## ch1

## Source details

**Canonical URL:** [ch1](https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2020/october/french/ch1.pdf)

## Other formats

- [Markdown version](/-/media/files/publications/weo/2020/october/french/ch1.pdf.md)
- [Structured JSON version](/-/media/files/publications/weo/2020/october/french/ch1.pdf.json)

---

### 1. Production industrielle — secteur manufacturier
- Rebond de l’activité :
  - Reprise plus forte dans la vente au détail que dans la production industrielle.
  - Commerce mondial et production industrielle repartis à la hausse avec l’assouplissement des mesures de confinement (IDAs et nouvelles commandes manufacturières relevées).
  - Enquêtes auprès de directeurs d’achat : regain d’activité fort mais partiel après le creux du deuxième trimestre; juillet-août 2020 : hausse de la production manufacturière aux États-Unis, dans la zone euro, en Chine et au Brésil; repli en Corée, en Inde et au Japon; septembre 2020 : activité manufacturière plus vigoureuse tandis que les services ont refléchi.
  - Données à haute fréquence : dépenses quotidiennes de consommation aux États-Unis et demandes hebdomadaires d’indemnisation du chômage indiquent un tassement; nouvelles demandes hebdomadaires d’indemnisation aux États-Unis restaient proches du million à la fin septembre.
- Différences sectorielles :
  - Secteurs à forte interaction en personne (commerce de gros et de détail; hôtellerie, restauration et cafés; arts et spectacle) ont connu des contractions plus fortes que le secteur manufacturier.
  - Sans vaccin ou traitements efficaces, retour à une normalité difficile pour ces secteurs de services.
- Soutien public :
  - Pays avancés : mesures exceptionnelles en recettes et dépenses annoncées jusqu’ici représentent plus de 9 percent du PIB; 11 percent supplémentaires sous diverses formes d’appui à la liquidité.
  - Pays émergents et pays en développement : riposte représentant quelque 3.5 percent du PIB en mesures budgétaires exceptionnelles et plus de 2 percent en appui à la liquidité.
  - Exemples : plan de relance post-pandémie de l’Union européenne de 750 milliards d’euros; la Réserve fédérale américaine a annoncé un passage à une cible d’inflation souple de 2 percent en moyenne.
- Conditions financières et marchés :
  - Depuis juin 2020 conditions financières globalement assouplies ; marchés boursiers des pays avancés majoritairement revenus ou dépassé niveaux du début d’année.
  - Monnaies (avril à fin septembre 2020) : dollar déprécié de plus de 4½ percent en termes effectifs réels; euro apprécié de près de 4 percent; renminbi raffermi; rouble déprécié; monnaies d’Argentine, Brésil, Turquie affaiblies.
- Prix des produits de base et inflation :
  - Prix des produits de base montés depuis avril 2020 (énergie, alimentation, métaux).
  - Inflation mondiale globalement en deçà des niveaux d’avant la pandémie (CPI et inflation hors alimentation et énergie, moyennes mobiles sur 3 mois).

### 1. Flux nets dans les fonds des pays émergents — scénario et hypothèses
- Hypothèses du scénario de référence :
  - Distanciation physique persistante jusqu’en 2021, atténuation ensuite; transmission locale ramenée partout à de faibles niveaux d’ici à la fin 2022.
  - Couverture vaccinale s’étendra peu à peu; grandes banques centrales conservent paramètres actuels jusqu’à la fin 2025.
  - Paramètres budgétaires tiennent compte de mesures fiscales et budgétaires directes totalisant 6 000 milliards de dollars annoncées et appliquées jusqu’ici.
  - Conditions financières supposées rester globalement aux niveaux actuels.
- Prix du pétrole (prévisions) :
  - Prix au comptant moyens : 41 dollars le baril en 2020; 43,8 dollars en 2021.
  - Contrats à terme : prix se rapprochant de 48 dollars (niveau indiqué comme environ 25 % en dessous de la moyenne de 2019).
- Effets attendus sur l’offre et séquelles : dégradation du potentiel de l’offre variable selon pays; gravité dépendra de l’ampleur des fermetures d’entreprises, du nombre de travailleurs découragés et des inadéquations sectorielles/professionnelles/géographiques.
- Données : Graphique 1.11 — dernières données disponibles : 25 septembre 2020.

### 2. Pays émergents — projections, canaux et vulnérabilités
- Croissance projetée :
  - Croissance mondiale : –4,4 percent en 2020 et 5,2 percent en 2021.
  - Croissance agrégée des pays émergents et pays en développement : –3,3 percent en 2020 et 6 percent en 2021.
  - Chine : 1,9 percent en 2020 et 8,2 percent en 2021.
  - À l’exclusion de la Chine : contraction de 5,7 percent en 2020 et croissance de 5 percent en 2021.
  - Inde : contraction de 10,3 percent en 2020 et rebond de 8,8 percent en 2021.
  - Pays en développement à faible revenu : –1,2 percent en 2020 et 4,9 percent en 2021.
- Canaux aggravants :
  - Propagation persistante de la pandémie submergeant les systèmes de santé; dépendance au tourisme; dépendance aux financements extérieurs (envois de fonds).
  - Groupes vulnérables : jeunes travailleurs, femmes, travailleurs aux contrats précaires, PME, travailleurs à bas salaires.
- Croissance à moyen terme et perte de potentiel :
  - Croissance mondiale attendue autour de 3,5 percent à moyen terme après le rebond de 2021.
  - Dans les dix plus grands pays avancés, PIB potentiel moyen attendu à 3,5 percent en dessous des projections de janvier 2020.
  - Dans les dix plus grands pays émergents, baisse moyenne du PIB potentiel estimée à 5,5 percent.
  - Croissance des pays avancés à moyen terme attendue à 1,7 percent.
  - Croissance des pays émergents et pays en développement attendue à 4,7 percent d’ici 2025, comparée à une moyenne de 5,6 percent sur 2000–2019.
- Dette et viabilité :
  - Ratio dette souveraine/PIB des pays avancés : augmentation prévue de 20 points de pourcentage, pour atteindre environ 125 percent du PIB d’ici la fin-2021.
  - Ratio dette souveraine/PIB des pays émergents et des pays en développement : augmentation prévue de plus de 10 points de pourcentage, pour atteindre environ 65 percent du PIB d’ici la fin-2021.
  - Le ratio du service de la dette souveraine aux recettes fiscales devrait augmenter dans plusieurs pays émergents et à faible revenu.
- Pauvreté et inégalités :
  - Près de 90 millions de personnes pourraient tomber en 2020 sous le seuil de pauvreté extrême de 1,90 dollar par jour.
  - Besoins en dépenses sociales après la crise seront élevés.

### Inégalités, emploi informel, accumulation de capital humain et inflation
- Emploi informel : travailleurs informels plus à risque de perte d’emploi.
- Fermetures d’écoles : plus de 1,6 milliard d’apprenants concernés (UNESCO, 2020); conséquences sur apprentissage, sécurité alimentaire et risques sociaux.
- Inflation — forces contradictoires :
  - Forces haussières : demande différée; hausse des coûts de production; perte de crédibilité des cadres monétaires.
  - Forces baissières : hausse de l’épargne de précaution; transferts de pouvoir d’achat vers des prêteurs moins enclins à dépenser.
- Prévisions d’inflation :
  - Pays avancés : 0,8 percent en 2020, 1,6 percent en 2021, puis stabilisation globalement à 1,9 percent.
  - Pays émergents et pays en développement : 5 percent en 2020, 4,7 percent en 2021, puis 4 percent à moyen terme.

### Commerce, tourisme, IDE et envois de fonds
- Commerce mondial : contraction de plus de 10 percent en 2020; reprise attendue d’environ 8 percent en 2021 et un peu plus de 4 percent en moyenne les années suivantes.
- Tourisme : perspectives sombres pour pays fortement dépendants du tourisme; effondrement des recettes nettes du tourisme et des voyages au premier semestre de l’année pour Grèce, Islande, Portugal, Turquie.
- IDE : flux en pourcentage du PIB mondial restent bien en deçà des niveaux pré-pandémie.
- Envois de fonds : nettement diminués au début des confinements mais signes de reprise; risque élevé de baisse persistante pour Bangladesh, Égypte, Guatemala, Pakistan, Philippines et pays d’Afrique subsaharienne.

### Positions extérieures et soldes courants
- En 2020, déficits et excédents des transactions courantes à l’échelle mondiale devraient diminuer à leur plus bas niveau des deux dernières décennies, puis rester globalement stables.
- Variations régionales : diminution des excédents en Asie de l’Est; transformation d’excédents de pays exportateurs de pétrole en modestes déficits; légère augmentation de l’excédent prévu pour la Chine.
- Positions créancières et débitrices en pourcentage du PIB devraient augmenter en 2020 en raison de la baisse des PIB.

### Révision du niveau du PIB, PPA et pauvreté
- Révision liée au PCI 2017 : parts révisées modifient légèrement la croissance mondiale calculée (ex. 2020 : –5,2 % avec PCI 2017 vs –4,9 % avec PCI 2011).
- Encadré pauvreté : nombre de personnes en extrême pauvreté augmenté de près de 90 millions en 2020 (Banque mondiale) ; impact sur espérance de vie modéré mais risques existent.

### PME, risques de liquidité et options d’aide
- Définition et résultats (PME, échantillon Orbis de 21 pays) :
  - Entreprises en difficulté représentent de 9 à 13% de l’emploi total des PME de l’échantillon selon la mesure (insolvabilité ou illiquidité).
  - En choisissant l’illiquidité, part des emplois à risque : 30% dans arts et spectacles; 40% dans restauration et hébergement.
- Scénarios d’appui :
  - Fournir à toutes les PME l’équivalent de 5 % de leurs recettes annuelles antérieures à la pandémie (prêts publics ou injections de fonds propres) équivaut à plus de 4 % du PIB.
  - Seules les injections de fonds propres réduiraient les risques d’insolvabilité et diminueraient la part des emplois menacés de près de 3 points de pourcentage.
  - Arbitrages : injections de fonds propres réduisent insolvabilité mais entraînent risques budgétaires plus élevés si défauts.

### Mesures de politique recommandées (niveaux multilatéral et national)
- Priorités immédiates : allouer suffisamment de ressources aux systèmes de santé; limiter les dégâts économiques.
- Mesures budgétaires temporaires et ciblées : transferts monétaires; subventions salariales; assouplissement de l’assurance chômage; garanties de crédit temporaires; reports de paiements.
- Mesures structurelles et de transition :
  - Maintenir garanties de crédit, appui à la liquidité et subventions salariales pour éviter une hausse soudaine du chômage.
  - Réaffecter ressources dégagées vers investissement public (énergies renouvelables, efficiences réseau électrique, rénovation des bâtiments).
  - Subventions à l’embauche, reconversion, assouplissement des rigidités du marché du travail.
- Mesures fiscales et dette :
  - Considérer hausses d’impôts progressifs pour les hauts revenus, modifications de la fiscalité des entreprises, plans d’assainissement crédibles.
  - Respecter transparence de la dette; envisager restructurations lorsque nécessaire; appuyer la disponibilité de régimes de faillite efficaces.
- Coopération multilatérale :
  - Financer achats anticipés de vaccins; aider pays aux capacités sanitaires limitées; lever restrictions commerciales sur fournitures médicales; allégement temporaire du service de la dette pour pays à faible revenu; appel aux créanciers privés pour traitement équivalent.

### Scénarios macroéconomiques (modèle G-20) et risques
- Scénario défavorable :
  - Croissance mondiale en 2020 plus faible d’environ ¾ point de pourcentage et de près de 3 points de pourcentage en 2021 par rapport au scénario de référence.
  - Ratio dette/PIB : augmentation moyenne de plus de 10 points de pourcentage dans les pays avancés d’ici 2022; augmentation de 5 points de pourcentage dans les pays émergents d’ici 2022.
  - Niveau du PIB mondial demeurant inférieur d’environ 1,5 % au niveau de référence à la fin de la période (2025).
- Scénario favorable :
  - Progrès rapides sur traitements et vaccins, confiance restaurée, reprise plus rapide des secteurs à forte intensité de contacts.
  - Amélioration des perspectives budgétaires et baisse des primes de risque; améliorations liées à l’offre débutant en 2023.
  - Hypothèse de retrait limité de l’impulsion budgétaire (stabilisateurs automatiques seulement) et capacité des autorités monétaires à répondre à la croissance.

### Mesures pour limiter dommages et soutenir reprise (monétaire et financier)
- Appui des banques centrales : liquidités, achats d’actifs, mesures non conventionnelles si nécessaire.
- Mesures réglementaires : assouplissement temporaire des normes de classement des prêts et des exigences de provisionnement.
- Retrait progressif et conditionné des aides ciblées selon rythme de la reprise; prolonger soutiens dans pays avec forte informalité.

### Transitions et emploi
- Maintenir aides ciblées pendant la transition; réaffecter vers investissements verts; renforcer dépenses sociales.
- Stimuler accumulation de capital humain : fonds pour réajuster la durée de l’année scolaire; formation des enseignants; programmes de soutien parascolaire; adapter programmes éducatifs aux besoins (services d’urgence, infirmiers, techniciens, compétences informatiques).
- Réduire rigidités du marché du travail et relever bilans d’entreprises; dispositifs de restructuration extrajudiciaire.

### Surendettement et gestion des prêts improductifs
- États : augmenter recettes, réduire dépenses mal ciblées, améliorer progressivité fiscale, envisager restructuration de la dette si nécessaire.
- Entreprises : identifier viables vs non viables; injections de capitaux pour entreprises systémiques; dispositifs spéciaux de restructuration; renforcer marchés des créances en souffrance.
- Bancaire : renforcer surveillance, provisionnement, capacités de gestion des prêts improductifs.

### Multilatéral, climat et santé future
- Risque de tensions commerciales et technologiques pèse sur croissance ; coopération nécessaire.
- Climat : combinaison d’une hausse régulière des prix du carbone et d’un investissement vert pour atteindre objectifs de l’Accord de Paris.
- Renforcer dispositifs de lutte contre crises sanitaires : stocks d’équipements, financement R&D, aide ciblée aux pays vulnérables.

### 1. Indices et marchés des produits de base — pétrole, gaz, métaux, aliments
- Pétrole :
  - Réduction de la production journalière de pétrole brut aux États-Unis de « −2 millions de barils ».
  - Reprise fin avril : remontée d’environ « 15 dollars » à plus de « 40 dollars le baril » début juin; en août, cours inférieurs d’environ « 25 dollars » aux cours de début janvier.
  - Prévisions FMI (cours à terme) : 41,7 dollars en 2020 (−32% par rapport à 2019) ; 46,7 dollars en 2021.
  - Demande AIE : diminution de « 8,1 millions de barils par jour » en 2020, pour s’établir à « 91,9 millions », puis augmentation de « 5,2 millions » en 2021.
- Gaz naturel et charbon :
  - Prix du gaz proches de leurs niveaux les plus bas récemment; torchage équivalent de « 400 tonnes métriques de dioxyde de carbone (CO2) » en 2019.
  - Charbon : pression baissière sur les cours; projet japonais de suppression progressive des centrales au charbon inefficaces d’ici « 2030 ».
  - Part de la consommation mondiale de charbon par cinq plus gros consommateurs : « 76,7% ».
  - Pays émergents représentent « 76,8% » de la consommation de charbon.
- Métaux :
  - Février–août 2020 : hausse des cours des métaux de base de « 18,2% ».
  - Minerai de fer : « 37,0% » ; Cuivre : « 14,4% » ; Aluminium : « +3,0% » ; Nickel : « 14,6% » ; Cobalt : chute de « 1,9% ».
  - Indice métal de base FMI : progression moyenne de « 0,8% » en 2020 et de « 3,0% » en 2021.
  - Indice métaux précieux : augmentation de « 28,4% » en 2020 et de « 10,4% » en 2021.
- Denrées alimentaires :
  - Indice aliments et boissons (FMI) : augmentation de « 0,7% ».
  - Viande : indice en recul de « 7,1% »; viande porcine baisse de « 4,5% ».
  - Riz : hausse de « 12,6% »; Maïs : baisse de « 13,0% » (niveau le plus bas depuis « 10 ans »); Soja : baisse de « 13,0% » début février.
  - Prévisions : cours des denrées alimentaires devraient progresser de « 0,4% » en glissement annuel en 2020, puis de « 4,3% » en 2021.

### Charbon — dépendance, transition et politiques
- Durée moyenne pour sortir du charbon après pic par habitant : 43 ans en moyenne; combiner rythme de déclin implique 76 ans pour éliminer le charbon dans certains calculs; Royaume‑Uni a mis près de 100 ans.
- Part maximale du charbon atteinte à un niveau de revenu de 9 600 dollars par habitant.
- Exemples de réduction rapide (sur 5 ans) : Royaume‑Uni 2018 — –12,4% ; Chine 2017 — –6,2% ; États‑Unis 2018 — –5,3%.
- Rôle du gaz naturel comme substitut pour traiter intermittence renouvelable.
- Captage et stockage du carbone (CSC) coûteux sans tarification substantielle du carbone.
- Recommandations : indemniser acteurs pénalisés par sortie du charbon; réduire obstacles aux investissements renouvelables; coopération internationale pour assistance financière et technique; limiter financement de nouvelles centrales au charbon quand alternatives disponibles.

### Conclusions sur émissions et opportunités post‑COVID
- Émissions mondiales fin 2019 : augmentation de moins de 0,5 % ; Chine principal moteur de la croissance des émissions en 2019.
- 2020 : pandémie et confinements feront sans doute chuter les émissions, mais la baisse sera probablement transitoire.
- Recommandation : profiter de la crise pour investir dans une croissance plus verte, réduire les émissions de façon permanente et renforcer coopération internationale.

*Italic: Source — ch1 (Chapitre 1, « Perspectives et politiques mondiales »), Fonds monétaire international | Octobre 2020.*

### 1. Production industrielle — secteur manufacturier

### 1. Production industrielle — secteur manufacturier

### Rebond de l’activité et indicateurs à haute fréquence
- La reprise est dans l’ensemble plus forte dans la vente au détail que dans la production industrielle.
- Le commerce mondial et la production industrielle sont partis à la hausse avec l’assouplissement des mesures de confinement (IDAs et nouvelles commandes manufacturières relevées).
- Les enquêtes auprès de directeurs d’achat montrent :
  - un regain d’activité fort mais partiel après le creux du deuxième trimestre ;
  - pour juillet-août 2020, augmentation de la production manufacturière aux États-Unis, dans la zone euro, en Chine et au Brésil, mais repli en Corée, en Inde et au Japon ;
  - pour septembre 2020, activité manufacturière plus vigoureuse tandis que les services ont refléchi, vraisemblablement en raison de la hausse du nombre d’infections.
- Les données à haute fréquence (dépenses quotidiennes de consommation aux États-Unis ; demandes hebdomadaires d’indemnisation de chômage) indiquent un tassement de l’activité et un niveau de licenciements encore élevé : le nombre hebdomadaire de nouvelles demandes d’indemnisation de chômage aux États-Unis restait proche du million à la fin septembre.

### Différences sectorielles et perspectives
- Les secteurs reposant sur des interactions en personne (commerce de gros et de détail ; hôtellerie, restauration et cafés ; arts et spectacle) ont connu des contractions plus fortes que le secteur manufacturier durant la crise liée à la COVID-19.
- Sans vaccin ou traitements efficaces, le retour à un semblant de normalité est particulièrement difficile pour ces secteurs de services.

### Politique économique et soutien public
- L’intervention massive des pouvoirs publics a évité des résultats encore plus douloureux :
  - Dans les pays avancés, les mesures exceptionnelles en matière de recettes et de dépenses annoncées jusqu’ici représentent plus de 9 percent du PIB, auxquelles s’ajoutent 11 percent supplémentaires sous diverses formes d’appui à la liquidité (injections de fonds propres, achats d’actifs, prêts et garanties de crédit).
  - Dans les pays émergents et pays en développement, la riposte représente quelque 3.5 percent du PIB sous forme de mesures budgétaires exceptionnelles et plus de 2 percent sous forme d’appui à la liquidité.
- Exemples de mesures nouvelles :
  - plan de relance post-pandémie de l’Union européenne doté de 750 milliards d’euros, dont plus de la moitié constituée de dons ;
  - transferts en espèces et en nature ; subventions salariales ; élargissement de la couverture de l’assurance chômage ; moratoires fiscaux ;
  - initiatives réglementaires (assouplissement des règles de classification et exigences de provisionnement, activation de volants) ;
  - banques centrales : diversification et extension des opérations d’achat d’actifs et mécanismes de réutilisation de prêts ; la Réserve fédérale américaine a annoncé un passage à une cible d’inflation souple de 2 percent en moyenne.

### Conditions financières et marchés
- Les conditions financières se sont en règle générale assouplies depuis juin 2020, créant un décalage persistant entre marchés financiers et économie réelle en partie attribuable à l’appui public inédit :
  - Dans les pays avancés : marchés boursiers majoritairement revenus (voire dépassé) aux niveaux du début d’année ; rendements des obligations d’État globalement stables ou en baisse ; écarts de taux sur les obligations d’entreprises réduits, notamment pour le crédit à haut rendement.
  - Dans les pays émergents : rendements des titres souverains globalement en baisse ; écarts avec les titres du Trésor américain diminués depuis les mesures de la Réserve fédérale en mars ; reprise des marchés boursiers depuis juin, notamment en Chine.
- Flux d’investissements de portefeuille vers les pays émergents : redressement inégal, certains pays continuant d’enregistrer d’importants mouvements de sortie.
- Évolution des monnaies (période avril à fin septembre 2020) :
  - le dollar s’est déprécié de plus de 4½ percent en termes effectifs réels ;
  - l’euro s’est apprécié de près de 4 percent ;
  - renminbi chinois raffermi ; monnaies de pays émergents d’Asie généralement stables en termes effectifs réels ;
  - rouble russe déprécié ; monnaies de pays fortement touchés ou vulnérables (Argentine, Brésil, Turquie) affaiblies.

### Prix des produits de base et inflation
- Les prix des produits de base ont monté depuis avril 2020 (graphique : énergie, alimentation, métaux).
- L’inflation mondiale reste dans l’ensemble en deçà des niveaux d’avant la pandémie (inflation CPI et inflation hors alimentation et énergie, moyennes mobiles sur 3 mois, variation annuelle en pourcentage).

### Facteurs d’incertitude pour les prévisions
- Incertitude de fond persistante quant à la trajectoire de la pandémie, aux coûts d’ajustement, à l’efficacité des politiques économiques et à l’évolution de l’état d’esprit des marchés financiers.
- Les prévisions de référence s’appuient sur des chiffres du PIB supérieurs aux attentes au deuxième trimestre (confirmation partielle permise par les données disponibles depuis la Mise à jour des PEM de juin 2020), mais l’incertitude demeure sur la persistance et la nature du choc.

_Italic: Source — ch1 - 1. Production industrielle — secteur manufacturier (Fonds monétaire international | Octobre 2020). PDF: ch1 - 1. Production industrielle — secteur manufacturier._

### 1. Flux nets dans les fonds des pays émergents

### ch1 - 1. Flux nets dans les fonds des pays émergents

### Contexte et hypothèses du scénario de référence
- La persistance de la distanciation physique est supposée jusqu’en 2021, avec un atténuation ensuite au fur et à mesure que la couverture vaccinale s’accroît et les traitements s’améliorent.
- Transmission locale ramenée partout à de faibles niveaux d’ici à la fin 2022.
- Il est supposé que la couverture vaccinale ne s’étendra que peu à peu en raison du temps nécessaire pour lancer la production à grande échelle et distribuer des doses dans le monde entier à un coût abordable.
- Dans les pays où les taux d’infection sont retombés, la persistance des changements de comportement et le renforcement des normes d’hygiène et de sécurité sur le lieu de travail devraient maintenir le nombre de nouvelles infections à un niveau gérable sans reconfinement national complet.
- Pour d’autres pays où les infections restent en hausse, le scénario de référence part de l’hypothèse qu’un reconfinement est possible pour des zones données, même si des fermetures strictes à l’échelle du pays ne sont pas ordonnées à nouveau.
- Les paramètres de politique budgétaire du scénario tiennent compte des mesures fiscales et budgétaires directes, d’un montant total de 6 000 milliards de dollars, annoncées et appliquées jusqu’ici dans le monde en réponse à la crise.
- Il est supposé que les grandes banques centrales conserveront leurs paramètres actuels tout au long de la période de prévision, jusqu’à la fin 2025.
- Les prévisions de référence se fondent sur des conditions financières qui restent globalement aux niveaux actuels.

### Effets attendus sur l’offre et séquelles
- Le profond repli de l’activité en 2020 dégradera le potentiel de l’offre à des degrés divers selon les pays.
- La gravité des séquelles dépendra de plusieurs facteurs, notamment :
  - l’ampleur des fermetures d’entreprises,
  - le nombre de travailleurs découragés qui se retireront de la population active,
  - les inadéquations entre ressources sectorielles, professionnelles et géographiques.

### Projections et hypothèses pour les prix des produits de base (pétrole)
- Prix au comptant moyens du pétrole :
  - 41 dollars le baril en 2020
  - 43,8 dollars en 2021
- Pour les contrats à terme sur le pétrole, les courbes indiquent que le prix devrait ensuite se rapprocher de 48 dollars.
- Ce niveau de 48 dollars est indiqué comme étant environ 25 % en dessous de la moyenne de 2019.

### Données temporelles et notes méthodologiques
- Révision à la hausse des prévisions pour 2020 motivée par un coup au deuxième trimestre légèrement moins dur que prévu.
- Graphique 1.11 — dernières données disponibles : 25 septembre 2020.
- Codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).

*Source : ch1 - 1. Flux nets dans les fonds des pays émergents, Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### 2. Pays émergents

### 2. Pays émergents

### Contraction et reprise attendues
- Croissance mondiale projetée à –4,4 percent en 2020 et 5,2 percent en 2021.
- Le rebond prévu pour 2021 est de 0,2 point de pourcentage inférieur à la Mise à jour des PEM de juin 2020.
- Les mesures de distanciation physique sont supposées accompagner le redressement jusqu’à une solution des risques sanitaires; des resserrements peuvent être réintroduits selon la propagation du virus.

### Projections pour les pays émergents et en développement
- Croissance agrégée des pays émergents et pays en développement : –3,3 percent en 2020 et 6 percent en 2021.
- Chine : 1,9 percent en 2020 et 8,2 percent en 2021 (activité retournée à la normale plus vite que prévu).
- À l’exclusion de la Chine, le groupe des pays émergents et en développement : contraction de 5,7 percent en 2020 et croissance de 5 percent en 2021.
- Inde : contraction de 10,3 percent en 2020 et rebond de 8,8 percent en 2021.
- Pays en développement à faible revenu : –1,2 percent en 2020 et 4,9 percent en 2021.
- Toutes les régions émergentes et en développement devraient voir leur économie se contracter en 2020; récessions particulièrement marquées en Amérique latine, Moyen-Orient et Asie centrale, et certains exportateurs de pétrole d’Afrique subsaharienne.

### Canaux et facteurs aggravants
- Perspectives fragiles hors Chine dues à : propagation persistante de la pandémie submergeant les systèmes de santé; importance relative de secteurs durement touchés (tourisme); dépendance plus grande aux financements extérieurs (envois de fonds).
- Secteurs les plus affectés en termes d’emploi : hébergement, restauration et cafés, transports, commerce de détail et commerce de gros.
- Groupes particulièrement vulnérables : jeunes travailleurs, femmes, travailleurs aux contrats précaires, employés des petites et moyennes entreprises, travailleurs à bas salaires.

### Croissance à moyen terme et dégradation du potentiel
- Après le rebond de 2021, croissance mondiale attendue autour de 3,5 percent à moyen terme.
- Effet attendu du choc COVID-19 sur le potentiel de l’offre : faillites, taux d’activité amoindri, obstacles à la réaffectation des ressources, redéploiement structurel des ressources, adoption accrue du télétravail, changements persistants dans la consommation.
- Dans les dix plus grands pays avancés, le PIB potentiel moyen à moyen terme devrait rester à 3,5 percent en dessous des projections des PEM de janvier 2020.
- Dans les dix plus grands pays émergents, la baisse moyenne du PIB potentiel est estimée à 5,5 percent.
- Croissance des pays avancés à moyen terme attendue à 1,7 percent.
- Croissance des pays émergents et pays en développement attendue à 4,7 percent d’ici 2025, comparée à une moyenne de 5,6 percent sur 2000–2019.

### Dette publique, viabilité et implications budgétaires
- Ratio dette souveraine/PIB des pays avancés : augmentation prévue de 20 points de pourcentage, pour atteindre environ 125 percent du PIB d’ici la fin-2021.
- Ratio dette souveraine/PIB des pays émergents et des pays en développement : augmentation prévue de plus de 10 points de pourcentage, pour atteindre environ 65 percent du PIB d’ici la fin-2021.
- La faiblesse des taux d’intérêt limite l’augmentation du service de la dette principalement pour les pays avancés.
- Le ratio du service de la dette souveraine aux recettes fiscales devrait augmenter dans plusieurs pays émergents et à faible revenu, réduisant les recettes disponibles pour les dépenses sociales et les besoins post-crise (lutte contre la pauvreté, inégalités, accumulation de capital humain).

### Pauvreté et inégalités
- Près de 90 millions de personnes pourraient tomber en 2020 sous le seuil de pauvreté extrême de 1,90 dollar par jour.
- La pandémie amplifie les inégalités : impact disproportionné sur les personnes vulnérables économiquement, les jeunes, les femmes, et les emplois impossibles à télétravailler.
- Les besoins en dépenses sociales après la crise seront élevés pour répondre à la hausse de la pauvreté et aux inégalités croissantes.

*Source : ch1 - 2. Pays émergents, Fonds monétaire international | Octobre 2020.*

### 2. Pays émergents

### 2. Pays émergents

### Inégalités, emploi informel et conséquences sociales
- Les travailleurs de l’économie informelle risquent davantage de perdre leur emploi que ceux disposant de contrats en bonne et due forme.
- L’évolution de la crise exacerblera des tendances préexistantes d’augmentation des inégalités observées depuis le début des années 90 dans de nombreux pays avancés et dans certains pays émergents ou en développement.
- Facteurs contribuant au creusement des inégalités :
  - Changements technologiques favorisant des compétences réservées à des personnes ayant un niveau d’instruction élevé.
  - Déclin des syndicats.
  - Augmentation du pouvoir d’entreprises en situation de monopsone sur le marché du travail liée à une concentration accrue sur le marché.
  - Adoption de politiques d’imposition dégressive : diminution de l’impôt marginal pour les plus gros salaires et baisse de l’impôt des sociétés.

### Accumulation de capital humain et effets des fermetures d’écoles
- Selon l’UNESCO (2020), plus de 1,6 milliard d’apprenants ont été concernés par les fermetures d’écoles et d’universités.
- Effets immédiats et à moyen terme :
  - Indisponibilité des services de garde d’enfants limite la capacité des parents à travailler, en particulier pour les mères.
  - Interruptions de scolarité réduisent les possibilités d’apprentissage, surtout pour les élèves de milieux moins favorisés.
  - Le désapprentissage augmente en proportion de la durée de l’interruption (Quinn et Polikoff, 2017).
  - Les cours en ligne et à distance peuvent être une solution temporaire, mais ne peuvent se substituer à la scolarité (Baytiyeh, 2018).
- Risques pour la sécurité et la nutrition des enfants :
  - Fermetures d’écoles entraînent une insécurité alimentaire accrue pour les enfants de ménages à bas revenus (nombreuses écoles fournissent des repas gratuits ou subventionnés).
  - Hausse des risques de violences, exploitation, mariages précoces, enrôlement forcé d’enfants dans des milices, exploitation sexuelle, grossesses à l’adolescence, travail des enfants (Korkoyah et Wreh, 2015; PNUD, 2015; UNESCO, 2020).
- Conséquences de long terme si des mesures ne sont pas prises :
  - Lien sur toute une vie entre durée de scolarisation moindre et revenus inférieurs (Card, 1999).
  - Interruption de la scolarité associée à des trajectoires de revenus plus faibles (Light, 1995; Holmlund, Liu et Skans, 2008).

### Inflation : forces contradictoires et prévisions chiffrées
- Forces susceptibles d’entraîner une hausse des prix :
  - Manifestation d’une demande différée.
  - Hausse des coûts de production liée à des perturbations persistantes de l’offre.
  - Perte de crédibilité des cadres de politique monétaire en cas de « domination de la politique budgétaire » et accumulation d’importants déficits budgétaires.
- Forces pesant sur la demande et la désinflation :
  - Hausse persistante de l’épargne de précaution.
  - Transferts de pouvoir d’achat vers des prêteurs moins enclins à dépenser.
  - Inquiétudes sur la capacité de la politique monétaire à stimuler la demande.
- Observations sectorielles :
  - Baisse de l’inflation généralisée dans les secteurs conjoncturels (ameublement, logement hors énergie, divertissement, restauration et hôtellerie) et non conjoncturels (habillement et chaussure, communication, éducation, santé, transports, biens et services divers).
  - Demande globale relativement faible et forte sous-capacité jusqu’en 2022 impliquent des tensions sur les prix minimales dans les secteurs sensibles à la conjoncture.
- Prévisions d’inflation (groupes de pays) :
  - Pays avancés : 0,8 percent en 2020, 1,6 percent en 2021, puis stabilisation globalement à 1,9 percent.
  - Pays émergents et pays en développement : 5 percent en 2020, 4,7 percent en 2021, puis 4 percent à moyen terme (en dessous de la moyenne historique pour ce groupe).
- Anticipations inflationnistes :
  - Dans les pays avancés, les intervenants s’attendent globalement à une inflation atone (graphique 1.17).
  - Dans les pays émergents, les anticipations restent relativement faibles par rapport aux moyennes du passé, malgré des achats d’actifs par certaines banques centrales.

### Commerce international, tourisme, IDE et envois de fonds
- Choc sur le commerce mondial :
  - Le commerce mondial devrait se contracter de plus de 10 percent en 2020 (rythme comparable à la crise financière mondiale de 2009).
  - Reprise attendue : croissance du volume des échanges d’environ 8 percent en 2021 et d’un peu plus de 4 percent en moyenne au cours des années suivantes.
  - La contraction reflète surtout la faiblesse de la demande finale des consommateurs et des entreprises ; les restrictions au commerce et perturbations des chaînes d’approvisionnement contribuent dans une moindre mesure.
- Investissements directs étrangers (IDE) :
  - Les flux d’investissements directs étrangers en pourcentage du PIB mondial restent bien en deçà des niveaux observés au cours de la décennie précédant la pandémie.
- Tourisme et pays dépendants des voyages :
  - Perspectives particulièrement sombres pour les pays tributaires du tourisme en raison des restrictions de voyage et de la crainte des consommateurs.
  - Effondrement des recettes nettes du tourisme et des voyages au premier semestre de l’année pour des pays tels que Grèce, Islande, Portugal et Turquie.
  - Les pays où le tourisme et les voyages représentent une part élevée du PIB devraient connaître une baisse d’activité plus marquée en 2020−21 par rapport aux prévisions antérieures à la pandémie.
- Pays exportateurs de pétrole :
  - Ils ont subi un choc sévère des termes de l’échange dû à la baisse des prix du pétrole et font face à des perspectives extérieures plus difficiles.
- Envois de fonds :
  - Les flux d’envois de fonds ont nettement diminué au début de la période de confinement, mais montrent des signes de reprise.
  - Risque élevé d’une baisse des paiements et des transferts effectués par des travailleurs migrants, en particulier pour le Bangladesh, l’Égypte, le Guatemala, le Pakistan, les Philippines et, de manière plus générale, les pays d’Afrique subsaharienne.

### Positions extérieures et soldes courants
- En 2020, déficits et excédents des transactions courantes à l’échelle mondiale devraient diminuer et atteindre leur plus bas niveau de ces deux dernières décennies, puis rester globalement stables par la suite.
- Variations régionales et par pays :
  - Parmi les pays créanciers : diminution des excédents en Asie de l’Est et, dans une moindre mesure, en Allemagne et aux Pays-Bas ; transformation de l’excédent des pays exportateurs de pétrole en un modeste déficit ; légère augmentation de l’excédent prévu pour la Chine.
  - Parmi les pays débiteurs : déficits moins élevés anticipés pour l’Amérique latine, l’Inde et le Royaume-Uni (chute des prix du pétrole et tassement de la demande intérieure).
- Positions créancières et débitrices en pourcentage du PIB devraient augmenter en 2020 en raison de la baisse des PIB.

*Fonds monétaire international | Chapitre 1, « Perspectives et politiques mondiales », Octobre 2020*

### 3. Révision du niveau du PIB, 2021 (octobre 2020/PEM de janv. 2020)

### 3. Révision du niveau du PIB, 2021 (octobre 2020/PEM de janv. 2020)

### Révision du niveau du PIB et part directe du tourisme et des transports
- Le document associe la révision du niveau du PIB pour 2021 à la part directe du tourisme et des transports dans le PIB pour plusieurs pays (Grèce, Islande, Mexique, Portugal, Turquie).
- Graphiques et axes signalés :
  - "Part directe du tourisme et des transports en 2019 (en pourcentage du PIB)"
  - Axe des soldes des services : voyage et transport de passagers (En pourcentage du PIB) avec graduations: –15, –10, –5, 0, 5, 10, 15, 20, 25.
- Remarque méthodologique : les ratios peuvent augmenter transitoirement en 2020 en raison d’une baisse du dénominateur, conséquence du fort recul de l’activité. Les ratios devraient ensuite progressivement diminuer au cours la période de projection, à mesure que le PIB se redressera et pour autant que les déséquilibres des comptes courants restent modérés.

### Solde courant et positions extérieures (contexte et évolution)
- Graphique 1.19 : "Solde courant et positions extérieures (En pourcentage du PIB mondial)"
- Constats tirés du graphique et du texte :
  - "En 2020, les déficits et excédents des soldes courants à l’échelle mondiale devraient diminuer à un niveau jamais atteint au cours des deux dernières décennies."
- Chronologie/axe temporel indiquée : années ou points marqués 2005 07 09 11 13 15 17 19 21 23 25 (présentés comme une séquence: 200507091113151719212325).
- Note de classification régionale fournie (libellés exacts préservés) : Afrique et MO = Afrique et Moyen-Orient (Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Ghana, Jordanie, Kenya, Liban, Maroc, République démocratique du Congo, Soudan, Tanzanie, Tunisie) ; AL = Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique, Pérou, Uruguay) ; autres PA = autres pays avancés (Australie, Canada, France, Islande, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni) ; PA d’Asie = pays avancés d’Asie (Corée, province chinoise de Taiwan, RAS de Hong Kong, Singapour) ; ECO = Europe centrale et orientale (Bélarus, Bulgarie, Croatie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Turquie, Ukraine) ; PE d’Asie = pays émergents d’Asie (Inde, Indonésie, Pakistan, Philippines, Thaïlande, Viet Nam) ; PEC = pays européens créditeurs (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Suède, Suisse) ; PED = pays européens débiteurs (Chypre, Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, Slovénie) ; PEP = pays exportateurs de pétrole (Arabie saoudite, Algérie, Azerbaïdjan, Émirats arabes unis, Iran, Kazakhstan, Koweït, Nigéria, Oman, Qatar, Russie, Venezuela).

### Risques et scénarios (incertitudes pesant sur les prévisions)
- La forte incertitude liée à l’évolution de la pandémie rend difficile une évaluation quantitative de la balance des risques.
- Facteurs conduisant à de meilleurs résultats que le scénario de référence (points positifs listés dans le texte) :
  - "La récession pourrait se révéler moins grave que prévu si le retour à la normale sur le plan économique se déroule plus rapidement qu’attendu dans les régions qui ont procédé à une réouverture, sans que cela n’entraîne un rebond du nombre d’infections."
  - "Prolongation des contre-mesures budgétaires. Les prévisions actuelles sont établies en ne tenant compte que des mesures mises en œuvre ou annoncées à ce jour. Ainsi, l’orientation générale de la politique budgétaire dans les pays avancés et les pays émergents devrait devenir nettement moins accommodante en 2021, conformément à la transition prévue vers une croissance tirée par l’activité privée (graphique 1.20). La prolongation des contre-mesures budgétaires permettrait de porter la croissance mondiale au-dessus du niveau de référence prévu en 2021."
  - "Une croissance plus rapide de la productivité pourrait être engendrée par des mutations dans les systèmes de production, de distribution et de paiement (nouvelles techniques médicales, nouveaux services fondés sur des données, travail à distance dans plus de secteurs de l’économie, etc.)."
  - "Des avancées en ce qui concerne les traitements pourraient permettre aux systèmes de santé de mieux gérer le nombre de personnes infectées, tandis que certains changements opérés sur le lieu de travail et de la part des consommateurs dans l’optique de réduire la transmission pourraient permettre à l’activité de retrouver plus rapidement son niveau d’avant la pandémie sans déclencher des vagues d’infection à répétition."
  - "La production d’un vaccin sûr et efficace primerait sur tous les autres facteurs d’amélioration. S’il est produit à l’échelle nécessaire et proposé dans le monde entier à des prix abordables, le vaccin susciterait un regain de confiance et engendrerait de meilleurs résultats en matière de croissance que ceux prévus dans le scénario de..."

*Source : ch1 - 3. Révision du niveau du PIB, 2021 (octobre 2020/PEM de janv. 2020), CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES*

### 2. Position extérieure globale mondiale

### 2. Position extérieure globale mondiale

### Principaux risques pesant sur la reprise
- Des épidémies pourraient se répéter dans certains endroits, entraînant une propagation du virus, un progrès plus lent de la recherche de traitements et vaccins ou un accès inégal à ces derniers, ce qui prolongerait les mesures de distanciation physique et durcirait le confinement.
- Une fin prématurée de l’aide publique ou un mauvais ciblage des mesures du fait de problèmes de conception et de mise en œuvre pourraient entraîner la dissolution de relations économiques viables et productives.
- Les conditions financières pourraient se resserrer à nouveau (comme en mars), provoquant un arrêt brutal de l’octroi de nouveaux prêts ou l’incapacité à reconduire ceux en cours, faisant basculer certains pays dans des crises d’endettement.
- Pénuries de liquidités et insolvabilité : les récessions profondes entraînent des pénuries généralisées de liquidités, accroissant le risque de faillites. Le taux de défaillance des obligations d’entreprises est « à son plus haut niveau depuis la crise financière mondiale » (édition de juin 2020 de la mise à jour du Rapport sur la stabilité financière dans le monde).
- Intensification des troubles sociaux pouvant nuire au climat de confiance, peser sur l’activité et compliquer l’économie politique des réformes.
- Tensions géopolitiques et fragilité des relations au sein de la coalition OPEP+ susceptibles d’affecter l’approvisionnement mondial en pétrole et d’entraîner une nouvelle chute des prix.
- Incertitude entourant les politiques commerciales et frictions technologiques : expirations d’accords (par exemple l’accord transitoire entre le Royaume-Uni et l’Union européenne le 31 décembre 2020), maintien de barrières tarifaires et non tarifaires instaurées ces deux dernières années, et cessation de fonctionnement de l’Organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce.
- Catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques, avec effets transfrontaliers, migrations, tensions financières (par ex. secteur des assurances) et impacts durables sur les moyens de subsistance.

### Priorités à court terme : santé et limitation des dégâts économiques
- Double priorité immédiate :
  - allouer suffisamment de ressources aux systèmes de santé ;
  - limiter les dégâts économiques.
- Toutes les grandes économies devraient fonctionner bien en deçà de leurs capacités en 2020 et 2021 (graphique de projections des écarts de production, 2020–23).
- Les mesures de confinement réduisent efficacement le nombre d’infections et sont nécessaires pour permettre une future reprise économique.

### Arbitrages entre court terme et défis à moyen terme
- Les mesures de soutien doivent :
  - relever le potentiel de production ;
  - assurer une croissance participative ;
  - protéger les groupes vulnérables.
- L’endettement supplémentaire a plus de chances d’être amorti si les emprunts financent des initiatives qui élargissent l’économie et la matière imposable, plutôt que des subventions mal ciblées ou des dépenses courantes inefficaces.
- Priorités de dépenses recommandées : santé, éducation, infrastructures à fort rendement (incluant réduction de la dépendance au carbone), recherche pour promouvoir l’innovation et l’adoption de technologies.
- Maintenir les dépenses sociales essentielles pour protéger les plus vulnérables et soutenir la demande.
- Respecter des normes strictes de transparence de la dette pour éviter des difficultés de refinancement et une augmentation des primes de risque souverain.

### Renforcer la coopération multilatérale
- Coopération multilatérale nécessaire pour répondre au choc mondial et à ses retombées transfrontalières.
- Actions prioritaires :
  - financer les engagements d’achat anticipé de vaccins en cours d’essai afin d’intensifier la production et la distribution de doses à des prix abordables (exemples : CEPI et GAVI mentionnés comme initiatives multilatérales coordonnées) ;
  - venir en aide aux pays aux capacités sanitaires limitées par une augmentation de l’aide médicale ;
  - lever les restrictions commerciales sur les fournitures médicales essentielles et partager renseignements sur la pandémie, la recherche de vaccins et de traitements.
- Aide financière pour les pays en difficulté :
  - allégement temporaire du service de la dette des pays à faible revenu (initiative du Groupe des Vingt) ;
  - appels aux créanciers privés pour accorder le même traitement afin de préserver la liquidité internationale des pays concernés ;
  - lorsque la dette doit être restructurée, consensus rapide entre emprunteurs et créanciers ;
  - le dispositif mondial de sécurité financière et les réponses du FMI : ligne de crédit renouvelable et reconstituable pour certains pays membres, nouveaux financements via d’autres facilités de prêt, augmentation temporaire des limites d’accès aux ressources d’urgence et amélioration de la capacité à procéder à un allégement du service de la dette sous forme de dons.

### Mesures au niveau national
- Créer une marge de manœuvre pour financer des dépenses élevées de lutte contre la crise :
  - priorité aux dépenses de santé, allocations de chômage, transferts monétaires, initiatives anticycliques ;
  - suspension temporaire des règles budgétaires peut se justifier si assortie d’un engagement pour une consolidation progressive après la crise ;
  - dégagement de ressources en réduisant les subventions mal ciblées ;
  - gestion prudente de la dette (prolongation des échéances, maintenir des taux d’intérêt bas) pour économiser sur le service de la dette.
- Mesures fiscales :
  - considérer des hausses d’impôts progressifs pour les particuliers mieux nantis (hausse des taux appliqués aux tranches supérieures de revenu, à l’immobilier haut de gamme, aux gains en capital et au patrimoine) ;
  - modifications de la fiscalité des entreprises pour aligner l’impôt sur la rentabilité ;
  - coopération internationale pour une fiscalité internationale des entreprises adaptée à l’économie numérique ;
  - pendant la mise en œuvre, élaborer des plans d’assainissement crédibles pour garantir la viabilité des finances publiques.
- Priorités différenciées selon les vulnérabilités nationales : les pays dépendants du tourisme, des exportations de pétrole et des envois de fonds, ou présentant une vaste économie informelle, nécessitent des efforts plus importants et un appui extérieur solide.
- Consacrer des ressources aux soins de santé : dépistage, suivi des contacts, matériel de protection individuelle, équipements d’urgence (respirateurs), installations (salles d’urgences, soins intensifs, unités d’isolement).

### Mesures pour limiter les dommages économiques et soutenir la reprise
- Dans les pays où la pandémie s’accélère, prioriser le ralentissement de la transmission :
  - mesures économiques ciblées : allégements fiscaux temporaires pour personnes et entreprises touchées, subventions salariales pour chômage partiel, transferts monétaires, reports de paiements financiers, congés payés pour maladie ou raison familiale ;
  - assouplissement des conditions d’admissibilité à l’assurance chômage et extension de la couverture aux travailleurs indépendants ;
  - garanties de crédit temporaires et restructurations de prêts pour entreprises solvables mais illiquides ;
  - programmes de reconversion et de recyclage professionnels ; aides au revenu de longue durée pour travailleurs victimes de suppressions d’emplois.
- Riposte globale monétaire, financière, réglementaire et budgétaire :
  - appui des banques centrales en matière de liquidités et mécanismes ciblés de réaffectation des prêts ;
  - mesures réglementaires (assouplissement temporaire des normes de classement des prêts et des exigences en matière de provisionnement) ;
  - réductions des taux directeurs lorsque les taux n’ont pas atteint la borne inférieure effective ; achats d’actifs et cadrages prospectifs lorsque les taux sont à la limite ;
  - banques centrales des pays émergents procédant à des achats d’actifs doivent communiquer clairement les objectifs et la cohérence avec la stabilité des prix pour atténuer risques d’inflation et de fuite des capitaux.
- Relance budgétaire par investissements publics en infrastructures ou réductions d’impôts généralisées (lorsque les conditions de financement le permettent) pour préserver trésorerie des entreprises et limiter les faillites.
- Retrait progressif et conditionné des aides ciblées dans les pays en reprise :
  - retrait de subventions salariales, transferts monétaires, hausse des prestations chômage et garanties de crédit en fonction du rythme de la reprise et après redressement durable de l’activité ;
  - éviter suppression prématurée qui risquerait de replonger l’économie en récession ;
  - adapter la durée et la nature des soutiens selon la structure de l’économie (par ex. prolonger transferts en espèces et en nature dans les pays à forte informalité).

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### part importante de l’emploi, il peut être nécessaire,

### ch1 - part importante de l’emploi, il peut être nécessaire,

### Mesures de transition pour préserver l’emploi et réorienter les ressources
- Maintenir, pour éviter une augmentation soudaine du chômage, les garanties de crédit, l’appui à la liquidité pour les entreprises et les subventions salariales pour les travailleurs salariés, même si d’autres mesures d’urgence sont progressivement supprimées.
- Réaffecter une partie des ressources budgétaires dégagées de l’aide ciblée à l’investissement public, par exemple :
  - investir dans les énergies renouvelables;
  - améliorer l’efficience du réseau électrique;
  - moderniser les bâtiments pour réduire l’empreinte carbone (voir chapitre 2 de l’édition d’octobre 2020 du Moniteur des finances publiques).
- Augmenter les dépenses sociales en levant les dispositifs d’urgence afin de protéger les personnes les plus vulnérables, notamment :
  - congés payés pour maladie ou raison familiale;
  - assouplissement des conditions d’admissibilité à l’assurance chômage;
  - renforcement de la couverture des prestations de santé.
- Utiliser des subventions à l’embauche, une hausse des dépenses en faveur de la reconversion et une aide au revenu pour les travailleurs victimes de suppressions d’emplois pour faciliter la transition.
- Réduire les rigidités du marché du travail qui dissuadent l’embauche pour favoriser la réallocation des emplois vers les secteurs en expansion.
- Assainir les bilans des entreprises (voir la partie sur les mesures permettant de relever les défis à moyen et long terme).

### Politique monétaire pendant la transition
- Dans les pays où les anticipations d’inflation sont ancrées, une politique monétaire accommodante peut être utile pour maintenir des coûts d’emprunt faibles et des conditions de crédit favorables.
- Les perspectives d’une inflation relativement faible à moyen terme laissent aux banques centrales une marge de manœuvre pour permettre à la reprise de s’enraciner fermement avant de sortir de leur cadre actuel.

### Limiter les dégâts dans les pays à vaste économie informelle
- Les infrastructures fiscales et bancaires font souvent défaut où l’emploi informel est répandu; l’aide publique peut alors être fournie via des systèmes de paiement numériques (exemples cités : Bénin, Côte d’Ivoire).
- Bases de données centralisées avec numéros d’identification ont servi à cibler l’aide aux commerçants, chauffeurs de taxi et autres groupes (exemple cité : Togo).
- Lorsque les personnes n’ont pas de téléphone portable ou de numéro d’identification, les solutions comprennent l’aide en nature (nourriture, médicaments, autres produits de première nécessité) fournie par autorités locales, organisations de proximité ou magasins spécialisés.
- Renforcer des mécanismes automatiques et rapides pour apporter une aide temporaire en cas de récession (par ex., transferts monétaires temporaires déclenchés lorsque le chômage ou les demandes de prestations de chômage dépassent un certain seuil).

### Mesures permettant de relever les défis à moyen et à long terme
- La pandémie risque d’exacerber les dommages au potentiel de l’offre, l’accumulation de la dette et les inégalités, et de réduire l’accumulation de capital humain.
- Priorités : assainir les bilans, accélérer les investissements, réduire les rigidités du marché du travail et favoriser la concurrence pour éviter une concentration excessive et des abus de pouvoir de marché.

### Favoriser une croissance plus forte et viable sur le plan environnemental
- Facteurs expliquant le ralentissement de la productivité avant la pandémie : croissance relativement lente des investissements, améliorations modestes du capital humain, ralentissement des gains d’efficience et inadéquations sectorielles (référence : 15 années précédant la pandémie).
- Actions recommandées :
  - assainir les bilans et se défaire des créances en souffrance pour permettre un redressement rapide des investissements;
  - s’attaquer aux rigidités du marché du travail et aux barrières à l’entrée;
  - cadres de concurrence et surveillance des fusions pour prévenir l’accroissement de la concentration.
- Un effort d’investissement vert peut :
  - accroître le recours aux énergies renouvelables;
  - améliorer l’efficience du réseau;
  - rénover les bâtiments pour accroître les économies d’énergie;
  - stimuler les dépenses d’investissement dans les matériaux de construction et les systèmes de chauffage à faible consommation d’énergie.
- L’accord de l’Union européenne visant à consacrer 30 % de l’instrument de relance « Next Generation EU » aux dépenses relatives au changement climatique constitue un pas dans cette direction.
- Nouvelles perspectives de croissance apparues pendant la pandémie : passage au commerce électronique, numérisation croissante de l’économie, innovations de services fondés sur des données, possibilités liées à la médecine et à la biotechnologie.

### Stimuler l’accumulation de capital humain
- La fermeture des écoles et des universités pendant une grande partie de l’année 2020 entraînera une déscolarisation mondiale durable; l’apprentissage à distance pourrait ne pas suffire.
- Conséquences : effets durables sur les revenus individuels et la croissance de la productivité.
- Stratégies de rattrapage post-pandémie :
  - fonds pour réajuster la durée de l’année scolaire;
  - formation des enseignants aux méthodes de rattrapage;
  - mise en place ou généralisation de programmes de soutien parascolaire.
- Adapter les programmes éducatifs et professionnels aux besoins de formation dans des domaines demandés (services d’urgence, infirmiers, techniciens de laboratoire, connaissances informatiques pour télétravail).
- Risque persistant : taux de participation insuffisant aux programmes professionnels si les formations exigent des compétences sensiblement différentes, entraînant une possible augmentation des abandons et du nombre de NEET (personnes sans emploi, ni étude, ni formation).

### Répartir les gains plus équitablement
- Mesures de dépenses sociales pour lutter contre le creusement des inégalités :
  - renforcer l’aide sociale (transferts monétaires conditionnels, bons alimentaires et vivres en nature, couverture des frais médicaux pour les ménages à faible revenu);
  - étendre l’assurance sociale (assouplissement des critères d’admissibilité à l’assurance chômage, extension des congés payés pour maladie ou raison familiale);
  - investir dans des programmes de reconversion et de recyclage pour améliorer les perspectives de réemploi des travailleurs licenciés.

### Résoudre les situations de surendettement
- Constat : les niveaux d’endettement élevés observés au début de la crise vont encore augmenter, limitant l’impact des mesures pro-croissance et de redistribution.
- Surendettement des États :
  - envisager des mesures pour augmenter les recettes et réduire progressivement les dépenses à moyen terme;
  - accroître la progressivité du code des impôts;
  - élargir l’assiette fiscale (réduire allègements fiscaux aux entreprises, plafonnement plus strict des déductions de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, instauration d’une taxe sur la valeur ajoutée si absente);
  - améliorer la couverture des registres fiscaux et la transmission électronique des déclarations;
  - réduire les dépenses mal ciblées et inutiles (subventions);
  - envisager la restructuration de la dette souveraine si nécessaire (allongement des échéances, réduction des taux d’intérêt, réduction du principal, autres échanges de créances), y compris activation de clauses d’action collective le cas échéant.
- Surendettement des entreprises :
  - identifier entreprises viables à restructurer et entreprises non viables;
  - pour entreprises d’importance systémique, envisager des injections de capitaux;
  - pour modèles économiques viables, restructurer le bilan et fournir des liquidités;
  - renforcer ou mettre en place des dispositifs spéciaux de restructuration extrajudiciaire;
  - appliquer des solutions normalisées et des mesures d’incitation (échéances pour les accords, amendes pour créanciers, menace de liquidation pour débiteurs) pour accélérer la restructuration.
- Mesures pour gérer l’augmentation des prêts improductifs :
  - renforcer la surveillance réglementaire (rigueur sur le provisionnement, annulations de créances, comptabilisation des recettes);
  - améliorer les capacités internes des banques de gestion des prêts improductifs;
  - développer les marchés des créances en souffrance en améliorant l’accès aux informations sur les débiteurs, en supprimant obstacles réglementaires (par ex. permettre à des entités non bancaires de détenir et gérer des prêts improductifs) et en améliorant la qualité des évaluations de garanties;
  - modifier les règles fiscales qui empêchent les restructurations ou les annulations de dettes.
- Soutien massif à la solvabilité jugé approprié, sauf pour les entreprises insolvables avant la crise.
  - Mesures fiscales possibles : report rétrospectif des pertes.
  - Pour grandes entreprises : injections directes de fonds propres ou de créances de second rang assorties de garanties permettant aux finances publiques de bénéficier d’un retour à la rentabilité.
  - Pour PME non cotées : subventions partiellement récupérées via une augmentation temporaire du taux d’imposition des sociétés.
- Disponibilité d’un régime de faillite efficace et équitable nécessaire pour répartir les pertes entre investisseurs, banques et propriétaires lorsque la liquidation est appropriée.

### Mesures multilatérales et lutte contre les risques futurs
- Risque : intensification des tensions commerciales et technologiques pourrait réduire la croissance mondiale par rapport aux projections de référence; une coopération multilatérale efficace est nécessaire pour désamorcer ces tensions et combler les lacunes du système commercial multilatéral fondé sur des règles.
- Climat : action conjointe, menée par les plus gros émetteurs et combinant une hausse régulière des prix du carbone et le développement de l’investissement vert, indispensable pour atteindre des réductions d’émissions conformes aux objectifs de l’Accord de Paris conclu en 2015.
  - Un ensemble de mesures d’atténuation, largement adopté et porteur de croissance, pourrait accroître l’activité mondiale au moyen d’un investissement à court terme dans des infrastructures respectueuses de l’environnement et générer des revenus plus élevés au cours de la deuxième moitié du siècle en évitant des dommages climatiques.
- Renforcer les moyens de lutte contre les crises sanitaires : augmenter les réserves d’équipements de protection et de fournitures médicales essentielles, financer la recherche et assurer une aide suffisante aux pays aux capacités sanitaires limitées, avec le concours d’organisations internationales.

### Scénarios d’évolution de la lutte contre la COVID-19 (modèle G-20)
- Méthode : utilisation du modèle G-20 pour estimer les répercussions de deux voies possibles (défavorable et favorable) sur l’activité.
- Scénario défavorable (ligne rouge) — hypothèses et effets :
  - les mesures d’endiguement accroissent légèrement l’effet direct sur l’activité au second semestre de 2020;
  - en 2021, les progrès sur tous les fronts (vaccins, traitements, respect des consignes de distanciation) sont plus lents que dans le scénario de référence;
  - détérioration de l’activité dans les secteurs à forts contacts, effets en chaîne sur d’autres secteurs via l’effet revenu et les échanges commerciaux;
  - resserrement des conditions financières : écarts de taux sur les obligations d’entreprises augmentent dans les pays avancés; écarts sur obligations d’entreprises et souveraines se creusent dans les pays émergents; augmentation modérée en 2020, plus marquée en 2021; conditions financières revenant progressivement au niveau de référence au-delà de 2022;
  - autorités budgétaires des pays avancés réagissent par une augmentation des transferts au-delà des stabilisateurs automatiques; action plus restreinte dans les pays émergents (seuls stabilisateurs automatiques);
  - autorités monétaires des pays avancés dont la marge conventionnelle est restreinte recourent à des mesures non conventionnelles pour juguler les hausses des taux d’intérêt à long terme;
  - faiblesse prolongée de l’activité nuisible à la capacité d’offre : perte de capital productif, hausse durable du taux de chômage naturel, ralentissement temporaire de la croissance de la productivité; effets de cicatrisation largement ressentis en 2022 et au-delà.
- Note méthodologique : le modèle G-20 est un modèle global et structurel de l’économie mondiale tenant compte des répercussions internationales et des principales relations économiques entre le secteur des ménages, le secteur des entreprises et le secteur public, y compris la politique monétaire.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### 1. PIB réel mondial

### 1. PIB réel mondial

### Scénario défavorable — principaux effets et canaux
- Par rapport au scénario de référence, la croissance mondiale en 2020 est plus faible d’environ ¾ point de pourcentage et de près de 3 points de pourcentage en 2021 selon le scénario défavorable.
- Les pays émergents sont plus touchés que les pays avancés en raison d’un faible espace budgétaire qui restreint leur capacité à soutenir les revenus.
- Des conditions financières encore plus restrictives pour les pays émergents accentuent le décalage avec les pays avancés, amplifié par des séquelles plus profondes.
- Après 2021, la croissance dépasse le niveau de référence pendant plusieurs années, mais :
  - le niveau du PIB mondial demeure inférieur d’environ 1,5 % au niveau de référence à la fin de la période considérée (2025).
  - l’incidence négative sur le niveau du PIB est environ deux fois plus forte pour les pays émergents que pour les pays avancés.
- Effets sur l’endettement public :
  - Le ratio dette/PIB augmente en moyenne de plus de 10 points de pourcentage dans les pays avancés d’ici à 2022.
  - Le ratio dette/PIB augmente de 5 points de pourcentage dans les pays émergents d’ici à 2022.
- Mécanismes mentionnés dans l’analyse :
  - séquelles durables sur l’activité économique ;
  - dépenses budgétaires supplémentaires pour soutenir les revenus ;
  - durcissement des conditions financières, en particulier pour les pays émergents.

### Scénario favorable — hypothèses et canaux de reprise
- Hypothèses centrales :
  - la lutte contre la COVID-19 se déroule en tout point beaucoup mieux que prévu dans le scénario de référence.
  - des progrès dans les traitements permettent de réduire rapidement le taux de mortalité, réduisant le sentiment de peur et rétablissant la confiance.
  - une augmentation rapide et sensible des investissements dans les capacités de production de vaccins et des accords de coopération dans la chaîne d’approvisionnement mondiale permettent de disposer de vaccins plus tôt que prévu et à grande échelle.
  - franchise et transparence totales des travaux de recherche renforcent la confiance dans l’efficacité et l’innocuité des vaccins, permettant de généraliser les vaccinations.
- Conséquences macroéconomiques et microéconomiques :
  - les secteurs à forte intensité de contacts, les plus touchés, connaissent une reprise d’activité plus rapide que dans le scénario de référence.
  - l’amélioration générale de la confiance entraîne une augmentation des dépenses dans d’autres secteurs au fur et à mesure que l’incertitude sur les revenus futurs se dissipe.
  - activité plus dynamique → amélioration des perspectives des entreprises → moins de détérioration de la situation budgétaire → baisse des primes de risque.
  - redressement plus rapide → réduction du nombre de faillites, limitation des perturbations sur le marché du travail, et atténuation du ralentissement de la croissance de la productivité par rapport au scénario de référence.
  - les améliorations liées à l’offre commencent en 2023 et se poursuivent.
- Hypothèses de politique publique dans le scénario favorable :
  - avec l’amélioration de l’activité, il est supposé que le retrait de l’impulsion budgétaire ne se fait qu’au niveau des stabilisateurs automatiques.
  - les autorités monétaires sont partout en mesure de faire face à l’accélération de la croissance sans compromettre leurs objectifs de stabilité des prix.
- Décomposition de l’impact (illustrée dans le document) :
  - contributions distinctes identifiées : effacement de la distanciation physique dans le pays et des retombées sur les échanges, assouplissement des conditions financières, effacement des séquelles, et dépenses budgétaires exceptionnelles/ordinaires (le graphique scenario 2 présente ces composantes).

### Graphiques et mesures présentées (titres et variables)
- Graphiques mentionnés dans le contenu :
  - "2. Croissance du PIB réel mondial (En points de pourcentage)" — échelle illustrée de –6 à 24 pour les années 2019–2025.
  - "3. PIB réel des PA (En pourcentage)".
  - "4. PIB réel des PE (En pourcentage)".
  - "5. Dette publique des PA/PIB (En points de pourcentage)".
  - "6. Dette publique des PE/PIB (En points de pourcentage)".
  - "Graphique scénario 2. Scénarios favorable et défavorable : PIB réel mondial (Écart en pourcentage par rapport au scénario de référence)" — échelle illustrée de –6 à 6 pour les années 2020–2025.
- Source des simulations graphiques : FMI, simulations selon le modèle G-20.

*Source : CHAPITRE 1 — PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES, Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### 1. Scénario défavorable

### 1. Scénario défavorable

### Scénario 1 — trajectoire de la croissance et effets budgétaires
- La croissance s’accélère de ½ point de pourcentage en 2021 et atteint environ 1 point de pourcentage de plus en 2023.
- La reprise devient plus modérée en 2024, et la croissance est légèrement inférieure au niveau de référence en 2025.
- En 2025, le PIB mondial est supérieur d’environ 2 % au niveau de référence.
- L’amélioration de la croissance profite davantage aux pays émergents qu’aux pays avancés ; l’amélioration dans les pays émergents en 2025 est presque deux fois plus forte que dans les pays avancés.
- L’accélération de la croissance entraîne une amélioration de la situation budgétaire :
  - Les pays avancés comme les pays émergents voient leur ratio dette/PIB diminuer d’environ 5 points de pourcentage d’ici à la fin de la période considérée dans les Perspectives de l’économie mondiale.
  - Si les autorités budgétaires mettent fin aux mesures discrétionnaires plus rapidement que prévu dans le scénario de référence, le ratio dette/PIB pourrait s’améliorer encore davantage.

### Révision des parités de pouvoir d’achat (PPA) — encadré 1.1
- Le Programme de comparaison internationale (PCI) a publié de nouvelles PPA pour l’année de référence 2017 couvrant 176 pays.
- Les PPA révisées utilisées dans l’édition d’octobre 2020 des PEM sont basées sur les données 2011–17 de l’enquête 2017 du PCI, extrapolées en utilisant les taux de croissance des déflateurs relatifs du PIB.
- Les PPA servent à convertir différentes monnaies en une monnaie commune et égaliser leur pouvoir d’achat en éliminant les différences de niveaux de prix entre les pays.
- Effets principaux constatés :
  - La part des pays émergents et des pays en développement dans le PIB mondial augmente sur la période 2011–19 (colonnes 1 à 3 du tableau 1.1.1), tandis que celle des pays avancés diminue — constat similaire avec le PCI 2011 (colonnes 4 à 6).
  - Pour 2019, la part des pays avancés dans l’économie mondiale est désormais estimée à 43 %, contre 40 % selon le calcul précédent.
  - Les parts révisées montrent que la zone euro et les États-Unis ont des parts plus élevées en 2019 qu’auparavant.
  - Les révisions pour la Chine et l’Inde absorbent l’essentiel des variations plus faibles des pays émergents d’Asie et de l’ensemble des pays émergents et des pays en développement dans les nouvelles pondérations.
  - L’Amérique latine et les Caraïbes ainsi que les pays émergents d’Europe ont une pondération mondiale légèrement supérieure ; la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale affiche une pondération inférieure ; la pondération de l’Afrique subsaharienne reste pratiquement inchangée.
- Distinction importante :
  - En 2019, la part des pays émergents et des pays en développement dans le PIB mondial est de 57 % selon la PPA, mais de 41 % selon les taux de change du marché, illustrant un pouvoir d’achat international plus limité pour ces pays.
- Facteurs expliquant la révision :
  - Les nouveaux cycles du PCI apportent des données supplémentaires et actualisées; l’extrapolation depuis un cycle précédent peut ne pas refléter fidèlement les évolutions structurelles de certains pays (ex. évolution structurelle rapide de la Chine).
  - Les révisions de 2017 entraînent des variations des trajectoires des PPA sur 2011–17 par rapport aux extrapolations fondées sur PCI 2011.
- Exemple — Chine :
  - Dans le PCI 2017, le niveau des prix relatifs en Chine en 2019 est désormais plus élevé que dans les estimations précédentes.
  - La part de la Chine en PPA dans l’économie mondiale en 2019 est de 17,4 % (PCI 2017) contre 19,2 % (PCI 2011).

### Incidence des révisions des PPA sur la croissance globale — tableau 1.1.2
- Comparaison des agrégats (Mise à jour des PEM de juin 2020 révisées à l’aide du PCI 2017 vs PEM de juin 2020 fondées sur le PCI 2011) — taux de croissance du PIB réel (%)
  - PEM de juin 2020 révisées à l’aide du PCI 2017 :
    - Monde : 2011–17 = 3,6 ; 2018 = 3,5 ; 2019 = 2,8 ; 2020 = –5,2 ; 2021 = 5,4
    - Pays avancés : 2011–17 = 1,9 ; 2018 = 2,2 ; 2019 = 1,7 ; 2020 = –8,1 ; 2021 = 4,8
    - Pays émergents et pays en développement : 2011–17 = 5,0 ; 2018 = 4,5 ; 2019 = 3,6 ; 2020 = –3,1 ; 2021 = 5,8
  - PEM de juin 2020 fondées sur le PCI 2011 :
    - Monde : 2011–17 = 3,7 ; 2018 = 3,6 ; 2019 = 2,9 ; 2020 = –4,9 ; 2021 = 5,4
    - Pays avancés : 2011–17 = 1,9 ; 2018 = 2,2 ; 2019 = 1,7 ; 2020 = –8,0 ; 2021 = 4,8
    - Pays émergents et pays en développement : 2011–17 = 5,1 ; 2018 = 4,5 ; 2019 = 3,7 ; 2020 = –3,0 ; 2021 = 5,9
  - Écarts (en points de pourcentage) entre PCI 2017 et PCI 2011 :
    - Monde : –0,05 (2011–17), –0,08 (2018), –0,08 (2019), –0,24 (2020), –0,04 (2021)
    - Pays avancés : 0,00 (2011–17), 0,00 (2018), 0,00 (2019), –0,07 (2020), 0,04 (2021)
    - Pays émergents et pays en développement : –0,04 (2011–17), –0,03 (2018), –0,05 (2019), –0,13 (2020), –0,05 (2021)
- Conclusion : la pondération moindre des pays émergents d’Asie à croissance rapide et la pondération plus élevée des pays avancés selon le PCI 2017 impliquent une croissance mondiale calculée légèrement plus faible (par exemple, 2020 : –5,2 % avec PCI 2017 vs –4,9 % avec PCI 2011).

### Incidence de la COVID-19 sur la pauvreté, l’espérance de vie et les inégalités — encadré 1.2
- Effets projetés :
  - Le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté devrait augmenter considérablement en 2020, pour la première fois depuis plus de vingt ans.
  - Les inégalités de revenu dans les pays émergents et les pays en développement pourraient, en moyenne, revenir aux niveaux observés en 2008, annulant les progrès réalisés depuis la crise financière mondiale.
  - L’espérance de vie devrait moins varier, mais des risques de détérioration existent en raison de la fragilité des systèmes de santé et des interruptions des traitements pour d’autres maladies mortelles.
- Contexte avant la pandémie :
  - Au cours des deux décennies précédant la crise de la COVID-19, les pays émergents et les pays en développement ont connu une croissance moyenne de 4,1 % (2000–19), soit 1 point de pourcentage de plus que pendant 1980–99.
  - Croissance par habitant : 2,4 % en 2000–19 contre 1,0 % en 1980–99.
- Effet de la pandémie sur le PIB réel des pays émergents et des pays en développement :
  - Le PIB réel de ces pays devrait diminuer de 3,3 % en 2020.
- Progrès inclusifs réalisés avant la pandémie :
  - Part de la population vivant avec moins de 1,90 dollar par jour (PPA 2011) : 25 % en 2002 → 12 % en 2018 (en moyenne).
  - Le montant moyen du transfert monétaire annuel parfaitement ciblé nécessaire pour mettre fin à l’extrême pauvreté est passé de 240 à 184 dollars.
  - Forte convergence de l’espérance de vie : niveaux considérablement augmentés dans presque tous les pays émergents et pays en développement, augmentation plus forte pour les pays ayant une espérance de vie plus faible.
  - Progrès en matière de mortalité des moins de cinq ans, mortalité maternelle et accès à l’eau potable.
- Limites persistantes :
  - La diminution des inégalités de revenu a été lente : le coefficient de Gini a diminué de 3 points de pourcentage en moyenne (44 → 41) sur les deux dernières décennies.
  - Dans un tiers des pays en développement à faible revenu, les inégalités de revenus se sont accrues.
  - Ratio de Palma : le revenu total des 10 % les plus riches est deux fois plus élevé que le revenu total des 40 % les plus pauvres dans les pays émergents et pays en développement, contre 25 % en moyenne dans les pays avancés.
  - La part des jeunes inactifs (jeunes ni scolarisés ni employés) a oscillé autour de 20 %.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### 1. Réduction de la pauvreté

### ch1 - 1. Réduction de la pauvreté

### Progrès avant la pandémie
- Réduction de la pauvreté et allongement de l’espérance de vie observés depuis 2000 dans les pays émergents et les pays en développement.
- L’amélioration moyenne des conditions de vie dans 56 pays émergents et pays en développement entre 2002 et 2019 équivaut à une augmentation de 6% des niveaux de consommation annuels chaque année.
- Cette amélioration des conditions de vie s’explique presque entièrement par un allongement de l’espérance de vie.

### Incidence de la pandémie sur la pauvreté et l’espérance de vie
- La Banque mondiale estime que, par rapport aux projections antérieures, la pandémie de COVID-19 fera augmenter de 1,14 point de pourcentage la proportion mondiale de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour, ce qui représente une hausse de près de 90 millions du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (première augmentation depuis 1998).
- En ce qui concerne l’espérance de vie, l’incidence de la COVID-19 devrait être modérée, la charge de mortalité étant plusieurs fois moindre que dans les pays avancés étant donné que les populations sont plus jeunes (âge médian de 27 ans).

### Inégalités de revenu et distribution des effets de la crise
- Estimation parcimonieuse fondée sur la capacité à télétravailler :
  - Le coefficient de Gini moyen des pays émergents et des pays en développement augmenterait de 2,6 points de pourcentage pour atteindre 42,5, soit un niveau globalement comparable à celui de 2008.
  - La ligne verticale « pandémies précédentes » correspond à 1¼ % (sur la base des conclusions de Furceri et al. (2020) relatives à l’indice de Gini net).
- Les secteurs où le télétravail est plus facile à mettre en place ont perdu moins d’emplois entre février et mai 2020 aux États-Unis.
- Les effets sur les inégalités sont attendus beaucoup plus prononcés que par le passé, car la crise et les mesures d’endiguement touchent de manière disproportionnée les personnes les plus vulnérables.
- Les progrès en matière d’égalité femmes–hommes risquent de reculer nettement dans le contexte actuel.

### Bien-être au-delà du PIB
- Indicateur des conditions de vie (Jones et Klenow, 2016) combine : 1) consommation réelle par habitant ; 2) espérance de vie ; 3) temps de loisir ; 4) inégalités de consommation.
- En 2020, les conditions de vie pourraient connaître un recul d’une valeur supérieure à 8%, principalement en raison de la variation excessive des inégalités, selon des estimations parcimonieuses.

### PME : risques de liquidité et d’insolvabilité
- Méthode et données : analyse fondée sur Gourinchas et al. (2020) et les données Orbis concernant les PME de 21 pays (principalement pays avancés).
- Définition des risques :
  - Risque de liquidité : entreprise n’ayant pas suffisamment de liquidités à la fin de l’année 2020 pour couvrir dépenses opérationnelles et financières, en supposant qu’elle puisse renouveler les dettes arrivant à échéance mais ne puisse pas s’endetter davantage.
  - Risque d’insolvabilité : fonds propres effectifs projetés devenant négatifs à la fin de l’année 2020.
- Résultats clés :
  - Les entreprises en difficulté représentent de 9 à 13% de l’emploi total des PME (de l’échantillon), selon la mesure choisie (insolvabilité ou illiquidité).
  - Cela représente presque un doublement des emplois des PME menacés en raison de risques de liquidité (et une augmentation de 50% en raison de risques d’insolvabilité) par rapport à un scénario sans pandémie.
  - En choisissant l’illiquidité comme mesure, la part des emplois à risque grimpe à 30% dans le secteur des arts et spectacles et à 40% dans celui de la restauration et de l’hébergement et alimentation.

### Conclusions et orientations politiques
- La COVID-19 risque de contrecarrer les progrès en matière de réduction de la pauvreté et d’allongement de l’espérance de vie, et de creuser les écarts pour ce qui est des inégalités de revenu, de l’accès à l’enseignement et de l’égalité femmes–hommes.
- Les politiques de redistribution et les mesures visant à venir en aide aux personnes et aux entreprises touchées sont essentielles pour atténuer les effets négatifs considérables de la pandémie sur les inégalités et sur les conditions de vie en général.

*Source: ch1 - 1. Réduction de la pauvreté, Fonds monétaire international | Octobre 2020.*

### 2. Part des emplois menacés dans les PME en raison

### 2. Part des emplois menacés dans les PME en raison d’un manque de liquidités, par scénario et secteur

### Risque de faillite et d’insolvabilité pour les PME
- Forte augmentation des risques de faillite et d’insolvabilité justifiant une aide publique supplémentaire.
- L’ampleur du choc, l’incertitude quant à sa durée et les amplificateurs macrofinanciers associés aux faillites massives justifient un recours plus important que d’habitude à des mesures d’appui à la solvabilité.
- Nécessité de réduire les coûts juridiques et financiers des procédures de faillite pour atténuer les risques d’engorgement des tribunaux.

### Incidence comparée des mesures publiques (scénarios)
- Scénarios simulés : fournir à toutes les PME l’équivalent de 5 % de leurs recettes annuelles antérieures à la pandémie, sous forme de prêts publics, ou sous forme d’injections de fonds propres (ou d’actifs similaires).
- 5 % des recettes annuelles antérieures à la pandémie équivaut à plus de 4 % du PIB.
- Seules les injections de fonds propres (ou d’actifs similaires) réduiraient les risques d’insolvabilité et elles réduiraient en outre la part des emplois menacés de près de 3 points de pourcentage par rapport à la plage 1 du graphique 1.3.1.
- Le transfert monétaire est d’un montant similaire dans les deux scénarios, ce qui permet d’atténuer les risques de liquidité de manière tout aussi efficace dans un cas comme dans l’autre.
- Les injections de fonds propres entraînent des risques budgétaires plus élevés, en particulier si les entreprises font défaut, car les créances sur fonds propres (ou d’actifs similaires) seraient alors de rang inférieur par rapport aux créances sur dettes.

### Arbitrages et limites des politiques d’appui à la solvabilité
- Les pouvoirs publics font face à d’importants arbitrages : portée et rapport coût–efficacité de l’aide, minimisation des faillites injustifiées, limitation des coûts budgétaires, préservation des entreprises et des emplois, et réaffectation des ressources.
- Les injections de fonds propres dans les PME peuvent attirer non seulement les entreprises viables, mais aussi celles qui ne le sont pas et qui misent sur une « resurrection », ce qui pose des risques budgétaires.

### Options de politique recommandées
- Continuer d’aider les entreprises sur une plus longue période compte tenu de l’augmentation des risques et du frein à la reprise qui l’accompagne.
- Intervenir au moyen de fonds propres (ou d’actifs similaires), au moins dans les pays disposant d’un espace budgétaire suffisant.
- Pour les grandes entreprises : injections directes de fonds propres ou créances de rang inférieur assorties de garanties.
- Pour les PME : une combinaison entre des dons et une future hausse temporaire du taux d’imposition des sociétés aurait l’effet d’une injection de fonds propres ; cette démarche pourrait poser des problèmes d’administration fiscale et devrait être soigneusement calibrée.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020 — Chapitre 1, Encadré 1.3 (extrait)*

### 4. Indices des cours des métaux

### 4. Indices des cours des métaux

### Cadre de référence
- (1er janvier 2016 = 100)

### Figures et légendes
- 3. Perspectives des cours du Brent 2 (Dollars le baril)
- 2. Courbes des cours à terme du Brent 1 (Dollars le baril ; date d’expiration sur l’axe des abscisses)

*Source: ch1 - 4. Indices des cours des métaux (PDF chapter).*

### 1. Indices des cours des produits de base

### 1. Indices des cours des produits de base

### Pétrole : offre, demande et perspectives
- Réduction de la production journalière de pétrole brut aux États-Unis de « −2 millions de barils » (impact mentionné).
- Reprise des cours fin avril : remontée d’environ « 15 dollars » à plus de « 40 dollars le baril » début juin; en août, les cours demeuraient inférieurs d’environ « 25 dollars » aux cours de début janvier.
- Prévisions de la demande (Agence internationale de l’énergie) : diminution de « 8,1 millions de barils par jour » en 2020, pour s’établir à « 91,9 millions », puis augmentation de « 5,2 millions » en 2021. Révision à la hausse par rapport à la réduction de « 9,3 millions de barils par jour » prévue en avril pour 2020.
- Hypothèses de référence (fondées sur les cours à terme) : cours annuel moyen du baril de « 41,7 dollars » en 2020 (−32% par rapport à 2019) et « 46,7 dollars » en 2021 pour le cours au comptant moyen établi par le FMI.
- Scénarios de risque :
  - Risques haussiers : aggravation géopolitique au Moyen-Orient; endiguement plus rapide de la pandémie; réduction excessive des investissements en amont; nouvelles faillites dans le secteur de l’énergie.
  - Risques baissiers : nouveau ralentissement de l’activité économique mondiale; importance persistante des stocks; accélération de la production hors OPEP+; normalisation plus rapide de la production libyenne; échec de l’accord OPEP+.
- À moyen et long terme : mesures mondiales visant à abaisser les émissions de CO2 susceptibles de réduire la demande de pétrole.

### Gaz naturel et charbon — prix, stocks et dynamique récente
- Gaz naturel : cours au comptant proches de leurs niveaux les plus bas ces derniers mois en raison de stocks substantiels (hiver peu rigoureux, faible demande, cours pétroliers modérés).
- Torchage lié à l’extraction : équivalent de « 400 tonnes métriques de dioxyde de carbone (CO2) » en 2019 (record depuis 2009 selon la Banque mondiale).
- Fin août : hausse des cours du gaz naturel due à une augmentation attendue de la demande hivernale, incertitude d’approvisionnement en Asie et facteurs techniques de négociation.
- Charbon : pression baissière notable sur les cours en concurrence avec le gaz naturel pour la production d’électricité; perturbations en Afrique du Sud et forte demande des industriels indiens ont soutenu les cours du charbon sud-africain; restrictions d’importation chinoises apparentes et projet japonais de suppression progressive des centrales au charbon inefficaces d’ici « 2030 » ont pesé sur les cours australiens.
- Graphiques et mesures de marché indiquent des inquiétudes relatives à la demande à moyen terme (contrastes sur les plages de scénario de cours).

### Métaux : variations des cours et prévisions
- Entre février et août 2020 : hausse des cours des métaux de base de « 18,2% ».
- Mécanismes : atonie industrielle mondiale au T1 2020; ruptures d’approvisionnement liées à la COVID-19; regain d’activité industrielle en Chine (pays représentant la moitié de la demande de métaux de base); mesures de relance et euphorie boursière.
- Performances par métal (février–août 2020) :
  - Minerai de fer : hausse record de « 37,0% » sur l’année.
  - Cuivre : augmentation de « 14,4% ».
  - Aluminium : « +3,0% ».
  - Nickel : hausse de « 14,6% ».
  - Cobalt : chute de « 1,9% ».
- Indices prévus :
  - Indice annuel des cours des métaux de base (FMI) : progression moyenne de « 0,8% » en 2020 et de « 3,0% » en 2021.
  - Indice des métaux précieux : augmentation de « 28,4% » en 2020 et de « 10,4% » en 2021 (soutenue par incertitude mondiale et politiques monétaires accommodantes).
- Principaux risques : seconde vague de COVID-19; maintien d’une demande soutenue en Chine; tensions Chine–États-Unis pouvant pousser à la baisse les cours (ces risques l’emportent largement sur le risque de perturbations d’offre dans les pays producteurs).

### Denrées alimentaires : évolutions et perspectives
- Indice des cours des aliments et boissons (FMI) : augmentation de « 0,7% » reflétant effets régionaux et par produit.
- Tendance initiale : baisse de la demande de matières premières agricoles et d’aliments pour animaux en raison du ralentissement d’activité lié à la COVID-19; importance des stocks mondiaux et effondrement initial des cours du pétrole ont conduit les cours de la plupart des cultures de base à ne pas varier ou à baisser.
- Viande : indice des cours de la viande en recul de « 7,1% » par rapport au niveau de référence d’avril; prix de gros de la viande porcine baissés de « 4,5% » après fermetures d’usines de transformation aux États-Unis, créant un écart entre prix de gros et de détail.
- Céréales et huiles :
  - Riz : cours en hausse de « 12,6% ».
  - Maïs : cours en baisse de « 13,0% », atteignant en mai leur niveau le plus bas depuis « 10 ans ».
  - Soja : baisse de « 13,0% » début février (achats chinois augmentés en juin selon l’accord commercial 2020).
- Prévisions : cours des denrées alimentaires devraient progresser de « 0,4% » en glissement annuel en 2020, puis de « 4,3% » en 2021, en raison d’une offre (par exemple viande) qui diminuera (retards probables dans la chaîne d’approvisionnement).
- Risques de révision à la hausse : perturbations logistiques; restrictions à l’exportation imposées par de gros exportateurs; regain de tensions entre États-Unis et Chine pouvant perturber le commerce et modifier les prix régionaux.

### Charbon : utilisation, historique et rôle actuel
- Rôle historique : charbon utilisé depuis la révolution industrielle; a stimulé industrialisation et urbanisation; a contribué à inverser la déforestation excessive en Europe.
- Déclin et renaissance :
  - Déclin après les années 1930 avec substitution par pétrole puis gaz naturel.
  - Reprise partielle dans les années 70 due à : 1) sécurité énergétique (chocs pétroliers 1973 et 1979), 2) part croissante de l’électricité dans les utilisations finales, 3) croissance économique rapide dans les pays émergents.
  - Contribution de la Chine et de l’Inde à l’envolée de la demande au début du XXIe siècle.
- Partage de la consommation mondiale : cinq plus gros consommateurs (Chine, Inde, États-Unis, Russie et Japon) représentent « 76,7% » de la consommation mondiale.
- Répartition par pays : environ la moitié du charbon mondial est consommée par la Chine; pays émergents représentent « 76,8% » de la consommation de charbon; utilisations industrielles représentent environ « 20% » de la consommation totale (tableau 1.DS.1).
- Tableaux de consommation par secteur (en pourcentage) :
  - OCDE : Production d’électricité « 20,1 », Industrie « 2,2 », Autres « 0,9 », Total « 23,2 ».
  - Hors OCDE : Production d’électricité « 50,7 », Industrie « 19,4 », Autres « 6,7 », Total « 76,8 ».
  - Total mondial : Production d’électricité « 70,8 », Industrie « 21,6 », Autres « 7,6 », Total « 100,0 ».

### Coûts externes du charbon : santé, environnement et émissions de carbone
- Impact sanitaire et environnemental : centrales thermiques au charbon rejettent dioxyde de soufre, oxyde d’azote, particules et mercure affectant santé humaine et environnement.
- Exemples historiques : grand smog de Londres (5–9 décembre 1952) — rapports médicaux gouvernementaux évoquant « 4 000 » décès directs et « 100 000 » personnes tombées malades.
- Intensité carbone :
  - Charbon brûlé pour chaleur et électricité a une intensité en carbone « 2,2 fois » supérieure à celle du gaz naturel.
  - Contribution du charbon aux émissions : environ « 44% » de l’ensemble des émissions de CO2 et « 72% » de l’ensemble des émissions du secteur de l’électricité (données AIE citées).
- Réglementation et substitution : adoption de techniques de dépollution (épurateurs) depuis années 80–90; déploiement progressif du nucléaire, hydroélectricité, gaz naturel et énergies renouvelables pour remplacer le charbon.

### Réduction de la dépendance au charbon : rythme et expériences nationales
- Pic et déclin : consommation de charbon par habitant a déjà atteint son pic dans « 73 » des « 84 » pays dont la part du charbon dans la consommation d’énergie totale a franchi à un moment donné le seuil de « 5% ».
- Baisse moyenne mesurée dans ces pays : « 2,3% » par an entre « 1971 » et « 2017 ».
- Observation sectorielle : dans les pays avancés, la demande de charbon est essentiellement liée à la production d’électricité; absence de solutions économiques compétitives pour remplacer le charbon à coke dans certaines industries (sidérurgie, ciment).
- Électrification : rôle de l’électricité progresse — en « 2017 » la production d’électricité représentait environ « 41% » de la demande totale d’énergie contre « 26% » en « 1971 ».

*Fonds monétaire international — Extraits de la section « Dossier spécial — Marchés des produits de base : évolution et prévisions », PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE, Octobre 2020.*

### 2015. Le reste correspond aux émissions produites par l’agriculture, la

### ch1 - 2015. Le reste correspond aux émissions produites par l’agriculture, la

### Panorama énergétique et rôle du charbon
- Une fois atteint le pic de consommation par habitant, il faut donc en moyenne 43 ans pour sortir du charbon.
- La comparaison par groupe de revenu (tableau 1.DS.2) met en lumière des différences marquées :
  - Pays à faible revenu — Biomasse : 80,8 ; Charbon : 2,3 ; Pétrole brut : 13,3 ; Gaz naturel : 0,9 ; Hydroélectricité : 2,8 ; Énergies renouvelables : 1,6 ; Nucléaire : 0,0 (en pourcentage).
  - Pays à revenu intermédiaire, tranche inférieure — Biomasse : 26,2 ; Charbon : 26,9 ; Pétrole brut : 26,6 ; Gaz naturel : 14,4 ; Hydroélectricité : 1,8 ; Énergies renouvelables : 2,3 ; Nucléaire : 1,8.
  - Pays à revenu intermédiaire, tranche supérieure — Biomasse : 5,2 ; Charbon : 40,9 ; Pétrole brut : 25,0 ; Gaz naturel : 21,5 ; Hydroélectricité : 3,4 ; Énergies renouvelables : 1,4 ; Nucléaire : 2,5.
  - Pays à revenu élevé — Biomasse : 5,7 ; Charbon : 15,8 ; Pétrole brut : 36,6 ; Gaz naturel : 29,0 ; Hydroélectricité : 2,1 ; Énergies renouvelables : 1,6 ; Nucléaire : 9,2.
  - Monde — Biomasse : 12,9 ; Charbon : 28,0 ; Pétrole brut : 29,9 ; Gaz naturel : 23,3 ; Hydroélectricité : 2,6 ; Énergies renouvelables : 1,6 ; Nucléaire : 1,6.
- Hypothèse de l’échelle de qualité : à mesure que le revenu augmente, les sources d’énergie sont choisies aussi pour le rendement, la commodité, le faible impact environnemental et la sécurité. Classement évoqué : biocarburants bas de l’échelle ; charbon, pétrole et hydroélectricité au niveau intermédiaire ; nucléaire, gaz naturel et énergies renouvelables en haut de l’échelle.
- Le coût marginal d’exploitation d’une centrale au charbon reste l’un des moins élevés, ce qui alimente la présence du charbon dans le bouquet énergétique des pays à revenu intermédiaire.

### Analyse empirique — relation revenu et dépendance au charbon
- Relation observée entre le revenu et la part du charbon : relation en « U » inversé.
  - Le charbon atteint sa part maximale à un niveau de revenu de 9 600 dollars par habitant.
- Effets estimés (spécification principale, période 1971–2017) :
  - Le revenu par habitant a contribué à abaisser la part du charbon de 6,4 points aux États-Unis et de 5,2 points au Japon.
  - Le revenu par habitant a contribué à relever la part du charbon de 12,2 points en Inde et de 11,3 points en Chine.
- La dotation énergétique (potentiel hydroélectrique, réserves de charbon) joue un rôle quantitatif important, plus marqué que la part du secteur manufacturier et la réglementation environnementale (effets constatés minimes).
- Hivers plus rigoureux associés à une consommation accrue de charbon.
- Relation entre consommation de charbon par habitant et revenu : relation en « S ».
  - La croissance de la consommation de charbon s’accélère quand le revenu est faible, culmine au niveau de revenu intermédiaire et se stabilise ensuite.
  - Le point d’inflexion de la dépendance absolue (après lequel la consommation décline) se situe entre 35 000 et 39 000 dollars.
- Comparaison des points d’inflexion :
  - Le point d’inflexion relatif (part) précède le point d’inflexion absolu (par habitant).
  - Si le revenu par habitant progresse de 4 percent par an, il faut encore 33 ans pour passer du point d’inflexion relatif au point d’inflexion absolu.
- Durée estimée pour éliminer le charbon une fois sa part maximale atteinte :
  - En combinant le rythme de déclin moyen et l’intervalle entre les pics, il faut en moyenne 76 ans pour éliminer le charbon.
  - Le Royaume‑Uni a mis près de 100 ans pour éliminer le charbon.
  - En Chine, où la part du charbon a culminé en 2013, cela signifie encore au moins 38 ans de consommation de charbon au rythme actuel.

### Transitions récentes et effets du COVID‑19
- Exemples récents de sortie rapide du charbon (Tableau 1.DS.3 — réduction sur 5 ans, part initiale, substitut principal) :
  - Royaume‑Uni 2018 — Réduction sur 5 ans : –12,4% ; Part initiale : 17,0 ; Substitut principal : Gaz naturel.
  - Israël 2018 — –9,4% ; 29,8 ; Gaz naturel.
  - Grèce 2018 — –8,9% ; 29,9 ; Gaz naturel.
  - Kazakhstan 2016 — –8,1% ; 51,3 ; Gaz naturel.
  - Espagne 2010 — –6,8% ; 12,8 ; Mixte.
  - Australie 2014 — –6,5% ; 39,7 ; Gaz naturel.
  - Portugal 2010 — –6,3% ; 13,5 ; Gaz naturel.
  - Chine 2017 — –6,2% ; 69,7 ; Mixte.
  - Danemark 2018 — –5,9% ; 15,7 ; Biocarburants.
  - Ukraine 2017 — –5,8% ; 35,8 ; Nucléaire.
  - États‑Unis 2018 — –5,3% ; 19,6 ; Gaz naturel.
  - Note : Mixte = gaz naturel, nucléaire et énergies renouvelables.
- Impact du COVID‑19 :
  - La pandémie a entraîné une réduction très sensible de la consommation de charbon dans de nombreux pays.
  - Les coûts marginaux des énergies renouvelables étant extrêmement bas, le gaz naturel et le charbon ont représenté l’essentiel de la baisse de la production électrique.
  - Dans certaines régions, cela s’est traduit par une part record des énergies renouvelables dans la production d’électricité.
  - Toutefois :
    - La pression à la baisse sur les cours du gaz naturel a été encore plus puissante que sur le charbon, notamment en raison du manque de sites de stockage.
    - Là où la demande d’électricité a redémarré, la consommation de charbon a repris.
  - Conséquences potentielles :
    - Si la baisse de la demande d’électricité devient plus permanente, les centrales au charbon existantes devraient être moins utilisées, incitant à les fermer en particulier dans les pays avancés.
    - Dans les pays émergents, la demande d’électricité devrait encore augmenter fortement, et une baisse des cours du charbon et des prix de gros de l’électricité pourrait ralentir l’investissement dans les énergies renouvelables, au profit du charbon.

### Facteurs de persistance du charbon et implications politiques
- Raisons principales de la persistance du charbon :
  - Difficulté à substituer le charbon dans l’industrie ; le charbon industriel représente toujours 33 percent de la consommation de charbon dans les pays émergents.
  - Les centrales au charbon sont des actifs à long terme, avec une durée de vie spécifiée d’au moins 30 à 40 ans ; le rythme d’obsolescence est très bas en l’absence de variations importantes du coût moyen actualisé de l’électricité issue de sources renouvelables ou de mesures publiques fortes.
- Exemple de politique publique efficace :
  - Royaume‑Uni : introduction en 2013 d’un soutien au prix du carbone (taxe payée par les entreprises qui produisent de l’électricité à partir de combustibles fossiles), initialement fixée à 9 livres par tonne métrique de CO2, progressivement multipliée par deux, à 18 livres ; cela s’ajoute au système européen d’échange de quotas d’émission.
  - Le Royaume‑Uni a enregistré l’une des baisses les plus rapides de la consommation de charbon entre 2013 et 2018, avec remplacement par le gaz naturel.
- Autres facteurs politico‑économiques :
  - La variation de la dépendance au charbon reste largement inexpliquée ; facteurs d’économie politique peuvent conduire des choix énergétiques divergents.
  - Dans certains pays, les réserves de charbon valent en valeur plusieurs fois le PIB national, augmentant le risque d’actifs devenant inexploitables.
  - Des intérêts puissants dans le secteur minier des grands pays consommateurs et producteurs de charbon (notamment Chine et Inde) pourraient retarder la sortie du charbon.

_© Fonds monétaire international | Octobre 2020_

### Conclusion

### Conclusion

### Réduction des émissions liées au charbon et transition électrique
- Réduire les émissions de carbone liées au charbon contribuerait considérablement à la lutte contre les changements climatiques.
- La décarbonation du secteur de la production d’électricité amplifierait les avantages d’une transition mondiale vers les véhicules électriques et, plus largement, la mobilité électrique, puisque les nouveaux véhicules utiliseraient une électricité à faible émission de carbone.
- La sortie du charbon démarre généralement dans les pays à revenu élevé et elle n’est effective qu’au bout de plusieurs décennies.
- La pandémie a pu freiner la consommation de charbon, mais ce n’est sans doute que temporaire.
- Les pays qui viennent d’atteindre ou n’ont pas encore atteint leur pic de consommation par habitant (dont la Chine, l’Inde et l’Indonésie) représentent la majeure partie de la consommation mondiale de charbon; il faudra donc des années pour que cette consommation diminue si aucune mesure notable n’est prise par les autorités.

### Substituts, intermittence et rôle du gaz naturel
- De nouvelles baisses considérables du prix des substituts à faible émission de carbone (solaire, éolien, par exemple) pourraient être utiles.
- Pour éviter le problème de l’intermittence des sources renouvelables, le gaz naturel (plus proche substitut du charbon) pourrait être nécessaire, même si la demande d’électricité ne remonte pas à ses niveaux prépandémiques.
- Le caractère intermittent des sources renouvelables, en particulier quand leur taux de pénétration dans le système électrique est élevé, reste problématique et pourrait contraindre à continuer d’utiliser du charbon pour produire de l’électricité dans certaines régions.

### Captage et stockage du carbone (CSC) et tarification du carbone
- Les technologies de captage et de stockage du carbone peuvent être une solution viable, mais:
  - En l’absence de tarification substantielle du carbone, la mise à niveau des centrales existantes et la construction de nouvelles centrales équipées de ces technologies coûtent cher à l’heure actuelle (pour une analyse détaillée des avantages de la tarification du carbone, voir FMI, 2019).
  - Certains considèrent que les coûts d’opportunité des émissions de CO2 associés à de nouveaux investissements dans le CSC pourraient être importants, car les technologies éprouvées comme l’éolien et le solaire peuvent déjà être utilisées pour diminuer les émissions de carbone (voir par exemple Jacobson, 2020).
- Il serait toutefois judicieux de multiplier les stratégies d’atténuation et d’investir dans ces stratégies, compte tenu des limites d’intégration des renouvelables.

### Opportunités liées à la crise du COVID-19 et rôle de la coopération internationale
- Le déclin du charbon pourrait être accéléré si les autorités étaient prêtes à indemniser les acteurs pénalisés par la sortie progressive du charbon et voyaient dans la pandémie de COVID-19 une occasion de progresser plus vite dans ce domaine.
- Dans les pays émergents, le degré de maintien du charbon peut diminuer si l’on réduit les obstacles à l’investissement dans les énergies renouvelables.
- La communauté internationale peut:
  - fournir une assistance financière et technique (à l’édification de réseaux alimentés par intermittence en électricité renouvelable), et
  - limiter le financement de nouvelles centrales au charbon, tout au moins quand d’autres solutions sont disponibles.

### Bilan des émissions mondiales en 2019 et impact de la pandémie en 2020
- Mise à jour de l’évaluation des émissions mondiales de carbone présentée dans les Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2019:
  - Les chiffres les plus récents pour la fin de 2019 montrent que les émissions mondiales ont augmenté de moins de 0,5 %, après un rebond alarmant de plus de 2 % en 2017 et 2018.
  - La Chine demeure l’un des principaux moteurs de la croissance des émissions et son influence s’est renforcée en 2019, après une période de déclin progressif.
  - La contribution de l’Inde et d’autres pays émergents a considérablement diminué en 2019 et les émissions ont baissé dans l’ensemble des pays du Groupe des Sept.
- Le recul des émissions mondiales en 2019 résulte principalement d’une chute de l’intensité énergétique et d’une moindre croissance des revenus; la décarbonation (éolien, solaire, gaz naturel remplaçant le charbon) a continué à jouer un rôle d’atténuation.
- En 2020, la pandémie de COVID-19 et les confinements feront sans doute chuter les émissions, même si l’essentiel de la baisse sera probablement transitoire, le temps que la croissance économique mondiale revienne à la normale.
- Les autorités devraient profiter de la crise pour investir dans une croissance plus verte axée sur une réduction permanente des émissions (Georgieva, 2020).

*Encadré rédigé par Claire Li et Nico Valckx. Source : ch1 - Conclusion, Fonds monétaire international, Octobre 2020.*

---


_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2020/october/french/ch1.pdf_
