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### Introduction — objectifs, données et approche
- Objectif : évaluer dans quelle mesure la contraction économique provient des confinements imposés par les autorités vs. de la distanciation volontaire des agents.
- Échantillon : jusqu’à 52 pays avancés, pays émergents et pays en développement.
- Indicateurs et périodisation :
  - Indice de sévérité du confinement (moyenne en 2020 : S1) construit à partir du COVID-19 Government Response Tracker (Oxford).
  - Pour le PIB, la consommation et l’investissement : données du premier semestre de 2020 (2020 : S1).
  - Pour indicateurs mensuels : analyse sur les trois premiers mois après les 100 premiers cas confirmés de COVID‑19.
  - Régressions tenant compte du logarithme des cas normalisés par population ; intervalles de confiance présentés à 90 %.

### Principales constatations empiriques — confinement, mobilité et emploi
- Relation confinement–activité :
  - Corrélation transversale : pays avec confinements plus stricts ont connu contractions de PIB plus fortes par rapport aux prévisions antérieures à la pandémie.
  - Contribution relative : confinements et distanciation volontaire ont joué des rôles pratiquement comparables dans la récession.
- Mobilité (Google Community Mobility Reports) :
  - Un confinement total provoque généralement une réduction de la mobilité d’environ 25 percent dans un délai d’une semaine.
  - Un doublement des cas quotidiens de COVID‑19 réduit la mobilité d’environ 2 percent.
  - Un assouplissement du confinement a des effets positifs sur la mobilité, mais moindres qu’un renforcement.
- Offres d’emploi (Indeed, 22 pays) :
  - Renforcement du confinement et hausse des cas ont un effet négatif significatif sur les offres d’emploi.
  - Secteurs à contacts élevés (hôtellerie, restauration, soins à la personne) ont vu les offres chuter avant les interdictions de sortie.
- Effets inégaux :
  - Données Vodafone (pays européens) : confinement réduit davantage la mobilité des femmes que des hommes, particulièrement lorsque les établissements scolaires ferment (effet supplémentaire ≈ 2 percent pour les femmes 25–44 ans).
  - Les jeunes (18–24, 25–44) subissent une réduction de mobilité plus marquée que les personnes de 65 ans et plus.

### Confinements et infections — efficacité et temporisation
- Effet épidémiologique :
  - Un confinement strict entraîne une réduction cumulative des contaminations d’environ 40 percent au bout de 30 jours.
  - L’effet sur les cas confirmés se manifeste généralement après au moins deux semaines.
  - Les confinements sont plus efficaces s’ils sont instaurés tôt dans l’épidémie.
- Non-linéarité :
  - Mesures complémentaires ont effets marginaux décroissants sur la mobilité si l’indice de sévérité est déjà élevé.
  - Les confinements deviennent progressivement plus efficaces pour réduire les cas lorsqu’ils atteignent un seuil de rigueur ; confinements modérés peuvent ne pas réduire sensiblement les contaminations.

### Conséquences pour la reprise — rôle de la distanciation volontaire
- Implication : si la distanciation volontaire reste importante, un déconfinement seul ne ramènera pas rapidement l’activité au niveau potentiel.
- Recommandation : ne pas retirer prématurément le soutien public et renforcer les mesures permettant d’exercer l’activité tout en limitant les contacts (paiements sans contact, télétravail, dépistage et traçage, port du masque).

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### Scénarios macroéconomiques et risques globaux
- Scénario de référence (PEM, octobre 2020) — hypothèses épidémiologiques :
  - Distanciation physique maintenue jusqu’en 2021, transmission locale ramenée partout à de faibles niveaux d’ici fin 2022.
  - Appui budgétaire mondial pris en compte : 6 000 milliards de dollars annoncés/appliqués jusqu’ici.
  - Prix au comptant moyens du pétrole : 41 dollars le baril en 2020; 43,8 dollars le baril en 2021; puis convergence vers ≈ 48 dollars.
- Projections globales clés :
  - Croissance mondiale : –4,4 percent en 2020; 5,2 percent en 2021.
  - Commerce mondial (volume) : –10,4 percent en 2020; 8,3 percent en 2021.
  - Prix du baril (FMI hypothèses) : 41,69 dollars en 2020; 46,70 dollars en 2021.
  - LIBOR six mois en dollars : 0,7% en 2020; 0,4% en 2021.
  - Taux dépôt trois mois en euros : –0,4% en 2020; –0,5% en 2021.
  - Taux dépôts six mois Japon : 0,0% en 2020 et 2021.
- Scénarios alternatifs :
  - Scénario favorable : progrès rapides sur vaccins/traitements, vaccins déployés tôt et largement → croissance > prévisions.
  - Scénario défavorable : endémicité plus longue, progrès plus lents sur vaccins/traitements, accès inégal aux vaccins, multiplication des faillites, resserrement financier → croissance inférieure de près de 3 points en 2021 vs référence; à long terme, niveau du PIB mondial inférieur d’environ 1,5% au niveau de référence en 2025.

### Risques majeurs identifiés
- Retour en force du virus et accessibilité inégale aux vaccins.
- Arrêt brutal du crédit pour pays vulnérables, pénuries de liquidités, faillites massives.
- Intensification des troubles sociaux et tensions géopolitiques.
- Incertitude sur la trajectoire des politiques commerciales et technologiques.

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### Pays avancés et pays émergents — pertes de production, pauvreté et dette
- Pertes de production et cicatrices structurelles :
  - Pays avancés et pays émergents subiront pertes notables vs trajectoire pré-pandémie; potentiel de l’offre durablement éprouvé.
  - Séquelles incluent faillites, coûts d’ajustement, retrait de travailleurs découragés.
- Pauvreté et inégalités :
  - Près de 90 millions de personnes pourraient tomber en 2020 sous le seuil de privation extrême de 1,90 dollar par jour.
  - Augmentation prévue de l’incidence de l’extrême pauvreté pour la première fois depuis plus de deux décennies.
  - Coefficient de Gini moyen des pays émergents et en développement pourrait augmenter de 2,6 points pour atteindre 42,5 en 2020 (estimation parcimonieuse).
- Projections par groupe (extraits) :
  - Pays émergents et pays en développement : –3,3 percent en 2020; 6,0 percent en 2021.
  - Hors Chine : –5,7 percent en 2020; 5,0 percent en 2021.
  - Chine : 1,9 percent en 2020; 8,2 percent en 2021.
  - Inde : –10,3 percent en 2020; 8,8 percent en 2021.
  - Pays en développement à faible revenu : –1,2 percent en 2020; 4,9 percent en 2021.
- Dette souveraine :
  - Ratio dette/PIB des pays avancés : augmentation d’environ 20 points de pourcentage pour atteindre ≈125% du PIB d’ici fin 2021.
  - Ratio dette/PIB des pays émergents et en développement : augmentation >10 points de pourcentage pour atteindre ≈65% du PIB.

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### PME, solvabilité et options de soutien public
- Risques PME :
  - Entreprises en difficulté représentent 9–13% de l’emploi total des PME de l’échantillon (selon illiquidité/insolvabilité).
  - Secteurs : arts et divertissement — emplois à risque jusqu’à 30%; hébergement/alimentation — jusqu’à 40% (illiquidité).
- Scénarios d’intervention :
  - Scénario 1 : prêt public équivalent à 5% des recettes annuelles antérieures → coût >4% du PIB.
  - Scénario 2 : injection de fonds propres équivalente à 5% des recettes annuelles antérieures → seules les injections de fonds propres réduisent les insolvabilités et la part des emplois menacés (réduction d’environ 3 points de pourcentage vs plage 1 du graphique).
- Arbitrages : injections de fonds propres réduisent insolvabilités mais augmentent risques budgétaires si entreprises défaillantes; combinaisons dons / hausse temporaire de l’impôt sur les sociétés pour PME évoquées.

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### Politiques nationales recommandées (court et moyen terme)
- Maintenir soutien macroéconomique jusqu’à ancrage robuste de la reprise.
- Mesures à court terme :
  - Préserver revenu disponible des ménages, protéger flux de trésorerie des entreprises, soutenir offre de crédit.
  - Aides aux entreprises viables : moratoires sur le service de la dette, apports de fonds propres ou d’actifs similaires.
- Mesures à moyen terme :
  - Faciliter réallocation des travailleurs des secteurs en contraction (ex. voyages) vers secteurs en expansion (ex. commerce électronique).
  - Transferts de revenus, reconversion et programmes de recyclage.
- Pour pays à contrainte budgétaire :
  - Prioriser mesures de lutte contre la crise; réduire subventions mal ciblées.
  - Besoin d’aide extérieure : restructuration de la dette, dons, financements concessionnels.
- Protection sociale et marché du travail :
  - Renforcer congés familiaux/maladie, élargir assurance chômage, programmes de reconversion.

### Coopération internationale et multilatéralisme
- Renforcer coopération sanitaire et aide financière aux pays en pénurie de liquidités.
- Garantir production à grande échelle et distribution équitable de diagnostics, traitements et vaccins :
  - Engagements d’achat anticipé et forte composante multilatérale pour distribution à prix abordables.
- Aide aux pays à capacités sanitaires limitées via matériel, savoir‑faire et appui financier.
- FMI : suspension du service de la dette pour pays à faible revenu (appel conjoint Banque mondiale/FMI), réforme architecture dette, financement rapide à de nombreux membres.

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### Marchés des produits de base, énergie et indices
- Prix et projections pétrole :
  - Demande : baisse estimée de 8,1 millions de barils/jour en 2020 (à 91,9 millions), puis hausse de 5,2 millions en 2021 (AIE).
  - Contrats à terme Brent : atteindraient 50 dollars d’ici fin 2023.
  - Cours annuel moyen (FMI) : 41,7 dollars en 2020 (–32% vs 2019); 46,7 dollars en 2021.
- Métaux :
  - Entre février et août 2020, cours des métaux de base +18,2%.
  - Variations spécifiques : minerai de fer +37,0%; cuivre +14,4%; aluminium +3,0%; nickel +14,6%; cobalt –1,9%.
  - Indice annuel des cours des métaux de base : +0,8% en 2020; +3,0% en 2021.
  - Indice métaux précieux : +28,4% en 2020; +10,4% en 2021.
- Denrées alimentaires :
  - Indice aliments et boissons : +0,7% en 2020.
  - Riz : +12,6%; Maïs : –13,0%; Soja : –13,0% début février puis achats chinois en juin.
  - Prévisions : cours alimentaires +0,4% en 2020; +4,3% en 2021.
- Charbon :
  - Cinq plus gros consommateurs représentent 76,7% de la consommation mondiale.
  - Monde (2017) bouquet énergétique : Charbon 28,0%; Pétrole brut 29,9%; Gaz naturel 23,3%; Biomasse 12,9%; Hydroelectricité 2,6%; Énergies renouvelables 1,6%; Nucléaire 1,6%.
  - Charbon ~44% des émissions mondiales de CO2 et 72% des émissions du secteur de l’électricité (estimations générales).

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### Chapitre 3 — Atténuation des changements climatiques : stratégies et simulation G‑Cubed
- Objectif d’analyse : neutralité carbone d’ici à 2050 (réduction d’environ 80% des émissions brutes; émissions nettes ≈ zéro autour de 2050).
- Instruments recommandés : impulsion budgétaire verte initiale + augmentation progressive des prix du carbone (taxe sur le carbone centrale dans l’analyse) + subventions R–D.
- Paramètres techniques et calendriers (programme d’action proposé) :
  - Subvention de 80% sur la production d’énergies renouvelables (politique en faveur de l’énergie verte).
  - Programme d’investissement sur 10 ans : commence à 1% du PIB et décline linéairement jusqu’à zéro au bout de 10 ans.
  - Croissance annuelle du prix du carbone : 7%.
  - Prix initiaux du carbone : entre 6 et 20 dollars la tonne de CO2 selon le pays.
  - Prix du carbone en 2030 : entre 10 et 40 dollars la tonne de CO2.
  - Prix du carbone en 2050 : entre 40 et 150 dollars la tonne de CO2.
  - Transferts compensatoires : ménages perçoivent l’équivalent d’un quart des recettes fiscales sur le carbone.
- Résultats des simulations (G‑Cubed) :
  - Émissions mondiales réduites à ≈75% des niveaux actuels (≈9 gigatonnes au milieu du siècle pour émissions brutes), émissions nettes ≈0 autour de 2050 puis négatives.
  - À court terme : programme d’action soutient le PIB et l’emploi (augmentation d’environ 0,7% du PIB global par an en moyenne sur les 15 premières années).
  - Au bout de 15 ans : PIB ≈1% inférieur au niveau de référence sans politiques; frein net ≈0,7% sur 2036–50; un peu plus de 1% à partir de 2050.
  - Emploi : augmentation moyenne de 12 millions de personnes par an entre 2021 et 2027; réaffectation d’environ 2% des emplois des secteurs à fortes émissions vers secteurs à faibles émissions.
  - Coûts de transition estimés : dans la fourchette 1–6% du PIB d’ici 2050 (partie basse des études comparatives).
- Rôle de l’innovation :
  - Subventions R–D (ex. 70%) peuvent réduire la trajectoire requise des prix du carbone d’environ deux fois pour atteindre mêmes émissions, réduisant coûts transitionnels et rapprochant PIB du niveau de référence plus tôt (milieu des années 2040).
- Distribution :
  - Recyclage des recettes carbone nécessaire pour équité :
    - Recycler 1/6 à 1/4 des recettes peut compenser pleinement les 20% de ménages les plus pauvres.
    - Recycler 40–55% des recettes pour dédommager pleinement les 40% de ménages les plus pauvres.
- Cas d’une taxe carbone sectorielle (États‑Unis / Chine) :
  - Taxe de 50 dollars/t CO2 : redistribution d’un quart des recettes nécessaire aux États‑Unis pour préserver la consommation du quintile le plus bas; ≈1/6 en Chine.
  - Pour préserver consommation des deux quintiles inférieurs : redistribution nécessaire de 55% (États‑Unis) et 40% (Chine).

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### Conclusions et priorités stratégiques (synthèse)
- Pandémie :
  - COVID‑19 a causé plus d’un million de morts (statut fin septembre 2020) ; près de 90 millions de personnes pourraient tomber dans l’extrême pauvreté en 2020.
  - Estimations et projections fondées sur statistiques disponibles au 28 septembre 2020; rapport examiné par le Conseil d’administration du FMI le 30 septembre 2020.
- Politique économique et sociale :
  - Maintenir soutien macroéconomique jusqu’à ancrage de la reprise ; adapter sur le moyen terme pour favoriser réallocation et inclusion.
  - Mesures ciblées pour protéger femmes, jeunes et travailleurs de l’économie informelle.
  - Renforcer coopération internationale pour vaccins, traitements, diagnostics et aide financière aux pays vulnérables.
- Climat :
  - Fenêtre pour atteindre neutralité carbone d’ici 2050 se referme ; combinaison impulsion verte + hausse progressive prix carbone + R–D verte recommandée.
  - Tarification du carbone avec recyclage ciblé des recettes et investissements verts peut rendre la transition équitable et limiter coûts macroéconomiques.
  - Priorité au secteur électrique pour décarbonation : ≈2/3 des réductions d’émissions dans les 10 premières années proviennent du secteur électrique dans les simulations.

_International Monetary Fund — Perspectives de l’économie mondiale : Une ascension longue et difficile (Octobre 2020), sélection de sections et extraits du document "textf"._

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Thèmes principaux du chapitre
- Données internationales sur les confinements et l’activité économique — page 71
- Évaluation de l’impact des confinements à l’aide de données à haute fréquence — page 72
- Un confinement aux effets inégaux selon le sexe et l’âge — page 76
- Confinement et infections à la COVID-19 — page 77
- Mesures de confinement et effets non linéaires — page 78

### Conclusions et synthèses
- Conclusions — page 79
- Encadré 2.1. Synthèse des publications sur les conséquences économiques du confinement — page 81
- Encadré 2.2. Le rôle de l’informatisation durant la pandémie de COVID-19 : données recueillies aux États-Unis — page 83

### Références et suite du volume
- Bibliographie — page 85
- Chapitre 3. Atténuation des changements climatiques : stratégies favorables à la croissance et à la distribution — page 89

### Thèmes du Chapitre 3 (liste des sous-sections)
- Introduction — page 89
- Les dispositifs en faveur de l’atténuation : quelle a été l’efficacité des mesures jusqu’ici ? — page 94
- Comment atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 — page 97
- Agir en faveur de l’inclusion — page 110

*Source: IMF — Perspectives de l’économie mondiale : Une ascension longue et difficile (Octobre 2020), table des matières et sections listées dans le chapitre "Introduction".*

### Conclusion                                                                                                              

### Conclusion

### Bilan humain et social
- La COVID-19 a fait plus d’un million de morts depuis le début de l’année.
- Il est prévu que près de 90 millions de personnes tombent dans un dénuement extrême au cours de l’année.

### Perspectives économiques et projections clés
- Prévision pour 2020 : une récession un peu moins grave, bien qu’encore profonde, par rapport aux prévisions de juin.
- Facteurs expliquant la révision à la hausse par rapport à juin :
  - Les résultats du PIB enregistrés au deuxième trimestre dans de grands pays avancés ont été moins négatifs que prévu.
  - Un retour à la croissance en Chine, plus vigoureux que prévu.
  - Des signes d’une reprise plus rapide au troisième trimestre.
- Inégalités régionales de la reprise :
  - En 2020–21, les pays émergents et pays en développement, à l’exception de la Chine, devraient subir une plus lourde perte de production que les pays avancés par rapport à la trajectoire prévue avant la pandémie.
  - Le caractère inégal des reprises compromet les perspectives de convergence mondiale des niveaux de revenu.
- Incertitudes et risques :
  - La reprise n’est pas assurée tant que la pandémie continue de se propager.
  - La recrudescence des infections a conduit à l’interruption de réouvertures et au rétablissement de confinements ciblés.
- Données et calendrier :
  - Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles au 28 septembre 2020.
  - Le rapport a été examiné par le conseil d’administration du FMI le 30 septembre 2020.

### Hypothèses macroéconomiques utilisées dans les projections
- Cours moyen du baril de pétrole :
  - 41,69 dollars le baril en 2020
  - 46,70 dollars le baril en 2021
- Taux interbancaires :
  - LIBOR à six mois en dollars : 0,7% en 2020 et 0,4% en 2021
  - Taux des dépôts interbancaires à trois mois en euros : –0,4% en 2020 et –0,5% en 2021
  - Taux des certificats de dépôt à six mois au Japon : 0,0% en 2020 et en 2021
- Taux de change effectifs réels : supposés rester constants aux niveaux moyens observés entre le 24 juillet et le 21 août 2020.
- Remarque : il s’agit d’hypothèses de travail plutôt que de prévisions.

### Politiques nationales recommandées
- Maintenir le soutien macroéconomique jusqu’à ce que la reprise soit solidement ancrée pour éviter une régression.
- Mesures à court terme :
  - Poursuivre les mesures visant à préserver le revenu disponible des ménages, protéger les flux de trésorerie des entreprises et soutenir l’offre de crédit.
  - Aider les entreprises viables mais vulnérables par des moratoires sur le service de la dette et des apports de fonds propres ou d’actifs similaires pour préserver l’emploi.
- Mesures à moyen terme :
  - Une fois la reprise bien engagée, faciliter la réallocation des travailleurs des secteurs susceptibles de se contracter à long terme (par exemple voyages) vers des secteurs en expansion (par exemple commerce électronique).
  - Soutenir les travailleurs pendant la transition par des transferts de revenus, des projets de reconversion et des programmes de recyclage.
- Pour les pays à contrainte budgétaire et coûts d’emprunt élevés :
  - Dégager une marge de manœuvre pour répondre aux besoins immédiats en donnant la priorité aux mesures de lutte contre la crise et en réduisant les subventions mal ciblées.
  - Certains pays auront besoin d’une aide supplémentaire des créanciers et des donateurs sous forme de restructuration de la dette, de dons et de financements concessionnels.

### Coopération internationale et interventions multilatérales
- Renforcer la coopération internationale dans le domaine de la santé et concernant l’aide financière aux pays connaissant une pénurie de liquidités.
- Garantir la production à grande échelle et la distribution équitable de diagnostics, traitements et vaccins :
  - Les engagements d’achat anticipé pour des vaccins en cours d’essai peuvent inciter les fabricants à supporter le coût initial d’une production à grande échelle.
  - Cet effort doit comporter une forte composante multilatérale pour favoriser une distribution des doses à des prix abordables dans tous les pays.
- Aide aux pays aux capacités sanitaires limitées :
  - Fourniture de matériel, de savoir-faire et d’appui financier par l’intermédiaire d’organismes de santé internationaux.

### Rôle et actions du FMI
- Le FMI a joué un rôle central via :
  - L’appel conjoint avec la Banque mondiale en faveur de la suspension du service de la dette pour les pays à faible revenu.
  - Le plaidoyer en faveur d’une réforme de l’architecture internationale de la dette.
  - L’apport d’un financement à plusieurs pays membres dans des délais d’une brièveté sans précédent.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020 — Conclusion (extrait)*

### 2021. Les pays avancés et les pays émergents devraient

### 2021. Les pays avancés et les pays émergents devraient

### Pertes de production et cicatrices structurelles
- Les pays avancés et les pays émergents enregistreront des pertes de production notables par rapport à leurs prévisions d’avant la pandémie.
- Les petits États ainsi que les pays qui dépendent du tourisme et des produits de base se trouvent dans une situation particulièrement délicate.
- La plupart des pays verront leur potentiel de l’offre être durablement éprouvé, en raison des séquelles de la profonde récession de cette année et de la nécessité de procéder à modifications structurelles.
- Les séquelles incluent :
  - coûts d’ajustement et incidences sur la productivité pour les entreprises survivantes devant améliorer la sécurité du lieu de travail;
  - amplification du choc via faillites d’entreprises;
  - coûteuse réaffectation des ressources entre secteurs;
  - retrait de travailleurs découragés de la population active.
- Conséquence globale : un net recul des conditions de vie par rapport à ce qui était prévu avant la pandémie.

### Pauvreté, inégalités et capital humain
- Non seulement l’incidence de l’extrême pauvreté augmentera pour la première fois depuis plus de deux décennies, mais les inégalités vont également s’accentuer.
- La crise touche de manière disproportionnée :
  - les femmes,
  - les travailleurs de l’économie informelle,
  - les personnes ayant un niveau d’instruction relativement faible.
- Le recul de l’accumulation de capital humain après la fermeture généralisée des écoles constitue un défi supplémentaire.
- Près de 90 millions de personnes pourraient tomber cette année en dessous du seuil de privation extrême, qui est de 1,90 dollar par jour.

### Perspectives de croissance et chiffres clés
- Perspectives à court terme :
  - contraction mondiale de 4,4 percent en 2020.
  - croissance mondiale estimée à 5,2 percent en 2021.
  - À la suite de la contraction de 2020 et de la reprise en 2021, le niveau du PIB mondial en 2021 devrait dépasser celui de 2019 d’un petit 0,6 percent.
- Perspectives à moyen terme :
  - après le rebond de 2021, la croissance mondiale devrait progressivement ralentir à environ 3,5 percent à moyen terme.
  - la croissance ne rattraperait que partiellement la trajectoire de l’activité pour 2020–25 envisagée avant la pandémie.
- Hypothèses des projections :
  - mesures de distanciation physique se maintiendront jusqu’en 2021, puis s’atténueront;
  - transmission locale ramenée partout à de faibles niveaux d’ici la fin 2022;
  - séquelles durables sur le potentiel de production en raison de la récession et des mutations structurelles.
- Indicateurs sanitaires et économiques :
  - À la fin septembre, le nombre d’infections confirmées dépassait 33 million dans le monde, avec plus d’un million de décès, contre plus de 7 million d’infections et 400,000 décès à l’époque de la Mise à jour des PEM de juin 2020.
  - Selon l’OIT, la réduction mondiale du nombre d’heures de travail au deuxième trimestre 2020 par rapport au quatrième trimestre 2019 équivaut à la perte de 400 million d’équivalents temps plein, soit une aggravation par rapport aux 155 million d’équivalents temps plein perdus au premier trimestre.

### Inflation, marché du travail et commerce
- Marché du travail :
  - Les femmes dans la population active, particulièrement dans l’économie informelle, ont été touchées de façon disproportionnée; l’OIT estime que 42 percent des femmes employées de façon informelle travaillent dans des secteurs gravement touchés, contre 32 percent des hommes dans l’emploi informel.
  - Indicateurs de l’emploi et de la population active se sont améliorés depuis mai dans plusieurs pays (exemples cités : États-Unis, Allemagne, Japon).
- Inflation :
  - En termes séquentiels, l’inflation dans les pays avancés reste bien en deçà des niveaux d’avant la pandémie.
  - Dans les pays émergents et en développement, l’inflation a diminué fortement aux premiers stades de la pandémie, mais a repris dans certains pays (exemple : Inde).
- Commerce mondial :
  - Le commerce mondial a amorcé son redressement en juin sur fond de levée des mesures de confinement; la Chine a contribué grandement à ce redressement.

### Risques et scénarios alternatifs
- Risques à la hausse :
  - Avancées plus rapides en matière de vaccins et traitements, changements sur les lieux de travail et modes de consommation, et prolongation des contre-mesures budgétaires jusqu’en 2021 pourraient amener la croissance à dépasser les prévisions.
- Risques à la baisse :
  - Retour en force du virus, progression plus lente que prévu de la recherche de traitements et vaccins, accès inégal aux vaccins entre pays pourraient entraîner une activité inférieure aux attentes.
  - Multiplication des faillites et dégradation de l’état d’esprit des marchés financiers pourraient provoquer un arrêt brutal du crédit pour les pays vulnérables.
  - Répercussions transfrontalières de l’affaiblissement de la demande extérieure pourraient amplifier l’impact de chocs propres à certains pays.
- Incertitudes clés : trajectoire de la pandémie et riposte sanitaire, ampleur des répercussions de la faiblesse de la demande et du tourisme, état d’esprit des marchés financiers, et la dégradation du potentiel de l’offre.

### Priorités politiques et recommandations
- Objectif général : concevoir des mesures de soutien à court terme pour placer les pays sur la voie d’une croissance plus forte, plus équitable et plus durable.
- Orientation des mesures fiscales et budgétaires :
  - privilégier initiatives relevant le potentiel de production, assurant une croissance participative et protégeant les groupes vulnérables;
  - financer investissements dans la santé, l’éducation et projets d’infrastructure à fort rendement qui réduisent la dépendance au carbone;
  - dépenses en recherche pour faciliter l’innovation et l’adoption des technologies;
  - préserver dépenses sociales essentielles pour protéger les plus vulnérables et soutenir l’activité à court terme.
- Mesures fiscales et de recettes :
  - accroître la progressivité des impôts: augmenter les impôts progressifs frappant les particuliers mieux nantis (y compris en relevant les taux d’imposition des tranches supérieures de revenu, de l’immobilier de luxe, des gains en capital et du patrimoine);
  - aménager la fiscalité des entreprises pour veiller à ce que celles-ci paient un impôt en rapport avec leur rentabilité;
  - coopération internationale pour élaborer une fiscalité internationale des entreprises adaptée à l’économie numérique.
- Dépenses et gestion de la dette :
  - éliminer dépenses inutiles et subventions mal ciblées;
  - respecter normes strictes de transparence en matière de dette;
  - allonger les échéances de la dette publique et s’assurer, dans la mesure du possible, de taux d’intérêts bas.
- Protection sociale et marché du travail :
  - renforcer dispositifs de protection sociale pour combler les lacunes et protéger les plus vulnérables;
  - améliorer régimes de congé familial et de congé de maladie, élargir l’accès à l’assurance chômage et renforcer la couverture des prestations de soins de santé;
  - programmes de reconversion et de requalification pour faciliter la réaffectation des travailleurs.
- Transition verte et relance :
  - mesures combinant une forte impulsion pour infrastructures publiques respectueuses de l’environnement, augmentation progressive des prix du carbone, et indemnité pour ménages à faibles revenus afin de rendre la transition équitable;
  - redéploiement progressif des ressources budgétaires vers investissement public dans les énergies renouvelables, amélioration de l’efficience du transport de l’électricité, rénovation de bâtiments pour réduire leur empreinte carbone.
- Multilatéralisme et action internationale :
  - financer au niveau mondial des engagements d’achat des vaccins en phase d’essai clinique et soutenir initiatives multilatérales (exemples cités: CEPI et GAVI) pour intensifier production et distribution à prix abordables;
  - aider les pays aux capacités médicales limitées par allégement de la dette, dons et financements concessionnels;
  - lorsque la dette doit être restructurée, convenir rapidement de modalités acceptables pour toutes les parties;
  - renforcer le dispositif mondial de sécurité financière et augmenter réserves d’équipements de protection et fournitures médicales essentielles.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### 1. Production industrielle — secteur manufacturier

### 1. Production industrielle — secteur manufacturier

### Production industrielle et ventes au détail
- Indices présentés avec base : décembre 2019 = 100 (corrigé des variations saisonnières).
- Observation synthétique : "La reprise est dans l’ensemble plus forte dans la vente au détail que dans la production industrielle."

### Volume des ventes au détail et commerce mondial
- Volume mensuel du commerce mondial présenté (corrigé des variations saisonnières, 2017 = 100).
- Indicateur IDA manufacturier : nouvelles commandes (IDA = indice des directeurs d’achat).
- Conclusion : "Le commerce mondial et la production industrielle sont partis à la hausse avec l’assouplissement des mesures de confinement."

### Indicateurs de l’activité mondiale (Graphique 1.2)
- Mesures : moyenne mobile sur trois mois ; variation annualisée en pourcentage ; écarts par rapport à 50 pour l’IDA manufacturier.
- Tendances : rebond marqué après le creux du deuxième trimestre, avec tassement à l’amorce du quatrième trimestre.

### Enquêtes auprès des directeurs d’achat (Graphique 1.7)
- Indicateur : IDA (indice des directeurs d’achat) ; chiffre supérieur à 50 = expansion.
- Observations pays par pays (exemples cités) :
  - États-Unis, zone euro, Chine et Brésil : production en juillet puis en août en hausse par rapport au mois précédent.
  - Corée, Inde et Japon : production en août inférieure au mois précédent.
- Synthèse : "Pour septembre, ces indicateurs font apparaître une activité plus vigoureuse dans le secteur manufacturier, mais un certain repli pour les services, vraisemblablement sous l’effet de la hausse du nombre d’infections."

### Récentes évolutions de la consommation et de l’emploi
- Données haute fréquence (ex. Opportunity Insights Economic Tracker) montrent un tassement de l’activité.
- Aux États-Unis, le nombre hebdomadaire de nouvelles demandes d’indemnisation de chômage restait proche du million à la fin septembre, indiquant la poursuite des licenciements à grande échelle.

### Comparaison sectorielle pendant la récession liée à la COVID-19 (Graphique 1.6)
- Observation : Les secteurs reposant sur des interactions en personne (commerce de gros et de détail ; hôtellerie, restauration et cafés ; arts et spectacle) ont enregistré des contractions plus fortes que le secteur manufacturier.
- Conclusion : Sans vaccin ou traitements efficaces, le retour à un semblant de normalité s’annonce particulièrement difficile pour ces secteurs.

### Prix des produits de base et inflation (Graphiques 1.4 et 1.5)
- Prix des produits de base : remontée depuis avril (déflatés sur la base de l’indice américain des prix à la consommation ; 2014 = 100).
- Inflation mondiale : "L’inflation reste dans l’ensemble en deçà des niveaux d’avant la pandémie." Mesures : moyenne mobile sur 3 mois ; variation annuelle en pourcentage.

### Confinements et ripostes des autorités (Graphique 1.3)
- Indices utilisés : Indice de la riposte des autorités ; Indice de rigueur ; Indice d’endiguement et de santé ; Indice d’appui économique.
- Observation : "La réouverture a ralenti, le nombre de nouvelles infections augmentant."

### Conditions financières et marchés
- Les conditions financières se sont globalement assouplies depuis juin pour les pays avancés et pour la plupart des pays émergents et pays en développement.
- Effet : persistance d’un décalage entre les marchés financiers et l’économie réelle.

### Mesures publiques et soutien
- Étendue des mesures prises (extrait) :
  - Pays avancés : mesures exceptionnelles en matière de recettes et de dépenses annoncées jusqu’ici représentent plus de 9 percent du PIB.
  - Appui à la liquidité dans les pays avancés : 11 percent supplémentaires sous diverses formes (injections de fonds propres, achats d’actifs, prêts et garanties de crédit).
  - Pays émergents et pays en développement : riposte représentant quelque 3.5 percent du PIB sous forme de mesures budgétaires exceptionnelles et plus de 2 percent sous forme d’appui à la liquidité.
- Exemples de politiques :
  - Plan de relance post-pandémie de l’Union européenne : doté de 750 milliards d’euros, "dont plus de la moitié est constituée de dons".
  - Politiques de type "bouée de sauvetage" : transferts en espèces et en nature ; subventions salariales ; élargissement de la couverture de l’assurance chômage ; moratoires fiscaux ; initiatives réglementaires pour les banques.
  - Banques centrales (pays avancés) : diversification et extension des opérations d’achat d’actifs et mécanismes de réutilisation de prêts.
  - Réserve fédérale américaine : annonce d’un changement de stratégie de politique monétaire vers "une cible d’inflation souple de 2 percent en moyenne".
  - Banques centrales des pays émergents : baisses de taux d’intérêt, nouveaux mécanismes de réutilisation de prêts et, pour la première fois dans de nombreux cas, achats d’actifs.

### Marchés financiers avancés et émergents (Graphiques 1.8–1.11)
- Pays avancés :
  - Les marchés boursiers ont pour la plupart retrouvé (voire dépassé) leur niveau du début de l’année.
  - Rendements des obligations d’État globalement inchangés ou diminués depuis juin (ex. Italie).
  - Écarts de taux sur les obligations d’entreprises réduits, en particulier pour le crédit à haut rendement.
- Pays émergents :
  - Rendements des titres souverains globalement en baisse ces derniers mois.
  - Écarts de rendement avec les titres du Trésor américain ont diminué depuis mars.
  - Redressement des marchés boursiers des pays émergents depuis juin, notamment en Chine.
  - Les flux d’investissements de portefeuille vers les pays émergents ont redémarré de manière inégale ; certains pays continuent d’enregistrer d’importants mouvements de sortie.
- Devises :
  - Dollar : dépréciation de plus de 4½ percent en termes effectifs réels entre avril et fin septembre.
  - Euro : appréciation de près de 4 percent sur la même période.
  - Renminbi chinois : raffermissement depuis juin.
  - Devises de pays durement touchés ou présentant des vulnérabilités (Argentine, Brésil, Turquie) : affaiblissement.

### Facteurs entrant en ligne de compte pour les prévisions
- Incertitudes principales : trajectoire de la pandémie ; coûts d’ajustement pour l’économie ; efficacité de la riposte des politiques économiques ; évolution de l’état d’esprit des marchés financiers.
- Amélioration des prévisions à court terme permise par la clarification de la contraction au deuxième trimestre 2020 depuis la Mise à jour des PEM de juin 2020.
- Hypothèses de base : chiffres du PIB supérieurs aux attentes au deuxième trimestre (mention d’éléments évoqués dans la section correspondante).

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### 1. Flux nets dans les fonds des pays émergents

### 1. Flux nets dans les fonds des pays émergents

### Principales observations (flux financiers et réserves)
- Présence de quatre séries graphiques dans le document indiquant : "Flux nets dans les fonds des pays émergents (En milliards de dollars)"; "Entrées de capitaux (En pourcentage du PIB)"; "Sorties de capitaux hors variation des réserves (En pourcentage du PIB)"; "Variation des réserves (En pourcentage du PIB)".  
- Les séries temporelles couvrent les périodes marquées par les libellés "2017 18 19 20 : T2" pour chaque graphique, ce qui suggère une comparaison des évolutions annuelles et du deuxième trimestre 2020.

### Scénario de référence et hypothèses épidémiologiques
- Maintien de la distanciation physique et renforcement des normes de sécurité sur le lieu de travail :
  - Les projections supposent que les mesures de distanciation physique perdureront jusqu’en 2021, puis s’atténueront ensuite à mesure que la couverture vaccinale s’accroît et que les traitements s’améliorent.
  - Hypothèse que la transmission locale aura été ramenée partout à de faibles niveaux d’ici à la fin 2022.
  - Les tests de vaccins ont progressé à un rythme record et certains projets en sont à la phase finale de test, avant approbation ou rejet.
  - Même après approbation, la couverture vaccinale s’étendra graduellement en raison du temps nécessaire pour lancer la production à grande échelle et distribuer des doses dans le monde entier à un coût abordable.
  - Dans les pays où les taux d’infection sont retombés, la persistance des changements de comportement et des normes d’hygiène/sécurité devrait permettre d’éviter la fermeture totale de l’économie; dans d’autres pays, des reconfinements locaux restent possibles, même si des fermetures strictes à l’échelle du pays ne sont pas supposées.

### Effets durables (séquelles) sur l'offre
- Le profond repli de 2020 est supposé dégrader le potentiel de l’offre à des degrés divers selon les pays.
- La gravité des séquelles dépendra notamment de :
  - l’ampleur des fermetures d’entreprises;
  - le nombre de travailleurs découragés qui se retireront de la population active;
  - les inadéquations entre ressources sectorielles, professionnelles et géographiques.

### Appui des politiques publiques et conditions financières
- Paramètres de politique budgétaire utilisés :
  - Prise en compte des mesures fiscales et budgétaires directes, d’un montant total de 6 000 milliards de dollars, annoncées et appliquées jusqu’ici dans le monde en réponse à la crise (référence au Moniteur des finances publiques, édition d’octobre 2020).
- Politique monétaire :
  - Il est supposé que les grandes banques centrales conserveront leurs paramètres actuels tout au long de la période de prévision, jusqu’à la fin 2025.
- Conditions financières :
  - Les prévisions de référence se fondent sur des conditions financières qui restent globalement aux niveaux actuels.

### Prix des produits de base et hypothèses pétrolières
- Prix au comptant moyens du pétrole (projections) :
  - 41 dollars le baril en 2020.
  - 43,8 dollars le baril en 2021.
- Contrats à terme :
  - Les courbes indiquent que le prix devrait ensuite se rapprocher de 48 dollars.
  - Ce niveau est indiqué comme étant "environ 25 % en dessous de la moyenne de 2019".

### Implications analytiques pour les pays émergents (synthèse)
- Les flux nets, entrées et sorties de capitaux ainsi que la variation des réserves sont présentés sous forme de séries temporelles pour 2017–T2 2020, signalant un suivi des mouvements de capitaux et de réserves durant la crise.
- Les projections macroéconomiques reposent sur des hypothèses clés : maintien de mesures sanitaires jusqu’en 2021, amélioration progressive via vaccination jusqu’à fin 2022, appui budgétaire global de 6 000 milliards de dollars, et stabilité des politiques monétaires jusqu’à fin 2025.
- Les trajectoires des prix du pétrole (41 dollars en 2020, 43,8 dollars en 2021, ~48 dollars par la suite) influencent les perspectives externes et les balances courantes des pays émergents exportateurs et importateurs d’énergie.

_International Monetary Fund — Perspectives de l’économie mondiale : Une ascension longue et difficile, Octobre 2020_

### 2. Pays émergents

### 2. Pays émergents

### Perspectives de croissance et reprise
- Le taux de croissance mondial est projeté à –4,4 % en 2020 et 5,2 % en 2021.
- Pour le groupe des pays émergents et pays en développement : –3,3 % en 2020 et 6 % en 2021.
- Hors Chine, pour les pays émergents et pays en développement : contraction de 5,7 % en 2020 et croissance de 5 % en 2021.
- Chine : 1,9 % en 2020 et 8,2 % en 2021 (croissance d’environ 10 % sur 2020 et 2021 combinés).
- Inde : contraction de 10,3 % en 2020 et rebond de 8,8 % en 2021.
- Pays en développement à faible revenu : –1,2 % en 2020 et 4,9 % en 2021.
- Les pays émergents d’Asie (groupe) : –1,7 % en 2020 et 8,0 % en 2021 (tableau 1.1).
- Les projections tiennent compte d’une reprise partielle amorcée au troisième trimestre 2020, avec maintien probable de mesures de distanciation physique jusqu’à résolution des risques sanitaires.

### Variations régionales et facteurs de vulnérabilité
- Toutes les régions émergentes ou en développement devraient voir leur économie se contracter en 2020.
- Amérique latine et Caraïbes : –8,1 % en 2020, 3,6 % en 2021 (tableau 1.1).
- Moyen-Orient et Asie centrale : –4,1 % en 2020, 3,0 % en 2021 (tableau 1.1).
- Afrique subsaharienne : –3,0 % en 2020, 3,1 % en 2021 (tableau 1.1).
- Facteurs expliquant la précarité : propagation continue de la pandémie, importance de secteurs durement touchés (ex. tourisme), dépendance aux financements extérieurs (ex. envois de fonds), faiblesse des cours du pétrole pour exportateurs d’hydrocarbures, troubles civils et crises économiques dans certains pays.

### Indicateurs clés et comparaisons (extraits de tableaux)
- Production mondiale (par PPP) : 2019 = 2,8 ; 2020 = –4,4 ; 2021 = 5,2 (tableau 1.1).
- Pays avancés : 2019 = 1,7 ; 2020 = –5,8 ; 2021 = 3,9.
- Exportations des pays émergents et pays en développement : 2019 = 0,9 ; 2020 = –7,7 ; 2021 = 9,5.
- Importations des pays émergents et pays en développement : 2019 = –0,6 ; 2020 = –9,4 ; 2021 = 11,0.
- Cours du pétrole (moyenne simple) : 2019 = 61,39 dollars le baril (mémo note), hypothèses : 41,69 dollars le baril pour 2020 et 46,70 dollars pour 2021 (note 5).
- Prix des produits de base hors combustibles : 2019 = 0,8 ; 2020 = 5,6 ; 2021 = 5,1 (tableau 1.1, « Hors combustibles »).
- Prix à la consommation, pays émergents et pays en développement : 2019 = 5,1 ; 2020 = 5,0 ; 2021 = 4,7.

### Emploi et marchés du travail
- Les projections de croissance impliquent des écarts de production négatifs de grande ampleur et des taux de chômage élevés en 2020 et 2021 pour pays avancés et émergents.
- Quand on inclut les personnes en régime de travail à horaire réduit et le chômage partiel involontaire, la proportion de travailleurs sous-employés dans certains pays avancés est largement supérieure à la proportion globale de chômeurs.
- Les chiffres du marché du travail sont moins complets pour les pays émergents, mais des hausses nettes des taux de chômage sont prévues dans plusieurs d’entre eux.

### Perspectives à moyen terme et potentiel de l’offre
- Après le rebond de 2021, la croissance mondiale devrait ralentir à environ 3,5 % à moyen terme.
- Les projections intègrent un effet attendu du choc lié à la COVID-19 sur le potentiel de l’offre : faillites, taux d’activité amoindri, obstacles à la réaffectation des ressources.
- Dans les dix plus grands pays avancés, le PIB potentiel à moyen terme devrait rester en moyenne à 3,5 % en dessous des projections des PEM de janvier 2020.
- Dans les dix plus grands pays émergents, cette baisse moyenne est de 5,5 %.
- Pour les pays émergents et pays en développement, la croissance devrait tomber à 4,7 % d’ici 2025, comparée à une moyenne de 5,6 % sur 2000–2019.
- Facteurs structurels pesant à moyen terme : ralentissement structurel en Chine préexistant à la pandémie, cours des produits de base moroses, demande extérieure plus faible, baisse persistante des voyages internationaux affectant les pays dépendants du tourisme.

### Dette souveraine et viabilité budgétaire
- Le ratio dette souveraine/PIB devrait augmenter d’environ 20 points de pourcentage dans les pays avancés pour atteindre environ 125 % du PIB d’ici fin 2021.
- Sur la même période, le ratio dette souveraine/PIB des pays émergents et des pays en développement devrait augmenter de plus de 10 points de pourcentage, pour atteindre environ 65 % du PIB.
- La faiblesse des taux d’intérêt devrait limiter l’augmentation du service de la dette surtout pour les pays avancés disposant d’une proportion importante d’obligations souveraines à rendement négatif.
- Le ratio du service de la dette souveraine aux recettes fiscales devrait augmenter pour plusieurs pays émergents ou à faible revenu, ce qui réduira les recettes disponibles pour des dépenses critiques (notamment dépenses sociales).

### Pauvreté, inégalités et capital humain
- Près de 90 millions de personnes pourraient tomber en 2020 en dessous du seuil de pauvreté extrême de 1,90 dollar par jour (encadré 1.2 du Moniteur des finances publiques d’octobre 2020).
- Les impacts de la pandémie sont particulièrement sévères pour les jeunes travailleurs et les femmes, et pour les emplois des secteurs peu compatibles avec le télétravail (hébergement, restauration et cafés, transports, commerce de détail et de gros).
- Les travailleurs à bas salaires, les jeunes, les titulaires de contrats moins stables et les employés des petites et moyennes entreprises sont plus exposés au risque de licenciement.
- Les besoins en dépenses sociales resteront élevés après la crise pour faire face à la hausse de la pauvreté, remédier aux inégalités croissantes et corriger les revers dans l’accumulation de capital humain.

*Source : estimations des services du FMI (PEM, Octobre 2020).*

### 2. Pays émergents

### 2. Pays émergents

### Effets sur l’emploi et les inégalités
- Les travailleurs de l’économie informelle dans les pays émergents et en développement risquent davantage de perdre leur emploi que les travailleurs sous contrat.
- À l’aube de la crise, les inégalités de revenus s’étaient considérablement creusées par rapport au début des années 90 dans de nombreux pays avancés et dans certains pays émergents ou en développement connaissant une croissance rapide.
- Facteurs contribuant au creusement des inégalités mentionnés : changements technologiques favorisant des compétences élevées; déclin des syndicats; augmentation du pouvoir d’entreprises en situation de monopsone; adoption de politiques d’imposition dégressive (diminution de l’impôt marginal pour les plus gros salaires, baisse de l’impôt des sociétés).

### Accumulation de capital humain et fermetures d’écoles
- Plus de 1,6 milliard d’apprenants concernés par les fermetures d’écoles et d’universités (UNESCO, 2020).
- Conséquences immédiates :
  - Limitation de la capacité des parents à travailler, en particulier pour les mères.
  - Réduction des possibilités d’apprentissage, surtout pour les élèves de milieux moins favorisés.
  - Augmentation du désapprentissage en proportion de la durée de l’interruption.
- Risques pour la nutrition et la sécurité des enfants : pertes des repas gratuits/subventionnés fournis par les écoles; risque accru de violences, d’exploitation, de mariages précoces, d’enrôlement forcé d’enfants dans des milices, d’exploitation sexuelle, de grossesses à l’adolescence et de travail des enfants (Korkoyah et Wreh, 2015; PNUD, 2015; UNESCO, 2020).
- Effets à long terme : lien établi entre durée de scolarisation moindre et revenus inférieurs sur toute la vie (Card, 1999); interruption de la scolarité associée à trajectoires de revenus plus faibles.

### Perspectives d’inflation
- Forces contradictoires influençant l’inflation : demande différée et hausse possible des coûts de production vs. hausse de l’épargne de précaution, transfert de pouvoir d’achat à des prêteurs et inquiétudes sur l’efficacité de la politique monétaire.
- Observations sectorielles : baisse généralisée de l’inflation dans secteurs sensibles à la conjoncture (ameublement, logement hors énergie, divertissement, restauration et hôtellerie) et dans secteurs non conjoncturels (habillement et chaussures, communication, éducation, santé, transports, biens et services divers).
- Prévisions chiffrées :
  - Pays avancés : inflation de 0,8 percent en 2020, 1,6 percent en 2021, et stabilisation ensuite globalement à 1,9 percent.
  - Pays émergents et pays en développement : inflation de 5 percent en 2020, 4,7 percent en 2021, puis 4 percent à moyen terme (sous la moyenne historique pour ce groupe).
- Remarques : malgré certaines banques centrales de pays émergents ayant procédé à des achats d’actifs, les anticipations inflationnistes restent relativement ancrées.

### Commerce, flux extérieurs et envois de fonds
- Volume des échanges :
  - Le commerce mondial devrait se contracter de plus de 10 percent en 2020.
  - Reprise prévue : augmentation d’environ 8 percent en 2021 et d’un peu plus de 4 percent en moyenne au cours des années suivantes.
- Facteurs expliquant la contraction : faiblesse de la demande finale des consommateurs et des entreprises; restrictions au commerce et perturbations des chaînes d’approvisionnement contribuent faiblement.
- Impact différencié :
  - Perspectives particulièrement sombres pour les pays tributaires du tourisme (effondrement des recettes nettes du tourisme et des voyages pour des pays comme Grèce, Islande, Portugal et Turquie).
  - Pays exportateurs de pétrole subissent un choc sévère des termes de l’échange dû à la baisse des prix du pétrole.
- Envois de fonds : baisse nette au début des confinements, avec signes de reprise; risque élevé d’une baisse durable des transferts pour des pays tels que Bangladesh, Égypte, Guatemala, Pakistan, Philippines et, plus généralement, les pays d’Afrique subsaharienne.
- Soldes de transactions courantes :
  - En 2020, déficits et excédents des transactions courantes à l’échelle mondiale devraient diminuer et atteindre leur plus bas niveau de ces deux dernières décennies, puis rester globalement stables.
  - Parmi les pays créanciers : excédents attendus en baisse en Asie de l’Est et, dans une moindre mesure, en Allemagne et aux Pays-Bas; pays exportateurs de pétrole devant voir leur excédent se transformer en modeste déficit; légère augmentation de l’excédent prévu pour la Chine.
  - Parmi les pays débiteurs : déficits moins élevés anticipés pour l’Amérique latine, l’Inde et le Royaume-Uni.
  - Positions créancières et débitrices en pourcentage du PIB devraient augmenter en 2020 en raison de la baisse du PIB.

_Extrait : CHAPITRE 1 — PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES, Fonds monétaire international | Octobre 2020_

### 3. Révision du niveau du PIB, 2021 (octobre 2020/PEM de janv. 2020)

### 3. Révision du niveau du PIB, 2021 (octobre 2020/PEM de janv. 2020)

### Révisions et ratios du PIB
- « du dénominateur, conséquence du fort recul de l’activité. Les ratios devraient ensuite progressivement diminuer au cours la période de projection, à mesure que le PIB se redressera et pour autant que les déséquilibres des comptes courants restent modérés. »

### Part directe du tourisme et des transports
- Présentation graphqiue des pays : Grèce, Islande, Mexique, Portugal, Turquie.
- Échelle du solde des services : voyage et transport de passagers (En pourcentage du PIB) allant de –15 à 25 avec graduations : –15, –10, –5, 0, 5, 10, 15, 20, 25.
- Mention : « Part directe du tourisme et des transports en 2019 (en pourcentage du PIB) ».

### Solde des transactions courantes à l’échelle mondiale
- Graphique 1.19. Solde courant et positions extérieures (En pourcentage du PIB mondial).
- « En 2020, les déficits et excédents des soldes courants à l’échelle mondiale devraient diminuer à un niveau jamais atteint au cours des deux dernières décennies. »
- Axe de l’autre graphique : –3, –2, –1, 0, 1, 2, 3.
- Abscisses temporelles indiquées : 2005 07 09 11 13 15 17 19 21 23 25.

- Note : définitions des regroupements régionaux et listes de pays correspondant :
  - Afrique et MO = Afrique et Moyen-Orient (Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Ghana, Jordanie, Kenya, Liban, Maroc, République démocratique du Congo, Soudan, Tanzanie, Tunisie)
  - AL = Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique, Pérou, Uruguay)
  - autres PA = autres pays avancés (Australie, Canada, France, Islande, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni)
  - PA d’Asie = pays avancés d’Asie (Corée, province chinoise de Taiwan, RAS de Hong Kong, Singapour)
  - ECO = Europe centrale et orientale (Bélarus, Bulgarie, Croatie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Turquie, Ukraine)
  - PE d’Asie = pays émergents d’Asie (Inde, Indonésie, Pakistan, Philippines, Thaïlande, Viet Nam)
  - PEC = pays européens créditeurs (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Suède, Suisse)
  - PED = pays européens débiteurs (Chypre, Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, Slovénie)
  - PEP = pays exportateurs de pétrole (Arabie saoudite, Algérie, Azerbaïdjan, Émirats arabes unis, Iran, Kazakhstan, Koweït, Nigéria, Oman, Qatar, Russie, Venezuela)

### Risques de détérioration et facteurs positifs
- « L’incertitude de fond concernant l’évolution de la pandémie rend difficile une évaluation quantitative de la balance des risques pesant sur les prévisions de référence décrites ci-dessus. »
- Côté positif :
  - « La récession pourrait se révéler moins grave que prévu si le retour à la normale sur le plan économique se déroule plus rapidement qu’attendu dans les régions qui ont procédé à une réouverture, sans que cela n’entraîne un rebond du nombre d’infections. »
  - « Prolongation des contre-mesures budgétaires. Les prévisions actuelles sont établies en ne tenant compte que des mesures mises en œuvre ou annoncées à ce jour. Ainsi, l’orientation générale de la politique budgétaire dans les pays avancés et les pays émergents devrait devenir nettement moins accommodante en 2021, conformément à la transition prévue vers une croissance tirée par l’activité privée (graphique 1.20). La prolongation des contre-mesures budgétaires permettrait de porter la croissance mondiale au-dessus du niveau de référence prévu en 2021. »
  - « Une croissance plus rapide de la productivité pourrait être engendrée par des mutations dans les systèmes de production, de distribution et de paiement (nouvelles techniques médicales, nouveaux services fondés sur des données, travail à distance dans plus de secteurs de l’économie, etc.). »
  - « Des avancées en ce qui concerne les traitements pourraient permettre aux systèmes de santé de mieux gérer le nombre de personnes infectées, tandis que certains changements opérés sur le lieu de travail et de la part des consommateurs dans l’optique de réduire la transmission pourraient permettre à l’activité de retrouver plus rapidement son niveau d’avant la pandémie sans déclencher des vagues d’infection à répétition. »
  - « La production d’un vaccin sûr et efficace primerait sur tous les autres facteurs d’amélioration. S’il est produit à l’échelle nécessaire et proposé dans le monde entier à des prix abordables, le vaccin susciterait un regain de confiance et engendrerait de meilleurs résultats en matière de croissance que ceux prévus dans le scénario de »

*Fonds monétaire international | Octobre 2020 — CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES (page 19)*

### 2. Position extérieure globale mondiale

### 2. Position extérieure globale mondiale

### Principaux risques pesant sur la reprise
- Des épidémies pourraient se répéter dans certains endroits. Si le virus se propage à nouveau, si la recherche de traitements et vaccins progresse plus lentement qu’escompté, ou si l’accès à ces derniers demeure inégal selon les pays, l’activité économique pourrait se révéler plus faible que prévu, sous l’effet d’une prolongation des mesures de distanciation physique et d’un durcissement du confinement. Les retombées transfrontalières d’un recul de la demande extérieure pourraient amplifier les effets des chocs spécifiques à un pays ou à une région sur la croissance mondiale.
- Une fin prématurée de l’aide apportée par les pouvoirs publics ou un mauvais ciblage des mesures en raison de problèmes de conception et de mise en œuvre pourraient entraîner la dissolution de relations économiques par ailleurs viables et productives, ce qui aggraverait les erreurs d’affectation.
- Les conditions financières pourraient se resserrer à nouveau, comme en mars, ce qui mettrait en évidence des facteurs de vulnérabilité. Un arrêt brutal de l’octroi de nouveaux prêts (ou l’incapacité à reconduire ceux en cours) ferait basculer certains pays dans des crises d’endettement et ralentirait encore l’activité.
- Pénuries de liquidités et insolvabilité. Les récessions profondes entraînent invariablement une pénurie généralisée de liquidités... Une pénurie prolongée de liquidités peut facilement se traduire par des faillites et des fermetures d’entreprises. Cette fois-ci, quelques faillites marquantes ont été enregistrées, par exemple dans les secteurs de la vente au détail et de la location de voitures, et le taux de défaillance des obligations d’entreprises, plus généralement, est à son plus haut niveau depuis la crise financière mondiale (édition de juin 2020 de la mise à jour du Rapport sur la stabilité financière dans le monde). Toutefois, les contre-mesures énergiques qui ont été rapidement mises en œuvre ont probablement permis d’éviter davantage de faillites jusqu’à présent. Compte tenu de la gravité de la récession et du retrait éventuel d’une partie de l’aide d’urgence dans certains pays, le risque qu’un plus grand nombre d’entreprises connaissent de graves pénuries de liquidités et fassent faillite est toutefois réel (encadré 1.3). De fortes pertes d’emplois et de revenu en résulteraient, ce qui affaiblirait encore la demande. Dans le même temps, les volants de fonds propres des banques s’épuiseraient et l’offre de crédit serait restreinte, ce qui accentuerait le ralentissement.
- Intensification des troubles sociaux. Les épisodes d’agitation sociale à l’échelle mondiale ont augmenté en 2019, puis diminué au début de la pandémie (encadré 1.4) ... Des protestations plus généralisées ou de plus longue durée pourraient nuire au climat de confiance et peser davantage sur l’activité. L’intensification des troubles sociaux pourrait également compliquer l’économie politique des efforts de réforme, au détriment de la croissance à moyen terme ou de la viabilité des finances publiques.
- Tensions géopolitiques. Bien qu’elles semblent s’être estompées au cours de la pandémie (graphique 1.21), les tensions géopolitiques pourraient s’accentuer à nouveau. En outre, la fragilité des relations entre les pays producteurs de pétrole de la coalition OPEP+ ... présente des risques pour l’approvisionnement mondial en pétrole. Une nouvelle chute des prix, comme celle observée en mars, nuirait gravement à l’activité des pays exportateurs de pétrole et donnerait lieu à une croissance plus faible que prévu.
- Incertitude entourant les politiques commerciales et frictions dans le secteur des technologies. Malgré la récente confirmation de la première phase de l’accord commercial entre les États-Unis et la Chine signé au début de l’année, les tensions entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales restent fortes sur de nombreux plans. L’accord transitoire entre le Royaume-Uni et l’Union européenne expire le 31 décembre 2020. Si les deux parties ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente et à ratifier un accord commercial avant cette date, les barrières qui entravent leurs échanges commerciaux vont considérablement se renforcer, ce qui ferait augmenter les coûts des entreprises et pourrait mettre en péril des accords de longue date en matière de production transfrontalière. L’Organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce a cessé de fonctionner en raison d’une impasse concernant la désignation de nouveaux membres, ce qui jette un doute sur le caractère exécutoire des engagements juridiques liés à cette organisation. Par ailleurs, la multiplication des différends commerciaux dans le domaine des technologies menace les chaînes d’approvisionnement mondiales en raison d’une bifurcation des normes et des plateformes technologiques.
- Catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques. La fréquence et l’intensité accrues des catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques ... ont déjà produit des effets visibles. Les catastrophes naturelles pourraient également engendrer des migrations transfrontalières et des tensions financières (par exemple dans le secteur des assurances) ou alourdir le fardeau de la morbidité.

### Priorités à court terme
- Allouer suffisamment de ressources aux systèmes de santé et limiter les dégâts sur le plan économique.
- Garantir que les systèmes de santé disposent de ressources suffisantes pour le dépistage, le suivi des personnes ayant été en contact avec un malade, le matériel de protection individuelle, les équipements d’urgence tels que des respirateurs, et des installations telles que des salles d’urgences, des services de soins intensifs et des unités d’isolement.
- Limiter les dommages économiques dans les pays où la pandémie s’accélère en mettant en œuvre des mesures d’endiguement sanitaires (confinement) qui réduisent les infections et ouvrent la voie à une reprise future.

### Mesures de politique économique recommandées
- Mesures ciblées pour amortir les pertes de revenu des personnes et des entreprises : allégements fiscaux temporaires, subventions salariales, transferts monétaires, reports de paiements financiers, congés payés pour maladie ou raison familiale.
- Assouplissement des conditions d’admissibilité à l’assurance chômage et amélioration de la couverture des travailleurs indépendants.
- Garanties de crédit temporaires et restructuration des prêts pour aider les entreprises solvables mais illiquides à rester à flot.
- Programmes de reconversion et de recyclage pour faciliter la réallocation de la main-d’œuvre ; aides au revenu de longue durée pour les travailleurs victimes de suppressions d’emplois.
- Réponse globale monétaire, financière, réglementaire et budgétaire pour prévenir des ralentissements plus profonds : appui des banques centrales en matière de liquidités, mécanismes ciblés de réaffectation des prêts, mesures réglementaires pour assouplir temporairement les normes de classement des prêts et les exigences en matière de provisionnement.
- Réductions des taux directeurs, achats d’actifs et cadrages prospectifs lorsque les taux d’intérêt sont à leur borne inférieure effective ; communication claire des banques centrales des pays émergents procédant à des achats d’actifs sur les objectifs et la cohérence avec la stabilité des prix.
- Relance budgétaire par investissements dans les infrastructures publiques ou réductions d’impôts généralisées lorsque les conditions de financement le permettent.
- Retrait progressif des aides ciblées (subventions salariales, transferts monétaires, hausse des prestations d’assurance chômage, garanties de crédit) en fonction du rythme de la reprise et après un redressement durable de l’activité.
- Maintenir plus longtemps certains transferts en espèces et en nature dans les pays avec une forte proportion de travailleurs indépendants et une vaste économie informelle.

### Arbitrages budgétaires et viabilité de la dette
- Les mesures fiscales et budgétaires doivent privilégier les initiatives susceptibles de relever le potentiel de production, d’assurer une croissance participative et de protéger les groupes vulnérables.
- Favoriser les investissements dans la santé, dans l’éducation, dans des projets d’infrastructure à fort rendement et dans la recherche pour promouvoir l’innovation et l’adoption de technologies.
- Préserver les dépenses sociales essentielles pour protéger les plus vulnérables et soutenir l’activité à court terme.
- Respecter les normes les plus strictes en matière de transparence de la dette pour éviter de futures difficultés de refinancement et une augmentation des primes de risque souverain.
- Lorsque les règles budgétaires limitent l’action, suspendre temporairement ces règles en s’engageant à une consolidation progressive une fois la crise passée.
- Envisager d’augmenter les impôts progressifs pour les particuliers mieux nantis et les modifications à la fiscalité des entreprises pour veiller à ce qu’elles paient un impôt en rapport avec leur rentabilité ; coopérer à la conception d’une fiscalité internationale des entreprises adaptée à l’économie numérique.
- Gestion prudente de la dette : prolonger les échéances des emprunts publics et maintenir des taux d’intérêt bas dans la mesure du possible pour économiser les charges liées au service de la dette.

### Renforcement de la coopération multilatérale
- Coopération multilatérale à l’appui des systèmes de santé : financer les engagements d’achat anticipé de vaccins en cours d’essai afin d’encourager une intensification rapide de la production et de la distribution de doses à des prix abordables dans le monde entier (la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) et l’Alliance du Vaccin (GAVI) sont des exemples d’initiatives multilatérales coordonnées).
- Aide financière pour les pays en difficulté : allégement du service de la dette officielle des pays à faible revenu (initiative du Groupe des Vingt en faveur d’une suspension temporaire du service de la dette officielle des pays à faible revenu). Les créanciers privés devraient accorder le même traitement à ces pays.
- Lorsque la dette doit être restructurée, tous les emprunteurs de pays à faible revenu et de pays émergents et tous les créanciers doivent convenir rapidement de modalités acceptables par toutes les parties.
- Le dispositif mondial de sécurité financière peut aider les pays à faire face à un financement extérieur insuffisant.
- Réponse du FMI : ajout d’une ligne de crédit renouvelable et reconstituable pour les pays membres dont les fondamentaux et les cadres macroéconomiques sont solides ; nouveaux financements au moyen d’autres facilités de prêt ; augmentation temporaire des limites d’accès aux ressources au titre de ses mécanismes de financement d’urgence ; amélioration de la capacité à procéder à un allégement du service de la dette sous forme de dons.
- Lever les restrictions commerciales pesant sur des fournitures médicales essentielles et partager les renseignements disponibles sur la pandémie ainsi que sur la recherche de vaccins et de traitements.

_Économie mondiale : Perspectives de l’économie mondiale — Fonds monétaire international | Octobre 2020_

### part importante de l’emploi, il peut être nécessaire,

### textf - part importante de l’emploi, il peut être nécessaire,

### Mesures d’urgence et transition pour l’emploi
- Maintenir les garanties de crédit et l’appui à la liquidité pour les entreprises ainsi que les subventions salariales pour les travailleurs salariés afin d’éviter une augmentation soudaine du chômage, même si d’autres mesures d’urgence sont progressivement supprimées.
- À mesure que des ressources budgétaires sont dégagées de l’aide ciblée, réaffecter une partie à l’investissement public (exemples cités : énergies renouvelables, amélioration de l’efficience du réseau électrique, modernisation des bâtiments pour réduire l’empreinte carbone).
- Augmenter les dépenses sociales au fur et à mesure de la suppression des dispositifs d’urgence pour protéger les plus vulnérables (congés payés pour maladie ou raison familiale, assouplissement des conditions d’admissibilité à l’assurance chômage, renforcement de la couverture des prestations de santé).
- Compléments pour la transition : subventions à l’embauche, hausse des dépenses en faveur de la reconversion, aide au revenu pour les travailleurs victimes de suppressions d’emplois.
- Mesures visant à réduire les rigidités du marché du travail pour faciliter la réaffectation des emplois vers des secteurs en expansion.
- Assainissement des bilans des entreprises comme composante majeure de la réorientation.

### Politique monétaire durant la transition
- Dans les pays où les anticipations d’inflation sont ancrées, une politique monétaire accommodante peut être utile pour maintenir de faibles coûts d’emprunt et des conditions de crédit favorables.
- Les perspectives d’une inflation relativement faible à moyen terme laissent penser que les banques centrales disposent d’une marge de manœuvre pour permettre à la reprise de s’enraciner fermement avant de sortir de leur cadre actuel.

### Limiter les dégâts dans les pays à économie informelle étendue
- Beaucoup de mesures reposent sur des registres fiscaux établis et un accès généralisé aux comptes bancaires, infrastructures souvent inexistantes dans les pays à large informalité.
- Solutions observées : systèmes de paiement numériques (exemples cités : Bénin, Côte d’Ivoire), bases de données centralisées avec numéros d’identification pour cibler les commerçants et chauffeurs de taxi (exemple cité : Togo).
- Lorsque les bénéficiaires n’ont pas de téléphone portable ou de numéro d’identification, recourir à l’aide en nature (nourriture, médicaments, produits de première nécessité) fournie par autorités locales, organisations de proximité ou magasins spécialisés.

### Mécanismes automatiques d’aide en cas de récession
- Renforcer les mécanismes permettant d’apporter automatiquement et rapidement une aide temporaire en cas de récession (par exemple : transferts monétaires temporaires aux ménages à faibles revenus déclenchés lorsque le chômage ou les demandes de prestations de chômage dépassent un certain seuil).

### Mesures pour relever les défis à moyen et long terme
- Constat : la pandémie cause des dommages au potentiel de l’offre, une accumulation de la dette et des conséquences pour les inégalités, en plus du recul de l’accumulation de capital humain.
- Priorités : assainir les bilans et se défaire des créances en souffrance afin de relancer l’investissement ; réduire les rigidités du marché du travail et les barrières à l’entrée pour réaffecter les ressources vers les secteurs en expansion.
- Gouvernance de la concurrence : veiller à ce que l’augmentation de la concentration et du pouvoir de marché ne conduise pas à des abus et ne fasse obstacle à la concurrence des petites entreprises.

### Favoriser une croissance viable sur le plan environnemental
- Effort d’investissement vert : accroître le recours aux énergies renouvelables, améliorer l’efficience du réseau, rénover les bâtiments pour accroître les économies d’énergie, stimuler les dépenses d’investissement dans certains secteurs (matériaux de construction, systèmes de chauffage à faible consommation).
- Exemples et engagements : l’accord de l’Union européenne visant à consacrer 30 % de l’instrument de relance « Next Generation EU » aux dépenses relatives au changement climatique.
- Opportunités post-pandémie : accélération du commerce électronique, numérisation accrue, innovations en services fondés sur des données, et possibilités liées à la médecine et à la biotechnologie.

### Stimuler l’accumulation de capital humain
- Risque majeur : la déscolarisation mondiale due aux fermetures d’écoles et d’universités pendant une grande partie de l’année 2020, avec des conséquences durables sur les revenus et la productivité.
- Mesures de rattrapage : fonds pour réajuster la durée de l’année scolaire, formation des enseignants aux méthodes de rattrapage, mise en place ou généralisation de programmes de soutien parascolaire.
- Adapter programmes éducatifs et professionnels aux besoins futurs (services d’urgence, infirmiers, techniciens de laboratoire, compétences informatiques pour télétravail).
- Remarque : la participation aux programmes professionnels peut demeurer insuffisante si l’acquisition des nouvelles compétences est difficile, entraînant une augmentation persistante des abandons et du nombre de personnes ni en emploi ni en formation.

### Répartition des gains et protection sociale
- Mesures de dépenses sociales pour lutter contre l’accroissement des inégalités : renforcer l’aide sociale (transferts monétaires conditionnels, bons alimentaires et vivres en nature, couverture des frais médicaux pour les ménages à faible revenu), étendre l’assurance sociale (assouplissement des critères d’admissibilité à l’assurance chômage, extension de la couverture des congés payés pour maladie ou raison familiale).
- Investir dans des programmes de reconversion et de recyclage pour améliorer les perspectives d’emploi des travailleurs licenciés.

### Résolution du surendettement
- Surendettement des États :
  - Mesures recommandées : augmenter les recettes et réduire progressivement les dépenses à moyen terme ; accroître la progressivité du code des impôts ; élargir l’assiette fiscale (réduction des allégements fiscaux aux entreprises, plafonnement plus strict des déductions de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, instauration d’une taxe sur la valeur ajoutée lorsque non prévue) ; améliorer la couverture des registres fiscaux et la transmission électronique des déclarations.
  - Réduction des dépenses : cibler la réduction des subventions mal ciblées et inutiles.
  - Restructuration de la dette souveraine : allongement des échéances, réduction des taux d’intérêt, réduction du principal (décote), autres échanges de créances ; activation possible des clauses d’action collective.
- Surendettement des entreprises :
  - Identifier les entreprises viables à restructurer et celles non viables.
  - Pour les entreprises d’importance systémique : injections de capitaux possibles.
  - Restructuration de bilans et fourniture de liquidités pour les modèles économiques viables à moyen terme.
  - Mettre en place ou renforcer des dispositifs spéciaux de restructuration extrajudiciaire ; appliquer des solutions normalisées et des mesures d’incitation (échéances pour les accords, amendes pour les créanciers, menace de liquidation pour les débiteurs) pour accélérer la restructuration.
  - Renforcement de la surveillance réglementaire (provisionnement, annulations de créances, comptabilisation des recettes) et amélioration des capacités internes des banques pour gérer les prêts improductifs.
  - Soutenir le développement des marchés des créances en souffrance en améliorant l’accès aux informations sur les débiteurs, en supprimant les obstacles réglementaires (par exemple permettre à des entités non bancaires de détenir et gérer des prêts improductifs) et en améliorant la qualité des évaluations de garanties.
  - Modifier les règles fiscales qui empêchent les restructurations ou les annulations de dettes.

### Aide massive à la solvabilité et liquidation lorsque nécessaire
- Soutenir la solvabilité plus massivement que d’habitude, sauf pour les entreprises déjà insolvables avant la crise.
- Mesures fiscales possibles : report rétrospectif des pertes pour aider les entreprises auparavant viables.
- Pour les grandes entreprises : injections directes de fonds propres ou créances de second rang assorties de garanties.
- Pour les petites et moyennes entreprises non cotées : versement de subventions partiellement récupérées via une augmentation temporaire du taux d’imposition des sociétés.
- Lorsque les perspectives à moyen terme sont mauvaises et les mutations structurelles persistantes : liquidation nécessaire pour réaffecter capital et main-d’œuvre; importance d’un régime de faillite efficace et équitable.

### Mesures multilatérales et lutte contre le changement climatique
- Risque : intensification des tensions commerciales et technologiques pourrait réduire la croissance mondiale.
- Nécessité d’une coopération multilatérale pour désamorcer ces tensions et combler les lacunes du système commercial multilatéral fondé sur des règles.
- Lutte contre le changement climatique : action conjointe des plus gros émetteurs, combinant hausse régulière des prix du carbone et développement de l’investissement vert pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.
- Avantages d’un ensemble de mesures d’atténuation largement adopté : investissement à court terme dans des infrastructures respectueuses de l’environnement, coûts de production modestes à moyen terme, accélération des revenus au cours de la deuxième moitié du siècle en évitant des dommages climatiques.
- Renforcement urgent des moyens de lutte contre des crises sanitaires calamiteuses (augmenter les réserves d’équipements de protection et de fournitures médicales essentielles, financer la recherche, assurer une aide suffisante aux pays aux capacités sanitaires limitées).

### Scénarios G-20 de l’évolution de la lutte contre la COVID-19
- Deux voies modélisées : scénario défavorable et scénario favorable.
- Scénario défavorable (ligne rouge) :
  - Hypothèses : endiguement du virus plus difficile et plus long ; en 2021, progrès plus lents sur vaccins, traitements et respect des consignes de distanciation physique ; détérioration de l’activité dans les secteurs à contacts nombreux ; effets revenus et amplification par les échanges commerciaux.
  - Resserrement des conditions financières : écarts de taux sur obligations d’entreprises augmentent dans les pays avancés ; écarts sur obligations souveraines et d’entreprises se creusent dans les pays émergents, augmentation en 2020 modérée mais plus marquée en 2021.
  - Réactions politiques : autorités budgétaires des pays avancés augmentent les transferts au-delà des stabilisateurs automatiques ; pays émergents limités aux stabilisateurs automatiques.
  - Politiques monétaires : recours à des mesures non conventionnelles dans les pays avancés à marge conventionnelle restreinte.
  - Effets durables : perte de capital productif, hausse durable du taux de chômage naturel, ralentissement temporaire de la croissance de la productivité; effets de cicatrisation perceptibles en 2022 et au-delà.
- Remarque méthodologique : le modèle G-20 est un modèle global et structurel de l’économie mondiale qui tient compte des répercussions internationales et des principales relations économiques entre le secteur des ménages, le secteur des entreprises et le secteur public, y compris la politique monétaire.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### 1. PIB réel mondial

### 1. PIB réel mondial

### Scénarios et effets macroéconomiques généraux
- Scénario défavorable vs scénario de référence :
  - En 2020, la croissance mondiale est plus faible d’environ ¾ point de pourcentage.
  - En 2021, la croissance mondiale est plus faible d’environ près de 3 points de pourcentage.
  - Après 2021, la croissance dépasse le niveau de référence pendant plusieurs années, mais :
    - Le niveau du PIB mondial est toujours inférieur d’environ 1,5 % au niveau de référence à la fin de la période considérée, en 2025.
    - L’incidence négative sur le niveau du PIB est environ deux fois plus forte pour les pays émergents que pour les pays avancés.
  - Effets budgétaires et d’endettement :
    - Le ratio dette/PIB augmente en moyenne de plus de 10 points de pourcentage dans les pays avancés d’ici à 2022.
    - Le ratio dette/PIB augmente plus modestement de 5 points de pourcentage dans les pays émergents d’ici à 2022.
- Mécanismes expliquant les écarts :
  - Les pays émergents sont plus touchés que les pays avancés en raison du faible espace budgétaire restreignant leur capacité à soutenir les revenus.
  - Des conditions financières encore plus restrictives pour les pays émergents accentuent le décalage.
  - Des séquelles plus profondes amplifient l’impact négatif sur l’activité.
  - Les effets prolongés sur l’activité, combinés aux dépenses budgétaires supplémentaires pour soutenir les revenus, entraînent une nette augmentation de l’endettement public.

### Scénario favorable — hypothèses et canaux
- Hypothèses principales du scénario favorable (ligne bleue dans le graphique scénario 1) :
  - La lutte contre la COVID-19 se déroule en tout point beaucoup mieux que dans le scénario de référence.
  - Progrès dans les traitements réduisant rapidement le taux de mortalité, diminuant le sentiment de peur et contribuant à rétablir la confiance.
  - Augmentation rapide et sensible des investissements dans les capacités de production de vaccins et accords de coopération dans les chaînes d’approvisionnement permettant de disposer de vaccins plus tôt que prévu et à grande échelle.
  - Franchise et transparence totales des travaux de recherche renforçant la confiance dans l’efficacité et l’innocuité des vaccins, permettant de généraliser les vaccinations.
- Canaux de transmission vers l’activité :
  - Reprise plus rapide des secteurs à contacts élevés par rapport au scénario de référence.
  - Amélioration générale de la confiance entraînant une augmentation des dépenses dans d’autres secteurs à mesure que l’incertitude sur les perspectives de revenus futurs se dissipe.
  - Activité plus dynamique améliorant les perspectives des entreprises et limitant la détérioration budgétaire, conduisant à une baisse des primes de risque.
  - Redressement plus rapide réduisant le nombre de faillites, limitant les perturbations sur le marché du travail et atténuant le ralentissement de la croissance de la productivité par rapport aux hypothèses du scénario de référence.
  - Amélioration des facteurs liés à l’offre commencant en 2023 et se poursuivant.
- Hypothèses de politique publique dans le scénario favorable :
  - Avec l’amélioration de l’activité, le retrait de l’impulsion budgétaire se limite au niveau des stabilisateurs automatiques.
  - Les autorités monétaires sont partout en mesure de faire face à l’accélération de la croissance sans compromettre leurs objectifs de stabilité des prix.
- Décomposition mentionnée (graphique scénario 2 — plage 2) : contribution à l’incidence sur le PIB mondial des trois principaux éléments du scénario favorable (liste des éléments présentés dans le document) :
  - Effacement de la distanciation physique dans le pays et des répercussions commerciales
  - Assouplissement des conditions financières
  - Effacement des séquelles
  - Total

### Éléments de décomposition et facteurs présentés graphiquement
- Composantes utilisées pour analyser les écarts (présentées dans les graphiques du document) :
  - Distanciation physique dans le pays et retombées sur les échanges
  - Durcissement net des conditions financières
  - Séquelles
  - Dépenses budgétaires exceptionnelles
  - Total
- Contreparties pour le scénario favorable dans les graphiques :
  - Effacement de la distanciation physique dans le pays et des répercussions commerciales
  - Assouplissement des conditions financières
  - Effacement des séquelles
  - Total

*Source : CHAPITRE 1 PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES, Fonds monétaire international | Octobre 2020.*

### 1. Scénario défavorable

### 1. Scénario défavorable

### Scénario macroéconomique et trajectoire de la croissance mondiale
- La croissance mondiale augmente de ½ point de pourcentage en 2021 et atteint environ 1 point de pourcentage de plus en 2023.
- La reprise devient plus modérée en 2024, et la croissance est légèrement inférieure au niveau de référence en 2025.
- En 2025, le PIB mondial est supérieur d’environ 2 % au niveau de référence.
- L’amélioration dans les pays émergents est presque deux fois plus forte que dans les pays avancés en 2025.
- L’accélération de la croissance entraîne une amélioration de la situation budgétaire : les pays avancés comme les pays émergents voient leur ratio dette/PIB diminuer d’environ 5 points de pourcentage d’ici à la fin de la période considérée dans les Perspectives de l’économie mondiale.
- Si les autorités budgétaires mettent fin aux mesures discrétionnaires plus rapidement que prévu dans le scénario de référence, le ratio dette/PIB pourrait enregistrer une amélioration encore plus nette.

### Révision des parités de pouvoir d’achat (PPA) — Encadré 1.1
- Le Programme de comparaison internationale (PCI) a publié de nouvelles parités de pouvoir d’achat pour l’année de référence 2017 dans les 176 pays participants ; des résultats révisés pour 2011 et des estimations annuelles pour 2012–16 ont également été publiés.
- Les PPA sont utilisées pour convertir différentes monnaies en une monnaie commune et égaliser leur pouvoir d’achat en éliminant les différences de niveaux de prix entre les pays.
- Les PPA révisées utilisées dans l’édition d’octobre 2020 des PEM sont basées sur les données 2011–17 de l’enquête 2017 du PCI et extrapolées en utilisant les taux de croissance des déflateurs relatifs du PIB.
- Tableaux et observations clés :
  - La part des pays émergents et des pays en développement dans le PIB mondial augmente et celle des pays avancés diminue sur la période 2011–19 selon le PCI 2017.
  - Pour 2019, la part des pays avancés dans l’économie mondiale est estimée à 43 %, contre 40 % selon le calcul précédent.
  - La part de la Chine en PPA dans l’économie mondiale en 2019 (17,4 %) est inférieure à celle estimée à partir du PCI 2011 (19,2 %).
  - La part des pays émergents et des pays en développement dans le PIB mondial en 2019 est de 57 % selon la PPA et de 41 % selon les taux de change du marché.
- Incidence sur la croissance agrégée (Tableau 1.1.2) :
  - PEM de juin 2020 révisées à l’aide du PCI 2017 : Monde 2011–17 = 3,6 ; 2018 = 3,5 ; 2019 = 2,8 ; 2020 = –5,2 ; 2021 = 5,4.
  - PEM de juin 2020 fondées sur le PCI 2011 : Monde 2011–17 = 3,7 ; 2018 = 3,6 ; 2019 = 2,9 ; 2020 = –4,9 ; 2021 = 5,4.
  - Écart (en points de pourcentage) entre PCI 2017 et PCI 2011 pour le Monde : –0,05 (2011–17), –0,08 (2018), –0,08 (2019), –0,24 (2020), –0,04 (2021).
  - Pays avancés : différences nulles ou très faibles ; Pays émergents et pays en développement : écarts négatifs allant jusqu’à –0,13 pour 2020.
- Facteurs expliquant les révisions :
  - Les nouveaux cycles PCI apportent des données supplémentaires et actualisées ; l’extrapolation à partir d’un cycle antérieur peut diverger.
  - Les structures économiques peuvent évoluer différemment d’un pays à l’autre (exemple : Chine versus États-Unis).
  - Pour la Chine, le PCI 2017 indique un niveau des prix relatifs en 2019 plus élevé que l’extrapolation depuis le PCI 2011, conduisant à un PIB en PPA plus faible.

### Incidence de la pandémie sur la pauvreté, l’espérance de vie et les inégalités — Encadré 1.2
- Effets globaux anticipés :
  - Le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté devrait augmenter considérablement en 2020, pour la première fois depuis plus de vingt ans.
  - Les inégalités de revenu dans les pays émergents et en développement pourraient, en moyenne, revenir aux niveaux observés en 2008.
  - L’espérance de vie devrait moins varier globalement, malgré des risques de détérioration dus à la fragilité des systèmes de santé et aux interruptions des traitements pour d’autres maladies mortelles.
- Contexte avant la pandémie :
  - Au cours des deux décennies précédant la crise de la COVID-19, les pays émergents et les pays en développement ont connu une croissance moyenne de 4,1 %, soit 1 point de pourcentage de plus que pendant 1980–99.
  - Croissance par habitant : 2,4 % en 2000–19 contre 1,0 % en 1980–99.
- Impact prévu de la pandémie :
  - Avec la pandémie, le PIB réel des pays émergents et des pays en développement devrait diminuer de 3,3 % en 2020.
  - La crise touche de manière disproportionnée les travailleurs vulnérables et met en péril une grande partie des progrès réalisés auparavant.
- Progrès observés avant la pandémie :
  - Proportion de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour (PPA 2011) : 25 % en 2002 et 12 % en 2018, en moyenne.
  - Pour les transferts parfaitement ciblés, le montant annuel moyen nécessaire pour chaque personne vivant dans la pauvreté est passé de 240 dollars à 184 dollars.
  - Forte convergence de l’espérance de vie : augmentation plus forte dans les pays ayant une espérance de vie plus faible.
- Inégalités de revenu :
  - Le coefficient de Gini a diminué de 3 points de pourcentage en moyenne (44 à 41) au cours des deux dernières décennies.
  - Le ratio de Palma montre que le revenu total des 10 % les plus riches est deux fois plus élevé que le revenu total des 40 % les plus pauvres dans les pays émergents et les pays en développement, contre 25 % en moyenne dans les pays avancés.
- Autres dimensions de l’inclusion :
  - La part des jeunes inactifs a oscillé autour de 20 %.
  - L’inégalité en matière d’enseignement (années de scolarité) a peu diminué.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020 — Extrait : 1. Scénario défavorable.*

### 1. Réduction de la pauvreté

### 1. Réduction de la pauvreté

### Réduction de la pauvreté et espérance de vie
- Mesure de la pauvreté : proportion de personnes vivant avec 1,90 dollar par jour en parités de pouvoir d’achat de 2011 (moyennes simples ; 2002–18).
- Espérance de vie : convergence observée (années de vie ; moyennes simples ; 2002–18) entre pays émergents, pays en développement à faible revenu et pays avancés (moyenne de 2018).
- Progrès notables depuis 2000 en matière de réduction de la pauvreté et d’allongement de l’espérance de vie dans les pays émergents et pays en développement.

### Inégalités de revenu et par sexe
- Indicateurs présentés :
  - Inégalité de revenu : indice de Gini (en pourcentage ; moyennes simples ; 2002–18).
  - Inégalité entre les sexes dans le taux d’activité : ratio femmes/hommes (ratio ; moyennes simples ; 2002–18).
- Constats :
  - La plupart des pays étudiés présentent des écarts très marqués par rapport à la moyenne des pays avancés.
  - L’écart entre les sexes reste prononcé pour le taux d’activité malgré des efforts récents en faveur de l’égalité femmes–hommes.
  - Dans certains pays, l’absence de progrès de la participation des femmes est liée à une hausse du taux de scolarisation, mais le niveau d’instruction des femmes demeure inférieur à celui des hommes dans la plupart de ces pays, en particulier dans les pays à faible revenu.

### Incidence de la pandémie sur le caractère inclusif de la croissance
- Estimations et effets directes de la COVID-19 :
  - La Banque mondiale estime que, par rapport aux projections antérieures, la pandémie de COVID-19 fera augmenter de 1,14 point de pourcentage la proportion mondiale de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour, ce qui représente une hausse de près de 90 millions du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (première augmentation depuis 1998).
  - En ce qui concerne l’espérance de vie, l’incidence de la COVID-19 devrait être modérée, la charge de mortalité étant plusieurs fois moindre que dans les pays avancés en raison d’une population plus jeune (âge médian de 27 ans).
  - Les systèmes de santé plus fragiles et l’interruption des services visant à traiter et prévenir le VIH, le paludisme et la tuberculose constituent des facteurs de risque supplémentaires.
  - Les inégalités de revenu se sont accentuées lors des pandémies précédentes, surtout à moyen terme; la crise actuelle et les mesures d’endiguement touchent de manière disproportionnée les personnes les plus vulnérables.
  - L’égalité femmes–hommes est mise à mal et pourrait connaître un net recul dans le contexte actuel.

### Télétravail, distribution des pertes de revenu et inégalités
- Méthode parcimonieuse :
  - La capacité à télétravailler est généralement plus faible pour les personnes à faible revenu que pour les personnes à revenu élevé (estimations pour 35 pays).
  - En extrapolant aux pays émergents et pays en développement, la baisse globale de revenu (tirée des dernières projections du FMI relatives au PIB réel) est répartie entre quintiles de revenu selon leur capacité à télétravailler.
  - Effet estimé sur l’indice de Gini pour 2020 (sans tenir compte des politiques de redistribution ou d’autres facteurs) : le coefficient de Gini moyen des pays émergents et des pays en développement augmenterait de 2,6 points de pourcentage pour atteindre 42,5, soit un niveau globalement comparable à celui de 2008.
  - Conclusion : les progrès accomplis depuis la crise financière mondiale pourraient être anéantis.

- Comparaison historique :
  - La ligne verticale « pandémies précédentes » correspond à 1¼ %, sur la base des conclusions de Furceri et al. (2020) relatives à l’indice de Gini net.

### Bien‑être au‑delà du PIB
- Indicateur de Jones et Klenow (2016) combine quatre facteurs : 1) la consommation réelle par habitant ; 2) l’espérance de vie ; 3) le temps de loisir ; 4) les inégalités de consommation.
- Résultats historiques :
  - L’amélioration moyenne des conditions de vie dans 56 pays émergents et pays en développement entre 2002 et 2019 équivaut à une augmentation de 6 % des niveaux de consommation annuels chaque année.
  - Cette amélioration s’explique presque entièrement par un allongement de l’espérance de vie et est supérieure de 1,3 point de pourcentage à la croissance du PIB réel par habitant.
- Scénario 2020 :
  - En 2020, les conditions de vie pourraient connaître un recul d’une valeur supérieure à 8 %, principalement en raison de la variation excessive des inégalités (estimations parcimonieuses).

### PME : risques de liquidité et d’insolvabilité
- Constat général :
  - La récession due à la COVID-19 touche particulièrement les petites et moyennes entreprises (PME), plus exposées que les grandes entreprises en raison de réserves restreintes et d’un accès au crédit limité.
  - Les PME sont principalement présentes dans les secteurs les plus durement touchés : restauration, hôtellerie, arts et spectacles.
- Mesures et méthode :
  - Évaluation des risques de liquidité et d’insolvabilité pour les PME de 21 pays (principalement des pays avancés) à partir des données Orbis et de la méthode de Gourinchas et al. (2020).
  - Risque de liquidité : entreprise disposant de suffisamment de liquidités à la fin de 2020 pour couvrir dépenses opérationnelles et financières, en supposant renouvellement des dettes arrivant à échéance mais absence de nouvelle dette.
  - Risque d’insolvabilité : fonds propres effectifs projetés devenant négatifs à la fin de 2020.
- Résultats :
  - Les entreprises en difficulté représentent de 9 à 13 % de l’emploi total des PME (de l’échantillon), selon la mesure choisie (insolvabilité ou illiquidité).
  - Cela représente presque un doublement des emplois des PME menacés en raison de risques de liquidité (et une augmentation de 50 % en raison de risques d’insolvabilité) par rapport à un scénario sans pandémie.
  - Par secteur, en prenant l’illiquidité comme mesure :
    - Arts et divertissement : part des emplois à risque grimpe à 30 %.
    - Hébergement et alimentation (restauration) : part des emplois à risque grimpe à 40 %.

### Recommandations de politique (implicites dans l’analyse)
- Mesures de redistribution et aides ciblées :
  - Les politiques de redistribution et les mesures visant à venir en aide aux personnes et aux entreprises touchées sont essentielles pour atténuer les effets négatifs considérables de la pandémie sur les inégalités et sur les conditions de vie en général.
- Protection des systèmes de santé et continuité des services :
  - Préserver la capacité des systèmes de santé et la continuité des services de prévention et traitement (VIH, paludisme, tuberculose) pour limiter les risques sur l’espérance de vie et la vulnérabilité des populations.

*Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale : Une ascension longue et difficile, Octobre 2020 — Encadré 1.2 (extraits).*

### 2. Part des emplois menacés dans les PME en raison

### 2. Part des emplois menacés dans les PME en raison

### Hausse des risques de faillite et d’insolvabilité pour les PME : constats
- L’ampleur du choc lié à la COVID‑19 et l’incertitude sur sa durée conduisent à une forte augmentation des risques d’insolvabilité et de faillite pour les petites et moyennes entreprises (PME).
- Le document compare un scénario de référence avec la COVID‑19 à un scénario fictif pour 2020 sans la COVID‑19 et agrège les données au niveau des pays en fonction de pondérations par le PIB et au niveau sectoriel.
- La forte augmentation des risques prévue justifie une aide publique supplémentaire au‑delà des mesures de liquidité usuelles, en raison des amplificateurs macrofinanciers associés à des faillites massives.

### Scénarios d’intervention publique évalués
- Scénario 1 : fournir à toutes les PME l’équivalent de 5 % de leurs recettes annuelles antérieures à la pandémie sous forme de prêts publics.
  - Ce montant est indiqué comme représentant plus de 4 % du PIB.
- Scénario 2 : fournir le même montant (5 % des recettes annuelles antérieures) sous forme d’injections de fonds propres (ou d’actifs similaires).
- Résultat comparatif : seules les injections de fonds propres (ou d’actifs similaires) réduiraient les risques d’insolvabilité et elles réduiraient en outre la part des emplois menacés de près de 3 points de pourcentage par rapport à la plage 1 du graphique 1.3.1.

### Arbitrages et limites des interventions
- Les injections de fonds propres offrent des gains en termes de réduction des insolvabilités et des emplois menacés, mais elles entraînent des risques budgétaires plus élevés, en particulier si les entreprises font finalement défaut, car les créances sur fonds propres seraient de rang inférieur par rapport aux créances sur dettes.
- L’aide publique massive déjà annoncée dans la plupart des pays atténue ces projections, mais elle est difficile à quantifier car elle a pris de multiples formes et les taux d’utilisation varient considérablement selon les entreprises et les pays.
- Les simulations préliminaires indiquent que l’aide publique annoncée pourrait avoir considérablement atténué la hausse des pénuries de liquidités et des taux d’insolvabilité dans certains pays européens.

### Recommandations et options politiques
- Continuer d’aider les entreprises sur une plus longue période, compte tenu de l’augmentation des risques et du frein à la reprise.
- Intervenir au moyen d’injections de fonds propres (ou d’actifs similaires), au moins dans les pays disposant d’un espace budgétaire suffisant.
- Pour les grandes entreprises : options envisagées incluent des injections directes de fonds propres ou des créances de rang inférieur assorties de garanties.
- Pour les PME : une combinaison entre des dons et une future hausse temporaire du taux d’imposition des sociétés aurait l’effet d’une injection de fonds propres ; cette approche peut poser des problèmes d’administration fiscale et doit être soigneusement calibrée.
- Prendre des mesures pour réduire les coûts juridiques et financiers des procédures de faillite afin d’atténuer les risques d’engorgement des tribunaux chargés de prononcer les faillites.
- Reconnaître le risque d’« attraction » des injections de fonds propres par des entreprises non viables cherchant une « résurrection », ce qui soulève des enjeux de ciblage et de coût budgétaire.

### Points chiffrés clés (textes originaux conservés)
- Montant proposé par scénario : 5 % de leurs recettes annuelles antérieures à la pandémie.
- Poids estimé de cette intervention : plus de 4 % du PIB.
- Réduction de la part des emplois menacés grâce aux injections de fonds propres : près de 3 points de pourcentage (par rapport à la plage 1 du graphique 1.3.1).

*Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale : Une ascension longue et difficile, Octobre 2020*

### 4. Indices des cours des métaux

### 4. Indices des cours des métaux

### Indice de référence
- (1er janvier 2016 = 100)

### Remarque
- Titre : 4. Indices des cours des métaux

---

### 3. Perspectives des cours du Brent

### Unité
- (Dollars le baril)

### Remarque
- Titre : 3. Perspectives des cours du Brent

---

### 2. Courbes des cours à terme du Brent

### Unité et axe
- (Dollars le baril ; date d’expiration sur l’axe des abscisses)

### Remarque
- Titre : 2. Courbes des cours à terme du Brent

*Source: textf - 4. Indices des cours des métaux (PDF chapter/section).*

### 1. Indices des cours des produits de base

### 1. Indices des cours des produits de base

### Marché du pétrole — évolutions et projections
- Réductions de l’offre ont permis une remontée des cours dès la fin du mois d’avril, d’environ 15 dollars à plus de 40 dollars le baril au début du mois de juin; en août, les cours demeuraient inférieurs d’environ 25 dollars aux cours de début janvier.
- Impact sur la production et les entreprises : de nombreuses sociétés pétrolières ont subi des pertes importantes, procédé à des vagues de licenciements et enregistré des dépréciations d’actifs.
- Demande : selon l’Agence internationale de l’énergie, la demande de pétrole devrait diminuer de 8,1 millions de barils par jour cette année, pour s’établir à 91,9 millions, puis augmenter de 5,2 millions en 2021; révision à la hausse par rapport à la réduction de 9,3 millions de barils par jour que l’Agence prévoyait en avril pour 2020.
- Contrats à terme et hypothèses de référence :
  - Les contrats à terme sur le pétrole indiquent que les cours du Brent atteindront 50 dollars d’ici la fin de 2023.
  - Cours annuel moyen du baril (hypothèses de marché / FMI) : 41,7 dollars en 2020 — en recul de 32 % par rapport à 2019 — et 46,7 dollars en 2021 pour le cours au comptant moyen établi par le FMI.
- Principaux risques à la hausse : aggravation de la situation géopolitique au Moyen-Orient, endiguement plus rapide de la pandémie, réduction excessive des investissements en amont, nouvelles faillites dans le secteur de l’énergie.
- Principaux risques à la baisse : nouveau ralentissement de l’activité économique mondiale, importance des stocks, accélération de la production hors OPEP+, normalisation plus rapide de la production libyenne, échec de l’accord OPEP+, mesures mondiales pour abaisser les émissions de CO2.

### Gaz naturel et charbon — situation récente
- Gaz naturel : cours au comptant avoisinant leurs niveaux les plus bas ces derniers mois en raison de stocks substantiels (hiver peu rigoureux, faible demande, cours pétroliers modérés); torchage important d’émissions de gaz d’extraction évalué à l’équivalent de 400 tonnes métriques de dioxyde de carbone (CO2) en 2019 (Banque mondiale).
- À la fin du mois d’août, hausse des cours du gaz naturel liée à une hausse attendue de la demande hivernale, incertitude sur l’approvisionnement en Asie et modèles techniques de négociation.
- Charbon : pression à la baisse notable sur les cours en concurrence avec le gaz naturel pour la production d’électricité; toutefois perturbations d’approvisionnement en Afrique du Sud et forte demande des industriels indiens ont soutenu les cours du charbon sud-africain; restrictions à l’importation en Chine et projet japonais de suppression progressive des centrales au charbon inefficaces d’ici 2030 ont pesé sur les cours australiens.

### Métaux — performances et perspectives
- Évolution récente : les cours des métaux de base ont augmenté de 18,2 % entre février et août 2020.
- Facteurs : atonie de l’activité industrielle mondiale au premier trimestre 2020; ruptures d’approvisionnement liées à la COVID-19; regain d’activité industrielle en Chine; mesures de relance et euphorie boursière.
- Variations par métal (période février–août 2020 et autres précisions fournies) :
  - Minerai de fer : hausse record de 37,0 % sur l’année.
  - Cuivre : +14,4 %.
  - Aluminium : +3,0 %.
  - Nickel : +14,6 %.
  - Cobalt : −1,9 %.
- Projections d’indices FMI :
  - Indice annuel des cours des métaux de base : progression de 0,8 % en 2020 et de 3,0 % en 2021.
  - Indice des cours des métaux précieux : augmentation de 28,4 % en 2020 et de 10,4 % en 2021.
- Risques : éventualité d’une seconde vague de COVID-19, maintien d’une demande soutenue en Chine, tensions Chine–États-Unis (principaux aléas baissiers), risques d’offre dans Chili et Pérou (producteurs majeurs).

### Denrées alimentaires — évolutions et prévisions
- Indice des cours des aliments et des boissons (FMI) : augmentation de 0,7 % (contexte de la pandémie, effets variables selon produits et régions).
- Viande : indice des cours de la viande a chuté de 7,1 % par rapport au niveau de référence d’avril; prix de gros de la viande porcine ont baissé de 4,5 % après la fermeture de plusieurs usines de transformation aux États-Unis.
- Principales variations par produit :
  - Riz : cours en hausse de 12,6 %.
  - Maïs : cours dégringolés de 13,0 % (niveau le plus bas en mai depuis 10 ans).
  - Soja : cours ont baissé de 13,0 % au début du mois de février; achats chinois ont augmenté en juin.
- Prévisions : cours des denrées alimentaires devraient progresser de 0,4 % en glissement annuel en 2020, puis de 4,3 % en 2021.
- Risques à la hausse : perturbations logistiques, restrictions à l’exportation des gros exportateurs, regain de tensions entre les États-Unis et la Chine perturbant les échanges et les prix relatifs.

### Charbon — histoire, utilisation et coûts externes
- Rôle historique : diffusion du charbon depuis la révolution industrielle; substitution progressive à la biomasse; pic puis déclin dans certains pays, renaissance liée aux chocs pétroliers des années 70 et à la croissance des pays émergents.
- Part dans la consommation mondiale et tendances :
  - Les cinq plus gros consommateurs (Chine, Inde, États-Unis, Russie et Japon) représentent 76,7 % de la consommation mondiale.
  - Pays émergents représentent 76,8 % de la consommation de charbon (tirés par la Chine qui consomme environ la moitié du charbon mondial).
  - Utilisations : la production d’électricité représente environ 20,1 % dans l’OCDE, 50,7 % hors OCDE, total 70,8 % (Tableau 1.DS.1).
- Tableau 1.DS.1 — Consommation de charbon par secteur (En pourcentage)
  - OCDE / Hors OCDE / Total
  - Production d’électricité : 20,1 / 50,7 / 70,8
  - Industrie : 2,2 / 19,4 / 21,6
  - Autres : 0,9 / 6,7 / 7,6
  - Total : 23,2 / 76,8 / 100,0
- Coûts externes et émissions :
  - Le charbon est à l’origine d’un peu moins de la moitié des émissions mondiales de CO2 et de près des trois quarts des émissions de CO2 de l’ensemble du secteur de l’énergie (considérations générales).
  - Contribution estimée : le charbon contribue à environ 44 % de l’ensemble des émissions de CO2 et 72 % de l’ensemble des émissions du secteur de l’électricité.
  - Intensité en carbone : brûlé pour produire chaleur et électricité, le charbon a une intensité en carbone 2,2 fois supérieure à celle du gaz naturel.
- Transition et décisions politiques :
  - Dans plusieurs pays avancés, la part du charbon dans la production électrique est tombée à des niveaux historiquement bas (ex. en Europe la part du charbon (des combustibles fossiles) dans la production électrique est passée sous la barre historique de 8 (30) % pendant la baisse de la demande d’électricité en avril 2020).
  - La décabonation dépend du substitut choisi (nucléaire, hydroélectricité, gaz naturel, énergies renouvelables).
  - Baisse moyenne mesurée de la consommation de charbon dans les pays ayant franchi un pic : 2,3 % par an entre 1971 et 2017 pour 73 des 84 pays considérés.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020 — Dossier spécial : Marchés des produits de base : évolution et prévisions (section 1. Indices des cours des produits de base).*

### 2015. Le reste correspond aux émissions produites par l’agriculture, la

### textf - 2015. Le reste correspond aux émissions produites par l’agriculture, la déforestation et, plus largement, la réaffectation des terres.

### Émissions, mix énergétique et facteurs d’émission
- Graphique des facteurs d’émission (Tonnes métriques de dioxyde de carbone par mégawattheure) distingue Charbon, Pétrole, Gaz naturel.
- Les pays pauvres exploitent principalement la biomasse pour couvrir leurs besoins énergétiques; les pays à revenu intermédiaire sont très dépendants du charbon.
- Dans les pays à revenu élevé, la part du charbon décroît, tandis que le nucléaire et le gaz naturel progressent.
- Hypothèse de l’échelle de qualité :
  - Biocarburants situés en bas de l’échelle.
  - Charbon, pétrole et hydroélectricité au niveau intermédiaire.
  - Nucléaire, gaz naturel et énergies renouvelables en haut de l’échelle.
- Coût marginal d’exploitation d’une centrale électrique au charbon reste parmi les moins élevés; coûts de l’éolien et du solaire ont diminué mais présentent intermittence et risque de rendements décroissants.
- Coût actualisé de l’électricité pour les nouveaux investissements, 2019 (en dollars par mégawattheure) : graphique comparant Éolien terrestre, Solaire PV (silicium cristallin), Cycle combiné au gaz, Coût marginal d’une centrale au charbon, Charbon, Solaire PV (commerce et industrie), Éolien en mer, Nucléaire (valeurs graphiques non numérisées dans le texte fourni).

### Bouquets énergétiques en 2017, par groupe de revenu (En pourcentage)
- Pays à faible revenu : Biomasse 80,8; Charbon 2,3; Pétrole brut 13,3; Gaz naturel 0,9; Hydroelectricité 2,8; Énergies renouvelables 1,6; Nucléaire 0,0
- Pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure : Biomasse 26,2; Charbon 26,9; Pétrole brut 26,6; Gaz naturel 14,4; Hydroelectricité 1,8; Énergies renouvelables 2,3; Nucléaire 1,8
- Pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure : Biomasse 5,2; Charbon 40,9; Pétrole brut 25,0; Gaz naturel 21,5; Hydroelectricité 3,4; Énergies renouvelables 1,4; Nucléaire 2,5
- Pays à revenu élevé : Biomasse 5,7; Charbon 15,8; Pétrole brut 36,6; Gaz naturel 29,0; Hydroelectricité 2,1; Énergies renouvelables 1,6; Nucléaire 9,2
- Monde : Biomasse 12,9; Charbon 28,0; Pétrole brut 29,9; Gaz naturel 23,3; Hydroelectricité 2,6; Énergies renouvelables 1,6; Nucléaire 1,6

### Analyse empirique : relation revenu–charbon
- Méthodologie :
  - Régression sur données de panel.
  - Dépendance au charbon définie comme part du charbon dans l’approvisionnement total en énergie primaire (dépendance relative) ou consommation de charbon par habitant (dépendance absolue).
  - Analyse neutralise effets propres au pays, y compris part du secteur manufacturier dans la valeur ajoutée nominale, réserves de charbon par habitant et potentiel hydroélectrique.
- Principaux résultats :
  - Relation en « U inversé » entre le revenu et la part du charbon ; part maximale du charbon au niveau de revenu de 9 600 dollars par habitant.
  - Entre 1971 et 2017, selon la spécification principale :
    - Le revenu par habitant a contribué à abaisser la part du charbon de 6,4 points aux États-Unis.
    - Le revenu par habitant a contribué à abaisser la part du charbon de 5,2 points au Japon.
    - Le revenu par habitant a contribué à relever la part du charbon de 12,2 points en Inde.
    - Le revenu par habitant a contribué à relever la part du charbon de 11,3 points en Chine.
  - Dotation énergétique des pays (potentiel hydroélectrique, réserves de charbon) a un rôle quantitatif important, plus important que le secteur manufacturier et la réglementation environnementale (effets minimes).
  - Hivers plus rigoureux associés à une consommation accrue de charbon.
- Dépendance absolue (consommation de charbon par habitant) :
  - Relation en « S » avec le revenu par habitant : croissance accélérée lorsque le revenu est faible, culmine au niveau intermédiaire, puis se stabilise.
  - Point d’inflexion absolu situé entre 35 000 et 39 000 dollars.
- Temporalité entre points d’inflexion :
  - Le point d’inflexion relatif (part du charbon) précède le point d’inflexion absolu (consommation par habitant).
  - Si le revenu par habitant progresse de 4 percent par an, il faut 33 ans pour passer du point d’inflexion relatif au point d’inflexion absolu.
  - Combinaison du rythme de déclin moyen et de l’intervalle de temps entre pics : il faut en moyenne 76 ans pour éliminer le charbon une fois qu’il a atteint sa part maximale dans le bouquet énergétique.
  - Royaume-Uni a mis près de 100 ans pour éliminer le charbon.
  - En Chine, la part du charbon a culminé en 2013; cela implique encore au moins 38 ans de consommation de charbon au rythme actuel.

### Sorties rapides du charbon : exemples récents (Tableau 1.DS.3)
- Pays, Année, Réduction sur 5 ans (en %), Part initiale (en %), Substitut principal :
  - Royaume-Uni, 2018, –12,4, 17,0, Gaz naturel
  - Israël, 2018, –9,4, 29,8, Gaz naturel
  - Grèce, 2018, –8,9, 29,9, Gaz naturel
  - Kazakhstan, 2016, –8,1, 51,3, Gaz naturel
  - Espagne, 2010, –6,8, 12,8, Mixte
  - Australie, 2014, –6,5, 39,7, Gaz naturel
  - Portugal, 2010, –6,3, 13,5, Gaz naturel
  - Chine, 2017, –6,2, 69,7, Mixte
  - Danemark, 2018, –5,9, 15,7, Biocarburants
  - Ukraine, 2017, –5,8, 35,8, Nucléaire
  - États-Unis, 2018, –5,3, 19,6, Gaz naturel
- Note : Mixte = gaz naturel, nucléaire et énergies renouvelables.

### Rôle des politiques et des structures de marché
- Cas du Royaume-Uni :
  - Introduction d’un soutien au prix du carbone en 2013 (taxe sur les producteurs d’électricité à partir de combustibles fossiles), initialement 9 livres par tonne métrique de CO2, multipliée par deux à 18 livres.
  - Royaume-Uni a enregistré l’une des baisses les plus rapides de la consommation de charbon entre 2013 et 2018, avec remplacement par le gaz naturel.
- États-Unis :
  - Baisse de la consommation de charbon attribuée en partie à la révolution du gaz de schiste et à la baisse des cours du gaz naturel.
- Transitions rapides récentes stimulées principalement par le gaz naturel et parfois par les énergies renouvelables.

### Effets de la pandémie de COVID-19 sur le charbon
- COVID-19 a entraîné une réduction très sensible de la consommation de charbon dans de nombreux pays.
- En raison de coûts marginaux extrêmement bas des énergies renouvelables, le gaz naturel et le charbon ont représenté l’essentiel de la baisse de la production électrique.
- Dans certaines régions, part record des énergies renouvelables dans la production d’électricité (graphique 1.DS.12 mentionné).
- Deux limites :
  - Pression à la baisse sur les cours du gaz naturel plus forte que sur le charbon (manque de sites de stockage).
  - Là où la demande d’électricité a redémarré, la consommation de charbon a repris.
- Impact à moyen terme incertain :
  - Dans les pays avancés, centrales au charbon existantes pourraient être moins utilisées et fermées.
  - Dans les pays émergents, la demande d’électricité devrait encore augmenter fortement; une baisse des cours du charbon et des prix de gros de l’électricité pourrait ralentir l’investissement dans les énergies renouvelables, au profit du charbon.

### Facteurs de persistance du charbon et barrières à la sortie complète
- Deux raisons principales à la persistance du charbon :
  - Difficulté de substitution dans l’industrie ; charbon industriel représente 33 percent de la consommation de charbon dans les pays émergents.
  - Centrales au charbon sont des actifs à long terme, durée de vie spécifiée d’au moins 30 à 40 ans; obsolescence lente sauf fortes variations du coût actualisé de l’électricité renouvelable ou interventions publiques.
- Variations de la dépendance au charbon largement inexpliquées ; facteurs d’économie politique et intérêts ancrés dans le secteur minier peuvent retarder la sortie du charbon.
- Dans certains pays, réserves de charbon en valeur représentent plusieurs fois le PIB national, augmentant le risque d’actifs inexploitables.

*Source : Fonds monétaire international, Octobre 2020.*

### Conclusion

### Conclusion

### Réduction des émissions liées au charbon et décarbonation du secteur électrique
- Réduire les émissions de carbone liées au charbon contribuerait considérablement à la lutte contre les changements climatiques.
- La décarbonation du secteur de la production d’électricité amplifierait les avantages d’une transition mondiale vers les véhicules électriques et, plus largement, la mobilité électrique, puisque les nouveaux véhicules utiliseraient une électricité à faible émission de carbone.
- Le gaz naturel est présenté comme le substitut le plus proche du charbon et pourrait être nécessaire pour pallier l’intermittence des renouvelables (solaire, éolien), même si la demande d’électricité ne remonte pas à ses niveaux prépandémiques.

### Dynamiques du déclin du charbon et défis
- La sortie du charbon démarre généralement dans les pays à revenu élevé et elle n’est effective qu’au bout de plusieurs décennies.
- La pandémie a pu freiner la consommation de charbon, mais ce n’est sans doute que temporaire.
- Les pays qui viennent d’atteindre ou n’ont pas encore atteint leur pic de consommation par habitant (dont la Chine, l’Inde et l’Indonésie) représentent la majeure partie de la consommation mondiale de charbon; il faudra donc des années pour que cette consommation diminue si aucune mesure notable n’est prise par les autorités.
- De nouvelles baisses considérables du prix des substituts à faible émission de carbone pourraient être utiles, mais le problème de l’intermittence des sources renouvelables reste contraignant.

### Technologies et coûts — captage et stockage du carbone
- Les technologies de captage et de stockage du carbone peuvent être une solution viable.
- En l’absence de tarification substantielle du carbone, la mise à niveau des centrales existantes et la construction de nouvelles centrales équipées de ces technologies coûtent cher à l’heure actuelle.
- Certains estiment que les coûts d’opportunité des émissions de CO2 associées à de nouveaux investissements dans le captage et le stockage du carbone pourraient être importants, car des technologies éprouvées comme l’éolien et le solaire peuvent déjà diminuer les émissions de carbone.
- Malgré cela, il est jugé pertinent de multiplier les stratégies d’atténuation et d’investir dans ces technologies, en particulier en raison de l’intermittence des renouvelables quand leur taux de pénétration est élevé.

### Mesures d’accompagnement et rôle de la communauté internationale
- Le déclin du charbon pourrait être accéléré si les autorités indemnisent les acteurs pénalisés par la sortie progressive du charbon.
- La pandémie de COVID-19 peut constituer une occasion de progresser plus vite dans la sortie du charbon.
- Dans les pays émergents, le maintien du charbon peut diminuer si l’on réduit les obstacles à l’investissement dans les énergies renouvelables.
- La communauté internationale peut fournir une assistance financière et technique (à l’édification de réseaux alimentés par intermittence en électricité renouvelable) et limiter le financement de nouvelles centrales au charbon, tout au moins quand d’autres solutions sont disponibles.

### Bilan des émissions mondiales (mise à jour)
- Les chiffres les plus récents pour la fin de 2019 montrent que les émissions mondiales ont augmenté de moins de 0,5 %, après un rebond alarmant de plus de 2 % en 2017 et 2018.
- La Chine demeure l’un des principaux moteurs de la croissance des émissions et son influence s’est renforcée en 2019, après une période de déclin progressif.
- La contribution de l’Inde et d’autres pays émergents a considérablement diminué en 2019 et les émissions ont baissé dans l’ensemble des pays du Groupe des Sept.
- Le recul des émissions mondiales en 2019 résulte principalement d’une chute de l’intensité énergétique et d’une moindre croissance des revenus.
- La décarbonation a continué d’être un facteur d’atténuation en 2019: l’éolien, le solaire et le gaz naturel ont continué de remplacer le charbon pour la production électrique dans les principaux pays émetteurs de carbone.

### Impact attendu de la pandémie en 2020 et recommandations politiques
- En 2020, la pandémie de COVID-19 et les confinements feront sans doute chuter les émissions, même si l’essentiel de la baisse sera probablement transitoire, le temps que la croissance économique mondiale revienne à la normale.
- Les autorités devraient profiter de la crise pour investir dans une croissance plus verte axée sur une réduction permanente des émissions (Georgieva, 2020).

*Encadré rédigé par Claire Li et Nico Valckx. Source : IMF — Conclusion (texte fourni).*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et objectif
- La pandémie de COVID-19 a provoqué des problèmes sanitaires sans précédent dans le monde entier.
- Objectif principal : montrer dans quelle mesure la contraction économique a résulté des confinements mis en place par les autorités, et non pas de la réduction volontaire des relations sociales par peur de contracter ou de propager le virus.
- Importance : comprendre si la récession est principalement due aux confinements (ce qui laisserait espérer un rebond rapide après levée) ou à la distanciation physique volontaire (ce qui laisserait présager une reprise plus lente tant que les risques sanitaires persistent).

### Données et approche
- Échantillon maximum de 52 pays avancés, pays émergents et pays en développement.
- Indice de sévérité du confinement (moyenne en 2020 : S1) construit à partir des sous-indicateurs du COVID-19 Government Response Tracker de l’université d’Oxford (fermeture des établissements scolaires, fermeture des lieux de travail, annulation des manifestations publiques, limitation des rassemblements, arrêt des transports publics, interdiction de sorties, restriction des déplacements intérieurs et contrôle des voyages internationaux).
- Pour le PIB, la consommation et l’investissement : données du premier semestre de 2020 (2020 : S1).
- Pour autres indicateurs mensuels : analyse sur les trois premiers mois après les 100 premiers cas confirmés de COVID-19 dans chaque pays.
- Régressions tenant compte du logarithme des cas de COVID-19 normalisés par rapport à la population en 2019.
- Intervalles de confiance présentés à 90 %.

### Principales constatations empiriques
- Corrélation transversale : les pays ayant imposé les confinements les plus stricts ont connu les plus fortes contractions de leur PIB par rapport aux prévisions antérieures à la pandémie.
- Robustesse : la corrélation négative entre confinement et activité économique persiste lorsque l’on utilise d’autres indicateurs que le PIB (consommation, investissement, production industrielle, commerce de détail, indice des directeurs d’achat des secteurs manufacturier et des services, et taux de chômage).
- Contribution relative : l’analyse indique que les confinements et la distanciation physique volontaire ont joué des rôles pratiquement comparables dans la récession économique.
- Différences par groupe de pays : la distanciation volontaire a davantage réduit la mobilité dans les pays avancés, où les individus ont plus de facilité à télétravailler et peuvent supporter un chômage temporaire grâce à leurs économies et aux prestations publiques.

### Mobilité et indicateurs à haute fréquence
- Sources : Google Community Mobility Reports (taux de fréquentation quotidien comparé au niveau avant la crise) et données anonymisées d’Indeed sur les offres d’emploi publiées chaque jour dans 22 pays.
- Résultats de régression : les confinements ont des répercussions négatives considérables sur l’activité mesurée par ces variables à haute fréquence.
- Effet asymétrique d’un assouplissement : un assouplissement du confinement a généralement des effets positifs sur la mobilité, mais moins d’effet qu’un renforcement du confinement.

### Effets inégaux de la crise
- Données anonymisées et agrégées de Vodafone sur quelques pays européens indiquent :
  - Les confinements ont davantage d’effet sur la mobilité des femmes que sur celle des hommes, surtout lorsque les établissements scolaires ferment.
  - Le confinement a le plus souvent davantage de répercussions sur la mobilité des jeunes, qui sont plus vulnérables économiquement (dépendance aux revenus du travail, emplois moins stables).
- Implication : nécessité de mesures ciblées pour protéger les perspectives d’emploi des femmes et des jeunes afin d’éviter un creusement des inégalités de revenus.

### Effets sanitaires et temporisation des confinements
- Un confinement peut réduire nettement les contaminations ; son effet sur les cas confirmés de COVID-19 se concrétise généralement après quelques semaines, compte tenu de la période d’incubation du virus et des délais de dépistage.
- Les confinements freinent plus efficacement les contaminations s’ils sont instaurés dès le début de l’épidémie dans un pays.
- Les confinements doivent être suffisamment stricts pour réduire les contaminations de façon significative.

### Conséquences pour la trajectoire de la reprise
- Importance de la distanciation volontaire implique qu’un déconfinement a peu de chances de ramener rapidement l’activité économique à son rythme potentiel si les risques sanitaires persistent.
- Probabilité que l’activité économique reste en deçà de son potentiel tant que les risques sanitaires persistent, même si les confinements sont levés.

### Recommandations politiques et pistes d’action
- Ne pas cesser les mesures de soutien trop rapidement.
- Étudier des moyens de protéger les plus vulnérables et de stimuler l’activité tout en respectant la distanciation physique, par exemple :
  - réduire l’intensité des contacts sur les lieux de travail et rendre ces lieux plus sûrs (encourager les paiements sans contact) ;
  - faciliter une réaffectation progressive des ressources vers des secteurs où les contacts sont peu nombreux ;
  - promouvoir le télétravail (améliorer les liaisons internet et favoriser les investissements dans l’informatique).
- Explorer des alternatives moins coûteuses économiquement à court terme que le confinement strict, par exemple développer le dépistage et le traçage des contacts, encourager le port de masques et le télétravail.
- À mesure que la connaissance de la transmission évolue, privilégier des mesures ciblées (protection des personnes vulnérables, limitation des grands rassemblements à l’intérieur) plutôt que des confinements globaux lorsqu’approprié.
- Mesures ciblées recommandées pour protéger les perspectives d’emploi des femmes et des jeunes.

### Auteurs et contributions
- Auteurs : Francesca Caselli, Francesco Grigoli (coauteur principal), Weicheng Lian et Damiano Sandri (coauteur principal), avec le concours de Jungjin Lee et Xiaohui Sun.
- Observations et séminaire interne : contributions de Yuriy Gorodnichenko et des participants à un séminaire interne.

*Introduction, textf - Introduction*

### 2. Confinement et activité économique au regard d’une

### 2. Confinement et activité économique au regard d’une

### Évaluation de l’impact des confinements à l’aide de données à haute fréquence
- Deux catégories de données journalières utilisées comme variables fréquentes représentatives de l’activité économique :  
  - données relatives à la mobilité fournies par Google (taux de fréquentation de différents lieux en le comparant à son niveau avant la crise) ;  
  - offres d’emploi publiées par Indeed (décrivent plus directement la situation du marché du travail).  
- Remarque sur la représentativité : les données Google reposent sur la localisation des téléphones portables des personnes qui possèdent un mobile multifonction et acceptent de partager leurs données de localisation avec Google; ces indices de mobilité ne sont pas nécessairement totalement représentatifs de l’ensemble du pays, en particulier dans les pays pauvres.

### Confinement et mobilité — estimations et résultats
- Méthodologie : projections locales comprenant des effets fixes par pays, variables indicatrices temporelles, prise en compte du nombre de cas de COVID-19 et valeurs décalées de l’indicateur de mobilité; usage de données nationales sur 128 pays.  
- Effets estimés :  
  - Un confinement total provoque généralement une réduction de la mobilité de 25 % environ dans un délai d’une semaine.  
  - Un doublement des cas quotidiens de COVID-19 se traduit par une contraction de la mobilité de l’ordre de 2 %.  
- Robustesse et identification :  
  - Analyse infranationale sur 15 pays du Groupe des Vingt ayant imposé un confinement national face à de graves flambées localisées confirme un impact très négatif du confinement sur la mobilité, les résultats étant robustes à la prise en compte des cas de COVID-19 tant au niveau régional qu’au niveau national.  
  - Les résultats ne sont pas sensibles à la prise en compte des décès dus à la COVID-19 au lieu des cas de COVID-19; à l’utilisation des sous-indicateurs de la mobilité fournis par Google; à la prise en compte des campagnes de dépistage, de traçage des contacts et d’information publique; et à la prise en considération d’une éventuelle hétérogénéité entre pays selon la densité démographique et les indicateurs de gouvernance et de capital social.  
- Rôle de la distanciation physique volontaire :  
  - Distanciation physique volontaire et confinement ont tous deux eu un effet important sur la mobilité durant les trois premiers mois de l’épidémie dans chaque pays; rôle de la distanciation physique volontaire plus faible dans les pays à faible revenu et plus fort dans les pays avancés.  
  - Le confinement a moins d’effet sur la mobilité lorsque les contaminations sont relativement élevées (les individus hésitent à reprendre leurs déplacements si le risque sanitaire persiste).  
  - Un assouplissement du confinement a généralement un effet positif sur la mobilité, mais cet effet est plus faible que celui d’un renforcement (différence statistiquement significative).  
- Implications politiques tirées des constats sur la mobilité :  
  - Éviter de déconfiner prématurément; continuer les mesures de soutien et financer les dispositifs de protection sociale afin de protéger les plus vulnérables.  
  - Stimuler l’activité économique en respectant la distanciation physique : réduire l’intensité des contacts, rendre les lieux de travail plus sûrs (encourager les paiements sans contact), faciliter la réaffectation vers des secteurs à moindre contact, favoriser le télétravail (améliorer l’accès à internet, encourager l’investissement en informatique).

### Confinement et offres d’emploi (Indeed)
- Données et méthode : offres d’emploi publiées chaque jour par Indeed dans 22 pays; méthode de projection locale analogue à celle employée pour la mobilité.  
- Effets estimés :  
  - Un renforcement du confinement et une augmentation des cas de COVID-19 ont tous deux un effet négatif significatif sur les offres d’emploi, corroborant les résultats basés sur la mobilité.  
  - Confinement et distanciation physique volontaire ont joué un rôle important dans la diminution des offres d’emploi durant les trois premiers mois de l’épidémie dans chaque pays; rôle relatif de la distanciation volontaire plus grand dans cet échantillon essentiellement composé de pays avancés.  
- Résultats par secteur (observations clés) :  
  - Les emplois reposant sur de nombreux contacts (hôtellerie et restauration, soin à la personne, alimentation) ont diminué avant les interdictions de sorties, probablement en raison de la distanciation physique volontaire (clients craignant les risques d’infection).  
  - Les offres d’emploi dans le secteur manufacturier, qui n’exigent pas de contacts personnels avec les clients, ont commencé à reculer à l’approche des interdictions de sorties, sous l’effet des mesures de confinement.  
  - Les offres d’emploi dans les secteurs où les contacts sont nombreux ont diminué davantage que dans le secteur manufacturier, sans doute à cause d’une chute plus forte de la demande globale liée à la distanciation physique volontaire.  
  - L’assouplissement du confinement a coïncidé avec une hausse marginale des offres d’emploi, même dans le secteur manufacturier; peu de chances qu’un assouplissement seul provoque une forte reprise de l’activité économique.

### Un confinement aux effets inégaux selon le sexe et l’âge
- Groupes vulnérables identifiés dans la littérature : ménages à faible revenu, travailleurs peu instruits, minorités, immigrés et femmes; emploi des femmes a généralement diminué davantage que celui des hommes (contraste avec récessions passées).  
- Données inédites Vodafone (Espagne, Italie, Portugal) : indices de mobilité par genre et par groupes d’âge (agrégés au niveau des provinces).  
- Résultats clés sur la mobilité par genre et âge :  
  - Pour les 25 à 44 ans, 30 jours avant et après la mise en place des confinements, le nombre de personnes quittant leur domicile un jour donné diminue d’environ 20 % pour les hommes et les femmes.  
  - L’effet du confinement a été plus important sur les femmes, de 2 % environ (faible mais statistiquement significatif).  
  - Différence plus faible entre hommes et femmes âgés de 45 à 64 ans (moins susceptibles d’avoir de jeunes enfants).  
  - Dans quelques régions du Nord de l’Italie où les établissements scolaires ont été fermés deux semaines avant le confinement national, l’écart entre les genres s’est creusé dès la fermeture des établissements scolaires; le confinement national a accru encore cet écart — suggérant que la plus forte réduction de mobilité des femmes s’explique en partie par la charge de soin des enfants liée à la fermeture des établissements scolaires.  
- Implication : la pandémie et les confinements ont des effets disproportionnés selon le sexe et l’âge, soulignant le besoin de politiques sensibles au genre (par exemple soutien ciblé aux parents, services de garde, dispositifs de protection sociale).

*Source : Chapitre 2, “Le grand confinement : analyse de ses effets économiques”, Perspectives de l’économie mondiale, Fonds monétaire international, Octobre 2020.*

### 2. Proportion des personnes âgées de 25 à 44 ans se déplaçant autour

### 2. Proportion des personnes âgées de 25 à 44 ans se déplaçant autour de la fermeture des établissements scolaires en Italie

### Impact du confinement sur la mobilité par genre et groupe d’âge
- Le confinement touche de façon disproportionnée les femmes et les jeunes travailleurs.
- Les plages 1 et 2 montrent un effet disproportionné des mesures de confinementAux femmes, ce qui justifie d’adopter des mesures ciblées pour aider les femmes (en leur accordant un congé parental, par exemple) afin d’éviter des répercussions à long terme sur leurs perspectives professionnelles.
- Les données de Vodafone révèlent que le confinement a des effets inégaux selon les groupes d’âge :
  - Réduction considérable de la mobilité dans tous les groupes d’âge autour de la mise en place du confinement.
  - Effet nettement plus fort sur les cohortes les plus jeunes.
  - Diminution particulièrement marquée chez les personnes âgées de 18 à 24 ans (qui comptaient cependant des étudiants) et celles âgées de 25 à 44 ans.
  - Effet nettement moindre sur les personnes âgées de 65 ans et plus, qui en général ne travaillent plus et étaient déjà moins mobiles avant le confinement.
- Ces constatations indiquent que les confinements tendent à creuser les inégalités entre générations :
  - Les personnes plus âgées peuvent compter sur leur pension de retraite, en particulier dans les pays avancés.
  - Les jeunes travailleurs dépendent des revenus du travail et ont souvent des contrats temporaires qui risquent davantage d’être résiliés en temps de crise.

### Confinement et infections à la COVID-19
- Méthodologie :
  - Régression des taux de croissance des cas confirmés de COVID-19 à l’aide des projections locales par rapport à la sévérité des confinements.
  - Tenue compte des effets fixes par pays et temporels ainsi que d’autres variables influant sur les contaminations: température extérieure, humidité, campagnes d’information publique, dépistage et traçage.
- Effets observés :
  - Un confinement strict entraîne une réduction des contaminations cumulées de l’ordre de 40 % au bout de 30 jours.
  - Les effets du confinement sur les cas confirmés se manifestent généralement après au moins deux semaines (période d’incubation et délai pour les tests).
  - Il est nécessaire d’instaurer le confinement avant que le taux de contamination n’augmente trop rapidement pour obtenir l’effet souhaité.
- Avantage d’un confinement précoce :
  - Les pays qui ont imposé un confinement le plus rapidement ont eu de meilleurs résultats épidémiologiques.
  - Les pays qui ont instauré un confinement alors que le nombre de cas était encore faible ont enregistré beaucoup moins de contaminations durant les trois premiers mois de l’épidémie que ceux qui ont confiné lorsque le nombre de cas était déjà élevé.
- Implication économique :
  - Bien que le confinement entraîne des coûts économiques non négligeables à court terme, il constitue un investissement dans la santé publique et peut accélérer une reprise économique en limitant les infections et en réduisant la distanciation physique volontaire.
  - Les coûts économiques à court terme du confinement peuvent être compensés par une activité économique future plus forte, avec éventuellement des effets nets positifs sur l’économie.

### Mesures de confinement et effets non linéaires
- Indice de sévérité du confinement :
  - Comprend un vaste arsenal de mesures: restrictions des déplacements, fermetures des établissements scolaires et des lieux de travail, interdictions de sorties, etc.
  - Difficulté à distinguer l’effet de chaque mesure car elles sont étroitement corrélées et souvent imposées coup sur coup.
- Effets marginaux et non-linéarité :
  - L’introduction de mesures de confinement supplémentaires a un effet marginal plus faible sur la mobilité si d’autres mesures sont déjà en vigueur (lorsque l’indice de sévérité du confinement est déjà relativement élevé).
  - Les interdictions de sorties ont peu d’effet sur la mobilité si diverses autres mesures sont déjà en vigueur.
  - En revanche, les confinements deviennent progressivement plus efficaces dans la réduction des cas de COVID-19 lorsqu’ils deviennent suffisamment stricts; les confinements modérés semblent ne pas réduire sensiblement les contaminations.
  - Il peut suffire d’imposer des mesures complémentaires (fermeture des lieux de travail, interdictions de sorties) pour maîtriser efficacement le virus.
- Choix de politique :
  - Pour obtenir une réduction donnée des contaminations, les décideurs pourraient choisir d’imposer des mesures de confinement strictes pendant une courte période plutôt que des confinements légers et prolongés.
  - Les confinements les plus rigoureux semblent occasionner des coûts économiques supplémentaires limités tout en provoquant une diminution beaucoup plus forte des contaminations.
  - Si le traçage des contacts augmente et que l’usage des masques faciaux se généralise, un confinement léger pourrait suffire pour maîtriser de nouvelles flambées localisées.

### Conclusions clés
- Les confinements et la distanciation physique volontaire réduisent les contaminations mais réduisent aussi l’activité économique durant la pandémie.
- Indicateurs concordants (mobilité, offres d’emploi Google et Indeed) confirment l’impact des confinements sur l’activité économique.
- La distanciation physique volontaire joue un rôle important, surtout dans les pays avancés où le télétravail, les économies et les prestations de sécurité sociale sont plus répandus.
- Il ne faut pas s’attendre à un rebond rapide de l’économie immédiatement après la levée des confinements, en particulier pour les pays qui déconfinent prématurément alors que les infections sont encore relativement élevées.
- Un renforcement du confinement correspond à une hausse de l’indice de 100 unités.
- Statistiques et intervalles de confiance mentionnés dans les graphiques :
  - Effet d’un confinement total sur les contaminations : zone ombrée représente les intervalles de confiance à 90 % calculés avec les erreurs-types de Driscoll–Kraay.
  - Plages 2 et 3 : zones ombrées correspondent à l’écart interquartile; intervalles de confiance de 90 % calculés avec les erreurs-types regroupées au niveau national.
  - Le confinement peu rigoureux et très rigoureux des plages 2 et 3 correspond au 25e et au 75e centiles de la sévérité du confinement.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### 3. Impact d’un renforcement du confinement sur les contaminations

### 3. Impact d’un renforcement du confinement sur les contaminations

### Principales constatations
- Le confinement est un moyen puissant de réduire les contaminations, en particulier lorsqu’il est imposé dès le début de l’épidémie dans un pays et qu’il est suffisamment strict.
- Le coût économique marginal du confinement diminue à mesure que celui-ci devient plus rigoureux, ce qui suggère qu’un confinement contraignant adopté rapidement peut être préférable à des mesures modérées retardées.
- L’efficacité du confinement doit cependant être réévaluée à mesure que l’on connaîtra mieux le virus et les moyens de le combattre, et en comparant des instruments plus ciblés (par ex. restrictions sur les foules denses en intérieur, isolement des plus vulnérables) à un confinement brutal.

### Effets sur la mobilité et l’activité économique
- Un déconfinement a généralement moins d’effet sur la mobilité qu’un renforcement du confinement, ce qui pèse sur les perspectives d’une reprise économique marquée.
- Les contaminations elles‑mêmes peuvent causer un tort considérable à l’activité économique en provoquant de la distanciation physique volontaire; ainsi, le confinement peut accélérer la reprise économique en endiguant la propagation du virus et en réduisant cette distanciation volontaire.
- Des mesures non contraignantes mais ciblées (port du masque, dépistage de masse, extension des dépistages et du traçage des contacts, encouragement du télétravail) peuvent ralentir la propagation des infections et méritent d’être examinées comme alternatives ou compléments au confinement.

### Inégalités et groupes vulnérables
- Les confinements portent gravement atteinte aux couches économiquement vulnérables.
- Données Vodafone (pays européens) : les mesures de confinement, notamment la fermeture des établissements scolaires, réduisent généralement plus la mobilité des femmes — probablement en raison du rôle disproportionné des femmes dans le soin aux enfants, compromettant leurs perspectives professionnelles.
- Les confinements entraînent généralement une réduction plus forte de la mobilité des jeunes, ce qui est préoccupant car les jeunes travailleurs dépendent davantage des revenus du travail et ont souvent des contrats temporaires plus susceptibles d’être résiliés.
- Mesures ciblées recommandées : renforcement des prestations de chômage versées aux catégories vulnérables et congés rémunérés pour les parents afin d’éviter un creusement des inégalités entre les sexes et les générations.

### Informatique, mobilité et emploi (preuves empiriques aux États‑Unis)
- L’informatique (informatization) atténue l’effet économique de la pandémie en facilitant le télétravail, les ventes en ligne et les livraisons sans contact.
- L’emploi a mieux résisté dans les États américains où les entreprises ont une utilisation intensive de l’informatique.
- Données individuelles (Current Population Survey) : la probabilité accrue d’être au chômage associée à une forte baisse de la mobilité (un écart‑type, égal à 10 points de pourcentage) est plus élevée de 25% dans les aires métropolitaines statistiques où les entreprises sont peu informatisées que dans les aires où elles sont très informatisées (5 points de pourcentage, contre 4 points de pourcentage).
- Résultats par sous‑groupes : l’informatique absorbe l’effet de la mobilité sur le chômage pour différentes catégories de travailleurs, y compris selon le niveau d’instruction (voir distinction « Très instruits » / « Peu instruits » dans l’analyse).

### Synthèse de la littérature et implications pour les politiques d’atténuation
- La littérature empirique et théorique cite à la fois des effets importants des confinements sur les pertes d’emploi, la baisse des dépenses et la dégradation économique locale, et des études soutenant que la distanciation physique volontaire a souvent joué un rôle plus important que les mesures réglementaires.
- De nombreuses études de modèles quantitatifs soulignent le rôle des confinements ciblés et des interventions précoces, ainsi que l’importance de tenir compte du risque accru pour les personnes âgées, de la distanciation volontaire et des contraintes de capacité hospitalière.
- Quelques études historiques suggèrent que les confinements peuvent améliorer la croissance future des villes (résultats toutefois discutés).
- Les décideurs devraient :
  - Ne pas lever trop rapidement les mesures de soutien et préserver les dépenses consacrées aux dispositifs de protection sociale.
  - Stimuler l’activité économique tout en respectant la distanciation physique (encourager le télétravail, réaffectation des ressources vers des secteurs à faibles contacts, promouvoir de nouvelles technologies).
  - Étudier l’efficacité d’instruments plus ciblés comparés à un confinement strict.
  - Étendre les dépistages et le traçage des contacts, encourager le port du masque et le télétravail conformément aux conseils des experts en santé publique.

### Limites et réserves de l’analyse
- Problèmes d’endogénéité du confinement : l’analyse tente d’atténuer ces problèmes via identification transversale et par séries chronologiques et en exploitant des données nationales et infranationales, mais des problèmes d’identification subsistent, notamment liés à la mesure de la distanciation physique volontaire.
- Indicateurs de court terme : l’analyse repose sur la mobilité et les offres d’emploi qui mesurent imparfaitement l’activité économique; il faudra réexaminer les conclusions avec des indicateurs économiques plus classiques.
- Effets secondaires négligés : le chapitre se concentre sur les conséquences économiques directes du confinement et néglige des effets secondaires importants comme le niveau d’instruction et la santé mentale, qui nécessitent des recherches futures.

*Source: textf - 3. Impact d’un renforcement du confinement sur les contaminations, Fonds monétaire international | Octobre 2020.*

### 2. Chômage et mobilité aux États-Unis

### 2. Chômage et mobilité aux États-Unis

### Encadré 2.2 — Le rôle de l’informatisation durant la pandémie de COVID-19 : données recueillies aux États-Unis

- L’informatisation peut globalement protéger de façon significative les marchés de l’emploi contre les effets de la pandémie de coronavirus.
- Cette protection s’observe aussi bien pour les femmes que pour les hommes.
- Cette protection s’observe aussi bien pour les travailleurs blancs que pour les travailleurs non-Blancs.
- L’informatisation n’atténue pas l’impact de la pandémie sur les individus peu instruits.
- Conséquence : même si l’informatisation réduit globalement les effets négatifs sur l’emploi, elle peut aussi contribuer à creuser les inégalités entre les individus peu instruits et très instruits.

*Source : textf - 2. Chômage et mobilité aux États-Unis (PDF).*

### Introduction

### Introduction

### Constat sur le réchauffement climatique
- L’augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre depuis la révolution industrielle se situe aux alentours de 1 °C.
- Depuis les années 80, chaque décennie a été plus chaude que la précédente.
- Les cinq dernières années (2015–19) ont été les plus chaudes jamais répertoriées.
- L’année 2019 pourrait être l’année la plus chaude jamais enregistrée.
- Le niveau de la mer s’élève et de plus en plus d’éléments tendent à montrer que le monde est plus proche de changements brutaux et irréversibles (les points de basculement, ou de non-retour) (Lenton et al., 2019).
- La pression croissante sur les systèmes terrestres se traduit déjà par la fréquence accrue des catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques.

### Causes et objectifs climatiques
- Les études scientifiques attribuent essentiellement le réchauffement climatique aux émissions de gaz à effet de serre associées à l’activité humaine, et plus précisément au carbone rejeté par la combustion des combustibles fossiles (GIEC, 2014, 2018a).
- Définition pertinente : un gaz à effet de serre absorbe le rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre et le renvoie vers celle-ci; entrent dans cette catégorie le dioxyde de carbone, le méthane, le protoxyde d’azote et les gaz fluorés.
- Les scientifiques ont prévenu que l’augmentation des températures par rapport à leurs niveaux préindustriels devait être maintenue bien en deçà de 2 °C (1,5 °C dans l’idéal) afin d’éviter les points de basculement climatiques (GIEC, 2014, 2018a).
- En signant l’Accord de Paris en 2015, les dirigeants mondiaux se sont engagés à limiter la hausse des températures à 1,5 °C–2 °C d’ici à 2100.
- Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de procéder rapidement à des réductions drastiques des émissions de carbone : les émissions nettes de carbone doivent être portées à zéro d’ici au milieu du siècle (GIEC, 2014, 2018a).
- Atteindre zéro net signifie que les émissions de carbone doivent être éliminées ou que les émissions restantes doivent être absorbées par des puits naturels (les forêts et les océans) ou artificiels (dispositifs de captage et de séquestration).
- Même avec ces réductions de grande ampleur, les températures pourraient dépasser temporairement la cible, jusqu’à ce que le stock de carbone accumulé dans l’atmosphère ait été suffisamment absorbé par les puits de carbone.

### État des politiques et trajectoires futures
- À ce jour, les mesures concrètes prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre se sont révélées largement insuffisantes.
- La crise de la COVID-19 a entraîné une baisse des émissions, mais cette baisse était temporaire.
- Sans une réorientation des politiques, les émissions vont continuer d’augmenter implacablement et les températures planétaires pourraient grimper de 2 à 5 °C d’ici à la fin du siècle.
- Si les émissions suivent leur trajectoire actuelle, la probabilité de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C chuterait de 50 % au bout d’environ 15 ans.
- En l’absence de politiques d’atténuation ou de migrations de masse, un tiers de la population mondiale pourrait être confronté à des températures annuelles moyennes supérieures à 29 °C d’ici à 2070.
  - Aujourd’hui, de telles moyennes ne concernent que 0,8 % de la surface terrestre.
  - Elles pourraient concerner 19 % de la surface d’ici à 2070 (Xu et al., 2020).

### Impacts physiques, économiques et sociaux anticipés
- Baisse de la productivité en raison de modifications du rendement des cultures agricoles et des piscicultures, et de températures plus élevées pour les personnes travaillant à l’extérieur.
- Perturbations plus fréquentes de l’activité économique et dégradations physiques plus importantes du capital productif, des infrastructures et des bâtiments en raison de catastrophes naturelles plus fréquentes et plus graves.
- Pour les zones côtières : impacts additionnels liés à l’élévation du niveau de la mer.
- Détérioration de la santé, voire pertes de vie, en raison de catastrophes naturelles et de la prévalence accrue des maladies infectieuses.
- Réorientation des ressources vers l’adaptation (les politiques d’adaptation constituent un rouage fondamental de la stratégie de réduction des pertes liées aux changements climatiques, et peuvent, dans certains cas, rejoindre les politiques d’atténuation).

### Références méthodologiques et modélisation (extraits)
- Les projections et évaluations reposent sur des références et méthodes citées : Burke, Hsiang et Miguel (2015) ; GIEC (2014, 2018a) ; Nordhaus (2010) ; estimations des services du FMI.
- Les simulations de trajectoires d’émissions utilisent le modèle « G-Cubed » (G3).
- Les courbes présentées reposent sur une sensibilité climatique de 3; les zones ombrées reposent sur une fourchette de sensibilité comprise entre 1,5 et 4,5.

### Auteurs et contributions
- Auteurs du présent chapitre : Philip Barrett, Christian Bogmans, Benjamin Carton, Johannes Eugster, Florence Jaumotte (cheffe d’équipe), Adil Mohommad, Evgenia Pugacheva, Marina M. Tavares et Simon Voigts.
- Collaboration de consultants externes pour les simulations de modélisation : Warwick McKibbin et Weifeng Liu.
- Contributions additionnelles : Thomas Brand.
- Assistance en matière de recherche : Srijoni Banerjee, Eric Bang et Jaden Kim.
- Assistance éditoriale : Daniela Rojas Fernandez.

*Source: Fonds monétaire international | Octobre 2020 — Introduction.*

### 2. Température « à politiques inchangées »

### 2. Température « à politiques inchangées »

### Risques, incertitudes et dynamique climatique
- La sensibilité climatique (réaction des températures à l’accumulation des émissions de carbone) et les conséquences des hausses de températures restent sujettes à l’incertitude.
- Les estimations existantes sous-évaluent souvent des dommages majeurs (notamment atteinte à la nature et risques de catastrophe) en se fondant sur de légères variations historiques de température.
- Des études récentes incorporant des effets non linéaires et des ralentissements durables de la croissance (par ex. Burke, Hsiang et Miguel, 2015) prévoient des dommages beaucoup plus importants que ceux quantifiés auparavant.
- Plusieurs changements déclenchés par le réchauffement, tels que la fonte des calottes glaciaires, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des océans, pourraient accélérer le réchauffement et seraient très difficiles à inverser à l’échelle de temps humaine (GIEC, 2014, 2018a).

### Effets de la COVID-19 : risques et opportunités pour l’atténuation
- La crise de la COVID-19 complique l’adoption des politiques d’atténuation nécessaires mais crée des opportunités pour orienter la relance vers la décarbonation.
- La récession mondiale réduit l’investissement ; les politiques économiques peuvent toutefois :
  - orienter la composition des dépenses en capital vers des objectifs de décarbonation ;
  - envoyer des signaux prix appropriés et fournir d’autres incitations financières ;
  - privilégier des infrastructures respectueuses de l’environnement et résilientes dans la relance budgétaire post-pandémie.
- Questions centrales examinées :
  - Quelle combinaison d’instruments (tarification du carbone, stimulation de l’investissement public et privé, subventions R–D) permettrait d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 tout en favorisant croissance, emploi et distribution ?
  - Un arsenal bien conçu et bien séquencé de politiques d’atténuation peut-il aider la reprise après la crise de la COVID-19 ?

### Objectif et hypothèses d’analyse
- L’objectif retenu : atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.
- Hypothèse de répartition : chaque pays/région réduit ses émissions dans les mêmes proportions, à l’exception d’un groupe de pays exportateurs de pétrole et d’autres pays où les émissions restent à leurs niveaux actuels.
- Contexte international : environ 70 pays se sont engagés à atteindre l’objectif zéro émission nette d’ici à 2050 (révision des stratégies nationales dans la perspective de la COP 26, 2021).

### Instruments de politique et mécanismes de transition
- Deux grands ensembles de leviers :
  1. Augmenter le prix relatif des activités à forte intensité de carbone via la tarification du carbone (taxes sur le carbone ou systèmes d’échange de droits d’émissions).
     - Le chapitre se concentre sur une taxe sur le carbone comme instrument central.
     - Alternatives/complements : taxation avec remise, normes/réglementations, qui sont moins efficaces mais parfois plus politiquement faisables.
  2. Accroître l’offre et réduire le prix des sources d’énergie à faibles émissions de carbone par :
     - subventions et prix garantis pour stimuler demande, investissement et offre ;
     - investissement public direct dans technologies et infrastructures bas-carbone ;
     - subventions à la recherche et au développement pour favoriser l’innovation.
- Autres options stratégiques : technologies d’émissions négatives (captage et séquestration du carbone) et techniques de modification du rayonnement solaire (efficaces en théorie mais comportant des incertitudes et risques pratiques).

### Données et coûts observés
- Subventions mondiales à l’énergie (écart entre prix existants et prix efficaces) estimées à 4 700 milliards de dollars en 2015, soit environ 6,3 % du PIB mondial (Coady et al., 2019).
- Mesure plus étroite des subventions (différence entre prix payés par les consommateurs et coût d’opportunité d’approvisionnement) : 305 milliards de dollars en 2015.

### Résultats empiriques et simulations macroéconomiques
- Les politiques d’atténuation mises en œuvre au cours des 25 dernières années ont redirigé innovation, production d’électricité et emploi vers des activités à faibles émissions sans trop pénaliser l’activité globale.
- Simulations montrent qu’il est encore faisable d’atteindre zéro émission nette d’ici à 2050, mais la fenêtre pour maintenir l’augmentation des températures dans une fourchette jugée sûre se referme rapidement.
- Scénario de politique recommandée :
  - Impulsion initiale en faveur des investissements verts combinée avec des prix du carbone augmentant progressivement depuis un niveau de départ modéré.
  - Une relance budgétaire verte soutiendrait le PIB mondial et l’emploi pendant la reprise post-COVID-19 et préparerait le terrain pour une augmentation annoncée et progressive des prix du carbone.
- Effets nets :
  - À court et moyen terme, la hausse des prix du carbone entraînerait des pertes de production à l’échelle mondiale, mais celles-ci seraient raisonnables par rapport aux gains futurs dus aux dommages climatiques évités sur la deuxième partie du siècle et au-delà.
  - Les bénéfices immédiats incluent réduction de la mortalité et de la morbidité via la baisse de la pollution.

### Coûts différenciés selon pays et rôle de l’innovation
- Coûts de transition plus élevés pour :
  - pays à croissance économique et démographique rapide (ex. Inde, dans une moindre mesure Chine) ;
  - pays dépendant fortement d’énergies à forte intensité de carbone (ex. Chine) ;
  - producteurs de pétrole.
- Pour les pays à croissance rapide, les coûts restent faibles au regard des projections de croissance sur les 30 prochaines années.
- L’arrivée de nouvelles technologies bas-carbone réduirait le coût de la transition ; subventions R–D vertes peuvent compléter l’effet incitatif de la tarification du carbone.
- Référence de coût unilatéral : études mentionnent une taxe sur le carbone de l’ordre 50 dollars/tonne (Parry, Veung et Heine, 2015) pour informations sur coûts et bénéfices intérieurs nets.

### Effets distributionnels et recyclage des recettes carbone
- La tarification du carbone affecterait proportionnellement davantage les ménages pauvres ; le recyclage des recettes est crucial pour l’équité sociale :
  - Recycler un sixième à un quart des recettes du carbone sous forme de transferts ciblés pourrait dédommager pleinement les 20 % de ménages les plus pauvres.
  - Pour dédommager pleinement les 40 % de ménages les plus pauvres, il faudrait recycler entre 40 % et 55 % des recettes carbone.
- Des dépenses publiques ciblées dans les secteurs bas-carbone aideraient à accompagner la transition des emplois depuis les secteurs à forte intensité de carbone vers ceux à faible intensité de carbone.
- Une action déterminée des autorités en faveur de l’inclusion est essentielle pour l’acceptation sociale et politique de la transition.

### Efficacité des mesures jusqu’ici
- Innovation et investissement dans les technologies énergétiques propres ont considérablement augmenté au cours des deux dernières décennies, en parallèle d’un resserrement des politiques environnementales.
- Instruments largement employés : limites d’émissions (notamment pour centrales électriques), subventions R–D, tarifs de rachat, programmes d’échange de droits d’émissions.
- Les taxes sur le carbone ont été très peu utilisées.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020 — Chapitre 3 : Atténuation des changements climatiques : stratégies favorables à la croissance et à la distribution*

### 1. Innovation, production d’électricité et politiques propres

### 1. Innovation, production d’électricité et politiques propres

### Tendances de l'innovation et de la production électrique
- L'innovation dans les énergies propres (mesurée par les demandes de brevets) a doublé en part du total des innovations dans le domaine de l'énergie sur la période considérée.
- Les innovations liées à l’électricité propre représentent aujourd’hui la moitié du total des innovations dans le secteur électrique dans les cinq pays les plus innovants (contre 15 % en 1990).
- La part mondiale d’électricité solaire et éolienne dans la production totale d’électricité est passée de pratiquement zéro en 2000 à 6 ½ % en 2020, avec des parts beaucoup plus importantes dans certains pays de l’Union européenne.
- La transition au niveau de la production électrique s’est accélérée : la part mondiale de l’énergie renouvelable augmentait de 1 point de pourcentage par an en 2016, contre ½ point de pourcentage en 2010.

### Effets économétriques du durcissement des politiques environnementales
- Une analyse économétrique portant sur environ 30 pays avancés et pays émergents sur la période 1990–2015 indique que le durcissement des politiques environnementales a joué un rôle important dans la modification de la composition de l'innovation et de l'investissement dans le secteur de l'énergie, en faveur des activités à faibles émissions de carbone.
- Les spécifications économétriques neutralisent généralement les dynamiques mondiales et les facteurs pays constants (avec des effets fixes pays et année), les variations des prix de l'énergie, les réserves de pétrole et de gaz, et les modifications réglementaires.
- Les mesures environnementales plus strictes ont apporté des contributions mesurables à :
  - la stimulation de l'innovation dans les technologies énergétiques atténuant les changements climatiques;
  - l'augmentation de la part de la production d'électricité renouvelable;
  - l'augmentation de l'emploi dans les secteurs « verts » et la baisse de l'emploi dans les secteurs non écologiques.

### Instruments de politique mentionnés
- Tarifs de rachat : contrats à long terme garantissant un prix fixe pour chaque unité d’électricité fournie au réseau.
- Programmes d'échange : incluent certificats blancs et verts (pour production d'énergie renouvelable et objectifs d'économie d'énergie) et systèmes d'échange d'émissions avec allocation ou vente d'un nombre déterminé de permis d'émission dont les prix varient selon l'offre et la demande.
- Taxe sur le carbone : définit un prix (majoration) et laisse la quantité d'émissions s'ajuster ; la taxe sur le carbone n’est pas encore un dispositif contraignant dans certains pays (graphique 3.2, plage 2).

### Définition et champ de l'analyse
- Innovation dans les énergies propres : nombre de demandes de brevets portant sur des technologies d’atténuation des changements climatiques appliquées à la production, la transmission ou la distribution d’énergie, telles que classifiées par Haščič et Migotto (2015).
- L’analyse se concentre sur le secteur de l’énergie en raison de sa contribution importante aux émissions totales et à l'innovation dans les technologies propres, et de son exposition directe à la plupart des mesures environnementales analysées.

*Source : Fonds monétaire international, CHAPITRE 3 — ATTÉNUATION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : STRATÉGIES FAVORABLES À LA CROISSANCE ET À LA DISTRIBUTION (extraits).*

### 1. Effet sur les parts de la technologie dans l’innovation électrique

### 1. Effet sur les parts de la technologie dans l’innovation électrique

### Effets observés sur l’innovation et la composition technologique
- Trente pour cent de l’augmentation des innovations dans les énergies propres à l’échelle mondiale est équivalente à l’effet d’une hausse permanente des prix du pétrole de 66 dollars par baril.
- Les politiques environnementales ont fait augmenter la part de l’innovation dans les technologies d’électricité propres et « grises » au détriment des technologies polluantes.
- Les politiques environnementales ont dans l’ensemble contribué à l’essor de l’innovation dans l’électricité (graphique 3.3, plage 1).
- Cinquante-cinq pour cent de l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité est attribuée au resserrement des politiques environnementales.
- Le resserrement des politiques a été associé à une baisse de la part du charbon et à un effet ambigu sur la part du gaz naturel (graphique 3.3, plage 2).
- Les politiques environnementales ne semblent pas être associées à un effet négatif notable sur la production totale d’électricité.

### Instruments politiques et forces de marché influençant l’innovation
- Instruments identifiés comme efficaces : subventions à la recherche et au développement, programmes d’échanges, limites d’émissions et tarifs de rachat.
- Les prix du pétrole se sont révélés être des déterminants de poids de l’innovation dans les énergies propres. Le durcissement des politiques environnementales et la hausse des prix du pétrole ont stimulé l’innovation jusqu’en 2010; depuis 2010 l’expansion de l’innovation a marqué le pas.
- L’effet estimé de l’augmentation des prix du carbone est loin d’être statistiquement significatif (adoption limitée et puissance statistique modeste), mais l’impact notable des prix du pétrole indique que les mesures augmentant le coût des énergies polluantes peuvent fortement stimuler les innovations dans les énergies propres.
- Les tarifs de rachat et les programmes d’échange (y compris certificats verts et programmes d’échange portant sur les émissions de carbone) exercent un impact positif sur l’investissement dans la production d’électricité d’origine renouvelable.
- Les certificats verts sont progressivement abandonnés dans plusieurs pays, tandis que les taxes sur le carbone et les programmes d’échange gagneraient en importance.

### Intermittence et besoins d’investissement
- La nature intermittente des énergies renouvelables nécessite des dispositifs de secours (batteries, centrales hydroélectriques ou thermiques au gaz naturel) et des investissements publics considérables dans les réseaux et l’innovation (p. ex. technologies de stockage).

### Effets sur l’emploi et réaffectation sectorielle
- La production d’énergie renouvelable nécessite davantage de main-d’œuvre que la production d’électricité à base de combustibles fossiles.
- Les pertes d’emplois dans les secteurs à fortes émissions (p. ex. extraction de carbone, production de pétrole et de gaz de schiste, industries manufacturières à forte intensité de carbone, transport) peuvent être compensées par des créations d’emplois dans des secteurs à faibles émissions (p. ex. production d’électricité solaire ou éolienne, industrie manufacturière à faibles émissions, services).
- L’effet net consolidé sur l’emploi est généralement faible et indéterminé, dépendant de l’ampleur de la substitution entre activités à fortes et faibles émissions (graphique 3.3, plage 3).
- Les mesures « hors marché » semblent générer un effet net sur l’emploi plus important et négatif; les mesures de marché (tarifs de rachat, programmes d’échange) exercent un effet net plus modéré et positif.
- L’impact sur l’emploi dans le secteur des combustibles fossiles n’est pas significatif, en raison d’effets inverses des taxes (négatif) et des programmes d’échange (positif).
- La transition vers de nouveaux emplois peut impliquer des coûts pour les travailleurs affectés; il faut étudier les conséquences en matière de distribution des effets des politiques environnementales sur le marché du travail.

### Mécanismes généraux liant politiques et économie
- Les politiques d’atténuation influent via : 1) le prix relatif des combustibles fossiles et de l’énergie propre; 2) le prix global de l’énergie; 3) la stimulation directe de la recherche dans les technologies vertes.
- Hausse du prix relatif des énergies fossiles favorise la demande d’énergies renouvelables, réorientation de l’investissement, de l’innovation et de l’emploi vers des activités à faible intensité de carbone.
- Le prix global de l’énergie peut augmenter avec une taxe carbone (effet négatif potentiel sur l’activité économique mais incitatif à l’efficacité énergétique) ou diminuer avec des mesures en faveur de la fourniture d’énergie verte (potentielle stimulation du PIB selon le financement choisi).
- Les recettes de la tarification du carbone peuvent être recyclées pour compenser ménages et financer infrastructures publiques vertes ou réduction des distorsions fiscales.
- Subventions à la R&D verte couplées à une taxation du carbone se justifient économiquement pour remédier à des dysfonctionnements de marché (fuites de connaissance, dépendance au sentier, difficultés d’accès au financement).

### Programme d’action proposé pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050
- Objectif: porter les émissions nettes de carbone à zéro d’ici à 2050 via une réduction de 80% des émissions brutes (supposant expansion des puits naturels et déploiement de technologies à émissions négatives).
- Exception: groupe de pays exportateurs de pétrole et autres pays sélectionnés peuvent maintenir leurs émissions à leurs niveaux actuels en raison d’une contraction économique liée à la chute de la demande mondiale de pétrole.
- Composantes principales du programme d’action :
  - Impulsion budgétaire verte qui stimule demande et offre, accompagne la relance post-COVID-19 et abaisse le niveau des prix du carbone nécessaire.
  - Augmentation échelonnée des prix du carbone.
  - Transferts compensatoires en faveur des ménages.

- Détails numériques et calendriers :
  - Politiques en faveur de l’énergie verte : taux de subvention de 80% sur la production d’énergies renouvelables.
  - Programme d’investissement sur 10 ans dans les énergies vertes : commence à 1% du PIB et décline linéairement jusqu’à atteindre zéro au bout de 10 ans; d’autres investissements publics ultérieurs maintiennent le stock de capital vert créé.
  - Tarification du carbone : taux de croissance annuelle des prix du carbone fixé à 7% pour reproduire des prix initiaux peu élevés et une augmentation échelonnée.
  - Prix initiaux du carbone d’abord fixés entre 6 et 20 dollars par tonne de CO2 (en fonction du pays).
  - Prix du carbone en 2030 : fourchette entre 10 et 40 dollars par tonne de CO2.
  - Prix du carbone en 2050 : fourchette entre 40 et 150 dollars par tonne de CO2.
  - Transferts compensatoires : ménages perçoivent un dédommagement équivalent à un quart des recettes fiscales sur le carbone.
  - Mesures macroéconomiques de soutien : assouplissement budgétaire financé par endettement durant la première décennie, dans un contexte de taux d’intérêt bas.

### Simulations et projections (modèle G-Cubed)
- Modélisation : simulations réalisées avec le modèle macroéconomique mondial « G-Cubed », incluant dix pays/régions, secteurs énergétiques détaillés, rigidités réelles et nominales, et politiques budgétaires et monétaires; impacts climatiques simulés via un modèle d’évaluation intégré.
- Scénario de référence (à politiques inchangées) :
  - En l’absence de nouvelles politiques d’atténuation, les émissions mondiales de carbone devraient continuer d’augmenter à un rythme annuel moyen de 1,7% pour atteindre 57,5 gigatonnes d’ici à 2050.
- Les simulations visent à illustrer mécanismes et ordres de grandeur; les projections à long terme restent sujettes à une forte incertitude.

*Fonds monétaire international | Chapitre 3, « Atténuation des changements climatiques : stratégies favorables à la croissance et à la distribution », Octobre 2020*

### 2. Décomposition de la variation des émissions mondiales de CO

### 2. Décomposition de la variation des émissions mondiales de CO2

### Principales projections et évolutions macroéconomiques
- Croissance mondiale attendue :
  - 3,7 percent en 2021
  - 2,1 percent en 2050
- Rôle des pays :
  - Les pays avancés ont historiquement émis le plus.
  - La Chine et l’Inde sont de gros émetteurs et devraient représenter une part croissante des émissions, malgré des émissions par habitant relativement faibles par rapport aux pays avancés.
- Scénarios climatiques existants (référence GIEC, 2014, 2018a) : si les politiques ne changent pas, les émissions continueront d’augmenter fortement et les températures dépasseront les niveaux fixés par l’Accord de Paris.

### Résultats des simulations (modèle G-Cubed et modèle d’évaluation intégré)
- Hypothèses et modèles :
  - Scénarios réalisés avec le modèle macroéconomique mondial « G-Cubed » de McKibbin et Wilcoxen (1999, 2013) et de Liu et al. (2020).
  - Calculs utilisant un modèle d’évaluation intégré avec un changement technique exogène.
  - Sensibilité climatique utilisée pour les courbes pleines : 3.
  - Fourchette de sensibilité climatique considérée pour zones ombrées : entre 1,5 et 4,5.
- Émissions et températures sous le programme d’action :
  - Les émissions de carbone mondiales sont réduites à environ 75 percent de leurs niveaux actuels, pour atteindre environ 9 gigatonnes au milieu du siècle.
  - Les émissions nettes sont portées à zéro aux alentours de 2050 et deviennent négatives par la suite grâce au déploiement des technologies de captage et de séquestration du carbone (CSC).
  - À long terme, l’augmentation des températures est contenue à 2 °C après un léger dépassement initial.
- Effets sur le PIB et emploi :
  - Le programme d’action exerce un effet net positif sur la croissance mondiale au cours des premières années (soutien à la reprise après la crise de la COVID-19).
  - Au bout de 15 ans, le PIB est inférieur d’environ 1 percent à son niveau de référence sans changement des politiques.
  - Les coûts de transition estimés dans la simulation s’inscrivent dans la fourchette des autres études : 1 à 6 percent du PIB d’ici à 2050, et se situent dans la partie basse des estimations.
- Rôle des composantes du programme d’action (résumé qualitatif tiré des simulations) :
  - Une impulsion initiale en faveur des investissements verts combinée à une augmentation progressive des prix du carbone engendrerait les réductions d’émissions nécessaires, avec des répercussions raisonnables en termes de production.
  - Le soutien à l’activité généré par l’investissement dans les infrastructures vertes et une plus grande substituabilité entre énergies à forte et faible intensité de carbone dans le modèle G-Cubed expliquent la modération des coûts.

### Implications et conclusions de politique
- Mesures recommandées (implicites dans les simulations) :
  - Mettre en œuvre un programme d’action combinant une impulsion initiale d’investissements verts et une augmentation progressive des prix du carbone.
  - Déployer les technologies de captage et de séquestration du carbone (CSC) pour atteindre les émissions nettes nulles autour de 2050 puis des émissions nettes négatives.
  - Utiliser les investissements verts comme levier pour soutenir la reprise à court terme tout en planifiant les ajustements nécessaires pour atténuer l’impact sur la production à moyen terme.
- Bénéfices attendus :
  - Éviter la plupart des dommages graves imputables aux changements climatiques, en particulier le risque de conséquences catastrophiques.
  - Placer l’économie mondiale sur une trajectoire de revenus plus élevée et plus durable à partir de la deuxième moitié du siècle.

*Source : estimations des services du FMI.*

### 4. Ratio solde budgétaire global/PIB réel

### 4. Ratio solde budgétaire global/PIB réel

### Scénario et modèle
- Simulations réalisées avec le modèle macroéconomique mondial « G-Cubed » de McKibbin et Wilcoxen (1999, 2013) et de Liu et al. (2020).
- Le programme d’action pour l’atténuation des changements climatiques est calibré pour réduire les émissions brutes de 80 % dans chaque pays/région d’ici à 2050 et prévoit :
  - des taxes sur le carbone qui augmentent progressivement,
  - une stimulation budgétaire en faveur des énergies vertes se traduisant par des investissements dans les infrastructures vertes et une subvention pour la production d’énergies renouvelables,
  - des transferts compensatoires en faveur des ménages.
- Le graphique présente aussi les effets des dommages des changements climatiques évités grâce à la mise en œuvre du programme d’action.
- Incertitudes prises en compte : coûts locaux de l’augmentation des températures selon Nordhaus (2010) ou Burke, Hsiang et Miguel (2015) ; sensibilité climatique avec une fourchette comprise entre 1,5 et 4,5 et un point médian de 3.

### Effets sur la production et la croissance
- Contexte de croissance : croissance du PIB mondial estimée à 120 % en cumulé au cours des 30 prochaines années.
- Effet net du programme d’action :
  - Le programme stimule le PIB et la croissance à partir de 2050 grâce aux dommages évités.
  - En moyenne, le programme d’action fait augmenter la production d’environ 0,7 % du PIB global par an au cours des 15 premières années (en moyenne sur cette période).
  - Après 15 ans, le fardeau de la taxe sur le carbone se traduit par de légères pertes nettes de production : un frein net d’environ 0,7 % sur la période 2036–50, et un peu plus de 1 % à partir de 2050.
  - Malgré ces coûts, l’augmentation cumulée du PIB réel de 120 % estimée pour les 30 prochaines années rend le freinage net acceptable dans ce contexte.
- Gains à long terme : sur la base des estimations de Burke, Hsiang et Miguel (2015), les gains de production nets atteignent 13 % du PIB mondial en 2100.

### Rôles complémentaires des instruments
- Réduction des émissions :
  - La stimulation budgétaire des énergies vertes réduit les émissions de façon significative, mais son effet est bien moins fort que celui de la tarification du carbone.
  - La tarification du carbone est un puissant levier pour générer rapidement d’importantes réductions d’émissions car elle améliore l’efficacité énergétique.
  - Les mesures en faveur de l’énergie verte font baisser le prix global de l’énergie et stimulent la consommation énergétique.
- Coûts économiques :
  - La tarification du carbone fait baisser le PIB réel en augmentant le coût de l’énergie.
  - La stimulation budgétaire en faveur des énergies vertes augmente le PIB, directement (accroissement des dépenses d’investissement) et indirectement (réduction des coûts de production de la transition, baisse des taxes sur le carbone nécessaires à l’avenir).
  - Effets temporels :
    - Stimulation initiale : la stimulation des énergies vertes dynamise l’activité par une hausse de la demande agrégée.
    - Gains de productivité : investissements dans les infrastructures vertes favorisent la productivité des secteurs à faible intensité de carbone et encouragent l’investissement privé, augmentant la production potentielle.

### Coûts budgétaires et financement
- Effet initial : le programme détériore dans un premier temps le solde budgétaire et nécessite un financement par recours à l’endettement, car les recettes issues du carbone sont inférieures aux dépenses initiales (infrastructures, subventions, transferts).
- Effet ultérieur : les recettes de la taxe sur le carbone deviennent largement suffisantes pour financer les infrastructures vertes complémentaires et les transferts en faveur des ménages pauvres.

### Emploi et investissement privé
- Emploi :
  - Effets comparables à ceux sur la production : stimulation initiale puis légère baisse relative à la trajectoire de référence pendant la transition, avant qu’une trajectoire de production et de croissance plus élevée ne soit atteinte.
  - En moyenne, l’emploi global augmenterait d’abord de 12 millions de personnes par an entre 2021 et 2027.
  - Réaffectation d’environ 2 % des emplois des secteurs à fortes émissions vers ceux à faibles émissions.
  - Les secteurs à faible intensité carbonique (énergies renouvelables, modernisation des bâtiments, voitures électriques, services) nécessitent généralement davantage de main-d’œuvre que les secteurs à fortes émissions.
  - Transitions difficiles possibles pour certains travailleurs, nécessitant des recyclages ou un soutien public.
- Investissement privé :
  - Le programme entraîne une contraction marquée de l’investissement privé mondial, car la taxe sur le carbone réduit la richesse et le stock de capital désiré à long terme.
  - Les secteurs à faible intensité carbonique ont une intensité de capital inférieure à celle des secteurs en contraction, réduisant la demande d’investissement en capital.
  - Expansion limitée du secteur des énergies renouvelables à court terme en raison des coûts d’ajustement du capital, bien que les investissements et subventions pour les infrastructures vertes favorisent l’investissement privé dans les énergies renouvelables.

### Disparités entre pays et conséquences sectorielles
- Hétérogénéité des coûts :
  - Les coûts sur la production pendant la transition varient sensiblement d’un pays à l’autre.
  - Certains pays avancés (par ex. Europe) pourraient afficher des coûts moindres, voire des gains, tout au long de la transition en raison d’un stock initial élevé d’énergies renouvelables et de coûts d’ajustement par unité d’investissement plus faibles.
  - Les États-Unis et la Chine ont un capital important dans le secteur des combustibles fossiles, rendant la transition plus coûteuse en termes d’ajustement du capital.
  - Les pays à forte croissance démographique et économique (l’Inde en particulier, et la Chine dans une moindre mesure) et la plupart des pays producteurs de pétrole doivent prévoir des coûts économiques supérieurs.
    - Exemple : dans le cadre du programme d’action, le PIB de l’Inde en 2050 serait supérieur de 277 % à son niveau actuel, soit légèrement inférieur à ce qu’il serait sans changement des politiques (287 %).
- Avantages immédiats :
  - Les pays ayant des coûts économiques plus élevés bénéficieraient également davantage des dommages évités (diminution des risques de mortalité, amélioration de la santé via la réduction de la pollution, réduction des embouteillages et des risques d’accidents).
- Variations régionales de l’investissement privé :
  - Les baisses d’investissement privé sont particulièrement marquées dans les pays où les secteurs liés aux combustibles fossiles sont plus développés.
  - Réactions plus positives de l’investissement privé là où les secteurs à faibles émissions sont déjà importants et le coût de renforcement du capital physique est relativement bas (par ex. Europe et Japon).

### Synthèse des principaux chiffres et repères
- Objectif d’émissions : 80 % de réduction des émissions brutes d’ici à 2050.
- Croissance mondiale projetée : 120 % en cumulé au cours des 30 prochaines années.
- Effet sur la production :
  - augmentation d’environ 0,7 % du PIB global par an au cours des 15 premières années (en moyenne sur cette période),
  - frein net d’environ 0,7 % sur la période 2036–50,
  - un peu plus de 1 % à partir de 2050.
- Emploi : augmentation moyenne de 12 millions de personnes par an entre 2021 et 2027.
- Réaffectation d’emplois : environ 2 % des emplois déplacés des secteurs à fortes émissions vers ceux à faibles émissions.
- Gains à long terme : jusqu’à 13 % du PIB mondial en 2100 selon certaines estimations des dommages évités.
- Sensibilité climatique considérée : fourchette 1,5 à 4,5, point médian 3.
- Comparatif pour l’Inde en 2050 : PIB supérieur de 277 % à son niveau actuel sous le programme d’action vs 287 % sans changement des politiques.

*Source : estimations des services du FMI.*

### 1. PIB réel régional

### 1. PIB réel régional

### Résultats clés et effets combinés sur le PIB
- La combinaison des effets directs sur le PIB réel et des bienfaits indirects se traduit par :
  - Des gains positifs tout au long de la période de transition pour la Chine.
  - Une réduction des coûts liés à la transition pour l’Inde, la Russie et d’autres pays (graphique 3.9, plage 3).
- Estimations ponctuelles citées :
  - Chine : bienfaits indirects de l’ordre de 0,7 percent du PIB immédiatement, puis de 3,5 percent du PIB en 2050.
  - Inde : bienfaits indirects de 0,3 percent immédiatement, puis de 1,4 percent en 2050.
- Sans action mondiale, les dommages augmentent fortement après 2050 ; l’action d’atténuation procure des bienfaits considérables, particulièrement pour les pays qui subiraient les plus lourdes pertes (ex. Inde).

### Gains à long terme liés à l’atténuation
- Dans l’Inde, les bienfaits nets d’une atténuation des changements climatiques (par rapport à l’inaction) atteindraient 60 à 80 percent du PIB en 2100 (graphique 3.9, plage 4).
- Les pertes liées aux changements climatiques sont probablement sous-estimées pour les régions plus froides, car plusieurs types de dommages ne sont pas pris en compte (élévation du niveau des mers, catastrophes naturelles, dégel du pergélisol, répercussions internationales).

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### 2. Bienfaits indirects et santé publique

### Estimations et composantes
- Prix effectif du CO2 au niveau national (Parry, Veung et Heine, 2015) :
  - Moyenne : 57.5 dollars la tonne (en 2010).
  - Fourchette : entre 11 et 85 dollars pour les pays/régions pris en compte dans le modèle « G-Cubed ».
- Ces prix reflètent essentiellement les bienfaits indirects en matière de santé dus à la baisse de la pollution atmosphérique (centrales au charbon, externalités automobiles).
- Données empiriques de la Chine (Ebenstein et al., 2017) :
  - Une augmentation de 10 microgrammes par mètre cube des PM10 réduit l’espérance de vie de 0,64 an.
  - Mise en conformité nationale avec la norme de Classe I pour les PM10 permettrait d’épargner 3,7 milliards d’années de vie.
- Exemples de réduction des dépenses de santé :
  - En portant sa concentration de PM2,5 au niveau recommandé par l’OMS (environ un sixième du niveau moyen actuel), la Chine réduirait ses dépenses de santé de 42 milliards de dollars par rapport au niveau de 2015, soit environ 7 percent de ses dépenses de santé annuelles.

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### 3. Scénarios d’atténuation et émissions mondiales (simulations G‑Cubed)

### Scénarios étudiés
- Scénario « Tous les pays » : programme calibré pour réduire les émissions brutes de 80 percent dans chaque pays/région sauf dans le groupe des pays exportateurs de pétrole et autres pays d’ici 2050 ; inclut 1) taxes sur le carbone progressivement croissantes, 2) stimulation budgétaire pour énergies vertes (investissements infrastructurels et subvention production renouvelable), 3) transferts compensatoires aux ménages ; inclut bienfaits des dommages climatiques évités.
- Scénarios alternatifs : « Pays avancés » (seuls les pays avancés agissent) et « Cinq plus grands pays » (Chine, États‑Unis, Inde, Japon, Union européenne).

### Résultats principaux
- Si seuls les pays avancés réduisent leurs émissions brutes de 80 percent d’ici 2050, les émissions mondiales augmentent de 48 gigatonnes en 2050 (par rapport aux niveaux actuels).
- Si les cinq plus grands pays agissent ensemble, les émissions mondiales :
  - Baisseraient de près de 55 percent par rapport au niveau de référence.
  - Baisseraient de 25 percent par rapport à leurs niveaux actuels d’ici le milieu du siècle.
- Part des pays avancés dans les émissions mondiales :
  - Chuterait à 23 percent en 2050, contre 32 percent sans changement des politiques.

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### 4. Rôle de l’innovation technologique (« évolution technique endogène »)

### Effets des politiques d’innovation et subventions R‑D
- Une réponse technologique plausible au prix du carbone, combinée à une subvention de 70 percent en faveur de la recherche et du développement verts, permettrait :
  - D’atteindre un objectif d’émissions similaire avec une trajectoire de prix du carbone environ deux fois moins élevée que celle requise dans le scénario du modèle G‑Cubed.
  - Des coûts de transition bien moins élevés, avec le PIB mondial se rapprochant du niveau de référence plus tôt (au milieu des années 2040 environ) qu’en l’absence d’innovation.
- L’effet bénéfique est surtout médiat (après 2030), en raison du temps nécessaire à la réponse de l’innovation et à la diffusion des connaissances.
- Les subventions R‑D seules ne peuvent pas à elles seules générer les réductions rapides nécessaires pour maintenir la hausse des températures à des niveaux jugés sûrs.

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### 5. Potentiel de réduction d’émissions dans le secteur électrique

### Importance et opportunités
- Le secteur de l’électricité, avec le chauffage, est à l’origine d’environ 40 percent du total des émissions mondiales de carbone.
- Les trois quarts de ces émissions proviennent de la production d’électricité à partir de charbon.
- Le remplacement par des énergies renouvelables est la première étape vers la neutralité carbone : technologies de substitution déjà disponibles et compétitives après une chute spectaculaire des prix.
  - Exemple : le coût de l’électricité produite à partir de l’énergie éolienne a baissé de 70 percent (Lazard, 2019).
- Dans la simulation G‑Cubed, environ deux tiers des réductions d’émissions au cours des 10 premières années sont obtenues dans la production d’électricité.
- La production d’électricité à faibles émissions apporte des biens complémentaires via l’électrification d’utilisations finales (automobiles, chauffage).

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### 6. Impacts sectoriels, distributionnels et politiques d’inclusion

### Effets différenciés sur ménages et travailleurs
- La tarification du carbone peut toucher davantage les ménages à faible revenu, car ceux‑ci consacrent une part plus élevée de leurs revenus aux services énergétiques (électricité, chauffage).
- Les ménages à faible revenu sont plus exposés à des pertes de revenu : ils occupent des postes à faible qualification dans des secteurs à forte intensité de carbone (industrie manufacturière, transport, énergie).
- Sondages : les travailleurs faiblement qualifiés sont moins susceptibles que les travailleurs hautement qualifiés de privilégier la protection de l’environnement au détriment de la stimulation de la croissance économique ; le soutien le plus faible à la protection de l’environnement se trouve chez les travailleurs faiblement qualifiés employés dans les secteurs à forte intensité de carbone.

### Mesures recommandées pour l’équité et l’acceptabilité politique
- Transferts monétaires financés par les recettes de la tarification du carbone :
  - Remboursement total ou partiel des recettes via transferts monétaires universels ou ciblés.
  - Utilisation d’une part des recettes pour accroître les dépenses publiques dans les secteurs à faible intensité de carbone (création d’emplois, compensation des pertes d’emplois).
- Parmi les dispositifs, les aides ciblées aux ménages à faible revenu présentent un bon rapport coût/efficacité.
- Autres mesures : politiques pour faciliter la diversification économique et la transition dans les pays exportateurs de combustibles fossiles (meilleure réglementation des affaires, disponibilité du crédit, réformes du marché du travail, accroissement des recettes non pétrolières).

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*Source : estimations et texte du Fonds monétaire international, Chapitre 3 « Atténuation des changements climatiques : stratégies favorables à la croissance et à la distribution », Octobre 2020.*

### 2. Taxe sur le carbone aux États-Unis : contributions sectorielles

### 2. Taxe sur le carbone aux États-Unis : contributions sectorielles aux réductions d’émissions et impact sur le PIB en 2030

### Simulations générales et paramètres
- La taxe étudiée est une taxe de 50 dollars par tonne de CO2 imposée sur la consommation d’énergie polluante des entreprises et des ménages.
- Les simulations utilisent un modèle d’équilibre général à agents hétérogènes calibré pour les États-Unis et la Chine et intègrent l’impact de la taxe carbone sur la consommation et l’emploi.

### Impact distributif et politique de recyclage des recettes
- Redistribuer les recettes en transferts monétaires ciblés aux deux quintiles inférieurs peut augmenter la consommation de ces groupes (voir plage 3 du graphique 3.13).
- Pour préserver la consommation du quintile le plus bas :
  - il faut redistribuer environ un quart des recettes aux États-Unis.
  - il faut redistribuer environ un sixième des recettes en Chine.
- Pour préserver le niveau de consommation des deux quintiles les plus bas :
  - les gouvernements américain et chinois devraient respectivement transférer 55 % et 40 % des recettes.
- Un remboursement total des recettes par des transferts universels permettrait globalement d’éviter une baisse de la consommation chez les ménages des deux quintiles inférieurs, mais à un coût beaucoup plus élevé pour les finances publiques.

### Effets sur l’emploi et transition professionnelle
- Ni les transferts universels ni les transferts ciblés ne facilitent directement la transition professionnelle des travailleurs vers des secteurs sobres en carbone.
- L’augmentation des dépenses publiques en faveur des biens et services à faible intensité de carbone :
  - ne préserverait pas la consommation des ménages les plus modestes,
  - contribuerait cependant à enrayer la baisse de l’emploi global,
  - aiderait au recyclage des travailleurs dans des secteurs sobres en carbone (graphique 3.13, plage 4).
- Les simulations indiquent que la taxation du carbone peut générer suffisamment de recettes pour financer à la fois la protection des ménages à faible revenu et le soutien au recyclage professionnel, à condition que le soutien au revenu soit correctement ciblé.

### Taxation avec rabais (taxe + subvention) : caractéristiques et effets
- La taxation avec rabais est modélisée comme une taxe de 50 dollars par tonne de CO2 dont les recettes financent une subvention en faveur de la consommation d’énergie propre.
- Effets observés :
  - Les effets sur la consommation du quintile inférieur et sur les inégalités sont plus faibles que lorsque des taxes sur le carbone sont imposées sans mesures distributives.
  - Ces effets plus faibles proviennent du fait que l’impact sur les prix de l’énergie est minime (taxes et subventions sont prélevées sur différentes composantes du même bien) et parce que la taxation avec rabais stimule l’emploi chez les travailleurs peu qualifiés, en valeur nette (le secteur des énergies renouvelables nécessitant davantage de main-d’œuvre que celui des énergies polluantes).

### Acceptation publique et dimensions socio-économiques
- Le soutien à la protection de l’environnement tend à être supérieur chez les personnes plus qualifiées, en particulier celles travaillant dans les secteurs dits « propres ».
- Les personnes faiblement qualifiées travaillant dans les secteurs à forte intensité de carbone affichent le soutien le plus faible aux politiques de protection de l’environnement.
- Les ménages du quintile inférieur consacrent une part légèrement plus importante de leur revenu à l’énergie que les ménages plus aisés et sont davantage susceptibles d’être employés dans les secteurs à forte intensité énergétique.
- Certaines communautés et régions risquent d’être davantage pénalisées par les politiques d’atténuation ; une transition juste pour ces communautés peut nécessiter, au-delà du recyclage professionnel, un soutien public ciblé et efficace.

### Exemples de réformes assorties de transferts compensatoires
- Réforme des subventions aux carburants de 2010 en Iran.
- Instauration de la tarification du carbone en Colombie-Britannique (Canada).
- Ces réformes prévoyaient des transferts compensatoires en faveur des ménages et constituent des exemples de mesures réussies combinant tarification et protection sociale.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020*

### Conclusion

### Conclusion

### Fenêtre temporelle et objectif de neutralité carbone
- La fenêtre permettant d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 et de maintenir l’augmentation des températures dans une fourchette jugée sûre est en train de se fermer rapidement.
- Le maintien des températures à des niveaux jugés sûrs nécessite une mobilisation à l’échelle mondiale; les pays avancés seuls ne suffiront pas, leur part dans les émissions mondiales étant en train de diminuer.
- Les quatre plus grands pays et la plus grande union économique du monde (les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, le Japon et l’Inde) peuvent, en agissant ensemble, opérer une ponction de taille dans les émissions mondiales.

### Stratégie d’atténuation recommandée et effets macroéconomiques
- Une impulsion initiale en faveur des investissements verts, combinée à une hausse progressive des prix du carbone, permettrait de réaliser les réductions d’émissions nécessaires, avec des répercussions raisonnables en termes de production pendant la phase de transition.
- L’encouragement des investissements verts renforcerait les indicateurs macroéconomiques à court terme et diminuerait les coûts liés à l’ajustement à des prix du carbone plus élevés.
- La tarification du carbone est essentielle : des prix plus élevés stimulent l’efficacité énergétique et réaffectent les ressources depuis les activités à forte intensité de carbone vers celles à faible intensité de carbone.
- Les coûts liés à la transition vers une tarification du carbone alignée sur l’objectif de neutralité carbone d’ici le milieu du siècle semblent acceptables dans le contexte de la croissance attendue de l’économie mondiale au cours des trois décennies à venir.
- Ces coûts pourraient aller en diminuant à mesure que des innovations technologiques seront développées sous l’effet de la tarification du carbone et des subventions en faveur de la recherche et du développement verts.
- À moyen terme, la stratégie pourrait placer l’économie mondiale sur une trajectoire de croissance plus dynamique et plus viable en évitant des dommages causés par les changements climatiques et le risque de répercussions catastrophiques.

### Mesures spécifiques et scénarios simulés
- Simulation d’une taxe de 50 dollars par tonne de CO2 prélevée sur la consommation d’énergie polluante des ménages et des entreprises, avec recettes utilisées pour financer une subvention en faveur des énergies propres :
  - La simulation est effectuée avec un modèle d’agent hétérogène multisectoriel; la première barre du graphique montre la variation en pourcentage de la consommation du quintile inférieur par rapport au scénario de référence, et la deuxième barre indique la variation du coefficient de Gini (échelle de zéro à 100) par rapport au scénario de référence.
- Décarbonation du secteur de l’électricité (illustration pour les États-Unis, la Chine et l’Union européenne) :
  - Une politique modérée introduisant progressivement un prix du carbone de 50 dollars sur 10 ans dans le secteur électrique, combinée à une subvention en faveur de l’investissement dans les énergies renouvelables en début de période, permettrait de décarboner sensiblement le secteur de l’électricité moyennant des coûts de production très faibles.
  - La combinaison de mesures a un effet neutre sur le budget lorsque le prix du carbone est pleinement installé au bout de 10 ans et que les recettes qu’il génère (environ 0,2 percent du PIB) sont suffisantes pour financer la subvention.
  - Avant que les revenus atteignent leur plein potentiel, la subvention est financée par la dette, entraînant une augmentation totale du ratio dette/production d’environ 1 percent du PIB.
  - Pour la Chine, le programme d’action simulé inclut également un doublement des capacités de production d’électricité nucléaire et hydroélectrique sur 20 ans.
- Le prix du carbone est différencié en fonction de l’intensité carbone des différentes technologies, au détriment de la production d’électricité utilisant le carbone (et, dans une moindre mesure, le gaz).
- La baisse des prix des énergies renouvelables permise par la subvention et la variation des prix relatifs entraînent un rééquilibrage du bouquet électrique aux dépens du charbon et en faveur des technologies renouvelables.

### Distribution, inclusion sociale et recyclage des recettes
- La décarbonation implique une transformation structurelle des économies, avec des répercussions différentes selon les sous-groupes de la population.
- Pour agir en faveur de l’inclusion et élargir le soutien aux politiques d’atténuation, les pouvoirs publics peuvent utiliser une partie des recettes générées par la taxe sur le carbone pour octroyer des transferts monétaires ciblés destinés à empêcher une perte de pouvoir d’achat chez les ménages modestes.
- Des mesures fondées sur la localisation géographique pourraient être nécessaires afin de dédommager des zones ou des régions risquant de subir des pertes d’emploi à la suite du repli des secteurs à forte intensité de carbone.
- Les taxes avec rabais peuvent réduire les émissions de carbone, mais elles doivent être accompagnées de transferts (schéma illustré dans le graphique sur les effets distributionnels).

### Autres points et besoins de coordination internationale
- En entreprenant un travail sur la durabilité dès aujourd’hui plutôt que de devoir reconstruire les infrastructures plus tard, les pays réduiraient la facture de l’atténuation durant la phase de transition.
- Les pays exportateurs de combustibles fossiles devront accélérer la diversification de leur économie pour négocier la transition plus en douceur.
- La coordination internationale mérite un examen approfondi étant donné les difficultés rencontrées par les pays pour se rassembler et prendre ensemble des mesures concrètes en faveur de la réduction des émissions; les modalités de mise en place d’une telle coopération n’entraient pas dans le cadre du présent chapitre.
- Les bienfaits corrélés à l’atténuation incluent la réduction de la pollution et la baisse de la mortalité (bienfaits indirects) ainsi que des dommages évités (pertes de récoltes, élévation du niveau des mers et conditions météorologiques extrêmes).

_Source : Conclusion, CHAPITRE 3 — Atténuation des changements climatiques : stratégies favorables à la croissance et à la distribution (texte fourni)._

### 3. PIB réel

### 3. PIB réel

### Encadré 3.2 — Zoom sur le secteur de l’électricité : la première étape vers la décarbonation
- Les émissions du secteur de l’électricité baissent de 35 % par rapport au niveau de référence en 2030.
- Le déclin du gaz est atténué par son rôle en tant qu’énergie de secours pour l’électricité renouvelable.
- L’investissement et l’emploi baissent dans le secteur du charbon, tandis qu’une subvention provoque une poussée de l’investissement dans les énergies renouvelables qui compense une grande partie des pertes d’investissements dans le secteur du charbon.
- Effets macroéconomiques :
  - La combinaison de mesures réduit fortement les émissions.
  - Les dommages économiques sont atténués : la production baisse de ½ % sur 10 ans au-dessous du niveau de référence, à mesure que l’économie réoriente main-d’œuvre et investissement du charbon vers les renouvelables.
- Caractéristiques régionales :
  - Union européenne : charbon et énergies renouvelables représentent tous deux une part d’environ 20 %; la part du gaz naturel est beaucoup plus faible qu’aux États-Unis, ce qui limite la flexibilité du réseau et réduit l’effet de réduction de la production de charbon provoqué par le prix du carbone.
  - Chine : part de l’électricité produite à base de charbon proche de 70 % ; le prix du carbone augmente la part des énergies renouvelables d’environ 20 points de pourcentage, mais cela n’est pas suffisant pour ramener la part du charbon à un niveau viable. En raison du niveau initial élevé des émissions, la baisse absolue des émissions en Chine est environ trois fois supérieure à celle des États‑Unis.
- Mesures complémentaires et technologies :
  - En complément des subventions en faveur des renouvelables, le scénario macroéconomique table sur une expansion de l’électricité d’origine nucléaire (en tenant compte du temps nécessaire à la construction des centrales).
  - La technologie de stockage de l’énergie renouvelable, qui pourrait devenir faisable à court terme, amplifierait la pénétration des énergies renouvelables obtenue grâce au prix du carbone.
- Conclusion analytique :
  - La politique s’avère très efficace pour réduire les émissions liées à l’électricité avec des coûts macroéconomiques raisonnables, en particulier si la réaffectation de la main-d’œuvre peut être facilitée.
  - Malgré ces résultats, l’action et les programmes stratégiques actuels en faveur de l’abandon du charbon sont insuffisants pour atteindre des résultats permettant d’éviter des dommages climatiques irréversibles.
  - L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime qu’avec les plans et politiques mis en place et proposés, la production d’électricité à partir de charbon utilisera la plupart du budget carbone restant.

### Appendice statistique — hypothèses, données et conventions (points saillants)
- Données utilisées : établies sur la base des informations disponibles au 28 septembre 2020.
- Présentation des projections : les chiffres portant sur 2020–21 sont présentés avec le même degré de précision que les chiffres rétrospectifs, mais restent des projections et n’ont pas nécessairement le même degré d’exactitude.
- Hypothèses macroéconomiques générales :
  - Taux de change effectifs réels des pays avancés considérés constants au niveau moyen mesuré du 24 juillet au 21 août 2020.
  - Taux moyens de conversion retenus : 1,391 et 1,430 pour le taux dollar/DTS; 1,143 et 1,230 pour le taux dollar/euro; 107,2 et 105,9 pour le taux yen/dollar (respectivement pour 2020 et 2021).
  - Prix du baril de pétrole : en moyenne 41,69 dollars en 2020 et 46,70 dollars en 2021.
  - LIBOR et taux d’intérêt :
    - LIBOR six mois en dollars : 0,7 % en 2020 et 0,4 % en 2021.
    - LIBOR sur les dépôts à trois mois en euros : –0,4 % en 2020 et –0,5 % en 2021.
    - LIBOR sur les dépôts à six mois en yen : 0,0 % en 2020 et 0,0 % en 2021.
- Données et normes comptables :
  - La plupart des pays conformes à la version 2008 du Système de comptabilité nationale (SCN 2008); autres manuels et guides du FMI alignés sur le SCN 2008 (MBP6, Guide MSMF, MSFP 2014).
  - Les chiffres composites pour groupes de pays sont soit sommes, soit moyennes pondérées (conventions détaillées pour la pondération par PIB en dollars ou par PPA selon l’indicateur).
  - Les moyennes des taux de croissance sur plusieurs années sont, sauf indication contraire, des taux de variation annuelle composés.
- Modifications récentes de la base de données :
  - Mise à jour des pondérations de la parité des pouvoirs d’achat sur la base de l’enquête 2017 du PCI.
  - Données et prévisions pour le Bangladesh et les Tonga désormais présentées sur la base de l’exercice budgétaire.
  - Les données relatives à la Cisjordanie et à Gaza sont désormais prises en considération et ajoutées au groupe régional du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.
- Notes pays (exemples significatifs) :
  - Uruguay : transferts au système public de retraite enregistrés comme recettes ; représentaient 1,3 % du PIB en 2018 et 1,2 % du PIB en 2019, et devraient représenter 0,8 % en 2020, 0,2 % en 2021 et 0 % ultérieurement.
  - Liban : projections pour 2021–25 omises en raison d’un degré d’incertitude exceptionnellement élevé.
  - Venezuela : perspectives particulièrement incertaines; les prix à la consommation du Venezuela sont exclus de toutes les données de groupe des PEM.
- Classification des pays :
  - Pays avancés : 39 pays.
  - Pays émergents et pays en développement : 156 pays.
  - Définitions analytiques supplémentaires : classification par source de recettes d’exportation (combustibles vs autres produits) et par position extérieure nette (créanciers nets, débiteurs nets, PPTE, PDFR).

### Hypothèses de politique budgétaire et méthodologie des projections budgétaires
- Principe général : hypothèses à court terme reposent sur budgets ou lois de finances annoncés par les autorités, corrigés pour différences macroéconomiques entre services du FMI et autorités nationales; à moyen terme, jugement sur la trajectoire la plus probable de la politique.
- Règle en l’absence d’informations suffisantes : le solde primaire structurel est censé rester inchangé, sauf indication contraire.
- Sélection d’hypothèses nationales (extraits) :
  - Allemagne : projections reposent sur le programme de stabilité et lois de finances supplémentaires 2020, et sur mises à jour des données.
  - Arabie saoudite : projections de référence reposent sur le budget 2020 et mesures annoncées pour faire face à la COVID-19 et à la baisse des prix du pétrole; recettes du pétrole exporté reposent sur les cours de référence des PEM.
  - Chine : forte expansion budgétaire estimée pour 2020 sur la base des mesures fiscales et de dépenses annoncées; légère expansion prévue pour 2021.
  - États‑Unis : projections reposent sur le scénario de référence de janvier 2020 du Congressional Budget Office, corrigé pour les hypothèses macroéconomiques du FMI et incorporant les lois liées à la COVID-19 (énumérées dans la section).
  - Indonésie : projections conformes au retrait progressif des mesures de relance de 2020, avec retour à un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB d’ici à 2023.
  - Mexique : projections pour 2020 reposent sur le budget approuvé (données disponibles jusqu’au 31 août 2020); projet de budget 2021 non pris en compte.
- Remarque méthodologique : le calcul du solde structurel repose sur l’estimation du PIB potentiel et des élasticités des recettes et des dépenses; l’écart de production et le solde structurel comportent une marge d’incertitude significative.

*Fonds monétaire international | Octobre 2020 — extrait de la section « 3. PIB réel » et de l’appendice statistique (données au 28 septembre 2020).*

### 2020. Elle présentera un certain degré de consolidation

### textf - 2020. Elle présentera un certain degré de consolidation

### Scénario macroéconomique et projections mondiales
- Croissance du PIB réel mondial : –4,45 percent en 2020 et 5,2 percent en 2021 (Tableau A15).
- Pays avancés : –5,8 percent en 2020 et 3,9 percent en 2021 (Tableau A15).
- Pays émergents et en développement : –3,3 percent en 2020 et 6,0 percent en 2021 (Tableau A15).
- Commerce mondial (volume) : –10,4 percent en 2020 et 8,3 percent en 2021 (Tableau A15 / A9).
- Prix du pétrole (variation en pourcentage) : –32,1 percent en 2020 et 12,0 percent en 2021 (Tableau A9).
- Prix à la consommation (médian) :
  - Pays avancés : 0,8 percent en 2020 et 1,6 percent en 2021 (Tableau A15 / A5).
  - Pays émergents et en développement : 5,1 percent en 2020 et 4,7 percent en 2021 (Tableau A15 / A5).

### Hypothèses de politique monétaire globales et taux de référence
- LIBOR sur dépôts en dollars à six mois : 0,7 percent en 2020 et 0,4 percent en 2021 (Encadré A1).
- Taux moyen des dépôts en euros à trois mois : 0,4 percent en 2020 et 0,5 percent en 2021 (Encadré A1).
- Taux d’intérêt des dépôts en yen à six mois : 0,0 percent en 2020 et 0,0 percent en 2021 (Encadré A1).
- Hypothèses ciblées par pays (sélection) :
  - Afrique du Sud : maintien de l’inflation dans la fourchette cible de 3 percent à 6 percent (Encadré A1).
  - Arabie saoudite : poursuite du rattachement au dollar (Encadré A1).
  - Chine : politique monétaire accommodante en 2020 et favorable en 2021 (Encadré A1).
  - États-Unis : ajustements du taux cible pour les fonds fédéraux selon les perspectives macroéconomiques (Encadré A1).
  - Suisse : le taux directeur ne varie pas en 2020–21 (Encadré A1).
  - Turquie : on suppose qu’il n’y aura pas d’assouplissement supplémentaire en 2020 (Encadré A1).
  - Singapour : la masse monétaire augmente parallèlement à la croissance prévue du PIB nominal (Encadré A1).
- Nombreuses autres hypothèses nationales listées dans l’encadré A1 (Encadré A1).

### Hypothèses budgétaires et comptables pour certains pays
- Singapour : projections basées sur la loi de finances (18 février 2020) et les lois de finances rectificatives (26 mars, 6 avril, 26 mai); les services du FMI supposent que les programmes de soutien de l’exercice 2020 ne portent que sur une seule année et que la politique économique ne sera pas changée pour le reste de la période (Encadré A1).
- Suède : estimations 2019 fondées sur les données du ministère des Finances; projections 2020 basées sur des informations préliminaires du projet de loi de finances de l’automne 2020; effet conjoncturel calculé à l’aide de l’élasticité 2014 de l’OCDE (Encadré A1).
- Suisse : projections budgétaires pour 2020 tiennent compte des mesures de relance discrétionnaires autorisées dans le cadre de la règle du frein à l’endettement en cas de « circonstances exceptionnelles » (Encadré A1).
- Turquie : base des projections dans les PEM et le Moniteur des finances publiques est le solde budgétaire défini par le FMI, qui exclut certains postes (Encadré A1).
- Royaume‑Uni : projections reposent sur la déclaration budgétaire de 2020 et les estimations révisées de l’Office for Budget Responsibility; suppositions incluent que les mesures prises pour faire face à l’épidémie arrivent à échéance comme annoncé, mais aussi un certain assouplissement budgétaire supplémentaire au cours des deux prochaines années puis un assainissement progressif visant à stabiliser la dette publique dans un délai de cinq ans; les données excluent les banques du secteur public et l’effet du transfert des actifs du Royal Mail Pension Plan d’avril 2012; comptes budgétaires présentés sur la base de l’exercice (Encadré A1).

### Risques, incertitudes et canaux de transmission
- Les projections demeurent exceptionnellement incertaines et dépendent principalement :
  - de l’évolution de la pandémie,
  - de l’efficacité des mesures d’endiguement,
  - des innovations pharmaceutiques (traitements, vaccins) (Observations du Président).
- Autres sources d’incertitude : ampleur des répercussions mondiales, dommages au potentiel d’approvisionnement, efficacité et durée de l’aide publique, changements d’humeur des marchés financiers, tensions commerciales et technologiques, enjeux géopolitiques, changements climatiques (Observations du Président).

### Constats sur la politique économique et recommandations
- Mesures d’urgence :
  - Les administrateurs se félicitent des mesures budgétaires sans précédent prises pour faire face à la pandémie et jugent nécessaire de ne pas retirer prématurément ces dispositifs d’urgence lors de la réouverture des économies; l’aide doit évoluer de la protection des emplois à l’appui des travailleurs déplacés via formations et reconversion (Observations du Président).
- Priorités à court terme :
  - Soutien à la reprise économique,
  - protection des personnes vulnérables,
  - renforcement des systèmes de santé (Observations du Président).
- Politique budgétaire à moyen terme :
  - Élaborer des mesures crédibles et équitables pour réduire déficits et dettes à moyen terme;
  - préserver l’investissement public, en particulier pour les pays avec espace budgétaire restreint;
  - augmenter la progressivité de l’impôt et moderniser la fiscalité des entreprises, y compris via coopération multilatérale sur la fiscalité internationale des entreprises (Observations du Président).
- Politique monétaire et stabilité financière :
  - Les mesures audacieuses des banques centrales ont limité les risques à court terme; cependant, la vulnérabilité augmente, notamment dans le secteur des sociétés non financières et pour les petites et moyennes entreprises; la consolidation du cadre réglementaire et le renforcement du contrôle prudentiel sont prioritaires (Observations du Président).
- Coopération internationale :
  - Nécessité d’augmenter la capacité de production et les circuits de distribution pour un accès global à un vaccin efficace, sûr et abordable;
  - besoin d’aide extérieure (allégement de la dette, dons, financements concessionnels) pour de nombreux pays émergents et pays à faible revenu (Observations du Président).
- Opérations du FMI :
  - Le FMI a rapidement augmenté les ressources de ses mécanismes de prêt et apporté une aide financière rapide à plus de 80 pays (Observations du Président).

### Indicateurs supplémentaires et bilans synthétiques (sélection de chiffres clés)
- Production mondiale (Tableau A1) :
  - Monde : –4,45 en 2020 et 5,2 en 2021 (variations annuelles en pourcentage).
  - Pays avancés : –5,8 en 2020 et 3,9 en 2021.
  - Pays émergents et en développement : –3,3 en 2020 et 6,0 en 2021.
- Prix à la consommation (Tableau A6 / A7) : voir hypothèses par pays et par région dans l’appendice statistique.
- Soldes budgétaires et dette (Tableau A8) : les projections indiquent des détériorations marquées en 2020 pour les principaux pays avancés (par ex. Prêt/emprunt (net) des Principaux pays avancés : –16,2 percent du PIB en 2020; États‑Unis : –18,7 percent du PIB en 2020), avec des niveaux élevés de dette brute et nette reportés pour 2020–2025 dans le tableau A8.
- Commerce mondial (Tableau A9) :
  - Volume du commerce de biens et services : –10,4 percent en 2020 et 8,3 percent en 2021.
  - Prix mondiaux en dollars (pétrole) : –32,1 percent en 2020 et 12,0 percent en 2021.
- Soldes des transactions courantes (Tableau A10) : fortes fluctuations régionales en 2020 et 2021; par ex. États‑Unis : –480,2 milliards de dollars en 2019, projections de –441,7 milliards en 2020 et –463,0 milliards en 2021 (Tableau A10).

*Source : Appendice statistique et Encadré A1 extraits de « Perspectives de l’économie mondiale : Une ascension longue et difficile », Fonds monétaire international, Octobre 2020.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2020/october/french/textf.pdf_
