## PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE ASCENSION LONGUE ET DIFFICILE

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### Perspectives à court terme
- Contraction mondiale prévue de 4,4 % en 2020, moins grave que dans la Mise à jour des PEM de juin 2020.
- Croissance mondiale estimée à 5,2 % en 2021, un peu moins que dans la Mise à jour des PEM de juin 2020.
- Niveau du PIB mondial en 2021 attendu dépasser celui de 2019 de 0,6 %.
- Révision due à des chiffres du PIB au deuxième trimestre meilleurs que prévu, reprise plus forte au troisième trimestre et redressement plus rapide de la Chine.
- Projections impliquent de larges écarts de production négatifs et des taux de chômage élevés en 2020 et en 2021, dans les pays avancés comme dans les pays émergents.

### Perspectives à moyen terme
- Croissance mondiale prévue ralentir progressivement à environ 3,5 % à moyen terme après le rebond de 2021.
- La trajectoire 2020–25 ne serait que partiellement rattrapée par rapport aux prévisions d’avant la pandémie.
- Conséquences sociales et humaines :
  - Près de 90 millions de personnes pourraient tomber cette année en dessous du seuil de privation extrême, qui est de 1,90 dollar par jour.
  - Les fermetures d’écoles risquent de nuire gravement à l’accumulation de capital humain.
- Effets durables sur le potentiel de production : coûts d’ajustement et incidences sur la productivité pour les entreprises survivantes, amplification du choc par des faillites d’entreprises, réaffectation coûteuse des ressources entre secteurs, découragement et retrait de travailleurs de la population active.
- Accroissement attendu de l’encours de dette souveraine et base imposable réduite à moyen terme.

### Hypothèses clés des projections
- Maintien des mesures de distanciation physique jusqu’en 2021, atténuation ensuite avec l’élargissement de la couverture vaccinale et l’amélioration des traitements.
- Transmission locale ramenée partout à de faibles niveaux d’ici la fin 2022.
- Séquelles durables supposées liées à l’ampleur de la récession et aux mutations structurelles imposées par la pandémie.

### Risques et scénarios
- Degré d’incertitude inhabituellement élevé, lié à des facteurs de santé publique et économiques.
- Principales sources d’incertitude :
  - Trajectoire de la pandémie, riposte sanitaire et perturbations de l’activité intérieure.
  - Ampleur des répercussions mondiales de la faiblesse de la demande, de la morosité du tourisme et de la diminution des envois de fonds.
  - État d’esprit des marchés financiers et implications pour les flux mondiaux de capitaux.
  - Degré de dégradation du potentiel de l’offre selon la persistance du choc et l’efficacité des ripostes publiques.
- Scénarios favorables :
  - Avancées rapides en matière de vaccins et traitements et changements sur les lieux de travail pourraient permettre un retour plus rapide aux niveaux d’avant la pandémie.
  - Prolongation jusqu’en 2021 des contre-mesures budgétaires pourrait amener la croissance à dépasser les prévisions.
- Scénarios défavorables :
  - Retour en force du virus, progression plus lente de la recherche de traitements et vaccins, ou accès inégal entraînant une activité inférieure aux attentes.
  - Multiplication des faillites aggravant pertes d’emplois et de revenus.
  - Dégradation de l’état d’esprit des marchés financiers entraînant un arrêt brutal du crédit pour les pays vulnérables.
  - Répercussions transfrontalières de l’affaiblissement de la demande extérieure amplifiant les chocs nationaux.

### Priorités et orientations de politique économique
- Objectif : soutenir l’économie à court terme tout en plaçant les pays sur une trajectoire de croissance plus forte, équitable et résiliente.
- Règles pour les mesures fiscales et budgétaires :
  - Privilégier les initiatives qui relèvent le potentiel de production, assurent une croissance participative et protègent les groupes vulnérables.
  - Financer des projets d’investissement dans la santé, l’éducation, et des infrastructures à fort rendement réduisant la dépendance au carbone.
  - Investir dans la recherche pour faciliter l’innovation et l’adoption des technologies.
  - Préserver les dépenses sociales essentielles pour protéger les plus vulnérables et soutenir l’activité à court terme.
  - Respecter des normes strictes de transparence en matière de dette pour éviter des difficultés de refinancement et l’augmentation des primes de risque souverain.
- Ajustements budgétaires et fiscaux :
  - Suspension temporaire des règles budgétaires entravant l’action, conjuguée à un engagement de consolidation progressive après la crise.
  - Prioriser la lutte contre la crise et réduire les subventions mal ciblées pour dégager des marges.
  - Allonger les échéances de la dette publique et s’assurer de taux d’intérêt bas lorsque possible.
  - Envisager, si nécessaire, d’augmenter les impôts progressifs ciblant les particuliers mieux nantis et les secteurs moins touchés (notamment taux des tranches supérieures de revenu, immobilier de luxe, gains en capital et patrimoine) et aménager la fiscalité des entreprises pour aligner l’impôt sur la rentabilité.
  - Coopérer pour élaborer une fiscalité internationale des entreprises adaptée à l’économie numérique.

### Politiques de santé publique et de marché du travail
- Garantir que les systèmes de santé disposent de ressources suffisantes et prioriser les dépenses pour le dépistage, le suivi des contacts, le matériel de protection individuelle, les équipements de secours et les installations hospitalières.
- Les pays avec une augmentation continue des infections doivent endiguer la pandémie par des mesures d’atténuation ralentissant la transmission ; les mesures de confinement sont efficaces pour diminuer les infections.
- Politiques économiques complémentaires :
  - Amortir les pertes de revenu des personnes et sociétés touchées.
  - Soutenir le redéploiement des ressources des secteurs reposant sur de nombreux contacts.
  - Mettre en place des programmes de reconversion et de requalification pour faciliter la transition des travailleurs.
  - Fournir une aide au revenu durable pendant la période de reconversion et de recherche d’emploi.
  - Utiliser des ripostes accommodantes et de large portée sur les plans monétaire et budgétaire, si l’espace budgétaire le permet.

### Sortie des aides et relance verte
- À la réouverture des économies, supprimer progressivement les aides ciblées et libérer des ressources pour l’investissement public.
- Redéployer certains fonds vers :
  - Investissement public dans les énergies renouvelables.
  - Amélioration de l’efficience du transport de l’électricité.
  - Rénovation de bâtiments pour réduire leur empreinte carbone.
- Compenser le retrait des « bouées de sauvetage » par des dépenses sociales comblant les lacunes des dispositifs de protection sociale (congés familiaux, congés de maladie, assurance chômage, couverture des soins de santé).
- Maintien d’une politique monétaire accommodante pendant la transition là où les anticipations inflationnistes sont ancrées.

### Coopération multilatérale et actions globales
- Priorité à un effort multilatéral pour financer des engagements d’achat de vaccins en phase d’essai, afin d’intensifier la production et la distribution mondiale de doses à des prix abordables, par exemple en soutenant des initiatives multilatérales comme la CEPI et GAVI.
- Aide urgente aux pays aux capacités médicales limitées : matériel, savoir-faire, allégement de la dette, dons et financements concessionnels.
- Lorsque la dette doit être restructurée, emprunteurs et créanciers doivent convenir rapidement de modalités acceptables.
- Le dispositif mondial de sécurité financière peut aider à compléter des financements extérieurs insuffisants.
- Depuis le début de la crise, le FMI a fourni des financements à quelque 80 pays, à une vitesse record.
- Action conjointe requise pour désamorcer les tensions commerciales et technologiques et remédier aux lacunes du système commercial multilatéral, notamment en matière de commerce de services.
- Action climatique coordonnée :
  - Combinaison d’une hausse régulière des prix du carbone et du développement de l’investissement vert.
  - Ensemble d’atténuation adopté largement peut accroître l’activité mondiale à court terme via l’investissement dans les infrastructures écologiques et donner un fort coup d’accélérateur aux revenus dans la deuxième moitié du siècle.
  - Amélioration immédiate de la santé publique dans de nombreux pays grâce à la diminution de la pollution atmosphérique locale.
- Renforcement des défenses contre les crises sanitaires : augmenter les réserves d’équipements de protection, financer la recherche, assurer une aide adéquate et constante aux pays aux capacités limitées, avec le concours d’organisations internationales.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

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