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### Introduction — structure et aperçu
- Page d’ouverture : 57.
- Sections listées (chapitres 2–4, encadrés et bibliographie) avec pagination :
  - La puissance de marché grandissante des entreprises — 60.
  - Implications macroéconomiques de la montée de la puissance de marché — 64.
  - Résumé et implications — 70.
  - Encadré 2.1. Covariation entre concentration sectorielle et épargne des entreprises — 74.
  - Encadré 2.2. Effets des fusions–acquisitions sur la puissance de marché — 76.
  - Bibliographie — 78.
  - Début du chapitre 3 : 81 (sections et encadrés listés).
  - Début du chapitre 4 : 107 (sections listés).

### Contenu thématique principal (aperçu)
- Chapitre 1 (extraits) : Perspectives et politiques mondiales — hypothèses techniques, projections, risques et priorités (estimations/projections fondées sur les statistiques disponibles au 29 mars 2019).
- Chapitre 2 : La montée de la puissance de marché des entreprises — données d’entreprise (≈900.000 entreprises, 27 pays), effets sur investissement, innovation, part du travail, et recommandations de politique de concurrence.
- Chapitre 3 : Prix des biens d’équipement — baisse des prix relatifs, rôle de l’intégration commerciale et des coûts des échanges, implication pour l’investissement.
- Chapitre 4 : Déterminants des balances commerciales et répercussions des droits de douane — modèle gravitaire, rôle prédominant des facteurs macroéconomiques, effets le long des chaînes de valeur.

*Fonds monétaire international | Avril 2019 — textfullf (PDF)*

### Résumé exécutif (projections et grands chiffres)
- Croissance mondiale :
  - 2017 : près de 4 %.
  - 2018 : 3,6 %.
  - 2019 (prévision) : 3,3 %.
  - 2020 (prévision) : 3,6 %.
  - À moyen terme (au‑delà de 2020) : stabilisation aux environs de 3½ %.
- Révisions par rapport à octobre 2018 des PEM :
  - 2018 : révisée à la baisse de 0,1 point de pourcentage.
  - 2019 : révisée à la baisse de 0,4 point de pourcentage.
  - 2020 : révisée à la baisse de 0,1 point de pourcentage.
- Hypothèses techniques (sélection) :
  - Cours moyen du baril de pétrole : 59,16 dollars le baril en 2019; 59,02 dollars le baril en 2020.
  - LIBOR à six mois en dollars : 3,2 % en 2019; 3,8 % en 2020.
  - Taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros : –0,3 % en 2019; –0,2 % en 2020.
  - Taux certificats de dépôt à six mois au Japon : 0,0 % en 2019 et en 2020.
- Estimations et projections fondées sur les statistiques disponibles au 29 mars 2019.

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### Principaux risques identifiés
- Escalade des tensions commerciales entre les États‑Unis et la Chine; trêve fragile.
- Propagation des tensions commerciales à d’autres secteurs (ex. industrie automobile) perturbant les chaînes d’approvisionnement.
- Croissance chinoise inférieure aux prévisions.
- Risques élevés autour du Brexit, y compris un Brexit sans accord.
- Vulnérabilités financières liées à un endettement élevé des secteurs privés et publics.
- Réévaluation rapide de la politique monétaire américaine par les marchés durcissant les conditions de financement mondial.
- À moyen terme : changements climatiques et désaccords politiques sur fond de hausse des inégalités.

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### Chapitre 1 — Commodities, synchronisation cyclique et implications pour le nowcasting

### Rôle des prix des produits de base
- Les produits de base représentent encore "17 % approximativement du commerce mondial".
- Les cours sont stockables et reflètent l’offre et la demande actuelles et anticipées.

### Méthodologie et facteurs extraits
- Échantillon : ensemble déséquilibré, commençant en "1957", de "57 séries de cours (réels) de matières premières" classées en quatre catégories : énergie, métaux, aliments et boissons, matières premières agricoles.
- Datation des cycles : Harding et Pagan (2002) adaptation de Bry et Boschan (1971); chaque phase doit durer au moins "12 mois".
- Facteurs latents estimés par composantes principales :
  - Les deux premiers facteurs expliquent "environ 20 % de la variance des fluctuations mensuelles des cours des produits de base".
  - Corrélation positive de "0,67" entre les deux premiers facteurs cumulés et la croissance recentrée du PIB mondial.
  - Le premier facteur : facteur mondial; le second : facteur prix relatif.

### Cyclicité et concordance
- Caractéristiques cycliques par groupe (moyennes) — valeurs exactes :
  - Énergie : Durée (Mois) — Expansion "20" / Contraction "24"; Amplitude (Écart log., en pourcentage) — Expansion "64,72" / Contraction "62,81"; Intensité (écart log., en pourcentage par mois) — Expansion "3,37" / Contraction "3,01".
  - Métaux de base : Durée "18" / "24"; Amplitude "55,19" / "57,98"; Intensité "3,05" / "2,41".
  - Aliments et boissons : Durée "16" / "20"; Amplitude "45,25" / "49,60"; Intensité "2,80" / "2,33".
  - Matières premières agricoles : Durée "18" / "22"; Amplitude "43,27" / "46,70"; Intensité "2,46" / "2,00".

### Utilité pour l’évaluation en temps réel (nowcasting) et prévision
- Spécifications testées :
  - Spécification 1 = seul le facteur mondial.
  - Spécification 2 = facteurs mondiaux et relatifs.
  - Spécification 3 = échantillon divisé en produits agricoles et non agricoles, usages de premières composantes.
- Gains documentés (extraits chiffrés) :
  - Production industrielle mondiale (période janvier 1980–décembre 2018) — Erreur quadratique moyenne :
    - Référence : 0,55 %.
    - Spécification 1 : 0,54 %.
    - Spécification 2 : 0,53 %.
    - Spécification 3 : 0,54 %.
  - PIB mondial (1 mois d’information, période 1er trimestre 1980–3e trimestre 2018) — Erreur quadratique moyenne :
    - Référence : 0,42 %.
    - Spécification 1 : 0,38 %.
    - Spécification 2 : 0,37 %.
    - Spécification 3 : 0,38 %.
  - Amélioration de l’erreur quadratique moyenne pour le PIB à un trimestre : baisse d’environ 10 % par rapport à la référence lorsque le trimestre complet est disponible (Spécification 2).

### Conclusion pratique
- Les cours des produits de base sont particulièrement informatifs :
  - en période de forte instabilité économique;
  - pour améliorer désormais et progressivement la prévision du PIB du trimestre suivant;
  - les métaux de base étant des indicateurs clés de la production industrielle mondiale.

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### Chapitre 2 — La montée de la puissance de marché des entreprises : constats, mécanismes et politiques

### Données et périmètre
- Périmètre : près d’un million d’entreprises couvrant 27 pays (16 pays avancés, 11 pays émergents); ensemble final après nettoyage : plus de 900.000 entreprises.
- Mesures principales :
  - Marges (méthode De Loecker et Warzynski (2012)).
  - Indice de Lerner (mesure de la rentabilité opérationnelle).
  - Concentration : ratio chiffre d’affaires des 4 premières entreprises/chiffre d’affaires des 20 premières.

### Constats empiriques clés (chiffres exacts)
- En niveau, la marge moyenne (pondérée) :
  - ≈ 1,28 en 2000.
  - ≈ 1,36 en 2015.
- Hausse moyenne des marges (2000–15) :
  - Pays avancés : ≈ 7,7 percent.
  - Pays émergents couverts : ≈ 1,8 percent.
- Concentration des hausses :
  - Les entreprises du décile supérieur ont augmenté leur marge moyenne (pondérée) de plus de 30 percent; les neuf autres déciles : augmentation moyenne (pondérée) ≈ 2 percent.
- Contribution sectorielle et par composantes :
  - Deux tiers de la hausse globale des marges attribuables aux entreprises en place (composante « intensive »); le reste lié à l’entrée nette de nouvelles entreprises.
  - Pour les États‑Unis, la composante réallocation représente ≈ 80 percent de la hausse de la marge globale.

### Impacts sur investissement, innovation et part du travail (estimations)
- Investissement :
  - Une hausse de 10 points de pourcentage de la marge d’une entreprise est associée à une baisse de 0,6 point de pourcentage du taux d’investissement en capital physique.
  - Hausse moyenne des marges depuis 2000 liée à une baisse de 0,4 point de pourcentage du taux d’investissement pour l’ensemble de l’échantillon.
  - Pour les entreprises du décile supérieur : diminution de 2 points de pourcentage du taux d’investissement.
  - Simulation contrefactuelle (pays avancés, marges fixées à niveau 2000) : stock de capital physique supérieur de 3 % en 2015; gain de production ≈ 1 % (en supposant élasticité production au capital ≈ 1/3).
- Innovation :
  - Relation en forme de cloche entre puissance de marché et innovation.
  - Au niveau sectoriel : > 80 percent des observations situées avant le point d’inversion (hausse de marges encourage l’innovation).
  - Au niveau des entreprises : part au‑dessus du point d’inversion ≈ 7,5 percent en 2015 (augmentation de 50 percent sur la période).
  - Si marges augmentaient autant en 2015–30 que 2000–15 :
    - stock de brevets des entreprises à fortes marges serait inférieur d’environ 4 percent;
    - stock global de brevets inférieur de plus de 0,3 percent.
- Part du travail :
  - Une hausse des marges de 10 points de pourcentage liée à une diminution de 0,3 point de pourcentage de la part du travail (masse salariale/valeur ajoutée).
  - Hausse moyenne des marges depuis 2000 liée à une baisse de 0,2 point de pourcentage de la part du travail pour l’ensemble de l’échantillon.
  - Pour les entreprises du décile supérieur : recul de 1 point de pourcentage de la part du travail.
  - Contribution estimée : hausses de marges expliquent au moins 10 % de la baisse tendancielle de la part du travail dans le pays avancé moyen.

### Mécanismes de concentration et épargne des entreprises
- Fusions–acquisitions :
  - Augmentation des marges pour les acquéreurs d’environ 1,1 point de pourcentage en moyenne; pour fusions–acquisitions horizontales ≈ 1,2 point de pourcentage.
- Covariation concentration / épargne :
  - Coefficient de corrélation entre taux d’épargne moyen des entreprises et part moyenne des quatre plus grandes entreprises dans le chiffre d’affaires d’un secteur (G‑7) : 0,8.
  - La majeure partie de la progression de l’épargne globale des entreprises provient d’une augmentation de l’épargne des entreprises en place; les grandes entreprises (centile supérieur) affichent les augmentations les plus fortes.

### Modélisation macroéconomique (simulations)
- Modèle stochastique dynamique d’équilibre général calibré (zone euro et États‑Unis) — hausse tendancielle des marges modélisée comme réduction de la substituabilité entre biens.
- Résultats simulés (comparaison scénario marges 2000 vs marges observées) :
  - Écart de production ≈ 0,3 point de pourcentage en 2015.
  - Inflation ≈ 0,2 point de pourcentage plus élevée en 2015.
  - Taux d’intérêt naturel ≈ 10 points de base plus bas en 2015.

### Implications et recommandations de politique (extraits)
- Priorité : préserver une saine concurrence, surtout dans les secteurs non manufacturiers.
- Actions proposées :
  - Réduire les barrières nationales à l’entrée.
  - Libéraliser le commerce et les investissements directs étrangers.
  - Renforcer les ressources et capacités des autorités de la concurrence (enquêtes sur les fusions, examens de marché, pouvoirs de cession d’actifs).
  - Attention accrue aux acquisitions de petites cibles susceptibles de devenir grands concurrents.
  - Droits de propriété intellectuelle bien calibrés; régimes de gouvernance des données neutres pour la concurrence.
  - Réforme fiscale ciblant les rentes économiques : impôt sur flux de trésorerie ou abattement pour rendement normal des capitaux propres; version fondée sur lieu de destination suggérée pour résister au transfert de bénéfices.

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### Chapitre 3 — Prix des biens d’équipement : tendances, déterminants et implications

### Tendances observées (chiffres clés)
- Réduction des prix relatifs des machines et équipements depuis les années 90 :
  - ≈ 60 percent dans les pays avancés (entre début des années 90 et 2014).
  - ≈ 40 percent dans les pays émergents et en développement (d’après Penn World Table version 9.0).
- Baisse spectaculaire des prix relatifs :
  - Équipements informatiques : baisse de 90 percent depuis 1990.
  - Équipements de télécommunication : chute de près de 60 percent depuis 1990.
- En 2014, par rapport au début des années 90 : prix des machines et équipements abaissés dans tous les pays avancés; dans 87 % des pays émergents; dans 68 % des pays en développement à faible revenu.

### Déterminants des prix relatifs — productivité et coûts des échanges
- Rôles estimés empiriquement :
  - Une augmentation de 1 % du ratio d’importation (obtenue par une réduction de 0,7 point de pourcentage des droits de douane) entraîne une baisse d’environ 0,5 % des prix des producteurs sectoriels.
  - Une augmentation de 1 % de la productivité de la main‑d’œuvre sectorielle se traduit par une baisse de 0,3 % des prix des producteurs.
- Décomposition 2000–11 : l’approfondissement de l’intégration commerciale explique la majeure partie de la baisse des prix relatifs des machines et équipements, à la fois directement et via la productivité accrue qu’elle induit.

### Elasticités investissement / prix relatifs (preuves empiriques et simulations)
- Simulation GIMF : baisse de 1 % des prix des investissements par rapport à la consommation → augmentation ≈ 0,8 % du ratio investissement réel/PIB réel à moyen terme.
- Estimations empiriques (PWT, fenêtres 5 ans) : baisse de 1 % des prix relatifs → hausse de 0,3 % à 0,5 % du taux d’investissement réel sur 5 ans.
- Estimations sectorielles (EU KLEMS / World KLEMS) : baisse de 1 % des prix relatifs → augmentation de 0,2 % à 0,5 % du taux d’investissement réel dans ces biens d’équipement.

### Coûts des échanges et écart entre pays pauvres et riches (extraits chiffrés)
- Le même panier de machines et équipements coûte environ 8 % de plus dans le pays à faible revenu médian que dans le pays avancé médian (PCI 2011).
- Le rapport prix machines/consommation est 2,7 fois plus élevé dans le pays à faible revenu médian que dans le pays avancé médian.
- Jusqu’à 60 percent de l’écart des prix relatifs des machines et équipements d’un pays à l’autre peut être expliqué par les différences dans les coûts des échanges, selon la mesure retenue.

### Effets des droits de douane (exemples et micro‑preuves)
- Cas Colombie (réforme 2011) :
  - Taux moyen de droits de douane sur biens importés passé de 12,5 % en 2010 à 8,7 % en 2011 (baisse ≈ 4 points).
  - Estimation : baisse de 1 point de pourcentage des droits de douane sur intrants d’investissement → augmentation de 0,4 point de pourcentage de l’investissement (estimation ponctuelle, significative à 1 %).
- Hypothèse politique calibrée :
  - Baisse permanente des droits de douane sur biens d’investissement de 4 points de pourcentage → coût budgétaire récurrent ≈ 0,25 % du PIB annuel; impact d’ensemble favorable à l’investissement et à la production mais moins expansif que choc technologique domestique équivalent.

### Politiques recommandées (leviers)
- Réduire les coûts des échanges (améliorer connectivité, réduire droits de douane, simplifier procédures frontalières).
- Favoriser la R‑D, l’innovation et la diffusion technologique dans le secteur des biens d’équipement.
- Considérer des mesures fiscales ciblées (amortissement accéléré, crédits d’impôts) pour soutenir l’investissement en biens d’équipement, en prenant en compte le coût budgétaire et les effets distributifs.
- Accompagner l’ouverture commerciale par politiques d’ajustement pour les travailleurs (formation, reconversion).

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### Chapitre 4 — Déterminants des balances commerciales et répercussions des droits de douane

### Cadre analytique et résultat général
- Approche : modèle gravitaire appliqué aux flux bilatéraux (Trade in Value Added, 63 pays, 34 secteurs, 1995–2015).
- Résultat central : les facteurs macroéconomiques (offre/demande globales) expliquent majoritairement les changements des balances commerciales bilatérales; droits de douane et coûts des échanges contribuent, mais dans une moindre mesure.

### Effets quantitatifs et elasticités (extraits)
- Une augmentation de 1 % des droits ad valorem bruts réduit les exportations bilatérales brutes d’environ 3 % à 6 %.
- Décomposition empirique (1995–2015, comparaisons moyennes 2010–15 vs 1995–99) : contributions nettes des facteurs macroéconomiques, composition sectorielle et coûts des échanges présentées pour États‑Unis, Chine et Allemagne.

### Chaînes de valeur et mesures des droits de douane le long de la chaîne
- Quatre mesures : droits en amont, droits de protection intérieure, droits en aval, droits de réorientation.
- Conclusions :
  - Droits de douane en amont et en aval ont des effets négatifs et significatifs sur la valeur ajoutée et la productivité.
  - Droits de douane de réorientation : effets positifs sur valeur ajoutée et emploi (substitution des fournisseurs), mais peu d’effet sur productivité.

### Scénarios et simulations (extraits chiffrés)
- Scénario illustratif : hausse généralisée d’un point de pourcentage des droits de douane → effets négatifs significatifs sur valeur ajoutée, emploi et productivité, déplacements importants de capacité manufacturière (déplacements vers Mexique, Canada, Asie de l’Est).
- Encadré (augmentation de 25 % des droits de douane entre USA et Chine) — modèles GIMF / GTAP / CFRT :
  - États‑Unis : pertes annuelles de PIB réel entre –0,3 percent et –0,6 percent.
  - Chine : pertes annuelles de PIB réel entre –0,5 percent et –1,5 percent.
  - Chute des échanges bilatéraux : GIMF court terme ≈ –20,9 % (exportations Chine → USA 1re année); GTAP et CFRT donnent chutes plus importantes à long terme (ex. GTAP –71,3 %).
  - Effet sur échanges mondiaux : réorientation des importations américaines vers Mexique et Canada; pays tiers peuvent gagner des parts mais subissent aussi pertes via chaînes de valeur.

### Conclusions de politique commerciale
- Les déséquilibres globaux se réfléchissent aux niveaux bilatéraux; cibler des bilatérales via tarifs provoquera en général des réorientations compensatoires et n’ajustera pas durablement la balance commerciale globale sauf changement macroéconomique.
- Recommandations :
  - Focus sur déterminants macroéconomiques des soldes extérieurs (politiques budgétaires, cycles du crédit, fondamentaux).
  - Préférence pour réductions multilatérales des obstacles tarifaires/non tarifaires plutôt que hausses bilatérales.
  - Accompagnement des ouvertures commerciales par politiques d’ajustement social et formation.

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### Spécifique : Brexit sans accord (GIMF — scénarios A et B)

### Hypothèses communes
- Le scénario de référence : Royaume‑Uni quitte l’union douanière et le marché unique, conclut un accord de libre‑échange général et passe progressivement au nouveau régime.
- Scénarios sans accord A/B :
  - Scénario A : absence de perturbations à la frontière; resserrement financier faible.
  - Scénario B : perturbations importantes à la frontière; resserrement financier marqué.
- Hypothèse démographique (scénario spécifique) : réduction de l’immigration nette au Royaume‑Uni de 25.000 personnes par an jusqu’en 2030 (flux nets vers UE augmentent du même nombre).

### Impacts chiffrés (extraits)
- Perturbations à la frontière (Scénario B) — estimation d’impact sur le PIB :
  - Royaume‑Uni : baisse de 1,4 % la première année; 0,8 % la deuxième année.
  - Union européenne : diminution de 0,2 % la première année; 0,1 % la deuxième année.
- Conditions financières (Scénario A vs B) — écarts de rendement :
  - Scénario A : écarts souverains britanniques +12,5 points de base; obligations de sociétés britanniques +20 points de base.
  - Scénario B : écarts souverains britanniques +100 points de base; obligations de sociétés britanniques +150 points de base; UE obligations de sociétés +25 points de base (temporaire); reste du monde +15 points de base (temporaire).
- Effet total sur PIB britannique (scénario A) : effet négatif total ≈ 3,5 % d’ici 2021; UE baisse ≈ 0,5 % d’ici 2021; contribution à la baisse du PIB mondial ≈ 0,2 % sur la même période.
- Effets à long terme (identiques dans A et B, hors certains effets additionnels) :
  - Royaume‑Uni : ralentissement du potentiel de production de près de 3 % (écart par rapport au scénario de référence PEM d’avril 2019).
  - Union européenne : baisse du potentiel ≈ 0,3 %.
  - Monde : PIB mondial diminue de 0,1 % à long terme.

### Incertitudes et exclusions
- Simulations n’incluent pas tous les effets (ex. hausse des coûts des échanges sur productivité, sorties de capitaux, pressions sur taux de change, perte de productivité du secteur financier due à perte des droits de passeport).
- Comparaison : autres études estiment effets négatifs à long terme entre 3 % et 10 % sur la production par rapport au maintien dans l’UE; résultats ici se situent au milieu de cette fourchette après intégration des effets déjà inclus dans le scénario de référence (FMI (2018) : baisse à long terme de 3 % du PIB).

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### Notices méthodologiques importantes (extraits)
- Données et sources citées : Orbis; Penn World Table version 9.0; EU KLEMS; World KLEMS; Programme de comparaison internationale (PCI) 2011; Eora MRIO; EPFR Global; Haver Analytics; IMF IFS; Thomson Reuters Datastream; JP Morgan EM‑VXY.
- Périodes d’échantillonnage et fenêtres : spécifications d’échantillons mensuels et trimestriels détaillées pour évaluations en temps réel et prévisions hors échantillon.

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*Source: textfullf (PDF), PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : CROISSANCE RALENTIE, REPRISE PRÉCAIRE, Fonds monétaire international | Avril 2019*

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Aperçu général et structure du chapitre
- Page d’ouverture : 57
- Sections et encadrés listés (avec pagination) dans l’ordre :
  - La puissance de marché grandissante des entreprises — 60
  - Implications macroéconomiques de la montée de la puissance de marché — 64
  - Résumé et implications — 70
  - Encadré 2.1. Covariation entre concentration sectorielle et épargne des entreprises — 74
  - Encadré 2.2. Effets des fusions–acquisitions sur la puissance de marché — 76
  - Bibliographie — 78

### Chapitre 3 — Le prix des biens d’équipement : structure et rubriques principales
- Début du chapitre 3 : 81
- Sections et encadrés listés (avec pagination) :
  - Introduction — 81
  - Prix des biens d’équipement : principales tendances — 84
  - Prix relatifs des biens d’équipement : un cadre simple — 87
  - Facteurs qui influencent les prix relatifs des investissements — 87
  - Implications macroéconomiques des chocs sur les prix des biens d’équipement — 91
  - Synthèse et implications pour l’action publique — 95
  - Encadré 3.1. Le prix de la fabrication bas carbone — 97
  - Encadré 3.2. Prix des biens d’investissement dans différents pays : le recours aux mégadonnées — 99
  - Encadré 3.3. Source sous-jacente des variations des prix des biens d’investissement : une analyse modélisée — 100
  - Encadré 3.4. Droits de douane et investissements dans les biens d’équipement : l’exemple des entreprises colombiennes — 102
  - Bibliographie — 104

### Chapitre 4 — Les déterminants des balances commerciales et les répercussions des droits de douane
- Début du chapitre 4 : 107
- Sections listées (avec pagination) :
  - Introduction — 107
  - Faits stylisés — 110
  - Les déterminants des balances commerciales bilatérales — 114
  - Le rôle des facteurs macroéconomiques — 118
  - Les droits de douane et leurs répercussions — 121

*Source: textfullf - Introduction (PDF), PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : CROISSANCE RALENTIE, REPRISE PRÉCAIRE, Fonds monétaire international | Avril 2019*

### Conclusion                                                                                                              

### textfullf - Conclusion

### Principaux constats et projections
- La croissance mondiale, qui a culminé à près de 4 % en 2017, a fléchi à 3,6 % en 2018, et devrait encore ralentir en 2019, à 3,3 %.
- Un rebond est attendu au deuxième semestre 2019 ; la croissance mondiale devrait remonter à 3,6 % en 2020.
- À moyen terme (au-delà de 2020), la croissance mondiale devrait se stabiliser aux environs de 3½ %.
- Pour 2018, la croissance a été révisée à la baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport à l’édition d’octobre 2018 des PEM; les prévisions pour 2019 et 2020 sont révisées à la baisse de 0,4 point de pourcentage et de 0,1 point de pourcentage, respectivement.
- Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance devrait se stabiliser légèrement au-dessous de 5 %.
- Pour 41 pays émergents ou en développement représentant près de 10 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat et près de 1 milliard d’habitants, le revenu par habitant devrait accuser encore plus de retard par rapport à celui des pays avancés au cours des cinq prochaines années.

### Facteurs ayant pesé sur l’activité récente
- Escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.
- Tensions macroéconomiques en Argentine et en Turquie.
- Perturbations du secteur automobile en Allemagne liées à la mise en place de nouvelles normes d’émission.
- Durcissement de la politique du crédit en Chine.
- Resserrement des conditions financières en 2018, partiellement inversé en 2019 par une politique monétaire plus accommodante des grandes banques centrales.
- Production industrielle et investissement faibles dans la plupart des pays avancés et des pays émergents; le commerce mondial ne s’est pas encore redressé.

### Hypothèses techniques (sélection)
- Taux de change effectifs réels supposés constants aux niveaux moyens observés entre le 14 janvier et le 11 février 2019.
- Cours moyen du baril de pétrole de 59,16 dollars le baril en 2019 et de 59,02 dollars le baril en 2020.
- LIBOR sur les dépôts interbancaires à six mois en dollars : 3,2 % en 2019 et 3,8 % en 2020.
- Taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros : –0,3 % en 2019 et –0,2 % en 2020.
- Taux des certificats de dépôt à six mois au Japon : 0,0 % en 2019 et en 2020.
- Estimations et projections fondées sur les statistiques disponibles au 29 mars 2019.

### Principaux risques identifiés
- Reprise fragile des négociations commerciales : la trêve est fragile et une nouvelle escalade pourrait affaiblir davantage la croissance.
- Propagation des tensions commerciales à d’autres secteurs (par exemple l’industrie automobile), avec fortes perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
- Croissance chinoise inférieure aux prévisions.
- Risques élevés entourant le Brexit, y compris un Brexit sans accord.
- Vulnérabilités financières liées à un endettement élevé des secteurs privés et publics (risque d’effets spirales entre États et banques, cité l’exemple de l’Italie).
- Réévaluation rapide de la politique monétaire américaine par les marchés pouvant durcir les conditions de financement mondial.
- À moyen terme : changements climatiques et désaccords politiques sur fond de hausse des inégalités affectant la production potentielle.

### Priorités et recommandations politiques
- Éviter des faux pas coûteux qui aggraveraient le ralentissement mondial.
- Politique monétaire : rester tributaire des données, bien communiquer et veiller à ce que les anticipations inflationnistes demeurent ancrées.
- Politique budgétaire : soutenir la demande lorsqu’il y a risque de production en deçà du potentiel tout en maintenant la dette publique sur une trajectoire viable; calibrer l’assainissement quand il est nécessaire pour protéger la croissance et les groupes vulnérables.
- Quand le ralentissement est plus prononcé et durable que prévu, assouplir la politique macroéconomique, en particulier si la stabilité financière n’est pas compromise.
- Renforcer les outils macroprudentiels pour traiter les vulnérabilités financières de manière préventive.
- Pour les pays exportateurs de produits de base à faible revenu : diversifier l’économie hors produits de base.
- Mesures structurelles pour stimuler la production potentielle, améliorer l’inclusion et renforcer la résilience (par exemple : réduire les obstacles à l’entrée, réformer et renforcer le droit de la concurrence pour s’adapter à la nouvelle économie).
- Coopération multilatérale renforcée pour résoudre les différends commerciaux, traiter le changement climatique, les risques de cybersécurité et améliorer la fiscalité internationale.
- Importance d’une relance budgétaire synchronisée et propre à chaque pays si nécessaire, complétée par une politique monétaire accommodante; la synchronisation accroît l’efficacité via des effets de signal et réduit les fuites par importations.
- Veiller à ce que les institutions multilatérales disposent de ressources adéquates pour maintenir un dispositif efficace de sécurité mondiale.

### Enseignements thématiques des chapitres (résumé)
- Chapitre 2 : Hausse de la puissance de marché des entreprises (marges) expliquée en grande partie par une hausse marquée des marges pour un petit nombre d’entreprises très productives et innovatrices; implications pour l’investissement et la part du travail.
- Chapitre 3 : La réduction des obstacles au commerce a contribué à la baisse des prix relatifs des machines et équipements et à la hausse des taux d’investissement réels; les tensions commerciales pourraient inverser cette tendance et nuire à l’investissement.
- Chapitre 4 : Les balances commerciales bilatérales sont principalement déterminées par des forces macroéconomiques globales; le ciblage des balances bilatérales par des mesures tarifaires risque d’entraîner un simple détournement des échanges avec un faible effet sur les balances nationales; l’incidence négative des droits de douane sur la production est aujourd’hui plus marquée en raison du rôle des chaînes de valeur mondiales.

*Fonds monétaire international | Avril 2019*

### 2018. Depuis le début de cette année, les prix du pétrole

### 2018. Depuis le début de cette année, les prix du pétrole

### Prix des produits de base et pétrole
- Les prix du pétrole se sont redressés quelque peu grâce à des baisses de production dans les pays exportateurs.
- Les prix des métaux de base ont augmenté de 7,6 % depuis août, la perturbation de l’offre sur certains marchés ayant plus que compensé l’atonie de la demande mondiale.
- Les prix des produits de base ont été volatiles ces derniers mois, du fait de l’évolution des facteurs de l’offre sur fond de demande modérée.

### Inflation et salaires
- La hausse des prix à la consommation est restée contenue dans les pays avancés, étant donné la baisse des prix des produits de base.
- Pour la plupart des pays avancés, l’inflation hors alimentation et énergie se situe bien en deçà des objectifs fixés par les banques centrales, malgré l’augmentation de la demande intérieure au cours des deux dernières années ; aux États-Unis et au Royaume-Uni, elle est proche de 2 %.
- Dans les pays émergents, l’inflation hors alimentation et énergie est restée inférieure à 2 % en Chine tandis que l’activité ralentissait.
- Dans certains pays émergents, la dépréciation de la monnaie a entraîné une hausse des prix intérieurs, qui a compensé en partie les pressions à la baisse résultant du recul des prix des produits de base.
- Les anticipations inflationnistes demeurent contenues dans les pays avancés, et, dans bon nombre de cas, ont fléchi récemment.

### Conditions financières et marchés
- Après un durcissement notable des conditions financières à la fin de 2018, l’état d’esprit des marchés s’est amélioré au début de 2019.
- Les conditions financières dans les pays avancés se sont assouplies depuis le début de l’année, après s’être durcies vivement dans les derniers mois de 2018.
- Les titres souverains des pays avancés (en particulier les bons du Trésor américain à 10 ans, ainsi que les obligations d’État allemandes et britanniques) se situent généralement 40 à 80 points de base en deçà des pics du début novembre 2018.
- Les écarts de taux des obligations italiennes par rapport aux obligations allemandes, aux environs de 250 points de base à la fin mars, ont baissé par rapport à leur pic de fin octobre/début novembre, mais ils restent élevés.
- Les classes d’actifs plus risqués ont généralement profité de l’amélioration de l’état d’esprit au début de 2019 : marchés d’actions des États-Unis et d’Europe redressés; écarts de taux des obligations d’entreprise à rendement élevé réduits depuis décembre mais demeurant plus élevés qu’en octobre.

### Politique monétaire et interventions des banques centrales
- Le changement de ton dans la communication des principales banques centrales a largement contribué à l’assouplissement des conditions financières depuis le début de 2019.
- En janvier, la Réserve fédérale américaine a laissé entrevoir une approche patiente et flexible en matière de normalisation ; lors de la réunion de mars, elle a annoncé une pause dans le relèvement des taux d’intérêt pour cette année.
- La Banque centrale européenne, qui a mis fin à ses achats nets d’actifs en décembre, a annoncé en mars une nouvelle série de financements bancaires ciblés et a reporté de nouveau un relèvement du taux directeur au moins jusqu’à la fin de cette année.
- La Banque d’Angleterre et la Banque du Japon se sont montrées de plus en plus prudentes en ce qui concerne les perspectives.
- En Chine, la banque centrale a fourni des liquidités et a abaissé les réserves obligatoires pour toutes les banques face au fléchissement de la croissance.

### Commerce international, tarifs et croissance du commerce
- La croissance du commerce mondial a ralenti nettement par rapport à son pic de la fin de 2017.
- Après une concentration en début de période, les importations américaines en provenance de Chine soumises à de nouveaux droits de douane américains ont diminué ou stagné vers la fin de l’année.
- Dates et montants relatifs aux droits de douane américains mentionnés :
  - Liste de 50 milliards de dollars annoncée le 15 juin 2018.
  - 34 milliards de dollars (sur la liste de 50 milliards de dollars) prenant effet le 6 juillet 2018.
  - 16 milliards de dollars (sur la liste de 50 milliards de dollars) prenant effet le 23 août 2018.
  - Liste de 200 milliards de dollars annoncée le 10 juillet 2018, avec un droit de 10 % sur les 200 milliards de dollars prenant effet le 24 septembre 2018.

### Pays émergents : marchés, flux et différences fondamentales
- Les conditions financières dans les pays émergents se sont améliorées au début de 2019, mais elles restent un peu plus restrictives qu’en octobre.
- Les fondamentaux économiques et des facteurs politiques propres aux différents pays ont continué d’être la raison des différences entre les pays de ce groupe.
- Des banques centrales de pays émergents (Afrique du Sud, Chili, Indonésie, Mexique, Philippines) ont relevé leur taux directeur depuis octobre.
- Les rendements des titres souverains à long terme et les écarts de taux par rapport aux titres des pays avancés ont plus ou moins retrouvé leur niveau d’octobre dernier.
- Exemples de mouvements spécifiques :
  - Au Mexique, écarts de taux souverains en hausse en novembre et décembre, réduits ensuite.
  - Au Brésil, les écarts de taux ont baissé depuis octobre sur fond d’optimisme quant aux perspectives de réforme des retraites.
  - En Argentine et en Turquie, après ajustements, les écarts de taux ont diminué quelque peu, mais restent élevés.
- Les indices boursiers des pays émergents ont regagné une partie du terrain perdu à la fin de 2018 et ont plus ou moins retrouvé ou dépassent leur niveau d’octobre dans la plupart des cas.
- Flux de capitaux : stabilisation puis reprise des flux d’investissements de portefeuille vers les pays émergents, reprise particulièrement notable au début de 2019.

### Taux de change
- À la fin mars 2019, le dollar américain avait retrouvé son niveau de septembre 2018 — l’appréciation de la fin 2018 a été annulée.
- L’euro s’est déprécié d’environ 3 % sur cette période, du fait de données macroéconomiques moins bonnes que prévu et des préoccupations relatives à l’Italie.
- Le yen s’est apprécié de manière modeste ; la livre s’est raffermie d’environ 3 % en raison de l’évolution des attentes relatives au Brexit.
- Les monnaies des pays émergents se sont appréciées dans l’ensemble, notamment le peso argentin, la livre turque, le rand sud-africain, le réal brésilien, la roupie indienne et le rouble russe ; le renminbi chinois s’est apprécié d’environ 2 %.

### Prévisions et perspectives à court terme
- Les chiffres de la production industrielle et les enquêtes menées auprès des directeurs d’achat indiquent que le ralentissement de la croissance mondiale observé au second semestre de 2018 se poursuivra probablement au début de 2019.
- Une stabilisation de la croissance est envisagée (texte original amorce l’analyse des perspectives de croissance).

*Fonds monétaire international | Avril 2019 — Extrait du chapitre 1 des Perspectives de l’économie mondiale*

### 2. Pays émergents

### 2. Pays émergents

### Taux de change et appréciation des monnaies
- Après une modification des attentes du marché quant au rythme et à l’ampleur du resserrement de la politique monétaire américaine, l’appréciation du dollar à la fin de 2018 s’est inversée et les monnaies des pays émergents se sont appréciées de manière générale.
- Graphique 1.8 (septembre 2018–mars 2019) : variations des taux de change effectifs réels (en pourcentage) montrent une appréciation générale des monnaies des pays émergents suite au repli du dollar.

### Flux de capitaux vers les pays émergents
- Les investisseurs se sont tournés davantage vers les fonds d’obligations et d’actions des pays émergents au début de 2019.
- Graphique 1.9 présente :
  - 1. Flux nets dans les fonds des pays émergents (en milliards de dollars).
  - 2. Entrées de capitaux (en pourcentage du PIB).
  - 3. Sorties de capitaux hors variation des réserves (en pourcentage du PIB).
  - 4. Variation des réserves (en pourcentage du PIB).
- Définition des groupes régionaux utilisés :
  - Pays émergents hors Chine = Inde, Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.
  - Pays émergents d’Europe = Pologne, Roumanie, Russie et Turquie.
  - Amérique latine = Brésil, Chili, Colombie, Mexique et Pérou.
- Indicateurs et événements de marché mentionnés : EPFR Global ; Haver Analytics ; FMI, International Financial Statistics ; Thomson Reuters Datastream ; JP Morgan Emerging Market Volatility Index (EM-VXY) ; annonce Fed ; BCE ; ORLT (opérations de refinancement à long terme).

### Implications pour la croissance mondiale et pour les pays émergents
- Trajectoire de la croissance mondiale :
  - Croissance mondiale prévue : 3.6 percent en 2018, 3.3 percent en 2019, 3.6 percent en 2020.
  - La prévision pour 2019 est inférieure de 0.4 point de pourcentage à celle des PEM d’octobre 2018.
  - La prévision pour 2020 est inférieure de 0.1 point de pourcentage à celle des PEM d’octobre 2018.
- Raisons et caractéristiques :
  - Le ralentissement reflète un affaiblissement des forces cycliques et un retour à une croissance potentielle timide dans les pays avancés, ainsi qu’une reprise précaire dans les pays émergents et en développement.
  - Le ralentissement des pays avancés est responsable de plus des deux tiers de l’essoufflement attendu de la croissance mondiale par rapport à 2018.
- Hypothèses commerciales et tarifaires :
  - Il est supposé que les droits de douane sur 200 milliards de dollars d’importations américaines en provenance de Chine sont maintenus à 10 percent (alors que, dans l’édition d’octobre 2018 des PEM et leur mise à jour de janvier 2019, il était supposé qu’ils passent à 25 percent au 1er mars 2019).
- Prévisions pour les pays avancés (effets sur la demande extérieure) :
  - Croissance dans les pays avancés : 2.2 percent en 2018, 1.8 percent en 2019, 1.7 percent en 2020.
  - Révisions à la baisse pour 2018 et 2019 respectivement de 0.2 point de pourcentage et 0.3 point de pourcentage par rapport à l’édition d’octobre 2018 des PEM, principalement en raison de la zone euro.
- Zone euro :
  - Croissance : 1.8 percent en 2018, 1.3 percent en 2019, 1.5 percent en 2020.
  - La projection pour 2019 est 0.6 point de pourcentage inférieure à celle d’octobre 2018.
  - Moteurs des révisions à la baisse dans plusieurs pays : Allemagne (consommation privée médiocre, faible production industrielle après l’adoption de normes d’émissions automobiles révisées, demande extérieure en demi-teinte), Italie (demande intérieure fragile, rendements souverains élevés), France (impact des manifestations de rue).
- Royaume-Uni :
  - Projection de référence d’environ 1.2 percent en 2019 et 1.4 percent en 2020 ; forte incertitude entourant ces prévisions.
- Tendance générale :
  - Une stabilisation de la croissance est attendue au premier semestre de 2019, suivie d’une reprise progressive (Graphique 1.10 : prévisions de croissance semestrielles, variation en pourcentage semestrielle annualisée).

### Hypothèses de politique budgétaire et effets pour les pays émergents
- Politique budgétaire supposée :
  - Pays avancés : expansionniste en 2019, devenue restrictive en 2020 (la relance aux États-Unis commence à s’amenuiser).
  - Pays émergents et pays en développement : expansionniste en 2019 (en partie du fait d’une relance attendue en Chine pour compenser certains des effets négatifs de la hausse des droits de douane), puis restrictive en 2020.
- Graphique 1.11 : hypothèses des prévisions — indicateurs budgétaires (en pourcentage du PIB) montrent des variations du solde budgétaire primaire structurel pour les États-Unis, Japon, Allemagne/France/Royaume-Uni, Espagne/Grèce/Irlande/Italie/Portugal, et pour les pays émergents et en développement.

### Termes de l’échange et prix des produits de base
- Graphique 1.11 inclut des hypothèses et mesures liées aux prix des produits de base :
  - Indices pour 2019–20 (moyenne : prix des produits de base en février 2019) comparés aux périodes cumulées 2015–16 et 2017–18.
  - Catégories concernées : pétrole (prix au comptant moyen), alimentation, métaux.
- Graphique 1.11 (point 3) : gains et pertes sur le plan des termes de l’échange pour les pays importateurs de produits de base.

*Source : Fonds monétaire international, Avril 2019 — Chapitre 1 : Perspectives et politiques mondiales (extraits pour “2. Pays émergents”).*

### 2. Gains et pertes sur le plan des termes de l’échange

### 2. Gains et pertes sur le plan des termes de l’échange pour les pays exportateurs de produits de base

### Hypothèses relatives aux prix des produits de base
- Pétrole : les prix moyens du pétrole devraient s’établir à 54,1 dollars le baril en 2019, puis à 55,2 dollars en 2020.
- Métaux : les prix des métaux devraient chuter de 6,0 % sur un an en 2019 et encore baisser de 0,8 % en 2020.
- Alimentation : les prix de l’alimentation devraient diminuer de 2,6 % sur un an en 2019, avant d’augmenter de 1,7 % en 2020.
- Sources : FMI, système des prix des produits de base ; estimations des services du FMI.
- Note : Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).

### Mesure des gains et pertes sur le plan des termes de l’échange
- Définition : Les gains (pertes) pour 2019–20 sont des moyennes simples des gains (pertes) annuels pour 2019 et 2020.
- Interprétation : Il s’agit d’une estimation de la variation du revenu disponible qui résulte des fluctuations des prix des produits de base.
- Formule (telle qu’énoncée dans le texte) :
  - (Δp
t
A
x
t  – 1
 – Δp
t
B
m
t  – 1
)/ Y
t  – 1
  - où Δp
t
A
 et Δp
t
B
 sont les variations en pourcentage des prix de A et de B entre l’année t–1 et l’année t, et Y est le PIB dans l’année t–1 en dollars américains.
- Référence méthodologique : Voir aussi Gruss (2014).

### Constats et implications (extraits liés aux cours et à l’environnement mondial)
- Les perspectives générales pour les cours des produits de base, dont ceux du pétrole, devraient rester inférieures à leur moyenne de 2018 sur l’ensemble de l’horizon de prévision.
- Pour les exportateurs de produits de base, ces perspectives de prix généralement moroses pèsent sur les gains potentiels en termes de revenus disponibles via les termes de l’échange.

*Fonds monétaire international | Avril 2019*

### 1. Pays avancés

### 1. Pays avancés

### Principales observations sur l’investissement et les conditions globales
- À l’horizon de prévision, la croissance de l’investissement dans les pays émergents et les pays en développement devrait représenter plus d’un tiers de la croissance de leur PIB.
- Les perspectives favorables supposent :
  - une trajectoire fluide pour les moteurs des dépenses en capital ;
  - un resserrement progressif des conditions financières (essentiel pour l’investissement dans les pays émergents et pays en développement en raison de l’accroissement rapide de l’endettement pendant les années de taux d’intérêt bas) ;
  - un règlement rapide des différends commerciaux et un relâchement des tensions commerciales ;
  - des mesures gouvernementales plus larges contribuant à réduire l’incertitude.
- Le chapitre 3 signale que moins d’intégration commerciale menace la tendance durable à la baisse du prix relatif des biens d’équipement et pourrait peser sur les perspectives d’investissement des pays en développement.

### Perspectives de croissance par région pour les pays émergents et pays en développement (moyen terme)
- Pays émergents d’Asie :
  - Croissance attendue restée supérieure à 6 % tout au long de l’horizon de prévision.
  - Ralentissement progressif de l’économie chinoise à 5,5 % d’ici 2024, lié au rééquilibrage interne au profit de la consommation privée et des services et au durcissement de la réglementation contre l’accumulation de dettes.
  - Croissance de l’économie indienne stabilisée à un peu moins de 7¾ % à moyen terme grâce à des réformes structurelles et à la réduction des goulets d’étranglement infrastructurels.
- Amérique latine :
  - Croissance prévue s’accélérant de 2,4 % en 2020 à 2,8 % à moyen terme.
  - Argentine : croissance d’environ 3½ % à moyen terme, aidée par la stabilisation financière et la reprise.
  - Brésil et Mexique : croissance stable, quoique modérée, de l’ordre de 2¼–2¾ %, freinée par des rigidités structurelles, des termes de l’échange en demi-teinte et des déséquilibres budgétaires (en particulier au Brésil).
- Pays émergents d’Europe :
  - Activité actuellement à son plus bas niveau depuis la fin de la crise financière internationale, devrait redémarrer.
  - Croissance régionale très légèrement supérieure à 3 % à moyen terme.
  - Turquie : activité qui devrait se raffermir progressivement et croissance à 3,5 % à moyen terme due au redressement de la demande intérieure après la contraction actuelle.
  - Autres pays (ex. Pologne, Roumanie) : croissance modérée à environ 3 % à moyen terme avec disparition de l’impulsion des fonds d’investissement et des politiques accommodantes de l’UE.
- Communauté des États indépendants :
  - Croissance stabilisée à 2,4 % à moyen terme.
  - Russie : croissance d’environ 1½ % à moyen terme, pénalisée par des prévisions modestes de cours du pétrole et des vents contraires structurels.
- Afrique subsaharienne :
  - Perspectives très hétérogènes selon les pays.
  - Croissance régionale attendue passant de 3,7 % en 2020 à environ 4 % en 2024.
  - Pour près de deux cinquièmes des économies, le taux de croissance moyen devrait dépasser 5 % à moyen terme.
  - Exportateurs de produits de base (ex. Nigéria, Angola) affectés par la mollesse des cours : Nigéria croissance d’environ 2,6 % à moyen terme ; Angola croissance d’environ 3,9 % à moyen terme.
  - Afrique du Sud : croissance stabilisée à 1¾ % à moyen terme, pénalisée par des goulets d’étranglement structurels et des prix d’exportation métalliques faibles.
  - Hausse du coût du service de la dette et resserrement des conditions financières mondiales devraient peser sur la croissance de nombreux pays de la région.
- Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan :
  - Perspectives largement déterminées par la prévision de prix des combustibles, l’ajustement nécessaire pour corriger des déséquilibres macroéconomiques, et les tensions géopolitiques.
  - Arabie saoudite : croissance stabilisée à environ 2¼–2½ % à moyen terme, la croissance hors pétrole étant neutralisée par des perspectives en demi-teinte des prix et de la production de pétrole.
  - Pakistan : en l’absence de nouvelles mesures d’ajustement, croissance modérée à quelque 2,5 %, affectée par des déséquilibres extérieurs et budgétaires persistants.
  - Autres pays de la région freinés par les sanctions (Iran), la guerre civile (Syrie, Yémen), la hausse du coût du service de la dette et le resserrement des conditions financières (Liban).

### Convergence des revenus et croissance par habitant
- Les perspectives de convergence sont peu encourageantes pour certains pays émergents et pays en développement :
  - Dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne et de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan, 41 pays représentant près de 10 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat et une population de près de 1 milliard d’habitants devraient enregistrer une croissance par habitant inférieure à celle des pays avancés ces cinq prochaines années.
  - Ces pays risquent de se faire distancer davantage par les pays avancés en termes de niveaux de revenu.
  - La plage 3 du graphique 1.15 souligne l’hétérogénéité en Afrique subsaharienne, où la majorité des pays devraient afficher des taux de croissance par habitant nettement supérieurs à la moyenne pondérée pour la région.

### Perspectives de l’inflation
- L’inflation reflète surtout les perspectives de croissance et de cours des produits de base.
- Pays avancés :
  - Inflation globale attendue fléchir de 2,0 % en 2018 à 1,7 % en 2019.
  - États-Unis : l’économie devrait opérer au-delà de son potentiel en 2019 et 2020, l’inflation hors alimentation et énergie devrait dépasser l’objectif à moyen terme fixé à 2,0 %, puis reculer pour tendre vers l’objectif par la suite.
  - Zone euro : l’inflation hors alimentation et énergie devrait passer de 1,2 % en 2018 à environ 2 % en 2022 en raison d’une économie fonctionnant au-dessus de son potentiel.
  - Japon : taux d’inflation sous-jacente (hors produits alimentaires frais et énergie) attendu à 1,4 % d’ici à la fin de 2020 en raison du relèvement du taux de l’impôt sur la consommation en octobre 2019, puis retombant à 1,3 % environ à moyen terme.
- Pays émergents et pays en développement (hors Venezuela) :
  - Inflation stable dans la plupart des régions, mais devrait renouer avec sa baisse constante des dix dernières années après une remontée modeste et temporaire en 2019.
  - Inflation signalée de 4,8 % en 2018 (passage mentionné en préparation d’une remontée en 2019 dans le texte).

*Fonds monétaire international | Avril 2019*

### 1. Par groupe de pays

### 1. Par groupe de pays

### Croissance par habitant et hétérogénéité régionale
- Quarante et un pays représentant près de 10 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat et près d’un milliard d’habitants devraient connaître une croissance par habitant inférieure à celle des pays avancés au cours des cinq prochaines années.
- Dans certaines régions, telles que l’Afrique subsaharienne, les taux de croissance par habitant sont très hétérogènes.
- La ligne en tiret de la plage 3 indique la moyenne pondérée du taux de croissance par habitant en Afrique subsaharienne sur la période 2019–24.

### Inflation dans les pays émergents et en développement
- L’inflation devrait atteindre à moyen terme environ 4 % dans l’ensemble des pays émergents et pays en développement.
- Facteurs temporaires ayant relevé l’inflation à 4,9 % cette année dans un petit nombre de pays :
  - Relèvement du taux de la taxe sur la valeur ajoutée en Russie (effet sur la hausse des prix à la consommation).
  - Accentuation progressive des tensions sur les prix en Inde liée à une demande relativement vigoureuse et à une hausse modeste des prix des denrées alimentaires.
  - Persistance d’anticipations d’inflation élevées en Argentine pendant l’adaptation à un nouveau système d’ancrage monétaire et de change.

### Perspectives du secteur extérieur — Croissance des échanges commerciaux
- La croissance du commerce mondial a subi un ralentissement prononcé en 2018, principalement en raison :
  - D’un contrecoup au premier trimestre après une croissance très vigoureuse fin 2017.
  - De l’exacerbation des tensions commerciales (impact sur les dépenses de biens d’équipement).
  - D’un ralentissement plus général de l’activité mondiale.
- Prévisions :
  - 2019 : poursuite du ralentissement, en grande partie en raison de la faiblesse du commerce fin 2018.
  - 2020 : reprise du commerce.
  - Années ultérieures : croissance du commerce à peu près au même rythme qu’en 2018, soutenue par un redressement progressif de la demande d’investissement dans les PEPD, compensant l’essoufflement des dépenses en capital dans les pays avancés prévu pour 2020 et au-delà.

### Soldes des transactions courantes — évolutions récentes et projections
- En 2018, déficits et excédents des transactions courantes à l’échelle mondiale ont très légèrement augmenté par rapport à 2017.
- La hausse des cours du pétrole en 2018 aurait amélioré le solde des transactions courantes des pays exportateurs de pétrole de quelque 3½ % de leur PIB.
- Évolutions par pays/région en 2018 :
  - Chine : excédent courant fortement diminué pour tomber à 0,4 % du PIB.
  - États-Unis : déficit courant resté inchangé à 2,3 % du PIB.
  - Zone euro : excédent courant légèrement fléchi à 3,0 % du PIB.
- Prévisions pour 2019 et au‑delà :
  - Réduction progressive des déficits et excédents des transactions courantes, surtout après 2020.
  - Excédent des pays exportateurs de pétrole diminuera (cours moyens du pétrole anticipés en baisse par rapport à 2018).
  - Excédents courants de la zone euro, du Japon et d’autres pays asiatiques avancés devraient reculer progressivement.
  - Solde courant des États-Unis : amélioration en 2019–20 sous l’effet d’une politique budgétaire expansionniste, puis baisse à nouveau.
- Effet limité attendu des mesures commerciales récentes des États-Unis et des mesures de rétorsion sur les déséquilibres extérieurs.

### Déséquilibres courants « excessifs » et trajectoire
- Les déséquilibres courants de nombreux pays en 2017 étaient trop élevés par rapport aux normes tirées des paramètres économiques fondamentaux.
- En 2018, les soldes courants excessifs ont diminué d’après les estimations, sous l’effet de fluctuations du taux de change réel dans de nombreux cas.
- Projections à moyen terme : les soldes courants devraient continuer d’évoluer dans le même sens en moyenne entre 2017 et 2024, mais la trajectoire future des déséquilibres excessifs reste incertaine car elle dépend des variations des paramètres macroéconomiques fondamentaux.

### Positions extérieures globales (PEG) — évolutions et projections
- Variations des positions extérieures globales déterminées par :
  - Flux financiers nets et réévaluations (taux de change, prix des actifs).
  - Projections des emprunts et prêts extérieurs nets conformes aux soldes des transactions courantes.
- Estimations et projections (2017–24) :
  - Les positions créditrices et débitrices en pourcentage du PIB mondial devraient augmenter légèrement en 2019, puis se stabiliser sur l’horizon de prévision.
  - Position créditrice nette des pays européens avancés devrait dépasser 80 % du PIB d’ici 2024.
  - Position créditrice nette du Japon devrait atteindre 65 % du PIB d’ici 2024.
  - Position créditrice nette de la Chine reculerait en deçà de 10 % du PIB d’ici 2024.
  - Position débitrice des États-Unis devrait s’approcher de 50 % du PIB d’ici 2024, soit environ 9 points de pourcentage au‑dessus de l’estimation pour 2017.
  - Position extérieure globale nette d’un groupe de pays débiteurs de la zone euro (parmi lesquels Espagne et Italie) devrait s’améliorer de plus de 25 points de pourcentage de leur PIB collectif entre 2017 et 2024.
  - D’ici 2024, les engagements extérieurs nets, à environ 32 % du PIB, atteindraient la moitié de leur niveau d’il y a une décennie.
- Facteurs récents influençant les PEG :
  - Recul des cours des actions à la fin de 2018 a entraîné une détérioration des positions extérieures globales à la fin de 2018 pour les pays détenant beaucoup d’avoirs nets sous forme d’actions et d’investissements directs à l’étranger.

### Implications des déséquilibres et recommandations politiques
- Risques :
  - Déséquilibres extérieurs excessifs persistants dans de grandes économies et actions aggravantes constituent des risques pour la stabilité mondiale.
  - Relâchement de la politique budgétaire aux États-Unis devrait creuser le déficit des transactions courantes, ce qui pourrait aggraver les tensions commerciales et provoquer un durcissement plus rapide des conditions financières mondiales, avec des implications négatives pour les pays émergents, surtout ceux à position extérieure fragile.
  - À moyen terme, une hausse des positions débitrices dans de grandes économies pourrait freiner la croissance mondiale et provoquer des ajustements prononcés et perturbateurs des taux de change et des prix des actifs.
- Priorités et recommandations :
  - États‑Unis : mettre en œuvre un plan à moyen terme visant à inverser la hausse du ratio de la dette publique et l’accompagner par des mesures budgétaires destinées à accroître progressivement les capacités intérieures.
  - Pays créditeurs disposant d’espace budgétaire (par exemple, Allemagne) : recourir davantage à la croissance de la demande intérieure pour faciliter le rééquilibrage national et mondial tout en maintenant la croissance mondiale à moyen terme.

### Scénario de risques de dégradation
- Croissance mondiale : stabilisation au cours de la première moitié de 2019, puis redressement progressif.
- Les risques identifiés pourraient toutefois entraîner une détérioration de la trajectoire prévue en cas d’aggravation des tensions commerciales, d’un resserrement brutal des conditions financières mondiales ou d’ajustements prononcés des taux de change et des prix des actifs.

*Source : estimations et analyses des services du Fonds monétaire international, Extraits du chapitre 1 (Perspectives et politiques mondiales), Avril 2019.*

### 1. Position extérieure globale mondiale

### 1. Position extérieure globale mondiale

### Résumé et principales conclusions
- Les positions créditrices et débitrices exprimées en pourcentage du PIB mondial devraient augmenter légèrement cette année, puis se stabiliser globalement sur l’horizon de prévision.
- La prévision de légère accélération de la croissance économique mondiale pour l’année prochaine repose largement sur un apaisement des tensions macroéconomiques dans les pays émergents et pays en développement et sur l’évitement d’un ralentissement marqué dans les pays avancés.
- Une analyse du graphique en éventail montre un risque de révision à la baisse par rapport aux PEM de 2018, notamment en raison d’un risque d’un net rebond des prix du pétrole après leur récente baisse.

### Principaux risques à court et moyen terme
- Tensions commerciales
  - La signature de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique le 30 novembre 2018 et la prolongation après le 1er mars 2019 de la trêve entre les États-Unis et la Chine sur les hausses de droits de douane, ainsi que la réduction annoncée des droits de douane chinois sur les importations d’automobiles américaines, vont dans le bon sens mais restent soumises à négociations et ratification.
  - Une proposition visant à relever les droits de douane sur toutes les voitures et pièces automobiles importées est toujours à l’examen aux États-Unis.
  - Si les différends commerciaux ne sont pas résolus, la hausse des obstacles tarifaires serait plus forte que prévu, augmentant les coûts des biens intermédiaires et d’équipement, perturbant les chaînes d’approvisionnement, réduisant l’investissement des entreprises et ralentissant la croissance de la productivité.
- Risques dans les pays d’importance systémique
  - Europe : une période prolongée de rendements élevés en Italie pèserait sur les banques italiennes, l’activité économique et la dynamique de la dette. Un Brexit sans accord ou des résultats aux élections européennes défavorables pourraient accroître l’aversion pour le risque et faire augmenter les primes de risque.
  - États-Unis : la trajectoire implicite des marchés pour les taux directeurs reste en deçà des projections du Comité de politique monétaire. Une réévaluation à la hausse par les marchés en cas de données américaines solides pourrait entraîner une augmentation des taux d’intérêts américains, une appréciation du dollar et un durcissement des conditions financières pour les pays émergents et pays en développement.
  - Chine : les autorités ont réagi au ralentissement de 2018 (abaissement du niveau de réserves obligatoires pour les banques, réduction de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de la taxe sur la valeur ajoutée pour les petites et moyennes entreprises). Si les tensions commerciales persistent, l’activité pourrait être moins soutenue que prévu. Des mesures de relance excessives risqueraient d’accroître la vulnérabilité financière et de freiner la croissance à moyen terme.
- Autres vulnérabilités financières
  - Le cycle du crédit aux États-Unis est à une phase avancée, caractérisé par une proportion croissante d’émetteurs moins bien notés sur le marché des obligations d’entreprise et par un volume plus important de prêts à clauses simplifiées accordés à des entreprises très endettées.
  - Cyberattaques visant les infrastructures constituent un risque susceptible de perturber les systèmes de paiement transfrontaliers et la circulation des biens et services.
  - Un retrait substantiel des mesures réglementaires post-crise ou le maintien de conditions financières relativement accommodantes pourrait accroître la vulnérabilité financière en favorisant la recherche de rendement.
- Incertitude politique et géopolitique
  - Incertitude entourant les politiques de nouveaux gouvernements, l’approche de nouvelles élections, conflit géopolitique au Moyen-Orient et tensions en Asie de l’Est.
  - L’indice mondial d’incertitude entourant les politiques économiques de Baker–Bloom–Davis reste élevé (moyenne de l’indice mondial d’incertitude entourant les politiques économiques de 1997 à 2015 = 100).
  - L’indice du risque géopolitique de Caldara et Iacoviello montre un risque géopolitique élevé qui complique les perspectives.
- Risques à moyen terme
  - Changements climatiques : le GIEC (octobre 2018) indique qu’avec les taux d’augmentation actuels le réchauffement climatique atteindrait entre 2030 et 2052 un chiffre supérieur aux niveaux préindustriels de 1,5 °C, entraînant des phénomènes extrêmes et des pertes de production graves et persistantes.
  - Perte de confiance envers les institutions et polarisation politique compromettent la mise en œuvre de réformes structurelles nécessaires pour renforcer la résilience et stimuler la croissance potentielle.

### Analyses spécifiques et signaux de marché
- Indices et sources cités
  - Indice mondial d’incertitude entourant les politiques économiques de Baker–Bloom–Davis (moyenne pondérée par le PIB de 20 pays).
  - Indice d’incertitude entourant la politique commerciale américaine (moyenne 1985–2010 = 100).
  - Indice du risque géopolitique de Caldara et Iacoviello (normalisé pour atteindre en moyenne 100 dans la décennie 2000–09).
- Fan chart (analyse en éventail)
  - L’analyse en éventail, reposant sur données des marchés boursiers et de produits de base ainsi que sur la dispersion des projections d’inflation et de primes de terme de prévisionnistes privés, met en évidence un risque de révision à la baisse par rapport aux PEM de 2018, principalement lié au risque d’un net rebond des prix du pétrole.

### Priorités et recommandations de politique
- Priorité principale : renforcer la résilience et relever les perspectives de croissance à moyen terme.
- Eviter les faux pas susceptibles d’amplifier les risques à court terme, notamment :
  - réduire l’incertitude politique et commerciale par des négociations et des ratifications effectives des accords annoncés ;
  - contenir les vulnérabilités financières en surveillant le crédit et la qualité des émissions obligataires, et en limitant les prises de risque excessives dans un contexte de recherche de rendement ;
  - protéger et renforcer les infrastructures face aux cyberattaques ;
  - calibrer les mesures de soutien macroéconomique et les relances structurelles afin d’éviter une accumulation excessive de risques financiers et préserver la marge de manœuvre des autorités.

*Source : Fonds monétaire international, Avril 2019 — Chapitre 1, "Position extérieure globale mondiale".*

### 1. Perspectives de croissance du PIB mondial

### 1. Perspectives de croissance du PIB mondial

### Prévision de référence des PEM
- Le solde des facteurs influant sur les perspectives s’est détérioré par rapport à l’édition d’avril 2018 des Perspectives de l’économie mondiale.
- Si le ralentissement actuel se révèle plus marqué et plus prolongé que prévu dans le scénario de référence :
  - il conviendrait de rendre l’orientation de la politique macroéconomique plus accommodante, en particulier si la production est ou pourrait être inférieure au potentiel et si une marge de manœuvre existe.
  - Si un rééquilibrage budgétaire est opéré et que la politique monétaire est sous contrainte, le rythme devrait en être ralenti de manière à soutenir suffisamment la demande à court terme.
  - Si une détérioration des perspectives et une érosion de la confiance des marchés se renforcent l’une l’autre, il faut communiquer clairement et coopérer pour résoudre les questions en suspens, notamment le différend commercial entre les États-Unis et la Chine et le Brexit.
- Au-delà de 2020, les prévisions reposent sur une croissance globalement stable à 3,6 %.
- Priorités transversales :
  - politiques macroéconomiques et financières visant à prévenir une décélération conduisant à une production inférieure au potentiel et à favoriser un « atterrissage en douceur » ;
  - politiques monétaires : maintenir l’inflation à un niveau conforme à l’objectif de la banque centrale et préserver l’ancrage des anticipations d’inflation ;
  - politique budgétaire : trouver des compromis entre soutien de la demande et viabilité de la dette publique, moduler l’assainissement pour préserver la croissance à court terme et la protection des groupes vulnérables ;
  - mesures financières : garantir la solidité des bilans et s’attaquer préventivement aux vulnérabilités via des outils macroprudentiels (volants de fonds propres anticycliques, volants sectoriels et ciblés, pondérations et provisionnements de risques plus élevés) et dispositifs axés sur les emprunteurs ;
  - accroître la résilience face à un environnement potentiellement plus volatile des marchés mondiaux des actifs.

### Priorités pour les pays avancés
- Contexte général :
  - la hausse des prix à la consommation reste généralement inférieure à l’objectif fixé et les tensions salariales sont relativement modérées.
  - La politique monétaire devrait rester accommodante jusqu’à ce que l’inflation montre des signes évidents de hausse vers les objectifs des banques centrales.
- Rôle de la politique budgétaire :
  - stimuler la production potentielle et favoriser le partage des bienfaits de la croissance tout en maintenant la viabilité des finances publiques ;
  - pays à dette publique élevée : procéder à un rééquilibrage budgétaire progressif pour éviter de forts effets de freinage sur la croissance et assurer une protection sociale adaptée.
- Renforcement du secteur financier :
  - préserver et renforcer la démarche fondée sur le risque en matière de réglementation, de contrôle et de résolution ;
  - accroître les volants de fonds propres et de liquidités des banques ;
  - renforcer le contrôle macroprudentiel des institutions financières non bancaires et mettre au point des outils macroprudentiels si nécessaire.
- Mesures pour accroître la croissance potentielle (estimations : taux de croissance de la production potentielle vary entre 0,5 et 1,5 % pour la plupart des pays avancés) :
  - investissements publics dans les infrastructures, l’apprentissage tout au long de la vie et les compétences, et la recherche et développement ;
  - préserver la concurrence pour faciliter l’entrée de nouvelles entreprises et juguler les abus de pouvoir des sociétés établies.
- Cas par pays :
  - États-Unis :
    - approche patiente de la Réserve fédérale; trajectoire des taux dépendra des données, perspectives et risques ;
    - projection : marchés du travail devraient se tendre et la croissance des salaires devrait accélérer, justifiant probablement un nouveau relèvement des taux au deuxième semestre de l’année ;
    - politique budgétaire : augmenter le ratio recettes/PIB, s’appuyer davantage sur la fiscalité indirecte ;
    - renforcer la réglementation et le contrôle pour traiter la vulnérabilité liée à des normes d’octroi de prêts moins rigoureuses, hausse de l’endettement des entreprises et cybersécurité.
  - Royaume-Uni :
    - prudence due à l’incertitude du Brexit ; politique monétaire guidée par les données ;
    - réajuster le rythme du rééquilibrage budgétaire si la croissance ralentit nettement ;
    - réformes structurelles : améliorer les infrastructures et compétences des diplômés de l’enseignement secondaire, faciliter la reconversion des travailleurs des secteurs en difficulté.
  - Zone euro :
    - inflation hors énergie et alimentation bien en deçà de l’objectif ; politique monétaire doit rester accommodante ;
    - orientations prospectives de la BCE sur le réinvestissement des titres arrivant à échéance sont positives ;
    - marges budgétaires variables ; certains pays (Espagne, France, Italie) doivent reconstituer progressivement des marges ;
    - Allemagne : utiliser la marge disponible pour accroître l’investissement public ou réduire le coin fiscal sur le travail ;
    - si forte dégradation : compléter les outils monétaires par un assouplissement budgétaire dans les pays disposant d’une marge ; riposte budgétaire synchronisée mais différenciée ;
    - poursuivre l’union bancaire et l’assainissement des bilans.
  - France, Italie, Espagne : mesures structurelles ciblées (réduction de la charge administrative, décentralisation de la négociation salariale, réduction de la dualité du marché du travail).
  - Japon :
    - poursuivre une politique monétaire accommodante pour relever les anticipations inflationnistes ;
    - politique budgétaire orientée pour garantir la viabilité des finances publiques tout en préservant la croissance ;
    - associer l’augmentation du taux de l’impôt sur la consommation prévue pour octobre à des mesures de soutien à moyen terme ;
    - pour la viabilité de la dette : hausses progressives et constantes du taux de l’impôt sur la consommation et réformes du régime de sécurité sociale ;
    - accroître le taux d’activité des femmes et encourager un recours plus fréquent à des travailleurs étrangers.

### Priorités des pays émergents et des pays en développement
- Objectifs généraux :
  - consolider les perspectives de croissance et renforcer la résilience ;
  - politique monétaire : ancrer les anticipations inflationnistes ; lorsque cet ancrage est assuré, soutenir l’activité intérieure autant que nécessaire ;
  - gérer le risque d’un durcissement des conditions financières extérieures, notamment en raison d’une dette publique élevée et d’asymétries d’échéances et de monnaies dans les bilans ;
  - améliorer le ciblage des subventions, rationaliser les dépenses courantes et mobiliser les recettes pour préserver les dépenses en capital et sociales.
- Renforcement macroprudentiel et flexibilité du change :
  - renforcer les cadres de réglementation et de contrôle macroprudentiels lorsque nécessaire ;
  - la souplesse du régime de change peut amortir les chocs et prévenir les désalignements persistants des prix relatifs.
- Importance des réformes pour une croissance viable et inclusive, compte tenu du caractère relativement modéré des perspectives de croissance par habitant à moyen terme.
- Cas par pays :
  - Chine :
    - dépendance au crédit a légèrement diminué suite aux mesures réglementaires ;
    - poursuivre le désendettement et le rééquilibrage vers la consommation privée ;
    - mesures : réduire les garanties implicites, repérer et céder les actifs compromis, encourager une allocation de crédit davantage fondée sur le marché ;
    - évolution de la part de la consommation privée dans le PIB : de 35 % en 2012 à près de 40 % en 2017 ;
    - réformes recommandées : code des impôts plus progressif, augmentation des dépenses de santé et d’éducation, hausse des transferts sociaux, réduction des obstacles à la mobilité de la main-d’œuvre, réduire le poids des entreprises publiques, lever les obstacles à l’entrée (télécommunications, activité bancaire) ;
    - éviter une relance par les infrastructures à grande échelle ; privilégier des transferts ciblés aux ménages à faible revenu.
  - Inde :
    - poursuivre les réformes structurelles et financières, réduire la dette publique ;
    - rééquilibrage budgétaire pour faire baisser une dette publique élevée ; renforcer le respect des obligations en matière d’impôts sur les biens et services et réduire les subventions ;
    - consolider les bilans du secteur financier et améliorer la gouvernance des banques publiques ;
    - réformes du marché du travail et réforme foncière nécessaires pour stimuler l’emploi et les infrastructures.
  - Argentine :
    - perspectives de croissance revues à la hausse ; pressions inflationnistes en 2019 devraient être plus persistantes qu’en octobre 2018 ;
    - risques considérables (fuite des investisseurs, tensions sur la monnaie et le compte de capital) ;
    - importance de poursuivre le plan de stabilisation dans le cadre du programme appuyé par le FMI ;
    - objectifs budgétaires : solde budgétaire primaire de zéro en 2019 et 1 % du PIB en 2020 ;
    - atteindre constamment les objectifs monétaires pour ancrer les anticipations inflationnistes et rétablir la crédibilité de la banque centrale.
  - Brésil :
    - priorité : contenir la hausse de la dette publique tout en préservant les dépenses sociales ;
    - plafond de dépenses établi en 2016 conduit à une amélioration du solde budgétaire primaire de 0,5 % du PIB par an ;
    - nécessité d’un ajustement plus immédiat : réduire la masse salariale publique et réformer le régime des retraites ;
    - politique monétaire : rester accommodante tant que l’inflation reste proche de l’objectif.
  - Mexique :
    - éviter de retarder les réformes structurelles ; poursuivre le plan de rééquilibrage budgétaire à moyen terme pour stabiliser la dette ;
    - politique monétaire : peut demeurer accommodante si l’inflation reste modérée et les anticipations bien ancrées ; une réduction des taux peut être envisagée.
  - Turquie :
    - nouveau programme économique nécessite un dosage exhaustif et crédible de mesures pour garantir la stabilité macroéconomique ;
    - rythme d’assainissement budgétaire bien calibré compte tenu des perspectives modérées et de la faible marge monétaire ; nécessité de transparence sur les partenariats public–privé et sur la santé des bilans financiers ;
    - renforcer les bilans et remédier aux tensions dans le secteur des entreprises non financières.
  - Russie :
    - récente révision de la règle budgétaire a généré une impulsion budgétaire procyclique positive et pourrait entamer la crédibilité de la politique économique ;
    - nécessité de poursuivre l’assainissement des finances publiques à moyen terme pour assurer la viabilité ;
    - le taux directeur de la banque centrale a été porté au-dessus du taux neutre à la suite de la hausse des pressions inflationnistes au cours de la deuxième moitié de [texte interrompu].

*Fonds monétaire international | Avril 2019 — extrait de l’édition d’avril 2019 des Perspectives de l’économie mondiale*

### 2018. Ainsi, dans la mesure où l’inflation ne s’accélère pas,

### textfullf - 2018. Ainsi, dans la mesure où l’inflation ne s’accélère pas,

### Politiques monétaires et structure financière
- En présence d’une inflation qui ne s’accélère pas, un soutien monétaire peut être apporté en cas de ralentissement de l’activité à court terme.
- Initiatives visant à renforcer la stabilité financière : fermeture des banques fragiles et réforme du dispositif de résolution.
- Objectifs pour la structure et la gouvernance du système bancaire : amélioration de l’efficience de l’intermédiation du crédit.
- Réformes complémentaires recommandées :
  - amélioration des droits de propriété et de la gouvernance;
  - réforme du marché du travail;
  - investissement dans les infrastructures;
  - stimulation de l’investissement privé et de la croissance de la productivité pour favoriser la convergence vers un revenu de pays avancé.

### Rééquilibrage budgétaire et priorités en Afrique du Sud
- Nécessité d’un rééquilibrage budgétaire progressif pour stabiliser la dette publique.
- Priorités de dépenses :
  - économies sur les rémunérations du secteur public pour préserver des dépenses sociales fondamentales pour les groupes vulnérables;
  - financement d’un investissement productif stimulant la croissance potentielle.
- Transferts aux entités publiques : subordonner à une réduction des effectifs et à l’élimination des dépenses inutiles.
- Mesures pour appuyer le rééquilibrage :
  - élargissement de l’assiette de l’impôt;
  - renforcement de l’administration fiscale;
  - dispositions efficaces de lutte contre l’évasion fiscale afin de réduire les transferts de bénéfices.
- Réformes structurelles (marchés de produits et du travail) pour favoriser l’investissement privé, la création d’emplois et la croissance de la productivité.

### Pays en développement à faible revenu : résilience et priorités communes
- Priorités partagées avec les pays émergents : accroissement de la résilience face à des conditions extérieures volatiles.
- Observations récentes : plusieurs pays préémergents à faible revenu ont vu leurs conditions de financement extérieur se durcir nettement au cours des derniers mois.
- Renforcement requis :
  - cadres de politique monétaire et macroprudentielle;
  - maintien d’un régime de change souple.
- Risques liés à la dette publique :
  - encours de la dette publique rapidement augmentés durant une période de faibles taux d’intérêt;
  - avec des conditions de financement moins accommodantes, risques de refinancement accrus et creusement des écarts de taux sur la dette souveraine, conduisant à une hausse du coût de l’emprunt pour entreprises et ménages.
- Objectif de la politique budgétaire : contenir l’augmentation de la dette tout en préservant des mesures aidant les groupes vulnérables et favorisant les objectifs de développement durable.
- Mesures recommandées :
  - élargir l’assiette des recettes;
  - renforcer l’administration fiscale;
  - supprimer les subventions inutiles;
  - donner la priorité aux dépenses d’infrastructures, de santé, d’éducation et de réduction de la pauvreté.

### Pays exportateurs de produits de base (groupe de pays en développement à faible revenu)
- Défis spécifiques : tensions liées à des perspectives atones pour les prix des produits de base.
- Priorités :
  - réorienter les dépenses vers les infrastructures et les domaines sociaux;
  - accroître les recettes intérieures en élargissant l’assiette de l’impôt et en renforçant l’administration fiscale;
  - diversifier l’économie pour réduire la dépendance à l’extraction et au raffinage de ressources.
- Politiques d’accompagnement :
  - bonne gestion macroéconomique;
  - améliorer la qualité de l’enseignement et les compétences des travailleurs pour assurer une large participation au marché du travail;
  - réduire les déficits d’infrastructures;
  - stimuler l’inclusion et le développement financiers;
  - faciliter l’entrée sur le marché de nouvelles entreprises et l’investissement privé (renforcement des droits de propriété, meilleure exécution des contrats, réduction des obstacles au commerce).

### Adaptation au changement climatique et gestion des catastrophes naturelles
- Les pays en développement à faible revenu sont particulièrement touchés par les changements climatiques et de graves catastrophes naturelles.
- Stratégies d’adaptation nécessaires :
  - investissement dans des infrastructures climato-intelligentes;
  - incorporation de technologies et de règlements de zonage adaptés;
  - dispositifs de protection sociale bien ciblés.

### Politiques multilatérales : commerce, stabilité financière, fiscalité et enjeux à long terme
- Commerce :
  - Les mesures commerciales prises depuis début 2018 (États-Unis et représailles) nuisent au climat de confiance.
  - Recommandations : coopération pour résoudre les sources de mécontentement, réduire les coûts des échanges, régler les différends sans relever les obstacles tarifaires et non tarifaires.
  - Modernisation de l’OMC : prise en compte des services, du commerce électronique, des subventions et des transferts de technologie, et application effective des règles (y compris résolution de l’impasse sur l’organe d’appel de l’OMC).
  - Accords régionaux bien conçus et ambitieux (exemples cités : accord global et progressif de partenariat transpacifique; accord de partenariat économique entre le Japon et l’Union européenne).
  - Gouvernance du commerce : reconsidérer l’idée que tous les pays doivent participer à toutes les négociations pour permettre à certains pays d’avancer plus vite tout en gardant les résultats ouverts à tous les membres de l’OMC.
- Stabilité financière mondiale :
  - Nécessité de préserver les réformes entreprises après la crise et d’éviter un recul.
  - Mesures à mettre en œuvre : ratio de levier, ratio structurel de liquidité à long terme, dispositifs de résolution efficaces, surveillance accentuée des institutions financières importantes à l’échelle mondiale, renforcement des outils et capacités des entités macroprudentielles, réduction du risque systémique des institutions financières non bancaires, comblement du déficit de données.
  - Réponses coordonnées requises pour de nouveaux risques : importance systémique croissante des contreparties centrales, atteintes potentielles à la cybersécurité, lutte contre le blanchiment international de capitaux et le financement du terrorisme.
  - Importance de limiter la baisse des relations de correspondants bancaires pour l’accès des pays à faible revenu aux systèmes de paiement internationaux.
  - Un dispositif mondial de protection suffisamment financé peut protéger des pays aux fondamentaux solides mais vulnérables à la contagion internationale.
- Fiscalité :
  - La concurrence fiscale internationale complique le recouvrement des recettes nécessaires.
  - Nécessité d’une coopération multilatérale pour renforcer les mesures contre la fraude et l’évasion fiscales et atténuer la concurrence fiscale, notamment via l’initiative « Érosion de la base d’imposition et transfert de bénéfices » de l’OCDE et du Groupe des vingt.
- Enjeux à plus long terme :
  - Coopération mondiale indispensable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter les conséquences de la hausse des températures et des phénomènes climatiques catastrophiques.
  - Migration internationale : intensification des flux migratoires liée au climat et vieillissement démographique dans de nombreux pays avancés ; coopération pour faciliter l’intégration des migrants et maximiser les avantages pour destination et origine (envois de fonds).
  - Lutte contre la corruption à l’échelle internationale pour restaurer la confiance dans les pouvoirs publics et les institutions.

### Brexit sans accord : modèle GIMF et scénarios A et B
- Outil utilisé : modèle monétaire et budgétaire mondial intégré (GIMF) du FMI pour examiner les conséquences économiques d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord au deuxième trimestre 2019.
- Scénarios considérés : deux scénarios (A et B) donnant une variété de résultats possibles; tous deux tiennent compte de mesures déjà prises ou annoncées pour atténuer les effets à court terme (exonération temporaire des droits de douane sur une grande partie des importations du Royaume-Uni; régimes de reconnaissance temporaires pour certains services financiers).
- Différences principales entre scénarios :
  - Scénario A : suppose l’absence de perturbations à la frontière et une hausse relativement faible des écarts de rendement des obligations souveraines et des obligations de sociétés britanniques.
  - Scénario B : prévoit d’importantes perturbations à la frontière entraînant une augmentation des coûts d’importation pour les entreprises et les ménages britanniques (et, dans une moindre mesure, pour l’Union européenne) ainsi qu’un resserrement plus marqué des conditions financières.
- Les deux scénarios sont comparés à la prévision de référence de l’édition d’avril 2019 des PEM, qui suppose que le Royaume-Uni quitte l’union douanière et le marché unique européens, conclut un accord de libre-échange général avec l’Union européenne et passe progressivement au nouveau régime.

### Hypothèses communes aux scénarios (extraits)
- Coûts des échanges avec l’Union européenne (droits de douane) :
  - En cas de Brexit sans accord, les exportations britanniques vers l’Union européenne redeviennent soumises à la clause de la nation la plus favorisée (NPF) de l’OMC, entraînant une augmentation des droits de douane avant la fin du premier semestre 2019.
  - Les importations en provenance de l’Union européenne auxquelles le régime de droits de douane temporaire ne s’applique pas redeviennent soumises à la clause de la NPF mi-2019; celles auxquelles ce régime s’applique réintègrent le cadre de cette clause mi-2020.
- Coûts des échanges avec l’Union européenne (obstacles non tarifaires) :
  - Augmentation des coûts non tarifaires due à l’apparition d’une frontière douanière et réglementaire et à la suppression des droits de passeport pour le secteur financier britannique.
  - Du côté de l’Union européenne : la majeure partie de l’augmentation des coûts non tarifaires se produit la première année avec l’exemption de certains services, qui se renforcent la deuxième année.
  - Du côté britannique : transition progressive sur trois ans, conformément à l’approche annoncée par le Royaume-Uni visant à privilégier la continuité en reconnaissant temporairement les normes européennes.
  - Abaissement des obstacles non tarifaires dont le Royaume-Uni bénéficie en tant que membre de l’UE (environ 20 % en équivalent tarifaire) finit par être inversé.
- Coûts des échanges avec les pays extérieurs à l’Union européenne :
  - Le Royaume-Uni s’exclut de la plupart des accords de libre-échange actuellement en place avec les pays tiers (qui représentent environ 15 % de tous les échanges britanniques).
  - Les exportations britanniques vers ces pays deviennent soumises à la clause de la NPF à partir de mi-2019; les importations réintègrent le cadre de cette clause mi-2019 ou mi-2020 selon l’application du régime de droits de douane temporaire.
  - Hypothèse : de nouveaux accords commerciaux sont conclus deux ans plus tard, dans les mêmes termes que les accords actuellement en place.
- Politiques d’immigration plus strictes : les deux scénarios supposent une réduction du flux net migratoire de l’Union européenne vers le Royaume-Uni.

### Tableau résumé (scénario de référence vs scénarios sans accord A et B) — hypothèses commerciales (extraits)
- Arrangements commerciaux / Commerce avec pays tiers :
  - Scénario de référence des PEM : Le Royaume-Uni conserve l’accès aux accords existants entre l’UE et les pays tiers.
  - Scénarios sans accord A/B : Le Royaume-Uni fixe unilatéralement à zéro des droits de douane sur 87 % de ses importations du milieu de 2019 au milieu de 2020; le Royaume-Uni perd accès à la plupart des accords existants, conclut de nouveaux accords en 2021.
- Commerce avec l’Union européenne :
  - Scénario de référence des PEM : Pas de hausse des droits de douane; les obstacles non tarifaires augmentent progressivement de 10 % en équivalent tarifaire.
  - Scénarios sans accord A/B : Les droits de douane augmentent de 4 % au milieu de 2019 (au milieu de 2020 pour les importations britanniques soumises au régime temporaire); les obstacles non tarifaires augmentent progressivement de 14 % supplémentaires (en équivalent tarifaire) par rapport au scénario de référence.
- Perturbations à la frontière :
  - Scénario de référence : Non.
  - Scénarios sans accord A : Non.
  - Scénarios sans accord B : Oui.
- Durcissement des conditions financières :
  - Scénario de référence : Non.
  - Scénarios sans accord A : Léger.
  - Scénarios sans accord B : Plus marqué.

_Italic: Fonds monétaire international | Avril 2019_

### 25.000 personnes par an jusqu’en 2030, conformément

### textfullf - 25.000 personnes par an jusqu’en 2030, conformément

### Hypothèses générales et scénarios
- Hypothèse démographique : réduction de l’immigration nette au Royaume‑Uni de 25.000 personnes par an jusqu’en 2030; pour simplifier, le flux migratoire net vers l’Union européenne augmente du même nombre.
- Deux scénarios distincts selon :
  - Perturbations à la frontière (scénario A : aucune perturbation; scénario B : procédures de dédouanement ralenties).
  - Réaction des marchés financiers à une sortie sans accord.

### Perturbations à la frontière (impact commercial)
- Scénario A : aucune perturbation de ce type.
- Scénario B :
  - Les ralentissements des procédures d’importation provoquent une augmentation des coûts d’importation pour entreprises et ménages britanniques et, dans une moindre mesure, dans l’Union européenne.
  - Estimation d’impact sur le PIB due aux perturbations des échanges :
    - Royaume‑Uni : baisse de 1,4 % la première année et de 0,8 % la deuxième année.
    - Union européenne : diminution de 0,2 % la première année et de 0,1 % la deuxième année.
  - Hypothèse spécifique : ralentissements pendant le premier mois du nouveau régime affectant 8 % des importations britanniques.

### Conditions financières et réactions des marchés
- Scénario A (resserrement faible) :
  - Écarts de rendement des obligations souveraines britanniques : augmentation de 12,5 points de base.
  - Écarts de rendement des obligations de sociétés britanniques : augmentation de 20 points de base.
  - Aucun resserrement dans l’Union européenne ou le reste du monde.
- Scénario B (resserrement plus important, tenant compte des coûts des perturbations à la frontière) :
  - Écarts de rendement des obligations souveraines britanniques : augmentation de 100 points de base.
  - Écarts de rendement des obligations de sociétés britanniques : augmentation de 150 points de base.
  - Dans l’Union européenne : écarts de rendement des obligations de sociétés augmentent temporairement de 25 points de base.
  - Dans le reste du monde : écarts de rendement des obligations de sociétés augmentent temporairement de 15 points de base.
- Politique monétaire :
  - Royaume‑Uni : assouplissement conforme à une fonction de réaction de type Taylor.
  - Zone euro : contrainte par la valeur plancher des taux d’intérêt nominaux (incapacité d’assouplir davantage la politique monétaire conventionnelle).
  - Remarque : si des mesures monétaires non conventionnelles supplémentaires étaient mises en œuvre, la baisse du PIB de l’Union européenne serait inférieure à celle simulée.
- Hypothèse budgétaire : certaine stabilisation automatique se traduit par une augmentation du déficit global de l’État au Royaume‑Uni et dans l’Union européenne, à court et moyen terme.

### Effets à court et moyen terme sur la production
- Scénario A (renforcement des obstacles aux échanges, approche gradualiste au Royaume‑Uni) :
  - Effet négatif total sur le PIB britannique (différence entre la ligne jaune et la ligne bleue dans la plage 1) : environ 3,5 % d’ici à 2021.
  - Baisse du PIB de l’Union européenne : 0,5 % d’ici à 2021.
  - Effets sur les autres régions : négligeables.
  - Contribution à la baisse du PIB mondial : 0,2 % sur la même période.
- Mécanismes : ajustement progressif des ménages et entreprises (remplacement des importations par production intérieure), assouplissement monétaire britannique, ajustements salariaux et de prix.

### Effets à long terme
- Deux circuits principaux :
  1. Obstacles tarifaires et non tarifaires accrus réduisent les rendements des capitaux, diminuant le stock de capital désiré et la production potentielle.
  2. Politiques d’immigration plus strictes réduisent la taille de la population active du Royaume‑Uni et accroissent celle de l’Union européenne.
- Estimations d’impact à long terme (écart par rapport au scénario de référence actuel des PEM d’avril 2019) :
  - Royaume‑Uni : ralentissement du potentiel de production de près de 3 %.
  - Union européenne : baisse du potentiel de production d’environ 0,3 %.
  - Monde : PIB mondial diminue de 0,1 % à long terme.
- Remarque : les effets à long terme sont identiques dans les deux scénarios et n’incluent pas certains effets supplémentaires (hausse des coûts des échanges sur la productivité, sorties de capitaux, pressions sur le taux de change).

### Incertitudes, exclusions et comparaisons
- Les simulations n’incluent pas tous les effets du Brexit ; certains effets figurent déjà dans la prévision de référence actuelle.
- Effets non inclus ou incertains :
  - Effets supplémentaires de la hausse des coûts des échanges sur la productivité à long terme.
  - Effets possibles des sorties de capitaux et des pressions sur le taux de change.
  - Mesure de la diminution à long terme de la productivité du secteur financier due à la perte des droits de passeport.
- Comparaison avec autres études :
  - Autres études estiment des effets négatifs à long terme entre 3 % et 10 % sur la production par rapport au maintien dans l’Union européenne.
  - Les résultats présentés ici se situent au milieu de cette fourchette, une fois les effets existants dans le scénario de référence (baisse à long terme de 3 % du PIB selon le FMI (2018)) intégrés.

_Source : estimations des services du FMI._

### 3. Disparités régionales dans le temps

### 3. Disparités régionales dans le temps

### Principales constatations sur les disparités régionales
- Graphique (PIB par habitant dans la région la plus riche/PIB par habitant dans la région la plus pauvre) : échelle affichée de 2,0 à 3,2 avec codes de pays/régions listés : SVN, KOR, FIN, PRT, SWE, AUT, DNK, NOR, GRC, IRL, ESP, AUS, NLD, NZL, GBR, BEL, ITA, DEU, CAN, CZE, FRA, SVK, USA.
- Disparités régionales dans les pays avancés (moyenne nationale = 100) : échelle affichée de 0 à 300 avec codes de pays/régions listés : POL, BGR, HUN, CHL, BRA, RUS, ROU, COL.
- Dans les pays émergents (moyenne nationale = 100), les fourchettes de disparité étaient plus prononcées que dans les pays avancés, mais « les fourchettes, qui s’étaient élargies avant, se resserrent depuis le début des années 90. »
- Dans les pays avancés, une atténuation des disparités a été observée jusque dans les années 80, suivie d’une tendance à l’élargissement des écarts entre régions depuis les années 80; cette hausse des écarts est largement attestée pour les États-Unis.

### Persistance des écarts et mesures empiriques
- La position relative d’une région par rapport à la moyenne nationale est étroitement corrélée à sa position 10 ans plus tôt : « le décalage de 10 ans du PIB par habitant normalisé au niveau régional continue de prédire environ les trois quarts de la variation actuelle du PIB par habitant normalisé régional. »
- Les écarts régionaux de PIB par habitant semblent très persistants.

### Mécanismes d’ajustement et obstacles à la mobilité
- Mécanisme attendu : la libre circulation de la main-d’œuvre conduirait les travailleurs des régions à fort chômage (mais pas forcément faible salaire moyen) à migrer vers des régions à chômage faible et salaires moyens plus élevés, réduisant ainsi les disparités d’emploi et de rémunérations.
- Facteurs freinant cet ajustement :
  - Les salaires peuvent ne pas suffisamment réagir aux évolutions du marché du travail, entraînant des fluctuations excessives du chômage en cas de chocs.
  - Faute de liquidités suffisantes, les travailleurs au chômage peuvent devoir quitter leur région plutôt que d’emprunter et d’attendre la reprise, risquant un « exode excessif ».
  - Les coûts fixes importants d’une migration peuvent dissuader les chômeurs ou la main-d’œuvre peu qualifiée de partir.
  - L’évolution des prix des logements peut affecter la mobilité des propriétaires.
- Effets de la mondialisation et de l’automatisation : conséquences différentes selon les secteurs, métiers et zones géographiques; des chocs localisés peuvent rendre inefficaces certaines politiques menées à l’échelle nationale.
- Baisse de la mobilité observée aux États-Unis : la mobilité entre les États a atteint un niveau « historiquement faible », reflétant un recul généralisé des migrations intérieures dans les pays avancés (les migrations ont augmenté en moyenne dans les pays émergents, mais partaient de niveaux très bas).
- Caractère sélectif des migrations : les travailleurs plus instruits et ceux qui occupent un emploi sont plus susceptibles d’être mobiles que les moins qualifiés ou les chômeurs; la perte de dynamisme migratoire pourrait contribuer à l’accentuation récente des disparités régionales dans les pays avancés.

### Implications de politique
- Les forces mondiales (mondialisation, automatisation) et la grande diversité des économies régionales face à des chocs localisés peuvent limiter l’efficacité des politiques nationales pour corriger les disparités régionales.
- Les obstacles financiers à la migration, les coûts fixes de déplacement et les frictions du marché du travail suggèrent la nécessité de politiques ciblées prenant en compte la sélectivité des migrants et les contraintes locales (logement, liquidités, reconversion professionnelle).

*Fonds monétaire international | Avril 2019 — Extrait : Encadré 1.3. Des réalités bien différentes : disparités régionales dans les pays*

### Introduction

### Introduction

### Pourquoi les cours des produits de base informent sur l’activité économique mondiale
- Les produits de base représentent encore "17 % approximativement du commerce mondial" et sont des intrants de production essentiels.
- Les cours des produits de base sont stockables et, comme les cours des actifs financiers, reflètent la situation actuelle et anticipée de l’offre et de la demande.
- Les marchés liquides et actifs permettent des fluctuations rapides des cours en réaction aux informations et aux tensions sur les marchés.

### Limites et stratégie d’analyse
- Les chocs d’offre propres aux produits de base et des facteurs spécifiques de la demande créent des sources de confusion et peuvent engendrer une causalité inverse (notamment pour le pétrole).
- L’analyse est divisée en deux parties :
  - identification des cycles des cours des produits de base et examen de la synchronisation cyclique avec l’activité économique ;
  - estimation de facteurs latents par covariation des cours pour isoler les facteurs de la demande mondiale et tester l’utilité pour le nowcasting et la prévision de l’activité mondiale.

### Méthodologie de datation et de mesure
- Méthode de datation utilisée : Harding et Pagan (2002), adaptation de Bry et Boschan (1971) ; un point de retournement est un maximum ou minimum local comparé aux deux mois précédents et aux deux mois suivants ; chaque phase doit durer au moins "12 mois".
- Échantillon : un ensemble déséquilibré, commençant en "1957", de "57 séries de cours (réels) de matières premières" classées en quatre catégories : énergie, métaux, aliments et boissons, matières premières agricoles.
- Les séries de cours sont des moyennes mensuelles libellées en dollars et ajustées par l’indice des prix à la consommation des États-Unis.
- Production industrielle et PIB mondiaux sont traités après correction de tendance (filtre Hodrick–Prescott avec très faible lambda) ; le PIB trimestriel est interpolé mensuellement.
- Indicateur de synchronisation technique : la concordance (Harding et Pagan, 2002), comprise entre 0 et 1 ; deux marches aléatoires indépendantes ont une concordance de "0,5".

### Cyclicité des cours : caractéristiques principales
- La plupart des produits présentent des phases asymétriques : contractions plus longues et peu prononcées, ponctuées par de fortes expansions.
- Les produits énergétiques ont les phases les plus longues et les plus intenses ; un cycle complet dure en général "un peu moins de quatre ans".
- Interaction des chocs d’offre et de la demande de stockage comme facteur important des variations des cours (Deaton et Laroque, 1992 ; Cashin, McDermott et Scott, 2002).

### Synchronisation par produit et indicateurs tendanciels
- Les produits agricoles (en particulier les denrées alimentaires) sont généralement peu synchronisés avec l’activité économique.
- Les indicateurs tendanciels de la production industrielle mondiale sont principalement les métaux de base (zinc, cuivre, étain) ; l’énergie et les engrais le sont dans une moindre mesure.
- Le propane est le produit industriel le plus synchronisé avec la production industrielle mondiale (séries disponibles seulement depuis "1992").
- Certaines matières premières agricoles (ex. coton) sont relativement bien synchronisées avec la production industrielle mondiale ; les aliments et boissons sont davantage synchronisés avec le PIB mondial (revenu jouant un rôle important, ex. café arabica).
- Produits moins synchronisés : métaux précieux (or, argent) et produits non librement négociés (ex. minerai de fer avant 2009), uranium non commercialisé librement.

### Concordance à l’échelle de l’ensemble des produits
- Un indicateur agrégé calcule la part des produits en phase d’expansion (ou de contraction) — la concordance à l’échelle de l’ensemble des produits.
- Cet indicateur anticipe les points de retournement de l’activité : il atteint en général des pics (ou des creux) lorsque l’activité augmente ou diminue le plus, signalant des facteurs latents communs liés à l’activité mondiale.

### Extraction des facteurs et aptitude au nowcasting/prévision
- Un modèle factoriel mensuel est estimé par composantes principales pour isoler la variation des cours déterminée par l’activité mondiale.
- Remarques de construction :
  - Il peut être préférable d’exclure l’or et l’argent (comportement d’avoirs financiers) et les produits trop liés (ex. tourteau et huile de soja).
  - Les écarts logarithmiques des cours (divisés par l’IPC des États-Unis) sont réduits pour estimer les facteurs latents.
- Résultats :
  - Les deux premiers facteurs extraits expliquent "environ 20 % de la variance des fluctuations mensuelles des cours des produits de base".
  - Les autres facteurs ont une pertinence rapidement décroissante et ne sont pas statistiquement liés à l’activité économique.
  - Les deux premiers facteurs cumulés montrent une corrélation positive de "0,67" avec la croissance recentrée du PIB mondial.
  - Le premier facteur est un facteur mondial ; le second est un facteur prix relatif (variation négative de la demande de produits agricoles par rapport aux produits énergétiques et aux métaux).
  - Regression du facteur mondial (resp. prix relatif) sur les premiers facteurs extraits des échantillons de produits agricoles et non agricoles donne séparément un R2 de "0,99 (0,88)".
  - Les premiers facteurs des sous-échantillons approximant bien les premiers facteurs globaux ; signe du facteur prix relatif est négatif sur le premier facteur du sous-échantillon des produits agricoles.

### Tableau résumé des statistiques cycliques (moyennes par groupe)
- Énergie
  - Durée (Mois) : Expansion "20" / Contraction "24"
  - Amplitude (Écart log., en pourcentage) : Expansion "64,72" / Contraction "62,81"
  - Intensité (écart log., en pourcentage par mois) : Expansion "3,37" / Contraction "3,01"
- Métaux de base
  - Durée (Mois) : Expansion "18" / Contraction "24"
  - Amplitude : Expansion "55,19" / Contraction "57,98"
  - Intensité : Expansion "3,05" / Contraction "2,41"
- Aliments et boissons
  - Durée (Mois) : Expansion "16" / Contraction "20"
  - Amplitude : Expansion "45,25" / Contraction "49,60"
  - Intensité : Expansion "2,80" / Contraction "2,33"
- Matières premières agricoles
  - Durée (Mois) : Expansion "18" / Contraction "22"
  - Amplitude : Expansion "43,27" / Contraction "46,70"
  - Intensité : Expansion "2,46" / Contraction "2,00"

*Source : textfullf - Introduction, https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2019/april/french/textfullf.pdf*

### 1. Forte synchronisation

### 1. Forte synchronisation

### Contenu disponible
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- Aucun autre texte, chiffre, analyse, projection ou recommandation n'a été inclus dans l'extrait transmis.

*Source: textfullf - 1. Forte synchronisation (PDF chapter/section)*

### 2. Faible synchronisation

### 2. Faible synchronisation

### Mesure et signification de la synchronisation des cours des produits de base
- Définition : la synchronisation s’entend de la concordance entre le cycle des cours d’un produit donné et le cycle économique (PIB ou PI après élimination de la tendance). Les phases d’expansion et de contraction sont identifiées à l’aide de la méthode de Harding et Pagan (2002).
- Interprétation numérique : une concordance supérieure à 0,5 indique une synchronisation positive.
- Remarques méthodologiques :
  - Les bâtons du graphique représentent la synchronisation d’un produit de base donné avec la production industrielle mondiale (PI) (bâtons plus foncés) et le PIB mondial (bâtons plus clairs) corrigés de la tendance.
  - WTI = West Texas Intermediate.
  - Sources : FMI, système des cours des produits de base ; Organisation de coopération et de développement économiques ; calculs des services du FMI.

### Facteurs latents extraits des cours des produits de base et liens avec l’activité mondiale
- Extraction et usage :
  - Les deux premières composantes principales sont cumulées pour constituer les facteurs latents.
  - L’écart logarithmique du PIB mondial est recentré et cumulé pour l’analyse.
- Rôle du TCER du dollar :
  - Le (négatif du) premier facteur dans les niveaux reproduit les mouvements du taux de change effectif réel (TCER) du dollar.
  - Ce lien est plus faible à des fréquences plus élevées (variations mensuelles) et s’affaiblit lorsque sont exclues les devises non liées aux produits de base dans le calcul du TCER.
  - L’intégration du TCER du dollar dans l’exercice d’évaluation en temps réel et de prévision ne modifie pas les résultats.

### Utilité des facteurs latents pour l’évaluation en temps réel
- Spécifications testées :
  - Spécification 1 = seul le facteur mondial (première composante principale).
  - Spécification 2 = facteurs mondiaux et relatifs (deux premières composantes principales).
  - Spécification 3 = échantillon divisé en produits agricoles et non agricoles, utilisation des premières composantes respectives.
  - Toutes les spécifications peuvent intégrer leurs propres décalages, choisis de façon optimale.
- Résultats sommaires (production industrielle et PIB) :
  - Pour la production industrielle mensuelle, l’intégration du facteur mondial et du facteur prix relatif augmente la capacité de faire des évaluations en temps réel par rapport au processus AR(p) de référence.
  - Pour le PIB, l’amélioration est plus manifeste : amélioration de l’erreur quadratique moyenne par rapport à la référence AR(p) déjà de 10 % avec seulement le facteur mondial à partir d’un mois d’informations ; passe à 15 % à la fin du trimestre.
  - R2 observé pour ces estimations : environ 0,48.
  - Les cours des produits de base sont surtout instructifs en période de forte instabilité économique, lorsque le processus AR(p) est le moins efficace.
  - Les résultats sont analogues lorsque sont utilisés les deux premiers facteurs extraits des groupes agricoles et non agricoles séparément.

### Statistiques d’évaluation en temps réel (valeurs extraites des tableaux)
- Tableau 1.DS.2 — Production industrielle mondiale : évaluations en temps réel (période d’échantillonnage = janvier 1980 à décembre 2018)
  - Erreur quadratique moyenne :
    - Référence : 0,55 %
    - Spécification 1 : 0,54 %
    - Spécification 2 : 0,53 %
    - Spécification 3 : 0,54 %
  - Ratio (erreur quadratique moyenne relative) :
    - Référence : 1
    - Spécification 1 : 0,99
    - Spécification 2 : 0,97
    - Spécification 3 : 0,98
  - Note : Référence = processus autorégressif avec décalage optimal fondé sur le critère d’information bayésien.

- Tableau 1.DS.3 — PIB mondial : évaluations en temps réel (période d’échantillonnage = 1er trimestre de 1980 à 3e trimestre de 2018)
  - Un mois d’information :
    - Erreur quadratique moyenne :
      - Référence : 0,42 %
      - Spécification 1 : 0,38 %
      - Spécification 2 : 0,37 %
      - Spécification 3 : 0,38 %
    - Ratio :
      - Référence : 1
      - Spécification 1 : 0,90
      - Spécification 2 : 0,90
      - Spécification 3 : 0,90
  - Deux mois d’information :
    - Erreur quadratique moyenne :
      - Référence : 0,42 %
      - Spécification 1 : 0,36 %
      - Spécification 2 : 0,36 %
      - Spécification 3 : 0,36 %
    - Ratio :
      - Référence : 1
      - Spécification 1 : 0,87
      - Spécification 2 : 0,86
      - Spécification 3 : 0,86
  - Trimestre (trois mois) d’information :
    - Erreur quadratique moyenne :
      - Référence : 0,42 %
      - Spécification 1 : 0,36 %
      - Spécification 2 : 0,35 %
      - Spécification 3 : 0,35 %
    - Ratio :
      - Référence : 1
      - Spécification 1 : 0,86
      - Spécification 2 : 0,84
      - Spécification 3 : 0,85

### Performances de prévision hors échantillon (production industrielle et PIB)
- Méthode : chaque spécification est estimée sur l’échantillon 1980–98 puis réestimée de façon récursive pour établir des prévisions pour 2000–18 ; évaluations basées sur l’erreur quadratique moyenne de prévision.
- Tableau 1.DS.4 — Production industrielle et PIB : prévisions mondiales
  - PI (production industrielle), un mois :
    - Erreur quadratique moyenne :
      - Référence : 0,55 %
      - Spécification 1 : 0,50 %
      - Spécification 2 : 0,49 %
      - Spécification 3 : 0,50 %
    - Ratio :
      - Référence : 1
      - Spécification 1 : 0,92
      - Spécification 2 : 0,90
      - Spécification 3 : 0,92
  - PIB, un mois d’information :
    - Erreur quadratique moyenne :
      - Référence : 0,51 %
      - Spécification 1 : 0,50 %
      - Spécification 2 : 0,51 %
      - Spécification 3 : 0,51 %
    - Ratio :
      - Référence : 1
      - Spécification 1 : 0,99
      - Spécification 2 : 1,00
      - Spécification 3 : 1,00
  - PIB, deux mois d’information :
    - Erreur quadratique moyenne :
      - Référence : 0,51 %
      - Spécification 1 : 0,48 %
      - Spécification 2 : 0,48 %
      - Spécification 3 : 0,48 %
    - Ratio :
      - Référence : 1
      - Spécification 1 : 0,95
      - Spécification 2 : 0,95
      - Spécification 3 : 0,95
  - PIB, trimestre d’information :
    - Erreur quadratique moyenne :
      - Référence : 0,51 %
      - Spécification 1 : 0,46 %
      - Spécification 2 : 0,46 %
      - Spécification 3 : 0,46 %
    - Ratio :
      - Référence : 1
      - Spécification 1 : 0,91
      - Spécification 2 : 0,91
      - Spécification 3 : 0,90
- Observations additionnelles :
  - Toutes les spécifications améliorent la prévision de la production industrielle mondiale à un mois (par rapport à la référence) ; la spécification 2 (facteurs mondiaux et relatifs) est la plus efficace, amélioration de 10 %.
  - La prévision du PIB à un trimestre est améliorée à mesure que l’information sur les cours devient disponible pendant le trimestre ; l’erreur quadratique moyenne de la prévision du PIB du trimestre suivant est améliorée de près de 10 % par rapport à la référence lorsque le trimestre complet est disponible.

### Conclusions analytiques et implications pratiques
- Les cours des produits de base renferment une mine de renseignements utiles pour prendre le pouls de l’activité économique mondiale.
- Après élimination des facteurs idiosyncratiques, les variations majeures des cours des métaux de base et, dans une certaine mesure, les variations de l’énergie et des produits agricoles, informent sur l’état de l’économie mondiale, en particulier :
  - en période de fortes fluctuations économiques ;
  - lorsque le besoin d’évaluations en temps réel et de prévisions est accru.
- Les décalages des facteurs sont importants ; l’information mensuelle des cours des produits de base peut anticiper et améliorer la prévision de la croissance de la production industrielle à court terme et, progressivement pendant le trimestre, la prévision du PIB du trimestre suivant.

*Fonds monétaire international | Avril 2019*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et tendances macroéconomiques observées
- Débat public intensifié sur la puissance croissante des entreprises, notamment dans le secteur des technologies et à la faveur de tendances macroéconomiques observées depuis 30 ans dans les pays avancés.
- Quatre tendances macroéconomiques préoccupantes identifiées (graphique 2.1) :
  - 1) la léthargie de l’investissement en dépit de la baisse des coûts d’emprunt et de l’augmentation des retours sur investissement attendus (illustrée par le ratio valeur de marché des entreprises/valeur comptable de leur stock de capital, ou Q de Tobin);
  - 2) une déconnexion croissante entre un taux de rendement du capital productif à peu près stable et une baisse du rendement des actifs moins risqués tels que les obligations d’État et les entreprises les plus prospères;
  - 3) un écart grandissant entre la richesse financière et la richesse productive;
  - 4) la baisse de la part des revenus versée aux travailleurs et le creusement des inégalités de revenus.
- À ces quatre tendances s’ajoute le ralentissement bien documenté de la croissance de la productivité (Adler et al., 2017).

### Question centrale et hypothèse
- Question principale : L’augmentation de la puissance de marché pourrait-elle être un des facteurs à l’origine du ralentissement de la croissance tendancielle et du creusement des inégalités ?
- Hypothèse analytique : une puissance de marché accrue peut simultanément contribuer aux cinq tendances (investissement faible, productivité moindre, écarts richesse financière/productive, baisse de la part du travail, rendement relatif des actifs sûrs) via des mécanismes tels que investissement sous-optimal en capital physique ou autres formes de capital, augmentation de la valeur des actifs des actionnaires, et diminution mécanique de la part du travail dans le revenu.

### Questions analysées dans le chapitre
- La puissance de marché des entreprises s’est-elle accrue partout dans le monde ? Variations selon tranches de revenus, pays, secteurs et entreprises ?
- Quels facteurs explicatifs de l’augmentation de la puissance de marché ? Rôle des mutations structurelles liées à l’économie numérique vs rôle d’une moindre application des politiques de concurrence ?
- Quel est l’impact de la puissance de marché sur la croissance et la distribution du revenu ? Effets sur investissement, innovation et part du travail dans le revenu ?
- Quelles implications pour les politiques publiques (concurrence, politique monétaire) et quelles mesures seraient efficaces ?

### Principaux constats empiriques
- Périmètre de l’analyse : près d’un million d’entreprises couvrant 27 pays (environ deux tiers de pays avancés et un tiers de pays émergents).
- Évolution des marges et concentration :
  - Une augmentation modérée de la puissance de marché des entreprises a été enregistrée dans les pays avancés.
  - Les marges à l’échelle de l’économie ont augmenté de près de 8 % en moyenne sur la période 2000–15, parallèlement à une augmentation des bénéfices et à une concentration croissante des marchés.
  - Dans les pays émergents, les marges sont restées globalement stables.
- Pervasivité et hétérogénéité :
  - Les hausses de marges se sont produites dans presque tous les pays avancés et dans près des deux tiers des paires pays–secteur.
  - L’ampleur des hausses varie par pays (plus forte aux États-Unis que dans l’Union européenne) et par secteur (surtout dans les secteurs non manufacturiers).
- Rôle d’un petit groupe d’entreprises :
  - L’augmentation des marges pratiquées par un petit groupe d’entreprises est un facteur déterminant, observé presque partout.
  - Ces entreprises ont une productivité plus forte et investissent davantage dans des actifs immatériels (brevets, logiciels). Aux États-Unis, elles ont gagné des parts de marché sur la période 2000–15, contribuant à une hausse des marges plus forte que dans d’autres pays.
- Interprétation des causes :
  - Au moins une partie de l’augmentation totale de la puissance de marché semble s’expliquer par des mutations structurelles sur les marchés de produits (actifs immatériels, effets de réseau, économies d’échelle) favorisant les entreprises les plus innovantes et productives.
  - Le caractère généralisé des hausses de marge et le rôle d’une petite fraction d’entreprises suggèrent des forces communes plutôt qu’un simple affaiblissement de la concurrence dû aux politiques publiques.
  - Toutefois, des politiques de concurrence peu efficaces peuvent amplifier des dynamiques hégémoniques et permettre l’érection de barrières à l’entrée.
- Effets sur la croissance, l’investissement et l’innovation :
  - Les hausses de marges ont été associées à des investissements moins dynamiques, en dépit de bénéfices plus élevés et du Q de Tobin.
  - Estimation empirique : le PIB des pays avancés serait supérieur d’environ 1 % si les marges n’avaient pas augmenté depuis 2000 — sans tenir compte de facteurs comme les progrès techniques et les améliorations organisationnelles.
  - Par ce canal d’investissement, la montée de la puissance de marché pourrait avoir légèrement réduit le taux d’intérêt naturel (réel), rendant plus contraignante la borne inférieure effective des taux directeurs.
  - Effets sur l’innovation : marges éventuellement marginalement positives jusqu’ici, mais susceptibles de devenir de plus en plus négatives si la puissance de marché des entreprises à fortes marges augmente encore.
- Effets internationaux et sur la chaîne d’approvisionnement :
  - Des marges plus élevées réduisent le capital des entreprises et leur production, et ont aussi des répercussions via la chaîne d’approvisionnement.
  - Les données empiriques suggèrent qu’une hausse des marges des fournisseurs étrangers a été associée à une légère baisse de la production des entreprises des pays émergents qui achètent leurs intrants sur des marchés moins concurrentiels.
- Effets sur la part du travail et les inégalités :
  - La montée de la puissance de marché observée sur la période 2000–15 a réduit la part du travail dans le revenu d’au moins 0,2 point de pourcentage, soit environ 10 % de la baisse globale, dans les pays avancés.
  - Cette estimation basse couvre uniquement l’impact des hausses de marges internes aux entreprises et n’inclut pas l’effet de réallocation des ressources entre entreprises ni la contribution possible de l’augmentation inégale de la puissance de marché à l’inégalité croissante des salaires d’une entreprise à l’autre.

### Mesures et données : définition de la puissance de marché et périmètre
- Deux mesures principales utilisées :
  - La marge (ratio prix / coût marginal) — principale mesure du chapitre.
  - Une mesure de la rentabilité opérationnelle (ratio du résultat d’exploitation au chiffre d’affaires), utilisée comme mesure empirique de l’indice de Lerner.
- Limites : marges peuvent surestimer la puissance de marché en présence de coûts fixes; l’indice de Lerner mesure l’écart entre prix et coûts moyens et peut différer empiriquement des marges.
- Données :
  - Données au niveau des entreprises couvrant 27 pays (16 pays avancés et 11 pays émergents) depuis 2000.
  - Ensemble final après nettoyage : plus de 900.000 entreprises.
  - Marges et indice de Lerner calculés pour chaque entreprise puis agrégés par secteur ou par pays; indices de concentration calculés pour quatre secteurs étroitement définis (NACE) dans chaque pays.

### Principales implications politiques (résumé)
- Face aux risques d’effets défavorables croissants sur la croissance et la distribution du revenu, les dirigeants politiques devraient préserver une saine concurrence sur les marchés.
- Réformes utiles citées :
  - réduction des barrières nationales à l’entrée dans les secteurs non manufacturiers;
  - libéralisation du commerce et des investissements directs étrangers;
  - ajustement des cadres des politiques de concurrence pour régler les problèmes nouveaux;
  - diminution des obstacles au rattrapage technologique des entreprises en retard;
  - transfert de la charge de la fiscalité des entreprises sur les rentes économiques.

### Structure des sections suivantes
- Analyse des tendances de la puissance de marché par pays, secteurs et entreprises, et tentative d’explication des facteurs à l’origine de ces tendances.
- Analyse des implications pour la croissance et la distribution du revenu (investissement, innovation, part du travail).
- Examen des effets potentiels sur l’inflation, les taux d’intérêt et la dynamique de la production dans les pays avancés après la crise financière mondiale de 2008–09.
- Conclusion avec principaux constats et implications politiques.

*Source : Introduction du chapitre "La montée de la puissance de marché des entreprises : implications macroéconomiques", PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Fonds monétaire international, Avril 2019.*

### 1. Marges

### 1. Marges

### Évolution de la puissance de marché
- Toutes les mesures indiquent une augmentation modérée de la puissance de marché dans le temps : marges et rentabilité plus élevées et, dans une moindre mesure, concentration accrue.
- Les marges sont calculées suivant la méthode de De Loecker et Warzynski (2012) à partir de la base de données Orbis. Les régressions sont pondérées par le résultat d’exploitation des entreprises.
- La mesure de la rentabilité utilisée est l’indice de Lerner, calculé comme la moyenne pondérée du ratio résultat avant impôt/résultat d’exploitation des entreprises.
- La concentration est calculée comme le ratio chiffre d’affaires des 4 premières entreprises/chiffre d’affaires des 20 premières dans chaque paire pays–secteur.
- En niveau, la marge moyenne (pondérée par le résultat d’exploitation des entreprises) était d’environ 1,28 en 2000 et a augmenté pour atteindre 1,36 en 2015.
- La corrélation entre l’évolution des marges et celles des profits des entreprises est statistiquement significative au niveau de confiance de 1 percent.

### Variation par pays et par secteur
- L’augmentation des marges se concentre fortement dans les pays avancés :
  - marge moyenne augmentée d’environ 7,7 percent sur la période 2000–15 pour les pays avancés.
  - augmentation de 1,8 percent pour le groupe de pays émergents (la plupart en Europe centrale et orientale) couvert par les données.
- Les hausses de marges sont nettement plus fortes aux États‑Unis (deux fois plus que dans un pays avancé moyen).
- Les hausses sont assez généralisées entre les secteurs, mais :
  - près des deux tiers des paires pays–secteur de l’échantillon enregistrent des hausses de marges.
  - les plus fortes hausses se situent parmi les secteurs non manufacturiers et ceux qui font l’usage le plus intensif des technologies numériques.
  - la marge moyenne dans l’industrie manufacturière a été quasiment stable.

### Décomposition des hausses de marges
- Sur l’ensemble de l’échantillon, les hausses de marges des entreprises en place expliquent la totalité de l’augmentation de la marge globale (composante « interne » positive), tandis que la composante « réallocation » est négative (les entreprises en place à fortes marges n’ont pas accru leur taille comparative).
- Dans les pays avancés, les nouvelles entreprises arrivant sur le marché avec de fortes marges ont contribué à environ un tiers de l’augmentation globale des marges (composante « entrée »).
- Exception notable : pour les États‑Unis, la composante réallocation représente environ 80 percent de la hausse de la marge globale.
- Globalement, deux tiers de la hausse globale des marges peuvent être attribués aux entreprises en place (marge intensive) et le reste à l’entrée nette de nouvelles entreprises (marge extensive).

### Écarts de performance par groupe d’entreprises
- Les hausses de marges se sont en grande partie concentrées dans le décile supérieur de la distribution des marges :
  - les entreprises situées dans le décile supérieur ont augmenté leur marge moyenne (pondérée) de plus de 30 percent.
  - les neuf autres déciles affichent une augmentation moyenne (pondérée) de seulement 2 percent.
- La plupart des entreprises du décile supérieur sont de petite taille, mais les grandes représentent la majeure partie du résultat d’exploitation du groupe.
- Les entreprises du décile supérieur sont généralement plus rentables (indice de Lerner plus élevé), plus productives (PTF plus élevée) et utilisent de manière relativement plus intensive les actifs immatériels comparées aux autres entreprises.
- L’analyse met en évidence qu’une petite fraction d’entreprises (le décile supérieur) est le principal moteur de la hausse des marges globales dans la plupart des économies.

*Sources : Orbis ; calculs des services du FMI.*

### 2. Part du décile supérieur dans le résultat d’exploitation total ;

### 2. Part du décile supérieur dans le résultat d’exploitation total ;

### 1. Évolution des marges par groupe d’entreprises
- Les secteurs les plus représentés dans le décile supérieur en terme de résultat d’exploitation sont : l’information et la communication, la finance et les assurances, l’industrie manufacturière et les services aux collectivités.
- Probabilité d’appartenir au décile supérieur (intersectorielle) : supérieure à la moyenne dans l’information et la communication, la finance, les assurances et les services aux collectivités ; inférieure à la moyenne dans la construction, l’industrie manufacturière et la distribution de gros et de détail.
- Taille des entreprises à fortes marges :
  - Majoritairement assez petites — dans la moitié inférieure de la distribution par taille (résultat d’exploitation) — mais
  - Les plus grandes réalisent la majeure partie du résultat d’exploitation total du groupe.
- Performance relative des entreprises du décile supérieur des marges (moyennes) :
  - Plus rentables d’environ 50 percent.
  - Plus productives de 30 percent.
  - Utilisent les actifs immatériels de façon plus intensive de plus de 30 percent.

### Impacts agrégés et moteur de la montée de la puissance de marché
- Depuis 2000, la puissance de marché des entreprises a enregistré une croissance modérée dans les pays avancés, mais pas dans les pays émergents couverts par l’analyse.
- Principal moteur : une petite fraction d’entreprises à fortes marges qui renforcent leur puissance de marché et gagnent des parts de marché dans certains pays (ex. États-Unis).
- Facteurs structurels suggérés : dynamiques hautement hégémoniques profitant aux entreprises les plus productives et innovantes, en partie liées à certains actifs immatériels.

### Implications macroéconomiques examinées
- Questions posées : quelles sont les implications de la montée de la puissance de marché pour la croissance et la distribution du revenu ?
- Méthodologie :
  - Régressions internationales au niveau des entreprises et des secteurs, intégrant un large ensemble d’effets fixes.
  - Utilisation de marges décalées et de stratégies de variable instrumentale (instruments : marges d’autres entreprises du même pays et du même secteur).
  - Mesure de l’innovation par l’activité de brevets ; investigation de l’investissement en capital physique.
  - Application d’un modèle stochastique dynamique d’équilibre général pour éclairer implications pour l’inflation, les taux d’intérêt et la politique monétaire dans la zone euro et aux États-Unis.

### Innovation — relation en forme de cloche entre puissance de marché et innovation
- Théorie : deux forces opposées — (i) une certaine puissance de marché nécessaire pour investir dans l’innovation ; (ii) une concurrence plus vive incitant à innover — conduisent à une relation en forme de cloche.
- Résultats empiriques (échantillon de 27 pays) :
  - Les hausses de marges augmentent le nombre de brevets lorsque les marges sont faibles, mais réduisent le nombre de brevets lorsque les marges sont élevées.
  - Au niveau sectoriel, plus de 80 percent des observations étaient situées avant le point d’inversion sur la période examinée, indiquant que, pour la plupart des paires pays–secteur, les hausses de marges encouragent l’innovation.
  - La part des observations au-delà du point d’inversion est passée d’environ 15 percent en 2000 à 21 percent en 2015.
  - Au niveau des entreprises, la part des entreprises au-delà du point d’inversion est d’environ 7,5 percent en 2015, et cette part a augmenté de 50 percent sur la période examinée.
  - Si dans l’échantillon les marges augmentaient autant sur la période 2015–30 que sur la période 2000–15, alors :
    - le niveau prédit du stock de brevets des entreprises à fortes marges serait inférieur de près de 4 percent à ce qu’il serait si les marges étaient stables ;
    - le stock global de brevets serait inférieur de plus de 0,3 percent selon les estimations empiriques.
- Conclusion : la montée de la puissance de marché a pu avoir un effet marginalement positif sur le rythme des innovations jusqu’ici, mais cet effet pourrait devenir de plus en plus négatif si les entreprises à fortes marges continuent de renforcer leur puissance de marché.  
- Remarque méthodologique : résultats comparables lorsque l’indice de Lerner est utilisé pour mesurer la puissance de marché (près de 85 percent des observations se situant avant le point d’inversion).

### Investissement — effet des hausses de marges sur l’investissement en capital physique
- Contexte : depuis la crise financière mondiale, l’investissement fixe privé a reculé d’environ 25 percent en moyenne dans les pays avancés par rapport à sa tendance antérieure à la crise.
- Ce recul s’est produit malgré :
  - une baisse importante et persistante des coûts d’emprunt,
  - une augmentation des marges bénéficiaires,
  - une hausse du rendement du capital attendu (Q de Tobin).
- Canaux potentiels évoqués : atonie de la croissance, contraintes de crédit, recomposition des investissements vers les actifs immatériels (peut-être sous-estimés), et puissance de marché accrue.
- Mécanisme théorique : une entreprise avec plus de puissance de marché peut réduire sa production tout en augmentant les prix et les bénéfices, diminuant ainsi sa demande de capital et donc son investissement.
- Résultats empiriques :
  - Les hausses de marges ont contribué à une certaine baisse de l’investissement des entreprises en capital physique depuis le début des années 2000.
  - Analyse comparative internationale au niveau des entreprises explique le taux d’investissement net en actifs corporels par la marge décalée, neutralisant d’autres moteurs de l’investissement par des effets fixes et méthodes instrumentales.

*Fonds monétaire international, Avril 2019 — Extrait : “2. Part du décile supérieur dans le résultat d’exploitation total ;”*

### 1. Ensemble de l’échantillon

### 1. Ensemble de l’échantillon

### Effets sur les brevets et l’innovation
- Les hausses globales historiques des marges ont eu un effet marginalement positif sur les brevets (Graphique 2.7).
- Si la hausse des marges se poursuit au même rythme, une chute des brevets est à prévoir, due principalement aux entreprises du décile supérieur de la distribution des marges.
- Les bâtons 2000–15 représentent la variation implicite prédite du nombre de brevets résultant de la hausse des marges sur la période 2000–15, pondéré par le résultat d’exploitation. Les bâtons 2015–30 montrent la variation implicite prédite si les marges augmentent sur la période 2015–30 au même rythme que sur la période 2000–15. La plage 1 utilise l’ensemble de l’échantillon ; la plage 2 n’utilise que les données du décile supérieur de la distribution des marges.

### Effets sur l’investissement et le stock de capital
- Une hausse de 10 points de pourcentage de la marge d’une entreprise est associée à une baisse de 0,6 point de pourcentage statistiquement significative de son taux d’investissement en capital physique.
- Pour l’ensemble de l’échantillon :
  - La hausse moyenne des marges enregistrée depuis 2000 est liée à une baisse de 0,4 point de pourcentage du taux d’investissement (Graphique 2.8).
- Pour l’échantillon des entreprises du décile supérieur :
  - La hausse moyenne des marges est liée à une diminution de 2 points de pourcentage du taux d’investissement.
- Simulation contrefactuelle (marges fixées à leur niveau de 2000) pour les pays avancés de l’échantillon :
  - Stock de capital physique supérieur de 3 % en 2015 dans le pays avancé moyen à marges constantes.
  - Gain de production d’environ 1 %, en supposant une élasticité de la production au capital d’environ un tiers.
- Remarques méthodologiques :
  - Le taux d’investissement net en actifs corporels est calculé comme le ratio de la variation du stock d’actifs corporels à la valeur ajoutée.
  - Les estimations n’intègrent pas d’améliorations technologiques ou organisationnelles antérieures qui auraient pu permettre aux entreprises d’accroître leurs marges.
  - Une analyse complémentaire suggère que les effets d’allocation interentreprises ont été modestes dans l’ensemble.
  - L’analyse empirique sur l’investissement en actifs immatériels montre une relation économiquement insignifiante entre les marges et l’investissement immatériel.

### Effets internationaux — canaux demande et intrants
- Les hausses de marges peuvent réduire la demande d’intrants étrangers (canal de la demande) ou augmenter le prix des intrants vendus à des entreprises étrangères (canal des intrants).
- Régression du logarithme de la valeur ajoutée d’un secteur sur la moyenne pondérée des marges de ses acheteurs étrangers et sur la moyenne pondérée des marges de ses fournisseurs étrangers :
  - Résultat : des marges plus élevées ont des retombées internationales défavorables modérées par le canal des intrants.
  - Exemple quantitatif : pour un secteur hypothétique dans un pays émergent qui importe 40 % de sa valeur ajoutée, une hausse de 10 points de pourcentage de la marge de tous ses fournisseurs étrangers réduit la production de 0,3 %, toutes choses égales par ailleurs.
- Conclusion sectorielle : les hausses de marges dans les pays avancés pourraient avoir eu des retombées négatives modérées sur les pays émergents.

### Modélisation : capacités inutilisées, taux d’intérêt et inflation
- Approche : modèle stochastique dynamique d’équilibre général calibré pour la zone euro et les États-Unis, prenant en compte la composante interne aux entreprises de la tendance des marges observée depuis 2000.
- Mécanisme : les hausses de marges sont modélisées comme une diminution de la substituabilité entre les biens et services produits par différentes entreprises.
- Effets simulés :
  - Une hausse inattendue et soutenue des marges est inflationniste lorsque les entreprises augmentent les prix.
  - Toutefois, les entreprises à plus grande puissance de marché réduisent production et investissements, générant capacités inutilisées et chute de l’emploi, amplifiées par les rigidités nominales.
- Résultats agrégés pour la zone euro et les États-Unis considérés ensemble (comparaison à un scénario où les marges restent à leur niveau de 2000, abstraction faite de l’impact de la crise financière de 2008) :
  - Écart de production pouvant avoir été supérieur d’environ 0,3 point de pourcentage en 2015.
  - Inflation plus élevée d’environ 0,2 point de pourcentage en 2015.
  - Taux d’intérêt naturel plus bas d’environ 10 points de base en 2015.
- Concordance : l’analyse basée sur le modèle correspond qualitativement et quantitativement aux résultats empiriques (effet négatif des hausses de marges sur l’investissement et effet globalement neutre sur l’innovation).
- Implications macroéconomiques :
  - Une hausse tendancielle des marges ralentit l’économie et abaisse légèrement le taux d’intérêt naturel, pouvant aggraver une récession lorsque le taux directeur atteint sa borne inférieure effective.
  - Après la crise financière de 2008, ce mécanisme aurait pu marginalement amplifier la récession et pousser les banques centrales à recourir davantage à des politiques monétaires non conventionnelles.
  - Effet sur la courbe de Phillips : simulations indiquent peu de changement de la réactivité de l’inflation aux conditions économiques, en grande partie parce que les hausses de marges n’ont pas été suffisantes pour produire une différence notable jusqu’ici.

### Distribution du revenu et part du travail
- Contexte historique : la part du revenu national versée aux travailleurs a baissé depuis les années 80 dans de nombreux pays avancés, de 2 points de pourcentage en moyenne.
- Quatrième explication possible : la puissance de marché grandissante des entreprises et l’augmentation concomitante des rentes économiques revenant aux propriétaires des entreprises.
- Estimations empiriques :
  - Une hausse des marges de 10 points de pourcentage est liée à une diminution statistiquement significative de 0,3 point de pourcentage de la part du travail mesurée par le ratio masse salariale/valeur ajoutée.
  - Pour l’ensemble de l’échantillon, la hausse moyenne des marges depuis 2000 est associée à une baisse de 0,2 point de pourcentage de la part du travail (Graphique 2.10).
  - Pour les entreprises du décile supérieur, la hausse moyenne des marges est associée à une baisse de 1 point de pourcentage de la part du travail.
- Contribution au recul tendanciel de la part du travail :
  - Les hausses de marges ont expliqué au moins 10 % de la baisse tendancielle de la part du travail dans le pays avancé moyen.
  - Si les marges n’avaient pas augmenté depuis 2000, la part du travail moyenne dans l’échantillon des pays avancés aurait pu être supérieure d’au moins 0,2 point de pourcentage aujourd’hui (chiffre à comparer à la baisse moyenne d’environ 2 points de pourcentage au cours des 20 dernières années).
- Limitation : l’analyse estime l’impact interne aux entreprises et peut sous-estimer l’effet global dans les pays où la réallocation des ressources entre entreprises joue un rôle supplémentaire.

*Fonds monétaire international | Avril 2019 — Chapitre 2 : La montée de la puissance de marché des entreprises : implications macroéconomiques*

### section intitulée « La puissance de marché grandissante

### La puissance de marché grandissante des entreprises

### Constats essentiels
- Au cours des 20 dernières années, les pays avancés ont enregistré une augmentation globalement modérée, mais généralisée, de la puissance de marché des entreprises, principalement attribuable à une petite part des entreprises.
- La puissance de marché semble être restée globalement stable dans les pays émergents.
- Pour l’ensemble de l’échantillon, l’augmentation moyenne des marges des entreprises est liée à une baisse de 0,2 point de pourcentage de la part du travail.
- Pour les entreprises situées dans le décile supérieur de la distribution des marges, l’augmentation moyenne des marges est liée à une diminution de 1 point de pourcentage de la part du travail.
- Une augmentation généralisée de l’épargne des entreprises est observée depuis 20 ans dans tous les grands pays avancés.

### Mécanismes et preuves empiriques
- Les hausses de marges sont plutôt généralisées dans les pays et les secteurs, mais le phénomène est surtout concentré dans une petite fraction d’entreprises très dynamiques — plus productives et plus innovantes — suggérant des forces communes (actifs immatériels, effets de réseaux, économies d’échelle).
- L’analyse empirique qui considère à la fois les composantes internes et entre entreprises de la hausse des marges (en éliminant les effets fixes entreprise) montre que l’impact estimé des marges sur la part du travail s’accentue, ce qui pourrait indiquer que la contribution interne sous-estime l’impact général des hausses de marges sur la part du travail globale.
- Les données montrent que les fusions–acquisitions ont été suivies par une hausse sensible des marges : les fusions–acquisitions sont généralement suivies de hausses de marges opérées par les acquéreurs.
  - Résultats indiqués : une association d’environ 1,1 point de pourcentage en moyenne et de 1,2 point de pourcentage pour les fusions–acquisitions horizontales (effet statistiquement significatif).
  - Un exercice contrefactuel sur opérations annoncées mais non réalisées donne une relation négative (statistiquement non significative) entre les marges et la période post-annonce.
- Parmi les entreprises cotées dans les pays du G-7, le taux d’épargne moyen dans des secteurs étroitement définis semble fortement covarier dans le temps avec la part moyenne des quatre plus grandes entreprises dans le chiffre d’affaires d’un secteur, le coefficient de corrélation étant de 0,8.
- Quatre constats de l’analyse d’entreprise cotées dans le G-7 :
  - La majeure partie de la progression de l’épargne globale des entreprises résulte d’une augmentation de l’épargne des entreprises en place plutôt que d’une recomposition due à l’arrivée de nouvelles entreprises, à la sortie d’entreprises ou la redistribution des parts de marché.
  - Les entreprises en place ont davantage augmenté leur taux d’épargne dans les secteurs dont la concentration (ou les marges) a augmenté dans une plus large mesure.
  - La croissance des bénéfices avant impôt (excédent brut d’exploitation) en pourcentage de la valeur ajoutée des entreprises est la principale source de cette hausse de l’épargne des entreprises dans les secteurs où la concentration augmente.
  - L’augmentation de l’épargne interne aux entreprises a été tirée par les grandes entreprises, celles qui se classent dans le centile supérieur (par la taille) affichant les augmentations les plus fortes.
- Un possible facteur amplificateur : le déclin tendanciel des taux d’intérêt réels mondiaux (et des taux de l’impôt sur les bénéfices) depuis 20 ans, profitant disproportionnellement aux plus grandes entreprises moins contraintes financièrement.

### Implications macroéconomiques
- Jusqu’ici, les implications macroéconomiques documentées ont été assez modestes, mais elles risquent d’être plus négatives si la puissance de marché des entreprises à fortes marges devait encore augmenter :
  - l’investissement fléchirait,
  - l’innovation pourrait ralentir,
  - la part du travail dans le revenu diminuerait encore,
  - les responsables des politiques monétaires pourraient avoir encore plus de difficultés à stabiliser la production en cas de ralentissement majeur.
- L’augmentation inégale des marges documentée pourrait s’être accompagnée de plus grandes inégalités de revenu entre les travailleurs ; des données récentes montrent que les inégalités de revenu entre les entreprises ont été le principal facteur de la hausse globale des inégalités de revenu ces dernières décennies, au moins aux États-Unis.
- La concentration des hausses de marges au sein d’un petit groupe d’entreprises très productives suggère que la réduction des obstacles au rattrapage technologique des entreprises en retard pourrait renforcer la concurrence et atténuer les effets de concentration.

### Politiques recommandées
- Réformes structurelles pour préserver une saine concurrence sur les marchés de produits, particulièrement dans les secteurs non manufacturiers.
- Réduction des obstacles réglementaires nationaux (par exemple, charges administratives pesant sur les start-ups, protections réglementaires des entreprises en place) et une plus grande ouverture au commerce et à l’investissement direct étranger pour accroître la contestabilité des marchés.
- Renforcement du droit de la concurrence et des politiques de la concurrence :
  - Accorder aux autorités de la concurrence d’amples ressources pour enquêter minutieusement sur les fusions et déterminer si elles seront profitables aux consommateurs.
  - Donner aux autorités la capacité d’entreprendre des examens du marché et, si nécessaire, d’appliquer des solutions vigoureuses, y compris d’ordonner aux entreprises de céder des actifs.
  - Envisager une attention particulière aux acquisitions de petites cibles susceptibles de devenir de grands concurrents, en tenant compte de la difficulté ex ante à établir le contrefactuel.
  - Adopter une approche dynamique : plus les bénéfices d’un secteur sont importants et persistants, plus un examen attentif du secteur est nécessaire.
- Politiques pour faciliter le rattrapage technologique :
  - Droits de propriété intellectuelle bien calibrés qui encouragent l’innovation radicale sans nuire à la diffusion des techniques.
  - Régimes de gouvernance des données neutres pour la concurrence.
- Réforme de la fiscalité des entreprises pour cibler les rentes économiques :
  - Un impôt sur les sociétés efficient devrait, selon le texte, exempter les bénéfices normaux et ne s’intéresser qu’aux rentes économiques.
  - Moyens proposés : taxes sur les flux de trésorerie (comptabiliser les investissements en charges) ou abattement pour le taux de rendement normal des capitaux propres.
  - La version de ces impôts fondée sur le lieu de destination (imposition sur la base du lieu de la consommation finale) peut mieux résister au transfert des bénéfices par les multinationales et rendre plus équitables les conditions de concurrence.

### Encadrés empiriques clés
- Graphique/estimations sur marges et part du travail (Graphique 2.10) :
  - Pour l’ensemble de l’échantillon : variation liée à −0,2 point de pourcentage de la part du travail.
  - Pour le décile supérieur : variation liée à −1 point de pourcentage de la part du travail.
- Effets des fusions–acquisitions (Encadré 2.2) :
  - Fusions–acquisitions suivies d’une augmentation des marges d’environ 1,1 point de pourcentage en moyenne pour les acquéreurs.
  - Pour les fusions–acquisitions horizontales, l’augmentation moyenne observée est d’environ 1,2 point de pourcentage.
- Covariation concentration / épargne (Encadré 2.1) :
  - Coefficient de corrélation entre le taux d’épargne moyen des entreprises et la part moyenne des quatre plus grandes entreprises dans le chiffre d’affaires d’un secteur dans le G-7 : 0,8.
  - Graphique 2.1.2 montre une relation positive entre variation du CR4 et variation du taux d’épargne des entreprises (distributions divisées en 50 compartiments).

*Source : section intitulée « La puissance de marché grandissante des entreprises », textfullf (PDF), Perspectives de l’économie mondiale : Croissance ralentie, reprise précaire, Fonds monétaire international | Avril 2019.*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et enjeux
- La plupart des pays émergents et des pays en développement ont encore d’importants besoins d’investissement.  
- Malgré une augmentation notable de leurs investissements depuis une trentaine d’années, avec un quasi doublement de leurs taux d’investissement dans les machines et les équipements, ces pays sont nettement moins dotés en capital que les pays avancés.  
- La réalisation des objectifs du développement durable (ODD) de l’ONU nécessiterait une forte hausse de l’investissement dans de nombreux pays en développement à faible revenu.  
- La projection d’une croissance à moyen terme plus rapide dans les pays émergents et les pays en développement que dans les pays avancés est sous-tendue par l’hypothèse d’un investissement toujours soutenu dans cette première catégorie de pays.  
- Le prix relatif des investissements est calculé dans ce chapitre comme le ratio prix des investissements/prix des biens de consommation (i.e., déflateur de l’investissement divisé par le déflateur de la consommation).

### Tendances observées
- L’approfondissement du capital dans les pays émergents et en développement ces trente dernières années a coïncidé avec des baisses appréciables des prix des biens d’investissement, et en particulier des biens d’équipement marchands (machines et équipements) par rapport aux autres prix.  
- Les economistes attribuent souvent la baisse des prix relatifs des investissements à une croissance de la productivité plus rapide dans les secteurs producteurs de biens d’équipement, notamment grâce aux progrès des technologies de l’information, et à l’approfondissement de l’intégration commerciale et des chaînes de valeur mondiales.  
- La production des machines et des équipements est fortement intégrée aux chaînes de valeur mondiales, renforçant la baisse des prix relatifs des biens d’équipement marchands.

### Risques et menaces identifiés
- Le ralentissement des échanges internationaux, la possible arrivée à maturité des chaînes de valeur mondiales et la perte de vitesse de la libéralisation du commerce depuis le milieu de la première décennie 2000 pourraient freiner la baisse des prix relatifs des biens d’équipement.  
- Le relèvement des droits de douane et des obstacles non tarifaires pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales, diminuer l’efficience de la production et ralentir, voire inverser, la tendance baissière des prix des biens d’équipement.  
- Beaucoup de pays émergents et pays en développement, en tant qu’importateurs nets de biens d’équipement, pourraient payer plus cher leurs achats de machines et équipements et souffrir d’une moindre diffusion mondiale des connaissances et technologies.  
- L’atonie de la croissance de la productivité dans les pays avancés, le vieillissement et la montée de la puissance de marché dans certains principaux pays producteurs de biens d’équipement constituent aussi une menace pour l’innovation et la poursuite de la baisse des prix des biens d’investissement.

### Questions centrales examinées dans le chapitre
- Comment les prix des biens d’investissement ont-ils évolué dans le temps et d’un pays à l’autre ? Les prix des biens d’équipement sont-ils plus élevés dans les pays à faible revenu, en termes absolus et/ou par rapport aux autres prix dans l’économie ?  
- Quels facteurs expliquent les évolutions dans le temps des prix des biens d’équipement marchands, et les différences de niveau de prix entre pays ? Dans quelle mesure les avancées technologiques et l’intégration des échanges ont-elles contribué à la baisse relative des prix des machines et équipements ? Dans quelle mesure les prix des biens d’équipement sont-ils influencés par le paramétrage de l’action publique, notamment en matière d’obstacles au commerce ?  
- Dans quelle mesure l’investissement dans les machines et équipements réagit-il aux prix de ces actifs ? Dans quelle mesure l’évolution des prix des biens d’équipement a-t-elle contribué à l’approfondissement du capital au cours des trente dernières années ?

### Principales conclusions
- Ces trente dernières années, dans les pays avancés, émergents et en développement, les prix relatifs des biens d’investissement marchands (machines et équipements) ont baissé. Ces baisses ont été importantes et s’expliquent par une accélération de la productivité dans les industries productrices de biens d’équipement et par un approfondissement de l’intégration commerciale.  
- Dans les pays émergents et les pays en développement, l’examen des dernières données disponibles sur les prix de paniers comparables de machines et d’équipements montre qu’en 2011, les prix des machines et équipements ont augmenté non seulement en termes absolus, mais aussi, et surtout, par rapport à ceux des produits de consommation. Cette augmentation relative s’explique par une efficience économique relative plus faible dans la production de biens d’investissement et de biens marchands en général, et par des coûts liés aux échanges plus élevés, notamment en raison de droits de douane plus élevés.  
- Des simulations modélisées et des observations empiriques suggèrent que le prix relatif des biens d’investissement est un déterminant important du taux d’investissement réel. Depuis la crise financière mondiale, on a assisté à un ralentissement de l’investissement dans le monde entier. Pourtant, ces trente dernières années, l’investissement réel dans les machines et équipements a notablement augmenté en parts du PIB réel, tant dans les pays avancés que dans les pays émergents et en développement ; cette augmentation peut être attribuée en grande partie à la baisse des prix relatifs des machines et des équipements.

### Chiffres et faits saillants (extraits)
- Réduction des prix relatifs des machines et équipements depuis le début des années 90 : environ 60 percent dans les pays avancés, contre 40 percent dans les pays émergents et en développement (d’après Penn World Table version 9.0).  
- Baisse spectaculaire des prix relatifs des équipements informatiques : baisse de 90 percent depuis 1990.  
- Baisse des prix relatifs des équipements de télécommunication : chute de près de 60 percent depuis 1990.  
- Le calcul des prix relatifs des investissements se fait en divisant le déflateur de l’investissement par le déflateur de la consommation.

### Recommandations de politique
- Abaisser les obstacles au commerce et réduire les coûts des échanges pour favoriser l’investissement en biens d’équipement marchands et l’approfondissement du capital, notamment dans de nombreux pays émergents et pays en développement qui conservent des barrières commerciales élevées.  
- Les pays avancés devraient éviter des mesures protectionnistes qui renchériraient les coûts du commerce et mettraient en péril les gains tirés de la baisse des prix des biens d’équipement.  
- Relancer le processus de libéralisation des échanges, qui a subi un fort ralentissement depuis le milieu de la première décennie 2000, afin de maintenir le rythme de baisse des prix relatifs des biens d’investissement.  
- Poursuivre les avancées technologiques et l’innovation dans la production de biens d’équipement ; des politiques de stimulation de la recherche–développement, de l’entrepreneuriat et des transferts de technologies, accompagnées d’investissements dans l’éducation et les infrastructures publiques, pourraient contribuer à abaisser le prix relatif des biens d’investissement et générer des gains au-delà de l’impact direct sur la productivité globale.

### Données et sources mentionnées
- Penn World Table (PWT) version 9.0 (180 pays).  
- Base de données Eora Multi-Region Input–Output (MRIO) ; Haver Analytics ; base de données des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) ; calculs des services du FMI.  
- Annexe 3.1 et annexe 3.2 en ligne pour définitions, liste des pays et faits stylisés complémentaires.

*Les auteurs de ce chapitre sont Weicheng Lian, Natalija Novta, Evgenia Pugacheva, Yannick Timmer et Petia Topalova (chef d’équipe). Ils ont bénéficié du concours de Jilun Xing et Candice Zhao, et des contributions de Michal Andrle, Christian Bogmans, Lama Kiyasseh, Sergii Meleshchuk et Rafael Portillo. Le chapitre a été enrichi grâce aux commentaires et aux suggestions d’Andrei Levchenko et de Maurice Obstfeld.*

### 1. Structures

### 1. Structures

### Baisse généralisée des prix relatifs des biens d’investissement
- La diminution des prix relatifs des biens d’investissement est notamment due à une baisse généralisée des prix relatifs des machines et des équipements.
- Parmi les biens d’investissement corporels marchands, les plus fortes baisses de prix s’observent dans le matériel informatique et de communication.
- Par rapport au début des années 90, en 2014 :
  - les prix des machines et équipements avaient baissé par rapport au déflateur de la consommation dans tous les pays avancés;
  - dans 87 % des pays émergents;
  - dans 68 % des pays en développement à faible revenu.
- Les prix relatifs des biens d’investissement (pour chaque catégorie) sont obtenus en divisant le déflateur de l’investissement pertinent par le déflateur de la consommation. Les effets fixes annuels d’une régression des logs des prix relatifs sont normalisés pour montrer la variation en pourcentage par rapport aux prix relatifs des investissements en 1990; les intervalles de confiance à 95 % sont indiqués.

### Variations internationales et corrélations avec le développement
- Données du Programme de comparaison internationale (PCI), cycle 2011 :
  - Le même panier de machines et équipements coûte environ 8 % de plus dans le pays à faible revenu médian que dans le pays avancé médian.
  - Le rapport prix des machines et équipements / prix à la consommation est 2,7 fois plus élevé dans le pays à faible revenu médian que dans le pays avancé médian.
- Graphiques d’analyse (PCI 2011) indiquent :
  - Prix absolu des machines et équipements vs log du PIB par habitant en 2011 : régression y = –0,025***x + 1,46.
  - Prix relatif des machines et équipements vs log du PIB par habitant en 2011 : régression y = –0,54***x + 7,30.
- Les prix absolus et relatifs des machines et équipements tendent à être plus élevés dans les pays émergents et pays en développement, comparés aux pays avancés.

### Incidence des prix relatifs des équipements sur l’investissement
- Cadre théorique simplifié :
  - Une diminution des prix des biens d’investissement par rapport aux autres prix rend l’investissement plus attractif que la consommation et augmente les taux d’investissement réels (ratios investissement réel / production réelle).
  - Les décisions d’investissement sont aussi influencées par : perspectives économiques perçues; disponibilité et coût du financement; quantité de capital en exploitation; rythme de dépréciation des biens d’équipement; impatience des agents économiques.
- Dans une économie fermée où les biens d’investissement sont produits uniquement dans le pays, la relation est moins tranchée (référence à Foley et Sidrauski, 1970).

### Facteurs déterminant les prix relatifs des biens d’investissement
- Efficience interne :
  - L’efficience de l’économie dans la production des machines et équipements (secteur de l’équipement) par rapport à son efficience dans d’autres secteurs influence fortement les prix relatifs (effet Balassa–Samuelson évoqué).
- Coûts d’importation et barrières :
  - Pour les pays qui importent une grande part de leurs biens d’investissement, le prix relatif dépend des prix demandés par les fournisseurs internationaux et d’un ensemble de facteurs augmentant le différentiel entre prix domestiques et prix internationaux, notamment :
    - coûts de transport;
    - efficience du secteur de la distribution domestique;
    - droits d’importation;
    - réglementations douanières;
    - temps et coûts liés à la logistique d’importation;
    - règles fiscales (amortissement accéléré, crédits d’impôts, subventions à l’investissement);
    - degré de corruption.
- Données et méthode :
  - L’analyse utilise des données détaillées (bases EU KLEMS, World KLEMS, Penn World Table 9.0, PCI 2011) et des méthodes de régression des logs des prix relatifs avec effets fixes par année et par pays.
  - Pour évaluer l’impact des exportateurs, on compare les valeurs unitaires des catégories de machines et équipements provenant de cinq grands exportateurs — États-Unis, Chine, Allemagne, France et Japon — pour différents pays importateurs, neutralisant les effets fixes exportateur-produit-année.

### Résultats empiriques et interprétations
- Production et exportations :
  - Une grande part de la production et des exportations mondiales de biens d’équipement provient d’un relativement petit nombre de pays avancés et de la Chine.
  - En 2016, les pays émergents et les pays en développement totalisaient environ le tiers des exportations mondiales (contre 5 % en 1990); la Chine représentait 18 % des exportations mondiales en 2017 (contre 1 %–2 % dans les années 90).
- Valeurs unitaires des exportations :
  - Les valeurs unitaires des exportations de biens d’équipement des cinq grands exportateurs n’ont pas de corrélation systématique avec le revenu par habitant du pays importateur.
- Coûts des échanges et logistique :
  - Les coûts des échanges sont généralement très inférieurs pour les pays avancés.
  - Les pays émergents et surtout les pays en développement à faible revenu subissent encore des obstacles réglementaires et naturels au commerce qui augmentent les coûts (distance pondérée aux exportateurs, faible connectivité des transports maritimes, droits de douane élevés, procédures documentaires et contrôles frontaliers chronophages).
  - Dans les pays où les coûts des échanges sont plus élevés, les prix absolus des machines et équipements sont plus élevés dans les données du PCI 2011.
- Décomposition empirique :
  - Une régression OLS du log du prix relatif des machines et équipements (PCI 2011) sur le log de la productivité relative du travail dans les secteurs des biens marchands, avec mesures des coûts des échanges, est utilisée pour décomposer la variation du log des prix relatifs entre contribution de la productivité relative et contribution des coûts des échanges.
  - La productivité relative du secteur des biens marchands et les coûts des échanges ne sont pas indépendants; les obstacles au commerce peuvent pénaliser la productivité des biens marchands et vice versa.

### Implications politiques (leviers identifiés)
- Mesures susceptibles d’abaisser les prix relatifs des biens d’investissement :
  - Réduire les coûts des échanges (amélioration de la connectivité aux réseaux mondiaux de transport; réduction des droits de douane; simplification des procédures documentaires et des contrôles frontaliers; réduction des coûts de transport intérieur).
  - Améliorer l’efficience du secteur de la distribution et les performances logistiques d’importation.
  - Politiques fiscales ciblées : amortissement accéléré, crédits d’impôts à l’investissement, subventions à l’investissement (mentionnées comme facteurs influents).
  - Réduire la corruption et les obstacles réglementaires qui augmentent le différentiel de prix domestique.
- Limites et précautions :
  - Les différences observées dans les prix relatifs résultent d’un mélange de facteurs internationaux (barèmes de prix des exportateurs) et domestiques (coûts des échanges, efficience productive), et l’identification causale donne lieu à des interprétations prudentes compte tenu de l’interdépendance des facteurs.

*Sources : EU KLEMS ; Penn World Table 9.0 ; World KLEMS ; Programme de comparaison internationale (PCI) 2011 ; Eora Multi-Region Input–Output ; Comtrade ; calculs des services du FMI.*

### 1. Distance par rapport aux

### 1. Distance par rapport aux exportateurs de machines et d’équipements

### Graphique 3.5 — Coûts des échanges en 2011 (Médiane et écart interquartile)
- Mesures graphiques présentées (axes et échelles telles que figurent dans le graphique) :
  - 1. Distance par rapport aux exportateurs de machines et d’équipements (milliers de kilomètres) : 0,0 ; 0,2 ; 0,4 ; 0,6 ; 0,8
  - 2. Connectivité des lignes maritimes (indice) : 0 ; 2 ; 4 ; 6 ; 8 ; 10 ; 12 ; 14
  - 3. Liberté des échanges internationaux (indice) : 0 ; 2 ; 4 ; 6 ; 8 ; 10 ; 12 ; 14
  - 4. Droits de douane sur les biens d’investissement (pourcentage) : 0 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6
  - 5. Coût de l’importation (milliers de dollars/conteneur) : 0 ; 10 ; 20 ; 30 ; 40 ; 50 ; 60
  - 6. Temps nécessaire pour importer (jours) : 5 ; 6 ; 7 ; 8 ; 9 ; 10

### Principaux constats tirés du texte accompagnant le graphique
- Jusqu’à 60 percent de l’écart des prix relatifs des machines et équipements d’un pays à l’autre peut être expliqué, globalement, par les différences dans les coûts des échanges, selon la mesure retenue pour les coûts des échanges.
- Les obstacles d’origine réglementaire (par exemple, les droits de douane) et les différents coûts et délais de l’importation sont de meilleurs indicateurs des prix relatifs que les facteurs naturels comme la distance et la connectivité.
- Les conclusions soutiennent l’idée que les prix relatifs des biens d’équipement sont plus élevés dans les pays émergents et les pays en développement en raison :
  - des obstacles au commerce, et
  - de la faiblesse de la productivité dans le secteur des biens d’équipement et, plus généralement, des biens marchands.
- Notes statistiques et robustesse :
  - ***p < 0,01 ; **p < 0,05 ; *p < 0,1.
  - Note 16 : Étant donné la forte corrélation existant entre différentes composantes des coûts des échanges, l’inclusion de toutes les mesures envisagées dans la même régression ne va pas fortement faire augmenter la part de la variation des prix relatifs imputable aux coûts des échanges.
  - Note 17 : Sposi (2015) indique que la suppression des obstacles au commerce réduirait de plus de moitié l’écart observé entre les prix relatifs dans les pays riches et les pays pauvres.

### Perspective historique (extrait)
- Baisse marquée : le texte signale une forte baisse des prix relatifs des biens d’équipement dans la plupart des pays au cours des trente dernières années.
- Objectif de l’analyse historique :
  - Isoler les rôles du progrès technologique (accroissement de l’efficience des secteurs des biens d’équipement) et de l’approfondissement de l’intégration des échanges.
  - Méthode en deux temps :
    - Analyse des données relatives aux prix des producteurs sectoriels dans 40 pays avancés et émergents pour la période 1995–2011, à partir de la base de données input–output.
    - Estimation de l’élasticité des prix pratiqués par les producteurs par rapport aux variations de la productivité de la main-d’œuvre sectorielle et à l’exposition aux échanges internationaux (mesurée par la pénétration des importations, ratio importations/valeur ajoutée nationale).
  - Neutralisation des effets communs à tous les secteurs dans un pays et une année (fluctuations des taux et des politiques de change, etc.).

### Méthodologie et notes du graphique
- Source : calculs des services du FMI.
- Notes du graphique :
  - La plage 1 montre la variation en pourcentage du prix absolu des machines et des équipements (données du programme de comparaison internationale (PCI), 2011) associée à une augmentation d’un écart-type de différentes mesures des coûts des échanges, à partir des estimations du tableau de l’annexe 3.4.1 en ligne.
  - Dans la plage 2, la variation entre pays des prix (PCI, 2011) des machines et des équipements par rapport aux biens de consommation est décomposée ainsi : part expliquée par les différences de productivité du travail dans les secteurs des biens marchands par rapport aux secteurs des biens non marchands, et d’autres mesures des coûts des échanges, d’après les estimations du tableau de l’annexe 3.4.2 en ligne.
  - Voir les notes du graphique 3.5 pour les définitions et les sources pour les coûts des échanges. M&E = machines et équipements.

*Fonds monétaire international | Avril 2019 — Extrait du chapitre « Perspectives de l’économie mondiale : Croissance ralentie, reprise précaire »*

### 2. Variation entre pays des prix relatifs des biens d’équipement expliquée

### 2. Variation entre pays des prix relatifs des biens d’équipement expliquée par la productivité relative et les coûts des échanges (pourcentage)

### Principales conclusions économétriques et sectorielles
- Une augmentation de 1 % du ratio d’importation (obtenue par une réduction de 0,7 point de pourcentage des droits de douane) entraîne une baisse d’environ 0,5 % des prix des producteurs sectoriels.
- Une augmentation de 1 % de la productivité de la main-d’œuvre sectorielle se traduit par une baisse de 0,3 % des prix des producteurs.
- La productivité de la main-d’œuvre dans la production de biens d’équipement est particulièrement sensible à l’approfondissement de l’intégration commerciale.
- L’approfondissement de l’intégration commerciale explique la majeure partie de la baisse des prix relatifs des machines et équipements entre 2000 et 2011, à la fois :
  - via ses effets directs sur les prix des producteurs, et
  - indirectement, via la productivité accrue des producteurs nationaux de biens d’équipement.
- Les gains de productivité non imputables à l’intégration commerciale constituent aussi un facteur important de la baisse des prix.
- Une part non négligeable de la baisse des prix des biens d’investissement peut être attribuée à d’autres facteurs, notamment :
  - la baisse tendancielle des taux d’intérêt à l’échelle mondiale,
  - la libéralisation financière,
  - le rôle accru de la Chine dans la fourniture de biens d’investissement marchands sur la période 2000–11.

### Estimations d’impact sur les prix et l’investissement (modèle et données empiriques)
- Simulations GIMF :
  - Un choc se traduisant par une baisse de 1 % des prix des investissements par rapport à ceux de la consommation entraîne une augmentation d’environ 0,8 % du ratio investissement réel/PIB réel à moyen terme.
- Estimations empiriques internationales (données Penn World Table, fenêtres de 5 ans) :
  - Une baisse de 1 % des prix relatifs des biens d’équipement marchands est liée à une hausse de 0,3 % à 0,5 % du taux d’investissement réel sur une période de cinq ans.
- Estimations sectorielles (EU KLEMS et World KLEMS, 18 pays, 1971–2015) :
  - Une baisse de 1 % des prix relatifs des machines et équipements est liée à une augmentation de 0,2 % à 0,5 % du taux d’investissement réel dans ces biens d’équipement.
- Durée et ampleur historique :
  - Entre les périodes 1990–94 et 2010–14, les ratios investissement réel dans les machines et équipements/PIB réel ont progressé d’environ 60 %.
  - Les prix relatifs des biens d’investissement ont fortement chuté au cours des trois dernières décennies, contribuant de manière importante à cette hausse de l’investissement.

### Résultats de régressions (extraits)
- Tableaux régressifs (pays et sectoriels) :
  - Coefficient du log des prix relatifs sur le ratio d’investissement réel/PIB :
    - Colonne (1) : –0,377*** (erreur-type (0,116))
    - Colonne (2) : –0,292* (erreur-type (0,171))
    - Colonne (3) : –0,491*** (erreur-type (0,161))
    - Colonne (4) : –0,326*** (erreur-type (0,078))
    - Colonne (5) : –0,528*** (erreur-type (0,068))
  - Nombre d’observations et pays :
    - Observations : 658, 553, 457, 971, 971 selon spécifications.
    - Nombre de pays : 127 (colonnes de panel).
  - Statistiques de première phase (F) : 118,80 ; 81,81 ; 64,04 ; 44,60 ; 28,80 (selon colonne).
  - Significativité : ***p < 0,01 ; **p < 0,05 ; *p < 0,1.

### Illustrations empiriques et cas spécifiques
- Simulation-décomposition 2000–11 (Graphique 3.7) : contributions à la baisse des prix relatifs des biens d’investissement par rapport aux biens de consommation réparties en :
  1) Effet direct de l’approfondissement de l’intégration commerciale,
  2) Effet via la productivité accrue de la main-d’œuvre induite par l’intégration commerciale,
  3) Effet de la productivité accrue non imputable à l’intégration commerciale,
  4) Autres effets.
- Cas Colombie (encadré) : forte réduction des droits de douane en 2011 associée à une stimulation de l’investissement des entreprises grâce à la baisse des prix des biens d’investissement.
- Étude Billion Prices Project (Apple) :
  - Données : 674 produits Apple dans 27 pays, fréquence mensuelle, période 2009–2012.
  - Résultat : importantes différences de prix absolus entre pays ; confirmation que les prix relatifs des biens d’investissement sont généralement considérablement inférieurs dans les pays riches.
- Énergies renouvelables (Encadré 3.1) :
  - Entre 2009 et 2017, les prix du solaire photovoltaïque ont chuté de 76 % et ceux des turbines éoliennes terrestres de 34 %.
  - Coûts du nucléaire et de l’hydroélectricité : augmentation respective de 21 % et 9 % sur la même période.
  - Croissance de la capacité mondiale d’énergie renouvelable : 6,5 % par an entre 2000 et 2017.

### Statistiques sectorielles et barrières commerciales
- Droits d’importation effectifs en 2011 :
  - Pays émergents : environ 4 %.
  - Pays en développement à faible revenu : environ 8 %.
  - Pays avancés : presque zéro.
- Effet hypothétique de convergence des droits de douane :
  - Si les pays à faible revenu ramenaient les droits de douane sur les biens d’équipement au même niveau que dans les pays avancés (réduction d’environ 8 points de pourcentage), le prix des biens d’investissement baisserait d’environ 16 % :
    - Environ 40 % de cette baisse correspondant à l’effet direct de l’intégration commerciale,
    - Le reste imputable au gain de productivité du secteur des biens d’équipement sous l’effet de la concurrence accrue des importations.
- Application de l’Accord sur la facilitation des échanges (OMC, 2015) :
  - Pleine application : abaissement des barrières non tarifaires équivalant à 15 points de pourcentage de réduction des droits de douane dans les pays moins développés.

### Implications pour l’action publique et recommandations
- Favoriser la réduction des coûts des échanges et la libéralisation commerciale :
  - Argument additionnel en faveur de politiques de réduction des coûts des échanges et de stimulation du commerce international pour préserver le moteur d’investissement tiré par la baisse des prix des biens d’équipement.
- Éviter le repli protectionniste :
  - Les politiques protectionnistes ou un retour en arrière dans la libéralisation du commerce pourraient compromettre l’élan d’investissement généré par la baisse des prix des biens d’équipement.
- Accompagner la baisse des prix par des politiques d’innovation et d’éducation :
  - Poursuivre le progrès technologique, la recherche–développement, l’entrepreneuriat, le transfert de technologies, l’investissement dans l’éducation et les infrastructures publiques pour assurer gains de productivité et diffusion technologique dans le secteur des biens d’équipement.
- Prendre en compte les effets distributifs et sur l’emploi :
  - Politiques actives pour aider les travailleurs affectés par l’automatisation : investir dans l’éducation, les programmes de développement des compétences tout au long de la carrière et mesures facilitant le reclassement des travailleurs.
- Considérations fiscales et d’équité pour les pays en développement à faible revenu :
  - Réformer les droits de douane quand ils constituent une source importante de recettes publiques devrait être accompagné de mesures pour compenser le manque à gagner budgétaire.

*Source : Fonds monétaire international, chapitre « 2. Variation entre pays des prix relatifs des biens d’équipement expliquée par la productivité relative et les coûts des échanges », extrait du document fourni.*

### 4. Prix relatif

### 4. Prix relatif

### Estimation: Prix absolu et revenu
- Coefficient estimé: –0,519 *** (0,112)
- Coefficient additionnel/reporté: 0,0124 (0,0247)
- Valeurs supplémentaires présentées: 9,5 10,5 8,5 9,5 10,5 11,5
- Variable d'intérêt affichée: Log du PIB par habitant en PPA
- Valeur isolée affichée: 11,5

### Axes et échelles associées aux graphiques
- Échelle verticale (exemples montrés): –0,2 ; –0,5 ; 0,0 ; 0,5 ; 1,0 ; 1,5
- Échelles additionnelles (exemples montrés): 0,0 ; 0,2 ; 0,4 ; 0,6
- Échelle horizontale (plage de variation dans les graphiques de pays): –40 ; –20 ; 0 ; 20 ; 40 ; 60 ; 80 ; 100 ; 120 ; 140 ; 160

### Distribution: Prix relatif dans différents pays
- Liste des codes de pays figurant dans le graphique (ordre apparent, plusieurs répétitions dans la source):
  - PHL, IDN, CHN, THA
  - MEX, MYS, PRT, KOR, NZL, ESP, JPN, TWN, GBR, FRA, FIN, CAN, DEU, SWE, DNK, AUS, AUT, IRL, NLD, HKG, USA, NOR, SGP
  - PHL, IDN, CHN, THA
  - MEX, MYS, PRT, KOR, NZL, ESP, JPN, TWN, GBR, FRA, FIN, CAN, DEU, SWE, DNK, AUS, AUT, IRL, NLD, HKG, USA, NOR, SGP

*Source : 4. Prix relatif (extrait du document fourni)*

### 1. Prix absolu dans différents pays

### 1. Prix absolu dans différents pays

### Contexte et question examinée
- Le prix des biens d’investissement par rapport aux autres biens influence l’accumulation de capital et résulte de facteurs tels que : 1) les prix relatifs des biens d’investissement dans d’autres pays exportateurs, 2) la productivité du secteur national de l’équipement, 3) le niveau général des marges dans les différents secteurs, 4) l’incidence des droits de douane et des autres coûts des échanges.
- Deux sources de baisse durable du prix relatif des biens d’investissement sont étudiées : baisse de coûts/augmentation d’efficience dans la production nationale de biens d’investissement (choc technologique spécifique à l’investissement) et réduction durable des droits de douane sur les importations de biens d’investissement.

### Modélisation et scénarios (simulation macroéconomique)
- Outil : modèle monétaire et budgétaire mondial intégré du FMI.
- Normalisation : les deux scénarios sont calibrés pour aboutir à une baisse de 1 % du prix relatif du capital à long terme.
- Hypothèse sur les importations : part des importations dans l’ensemble des dépenses d’investissement = environ 33 %.
- Scénario droits de douane : nécessite une baisse permanente des droits de douane sur les biens d’investissement de 4 points de pourcentage, avec un coût budgétaire récurrent d’environ 0,25 % du PIB annuel.
- Horizon d’analyse : impact à moyen terme = 10 ans après le choc.

### Résultats macroéconomiques (comparaison des deux scénarios)
- Effet commun : la même baisse de prix des biens d’investissement accroît la rentabilité du capital d’un montant équivalent et entraîne une augmentation similaire de l’investissement réel.
- Différences sur la production et la consommation :
  - Production réelle (10 ans après) : augmentation de 0,7 % du PIB dans le scénario d’amélioration de l’efficience domestique (choc technologique) vs 0,5 % du PIB dans le scénario de baisse des droits de douane sur les biens d’investissement.
  - Mécanismes expliquant la différence :
    - Choc technologique : augmentation permanente de l’efficience des biens d’investissement neufs qui repousse les limites de production, entraînant une augmentation permanente des revenus et de la consommation.
    - Baisse des droits de douane : pas d’expansion initiale de la capacité productive domestique; baisse du prix des biens d’investissement analogue à une subvention mais accompagnée d’un manque-à-gagner budgétaire qui est compensé par une diminution des transferts aux ménages, freinant la consommation. De plus, la hausse de la demande relative de biens importés entraîne une dépréciation du taux de change effectif réel, renchérissant le panier de consommation intérieure et pesant sur la consommation privée.
- Effet d’une baisse généralisée des droits de douane (équivalente en termes de recettes budgétaires à la baisse ciblée sur biens d’investissement) :
  - Investissement réel : augmentation de 0,23 % (contre 1,34 % dans le scénario de baisse des droits de douane uniquement sur les biens d’investissement).
  - Production réelle : impact de 0,18 % (contre 0,5 % dans le scénario de baisse des droits de douane uniquement sur les biens d’investissement).
- Remarque : une baisse de 1 % des prix des biens d’investissement résultant d’une baisse des marges des secteurs producteurs de biens d’investissement entraîne des effets très similaires à une augmentation de la productivité dans ce secteur.

### Analyse microéconomique — exemple des entreprises colombiennes (réforme douanière de 2011)
- Contexte : réforme douanière en Colombie en 2011 visant à simplifier le barème et stimuler la croissance ; taux moyen de droits de douane sur les biens importés est passé de 12,5 % en 2010 à 8,7 % en 2011 (baisse de près de 4 points de pourcentage).
- Méthode : analyse d’événement au niveau d’entreprise utilisant variations différentielles des droits de douane sur intrants d’investissement, autres intrants et production ; équation estimée liant ΔInvestissement_i à ΔDroit sur intrants investissement_s(i), ΔDroit sur autre intrant_s(i) et ΔDroit sur production_s(i).
- Résultats estimés :
  - Une baisse de 1 point de pourcentage des droits de douane sur les intrants d’investissement est liée à une augmentation de 0,4 point de pourcentage de l’investissement (estim. ponctuelle, statistiquement significative à partir de 1 %).
  - Une réduction de 1 point de pourcentage des droits de douane sur les intrants autres que ceux d’équipement est liée à une augmentation de 0,15 point de pourcentage de l’investissement (statistiquement significative).
  - Une baisse des droits de douane sur la production n’est pas liée à une inflexion importante des décisions d’investissement des entreprises, du moins à court terme.
- Robustesse : résultats inchangés en incluant des variables de contrôle standard (taille de l’entreprise, augmentation du chiffre d’affaires); fenêtre d’analyse d’une année et fenêtre plus large donnent des résultats robustes.
- Interprétation : ces résultats confirment la sensibilité des décisions d’investissement des entreprises aux prix des biens d’investissement et distinguent l’effet des baisses de droits sur intrants d’investissement de celui sur autres intrants.

### Implications pour les politiques publiques
- Actions favorables :
  - Abaisser les obstacles aux échanges de biens d’investissement (droits de douane) et promouvoir la recherche–développement qui améliore l’efficience des secteurs producteurs de biens d’investissement produisent des effets positifs à long terme sur la production, l’investissement et la consommation.
- Contraintes et coûts :
  - Une baisse ciblée des droits de douane sur les biens d’investissement implique un coût budgétaire récurrent (exemple calibré ≈ 0,25 % du PIB annuel pour la réduction nécessaire de 4 points de pourcentage).
  - Baisse généralisée des droits de douane peut produire effets d’investissement et de production plus faibles que des baisses ciblées sur biens d’investissement en raison d’effets sur la structure des prix relatifs et des recettes publiques.
- Le choix de politique doit prendre en compte les sources sous-jacentes de la baisse des prix relatifs (amélioration de l’efficience/productivité domestique vs réduction des barrières commerciales) car les effets macroéconomiques diffèrent sensiblement.

*Fonds monétaire international | Avril 2019*

### Introduction

### Introduction

### Vue d’ensemble
- Dans les pays avancés autant que dans les pays émergents, plus de 80 % de la population considère les échanges commerciaux sous un jour favorable.  
- Moins de la moitié de ce groupe pense qu’ils sont avantageux pour l’emploi, les salaires ou les prix, et ce scepticisme est particulièrement prononcé dans les pays avancés.  
- Les échanges commerciaux permettent la spécialisation selon l’avantage comparatif, renforcent la concurrence, favorisent la diffusion internationale des connaissances et de la technologie, et stimulent la productivité et les revenus.  
- L’abaissement des obstacles aux échanges et la mondialisation de la production ont contribué à de fortes baisses du prix relatif des biens d’équipement, favorisant des investissements réels solides et réduisant les écarts de revenu pour les pays émergents et les pays en développement.  
- Les échanges profitent aux consommateurs en élargissant le choix et en faisant baisser le prix des biens et des services, particulièrement ceux représentant une large part de la consommation des ménages à faible revenu.  
- Toutefois, les échanges peuvent entraîner des bouleversements graves et des ajustements coûteux pour certains groupes de travailleurs et certaines communautés.

### Questions traitées
- Qu’est-ce qui détermine les balances commerciales bilatérales ? Plus particulièrement, quel est le rôle des facteurs macroéconomiques par rapport aux droits de douane et aux autres déterminants de nature plus microstructurelle, qui influent sur l’avantage comparatif et la division internationale du travail?  
- Quel est le lien entre les balances commerciales globales (ainsi que leurs déterminants) et les balances bilatérales?  
- Quelles sont les conséquences d’une augmentation des droits de douane bilatéraux sur les pays concernés? Et quelles sont les répercussions pour les autres pays lorsqu’il s’agit de tenir compte de l’existence des chaînes de valeur mondiales?

### Méthode et portée
- Application du modèle gravitaire aux flux commerciaux bilatéraux pour examiner ce qui dicte les évolutions des balances commerciales bilatérales.  
- Les estimations du modèle sont utilisées pour expliquer les changements observés dans les balances commerciales bilatérales et dissocient l’incidence des coûts des échanges (y compris les droits de douane), la division internationale du travail et les facteurs macroéconomiques.  
- Limites reconnues du modèle gravitaire : les variables ne représentent pas totalement les facteurs invariants dans le temps; le chapitre s’attache donc à expliquer les changements des balances commerciales bilatérales observés au cours du temps.  
- Les facteurs macroéconomiques incluent toutes les variables déterminant l’offre et la demande globales d’un pays (politiques macroéconomiques, déterminants fondamentaux comme l’évolution démographique, effets à long terme de changements importants des droits de douane et des politiques de stimulation de l’offre).  
- La deuxième partie du chapitre examine les effets des changements des droits de douane sur la production, l’emploi et la productivité, en tenant compte des synergies entre chaînes d’approvisionnement et en évaluant plusieurs circuits d’impact (protection des producteurs intérieurs, effets amont/aval, réorientation des courants d’échanges).  
- Le chapitre inclut des simulations d’un scénario hypothétique de guerre des droits de douane entre les États-Unis et la Chine, utilisant différentes méthodes de modélisation pour examiner les effets potentiels sur les deux pays ainsi que les conséquences pour les autres pays.

### Conclusions principales
- Les balances commerciales globales importent plus que les balances commerciales bilatérales. Les changements des balances commerciales globales tendent à influer sur la plupart des balances commerciales bilatérales; en l’absence de variation des conditions macroéconomiques, tout changement de la balance commerciale bilatérale tend à être compensé par des modifications survenant dans les balances bilatérales avec d’autres partenaires commerciaux et pèse peu, voire pas du tout, sur la balance commerciale globale.  
- L’évolution des balances commerciales bilatérales au cours des vingt dernières années a été, dans une large mesure, entraînée par des facteurs macroéconomiques, particulièrement par le mouvement relatif de la demande et de l’offre globales à la fois chez les partenaires commerciaux et leurs déterminants sous-jacents (facteurs fondamentaux tels que l’évolution démographique et le niveau de développement économique et institutionnel; politiques macroéconomiques, en particulier la politique budgétaire et les cycles de crédit; dans certains cas, politiques de change et politiques de stimulation de l’offre intérieure telles que subventions).  
- Les modifications des droits de douane bilatéraux ont joué un rôle moins important dans l’évolution des balances commerciales bilatérales, pour deux raisons : 1) les niveaux de départ de ces droits étaient déjà peu élevés dans de nombreux pays; et 2) la plupart des pays ont abaissé simultanément leurs droits de douane, générant des effets compensatoires sur les échanges nets. Néanmoins, le niveau des droits de douane représente une part importante des coûts des échanges bilatéraux qui contribuent à définir la division internationale du travail.  
- Les droits de douane ont des effets importants à long terme sur la productivité, la production et l’emploi. La diminution des droits de douane a permis une plus grande division internationale du travail, renforcé la concurrence et l’accès aux intrants extérieurs, entraînant une forte amélioration de la productivité. L’abaissement des droits de douane peut avoir des conséquences positives, tandis qu’une guerre des droits de douane peut entraîner des conséquences négatives. Les augmentations des droits de douane bilatéraux seraient néfastes pour la production, l’emploi et la productivité, non seulement pour les pays subissant ces hausses, mais aussi pour les autres pays situés aux différents échelons des chaînes de valeur. Certains pays pourraient bénéficier d’une réorientation des courants d’échanges, mais des tarifs douaniers plus élevés contribueraient à détériorer l’économie mondiale.

### Implications de politique économique
- Première conclusion : Les discussions sur les soldes extérieurs doivent se focaliser sur les déterminants macroéconomiques des échanges commerciaux et des soldes des transactions courantes. Tout changement apporté aux politiques macroéconomiques (par exemple la politique budgétaire) aura une incidence sur les balances commerciales bilatérales. Cibler un sous-ensemble spécifique de balances commerciales bilatérales sans tenir compte des conditions macroéconomiques entraînera probablement une réorientation des courants d’échanges et l’annulation des variations des balances commerciales avec d’autres partenaires.  
- Deuxième conclusion : Les abaissements multilatéraux généralisés des obstacles tarifaires et non tarifaires profiteront aux échanges commerciaux et, à long terme, amélioreront les résultats macroéconomiques. Les baisses des droits de douane entraînent des gains d’efficience et des gains dynamiques en permettant aux pays de se spécialiser selon leur avantage comparatif, d’intégrer les chaînes d’approvisionnement et d’accéder plus facilement aux intrants extérieurs. L’augmentation des droits de douane bilatéraux peut avoir un coût économique important pour les pays concernés et pour les autres, amplifié par les chaînes d’approvisionnement mondiales; des effets de confiance négatifs et le resserrement des conditions financières mondiales causés par les tensions commerciales auraient des conséquences néfastes pour tous les pays.

### Préoccupations distributives et mesures d’accompagnement
- Les effets distributifs des échanges commerciaux suscitent des préoccupations justifiées. Il importe de mettre en place des mesures spécifiques pour veiller à ce que les gains des échanges commerciaux soient plus largement partagés et que les individus et les groupes marginalisés bénéficient d’une protection adéquate.  
- Mesures recommandées pour aider les personnes affectées par les ajustements structurels ou les bouleversements graves : amélioration des dispositifs de protection sociale (par exemple programmes d’appui au revenu et d’assistance-chômage modernes), formation des groupes vulnérables pour permettre leur réintégration sur le marché du travail, modification des systèmes impôts–prestations pour répartir plus équitablement les gains des échanges commerciaux.

### Faits stylisés
- La balance commerciale globale d’un pays correspond à la somme de toutes ses balances commerciales bilatérales (différences entre la valeur des exportations et des importations pour chaque partenaire).  
- Les balances commerciales bilatérales présentent une forte variabilité : la plupart des pays ont des balances commerciales bilatérales positives et négatives; même les pays dont les balances commerciales globales sont modestes peuvent avoir des balances bilatérales larges et compensatoires.  
- Les balances commerciales bilatérales semblent influencées par deux grandes forces : 1) les facteurs macroéconomiques (déséquilibres entre l’offre intérieure globale et les dépenses intérieures, reflétés par les balances commerciales globales); et 2) les droits de douane et les facteurs microstructurels déterminant l’intensité des échanges bilatéraux.  
- Au niveau mondial, les balances commerciales bilatérales et les balances commerciales globales (mesurées en valeur absolue) ont généralement évolué en parallèle au cours des vingt dernières années, connaissant une forte croissance avant la crise financière mondiale de 2008–09 puis une chute durant cette crise. Les balances commerciales bilatérales ont toutefois davantage augmenté que les balances commerciales globales et ont moins diminué après la crise.  
- L’intégration commerciale mondiale et la baisse persistante des coûts des échanges ont rendu les échanges relativement plus faciles pour la plupart des paires de pays entre 1995–99 et 2010–15. Les améliorations technologiques dans le transport et les changements de politique économique (notamment l’augmentation du nombre de membres de l’Organisation mondiale du commerce et la baisse généralisée des droits de douane) ont été des facteurs clés.  
- L’intensité des échanges bilatéraux varie largement entre paires de pays, reflétant les coûts des échanges bilatéraux tels que les droits de douane et d’autres facteurs microstructurels; les facteurs macroéconomiques influent donc de différentes manières sur les balances commerciales bilatérales d’un pays.

*Source : Introduction, « Les déterminants des balances commerciales et les répercussions des droits de douane », Perspectives de l’économie mondiale : Croissance ralentie, reprise précaire, Fonds monétaire international | Avril 2019*

### 1. Balances commerciales bilatérales et globales

### 1. Balances commerciales bilatérales et globales

### Tendances et intensité des échanges
- L’intensité des échanges bilatéraux capture l’effet des coûts des échanges bilatéraux et multilatéraux spécifiques à une paire de pays sur les exportations. Pour faciliter la lecture du graphique, les paires avec une intensité supérieure à 2 ont été exclues.
- Les moyennes sont agrégées à partir du niveau pays–secteur en utilisant des parts de valeur ajoutée constantes (2000) comme pondération.
- Entre 1995–99 et 2010–15, les flux bilatéraux les plus importants et l’organisation de la production mondiale ont évolué autour de trois pôles : un pôle nord-américain centré sur les États-Unis (accompagnés du Canada et du Mexique), une « usine » européenne centrée sur l’Allemagne, et une « usine » asiatique dont le centre est passé du Japon (1995) à la Chine (2015).
- Les liens commerciaux entre pôles restent importants, en particulier entre les États-Unis et l’Asie.

### Chaînes de valeur mondiales (CVM) et spécialisation
- La baisse des coûts des échanges a encouragé la spécialisation internationale sectorielle (avantage comparatif), consolidant des spécialisations manufacturières en Chine, Corée du Sud, Allemagne, Japon et Mexique.
- Des pays initialement sans avantage comparatif ont pu développer des secteurs manufacturiers de haute technologie (ex. Chine et Corée du Sud) du fait d’une croissance de la productivité et de l’innovation; le rôle des politiques de stimulation de l’offre dans ces transformations fait l’objet de débats.
- La participation aux chaînes de valeur mondiales est positivement corrélée avec la taille des balances commerciales bilatérales (somme des valeurs absolues), mais la relation est beaucoup plus ténue pour la taille de la balance commerciale globale.
- La différence entre mesures d’échanges bruts et mesures en valeur ajoutée s’est accrue avec l’intégration aux CVM, car une marchandise vendue incorpore la valeur ajoutée de plusieurs pays répartis sur la chaîne.

### Modèle gravitaire : cadre et composantes
- Le chapitre utilise le modèle gravitaire pour expliquer et quantifier les déterminants des échanges bilatéraux. Le modèle explique les exportations bilatérales en fonction de trois ensembles de déterminants :
  - Facteurs macroéconomiques : les exportations bilatérales augmentent avec l’offre globale (production brute) du pays exportateur et la demande globale (dépenses brutes) du pays importateur, pondérées par la production mondiale. L’analyse utilise les dépenses et la production brutes pour intégrer les échanges de biens intermédiaires liés aux CVM.
  - Coûts des échanges : comprennent coûts naturels et coûte anthropiques (politiques). La proximité géographique, liens historiques, droits de douane faibles et accords commerciaux favorisent les échanges. Il faut aussi tenir compte des coûts moyens des échanges du pays exportateur et du pays importateur avec tous leurs partenaires (effets d’équilibre général ou « résistance multilatérale »).
  - Composition sectorielle de l’offre et de la demande : la spécialisation sectorielle des exportateurs et des schémas de dépenses des importateurs déterminent l’intensité des échanges sectoriels et globaux.
- Le modèle gravitaire utilisé inclut distance géographique, droits de douane bilatéraux, variables muettes pour frontière commune, langue commune, passé colonial commun et accord de libre-échange commun.
- Les estimations sont effectuées au niveau pays et au niveau sectoriel en utilisant la base Trade in Value Added de l’OMC, couvrant 63 pays, niveau 3 de la CITI, pour 34 secteurs entre 1995 et 2015. Toutes les valeurs sont exprimées en dollars nominaux. Les estimations sont réalisées par périodes de cinq ans pour atténuer les effets de variables nominales à court terme.

### Principaux résultats empiriques
- Les estimations confirment que l’offre globale domestique du pays exportateur et la demande globale du pays importateur sont des déterminants essentiels des flux d’exportations bilatérales.
- Les coûts des échanges sont des obstacles importants aux échanges : une augmentation de 1 % des droits ad valorem bruts réduit les exportations bilatérales brutes de 3 % à 6 % environ.
- Les résultats au niveau pays sont robustes aux spécifications sectorielles ; la distance est un obstacle majeur pour les échanges, davantage marqué pour les échanges de services que pour les autres secteurs.
- Le modèle explique très bien les exportations bilatérales (et les importations) pour toutes les spécifications considérées.

### Limites et interprétation des résultats
- Les effets estimés doivent s’interpréter comme des effets d’équilibre partiel plutôt que comme une prise en compte de l’interaction dynamique complète entre échanges, facteurs macroéconomiques et droits de douane sur le long terme.
- Les changements persistants des droits de douane peuvent à long terme influer sur la division internationale du travail et, par conséquent, sur les facteurs macroéconomiques — effet examiné plus en détail dans la section « Les droits de douane et leurs répercussions ».
- Les facteurs macroéconomiques agrègent de multiples influences (évolution démographique, développement institutionnel, politiques macroéconomiques et politiques de stimulation de l’offre) et il est difficile d’isoler l’effet séparé de ces composantes en raison du manque de mesures cohérentes entre pays.
- Les politiques génératrices de distorsions (par exemple, subventions à l’exportation ou à la production) compliquent l’identification séparée de leurs effets en raison de leur présence simultanée chez plusieurs partenaires commerciaux.

_Extrait du chapitre 4 : LES DÉTERMINANTS DES BALANCES COMMERCIALES ET LES RÉPERCUSSIONS DES DROITS DE DOUANE, Fonds monétaire international | Avril 2019_

### section intitulée « Les droits de douane et leurs répercussions » analyse

### Les droits de douane et leurs répercussions — analyse

### Objectif et portée
- Expliquer les changements des balances commerciales bilatérales sur la période de référence 1995–2015.
- Approche : examiner la contribution estimée de chaque variable du modèle à ces changements (dérivation dans l’annexe 4.1 en ligne).
- Présentation des contributions pour les principaux partenaires commerciaux de trois grands pays manufacturiers : les États-Unis, la Chine et l’Allemagne (graphique 4.7).

### Principales observations analytiques
- Les facteurs macroéconomiques jouent un rôle prépondérant pour expliquer les changements des balances commerciales bilatérales.
- Les coûts des échanges (incluant droits de douane) contribuent également aux changements, mais dans une moindre mesure que les facteurs macroéconomiques.
- L’incidence précise des facteurs macroéconomiques dépend de l’état de départ de la relation bilatérale, en particulier si la balance commerciale bilatérale était large et positive ou négative.
- Les résidus reflètent la somme des résidus du modèle plus l’erreur d’approximation.

### Méthodologie et décomposition des contributions (présentation du graphique 4.7)
- Valeur comparée : moyenne 2010–15 moins moyenne 1995–99.
- Les contributions nettes et leurs décompositions sont présentées selon les plages du graphique :
  - Plages 1, 3 et 5 : contributions macroéconomiques, sectorielles et du coût des échanges sur une base nette.
  - Plages 2, 4 et 6 : décomposition des termes nets selon leurs composantes.
- Décomposition détaillée :
  - Facteurs macroéconomiques : offre nette par pays, demande nette par partenaire, production mondiale.
  - Composition sectorielle : composition sectorielle par pays, composition sectorielle par partenaire.
  - Droits de douane et autres coûts des échanges : droits de douane bilatéraux, droits de douane multilatéraux par pays, droits de douane multilatéraux par partenaire commercial, et autres coûts des échanges multilatéraux par pays/partenaire.
- Remarque méthodologique : la plage 1 présente les contributions macroéconomiques, sectorielles et du coût des échanges sur une base nette ; la plage 2 décompose ces contributions nettes selon leurs composantes (détails ci‑dessus).

### Rôle des chaînes de valeur mondiales et limites du modèle
- Le modèle gravitaire a un pouvoir explicatif plus limité lorsqu’il est appliqué aux balances commerciales bilatérales, en raison de facteurs structurels temporellement invariables.
- Une explication possible : la progression de la division internationale du travail et de l’intégration des pays via les chaînes de valeur mondiales, que le modèle gravitaire ne représente que de manière imparfaite.
- Preuve documentaire : les estimations résiduelles augmentent avec le temps dans une équation gravitaire estimée avec des effets fixes temps–pays, s’expliquant par l’accroissement de la participation des pays aux chaînes de valeur mondiales.
- Les facteurs macroéconomiques et la participation à la chaîne de valeur mondiale ne sont pas fortement corrélés et fournissent donc des informations potentiellement indépendantes concernant l’évolution des courants d’échanges.

### Résultats empiriques présentés (graphique 4.7)
- Période d’analyse : 1995–2015 (comparaison moyenne 2010–15 minus moyenne 1995–99).
- Pays/agrégats présentés dans le graphique : CAN, JPN, MEX, CHN, FRA, GBR, ITA, USA, JPN, KOR, MYS, USA (notations utilisées : codes ISO de l’Organisation internationale de normalisation).
- Structure des séries : contributions nettes (plages 1, 3, 5) et contributions désagrégées (plages 2, 4, 6) pour :
  - 1. États‑Unis : contributions nettes
  - 2. États‑Unis : contributions désagrégées
  - 3. Chine : contributions nettes
  - 4. Chine : contributions désagrégées
  - 6. Allemagne : contributions désagrégées
- Éléments inclus sous la rubrique « droits de douane et autres coûts des échanges » : droits de douane bilatéraux ; droits de douane multilatéraux par pays et par partenaire ; autres coûts des échanges multilatéraux.

### Implications pour l’analyse des politiques commerciales
- Les évaluations des effets des droits de douane doivent tenir compte :
  - Du rôle dominant des facteurs macroéconomiques dans l’explication des évolutions des balances bilatérales.
  - De la contribution non négligeable, mais plus limitée, des coûts des échanges (y compris droits de douane).
  - De l’importance croissante des chaînes de valeur mondiales, qui peut rendre les estimations basées sur un modèle gravitaire standard moins complètes.
- Importance d’utiliser des décompositions qui isolent l’effet des droits de douane bilatéraux des coûts multilatéraux et des changements sectoriels et macroéconomiques pour mieux informer la politique.

*Source : section intitulée « Les droits de douane et leurs répercussions » (analyse), PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : CROISSANCE RALENTIE, REPRISE PRÉCAIRE, Fonds monétaire international | Avril 2019.*

### 5. Allemagne :

### 5. Allemagne :

### Rôle des facteurs macroéconomiques
- Les facteurs macroéconomiques intérieurs et extérieurs contribuent majoritairement aux changements des balances commerciales bilatérales sur la période étudiée.
- Exemples chiffrés et implications :
  - Sur la période 1995–2015, les facteurs macroéconomiques intérieurs des États‑Unis ont eu un effet négatif sur leurs balances commerciales bilatérales parce que la production brute américaine augmentait moins rapidement que leurs dépenses.
  - À l’inverse, les facteurs macroéconomiques intérieurs de l’Allemagne ont eu un effet positif sur les balances commerciales bilatérales, traduisant une croissance de la production plus rapide que celle des dépenses.
  - Pour la Chine sur 1995–2015, la production a aussi augmenté plus rapidement que les dépenses, en partie en raison de politiques de stimulation de l’offre (par exemple subventions visant à abaisser les coûts de production).
- Effet partiel illustratif pour l’Allemagne :
  - Une baisse exogène de ½ point de pourcentage de la balance commerciale globale de l’Allemagne (rapportée au PIB) réduirait, tous autres éléments constants, les balances commerciales bilatérales de l’Allemagne d’environ 0,1 % en pourcentage du PIB allemand avec la Chine, les Pays‑Bas et les États‑Unis.
  - Les mêmes conditions entraîneraient une baisse d’environ 0,05 % en pourcentage du PIB allemand pour les balances bilatérales avec le Royaume‑Uni et la France.

### Spécialisation sectorielle
- Les changements de composition sectorielle de la demande et de l’offre influencent significativement de nombreux déséquilibres bilatéraux.
- Une contribution positive à une balance commerciale bilatérale signifie que :
  - les secteurs exportateurs importants au départ ont vu leur part augmenter dans la production (davantage que dans les dépenses), ou
  - les secteurs où la demande initiale était élevée ont vu leur part diminuer dans les dépenses (davantage que dans la production).
- Exemples :
  - Les changements sectoriels ont contribué positivement aux balances commerciales bilatérales des États‑Unis avec la Chine, l’Allemagne et le Japon.
  - Ils ont également contribué positivement aux balances commerciales bilatérales de l’Allemagne avec l’Italie et les États‑Unis.

### Coûts des échanges et droits de douane — impact sur les balances commerciales
- La baisse des droits de douane bilatéraux a stimulé la croissance des échanges bruts, mais son effet sur les balances commerciales (échanges « nets ») est plus modéré.
  - Cause partielle : dans les années 1990, les droits de douane étaient déjà peu élevés dans de nombreux pays, et les baisses ont été réciproques.
- Illustration chiffrée :
  - Si les droits de douane chinois sur les importations de marchandises américaines étaient restés au niveau de 1995, les estimations indiquent que le déficit commercial entre les États‑Unis et la Chine aurait été, en moyenne, supérieur de 30 milliards de dollars (environ 12 %) sur la période 2010–15.
- Effet des modifications des coûts moyens des échanges :
  - L’augmentation de la part des pays émergents (particulièrement la Chine) a élargi les échanges avec ces pays mais, comme ces pays appliquent des droits de douane plus élevés que les pays avancés typiques, les coûts moyens des échanges se sont relevés, contribuant à accroître certains déficits bilatéraux (par exemple des États‑Unis) et à augmenter des excédents bilatéraux (par exemple de l’Allemagne).

### Cadre EBA et déterminants macroéconomiques des balances commerciales globales
- La méthode EBA (cadre d’évaluation du solde extérieur) relie les transactions courantes (dont la balance commerciale) aux politiques macroéconomiques et autres déterminants.
- Principaux groupes de déterminants EBA :
  - Politiques macroéconomiques : politique budgétaire (solde budgétaire corrigé des variations cycliques) et politique de change (interventions).
  - Crédit : crédit privé en pourcentage du PIB corrigé de la tendance.
  - Cyclique : facteurs temporaires tels que écarts de production et termes de l’échange des produits de base.
  - Fondamentaux : démographie, niveau de développement économique et institutionnel, dispositifs de protection sociale, recours aux exportations de produits de base, avoirs extérieurs nets et rôle de fournisseur d’avoirs de réserve sûrs.
- Résultats empiriques 2010–17 (moyenne) — contributions aux balances commerciales globales :
  - Les conditions financières (réflétées par le crédit) ont contribué à la diminution des déséquilibres extérieurs pour des pays comme les États‑Unis et la Chine (crédit ayant eu un effet positif sur la balance commerciale des États‑Unis après correction de l’excès d’expansion du crédit avant la crise).
  - En Allemagne, un rééquilibrage budgétaire a contribué à de larges excédents commerciaux ; au Japon, une politique budgétaire plus souple a aidé à équilibrer la situation commerciale extérieure.
  - Les interventions de change ont eu un effet limité sur les balances commerciales globales ; en Chine, ces interventions ont largement disparu ces dernières années.
  - Le niveau de développement a contribué positivement à la balance commerciale globale des pays avancés et négativement pour la Chine.
  - Les variables démographiques apportent une contribution négative à la balance commerciale des pays lors des dernières étapes du vieillissement.

### Mesure des droits de douane le long de la chaîne de valeur et principaux effets
- Quatre mesures utilisées pour capturer différents effets des droits de douane :
  - Droits de douane en amont : droits moyens cumulés appliqués à la part des intrants intermédiaires dans la production du secteur (effet sur le coût de production).
  - Droits de douane aux fins de protection intérieure : droits moyens (pondérés par les importations) sur les importations qui concurrencent la production du secteur intérieur (effet sur la demande intérieure).
  - Droits de douane en aval : droits moyens cumulés subis par la production du secteur lorsqu’elle est exportée (effet sur la demande internationale).
  - Droits de douane de réorientation : moyenne pondérée des droits que les partenaires imposent aux autres fournisseurs, excluant le pays–secteur en question (effet de substitution des fournisseurs).
- Base empirique :
  - Analyse sur un échantillon de 35 pays et 13 secteurs manufacturiers.
- Deux conclusions principales :
  - Les droits de douane en amont et en aval ont, en général, beaucoup plus d’importance pour la production et la productivité que la protection intérieure.
    - Les droits de douane en amont et en aval ont des effets négatifs statistiquement significatifs sur la valeur ajoutée.
    - Une hausse des droits de douane en amont ou en aval entraîne une réduction notable de la productivité du travail et de la productivité globale des facteurs.
  - Les droits de douane de réorientation sont positifs et statistiquement significatifs pour la valeur ajoutée et l’emploi (les secteurs peuvent profiter des droits imposés aux concurrents), mais ils n’ont pas d’effet notable sur la productivité du travail ni sur la productivité globale des facteurs.

### Simulations illustratives et réponses en équilibre partiel
- Les simulations (effet d’équilibre partiel) montrent comment un changement des droits de douane peut influer sur pays et secteurs par différents circuits ; elles n’incluent pas d’effets d’équilibre général additionnels (par ex. effets sur le taux de change, incertitude globale, confiance).
- Incidence d’une intégration renforcée dans les chaînes de valeur :
  - L’intégration plus étroite a accru la sensibilité des droits de douane en amont et en aval aux changements des droits de douane nominaux, amplifiant leur effet.
  - Une augmentation d’un point de pourcentage des droits de douane par tous les pays aurait un effet négatif plus important en 2011 qu’en 1995 sur la valeur ajoutée réelle (2011 étant la dernière année disponible pour la simulation).
  - Les pays dont les secteurs manufacturiers sont grands et fortement intégrés (par exemple l’Allemagne, la Corée du Sud, et, dans une moindre mesure, la Chine et le Japon) subiraient des effets plus importants en termes de PIB global.
  - Pour le Canada et les États‑Unis, dont les secteurs manufacturiers sont plus petits et moins intégrés, les effets tendent à être plus faibles.
- Répercussions de droits de douane bilatéraux ciblés (exemple Chine–États‑Unis) :
  - Une hausse d’un point de pourcentage des droits de douane limitée aux échanges entre la Chine et les États‑Unis toucherait prioritairement ces deux pays, qui subiraient les effets néfastes les plus marqués.
  - Pour la Chine, les droits de douane en aval (et dans une moindre mesure en amont) prédominent ; pour les États‑Unis, les droits de douane en amont prévalent (en raison de l’importance des intrants intermédiaires importés de Chine).
  - Les pays tiers bénéficieraient en partie de la réorientation des courants d’échanges : le Mexique et le Canada profiteraient particulièrement du remplacement des exportations chinoises vers les États‑Unis, en raison de leur proximité et de leurs fortes relations commerciales avec les États‑Unis ; l’Asie de l’Est en bénéficierait aussi dans une certaine mesure.
- Résumé qualitatif des effets sectoriels et macroéconomiques :
  - Les droits de douane ont des effets notables et économiquement considérables le long de la chaîne de valeur et horizontalement sur la valeur ajoutée réelle, l’emploi et la productivité (voir Tableau 4.1 pour les signes et l’importance relative).

*Fonds monétaire international | Avril 2019 — Chapitre 4 : Les déterminants des balances commerciales et les répercussions des droits de douane*

### 1. Effet d’une augmentation généralisée

### 1. Effet d’une augmentation généralisée d’un point de pourcentage des droits de douane

### Effets macroéconomiques et sectoriels
- Une augmentation généralisée des droits de douane a une incidence négative importante sur la valeur ajoutée, l’emploi et la productivité pour les pays imposant des droits de douane, pour leurs partenaires, et, par l’intermédiaire des liens de chaîne de valeur, pour les pays tiers.
- Les effets sectoriels peuvent être larges en raison du repositionnement des chaînes de valeur mondiales : à long terme, la capacité manufacturière connaîtrait d’importants déplacements depuis la Chine (et les États-Unis) vers le Mexique, le Canada et l’Asie de l’Est, entraînant des pertes d’emploi considérables dans des secteurs spécifiques, particulièrement en Chine et aux États-Unis.
- Les répercussions macroéconomiques sont généralement plus modestes dans les pays tiers, mais les effets sectoriels y sont plus étendus en raison de la division internationale du travail accrue par les chaînes de valeur mondiales.
- Les tentatives visant à cibler une balance commerciale bilatérale en utilisant des droits de douane ou d’autres distorsions se heurteront probablement à des changements compensatoires dans les balances commerciales avec d’autres partenaires ; il est peu probable que les changements dans les balances commerciales bilatérales se traduisent par des changements durables dans la balance commerciale globale, sauf en cas de changement des conditions macroéconomiques.
- Un différend commercial entre la Chine et les États-Unis entraînerait aussi une hausse de l’incertitude, des effets de confiance négatifs et le resserrement des conditions financières mondiales, avec des conséquences néfastes pour tous les pays (voir chapitre 1 des PEM d’octobre 2018). Par conséquent, la plupart des pays verraient leur situation se détériorer, y compris ceux bénéficiant d’une réorientation des courants d’échanges.
- Exemple quantifié tiré d’une simulation d’équilibre général : effets sectoriels d’une augmentation de 25 % des droits de douane touchant tous les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine ; conséquences illustrées sur la valeur ajoutée réelle mondiale (contributions au pourcentage total des changements par rapport à la référence).

### Conclusion synthétique sur les déséquilibres commerciaux
- Les déséquilibres globaux se retrouvent généralement au niveau bilatéral, alors que les déséquilibres bilatéraux ont peu d’effet sur la balance commerciale globale.
- À moins que les conditions macroéconomiques changent, les tentatives pour influer sur une balance commerciale bilatérale particulière entraîneront probablement des rééquilibrages compensatoires ailleurs, laissant la balance commerciale globale inchangée.
- Au cours des vingt dernières années, les facteurs macroéconomiques ont joué un rôle clé pour expliquer les changements dans les balances commerciales bilatérales ; la trajectoire des déséquilibres bilatéraux était largement déterminée par le mouvement relatif du déséquilibre intérieur des deux partenaires entre l’offre et la demande.

### Recommandations de politique économique
- Tenir les discussions sur les soldes extérieurs axées sur les balances commerciales globales et les transactions courantes — et sur les politiques macroéconomiques et les distorsions qui les dictent.
- Éviter les politiques macroéconomiques génératrices de distorsions qui créent des déséquilibres excessifs et potentiellement intenables.
- Arguments en faveur d’un abaissement des droits de douane :
  - Une baisse des droits de douane stimulera les échanges commerciaux.
  - Elle permettra de rééquilibrer la division internationale du travail pour mieux traduire l’avantage comparatif.
  - Cela conduira à des gains en matière de production, d’emploi et de productivité pour les pays eux-mêmes et pour ceux répartis en amont et en aval de la chaîne de valeur.
- Importance d’accompagner l’ouverture commerciale de mesures destinées à veiller à ce que les avantages des échanges commerciaux soient plus largement partagés et que le poids de l’ajustement ne repose pas seulement sur quelques-uns (référence aux analyses citées : FMI, 2017a ; BM/FMI/OMC, 2017, 2018).

### Échanges en valeur ajoutée versus échanges bruts
- Les mesures brutes standard (exportations moins importations) donnent une image limitée des relations commerciales bilatérales lorsque les chaînes de valeur mondiales sont développées ; il est nécessaire d’intégrer les balances commerciales en valeur ajoutée pour obtenir une image plus complète.
- Illustration (appareils électriques entre Chine, Corée du Sud et États-Unis) :
  - Les États-Unis exportent des intrants (par exemple la conception) vers la Corée du Sud ; la Corée du Sud ajoute des intrants (semi-conducteurs et processeurs) puis exporte des biens intermédiaires vers la Chine ; la Chine assemble et renvoie les produits finals aux États-Unis.
  - Les exportations brutes peuvent donner un excédent bilatéral apparent des États-Unis avec la Corée du Sud et un déficit avec la Chine, mais ces montants ne représentent pas la véritable origine et destination de la valeur ajoutée.
  - Le déficit de la balance commerciale des États-Unis avec la Chine est plus petit lorsqu’il est calculé en fonction de la valeur ajoutée.
- Observations empiriques :
  - Les déséquilibres bilatéraux bruts sont en général accompagnés de déséquilibres en valeur ajoutée importants, mais ces derniers sont plus petits.
  - Les déficits commerciaux des États-Unis avec le Mexique et la Chine diminuent lorsqu’ils sont mesurés en fonction de la valeur ajoutée.
  - La composition sectorielle des déséquilibres est généralement plus petite en valeur ajoutée qu’en termes bruts en raison des allers-retours de production entre secteurs.
  - Exemple sectoriel : les excédents américains au titre des services baissent en valeur ajoutée, et le déficit manufacturier diminue, lorsque des services américains (tels que la propriété intellectuelle) sont utilisés comme intrants dans le secteur manufacturier d’autres pays puis réimportés aux États-Unis.

### Relation explicite entre balances commerciales bilatérales et globales
- Sous l’hypothèse de coûts des échanges symétriques, la relation gravitaire standard peut être réorganisée pour obtenir :
  TB_ij / (Y_i Y_j / Y_W) = m_ij ∙ ( TB_i / Y_i − TB_j / Y_j )
  - TB indique la balance commerciale et Y la production ; l’une des productions étant exprimée en pourcentage de la production mondiale.
- Conséquences de la relation :
  - La balance commerciale bilatérale normalisée dépend de l’évolution relative du ratio balance commerciale globale/PIB de chacun des deux pays.
  - La balance commerciale bilatérale tendrait à augmenter en valeur absolue au fur et à mesure de la croissance des pays, toutes choses égales par ailleurs.
  - Les changements du déséquilibre de la balance globale d’un pays, dictés par des fondamentaux (politiques budgétaires, cycles de crédit, etc.), sont amplifiés ou atténués au niveau bilatéral par l’intensité des échanges bilatéraux m_ij.
- Application aux États-Unis et à la Chine :
  - La balance commerciale bilatérale normalisée entre les États-Unis et la Chine suit étroitement une valeur ajustée construite comme le produit d’une estimation constante de m_ij fois la différence des ratios balance commerciale globale/PIB des deux pays, ce qui confirme le rôle-clé des déséquilibres macroéconomiques dans son évolution.
  - Les imperfections de la relation reflètent le rôle des variations de l’intensité des échanges, par exemple en raison de l’évolution des coûts des échanges mondiaux.

*Fonds monétaire international | Avril 2019*

### 1. Balance commerciale bilatérale

### 1. Balance commerciale bilatérale

### Conclusions principales sur les rééquilibrages commerciaux
- Les rééquilibrages du déficit de la balance commerciale globale ne sont pas nécessairement dictés par des rééquilibrages disproportionnés ou importants effectués par les partenaires commerciaux ayant les déficits les plus gros.
- Les rééquilibrages importants réalisés par ces partenaires ne garantissent pas que des rééquilibrages significatifs se produiront dans les balances commerciales globales.
- Sur 92 épisodes de grands rééquilibrages du déficit de la balance commerciale (période 1980–2017, pays avec PIB nominal > PIB médian mondial en 2017, hors pays exportateurs de combustibles), seuls 17 percent (16 sur 92) étaient liés à d’importants rééquilibrages d’échanges bilatéraux effectués par au moins un des cinq partenaires présentant la situation la plus déficitaire.
- Robustesse : abaisser le seuil de rééquilibrage bilatéral à 2½ points de pourcentage ferait passer le nombre d’épisodes de grands rééquilibrages des échanges bilatéraux de 16 à 22.
- En conséquence, cibler les balances commerciales bilatérales n’aiderait probablement pas à réduire le déficit des transactions courantes globales d’un pays.

### Méthodologie pour identifier les épisodes de grands retournements
- Trois critères (Milesi-Ferretti et Razin, 1998) pour définir un épisode de grand rééquilibrage du déficit de la balance commerciale :
  - la réduction moyenne du déficit de la balance commerciale globale est au moins de 3 points de pourcentage du PIB sur trois ans par rapport à la moyenne sur trois ans précédent l’événement;
  - le déficit commercial maximum au cours des trois ans suivant le retournement est inférieur au déficit minimum des trois années précédant le retournement;
  - aucun autre épisode ne survient au cours des six années suivantes.
- Les épisodes bilatéraux concernant les partenaires commerciaux ayant les cinq plus gros déficits sont calculés en utilisant le même concept (méthode appliquée ensuite à l’appariement avec épisodes globaux).

### Caractéristiques des rééquilibrages : absolus vs relatifs
- Rééquilibrages absolus (contribution à la correction du déficit) :
  - Les cinq partenaires commerciaux ayant les plus gros déficits expliquent, en moyenne, 54 percent de la correction du déficit.
  - Les cinq partenaires suivants expliquent 12 percent de la correction.
  - Les cinq suivants expliquent 8 percent de la correction.
- Rééquilibrages relatifs (rééquilibrés en fonction des balances commerciales de départ) :
  - Les rééquilibrages relatifs sont répartis de façon plus uniforme entre partenaires.
  - Le rééquilibrage moyen des cinq partenaires les plus déficitaires représente environ 48 percent de leur niveau de départ.
  - Le rééquilibrage moyen des partenaires déficitaires du sixième au dixième rang représente 52 percent de leur niveau de départ.
- Implication : des réductions disproportionnées des balances commerciales avec les partenaires du groupe de tête ne sont en aucun cas une condition nécessaire pour une baisse de la balance commerciale globale.

### Recommandation de politique macroéconomique
- Le meilleur moyen de faire changer le solde des transactions courantes (la différence entre l’épargne et l’investissement au niveau national) est d’ajuster les politiques macroéconomiques, et non les politiques commerciales ciblant les bilatérales.

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### Encadré 4.4 — Scénario illustrative : augmentation de 25 percent des droits de douane entre les États‑Unis et la Chine
- Scénario : droits de douane sur toutes les marchandises échangées entre les États‑Unis et la Chine augmentent de 25 percent.
- Modèles utilisés : GIMF (modèle d’équilibre général stochastique dynamique), GTAP (modèle d’équilibre général calculable multisectoriel), CFRT (modèle multisectoriel hétérogène d’entreprises, Caliendo et al., 2017).
- Hypothèse de substitution des intrants : calibrage où la substitution entre deux fournisseurs extérieurs est plus facile que la substitution entre un fournisseur extérieur et une entreprise intérieure.

Effets immédiats et moyens sur les échanges bilatéraux
- Chute des échanges commerciaux entre les États‑Unis et la Chine :
  - baisse de 25 percent à 30 percent à court terme (modèle GIMF);
  - baisse de 30 percent à 70 percent à long terme, en fonction du modèle et de la direction des échanges (tableau 4.4.1).

Effets sur le PIB réel (variations annuelles par rapport au scénario de référence)
- États‑Unis : pertes de PIB réel annuelles se situent entre –0,3 percent et –0,6 percent.
- Chine : pertes de PIB réel annuelles se situent entre –0,5 percent et –1,5 percent.
- L’effet est en général plus important pour la Chine (exportations vers les États‑Unis représentent une part plus importante de l’économie chinoise).
- Dans le modèle GIMF : effets sur la Chine plus marqués à court terme; effets négatifs sur les États‑Unis augmentent à long terme via droits de douane plus élevés et taux de change plus apprécié réduisant les rendements des capitaux.
- Dans le modèle CFRT : effets sur la Chine amplifiés par perte d’économies d’échelle.
- Termes de l’échange : s’améliorent pour les États‑Unis; se détériorent pour la Chine.
- Malgré une réduction du déficit commercial bilatéral entre les États‑Unis et la Chine, aucun changement économique notable ne se produit dans la balance commerciale multilatérale de chaque pays (résultat basé sur simulations GIMF).

Effets sur les exportations réelles par région / pays (extraits du tableau 4.4.1)
- Exportations de la Chine vers les États‑Unis (variations) :
  - GIMF 1re année : –20,9
  - GIMF long terme : –25,1
  - GTAP : –71,3
  - CFRT : –56,0
- Exportations des États‑Unis vers la Chine (variations) :
  - GIMF 1re année : –27,5
  - GIMF long terme : –36,4
  - GTAP : –77,6
  - CFRT : –63,7
- Réponse régionale importante : augmentation des exportations des pays tiers vers les États‑Unis aux dépens de la Chine (Mexique et Canada en profitent le plus).
- Dans GIMF à court terme et dans CFRT, la réorientation des courants d’échanges crée des effets positifs modérés pour certains pays tiers (surtout Amérique du Nord hors États‑Unis). GTAP montre des réactions plus faibles voire négatives.

Effets sectoriels et emploi
- Forte contraction mondiale du secteur manufacturier, retombées majeures dans l’électronique et autres secteurs manufacturiers en Chine.
- Expansion des secteurs manufacturiers au Mexique, au Canada et dans plusieurs pays asiatiques.
- Services : expansion en Chine, contraction dans certains pays tiers.
- Agriculture : contraction notable aux États‑Unis.
- Exemple d’ajustements sectoriels en termes d’emploi (modèle CFRT) :
  - États‑Unis : baisse d’environ 1 percent de la main‑d’œuvre disponible dans les secteurs agricole et du matériel de transport.
  - Chine : baisse d’environ 5 percent dans les autres secteurs manufacturiers.

Réallocations dans les chaînes de valeur mondiales (extraits)
- Secteur électronique et machinerie (~20 percent des importations mondiales) : sous CFRT, la Chine perdrait sa place d’exportateur numéro un de produits électroniques et de machines vers les États‑Unis au profit d’autres pays asiatiques, du Canada et du Mexique.
- Exemple : part de la Chine dans les importations américaines de produits électroniques et de machines avant droits de douane : #1, 22,1 percent; après droits de douane la Chine chute à #4, 11,5 percent tandis que d’autres régions/pays augmentent (Asie de l’Est #1, 17,7 percent; Mexique #2, 14,6 percent; Canada #3, 12,3 percent).

Impact agrégé pour pays tiers et distribution
- Les pays tiers enregistrent une hausse de leurs exportations vers les États‑Unis mais aussi une baisse de leurs exportations vers la Chine; la majeure partie de la réorientation mondiale se traduit par une augmentation des exportations des pays tiers vers les États‑Unis aux dépens de la Chine.
- Les effets sur la production dans les pays tiers sont en général modestes mais peuvent être positifs à court terme (GIMF) ou plus marqués selon le modèle (CFRT).

Synthèse politique tirée des analyses modèles
- Une augmentation généralisée des droits de douane ciblant deux grands pays réduit les échanges bilatéraux fortement et génère pertes de PIB réel dans ces deux pays.
- Les pays tiers peuvent voir des gains d’exportations vers le marché visé par les droits de douane, mais ces gains sont partiellement compensés par des pertes d’exportations vers le pays frappé de droits (ici la Chine).
- À moyen et long terme, les distorsions créées par les droits de douane pèsent sur la production, le capital et l’emploi, et entraînent des réallocations sectorielles lourdes avec coûts de transition (pertes d’emplois sectorielles significatives dans certains modèles).
- Politiquement, l’analyse renforce l’idée que la modification durable des soldes externes passe par des politiques macroéconomiques et structurelles plutôt que par des mesures commerciales bilatérales ciblées.

*Source : Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale : Croissance ralentie, reprise précaire (avril 2019), extraits de l’encadré 4.3 et de l’encadré 4.4, et tableaux et graphiques connexes contenus dans la version PDF fournie.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2019/april/french/textfullf.pdf_
