## Introduction

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### Conclusions et perspectives macroéconomiques — chiffres clés
- Croissance mondiale : 3,2 percent en 2022 et 2,7 percent en 2023.
- Ralentissement : 0,2 point de pourcentage de moins que selon les prévisions de juillet.
- Risque de faible croissance : probabilité de 25 percent que la croissance mondiale passe sous la barre des 2 percent.
- Part du monde en contraction : plus d’un tiers de l’économie mondiale se contractera en 2022 ou 2023.
- Profil de croissance récent : baisse de 6,0 percent en 2021 à 3,2 percent en 2022 et 2,7 percent en 2023.
- Inflation mondiale : 4,7 percent en 2021 ; 8,8 percent en 2022 ; 6,5 percent en 2023 ; 4,1 percent en 2024.
- Période de données : estimations et projections fondées sur les statistiques disponibles au 26 septembre 2022.

### Chocs géopolitiques, énergie et effets sur l’offre
- Effet de la guerre en Ukraine : grave crise énergétique en Europe, hausse mondiale des prix alimentaires.
- Livraisons de gaz russe : ramenées à moins de 20 percent de leur niveau de 2021.
- Prix du gaz en Europe : plus que quadruplés depuis 2021.
- Conséquences prévues : risques de pénuries d’énergie en Europe l’hiver prochain et un possible hiver 2023 plus difficile.
- Prix moyen du baril (hypothèses générales) : 98,19 dollars le baril en 2022 et 85,52 dollars le baril en 2023.

### Conditions financières et vulnérabilités externes (hypothèses et indicateurs)
- Rendement des obligations d’État à trois mois (moyenne) :
  - États-Unis 1,8 percent en 2022 et 4,0 percent en 2023;
  - zone euro –0,2 percent en 2022 et 0,8 percent en 2023;
  - Japon –0,1 percent en 2022 et 0,0 percent en 2023.
- Rendement des obligations d’État à dix ans (moyenne) :
  - États-Unis 3,2 percent en 2022 et 4,4 percent en 2023;
  - zone euro 0,9 percent en 2022 et 1,3 percent en 2023;
  - Japon 0,2 percent en 2022 et 0,3 percent en 2023.
- Écarts de rendement : en Afrique subsaharienne, les écarts de rendement de plus des deux tiers des obligations souveraines ont dépassé 700 points de base en août 2022.
- Appréciation du dollar : dollar à son plus haut niveau depuis le début de la première décennie 2000; appréciation d’environ 13 percent en termes effectifs nominaux en septembre par rapport à la moyenne en 2021.

### Risques macroéconomiques élevés
- Principaux risques à la baisse : divergence croissante des politiques des grandes économies; nouvelles flambées des prix de l’énergie et des denrées alimentaires; aggravation de la crise immobilière en Chine avec contagion au secteur bancaire; résurgence de la COVID-19; fragmentation géopolitique entravant le commerce et la coopération climatique.
- Probabilité d’un scénario sévère : probabilité d’un décrochage de la croissance mondiale sous 2,0 percent à un horizon d’un an d’environ 25 percent (dixième centile depuis 1970).
- Scénario pessimiste (agrégé) : activité mondiale inférieure de 1,5 point de pourcentage en 2023 et de 1,6 point de pourcentage en 2024 par rapport au scénario de référence dans l’exercice de stress décrit.

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### Inflation, marchés du travail et réponses des banques centrales
- Inflation : exemples régionaux et pays
  - États-Unis : 8,1 percent en 2022 ; 3,5 percent en 2023.
  - Zone euro : 8,3 percent en 2022 ; 5,7 percent en 2023.
  - Royaume-Uni : inflation annuelle de 9,9 percent (niveau cité).
  - Pays émergents et pays en développement : inflation estimée à 10,1 percent au deuxième trimestre de 2022 ; pic attendu à 11,0 percent au troisième trimestre.
  - Inflation sous-jacente mondiale (hors alimentation et énergie) : attendue à 6,6 percent (niveau mondial d’un quatrième trimestre à l’autre).
- Salaires nominaux : mettent du temps à augmenter face à l’inflation, ce qui fait baisser les salaires réels et agit comme amortisseur de la demande.
- Réponse des banques centrales :
  - Réserve fédérale (États-Unis) : taux cible des fonds fédéraux augmenté de 3 points de pourcentage depuis le début de 2022 ; nouvelles hausses probables.
  - Banque d’Angleterre : taux directeur relevé de 2 points de pourcentage depuis le début de l’année.
  - Banque centrale européenne : taux directeur augmenté de 1,25 point de pourcentage cette année.
- Situation des taux réels : malgré ces hausses, dans la plupart des cas les taux directeurs réels restent inférieurs au niveau qu’ils avaient avant la pandémie.
- Effets macro‑financiers observés : ralentissement des marchés du logement, perte de vigueur des marchés de l’emploi, hausse des taux d’intérêt et des écarts de rendement sur la courbe, marchés financiers volatils.

### Observations spécifiques sur transmission salaires → prix (résultats empiriques)
- Encadré 2.1 (États-Unis) : transmission des salaires aux prix
  - Méthode : matrices d’entrées–sorties pour 73 sous‑composantes de l’indice PCE.
  - Estimations : réponse impulsionnelle des prix aux modifications des salaires d’environ 10% aux prix des services après cinq trimestres.
  - Transmission aux prix des biens : aucune transmission mesurable.
  - Transmission plus élevée lorsque la croissance des salaires ≥ 3,9 percent (75e centile) : jusqu’à 20 percent sur les prix des services.

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### Recommandations de politique publique — actions prioritaires
- Politique monétaire
  - Maintenir la priorité sur la maîtrise de l’inflation et rétablir la stabilité des prix.
  - Eviter les erreurs de calibration : agir promptement et fermement pour prévenir un désancrage des anticipations d’inflation.
- Politique budgétaire
  - Priorité aux transferts ciblés et temporaires pour protéger les groupes vulnérables face à la crise du coût de la vie.
  - Éviter les subventions non ciblées, les réglementations strictes des prix et les interdictions d’exporter.
  - Reconstituer les volants budgétaires dans les pays où la pandémie recule bien.
  - Si un soutien budgétaire généralisé est nécessaire, l’inscrire dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible.
  - Investir pour renforcer la capacité productive : capital humain, transformation numérique, énergie verte, diversification des chaînes d’approvisionnement.
- Politiques pour pays émergents et à faible revenu
  - Améliorer sans délai les volants de liquidité en sollicitant l’accès aux instruments de précaution du FMI, pour les pays admissibles.
  - Mettre en place des mesures macroprudentielles préventives et, le cas échéant, des mesures relatives aux flux de capitaux selon le cadre stratégique intégré.
  - Accélérer les améliorations des cadres de résolution de la dette : restructuration ordonnée des dettes souveraines dans le cadre commun du Groupe des Vingt.
- Politique énergétique et climatique
  - Planifier et coordonner l’action budgétaire face à une crise énergétique qui n’est pas transitoire.
  - Mettre en place des signaux de prix appropriés pour réduire la demande et stimuler l’offre.
  - Poursuivre une transition crédible et sans retard vers une économie bas-carbone : investissements progressifs sur huit prochaines années pour maîtriser le coût macroéconomique et réduire les risques climatiques.
- Politiques multilatérales
  - Renforcer la coopération multilatérale pour éviter une fragmentation géoéconomique nuisant aux échanges commerciaux, aux flux de capitaux et à la coopération climatique.

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### Incertitude, scénarios et canaux d’impact
- Incertitude des projections (méthodologie)
  - Intervalles d’incertitude construits à l’aide du modèle G20MOD du FMI; variantes avec pondération accrue d’épisodes passés (ex. 1982).
  - Scénario pessimiste construit par superposition de couches de choc (hausse du pétrole, secteur immobilier chinois, baisse du potentiel, resserrement financier).
- Hypothèses quantitatives du scénario pessimiste (effets 2023)
  - Monnaies des pays émergents en 2023 :
    - Dépréciation de 10 percent dans les pays émergents hors Asie.
    - Dépréciation de 5 percent dans les pays émergents d’Asie (Chine comprise).
  - Primes de risque en 2023 (augmentations moyennes) :
    - Pays émergents (hors Chine) : plus de 200 points de base pour les primes de risque souverain.
    - Entreprises (pays émergents hors Chine) : environ 80 points de base d’augmentation.
    - Entreprises (pays avancés) : environ 100 points de base d’augmentation.
- Incidence agrégée (écarts par rapport au scénario de référence)
  - Hausse des cours du pétrole en 2023 : réduit le niveau du PIB mondial d’environ 0,5 point de pourcentage.
  - Difficultés du secteur immobilier en Chine en 2023 : réduisent la production mondiale d’environ 0,3 point de pourcentage.
  - Baisse du potentiel de production (marchés du travail) : production mondiale inférieure d’environ 0,3 point de pourcentage en 2023.
  - Resserrement des conditions financières : nuit considérablement à l’activité mondiale (0,5 point de pourcentage en 2023).
  - Effet cumulé sur l’inflation : environ +1,3 point de pourcentage en 2023 ; environ −1 point de pourcentage en 2024 par rapport au scénario de référence lorsque toutes les couches sont additionnées.
- Scénario pessimiste — croissance mondiale : 1,1 percent en 2023 (15e centile de la distribution).

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### Décarbonation : coûts à court terme et conception des politiques (chapitre 3 résumé)
- Objectif de politique : réduire les émissions mondiales d’au moins 25 percent d’ici 2030 par rapport aux niveaux actuels.
- Modèle utilisé : MMMTE (Modèle macroéconomique mondial pour la transition énergétique) ; scénarios sur huit ans visant −25 percent d’émissions.
- Principales conclusions quantitatives (calibrage de référence)
  - Croissance mondiale pourrait diminuer de 0,15 à 0,25 point de pourcentage par an.
  - Inflation pourrait augmenter de 0,1 à 0,4 point de pourcentage.
  - Pour la Chine, l’Europe et les États‑Unis, recul de la croissance du PIB de l’ordre de 0,05 à 0,20 point de pourcentage par an.
- Élasticités plus faibles → coûts macroéconomiques doublent pour scénarios comparables.
- Différer l’action :
  - Report nécessite des hausses de taxes sur les GES plus élevées et rapides; réaction inflationniste environ trois fois plus forte; éviter cette inflation exigerait sacrifier approximativement 1 percent du PIB sur quatre ans.
- Rôle du recyclage des recettes
  - Recycler vers allégement de la fiscalité du travail atténue les distorsions et stimule l’offre de travail.
  - Recycler en subventions à l’investissement vert réduit la taxe nécessaire et les coûts en inflation.
  - Transferts aux ménages à faible revenu améliorent acceptabilité mais peuvent pénaliser la production.
- Crédibilité des politiques
  - Crédibilité parfaite réduit taxes nécessaires et pertes de PIB.
  - Crédibilité partielle : réduction des émissions environ 20 percent moindre et pertes de PIB plus importantes (exemples : États‑Unis PIB recule de 1,0 percent au lieu de 0,6 percent; zone euro 1,0 percent au lieu de 0,5 percent; Chine 1,2 percent au lieu de 0,6 percent).
- Messages de politique : agir sans délai; concevoir politiques crédibles, progressives et avec recyclage efficace des recettes; coordonner internationalement pour limiter fuites et réduire coûts.

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### Appendice statistique — hypothèses et tableaux clés (sélection)
- Données à la date : informations disponibles au 26 septembre 2022.
- Taux de conversion moyens utilisés :
  - dollar/DTS : 1,346 (2022) et 1,330 (2023).
  - dollar/euro : 1,057 (2022) et 1,025 (2023).
  - yen/dollar : 128,4 (2022) et 129,3 (2023).
- Prix du pétrole (moyenne du baril) : 98,19 dollars en 2022 ; 85,52 dollars en 2023.
- Scénario de référence — PIB réel mondial (variations annuelles en pourcentage) :
  - 2020 : –3,06
  - 2021 : 6,03
  - 2022 : 3,22
  - 2023 : 2,73
- Principaux tableaux (extraits) :
  - Production mondiale (variation en pourcentage) : 2021 : 6,0 ; 2022 : 3,2 ; 2023 : 2,7.
  - Inflation mondiale (prix à la consommation, hors Venezuela) : 2021 : 4,7 ; 2022 : 8,8 ; 2023 : 6,5.
  - Commerce mondial (variation en pourcentage du volume) : 2021 : 10,1 ; 2022 : 4,3 ; 2023 : 2,5.
- Recommandations résumées de l’appendice :
  - Maintenir la crédibilité des banques centrales et normaliser la politique monétaire.
  - Prioriser mesures budgétaires ciblées pour ménages vulnérables.
  - Renforcer coopération internationale : provision de liquidités d’urgence, transparence de la dette, mécanismes de restructuration ordonnée, financement climatique pour PEPD.

*Source: text - Introduction (PDF chapter/section) — https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2022/october/french/text.pdf*

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Sections and themes (table of contents entries)
- Introduction — 53
- Épisodes similaires dans l’histoire récente — 56
- Déterminants des salaires lors du choc de la COVID-19 et de la reprise post-pandémie — 58
- Désancrage de l’inflation — anticipations et politique publique — 63

### Conclusions and supporting material
- Conclusions — 68
- Encadré 2.1. Transmission des salaires aux prix — estimations réalisées à partir des résultats pour les États-Unis — 70
- Bibliographie — 71

### Lien avec le chapitre suivant
- Chapitre 3. Impact macroéconomique à court terme des politiques de décarbonation — 73
- Introduction (Chapitre 3) — 73
- Décarbonation de l’économie : le temps est venu d’agir de manière crédible — 76
- Des politiques climatiques permettant d’atteindre les objectifs de Paris — 77
- Crédibilité des politiques : le facteur clé d’une transition réussie — 83
- Coûts de la transition en cas de nouveaux reports des mesures — 86

*Source: text - Introduction (PDF chapter/section) — https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2022/october/french/text.pdf*

### Conclusions et conséquences pour l’action des pouvoirs publics 87

### Conclusions et conséquences pour l’action des pouvoirs publics 87

### Perspectives macroéconomiques et chiffres clés
- Croissance mondiale : 3,2 percent en 2022 et 2,7 percent en 2023.
- Ralentissement : 0,2 point de pourcentage de moins que selon les prévisions de juillet.
- Risque de faible croissance : probabilité de 25 percent que la croissance mondiale passe sous la barre des 2 percent.
- Part du monde en contraction : plus d’un tiers de l’économie mondiale se contractera en 2022 ou 2023.
- Profil de croissance récent : baisse de 6,0 percent en 2021 à 3,2 percent en 2022 et 2,7 percent en 2023.
- Inflation mondiale : bond de 4,7 percent en 2021 à 8,8 percent en 2022, puis 6,5 percent en 2023 et 4,1 percent en 2024.
- Période de données : estimations et projections fondées sur les statistiques disponibles au 26 septembre 2022.

### Chocs géopolitiques et énergétiques
- Effet de la guerre en Ukraine : grave crise énergétique en Europe, hausse mondiale des prix alimentaires.
- Livraisons de gaz russe : ramenées à moins de 20 percent de leur niveau de 2021.
- Prix du gaz en Europe : plus que quadruplés depuis 2021.
- Conséquences prévues : risques de pénuries d’énergie en Europe l’hiver prochain et un possible hiver 2023 plus difficile.

### Inflation, politique monétaire et marché du travail
- Pressions inflationnistes persistantes ont déclenché un durcissement rapide et synchronisé des conditions monétaires.
- Objectif des banques centrales : recentrer la politique monétaire sur la stabilité des prix.
- Risques de calibration : danger d’un resserrement insuffisant (désancrage des anticipations d’inflation) ou excessif (récession inutilement sévère).
- Situation du marché du travail : marchés du travail tendus dans plusieurs pays (taux de chômage historiquement bas et postes vacants nombreux), ce qui peut limiter les effets immédiats sur l’emploi malgré l’inflation.
- Appréciation du dollar : dollar à son plus haut niveau depuis le début de la première décennie 2000, intensifiant les pressions sur les pays émergents et en développement.

### Conditions financières et vulnérabilités externes
- Rendements et hypothèses des marchés (hypothèses générales du rapport) : cours moyen du baril de pétrole de 98,19 dollars le baril en 2022 et de 85,52 dollars le baril en 2023; rendement des obligations d’État à trois mois (moyenne) : États-Unis 1,8 percent en 2022 et 4,0 percent en 2023; zone euro –0,2 percent en 2022 et 0,8 percent en 2023; Japon –0,1 percent en 2022 et 0,0 percent en 2023; rendement des obligations d’État à dix ans (moyenne) : États-Unis 3,2 percent en 2022 et 4,4 percent en 2023; zone euro 0,9 percent en 2022 et 1,3 percent en 2023; Japon 0,2 percent en 2022 et 0,3 percent en 2023.
- Écarts de rendement : en Afrique subsaharienne, les écarts de rendement de plus des deux tiers des obligations souveraines ont dépassé 700 points de base en août 2022.
- Conséquences : appréciation du dollar accroît coût des importations et exerce des pressions sur les prix intérieurs des pays émergents et en développement ; mouvements de capitaux non rétablis ; risque de vague de surendettement.

### Recommandations de politique publique
- Politique monétaire :
  - Maintenir la priorité sur la maîtrise de l’inflation et rétablir la stabilité des prix.
  - Eviter les erreurs de calibration : agir promptement et fermement pour prévenir un désancrage des anticipations d’inflation.
- Politique budgétaire :
  - Priorité aux transferts ciblés et temporaires pour protéger les groupes vulnérables face à la crise du coût de la vie.
  - Éviter les subventions non ciblées, les réglementations strictes des prix et les interdictions d’exporter, car elles créent une demande excédentaire, une offre insuffisante et des inefficacités (rationnement, primes au marché noir).
  - Reconstituer les volants budgétaires dans les pays où la pandémie recule bien.
  - Si un soutien budgétaire généralisé est nécessaire, l’inscrire dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible.
  - Investir pour renforcer la capacité productive : capital humain, transformation numérique, énergie verte, diversification des chaînes d’approvisionnement.
- Politiques pour pays émergents et à faible revenu :
  - Améliorer sans délai les volants de liquidité en sollicitant l’accès aux instruments de précaution du FMI, pour les pays admissibles.
  - Mettre en place des mesures macroprudentielles préventives et, le cas échéant, des mesures relatives aux flux de capitaux selon le cadre stratégique intégré.
  - Accélérer les améliorations des cadres de résolution de la dette : restructuration ordonnée des dettes souveraines dans le cadre commun du Groupe des Vingt pour éviter une vague de crises de la dette.
- Politique énergétique et climatique :
  - Planifier et coordonner l’action budgétaire face à une crise énergétique qui n’est pas transitoire.
  - Mettre en place des signaux de prix appropriés pour réduire la demande et stimuler l’offre.
  - Poursuivre une transition crédible et sans retard vers une économie bas-carbone : investissements progressifs sur huit prochaines années pour maîtriser le coût macroéconomique et réduire les risques climatiques.
- Politiques multilatérales :
  - Renforcer la coopération multilatérale pour éviter une fragmentation géoéconomique qui nuirait aux échanges commerciaux, aux flux de capitaux et à la coopération climatique.

### Risques et scénarios
- Risques à la baisse élevés : divergence croissante des politiques des grandes économies, nouvelles flambées des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, aggravation de la crise immobilière en Chine avec contagion au secteur bancaire, résurgence de la COVID-19, fragmentation géopolitique entravant le commerce et la coopération climatique.
- Probabilité d’un scénario sévère : la probabilité d’un décrochage de la croissance mondiale sous 2,0 percent à un horizon d’un an est d’environ 25 percent (dixième centile depuis 1970).
- Effets économiques des réponses climatiques : mesures de lutte contre le changement climatique pourraient avoir de légères conséquences néfastes sur l’activité et l’inflation à court terme, mais demeurent nettement préférables aux coûts catastrophiques de l’inaction.

*Source : Perspectives de l’économie mondiale : Riposter à la crise du coût de la vie, Fonds monétaire international, Octobre 2022.*

### 1. Indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier

### 1. Indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier

### Indicateurs de confiance et de production
- Indice des directeurs d’achat : dans la plage 1, un indice supérieur à 50 indique une expansion.
- Scores z normalisés : les valeurs indiquées dans les plages 2 (confiance des consommateurs) et 3 (confiance des entreprises) sont des scores z normalisés.
- Sources des indicateurs : Haver Analytics ; calculs des services du FMI.

### Changements de cycle de la politique monétaire (G20)
- Graphique présenté : nombre de hausses et de baisses des taux directeurs dans les pays du G20.
- Groupes analysés : PA = pays avancés ; PE = pays émergents.
- Source du graphique : Bloomberg Finance L.P. ; calculs des services du FMI.

### Écarts de rendement sur les obligations souveraines des PEPD
- Mesure : écarts de rendement (en points de base) pour PEPD d’Asie, AfSS, PEPD d’Europe, MOAC, ALC.
- Note méthodologique : rectangles = quartile supérieur, la médiane et quartile inférieur ; segments verticaux = valeurs maximale et minimale bornant un intervalle de longueur 1,5 fois l’écart interquartile. L’axe des ordonnées n’indique pas de valeur supérieure à 2 500 points de base.
- Légende : AfSS = Afrique subsaharienne ; ALC = Amérique latine et Caraïbes ; MOAC = Moyen-Orient et Asie centrale ; PEPD = pays émergents et pays en développement.
- Sources : Bloomberg Finance L.P. ; calculs des services du FMI.

### Perspectives de croissance mondiale (extraits)
- Prévision 2022 : croissance de l’économie mondiale de 3,2 percent par rapport à 2021.
- Répartition 2022 : pays avancés 2,4 percent ; pays émergents et pays en développement 3,7 percent.
- Prévision 2023 : économie mondiale 2,7 percent ; pays avancés 1,1 percent ; pays émergents et pays en développement 3,7 percent.
- Trois facteurs déterminants : orientation de la politique monétaire face à l’inflation élevée ; impact de la guerre en Ukraine ; effets durables des confinements et perturbations des chaînes d’approvisionnement liés à la pandémie.

### Inflation : niveaux, dynamique et canaux
- États-Unis : inflation d’août plus élevée de 8,3 percent par rapport à un an plus tôt.
- Zone euro : inflation atteignant 10 percent en septembre.
- Royaume-Uni : inflation annuelle de 9,9 percent.
- Pays émergents et pays en développement : inflation estimée à 10,1 percent au deuxième trimestre de 2022 ; pic attendu à 11,0 percent au troisième trimestre (taux le plus élevé depuis 1999).
- Inflation sous-jacente mondiale : inflation hors alimentation et énergie attendue à 6,6 percent (niveau mondial d’un quatrième trimestre à l’autre).
- Contribution régionale : en Europe, prix de l’énergie et des produits alimentaires représentent deux tiers environ de la hausse de l’inflation globale.
- Remarque sur salaires : en moyenne, les salaires nominaux mettent du temps à augmenter face à l’inflation, ce qui fait baisser les salaires réels et agit comme amortisseur de la demande.
- Sources de données et calculs : Haver Analytics ; calculs des services du FMI ; FMI, base de données sur les indices de prix à la consommation.

### Moteurs de l’inflation et erreurs de prévision
- Principaux moteurs récents : chocs volatils sur les prix de l’énergie et de l’alimentation, mais l’inflation sous-jacente devient un moteur essentiel.
- Erreurs de prévision : hausses inattendues de l’inflation depuis 2021 ; corrélation positive entre erreurs de prévision de la production et de l’inflation en 2021 et 2022 (relation plus étroite en 2021).
- Rôle des chaînes d’approvisionnement : engorgements et pénuries de main-d’œuvre ont accru le rôle des chocs sur l’offre en 2022.
- Marges des entreprises : la dynamique récente des marges n’indique pas qu’elles contribuent de façon significative à l’inflation actuelle ; des marges élevées peuvent réduire la probabilité de spirales prix–salaires persistantes.

### Réponse des banques centrales
- Réserve fédérale (États-Unis) : taux cible des fonds fédéraux augmenté de 3 points de pourcentage depuis le début de 2022 ; nouvelles hausses probables.
- Banque d’Angleterre : taux directeur relevé de 2 points de pourcentage depuis le début de l’année.
- Banque centrale européenne : taux directeur augmenté de 1,25 point de pourcentage cette année.
- Situation des taux réels : malgré ces hausses, dans la plupart des cas les taux directeurs réels restent inférieurs au niveau qu’ils avaient avant la pandémie.
- Effets macro‑financiers : retrait de la politique monétaire accommodante a entraîné premiers signes de ralentissement des marchés du logement (en particulier aux États-Unis), perte de vigueur des marchés de l’emploi, et hausse des taux d’intérêt et des écarts de rendement sur toute la courbe des taux, rendant les marchés financiers volatils.

### Prix des denrées alimentaires et des combustibles
- Tendances générales : prix à terme des produits alimentaires ont diminué (graphique 1.4) ; initiative céréalière de la mer Noire laisse espérer une amélioration de l’offre dans les mois prochains.
- Indicateurs suivis : indice gaz naturel (associe indices européen, japonais et américain) ; cours du brut (Brent) ; blé.
- Source du graphique : calculs des services du FMI.
- Note : PEM = Perspectives de l’économie mondiale.

### Choc climatique et températures extrêmes
- Observations récentes : vagues de chaleur et de sécheresse extrêmes en 2022 rappelant la menace à court terme du changement climatique sur la productivité agricole.
- Mesure présentée : températures terrestres médianes (degrés Celsius ; écarts par rapport aux normales 1960–91) pour les 10 pays les plus chauds par mois.
- Sources : Osborn et al., (2021) ; calculs des services du FMI.

### Vulnérabilités et impact sur les ménages pauvres
- Effets différenciés : l’inflation touche tous les pays mais frappe plus violemment les pays en développement et les groupes à faibles revenus.
- Poids de l’alimentation : dans ces pays, les ménages peuvent consacrer jusqu’à la moitié de leurs dépenses de consommation à l’alimentation, augmentant l’impact sur la santé humaine et le niveau de vie.
- Stocks et importations de blé : indicateurs présentés — stocks de blé en pourcentage de la consommation annuelle totale ; part du blé consommé d’origine importée. Note méthodologique : la part des importations peut dépasser 100 percent du fait de l’accumulation des stocks et des réexportations.
- Sources : ministère de l’Agriculture des États-Unis, service agricole pour l’étranger ; Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ; calculs des services du FMI.

*Fonds monétaire international | Octobre 2022*

### 1. Pays avancés

### 1. Pays avancés

### Impact économique de la guerre en Ukraine et chocs d’offre
- L’Union européenne a imposé un embargo sur les importations de charbon en août 2022 et annoncé une interdiction du transport par voie maritime du pétrole russe à la fin de 2022, ainsi que des services d’assurance du transport maritime.
- Le volume de gaz russe acheminé par gazoduc vers l’Europe a été ramené à 20 % environ de son niveau d’il y a un an, contribuant à la forte hausse des cours du gaz naturel.
- Conséquences observées en Europe :
  - augmentation des prix de l’énergie;
  - érosion de la confiance des consommateurs;
  - ralentissement de la dynamique de l’industrie manufacturière en raison des perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement et de la hausse du coût des facteurs de production.
- Les pays voisins (pays baltiques et États d’Europe orientale) ont été les plus affectés, avec un fort ralentissement de la croissance aux deuxième et troisième trimestres et une flambée de l’inflation.
- L’économie russe s’est contractée de 21,8 % au deuxième trimestre (taux trimestriel annualisé), malgré la résistance des exportations de pétrole brut et des exportations hors énergie.
- À l’échelle mondiale, la guerre a élevé les prix des produits alimentaires; malgré un accord récent de la mer Noire sur les exportations de céréales, les cours mondiaux des produits alimentaires restent élevés.

### Effets persistants de la COVID-19
- Les confinements en Chine (notamment à Shanghai) ont contribué à une contraction au deuxième trimestre, réduisant les nouvelles commandes dans l’indice des directeurs d’achat et faisant chuter l’utilisation des capacités industrielles à moins de 76 % au deuxième trimestre (plus bas en cinq ans hors phase aiguë de la pandémie).
- Ces perturbations en Chine se propagent internationalement via la baisse de la demande et des exportations pour les fournisseurs étrangers, et retardent le désengorgement des chaînes d’approvisionnement.
- La résurgence de variants menace la reprise dans d’autres régions, en particulier en Afrique subsaharienne où le taux de vaccination est d’environ 26 % contre environ 66 % dans d’autres régions.
- En moyenne, 2 % seulement de la population des pays africains a reçu des injections de rappel, comparé à entre un tiers et la moitié de la population dans d’autres continents.
- Ces faibles taux de vaccination contribuent à une croissance du PIB réel par habitant en Afrique subsaharienne inférieure à celle des pays avancés en 2022.

### Prévisions mondiales et hypothèses centrales
- Hypothèses importantes du scénario de référence :
  - absence d’une nouvelle forte réduction des flux de gaz naturel en provenance de Russie vers l’Europe en 2022, en plus de la baisse actuelle de 80 % par rapport à un an plus tôt;
  - anticipations d’inflation à long terme qui restent stables;
  - durcissement de la politique monétaire désinflationniste n’entraînant pas une récession généralisée ni des ajustements désordonnés des marchés financiers internationaux.
- Le rapport présente un scénario de référence et un scénario pessimiste (encadré 1.3) pour tenir compte de l’incertitude.

### Croissance mondiale : chiffres clés
- Croissance mondiale prévue :
  - 2021 : 6,0 %
  - 2022 : 3,2 %
  - 2023 : 2,7 %
- Ces prévisions pour 2023 sont inférieures de 0,2 point de pourcentage à la Mise à jour des PEM de juillet 2022.
- La croissance mondiale moyenne historique était de 3,6 % en 2000–21 (et 1970–2021).

### Perspectives pour les pays avancés (agrégées)
- Croissance des pays avancés :
  - 2021 : 5,2 %
  - 2022 : 2,4 %
  - 2023 : 1,1 %
- Révisions à la baisse par rapport à la Mise à jour des PEM de juillet 2022 : –0,1 point de pourcentage pour 2022 et –0,3 point de pourcentage pour 2023.
- Le ralentissement et les révisions à la baisse sont concentrés sur les États-Unis et les pays européens.

### États-Unis (points saillants)
- Croissance prévue aux États-Unis :
  - 2021 : 5,7 %
  - 2022 : 1,6 %
  - 2023 : 1,0 %
- Aucune croissance enregistrée en 2022 en comparant les quatrièmes trimestres.
- La croissance de 2022 a été revue à la baisse de 0,7 point de pourcentage depuis juillet en raison de la contraction inattendue du PIB réel au deuxième trimestre.
- La baisse du revenu disponible réel continue de freiner la demande.

### Résultats trimestriels et risques de contraction
- Environ 43 % des pays pour lesquels on dispose de prévisions trimestrielles (31 sur 72) devraient connaître une contraction technique (baisse du PIB deux trimestres consécutifs) à un moment en 2022–23, représentant plus du tiers du PIB mondial (graphique 1.14).
- Les projections au quatrième trimestre sur quatrième trimestre indiquent une contraction sensible : 1,7 % en 2022 et 2,7 % en 2023 (tableau 1.1).

### Tableaux synthétiques (extraits de Tableau 1.1 et notes sélectionnées)
- Production mondiale (variation en pourcentage) :
  - 2021 : 6,0
  - 2022 : 3,2
  - 2023 : 2,7
  - Différence par rapport à la Mise à jour des PEM de juillet 2022 : 2022 : 0,0; 2023 : –0,2
- Pays avancés (variation en pourcentage) :
  - 2021 : 5,2
  - 2022 : 2,4
  - 2023 : 1,1
  - Différence par rapport à la Mise à jour des PEM de juillet 2022 : 2022 : –0,1; 2023 : –0,3
- États-Unis (variation en pourcentage) :
  - 2021 : 5,7
  - 2022 : 1,6
  - 2023 : 1,0
  - Différence par rapport à la Mise à jour des PEM de juillet 2022 : 2022 : –0,7; 2023 : 0,0
- Zone euro (variation en pourcentage) :
  - 2021 : 5,2
  - 2022 : 3,1
  - 2023 : 0,5
  - Différence par rapport à la Mise à jour des PEM de juillet 2022 : 2022 : 0,5; 2023 : –0,7
- Inflation mondiale (prix à la consommation, hors Venezuela) :
  - 2021 : 4,7
  - 2022 : 8,8
  - 2023 : 6,5
- Inflation, pays avancés (exemples fournis en note 8) :
  - Zone euro : 2022 : 8,3 %; 2023 : 5,7 %
  - Japon : 2022 : 2,0 %; 2023 : 1,4 %
  - États-Unis : 2022 : 8,1 %; 2023 : 3,5 %

*Source : estimations et analyses des services du FMI (Perspectives de l’économie mondiale, édition d’octobre 2022).*

### 1. Taux de croissance du PIB

### 1. Taux de croissance du PIB

### Aperçu mondial et projections générales
- Les courbes continues correspondent aux projections de l’édition d’octobre 2022 des Perspectives de l’économie mondiale, et les courbes en tiret correspondent à celles d’avril 2022.
- Les chocs défavorables de 2022 entraînent des pertes durables de production : la chute du PIB réel mondial en 2022 par rapport aux prévisions réalisées au début de 2022 (Mise à jour des PEM de janvier) représente 1,3 percent.
- Les projections tablent d’ici à 2026 sur des pertes de production (en croissance cumulée) de 3,0 percent par rapport aux premières prévisions de 2022.
- Environ la moitié de la baisse prévue en 2022 est due à un recul de la croissance en Chine, dans la zone euro, en Russie et aux États-Unis.
- Les chocs de 2022 doublent pratiquement les pertes de production mondiales prévues pour 2024, qui passent à 4,6 percent.

### Pays avancés — tendances et révisions
- Zone euro :
  - Croissance prévue : 3,1 percent en 2022 et 0,5 percent en 2023.
  - Révisions : +0,5 point de pourcentage depuis juillet 2022 pour 2022; –0,7 point de pourcentage pour 2023.
  - Italie : croissance prévue de 3,2 percent en 2022; forte décélération en 2023, l’Italie connaissant une croissance annuelle négative.
  - Espagne : croissance prévue de 4,3 percent en 2022; forte décélération en 2023.
  - France : croissance prévue de 2,5 percent en 2022.
  - Allemagne : croissance prévue de 1,5 percent en 2022; ralentissement particulièrement marqué en 2023, enregistrant une croissance annuelle négative.
  - Facteurs : exposition aux réductions des livraisons de gaz russe; durcissement des conditions financières; BCE a mis fin à ses achats nets d’actifs et relevé ses taux directeurs de 50 points de base en juillet 2022 et de 75 points de base en septembre 2022.
  - Soutiens atténuants : taux directeurs plus faibles que dans d’autres régions et instrument NextGenerationEU.
- États-Unis :
  - Ralentissement plus prononcé qu’en zone euro en 2022 (texte fait état d’un ralentissement plus prononcé aux États-Unis, sans chiffres spécifiques additionnels dans l’extrait).
- Royaume-Uni :
  - Croissance prévue : 3,6 percent en 2022 et 0,3 percent en 2023.
  - Remarques : prévisions préparées avant l’annonce du 23 septembre d’un train de mesures budgétaires notable; le programme budgétaire devrait stimuler la croissance à court terme mais compliquer la lutte contre l’inflation.
- Japon :
  - Croissance prévue : 1,7 percent en 2021, 1,7 percent en 2022 et 1,6 percent en 2023.
  - Révision : prévisions pour 2023 faites en juillet revues à la baisse de 0,1 point de pourcentage.
  - Facteurs : orientation négative des termes de l’échange due à la hausse des prix des importations énergétiques; baisse de la consommation tandis que les prix augmentent plus vite que les salaires.

### Pays émergents et en développement — agrégats et évolutions régionales
- Groupe global :
  - Croissance prévue : 3,7 percent en 2022 et stable en 2023.
  - Révisions : prévisions pour 2022 légèrement révisées à la hausse par rapport à juillet, en raison d’une contraction plus faible que prévu en Europe pour ces pays.
- Asie (émergente et en développement) :
  - Croissance prévue : 7,2 percent en 2021, 4,4 percent en 2022 et 4,9 percent en 2023.
  - Révisions : prévisions de juillet pour 2022 revues à la baisse de 0,2 point de pourcentage; pour 2023 revues à la baisse de 0,1 point de pourcentage.
  - Chine : croissance ramenée à 3,2 percent en 2022 (le taux le plus faible en plus de quarante ans, si l’on exclut le début de la crise de la COVID-19 en 2020); croissance portée à 4,4 percent en 2023.
  - Inde : croissance prévue de 6,8 percent en 2022 (révision à la baisse de 0,6 point de pourcentage depuis juillet) et 6,1 percent en 2023 (sans changement depuis juillet).
  - ASEAN (cinq pays) : prévisions pour 2023 révisées à la baisse essentiellement pour tenir compte de conditions extérieures moins favorables.
- Pays émergents et pays en développement d’Europe :
  - Croissance prévue : 0,0 percent en 2022 et 0,6 percent en 2023.
  - Révisions : +1,4 point de pourcentage pour 2022 et –0,3 point de pourcentage pour 2023 par rapport aux prévisions de juillet.
  - Détails : croissance prévue en Russie de –3,4 percent en 2022 et –2,3 percent en 2023; contraction prévue de 35,0 percent en Ukraine en 2022.
  - Remarques : contraction russe moins prononcée que prévu en raison de la résilience des exportations de pétrole brut, d’un soutien budgétaire et monétaire accru et d’un rétablissement de la confiance dans le système financier.
- Amérique latine et Caraïbes :
  - Croissance prévue : 3,5 percent en 2022 et 1,7 percent en 2023.
  - Révisions : 2022 supérieure de 0,5 point de pourcentage aux prévisions de juillet.
  - Facteurs : prix favorables des produits de base au premier semestre 2022, conditions de financement extérieur restées favorables, normalisation des activités dans les secteurs de contact.
- Moyen-Orient et Asie centrale :
  - Croissance prévue : 5,0 percent en 2022 et 3,6 percent en 2023.
  - Facteurs : perspectives favorables pour les pays exportateurs de pétrole en 2022; tassement en 2023 lié au recul des cours du pétrole et aux vents contraires mondiaux.
- Afrique subsaharienne :
  - Croissance prévue : 4,7 percent en 2021, puis 3,6 percent en 2022 et 3,7 percent en 2023.
  - Révisions : révision à la baisse de 0,2 point de pourcentage pour 2022 et 0,3 point de pourcentage pour 2023 par rapport à juillet.
  - Facteurs : croissance plus faible des partenaires commerciaux, durcissement des conditions financières et monétaires, orientation négative des termes de l’échange des produits de base.

### Séquelles à moyen terme (hystérèse et pertes de potentiel)
- Effets durables :
  - Les projections indiquent des pertes de production durables et croissantes dans toutes les économies, expliquées par des chocs d’offre initiaux conjugués au durcissement de la politique macroéconomique.
  - Les économies directement touchées par la guerre en Ukraine verront des dommages à l’activité qui dureront probablement longtemps et frapperont la plupart des secteurs.
- Pertes liées à la pandémie et aggravation par les chocs de 2022 :
  - Avant 2022, on prévoyait déjà des conséquences à moyen terme de la pandémie sur le PIB mondial de l’ordre de –2,4 percent d’ici à 2024 (différence entre les projections de la Mise à jour des PEM de janvier 2022 et les projections de janvier 2020).
  - Dans les pays émergents et en développement, les pertes moyennes prévues étaient de 4,3 percent pour la production et de 2,6 percent pour l’emploi en 2024.
  - Les chocs de 2022 ont pratiquement doublé ces pertes prévues, portant la perte de production mondiale prévue pour 2024 à 4,6 percent.
- Mécanismes :
  - Retrait progressif des mesures de soutien budgétaire face à la COVID-19 et durcissement de la politique monétaire pour lutter contre l’inflation.
  - Chute des investissements en capital, en formation et en recherche et développement, suggérant des séquelles sur le potentiel économique.

### Inflation : point culminant et trajectoire prévisionnelle
- Inflation mondiale (indice des prix à la consommation) :
  - 4,7 percent en 2021.
  - 8,8 percent en 2022 (révision à la hausse de 0,5 point de pourcentage depuis juillet).
  - 6,5 percent en 2023.
  - 4,1 percent en 2024.
- Détail trimestriel :
  - Inflation globale culmine à 9,5 percent au troisième trimestre de 2022.
  - Inflation ramenée à 4,7 percent d’ici au quatrième trimestre de 2023.
- Observations :
  - La désinflation prévue en 2023 se produit dans pratiquement toutes les économies couvertes par les prévisions, mais elle est plus prononcée dans les pays avancés.
  - La réduction plus rapide de l’inflation dans les pays avancés reflète une crédibilité accrue des cadres monétaires dans ces pays.
  - La révision à la hausse de l’inflation est particulièrement marquée pour les pays avancés.

*Source : calculs des services du FMI. Chapitre 1 — Perspectives et politiques mondiales, Fonds monétaire international | Octobre 2022.*

### 2. Pertes d’emplois par rapport à la tendance antérieure

### 2. Pertes d’emplois par rapport à la tendance antérieure

### Évolution de l’inflation et implications
- Inflation mondiale : de 3,1 percent en 2021 à 7,2 percent en 2022, puis diminution à 4,4 percent d’ici à 2023.
  - Révisions par rapport aux prévisions de juillet : +0,6 point de pourcentage en 2022 et +1,1 point de pourcentage en 2023.
  - Prévisions pour 2024 : en hausse de seulement +0,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions antérieures.
- États‑Unis : inflation prévue à 8,1 percent (révision à la hausse de +0,4 point de pourcentage).
- Zone euro : inflation prévue à 8,3 percent (révision à la hausse de +1,0 point de pourcentage).
- Pays émergents et pays en développement (groupe) : inflation prévue de 5,9 percent en 2021 à 9,9 percent en 2022, puis 8,1 percent en 2023.
  - Au quatrième trimestre 2023, les prix devraient être supérieurs de 6,1 percent par rapport au même trimestre de 2022.
  - Révisions par rapport aux prévisions de juillet : +0,4 point de pourcentage en 2022 et +0,8 point de pourcentage en 2023.
- Variations régionales des révisions d’inflation pour 2023 :
  - Amérique latine et Caraïbes (ALC) : +2,2 points de pourcentage.
  - Pays émergents et pays en développement d’Europe : +0,9 point de pourcentage.
  - Afrique subsaharienne (AfSS) : +2,0 points de pourcentage.
- Remarques méthodologiques :
  - L’agrégat de l’emploi des PEPD n’intègre pas la Chine et l’Inde en raison de changements dans les définitions de l’emploi d’une année à l’autre.

### Commerce mondial et soldes courants
- Croissance du commerce mondial : 10,1 percent en 2021 ; 4,3 percent en 2022 ; 2,5 percent en 2023 (projections).
  - Cette croissance est supérieure à celle de 2019 et de 2020, mais inférieure à la moyenne historique : 4,6 percent en 2000–21 et 5,4 percent en 1970–2021.
  - Révision pour 2023 par rapport à la Mise à jour des PEM de juillet : +0,7 point de pourcentage (principalement en raison du recul de la croissance de la production mondiale).
- Facteurs freinant le commerce mondial :
  - Difficultés liées aux chaînes d’approvisionnement ; l’indice de pression des chaînes d’approvisionnement mondiales de la Banque fédérale de réserve de New York recule mais reste supérieur à son niveau normal.
  - Appréciation du dollar en 2022 : environ 13 percent en termes effectifs nominaux en septembre par rapport à la moyenne en 2021 — effet probable de ralentissement du commerce mondial via facturation en dollar et répercussions sur les prix hors États‑Unis.
- Soldes courants et positions extérieures :
  - Le solde des transactions courantes à l’échelle mondiale (somme des excédents et des déficits en valeur absolue) s’est accru pendant la crise de la COVID-19 et devrait encore augmenter en 2022.
  - Hausse des prix des produits de base liée à la guerre en Ukraine : augmentation du solde courant des exportateurs nets de pétrole et réduction de celui des importateurs nets.
  - Positions créditrices et débitrices : restent élevées en 2022, légèrement modérées après un pic en 2020 ; réévaluations ont plus que compensé l’augmentation simultanée des soldes courants.
  - Baisse du prix des actifs en 2022 aux États‑Unis (pays avec la position débitrice nette la plus élevée) : risque de pertes de valorisation pour détenteurs étrangers d’actifs des États‑Unis.
  - Appréciation du dollar : pourrait produire des gains de valorisation dans les pays émergents et pays en développement (positions longues en devises) et alourdir la charge des dettes publiques libellées en dollar.

### Risques macroéconomiques et canaux d’impact
- Risques de dégradation dominants : invasion de l’Ukraine par la Russie, ralentissement de l’activité en contexte de durcissement monétaire, pandémie persistante.
  - Ces risques peuvent :
    - Peser davantage sur la croissance.
    - Maintenir l’inflation élevée plus longtemps.
    - S’influencer mutuellement et amplifier les effets négatifs.
- Erreurs de politique monétaire (risque élevé) :
  - Défi pour les grandes banques centrales : concilier perspectives de croissance dégradées, pénurie de main‑d’œuvre persistante, signaux nuancés entre production et marchés du travail.
  - Risque d’anticipations d’inflation se désancrant si la lutte contre l’inflation marque le pas.
  - Conséquences d’un durcissement insuffisant :
    - Renforcement de l’inflation.
    - Nécessité ultérieure d’une position plus offensive sur les taux d’intérêt, pesant sur production et emploi.
  - Conséquences d’un durcissement excessif :
    - Risque de plonger de nombreuses économies dans une récession prolongée.
  - Asymétries et incertitudes :
    - Incertitudes sur les taux d’intérêt neutres.
    - Risque de divergences transatlantiques dans la politique monétaire.
    - Inconvénients d’un durcissement insuffisant ou excessif non nécessairement symétriques.

*Source : calculs des services du FMI, extrait de PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : RIPOSTER À LA CRISE DU COÛT DE LA VIE (Octobre 2022).*

### 2. Royaume-Uni

### 2. Royaume-Uni

### Orientations de politique monétaire et effets sur la livre sterling
- L’annonce en septembre d’un vaste relâchement budgétaire financé par la dette, notamment des réductions d’impôts et des mesures visant à faire face à la hausse des prix énergétiques, s’est accompagnée:
  - d’une augmentation des rendements des fonds d’État (édition d’octobre 2022 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde),
  - d’une forte dépréciation de la monnaie qui a ensuite pris fin.
- Divergences de politique monétaire entre grandes économies:
  - En 2022, le dollar s’est apprécié d’environ 15 percent par rapport à l’euro, de plus de 10 percent par rapport au renminbi, de 25 percent par rapport au yen et de 20 percent par rapport à la livre sterling.
- Conséquences potentielles:
  - Renforcement du dollar des États-Unis en cas de poursuite des divergences et de fuite vers la qualité;
  - Fluctuations monétaires qui pourraient aggraver les tensions transfrontalières en matière de compétitivité et nourrir l’inflation mondiale, car les prix sont essentiellement fixés en dollars dans le commerce international;
  - Incitation pour certains pays à durcir davantage leur politique monétaire pour éviter une dépréciation excessive de leur monnaie, avec des effets négatifs sur la croissance.

### Pressions inflationnistes et perspectives
- Projections:
  - L’inflation devrait se modérer en 2023 et 2024, avec une désinflation plus rapide dans les pays avancés que dans les pays émergents et les pays en développement.
- Risques de maintien d’une inflation élevée:
  - Nouveaux chocs sur les prix de l’énergie et des denrées alimentaires;
  - Prix énergétiques particulièrement sensibles à l’évolution de la guerre en Ukraine et au risque d’autres conflits géopolitiques;
  - Dépréciation des monnaies pouvant se répercuter sur l’inflation sous-jacente;
  - Phénomènes météorologiques extrêmes menaçant l’approvisionnement alimentaire mondial.
- Impacts possibles:
  - Une inflation plus élevée plus longtemps pourrait accroître le risque d’un désancrage de l’inflation ou d’une persistance de la spirale prix–salaires;
  - Une réaction plus offensive des autorités monétaires face à une inflation persistante augmenterait le coût des emprunts et réduirait les revenus disponibles, freinant la croissance.
- Dynamique d’entreprise et marché du travail:
  - Certaines entreprises pratiquant des marges plus élevées peuvent absorber des coûts d’intrants, mais une hausse prolongée des coûts pourrait les amener à répercuter ces hausses pour préserver leurs marges.
  - La pénurie de main-d’œuvre et un faible taux d’emploi par rapport aux tendances d’avant la pandémie coexistent, ce qui peut influencer la trajectoire de désinflation.

### Choc énergétique et conséquences pour l’Europe (implications pour le Royaume‑Uni)
- Fournitures de gaz russe à l’Europe:
  - Le volume de gaz russe fourni à l’Europe a été ramené à 20 percent environ du niveau de l’année dernière, contre 40 percent lors de l’édition de juillet 2022 de la Mise à jour des PEM.
  - Les prévisions tiennent compte de l’attente que ce volume reculera encore pour atteindre un niveau encore plus faible d’ici au milieu de 2024.
- Scénarios et impacts:
  - Si la Russie cessait totalement ses livraisons de gaz à l’Europe en 2022, les prix de l’énergie augmenteraient sans doute davantage à court terme, maintenant l’inflation globale plus élevée plus longtemps dans la zone euro;
  - L’impact varierait selon le degré de dépendance aux importations de gaz russe et la capacité à remédier aux goulets d’étranglement des infrastructures;
  - Les pays d’Europe centrale et orientale (République tchèque, Hongrie, République slovaque) pourraient connaître des perturbations en raison de leur dépendance au gaz russe.
- Mesures d’atténuation observées:
  - Augmentation des flux des gazoducs et de gaz naturel liquéfié, et compression de la demande de gaz, ont permis aux pays de l’Union européenne d’accumuler des stocks plus rapidement que prévu.

### Risques connexes à la stabilité financière et à la croissance mondiale
- Dette et vulnérabilités des pays émergents:
  - La guerre en Ukraine a contribué à une envolée des écarts souverains dans certains pays émergents et pays en développement.
  - La dette atteint des niveaux records du fait de la pandémie; une inflation élevée et un nouveau durcissement de la politique monétaire des pays avancés risquent d’accroître les coûts d’emprunt pour ces pays.
  - Si les écarts souverains augmentaient ou restaient élevés longtemps, la viabilité de la dette de nombreux pays émergents et pays en développement vulnérables pourrait être menacée.
  - Une vague de sorties de capitaux et l’affaiblissement des monnaies nationales pourraient fragiliser les bilans des pays avec une dette nette importante libellée en dollars, créant des risques pour la stabilité financière.
- Risque de retombées mondiales:
  - Une aggravation de la crise de la dette dans ces pays pèserait sur la croissance mondiale et pourrait précipiter une récession mondiale;
  - Un raffermissement du dollar augmenterait la probabilité de surendettement.

*Fonds monétaire international | Octobre 2022*

### 3. Indicateurs immobiliers

### 3. Indicateurs immobiliers

### Ralentissement en Chine
- Le secteur de l’immobilier montre des signes d’un ralentissement notable, alors qu’il est traditionnellement un moteur de croissance de l’économie chinoise (graphique 1.23, plage 3).
- La chute des ventes immobilières empêche les promoteurs d’accéder à une source de liquidité nécessaire pour achever des projets en cours, exerçant une pression sur leurs flux de trésorerie et augmentant la possibilité de nouveaux défauts de remboursement de la dette.
- Des milliers d’acheteurs, inquiets du retard de livraison de logements résidentiels, demandent un moratoire sur leurs emprunts hypothécaires, ce qui amènerait à accorder des délais de grâce et aggraverait :
  - le risque de prêts improductifs pour les banques,
  - la crise des liquidités à laquelle sont confrontés les promoteurs.
- L’incertitude entourant le secteur immobilier pourrait avoir des répercussions sur :
  - la consommation,
  - la situation financière des collectivités locales.
- Une intensification des chaînes de réaction négatives entre les ventes immobilières et les difficultés des promoteurs ferait peser le risque d’un ajustement plus vaste et prolongé dans le secteur immobilier.
- Le secteur de l’immobilier représente un cinquième environ du PIB de la Chine.
- La possibilité de pertes dans le secteur bancaire pourrait provoquer des retombées macrofinancières plus vastes, pesant lourdement sur la croissance chinoise à moyen terme.

### Évaluation des risques mondiaux liés à la croissance
- Les intervalles de confiance des prévisions des PEM de la croissance annuelle mondiale sont déterminés à l’aide du module G20MOD du système flexible de modèles multinationaux du FMI.
- Pour certaines régions, ces intervalles de confiance sont asymétriques et pointent vers une croissance inférieure à celle du scénario de référence, en raison de la prépondérance des mauvaises surprises passées en matière de croissance.
- Probabilités et seuils mentionnés :
  - Probabilité estimée que la croissance mondiale à un horizon d’un an soit inférieure à 2,0 % : de l’ordre de 25 % (soit le double de la probabilité normale).
  - Cette situation (croissance mondiale inférieure à 2,0 %) ne s’est produite qu’à cinq reprises depuis 1970 : en 1973, 1981, 1982, 2009 et 2020.
  - Probabilité d’une croissance négative du PIB réel par habitant en 2023 : supérieure à 10 %.
- Une combinaison plausible de chocs pouvant produire une croissance aussi faible inclut, notamment :
  - des réductions inattendues de l’offre mondiale de pétrole,
  - une nouvelle contraction du secteur de l’immobilier en Chine,
  - des perturbations persistantes sur les marchés du travail,
  - un durcissement des conditions financières mondiales.

### Risques macrofinanciers et transmission via les conditions financières
- Le durcissement des conditions financières et la crainte d’une récession mondiale influent sur les flux internationaux de capitaux, avec des conséquences négatives souvent plus marquées dans les pays émergents et les pays en développement.
- Le dollar des États-Unis a flambé et, en termes réels, a atteint des sommets jamais observés depuis le début de la première décennie 2000.
- La hausse des taux d’intérêt aux États-Unis et le dollar fort augmenteront les coûts de financement des pays émergents et des pays en développement, qui connaissent déjà des taux réels plus élevés que les pays avancés, et rendront les biens importés facturés en dollars plus chers, accélérant l’inflation.
- Conséquences d’un durcissement international :
  - Pressions sur les taux de change,
  - Risque d’« taper tantrums » dans les marchés peu profonds,
  - Risque systémique pour les pays très endettés en monnaies étrangères.

### Actions des pouvoirs publics et recommandations de politique
- Priorité à court terme : maîtriser l’inflation, normaliser le bilan des banques centrales et relever les taux directeurs au‑delà du niveau neutre suffisamment rapidement et longtemps pour maîtriser l’inflation et les anticipations d’inflation.
- La politique budgétaire doit soutenir la politique monétaire en atténuant la demande dans les pays où la demande globale est excessive et les marchés de l’emploi sont en surchauffe.
- Points sur la chronologie et le coût de la désinflation :
  - La politique monétaire a son maximum d’impact sur les variables réelles après environ un an, mais sur l’inflation plutôt après trois à quatre ans.
  - Les banques centrales doivent garder leur cap pour veiller à ce que l’inflation recule durablement ; céder aux pressions pour ralentir le resserrement risquerait d’affaiblir la crédibilité et d’obliger à des mesures plus musclées ultérieurement.
- Mesures d’offre recommandées pour soutenir la désinflation : modernisation de l’infrastructure de transports, préparation aux pandémies, création de chaînes d’approvisionnement plus sûres et résilientes.
- Réponse différenciée aux flux internationaux de capitaux :
  - Pays avec marché des changes profond et peu endettés en devises : miser sur le taux directeur et la flexibilité du taux de change.
  - Pays avec marché des changes peu développé : envisager intervention sur le marché des changes ou alléger les mesures de gestion des entrées de capitaux au lieu d’éloigner les politiques monétaire et budgétaire de leurs paramètres appropriés.
  - Pays très endettés en monnaies étrangères : mesures préventives de gestion des flux de capitaux et/ou mesures macroprudentielles pour réduire les asymétries de monnaies.
  - En situation de crise ou de quasi-crise : mesures de gestion des sorties de capitaux peuvent être envisagées, strictement temporaires et assorties d’objectifs bien définis.
- Coordination monétaire et budgétaire :
  - Dans certains pays, la politique budgétaire peut devoir s’assouplir ; toutefois, il faut réduire les déficits pour contribuer à lutter contre l’inflation et remédier aux vulnérabilités liées à la dette.
  - Des politiques redistributives ciblées peuvent amortir l’impact de la désinflation sur les groupes vulnérables, mais les augmentations de dépenses non financées ou réductions d’impôts non financées accroîtraient l’inflation.
- Protection des ménages vulnérables :
  - Transferts monétaires ciblés et stabilisateurs automatiques sont les meilleurs moyens pour limiter les conséquences de la hausse des prix sur les groupes vulnérables.
  - Éviter les plafonnements généralisés des prix et les subventions à l’alimentation et à l’énergie en raison de leurs effets inflationnistes, coûts budgétaires et caractère régressif.
- Mesures spécifiques pour la Chine :
  - Les autorités doivent permettre la restructuration des constructeurs de logements en difficulté et se préparer à s’attaquer aux retombées du marché immobilier sur le système financier plus globalement.
- Préparatifs face à un durcissement des conditions financières internationales :
  - Renforcer la vigilance macroprudentielle et utiliser les instruments pertinents pour résorber les poches de grande vulnérabilité.
  - Réduire la dépendance des États très endettés à l’égard des emprunts en devises étrangères.
  - Assurer un accès rapide et fiable à des liquidités en monnaie de réserve, y compris via des accords de précaution et de décaissement du FMI.
  - Dans la zone euro, concevoir une facilité de la Banque centrale européenne à l’image de l’instrument de protection de la transmission pour assurer une transmission sans heurt de la politique monétaire.

*Source : Extrait de « PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : RIPOSTER À LA CRISE DU COÛT DE LA VIE », Fonds monétaire international, Octobre 2022.*

### 1. Ratio dette/PIB,

### 1. Ratio dette/PIB, moyenne pondérée

### Surendettement et classification des pays
- Les groupes sont classés en fonction des données sur les écarts de rendement des obligations souveraines disponibles à la date du 9 septembre 2022.
- Définition des groupes :
  - Surendettés : écarts de rendement supérieurs à 1 000 points de base.
  - Endettement problématique : écarts de rendement entre 700 et 1 000 points de base.
- PEPD = pays émergents et pays en développement.
- Source des calculs : services du FMI.

### Dette des PEPD (indications graphiques)
- Le document présente des graphiques exprimant :
  - la part des pays dans le PIB global (axes indiquant 0 à 70),
  - la dette exprimée en pourcentage du PIB des PEPD (axes indiquant 0 à 5),
  - la dette exprimée en pourcentage de la dette totale des PEPD (axes indiquant 0 à 8).
- Remarque technique : les présentations graphiques distinguent les catégories "Surendettement" et "Endettement problématique".

### Recommandations de politique macroéconomique et structurelle
- Entreprendre des réformes structurelles pour augmenter l’offre afin de stimuler l’activité économique tout en ralentissant l’inflation, avec un certain décalage temporel.
  - Exemples pour pays avancés : subventions des garderies, crédits d’impôt sur le revenu du travail, réformes des systèmes d’immigration, meilleur accès aux vaccins et aux traitements contre la COVID-19.
  - Exemples pour pays émergents et pays en développement : amélioration de l’éducation, du climat des affaires et de l’infrastructure numérique.
- Mesures à long terme pour le climat et l’énergie :
  - Réduire les émissions d’au moins 25 percent d’ici la fin de cette décennie (référence au chapitre 3).
  - Fixer un prix minimal du carbone et encourager les solutions propres (subventionner les énergies renouvelables et investir dans les infrastructures habilitantes comme les réseaux électriques intelligents).
  - Appliquer des mesures de compensation pour faciliter la transition (bonus-malus écologiques et compensations ciblées pour les personnes pénalisées).
  - Retirer progressivement la dépendance aux combustibles fossiles et supprimer les subventions nocives (combustibles fossiles et agriculture à forte intensité de carbone).
- Observations empiriques sur la transition :
  - "Une nouvelle analyse du FMI présentée au chapitre 3 indique que le coût de la transition vers une électricité verte n’est pas nécessairement inflationniste, et que cette transition peut avoir un effet sur le PIB inférieur à la variation annuelle en temps normal."
  - Tout retard dans la transition accroîtra les coûts.
- Exemples récents de politiques nationales :
  - La loi sur la réduction de l’inflation aux États-Unis prévoit 369 milliards de dollars en faveur de la sécurité énergétique et de la lutte contre le changement climatique ; elle vise à réduire les émissions de carbone des États-Unis de 40 percent environ d’ici à 2030, principalement via des crédits d’impôt et des incitations aux investissements dans les énergies propres. Remarque : elle ne prévoit pas de tarification du carbone ni de bonus-malus sectoriels ni la suppression de subventions aux combustibles fossiles et à l’agriculture à forte intensité de carbone.
  - Le programme énergétique annoncé par les autorités du Royaume-Uni vise à aider familles et entreprises à faire face à la hausse des prix de l’énergie ; le document note qu’il aurait pu mieux cibler les catégories vulnérables pour réduire son coût et préserver les incitations à économiser l’énergie.

### Coopération multilatérale et échanges
- Renforcer la coopération multilatérale et éviter la fragmentation : les mesures protectionnistes à court terme (notamment sur les denrées alimentaires) peuvent être tentantes mais nuisent à long terme.
  - Les interdictions d’exportations privent un pays de revenus nécessaires pour importer d’autres biens.
  - Les interdictions d’exportations peuvent déclencher des mesures de rétorsion, au détriment de toutes les parties.
- Recommandations multilatérales :
  - Lever les restrictions au commerce mises en place avant la pandémie.
  - Tenir les engagements de la réforme de l’Organisation mondiale du commerce, notamment remettre en place un système de règlement des différends pleinement fonctionnel et renforcer les règles sur les subventions agricoles et industrielles.
  - Coopérer pour promouvoir les technologies d’atténuation climatique et impulser la finance verte.
  - Soutenir les pays à faible revenu par des financements concessionnels pour faciliter des réformes génératrices de croissance et atteindre des objectifs climatiques.

### Analyse des erreurs récentes dans les prévisions de l’inflation (encadré 1.1)
- Constat général :
  - L’inflation a dépassé les prévisions des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) à maintes reprises en 2021–22 dans toutes les régions, et ce d’un niveau anormalement élevé.
  - Les erreurs de prévision étaient généralement plus importantes sur 2022 que sur 2021.
- Mesures statistiques et résultats :
  - "Les erreurs commises pour 2021 et 2022, en moyenne de 1,7 point de pourcentage pour l’Europe et de 3,2 points de pourcentage au niveau international, sont à rapprocher d’une moyenne proche de zéro durant la décennie qui a précédé la crise de la COVID-19."
  - L’erreur quadratique moyenne est 2,5 fois plus élevée pour 2021 et 5 fois plus élevée pour 2022 par rapport à 2010–19.
  - Relation de persistance : "En moyenne, une montée inattendue de l’inflation de 1 point de pourcentage de plus pour 2021 est associée à une autre erreur de prévision de 0,22 point de pourcentage pour 2022." Cette relation est statistiquement significative (la statistique t est de 2,68).
- Composition des erreurs (part de l’inflation sous-jacente) :
  - Pour 2021 :
    - Pays avancés : 53,6 percent de la contribution des erreurs.
    - Pays émergents et pays en développement : 71,9 percent.
  - Pour 2022 :
    - Pays avancés : 46,5 percent.
    - Pays émergents et pays en développement : 47,9 percent.
- Interprétation :
  - Les erreurs de prévision sur 2021 concernaient surtout l’inflation sous-jacente, probablement en raison d’un grand déséquilibre entre l’offre et la demande et d’une forte reprise après la COVID-19.
  - Les erreurs de prévision pour 2022 sont relativement plus concentrées sur l’inflation non sous-jacente, laissant penser que les chocs sur l’offre de produits énergétiques et alimentaires (essentiellement du fait de la guerre en Ukraine) ont joué un rôle accru.
- Facteurs explicatifs pour 2021 :
  - Corrélation positive entre erreurs de prévision de la production et variations inattendues de l’inflation sous-jacente en 2021, suggérant une relation de type courbe de Phillips plus marquée que l’estimation pré-pandémie.
  - La reprise vigoureuse de la demande, la pénurie de main-d’œuvre et les plans de relance budgétaire face à la COVID-19 (programmes de soutien annoncés en 2020) ont vraisemblablement stimulé l’offre et la demande déséquilibrée.
  - Graphiques et analyses présentés : liens entre erreurs d’inflation hors alimentation et énergie et (1) relance budgétaire (en pourcentage du PIB), (2) pénurie de main-d’œuvre (emplois vacants/chômage), (3) inflation relative des biens.
- Observations complémentaires :
  - La Chine et les États-Unis ont connu des erreurs de prévision plus faibles sur 2022 que sur 2021 ; pour la Chine, un ralentissement de l’activité qui pèse à la baisse sur l’inflation ; pour les États-Unis, des révisions à la hausse faites dès la Mise à jour des PEM de janvier 2022.
  - Les fortes hausses inattendues de l’inflation en 2022 dans les pays émergents européens s’expliquent par une inflation effective exceptionnellement élevée dans les pays baltes et d’autres pays d’Europe orientale à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

*Source : calculs des services du FMI, données et analyses extraites du texte fourni.*

### 2021. Dans la plage 3, la régression est pondérée par le PIB en

### 2021. Dans la plage 3, la régression est pondérée par le PIB en

### Mesures budgétaires, erreurs de prévision de l’inflation et distorsions sectorielles
- Plusieurs grands pays (le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis, par exemple) se sont engagés à consacrer plus de 15 % de leur PIB à la riposte face à la pandémie en 2020.
- Dans l’ensemble, le diagramme de dispersion ne fait pas apparaître une forte corrélation positive entre l’ampleur des mesures budgétaires et les erreurs de prévision, ce qui confirme que d’autres facteurs interviennent, mais :
  - Dans les pays avancés, un soutien budgétaire supplémentaire représentant 10 % du PIB est associé à un taux d’inflation sous-jacente supérieur aux prévisions de 0,8 point de pourcentage (la statistique t est de 3,38).
  - En temps réel, les prévisionnistes ont probablement sous-estimé l’effet des trains de mesures budgétaires sur l’inflation dans ces pays.
- Les perturbations de l’offre et la reprise rapide de la demande ont aussi déstabilisé les marchés du travail intérieurs.
- La réorientation de la demande sectorielle des services vers les biens est mise en évidence par la comparaison :
  - ratio inflation des biens hors énergie et alimentation / inflation des services en 2021 ≈ 2,5 aux États-Unis
  - Ce ratio présente une corrélation positive avec les erreurs de prévision de l’inflation sous-jacente en 2021.
- Une régression expliquant la relation entre variation du ratio postes vacants/chômeurs (2021 vs 2020) et erreurs de prévision de l’inflation rend compte de plus de 50 % des variations des erreurs.

### Pouvoir de marché, marges brutes et contribution à l’inflation
- Constat général : le pouvoir de marché n’a pas été un facteur majeur de l’inflation dans la conjoncture récente, selon l’analyse présentée.
- Évolution des bénéfices et décomposition du déflateur du PIB (exemples, 2019–2021) :
  - Aux États-Unis, le déflateur du PIB a augmenté de 7 % entre 2019 et 2021.
  - Environ 40 % de cette évolution est attribuable à l’augmentation de l’excédent brut d’exploitation.
  - La rémunération accrue des employés en représente 65 %.
  - La contribution des impôts à la production a été négative, du fait du soutien budgétaire apporté durant la pandémie de COVID-19.
- Marges brutes (mesure du pouvoir de marché) pour un échantillon de neuf pays avancés (Allemagne, Australie, Canada, Espagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) estimées à partir de Worldscope pour 2000–21 :
  - Les marges brutes ont régulièrement augmenté sur plusieurs décennies, mais durant la pandémie la croissance des marges s’est ralentie, s’est interrompue, voire est devenue légèrement négative dans certains pays.
  - Malgré ce ralentissement, un niveau initial élevé des marges brutes peut amplifier le lien entre la hausse des coûts de production et les prix à la consommation car les entreprises à marges élevées peuvent plus facilement répercuter les hausses de coûts.
- Preuve microéconomique d’une différence de comportement selon niveau de marge avant la COVID-19 (résultats pour les États-Unis) :
  - Entreprises dans la tranche supérieure de 20 % des marges avant la pandémie : ont répercuté 60 % de la hausse de leurs coûts sur leurs prix et absorbé 40 % restants en réduisant leurs marges.
  - Entreprises dans la tranche inférieure de 40 % des marges avant la pandémie : ont répercuté l’ensemble des hausses de coûts sur les prix.
  - Conclusion : globalement, les marges brutes ne semblent pas être à l’heure actuelle le principal moteur des pressions inflationnistes.

### Méthodologie de l’analyse des marges et notes de données
- Marges brutes définies comme le ratio prix/coût marginal et estimées en suivant la méthode de De Loecker, Eeckhout et Unger (2020) et Díez, Leigh et Tambunlertchai (2018).
- Analyse réalisée sur les entreprises non financières cotées en Bourse (Worldscope) ; le secteur financier est exclu.
- Remarque méthodologique : les résultats pour les entreprises cotées peuvent différer de ceux des entreprises non cotées.

### Évaluation quantitative des risques entourant les projections des PEM
- Estimation de l’incertitude à l’aide du modèle G20 du FMI (Andrle et al., 2015) pour construire des intervalles de confiance et un scénario pessimiste.
- Estimation de probabilité :
  - Le risque que la croissance mondiale soit inférieure à 2 % l’année prochaine est de l’ordre de 25 %.
- Construction des intervalles :
  - Les intervalles reposent sur l’interprétation des chocs historiques (offre, demande, pétrole) et éventuellement sur des jugements qui augmentent la probabilité de certains épisodes passés (ex. 1982 jugée 10 fois plus probable dans une variante).
- Scénario pessimiste : effets agrégés amplifiés par un vaste durcissement des conditions financières mondiales.
  - Si ce scénario se matérialisait, l’activité mondiale serait inférieure de 1,5 point de pourcentage en 2023 et de 1,6 point de pourcentage en 2024 par rapport au scénario de référence.
  - Composantes du scénario pessimiste :
    - Hausse des cours du pétrole : cours supérieurs de 30 %, en moyenne, en 2023 par rapport au scénario de référence ; cours supérieurs de 15 % en 2024 par rapport au scénario de référence. Hypothèses sous-jacentes : 1) efforts visant à réduire les recettes de la Russie tirées de ses exportations de pétrole et 2) représailles de la Russie prenant la forme d’une baisse de 25 % de l’ensemble des exportations pétrolières. Le choc s’estompe en 2025.
    - Secteur immobilier en Chine : difficultés persistantes du secteur font reculer les investissements immobiliers pendant les deux prochaines années ; par rapport aux projections de référence, l’investissement fixe total connaît une baisse allant jusqu’à 9 % d’ici à 2024.
    - Recul de la production potentielle dû aux perturbations persistantes sur les marchés du travail : baisse du taux d’activité et réorientation de la courbe de Beveridge indiquant une moindre efficience dans l’appariement travailleurs-emplois.

_Extrait du chapitre et des encadrés du document fourni._

### 2. Incertitude des projections

### 2. Incertitude des projections

### Incertitude avec et sans élément d’appréciation
- Les graphiques présentent des intervalles d’incertitude en nuances de bleu, chaque nuance représentant un intervalle de 5 points de pourcentage.
- Pour la plage 1, les chocs ont été échantillonnés de manière uniforme.
- Pour la plage 2, les chocs de 1982 présentent une probabilité 10 fois supérieure à ceux des autres années.
- Les projections font référence aux PEM = Perspectives de l’économie mondiale.
- Hypothèses de politique :
  - La politique monétaire riposte de manière endogène aux fluctuations de l’inflation.
  - La politique budgétaire réagit par les stabilisateurs automatiques ; aucune autre mesure budgétaire n’est supposée.

### Scénario pessimiste : couches de choc et mécanismes
- Couches de choc simulées (combinées dans le scénario pessimiste) :
  - Baisse du potentiel de production (marchés du travail : baisse du taux d’activité et réorientation de la courbe de Beveridge).
  - Resserrement des conditions financières mondiales.
  - Hausse des prix du pétrole.
  - Ralentissement lié au secteur immobilier en Chine.
- Mécanismes-clés :
  - Dans le scénario pessimiste, la persistance des chocs réduit le taux d’emploi d’équilibre, augmente le taux de chômage naturel, et fait baisser la production potentielle sous-jacente.
  - Baisse du potentiel de production ⇒ capacité inutilisée réduite ⇒ inflation plus élevée ⇒ mesures de politique monétaire plus amples.
  - Resserrement des conditions financières ⇒ hausse des primes de risque souverain et d’entreprise, dépréciation des monnaies des pays émergents ⇒ effet défavorable sur l’investissement et la demande mondiale.

### Hypothèses quantitatives sur le resserrement financier et ses effets en 2023
- Monnaies des pays émergents en 2023 (moyennes) :
  - Dépréciation de 10 percent dans les pays émergents hors Asie.
  - Dépréciation de 5 percent dans les pays émergents d’Asie (Chine comprise).
- Primes de risque en 2023 (augmentations moyennes) :
  - Pays émergents (hors Chine) : plus de 200 points de base pour les primes de risque souverain.
  - Entreprises (pays émergents hors Chine) : environ 80 points de base d’augmentation.
  - Entreprises (pays avancés) : environ 100 points de base d’augmentation.
- Les simulations supposent que ces chocs se superposent, avec effets régionaux différenciés.

### Incidence sur le PIB mondial et régional (écart en pourcentage par rapport au scénario de référence)
- Effets globaux sur l’activité :
  - Hausse des cours du pétrole en 2023 : réduit le niveau du PIB mondial d’environ 0,5 point de pourcentage par rapport au scénario de référence.
  - Difficultés du secteur immobilier en Chine en 2023 : réduisent la production mondiale d’environ 0,3 point de pourcentage.
  - Baisse du potentiel de production (marchés du travail) : production mondiale inférieure d’environ 0,3 point de pourcentage en 2023 ; effet persistant en 2024.
  - Resserrement des conditions financières : nuit considérablement à l’activité mondiale (0,5 point de pourcentage en 2023), effet qui s’amplifie dans le temps.
- Effet cumulé et évolution en 2024 :
  - L’impact des trois dernières couches continue de se renforcer avec le temps.
  - En 2024, l’activité mondiale ne connaît pas de nouvelle dégradation par rapport au scénario de référence, la baisse projetée des cours du pétrole ayant un effet compensateur sur le pouvoir d’achat au niveau mondial.
  - Le niveau d’activité reste inférieur à celui du scénario de référence, sans nouvelle détérioration de la croissance mondiale en 2024.

### Incidence sur l’inflation globale (écart en points de pourcentage par rapport au scénario de référence)
- Effets par couche en 2023 :
  - Hausse des cours du pétrole : ajoute entre 1,1 et 1,3 point de pourcentage à l’inflation globale dans toutes les régions en 2023 ; devient désinflationniste en 2024.
  - Baisse du potentiel de production : effet inflationniste, concentré dans les pays avancés et les pays émergents hors Chine, et assez persistant.
  - Resserrement des conditions financières et ralentissement en Chine : effets plutôt désinflationnistes.
- Effet cumulé :
  - Par rapport au scénario de référence, l’inflation globale est supérieure d’environ 1,3 point de pourcentage en 2023 et inférieure de 1 point de pourcentage en 2024 lorsque l’on additionne toutes les couches.

### Scénario pessimiste — croissance mondiale dans les distributions d’incertitude
- Le scénario pessimiste impliquerait une croissance mondiale de 1,1 percent en 2023.
- Ce niveau se situe dans le 15e centile de la répartition des projections (après exercice de jugement).

### Marchés des produits de base : faits récents et projections
- Évolution des prix des produits de base (février–août 2022) :
  - Augmentation globale de 19,1 percent.
  - Énergie : hausse de 129,2 percent (principal moteur).
  - Métaux de base : recul de 19,3 percent.
  - Métaux précieux : recul de 6,0 percent.
  - Produits agricoles de base : diminution de 5,4 percent.
- Pétrole :
  - Cours du pétrole brut : hausse de 3,5 percent entre février et août 2022.
  - Pic à 120 dollars le baril début mars puis rebond à 120 dollars le baril début juin.
  - Hypothèses de référence des PEM établies à partir des cours du 17 août 2022 (heure de clôture).
  - Marchés à terme : projection d’une augmentation de 41,4 percent en 2022 pour une moyenne de 98,2 dollars le baril, puis recul à 76,3 dollars en 2025.
  - Risques à moyen terme globalement équilibrés : perturbations d’offre (sanctions, guerre, substitution gaz→pétrole) vs ralentissement de la demande mondiale, offre supplémentaire d’Iran, production US plus forte que prévu.
- Gaz naturel et charbon :
  - Réduction des exportations russes de gaz par gazoduc vers l’Europe d’environ 80 percent en septembre 2022 par rapport à l’année précédente.
  - Cours du gaz à terme du mécanisme néerlandais TTF : augmentation de 159 percent entre février et août 2022, atteignant des niveaux records.
  - Prix du charbon : augmentation de 61,4 percent sur la période de référence, restés historiquement élevés.
- Métaux :
  - Indice des métaux de base : baisse nette de 19,3 percent entre février et août 2022.
  - Aluminium : recul de 25,0 percent.
  - Cuivre : recul de 19,6 percent.
  - Minerai de fer : recul de 21,9 percent.
  - Indice des métaux nécessaires à la transition énergétique : baisse de 21,0 percent.
  - Perspectives : cours des métaux de base devraient chuter de 5,5 percent en 2022 (alors que l’édition d’avril des PEM prévoyait +9,9 percent) et reculer de 12,0 percent en 2023.
  - Métaux précieux : baisse projetée de 0,9 percent en 2022, puis de 0,6 percent en 2023.
- Produits alimentaires :
  - Prix des produits alimentaires : forte hausse depuis 2020 (+54 percent du creux au pic ; certains aliments +107 percent), puis correction en juin–juillet 2022 revenant aux niveaux pré-guerre.
  - Facteurs de la correction : amélioration de l’offre, fin progressive du blocus des exportations ukrainiennes, hausse des taux d’intérêt et craintes de récession mondiale.
  - Risques qui peuvent réviser les prévisions à la hausse : nouvelles restrictions aux exportations (ex. interdiction d’exportations d’huile de palme par l’Indonésie en avril 2022), sécheresses en Chine et aux États-Unis, hausse des prix des engrais liée à la disponibilité réduite au Bélarus et en Russie.

### Déterminants des prix alimentaires et transmission à l’inflation intérieure
- Les prix des produits alimentaires et de l’énergie évoluent souvent de concert, amplifiant les effets macroéconomiques.
- La flambée des prix alimentaires a contribué à l’inflation intérieure, compliqué la conduite de la politique monétaire, et suscité des préoccupations de sécurité alimentaire et des risques sociaux.
- Les pays importateurs de denrées alimentaires ont vu leur balance des paiements et leur solde budgétaire se dégrader, notamment lorsque la protection sociale augmente en réponse à la hausse des prix alimentaires.
- L’analyse se focalise sur les céréales d’usage courant et difficiles à remplacer : blé, maïs, riz et quelques céréales mineures — représentant ensemble les deux tiers de la production alimentaire mondiale.

*Source : texte — 2. Incertitude des projections (Fonds monétaire international, Octobre 2022).*

### 1. Indice des prix du pétrole (log)

### 1. Indice des prix du pétrole (log)

### Phases d’envolée des prix du pétrole, des céréales et des aliments
- Tableau 1.DS.1. Phases d’envolée : durée exprimée en mois, amplitude, sévérité (sévérité = amplitude / durée).
  - Pétrole — Dernière moyenne : Durée 25, Amplitude 29, Sévérité 322 %, 165 %, 12,9 %, 5,8 %.
  - Céréales — Dernière moyenne : Durée 32, Amplitude 32, Sévérité 107 %, 78 %, 3,3 %, 2,4 %.
  - Aliments — Dernière moyenne : Durée 24, Amplitude 22, Sévérité 54 %, 45 %, 2,3 %, 2,1 %.
- Sources citées : Haver Analytics ; FMI, système des cours des produits de base ; Banque mondiale ; calculs des services du FMI.
- Note méthodologique : phases d’envolée définies à l’aide de l’algorithme de Harding et Pagan (2002).

### Corrélation entre prix du pétrole et prix des céréales
- Observation historique : concordance (envolée ou effondrement) d’environ 66 % du temps depuis 1970 ; montée à 75 % depuis 2004.
- Mécanismes avancés expliquant la covariation :
  - Le pétrole sert directement de carburant pour le matériel agricole et les transports ; le gaz est principal intrant des engrais et des pesticides à base d’azote.
  - L’activité économique mondiale agit comme facteur courant de la demande (plus pertinent pour l’énergie).
  - Certains produits agricoles sont utilisés comme biocarburants.
- Impact des politiques sur la corrélation :
  - Après l’incorporation obligatoire de biocarburants dans l’Union européenne et aux États-Unis au milieu de la première décennie 2000, la corrélation pétrole–céréales s’est beaucoup renforcée, en particulier pour le maïs et pour l’huile végétale.
  - Autres facteurs possibles : rôle accru des chocs communs et financiarisation accrue des marchés des produits de base au milieu des années 2000 ; valeur du dollar et taux d’intérêt des États-Unis comme facteurs communs.
- Tableau 1.DS.2. Corrélation entre les prix du pétrole et des céréales (corrélations glissantes sur cinq ans des différences logarithmiques mensuelles, prix corrigés de l’IPC des États-Unis) :
  - Période 1970–2004 vs 2005–juin 2022 :
    - Céréales : –0,9 % ; 17,4 %
    - Maïs : –2,3 % ; 23,1 %
    - Huiles végétales : –4,6 % ; 44,5 %
- Sources citées : Banque mondiale ; calculs des services du FMI.

### Analyse économétrique — déterminants des cours des céréales
- Variables étudiées en détail : chocs sur les prix des engrais et du pétrole, la production céréalière, les taux d’intérêt aux États-Unis. Variables de contrôle : croissance du PIB mondial, taux de change effectif réel du dollar des États-Unis.
- Principaux résultats :
  - Chocs sur l’offre (récoltes) dominent les fluctuations des cours des céréales.
    - Un choc mondial négatif sur les récoltes provoque une hausse de 16 % des prix le même trimestre, culminant à 23 % après un trimestre (Graphique 1.DS.4).
  - Effets des prix énergétiques :
    - Les prix énergétiques ont moins d’effet et agissent avec retard.
    - Un choc négatif sur l’offre de pétrole provoquant une augmentation de 10 % des cours du pétrole se traduit par une hausse des prix des céréales d’environ 2 % après trois à quatre trimestres.
    - Interprétation : effet limité des biocarburants compte tenu d’une part du pétrole dans le coût de la production céréalière variant entre 10 % et 15 %.
  - Effets des prix des engrais :
    - Une hausse de 10 % du prix des engrais (due à un choc sur l’offre de gaz naturel) n’a pas d’effet immédiat, mais entraîne une augmentation de 7 % des prix des céréales après un trimestre.
    - Effet persistant mais plus difficile à estimer à des horizons plus lointains.
  - Effets de la politique monétaire américaine :
    - Un choc de la politique monétaire des États-Unis de 100 points de base réduit les prix des céréales d’environ 13 %, avec un décalage d’un trimestre.
- Graphique 1.DS.4. : Réaction des cours des céréales à divers chocs (en pourcentages cumulés) — axes trimestriels, plages correspondant aux réponses impulsionnelles cumulées aux chocs suivants :
  1. Choc de 10 % sur le prix des engrais (plage 1).
  2. Choc de 10 % sur les cours du pétrole (plage 2).
  3. Choc de 100 points de base sur les bons du Trésor à trois mois (plage 3).
  4. Choc d’un écart-type sur les récoltes (plage 4).
- Sources graphiques : Banque mondiale ; bases de données du FMI sur les indices de prix à la consommation et les séries de prix des produits primaires ; Haver Analytics ; calculs des services du FMI.
- Note : zones bleues = intervalles de confiance à 90 %.

### Transmission internationale → inflation des prix alimentaires intérieurs
- Facteurs limitant la transmission : taxes, subventions, contrôles des prix, faible intégration des marchés, coûts de distribution locaux.
- Évidence empirique :
  - Après un choc sur les prix alimentaires internationaux, l’inflation de l’IPC des produits alimentaires augmente de façon linéaire, culmine après 10 mois, puis recule mais demeure à un niveau plus élevé.
  - Chiffres précis : une variation de 1 point de pourcentage des prix internationaux des produits alimentaires entraîne une augmentation d’environ 0,3 point de pourcentage de l’inflation des prix à la consommation des produits alimentaires après 10 à 12 mois.
  - Cette répercussion est de l’ordre de 30 % pour le pays moyen (limitée par la part du coût des denrées alimentaires dans l’IPC alimentaire).
- Méthodologie : méthodes basées sur des données de panel et des projections locales ; prix des denrées alimentaires instrumentés par les chocs sur les récoltes. Variables de contrôle incluent : cours du pétrole, indice Baltic Dry, inflation globale (IPC), taux de change (monnaie locale par dollar).
- Graphique 1.DS.5. Réaction de l’IPC alimentaire à un choc international de 1 % sur les prix des denrées alimentaires :
  - Mesure : réaction en pourcentage sur 12 mois ; zone grisée = intervalle de confiance à 90 %.
  - Répercussion moyenne indiquée : jusqu’à 0,3 point de pourcentage après 10–12 mois.

### Hétérogénéité des répercussions — pays plus vulnérables
- Répercussions plus fortes pour :
  - Pays émergents (part du coût des denrées alimentaires plus élevée).
  - Pays affichant des scores élevés d’ouverture aux échanges (plus de possibilités d’arbitrage transfrontalier → prix intérieurs plus réactifs).
- Observations supplémentaires :
  - La plus grande réactivité vaut pour les pays importateurs nets ET pour les pays exportateurs nets de produits alimentaires.
  - Explication possible des restrictions à l’exportation : pays exportateurs tentés d’imposer des restrictions aux exportations alimentaires lorsque les prix des produits de base augmentent.
- Effets quantifiés :
  - Pour une hausse du PIB par habitant d’un écart-type, le taux de répercussion recule de 6 points de pourcentage.
  - Pour une augmentation d’un écart-type de l’ouverture aux échanges au-delà de la moyenne mondiale, le taux de répercussion augmente de 7 points de pourcentage.
- Implication régionale citée : grande ouverture aux échanges peut expliquer les niveaux relativement élevés de l’inflation moyenne des prix alimentaires en Asie centrale par rapport à l’Asie du Sud et de l’Est.

*Source : PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : RIPOSTER À LA CRISE DU COÛT DE LA VIE, Fonds monétaire international | Octobre 2022.*

### Conclusions et perspectives

### Conclusions et perspectives

### Effets sur l’inflation des prix alimentaires
- Les prix alimentaires internationaux ont ajouté, selon les estimations, "5 points de pourcentage" à l’inflation des prix alimentaires dans le pays moyen en 2021.
- On prévoit qu’ils ajouteront "6 points de pourcentage" en 2022 et "2 points de pourcentage" en 2023.
- Les prix sont restés sur une trajectoire ascendante entre avril 2020 et mai 2022.
- Estimations et sources citées pour ces projections : Bloomberg L.P. ; estimations des services du FMI (Graphique 1.DS.6).

### Facteurs ayant alimenté la hausse des prix alimentaires
- Facteurs liés à l’offre :
  - L’épisode La Niña de 2020–22.
  - Les restrictions au commerce de produits alimentaires.
  - La guerre en Ukraine et le blocus par la Russie des exportations de blé depuis l’Ukraine.
- Facteurs liés à la demande et au contexte macroéconomique :
  - Une reconstitution des stocks en Chine en 2021 créant une demande particulière de céréales.
  - Des taux d’intérêt bas.
- Effets combinés : ces éléments ont créé des conditions favorables à une "véritable tempête sur les marchés mondiaux des produits alimentaires".

### Perspectives et incertitudes
- Les perspectives de l’inflation des prix alimentaires intérieurs demeurent incertaines.
- Les prix alimentaires mondiaux pourraient encore une fois dépasser les prévisions, compte tenu de :
  - La grande incertitude sur les répercussions de la guerre en Ukraine.
  - Les phénomènes météorologiques.
  - L’effet décalé de la hausse des prix des engrais.
- Choc attendu sur la production mondiale de céréales :
  - Un choc négatif équivalant à "un écart-type d’environ 0,6 de la croissance des céréales en 2022" (OCDE–FAO, 2022).
  - Ce choc contribue à une "hausse de 23% du prix des céréales cette année".
  - Cet effet "fait plus que compenser les effets de la hausse des taux d’intérêt sur l’inflation des prix alimentaires".
- Transmission internationale :
  - Les différences dans le moment et l’ampleur de la transmission exposent davantage :
    - Les pays à faible revenu.
    - Les pays dont le marché des produits alimentaires est très ouvert.
  - Ces pays sont plus vulnérables à une reprise de la hausse des prix alimentaires mondiaux.

### Analyses sur salaires, inflation et anticipations
- Observation générale : l’inflation a sensiblement augmenté dans de nombreux pays en 2021, sous l’effet de divers facteurs liés à la demande et à l’offre sur fond de reprise après le choc de la pandémie de COVID-19.
- Salaires nominaux vs inflation :
  - Jusqu’à présent, les salaires nominaux ont généralement augmenté moins vite que l’inflation.
  - Dans les pays avancés présentant une dynamique analogue aux circonstances actuelles (en particulier où les salaires réels sont stables ou en baisse), les épisodes passés n’ont généralement pas été suivis d’une spirale prix–salaires.
- Résultats de l’analyse modélisée :
  - Des chocs sur les capacités de production ont été le principal moteur de l’augmentation des salaires en 2020–21.
  - L’épargne privée et la demande refoulée ont joué un rôle important dans l’augmentation des prix.
- Importance des anticipations :
  - L’analyse empirique montre que, bien que la situation du marché du travail reste un déterminant majeur de la croissance des salaires, "les anticipations d’inflation ont pris de l’importance récemment".
  - Une analyse prospective met en évidence le rôle essentiel du processus de formation des anticipations dans le façonnement des perspectives.

### Politiques et recommandations
- Mesures nationales pour faire face aux fluctuations des prix :
  - Aides alimentaires ciblées en faveur des consommateurs vulnérables.
  - Incitations à constituer des stocks alimentaires mondiaux à moyen terme.
- Rôle du commerce international :
  - Un commerce des produits alimentaires ouvert offre :
    - Davantage de diversité aux consommateurs.
    - Des marchés plus profonds et stables.
    - Un rempart contre la volatilité de la production nationale.
  - Les mesures qui encouragent l’autosuffisance :
    - Fragilisent le système de commerce mondial de produits alimentaires.
    - Augmentent les coûts environnementaux du fait de la réaffectation des terres ou de l’intensification des pratiques agricoles.
  - Le commerce international restera indispensable, surtout pour :
    - Les petits pays (à cause de la corrélation spatiale des conditions météorologiques au sein des pays).
    - Les pays à forte densité de population.
    - Les pays particulièrement exposés aux changements climatiques.
- Politique monétaire et désancrage des anticipations :
  - Un resserrement prompt de la politique monétaire, "notamment s’il fait l’objet d’une communication claire", peut minorer le risque d’un désancrage de l’inflation par rapport à son objectif.
  - Évaluation des risques : étant donné que les chocs inflationnistes ne viennent pas du marché du travail, que la baisse des salaires réels contribue à ralentir l’inflation et que les autorités monétaires mènent une politique de resserrement plus agressive, "les risques d’apparition d’une longue boucle prix–salaires semblent limités".

*Source : Conclusions et perspectives (texte fourni), estimations des services du FMI.*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et observations principales
- La reprise s’accélérant après le choc aigu de la COVID-19, l’inflation a commencé en 2021 à atteindre des niveaux qui ne s’étaient pas vus depuis près de quatre décennies dans de nombreux pays.
- Facteurs expliquant la forte hausse des prix : perturbations des chaînes d’approvisionnement dues à la pandémie, chocs sur les prix des matières premières, vastes programmes de soutien monétaire et budgétaire, augmentation de la demande de consommation refoulée, mutations des goûts des consommateurs (graphique 2.1, plages 1 et 3).
- Reprise économique a entraîné une résurgence de la demande de main-d’œuvre ; l’offre de main-d’œuvre a été lente à réagir (préoccupations sanitaires, difficultés de garde d’enfants et d’aide domestique).
- Ce déséquilibre offre-demande a provoqué un resserrement des marchés du travail et des tensions sur les salaires, avec une hausse du salaire nominal moyen (par travailleur) et une baisse du taux de chômage à partir du second semestre de 2020 dans tous les groupes de pays (graphique 2.1, plages 2 et 5 pour les pays avancés et plages 4 et 7 pour les pays émergents et en développement).
- En 2021, la croissance des salaires nominaux a, pour l’essentiel, ramené le niveau moyen à la tendance d’avant la pandémie, mais cette croissance n’a pas totalement suivi l’inflation ; les salaires réels ont été relativement stables ou en baisse (graphique 2.1, plages 6 et 8).
- Dans les pays pour lesquels des données sont disponibles, ces tendances des salaires nominaux et réels se sont poursuivies au premier trimestre de 2022.

### Dynamique sectorielle et contribution de l’emploi
- Salaires nominaux dans l’industrie et les services ont généralement convergé vers leurs tendances d’avant la pandémie dans tous les groupes de pays.
- Dans les pays avancés, les salaires réels ont largement suivi leur tendance prépandémique avant de se détériorer dans la seconde moitié de 2021 avec la hausse de l’inflation.
- Dans les pays émergents et en développement, les salaires réels sont restés pour l’essentiel en dessous de leur tendance d’avant la pandémie.
- Les modifications de l’emploi par secteur semblent jusqu’à présent avoir peu contribué à l’évolution globale des salaires : les modifications communes aux secteurs expliquent la majeure partie de l’évolution moyenne des salaires.

### Questions clés examinées dans le chapitre
- Qu’est-ce qui différencie la dynamique des salaires, de l’emploi et des prix lors de la reprise post-COVID-19 de la dynamique d’avant la pandémie ? Les épisodes passés similaires ont-ils évolué vers des spirales prix–salaires ?
- Dans quelle mesure les anticipations d’inflation et la situation du marché du travail expliquent-elles la croissance récente des salaires nominaux ? Quels ont été les facteurs profonds sous-jacents en 2020–21 ?
- Les tensions sur les salaires et les prix apparues après la COVID-19 peuvent-elles conduire à une inflation forte et durable des salaires et des prix ? Le resserrement monétaire a-t-il été efficace par le passé ? Comment les changements dans la formation des anticipations pourraient-ils influer sur les perspectives et l’action des décideurs ?

### Principales conclusions et résultats analytiques
- L’inflation des salaires et des prix a augmenté de manière générale jusqu’en 2021, tandis que les salaires réels ont eu tendance à stagner ou à baisser en moyenne dans tous les pays.
- Au niveau sectoriel, les salaires nominaux dans l’industrie et les services ont convergé vers leurs tendances communes d’avant la pandémie ; les variations sectorielles de l’emploi ne semblent guère expliquer l’évolution globale des salaires jusqu’à fin 2021.
- En moyenne, les épisodes passés semblables à la situation actuelle des pays avancés n’ont pas été suivis de boucles prix–salaires : dans les épisodes d’inflation passés où les salaires réels étaient stables ou en baisse, l’inflation a généralement diminué par la suite tandis que les salaires nominaux rattrapaient progressivement leur retard.
- L’évolution des anticipations d’inflation et des réserves de main-d’œuvre explique assez bien la dynamique des salaires au second semestre de 2021 : vers la fin de 2021, la croissance des salaires était globalement conforme à l’augmentation des anticipations d’inflation et au resserrement du marché du travail observés en moyenne.
- Analyse modélisée multisectorielle et multi-pays : sur les deux années suivant le début de la pandémie, les salaires ont été principalement déterminés par les chocs sur la capacité de production et sur l’offre de main-d’œuvre (confinements, distanciation physique), tandis que les prix ont été davantage influencés par l’épargne privée et la libération de la demande refoulée.
- Scénarios basés sur un modèle des anticipations et de la fixation des salaires/prix :
  - La baisse observée des salaires réels a agi comme un frein jusqu’à présent, réduisant les tensions sur les prix et aidant à empêcher une boucle prix–salaires.
  - Plus les anticipations sont rétrospectives (adaptatives), plus le risque d’un désancrage de l’inflation à un niveau supérieur à l’objectif est grand.
  - La politique monétaire doit tenir compte de la nature des anticipations : plus les anticipations sont rétrospectives, plus le resserrement nécessaire pour éviter le désancrage et une forte baisse des salaires réels devra être rapide et fort.

### Épisodes historiques et enseignements
- Un échantillon de pays avancés couvrant les 40 dernières années (pour quelques-uns, 60 années) révèle 22 autres épisodes présentant des conditions similaires (critères de sélection explicites dans le texte).
- Les épisodes passés similaires n’ont pas été suivis d’une boucle prix–salaires persistante : l’inflation a généralement diminué en moyenne après ces épisodes, tandis que la croissance des salaires nominaux et réels a augmenté (graphique 2.2).
- Hétérogénéité entre épisodes : cas notable des États-Unis au deuxième trimestre de 1979 où l’inflation a fortement augmenté immédiatement après l’épisode pendant quatre trimestres avant de décliner ; politique monétaire très restrictive (choc Volcker) a entraîné une hausse du chômage et une baisse rapide des salaires réels.
- Sur les 22 épisodes illustrés, 13 ont été suivis d’un resserrement de la politique monétaire, ce qui a contribué à contenir l’inflation.
- Les épisodes de spirale prix–salaires n’ont généralement pas duré longtemps en moyenne ; toutefois, quelques cas ont eu des effets plus extrêmes (ex. États-Unis, 1973–1975 ; Belgique, 1973), certains liés à des chocs sur les prix de l’énergie et à l’indexation salariale.

### Limites et mises en garde méthodologiques
- L’analyse empirique est limitée par la disponibilité des données dans l’espace et dans le temps ; la couverture exacte de l’échantillon diffère selon les exercices.
- Les méthodes empiriques utilisées sont standard mais leurs résultats doivent être interprétés comme associatifs plutôt que causaux.
- Les résumés empiriques et l’étude des épisodes passés reposent sur des tendances historiques qui peuvent ne pas être totalement représentatives des circonstances actuelles ; une rupture structurelle importante provoquée par la COVID-19 (par ex. changement dans la formation des anticipations ou la fixation des salaires) pourrait réduire la pertinence des analyses historiques.
- L’analyse modélisée des anticipations permet une certaine évaluation des changements de régime via l’apprentissage adaptatif, offrant une assurance limitée contre les ruptures structurelles.

*Source : https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2022/october/french/text.pdf (text - Introduction)*

### 1. Inflation des prix

### 1. Inflation des prix

### Épisodes historiques d’accélération des prix et des salaires
- Vingt-deux épisodes de ce type ont été recensés dans un échantillon de 30 pays avancés, le plus ancien remontant à 1960. L’épisode de la COVID-19 représente une moyenne des pays de l’échantillon pour la période commençant au T4 2021.
- Une autre période notable : États-Unis, 1946–48. Après la levée des contrôles des prix et la libération de la demande refoulée :
  - La croissance des salaires nominaux et l’inflation se sont accélérées en 1946, atteignant toutes deux environ 20 % en glissement annuel au premier trimestre de 1947.
  - Hausse des prix et croissance des salaires ont commencé à diminuer progressivement, restant néanmoins à des niveaux élevés pendant environ un an.
  - Vers la seconde moitié de 1948 et au début de 1949, l’inflation a fortement baissé, les chaînes d’approvisionnement s’étant ajustées et la demande refoulée s’étant épuisée (une légère récession se produisant même en 1949).
- Conclusion historique synthétique : les épisodes caractérisés par une accélération des prix et des salaires pendant environ un an n’ont généralement pas duré; la croissance des salaires nominaux et l’inflation ont tendance à se stabiliser en moyenne, bien qu’elles soient restées élevées pendant plusieurs trimestres après ces épisodes.

### Détermination des salaires lors du choc COVID‑19 et de la reprise
- Objectif de la section : étudier les déterminants des salaires, des prix et de l’emploi dans le contexte du choc puis de la reprise liés à la pandémie de COVID‑19 en combinant :
  - une analyse empirique basée sur la courbe de Phillips des salaires (liant croissance des salaires aux anticipations d’inflation, à la réserve de main-d’œuvre et à la productivité) ;
  - un modèle structurel riche pour identifier la combinaison de chocs d’offre et de demande sous-jacents.

### Principaux résultats empiriques (courbe de Phillips des salaires)
- Spécification et échantillon :
  - Spécification fondée sur le chapitre 2 des Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2017.
  - Mesures de la réserve de main-d’œuvre : taux de chômage et variation du chômage.
  - Échantillon pour l’estimation des coefficients : période du T1 2000 au T4 2019, comprenant 31 pays avancés et 15 pays émergents.
- Relations estimées (plage 1 du graphique 2.4) : effets estimés d’une hausse de 1 point de pourcentage des variables indiquées.
  - Anticipations d’inflation : hausse associée à une augmentation de la croissance des salaires nominaux.
    - Sensibilité plus élevée dans les pays avancés : pour une augmentation de 1 point de pourcentage des anticipations d’inflation, on constate une augmentation de « près d’autant » de la croissance des salaires nominaux dans les pays avancés (contre 0,6 point de pourcentage dans les pays émergents).
  - Chômage et variation du chômage : hausse corrélée à un ralentissement de la croissance des salaires nominaux.
  - Productivité : hausse associée à une augmentation de la croissance des salaires nominaux.
- Conclusion empirique synthétique : la croissance des salaires a tendance à augmenter avec les anticipations d’inflation et la productivité, et à diminuer avec la réserve de main-d’œuvre.

### Dynamique des salaires pendant la pandémie et décomposition
- Observation : la dynamique des salaires pendant la pandémie de COVID‑19 n’a pas suivi de près la relation de la courbe de Phillips des salaires, mais la croissance plus récente des salaires nominaux est cohérente avec la hausse des anticipations d’inflation et le resserrement du marché du travail.
- Décomposition (plages 2 et 3 du graphique 2.4) :
  - Contributions de chaque composante calculées par rapport aux contributions observées au T4 2019.
  - Pour les contributions, seuls les pays disposant de données continues du T1 2017 au T4 2021 ont été utilisés, agrégés avec des pondérations du PIB en parités de pouvoir d’achat.
  - La catégorie « Autres » contient les contributions de la croissance de la productivité, du résidu et des effets fixes temporels.

### Hétérogénéité entre pays et facteurs structurels
- La sensibilité de la croissance des salaires aux anticipations d’inflation et à la réserve de main-d’œuvre varie entre pays et périodes en raison de facteurs structurels :
  - Rigueur de la réglementation en matière de protection de l’emploi :
    - Dans les pays où la protection de l’emploi est plus stricte, la croissance des salaires semble plus sensible en moyenne aux variations du chômage et aux anticipations d’inflation.
    - Interprétation : avec des restrictions sur la quantité de travail (licenciement ou embauche), le prix du travail (salaires) s’ajuste plus rapidement.
  - Pouvoir de marché des entreprises :
    - Dans les pays où les entreprises ont un plus grand pouvoir de marché (représenté par la marge moyenne sur les prix), les salaires semblent légèrement plus réactifs aux variations du chômage.
    - Ceci corrobore des études montrant que les entreprises avec des marges élevées sont plus susceptibles d’utiliser leurs marges pour absorber les variations des coûts et préserver leur part de marché.
  - Autres résultats de la littérature :
    - Baba et Lee (2022) : pour l’Europe, la transmission des chocs d’inflation aux salaires peut augmenter lorsque la densité syndicale est élevée (mentionnée dans le texte).

### Méthodologie, limites et vérifications de robustesse
- Mesure des anticipations : section centrée sur les anticipations d’inflation à un an (voir annexe 2.1 en ligne pour la mesure précise).
- Vérifications de robustesse :
  - Inclusion de l’inflation retardée comme régressseur (annexe 2.4 en ligne).
  - Utilisation d’un concept salarial plus étroit (gains horaires pour le secteur manufacturier) pour étendre la couverture temporelle jusqu’au début des années 70 : n’a pas modifié les résultats généraux.
  - Alternatives pour mesurer la réserve de main-d’œuvre : écart de taux de chômage et ratio chômage/postes vacants testés ; conclusions globalement similaires, avec le ratio chômage/postes vacants illustrant mieux la croissance récente des salaires dans certaines vérifications (ex. États-Unis).
- Intervalles et incertitudes :
  - Les moustaches des graphiques indiquent les intervalles de confiance à 90 %.
  - Les conclusions dépendent de la couverture de l’échantillon et de la période d’estimation.

*Source : Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale, Octobre 2022 (extraits du chapitre 2).*

### 2. Marges brutes des entreprises

### 2. Marges brutes des entreprises

### Rôle des caractéristiques structurelles dans la dynamique des salaires
- Les caractéristiques réglementaires, institutionnelles et structurelles influent sur la réactivité des salaires aux anticipations d’inflation et à la réserve de main-d’œuvre.
- Le graphique (Graphique 2.5) illustre les effets marginaux moyens des anticipations de chômage et d’inflation sur la croissance des salaires nominaux, conditionnés par le niveau de la caractéristique structurelle.
- Définitions et précisions issues du texte :
  - « Élevée » (« Faible ») : valeur moyenne de chaque indicateur structurel supérieure (inférieure) à la médiane inter-pays.
  - « Rigueur de la réglementation en matière de protection de l’emploi » : indicateur composite de la rigueur des réglementations relatives au licenciement individuel de travailleurs sous contrat régulier.
  - « Indicateur des marges des entreprises » : moyenne, pondérée du chiffre d’affaires, des marges dans le secteur.
- Voir l’annexe 2.4 en ligne pour une description détaillée (mentionnée dans le texte).

### Comportement des salaires pendant et après la phase aiguë de la pandémie
- Observations générales :
  - Les modifications des salaires ont été très inhabituelles pendant la phase aiguë de la pandémie, puis ont globalement suivi l’évolution des anticipations d’inflation et de la réserve de main-d’œuvre.
  - La nature inédite du choc COVID-19 et ses effets sectoriels asymétriques ont conduit à des variations abruptes des salaires, divergentes de celles prédites par la courbe de Phillips des salaires.
- Points notables de la décomposition par la courbe de Phillips des salaires (pays avancés et émergents) :
  - Le choc aigu et la reprise liés à la COVID-19 ont présenté des variations abruptes qui divergent des mouvements imputables aux anticipations d’inflation et à l’évolution du chômage.
  - Les divergences ont été quantitativement et qualitativement différentes de celles observées avant la pandémie et pendant la crise financière mondiale, et ont varié selon les pays.
  - Au début de la pandémie, la modération de la croissance des salaires a été moins importante que prévu dans les pays avancés (particulièrement aux États-Unis), alors qu’elle a été plus prononcée dans les pays émergents.
  - Depuis le pic de la crise, la reprise de la croissance des salaires semble en grande partie conforme à la baisse du chômage et à la hausse des anticipations d’inflation; à la fin de 2021, la croissance des salaires dans les pays avancés ne paraît pas anormalement supérieure à celle prédite par ces deux facteurs.
  - En moyenne, la hausse des anticipations d’inflation explique une part importante des mouvements récents de la croissance des salaires.
- Références internes :
  - Voir l’annexe 2.4 et le chapitre 1 pour des détails supplémentaires sur les décompositions et l’évolution des anticipations d’inflation.

### Décomposition par chocs : modèle d’équilibre général multi-pays et multisectoriel
- Objectif : étudier comment différents chocs de demande et d’offre se propagent et contribuent aux modifications des salaires, des prix et de l’emploi, en s’appuyant sur Baqaee et Farhi (2022a, 2022b) et Gourinchas et al. (2021).
- Chocs pris en compte (au total sept) :
  - Côté offre (trois types) :
    - Chocs de capacité de production (ou d’offre de travail) : découlant des confinements et de la distanciation physique; calibrés selon les modifications du nombre d’heures travaillées par secteur.
    - Chocs de coûts du commerce international : mesurés par les frais d’expédition par produit pour les importations américaines; coûts de fret et d’assurance augmentés à partir de 2020.
    - Flambée des cours des matières premières énergétiques et alimentaires : en 2021, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires ont augmenté de 85 % et 20 %, respectivement, en glissement annuel.
  - Côté demande (quatre types) :
    - Changements dans les comportements d’épargne des ménages : calibrés par correction du taux d’actualisation des ménages pour suivre les taux d’épargne dans le temps.
    - Changements dans la composition de la consommation : réallocation de la consommation des services vers les biens; chocs liés aux goûts dérivés des modifications de la part des dépenses.
    - Soutien budgétaire : dérivé des variations de la consommation du secteur public et des dépenses d’assurance chômage; substantiel dans de nombreux pays avancés en 2020.
    - Soutien de la politique monétaire : appréhendé par le taux d’intérêt intérieur calibré aux taux directeurs de la banque centrale.
- Notes méthodologiques :
  - Les effets des différents chocs ne s’additionnent pas nécessairement en raison des interactions en équilibre général.
  - Les incidences modélisées sont globalement analogues mais pas exactement égales aux résultats réels.
  - Les pays étudiés (États-Unis, zone euro, Mexique) ont été sélectionnés pour la taille de leur économie, la disponibilité des données requises et la diversité des mesures de soutien.

### Principales conclusions de la décomposition historique (États-Unis, zone euro, Mexique; 2020–2021)
- Facteurs principaux :
  - Les réductions de la capacité de production ont été le facteur prédominant dans la variation des salaires nominaux en 2020 et 2021.
  - Les changements dans le comportement d’épargne des ménages ont été l’un des principaux facteurs de la variation des prix au cours de ces années.
- 2020 :
  - Principal déterminant des salaires et de l’emploi : chute de la capacité de production liée aux confinements et à la distanciation physique (diminution de la capacité de production et contraction de l’offre de main-d’œuvre).
  - Deuxième facteur clé pour les prix : hausse de l’épargne privée (facteur de contraction de la demande).
  - Ripostes de politiques budgétaires et monétaires expansives (États-Unis et zone euro) : ont limité les dommages sur l’emploi et soutenu les salaires nominaux.
  - Mexique : soutien budgétaire réduit en 2020, contribuant à faire baisser salaires et prix dans une certaine mesure.
  - Expansion monétaire : efficace pour soutenir l’emploi tout en poussant les salaires nominaux et les prix à la hausse.
  - Résultat combiné en 2020 : hausse brutale des salaires nominaux et réaction modérée des prix → forte augmentation des salaires réels.
- 2021 :
  - Principal moteur : rebond de la demande globale dépassant les capacités de production (déséquilibre offre–demande).
  - Réduction du soutien budgétaire par rapport à 2020 dans tous les pays étudiés, atténuant certaines pressions à la hausse sur les prix.
  - Fortes hausses des cours des matières premières : contribution importante aux variations des prix et frein à l’emploi; la zone euro et le Mexique ont ressenti ces effets plus fortement que les États‑Unis.
  - Maintien d’une politique monétaire accommodante aux États‑Unis : a poussé salaires et prix à la hausse; effets inflationnistes du soutien monétaire plus réduits dans la zone euro et au Mexique.
  - Résultat combiné en 2021 : combinaison des variations des salaires nominaux et des prix a entraîné une baisse généralisée des salaires réels, en particulier au Mexique.
- Remarque : les prix des matières premières ont encore augmenté en 2022 (y compris à la suite du choc de l’invasion de l’Ukraine par la Russie) et poussent l’inflation à la hausse; les trajectoires futures dépendront de la durée de ces chocs et d’autres nouveaux chocs.

### Implications pour l’ancrage des anticipations d’inflation et la politique publique
- Le texte insiste sur l’importance de l’évolution des chocs (offre et demande) et de leur résorption pour les perspectives des salaires et des prix.
- Le désancrage des anticipations d’inflation et la conduite de la politique publique sont présentés comme déterminants pour l’évolution future des salaires et des prix.
- Remarques méthodologiques et limitations :
  - Le modèle n’intègre pas certains aspects de la conception et de la composition des mesures de soutien budgétaire; ces canaux sont difficiles à quantifier précisément dans le modèle utilisé.
  - Voir le chapitre 3 d’avril 2021 des Perspectives de l’économie mondiale et l’édition d’octobre 2022 du Moniteur des finances publiques pour des discussions complémentaires sur l’efficacité des combinaisons d’aides au maintien dans l’emploi et d’autres mesures.

*Source : calculs des services du FMI; Fonds monétaire international | Octobre 2022.*

### 3. Mexique

### 3. Mexique

### Effets empiriques des chocs inflationnistes et du resserrement monétaire
- Pour une hausse d’un écart-type de l’indice des tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, la réaction de l’inflation dépasse celle de la croissance des salaires nominaux.
- L’inflation réalisée et l’inflation anticipée à court terme augmentent de manière persistante, et il faut trois ans (au-delà de l’horizon indiqué) pour qu’elles reviennent à leur moyenne à long terme.
- La croissance des salaires nominaux augmente légèrement à très court terme, puis se détériore à mesure que les effets dépressifs du choc sur l’activité se font sentir.
- Ensemble, ces dynamiques entraînent une baisse de la croissance des salaires réels.
- Rien n’indique que ces chocs inflationnistes enclenchent une boucle prix–salaires.
- Le resserrement monétaire fait baisser l’inflation et diminue la croissance des salaires nominaux et réels, ce qui contribue à atténuer les pressions inflationnistes.
- L’incidence d’un resserrement monétaire d’un écart-type sur l’inflation réalisée et anticipée est de plus courte durée que l’effet produit par un choc inflationniste sur les chaînes d’approvisionnement.
- En arrière-plan, le taux de chômage augmente parallèlement à la hausse des taux à long terme sur la dette publique.

Détails d’estimation et données
- Indice de tensions sur les chaînes d’approvisionnement : produit par la Banque de réserve fédérale de New York (reflète des variations du côté de l’offre).
- Pondération de l’indice par l’ouverture aux échanges du pays (ouverture définie comme la somme des importations et des exportations en pourcentage du PIB).
- Échantillon d’estimation (zone euro) : période T4 1999 au T4 2019; pays inclus : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Portugal, République slovaque et Slovénie.
- Les réponses dynamiques sont présentées en trimestres, t = 0 étant le trimestre d’impact initial du choc.
- Les « anticipations d’inflation » désignent l’inflation anticipée à 12 mois.

### Rôle des anticipations et implications pour la politique monétaire
- Les effets dynamiques des chocs inflationnistes et l’efficacité des réponses de la politique monétaire dépendent essentiellement de la formation des anticipations en matière de salaires et de prix.
- Si les anticipations d’inflation sont moins ancrées au taux cible, les effets sur les salaires et les prix pourraient évoluer et accroître les risques de formation d’une boucle prix–salaires persistante.
- Les anticipations plus ancrées réagissent moins aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement, ce qui diminue implicitement le risque de désancrage futur.

Processus de formation des anticipations envisagés
- Anticipations rationnelles : les agents comprennent la structure complète de l’économie et, en moyenne, font des prévisions précises en l’absence de nouveaux chocs.
- Anticipations pleinement adaptatives : les agents prévoient que les variables futures seront exactement égales à leur dernière réalisation.
- Apprentissage adaptatif : les agents forment des anticipations à l’aide de petits modèles statistiques et actualisent régulièrement ces anticipations à mesure que de nouvelles données sont disponibles.

### Scénarios prospectifs (modèle estimé pour les États-Unis, trajectoire de taux d’intérêt exogène selon le graphique à points de la Réserve fédérale en juin 2022)
- Hypothèse générale : pas de nouveaux chocs inflationnistes et taux d’intérêt fixés selon la trajectoire exogène indiquée.
- Scénario avec anticipations rationnelles :
  - Un atterrissage en douceur semble possible.
  - Le choc inflationniste actuel se dissipe progressivement au cours des 12 trimestres suivants.
  - L’écart de production converge progressivement vers zéro.
  - L’inflation de base revient à l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale.
- Scénario avec anticipations pleinement adaptatives :
  - Accélération rapide à court terme de l’inflation des salaires et des prix (les agents extrapolent les réalisations récentes).
  - Les chocs sur les coûts persistent suffisamment pour compenser en grande partie les effets désinflationnistes à court terme de la baisse des salaires réels.
  - Lorsque les chocs se dissipent et que l’écart des salaires réels devient encore plus négatif, l’inflation diminue rapidement après cinq trimestres.
  - Malgré l’absence d’autres chocs, l’inflation reste supérieure de 1,5 point de pourcentage à la cible même 12 trimestres plus tard.
  - Pour ramener l’inflation plus rapidement à la cible dans ce contexte, la politique monétaire devrait être resserrée beaucoup plus fortement que ce qui est actuellement prévu.
- Scénario avec apprentissage adaptatif :
  - Trajectoires de l’inflation, de la croissance des salaires et de l’écart de production situées entre les cas rationnels et pleinement adaptatifs.
  - Inertie un peu plus forte que dans le cas des anticipations rationnelles, mais loin du niveau observé dans les anticipations pleinement adaptatives.
  - Considéré comme le scénario le plus réaliste des trois, car il s’adapte aux données récentes sur la dynamique des salaires et des prix.

Principales leçons pour la politique
- Les banques centrales devraient réagir énergiquement aux chocs inflationnistes liés aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement, en particulier lorsque l’inflation est élevée et en hausse.
- Plus les anticipations sont rétrospectives (adaptatives), plus la réaction de la politique monétaire doit être vigoureuse afin de réduire les risques de désancrage des anticipations d’inflation.
- Les risques d’apparition d’une boucle prix–salaires durable apparaissent faibles dans les estimations, mais la force de l’ancrage des anticipations est cruciale pour limiter ces risques.

*Source : Chapitre 2, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : RIPOSTER À LA CRISE DU COÛT DE LA VIE, Fonds monétaire international, Octobre 2022.*

### 1. Inflation

### 1. Inflation

### Simulations et scénarios de référence
- Scénarios calibrés pour les États-Unis, en supposant que les chocs inflationnistes observés début 2022 se dissipent comme attendu sur la base de l’expérience antérieure. Inflation hors énergie et alimentation.
- Les axes des abscisses des graphiques indiquent les trimestres depuis le T4 2021.
- Dans le cas des anticipations pleinement adaptatives, alors que l’écart de production se referme en grande partie, l’inflation reste supérieure d’environ un demi-point de pourcentage à la cible après 12 trimestres.
- Les simulations pour le Brésil (pays émergent) montrent des schémas généraux analogues à ceux des États-Unis mais une sensibilité encore plus grande aux chocs inflationnistes et des risques plus élevés de désancrage des anticipations.
- La politique optimale est déterminée en utilisant une fonction d’objectif qui pondère de manière égale les écarts de la production et de l’inflation par rapport au potentiel et à la cible, respectivement, en accordant aussi un certain poids au lissage du taux directeur.

### Rôle des salaires et dynamique prix–salaires
- Dans le petit modèle d’équilibre général stochastique dynamique utilisé, les salaires sont le seul déterminant des coûts marginaux.
- Un écart de salaire réel négatif signifie que le salaire réel n’a pas suivi l’évolution de la productivité du travail.
- Lorsque des chocs inflationnistes liés aux coûts se produisent, l’écart négatif des salaires réels caractérisant la situation actuelle contribue à ancrer l’inflation, même dans le cas d’anticipations pleinement adaptatives.
- Lorsque les coûts réels du travail diminuent, ils contribuent à faire baisser l’inflation.
- Plus la hausse de l’inflation est importante, plus l’écart de salaire réel devient négatif et plus ce mécanisme d’ancrage est puissant.
- L’analyse empirique sectorielle (Encadré 2.1) indique que la récente accélération de la croissance des salaires nominaux n’a que modestement contribué à l’inflation des prix à la consommation, principalement via certains services.

### Formation des anticipations et réponses de politique monétaire
- Le processus de formation des anticipations joue un rôle essentiel pour les perspectives des salaires et des prix : plus les anticipations sont rétrospectives, plus la politique monétaire doit être concentrée en début de période pour réduire les risques de désancrage.
- Dans le cas des États-Unis, avec un écart de production positif et des chocs persistants sur les coûts, si les anticipations se forment par apprentissage adaptatif, une banque centrale qui minimise une fonction de bien-être standard choisirait de resserrer davantage sa politique dans un premier temps et de commencer à assouplir plus tôt, par rapport à la trajectoire impliquée par le graphique à points de la Réserve fédérale de juin 2022.
- La politique monétaire influence la dynamique de l’inflation par trois canaux :
  - 1) Des taux d’intérêt plus élevés réduisent l’écart de production et les salaires réels par le biais des courbes de Phillips des salaires et des prix.
  - 2) Comme les anticipations sont partiellement adaptatives, des réalisations d’inflation plus faibles contribuent à une inflation attendue plus faible.
  - 3) En reconnaissant les erreurs dans leurs prévisions, les entreprises et les ménages apprennent avec le temps et accordent moins d’importance aux résultats passés.

### Résultats empiriques — Encadré 2.1 : Transmission des salaires aux prix (États-Unis)
- Méthodologie : matrices d’entrées–sorties pour construire les coûts cumulés du travail pour 73 sous-composantes de l’indice PCE ; méthode de projection locale de Heise, Karahan et Şahin (2020) ; contrôles pour la croissance de la productivité sectorielle et effets fixes de temps et de secteur.
- Estimations principales :
  - Réponse impulsionnelle des prix aux modifications des salaires : environ 10% aux prix des services après cinq trimestres.
  - Aucune transmission mesurable aux prix des biens.
- Interprétation : l’absence de répercussion sur les prix des biens pourrait refléter une absorption plus forte des variations des coûts du travail par les entreprises en raison d’un pouvoir de marché et d’une pénétration des importations plus élevés.
- Variations selon intensité des hausses salariales :
  - Les données antérieures à 2020 suggèrent que la transmission aux prix des services augmente jusqu’à 20% (statistiquement significative au niveau de confiance de 99%) lorsque la croissance des salaires est égale ou supérieure au 75e centile (c’est-à-dire 3,9%).
  - La transmission est à peu près nulle dans les périodes où la croissance des salaires est plus faible.
  - L’estimation ponctuelle de la transmission aux prix des services a augmenté depuis le T1 2021, mais n’est pas statistiquement significative.

### Conclusions et risques
- Depuis 2021, de nombreux pays connaissent de fortes hausses de l’inflation en raison de chocs défavorables du côté de l’offre et de tensions sur les marchés du travail post–COVID-19.
- Les salaires réels ont eu tendance à stagner ou à baisser en moyenne dans tous les pays, ce qui constitue un facteur désinflationniste potentiel en réduisant les coûts réels des entreprises.
- Les épisodes historiques présentant des caractéristiques semblables n’ont généralement pas abouti à une spirale prix–salaires persistante ; en moyenne, l’inflation a eu tendance à diminuer progressivement par la suite et les salaires nominaux ont rattrapé leur retard sur plusieurs trimestres, bien que dans certains cas l’inflation soit restée élevée pendant un certain temps.
- Le risque d’apparition d’une boucle prix–salaires persistante dans l’épisode actuel est contenu en moyenne, à condition qu’il n’y ait pas de chocs inflationnistes plus soutenus ou de changements structurels dans les processus de fixation des salaires et des prix.

### Scénario de politique publique optimal (Graphique 2.10)
- Un resserrement monétaire en début de période est optimal pour limiter l’accumulation des anticipations d’inflation et permettre ainsi d’atteindre la cible plus rapidement et sans heurts.
- Les graphiques illustrent les trajectoires pour : 1. Inflation ; 2. Anticipations d’inflation ; 3. Croissance des salaires nominaux ; 4. Écart des salaires réels ; 5. Écart de production ; 6. Taux d’intérêt — tous mesurés en trimestres depuis le T4 2021.

### Observations annexes (transition énergétique)
- D’ici la fin de la décennie, l’économie mondiale doit émettre 25% de gaz à effet de serre (GES) de moins qu’en 2022 pour avoir de bonnes chances d’atteindre les objectifs fixés à Paris en 2015.
- Selon diverses hypothèses sur le rythme de la transition vers une production d’électricité peu émettrice de carbone, les coûts pourraient osciller entre 0,15 et 0,25 point de pourcentage de la croissance du PIB.
- L’inflation pourrait progresser de 0,1 à 0,4 point par an par rapport au scénario de référence, avec des politiques présumées sans incidence sur le budget.
- Pour maîtriser ces coûts, il est important que les politiques climatique et monétaire soient crédibles ; différer ou alterner les mesures alourdirait la facture.

*Source : calculs des services du FMI, extrait de la section 1. Inflation (Fonds monétaire international | Octobre 2022).*

### Introduction

### Introduction

### Urgence climatique et objectifs
- Pour atteindre l’objectif de l’accord de Paris (limiter le réchauffement à largement moins de 2 °C et plutôt à 1,5 °C, et parvenir à un bilan neutre en carbone d’ici 2050), il faut agir sans délai et prendre des mesures ambitieuses.
- D’ici 2030, les émissions mondiales doivent baisser d’au moins 25 % par rapport à leur niveau actuel.
- Selon le GIEC, avec les politiques actuelles, en 2030, les émissions dépasseront de plus de 42 % les niveaux compatibles avec l’objectif de l’accord de Paris.

### Nature des politiques de décarbonation et différences avec un choc pétrolier
- Les taxes sur les GES internalisent une externalité négative et augmentent le coût des combustibles fossiles (choc négatif sur l’offre), mais elles diffèrent des chocs pétroliers classiques :
  - Elles réduisent les prix (hors taxe) perçus par les producteurs de combustibles fossiles, décourageant l’investissement dans ces sources.
  - Elles génèrent des recettes budgétaires pouvant être recyclées pour atténuer les effets sur consommation et production et indemniser les ménages modestes.
  - Elles sont censées être durables et mises en œuvre progressivement, ce qui modifie les anticipations des agents économiques.
  - Elles modifient les prix relatifs en fonction de la teneur en carbone, incitant davantage à réduire les émissions qu’une flambée transitoire des prix des combustibles fossiles.

### Cadre de l’analyse : portée et hypothèses
- Le chapitre se concentre sur les coûts macroéconomiques à court terme des politiques climatiques sans incidences budgétaires (hypothèse d’effet neutre sur le budget).
- L’analyse met en évidence séparément les conséquences des politiques climatiques et budgétaires sur le PIB et l’inflation.
- Objectif : illustrer des politiques climatiques faisables qui limitent les pertes de production et les effets inflationnistes tout en protégeant les ménages à faible revenu.

### Modèle utilisé : MMMTE
- Le chapitre s’appuie sur le Modèle macroéconomique mondial pour la transition énergétique (MMMTE).
- Caractéristiques principales :
  - Modèle d’équilibre général dynamique, non linéaire et multipays, proche du GIMF.
  - Ménages et entreprises clairvoyants, choix optimaux en consommation, offre de travail, actifs et investissement.
  - Frictions nominales et réelles et modélisation explicite des anticipations.
  - Quatre régions : Chine, zone euro, États‑Unis et reste du monde.
- Le MMMTE inclut une granularité sectorielle : extraction et vente de combustibles fossiles, production d’électricité par diverses technologies (avec stockage), transports électriques, utilisation d’énergie pour production et chauffage, agriculture.

### Scénarios et calibrages clés
- Exercices de simulation : taxe sur les GES augmentée progressivement et généralisée mondialement sur huit ans, chaque région réduisant ses émissions d’environ 25 %.
- Deux calibrages pour l’élasticité de substitution des énergies renouvelables aux combustibles fossiles pour la production d’électricité :
  - Calibrage de référence : part des énergies renouvelables dans la production d’électricité augmente de 20 points de pourcentage d’ici 2030.
  - Calibrage plus pessimiste (élasticités plus faibles) : rythme de décarbonation de la production électrique à peu près moitié moins rapide ; il faudra des taxes sur les GES à peu près le double pour atteindre la même réduction de 25 % d’ici 2030. Dans ce calibrage, les élasticités de substitution liées à l’utilisation de combustibles fossiles sont plus faibles (réduite des trois quarts pour la production d’électricité et de moitié dans le secteur manufacturier).

### Principales conclusions quantitatives
- Coûts macroéconomiques globaux de la transition énergétique (mesurés en pertes de production et en surcroît d’inflation) :
  - La croissance mondiale pourrait diminuer de 0,15 à 0,25 point de pourcentage par an.
  - L’inflation pourrait augmenter de 0,1 à 0,4 point de pourcentage.
  - Pour la Chine, l’Europe et les États‑Unis, le recul de la croissance du PIB devrait être de l’ordre de 0,05 à 0,20 point de pourcentage par an.
- Avec des élasticités plus faibles, les coûts macroéconomiques devraient doubler (pour des scénarios comparables de décarbonation).
- Différer l’application des mesures aggrave le coût de la transition :
  - Un report nécessite des hausses de taxes sur les GES plus élevées et plus rapides.
  - La réaction inflationniste s’en trouverait environ trois fois plus forte.
  - Pour empêcher cette réaction inflationniste accrue, il faudrait sacrifier approximativement 1 % du PIB sur quatre ans.

### Rôle de la conception et de la crédibilité des politiques
- La conception du recyclage des recettes de la taxe sur les GES détermine largement les impacts finaux :
  - Recycler les recettes pour réduire la fiscalité du travail atténue les distorsions, augmente l’offre de travail, les salaires nets d’impôts, et stimule consommation, investissement et production.
  - Recycler en subventions à l’investissement dans les technologies bas carbone facilite la transition et permet d’atteindre une même décarbonation avec moins de taxes sur les GES, réduisant l’impact sur l’inflation.
  - Transferts aux ménages à faible revenu améliorent l’acceptation mais peuvent peser sur la croissance de la production.
- La crédibilité des politiques climatiques est déterminante :
  - Politiques progressives et crédibles donnent le temps nécessaire aux agents pour s’adapter, limitant les tensions inflationnistes et les coûts en PIB.
  - Politiques moins crédibles requièrent des ajustements plus drastiques ultérieurement, générant plus d’inflation et de difficultés pour les autorités monétaires.
  - Si la politique monétaire manque de crédibilité, les tensions inflationnistes augmentent les coûts de la transition.

### Implications pour la politique monétaire
- Les politiques climatiques, mises en œuvre de manière progressive et crédible, n’exigent que des ajustements mineurs de la politique monétaire pour éviter le désancrage des anticipations, au prix de coûts minimes en matière de PIB.
- Elles contrastent avec les chocs d’offre soudains (flambées des prix de l’énergie), qui représentent un défi immédiat pour les autorités monétaires.
- Un certain assouplissement de la politique monétaire peut être envisageable à brève échéance pour faciliter la transition, à condition de préserver la crédibilité.

### Messages de politique
- Agir sans délai rend la transition énergétique plus gérable et moins coûteuse en termes de production et d’inflation.
- Concevoir des politiques climatiques crédibles, transparentes et, si possible, institutionnellement indépendantes augmente leur efficacité.
- Le recyclage des recettes des taxes sur les GES est crucial : choix entre réduction des impôts sur le travail, subventions à l’investissement vert, et transferts ciblés aux ménages à faible revenu influe sur production, inflation et acceptabilité.
- Différer l’action pour des motifs d’inflation ou de sécurité énergétique alourdit la facture économique et climatique.

*Source : Fonds monétaire international — Chapitre “Impact macroéconomique à court terme des politiques de décarbonation”, Perspectives de l’économie mondiale, Octobre 2022 (Introduction).*

### 2501. Prix des GES

### 2501. Prix des GES

### Effets macroéconomiques généraux
- La taxe sur les GES entraîne une hausse du prix relatif des combustibles fossiles et une augmentation du niveau général des prix.
- Anticipant une hausse durable des prix de l’énergie, les agents réduisent leurs investissements et leur consommation, provoquant une baisse durable de la productivité future.
- À court et moyen terme, une demande globale inférieure peut dominer la hausse des coûts de l’énergie, et une banque centrale focalisée sur la stabilisation de l’inflation cherchera à accompagner le choc.
- Effets sur la croissance :
  - Avec un calibrage alternatif (recyclage partiel en allégement de la fiscalité du travail, « P1 »), le programme n°1 est associé à un recul du PIB de 1 à 2 % en Chine, dans la zone euro et aux États-Unis d’ici 2030.
  - Ces coûts sont approximativement deux fois supérieurs à ceux obtenus avec le calibrage de référence, mais restent gérables ; les deux calibrages dessinent une fourchette comprise entre 0,15 et 0,25 point de pourcentage de la croissance annuelle.
- Exemple chiffré : 1,5 % du PIB des États-Unis équivaut à environ 320 milliards de dollars ; les coûts s’échelonneraient sur huit ans, à raison de 40 milliards de dollars par an.

### Options de recyclage des recettes de la taxe sur les GES
- Trois grandes utilisations des recettes :
  1. Aider à accélérer la transition : incitations, subventions et investissements publics.
  2. Amortir l’impact des taxes sur la production et le revenu des ménages : subventions sectorielles.
  3. Dédommager les ménages à faible revenu : transferts ciblés.
- Impacts selon la stratégie de recyclage :
  - Transferts forfaitaires : n’ont pas d’incidence sur le budget si constitués de remboursements intégralement financés, atténuent l’effet régressif de la taxe sur les ménages à faible revenu, stimulent la consommation à court terme mais l’effet est éphémère.
  - Allégement de la fiscalité du travail : diminue la désincitation à travailler, a des effets positifs sur l’emploi et la production.
  - Subventions à la production : favorisent l’investissement, mais au détriment de la consommation (réduction des ressources disponibles pour baisses d’impôts et transferts).

### Trois trains de mesures visant à réduire les émissions de 25 % en 2030 (caractéristiques principales)
- Train de mesures 1
  - Augmentation progressive des prix des GES de 2023 à 2030.
  - Deux tiers des recettes utilisés pour réduire les impôts sur les revenus du travail.
  - Un tiers des recettes transféré aux ménages.
  - Recettes liées aux activités des ménages redistribuées aux ménages sous forme de transferts.
- Train de mesures 2
  - Augmentation progressive des prix des GES de 2023 à 2026.
  - Un tiers des recettes utilisé pour réduire les impôts sur les revenus du travail.
  - Un tiers des recettes transféré aux ménages.
  - Un tiers des recettes utilisé pour subventionner les secteurs à faibles émissions :
    - Investissements dans les énergies renouvelables
    - Centrales nucléaires et hydroélectriques
    - Achats de véhicules électriques
  - Réglementation de la part des véhicules électriques.
- Train de mesures 3
  - Augmentation progressive des prix des GES de 2023 à 2030.
  - Recettes issues des GES redistribuées au niveau sectoriel (production d’électricité, industrie manufacturière, services).
  - Un tiers des recettes transféré aux ménages.
  - Résultat : transition harmonieuse pour l’investissement, chute de l’investissement bien moindre que dans le train de mesures 1, mais ménages plus pénalisés par le ralentissement, ratio consommation/investissement baisse.

### Variations régionales et canaux d’impact
- Les écarts entre pays/régions reflètent :
  - Différences initiales de consommation d’énergie.
  - Part des combustibles fossiles dans le panier de consommation.
  - Hausses de la taxe sur les GES nécessaires pour atteindre l’objectif de 25 % de décarbonation.
- Illustration pour la Chine : la consommation directe d’énergie des ménages pèse moins lourd dans l’IPC ; le relèvement de la taxe sur les GES a donc moins d’incidence sur l’IPC que dans d’autres régions, et l’effet de contraction de la demande domine.
- Région « reste du monde » : impact sur la croissance très supérieur, car elle inclut la majorité des producteurs de combustibles fossiles et des pays à forte intensité énergétique ; effet net sur le PIB surtout notable chez les producteurs de combustibles fossiles.

### Crédibilité des politiques climatiques
- Hypothèse de crédibilité parfaite : le secteur privé tient compte des politiques en cours et à venir, y compris la trajectoire du prix des GES, avant de décider.
- Crédibilité partielle (chaque relèvement durable arrive par surprise et n’influence pas les décisions futures) :
  - La réduction cumulée des émissions d’ici 2030, exprimée en pourcentage des émissions de 2022, est environ 20 % moins importante quand la crédibilité est partielle que lorsqu’elle est parfaite.
  - Une politique partiellement crédible nécessite des taxes sur les GES plus élevées et engendre des pertes de PIB plus substantielles d’ici la fin de la décennie :
    - Aux États-Unis : PIB recule de 1,0 % au lieu de 0,6 %.
    - Dans la zone euro : PIB recule de 1,0 % au lieu de 0,5 %.
    - En Chine : PIB recule de 1,2 % au lieu de 0,6 %.
- Le programme n°2 (subventions vertes crédibles) montre l’importance de la crédibilité : des subventions crédibles incitent à l’investissement vert privé, permettant de réduire les émissions avec des taxes sur les GES moins élevées que dans le programme n°1.

### Paramètres et notes méthodologiques clés
- Élasticité de l’offre de main-d’œuvre retenue : 0,15.
- Les simulations reposent sur le Modèle macroéconomique mondial pour la transition énergétique et sur des estimations des services du FMI.
- Les transferts forfaitaires, s’ils sont importants, peuvent augmenter temporairement la consommation mais n’empêchent pas une baisse de la consommation à moyen et long terme en raison de l’effet sur le revenu permanent des ménages.
- Les politiques monétaires et climatiques supposées dans les simulations sont parfaitement crédibles, sauf lorsque la crédibilité partielle est explicitement analysée.

*Source : Fonds monétaire international, « 2501. Prix des GES », Perspectives de l’économie mondiale : Riposter à la crise du coût de la vie, Octobre 2022.*

### 3. Zone euro

### 3. Zone euro

### Crédibilité de la politique monétaire
- Tant que les banques centrales paraîtront capables de lutter contre l’inflation, le coût des arbitrages liés aux politiques climatiques examinées dans ce chapitre sera assez faible.
- Les politiques climatiques mises en œuvre de façon progressive devraient être plus faciles à gérer par les banques centrales que des chocs sur l’offre (prix de l’énergie augmentant brusquement).
- Si les banques centrales perdent leur crédibilité, la difficulté des arbitrages production–inflation sera amplifiée : toute poussée des coûts se solderait par des arbitrages plus délicats.
- Comparaison de cibles monétaires :
  - Le ciblage de l’inflation sous-jacente (excluant les produits énergétiques) se traduira par une inflation globale légèrement supérieure en raison de l’incidence directe de la taxe sur les composantes de l’IPC non prises dans cet indice.
  - Le ciblage d’une version modifiée de l’inflation sous-jacente (incluant le prix des GES) aura un coût supérieur en pertes de production, mais ramènera l’inflation globale dans sa cible.
  - Les ordres de grandeur demeurent relativement comparables entre ces approches.
- Résultats d’exemple : pour l’essentiel, inclure le prix des GES dans l’indice d’inflation permet de maintenir l’inflation globale proche de la cible en l’absence de chocs sur les composantes non mesurées.

### Incidences des frictions et calibrages des élasticités
- Des frictions plus importantes que prévu dans le calibrage de référence impliqueraient que, pour atteindre les objectifs de décarbonation, les gouvernements auraient à relever les taxes sur les GES largement plus et bien plus vite, avec des répercussions sur la croissance et l’inflation.
- Exemple chiffré : avec le second calibrage (élasticité plus faible) et le ciblage de l’inflation sous-jacente incluant le prix des GES, d’ici 2030, le PIB serait inférieur d’environ 1¼ % à celui du calibrage de référence.

### Contexte d’indexation des salaires
- Si la politique monétaire perd en crédibilité et que les salaires commencent à s’indexer sur l’inflation passée, le processus inflationniste deviendrait plus inertiel, rendant l’inflation plus dépendante de ses niveaux passés et moins ancrée à la cible.
- Dans un tel environnement :
  - Stabiliser la version modifiée de l’inflation sous-jacente entraînerait des coûts significativement plus élevés en matière de production.
  - Stabiliser la production pourrait enclencher une spirale salaires–prix en raison d’un stimulus monétaire visant à maîtriser la demande de travail et les salaires réels.

### Programmes de mesures et préférence selon crédibilité
- Les anticipations inflationnistes sont demeurées globalement ancrées dans une majorité de pays, en particulier chez les gros émetteurs étudiés.
- Dans les pays où les banques centrales pourraient être moins crédibles, d’autres programmes de mesures ayant un impact bien moindre sur les prix (par exemple le programme n° 2) pourraient être préférés.

### Coûts de la transition en cas de nouveaux reports des mesures
- Scénarios comparés : programme n° 1 débutant en 2023 vs programme tardif débutant en 2027 (même réduction cumulative des émissions à long terme, transition plus rapide et taxes sur les GES plus élevées pendant quelques années).
- Hypothèse commune : politique monétaire crédible.
- Effets de la transition retardée :
  - Rythme accéléré implique majorations annuelles plus importantes de la taxe sur les GES, accentuant directement les hausses de l’inflation globale.
  - Réduction rapide de l’utilisation du capital pour la production de combustibles fossiles, coût élevé pour les entreprises et recul des investissements dans les actifs émetteurs.
  - Si la politique monétaire cible la production (déclinant au même rythme que dans le scénario progressif), l’inflation globale augmente bien plus qu’avec le programme n° 1.
  - Si la politique monétaire cible la version modifiée de l’inflation sous-jacente (englobant le prix des GES), la production chute beaucoup plus vite.
- Conclusion du comparatif : reporter l’application des mesures climatiques n’est pas une solution raisonnable pour éviter de menacer la crédibilité des banques centrales ; la seconde option (report) est plus coûteuse tant en matière d’inflation que de production.

### Conclusions et conséquences pour l’action des pouvoirs publics
- Urgence d’agir tout de suite après des décennies de procrastination : pour que l’objectif de l’accord de Paris reste accessible, les émissions de GES doivent diminuer d’ici 2030 de 25 % par rapport aux niveaux actuels.
- La facilité de la transition dépend fortement de la vitesse de décarbonation de la production électrique : plus la transition vers une électricité propre sera difficile, plus il faudra augmenter la taxe sur les GES et plus les coûts macroéconomiques seront élevés.
- Estimations agrégées (selon différents calibrages des élasticités de substitution des combustibles fossiles) :
  - Le PIB mondial pourrait être inférieur de 0,9 à 2,0 % à la valeur de référence d’ici 2030.
  - Cela équivaudrait à un ralentissement de 0,15 à 0,25 point de pourcentage de la croissance annuelle.
  - L’inflation pourrait augmenter de 0,1 à 0,4 point de pourcentage par rapport au niveau de référence.
- Variations régionales importantes : effets les plus marqués chez les pays exportateurs de combustibles fossiles.
- Évaluation finale : ces coûts, bien que non négligeables, sont gérables et éclipsés par les bénéfices à long terme associés à l’arrêt du changement climatique.
- Recommandation implicite de politique : commencer immédiatement à instaurer les taxes nécessaires sur les GES et contrer leurs effets sur l’inflation (approche réduisant au maximum le risque de désancrage des anticipations inflationnistes et d’indexation des salaires).

*Source : Chapitre 3 — IMPACT MACROÉCONOMIQUE À COURT TERME DES POLITIQUES DE DÉCARBONATION, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : RIPOSTER À LA CRISE DU COÛT DE LA VIE, Fonds monétaire international | Octobre 2022*

### 3. PIB réel

### 3. PIB réel

### Effets macroéconomiques à court terme des politiques de décarbonation
- Résultats fondés sur le train de mesures 1 avec élasticités de référence.
- La politique monétaire :
  - Dans les scénarios « Progressives » et « Retardées », cible l’inflation sous-jacente + le prix des GES (cible d’inflation).
  - Dans le scénario « Retardées (cible de PIB) », elle cible le même PIB que dans le scénario « Progressives ».
- Indicateurs graphiques présentés :
  - Écart du PIB réel : valeurs entre −2,0 et 0,4 (échelle affichée : −2,0, −1,6, −1,2, −0,8, −0,4, 0,0, 0,4).
  - Inflation globale : écart en points de pourcentage entre −0,1 et 0,5 (échelle affichée : −0,1, 0,0, 0,1, 0,2, 0,3, 0,4, 0,5).

### Preuves empiriques et enseignements des expériences passées
- Programmes de tarification du carbone mis en œuvre au cours des deux dernières décennies ont permis des réductions d’émissions notables malgré des prix modérés.
- Exemples et résultats empiriques :
  - SEQE-UE : réduction des émissions de l’ensemble de l’Union européenne de 3,8 percent entre 2008 et 2016. Prix de la tonne n’a pas dépassé 20 euros avant 2018.
  - Sites industriels couverts par le SEQE-UE ont réduit leurs émissions de près de 15–20 percent en France et en Allemagne (études citées).
  - Marché des émissions dans les États du Nord-Est des États-Unis : a contribué à plus de la moitié des réductions d’émissions réalisées dans le secteur de l’électricité à la fin des années 2000 et au début des années 2010, malgré un prix de seulement 2–3 dollars la tonne en moyenne au cours de cette période.
  - Royaume-Uni : taxe sur l’énergie a entraîné une réduction de la consommation d’énergie de 23 percent dans les sites industriels ciblés sans nuire à la production, à l’emploi ou à la productivité.
- Études macroéconomiques basées sur des régressions sur données de panel n’ont mis en évidence aucun élément attestant que les taxes sur le carbone ont entraîné des réductions de l’activité à court terme.

### Hétérogénéité sectorielle et limites des extrapolations
- Effets sectoriels :
  - Tarification du carbone affecte différemment les secteurs selon leur intensité de carbone.
  - Colombie-Britannique : taxation a entraîné une baisse de l’emploi dans les secteurs à forte intensité de carbone et d’échanges commerciaux.
  - Clean Air Act (États-Unis) : incidence négative à moyen terme sur l’emploi dans les secteurs très polluants, qui a chuté de 15 percent au cours des 10 années suivant le resserrement réglementaire des années 90.
- Limites pour projeter les répercussions futures :
  - Données empiriques portent sur des mesures d’échelle et de portée bien moindres que celles requises pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris.
  - Répercussions varieront selon la conception des politiques climatiques et des mesures connexes.
  - Les modèles avec faible élasticité de substitution entre technologies à forte intensité de carbone et technologies vertes, et coûts d’ajustement du capital élevés, montrent généralement des coûts de production plus élevés.

### Conception des politiques et recyclage des recettes
- Recyclage des recettes :
  - Transferts forfaitaires vers les ménages contribuent à soutenir la consommation.
  - Utilisation des recettes pour réduire les impôts distorsifs (notamment impôts sur les revenus du travail) stimule la croissance et l’investissement.
- Exemples de modélisation (Goulder et Hafstead, 2018) — scénario : taxe carbone initiale de 25 dollars la tonne en 2020, augmentant de 5 percent par an jusqu’en 2050 (prix du carbone proche de 38 dollars la tonne en 2030) :
  - Comparaison des variations du PIB en 2030 (écart en pourcentage par rapport aux valeurs de référence) selon modèles et stratégies de recyclage :
    - E3 : Dégrèvements forfaitaires −0,8 ; Réductions des impôts sur le revenu du travail −0,7 ; Réductions des impôts sur le revenu du capital −0,6
    - DIEM : −0,4 ; −0,2 ; 0,8
    - IGEM : −0,8 ; 0,2 ; 0,5
    - NewERA : −0,5 ; −0,4 ; 0,2
    - RTI-ADAGE : −0,8 ; −0,6 ; 0,9
    - ReEDS-USREP : −0,3 ; −0,1 ; 0,0
    - Moyenne des modèles : −0,6 ; −0,3 ; 0,3
  - Dans un scénario de transferts forfaitaires, la moyenne des modèles aboutit à un coût de 1,2 percent du PIB en 2030 aux États-Unis (niveau similaire aux résultats du MMMTE dans les pays avancés).
  - Avec réduction des impôts sur les revenus du travail, la moyenne des modèles aboutit à une perte de PIB de 0,6 percent en 2030 ; le MMMTE calcule une perte de production pratiquement nulle à cet horizon grâce à une augmentation de l’offre de main-d’œuvre.

### Coordination internationale et instruments complémentaires
- Application de trains de mesures complets et approches coordonnées peut réduire les coûts à court terme pour la production :
  - Complémentarité : taxes sur le carbone + investissements publics verts stimulent la demande globale et réduisent les goulets d’étranglement de l’approvisionnement énergétique.
  - Coordination internationale (par ex. convention internationale sur le prix plancher du carbone, ajustements de la taxe carbone aux frontières) peut limiter les fuites de carbone et accélérer la convergence des fiscalités et réglementations.
  - Combler les lacunes en matière de données, améliorer les normes de déclaration et élargir l’accès aux financements pour le climat dans les pays émergents et en développement sont des domaines où la coopération pourrait être productive.

### Expériences nationales : Suède, Afrique du Sud, Uruguay
- Suède :
  - Taxe instaurée en 1991 ; a atteint 130 dollars la tonne (en 2022, appliquée à 40 percent du total des émissions).
  - Système initial avec exonérations sectorielles (ex. sidérurgie entièrement exonérée ; certaines activités assujetties à 25 percent du taux général) ; la plupart des exonérations supprimées en 2019.
  - Accompagnement par baisses des impôts sur le revenu du travail (recyclage implicite des recettes).
  - Objectif légal : zéro émission nette d’ici 2045 ; jalon intermédiaire réduire d’ici 2030 les émissions de 63 percent par rapport à leur niveau de 1990 ; examen quadriennal confié au Swedish Climate Policy Council.
- Afrique du Sud :
  - En 2019, taxe initiale de 9,20 dollars la tonne appliquée à 80 percent du total des émissions.
  - Phase de transition (2020–25) : quotas exempts de taxe allant de 60 à 95 percent des émissions des entreprises ; entreprises exposées aux échanges commerciaux bénéficient de 10 percent supplémentaires.
  - Exonération dont bénéficie Eskom (compagnie d’électricité nationale) nuit à l’efficacité du régime.
  - Pleine mise en œuvre subordonnée à un soutien financier extérieur (engagements annoncés à la COP26 de 2021).
  - Commission présidentielle sur le climat créée en 2020 pour renforcer crédibilité.
- Uruguay :
  - Transformation des droits d’accise sur l’essence en taxe carbone fixée en 2022 à 137 dollars la tonne de dioxyde de carbone ; couvre environ la moitié des émissions de dioxyde de carbone.
  - Partie des recettes orientée vers incitations : aides pour l’achat de véhicules électriques et investissements dans les transports verts.
  - Projet de loi adopté en novembre 2021 ; crédibilité future dépend d’une trajectoire d’atténuation fondée sur des règles et d’un soutien extérieur éventuel.
  - Nouveau cadre des obligations souveraines liées à la durabilité lancé le 20 septembre 2022.

### Décarboner le secteur de l’électricité et gérer l’intermittence des renouvelables
- Objectif pour 2 °C : taux de pénétration des énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien) devra atteindre entre 34 et 47 percent de la production d’électricité d’ici 2030.
- Impacts de l’intermittence :
  - Les énergies renouvelables à coût marginal quasi nul poussent à la baisse les prix de gros de l’électricité ; prix peuvent atteindre zéro lors de fortes pénétrations.
  - Lorsque la production renouvelable est insuffisante, prix peuvent augmenter fortement si unités marginales restantes ont un coût de production élevé.
  - Intermittence entraîne volatilité journalière et saisonnière des prix.
- Mesures d’atténuation de la volatilité :
  - Amélioration de l’interconnexion des réseaux électriques pour transférer production excédentaire vers pays voisins.
  - Usage de technologies auxiliaires à faible coût : hydroélectricité, centrales au gaz, stockage si compétitif.
- Évidence européenne (prix de gros journaliers et mensuels) :
  - Entre 2015 et 2019, variabilité mensuelle limitée même dans les pays à forte pénétration, soutenue par interconnexions et recours aux auxiliaires.
  - Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, flambée des prix du gaz a provoqué forte volatilité et hausses des prix de l’électricité, surtout dans les pays dépendant du gaz comme solution de secours.
  - Pays avec hydroélectricité d’appoint (Norvège, Suède) ont moins vu la volatilité augmenter.

*Source : Fonds monétaire international, Chapitre 3, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : RIPOSTER À LA CRISE DU COÛT DE LA VIE, Octobre 2022.*

### 1. Danemark

### 1. Danemark

### Graphique — axes et légendes
- Prix de l’électricité (en euros par MWh) : 0 100 200 300 400 500 600
- Part quotidienne des énergies renouvelables intermittentes dans la production d’électricité (en pourcentage) : 020406080100
- Sources : Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité ; calculs des services du FMI.
- Note : Les lignes pleines et en pointillés représentent l’ajustement linéaire. MWh = mégawattheure.

### Constats principaux
- Les centrales électriques au gaz, longtemps considérées comme la solution auxiliaire privilégiée pour permettre une plus grande pénétration des énergies renouvelables, exposent les prix de l’électricité aux fluctuations des prix sur les marchés du gaz.
- Avec l’électrification croissante de nombreux secteurs, les prix de l’électricité deviendront de plus en plus centraux pour la fixation des prix dans de vastes pans de l’économie.
- Garantir un approvisionnement en électricité abordable et fiable est donc capital pour la résilience macroéconomique.

### Mesures réglementaires et d’investissement recommandées
- Mettre en place des réglementations et réaliser des investissements au niveau sectoriel pour faciliter une plus grande pénétration des énergies renouvelables intermittentes, par exemple :
  - garantir des investissements adéquats dans les capacités de production auxiliaires (des marchés de capacité, par exemple);
  - améliorer la gestion de la demande afin que les pics de demande correspondent aux pics de production par les énergies renouvelables (une tarification selon l’heure de la journée, par exemple);
  - investissements publics dans les interconnexions de réseau;
  - soutien à la recherche et au développement sur le stockage de l’énergie (y compris sur les véhicules électriques) et les solutions auxiliaires acheminables à faible coût (par exemple l’hydrogène, les centrales nucléaires modulaires).
- Investissements supplémentaires pour limiter la volatilité des prix sur les marchés du gaz (les terminaux méthaniers, par exemple).
- Utilisation d’un bouquet diversifié de sources d’énergie décarbonées (par exemple les énergies renouvelables, l’hydroélectricité et l’énergie nucléaire) pour améliorer la résilience du secteur de l’électricité.

### Références citées dans le texte (extraits)
- ACER, 2022
- Green, 2021
- Cleary, Fischer et Palmer, 2021

*Source : Fonds monétaire international, Extrait du Chapitre 3 — IMPACT MACROÉCONOMIQUE À COURT TERME DES POLITIQUES DE DÉCARBONATION (Octobre 2022).*

### 2021.  Paris,  France.  https:// iea .blob .core .windows .net/ assets/

### APPENDICE STATISTIQUE

### Hypothèses et projections macroéconomiques 2022–23
- Données établies sur la base des informations disponibles au 26 septembre 2022.
- Hypothèses de change effectif réel : restent constantes au niveau moyen mesuré durant la période du 22 juillet au 19 août 2022.
- Taux de conversion moyens utilisés pour 2022 et 2023 :
  - 1,346 et 1,330 pour le taux dollar/DTS
  - 1,057 et 1,025 pour le taux dollar/euro
  - 128,4 et 129,3 pour le taux yen/dollar
- Prix du pétrole (moyenne du baril) :
  - 98,19 dollars en 2022
  - 85,52 dollars en 2023
- Hypothèses sur les politiques nationales : « Les politiques nationales menées à l’heure actuelle ne changeront pas » (projections inchangées sauf indications spécifiques).
- Hypothèses de taux d’intérêt (moyennes) :
  - Rendement des obligations d’État à trois mois :
    - États-Unis : 1,8 % en 2022 et 4,0 % en 2023
    - Zone euro : –0,2 % en 2022 et 0,8 % en 2023
    - Japon : –0,1 % en 2022 et 0,0 % en 2023
  - Rendement des obligations d’État à dix ans :
    - États-Unis : 3,2 % en 2022 et 4,4 % en 2023
    - Zone euro : 0,9 % en 2022 et 1,3 % en 2023
    - Japon : 0,2 % en 2022 et 0,3 % en 2023
- Scénario de référence — PIB réel mondial (variations annuelles en pourcentage) :
  - 2020 : –3,06
  - 2021 : 6,03
  - 2022 : 3,22
  - 2023 : 2,73

### Modifications récentes et notes pays (sélection)
- Algérie : à partir de l’édition d’octobre 2022, le total des dépenses publiques et la capacité nette/le besoin net de financement englobent les prêts nets consentis par l’État.
- Équateur : projections pour le secteur budgétaire présentées dans cette édition après entretiens.
- Sri Lanka : certaines projections pour la période 2023–27 ne sont pas publiées en raison d’entretiens en cours sur la restructuration de la dette souveraine.
- Tunisie : données prévisionnelles présentées dans cette édition après entretiens techniques.
- Türkiye : désormais dénommée Türkiye.
- Venezuela : révision de données rétrospectives à partir de 2012; indicateurs macroéconomiques projetés entourés d’une grande incertitude; prix à la consommation exclus de toutes les données de groupe des PEM.
- Afghanistan et Liban : données et projections pour 2021–27 omises en raison d’un degré d’incertitude inhabituellement élevé.
- Ukraine : projections pour 2022–27 omises, à l’exception du PIB réel et des prix à la consommation (prévisions jusqu’à 2022).

### Données, conventions et classification des pays
- Couverture : base de données des PEM couvre 196 pays.
- Alignement sur normes internationales : majoritairement conforme à la version 2008 du Système de comptabilité nationale (SCN 2008); MBP6 et MSFP 2014 alignés sur le SCN 2008.
- Chiffres composites :
  - Taux de change, taux d’intérêt et expansion monétaire : pondérés par le PIB converti en dollars sur la base des cours de change du marché (moyenne des trois années précédentes) en pourcentage du PIB du groupe.
  - Autres agrégats intérieurs : pondérés par le PIB calculé selon les parités de pouvoir d’achat (PPA) en pourcentage du PIB mondial ou du groupe considéré.
  - Inflation agrégée : pour les pays avancés, taux annuels = variations pourcentage par rapport à l’année précédente; pour les pays émergents et en développement, taux annuels = différences logarithmiques.
- Classification des pays :
  - Pays avancés : 40 pays (sous-groupes : Principaux pays avancés, zone euro, etc.).
  - Pays émergents et pays en développement : 156 pays, regroupés par région et par critères analytiques (source des recettes d’exportation : combustibles vs autres produits; position extérieure nette; PPTE; PDFR; pays émergents et pays à revenu intermédiaire).
- Seuils analytiques :
  - Pays classés « combustibles » ou « autres produits » lorsque la principale source de recettes d’exportation dépasse 50 % des exportations en moyenne entre 2017 et 2021.
  - Pays débiteurs nets : dernière position extérieure globale nette négative ou solde courant cumulé 1972–2021 négatif.

### Hypothèses de politique budgétaire et monétaire (Encadré A1) — points saillants
- Principes généraux :
  - Hypothèses budgétaires à court terme reposent sur budgets/lois de finances annoncés et sont ajustées pour conciliation avec le cadre macroéconomique des services du FMI.
  - Projections budgétaires à moyen terme reposent sur un jugement quant à la trajectoire la plus probable de la politique publique; si information insuffisante, le solde primaire structurel est supposé rester inchangé sauf indication contraire.
  - Hypothèses monétaires : se fondent sur le cadre établi dans chaque pays; souvent politique de non-accompagnement de la conjoncture (hausse des taux pour maîtriser l’inflation, baisse si croissance inférieure à potentiel).
- Exemples d’hypothèses budgétaires par pays (sélection) :
  - Afrique du Sud : hypothèses reposent sur le budget 2022; recettes non fiscales excluent transactions sur actifs et passifs financiers.
  - Allemagne : projections reposent sur budget 2022, programme de stabilité 2022, projet de budget fédéral 2023, et mises à jour statistiques.
  - États-Unis : projections budgétaires reposent sur le scénario de référence de juillet 2022 du Congressional Budget Office, corrigé; intègrent les effets du Bipartisan Infrastructure Law et de l’Inflation Reduction Act.
  - Chine : après contraction budgétaire en 2021, politique budgétaire devrait s’assouplir considérablement en 2022 sur la base du document budgétaire annuel de mars et annonces ultérieures.
  - Royaume-Uni : projections supposent qu’un rééquilibrage budgétaire supplémentaire se produira à partir de l’exercice 2023/24 pour respecter les nouvelles règles budgétaires annoncées le 27 octobre 2021.
- Hypothèses monétaires par pays (sélection) :
  - Afrique du Sud : compatibles avec maintien de l’inflation dans la fourchette cible de 3 % à 6 % à moyen terme.
  - Arabie saoudite : politiques de change supposées poursuivre le rattachement au dollar.
  - États-Unis : comité de politique monétaire attendu d’ajuster le taux cible pour les fonds fédéraux selon les perspectives macroéconomiques.
  - Japon : hypothèses de politique monétaire correspondent aux attentes des marchés.
  - Zone euro : hypothèses conformes aux anticipations des marchés.

### Principaux tableaux et indicateurs (sélection de chiffres exacts)
- Données de production mondiale (Tableau A1) — PIB réel (variations annuelles en pourcentage) :
  - Monde : Moyenne 2004–13 = 4,1 ; 2020 = –3,06 ; 2021 = 6,03 ; 2022 = 3,22 ; 2023 = 2,73.
  - Pays avancés : 2020 = –4,4 ; 2021 = 5,2 ; 2022 = 2,4 ; 2023 = 1,1.
  - Pays émergents et pays en développement : 2020 = –1,9 ; 2021 = 6,6 ; 2022 = 3,7 ; 2023 = 3,7.
- Inflation (Tableau A5) — prix à la consommation :
  - Pays avancés (moyenne) : 2021 = 3,1 ; 2022 = 7,2 ; 2023 = 4,4.
  - Pays émergents et pays en développement (moyenne) : 2021 = 9,9 ; 2022 = 9,8 ; 2023 = 8,1.
- Commerce mondial (Tableau A9) :
  - Volume du commerce de biens et services — Monde : moyenne 2004–13 = 5,4 ; 2020 = –7,8 ; 2021 = 10,1 ; 2022 = 4,3 ; 2023 = 2,5.
  - Prix mondiaux du pétrole (variation en pourcentage) : 2020 = –31,7 ; 2021 = 65,9 ; 2022 = 41,4 ; 2023 = –12,9.
- Soldes des transactions courantes (Tableau A10) :
  - Monde (milliards de dollars) : 2014 = 386,8 ; 2019 = 375,9 ; 2021 = 337,7 ; 2022 = 683,3 ; 2023 = 227,1.
  - Pays avancés (en % du PIB, Tableaux A10/A11) : tendance à un creusement du déficit aux États-Unis (exemples chiffrés dans les tableaux).
- Finances publiques — principaux pays avancés (Tableau A8) :
  - Principaux pays avancés : prêt/emprunt (net) moyenne 2004–13 = –5,3 ; 2020 = –11,9 ; 2021 = –8,7 ; projections 2022 = –4,4 ; 2023 = –4,6.
  - Dette brute et nette : exemples (États-Unis) dette nette 2021 = 99,1 ; dette brute 2021 = 134,5 (chiffres détaillés pays par pays dans le tableau).
- Scénario de référence à moyen terme (Tableau A15) — résumé :
  - PIB réel mondial : 2020 = –3,0 ; 2021 = 6,0 ; 2022 = 3,2 ; 2023 = 2,7.
  - Prix à la consommation : pays avancés 2022 = 3,1 ; pays émergents et pays en développement 2022 = 9,9.
  - Taux mondial d’intérêt réel à long terme (pondéré) : 2020 = –0,3 ; 2021 = –2,5 ; 2022 = –5,1 ; 2023 = –1,1 (voir tableau A15 pour moyennes pondérées précises).
- Remarque : la liste complète des tableaux (A1–A15 et Tableaux B–G mentionnés) et des séries pays figure dans l’appendice statistique; les tableaux détaillent les séries par pays, par région et par agrégat.

### Principales recommandations et implications politiques présentes dans l’appendice
- Maintenir la crédibilité et l’indépendance des banques centrales ; poursuivre la normalisation monétaire pour ancrer les anticipations d’inflation.
- Prioriser des mesures budgétaires ciblées pour protéger les ménages vulnérables face à la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, tout en évitant des aides généralisées qui diluent l’incitation aux économies d’énergie.
- Adopter et maintenir des cadres budgétaires à moyen terme crédibles pour reconstituer les marges de manœuvre et financer les investissements de long terme (énergies renouvelables, santé).
- Pour les pays confrontés à des sorties de capitaux : prêts sur la livre de mesures comprenant interventions sur le marché des changes, gestion des flux de capitaux et recours aux instruments multilatéraux, conformément à la Vue institutionnelle sur la libéralisation et la gestion des flux de capitaux.
- Ajuster les instruments macroprudentiels pour adresser les poches de vulnérabilité financière, en évitant une procyclicité excessive au moment de la normalisation monétaire.
- Renforcer la coopération internationale : fournir des liquidités d’urgence, améliorer la transparence de la dette, renforcer les mécanismes de restructuration ordonnée de la dette, et accroître le financement climatique pour les PEPD.

*Fonds monétaire international — Appendice statistique, Perspectives de l’économie mondiale : Riposter à la crise du coût de la vie (Octobre 2022).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2022/october/french/text.pdf_
