## Introduction

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### Contexte et principales conclusions
- L’horizon de l’économie mondiale s’est fortement assombri depuis les Perspectives de janvier, principalement en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et des sanctions qui en découlent.
- Croissance mondiale prévue : 3,6 percent en 2022 et 3,6 percent en 2023.
- Révisions par rapport aux prévisions de janvier : –0,8 point de pourcentage pour 2022 et –0,2 point de pourcentage pour 2023.
- Effets directs majeurs attendus : forte contraction du PIB en Russie et en Ukraine en 2022.
- Déplacements de population : arrivée de plus de 4 millions d’Ukrainiens dans les pays voisins (notamment en Pologne, en Roumanie, en République de Moldova et en Hongrie).
- Données et estimations fondées sur les statistiques disponibles au 8 avril 2022.

### Canaux de transmission et impacts macroéconomiques
- Mécanismes de propagation :
  - marchés des produits de base (pétrole, gaz, métaux, blé, maïs);
  - échanges commerciaux via chaînes de valeur mondiales;
  - liens financiers et sorties de capitaux.
- Effets observés et anticipés :
  - hausses marquées des prix des produits de base, notamment de l’énergie et des denrées alimentaires;
  - élargissement et prolongation des pressions inflationnistes dans les pays avancés et dans les pays émergents et en développement;
  - resserrement de la politique monétaire dans de nombreux pays;
  - durcissement des conditions financières et pressions sur les monnaies des pays exposés;
  - risque accru de fragmentation géopolitique et réorientation des réseaux de production.

### Hypothèses clés et conventions utilisées
- Taux de change effectifs réels supposés constants aux niveaux moyens observés entre le 22 février 2022 et le 22 mars 2022.
- Taux bilatéraux des monnaies du mécanisme de change européen II supposés constants en valeur nominale par rapport à l’euro.
- Cours moyen du baril de pétrole : 106,83 dollars le baril en 2022 et 92,63 dollars le baril en 2023.
- Rendements obligataires à trois mois (moyennes) :
  - États-Unis : 0,9 % en 2022 et 2,4 % en 2023;
  - Zone euro : –0,7 % en 2022 et 0,0 % en 2023;
  - Japon : 0,0 % en 2022 et 0,1 % en 2023.
- Rendements obligataires à dix ans (moyennes) :
  - États-Unis : 2,6 % en 2022 et 3,4 % en 2023;
  - Zone euro : 0,4 % en 2022 et 0,6 % en 2023;
  - Japon : 0,3 % en 2022 et 0,4 % en 2023.
- Données portant sur les années civiles sauf indications contraires; « billion » = mille milliards; dollar = dollar des États‑Unis sauf indication contraire.

### Risques, incertitudes et scénarios
- Niveau d’incertitude : élevé; risques à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance.
- Scénario d’intensification des sanctions contre la Russie (encadré) — hypothèses et impacts clés :
  - Commerce et productivité russes : volumes d’exportation de pétrole et de gaz diminuent de 10 % en 2022 et de 20 % en 2023; exportations non pétrolières diminuent de 7 % en 2022 et de 15 % en 2023.
  - Prix des produits de base (écarts par rapport au scénario de référence) :
    - Pétrole : +10 % en 2022 et +15 % en 2023.
    - Métaux : +5 % en 2022 et +7,5 % en 2023.
    - Indice global des prix des produits alimentaires : +4 % en 2022 et +6 % en 2023.
    - Prix du gaz naturel en Europe : augmentation d’environ 20 % par rapport au scénario de référence en 2022.
  - Conséquences macroéconomiques mondiales (écarts par rapport au scénario de référence) :
    - Russie : baisse du PIB d’environ 15 % par rapport au scénario de référence d’ici à 2027.
    - Union européenne : niveau du PIB inférieur de près de 3 % à la valeur de référence d’ici à 2023.
    - PIB mondial : diminution d’environ 2 % d’ici à 2023; activité mondiale demeure inférieure d’environ 1 % à celle prévue dans le scénario de référence jusqu’en 2027.
    - Inflation mondiale : accélération en 2022 et 2023; le taux d’inflation global augmente de plus d’un point de pourcentage ces mêmes années.
    - Inflation hors énergie et alimentation : augmentation d’un demi‑point de pourcentage en 2023 par rapport à la référence.

### Impacts globaux et projections sectorielles
- Projection cruciale pour 2022 :
  - Ukraine : "Une récession bien supérieure à 10 %".
  - Russie : "Une forte contraction de l’activité" (PIB devrait chuter d’environ 8,5 %, puis connaître une nouvelle baisse d’environ 2,3 % en 2023 dans une section spécifique).
- Croissance mondiale projetée :
  - 6,1 % en 2021;
  - 3,6 % en 2022 et 2023;
  - Après 2023, croissance mondiale attendue à environ 3,3 % à moyen terme.
- Inflation projetée en 2022 :
  - 5,7 % dans les pays avancés;
  - 8,7 % dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Ces chiffres représentent des écarts de 1,8 et 2,8 points de pourcentage au‑dessus des niveaux projetés en janvier, respectivement.
- Emploi et production : emploi et production resteront généralement en dessous de leurs niveaux prépandémiques jusqu’en 2026, à quelques exceptions près.

### Conséquences pour la politique économique
- Politique monétaire :
  - Nécessité d’une politique monétaire plus restrictive si l’inflation hors alimentation et énergie reste durablement élevée ou si les anticipations d’inflation se désancrent.
  - Importance d’une communication claire sur les causes de l’inflation et d’un cadrage prospectif fondé sur des données.
- Politiques budgétaires :
  - Maintien d’un soutien ciblé pour les réfugiés, les ménages vulnérables frappés par la hausse des prix des denrées alimentaires et des combustibles, et les personnes touchées par la pandémie.
  - Priorité aux dépenses sociales et de santé; intégration des mesures d’appui dans un cadre à moyen terme avec une trajectoire crédible de stabilisation de la dette publique.
  - Quand l’espace budgétaire est suffisant et la politique monétaire contrainte, un appui budgétaire élargi peut se justifier selon le degré de gravité de la baisse de la demande globale.
  - Lorsque l’espace budgétaire est restreint, emprunter une ligne de crête conciliant rééquilibrage budgétaire et dépenses prioritaires.
- Gouvernance financière internationale :
  - Nécessité d’un dispositif mondial de sécurité financière pour fournir liquidité et appui aux pays vulnérables.
  - Certains pays auront besoin de restructurations souveraines; le cadre commun du G20 pour les traitements de dette n’a pas encore produit de résultats suffisants.
- Transition climatique et emploi :
  - Poursuite des objectifs à long terme, reconversion professionnelle liée à la transformation numérique et à la transition vers une économie à zéro émission nette.
  - Politique climatique intégrée : tarification du carbone, investissement dans les énergies renouvelables et mécanismes d’indemnisation.
- Chaînes d’approvisionnement :
  - Renforcement de la capacité d’adaptation des chaînes d’approvisionnement mondiales plutôt que relocalisation systématique.

### Changements et notes spécifiques à l’édition
- Estimations et projections basées sur les statistiques au 8 avril 2022.
- Modifications de couverture et méthodologie :
  - Pour l’Équateur : projections sectorielles budgétaires 2022–27 omises.
  - L’Éthiopie réintègre les données prévisionnelles.
  - Données budgétaires et projections pour les Fidji présentées par exercice budgétaire.
  - Tunisie : projections 2023–27 omises.
  - Ukraine : projections 2022–27 omises à l’exception du PIB réel (projections jusqu’à 2022 seulement).
  - Venezuela : réforme monétaire le 1er octobre 2021 (1 000 000 VES remplacés par 1 VED).
  - Méthodologie : à partir d’avril 2022, hypothèses de taux d’intérêt fondées sur les rendements obligataires à trois mois et à dix ans.

*Source : Introduction, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Avril 2022 (texte fourni).*

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Table of contents — principales rubriques et pages
- Introduction 49
- L’endettement du secteur privé pendant la pandémie 51
- Dette privée et cycle conjoncturel 56
- Effets des politiques anticycliques dans un contexte de dette privée élevée 60
- Conclusions et conséquences en matière de politiques 63
- Encadré 2.1. Inégalités et viabilité de la dette publique 65
- Encadré 2.2. Hausse de l’endettement des ménages, excès mondial d’épargne des riches et taux d’intérêt naturel 67
- Bibliographie 69

### Chapitre 3 — Un marché du travail plus vert : structure du chapitre
- Chapitre 3. Un marché du travail plus vert : emploi, politiques et transformation économique 73
- Introduction 73
- Propriétés environnementales des emplois : définitions et faits stylisés 77
- Propriétés environnementales des transitions professionnelles 80
- Marchés du travail et politiques environnementales : analyses empiriques et modélisées 82
- Conclusions 86
- Encadré 3.1. La géographie des emplois à forte intensité écologique et polluante : l’exemple des États-Unis 89
- Encadré 3.2. Un marché du travail post-COVID plus vert ? 90
- Bibliographie 91

### Chapitre 4 — Démarrage
- Chapitre 4. Les échanges et les chaînes de valeur mondiaux pendant la pandémie 93

*Source: textf - Introduction (PDF), PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Avril 2022*

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Contexte et principales conclusions
- L’horizon de l’économie mondiale s’est fortement assombri depuis les Perspectives de janvier, principalement en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et des sanctions qui en découlent.
- Croissance mondiale prévue : 3,6 percent en 2022 et 3,6 percent en 2023.
- Révisions par rapport aux prévisions de janvier : –0,8 point de pourcentage pour 2022 et –0,2 point de pourcentage pour 2023.
- Effets directs majeurs attendus : forte contraction du PIB en Russie et en Ukraine en 2022.
- Déplacements de population : arrivée de plus de 4 millions d’Ukrainiens dans les pays voisins (notamment en Pologne, en Roumanie, en République de Moldova et en Hongrie).
- Données et estimations fondées sur les statistiques disponibles au 8 avril 2022.

### Canaux de transmission et impacts macroéconomiques
- Mécanismes de propagation :
  - marchés des produits de base (pétrole, gaz, métaux, blé, maïs);
  - échanges commerciaux via chaînes de valeur mondiales;
  - liens financiers et sorties de capitaux.
- Effets observés et anticipés :
  - hausses marquées des prix des produits de base, notamment de l’énergie et des denrées alimentaires;
  - élargissement et prolongation des pressions inflationnistes dans les pays avancés et dans les pays émergents et en développement;
  - resserrement de la politique monétaire dans de nombreux pays;
  - durcissement des conditions financières et pressions sur les monnaies des pays exposés;
  - risque accru de fragmentation géopolitique et réorientation des réseaux de production.

### Hypothèses clés et conventions utilisées
- Taux de change effectifs réels supposés constants aux niveaux moyens observés entre le 22 février 2022 et le 22 mars 2022.
- Taux bilatéraux des monnaies du mécanisme de change européen II supposés constants en valeur nominale par rapport à l’euro.
- Cours moyen du baril de pétrole : 106,83 dollars le baril en 2022 et 92,63 dollars le baril en 2023.
- Rendements obligataires à trois mois (moyennes) :
  - États-Unis : 0,9 % en 2022 et 2,4 % en 2023;
  - Zone euro : –0,7 % en 2022 et 0,0 % en 2023;
  - Japon : 0,0 % en 2022 et 0,1 % en 2023.
- Rendements obligataires à dix ans (moyennes) :
  - États-Unis : 2,6 % en 2022 et 3,4 % en 2023;
  - Zone euro : 0,4 % en 2022 et 0,6 % en 2023;
  - Japon : 0,3 % en 2022 et 0,4 % en 2023.
- Données portant sur les années civiles sauf indications contraires; « billion » = mille milliards; dollar = dollar des États-Unis sauf indication contraire.

### Risques, incertitudes et scénarios
- Incertitude élevée due à la nature inédite du choc ; risques à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance.
- Scénarios décrits dans l’encadré des scénarios du chapitre 1, notamment l’impact de sanctions supplémentaires sur les exportations russes (énergétiques ou autres).
- Autres risques : résurgence de la pandémie (variants plus sévères), persistance des goulets d’étranglement dans certains secteurs jusqu’en 2023, accélération du resserrement monétaire international provoquant des tensions financières pour les pays émergents.

### Conséquences pour la politique économique
- Politique monétaire :
  - nécessité pour les banques centrales de corriger l’orientation monétaire si l’inflation hors alimentation et énergie reste durablement élevée ou si les anticipations d’inflation se désancrent;
  - importance d’une communication claire sur les causes de l’inflation et d’un cadrage prospectif.
- Politiques budgétaires :
  - maintien d’un soutien ciblé pour les réfugiés, les ménages vulnérables frappés par la hausse des prix des denrées alimentaires et des combustibles, et les personnes touchées par la pandémie;
  - priorité aux dépenses sociales et de santé et intégration des mesures d’appui dans un cadre à moyen terme avec une trajectoire crédible de stabilisation de la dette publique.
- Gouvernance financière internationale :
  - nécessité d’un dispositif mondial de sécurité financière pour fournir liquidité et appui aux pays vulnérables;
  - certains pays auront besoin de restructurations souveraines pour libérer des ressources;
  - le cadre commun du G20 pour les traitements de dette n’a pas encore produit de résultats suffisants.
- Transition climatique et emploi :
  - poursuite des objectifs à long terme, notamment reconversion professionnelle liée à la transformation numérique et à la transition vers une économie à zéro émission nette;
  - politique climatique intégrée : tarification du carbone, investissement dans les énergies renouvelables et mécanismes d’indemnisation.
- Chaînes d’approvisionnement :
  - renforcement de la capacité d’adaptation des chaînes d’approvisionnement mondiales plutôt que relocalisation systématique, celles-ci pouvant accroître l’exposition aux perturbations.

### Changements et notes spécifiques à l’édition
- Projections et données :
  - estimations et projections basées sur les statistiques au 8 avril 2022.
  - Pour l’Équateur : projections sectorielles budgétaires 2022–27 omises en raison d’entretiens en cours.
  - L’Éthiopie réintègre les données prévisionnelles après avoir été précédemment écartée.
  - Données budgétaires et projections pour les Fidji désormais présentées par exercice budgétaire.
  - Tunisie : projections 2023–27 omises en raison d’entretiens techniques en cours.
  - Ukraine : projections 2022–27 omises à l’exception du PIB réel (projections jusqu’à 2022 seulement).
  - Venezuela : réforme monétaire le 1er octobre 2021 (1 000 000 VES remplacés par 1 VED).
- Méthodologie : à partir d’avril 2022, hypothèses de taux d’intérêt fondées sur les rendements obligataires à trois mois et à dix ans (plutôt que sur les taux interbancaires offerts à Londres).

*Source : Introduction, Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2022 (version française).*

### 2022. Une récession bien supérieure à 10 % en Ukraine

### 2022. Une récession bien supérieure à 10 % en Ukraine

### Impact mondial et prévisions de croissance
- La guerre en Ukraine et une forte contraction de l’activité en Russie sont plus que probables, avec des répercussions mondiales via les marchés des produits de base, les échanges commerciaux et le système financier.
- Croissance mondiale projetée :
  - 6,1 % en 2021.
  - 3,6 % en 2022 et 2023.
  - Baisse de 0,8 et 0,2 point de pourcentage en 2022 et en 2023, respectivement, par rapport à l’édition de janvier de la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale.
  - Après 2023, la croissance mondiale devrait baisser et s’établir à environ 3,3 % à moyen terme.
- Prévisions cruciales et hypothèses :
  - Supposent que le conflit ne s’étendra pas au‑delà de l’Ukraine.
  - Supposent que les futures sanctions épargneront le secteur énergétique (même si le scénario tient compte des conséquences des décisions prises par les pays européens de se passer d’énergie russe et des embargos annoncés jusqu’à la date du 31 mars 2022).
  - Supposent que les effets sanitaires et économiques de la pandémie s’estomperont au cours de l’année 2022.
- Effets différenciés :
  - L’Ukraine : "Une récession bien supérieure à 10 %".
  - La Russie : "Une forte contraction de l’activité".
  - Dans les pays émergents et les pays en développement, la production devrait rester inférieure à la tendance prépandémique tout au long de l’horizon prévisionnel; le niveau de production de référence à moyen terme devrait être inférieur de près de 6 % aux projections antérieures à la pandémie.
- Emploi et production :
  - À quelques exceptions près, l’emploi et la production resteront généralement en dessous de leurs niveaux prépandémiques jusqu’en 2026.

### Inflation et politique monétaire
- L’inflation devrait rester élevée plus longtemps que prévu en raison de l’augmentation des cours des produits de base et de la généralisation des pressions à la hausse sur les prix causées par la guerre.
- Projections d’inflation en 2022 :
  - 5,7 % dans les pays avancés.
  - 8,7 % dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Ces chiffres représentent des écarts de 1,8 et 2,8 points de pourcentage au‑dessus des niveaux projetés en janvier, respectivement.
- Risques inflationnistes :
  - Une aggravation des déséquilibres entre l’offre et la demande ou de nouvelles hausses des cours des produits de base pourraient installer une inflation durablement élevée, accroître les anticipations d’inflation et entraîner une augmentation plus soutenue des salaires.
  - En cas de signaux faisant craindre une inflation élevée à moyen terme, les banques centrales devront réagir plus vite que prévu, entraînant une hausse des taux d’intérêt et une aggravation des vulnérabilités liées à l’endettement, en particulier dans les pays émergents.
- Recommandations pour les banques centrales :
  - Adopter une politique monétaire plus restrictive pour empêcher la formation d’une boucle prix–salaires.
  - Surveiller de près les effets des pressions à la hausse sur les prix sur les anticipations d’inflation.
  - Communiquer clairement sur les perspectives en matière d’inflation et de politique monétaire.
  - Fonder le cadrage prospectif de l’orientation monétaire sur une approche bien orchestrée et fondée sur des données (y compris trajectoire des taux directeurs et réduction des bilans des banques centrales).

### Politique budgétaire et protection des plus vulnérables
- Contexte budgétaire :
  - Après une expansion budgétaire spectaculaire durant la pandémie, l’endettement a atteint des sommets historiques; les États sont plus exposés à une hausse des taux d’intérêt.
- Principes directeurs :
  - Les politiques budgétaires doivent dépendre de l’exposition aux conséquences de la guerre, de la situation pandémique et de la vigueur de la reprise économique.
  - Prioriser des dispositifs de soutien ciblé en faveur des plus vulnérables (réfugiés et personnes affectées par la hausse des prix des produits de base et les effets de la pandémie).
- Orientation selon l’espace budgétaire :
  - Quand l’espace budgétaire est suffisant et que la politique monétaire est contrainte (borne inférieure effective atteinte ou appartenance à une union monétaire), un appui budgétaire élargi peut se justifier selon le degré de gravité de la baisse de la demande globale.
  - Veiller à ne pas aggraver les déséquilibres entre l’offre et la demande ni exacerber les pressions inflationnistes déjà existantes.
  - Lorsque l’espace budgétaire est restreint, emprunter une ligne de crête conciliant rééquilibrage budgétaire et dépenses prioritaires.
- Vigilance sur les vulnérabilités :
  - Les pouvoirs publics doivent se montrer vigilants vis‑à‑vis des sources de vulnérabilité liées à la hausse des taux d’intérêt.

### Fragmentation, risques et mesures multilatérales
- Effets structurels :
  - L’invasion a contribué à la fragmentation économique en rompant des relations commerciales avec la Russie et menace les cadres juridiques et normatifs ayant favorisé l’intégration économique mondiale.
  - La polarisation mondiale pourrait faire échouer l’action climatique urgente et saper les efforts multilatéraux pour la résolution des dettes, l’intégration commerciale et la prévention de futures pandémies.
- Principaux risques pour les perspectives :
  - Aggravation du conflit.
  - Intensification des sanctions à l’encontre de la Russie.
  - Ralentissement plus marqué que prévu en Chine (stratégie zéro COVID).
  - Résurgence de la pandémie via une nouvelle souche plus virulente.
  - Amplification des tensions sociales due à la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie.
- Mesures multilatérales recommandées :
  - Agir pour la crise humanitaire et les besoins immédiats des réfugiés.
  - Préserver la liquidité mondiale et faire face aux situations de surendettement par des processus ordonnés de restructuration de la dette lorsque le soutien en liquidité ne suffit pas.
  - Soutenir la reconstruction future de l’Ukraine.
  - Faire avancer les engagements climatiques pris à la COP26; les pays émergents et en développement doivent être plus ambitieux dans la réduction des émissions.
  - Poursuivre la lutte contre la pandémie en remplissant les objectifs vaccinaux et en assurant un accès équitable aux tests et aux traitements.
- Transition structurelle et politiques d’accompagnement :
  - Tirer parti des mutations structurelles (nouvelles manières de travailler, numérique) en facilitant l’acquisition de nouveaux outils et compétences.
  - Tarification du carbone et réforme des subventions aux combustibles fossiles pour faciliter la transition vers un système de production plus propre et moins tributaire des variations de cours des combustibles fossiles.
  - Anticiper la réaffectation de la main‑d’œuvre d’un secteur à l’autre; le chapitre 3 examine les mesures pour faciliter cette transformation du marché du travail.

*Source : Fonds monétaire international, Avril 2022*

### 1. Pays avancés

### 1. Pays avancés

### Politique monétaire et bilans des banques centrales
- Les taux directeurs devraient continuer d’augmenter, et les bilans record des banques centrales commenceront à se résorber, notamment dans les pays avancés (pour plus de précisions, voir l’édition d’avril 2022 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde).
- Dans les pays émergents et les pays en développement, plusieurs banques centrales ont également resserré leur politique monétaire, venant ainsi grossir les rangs de celles qui l’avaient déjà fait en 2021.
- La Chine fait figure d’exception : l’inflation y reste faible, et la banque centrale a réduit ses taux directeurs en janvier 2022 pour soutenir la reprise.
- Les anticipations reposent sur les contrats à terme sur le taux des fonds fédéraux pour les États-Unis, le taux interbancaire moyen au jour le jour en livre sterling pour le Royaume-Uni et le taux à court terme en euro (€STR) pour la zone euro ; mis à jour le 8 avril 2022.

### Volatilité des marchés financiers et effets de la guerre
- Les prévisions de durcissement de la politique monétaire et les inquiétudes liées à la guerre ont donné lieu à une volatilité des marchés financiers et à une réévaluation des risques.
- La guerre et les sanctions connexes ont durci les conditions financières mondiales, réduit l’appétence pour le risque et provoqué des mouvements de repli sur les titres de qualité.
- En Russie, les sanctions et l’affaiblissement de l’intermédiation financière intérieure ont entraîné une forte augmentation des écarts de rendement sur les obligations souveraines et les contrats d’échange sur le risque de défaillance.
- Les pays émergents de la région, ainsi que du Caucase, d’Asie centrale et d’Afrique du Nord, ont également vu leurs écarts de rendement sur les obligations souveraines se creuser.
- Au début du mois de mars, les sorties de capitaux des pays émergents, bien que concentrées dans quelques pays, étaient aussi élevées et rapides que celles observées au début de la pandémie. Depuis la mi-mars, cependant, la situation s’est stabilisée, et des entrées de capitaux lentes, mais stables, ont permis de compenser environ un quart des pertes initiales.
- Dans l’ensemble, les marchés ont jusqu’à présent différencié les titres des pays émergents en fonction de leur proximité géographique avec le conflit, de leurs liens commerciaux avec les pays concernés et de l’exposition aux produits de base de la Russie et de l’Ukraine.

### Compression budgétaire
- Dans de nombreux pays, la marge de manœuvre a été érodée par la nécessaire augmentation des dépenses liées à la pandémie de COVID-19 et la baisse des recettes fiscales en 2020–21.
- Face à la hausse des coûts de l’emprunt, les autorités se heurtent de plus en plus à l’impératif de reconstituer des réserves.
- L’appui budgétaire devrait généralement diminuer en 2022 et 2023, en particulier dans les pays avancés, au fur et à mesure qu’il sera mis fin aux dispositifs d’urgence visant à amortir les effets de la pandémie (graphique 1.4 ; voir également l’édition d’avril 2022 du Moniteur des finances publiques pour plus de précisions sur l’évolution des mesures budgétaires pendant la phase critique de la pandémie et la reprise qui s’en est suivie).

### Ralentissement en Chine et répercussions
- Le ralentissement de la croissance de l’économie chinoise a des ramifications plus larges pour l’Asie et pour les pays exportateurs de produits de base.
- La conjonction de variants plus transmissibles et d’une stratégie « zéro COVID » laisse entrevoir des confinements plus fréquents, avec les effets que cela suppose sur la consommation privée dans le pays.
- La position toujours restrictive à l’égard des promoteurs immobiliers très endettés se traduit par une faiblesse de l’investissement dans ce domaine.

*Source : textf - 1. Pays avancés (PDF), édition d’avril 2022.*

### 3. Variation des écarts de rendement sur les obligations

### 3. Variation des écarts de rendement sur les obligations souveraines (indice EMBIG) depuis le 23 février 2022

### Situation monétaire et financière — points saillants
- Ukraine : "L’économie ukrainienne devrait se contracter de 35 % en 2022".
- Russie :
  - "Le rouble a chuté de près de 60 %, avant de revenir à des niveaux proches de ceux antérieurs à l’invasion ces dernières semaines".
  - "les écarts de rendement sur les obligations souveraines ont augmenté de plus de 2 500 points de base".
  - "le PIB devrait chuter d’environ 8,5 %, puis connaître une nouvelle baisse d’environ 2,3 % en 2023".
- Marchés financiers : sanctions et restrictions ont accru la volatilité, le risque de contrepartie et le risque de faillite souveraine ; exposition bancaire concentrée notamment en Autriche et Italie.

### Révisions des prévisions — extraits chiffrés clés (Tableau 1.1)
- Ligne d’en-tête (format compact tel que présenté) : "ProjectionsDifférence par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2022 1 Différence par rapport aux PEM d’octobre 2021 1 2021202220232022202320222023"
- Sélection de projections et écarts tels que présentés dans le tableau (conserver la précision et le format du texte source) :
  - "Production mondiale6,13,63,6–0,8–0,2–1,30,0"
  - "Pays avancés5,23,32,4–0,6–0,2–1,20,2"
  - "États-Unis5,73,72,3–0,3–0,3–1,50,1"
  - "Zone euro5,32,82,3–1,1–0,2–1,50,3"
  - "Russie4,7–8,5–2,3–11,3–4,4–11,4–4,3"
  - "Pays émergents et pays en développement6,83,84,4–1,0–0,3–1,3–0,2"
  - "Chine8,14,45,1–0,4–0,1–1,2–0,2"
  - "Inde 3 8,98,26,9–0,8–0,2–0,30,3"
  - "Arabie saoudite3,27,63,62,80,82,80,8"
  - "Prix à la consommation Pays avancés3,15,72,51,80,43,40,6"
  - "Pays émergents et pays en développement 6 5,98,76,52,81,83,82,2"
- Note : le tableau présente les séries dans un format compact et juxtaposé ; les nombres et les signes (par ex. –, virgules) sont reproduits tels qu’ils apparaissent dans le document source.

### Révisions trimestrielles et sur un an — extraits (Tableau 1.1, fin)
- Sélection de séries telles que présentées :
  - "Production mondiale–3,16,13,63,6–0,34,62,53,5"
  - "Pays avancés–4,55,23,32,4–2,74,72,52,0"
  - "États-Unis–3,45,73,72,3–2,35,62,81,7"
  - "Zone euro–6,45,32,82,3–4,34,61,82,3"
  - "Russie–2,74,7–8,5–2,3–1,75,0–14,13,3"
  - "Brésil–3,94,60,81,4–1,01,60,81,9"
  - "Pétrole 5 –32,767,354,7–13,3–27,679,228,6–11,6"
  - "Pays avancés 6 0,73,15,72,50,44,94,82,2"
  - "Pays émergents et pays en développement 7 5,25,98,76,53,36,08,85,3"

### Effets régionaux et canaux de transmission de la guerre en Ukraine
- Cinq principaux vecteurs d’impact international identifiés :
  - Marchés mondiaux des produits de base : hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires (blé, maïs), fortes hausses rappelant les années 70 mais contexte différent.
  - Liens directs commerce et envois de fonds : baisse de la demande extérieure pour pays très exposés à la Russie et à l’Ukraine ; risques de pénuries et hausse des prix à l’importation.
  - Propagation via réseaux de production internationaux : interruptions d’intrants critiques (gaz néon pour puces, systèmes de câblage électronique, palladium, nickel, engrais potassiques) aggravant pénuries et chaîne d’approvisionnement (ex. fermetures d’usines automobiles en Allemagne).
  - Marchés financiers : tensions dues aux sanctions, retrait d’actifs russes des indices, réévaluation du risque par les investisseurs affectant surtout les pays avec dette extérieure élevée.
  - Effets sur les termes de l’échange et sécurité énergétique : forte incidence sur les pays importateurs nets d’énergie, révisions à la baisse de la croissance (par ex. zone euro 2022 révisée à 2,8 %).
- Exemples régionaux et projections :
  - Pays émergents et pays en développement d’Europe (incluant Russie et Ukraine) : "verront leur PIB se contracter d’environ 2,9 % en 2022, puis progresser de 1,3 % en 2023".
  - Zone euro : "La croissance du PIB de la zone euro en 2022 est ainsi révisée à la baisse à 2,8 % (1,1 point de pourcentage de moins qu’en janvier)".
  - Royaume‑Uni : "la croissance du PIB pour 2022 est révisée à la baisse de 1 point de pourcentage".
  - Moyen‑Orient et Asie centrale : "le PIB des pays de la région Moyen‑Orient et Asie centrale devrait croître de 4,6 % en 2022".
  - Afrique subsaharienne : "la croissance en Afrique subsaharienne devrait s’établir à 3,8 % en 2022".
  - Asie : révision à la baisse de 0,4 point de pourcentage pour la région liée à la situation en Chine ; révisions notables pour le Japon (0,9 point) et l’Inde (0,8 point).

### Prix des produits de base et inflation
- Céréales : graphique des cours internationaux des céréales (janvier 2020 = 100) couvrant Maïs, Riz, Sorgho, Blé ; périodes indiquées : "Janv. 2020 Juil. 20 Janv. 21 Juil. 21 Févr. 22".
- Pétrole : hypothèses de cours et historique : "Le cours moyen du pétrole en 2021 était de 69,07 dollars le baril ; les hypothèses retenues, sur la base des marchés à terme, sont les suivantes : 106,83 dollars le baril pour 2022 et 92,63 dollars pour 2023."
- Contexte comparatif historique : l’économie actuelle est "moins dépendante du pétrole (entre août 1973 et janvier 1974, le prix du pétrole avait presque triplé, passant d’environ 20 à 60 dollars de 2021, et était resté élevé ; de plus, la dépendance de l’économie mondiale au pétrole était environ 3,5 fois supérieure à celle d’aujourd’hui)".

### Incertitudes et risques
- Les prévisions reposent sur données disponibles "au 31 mars 2022" et supposent notamment :
  - Effets sanitaires de la COVID‑19 qui "commencent à s’estomper au deuxième trimestre de 2022" et hospitalisations/décès ramenés à de faibles niveaux dans la plupart des pays d’ici à la fin de l’année, sous réserve qu’aucune nouvelle souche ne nécessite des restrictions.
  - Taux de change effectifs réels maintenus "aux niveaux observés entre le 7 février et le 7 mars 2022" (note du tableau).
- Risques : possibilités d’une croissance plus faible et d’une inflation plus élevée que dans le scénario de référence ; vulnérabilité accrue des pays avec lacunes vaccinales et dette extérieure élevée ; propagation rapide des chocs sectoriels via chaînes d’approvisionnement.

*Source : Extraits du document fourni — PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE (Fonds monétaire international, Avril 2022).*

### 1. Exportations de biens vers la Russie

### 1. Exportations de biens vers la Russie

### Exportations et importations liées à la Russie et à l’Ukraine
- Graphiques et étiquettes dans la section indiquent : "Exportations de biens vers la Russie (En pourcentage du total des exportations)" et "Importations de biens en provenance de Russie (En pourcentage du total des importations)".
- Sont aussi présentés : "Importations d’énergie en provenance de Russie (En pourcentage du total des importations d’énergie)" et "Importations de denrées alimentaires en provenance de Russie ou d’Ukraine (En pourcentage du total des importations de denrées alimentaires)".
- Sources citées : Direction of Trade Statistics ; Organisation des Nations Unies, base de données Comtrade ; calculs des services du FMI.
- Note méthodologique : Le terme « pétrole » englobe le pétrole brut, le pétrole raffiné, le gaz de pétrole liquéfié et le charbon. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).

### Participation aux chaînes de valeur mondiales (2018)
- Mesure : "La participation aux chaînes de valeur mondiales correspond à la somme des liaisons en amont et des liaisons en aval."
- Définition des liaisons :
  - Liaisons en amont : intrants intermédiaires importés utilisés pour fabriquer des produits destinés à l’exportation.
  - Liaisons en aval : exportations de biens intermédiaires qui sont utilisés comme intrants pour la production d’exportations d’autres pays.
- Source : base de données Eora sur les chaînes de valeur mondiales ; calculs des services du FMI.
- Référence méthodologique mentionnée : Casella et al. (2019).

### Conséquences humanitaires et flux de réfugiés
- "Un très grand nombre de réfugiés ont déjà fui la guerre et beaucoup d’autres pourraient en faire de même."
- Chiffres précis : "Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) signale que, depuis le 24 février, plus de 4,5 millions de réfugiés ont quitté l’Ukraine, dont la moitié sont arrivés en Pologne."
- Effets à court terme : mise à rude épreuve des services locaux, notamment pour l’hébergement et les soins de santé.
- Effets à plus long terme : dispersion dans l’Union européenne aura des effets socio-économiques importants ; augmentation de l’offre de main-d’œuvre ; risque d’exacerber le sentiment anti-immigrés.

### Mesures publiques et rôle des banques centrales
- Mesures ciblées possibles :
  - Augmenter l’offre de pétrole et de gaz.
  - Recourir aux réserves énergétiques pour atténuer les pressions sur les prix.
  - Accroître le soutien budgétaire en Europe pour amortir la contraction de la demande (renvoi à l’encadré 1.2 de l’édition d’avril 2022 du Moniteur des finances publiques).
- Rôle des banques centrales : devront mettre en balance l’accélération de l’inflation (hausse des cours internationaux des produits de base et perturbations de l’offre) et le recul de l’activité (baisse des échanges commerciaux et montée de l’incertitude).

### Perspectives d’inflation et facteurs déterminants
- Prévisions d’inflation pour 2022 :
  - Pays avancés : 5,7 percent.
  - Pays émergents et pays en développement : 8,7 percent.
  - Ces chiffres représentent respectivement 1,8 et 2,8 points de pourcentage de plus que dans l’édition de janvier des Perspectives de l’économie mondiale.
- Prévisions d’inflation pour 2023 :
  - Pays avancés : 2,5 percent.
  - Pays émergents et pays en développement : 6,5 percent.
  - Ces chiffres représentent respectivement 0,4 et 1,8 point de pourcentage de plus que dans les prévisions de janvier.
- Facteurs principaux :
  - Renforcement des flambées des prix des produits de base lié à la guerre en Ukraine.
  - Forte hausse des prix du pétrole et du gaz en 2022.
  - Effets sur les prix des denrées alimentaires jusqu’en 2023 en raison des effets décalés de la récolte de 2022.
- Projections de marchés à terme (énoncées dans le texte) :
  - Les cours du pétrole augmenteront rapidement en 2022 de 55 %.
  - Les cours du gaz augmenteront rapidement en 2022 de 147 %.
  - L’inflation des produits alimentaires devrait être forte (environ 14 %) en 2022, avant de ralentir légèrement en 2023.
- Incertitude : La guerre a accru l’incertitude entourant ces prévisions ; les prix des produits de base seront probablement volatils entre 2022 et 2023.

### Déséquilibres entre l’offre et la demande
- Contexte : La demande a augmenté rapidement en 2021, partiellement grâce au soutien des pouvoirs publics.
- Contraintes d’offre citées : fermetures d’usines dues à des épidémies, restrictions dans les ports, encombrement des voies de navigation, manque de conteneurs, pénurie de main-d’œuvre (mises en quarantaine, évolution des préférences des travailleurs, responsabilités de garde).
- Conséquence sur l’inflation hors alimentation et énergie : a dépassé les taux antérieurs à la pandémie dans la plupart des pays et s’est accélérée davantage là où les reprises ont été les plus vigoureuses.
- Perspectives : 
  - En 2022, la demande devrait fléchir parallèlement au ralentissement de la reprise et au retrait des mesures de soutien extraordinaires.
  - Les goulets d’étranglement de l’offre devraient généralement se résorber, mais les confinements récurrents en Chine, la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie devraient prolonger les perturbations dans certains secteurs jusqu’en 2023.
  - Cela devrait aggraver les pénuries non seulement d’énergie, mais aussi d’intrants manufacturiers essentiels tels que les métaux rares et les gaz.

*Fonds monétaire international | Avril 2022*

### 2. Taux d’inflation médian dans l’échantillon de pays à faible revenu

### 2. Taux d’inflation médian dans l’échantillon de pays à faible revenu

### Réorientation de la demande et pressions inflationnistes
- Rééquilibrage de la demande des biens vers les services après des perturbations des services délivrés en personne pendant la pandémie ; néanmoins, l’inflation des biens est restée prédominante dans la plupart des pays en 2021.
- L’inflation des services a commencé à s’accélérer de nouveau en 2021, mais les habitudes de dépenses antérieures à la pandémie ne sont pas entièrement rétablies.
- Hypothèse du scénario de référence : l’offre de main-d’œuvre s’améliore progressivement au cours de l’année 2022 à mesure que la crise sanitaire s’estompe, que les contraintes liées à la garde des personnes à charge s’allégeront et que l’épargne s’épuisera ; toutefois, l’effet global sur l’offre de main-d’œuvre devrait être modéré.
- Conséquence : il est peu probable que les augmentations des salaires nominaux soient sensiblement atténuées, contribuant à la persistance d’un niveau d’inflation élevé plus longtemps que prévu.

### Anticipations d’inflation et risques de second tour
- Les anticipations d’inflation à court terme ont fortement augmenté dans les pays avancés ; les anticipations à plus long terme demeurent raisonnablement bien ancrées malgré une hausse récente.
- Le resserrement de la politique monétaire et l’évolution de la communication des banques centrales ont été considérés comme suffisants, selon les données disponibles, pour contenir l’inflation à moyen terme.
- Risque : des perturbations prolongées de l’approvisionnement (poursuite des combats ou nouvelles flambées de la pandémie) entraîneraient une nouvelle augmentation des coûts des intrants intermédiaires.
- Dans un contexte d’inflation élevée, des hausses durables des cours des produits de base pourraient provoquer une augmentation des anticipations d’inflation à moyen terme, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement.
- Les pénuries de main-d’œuvre pourraient pousser la croissance des salaires nominaux à rattraper la hausse des prix à la consommation, intensifiant les tensions inflationnistes.

### Hausse des taux d’intérêt : conséquences pour les pays émergents et en développement
- Avant la guerre en Ukraine, une hausse des taux souverains de base avait déjà exercé une pression sur certains emprunteurs dans le groupe des pays émergents et pays en développement ; les écarts de rendement se sont le plus creusés au Bélarus, en Russie et en Ukraine.
- Les écarts moyens présentaient, avant la guerre, un aspect semblable aux cycles de resserrement de 2018 et à l’épisode de 2013 (« taper tantrum »), mais les écarts actuels sont plus dispersés entre pays.
- Les hausses rapides des taux d’intérêt dans les pays avancés peuvent entraîner : inversion des flux de capitaux, creusement des écarts de rendement, dépréciation des devises et durcissement des conditions de financement extérieur pour les pays émergents et en développement.
- Les effets varient selon la vulnérabilité liée à la dette et les relations commerciales avec les pays avancés.

### Vulnérabilités liées à l’endettement et aux réserves
- Dans le pays émergent médian à revenu intermédiaire, le ratio dette/PIB a atteint 60 % en 2021, contre environ 40 % au moment de l’épisode du « taper tantrum » de 2013.
- Pour les pays à faible revenu, la dette médiane représente désormais près du double de celle de 2013.
- Environ 60 % des pays en développement à faible revenu sont déjà en situation de surendettement ou présentent un risque élevé de l’être.
- Les réserves extérieures, mesurées par le ratio réserves/importations, apparaissent relativement saines pour les pays émergents et ont augmenté en particulier pour les pays en développement à faible revenu, en partie en raison de l’allocation de droits de tirage spéciaux en 2021.
- Toutefois, comparées au service de la dette extérieure, les réserves ont peu augmenté pour les pays émergents à revenu intermédiaire au cours de la dernière décennie et ont diminué pour les pays en développement à faible revenu.

### Séquelles à moyen terme et perspectives de production
- La guerre et la pandémie devraient entraîner des séquelles durables : déplacement des populations, destruction du capital physique, ruptures durables des chaînes d’approvisionnement, faillites d’entreprises, pertes de productivité, frein à l’investissement, ralentissement de la croissance de la population active, pertes de capital humain dues aux fermetures d’écoles.
- L’activité en Ukraine restera bien en deçà des projections d’avant-guerre pendant un certain temps ; la production en Russie devrait rester inférieure aux prévisions établies avant la guerre à moyen terme.
- Les pertes de production devraient être plus marquées dans les pays émergents et les pays en développement que dans les pays avancés ; aux États-Unis, le niveau de production tendanciel d’avant la pandémie devrait être retrouvé au cours de l’année 2022.
- Les révisions à la hausse de la production potentielle dans les pays avancés reflètent aussi les effets attendus des programmes d’investissements publics (États-Unis, Next Generation EU), tandis que ces révisions sont moins nettes dans les pays émergents et les pays en développement.

### Commerce mondial : ralentissement prévu
- Croissance du commerce mondial : taux estimé à 10,1 % en 2021, à 5 % en 2022, puis à 4,4 % en 2023 (1 et 0,5 point de pourcentage de moins que dans les prévisions de janvier).
- À moyen terme, la croissance du commerce mondial devrait tomber à environ 3,5 %.
- Causes : ralentissement notable de l’activité globale, retrait des dispositifs exceptionnels de soutien public, rééquilibrage de la demande en faveur des services, persistance de la faiblesse du tourisme en raison de la guerre et des effets de la pandémie.

_Extrait de PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Fonds monétaire international | Avril 2022._

### 1. Projections des écarts de production moyens

### 1. Projections des écarts de production moyens

### Écarts de production et pertes par rapport au tendanciel (2024)
- Graphiques présentés :
  - Écart de production (plage 1) : différence entre le PIB réel et le PIB potentiel, en pourcentage du PIB potentiel. Valeurs d’échelle affichées : –10, –8, –6, –4, –2, 0, 2, 4, 6.
  - Pertes de production par rapport au niveau tendanciel antérieur à la pandémie, 2024 (plage 2) : échelle affichée : –10, –8, –6, –4, –2, 0, 2, 4, 6.
  - Pertes d’emploi par rapport au niveau tendanciel antérieur à la pandémie, 2024 (plage 3) : échelle affichée : –5, –4, –3, –2, –1, 0, 1, 2.
- Métrique de calcul :
  - Les pertes à moyen terme dans les plages 2 et 3 correspondent à la différence entre les prévisions actuelles de la variable indiquée (pour 2024) et celles de la Mise à jour des PEM de janvier 2020.
- Échantillonnage et exclusions :
  - L’échantillon de pays dans la plage 3 comprend ceux qui présentent des projections d’emploi comparables dans les deux éditions.
  - La Chine et l’Inde ne sont pas prises en compte dans l’agrégat de l’emploi des pays émergents et des pays en développement en raison de changements dans les définitions de l’emploi d’une édition à l’autre.
- Codes et groupements :
  - Codes pays utilisés : ISO.
  - Abréviations : AfSS = pays d’Afrique subsaharienne ; ALC = pays d’Amérique latine et des Caraïbes ; MO&AC = pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale ; PA (sauf USA) = pays avancés à l’exception des États-Unis ; PE d’Asie sauf CHN = pays émergents d’Asie à l’exception de la Chine ; PE d’EUR = pays émergents d’Europe ; PEPD = pays émergents et pays en développement ; PFR = pays à faible revenu ; PEM = Perspectives de l’économie mondiale.

### PIB potentiel (indice, 2019 = 100)
- Série temporelle indexée sur 2019 = 100, échelle indiquée : 95, 100, 105, 110, 115, 120 pour les années 2018, 19, 20, 21, 22.
- Lignes de séries correspondant aux éditions PEM : PEM oct. 2019 ; PEM oct. 2020 ; PEM avril 2022.
- Groupes de pays mentionnés en légende : Monde, PEPD, PA sauf USA, USA, PE d’Asie sauf CHN, PE d’EUR, CHN, PA, PE, ALCAfSSPEPDMOAC (présentation telle que dans la source).

### Solde courant mondial et positions extérieures (conclusions et hypothèses)
- Observation principale :
  - Le solde des transactions courantes à l’échelle mondiale a augmenté pour la deuxième année consécutive en 2021, en grande partie à cause de facteurs liés à la pandémie.
- Facteurs contributifs :
  - Maintien d’un volume élevé d’exportations d’équipements médicaux et d’appareils électroniques pour le travail à domicile.
  - Déficit plus élevé aux États‑Unis, en partie lié au maintien d’un vaste appui budgétaire.
  - Excédents plus élevés chez les principaux partenaires commerciaux des États‑Unis, notamment la Chine et la zone euro.
  - Rebond fort des cours du pétrole en 2021, augmentant les excédents des pays exportateurs et les déficits des pays importateurs.
- Perspectives :
  - Les soldes des transactions courantes devraient rester élevés à court terme.
  - Ils devraient se réduire par la suite, mais la trajectoire future est incertaine en raison des répercussions de la guerre, de l’évolution de la pandémie et des effets connexes sur les prix des produits de base et la structure des échanges commerciaux.
- Positions extérieures :
  - Actifs et passifs extérieurs, en part du PIB mondial, ont légèrement diminué en 2021, revenant à des niveaux proches de ceux de 2019.
  - Cette baisse est due à la reprise de l’activité mondiale (renforcement du dénominateur du ratio) et à des réévaluations.
  - Les actifs et les passifs extérieurs devraient toutefois rester proches des sommets historiques, présentant des risques pour les pays débiteurs et créanciers.

### Corrélations empiriques et notes méthodologiques
- Graphique 1.19 : Corrélation entre les révisions de la production prévue et les campagnes de vaccination (en points de pourcentage), avec projections pour 2022, 23, 24, 25, 26.
  - Échelle des coefficients affichée : –0,6, –0,3, 0,0, 0,3, 0,6, 0,9, 1,2, 1,5.
- Méthodologie (note) :
  - Le graphique présente des estimations ponctuelles et des intervalles de confiance à 90 % (avec des erreurs-types conformes à l’hétéroscédasticité) pour les coefficients d’une régression transversale entre pays (non pondérée) des révisions des prévisions à différents horizons depuis l’édition d’octobre 2021 des Perspectives de l’économie mondiale.
  - Variables explicatives : soutien budgétaire, vaccinations et nombre de cas, plus effets fixes par région.
  - Mesures de soutien budgétaire : dépenses supplémentaires au-dessus de la ligne, manque à gagner et appui en liquidités visant à faire face à la COVID-19 entre le 5 juin 2021 et le 27 septembre 2021, exprimées en pourcentage du PIB.
  - Vaccinations et nombre de cas : différence dans la part cumulée de la population entièrement vaccinée ou diagnostiquée avec la COVID-19 entre le 30 septembre 2021 et le 8 avril 2022.
  - Les variables explicatives sont normalisées pour obtenir une moyenne nulle et un écart-type unitaire.

*Source : calculs des services du FMI.*

### 2. Position extérieure globale à l’échelle mondiale

### 2. Position extérieure globale à l’échelle mondiale

### Risques majeurs et orientation des perspectives
- Les risques pesant sur les perspectives sont orientés à la baisse et « élevés », comparables à ceux observés au début de la pandémie.
- Une résolution rapide de la guerre en Ukraine rétablirait la confiance et allégerait la pression sur les marchés des produits de base, mais il est plus probable que :
  - la croissance continue de ralentir, et
  - l’inflation soit plus élevée que prévu.
- Interactions et transmission des risques : la matérialisation de risques à court terme peut précipiter des risques à moyen terme et rendre la résolution des problèmes à plus long terme plus difficile.
- Principaux risques identifiés :
  - Aggravation du conflit : intensification de la crise humanitaire, afflux de réfugiés, durcissement des sanctions, ruptures commerciales (notamment énergétiques entre la Russie et l’Europe), nouvelles ruptures d’approvisionnement, hausses des prix mondiaux, volatilité sur les marchés de produits de base, incidence sur les bilans étrangers en cas de défaut russe.
  - Montée des tensions sociales : hausse brutale des prix des combustibles et des denrées alimentaires ; pression sur les pays émergents et pays en développement dépendant des importations ; accumulation de restrictions à l’exportation et de contrôles intérieurs ; pressions liées à l’afflux de réfugiés.
  - Résurgence de la pandémie : risques de sous‑variants plus dangereux (ex. Omicron) et de mutations réduisant l’efficacité de l’immunité.
  - Ralentissement prolongé en Chine : exposition des pays de la région via une demande d’exportations plus faible, perturbations des approvisionnements, fragilités structurelles (passifs des collectivités locales, endettement des promoteurs immobiliers, dette des ménages, fragilité bancaire).
  - Hausse des anticipations inflationnistes à moyen terme : risque de généralisation des anticipations plus élevées, répercussions salariales, nécessité potentielle d’un resserrement monétaire plus énergique.
  - Hausse des taux d’intérêt et surendettement généralisé : dette publique à niveaux record ; risque pour la crédibilité des cadres budgétaires, sorties de capitaux et crises de la dette, correction désordonnée des prix des actifs.
  - Détérioration géopolitique durable : polarisation, protectionnisme, fragmentation des réseaux de production et des systèmes monétaires/paiement, affaiblissement de la coopération mondiale (climat, règlement de la dette, barrières commerciales).
  - Urgence climatique : émissions mondiales susceptibles de dépasser les objectifs de l’accord de Paris d’ici à la fin du siècle ; sécheresses, incendies, inondations et ouragans plus fréquents et plus violents ; mesures de transition pouvant engendrer des effets inflationnistes à court terme.

### Mesures recommandées pour soutenir la reprise et améliorer les perspectives à moyen terme
- Lutter contre l’inflation :
  - Les banques centrales doivent surveiller l’impact des prix internationaux (énergie, denrées alimentaires) sur les anticipations et ajuster la politique monétaire selon les données disponibles.
  - Les mesures seront différenciées selon les pays : aux États‑Unis le cycle de hausse des taux devrait se poursuivre ; en Europe et dans certains pays où la guerre affecte fortement la croissance, le rythme du resserrement devra être adapté.
  - Maintenir les anticipations d’inflation bien ancrées sur des horizons plus longs ; certaines banques centrales des pays émergents ont déjà pris des mesures énergiques.
  - Les banques centrales devraient communiquer clairement leur point de vue sur le taux neutre postpandémie et, si nécessaire, leur intention de maintenir les taux directeurs au‑dessus de ce point aussi longtemps que nécessaire.
- Se préparer au durcissement des conditions financières :
  - Renforcer les outils macroprudentiels et structures d’insolvabilité ; recourir, si nécessaire, à des mécanismes extrajudiciaires pour accélérer les procédures.
  - Emprunteurs des pays émergents : réduire les risques de refinancement à court terme, allonger les échéances, limiter les déséquilibres de devise.
  - Flexibilité des régimes de change pour absorber les chocs ; interventions calibrées sur les marchés des changes si ces marchés sont peu développés ; mesures temporaires de gestion des flux de capitaux en cas de crise imminente.
- Venir en aide aux groupes vulnérables tout en maintenant l’équilibre budgétaire :
  - Prioriser les dépenses de protection des populations vulnérables affectées par la guerre et la pandémie.
  - Mettre en place une aide au revenu ciblée dans les pays connaissant de fortes hausses des prix ; critères de ressources et retrait progressif au‑delà de certains seuils.
  - Soutien à l’intégration des réfugiés et financement multilatéral.
  - Préserver le financement de la production et distribution de vaccins, campagnes d’incitation à la vaccination, dépistage et traitements.
  - Retrait progressif des mesures de soutien antérieures lorsque la pandémie s’atténue pour reconstituer l’espace budgétaire.
  - Aide temporaire et ciblée aux entreprises viables touchées par les perturbations liées à la guerre (garanties de crédit, transferts).
  - Programmes de formation, subventions à l’embauche et dispositifs de mise en relation pour faciliter la transition intersectorielle de la main‑d’œuvre.
  - Mesures pour accroître les recettes et maîtriser les dépenses : élargissement de la base d’imposition, renforcement du respect des obligations fiscales, réduction des subventions généralisées, amélioration de la gestion des finances publiques.
  - Plans crédibles de stabilisation des finances à moyen terme et cadres budgétaires avec règles simples et clauses de sauvegarde bien conçues.
- Politiques sanitaires et préparation :
  - Accès équitable à un ensemble complet d’outils contre la COVID‑19 : vaccins, produits de dépistage, traitements.
  - Plus de 100 pays ne sont pas en passe d’atteindre à la mi‑2022 l’objectif de vaccination de 70 % de leur population.
  - Investissement continu dans la recherche, la surveillance des maladies et l’accessibilité des systèmes de santé.
- Tirer parti de mutations structurelles positives :
  - Amélioration des communications numériques ; formation des travailleurs aux nouvelles technologies.
  - Remédier aux pertes d’apprentissage, notamment dans les pays à faible revenu.
  - Réduction des droits de douane et des obstacles au commerce pour atténuer les goulets d’étranglement de l’offre et la pression inflationniste.
- Faire face à l’urgence climatique :
  - Multiplier par trois les investissements dans les énergies propres d’ici à 2030 (selon l’Agence internationale de l’énergie) pour accélérer la décarbonation du secteur de l’énergie.
  - Tarification du carbone (ou mécanismes équivalents) et réforme des subventions aux combustibles fossiles ; compléter la tarification par des subventions aux énergies renouvelables, investissements publics (réseaux électriques intelligents) et mesures de compensation ciblées.
  - Éviter les subventions permanentes au carbone ou aux combustibles motivées par des flambées de prix à court terme.
- Coopération multilatérale : priorités identifiées
  - Prendre des mesures coordonnées face à la crise humanitaire : aide d’urgence, accès à un financement d’appui budgétaire pour l’intégration des migrants, initiatives concertées pour la reconstruction de l’Ukraine après la guerre.
  - Préserver la liquidité du système financier mondial : coopération pour gérer le prochain cycle de resserrement monétaire, accès à des liquidités d’urgence, utilisation des mécanismes du FMI et lignes de crédit réciproque entre banques centrales si nécessaire.
  - Garantir un système ordonné de résolution de la dette : accélérer l’application du cadre commun du G20 pour le traitement des dettes ; l’expiration en 2021 de l’initiative du G20 pour la suspension du service de la dette rend plus urgente la résolution ordonnée de la dette.
  - Politiques climatiques coordonnées : combler l’écart entre ambitions et mesures, envisager dispositifs de coordination internationale (prix planchers, initiatives multilatérales de financement).
  - Fournir des biens de santé publique à l’échelle mondiale : combler le déficit de financement de 23,4 milliards de dollars pour le dispositif d’accès aux outils de lutte contre la COVID‑19 ; meilleure coordination entre ministères des Finances et de la Santé.
  - Coopération en matière de fiscalité et de commerce international : poursuivre la coopération en matière de fiscalité transfrontalière pour accroître recettes et équité, éviter contrôles à l’exportation et obstacles au commerce.

### Encadré des scénarios : intensification des sanctions à l’encontre de la Russie
- Contexte du scénario :
  - Scénario où les sanctions sont étendues à la mi‑2022 pour inclure embargos supplémentaires sur le pétrole et le gaz et la déconnexion de la Russie d’une grande partie du système financier et commercial mondial.
  - Transmission mondiale : hausse des prix des produits de base, perturbations des chaînes d’approvisionnement, durcissement des conditions financières.
- Hypothèses principales (présentées en trois éléments distincts) :
  - Commerce et productivité russes :
    - Dans le scénario défavorable, les volumes d’exportation de pétrole et de gaz diminuent de 10 % en 2022 et de 20 % en 2023 par rapport aux chiffres de référence actuels, et restent à leurs plus bas niveaux prévus pour 2023 pendant le reste de la période de prévision.
    - Les exportations non pétrolières de la Russie diminuent de 7 % en 2022 et de 15 % en 2023 par rapport aux chiffres de référence actuels, et se maintiennent à leur niveau de 2023 jusqu’en 2027.
    - Perte d’accès de la Russie aux technologies et aux investissements étrangers entraînant un ralentissement persistant de la croissance de la productivité totale des facteurs.
  - Prix des produits de base (écarts par rapport au scénario de référence) :
    - Pétrole : +10 % en 2022 et +15 % en 2023.
    - Métaux : +5 % en 2022 et +7,5 % en 2023.
    - Indice global des prix des produits alimentaires : +4 % en 2022 et +6 % en 2023.
    - Prix du gaz naturel en Europe : augmentation d’environ 20 % par rapport au scénario de référence en 2022 ; pays asiatiques connaissent une augmentation similaire.
    - Ces hausses s’estomperaient progressivement au‑delà de 2023.
  - Ruptures d’approvisionnement et confiance : pénuries de plusieurs produits de base perturbent davantage les chaînes d’approvisionnement (notamment en Europe), accentuent l’inflation et freinent la confiance et l’activité.
- Anticipations d’inflation :
  - Le choc sur l’offre déclenche une augmentation des anticipations d’inflation à court terme entre 2022 et 2023 ; hausse plus nette dans les pays où l’inflation était déjà élevée ou où le choc d’offre est plus marqué (ex. États‑Unis, Europe).
  - Référence : augmentation des anticipations d’inflation à un an aux États‑Unis d’environ 70 points de base en 2023.
  - Hypothèse : aucune augmentation des anticipations d’inflation à plus long terme n’est prise en considération ici.
- Conditions de financement :
  - Resserrement marqué des conditions de financement intérieures en Russie.
  - Hypothèse : les sanctions réduisent de moitié la valeur de la position extérieure nette positive de la Russie.
  - Resserrement des conditions financières ailleurs via un épisode d’aversion au risque : augmentation des écarts de rendement sur obligations d’entreprises et obligations souveraines dans les pays émergents ; hausse des écarts sur les obligations d’entreprises dans les pays avancés ; resserrement plus fort présumé en Europe.
  - Politique budgétaire : stabilisateurs automatiques seulement, aucune mesure discrétionnaire additionnelle prise en compte.
- Conséquences macroéconomiques mondiales (écarts par rapport au scénario de référence) :
  - Russie : contraction forte et continue de l’activité ; effet cumulés se traduisent par une baisse du PIB d’environ 15 % par rapport au scénario de référence d’ici à 2027.
  - Union européenne : niveau du PIB inférieur de près de 3 % à la valeur de référence d’ici à 2023.
  - Autres pays avancés (hors Union européenne) et pays émergents (hors Russie) : niveau d’activité inférieur d’environ 1,5 % d’ici à 2023 (avec variations selon pays ; certains pays exportateurs nets de pétrole bénéficient).
  - PIB mondial : diminution d’environ 2 % d’ici à 2023 ; activité mondiale demeure inférieure d’environ 1 % à celle prévue dans le scénario de référence jusqu’en 2027, plus de la moitié de cette baisse étant due au coup porté à l’activité en Russie.
  - Inflation mondiale : accélération en 2022 et 2023 ; le taux d’inflation global augmente de plus d’un point de pourcentage ces mêmes années.
  - Inflation hors énergie et alimentation : augmentation d’un demi‑point de pourcentage en 2023 par rapport à la référence, atteignant un niveau supérieur à celui du scénario de référence.
  - Après 2023, l’effet désinflationniste de la baisse sous‑jacente de l’activité mondiale commence à prévaloir et l’inflation finit par passer sous la valeur de référence en 2024.

*Source : estimations des services du FMI, extrait du chapitre « PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE », Avril 2022.*

### 1. PIB réel

### 1. PIB réel

### Pénuries de main-d’œuvre : États-Unis et Royaume‑Uni (Encadré 1.1)
- Constat central : deux ans après le début de la pandémie de COVID‑19, les offres d’emploi non pourvues ont fortement augmenté tandis que l’emploi n’a pas pleinement retrouvé son niveau d’avant la pandémie dans plusieurs pays avancés, notamment les États‑Unis et le Royaume‑Uni.
- Mesures et indicateurs :
  - Les derniers ratios offres d’emploi/chômage sont nettement supérieurs aux niveaux antérieurs à la pandémie, alors que les taux d’emploi ne l’ont pas été.
  - Au troisième trimestre de 2021, l’asymétrie du marché du travail représentait tout au plus un cinquième de l’écart entre le taux d’emploi à ce moment-là et celui enregistré avant la pandémie, tant au Royaume‑Uni qu’aux États‑Unis.
  - Au quatrième trimestre de 2021, la hausse du taux d’inactivité des travailleurs âgés représentait un tiers du déficit de main‑d’œuvre au Royaume‑Uni et aux États‑Unis par rapport aux niveaux antérieurs à la pandémie.
- Facteurs expliquant l’énigme :
  - Asymétrie sectorielle : secteurs exigeant des interactions physiques (hébergement, restauration, arts et spectacles) plus éprouvés ; emplois télétravaillables s’en tirant mieux.
  - Préoccupations sanitaires et gains d’évaluation des régimes de retraite contribuant au retrait des travailleurs âgés.
  - Évolution des préférences du travailleur : recherche de salaires plus élevés, plus de sécurité et plus de souplesse ; taux de démissions atteignant des sommets historiques (la « Grande Démission »).
  - Perturbations des écoles et garderies contraignant certaines mères de jeunes enfants à renoncer au travail (le « renoncement des femmes »).
  - Baisse de l’immigration et lente reprise de l’emploi chez les travailleurs peu qualifiés aggravant les pénuries.
- Incidence sur les salaires et l’inflation :
  - Les pénuries de main‑d’œuvre ont accéléré la croissance des salaires nominaux, en particulier pour les emplois faiblement rémunérés.
  - Estimation : depuis le début de la pandémie, les pénuries ont directement accéléré l’inflation des salaires nominaux d’environ 1,5 point de pourcentage au Royaume‑Uni et aux États‑Unis.
  - Les travailleurs peu rémunérés représentent une part relativement modeste du total des coûts salariaux ; ainsi, tant que les pénuries restent concentrées dans ces emplois, l’impact sur l’inflation globale des prix devrait rester limité.
  - Toutefois, la hausse rapide des prix ayant largement ou plus que complètement surpassé les gains salariaux jusqu’à présent, la croissance globale des salaires nominaux devrait rester vigoureuse ; des relèvements des demandes salariales et des anticipations d’inflation pourraient intensifier les pressions inflationnistes.
- Définitions et données utilisées :
  - Travailleurs âgés : 55–74 ans.
  - Enfants en bas âge : n’ont pas plus de 5 ans.
  - Sources : Current Population Survey ; Job Opening and Labor Turnover Survey ; Labour Force Survey ; Office of National Statistics ; calculs des services du FMI.
- Auteurs de l’encadré : Myrto Oikonomou, Carlo Pizzinelli et Ippei Shibata.

### Taux d’intérêt neutres : déterminants et incertitudes (Encadré 1.2)
- Constat central : le résultat du cycle de resserrement monétaire engagé en 2022 dépend fortement de l’évolution du taux d’intérêt neutre (taux d’intérêt réel compatible avec un écart de production fermé et une inflation stable). Les taux neutres ont eu tendance à baisser depuis les années 80 dans de nombreux pays avancés.
- Facteurs historiques et structurels expliquant la baisse :
  - Diminution des taux de fécondité et allongement de l’espérance de vie → augmentation de la part des personnes âgées → stimulation de l’offre d’épargne → baisse des taux d’intérêt.
  - Ralentissement de la croissance de la productivité et baisse des prix des biens d’équipement → ralentissement des dépenses d’investissement → réduction de la demande d’épargne.
  - Fortes inégalités de revenus dans de nombreux pays avancés → hausse des taux d’épargne au sommet de la distribution des revenus.
  - Flux de capitaux et augmentation de la demande d’actifs sûrs (notamment dans les pays émergents) et hausse des primes de risque → pression à la baisse sur les taux d’intérêt.
- Débats et éléments pouvant inverser ou modérer la tendance :
  - Amélioration continue de l’espérance de vie et transition démographique mondiale pourraient maintenir une pression à la baisse.
  - Autres travaux suggèrent un possible renversement démographique menant à une hausse des taux neutres.
  - Un reflux des inégalités, une reprise de la croissance tirée par la consommation en Chine, ou une réduction de l’accumulation de réserves par les pays émergents pourraient réduire la surabondance d’épargne mondiale.
  - Diminution de l’épargne de précaution liée à l’apaisement de l’incertitude pandémique pourrait faire remonter les taux neutres.
  - Les augmentations temporaires de la demande (par ex. plans de relance temporaires) sont peu susceptibles d’entraîner des hausses durables des taux neutres.
- Autres facteurs structurels pertinents :
  - Évolution des régimes monétaires et des cadres d’action des autorités (changements structurels des cadres d’action et de l’intermédiation financière) peuvent affecter les taux neutres.
  - L’essor des systèmes bancaires parallèles, des technologies financières et la transition climatique constituent des éléments de transformation structurelle rendant les prévisions des taux neutres plus incertaines.
  - L’ampleur finale des bilans des banques centrales pourrait également influer sur les perspectives des taux neutres.
- Données et échantillon :
  - Estimations des services du FMI.
  - Échantillon de pays mentionnés : AUS, BEL, CAN, CHE, DNK, ESP, FIN, FRA, GBR, ITA, JPN, NLD, NOR, SWE, USA.
- Auteurs de l’encadré : Francesco Grigoli, Josef Platzer et Robin Tietz.

*Source : Fonds monétaire international, « PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE », Avril 2022 (chapitre et encadrés extraits du PDF fourni).*

### 3. Croissance de la productivité totale des facteurs

### 3. Croissance de la productivité totale des facteurs

### Hausse des prix des produits de base et incidence de la guerre en Ukraine
- Entre août 2021 et février 2022 :
  - Les prix des produits de base ont augmenté de 24 percent.
  - Les produits énergétiques, en particulier le gaz naturel, ont été à l’origine de cette hausse.
  - Les cours des métaux de base ont augmenté de 2 percent.
  - Les cours des métaux précieux ont augmenté de 3 percent.
  - Les produits agricoles de base ont enregistré une hausse de 11 percent.
- Pétrole :
  - Les cours du pétrole brut ont augmenté de 36 percent entre août 2021 et février 2022.
  - Le pétrole brut Brent a temporairement atteint 140 dollars le baril au début du mois de mars.
  - Selon l’Agence internationale de l’énergie, la demande mondiale de pétrole devrait atteindre 99,7 millions de barils par jour (mb/j) en 2022 (soit une hausse de 2,1 mb/j par rapport à 2021), révision à la baisse de 1,1 mb/j par rapport à la demande enregistrée avant la guerre en Ukraine.
  - Les marchés à terme indiquent que les cours du pétrole brut devraient augmenter de 55 percent en 2022 puis diminuer légèrement par la suite; risques de hausse à court et moyen terme élevés, risques de baisse à long terme dus à la transition énergétique.
- Gaz naturel et charbon :
  - Les cours du gaz naturel se sont fortement appréciés en dehors de l’Amérique du Nord, stimulés par les préoccupations de sécurité énergétique en Europe et la concurrence pour les cargaisons de GNL.
  - Les cours du gaz naturel devraient rester élevés jusqu’au milieu de l’année 2023.
  - Les prix du charbon ont augmenté de 55 percent et ont atteint des sommets historiques au début du mois de mars.
- Métaux :
  - L’indice des métaux de base, après un recul initial, a commencé à se redresser en décembre 2021.
  - L’augmentation de la demande de batteries a fait grimper les prix du cobalt, du nickel et du lithium.
  - Les cours des métaux de base devraient augmenter de 9,9 percent en 2022 (alors qu’une baisse de 6,5 percent était prévue dans l’édition d’octobre 2021) et rester inchangés en 2023.
  - Les cours des métaux précieux devraient augmenter de 5,8 percent en 2022 et de 2,1 percent en 2023.
- Produits agricoles :
  - Augmentations observées : boissons +17,2 percent ; céréales +21,8 percent.
  - Baisse partielle : sucre −5,3 percent ; légumes −4,8 percent.
  - Les cours du blé ont augmenté de 26,4 percent (sécheresse au Canada et dans les plaines Nord des États-Unis citée comme cause).
  - La guerre en Ukraine et la baisse des exportations (Ukraine, Russie) pourraient entraîner une nouvelle flambée des cours mondiaux des céréales; les mauvaises conditions météorologiques et les prix des engrais constituent des risques à la hausse.

### Désinvestissement dans les combustibles fossiles : rythme et effets sur l’investissement
- Poids des combustibles fossiles :
  - Les combustibles fossiles représentent encore plus de 80 percent de la consommation d’énergie primaire dans le monde.
  - Environ la moitié de l’investissement total dans l’énergie en 2021 portait sur des combustibles fossiles, et la moitié de cette part était constituée d’investissements en amont dans le pétrole et le gaz (AIE, 2021a).
- Évolution des investissements en amont pétrole et gaz :
  - Pic en 2014 : 0,9 (3,6) percent du PIB mondial (de l’investissement).
  - En 2019 : tombé à moins de 0,5 (1,5) percent du PIB mondial (de l’investissement).
  - La diminution des dépenses d’investissement entre 2014 et 2019 a été de 40 percent, plus prononcée que la baisse prévue par le modèle (20 à 25 percent).
  - Les sociétés cotées en bourse ont réduit leurs investissements d’environ 20 percent, réductions plus larges que celles des entreprises pétrolières nationales (réduction particulièrement sensible dans les Amériques et en Afrique, augmentation au Moyen-Orient et en Russie).
- Cycle et sensibilité aux prix :
  - Les fluctuations des dépenses d’investissement suivent un cycle d’expansion et de récession typique.
  - Estimation historique (1970–2019) : une hausse de 10 percent des prix du pétrole et du gaz entraîne une augmentation cumulée des investissements mondiaux dans ce secteur de 3 percent la même année et de 5 percent au bout de deux ans.
  - Les entreprises pétrolières nationales sont généralement moins réactives aux variations de prix que les entreprises privées.

### Canaux d’impact de la transition énergétique et résultats empiriques
- Trois vecteurs par lesquels la transition énergétique affecte l’investissement pétrole et gaz :
  - Vecteur de la demande : politiques climatiques appliquées à la demande (taxes sur le carbone, etc.).
  - Vecteur des anticipations : attentes concernant la demande future de combustibles fossiles (subventions aux renouvelables, annonces de futures interdictions des moteurs à combustion interne).
  - Vecteur de l’offre : politiques côté offre (restrictions réglementaires, interdictions de production) et évolution des préférences des investisseurs (démantèlement de portefeuilles, hausse des investissements durables) augmentant le coût du capital pour projets fossiles.
- Indicateurs de politique climatique et tendances (2012–2021) :
  - Sensibilisation du public à la transition énergétique : forte augmentation après 2018.
  - Prix du CO2 et couverture des émissions par systèmes d’échange : hausse ralentie en 2019.
  - Sensibilisation aux fonds durables et entrées de capitaux dans les fonds durables : forte augmentation depuis 2018.
  - Les entrées de capitaux dans les fonds durables sont présentées en tant que part de la formation brute de capital fixe mondiale, exprimée en pourcentage.
- Résultats de la régression au niveau des entreprises (période 2012–2020, hors pandémie) :
  - Après l’accord de Paris, les dépenses d’investissement d’une entreprise pétrolière et gazière type étaient inférieures de 35 percent à celles du groupe témoin, même en tenant compte des variables au niveau des entreprises.
  - Environ la moitié de la baisse des investissements entre 2014 et 2017 s’explique par la diminution des cours du pétrole liée au cycle du schiste.
  - Entre 2018 et 2020, le vecteur des anticipations liées à la transition énergétique a joué un rôle substantiel : si la sensibilisation de la population à la transition énergétique avait été la même qu’en 2014, les investissements « bruns » auraient été 38 percent plus élevés en 2018–2020.

### Conclusions analytiques et implications pour les marchés et la transition
- La récente crise énergétique (conjoncturelle et géopolitique) a mis en lumière des craintes concernant un désinvestissement peut‑être trop rapide dans les combustibles fossiles par rapport au rythme d’adoption des énergies renouvelables, en particulier pour le pétrole et le gaz.
- Les politiques climatiques axées sur l’offre ou la demande peuvent avoir des effets radicalement différents sur les cours des combustibles fossiles et sur les investissements en amont.
- Les interactions entre prix des produits de base, politiques climatiques, préférences des investisseurs et évolution de la demande déterminent le rythme et l’ampleur du désinvestissement dans le secteur pétrole et gaz.

*Fonds monétaire international | Avril 2022*

### 2020. Les entrées de capitaux dans les fonds durables (vec-

### 2020. Les entrées de capitaux dans les fonds durables (vec-

### Effets observés sur l’investissement et rôle de la pandémie
- Les entrées de capitaux dans les fonds durables (vecteur de l’offre) présentent un effet légèrement plus faible, même si leur coefficient n’est pas significatif.
- Le vecteur de la demande (c’est-à-dire les prix du CO2 et la couverture des gaz à effet de serre) n’est pas pertinent, car son effet est soit faible, soit déjà englobé dans celui des cours du pétrole.
- La pandémie a probablement davantage pénalisé l’investissement brun, étant donné que 18 % de la baisse enregistrée en 2020 ne s’explique pas entièrement par le modèle économétrique.

### Politiques climatiques axées sur l’offre vs la demande : directions opposées pour les prix
- Hypothèse usuelle : la transition énergétique agit comme un choc de la demande sur les cours des combustibles fossiles (ex. : subventions pour voitures électriques réduisent la demande de pétrole et font baisser les prix).
- Alternative : une trajectoire de baisse des cours peut également résulter de restrictions de l’offre (réduction des flux d’investissement dans le pétrole et le gaz du fait des pressions exercées par les investissements durables et d’autres mesures du côté de l’offre).
- Conclusion qualitative : les politiques de l’offre pourraient exercer une pression à la hausse sur les prix, tandis que les politiques de la demande tendraient à les faire baisser. La combinaison imprévisible et non coordonnée des mesures nationales accroît l’incertitude sur l’évolution des prix.

### Cas quantitatif : pétrole brut dans le scénario Net Zero de l’Agence internationale de l’énergie (2021b)
- Évolution de la production dans ce scénario : de 85 mb/j en 2020 à 66 mb/j en 2030.
- Scénario 1 (seules politiques axées sur la demande) : les prix du pétrole pourraient tomber à 20 dollars le baril en 2030, avec des conséquences désastreuses pour les pays exportateurs de pétrole (les rentes diminueraient et la production serait mise sous pression dans les régions où les coûts sont élevés).
- Scénario 2 (réductions de production motivées uniquement par des mesures du côté de l’offre) : les prix pourraient, au contraire, monter jusqu’à environ 190 dollars le baril, profitant aux pays producteurs au détriment des pays consommateurs.
- Facteurs déterminants de la répartition de la production et des rentes en cas de prix élevés : restrictions nationales, réglementations environnementales et accès aux capitaux.

### Incertitude et implications
- Les deux scénarios montrent qu’il serait erroné de supposer que les prix des combustibles fossiles vont nécessairement baisser avec la transition énergétique.
- La réalité étant un mélange de forces d’offre et de demande, et étant donné l’imprévisibilité et le manque de coordination des mesures nationales, les effets de la transition énergétique sur les prix restent difficiles à déterminer, ce qui accroît l’incertitude.

*Source : Fonds monétaire international | Avril 2022*

### Conclusions

### Conclusions

### Tendances d'investissement et effets observés
- L’anticipation d’une baisse de la demande de combustibles fossiles et, dans une moindre mesure, les politiques climatiques axées sur l’offre (y compris l’évolution des préférences du grand public en matière d’investissement durable) ont entraîné une diminution des dépenses d’investissement dans le secteur du pétrole et du gaz à l’échelle mondiale au cours des trois ou quatre dernières années.
- Les sociétés cotées en bourse auraient vu leurs investissements diminuer de 20 % durant cette période.
- Ces réductions d’investissement peuvent :
  - exercer une pression à la hausse persistante sur les cours du pétrole et des autres combustibles fossiles;
  - déplacer la production vers des pays où la réglementation est moins sévère;
  - rendre bien plus incertaines les perspectives d’évolution des prix du pétrole et du gaz.

### Prix du pétrole, production et incertitude
- La diminution des investissements et les dynamiques liées aux politiques climatiques augmentent l’incertitude sur les perspectives d’évolution des prix du pétrole et du gaz.
- Les régions à coûts de production élevés seraient sous pression (incertaine) dans un scénario axé sur la demande (ou sur l’offre), ce qui peut affecter l’allocation géographique de la production.
- Une réduction de l’incertitude contribuerait à faciliter les ajustements nécessaires pour les pays consommateurs et producteurs.

### Recommandations de politique et coordination
- Un effort coordonné entre les pays consommateurs et producteurs de combustibles fossiles sur la question du changement climatique est jugé nécessaire.
- Un désinvestissement dans les combustibles fossiles à un rythme compatible avec celui de l’adoption des énergies renouvelables contribuerait à réduire :
  - le risque de voir les prix de l’énergie augmenter;
  - le risque de voir les prix de l’énergie devenir plus volatils.
- En diminuant l’incertitude, ces actions aideraient les pays à procéder aux ajustements nécessaires pour la transition énergétique.

*Source : Conclusions (texte fourni).*

### 2021. London.

### LA DETTE DU SECTEUR PRIVÉ ET LA REPRISE MONDIALE

### Résumé des constats majeurs
- Pendant la phase la plus aiguë de la pandémie, les politiques publiques ont maintenu l’accès du secteur privé au crédit, empêchant une récession plus profonde en 2020.
- L’envolée de la dette privée mondiale en 2020 a été de 13 % du PIB.
- L’augmentation de l’endettement en 2020 a été généralisée, plus rapide que pendant la crise financière mondiale et presque aussi ample que la hausse de la dette publique.
- L’augmentation des ratios d’endettement a été moins importante pour les ménages que pour les sociétés non financières.
- Les sociétés non financières sont entrées dans la pandémie avec un endettement déjà élevé et, particulièrement dans les pays avancés, ont bénéficié de vastes garanties de crédit, programmes de prêts concessionnels et moratoires sur les paiements d’intérêts.

### Effet attendu sur la reprise (estimations agrégées)
- Effet de frein sur la reprise, pour les trois années à venir :
  - 0,9 % du PIB dans les pays avancés.
  - 1,3 % du PIB dans les pays émergents.

### Mécanismes et canaux d’impact
- Différences entre débiteurs et créanciers : les ménages et entreprises riches avec patrimoine et liquidités supportent mieux une hausse de la dette que ceux qui ont peu de patrimoine et aucune trésorerie.
- Accumulation puis désendettement : des conditions financières peu restrictives favorisent l’accumulation de dettes, qui s’arrête lorsque les rendements sont décevants, que les prêteurs se retirent ou que le service de la dette se renchérit.
- Caractère national : l’espace budgétaire limité, la concomitance d’un désendettement public et privé, la qualité des régimes d’insolvabilité et la solidité des intermédiaires financiers influencent fortement la vigueur de la reprise.
- Risques accrus quand :
  - l’endettement est concentré sur les entreprises vulnérables et les ménages à faibles revenus;
  - les procédures d’insolvabilité sont inadaptées;
  - le secteur public et le secteur privé se désendettent simultanément;
  - la politique monétaire doit se durcir rapidement.

### Implications pour la politique économique et recommandations
- Évaluer la répartition de l’endettement est essentiel avant de normaliser la politique monétaire afin de prévoir le rythme de la reprise et d’ajuster le retrait du soutien lié à la pandémie.
- Dans un petit nombre de pays où la reprise est bien engagée et où les bilans du secteur privé sont en bonne santé, le soutien budgétaire peut être réduit plus rapidement, facilitant la normalisation monétaire.
- Ailleurs, utiliser un soutien budgétaire ciblé — dans les limites d’un cadre budgétaire crédible à moyen terme — pour amoindrir les risques de déstabilisation et de séquelles.
- Renforcer les régimes d’insolvabilité et les instruments macroprudentiels pour faciliter le réajustement et la réaffectation du capital vers des usages productifs.
- Prendre en compte l’interaction entre santé du secteur souverain et santé du secteur bancaire lors de l’évaluation des risques liés à l’endettement privé.

### Graphiques et séries temporelles mentionnés (extraits)
- Encours de la dette au niveau mondial : total de la dette publique et de la dette privée, 1970–2020 (en pourcentage du PIB).
- Évolution du ratio dette/PIB entre 2019 et 2020 (en points de pourcentage) — forte augmentation en 2020, la plus prononcée dans les pays avancés, avec d’importantes variations d’un pays à l’autre.
- Contribution à la dette et contribution au PIB — distinctions entre dette des ménages, dettes des sociétés non financières, et dette publique.

*Fonds monétaire international | Avril 2022*

### 3.  Ventilation de l’augmentation du ratio dette/PIB

### 3.  Ventilation de l’augmentation du ratio dette/PIB

### Principaux constats
- Accumulation de dettes liées à la pandémie : la dette des sociétés non financières a bondi, essentiellement par le fait des entreprises vulnérables (ratio d’endettement élevé, faible liquidité, faible rentabilité) dans les branches d’activité les plus touchées (celles impliquant beaucoup de contacts interpersonnels).
- Impact macroéconomique moyen estimé : ralentissement pour les trois années à venir de 0,9 % du PIB dans les pays avancés et de 1,3 % dans les pays émergents.
- Sensibilité aux hausses rapides des taux d’intérêt : un resserrement brutal de 100 points de base ralentirait l’investissement par les entreprises très endettées de 6½ points de pourcentage en cumul sur deux ans, soit 4 points de pourcentage de plus que pour les entreprises peu endettées.
- Hétérogénéité nationale et sectorielle : effets postpandémiques beaucoup plus puissants là où 1) l’endettement est concentré sur les ménages en difficulté financière et les entreprises vulnérables, 2) le régime d’insolvabilité est insuffisant, 3) l’espace budgétaire est restreint et 4) la politique monétaire doit se durcir rapidement.

### Endettement du secteur privé pendant la pandémie
- La dette privée (ménages et sociétés non financières) désigne uniquement les prêts et les titres.
- Les composantes publiques et privées de la dette ne s’additionnent pas exactement au total (en pourcentage du PIB) en raison de couvertures variables et de pondérations pays divergentes.
- Dans les pays avancés, la dette privée a connu une "augmentation rapide" durant la période étudiée (T4 2019–T3 2020).

### Évolution du bilan des ménages
- Croissance de la richesse nette mondiale des ménages : de 225 % du PIB en 1995 à plus de 360 % du PIB en 2020 (calculée selon les parités de pouvoir d’achat).
- Deux phases pour la dette des ménages au cours des vingt dernières années : croissance continue jusqu’à la crise financière mondiale, puis réduction relative durant la décennie suivante, suivie d’une envolée de la dette des ménages en 2020 due à un surcroît d’emprunts combiné à une baisse des revenus.
- Actifs financiers : augmentation substantielle en 2020.
- Risques à venir : contraction possible de la richesse nette avec l’arrêt des transferts monétaires de l’État et baisse des prix des actifs liée au resserrement des conditions financières.

### Répartition de l’endettement parmi les ménages
- Importance de l’hétérogénéité : accumulation de dettes à l’extrémité inférieure de la répartition des revenus est plus susceptible de ralentir la consommation en cas de durcissement des conditions financières.
- Méthodologie pour estimer les répartitions : méthode de prévision immédiate s’appuyant sur variables macroéconomiques et financières et application de l’approche de DiNardo, Fortin et Lemieux (1996) pour rétablir la correspondance avec les agrégats statistiques.
- Exemples chiffrés pour pays sélectionnés en 2020 :
  - Chine : augmentation moyenne de 5,7 % du revenu annuel pour tous les déciles de revenus.
  - Afrique du Sud : augmentation moyenne de 4,5 % du revenu annuel pour tous les déciles de revenus ; la plus forte augmentation relative de la dette (15 % des revenus annuels) a été enregistrée par les ménages les plus aisés.
  - États-Unis : baisse agrégée du ratio d’endettement, mais accumulation de dettes dépassant 10 % du revenu chez les ménages ayant un revenu annuel inférieur à 15 000 dollars.
  - Royaume‑Uni : augmentation autour de 7,5 % du revenu pour les ménages du tiers inférieur.
  - Allemagne, Hongrie : augmentations globales des ratios d’endettement moins fortes.
  - France et Italie : diminution du ratio d’endettement dans la moitié inférieure de la répartition, reflétant les mesures de soutien public.
- Limites des estimations : disponibles pour un petit nombre de pays disposant d’enquêtes sur le patrimoine des ménages.

### Évolution du bilan des entreprises
- Rôle du soutien : abondance de liquidités sous forme de prêts, garanties de crédit et moratoires sur les remboursements a contribué à l’accumulation de dettes et a aidé à prévenir faillites généralisées, pertes d’emploi et baisse de la production, notamment parmi les PME.
- Concentration des vulnérabilités : accumulation de dettes et fragilités concentrées entre entreprises, secteurs et pays ; disparités sectorielles marquées en 2020.
- Données utilisées : bilans trimestriels des entreprises cotées (données de S&P Capital IQ) couvrant 71 pays avancés et émergents pour analyser la croissance des revenus par secteur en 2020 ; ces données ne couvrent que 7 % de l’emploi total, ce qui entraîne une sous-estimation de la part des PME dans les secteurs les plus touchés.

### Conséquences pour les politiques publiques
- Importance du ciblage et de la répartition dans la conception des prévisions et politiques macroéconomiques.
- Recommandations résumé :
  - Là où la reprise est bien engagée et les bilans privés sains (principalement dans certains pays avancés), réduire plus rapidement l’aide budgétaire pour faciliter la tâche des banques centrales.
  - Ailleurs, appliquer un soutien budgétaire ciblé dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible pour atténuer les risques de perturbations et de séquelles.
  - Lorsque le ciblage est difficile et l’espace budgétaire restreint, envisager des mesures d’accroissement des recettes pour financer diverses priorités.
  - Renforcer la discipline fiscale et moderniser la fiscalité des entreprises : un relèvement ponctuel de l’impôt sur les sociétés est proposé comme une option pour taxer l’excédent de bénéfices lié à la pandémie (FMI, 2021a).
- Importance des réformes structurelles et des régimes d’insolvabilité efficaces pour réduire les séquelles de l’endettement.

### Méthodes et références de données (extraites du contenu)
- Sources et calculs : Gaspar, Medas et Perrelli (2021) ; base de données mondiale du FMI sur la dette ; calculs des services du FMI.
- Estimations de répartitions conjointes : approche de DiNardo, Fortin et Lemieux (1996).
- Données sur entreprises cotées : S&P Capital IQ (limitation : couvre uniquement les entreprises cotées, représentant 7 % de l’emploi total).
- Remarques sur couverture : voir l’annexe 2.1 en ligne pour la liste des pays inclus dans les échantillons ; voir les annexes 2.1 et 2.2 en ligne pour les détails méthodologiques et les estimations pour certains pays.

*Fonds monétaire international | Avril 2022 — Extraits du chapitre 2 : « La dette du secteur privé et la reprise mondiale » (section 3 : Ventilation de l’augmentation du ratio dette/PIB).*

### 2.  Pays émergents

### 2. Pays émergents

### Effets sectoriels et endettement des entreprises
- La pandémie a entraîné des pertes concentrées dans certains secteurs : services aux particuliers, transports, automobile et composants. À l’opposé, certains secteurs ont bénéficié du virage structurel (semi-conducteurs, logiciels et services informatiques, produits pharmaceutiques et biotechnologie, matériel médical et services médicaux).
- Classification sectorielle utilisée :
  - Secteurs les plus touchés : les cinq secteurs enregistrant le plus fort recul de la croissance des revenus en 2020.
  - Secteurs les moins touchés : les cinq secteurs connaissant la plus forte hausse de la croissance des revenus.
  - Reste des secteurs : degrés intermédiaires.
- Endettement (ratio dette/actifs) :
  - L’endettement a augmenté pendant la pandémie dans les secteurs les plus touchés ; au deuxième trimestre de 2021, il est resté bien au‑dessus des niveaux d’avant la crise.
  - La dette nette (dette brute moins trésorerie) a également augmenté de manière substantielle parmi les entreprises vulnérables des secteurs les plus touchés, en particulier dans les pays émergents.
- Rentabilité et couverture des intérêts :
  - Dans les secteurs les plus touchés, la rentabilité a chuté à des niveaux comparables à ceux de la crise financière mondiale et ne s’est pas encore complètement rétablie.
  - La part des entreprises, dans les secteurs les plus touchés, affichant un ratio de couverture des intérêts inférieur à 1 n’a pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie.
- Définition d’« entreprises vulnérables » :
  - Sociétés non financières présentant un fort endettement, une faible rentabilité et un ratio de couverture des intérêts inférieur à 1.
  - « Fort endettement » = au‑dessus de la moyenne du tercile supérieur pour l’ensemble des secteurs (35 %).
  - « Faible rentabilité » = en dessous de la moyenne du tercile inférieur du rendement des actifs (0,2 %).

### Exposition aux garanties publiques et concentration géographique
- Les garanties publiques ont couvert une part importante de l’accroissement de l’endettement pendant la pandémie.
  - La part de ces garanties dans le crédit total varie : environ 20 % de tous les nouveaux crédits en Allemagne à 100 % (jusqu’à une certaine limite) au Japon.
- Graphique (scénario de souscription de 50 %) : la présence conjointe de facteurs de vulnérabilité élevés et de généreux dispositifs de garantie se concentre au sein des pays avancés.
  - Le graphique représente les expositions des administrations publiques en supposant une souscription de 50 % des garanties annoncées.
  - La part d’entreprises vulnérables est définie comme la part moyenne des entreprises des secteurs les plus durement touchés en 2021 se trouvant dans le tercile supérieur de la distribution du ratio dette/actifs et dans le tercile inférieur de la distribution de la rentabilité des actifs, et dont le ratio de couverture des intérêts était inférieur à 1.

### Vulnérabilités sectorielles et importance macroéconomique
- Part des secteurs les plus touchés dans la macroéconomie :
  - Un secteur fortement touché, les services aux particuliers (tourisme, loisirs, spectacles, enseignement), représentait près de 10 % de la valeur ajoutée et comptait environ 30 % des entreprises vulnérables.
  - Dans l’ensemble, les secteurs les plus touchés représentaient 18 % de la valeur ajoutée et un quart (25 %) de la main-d’œuvre.
- Concentration des vulnérabilités :
  - Les entreprises vulnérables représentent une part plus élevée de la dette et se concentrent dans les secteurs les plus touchés.
  - Les statistiques sectorielles proviennent d’un échantillon de 71 pays pour les plages 1 et 2, et de 14 pays pour la ventilation sectorielle détaillée de la plage 3.
- Limites des données :
  - Les faits stylisés reposent sur des données relatives aux entreprises cotées, moyennes plus grandes et moins représentées dans les secteurs les plus touchés que les PME.
  - Les chiffres de valeur ajoutée et d’emploi proviennent de la base de données STAN de l’OCDE et ne sont disponibles avec ventilation sectorielle détaillée que pour une liste de pays précisée dans le document.

### Réactions de la production aux pressions en faveur du désendettement
- Méthodologie :
  - L’analyse empirique s’appuie sur un panel de données macroéconomiques pour 43 pays (27 pays avancés et 16 pays émergents et en développement) sur 52 ans, de 1969 à 2020.
  - L’« excès de crédit » est défini comme la moyenne sur trois ans de la composante cyclique des ratios dette privée/PIB estimée au moyen du filtre de Hamilton (2018).
- Effets estimés sur consommation et investissement :
  - Pour les ménages : une variation de 1 point de pourcentage du ratio excès de crédit/PIB entraîne une baisse rémanente de la consommation privée se chiffrant à 0,5 % dans les pays avancés et 2 % dans les pays émergents et en développement cinq ans plus tard.
  - Effet similaire pour l’investissement des sociétés non financières en réponse aux fluctuations du crédit.
  - La consommation et l’investissement diminuent nettement plus dans les pays émergents et en développement.
- Implication pour la reprise :
  - Ces estimations impliqueraient, en moyenne, un ralentissement cumulé de la reprise de 0,9 % du PIB au cours des trois prochaines années pour les pays avancés et de 1,3 % pour les pays émergents (à l’exclusion de la Chine), les ménages et les sociétés non financières se désendettant après la récente flambée.
  - La Chine est exclue de cette estimation car elle n’est pas au même stade du cycle (le désendettement des sociétés non financières y a commencé il y a quelques années).
- Incertitudes et dépendances :
  - L’impact futur dépendra de la vigueur de la reprise, en particulier dans les secteurs les plus touchés, et de la dureté des conditions financières futures résultant de la normalisation de la politique monétaire.
  - Les implications pour la croissance future sont incertaines et dépendent en partie de la propension et de la capacité des États à effacer ou restructurer ces dettes avant d’activer les garanties.

*Source : chapitre 2, "La dette du secteur privé et la reprise mondiale", PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Fonds monétaire international, Avril 2022.*

### 1.  Effets sur la consommation du crédit excédentaire aux ménages

### 1.  Effets sur la consommation du crédit excédentaire aux ménages

### Effets agrégés et temporaux
- Une hausse d’un point de pourcentage de la moyenne mobile sur trois ans du ratio crédit excédentaire aux ménages/PIB a des effets négatifs cumulés sur la croissance de la consommation sur trois ans (effets estimés via des fonctions de réaction aux impulsions de Jordà (2005); intervalles de confiance de 90 % présentés dans les graphiques).
- Les zones teintées des estimations représentent des intervalles de confiance de 90 %.

### Interaction dette privée / dette publique et contrainte budgétaire
- L’accroissement de la dette privée pendant la pandémie de COVID-19 a été concomitant d’une augmentation substantielle de la dette publique — de près de 15 % du PIB en 2020.
- L’excès de crédit et le désendettement qui s’ensuit devraient avoir une incidence négative plus importante sur la production là où l’État a du mal à atténuer l’effet de frein au moyen des dépenses publiques, c’est‑à‑dire là où l’espace budgétaire est restreint.
- Dans les pays émergents dont la position budgétaire est la plus faible, ces chiffres impliquent un frein à la croissance pouvant atteindre 9 % en cumul sur trois ans.

### Hétérogénéité des ménages et incidence distributive
- L’analyse utilise la désépargne des ménages des 50 % inférieurs comme indicateur d’inégalité de richesse pour classer les pays; les résultats sont agrégés par quartiles.
- Dans les pays avec relativement plus de ménages en difficulté financière (plus d’inégalité de richesse), le frein à la production future après une accumulation d’excès de crédit a tendance à être plus important.
- Effet distributif d’un rééquilibrage budgétaire (résultats fondés sur un échantillon de 13 pays européens à partir de 1990) :
  - L’effet du rééquilibrage est négatif pour tous les groupes de revenus.
  - Après deux ans, la baisse de la consommation du quintile de revenu le plus bas est deux fois plus ample que celle du quintile de revenu le plus haut.

### Implications macro‑politiques
- Une plus grande inégalité tend à faire baisser le taux d’intérêt (naturel) d’équilibre, ce qui est important pour calibrer le rythme de la normalisation des politiques macroéconomiques et touche à la marge de manœuvre budgétaire et monétaire.

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### Sources et méthodes mentionnées
- Fonctions de réaction aux impulsions de Jordà (2005).
- Données et calculs : Banque des règlements internationaux ; calculs des services du FMI.
- Intervalles de confiance de 90 % indiqués pour les estimations.

*Source : texte fourni — Chapitre 2, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE (Fonds monétaire international | Avril 2022).*

### Effets sur l’investissement du crédit excédentaire aux sociétés non financières

### Effets agrégés et rôle des entreprises vulnérables
- La plage 2 du graphique 2.9 mesure les effets sur la croissance cumulée de l’investissement d’une hausse d’un point de pourcentage de la moyenne mobile sur trois ans du ratio crédit excédentaire aux sociétés non financières/PIB.
- L’accumulation de l’endettement des entreprises freine l’investissement par trois canaux principaux :
  1. Un encours de dette élevé augmente le coût du service de la dette future, empêchant l’emprunt pour financer de nouveaux investissements.
  2. Un emballement du crédit accroît l’endettement et renforce les contraintes d’emprunt lorsque la valeur nette de l’entreprise diminue.
  3. Pour les entreprises à endettement excessif, le rendement des investissements futurs est capté par le remboursement de la dette existante, diminuant l’incitation à financer de nouveaux projets.
- Les entreprises vulnérables — définies comme des entreprises à fort endettement, à faible rentabilité et à faible liquidité (ratio de couverture des intérêts inférieur à 1) — réduisent le plus leurs investissements après une accumulation d’endettement; l’effet maximal est atteint au bout de quatre ans.
- Les pertes d’investissement sont durables : l’accumulation d’endettement conduit à des pertes permanentes sur le stock d’immobilisations corporelles.

### Estimations microéconomiques et données
- L’analyse utilise des projections locales fondées sur une série complète de données de panel au niveau des entreprises (base ORBIS de Bureau van Dijk), englobant 2,5 millions d’entreprises cotées et non cotées sur une période de 20 ans (1998 à 2018).
- La définition de l’accumulation de l’endettement suit Albuquerque (2021) : variation décalée, en cumul sur trois ans, du ratio dette/actifs.
- Les estimations contrôlent par effets fixes entreprise, secteur/pays/année pour isoler la réaction de l’investissement à des augmentations d’endettement supérieures à la normale.

### Rôle des régimes d’insolvabilité
- L’efficacité des cadres d’insolvabilité est cruciale pour atténuer les effets négatifs : des cadres bien préparés facilitent la restructuration ou la liquidation des entreprises non viables et libèrent des ressources pour de nouveaux investissements.
- Le FMI a construit un indicateur de préparation des régimes d’insolvabilité pour faire face aux crises systémiques; les pays du quartile supérieur de cet indicateur présentent des diminutions d’investissement cumulées nettement plus faibles après une accumulation d’endettement.
- Les procédures d’insolvabilité insuffisantes — difficultés de coordination, mauvaise exécution des contrats, procédures de liquidation coûteuses, asymétries d’information — expliquent la majeure partie du déclin à long terme du stock d’immobilisations corporelles.

### Effets des politiques anticycliques et transmission selon l’endettement
- L’analyse évalue comment le niveau d’endettement global influe sur les incidences du rééquilibrage budgétaire et du resserrement monétaire, et comment la politique macroéconomique touche différemment ménages et entreprises selon leur vulnérabilité.
- Au niveau pays, l’interaction d’un choc de politique avec une variable indicatrice (égale à 1 lorsque le ratio dette privée/PIB est dans le quartile supérieur pour ce pays) montre que le rééquilibrage budgétaire a un effet de freinage plus fort lorsque le ratio dette privée/PIB est élevé.
- Estimations de référence citées :
  - Un rééquilibrage budgétaire de 1 % du PIB entraîne une baisse de ¾ % de la production.
  - Un resserrement de la politique monétaire de 100 points de base entraîne une baisse de ½ % de la production après deux ans.

### Transmission hétérogène aux ménages et entreprises
- Pour les ménages, la transmission dépend du revenu, de l’endettement et de la nature des actifs détenus (liquides vs illiquides) : les ménages sans actifs liquides et endettés ont une plus forte propension à consommer à partir du revenu disponible et sont donc plus gravement affectés par un rééquilibrage.
- Pour les entreprises, l’endettement et la trésorerie influencent la sensibilité à la politique monétaire; les entreprises les plus endettées voient leur investissement le plus atteint par un resserrement monétaire.
- Les estimations montrent que les effets de politique (budgétaire et monétaire) sur la production, la consommation et l’investissement sont cohérents avec la littérature antérieure; les zones teintées des graphiques correspondent à des intervalles de confiance de 90 %.

### Implications pour la politique
- Des régimes d’insolvabilité bien conçus et bien préparés sont essentiels pour éviter des pertes durables du stock d’investissements suite à une accumulation d’endettement.
- Les autorités doivent prendre en compte la distribution de la dette privée (ménages modestes, entreprises vulnérables) lorsqu’elles calibrent la normalisation des politiques budgétaires et monétaires, car les mécanismes de transmission sont hétérogènes et l’endettement élevé amplifie les coûts de rééquilibrage.

*Source : texte fourni — Chapitre 2, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE (Fonds monétaire international | Avril 2022).*

### 1.  Effets d’un choc budgétaire sur la consommation des ménages

### 1.  Effets d’un choc budgétaire sur la consommation des ménages

### Effets estimés des chocs (consommation des ménages et investissement des entreprises)
- Plage 1 : effet estimé d’un choc de rééquilibrage budgétaire à hauteur de 1 % du PIB sur la consommation de cinq catégories de ménages définies en fonction de leur niveau de revenu, deux ans après le choc.
  - Les quintiles de revenu apparaissent en abscisse.
  - Les marges d’erreur représentent des intervalles de confiance de 90 %.
  - Les différences statistiques significatives entre le quintile de revenu inférieur et les autres quintiles aux niveaux de confiance de 1, 5 et 10 % sont indiquées par ***, ** et *, respectivement.
- Plage 2 : effet estimé d’un choc de resserrement monétaire de 100 points de base sur l’investissement réel de cinq catégories d’entreprises définies en fonction de leur ratio d’endettement, deux ans après le choc.
  - Les quintiles d’endettement des entreprises apparaissent en abscisse.
  - Après deux ans, la réaction de l’investissement du quintile le plus endetté à une hausse inattendue de 100 points de base du taux directeur est une diminution cumulée de 6½ %.
  - Cette diminution diffère de 4 points de pourcentage de celle de l’investissement du quintile le moins endetté.
  - Comme pour le rééquilibrage budgétaire, les effets du resserrement monétaire sur l’investissement sont persistants.

### Interprétation et risques macroéconomiques
- Les résultats indiquent la possibilité d’une amplification des coûts de production dans les pays où la dette privée est concentrée sur les ménages et les entreprises vulnérables.
- Ce risque peut être atténué dans les pays où des mesures macroprudentielles strictes étaient en place avant la récession due à la COVID-19.
  - L’effet à moyen terme (deux ans) du resserrement est réduit de moitié dans les pays où la politique macroprudentielle est la plus stricte (analyse référencée dans l’annexe 2.5 en ligne).
- Mesures « contre-cycliques » probables ayant limité l’accumulation de dettes parmi les ménages vulnérables : plafonnements des ratios prêt/valeur et dette/revenu.

### Conclusions et conséquences en matière de politiques
- Mesures adoptées au début de la pandémie :
  - Aide budgétaire directe aux ménages et aux entreprises.
  - Mesures de soutien au flux de crédit : adaptations des banques centrales, modifications temporaires de la réglementation financière, moratoires de remboursement et garanties de prêts.
- Hétérogénéité des effets :
  - Incidence de la pandémie sur les bilans des ménages et des entreprises inégale selon pays et à l’intérieur des pays, reflétant la composition sectorielle des économies.
  - Secteurs très touchés : services nécessitant des contacts interpersonnels (tourisme, restauration, hôtellerie, spectacle) — situation souvent encore précaire deux ans après le début de la pandémie.
  - Secteurs prospères ou sous tension : production et exportations de biens substituts (appareils électroménagers, microprocesseurs, logiciels, ...), construction et logistique — pénurie de main-d’œuvre et augmentation rapide des salaires.
- Effets de la guerre en Ukraine :
  - Déstabilisation des chaînes d’approvisionnement mondiales.
  - Fortes augmentations des prix de l’énergie et des produits alimentaires risquant de toucher les ménages modestes, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement.
- Estimations d’impact sur la reprise (moyennes transnationales) :
  - Effet de frein cumulé sur la reprise pour les trois années à venir : 0,9 % du PIB dans les pays avancés.
  - Effet de frein cumulé sur la reprise pour les trois années à venir : 1,3 % du PIB dans les pays émergents.
  - Ces estimations sont des moyennes fondées sur des données transnationales agrégées et sont antérieures à la guerre en Ukraine.
- Recommandations générales :
  - Organiser de manière pondérée le rééquilibrage budgétaire en fonction des circonstances nationales pour éviter de grandes perturbations et de possibles séquelles.
  - Là où la reprise est bien engagée et les bilans en bonne santé, réduire plus rapidement l’aide budgétaire pour faciliter la tâche des banques centrales.
  - Ailleurs, envisager un soutien ciblé respectant un cadre budgétaire à moyen terme crédible.
  - Limiter l’aide publique aux entreprises aux cas de défaillance manifeste du marché ; privilégier la restructuration des dettes plutôt que la liquidation, et envisager un soutien à la solvabilité si nécessaire.
  - Formes possibles de soutien : allégement de la dette sous forme d’injections de quasi-fonds propres (par exemple prêts avec participation aux bénéfices) dans les PME, dans les pays disposant d’un espace budgétaire suffisant et de bons mécanismes de transparence et de responsabilisation.
  - Pour alléger la charge sur les finances publiques, un relèvement temporaire de la fiscalité sur les bénéfices excédentaires pourrait être envisagé pour récupérer une partie des transferts accordés à des entreprises n’en ayant pas besoin.
  - Renforcer les mécanismes de restructuration et d’insolvabilité (procédures de restructuration extrajudiciaires spécifiques) pour faciliter la réaffectation rapide du capital et de la main-d’œuvre vers les entreprises les plus productives.
  - Mettre en place des programmes de restructuration de dettes à moindre coût visant à transférer des ressources aux personnes relativement vulnérables ayant une forte propension à consommer, en concevant ces programmes pour réduire autant que possible l’aléa moral.
  - Éliminer le biais en faveur de l’endettement dans la fiscalité des entreprises et des particuliers pour éviter l’accumulation excessive de dettes et la mauvaise affectation des ressources.
  - Priorité à la collecte de données plus détaillées et en temps réel sur les bilans des entreprises et des ménages.

### Encadré 2.1 — Inégalités et viabilité de la dette publique (principaux éléments)
- Cadre : diagramme de phases déficit/dette décrivant les combinaisons viables de déficit primaire et de dette (en pourcentage du PIB) compte tenu de la croissance et des taux d’intérêt à long terme.
- Comportement de la zone viable :
  - Le sommet du diagramme montre le niveau maximal soutenable de déficit et de dette, compte tenu de la croissance potentielle nominale (G) et du taux d’intérêt (R).
  - À gauche du maximum : zone sans risque où le déficit primaire peut se creuser sans compromettre la viabilité.
  - À droite du maximum : le déficit viable se rétrécit à mesure que la dette grandit ; finalement (R – G) devient positif et un excédent primaire est nécessaire pour stabiliser le ratio dette/PIB.
- Différences entre pays avancés et pays émergents :
  - Le niveau soutenable de la dette est plus haut dans les pays avancés en raison de primes de commodité pour la liquidité et la sécurité qui poussent R vers le bas.
- Effet des inégalités :
  - L’accroissement des inégalités de revenus au cours des quatre dernières décennies a pu contribuer à augmenter les niveaux soutenables du couple déficit/dette.
  - Un calibrage suggère une augmentation du déficit soutenable de près d’un point entier de pourcentage dans les pays avancés (estimation décrite comme une limite supérieure).
  - Toutefois, si les inégalités sapent l’éducation ou entraînent une contraction de l’investissement par suite de troubles sociaux, la croissance potentielle et le niveau viable de la dette et du déficit peuvent être réduits.
- Sensibilité à la monnaie de libellé de la dette :
  - Dans le calibrage pour les pays émergents, plus la part de la dette libellée en devises est importante, plus la marge de manœuvre pour le soutien budgétaire se réduit en cas de dépréciation du taux de change, rehaussant les risques d’insolvabilité et la nécessité de constituant des volants de sécurité.

### Paramétrages et chiffres clés du modèle (note du graphique 2.1.1)
- Part des revenus des 10 % les plus riches dans le paramétrage de référence :
  - 40 % dans les pays avancés.
  - 48 % dans les pays émergents.
- Paramétrage des pays avancés / pays émergents :
  - Niveau d’endettement initial : 105 % / 55 % du PIB.
  - Taux d’intérêt nominal initial : 1 % / 4,7 %.
  - Tendance de croissance nominale à long terme : 3,2 % / 6,2 %.
- Scénario d’inégalités fortes/faibles : ajoute/soustrait une part de revenu de 5 points de pourcentage par rapport au niveau de référence.
- Élasticité des taux d’intérêt au ratio dette/PIB : 0,017.
  - Interprétation : une augmentation du ratio dette/PIB de 10 % entraîne une augmentation du taux d’intérêt de 17 points de base.
  - Une élasticité plus élevée/plus faible ferait baisser/augmenter les seuils d’endettement.

### Encadré — Excès mondial d’épargne des riches (principaux constats)
- Données utilisées : Allen, Kolerus et Xu (2022) ; combinaisons de données brutes issues d’enquêtes microéconomiques, tableaux fiscaux et comptes nationaux pour 41 pays avancés et émergents (calibrage et hypothèses détaillées dans la note).
- Répartition de l’épargne :
  - Dans les pays avancés, les 10 % des ménages les plus riches représentent la majeure partie de l’épargne globale, soit environ le double de celle des ménages de la classe moyenne (du sixième au huitième décile).
  - Les 50 % les plus pauvres désépargnent généralement à un taux variant entre 4 % à 7 % du revenu national par an, et systématiquement plus aux États-Unis qu’en Europe.
- Pays émergents :
  - Taux d’épargne des plus riches globalement similaires à ceux des pays avancés.
  - Taux de désépargne des 50 % les plus pauvres légèrement inférieur, possiblement en raison d’un accès plus restreint au crédit.
  - La Chine se distingue par l’épargne de la classe moyenne qui atteint 20 % du revenu national et par l’épargne positive des 50 % les plus pauvres.
- Conséquences macroéconomiques : l’« excès d’épargne des riches » peut contribuer à la baisse durable du taux d’intérêt naturel en augmentant l’offre nette d’épargne.

*Source : textf - 1.  Effets d’un choc budgétaire sur la consommation des ménages (PDF chapter/section).*

### 1.  Pays avancés

### 1. Pays avancés

### Encadré 2.2 — Hausse de l’endettement des ménages, excès mondial d’épargne des riches et taux d’intérêt naturel

- Observations empiriques
  - La crise financière mondiale a entraîné une augmentation considérable de l’épargne des riches aux États-Unis, contrastant avec une répartition globalement stable en Europe.
  - Dans les plus grands pays émergents (Afrique du Sud, Chine, Inde, Mexique), l’épargne des ménages riches a augmenté de façon continue depuis la première décennie 2000.
  - Les ménages riches du monde entier ont pu contribuer de manière importante à l’excès d’épargne mondiale.

- Conséquences pour le taux d’intérêt naturel
  - Des travaux sur les marchés de capitaux établissent que l’excès mondial d’épargne pourrait être l’un des déterminants de la baisse persistante du taux d’intérêt naturel.
  - L’analyse souligne la possibilité que l’augmentation de l’épargne des riches et l’épargne publique, via des excédents de la balance courante, aient alimenté l’excès mondial d’épargne dans les plus grands pays émergents.
  - Aux États-Unis, l’épargne des riches est associée au financement d’une importante désépargne des non-riches et de l’État, tandis que l’épargne étrangère contribue également, donnant lieu à un déficit de la balance courante.

- Graphique 2.2.2 — Absorption de l’épargne accumulée (note)
  - Le graphique représente la différence accumulée pour chaque variable sur la période 1996–2019 pour les États-Unis et sur la période 1996–2015 pour les PE, par rapport aux niveaux moyens en 1994 et en 1995, en pourcentage du revenu national.
  - Abréviations : CC = compte courant ; PE = pays émergents.
  - Éléments textuels du graphique conservés : CC10 %, les plus riches ; 40 % intermédiaires ; 50 % les plus pauvres ; Épargne publique.

### Chapitre 2 — La dette du secteur privé et la reprise mondiale (synthèse des résultats pertinents)

- Points clés analytiques
  - L’excès mondial d’épargne, auquel contribue l’épargne des ménages riches, est relié à la dynamique du taux d’intérêt naturel à la baisse.
  - Les flux d’épargne agissent différemment selon les régions : exportations d’épargne des riches et épargne publique alimentant des excédents de compte courant dans les plus grands pays émergents ; situation plus nuancée aux États-Unis avec désépargne intérieure et financement par épargne étrangère.

### Transition verte et marché du travail (extrait final du chapitre)

- Résultats empiriques sur l’emploi et la transition verte
  - Dans un échantillon largement composé de pays avancés, les emplois plus verts comme les emplois plus polluants sont concentrés dans de petits sous-ensembles de la main-d’œuvre.
  - Les travailleurs individuels ont des difficultés à passer d’emplois plus polluants à des emplois plus verts, ce qui complique la réaffectation de la main-d’œuvre.
  - Plus le niveau de compétences est élevé, plus les transitions professionnelles sont faciles, soulignant l’importance de la formation.

- Efficacité des politiques et combinaison recommandée
  - Des politiques environnementales plus solides contribuent à rendre le marché du travail plus écologique et semblent plus efficaces lorsque les incitations à la réaffectation ne sont pas freinées.
  - Un ensemble de mesures envisagé :
    - une impulsion en faveur des infrastructures vertes,
    - une tarification progressive du carbone,
    - des formations ciblées,
    - un crédit d’impôt sur le revenu gagné pour fournir une aide au revenu et stimuler l’offre de main-d’œuvre.
  - Cette combinaison pourrait mettre l’économie sur la voie de l’élimination nette des émissions d’ici 2050, avec une transition inclusive.

- Résultats des simulations modélisées
  - Pour un pays avancé représentatif : environ 1 % des emplois évolueraient vers des activités plus vertes sur une période de dix ans.
  - Pour un pays émergent représentatif : environ 2,5 % des emplois évolueraient vers des activités plus vertes sur une période de dix ans.
  - L’écart s’explique par une différence de compétences de la main-d’œuvre et une plus grande dépendance à l’égard d’une production à plus forte intensité d’émissions.
  - Des retards dans les actions politiques nécessiteront des ajustements plus marqués du marché du travail pour parvenir à des émissions nettes nulles.

*Source : Extraits du chapitre « 1. Pays avancés » du document textef - 1.  Pays avancés (PDF), Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2022.*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et urgence
- La pandémie de COVID-19 a provoqué des perturbations et des bouleversements considérables au sein des pays et des marchés du travail.
- La lutte contre le changement climatique d’origine humaine est présentée comme l’un des sujets les plus pressants.
- L’objectif approuvé par l’accord de Paris de 2015 : limiter la hausse moyenne de la température mondiale à un niveau nettement inférieur à 2 °C et, de préférence, à 1,5 °C au maximum par rapport aux niveaux préindustriels.
- Pour atteindre cet objectif, « les émissions nettes (…) doivent être réduites à zéro d’ici 2050. »

### Objectifs de la transformation verte et implications pour l’emploi
- La transformation verte vers des émissions nettes nulles nécessitera des réductions substantielles des émissions de gaz à effet de serre (GES) et des changements majeurs dans les immobilisations pour le verdissement de l’énergie et des produits.
- Cette transformation entraînera une modification de la répartition des travailleurs entre professions et secteurs.
- Estimation issue d’analyses antérieures des PEM : « la série de mesures nécessaires pour parvenir à une élimination nette des émissions d’ici 2050 entraînerait un changement de secteur d’activité pour environ 2 % de la main-d’œuvre mondiale au cours des trente prochaines années. »

### Indicateurs, approche et portée de l’analyse
- Ce chapitre propose :
  - « un nouvel ensemble harmonisé d’indicateurs des propriétés environnementales des emplois à l’échelle internationale », s’appuyant en partie sur des études antérieures portant sur un seul pays;
  - « une nouvelle analyse modélisée de la réaffectation de la main-d’œuvre dans le cadre de la transition verte, avec un ensemble élargi d’instruments politiques. »
- Les propriétés environnementales des emplois sont examinées selon trois dimensions principales :
  - intensité écologique (mesure dans laquelle les travailleurs effectuent des tâches qui améliorent la durabilité environnementale);
  - intensité polluante (mesure dans laquelle leur travail implique des activités qui aggravent la pollution);
  - intensité d’émissions (niveau d’émissions générées par travailleur).
- Exemples tirés du texte :
  - profession à plus forte intensité écologique : « un ingénieur en technologies de l’électricité »;
  - profession à plus forte intensité polluante : « un opérateur de machine à papier »;
  - secteur à plus forte intensité d’émissions : « les services d’utilité publique, y compris l’électricité et le gaz ».
- Mesure utilisée pour l’analyse empirique : émissions de carbone (dioxyde de carbone ou CO2). Motifs :
  - plus accessibles et plus comparables d’un secteur et d’un pays à l’autre sur une plus longue période;
  - représentent « la plus grande part, soit les trois quarts, des émissions mondiales de GES. »
- Remarque méthodologique : les émissions totales de carbone incluent les émissions directes et indirectes (les émissions indirectes correspondent aux émissions de carbone incluses dans les intrants intermédiaires utilisés dans la production).

### Évolution passée de l’intensité des émissions par travailleur
- Observation empirique pour un échantillon de pays avancés (période 2005–2015) :
  - « Entre 2005 et 2015, les émissions totales moyennes de carbone par travailleur (…) au sein de cet échantillon ont diminué de 27 % (graphique 3.1). »
  - La majeure partie de cette baisse est liée à l’amélioration de l’efficacité sectorielle (réduction des émissions, réaffectation de la main-d’œuvre au sein d’un même secteur, changements dans le capital et la technologie).
  - « Près d’un quart de la baisse était lié au transfert de travailleurs de secteurs à plus forte intensité d’émissions vers des secteurs moins émetteurs. »
- Graphique mentionné : Graphique 3.1 — Évolution de l’intensité moyenne des émissions de carbone (variation en points de pourcentage des émissions de CO2 par travailleur par rapport à 2005).
- Données et échantillon : analyse empirique limitée à un échantillon de 34 pays (principalement les États-Unis et les pays avancés européens) sur la période 2005–.

### Questions de recherche et enjeux politiques
- Questions posées par l’analyse empirique et modélisée :
  - « À quel point le marché du travail est-il vert ? Quelles sont les propriétés environnementales des emplois, et comment ces propriétés varient-elles selon les pays et les secteurs ? Comment sont-elles associées aux caractéristiques démographiques (telles que le niveau d’éducation et l’urbanité) et au revenu ? »
  - « Avec quelle facilité les travailleurs passent-ils à des emplois plus verts ? Quelles sont les caractéristiques des travailleurs (notamment leurs antécédents professionnels et leur formation ou leurs compétences) qui se dirigent plus facilement vers ces emplois ? Les travailleurs ont-ils les compétences nécessaires pour occuper des emplois plus verts ? »
  - « Comment les politiques environnementales influent-elles sur la réaffectation des travailleurs à des emplois plus verts ? Les politiques peuvent-elles contribuer à rendre le marché du travail plus écologique ? L’efficacité de ces politiques est‑elle affectée par les politiques du marché du travail et les caractéristiques structurelles d’un pays ? Quelles sont les conséquences pour l’emploi global et la répartition du revenu ? »
- Portée de l’analyse technologique :
  - L’analyse empirique prend en compte l’état actuel de la technologie et examine comment la répartition de la main-d’œuvre peut réagir aux changements de politiques.
  - L’analyse modélisée intègre l’évolution technologique (potentiellement stimulée par les politiques), afin d’évaluer sa contribution à la transition verte sur le marché du travail.

*Source : Introduction, « Un marché du travail plus vert : emploi, politiques et transformation économique », Chapitre 3, Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2022.*

### 19. Pour évaluer comment le niveau de développement

### 19. Pour évaluer comment le niveau de développement

### Principales conclusions générales
- Les emplois à plus forte intensité écologique et à plus forte intensité polluante sont concentrés dans un sous-ensemble de la main-d’œuvre, ce qui se traduit par de faibles intensités écologiques et polluantes en moyenne des emplois.
- La grande majorité des emplois sont neutres (notes d’intensité écologique et de pollution nulles).
- Les propriétés environnementales des emplois varient fortement d’un secteur à l’autre et au sein d’un même secteur, suggérant des possibilités de réaffectation entre secteurs et au sein d’un même secteur.
- Les travailleurs plus qualifiés et les travailleurs urbains ont tendance à exercer des emplois à plus forte intensité écologique que les travailleurs moins qualifiés et les travailleurs ruraux.
- Indépendamment des compétences et d’autres caractéristiques individuelles, les professions à forte intensité écologique offrent une rémunération moyenne supérieure de près de 7 % à celle des professions à forte intensité de pollution.
- Les emplois à plus forte intensité de pollution sont corrélés positivement aux emplois dans les secteurs à plus forte intensité d’émissions.

### Rigidités et transitions professionnelles
- Les propriétés environnementales des emplois ont tendance à être rigides lors des transitions : il est difficile pour un travailleur occupant un emploi plus polluant ou neutre de progresser vers un emploi plus écologique.
- La probabilité qu’un travailleur passe d’un emploi à forte intensité de pollution à un emploi plus écologique lorsqu’il change d’emploi est comparativement faible et n’est pas statistiquement très éloignée de la probabilité d’effectuer cette transition à partir d’un emploi neutre.
- Un niveau de compétences plus élevé facilite la transition vers un emploi plus écologique ; une plus grande accumulation de capital humain peut améliorer les perspectives d’emploi plus écologique des travailleurs.

### Efficacité des politiques et interaction avec le marché du travail
- Les politiques environnementales sont plus efficaces lorsque les politiques du marché du travail et les caractéristiques structurelles n’entravent pas les incitations à la réaffectation.
- Des politiques environnementales plus strictes sont associées à des emplois à plus forte intensité écologique et moins polluants.
- Les politiques du marché du travail et les caractéristiques structurelles peuvent devoir être réajustées pour ne pas briser l’élan de réaffectation de la main-d’œuvre lié à des politiques plus écologiques.
- Avec la forte reprise après la récession due à la pandémie de COVID-19, il sera important de réduire les dispositifs d’appui au maintien dans l’emploi afin de favoriser la réaffectation (en fonction des circonstances propres à chaque pays).

### Mesures recommandées pour une transition juste et efficace
- Une série de mesures appropriées devrait inclure :
  - une impulsion en faveur des infrastructures vertes;
  - une introduction progressive des taxes sur le carbone;
  - un programme de formation destiné aux travailleurs moins qualifiés pour accroître leur productivité dans des emplois à plus faible intensité d’émissions;
  - un crédit d’impôt sur le revenu gagné afin de fournir une aide au revenu et de stimuler l’offre de main-d’œuvre.
- Ces deux dernières mesures (formation et crédit d’impôt sur le revenu gagné) favoriseraient la réaffectation de la main-d’œuvre tout en atténuant les inégalités.

### Scénarios modélisés et magnitude des changements d’emploi
- Exemple chiffré des scénarios modélisés :
  - Pour un pays avancé représentatif, environ 1 % de la main-d’œuvre passeront d’un emploi à plus forte intensité d’émissions à un emploi à plus faible intensité d’émissions au cours des dix prochaines années pour se rapprocher de l’objectif de zéro émission nette.
  - Pour un pays émergent représentatif, environ 2,5 % de la main-d’œuvre effectueront ce même déplacement au cours des dix prochaines années.
- Pour le groupe des pays avancés, l’ampleur de ces transferts de main-d’œuvre est inférieure au passage de près de 4 % des emplois par décennie du secteur industriel vers celui des services depuis le milieu des années 80.
- Les effets globaux à long terme sur l’emploi sont faibles ; ils peuvent être légèrement positifs ou négatifs selon le degré d’ajustement nécessaire et la série de mesures adoptées.

### Données empiriques et distributions observées
- Pour l’échantillon de pays analysés :
  - L’intensité écologique moyenne des professions, pondérée par l’emploi, se situe entre 2 et 3 % pour la plupart des pays de l’échantillon.
  - L’intensité de pollution moyenne pondérée par l’emploi se situe entre 2 et 6 %.
  - La part moyenne de l’emploi dans les secteurs à plus forte intensité d’émissions (exploitation minière, industrie manufacturière, services d’utilité publique) est passée d’environ 18 % en 2005 à 15 % en 2015.
  - L’intensité médiane des émissions au niveau individuel pour le pays moyen de l’échantillon s’élevait à environ 8 tonnes de dioxyde de carbone par travailleur en 2015.
  - L’intensité des émissions a baissé d’environ un tiers au cours de la dernière décennie pour les pays de l’échantillon.
- La plupart des emplois ont des intensités écologique et de pollution très faibles : la majorité sont neutres.
- L’intensité écologique a lentement augmenté au cours des dernières années, tandis que l’intensité polluante a légèrement diminué.

### Limites, mises en garde et incertitudes
- Contraintes liées aux données :
  - Les intensités écologique et polluante attribuées aux professions dans l’analyse empirique sont invariables dans le temps ; or l’emploi pourrait devenir plus vert sans réaffectation si la technologie changeait les intensités par profession.
- Applicabilité :
  - Les résultats empiriques proviennent d’un échantillon composé en grande partie de pays avancés ; ils sont moins applicables à un pays émergent ou en développement typique, en particulier où l’emploi informel est important.
- Identification :
  - Les variables omises peuvent être problématiques; les résultats empiriques liés aux politiques doivent être interprétés comme étant associés plutôt que causaux.
- Limites du modèle modélisé :
  - Le modèle est un modèle de transition structurelle avec une décision d’offre de main-d’œuvre et n’intègre pas le chômage involontaire ; en cas de décalage entre suppression et création d’emplois, le chômage pourrait augmenter à court terme.
  - Le modèle intègre des changements structurels dans les compétences (améliorées par la formation) et est calibré en économie fermée, n’intégrant pas les retombées internationales des changements de politiques.
- Incertitudes politiques :
  - L’analyse de scénarios suppose que les politiques sont entièrement crédibles, annoncées de manière transparente et mises en œuvre en temps voulu. Les incertitudes et les retards (par exemple, pour des raisons d’économie politique) rendraient la transition plus difficile et pourraient nécessiter un ajustement plus radical.
- Risques si mise en œuvre incomplète :
  - Si la série de mesures est partiellement mise en œuvre ou mal séquencée, la transition pourrait exacerber les inégalités de revenu et les pertes nettes d’emploi.

*Source : Extrait du chapitre 3, "Un marché du travail plus vert : emploi, politiques et transformation économique", Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2022.*

### 1. Intensité écologique

### 1. Intensité écologique

### Principales constatations
- Les résultats soulignent des possibilités réelles de « monter sur l’échelle verte » ou de « descendre sur l’échelle de la pollution » au sein d’un même secteur et d’un secteur à l’autre.
- Les plages et graphiques présentent l’intensité écologique, l’intensité de pollution et l’intensité d’émissions par secteur et par pays pour les périodes disponibles (ex. 2019 pour intensités, 2015 pour émissions).
- Données et sources citées : enquête de l’UE sur les forces de travail ; FMI, tableau de bord des indicateurs du changement climatique ; Organisation internationale du travail ; INEGI (Mexique) ; Occupational Information Network ; OCDE ; Statistiques Afrique du Sud ; Bureau de recensement des États‑Unis ; Vona et al. (2018) ; calculs des services du FMI.

### Propriétés sectorielles et par caractéristiques des travailleurs
- Les travailleurs plus qualifiés exercent des professions plus vertes et moins polluantes que les travailleurs moins qualifiés.
- Les travailleurs urbains ont tendance à exercer des professions plus écologiques et moins polluantes que les travailleurs ruraux; aucune différence statistiquement significative n’est observée entre les intensités d’émissions moyennes des travailleurs urbains et ruraux.
- La dispersion intra‑sectorielle est importante, ce qui suggère qu’il est possible de poursuivre la transformation écologique d’un pays sans modification à grande échelle des compétences au niveau macroéconomique.

### Rémunération
- L’emploi moyen à forte intensité écologique procure, toutes choses égales par ailleurs, un revenu supérieur de près de 7 % à celui d’un emploi moyen à forte intensité de pollution.
- Ce supplément de revenu a évolué légèrement à la hausse au cours des dernières années.

### Transitions professionnelles et rigidités
- Référence : environ 8 % en moyenne des travailleurs changent d’emploi chaque année parmi les employés de l’échantillon ; environ 52 % de ceux qui étaient sans emploi l’année précédente trouvent un nouvel emploi dans l’année en cours ; environ 6 % des travailleurs quittent leur emploi chaque année.
- Les emplois à forte intensité écologique et à forte intensité de pollution connaissent moins de roulement que les emplois neutres : ces emplois présentent une plus grande stabilité d’emploi, les emplois plus écologiques étant les plus stables.
- Taux de réussite pour trouver un emploi en transition vers un emploi de nature similaire : 41 % pour les travailleurs au chômage et 54 % pour les travailleurs en poste.
- Passer d’un emploi à forte intensité de pollution à un emploi à forte intensité écologique : probabilité de transition située entre 4 à 7 %.
- Pour les travailleurs venant d’emplois neutres, la probabilité de passer à un emploi à forte intensité écologique est de 9 à 11 %.
- Les travailleurs venant d’emplois à forte intensité de pollution ont des difficultés à passer à un emploi neutre, avec des taux d’environ 11 %.
- Ces probabilités simples ne tiennent pas compte des caractéristiques individuelles; analyses plus approfondies (annexe 3.2 en ligne) confirment la rigidité des propriétés environnementales des emplois et la difficulté des transitions professionnelles.

### Effets empiriques des politiques environnementales
- Une variable composite de rigueur des politiques environnementales (indice OCDE combinant tarification/taxation du carbone, dépenses R‑D sur technologies vertes, rigueur réglementaire environnementale, etc.) est ajoutée aux modèles de régression linéaire des propriétés environnementales des emplois et des transitions professionnelles.
- Résultats associés (interprétés comme associations, non comme causalité) : un passage du 25e au 75e centile en matière de rigueur des politiques environnementales s’accompagne d’un changement moyen des intensités d’emploi suivant :
  - Intensité écologique moyenne de l’emploi : augmentation de 2 %.
  - Intensité moyenne de pollution : diminution d’environ 4 %.
  - Intensité moyenne d’émissions : diminution d’environ 6 %.
- Effets sur les nouveaux emplois : pour un pays passant du 25e au 75e centile de rigueur, les nouveaux emplois des travailleurs qui changent d’emploi alors qu’ils sont en poste présentent :
  - Intensité écologique moyenne supérieure d’environ 4 %.
  - Intensité moyenne des émissions inférieure d’environ 2 %.
- Les politiques du marché du travail et les caractéristiques structurelles propres à un pays peuvent modifier l’efficacité des politiques environnementales sur la transformation verte du marché du travail; des interactions ont été testées en régression linéaire et seules les relations statistiquement significatives sont présentées.

### Méthodologie et notes
- Les carrés dans les graphiques représentent la moyenne sectorielle parmi les individus de l’échantillon ; les moustaches représentent la fourchette du 10e au 90e centile ou l’intervalle de confiance à 90 % selon les graphiques.
- Définition des emplois dans les probabilités de transition : un emploi est considéré comme écologique si son intensité écologique est positive et son intensité de pollution nulle ; polluant si l’intensité de pollution est positive et l’intensité écologique nulle ; neutre si les deux intensités sont nulles.
- Voir les annexes 3.1, 3.2, 3.3, 3.4 et 3.5 en ligne pour des détails sur l’échantillon de pays, les spécifications de régression, l’estimation de la majoration du revenu et les variables considérées.

*Source : CHAPITRE 3 — UN MARCHÉ DU TRAVAIL PLUS VERT : EMPLOI, POLITIQUES ET TRANSFORMATION ÉCONOMIQUE (Fonds monétaire international, Avril 2022).*

### 3.5 en ligne pour plus de détails.

### 3.5 en ligne pour plus de détails.

### Interactions entre les politiques du marché du travail et l’efficacité des politiques environnementales
- Les politiques du marché du travail et les caractéristiques qui réduisent les incitations à la réaffectation des travailleurs ont tendance à réduire l’efficacité des politiques environnementales dans la transformation verte du marché du travail (graphique 3.9).
- Des dépenses plus élevées pour appuyer le maintien dans l’emploi et une assurance chômage plus généreuse sont associées à une baisse de l’efficacité des politiques environnementales pour stimuler, respectivement, une plus grande intensité écologique et une plus faible intensité de pollution des emplois.
- Le soutien à la réaffectation des travailleurs (y compris les dépenses consacrées aux programmes de formation) ne modifie pas de manière statistiquement significative l’efficacité des politiques environnementales, ce qui suggère que, historiquement, ce soutien n’a pas été conçu pour appuyer la transformation écologique du marché du travail.
- Les politiques environnementales sont plus efficaces pour réduire l’intensité de pollution de l’emploi dans les pays où le marché du travail et les négociations collectives sont mieux coordonnés — ces dispositions peuvent aider les partenaires sociaux à coordonner des actions conjointes pour appuyer une transformation verte.
- Mise en garde méthodologique : endogénéité, manque de granularité des instruments alternatifs et nature sans précédent du défi climatique incitent à la prudence avant d’extrapoler largement les résultats empiriques.

### Modélisation d’une série de mesures pour parvenir à zéro émission nette d’ici 2050
- Cadre : modèle d’économie fermée basé sur les tâches calibré sur un pays avancé représentatif puis sur un pays émergent représentatif.
- Principales mesures planifiées :
  - Une première impulsion d’investissement dans les infrastructures vertes et la recherche et le développement en 2023 pour soutenir une modeste augmentation de la productivité dans le secteur à plus faible intensité d’émissions ; dépenses progressivement réduites après 2028.
  - Une taxe ad valorem sur les émissions de carbone introduite progressivement : commençant à environ 0,1 point de pourcentage par an en 2023, puis augmentant de 1 point de pourcentage par an à partir de 2029.
  - Un programme de formation visant à faciliter la transition des travailleurs moins qualifiés vers le secteur à plus faible intensité d’émissions, mis en œuvre à partir de 2023, augmentant la productivité des travailleurs moins qualifiés dans les activités moins émettrices.
  - Un programme de crédit d’impôt sur le revenu gagné (EITC) mis en place pour augmenter le revenu des travailleurs moins qualifiés et stimuler leur offre de travail, débutant en 2029, en même temps que l’introduction progressive de la taxe sur le carbone.
- Mécanismes d’ajustement :
  - L’incitation à l’investissement vert peut retarder la réaffectation initiale car elle nécessite des biens d’équipement produits par le secteur à plus forte intensité d’émissions.
  - La taxe carbone agit comme signal de prix, favorisant la réallocation de la main-d’œuvre vers le secteur à plus faible intensité d’émissions.
  - Les programmes de formation améliorent la productivité des travailleurs moins qualifiés, facilitant leur embauche par le secteur moins émetteur et augmentant leur rémunération.
  - L’EITC n’est pas sectoriel mais incite davantage les travailleurs moins qualifiés à augmenter leur offre de travail.

### Cas d’un pays avancé (simulations)
- Réaffectation de la main-d’œuvre : environ 1 % au cours des dix prochaines années (diminution dans le secteur à plus forte intensité d’émissions et augmentation dans le secteur moins émetteur).
- Effet sur l’emploi total : augmentation d’environ 0,5 %.
- Impact par qualification : hausse de l’emploi dans le secteur à plus faible intensité d’émissions pour les travailleurs moins qualifiés comme pour les plus qualifiés, avec une plus forte hausse pour les travailleurs moins qualifiés.
- Rôle des politiques :
  - Incitation à l’investissement vert : retarde réaffectation initiale.
  - Taxe carbone : stimule réallocation immédiate en tant que signal de prix.
  - Formation : favorise réaffectation par augmentation de la productivité des moins qualifiés.
  - EITC : augmente l’offre de travail des moins qualifiés au niveau national.
- Distribution des gains : les programmes de formation et l’EITC entraînent une augmentation du revenu après impôt des travailleurs moins qualifiés, réduisant les inégalités.
- Contribution des réaffectations à la baisse des émissions : la réaffectation du travail contribue à environ un septième de la baisse des émissions dans le scénario de politiques; le reste provient des gains d’efficacité.

### Cas d’un pays émergent (simulations)
- Ajustements au paquet : inclusion d’un transfert monétaire aux travailleurs moins qualifiés (mis en œuvre à partir de 2029) en complément de la taxe carbone et du crédit d’impôt sur le revenu gagné, parce qu’une grande partie de la main-d’œuvre peut être informelle et non bénéficiaire de l’EITC.
- Réaffectation de la main-d’œuvre : environ 2,5 % de l’emploi transféré des secteurs à plus forte intensité d’émissions vers les secteurs moins émetteurs sur dix ans.
- Effet net sur l’emploi : positif à court terme en raison de l’augmentation des investissements, puis baisse de 0,5 % de l’emploi d’ici 2032.
- Revenu des travailleurs moins qualifiés : augmentation grâce à la combinaison du crédit d’impôt sur le revenu gagné, de la formation et des transferts monétaires; réduction potentielle des inégalités mais risque d’affaiblissement de l’incitation à travailler avec les transferts monétaires.

### Principaux constats et implications politiques
- Les politiques environnementales plus rigoureuses contribuent à promouvoir un marché du travail plus écologique.
- L’efficacité des politiques environnementales est améliorée lorsque d’autres politiques et caractéristiques du marché du travail n’empêchent pas la réaffectation des travailleurs et leur placement dans de nouveaux emplois.
- Les mesures complémentaires (formation, EITC/transferts, investissements verts, taxe carbone) agissent par des canaux distincts et se renforcent mutuellement si elles sont mises en place de manière séquencée et crédible.
- Les politiques doivent être ajustées au profil du pays (part de l’emploi dans les secteurs à forte intensité d’émissions, degré d’informalité) pour maximiser l’impact sur l’emploi et le bien‑être des travailleurs.

*Source : https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2022/april/french/textf.pdf*

### Conclusions

### Conclusions

### Transformation nécessaire et rôle des politiques
- La réduction des risques liés au changement climatique exige une transformation verte de l’économie; les structures de production doivent évoluer pour réduire les émissions mondiales de GES.
- Les externalités inhérentes à la production d’émissions signifient que les actions politiques sont essentielles pour favoriser les changements nécessaires.
- Les politiques environnementales sont efficaces pour réorienter l’emploi vers des emplois plus écologiques, mais elles fonctionnent mieux dans les pays où les incitations à la réaffectation ne sont pas entravées.

### Mesure des propriétés environnementales des emplois
- Trois mesures distinctes ont été utilisées pour quantifier les propriétés environnementales des emplois : caractère écologique, pollution, et émissions de carbone.
- Les emplois les plus écologiques et les plus polluants sont concentrés dans des sous-ensembles de travailleurs; les intensités écologique et de pollution moyennes à l’échelle du pays sont relativement faibles.
- Les propriétés environnementales sont très dispersées d’un secteur à l’autre et au sein d’un même secteur, ce qui permet la possibilité d’une réaffectation de la main-d’œuvre.
- Les secteurs industriels ont tendance à présenter simultanément une plus grande intensité écologique, de pollution et d’émissions que les services.

### Caractéristiques démographiques et rémunération
- Les professions à plus forte intensité écologique emploient généralement des travailleurs plus qualifiés et plus urbains; l’inverse est vrai pour les emplois à plus forte intensité de pollution.
- Les emplois à plus forte intensité écologique offrent une rémunération supérieure de près de 7 % à celle des emplois à plus forte intensité polluante en moyenne.

### Frictions de réaffectation et importance du capital humain
- Un travailleur ayant occupé des emplois plus polluants ou neutres a moins de chances de passer à un emploi plus écologique que de rester dans un emploi polluant ou neutre.
- Des compétences plus élevées facilitent le passage à un emploi à plus forte intensité verte, soulignant l’importance du capital humain pour la transition.
- Des programmes de formation ciblés et efficaces visant les travailleurs moins qualifiés dans des professions à forte intensité de pollution ou neutres peuvent améliorer leur capacité à passer à des professions à plus forte intensité écologique.

### Dispositif de politiques modélisé pour atteindre zéro net d’ici 2050
- Le dispositif modélisé inclut :
  - une impulsion en faveur des infrastructures vertes,
  - une taxe sur le carbone,
  - un programme de formation ciblé visant à stimuler la productivité des travailleurs moins qualifiés dans des emplois à plus faible intensité d’émissions,
  - un crédit d’impôt sur le revenu gagné (EITC) pour compenser les chocs de consommation liés aux taxes sur le carbone et encourager l’offre de main-d’œuvre,
  - lorsque le taux d’emploi informel est élevé, des transferts monétaires ciblés en complément de l’EITC.
- Les mesures améliorent les performances technologiques et de productivité nécessaires pour parvenir aux émissions nettes nulles sans baisse importante de la production ni déplacement massif de la main-d’œuvre.

### Résultats modélisés pour un pays avancé représentatif
- Transfert d’environ 1 % de l’emploi vers le secteur à plus faible intensité d’émissions sur une période de dix ans.
- La réaffectation observée reste inférieure au transfert moyen de près de 4 % de l’emploi par décennie du secteur industriel vers le secteur des services, observé dans les pays avancés depuis le milieu des années 80.
- Avec le crédit d’impôt sur le revenu gagné, la série de mesures contribue à accroître l’emploi total à long terme d’environ 0,5 %.
- Les mesures atténuent les effets inégaux de la taxe sur le carbone sur les travailleurs moins qualifiés et réduisent les inégalités de revenu.

### Résultats modélisés pour un pays émergent représentatif
- L’évolution de l’emploi est plus marquée : environ 2,5 % (augmentation nette due au dispositif).
- L’emploi augmente à court terme en raison de la relance des infrastructures, mais il diminue ensuite pour finir par être inférieur d’environ 0,5 % au bout de dix ans.
- Les transferts monétaires sont plus nécessaires que l’EITC pour soutenir le revenu des travailleurs informels, conduisant à une augmentation moindre de l’offre de main-d’œuvre.
- Les mesures améliorent néanmoins l’inégalité de revenu.

### Investissements, géographie et limites de l’analyse
- La transition vers l’énergie verte nécessitera probablement de nouveaux investissements importants, qui pourraient s’avérer coûteux à court terme.
- Les concentrations régionales d’emplois plus polluants et de productions à forte intensité d’émissions peuvent répartir la charge d’ajustement de manière inégale au plan géographique, surtout si les programmes de formation et d’appui à la réaffectation sont inefficaces.
- Le chapitre n’a pas approfondi les questions relatives au secteur agricole en raison du manque de données.
- Les dimensions internationales (fuites et retombées transfrontalières) plaident en faveur d’une approche mondiale et coordonnée.

### Géographie des emplois et conséquences pour la transition
- Il existe une certaine concentration géographique des emplois à forte intensité écologique et polluante.
- Sur 173 zones de migration pendulaire américaines qui comptent de nombreux emplois à forte intensité de pollution (au‑dessus du 75e centile), 125 sont également riches en emplois à forte intensité écologique (au‑dessus du 75e centile) ou bordent une zone qui en compte.
- Les emplois à plus forte intensité écologique ont tendance à être plus urbains; les emplois à forte intensité polluante ont tendance à être ruraux.
- Les comtés avec une part plus élevée d’emplois à forte intensité écologique tendent à avoir un revenu plus élevé, une population plus jeune, une plus grande proportion de personnes diplômées de l’enseignement supérieur, et un taux de chômage plus faible.
- La syndicalisation est liée négativement à la part d’emplois à forte intensité de pollution, mais ne présente aucun lien avec l’intensité verte.

### Tendances récentes du marché du travail (haute fréquence)
- Les données LinkedIn indiquent que les taux d’embauche des travailleurs ayant des « talents verts » ont été supérieurs à ceux de l’ensemble des emplois au cours des premiers mois de la pandémie et ont augmenté en 2021 pendant la reprise.
- Les données Indeed montrent que la moyenne mondiale des offres d’emplois verts a moins diminué que celle des offres d’emplois non verts pendant la pandémie; cette résilience était générale (28 des 34 pays de l’échantillon).
- Les rebonds des offres d’emploi ont été similaires dans les secteurs verts et non verts pendant la reprise; globalement, un certain verdissement du marché du travail s’est produit au début de la reprise post-COVID, qui s’est ensuite arrêté.

### Recommandations de politique et conclusion
- Les dispositifs de politique devraient inclure des éléments destinés à faciliter la transition pour les travailleurs provenant d’emplois plus polluants ou neutres :
  - des programmes de formation bien conçus pour améliorer l’aptitude à l’emploi,
  - des mesures renforçant la capacité à trouver de nouveaux emplois,
  - des transferts monétaires ciblés lorsque l’emploi informel est élevé,
  - un EITC pour compenser les effets distributifs des taxes sur le carbone.
- L’ampleur des transferts de main-d’œuvre nécessaires à la transition verte « n’est pas sans précédent », mais elle variera selon les pays et les régions, en fonction de la part initiale de la production à forte intensité d’émissions et du calendrier de mise en œuvre des mesures.
- Pour garantir que la transition vers un marché du travail plus écologique se fasse sans heurts et sans exclusion, les politiques doivent cibler les frictions individuelles et géographiques et appuyer le renforcement du capital humain.

*Source : Conclusions du chapitre 3 (Conclusions), PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Fonds monétaire international | Avril 2022.*

### 2. Offres d’emplois sur Indeed

### 2. Offres d’emplois sur Indeed

### Évolution des indices et des séries temporelles
- Indice (moyenne mondiale) des offres d’emplois (Indeed) et des taux d’embauche (LinkedIn) tracés de Janv. 2019 à Oct./Nov. 2021.
- Valeurs de repère indiquées sur les graphiques : 0,0 ; 0,5 ; 1,0 ; 1,5 ; 2,0 ; 2,5 ; 3,0 ; 3,5 ; 4,0.
- Séries ponctuelles affichées : 0,9 ; 1,0 ; 1,1 ; 1,2 ; 1,3 (pour la première série temporelle) et 0,8 ; 0,9 ; 1,0 ; 1,1 ; 1,2 ; 1,3 (pour la seconde série temporelle).
- Périodes mentionnées explicitement sur les axes : Janv. 2019 ; Janv. 20 ; Janv. 21 ; Oct. 21 ; Nov. 21.

### Définitions et méthodologie (note associée aux graphiques)
- Plage 1 : centiles des différents pays, normalisés par rapport à la médiane observée en janvier 2019.
- Taux d’embauche : mesure des embauches normalisée par le nombre de membres de LinkedIn ; calculée comme le pourcentage de membres de LinkedIn qui ont ajouté un nouvel employeur au cours de la même période que le début de l’emploi, divisé par le nombre total de membres de LinkedIn dans le lieu correspondant.
- Taux d’embauche verte : calculé en considérant uniquement les membres répertoriés comme talents verts.
- Définition de « talents verts » : travailleurs ayant explicitement ajouté au moins une compétence verte à leur profil, occupant une profession verte, ou les deux.
- Plage 2 : indice moyen des offres d’emploi sur 12 mois dans les différents pays, normalisé à janvier 2019.
- Offres d’emplois verts : offres d’emplois sur la plateforme Indeed associées à des secteurs dont l’intensité de compétences vertes est supérieure à la moyenne.
- Référence méthodologique additionnelle : Voir l’annexe 3.7 en ligne pour plus de détails.

### Analyse synthétique et question centrale
- Thématique centrale : Encadré 3.2 — Un marché du travail post-COVID plus vert ?
- Les séries combinées Indeed (offres) et LinkedIn (embauches, embauches vertes) permettent d’évaluer l’évolution relative des opportunités et des recrutements « verts » depuis Janv. 2019 jusqu’à Oct./Nov. 2021.
- Les normalisations à Janv. 2019 et la présentation par centiles facilitent la comparaison transnationale de l’ampleur des variations observées.

### Implications pour les politiques et la recherche
- Mesures de suivi : l’utilisation conjointe des indices d’offres d’emploi (Indeed) et des taux d’embauche (LinkedIn) fournit un indicateur opérationnel pour suivre la transition vers un marché du travail « plus vert » après la pandémie.
- Besoin d’informations complémentaires : l’annexe 3.7 en ligne est identifiée comme source pour des détails méthodologiques nécessaires à l’interprétation et à la reproductibilité.
- Définition claire des talents verts et des offres d’emplois verts utile pour orienter les politiques de formation et de reconversion professionnelle ciblant les compétences vertes.

*Source : Fonds monétaire international, extrait de la section 2. Offres d’emplois sur Indeed (texte fourni).*

### Introduction

### Introduction

### Effondrement initial et reprise du commerce mondial
- Au deuxième trimestre de 2020, le volume mondial des échanges de biens a diminué de 12,2 percent, et celui des échanges de services a chuté de 21,4 percent par rapport au dernier trimestre de 2019.
- Dès octobre 2021, les échanges de biens ont retrouvé leurs niveaux d’avant la pandémie.
- Les échanges de services restent plus faibles, principalement en raison de l’effondrement des voyages; les services de télécommunications se sont révélés plus résistants.

### Volatilité selon l’intensité des chaînes de valeur mondiales (CVM)
- Entre janvier et avril 2020 :
  - Les exportations de biens fortement dépendants des chaînes de valeur mondiales ont diminué de 30 percent.
  - Les exportations d’autres biens ont diminué d’environ 18 percent.
- Les secteurs fortement dépendants des CVM (automobile, électronique, textile et habillement, matériel médical) représentent près d’un quart des échanges de biens mondiaux (chiffres de 2019).
- Certains secteurs, comme l’automobile, ont subi des chutes initiales plus brutales en raison de pénuries d’intrants tels que les semi-conducteurs.

### Questions de recherche et approche empirique
- Questions examinées :
  1. Dans quelle mesure un modèle traditionnel de la demande et des prix rend compte de la structure des échanges par rapport à d’importantes récessions passées ?
  2. Quels facteurs propres à la pandémie ont déterminé la configuration des échanges ?
  3. Quelles ont été les répercussions internationales des restrictions à la mobilité ?
- Méthodologie :
  - Modèle standard de la demande d’importations estimé sur un échantillon de 127 pays sur la période 1985–2019.
  - Données mensuelles bilatérales sur les importations (Trade Data Monitor) et régressions de type gravitationnel avec effets fixes évolutifs.
  - Indices utilisés : indice de sévérité de la riposte des pouvoirs publics à la COVID-19 de l’Université d’Oxford; indice mondial de la sécurité sanitaire; mesures de capacité de télétravail (Dingel et Neiman, 2020).

### Principales conclusions (résumé)
- Facteurs propres à la pandémie
  - En 2020, les importations de biens ont été supérieures et les importations de services inférieures aux prévisions d’un modèle de demande d’importations.
  - L’écart entre échanges réels et prévisions a été bien plus marqué qu’au cours de récessions précédentes.
  - Les importations « excédentaires » de biens ont été plus importantes dans les pays :
    - plus durement frappés par la pandémie,
    - ayant mis en place des mesures de confinement plus strictes,
    - ayant enregistré une baisse plus marquée de la mobilité.
  - Les importations « déficitaires » de services ont été plus importantes là où la pandémie a été la plus sévère.
- Effets internationaux des confinements
  - On estime que jusqu’à 60 percent de la baisse des importations observée au cours des six premiers mois de 2020 est imputable aux confinements imposés par les partenaires commerciaux.
  - Les effets de contagion à l’international ont été plus importants :
    - dans les secteurs fortement dépendants des CVM que dans les autres,
    - dans les secteurs en aval (près de l’utilisateur final) que dans ceux en amont (intrants).
  - La capacité de télétravail chez les partenaires commerciaux a limité les répercussions des confinements; les effets se sont atténués avec le temps.
- Adaptation des chaînes de valeur mondiales et résilience
  - Les chaînes de valeur mondiales ont su s’adapter à l’avancée asynchrone de la pandémie, comme le montrent les évolutions des parts de marché régionales.
  - Diversification géographique accrue des approvisionnements et plus grande capacité de substitution des intrants entre sources réduisent les pertes de PIB mondiales en cas de choc sur de grands fournisseurs en amont.
  - Selon les chiffres de productivité des 25 dernières années, la diversification réduit aussi la volatilité du PIB en cas de chocs corrélés sur la productivité; à l’inverse, réduire la diversification accroît la volatilité.
  - Une plus grande capacité de substitution entre intrants de différents pays sources réduit les pertes de PIB en cas de choc isolé.

### Limites des modèles conventionnels (demande et prix relatifs)
- Le modèle standard de la demande d’importations :
  - Fournit de bonnes prévisions de la croissance des importations jusqu’en 2019.
  - Pour 2020, il sous-estime la baisse des échanges de services (prédiction d’environ 8 percent vs chute réelle de 25 percent).
  - Pour 2020, il surestime la baisse des échanges de biens (prédiction de 10 percent vs baisse effective de 6 percent).
  - L’erreur de prévision pour 2020 est la plus importante de l’échantillon (depuis 1985).
- Interprétations possibles :
  - Déplacement structurel de la demande des services vers les biens (équipements de télétravail, matériel médical) lié à la pandémie.
  - Réaffectation des revenus vers les biens parce que certains services étaient indisponibles.
  - Importations accrues pour compenser la contraction de la production nationale provoquée par des confinements stricts.

### Répercussions des confinements des partenaires commerciaux (résultats empiriques)
- Corrélation entre rigueur des confinements chez les partenaires et baisse des importations : coefficient estimé à –0,015 (t-stat = –2,44) dans une régression pondérée de la variation des importations (T4 2019 → T2 2020) sur l’indice de sévérité d’Oxford chez les partenaires.
- Chronologie :
  - Premiers effets en février 2020 (restrictions en Asie), intensification en mars–avril avec extension géographique, atténuation à partir de mai; en juin 2020, rebond fort des importations alors que les confinements n’étaient modérément allégés.
- Robustesse :
  - Effets observés même en neutralisant la gravité sanitaire dans le pays exportateur (nombre de cas et décès), les restrictions à l’exportation et les mesures budgétaires des partenaires.
- Hétérogénéité des effets :
  - Effets externes des confinements plus de deux fois plus forts pour les pays dont les partenaires exportateurs ont une faible capacité de télétravail.
  - Effets plus marqués dans les secteurs dépendants des CVM, notamment l’électronique.

### Implications politiques et de résilience
- Contenir la pandémie au niveau national est crucial non seulement pour maintenir l’activité intérieure, mais aussi pour limiter les répercussions négatives sur les partenaires commerciaux via de nouveaux foyers entraînant des confinements.
- Les adaptations observées des chaînes de valeur mondiales constituent un argument contre des modifications permanentes de la structure de la production et des échanges ; au contraire, l’élargissement des relations commerciales et la diversification des sources d’intrants apparaissent comme des instruments de renforcement de la résilience.
- Politiques favorisant :
  - diversification géographique des approvisionnements (approvisionnement auprès de plusieurs pays),
  - accroissement de la capacité de substitution des intrants entre sources différentes,
  - renforcement de la préparation sanitaire des partenaires commerciaux,
  contribuent à réduire les pertes de PIB et la volatilité en cas de chocs.

_Introduction (chapitre) — Fonds monétaire international, Avril 2022_

### 1. Possibilités de recours au télétravail

### 1. Possibilités de recours au télétravail

### Données synthétiques sur le télétravail
- Possibilités limitées  Possibilités élevées  Moyenne tous pays confondus  –0,15–0,05–0,100,00
- Automobile  Électronique  Produits médicaux  Textiles  Secteurs peu tributaires des CVM  Moyenne tous secteurs confondus  –0,30–0,10–0,40–0,200,00
- Sources : Dingel et Neiman (2020) ; Hale et al. (2021) ; Trade Data Monitor ; calculs des services du FMI.
- Note : CVM = chaînes de valeur mondiales.

### Effets des confinements selon la position dans la chaîne de valeur
- Les effets négatifs des mesures d’endiguement strictes se font moins sentir dans les secteurs les plus en amont du processus de production (ex. : produits métallurgiques et minéraux) et sont accrus dans ceux les plus en aval (ex. : transports et textile).
- Un déplacement d’une unité en amont réduit les répercussions des perturbations de l’approvisionnement induites par les confinements de près d’un tiers.
- Spécification du modèle : interaction entre l’indice de rigueur des confinements et la position en amont/aval (distance moyenne de l’utilisateur final) calculée par Antràs et al. (2012) à partir d’un tableau entrées–sorties aux États-Unis. La position (non évolutive) mesure l’exposition au choc sur l’approvisionnement (évolutif).

### Répercussions bilatérales des confinements et rôle du télétravail
- Les données bilatérales montrent, une fois la demande dans les pays importateurs neutralisée, des répercussions négatives et importantes d’un point de vue statistique des confinements dans les pays partenaires.
- Ces répercussions ont été plus importantes :
  - dans les secteurs fortement dépendants des chaînes de valeur mondiales,
  - dans les secteurs en aval du processus de production.
- Ces répercussions ont généralement été de courte durée et atténuées dans la mesure où les pays partenaires ont pu mettre en place le télétravail.
- Les impacts ont perdu en puissance à mesure que les pays ont appris à composer avec les restrictions ; ainsi, les importations ont moins diminué en 2021 qu’en 2020 à la suite de confinements décidés par les pays partenaires.

### Adaptation des chaînes de valeur mondiales et évolution des parts de marché
- Les échanges de biens, notamment des biens fortement dépendants des CVM, ont été globalement résilients.
- Les réseaux de chaînes de valeur mondiales ont adapté leurs parts de marché en raison de la diffusion asynchrone de la pandémie ; les régions sorties plus tôt du confinement ont enregistré des augmentations conséquentes de leurs parts de marché, en particulier dans les secteurs fortement dépendants des CVM.
- Exemples chiffrés :
  - En juin 2020, les pays de « l’usine Asie » avaient augmenté leurs parts de marché dans les secteurs fortement dépendants des CVM de 4,6 points de pourcentage dans les pays de « l’usine Europe » et de 2,3 points de pourcentage dans les pays de « l’usine Amérique du Nord ».
- Évolution ultérieure :
  - Selon les données jusqu’en juin 2021, les gains de parts de marché de l’usine Asie et les pertes de l’usine Europe constatés initialement se sont réduits durant la phase de reprise, suggérant que ces évolutions pourraient être temporaires.
  - L’usine Amérique du Nord a continué de perdre des parts de marché, essentiellement sur ses marchés intérieurs.

### Contraintes persistantes et autres risques pour les chaînes d’approvisionnement
- Malgré la résilience globale, certains secteurs (ex. : automobile) ont connu d’importantes perturbations de l’approvisionnement.
- Les coûts du fret restent élevés sur certains axes et certains ports restent saturés, entretenant les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement.
- Autres types de choc pouvant poser problème : conflits internationaux ou civils, cyberattaques, phénomènes météorologiques extrêmes associés aux changements climatiques.

### Mesures de renforcement de la résilience (approche de modélisation)
- Pour analyser des solutions de renforcement, le modèle général d’équilibre des réseaux de production et des échanges mondiaux de Bonadio et al. (2021) est étendu afin de tenir compte des échanges de biens et d’évaluer :
  - une plus grande diversification géographique des sources d’intrants,
  - une plus grande capacité de substitution des intrants d’une source par ceux d’une autre.
- Objectif : étudier l’efficacité de ces solutions en renforçant la résilience des chaînes d’approvisionnement face aux chocs futurs.

*Fonds monétaire international | Avril 2022*

### 3. Parts de marché par rapport à l’Europe

### 3. Parts de marché par rapport à l’Europe

### Contexte et définitions
- Les parts de marché sont calculées uniquement pour les produits fortement dépendants des CVM (chaînes de valeur mondiales), tels qu’ils sont définis dans le présent chapitre.
- Définition de la diversification :
  - Concerne 1) les pays, et non les produits ; 2) les biens et services intermédiaires, et non finaux ; 3) l’utilisation d’intrants intermédiaires, et non leur production ou leur exportation.
- Définition de la capacité de substitution :
  - Mesure la facilité pour un producteur de remplacer des intrants d’un fournisseur d’un pays par ceux d’un fournisseur d’un autre pays, soit par flexibilité technologique, soit par normalisation des intrants.
- Exemples concrets cités :
  - Tesla a réécrit son logiciel pour utiliser d’autres semi-conducteurs.
  - General Motors travaille à réduire de 95 % le nombre de puces semi-conductrices spécifiques utilisées, les limitant à trois groupes de microcontrôleurs.

### Marges observées et données empiriques
- Les entreprises de l’hémisphère occidental se procurent en moyenne 82 % de leurs intrants intermédiaires au niveau national.
- Ce 82 % est comparé à un seuil de référence de 31 % qui correspond à la concentration de la production mondiale de ces intrants.
- La part des intrants obtenus au niveau national, dans le scénario d’augmentation de la diversification, est fixée à environ 50 % de ce qu’elle est dans les faits.
- Les secteurs ayant la plus grande marge de diversification sont les services, notamment l’hôtellerie et la restauration, la finance et la santé.
- Indicateurs de concentration :
  - L’indice de concentration de Herfindahl est utilisé pour mesurer l’ampleur de la concentration des importations au sein de la part importée des intrants intermédiaires.
  - Réduction potentielle : réduire d’un quart les coûts des échanges d’intrants intermédiaires fait baisser l’indice Herfindahl de 4 points de pourcentage par rapport aux 60 % observés dans les données effectives.

### Modélisation des chocs et scénarios
- Modèle calibré pour 64 pays et 33 secteurs, avec entreprises représentatives produisant sous rendements d’échelle constants.
- Scénarios envisagés :
  - Perturbation de l’approvisionnement dans un seul grand pays fournisseur d’intrants intermédiaires.
  - Chocs sur l’approvisionnement dans plusieurs pays, corrélés.
- Paramétrage du grand fournisseur mondial :
  - Les paramètres reproduisent les caractéristiques de la Chine.
  - Le scénario repose sur une baisse de deux écarts-types de la productivité globale des facteurs de la Chine, utilisant Penn World Table et correspondant à une contraction de l’offre de main-d’œuvre d’environ 22 % (arrondie à 25 % dans ce scénario).
- Hypothèses de politique simulations :
  - Diversification accrue : moyenne simple de la répartition de l’approvisionnement auprès de chaque pays fournisseur (pondération égale) et des données effectives.
  - Capacité de substitution accrue : élasticité de la substitution des intrants intermédiaires de différents pays passant de 0,5 à 2,0 (augmentation similaire à Feenstra et al. (2018)).

### Résultats clés et impacts quantifiés
- Choc unique (contraction de 25 % de l’offre de main-d’œuvre dans un grand fournisseur) :
  - Si le niveau de diversification est conforme au seuil de référence, le PIB d’un pays moyen baisse de 0,8 %.
  - Avec un niveau de diversification élevé, la baisse du PIB est réduite de près de moitié (graphique synthétique).
- Pertes moyennes pondérées par le PIB (toutes pays) dans ce scénario :
  - Perte de 3,2 % pour un niveau de diversification équivalant au seuil de référence (la Chine y contribuant à hauteur de 2,7 points de pourcentage).
  - Perte de 2,6 % pour un niveau de diversification élevé (la Chine y contribuant à hauteur de 2,4 points de pourcentage).
- Diversification et volatilité :
  - Dans des simulations basées sur 100 ans de données historiques de productivité, la diversification réduit la volatilité de la croissance du PIB de 5 % dans le pays moyen (corrélation moyenne par paire entre les chocs de 25 %).
- Capacité de substitution :
  - Dans le scénario d’une contraction de 25 % de l’offre de main-d’œuvre dans un grand fournisseur mondial d’intrants intermédiaires, une plus grande capacité de substitution réduit les pertes de PIB des pays autres que le fournisseur d’environ quatre cinquièmes.
  - La capacité de substitution amplifie le choc dans le pays fournisseur mais bénéficie à tous les autres pays.
- Limites de la protection offerte par la diversification :
  - Peu de protection contre des chocs présentant une corrélation exceptionnellement élevée (ex. scénario calibré sur les quatre premiers mois de la pandémie étudié par Bonadio et al. (2021) : baisse du PIB identique avec ou sans diversification élevée).

### Politiques et implications
- Renforcer la diversification internationale des approvisionnements (diminuer la part excessive d’intrants nationaux) peut réduire les pertes de PIB et la volatilité en cas de chocs transfrontières.
- Améliorer la capacité de substitution (par flexibilité technologique ou normalisation des intrants) offre des gains substantiels pour les pays importateurs d’intrants intermédiaires.
- Réduire les coûts des échanges d’intrants intermédiaires (via instruments conventionnels agissant sur barrières tarifaires et non tarifaires) favorise la diversification géographique des fournisseurs.
- Attention aux coûts et compromis :
  - La normalisation qui facilite la substitution peut avoir un coût pour les producteurs en réduisant la dépendance verticale des fournisseurs.
  - La diversification peut exposer un pays à une plus grande volatilité chez les fournisseurs étrangers; les preuves empiriques des avantages de la diversification sont mitigées.

*Fonds monétaire international | Avril 2022*

### conclusions formulées restent valables même si le calibrage se fonde sur

### textf - conclusions formulées restent valables même si le calibrage se fonde sur

### Résultats de la modélisation : diversification et capacité de substitution
- Une meilleure capacité de substitution des intrants intermédiaires réduit les pertes de PIB d’environ 80 percent par rapport au scénario de référence (hors pays source).
- Le scénario étudié suppose une contraction de 25 percent de l’offre de main-d’œuvre dans un grand pays fournisseur d’intrants intermédiaires.
- Élasticité de substitution de référence = 0,5 ; Élasticité de substitution plus élevée = 2,0.
- Les avantages de la diversification et de la capacité de substitution sont limités si les chocs sont étendus et corrélés entre plusieurs pays.
- Le modèle n’intègre pas tous les coûts et contraintes des entreprises : coûts de stockage accrus, coûts fixes pour établir des relations avec de nouveaux fournisseurs, et gains d’efficacité liés à la réduction du nombre de fournisseurs.

### Évidence empirique et pressions sur les chaînes d’approvisionnement
- Les pressions sur les chaînes d’approvisionnement ont atteint des niveaux inédits au déclenchement de la pandémie, se sont allégées au second semestre de 2020, puis se sont intensifiées pour atteindre de nouveaux sommets fin 2021.
- Les coûts du fret ont augmenté régulièrement jusqu’en septembre 2021, puis ont amorcé une légère baisse.
- Les délais de livraison se sont allongés en 2021 ; les indices relatifs aux futurs délais de livraison suggèrent que ces perturbations vont persister.
- Données à haute fréquence (États-Unis) : proportion d’entreprises signalant des retards de la part de leurs fournisseurs étrangers est passée de 9 percent en octobre 2020 à 20 percent en décembre 2021.
- En décembre 2021, proportion d’entreprises déclarant des retards dans la production = 14 percent ; retards de livraison aux clients = 26 percent.
- Les perturbations sont particulièrement marquées dans l’industrie manufacturière, la construction et le commerce.
- Indices temporels cités : Janv. 2018 = 100 (valeurs unitaires et volumes des importations) ; séries couvrant Janv. 2018 à Janv. 2022.

### Secteur automobile et semi-conducteurs : exemple concret
- Le commerce international (et les ventes) d’automobiles s’est effondré au printemps 2020, a rebondi au second semestre, sans retrouver les niveaux d’avant la pandémie.
- Pénurie de puces électroniques pour véhicules exacerbée par un transfert de capacité de production de semi-conducteurs vers d’autres secteurs au début de la pandémie.
- Événements aggravants : tensions commerciales et chocs intérieurs (par exemple une sécheresse dans la province chinoise de Taiwan).
- Graphique de référence : commerce international d’automobiles et de semi-conducteurs indexé sur Janv. 2018 = 100 ; point de données jusqu’à Juin 21.

### Implications pour l’action publique
- La reprise des échanges de services est étroitement liée aux efforts mondiaux en matière de santé publique ; un allégement plus rapide que prévu des restrictions de mobilité pourrait faire que les échanges mondiaux dépassent les prévisions.
- Permettre à tous les pays de vacciner largement leur population est important pour l’activité économique nationale et pour réduire la diffusion des perturbations de l’approvisionnement.
- Renforcer les systèmes de santé et investir dans les infrastructures numériques atténuerait la transmission de chocs futurs (nouveaux variants ou autres pandémies).
- Les politiques publiques doivent créer un environnement facilitant les décisions d’entreprises visant à accroître la résilience des chaînes de valeur mondiales.

### Recommandations concrètes formulées
- Renforcer les infrastructures :
  - Investir dans les infrastructures logistiques (par ex. modernisation des infrastructures portuaires sur les principaux axes de navigation mondiaux) pour réduire les goulets d’étranglement.
- Pallier le manque d’information :
  - Améliorer la disponibilité de l’information pour aider les entreprises à prendre des décisions stratégiques.
  - Favoriser la numérisation de documents (par ex. déclarations fiscales) afin de produire davantage d’informations sur les transactions entre entreprises et les réseaux d’approvisionnement ; ces renseignements pourraient alimenter des tests de résistance.
  - Exemple chiffré : les fabricants automobiles font en moyenne directement affaires avec environ 250 fournisseurs de première catégorie, mais ce chiffre grimpe à 18 000 pour l’ensemble de la chaîne de valeur.
- Réduire les coûts des échanges :
  - Diminuer les obstacles non tarifaires aux échanges, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement à faible revenu, ce qui offrirait des avantages pour la croissance à moyen terme.
  - Réduire l’incertitude liée à la politique commerciale et promouvoir un régime d’échanges ouvert, stable et fondé sur des règles pour favoriser une plus grande diversification.

### Observations sur les compromis privés et l’efficacité
- Les entreprises faisant face à un arbitrage entre efficacité et réduction des risques : certaines mesures de hausse de résilience (stocks plus élevés, diversification) entraînent des coûts.
- Paradoxalement, les entreprises qui réussissent le mieux à atténuer les risques sont généralement celles qui sont les plus efficaces (exemples : entreprises avec système d’inventaire « juste à temps » ayant des coûts d’inventaire plus bas et capacité à augmenter les stocks si nécessaire).
- Mesures d’adaptation d’entreprises illustratives : Toyota après le séisme du Tohoku — standardisation de composants, vaste répertoire de fournisseurs et de pièces en stock, régionalisation des chaînes d’approvisionnement, demande aux fournisseurs uniques de disperser la production ou de conserver des pièces supplémentaires en stock ; mécanisation accrue pour gagner en résilience face aux chocs sur l’offre de main-d’œuvre.

*Source : extraits du chapitre 4, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : LA GUERRE ENTRAVE LA REPRISE DE L’ÉCONOMIE MONDIALE (Fonds monétaire international | Avril 2022).*

### conclusion est conforme à l’idée selon laquelle l’activité

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### Résumé des constats généraux
- La conclusion est conforme à l’idée selon laquelle l’activité est de moins en moins sensible aux confinements au fur et à mesure que les pays s’adaptent à la pandémie, et met en évidence la résilience des chaînes de valeur mondiales.
- Les zones teintées des graphiques représentent des intervalles de confiance à 95 % ; erreurs-types robustes.

### Effets temporels visibles dans Graphique 4.2.1 (Effets sur la croissance des importations bilatérales des mesures de confinement dans les pays exportateurs)
- Échelle et repères présents sur les graphiques :
  - Axe vertical (pourcentages) : –16, –12, –8, –4, 0, 4 (pour la totalité de l’échantillon) ; –6, –4, –2, 0, 2, 4 (pour l’échantillon de 2021).
  - Axe horizontal (jours) : 0, 3, 6, 9, 12, 15.
- Sources indiquées : estimations des services du FMI basées sur Cerdeiro et al. (2020) ; données du système automatique d’identification recueillies par Marine Traffic.

### Encadré 4.2 — Méthode et portée
- Données utilisées : données mensuelles des douanes françaises sur les importations et exportations des entreprises en 2019 et 2020.
- Objectif : examiner la durée des chocs provoqués par la pandémie de COVID-19 et les marges d’ajustement (intensive vs extensive).
- Conclusion méthodologique : les ajustements sont essentiellement sur la marge intensive (volumes). La France ayant réduit les variétés qu’elle achète, la marge extensive a légèrement contribué à l’ajustement de l’ensemble du commerce, signe de la nature temporaire du choc (Antràs, 2021).

### Encadré 4.3 — Ajustements commerciaux des entreprises à la pandémie de COVID-19 en France : constats détaillés
- Impact par position dans la chaîne d’approvisionnement :
  - Les échanges des entreprises en aval ont été davantage touchés.
  - L’incidence moyenne des confinements imposés par les pays importateurs a été près de neuf fois plus importante sur les entreprises d’exportation vendant des biens aux consommateurs finaux (entreprises en aval) que sur les entreprises vendant des intrants intermédiaires (entreprises en amont).
- Rôle de l’automatisation :
  - Une automatisation accrue est associée à une plus grande résilience.
  - L’incidence des confinements et de la diffusion du virus (mesurée par le nombre de décès attribués à la COVID-19) sur les exportations a été supérieure de près de 67 % pour les entreprises qui ont un faible niveau d’automatisation (graphique 4.3.1, plage 1).
- Rôle des stocks :
  - Les entreprises des secteurs disposant de peu de stocks ont enregistré une contraction des échanges plus prononcée.
  - Les importations des entreprises qui appartiennent aux secteurs avec le niveau de stock le plus bas ont été plus de deux fois plus touchées que celles des entreprises qui appartiennent à des secteurs avec une intensité de stock moyenne (graphique 4.3.1, plage 2).
  - Les entreprises des secteurs avec l’intensité de stock la plus élevée ont vu leurs importations croître.
  - Les exportateurs qui appartiennent à des secteurs à intensité de stock élevée ont enregistré une chute des ventes plus faible (graphique 4.3.1, plage 1), suggérant que les stocks jouent un rôle dans l’absorption des chocs.
- Méthode d’estimation résumée :
  - Chaque barre des graphiques représente les effets moyens pour un groupe d’entreprises donné ; ces effets sont obtenus grâce à une régression des exportations et des importations des entreprises par rapport à l’intensité des mesures de confinement et au nombre de décès imputables à la COVID-19 dans les pays partenaires commerciaux, en interagissant ces variables avec l’indice de positionnement des secteurs en amont/aval, leur ratio stocks/ventes, et l’utilisation de robots industriels par les entreprises.
  - Définition : les secteurs positionnés en aval des chaînes d’approvisionnement sont les plus proches du consommateur final, tandis que les secteurs en position médiane ou en amont se spécialisent dans la production d’intrants intermédiaires.
- Sources citées : Antràs et al. (2012) ; douanes françaises ; Hale et al. (2021) ; calculs des services du FMI.
- Avertissement méthodologique : Les résultats relatifs à l’intensité des stocks sont sensibles au ratio stocks/ventes moyen par secteur.

### Statistiques clés et formules de comparaison (énoncées textuellement)
- "près de neuf fois" (incidence moyenne des confinements : entreprises en aval vs entreprises en amont).
- "supérieure de près de 67 %" (incidence sur les exportations pour entreprises à faible automatisation).
- "plus de deux fois" (importations des entreprises des secteurs avec le niveau de stock le plus bas vs secteurs à intensité de stock moyenne).
- Intervalles de confiance : 95 %.

_Extraits et estimations fournis par les services du Fonds monétaire international, basés sur les sources citées dans le document._

### 2019. Global Health Security Index: Building Collective Action

### 2019. Global Health Security Index: Building Collective Action

### Références et contexte
- Liste de références citées (extraits) : Center for Health Security, Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health (2019. Global Health Security Index: Building Collective Action and Accountability); Carvalho et al. 2021; Caselli et al. 2020; Cerdeiro et al. 2020; Hale et al. 2021; Deloitte 2021; Dingel & Neiman 2020; etc. (références complètes fournies dans le document).
- Le texte apparaît intégré dans l’appendice statistique des Perspectives de l’économie mondiale (PEM), édition Avril 2022, qui contient des données rétrospectives et des projections pour 196 pays et regroupe : hypothèses, modifications récentes, données et conventions, notes sur les pays, classification des pays, documents relatifs aux données, et tableaux statistiques.

### Hypothèses macro‑et financières clés (extraites de l’appendice)
- Taux de change effectifs réels des pays avancés : constants au niveau moyen mesuré durant la période 22 février–22 mars 2022.
- Taux moyens de conversion (dollar/DTS, dollar/euro, yen/dollar) pour 2022 et 2023 :
  - 1,394 et 1,409 pour le taux dollar/DTS
  - 1,114 et 1,130 pour le taux dollar/euro
  - 114,7 et 109,5 pour le taux yen/dollar
- Prix du baril de pétrole : 106,83 dollars en 2022 et 92,63 dollars en 2023.
- Taux d’intérêt (rendement des obligations d’État à trois mois) — moyennes :
  - États‑Unis : 0,9 % en 2022 et 2,4 % en 2023
  - Zone euro : –0,7 % en 2022 et 0,0 % en 2023
  - Japon : 0,0 % en 2022 et 0,1 % en 2023
- Taux d’intérêt (rendement des obligations d’État à dix ans) — moyennes :
  - États‑Unis : 2,6 % en 2022 et 3,4 % en 2023
  - Zone euro : 0,4 % en 2022 et 0,6 % en 2023
  - Japon : 0,3 % en 2022 et 0,4 % en 2023
- Hypothèse générale : les politiques nationales menées à l’heure actuelle ne changeront pas (politique inchangée).

### Modifications récentes à la base de données et exclusions notables
- Équateur : projections pour le secteur budgétaire 2022–27 omises en publication (entretiens en cours).
- Éthiopie : données prévisionnelles réintégrées (précédemment écartées).
- Fidji : données budgétaires et projections présentées par exercice budgétaire.
- Tunisie : projections 2023–27 omises (entretiens techniques en cours).
- Ukraine : projections 2022–27 omises à l’exception du PIB réel (projections du PIB réel jusqu’à 2022).
- Venezuela : réforme monétaire le 1er octobre 2021 (1 000 000 VES → 1 VED).
- Changement méthodologique : à partir d’avril 2022, hypothèses de taux d’intérêt fondées sur rendements obligataires à trois mois et à dix ans (plutôt que sur les taux interbancaires offerts à Londres).

### Données et conventions méthodologiques (points saillants)
- Base : 196 pays ; données établies conjointement par le département des études et les départements géographiques du FMI.
- Normes : SCN 2008 pour la plupart des pays ; alignement également avec MBP6 et MSFP 2014.
- Chiffres composites :
  - Taux de change, taux d’intérêt, expansion des agrégats monétaires : pondérés par le PIB converti en dollars (moyenne des trois années précédentes) en pourcentage du PIB du groupe.
  - Autres variables intérieures : pondérées par le PIB aux PPA en pourcentage du PIB mondial ou du groupe.
  - Moyennes des taux de croissance multianuelles : taux de variation annuelle composés (sauf indication contraire).
- Seuil d’agrégation : chiffres composites calculés pour un groupe si le groupe représente au moins 90 % des pondérations du groupe.
- Période des données : années civiles sauf quelques pays listés (ex. Bangladesh, Inde, etc.) pour lesquels les données sont présentées par exercice budgétaire ; tableau F énumère les pays à période différente.

### Classification des pays (extraits)
- Deux groupes principaux :
  - Pays avancés : 40 pays.
  - Pays émergents et pays en développement : 156 pays.
- Principaux pays avancés (sous‑groupe, G7 listés) : États‑Unis, Japon, Allemagne, France, Italie, Royaume‑Uni, Canada.
- Répartition régionale et analytique fournie (Tableau A, Tableaux B–E) ; exemples de parts (2021) :
  - Pays avancés : 40 pays = 100,0 (part du groupe)
  - États‑Unis : 37 (nombre de pays apparu dans tableau A en tant que part du PIB du groupe avancé)
  - Pays émergents et pays en développement : 156 pays = 100,0 (part du groupe)
  - Par région : Pays émergents et pays en développement d’Asie = 30 pays ; part du PIB du groupe 56,0 (voir Tableau A pour ventilation détaillée).

### Notes sur pays spécifiques (extraits)
- Afghanistan : données et projections 2021–27 omises (FMI a suspendu ses activités auprès du pays).
- Argentine : IPC officiel à partir de décembre 2016 ; ruptures de séries pour IPC et marché du travail documentées ; projections d’inflation influencées par évolution récente des cours mondiaux des produits de base.
- Liban, Libye, Tunisie, Ukraine, Venezuela, Zimbabwe : données et projections affectées par incertitudes politiques/structurelles ; annotations détaillées fournies dans la section « Notes sur les pays ».
- Uruguay : transferts au système public de retraite affectant recettes (1,2 % du PIB en 2018; 1,1 % du PIB en 2019; 0,6 % en 2020; 0,3 % en 2021; 0 % ultérieurement).

### Hypothèses de politique budgétaire et monétaire (extraits d’Encadré A1)
- Hypothèses budgétaires : fondées sur budgets et lois de finances annoncés, ajustées pour différences macroéconomiques entre services du FMI et autorités ; où aucun budget officiel, mesures probables incluses.
- Exemples de pays — hypothèses spécifiques ou sources utilisées :
  - Afrique du Sud : hypothèses reposent sur la révision du budget 2022.
  - Allemagne : projections fondées sur budget prévisionnel 2022 et plan budgétaire fédéral à moyen terme.
  - Arabie saoudite : recettes du pétrole exporté reposent sur hypothèses de cours du pétrole et sur compréhension de la politique d’exportation dans le cadre de l’OPEP+.
  - États‑Unis : projections budgétaires reposent sur le scénario de référence de juillet 2021 du Congressional Budget Office, corrigé pour les hypothèses macroéconomiques du FMI et incorporent plusieurs lois et plans (American Jobs Plan; American Families Plan; Bipartisan Infrastructure Plan; American Rescue Plan; etc.).
- Hypothèses de politique monétaire : fondées sur cadres nationaux ; orientation générale : non‑accommodation cyclique — les taux augmentent si l’inflation dépasse la cible.
  - Exemples : Afrique du Sud (inflation maintenue dans 3 %–6 %), Arabie saoudite (rattachement au dollar), Chine (policy légèrement restrictive en 2021 puis légèrement accommodante en 2022), États‑Unis (attentes que le comité ajuste le taux cible en fonction des perspectives macroéconomiques).

### Projections macroéconomiques et indicateurs clés (extraits des tableaux A1–A15)
- Croissance du PIB réel (Tableau A1 — variations annuelles en pourcentage) :
  - Monde : 2021 = 6,1; 2022 = 3,6; 2023 = 3,6
  - Pays avancés : 2021 = 5,2; 2022 = 3,3; 2023 = 2,4
  - États‑Unis : 2021 = 5,7; 2022 = 3,7; 2023 = 2,3
  - Zone euro : 2021 = 5,2; 2022 = 3,2; 2023 = 1,3
  - Japon : 2021 = 1,6; 2022 = 2,4; 2023 = 0,4
  - Pays émergents et pays en développement : 2021 = 6,8; 2022 = 3,8; 2023 = 4,4
- Production mondiale (valeur) :
  - Aux cours de change : 2021 = 96 293 (milliards de dollars), 2022 = 103 867, 2023 = 110 751, 2027 = 136 384
  - Sur la base des PPA : 2021 = 146 124; 2022 = 160 244; 2023 = 170 830; 2027 = 211 530
- Inflation (Tableau A5 — déflateurs du PIB et IPC) :
  - IPC — Pays avancés : 2021 = 3,1; 2022 = 5,7; 2023 = 2,5
  - IPC — Pays émergents et pays en développement : 2021 = 5,2; 2022 = 9,7; 2023 = 6,5
- Commerce mondial (Tableau A9) :
  - Volume total commerce de biens et services : 2021 = 10,1 (variation en %), 2022 = 5,0, 2023 = 4,4
  - Déflateur des prix en dollars (commerce global) : 2021 = 7,8; 2022 = 0,6
- Solde budgétaire et dette (Tableau A8 — principaux pays avancés, en % du PIB) — exemples :
  - Principaux pays avancés : prêt/emprunt (net) moyen historique –5,3; 2020 = –11,9; 2021 = –8,4; 2022 = –4,9; 2023 = –3,3
  - États‑Unis : dette nette 2021 = 98,7; dette brute 2021 = 132,6 (valeurs de tableaux A8)
  - Japon : dette nette 2021 = 151,4; dette brute (non consolidée) 2021 = 236,1 (valeurs détaillées)
- Scénario de référence à moyen terme (Tableau A15 — récapitulation) :
  - PIB réel mondial : 2021 = 6,1; 2022 = 3,6; 2023 = 3,6; moyenne 2024–27 = 3,3
  - Commerce mondial (volume) : moyenne 2020–23 = 5,0; moyenne 2024–27 = 2,7
  - Prix mondiaux (pétrole) : variation (moyenne) 2020 = 67,3; 2021 = 54,7; 2022 = –13,3

### Observations analytiques et implications (extraits d’annotations et encadrés)
- Les projections reposent sur l’hypothèse d’une poursuite des politiques actuelles ; forte incertitude liée à la guerre en Ukraine, à la pandémie persistante et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement.
- La guerre en Ukraine affecte marchés de produits de base, confiance, échanges et système financier — justifie une révision à la baisse des perspectives mondiales et alimente des pressions inflationnistes (examen directeur du document).
- Priorités publiques divergeront selon pays : dans beaucoup de pays, les aides doivent cibler les plus vulnérables ; nécessité d’un cadre budgétaire à moyen terme solide pour concilier besoins urgents et viabilité de la dette.
- Politique monétaire : nécessité d’agir pour éviter l’ancrage durable d’une inflation élevée ; les banques centrales doivent resserrer leur orientation dans de nombreux pays avancés et émergents.
- Système financier : la guerre accroît les risques pour la stabilité financière (durcissement des conditions financières mondiales, potentielle fragmentation des marchés, vulnérabilités liées aux liens banques–États, cryptoactifs et cybersécurité) ; appel au renforcement des outils macroprudentiels et des normes globales.
- Coopération multilatérale : jugée essentielle pour : répondre aux crises humanitaires, préserver la liquidité mondiale, traiter les situations de surendettement, garantir la sécurité alimentaire, atténuer et s’adapter au changement climatique, et mettre fin à la pandémie.

### Principales recommandations et priorités de politique (synthèse des messages du document)
- Fiscal :
  - Cibler aides publiques sur les plus vulnérables et sur priorités (santé, sécurité alimentaire, transition énergétique).
  - Maintenir/mettre en place un cadre budgétaire à moyen terme crédible (hiérarchisation des dépenses, renforcement des recettes) pour préserver viabilité de la dette.
- Monétaire :
  - Agir résolument pour prévenir l’ancrage d’une inflation élevée — resserrement là où nécessaire.
  - Maintenir transparence et communication claire pour préserver ancrage des anticipations.
- Macroprudentiel et financier :
  - Surveiller liens banques–États, risques de fragmentation, cryptoactifs et finance décentralisée.
  - Renforcer normes internationales et stratégie multiforme sur cryptoactifs et sécurité financière.
- Multilatéral :
  - Renforcer la coopération internationale pour l’assistance en liquidité, restructurations de dette rapides et ordonnées, sécurité alimentaire, accès aux vaccins/vaccination, et action climatique (COP26 feuille de route).
- Mesures d’urgence :
  - Préparer des outils (interventions sur change, gestion flux de capitaux) pour faire face à sorties de capitaux dans pays émergents, conformément à la Vue institutionnelle du FMI ; utiliser ces outils sans substituer à l’ajustement macroéconomique.

*Source : Extraits de l’appendice statistique et des encadrés de "Perspectives de l’économie mondiale : La guerre entrave la reprise de l’économie mondiale", Fonds monétaire international, Avril 2022 (texte fourni).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2022/april/french/textf.pdf_
