## weofre202006

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### Aperçu général
- PIB mondial prévu se contracter de 4,9 percent en 2020, soit de 1,9 points de pourcentage de plus que dans les PEM d’avril 2020.
- Croissance mondiale prévue à 5,4 percent en 2021.
- PIB de 2021 attendu quelque 6½ points de pourcentage sous le niveau envisagé en janvier 2020 (avant la pandémie).
- Impact particulièrement sévère sur les ménages à bas revenus, risque de compromettre les progrès en matière de réduction de l’extrême pauvreté depuis les années 90.
- Mise à jour reposant sur un scénario de référence assorti d’un degré d’incertitude plus élevé que d’habitude.

### Scénario de référence et incertitudes
- Hypothèses clés (pays maîtrisant les taux d’infection) :
  - Distanciation physique persistante au cours du second semestre 2020.
  - Séquelles plus importantes pour le potentiel d’offre dues à la baisse d’activité au cours du confinement dans les premier et second trimestres 2020.
  - Perte de productivité liée aux mesures renforcées de sécurité et d’hygiène.
- Dans les pays où les taux d’infection ne sont pas maîtrisés : confinement prolongé et conséquences économiques plus graves.
- On suppose que les conditions financières resteront globalement les mêmes qu’aujourd’hui.
- Autres issues possibles : durcissement des conditions de financement, retour de la pandémie en 2021, trajectoires divergentes des marchés financiers et de l’économie réelle.
- Facteurs d’incertitude déterminants énumérés : durée de la pandémie et des confinements; distanciation physique volontaire; capacité des travailleurs à retrouver un emploi ou à changer de secteur; séquelles des fermetures d’entreprises; nouvelles mesures sanitaires sur le lieu de travail; réagencement des chaînes d’approvisionnement; répercussions internationales de la baisse de la demande extérieure; fin de la déconnexion entre prix des actifs et perspectives d’activité.

### Répercussions économiques observées
- Dégradation plus forte que prévu de l’activité au premier semestre 2020 ; PIB du premier trimestre pire que prévu dans la plupart des pays.
- Contraction de la production de services et de la consommation due à :
  - distanciation physique et mesures de confinement ;
  - pertes de revenus importantes et érosion de la confiance des consommateurs ;
  - réduction des investissements en raison de ruptures d’approvisionnement et d’incertitude élevée.
- Mobilité des personnes restée faible : fréquentation des commerces de détail, lieux de loisirs, gares et lieux de travail généralement bien inférieure au niveau pré‑pandémie.
- Marché du travail :
  - Baisse du nombre d’heures travaillées entre le dernier trimestre 2019 et le premier trimestre 2020 équivalant à la disparition de 130 millions d’emplois à plein temps (Bureau international du travail).
  - Baisse probable au deuxième trimestre 2020 équivalant à plus de 300 millions d’emplois à plein temps.
  - Travailleurs peu qualifiés sans télétravail les plus touchés ; dans certaines populations modestes, les femmes plus affectées.
  - Le Bureau international du travail estime que près de 80 percent des deux milliards de travailleurs du secteur informel au niveau mondial ont été fortement touchés.
- Commerce mondial : baisse d’environ 3,5 percent en glissement annuel au premier trimestre.
- Inflation :
  - Pays avancés : inflation moyenne à 0,4 percent en glissement annuel en avril 2020, en baisse d’environ 1,3 point de pourcentage depuis fin 2019.
  - Pays émergents : inflation à 4,2 percent, en baisse de 1,2 point de pourcentage.

### Mesures de riposte et effets sur les marchés financiers
- Mesures publiques prises :
  - Mesures budgétaires ambitieuses, dispositifs d’activité partielle et aide financière aux travailleurs mis au chômage technique.
  - Soutien financier aux entreprises et mesures réglementaires pour préserver l’accès au crédit.
  - Interventions importantes des grandes banques centrales (assouplissement quantitatif accru, nouveaux achats d’actifs dans certains pays) et accords de swap en dollars pour banques centrales de plusieurs pays émergents.
- Effets observés :
  - Conditions financières se sont assouplies depuis les PEM d’avril 2020.
  - Reprise des flux d’investissements de portefeuille vers les pays émergents après les sorties records de février–mars.
  - Émissions obligataires en devises fortes accrues par des pays avec meilleure notation.
  - Stabilité relative du marché pétrolier après une plongée en territoire négatif pour certains contrats en mai.
  - À la mi-juin, le dollar américain s’était déprécié de près de 4 percent en termes effectifs réels (après une hausse de plus de 8 percent entre janvier et début avril).
  - Appréciations depuis avril : couronne norvégienne, dollar australien, peso mexicain, rand sud-africain, rouble russe, roupie indonésienne.
- Montant des mesures budgétaires annoncées dans le monde recensées : quelque 11 000 milliards de dollars.

### Hypothèses techniques pour les projections
- Conditions financières : maintien des politiques actuelles des principales banques centrales jusqu’à fin 2021 ; conditions financières globalement stables par rapport à aujourd’hui.
- Cours des produits de base :
  - Cours moyen du baril de pétrole au comptant estimé à 36,20 dollars en 2020 et à 37,50 dollars en 2021.
  - Courbes de prix des contrats à terme indiquent une hausse ultérieure pour s’approcher de 46 dollars, soit encore environ 25 percent au-dessous de la moyenne de 2019.
  - Cours des produits de base hors combustibles devraient augmenter légèrement plus vite que prévu dans les PEM d’avril 2020.
- Mise à jour intègre un impact plus fort au premier semestre 2020 et une reprise plus lente au second semestre 2020 que prévu dans les PEM d’avril 2020.

### Projections et voies de reprise (sélection)
- Prévisions centrales :
  - PIB mondial : contraction de 4,9 percent en 2020.
  - Reprise : croissance mondiale de 5,4 percent en 2021.
- Composantes de la demande :
  - Révision à la baisse de la croissance de la consommation dans la plupart des pays.
  - Investissement atone en période d’incertitude ; mesures publiques compensant partiellement la baisse de la demande privée.
- Scénario de trajectoire :
  - Activité mondiale atteint un creux au deuxième trimestre 2020, puis se redresse.
  - En 2021, la croissance mondiale devrait atteindre 5,4 percent, soit 0,4 point de pourcentage de moins que prévu en avril.
  - Consommation et investissement devraient augmenter progressivement en 2021, mais le PIB mondial pour 2021 devrait à peine dépasser son niveau de 2019.

### Projections chiffrées clés (sélection)
- Pays avancés : contraction de 8,0 percent en 2020 (soit 1,9 point de pourcentage de plus que dans les PEM d’avril 2020). Croissance de 4,8 percent en 2021; PIB du groupe environ 4 percent au-dessous de son niveau de 2019.
- Principales contractions en 2020 (pays avancés) :
  - États-Unis : –8 percent
  - Japon : –5,8 percent
  - Royaume-Uni : –10,2 percent
  - Allemagne : –7,8 percent
  - France : –12,5 percent
  - Italie : –12,8 percent
  - Espagne : –12,8 percent
- Pays émergents et pays en développement : contraction de 3 percent en 2020 (révision à la baisse de 2,8 points de pourcentage pour 2020–21 par rapport aux PEM d’avril 2020). Croissance de 5,9 percent en 2021, principalement portée par la Chine.
- Chine : croissance prévue de 1,0 percent en 2020 et de 8,2 percent en 2021.
- Inde : contraction prévue de 4,5 percent en 2020.
- Amérique latine (2020) :
  - Brésil : –9,1 percent
  - Mexique : –10,5 percent
- Autres pays (2020) :
  - Russie : –6,6 percent
  - Arabie saoudite : –6,8 percent
  - Nigéria : –5,4 percent
  - Afrique du Sud : –8,0 percent
- Groupe des pays émergents et en développement, hors Chine : contraction de 5,0 percent en 2020, puis croissance de 4,7 percent en 2021.
- Commerce mondial (biens et services) : baisse de 11,9 percent en 2020; hausse d’environ 8 percent en 2021.
- Prix du pétrole (hypothèses sur la base des marchés à terme au 19 mai 2020) : 36,18 dollars le baril pour 2020 et 37,54 dollars pour 2021 (cours moyen 2019 = 61,39 dollars le baril).
- Inflation (sélection) :
  - Zone euro : 0,2 percent en 2020 et 0,9 percent en 2021.
  - Japon : –0,1 percent en 2020 et 0,3 percent en 2021.
  - États-Unis : 0,5 percent en 2020 et 1,5 percent en 2021.
- Indicateurs sociaux :
  - Proportion de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté (moins de 1,90 dollar par jour) passée sous la barre des 10 percent (contre plus de 35 percent en 1990).
  - Plus de 90 percent des pays émergents et en développement devraient voir leur revenu par habitant se contracter en 2020.
  - Environ 1,2 milliard d’écoliers (environ 70 percent du total mondial) touchés par des fermetures d’écoles à la fin mai.

### Scénarios alternatifs et risques
- Scénario 1 — deuxième flambée mondiale début 2021 :
  - Perturbations de l’activité en 2021 dans chaque pays d’environ la moitié de l’impact économique de 2020 (réduction de moitié de l’impact).
  - Durcissement supplémentaire des conditions financières en 2021 estimé à environ la moitié de l’augmentation des écarts de rendement observés depuis le déclenchement de la pandémie ; durcissement plus marqué pour les pays émergents.
  - Politique budgétaire : dépenses discrétionnaires supplémentaires ; ensemble des dépenses en réponse à la baisse de la production deux fois plus élevées que lors de fluctuations conjoncturelles ordinaires.
  - Effets à moyen terme : nouvelles séquelles prolongées du côté de l’offre à partir de 2022 ; ces séquelles supplémentaires estimées à environ la moitié de ce qui est prévu dans le scénario de référence, plus importantes et prolongées dans les pays émergents.
- Scénario 2 — reprise plus rapide :
  - Reprise plus rapide à partir du second semestre 2020 grâce à une plus grande confiance dans des mesures post-confinement efficientes.
  - Comportement moins frileux des ménages et des entreprises ; conditions financières s’assouplissent (à compter de 2021 pour simplifier).
  - Mesures budgétaires discrétionnaires du scénario de référence maintenues ; stabilisateurs automatiques réduisent l’effort budgétaire global.
  - Séquelles du côté de l’offre deux fois moindres que dans le scénario de référence à partir de 2021.
  - Note : ce scénario ne suppose pas un vaccin disponible avant la fin 2021.
- Résultats clés (graphique résumé) :
  - En cas de deuxième vague, la production mondiale baisserait d’environ 4,6 percent en 2021 par rapport au scénario de référence.
  - En 2022, la production mondiale resterait inférieure de 3,3 percent à son niveau de référence.

### Dépenses sanitaires et coopération multilatérale
- Dépenses supplémentaires possibles : dépistages et tests sérologiques, formation et embauche de personnes chargées de la recherche des personnes-contacts, acquisition d’équipements de protection individuelle, infrastructures de santé (urgences, soins intensifs, pavillons d’isolement).
- Rôles attendus de la communauté internationale :
  - achever la suppression des restrictions commerciales sur les fournitures médicales essentielles ;
  - partager les informations sur la pandémie de manière large et transparente ;
  - fournir assistance financière et expertise aux pays aux systèmes de santé insuffisants, notamment en soutenant les organisations internationales ;
  - acheminer des fonds pour accélérer la production de vaccins, afin que des doses suffisantes soient rapidement mises à disposition de tous les pays à un prix abordable.

### Recommandations de politique publique et coopération multilatérale
- Objectif principal : dispositifs ambitieux et bien ciblés pour protéger les plus vulnérables.
- Mesures nationales selon la phase de la pandémie :
  - Pays où le confinement s’impose : maintenir dispositifs ambitieux et ciblés pour compenser pertes de revenus des ménages et soutenir entreprises touchées.
  - Pays rouvrant l’économie : désactivation progressive des soutiens ciblés à mesure que la reprise se dessine ; politiques visant à relancer la demande et réaffecter les ressources vers secteurs durables post‑pandémie.
- Mesures recommandées fréquemment (pays en expansion de la pandémie) :
  - allégements fiscaux temporaires pour personnes et entreprises touchées ;
  - subventions salariales pour travailleurs mis au chômage technique ;
  - transferts monétaires ;
  - congés maladie et familial payés ;
  - garanties de crédit temporaires, restructuration des prêts, augmentation des dépenses pour reconversion professionnelle, extension des dispositifs de sécurité sociale, assouplissement des critères d’assurance chômage, meilleure couverture des travailleurs indépendants et du secteur informel.
- Rôle des banques centrales : apport de liquidités, mécanismes ciblés de rétrocession de prêts, baisse des taux directeurs et achats d’actifs.
- Priorités pour la phase de réouverture et relance :
  - supprimer progressivement aides ciblées pour éviter pertes de revenus et faillites brutales ;
  - remplacer aides ciblées par investissements publics favorisant la reprise et augmentation des dépenses sociales quand l’espace budgétaire le permet ;
  - favoriser économie sobre en carbone, augmenter subventions à l’embauche, dépenses de formation professionnelle, s’attaquer aux obstacles à la réaffectation et assainir les bilans.
- Modalités de distribution de l’aide dans les pays à forte économie informelle :
  - utiliser systèmes de paiement numériques ; solutions de rechange provisoires si absence de documents d’identité ou de téléphones mobiles ; distributions de nourriture, médicaments et produits de première nécessité via collectivités locales et organisations communautaires.
- Coopération multilatérale et soutien financier international :
  - besoin d’aide à la liquidité en urgence pour pays confrontés à crise sanitaire et déficit de financement extérieur ;
  - initiative du G-20 en faveur d’un gel temporaire des paiements au titre du service de la dette publique des pays à faible revenu saluée comme première étape ;
  - créanciers privés doivent s’inspirer de cette initiative ; prêtteurs et emprunteurs devraient convenir rapidement d’un allégement de la dette si nécessaire ;
  - FMI a relevé les limites d’accès à ses mécanismes de financement d’urgence, accru capacité à alléger le service de la dette par l’octroi de dons, et aide les pays fragiles en accordant de nouveaux financements par d’autres mécanismes de prêt ;
  - accords de swap entre banques centrales activés pour atténuer pénuries de liquidités internationales dans les pays émergents.
- Proposition de long terme : constituer stocks mondiaux de biens essentiels et d’équipements de protection, financer la recherche, consolider systèmes de santé publique, mettre en place dispositifs efficaces d’aide aux populations démunies.
- Enjeux commerciaux et climatiques :
  - résoudre tensions commerciales et technologiques, combler lacunes du système commercial multilatéral fondé sur des règles ;
  - mettre en œuvre engagements d’atténuation des changements climatiques, envisager systèmes équitables de taxation du carbone ou dispositifs équivalents ;
  - profiter de la baisse des cours du pétrole pour réduire les subventions aux carburants.

### Mise à jour des finances publiques — points clés (Section 4)
- Portée des mesures annoncées : près de 11 000 milliards de dollars dans le monde (contre 8 000 milliards dans le Moniteur d’avril 2020).
  - Répartition :
    - 5 400 milliards de dollars : dépenses supplémentaires et recettes perdues (impact direct sur les budgets publics).
    - 5 400 milliards de dollars : apport de liquidités (prêts, injections de capital, garanties) via banques publiques et entreprises publiques.
- Dans le scénario de référence, dette publique mondiale devrait atteindre un niveau record supérieur à 101 percent du PIB en 2020–21, soit une hausse de 19 points de pourcentage par rapport à l’année précédente.
- Déficit budgétaire global moyen attendu atteindre 14 percent du PIB mondial en 2020, soit 10 points de pourcentage de plus que l’année dernière.
- Moteurs : mesures budgétaires discrétionnaires de grande envergure ; stabilisateurs automatiques contribuant à environ un tiers de la hausse des déficits ; recettes publiques devant diminuer en moyenne de 2½ points de pourcentage du PIB par rapport à 2019 ; pays exportateurs de pétrole pénalisés par la baisse des recettes pétrolières.
- Scénarios défavorables : hausse supplémentaire de la dette et des déficits si activité pâtit d’une augmentation des cas ou si passifs conditionnels liés aux apports de liquidités se matérialisent ; chute supplémentaire des recettes si impôts différés non recouvrés.
- Évolutions par groupe de pays :
  - Pays avancés :
    - Déficits budgétaires globaux : prévu atteindre 16½ percent du PIB en moyenne en 2020, soit 13 points de pourcentage de plus que l’année dernière.
    - Dette publique : devrait dépasser 130 percent du PIB en 2020–21.
    - Exemples d’interventions : États-Unis programme de relance approuvé fin avril de 483 milliards de dollars (2½ percent du PIB); Japon enveloppe exceptionnelle de 1 100 milliards de dollars (22 percent du PIB) fin mai; Allemagne mesures de reprise de 130 milliards d’euros pour 2020–21 (4 percent du PIB); Union européenne proposition d’un plan de relance de 750 milliards d’euros (6 percent du PIB de l’UE) pour 2021–27.
  - Pays émergents :
    - Mesures budgétaires estimées à 5 percent du PIB en moyenne.
    - Déficits budgétaires prévus atteindre 10½ percent du PIB en moyenne en 2020.
    - Dette publique moyenne prévue atteindre 63 percent du PIB en 2020 (hausse de 10 points de pourcentage par rapport à l’année dernière).
    - Exemples : Inde plan d’apport de liquidités de 4½ percent du PIB; Afrique du Sud élargissement provisoire de l’indemnisation du chômage; Chine efforts ciblés sur entreprises et ménages vulnérables.
  - Pays en développement à faible revenu :
    - Riposte budgétaire modeste en moyenne : 1,2 percent du PIB.
    - Déficit nominal prévu atteindre 6 percent du PIB en 2020, soit 2 points de pourcentage de plus que l’année dernière.
    - Dette publique moyenne prévue dépasser 48 percent du PIB en 2020–21.
    - Exemples : Nigéria allègements fiscaux et dépenses de santé (0,3 percent du PIB); Éthiopie distributions de nourriture et logements (1,8 percent du PIB); Viet Nam transferts monétaires et augmentation des allocations de protection sociale (1,2 percent du PIB).
    - 45 pays ont sollicité un financement d’urgence auprès du FMI.
- Orientations futures :
  - Adapter la politique budgétaire à la phase de la pandémie : renforcement des systèmes de santé et aide d’urgence pour pays où la pandémie sévit ; meilleur ciblage des aides et prise en compte de l’économie informelle dans les pays en déconfinement.
  - Mesures pour soutenir emploi et reprise : politiques favorisant le retour au travail en toute sécurité, accompagnement des changements structurels du marché du travail.
  - Priorités d’une relance budgétaire une fois la pandémie maîtrisée : investissement public dans infrastructures physiques et numériques, systèmes de santé, transition vers une économie à faibles émissions de carbone.
  - Contraintes en cas d’espace budgétaire restreint : réorienter recettes et dépenses vers investissements productifs, renforcer stabilisateurs automatiques, inscrire mesures dans un cadre budgétaire à moyen terme et gérer/comptabiliser de façon transparente prêts et garanties.

### Tableaux synthétiques (extraits)
- Indicateurs sélectionnés (Solde budgétaire global ; Dette brute des administrations publiques) — (En pourcentage du PIB) :
  - Monde : Solde global 2018 = -3,1 ; 2019 = -3,9 ; 2020 = -13,9 ; 2021 = -8,2. Dette brute 2018 = 81,2 ; 2019 = 82,8 ; 2020 = 101,5 ; 2021 = 103,2.
  - Groupe des Vingt (G-20) : Solde global 2018 = -3,7 ; 2019 = -4,5 ; 2020 = -15,4 ; 2021 = -9,1. Dette brute 2018 = 88,6 ; 2019 = 90,4 ; 2020 = 111,2 ; 2021 = 113,3.
  - Pays avancés : Solde global 2018 = -2,7 ; 2019 = -3,3 ; 2020 = -16,6 ; 2021 = -8,3. Dette brute 2018 = 104,0 ; 2019 = 105,2 ; 2020 = 131,2 ; 2021 = 132,3.
  - Pays émergents : Solde global 2018 = -3,8 ; 2019 = -4,9 ; 2020 = -10,6 ; 2021 = -8,5. Dette brute 2018 = 48,9 ; 2019 = 52,4 ; 2020 = 63,1 ; 2021 = 66,7.
  - Pays en développement à faible revenu : Solde global 2018 = -3,8 ; 2019 = -4,1 ; 2020 = -6,1 ; 2021 = -5,1. Dette brute 2018 = 42,9 ; 2019 = 43,1 ; 2020 = 48,2 ; 2021 = 49,0.
- Indicateur de production mondiale : 2018 = 3,6 ; 2019 = 2,9 ; 2020 = -4,9 ; 2021 = 5,4.

*Fonds monétaire international | Juin 2020*

### Section 1

### MISE À JOUR DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

### Aperçu général
- Selon les projections, le PIB mondial devrait se contracter de 4,9 % en 2020, c’est-à-dire de 1,9 points de pourcentage de plus que ce qui était prévu dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) d’avril 2020.
- La croissance mondiale devrait atteindre 5,4 % en 2021.
- Globalement, le PIB de 2021 devrait se retrouver quelque 6½ points de pourcentage au-dessous du niveau envisagé par les projections établies en janvier 2020, avant la pandémie de COVID-19.
- L’impact négatif sur les ménages à bas revenus est particulièrement sévère et pourrait compromettre les progrès accomplis en matière de réduction de l’extrême pauvreté depuis les années 90.
- La présente mise à jour repose sur un scénario de référence assorti d’un degré d’incertitude plus élevé que d’habitude.

### Scénario de référence et incertitudes
- Hypothèses clés sur l’impact de la pandémie dans les pays où les taux d’infection diminuent :
  - Distanciation physique persistante au cours du second semestre 2020.
  - Séquelles plus importantes (pour le potentiel d’offre) dues à la baisse d’activité pendant le confinement dans les premier et second trimestres 2020.
  - Perte de productivité liée aux mesures renforcées de sécurité et d’hygiène par les entreprises encore en activité.
- Dans les pays où les taux d’infection ne sont pas maîtrisés : confinement prolongé et conséquences économiques plus graves.
- On suppose que les conditions financières resteront globalement les mêmes qu’aujourd’hui.
- D’autres issues sont possibles : durcissement des conditions de financement, retour de la pandémie en 2021, ou trajectoires divergentes des marchés financiers et de l’économie réelle.

### Répercussions économiques observées
- Dégradation plus forte que prévu de l’activité au premier semestre 2020, avec des chiffres du PIB du premier trimestre plus mauvais que prévu dans la plupart des pays.
- Contraction de la production de services et de la consommation due à :
  - Distanciation physique et mesures de confinement.
  - Pertes de revenus importantes et érosion de la confiance des consommateurs.
  - Réduction des investissements en raison de ruptures d’approvisionnement et d’incertitude élevée.
- Mobilité des personnes restée faible : fréquentation des commerces de détail, lieux de loisirs, gares et lieux de travail généralement bien inférieure au niveau pré‑pandémie.
- Marché du travail :
  - Baisse du nombre d’heures travaillées entre le dernier trimestre 2019 et le premier trimestre 2020 équivalant à la disparition de 130 millions d’emplois à plein temps, d’après le Bureau international du travail.
  - Baisse probable au deuxième trimestre 2020 équivalant à plus de 300 millions d’emplois à plein temps.
  - Les travailleurs peu qualifiés sans possibilité de télétravail sont les plus touchés ; dans certaines populations modestes, les femmes pâtissent davantage que les hommes.
  - Le Bureau international du travail estime que près de 80 % des deux milliards de travailleurs du secteur informel au niveau mondial ont été fortement touchés.
- Commerce mondial : baisse d’environ 3,5 % en glissement annuel au cours du premier trimestre.
- Inflation :
  - Dans les pays avancés : inflation moyenne à 0,4 % en glissement annuel en avril 2020, en baisse d’environ 1,3 point de pourcentage depuis fin 2019.
  - Dans les pays émergents : inflation à 4,2 %, en baisse de 1,2 point de pourcentage.

### Mesures de riposte et effets sur les marchés financiers
- Mesures publiques prises :
  - Mesures budgétaires ambitieuses et dispositifs d’activité partielle et d’aide financière aux travailleurs mis au chômage technique.
  - Soutien financier aux entreprises et mesures réglementaires pour préserver l’accès au crédit.
  - Interventions importantes des grandes banques centrales (assouplissement quantitatif accru, nouveaux achats d’actifs dans certains pays) et accords de swap en dollars pour banques centrales de plusieurs pays émergents.
- Effets observés :
  - Conditions financières se sont assouplies depuis les PEM d’avril 2020.
  - Reprise des flux d’investissements de portefeuille vers les pays émergents après les sorties records de février–mars.
  - Émissions obligataires en devises fortes accrues par des pays avec meilleure notation.
  - Stabilité relative du marché pétrolier après une plongée en territoire négatif pour certains contrats en mai.
  - À la mi-juin, le dollar américain s’était déprécié de près de 4 % en termes effectifs réels (après une hausse de plus de 8 % entre janvier et début avril).
  - Appréciations depuis avril : couronne norvégienne, dollar australien, peso mexicain, rand sud-africain, rouble russe, roupie indonésienne.
- Montant des mesures budgétaires annoncées dans le monde recensées : quelque 11 000 milliards de dollars.

### Hypothèses techniques pour les projections
- Conditions financières : maintien des politiques actuelles des principales banques centrales jusqu’à fin 2021 ; conditions financières globalement stables par rapport à aujourd’hui.
- Cours des produits de base :
  - Cours moyen du baril de pétrole au comptant estimé à 36,20 dollars en 2020 et à 37,50 dollars en 2021.
  - Les courbes de prix des contrats à terme indiquent une hausse ultérieure pour s’approcher de 46 dollars, soit encore environ 25 % au-dessous de la moyenne de 2019.
  - Les cours des produits de base hors combustibles devraient augmenter légèrement plus vite que prévu dans les PEM d’avril 2020.
- Intégration des perturbations d’activité : la mise à jour tient compte d’un impact plus fort au premier semestre 2020 et d’une reprise plus lente au second semestre 2020 que prévu dans les PEM d’avril 2020.

### Projections et voies de reprise
- Prévisions centrales :
  - PIB mondial : contraction de 4,9 % en 2020.
  - Reprise : croissance mondiale de 5,4 % en 2021.
- Composantes de la demande :
  - Révision à la baisse de la croissance de la consommation dans la plupart des pays en raison de perturbations plus graves.
  - Investissement atone en période d’incertitude ; mesures publiques compensant partiellement la baisse de la demande privée.

### Recommandations de politique publique et coopération multilatérale
- Renforcer les systèmes de santé : veiller à ce que les systèmes de santé disposent de moyens suffisants même dans les pays ayant dépassé le pic épidémique.
- Soutien international accru :
  - Aide financière aux pays dont les capacités en matière de soins sont limitées.
  - Financement de la production de vaccins pour garantir des doses suffisantes et abordables pour tous les pays.
- Mesures nationales selon la phase de la pandémie :
  - Là où le confinement s’impose : maintenir des dispositifs ambitieux et ciblés pour compenser les pertes de revenus des ménages et soutenir les entreprises touchées.
  - Dans les pays rouvrant l’économie : désactivation progressive des soutiens ciblés à mesure que la reprise se dessine, puis politiques visant à relancer la demande et réaffecter les ressources vers les secteurs appelés à se développer durablement après la pandémie.
- Coopération multilatérale indispensable :
  - Fourniture de liquidités, allégement de la dette et recours au dispositif mondial de sécurité financière pour les pays confrontés à des crises sanitaires et à des déficits de financement extérieur.
  - Résolution concertée des tensions commerciales et technologiques pour préserver la reprise.
  - Mise en œuvre des engagements climatiques et élargissement des systèmes équitables de taxation du carbone ou dispositifs équivalents.
  - Constituer des stocks mondiaux de biens essentiels et d’équipements de protection, financer la recherche, consolider les systèmes de santé publique et mettre en place des dispositifs d’aide efficaces pour les populations les plus démunies.

*Fonds monétaire international | Juin 2020*

### Section 2

### weofre202006 - Section 2

### Scénario de référence et trajectoire
- L’activité mondiale atteint un creux au deuxième trimestre 2020, puis se redresse.
- En 2021, la croissance mondiale devrait atteindre 5,4 %, soit 0,4 point de pourcentage de moins que prévu en avril.
- La consommation devrait augmenter progressivement en 2021 et l’investissement devrait également être en hausse, tout en restant à un niveau modéré.
- Le PIB mondial pour l’ensemble de l’année 2021 devrait à peine dépasser son niveau de 2019.

### Incertitudes déterminantes
- Les prévisions dépendent de la gravité de la contraction de l’activité au deuxième trimestre 2020 et de l’ampleur et de la persistance du choc.
- Facteurs incertains énumérés :
  - la durée de la pandémie et des mesures de confinement nécessaires ;
  - la distanciation physique volontaire, qui influera sur les dépenses ;
  - la capacité des travailleurs touchés à retrouver de l’emploi, quitte à changer de secteur d’activité ;
  - les séquelles des fermetures d’entreprises et des sorties des chômeurs de la population active ;
  - les nouvelles mesures sanitaires sur le lieu de travail (horaires de travail décalés, mesures d’hygiène renforcées, nettoyage des postes de travail, nouvelles pratiques d’espacement) entraînant des coûts pour les entreprises ;
  - le réagencement des chaînes d’approvisionnement mondiales et ses effets sur la productivité ;
  - l’ampleur des répercussions internationales de la baisse de la demande extérieure et des déficits de financement ;
  - la fin de la déconnexion actuelle entre le prix des actifs et les perspectives d’activité économique.

### Projections chiffrées clés (sélection)
- Pays avancés : contraction de 8,0 % en 2020 (soit 1,9 point de pourcentage de plus que dans les PEM d’avril 2020). Croissance de 4,8 % en 2021; PIB du groupe environ 4 % au-dessous de son niveau de 2019.
- Principales contractions en 2020 (pays avancés) :
  - États-Unis : –8 %
  - Japon : –5,8 %
  - Royaume-Uni : –10,2 %
  - Allemagne : –7,8 %
  - France : –12,5 %
  - Italie : –12,8 %
  - Espagne : –12,8 %
- Pays émergents et pays en développement : contraction de 3 % en 2020 (révision à la baisse de 2,8 points de pourcentage pour 2020–21 par rapport aux PEM d’avril 2020). Croissance de 5,9 % en 2021, principalement portée par la Chine.
- Chine : croissance prévue de 1,0 % en 2020 et de 8,2 % en 2021.
- Inde : contraction prévue de 4,5 % en 2020.
- Amérique latine (2020) :
  - Brésil : –9,1 %
  - Mexique : –10,5 %
- Autres pays (2020) :
  - Russie : –6,6 %
  - Arabie saoudite : –6,8 %
  - Nigéria : –5,4 %
  - Afrique du Sud : –8,0 %
- Groupe des pays émergents et en développement, hors Chine : contraction de 5,0 % en 2020, puis croissance de 4,7 % en 2021.
- Commerce mondial (biens et services) : baisse de 11,9 % en 2020; hausse d’environ 8 % en 2021.
- Prix du pétrole (hypothèses sur la base des marchés à terme au 19 mai 2020) : 36,18 dollars le baril pour 2020 et 37,54 dollars pour 2021 (cours moyen 2019 = 61,39 dollars le baril).
- Inflation (sélection) :
  - Zone euro : 0,2 % en 2020 et 0,9 % en 2021.
  - Japon : –0,1 % en 2020 et 0,3 % en 2021.
  - États-Unis : 0,5 % en 2020 et 1,5 % en 2021.
- Indicateurs sociaux :
  - La proportion de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté (moins de 1,90 dollar par jour) est passée sous la barre des 10 % (contre plus de 35 % en 1990).
  - Plus de 90 % des pays émergents et en développement devraient voir leur revenu par habitant se contracter en 2020.
  - Environ 1,2 milliard d’écoliers (environ 70 % du total mondial) ont été touchés par des fermetures d’écoles à la fin mai.

### Risques de détérioration et scénarios
- Scénarios plus favorables :
  - Reprise plus rapide dans les régions ayant rouvert leur économie (ex. Chine) ; découverte de nouveaux traitements ; adoption durable de pratiques de distanciation gérables ; mise au point d’un vaccin sûr et efficace, qui améliorerait les perspectives de croissance en 2021 même si la production de doses ne permet pas l’immunité collective d’ici fin 2021.
  - Changements permanents (accélération du numérique, gains de productivité, transition vers les énergies renouvelables) pourraient générer des gains de productivité.
- Risques de détérioration importants :
  - Nouvelles flambées nécessitant un retour aux confinements ;
  - Séquelles durables de fermetures d’entreprises et d’augmentation du chômage de longue durée ;
  - Durcissement des conditions financières pouvant provoquer des crises de la dette ;
  - Fin prématurée ou mauvaise ciblage des mesures de soutien, entraînant une mauvaise affectation des ressources et la dissolution de relations économiques productives ;
  - Tensions géopolitiques (aggravation des tensions États-Unis–Chine, détérioration des relations au sein de l’alliance OPEP+, manifestations sociales) pouvant peser sur la croissance mondiale ;
  - Faible inflation et fort endettement exposant à une désinflation accrue et à des difficultés pour assurer le service de la dette.

### Priorités de politique et recommandations principales
- Adapter les mesures à l’évolution de la pandémie et aux besoins sectoriels : le sauvetage d’entreprises en difficulté pourrait devoir laisser place, au bon moment, à un soutien ciblé vers d’autres secteurs.
- Renforcer la coopération internationale et l’aide extérieure, en particulier pour :
  - Pays émergents et pays en développement disposant d’une marge de manœuvre limitée ;
  - Pays à faible revenu lourdement endettés ou confrontés à des fragilités en matière de sécurité et d’approvisionnement en nourriture et en médicaments.
- Alléger la dette, fournir des dons et des financements à des conditions avantageuses aux pays à faible revenu pour leur permettre de mettre en œuvre les mesures indispensables afin de préserver les populations et les moyens d’existence.
- Donner des moyens suffisants aux systèmes de santé, en particulier dans les pays émergents et en développement, et demeurer vigilants face au risque de nouvelles flambées épidémiques.

*Fonds monétaire international | Juin 2020 — Section 2*

### Section 3

### weofre202006 - Section 3

### Dépenses sanitaires et coopération multilatérale
- Dépenses supplémentaires possibles dans les domaines suivants : dépistages et tests sérologiques, formation et embauche de personnes chargées de la recherche des personnes-contacts, acquisition d’équipements de protection individuelle, infrastructures de santé (urgences, services de soins intensifs et pavillons d’isolement).
- Rôles attendus de la communauté internationale :
  - achever la suppression des restrictions commerciales sur les fournitures médicales essentielles ;
  - partager les informations sur la pandémie de manière large et transparente ;
  - fournir une assistance financière et une expertise aux pays dont les systèmes de santé sont insuffisants, notamment en soutenant les organisations internationales ;
  - acheminer des fonds pour accélérer la production de vaccins, afin que des doses suffisantes soient rapidement mises à la disposition de tous les pays à un prix abordable, à mesure que les essais cliniques progressent.

### Limiter les dégâts pour l’économie et faciliter la reprise — objectifs généraux
- Objectif principal : mettre en place des dispositifs ambitieux et bien ciblés pour protéger les plus vulnérables.
- Au fur et à mesure de la réouverture, l’objectif des mesures doit évoluer : moins axé sur la protection des emplois et des entreprises, de plus en plus axé sur la facilitation de la reprise et la réaffectation de la main-d’œuvre d’un secteur à l’autre.
- Contraintes : des niveaux d’endettement élevés pourraient limiter la portée d’un soutien budgétaire supplémentaire et poser de sérieuses difficultés à moyen terme.
- Recommandation : renforcer les mécanismes fournissant un soutien automatique, opportun et temporaire pendant un ralentissement économique (ex. transferts monétaires ciblés et temporaires déclenchés par des seuils de chômage ou de demandes d’indemnités).

### Pays où la pandémie prend de l’ampleur — mesures recommandées
- Priorités : maîtriser le choc sanitaire et limiter les dégâts économiques pour permettre un rétablissement rapide après confinement.
- Objectifs parallèles :
  - atténuer autant que possible les pertes de revenus pour les populations ;
  - permettre la réorientation des ressources financières vers des secteurs non basés sur des contacts rapprochés.
- Mesures ciblées fréquemment recommandées :
  - allégements fiscaux temporaires pour personnes et entreprises touchées ;
  - subventions salariales pour travailleurs mis au chômage technique ;
  - transferts monétaires ;
  - congés maladie et familial payés.
- Mesures complémentaires :
  - garanties de crédit temporaires, en particulier pour les petites et moyennes entreprises ;
  - restructuration des prêts pour préserver emplois viables ;
  - augmentation des dépenses pour la reconversion professionnelle lorsque possible ;
  - extension et renforcement des dispositifs de sécurité sociale, assouplissement des critères d’assurance chômage, meilleure couverture des travailleurs indépendants et du secteur informel.
- Rôle des banques centrales et marchés financiers :
  - apport de liquidités par les banques centrales et mécanismes ciblés de rétrocession de prêts pour soutenir l’offre de crédit ;
  - baisse des taux directeurs et achats d’actifs pour limiter la hausse des coûts d’emprunt.
- Efficacité relative :
  - investissements dans les infrastructures publiques ou baisses d’impôts généralisées risquent d’être moins efficaces lorsque des pans entiers de l’économie sont à l’arrêt, mais peuvent jouer un rôle important pour favoriser la confiance et limiter les faillites quand les contraintes de financement le permettent.

### Pays ayant commencé à rouvrir leur économie — transition des aides et mesures pour la reprise
- Principes de sortie des aides ciblées :
  - supprimer progressivement les aides ciblées (subventions salariales, transferts monétaires, assouplissement des critères de l’assurance chômage, garanties de crédit, moratoires de la dette) pour éviter des pertes de revenus et des faillites brutales à la reprise ;
  - tenir compte de la structure de l’emploi (part des indépendants, répartition sectorielle, poids de l’économie informelle).
- Substituts et priorités quand l’espace budgétaire le permet :
  - remplacer progressivement les aides ciblées par des investissements publics favorisant la reprise et une augmentation des dépenses sociales pour protéger les plus fragiles ;
  - favoriser une économie sobre en carbone et stratégies d’atténuation des changements climatiques ;
  - augmenter subventions à l’embauche et dépenses de formation professionnelle pour faciliter la réaffectation de la main-d’œuvre ;
  - s’attaquer aux obstacles à la réaffectation (barrières à l’entrée, rigidités du marché du travail) et assainir les bilans pour traiter le surendettement.
- Objectif final : corriger mauvaise allocation chronique des facteurs de production et pertes persistantes de productivité pour accroître l’efficacité des mesures de relance, relancer la demande globale et créer des emplois.

### Modalités de distribution de l’aide dans les pays à forte économie informelle
- Les systèmes de paiement numériques offrent un moyen supplémentaire d’acheminer les aides publiques aux bénéficiaires visés.
- Si les bénéficiaires n’ont pas de documents d’identité ou de téléphones mobiles, les autorités peuvent mettre en œuvre des solutions de rechange provisoires pour étendre la couverture des paiements numériques et les compléter par des distributions de nourriture, de médicaments et d’autres produits de première nécessité via collectivités locales et organisations communautaires.

### Coopération multilatérale et soutien financier international
- Besoin d’aide à la liquidité en urgence pour les pays confrontés simultanément à une crise sanitaire et à un déficit de financement extérieur.
- Initiatives et recommandations :
  - l’initiative du G-20 en faveur d’un gel temporaire des paiements au titre du service de la dette publique des pays à faible revenu est une première étape importante pour économiser les réserves internationales ;
  - les créanciers privés doivent s’inspirer de cette initiative et, plus généralement, prêteurs et emprunteurs des pays à faible revenu et émergents fortement endettés et à court de financements devraient convenir rapidement, le cas échéant, d’un allégement de la dette à des conditions acceptables par les deux parties.
- Rôle du dispositif mondial de sécurité financière :
  - le FMI a relevé les limites d’accès à ses mécanismes de financement d’urgence, accru sa capacité à alléger le service de la dette par l’octroi de dons, et aide les pays fragiles en leur accordant de nouveaux financements par d’autres mécanismes de prêt ;
  - accords de swap entre banques centrales activés pour atténuer pénuries de liquidités internationales dans les pays émergents.
- Proposition de long terme : constituer des stocks mondiaux de biens essentiels et d’équipements de protection, financer la recherche, consolider les systèmes de santé publique, et mettre en place des dispositifs pour aider efficacement les populations les plus démunies.
- Enjeux commerciaux et climatiques :
  - résoudre les tensions commerciales et technologiques et combler les lacunes du système commercial multilatéral fondé sur des règles ;
  - mettre en œuvre engagements d’atténuation des changements climatiques, envisager mises en place de systèmes équitables de taxation du carbone ou dispositifs équivalents ;
  - profiter de la baisse des cours du pétrole pour réduire les subventions aux carburants.

### Annexe — Scénarios macroéconomiques complémentaires
- Contexte : le modèle du FMI pour le G-20 est combiné avec une analyse détaillée par secteur pour estimer l’impact de deux autres scénarios, présentés comme écarts par rapport aux projections de la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale de juin 2020 (scénario de référence).

- Scénario 1 : une deuxième flambée mondiale de COVID-19 début 2021
  - Hypothèse principale : une deuxième flambée majeure début 2021.
  - Hypothèses quantitatives et qualitatives :
    - les perturbations de l’activité économique en 2021 dans chaque pays seront d’une ampleur à peu près deux fois moins importante que dans le scénario de référence pour 2020 (réduction de moitié de l’impact économique) ;
    - réduction de moitié justifiée par une proportion de personnes vulnérables probablement plus faible et un ciblage meilleur des mesures grâce aux enseignements tirés ;
    - durcissement supplémentaire des conditions financières en 2021 par rapport au scénario de référence, estimé à environ la moitié de l’augmentation des écarts de rendement observés sur les obligations souveraines et d’entreprises depuis le déclenchement de la pandémie ; durcissement relativement faible en moyenne dans les pays avancés, plus marqué pour les pays émergents (souveraines et entreprises) ;
    - politique monétaire conventionnelle réagit endogènement dans les pays disposant encore d’une marge pour de nouvelles réductions des taux directeurs, principalement pays émergents ; mesures non conventionnelles de politique monétaire non explicitement intégrées mais reflétées implicitement dans le durcissement plus faible des conditions financières dans les pays avancés ;
    - politique budgétaire : les pouvoirs publics appliquent des mesures discrétionnaires supplémentaires ; l’ensemble des dépenses en réponse à la baisse de la production sont deux fois plus élevées que lors de fluctuations conjoncturelles ordinaires.
  - Effets à moyen terme :
    - malgré ces mesures, la nouvelle flambée causera de nouvelles séquelles plus prolongées du côté de l’offre à partir de 2022 (multiplication des faillites => destruction de capital, ralentissement temporaire de la croissance de la productivité, augmentation temporaire du chômage tendanciel) ;
    - ces séquelles supplémentaires sont estimées à environ la moitié de ce qui est déjà prévu dans le scénario de référence, mais seront plus importantes et plus prolongées dans les pays émergents que dans les pays avancés.

- Scénario 2 : une reprise plus rapide
  - Hypothèse principale : reprise plus rapide que dans le scénario de référence à partir du second semestre 2020 grâce à une plus grande confiance dans des mesures post-confinement efficientes (distanciation physique, pratiques plus efficaces de dépistage, de traçage et d’isolement).
  - Implications :
    - comportement moins frileux des ménages et des entreprises lorsque les mesures de confinement sont levées ;
    - conditions financières s’assouplissent (à compter de 2021 pour simplifier) ;
    - mesures budgétaires discrétionnaires du scénario de référence maintenues dans leur intégralité, malgré l’amélioration des perspectives ;
    - le libre jeu des stabilisateurs automatiques entraînerait une diminution globale de l’effort budgétaire du fait de la réduction plus rapide de l’offre excédentaire ;
    - séquelles du côté de l’offre seraient deux fois moindres que dans le scénario de référence à partir de 2021.
  - Note : le second scénario ne fait pas l’hypothèse d’un vaccin rendu disponible avant la fin 2021.

### Résultats clés (résumé graphique 1)
- En cas de deuxième vague (courbe jaune du graphique 1) :
  - la production mondiale baisserait d’environ 4,6 % en 2021 par rapport au scénario de référence.
  - La baisse d’activité en 2021 est globalement la même à court terme (2021) dans les pays avancés et les pays émergents, pour les raisons combinées suivantes :
    - pays avancés : part plus importante des services (sensibilité accrue aux mesures de distanciation physique) ;
    - pays émergents : durcissement des conditions financières et espace budgétaire plus restreint amplifiant les répercussions.
  - En 2022, la production mondiale resterait inférieure de 3,3 % à son niveau de référence, en partie à cause des séquelles supplémentaires du côté de l’offre.

*Fonds monétaire international | Juin 2020*

### Section 4

### Annexe : mise à jour des évolutions et perspectives des finances publiques (Section 4)

### Scénarios de reprise et incertitudes
- Scénario de reprise plus rapide : adoption de mesures post-confinement efficientes au second semestre de 2020.
  - Production mondiale dépasse son niveau de référence d’environ ½ % en 2020.
  - La reprise s’accélère en 2021 et la production mondiale dépasse son niveau de référence de 3 points de pourcentage.
- Incertitudes et risques :
  - Une deuxième vague pourrait intervenir en automne, entraînant un effet négatif sur l’activité en 2020 plus important que dans le scénario de référence actuel.
  - Les conséquences économiques des mesures actuelles n’ont pas été chiffrées avec précision, ce qui rend l’impact d’une deuxième vague très incertain.
  - Une deuxième vague pourrait durcir davantage les conditions financières et amplifier les effets macroéconomiques via des non-linéarités découlant de séquelles plus graves et de tensions financières, en particulier dans les pays émergents.

### Mesures budgétaires prises en riposte à la pandémie
- Portée globale des mesures annoncées :
  - Mesures budgétaires annoncées estimées à près de 11 000 milliards de dollars dans le monde, contre 8 000 milliards de dollars dans le Moniteur d’avril 2020.
  - Répartition :
    - 5 400 milliards de dollars : dépenses supplémentaires et recettes perdues (impact direct sur les budgets publics).
    - 5 400 milliards de dollars : apport de liquidités (prêts, injections de capital, garanties) via banques publiques et entreprises publiques.
- Effets des apports de liquidités :
  - Préservent les flux de trésorerie des entreprises et limitent les faillites.
  - Pourraient alourdir la dette et creuser les déficits futurs si ces apports se soldaient par des pertes.
- Concentration géographique :
  - La plus grande partie des mesures de relance budgétaire provient des pays du Groupe des vingt (G-20), interventions représentant actuellement 6 % du PIB en moyenne (contre 3 % en avril).

### Déficits et dettes publics : niveaux et projections
- Impact agrégé :
  - Dans le scénario de référence, la dette publique mondiale devrait atteindre un niveau record supérieur à 101 % du PIB en 2020–21, soit une hausse de 19 points de pourcentage par rapport à l’année précédente.
  - Le déficit budgétaire global moyen devrait atteindre 14 % du PIB mondial en 2020, soit 10 points de pourcentage de plus que l’année dernière.
- Moteurs de la détérioration budgétaire :
  - Mesures budgétaires discrétionnaires de grande envergure.
  - Stabilisateurs automatiques (impôts et protection sociale) contribuant à environ un tiers de la hausse des déficits, en moyenne.
  - Recettes publiques devant diminuer en moyenne de 2½ points de pourcentage du PIB par rapport à 2019.
  - Pays exportateurs de pétrole pénalisés par la baisse des recettes pétrolières.
- Scénarios défavorables :
  - Hausse supplémentaire de la dette et des déficits si l’activité pâtit d’une augmentation des cas ou si des passifs conditionnels liés aux apports de liquidités se matérialisent.
  - Chute supplémentaire des recettes si les impôts différés ne sont pas entièrement recouvrés.
  - Amélioration possible des finances publiques si des vaccins sûrs et efficaces deviennent disponibles à la fin de l’année.

### Évolutions et perspectives selon groupes de pays
- Pays avancés (moyennes et exemples) :
  - Déficits budgétaires globaux : prévu atteindre 16½ % du PIB en moyenne en 2020, soit 13 points de pourcentage de plus que l’année dernière.
  - Dette publique : devrait dépasser 130 % du PIB en 2020–21.
  - Exemples d’interventions majeures :
    - États-Unis : nouveau programme de relance approuvé fin avril de 483 milliards de dollars (2½ % du PIB); projet d’aide supplémentaire de 3 000 milliards de dollars en attente.
    - Japon : enveloppe exceptionnelle de 1 100 milliards de dollars (22 % du PIB) fin mai; mesures cumulées dépassant 40 % du PIB.
    - Allemagne : mesures de reprise de 130 milliards d’euros pour 2020–21 (4 % du PIB).
    - Union européenne : proposition d’un plan de relance de 750 milliards d’euros (6 % du PIB de l’UE) pour 2021–27 (fonds de relance basé sur des subventions).
  - Risques : apports de liquidités importants (France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni) peuvent générer des risques budgétaires en cas de pertes importantes; coûts d’emprunt devraient rester faibles.

- Pays émergents :
  - Mesures budgétaires estimées à 5 % du PIB en moyenne.
  - Déficits budgétaires prévus atteindre 10½ % du PIB en moyenne en 2020 (plus du double du niveau de l’année dernière).
  - Dette publique moyenne prévue atteindre 63 % du PIB en 2020 (hausse de 10 points de pourcentage par rapport à l’année dernière).
  - Exemples :
    - Inde : plan d’apport de liquidités de 4½ % du PIB (prêts, garanties, injections de capitaux).
    - Afrique du Sud : élargissement provisoire de l’indemnisation du chômage et augmentation des transferts aux ménages vulnérables.
    - Chine : efforts ciblés sur entreprises et ménages vulnérables, extension de la protection sociale, amélioration des systèmes de santé et des infrastructures numériques.
  - Contraintes : hausse des coûts d’emprunt extérieur et conditions de financement mondiales plus strictes malgré un recent assouplissement.

- Pays en développement à faible revenu :
  - Riposte budgétaire modeste en moyenne : 1,2 % du PIB.
  - Déficit nominal prévu atteindre 6 % du PIB en 2020, soit 2 points de pourcentage de plus que l’année dernière.
  - Dette publique moyenne prévue dépasser 48 % du PIB en 2020–21, suscitant des inquiétudes sur la viabilité de la dette pour de nombreux pays.
  - Exemples :
    - Nigéria : allègements fiscaux et dépenses de santé (0,3 % du PIB).
    - Éthiopie : distributions de nourriture et logements (1,8 % du PIB).
    - Viet Nam : transferts monétaires et augmentation des allocations de protection sociale (1,2 % du PIB).
  - Soutien multilatéral et initiatives :
    - Demandes de suspension du remboursement de la dette bilatérale officielle au titre de l’initiative de suspension du service de la dette du G-20.
    - 45 pays ont sollicité un financement d’urgence auprès du FMI.

### Orientations de la politique budgétaire à l’avenir
- Priorités différenciées selon la phase nationale de la pandémie :
  - Dans les pays où la pandémie sévit : politique budgétaire pour renforcer les systèmes de santé et fournir une aide d’urgence aux individus.
  - Dans les pays en phase de déconfinement : replier les mesures généralisées d’aide aux ménages au profit d’un meilleur ciblage des bénéficiaires, en tenant compte de l’économie informelle.
- Mesures pour soutenir l’emploi et la reprise :
  - Politiques favorisant le retour au travail en toute sécurité.
  - Accompagnement des changements structurels sur le marché du travail pour renforcer la résilience.
- Priorités d’une relance budgétaire une fois la pandémie maîtrisée :
  - Investissement public : infrastructures physiques et numériques, systèmes de santé, transition vers une économie à faibles émissions de carbone.
- Contraintes et adaptations en cas d’espace budgétaire restreint :
  - Réorienter recettes et dépenses pour accroître et encourager les investissements productifs.
  - Renforcer les stabilisateurs automatiques pour lutter contre la pauvreté et les inégalités (par ex. assouplissement des règles pour prolonger certaines prestations).
  - Inscrire les mesures dans un cadre budgétaire à moyen terme et gérer/comptabiliser de façon transparente pour limiter les risques budgétaires, y compris pour les prêts et garanties sans effet immédiat sur la dette et les déficits.

### Tableaux synthétiques (extraits du Tableau 1 de l’annexe)
- Indicateurs sélectionnés (Solde budgétaire global ; Dette brute des administrations publiques) — (En pourcentage du PIB) :
  - Monde : Solde global 2018 = -3,1 ; 2019 = -3,9 ; 2020 = -13,9 ; 2021 = -8,2. Dette brute 2018 = 81,2 ; 2019 = 82,8 ; 2020 = 101,5 ; 2021 = 103,2.
  - Groupe des Vingt (G-20) : Solde global 2018 = -3,7 ; 2019 = -4,5 ; 2020 = -15,4 ; 2021 = -9,1. Dette brute 2018 = 88,6 ; 2019 = 90,4 ; 2020 = 111,2 ; 2021 = 113,3.
  - Pays avancés : Solde global 2018 = -2,7 ; 2019 = -3,3 ; 2020 = -16,6 ; 2021 = -8,3. Dette brute 2018 = 104,0 ; 2019 = 105,2 ; 2020 = 131,2 ; 2021 = 132,3.
  - Pays émergents : Solde global 2018 = -3,8 ; 2019 = -4,9 ; 2020 = -10,6 ; 2021 = -8,5. Dette brute 2018 = 48,9 ; 2019 = 52,4 ; 2020 = 63,1 ; 2021 = 66,7.
  - Pays en développement à faible revenu : Solde global 2018 = -3,8 ; 2019 = -4,1 ; 2020 = -6,1 ; 2021 = -5,1. Dette brute 2018 = 42,9 ; 2019 = 43,1 ; 2020 = 48,2 ; 2021 = 49,0.
- Indicateur de production mondiale (pour mémoire) : 2018 = 3,6 ; 2019 = 2,9 ; 2020 = -4,9 ; 2021 = 5,4.

*Source: estimations et projections des services du FMI.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2020/update/june/french/weofre202006.pdf_
