## textf — MISE À JOUR DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE (JUILLET 2021)

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### Synthèse générale et perspectives macro
- Croissance mondiale projetée : 6,0 % en 2021 et 4,9 % en 2022.
- Les projections pour 2021 restent globalement inchangées par rapport aux PEM d’avril 2021, avec des révisions mutuellement compensatoires entre pays avancés, pays émergents et pays en développement.
- Pressions récentes sur les prix principalement liées à des évolutions inhabituelles liées à la pandémie et à des disparités temporaires entre l’offre et la demande.
- Balance des risques penche vers la baisse : déploiement vaccinal plus lent, mutations virales, durcissement rapide des conditions financières.
- Priorités multilatérales immédiates : déploiement vaccinal équitable et accès à la liquidité internationale.

### Vaccins, disparités et conséquences sur la reprise
- Taux de vaccination :
  - Près de 40 % de la population des pays avancés est pleinement vaccinée.
  - Moins de la moitié de ce chiffre dans les pays émergents.
  - Un tout petit pourcentage dans les pays à faible revenu.
- Classification des pays selon l’accès aux vaccins :
  - ceux pouvant envisager une normalisation plus poussée de leur activité (presque tous les pays avancés),
  - ceux devant encore affronter des résurgences d’infections et un bilan humain élevé.
- Exemples régionaux : Afrique subsaharienne (troisième vague), certaines régions d’Amérique latine (taux élevés de nouveaux décès), parties d’Asie du Sud et du Sud-Est (inquiétudes persistantes).

### Mesures budgétaires et monétaires — hypothèses et effets
- Mesures budgétaires considérables aux États-Unis et nouvelles mesures dans d’autres pays avancés (Allemagne, Corée, France, Italie, Royaume‑Uni).
- Hypothèses de politique pour le scénario :
  - Budgétaire : mesures de soutien supplémentaires aux États‑Unis conformes à l’ampleur cumulée du American Jobs Plan et du American Families Plan; intégration des subventions et prêts attendus dans le cadre du Next Generation EU pour l’Union européenne.
  - Monétaire : grandes banques centrales maintiennent leurs taux directeurs inchangés tout au long de l’horizon prévisionnel (fin 2022); certaines banques centrales de pays émergents réduisent déjà les mesures de soutien.
- Effet attendu des aides américaines : rehaussement de la croissance du PIB américain de 0,3 point de pourcentage en 2021 et de 1,1 point en 2022, avec retombées positives pour les partenaires commerciaux.

### Inflation — causes, perspectives et recommandations
- Causes des pressions inflationnistes actuelles :
  - effets de base mécaniques liés aux faibles prix des matières premières en 2020,
  - déséquilibres offre‑demande (perturbations logistiques, augmentation des taux de fret des conteneurs),
  - changements durables ou partiellement durables dans la demande (logement, équipement électronique).
- Dans la plupart des pays, l’inflation devrait renouer avec ses taux d’avant la pandémie en 2022.
- Recommandation : les banques centrales ne devraient pas sur‑réagir aux pressions inflationnistes passagères; communication claire cruciale pour ancrer les anticipations d’inflation.
- Risque : si les pressions passagères persistent, les banques centrales pourraient devoir agir préventivement.

### Facteurs structurels et chocs — chaînes d’approvisionnement et épargne
- Nouveaux variants ralentissent la reprise tant que des populations restent vulnérables (ex. Inde, Royaume‑Uni, Chine—Guangdong, Australie).
- Contrecoups logistiques : perturbations des chaînes d’approvisionnement (conteneurs bloqués, pénuries d’intrants comme les micropuces) affectant certains secteurs (ex. automobile).
- Épargne excédentaire : accumulation d’épargne au cours des cinq derniers trimestres; vitesse d’utilisation déterminera le rythme de la reprise et les pressions inflationnistes; accumulation plus importante dans les régions à taux d’épargne pré‑pandémie relativement plus faibles.

### Scénario de référence et hypothèses clés
- Hypothèse sanitaire : transmission locale ramenée à des niveaux faibles à travers le monde d’ici la fin de 2022 grâce à un accès élargi aux vaccins et aux thérapies; la plupart des pays obtiendraient un accès généralisé aux vaccins d’ici la fin de 2022; des vagues supplémentaires avant la disponibilité généralisée des vaccins sont supposées.
- Prix des produits de base :
  - Les cours du pétrole devraient augmenter de près de 60 % par rapport à leur base peu élevée de 2020.
  - Les cours des produits de base non pétroliers devraient augmenter de près de 30 % au‑dessus de leurs niveaux de 2020, avec une croissance marquée des prix des métaux et des denrées alimentaires.
- Transition : hypothèse d’une transition harmonieuse des mesures de soutien exceptionnelles vers une croissance tirée par le secteur privé, avec utilisation progressive de l’épargne excédentaire.

### Projections et révisions par groupes de pays
- Croissance mondiale : 6,0 % en 2021 et 4,9 % en 2022.
- Révision à la hausse de 0,5 point de pourcentage pour 2022 en grande partie due aux mesures de relance budgétaire supplémentaires aux États‑Unis et aux retombées mondiales.
- Pays avancés : perspectives revues à la hausse pour 2021–22; amélioration très nette pour les États‑Unis; révision à la baisse pour le Japon en 2021 due à des restrictions plus sévères au premier semestre; dynamique semblable attendue pour l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie.

### Scénarios de variants et impacts macroéconomiques
- Scénario 1 (nouveaux variants provoquant une nouvelle vague au S2 2021) :
  - Par rapport aux projections de référence :
    - Production mondiale se contracte d’environ ¾ % en 2021.
    - Production mondiale se contracte de plus de 1½ % en 2022.
    - Production mondiale en 2025 se situe à environ 1 % en dessous du scénario de référence.
    - Coûts cumulés de la perte de production mondiale d’ici 2025 : environ 4 500 milliards de dollars.
    - Pertes cumulées pour les pays émergents et pays en développement : environ 3 500 milliards de dollars.
- Scénario 2 (variant très contagieux et hésitation vaccinale) :
  - Hypothèse clé : le nouveau variant est 50 % plus contagieux que le variant Alpha; efficacité du vaccin demeure la même.
  - Impact attendu :
    - Croissance mondiale en 2021 et 2022 inférieure aux prévisions de référence de plus de 0,8 point de pourcentage.
    - Croissance du PIB des pays émergents et pays en développement environ 1 point de pourcentage en dessous du scénario de référence en 2021 et 2022.
    - Pour les pays avancés, coûts d’environ ¾ de point de pourcentage de la croissance du PIB en 2021 et en 2022.
    - D’ici 2025, production mondiale maintenue à environ ½ % en dessous du niveau de référence.
    - Pertes cumulées d’ici 2025 sensiblement égales au scénario 1, s’établissant tout juste en dessous de 4 500 milliards de dollars.
    - Répartition des pertes : pays avancés cumulant à plus de 2 500 milliards de dollars.

### Déploiement mondial des vaccins — situation et besoins
- Objectifs recommandés par le FMI (approuvés par OMS, Banque mondiale, OMC) :
  - vacciner au moins 40 % de la population dans chaque pays d’ici fin 2021;
  - vacciner au moins 60 % d’ici à la mi‑2022;
  - garantir moyens diagnostiques et thérapeutiques suffisants.
- Financement initial nécessaire sous forme de dons et de prêts concessionnels : environ 50 milliards de dollars.
- Situation à fin juin 2021 :
  - Environ 3 milliards de doses administrées dans le monde, dont près de 75 % dans les pays avancés et en Chine.
  - Dans les pays à faible revenu, moins de 1 % de la population avait reçu une dose.
  - COVAX et AVAT avaient livré moins de 100 millions de doses à environ 90 pays à la fin juin 2021.
- Ritmes de vaccination à fin juin 2021 :
  - rythme mondial des vaccinations quotidiennes : environ 40 millions de doses injectées par jour.
  - la Chine représente plus de 20 millions de ces doses quotidiennes.
  - les pays à revenu élevé totalisent 7 millions de doses par jour.
  - les pays à faible revenu administrent moins de 100 000 doses par jour.
- Mesures prioritaires demandées : dons des doses excédentaires; priorisation des livraisons aux pays à faible revenu; levée des restrictions à l’exportation; investissement dans capacités de production supplémentaires; subventions supplémentaires pour suivre les mutations : environ 25 milliards de dollars.

### Soutien financier international et restructuration de la dette
- Proposition d’allocation générale de DTS du FMI : 650 milliards de dollars.
  - Environ 275 milliards de dollars de l’allocation iraient aux pays émergents et aux pays en développement.
  - Réacheminement des DTS des pays à forte position extérieure vers les pays plus vulnérables recommandé.
- Mesures complémentaires : initiatives multilatérales existantes (ex. initiative de suspension du service de la dette).
- Lorsque la dette souveraine n’est pas viable : prolonger les échéances, reporter paiement des intérêts et de l’amortissement, ou réduire explicitement le montant de la dette conformément au cadre commun du G20.
- Politique fiscale internationale recommandée : impôt minimal effectif sur les entreprises au niveau mondial pour réduire le transfert des bénéfices et accroître les recettes.

### Atténuation climatique et transition verte — principes et outils
- Stratégie pluridimensionnelle avec pièce maîtresse : tarification du carbone — conçue de manière flexible et assortie de mécanismes parallèles équivalents en émissions.
- Principales recommandations :
  - les principaux responsables d’émissions devraient diriger la mise en œuvre d’un prix plancher international du carbone, différencié selon le niveau de développement;
  - recettes de la tarification du carbone utilisées pour des transferts compensatoires et pour financer dépenses sociales correctives liées à la pollution atmosphérique;
  - promotion d’infrastructures vertes et subvention de la recherche sur les technologies vertes (énergie renouvelable, stockage des batteries, stations de recharge, modernisation des bâtiments).

### Politiques nationales — phases et priorités
- Phases recommandées :
  - Phase 1 : échapper à la crise aiguë — priorité aux dépenses de santé et appui ciblé aux ménages et entreprises en difficulté.
  - Phase 2 : assurer la reprise — soutien budgétaire et monétaire plus large selon la marge de manœuvre; mesures correctives pour l’accumulation de capital humain.
  - Phase 3 : investir dans l’avenir — renforcement des capacités de production, transition verte, transformation numérique, filets de sécurité sociale, éducation et formation.
- Recommandation générale : inscrire les mesures budgétaires dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible pour assurer la viabilité de la dette.
- Observations : reprise incomplète même là où la production approche des niveaux d’avant la pandémie; emploi toujours inférieur aux niveaux d’avant la pandémie; reprise de l’emploi très inégale (jeunes, travailleurs peu qualifiés, femmes dans les pays émergents et en développement).

### Politique financière, mesures réglementaires et préparation à un durcissement extérieur
- Orientations pour les banques centrales : passer outre les pressions inflationnistes transitoires et éviter un resserrement prématuré; communication claire essentielle.
- Secteur financier : cibler progressivement les mesures exceptionnelles (garanties, moratoires, assouplissements) pour éviter création d’entreprises « zombies »; renforcer cadres pour établissements non bancaires, collecte de données, régimes d’insolvabilité, procédures de restructuration extrajudiciaire accélérée.
- Préparation au durcissement des conditions financières extérieures : prolonger, si possible, échéances de la dette; vigilance particulière pour les emprunteurs en devises.

### Principaux chiffres et projections (extraits de la Box Table 2.1 — percent of GDP)
- World: Overall Fiscal Balance 2018: -3.0, 2019: -3.7, 2020: -10.3, 2021: -8.8; Gross Debt 2018: 82.3, 2019: 83.7, 2020: 98.7, 2021: 98.8.
- Group of Twenty (G20): Overall Fiscal Balance 2018: -3.6, 2019: -4.3, 2020: -11.3, 2021: -9.7; Gross Debt 2018: 89.7, 2019: 91.5, 2020: 108.4, 2021: 108.7.
- Advanced Economies: Overall Fiscal Balance 2018: -2.5, 2019: -3.0, 2020: -10.9, 2021: -9.9; Gross Debt 2018: 102.5, 2019: 103.7, 2020: 122.8, 2021: 122.5.
- United States: Overall Fiscal Balance 2018: -5.4, 2019: -5.7, 2020: -14.7, 2021: -13.3; Gross Debt 2018: 106.6, 2019: 108.2, 2020: 133.6, 2021: 134.5.
- Euro Area: Overall Fiscal Balance 2018: -0.5, 2019: -0.6, 2020: -7.2, 2021: -7.9; Gross Debt 2018: 85.8, 2019: 84.0, 2020: 98.0, 2021: 100.1.
- Japan: Overall Fiscal Balance 2018: -2.7, 2019: -3.1, 2020: -10.7, 2021: -9.2; Gross Debt 2018: 232.5, 2019: 235.5, 2020: 254.6, 2021: 256.5.
- Emerging Market Economies: Overall Fiscal Balance 2018: -3.8, 2019: -4.7, 2020: -9.7, 2021: -7.1; Gross Debt 2018: 52.5, 2019: 54.8, 2020: 64.0, 2021: 65.1.
- China: Overall Fiscal Balance 2018: -4.7, 2019: -6.3, 2020: -11.2, 2021: -8.3; Gross Debt 2018: 53.8, 2019: 57.1, 2020: 66.3, 2021: 70.3.
- India: Overall Fiscal Balance 2018: -6.3, 2019: -7.4, 2020: -12.8, 2021: -11.3; Gross Debt 2018: 70.2, 2019: 73.9, 2020: 89.4, 2021: 90.1.
- Low-Income Developing Countries: Overall Fiscal Balance 2018: -3.4, 2019: -3.8, 2020: -5.5, 2021: -5.2; Gross Debt 2018: 42.7, 2019: 44.2, 2020: 49.0, 2021: 48.5.
- Memorandum — World Output (percent): 2018: 3.6, 2019: 2.8, 2020: -3.2, 2021: 6.0.

*Fonds monétaire international | Juillet 2021 — MISE À JOUR DES PEM*

### Section 1

### MISE À JOUR DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE — SECTION 1

### Synthèse générale
- L’écart entre les perspectives des pays s’est creusé depuis les PEM d’avril 2021, l’accès aux vaccins étant la principale ligne de faille divisant la reprise mondiale en deux blocs.
- La croissance de l’économie mondiale est projetée à 6,0 % en 2021 et à 4,9 % en 2022.
- Les projections pour 2021 restent globalement inchangées par rapport aux PEM d’avril 2021, mais comprennent des révisions qui s’annulent mutuellement entre pays avancés, pays émergents et pays en développement.
- Les pressions récentes sur les prix reflètent principalement des évolutions inhabituelles liées à la pandémie et des disparités temporaires entre l’offre et la demande.
- La balance des risques penche vers la baisse : déploiement vaccinal plus lent, mutations virales, durcissement rapide des conditions financières peuvent peser sur la reprise mondiale.
- L’action multilatérale est essentielle pour réduire les divergences : priorités immédiates — déploiement vaccinal équitable et accès à la liquidité internationale.

### Vaccins, disparités et conséquences sur la reprise
- Près de 40 % de la population des pays avancés est pleinement vaccinée, contre moins de la moitié de ce chiffre dans les pays émergents et un tout petit pourcentage dans les pays à faible revenu.
- L’accès aux vaccins sépare les pays en :
  - ceux pouvant envisager une normalisation plus poussée de leur activité (presque tous les pays avancés), et
  - ceux devant encore affronter des résurgences d’infections et un bilan humain élevé.
- Exemples régionaux :
  - Afrique subsaharienne : troisième vague en cours.
  - Certaines régions d’Amérique latine : taux élevés de nouveaux décès.
  - Parties d’Asie du Sud et du Sud-Est : inquiétudes persistantes.

### Mesures d’appui budgétaire et monétaire
- Mesures budgétaires considérables aux États-Unis et nouvelles mesures dans d’autres pays avancés (mentionnés : Allemagne, Corée, France, Italie, Royaume-Uni) contribuent aux divergences.
- De nombreux pays émergents et pays en développement cherchent à reconstituer des marges de manœuvre budgétaires.
- Certains pays (Brésil, Hongrie, Mexique, Russie, Turquie) ont entrepris une normalisation de leur politique monétaire pour prévenir des pressions inflationnistes.
- Hypothèses de politique pour le scénario :
  - Budgétaire : mesures de soutien supplémentaires aux États-Unis conformes à l’ampleur cumulée du American Jobs Plan et du American Families Plan; intégration des subventions et prêts attendus dans le cadre du Next Generation EU pour l’Union européenne.
  - Monétaire : grandes banques centrales devraient maintenir leurs taux directeurs inchangés tout au long de l’horizon prévisionnel (fin 2022); certaines banques centrales de pays émergents réduisent déjà les mesures de soutien.

### Inflation, pressions transitoires et réponses des banques centrales
- Pressions inflationnistes actuelles expliquées par :
  - effets de base mécaniques liés aux faibles prix des matières premières en 2020,
  - déséquilibres entre l’offre et la demande (perturbations logistiques, augmentation des taux de fret des conteneurs),
  - changements durables ou partiellement durables dans la demande (logement, équipement électronique).
- Dans la plupart des pays, l’inflation devrait renouer avec ses taux d’avant la pandémie en 2022, bien que l’incertitude reste forte.
- Recommandation : les banques centrales ne devraient pas sur-réagir aux pressions inflationnistes passagères et éviter un resserrement prématuré; communication claire sur la politique monétaire est cruciale pour ancrer les anticipations d’inflation.
- Risque : si les pressions passagères persistent, les banques centrales pourraient devoir agir préventivement.

### Facteurs structurels et chocs affectant la reprise
- Nouveaux variants : tant que des populations restent vulnérables, la reprise soutenue n’est garantie nulle part; nouvelles vagues ont ralenti la reprise dans plusieurs pays (exemples : Inde, Royaume-Uni, Chine—Guangdong, Australie).
- Contrecoups logistiques : perturbations des chaînes d’approvisionnement (conteneurs bloqués, pénuries d’intrants comme les micropuces) pèsent sur certains secteurs (ex. secteur automobile).
- Déséquilibres offre-demande : accumulation d’épargne et changement des habitudes de consommation dirigent une partie de la demande vers le logement et l’électronique.
- Épargne excédentaire : les ménages ont accumulé un excédent d’épargne au cours des cinq derniers trimestres; la vitesse d’utilisation de cette épargne influencera le rythme de la reprise et les pressions inflationnistes. L’analyse indique une accumulation plus importante de l’épargne dans les régions présentant des taux d’épargne pré-pandémie relativement plus faibles.

### Scénario de référence et hypothèses clés
- Hypothèse sanitaire : la transmission locale du virus devrait être ramenée à des niveaux faibles à travers le monde d’ici la fin de 2022 grâce à un accès élargi aux vaccins et aux thérapies; la plupart des pays obtiendraient un accès généralisé aux vaccins d’ici la fin de 2022; des vagues supplémentaires avant la disponibilité généralisée des vaccins sont supposées.
- Prix des produits de base :
  - Les cours du pétrole devraient augmenter de près de 60 % par rapport à leur base peu élevée de 2020.
  - Les cours des produits de base non pétroliers devraient augmenter de près de 30 % au-dessus de leurs niveaux de 2020, avec une croissance marquée des prix des métaux et des denrées alimentaires.
- Transition vers l’activité privée : hypothèse d’une transition harmonieuse des mesures de soutien exceptionnelles vers une croissance tirée par le secteur privé, avec utilisation progressive de l’épargne excédentaire.

### Projections et révisions par groupes de pays
- Croissance mondiale : 6,0 % en 2021 et 4,9 % en 2022.
- Les révisions pour 2021 s’annulent mutuellement entre pays avancés, pays émergents et pays en développement, reflétant des évolutions différentes de la pandémie et des changements de politique.
- Révision à la hausse de 0,5 point de pourcentage pour 2022 en grande partie due aux mesures de relance budgétaire supplémentaires aux États-Unis et aux retombées mondiales qui en résultent.
- Pays avancés :
  - Perspectives de croissance revues à la hausse pour 2021–22 en raison d’une normalisation plus poussée attendue au second semestre de 2021 à mesure que la vaccination progresse et des mesures de soutien budgétaire supplémentaires.
  - Amélioration très nette des perspectives pour les États-Unis attribuée aux effets de la législation attendue favorisant les investissements dans les infrastructures et le renforcement des dispositifs de protection sociale au second semestre de 2021.
  - Effet attendu des aides supplémentaires sur la croissance américaine : rehaussement de la croissance du PIB américain de 0,3 point de pourcentage en 2021 et de 1,1 point en 2022, avec retombées positives pour les partenaires commerciaux.
  - Révision à la baisse des prévisions 2021 pour le Japon en raison de restrictions plus sévères durant le premier semestre; redressement attendu au second semestre de 2021 et amélioration des prévisions de croissance pour 2022.
  - Dynamique similaire attendue pour l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie plus tard en 2021 et se poursuivant en 2022.

*Fonds monétaire international | Juillet 2021 — MISE À JOUR DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, SECTION 1*

### Section 2

### Section 2 — Aperçu et principaux messages (textf - Section 2)

### Révisions des projections de croissance par groupe d’économies
- Pays émergents et pays en développement : prévisions révisées à la baisse de 0,4 point de pourcentage en 2021 par rapport aux PEM d’avril.
- Inde : perspectives abaissées après la deuxième vague virulente de COVID entre mars et mai; la confiance ne se rétablira que lentement.
- ASEAN-5 (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Viet Nam) : révisions à la baisse liées aux récentes vagues d’infections qui ont pesé sur l’activité.
- Chine : prévisions pour 2021 revues à la baisse de 0,3 point de pourcentage en raison d’une réduction de l’investissement public et des mesures de soutien budgétaires globales.
- Amérique latine et Caraïbes : amélioration des prévisions pour 2021 largement due à des révisions à la hausse pour le Brésil et le Mexique (résultats meilleurs que prévu au premier trimestre, retombées favorables pour le Mexique liées aux perspectives américaines, essor des termes de l’échange au Brésil).
- Moyen-Orient et Asie centrale : révisions à la hausse en raison d’une activité soutenue dans certains pays (ex. Maroc et Pakistan), partiellement compensées par des dégradations ailleurs.
- Arabie saoudite : hausse pour le non-pétrolier mais baisse pour le PIB global en raison d’une production de pétrole inférieure aux quotas de l’OPEP+ plus tôt cette année.
- Afrique subsaharienne : prévisions pour 2021 inchangées globalement; révision à la hausse pour l’Afrique du Sud (résultat solide au T1) contrebalancée par des révisions à la baisse pour d’autres pays.

### Pays en développement à faible revenu (PDFR)
- Prévisions de croissance 2021 : revues à la baisse de 0,4 point de pourcentage.
- Principale contrainte : lent déploiement de la vaccination.
- Besoin estimé de dépenses pour lutter contre la pandémie : près de 200 milliards de dollars.
- Besoin supplémentaire estimé pour renouer avec trajectoires de convergence d’avant la pandémie : 250 milliards de dollars.
- Impact social : près de 80 millions de personnes de plus susceptibles de glisser dans l’extrême pauvreté en 2020–21 par rapport aux prévisions pré-pandémie.
- Observations sur le marché du travail : perspectives relativement sombres pour les travailleurs peu qualifiés et les jeunes, signe d’inégalités croissantes et risque accru de basculement des revenus sous les seuils de pauvreté extrême.

### Commerce mondial
- Volume du commerce mondial (biens et services) : augmentation prévue de 9,7 percent en 2021, puis de 7,0 percent en 2022.
- Détails sectoriels : reprise élargie du commerce de marchandises (au-delà des achats liés à la pandémie, biens de consommation durables et équipements médicaux); reprise plus lente du commerce des services en raison de la morosité persistante du secteur des voyages transfrontaliers jusqu’à une transmission très faible du virus dans toutes les régions.

### Pressions inflationnistes et perspectives d’inflation
- Constat : niveaux élevés d’inflation observés dans certains pays émergents et pays en développement (Afrique subsaharienne, Moyen-Orient, Asie centrale), en grande partie liés à la hausse des prix des denrées alimentaires, pénuries, et dépréciation des monnaies augmentant le coût des importations.
- Inflation sous-jacente : reste en grande partie contenue dans la plupart des pays; accélération récente aux États-Unis principalement attribuée à la hausse des prix des voitures d’occasion, du bois d’œuvre et du transport aérien — liée à des perturbations pandémiques plutôt qu’à un épuisement rapide de la capacité excédentaire.
- Facteurs ponctuels : expiration de l’abaissement temporaire de la TVA en Allemagne; hausse du volet logement des prix à la consommation aux États-Unis suite à la fin du moratoire sur les loyers et prêts hypothécaires.
- Croissance des salaires : globalement stable jusqu’à présent; poussée récente aux États-Unis mais pas de pressions généralisées selon le suivi sur 12 mois de la Réserve fédérale d’Atlanta; tendances similaires observées au Canada, en Espagne et au Royaume-Uni.
- Perspective générale : dans la plupart des cas, l’inflation devrait reculer et renouer en 2022 avec ses taux d’avant la pandémie une fois les perturbations passagères dissipées.
- Trois piliers soutenant ce reflux attendu :
  - Réserves de main-d’œuvre importantes malgré une baisse du taux de participation (avec pénuries et difficultés de recrutement dans certains secteurs comme la restauration, l’hôtellerie et les voyages).
  - Anticipations d’inflation bien ancrées.
  - Facteurs structurels (p. ex. automatisation) continuant d’atténuer la sensibilité des prix aux évolutions des réserves de main-d’œuvre.
- Attentes pour certains pays émergents et pays en développement : inflation demeurant élevée en 2022 en partie à cause des pressions sur les prix des denrées alimentaires et des répercussions décalées du renchérissement des cours du pétrole pour les importateurs.
- Rôle central des anticipations d’inflation : si les facteurs transitoires (demande rapide, pénuries d’approvisionnement, hausse des prix des matières premières, mesures de relance budgétaire et monétaire, épargne excédentaire des ménages) conduisent à une hausse des anticipations d’inflation à moyen terme, l’inflation pourrait devenir plus persistante; la clarté de la communication des banques centrales sur leurs interprétations et perspectives de politique monétaire restera déterminante pour les anticipations.

### Balance des risques
- Situation d’incertitude élevée autour du scénario de référence, surtout en raison des perspectives des pays émergents et en développement.
- Risques à la hausse :
  - Coopération mondiale renforcée en matière de vaccins permettant d’éviter de nouvelles vagues, limiter l’émergence de nouveaux variants, maîtriser la crise sanitaire plus tôt que prévu, et normaliser plus rapidement l’activité (bénéfices particulièrement importants pour les pays émergents et en développement).
  - Une sortie de crise sanitaire plus précoce pourrait débloquer plus vite l’épargne excédentaire des ménages, accroître la confiance et stimuler des dépenses d’investissement concentrées en début de période par les sociétés.
- Risques à la baisse (dominants à court terme) :
  - Obstacles logistiques à l’approvisionnement et à la distribution des vaccins dans les pays émergents et en développement, entraînant un rythme de vaccination plus lent, propagation de nouveaux variants, et risques d’infections post-vaccinales.
  - Débloquement plus graduel de l’épargne des ménages si inquiétudes persistantes sur l’emploi et la sécurité des revenus, pesant sur les dépenses.
  - Impulsion budgétaire américaine potentiellement inférieure aux attentes si les mesures votées s’avèrent plus modestes ou si les multiplicateurs sont plus faibles, entraînant une croissance américaine plus molle et des retombées moindres pour les partenaires commerciaux.
  - Resserrement soudain des conditions financières si les pressions inflationnistes persistent, conduisant à un resserrement de la politique monétaire (ex. aux États-Unis), augmentation des faillites d’entreprises, ou corrections de prix dans des secteurs comme les crypto-actifs provoquant des liquidations à grande échelle.
  - Double risque pour les pays émergents et en développement : resserrement des conditions financières extérieures conjoint à une détérioration de la crise sanitaire, aggravant la fracture de la reprise mondiale, la dynamique de la dette et les risques budgétaires.
- Autres risques : agitation sociale, tensions géopolitiques, cyberattaques d’infrastructures critiques, catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques (dont fréquence et intensité ont augmenté en raison des changements climatiques).

### Analyse de scénarios
- Deux scénarios importants de ralentissement liés à l’évolution de la pandémie sont analysés :
  - Scénario 1 : risques liés aux pays émergents et pays en développement — modélisé à l’aide du modèle épidémiologique canonique SIR (Susceptible, Infecté, Rétabli) et du modèle préconisé par le FMI dans le cadre du G20.
  - Scénario 2 : risques liés à l’émergence de nouveaux variants affectant les pays avancés — combinant analyses SIR et le modèle du FMI pour le G20.
- Objectif des scénarios : quantifier l’impact possible sur l’activité mondiale en cas de ralentissement dû à la pandémie et évaluer les voies de transmission entre crise sanitaire et perspectives macroéconomiques.

_Instrument : Extrait de la MISE À JOUR DES PEM, JUILLET 2021 — Fonds monétaire international_

### Section 3

### textf - Section 3

### Scénarios de variants et impacts macroéconomiques
- Scénario 1 (nouveaux variants provoquant une nouvelle vague au S2 2021) :
  - Approvisionnement en vaccins n’augmente que très progressivement, conforme au scénario de référence.
  - Restrictions à la mobilité au S2 2021 et début 2022 ralentissant l’activité.
  - Pressions inflationnistes plus persistantes dans les pays avancés entraînant une normalisation monétaire plus rapide que prévu.
  - Conditions financières pour les pays émergents et pays en développement se resserrent avec hausse des taux d’intérêt à long terme et accroissement considérable des différentiels de taux.
  - Effets sur les pays avancés via retombées commerciales.
  - Par rapport aux projections de référence :
    - Production mondiale se contracte d’environ ¾ % en 2021.
    - Production mondiale se contracte de plus de 1½ % en 2022.
    - Production mondiale en 2025 se situe à environ 1 % en dessous du scénario de référence.
    - Coûts cumulés de la perte de production mondiale d’ici 2025 : environ 4 500 milliards de dollars.
    - Pertes cumulées pour les pays émergents et pays en développement : environ 3 500 milliards de dollars.
- Scénario 2 (variant très contagieux et hésitation vaccinale) :
  - Hypothèses clés :
    - Le nouveau variant est 50 % plus contagieux que le variant Alpha.
    - L’efficacité du vaccin demeure la même contre cette nouvelle souche.
    - Les vaccins seront déployés comme prévu dans le scénario de référence, mais l’hésitation vaccinale limitera éventuellement le nombre de personnes vaccinées.
    - Une hausse des taux d’infection entraîne une diminution de la mobilité dans de nombreux pays avancés, avec articulation mobilité-activité identique à celle observée au T4 2020 et T1 2021.
  - Impact attendu :
    - Répercussions faibles dans les pays à forte couverture vaccinale (ex. Royaume-Uni, Canada).
    - Plus de dommages dans les pays retardataires de la vaccination (ex. Inde, Indonésie dans le G20).
    - Faiblesse prolongée de l’économie inflige des dommages persistants à la capacité d’approvisionnement.
    - Croissance mondiale en 2021 et 2022 inférieure aux prévisions de référence de plus de 0,8 point de pourcentage.
    - Croissance du PIB des pays émergents et pays en développement environ 1 point de pourcentage en dessous du scénario de référence en 2021 et 2022.
    - Pour les pays avancés, coûts d’environ ¾ de point de pourcentage de la croissance du PIB en 2021 et en 2022.
    - D’ici 2025, production mondiale maintenue à environ ½ % en dessous du niveau de référence.
    - Pertes cumulées d’ici 2025 sensiblement égales au scénario 1, s’établissant tout juste en dessous de 4 500 milliards de dollars.
    - Répartition des pertes : pays avancés essuieront une part plus importante, cumulant à plus de 2 500 milliards de dollars.

### Déploiement mondial des vaccins : situation et objectifs
- Priorité : garantir un accès rapide aux vaccins dans le monde et accélérer considérablement le calendrier de déploiement par rapport au rythme de référence.
- Proposition du FMI (approuvée par OMS, Banque mondiale, OMC) :
  - Objectif de vacciner au moins 40 % de la population dans chaque pays d’ici fin 2021.
  - Objectif d’au moins 60 % d’ici à la mi-2022.
  - Garantie de moyens diagnostiques et thérapeutiques suffisants.
  - Financement initial nécessaire sous forme de dons et de prêts concessionnels : environ 50 milliards de dollars.
- Situation à fin juin 2021 :
  - Environ 3 milliards de doses administrées dans le monde, dont près de 75 % dans les pays avancés et en Chine.
  - Dans les pays à faible revenu, moins de 1 % de la population avait reçu une dose.
  - COVAX et AVAT avaient livré moins de 100 millions de doses à environ 90 pays à la fin juin 2021.
- Ritmes de vaccination :
  - Rythme mondial des vaccinations quotidiennes à fin juin 2021 : environ 40 millions de doses injectées par jour.
  - La Chine représente plus de 20 millions de ces doses quotidiennes.
  - Les pays à revenu élevé totalisent 7 millions de doses par jour.
  - Les pays à faible revenu administrent moins de 100 000 doses par jour.
  - Dans près de la moitié des pays, les taux récents de vaccination quotidienne sont tombés en dessous du taux nécessaire pour atteindre l’objectif de 40 % d’ici fin 2021.
- Mesures prioritaires pour un accès équitable :
  - Décisions urgentes demandées : dons des doses excédentaires par pays ayant acheté en surplus ; priorisation par les fabricants des livraisons aux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire (tranche inférieure) ; levée des restrictions à l’exportation de vaccins et de matières premières.
  - Engagement du G7 : fournir environ 500 millions de doses cette année (mentionné comme encourageant).
  - Objectif additionnel pour 2021 : partager un total d’un milliard de doses, dont au moins 250 millions disponibles d’ici septembre.
  - Nécessité d’investir dans des capacités de production supplémentaires pour fournir des doses de rappel et constituer des réserves en cas de défaillance des installations actuelles.
  - Subventions supplémentaires nécessaires pour suivre les mutations du virus et limiter le fardeau sanitaire et économique : environ 25 milliards de dollars.

### Soutien financier international et restructuration de la dette
- Besoin d’accès aux liquidités internationales pour les pays en difficulté financière.
- Proposition d’allocation générale de DTS du FMI : 650 milliards de dollars.
  - Environ 275 milliards de dollars de l’allocation iraient aux pays émergents et aux pays en développement.
  - Le réacheminement des DTS des pays à forte position extérieure vers les pays plus vulnérables renforcerait les effets de la nouvelle allocation.
- Ces mesures doivent venir en complément des initiatives multilatérales existantes (ex. initiative de suspension du service de la dette).
- Quand la dette souveraine n’est pas viable ou que les besoins de financement sont difficiles :
  - Les créanciers doivent travailler avec les pays pour prolonger les échéances, reporter le paiement des intérêts et l’amortissement, ou réduire explicitement le montant de la dette conformément au cadre commun convenu par le G20.
- Politique fiscale internationale :
  - Un impôt minimal effectif sur les entreprises au niveau mondial, réduisant le transfert des bénéfices, contribuerait à accroître les recettes, notamment dans les pays émergents et les pays en développement.

### Atténuation des changements climatiques et transition verte
- Objectif : réduire les émissions de carbone et ralentir la hausse des températures mondiales pour éviter des répercussions catastrophiques.
- Principes et outils recommandés :
  - Stratégie pluridimensionnelle dont la pièce maîtresse est la tarification du carbone — conçue de manière flexible et assortie de mécanismes parallèles permettant d’obtenir des résultats équivalents en matière d’émissions.
  - Les principaux responsables d’émissions devraient diriger la mise en œuvre d’un prix plancher international du carbone, différencié selon le niveau de développement.
  - Recettes de la tarification du carbone utilisées pour financer des transferts compensatoires pour les personnes affectées par la transition et pour stimuler des dépenses sociales correctives liées à la pollution atmosphérique.
  - Promotion d’infrastructures vertes et subvention de la recherche sur les technologies vertes pour accélérer le passage à une moindre dépendance au carbone : production d’énergie renouvelable, amélioration de la technologie de stockage des batteries, augmentation du nombre de stations de recharge des véhicules électriques, modernisation des bâtiments.
- Cette approche pluridimensionnelle permettrait d’atteindre les réductions d’émissions nécessaires à des coûts de production mondiaux raisonnables pendant la transition.

### Politiques nationales : phases de la crise et équilibre à trouver
- Approche par phases (rappel des principes de l’édition d’avril 2021 des PEM) :
  - Phase 1 : échapper à la crise aiguë — priorité aux dépenses de santé et appui ciblé aux ménages et entreprises en difficulté.
  - Phase 2 : assurer la reprise — accent accru sur un soutien budgétaire et monétaire plus large selon la marge de manœuvre, incluant mesures correctives pour l’accumulation de capital humain reculée par les confinements.
  - Phase 3 : investir dans l’avenir — renforcement des capacités de production, accélération de la transition vers une moindre dépendance au carbone (gestion des risques de transition pour exportateurs de carbone), exploitation des avantages de la transformation numérique, garantie d’un partage équitable des gains via filets de sécurité sociale, éducation et formation.
  - Les mesures budgétaires doivent s’inscrire dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible afin d’assurer la viabilité de la dette.
- Situation constatée :
  - Les pays sont à la première phase ou en transition vers la deuxième.
  - Reprise incomplète même dans les pays où la production approche des niveaux d’avant la pandémie, notamment sur le marché du travail.
  - L’emploi s’est redressé depuis le creux des T2 et T3 2020, mais les taux demeurent généralement inférieurs à ceux d’avant la pandémie.
  - Reprise de l’emploi très inégale : jeunes, travailleurs peu qualifiés et femmes dans les pays émergents et pays en développement restent plus durement touchés.
  - Facteurs expliquant la faiblesse persistante des taux d’emploi : poursuite de la crise sanitaire, préoccupations sanitaires des travailleurs, réticence des entreprises à embaucher en raison d’incertitudes.
  - Dans certains pays avancés, transferts et assurance chômage ont amorti efficacement les pertes de revenu mais peuvent avoir retardé de nouveaux engagements.
- Conclusion : Les politiques visant à parachever la reprise doivent trouver un équilibre difficile entre les objectifs des trois phases, alors que la marge de manœuvre des pouvoirs publics est souvent limitée.

*Fonds monétaire international | Juillet 2021 — MISE À JOUR DES PEM, SECTION 3*

### Section 4

### textf - Section 4

### Indicateurs sanitaires et phases de la reprise
- Les taux de vaccination et d’hospitalisation peuvent indiquer si un pays est entré dans la deuxième phase et orienter les choix d’action publique destinés à soutenir la reprise.
- Une large réouverture économique dépend des indicateurs de santé et de la progression de la vaccination, condition nécessaire pour supprimer les programmes ciblés de sauvetage, de transferts et de chômage partiel et pour passer à la troisième phase de la reprise (« investir dans l’avenir »).

### Politique budgétaire : priorités et marges de manœuvre
- Priorité à maintenir et à renforcer les dépenses de santé, notamment dans :
  - l’infrastructure de production et de distribution de vaccins,
  - le personnel,
  - les campagnes de santé publique visant à promouvoir la vaccination.
- La marge de manœuvre budgétaire varie selon les pays :
  - Dans les pays émergents et les pays en développement où la marge est limitée, la réorientation des dépenses de fonctionnement et des subventions non ciblées vers les domaines sociaux, de la santé et de l’infrastructure peut contribuer à dégager une partie de l’espace budgétaire nécessaire.
  - De nombreux pays, en particulier les pays en développement à faible revenu, auront besoin d’un soutien international.
- Les initiatives d’investissement public doivent s’inscrire dans des cadres budgétaires crédibles, assortis de mesures génératrices de recettes et préalablement approuvées à mettre en œuvre une fois la reprise assurée.
- Cette approche vise à équilibrer soutien à court terme et maintien d’une politique budgétaire de réserve pour lutter contre les ralentissements futurs ou atteindre des objectifs structurels à long terme — utile notamment pour les pays à niveaux d’endettement élevés confrontés à des risques budgétaires et à des besoins urgents de reconstitution de réserves.

### Politique monétaire : orientation et communication
- Les banques centrales doivent généralement :
  - passer outre les pressions inflationnistes transitoires,
  - éviter de resserrer la politique monétaire jusqu’à ce que la dynamique sous-jacente des prix soit plus claire.
- Risques et réactions possibles :
  - Il existe un risque que les pressions transitoires s’inscrivent dans la durée, contraignant les banques centrales à des mesures préventives.
  - Dans une reprise sans précédent, une communication claire sur les perspectives de la politique monétaire est encore plus importante.
  - Quand la reprise est engagée et la vaccination progresse, les banques centrales peuvent annoncer qu’elles retirent leur soutien monétaire extraordinaire (exemple cité : la Réserve fédérale américaine en juin).
  - Elles doivent être prêtes à intervenir rapidement si la reprise se renforce plus vite que prévu (exemple cité : Banque du Canada en avril et en juillet lorsqu’elle a réduit son programme d’achats d’actifs).

### Politiques du secteur financier : ciblage et cadres
- Équilibre délicat à assurer :
  - Prévenir une augmentation soudaine de faillites liée à un retrait trop précoce des aides.
  - Éviter de maintenir en vie des entreprises « zombies » à faible productivité en conservant les aides trop longtemps.
- Mesures exceptionnelles de 2020 (garanties de crédit, moratoires sur les dettes, assouplissement des directives de classification et de provisionnement) doivent être de plus en plus ciblées, en mettant l’accent sur :
  - les secteurs où les contacts sont très fréquents et où les difficultés persistent.
- Actions réglementaires recommandées :
  - progresser sur le cadre réglementaire des établissements non bancaires,
  - intensifier les contrôles,
  - améliorer la collecte de données sur les bilans des banques et des entreprises,
  - renforcer les régimes d’insolvabilité,
  - instaurer ou mettre en œuvre une procédure de restructuration extrajudiciaire accélérée.

### Préparation au durcissement des conditions financières extérieures
- Le resserrement de la politique monétaire aux États-Unis pourrait :
  - restreindre la marge de manœuvre des banques centrales des pays émergents si leur monnaie se déprécie par rapport au dollar,
  - contribuer à l’inflation locale via la hausse des prix à l’importation,
  - raidir la courbe des rendements.
- Mesures prudentes recommandées :
  - se préparer au relèvement des taux en prolongeant, si possible, les échéances de la dette,
  - vigilance particulière pour les pays qui empruntent beaucoup en devises pour éviter une accumulation d’asymétries dans leurs bilans.

### Orientation de la phase d’investissement et inclusion sociale
- Une fois la crise sanitaire maîtrisée et la reprise engagée, priorités pour encourager les nouveaux moteurs de croissance :
  - encourager des changements en matière d’emploi, de crédit et d’autres intrants favorables à la transformation numérique et à la réduction progressive de la dépendance au carbone,
  - renforcer les dispositifs de sécurité sociale,
  - préserver les dépenses vitales de santé et d’éducation,
  - financer la formation des travailleurs,
  - investir dans la prise en charge des enfants et des personnes âgées pour faciliter une participation élargie au marché du travail après la pandémie.
- Financement proposé :
  - fiscalité plus progressive,
  - suppression des échappatoires,
  - diminution des dépenses fiscales,
  - ces mesures pourraient réduire les inégalités et aider à reconstituer les marges budgétaires pour parer à la prochaine récession.

### Risque d’une reprise inégale et nécessité d’une action concertée
- La reprise n’est pas garantie tant que la pandémie n’aura pas reculé dans le monde entier.
- Une action concertée et bien ciblée au niveau multilatéral et national pourrait faire la différence entre :
  - une reprise durable partagée par la majorité des pays,
  - une aggravation des fractures existantes, avec une minorité normalisant sa situation pendant que beaucoup poursuivent la lutte contre la crise sanitaire pendant une période prolongée, et la menace d’une nouvelle flambée demeurant.

### Encadrés — conditions financières et finances publiques (points saillants)
- Conditions financières mondiales :
  - demeurent très accommodantes (elles se situent près du 10e rang centile dans la distribution historique),
  - appréciation des cours boursiers, resserrement des écarts de taux, montée en flèche des prix des maisons.
  - Après une hausse d’environ 70 points de base à la mi-mars, les taux nominaux des obligations américaines de 10 ans ont reculé depuis le début d’avril dans un contexte de forte volatilité.
  - Les taux réels ont diminué, particulièrement les taux de rendement des contrats à terme de cinq ans.
- Finances publiques et mesures de riposte :
  - Valeur des mesures de riposte à la pandémie estimée à 16 500 milliards de dollars (début juillet 2021).
  - Les pays avancés disposent d’un coussin de 4 600 milliards de dollars pour contrer les effets de la pandémie en 2021 et au-delà, tandis que les pays émergents et les pays en développement à faible revenu ont mis un terme à la plupart des mesures d’aide en 2020.
  - Aux États-Unis, l’administration Biden a proposé deux programmes de dépenses pluriannuels équivalant à 18 % du PIB de 2021 : le plan d’aide aux familles américaines (2 000 milliards de dollars) et le plan pour l’emploi (2 300 milliards de dollars).
  - Déficits budgétaires projetés :
    - déficit budgétaire mondial moyen projeté pour 2021 : 8,8 % du PIB (diminution de 0,5 point de pourcentage par rapport à l’estimation précédente).
    - déficits budgétaires projetés atteindront 9,9 % du PIB en 2021 (diminution de 0,4 point de pourcentage par rapport aux données d’avril 2021).
    - dette des pays avancés projetée : 122,5 % du PIB à la fin de 2021.
    - déficit budgétaire prévu pour les pays émergents en 2021 : 7,1 % du PIB (0,5 point de pourcentage de moins que prévu dans les Perspectives d’avril 2021).

*Source : textf - Section 4, MISE À JOUR DES PEM, JUILLET 2021*

### Section 5

### textf - Section 5

### Mesures budgétaires et marge de manœuvre
- Dans certains pays, des mesures budgétaires additionnelles ont été proposées pour atténuer les conséquences économiques des vagues d’infections (Brésil, Inde).
- Selon les projections, la dette publique s’élèvera dans ce groupe à 65,1 % du PIB en 2021, surtout à cause de la Chine.
- Les majorations de taux d’intérêt décrétées dans certains pays pour freiner l’inflation réduiront vraisemblablement la marge de manœuvre budgétaire disponible pour soutenir l’économie.
- Les politiques devraient être intégrées à un cadre budgétaire à moyen terme.
- Les pays exposés à un risque budgétaire accru et n’ayant plus de marge de manœuvre devraient se concentrer sur la recherche de moyens pour éviter que s’installe une dynamique de la dette perturbatrice.
- Les pays ayant des règles budgétaires crédibles pourront peut-être apporter des correctifs plus graduels.

### Pays en développement à faible revenu (PDFR) — situation et risques
- Le déficit budgétaire global en 2021 a été révisé à la hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport aux Perspectives de l’économie mondiale d’avril 2021, surtout à cause de la résurgence des politiques de subventionnement du carburant, et du soutien additionnel lié à la COVID-19 et, dans le cas du Nigéria, à la sécurité.
- Le déficit budgétaire global en 2021 est estimé à 5,2 % du PIB.
- Environ 60 % des PDFR sont considérés à risque élevé de surendettement ou sont déjà surendettés.
- Selon les projections, le ratio de la dette publique au PIB se situera en 2021 à 48,5 %.
- Plusieurs PDFR ont annoncé leur intention de restructurer leurs dettes; certains (Tchad, Éthiopie et Zambie) ont déjà sollicité un allégement en vertu du cadre commun du G20.
- Recommandations pour les PDFR lorsque la relance sera bien engagée :
  - augmenter les revenus intérieurs,
  - dépenser plus efficacement,
  - se doter d’un cadre budgétaire à moyen terme,
  - procéder à des réformes structurelles pour faciliter l’activité du secteur privé.
- Dans la planification budgétaire à moyen terme, les pays devraient analyser les risques et les mesures d’atténuation possibles en raison de la minceur des coussins de sécurité, de l’incertitude des perspectives et des vulnérabilités budgétaires (y compris prêts et garanties de prêt consentis aux entreprises en riposte à la COVID-19 qui pourraient se matérialiser).

### Risques liés à la hausse des taux mondiaux et contraintes
- Certains pays, particulièrement ceux dont la dette est élevée et dont la monnaie n’est pas une monnaie de réserve, auront une marge de manœuvre réduite si les taux d’intérêt mondiaux augmentent plus que prévu.

### Principaux chiffres et projections tirés de la Box Table 2.1 (Percent of GDP)
- World: Overall Fiscal Balance 2018: -3.0, 2019: -3.7, 2020: -10.3, 2021: -8.8; Gross Debt 2018: 82.3, 2019: 83.7, 2020: 98.7, 2021: 98.8.
- Group of Twenty (G20): Overall Fiscal Balance 2018: -3.6, 2019: -4.3, 2020: -11.3, 2021: -9.7; Gross Debt 2018: 89.7, 2019: 91.5, 2020: 108.4, 2021: 108.7.
- Advanced Economies: Overall Fiscal Balance 2018: -2.5, 2019: -3.0, 2020: -10.9, 2021: -9.9; Gross Debt 2018: 102.5, 2019: 103.7, 2020: 122.8, 2021: 122.5.
- Advanced G20: Overall Fiscal Balance 2018: -3.1, 2019: -3.6, 2020: -11.8, 2021: -11.0; Gross Debt 2018: 111.2, 2019: 112.7, 2020: 133.9, 2021: 133.5.
- United States: Overall Fiscal Balance 2018: -5.4, 2019: -5.7, 2020: -14.7, 2021: -13.3; Gross Debt 2018: 106.6, 2019: 108.2, 2020: 133.6, 2021: 134.5.
- Euro Area: Overall Fiscal Balance 2018: -0.5, 2019: -0.6, 2020: -7.2, 2021: -7.9; Gross Debt 2018: 85.8, 2019: 84.0, 2020: 98.0, 2021: 100.1.
- Japan: Overall Fiscal Balance 2018: -2.7, 2019: -3.1, 2020: -10.7, 2021: -9.2; Gross Debt 2018: 232.5, 2019: 235.5, 2020: 254.6, 2021: 256.5.
- Emerging Market Economies: Overall Fiscal Balance 2018: -3.8, 2019: -4.7, 2020: -9.7, 2021: -7.1; Gross Debt 2018: 52.5, 2019: 54.8, 2020: 64.0, 2021: 65.1.
- China: Overall Fiscal Balance 2018: -4.7, 2019: -6.3, 2020: -11.2, 2021: -8.3; Gross Debt 2018: 53.8, 2019: 57.1, 2020: 66.3, 2021: 70.3.
- India: Overall Fiscal Balance 2018: -6.3, 2019: -7.4, 2020: -12.8, 2021: -11.3; Gross Debt 2018: 70.2, 2019: 73.9, 2020: 89.4, 2021: 90.1.
- Latin America: Overall Fiscal Balance 2018: -5.1, 2019: -4.1, 2020: -8.8, 2021: -5.3; Gross Debt 2018: 67.5, 2019: 68.4, 2020: 78.3, 2021: 73.5.
- Brazil: Overall Fiscal Balance 2018: -7.1, 2019: -5.9, 2020: -13.4, 2021: -6.3; Gross Debt 2018: 85.6, 2019: 87.7, 2020: 98.9, 2021: 91.8.
- Low-Income Developing Countries: Overall Fiscal Balance 2018: -3.4, 2019: -3.8, 2020: -5.5, 2021: -5.2; Gross Debt 2018: 42.7, 2019: 44.2, 2020: 49.0, 2021: 48.5.
- Nigeria: Overall Fiscal Balance 2018: -4.3, 2019: -4.7, 2020: -5.8, 2021: -5.5; Gross Debt 2018: 27.7, 2019: 29.2, 2020: 35.0, 2021: 32.9.
- Memorandum — World Output (percent): 2018: 3.6, 2019: 2.8, 2020: -3.2, 2021: 6.0.

*Source: IMF staff estimates and projections.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2021/update/july/french/textf.pdf_
