultats).
  - Indicateur de l’utilisation intérieure des connaissances étrangères : citations de brevets quantifient les flux internationaux de connaissances.
- Limites :
  - Les dépôts de brevets contiennent du bruit : variations d’incitations à breveter selon pays et dans le temps, différences de procédures et d’obligations entre offices des brevets.
  - Nécessité de corriger la qualité des brevets : recours à des mesures privilégiant les « familles » internationales de brevets et les familles des trois grands offices pour réduire le bruit et exclure les brevets de faible valeur économique.
  - Une famille internationale de brevets comprend une demande de brevet dans au moins deux offices des brevets distincts.
  - Les familles de brevets des trois grands offices comprennent une demande dans au moins l’un des trois principaux offices (Office européen des brevets, Office des brevets du Japon, United States Patent and Trademark Office) ; cette mesure favorise les inventeurs et déposants venus d’Europe, du Japon et des États-Unis.

### Principaux résultats synthétiques
- La mondialisation a intensifié la diffusion internationale des connaissances et de la technologie, contribuant à répartir la croissance potentielle entre les pays et à stimuler la croissance mondiale.
- Les canaux de partage de l’innovation comprennent notamment l’utilisation internationale des brevets et le commerce ; l’intensification de la concurrence internationale a également stimulé l’innovation et l’adoption de technologies étrangères.
- Les pays émergents, en utilisant davantage les connaissances et technologies étrangères, ont stimulé leur propre innovation et accru leur productivité.
- Une diffusion plus forte des connaissances vers les pays émergents a partiellement compensé le ralentissement récent de l’innovation à la frontière technologique.
- Effet quantifié : pendant la période 2004–14, les flux de connaissances et de technologie en provenance de la frontière technologique expliquent environ 40 % de la croissance moyenne de la productivité sectorielle dans les pays émergents.
- La diffusion n’est pas à sens unique : les leaders technologiques bénéficient réciproquement des innovations des autres, et la Chine et la Corée sont devenues des contributeurs significatifs à la frontière technologique mondiale, suggérant des transferts possibles dans les deux sens à l’avenir.

### Implications pour les politiques publiques
- Une plus grande interconnexion mondiale est cruciale pour maximiser la diffusion interne de la technologie et stimuler le potentiel de croissance des pays.
- Pour assimiler et utiliser productivement les connaissances étrangères, il convient d’investir dans la R&D intérieure et le capital humain afin d’accroître la capacité d’absorption (référence à Cohen et Levinthal, 1989 ; Griffith, Redding et Van Reenen, 2004).
- L’innovation profite d’institutions fortes qui protègent l’état de droit ; l’ampleur optimale de la protection des droits de propriété intellectuelle n’est pas déterminée dans ce chapitre.
- L’action publique doit préserver une concurrence suffisante pour permettre la poursuite de l’innovation par les concurrents et éviter l’abus de position dominante.
- Il est important que les dirigeants veillent à ce que les bénéfices tirés de la diffusion interne de la technologie soient largement partagés au sein de la population, compte tenu des risques d’accentuation des inégalités.

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### CHAPTER 4 LA CROISSANCE DE LA PRODUCTIVITÉ EST-ELLE PARTAGÉE  DANS UNE ÉCONOMIE MONDIALISÉE ?

### CHAPITRE 4 LA CROISSANCE DE LA PRODUCTIVITÉ EST-ELLE PARTAGÉE DANS UNE ÉCONOMIE MONDIALISÉE ?

### Mesures et limites des indicateurs d’innovation
- Les analyses empiriques utilisent des effets fixes pays–année pour absorber des facteurs fiscaux, institutionnels, culturels et juridiques affectant la propension à breveter ou à citer des brevets.
- Limites de l’utilisation des brevets :
  - Toutes les innovations ne sont pas brevetables; les secteurs manufacturiers sont plus sujets aux brevets que les services.
  - Les droits d’auteur et les secrets commerciaux compliquent le suivi de l’innovation non brevetée.
  - La pertinence des résultats pour les secteurs non manufacturiers dépend de la corrélation entre les dépôts de brevets et l’activité d’innovation globale.
- Atouts et inconvénients des mesures de productivité :
  - Avantage : elles captent, de façon plus large, l’impact final des innovations sur l’efficacité de la production.
  - Inconvénient : incertitude de mesure significative (notamment pour la productivité totale des facteurs) et inclusion de composantes hors innovation (investissements en capital physique et humain).

### Patents, citations et canaux de diffusion
- Les citations de brevets fournissent une mesure directe de l’utilisation de connaissances étrangères et sont bien corrélées à d’autres mesures indirectes, comme la propension à importer.
- L’intensité des échanges internationaux est une alternative pour mesurer la diffusion, mais une fraction significative des échanges n’entraîne pas de diffusion technologique.
- L’analyse utilise aussi des estimations fondées sur l’intensité des échanges comme test de robustesse.

### Le paysage de l’innovation : concentration et évolution
- Entre 1995 et 2014, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni (G-5) ont représenté environ trois quarts des familles internationales de brevets.
- Le G-5 a aussi assuré la majorité des dépenses de R&D pendant cette période.
- Rôle croissant de la Corée et de la Chine : ces pays ont rejoint temporairement les principaux pays dans certains secteurs en termes de stock de R&D et/ou de stock de brevets internationaux, en particulier dans les matériels électriques et optiques et, pour la Corée, dans les machines.

### Dynamique différenciée de l’innovation et de la productivité
- Depuis le début du XXIe siècle, le G-5 a connu :
  - un ralentissement prononcé de la croissance des dépôts de brevets — et, dans une moindre mesure, de la R&D — ;
  - ce ralentissement reflète le ralentissement bien décrit de la productivité du travail et de la productivité totale des facteurs.
- Ralentissement bien plus modéré dans les pays avancés hors G-5 et dans les pays émergents ; la croissance de l’innovation et de la productivité a mieux résisté surtout dans les pays émergents.
- Deux hypothèses explicatives du ralentissement à la frontière :
  - Effets spécifiques à la frontière : épuisement ou délai d’effet des grandes vagues d’innovation (TIC), ou bien difficulté croissante à trouver de « très bonnes idées » nécessitant des investissements croissants en R&D.
  - Variations de la diffusion de la technologie : progrès passés des TIC et mondialisation ont potentiellement accéléré la propagation des connaissances, mais la propension à breveter et citer varie selon institutions et pays.

### Déterminants empiriques des flux de connaissances
- Usage d’un modèle gravitaire pour estimer l’effet des barrières (géographie, langue, différences technologiques) sur l’intensité des flux de connaissances.
- Analyse centrée sur la diffusion internationale depuis la frontière technologique (pays du G-5) au niveau secteurs-pays, neutralisant facteurs sectoriels-pays spécifiques.
- Mesure centrale : fréquences relatives prédites des citations pour chaque secteur-pays (φ̂), interprétées comme la part des connaissances diffusées du pays cité au pays citateur par rapport aux diffusions intra‑secteur-pays.
- Effets estimés des barrières (1995–2014) :
  - Part de diffusion depuis le G-5 : 1 dans le secteur-pays d’origine ; baisse à environ ½ lorsqu’une frontière nationale est franchie (diff_country).
  - La contiguïté (diff_border) a un effet plus modéré.
  - Une langue différente (diff_lang) réduit considérablement la part.
  - Les différences de spécialisation technologique (tech_spec) et de développement technologique (tech_dev) réduisent aussi les flux.
  - Combinaison des distances technologiques, linguistiques et géographiques : parts moyennes de diffusion comprises entre 15 percent et 20 percent — indiquant que les flux de connaissances sont relativement localisés.
- Évolution temporelle (régressions sur périodes quinquennales) :
  - L’accès des pays émergents à l’information disponible à la frontière technologique a augmenté notablement avec le temps.
  - Les pays avancés n’affichent pas la même progression; depuis la crise financière mondiale de 2008, ils ont connu une baisse de la diffusion des connaissances, possiblement liée au ralentissement des échanges après la crise.
  - L’intégration accrue des pays émergents dans les flux de connaissances s’explique surtout par la variation de l’effet de la distance en matière de développement technologique (tech_dev).

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### 2. Diffusion des connaissances depuis le G-5

### 2. Diffusion des connaissances depuis le G-5

### Méthodologie et mesure des flux de connaissances
- Flux de connaissances mesurés en pondérant le stock de connaissances du G-5 (stock de R&D) par la part bilatérale variant dans le temps des flux de connaissances φˆ estimée dans la section précédente.
- Approche sectorielle : données secteurs-pays (1995–2014) ; régressions avec effets fixes pays–année.
- Équation estimée (4.1) : lnP i,c,t = D c,t + γ lnR i,c,t + μ ln ∑ l≠c φ i,c,l,t R i,l,t + ε i,c,t, où μ mesure l’efficacité moyenne d’utilisation des connaissances étrangères.
- Méthodes de robustesse : pondérations commerciales simples, pondérations basées sur le stock pondéré de brevets des G-5, MCO dynamiques.
- Remarque : utiliser les valeurs prédites (plutôt que effectives) pour éviter un éventuel problème d’endogénéité.

### Effets sur l’innovation
- Estimations principales (tableau 4.1, colonne [1]) : une augmentation de 1 % du stock de R&D étrangère pondéré est associée à une hausse d’environ ⅓ de 1 % du nombre des familles de brevets dans le secteur-pays bénéficiaire.
- Tendance temporelle : hausse régulière et significative du coefficient du stock pondéré de R&D étrangère entre 1995 et 2014 (tableau 4.1, colonne [2]).
- Robustesse : résultats cohérents lorsque le stock de connaissances étrangères est mesuré par le stock pondéré de brevets des G-5.
- Effet au sein du G-5 : une augmentation de 1 % du stock de R&D des « autres » pays du G-5 pondéré par les flux de connaissances est associée à une hausse d’environ ½ % du nombre de familles de brevets dans le pays du G-5 étudié.

### Effets sur la productivité
- Résultats globaux (tableau 4.1, colonnes [3] et [5]) : les connaissances étrangères stimulent la productivité intérieure ; effet présent pour pays émergents et pays avancés, plus marqué chez les pays émergents.
- Dynamique temporelle :
  - Effet sur l’innovation : resté fort et s’est renforcé au fil du temps.
  - Effet sur la productivité : plus mitigé ; effets sur la productivité totale des facteurs se seraient renforcés ces vingt dernières années, mais effets sur la productivité du travail semblent s’être affaiblis entre 2010 et 2014.
- Explications possibles du recul post-crise pour la productivité du travail : affaiblissement des effets d’innovation (Bloom et al., 2017) ou mollesse prolongée de l’investissement après la crise financière mondiale ralentissant la diffusion des technologies (Adler et al., 2017).

### Contributions chiffrées à la croissance de la productivité du travail
- Estimation agrégée (1995–2014) : la combinaison des évolutions de la R&D intérieure et de la R&D étrangère aurait généré environ 1 point de croissance moyenne de la productivité sectorielle du travail par an, soit environ 60 % de la croissance observée de la productivité sectorielle du travail.
- Contribution des seuls flux de connaissances des pays du G-5 : environ 20 % de la croissance moyenne expliquée de la productivité sectorielle du travail dans l’échantillon et environ 1/8 de la croissance moyenne constatée de la productivité sectorielle.
- Différences entre groupes de pays :
  - Pays émergents : de 2004 à 2014, les connaissances étrangères ont représenté environ 0,7 point de croissance de la productivité du travail par an (40 % de la croissance constatée de la productivité sectorielle), contre 0,4 point de croissance annuelle pendant 1995–2003.
  - Pays avancés : contribution des connaissances étrangères beaucoup plus faible, avec une utilisation des connaissances étrangères ayant même baissé après la crise financière mondiale.
- Graphique 4.8 (contributions moyennes en pourcentage, secteurs-pays) distingue : Tous / Pays avancés / Pays émergents ; sous-périodes 1995–2003 et 2004–14.

### Estimation de la dynamique à court terme
- Méthode : projection locale (Jordà, 2005) ; chocs définis comme variations du stock global de brevets des leaders technologiques, pondérés par les parts bilatérales de diffusion depuis le G-5.
- Résultats d’impact (graphique 4.9) :
  - Innovation : en moyenne, une hausse de 1 % des brevets des leaders ferait augmenter le stock de brevets du bénéficiaire d’au moins 1 % après cinq ans — effet plus que proportionnel sur la poursuite de l’innovation.
  - Productivité : en réaction à un choc de 1 % sur la productivité totale des facteurs (PTF) des leaders, la PTF du secteur-pays bénéficiaire moyen augmente d’environ 0,15 % après cinq ans ; pour la productivité du travail, l’augmentation estimée est d’environ 0,07 % après cinq ans.
  - Temporalité : retombées technologiques tendent à se produire relativement vite — dans les quelques années suivant le choc initial.

### Résultats numériques clés (extraits du tableau 4.1)
- Dépendance de l’innovation (flux de brevets) au stock de R&D étrangère, pondéré (référence 1995–2014) : 0,350*** (erreur-type [0,055]).
- Variation de la diffusion (interaction par sous-périodes) pour les brevets :
  - Stock de R&D étrangère*2000–04 : 0,137*** ([0,031]).
  - Stock de R&D étrangère*2005–09 : 0,191*** ([0,039]).
  - Stock de R&D étrangère*2010–14 : 0,259*** ([0,048]).
- Propre stock de R&D (effet sur brevets) : 0,448*** ([0,061]).
- Effets sur la productivité du travail (référence 1995–2014) :
  - Stock de R&D étrangère, pondéré : 0,057*** ([0,020]).
  - Propre stock de R&D : 0,118*** ([0,022]).
- Effets sur la productivité totale des facteurs (référence 1995–2014) :
  - Stock de R&D étrangère, pondéré : 0,053** ([0,021]).
  - Propre stock de R&D : 0,060** ([0,023]).
- Observations et R2 :
  - Flux de brevets : Observations 3,487 ; R2 0,779.
  - Productivité du travail : Observations 3,721 ; R2 0,758.
  - Productivité totale des facteurs : Observations 1,192 ; R2 0,958.
- Note : équations de productivité utilisent la valeur décalée du stock pondéré de R&D étrangère. Erreurs-types robustes (groupées au niveau du secteur-pays). Significativité : ***p < 0,01, **p < 0,05, *p < 0,1.

*Source : calculs des services du FMI (extrait du chapitre 4, Perspectives de l’économie mondiale : Reprise cyclique et changement structurel, Avril 2018).*

### 3. Réponse des dépôts de brevets des bénéficiaires

### 3. Réponse des dépôts de brevets des bénéficiaires à un choc sur les dépôts de brevets dans les leaders

### Dynamique de diffusion de la technologie
- Graphique 4.9 : réponses impulsionnelles à un choc de 1 % sur la PTF/productivité du travail/dépôts de brevets, estimées au moyen de projections locales ; la bande de confiance affichée est de 90 %.
- L’analyse met en relation les transferts de connaissances entre leaders technologiques et autres bénéficiaires, en notant que les transferts entre leaders peuvent être particulièrement élevés (encadré 4.2).

### Effets de la participation aux chaînes de valeur mondiales (CVM) sur les dépôts de brevets : analyse sur les entreprises
- Contexte :
  - Les entreprises s’intègrent dans des réseaux de production complexes centrés souvent sur des multinationales, favorisant transferts de connaissances, nouvelles pratiques, spécialisation et utilisation d’intrants incorporels étrangers.
  - Forces contraires possibles :
    - D’un côté, augmentation spectaculaire de l’activité innovante des entreprises occidentales dans les pays émergents via des multinationales (CNUCED, 2005 ; Griffiths et Miller, 2011).
    - De l’autre, relocalisation de l’innovation au sein des multinationales entraînant parfois une baisse de l’innovation dans l’entité rachetée (Stiebale, 2016 ; Zhao, 2006 ; Strokova, 2010).
- Objectif : distinguer deux types de diffusion technologique résultant de la participation aux CVM :
  1. Effets intra‑entreprise — accumulation de capacité innovante dans l’entreprise moyenne.
  2. Effets inter‑entreprises — différenciation entre entreprises selon leur activité passée de brevetage.
- Identification empirique :
  - Neutralisation de l’endogénéité potentielle des CVM par instrumentations fondées sur des indicateurs de politique affectant les IDE et les échanges : restrictions sectorielles sur les IDE et variations des tarifs douaniers (graphique 4.10).
  - Les instruments ont baissé tandis que la participation aux CVM s’est accrue ; ils sont donc négativement associés aux variations de la participation aux CVM dans l’analyse économétrique.

### Résultats empiriques principaux
- Effets généraux :
  - Une hausse de la participation aux CVM entraîne une redistribution de l’activité d’innovation, avec un effet globalement positif sur les dépôts de brevets des entreprises.
  - L’effet intra‑entreprise (augmentation des flux de dépôts de brevets) est significatif ; l’effet inter‑entreprise diminue avec le stock initial de brevets.
- Effets segmentés :
  - Les entreprises qui brevetent déjà avant d’augmenter leur participation aux CVM tendent à subir une réduction de leur flux de brevets, possiblement en raison d’une redistribution de l’innovation vers d’autres parties de la CVM.
  - Une participation accrue aux CVM augmente significativement les dépôts de brevets moyens des entreprises qui ne brevetaient pas auparavant.
    - Ces entreprises représentent 75 % de l’échantillon — 90 % si l’on exclut la Chine.
  - L’augmentation de la participation aux CVM de 1 % tous les cinq ans explique un dixième de la hausse des dépôts de brevets de l’entreprise moyenne pendant la même période (graphique 4.11, plage du haut).
- Effets sur l’emploi et composition sectorielle :
  - La hausse de la participation aux CVM accélère la croissance de l’emploi pour l’entreprise moyenne ; cette croissance est plus rapide pour les entreprises qui déposent des brevets que pour les autres (tableau 4.2, colonne [3]).
  - Déplacement de salariés des entreprises non innovantes vers les entreprises de haute technologie, stimulant l’intensité technologique nationale.
- Rôle des politiques publiques et institutions (graphique 4.11, plage du bas) :
  - Améliorations conjointes de la qualité de l’éducation et de la connectivité mondiale via de meilleures infrastructures contribuent à accélérer la croissance des dépôts de brevets de 2 % sur cinq ans.
  - Un plus grand respect de l’état de droit stimule les dépôts de brevets des entreprises, peut‑être en réduisant la relocalisation interne d’activité d’innovation par les multinationales.
  - L’aide étrangère peut jouer un rôle en construisant des technologies d’infrastructure essentielles et en investissant dans l’éducation (encadré 4.3).

### Tableau 4.2 — Synthèse des estimations (Période de l’échantillon 2002–2012)
- Variable dépendante : Flux de brevets (log, différence sur cinq ans) ; Emploi (log, différence sur cinq ans).
- Principales estimations et statistiques (présentées exactement comme dans le texte source) :
  - Stock initial de brevets (2000) : –0,07***  [–5,703] ; –0,09***  [–30,002] ; –0,02*  [–1,873]
  - Effets intra‑entreprise — Participation aux CVM (variation sur cinq ans) : 0,28***  [3,133] ; 0,98***  [7,420] ; 1,82***  [8,002]
  - Effets inter‑entreprise — Stock initial de brevets (2000) × Participation aux CVM (variation sur cinq ans) : –1,31***  [–4,160] ; –1,67***  [–4,963] ; 0,91*  [1,943]
  - Observations : 4.044.0662.928.88287.929
  - R 2 : 0,0260,0300,182
  - Effets fixes pays × année : Oui ; Effets fixes secteur : Oui
- Notes : CVM = chaîne de valeur mondiale ; IV = estimation par variable instrumentale ; MCO = moindres carrés ordinaires. Statistiques t robustes entre crochets. ***p < 0,01, **p < 0,05, *p < 0,1.
  - Instruments : restrictions sur le personnel étranger (différence annuelle en pourcentage et niveau), procédures de sélection et d’approbation (niveau) et tarifs douaniers (différence sur cinq ans).

### Le rôle d’une concurrence internationale accrue
- Contexte et enjeux :
  - La mondialisation modifie la concurrence mondiale et la concentration des marchés, avec des effets ambivalents sur l’innovation.
  - Deux forces opposées : une concurrence accrue peut réduire les rentes de l’innovation (décourageant l’innovation) ou renforcer l’incitation à innover pour échapper à la concurrence.
- Observations empiriques :
  - Certaines mesures indiquent que la concurrence internationale a augmenté et que la concentration mondiale a reculé, en grande partie sous l’effet de l’intensification des échanges avec la Chine dans des industries à forte intensité d’innovation (graphique 4.12).
  - Les données de PATSTAT sur la concentration mondiale des dépôts de brevets donnent un tableau plus mitigé, avec des limites potentielles liées à l’absence d’informations sur la structure actionnariale.
- Cadre d’analyse (équation 4.2) :
  - Extension du cadre sectoriel pour interagir le stock de R&D étrangère pondéré par les connaissances avec des facteurs structurels (S), tels que la hausse des échanges avec la Chine et des mesures de la concentration mondiale des marchés, afin d’évaluer l’effet de la concurrence sur la diffusion des connaissances et l’innovation.

*Source : estimations des services du FMI*

### 2. Relation prédite entre des variables choisies de politique économique

### 2. Relation prédite entre des variables choisies de politique économique et la variation des dépôts de brevets de l’entreprise moyenne

### Effets de la participation aux chaînes de valeur mondiales et variables de politique économique
- Mesure utilisée : différence logarithmique, variation sur cinq ans, contribution aux effets fixes pays–années.
- Sources citées : base de données EORA Multi-Region Input-Output ; Office européen des brevets, base de données PATSTAT ; Fraser Institute, Economic Freedom of the World ; Forum économique mondial, Rapport sur la compétitivité dans le monde ; calculs des services du FMI.
- Remarque méthodologique : la plage 1 reprend le résultat d’une simulation fondée sur l’échantillon complet. La plage 2 illustre la variation sur cinq ans de la contribution aux effets fixes pays–années.
- Abréviations : CVM = chaîne de valeur mondiale. FEM = Forum économique mondial, Rapport sur la compétitivité dans le monde. RMP = réglementation des marchés de produits.

### Spécification et interprétation des coefficients
- Coefficient de « l’effet principal » (θ) : rend compte de l’effet direct du facteur structurel sur l’innovation.
- Effet global du stock pondéré de connaissances étrangères sur l’innovation : μ + δS.
- Coefficient du terme d’interaction (δ) : traduit la stimulation marginale de la diffusion des connaissances due au facteur structurel.
- Voir l’annexe 4.3 pour des détails méthodologiques (référence dans le texte source).

### Résultats empiriques clés
- Les résultats indiquent que la hausse constatée de la concurrence commerciale et la baisse de la concentration mondiale des marchés pourraient avoir aidé à renforcer la diffusion de la technologie entre les pays (graphique 4.13).
- Intensification du commerce avec la Chine :
  - Stimule la diffusion intérieure de l’innovation et de la technologie.
  - Pour la technologie, elle intensifie l’efficacité avec laquelle les connaissances étrangères sont utilisées (l’effet principal et les effets d’interaction sont positifs).
- Effet d’une moindre concentration mondiale (mesurée par la part des ventes des quatre plus grandes entreprises) :
  - Stimule à la fois l’innovation et la diffusion.
  - Exemple chiffré : selon les estimations, une hausse de 10 % du stock de R&D étrangère stimulerait les dépôts de brevets nationaux d’environ 5,6 % dans un secteur faiblement concentré.
  - Dans un secteur hautement concentré, la stimulation de l’innovation serait environ deux fois moins forte : 2,7 %.

### Visualisation et intervalles de confiance (référence aux graphiques)
- Graphique 4.11 à 4.13 : présentent effets et compositions sectorielles (importations de biens finaux depuis la Chine par secteur ; part des quatre plus grandes entreprises dans les ventes mondiales ; part des quatre plus grandes entreprises dans les familles mondiales de brevets).
- Graphique 4.13 — note : 
  - La plage 1 illustre la variation estimée de l’activité de brevetage du bénéficiaire en réaction à la variation moyenne des facteurs structurels pendant la période de l’échantillon. Les limites inférieure et supérieure représentent l’intervalle de confiance de 90 %.
  - La plage 2 illustre la réponse estimée de l’activité de brevetage du bénéficiaire à une hausse de 10 % du stock pondéré de recherche et de développement étrangers, pour une gamme de valeurs des facteurs structurels.

### Considérations sur l’endogénéité et limites
- Risque de causalité inverse : la diffusion de l’innovation et de la technologie pourrait influer sur la concurrence et la concentration.
- Argument en faveur de l’exogénéité des mesures de concurrence utilisées :
  - Le choc commercial chinois traduisait surtout des variations exogènes de la politique économique, notamment l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce.
  - Une innovation plus forte dans un secteur-pays ferait baisser la pénétration des importations chinoises dans ce secteur, ce qui induirait un biais baissier dans les estimations des coefficients.
  - Mesure de la concentration mondiale : peu probable que l’innovation de chaque pays influe sur elle, étant donné que les pays du G-5 (traités comme la frontière technologique) sont exclus de l’échantillon.

### Conclusion et perspectives de recherche
- Les faits présentés suggèrent l’existence d’une relation positive entre la concurrence internationale et la diffusion de l’innovation et de la technologie.
- Ces résultats cadrent globalement avec Bloom, Draca et Van Reenen (2016) et Coelli, Moxnes et Ulltveit-Moe (2016), qui estiment que l’augmentation du commerce a un effet positif sur l’innovation.
- Ces résultats semblent contredire Autor et al. (2016), qui estiment que le commerce avec la Chine a des conséquences négatives sur l’innovation dans les entreprises aux États-Unis.
- Le débat reste en cours ; des analyses plus poussées sont nécessaires pour approfondir la compréhension des forces contraires, notamment car la relation entre la concurrence, la concentration et la diffusion de l’innovation ou de la technologie pourrait varier selon l’époque, les pays et les secteurs.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Extrait : "2. Relation prédite entre des variables choisies de politique économique et la variation des dépôts de brevets de l’entreprise moyenne"*

### Conclusions et implications

### Conclusions et implications

### Effets de la mondialisation sur la diffusion des connaissances et de la technologie
- La mondialisation a un effet positif sur la diffusion internationale des connaissances et de la technologie, contribuant au partage du potentiel de croissance entre les pays.
- Mécanismes identifiés :
  - utilisation internationale des brevets et des échanges ;
  - renforcement de la concurrence internationale qui, selon certains éléments, a donné plus d’incitations à innover et à adopter les technologies étrangères.
- Les pays émergents ont de plus en plus utilisé les connaissances et technologies étrangères disponibles, ce qui :
  - a amorti les effets du ralentissement de l’innovation à la frontière sur les pays émergents ;
  - a contribué à la convergence internationale des revenus.
- La participation aux chaînes de valeur mondiales (CVM) a été un facteur important de cette évolution, bien que toutes les entreprises n’en aient pas profité (les entreprises multinationales peuvent réaffecter les activités d’innovation à la société mère).
- Les connaissances circulent dans les deux sens : les leaders technologiques ont aussi profité des efforts et connaissances d’autres leaders. Avec la contribution croissante de la Chine et de la Corée à l’expansion de la frontière technologique, des retombées positives sont attendues pour les leaders technologiques traditionnels.

### Implications pour l’action publique (recommandations de politique)
- Favoriser l’interconnexion mondiale pour accroître les flux de connaissances étrangères par :
  - CVM, IDE, échanges ;
  - assouplissement des réglementations excessivement strictes sur les IDE ;
  - abaissement des barrières commerciales ;
  - construction des infrastructures nécessaires.
- Renforcer la capacité d’absorption nationale : l’interconnexion seule n’est pas suffisante. Mesures recommandées :
  - investissements dans la R&D ;
  - investissements dans le capital humain (savoir-faire en sciences et en ingénierie) pour absorber la composante tacite des connaissances.
- Veiller à une large répartition des bénéfices de la mondialisation :
  - empêcher que les entreprises innovantes n’exploitent les technologies nouvellement acquises pour contrôler excessivement un marché aux dépens des consommateurs ;
  - appliquer des politiques facilitant l’ajustement (investir dans l’éducation et la requalification) ;
  - ajuster le système prélèvements–prestations pour redistribuer les gains en matière de revenus conformément aux préférences sociales des pays.

### Données de brevets : concepts et limites méthodologiques
- Base de données utilisée : base de données mondiale sur les statistiques de brevets (PATSTAT) — informations sur environ 70 million de demandes de brevets dans 80 pays et les relations entre ces brevets.
- Définitions et concepts :
  - demande de brevet : dépôt auprès d’un office des brevets spécifique (les demandes sont territoriales) ;
  - famille de brevets : regroupe les demandes liées à la même technologie (une demande peut constituer une famille en soi) ;
  - citations de brevets : relient les brevets fondés les uns sur les autres et peuvent indiquer des flux d’information.
- Agrégation des brevets :
  - attribués au pays de résidence du premier inventeur (on se concentre sur le premier inventeur plutôt que sur une attribution fractionnée) ;
  - attribués à un des 13 secteurs industriels d’applicabilité (pondérations PATSTAT ; brevet affecté au secteur global de plus forte pondération).
- Mesures privilégiées et justifications :
  - nombre de familles de brevets (filtre sur familles internationales : famille comprenant une demande dans au moins deux offices distincts) ;
  - familles des trois grands offices (au moins une demande dans l’un des trois principaux offices : OEB, JPO, USPTO).
- Limites et biais culturels/juridiques :
  - Japon : règle historique (jusqu’en 1988) demandant un brevet par revendication a gonflé le nombre de demandes ; nombre de revendications par brevet reste inférieur à celui de l’USPTO ou de l’OEB sur la plupart de la période ;
  - Chine : explosion des dépôts en partie due à des politiques d’incitation aux brevets (incitations fiscales et autres) pouvant conduire à des dépôts pour des idées qui ne seraient pas brevetées ailleurs ;
  - conséquence : le simple nombre de demandes donne à la Chine un volume proche de celui du reste du monde combiné ; correction par des mesures de qualité réduit souvent cette proportion.
- Importance des effets fixes pays–temps pour contrôler les différences temporelles en culture de dépôt et citation.

### Acquisition internationale de technologie et transferts de connaissances (résultats micro et firmes cotées)
- Données utilisées : PATSTAT et base Orbis (Bureau van Dijk) pour sociétés cotées dans les pays de l’OCDE.
- Tendances observées (sur 40 ans) :
  - part croissante des innovations des entreprises développées à l’étranger ;
  - réseau d’innovation devenu plus multilatéral (nombre moyen de pays où les entreprises innovent a augmenté) ;
  - émergence de pôles dominants : en 2013, 28 percent de tous les brevets inventés proviennent des États-Unis, suivis par l’Allemagne (14 percent), le Royaume-Uni (13 percent) et le Japon (7 percent).
- Modèle empirique firm-level :
  - fonction de production augmentée par connaissances propres, connaissances intérieures/étrangères propres au secteur, et variables de contrôle ;
  - connaissances mesurées par stocks de R&D (méthode d’inventaire permanent, taux d’actualisation = 10 percent) ;
  - acquisition de technologie mesurée par la part des brevets d’une entreprise dont l’inventeur résidait dans un pays étranger pendant la période 1997–2006 ;
  - échantillon : panel d’environ 12.000 sociétés cotées dans les pays de l’OCDE dans 20 secteurs manufacturiers et de services entre 2009 et 2012.
- Principaux résultats :
  - les entreprises plus fortement présentes, du point de vue de l’innovation, dans les pays de la frontière technologique bénéficient beaucoup plus de leur stock global de R&D que les entreprises sans une telle présence ;
  - interaction non significative entre acquisition de technologie et stocks globaux de R&D dans les pays moins avancés → retombées faibles des pays moins avancés ;
  - retombées de la R&D globale des leaders technologiques sont les plus fortes quand les pays bénéficiaires sont aussi des leaders technologiques ;
  - résultats robustes à d’autres explications (transferts de bénéfices) et modèles contrôlant la capacité d’absorption.
- Implication politique : des mesures incitant au rapatriement des innovations étrangères pourraient étouffer l’innovation intérieure et réduire la croissance de la productivité ; les évaluations fiscales de la R&D doivent tenir compte des retombées sociales des transferts mondiaux de connaissances.

### Rôle de l’aide étrangère pour les pays à faible revenu
- Constat général : là où les canaux traditionnels (IDE, intégration commerciale, CVM) sont faibles, l’aide étrangère peut jouer un rôle important et complémentaire pour combler l’écart.
- Preuves empiriques citées :
  - Walley et Cushing (2013) : aide publique au développement et coopération technique sont un canal important pour les effets d’entraînement de la R&D des pays du G-7 vers 11 pays d’Afrique subsaharienne, 1980–2004 ;
  - Tiruneh, Wamboye et Sergi (2017) : aide étrangère facilite les transferts de la R&D de neuf pays de l’OCDE sur la productivité du travail dans 28 pays d’Afrique subsaharienne, 1992–2011.
- Canaux par lesquels l’aide peut stimuler transferts et productivité :
  - aide pour technologies d’infrastructures de base : 94 percent de l’aide au secteur des infrastructures économiques couvre transports et communications, énergie et banque ; améliore attractivité pour IDE ;
  - aide ciblée pour le développement durable : part de l’aide aux projets d’énergies renouvelables en hausse (liée aux ODD), introduit technologies réduisant l’intensité énergétique ;
  - développement de la capacité d’absorption : aide dans santé et éducation augmente la capacité d’absorption (aide à l’éducation a un effet positif sur les flux d’IDE dans certains pays d’Amérique latine) ;
  - aide comme complément aux IDE : l’aide peut servir de signal économique et améliorer la crédibilité de l’État bénéficiaire (ex. après conflit), favorisant l’entrée d’IDE.
- Conditions d’efficacité : l’aide est plus efficace dans les pays bénéficiaires où l’État est stable et les institutions sont bonnes.
- Tendance : financement mixte (attraction d’investissements privés pour financer les ODD, « Des milliards aux milliers de milliards »). Exemple : la Chine utilise aide, commerce et IDE pour investir en Afrique et est devenue le plus grand partenaire commercial du continent ces 15 dernières années.

### Relation entre concurrence, concentration et innovation
- Théorie : relation complexe entre concurrence et innovation :
  - « effet de rente » schumpétérien : moins de concurrence → rentes d’innovation plus élevées → incitations à innover ;
  - effet « échapper à la concurrence » : pression concurrentielle trop faible réduit l’incitation à innover ;
  - dans le contexte international, baisse des barrières commerciales augmente la taille du marché (rentes potentielles) mais augmente aussi le nombre de concurrents potentiels étrangers.
- Preuves empiriques :
  - politiques accroissant la concurrence favorisent l’innovation jusqu’à un certain point, après quoi l’innovation décline (Aghion et al., 2005) ;
  - effets contrastés de la mondialisation : effet positif en Europe et négatif aux États-Unis sur les taux d’innovation (Autor et al., 2016 ; Bloom, Draca et Van Reenen, 2016) ;
  - interaction importante entre concurrence et qualité de la protection des droits de propriété intellectuelle (ex. plus de concurrence associée à plus d’innovation quand la protection des DPI est forte) ;
  - protection forte motive les multinationales à transférer de la technologie vers d’autres pays, mais peut réduire l’innovation dans d’autres contextes.
- Concentration :
  - la concentration sectorielle est souvent mesurée par l’indice Herfindahl–Hirschman ou le ratio des quatre plus grandes entreprises ;
  - hausse de la concentration aux États-Unis liée au moins partiellement à réduction de la concurrence (Grullon, Larkin et Michaely, 2017 ; Gutierrez et Philippon, 2017) ;
  - tendances sensibles à la définition du marché pertinent : la concentration mondiale semble reculer, car les entreprises des pays émergents jouent un rôle plus grand sur les marchés internationaux (Freund et Sidhu, 2017).

### Annexes : données, échantillons, variables et robustesse
- Principales variables et sources (extraits) :
  - Flux de brevets (internationaux) : familles de brevets avec une demande dans au moins deux offices distincts (PATSTAT) ;
  - Flux de brevets (trois grands) : familles avec une demande dans au moins un des trois grands offices (OEB, JPO, USPTO) (PATSTAT) ;
  - Stock de brevets : flux cumulés de brevets construits selon la méthode de l’inventaire permanent (taux d’actualisation = 10 percent) (PATSTAT) ;
  - Dépenses de R&D : en dollars à prix constants selon la PPA (base ANBERD de l’OCDE) ;
  - Productivité du travail : valeur ajoutée réelle par travailleur, en dollars (KLEMS et ONUDI) ;
  - Chaîne de valeur mondiale (CVM) : base Eora Multi-Region Input-Output et World Input-Output (2000–12) ;
  - Indice de restriction réglementaire des IDE : compris entre 0 (ouvert) et 1 (fermé) (base OCDE, 2000–12).
- Échantillons d’estimation :
  - Exemples : régression firm-level utilisée un panel d’environ 12.000 sociétés cotées (OCDE) dans 20 secteurs entre 2009 et 2012.
- Résultats de robustesse pour le modèle gravitaire de diffusion des connaissances :
  - inclusion des citations entre secteurs réduit la diffusion moyenne (φ̂ moyen converge vers des niveaux tout juste inférieurs à 10 percent, environ la moitié de la configuration où le secteur est le même) ;
  - inclusion de tous les pays comme sources (pas seulement le G-5) réduit légèrement les différences par rapport à l’estimation de référence ; informations venues des pays non leaders se diffusent moins ;
  - exclusion de la Chine réduit l’importance de la frontière nationale mais renforce l’importance des barrières technologiques ; estimations ponctuelles et φ̂ moyens restent comparables, l’inclusion de la Chine n’étant pas essentielle pour les résultats.
- Résultats sectoriels (extrait de tableau) pour 1995–2014 (modèle gravitaire, pays cités limités au G-5) :
  - diff_country = –0,457*** (1995–2014) ; valeurs par sous-périodes : –0,595*** (1995–99), –0,407*** (2000–04), –0,370*** (2005–09), –0,726*** (2010–14) ;
  - diff_lang = –0,810*** (1995–2014) ; autres coefficients et périodes figurent dans le tableau de l’annexe 4.2.1.
- Méthodologie d’estimation : modèle de type gravitaire estimé par pseudo-maximum de vraisemblance de Poisson pour gérer hétéroscédasticité, nombreuses entrées à zéro, et grand nombre de variables muettes.

*Fonds monétaire international | Avril 2018 — Chapitre : Conclusions et implications*

### 1.000 km5.000 km

### weo-april-18-fre-web - Annexe 4.3 : Effets des connaissances étrangères sur l’innovation et la productivité intérieures — résultats supplémentaires

### Résumé des objectifs et du contexte
- Cette annexe présente d’autres tests de robustesse et des résultats supplémentaires pour l’estimation en panel des relations à long terme entre le stock de recherche et de développement (R&D) à l’étranger et (i) l’innovation (mesurée par le flux de brevets) et (ii) la productivité intérieure.
- Les estimations utilisent un ensemble de données de panel au niveau pays–secteur–année.

### Principales conclusions empiriques (robustesse)
- En séparant l’échantillon entre bénéficiaires dans les pays avancés et dans les pays émergents :
  - Les connaissances étrangères sont importantes pour stimuler l’innovation (dépôts de brevets) et la productivité dans les deux groupes de pays.
  - La R&D étrangère semble jouer un rôle comparativement plus important pour l’innovation dans les pays émergents.
  - Pour les pays avancés, ce sont les efforts de R&D intérieure qui comptent davantage pour l’innovation.
  - Comparés aux pays avancés, les bénéficiaires des pays émergents profitent d’un effet positif plus fort sur la productivité pour une variation donnée du stock étranger de connaissances.
- En se concentrant sur la dynamique de diffusion des connaissances, les effets des flux de connaissances étrangères sur l’innovation intérieure semblent avoir augmenté plus fortement (détails présentés dans les tableaux et graphiques référencés).

### Tableau — Modèle gravitaire de la diffusion des connaissances : inclusion des couples intersectoriels
- Estimations présentées pour les périodes : 1995–2014, 1995–99, 2000–04, 2005–09, 2010–14.
- Variables et coefficients (statistiques t robustes entre crochets). ***p < 0,001, **p < 0,01, *p < 0,05.

- diff_sector
  - 1995–2014 : –0,866*** [–5,15]
  - 1995–99 : –0,908*** [–4,14]
  - 2000–04 : –0,875*** [–3,87]
  - 2005–09 : –0,818*** [–5,50]
  - 2010–14 : –0,972*** [–5,82]

- diff_country
  - 1995–2014 : –0,490*** [–5,50]
  - 1995–99 : –0,672*** [–8,59]
  - 2000–04 : –0,496*** [–6,21]
  - 2005–09 : –0,466*** [–5,21]
  - 2010–14 : –0,560*** [–6,21]

- diff_border
  - 1995–2014 : –0,0735 [–0,67]
  - 1995–99 : –0,309*** [–4,16]
  - 2000–04 : –0,00757 [–0,09]
  - 2005–09 : 0,114 [1,16]
  - 2010–14 : –0,292* [–1,97]

- diff_lang
  - 1995–2014 : 0,810*** [–12,90]
  - 1995–99 : –0,542*** [–12,20]
  - 2000–04 : –0,687*** [–12,19]
  - 2005–09 : –0,899*** [–12,50]
  - 2010–14 : –0,956*** [–12,20]

- dist_int
  - 1995–2014 : –31,84* [–2,25]
  - 1995–99 : 12,03 [1,38]
  - 2000–04 : –35,65*** [–3,41]
  - 2005–09 : –54,48*** [–5,34]
  - 2010–14 : –7,275 [–0,38]

- tech_spec
  - 1995–2014 : –1,926*** [–9,70]
  - 1995–99 : –2,086*** [–7,97]
  - 2000–04 : –1,887*** [–6,62]
  - 2005–09 : –1,906*** [–9,87]
  - 2010–14 : –1,886*** [–9,62]

- tech_dev_R&D
  - 1995–2014 : –0,0610 [–1,70]
  - 1995–99 : –0,0997*** [–5,75]
  - 2000–04 : –0,0866*** [–3,38]
  - 2005–09 : –0,0660* [–2,30]
  - 2010–14 : –0,0291 [–0,65]

- Effets fixes
  - Effets fixes secteurs-pays citateurs : Oui (pour toutes les colonnes)
  - Effets fixes secteurs-pays cités : Oui (pour toutes les colonnes)

- Observations
  - 1995–2014 : 22.726
  - 1995–99 : 14.337
  - 2000–04 : 15.930
  - 2005–09 : 22.162
  - 2010–14 : 21.502

- Note méthodologique
  - Résultats des régressions sectorielles et intersectorielles où les pays cités sont limités au G-5 (Allemagne, États-Unis, France, Japon, Royaume-Uni) pour chaque secteur.
  - Les statistiques t robustes (groupées au niveau du pays–secteur citateur) sont entre crochets.
  - ***p < 0,001, **p < 0,01, *p < 0,05.

### Graphiques et mesures d’impact (extraits)
- Graphiques illustrant la “réduction des flux de connaissances avec des barrières supplémentaires : échantillon cité non restreint” montrent la part des informations qui se diffusent au travers des barrières cumulées et individuelles.
- Éléments de légende et variables présentées dans les graphiques : Effet cumulé, Effet individuel, Référence, km = kilomètres, diff_country, diff_border, diff_lang, tech_spec 50th, tech_dev 50th, home.

*Source : weo-april-18-fre-web (PDF), Fonds monétaire international | Avril 2018.*

### 10.000 km

### 10.000 km

### Effets empiriques des connaissances étrangères sur l’innovation et la productivité
- Tableaux de l’annexe 4.3.1 et 4.3.2 documentent des estimations montrant un effet positif et statistiquement significatif du stock de R&D étrangère sur l’innovation et sur la productivité du travail.
- Exemples de coefficients estimés (spécifications de référence) :
  - Stock de R&D étrangère, pondéré : 0,353*** (annexe 4.3.1, colonne [1])
  - Propre stock de R&D : 0,477*** (annexe 4.3.1, colonne [1])
  - Stock de R&D étrangère (décalage) : 0,039** (annexe 4.3.2, colonne [1])
  - Propre stock de R&D (décalage) : 0,133*** (annexe 4.3.2, colonne [1])
- Significativité temporelle :
  - Interactions du stock de R&D étrangère avec sous-périodes : coefficients positifs et tous statistiquement significatifs (annexe 4.3.1, colonnes pour 2000–04, 2005–09, 2010–14).
- Résultats séparés pour groupes de pays :
  - Estimations de régression séparées pour bénéficiaires des pays avancés (PA) et des pays émergents (PE) utilisées pour calculer contributions par groupe.

### Tests de robustesse et spécifications alternatives
- Échantillon équilibré / panels longs :
  - L’augmentation temporelle du coefficient de la R&D étrangère est robuste quand l’échantillon est restreint aux secteurs-pays avec longue couverture temporelle.
- MCO dynamiques :
  - Estimations par moindres carrés ordinaires dynamiques (deux valeurs passées et une valeur future) confirment les résultats de référence ; coefficient légèrement plus grand pour le stock de R&D étrangère (annexe 4.3.1 et 4.3.2, colonne [6]).
- Mesures alternatives des brevets :
  - Résultats similaires en utilisant familles de brevets « où au moins une demande est faite auprès d’un des trois grands offices » (annexe 4.3.1, colonne [7]).
- Méthodes de pondération alternatives :
  - Résultats robustes si l’on utilise les liens commerciaux bilatéraux (pondérations construites comme les importations de biens venues du secteur-pays d’origine rapportées à la production brute) au lieu des parts prévues fondées sur les citations entre brevets (annexe 4.3.1, colonne [8]).
- Effets fixes :
  - Spécifications avec effets fixes secteurs–année donnent des coefficients de R&D étrangère et intérieure plus grands (annexe 4.3.1, colonne [9]).

### Rôle de la concurrence internationale et canaux d’effet
- Mesures de concurrence évaluées (annexe 4.3.3) :
  - Échanges avec la Chine : mesurés comme la part des importations de biens finaux venus de Chine dans la production brute du secteur-pays destinataire ; effet direct positif sur l’innovation et renforce la diffusion technologique (annexe 4.3.3, colonne [1]).
  - Concentration mondiale des marchés : mesurée par la part de marché mondiale des quatre plus grandes entreprises ; effet négatif important sur l’innovation et la diffusion (annexe 4.3.3, colonne [2]).
  - Concurrence intérieure : indicateur OCDE de la réglementation des marchés de produits, utilisé en interaction avec le taux de renouvellement sectoriel (doublés différences) ; coefficients statistiquement significatifs individuellement, mais perdent de la significativité lorsqu’on inclut toutes les variables de concurrence simultanément (annexe 4.3.3, colonnes [3] et [4]).
- Coefficients illustratifs (annexe 4.3.3) :
  - Stock de R&D étrangère : 0,337*** (colonne [1])
  - Propre stock de R&D : 0,494*** (colonne [1])
  - Échanges avec la Chine (effet niveau) : 2,465*** (colonne [1])
  - Stock de R&D étrangère * Échanges avec la Chine : 1,474*** (colonne [1])
  - Concentration mondiale : -4,021*** (colonne [2])
  - Stock de R&D étrangère * Concentration mondiale : -2,121*** (colonne [2])
- Interprétation : la concurrence extérieure (notamment via les importations finales en provenance de Chine) stimule l’innovation et facilite la diffusion des connaissances, tandis qu’une concentration mondiale élevée réduit ces effets.

### Méthodologie : projections locales et identification des chocs technologiques
- Cadre de projection locale (équation (4.4)) :
  - Estime la réponse impulsionnelle de la productivité et de l’innovation à un choc technologique dans les leaders technologiques en pondérant le choc par des pondérations bilatérales pays–secteurs ωi,c,l,t.
  - Variables étudiées Y : productivité totale des facteurs, productivité du travail, stock de brevets.
  - Contrôles X : deux décalages du choc dans les leaders et deux décalages du taux de croissance de la PTF intérieure ; effets fixes pays–année θct inclus.
- Identification des chocs sur la productivité du travail :
  - VAR différencié pour la productivité du travail (∆xt) et les heures (∆nt) (équation (4.5)); identification via vecteur autorégressif structurel avec restrictions à long terme (Galí, 1999).
  - Décalage p choisi par critère d’Akaike ; pour données annuelles, p = 1 dans la quasi-totalité des cas.
  - Série des chocs technologiques eêt z obtenue via transformation (équation (4.7)).
  - Données KLEMS (CITI 3 et 4) fusionnées pour G-5 ; secteurs manufacturier et de la construction ; chocs entre 1995 et 2015 utilisés pour les projections locales.
- Identification des chocs sur la PTF :
  - PTF corrigée de l’utilisation selon Basu, Fernald et Kimball (2006) : estimation d’une fonction de production sectorielle (équation (4.8)) pour 24 secteurs dans 17 pays avancés sur 1995–2015 (PTF « purifiée »).

### Chaînes de valeur mondiales (CVM), brevets d’entreprises et robustesse
- Cadre entreprises–secteurs–pays (équation (4.9)) pour évaluer lien entre variations de la participation aux CVM et :
  - Flux de brevets transformés au logarithme (Pf) et stock de brevets (Ps).
  - Emploi (N).
  - Interaction entre stock initial de brevets (Psijk,2000) et ∆5 GVCjkt pour mesurer effets inter-entreprises (γX).
- Données : période 2000–12, huit secteurs manufacturiers, 11 pays émergents et en développement (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Philippines, Pologne, Russie, Thaïlande, Turquie).
- Deux types d’effets :
  - Effet intra-entreprise (αX) : variation moyenne des performances des entreprises liée à la hausse de la participation aux CVM ; résultats indiquent αX > 0 (participation aux CVM accroît performance).
  - Effet inter-entreprise (γX) : distribution de l’accumulation d’innovation ou de l’emploi entre entreprises initialement moins/mieux technologiques ; résultats indiquent γP < 0 (progrès relativement plus grands dans entreprises moins technologiques) et γN > 0 (croissance d’emploi relativement plus forte dans entreprises plus technologiques).
- Robustesse (tableau annexe 4.5.1) :
  - Résultats robustes à : regroupement des erreurs au niveau secteur–pays ; autres mesures de la participation aux CVM (liens en amont/aval, décalées, participation à l’égard des pays avancés) ; corrections des comptages de brevets (pondération par citation en aval, familles de brevets, brevets accordés) ; estimation sur période différente ; exclusion de la Chine ou du secteur des matériels électriques et machines.
- Instrumentation :
  - Instruments pour ∆5 GVCjkt : composantes des restrictions sur les IDE (procédures de sélection et d’approbation, restrictions sur le personnel étranger) et variations des tarifs douaniers ; tests classiques confirment la force et la validité des instruments.
- Exemples de résultats (tableau annexe 4.5.1, colonne [1] référence) :
  - Participation aux CVM (variation sur cinq ans) : 0,28*** (effet intra-entreprise)
  - Stock initial de brevets (2000) × Participation aux CVM (variation sur cinq ans) : -1,31*** (effet inter-entreprise)

### Variables institutionnelles, effets fixes pays–année et capacités d’absorption
- Estimation de la relation entre effets fixes pays–année (f̂ktP) et variables institutionnelles Iktm (équation (4.11)) montre corrélations positives entre f̂ktP et :
  - Perceptions de la qualité des infrastructures portuaires : coefficient 0,01080* (tableau annexe 4.5.2, colonne [1])
  - Qualité de l’éducation primaire : 0,01308** (colonne [3])
  - Protection des droits de propriété : 0,00407* et 0,00553** (colonnes [6] et [7])
  - Indices d’état de droit, intégrité du système juridique et autres variables institutionnelles présentent des corrélations positives ou significatives selon spécification (tableau annexe 4.5.2).
- Implication : facteurs nationaux (infrastructures, éducation, protection des droits de propriété, état de droit) influent sur la capacité d’absorption et sur les dépôts de brevets des entreprises.

### Hypothèses macroéconomiques et statistiques pour projections (Appendice statistique)
- Hypothèses de taux de change effectifs réels, prix du pétrole, taux d’intérêt et autres :
  - Taux dollar/DTS moyens pour 2018 et 2019 : 1,454 et 1,464.
  - Taux dollar/euro pour 2018 et 2019 : 1,240 et 1,254.
  - Taux dollar/yen pour 2018 et 2019 : 107,5 et 105,7.
  - Prix du baril de pétrole : 62,31 dollars en 2018 et 58,24 dollars en 2019.
  - LIBOR dollars 6 mois : 2,4 % en 2018 et 3,4 % en 2019.
  - Taux moyen des dépôts à trois mois en euros : -0,3 % en 2018 et 0,0 % en 2019.
  - Taux moyen des dépôts à six mois en yen : 0,0 % en 2018 et 0,1 % en 2019.
- Projections macroéconomiques agrégées (Tableau A1 / A15) :
  - PIB réel mondial : série d’années et projections ; moyenne récente présentée comme Monde 3,9 (ligne de synthèse, tableau A15 : « PIB réel mondial 3,9 » pour période de référence).
  - Prix du pétrole en dollars le baril (prix moyen) : 62,31 en 2018; 58,24 en 2019 (encadré Hypothèses).
- Données et conventions :
  - Base de données PEM couvre 193 pays ; conventions SCN et manuels MBP6, Guide MSMF, MSFP 2014 expliqués; chiffres composites et pondérations explicités (par ex., moyennes pondérées par le PIB en PPA pour certaines statistiques).

### Conclusions politiques et recommandations extraites du texte
- Profiter de l’expansion cyclique pour renforcer la production potentielle et la résilience :
  - Priorité à des réformes structurelles qui élèvent la production potentielle et garantissent que les gains sont largement partagés.
  - Accroître la résilience économique et financière et préserver la viabilité de la dette.
- Politiques monétaires et budgétaires :
  - Pays avancés où l’inflation est inférieure à l’objectif doivent maintenir une politique monétaire accommodante ; retrait progressif du soutien monétaire là où la production est proche du potentiel et l’inflation se rapproche de l’objectif.
  - Politique budgétaire : reconstituer amortisseurs budgétaires, calibrer les ajustements pour éviter la procyclicité, et privilégier les réformes budgétaires favorisant productivité et capital humain/physique.
  - Dans pays avec marge budgétaire et capacités proches du plein emploi : utiliser la politique budgétaire pour faciliter réformes structurelles favorables à la croissance.
- Politiques face à la numérisation :
  - Mettre en place un programme global de réformes, ressources adéquates et approche coordonnée pour l’architecture fiscale internationale afin d’atténuer défis fiscaux et de conformité.
- Réglementation financière et stabilité :
  - Achever et mettre en œuvre le programme de réformes réglementaires post-crise ; développer outils micro- et macroprudentiels ; surveiller risques liés à l’allocation du crédit et à la synchronisation des prix immobiliers.
- Pays émergents et pays en développement :
  - Renforcer la qualité de l’intermédiation du crédit, éviter essors du crédit pro-risque, assouplir les régimes de change là où possible ; poursuivre la réduction de vulnérabilité financière (ex. en Chine : renforcement des cadres réglementaires, contrôle sur secteur de la banque parallèle).
- Pays en développement à faible revenu :
  - Urgence de prudence budgétaire, amélioration des capacités de gestion de la dette, transparence de la dette des débiteurs et créanciers ; mobiliser recettes intérieures et améliorer efficience des dépenses pour financer services sociaux et investissement public.
- Commerce multilatéral et coopération :
  - Importance d’un cadre multilatéral ouvert et respecté ; coopération pour réduire obstacles au commerce, pratiques commerciales distorsives, érosion fiscale internationale et concurrence fiscale ; promouvoir mise en œuvre des réformes financières internationales et coordination sur enjeux transnationaux (flux de réfugiés, cyberrisques, changements climatiques).

*Source : weo-april-18-fre-web - 10.000 km, Fonds monétaire international | Avril 2018 (extraits et tableaux des annexes 4.2–4.5 et appendice statistique).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2018/april/french/weo-april-18-fre-web.pdf_
