## ch1

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### Emploi total — données, méthodologie et constats
- Sources : Haver Analytics ; calculs des services du FMI.
- Échantillons :
  - Plage 1 : 68 pays.
  - Plage 2 : 48 pays.
- Séries : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières.
- Taux de participation : personnes âgées de 15 à 64 ans.
- Indices : pondérés en fonction de la population, selon les derniers chiffres de la base de données des PEM.
- Remplacement : là où les données pour le 4e trimestre 2020 ne sont pas encore disponibles, les chiffres du 3e trimestre sont utilisés.
- Abréviations : PA = pays avancés ; PEM = Perspectives de l’économie mondiale ; PEPD = pays émergents et pays en développement ; UE = Union européenne.
- Principaux constats :
  - La distanciation physique et le ralentissement des activités reposant sur les contacts ont entraîné une contraction aussi bien de l’offre que de la demande, suggérant une sous-utilisation considérable des capacités de production.
  - Il reste encore beaucoup à faire pour que la reprise soit complète ; la tâche des décideurs est particulièrement complexe en raison de la grande incertitude entourant les perspectives et de marges de manœuvre budgétaires réduites pour de nombreux pays.

### Perspectives macroéconomiques pertinentes pour l’emploi
- Hypothèses clés sur la pandémie et la vaccination :
  - Scénario de référence : distribution des vaccins échelonnée et inégale selon les régions.
  - Pays avancés et certains pays émergents devraient disposer de vaccins en grande quantité à l’été 2021, et la plupart des pays d’ici le deuxième semestre 2022.
  - Le calendrier suppose qu’avec protection efficace et amélioration du dépistage et du traçage, la transmission locale sera faible partout d’ici la fin de 2022.
- Effets des confinements et adaptations :
  - Restrictions intermittentes et localisées possibles avant la généralisation des vaccins, mais avec moins d’effets qu’aux vagues précédentes en raison d’un meilleur ciblage, du télétravail et d’un niveau d’activité plus bas dans les secteurs à contacts fréquents.
- Politique budgétaire et financière :
  - Soutien budgétaire disparate ; mesures de soutien considérables annoncées aux États-Unis, au Japon et fonds « Next Generation EU » en cours de distribution.
  - Le nouveau plan budgétaire de l’administration Biden de 1 900 milliards de dollars devrait donner une forte impulsion à la croissance aux États-Unis en 2021 et avoir des retombées positives chez leurs partenaires commerciaux.
  - Dans les pays émergents et pays en développement, l’aide budgétaire a été plus limitée et une hausse du coût du service de la dette pourrait limiter les réponses futures.
  - Scénario de référence suppose une politique monétaire accommodante se durcissant progressivement avec la reprise.
- Prix des produits de base :
  - Cours du pétrole : augmentation de 30 % en 2021 par rapport à leur creux de 2020.
  - Cours des métaux : forte accélération en 2021 essentiellement pour le rebond en Chine.
  - Prix des denrées alimentaires : devraient repartir à la hausse en 2021.

### Projections macroéconomiques clés
- Production mondiale :
  - 2020 : –3,3
  - 2021 : 6,0
  - 2022 : 4,4
- Pays avancés :
  - 2020 : –4,7
  - 2021 : 5,1
  - 2022 : 3,6
- États-Unis :
  - 2020 : –3,5
  - 2021 : 6,4
  - 2022 : 3,5
- Zone euro :
  - 2020 : –6,6
  - 2021 : 4,4
  - 2022 : 3,8
- Chine :
  - 2020 : 2,3
  - 2021 : 8,4
  - 2022 : 5,6
- Inde :
  - 2020 : –8,0
  - 2021 : 12,5
  - 2022 : 6,9
- Amérique latine et Caraïbes :
  - 2020 : –7,0
  - 2021 : 4,6
  - 2022 : 3,1
- Remarques :
  - La contraction de 2020 est inférieure de 1,1 point de pourcentage par rapport aux projections d’octobre 2020 des PEM.
  - Les projections pour 2021 et 2022 sont supérieures aux prévisions précédentes de 0,8 point de pourcentage et 0,2 point de pourcentage respectivement.
  - La croissance mondiale devrait se modérer à 3,3 percent à moyen terme après 2022.
  - Le PIB devrait rester bien en deçà de sa tendance d’avant la pandémie jusqu’à la fin de 2024 dans la plupart des pays.

### Implications pour l’emploi et politiques publiques
- Sous-utilisation considérable des capacités de production crée risques persistants pour l’emploi, particulièrement dans les secteurs à contacts fréquents.
- Marges budgétaires réduites dans de nombreux pays émergents et en développement compliquent la mise en œuvre de mesures pour limiter les dommages durables sur l’emploi et le capital humain.
- Coordination des politiques recommandée : politiques sanitaires efficaces, soutien budgétaire ciblé, accommodement monétaire progressif pour favoriser une reprise complète de l’emploi.

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### Disparités régionales et facteurs explicatifs (2022)
- Facteurs expliquant les disparités : riposte sanitaire, comportement de la population, souplesse d’adaptation de l’activité économique, tendances préexistantes et rigidités structurelles.
- Variations de profil de reprise selon : gravité de la pandémie ; structure économique ; exposition à des chocs précis ; efficacité de la riposte publique.
- Révisions et projections :
  - Projections 2021 révisées à la baisse pour l’Europe et à la hausse pour le Japon et les États-Unis.
  - Le plan de sauvetage de l’administration Biden de 1 900 milliards de dollars devrait stimuler davantage le PIB en 2021–22 et avoir des retombées notables sur les partenaires commerciaux des États-Unis.
  - Prévision pour 2022 en zone euro révisée à la hausse de 0,7 point de pourcentage, à 3,8 %.
  - Prévision pour 2022 au Royaume‑Uni révisée à la hausse de 1,9 point de pourcentage, à 5,1 %.
- Pays émergents et pays en développement :
  - Majorité de la population pas encore efficacement protégée en 2021 dans ces pays ; confinement plus fréquent possible en 2021 et 2022.
  - Écart attendu entre la Chine (reprise robuste) et les autres pays.
  - Destinations touristiques vulnérables : Fidji, les Seychelles et la Thaïlande.
  - Asie émergente : projections pour 2021 révisées à la hausse de 0,6 point de pourcentage; nombre de cas élevé dans certains pays (Indonésie, Malaisie) tempère les perspectives.
  - Amérique latine et Caraïbes : prévision pour 2021 portée à 4,6 %, révision de 1 point de pourcentage.
  - Pays des Caraïbes tributaires du tourisme : projections 2021 révisées à la baisse de 1,5 point de pourcentage, à 2,4 %.
  - Afrique subsaharienne : contraction de –1,9 % en 2020 ; croissance rebondit à 3,4 % en 2021, beaucoup moins que la tendance prévue avant la pandémie.

### Pressions inflationnistes et dynamique des prix
- Prix des produits de base : raffermissement attendu, poussant l’inflation globale volatile à court terme.
- Projection : inflation reviendra à sa moyenne à long terme car capacités inemployées diminuent progressivement et effets de base se dissiperont.
- Marché du travail et inflation sous-jacente : croissance atone des salaires, chômage élevé, sous‑emploi et baisse du taux d’activité limitent pressions inflationnistes.
- Courbes de Phillips : aplaties ; inflation peu susceptible d’augmenter fortement sauf si écarts de production deviennent positifs et très marqués et si la politique monétaire ne réagit pas.
- Données sur les anticipations : indicateurs d’enquête stables ; indicateurs de marché légèrement en hausse récemment (dernières données disponibles : 17 mars 2021).
- Variations régionales : hausse rapide des prix des produits alimentaires déjà augmenté l’inflation globale dans certaines régions, notamment l’Afrique subsaharienne et l’Asie.

### Commerce international et comptes extérieurs
- Commerce mondial : croissance du commerce mondial attendue à 8,4 % en 2021, principalement grâce au rebond du volume des marchandises.
- Commerce international de services : devrait demeurer morose tant que la pandémie n’est pas maîtrisée partout.
- Soldes courants : déficits et excédents ont diminué au début de la crise puis augmenté ; soldes courants globalement stables à moyen terme avec réduction progressive aux États‑Unis et en Chine.
- Stocks d’actifs et de passifs internationaux : devraient rester à des niveaux historiquement élevés.

### Risques et incertitudes (sélection)
- Incertitude sur la trajectoire de la pandémie : efficacité des vaccins contre nouvelles souches incertaine ; retard de vaccination mondial risque mutations résistantes et nouvelles flambées.
- Impacts incertains : réactions des investisseurs privés et ampleur des bouées publiques difficiles à prévoir.
- Risques asymétriques : pays fragiles ou en conflit, dépendant possiblement de COVAX, perspectives détériorées depuis octobre 2020.

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### Position extérieure globale mondiale — risques, facteurs positifs et priorités
- Principaux risques de dégradation : résurgence pandémique, resserrement des conditions financières, séquelles prolongées sur l’offre, aggravation des troubles sociaux, catastrophes naturelles plus fréquentes, risques géopolitiques/commerciaux/technologiques.
- Facteurs positifs : accélération de la production et du déploiement des vaccins ; effets plus vastes du soutien budgétaire ; politiques coordonnées (monétaire/budgétaire, coopération vaccinale).
- Priorités communes des pouvoirs publics :
  - Surmonter la crise sanitaire et retrouver des niveaux d’emploi normaux.
  - Restreindre répercussions à long terme : limiter séquelles des entreprises « zombies », réduire inégalités.
  - Intensifier lutte contre changements climatiques.
  - Forte coopération internationale sur production/distribution de vaccins et accès aux liquidités internationales.
- Mesures transversales recommandées :
  - Renforcer protection sociale ; financer soins de santé, petite enfance, éducation et formation professionnelle.
  - Investir dans infrastructures vertes.
  - Adapter mesures de soutien avec souplesse et inscrire mesures de court terme dans cadres crédibles à moyen terme.

### Phases d’action recommandées
- Phase 1 — sortir de la crise :
  - Priorité aux dépenses de santé ; distribution et administration des vaccins présentent avantages économiques largement supérieurs à leur coût.
  - Soutenir COVAX et distribuer doses excédentaires.
  - Maintenir politique budgétaire accommodante jusqu’à la fin de la pandémie.
  - Transferts ciblés aux ménages et entreprises (chômage technique, prêts, paiements directs), calibrés selon le stade de la pandémie et supprimés progressivement.
  - Préserver souplesse monétaire ; politique monétaire accommodante tant que l’inflation reste modérée.
  - Pour pays émergents : considérer politique de change, gestion des flux de capitaux et instruments macroprudentiels ; taux de change flexible généralement préférable.
  - Établir mesures macroprudentielles efficaces et concevoir outils pour segments vulnérables, notamment intermédiation financière non bancaire.
- Phase 2 — préserver la reprise :
  - Cibler aide pour limiter séquelles sur entreprises, marché du travail et capital humain.
  - Réorienter aide généralisée vers secteurs les plus touchés ; réduire progressivement programmes de chômage technique ; appui à reconversion et recyclage professionnels.
  - Remédier pertes de capital humain : augmenter dépenses en éducation et infrastructures connexes.
  - Accroître appui budgétaire ciblé (infrastructures vertes, R&D, petite enfance, éducation) lorsque la marge le permet.
  - Dégager espace budgétaire quand endettement limite action : augmenter recettes, améliorer progressivité, réduire subventions inutiles.
  - Gérer risque d’entreprises « zombies » : réduire prêts généralisés, mécanismes de restructuration, procédures simplifiées, encourager établissements de crédit à repérer emprunteurs en difficulté.
  - Réaffectation des ressources vers secteurs en redressement ; renforcer concurrence et limiter concentration du marché.
- Phase 3 — investir dans le futur :
  - Coopération internationale pour accès aux liquidités ; rôle du FMI : élargissement des instruments de prêt, augmentation des limites d’accès, possibilité de dons.
  - Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) du G20 : permet de suspendre paiement du service de la dette de 73 pays jusqu’en juin 2021.
  - Utilité d’une augmentation des allocations de DTS pour tous les pays.
  - Restructuration de la dette pour pays très endettés : restructuration préventive négociée préférable à un défaut désordonné ; recours au cadre commun du G20 lorsque pertinent.
  - Stimuler productivité et croissance : investissements en éducation, R&D et infrastructures ; gérer risques d’automatisation et inégalités.
  - Mesures pour limiter coûts sociaux de la transition technologique : améliorer réseaux à large bande, réduire coûts d’accès aux télécommunications, reconversion des travailleurs, formation numérique.
  - Améliorer cadres pour dégager marge de manœuvre : accroître recettes fiscales et progressivité, supprimer niches fiscales, meilleure administration des recettes, renforcer efficience des investissements et marchés publics.
  - Cadres de politique monétaire : poursuivre mesures non conventionnelles là où taux à borne inférieure; en pays émergents, programmes d’achat d’actifs conditionnels à mandat de stabilité des prix et bonne communication.
  - Changement climatique : émissions mondiales diminuées d’environ 4 % en 2020; baisse probablement temporaire; réduction similaire chaque année pendant 30 ans requise pour réduire émissions de 80 % d’ici à (texte interrompu).

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### Climat et scénario 2050 — enjeux et mesures
- Constat : sans action immédiate et coordonnée, émissions remonteront lorsque la production reprendra ; petits pays et pays à faible revenu seront les plus affectés.
- Emissions mondiales : inférieures de 4 % en 2020 (source Carbon Monitor).
- Mesures recommandées :
  - Tarification du carbone : augmenter prix du carbone ; taxes modérées et croissantes ou systèmes d’échange de droits d’émission ; dispositif de prix plancher du carbone dans grands pays émetteurs.
  - Investissement infrastructures respectueuses de l’environnement : financer en partie par taxe sur le carbone ; améliorer transport et distribution d’électricité renouvelable ; subventions pour rendement énergétique des bâtiments ; infrastructures de transport écologique.
  - Subventions à la recherche écologique : réduire coût des futures énergies vertes et technologies à émissions négatives.
  - Transferts compensatoires ciblés : compenser personnes à faible revenu financés par taxes sur le carbone.
- Scénarios liés à la pandémie (modèle G20) :
  - Scénario favorable : distribution des vaccins ~10 % plus rapide que scénario de référence ; prévention infections dues à un ensemble croissant de variants ; normalisation plus rapide des déplacements ; hausse de la confiance et de l’investissement privé ; accélération de l’inflation non conduite à resserrement monétaire significatif ; autorités budgétaires réduisent stabilisateurs automatiques en fonction de la reprise.
  - Scénario défavorable : distribution des vaccins moins performante ; variants plus résistants ; modifications des vaccins et retard de l’immunité collective et de la reprise.

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### Scénarios de croissance du PIB — encadré « reprise plus rapide que prévu » et scénario défavorable
- Reprise plus rapide que prévu :
  - PIB mondial : augmentation de près de ½ point de pourcentage en 2021 par rapport au scénario de référence ; près de 1 point de pourcentage en 2022.
  - À la fin de la période considérée, production mondiale près de 1 % au‑dessus du niveau de référence.
  - Pays avancés : croissance supérieure d’environ ½ point de pourcentage en 2021 ; dépasse de plus d’un point de pourcentage en 2022.
  - Pays émergents et pays en développement : croissance supérieure d’environ ¼ point de pourcentage en 2021 ; atteint ¾ point de pourcentage en 2022.
- Scénario défavorable :
  - Hypothèses : goulets d’étranglement d’offre pour vaccins, nouvelles mutations ; délai pour atteindre immunité collective allongé d’environ six mois dans pays avancés et neuf mois dans pays émergents et pays en développement ; aucune nouvelle mesure budgétaire discrétionnaire.
  - Impact sur la croissance :
    - Croissance du PIB mondial ralentit d’environ 1½ point de pourcentage de plus en 2021 par rapport au scénario de référence.
    - Ralentit d’un point de pourcentage supplémentaire en 2022.
    - Production reste inférieure d’environ 1½ % à celle du scénario de référence à la fin de la période considérée.
  - Effets sectoriels et financiers : persistance d’infections ralentit demande dans secteurs à contacts fréquents ; réduction des revenus ; resserrement des conditions financières pour entreprises vulnérables.

### Industrie manufacturière mondiale
- Rebond en forme de V au second semestre 2020 pour pays avancés et émergents après forte contraction au printemps 2020.
- Facteurs de reprise :
  - Part des biens durables dans dépenses de consommation ~12 % au 3e trimestre 2020 (moyenne pré-pandémie : 10,5 %).
  - Ventes mondiales d’automobiles retrouvant niveau d’avant la pandémie en décembre 2020 après chute de plus de 40 % jusqu’en avril.
  - Secteur automobile : ~35 % du rebond mondial de l’industrie manufacturière au second semestre 2020 ; équipements électriques : ~5 %.
  - Augmentation demande pour matériel électronique, plastique, caoutchouc et textile : ~10 % du rebond manufacturier.
- Limitations : investissement privé (matériel) freiné ; production de machines et biens d’équipement inférieure d’environ 6 % aux niveaux d’avant la pandémie (aéronautique : inférieur de près de 20 %).
- Perspectives : indicateurs PMI de février montrent poursuite de l’expansion manufacturière, mais à rythme plus lent.

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### Catastrophes naturelles — fréquence, impacts et recommandations
- Métrique : moyenne annuelle sur 1980–2019, par million de km² ; source EM-DAT ; calculs des services du FMI.
- Observations :
  - Petits pays insulaires : exposition élevée et davantage de catastrophes signalées par km².
  - Une diminution observée pour les petits pays insulaires de 1,6 et 1,8 point de pourcentage (graphique non reproduit ici).
  - Effets macroéconomiques moins marqués dans PA en partie grâce à meilleure capacité d’intervention ; reconstruction rapide peut augmenter production à court terme.
  - Effets à moyen et long terme persistent : cyclones tropicaux engendrent préjudices non compensés même 20 ans après.
- Mécanismes de réduction de la production : destruction du capital productif, dommages aux infrastructures et services, perturbation des chaînes d’approvisionnement, coûts de reconstruction et mauvaise allocation du capital.
- Spécification économétrique (résumé) :
  - Échantillon 1980–2019 ; variable indicatrice d_i,t = 1 si dommages aux biens et au stock de capital en % du PIB de l’année précédente > 10 % ou nombre de tués/sinistrés > 10 % de la population ; contrôles : deux retards de la croissance et log du PIB par habitant en PPP ; effets fixes pays et année ; erreurs‑types regroupées au niveau du pays.
- Recommandations (stratégie à trois volets) :
  - Renforcer résilience structurelle : infrastructures résistantes, systèmes d’alerte rapide, codes du bâtiment et zonage.
  - Accroître résilience financière : lignes de crédit préventives, mécanismes d’assurance mutualisés, réserves budgétaires, meilleure mesure/exposition aux aléas climatiques.
  - Renforcer résilience sociale : préparation aux catastrophes, consolidation protection sociale, assurer aide internationale en temps voulu.

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### Prévalence de la sous-alimentation — facteurs, élasticités et conclusions
- Définition mesurée : prévalence de la sous-alimentation (apport calorique inférieur à un seuil) ; contribution des céréales à l’apport calorique et apport en protéines.
- Principaux déterminants (Timmer, 2000) :
  - Croissance du PIB par habitant ; inflation des prix des denrées alimentaires ; situation initiale ; transferts sociaux.
- Effets estimés :
  - Augmentation de 1 point de pourcentage de la croissance du PIB fait baisser la sous-alimentation de 0,95 %.
  - Élasticité plus forte dans pays pauvres ; disparaît dans pays à revenu élevé.
  - Augmentation type de 2 points de pourcentage de l’inflation des prix des denrées alimentaires entraîne progression de la sous-alimentation de 0,24 %.
  - Convergence lente : ~0,4 point de pourcentage par an pour pays à faible revenu type commençant à 20 % de population sous-alimentée.
- Transmission des prix internationaux vers inflation alimentaire nationale (échantillon 121 pays, 2001–18) :
  - Transfert des prix internationaux vers IPC alimentaire : ~0,26 pour pays à revenu faible ou intermédiaire ; 0,14 pour pays à revenu élevé.
  - Répercussion des variations des taux de change : 0,23 pour pays à revenu faible ou intermédiaire ; 0,08 pour pays à revenu élevé.
  - Effet d’un choc type sur production alimentaire nationale : augmentation du taux d’inflation des prix alimentaires d’environ 0,3 point de pourcentage.
  - Choc régional : hausse d’environ 0,7 point de pourcentage.
  - Transmission internationale restreinte par taxes, subventions, contrôles des prix, faible intégration et coûts de distribution.
- Hétérogénéité :
  - Sensibilité forte de l’inflation alimentaire pour pays avec revenu par habitant entre 10 000 et 20 000 dollars (2017 PPP).
  - Protection sociale atténue chocs ; transferts sociaux ont effet direct positif sur réduction de la sous-alimentation.
- Conclusions chiffrées liées à la pandémie (impact 2020) :
  - En l’absence d’intervention des pouvoirs publics, la baisse des revenus en 2020 entraînerait une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim de 62 millions.
  - En l’absence d’intervention des pouvoirs publics, la hausse des prix des denrées alimentaires en 2020 entraînerait une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim de 4 millions.
- Données et corrélations (Tableaux mentionnés) :
  - Corrélations entre chocs sur l’offre alimentaire (Tableau 1.DS.2) :
    - Intérieur : 1,00
    - Reste de la région : 0,20 et 1,00
    - Reste du monde : 0,00, 0,02 et 1,00
  - Incidence des chocs de l’offre sur inflation des denrées alimentaires (Tableau 1.DS.1) :
    - Intérieur : Élasticité –0,02 ; Choc sur l’offre –16,34 ; Incidence 0,28
    - Régional : Élasticité –0,13 ; Choc sur l’offre –5,84 ; Incidence 0,73
    - Monde : Élasticité –0,15 ; Choc sur l’offre –2,06 ; Incidence 0,31
  - Pays à faible surface cultivée subissent chocs de production plus forts (Graphique 1.DS.6).
- Recommandations pour la sécurité alimentaire :
  - Renforcer dispositifs de protection des groupes vulnérables.
  - Garantir fonctionnement des chaînes d’approvisionnement alimentaires pour atténuer flambées de prix.
  - Permettre aux petits producteurs d’accéder aux marchés internationaux.
  - Maintenir marchés alimentaires internationaux ouverts et encourager pays exportateurs à éviter restrictions à l’exportation.
  - Favoriser constitution de réserves alimentaires stratégiques régionales et promouvoir cultures/méthodes de production résilientes face aux changements climatiques.

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### Conclusions synthétiques
- Impact principal : le revenu est le principal facteur déterminant de l’(in)sécurité alimentaire dans les pays à faible revenu et dans certains pays émergents.
- La pandémie de COVID-19 risque de retarder l’objectif de ramener à zéro le nombre de personnes sous-alimentées d’ici à 2030.
- Recommandations transversales prioritaires : prioriser la distribution des vaccins, maintenir soutien budgétaire ciblé, préserver souplesse monétaire, renforcer protection sociale, investir dans éducation et infrastructures vertes, coordonner efforts internationaux pour production/distribution de vaccins et gestion de la dette.
- Risques majeurs à surveiller : trajectoire de la pandémie (variants et efficacité des vaccins), resserrement financier brusque, séquelles durables sur l’offre et l’emploi, catastrophes climatiques accrues, risque de fragmentation commerciale/technologique.

*Fonds monétaire international | Avril 2021 — Chapitre 1 (extraits).*

### 1.  Emploi total

### 1.  Emploi total

### Données et méthodologie
- Sources : Haver Analytics ; calculs des services du FMI.
- Échantillons :
  - Plage 1 : 68 pays.
  - Plage 2 : 48 pays.
- Séries : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières.
- Taux de participation : personnes âgées de 15 à 64 ans.
- Indices : pondérés en fonction de la population, selon les derniers chiffres de la base de données des PEM.
- Remplacement : là où les données pour le 4e trimestre 2020 ne sont pas encore disponibles, les chiffres du 3e trimestre sont utilisés.
- Abréviations : PA = pays avancés ; PEM = Perspectives de l’économie mondiale ; PEPD = pays émergents et pays en développement ; UE = Union européenne.

### Principaux constats sur l’emploi et l’utilisation des capacités
- La distanciation physique et le ralentissement des activités reposant sur les contacts ont entraîné une contraction aussi bien de l’offre que de la demande, suggérant une sous-utilisation considérable des capacités de production.
- Il reste encore beaucoup à faire pour que la reprise soit complète ; la tâche des décideurs est particulièrement complexe en raison de la grande incertitude entourant les perspectives et de marges de manœuvre budgétaires réduites pour de nombreux pays.

### Perspectives macroéconomiques pertinentes pour l’emploi
- Hypothèses clés sur la pandémie et la vaccination :
  - Le scénario de référence suppose une distribution des vaccins échelonnée et inégale selon les régions.
  - Les pays avancés et certains pays émergents devraient disposer de vaccins en grande quantité à l’été 2021, et la plupart des pays d’ici le deuxième semestre 2022.
  - Le calendrier suppose que, grâce à une protection efficace et à une amélioration du dépistage et du traçage, la transmission locale sera faible partout d’ici la fin de 2022.
- Effets anticipés des confinements et des adaptations :
  - Les restrictions intermittentes et localisées sont possibles avant la généralisation des vaccins, mais devraient avoir moins d’effets qu’aux vagues précédentes en raison d’un meilleur ciblage, du télétravail et d’un niveau d’activité plus bas dans les secteurs à contacts fréquents.
- Politique budgétaire et financière :
  - Soutien budgétaire disparate entre pays ; mesures de soutien considérables annoncées aux États-Unis, au Japon et des fonds « Next Generation EU » en cours de distribution.
  - Le nouveau plan budgétaire de l’administration Biden de 1 900 milliards de dollars devrait donner une forte impulsion à la croissance aux États-Unis en 2021 et avoir des retombées positives chez leurs partenaires commerciaux.
  - Dans les pays émergents et pays en développement, l’aide budgétaire a été plus limitée et une hausse du coût du service de la dette pourrait limiter les réponses futures aux besoins sociaux et à l’accumulation de capital humain.
  - Le scénario de référence suppose une politique monétaire accommodante se durcissant progressivement avec la reprise.
- Prix des produits de base :
  - Les cours du pétrole devraient augmenter de 30 % en 2021 par rapport à leur creux de 2020, en partie en raison de la baisse de l’offre de l’OPEP+.
  - Les cours des métaux devraient fortement s’accélérer en 2021, essentiellement en raison du rebond en Chine.
  - Les prix des denrées alimentaires devraient également repartir à la hausse en 2021.

### Projections macroéconomiques clés (tableau 1.1 et texte)
- Production mondiale :
  - 2020 : –3,3
  - 2021 : 6,0
  - 2022 : 4,4
- Pays avancés :
  - 2020 : –4,7
  - 2021 : 5,1
  - 2022 : 3,6
- États-Unis :
  - 2020 : –3,5
  - 2021 : 6,4
  - 2022 : 3,5
- Zone euro :
  - 2020 : –6,6
  - 2021 : 4,4
  - 2022 : 3,8
- Chine :
  - 2020 : 2,3
  - 2021 : 8,4
  - 2022 : 5,6
- Inde :
  - 2020 : –8,0
  - 2021 : 12,5
  - 2022 : 6,9
- Amérique latine et Caraïbes :
  - 2020 : –7,0
  - 2021 : 4,6
  - 2022 : 3,1
- Remarques tirées du texte :
  - La contraction de 2020 est inférieure de 1,1 point de pourcentage par rapport aux projections d’octobre 2020 des PEM.
  - Les projections pour 2021 et 2022 sont supérieures aux prévisions précédentes de 0,8 point de pourcentage et 0,2 point de pourcentage respectivement.
  - La croissance mondiale devrait se modérer à 3,3 percent à moyen terme après 2022.
  - Le PIB devrait rester bien en deçà de sa tendance d’avant la pandémie jusqu’à la fin de 2024 dans la plupart des pays.

### Implications pour l’emploi et les politiques publiques
- Sous-utilisation considérable des capacités de production implique des risques persistants pour l’emploi, particulièrement dans les secteurs à contacts fréquents.
- Les marges budgétaires réduites dans de nombreux pays émergents et en développement compliquent la mise en œuvre de mesures visant à limiter les dommages durables sur l’emploi et le capital humain.
- Une coordination des politiques — politiques sanitaires efficaces, soutien budgétaire ciblé, accommodement monétaire progressif — est essentielle pour favoriser une reprise complète de l’emploi à l’échelle mondiale.

*Source : Chapitre 1, Perspectives de l’économie mondiale, Fonds monétaire international, Avril 2021.*

### 2022. Ces disparités peuvent s’expliquer par les différences

### ch1 - 2022. Ces disparités peuvent s’expliquer par les différences

### Disparités régionales et facteurs explicatifs
- Les disparités de reprise s’expliquent par :
  - les différences dans la riposte sanitaire des autorités et le comportement de la population face aux infections;
  - la souplesse et la capacité d’adaptation de l’activité économique aux entraves à la mobilité;
  - des tendances préexistantes et des rigidités d’ordre structurel antérieures à la crise.
- Le profil de la reprise varie selon :
  - la gravité de la pandémie;
  - la structure économique (part de l’emploi et du PIB dans les secteurs où les contacts sont fréquents);
  - l’exposition à des chocs précis (dépendance aux exportations de produits de base);
  - l’efficacité de la riposte des pouvoirs publics.

### Révisions et projections macroéconomiques
- Par rapport aux PEM d’octobre 2020 :
  - projections 2021 révisées à la baisse pour l’Europe et à la hausse pour le Japon et les États-Unis.
  - La révision à la baisse en Europe est largement compensée par une croissance supérieure aux prévisions aux États-Unis et au Japon, résultat des mesures complémentaires de soutien budgétaire adoptées fin 2020.
- Mesures et effets:
  - Le plan de sauvetage de l’administration Biden de 1 900 milliards de dollars devrait stimuler davantage le PIB en 2021–22 et avoir des retombées notables sur les principaux partenaires commerciaux des États-Unis.
- Prévisions spécifiques :
  - Les prévisions de croissance du PIB pour 2022 ont été révisées à la hausse, de 0,7 point de pourcentage, à 3,8 % dans la zone euro.
  - Au Royaume‑Uni, la prévision pour 2022 a été révisée à la hausse de 1,9 point de pourcentage, à 5,1 %.

### Pays émergents et pays en développement — vaccination et perspectives
- Passation des marchés de vaccins :
  - Dans les pays émergents et les pays en développement, la majorité de la population ne sera pas encore efficacement protégée en 2021.
  - Il pourrait être nécessaire d’imposer des mesures de confinement et d’endiguement en 2021 et 2022 plus fréquemment que dans les pays avancés, augmentant le risque de séquelles à moyen terme sur le potentiel de production.
- Chine vs. autres :
  - L’écart devrait considérablement se creuser entre la Chine, qui connaît une reprise robuste grâce à des mesures d’endiguement efficaces, une vigoureuse stratégie d’investissement public et l’apport de liquidités par la banque centrale, et les autres pays.
- Destinations touristiques vulnérables :
  - Fidji, les Seychelles et la Thaïlande devraient connaître une situation particulièrement difficile en raison d’un retour lent des voyages internationaux.
- Asie émergente :
  - Dans le groupe régional des PE d’Asie, les projections pour 2021 ont été révisées à la hausse de 0,6 point de pourcentage.
  - Toutefois, le nombre de cas resté élevé dans certains grands pays au premier trimestre 2021 (Indonésie et Malaisie notamment) tempère les perspectives.
- Amérique latine et Caraïbes :
  - Prévision pour 2021 portée à 4,6 %, soit une révision de 1 point de pourcentage, grâce au redémarrage de la production manufacturière mondiale au deuxième semestre 2020.
  - Projections pour les pays des Caraïbes tributaires du tourisme en 2021 révisées à la baisse de 1,5 point de pourcentage, à 2,4 %.
- Afrique subsaharienne :
  - Après une contraction de –1,9 % en 2020 (la plus forte contraction régionale), la croissance devrait rebondir pour atteindre 3,4 % en 2021, soit beaucoup moins que la tendance prévue avant la pandémie.

### Pressions inflationnistes et dynamique des prix
- Prix des produits de base :
  - Les prix des produits de base, notamment du pétrole, devraient encore se raffermir dans les prochains mois; ce raffermissement devrait mécaniquement faire augmenter les indices des prix à la consommation et rendre l’inflation globale volatile à court terme.
- Projection d’inflation :
  - Selon les projections de référence, l’inflation reviendra à sa moyenne à long terme car les capacités inemployées ne diminueront que progressivement et les effets de base liés aux produits de base se dissiperont.
- Marché du travail et inflation sous-jacente :
  - Croissance atone des salaires, baisse du pouvoir de négociation des travailleurs, chômage élevé, sous‑emploi et baisse du taux d’activité limitent les pressions inflationnistes.
  - Plusieurs indicateurs d’inflation sous-jacente restent faibles; les taux d’inflation calculés par moyenne tronquée indiquent que les pressions inflationnistes diminuent.
- Courbes de Phillips et crédibilité monétaire :
  - Les courbes de Phillips se sont aplaties pour diverses raisons (mondialisation, automatisation, concentration des marchés, pouvoir des entreprises en situation de monopsonie).
  - L’inflation a peu de chances d’augmenter fortement à moins que les écarts de production deviennent positifs et très marqués pendant une période prolongée et que la politique monétaire ne réagisse pas.
  - Si l’inflation dépasse temporairement son objectif, les conséquences dépendront de la crédibilité des cadres monétaires et de la réaction des autorités monétaires.
- Données sur les anticipations :
  - Les indicateurs tirés des enquêtes sur les anticipations inflationnistes et les indicateurs de marché sont restés globalement stables, bien que les indicateurs de marché aient légèrement augmenté récemment.
  - Note : Les dernières données disponibles datent du 17 mars 2021.
- Variations régionales :
  - La hausse rapide des prix des produits alimentaires a déjà fait augmenter les taux d’inflation globale dans certaines régions, notamment l’Afrique subsaharienne et l’Asie.

### Commerce international et comptes extérieurs
- Commerce mondial :
  - À mesure que la reprise se renforce en 2021, le commerce mondial devrait s’accélérer et sa croissance atteindre 8,4 %, principalement grâce au rebond du volume des marchandises.
  - Le commerce international de services (tourisme, transport) devrait demeurer morose tant que la pandémie n’est pas maîtrisée partout.
- Soldes courants et positions extérieures :
  - Au niveau mondial, les déficits et excédents des transactions courantes ont diminué au début de la crise, puis ont augmenté avec la hausse du commerce et des cours des produits de base.
  - Les soldes courants devraient demeurer globalement stables à moyen terme et se réduire progressivement aux États‑Unis et en Chine.
  - Les stocks d’actifs et de passifs internationaux devraient cependant rester à des niveaux historiquement élevés.

### Risques et incertitudes
- Incertitude sur la trajectoire de la pandémie :
  - L’efficacité des vaccins contre de nouvelles souches demeure incertaine.
  - Un retard dans la vaccination mondiale pourrait favoriser l’apparition de mutations résistantes aux vaccins, de nouvelles flambées et de nouvelles restrictions.
- Impacts incertains :
  - L’évolution au coup par coup rend difficiles les prévisions sur la fermeté des réactions des investisseurs privés et l’ampleur des bouées de sauvetage publiques.
- Risques asymétriques :
  - Les pays fragiles ou en proie à des conflits, dépendant possiblement de l’offre limitée du mécanisme COVAX, ont vu leurs perspectives se détériorer depuis octobre 2020.

*Fonds monétaire international | Avril 2021.*

### 2.  Position extérieure globale mondiale

### 2.  Position extérieure globale mondiale

### Principaux risques de dégradation
- Une résurgence de la pandémie : souches résistantes aux vaccins, retards dans la production et la distribution des vaccins, décalages excessifs selon les régions provoquant succession de coups de frein et d’accélérateur, prolongement des périodes de distanciation physique, risque de transformation de la COVID-19 en maladie endémique d’une gravité inconnue.
- Un resserrement des conditions financières : réévaluation des paramètres fondamentaux du marché, augmentation du rendement des obligations souveraines de référence, réappréciation des risques d’inflation pouvant provoquer une révision marquée du prix des actifs financiers; chute brutale des prix des actifs risqués, volatilité, pertes dans les établissements financiers non bancaires; primes de risque plus élevées compliquant le financement des entreprises et ménages endettés; risque accru pour certains pays émergents et pays à faible revenu; chaîne de réaction potentiellement dangereuse entre resserrement financier et dégradation de la croissance.
- Des séquelles prolongées : baisse du taux d’activité, faillites, perturbations des réseaux de production dégradant durablement le potentiel de l’offre; maintien artificiel d’entreprises non viables entraînant une allocation inefficiente du capital et de la main-d’œuvre; ralentissement de la réaffectation de la main-d’œuvre en raison de limitations aux programmes de reconversion; risques d’exacerbation de l’inflation liée à l’érosion de la capacité de production.
- Une aggravation des troubles sociaux : possible intensification des troubles si la crise se prolonge, rôle essentiel de la volatilité des prix des denrées alimentaires dans le déclenchement de troubles.
- Des catastrophes naturelles plus fréquentes : hausse de la fréquence et de la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes liés aux changements climatiques, lourd tribut humain, destruction de moyens de subsistance, tensions financières accrues notamment dans le secteur de l’assurance.
- Des risques géopolitiques, commerciaux et technologiques : tensions persistantes entre les États-Unis et la Chine sur le commerce, la propriété intellectuelle et la cybersécurité; risque d’obstacles au commerce et de tendances protectionnistes autour des technologies et des fournitures médicales, freinant l’offre mondiale de vaccins.

### Facteurs positifs susceptibles d’améliorer les perspectives
- Accélération de la production et du déploiement des vaccins : approbation continue de nouveaux vaccins; possibilité d’accélération si des vaccins exigeant moins de contrainte de chaîne du froid ou à dose unique sont approuvés; vaccination des populations vulnérables réduisant les hospitalisations et la crainte d’infection, stimulant la consommation de services et les investissements.
- Effets plus vastes et imprévus du soutien budgétaire : soutien budgétaire remarquable pouvant produire des effets plus vastes que prévu; marge de manœuvre budgétaire inexploitée dans certains pays avancés pour consolider une reprise solide et réduire la dépendance au carbone.
- Politiques coordonnées : assouplissement monétaire et budgétaire énergique et synchronisé; coordination internationale sur les politiques de sortie et coopération sur les vaccins pouvant accélérer production et distribution et limiter les séquelles.

### Priorités communes des pouvoirs publics
- Surmonter la crise sanitaire immédiate et retrouver des niveaux d’emploi normaux.
- Restreindre les répercussions à long terme de la crise : limiter les séquelles liées aux entreprises « zombies », réduire les inégalités intra- et internationales.
- Intensifier la lutte contre les changements climatiques avec des mesures ciblées sur les plus grands pollueurs.
- Forte coopération internationale : assurer une production mondiale de vaccins suffisante et une distribution universelle à des prix abordables; lever les restrictions sur les exportations des vaccins, de leurs composantes et des produits médicaux; veiller à l’accès suffisant aux liquidités internationales pour les pays en difficulté financière.

### Mesures transversales recommandées (prudentes quelle que soit la situation mondiale)
- Renforcer la protection sociale : assouplir les conditions d’admissibilité à l’assurance chômage pour inclure travailleurs indépendants et de l’économie informelle.
- Financer soins de santé, programmes de développement de la petite enfance, éducation et formation professionnelle.
- Investir dans les infrastructures vertes pour accélérer la transition vers une économie moins tributaire du carbone.
- Adapter les mesures de soutien avec souplesse : réaffecter les dépenses à mesure que la pandémie évolue tout en préservant les dépenses sociales et en évitant de maintenir des dépenses inefficaces.
- Inscrire les mesures de soutien à court terme dans des cadres crédibles à moyen terme.

### Phase 1 : sortir de la crise — mesures immédiates
- Continuer de donner la priorité aux dépenses de santé : distribution et administration des vaccins ont des avantages économiques largement supérieurs à leur coût; accroître les investissements publics et harmoniser la réglementation pour surmonter les contraintes de production; coopérer sur la production et la distribution mondiale des vaccins; éviter les restrictions à l’exportation.
- Soutenir COVAX et distribuer les doses excédentaires pour assurer un accès mondial aux vaccins.
- Maintenir une politique budgétaire accommodante jusqu’à la fin de la pandémie; équilibrer dépenses exceptionnelles et viabilité de la dette dans des cadres crédibles.
- Poursuivre transferts ciblés aux ménages et entreprises en difficulté via chômage technique, prêts aux entreprises et paiements directs, calibrés selon le stade de la pandémie et supprimés progressivement à mesure que la demande reprend.
- Préserver la souplesse monétaire : politique monétaire accommodante tant que l’inflation reste modérée et anticipations bien ancrées; expansion continue des bilans des banques centrales; communication claire des banques centrales des pays avancés sur le cadrage prospectif.
- Pour les pays émergents : considérer la politique de change, gestion des flux de capitaux et instruments macroprudentiels; un taux de change flexible est généralement préférable, interventions et mesures temporaires de gestion des flux peuvent être utiles dans certains cas.
- Établir des mesures macroprudentielles efficaces : durcir certains outils pour remédier aux vulnérabilités élevées sans provoquer un resserrement général des conditions financières; concevoir d’urgence des outils pour les segments vulnérables, notamment dans l’intermédiation financière non bancaire; envisager des amortisseurs ailleurs pour protéger le système financier.

### Phase 2 : préserver la reprise — remédier aux séquelles
- Cibler l’aide pour limiter les séquelles persistantes sur entreprises, marché du travail et capital humain.
- Réorienter l’aide des mesures généralisées vers des mesures ciblées aux secteurs les plus touchés (commerce de détail, culture, services de contact fréquent).
- Réduire progressivement la portée des programmes de chômage technique ou partiel au fur et à mesure que le marché du travail se normalise; poursuivre l’appui à la reconversion et au recyclage professionnels, et fournir aide au revenu de longue durée pour les travailleurs déplacés.
- Remédier aux pertes de capital humain liées à l’interruption de la scolarité : augmenter les dépenses en éducation et infrastructures connexes pour éviter l’aggravation des disparités.
- Lorsque la marge de manœuvre le permet, accroître l’appui budgétaire ciblé sur des programmes d’investissement en infrastructures vertes, recherche, développement de la petite enfance, éducation et formation professionnelle.
- Dégager un espace budgétaire quand l’endettement limite l’action : augmenter les recettes (réduction des allégements fiscaux, meilleure couverture des registres, adoption de TVA bien conçues), améliorer la progressivité de l’impôt, réduire subventions inutiles.
- Éviter le maintien indéfini des mesures d’urgence afin de préserver l’efficience : limiter les effets pervers tels que maintien d’entreprises « zombies » et désincitations au travail.
- Gérer le risque d’entreprises « zombies » : réduire prêts généralisés et garanties de crédit; s’appuyer sur mécanismes de restructuration extrajudiciaire, procédures simplifiées pour la réorganisation des petites entreprises, restructuration des prêts et dépôt de bilan; encourager les établissements de crédit à repérer et gérer les emprunteurs en difficulté; envisager des mesures proches d’une recapitalisation (prêts subordonnés au bénéfice futur, souscription de prêts similaires dans le secteur privé).
- Réaffectation des ressources vers secteurs en redressement : réduire le niveau global de l’aide tout en offrant appui ciblé aux secteurs les plus éprouvés; attention particulière au retrait progressif de l’aide dans les secteurs de services.
- Renforcer la concurrence et limiter la concentration du marché, car la crise a frappé plus durement les petites entreprises.

### Phase 3 : investir dans le futur — enjeux à plus long terme
- Coopération internationale : maintien d’un accès continu aux liquidités pour empêcher la propagation des pressions liées au financement extérieur; rôle du FMI dans l’élargissement des instruments de prêt, augmentation des limites d’accès pour financements d’urgence et possibilité de dons pour alléger le service de la dette.
- Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) du G20, soutenue par la Banque mondiale et le FMI, permet de suspendre le paiement du service de la dette de 73 pays jusqu’en juin 2021.
- Utilité d’une augmentation des allocations de droits de tirage spéciaux (DTS) pour tous les pays afin d’atténuer les chocs actuels au cours d’une reprise inégale.
- Restructuration de la dette pour les pays très endettés : restructuration préventive négociée préférable à un défaut désordonné; recours au cadre commun approuvé par le G20 lorsque pertinent; formes possibles : allongement des échéances, réduction des taux d’intérêt, réduction du principal ou autres échanges de créances.
- Stimuler la productivité et la croissance : besoin d’investissements en éducation, recherche et infrastructures; potentiel d’une nouvelle vague d’automatisation et d’innovations en intelligence artificielle, avec bénéfices mais aussi risques (pertes d’emplois peu qualifiés, amplification des inégalités, fracture numérique).
- Mesures pour limiter coûts sociaux de la transition technologique : amélioration des réseaux à large bande, réduction des coûts d’accès aux télécommunications, reconversion des travailleurs, investissement dans la formation numérique.
- Améliorer les cadres d’action pour dégager marge de manœuvre : accroître recettes fiscales et progressivité, supprimer niches fiscales, réduire dépenses fiscales, meilleure administration des recettes (déclaration électronique), renforcer efficience et gouvernance des investissements et marchés publics, réduire subventions mal ciblées, rationaliser dépenses ordinaires; s’engager à revenir au respect des règles budgétaires ou préapprouver des réformes fiscales.
- Cadres de politique monétaire : dans les pays où les taux sont à leur borne inférieure effective, poursuivre mesures non conventionnelles (achat d’actifs, cadrage prospectif, taux négatifs); dans les pays émergents, les programmes d’achat d’actifs peuvent créer une marge supplémentaire si objectifs clairs, bonne communication et cadre cohérent avec mandat de stabilité des prix; un cadre budgétaire crédible peut augmenter la marge de manœuvre permettant des mesures non conventionnelles temporaires.
- Changement climatique : les émissions mondiales ont diminué d’environ 4 % en 2020, correspondant globalement à la réduction de la production; cette baisse est probablement temporaire; l’économie mondiale doit enregistrer une diminution similaire chaque année au cours des 30 ans à venir pour réduire les émissions de 80 % d’ici à

*Fonds monétaire international | Avril 2021 — Chapitre 1 : Perspectives et politiques mondiales (extrait)*

### 2050. En l’absence d’une action immédiate et coordonnée

### ch1 - 2050. En l’absence d’une action immédiate et coordonnée

### Contexte et constat
- Sans action immédiate et coordonnée à l’échelle mondiale, les émissions augmenteront de nouveau lorsque la pandémie sera surmontée et que la production augmentera.
- Les petits pays et les pays à faible revenu seront les plus affectés par les coûts d’adaptation.
- Les émissions mondiales ont été inférieures de 4 % en 2020 en raison du ralentissement de l’activité imputable à la pandémie.
- Source de données mentionnée pour les émissions : Carbon Monitor.

### Mesures recommandées pour atténuer les changements climatiques
- Tarification du carbone :
  - Il est essentiel d’augmenter le prix du carbone pour décourager l’utilisation des combustibles les plus préjudiciables, notamment le charbon.
  - Les pays peuvent instaurer des taxes modérées, de préférence croissantes, sur le carbone ou envisager des systèmes d’échange de droits d’émission.
  - La mise en place d’un dispositif de prix plancher du carbone dans les grands pays émetteurs, conçu de manière suffisamment souple pour tenir compte de considérations d’équité et des contraintes liées aux politiques nationales, peut contribuer à coordonner et à intensifier l’action.
- Investissement dans des infrastructures respectueuses de l’environnement :
  - Un élan en faveur d’infrastructures respectueuses de l’environnement, financé en partie par une taxe sur le carbone, pourrait compenser les pertes économiques liées à une hausse des coûts de l’énergie.
  - Exemples d’actions : améliorer le transport et la distribution de l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables; accorder des subventions visant à améliorer le rendement énergétique des bâtiments; mettre en place de meilleures infrastructures de transport écologique (transports en commun, recharge des véhicules électriques, etc.).
- Subventions en faveur de la recherche à orientation écologique :
  - Des subventions à la recherche sur les technologies vertes peuvent accélérer le passage à une économie sans émission de carbone.
  - En réduisant le coût des futures énergies vertes et des technologies à émissions négatives, ces subventions favoriseront la réalisation des futurs objectifs de décarbonation.
- Transferts compensatoires ciblés :
  - Les personnes à faible revenu seront les plus durement touchées par les mesures d’atténuation, en raison d’une consommation plus énergivore et d’une plus grande probabilité de travailler dans des secteurs à forte consommation d’énergie.
  - Des transferts et des remises ciblés, financés par des taxes sur le carbone, peuvent compenser ces effets et éviter que l’atténuation ne creuse les inégalités.

### Scénarios liés à la pandémie et interaction avec la reprise économique
- Utilisation du modèle G20 pour estimer l’incidence de la montée de l’incertitude quant à l’évolution de la pandémie, en tenant compte de l’apparition de nouveaux variants, de l’efficacité des vaccins et du rythme de leur distribution.
- Scénario favorable :
  - Il est supposé que la distribution des vaccins soit environ 10 % plus rapide que dans le scénario de référence.
  - Les vaccins permettraient de prévenir les infections dues à un ensemble croissant de variants et de limiter la contagiosité des personnes vaccinées.
  - La normalisation plus rapide des déplacements renforce la confiance des ménages et des entreprises, entraînant un retrait plus rapide de l’épargne accumulée, une libération rapide de la demande refoulée et une accélération de l’investissement privé.
  - Compte tenu du bon ancrage des anticipations inflationnistes, l’accélération de l’inflation provoquée par la demande ne conduit pas les autorités monétaires de la plupart des pays à resserrer leur politique; la baisse des taux d’intérêt réels stimule davantage la demande privée.
  - Les autorités budgétaires réduisent les dépenses liées aux stabilisateurs automatiques en fonction de l’évolution de la reprise, sans mettre fin à d’autres mesures discrétionnaires par rapport au scénario de référence.
- Scénario défavorable (présentation synthétique dans le texte) :
  - Il est supposé que la distribution des vaccins ne se déroule pas aussi bien que dans le scénario de référence et que les variants se révèlent plus résistants aux vaccins, nécessitant des modifications des vaccins et retardant l’immunité collective et la reprise dans les secteurs à contacts fréquents.

### Sources et contributions
- Simulation et illustrations : modèle G20.
- Auteurs de l’encadré : Ben Hunt et Susanna Mursula.

*Fonds monétaire international | Avril 2021 — ch1 - 2050. En l’absence d’une action immédiate et coordonnée*

### 6.  Croissance du PIB

### 6.  Croissance du PIB

### Encadré des scénarios — reprise plus rapide que prévu
- Les vaccins sont d’abord distribués dans les pays avancés ; l’épargne accumulée et la demande refoulée y sont plus élevées, ce qui en fait les principaux moteurs d’une reprise plus rapide que prévu.
- Impact sur le PIB mondial :
  - Le PIB mondial augmente de près de ½ point de pourcentage en 2021 par rapport au scénario de référence.
  - Il atteint près de 1 point de pourcentage en 2022 par rapport au scénario de référence.
  - Il ralentit fortement en 2023 pour revenir à un niveau très proche de celui prévu dans le scénario de référence.
  - La production mondiale se place près de 1 % au-dessus du niveau de référence à la fin de la période considérée.
- Impact par groupe de pays :
  - Pays avancés : croissance supérieure d’environ ½ point de pourcentage au scénario de référence en 2021 ; dépasse de plus d’un point de pourcentage le niveau de référence en 2022.
  - Pays émergents et pays en développement : croissance supérieure d’environ ¼ point de pourcentage au scénario de référence en 2021 ; atteint ¾ point de pourcentage en 2022.
- Mécanismes favorables mentionnés :
  - Juguler rapidement la perte de capital humain.
  - Certaines faillites évitées.
  - Reprise de l’investissement privé stimulant temporairement la croissance de la productivité.

### Scénario défavorable — retards liés aux variants et aux vaccins
- Hypothèses principales :
  - Goulets d’étranglement au niveau de l’offre et autres problèmes logistiques pour la livraison des vaccins les plus efficaces contre les variants.
  - Nouvelles mutations se produisent.
  - Délai pour atteindre l’immunité collective allongé d’environ six mois dans les pays avancés et neuf mois dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Aucune nouvelle mesure budgétaire discrétionnaire n’est supposée.
  - Mesures de politique monétaire non conventionnelles empêchent une hausse sensible des taux souverains.
- Conséquences macroéconomiques :
  - Persistance de taux d’infection et de mortalité élevés ralentit la normalisation des déplacements et le redressement de la demande dans les secteurs à contacts fréquents.
  - Réduction des revenus des entreprises et des ménages, affaiblissement des anticipations de revenus et de la confiance.
  - Resserrement des conditions financières pour les entreprises vulnérables.
- Impact sur la croissance :
  - Par rapport au scénario de référence, la croissance du PIB mondial ralentit d’environ 1½ point de pourcentage de plus en 2021.
  - Ralentit d’un point de pourcentage supplémentaire en 2022.
  - Se redresse légèrement au-dessus du niveau de référence en 2023 et par la suite.
  - La production reste inférieure d’environ 1½ % à celle du scénario de référence à la fin de la période considérée.
  - Croissance des pays avancés et des pays émergents et des pays en développement reculent à peu près dans les mêmes proportions en 2021 ; en 2022, les pays émergents et en développement ralentissent davantage en raison d’un resserrement plus marqué des conditions financières.

### Industrie manufacturière mondiale — rebond en V et facteurs sectoriels
- Caractéristique générale :
  - Forte contraction au printemps 2020, suivie de reprises synchronisées en forme de V au second semestre 2020 pour les pays avancés et les pays émergents.
- Facteurs de la reprise :
  - Dépenses de consommation en biens durables augmentées dans les pays avancés : la part des biens durables dans les dépenses de consommation a atteint environ 12 % au troisième trimestre de 2020, alors que la moyenne était de 10,5 % au cours des deux années précédant la pandémie.
  - Exemples : ventes mondiales d’automobiles retrouvant leur niveau d’avant la pandémie en décembre 2020 après une chute de plus de 40 % jusqu’en avril.
  - Le secteur automobile a été à l’origine d’environ 35 % du rebond mondial de l’industrie manufacturière au second semestre de 2020 ; les équipements électriques y ont contribué pour près de 5 %.
  - La réorientation vers des biens durables a soutenu le redressement du commerce mondial ; les importations de biens de consommation des pays avancés ont représenté près d’un tiers de la reprise de la valeur des échanges commerciaux mondiaux (hors pétrole) au deuxième semestre de 2020.
  - Augmentation de la demande pour matériel électronique, plastique, caoutchouc et textile (équipements de protection) : ces secteurs sont à l’origine d’environ 10 % du rebond de l’industrie manufacturière.
- Limitations de la reprise :
  - Investissement privé (matériel) freiné par les incertitudes ; production de machines et autres biens d’équipement reste inférieure d’environ 6 % aux niveaux d’avant la pandémie (à l’exception du secteur aéronautique, inférieur de près de 20 %).
  - Reconstitution des stocks probablement plus lente qu’auparavant, le déstockage ayant été moins marqué pendant cette récession.
- Perspectives à court terme :
  - Indicateurs PMI de février montrent poursuite de l’expansion de l’industrie manufacturière, bien qu’à un rythme plus lent.
  - La normalisation des dépenses d’investissement mondiales est une source importante de demande pour l’industrie manufacturière.

### Catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques et changements climatiques
- Effets des catastrophes majeures :
  - Les catastrophes majeures liées aux conditions météorologiques entraînent des baisses considérables du PIB réel par habitant, de l’ordre de 1,2 point de pourcentage en moyenne.
  - Les effets sont plus marqués dans les zones où l’exposition et la vulnérabilité sont élevées, notamment dans les pays en développement à faible revenu et les petits pays insulaires.
- Risques climatiques :
  - Les changements climatiques et la hausse continue des températures risquent d’accroître la fréquence et l’intensité des catastrophes naturelles.
  - Sans mesures d’atténuation efficaces, l’augmentation des températures réduira le niveau de vie mondial d’au moins 5 à 10 % (par rapport à une stabilisation des températures aux niveaux actuels) d’ici la fin du siècle.
- Inégalités d’impact :
  - Les pays à faible revenu sont les plus exposés aux coûts et sont les plus limités dans leur capacité d’adaptation, malgré une contribution moindre aux émissions de gaz à effet de serre.
  - Les catastrophes naturelles graves et répétées ont des effets négatifs persistants.
- Observations empiriques citées :
  - Pour les catastrophes majeures du 5e centile supérieur, Felbermayr et Gröschl (2014) estiment que la croissance du PIB diminue de 0,46 point de pourcentage l’année du choc.
  - Strobel (2011) constate des réductions locales du taux de croissance du PIB par habitant de 0,45 point de pourcentage après l’arrivée d’un ouragan sur les comtés côtiers des États-Unis, sans effet à l’échelle nationale en raison de la compensation par les zones non touchées.

*Fonds monétaire international | Avril 2021*

### 2.  Nombre de catastrophes par groupes de pays

### 2.  Nombre de catastrophes par groupes de pays

### Métrique et méthodologie
- Période d’analyse : Moyenne annuelle sur 1980–2019, par million de km².
- Source des données : EM-DAT (Emergency Events Database) ; calculs des services du FMI.
- Note méthodologique :
  - Sur la plage 1, les barres d’erreur représentent des intervalles de confiance de 90 %.
  - Sur la plage 2, pour chaque année, le nombre de catastrophes est additionné, puis divisé par la surface terrestre totale du groupe de pays, puis rapporté à une moyenne annuelle.
  - Les petits pays sont définis comme des territoires dont la surface terrestre est inférieure à 30 000 km² (à titre d’exemple, celle d’Haïti est de 27 750 km²).
  - Abréviations : PA = pays avancés ; PE = pays émergents ; PFR = pays à faible revenu.

### Principales constatations empiriques et effets observés
- Exposition et vulnérabilité :
  - Les petits pays insulaires présentent une exposition élevée et enregistrent davantage de catastrophes signalées par kilomètre carré de superficie terrestre (graphique 1.2.1, plage 2).
  - Une diminution (non spécifiée ici dans sa variable exacte) observée pour les petits pays insulaires est respectivement de 1,6 et 1,8 point de pourcentage (graphique 1.2.1, plage 1).
- Effets macroéconomiques des catastrophes :
  - Les répercussions sur les pays avancés (PA) sont plus modérées, en partie parce qu’ils sont souvent mieux équipés pour faire face aux catastrophes naturelles.
  - Une reconstruction plus rapide et de meilleure qualité, ainsi que des dépenses publiques importantes pour financer l’aide, peuvent entraîner une augmentation de la production à la suite d’une catastrophe, du moins à court terme.
  - Les effets à moyen et long termes des catastrophes liées aux conditions météorologiques peuvent persister : par exemple, les cyclones tropicaux engendrent des préjudices qui ne sont pas compensés même 20 ans après le passage de la tempête.
  - Les événements météorologiques extrêmes touchent de manière disproportionnée la tranche la plus pauvre de la population et ont des effets intergénérationnels (santé compromise, moyens de subsistance détruits, interruption de la scolarisation).

### Mécanismes par lesquels les catastrophes réduisent la production
- La destruction du capital productif est identifiée comme le principal mécanisme par lequel les catastrophes réduisent la production.
- Détails supplémentaires :
  - Contrairement aux pertes de biens de consommation durables, les destructions de capital entraînent généralement une réduction du PIB.
  - Les dommages aux infrastructures publiques et aux services (eau, gaz, électricité) peuvent interrompre l’activité productive et perturber les chaînes d’approvisionnement.
  - Les efforts de reconstruction sont coûteux : redirection de ressources prévues pour d’autres activités, mauvaise allocation du capital et baisse de la productivité globale.
  - Une reconstruction bien menée peut réduire les conséquences des catastrophes pour la consommation, la production et les conditions de vie, et réduire la vulnérabilité aux chocs futurs.

### Spécification économétrique utilisée (résumé)
- Échantillon et période : 1980–2019.
- Équation (forme indiquée dans le texte) reliant la croissance du PIB réel par habitant à une variable indicatrice de catastrophe naturelle et à des contrôles :
  - La variable indicatrice de catastrophe naturelle, d_i,t, vaut 1 lorsque :
    - les dommages aux biens et au stock de capital en pourcentage du PIB de l’année précédente dépassent 10 %, ou
    - le nombre de personnes tuées ou sinistrées dépasse 10 % de la population (total de toutes les catastrophes dans un pays pour une année donnée) ;
    - d_i,t vaut 0 sinon.
  - Le vecteur de contrôle X_i,t comprend deux retards de la croissance et le logarithme du PIB par habitant en parités de pouvoir d’achat.
  - Des effets fixes de pays (α_i) et d’année (μ_t) sont inclus, avec erreurs-types regroupées au niveau du pays.

### Recommandations politiques (stratégie à trois volets)
- Renforcer la résilience structurelle :
  - Investir dans des infrastructures résistantes aux catastrophes.
  - Mettre en place des systèmes d’alerte rapide.
  - Appliquer plus rigoureusement les codes du bâtiment et les règles de zonage.
- Accroître la résilience financière :
  - Garantir l’accès à des lignes de crédit préventives préapprouvées.
  - Participer à des mécanismes d’assurance prévoyant une mise en commun des risques.
  - Inscrire au budget des réserves financières.
  - Améliorer la mesure de l’exposition et de la vulnérabilité aux aléas climatiques et la communication des données correspondantes.
- Renforcer la résilience sociale :
  - Améliorer la préparation aux catastrophes et les capacités de gestion de ces phénomènes pour limiter l’interruption des services publics essentiels.
  - Consolider les systèmes de protection sociale afin de réduire les répercussions sur les groupes les plus vulnérables.
  - Veiller à ce que l’aide internationale soit obtenue en temps voulu et ait une plus large portée.

*Source : ch1 - 2.  Nombre de catastrophes par groupes de pays — PDF (Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2021).*

### 1.  Prévalence de la sous-alimentation

### 1.  Prévalence de la sous-alimentation

### Qu’est-ce que l’(in)sécurité alimentaire ? — définitions et portée mesurable
- Sécurité alimentaire et nutritionnelle : situation où « toutes les personnes ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active (Comité de la sécurité alimentaire mondiale, 2012) ».
- Le dossier porte principalement sur deux aspects mesurables et économiquement pertinents :
  - l’apport calorique, mesuré par la « prévalence de la sous-alimentation » (part des ménages dont l’apport calorique est inférieur à un certain seuil) ;
  - la composition du régime alimentaire (mesurée par la contribution des céréales à l’apport calorique global et l’apport en protéines).

### Facteurs conjoncturels déterminant la prévalence de la sous-alimentation
- Quatre facteurs principaux retenus (Timmer, 2000) :
  - la croissance du PIB par habitant (revenu des ménages) ;
  - l’inflation des prix des denrées alimentaires (offre alimentaire et facteurs externes) ;
  - la situation initiale ;
  - les transferts sociaux (protection publique des groupes vulnérables).
- Effets estimés et constatations empiriques :
  - Une augmentation de 1 point de pourcentage de la croissance du PIB fait baisser la sous-alimentation de 0,95 %.
  - L’élasticité de la sous-alimentation à la croissance du PIB devient plus forte dans les pays pauvres et disparaît dans les pays à revenu élevé.
  - Des inégalités plus marquées réduisent cette élasticité, suggérant que l’inclusivité de la croissance se détériore lors des ralentissements.
  - Une augmentation type de 2 points de pourcentage de l’inflation des prix des denrées alimentaires entraîne généralement une progression de la sous-alimentation de 0,24 %.
  - La protection sociale atténue les effets des chocs sur les revenus et les prix alimentaires et a un effet direct positif sur la réduction de la sous-alimentation.
  - Convergence lente : environ 0,4 point de pourcentage par an pour un pays à faible revenu type qui commence avec une part de 20 % de la population sous-alimentée.
- Composition du régime alimentaire comme marge d’ajustement :
  - Face à une baisse des revenus, les ménages augmentent généralement la consommation de céréales et diminuent celle de protéines (les céréales étant moins chères que les protéines animales).
  - Ces changements sont perçus par les populations de revenu intermédiaire de la tranche inférieure comme une forme de paupérisation, facteur important de tensions sociales.

### Facteurs déterminants de l’inflation des prix des denrées alimentaires — résultats économétriques (échantillon : 121 pays, 2001–18)
- Variables prises en compte : inflation des prix alimentaires mondiaux, appréciation du taux de change par rapport au dollar américain, inflation globale tendancielle, chocs sur l’approvisionnement alimentaire.
- Transmission des prix internationaux vers l’indice des prix à la consommation alimentaire national :
  - environ 0,26 pour les pays à revenu faible ou intermédiaire ;
  - 0,14 pour les pays à revenu élevé.
- Répercussion des variations des taux de change sur les prix alimentaires :
  - 0,23 pour les pays à revenu faible ou intermédiaire ;
  - 0,08 pour les pays à revenu élevé.
- Effet des chocs d’offre nationaux et régionaux :
  - Un choc type sur la production alimentaire nationale fait augmenter le taux d’inflation des prix alimentaires d’environ 0,3 point de pourcentage.
  - Le même choc à l’échelle régionale fait croître ce taux de 0,7 point de pourcentage.
- Autres observations :
  - La transmission transfrontalière des variations des prix internationaux est souvent restreinte par les taxes, les subventions, les contrôles des prix, la faible intégration des marchés et les coûts de distribution locaux.
  - Les pays où la surface arable est faible subissent généralement des chocs relativement plus forts.
  - Une forte dépendance aux importations tend à atténuer les effets des chocs de la production alimentaire nationale sur les prix intérieurs.
  - Les chocs sur la production alimentaire nationale ont une faible corrélation avec ceux d’autres pays, et particulièrement avec les chocs sur la production alimentaire mondiale, ce qui suggère que l’intégration du commerce alimentaire au-delà de la région peut améliorer la résilience.

### Hétérogénéité par niveau de revenu et inclusion sociale
- Sensibilité particulièrement forte de l’inflation alimentaire dans les pays où le revenu par habitant se situe entre 10 000 et 20 000 dollars (en dollars de 2017 ajustés en fonction des parités de pouvoir d’achat), en partie parce que le poids de l’alimentation dans l’indice des prix à la consommation y est généralement élevé.
- L’effet protecteur des transferts sociaux et de l’inclusion :
  - La protection sociale constitue un bouclier précieux contre les chocs sur les revenus et les prix des produits alimentaires.
  - Les transferts sociaux ont un effet direct positif sur la réduction de la sous-alimentation.
  - L’élasticité de la croissance sur la réduction de la sous-alimentation varie selon les stades de développement et les indicateurs d’inclusion (part de revenu des 20 % inférieurs, prestations sociales en pourcentage du PIB, PIB par habitant).

_Source : ch1 - 1.  Prévalence de la sous-alimentation (PDF chapter) — Fonds monétaire international, Avril 2021._

### Conclusions

### Conclusions

### Impact principal et constat central
- Le revenu est le principal facteur déterminant de l’(in)sécurité alimentaire dans les pays à faible revenu et dans certains pays émergents.
- La pandémie de COVID-19 risque de retarder la démarche visant à ramener à zéro le nombre de personnes sous-alimentées d’ici à 2030.

### Effets quantifiés de la pandémie et des évolutions des prix en 2020
- En l’absence d’intervention des pouvoirs publics, la baisse des revenus en 2020 entraînerait une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim de 62 millions.
- En l’absence d’intervention des pouvoirs publics, la hausse des prix des denrées alimentaires en 2020 entraînerait une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim de 4 millions.

### Résultats empiriques sur les chocs d’offre alimentaire
- Corrélations entre les chocs sur l’offre alimentaire (Tableau 1.DS.2) :
  - Intérieur : 1,00
  - Reste de la région : 0,20 et 1,00 (matrice présentée dans l’ordre Intérieur / Reste de la région / Reste du monde)
  - Reste du monde : 0,00, 0,02 et 1,00
- Incidence des chocs de l’offre alimentaire sur l’inflation des denrées alimentaires (Tableau 1.DS.1) :
  - Intérieur
    - Élasticité de l’inflation alimentaire –0,02
    - Choc sur l’offre –16,34
    - Incidence sur l’inflation alimentaire 0,28
  - Régional
    - Élasticité de l’inflation alimentaire –0,13
    - Choc sur l’offre –5,84
    - Incidence sur l’inflation alimentaire 0,73
  - Monde
    - Élasticité de l’inflation alimentaire –0,15
    - Choc sur l’offre –2,06
    - Incidence sur l’inflation alimentaire 0,31
- Les pays à faible surface cultivée subissent des chocs sur la production plus forts (Graphique 1.DS.6; relation représentée par une fonction linéaire des valeurs ajustées avec un intervalle de confiance de 95 %).

### Analyse et interprétation
- Les chocs intérieurs de production alimentaire ont des corrélations faibles à modérées avec les chocs régionaux et mondiaux, ce qui implique que les perturbations nationales peuvent être largement idiosyncratiques.
- La transmission d’un choc d’offre à l’inflation alimentaire dépend fortement du niveau d’agrégation : un choc régional peut avoir une incidence plus forte sur l’inflation locale que ne le suggèrerait le seul choc mondial, en raison des élasticités différentes.

### Recommandations de politique publique
- Renforcer les dispositifs de protection des groupes les plus vulnérables pour contrer l’impact sur l’insécurité alimentaire lié à la baisse des revenus.
- Atténuer le risque de flambée des prix des denrées alimentaires en garantissant le bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement alimentaires.
- Permettre aux petits producteurs de produits alimentaires de tirer parti des marchés alimentaires internationaux pour atténuer les répercussions des chocs de production intérieure sur les prix alimentaires locaux.
- Maintenir les marchés alimentaires internationaux ouverts et encourager les pays exportateurs de denrées alimentaires à éviter d’instaurer des restrictions à l’exportation qui exacerbent les effets des chocs de production sur les prix mondiaux et sapent la confiance dans les marchés alimentaires internationaux.
- Étant donné que le commerce ne permet pas de se prémunir contre les chocs sur l’offre alimentaire mondiale, prendre de nouvelles mesures pour :
  - favoriser la constitution de réserves alimentaires stratégiques suffisantes au niveau régional;
  - encourager le développement et la mise en place de cultures et de méthodes de production plus résilientes face aux changements climatiques.

*Fonds monétaire international, Chapitre 1 — Conclusions (Avril 2021).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2021/april/french/ch1.pdf_
