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### Introduction et contexte de la crise
- La pandémie de COVID-19 a provoqué une contraction mondiale soudaine et profonde : la production mondiale a diminué environ trois fois plus que durant la crise financière mondiale en deux fois moins de temps.
- Répartition sectorielle du choc (classification en quatre groupes selon l’intensité des contacts interpersonnels) :
  - Secteurs à contacts interpersonnels fréquents, fortement touchés : services d’hébergement et de restauration, arts, spectacles, commerce de détail, transports.
  - Secteurs à contacts fréquents, moins touchés : construction, administration publique, éducation, soins de santé.
  - Services à contacts limités : information et communication, finance et assurance, immobilier, activités professionnelles et scientifiques.
  - Autres secteurs à contacts limités : agriculture, industrie manufacturière, exploitation minière, services publics.
- Principaux constats :
  - Les séquelles attendues sont considérables mais moins prononcées que celles de la crise financière mondiale.
  - La productivité est identifiée comme un vecteur particulièrement important de pertes durables (pertes persistantes de la productivité totale des facteurs).
  - Production mondiale attendue inférieure d’environ 3 % en 2024 par rapport aux prévisions d’avant la pandémie.

### Perspectives macroéconomiques clés et chiffres
- Croissance mondiale : –3,3 en 2020 ; 6 en 2021 ; 4,4 en 2022. Après 2022, rythme attendu : 3,3 %.
- Pays avancés : –4,7 en 2020 ; 5,1 en 2021 ; 3,6 en 2022.
- États‑Unis : –3,5 en 2020 ; 6,4 en 2021 ; 3,5 en 2022.
- Zone euro : –6,6 en 2020 ; 4,4 en 2021 ; 3,8 en 2022.
- Chine : 2,3 en 2020 ; 8,4 en 2021 ; 5,6 en 2022.
- Inde : –8,0 en 2020 ; 12,5 en 2021 ; 6,9 en 2022.
- Amérique latine et Caraïbes : –7,0 en 2020 ; 4,6 en 2021 ; 3,1 en 2022.
- Volume du commerce mondial (biens et services) : –8,5 en 2020 ; 8,4 en 2021 ; 6,5 en 2022.
- Pétrole (cours, en dollars) : –32,7 en 2020 ; 41,7 en 2021 ; –6,3 en 2022.
- Prix à la consommation, pays avancés : 0,7 en 2020 ; 1,6 en 2021 ; 1,7 en 2022.
- Prix à la consommation, pays émergents et pays en développement : 5,1 en 2020 ; 4,9 en 2021 ; 4,4 en 2022.

### Scénarios pandémiques et implications économiques
- Scénario de référence :
  - Distribution échelonnée et inégale des vaccins ; calendrier implicite : pays avancés et certains émergents disposeront de vaccins en grande quantité à l’été 2021, la plupart des pays d’ici le deuxième semestre 2022.
  - Hypothèse clé : tous les pays disposeront de vaccins et de divers traitements à des prix abordables.
- Scénario favorable :
  - Distribution ~10 % plus rapide que dans le scénario de référence ; vaccins empêchent les infections dues aux variants ; production mondiale proche de 1 % au‑dessus du niveau de référence en fin de période.
- Scénario défavorable :
  - Délai d’immunité collective prolongé (~six mois pour pays avancés, neuf mois pour pays émergents/pays en développement) ; croissance mondiale ralentie d’environ 1½ point de pourcentage en 2021 et d’un point de pourcentage supplémentaire en 2022 ; effet cumulé : production inférieure d’environ 1½ % au scénario de référence à la fin de la période.

### Emploi, marchés du travail et redéploiement
- Sous‑utilisation des capacités et participation :
  - Taux de participation mesurés pour 15–64 ans ; séries trimestrielles corrigées.
  - Scénario de référence suppose une politique monétaire globalement accommodante et conditions financières globalement favorables.
- Impacts sur l’emploi :
  - Hausse du chômage et du sous‑emploi d’environ « 1½ point de pourcentage » par rapport à la moyenne pré‑pandémie dans les pays avancés et les pays émergents et en développement.
  - Les jeunes, les travailleurs peu qualifiés et les femmes sont les plus touchés.
  - Les politiques de maintien dans l’emploi (subventions salariales, chômage partiel) réduisent la probabilité moyenne de cessation d’emploi ; les politiques de redéploiement augmentent la probabilité d’accès à l’emploi et de changements de profession.
- Résultats tirés du modèle d’appariement :
  - Pour un choc hybride (composante permanente), l’aide au maintien dans l’emploi réduit le chômage d’environ 4½ points de pourcentage par rapport au scénario sans intervention ; l’aide au redéploiement réduit le chômage d’environ ¼ de point de pourcentage.
  - Série de mesures (maintien puis redéploiement) : combine bénéfices à court terme et gains à moyen terme, réduisant davantage le chômage que chaque mesure isolée.
- Changements de profession et revenu :
  - Pour un travailleur qui retrouve un emploi après une période de chômage d’un an, l’incidence d’un changement de profession est près de 50 % et la perte moyenne de revenu est d’environ 15 %.

### Pertes d’apprentissage et capital humain
- Fermetures d’écoles : 1,6 milliard d’élèves dans 180 pays au plus fort de la pandémie.
- Moyenne de jours d’enseignement manqués en 2020 : 49 jours (≈ un quart d’une année scolaire).
  - Pays en développement à faible revenu : 69 days.
  - Pays émergents : 46 days.
  - Pays avancés : 15 days.
- Estimations des pertes de revenus liées aux pertes d’apprentissage :
  - Baisse de revenus par année de scolarité perdue : fourchette 9 à 12 percent.
  - Estimation agrégée : 10 000 milliards de dollars de perte de revenus du travail sur une durée de vie pour la cohorte concernée (soit 8 percent du PIB mondial en 2017) sans mesures correctrices.
  - Hanushek et Woessmann (2020) : perte d’une demi‑année scolaire → baisse du PIB annuel de 2,2 percent jusqu’à la fin du siècle.

### Secteurs, contagion intersectorielle et pertes à moyen terme
- Effets propres et effets de contagion :
  - Pour un choc de productivité, les effets de contagion totaux sont presque le double des effets propres en moyenne.
  - Les effets de contagion persistent jusqu’à cinq ans pour les chocs de productivité et jusqu’à quatre ans pour les chocs sur les dépenses publiques.
  - En moyenne, un secteur ne se remet pas d’un choc négatif classique sur sa productivité : la part du secteur dans la VAB reste inférieure de 5 % jusqu’à cinq ans après le choc.
- Secteur hôtellerie et restauration :
  - Choc moyen : 25 percent de la valeur ajoutée avant la COVID‑19 (hétérogénéité : <10 percent en Turquie, jusqu’à 60 percent au Samoa).
  - Aux États‑Unis : emploi dans le secteur chuté de près de 40 percent entre février et mai 2020, contre 13 percent dans l’ensemble de l’économie.
  - Le PIB mondial devrait être inférieur d’environ 3 % (par rapport aux projections prépandémiques) à l’horizon de moyen terme ; la crise financière mondiale avait causé presque 10 % de dommages durables sur une période comparable.

### Risques macrofinanciers et prix des actifs
- Risques identifiés :
  - Résurgence de la pandémie, variants résistants aux vaccins, retards de production/distribution des vaccins.
  - Resserrement des conditions financières par réévaluation des fondamentaux, hausse des rendements souverains, réappréciation du risque d’inflation → chute brusque des prix des actifs risqués, volatilité, pertes dans établissements financiers non bancaires.
  - Séquelles prolongées : faillites, entreprises « zombies », baisse du taux d’activité.
- Observation : les marchés d’actifs ont progressé soutenus par les mesures de relance ; risquent de refléter une déconnexion avec l’économie réelle si les valorisations ne reflètent pas les fondamentaux.

### Politique monétaire internationale et pays émergents
- Effets quantitatifs des surprises de politique monétaire américaine :
  - Resserrement surprise de 100 points de base → hausse de 47 points du rendement à deux ans des emprunts publics dans les pays émergents.
  - Resserrement surprise de 100 points de base → dépréciation d’1 point des monnaies des pays émergents vis‑à‑vis du dollar.
  - Resserrement surprise de 100 points de base → sorties de capitaux équivalant à 7 points de base du PIB annuel.
- Programmes d’achat d’actifs (PAA) dans les pays émergents :
  - 27 pays émergents et pays en développement ont lancé des PAA durant la pandémie.
  - Déterminants positifs de l’annonce d’un PAA (effets en points de pourcentage) : régime de change flexible (+61), existence d’une cible d’inflation chiffrée (+35), hausse d’un écart-type de l’indice de transparence de la banque centrale (+19), ajout d’une règle budgétaire (+10), notation catégorie investissement (+19).
  - Les PAA lancés pendant la pandémie semblent avoir été efficaces pour réduire les rendements d’obligations publiques dans les pays concernés ; effets sur taux de change peu probants.
- Importance de la communication des banques centrales des pays avancés pour ancrer les anticipations et réduire les risques de vagues de sorties de capitaux.

### Sécurité alimentaire et sous‑alimentation
- Pertes cumulées de production (2020–2022) par rapport aux projections prépandémie :
  - 20 % du PIB par habitant de 2019 dans les pays émergents et les pays en développement (hors Chine).
  - 11 % dans les pays avancés.
- Impact sur la pauvreté et la sécurité alimentaire :
  - 95 millions de personnes de plus sont passées sous le seuil d’extrême pauvreté en 2020.
  - 80 millions de personnes de plus sont sous‑alimentées.
- Déterminants de la prévalence de la sous‑alimentation (elasticités) :
  - Une augmentation de 1 point de pourcentage de la croissance du PIB → baisse de la sous‑alimentation de 0,95 %.
  - Une augmentation type de 2 points de pourcentage de l’inflation des prix des denrées alimentaires → progression de la sous‑alimentation de 0,24 %.
  - Convergence lente : ≈ 0,4 point de pourcentage par an pour un pays à faible revenu type débutant à 20 % de population sous‑alimentée.
- Transmission des prix internationaux aux prix intérieurs (économétrie 121 pays, 2001–18) :
  - Coefficient de transmission des prix alimentaires mondiaux aux prix intérieurs ≈ 0,26 pour pays à revenu faible ou intermédiaire ; 0,14 pour pays à revenu élevé.
  - Répercussion des variations du taux de change sur les prix : 0,23 (pays faible/intermédiaire) ; 0,08 (pays élevé).

### Catastrophes naturelles, changements climatiques et résilience
- Évidence historique (1980–2019) : les grandes catastrophes météorologiques entraînent des baisses moyennes du PIB réel par habitant de l’ordre de 1,2 point de pourcentage.
- Les petits pays insulaires présentent une exposition et une vulnérabilité élevées : davantage de catastrophes signalées par km².
- Recommandations de politique (stratégie à trois volets) :
  - Renforcer la résilience structurelle (infrastructures résistantes, codes du bâtiment, systèmes d’alerte).
  - Accroître la résilience financière (lignes de crédit préapprouvées, mécanismes d’assurance, réserves budgétaires).
  - Renforcer la résilience sociale (protection sociale, préparation aux catastrophes, aide internationale en temps voulu).

### Priorités et recommandations de politique publique (phases)
- Phase 1 — sortir de la crise :
  - Priorité aux dépenses de santé (production et distribution des vaccins), éviter restrictions à l’exportation, soutenir COVAX.
  - Politique budgétaire : rester accommodante jusqu’à la fin de la pandémie ; cibler transferts aux ménages et aides aux entreprises.
  - Politique monétaire : maintenir accommodement ; expansion des bilans et trajectoires publiques de taux bas.
  - Instruments pour pays émergents : examiner politique de change, gestion des flux de capitaux, mesures macroprudentielles ciblées.
- Phase 2 — préserver la reprise :
  - Réorienter l’aide : ciblage sectoriel (commerce de détail, culture, services de contact fréquent).
  - Marché du travail : réduire progressivement chômage partiel, reconversion et recyclage, aide au revenu de longue durée.
  - Éducation : corriger interruptions scolaires, augmenter dépenses et infrastructures éducatives.
  - Efficience budgétaire : augmenter les recettes, améliorer progressivité fiscale, réduire subventions inutiles.
  - Limiter maintien indéfini des mesures d’urgence ; encourager restructuration extrajudiciaire et procédures simplifiées.
- Phase 3 — investir dans le futur :
  - Coopération internationale pour accès aux liquidités (nouvelles allocations de DTS, lignes de précaution du FMI, restructuration de la dette selon cadre commun).
  - Stimuler productivité par éducation, recherche, infrastructures vertes et adoption des technologies.
  - Tarification du carbone, investissements dans infrastructures vertes, subventions à la recherche verte, transferts compensatoires ciblés.
  - Renforcer cadres fiscaux et transparence de la dette.

### Principaux risques et messages de prudence
- Risques baissiers : variants résistants aux vaccins, confinements intermittents, resserrement désordonné des taux d’intérêt à long terme entraînant volatilité et tensions financières dans les pays émergents et à faible revenu.
- Message central : combiner une action sanitaire universelle et coordonnée avec des politiques économiques bien ciblées et adaptatives pour limiter dommages permanents, soutenir la reprise et éviter revirements brutaux.

*Source : textf (extraits du PDF fourni), Fonds monétaire international — Avril 2021.*

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Structure et rubriques principales
- Introduction — 45
- Offre et demande dans une économie à contacts interpersonnels limités : présentation du choc lié à la pandémie — 47
- Analyse des récessions antérieures — 50
- Conséquences pour le moyen terme : combien de temps les dommages à la production provoqués par la COVID-19 sont-ils susceptibles de durer ? — 56
- Mesures pour limiter les dommages persistants — 58
- Conclusions — 59
- Encadré 2.1. Une « tempête parfaite » s’abat sur le secteur de l’hôtellerie et de la restauration — 61
- Encadré 2.2. Pertes d’apprentissage durant la pandémie et rôle des infrastructures — 63
- Bibliographie — 65

### Chapitre 3 — Récessions et reprises sur les marchés du travail : contenu principal
- Chapitre 3. Récessions et reprises sur les marchés du travail : tendances, politiques et ripostes au choc de la COVID-19 — 67
- Introduction — 67
- Chocs sectoriels, tendances en matière de redéploiement et cycle conjoncturel — 71
- Transitions sur le marché du travail, inégalités et récessions — 74
- Action des pouvoirs publics en réponse au choc de la COVID-19 : comparaison entre mesures de maintien dans l’emploi et de redéploiement des travailleurs — 77
- Conclusion — 82
- Bibliographie — 85

### Chapitre 4 — Politiques monétaires pendant la reprise post-pandémie : sommaire
- Chapitre 4. Changement de braquet : répercussions des politiques monétaires pendant la reprise post-pandémie — 87
- Introduction — 87
- Répercussions des surprises de politique monétaire en provenance des pays avancés — 91
- Répercussions des nouvelles économiques concernant les pays avancés — 96
- Facteurs déterminants de la réaction de politique monétaire des pays émergents — 98

*Source: textf - Introduction (PDF chapter), Fonds monétaire international — Avril 2021*

### Conclusion                                                                                                              

### Conclusion

### Perspectives générales et prévisions
- Croissance mondiale prévue : « 6 % en 2021 et de 4,4 % en 2022. »
- Croissance à moyen terme : « 3,3 % » (rythme attendu à moyen terme).
- Constat : reprise plus forte en 2021–22 qu’anticipé antérieurement en grande partie grâce aux vaccins et à des mesures de soutien budgétaire et monétaire.
- Incertitude majeure : issue de la « course entre le virus et les vaccins », y compris le risque de nouveaux variants résistants aux vaccins et les différences dans le rythme de déploiement des vaccins entre pays.

### Pertes économiques et distribution
- Pertes cumulées de production (2020–2022) par rapport aux projections d’avant la pandémie :
  - « 20 % du PIB par habitant de 2019 dans les pays émergents et les pays en développement (hors Chine). »
  - « 11 % » dans les pays avancés.
- Impact sur la pauvreté et la sécurité alimentaire :
  - « 95 millions de personnes de plus sont passées sous le seuil d’extrême pauvreté en 2020. »
  - « 80 millions de personnes de plus sont sous-alimentées. »
- Groupes et secteurs les plus touchés :
  - Jeunes, travailleurs peu qualifiés, femmes (taux d’emploi des femmes inférieur à celui des hommes dans les pays émergents et en développement).
  - Secteurs dépendants des contacts et du tourisme : voyages, arts, divertissement, sport, hôtellerie, restauration, commerce de détail traditionnel.
  - Pays tributaires du tourisme et des exportations de produits de base, et pays avec marge de manœuvre budgétaire limitée.

### Effets sectoriels et marchés
- Reprise sectorielle divergente :
  - Production industrielle et commerce des marchandises : retrouvés au niveau d’avant la pandémie.
  - Commerce international des services et consommation de services reposant sur des contacts : restent moroses.
- Marchés d’actifs vs économie réelle :
  - Les marchés d’actifs ont progressé, soutenus par les mesures de relance et les perspectives de normalisation, créant des risques pour la stabilité financière si les valorisations ne reflètent pas la réalité économique.

### Emploi, éducation et inégalités
- Marché du travail :
  - Hausse du chômage et du sous-emploi d’environ « 1½ point de pourcentage » par rapport à la moyenne pré-pandémie dans les pays avancés et les pays émergents et en développement.
  - Taux d’activité en baisse et utilisation effective de main-d’œuvre probablement supérieure aux indicateurs officiels en raison des dispositifs de maintien dans l’emploi.
- Éducation :
  - Pertes d’apprentissage plus marquées dans les pays à faible revenu et les pays en développement, particulièrement pour les filles et les ménages à faible revenu, risquant d’accentuer les inégalités de revenu à long terme.

### Rôle et efficacité des politiques publiques
- Effet stabilisateur des mesures de 2020 :
  - Estimation selon laquelle sans les mesures prises par les pouvoirs publics, la contraction de 2020 aurait pu être « trois fois plus importante ».
  - Les mesures ont augmenté la croissance mondiale d’environ « 6 points de pourcentage » en 2020.
- Orientations de politique recommandées (approche sur mesure selon stade de la pandémie et marge de manœuvre) :
  - Prioriser les dépenses de santé (production et distribution de vaccins, traitements, infrastructures sanitaires).
  - Maintenir une aide budgétaire bien ciblée aux entreprises et aux ménages tant que la pandémie dure.
  - Maintenir une politique monétaire accommodante tout en surveillant les risques pour la stabilité financière.
  - À mesure que la reprise progresse : réduire progressivement l’aide ciblée, accentuer la reconversion et le recyclage des travailleurs, élargir les subventions à l’embauche, faciliter les procédures de faillite accélérées et simplifiées.
  - Investir pour limiter les séquelles à long terme : infrastructures vertes, assistance et assurance sociale renforcées, investissements pour accroître la capacité de production et adaptation au numérique, remédier aux pertes d’apprentissage via des dépenses en éducation.

### Contraintes budgétaires et réformes nationales
- Dans les pays à espace budgétaire restreint :
  - Améliorer l’administration des recettes.
  - Accroître la progressivité de l’impôt.
  - Réorienter les dépenses vers la santé, la protection sociale et les infrastructures.
  - Ancrer les mesures dans des cadres crédibles à moyen terme et respecter des normes strictes de transparence de la dette pour réduire les coûts d’emprunt et les risques budgétaires.

### Actions multilatérales et coopération internationale
- Priorités internationales :
  - Généraliser la vaccination mondiale : résorber les goulets d’étranglement de production, accélérer la production, assurer un accès universel et éviter les contrôles à l’exportation.
  - Financer suffisamment le dispositif COVAX pour permettre aux pays à faible revenu d’obtenir des doses.
  - Assurer un accès suffisant aux liquidités internationales : orientations claires des grandes banques centrales pour éviter des périodes d’incertitude, prolongation de l’initiative de suspension du service de la dette pour les pays à faible revenu, mise en œuvre du cadre commun du G20 pour la restructuration ordonnée de la dette.
  - Mesures au profit des pays émergents et à faible revenu : nouvelle allocation des droits de tirage spéciaux du FMI, recours préventif aux lignes de précaution du FMI (ligne de crédit modulable, facilité de décaissement à court terme).
  - Coopération pour atténuer les changements climatiques, gérer les tensions commerciales et technologiques, moderniser la fiscalité internationale des entreprises, limiter le transfert des bénéfices à l’étranger, l’évasion et la fraude fiscales.

### Principaux risques et messages de prudence
- Risques de hausse désordonnée des taux d’intérêt à long terme :
  - Si les hausses reflètent une anticipation ordonnée d’une croissance plus forte, effets limités.
  - Si elles reflètent la crainte d’un durcissement brusque de la politique monétaire des pays avancés, répercussions négatives possibles sur les pays émergents et en développement, en particulier les pays très endettés.
- Message général : combiner une action sanitaire universelle et coordonnée avec des politiques économiques bien ciblées et adaptatives pour limiter les dommages permanents, soutenir la reprise et éviter des revirements brutaux.

*Source : Conclusion, Perspectives de l’économie mondiale — Avril 2021 (extraits du PDF fourni).*

### 1.  Emploi total

### 1.  Emploi total

### Sous-utilisation des capacités et participation à la population active
- Les taux de participation à la population active portent sur les personnes âgées de 15 à 64 ans ; les indices sont pondérés en fonction de la population, selon les derniers chiffres de la base de données des PEM.
- Sur la base de 68 pays pour la plage 1 et de 48 pays pour la plage 2, séries trimestrielles corrigées des variations saisonnières.
- Là où les données pour le 4e trimestre 2020 ne sont pas encore disponibles, les chiffres du 3e trimestre sont utilisés.
- Les éléments observés durant la crise (distanciation physique et ralentissement des activités reposant sur les contacts ayant entraîné une contraction aussi bien de l’offre que de la demande) suggèrent une sous-utilisation considérable des capacités de production (graphique 1.12).
- Il reste encore beaucoup à faire pour que la reprise soit complète ; la tâche des décideurs est particulièrement complexe compte tenu de la grande incertitude entourant les perspectives.

### Scénario de référence sur la pandémie et implications pour l’emploi
- Le scénario de référence suppose que la distribution des vaccins sera échelonnée et inégale selon les régions.
- Hypothèse clé : tous les pays disposeront de vaccins et de divers traitements à des prix abordables.
- Calendrier implicite : les pays avancés et certains pays émergents devraient disposer de vaccins en grande quantité à l’été 2021, et la plupart des pays d’ici le deuxième semestre 2022.
- Ce calendrier suppose qu’une protection efficace, conjuguée à une amélioration du dépistage et du traçage, réduira la transmission locale partout d’ici la fin de 2022.
- Le déploiement échelonné des vaccins entraînera des reprises différenciées ; de nouvelles souches peuvent imposer des confinements intermittents et localisés avant la généralisation des vaccins.
- Les confinements futurs devraient avoir moins d’effets négatifs sur l’activité que lors des vagues précédentes, car ils seront plus ciblés, le télétravail s’étant développé et certaines activités restant à un niveau plus bas qu’au premier semestre 2020 (graphique 1.13).

### Mesures de soutien et conditions macroéconomiques affectant l’emploi
- L’ampleur des mesures de soutien budgétaire varie considérablement selon les pays (graphique 1.14).
- Parmi les pays avancés, les États-Unis et le Japon ont annoncé un soutien budgétaire considérable en 2021 ; l’Union européenne a commencé à distribuer les fonds de « Next Generation EU ».
- Le nouveau plan budgétaire de l’administration Biden de 1 900 milliards de dollars devrait donner une forte impulsion à la croissance aux États-Unis en 2021 et avoir des retombées positives chez leurs partenaires commerciaux.
- Dans les pays émergents et les pays en développement, l’aide budgétaire a été plus limitée ; on s’attend généralement à ce que les déficits diminuent avec l’amélioration des recettes et la fin des dépenses liées à la crise.
- Le coût du service de la dette devrait rester gérable dans les pays avancés, étant donné qu’une partie relativement grande de leur dette est composée d’obligations à long terme dont certaines ont un rendement négatif.
- Une hausse du coût du service de la dette dans les pays émergents limiterait leur capacité à répondre aux besoins sociaux, à remédier au retard d’accumulation de capital humain observé durant la crise, et à traiter l’augmentation de la pauvreté et des inégalités.
- Le scénario de référence suppose une politique monétaire globalement accommodante, ne se durcissant que progressivement à mesure que la reprise s’installera.
- Les conditions financières sont attendues globalement favorables dans les pays avancés et dans les pays émergents et pays en développement, malgré des risques importants.

### Pressions sur les marchés de produits de base et implications
- Les cours du pétrole devraient augmenter de 30 % en 2021 par rapport à leur creux de 2020, en partie du fait de la baisse de l’offre de l’OPEP+ (graphique 1.15).
- Les cours des métaux devraient fortement s’accélérer en 2021, essentiellement en raison du rebond en Chine.
- Les prix des denrées alimentaires devraient également repartir à la hausse en 2021.

### Projections macroéconomiques clés influençant l’emploi (extraits des tableaux)
- Production mondiale : –3,3 en 2020 ; 6 en 2021 ; 4,4 en 2022.
- Après 2022, la croissance mondiale devrait s’établir à 3,3 % à moyen terme.
- Pays avancés : –4,7 en 2020 ; 5,1 en 2021 ; 3,6 en 2022.
- États-Unis : –3,5 en 2020 ; 6,4 en 2021 ; 3,5 en 2022.
- Zone euro : –6,6 en 2020 ; 4,4 en 2021 ; 3,8 en 2022.
- Chine : 2,3 en 2020 ; 8,4 en 2021 ; 5,6 en 2022.
- Inde : –8,0 en 2020 ; 12,5 en 2021 ; 6,9 en 2022.
- Amérique latine et Caraïbes : –7,0 en 2020 ; 4,6 en 2021 ; 3,1 en 2022.
- Brésil : –4,1 en 2020 ; 3,7 en 2021 ; 2,6 en 2022.
- Volume du commerce mondial (biens et services) : –8,5 en 2020 ; 8,4 en 2021 ; 6,5 en 2022.
- Pétrole (cours des produits de base, en dollars) : –32,7 en 2020 ; 41,7 en 2021 ; –6,3 en 2022 (tableau 1.1).
- Prix à la consommation, pays avancés : 0,7 en 2020 ; 1,6 en 2021 ; 1,7 en 2022.
- Prix à la consommation, pays émergents et pays en développement : 5,1 en 2020 ; 4,9 en 2021 ; 4,4 en 2022.

### Analyse synthétique et conséquences pour l’emploi
- La contraction de 2020 et la reprise attendue en 2021–2022 conduisent à une forte hétérogénéité des trajectoires de reprise d’un pays à l’autre, influençant directement les perspectives d’emploi.
- Le retour complet à la situation d’avant la pandémie n’est attendu pour la plupart des pays que progressivement, le PIB restant en deçà de sa tendance d’avant la pandémie jusqu’à la fin de 2024 dans la plupart des pays.
- Les secteurs à contacts fréquents demeurent les plus affectés ; la reprise de l’emploi dépendra du rythme de vaccination, de la persistance des mesures de soutien budgétaire et monétaire, et de l’évolution des conditions financières et des prix des produits de base.

*Source : Fonds monétaire international, Chapitre 1 — Perspectives et politiques mondiales, Avril 2021.*

### 2022. Ces disparités peuvent s’expliquer par les différences

### 2022. Ces disparités peuvent s’expliquer par les différences

### Disparités de la reprise et facteurs explicatifs
- Les disparités s’expliquent par : la riposte sanitaire des autorités et le comportement de la population face aux infections ; la souplesse et la capacité d’adaptation de l’activité économique aux entraves à la mobilité ; des tendances préexistantes ; des rigidités d’ordre structurel antérieures à la crise.
- Le plan de sauvetage de l’administration Biden de 1 900 milliards de dollars devrait stimuler davantage le PIB en 2021–22 et avoir des retombées notables sur les principaux partenaires commerciaux des États-Unis.
- Certaines destinations touristiques (Fidji, les Seychelles et la Thaïlande) font face à une situation particulièrement difficile en raison d’un retour lent à la normale des voyages internationaux.

### Révisions et projections régionales clés
- Europe vs États-Unis et Japon :
  - Par rapport aux PEM d’octobre 2020, les projections de 2021 ont été révisées à la baisse pour l’Europe et à la hausse pour le Japon et les États-Unis.
  - La révision à la baisse en Europe est largement compensée par une croissance supérieure aux prévisions aux États-Unis et au Japon, résultat des mesures complémentaires de soutien budgétaire adoptées fin 2020.
- Zone euro et Royaume‑Uni :
  - Prévisions de croissance du PIB pour 2022 révisées à la hausse de 0,7 point de pourcentage, à 3,8 % dans la zone euro.
  - Révision de 1,9 point de pourcentage au Royaume‑Uni, à 5,1 %.
- Pays émergents et pays en développement (PEPD) :
  - Les données sur la passation des marchés de vaccins indiquent que la majorité de la population ne sera pas encore efficacement protégée en 2021.
  - Risque de confinements plus fréquents en 2021 et 2022, augmentant le risque de séquelles à moyen terme sur le potentiel de production.
  - Écart marqué attendu entre la Chine et les autres pays : reprise robuste en Chine grâce à des mesures d’endiguement efficaces, une vigoureuse stratégie d’investissement public et l’apport de liquidités par la banque centrale.
- Groupe régional PEPD d’Asie (hors Chine) :
  - Projections pour 2021 révisées à la hausse de 0,6 point de pourcentage, en raison d’une reprise plus vigoureuse attendue après l’allégement des confinements dans certains grands pays (l’Inde, par exemple).
  - Toutefois, un nombre de cas élevé au premier trimestre 2021 dans certains grands pays (en Indonésie et en Malaisie notamment) tempère les perspectives.
- Moyen‑Orient et Asie centrale :
  - Projections pour 2021 globalement inchangées, mais avec des différences sensibles selon la trajectoire de la pandémie, le déploiement des vaccins, la dépendance au tourisme, l’évolution des cours du pétrole et la marge de manœuvre des pouvoirs publics.
  - Les pays ayant commencé à vacciner tôt (les pays membres du Conseil de coopération du Golfe) affichent des perspectives relativement meilleures.
- Amérique latine et Caraïbes :
  - Après une forte dégradation en 2020, une reprise modeste et à plusieurs vitesses est attendue en 2021.
  - Prévisions pour 2021 portées à 4,6 %, soit une révision de 1 point de pourcentage, grâce au redémarrage de la production manufacturière mondiale au deuxième semestre 2020.
  - Projections pour les pays des Caraïbes tributaires du tourisme en 2021 révisées à la baisse de 1,5 point de pourcentage, à 2,4 %.
- Afrique subsaharienne :
  - Région ayant enregistré la plus forte contraction en 2020 (–1,9 %).
  - Croissance attendue à 3,4 % en 2021, soit beaucoup moins que la tendance prévue avant la pandémie.
  - Les pays tributaires du tourisme seront vraisemblablement les plus touchés.

### Pressions inflationnistes et marché du travail
- Perspectives d’inflation :
  - Les prix des produits de base, notamment du pétrole, devraient encore se raffermir dans les prochains mois, ce qui devrait mécaniquement augmenter les indices des prix à la consommation et rendre l’inflation globale volatile à court terme.
  - Selon les projections de référence, l’inflation reviendra à sa moyenne à long terme à mesure que les capacités inemployées ne diminueront que progressivement et que les effets de base liés aux produits de base se dissiperont.
- Marché du travail et déterminants :
  - Perspectives moroses dues à la croissance atone des salaires, la baisse du pouvoir de négociation des travailleurs, le chômage élevé, le sous‑emploi et la baisse du taux d’activité.
  - Plusieurs indicateurs de l’inflation sous‑jacente restent faibles.
  - Les taux d’inflation calculés par moyenne tronquée indiquent que les pressions inflationnistes diminuent plutôt qu’augmentent (voir graphiques 1.17 et 1.18).
- Cadres monétaires et attentes :
  - Les cadres monétaires se sont améliorés dans de nombreux pays émergents au cours des dix dernières années : anticipations inflationnistes mieux ancrées, inflation plus faible et moins durable.
  - Toutefois, certains pays continuent d’afficher une inflation élevée et volatile, limitant la marge de manœuvre pour une politique monétaire accommodante.
  - La hausse rapide des prix des produits alimentaires a déjà accru l’inflation globale dans certaines régions (notamment l’Afrique subsaharienne et l’Asie) et pourrait durablement affecter les anticipations inflationnistes locales.
- Anticipations de marché :
  - Les indicateurs de marché relatifs aux anticipations inflationnistes à long terme sont stables ; ces anticipations ont légèrement augmenté aux États‑Unis depuis mai, mais restent dans les limites de l’objectif d’inflation récemment revu par la Réserve fédérale.
  - Note : les dernières données disponibles datent du 17 mars 2021.

### Commerce international et soldes externes
- Commerce mondial :
  - À mesure que la reprise se renforce en 2021, le commerce mondial devrait s’accélérer et sa croissance atteindre 8,4 %, principalement grâce au rebond du volume des marchandises.
  - Le commerce international de services (tourisme, transport) devrait demeurer morose tant que la pandémie n’est pas maîtrisée partout.
- Soldes courants et positions extérieures :
  - Au niveau mondial, déficits et excédents des transactions courantes ont diminué au début de la crise, puis se sont élargis avec la hausse du commerce et des cours des produits de base.
  - Les soldes courants devraient demeurer globalement stables à moyen terme et se réduire progressivement aux États‑Unis et en Chine.
  - Les stocks d’actifs et de passifs internationaux devraient rester à des niveaux historiquement élevés.

### Incertitude primordiale et principaux risques
- La trajectoire de la pandémie est extrêmement incertaine, rendant difficile l’évaluation de la balance des risques autour de la prévision centrale.
- Risques à la baisse :
  - Mutations du virus résistantes aux vaccins si la vaccination mondiale tarde.
  - Nouvelles flambées et imposition de nouvelles restrictions locales pouvant perturber l’activité économique.
- Risques à la hausse :
  - Approbation de nouveaux vaccins ouvrant la voie à une reprise plus rapide.
- Incertitudes connexes :
  - Difficulté à prévoir la fermeté des réactions des investisseurs privés et l’ampleur des bouées de sauvetage publiques en l’absence d’un horizon clair pour la pandémie.

*Fonds monétaire international | Avril 2021*

### 2.  Position extérieure globale mondiale

### 2.  Position extérieure globale mondiale

### Principaux risques de dégradation
- Une résurgence de la pandémie, y compris des souches résistantes aux vaccins, des retards dans la production et la distribution des vaccins, et un décalage excessif selon les régions pouvant provoquer une succession de coups de frein et d’accélérateur et prolonger les périodes de distanciation physique.
- Un resserrement des conditions financières lié à :
  - une réévaluation des paramètres fondamentaux du marché,
  - une augmentation du rendement des obligations souveraines de référence,
  - une réappréciation des risques d’inflation.
  - Conséquences possibles : chute brusque des prix des actifs risqués, volatilité, pertes dans les établissements financiers non bancaires, difficultés de financement pour entreprises et ménages endettés, vagues de faillites et érosion des volants de capitaux bancaires.
- Des séquelles prolongées : baisse du taux d’activité, faillites, perturbations des réseaux de production, maintien artificiel d’entreprises non viables par des mesures de sauvegarde des flux de trésorerie, ralentissement de la réaffectation de la main-d’œuvre, risques d’inflation liés à l’érosion de la capacité de production.
- Une aggravation des troubles sociaux, notamment si la crise se prolonge et si la volatilité des prix des denrées alimentaires joue un rôle essentiel.
- Des catastrophes naturelles plus fréquentes et plus graves liées aux phénomènes météorologiques extrêmes, avec impacts humains et économiques importants.
- Des risques géopolitiques, commerciaux et technologiques persistants, en particulier les tensions entre les États-Unis et la Chine et des tendances protectionnistes autour des technologies et des fournitures médicales.

### Facteurs positifs potentiels
- Une accélération de la production et du déploiement des vaccins, notamment si de nouveaux vaccins n’exigeant pas une chaîne du froid ou administrables en une seule dose sont approuvés.
- Des effets plus vastes et imprévus du soutien budgétaire, avec une marge de manœuvre budgétaire inexploitée dans certains pays avancés.
- Des politiques coordonnées internationales, y compris une coordination sur les politiques de sortie et une coopération plus intense sur les vaccins.

### Priorités transversales des pouvoirs publics
- Surmonter la crise sanitaire immédiate et retrouver des niveaux d’emploi normaux.
- Restreindre les répercussions à long terme de la crise en limitant les séquelles (y compris les entreprises « zombies ») et réduire les inégalités intra- et interpays.
- Mesures climatiques audacieuses ciblant les plus grands pollueurs.
- Forte coopération internationale pour :
  - assurer une production et une distribution suffisantes et universelles de vaccins,
  - lever les restrictions à l’exportation des vaccins, leurs composantes et les produits médicaux,
  - garantir l’accès aux liquidités internationales pour les pays en difficulté financière.

### Adapter les mesures selon les phases de la crise
- Recommandation générale : privilégier des mesures prudentes valables quelle que soit la situation mondiale (renforcement de la protection sociale, assouplissement des conditions d’admissibilité à l’assurance chômage, financements suffisants pour soins de santé, développement de la petite enfance, éducation, formation professionnelle, infrastructures vertes).
- Importance d’inscrire les mesures de soutien à court terme dans des cadres crédibles à moyen terme et d’adapter le soutien au fil de l’évolution de la pandémie.

### Phase 1 : sortir de la crise — mesures immédiates
- Continuer de donner la priorité aux dépenses de santé ; investissements dans la production et la distribution des vaccins et harmonisation réglementaire.
- Éviter les restrictions sur l’exportation de vaccins et fournitures médicales ; soutenir COVAX et distribuer les doses excédentaires mondialement.
- Politique budgétaire : rester accommodante jusqu’à la fin de la pandémie ; cibler les transferts en faveur des ménages et entreprises en difficulté (chômage technique, prêts aux entreprises, paiements directs aux ménages) et supprimer progressivement ces programmes à mesure du redressement.
- Politique monétaire : maintenir une politique monétaire accommodante autant que possible ; expansion des bilans des banques centrales et trajectoires publiées de taux d’intérêt basses.
- Instruments pour pays émergents : examiner la politique de change, la gestion des flux de capitaux et la politique macroprudentielle ; un taux de change flexible est généralement préférable ; interventions et mesures temporaires de gestion des flux peuvent être utiles dans certains cas.
- Macroprudentiel : durcir certains outils pour remédier aux vulnérabilités élevées tout en évitant un resserrement général ; concevoir des outils pour le secteur de l’intermédiation financière non bancaire si nécessaire.

### Phase 2 : préserver la reprise — remédier aux séquelles persistantes
- Ciblage de l’aide : renoncer à l’aide généralisée pour passer à des mesures axées sur les secteurs les plus touchés (commerce de détail, culture, services de contact fréquent).
- Politique du marché du travail : prévenir le chômage de longue durée, réduire progressivement la portée des programmes de mise en chômage technique, poursuivre la reconversion et le recyclage professionnels, et fournir une aide au revenu de longue durée pour faciliter la transition des travailleurs.
- Éducation : corriger les interruptions de la scolarité, augmenter les dépenses en éducation et infrastructures connexes pour éviter l’aggravation des disparités.
- Soutien budgétaire ciblé pour stimuler croissance et équité à moyen terme (infrastructures vertes, recherche, petite enfance, éducation, formation professionnelle).
- Mesures d’efficience budgétaire en cas d’endettement élevé : augmenter les recettes (réduction des allégements fiscaux, meilleure couverture des registres, adoption de taxes sur la valeur ajoutée bien conçues), améliorer la progressivité de l’impôt et réduire les subventions inutiles.
- Éviter le maintien indéfini des mesures d’urgence qui freinerait la réaffectation des ressources et la croissance ; arbitrage difficile entre faillites à court terme et soutien prolongé aux entreprises « zombies ».
- Réduire les prêts généralisés et garanties de crédit, encourager les mécanismes de restructuration extrajudiciaire et procédures simplifiées pour petites entreprises, restructuration des prêts et dépôt de bilan.
- Encourager les établissements de crédit à identifier et gérer les emprunteurs en difficulté ; envisager des mesures proches de la recapitalisation (prêts subordonnés au bénéfice futur, souscription de prêts similaires dans le secteur privé).
- Limiter la concentration de marché et promouvoir la concurrence pour protéger les petites entreprises durement frappées.

### Phase 3 : investir dans le futur — questions à plus long terme
- Maintenir la coopération internationale, y compris l’accès continu aux liquidités pour prévenir la propagation des pressions de financement extérieures.
  - Actions prises : nouveaux mécanismes de financement du FMI, augmentation des limites d’accès pour financements d’urgence, facilitation des dons pour alléger le service de la dette.
  - L’initiative de suspension du service de la dette (ISSD) du G20, soutenue par la Banque mondiale et le FMI, permet de suspendre le paiement du service de la dette de 73 pays jusqu’en juin 2021.
  - Une augmentation des allocations de droits de tirage spéciaux (DTS) pour tous les pays aiderait à atténuer les chocs actuels ; une assistance temporaire peut être insuffisante pour les pays dont la dette souveraine n’est pas viable, nécessitant une restructuration de la dette en collaboration avec les créanciers selon le cadre commun approuvé par le G20.
- Résolution des différends commerciaux internationaux non résolus (par ex. nominations à l’Organe d’appel de l’OMC, tensions commerciales États-Unis–Chine).
- Stimuler la productivité et la croissance : investir dans l’éducation, la recherche et les infrastructures ; tirer parti des innovations en intelligence artificielle et de l’automatisation tout en gérant les risques sociaux (pertes d’emplois peu qualifiés, fracture numérique).
  - Mesures d’atténuation : améliorer les réseaux à large bande, réduire les coûts d’accès aux télécommunications, reconversion des travailleurs, investissement dans la formation numérique.
- Amélioration des cadres d’action pour dégager une marge de manœuvre :
  - Restructuration préventive de la dette pour les pays très endettés, utilisant clauses d’action collective et solutions (allongement des échéances, réduction des taux d’intérêt, réduction du principal).
  - Dégager espace budgétaire par augmentation des recettes (impôt sur les fortunés et les sociétés très rentables, suppression des niches fiscales, meilleure administration), amélioration de la progressivité, réduction des subventions mal ciblées et amélioration de l’efficience des dépenses publiques.
  - Cadres de politique monétaire : poursuite des mesures non conventionnelles (achats d’actifs, cadrage prospectif, taux d’intérêt négatifs) dans les pays où les taux se situent à la borne inférieure effective ; dans les pays émergents, achats d’actifs sous conditions de clarté des objectifs et cohérence avec un cadre global où la banque centrale est chargée d’assurer la stabilité des prix.
- Changement climatique :
  - Les émissions mondiales ont diminué d’environ 4 % en 2020, correspondant globalement à la réduction de la production.
  - Pour réduire les émissions de 80 % d’ici à (texte interrompu), l’économie mondiale devrait enregistrer une diminution similaire chaque année au cours des 30 ans à venir.

*Fonds monétaire international | Avril 2021*

### 2050. En l’absence d’une action immédiate et coordonnée

### 2050. En l’absence d’une action immédiate et coordonnée

### Perspectives générales et risques
- En l’absence d’une action immédiate et coordonnée à l’échelle mondiale, les émissions augmenteront de nouveau lorsque la pandémie sera surmontée et que la production augmentera.
- Les pays les moins à même d’assumer les coûts d’une nécessaire adaptation, à savoir les petits pays et les pays à faible revenu, en pâtiront le plus (encadré 1.2).
- Les émissions mondiales ont été inférieures de 4 % en 2020 en raison du ralentissement de l’activité imputable à la pandémie. (Graphique 1.22, source : Carbon Monitor.)

### Ensemble complet de mesures recommandé
- Un ensemble complet de mesures peut permettre d’atténuer les pires effets des changements climatiques moyennant des coûts de production relativement faibles pendant la phase de transition (voir le chapitre 3 de l’édition d’octobre 2020 des PEM). Il devrait reposer sur les éléments suivants.

- Tarification du carbone :
  - Il est essentiel d’augmenter le prix du carbone pour décourager l’utilisation des combustibles les plus préjudiciables pour la société, notamment le charbon.
  - Étant donné que le premier dollar de la taxe sur le carbone est le plus efficace, les pays ne souhaitant pas imposer des impôts élevés ne devraient pas hésiter à instaurer des taxes modérées, de préférence croissantes, sur le carbone ou à envisager des systèmes d’échange de droits d’émission.
  - La mise en place d’un dispositif de prix plancher du carbone dans les grands pays émetteurs, conçu de manière suffisamment souple pour tenir compte de considérations d’équité et des contraintes liées aux politiques nationales, peut contribuer à coordonner et à intensifier l’action à cet égard (voir l’édition d’octobre 2019 du Moniteur des finances publiques).

- Investissement dans des infrastructures respectueuses de l’environnement :
  - Un élan en faveur d’infrastructures respectueuses de l’environnement, financé en partie par une taxe sur le carbone, pourrait compenser les pertes économiques liées à une hausse des coûts de l’énergie.
  - Actions possibles : améliorer le transport et la distribution de l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables, accorder des subventions visant à améliorer le rendement énergétique des bâtiments, mettre en place de meilleures infrastructures de transport écologique (transports en commun, recharge des véhicules électriques, etc.).

- Subventions en faveur de la recherche à orientation écologique :
  - Bien que les effets en soient incertains et différés, la mise en place de subventions en faveur de la recherche sur les technologies vertes peut permettre d’accélérer considérablement le passage à une économie sans émission de carbone.
  - Compte tenu de la petite taille du secteur des technologies vertes, ces subventions se révéleront relativement peu coûteuses.
  - En réduisant le coût des futures énergies vertes et des technologies à émissions négatives, les subventions à la recherche favoriseront la réalisation des futurs objectifs de décarbonation.

- Transferts compensatoires ciblés :
  - Les personnes à faible revenu seront les plus durement touchées par les mesures d’atténuation des changements climatiques, car elles présentent une consommation plus énergivore et sont plus susceptibles de travailler dans des secteurs à forte consommation d’énergie.
  - Des transferts et des remises ciblés, financés par des taxes sur le carbone, peuvent compenser ces effets et éviter ainsi que l’atténuation des changements climatiques ne creuse les inégalités.

### Scénarios liés à la lutte contre la COVID-19 et implications pour la reprise
- Le modèle G20 est utilisé pour estimer l’incidence potentielle de la montée de l’incertitude quant à l’évolution de la pandémie, en tenant compte de l’apparition de nouveaux variants, de l’efficacité des vaccins et du rythme de leur distribution.
- Scénario favorable :
  - Il est supposé que la distribution des vaccins soit environ 10 % plus rapide que dans le scénario de référence.
  - Il est supposé que les vaccins permettent de prévenir les infections dues à l’ensemble croissant de variants et de limiter la contagiosité des personnes vaccinées.
  - La normalisation plus rapide des déplacements renforce la confiance des ménages et des entreprises, provoquant un retrait plus rapide que prévu de l’épargne accumulée, une libération rapide de la demande refoulée et une accélération de l’investissement privé.
  - Compte tenu du bon ancrage des anticipations inflationnistes, l’accélération de l’inflation provoquée par la demande ne conduit pas les autorités monétaires de la plupart des pays à resserrer leur politique, et la baisse des taux d’intérêt réels stimule davantage la demande privée.
  - Il est supposé que les autorités budgétaires réduisent les dépenses liées aux stabilisateurs automatiques en fonction de l’évolution de la reprise, mais qu’elles ne mettent fin à aucune autre mesure discrétionnaire par rapport au scénario de référence.

*Source : Fonds monétaire international, extrait du chapitre (édition d’avril 2021).*

### 6.  Croissance du PIB

### 6.  Croissance du PIB

### Scénarios de reprise liés aux vaccins
- Scénario d’une reprise plus rapide (distribution prioritaire des vaccins aux pays avancés) :
  - Le PIB mondial augmente de près de ½ point de pourcentage en 2021 et atteint près de 1 point de pourcentage en 2022 par rapport au scénario de référence, puis ralentit fortement en 2023 pour revenir à un niveau très proche de celui prévu dans le scénario de référence.
  - Croissance des pays avancés : supérieure d’environ ½ point de pourcentage au scénario de référence en 2021 et dépasse de plus d’un point de pourcentage le niveau de référence en 2022.
  - Croissance des pays émergents et des pays en développement : supérieure d’environ ¼ point de pourcentage au scénario de référence en 2021 et atteint ¾ point de pourcentage en 2022.
  - Effet cumulé : la production mondiale se situe près de 1 % au-dessus du niveau de référence à la fin de la période considérée.

- Scénario défavorable (goulets d’étranglement logistiques, variants, mutations) :
  - Délai pour atteindre l’immunité collective allongé d’environ six mois dans les pays avancés et neuf mois dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Par rapport au scénario de référence :
    - Croissance du PIB mondial ralentie d’environ 1½ point de pourcentage de plus en 2021.
    - Ralentie d’un point de pourcentage supplémentaire en 2022.
    - Légère reprise au-dessus du niveau de référence en 2023 et par la suite.
  - Impact distributif : en 2021, recul à peu près similaire pour pays avancés et pays émergents/pays en développement ; en 2022, croissance des pays émergents et en développement davantage ralentie que celle des pays avancés du fait d’un resserrement plus marqué des conditions financières pour les entreprises vulnérables.
  - Effet cumulé : production inférieure d’environ 1½ % à celle du scénario de référence à la fin de la période considérée.

### Industrie manufacturière : dynamique sectorielle et perspectives
- Caractéristiques de la contraction et du rebond :
  - Forte contraction au printemps 2020 suivie d’un rebond en V synchronisé dans les pays avancés et émergents au second semestre 2020.
  - Facteurs de la reprise : reprise de la production après interruptions, libération de la demande refoulée, augmentation de la demande d’équipements de protection et de produits facilitant le travail à domicile.

- Réponses sectorielles hétérogènes :
  - Part des biens durables dans les dépenses de consommation : atteinte d’environ 12 % au troisième trimestre de 2020 (moyenne de 10,5 % au cours des deux années précédant la pandémie).
  - Ventes mondiales d’automobiles : retrouvées au niveau d’avant la pandémie en décembre 2020, après une chute de plus de 40 % jusqu’en avril.
  - Contribution sectorielle au rebond mondial (second semestre 2020) :
    - Automobile : environ 35 % du rebond mondial.
    - Équipements électriques : près de 5 %.
  - Demandes accrues liées à la pandémie : matériel électronique, plastique, caoutchouc et textile — ces secteurs expliquent environ 10 % du rebond de l’industrie manufacturière.
  - Investissement privé : incertitudes ont freiné la reprise de l’investissement en équipement ; production de machines et autres biens d’équipement reste inférieure d’environ 6 % aux niveaux d’avant la pandémie (exception : aéronautique inférieure de près de 20 %).

- Perspectives à court et moyen terme :
  - Indicateurs de l’indice des directeurs d’achat (février) attestent d’une poursuite de l’expansion de l’industrie manufacturière, mais à un rythme plus lent.
  - Facteurs limitant la vigueur future :
    - Réorientation attendue de la demande mondiale des biens durables vers les services.
    - Reconstitution des stocks probablement plus lente que dans les récessions passées.
  - Le rebond des dépenses en biens durables a été moins prononcé dans les pays émergents, à l’exception de la Chine.
  - Groupe de pays avancés mentionné (liste indicative) représente 41,4 % de la consommation mondiale pondérée selon les parités de pouvoir d’achat ; un autre agrégat de pays avancés représente 42,9 % du PIB mondial pondéré selon les parités de pouvoir d’achat (notes relatives aux graphiques).

### Catastrophes naturelles, changements climatiques et impacts macroéconomiques
- Impact immédiat des catastrophes météorologiques majeures :
  - Baisses du PIB réel par habitant de l’ordre de 1,2 point de pourcentage en moyenne pour les grandes catastrophes.
  - Effets plus marqués dans les zones à forte exposition et vulnérabilité, notamment les pays en développement à faible revenu et les petits pays insulaires.
  - Les catastrophes de grande ampleur provoquent une baisse de 1,2 point de pourcentage du PIB réel par habitant en moyenne et ont des effets plus marqués dans les pays à faible revenu et les petites îles.

- Risques climatiques à long terme :
  - Sans mesures d’atténuation efficaces, l’augmentation des températures réduira le niveau de vie mondial d’au moins 5 à 10 % (par rapport à une stabilisation des températures aux niveaux actuels) d’ici la fin du siècle.
  - Les pays à faible revenu sont les plus exposés aux coûts des changements climatiques et disposent de la plus faible capacité d’adaptation, bien qu’ils contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre.
  - Les coûts proviendront vraisemblablement de catastrophes naturelles plus fréquentes et dévastatrices, auxquelles s’ajoutent d’autres catastrophes naturelles (tremblements de terre) auxquelles les pays à faible revenu sont également exposés.

- Recommandation implicite tirée des analyses :
  - Améliorer la résilience structurelle, financière et sociale pour accélérer le redressement après une catastrophe et réduire la dégradation des conditions de vie.

*Fonds monétaire international | Avril 2021*

### 2.  Nombre de catastrophes par groupes de pays

### 2.  Nombre de catastrophes par groupes de pays

### Données et méthodologie
- Période : Moyenne annuelle sur 1980–2019.
- Mesure : en proportion de leur surface terrestre, par million de km².
- Sources : EM-DAT (Emergency Events Database) ; calculs des services du FMI.
- Note méthodologique :
  - Sur la plage 1, les barres d’erreur représentent des intervalles de confiance de 90 %.
  - Sur la plage 2, pour chaque année, le nombre de catastrophes est additionné, puis divisé par la surface terrestre totale du groupe de pays, puis rapporté à une moyenne annuelle.
  - Les petits pays sont définis comme des territoires dont la surface terrestre est inférieure à 30 000 km² (à titre d’exemple, celle d’Haïti est de 27 750 km²).

### Principales constatations
- Les petits pays insulaires présentent une exposition et une vulnérabilité élevées : ils connaissent davantage de catastrophes signalées par kilomètre carré de superficie terrestre (graphique 1.2.1, plage 2).
- Dans les comparaisons temporelles (graphique 1.2.1, plage 1), la diminution est respectivement de 1,6 et 1,8 point de pourcentage pour certains petits pays insulaires.
- Les répercussions sur les pays avancés (PA) sont plus modérées, car ces pays sont souvent mieux équipés pour faire face aux catastrophes naturelles (reconstruction plus rapide et de meilleure qualité, dépenses publiques pour l’aide).
- Les effets à moyen et long termes des catastrophes liées aux conditions météorologiques peuvent persister (ex. : cyclones tropicaux engendrent des préjudices non compensés même 20 ans après le passage de la tempête).

### Mécanismes d’impact sur la production
- La destruction du capital productif est le principal mécanisme par lequel les catastrophes réduisent la production.
- Catastrophes détruisant du capital (infrastructures publiques, fourniture d’eau, gaz, électricité) peuvent interrompre l’activité productive et perturber les chaînes d’approvisionnement.
- Les efforts de reconstruction :
  - Sont coûteux et réorientent des ressources prévues pour d’autres activités de production.
  - Peuvent réduire la productivité globale en raison d’une mauvaise allocation du capital.
  - Peuvent, si bien menés, réduire les conséquences des catastrophes et diminuer la vulnérabilité aux chocs futurs.

### Spécification économétrique utilisée (période 1980–2019)
- Équation estimée :
  ∆ ln(y_{i,t}) = β1 d_{i,t} + β2 d_{i,t−1} + θ1 X_{i,t} + α_i + μ_t + ε_{i,t}
- Définitions :
  - i renvoie aux pays et t aux années.
  - ∆ ln(y_{i,t}) représente la croissance du PIB réel par habitant.
  - d_{i,t} est la variable indicatrice de catastrophe naturelle, valant 1 lorsque :
    - les dommages aux biens et au stock de capital en pourcentage du PIB de l’année précédente dépassent 10 %, ou
    - le nombre de personnes tuées ou sinistrées dépasse 10 % de la population (total de toutes les catastrophes dans un pays pour une année donnée); elle vaut 0 dans le cas contraire. (Ces critères correspondent à des catastrophes naturelles très extrêmes.)
  - β1 est le coefficient d’intérêt.
  - X_{i,t} comprend deux retards de la croissance et le logarithme du PIB par habitant en parités de pouvoir d’achat.
  - α_i et μ_t représentent des effets fixes de pays et d’année, avec des erreurs-types regroupées au niveau du pays.

### Recommandations de politique (stratégie à trois volets)
- Renforcer la résilience structurelle :
  - Investir dans des infrastructures résistantes aux catastrophes.
  - Mettre en place des systèmes d’alerte rapide.
  - Appliquer de manière plus rigoureuse les codes du bâtiment et les règles de zonage.
- Accroître la résilience financière :
  - Garantir l’accès à des lignes de crédit préventives préapprouvées.
  - Participer à des mécanismes d’assurance prévoyant une mise en commun des risques.
  - Inscrire au budget des réserves financières.
  - Améliorer la mesure de l’exposition et de la vulnérabilité aux aléas climatiques et la communication des données correspondantes.
- Renforcer la résilience sociale :
  - Améliorer la préparation aux catastrophes et les capacités de gestion.
  - Limiter l’interruption des services publics essentiels.
  - Consolider les systèmes de protection sociale pour réduire les répercussions sur les groupes les plus vulnérables.
  - Veiller à ce que l’aide internationale soit obtenue en temps voulu et ait une plus large portée.

*Source : Extraits du chapitre "Encadré 1.2. Qui subit le plus les effets des changements climatiques ? Exemple des catastrophes naturelles", PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE — Avril 2021 (d’après EM-DAT ; calculs des services du FMI).*

### 1.  Prévalence de la sous-alimentation

### 1. Prévalence de la sous-alimentation

### Qu’est-ce que l’(in)sécurité alimentaire ?
- Sécurité alimentaire et nutritionnelle : toutes les personnes ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active (Comité de la sécurité alimentaire mondiale, 2012).
- Le dossier porte principalement sur deux aspects mesurables et économiquement pertinents :
  - l’apport calorique, mesuré par la « prévalence de la sous-alimentation » (part des ménages dont l’apport calorique est inférieur à un certain seuil);
  - la composition du régime alimentaire (contribution des céréales à l’apport calorique global et apport en protéines).

### Facteurs déterminants de la prévalence de la sous-alimentation (cycle conjoncturel)
- Principaux facteurs retenus : 
  - la croissance du PIB par habitant (revenu des ménages);
  - l’inflation des prix des denrées alimentaires (offre alimentaire et facteurs externes);
  - la situation initiale;
  - les transferts sociaux (mesures publiques visant à protéger les groupes vulnérables).
- Résultats principaux :
  - Une augmentation de 1 point de pourcentage de la croissance du PIB fait baisser la sous-alimentation de 0,95 %.
  - L’élasticité de la sous-alimentation à la croissance du PIB devient plus forte dans les pays pauvres et disparaît dans les pays à revenu élevé.
  - Des inégalités plus marquées réduisent cette élasticité.
  - Une augmentation type de 2 points de pourcentage de l’inflation des prix des denrées alimentaires entraîne généralement une progression de la sous-alimentation de 0,24 %.
  - Les transferts sociaux ont un effet positif direct sur la réduction de la sous-alimentation.
  - Convergence : en l’absence d’autres améliorations, la convergence à partir de parts initiales élevées de personnes sous-alimentées est lente — environ 0,4 point de pourcentage par an pour un pays à faible revenu type qui commence avec une part de 20 % de la population sous-alimentée.
  - Volatilités : l’inflation alimentaire et les variations des transferts sociaux sont respectivement deux et huit fois plus volatiles que la croissance du PIB dans l’échantillon économétrique.

### Composition du régime alimentaire et ajustement des ménages
- Avant de basculer dans la sous-alimentation suite à une diminution des revenus, les ménages se tournent vers des aliments de base moins coûteux.
- Les chocs sur le PIB augmentent généralement la consommation de céréales et diminuent celle de protéines, les céréales étant moins chères que les protéines animales.
- Les changements d’habitudes alimentaires sont souvent perçus par les personnes à revenu intermédiaire de la tranche inférieure comme une forme de paupérisation, facteur de montée des tensions sociales.

### Facteurs déterminants de l’inflation des prix des denrées alimentaires (économétrie sur 121 pays, 2001–18)
- Modèle : inflation annuelle de l’indice des prix à la consommation des denrées alimentaires régressée sur l’inflation des prix alimentaires mondiaux, l’appréciation du taux de change par rapport au dollar américain, l’inflation globale tendancielle et les chocs sur l’approvisionnement en denrées alimentaires.
- Transmission des prix internationaux aux prix intérieurs :
  - environ 0,26 pour les pays à revenu faible ou intermédiaire;
  - 0,14 pour les pays à revenu élevé.
- Répercussion des variations des taux de change sur les prix :
  - 0,23 pour les pays à revenu faible ou intermédiaire;
  - 0,08 pour les pays à revenu élevé.
- Chocs d’offre nationale et régionale :
  - Un choc type sur la production alimentaire nationale fait augmenter le taux d’inflation des prix alimentaires d’environ 0,3 point de pourcentage.
  - Le même choc à l’échelle régionale fait croître ce taux de 0,7 point de pourcentage.
- Effets du commerce et de l’intégration :
  - La répercussion des facteurs externes est globalement faible et non significative économétriquement.
  - Une forte dépendance aux importations de produits alimentaires tend à atténuer les effets des chocs de la production alimentaire nationale sur les prix domestiques.
  - Les chocs sur la production alimentaire nationale ont une faible corrélation avec ceux d’autres pays et avec les chocs sur la production alimentaire mondiale; un choc régional a une incidence plus forte qu’un choc intérieur, ce qui suggère que l’intégration du commerce alimentaire devrait idéalement s’étendre au-delà de la région.
- Impact sectoriel par niveau de revenu : l’inflation des prix des denrées alimentaires a une incidence particulièrement forte dans les pays où le revenu par habitant se situe entre 10 000 et 20 000 dollars (en dollars de 2017 ajustés en fonction des parités de pouvoir d’achat), le poids de l’alimentation dans l’indice des prix à la consommation y étant généralement élevé.

### Principales conclusions et implications de politique
- Croissance inclusive et protection sociale :
  - La croissance du PIB est le facteur le plus influent pour réduire la sous-alimentation; renforcer l’inclusivité de la croissance est essentiel, surtout dans les pays à revenu intermédiaire ou faible.
  - Les transferts sociaux jouent un rôle de protection important en atténuant l’impact des chocs de revenus et de prix sur la sous-alimentation.
- Stabilisation des prix alimentaires et sécurité des approvisionnements :
  - Les politiques visant à réduire la volatilité des prix alimentaires nationaux (par ex., amélioration de la production nationale, stockage, réduction des coûts de distribution) peuvent contribuer significativement à maîtriser l’inflation alimentaire.
  - L’intégration commerciale internationale et régionale peut atténuer l’impact des chocs d’offre nationale, mais nécessite une couverture au-delà de la région étant donné la faible corrélation des chocs à l’échelle nationale.
- Attention aux transitions alimentaires :
  - Les ménages recourent au remplacement de produits protéinés par des céréales en période de contraction des revenus; des politiques ciblées doivent prendre en compte les conséquences nutritionnelles et sociales de ces ajustements.

*Source : PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE — REPRISE : DES SITUATIONS DIVERGENTES À GÉRER (Fonds monétaire international, Avril 2021).*

### Conclusions

### Conclusions

### Facteurs déterminants de l’insécurité alimentaire et impact de la pandémie
- Le revenu est le principal facteur déterminant de l’(in)sécurité alimentaire dans les pays à faible revenu et dans certains pays émergents.
- La pandémie de COVID-19 risque de retarder la démarche visant à ramener à zéro le nombre de personnes sous-alimentées d’ici à 2030.
- En l’absence d’intervention des pouvoirs publics, la baisse des revenus et la hausse des prix des denrées alimentaires en 2020 entraîneraient une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim de respectivement 62 millions et 4 millions.
- Les pertes de production attendues à moyen terme en raison de la pandémie sont colossales : la production pour le monde entier en 2024 devrait être inférieure d’environ 3 % à celle prévue avant la pandémie.
- Hypothèse de référence : ces pertes devraient être plus limitées qu’après la crise financière mondiale, en supposant que la pandémie soit maîtrisée dans le monde entier d’ici à la fin de l’année 2022.

### Corrélations et incidence des chocs sur l’offre alimentaire (extraits de tableaux)
- Tableau 1.DS.2. Corrélations entre les chocs sur l’offre alimentaire (production de maïs, riz, soja et blé, calculée en calories) :
  - Intérieur — Intérieur : 1,00
  - Reste de la région — Intérieur : 0,20
  - Reste de la région — Reste de la région : 1,00
  - Reste du monde — Intérieur : 0,00
  - Reste du monde — Reste de la région : 0,02
- Tableau 1.DS.1. Incidence des chocs de l’offre alimentaire sur l’inflation des denrées alimentaires :
  - Élasticité de l’inflation alimentaire (Intérieur / Régional / Monde) : –0,02 –0,13 –0,15
  - Choc sur l’offre (Intérieur / Régional / Monde) : –16,34 –5,84 –2,06
  - Incidence sur l’inflation alimentaire (Intérieur / Régional / Monde) : 0,28 0,73 0,31
- Observation empirique : les pays à faible surface cultivée subissent des chocs sur la production plus forts (Graphique 1.DS.6., écart‑type de la production conjoncturelle en pourcentage, en fonction linéaire des valeurs ajustées, intervalle de confiance de 95 %).

### Caractéristiques et hétérogénéité des séquelles de la crise
- La pandémie a entraîné une profonde récession mondiale dont les conséquences varient d’un pays à l’autre et à l’intérieur même d’un pays.
- L’histoire indique que les profondes récessions laissent souvent des séquelles durables, en particulier sur la productivité.
- L’impact initial s’est concentré sur les secteurs des services où les contacts interpersonnels sont les plus fréquents, entraînant des retombées plus faibles sur les autres secteurs que dans la plupart des récessions précédentes.
- La gravité des séquelles attendues varie selon :
  - la structure de l’économie,
  - l’ampleur des mesures prises par les pouvoirs publics.
- Les pays émergents et les pays en développement devraient subir davantage de séquelles que les pays avancés.

### Recommandations de politique publique
- Renforcer les dispositifs de protection des groupes les plus vulnérables afin d’éviter une augmentation durable de la sous‑alimentation.
- Atténuer le risque de flambée des prix des denrées alimentaires en garantissant le bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement alimentaires.
- Permettre aux petits producteurs de tirer parti des marchés alimentaires internationaux pour atténuer les répercussions des chocs de production intérieure sur les prix alimentaires locaux.
- Maintenir les marchés alimentaires internationaux ouverts et demander aux pays exportateurs d’éviter d’instaurer des restrictions à l’exportation qui exacerbent les effets des chocs de production alimentaire sur les prix mondiaux et sapent la confiance dans les marchés alimentaires internationaux.
- Reconnaître que le commerce ne permet pas de se prémunir contre tous les chocs sur l’offre alimentaire mondiale ; prendre de nouvelles mesures pour :
  - favoriser la constitution de réserves alimentaires stratégiques suffisantes au niveau régional,
  - encourager le développement et la mise en place de cultures et de méthodes de production plus résilientes face aux changements climatiques.
- Continuer d’apporter un soutien aux secteurs et aux travailleurs les plus touchés tant que la pandémie sévit.
- Prendre des mesures correctrices pour :
  - enrayer le recul de l’accumulation de capital humain,
  - favoriser l’investissement et la réaffectation des ressources (recyclage, reconversion et procédures d’insolvabilité),
  afin de remédier aux pertes de PIB à long terme et au creusement des inégalités.

*Source : Conclusions (textf - Conclusions), Fonds monétaire international — Avril 2021.*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et nature de la crise
- Une crise unique en son genre : la pandémie de COVID-19 a entraîné une profonde récession mondiale exceptionnelle à bien des égards.
- La contraction en 2020 a été très soudaine et profonde par rapport aux précédentes crises mondiales : la production mondiale a diminué environ trois fois plus que durant la crise financière mondiale en deux fois moins de temps.
- Conséquences différenciées selon les secteurs et les pays, vecteurs de transmission complexes et considérable incertitude quant à la trajectoire de la reprise dépendant de l’évolution du virus.

### Riposte des pouvoirs publics
- Une riposte extraordinaire, tant par son ampleur que par le recours à des mesures de « sauvetage » innovantes pour améliorer les systèmes de soins de santé et atténuer les souffrances des ménages, des travailleurs et des entreprises.
- Environ 40 % de la riposte budgétaire dans les pays avancés du G20 (30 % dans les pays émergents du G20) a été orientée vers les entreprises et les initiatives visant à préserver l’emploi.
- Les mesures de soutien dans les pays émergents et les pays en développement ont en général été plus limitées.

### Incertitude et séquelles potentielles
- Incertitude exceptionnelle quant à la durée de la crise sanitaire et aux effets permanents éventuels du choc (dommages durables au potentiel de l’offre).
- Attendu : séquelles du côté de l’offre (baisse de la capacité de production) et changements durables de la demande, variant d’un pays à l’autre en fonction de la prépondérance des secteurs à « contacts interpersonnels fréquents » et des mesures publiques prises.

### Questions analysées dans le chapitre
- Quel enseignement tirer de l’expérience des récessions antérieures au sujet d’éventuelles séquelles ? Quels sont les vecteurs qui correspondent le mieux au contexte actuel (productivité, travail, capital) ?
- Quelle est l’importance des répercussions d’un secteur à l’autre dans la propagation des chocs à l’ensemble de l’économie ? Ces répercussions sont-elles à prendre en compte dans la crise actuelle ?
- Compte tenu des questions 1 et 2, quelles sont les conséquences pour les perspectives à moyen terme ?

### Principaux constats
- Les perspectives de séquelles de la COVID-19 sont considérables, même si elles sont plus faibles qu’après la crise financière mondiale.
  - Les graves récessions antérieures, en particulier les plus profondes, se sont accompagnées de pertes de production durables.
  - La relative stabilité financière au lendemain du choc de la COVID-19 jusqu’à présent est encourageante, car les séquelles les plus fortes par le passé sont apparues lors de récessions liées à des crises financières.
  - L’expérience des récessions antérieures indique également que la productivité pourrait être un vecteur particulièrement important, les récessions ayant en général été suivies de pertes durables de la productivité totale des facteurs (PTF).
- Les chocs subis par la productivité sectorielle ont des effets tenaces, et les répercussions entre secteurs ont été un mécanisme d’amplification considérable.
  - Par le passé, les secteurs ne se sont en moyenne pas redressés à la suite de chutes de productivité, ce qui montre que les secteurs les plus touchés par le choc de la COVID-19 risquent de souffrir d’un recul permanent.
  - L’ampleur relative de la contagion à d’autres secteurs est plus limitée avec le choc de la COVID-19 que lors des récessions antérieures (puisque les secteurs à contacts fréquents sont moins essentiels aux réseaux de production), mais les retombées demeurent considérables et ont vraisemblablement contribué à amplifier significativement le choc.
- Pertes de production attendues à moyen terme considérables mais très variables selon pays et région.
  - Malgré une croissance plus forte que d’habitude à mesure que l’économie mondiale se remet du choc de la COVID-19, la production mondiale devrait toujours être inférieure d’environ 3 % en 2024 aux prévisions faites avant la pandémie.
  - Ces séquelles attendues sont moins prononcées que celles constatées au lendemain de la crise financière mondiale, car les perturbations du secteur financier ont pu être enrayées dans la crise actuelle.
  - Contrairement à la crise financière mondiale, les pays émergents et les pays en développement devraient subir des séquelles plus profondes que les pays avancés, en partie en raison d’une riposte budgétaire plus modeste.
  - En tenant compte des différences de revenus, les pays davantage tributaires du tourisme et ceux dont les secteurs des services sont plus développés devraient connaître des pertes plus persistantes.

### Offre et demande dans une économie à contacts interpersonnels limités
- Classification des secteurs en quatre groupes selon l’intensité des contacts interpersonnels et la sensibilité aux perturbations dues à la pandémie (voir tableau 2.1) :
  - Secteurs à contacts interpersonnels fréquents, plus touchés : services d’hébergement et de restauration, arts, spectacles et autres activités de services, commerces de gros et de détail et transports. Exemple : hôtels, restaurants, transports, commerces avec pignon sur rue. Offre et demande se sont effondrées simultanément.
  - Secteurs à contacts interpersonnels fréquents, moins touchés : construction, administration publique, services d’éducation et de soins de santé. Exemple : services de santé, épiceries, construction. Dans certains cas, l’offre a été limitée et la demande a augmenté.
  - Secteurs des services à contacts interpersonnels limités : services d’information et de communication, activités de finance et d’assurance, activités immobilières et autres activités professionnelles et scientifiques. Exemple : services professionnels et aux entreprises. L’offre est restée en grande partie intacte, mais la demande a baissé.
  - Autres secteurs à contacts interpersonnels limités : agriculture, industrie manufacturière, exploitation minière et services publics. Exemple : activité manufacturière. L’offre a été limitée ; la demande a augmenté ou baissé selon le sous-secteur concerné.
- Du côté de l’offre : les confinements ont réduit la capacité de production effective ; certaines entreprises ont subi une baisse de productivité en réorganisant la production pour accroître la distance physique entre travailleurs. Les chocs initiaux subis par l’offre dans un secteur se sont répercutés sur l’offre dans d’autres secteurs via les liens des réseaux de production.
- Du côté de la demande : la demande a chuté en raison d’une mobilité réduite et d’une augmentation de l’épargne de précaution dans un contexte d’incertitude accrue. La propagation de l’offre à la demande a été amplifiée par des difficultés de trésorerie des ménages et des entreprises menant à des réductions de dépenses et des licenciements.
- Cas des États-Unis : quantités achetées initialement en baisse dans l’ensemble des secteurs, tandis que l’évolution des prix a été relativement modérée ; consommation de biens durables a en partie compensé la baisse de consommation de services où les contacts interpersonnels sont fréquents.

*Source : Introduction, textf - Introduction (PDF chapitre), Fonds monétaire international, Avril 2021.*

### 1. Par rapport à la période précédente

### 1. Par rapport à la période précédente

### Effets sectoriels et canaux immédiats
- Les fluctuations de l’activité et des prix ont été différenciées d’un secteur à l’autre, avec une plus large dispersion dans les secteurs où les contacts sont fréquents.
- Les chocs subis par l’offre semblent avoir été dominants, représentant environ les deux tiers du recul de l’emploi et de la production dans ce pays au deuxième trimestre de 2020.
- De puissants chocs de demande ont frappé les secteurs de la restauration, de l’hébergement et du tourisme.
- Les pays à prédominance de secteurs à contacts fréquents ont été plus exposés à la récession due à la pandémie et ont enregistré une contraction plus prononcée.
- La forte informalité sur les marchés du travail a rendu les mesures d’endiguement difficiles et a aggravé la crise.
- Les pays tributaires du tourisme sont particulièrement vulnérables à la durée de la crise et aux restrictions liées aux voyages.
- À l’intérieur des pays, les baisses de l’emploi ont été exagérément concentrées sur les travailleurs peu qualifiés, et les départs dans les petites entreprises semblent être en augmentation.

### Données et illustrations empiriques citées
- Graphique 2.4 : données provenant de 43 pays (27 pays avancés, 16 pays émergents et pays en développement) pour la période allant du quatrième trimestre de 2019 au troisième trimestre de 2020 (mesure : nombre total d’heures travaillées, variation cumulée en pourcentage par rapport au quatrième trimestre de 2019).
- Graphique 2.5 : enquête sur la santé des petites entreprises, phase 3 (9 nov. 2020–10 janv. 2021) ; échantillon inclut environ 885 000 entreprises des États-Unis. Une petite entreprise se définit comme une entreprise à emplacement unique et employant entre 1 et 499 personnes.

### Déterminants du potentiel de séquelles à moyen terme
Le potentiel de séquelles à moyen terme d’un pays dépend de l’interaction entre quatre éléments :
- 1) la trajectoire future de la pandémie et des mesures d’endiguement correspondantes,
- 2) les conséquences plus fortes du choc lié à la pandémie sur les secteurs où les contacts sont fréquents,
- 3) la capacité des entreprises et des travailleurs à s’adapter à un environnement de travail et à des transactions où les contacts sont plus limités,
- 4) l’efficacité de la riposte des pouvoirs publics pour limiter les dommages économiques.

### Voies par lesquelles une récession « classique » peut endommager le potentiel de l’offre
- Le chômage peut rester élevé et se traduire par une diminution de la main-d’œuvre (travailleurs découragés quittant le marché du travail) et par une détérioration des compétences pendant de longues périodes de chômage, ainsi que par des effets sur la scolarité et les revenus futurs.
- Un investissement limité peut ralentir l’accumulation du capital physique et freiner l’adoption des technologies.
- La productivité peut être définitivement amoindrie par la perte du savoir-faire propre aux entreprises (faillites), par la réduction des activités de recherche et développement et d’innovation, et par une mauvaise affectation des ressources.

### Évidence historique et comparaisons entre types de récessions
- Les pertes de production au lendemain des précédentes épidémies et pandémies de l’époque moderne ont été plus prononcées que celles au lendemain des récessions classiques, mais moins fortes que celles à l’issue de crises financières.
- La pandémie de COVID-19 est plus généralisée et plus grave que les précédentes pandémies de l’époque moderne, laissant entrevoir un plus fort potentiel de dégâts.
- L’absence d’une crise financière au lendemain de la COVID-19 pour le moment est toutefois favorable; les plus graves séquelles apparaissent habituellement à la suite de récessions associées à des crises financières, avec des détériorations permanentes de la PTF, du ratio capital/travailleur et de l’emploi par habitant.
- Dans les récessions profondes comparables à celle de 2020 :
  - Dans les pays avancés, les récessions profondes mais de courte durée sont associées à une reprise en forme de V, sans perte permanente de production après plusieurs années.
  - Dans les pays émergents et les pays en développement, des pertes de PIB réel permanentes continuent d’apparaître après des récessions profondes.

*Fonds monétaire international — Chapitre 2, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE — Avril 2021*

### 1. Pays avancés2. Pays émergents

### 1. Pays avancés2. Pays émergents et pays en développement

### Séquelles à moyen terme et canaux principaux
- Les séquelles de la COVID-19 peuvent être plus graves que celles des récessions antérieures, en particulier sur le marché du travail et l’éducation, avec des effets disproportionnés pour les pays à faible revenu et les ménages moins bien préparés à l’apprentissage à distance.
- Risques de pertes permanentes du capital physique si la contraction durable des secteurs à contacts fréquents conduit à l’abandon du capital spécifique à ces secteurs.
- La forte accumulation de dette par les entreprises durant la crise pourrait paralyser les entreprises plus endettées et affaiblir l’investissement.
- Des inadéquations de ressources et la désorganisation des chaînes d’approvisionnement peuvent réduire la productivité globale et provoquer des réactions en chaîne entre entreprises interdépendantes.
- La numérisation et l’innovation accrues peuvent atténuer une partie de la détérioration de la productivité dans les pays disposant d’une connectivité fiable, alors que les pays sans cette connectivité risquent d’être plus pénalisés.

### Transmission sectorielle : effets propres et effets de contagion
- Les répercussions s’étendent au-delà des secteurs à contacts fréquents et sont fortement amplifiées par les réseaux de production intersectoriels (tableaux entrées–sorties inter-pays).
- Quatre types de chocs examinés selon leur position dans le réseau de production : intérieur en amont, étranger en amont, intérieur en aval, étranger en aval.
- Deux types de chocs sectoriels analysés :
  - choc subi par l’offre, représenté par les variations de la PTF sectorielle;
  - choc subi par la demande, représenté par les variations des dépenses publiques sectorielles.
- Les effets en aval sont particulièrement marqués pour les chocs sur la productivité des fournisseurs, via des variations de prix qui affectent les quantités en aval.
- Les effets de contagion se répartissent entre chocs d’origine intérieure et étrangère et entre canaux amont et aval.

### Résultats empiriques clés
- Les effets de contagion sont considérables par rapport à l’effet propre pour les deux types de chocs.
  - Dans le cas du choc subi par la productivité, les effets de contagion totaux sont presque le double des effets propres en moyenne (graphique 2.9, plage 1).
  - Dans le cas du choc subi par les dépenses publiques, les effets de contagion sont globalement de même ampleur que pour le choc subi par l’offre, tandis que les effets propres sont plus limités (graphique 2.9, plage 2).
  - L’ampleur relative des effets de contagion par rapport à l’effet propre est environ sept fois plus importante dans le choc subi par les dépenses publiques que dans le choc subi par la productivité.
- Persistance temporelle :
  - Les effets de contagion restent significatifs jusqu’à cinq ans après les chocs subis par la productivité.
  - Les effets de contagion provenant des chocs subis par les dépenses publiques restent statistiquement significatifs jusqu’à quatre ans après le choc.
- Effet moyen sur la taille des secteurs :
  - En moyenne, un secteur ne se remet pas d’un choc négatif classique sur sa productivité : la part de ce secteur dans la valeur ajoutée brute totale reste inférieure de 5 % jusqu’à cinq ans après le choc (graphique 2.10, plage 1).
  - Les chocs subis par les dépenses publiques et ceux provenant d’autres secteurs n’ont pas d’effet statistiquement significatif sur la taille du secteur dans l’ensemble (même si certains signes peuvent exister pour des cas spécifiques).
- Échantillon et période :
  - L’échantillon couvre jusqu’à 43 pays (31 pays avancés et 12 pays émergents) sur la période 1995–2014 pour certaines estimations; d’autres estimations couvrent jusqu’à 31 pays avancés et 12 pays émergents sur la période 1995–2014.
- Observations additionnelles :
  - La pandémie a amplifié des chocs initiaux subis par les secteurs confinés, provoquant des pertes de production globales durables si ces secteurs représentent une part importante de l’économie totale.
  - La concurrence pourrait diminuer si le pouvoir de marché des grandes entreprises augmente suite à la fermeture de petites entreprises dans les secteurs à contacts fréquents.
  - Parallèlement, la création de nouvelles entreprises aux États-Unis a atteint un niveau record au troisième trimestre de 2020 (Brown, 2020), illustrant des dynamiques concurrentes de destruction/création.

*Source : https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2021/april/french/textf.pdf*

### 2. Effets propres et effets de contagion d’un choc subi

### 2. Effets propres et effets de contagion d’un choc subi par les dépenses publiques

### Propagation sectorielle et vecteurs de transmission
- Les chocs de la COVID-19 affectent secteurs et pays de façon hétérogène en fonction de l’exposition sectorielle, de la structure des réseaux productifs (tableaux entrées–sorties), de l’évolution sectorielle de l’emploi et de la productivité en 2020, et des coefficients historiques.
- Les effets de contagion d’un secteur à l’autre ont été significatifs durant la crise (graphique 2.11) :
  - Les effets en aval (des fournisseurs vers la demande finale) sont dominants, ce qui souligne l’importance des chocs subis par l’offre et, en particulier, du vecteur de la productivité.
  - Les effets de contagion d’un pays à l’autre semblent jouer un rôle plus limité.
- L’« effet propre au secteur » est plus marqué dans les secteurs où les contacts sont fréquents (commerce de gros et de détail, hôtellerie et restauration, spectacles et services à la personne, transports, éducation, soins de santé, construction).
- L’importance relative des effets de contagion est plus grande dans les secteurs à contacts interpersonnels limités (tous les autres), mais l’ampleur absolue des effets de contagion dans ces secteurs reste relativement modeste en raison d’une contraction de la valeur ajoutée brute moins prononcée.
- La concentration du choc sur des secteurs périphériques aux réseaux de production (essentiellement les services) explique pourquoi, en relatif, les effets de contagion sectoriels liés à la COVID-19 sont plus limités que ceux observés lors de chocs antérieurs sur la productivité et les dépenses publiques.
- Si la crise se prolonge et que le nombre de faillites de petites entreprises augmente, la diffusion transfrontière du choc pourrait s’amplifier, touchant des chaînes de valeur variées (exemples cités : restaurants et bars, exploitations agricoles et vinicoles, demande de tracteurs et d’autres équipements agricoles).

### Pertes attendues à moyen terme (horizon de cinq ans) et comparaisons historiques
- Les projections actuelles estiment des pertes de production, par rapport aux projections prépandémiques, d’environ 3 % pour l’économie mondiale (graphique 2.12).
- À titre de comparaison, les dommages durables provoqués par la crise financière mondiale sur une période comparable ont été de presque 10 % pour le monde dans son ensemble.
- Répartition par groupes de revenus (graphique 2.12) :
  - Les effets devraient être moins graves sur les pays avancés et, dans une moindre mesure, sur les pays émergents.
  - Les pays à faible revenu devraient s’en sortir moins bien, en moyenne, qu’à l’issue de la crise financière mondiale.
- Ces différences reflètent notamment :
  - L’hypothèse de référence d’une reprise soutenue avec des risques pour la stabilité financière contenus, contrairement à la crise financière mondiale.
  - Des mesures de soutien plus fortes et un accès prévu plus rapide aux vaccins et aux traitements dans les pays avancés.
  - La marge de manœuvre budgétaire plus limitée des pays à faible revenu.

### Facteurs explicatifs des variations nationales des séquelles
- Résultats d’une analyse de régression sur les révisions des prévisions (horizon 2022–24) :
  - Une augmentation d’un écart-type de la part du tourisme et des voyages dans le PIB est associée à une réduction de 2,5 % de la production escomptée en 2022 (graphique 2.13, plage 1).
  - Une part plus élevée du secteur des services est associée à une réduction de ½ % de la production escomptée en 2022.
  - Les mesures budgétaires ordinaires (dépenses supplémentaires et manques à gagner en réponse à la COVID-19) contribuent à atténuer les pertes : les pays ayant mis en place des mesures budgétaires ordinaires plus résolues devraient connaître des pertes plus faibles, toutes choses étant égales par ailleurs.
- Détails méthodologiques et notes :
  - Les régressions normalisent chaque régresseur à une moyenne de zéro et à un écart-type de un; elles incluent des variables fictives pour les groupes de revenus et pour les régions; l’échantillon porte sur l’ensemble des pays (178 pays pour certains graphiques).
  - L’échantillon pour l’analyse sectorielle (graphique 2.11) couvre jusqu’à 34 pays (24 pays avancés et 10 pays émergents) sur la période 1995–2014.
  - Les unités et interprétations des graphiques : les effets sont présentés avec le signe inversé; les unités en abscisse des régressions correspondent à différents horizons de prévisions; les unités en ordonnée correspondent aux variations en pourcentage de la production par augmentation d’un écart-type entre les pays.

### Incertitudes et trajectoire de la pandémie
- Les perspectives de séquelles à moyen terme dépendent fortement de la trajectoire de la pandémie :
  - Possibilité de nouveaux variants se propageant plus vite que l’administration des vaccins, rendant la COVID-19 endémique d’une gravité inconnue.
  - Ampleur de la désorganisation des activités due aux restrictions indispensables en attendant la protection vaccinale à l’échelle de la société.
  - Efficacité des mesures publiques en constante évolution, amplification éventuelle par le système financier, et vecteurs de contagion mondiaux (mouvements de portefeuilles, envois de fonds).
- Les révisions entre l’édition d’octobre 2020 des PEM et les prévisions actuelles montrent que les informations favorables récentes sur les vaccins et un second semestre 2020 plus fort que prévu ont amélioré les perspectives pour les pays avancés; les pertes projetées sont nettement plus faibles pour les pays avancés qu’en octobre 2020, et globalement similaires pour les autres groupes de revenus.

### Mesures recommandées pour limiter les dommages persistants
- Maintenir les mesures de soutien à l’offre de crédit pour éviter que la désaffection du crédit et des difficultés financières n’engendrent des séquelles durables, tout en garantissant la résilience des bilans et des volants de sécurité suffisants (voir chapitre 1 et le Rapport sur la stabilité financière dans le monde, édition d’avril 2021).
- Adapter l’action publique aux différentes phases de la pandémie :
  - Appui budgétaire ciblé pour remédier aux effets sectoriels disparates de la crise, particulièrement efficace tant que persistent les difficultés d’approvisionnement.
  - Investissements publics pour stimuler à la fois l’offre et la demande dès que les problèmes d’approvisionnement s’atténueront.
  - Lorsque l’espace budgétaire le permettra, ajuster les politiques pour soutenir une reprise durable.

*Source : CHAPITRE 2, « SÉQUELLES DE LA PANDÉMIE DE COVID-19 : PERSPECTIVES DE DOMMAGES ÉCONOMIQUES À MOYEN TERME », Fonds monétaire international, Avril 2021 (texte fourni).*

### 2. Révisions, par groupe de revenus

### 2. Révisions, par groupe de revenus

### Riposte des pouvoirs publics et structure économique
- Recommandation de déployer un double train de mesures associant:
  - un appui mieux ciblé aux ménages et aux entreprises touchés;
  - des investissements publics visant à:
    - Enrayer le recul de l’accumulation de capital humain et encourager l’emploi, notamment par l’affectation de ressources suffisantes aux soins de santé, aux programmes de développement de la petite enfance et à l’éducation (voir chapitre 1 de l’édition d’octobre 2020 des PEM et chapitre 2 de l’édition d’octobre 2020 du Moniteur des finances publiques).
    - La reconversion des travailleurs et l’investissement dans l’alphabétisation numérique pour élargir l’accès aux nouvelles opportunités d’emploi et prévenir de nouvelles divergences économiques.
    - Élargir les dispositifs de protection sociale et de soutien aux travailleurs déplacés tout au long d’une longue période d’adaptation (voir chapitre 3).
    - Favoriser la productivité par des politiques actives du marché du travail et d’autres mesures facilitant la réaffectation des ressources, notamment des réformes structurelles pour améliorer la mobilité professionnelle et réduire les rigidités des marchés des produits.
    - Des mesures favorables à la concurrence, l’innovation et l’adoption des technologies pour stimuler la croissance de la productivité.
    - Accroître l’investissement, notamment par des investissements publics dans des infrastructures respectueuses de l’environnement pour attirer des investissements privés (voir édition d’octobre 2020 des PEM et chapitre 2 de l’édition d’avril 2021 du Moniteur des finances publiques).
    - Assainissement des bilans des entreprises pour réduire le surendettement et favoriser l’investissement (voir chapitre 1 de l’édition d’octobre 2020 des PEM).
    - Amélioration des mécanismes d’encadrement des faillites et de restructuration de la dette pour réaffecter le capital productif (voir l’édition d’avril 2021 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde et Bauer et al., 2021).
- Observations contextuelles:
  - Dans les pays avec une proportion plus élevée de secteurs à contacts fréquents, une réaffectation plus poussée des ressources s’imposera probablement.
  - Les mesures de secours en faveur des entreprises et de préservation de l’emploi devront être éliminées progressivement et associées à des mesures facilitant la réaffectation des ressources.
  - Favoriser les opportunités liées à la transition vers le commerce électronique et encourager la numérisation de l’économie.
  - La coopération multilatérale est indispensable pour empêcher toute nouvelle divergence économique entre les pays (voir chapitre 1).

### Conclusions — impacts et trajectoires de reprise
- Éléments tirés des précédentes reprises après récessions:
  - Les séquelles seront vraisemblablement considérables, compte tenu de l’ampleur du choc de la COVID-19.
  - Les effets de contagion d’un secteur à l’autre après des chocs à la fois d’offre et de demande ont été de grande ampleur et de longue durée.
  - Les chocs sur la productivité sectorielle ont des effets tenaces, entraînant des replis durables, en moyenne, dans les secteurs frappés.
- Caractéristiques spécifiques de la présente crise:
  - La crise actuelle est différente des récessions passées à bien des égards et les perspectives sont empreintes d’une incertitude considérable.
- Projections et disparités:
  - Selon les prévisions actuelles, les pertes de production à moyen terme après la pandémie devraient être importantes et très variables d’un pays et d’une région à l’autre.
  - La production mondiale devrait toujours être inférieure d’environ 3 percent en 2024 à celle prévue avant la pandémie.
  - Ces pertes escomptées sont plus faibles que celles constatées lors de la crise financière mondiale, en raison des mesures de soutien prises sans tarder pour soutenir les revenus et enrayer la désorganisation du secteur financier.
  - Les pays émergents et les pays en développement devraient souffrir de séquelles plus profondes que les pays avancés, du fait notamment de:
    - la plus forte exposition de leurs secteurs au choc de la pandémie;
    - leur riposte plus modérée.
- Orientation de la politique publique:
  - Maintenir un soutien efficace jusqu’à ce que la reprise soit bien amorcée pour limiter les dommages persistants.
  - Éviter les difficultés financières à mesure que les mesures évoluent, car les plus graves séquelles surviennent lors de récessions liées à des crises financières.
  - Adapter les ripostes pour optimiser l’usage d’un espace budgétaire limité, en axant le soutien sur les secteurs et les entreprises les plus touchés.
  - Adopter des mesures visant à enrayer la baisse d’accumulation du capital humain, à stimuler la création d’emplois et à faciliter la réaffectation des travailleurs pour remédier aux pertes de PIB à long terme et au creusement des inégalités.
  - La coopération multilatérale en matière de vaccins, pour assurer une production suffisante et une distribution universelle en temps voulu, sera fondamentale pour prévenir des séquelles encore plus graves dans les pays en développement.

### Secteur de l’hôtellerie et de la restauration — pertes et effets de contagion
- Caractéristiques du choc:
  - Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration a subi de considérables pertes d’emploi et de production en raison de la COVID-19.
  - Ce secteur présente des liens plus étroits avec les autres secteurs de l’économie locale qu’un autre secteur en moyenne; les retombées sur les autres secteurs peuvent donc être considérables.
- Exemples chiffrés:
  - Aux États-Unis, l’emploi dans ce secteur a chuté de près de 40 percent entre février et mai 2020, contre 13 percent dans l’ensemble de l’économie.
  - Le choc moyen est de 25 percent de la valeur ajoutée avant la COVID-19 dans le secteur, et il est hétérogène d’un pays à l’autre, à moins de 10 percent en Turquie et jusqu’à 60 percent au Samoa.
- Implications:
  - Le redressement du secteur dépendra fondamentalement de la rapidité avec laquelle la pandémie sera endiguée; les séquelles seront d’autant plus graves que la demande mettra du temps à redémarrer.
  - Les pays tributaires du tourisme devraient connaître des séquelles plus prononcées à moyen terme.
- Données et méthodes (résumées):
  - Estimation de l’ampleur du choc du secteur de l’hôtellerie et de la restauration basée sur des données désagrégées du Royaume‑Uni, des pondérations en valeur ajoutée des secteurs dans le PIB de chaque pays, et d’autres données sectorielles agrégées; pour certains pays, les données de trafic aérien sont utilisées.
  - Utilisation de données d’entrées–sorties relatives à environ 170 pays provenant de la base de données Eora, couvrant 26 secteurs et les utilisations finales.

*Fonds monétaire international — Chapitre 2, “Séquelles de la pandémie de COVID‑19 : perspectives de dommages économiques à moyen terme” (extraits).*

### 2. La production reste inférieure à sa tendance

### 2. La production reste inférieure à sa tendance

### Effets sectoriels et projection de la production
- Le PIB devrait être inférieur de 2,2 percent à sa tendance pré-COVID-19 d’ici à 2023 uniquement en raison du choc ayant frappé le secteur de l’hôtellerie et de la restauration (graphique 2.1.1, plage 2).
- Les îles du Pacifique sont particulièrement touchées, avec un PIB qui devrait être inférieur d’environ 3 percent à sa tendance en 2023, dont 0,4 point de pourcentage dû, selon les estimations, aux séquelles supplémentaires infligées par le choc.
- Remarque méthodologique : Deux méthodes complémentaires sont utilisées pour estimer les effets d’amplification et de contagion de la COVID-19 et leurs incidences à long terme :
  - Méthode d’équilibre partiel reposant sur les liens des tableaux mondiaux d’entrées–sorties (Bems, Johnson et Yi, 2011), supposant aucune substituabilité entre les sources d’entrées et aucune variation de prix.
  - Méthode d’équilibre général stochastique dynamique utilisant le modèle G20 du FMI, qui inclut substituabilité entre les biens.
  - Les deux méthodes aboutissent à des résultats très similaires.

### Choc spécifique au secteur de l’hôtellerie et de la restauration
- L’ampleur du choc subi par l’économie est mesurée comme l’écart en pourcentage par rapport aux prévisions de croissance du PIB de 2020 dans les Perspectives de l’économie mondiale antérieures à la COVID-19.
- La taille du secteur de l’hôtellerie et de la restauration est mesurée comme sa valeur ajoutée en pourcentage de la valeur ajoutée totale (VAB).
- L’indice de rigueur de l’Université d’Oxford enregistre la rigueur des mesures « de type confinement » qui imposent essentiellement des restrictions comportementales à la population.

### Pertes d’apprentissage et coût sur le capital humain
- Fermetures d’écoles : 1,6 milliard d’élèves dans 180 pays au plus fort de la pandémie.
- En 2020, les pays ont déclaré une moyenne de 49 jours d’enseignement manqués, l’équivalent d’environ un quart d’une année scolaire.
- Pertes d’enseignement par groupe de pays en 2020 :
  - Pays en développement à faible revenu : 69 jours d’enseignement manqués en moyenne.
  - Pays émergents : 46 jours d’enseignement manqués en moyenne.
  - Pays avancés : 15 jours d’enseignement manqués en moyenne.
- Disparités d’infrastructures et d’apprentissage à distance :
  - Les pertes d’apprentissage sont plus élevées de 70 percent dans les pays classés en dessous de la moyenne mondiale pour l’accès à l’électricité (90 percent de la population en 2018) que dans les pays situés au-dessus.
  - Dans les pays où moins de la moitié de la population a accès à Internet (moyenne mondiale en 2018), les élèves ont manqué 65 days d’enseignement, soit le double de la moyenne des pays affichant des taux de connectivité plus élevés.
  - Les gouvernements n’ayant pas fourni d’outils des technologies de l’information et de la communication (TIC) ou de connectivité gratuite ont déclaré presque deux fois plus de journées de scolarité manquées que les gouvernements qui ont apporté ce soutien.
  - Les plateformes en ligne d’apprentissage à distance sont disponibles seulement dans les trois quarts des pays en développement à faible revenu.
  - Presque un quart de ces pays ont indiqué que la radio et la télévision utilisées pour diffuser des contenus éducatifs n’étaient pas efficaces pour l’apprentissage à distance.

### Estimations des pertes de revenus à long terme liées aux pertes d’apprentissage
- Fourchette des estimations de la baisse de revenus à long terme par année de scolarité perdue : 9 à 12 percent.
- Estimation agrégée : 10 000 milliards de dollars de perte de revenus du travail sur une durée de vie pour la cohorte concernée, soit 8 percent du PIB mondial en 2017, sans mesures correctrices (Azevedo et al., 2020).
- Effet permanent projeté selon Hanushek et Woessmann (2020) : les pertes d’apprentissage équivalant à la perte d’une demi-année scolaire se traduisent par une baisse du PIB annuel de 2,2 percent jusqu’à la fin du siècle.
- Estimations pour les États-Unis : Jang et Yum (2020) et Fernald et al. (2021) montrent des incidences plus légères de 0,25 percent et de moins de 0,1 percent, respectivement.

### Risques distributifs et populations vulnérables
- Les filles et les élèves de familles à faible revenu sont exagérément exposés à un risque accru de pertes d’apprentissage.
- La COVID-19 peut exacerber les disparités existantes en matière d’éducation entre pays : en 2018, le nombre moyen d’années de scolarité chez les adultes dans les pays en développement à faible revenu était de cinq ans contre douze ans dans les pays avancés.

### Recommandations politiques et actions prioritaires
- Mesures correctrices urgentes requises de la part des pouvoirs publics pour prévenir des séquelles durables sur le capital humain et éviter d’accentuer la divergence économique entre pays.
- Mesures nationales suggérées :
  - Moderniser les systèmes éducatifs.
  - Investir dans les infrastructures indispensables (électricité, connectivité Internet).
  - Garantir un financement équitable des établissements scolaires.
  - Former les enseignants pour atténuer les pertes d’apprentissage.
  - Fournir un soutien financier pour répondre aux exigences éducatives.
  - Ajuster la durée de l’année scolaire et déployer des programmes de tutorat complémentaires pour les élèves sérieusement affectés.
- Soutien international recommandé :
  - Augmenter l’aide au développement des infrastructures éducatives et numériques.
  - Financer ces efforts par les banques de développement multilatérales, des partenariats non traditionnels (organisations philanthropiques, projets de responsabilité sociale des entreprises) ou par les ressources libérées par les initiatives d’allégement de la dette.
- Politiques du marché du travail :
  - Les politiques de maintien dans l’emploi sont très efficaces pour réduire les dommages durables du chômage et atténuer l’inégalité des répercussions du choc de la pandémie sur les travailleurs, en particulier pendant la phase la plus brutale du choc.
  - Les politiques favorisant le redéploiement des travailleurs peuvent améliorer les perspectives d’accès à l’emploi et deviennent plus appropriées à mesure que la pandémie se résorbe.
  - Un suivi méticuleux de l’intensité de la pandémie (nombre de contaminations et de décès, degré de distanciation physique, rythme de la vaccination) est nécessaire pour déterminer le moment opportun de réduire les mesures de maintien dans l’emploi et de passer à des mesures axées sur le redéploiement.

*Source : Chapitre 2, « Séquelles de la pandémie de COVID-19 : Perspectives de dommages économiques à moyen terme », Fonds monétaire international, Avril 2021.*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et portée
- La pandémie de COVID-19, « qui sévit depuis plus d’un an », provoque des perturbations à grande échelle sur le plan économique et de l’emploi.
- L’analyse repose essentiellement sur un échantillon composé « essentiellement de pays avancés pendant les 30 dernières années » en raison des contraintes de disponibilité des données.
- Définitions utilisées :
  - Très qualifiés = niveau de formation supérieur du premier cycle et au‑dessus.
  - Peu qualifiés = niveau de formation inférieur au deuxième cycle du secondaire, et en deçà.
  - Personnes dans la force de l'âge = 25 à 54 ans.
  - Actifs jeunes = 15 à 24 ans.

### Effets observés sur le marché du travail
- Hausse des taux de chômage moyens et baisse des taux d’activité par rapport aux moyennes antérieures à la pandémie, tant dans les pays avancés que dans les pays émergents et les pays en développement (graphiques 3.1 et 3.2).
- Effets très inégaux selon les catégories de travailleurs (graphiques 3.1 et 3.2, plages 3–8) :
  - Les jeunes et les travailleurs peu qualifiés ont connu les plus fortes augmentations des taux de chômage et les baisses les plus marquées des taux d’activité.
  - Dans les pays émergents et les pays en développement, le chômage des femmes a augmenté un peu plus et leur taux d’activité a diminué davantage que celui des hommes.
  - Dans les pays avancés, un très faible écart a été observé entre les taux de chômage moyens féminin et masculin.
- En moyenne, les taux d’emploi ont diminué pour toutes les catégories de travailleurs.
- Secteurs touchés :
  - Le choc a été très asymétrique selon les secteurs, affectant davantage les professions et secteurs où les contacts physiques sont nombreux.
  - Le choc « accélère les tendances antérieures de l’emploi » et « a frappé plus durement les secteurs très vulnérables à l’automatisation ».

### Questions de recherche adressées
- Quelle est la nature sectorielle de la récession due à la COVID‑19 et comment se compare-t-elle aux récessions antérieures ?
- Comment évoluent les entrées et les sorties du marché du travail dans les différents secteurs pendant les récessions et les reprises ? Les récessions amplifient‑elles les tendances sectorielles de l’emploi (vulnérabilité à l’automatisation) ?
- Quels sont les effets individuels (transitions sectorielles et professionnelles, gains/pertes de revenu) et leurs différences selon l’âge, le genre et les compétences, et selon la phase du cycle conjoncturel ?
- Quelle est l’efficacité des politiques favorisant le maintien dans l’emploi ou le redéploiement de la main‑d’œuvre face à des chocs asymétriques sur les secteurs et les professions ? La persistance du choc importe‑t‑elle ?

### Principales conclusions
- Le choc de la pandémie accélère les tendances antérieures de l’emploi, avec des effets inégaux selon les catégories démographiques ; les jeunes et les travailleurs peu qualifiés sont, en moyenne, davantage touchés, en partie du fait des différences dans la composition sectorielle de la main‑d’œuvre.
- La récession liée à la pandémie est susceptible de pénaliser les travailleurs au chômage, en particulier les faiblement qualifiés.
  - Ceux qui retrouvent un emploi dans une profession différente subissent « une perte de revenu moyenne d’environ 15 % », illustrant les coûts élevés d’un changement d’activité après une période de chômage.
  - Pour les travailleurs peu qualifiés, la peine est triple : plus présents dans les secteurs les plus touchés, plus exposés aux pertes d’emploi et plus susceptibles, s’ils retrouvent un emploi, de devoir changer de profession et de subir une perte de revenu.
- Les politiques de maintien dans l’emploi et de redéploiement peuvent toutes deux atténuer l’impact sur les travailleurs ; le choix entre elles dépend de la persistance et de l’asymétrie du choc :
  - Mesures de maintien dans l’emploi (subventions salariales, dispositifs d’activité partielle) : efficaces pour diminuer les cessations d’emploi et garantir un revenu à court terme.
  - Mesures de redéploiement (incitations à l’embauche, aide à la recherche d’emploi et à l’appariement, programmes de reconversion) : favorisent l’accès à l’emploi et la réorientation professionnelle des personnes encore en activité, avec de meilleurs résultats à long terme si le choc est permanent.
  - Scénarios particuliers :
    - En cas de choc temporaire et asymétrique (confinement, distanciation physique), les politiques de maintien dans l’emploi sont « extrêmement efficaces ».
    - En cas de choc permanent (basculement permanent de la demande entre secteurs ou chute de productivité), les politiques de redéploiement accélèrent l’ajustement vers un nouvel équilibre.
    - Si les chocs ont des composantes temporaires et permanentes, combiner maintien dans l’emploi pendant la phase stricte de distanciation puis redéploiement lors de l’assouplissement réduit davantage le chômage.
- Recommandation générale : les pays disposant d’une marge budgétaire devraient « continuer à favoriser le maintien dans l’emploi jusqu’à une décrue sensible de la pandémie » pour éviter des périodes de chômage au coût social élevé et atténuer les effets sur les travailleurs désavantagés.
- Ciblage : les politiques pourraient cibler les catégories les plus touchées (par ex. augmenter les subventions salariales aux jeunes ou aux travailleurs peu qualifiés) pour dissuader les entreprises de s’en séparer.
- Redéploiement et capital humain : un appui plus énergique au redéploiement accélérera l’ajustement lors de la reprise, mais la reconversion à long terme des travailleurs « prendra du temps » en raison du manque d’appariement des compétences ; l’investissement en capital humain pour faciliter la reconversion requiert du temps.

### Limites et réserves
- Couverture des données : la variation nationale et temporelle des exercices empiriques et la surreprésentation des pays avancés signifient que les tendances et évaluations pourraient s’appliquer moins aux pays où l’emploi informel est très répandu.
- Pays à forte informalité : certaines études indiquent qu’ils ont initialement subi une forte hausse du chômage, mais leurs marchés du travail pourraient se redresser plus rapidement lorsque le choc se résorbera, car il est possible de créer/recréer plus vite des emplois informels. En l’absence de canaux pour aider les travailleurs informels à conserver leur emploi, il faudrait peut‑être recourir davantage à des mesures telles que des transferts monétaires pour leur garantir un revenu.
- Interprétation : il convient de privilégier une interprétation corrélationnelle plutôt que causale des effets estimés des mesures nationales de maintien dans l’emploi et de redéploiement sur les probabilités de transition.
- Modélisation : l’analyse fondée sur un modèle est illustratrice et ne peut lever toutes les incertitudes liées à l’ampleur et à la structure des effets permanents de la COVID‑19 ; les décideurs devront faire preuve de flexibilité.

### Structure du chapitre
- Examen de la différence des effets selon les secteurs et comparaison avec les récessions antérieures.
- Analyse des flux de travailleurs et de la relation entre redéploiement sectoriel et cycle conjoncturel, avec un accent sur la vulnérabilité à l’automatisation.
- Étude des transitions individuelles sur le marché du travail, des variations de revenu et des différences démographiques.
- Estimations empiriques de l’association des politiques de maintien dans l’emploi et de redéploiement avec les transitions sur les marchés du travail.
- Analyse modélisée de l’efficacité des politiques face à un choc induit par un confinement ou des mesures de distanciation physique.
- Conclusion par un résumé des enseignements et des conséquences pour les politiques publiques.

*Fonds monétaire international | Avril 2021 — Introduction, Chapitre 3.*

### 43. Croissance tendancielle moyenne

### 43. Croissance tendancielle moyenne

### Effets sectoriels du choc de la COVID-19
- Dans les pays avancés, l’emploi a le plus fortement baissé dans les secteurs du commerce de gros et de détail, des transports, de l’hébergement et de la restauration, ainsi que dans ceux de l’art et du divertissement, contrairement aux récessions des cinquante dernières années où les secteurs manufacturier et de la construction étaient en général les plus touchés (Graphique 3.3, plage 2).
- Certains secteurs, tels que l’information et la communication ainsi que la finance et l’assurance, ont connu une progression de l’emploi pendant la pandémie, confirmant la divergence des situations (Graphique 3.3).
- L’évolution générale des secteurs est proche de celle observée lors des récessions précédentes : accélération des tendances structurelles préexistantes au déclin de l’emploi dans les secteurs plus vulnérables à l’automatisation (Graphique 3.3, plage 3).

### Inégalités démographiques et composition sectorielle
- Les jeunes et les personnes peu qualifiées ont été les plus touchés par le choc, en partie en raison de l’exposition plus élevée de certains secteurs à ces catégories démographiques.
- Données à haute fréquence (offres d’emploi en ligne) au 16 février 2021 montrent que les secteurs employant davantage de jeunes, de femmes et de travailleurs peu qualifiés ont probablement eu de plus mauvais résultats que les autres (Graphique 3.4).
- Définition utilisée : on dit de la représentation démographique qu’elle est supérieure (inférieure) dans l’emploi par secteur selon que la part des jeunes ou des travailleurs peu qualifiés est supérieure (inférieure) à la moyenne dans l’économie ou que la part des femmes employées est supérieure (inférieure) à 50 % dans un secteur.
- Ligne temporelle marquante : ligne verticale = 10 mars 2020 (instauration d’un confinement national en Italie).

### Transitions sur le marché du travail et redéploiement
- En regard des chocs passés, il semble probable que l’inégalité sectorielle des effets résulte en partie d’un choc de redéploiement plus durable qui contribue à la hausse du chômage.
- Flux bruts observés : les récessions se caractérisent habituellement par un fléchissement des taux d’embauche bruts et une hausse des cessations d’emploi brutes, cohérent avec une hausse du chômage en période de récession (Graphique 3.5).
- Le taux d’embauche d’emploi à emploi tend à diminuer en récession, suggérant une réduction du redéploiement par ce canal.
- Près des deux tiers des flux d’emploi à emploi ont lieu au sein d’un même secteur.
- Les redéploiements sectoriels semblent se produire fréquemment après une période sans emploi : l’évolution de l’emploi dans les secteurs plus vulnérables à l’automatisation résulte en partie du mouvement direct de travailleurs vers des secteurs moins vulnérables, mais le plus souvent des embauches nettes de travailleurs déjà au chômage ou inactifs (Graphique 3.6, plage 2).
- Conséquence : le redéploiement tend à s’opérer davantage par l’intermédiaire du chômage, ce qui peut engendrer un coût social élevé, en particulier pendant les récessions.

### Vulnérabilité à l’automatisation et qualification
- Les emplois déclinent au fil du temps dans les secteurs plus vulnérables à l’automatisation; la part de la main-d’œuvre peu qualifiée chute dans ces secteurs (Graphique 3.6, plage 1).
- Les secteurs moins vulnérables à l’automatisation et à qualification élevée bénéficient de tendances d’emploi favorables, accentuées par des changements d’emploi après une période de chômage plutôt que par des changements de secteur de travailleurs déjà en emploi.
- Classification utilisée : les secteurs sont classés comme plus vulnérables à l’automatisation si plus de la moitié de la part de l’emploi dans ces professions est très exposée aux tâches routinières; un secteur est classé à faible qualification si la part de l’emploi peu qualifié dans ce secteur est supérieure à la moyenne dans l’ensemble de l’économie.

### Probabilités de transition et différences démographiques
- La probabilité de trouver un emploi en période de récession et de reprise est moindre qu’en période d’expansion, tandis que la probabilité de cessation d’emploi est plus élevée en récession (Graphique 3.7, plage 1).
- Estimations par modèle de probabilité linéaire :
  - Un jeune trouve plus facilement un emploi qu’un travailleur dans la force de l’âge (c’est-à-dire de 25 à 54 ans).
  - En moyenne, l’accès à l’emploi est plus difficile pour une femme que pour un homme.
  - En moyenne, l’accès à l’emploi est plus difficile pour un travailleur peu qualifié que pour un travailleur très qualifié.
- La probabilité qu’un travailleur en emploi change de secteur tend à augmenter en période d’expansion et à diminuer lors des récessions, bien que la différence estimée entre les phases du cycle ne soit pas statistiquement significative.

### Synthèse des implications
- L’impact du choc de la COVID-19 sur le chômage est très asymétrique selon les secteurs et les catégories démographiques.
- Si les enseignements tirés du passé s’appliquent, ces effets pourraient persister et exiger un certain redéploiement des travailleurs.
- Le choc accélère les tendances préexistantes à l’automatisation, provoquant le déclin des secteurs plus vulnérables et favorisant la progression de l’emploi dans les secteurs en pleine croissance.
- Les différences de composition de la main-d’œuvre selon les secteurs signifient que certaines catégories de travailleurs (en particulier ceux qui sont peu qualifiés) ont des perspectives professionnelles limitées.

*Fonds monétaire international — Perspectives de l’économie mondiale, Chapitre 3 (Extraits), Avril 2021.*

### 4. Taux d’embauche moyen

### 4. Taux d’embauche moyen

### Jeunes, travailleurs peu qualifiés et disparités démographiques
- Les jeunes sont particulièrement désavantagés pour trouver un emploi et sont plus susceptibles de le perdre lors d’un ralentissement économique.
- Historiquement en période de récession, la baisse de l’accès à l’emploi et la hausse des cessations d’emploi ont été moins marquées chez les femmes que chez les hommes. Les premiers signes selon lesquels, dans les pays avancés, les femmes seraient en moyenne plus touchées par le choc de la COVID-19 ne semblent pas se confirmer.
- Les travailleurs peu qualifiés : 
  - ont plus de chances de trouver un emploi que les travailleurs très qualifiés, mais sont aussi plus susceptibles de le perdre en période de récession ;
  - l’effet de cessation domine probablement, d’où une plus grande éventualité qu’un travailleur peu qualifié se retrouve au chômage lors d’une récession qu’un travailleur très qualifié.
- Les jeunes et les travailleurs peu qualifiés ont été parmi les plus touchés lors des précédentes récessions.

### Changements de profession et variations de revenu
- Probabilités de changement de profession :
  - Parmi les personnes en emploi sans interruption depuis deux ans, l’incidence du changement de profession est d’environ 10 percent.
  - Pour un travailleur qui retrouve un emploi après une période de chômage d’un an (« en passant par le chômage »), l’incidence est près de 50 percent.
- Variations de revenu liées au changement de profession :
  - Parmi les personnes en emploi, celles qui ont changé de profession ont connu une hausse moyenne de revenu de quelque 2 percent.
  - Parmi les travailleurs au chômage ayant retrouvé un emploi, ceux qui ont changé de profession ont subi une perte moyenne de revenu d’environ 15 percent.
- Caractéristiques par catégorie démographique :
  - Les femmes sont moins susceptibles que les hommes de changer de profession, qu’elles soient déjà en emploi ou après une période de chômage ; toutefois, lorsque elles le font, la variation de revenu associée (gain ou perte) tend à être plus élevée que pour les hommes.
  - Les jeunes sont beaucoup plus susceptibles de changer de profession que les personnes dans la force de l’âge, qu’ils soient en emploi ou après une période de chômage. Ceux déjà en emploi bénéficient d’une plus forte hausse de leurs revenus lorsqu’ils changent de profession.
  - Aucune différence statistiquement significative robuste n’est constatée entre travailleurs peu qualifiés et très qualifiés pour l’incidence des changements de profession ou pour les variations de revenu associées, bien que certains signes laissent penser que les premiers pourraient subir une plus grande perte de revenu après un changement de profession suivant une période de chômage.
- Effet du cycle conjoncturel :
  - Le cycle conjoncturel ne semble pas influer considérablement sur les probabilités de changement de profession et les variations de revenu concomitantes.
  - Néanmoins, l’incidence plus élevée des changements de profession après une période de chômage signifie que, mécaniquement, lors d’une récession (y compris celle liée à la COVID-19), il y a probablement une hausse des changements de profession et un plus grand nombre de travailleurs subissant une perte de revenu.
  - Parmi les travailleurs peu qualifiés en mesure de retrouver un emploi, la probabilité de changer de profession après une période de chômage augmente lors d’une récession.

### Action publique : maintien dans l’emploi versus redéploiement
- Mesures déployées pendant la pandémie :
  - De nombreux pays ont mis en œuvre des mesures exceptionnelles visant à préserver les appariements d’emploi et à garantir un revenu aux travailleurs (indemnités de chômage plus généreuses, assouplissement des critères d’admissibilité).
  - Les dépenses publiques moyennes destinées à préserver l’emploi après le choc de la COVID-19 sont bien supérieures aux dépenses antérieures de maintien dans l’emploi.
  - La hausse des dépenses en faveur du secteur de la santé correspond à elle seule aux dépenses moyennes antérieures consacrées au redéploiement des travailleurs.
- Catégories de politiques :
  - Politiques de maintien dans l’emploi : subventions salariales, dispositifs de chômage partiel, indemnisations partielles du chômage (objectif : préserver les appariements existants).
  - Politiques de redéploiement des travailleurs : incitations à l’embauche (notamment par les start-up), aide à la recherche et à l’appariement des emplois, programmes de reconversion (objectif : création de nouveaux emplois et faciliter les transitions sectorielles/professionnelles).

### Estimations empiriques de l’efficacité des politiques
- Approche : modèle de probabilité linéaire appliqué aux transitions individuelles, variables de dépenses en proportion du revenu moyen par chômeur, effets fixes nationaux et temporels, contrôles macroéconomiques (par ex. écart de production). Résultats à interpréter de façon corrélationnelle plutôt que causale.
- Résultats généraux (seuls effets statistiquement significatifs à 95 percent indiqués) :
  - Les politiques de maintien dans l’emploi réduisent la probabilité moyenne de cessation d’emploi.
  - Les politiques de redéploiement de la main-d’œuvre augmentent la probabilité d’accès à l’emploi et de changements de profession des travailleurs déjà en emploi.
  - Les politiques de maintien dans l’emploi apparaissent associées à une plus grande probabilité globale de changements de profession de travailleurs déjà en emploi ; les politiques de redéploiement sont associées à une moindre probabilité de cessation d’emploi (explication possible : mesure imparfaite des agrégats de dépenses et chevauchement des composantes formation « en emploi » vs « hors emploi »).
- Effets différentiels par groupe démographique :
  - Les politiques de maintien dans l’emploi réduisent davantage l’éventualité d’une cessation d’emploi chez les travailleurs peu qualifiés par rapport aux très qualifiés.
  - Les politiques de redéploiement tendent à favoriser l’accès à l’emploi des jeunes et des femmes plutôt que celui des personnes dans la force de l’âge et des hommes.
  - Ces effets différentiels peuvent refléter des disparités sectorielles et le ciblage direct de groupes spécifiques.

### Analyse modélisée des ripostes politiques face au choc de la COVID-19
- Caractéristiques du modèle d’appariement :
  - Deux professions différant par l’intensité des contacts (exposition asymétrique au choc) et la productivité.
  - Entrée et sortie libres des entreprises ; coût pour signaler un poste vacant.
  - Salaires fixés pour la durée de l’appariement.
  - Système d’indemnisation du chômage assure un certain revenu aux travailleurs sans emploi.
  - Les travailleurs qui changent de profession alors qu’ils sont déjà en emploi voient leur revenu n’augmenter que modérément ; ceux qui changent après une période de chômage subissent une perte de revenu notable.
- Modélisation du choc :
  - Choc de « confinement » négatif associé à une distanciation physique accrue, nuisible davantage à l’une des professions qu’à l’autre.
  - Le choc est conçu pour reproduire la hausse du chômage initialement observée aux États-Unis.
  - Durée du choc : quatre périodes (trimestres).
  - Deux cas envisagés concernant la persistance :
    1. choc temporaire : la productivité retrouve son niveau initial après la dissipation du choc ;
    2. choc hybride : caractère temporaire, mais avec certaines composantes permanentes (plus précisément, la moitié du choc sur la profession la plus touchée est permanente).
- Scénarios de politique publique comparés à un scénario de référence sans intervention :
  1. aide au maintien dans l’emploi : transferts monétaires de l’État aux entreprises pour aider à payer une partie des salaires lorsque l’appariement devient non rentable (coïncide avec la composante temporaire du choc, pendant quatre trimestres) ;
  2. aide au redéploiement de la main-d’œuvre : subvention de l’État aux entreprises pour réduire le coût induit par la vacance de postes et favoriser la création d’emplois (coïncide avec la composante temporaire, pendant quatre trimestres) ;
  3. série de mesures : commence par l’aide au maintien, puis passe à l’aide au redéploiement (l’aide au redéploiement est apportée au terme de la composante temporaire, lorsque les effets permanents se font encore sentir).
  - Les subventions de l’État destinées au maintien dans l’emploi ont un plafond calibré pour reproduire les dépenses observées ; politiques financées à court terme par la dette publique, que l’État rembourse progressivement.
- Résultats modélisés :
  - En l’absence d’intervention, le choc réduit la production, rend certains appariements non rentables, provoque des pertes d’emploi et une forte hausse du chômage. Les moins qualifiés sont particulièrement touchés et représentent une part importante de la baisse de l’emploi dans la profession la plus touchée.
  - La hausse du chômage est plus marquée pour un choc de confinement de même ampleur lorsqu’une partie du choc est permanente.
  - Les politiques de maintien dans l’emploi sont très efficaces pour réduire le chômage à court terme.
  - Les politiques de redéploiement de la main-d’œuvre fonctionnent mieux à long terme et après un choc permanent.
  - La série de mesures (maintien suivi de redéploiement) combine les avantages à court terme du maintien et les bénéfices à plus long terme du redéploiement.

_Produit à partir du chapitre 3, « RÉCESSIONS ET REPRISES SUR LES MARCHÉS DU TRAVAIL : TENDANCES, POLITIQUES ET RIPOSTES AU CHOC DE LA COVID-19 », PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE — AVRIL 2021, Fonds monétaire international._

### 1. Choc temporaire

### 1. Choc temporaire

### Trajectoire du chômage et effets des types de choc
- La trajectoire du chômage est pire dans le cas du choc hybride, bien que l’amplitude initiale du choc soit la même que dans le cas du choc temporaire.
- Dans le choc hybride, l’emploi dans la profession la plus touchée ne se redresse jamais complètement, contrairement au choc temporaire.
- Les entreprises anticipent que les appariements dans la profession la plus touchée deviendront moins rentables à l’avenir en raison des effets permanents du choc; elles prennent donc les devants en licenciant des travailleurs.

### Efficacité comparée des politiques du marché du travail
- Pour le choc hybride, la politique d’aide reposant sur des mesures de maintien dans l’emploi est la solution la plus efficace pour limiter la hausse du chômage à court terme.
- Impact chiffré sur le chômage en présence de mesures d’aide (par rapport au scénario sans intervention) :
  - environ 4½ points de pourcentage en moins avec des mesures de maintien dans l’emploi.
  - environ ¼ de point de pourcentage en moins avec des mesures de redéploiement des travailleurs.
- Pendant la reprise à plus long terme, l’aide au redéploiement réussit légèrement mieux que les mesures de maintien dans l’emploi à réduire le chômage, car elle facilite l’ajustement à la composante permanente du choc.
- La série de mesures (maintien dans l’emploi pendant le choc, puis redéploiement des travailleurs) est la meilleure solution : le chômage augmente moins à court terme et baisse ensuite plus rapidement comparativement au scénario de référence sans intervention.

### Effets budgétaires
- En limitant la montée du chômage, les mesures de maintien dans l’emploi peuvent réduire le creusement du déficit public par rapport au scénario sans intervention, en raison surtout des économies réalisées grâce aux moindres versements d’indemnités de chômage.
- Les mesures de redéploiement des travailleurs font augmenter le déficit, car elles engendrent des coûts liés à la création de nouveaux emplois et ne sont pas aussi efficaces pour freiner la hausse du chômage.
- La série de mesures accentue l’instabilité de la trajectoire du déficit, parce que les dépenses consacrées au redéploiement augmentent après la fin du confinement; toutefois, elle est plus efficace à long terme car l’amélioration de l’emploi due au redéploiement entraîne finalement une baisse des dépenses supérieure aux autres scénarios (en permettant de réduire celles affectées à l’indemnisation du chômage).

### Distribution des revenus et groupes gagnants/perdants
- Les mesures de maintien dans l’emploi réduisent les inégalités à court terme par rapport au scénario sans intervention, où elles augmentent très sensiblement.
- Pour les travailleurs du quintile le plus bas de la distribution initiale des revenus, ils bénéficient le plus de l’aide au maintien dans l’emploi, en particulier à court terme.
- La série de mesures a un effet légèrement plus positif à moyen terme sur cette catégorie, car le chômage diminue plus rapidement lors de la mise en œuvre de l’aide au redéploiement.
- Les travailleurs très qualifiés sont, dans un premier temps, moins touchés par le choc et leurs perspectives professionnelles s’améliorent plus rapidement; ils tendent à bénéficier davantage des mesures de redéploiement de la main-d’œuvre (qui créent plus de nouveaux emplois) que de celles de maintien dans l’emploi.

### Scénarios et recommandations de politique
- La meilleure réponse à la récession liée à la COVID-19 serait une série de mesures conjuguant maintien dans l’emploi et redéploiement des travailleurs afin de réagir à la fois aux composantes temporaires et permanentes.
- Dispositif d’intervention présenté :
  - freiner la hausse du chômage par des mesures de maintien dans l’emploi pendant la phase aiguë de la pandémie ou du confinement;
  - appliquer des mesures de redéploiement lors de la reprise pour faciliter le passage de la main-d’œuvre vers des secteurs moins touchés en créant plus rapidement des emplois.
- Les résultats du modèle laissent penser que le recours aux politiques de maintien devrait être lié à la durée et à l’intensité du choc temporaire.
- En pratique, la suppression progressive de ces mesures sera probablement complexe et devra trouver un équilibre entre les considérations d’espace budgétaire et les effets sur la production et l’emploi.
- Il faudra suivre de près :
  - le nombre de contaminations et de décès dus à la COVID-19,
  - le degré de distanciation physique,
  - l’avancement des campagnes de vaccination,
  pour évaluer si l’économie peut tolérer la suppression des politiques de maintien dans l’emploi pour privilégier la facilitation du redéploiement.

*Source : calculs de services du FMI.*

### Conclusion

### Conclusion

### Évolution de la pandémie et effets généraux sur le marché du travail
- La pandémie de COVID-19 et ses conséquences continuent à évoluer, avec des répercussions profondes déjà visibles sur les marchés du travail du monde entier, malgré un soutien exceptionnel des politiques publiques.
- L’incidence très asymétrique du choc sur les secteurs et les professions est un facteur d’inégalité entre les travailleurs.
- Une grande incertitude subsiste à propos de sa durée et de la nécessité éventuelle d’une transformation structurelle par la suite.
- Le présent chapitre éclaire les effets exercés jusqu’à présent sur le marché du travail par la récession liée à la pandémie, compare ces effets aux récessions antérieures et examine comment l’action publique, en particulier les mesures de maintien dans l’emploi et de redéploiement de la main-d’œuvre, pourrait améliorer la dynamique du chômage après un choc aussi dommageable et asymétrique.

### Tendances sectorielles, démographiques et de redéploiement
- Signes d’accélération des tendances préexistantes :
  - L’emploi diminue dans les secteurs et les professions plus vulnérables à l’automatisation.
  - Les secteurs les plus touchés par la pandémie diffèrent de récessions antérieures (commerce de gros et de détail, hébergement et restauration).
- Groupes les plus pénalisés :
  - Les jeunes et les travailleurs peu qualifiés sont en moyenne les plus pénalisés.
  - Le chômage des femmes a augmenté en moyenne plus que celui des hommes dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Ces inégalités résultent en partie des différences sectorielles de composition de la main-d’œuvre.
- Mécanismes de redéploiement :
  - Historiquement, le redéploiement sectoriel de la main-d’œuvre s’accélère au cours des récessions ; cela semble être le cas pour la récession due à la COVID-19.
  - Le redéploiement entre secteurs tend à prendre davantage la forme d’embauches de chômeurs que d’embauches d’« emploi à emploi ».
  - La probabilité qu’un travailleur change de profession est plus grande après une période de chômage que pendant qu’il exerce encore un emploi.
  - Les changements de profession passant par le chômage sont coûteux : les travailleurs subissent en général une perte de revenu substantielle comparativement à leurs homologues réembauchés sans changement de profession.
- Conséquence globale : pertes considérables et inégales selon les travailleurs (jeunes et travailleurs peu qualifiés étant les plus touchés) et un pénible retour à l’emploi au fur et à mesure du redressement de l’économie.

### Efficacité des mesures de maintien dans l’emploi et exemples
- Les mesures d’aide au maintien dans l’emploi peuvent être des outils très efficaces pour atténuer les dommages provoqués par un choc défavorable sur le marché du travail.
- Leur application pendant le choc a permis d’empêcher le chômage d’augmenter encore plus et de protéger les catégories les plus touchées, telles que les travailleurs peu qualifiés.
- Exemples cités :
  - Application étendue du « Kurzarbeit » en Allemagne.
  - Programme « Expediente de Regulación Temporal de Empleo » en Espagne.
  - Révisions en Italie pour élargir l’admissibilité aux subventions salariales dans le cadre du programme « Cassa Integrazione Guadagni ».
  - Aux États-Unis, dispositif plus limité de subventions des salaires dans le cadre du programme « US Paycheck Protection » et du crédit d’impôt pour la conservation des salariés (« Employee Retention Tax Credit »).
- Rôle : les politiques de maintien dans l’emploi contribuent à maintenir les appariements d’emploi et à empêcher une hausse plus marquée du chômage au moment du choc.

### Combinaison politique : maintien dans l’emploi puis redéploiement
- Dispositif recommandé :
  - Forte utilisation de mesures de maintien dans l’emploi pendant le choc.
  - Mesures d’aide au redéploiement de la main-d’œuvre après le choc.
- Raison : ce dispositif est plus efficace que le seul recours à des mesures de maintien dans l’emploi ou de redéploiement.
  - L’aide au maintien dans l’emploi préserve des appariements plus marginaux mais finalement viables.
  - L’aide au redéploiement après la phase aiguë permet aux chômeurs de trouver plus rapidement de nouveaux emplois à moyen terme.
- Compléments possibles :
  - Investissements dans la reconversion et, plus généralement, dans le capital humain pour augmenter la productivité du travail et rendre les appariements d’emploi plus rentables et résilients.
  - Limite : la plupart des investissements de ce type prennent du temps pour que leur rendement se matérialise ; ils ne conviennent pas pour traiter les chocs négatifs à court terme.

### Conception des politiques et considérations nationales
- L’efficacité des politiques dépend des spécificités de conception, de leur interaction avec les caractéristiques propres à chaque pays et de leur calibration en fonction de la nature du choc.
- Observations issues de la littérature :
  - Les subventions salariales et les dispositifs de chômage partiel peuvent réussir à sauvegarder l’emploi mais doivent tenir compte des particularités nationales et être calibrés selon la nature du choc.
  - Le succès des programmes de reconversion dépend beaucoup de leur contenu et des modalités d’exécution.
  - Le ciblage sectoriel explicite présente des risques de mauvaise affectation des aides si la situation de chaque entreprise ou travailleur n’est pas prise en compte.
- Options structurelles :
  - Conception des mesures de redéploiement pour favoriser la création d’emplois « verts » afin de relever les défis du changement climatique.
  - Programmes d’aide visant à accroître les compétences nécessaires à ces emplois, modernisation des systèmes éducatifs et développement des possibilités d’apprentissage.

### Implications pour les pays avancés et émergents, et politique monétaire internationale
- Récupération différenciée :
  - Les pays avancés devraient se relever plus rapidement de la crise de la COVID-19 que la plupart des pays émergents, parce qu’ils ont eu accès plus tôt à la vaccination et disposaient d’une plus grande marge de manœuvre pour conduire des politiques macroéconomiques de soutien à l’activité.
- Enjeux pour les banques centrales des pays émergents :
  - Des trajectoires de reprise divergentes pourraient compliquer la tâche des banques centrales des pays émergents si les taux d’intérêt dans les pays avancés devaient commencer à augmenter, alors que la situation dans les pays émergents justifierait le maintien d’une politique monétaire peu contraignante.
  - La politique monétaire dans les pays avancés, en particulier aux États-Unis, influe fortement sur les conditions de financement dans les pays émergents.
  - Les mesures énergiques de détente monétaire prises par les banques centrales des pays avancés au début de la pandémie ont considérablement soulagé les marchés financiers dans les pays émergents.
- Scénarios de risque :
  - Si un resserrement de la politique monétaire associé à une reprise économique plus vigoureuse que prévu aux États-Unis se produit, il tend à être relativement anodin pour la plupart des pays.
  - Un durcissement inattendu, reflétant par exemple une modification de la fonction de réaction attendue de la Réserve fédérale américaine, tend à réduire l’appétit pour le risque des investisseurs mondiaux et à faire sortir les capitaux des pays émergents.
- Facteurs de résistance :
  - Les pays émergents moins vulnérables sur le plan budgétaire sont mieux protégés contre les chocs financiers externes.
  - Les pays dotés de cadres monétaires et budgétaires plus transparents et fondés sur des règles ont davantage d’autonomie en matière monétaire.

*Source : Conclusion (chapitre), PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE — REPRISE : DES SITUATIONS DIVERGENTES À GÉRER, Fonds monétaire international | Avril 2021*

### Introduction

### Introduction

### Contexte initial
- À la fin du mois de février 2020, la propagation mondiale de la COVID-19 a frappé les marchés financiers avec une puissance dévastatrice.
- Un mois plus tard, l’aversion pour le risque à l’échelle mondiale était revenue au niveau observé au plus fort de la crise financière mondiale, et les pays émergents et pays en développement ont commencé à enregistrer des sorties massives de capitaux.
- Les banques centrales des pays avancés ont abaissé les taux directeurs et lancé des programmes d’achats d’actifs (PAA) pour soutenir les marchés du crédit.
- Les banques centrales des pays émergents ont eu recours à un large éventail d’outils : réductions des taux directeurs et, pour plusieurs d’entre elles, lancement de PAA.
- Après ces mesures énergiques, les primes de risque souverain ont commencé à diminuer.
- Depuis l’annonce de plusieurs essais concluants de vaccins à la fin de 2020, les perspectives mondiales se sont améliorées, mais avec d’importantes disparités; de nombreux pays émergents et pays en développement devraient connaître un redressement plus poussif que les grands pays avancés.
- Pendant la reprise, les pays émergents ont une marge budgétaire restreinte (référence : Végh et Vuletin, 2012) et une forte hausse de leur dette publique l’an dernier, ce qui renforce le rôle de la politique monétaire.

### Questions analysées
- De quelle manière les variations inattendues des politiques monétaires dans les pays avancés influent-elles sur les conditions de financement dans les pays émergents ? Comment cette influence a-t-elle évolué dans le temps et varie-t-elle selon les pays ?
- De quelle manière l’actualité économique dans les pays avancés influe-t-elle sur les conditions de financement dans les pays émergents ?
- Quelles sont les caractéristiques des pays émergents qui ont été plus en mesure d’assouplir leur politique monétaire dès le début de la pandémie ? Les PAA sont-ils un moyen efficace d’assouplir les conditions de financement dans les pays émergents ?

### Cadre et échantillon
- Les surprises de politique monétaire aux États-Unis et dans la zone euro sont définies comme des variations des rendements des obligations souveraines à deux ans pendant une fenêtre autour de chaque annonce.
- Pour la Réserve fédérale, la fenêtre couvre toute la journée de l’annonce ; pour la BCE, elle couvre les deux heures entourant les communiqués et conférences de presse du Conseil des gouverneurs.
- Les services du FMI obtiennent 176 et 217 annonces inattendues respectivement de la Réserve fédérale et de la BCE entre 2000 et 2020.
- L’échantillon couvre 60 pays émergents, sauf pour certains indicateurs (par ex. seuls 21 pays émergents disposent de données sur le rendement des obligations souveraines ; l’échantillon de pays à faible revenu contient des données sur les taux de change pour 23 pays, mais pour 5 d’entre eux seulement en ce qui concerne les rendements des obligations d’État).

### Canaux de transmission étudiés
- Canal du risque : modifications inattendues de la politique monétaire dans les pays avancés modifient la perception du risque et donc les conditions de financement dans les pays émergents.
- Canal du commerce : nouvelles sur la conjoncture dans les pays avancés modifient la conjoncture économique et les débouchés d’investissement dans les pays émergents.

### Principales conclusions
- Effets de la politique monétaire américaine :
  - Un resserrement surprise de 100 points de base décidé par la Réserve fédérale se traduit par une hausse de 47 points du rendement à deux ans des emprunts publics dans les pays émergents.
  - Chaque resserrement de 100 points de base de la politique monétaire aux États-Unis entraîne immédiatement une dépréciation d’un point des monnaies des pays émergents vis-à-vis du dollar et des sorties de capitaux des pays émergents équivalant à 7 points de base du PIB annuel.
  - La variation des rendements intérieurs résulte presque en totalité d’une variation de la prime d’échéance ; les anticipations révisées des taux directeurs dans les pays émergents n’y contribuent qu’à la marge.
  - L’assouplissement monétaire décidé par la Réserve fédérale a contribué à la diminution de plus de 100 points de base des rendements dans les pays émergents durant la pandémie.
  - L’annonce de lignes d’échange de dollars entre banques centrales a réussi à calmer les marchés (ex. effets stabilisants notables pour le Brésil et le Mexique après l’annonce du 19 mars 2020).
- Effets de la politique monétaire de la BCE :
  - Les retombées des politiques de la BCE sont plus modestes et régionales ; elles sont statistiquement significatives surtout à des échéances intermédiaires ou dans les pays émergents plus intégrés avec la zone euro.
- Effets des nouvelles économiques américaines :
  - Les bonnes nouvelles concernant l’activité aux États-Unis dopent les taux d’intérêt américains à moyen terme via des anticipations de relèvement des taux directeurs, atténuent le VIX et entraînent une appréciation effective du dollar.
  - Dans le pays émergent moyen, ces nouvelles tendent à affluer des capitaux, à faire chuter le VIX et les primes EMBI, tandis que les rendements domestiques augmentent légèrement, reflétant les anticipations de taux directeurs plus élevés (canal du risque positif et canal commercial positif).
  - Les annonces positives sur les vaccins dans les pays avancés ont eu des effets particulièrement bénéfiques dans les pays émergents : rendements des obligations nationales qui n’augmentent pas, monnaies qui ne se déprécient pas, baisse des primes EMBI et afflux de capitaux.
- Hétérogénéité et canal du risque :
  - Les pays dont la dette souveraine est classée dans la catégorie spéculative voient le rendement à 10 ans augmenter de 27 points de base de plus après un resserrement surprise de 100 points de la politique monétaire aux États-Unis.
  - Entre un pays au 25e centile de la dette extérieure et un pays au 75e centile, l’écart de sensibilité des rendements à 10 ans est de 17 points.
  - Entre un pays à la volatilité monétaire au 25e centile et un pays au 75e centile, la réaction des rendements à 10 ans augmente de 20 points.
  - Ces indicateurs servent à construire un « indice de vulnérabilité » utilisé pour expliquer la sensibilité des pays aux chocs de la politique monétaire américaine.
- Pays à faible revenu :
  - Les conditions de financement dans les pays à faible revenu réagissent généralement moins que dans les pays émergents aux modifications inattendues de la politique monétaire américaine ou de la BCE et aux nouvelles économiques américaines, mais il existe des exceptions (ex. rendement des obligations à 10 ans rehaussé par les bonnes nouvelles sur les vaccins dans cinq pays à faible revenu disposant de données : Ghana, Kenya, Nigéria, Ouganda, Viet Nam).
  - Les monnaies des pays à faible revenu se déprécient d’environ 1,2 % en moyenne par rapport au dollar pour chaque resserrement inattendu de 100 points de base décidé par la Réserve fédérale (réaction comparable à celle des pays émergents).

### Répercussions sur les conditions de financement dans les pays émergents
- Effets quantitatifs observés :
  - Resserrement surprise de 100 points de base de la Fed → +47 points sur le rendement à deux ans des emprunts publics des pays émergents.
  - Resserrement surprise de 100 points de base de la Fed → dépréciation d’1 point des monnaies des pays émergents vis-à-vis du dollar.
  - Resserrement surprise de 100 points de base de la Fed → sorties de capitaux équivalant à 7 points de base du PIB annuel.
- Évolution pendant la pandémie :
  - La moyenne pondérée des rendements sur les marchés émergents a augmenté en février 2020, puis chuté rapidement jusqu’à fin avril avant de revenir lentement aux alentours de 4 % à la fin de 2020.
  - Calcul sommaire : si la Réserve fédérale n’avait pas assoupli sa politique en mars 2020, les rendements moyens dans les pays émergents auraient été supérieurs de plus d’un point (principalement en raison de la hausse des primes d’échéance).
- Outil spécifique : lignes de crédit réciproque en dollars
  - Annonce du 19 mars 2020 par la Réserve fédérale → diminution des écarts EMBI et appréciation des monnaies pour le Brésil et le Mexique, alors que d’autres pays émergents ont continué à voir des écarts augmenter et des monnaies se déprécier.

### Facteurs déterminants de la réaction des pays émergents (PAA et baisses des taux directeurs)

- Programmes d’achat d’actifs (PAA)
  - 27 pays émergents et pays en développement ont lancé des PAA durant la pandémie, à commencer par l’Indonésie le 2 mars 2020.
  - La majorité des banques centrales ont justifié leurs PAA par la nécessité de pallier un dysfonctionnement du marché ; quelques pays (Ghana, Indonésie, Maurice) ont aussi invoqué le soutien au financement de l’État.
  - La plupart des achats se limitaient aux obligations publiques ; quelques pays ont acheté des obligations d’entreprises ou de banques (Brésil, Chili, Hongrie, Maurice) ou des actions (Égypte).
  - Sur la base de la baisse des rendements des obligations publiques après lancement, les PAA lancés pendant la pandémie semblent avoir été efficaces.
  - Motivations et déterminants des PAA (effets sur la probabilité d’annonce, en points de pourcentage) :
    - Régime de change flexible → probabilité supérieure de 61 points.
    - Existence d’une cible d’inflation chiffrée → probabilité supérieure de 35 points.
    - Hausse d’un écart-type de l’indice de transparence de la banque centrale → probabilité supérieure de 19 points.
    - Ajout d’une règle budgétaire → probabilité supérieure de 10 points.
    - Figurer parmi les émetteurs d’obligations de premier rang (notation catégorie investissement) → probabilité supérieure de 19 points.
    - Pays avec une marge de manœuvre budgétaire intermédiaire → probabilité supérieure de 58 points par rapport aux pays situés aux extrêmes.
  - Exposition aux répercussions financières (indicateurs testés) :
    - Indice national de vulnérabilité aux conséquences des décisions de la Réserve fédérale, indice d’ouverture financière (Chinn–Ito) et indicateur d’adéquation des réserves n’expliquent pas de manière statistiquement significative l’annonce d’un PAA.
  - Complémentarité d’instruments :
    - Une diminution plus importante des taux directeurs augmente de 10 points la probabilité d’une annonce de PAA.
    - Le recours aux interventions de change accroît la probabilité d’un PAA de 18 points.
- Baisses des taux directeurs (mesures conventionnelles)
  - Les baisses des taux entre mars et août 2020 varient selon les pays ; déterminants identifiés :
    - Cadres macroéconomiques solides associés à des baisses de taux plus marquées :
      - Régime de change flexible et existence d’une cible d’inflation → réductions de taux supérieures d’environ 20 %.
      - Augmentation d’un écart-type de l’indice de transparence de la banque centrale → baisse du taux directeur de 6 % de plus.
      - Ajout d’une règle budgétaire → baisse du taux directeur de 5 % de plus.
    - Situation budgétaire :
      - Contrairement aux PAA, la notation du risque souverain et l’indicateur d’espace budgétaire ne sont pas corrélés de manière significative avec l’amplitude des baisses de taux.
    - Exposition aux retombées financières :
      - L’indicateur d’ouverture financière et le ratio d’adéquation des réserves n’expliquent pas de manière significative les baisses de taux.
    - Situation économique intérieure :
      - Les réductions de taux ont été plus importantes là où l’inflation était moins élevée avant la pandémie et où les chocs sur la demande intérieure et extérieure étaient plus négatifs.
      - Les taux directeurs ont été plus fortement réduits dans les pays affichant, au 1er septembre 2020, un nombre de cas de COVID-19 supérieur (valeur approchée de l’ampleur des chocs intérieurs), et dans les pays où la part de l’industrie manufacturière dans le PIB est plus élevée.

*Source : Introduction du chapitre « Changement de braquet : répercussions des politiques monétaires pendant la reprise post-pandémie », Perspectives de l’économie mondiale, Fonds monétaire international, Avril 2021.*

### Conclusion

### Conclusion

### Risques d’une reprise à plusieurs vitesses et normalisation monétaire
- Une reprise plus rapide dans les pays avancés que dans la majorité des autres pays suscite des inquiétudes quant aux effets du retrait non synchronisé des mesures de soutien liées à la politique monétaire, qui durcit les conditions de financement pour les pays émergents et pays en développement.
- Les plans de relance aux États-Unis pourraient entraîner une réduction des achats d’actifs de la Réserve fédérale et une hausse des taux d’intérêt américains plus tôt que prévu.
- Rien ne garantit que la reprise économique et la normalisation des taux d’intérêt dans les pays avancés se dérouleront sans accroc; la communication des banques centrales sera un facteur essentiel.

### Effets des variations des taux d’intérêt aux États-Unis sur les pays émergents et en développement
- Les conséquences des variations des taux aux États-Unis sur les conditions de financement dans les pays émergents dépendent des circonstances entourant ces variations et de l’évolution des primes de risque à l’échelle mondiale.
- Scénarios identifiés :
  - Signal inattendu annonçant un relèvement des taux directeurs aux États-Unis sans lien avec l’évolution économique américaine :
    - Conduit sans ambiguïté à un resserrement des conditions de financement dans les pays émergents.
    - Mécanismes : modification de l’appétit pour le risque mondial, inversion des flux de capitaux vers les pays émergents, désendettement des banques internationales, dépréciation des monnaies émergentes, révélation de vulnérabilités de change.
  - Nouvelles positives sur l’activité économique aux États-Unis (y compris bonnes nouvelles sur les essais de vaccins contre la COVID-19) :
    - Tendent à améliorer les conditions de financement dans les pays émergents.
    - Observations : le VIX et les primes de risque des obligations de pays émergents reculent; les capitaux tendent à affluer vers ces marchés.
    - Canaux : canal du risque positif (réduction de l’aversion au risque) et canal commercial (meilleures perspectives de croissance pour les pays émergents liées à une amélioration aux États-Unis).
  - Hausses inattendues de l’inflation aux États-Unis :
    - Font augmenter les taux américains anticipés, mais ne semblent pas avoir d’incidence systématique sur les conditions de financement dans les pays émergents; en moyenne, les répercussions paraissent limitées.

- Une normalisation progressive et dûment annoncée des taux américains motivée par un redressement de l’économie américaine serait, en moyenne, gérable par la plupart des pays émergents, bien que problématique pour certains.
- Conditions modératrices :
  - Si les anticipations inflationnistes restent bien ancrées, un redémarrage plus puissant que prévu de l’inflation dans les pays avancés pourrait seulement modérer l’appétit pour le risque sans effets étendus.
  - La Réserve fédérale a indiqué qu’elle ciblerait un dépassement temporaire de son objectif d’inflation à moyen terme et ne relèverait pas les taux d’intérêt avant que l’inflation atteigne 2 % et ne semble se maintenir légèrement au-dessus de ce niveau pendant un certain temps.

### Programmes d’achat d’actifs (PAA) dans les pays émergents et en développement : motivations et efficacité
- Contexte et motivations :
  - La plupart des pays ont lancé des PAA quand les taux directeurs à court terme étaient encore positifs.
  - Objectifs déclarés :
    - Dans seulement 9 % des cas, les autorités ont indiqué que leurs PAA étaient l’instrument d’une stimulation monétaire.
    - Dans 62 % des cas, la principale préoccupation était de pallier un dysfonctionnement du marché et de redonner confiance.
    - Contribuer à couvrir les besoins budgétaires a été invoqué comme objectif principal dans 10 % des cas.
    - Le taux de change n’a été cité qu’une seule fois comme objectif visé.
  - Les achats d’obligations d’État à long terme (ou de titres du secteur privé) ont parfois été combinés avec des baisses de taux directeurs (dans 11 cas sur 27).
  - La taille des PAA annoncés et mis en œuvre était comparable à celle des programmes lancés dans les petits pays avancés.
- Efficacité observée :
  - Étude d’événement sur plusieurs jours avec un échantillon de 15 pays (faute de données suffisantes) conclut à des effets hétérogènes.
  - En moyenne, l’effet estimé sur les rendements d’obligations nationales est négatif et statistiquement significatif (graphique 4.1.1), légèrement supérieur à celui de la transmission de la politique monétaire conventionnelle et plus marqué que dans les pays avancés.
  - Les effets estimés sur le taux de change sont peu probants.
  - Les annonces ont presque toujours un effet non significatif sur les obligations de référence des pays émergents.
  - Les régressions de panel tenant compte des politiques et des facteurs mondiaux confirment ces résultats.
- Facteurs d’hétérogénéité :
  - Spécificités nationales augmentant l’efficacité des PAA : crédibilité de la banque centrale, marge de manœuvre monétaire plus importante, faible part des obligations publiques détenue par des non-résidents.
  - Modalités de mise en œuvre influentes : programmes basés sur la quantité, taille annoncée plus modeste, annonces uniques ou multiples.
  - Aucune différence statistiquement significative constatée entre achats sur le marché primaire et sur le marché secondaire, ni entre annonces uniques et annonces coordonnées avec d’autres autorités.
- Conclusion opérationnelle :
  - Les pays émergents et les pays en développement peuvent utilement se servir des PAA pour apaiser les tensions sur leur marché intérieur, mais ces opérations ne sont pas nécessairement efficaces pour atténuer des tensions provenant des marchés extérieurs à plus grande échelle.

### Mesures et recommandations pour les pays émergents et en développement
- Maintenir des cadres budgétaires et monétaires crédibles pour soutenir l’activité intérieure en cas de chocs négatifs imprévus.
- Limiter l’accumulation de vulnérabilités par des mesures ciblées :
  - Allonger les échéances de la dette et éviter les concentrations des obligations au titre du service de la dette.
  - Gérer l’endettement par des mesures macroprudentielles et une surveillance financière stricte.
  - Réduire les asymétries de monnaies.
  - Garantir un niveau suffisant de réserves internationales (voir le chapitre 3 de l’édition d’avril 2020 des PEM).
- Considérer la politique monétaire contracyclique dans les scénarios pessimistes, en tenant compte que :
  - L’intensité de l’assouplissement pourrait être limitée et hétérogène.
  - Une dette publique plus importante pourrait dissuader certains pays de recourir aux PAA aussi souvent que pendant les premières phases de la pandémie.
  - Des problèmes budgétaires pourraient peser sur la perception de l’indépendance de la politique monétaire et sur l’efficacité de l’action conventionnelle sans générer des anticipations inflationnistes à long terme.
- Renforcer une architecture financière internationale solide, y compris des mécanismes efficaces d’appui à la liquidité.

### Communication des banques centrales des pays avancés : importance et recommandations
- Un relèvement rapide des taux directeurs attendus aux États-Unis (par exemple, via une révision soudaine à la baisse des anticipations concernant le niveau d’inflation que la Réserve fédérale tolérerait) pourrait provoquer une hausse des primes de risque et des sorties de capitaux importantes pour les pays émergents et en développement.
- Il est important que la Réserve fédérale continue de mettre l’accent sur sa stratégie et la façon dont elle conduira sa nouvelle politique monétaire pour ancrer les anticipations relatives à sa réaction.
- En règle générale, les banques centrales des pays avancés devraient envoyer un signal précoce si elles jugent que la situation économique justifie une réduction des achats d’actifs et une remontée ultérieure des taux directeurs.

*Source : Conclusion (chapitre 4) — Perspectives de l’économie mondiale — Avril 2021.*

### 2020. Elle présentera un certain degré de consolidation

### textf - 2020. Elle présentera un certain degré de consolidation

### Hypothèses et projections macroéconomiques
- Hypothèses de taux internationaux clés :
  - LIBOR sur les dépôts en dollars à six mois : 0,3 % en 2021 et 0,4 % en 2022.
  - Taux moyen des dépôts en euros à trois mois : –0,5 % en 2021 et –0,5 % en 2022.
  - Taux des dépôts en yen à six mois : –0,1 % en 2021 et 0,0 % en 2022.
- Cadres méthodologiques et sources :
  - Projections budgétaires pour certains pays reposent sur lois de finances initiales, lois de finances rectificatives et exécution budgétaire (ex. Singapour).
  - Pour la Suède, l’effet de l’évolution conjoncturelle sur les comptes budgétaires est calculé à l’aide de l’élasticité 2014 de l’OCDE.
  - Pour la Turquie, le solde budgétaire utilisé par le FMI exclut certains postes des recettes et des dépenses inclus dans le solde global des autorités.

### Politiques monétaires : hypothèses par pays (extraits)
- Hypothèses générales : reposent sur le cadre établi dans chaque pays, supposent souvent une politique de non-accompagnement de la conjoncture durant le cycle.
- Extraits pays (hypothèses telles que formulées dans le texte) :
  - Afrique du Sud : Les hypothèses de politique monétaire sont compatibles avec le maintien de l’inflation dans la fourchette cible de 3 % à 6 %.
  - Arabie saoudite : Les projections de politique monétaire reposent sur la poursuite du rattachement au dollar.
  - Argentine : Les hypothèses correspondent au cadre actuel visant une croissance monétaire nulle en termes corrigés des variations saisonnières.
  - Australie : Les hypothèses correspondent aux attentes des marchés.
  - Brésil : Les hypothèses sont compatibles avec une inflation qui converge vers le milieu de la fourchette cible à la fin de l’année 2021.
  - Chine : La politique monétaire devrait rester favorable en 2021, puis progressivement se resserrer et être presque neutre en 2022.
  - États-Unis : Les services du FMI s’attendent à ce que le comité de politique monétaire continue d’ajuster le taux cible pour les fonds fédéraux selon les perspectives macroéconomiques.
  - Japon : Les hypothèses correspondent aux attentes des marchés.
  - Singapour : La masse monétaire augmente parallèlement à la croissance prévue du PIB nominal.
  - Suisse : Les projections supposent que le taux directeur ne varie pas en 2021–22.
  - Zone euro : Les hypothèses de politique monétaire des pays membres sont conformes aux anticipations des marchés.
  - Turquie : Dans le scénario de référence, il est supposé que les autorités restent attachées à une politique monétaire ferme, sans assouplissement en 2021.

### Perspectives budgétaires et recommandations politiques (extraits du texte)
- Priorités et orientations des administrateurs du FMI :
  - Priorité absolue : accélérer les campagnes de vaccination et distribuer des vaccins à un prix abordable dans tous les pays.
  - Pendant la pandémie : donner la priorité aux dépenses de santé, fournir un soutien budgétaire bien ciblé et maintenir une politique monétaire accommodante, au besoin, tout en surveillant les risques pesant sur la stabilité financière.
  - À mesure que la reprise progresse : mettre l’accent sur des mesures qui limitent les séquelles de la crise, réduisent les inégalités et accroissent les capacités de production (par exemple investissements publics).
  - Gérer soigneusement le retrait des mesures de soutien pour éviter des effets de falaise soudains pouvant faire dérailler la reprise.
  - Renforcer le ciblage des mesures et l’adapter aux capacités administratives des pays; améliorer les pratiques de transparence et de gouvernance dans le domaine des finances publiques.
  - Trouver un juste équilibre entre les risques liés à un endettement élevé et les risques liés à un retrait prématuré du soutien budgétaire.
  - Mettre en place des cadres budgétaires crédibles à moyen terme pour reconstituer une marge de manœuvre budgétaire.
  - Renforcer la transparence et la gestion de la dette; certains pays pourraient nécessiter un allégement de leur dette ou un autre traitement de celle-ci.
  - Les politiques budgétaires doivent permettre une transformation verte, numérique et inclusive, tout en traitant les faiblesses de longue date des finances publiques.
  - Mobiliser des ressources supplémentaires par : renforcement de la capacité fiscale, élargissement progressif de la base des impôts sur les bénéfices des sociétés et les revenus des particuliers, mise en place d’un système fiscal plus progressif, et amélioration de l’efficience des dépenses.
- Risques financiers et mesures prudentes :
  - Une longue période de conditions financières extrêmement souples pourrait conduire à des évaluations tendues et accroître la vulnérabilité financière.
  - Une reprise à plusieurs vitesses risque de provoquer un durcissement marqué des conditions financières dans les pays émergents et les pays en développement si les pays avancés normalisent leur politique.
  - Il importe de durcir certains outils macroprudentiels pour remédier à des points précis de vulnérabilité élevée tout en évitant un resserrement général des conditions financières; développer les outils relatifs aux établissements financiers non bancaires.
  - Assainir les bilans des entreprises : soutenir les entreprises confrontées à des risques de liquidité temporaires; résoudre les entreprises non viables; préserver la capacité des banques à prêter.

### Principaux indicateurs et chiffres clés (extraits des tableaux)
- Croissance du PIB réel (variations annuelles en pourcentage) — sélection :
  - Monde : –3,3 (2020), 6,0 (2021), 4,4 (2022).
  - Pays avancés : –4,7 (2020), 5,1 (2021), 3,6 (2022).
  - États-Unis : –3,5 (2020), 6,4 (2021), 3,5 (2022).
  - Pays émergents et pays en développement : –2,2 (2020), 6,7 (2021), 5,0 (2022).
  - Pays émergents et pays en développement d’Asie : –1,0 (2020), 8,6 (2021), 6,0 (2022).
- Inflation et prix à la consommation (variations annuelles en pourcentage) — sélection :
  - Pays avancés (prix à la consommation) : 0,7 (2020), 1,6 (2021), 1,7 (2022).
  - Pays émergents et pays en développement (prix à la consommation) : 5,1 (2020), 4,9 (2021), 4,3 (2022).
- Commerce mondial (variations annuelles en pourcentage) :
  - Volume du commerce mondial (biens et services) : –8,5 (2020), 8,4 (2021), 6,5 (2022).
- Secteur budgétaire et dette (principaux pays avancés, en pourcentage du PIB) — extraits :
  - Principaux pays avancés : Prêt/emprunt (net) –13,2 (2020), –11,9 (2021), –5,0 (2022).
  - États-Unis : Prêt/emprunt (net) –15,8 (2020), –15,0 (2021), –6,1 (2022); Dette nette 103,2 (2020), 109,0 (2021), 109,5 (2022).
  - Zone euro : Prêt/emprunt (net) –7,6 (2020), –6,7 (2021), –3,3 (2022); Dette nette 82,5 (2020), 82,8 (2021), 81,9 (2022).
  - Japon : Prêt/emprunt (net) –12,6 (2020), –9,4 (2021), –3,8 (2022); Dette nette 169,2 (2020), 172,3 (2021), 171,0 (2022).
- Balance courante (milliards de dollars) — extraits :
  - Monde (pour mémoire) : 403,1 (2013), 408,9 (2014), 226,9 (2015), 290,1 (2016), 469,9 (2017), 334,5 (2018), 394,2 (2019), 371,9 (2020), 330,7 (2021), 363,9 (2022), 303,9 (2026).
- Perspectives à moyen terme (tableau de synthèse A15) :
  - PIB réel mondial : –3,3 (2020), 6,0 (2021), 4,4 (2022), moyenne 2019–22 : 2,4.
  - Taux d’intérêt : LIBOR à six mois en valeur réelle : –0,5 (2020), –1,5 (2021), –1,4 (2022) (note : tableau donne série historique pondérée).
  - Dette extérieure totale des pays émergents et pays en développement : 30,5 (2019), 32,6 (2020), 31,5 (2021), 30,9 (2022).
  - Service de la dette (pays émergents et pays en développement) : 11,0 (2019), 11,4 (2020), 11,0 (2021), 10,8 (2022).

*Source: PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE — Avril 2021 (Appendice statistique).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2021/april/french/textf.pdf_
