## weo1018-fr — Introduction (extraits)

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### Principaux constats et projections
- Croissance mondiale prévue : 3,7 percent en 2018–19 (0,2 point de pourcentage de moins que prévu en avril).
- Dynamique mondiale : réaccélération à partir de mi‑2016 puis affaiblissement depuis avril 2018.
- Révisions à la baisse notables à court terme pour : Corée, Royaume‑Uni, zone euro; groupe des pays émergents avec impact prononcé pour Argentine, Brésil, Mexique, Iran, Turquie.
- Chine et certains pays asiatiques : prévisions 2019 plus faibles en raison des mesures commerciales récentes.
- À moyen terme : croissance des pays avancés ralentie vers le potentiel, inférieur aux moyennes d’avant la crise; facteurs structuraux : ralentissement de la population en âge de travailler et faibles gains de productivité.
- Environ 45 pays émergents et pays en développement (représentant 10 percent du PIB mondial (PPA)) devraient enregistrer une croissance par habitant inférieure à celle des pays avancés sur 2018–23.

### Scénarios et risques majeurs
- Solde des aléas : négatif dans un contexte d’incertitude élevée.
- Principales sources de risque :
  - Escalade des tensions commerciales (droits de douane, notamment sur 200 milliards de dollars d’importations américaines en provenance de Chine) et possible abandon d’un système commercial multilatéral fondé sur des règles.
  - Durcissement brusque des conditions financières mondiales (relèvements de taux plus rapides).
  - Réévaluations soudaines du risque : ajustements de portefeuille, variations des taux de change, réductions des entrées de capitaux vers émergents vulnérables.
  - Accumulation de vulnérabilités financières et fiscales (endettement public et des entreprises plus élevé qu’auparavant).
- Effets observés récemment :
  - Fléchissement du commerce, de l’activité manufacturière et de l’investissement.
  - Durcissement des conditions financières pour les pays émergents et pays en développement; conditions des pays avancés globalement favorables.
  - Inflation globalement en hausse dans les pays émergents et pays en développement, partiellement due aux répercussions des dépréciations monétaires.

### Recommandations de politique (synthèse)
- Coopération multilatérale :
  - Réduire les coûts du commerce, résoudre les différends sans barrières distortives, préserver l’intégration commerciale.
  - Coopérer pour réformer la réglementation financière, améliorer la fiscalité internationale, renforcer la cybersécurité, lutter contre la corruption et atténuer le changement climatique.
- Politique monétaire et budgétaire :
  - Maintenir une politique monétaire accommodante là où l’inflation est faible; normalisation prudente et bien communiquée lorsque l’inflation est proche de l’objectif.
  - Reconstituer des amortisseurs budgétaires en vue de la prochaine récession; adapter la composition des dépenses et des recettes pour favoriser la production potentielle et l’inclusion.
  - Stabiliser et réduire la dette publique dans les pays fonctionnant à plein emploi et affichant des déséquilibres externes excessifs; retirer mesures de relance procyclique.
  - Pays à excédent courant et avec espace budgétaire (ex. Allemagne) : augmenter l’investissement public pour rehausser la croissance potentielle.
- Renforcement du potentiel de croissance inclusive :
  - Réformes structurelles pour accroître la productivité et la diffusion des innovations.
  - Investissements en éducation, formation, capital humain; mesures pour augmenter la participation des femmes et des jeunes.
  - Filets sociaux et mesures ciblées pour protéger les plus vulnérables.
- Résilience financière :
  - Politiques macroprudentielles et microprudentielles pour constituer des amortisseurs, limiter l’endettement excessif et maîtriser les risques (y compris cybersécurité).
  - Poursuivre l’assainissement des bilans bancaires dans la zone euro; renforcer la résilience des systèmes financiers dans les pays émergents.
  - Chine : freiner la croissance du crédit et s’attaquer aux risques financiers tout en gérant un ralentissement temporaire de la croissance.
- Pays en développement à faible revenu :
  - Renforcer la position budgétaire tout en ciblant les dépenses pour réduire la pauvreté.
  - Rendre le système financier plus résilient; investir dans le capital humain, l’accès au crédit et les infrastructures.

### Hypothèses et conventions techniques pour les projections
- Données de référence : calculs fondés sur statistiques disponibles au 18 septembre 2018; moyennes observées entre le 17 juillet et le 14 août 2018 pour les marchés.
- Pétrole : 69,38 dollars le baril en 2018; 68,76 dollars le baril en 2019; supposé rester constant en valeur réelle à moyen terme.
- Taux LIBOR 6 mois en dollars : 2,5 percent en 2018; 3,4 percent en 2019.
- Taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros : –0,3 percent en 2018; –0,2 percent en 2019.
- Taux des certificats de dépôt à six mois au Japon : 0,0 percent en 2018; 0,1 percent en 2019.
- Projections supposent maintien des politiques économiques nationales actuelles (exceptions signalées dans l’appendice statistique).
- Définition : « billion » = mille milliards; « points de base » = un centième de point; référence au dollar = dollar des États‑Unis.

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### Marchés, conditions financières et tensions localisées
- Indicateurs d’activité : croissance mondiale s’est affaiblie au 1er semestre 2018; commerce et production industrielle ont ralenti après une forte hausse en 2017.
- Indices des produits de base (FMI) : +3,3% entre février 2018 et août 2018.
  - Énergie : +11,1%.
  - Alimentation : −6,4%.
  - Métaux : −11,7%.
- Pétrole : >76 dollars le baril en juin 2018; ≈71 dollars le baril en août 2018; hypothèses de marché 2018–19 précisées ci‑dessus.
- Inflation hors alimentation et énergie (exemples) :
  - États‑Unis : dépasse 2% depuis mars.
  - Royaume‑Uni : un peu plus de 2% au 1er semestre 2018.
  - Zone euro : ≈1%.
  - Japon : 0,3%.
  - Chine : <2% environ.
  - Inde : ≈6%.
  - Brésil : ≈2½%.
  - Mexique : ≈3½%.
  - Russie : <2% en moyenne jusqu’à mai; légère hausse en juin.
- Conditions financières et taux :
  - Fourchette cible taux des fonds fédéraux relevée à 1,75–2% en juin 2018; Fed signale deux relèvements supplémentaires en 2018 et trois en 2019.
  - Rendements obligataires (mi‑septembre) : bons du Trésor américain à 10 ans ≈ 3,0%; obligations allemandes à 10 ans ≈ 0,45% (baisse de 25 points de base); obligations britanniques ≈ 1,5%.
- Tensions localisées exemples :
  - Argentine : relèvement du taux directeur à court terme de 2,000 points de base; peso argentin dépréciation >40% en valeur effective réelle (février→mi‑septembre); écarts de taux souverains >700 points de base.
  - Turquie : dépréciation ≈27% en valeur effective réelle (février→mi‑septembre); relèvement du taux directeur de référence de 625 points de base début septembre; interventions en liquidités étrangères via réserves obligatoires.

### Flux de capitaux vers pays émergents
- Flux d’investissement de portefeuille : vigoureux en 2017 et début 2018; devenus négatifs en mai–juin 2018; stabilisation apparente en juillet; sorties en août après dépréciations de la lire et du peso.
- Observation : flux d’investissements de portefeuille de non‑résidents sont passés de positifs à négatifs en mai–juin 2018.

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### Scénario simulé : escalade des tensions commerciales (encadré scénario 1 — structure et résultats)
- Outil : modèle GIMF utilisé pour simuler effets de hausses de droits de douane et mesures de rétorsion.
- Cinq niveaux croissants du scénario allant des mesures déjà appliquées en 2018 jusqu’à un conflit douanier généralisé incluant droits sur voitures et un effet sur la confiance et les conditions financières.
- Hypothèses clés du scénario (sélection) :
  - Droits déjà appliqués intégrés : droit de 10% sur toutes les importations d’aluminium; droit de 25% sur toutes les importations d’acier; droit de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises; droit de 10% puis 25% sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises supplémentaires; mesures de rétorsion symétriques ou partiellement symétriques selon le cas.
  - Niveaux additionnels : droit de 25% sur 267 milliards de dollars supplémentaires d’importations chinoises; taxe de 25% sur toutes les voitures et pièces automobiles (≈350 milliards de dollars en valeur); hausse de l’incertitude réduisant l’investissement; baisse des bénéfices des sociétés (jusqu’à 15% dans le pire scénario) entraînant durcissement des écarts de taux d’entreprise.
- Résultats macroéconomiques simulés (extraits) :
  - PIB mondial diminuerait de plus de 0,8% en 2020 dans le scénario d’escalade.
  - PIB mondial resterait en retrait d’environ 0,4% à long terme par rapport à un scénario de référence sans tensions commerciales.
  - Pertes régionales simulées :
    - États‑Unis : perte de PIB >0,9% en 2019.
    - Chine : perte de PIB >1,6% en 2019.
    - Partenaires commerciaux de l’ALENA : PIB inférieur de >1,6% en 2020 par rapport à l’absence de mesures tarifaires.
  - Impact additionnel : réduction de l’investissement, effets amplifiés lorsque les politiques monétaires conventionnelles sont limitées (zone euro, Japon), pays émergents potentiellement plus touchés par durcissement financier.
- Limites : simulations peuvent sous‑estimer effets réels; modèle n’intègre pas pleinement distorsions sectorielles et chaîne d’effets hors commerce (migration, flux de facteurs).

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### Inflation et ancrage des anticipations dans les pays émergents (chapitre 3 — extraits)
- Observation générale :
  - Inflation globale dans les pays avancés : 2 percent en 2018.
  - Inflation dans les pays émergents et en développement (hors Venezuela) : 5,0 percent en 2018 (contre 4,3 percent en 2017).
- Résultats empiriques :
  - Les anticipations inflationnistes à plus long terme sont le principal déterminant de l’inflation dans les pays émergents ; contribution moyenne positive approximative : 0,5 point de pourcentage.
  - Les facteurs extérieurs expliquent entre 5 percent et 15 percent de la variabilité de l’inflation sur 2004–18.
  - Le modèle explique en moyenne 55 percent des écarts par rapport à l’objectif d’inflation; ≈45 percent de la variabilité de l’inflation reste inexpliquée.
- Évolution de l’ancrage :
  - Ancrage des anticipations inflationnistes s’est nettement renforcé au cours des vingt dernières années, la majeure partie des progrès intervenant avant le milieu des années 2000.
  - Hétérogénéité importante entre pays : certains pays émergents présentent un degré d’ancrage supérieur à la moyenne d’un échantillon de 11 pays avancés; d’autres restent nettement moins ancrés.
- Conséquences opérationnelles :
  - Pays à meilleur ancrage : persistance de l’inflation moindre; pass‑through des dépréciations monétaires aux prix intérieurs limité; politique monétaire peut davantage lisser la production.
  - Pays à moindre ancrage : arbitrage plus difficile face à chocs externes (ex. « taper tantrum »); taille de la dépréciation et persistance inflationniste plus élevées.
- Résultats empiriques sur le « taper tantrum » (été 2013) :
  - Pays à moindre ancrage : dépréciation à six mois « égal à 11 % »; estimation globale de l’exercice du taper tantrum : « 14 % ».
  - Pays à ancrage élevé : répercussion à six mois « respectivement 1 % et 5 % » selon les mesures citées.
- Recommandations liées à l’ancrage :
  - Consolider la crédibilité et l’indépendance des banques centrales; améliorer transparence et communication.
  - Maintenir viabilité budgétaire comme condition préalable d’un ancrage nominal crédible.
  - Pour les pays moins crédibles, insister sur une communication claire des motifs des décisions monétaires face aux chocs mondiaux.

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### Matières premières, énergie et transition énergétique (extraits)
- Prix du pétrole :
  - Cours moyen 2017 : 52,81 dollars le baril.
  - Hypothèses de marché : 69,38 dollars le baril pour 2018; 68,76 dollars le baril pour 2019; ≈60 dollars le baril en 2023.
- Métaux : indice annuel établi par le FMI : +5,3 percent en 2018; −3,7 percent en 2019.
- Denrées alimentaires : progression de 2,3 percent en 2018; 1,7 percent en 2019 (projections).
- Demande d’énergie et relation avec le revenu :
  - Relation en S confirmée entre consommation d’énergie et revenu par habitant; point d’inflexion de l’élasticité–revenu ≈ 10.000 dollars (de 2011).
  - Revenu mondial par habitant en 2015 : 15.000 dollars (de 2011).
  - Amélioration historique de l’efficacité énergétique ≈1 percent par an en moyenne.
- Énergies renouvelables — projections de capacités (hors échantillon) :
  - Scénario prudent : >4.600 gigawatts d’actifs renouvelables d’ici à 2040.
  - Scénario de référence : >8.400 gigawatts d’actifs renouvelables d’ici à 2040 (≈4 fois le niveau de 2015).
- Résumé environnement‑énergie :
  - 1.733 millions de tonnes d’équivalent pétrole dans le réseau électrique (chiffre mentionné dans l’extrait) représentant 50 percent et 117 percent de l’électricité produite avec combustibles fossiles en 2015 (valeurs extraites du texte).
  - Investissement dans les renouvelables principalement tiré par l’offre (technologie); incertitude liée à la persistance de la tendance technologique.

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### Observations sur la reprise post‑crise financière et rôle des politiques
- Dix ans après la crise de 2008 :
  - Ratio médian de la dette des administrations publiques au PIB = 52 percent (contre 36 percent avant la crise).
  - Bilans des banques centrales dans les pays avancés beaucoup plus élevés qu’avant la crise.
  - 60 percent du PIB mondial en PPA provient des pays émergents et pays en développement (contre 44 percent durant la décennie précédant la crise).
- Mécanismes expliquant pertes de production persistantes :
  - Investissement en 2017 inférieur d’environ 25 percent à la trajectoire antérieure à la crise.
  - Pénurie de capitaux et insuffisance de la productivité totale des facteurs (PTF) contribuent largement aux écarts du PIB par travailleur.
  - Ralentissement de l’adoption technologique et moindre progression de la R–D dans les pays avec pertes de production supérieures à la médiane.
- Rôle des interventions publiques en 2008–10 :
  - Soutien budgétaire discrétionnaire dans le G‑20 ≈ un peu plus de 2 percent du PIB en 2009–10.
  - Soutien global au secteur financier (février 2009) — tableaux chiffrés fournis dans le texte (valeurs en pourcentage du PIB par catégorie).
  - Corrélations statistiques : injection de capitaux et garanties associées à une atténuation des pertes de production ultérieures.
  - FMI : allocation générale de 204 milliards de DTS (316 milliards de dollars) en août–septembre 2009; financements approuvés ≈ 420 milliards de DTS pour 2008–13 (119 milliards de DTS tirés).
- Leçons :
  - Cadres pré‑crise plus solides (finances publiques, régulation bancaire) ont réduit probabilité et coûts des crises.
  - Action rapide et décisive pour évaluer et recapitaliser les banques limite la « zombification » et réduit les pertes de production à long terme.

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*Source: weo1018-fr — Introduction et extraits du document PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Fonds monétaire international, Octobre 2018 (weo1018-fr, PDF).*

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Principales sections
- Introduction — 75
- Persistance des écarts de production après la crise financière mondiale — 77
- Cadre de la politique publique, mesures et production après la crise — 83
- Résumé — 89

### Encadrés thématiques
- Encadré 2.1. Crise financière mondiale, migration et fécondité — 91
- Encadré 2.2. Impact sur l’emploi de l’automatisation après la crise financière mondiale : la robotique industrielle — 95
- Encadré 2.3. Contribution du rétablissement du secteur financier à la rapidité de la reprise — 98

### Références et suite
- Bibliographie — 102
- Chapitre 3. Normalisation des conditions financières mondiales : défis de la politique monétaire dans les pays émergents — 107

*Source: weo1018-fr - Introduction (weo1018-fr - Introduction)*

### Introduction                                                                                                            

### weo1018-fr - Introduction

### Principaux constats et projections
- La croissance mondiale devrait s’établir à 3,7 percent en 2018–19, soit 0,2 point de pourcentage de moins que prévu en avril pour les deux années.
- Les perspectives pour 2018–19 sont moins équilibrées et plus modérées qu’attendu en avril 2018 ; la dynamique mondiale a marqué le pas depuis la mi-2016.
- Révisions notables des prévisions à la baisse pour plusieurs économies :
  - Corée, Royaume‑Uni, zone euro : prévisions à court terme révisées à la baisse.
  - Groupe des pays émergents : révision plus prononcée, notamment Argentine, Brésil, Mexique, Iran, Turquie.
  - Chine et certains pays asiatiques : prévisions de croissance 2019 plus faibles en raison des mesures commerciales récentes.
- À moyen terme, la croissance dans la plupart des pays avancés devrait ralentir vers son taux potentiel, inférieur aux moyennes d’avant la crise financière mondiale d’il y a dix ans, en raison du ralentissement de la population en âge de travailler et des faibles gains de productivité.
- Environ 45 pays émergents et pays en développement, représentant 10 percent du PIB mondial (PPA), devraient enregistrer une croissance par habitant inférieure à celle des pays avancés sur la période 2018–23.

### Risques et canaux d’influence
- Solde des aléas : négatif dans un contexte d’incertitude élevée.
- Principaux risques identifiés :
  - Escalade des tensions commerciales (droits de douane appliqués, notamment sur 200 milliards de dollars d’importations américaines en provenance de Chine) et abandon éventuel d’un système commercial multilatéral fondé sur des règles.
  - Durcissement brusque des conditions financières mondiales (p. ex. relèvements de taux d’intérêt plus rapides que prévu dans les pays avancés).
  - Réévaluations soudaines du risque entraînant ajustements de portefeuille, fortes variations des taux de change et réductions des entrées de capitaux vers les pays émergents les plus vulnérables.
  - Accumulation de vulnérabilités financières et fiscales (endettement public et des entreprises plus élevé que par le passé).
- Effets observés récemment :
  - Fléchissement du commerce, de l’activité manufacturière et de l’investissement.
  - Durcissement des conditions financières pour les pays émergents et pays en développement, alors que celles des pays avancés restent globalement favorables.
  - Inflation globalement en hausse dans les pays émergents et pays en développement, en partie due à la répercussion des dépréciations monétaires.

### Recommandations de politique
- Favoriser la coopération multilatérale :
  - Œuvrer pour réduire les coûts du commerce, résoudre les différends sans barrières distortives et préserver l’intégration commerciale.
  - Coopérer pour réformer la réglementation financière, améliorer la fiscalité internationale, renforcer la cybersécurité, lutter contre la corruption et atténuer le changement climatique.
- Politique monétaire et budgétaire :
  - Maintenir une politique monétaire accommodante là où l’inflation est faible ; normalisation prudente et bien communiquée lorsque l’inflation est proche de l’objectif.
  - Reconstituer des amortisseurs budgétaires en vue de la prochaine récession ; adapter la composition des dépenses et des recettes pour favoriser la production potentielle et l’inclusion.
  - Stabiliser et réduire la dette publique dans les pays fonctionnant à plein emploi et affichant des déséquilibres externes excessifs (ex. États‑Unis) ; retirer les mesures de relance procyclique.
  - Pays à excédent courant et avec espace budgétaire (ex. Allemagne) : augmenter l’investissement public pour rehausser la croissance potentielle.
- Renforcer le potentiel de croissance inclusive :
  - Réformes structurelles pour accroître la productivité et la diffusion des innovations.
  - Investissements en éducation, formation, capital humain ; mesures pour augmenter la participation des femmes et des jeunes.
  - Filets sociaux et mesures ciblées pour protéger les plus vulnérables et faciliter l’ajustement aux chocs structurels.
- Accroître la résilience financière :
  - Politiques macroprudentielles et microprudentielles pour constituer des amortisseurs, limiter l’endettement excessif et maîtriser les risques (y compris cybersécurité).
  - Poursuivre la réparation des bilans bancaires dans la zone euro ; renforcer la résilience des systèmes financiers dans les pays émergents (passifs conditionnels, asymétries de bilan).
  - Pour la Chine : freiner la croissance du crédit et s’attaquer aux risques financiers tout en gérant un ralentissement temporaire de la croissance.
- Pays en développement à faible revenu :
  - Renforcer la position budgétaire tout en ciblant les dépenses pour réduire la pauvreté.
  - Rendre le système financier plus résilient ; investir dans le capital humain, l’accès au crédit et les infrastructures pour favoriser la diversification et l’ajustement aux chocs climatiques.

### Hypothèses et conventions techniques utilisées pour les projections
- Hypothèses sur les marchés et paramètres macro (moyennes observées entre le 17 juillet et le 14 août 2018) :
  - Cours moyen du baril de pétrole : 69,38 dollars le baril en 2018 et 68,76 dollars le baril en 2019, et supposé rester constant en valeur réelle à moyen terme.
  - Taux LIBOR 6 mois en dollars : 2,5 percent en 2018 et 3,4 percent en 2019.
  - Taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros : –0,3 percent en 2018 et –0,2 percent en 2019.
  - Taux des certificats de dépôt à six mois au Japon : 0,0 percent en 2018 et 0,1 percent en 2019.
- Autres conventions :
  - Projections fondées sur les statistiques disponibles au 18 septembre 2018.
  - Les taux de change effectifs réels supposés constants aux niveaux moyens observés entre le 17 juillet et le 14 août 2018.
  - Les politiques économiques nationales actuelles sont supposées maintenues (voir encadré A1 de l’appendice statistique pour exceptions).
  - Définition de « billion » : mille milliards.
  - Lorsqu’il est fait référence au dollar, il s’agit du dollar des États‑Unis.
  - « Points de base » : un centième de point (de pourcentage). Exemple : 25 points de base = ¼ de point.
  - Les chiffres ont été arrondis ; les totaux peuvent ne pas correspondre exactement à la somme des composantes.
- Nouvelles modifications dans cette édition :
  - Inclusion des prix à la consommation de l’Argentine à compter de 2017.
  - Inclusion des données pour Aruba dans les agrégats des pays émergents et pays en développement.
  - Publication des prévisions du taux de change nominal pour l’Égypte.
  - Swaziland renommé Eswatini.
  - Venezuela : relibellage de la monnaie le 20 août 2018 (100.000 bolivars forts (VEF) → 1 bolivar souverain (VES)); données locales exprimées dans la nouvelle monnaie à compter de la base de données des PEM d’octobre 2018.

### Contexte historique et diagnostique du cycle
- Rétrospective décennale :
  - Les dix années précédant la crise ont vu un ralentissement de la croissance des pays avancés (vieillissement, ralentissement de la productivité, concentration des marchés) et une accélération durable de la croissance des pays émergents et en développement.
  - La crise financière mondiale (2008–09) a mis en lumière vulnérabilités et fragilités bilancielles ; de nombreux pays émergents ont depuis renforcé leurs cadres (ciblage de l’inflation, régimes de change plus flexibles, politiques macroprudentielles).
- Période 2009–2018 :
  - Rebond mondial en 2010–11 puis série de chocs (crise de la zone euro, retrait des relances budgétaires, ralentissement de la Chine, baisse des prix des produits de base) limitant la reprise synchronisée.
  - À partir de mi‑2016, réaccélération de la croissance mondiale jusqu’en 2017 ; depuis avril 2018, l’horizon s’est assombri et l’expansion est moins équilibrée.
- Enjeux structurels :
  - Lenteur des gains de revenu du travail et mobilité sociale réduite dans plusieurs pays avancés ; importance des politiques inclusives pour préserver le multilatéralisme.
  - Nécessité de constituer et préserver des amortisseurs budgétaires et financiers en prévision de la prochaine récession.

*Source : weo1018-fr - Introduction (PDF), Fonds monétaire international, octobre 2018.*

### 4. Pays avancés5. Pays émergents

### weo1018-fr - 4. Pays avancés5. Pays émergents et pays en développement

### Indicateurs de l’activité mondiale et commerce
- La croissance mondiale s’est affaiblie au premier semestre de 2018, l’activité ayant été inférieure aux prévisions dans plusieurs grands pays avancés.
- Le commerce mondial et la production industrielle ont ralenti après avoir augmenté rapidement en 2017 ; certains indicateurs à haute fréquence ont fléchi.
- Enquêtes des directeurs d’achats en Chine, aux États-Unis, au Japon et dans la zone euro : la croissance des commandes à l’exportation s’affaiblit.
- Confiance des fabricants automobiles en Allemagne et au Japon : pessimisme accru par rapport au début de l’année.
- Sous-indices de la production industrielle (États-Unis, Japon, Allemagne) : la modération est plus marquée dans les secteurs producteurs de biens d’équipement, ce qui pourrait indiquer une diminution des dépenses d’équipement.
- Commandes de biens manufacturiers en Allemagne : diminution d’environ 4% sur une base mensuelle en juin, contribuant à une diminution de 6½% au deuxième trimestre sur une base trimestrielle annualisée ; recul d’environ 1% en juillet.
- Le ralentissement des échanges pourrait résulter d’un contrecoup après la croissance très vigoureuse de la fin 2017 et d’une diminution des dépenses d’équipement dans un environnement mondial plus incertain.

### Prix des produits de base et pétrole
- L’indice des prix des produits de base établi par le FMI a progressé de 3,3% entre février 2018 et août 2018.
- Sous-indices :
  - Énergie : +11,1% (entre février 2018 et août 2018).
  - Alimentation : -6,4%.
  - Métaux : -11,7%.
- Pétrole :
  - Prix passés à plus de 76 dollars le baril en juin (niveau le plus élevé depuis novembre 2014) en raison de l’effondrement de la production au Venezuela, d’interruptions au Canada et en Libye, et d’anticipations d’une baisse des exportations iraniennes.
  - Prix tombés aux environs de 71 dollars le baril en août après décision de l’OPEP et pays non membres d’accroître la production.
- Charbon : indice (moyenne des prix australiens et sud-africains) +9,8% entre février 2018 et août 2018.
- Gaz naturel liquéfié : prix au comptant proche de son niveau le plus élevé en trois ans, porté par la forte demande en Chine et en Inde et la hausse des prix du pétrole.
- Métaux :
  - Prix du minerai de fer : -12,4% entre les périodes de référence.
  - Aluminium : atteint plus haut niveau depuis sept ans en mai après sanctions contre Rusal, puis recul de plus de 10% en juin et en juillet.
- Produits agricoles : baisse de l’indice des prix agricoles entre les périodes de référence attribuée largement aux tensions commerciales et aux craintes sur la croissance mondiale ; insuffisance de l’offre de cacao, de coton et de blé moins prononcée que prévu.
- Soja : prix diminués en juin lorsque la Chine annonçait des mesures de rétorsion sur le soja américain.

### Inflation, salaires et chômage
- Hausse des prix de l’énergie : contribution à l’accélération de l’inflation globale au cours des six derniers mois dans les pays avancés et dans les pays émergents et en développement.
- Inflation hors alimentation et énergie :
  - Reste en deçà des objectifs des banques centrales dans la plupart des pays avancés.
  - Dans les pays émergents et en développement (hors Venezuela), demeure inférieure à la moyenne des dernières années, mais s’est accélérée au cours des derniers mois.
- Exemples de niveaux :
  - États-Unis : inflation hors alimentation et énergie dépasse 2% depuis mars.
  - Royaume-Uni : inflation hors alimentation et énergie moyenne un peu plus de 2% au premier semestre 2018.
  - Zone euro : inflation hors alimentation et énergie aux environs de 1%.
  - Japon : inflation hors alimentation et énergie à 0,3%.
  - Chine : inflation hors alimentation et énergie inférieure à 2% environ.
  - Inde : inflation hors alimentation et énergie montée à environ 6%.
  - Brésil : inflation hors alimentation et énergie à environ 2½%.
  - Mexique : inflation hors alimentation et énergie à environ 3½%.
  - Russie : inflation en deçà de 2% en moyenne jusqu’à mai, légère hausse en juin.
- Croissance des salaires réels : restée atone dans la plupart des pays avancés malgré l’affermissement des marchés du travail et la réduction des écarts de production.
- Taux de chômage : diminution constante mais la croissance des salaires reste modérée.

### Conditions financières, taux d’intérêt et divergences
- Conditions financières mondiales : légèrement plus restrictives au cours des six derniers mois ; différences considérables entre pays avancés et pays émergents.
- Réserve fédérale américaine :
  - Fourchette cible du taux des fonds fédéraux relevée à 1,75–2% en juin.
  - La Réserve fédérale a signalé qu’elle procéderait à deux relèvements supplémentaires du taux en 2018 et à trois en 2019.
- Banque centrale européenne : prolongation du programme d’achats d’actifs jusqu’à la fin de l’année ; réduction des achats mensuels de 30 milliards d’euros à 15 milliards d’euros en octobre ; engagement à maintenir les taux aux niveaux actuels au moins jusqu’à la fin de l’été 2019.
- Banque du Japon : modification du contrôle de la courbe des rendements (fourchette plus large pour l’écart du rendement à 10 ans) ; maintien d’un cadrage prospectif pour des taux directeurs extrêmement bas pendant une longue période.
- Banque du Canada : relèvement du taux directeur de 25 points de base en juillet.
- Banque d’Angleterre : relèvement du taux directeur de 25 points de base en août (deuxième hausse en 10 ans).
- Rendements obligataires à long terme (mi-septembre) :
  - Bons du Trésor américain à 10 ans ≈ 3,0%.
  - Obligations allemandes à 10 ans ≈ 0,45% (baisse de 25 points de base).
  - Obligations britanniques ≈ 1,5%.
- Écarts de taux souverains :
  - Écarts sur la dette souveraine italienne creusés considérablement depuis fin mai ; à la mi-septembre avoisinant 250 points de base.
  - Écarts sur la dette souveraine d’autres pays de la zone euro restés faibles.
- Écarts de taux sur la dette des entreprises : augmentation légère depuis avril, en particulier pour les crédits hors premier rang.
- Actions et valorisations :
  - Indices boursiers aux États-Unis légèrement plus élevés ; ailleurs plus ou moins au même niveau.
  - Cours des actions américaines semblent aujourd’hui un peu plus élevés que leurs valeurs modélisées sur la base de mesures des anticipations de bénéfices du S&P 500 et de valeurs de remplacement pour le facteur d’actualisation et la prime de risque sur actions ; coefficients guère variés par rapport à avril.
- Dollar et taux de change :
  - À la mi-septembre, le dollar renforcé d’environ 6½% en valeur effective réelle par rapport à février.
  - Euro, yen et livre se sont affaiblis vis-à-vis du dollar, mais leurs valeurs effectives réelles restées plus ou moins inchangées en raison de la dépréciation de monnaies de pays émergents.

### Tensions financières localisées dans les pays émergents
- Argentine :
  - Pressions sur les marchés : durcissement des conditions financières mondiales, scandale de corruption interne, incertitude autour du plan de stabilisation appuyant le programme avec le FMI.
  - Relèvement du taux directeur à court terme de 2,000 points de base.
  - Plusieurs hausses des réserves obligatoires.
  - Peso argentin : dépréciation de plus de 40% en valeur effective réelle entre février et mi-septembre.
  - Cours des actions : encore en baisse.
  - Écarts de taux sur la dette souveraine : dépassé 700 points de base.
- Turquie :
  - Craintes sur paramètres économiques fondamentaux et tensions politiques avec les États-Unis : forte dépréciation de la monnaie de 27% entre février et mi-septembre en valeur effective réelle.
  - Baisse des prix des actifs et creusement des écarts de taux d’intérêt.
  - Réactions des autorités : débloqué des liquidités en monnaies étrangères en réduisant les réserves obligatoires ; limitations de la capacité des banques à effectuer des crédits et des opérations à terme croisés.
  - Taux effectif augmenté d’abord par fourniture de liquidités aux banques au taux débiteur au jour le jour plutôt qu’au taux des pensions hebdomadaires, puis relèvement du taux directeur de référence de 625 points de base début septembre.

*Fonds monétaire international, Octobre 2018 — Chapitre 1 : Perspectives et politiques mondiales (extraits).*

### 6. Coefficients de capitalisation

### 6. Coefficients de capitalisation

### Marchés monétaires et financiers — pays avancés
- Malgré un durcissement de la politique monétaire aux États-Unis, les conditions financières restent généralement favorables à la croissance dans les pays avancés.
- Divergence des rendements obligataires à long terme :
  - Les anticipations d’une trajectoire plus pentue des taux directeurs ont relevé de manière modeste les rendements des obligations américaines à 10 ans.
  - Les rendements des obligations allemandes et britanniques à long terme ont diminué.
- Anticipations utilisées :
  - États-Unis : contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux.
  - Royaume-Uni : taux interbancaire moyen au jour le jour en livre sterling.
  - Zone euro : taux interbancaire à terme en euro.
  - Données mises à jour le 17 septembre 2018 ; les données vont jusqu’au 17 septembre 2018.

### Actions, taux et écarts — pays avancés (indicateurs clés)
- Graphiques et indicateurs inclus :
  - Indice actions (2007 = 100).
  - Rendements des obligations publiques à 10 ans (en pourcentage).
  - Anticipations du taux directeur américain (en pourcentage).
  - Écarts de crédit (en points de base).
- Sources : Bloomberg Finance L.P. ; Thomson Reuters Datastream ; calculs des services du FMI.
- Notes méthodologiques :
  - MSCI = Morgan Stanley Capital International ; PEM = Perspectives de l’économie mondiale ; S&P = Standard & Poor’s ; TOPIX = indice des cours des actions à Tokyo.

### Pays émergents — taux d’intérêt, écarts et marchés
- Plusieurs banques centrales (Inde, Indonésie, Mexique, Philippines) ont relevé leurs taux directeurs ces derniers mois en réponse à la montée de l’inflation et, dans certains cas, à la pression sur la monnaie.
- Chine : la banque centrale a maintenu son taux directeur tout en abaissant le coefficient des réserves obligatoires des banques en deux étapes (pour certaines banques en avril et de manière plus générale en juillet) afin de soutenir le crédit.
- Tendances observées :
  - Les rendements à long terme ont généralement augmenté.
  - Les écarts de taux sur la dette souveraine se sont creusés, du fait d’une réduction des flux obligataires vers les pays émergents.
  - Les indices boursiers des pays émergents et des pays en développement ont baissé de manière générale, en raison de la montée des tensions commerciales et du durcissement des conditions financières extérieures.
  - Dans certains cas (par exemple, en Chine), le durcissement de la réglementation nationale a contribué au recul des cours des actions.
- Distinctions entre pays :
  - Les écarts de taux se sont creusés plus fortement pour les pays dont les besoins de financement extérieur sont plus élevés.
- Données : les données vont jusqu’au 14 septembre 2018.

### Variations des taux de change et exemples chiffrés
- Le dollar américain s’est apprécié en valeur effective réelle d’environ 6,5 % depuis février, en lien avec le creusement des écarts de taux d’intérêt et de croissance.
- Exemples de dépréciations et appréciations entre février et mi-septembre :
  - Le réal brésilien a perdu 14 % de sa valeur.
  - Le renminbi chinois s’est déprécié d’environ 3,5 %.
  - Le rand sud-africain s’est déprécié d’environ 14 %.
  - Le peso mexicain s’est apprécié de plus de 3½ % depuis février.
- Causes citées : ralentissement de l’activité intérieure, durcissement des conditions financières extérieures, politique macroéconomique plus accommodante (Chine), tensions commerciales avec les États-Unis, lenteur des réformes (Afrique du Sud), incertitude politique (Mexique) et craintes liées aux déséquilibres macroéconomiques (Turquie, Argentine).

### Flux de capitaux vers les pays émergents
- Après un début d’année dynamique, les flux de capitaux vers les pays émergents se sont affaiblis considérablement au deuxième trimestre et au-delà.
- Flux d’investissement de portefeuille des non-résidents :
  - Vigoréux en 2017 et au début de 2018.
  - Devenus négatifs en mai–juin 2018, correspondant aux pressions subies par plusieurs pays émergents sur les marchés des changes.
  - Stabilisation apparente en juillet, suivie de nouvelles sorties en août après la dépréciation de la lire turque et du peso argentin.
- Graphiques et indicateurs inclus :
  - Flux nets dans les fonds des pays émergents (en milliards de dollars).
  - Entrées de capitaux (en pourcentage du PIB).
  - Sorties de capitaux hors variation des réserves (en pourcentage du PIB).
  - Variation des réserves (en pourcentage du PIB).
- Sources : Bloomberg Finance L.P. ; EPFR Global ; Haver Analytics ; FMI, International Financial Statistics ; calculs des services du FMI.
- Notes :
  - Entrées de capitaux = achats nets d’avoirs intérieurs par des non-résidents.
  - Sorties de capitaux = achats nets d’avoirs étrangers par des résidents intérieurs.
  - Pays émergents d’Asie hors Chine = Inde, Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.
  - Pays émergents d’Europe = Pologne, Roumanie, Russie et Turquie.
  - Amérique latine = Brésil, Chili, Colombie, Mexique et Pérou.
  - Annonce Fed = accès de volatilité provoqué par l’annonce du retrait des mesures monétaires non conventionnelles de la Réserve fédérale américaine.
  - EM-VXY = J.P. Morgan Emerging Market Volatility Index ; ORLT = opérations de refinancement à long terme.
- Observation principale : les flux d’investissements de portefeuille de non-résidents, qui avaient été vigoureux, sont devenus négatifs en mai–juin 2018.

### Incidences de la hausse des prix du pétrole et des produits de base
- La plupart des produits de base hors alimentation ont vu leur prix augmenter depuis la mi-2017.
- Hausse notable du pétrole :
  - Environ 30 dollars le baril ou 70 % depuis juin 2017.
  - Cette hausse devrait se dissiper en partie à moyen terme en raison de l’augmentation de la production de gaz de schiste aux États-Unis et de l’offre de l’OPEP+.
  - Les courbes des contrats à terme sur le pétrole sont notablement plus élevées qu’il y a un an.
- Révisions des perspectives de croissance (par comparaison entre l’édition d’avril 2018 des PEM et l’édition actuelle) :
  - Révision à la hausse d’environ 0,1 et 0,3 point de pourcentage pour 2018 et 2019, respectivement, pour un groupe de pays exportateurs de carburants (hors pays en difficulté).
  - Révision à la baisse d’environ 0,1 à 0,3 point de pourcentage pour le reste du monde, dominé par les pays importateurs de carburants.
- Méthodologie (gain/perte en revenus disponibles) : formule décrite dans le texte (variation des prix multipliée par exportations/importations rapportées au PIB).

### Investissement, commerce et perspectives de croissance mondiale
- 2017 :
  - Augmentation de l’investissement dans les pays avancés et fin de la contraction de l’investissement dans certains grands pays exportateurs de produits de base en difficulté.
  - Croissance mondiale des importations et des investissements voisine de 5 %, la plus élevée depuis 2010–11.
- Perspectives 2018–19 :
  - Le rythme d’expansion de l’investissement devrait fléchir en 2018 et en 2019 par rapport à 2017, avec un ralentissement plus notable de la croissance du commerce.
  - Croissance de l’investissement dans les pays émergents et les pays en développement : devrait rester robuste aux environs de 5½ % au cours des cinq prochaines années et représenter bien plus d’un tiers de la croissance de leur PIB pendant cette période.
  - Perspectives à moyen terme pour les pays avancés : dépenses d’équipement devraient ralentir considérablement à mesure que la croissance fléchit pour se rapprocher de son potentiel plus bas et que la relance budgétaire aux États-Unis prend fin.
- Risques :
  - La montée des tensions commerciales et de l’incertitude entourant les politiques économiques pourrait peser sur les perspectives mondiales.

### Positions cycliques et synchronisation mondiale
- L’expansion mondiale devrait se poursuivre en 2018 et 2019, mais devient moins synchronisée qu’en 2017.
- Chiffres sur l’uniformité de l’accélération (2017 vs projections) :
  - En 2017, 58 % des pays, représentant 75 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat, ont enregistré une accélération de leur croissance sur un an.
  - En 2018, 52 % des pays, représentant 47 % du PIB mondial, devraient connaître une accélération de leur croissance annuelle.
  - En 2019, 54 % des pays, représentant 32 % du PIB mondial, devraient connaître une accélération de leur croissance annuelle.
- Explication : positions cycliques divergentes — l’expansion culmine dans certains pays alors que d’autres sortent encore d’une profonde récession.
- Cas particuliers :
  - Les capacités inutilisées diminuent dans la plupart des pays avancés, ce qui devrait amener le taux de croissance de la production à baisser pour se rapprocher du potentiel.
  - États-Unis : exception importante — croissance supérieure au potentiel jusqu’en 2020 grâce à une relance budgétaire considérable, avant un ralentissement ultérieur.

_Compte rendu du Fonds monétaire international, Octobre 2018 (extraits)._

### 3. Révisions des prévisions de croissance d’avril 2018 à octobre 2018

### 3. Révisions des prévisions de croissance d’avril 2018 à octobre 2018

### Révisions et effet sur l’investissement et le commerce
- La prévision pour la croissance de l’investissement fixe en 2018 a été révisée à la baisse dans les pays avancés d’environ 0,4 point de pourcentage par rapport à l’édition d’avril 2018 des PEM, particulièrement dans les pays asiatiques avancés et au Royaume-Uni.
- La correction s’est accompagnée de révisions à la baisse de la croissance des exportations (de plus de 1 point de pourcentage) et en particulier de la croissance des importations (de 1,4 point de pourcentage).
- La prévision pour la croissance de l’investissement et du commerce en 2019 est aussi plus basse.
- Pour les pays émergents et les pays en développement, la croissance du commerce a été légèrement revue à la baisse pour 2018 et davantage pour 2019.
- En dépit de l’augmentation des dépenses d’équipement en Inde, la prévision de croissance de l’investissement pour 2018–19 est plus basse qu’en avril, du fait de la contraction de l’investissement dans des pays en difficulté, tels que l’Argentine et la Turquie; ceci apparaît aussi dans une révision à la baisse de la croissance des importations, surtout pour 2019.
- Le rythme d’expansion de l’investissement mondial devrait ralentir en 2018 et en 2019 par rapport à 2017, et la croissance du commerce devrait se contracter de manière plus notable.

### Vents contraires structurels et implications à moyen terme
- L’accélération cyclique débutée au milieu de 2016, amplifiée par la relance budgétaire procyclique aux États-Unis, a contribué à maîtriser des vents contraires structurels puissants qui pèsent sur la croissance potentielle.
- Lorsque la hausse cyclique de la demande et la relance américaine auront pris fin, et tandis que la croissance en Chine continue de ralentir, la croissance mondiale devrait se modérer sous l’effet de freins structurels.
- Parmi les pays avancés :
  - Les perspectives ternes de la croissance potentielle tiennent largement à la croissance plus lente de la population active imputable au vieillissement.
  - Une légère amélioration de la productivité du travail n’est pas suffisante pour compenser totalement la décélération de l’apport de main-d’œuvre.
  - La montée du pouvoir de marché des entreprises pourrait représenter un nouveau frein au dynamisme des entreprises, à l’investissement et à la productivité.
  - Certaines mesures de soutien à court terme (par exemple une augmentation du déficit budgétaire américain) ne sont pas soutenables et ont pour prix une croissance plus faible à l’avenir, car elles devront être inversées.
- Parmi les pays émergents et les pays en développement :
  - La possibilité de rattrapage du niveau de revenu par rapport aux pays avancés semble plus faible que par le passé.
  - Environ 45 pays émergents et pays en développement, qui représentent 10 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat, devraient connaître une croissance par habitant inférieure à celle des pays avancés sur la période 2018–23.
  - Les prix des produits de base, en dépit de leur hausse récente, devraient rester inférieurs aux niveaux observés avant 2011–13.
  - Les pays exportateurs de produits de base font face à un ajustement difficile à des recettes structurellement plus faibles; ils doivent diversifier leur économie et mobiliser des sources de recettes autres que les produits de base pour financer leurs besoins de développement, ce qui pèsera sur leurs perspectives de croissance à moyen terme.

### Hypothèses générales de la prévision
- Politique budgétaire :
  - La prévision de référence repose sur une politique budgétaire expansionniste dans les pays avancés en 2018, en large partie en raison de la relance budgétaire aux États-Unis, puis devenue neutre en 2019.
  - À compter de 2020, la politique budgétaire devrait être restrictive dans les pays avancés.
  - La politique budgétaire devrait être plus ou moins neutre dans les pays émergents et les pays en développement sur l’ensemble de l’horizon de prévision.
- Politique monétaire :
  - Aux États-Unis, l’objectif pour le taux des fonds fédéraux devrait passer aux environs de 2,5 % d’ici la fin de 2018 et aux environs de 3,5 % avant la fin de 2019 (la prévision repose sur un total de huit relèvements du taux pendant la période 2018–19). L’objectif devrait tomber à 2,9 % en 2022.
  - Les taux directeurs devraient rester négatifs dans la zone euro jusqu’au milieu de 2019 et proches de zéro au Japon jusqu’à la fin de 2019; ils devraient augmenter progressivement par la suite mais rester très bas sur l’ensemble de l’horizon de prévision pour la zone euro et le Japon.
  - Pour les pays émergents, la politique monétaire devrait varier selon la position cyclique des différents pays.
- Mesures commerciales annoncées et leur incorporation dans la prévision :
  - La prévision de référence incorpore l’impact des droits de douane annoncés par les États-Unis :
    - en juillet et en août : un droit de 10 % sur toutes les importations d’aluminium, un droit de 25 % sur toutes les importations d’acier et un droit de 25 % sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises;
    - à la fin septembre : un droit de douane de 10 % (relevé à 25 % d’ici la fin de l’année) sur 200 milliards d’importations chinoises supplémentaires, ainsi que des mesures de rétorsion prises par leurs partenaires commerciaux.
  - Il est supposé que les effets négatifs de ces mesures seront compensés en partie par une relance en Chine (et peut-être dans d’autres pays aussi).
  - La prévision n’incorpore pas l’impact de droits supplémentaires que les États-Unis ont menacé d’appliquer mais n’ont pas encore mis en œuvre, en raison de l’incertitude sur leur ampleur, leur calendrier et les éventuelles mesures de rétorsion.
  - Un encadré scénario dans le document examine les conséquences d’une nouvelle escalade des tensions commerciales et d’une montée des obstacles au commerce.
- Conditions financières et prix des produits de base :
  - La prévision de base suppose que les conditions financières mondiales se durciront progressivement tandis que l’expansion se poursuit en 2018–19, mais qu’elles resteront généralement favorables à la croissance.
  - Il est supposé que la volatilité sur les marchés financiers restera faible.
  - L’indice des prix des produits de base établi par le FMI devrait progresser d’environ 18 % en 2018 par rapport à sa moyenne de 2017 (une hausse cumulée d’environ 36 % par rapport à 2016), puis baisser légèrement.

### Graphiques et indicateurs clés cités
- Investissement réel, PIB réel au prix du marché, Importations réelles : le document présente des graphiques montrant des contributions à la croissance du PIB et l’évolution de l’investissement et du commerce mondiaux, soulignant un ralentissement de l’investissement mondial en 2018–19 par rapport à 2017.
- Contributions à la croissance du PIB (pays avancés et pays émergents et pays en développement) : à moyen terme, la croissance de l’investissement devrait rester robuste dans les pays émergents et les pays en développement, pour représenter bien plus d’un tiers de la croissance de leur PIB; dans les pays avancés, elle devrait s’affaiblir notablement au cours des cinq prochaines années.
- Indicateurs budgétaires : les politiques budgétaires devraient être expansionnistes dans les pays avancés en 2018, avant de devenir neutres en 2019; dans les pays émergents et en développement, elles devraient être plus ou moins neutres.

*Fonds monétaire international | Octobre 2018 — Extrait : 3. Révisions des prévisions de croissance d’avril 2018 à octobre 2018 (en points de pourcentage)*

### 2019. Les prix du pétrole devraient atteindre en moyenne

### 2019. Les prix du pétrole devraient atteindre en moyenne

### Prix du pétrole et matières premières
- Le cours moyen du pétrole en 2017 était de 52,81 dollars le baril.
- Hypothèses de marché à terme : 69,38 dollars le baril pour 2018, et 68,76 dollars le baril pour 2019.
- Projection de trajectoire : 69,38 dollars le baril en 2018 ; 68,76 dollars le baril en 2019 ; aux environs de 60 dollars le baril en 2023.
- Les prix des métaux : progression d’environ 5,3 percent en 2018, puis fléchissement de 3,6 percent en 2019.
- L’offre mondiale de pétrole devrait augmenter progressivement sur l’horizon de prévision, ce qui ferait baisser les prix du pétrole.
- Les effets des mesures douanières récentes et l’incertitude entourant les politiques commerciales pèsent sur la demande mondiale de matières premières.

### Perspectives de la croissance
- Croissance mondiale : 3,7 percent en 2018 et 3,7 percent en 2019.
- Différence par rapport à l’édition d’avril 2018 des PEM : 0,2 point de pourcentage de moins pour 2018 et 2019.
- Croissance mondiale pour 2020 : stable à 3,7 percent.
- Croissance mondiale à moyen terme : ralentissement progressif pour atteindre 3,6 percent en 2022–23.
- Pays avancés :
  - Croissance : 2,4 percent en 2018 ; 2,1 percent en 2019.
  - Prévision pour 2018–19 inférieure de 0,1 point de pourcentage à l’édition d’avril 2018 des PEM.
  - États-Unis : prévision de croissance pour 2019 révisée à la baisse de 0,2 point de pourcentage.
  - Croissance projetée : 1,8 percent en 2020 ; chute à 1,4 percent par la suite.
- Pays émergents et pays en développement :
  - Croissance : stable à 4,7 percent en 2018–19.
  - Révisions par rapport à l’édition d’avril 2018 des PEM : à la baisse de 0,2 point pour 2018 et de 0,4 point pour 2019 ; pour 2020–23, d’environ 0,2 point de pourcentage.
  - Facteurs des révisions 2018–19 : mesures commerciales affectant la Chine et d’autres pays d’Asie, fléchissement en Iran après réimposition des sanctions américaines, ralentissement en Turquie, perspectives assombries pour Argentine, Brésil, Mexique.
  - À moyen terme, croissance attendue « un peu moins de 5 percent » pour le groupe.

### Perspectives de l’inflation
- Dans les pays avancés : inflation globale à 2 percent en 2018 (contre 1,7 percent en 2017).
- Dans les pays émergents et en développement, hors Venezuela : inflation passant de 4,3 percent en 2017 à 5,0 percent en 2018.
- États-Unis : inflation mesurée par les dépenses de consommation hors alimentation et énergie prévue à 2,1 percent en 2018 et à 2,3 percent en 2019 (contre 1,6 percent en 2017). Inflation hors alimentation et énergie projetée retomber progressivement à 2 percent par la suite.
- Zone euro : indice harmonisé des prix à la consommation hors alimentation et énergie attendu augmenter lentement à 2 percent d’ici 2022.
- Dispersion plus marquée des taux d’inflation hors alimentation et énergie parmi les pays émergents et en développement, liée aux positions cycliques, à l’ancrage des anticipations inflationnistes et aux objectifs d’inflation.

### Perspectives du secteur extérieur
- Soldes des transactions courantes :
  - Après stabilité en 2017, déficits et excédents des comptes courants devraient globalement augmenter légèrement en 2018 par rapport à 2017.
  - La hausse des prix du pétrole devrait conduire à une amélioration du solde courant des pays exportateurs de pétrole d’environ 3 percent de leur PIB en 2018.
  - La croissance vigoureuse aux États-Unis devrait entraîner une hausse modeste du déficit courant américain en 2018.
  - Prévisions pour 2019 et au‑delà : baisse progressive des soldes courants des pays exportateurs de pétrole (en raison de prix du pétrole moyens plus faibles) ; nouveau creusement initial du déficit courant américain en raison d’une politique budgétaire expansionniste.
  - À moyen terme : déficit courant américain devrait se stabiliser ; excédents de la Chine et, dans une moindre mesure, de pays européens devraient diminuer quelque peu.
- Déséquilibres courants :
  - Les déséquilibres excessifs devraient se réduire quelque peu en 2018 malgré une hausse du déficit aux États-Unis et de l’excédent en Allemagne.
  - Projections à moyen terme : évolution modeste dans le même sens, avec toutefois un creusement du déficit courant américain et des excédents élevés dans plusieurs pays avancés d’Europe et d’Asie.
- Positions extérieures globales nettes (PEG) :
  - Positions créditrices et débitrices devraient augmenter légèrement en pourcentage du PIB mondial au cours des cinq prochaines années.
  - Position créancière nette attendue : pays européens avancés > 85 percent du PIB collectif ; Japon ~75 percent du PIB.
  - Position débitrice nette attendue : États-Unis approchant 50 percent du PIB, soit 9 points de pourcentage au‑dessus de l’estimation pour 2017.
  - Groupe de pays débiteurs de la zone euro (y compris Espagne et Italie) : amélioration de plus de 20 points de pourcentage de leur PIB collectif d’ici 2023 ; engagements extérieurs nets atteindraient environ la moitié de leur niveau de 2013.

*Fonds monétaire international | Octobre 2018*

### 2. PEG nette, 2017, et variations prévues, 201723

### 2. PEG nette, 2017, et variations prévues, 2017–23

### Position extérieure globale mondiale
- Les positions extérieures globales nettes des pays créditeurs et débiteurs devraient augmenter légèrement à moyen terme.
- Note méthodologique : classifications régionales et listes de pays utilisées pour les agrégats (AL, AMO, Autres PA, ECO, PAA, PEA, PEC, PED, PEG, PEP) sont fournies dans le texte source.
- Observation stylisée : échelle graphique couvre de –40 à 40 (en pourcentage du PIB) pour la série 2005–2023.

### Croissance — pays créditeurs vs pays débiteurs
- La demande intérieure a été plus rapide dans les pays créditeurs que dans les pays débiteurs en 2017 et en 2018, en grande partie en raison de la croissance élevée de la Chine.
- Pour 2017 : contribution externe nette à la croissance positive pour les pays créditeurs (Chine, pays créditeurs européens, Japon).
- Pour 2018 : contribution externe nette légèrement négative pour les pays créditeurs — contributions positives des pays créditeurs européens, du Japon et d'autres pays avancés d'Asie compensées par contributions négatives de la Chine et des pays exportateurs de pétrole.
- Parmi les pays débiteurs : contribution extérieure nette positive attendue pour l'Amérique latine; contribution extérieure nette demeurant négative pour les États-Unis, en raison de leur politique budgétaire expansionniste.

### Implications des déséquilibres et recommandations de politique
- Risque principal : des déséquilibres extérieurs excessifs dans les grandes économies et des politiques qui pourraient les aggraver constituent des risques pour la stabilité mondiale.
- Effets observés/potentiels :
  - L'assouplissement budgétaire aux États-Unis conduit à un durcissement des conditions monétaires, à un affermissement du dollar et à une augmentation du déficit courant américain.
  - Ces tendances peuvent aggraver les tensions commerciales et durcir plus rapidement les conditions financières mondiales, avec des implications négatives pour les pays émergents vulnérables.
  - À moyen terme, une hausse des positions débitrices dans de grandes économies pourrait freiner la croissance mondiale et provoquer des ajustements prononcés des taux de change et des prix des actifs.
- Recommandations :
  - Les États-Unis devraient mettre en œuvre un plan à moyen terme visant à inverser la hausse du ratio de la dette publique et l’accompagner de mesures budgétaires pour accroître progressivement les capacités intérieures.
  - Les pays créditeurs disposant d'espace budgétaire, notamment l'Allemagne, devraient accroître la demande intérieure pour faciliter le rééquilibrage national et mondial tout en soutenant la croissance mondiale à moyen terme.

### Aléas pesant sur les perspectives
- Risques à court terme : la prévision de croissance mondiale pourrait être revue à la baisse en raison du durcissement des conditions financières dans certaines régions, de l'augmentation des coûts des échanges, de la lenteur des réformes, de l'essoufflement de la dynamique de croissance et de la détérioration d'indicateurs de haute fréquence.
- Les risques identifiés incluent : montée des obstacles aux échanges, retournement des flux de capitaux vers des pays émergents fragiles, et concrétisation de plusieurs risques évoqués dans l'édition d'avril 2018 des PEM.
- À moyen terme : risques de révision à la baisse des perspectives liés à l'accumulation de vulnérabilités financières, à des politiques macroéconomiques non viables, à l'accroissement des inégalités et à la perte de confiance dans les politiques traditionnelles.

### Tensions commerciales et scénario de détérioration
- Constat : multiplication des mesures commerciales depuis janvier (droits de douane imposés par les États-Unis et mesures de rétorsion), renégociations d'accords majeurs (ALENA, relations Royaume-Uni–UE) et incertitude accrue sur les coûts futurs des échanges.
- Conséquences potentielles :
  - Perturbation des chaînes d'approvisionnement mondiales, frein à la diffusion des nouvelles technologies, baisse de la productivité et du bien-être à l'échelle mondiale.
  - Biens échangeables moins abordables, impact disproportionné sur les foyers modestes.
  - Effet limité sur le rééquilibrage extérieur net, selon l'édition 2018 du Rapport sur le secteur extérieur.
- Scénario simulé (encadré scénario 1) : conjugaison d'une hausse des droits de douane par les États-Unis et de mesures de rétorsion par leurs partenaires commerciaux.
  - Le PIB mondial diminuerait de plus de 0,8 % en 2020.
  - Le PIB mondial resterait en retrait d'environ 0,4 % à long terme par rapport à un scénario de référence exempt de tensions commerciales.
  - Pertes régionales simulées :
    - États-Unis : perte de PIB de plus de 0,9 % en 2019.
    - Chine : perte de PIB supérieure à 1,6 % en 2019.
    - Pays partenaires commerciaux de l'ALENA : PIB inférieur de plus de 1,6 % en 2020 par rapport à l'absence de mesures tarifaires.
- Les simulations pourraient sous-estimer les effets négatifs réels ; un repli commercial pourrait s'accompagner de restrictions des flux transfrontaliers de facteurs, freiner la migration bénéfique et compliquer la coopération multilatérale.

### Tensions financières et vulnérabilités
- Contexte : après des années de conditions financières très favorables, le monde reste exposé à un durcissement soudain des conditions financières.
- Facteurs de vulnérabilité :
  - Valorisation tendue des actions sur certains marchés ; recherche de rendement poussant vers des actifs plus risqués.
  - Augmentation de la part des sociétés à faible note de crédit dans les indices obligataires des pays avancés.
  - Niveaux de dette publique et dette des entreprises nettement plus élevés qu'avant la crise financière mondiale dans de nombreux pays.
  - Dans certains pays émergents, inquiétudes sur les passifs conditionnels et asymétries de bilans.
- Canaux de transmission d'un choc financier :
  - Révision des anticipations sur l'inflation et les relèvements de taux, baisse brutale de l'appétit pour le risque, ajustements de portefeuille déstabilisants, accélération du retournement des flux de capitaux vers les pays avancés, appréciation du dollar.
  - Effets spécifiques : pression sur pays à endettement élevé, régimes de change fixes ou asymétries de bilans ; risques de contagion via élargissement des écarts de rendement (ex. Italie) ; dégradation des bilans bancaires et dynamique de la dette publique.
- Autres risques :
  - Mesures réglementaires, si mal coordonnées (ex. en Chine), pourraient provoquer des réévaluations désordonnées des actifs et accroître le risque de refinancement.
  - Recul inconsidéré des réformes et de la surveillance post-crise pourrait favoriser une prise de risque excessive et une accumulation de vulnérabilités.
  - Atteintes à la cybersécurité et cyberattaques contre les infrastructures financières pourraient perturber les systèmes de paiement internationaux et accroître le risque financier.

_Produit par les services du FMI d’après le document source._

### 2. Révision des prévisions de croissance

### 2. Révision des prévisions de croissance et exportations aux États-Unis

### Incertitude entourant les politiques économiques
- L’indice mondial d’incertitude entourant les politiques économiques de Baker–Bloom–Davis est une moyenne pondérée par le PIB des indices d’incertitude de 20 pays : Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Chili, Chine, Corée, Espagne, États-Unis, France, Grèce, Inde, Irlande, Italie, Japon, Mexique, Pays-Bas, Royaume-Uni et Russie, Suède.
- Moyenne de l’indice mondial d’incertitude entourant les politiques économiques de 1997 à 2015 = 100 ; moyenne de l’indice d’incertitude entourant la politique commerciale américaine de 1985 à 2010 = 100.
- L’incertitude entourant les politiques économiques menées à l’échelle mondiale a considérablement augmenté depuis le début de l’année.
- Les révisions des prévisions de croissance pour 2019 et 2020 sont légèrement plus négatives pour les pays qui sont davantage exposés aux États-Unis sur le plan commercial.

### Autres facteurs pesant sur les perspectives
- Des risques géopolitiques et des conflits intérieurs pèsent sur les perspectives de plusieurs pays, surtout au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne.
- L’encadré 1.5 compare l’ampleur des difficultés macroéconomiques dans plusieurs pays (par exemple en Libye, au Venezuela et au Yémen) à d’autres cas d’effondrement du PIB dans l’histoire récente.
- Une intensification des conflits au Moyen-Orient et en Afrique aurait des répercussions très négatives sur le plan intérieur et pourrait accroître les flux migratoires vers l’Europe.
- De nombreux pays restent exposés aux conséquences économiques et humanitaires des phénomènes météorologiques extrêmes et autres catastrophes naturelles, avec des retombées potentiellement fortes à l’échelle internationale à travers les flux migratoires.
- La croissance rapide et durable des crypto-actifs pourrait être à l’origine de nouveaux facteurs de vulnérabilité dans le système financier international.

### Analyse du graphique en éventail et facteurs de risque
- L’analyse du graphique en éventail, fondée sur des données des marchés boursiers et de produits de base ainsi que sur la dispersion des projections d’inflation et de primes de terme de prévisionnistes privés, fait apparaître un risque de révision à la baisse par rapport aux PEM d’octobre 2017.
- L’évolution est généralisée : tous les indicateurs mettent en évidence un recul pour l’année en cours jusqu’en 2019.
- La détérioration du profil de risque s’explique pour l’essentiel par l’exacerbation attendue des tensions commerciales mondiales, qui pèsera sur l’investissement et la croissance.
- Les lignes structurelles et indicateurs mentionnés incluent :
  - Intervalles de confiance de 50 %, 70 % et 90 % pour l’incertitude autour des prévisions (l’intervalle de confiance de 70 % inclut l’intervalle de confiance de 50 %, et l’intervalle de confiance de 90 % inclut les intervalles de confiance de 50 et 70 %).
  - Les intervalles de 90 % pour les prévisions de l’année en cours et à un an par rapport aux PEM d’octobre 2017 sont indiqués.
  - Indicateurs sous-jacents : PIB (dispersion moyenne pondérée par les parités de pouvoir d’achat des prévisions de croissance du PIB pour les pays du G-7, le Brésil, la Chine, l’Inde et le Mexique), VIX (indice de volatilité implicite du S&P 500 du marché des options de Chicago), Écart de taux (dispersion moyenne des écarts entre taux longs et courts implicites dans les prévisions des taux d’intérêt pour l’Allemagne, les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni), Pétrole (indice de volatilité du pétrole brut du marché des options de Chicago).
  - Pour l’inflation et le marché pétrolier, les valeurs ont le signe opposé, puisqu’il s’agit de risques de révision à la baisse de la croissance.

### Priorités de politique
- Dans le contexte du risque de révision à la baisse, les politiques nationales et multilatérales ont un rôle crucial à jouer pour pérenniser l’expansion mondiale et renforcer les perspectives d’une croissance solide et inclusive.
- La croissance mondiale reste supérieure au rythme tendanciel, mais comme la dynamique a atteint son maximum, il devient plus urgent d’accroître la résilience et de remédier aux difficultés de longue date.
- Les pays devraient profiter de cette période de croissance durable pour reconstituer leur marge de manœuvre budgétaire et entreprendre des réformes structurelles visant à améliorer la productivité de la main-d’œuvre, le taux d’activité et la flexibilité du marché du travail.
- L’investissement à privilégier : infrastructures matérielles et numériques, réduction des obstacles à l’entrée sur les marchés de services.

### Politique monétaire : orientations par région
- Aux États-Unis :
  - La politique monétaire devrait faire l’objet d’un resserrement progressif à mesure que des tensions inflationnistes apparaissent sur fond de croissance solide et de chômage historiquement bas.
  - La relance budgétaire massive et procyclique exerce une pression supplémentaire sur la Réserve fédérale pour qu’elle relève les taux directeurs afin de préserver l’ancrage des anticipations d’inflation autour de l’objectif et d’empêcher une surchauffe de l’économie.
  - L’attachement constant de la Réserve fédérale à une politique formulée en fonction des données et à une communication transparente sera déterminant.
- Royaume-Uni :
  - Où l’écart de production a été comblé et le chômage est faible, un modeste durcissement de la politique monétaire peut se justifier, tout en restant flexible face à l’évolution de la situation en lien avec le Brexit.
- Zone euro et Japon :
  - Des politiques monétaires accommodantes restent pertinentes.
  - Dans la zone euro, les écarts de production positifs et le resserrement des marchés du travail devraient faire remonter l’inflation à terme, mais lentement à l’horizon des prévisions.
  - Anticipation de la Banque centrale européenne : les taux directeurs resteront bas jusqu’à l’été 2019, et au-delà si nécessaire, ainsi que poursuite des achats nets d’actifs jusqu’à la fin de l’année et réinvestissements connexes.
  - Au Japon, où l’inflation ne devrait pas atteindre l’objectif au cours des cinq prochaines années, la poursuite d’une politique monétaire accommodante s’avère indispensable ; la Banque du Japon a renforcé son engagement à relancer l’économie en donnant des indications prospectives sur les taux directeurs et en accentuant la souplesse des opérations sur le marché.

### Politique budgétaire : reconstituer une marge de manœuvre et orienter la composition
- La croissance supérieure au rythme tendanciel dans de nombreux pays avancés offre l’opportunité de constituer une marge de manœuvre budgétaire.
- Le graphique 1.21 montre que, si la dette publique doit diminuer dans bon nombre des plus grands pays avancés au cours des cinq prochaines années, les variations prévues de la dette publique ne sont pas corrélées aux niveaux d’endettement de départ.
- Il faudrait éviter et revenir sur la relance budgétaire procyclique (aux États-Unis par exemple).
- Les pays disposant d’un espace budgétaire et d’excédents extérieurs excessifs devraient prendre de nouvelles mesures pour améliorer le potentiel de croissance nationale et remédier aux déséquilibres mondiaux (en Allemagne par exemple).
- Dans les cas où un rééquilibrage budgétaire est souhaitable, le rythme du durcissement de la politique budgétaire devrait dépendre de la conjoncture et éviter de freiner brutalement la demande.
- Il faudrait redéfinir la composition des dépenses et recettes pour renforcer l’inclusion et protéger les personnes vulnérables ; les dépenses budgétaires devraient privilégier des domaines capables de stimuler la croissance (infrastructures matérielles et numériques, accroissement du taux d’activité en cas de vieillissement, développement des compétences de la main-d’œuvre).
- Aux États-Unis, la réforme du code des impôts et l’augmentation des dépenses creuseront le déficit budgétaire, qui devait déjà se dégrader à long terme en raison des dépenses liées au vieillissement. Sur fond de taux de chômage historiquement bas, l’accroissement du déficit dope la pression sur la politique monétaire.

*Source : PEM, édition d’octobre 2018 (chapitre 1 reproduit dans le contenu fourni).*

### 1. PA G-20 : variation prévue de la dette publique (201723)

### 1. PA G-20 : variation prévue de la dette publique (2017–23)

### Principale observation sur la dette publique
- La dette publique devrait baisser dans la plupart des grands pays avancés sur la période 2017–23, alors qu’elle devrait augmenter dans certains des plus grands pays émergents et pays en développement.
- Il n’existe pas de relation manifeste entre la variation prévue des ratios d’endettement et le niveau de dette observé en 2017.
- Source des estimations : calculs des services du FMI.

### Politiques budgétaires dans les pays avancés (points saillants)
- États-Unis :
  - Une politique budgétaire expansionniste accroîtrait le déficit, réduirait les ressources pour les réformes de l’offre, grossirait une dette publique déjà non viable et accentuerait les déséquilibres mondiaux.
  - Avec une économie fonctionnant déjà au-dessus de son potentiel, l’expansion budgétaire pourrait provoquer une inflation non anticipée et un relèvement des taux d’intérêt plus rapide que prévu, durcir les conditions financières mondiales et faire apprécier le dollar.
  - Recommandation : accroître le ratio recettes/PIB en misant davantage sur les impôts indirects.
- Royaume‑Uni :
  - Objectifs budgétaires visant à ramener le déficit corrigé des variations cycliques en dessous de 2 % du PIB et à amorcer une décrue de la dette publique d’ici à 2020–21.
  - Ces objectifs servent d’ancrage à moyen terme tout en permettant une certaine souplesse à court terme.
- Japon :
  - Nécessité d’un plan d’assainissement crédible à moyen terme pour ancrer la trajectoire de la dette.
  - Proposition : hausses progressives du taux de l’impôt sur la consommation au‑delà de l’augmentation de 2 points de pourcentage envisagée pour octobre 2019.
  - Avertissement : éviter un durcissement prématuré de la politique budgétaire à court terme.
- Zone euro :
  - Pays avec espace budgétaire limité (France, Italie, Espagne) doivent profiter de la période de croissance supérieure au potentiel et d’une politique monétaire accommodante pour reconstituer leur marge de manœuvre.
  - Pays avec espace budgétaire (par exemple l’Allemagne) devraient financer des mesures pour accroître le potentiel de production et faciliter le rééquilibrage extérieur (investissements publics dans le capital physique et humain).

### Politiques structurelles : stimuler la croissance potentielle
- Diagnostic général :
  - Faible productivité et vieillissement de la population pèsent sur la croissance potentielle des pays avancés.
  - Réformes des marchés de produits et du travail, et investissements dans l’éducation et la santé, sont nécessaires pour améliorer productivité, offre de travail et inclusion.
- Exemples par pays :
  - France : accroître la flexibilité du marché du travail, améliorer l’adéquation des compétences aux besoins des entreprises, alléger la charge administrative sur les entreprises.
  - Allemagne : accroître l’offre de travail, l’investissement, l’esprit d’entreprise et accélérer la transformation numérique, financés depuis l’espace budgétaire disponible.
  - Italie : préserver les réformes des retraites et du marché du travail; décentraliser les négociations salariales pour aligner salaires et productivité au niveau des entreprises.
  - Espagne : redynamiser le programme de réformes pour renforcer l’efficacité des politiques actives du marché du travail et réduire le cloisonnement.
  - Japon : priorité à la réforme du marché du travail (p.ex. « un salaire égal pour un travail égal »), augmenter le taux d’activité des femmes et des travailleurs âgés, autoriser davantage de main-d’œuvre étrangère.
  - États‑Unis : réduire l’impôt sur le revenu d’activités professionnelles pour les faibles revenus et revaloriser le salaire minimum fédéral; réformer l’éducation professionnelle et l’enseignement supérieur.
  - Royaume‑Uni : assouplir les contraintes d’urbanisme, améliorer les infrastructures de transport et développer le capital humain parmi les moins qualifiés; politiques actives pour faciliter le redéploiement des travailleurs post‑Brexit.

### Politiques du secteur financier
- Objectif général : consolider les systèmes financiers et éviter un recul sur les réformes de la réglementation d’après‑crise.
- Mesures recommandées :
  - Élaboration et mise en place d’outils macroprudentiels et reconstitution de la marge de manœuvre (incluant augmentation des volants de capitaux).
  - Zone euro : finalisation de l’union bancaire; assainissement des bilans pour renforcer l’intermédiation du crédit; améliorer coût‑efficacité et rentabilité des banques via surveillance, numérique et modèles économiques modernes.
  - Japon : augmenter les revenus tirés des commissions, diversifier les sources de recettes et poursuivre l’assainissement pour répondre aux taux bas et au vieillissement.
  - États‑Unis : surveiller l’endettement croissant, le relâchement des normes de souscription, la montée des produits gérés passivement et les risques numériques; préserver et renforcer la stratégie de réglementation fondée sur les risques.
- Pays spécifiques :
  - Russie : progrès récents (fermeture de banques fragiles, réforme du dispositif de résolution, réduction de la dollarisation); besoin d’améliorer efficience, concurrence et gouvernance bancaire.
  - Turquie : tensions marquées dans les bilans bancaires et des sociétés; nécessité de renforcer le contrôle bancaire et le système de gestion des crises.
  - Brésil : secteur financier résiste mais le crédit bancaire reste à la traîne; continuer à traiter les vulnérabilités (engagements entre parties liées, positions importantes, risque‑pays, prêts restructurés).
  - Mexique : exposition à la volatilité internationale; le taux de change doit rester principal amortisseur; interventions de change limitées au désordre de marché; ligne de crédit modulable comme protection.
  - Afrique du Sud : amortisseurs existants (taux de change flottant, marchés financiers étoffés), mais besoins de financement extérieur brut importants accroissent la vulnérabilité; réformes de gouvernance et climat des affaires nécessaires.
  - Arabie saoudite : renforcer services financiers et inclusion financière, financer PME, développer marchés de la dette et accès aux services financiers pour les femmes.
  - Égypte : réserves abondantes et régime de change souple permettent de faire face aux sorties de capitaux; importance de cadres macroéconomiques solides et d’une mise en œuvre méthodique des politiques.

### Pays émergents : gérer les arbitrages et renforcer la résilience
- Contexte :
  - Normalisation de la politique monétaire aux États‑Unis et raffermissement du dollar ont pesé sur taux de change et coûts de financement de certains émergents (Afrique du Sud, Brésil, Inde, Indonésie, Mexique, et surtout Argentine et Turquie), provoquant des réductions des entrées de capitaux.
- Réponses observées :
  - Autoréglage du taux de change, relèvements des taux d’intérêt (Argentine, Indonésie, Mexique, Turquie), mobilisation de financements officiels (Argentine), interventions sur le marché des changes (Argentine, Brésil).
  - Turquie : nécessite un train global de mesures monétaires, budgétaires, quasi budgétaires et financières.
- Politique monétaire :
  - Resserrement pour réancrer les anticipations lorsque l’inflation reste élevée (Argentine), en progression après forte dépréciation (Turquie) ou appelée à se redresser (Inde).
  - Maintien d’un stance accommodant : Brésil (chômage élevé, inflation se rapprochant de l’objectif).
  - Mexique : politique monétaire pourrait devenir accommodante une fois que l’inflation sera clairement orientée à la baisse, si l’ancrage des anticipations est maintenu.
  - Russie : ajustement possible de modérément restrictif vers la neutralité.
  - Indonésie : récent resserrement souhaitable; évaluer effets avant nouveaux ajustements.
  - Afrique du Sud : risques de pressions sur le taux de change pouvant entraîner une révision à la hausse des prévisions d’inflation.
- Régime de change :
  - Souplesse du régime de change aide à absorber les chocs; interventions limitées au remède du désordre de marché tout en protégeant les réserves.
- Recommandations macroprudentielles et sectorielles :
  - Freiner la croissance excessive du crédit, publication de bilans bancaires solides, réduire déséquilibres échéances/monnaies, maintenir l’ordre sur les marchés.
  - Chine : poursuivre le désendettement, renforcer réglementation et surveillance, meilleure comptabilisation des actifs compromis, allocation du crédit davantage fondée sur le marché.
  - Inde : relancer le crédit bancaire via assainissement des bilans des banques et des sociétés et améliorer la gouvernance des banques publiques.

### Reconstituer la marge de manœuvre budgétaire (pays émergents)
- Faits :
  - Dans les pays émergents, la dette publique s’est accrue au cours des dix dernières années et devrait continuer à augmenter dans bon nombre des principaux pays ces cinq prochaines années.
- Recommandations générales :
  - Préserver et reconstituer la marge de manœuvre budgétaire; orienter la composition des dépenses et recettes pour favoriser la croissance et protéger les plus vulnérables.
- Pays ciblés et mesures proposées :
  - Chine : assainissement progressif des finances publiques; politique budgétaire facilitant le rééquilibrage entre investissement et consommation privée; éviter une relance par les infrastructures; accent sur progressivité de l’impôt sur le revenu des personnes physiques; augmenter dépenses de santé, d’éducation et transferts sociaux; réformer entreprises publiques; libéraliser marchés, en particulier dans les services.
  - Inde : alléger la dette, réduire aides, discipline fiscale, mise en place de la taxe sur les biens et services.
  - Indonésie : poursuivre réduction des aides non ciblées; stratégie à moyen terme pour accroître le coefficient fiscal.
  - Brésil : réforme des retraites indispensable; renforcer le cadre budgétaire, réduire la masse salariale publique, harmoniser les régimes fiscaux d’États fédéraux et infranationaux; protéger programmes sociaux efficaces.
  - Mexique : viser un objectif budgétaire plus ambitieux à moyen terme pour reconstituer l’espace budgétaire.
  - Argentine : rééquilibrage budgétaire prononcé et immédiat pour alléger le financement fédéral et placer la dette sur une trajectoire clairement baissière.
  - Russie : poursuivre le rééquilibrage budgétaire conforme à la règle budgétaire; recentrage des dépenses pour financer santé, éducation et infrastructures; relever le taux principal de la TVA; renforcer le civisme fiscal et élargir l’assiette de l’impôt; réforme paramétrique des retraites.
  - Turquie : assainissement budgétaire et quasi budgétaire dans le cadre du programme d’action; gérer rigoureusement partenariats public–privé; réduire progressivement les garanties de prêt publiques.
  - Afrique du Sud : rééquilibrage budgétaire progressif et propice à la croissance en priorisant l’épargne salariale; accroître l’efficience des dépenses courantes via un meilleur ciblage des aides en matière d’éducation et la rationalisation des transferts aux entités publiques.

### Réformes structurelles pour stimuler la croissance (émergents et autres)
- Mesures transversales :
  - Simplifier les réglementations, rehausser la compétitivité, investir dans infrastructures et capital humain, accroître l’efficience du marché du travail.
- Exemples par pays :
  - Chine : renforcer réglementation financière, durcir la politique macroprudentielle, freiner l’endettement des ménages, réformes budgétaires pour rééquilibrer, lutter contre les inégalités, réformer entreprises publiques, libéraliser marchés de services, enlever distorsions aux flux commerciaux.
  - Inde : poursuivre réforme des marchés du travail et du foncier, améliorer climat des affaires.
  - Indonésie : développer infrastructures, simplifier réglementations, améliorer qualité de l’enseignement, assouplir réglementation du marché du travail.
  - Brésil : améliorer intermédiation financière, investir dans infrastructures, lutter efficacement contre blanchiment et corruption.
  - Argentine : renforcer la protection sociale pour partager les fruits de la croissance.
  - Russie : améliorer droits de propriété, gouvernance, infrastructures institutionnelles; réforme des marchés du travail; investir dans innovation et infrastructures.
  - Turquie : accroître flexibilité du marché du travail; renforcer climat des affaires pour améliorer qualité des flux de capitaux.
  - Afrique du Sud : poursuivre mesures anti‑corruption, renforcer passation de marchés, supprimer dépenses inutiles; améliorer efficience des entreprises publiques, flexibilité du marché du travail, enseignement de base et formation adaptée aux besoins des entreprises.

### Pays en développement à faible revenu : résilience et marge budgétaire
- Situation et risques :
  - Malgré une légère progression de la croissance en 2017–18, nombreux pays à faible revenu restent exposés à des risques considérables (durcissement des conditions financières mondiales, tensions commerciales, dérapages des politiques nationales, hausse des températures, catastrophes naturelles, conflits).
- Dette publique :
  - La charge de la dette publique s’est alourdie dans de nombreux pays à faible revenu ces dernières années.
  - Pour les pays exportateurs de pétrole en Afrique subsaharienne, la dette publique libellée en monnaie étrangère s’est accrue de pas moins de 80 % entre 2010–13 et 2017.
  - Pour les pays pauvres en ressources naturelles, l’augmentation a atteint environ 18 % au cours de la même période (édition d’avril 2018 des Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne).
  - De nombreux pays renoncent aux sources d’endettement classiques multilatérales et bilatérales au profit d’émissions obligataires et de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris, augmentant les coûts du service de la dette.
- Recommandations :
  - Renforcer les finances publiques pour réduire la vulnérabilité de la dette.
  - Pour les pays exportateurs de combustibles : résister à la tentation de laisser la hausse des cours du pétrole retarder les réformes.

*Source : calculs des services du FMI.*

### 2013. L’augmentation des recettes non pétrolières et la

### 2013. L’augmentation des recettes non pétrolières et la

### Augmentation des recettes non pétrolières et assainissement des finances publiques
- Priorités : augmenter les recettes non pétrolières et poursuivre l’assainissement des finances publiques pour les pays exportateurs de pétrole.
- Orientations de politique :
  - Rééquilibrage budgétaire propice à la croissance.
  - S’orienter vers des dépenses productives et sociales.
  - Mobilisation de recettes intérieures concentrée en début de période (par exemple, élargir l’assiette de l’impôt et renforcer la gestion des recettes).
- Renforcement du système financier :
  - Accroître la résilience financière via contrôle bancaire en amont.
  - Garantir des provisions suffisantes pour les pertes des banques.
  - Améliorer les dispositifs de résolution pour éviter des plans de sauvetage publics onéreux.

### Développer des économies plus solides et diversifiées
- Contexte et défi démographique :
  - La croissance du revenu par habitant dans de nombreux pays à faible revenu devrait rester faible et inférieure aux moyennes antérieures.
  - D’ici 2035, la population en âge de travailler (15–64 ans) dans les pays à faible revenu sera plus importante que celle de l’ensemble du reste du monde.
  - Graphique 1.22 : Variation de la population en âge de travailler (15–64) par rapport à 2015 (Millions), axes couvrant 2015–2050 ; indicateurs régionaux mentionnés : Pays avancés, Pays en développement à faible revenu, Reste du monde, Chine.
- Mesures requises :
  - Créer suffisamment d’emplois pour absorber les nouveaux arrivants.
  - Diversifier l’économie vers des activités à forte intensité de main-d’œuvre hors agriculture.
  - Réduire la dépendance excessive aux produits de base pour les pays riches en ressources naturelles.
  - Favoriser le développement du secteur privé (consolider droits des investisseurs, État de droit, réduire le coût d’exercice d’une activité, renforcer infrastructures et ouverture au commerce).
  - Améliorer les niveaux d’instruction pour doter les travailleurs des compétences nécessaires.
- Résilience et changement climatique :
  - Renforcer la marge de manœuvre macroéconomique et des cadres de politique solides.
  - Politiques et institutions facilitant la mobilité du travail et du capital.
  - Investir dans des stratégies d’adaptation (infrastructures climato-intelligentes, technologies et réglementations adaptées, dispositifs de protection sociale bien ciblés).

### Stimuler une croissance inclusive
- Situation des inégalités :
  - Les inégalités ont reculé depuis 2000 dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, de l’Asie et de l’Amérique latine, mais les pays à faible revenu continuent d’enregistrer de profondes inégalités.
- Mesures pour l’inclusion :
  - Stabilité macroéconomique pour améliorer la viabilité de la croissance.
  - Investissement dans les infrastructures matérielles, surtout dans les régions pauvres.
  - Créer un environnement propice à la concurrence et au commerce (réformes des marchés de produits garantissant égalité de traitement).
  - Faciliter l’accès aux services financiers pour ménages à faible revenu et PME, notamment via les évolutions de la technologie financière.
  - Investir dans une éducation accessible et de qualité, y compris pour la petite enfance, et dans des soins de santé diversifiés.

### Politiques multilatérales — domaines prioritaires
- Commerce :
  - Importance de l’ouverture au commerce dans un système multilatéral fondé sur des règles.
  - Objectifs : réduire les coûts des échanges, régler les différends sans obstacles tarifaires et non tarifaires, faciliter l’adaptation des personnes déplacées par le commerce et les technologies.
  - Renforcer les règles et engagements de l’OMC (services, commerce électronique) ; résoudre l’impasse concernant l’organe d’appel de l’OMC.
- Stabilité financière dans le monde :
  - Achever la mise en œuvre du programme de réformes (par exemple mise en place intégrale du ratio de levier et du ratio structurel de liquidité à long terme).
  - Élaborer des dispositifs de résolution efficaces et accentuer la surveillance pour les institutions financières importantes à l’échelle mondiale (notamment transfrontalière).
  - Renforcer outils et capacité des entités macroprudentielles.
  - Réduire le risque systémique découlant des institutions financières non bancaires ; combler le déficit de données.
  - Coopération continue pour les nouveaux risques (contreparties centrales systémiques, cybersécurité), lutte contre le blanchiment international de capitaux et le financement du terrorisme.
  - Préserver les relations de correspondant bancaire pour assurer l’accès aux paiements internationaux pour les pays à faible revenu.
  - Un dispositif mondial de protection suffisamment financé demeure indispensable pour un accès rapide et prévisible au financement international.
- Migrations :
  - L’immigration peut réduire les effets du vieillissement et contribuer à la productivité mais peut susciter des réactions politiques.
  - Pour les pays d’origine, l’émigration peut peser sur la croissance à long terme malgré les envois de fonds et réseaux de diasporas.
  - Coopération entre pays d’origine et pays d’accueil pour faciliter l’intégration rapide des migrants et appuyer les flux d’envois de fonds.
  - Collaboration internationale nécessaire pour la sécurité, atteindre les objectifs de développement durable et s’adapter au changement climatique.
- Déséquilibres excessifs :
  - Pays déficitaires et excédentaires doivent mettre en œuvre des mesures pour rééquilibrer la composition de la demande mondiale et empêcher une nouvelle accumulation de déséquilibres mondiaux excessifs.
- Fiscalité :
  - Caractéristiques actuelles du système fiscal international incitent à l’évasion fiscale (transfert de bénéfices des multinationales vers des pays à taux faibles).
  - Le « chalandage fiscal » via conventions fiscales complexes permet d’éviter ou réduire l’impôt retenu à la source.
  - Renforcement de la coopération multilatérale en matière de fiscalité requis (p. ex. initiative « Érosion de la base d’imposition et transfert de bénéfices » de l’OCDE et du G20).
  - À plus long terme, des réformes plus profondes pourraient être nécessaires.
- Autres thèmes :
  - Coopération internationale cruciale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter les répercussions du changement climatique.
  - Les phénomènes climatiques affectent davantage les pays à faible revenu.
  - Intensification des flux migratoires due au climat ; besoin d’une action internationale pour faire face aux réfugiés et aux situations de conflit.
  - Action internationale d’envergure nécessaire pour endiguer la corruption.

### Encadré scénario 1 — Tensions commerciales mondiales : structure du scénario
- Outil : modèle GIMF (modèle monétaire et budgétaire mondial intégré) simulant effets économiques de droits de douane instaurés entre les États-Unis et plusieurs partenaires et de mesures annoncées ou envisagées.
- Cinq niveaux du scénario :
  1. Mesures déjà appliquées (intégrées dans les projections de référence) :
     - Droit de 10% sur toutes les importations d’aluminium.
     - Droit de 25% sur toutes les importations d’acier.
     - Droit de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine.
     - Droit de 10% sur 200 milliards de dollars supplémentaires d’importations de Chine, relevé ensuite à 25%.
     - Hypothèse : tous les partenaires des États-Unis répliquent et prélèvent des taxes sur un montant équivalent d’exportations américaines, sauf pour le droit de 10% sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises (dans ce cas la Chine réagit par un droit moyen de 7% sur 60 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis, porté à 17% quand le droit américain passe à 25%).
     - Hypothèse : droits sur acier et aluminium frappent exclusivement les biens intermédiaires ; représailles de la Chine et autres partenaires concernent produits finis et intermédiaires.
     - Calendrier : taxes supposées permanentes ; prennent effet au second semestre de 2018, sauf la taxe de 10% sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises et ses mesures de rétorsion (quatrième trimestre de 2018). Passage de 10% à 25% et rétorsions supposés effectifs en 2019.
  2. Ajout : droit de douane américain de 25% frappant 267 milliards de dollars supplémentaires d’importations de Chine ; réaction chinoise : augmenter assiette et taux pour frapper toutes les importations en provenance des États-Unis à 25% (environ 130 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis). Droits permanents prenant effet en 2019.
  3. Ajout : taxe de 25% sur toutes les voitures et toutes les pièces automobiles importées (valeur d’environ 350 milliards de dollars). Réactions symétriques des partenaires ; droits permanents prenant effet en 2019.
  4. Ajout : effet sur la confiance et l’investissement des entreprises :
     - Mesure d’incertitude globale relative aux politiques économiques (Baker, Bloom et Davis).
     - Une augmentation d’un écart-type de cette mesure (soit environ le sixième de la variation observée pendant la crise financière mondiale) se traduit par une chute estimée de 1% du niveau d’investissement aux États-Unis au cours d’une année.
     - Hypothèse : la moitié de cette baisse se produit en 2018 et le reste en 2019.
     - Effet du recul de l’investissement dans d’autres pays calculé en fonction de l’ouverture relative au commerce avec les États-Unis.
  5. Ajout : durcissement des conditions financières pour les entreprises :
     - Basé sur estimations de l’impact sur les bénéfices des sociétés américaines du pire scénario de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.
     - Baisse estimée des bénéfices de 15% dans le pire scénario.
     - Liaison historique entre baisse des bénéfices et hausse des écarts de taux sur les obligations d’entreprises américaines ; transmission aux autres pays selon note de crédit relative.
     - Augmentation des écarts de taux supposée se produire pour moitié en 2019 et pour moitié en 2020.
- Hypothèses de politique et substituabilité :
  - Zone euro et Japon supposés incapables d’assouplir davantage leurs politiques monétaires conventionnelles (borne zéro).
  - Si mesures monétaires non conventionnelles supplémentaires appliquées, baisse du PIB au Japon et dans la zone euro serait environ moitié moins importante à court et moyen terme que celle estimée ici.
  - Ailleurs, politique monétaire classique réagit selon une fonction de type Taylor.
  - Court terme : capacité limitée des entreprises à substituer parmi les intrants intermédiaires importés.
  - Long terme : substituabilité entre intrants intermédiaires notablement meilleure, comparable à celle entre produits finis.
- Limites du modèle :
  - GIMF éclairant pour transmission des chocs macroéconomiques mais ne rend pas compte des distorsions sectorielles spécifiques.
  - Impact sectoriel (p. ex. automobile) approximé par une hausse généralisée et plus faible des droits ; ceci peut sous- ou surestimer certaines substitutions à court terme.
  - Incertitude importante sur amplitude et persistance des effets de la confiance et du resserrement des écarts de taux.

### Résultats simulés clés (impacts macroéconomiques)
- Effets à court et moyen terme :
  - Impact des droits déjà imposés : modeste mais significatif, coûts essentiellement supportés par les États-Unis et la Chine.
  - Si les États-Unis imposaient 25% sur 267 milliards de dollars supplémentaires d’importations de Chine et si la Chine ripostait symétriquement, les coûts seraient approximativement multipliés par deux.
  - L’ajout d’un droit sur les voitures et pièces automobiles augmenterait fortement l’incidence négative sur l’économie américaine (taille ciblée et forte proportion d’intrants intermédiaires difficilement substituables).
  - Certains pays (Chine, zone euro) peuvent être temporairement avantagés par substitution vers d’autres fournisseurs, mais cet avantage s’estompe.
  - Réduction de l’investissement due à l’incertitude : pénalise la production partout, surtout dans les pays où politique monétaire classique est limitée.
  - Durcissement des conditions financières amplifie les baisses de production, les pays émergents étant potentiellement plus touchés.
- Effets à long terme (barres en couleur) :
  - Production aux États-Unis inférieure de presque 1% à celle d’un scénario de référence sans droit de douane.
  - Production en Chine inférieure de juste un peu plus de ½%.
  - Partenaires des États-Unis au sein de l’ALENA : production inférieure de près de 1½% à la production de référence.
  - Contraction à long terme du PIB : un peu moins de 0,2% au Japon.
  - Contraction à long terme du PIB : de moins de 0,1% dans la zone euro.
  - PIB mondial en recul d’environ 0,4% à long terme, avec les pays du G20 légèrement plus touchés que les autres.

*weo1018-fr - 2013. L’augmentation des recettes non pétrolières et la*

### 2. Chine

### 2. Chine

### Scénario de tensions commerciales — impacts sur le PIB réel
- Graphique scénario 1 illustre l'écart du PIB réel par rapport aux valeurs témoins pour plusieurs économies/régions (échelle en %).  
- Groupes/entités figurant dans le graphique : Japon, Zone euro, Partenaires des États-Unis au sein de l'ALENA, Monde, Pays avancés du G-20, Pays émergents du G-20.  
- Source des estimations : estimations des services du FMI.  
- Note : ALENA = Accord de libre-échange nord-américain ; G-20 = Groupe des Vingt.

### Puissance commerciale des entreprises : constats empiriques
- Mesure utilisée : marge bénéficiaire brute des entreprises (prix de vente de la production rapporté à son coût marginal), calculée sur un grand nombre d’entreprises cotées en bourse dans 74 pays.  
- Évolution observée : les marges bénéficiaires ont sensiblement progressé dans les pays avancés depuis les années 80, de 43% en moyenne.  
- Différences par groupe : la hausse des marges bénéficiaires est moins évidente dans les pays émergents et pays en développement.  
- Hétérogénéité sectorielle : les marges ont augmenté dans la quasi-totalité des secteurs mais de façon très hétérogène ; marges plus que doublées dans les secteurs suivants : biotech, fonds de placement immobilier résidentiel, crédit à la consommation et logiciels ; réduction des marges pour des sous-secteurs comme les pièces automobiles, le matériel informatique et les composants et équipements électriques.  
- Concentration au sommet : l’augmentation de la puissance commerciale est surtout l’apanage d’un petit pourcentage de « méga-entreprises » qui dégagent des marges impressionnantes, entraînant une répartition de plus en plus inégale des marges au niveau global et au sein des secteurs.  
- Conséquences micro-macro : l’élévation des marges, initialement associée à une intensification de l’investissement et de l’innovation, devient négative quand la puissance commerciale augmente trop — relation en U inversé entre concurrence et investissement/innovation (appui aux conclusions d’Aghion et al. (2005)).  
- Part du travail : la montée en puissance commerciale s’accompagne d’un recul de la part du travail (pourcentage du chiffre d’affaires allant aux travailleurs diminue), alors que les bénéfices augmentent.  
- Données et sources : Thomson Reuters Worldscope ; calculs/estimations des services du FMI ; marges bénéficiaires moyennes de sociétés cotées (pondérées en fonction du chiffre d’affaires).  
- Méthodologie de référence : marges calculées selon De Loecker et Warzynski (2012) et De Loecker et Eeckhout (2017) (travaux de Díez, Leigh et Tambunlertchai (2018)).

### Implications et facteurs potentiels
- Causes possibles évoquées : développement des actifs incorporels (brevets), effets de réseau dans l’économie numérique, obsolescence ou application moins rigoureuse de la législation antitrust.  
- Besoin de recherche : nécessité d’entreprendre des recherches plus poussées pour démêler les différents facteurs à l’œuvre.  
- Interprétation pour les politiques : les conséquences pour la formulation des politiques économiques dépendent des facteurs à l’origine de la puissance commerciale accrue (aucune prescription normative chiffrée fournie dans l'extrait).

### Perspectives de croissance : pays avancés (résumé chiffré)
- Croissance agrégée des pays avancés : 2,4% en 2018 ; 2,1% en 2019 ; 1,7% en 2020 ; 1,5% à moyen terme.  
- États-Unis : 2,9% en 2018 ; 2,5% en 2019 ; 1,8% en 2020 ; moyen terme 1,4%.  
- Zone euro : 2,0% en 2018 ; 1,9% en 2019 ; croissance à moyen terme avoisinant 1,4%.  
  - France : 1,6% en 2018 et 2019.  
  - Allemagne : 1,9% en 2018 et 2019.  
  - Italie : 1,2% en 2018 et 1% en 2019.  
  - Espagne : 2,7% en 2018 et 2,2% en 2019.  
- Royaume-Uni : 1,4% en 2018 ; 1,5% en 2019 ; moyen terme 1,6%.  
- Japon : 1,1% en 2018 ; 0,9% en 2019.  
- Autres pays avancés : Canada 2,1% en 2018 et 2,0% en 2019 ; Australie >3,0% en 2018 et 2,8% en 2019 ; Corée 2,8% en 2018 et 2,6% en 2019.

### Perspectives de croissance : pays émergents et en développement (résumé chiffré)
- Croissance agrégée attendue : stabilisation à 4,7% en 2018–19 ; augmentation modeste à moyen terme.  
- Chine : 6,9% en 2017 ; 6,6% en 2018 ; 6,2% en 2019 ; ralentissement progressif jusqu’à 5,6% à moyen terme.  
  - Remarques : la diminution de 0,2 point de pourcentage de la croissance prévue pour 2019 est attribuable à l’influence négative des mesures tarifaires récentes, qui devrait normalement être compensée par des politiques de stimulation économique. Le ralentissement reflète la contraction de la demande extérieure et le durcissement nécessaire de la réglementation financière.  
- Inde : 6,7% en 2017 ; 7,3% en 2018 ; 7,4% en 2019 ; perspectives à moyen terme 7¾%.  
- ASEAN (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande et Viet Nam) : 5,3% en 2018 ; 5,2% en 2019.  
- Amérique latine et Caraïbes : 1,3% en 2017 ; 1,2% en 2018 ; 2,2% en 2019.  
  - Mexique : 2,0% en 2017 ; 2,2% en 2018 ; 2,5% en 2019.  
  - Brésil : 1,0% en 2017 ; 1,4% en 2018 ; 2,4% en 2019 ; croissance à moyen terme 2,2%.  
  - Argentine : 2,9% en 2017 ; contraction de 2.6% en 2018 ; contraction supplémentaire de 1,6% en 2019 ; croissance à moyen terme 3,2% sous conditions.  
  - Venezuela : chute de 14% en 2017 ; contraction attendue de 18% en 2018 ; contraction additionnelle de 5% en 2019.  
- Communauté des États indépendants : croissance régionale attendue 2,3% en 2018 et 2,4% en 2019 (contre 2,1% en 2017) ; baisse légère jusqu’à 2,1% à moyen terme.  
  - Russie : 1,5% en 2017 ; 1,7% en 2018 ; croissance à moyen terme 1,2%.  
  - Kazakhstan : 3,7% en 2018 ; 3,1% en 2019.  
- Pays européens émergents et en développement : diminution de la croissance de 6,0% en 2017 à 3,8% en 2018, puis baisse jusqu’à 2,0% en 2019.

*Source : extraits du chapitre et encadrés (estimations et calculs des services du FMI, Thomson Reuters Worldscope) — PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Octobre 2018.*

### 2018. La Pologne enregistre une forte hausse cyclique

### 2018. La Pologne enregistre une forte hausse cyclique

### Croissance et perspectives par pays et régions
- Pologne
  - Croissance potentielle de 4,4 percent en 2018 (en augmentation de 0,3 point de pourcentage depuis les estimations des Perspectives de l’économie mondiale en avril 2018), reflétant une croissance des investissements plus forte que prévu.
  - Croissance potentielle attendue à 3,5 percent en 2019 et 2,8 percent à moyen terme, en raison de goulots d’étranglement démographiques et structurels.
- Roumanie
  - Croissance de 6,9 percent en 2017 grâce à une stimulation budgétaire et à une forte demande extérieure.
  - Croissance prévue: 4 percent en 2018, puis 3,4 percent en 2019 (1,1 et 0,1 point de pourcentage de moins que les prévisions des Perspectives de l’économie mondiale en avril 2018), suite à une diminution de la stimulation.
- Turquie
  - Très forte croissance en 2017 et début 2018, mais ralentissement prononcé attendu.
  - Croissance du PIB réel: 3,5 percent en 2018, puis 0,4 percent en 2019 (soit 3,6 points de pourcentage de moins en 2019 que les prévisions des Perspectives de l’économie mondiale en avril 2018).
  - Facteurs pesant sur l’activité: faiblesse de la lire, augmentation du coût des emprunts, incertitude, exposition à des variations abruptes de flux de capitaux et risques géopolitiques.
- Afrique subsaharienne
  - Croissance moyenne régionale attendue: 3,1 percent en 2018 (contre 2,7 percent en 2017) et 3,8 percent en 2019.
  - Croissance prévue pour 2018 inférieure de 0,3 point de pourcentage aux prévisions des Perspectives de l’économie mondiale en avril 2018.
  - Environ la moitié de la reprise attendue entre 2017 et 2018 attribuable au rebond du Nigéria.
  - Nigéria: croissance de 0,8 percent en 2017 à 1,9 percent en 2018 et 2,3 percent en 2019 (0,4 point de pourcentage de plus que les prévisions pour 2019 des Perspectives de l’économie mondiale en avril 2018).
  - Angola: diminution de 0,1 percent du PIB réel en 2018 après une contraction de 2,5 percent en 2017; augmentation prévue de 3,1 percent en 2019 grâce à une allocation des devises plus efficace et à des cours du pétrole plus élevés.
  - Afrique du Sud: croissance attendue à 0,8 percent en 2018 (contre 1,3 percent en 2017), remontant à 1,8 percent à moyen terme; perspectives dépendant du rythme des réformes structurelles et de la crédibilité des politiques économiques.
- Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (région)
  - Croissance régionale: 2,2 percent en 2017, 2,4 percent en 2018 et 2,7 percent en 2019, se stabilisant autour de 3 percent à moyen terme — une nette diminution par rapport aux prévisions d’avril 2018.
  - Iran: contraction prévue en 2018 (−1,5 percent) et surtout en 2019 (−3,6 percent) à cause de la diminution de la production de pétrole; croissance modeste positive prévue de 2020 à 2023.
  - Arabie saoudite: contraction de 0,9 percent en 2017; production prévue en hausse de 2,2 percent en 2018 et 2,4 percent en 2019 (0,5 point de pourcentage de plus pour ces années que les estimations d’avril 2018).
  - Égypte: croissance prévue de 5,3 percent en 2018 et 5,5 percent en 2019 (contre 4,2 percent en 2017) grâce au tourisme, à la production de gaz et à un programme de réformes soutenu par le mécanisme élargi de crédit du FMI.
  - Pakistan: croissance attendue à 5,8 percent en 2018 (contre 5,4 percent en 2017), soit 0,2 point de pourcentage de plus que les estimations d’avril 2018; ralentissement prévu à 4,0 percent en 2019 et ~3,0 percent à moyen terme.

### Aperçu de l’inflation : régions et pays
- Agrégats régionaux
  - Pays avancés: inflation prévue de 2,0 percent en 2018 (contre 1,7 percent en 2017).
  - Pays émergents et pays en développement (à l’exclusion du Venezuela): inflation attendue à 5,0 percent en 2018 (contre 4,3 percent en 2017).
- Pays avancés (sélection)
  - États-Unis: inflation non corrigée (IPC) prévue à 2,4 percent en 2018 et 2,1 percent en 2019 (contre 2,1 percent en 2017). Inflation hors énergie et alimentation: 2,1 percent en 2018 et 2,3 percent en 2019 (contre 1,6 percent en 2017).
  - Zone euro: inflation non corrigée attendue à 1,7 percent en 2018 et 2019. Inflation hors énergie et alimentation: 1,2 percent en 2018 et 1,6 percent en 2019 (contre 1,1 percent en 2017). Indice hors énergie et alimentation devrait atteindre 2 percent d’ici 2022.
  - Japon: inflation non corrigée projetée à 1,2 percent en 2018 (contre 0,5 percent en 2017). Inflation hors énergie et alimentation: 0,5 percent en 2018, 0,8 percent en 2019 (contre 0,1 percent en 2017).
  - Royaume-Uni: inflation hors énergie et alimentation prévue à 2,1 percent en 2018 (contre 2,4 percent en 2017); inflation non corrigée: 2,5 percent en 2018 (contre 2,7 percent en 2017), convergence progressive vers 2 percent en 2020.
- Pays émergents et en développement (sélection)
  - Chine: inflation non corrigée prévue à 2,2 percent en 2018 (contre 1,6 percent en 2017), et ~3 percent à moyen terme.
  - Inde: inflation attendue autour de 3,6 percent pendant l’exercice 2017/18 et 4,7 percent pendant l’exercice 2018/19 (contre 4,5 percent pendant l’exercice 2016/17).
  - Mexique: inflation prévue à 4,8 percent en 2018, convergence vers l’objectif de 3 percent pour 2020 sous politique monétaire stricte.
  - Brésil: inflation attendue à 3,7 percent en 2018 et 4,2 percent en 2019.
  - Argentine: inflation prévue à 31,8 percent en 2018; 31,7 percent en 2019.
  - Venezuela: aggravation rapide de l’hyperinflation anticipée en raison du financement monétaire de déficits budgétaires considérables et de la perte de confiance dans la monnaie nationale.
  - Russie: inflation estimée en moyenne à 2,8 percent en 2018 (inférieure à l’objectif de 4 percent); montée prévue jusqu’à 5,1 percent en 2019.
  - Turquie: inflation attendue à 15 percent en 2018 et 16,7 percent en 2019, conséquence de la dépréciation de la lire, de l’augmentation des prix des carburants, de la forte croissance des salaires et d’anticipations non ancrées.
  - Afrique subsaharienne: inflation annuelle moyenne prévue à 8,6 percent en 2018 et 8,5 percent en 2019 (contre 11 percent en 2017).
    - Afrique du Sud: inflation modérée à 4,8 percent en 2018 (contre 5,3 percent en 2017), puis hausse progressive à 5,3 percent en 2019.
    - Nigéria: inflation prévue à 12,4 percent en 2018 (contre 16,5 percent en 2017), puis 13,5 percent en 2019.
    - Angola: inflation prévue à 20,5 percent en 2018 (contre 29,8 percent en 2017), puis 15,8 percent en 2019.

### Épisodes de fortes baisses du PIB par habitant : faits stylisés
- Définition et ampleur
  - Seuil retenu: baisse du PIB par habitant d’au moins 20 percent d’un sommet à un creux.
  - 133 épisodes de forte diminution du PIB par habitant identifiés pour la période 1960–2017, touchant 92 pays (certains à plusieurs reprises).
  - Ces épisodes ont tendance à durer plus de cinq ans et les reprises après le creux ne ramènent généralement pas le PIB par habitant au niveau antérieur.
- Causes principales fréquemment associées
  - Conflits (guerre, guerre civile, rébellion armée).
  - Chocs touchant les produits de base.
  - Crises (bancaires, extérieures, etc.).
  - Transition d’une économie planifiée à une économie de marché.
  - Politiques macroéconomiques malencontreuses et hyperinflation (ex. Venezuela) sont parfois contributrices.
- Statistiques et mesures descriptives (Tableau 1.5.2)
  - PIB par habitant au début de l’épisode (moyenne): 11.93 (dollars constants de 2010).
  - PIB par habitant au début de l’épisode (médiane): 2.46 (dollars constants de 2010).
  - Variation en pourcentage du PIB par habitant entre le pic et le creux (moyenne): −36; (médiane): −32; (écart-type): 14; observations: 133.
  - Durée moyenne de l’épisode de baisse du PIB (en années): 8; médiane: 6; écart-type: 13; observations: 133.
  - Variation en pourcentage du PIB par habitant au cours des cinq années suivant le creux (moyenne): 14; médiane: 11; écart-type: 18; observations: 121.
  - Nombre moyen d’années précédant le retour au PIB par habitant antérieur à la baisse: 12; médiane: 10; écart-type: 77; observations: 70.
- Résultats saillants
  - Sur les 92 pays de l’échantillon ayant enregistré une forte baisse du PIB par habitant, 45 avaient en 2017 un PIB par habitant encore inférieur à leur niveau antérieur.
  - Ces 45 pays représentaient plus de 5 percent du PIB mondial à parité de pouvoir d’achat en 2017 et environ 7½ percent de la population mondiale.
  - Exceptions (pays à PIB par habitant élevé ayant connu des baisses mais restés au-dessus du pic historique): Iran, Ukraine, Venezuela et certains pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar).
- Résultats de régressions (Tableau 1.5.3)
  - Variables dépendantes étudiées: croissance cumulative au cours des cinq années suivant le creux; nombre d’années précédant le retour au pic d’avant-crise.
  - Corrélations observées:
    - Le taux de croissance post-déclin n’est pas corrélé avec l’ampleur de la variation précédente du PIB par habitant (le taux reste constant pendant la durée de l’épisode).
    - Le taux de croissance post-déclin présente une forte corrélation négative avec la durée du déclin (coefficient pour "Durée de la diminution du PIB (en années)" dans les colonnes (1) et (2): −0,61*** et −0,79*** respectivement).
    - Les reprises sont généralement plus faibles dans les petits pays (coefficients significatifs pour Log du PIB par habitant au pic et Log du PIB au pic selon les spécifications).
  - Résultats chiffrés (sélection):
    - R2 ajusté: 0,09 et 0,15 pour les modèles de croissance cumulative; 0,11 et 0,16 pour les modèles du nombre d’années pour retrouver le pic.
    - Nombre d’observations: 120, 102, 69, 64 selon les colonnes.
  - Interprétation: il faut plus de temps pour se remettre d’une baisse plus forte et plus longue; dans les pays plus pauvres, la remise à niveau prend plus de temps.
- Caractéristiques temporelles
  - La plupart des épisodes se sont produits pendant les années 80 (ralentissement économique mondial et crise de la dette de 1982).
  - Augmentation au début des années 90 liée à la transition vers une économie de marché dans les pays de l’ex-Union soviétique et en Europe centrale et orientale.
  - Baisse du nombre d’épisodes depuis, malgré une augmentation liée à la crise financière mondiale.

### Prévision des récessions : performance des modèles et des Perspectives de l’économie mondiale (PEM)
- Difficulté de prévoir les récessions:
  - Les modèles statistiques montrent un succès limité pour prévoir les récessions (baisse du niveau du PIB).
  - Analyse des prévisions des PEM et du secteur privé pour 1991–2016 confirme la difficulté persistante à prévoir les récessions.
- Résultats empiriques
  - Le nombre de pays ayant enregistré une croissance négative au cours d’une année donnée a été systématiquement sous-estimé dans les prévisions d’octobre des PEM pour l’année précédente, tant pour les pays avancés que pour les pays émergents et en développement.
  - Le pays moyen de l’échantillon a connu 2,7 récessions de 1991 à 2016; sur 313 récessions observées dans un échantillon de 117 pays, 47 seulement ont été prévues.
  - La transition d’une croissance positive (ou nulle) à une croissance négative est encore moins bien prévue: seulement 9 des 212 "nouvelles" récessions ont été prévues exactement entre 1991 et 2016.
  - Exemple: pour 2009, les prévisions d’octobre 2008 des PEM n’avaient identifié que six pays avancés comme récessionnaires; en réalité la production avait diminué dans 56 pays de l’échantillon.
- Commentaire méthodologique
  - Les prévisions du FMI représentent le mode de la distribution de la croissance attendue (le résultat considéré comme le plus probable) plutôt que la moyenne.
  - L’évaluation de l’exactitude des prévisions utilise les données disponibles en temps réel; l’utilisation de données révisées conduirait à sous-estimer l’exactitude des prévisions.

*Source : Extraits des Perspectives de l’économie mondiale, Fonds monétaire international | Octobre 2018 (weo1018-fr).*

### 1. PA

### 1. PA

### Prévoir les récessions et ralentissements : constats principaux
- Échantillon exclusif de 44 pays sur la période 1991 à 2016 : les PEM et Consensus Economics prévoyaient respectivement 16 et 13 récessions sur les 107 cas de croissance négative du PIB.
- En 2009, Consensus Economics prévoyait qu’un seul pays avancé entrerait en récession, alors que la production avait diminué dans 32 pays à la fin de l’année.
- En tenant compte uniquement des pays qui n’étaient pas déjà en récession l’année précédente, Consensus Economics n’a mentionné que 2 des 75 « nouvelles » récessions dans ses prévisions.
- Les PEM prévoient un peu mieux les ralentissements (baisses du taux de croissance du PIB réel) que les récessions, mais la performance reste médiocre :
  - Les ralentissements sont survenus environ la moitié du temps entre 1991 et 2016, et environ la moitié d’entre eux a été prévue correctement par les PEM (c’est-à-dire que les PEM prévoyaient une diminution de la croissance pour cette année-là).
  - En 2009, 3/4 des 96 ralentissements ont été prévus avec exactitude.
- Pour les « nouveaux » ralentissements, le sens de la variation de la croissance est correctement anticipé seulement environ la moitié du temps.

### Ralentissements importants : définition et chiffres
- Définition : ralentissements importants = périodes pendant lesquelles la croissance du PIB réel chute de plus du 75e centile de la baisse de la croissance au cours de la période d’échantillonnage.
- Seuils appliqués pour tenir compte de la volatilité :
  - Pays avancés : exclusions des baisses de croissance inférieures à 0,5 point de pourcentage.
  - Pays émergents et en développement : exclusions des baisses de croissance inférieures à 0,6 point de pourcentage.
- Sur 1991–2016 :
  - Le pays moyen a été confronté à 9,3 ralentissements importants.
  - Le nombre total de ces ralentissements s’élevait à 1.040 dans l’échantillon.
- Prévisions des ralentissements importants :
  - Des baisses de croissance ont été prévues dans 54% des cas.
  - De forts ralentissements (de 0,5 à 0,6 point de pourcentage ou plus) n’ont été prévus que dans 31% des cas.

### Erreurs de prévision pendant les ralentissements importants
- Erreur médiane de prévision (croissance réelle moins croissance prévue) :
  - Pendant un ralentissement marqué : –1,6 point de pourcentage (indique une erreur systématique par excès dans les prévisions).
  - Pour les ralentissements moindres ou légers : –0,2 point de pourcentage.
  - En considérant toutes les observations : –0,2 point de pourcentage.
  - Pour les années sans ralentissement : 0,5 point de pourcentage.
- Erreur médiane par grands groupes :
  - Pays avancés : –1,4 point de pourcentage.
  - Pays émergents et en développement : –1,7 point de pourcentage.
- Variations régionales (médiane) : entre –2,5 points de pourcentage dans la Communauté des États indépendants et –1,3 point de pourcentage au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Afghanistan et au Pakistan.
- Pendant les années de ralentissement synchronisé (ex. 2001, 2008, 2009, 2012) :
  - Plus de 20 pays avancés et 40 pays émergents et en développement ont enregistré une nette diminution de leur croissance.
  - La baisse médiane de la croissance au cours de ces années était de 2,7 points de pourcentage.
  - Erreur médiane de prévision pendant ces périodes : –2,4 points de pourcentage (contre –1,3 point pour les autres ralentissements importants).
- Liens entre prévisions des pays avancés et des autres pays :
  - Une régression probit indique qu’une augmentation de 1 point de pourcentage dans la part des ralentissements importants correctement prévus pour les pays avancés est associée à une probabilité de plus de 29% de l’exactitude de la prévision des ralentissements importants dans les pays émergents et en développement.

### Fiabilité globale des prévisions
- Les PEM permettent de prévoir un peu mieux les ralentissements de la croissance que les récessions, mais les résultats sont généralement insatisfaisants.
- Les erreurs de prévision pendant les périodes de ralentissement marqué demeurent importantes.

*Source : chapitre « Encadré 1.6. Prévoir les récessions et ralentissements : un défi de taille », PEM, octobre 2018.*

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### Évolution des marchés des produits de base (extraits)
- Indice des prix des produits de base du FMI : augmentation de 3,3% entre février et août 2018 (périodes de référence utilisées pour l’édition d’avril 2018 et l’édition d’octobre 2018 des PEM).
  - Cours de l’énergie : progression de 11,1% (contribuant à la hausse de l’indice).
  - Cours des denrées alimentaires : baisse de 6,4%.
  - Cours des métaux : baisse de 11,7% (effet des tensions commerciales et d’une demande plus faible que prévu en Chine).
- Cours du pétrole :
  - Les cours du pétrole ont grimpé à plus de 76 dollars le baril en juin (plus haut niveau depuis novembre 2014).
  - À compter de juillet, ils se sont stabilisés, les membres de l’OPEP et d’autres pays exportateurs, dont la Russie, ayant accepté d’accroître leur production.
- Autres évolutions :
  - Les cours du charbon ont fortement progressé en raison d’une situation d’offre tendue.
  - Les cours du gaz naturel ont augmenté en partie sous l’effet de la hausse de ceux du pétrole et du charbon.

*Source : dossier spécial « Évolution des marchés des produits de base », PEM, octobre 2018.*

### 4. Indice des cours de métaux

### 4. Indice des cours de métaux

### Marchés des produits de base — Contexte et tendances récentes
- Période des PEM d’octobre 2018 établie à partir des cours du 13 août 2018 (heure de clôture).
- Les cours à terme utilisés dans les PEM sont des hypothèses de référence dérivées des cours à terme propres à chaque rapport des PEM.
- Sources mentionnées : Bloomberg Finance L.P. ; Thomson Reuters Datastream ; FMI, système des cours des produits de base ; estimations des services du FMI.

### Pétrole, gaz et charbon — évolutions et projections
- Prix du pétrole :
  - Cours annuels moyens (hypothèses de référence dérivées des cours à terme) : 69,3 dollars le baril en 2018 et 68,8 dollars le baril en 2019.
  - Contrats à terme font ressortir une baisse des cours à environ 60 dollars le baril en 2023.
  - Juin 2018 : les cours ont alors dépassé 76 dollars (niveau le plus haut depuis novembre 2014).
  - Août 2018 : environ 71 dollars le baril.
- Offre et demande :
  - IEA anticipe une hausse de la demande de pétrole de 1,4 mbj en 2018 et de 1,5 mbj en 2019.
  - EIA prévoit une production de brut des États-Unis de 10,7 mbj en 2018 et 11,7 mbj en 2019.
- Risques et incertitudes :
  - Capacités inexploitables d’Arabie saoudite en diminution ; sanctions des États-Unis contre l’Iran réduisant à court terme les exportations de brut.
  - Risques à la hausse : aggravation plus rapide de la dégradation de la production au Venezuela ; réduction plus importante des exportations de brut de l’Iran.
  - Risques à la baisse : production plus élevée de l’OPEP ; production plus forte que prévu au Canada et aux États-Unis ; tensions commerciales et ralentissement de la croissance mondiale.
- Gaz naturel et charbon :
  - Cours augmentés, soutenus par la forte demande en Chine et en Inde.
  - Sous l’effet d’un rebond de l’offre et parallèlement à ceux du pétrole et du gaz naturel, les cours du charbon devraient diminuer.

### Métaux — faits, chocs récents et projections
- Mouvements récents :
  - Après un pic en février 2018, les cours des métaux ont baissé de 11,7 percent entre février et août 2018.
  - Cours du minerai de fer : diminution de 12,4 percent entre les périodes de référence (facteurs : droits de douane sur l’acier imposés par les États-Unis, utilisation de déchets par les producteurs chinois, réductions de la production dans les principales aciéries chinoises).
  - Nickel : a atteint des sommets pluriannuels au début de juin 2018, puis est retombé à son cours de février à cause des tensions commerciales.
  - Zinc : chute de 28,9 percent entre février et août 2018 (explosion des stocks et faiblesse de la demande en Chine).
  - Cuivre : cours baissés après apaisement des craintes de grève dans la plus grande mine chilienne.
  - Aluminium : forte instabilité liée aux sanctions des États-Unis contre United Company Rusal et aux tensions commerciales.
- Projections :
  - Indice annuel des cours des métaux établi par le FMI : augmentation de 5,3 percent en 2018, puis diminution de 3,7 percent en 2019 (par rapport aux moyennes respectives de 2017 et de 2018).
- Risques :
  - Risques à la hausse : sanctions contre des producteurs ; assouplissement de la réglementation environnementale en Chine.
  - Risques à la baisse : tensions commerciales ; production plus élevée que prévu en Chine ; ralentissement de l’économie chinoise (la Chine compte pour plus de la moitié de la consommation mondiale de métaux).

### Denrées alimentaires — évolutions et projections
- Mouvements récents :
  - Indice des cours des produits agricoles établi par le FMI : diminution de 6,4 percent entre février et août 2018 (tensions commerciales et inquiétudes sur la croissance mondiale).
  - Blé : augmentation de 22,6 percent entre février et août 2018 (mauvaises conditions atmosphériques en Russie au printemps et en Europe occidentale en été).
  - Soja : forte chute en juin–juillet 2018 après l’annonce par la Chine de droits de douane de 25 percent sur les importations en provenance des États-Unis et révision à la hausse de la production américaine pour 2018 ; baisse globale de 14,7 percent entre février et août 2018.
- Projections :
  - Cours des denrées alimentaires : augmentation de 2,3 percent en 2018, puis de 1,7 percent en 2019.
- Risques :
  - Perturbations atmosphériques constituent un risque à la hausse.
  - NOAA estimait le 9 août 2018 à 70 percent la menace d’un retour d’El Niño pendant l’hiver 2018–19.
  - Aggravation du conflit commercial entre les États-Unis et plusieurs partenaires commerciaux représente un risque majeur.

### Demande mondiale d’énergie — rôle de l’électricité, électrification et relation énergie–revenu
- Contribution de l’électricité :
  - La demande d’énergie tirée de la production d’électricité a augmenté de près de 300 percent entre 1971 et 2015, soit près de deux fois le taux observé pour toute l’énergie.
  - La production d’électricité représente aujourd’hui plus de 40 percent de la demande d’énergie primaire et environ 55 percent de celle hors pétrole.
- Contributions par pays :
  - Pays émergents — la Chine en particulier et, plus récemment, l’Inde — principaux moteurs de la croissance de la demande d’énergie ces quinze dernières années.
  - Contribution des pays avancés : minimale, se soldant par une baisse de leur consommation mondiale.
- Relation en S entre énergie et revenu (résultats de l’analyse économétrique) :
  - Échantillon : panel non cylindré de 136 pays, période 1971–2015.
  - Spécification estimée : log(E) = β0 + β1 log(pop) + polynomial 3e ordre du log(pib) + β5 X + λt + ε (variables de contrôle X incluent exportations d’énergie et producteurs de charbon, distance par rapport à l’équateur, logarithme de la superficie).
  - Principales constatations :
    - La demande d’énergie évolue au même rythme que la population.
    - Être doté d’une grande superficie augmente la demande d’énergie d’environ 45 percent.
    - Être exportateur (producteur) de charbon accroît la demande d’énergie d’environ 33 percent.
    - Existence clairement confirmée d’une relation en S entre la consommation d’énergie et le revenu par habitant.
    - Point d’inflexion (élasticité–revenu maximale) : de l’ordre de 10.000 dollars (de 2011).
    - Revenu mondial par habitant en 2015 : 15.000 dollars (de 2011) — de nombreux pays émergents ont déjà atteint le point d’inflexion.
    - À ce niveau (~10.000 dollars), l’élasticité–revenu de l’énergie est proche de 1.
    - À des niveaux de revenu plus élevés, l’élasticité commence à diminuer ; point de saturation ultime estimé à 180.000 dollars (de 2011) par habitant paraît, sur la base des technologies actuelles, encore très éloigné.
- Rôle de l’efficacité énergétique :
  - Améliorations de l’efficacité énergétique à l’échelle mondiale saisies par des effets fixes temporels montrant un déclin constant.
  - L’amélioration de l’efficacité énergétique a été très stable, atteignant en moyenne environ 1 percent par an sur l’ensemble de l’échantillon (exception : période 1990–92).
  - Si l’efficacité énergétique continue d’augmenter à son taux historique de 1 percent par an, le point de saturation estimé tomberait à environ 64.000 dollars par habitant (de 2011).

*Source : Fonds monétaire international — Extrait du chapitre "4. Indice des cours de métaux", PDF weo1018-fr - 4. Indice des cours de métaux.*

### 180.000 dollars.

### weo1018-fr - 180.000 dollars.

### Relation revenu — demande d’énergie (courbe en S)
- Il faudrait 13 ans à un pays dont le revenu par habitant est aujourd’hui de 50.000 dollars et qui enregistre une croissance de 2 % par an pour que ce revenu passe à 64.000 dollars.
- La relation en S estimée entre la demande d’énergie et le revenu prédit :
  - une baisse initiale de la consommation d’énergie dans la plupart des pays à faible revenu (réduction de l’utilisation de la biomasse, biocarburants solides, à l’exclusion du charbon de bois);
  - une phase d’accélération de la demande aux niveaux de revenu intermédiaires;
  - une phase de saturation aux niveaux de revenu élevés.
- La part de la biomasse dans l’offre d’énergie primaire tend à diminuer à mesure que les revenus augmentent (graphique 1.DS.5).
- L’élasticité–revenu de la demande d’énergie est approximativement un dans les pays émergents; elle est proche de zéro pour les pays avancés.

### Déterminants et dynamique du bouquet énergétique
- Le bouquet énergétique optimal dépend de l’abondance relative des ressources, des technologies et des préférences sociales, lesquels déterminent le coût et l’efficacité d’emploi (avantage marginal).
- Les changements relatifs de coûts et d’efficacité, ainsi que l’interchangeabilité technique entre ressources, expliquent les évolutions des parts (par ex., recul du pétrole au profit du charbon, du gaz naturel, du nucléaire puis des énergies renouvelables).
- Aux niveaux de revenu moyen et faible, la semi-élasticité–revenu de la part du pétrole est positive (développement du secteur des transports), puis devient négative à des niveaux de revenu plus élevés (ralentissement du parc automobile, gains d’efficacité des véhicules, substitution au gaz naturel pour chauffage et électricité).
- La part du gaz naturel semble essentiellement indépendante du revenu.
- La relation entre la part du charbon et le revenu est faible globalement, mais la production et l’exportation de charbon augmentent la part du charbon (être producteur de charbon majore la part de 10 points de pourcentage; être exportateur de charbon majore la part de 18 points de pourcentage, respectivement).
- Les hausses des taux d’électrification renforceront la demande d’énergies propres (gaz naturel, énergies renouvelables) et modifieront le bouquet énergétique.

### Énergies renouvelables : tendances et projections
- La réduction rapide du coût des cellules solaires photovoltaïques et les politiques publiques ont favorisé une croissance rapide des énergies renouvelables.
- Estimation de capacités en énergies renouvelables :
  - la tendance estimée pour 1990–2015 donne un coefficient de tendance de 1,7 % par an; pour 2000–15, ce coefficient est de 3,9 % par an.
- Prédiction hors échantillon pour 45 pays (prévisions à long terme du PIB par habitant et de la population disponibles) :
  - scénario prudent : plus de 4.600 gigawatts d’actifs produisant des énergies renouvelables d’ici à 2040;
  - scénario de référence : plus de 8.400 gigawatts d’actifs produisant des énergies renouvelables d’ici à 2040 (soit quatre fois plus qu’en 2015).
- L’augmentation des capacités permettra d’injecter, respectivement, 732 millions et [valeur partielle dans le texte interrompue] (suite des chiffres dans le document original).

### Risques, investissements et implications politiques
- La saturation probable de certaines sources (charbon, pétrole) accroît le risque d’abandon d’actifs pour des projets à coût élevé.
- D’autres sources (gaz naturel, énergies renouvelables) devraient gagner en importance à mesure que l’électrification progresse.
- Les grands investissements à long terme sont nécessaires pour modifier l’infrastructure énergétique (durée de vie indicative : la durée de vie des centrales électriques et des avions est de l’ordre de 40 ans).
- Les problèmes climatiques, les politiques énergétiques et les forces du marché influenceront fortement les futurs marchés de l’énergie; les responsables politiques doivent concilier avantages marginaux privés et sociaux et exploiter les interactions entre réglementation et cours de l’énergie pour stimuler l’innovation technologique et développer des économies écologiquement durables.

*Source : Extrait du document fourni (PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Octobre 2018).*

### 1.733 millions de tonnes d’équivalent pétrole dans le

### weo1018-fr - 1.733 millions de tonnes d’équivalent pétrole dans le

### Résumé des constats principaux
- 1.733 millions de tonnes d’équivalent pétrole dans le réseau électrique, soit 50 % et 117 % de l’électricité produite avec des combustibles fossiles en 2015.
- Si les nouvelles capacités devaient remplacer les combustibles fossiles dans la production d’électricité, cela constituerait une étape importante dans la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
- L’investissement dans les énergies renouvelables est principalement tiré par l’offre (technologie), et non la demande (revenu et population).
- La dépendance à l’égard de la persistance du facteur tendanciel rend incertaines les perspectives des énergies renouvelables.

### Décomposition de la croissance future des énergies renouvelables (scénarios et effets)
- Graphique 1.SF.1.1 décompose la croissance future des énergies renouvelables dans le scénario de référence selon :
  - le revenu (effet du PIB par habitant),
  - la population (effet de population),
  - et l’effet tendanciel.
- Comparaison de scénarios :
  - Énergies renouvelables : capacités (scénario prudent)
  - Énergies renouvelables : capacités (scénario de référence)
- Capacités existantes prises en compte ; unité présentée en Gigawatts.

### Facteurs déterminants et incertitudes
- Facteurs importants mentionnés :
  - le taux d’intérêt,
  - les différences entre les pays dans les ressources en capital humain,
  - le potentiel brut des énergies éolienne, solaire et hydraulique (Collier et Venables, 2012),
  - le soutien des pouvoirs publics aux industries renouvelables (Zhang et al., 2013).
- L’innovation technologique, notamment dans les domaines de l’éolien et du solaire, est centrale pour la transition énergétique.
- L’effet tendanciel (persistence of trend factor) est une source d’incertitude majeure pour les perspectives des renouvelables.

### Sources de données et éléments graphiques
- Graphique 1.DS.1.1. : Énergies renouvelables : capacités (Gigawatts) — échelles numériques et trajectoires temporelles illustrées dans le PDF.
- Sources citées pour les calculs et données :
  - Organisation de coopération et de développement économiques ;
  - États-Unis, Energy Information Administration ;
  - Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde ;
  - calculs des services du FMI.

### Auteur de l’encadré
- Cet encadré a été rédigé par Christian Bogmans et Lama Kiyasseh.

*Fonds monétaire international | Octobre 2018*

### Introduction

### weo1018-fr - Introduction

### Contexte et portée
- Événement déclencheur : weekend du 13 et 14 septembre 2008; faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008.
- Conséquences immédiates : panique financière mondiale, cession d’actifs compromis, retrait des montants en dépôt, gel des crédits, effondrement des échanges transfrontaliers, plus grave récession mondiale depuis 70 ans.
- Transformations macroéconomiques dix ans après la crise (constat du chapitre) :
  - ratio médian de la dette des administrations publiques au PIB = 52 percent, contre 36 percent avant la crise;
  - bilans des banques centrales (pays avancés) atteignent des niveaux représentant plusieurs multiples de ce qu’ils étaient avant la crise;
  - 60 percent du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat (contre 44 percent durant la décennie précédant la crise) émane des pays émergents et des pays en développement.

### Questions analysées
- Comment la production a-t-elle évolué par comparaison aux tendances antérieures à la crise?
- Comment les composantes de la production (capital, main-d’œuvre, productivité totale des facteurs) ont-elles évolué après la crise?
- Quels facteurs expliquent les divergences des résultats macroéconomiques entre pays et quelles mesures publiques ont limité les dommages et facilité la reprise?

### Échantillon et méthode
- Échantillon : 180 pays (pays avancés, pays émergents, pays en développement à faible revenu).
- Comparaison des niveaux de production observés à la trajectoire tendancielle antérieure à 2009 (ajustements pour expansion du crédit et autres facteurs non soutenables).
- Analyse fondée sur des régressions transversales et sur des travaux antérieurs (PEM octobre 2009 et literature citée).

### Principales constatations — ampleur et persistance des écarts de production
- En 2009, 91 pays (représentant les deux tiers du PIB mondial en PPP) avaient enregistré une baisse de production; à titre de comparaison, 48 pays (46 percent du PIB mondial) avaient été touchés après la récession mondiale de 1982.
- Corrélation élevée des écarts du PIB entre 2011–13 et 2015–17 : coefficient ≈ 0,90.
- Dans les 24 pays identifiés comme ayant connu une crise bancaire en 2007–08 (Laeven et Valencia, 2013) :
  - environ 85 percent affichent encore, dix ans après 2008, un écart négatif par rapport à la tendance antérieure à 2009.
- Dans le groupe des pays n’ayant pas connu de crise bancaire en 2007–08 :
  - la production demeure inférieure aux tendances préalables dans environ 60 percent des pays.

### Mécanismes économiques expliquant les pertes
- Atonie de l’investissement :
  - trajectoire moyenne : en 2017, investissement inférieur d’environ 25 percent à ce qu’il était avant la crise (écart par rapport à la tendance antérieure).
- Pénurie de capitaux :
  - près de 80 percent des pays ayant subi une crise bancaire en 2007–08 ont enregistré une diminution du volume de capitaux disponibles par rapport aux tendances antérieures;
  - le stock de capital de 65 percent des pays n’ayant pas enregistré de crise bancaire en 2007–08 semble être moins élevé qu’il ne l’aurait été si l’accumulation de capital avait suivi la trajectoire extrapolée avant la crise.
- Insuffisance de la productivité totale des facteurs (PTF) :
  - la composante résiduelle (PTF) explique une part importante des écarts de production par travailleur;
  - tableau 2.1 (part médiane) :
    - Part médiane de l’écart du PIB expliquée par l’écart du PIB par travailleur, 2015–17 :
      - Pays n’ayant pas subi de crise bancaire en 2007–08 70,4
      - Pays ayant subi une crise bancaire en 2007–08 80,5
    - Part médiane de l’écart du PIB par travailleur expliquée par la productivité totale des facteurs, 2015–17 :
      - Pays n’ayant pas subi de crise bancaire en 2007–08 79,3
      - Pays ayant subi une crise bancaire en 2007–08 78,2
- Ralentissement de l’adoption technologique et de l’innovation :
  - pays ayant des pertes de production supérieures à la médiane affichent des augmentations plus faibles des dépenses de recherche–développement (R–D) en pourcentage du PIB; effet particulièrement marqué dans les pays avancés (graphique 2.8).
  - diffusion de la robotique industrielle plus modérée dans les pays ayant subi des pertes de production élevées (graphique 2.9).

### Facteurs de vulnérabilité ex ante et canaux de transmission
- Déséquilibres macroéconomiques :
  - les pays dont le solde effectif du compte courant était inférieur au niveau consistent avec les fondamentaux avant la crise ont enregistré de plus grandes pertes de production.
- Expansion du crédit avant la crise :
  - les pays plus tributaires du crédit (expansion du crédit plus rapide) ont subi des pertes plus importantes lors du durcissement des conditions financières.
- Intégration financière et exposition commerciale :
  - pays plus intégrés dans les marchés financiers mondiaux (fortes proportions d’actifs et d’engagements extérieurs par rapport au PIB) ont enregistré des écarts plus forts par rapport aux tendances;
  - exposition à la demande des pays avancés a amplifié les pertes via la contagion commerciale;
  - la demande émanant de la Chine (plan de relance de 4.000 milliards de yuans sur 2008–11, soit près de 10 percent du PIB de 2008) a partiellement contrebalancé la faiblesse de la demande des pays avancés pour certains exportateurs.
- Structure du marché du travail :
  - pays où il est plus difficile de résilier un contrat de travail (indice CBR) ont enregistré des pertes de production plus importantes après la crise.

### Rôle des politiques publiques — antérieures et postérieures à la crise
- Mesures financières ex ante :
  - accumulation de vulnérabilités financières avant 2008 (déficits courants excessifs, expansion rapide du crédit) corrélée aux pertes de production les plus fortes;
  - réglementation bancaire plus stricte (indice des restrictions sur certains aspects de l’activité bancaire) durant les années antérieures à la crise liée à une plus faible probabilité de crise bancaire en 2007–08.
- Contraintes et cadres de la politique publique :
  - positions budgétaires plus solides avant la crise associées à des pertes de production plus faibles par la suite;
  - application de régimes de change souples a contribué à atténuer les effets négatifs sur le PIB (taux de change nominaux jouent un rôle d’amortisseur).
- Action publique après la crise :
  - mesures extraordinaires courantes : politique monétaire non conventionnelle (acquisition d’actifs, soutien de liquidité ciblé), relance budgétaire discrétionnaire, opérations dans le secteur financier (garanties, injections de capitaux, rachats d’actifs toxiques), lignes de crédit réciproques en devises;
  - conclusion : les actions publiques adoptées après la crise, en particulier les mesures quasi-budgétaires en appui du secteur financier (garanties et injections de capitaux), ont contribué à atténuer les pertes de production.

### Observations spécifiques pour la zone euro
- La crise de 2008 a mis en lumière la faiblesse des marges de manœuvre de plusieurs pays membres et les lacunes de l’architecture de l’union monétaire.
- Intensification de la crise de la dette souveraine durant 2010–12, avec nécessité de réduire les déficits budgétaires pour retrouver la confiance des créanciers.
- La médiane des pertes de production pondérées par le PIB en PPP des pays de la zone euro est supérieure à celle des autres pays avancés (graphique 2.11); la reprise a été plus faible dans la zone euro, divergences persistantes jusqu’à 2015–17.

*Source : Fonds monétaire international — "Introduction", weo1018-fr (octobre 2018).*

### 1. Médiane

### 1. Médiane

### Mesures de politique monétaire non conventionnelle et réactions internationales
- Les mesures d’assouplissement quantitatif incluent : expansion massive des bilans par suite de l’achat d’obligations d’État, de titres adossés à des créances hypothécaires et d’obligations d’entreprise; orientations prospectives (indication des niveaux de chômage et d’inflation devant être atteints pour justifier un relèvement des taux); fixation de taux d’intérêt négatifs; contrôle de la courbe des rendements (ciblage des rendements des obligations d’État à plus long terme au moyen d’achats de la banque centrale).
- Effets estimés : les effets positifs sur la production intérieure des pays avancés et les importations des partenaires commerciaux ont été généralement plus importants que les effets négatifs dus à l’augmentation des entrées de capitaux et aux pressions à l’appréciation de la monnaie dans les autres pays (FMI, 2014).
- Rôle stabilisateur : l’assouplissement quantitatif pourrait avoir contribué à stabiliser l’activité en réduisant les risques de pertes extrêmes résultant de chutes débilitantes des prix des actifs.
- Préoccupations des pays émergents et en développement quant aux répercussions négatives des politiques non conventionnelles des banques centrales des pays avancés (références citées : Mantega, 2010; Zhou, 2010; Rajan, 2014).

### Soutien budgétaire et quasi-budgétaire au secteur financier — données et portée
- Contexte : Les pays du G-20 ont adopté des mesures de relance budgétaire discrétionnaires représentant un peu plus de 2 percent du PIB en 2009 et en 2010.
- Tableau 2.3 — Soutien global au secteur financier (février 2009) — valeurs (En pourcentage du PIB) :
  - Moyenne G-20 (pondérée par PIB en PPP) : 2,0 3,3 1,0 9,2 14,3 29,8
  - Pays avancés : 2,9 5,0 1,2 12,9 21,3 43,3
  - Pays avancés d’Europe : 2,4 3,6 2,1 1,0 19,5 28,6
  - Pays émergents : 0,3 0,1 0,3 1,8 0,2 2,7
- Mesures de relance budgétaire discrétionnaires liées à la crise dans les pays du G-20 (octobre 2010) — valeurs :
  - Moyenne G-20 : 2,1 2,1 1,1 (2009 2010 2011)
  - Pays avancés : 1,9 2,1 1,2
  - Pays émergents : 2,4 2,0 0,9
- Remarques méthodologiques : Calculs basés sur FMI (2009) et bases de données des départements des finances publiques et des marchés monétaires et des capitaux du FMI; calculs relatifs au G-20 dans la plage 1 n’incluent ni l’Afrique du Sud, ni le Mexique.

### Effets empiriques sur la production et l’emploi
- Corrélation statistique : Il existe une corrélation positive significative sur le plan statistique entre le soutien global non ajusté au secteur financier et les écarts de production ultérieurs par rapport à la tendance antérieure à la crise.
- Mesures les plus contributrices : les injections de capitaux et les garanties semblent avoir été les mesures qui ont le plus contribué à limiter les pertes de production aux périodes suivantes.
- Interprétation : ces interventions auraient pu faciliter le dégel des marchés du crédit et, par la suite, aider à accroître la production.
- Graphique 2.12 (impact sur les écarts du PIB sur la période 2015–17 d’une augmentation d’un écart-type des facteurs) — constat :
  - Les mesures prises pour stabiliser le secteur financier ont contribué à limiter les dommages durant la période 2015–17, compte tenu des pertes initiales subies durant la période 2011–13.
  - Significativité indiquée par : *** p < 0,01, ** p < 0,05, * p < 0,1.

### Réponse multilatérale et assistance du FMI
- Allocations et financements :
  - Allocation générale de 204 milliards de DTS (316 milliards de dollars) en août–septembre 2009.
  - Le FMI a approuvé des financements à hauteur de 420 milliards de DTS en faveur de ses États membres durant la période 2008–13; 119 milliards de DTS ont été tirés sur ce montant au cours de cette période.
- Usage : plusieurs pays ont eu recours au filet de protection financier mondial pour faciliter leur ajustement au choc de financement après la crise.

### Leçons et implications pour les politiques publiques
- Impact des cadres pré-crise : l’imposition de réglementations bancaires plus strictes (approximée par des restrictions imposées à certains aspects de l’activité bancaire) semble avoir eu un effet préventif en réduisant la probabilité d’une crise en 2007–08.
- Avantage des finances publiques solides : les pays dont les finances publiques étaient plus solides au début de la crise ont subi des pertes de moindre amplitude; une plus grande marge de manœuvre fiscale a pu conférer une certaine protection.
- Efficacité de la recapitalisation rapide : les pays qui ont rapidement évalué la santé de leur système bancaire et recapitalisé leurs banques paraissent avoir enregistré des pertes de production plus faibles par la suite.
- Rôle de la politique budgétaire : les résultats confirment dans une certaine mesure l’efficacité d’un recours à des mesures budgétaires pour limiter les pertes persistantes après une récession; le recours à une politique budgétaire discrétionnaire pour gérer la demande contracyclique semble bénéficier d’un regain d’intérêt (références citées dans le texte).
- Limites futures : il n’est plus possible de recourir à certains instruments de gestion de la crise utilisés en 2008–09; les sauvetages financiers futurs pourraient ne pas se dérouler de manière similaire.

### Séquelles à long terme et risques à l’horizon
- Facteurs ayant freiné la reprise :
  - Anémie prolongée de l’investissement après la crise.
  - Manque persistant de capitaux.
  - Baisse de la productivité totale des facteurs par rapport aux tendances passées.
  - Ralentissement de l’adoption technologique dans les pays les plus durement touchés.
- Vulnérabilités financières : la période prolongée de taux d’intérêt extrêmement faibles dans les pays avancés a contribué à l’apparition de divers facteurs de vulnérabilité financière.
- Dette et marges budgétaires : importante accumulation de dettes publiques et érosion des marges de manœuvre budgétaires dans de nombreux pays; nécessité impérative de reconstituer ces lignes de défense.
- Effets socio-politiques : diminution du soutien sociétal à l’ouverture et à l’intégration, montée des discours protectionnistes et populistes; trop tôt pour un bilan complet des séquelles durables.

### Migration, fécondité et conséquences démographiques (encadré)
- Conclusion principale : les résultats économiques après la crise ont eu des effets importants sur la migration et la fécondité; la crise a vraisemblablement eu, par ces circuits, des répercussions durables susceptibles d’entraver la croissance future.
- Faits saillants :
  - Les taux de migration nette entre les pays avancés ont fortement augmenté au cours des dix années qui ont précédé la crise, mais cette évolution s’est inversée après la crise.
  - La migration nette est demeurée systématiquement neutre avant et après la crise dans les pays émergents.
  - Le taux de migration nette a augmenté dans les pays en développement à faible revenu après la crise (volatilité plus élevée).
  - Les immigrants réagissent aux conditions économiques : corrélations confirmant que les migrants réagissent à la situation économique mesurée par l’écart entre le PIB par habitant et sa tendance avant la crise.
- Méthodologie et définitions :
  - Le taux de migration est défini comme le rapport entre le solde migratoire et le nombre de personnes-années vécues par la population du pays de destination; exprimé en nombre net de migrants par 1.000 personnes.
  - L’analyse utilise les entrées de migrants (données bilatérales sur les entrées dans 20 pays avancés de migrants venant de 143 pays d’origine) pour examiner les facteurs d’attraction et de répulsion.

*Source : weo1018-fr - 1. Médiane (extrait).*

### 1. Taux net de migration

### 1. Taux net de migration

### Effets des pertes de PIB par habitant sur l’émigration
- Le taux d’émigration est défini comme le nombre d’entrées de personnes provenant du pays d’origine dans le pays de destination durant une période déterminée, divisé par 1.000 habitants du pays d’origine.
- Les pertes de PIB par habitant ont des répercussions notables sur les flux migratoires à court et à moyen termes (analysées pour les périodes 2011–13 et 2014–16 par rapport à 2005–08).
- Les flux migratoires dépendent également de :
  - la rigueur des contraintes de pauvreté dans les pays d’origine (définie par le rapport entre le coefficient de Gini du revenu disponible et la valeur au carré du PIB par habitant en PPP),
  - du rapport entre les PIB par habitant du pays de destination et du pays d’origine,
  - des niveaux d’instruction dans les deux pays,
  - de la distance orthodromique entre les villes les plus peuplées du pays de destination et du pays d’origine.
- Toutes les estimations présentées sont statistiquement significatives au seuil de 5 percent.
- Les mesures de contrôle post-crise (restrictions aux permis d’entrée et de séjour et quotas) ont, en outre, réduit sensiblement les flux migratoires, essentiellement à moyen terme (les augmentations de ces variables indiquent un durcissement des restrictions).

### Résultats empiriques (mécanismes et horizons)
- Horizon court terme = moyenne sur la période 2011–13 ; horizon moyen terme = moyenne sur la période 2014–16.
- Les variables explicatives sont contemporaines des variables dépendantes, sauf indication contraire.
- Les valeurs des variables après la crise, à l’exception des pertes de PIB par habitant, sont les variations moyennes par rapport aux niveaux enregistrés avant la crise (2005–08).
- Les pertes sont établies sur la base des calculs présentés dans l’annexe 2.2.B en ligne.

### Données et exclusions
- Les données d’entrées d’étrangers proviennent de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
- Les réfugiés et les demandeurs d’asile sont exclus des données pour tous les pays à l’exception de l’Allemagne, de la Norvège et des Pays-Bas (même s’ils résident dans des ménages privés) et du Royaume-Uni (même s’ils se trouvent dans le pays depuis plus d’un an).

### Pertes de production et émigration (synthèse)
- L’encadré compare les taux d’émigration observés pour 2011–13 et 2014–16 par rapport à 2005–08 et montre que :
  - les pertes de PIB par habitant accentuent l’augmentation relative des taux d’émigration,
  - les politiques de migration plus restrictives après la crise contribuent à réduire les flux migratoires, en particulier à moyen terme.

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### Fécondité : effets de la Grande Récession

### Évolution et observations principales
- L’indice synthétique de fécondité a augmenté dans plusieurs pays avancés durant la décennie précédant la crise, puis a diminué après la crise.
- États-Unis : indice synthétique de fécondité est passé de 2,12 en 2007 au niveau de 1,8 en 2016.
- Taux de natalité des femmes d’origine étrangère (15–50 ans) aux États-Unis : baisse de 16 naissances pour 1.000 femmes en 2016 par rapport au niveau record de 76 pour 1.000 en 2008.
- Pays européens comme l’Espagne et la Grèce : taux de fécondité est tombé de 1,5 à environ 1,3 au cours de la même période.
- Les taux de fécondité systématiquement faibles observés pourraient réduire la main-d’œuvre disponible à l’avenir et, par conséquent, diminuer la croissance potentielle à long terme.

### Mécanismes d’impact
- La baisse de la fécondité durant les récessions s’explique essentiellement par le report des décisions de se marier ou d’avoir des enfants en raison de taux de chômage relativement élevés.
- Les canaux identifiés pour l’impact de la crise sur la fécondité incluent en particulier la perte d’emplois.
- D’autres facteurs sociaux peuvent influencer les décisions de procréation : accroissement du taux d’activité des femmes, baisse du nombre d’enfants souhaité, pressions sur les systèmes de prestations sociales.

### Rôle des politiques publiques
- Un coin fiscal moyen par couple plus important avant la crise réduit la fécondité à court terme.
- Les augmentations des allocations familiales et l’amélioration de la protection de l’emploi durant la maternité après la crise s’accompagnent d’une augmentation des taux de fécondité.
- Les conclusions concordent avec des études portant sur les pays de l’Union européenne.

### Données et spécifications
- Les variations moyennes des taux de fécondité correspondent aux différences entre les niveaux observés après la crise et avant celle-ci (2005–08).
- Court terme = moyenne sur la période 2011–13 ; moyen terme = moyenne sur la période 2015–16.
- Signification statistique indiquée par : * p < ,10 ; ** p < ,05 ; *** p < ,01.

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### Automatisation et emploi : la robotique industrielle après la crise (Encadré 2.2)

### Portée et questions
- Examen de la diffusion de la robotique industrielle et de ses effets sur l’emploi après la crise financière mondiale.
- Questions abordées :
  - la diffusion des robots a-t-elle eu des effets sur l’emploi après la crise ?
  - quels types de travailleurs ont été les plus touchés ?
  - certaines politiques du marché du travail ont-elles modifié l’impact de l’adoption de robots sur l’emploi ?

### Résultats clés
- L’augmentation de la diffusion de la robotique industrielle dans les pays ayant enregistré des pertes de production plus prononcées durant la crise est liée à une croissance de l’emploi plus lente après la crise.
- Dans les pays avancés qui ont connu des écarts de production relativement plus marqués par rapport aux tendances antérieures, l’accroissement de la diffusion de la robotique est associé à une croissance de l’emploi plus lente.
- Dans les pays émergents dont les écarts de production sont relativement plus restreints, l’accroissement de la diffusion de la robotique est associé à une croissance plus rapide de l’emploi.
- L’association négative entre diffusion de la robotique et emploi est plus prononcée dans les secteurs initialement plus dépendants d’une main-d’œuvre moyennement qualifiée (travailleurs avec niveau d’instruction secondaire et/ou postsecondaire, mais non tertiaire).
- L’effet de déplacement exercé par la robotique domine dans les secteurs à forte proportion de travailleurs moyennement qualifiés ; l’effet de productivité domine dans les secteurs à faible proportion de travailleurs moyennement qualifiés.

### Politiques du marché du travail comme modérateurs
- L’effet de déplacement exercé par la robotique sur l’emploi après la crise a été plus prononcé dans les pays dont les politiques du travail étaient plus rigides et le dynamisme du marché (fluidité) plus faible avant la crise.
- Mesures considérées pour mesurer les politiques du marché du travail (moyennes avant la crise) :
  1. proportion du PIB représentée par les dépenses effectuées dans le cadre d’une politique active du marché du travail ;
  2. indice de facilité de licenciement du Center for Business Research de l’université de Cambridge ;
  3. fluidité de l’emploi (mesure calculée suivant la méthode présentée dans Elsby, Hobijn et Sahin (2013)) ;
  4. indice de la législation relative à la protection de l’emploi compilé par l’OCDE.
- Une plus faible proportion de dépenses en politiques actives du marché du travail, une plus grande rigidité des règles de licenciement, une faible fluidité de l’emploi et une protection de l’emploi plus stricte sont associées à un effet de déplacement plus marqué de la robotique.

### Données et notes méthodologiques
- La diffusion de la robotique est mesurée comme la variation moyenne des expéditions de robot par 1.000 heures ouvrées durant la période 2010–14.
- Les barres entourant les estimations correspondent à deux écarts-types.
- Les pertes sont établies sur la base des calculs présentés à l’annexe 2.2.B en ligne.
- Sources : base de données World Input–Output ; IFR (2017) ; calculs des services du FMI.
- Signification statistique indiquée par : * p < ,10 ; ** p < ,05 ; *** p < ,01.

*Fonds monétaire international | Extrait : Encadrés 2.1 et 2.2 (Perspectives de l’économie mondiale, Octobre 2018).*

### 2. Pays avancés

### 2. Pays avancés

### Effet de la diffusion de la robotique sur l’emploi (Encadré 2.2 — suite et fin)
- Principales conclusions :
  - Les branches d’activité des pays avancés ayant enregistré des pertes de production relativement plus marquées ont subi des effets de déplacement (négatifs) liés à la diffusion de la robotique après la crise.
  - L’effet négatif sur la progression de l’emploi a été particulièrement prononcé dans les branches d’activité des pays avancés qui employaient des proportions relatives importantes de travailleurs moyennement qualifiés.
  - Les pays poursuivant des politiques du travail plus rigides et dotés de marchés du travail moins dynamiques ont enregistré un déplacement de la main-d’œuvre plus important.
  - Des politiques propices à la création de marchés du travail plus souples pourraient contribuer à absorber les déplacements de l’emploi attribuables à l’automatisation.
- Variables et définitions (telles que fournies) :
  - PAMT = politique active du marché du travail.
  - LPT = législation de la protection de l’emploi.
  - Marchés du travail plus souples : pays dont les dépenses effectuées dans le cadre d’une PAMT sont supérieures à la médiane (en pourcentage du PIB), les taux de flexibilité de l’emploi sont supérieurs à la médiane, la réglementation des licenciements est inférieure à la médiane (mesures du CBR), et la législation de la protection de l’emploi est inférieure à la médiane.
- Indicateurs et significativité statistique indiqués :
  - * p < ,10
  - ** p < ,05
  - *** p < ,01
- Sources et données utilisées :
  - base de données World Input–Output ; Cambridge University Center for Business Research (CBR) ; IFR (2017) ; Organisation de coopération et de développement économiques ; calculs des services du FMI.
- Période d’observation citée pour la variation moyenne de la croissance de l’emploi :
  - 2010–14

### Contribution du rétablissement du secteur financier à la rapidité de la reprise (Encadré 2.3)
- Phases d’intervention en réponse à la crise financière :
  - Phase d’endiguement : empêcher la panique de se propager, fournir des apports de liquidités (prêts cautionnés, autres dispositifs de financement), soutien aux marchés de financement de gros à court terme, garanties des dépôts de détail et autres passifs, achat/échange d’actifs improductifs ou non liquides, injections de capitaux dans les banques.
  - Phase de résolution : déterminer les besoins de recapitalisation et répondre à ces derniers; interventions et calendriers ont varié entre pays.
- Comparaison États-Unis — Union européenne :
  - Phases d’endiguement :
    - Relativement similaires ; grandes banques centrales ont rapidement apporté un soutien sous forme de liquidités ; lignes d’accord réciproque établies dès décembre 2007.
  - Phases de résolution :
    - Divergence marquée ; disparités entre architectures de réglementation et de contrôle.
    - Les États-Unis ont mis en place des plans de recapitalisation plus rapidement que les pays de l’Union européenne (graphique 2.3.2 mesuré en mois).
    - Les mesures prises aux États-Unis ont été plus rapides et plus décisives ; les banques américaines ont émis de nouveaux titres de créance dès le début de la crise, action qui n’a pas été menée de façon similaire dans l’UE (graphique 2.3.3).
    - Méthodes de contrôle : aux États-Unis, obligation pour les banques de lever de nouveaux capitaux (soutenues par la Réserve fédérale américaine et d’autres organismes) ; dans l’UE, les banques ont été invitées à améliorer leurs ratios de fonds propres pondérés par les risques, mais pouvaient choisir comment procéder, conduisant à une réduction des financements et à un accroissement des avoirs en titres souverains (pondération des risques nulle en vertu de Bâle III).
  - Tests de résistance et communication :
    - États-Unis : Supervisory Capital Assessment Program, résultats publiés au cas par cas ; engagement du Département du Trésor à mettre des capitaux à disposition.
    - Union européenne : deux séries de tests par le Comité européen des superviseurs bancaires ; résultats de 2009 restés confidentiels, résultats de 2010 publiés ; scénarios critiqués comme trop bénins.
  - Marché immobilier et prêts improductifs :
    - Le non-remboursement des prêts hypothécaires a été un problème endémique, notamment dans les pays ayant connu des bulles immobilières.
    - Aux États-Unis, le programme Making Home Affordable (MHA) mis en place en 2009 a aidé les propriétaires en difficulté ; le programme de refinancement a nettement amélioré la situation des ménages fortement endettés et stimulé la consommation.
    - Aucun programme de vaste portée n’était en place au début de la crise dans de nombreux pays européens.
    - Taux de prêts improductifs (Graphique 2.3.4) présentés pour : États-Unis, Irlande, Espagne (échelle temporelle 2005–2015, unités en pourcentage).
- Observations empiriques présentées :
  - Équations de régression reportées dans les graphiques :
    - y = 0,247x + 0,808 ; R2 = 0,059
    - y = 0,639x + 1,740 ; R2 = 0,223
  - Trajectoires après la crise (Graphique 2.3.5) : indices (en pourcentage ; 2007 = 100) pour crédit, investissement, consommation et croissance, comparant États-Unis, Irlande, Espagne (périodes montrées autour de 2000–2017 selon les graphiques).
- Facteurs structurels et obstacles au règlement des prêts improductifs en Europe :
  - Insuffisance des volants de capitaux.
  - Problèmes prudentiels liés à la valorisation des nantissements et au traitement des actifs improductifs.
  - Obstacles juridiques à l’application des procédures de recouvrement de la dette, rééchelonnement des prêts et saisies.
  - Absence de marchés des créances en difficulté.
  - Concentration du surendettement au niveau des petites et moyennes entreprises (PME), qui contribuent pour près des deux tiers à la production et à l’emploi en Europe et ont davantage recours aux financements bancaires.
  - Systèmes financiers plus dépendants du financement bancaire que du financement de marché.
- Cadres de résolution bancaire :
  - États-Unis : existence d’un organisme de résolution indépendant (Federal Deposit Insurance Corporation) facilitant une liquidation rapide des banques défaillantes.
  - Union européenne : création progressive d’un organe de contrôle unique et d’un cadre uniforme de résolution bancaire après la crise.
- Conclusions et recommandations de politique (énoncées dans le texte) :
  - Mener une action rapide et décisive : il est essentiel de recapitaliser ou de liquider les banques à l’issue de la phase d’endiguement pour éviter la « zombification » et ses coûts macroéconomiques. Les cadres de résolution doivent permettre une action rapide et décisive.
  - Fournir un soutien adéquat mais ciblé : recourir aux ressources publiques en dernier ressort pour maintenir la crédibilité et éviter la panique et la contagion ; disposer d’une marge de manœuvre budgétaire suffisante ; atténuer les interactions entre la dette souveraine et la dette bancaire ; assurer un partage de la charge adéquat et formuler des stratégies de sortie précises pour réduire l’aléa moral et les coûts des interventions étatiques sur les marchés financiers.
- Sources citées pour cet encadré :
  - Laeven et Valencia, 2013 ; Bernanke, 2009 ; Fernandes, Igan et Pinheiro, 2015 ; Homar et van Wijnbergen, 2015 ; Mitman, 2016 ; Agarwal et al., 2015 ; Abramovich, 2011 ; Enrich, 2010 ; Ong et Pazarbasioglu, 2013 ; Shah, 2010 ; Claessens et al., 2010 ; Aiyar et al., 2015 ; Goyal et al., 2013 ; Allard et Blavy, 2011 ; Sun et Tong, 2015.

*Fonds monétaire international | Octobre 2018*

### 1. Crédit bancaire

### 1. Crédit bancaire

### Principaux constats
- L’inflation dans les pays émergents et en développement est en moyenne restée faible et stable depuis le milieu des années 2000.
- Malgré cette stabilité globale, les taux d’inflation des pays émergents présentent toujours une assez forte hétérogénéité, tout comme les anticipations inflationnistes à plus long terme.
- L’évolution des anticipations inflationnistes à plus long terme est le principal facteur déterminant de l’inflation, tandis que les conditions externes jouent un rôle moindre.
- Améliorer l’ancrage des anticipations inflationnistes peut sensiblement renforcer la résilience économique des pays émergents face aux chocs externes négatifs.

### Mécanismes identifiés
- Un meilleur ancrage des anticipations inflationnistes réduit la persistance de l’inflation.
- Un ancrage plus solide limite les répercussions des dépréciations monétaires sur les prix intérieurs (effet de transmission prix‑change atténué).
- Ces effets permettent d’orienter davantage la politique monétaire sur le lissage des fluctuations de la production plutôt que sur la correction d’anticipations déstabilisées.

### Implications de politique
- Renforcer l’ancrage des anticipations inflationnistes est prioritaire pour accroître la résilience face à la normalisation des conditions financières mondiales.
- Les autorités nationales doivent se concentrer sur des outils et communications visant à ancrer les anticipations à long terme, puisque les facteurs nationaux dominent les progrès récents en matière d’inflation.
- Une inflation ancrée permet à la politique monétaire d’accorder davantage de place à la stabilisation de la production lors de chocs négatifs externes.

### Données et éléments graphiques (extraits)
- Étiquettes et axes observés dans le contenu source : 60, 80, 100, 120, 140.
- Rubriques / séries mentionnées : 1. Crédit bancaire; 2. Investissement privé; 3. Consommation privée; 4. PIB.
- Sources indiquées pour données de séries : Organisation de coopération et de développement économiques ; Banque mondiale, base de données des Indicateurs de développement dans le monde ; calculs des services du FMI.
- Référence de pagination dans l’extrait : 102, 103, 104, 105, 107.

*Source : weo1018-fr - 1. Crédit bancaire (PDF chapter content).*

### Introduction

### weo1018-fr - Introduction

### Constat général
- En moyenne, l’inflation dans les pays émergents et en développement (ci-après, les pays émergents) a été remarquablement faible et stable ces dernières années.
- Après de fortes fluctuations des cours des produits de base, l’inflation s’est rapidement stabilisée dans la plupart des pays émergents, permettant aux banques centrales d’abaisser les taux d’intérêt pour lutter contre les récessions.
- L’analyse du chapitre est basée pour l’essentiel sur 19 pays émergents : Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Hongrie, Inde, Indonésie, Malaisie, Mexique, Pérou, Philippines, Pologne, Roumanie, Russie, Thaïlande et Turquie.

### Contexte mondial et interrogation centrale
- La normalisation progressive des politiques monétaires dans les pays avancés représente une nouvelle mise à l’épreuve de la capacité des pays émergents à se prémunir contre les tensions inflationnistes.
- Question centrale du chapitre : la stabilisation rapide de l’inflation après des chocs inflationnistes est-elle pérenne (ancrage interne) ou s’explique-t-elle par des facteurs mondiaux potentiellement temporaires ?
- Données et interprétations contraires :
  - Arguments en faveur d’un ancrage interne : améliorations institutionnelles et adoption généralisée d’objectifs d’inflation après la crise asiatique de la fin des années 90 ; prix restés stables malgré fluctuations des prix des produits de base, la crise financière mondiale et appréciations du dollar américain.
  - Arguments en faveur d’un rôle mondial : intégration de la Chine et mondialisation du commerce créant un environnement désinflationniste ; conditions de financement extérieur historiquement favorables (faibles rendements des obligations d’État américaines et rétrécissement des écarts de rendement dans les pays émergents).

### Étendue des améliorations des résultats d’inflation
- L’amélioration des résultats d’inflation depuis le milieu de la première décennie 2000 a été généralisée mais inégale.
- L’échantillon de 19 pays représente 80 % du PIB de l’ensemble des pays émergents et des pays en développement.
- La part des pays émergents et des pays en développement dont le taux d’inflation est supérieur à 10 % a fortement reculé entre le milieu des années 90 et le début des années 2000 et est restée relativement stable depuis.
  - Sur la période 2004–le premier trimestre 2018, 15 % des pays émergents et des pays en développement ont enregistré un taux d’inflation globale égal ou supérieur à 10 %.
- Autres mesures de prix :
  - L’inflation hors alimentation et énergie a baissé jusqu’au milieu de la première décennie 2000 puis s’est stabilisée à un niveau bas.
  - Le taux d’inflation des prix à la production est resté relativement bas après sa forte chute dans les années 90.
  - Les déflateurs du PIB ont montré une tendance similaire.
- Variabilité et persistance :
  - La variabilité de l’inflation est stable ou en recul dans les pays émergents depuis 2004.
  - La persistance de l’inflation a graduellement baissé au cours de la période examinée, bien qu’elle demeure quelque peu supérieure au niveau enregistré dans les pays avancés.
  - La baisse de variabilité de l’inflation n’est pas attribuable à une diminution claire de la variabilité des fluctuations de change depuis la fin des années 90.

### Facteurs déterminants de l’inflation
- L’analyse décompose l’inflation entre contributions du degré de sous-utilisation des capacités de production, des anticipations inflationnistes et des facteurs externes.
- Conclusions principales des estimations :
  - Les anticipations inflationnistes à plus long terme ont été le principal facteur déterminant de l’inflation; les conditions extérieures ont joué un rôle nettement moindre.
  - Ce constat indique que des facteurs internes, et non mondiaux, ont été les principaux facteurs expliquant les meilleurs résultats d’inflation.

### Ancrage des anticipations inflationnistes et implications pour la politique
- Objectifs de la seconde partie du chapitre :
  - Mesurer et résumer le degré d’ancrage des anticipations inflationnistes à plus long terme dans les pays émergents.
  - Étudier les implications de ce degré d’ancrage pour l’inflation et pour la politique monétaire.
- Questions spécifiques examinées :
  - Comment le degré d’ancrage a-t-il évolué au cours des dernières décennies ? Quel niveau d’hétérogénéité existe entre pays émergents et comparé aux pays avancés ?
  - Quelles sont les implications du degré d’ancrage pour la cyclicité de la politique monétaire et la résilience macroéconomique face à des chocs externes négatifs ?
- Principales conclusions empiriques :
  - L’ancrage des anticipations inflationnistes a nettement progressé au cours des vingt dernières années, principalement dans les années 2000.
  - Il existe toutefois une hétérogénéité considérable : les anticipations inflationnistes à plus long terme demeurent relativement volatiles dans plusieurs pays.
  - Un meilleur ancrage réduit la persistance de l’inflation et limite les répercussions des dépréciations monétaires sur les prix intérieurs.
  - Cette stabilité permet de mieux cibler la politique monétaire sur le lissage des fluctuations de la production et d’améliorer la résilience aux chocs externes défavorables.
- Recommandations de politique découlant des constats :
  - Les décideurs des pays émergents doivent consolider, et dans certains cas améliorer encore, le degré d’ancrage des anticipations inflationnistes dans le contexte de la normalisation des politiques monétaires dans les pays avancés.
  - La viabilité budgétaire est une condition préalable d’un ancrage nominal crédible.
  - Une banque centrale crédible et indépendante, qui communique ses intentions en temps opportun et de manière transparente, est nécessaire pour réduire la volatilité des anticipations inflationnistes à plus long terme.
  - Ces recommandations s’appliquent également aux pays émergents dont les anticipations sont déjà mieux ancrées, car l’engagement envers un objectif d’inflation sera mis à l’épreuve par la normalisation progressive des politiques monétaires dans les pays avancés.

*Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2018/october/french/pdf/weo1018-fr.pdf*

### 1. Inflation globale mesurée par l’indice des prix à la consommation

### 1. Inflation globale mesurée par l’indice des prix à la consommation

### Résumé des constats généraux
- La variabilité et la persistance de l’inflation des prix à la consommation ont nettement diminué dans les pays émergents et demeurent relativement faibles depuis le milieu de la première décennie 2000.
- Les principaux facteurs expliquant l’inflation hors alimentation et énergie examinés incluent les anticipations inflationnistes à plus long terme, l’inflation passée, l’écart de production intérieur, l’écart de production étranger, la pression des prix extérieurs, ainsi que des effets fixes pays et un résidu.
- L’analyse est menée pour un échantillon de pays émergents en utilisant des données trimestrielles de l’inflation hors alimentation et énergie du premier trimestre 2004 au premier trimestre 2018.

### Contributions à l’inflation (niveaux et variabilité)
- Variations des anticipations inflationnistes à plus long terme :
  - Principal moteur du niveau de l’inflation dans les pays émergents.
  - Contribution moyenne positive à l’inflation : 0,5 point de pourcentage (sur la période étudiée).
  - Explique, en moyenne, 20 percent de la variation de l’inflation.
  - Pour quatre cinquièmes des pays de l’échantillon, les anticipations sont le principal facteur explicatif.
  - Part imputable aux anticipations allant de 2 percent à 35 percent selon les pays.
- Pression des prix extérieurs :
  - Influence déflationniste mais de bien moindre ampleur : –0,05 point de pourcentage par an en moyenne sur la période étudiée.
  - Explique en moyenne 8 percent des écarts par rapport à l’objectif d’inflation.
- Écarts de production (intérieur et étranger) :
  - Ont stimulé l’inflation durant la phase d’expansion 2004–07 et l’ont déprimée lors de la récession 2008–09.
  - L’écart de production étranger est négligeable dans les résultats de la décomposition.
- Résidus et pouvoir explicatif du modèle :
  - Le modèle explique en moyenne 55 percent des écarts par rapport à l’objectif d’inflation.
  - Environ 45 percent de la variabilité de l’inflation reste inexpliquée par l’exercice de décomposition.

### Évolution temporelle et hétérogénéité par pays
- Sur la période 2004–14, on observe un amenuisement progressif de 0,7 % de l’écart global de l’inflation par rapport à son objectif.
- Les contributions des facteurs présentent une forte hétérogénéité entre les pays :
  - L’incidence inflationniste moyenne des anticipations est considérable pour seulement la moitié des pays de l’échantillon.
  - L’évolution des prix extérieurs a exercé une pression baissière sur les prix intérieurs pour trois quarts des pays, même si l’ampleur est faible.
- Analyse par sous-périodes : la pression déflationniste des prix extérieurs a été plus prononcée lors de la période d’expansion précédente à la crise financière mondiale.

### Rôle des facteurs intérieurs versus mondiaux
- Définition opératoire utilisée :
  - Facteurs intérieurs : fluctuations des anticipations inflationnistes et écarts de production intérieurs.
  - Facteurs mondiaux : pression des prix extérieurs et écarts de production étrangers.
- Résultats quant à la part attribuable aux facteurs mondiaux :
  - Les facteurs étrangers expliquent entre 5 percent et 15 percent de la variabilité de l’inflation sur la période 2004–18.
  - Les écarts par rapport à l’objectif d’inflation ont été en grande partie déterminés par des facteurs intérieurs.
- Facteur commun aux pays émergents (effets fixes temps) :
  - Une composante commune explique la poussée inflationniste attribuable aux produits de base de 2008.
  - Pour les autres sous-périodes, la contribution de la composante commune aux écarts par rapport à l’objectif d’inflation est faible en termes économiques.
  - Dans la période postérieure à la crise financière mondiale, la contribution moyenne du résidu à l’inflation est négligeable.
- Limites notées :
  - Estimations de la courbe de Phillips susceptibles d’être affectées par des problèmes d’endogénéité.
  - Incertitude substantielle dans la décomposition vu que 45 percent de la variabilité reste inexpliquée.
  - Les anticipations peuvent être influencées à la fois par facteurs intérieurs et mondiaux, ce qui peut biaiser l’attribution.

### Ancrage des anticipations inflationnistes : définition et mesures
- Mesure opérationnelle de l’ancrage : des anticipations à horizon suffisamment lointain doivent être centrées autour de l’objectif explicite ou implicite et peu réactives aux fluctuations transitoires.
- Quatre mesures complémentaires construites à partir d’enquêtes auprès des prévisionnistes :
  - Une mesure synthétique des écarts absolus des prévisions par rapport à l’objectif d’inflation.
  - Une mesure synthétique de la variabilité des prévisions inflationnistes dans le temps.
  - La dispersion des prévisions inflationnistes des différents prévisionnistes.
  - La sensibilité des prévisions inflationnistes à l’inflation inattendue actuelle.
- Interprétation : dans toutes les mesures, plus la valeur est faible, mieux les anticipations sont ancrées.

### Degré d’ancrage dans les pays émergents : évolution et disparités
- Tendance historique :
  - L’ancrage des anticipations inflationnistes s’est renforcé dans les pays émergents au cours des vingt dernières années.
  - La majeure partie des progrès est intervenue avant le milieu de la première décennie 2000.
  - Vers la fin de la période étudiée, on observe une dégradation du degré d’ancrage dans quelques pays, tendance non homogène selon les mesures.
- Hétérogénéité entre pays :
  - Fortes différences : au sommet, le degré moyen d’ancrage sur 2004–17 de certains pays émergents était supérieur à la moyenne d’un échantillon de 11 pays avancés dotés d’un objectif d’inflation.
  - Pour le quartile inférieur (les moins ancrés), la valeur moyenne de chaque mesure est trois à sept fois supérieure à celles des pays mieux ancrés.
- Corrélation entre mesures :
  - Les classements des pays basés sur chaque mesure de l’ancrage sont fortement corrélés ; la corrélation de rang entre deux mesures va de 0,56 à 0,87.

*Source : calculs des services du FMI.*

### 3. Dispersion des prévisions

### 3. Dispersion des prévisions

### Degré d’ancrage et différences entre pays
- En moyenne, les anticipations inflationnistes demeurent nettement moins ancrées dans les pays émergents que dans les pays avancés.
- Lorsque l’échantillon est divisé en deux groupes par degré d’ancrage des anticipations inflationnistes sur la période 2004–18, la contribution à l’inflation réelle de l’évolution des anticipations à plus long terme est nettement plus importante pour les pays où les anticipations sont moins ancrées : "de 0,4 % par an en moyenne".
- La contribution des autres facteurs à l’inflation effective est globalement similaire entre les groupes de pays plus ou moins ancrés.
- Conclusion synthétique : le degré d’ancrage des anticipations inflationnistes dans les pays émergents s’est nettement amélioré au cours des dernières décennies, mais des différences non négligeables persistent entre les pays émergents et par rapport aux pays avancés.

### Mesures et indicateurs (2004–17)
- Les mesures du degré d’ancrage des anticipations inflationnistes sont définies à l’annexe 3.3 en ligne. Dans toutes les plages, plus la valeur est faible, plus les anticipations inflationnistes sont ancrées.
- Graphique 3.10 : Hétérogénéité du degré d’ancrage des anticipations inflationnistes, 2004–17 (En pourcentage) — montre des variations pays par pays (PA, CHL, POL, CHN, MYS, PHL, HUN, PER, BRA, MEX, COL, BGR, IDN, ZAF, IND, THA, ROU, TUR, RUS, ARG*).
- Valeurs extraites du chapitre :
  - 1. Déviation des prévisions à long terme par rapport à l’objectif : 8,37
  - 2. Variabilité des prévisions à long terme : 5,99
  - 3. Dispersion des prévisions à long terme : 4,41

### Ancrage et cadres d’action (déterminants)
- Le degré d’ancrage est étroitement lié à la crédibilité de la stratégie monétaire.
- L’adoption d’un objectif d’inflation et la transparence de la communication publique de la politique monétaire contribuent à l’ancrage des anticipations inflationnistes (références empiriques et études citées).
- Les différences d’ancrage d’un pays à l’autre sont liées à :
  - la maturité des régimes ciblant l’inflation (âge du régime),
  - la transparence de la politique conduite par la banque centrale (mesurée par Dincer et Eichengreen, 2014).
- Une politique budgétaire saine et viable est essentielle pour la crédibilité de la politique monétaire ; si la dette publique est perçue comme insoutenable, une inflation plus forte sera anticipée (mécanisme d’« domination budgétaire »).
- Les variations du degré d’ancrage observées d’un pays à l’autre sont positivement corrélées à la perception du marché de la viabilité de la dette publique (graphique 3.11, plage 2).

### Implications pour la politique monétaire
- Les anticipations inflationnistes à long terme sont un moteur déterminant de l’inflation dans les pays émergents, et leur degré d’ancrage varie d’un pays à l’autre.
- Si les anticipations à long terme sont peu ancrées, elles tendent à s’accroître avec des chocs de prix qui dépriment l’activité économique, plaçant les banques centrales devant un dilemme :
  - Resserrement de la politique monétaire pour contrer la hausse anticipée de l’inflation → aggrave les effets sur la production.
  - Assouplissement pour stimuler l’activité → dégrade les anticipations inflationnistes.
- Conséquence : les banques centrales des pays où l’ancrage est moindre sont moins capables de se consacrer au lissage des fluctuations de la production.
- Question centrale examinée : les pays émergents où les anticipations sont mieux ancrées pourront-ils mieux lutter contre la récession naissante déclenchée par un choc externe (par ex. normalisation de la politique monétaire aux États-Unis) ?

### Éclairages apportés par un modèle monétaire
- Une version d’un modèle monétaire néokeynésien est utilisée pour examiner l’influence de la crédibilité de la banque centrale sur l’impact d’un choc externe modélisé comme une hausse temporaire de la prime de risque pays (arrêt brutal des entrées de capitaux).
- Résultats du modèle :
  - Indépendamment du degré de crédibilité, le choc externe entraîne une forte dépréciation nominale de la monnaie, qui stimule l’inflation réelle.
  - Dans une économie avec une banque centrale plus crédible (anticipations à long terme mieux ancrées) :
    - l’inflation retrouve plus rapidement son niveau de long terme,
    - la répercussion du taux de change sur les prix à la consommation est plus faible,
    - la persistance de l’inflation est moindre,
    - le taux directeur n’a pas besoin d’augmenter autant et peut revenir plus rapidement à son niveau neutre,
    - la baisse cumulative de la production est moindre.
  - Conclusion : la persistance des chocs inflationnistes est moindre et la politique monétaire peut se concentrer sur la lutte contre les récessions lorsque la crédibilité est forte et les anticipations mieux ancrées, ce qui accroît la résilience aux chocs externes.

### Le cas empirique : épisode du "taper tantrum" (été 2013)
- Le "taper tantrum" est traité comme un choc exogène bien identifié lié à l’anticipation d’un mouvement de normalisation de la politique monétaire aux États-Unis, entraînant une hausse des primes de risque sur la dette des pays émergents.
- Méthodologie : estimation des réactions du taux de change, de l’inflation, de la production et du taux directeur au choc du taper tantrum à l’aide d’une méthode de projection locale; comparaison entre groupes de pays à ancrage élevé et à ancrage faible (définis à l’annexe 3.3 en ligne).
- Résultats empiriques sommaires :
  - Dans les deux groupes, la monnaie se déprécie au moment de l’impact.
  - La dépréciation initiale est un peu moins forte dans le groupe à moindre ancrage, possiblement indicatrice d’une "peur du flottement".
  - Les différences observées concordent avec les prédictions du modèle : les pays à ancrage élevé montrent une évolution des variables macroéconomiques (inflation, réaction monétaire, production) plus favorable pour limiter la persistance inflationniste et atténuer la contraction de la production.

*Source : calculs des services du FMI.*

### 3. Taux directeur

### 3. Taux directeur

### Réaction au « taper tantrum » et pass‑through des dépréciations
- Après les deux premiers mois, « l’effet de dépréciation s’égalise entre les deux groupes. »
- La réaction des prix à la consommation indique « une augmentation très persistante et statistiquement significative du niveau des prix dans les pays où l’ancrage est plus faible » et « une absence d’impact sur les prix à la consommation dans le groupe des pays où l’ancrage est plus élevé. »
- « Les différences entre les deux groupes sont statistiquement significatives pour tous les horizons (graphique 3.13, plage 2). »
- « La répercussion sur le taux de change lors du taper tantrum a été nettement plus forte dans les pays où les anticipations inflationnistes sont moins ancrées. »
- Mesures comparatives de l’ampleur des répercussions à six mois :
  - Pays à moindre ancrage des anticipations : « égal à 11 % » (six mois).
  - Estimation de l’exercice du taper tantrum : « 14 % ».
  - Pays où les anticipations sont mieux ancrées : « respectivement 1 % et 5 %. »
- Constats en accord avec de précédentes études citées (Taylor (2000), Gagnon et Ihrig (2001), Choudhri et Hakura (2006), Edwards (2006), Mishkin et Schmidt‑Hebbel (2007), Carrière‑Swallow et al. (2016), Caselli et Roitman (2016)).
- Observations sur la politique monétaire lors du taper tantrum :
  - Le groupe moins ancré a « été confronté à un arbitrage plus difficile entre lutter contre l’inflation et contrer les perspectives de chute de la croissance. »
  - « Il n’y a pas de différence significative de réaction du taux directeur dans les deux groupes, quel que soit l’horizon considéré. »

### Politique monétaire contracyclique : corrélations et limites
- Une simple corrélation entre le taux directeur corrigé de la tendance et l’écart de production sur la période « entre le premier trimestre 2004 et le premier trimestre 2018 » indique :
  - « La politique monétaire dans les deux groupes de pays a, en moyenne, réagi de manière contracyclique à l’évolution de l’écart de production. »
  - « Cette réaction contracyclique a été plus forte dans le groupe de pays où l’ancrage est plus élevé. »
- Limites des constats par corrélation :
  - Ne renseigne pas nécessairement sur le dilemme de politique monétaire en cas de choc externe, car « les arbitrages de la politique monétaire peuvent différer en fonction de la nature du choc. »
  - Une simple corrélation « ne tient pas compte d’autres facteurs importants », notamment si la stabilité des taux de change est aussi un objectif de la politique monétaire et si le taux de change est corrélé à l’écart de production.

### Estimation d’une fonction de réaction de la politique monétaire (méthodologie)
- Spécification inspirée de Taylor (1993) et Coibion et Gorodnichenko (2012) :
  - La spécification « tient compte de l’inertie de la politique monétaire et inclut le taux d’inflation, l’écart de production et la variation du taux de change effectif nominal. »
  - « Le coefficient estimé sur l’écart de production est interprété comme une mesure de la contracyclicité de la politique monétaire. »
  - Les coefficients sont laissés « varier entre les pays des groupes plus ou moins ancrés. »
- Deux stratégies d’identification pour se concentrer sur des chocs externes :
  - Analyse de régression restreinte à la période « 2011–15 », période lors de laquelle « les entrées nettes de capitaux dans les pays émergents ont enregistré un important ralentissement. »
  - L’écart de production intérieur est estimé « au moyen des chocs sur la prime de risque mondiale, représentés par l’indice de volatilité du Chicago Board Options Exchange (VIX). »

### Résultats empiriques et interprétation
- Effets estimés :
  - « Le coefficient de l’écart de production est plus faible pour les pays où l’ancrage des anticipations est moindre que pour ceux où il est plus élevé pour toutes les spécifications. »
  - Dans deux des spécifications, « l’écart entre les deux coefficients de l’écart de production est statistiquement différent de zéro (graphique 3.16). »
  - « Le coefficient sur le taux de change effectif nominal est plus élevé pour les pays à moindre ancrage. »
- Interprétation synthétique :
  - « Non seulement la politique monétaire dans les pays à moindre ancrage réagit moins aux fluctuations de l’écart de production, mais aussi elle réagit plus aux fluctuations du taux de change effectif nominal. »
  - « Globalement, ces constats indiquent que la capacité à conduire une politique monétaire contracyclique dans les pays émergents est positivement corrélée au degré d’ancrage des anticipations inflationnistes. »
- Robustesse :
  - Les constats sont « qualitativement robustes à l’exclusion de la période de la crise financière mondiale (du troisième trimestre 2007 au premier trimestre 2009) et à d’autres distributions des groupes de pays selon leur degré d’ancrage. »
  - Des résultats supplémentaires et détails sont référencés dans les annexes en ligne (annexe 3.5, annexe 3.6, annexe 3.1, annexe 3.3).

### Conclusion synthétique
- « Les pays où les anticipations inflationnistes sont mieux ancrées ont été plus résilients à l’épisode du taper tantrum et ont pu conserver une politique monétaire relativement plus accommodante. »
- Les anticipations inflationnistes solidement ancrées « peuvent atténuer le dilemme de politique monétaire auquel les pays émergents sont confrontés face à des chocs externes » : l’impact inflationniste de ces chocs est moindre et la capacité à mener une politique contracyclique est renforcée.

*Source : calculs des services du FMI. (Contenu extrait de la section "3. Taux directeur" du document fourni.)*

### 2. Effet sur la réaction de la politique monétaire aux évolutions du TCEN

### 2. Effet sur la réaction de la politique monétaire aux évolutions du TCEN

### Résumé et implications
- Période étudiée : 2004–18, échantillon principal : 19 pays émergents.
- Tendances générales :
  - Les pays émergents et en développement ont connu une désinflation dans les années 90 et au début des années 2000; depuis, ils connaissent une inflation faible et stable.
  - Pour le pays émergent moyen de l’échantillon, les meilleurs résultats de l’inflation sont généralisés sur plusieurs mesures des prix et régions géographiques.
  - Les progrès ne sont pas uniformes : certains pays affichent encore des difficultés pour stabiliser l’inflation à un niveau bas face aux inversions des flux de capitaux et aux pressions des taux de change.
- Statistiques et constats clés :
  - L’inflation moyenne dans plusieurs pays de l’échantillon est restée supérieure à 10 percent au cours de la période étudiée.
  - Le principal facteur des écarts par rapport à l’objectif d’inflation est lié aux fluctuations des anticipations inflationnistes à long terme; le rôle des facteurs mondiaux est moindre.
  - Le degré d’ancrage des anticipations inflationnistes s’est amélioré, mais il reste inférieur dans de nombreux pays émergents par rapport aux pays émergents plus performants et aux pays avancés.
- Mécanismes :
  - Un resserrement des conditions financières mondiales entraîne des dépréciations monétaires dans les pays émergents, conduisant à un ajustement des prix relatifs et à une hausse temporaire du taux d’inflation.
  - Si les anticipations inflationnistes sont solidement ancrées, la stabilité des prix n’est pas menacée.
  - Un meilleur ancrage des anticipations réduit la persistance de l’inflation et limite les répercussions des dépréciations monétaires sur les prix intérieurs, permettant à la politique monétaire de se consacrer davantage au lissage des fluctuations de la production.
- Risques et vulnérabilités :
  - Des niveaux d’ancrage des anticipations inflationnistes à long terme inférieurs à la moyenne peuvent contraindre les mesures de politique monétaire des banques centrales et exposer davantage les pays émergents aux chocs externes (par exemple, la normalisation de la politique monétaire aux États-Unis et dans d’autres pays avancés).
  - La dette publique a augmenté dans les pays émergents au cours des dix dernières années et on prévoit qu’elle augmentera encore dans un grand nombre des plus grandes économies dans les cinq prochaines années (voir le chapitre 1).
  - Plusieurs pays émergents à moindre ancrage ont récemment subi des tensions considérables dues à la dépréciation du taux de change et à l’inflation à court terme.

### Encadré 3.1 — Dynamique de l’inflation dans un groupe plus large de pays émergents et en développement
- Composition et méthodologie :
  - Comparaison entre : 1) les 19 pays de l’échantillon principal; 2) un groupe élargi de 71 pays émergents et en développement, divisé en 33 autres pays émergents et 38 pays en développement à faible revenu (PDFR).
  - Critères d’exclusion du groupe élargi : population < 2 millions ou épisode d’hyperinflation (inflation annuelle > 100 percent).
  - Les 19 pays de l’échantillon ont été sélectionnés principalement pour la disponibilité de prévisions d’inflation à plus long terme (trois ans ou plus).
- Comparaisons macroéconomiques :
  - Les 19 pays figurent parmi les plus grandes économies de la catégorie et sont représentatifs du groupe élargi sur plusieurs dimensions : PIB par habitant, développement financier, rythme de croissance, ouverture commerciale.
  - Différence notable : les 19 pays de l’échantillon ont des taux de change plus flexibles (indice de flexibilité plus élevé).
- Tendances de l’inflation dans les trois groupes (période 1995–2018 et sous-période 2004–18) :
  - L’inflation globale (IPC) a reculé entre le milieu des années 90 et le milieu des années 2000 et est restée plus faible par la suite.
  - La part des pays où l’inflation globale est supérieure ou égale à 10 percent a fortement chuté : moins de 15 percent des pays affichaient une inflation ≥ 10 percent à la fin de la période examinée, contre 50–70 percent en 1995.
  - La volatilité de l’inflation a également diminué dans les deux autres groupes de pays.
- Hétérogénéité post-2004 :
  - Inflation moyenne 2004–18 : 5 percent dans le groupe de l’échantillon; 7 percent dans le groupe des autres pays émergents; 8 percent dans le groupe des PDFR.
  - L’inflation reste plus volatile dans les deux autres groupes que dans les pays de l’échantillon.
- Facteurs explicatifs des taux d’inflation plus élevés dans les deux autres groupes :
  - Une plus forte sensibilité de l’inflation aux cours des produits de base : l’inflation suit de plus près la hausse des cours des produits de base, en particulier après 2004 (pic en 2008, chute pendant la crise financière mondiale, rebond puis baisse).
  - Dans les PDFR, l’alimentation représente une part plus importante des dépenses de consommation; une part plus élevée de l’alimentation est liée à une inflation plus forte.
  - Ces pays ont eu plus de difficulté à lisser les chocs des produits de base après la crise.
- Rôle des cadres institutionnels :
  - Une politique monétaire plus crédible et une moindre dépendance aux importations énergétiques réduisent l’impact des chocs des prix du pétrole sur l’inflation.
  - Les chocs des produits de base ont des effets moins persistants dans les pays disposant d’une banque centrale indépendante, d’une inflation initiale plus basse et d’une meilleure gouvernance.
  - La transparence de la banque centrale progresse plus lentement dans les deux autres groupes et reste nettement inférieure aux niveaux de l’échantillon; l’absence de stratégie de communication claire et la présence d’objectifs multiples contribuent à cette moindre transparence.
  - Les mouvements de taux de change ont des répercussions plus importantes dans les pays dont le cadre de politique monétaire est moins transparent et moins crédible, rendant les chocs externes plus inflationnistes.
  - Des institutions budgétaires solides sont une condition préalable de la crédibilité de la politique monétaire; l’interaction entre le ciblage de l’inflation et les règles budgétaires a un effet positif sur l’équilibre budgétaire et l’inflation.

### Principales recommandations politiques
- Consolider et améliorer les cadres de politique budgétaire et monétaire pour préserver les gains en matière d’inflation :
  - Renforcer la viabilité à long terme des cadres budgétaires, y compris en adoptant des règles budgétaires et en préservant et reconstituant des amortisseurs budgétaires si nécessaire.
  - Améliorer la crédibilité des banques centrales en consolidant et en renforçant leur indépendance.
  - Améliorer l’actualité, la clarté, la transparence et l’ouverture des communications des banques centrales.
- Actions spécifiques selon le degré de crédibilité monétaire :
  - Dans les pays où la crédibilité du cadre monétaire est relativement faible, mettre l’accent sur une communication claire des raisons des mesures de politique monétaire prises face aux évolutions mondiales.
- Horizon temporel et persistance :
  - Reconnaître que l’ancrage des anticipations inflationnistes demande du temps; les décideurs devraient poursuivre les efforts d’amélioration même en période de conditions économiques favorables.

*Source: weo1018-fr - 2. Effet sur la réaction de la politique monétaire aux évolutions du TCEN*

### 1. Inflation et variation de l’indice

### 1. Inflation et variation de l’indice des prix des produits de base

### Principales constatations (encadré 3.2 : Clarté de la communication de la banque centrale et ancrage des anticipations inflationnistes)
- L’adoption du ciblage de l’inflation par de nombreuses banques centrales émergentes et en développement s’est accompagnée d’un meilleur ancrage des anticipations inflationnistes à long terme, mais d’importantes variations persistent.
- Une communication plus transparente et plus claire de la banque centrale peut renforcer l’ancrage des anticipations inflationnistes en réduisant l’incertitude relative aux mesures de politique monétaire futures.
- La prévisibilité des décisions de taux directeur est plus faible dans les pays émergents et en développement qu’au sein des banques centrales ciblant l’inflation dans les pays avancés (graphique 3.2.1 : comparaisons 2010–13 et 2014–18).
- Une faible prévisibilité des décisions en matière de taux directeur est associée à un plus faible ancrage des anticipations inflationnistes à moyen terme (écart absolu des anticipations à deux ans par rapport à l’objectif).
- La prévisibilité est corrélée positivement avec la transparence institutionnelle : l’indice de transparence de la banque centrale (allant de 0 à 15) est lié à une fréquence plus faible des « surprises » en matière de politique monétaire (graphique 3.2.3).
- Lisibilité de la communication : l’indice de lisibilité de Flesch (LIS) est utilisé pour les communiqués de presse en anglais ; des communications plus lisibles sont associées à une meilleure prévisibilité de la politique (graphique 3.2.3).
- Statistiques de qualité affichées dans les analyses empiriques : R² = 0,485 (relation prévisibilité vs. ancrage des anticipations), R² = 0,4935 (transparence vs. prévisibilité), R² = 0,2856 (lisibilité vs. prévisibilité).

### Mesure empirique de la clarté et de la prévisibilité
- Définition opérationnelle d’une « surprise » : différence entre la décision portant sur le taux de politique monétaire et la prévision moyenne des analystes interrogés par Bloomberg le jour de l’annonce du taux.
- Observations clés :
  - Les pays émergents et en développement ont eu des difficultés à atteindre un degré élevé de prévisibilité des décisions en matière de taux directeur.
  - Les améliorations de la prévisibilité au fil du temps pour ces pays ont été irrégulières.
  - Le coefficient de pente de la régression reliant inflation et variation de l’indice des prix des produits de base est significatif pour les PDFR (pays en développement à faible revenu), mais pas pour d’autres groupes d’économies (note sur graphique 3.1.4).

### Hypothèses et projections macrofinancières (pertinentes pour l’analyse de l’inflation)
- Hypothèses de marché utilisées dans les PEM (appendice statistique) :
  - Taux interbancaire offert à Londres sur les dépôts en dollars à six mois : moyenne de 2,5 % en 2018 et de 3,4 % en 2019.
  - Taux moyen des dépôts à trois mois en euros : –0,3 % en 2018 et –0,2 % en 2019.
  - Taux moyen des dépôts à six mois en yen : 0,0 % en 2018 et 0,1 % en 2019.
  - Prix du baril de pétrole : 69,38 dollars en 2018 et 68,76 dollars en 2019.
- Conventions importantes :
  - IPC = indice des prix à la consommation ; PDFR = pays en développement à faible revenu ; PE = pays émergents.
  - Les moyennes de groupes sont pondérées par le PIB nominal (poids calculés entre 2010 et 2012) ; pour l’inflation et l’expansion monétaire dans les pays émergents et en développement, des moyennes géométriques sont utilisées.

### Recommandations de politique publique tirées du texte
- Pour accroître l’ancrage des anticipations inflationnistes et la prévisibilité de la politique monétaire, les banques centrales devraient :
  - Annoncer un objectif clair de politique monétaire.
  - Publier régulièrement des déclarations, procès-verbaux et rapports expliquant les facteurs ayant motivé les décisions et évaluant les évolutions probables à l’horizon de la politique.
  - Améliorer la transparence institutionnelle (indice de transparence allant de 0 à 15) pour réduire les surprises.
  - Rendre la communication plus lisible (améliorer l’indice de lisibilité de Flesch — LIS) en employant un langage simple et des phrases claires.
  - Rationaliser le calendrier de communication : aligner la fréquence des réunions de politique monétaire sur la publication du rapport de politique monétaire afin de se concentrer sur les évolutions à moyen terme.
  - Fournir des informations additionnelles sur les déclarations post‑réunion (par exemple, nombre de votes, principaux arguments), comme l’a fait la banque centrale du Chili.
- Pour les autorités nationales et le FMI :
  - Utiliser des hypothèses de marché clairement énoncées (taux, prix du pétrole) et les conventions statistiques pour assurer la cohérence des projections d’inflation.
  - Prendre en compte les particularités des PDFR lorsque le coefficient de la pente de la relation inflation–prix des produits de base est significatif.

### Implications et priorités d’action
- L’amélioration de la transparence et de la lisibilité des communications des banques centrales renforce la prévisibilité et l’ancrage des anticipations, réduisant ainsi le risque d’ajustements de politique monétaire coûteux.
- Les pays émergents et en développement doivent poursuivre le renforcement de leurs cadres de politique monétaire et d’institutions de communication, tout en tenant compte des limites opérationnelles (capacité statistique, poids des chocs externes comme les prix des produits de base).
- Pour les PDFR, une attention particulière est justifiée étant donné la sensibilité empirique observée entre prix des produits de base et inflation.

*Source: Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale (Octobre 2018) — Encadré 3.2 "Clarté de la communication de la banque centrale et degré d’ancrage des anticipations inflationnistes" et section 1. "Inflation et variation de l’indice des prix des produits de base".*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2018/october/french/pdf/weo1018-fr.pdf_
