## AVANT-PROPOS / foreword

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### Bilan et contexte
- Une année s’est écoulée depuis que la pandémie mondiale de COVID-19 a été déclarée, marquée par de terribles pertes en termes de vies humaines et de moyens de subsistance.
- Les milieux scientifiques disposent de plusieurs vaccins capables de réduire la gravité et la fréquence des infections.
- L’adaptation à la vie en temps de pandémie a permis à l’économie mondiale d’afficher de bons résultats malgré une mobilité globalement atone et a provoqué un rebond plus fort que prévu, en moyenne, dans toutes les régions.
- D’après les estimations du rapport, le grave effondrement de l’année dernière aurait pu être trois fois plus important si les autorités n’avaient pas pris rapidement des mesures de soutien dans le monde entier.

### Perspectives de croissance mondiale
- Après une contraction estimée à 3,3 % en 2020, l’économie mondiale devrait connaître:
  - une croissance de 6 % en 2021;
  - une croissance de 4,4 % en 2022.
- Les projections pour 2021 et 2022 sont supérieures aux prévisions d’octobre 2020 des PEM, respectivement de 0,8 point de pourcentage et 0,2 point de pourcentage.
- À moyen terme, la croissance devrait ralentir et être ramenée à 3,3 % sous l’effet de la dégradation prévue du potentiel de l’offre et de forces antérieures à la pandémie.

### Trajectoires divergentes et pertes cumulées
- Des reprises à plusieurs vitesses sont engagées selon les pays et les catégories de revenu, liées à:
  - différences dans le rythme de déploiement des vaccins;
  - ampleur des mesures de soutien économique;
  - facteurs structurels (par exemple la dépendance au tourisme).
- Exemples de trajectoires:
  - Parmi les pays avancés, les États-Unis devraient dépasser le niveau de PIB d’avant la pandémie, tandis que beaucoup d’autres pays avancés ne retrouveront leur niveau pré-COVID qu’en 2022.
  - Parmi les pays émergents et les pays en développement, la Chine avait déjà retrouvé son PIB d’avant la pandémie en 2020, mais beaucoup d’autres pays ne devraient pas y parvenir avant le courant de 2023.
- Pertes de production cumulées de 2020 à 2022, par rapport aux projections antérieures à la pandémie:
  - l’équivalent de 20 % du PIB par habitant de 2019 dans les pays émergents et les pays en développement (hors Chine);
  - 11 % dans les pays avancés.

### Conséquences sociales et inégalités
- Progrès dans la réduction de la pauvreté réduits à néant:
  - On estime que depuis la pandémie, 95 millions de personnes de plus sont passées sous le seuil d’extrême pauvreté en 2020.
  - 80 millions de personnes de plus sont sous-alimentées.
- Les inégalités de revenu au sein des pays vont sans doute se creuser:
  - Les travailleurs jeunes et ceux relativement moins qualifiés sont plus durement frappés, dans les pays avancés comme dans les pays émergents et en développement.
  - Dans les pays en développement, le taux d’emploi des femmes reste inférieur à celui des hommes, ce qui exacerbe ces disparités.
  - L’emploi a davantage reculé dans les secteurs à plus forte concentration de travailleurs jeunes ou peu qualifiés et dans les secteurs les plus exposés à l’automatisation.
- Pertes d’apprentissage:
  - Elles ont été plus marquées dans les pays à faible revenu et les pays en développement, en particulier pour les filles et les élèves de ménages à faible revenu, risquant d’aggraver les inégalités de revenus futures.

### Incertitudes et risques
- Principale incertitude: l’issue de la course entre le virus et les vaccins.
  - Des progrès accrus des vaccinations peuvent améliorer les perspectives.
  - L’arrivée de nouveaux variants résistants aux vaccins pourrait fortement dégrader les perspectives.
- Risques financiers et de contagion:
  - Hausse des taux d’intérêt à long terme observée récemment, en partie liée aux anticipations de normalisation de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.
  - Si les hausses reflètent des anticipations d’une croissance plus forte et se font de façon ordonnée, elles ne devraient pas poser de difficultés majeures.
  - Si elles traduisent le sentiment d’un durcissement monétaire brusque, les pays émergents et les pays en développement, en particulier les pays très endettés avec de gros besoins de financement, pourraient subir des retombées négatives.

### Recommandations de politique (approche générale et priorités)
- Résoudre la crise sanitaire partout dans le monde: priorité absolue.
- Pendant la pandémie:
  - privilégier les dépenses consacrées aux soins de santé (production et distribution de vaccins, traitements, infrastructures sanitaires);
  - apporter une aide budgétaire bien ciblée aux entreprises et aux ménages touchés.
- À mesure que la reprise progresse:
  - réduire progressivement l’aide ciblée pour éviter de brusques revirements;
  - reconvertir et recycler les travailleurs tout en apportant une aide au revenu en fonction des besoins;
  - élargir les subventions à l’embauche pour favoriser la création d’emplois;
  - mettre en place des procédures de faillite accélérées et simplifiées pour faciliter les réaffectations.
- Éducation: consacrer des moyens pour remédier aux pertes d’apprentissage (par exemple en augmentant les dépenses en faveur de l’éducation).
- Après la crise sanitaire: bâtir des économies résilientes, inclusives et plus respectueuses de l’environnement en priorisant:
  - investissements dans des infrastructures vertes pour atténuer les changements climatiques;
  - renforcement de l’assistance et de l’assurance sociales;
  - initiatives pour accroître la capacité de production et s’adapter à la transition numérique;
  - résolution des situations de surendettement.
- Pour les pays à espace budgétaire restreint:
  - améliorer l’administration des recettes;
  - instaurer une plus grande progressivité de l’impôt;
  - réorienter les dépenses vers la santé, la protection sociale et les infrastructures;
  - ancrer les mesures dans des cadres crédibles à moyen terme et respecter les normes strictes de transparence de la dette.
- Coopération internationale:
  - généraliser les vaccinations dans le monde entier;
  - résorber les goulets d’étranglement au niveau de la production de vaccins, accélérer la production, assurer un accès universel (y compris financement du dispositif COVAX) et éviter les contrôles à l’exportation;
  - assurer un accès suffisant aux liquidités internationales et des orientations précises des grandes banques centrales;
  - prolonger l’interruption temporaire du remboursement de la dette au titre de l’initiative de suspension du service de la dette et mettre en œuvre le cadre commun du G20 pour une restructuration ordonnée de la dette;
  - envisager une nouvelle allocation des droits de tirage spéciaux du FMI et le recours préventif aux lignes de précaution du FMI (ligne de crédit modulable, facilité de décaissement à court terme);
  - progresser sur la résolution des tensions commerciales et technologiques, l’atténuation des changements climatiques, la modernisation de la fiscalité internationale des entreprises et la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales.
- Appel à un effort multilatéral ambitieux, en complément de l’aide apportée par le FMI à 85 pays durant la pandémie, pour éviter un creusement marqué des écarts de niveau de vie entre les pays.

### Aperçu des aléas et principe de prudence
- Les aléas influant sur les perspectives semblent équilibrés à court terme, mais propices à une révision à la hausse ensuite.
- Étant donné cette grande incertitude qui entoure les perspectives, les décideurs devraient privilégier des mesures qui seraient prudentes quelle que soit la situation dans le monde.

### Mesures prioritaires de politique sociale et sanitaire
- Renforcer la protection sociale en assouplissant les conditions d’admissibilité à l’assurance chômage de façon à inclure les travailleurs indépendants et les travailleurs de l’économie informelle (voir le chapitre 2 des PEM d’avril 2020).
- Consacrer des moyens suffisants aux soins de santé, aux programmes de développement de la petite enfance, à l’éducation et à la formation professionnelle.
- Investir dans les infrastructures vertes pour accélérer la transition vers une économie moins tributaire du carbone.

### Adaptation des mesures de soutien et gestion budgétaire
- Se préparer à adapter les mesures de soutien en faisant preuve de souplesse, en remplaçant par exemple les dispositifs d’urgence par une réaffectation des dépenses à mesure que la pandémie évolue, tout en préservant les dépenses sociales et en évitant de maintenir des dépenses inefficientes.
- Inscrire l’aide à court terme dans des cadres crédibles à moyen terme (voir l’édition d’avril 2021 du Fiscal Monitor (Moniteur des finances publiques)).
- Là où une dette élevée limite la marge de manœuvre, chercher à en créer en :
  - augmentant les recettes (réduction des allégements fiscaux, amélioration de la couverture des registres et adoption de taxes sur la valeur ajoutée bien conçues),
  - rendant l’imposition plus progressive,
  - réduisant les subventions inutiles.

### Priorités selon le stade de la pandémie et de la reprise
- Les facteurs déterminant l’orientation à donner à la politique économique varient selon les pays, en particulier en fonction des progrès réalisés vers le retour à la normale.
- Tant que la pandémie se poursuit :
  - viser à sortir de la crise,
  - privilégier les dépenses de santé,
  - fournir une aide budgétaire bien ciblée,
  - maintenir une politique monétaire accommodante tout en surveillant les risques sur la stabilité financière.
- À mesure que la reprise progressera :
  - limiter les séquelles économiques à long terme en stimulant la capacité de production (par des investissements publics par exemple),
  - inciter à allouer les ressources productives de façon efficiente.
- Éviter des revirements brusques lors de la réduction de l’aide ; par exemple :
  - diminuer progressivement la part des salaires prise en charge par l’État dans le cadre de programmes de chômage technique et de chômage temporaire,
  - augmenter les subventions à l’emploi afin d’aider les travailleurs à se reconvertir en fonction des besoins.

### Défis structurels et communication des banques centrales
- Ne pas négliger les défis à long terme : stimuler la productivité, améliorer les cadres de politique économique et lutter contre les changements climatiques.
- Le rythme différent de la reprise selon les pays pourrait amener à prendre des orientations divergentes, en particulier si les pays avancés bénéficient avant les autres d’une vaste couverture vaccinale.
- Il est particulièrement essentiel que les banques centrales des pays avancés adoptent un cadrage prospectif précis et communiquent clairement, sans se contenter de calibrer la politique monétaire accommodante qui convient au niveau national.
- Ces décisions auront des conséquences sur les conditions de financement extérieur des pays émergents et sur les effets de politiques divergentes sur les flux de capitaux (chapitre 4).

### Coopération internationale requise
- Assurer que la production mondiale de vaccins soit adéquate et que les vaccins soient universellement distribués à des prix abordables, notamment par un financement suffisant du dispositif COVAX, afin que tous les pays puissent rapidement et résolument vaincre la pandémie.
- Agir de concert pour veiller à ce que les pays en difficulté financière aient un accès suffisant aux liquidités internationales pour maintenir les dépenses consacrées à la santé, à d’autres secteurs sociaux et aux infrastructures nécessaires au développement et à la convergence du revenu par habitant.
- Collaborer étroitement pour atténuer les changements climatiques.
- Renforcer la coopération multilatérale pour résoudre les questions économiques au cœur des tensions commerciales et technologiques et pour combler les lacunes du système commercial multilatéral fondé sur des règles.
- Poursuivre les efforts, en tirant parti des progrès récents en matière de fiscalité internationale, pour limiter le transfert de bénéfices entre pays, ainsi que l’évasion et la fraude fiscales.

*Fonds monétaire international | Avril 2021 — AVANT-PROPOS (foreword - Section 1).*

### Section 1

### AVANT-PROPOS

### Bilan et contexte
- Une année s’est écoulée depuis que la pandémie mondiale de COVID-19 a été déclarée, marquée par de terribles pertes en termes de vies humaines et de moyens de subsistance.
- Les milieux scientifiques disposent de plusieurs vaccins capables de réduire la gravité et la fréquence des infections.
- L’adaptation à la vie en temps de pandémie a permis à l’économie mondiale d’afficher de bons résultats malgré une mobilité globalement atone et a provoqué un rebond plus fort que prévu, en moyenne, dans toutes les régions.
- D’après les estimations du rapport, le grave effondrement de l’année dernière aurait pu être trois fois plus important si les autorités n’avaient pas pris rapidement des mesures de soutien dans le monde entier.

### Perspectives de croissance mondiale
- Après une contraction estimée à 3,3 % en 2020, l’économie mondiale devrait connaître:
  - une croissance de 6 % en 2021;
  - une croissance de 4,4 % en 2022.
- Les projections pour 2021 et 2022 sont supérieures aux prévisions d’octobre 2020 des PEM, respectivement de 0,8 point de pourcentage et 0,2 point de pourcentage.
- À moyen terme, la croissance devrait ralentir et être ramenée à 3,3 % sous l’effet de la dégradation prévue du potentiel de l’offre et de forces antérieures à la pandémie.

### Trajectoires divergentes et pertes cumulées
- Des reprises à plusieurs vitesses sont engagées selon les pays et les catégories de revenu, liées à:
  - différences dans le rythme de déploiement des vaccins;
  - ampleur des mesures de soutien économique;
  - facteurs structurels (par exemple la dépendance au tourisme).
- Exemples de trajectoires:
  - Parmi les pays avancés, les États-Unis devraient dépasser le niveau de PIB d’avant la pandémie, tandis que beaucoup d’autres pays avancés ne retrouveront leur niveau pré-COVID qu’en 2022.
  - Parmi les pays émergents et les pays en développement, la Chine avait déjà retrouvé son PIB d’avant la pandémie en 2020, mais beaucoup d’autres pays ne devraient pas y parvenir avant le courant de 2023.
- Pertes de production cumulées de 2020 à 2022, par rapport aux projections antérieures à la pandémie:
  - l’équivalent de 20 % du PIB par habitant de 2019 dans les pays émergents et les pays en développement (hors Chine);
  - 11 % dans les pays avancés.

### Conséquences sociales et inégalités
- Progrès dans la réduction de la pauvreté réduits à néant:
  - On estime que depuis la pandémie, 95 millions de personnes de plus sont passées sous le seuil d’extrême pauvreté en 2020.
  - 80 millions de personnes de plus sont sous-alimentées.
- Les inégalités de revenu au sein des pays vont sans doute se creuser:
  - Les travailleurs jeunes et ceux relativement moins qualifiés sont plus durement frappés, dans les pays avancés comme dans les pays émergents et en développement.
  - Dans les pays en développement, le taux d’emploi des femmes reste inférieur à celui des hommes, ce qui exacerbe ces disparités.
  - L’emploi a davantage reculé dans les secteurs à plus forte concentration de travailleurs jeunes ou peu qualifiés et dans les secteurs les plus exposés à l’automatisation.
- Pertes d’apprentissage:
  - Elles ont été plus marquées dans les pays à faible revenu et les pays en développement, en particulier pour les filles et les élèves de ménages à faible revenu, risquant d’aggraver les inégalités de revenus futures.

### Incertitudes et risques
- Principale incertitude: l’issue de la course entre le virus et les vaccins.
  - Des progrès accrus des vaccinations peuvent améliorer les perspectives.
  - L’arrivée de nouveaux variants résistants aux vaccins pourrait fortement dégrader les perspectives.
- Risques financiers et de contagion:
  - Hausse des taux d’intérêt à long terme observée récemment, en partie liée aux anticipations de normalisation de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.
  - Si les hausses reflètent des anticipations d’une croissance plus forte et se font de façon ordonnée, elles ne devraient pas poser de difficultés majeures.
  - Si elles traduisent le sentiment d’un durcissement monétaire brusque, les pays émergents et les pays en développement, en particulier les pays très endettés avec de gros besoins de financement, pourraient subir des retombées négatives.

### Recommandations de politique (approche générale et priorités)
- Résoudre la crise sanitaire partout dans le monde: priorité absolue.
- Pendant la pandémie:
  - privilégier les dépenses consacrées aux soins de santé (production et distribution de vaccins, traitements, infrastructures sanitaires);
  - apporter une aide budgétaire bien ciblée aux entreprises et aux ménages touchés.
- À mesure que la reprise progresse:
  - réduire progressivement l’aide ciblée pour éviter de brusques revirements;
  - reconvertir et recycler les travailleurs tout en apportant une aide au revenu en fonction des besoins;
  - élargir les subventions à l’embauche pour favoriser la création d’emplois;
  - mettre en place des procédures de faillite accélérées et simplifiées pour faciliter les réaffectations.
- Éducation: consacrer des moyens pour remédier aux pertes d’apprentissage (par exemple en augmentant les dépenses en faveur de l’éducation).
- Après la crise sanitaire: bâtir des économies résilientes, inclusives et plus respectueuses de l’environnement en priorisant:
  - investissements dans des infrastructures vertes pour atténuer les changements climatiques;
  - renforcement de l’assistance et de l’assurance sociales;
  - initiatives pour accroître la capacité de production et s’adapter à la transition numérique;
  - résolution des situations de surendettement.
- Pour les pays à espace budgétaire restreint:
  - améliorer l’administration des recettes;
  - instaurer une plus grande progressivité de l’impôt;
  - réorienter les dépenses vers la santé, la protection sociale et les infrastructures;
  - ancrer les mesures dans des cadres crédibles à moyen terme et respecter les normes strictes de transparence de la dette.
- Coopération internationale:
  - généraliser les vaccinations dans le monde entier;
  - résorber les goulets d’étranglement au niveau de la production de vaccins, accélérer la production, assurer un accès universel (y compris financement du dispositif COVAX) et éviter les contrôles à l’exportation;
  - assurer un accès suffisant aux liquidités internationales et des orientations précises des grandes banques centrales;
  - prolonger l’interruption temporaire du remboursement de la dette au titre de l’initiative de suspension du service de la dette et mettre en œuvre le cadre commun du G20 pour une restructuration ordonnée de la dette;
  - envisager une nouvelle allocation des droits de tirage spéciaux du FMI et le recours préventif aux lignes de précaution du FMI (ligne de crédit modulable, facilité de décaissement à court terme);
  - progresser sur la résolution des tensions commerciales et technologiques, l’atténuation des changements climatiques, la modernisation de la fiscalité internationale des entreprises et la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales.
- Appel à un effort multilatéral ambitieux, en complément de l’aide apportée par le FMI à 85 pays durant la pandémie, pour éviter un creusement marqué des écarts de niveau de vie entre les pays.

*Fonds monétaire international | Avril 2021 — AVANT-PROPOS (foreword - Section 1).*

### Section 2

### foreword - Section 2

### Aperçu des aléas et principe de prudence
- Les aléas influant sur les perspectives semblent équilibrés à court terme, mais propices à une révision à la hausse ensuite.
- Étant donné cette grande incertitude qui entoure les perspectives, les décideurs devraient privilégier des mesures qui seraient prudentes quelle que soit la situation dans le monde.

### Mesures prioritaires de politique sociale et sanitaire
- Renforcer la protection sociale en assouplissant les conditions d’admissibilité à l’assurance chômage de façon à inclure les travailleurs indépendants et les travailleurs de l’économie informelle (voir le chapitre 2 des PEM d’avril 2020).
- Consacrer des moyens suffisants aux soins de santé, aux programmes de développement de la petite enfance, à l’éducation et à la formation professionnelle.
- Investir dans les infrastructures vertes pour accélérer la transition vers une économie moins tributaire du carbone.

### Adaptation des mesures de soutien et gestion budgétaire
- Se préparer à adapter les mesures de soutien en faisant preuve de souplesse, en remplaçant par exemple les dispositifs d’urgence par une réaffectation des dépenses à mesure que la pandémie évolue, tout en préservant les dépenses sociales et en évitant de maintenir des dépenses inefficientes.
- Inscrire l’aide à court terme dans des cadres crédibles à moyen terme (voir l’édition d’avril 2021 du Fiscal Monitor (Moniteur des finances publiques)).
- Là où une dette élevée limite la marge de manœuvre, chercher à en créer en :
  - augmentant les recettes (réduction des allégements fiscaux, amélioration de la couverture des registres et adoption de taxes sur la valeur ajoutée bien conçues),
  - rendant l’imposition plus progressive,
  - réduisant les subventions inutiles.

### Priorités selon le stade de la pandémie et de la reprise
- Les facteurs déterminant l’orientation à donner à la politique économique varient selon les pays, en particulier en fonction des progrès réalisés vers le retour à la normale.
- Tant que la pandémie se poursuit :
  - viser à sortir de la crise,
  - privilégier les dépenses de santé,
  - fournir une aide budgétaire bien ciblée,
  - maintenir une politique monétaire accommodante tout en surveillant les risques sur la stabilité financière.
- À mesure que la reprise progressera :
  - limiter les séquelles économiques à long terme en stimulant la capacité de production (par des investissements publics par exemple),
  - inciter à allouer les ressources productives de façon efficiente.
- Éviter des revirements brusques lors de la réduction de l’aide ; par exemple :
  - diminuer progressivement la part des salaires prise en charge par l’État dans le cadre de programmes de chômage technique et de chômage temporaire,
  - augmenter les subventions à l’emploi afin d’aider les travailleurs à se reconvertir en fonction des besoins.

### Défis structurels et communication des banques centrales
- Ne pas négliger les défis à long terme : stimuler la productivité, améliorer les cadres de politique économique et lutter contre les changements climatiques.
- Le rythme différent de la reprise selon les pays pourrait amener à prendre des orientations divergentes, en particulier si les pays avancés bénéficient avant les autres d’une vaste couverture vaccinale.
- Il est particulièrement essentiel que les banques centrales des pays avancés adoptent un cadrage prospectif précis et communiquent clairement, sans se contenter de calibrer la politique monétaire accommodante qui convient au niveau national.
- Ces décisions auront des conséquences sur les conditions de financement extérieur des pays émergents et sur les effets de politiques divergentes sur les flux de capitaux (chapitre 4).

### Coopération internationale requise
- Assurer que la production mondiale de vaccins soit adéquate et que les vaccins soient universellement distribués à des prix abordables, notamment par un financement suffisant du dispositif COVAX, afin que tous les pays puissent rapidement et résolument vaincre la pandémie.
- Agir de concert pour veiller à ce que les pays en difficulté financière aient un accès suffisant aux liquidités internationales pour maintenir les dépenses consacrées à la santé, à d’autres secteurs sociaux et aux infrastructures nécessaires au développement et à la convergence du revenu par habitant.
- Collaborer étroitement pour atténuer les changements climatiques.
- Renforcer la coopération multilatérale pour résoudre les questions économiques au cœur des tensions commerciales et technologiques et pour combler les lacunes du système commercial multilatéral fondé sur des règles.
- Poursuivre les efforts, en tirant parti des progrès récents en matière de fiscalité internationale, pour limiter le transfert de bénéfices entre pays, ainsi que l’évasion et la fraude fiscales.

*Fonds monétaire international | Avril 2021                         v*

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