## textf

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### Perspectives et projections clés
- Croissance mondiale : "2,8 percent" en 2023 ; "3,0 percent" en 2024.
- Inflation globale : "8,7 percent" en 2022 ; "7,0 percent" en 2023 ; "4,9 percent" en 2024.
- Inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) : prévue à "5,1 percent" au quatrième trimestre de cette année (en glissement annuel).
- Croissance dans les pays émergents et pays en développement : remontée de "2,8 percent" au quatrième trimestre 2022 à "4,5 percent" au quatrième semestre 2023.
- Activité dans la zone euro : contraction prévue de "0,7 percent" au quatrième trimestre de cette année ; redressement attendu à "1,8 percent" au quatrième trimestre de 2024.
- Activité au Royaume‑Uni : contraction prévue de "–0,4 percent" au quatrième trimestre de cette année ; redressement attendu à "2,0 percent" au quatrième trimestre de 2024.
- Hypothèses de marché :
  - Cours moyen du baril de pétrole : "$73,13 dollars le baril" en 2023 ; "$68,90 dollars le baril" en 2024.
  - Rendements moyens (obligations d’État à trois mois) — États‑Unis : "5,1 percent" en 2023 ; "4,5 percent" en 2024.
  - Rendements moyens (obligations d’État à dix ans) — États‑Unis : "3,8 percent" en 2023 ; "3,6 percent" en 2024.
  - Estimations et projections fondées sur les statistiques disponibles au "28 mars 2022".

### Inflation, marchés du travail et politique monétaire
- Observations factuelles :
  - L’inflation ralentit principalement en raison de la baisse des prix de l’énergie et des produits alimentaires.
  - L’inflation sous‑jacente reste élevée et n’a pas atteint son pic dans de nombreux pays.
  - Pressions sur les marchés du travail : tensions inédites dans la plupart des pays avancés ; salaires nominaux augmentent moins vite que les prix, provoquant une baisse des salaires réels.
  - Marges des entreprises accrues récemment, fournissant une capacité d’absorption partielle des coûts salariaux plus élevés.
- Conséquence recommandée : maintien probable d’une politique monétaire restrictive tant que les anticipations d’inflation restent ancrées.
- Communication et incertitude :
  - Estimations récentes de u* pour les États‑Unis comprises entre 4 et 7 %.
  - Importance d’une communication claire sur la nécessité probable d’un durcissement tant que l’inflation ne se sera pas rapprochée de la valeur visée.

### Risques pour la stabilité financière
- Effets secondaires du resserrement monétaire : pertes importantes sur actifs à long terme à revenu fixe et vulnérabilités dans banques et institutions financières non bancaires.
- Épisodes récents cités : instabilité liée aux gilts britanniques ; faillites de banques régionales aux États‑Unis ; crise de confiance autour de Credit Suisse.
- Scénarios alternatifs (risques amplifiés) :
  - Scénario alternatif (amplification des tensions financières) : croissance mondiale proche de "2,5 percent" en 2023 ; croissance des pays avancés inférieure à "1 percent".
  - Risque d’un atterrissage brutal : probabilité estimée d’un repli du PIB mondial par habitant d’environ "15 percent" dans un scénario fortement pessimiste.
- Recommandations de stabilité financière :
  - Renforcer la surveillance et la réglementation pour prévenir la dégradation en crise systémique.
  - Garantir aux pays émergents et pays en développement un accès adéquat au dispositif mondial de sécurité financière (accords de précaution du FMI, mécanisme de rachat de la Réserve fédérale, lignes de crédit réciproques entre banques centrales).
  - Apport de liquidités ciblé et en échange de garanties ; interventions et procédures de résolution rapides pour établissements fragiles.

### Perspectives à moyen terme et forces structurelles
- Croissance à moyen terme : projection à l’horizon 2028 = "3,0 percent" (projection la plus basse de toutes les éditions des PEM depuis 1990).
- Tendance historique : projections à cinq ans passées de "4,6 percent" en 2011 à "3,0 percent" en 2023.
- Facteurs contribuant au ralentissement :
  - Séquelles de la pandémie, essoufflement des réformes structurelles, menace croissante de fragmentation géoéconomique réduisant les IDE, freinant l’innovation et l’adoption technologique.
- Conclusion prospective sur r* (taux naturel) :
  - Le taux naturel a diminué pendant les 40 dernières années dans la plupart des pays avancés et certains pays émergents.
  - Convergence future attendue : les taux d’intérêt naturels propres à chaque pays devraient converger dans les prochaines décennies; la Chine prévue diminuer d’environ 1,5 point de pourcentage durant les 30 prochaines années, l’amenant à peu près à 0 % en 2050.
  - Borne inférieure effective : si l’inflation revient à sa cible, la borne inférieure effective des taux d’intérêt pourrait redevenir contraignante.

### Fragmentation géoéconomique et investissement direct étranger (IDE)
- Tendances observées :
  - L’IDE mondial est passé de "3,3 percent" du PIB (première décennie 2000) à "1,3 percent" entre 2018 et 2022.
  - Depuis 2018, concentration croissante des flux d’IDE au sein des pays alignés géopolitiquement.
- Indice de vulnérabilité multidimensionnel :
  - Construction : Indice agrégé = indice stratégique + (indice géopolitique × indice de pouvoir de marché).
  - Observation : les PEPD sont généralement plus vulnérables que les PA selon l’indice géopolitique; 14 percent des PEPD présentent un indice de vulnérabilité inférieur à la médiane des PA.
- Scénarios modélisés et coûts :
  - Scénario de fragmentation (réduction durable des flux d’intrants liés à l’investissement entre blocs) : production mondiale inférieure d’environ 1 % après cinq ans ; diminution à long terme d’environ 2 %.
  - Effet maximal estimé dans certains scénarios : la production mondiale pourrait enregistrer une baisse allant jusqu’à 2 % sous l’effet de la fragmentation.
- Recommandations :
  - Préserver le dialogue multilatéral pour éviter une poursuite de la fragmentation de l’IDE.
  - Mettre en balance motivations stratégiques (friend‑shoring) et coûts économiques ; réduire l’incertitude par des consultations multilatérales.
  - Améliorer la qualité de la réglementation nationale pour réduire la vulnérabilité et attirer l’IDE.

### Dette publique, assainissement et restructuration
- Contexte : en 2020, le taux d’endettement moyen mondial a frôlé les "100 percent" et restera supérieur aux niveaux d’avant la pandémie dans environ la moitié des pays.
- Efficacité des assainissements budgétaires :
  - Un assainissement moyen réussi (solde primaire amélioré d’environ "0,4 point de pourcentage du PIB") réduit le ratio dette/PIB de "0,7 point de pourcentage" la première année et jusqu’à "2,1 points de pourcentage" après cinq ans.
  - Probabilité inconditionnelle de réussite d’un assainissement ≈ "51 percent"; passe à ≈ "75 percent" dans des conditions favorables (écarts de production nationaux et mondiaux supérieurs d’un écart‑type, VIX inférieur d’un écart‑type).
- Restructuration de la dette :
  - Entre 1950 et 2021 : compilation signale "709 cas" de restructuration dans "115 pays".
  - Effet moyen d’une restructuration : réduction de "3,4 points de pourcentage" du ratio dette/PIB la première année ; réduction cumulative de "8 points de pourcentage" après cinq ans.
  - Réduction moyenne de la valeur nominale observée : "4,2 % du PIB par année que dure la restructuration".
  - Comparaison assainissement vs restructuration : assainissement réussi (taille "0,4") — EMT 1ère année : "−0,8" ; EMT 5e année : "−2,5". Restructuration (taille "4,2") — EMT 1ère année : "−7,9" ; EMT 5e année : "−11,4".
- Facteurs déterminants du succès :
  - Croissance soutenue, réformes structurelles favorables à la croissance, cadres institutionnels solides.
  - Rééquilibrages davantage fondés sur la réduction des dépenses que sur les hausses d’impôts pour les pays avancés.
  - Restructurations plus efficaces lorsque la réduction de la valeur nominale est significative et lorsqu’elles s’inscrivent dans des initiatives coordonnées (PPTE, IADM).
- Recommandations sanitaires et institutionnelles :
  - Mettre en œuvre des rééquilibrages budgétaires bien conçus et accompagnés de réformes structurelles.
  - Pour les pays à risque élevé : envisager des restructurations profondes accompagnées d’un assainissement budgétaire pour regagner la confiance des marchés.
  - Améliorer la gestion de la dette, la transparence et renforcer le Cadre commun du G20 pour la prévisibilité du processus.

### Transmission monétaire, immobilier et vulnérabilités des ménages
- Délais et asymétries de transmission :
  - Pour la production : effets presque immédiats possibles, décalage pouvant atteindre environ trois trimestres ; reprise en deux à trois ans.
  - Pour les prix : délai estimé à environ "1,5 à 2,5 ans" pour la partie haute des estimations; méta‑analyse médiane ≈ trois ans.
  - Resserrement exceptionnellement synchronisé des politiques monétaires et hausse brutale des taux hypothécaires ont raccourci les délais de transmission.
- Marché immobilier et ménage :
  - Taux hypothécaires dans les pays avancés : passés de "2,8%" en janvier 2022 à "6,8%" en moyenne à la fin de l’année 2022.
  - Ratio fonds propres de base T1/actifs pondérés en fonction des risques = "17,5%" en moyenne en 2021 (contre "13,4%" en 2007).
  - Dette des ménages : ratio dette/revenu moyen en 2022 équivalent à celui de 2007.
- Vulnérabilités liées aux échéances et composition de la dette :
  - Part de la dette publique avec échéance ≤ 12 mois a augmenté ces cinq dernières années, accentuant les risques de refinancement.

### Scénarios de risque et probabilités (incertitude)
- Probabilité que la croissance mondiale en 2023 tombe sous "2,0%" ≈ "25%".
- Probabilité qu’en 2023 le PIB réel mondial par habitant se contracte ≈ "15%".
- Probabilité que l’inflation globale au niveau mondial dépasse en 2023 son niveau de 2022 < "10%".
- Probabilité que l’inflation hors énergie et alimentation dépasse son niveau de 2022 en 2023 = "30%".
- Distribution d’incertitude (intervalle de confiance à 70%) :
  - Probabilité que la croissance mondiale de 2023 s’établisse entre "1,0%" et "3,8%" = "70%".
  - Probabilité que la croissance mondiale de 2024 s’établisse entre "1,4%" et "4,3%" = "70%".
  - Pour l’inflation globale en 2023, probabilité de "70%" d’être supérieure ou inférieure d’environ "1,2 point de pourcentage" au niveau projeté.

*Source: textf - Introduction 49, https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2023/april/french/textf.pdf*

### Introduction 49

### Introduction 49

### Tendances des taux réels à long terme
- Section title: "Tendances des taux réels à long terme"
- Page: 51

### Mesure du taux naturel
- Section title: "Mesure du taux naturel"
- Page: 52

### Facteurs influençant le taux naturel
- Section title: "Facteurs influençant le taux naturel"
- Page: 56

### Perspectives du taux naturel
- Section title: "Perspectives du taux naturel"
- Page: 59

### Conséquences pour l’action des pouvoirs publics
- Section title: "Conséquences pour l’action des pouvoirs publics"
- Page: 61

### Conclusion
- Section title: "Conclusion"
- Page: 63

### Encadrés et annexes associés à ce chapitre
- Encadré 2.1. Le taux d’intérêt naturel et la transition écologique — Page: 64
- Encadré 2.2. Fragmentation géoéconomique et taux d’intérêt naturel — Page: 66
- Encadré 2.3. Répercussions dans les pays émergents et pays en développement — Page: 68
- Bibliographie — Page: 70

*Source: textf - Introduction 49, https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2023/april/french/textf.pdf*

### Introduction 97

### Introduction 97

### Perspectives et projections clés
- Croissance mondiale : "2,8 percent" en 2023 ; "3,0 percent" en 2024.
- Inflation globale : "8,7 percent" en 2022 ; "7,0 percent" en 2023 ; "4,9 percent" en 2024.
- Inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) : prévue à "5,1 percent" au quatrième trimestre de cette année (en glissement annuel).
- Croissance dans les pays émergents et pays en développement : mention d’une remontée de "2,8 percent" au quatrième trimestre 2022 à "4,5 percent" au quatrième semestre 2023.
- Activité dans les pays avancés (points focaux) : contraction prévue de l’activité dans la zone euro à "0,7 percent" et au Royaume‑Uni à "–0,4 percent" au quatrième trimestre de cette année ; redressement attendu à "1,8 percent" (zone euro) et "2,0 percent" (Royaume‑Uni) au quatrième trimestre de 2024.

### Hypothèses quantitatives de travail (sélection)
- Cours moyen du baril de pétrole : "$73,13 dollars le baril" en 2023 ; "$68,90 dollars le baril" en 2024.
- Rendements moyens (obligations d’État à trois mois) :
  - États‑Unis : "5,1 percent" en 2023 ; "4,5 percent" en 2024.
  - Zone euro : "2,8 percent" en 2023 ; "3,0 percent" en 2024.
  - Japon : "–0,1 percent" en 2023 ; "0,0 percent" en 2024.
- Rendements moyens (obligations d’État à dix ans) :
  - États‑Unis : "3,8 percent" en 2023 ; "3,6 percent" en 2024.
  - Zone euro : "2,5 percent" en 2023 ; "2,8 percent" en 2024.
  - Japon : "0,6 percent" en 2023 et en 2024.
- Estimations et projections fondées sur les statistiques disponibles au "28 mars 2022".

### Évolution des risques et scénarios
- Risque d’un atterrissage brutal : probabilité estimée d’un repli du PIB mondial par habitant d’environ "15 percent" dans un scénario fortement pessimiste.
- Scénario alternatif (amplification des tensions financières) : croissance mondiale proche de "2,5 percent" en 2023 ; croissance des pays avancés inférieure à "1 percent".
- Facteurs aggravants identifiés : persistance de l’inflation sous‑jacente, amplification des tensions dans le secteur financier, poursuite de la guerre en Ukraine, montée de la fragmentation géoéconomique.

### Inflation, marchés du travail et impact sur la politique
- Observations :
  - L’inflation ralentit principalement en raison de la baisse des prix de l’énergie et des produits alimentaires.
  - L’inflation sous‑jacente reste élevée et n’a pas atteint son pic dans de nombreux pays.
  - Pressions sur les marchés du travail : tensions inédites dans la plupart des pays avancés ; salaires nominaux augmentent moins vite que les prix, provoquant une baisse des salaires réels qui devrait finir par se corriger.
  - Marges des entreprises accrues récemment, fournissant une capacité d’absorption partielle des coûts salariaux plus élevés.
- Conséquence : maintien probable d’une politique monétaire restrictive tant que les anticipations d’inflation restent ancrées.

### Risques pour la stabilité financière
- Effets secondaires du resserrement monétaire : pertes importantes sur actifs à long terme à revenu fixe et vulnérabilités révélées dans banques et institutions financières non bancaires.
- Épisodes récents cités : instabilité liée aux gilts britanniques ; faillites de banques régionales aux États‑Unis ; crise de confiance autour de Credit Suisse.
- Transmission possible : un durcissement brutal des conditions financières pourrait provoquer sorties de capitaux massives, hausse des primes de risque, appréciation du dollar et déclins marqués de l’activité mondiale.

### Conséquences à moyen terme et fragmentation géoéconomique
- Tendance à la contraction des perspectives de croissance à moyen terme : projections à cinq ans passées de "4,6 percent" en 2011 à "3,0 percent" en 2023.
- Facteurs contributifs : séquelles de la pandémie, essoufflement des réformes structurelles, menace croissante de fragmentation géoéconomique réduisant les IDE, freinant l’innovation et l’adoption technologique au sein de blocs fragmentés.

### Recommandations de politique économique (synthèse)
- Politique monétaire :
  - Maintenir la détermination à faire baisser l’inflation tout en restant prêts à adapter les instruments en cas de tensions financières.
- Politique budgétaire :
  - Epauler la politique monétaire et financière pour ramener l’inflation à sa cible.
  - Tenir une ligne globale restrictive dans la plupart des cas, tout en fournissant une aide ciblée aux ménages les plus affectés par la crise du coût de la vie.
  - Rééquilibrage budgétaire bien conçu à moyen terme pour reconstituer des amortisseurs ; dans certains cas, envisager des restructurations de la dette (référence au chapitre 3).
- Stabilité financière :
  - Renforcer la surveillance et la réglementation pour prévenir la dégradation en crise systémique.
  - Garantir aux pays émergents et pays en développement un accès adéquat au dispositif mondial de sécurité financière (accords de précaution du FMI, mécanisme de rachat de la Réserve fédérale, lignes de crédit réciproques entre banques centrales).
- Ajustements de change et contrôles de capitaux :
  - Laisser les taux de change s’ajuster autant que possible, sauf si cela menace la stabilité financière ou la stabilité des prix ; en cas de crise imminente, des mesures de gestion des flux sortants peuvent être justifiées temporairement.
- Coopération multilatérale :
  - Renforcer la coopération multilatérale pour consolider un dispositif mondial de sécurité financière, réduire les coûts liés au changement climatique et atténuer les effets négatifs de la fragmentation géoéconomique.

*Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2023/april/french/textf.pdf*

### 601. Indice des directeurs d’achat pour la production manufacturière

### 601. Indice des directeurs d’achat pour la production manufacturière

### Indicateurs couverts
- Indice des directeurs d’achat pour la production manufacturière (>50 = expansion ; <50 = contraction)
- Indice des directeurs d’achat pour les services (>50 = expansion ; <50 = contraction)
- Confiance des consommateurs (Septembre 2021 = 100)

### Séries temporelles et repères publiés
- Dates de référence figurant dans les graphiques :
  - Sept. 2021
  - Janv. 22
  - Mai 22
  - Sept. 22
  - Févr. 23
- Échelles et repères visibles :
  - Pour les indices PMI (manufacture et services) : seuil d’expansion/contraction indiqué par >50 et <50.
  - Pour la confiance des consommateurs (base) : échelons affichés 80, 90, 100, 110.
  - Pour la série manufacturière, repères affichés 40, 45, 50, 55, 60.

### Sources et couverture des échantillons
- Sources : Haver Analytics ; IHS Markit ; calculs des services du FMI.
- Notes sur les échantillons et pondérations :
  - Plage 1 (manufacture) — échantillon des PA : AUS, AUT, CAN, CHE, DEU, DNK, ESP, FRA, GBR, GRC, ITA, IRL, JPN, NLD, NZL et USA.
  - Plage 1 — échantillon des PEPD : ARE, BRA, CHN, CZE, COL, EGY, GHA, IND, IDN, KEN, LBN, MYS, MEX, NGA, PHL, POL, RUS, SAU, THA, TUR, VNM et ZAF.
  - Pondérations : Les contributions à la VAB manufacturière des PA sont utilisées comme coefficients de pondération.
  - Plage 2 (services) — échantillon des PA : AUS, DEU, ESP, FRA, GBR, ITA, IRL, JPN, NZL et USA.
  - Plage 2 — échantillon des PEPD : BRA, CHN, CZE, COL, EGY, GHA, IND, IDN, KEN, LBN, MYS, MEX, NGA, PHL, POL, RUS, SAU, THA, TUR, VNM, and ZAF.
  - Pondérations : Les contributions à la VAB du secteur des services des PA sont utilisées comme coefficients de pondération.
  - Codes pays utilisés : ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).
- Abréviations :
  - PA = pays avancés
  - PEPD = pays émergents et pays en développement
  - VAB = valeur ajoutée brute

### Observations synthétiques issues du matériel
- Les indices PMI manufacturier et des services sont représentés avec le seuil >50 indiquant l’expansion et <50 indiquant la contraction.
- La confiance des consommateurs est indexée sur Septembre 2021 = 100 et visualisée sur une échelle incluant 80, 90, 100, 110.
- Les plages présentées distinguent les distributions pour les PA et les PEPD, avec pondérations basées sur la VAB pour la manufacture et les services.

*Sources : Haver Analytics ; IHS Markit ; calculs des services du FMI.*

### 1. Zone euro

### 1. Zone euro

### Marché du travail et tensions
- Les marchés du travail se sont tendus dans l’échantillon de pays avancés : courbe de Beveridge indiquant un taux de vacances de postes élevé combiné à un faible taux de chômage.
- Interprétation : les courbes les plus éloignées de l’origine peuvent indiquer des frictions plus importantes sur le marché du travail. Les marchés du travail sont tendus lorsque le taux de chômage est faible et que le taux de vacances de poste est élevé.
- Sources de données mentionnées : Bureau of Labor Statistics des États-Unis ; Eurostat ; calculs des services du FMI.

### Risques inflation–salaires et épisodes passés
- Analyse fondée sur 22 épisodes recensés entre 1960 et 2021 dans un échantillon de 30 pays avancés.
- Trois conditions communes aux épisodes comparables : 1) une accélération de la hausse des prix, 2) une baisse des salaires réels, 3) un chômage stable ou en baisse.
- Conclusion tirée : les risques d’une spirale prix–salaires semblent maîtrisés pour le moment.

### Conditions financières et taux directeurs
- Les récentes turbulences du secteur financier et le durcissement des conditions du crédit ont réorienté à la baisse la trajectoire des taux directeurs dérivée des marchés, rouvrant l’écart aux États-Unis.
- Explication : apparition probable de primes de liquidité et de sécurité liées à la volatilité des marchés financiers plutôt qu’à de pures anticipations de la politique monétaire.
- Observations sur anticipations du taux des fonds fédéraux : variation des anticipations fondées sur des données de marché (contrats à terme sur les fonds fédéraux et échanges de taux d’intérêt à 1 jour) — courbes datées et comparées à la valeur cible médiane pour fin 2023 tirée du résumé des projections économiques de la Réserve fédérale en date du 22 mars 2023.

### Endettement et spreads souverains
- En raison de la pandémie et des bouleversements économiques des trois dernières années, dettes privées et publiques atteignent des niveaux plus vus depuis des décennies et demeurent élevés malgré un recul en 2021–22.
- Mesures de 2022 : aides budgétaires de l’ordre de 1,3 percent du PIB dans le cas de l’Union européenne pour aider à surmonter la crise énergétique.
- Au sein des pays émergents et des pays en développement : les écarts de rendement (spreads) ont nettement augmenté durant l’été 2022, avant de redescendre début 2023. Les boîtes à moustaches pour mars 2023 sont calculées à partir des données quotidiennes jusqu’au 17 mars 2023.
- Avertissement : la part des pays à haut risque de surendettement demeure historiquement élevée ; sans mesures appropriées, beaucoup pourraient pâtir de chocs budgétaires.

### Chocs sur les prix des produits de base et guerre en Ukraine
- En 2022, l’activité économique en Europe a mieux résisté que prévu. Les aides publiques et la réorientation des approvisionnements gaziers ont atténué l’impact.
- Mesures et évolutions : augmentation des livraisons de gaz naturel liquéfié et des acheminements non russes ; douceur de l’hiver ayant fait baisser la demande ; substitution d’énergies et adaptation des processus industriels lorsque possible.
- Évolution des prix : après un pic au milieu de l’année 2022, les cours du pétrole et du gaz ont entamé leur décrue.
- Prévision des prix des produits de base : les cours du brut devraient baisser d’environ 24 percent en 2023, puis de 5,8 percent en 2024, tandis que les prix des produits de base hors combustibles devraient demeurer largement inchangés.
- Condition : la poursuite de la décrue des prix dépendra de l’absence de chocs supplémentaires sur l’offre.

### Réouverture de l’économie chinoise et retombées mondiales
- En 2022, l’émergence de variants contagieux a provoqué un rebond pandémique et a atteint la Chine, perturbant l’activité au T4 2022.
- Réactions des autorités chinoises : assouplissement monétaire supplémentaire, allégements fiscaux pour les entreprises, nouveaux objectifs de vaccination pour les personnes âgées, mesures pour encourager l’achèvement de projets immobiliers inachevés.
- Résultat récent : reflux des vagues de COVID-19 en janvier dernier et redressement des indicateurs à haute fréquence (ventes au détail et réservations de voyages).
- Importance pour les exportations mondiales : la Chine absorbe environ un quart des exportations en provenance d’Asie et entre 5 et 10 percent d’autres régions du monde ; la réouverture aura sans doute des retombées positives, surtout pour les pays ayant des liens commerciaux étroits avec la Chine.

### Scénario de référence et perspectives de croissance mondiale
- Hypothèse centrale : les récentes difficultés du secteur financier seront maîtrisées et n’entraîneront pas une vaste récession mondiale.
- Hypothèses additionnelles : prix des produits de base globalement en baisse en 2023 dans un contexte de ralentissement de la demande ; taux d’intérêt au niveau mondial resteront élevés plus longtemps que prévu en octobre 2022 ; les États mettront progressivement fin aux dispositifs de soutien budgétaire.
- Prévisions de référence :
  - Croissance de la production mondiale estimée à 3,4 percent en 2022.
  - Croissance mondiale prévue à 2,8 percent en 2023 (soit 0,1 point de pourcentage de moins que prévu dans la Mise à jour des PEM de janvier 2023).
  - Croissance mondiale prévue à 3,0 percent en 2024.
  - Projection 2023 inférieure de 1,0 point de pourcentage à celle de la Mise à jour des PEM de janvier 2022.
  - Moyennes historiques : durant 2000–09 croissance mondiale moyenne de 3,9 percent par an ; durant 2010–19 croissance mondiale moyenne de 3,7 percent par an.
- Prévisions pour les pays avancés :
  - Croissance devant diminuer de moitié en 2023 pour s’établir à 1,3 percent.
  - Croissance devant remonter à 1,4 percent en 2024.
  - Environ 90 percent des pays avancés devraient voir leur croissance ralentir en 2023.

### Scénarios de risque
- Scénario alternatif souligné : les risques baissiers liés à la tourmente sur les marchés financiers pourraient se concrétiser, entraînant des perspectives plus sombres que le scénario de référence.
- Points de vulnérabilité identifiés : correction soudaine des anticipations concernant les taux directeurs, hausse inopinée des spreads souverains pour les pays émergents et en développement, et persistance d’un niveau d’endettement historiquement élevé.

_Extrait du CHAPITRE 1, Perspectives et politiques mondiales — Fonds monétaire international | Avril 2023_

### 1. Taux directeurs dans l’échantillon de PA

### 1. Taux directeurs dans l’échantillon de PA

### Perspectives de croissance et projections (Tableau 1.1)
- Production mondiale : 2022 = 3,4 ; 2023 = 2,8 ; 2024 = 3,0
- Pays avancés : 2022 = 2,7 ; 2023 = 1,3 ; 2024 = 1,4
- États‑Unis : 2022 = 2,1 ; 2023 = 1,6 ; 2024 = 1,1
- Zone euro : 2022 = 3,5 ; 2023 = 0,8 ; 2024 = 1,4
- Chine : 2022 = 3,0 ; 2023 = 5,2 ; 2024 = 4,5
- Inde : 2022 = 6,8 ; 2023 = 5,9 ; 2024 = 6,3
- Pays émergents et pays en développement : 2022 = 4,0 ; 2023 = 3,9 ; 2024 = 4,2
- Pays en développement à faible revenu : 2022 = 5,0 ; 2023 = 4,7 ; 2024 = 5,4
- Volume du commerce mondial (biens et services) : 2022 = 5,1 ; 2023 = 2,4 ; 2024 = 3,5
- Pour mémoire — Croissance mondiale calculée sur la base des taux de change du marché : 2022 = 3,0 ; 2023 = 2,4 ; 2024 = 2,4

Notes et différences d’édition
- Écart basé sur les chiffres arrondis pour les prévisions actuelles des PEM, la Mise à jour des PEM (janvier 2023) et les PEM d’octobre 2022.
- Hypothèse : les taux de change effectifs réels restent aux niveaux observés entre le 15 février et le 15 mars 2023.

### Autre scénario plausible — durcissement modéré des conditions de crédit
- Hypothèses clés :
  - Durcissement supplémentaire et modéré des conditions de crédit causé par tensions dans certains établissements bancaires présentant (i) une part importante de gros déposants ou de déposants non garantis, et (ii) des pertes latentes au bilan.
  - Contraction de l’offre de crédit et écarts de taux d’intérêt plus élevés pour les sociétés non financières et pour les ménages.
  - Supposition que les autorités monétaires ramènent les taux directeurs à un niveau plus bas que dans le scénario de référence pour combattre pressions inflationnistes et recul de l’activité.
  - Stabilisateurs automatiques opérationnels ; pas de relance budgétaire discrétionnaire modélisée.
  - Les interventions des banques centrales et autorités de réglementation sont implicitement supposées éviter une crise plus vaste, mais ne sont pas explicitement modélisées.
- Chiffres modélisés :
  - Encours de crédits bancaires réels aux États‑Unis : baisse de 2 % en 2023 par rapport au scénario de référence (équivalent à un dixième de la baisse observée en 2008–09).
  - Augmentation de 150 points de base de l’écart de taux sur les obligations d’entreprises, en moyenne sur l’année 2023.
- Impacts projetés (écarts par rapport au scénario de référence) :
  - Baisse de la production mondiale de 0,3 % en 2023 → croissance mondiale réelle de 2,5 % (contre 2,8 % dans le scénario de référence).
  - PIB réel en 2024 inférieur de 0,2 % au niveau prévu dans le scénario de référence.
  - Répercussions plus importantes dans les pays avancés (croissance chutant en dessous de 1 % contre 1,3 % dans les prévisions de référence), notamment aux États‑Unis, dans la zone euro et au Japon (recul d’environ 0,4 point de pourcentage par rapport au scénario de référence).
  - Effets commerciaux et sur les cours mondiaux des produits de base affectant les pays liés au commerce avec les États‑Unis (ex. Mexique, Canada) davantage que des pays moins exposés (ex. Chine).

### Inflation et trajectoire de désinflation
- Inflation globale (indice des prix à la consommation) : 2022 = 8,7 % ; 2023 = 7,0 %
  - La projection 2023 est supérieure de 0,4 point de pourcentage à celle de janvier 2023.
- Inflation mondiale hors alimentation et énergie : baisse de 0,2 point de pourcentage en 2023 → 6,2 % en 2023 (supérieure de 0,5 point de pourcentage à la prévision de janvier 2023).
- Part des pays connaissant une baisse de l’inflation : 76 % des pays en 2023.
- Ciblage d’inflation (72 pays ayant adopté un régime de ciblage) :
  - 2023 : les taux moyens d’inflation annuelle devraient dépasser leurs valeurs cibles dans 97 % des cas ; médiane des écarts = 3,3 points de pourcentage.
  - 2024 : dans 91 % des cas, l’inflation devrait encore dépasser la valeur visée ; écart médian ≈ 1 point de pourcentage.
  - 2024 : pour les pays avec un intervalle cible, l’intervalle devrait être atteint dans ~50 % des cas.
  - 2025 : écart médian entre inflation effective et taux visé attendu = 0,2 point de pourcentage.
- Effet de l’autre scénario plausible sur l’inflation :
  - Inflation globale mondiale : baisse d’environ 0,2 point de pourcentage supplémentaire en 2023.
  - Cours du pétrole : baisse de 3 points de pourcentage supplémentaires en 2023 par rapport au scénario de référence.
  - Inflation hors énergie et alimentation : recul légèrement plus marqué qu’en scénario de référence.

### Croissance à moyen terme
- À l’horizon 2028, croissance mondiale projetée = 3,0 % (projection de croissance à moyen terme la plus basse de toutes les éditions des PEM depuis 1990).
- Contexte : recul des prévisions de croissance mondiale à moyen terme depuis le pic de 4,9 % en 2008, en partie imputable à l’élévation du niveau de vie dans plusieurs pays (ex. Chine, Corée) et à d’autres facteurs structurels.

*Source : estimations des services du FMI.*

### 1. Inflation globale

### 1. Inflation globale

### Tendances récentes et mesures
- L’inflation est calculée à partir de l’indice des prix à la consommation.
- L’inflation hors énergie et alimentation fait abstraction de la volatilité inhérente à ces biens.
- Les chiffres de l’inflation hors énergie et alimentation des pays émergents et des pays en développement tirés de la Mise à jour des PEM de janvier 2022 sont le résultat d’estimations réalisées à partir des données disponibles.
- Graphiques temporels indiqués pour 2021–25 (échelles 0–12 points de pourcentage pour l’inflation globale ; 0–10 pour l’inflation hors énergie et alimentation).

### Contributions à la croissance, perte de production et intégration mondiale
- Les projections de croissance démographique à moyen terme des Nations Unies ont baissé d’un quart de point de pourcentage depuis 2010.
- En 2022, le PIB mondial est en deçà de 1% par rapport aux projections de la Mise à jour des PEM de janvier 2022.
- D’ici 2026, les pertes de production (mesurées par le cumul des écarts de croissance) devraient atteindre 2,7%, soit plus du double de ce qui était initialement attendu.
- La croissance des échanges internationaux en volume devrait passer de 5,1% en 2022 à 2,4% en 2023.
- Pendant 2000–19, la croissance des échanges s’établissait à 4,9% en moyenne.

### Évolution des soldes courants et positions extérieures
- Les soldes des transactions courantes au niveau mondial — la somme des excédents et des déficits en valeur absolue — devraient rétrécir en 2023, après une nette augmentation en 2022 attribuée au renchérissement des produits de base déclenché par la guerre en Ukraine.
- Les positions en encours des créanciers et des débiteurs se sont maintenues à un niveau historiquement élevé en 2022, l’élargissement des soldes courants ayant été compensé par la vigueur du dollar (plus-values pour les positions longues en devises).
- À moyen terme, le niveau élevé des positions extérieures ne devrait se modérer que légèrement au fur et à mesure que baisseront les prix des produits de base.

### Principaux risques baissiers et scénarios plausibles
- La probabilité que la croissance mondiale en 2023 tombe en dessous de 2,0% est d’environ 25%, soit plus du double de la probabilité normale.
- La probabilité qu’en 2023 le PIB réel mondial par habitant se contracte est estimée autour de 15%.
- La probabilité que l’inflation globale au niveau mondial dépasse en 2023 son niveau de 2022 est inférieure à 10%.
- Pour l’inflation hors énergie et alimentation, la probabilité qu’elle dépasse son niveau de 2022 en 2023 est de 30%.
- Scénario de graves tensions sur le secteur financier : la croissance du PIB réel mondial en 2023 pourrait s’établir 1,8 point de pourcentage en dessous des prévisions du scénario de référence, même en supposant le rôle des stabilisateurs automatiques et la contribution de la politique monétaire.
  - Une telle situation se traduirait par une croissance quasi nulle du PIB mondial par habitant.
  - Ce recul de la demande globale ferait baisser l’inflation globale et l’inflation hors énergie et alimentation d’environ 1 point de pourcentage au niveau mondial en 2023.
- Autres risques baissiers identifiés :
  - Durcissement très marqué des conditions financières mondiales, pouvant entraîner une forte contraction du crédit bancaire et une fuite généralisée des capitaux des pays émergents et en développement.
  - Effets plus marqués de la politique monétaire sur fond d’endettement élevé : augmentation des coûts du service de la dette, risque de surendettement des entreprises et des ménages, baisse de l’investissement et de la consommation, hausse du chômage et multiplication des faillites.
  - Surendettement souverain systémique dans les pays émergents et pays en développement.
  - Essoufflement de la croissance chinoise, avec retombées pour les exportateurs de produits de base et les pays tributaires du tourisme.
  - Aggravation de la guerre en Ukraine, ravivée de la crise énergétique en Europe et aggravation de l’insécurité alimentaire dans les pays à faible revenu.
  - Fragmentation géoéconomique accrue, freinant la coopération multilatérale.

### Vulnérabilités liées à la dette et incidences
- Les écarts de taux observés sur la dette souveraine de plusieurs pays émergents et pays en développement dépassent toujours les 1 000 points de base.
- Environ 56% des pays en développement à faible revenu sont, d’après les estimations, déjà surendettés ou risquent fort de le devenir.
- Environ 25% des pays émergents présentent également un risque de surendettement élevé.
- En moyenne, le poids relatif de la dette extérieure par rapport au revenu national brut est inférieur d’un tiers à son niveau des années 80 et 90.
- La part de la dette extérieure libellée en dollars et souscrite à taux variable dans le total de la dette extérieure a augmenté, augmentant l’exposition au resserrement de la politique monétaire dans les pays avancés.
- Entre 1996 et 2020 :
  - la part de la dette extérieure détenue par les créanciers officiels bilatéraux du Club de Paris est passée de 39% à 12% ;
  - la part détenue par le reste des créanciers officiels bilatéraux est passée de 8% à 22% ;
  - la part des créanciers privés a doublé, passant de 8% à 16%.

### Observations sur l’inflation hors énergie et alimentation et marchés du travail
- Les marchés du travail demeurent extrêmement tendus dans de nombreux pays ; si la croissance des salaires était plus forte que prévu, la baisse de l’inflation globale et de l’inflation hors énergie et alimentation pourrait être interrompue.
- Si l’économie chinoise redémarrait plus vite que prévu ou si la guerre en Ukraine s’intensifiait, le repli attendu des cours des produits de base pourrait ne pas avoir lieu et l’inflation globale pourrait augmenter, rejaillissant sur l’inflation hors énergie et alimentation et sur les anticipations d’inflation.
- Une inflation des prix des services plus tenace pourrait amener les banques centrales des principales puissances économiques à maintenir une orientation de politique monétaire plus stricte plus longtemps, au détriment de la croissance et de la stabilité financière.

*Source : Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale : Une reprise cahoteuse (Avril 2023), chapitre 1.*

### 2001. Indice de risque géopolitique

### 2001. Indice de risque géopolitique

### Montée des tensions géopolitiques et commerciales
- Indice, moyenne 1990–2019 = 100.
- Figure illustrant l’"Invasion de l’Ukraine par la Russie" avec jalons temporels indiqués : Janv. 2009, Janv. 12, Janv. 15, Janv. 18, Janv. 21, Janv. 23.
- Restrictions préjudiciables aux échanges commerciaux : échelle du nombre de mesures mises en œuvre de 0 à 3 000 (graduations à 500, 1 000, 1 500, 2 000, 2 500, 3 000).
- Plage 2 : les données sur les restrictions préjudiciables aux échanges commerciaux remontent au 1er février 2023.

### Effets de la fragmentation géoéconomique
- Notion : la fragmentation géoéconomique risque de réduire les mouvements transfrontaliers de main-d’œuvre, de marchandises et de capitaux et d’entraver les biens publics mondiaux (atténuation du changement climatique, lutte contre les pandémies).
- Mention d’exemples de politiques visant à réduire les transferts de technologie : Creating Helpful Incentives to Produce Semiconductors and Science Act (CHIPS and Science Act) et investissements verts assortis d’obligations de production locale.
- Référence aux travaux : Aiyar et al., 2023 ; chapitre 3 de l’édition d’octobre 2022 des Perspectives économiques régionales pour l’Asie et le Pacifique (effets sur le bien‑être économique vraisemblablement négatifs).

### Priorités pour l’action publique : suivre un chemin de crête
- Objectif général : rétablir la stabilité des prix tout en évitant une récession et en préservant la stabilité financière.
- Besoin d’agilité : les pouvoirs publics doivent rester agiles et se tenir prêts à adapter leur action en fonction des informations disponibles.

### Mesures à effet immédiat — S’assurer que l’inflation recule durablement
- Situation générale : dans la plupart des pays, le taux d’inflation se situe encore bien au‑dessus des valeurs visées par les banques centrales.
- Gouvernance monétaire : nécessité d’une politique monétaire ferme, mais prête à réagir.
  - Indication : Selon les prévisions de référence, les taux directeurs réels (corrigés de l’inflation) des grandes puissances économiques devraient augmenter progressivement, même si le rythme des hausses des taux nominaux ralentit.
  - Lorsque les pressions inflationnistes hors alimentation et énergie persistent, relever les taux directeurs réels et les maintenir au‑dessus de leurs niveaux neutres pour éviter un désancrage des anticipations d’inflation.
  - Scénario alternatif : si le durcissement des conditions financières entraîne un ralentissement de l’activité réelle et une baisse des pressions sur les prix, les banques centrales doivent reparamétrer leur politique monétaire (calendrier et ampleur des changements de taux directeurs).
  - Scénario pessimiste : un choc désinflationniste menaçant la stabilité financière pourrait contraindre à une profonde réorientation de la trajectoire de la politique monétaire.
- Communication claire :
  - Les estimations du niveau de taux d’intérêt réel stabilisant l’inflation (r*) et du taux de chômage naturel (u*) sont entachées d’incertitude.
  - Exemple : estimations récentes de u* pour les États‑Unis comprises entre 4 et 7 %.
  - Les projections indiquent une hausse du chômage d’ici 2024 (graphique 1.23).
  - Il importe que les autorités monétaires communiquent clairement sur la probable nécessité d’un durcissement tant que l’inflation ne se sera pas rapprochée de la valeur visée.
- Leçons historiques :
  - Référence historique : assouplissement prématuré aux États‑Unis au début des années 80, suivi d’un nouveau cycle de relèvement très prononcé des taux directeurs (graphique 1.24).

### Préserver la stabilité financière
- Surveillance des risques :
  - Dans un contexte d’incertitude et de forte volatilité des marchés financiers, il est essentiel de suivre l’accumulation des risques dans les différents secteurs (banques, établissements financiers non bancaires, immobilier résidentiel).
- Remédier aux tensions sur les marchés financiers :
  - Recours à des instruments apportant des liquidités rapidement et de manière déterminée, en maîtrisant le risque d’aléa moral.
  - Apport de liquidités ciblé et en échange de garanties suffisantes, préservant la transmission de la politique monétaire.
  - Interventions et procédures de résolution rapides pour établissements fragiles et non viables si nécessaire.
- Renforcer la surveillance :
  - Combler les lacunes de la surveillance bancaire, notamment sur les expositions au risque de taux d’intérêt.
  - Respect strict des obligations prudentielles en matière de fonds propres et de liquidité, conformément aux normes de Bâle.
  - Renforcer la surveillance du secteur financier non bancaire.

### Faire appel au dispositif mondial de sécurité financière
- Utilisation active des dispositifs financiers de précaution du FMI.
- Priorité des aides internationales aux pays à faible revenu frappés par des chocs, via la réaffectation des droits de tirage spéciaux et des fonds fiduciaires mentionnés.
- Renforcement récent des accords de crédit réciproques en dollars entre la Réserve fédérale et les banques centrales des principaux pays avancés.

### Remédier aux fluctuations des monnaies
- Dollar : s’est déprécié en termes réels depuis octobre 2022 (de 6 %, pondéré des échanges), mais reste à son plus haut niveau depuis 2000.
- Recommandation : les pays émergents gagneraient à laisser leurs monnaies s’ajuster autant que possible aux paramètres économiques fondamentaux.
- Interventions sur le marché des changes : peuvent se justifier provisoirement si les fluctuations compromettent la stabilité financière ou la capacité de la banque centrale à maintenir la stabilité des prix (marchés peu profonds, part élevée de la dette libellée en devises).
- Mesures de gestion des flux de capitaux : utiles en cas de crise avérée ou imminente, mais ne doivent pas remplacer les changements nécessaires de politique macroéconomique.
- Exemples récents : certains pays (la Chine et le Malawi, entre autres) ont eu recours à des mesures de gestion des flux de capitaux en 2022.

### Normaliser la politique budgétaire
- Constat : des ajustements budgétaires s’imposent en 2023 puisque déficits et endettement restent supérieurs aux niveaux observés avant la pandémie.
- Rôle budgétaire : les autorités budgétaires doivent soutenir la politique monétaire visant à ramener l’inflation au niveau visé.
- Scénario très défavorable : laisser jouer pleinement les stabilisateurs automatiques et recourir, si besoin, à des mesures de soutien provisoires pour renforcer le système financier, en tenant compte de l’espace budgétaire disponible.
- Priorité : protection des couches vulnérables par des mesures ciblées.

### Porter secours aux plus fragiles
- Contexte : flambée des cours mondiaux de l’énergie et de l’alimentation en 2022 ayant déclenché une crise du coût de la vie, surtout dans les pays à faible revenu.
- Observations : aides promptes aux ménages et aux entreprises ont limité les effets sur la croissance, mais dans de nombreux pays européens les aides budgétaires étaient très peu ciblées (graphique 1.26).
- Recommandation : remplacer les mesures d’envergure peu ciblées par des dispositifs plus ciblés (Ari et al., 2022).
- Principe : préserver autant que possible les signaux–prix liés à la hausse des cours de l’énergie pour limiter les risques de pénurie d’énergie.

### Indicateurs et graphes mentionnés
- Graphique 1.21 : Montée des tensions géopolitiques et commerciales au fil du temps.
- Graphique 1.22 : Taux directeurs réels dans l’échantillon de pays avancés (en pourcentage, valeur annualisée).
- Graphique 1.23 : Le taux de chômage aux États‑Unis est‑il inférieur à son niveau naturel ? (estimations de u* ; u* pour les États‑Unis comprises entre 4 et 7 %).
- Graphique 1.24 : Inflation tenace et assouplissement prématuré : l’exemple des États‑Unis dans les années 80 (divers indicateurs : taux effectif des fonds fédéraux, inflation hors énergie et alimentation mesurée par l’indice des prix DCI, taux de chômage).
- Graphique 1.25 : Le dollar reste fort malgré un léger repli (Indice du TCER, 2010 = 100) — mention d’une dépréciation réelle de 6 % depuis octobre 2022 (pondéré des échanges).
- Graphique 1.26 : (mentionné) aides budgétaires peu ciblées dans de nombreux pays européens.

*Fonds monétaire international | Avril 2023*

### 2. Aides budgétaires aux ménages européens en 2022–23

### 2. Aides budgétaires aux ménages européens en 2022–23

### Aperçu du graphique et données principales
- Thème : Crise énergétique européenne — état des lieux et coûts des aides budgétaires en 2022–23 (En pourcentage du PIB européen).
- Période couverte : Avril 2022 ; Juil. 22 ; Oct. 22 ; Janv. 23 ; Avril 23.
- Catégories d’aides mentionnées : Ciblées, Non ciblées, Fondées sur les prix, Transferts.
- Sources citées pour le graphique : Ari et al. (2022) ; Gas Infrastructure Europe, inventaire global des stocks de gaz ; calculs des services du FMI.
- Note méthodologique : 
  - La plage 1 représente les stocks de gaz naturel en pourcentage des capacités de stockage dans les pays européens pour lesquels des données sont disponibles.
  - Dans la plage 2, le PIB européen correspond à la somme des PIB de 24 pays ayant fait l’objet d’une enquête du FMI sur les coûts budgétaires en 2023.

### Points saillants et implications politiques liés à la sécurité alimentaire et énergétique
- Risque lié aux restrictions : Les restrictions au commerce des denrées alimentaires et des engrais risquent de faire basculer une part importante de la population mondiale dans l’insécurité alimentaire.
- Rôle des importations de blé : Les importations nettes de blé par les pays émergents et les pays en développement représentent plus de la moitié de la consommation totale de blé.
- Recommandation immédiate : Il convient de lever les restrictions aux exportations de denrées alimentaires et d’engrais, et en particulier les plus récentes, afin de sauvegarder l’approvisionnement et la répartition de la nourriture à l’échelle mondiale.

### Viabilité de la dette publique et mesures structurelles
- Constat : Dans de nombreux pays, la baisse de la croissance et la hausse des coûts d’emprunt remettent en cause la viabilité des ratios de la dette publique.
- Mesures recommandées pour pays à risque élevé de surendettement :
  - Rééquilibrer les finances publiques.
  - Entamer des réformes structurelles pour disposer de cadres d’action solides et stimuler la croissance économique.
  - Envisager, dans certains cas, des restructurations de dette.
- Rôle des créanciers : Les gros créanciers, y compris en dehors du Club de Paris et dans le secteur privé, ont un rôle essentiel à jouer pour mettre en place des mécanismes efficaces, prévisibles et rapides de résolution des dettes souveraines.
- Exemples d’avancées : Des avancées ont été réalisées pour certains pays ayant demandé un traitement de leur dette au titre du cadre commun du G20, comme le Tchad.

### Renforcement de l’offre et politiques structurelles
- Objectifs : Remédier aux facteurs structurels qui entravent la croissance à moyen terme et rattraper des pertes de production accumulées depuis la pandémie.
- Instruments cités :
  - Réformes pour réduire les effets néfastes du pouvoir de marché et des comportements de recherche de rente.
  - Encouragement des investissements dans les infrastructures et la transition numérique.
  - Amélioration de l’accès à l’éducation et de la qualité des enseignements.
  - Politiques actives du marché du travail : programmes de formation à court terme, lois accroissant la flexibilité du travail, reprise des flux d’immigration régulière.
- Avertissement sur la politique industrielle : Elle peut se justifier en cas de défaillances de marché, mais ne doit pas créer de distorsions, engager des courses aux subventions coûteuses, ni imposer des exigences de production sur le sol national.

### Logique des mesures de long terme : coopération multilatérale et transition écologique
- Renforcement du système commercial multilatéral : Revoir certaines règles de l’OMC dans des domaines essentiels comme les subventions agricoles et industrielles, et rétablir pleinement son système de résolution des différends.
- Transition écologique :
  - Constats : Les baisses d’émissions actuelles sont insuffisantes pour limiter le réchauffement à 2 °C.
  - Recommandations : Coordination internationale sur la tarification du carbone ou politiques équivalentes ; hausse concertée des investissements dans les énergies propres ; incitations à l’investissement dans les matériaux verts et la modernisation du réseau électrique ; assouplissement des procédures d’autorisation des énergies renouvelables ; soutien à la R&D.
  - Observations : Les réunions de la 27e Conférence des Parties ont donné des signes encourageants, mais beaucoup reste à faire pour l’acheminement de l’aide internationale aux pays vulnérables.

### Marché immobilier résidentiel, stabilité financière et exposition des ménages
- Contexte : Avec l’augmentation des coûts de l’emprunt en 2022, la courbe des prix de l’immobilier résidentiel s’est inscrite en baisse dans les pays avancés comme dans les pays émergents.
- Évolution des taux hypothécaires : Les taux hypothécaires dans les pays avancés sont passés de 2,8% en janvier 2022 à 6,8% en moyenne à la fin de l’année 2022.
- Risques spécifiques :
  - Les pays où les prix du logement ont fortement augmenté pendant la pandémie et où les ménages sont fortement endettés avec des prêts à taux variable sont particulièrement exposés à des tensions financières.
  - Si la hausse des taux hypothécaires se poursuit, la demande de prêts va probablement faiblir, accentuant la baisse des prix des logements.
- Capitaux propres bancaires : Ratio fonds propres de base T1/actifs pondérés en fonction des risques = 17,5% en moyenne sur l’ensemble des pays en 2021, contre 13,4% en 2007.
- Dette des ménages : Le ratio dette/revenu moyen des ménages en 2022 était équivalent à celui de 2007, principalement à cause de pays n’ayant pas subi de plein fouet la crise financière mondiale et où les emprunts se sont accumulés depuis.

### Transmission de la politique monétaire : délais, hétérogénéité et asymétries
- Délais de transmission généraux :
  - Pour la production : les effets peuvent être quasiment immédiats, mais le décalage peut atteindre environ trois trimestres ; la production retrouve généralement son niveau initial au bout de deux à trois ans.
  - Pour les prix : la partie haute de la fourchette des estimations situe le délai à environ 1,5 à 2,5 ans.
- Méta-analyse : Havranek et Rusnak (2013) — pour 67 études couvrant 30 pays, les prix mettent environ trois ans en moyenne à atteindre leur point le plus bas après un resserrement monétaire (avec grande dispersion).
- Facteurs nationaux influençant la transmission :
  - Expansion des systèmes financiers : retarde l’effet d’un ajustement des politiques publiques.
  - Frictions financières : augmentent la sensibilité des investissements à la politique monétaire.
  - Crédibilité et communication de la banque centrale : lorsqu’elles sont fortes, la politique monétaire est plus efficace pour rétablir la stabilité des prix avec une perte de production moindre.
  - Répartition du patrimoine et du revenu : les ménages ayant un prêt hypothécaire réduisent plus fortement leurs dépenses en cas de resserrement ; la réaction varie selon la liquidité des actifs détenus.
  - Rigidités nominales : rigidités salariales amplifient l’effet sur la production ; rigidités des taux hypothécaires atténuent l’effet.
- Effets asymétriques : Les assouplissements monétaires ont des effets marqués sur les prix mais limités sur l’activité réelle, alors que les durcissements ont d’importantes répercussions sur la production, notamment en période d’essor.
- Contexte actuel : Un resserrement exceptionnellement synchronisé des politiques monétaires, conjugué à un retrait généralisé des mesures d’appui budgétaire, une hausse brutale des taux hypothécaires et une forte sensibilité des conditions financières mondiales aux annonces publiques, conduit à un délai de transmission plus court que par le passé.

### Incertitudes, intervalles de confiance et scénario pessimiste global
- Méthodologie : Utilisation du modèle G20 du FMI et de la méthode d’Andrle et Hunt (2020) pour construire des intervalles de confiance autour des projections de la croissance et de l’inflation.
- Probabilité d’un ralentissement marqué : Le risque de voir la croissance mondiale passer sous la barre des 2% en 2023 est de l’ordre de 25%.
- Inflation hors énergie et alimentation : Probabilité que l’inflation hors énergie et alimentation dépasse son niveau de 2022 en 2023 est proche de 30%.
- Distributions et intervalles :
  - Probabilité que la croissance mondiale de 2023 s’établisse entre 1,0% et 3,8% = 70%.
  - Probabilité que la croissance mondiale de 2024 s’établisse entre 1,4% et 4,3% = 70%.
  - Pour l’inflation mondiale, il y a une probabilité de 70% que l’inflation globale pour 2023 soit supérieure ou inférieure d’environ 1,2 point de pourcentage au niveau projeté.
  - Pour l’inflation hors énergie et alimentation, la fourchette à 70% s’étale de 0,7 point de pourcentage au-dessus ou au-dessous de la référence.
- Scénario fortement pessimiste (couches) : réduction de l’offre globale de crédit amplifiée par d’autres facteurs :
  - Offre de crédit : prêts bancaires aux États-Unis diminuent de 4% en 2023 par rapport aux projections de référence.
  - Écarts de rendement sur les titres de sociétés : augmentation de 250 points de base en 2023.
  - Cours des actions : prix mondiaux des actions chutent de 10% sur le coup et d’environ 6% en moyenne en 2023.
  - Report sur les valeurs sûres et appréciation du dollar : dans les pays émergents hors Asie, le dollar s’apprécie de près de 10%.
  - Perte de confiance : augmentation de l’épargne de précaution (environ 75% de l’augmentation estimée lors de la crise financière mondiale) provoque une baisse de la consommation ; consommation et investissement aux États-Unis baissent respectivement de 0,3% et 1% par rapport au niveau de référence dans la couche perte de confiance.

*Source : Fonds monétaire international — Extraits de "Perspectives de l’économie mondiale : Une reprise cahoteuse", Avril 2023 (chapitre et encadrés cités dans le texte).*

### 1. Croissance du PIB réel

### 1. Croissance du PIB réel

### Distribution probabiliste des projections de croissance et d’inflation
- Graphique 1.3.1 : distribution probabiliste de l’incertitude autour des projections de croissance et d’inflation au niveau mondial (en pourcentage), représentée par des plages successives correspondant chacune à un intervalle probabiliste de 5 points de pourcentage.
- Indicateurs couverts :
  - Croissance du PIB réel (années 2022, 2023, 2024, 2025)
  - Inflation globale mesurée par l’IPC (années 2022–2025)
  - Inflation hors énergie et alimentation mesurée par l’IPC (années 2022–2025)
- Note méthodologique : chaque nuance de bleu représente un intervalle probabiliste de 5 points de pourcentage. IPC = indice des prix à la consommation ; PEM = Perspectives de l’économie mondiale.

### Réaction des pouvoirs publics (hypothèses du scénario)
- Les autorités monétaires réagissent de manière endogène au ralentissement de l’activité et à la diminution des pressions inflationnistes.
- En politique budgétaire, il est supposé que :
  - les stabilisateurs automatiques fonctionnent dans les pays avancés;
  - les stabilisateurs automatiques ne fonctionnent pas dans les pays émergents.
- Les mesures relatives aux bilans et autres interventions pour préserver la stabilité du secteur financier ne sont pas modélisées explicitement ; elles sont considérées comme contribuant à éviter une crise, ce qui conduit à des effets sur l’activité supérieurs à ceux exposés dans la simulation.
- L’analyse ne tient pas compte :
  - du coût potentiel de ces interventions ;
  - de leurs répercussions sur la situation des finances publiques des pays.
- Un durcissement de la politique budgétaire du fait de tensions sur la viabilité de la dette pourrait entraîner des répercussions macroéconomiques plus importantes, notamment pour les pays à espace budgétaire limité.

### Répercussions du scénario pessimiste sur la production et l’inflation (résultats agrégés)
- Incidence par couche (effets présentés en bâtons sur Graphique 1.3.2) :
  - La couche de l’offre de crédit soustrait 0,5 % à la croissance mondiale en 2023. L’incidence est plus importante aux États-Unis et dans les autres pays avancés que dans les pays émergents. L’incidence sur la Chine est faible.
  - L’appréciation du dollar et le resserrement des écarts de prime sur les titres souverains soustrait 0,2 % au taux de croissance mondial en 2022. L’effet est plus marqué dans les pays émergents : –0,4 % en 2023.
  - La baisse des prix des actions retranche 0,5 % à la croissance mondiale en 2023, retombées légèrement supérieures dans les pays avancés que dans les pays émergents.
  - La couche de la confiance soustrait 0,5 % à l’activité économique mondiale en 2023.
- Effet conjugué de toutes les couches :
  - Diminution du niveau de la production mondiale de 1,8 % en 2023 et de 1,4 % en 2024 par rapport au niveau de référence.
  - L’effet global sur la production mondiale représente environ un quart de l’ampleur de l’impact de la crise financière mondiale en 2008–09.
  - Incidences par groupe :
    - États-Unis et autres pays avancés : –1,8 % en 2023.
    - Pays émergents hors Chine : –1,9 % (impact plus élevé, expliqué essentiellement par l’appréciation du dollar).
    - Chine : –1,2 % (incidence plus faible).
- Prix du pétrole : chutent de près de 15 % en 2023 par rapport au niveau de référence en raison de la baisse de la demande mondiale, puis retrouvent progressivement ce niveau à l’horizon de projection.
- Désinflation :
  - L’inflation hors énergie et alimentation mondiale diminue de 0,9 point de pourcentage en 2023 et de 1,1 point de pourcentage en 2024 par rapport au niveau de référence.
  - La désinflation est plus prononcée dans les pays émergents hors Chine (supposition : courbes de Philips plus pentues), mais la baisse est aussi importante dans les pays avancés.
- Taux directeurs (écarts par rapport au niveau de référence) :
  - Taux directeurs américains baissent de 1,6 point de pourcentage en 2023 et de 1,8 point de pourcentage en 2024.
  - Moyenne mondiale des taux directeurs diminue de 2,1 point de pourcentage en 2023 et de 2,3 points de pourcentage en 2024.

### Évolution récente et perspectives des marchés des produits de base
- Variations entre août 2022 et février 2023 :
  - Les prix des produits primaires ont diminué de 28,2 %.
  - Produits énergétiques : chute de 46,4 %.
  - Prix du gaz naturel européen (TTF) : plongée de 76,1 %, pour s’établir à 16,7 dollars le million d’unités thermiques britanniques (BTU) en février 2023.
  - Cours des métaux de base : rebond de 19,7 % entre août 2022 et février 2023.
  - Cours des métaux précieux : rebond de 3,3 % entre août 2022 et février 2023.
  - Prix des denrées alimentaires : hausse légère de 1,9 % (sur la période initiale mentionnée); les prix des denrées alimentaires et des boissons ont culminé en mai 2022 et sont en hausse de 1,3 % par rapport à août dernier selon un autre point de référence.
  - Prix du charbon : chute de 50,9 % durant la période de référence.
- Perspectives et cours à terme du pétrole (hypothèses de référence fondées sur les cours à terme au 17 mars 2023) :
  - Les marchés à terme indiquent un repli de 24,1 %, à 73,1 dollars le baril en moyenne en 2023 (contre 96,4 dollars en 2022).
  - Poursuite de la baisse pour atteindre 65,4 dollars en 2026.
- Autres observations :
  - Les prix du gaz ont fortement reculé par rapport aux niveaux historiques d’août 2022 en grande partie du fait d’un stockage élevé, d’une hausse des importations de GNL et d’un recul de la demande (dont la Chine).
  - L’indice des métaux de la transition énergétique du FMI s’est inscrit en hausse de 14,3 %.
  - Les cours de l’or ont progressé de 5,1 % ; les achats nets des banques centrales ont battu un record vieux de 55 ans.
  - Projections pour les métaux de base : +3,5 % en 2023, puis –2,6 % en 2024.
  - Les prix agricoles ont diminué de 9,1 % par rapport à août dernier, mais restent supérieurs de 22,3 % à la moyenne des cinq dernières années et de 39,1 % aux niveaux d’avant la pandémie.

### Impact macroéconomique d’une moindre extraction de combustibles fossiles (dossier spécial)
- Objectif de l’Agence internationale de l’énergie (2022) : pour atteindre le zéro émission nette d’ici à 2050, il faudrait réduire de 80 % l’extraction de combustibles fossiles à l’échelle mondiale par rapport aux niveaux de 2021 (Graphique 1.DS.3).
- Importance des combustibles fossiles pour certains pays :
  - Ratios moyens production de pétrole et de gaz/PIB élevés entre 2010 et 2019 dans des pays comme l’Angola, l’Arabie saoudite, l’Azerbaïdjan, la République du Congo et le Koweït.
  - La production de gaz est particulièrement importante au Qatar et à Trinité-et-Tobago.
  - Les combustibles fossiles constituent une source essentielle de rentrées d’argent dans le solde extérieur ; les ratios exportations nettes de pétrole et de gaz/PIB ont dépassé 25 % en moyenne durant 2010–19 dans plus de 10 pays.
- Nouvel ensemble de données et épisodes de recul de l’extraction :
  - Base de données couvrant pétrole, charbon, gaz et métaux pour des pays du monde entier entre 1950 et 2020.
  - L’analyse recense 35 épisodes caractérisés par des reculs persistants de l’activité extractive sur un total de 154 épisodes observés ; ces épisodes sont causés par des facteurs extérieurs (épuisement des réserves, changements de politiques propres au secteur).
  - Exemple-type d’épisode : contraction de 10 % de l’activité extractive durant la première année aboutissant à une réduction de 40 % en valeur cumulée sur 10 ans (Graphique 1.DS.5).
- Finalité de l’estimation : éclairer les projets et stratégies à moyen et à long terme des pays exportateurs de combustibles fossiles, en évaluant l’impact sur le PIB réel et sur les secteurs extérieur et intérieur.

### Approche empirique (méthodologie succincte)
- Méthode inspirée de Jordà (2005) : projections locales pour estimer les effets d’épisodes de reculs persistants et exogènes de l’activité d’extraction sur le PIB réel et les secteurs extérieur et intérieur.
- Forme générale de l’équation utilisée (notation reproduite telle que dans le texte source) :
  - y_{t+h,i} − y_{t−1,i} = α + β_h Δ q_{t,i} + Σ_{j=1}^{p} Γ_{j,h} y_{t−j,i} + Σ_{j=1}^{p} Π_{j,h} Δ q_{t−j,i} + ψ_n + φ_t + u_{t+h,i}
- Remarque : le membre gauche représente l’écart logarithmique de la variable étudiée par rapport à sa valeur antérieure.

_Italique : Source — textf - 1. Croissance du PIB réel (PDF), Fonds monétaire international, Avril 2023._

### 1. Ratio production/PIB

### 1. Ratio production/PIB

### Ratios de production et d’exportations nettes (moyenne 2010–19)
- Graphique des vingt premiers pays pour la part dans le PIB de la production de combustibles fossiles (En pourcentage) : classes représentées de 0 à 70 avec pays listés (KWT, COG, TTO, GNQ, AZE, QAT, IRQ, SSD, SAU, BRN, VEN, LBY, OMN, AGO, GAB, DZA, KAZ, MNG, ARE, BHR).
- Graphique des vingt premiers pays pour la part dans le PIB des exportations nettes de combustibles fossiles (En pourcentage) : échelle de –10 à 60 avec pays listés (BR, N, KWT, QA, T, AGO, COG, LB, Y, IR, Q, OMN, AZ, E, SA, U, DZ, A, AR, E, VE, N, KA, Z, NOR, RU, S, NGA, MNG, BO, L, TT, O).
- Note méthodologique : Les ratios sont calculés pour chaque année et la moyenne porte sur la période 2010–19. Les prix sont au niveau régional et exprimés en dollars. L’Iran n’est pas pris en compte en raison du manque de données. Les codes pays utilisés sont ceux de l’Organisation internationale de normalisation (ISO).

### Méthodologie empirique (approche d’événements)
- Les estimations mesurent l’effet cumulé de chocs de production extractive Δq_{t,i} sur un horizon h, de 10 ans maximum.
- Le scénario de référence inclut :
  - effets fixes par pays ψ_n,
  - effets fixes temporels φ_t,
  - trois retards de la variable dépendante,
  - une série de chocs pour corriger l’autocorrélation (inspiré de Montiel Olea et Plagborg-Møller (2021)).

### Effets macroéconomiques négatifs observés après un épisode de déclin extractif
- Effet sur le PIB réel :
  - diminution initiale de 1 percent du PIB réel par rapport au scénario de référence.
  - baisse portée à 5 percent après cinq ans.
  - la baisse est durable, aucun rebond observé jusqu’à la fin de l’horizon (10 ans).
- Taux de change réel :
  - dépréciation lente de 20 percent.
  - la dépréciation ne suffit pas à redéployer facteurs de production vers les secteurs échangeables.
- Balance commerciale et échanges :
  - recul des exportations d’environ 6 percent.
  - dégradation de la balance commerciale.
  - importations et investissement diminuent (estimations moins précises).
- Consommation :
  - réagit avec un décalage de plus de cinq ans.

### Rôle de l’industrie manufacturière
- Retombées sur l’industrie manufacturière et les services :
  - valeur ajoutée diminue d’environ 5 percent (Bems et al., à paraître).
- Mécanismes :
  - ces secteurs fournissent des intrants aux industries extractives et transforment les extrants.
  - l’incidence négative neutralise largement les effets positifs potentiels de la dépréciation du taux de change réel.
- Hétérogénéité selon la structure :
  - les pays où la part initiale de l’industrie manufacturière dans la valeur ajoutée est plus importante s’en sortent mieux.
  - existence probable de coûts irrécupérables dans le secteur des biens échangeables qui favorisent les entreprises manufacturières déjà en activité au détriment des nouvelles.
- Emploi :
  - impact négatif sur l’emploi faible, probablement en raison de la forte intensité capitalistique du secteur extractif.

### Rôle des institutions
- Effet différencié selon la qualité des institutions :
  - impact estimé sur le PIB plus prononcé pour les pays à revenu intermédiaire et à faible revenu que pour les pays à revenu élevé.
  - cinq ans après le choc, l’écart de PIB entre pays dotés d’institutions de qualité élevée et faible est d’environ 5 points de pourcentage.
- Interprétation :
  - institutions solides semblent contribuer à atténuer les effets négatifs d’un recul persistant de l’activité d’extraction.
  - l’analyse n’identifie pas les déterminants spécifiques de la qualité des institutions.

*Sources : Agence internationale de l’énergie ; Banque mondiale ; Nations Unies, base de données Comtrade ; calculs des services du FMI.*

### 6. Investissement

### 6. Investissement

### Réaction macroéconomique au déclin de l’extraction de pétrole
- Les estimations s’appuient sur Bems et al. (à paraître) et sur des calculs des services du FMI.
- Les intervalles de confiance utilisés pour les réponses dynamiques sont des intervalles de confiance à 90 %.
- La consommation privée et la consommation publique augmentent dans un premier temps après le choc et ne reculent que de manière différée, pour atteindre un niveau inférieur de 4 %.
- L’évolution du taux de change est seulement modérée et statistiquement non significative dans les épisodes étudiés.

### Qualité des institutions et effet d’hystérèse
- Une hausse de l’extraction des ressources peut provoquer une détérioration de la qualité des institutions; l’analyse inverse montre qu’une moindre activité extractive ne rétablit pas la qualité des institutions, pas même 10 ans après le choc.
- Conclusion tirée : il existe un effet d’hystérèse et une réaction asymétrique des institutions aux chocs : une fois que les institutions sont dégradées, il est difficile d’améliorer leur état.

### Anticipation des baisses d’extraction et ajustement économique
- Sur les 26 épisodes de baisse couverts par les rapports du FMI au titre de l’article IV, seuls 4 ont été anticipés; dans les 22 autres, l’extraction devait soit augmenter, soit rester stable (ou n’était pas évoquée dans quelques cas).
- Le manque d’anticipation suggère que l’incertitude sur l’ampleur et la persistance de la contraction a pu retarder l’ajustement économique, en suscitant la surprise des dirigeants publics et du secteur privé.
- Conséquence observée : des réponses de revenu et des mesures d’atténuation ont probablement contribué à l’augmentation initiale de la consommation, suivie d’un recul différé.

### Incertitude liée au rythme et à l’orientation de la transition énergétique
- Le rythme et l’orientation de la transition vers des énergies propres ainsi que l’évolution des prix dépendent du dosage des politiques publiques, ce qui crée une grande incertitude pour les pays producteurs de combustibles fossiles.
- Scénarios de prix et implications :
  - Si les prix des combustibles fossiles diminuent en raison d’une articulation des politiques climatiques qui repose surtout sur la demande, les producteurs à coûts élevés devront arrêter leur production.
  - Si les prix augmentent sur la base d’une articulation des politiques climatiques qui s’appuie sur une réduction de l’offre, les baisses de production locales dépendront de décisions de politique intérieure.
- En cas de dissipation de l’incertitude entourant les politiques climatiques, au niveau des pays et à l’échelle mondiale, les ajustements pourraient devenir plus prévisibles et moins coûteux.

### Stratégies et recommandations de politique économique pour une transition délicate
- Objectifs prioritaires pour les pays exposés au risque d’une baisse de la production de combustibles fossiles :
  - améliorer leurs finances publiques et la qualité de leurs institutions (par exemple en renforçant la gestion des institutions du secteur public et l’environnement réglementaire des affaires);
  - diversifier leur économie;
  - créer des fonds souverains;
  - faciliter le redéploiement de facteurs de production.
- Stratégies possibles pour atteindre ces objectifs :
  - amélioration du climat des affaires afin d’attirer des investissements dans des secteurs nouveaux, productifs et à plus forte valeur ajoutée;
  - modernisation des infrastructures et mobilisation d’investissements directs étrangers dans la recherche et le développement;
  - amélioration du stock de capital humain de la population active en investissant dans l’éducation.

*Source : textf - 6. Investissement, Fonds monétaire international, Avril 2023.*

### Introduction

### Introduction

### Contexte historique et question centrale
- En 1979, la Réserve fédérale a relevé ses taux d’intérêt, qui sont passés d’environ 10 percent en début d’année à presque 14 percent à la fin de l’année, soit un taux d’approxi‑mativement 5 percent en termes réels (après prise en compte de l’inflation).
- L’inflation a continué d’augmenter, culminant à pratiquement 15 percent l’année suivante, nécessitant une hausse encore plus importante des taux d’intérêt et une récession prolongée pour maîtriser l’inflation.
- Près de trois décennies plus tard, lors de la crise financière de 2008, les banques centrales ont drastiquement réduit les taux d’intérêt pour qu’ils soient aussi proches de zéro qu’il leur semblait possible en termes nominaux et réels ; l’inflation est restée obstinément basse pendant presque 10 ans.
- Question centrale : comment un même taux d’intérêt réel peut-il être parfois trop bas et parfois trop haut au sein d’un même pays ?

### Définition et rôle du taux d’intérêt naturel réel
- Le taux de référence s’appelle « taux d’intérêt naturel réel ».
- Définition : taux d’intérêt réel qui n’a ni effet stimulant ni effet de freinage et qui est compatible avec une production à son potentiel et une inflation stable.
- Interprétation politique :
  - Abaisser le taux réel sous le niveau naturel stimule la demande et l’inflation.
  - Le relever au‑dessus freine la production et l’inflation.
- Le taux naturel est considéré indépendant de la politique monétaire et dépend de phénomènes réels comme le progrès technologique, la démographie, les inégalités ou l’évolution des préférences pour des actifs sûrs et liquides.

### Importance pour les politiques monétaire et budgétaire
- Les décideurs ont besoin d’estimer le taux naturel pour évaluer l’orientation et l’efficacité probable de la politique monétaire.
- À long terme, la politique monétaire tend à être neutre ; le taux naturel ancre les taux réels sur de longues périodes.
- Le taux naturel est essentiel pour déterminer le coût global des emprunts publics et la viabilité de la dette publique.
- La flambée récente de l’inflation et des dettes publiques a ravivé l’intérêt pour la valeur du taux naturel, car :
  - Les hausses de taux post‑pandémie restent modestes par rapport à la fin des années 70.
  - Il faut connaître le niveau du taux naturel pour juger si la politique monétaire est suffisamment restrictive pour ramener l’inflation à sa cible.
  - Le taux naturel détermine dans quelle mesure la dette actualisée élevée constituera un fardeau pour l’État.

### Questions traitées dans le chapitre
- Comment le taux naturel a‑t‑il évolué dans les différents pays ?
- Quels sont les facteurs à l’origine de cette évolution ?
- Quelles sont les perspectives concernant ces facteurs et les taux naturels à proche et à moyen terme ?
- Comment ces perspectives influeront‑elles sur les politiques monétaire et budgétaire ?

### Approche méthodologique
- Examen des faits stylisés sur les tendances des taux d’intérêt réels à différentes échéances et dans différents pays.
- Estimation du taux naturel via une double approche :
  - Un modèle simple inspiré de Laubach et Williams (2003) (« modèle HLW ») laissant relativement parler les données.
  - Une structure théorique plus restrictive et riche (référence à Platzer et Peruffo, 2022) pour relier le taux naturel aux facteurs fondamentaux.
- Comparaison des estimations issues de différents modèles pour validation indépendante.
- Scénarios alternatifs sur l’évolution future des principaux facteurs influençant le taux naturel pour fournir des projections à long terme utiles à la politique monétaire et à l’analyse de la viabilité de la dette.

### Principales conclusions synthétiques
- Les tendances communes ont largement contribué à la baisse des taux d’intérêt réels :
  - Le taux naturel a diminué pendant les 40 dernières années dans la plupart des pays avancés et certains pays émergents.
  - Les transitions démographiques et les ralentissements de la productivité sont essentiels pour comprendre cette baisse simultanée.
- Les facteurs mondiaux ont joué un rôle important, mais avec un effet limité sur les flux nets de capitaux et les taux naturels correspondants :
  - L’ouverture des marchés financiers et la forte croissance des pays émergents dans les années 80 et 90 ont influencé les taux mondiaux.
  - La forte croissance dans les pays émergents a eu tendance à faire grimper les taux dans les pays avancés et à provoquer une surépargne dans les pays émergents; ces excès d’épargne ont reflué vers les pays avancés, faisant redescendre les taux naturels.
  - Au total, sur les 50 dernières années, ces mécanismes semblent s’être partiellement compensés, avec une incidence modérée sur les taux naturels.
- Convergence future attendue :
  - Les taux d’intérêt naturels propres à chaque pays devraient converger dans les prochaines décennies.
  - Selon des hypothèses prudentes sur la démographie, les budgets et la productivité, les taux naturels devraient baisser dans les grands pays émergents pour converger progressivement vers les niveaux bas et stables attendus dans les pays avancés.
- Borne inférieure effective et implications :
  - Si l’inflation revient à son niveau cible, la borne inférieure effective des taux d’intérêt pourrait redevenir contraignante.
  - Les hausses observées après la pandémie pourraient se prolonger jusqu’au retour de l’inflation dans sa cible.
  - À long terme, les mécanismes sous‑jascents suggèrent une convergence vers les niveaux prépandémiques dans les pays avancés, mais la vitesse dépendra de scénarios divergents (persistance de dettes ou déficits élevés, fragmentation financière).
  - Les banques centrales pourraient à nouveau débattre du niveau approprié de la cible d’inflation et certains pays émergents pourraient adopter des instruments non conventionnels.
- Conséquences budgétaires :
  - Malgré une marge de manœuvre budgétaire plus importante liée à taux naturels bas, nombre de pays devront assainir leurs finances publiques.
  - Les mesures de relance prises pendant la pandémie ont asséché les comptes publics, nécessitant un rééquilibrage budgétaire pour garantir la viabilité de la dette.
  - Des délais dans l’ajustement budgétaire rendront les mesures futures plus drastiques : la dette publique gonflée tend à évincer l’investissement privé et à réduire l’attrait des titres de dette publique sûrs et liquides.

### Tendances empiriques des taux réels et premières estimations
- Observation des séries historiques :
  - Les taux d’intérêt réels ex ante aux États‑Unis, à différentes échéances (1 an à 20 ans), montrent une tendance commune à long terme : une chute régulière d’environ 5 points de pourcentage dans les 40 dernières années, toutes échéances confondues.
  - Les taux réels ex post à court terme dans cinq pays avancés montrent globalement la même baisse régulière après un pic dans les années 80, avec une convergence progressive entre pays.
- Divergence entre pays avancés et pays émergents :
  - Graphique 2.2 indique que la tendance commune notée au début des années 2000 a disparu ensuite : les taux réels ont continué de baisser dans les pays avancés, mais se sont stabilisés à leur niveau de 2005 dans les pays émergents.
  - Échantillon mentionné : 34 pays avancés et 25 pays émergents et en développement agrégés à l’aide de pondérations du PIB basées sur le taux de change du marché.
- Interprétation préliminaire :
  - Les données indiquent une probable baisse du taux naturel depuis environ 40 ans dans les pays avancés, liée à des facteurs mondiaux.
  - Dans les pays émergents, les taux naturels sont restés en moyenne à peu près stables depuis 20 ans.
  - La divergence des taux longs signale des frictions résiduelles empêchant une convergence complète entre pays émergents et avancés.
- Estimation du taux naturel par pays avec le modèle HLW :
  - Le modèle HLW (Holston, Laubach et Williams, 2017) est utilisé pour estimer le taux naturel au niveau national, dans le cadre néokeynésien classique.
  - Ce modèle décompose l’évolution du taux naturel entre la composante due à la croissance tendancielle à long terme et d’autres facteurs (intérieurs et extérieurs).
  - Limitations : le modèle HLW est conçu surtout pour les pays avancés avec longues séries de données trimestrielles ; un modèle structurel plus riche est utile pour les pays émergents.
- Résultats synthétiques (estimations HLW pour six pays avancés) :
  - Les estimations confirment une baisse du taux d’intérêt naturel dans les pays avancés sur les 40 dernières années.
  - L’ampleur de la baisse est globalement comparable entre pays, s’établissant à légèrement plus de 2 points de pourcentage dans la plupart des pays.
  - Cette baisse du taux naturel est très inférieure à la baisse globale observée des taux d’intérêt d’environ 5 points, la différence reflet probable d’un changement de politique monétaire (politique devenue particulièrement restrictive au début des années 80).
  - Incertitude élevée : pour les États‑Unis, un intervalle de confiance à 90 percent allant de 0 percent à environ 3 percent dans la deuxième moitié des années 2010 est signalé.

*Source : textf - Introduction — https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2023/april/french/textf.pdf*

### 1. Canada

### 1. Canada

### Estimations du taux naturel et orientation de la politique monétaire pendant la pandémie
- Les estimations immédiates et les estimations fondées sur l’échantillon complet diffèrent souvent de façon importante au début de la pandémie, y compris pour le cas du Canada (Graphique 2.4).
- L’écart entre le taux d’intérêt réel constaté et le taux naturel donne une indication de l’orientation monétaire : restrictive quand l’écart est positif, souple quand l’écart est négatif.
- Durant les premiers temps de la pandémie, les estimations immédiates ont souvent indiqué une politique beaucoup plus restrictive que les estimations fondées sur l’échantillon complet ; cela reflète la sensibilité du modèle HLW aux chocs exceptionnels d’offre et de demande observés alors.
- Les données ultérieures ont corrigé une forte variation initiale du taux naturel, conduisant à une révision progressive puis à l’abandon d’une estimation initiale d’un taux naturel exceptionnellement bas.
- Interprétation implicite pour le Canada : face aux données immédiates, le modèle HLW suggérait une orientation restrictive, mais la révision ultérieure des estimations indique qu’une politique de stimulation modérée a été adoptée par les autorités à court terme.

### Fiabilité des estimations et incertitudes
- Les fourchettes représentent des intervalles de confiance à 90 % pour les estimations (note méthodologique applicable aux graphiques incluant le Canada).
- Les paramètres du modèle HLW sont estimés à partir de données précédant la pandémie de COVID-19, ce qui affecte l’évaluation en temps réel du taux naturel durant l’épisode pandémique.
- Les estimations immédiates sont obtenues en élargissant l’échantillon d’un trimestre à chaque fois pour reproduire l’évaluation dont disposaient les décideurs à l’époque ; elles peuvent donc diverger sensiblement des estimations fondées sur l’échantillon complet utilisé ultérieurement.

### Implications pour l’analyse de la politique monétaire au Canada
- Les différences entre estimations immédiates et estimations rétrospectives soulignent que :
  - l’évaluation de l’orientation monétaire en temps réel peut être fortement biaisée par chocs transitoires et informations limitées ;
  - les décideurs peuvent légitimement s’appuyer sur leur jugement et ne pas suivre mécaniquement l’évaluation d’un modèle en économie fermée.
- Le modèle HLW, bien qu’utile comme référence en économie fermée, a des limites pour analyser les effets internationaux et les canaux financiers susceptibles d’affecter le taux naturel et donc l’orientation monétaire pour le Canada.

### Méthode et contexte pour le Canada dans le cadre comparatif
- Les graphiques comparatifs (Graphique 2.4) montrent les trajectoires du taux réel constaté, des estimations immédiates et des estimations fondées sur des données allant jusqu’au troisième trimestre 2022 pour plusieurs pays avancés, dont le Canada.
- Les losanges correspondent aux estimations immédiates réalisées au quatrième trimestre 2021 et aux taux d’intérêt réels constatés au quatrième trimestre 2022 pour chaque pays.
- Remarque méthodologique applicable : les estimations avec filtre de Kalman (HLW) fournissent des intervalles de confiance à 90 % et sont comparées à des estimations structurelles issues d’un modèle macroéconomique alternatif (PP) dans le chapitre.

_Source : FMI, Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2023 — chapitre 2 (extraits relatifs au Canada inclus dans Graphique 2.4)._

### 1. France2. Allemagne

### 1. France2. Allemagne

### Facteurs déterminants des variations du taux d’intérêt naturel (1975–79 à 2015–19)
- Effets démographiques : la transition démographique a contribué négativement aux modifications du taux naturel, particulièrement en Allemagne, en Chine et au Japon.
- Croissance de la productivité totale des facteurs (PTF) : la croissance de la PTF a fléchi dans tous les pays avancés, expliquant parfois davantage que la baisse finale du taux naturel.
- Politique budgétaire : facteur de compensation important, en particulier au Japon et au Brésil.
  - Japon : la dette publique a progressé de plus de 200 % du PIB, entraînant une augmentation du taux naturel supérieure aux réductions de taux amenées par les gains de PTF ou l’évolution démographique.
  - Brésil : forte progression de la consommation publique, financée par la fiscalité, explique la contribution positive du facteur budgétaire; le gonflement de la dette publique joue aussi un rôle.
- Flux nets de capitaux internationaux : contribution significative mais plus modeste, avec effets nets attendus variant par pays.
  - États-Unis : effet négatif net le plus important, reflétant peut‑être l’accumulation d’actifs sûrs par les pays émergents qui compense les sorties de capitaux.
  - Japon : sorties de capitaux prépondérantes, faisant augmenter le taux naturel via une surépargne intérieure investie à l’étranger.
- Effets idiosyncrasiques : progression des inégalités (fort impact négatif sur le taux naturel aux États‑Unis), évolution de la part du travail (important en Inde).

### Perspectives du taux naturel — scénario de référence et hypothèses
- Hypothèses principales du scénario de référence :
  1) tendances démographiques conformes aux projections des Nations Unies;
  2) la dette publique suit les projections des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) jusqu’en 2028 (et demeure constante ensuite);
  3) tous les autres facteurs s’établissent à leurs niveaux de 2015–19;
  4) dans les pays émergents, la croissance de la PTF converge à long terme vers la moyenne des pays avancés.
- Principales projections :
  - Pays avancés : les taux d’intérêt naturels devraient rester proches de leurs niveaux prépandémiques; l’effet négatif résiduel du vieillissement devrait être modéré.
  - Pays émergents : pronostic en faveur d’une baisse significative des taux naturels en raison du ralentissement des gains de productivité et du vieillissement; la transition démographique devrait s’accélérer.
  - Chine : prévu que le taux naturel diminue régulièrement d’environ 1,5 point de pourcentage durant les 30 prochaines années, l’amenant à peu près à 0 % en 2050.
- Hypothèses additionnelles : persistance d’une certaine segmentation entre marchés financiers des pays avancés et des pays émergents; maintien du même équilibre entre entrées et sorties de capitaux qu’en 2019.

### Autres scénarios (écarts par rapport au scénario de référence)
- Écart potentiel global : de l’ordre de 120 points de base de part et d’autre du scénario de référence; effets plus substantiels si plusieurs scénarios se réalisent simultanément.
- Scénarios détaillés et impacts simulés :
  - Gonflement de la dette publique :
    - Laisser la dette publique augmenter de 25 % du PIB au‑dessus du niveau de référence d’ici 2050 se traduirait par une demande accrue d’épargne privée et une hausse du taux naturel.
    - Effet attendu : ne devrait pas dépasser 5 à 10 points de base dans la plupart des pays.
  - Diminution du rendement d’opportunité (coût des emprunts publics augmente dans les pays avancés) :
    - Hypothèse : la prime reviendrait à ses niveaux moyens d’avant 2000.
    - Effet simulé : augmentation des taux naturels d’environ 70 points de base dans les pays avancés sur les trois prochaines décennies (et baisse des rendements des obligations d’entreprises).
  - Parts du travail plus élevées dans les pays avancés :
    - Retour aux parts du travail mesurées au milieu des années 70 relèverait le taux naturel de 6 à 19 points de base d’ici 2050.
  - Transition énergétique :
    - Scénarios raisonnables (fondés sur l’édition d’octobre 2020 des PEM) : d’ici 2050, les taux naturels diminueraient probablement de 50 points de base, traçant une trajectoire en forme de cloche.
    - Si des investissements substantiels à faibles émissions sont financés en creusant les déficits budgétaires : les taux naturels pourraient transitoirement gagner 30 points de base.
  - Démondialisation (fragmentation du commerce et risque de fragmentation financière) :
    - Effets régionaux variables selon positions extérieures initiales.
    - Fourchette d’effet sur le taux naturel : baisse de 40 points de base à hausse de 20 points, selon les régions.
    - Effets de la fragmentation du commerce : plus modestes.

### Conséquences pour l’action des pouvoirs publics
- Politique monétaire :
  - Si l’inflation revient à sa cible d’ici quelques années, les forces à long terme suggèrent que les taux naturels resteront bas (pays avancés) ou continueront de baisser (pays émergents), limitant la marge de manœuvre des banques centrales pour assouplir via la baisse des taux nominaux.
  - Les institutions monétaires pourraient devoir recourir à des stratégies similaires à la décennie prépandémique (politique bilantielle, cadrage prospectif).
  - Risque de dynamique déflationniste pouvant conduire à un équilibre sous‑optimal de croissance faible et sous‑emploi; la politique budgétaire pourrait devoir jouer un rôle stabilisateur plus important, potentiellement coordonné avec la politique monétaire.
  - Cela pourrait justifier de rouvrir le débat sur le niveau approprié des cibles d’inflation.
- Politique budgétaire et viabilité de la dette :
  - Critère clé : différence entre le taux d’intérêt réel (r) et le taux de croissance de l’économie (g).
  - Cadre partiel (modèle PP inspiré de Mian, Straub et Sufi (2022)) : épargnants préfèrent les titres de dette publique pour liquidité et sécurité; la dette publique bénéficie d’un « rendement d’opportunité ».
  - À mesure que le secteur public s’endette, les titres publics perdent d’attractivité et les coûts d’emprunt augmentent, érodant le rendement d’opportunité; le taux d’intérêt s’élève avec le niveau de la dette, limitant la taille des déficits primaires gérables.
  - Importance de la sensibilité des taux d’intérêt à la dette : une sensibilité accrue réduit la marge de manœuvre budgétaire et abaisse le seuil de dette nécessitant des excédents primaires pour la viabilité.

### Rééquilibrage budgétaire nécessaire (Tableau 2.1 — variations du déficit primaire, en points de pourcentage du PIB)
- Rééquilibrage à moyen terme (valeurs pour les États‑Unis et la Chine) :
  - États‑Unis : –3,71 (Référence), –3,94 (Gonflement de la dette), –3,75 (Part du travail dans les années 70)
  - Chine : –7,63 (Référence), –7,69 (Gonflement de la dette), –7,63 (Part du travail dans les années 70)
- Assainissement supplémentaire nécessaire pour un rééquilibrage à moyen terme (trois ans) :
  - États‑Unis : –0,17 (Référence), –0,18 (Gonflement de la dette), –0,17 (Part du travail dans les années 70)
  - Chine : –0,47 (Référence), –0,49 (Gonflement de la dette), –0,47 (Part du travail dans les années 70)
- Assainissement supplémentaire nécessaire pour un rééquilibrage à moyen terme (cinq ans) :
  - États‑Unis : –0,29 (Référence), –0,32 (Gonflement de la dette), –0,29 (Part du travail dans les années 70)
  - Chine : –0,87 (Référence), –0,93 (Gonflement de la dette), –0,87 (Part du travail dans les années 70)
- Remarques :
  - Pour les États‑Unis, un rééquilibrage d’environ 3,7 points de pourcentage du PIB est nécessaire dans le scénario de référence; dans le scénario d’une dette publique encore augmentée, un rééquilibrage d’environ 3,9 points de pourcentage du PIB est requis.
  - Pour la Chine, une réduction du déficit d’environ 7,6 % du PIB est nécessaire pour stabiliser durablement le ratio dette/PIB, en raison d’un déficit primaire d’environ 7,5 % du PIB en 2022.
  - L’effort requis dépend de l’écart avec le niveau de stabilisation de la dette à long terme et de la rapidité de l’assainissement : plus le déficit primaire de 2022 est réduit tôt, moins le coût budgétaire de l’attente est élevé.
  - L’incertitude majeure provient de la sensibilité des taux d’intérêt à la dette; des marges de sécurité sont nécessaires pour s’adapter à l’évolution des marchés et à la perception du risque par les investisseurs.

*Fonds monétaire international | Avril 2023 — CHAPITRE 2 LE TAUx D’INTÉRêT NATUREL : FACTEURS DÉTERMINANTS ET IMPLICATIONS POUR LES POLITIqUES PUbLIqUES*

### Conclusion

### Conclusion

### Tendance récente des taux d’intérêt réels et question du taux naturel (r*)
- Après quatre décennies de baisse régulière, les taux d’intérêt réels semblent avoir augmenté dans bon nombre de pays dans le sillage de la pandémie.
- L’analyse vise à déterminer si le point d’ancrage à long terme — le taux naturel (r*) — s’est également déplacé.
- Implications générales :
  - Une augmentation durable de r* réduit l’espace budgétaire : des excédents primaires plus substantiels (déficits plus faibles) sont nécessaires pour stabiliser les ratios d’endettement.
  - Une hausse durable de r* dégage aussi une marge de manœuvre monétaire : des taux nominaux plus élevés à long terme donnent plus de latitude aux banques centrales pour réagir à des chocs négatifs sur la demande sans se heurter à la « borne inférieure effective ».
- Conclusion centrale : les augmentations récentes des taux d’intérêt réels seront probablement temporaires. Une fois l’inflation maîtrisée, les banques centrales des pays avancés vont sans doute assouplir la politique monétaire et rapprocher les taux d’intérêt réels de leurs niveaux prépandémiques.

### Scénarios et facteurs déterminants de l’évolution future de r*
- L’ampleur du retour aux niveaux prépandémiques dépendra de la réalisation éventuelle de scénarios différents, notamment :
  - une hausse durable des dettes et des déficits publics;
  - une fragmentation financière.
- Dans les grands pays émergents, des projections prudentes de la démographie et de la productivité indiquent une convergence progressive vers les taux d’intérêt réels des pays avancés.
- Conséquences probables :
  - Les questions liées à la « borne inférieure effective » des taux d’intérêt et aux « taux bas pour longtemps » referont probablement surface.
  - Les politiques non conventionnelles (gestion active des bilans des banques centrales, cadrage prospectif) pourraient devenir des instruments de stabilisation courants, y compris dans les pays émergents.
  - Les débats sur le niveau approprié des cibles d’inflation pourraient ressurgir, en arbitrage entre coût social d’une inflation plus élevée et inefficacité de la stabilisation en présence de la « borne inférieure effective ».
  - Des taux d’intérêt réels constamment plus bas accroissent la marge de manœuvre budgétaire, toutes choses égales par ailleurs, à condition que la viabilité de la dette soit garantie.

### Politiques structurelles et responsabilités
- Les politiques structurelles qui stimulent la croissance potentielle et réduisent les inégalités tendront à contrer les tendances séculaires à la baisse du taux naturel.
- Importance de clarifier le champ d’action et les responsabilités des autorités budgétaires et monétaires pour éviter d’affaiblir la crédibilité des banques centrales si les autorités budgétaires utilisent la flexibilité remise disponible.

### Transition écologique et effets sur r* (Encadré 2.1)
- Les mesures gouvernementales en faveur d’une transition vers un monde neutre en carbone affecteront r* via plusieurs canaux ; deux canaux cruciaux sont la conception des politiques climatiques et le niveau de participation internationale.
- Scénario de référence et paramètres de la simulation :
  - Scénario inspiré des simulations du chapitre 3 de l’édition d’octobre 2020 des Perspectives de l’économie mondiale.
  - Taxes sur le carbone visant zéro émission nette d’ici 2050 : s’échelonnent selon le pays de 6 à 20 dollars la tonne de CO2, pour atteindre 40 dollars en 2030 et 40 à 150 dollars en 2050.
  - Programme entièrement financé par le produit des taxes : 25% des fonds recyclés en transferts sociaux, jusqu’à 70% investis dans des infrastructures publiques vertes, le reste subventionnant les secteurs des énergies renouvelables — formule visant la neutralité budgétaire.
  - Simulations réalisées à l’aide du modèle G-Cubed (modèle en économie ouverte, macroclimatique et multipays).
- Effets par instrument :
  - Taxes sur le carbone seules : pèsent sur l’investissement global et donc font baisser r* (la taxe majore le coût global de l’énergie).
  - Investissements publics dans les infrastructures vertes et subventions aux énergies renouvelables : ont un effet positif sur l’investissement et poussent r* à la hausse.
  - Mesures d’atténuation évitant des dommages climatiques stimulent des gains de productivité, ce qui fait augmenter r*.
- Effet net et rôle du financement :
  - L’effet net sur r* dépend de la relance budgétaire globale associée.
  - Programme sans incidence budgétaire : tend à faire baisser r* tout au long de la trajectoire de transition.
  - Programme avec investissements verts initiaux financés par des déficits (relance budgétaire) : peut avoir un effet positif sur r* en stimulant la demande d’épargne privée.
- Importance de la participation internationale :
  - Simulations avec participation de l’ensemble des pays, uniquement les cinq principaux émetteurs (Chine, États-Unis, Inde, Japon et Union européenne) ou uniquement les pays avancés montrent que l’effet sur r* est plus discret quand la participation est partielle.
- Horizon long terme : r* devrait converger vers le niveau stable observé avant les politiques climatiques à mesure que les politiques climatiques s’appliqueront à une part plus réduite de l’activité économique.

### Fragmentation géoéconomique et effets sur r* (Encadré sur fragmentation)
- La fragmentation géoéconomique affecte les économies régionales via le commerce, la diffusion des technologies, le coût des financements extérieurs, la mobilité internationale des facteurs, le risque et la fourniture de biens publics mondiaux.
- Modélisation utilisée : modèle monétaire et budgétaire mondial intégré du FMI (GIMF).
- Scénarios étudiés : fragmentation entre le « bloc américain » (États-Unis, Union européenne et autres pays avancés) et le « bloc chinois » (Chine, pays émergents d’Asie du Sud-Est et groupe des pays restants).
- Hypothèses et impacts clés :
  - Obstacles au commerce non tarifaires augmentant de 50% en 10 ans.
  - Hausse des prix d’importation pour toutes les marchandises ; la hausse des prix d’importation d’intrants cruciaux agit comme un choc de productivité négatif et pèse sur la production.
  - Effets constatés : augmentation du prix de la consommation (le prix des biens de consommation importés augmente d’environ 5% à 25% selon la région), réduction de la production, recul de l’épargne et poussée à la hausse du taux naturel.
  - Effets contradictoires sur l’investissement : renchérissement des intrants pèse sur la rentabilité et réduit la demande d’investissement ; en même temps, prix relatifs plus élevés des biens d’équipement stimulent la demande de fonds prêtables.
- Effets agrégés de la fragmentation :
  - Raccourcissement de la chaîne de valeur mondiale et contraction du commerce mondial de –19% et de la production de –6% dans le scénario simulé.
- Indications sectorielles (graphique résumé) : effets régionaux différenciés pour biens d’équipement, biens intermédiaires, biens de consommation et total.

*Source : Conclusion (textf - Conclusion), Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2023, Fonds monétaire international.*

### 2. Investissement réel

### 2. Investissement réel

### Effets de la fragmentation géoéconomique sur l’investissement réel et les taux d’intérêt
- L’investissement réel dans le bloc chinois est le plus touché en raison de la relocalisation (effet illustré dans le graphique 2.2.1, plage 1).
- Le taux d’intérêt réel est la moyenne sur 10 ans ; l’investissement réel est une estimation au bout de 10 ans. Le scénario de fragmentation postule une augmentation progressive des obstacles non tarifaires entre le bloc américain et le bloc chinois pour tous les types de biens marchands (intermédiaires, d’équipement et de consommation) sur 10 ans.
- Effets quantifiés sur les taux d’intérêt réels (graphique 2.2.1, plage 2) :
  - Baisse d’environ 30 points de base dans le bloc chinois, où la demande d’investissement diminue davantage que l’épargne.
  - Aux États-Unis, l’effet positif de la baisse de l’épargne et l’effet négatif du recul de l’investissement s’équilibrent à peu près (effet net nul décrit qualitativement).
  - Hausse d’environ 10 points de base du taux d’intérêt réel dans le bloc des non-alignés, où la baisse de la demande d’investissement est inférieure à l’épargne souhaitée du fait du détournement des échanges.

### Conséquences sur les marchés financiers et scénarios de fragmentation financière
- La fragmentation géoéconomique peut inverser des tendances d’intégration financière qui, depuis la fin des années 90, ont contribué à abaisser le taux d’intérêt naturel aux États-Unis et à relever ce taux dans des pays excédentaires d’Asie et du Moyen-Orient.
- Scénario modèle : fragmentation financière illustrée par une diminution de l’exposition du bloc chinois aux obligations du Trésor américain, modélisée par la réduction de la prime payée par les étrangers sur ces titres.
- Effets quantifiés au bout de 10 ans (graphique 2.2.2) :
  - Le bloc chinois écoule des avoirs extérieurs nets, faisant chuter son taux d’intérêt intérieur de 40 points de base.
  - Dans le bloc américain, le taux d’intérêt gagne 20 points de base et la position extérieure nette progresse de 10 % du PIB.
  - Les pays non alignés affichent un léger niveau d’entrées nettes de capitaux en provenance du bloc chinois et voient leurs taux d’intérêt baisser d’environ 10 points de base.
- Note de scénario : le scénario de fragmentation postule une prime permanente de 100 points de base sur les avoirs d’un bloc détenus par les agents économiques de l’autre bloc.

### Répercussions dans les pays émergents et en développement (PEPD) : horizon et rôle de l’ouverture financière
- Période d’étude des taux réels à court terme : du premier trimestre 2020 au quatrième trimestre 2022.
- Mesure empirique : taux de rémunération trimestriels des dépôts à court terme corrigés de l’inflation constatée ex post.
- Résultats de la décomposition de la variance des erreurs de prédiction :
  - À des horizons de cycle économique inférieurs à cinq ans, les taux réels intérieurs dominent.
  - Au-delà d’une décennie, les répercussions du taux naturel aux États-Unis ont tout autant d’influence.
  - Dans les grands pays émergents comme la Chine et l’Inde, environ 30 % de la variation des taux réels est expliquée par les taux naturels américains au bout d’une décennie.
  - Après deux décennies, les répercussions sont un peu plus sensibles en Chine qu’en Inde.
  - Pour des pays africains comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire et l’Ouganda, la contribution du taux naturel américain est inférieure à 10 %.
- Rôle de l’ouverture financière (somme des actifs et passifs étrangers en pourcentage du PIB, PEG/PIB) :
  - L’effet de l’ouverture du compte de capital devient progressivement significatif au bout d’une dizaine d’années (analyse sur 80 horizons trimestriels ; estimations issues de régressions transversales pour les horizons de 1 à 80 trimestres).
  - Quantification : une hausse de 1 point de pourcentage de la position extérieure globale brute exprimée en pourcentage du PIB accroît l’importance du taux naturel américain comme facteur d’explication de la part des variations des taux d’intérêt réels dans les pays émergents et en développement de 0,5 point de pourcentage au bout d’une décennie et de 0,9 point au bout de deux décennies.
  - Illustration numérique : pour un pays comme le Brésil, avec un PEG/PIB d’environ 40 %, 20 % de la décomposition de la variance des erreurs de prévision des taux d’intérêt réels brésiliens sont attribuables aux répercussions des taux américains après une décennie et environ 36 % après deux décennies.

*Source : Fonds monétaire international, extrait du chapitre 2 « Le taux d’intérêt naturel : facteurs déterminants et implications pour les politiques publiques », Avril 2023 (texte et graphiques cités).*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et enjeux
- La dette publique par rapport au PIB (« taux d’endettement ») a fortement augmenté pendant la COVID-19 : en 2020, le taux d’endettement moyen mondial a frôlé les 100 percent et devrait rester supérieur aux niveaux d’avant la pandémie dans environ la moitié des pays du monde.
- Ratios élevés de dette constituant un défi en présence du resserrement des conditions financières, de faibles perspectives de croissance et de l’appréciation du dollar.
- Augmentation récente de la dette souveraine détenue par des institutions financières intérieures, en particulier dans les pays émergents, limitant le crédit au secteur privé et accentuant le risque de rétroaction entre dettes publiques et dettes bancaires.

### Questions de recherche
- Comment les pays ont-ils réduit leurs ratios de dette publique dans le passé ? Contribution relative de la croissance et de l’inflation ?
- Quelle est l’efficacité des stratégies publiques (assainissement budgétaire, restructuration de la dette) pour réduire durablement les taux d’endettement à l’horizon de cinq ans et au-delà ?
- Quels sont les effets à court et moyen terme (un à cinq ans) de l’assainissement budgétaire et de la restructuration, et leur interaction ?
- Quels enseignements tirer des expériences passées pour les pays confrontés à une dette élevée aujourd’hui ?

### Données et méthode
- Ensemble actualisé d’agrégats budgétaires ; collection complète de cas de restructurations de dettes dans les pays avancés et émergents au cours des vingt dernières années ; inclusion des pays à faible revenu lorsque les informations sont disponibles.
- Analyse d’épisodes d’assainissement budgétaire entre 1978 et 2019 ; identification d’épisodes de réduction de la dette via une méthodologie de datation du cycle (Harding et Pagan, 2002) et critères de variation cumulée.
- Utilisation d’un modèle SVAR avec restrictions de signe (Mountford et Uhlig, 2009) pour examiner simultanément croissance du PIB réel, taux d’intérêt, inflation, recettes publiques et solde primaire.

### Caractéristiques de la littérature et limites
- Les restructurations de dette sont généralement des solutions de dernier recours, complexes et coûteuses, impliquant partage de la charge entre résidents, créanciers nationaux et créanciers étrangers, et pouvant entraîner des coûts de réputation, des effets sur les taux d’intérêt et l’accès futur aux marchés.
- Peu d’études traitent explicitement de l’incidence des mesures budgétaires sur les taux d’endettement, surtout dans les pays émergents et à faible revenu.

### Éléments factuels saillants
- Un épisode de réduction du taux d’endettement dure en moyenne cinq ans.
- Amplitude moyenne de la baisse du taux d’endettement lors d’épisodes de réduction : 3, 5 et 10 points de pourcentage par an respectivement dans les pays avancés, les pays émergents et les pays à faible revenu.
- Tableaux/graphique de décomposition (graphique 3.2) : contributions des facteurs suivants aux variations du ratio dette/PIB lors d’épisodes de réduction :
  - Solde primaire (excédent primaire) : principal moteur dans les pays avancés.
  - Croissance du PIB réel : contributeur important, en particulier dans les pays émergents et les pays à faible revenu.
  - Inflation : rôle plus marqué dans la réduction des taux d’endettement dans les pays émergents et les pays à faible revenu.
  - Charges d’intérêts nominales : contribution toujours positive à la variation des ratios d’endettement.
- Tableau 3.1 — Taux d’intérêt effectif nominal moyen et inflation lors d’épisodes de réduction :
  - Pays avancés : 5,6 / 3,0
  - Pays émergents : 5,2 / 9,0
  - Pays à faible revenu : 2,6 / 10,0

### Conclusions principales (synthèse)
- Efficacité générale des politiques
  - Un rééquilibrage budgétaire bien programmé et bien pensé a une forte probabilité de réduire durablement le taux d’endettement.
    - Rééquilibrages du solde primaire associés à des baisses historiques du taux d’endettement : amplitude d’environ 0,4 point de pourcentage du PIB (solde primaire) ; réduction du taux d’endettement moyenne de 0,7 point de pourcentage la première année, pouvant atteindre 2,1 points de pourcentage au bout de cinq ans.
    - Dans environ la moitié des cas, les diminutions observées des taux d’endettement sont dues à des rééquilibrages « parfaitement sur mesure ».
  - Toutefois, en moyenne, l’assainissement budgétaire narratif moyen n’a pas d’effet statistiquement significatif sur le ratio de la dette : seules 52 percent des augmentations du solde primaire s’accompagnent d’une diminution du ratio de la dette.
- Facteurs modulant l’efficacité de l’assainissement
  - La probabilité de réduire les ratios d’endettement passe du niveau de référence (moyen) d’environ 50 percent à plus de 75 percent lorsque :
    1) il existe une expansion au niveau national ou mondial et que l’aversion au risque et la volatilité financière dans le monde sont faibles ;
    2) la possibilité d’effets « d’éviction » est élevée (cas où la dette publique initiale est élevée et le crédit privé faible) ;
    3) l’assainissement est davantage effectué par des réductions de dépenses que par des augmentations de recettes (dans les pays avancés).
  - Un assainissement réussi est caractérisé par des pertes de PIB moindres (0,5 percent de réduction au moment de l’impact contre 1,3 percent dans les assainissements non réussis) et une réaction de l’inflation positive au choc lié au rééquilibrage.
  - Les assainissements réussis montrent une réponse des taux d’intérêt effectifs indistincte de zéro à l’impact, suggérant une politique monétaire relativement plus accommodante au moment de l’assainissement.
- Rôle de la croissance et de l’inflation
  - La croissance explique environ un tiers des réductions observées du ratio dette/PIB (chocs positifs conjoints liés à la demande et à l’offre).
  - Environ 40 percent des réductions du ratio de la dette observées sont expliquées par des chocs liés au solde primaire, avec une répartition relativement égale entre chocs réussis et chocs non réussis.
  - Une inflation élevée peut réduire les taux d’endettement via une hausse du PIB nominal, mais peut également accroître les charges d’intérêts nominaux, selon que l’inflation est anticipée ou non ; les surprises positives en matière d’inflation réduisent considérablement les taux d’endettement.
- Restructuration de la dette
  - La restructuration est généralement un dernier recours ; dans les pays émergents et à faible revenu, elle peut réduire considérablement les ratios d’endettement : en moyenne, réduction de 3,4 points de pourcentage la première année et de 8 points de pourcentage après cinq ans.
  - Effets plus forts lorsque la restructuration réduit la valeur nominale de la dette et s’inscrit dans des initiatives coordonnées et à grande échelle.
  - Réussite dépend d’un partage de la charge entre créanciers résidents, nationaux et étrangers, et de mécanismes de coordination et de confiance ; nécessite des trains de mesures complets, souvent appuyés par le FMI.
- Enseignements pour les politiques publiques
  - Pour une réduction modérée et progressive des taux d’endettement : mettre en œuvre des rééquilibrages budgétaires bien pensés, particulièrement quand la croissance est soutenue et les conditions extérieures favorables ; accompagner d’options structurelles favorables à la croissance et de cadres institutionnels solides.
  - Pour une réduction plus importante ou plus rapide : des mesures audacieuses peuvent être nécessaires, y compris une restructuration de la dette ; un assainissement budgétaire demeure souvent nécessaire pour regagner la confiance des marchés et rétablir la stabilité macroéconomique.
  - Améliorer la priorité donnée à la gestion de la dette et à la transparence pour réduire la nécessité d’une restructuration et mieux gérer le surendettement.
  - L’inflation élevée n’apparaît pas comme un outil souhaitable pour réduire la dette en pratique, car elle peut nuire aux bilans des banques et à la crédibilité des banques centrales.
  - L’abaissement durable des ratios d’endettement repose sur des cadres institutionnels solides empêchant des opérations « extraordinaires » préjudiciables et garantissant la constitution de réserves et la réduction de la dette en période de prospérité.

*Source : Introduction du chapitre (textf - Introduction), PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE REPRISE CAHOTEUSE, Fonds monétaire international, Avril 2023.*

### 1. Croissance du PIB

### 1. Croissance du PIB

### 1. Croissance du PIB (en pourcentage)
- Échelle/repères présentés :
  - –2,0
  - –1,5
  - –1,0
  - –0,5
  - 0,0
  - 0,5
  - 0 1 2 3 4 5

### 2. Croissance du revenu (en pourcentage)
- Échelle/repères présentés :
  - –1,2
  - –0,6
  - 0,0
  - 0,6
  - 1,2
  - 1,8
  - 0 1 2 3 4 5

### 3. Ratio solde primaire/PIB (en points de pourcentage, première différence)
- Échelle/repères présentés :
  - –0,4
  - 0,0
  - 0,4
  - 0,8
  - 1,2
  - 0 1 2 3 4 5

### 4. Ratio dette/PIB (en points de pourcentage, première différence)
- Échelle/repères présentés :
  - –2
  - –1
  - 0
  - 1
  - 2
  - 3
  - 4
  - 0 1 2 3 4 5

### 5. Taux d’intérêt effectif nominal (en pourcentage, première différence)
- Échelle/repères présentés :
  - –0,3
  - –0,2
  - –0,1
  - 0,0
  - 0,1
  - 0,2
  - 0,3
  - 0,4
  - 0 1 2 3 4 5

*Source: textf - 1. Croissance du PIB*

### 6. Inflation

### 6. Inflation

### Effets des assainissements budgétaires sur la dette
- Un choc lié à un rééquilibrage moyen entraîne une amélioration durable du solde primaire essentiellement à l’impact de 0,4 point de pourcentage du PIB.
- Cet assainissement réduit les ratios d’endettement de façon persistante, en commençant par 0,7 point de pourcentage la première année et en se stabilisant à une réduction de 2,1 points de pourcentage à partir de la cinquième année.
- Dans les pays avancés, les assainissements réussis réduisent le ratio de la dette d’environ un demi-point de pourcentage en plus par rapport aux assainissements échoués.
- Dans les pays avancés, les assainissements réussis tendent à être équilibrés entre réductions de dépenses et augmentations d’impôts/recettes; les assainissements échoués privilégient les recettes et impliquent moins de réductions de dépenses.
- Pour les pays à faible revenu, où le ratio recettes fiscales/PIB est particulièrement faible, les assainissements qui accroissent les recettes peuvent être davantage souhaitables.

### Facteurs influant sur la probabilité de succès d’un assainissement (graphique 3.5)
- Probabilité inconditionnelle de réussite selon la définition = 51 percent.
- Coefficients standardisés multivariés (chiffres figurant au graphique) :
  - Écart de production national : 6,3
  - Écart de production mondial : 9,1
  - VIX (indice de volatilité du CBOE) : 9,9
  - Ratio dette/PIB (initial) : –8,9
  - Ratio crédit privé/PIB (initial) : –9,9
- Interprétation chiffrée (note 15) : lorsque les écarts de production mondiaux et nationaux sont supérieurs d’un écart-type à la moyenne et que le VIX est inférieur d’un écart-type, la probabilité passe d’une base de 51 percent à 75 percent (~= 51 + 6,1 + 9,1 + 9,9), d’après les chiffres situés au-dessus et au-dessous des barres du graphique.
- Les rééquilibrages sont plus susceptibles de réduire les ratios d’endettement pendant les périodes favorables (expansion nationale et mondiale), lorsque le resserrement des conditions de financement est moins marqué, et lorsque la volatilité et l’incertitude (VIX) sont faibles.
- L’effet du ratio d’endettement initial peut aller dans les deux sens théoriquement; les résultats empiriques indiquent que lorsque la dette initiale est élevée, l’assainissement nuit moins à la production (effet dénominateur) et cet effet domine, favorisant la réussite.

### Opérations extraordinaires et limites des assainissements
- Des opérations extraordinaires (transferts aux entreprises publiques, apurement des arriérés, passifs conditionnels) peuvent annuler l’incidence d’un assainissement sur la dette (exemples cités : Mexique 2016, Grèce 2016, Italie 2013).
- Les assainissements réussis réduisent durablement les ratios d’endettement même au-delà d’un horizon de cinq ans (voir annexe en ligne).

### Restructuration de la dette — définitions et caractéristiques
- Définition générale : situation de « surendettement » dans laquelle sont renégociées les modalités des paiements contractuels d’instruments publics en circulation, généralement avec une perte de valeur actuelle nette pour le créancier.
- Trois dimensions de variation :
  - Identité des créanciers : publics (Club de Paris, créanciers du G20 non membres du Club de Paris, autres officiels) ou privés (résidents extérieurs ou nationaux).
  - Calendrier : préventive (avant défaut) ou après défaut de paiement.
  - Forme : réduction de la valeur nominale ou allégement des flux de trésorerie sans baisse de la valeur nominale (prolongement d’échéance, diminution des paiements de coupons).
- Entre 1950 et 2021, compilation de bases de données signale 709 cas de restructuration dans 115 pays. Ces cas se sont presque tous produits dans des pays émergents et des pays à faible revenu.
- 60 percent des restructurations sont précédées d’une augmentation du ratio solde primaire/PIB, indiquant que les pays prennent souvent des mesures budgétaires avant de recourir à une restructuration.

### Faits stylisés et statistiques des restructurations (tableau 3.4)
- Échantillon : 310 restructurations dans les pays émergents et 396 dans les pays à faible revenu entre 1950 et 2021.
- Type de traitement (Pays émergents / Pays à faible revenu) :
  - Allégement des flux de trésorerie sans réduction de la valeur nominale : 85,8 / 73,5
  - Réduction de la valeur nominale : 14,2 / 26,5
- Calendrier :
  - À titre préventif : 58,4 / 54,3
  - Après défaut de paiement : 21,6 / 31,1
  - Les deux + non précisé : 20,0 / 14,6
- Type de créancier :
  - Club de Paris : 48,1 / 73,5
  - Chine : 8,4 / 5,6
  - Privé extérieur : 24,8 / 10,1
  - Privé intérieur : 6,8 / 4,5
  - Conjoints : 11,9 / 6,3

### Impact quantitatif des restructurations (graphiques 3.7–3.9)
- Contribution à la réduction du ratio dette/PIB lors d’épisodes de restructuration (comparaison) :
  - Réduction observée lors des restructurations : 13 points de pourcentage dans les pays émergents et 18 points de pourcentage dans les pays à faible revenu.
  - Réduction moyenne sans restructuration : environ 4 points de pourcentage (pays émergents) et 8 points de pourcentage (pays à faible revenu).
  - L’inflation joue un rôle marqué lors des restructurations, souvent en lien avec crises économiques, sorties de capitaux, dépréciation du taux de change et hausse de l’inflation.
- Effets estimés d’une restructuration (estimateur pondéré par probabilité inverse augmentée) :
  - Réduction moyenne du ratio dette/PIB de 3,4 points de pourcentage la première année suivant la restructuration.
  - Réduction moyenne de 8 points de pourcentage dans les cinq ans suivant la restructuration.
  - L’effet est renforcé lorsque la restructuration s’accompagne d’un rééquilibrage budgétaire; les deux mesures sont complémentaires et l’effet conjoint s’intensifie avec le temps.
- Influence de la composition et du cadre des négociations :
  - Restructurations dans le cadre des programmes PPTE ou IADM ont permis de réduire plus efficacement les ratios d’endettement qu’une restructuration « traditionnelle », aussi bien à l’impact qu’à des horizons plus longs.
  - Les réductions de la valeur nominale de la dette ont une incidence plus prononcée sur le ratio dette/PIB, une grande partie de l’impact se voyant au cours de la première année.
- Observations contextuelles :
  - Les initiatives PPTE et IADM ont été ponctuelles.
  - Les réductions de la valeur nominale sont plus fréquentes lorsque le ratio d’endettement initial est élevé (ratios moyens un an avant la restructuration : 90 percent avec réduction de la valeur nominale, 75 percent sans réduction).
  - Environ la moitié des cas de restructuration avec réduction de la valeur nominale se sont produits dans le cadre de l’initiative PPTE.

### Risques et perspective de vagues futures de restructuration
- Les restructurations ont historiquement suivi de fortes hausses des ratios d’endettement (vagues dans les années 80 et au début des années 2000).
- La proportion de pays connaissant de fortes hausses de l’endettement est en hausse depuis la crise financière mondiale, ce qui suggère un risque accru de restructurations si l’histoire se répète.
- Jusqu’à présent, l’absence d’une grande vague récente est probablement liée aux faibles taux d’intérêt et aux conditions de financement favorables, à l’exception des restructurations liées à l’ISSD en 2020–2021.
- L’évolution de la conjoncture mondiale (faible croissance, resserrement des conditions de financement, dollar fort) pourrait accroître les risques de restructuration.
- Le processus futur pourrait différer du passé en raison de l’évolution de la composition des créanciers, du recours accru aux clauses d’action collective et de l’initiative du Cadre commun du G20.

*Source : textf - 6. Inflation (PDF chapitre), Fonds monétaire international, Avril 2023.*

### 1. Restructuration conjuguée à un rééquilibrage budgétaire

### 1. Restructuration conjuguée à un rééquilibrage budgétaire

### Effet moyen des restructurations sur le ratio dette/PIB
- L’échantillon : 111 pays émergents et pays en développement entre 1987 et 2021.
- Ce graphique montre l’effet du traitement moyen par restructuration sur le ratio dette/PIB en utilisant l’estimation pondérée par probabilité inverse augmentée. Les lignes verticales indiquent l’intervalle de confiance à 90 %. L’axe des abscisses indique le nombre d’années écoulées depuis le début de la restructuration.
- Conclusion principale : Une restructuration de la dette a un effet considérable et pérenne sur le ratio d’endettement et est plus efficace lorsqu’elle est conjuguée à un assainissement budgétaire.
- Remarque sur les IADM/PPTE : Les informations sur les réductions de la valeur nominale dans les programmes IADM ne sont pas disponibles ; en conséquence, l’analyse ne comprend que le traitement des cas non liés à l’initiative PPTE dans certaines parties de l’évaluation.

### Comparaison des ordres de grandeur : restructuration vs assainissement budgétaire
- Taille moyenne du traitement :
  - Réduction moyenne de la valeur nominale du ratio de la dette : 4,2 % du PIB par année que dure la restructuration.
  - Rééquilibrage budgétaire moyen réussi : le solde primaire diminue de 0,4 % du PIB seulement.
- Tableaux des effets (EMT = effet moyen du traitement) — (En points de pourcentage) :
  - Restructurations (avec réduction de la valeur nominale) — Taille (réduction de la valeur nominale/assainissement) : 4,2 ; EMT 1ère année : −7,9 ; EMT 5e année : −11,4
  - Assainissements réussis — Taille : 0,4 ; EMT 1ère année : −0,8 ; EMT 5e année : −2,5
- Interprétation :
  - Après un an, un assainissement budgétaire réussi a une incidence comparable à une restructuration de la dette avec réduction de la valeur nominale, par « unité » de traitement.
  - Après cinq ans, selon cette mesure, un assainissement budgétaire est en moyenne plus efficace.
- Réserve méthodologique : l’assainissement budgétaire et la restructuration de la dette peuvent se produire dans des circonstances très différentes (conjoncture macroéconomique, type et structure de la dette, préférences des créanciers, etc.), ce qui limite la comparabilité directe.

### Taille et composition des épisodes de restructuration (extrait du tableau 3.5)
- Observations avec réduction positive de la valeur nominale et ratios disponibles dette/PIB : 116
- Par créanciers publics du Club de Paris : 83
  - Cas de restructuration au titre de l’initiative PPTE : 59
  - Cas de restructuration non liés à l’initiative PPTE : 24
    - Dont cas ne prévoyant pas l’entrée dans un programme PPTE dans les trois ans : 16
    - Finalement devenus admissibles à l’initiative PPTE : 9
    - Jamais devenus admissibles à l’initiative PPTE : 7
- Par créanciers privés extérieurs : 33
- Note : En raison du manque de données, aucun des épisodes de l’échantillon de ce chapitre ne comporte de réduction de la valeur nominale de la part de créanciers bilatéraux publics non membres du Club de Paris (Chine).

### Enseignements tirés des études de cas (5 pays)
- Cinq études de cas analysées : 1) Chypre, 2014–19 ; 2) Jamaïque, 2010–18 ; 3) Seychelles, 2009–15 ; 4) Belize, 2012–19 ; 5) Mozambique, 2016–19.
- Classification :
  - Réduction réussie du ratio dette/PIB : Seychelles, 2009–15 ; Jamaïque, 2010–18 ; Chypre, 2014–19
  - Dette restée élevée ou en hausse : Belize, 2012–19 ; Mozambique, 2016–19
- Types de créanciers et traitements observés (résumé) :
  - Seychelles : créanciers extérieurs privés/publics ; restructuration après défaut ; réduction de la valeur nominale.
  - Jamaïque : créanciers intérieurs ; restructuration préventive ; allégement des flux de trésorerie sans réduction de la valeur nominale.
  - Chypre : créanciers intérieurs ; restructuration préventive ; allégement des flux de trésorerie sans réduction de la valeur nominale.
  - Belize : créanciers extérieurs privés ; restructurations préventives ; allégement des flux de trésorerie sans réduction de la valeur nominale (par deux épisodes).
  - Mozambique : créanciers extérieurs privés ; restructurations préventives et après défaut ; allégement des flux de trésorerie sans réduction de la valeur nominale (par deux épisodes).
- Facteurs clés de réduction durable de la dette identifiés dans les cas réussis :
  - Assainissement budgétaire
  - Croissance du PIB
  - Restructuration de la dette (réduction de la valeur nominale ou allégement marqué des flux de trésorerie)
  - Inflation
  - Dépréciation du taux de change
- Exemples chiffrés d’impact :
  - Seychelles : ratio d’endettement atteint 180 % en 2008 ; baisse à 84 % en 2010 après restructurations incluant une forte réduction de la valeur nominale (réduction de 25 points de pourcentage mentionnée pour l’effet direct de la réduction de la valeur nominale).
  - Chypre et Jamaïque : ratios >100 % et >140 % respectivement avant les restructurations ; baisse du ratio à 100 % en Jamaïque en 2018 ; baisse à environ 90 % à Chypre en 2019.
  - Croissance du PIB a contribué à réduire les ratios : plus de 20 points de pourcentage à Chypre et aux Seychelles, et 7 points de pourcentage en Jamaïque.
  - Inflation : a contribué à réduire le ratio dette publique/PIB de 40 points de pourcentage et de 30 points de pourcentage en Jamaïque et au Mozambique, respectivement, bien que la contribution positive des charges d’intérêts nominales ait complètement compensé les effets dans ces cas.
- Cas d’échec ou résultat nul :
  - Belize et Mozambique : malgré des restructurations (allégement des flux de trésorerie sans réduction de la valeur nominale), la dette publique est restée élevée (> 90 % en 2019). L’allégement du service de la dette a été en grande partie utilisé pour soutenir des dépenses publiques expansionnistes.
  - Mozambique : programme appuyé par le FMI approuvé en décembre 2015 mais interrompu rapidement ; transferts aux entreprises publiques ont entraîné une augmentation du ratio d’endettement de 13,8 points de pourcentage.
- Leçons tirées :
  - Pour obtenir une réduction sensible et pérenne des ratios d’endettement, les restructurations doivent être suffisamment profondes (qu’elles prennent la forme d’une réduction de la valeur nominale ou d’un allégement substantiel des flux de trésorerie) et être accompagnées d’un ensemble complet de réformes des finances publiques et de mesures favorables à la croissance.
  - Les restructurations de dette extérieure tendent à conduire plus souvent à des réductions de la valeur nominale et à des baisses immédiates du ratio dette/PIB ; les restructurations de dette intérieure privilégient souvent l’allégement des flux de trésorerie (sans réduction de la valeur nominale) et produisent des baisses progressives du ratio dette/PIB.

*Source : calculs et analyses des services du FMI (chapitre 3, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE REPRISE CAhOTEUSE, Avril 2023).*

### Conclusions et conséquences

### Conclusions et conséquences

### Principales conclusions générales
- Résumé ciblé des enseignements essentiels pour les pays confrontés à une dette publique élevée.
- Importance conjointe d’un rééquilibrage budgétaire opportun, de réformes structurelles favorables à la croissance et de cadres institutionnels solides pour réduire durablement les ratios d’endettement.

### Rééquilibrage budgétaire : effets et conditions
- Un rééquilibrage budgétaire réalisé au bon moment et bien pensé a une forte probabilité de réduire durablement le ratio d’endettement.
- Effets quantifiés d’un assainissement budgétaire moyen réussi (égal à 0,4 point de pourcentage du PIB) :
  - Réduction du ratio d’endettement de 0,7 point de pourcentage au cours de la première année.
  - Réduction cumulative jusqu’à 2,1 points de pourcentage au bout de cinq ans.
- Les effets sont renforcés si l’assainissement est accompagné de réformes structurelles favorables à la croissance et de cadres institutionnels solides.
- En l’absence de ces conditions, et compte tenu du ralentissement de la croissance du PIB entraîné par l’assainissement, l’effet moyen des rééquilibrages sur les ratios d’endettement peut être négligeable.

### Restructuration de la dette : portée et efficacité
- Incidence moyenne observée d’une restructuration de la dette (principalement dans les pays émergents et les pays à faible revenu) :
  - Réduction des ratios d’endettement de 3,4 points de pourcentage la première année.
  - Réduction cumulative de 8 points de pourcentage après cinq ans.
- Effets plus immédiats lorsque la restructuration prend la forme d’une réduction de la valeur nominale.
- Effets plus forts lorsque la restructuration est associée à un assainissement budgétaire.
- Les restructurations de dette doivent être profondes pour réduire significativement les ratios d’endettement; des restructurations précoces et profondes (ex. : Jamaïque) ont permis des réductions significatives, tandis que des traitements précoces mais insuffisamment approfondis (ex. : Belize) peuvent laisser la dette élevée.

### Enseignements tirés des cas (leçons et prudence)
- Tous les cas étudiés soulignent l’importance de l’assainissement budgétaire à moyen terme, même lorsque la restructuration comprend de fortes réductions de la valeur nominale.
- Pour les restructurations préventives impliquant un allégement du service de la dette, le rééquilibrage des finances publiques a été essentiel pour réduire progressivement les ratios d’endettement.
- La restructuration est un processus complexe : elle prend du temps, nécessite un accord mutuel entre créanciers et débiteurs, et implique un partage de la charge entre les parties.

### Rôle de la croissance et de l’inflation
- La croissance économique et l’inflation jouent un grand rôle dans la réduction des ratios d’endettement.
- Le chapitre complète d’autres travaux (Moniteur des finances publiques, avril 2023) sur l’importance de l’inflation et de la portée des réformes structurelles favorables à la croissance.
- Mise en garde : l’importance de l’inflation pour réduire les ratios d’endettement ne signifie pas qu’une inflation élevée soit un outil souhaitable. Une inflation élevée peut :
  - Accroître les anticipations d’inflation et les dépréciations du taux de change.
  - Alourdir le fardeau de l’émission future de dette.
  - Provoquer une instabilité monétaire, des pertes de réputation et affecter la crédibilité des institutions, notamment des banques centrales.

### Conséquences et recommandations pour l’action des pouvoirs publics
- Si une réduction modérée et progressive des ratios d’endettement est viable :
  - Assurer un assainissement budgétaire bien pensé, au-delà des stabilisateurs automatiques et des actions de cycle.
  - Associer l’assainissement à des réformes structurelles favorables à la croissance.
  - Coordonner le rééquilibrage avec une reprise intérieure ou des conditions extérieures favorables.
- Pour les pays à risques élevés de surendettement ou de refinancement :
  - Des réductions significatives ou rapides de la dette peuvent être nécessaires.
  - Actions soutenues et complémentaires requises : assainissement budgétaire pour regagner la confiance des marchés et rétablir la stabilité macroéconomique.
  - Envisager une restructuration de la dette en temps utile ; si elle est effectuée, elle devra être profonde.
- Approche intégrée recommandée :
  - Envisager dès le départ toutes les mesures contribuant à réduire l’endettement (rééquilibrage des finances publiques, ajustements structurels, restructuration si nécessaire), plutôt que de réserver la restructuration au dernier ressort.
- Améliorations institutionnelles et de cadre pour faciliter les restructurations :
  - Améliorer le Cadre commun du G20 pour assurer une plus grande prévisibilité des étapes du processus, des rapprochements plus précoces avec les créanciers officiels et privés, une suspension du paiement du service de la dette pendant les négociations, et préciser les modalités de l’obligation de traitement comparable.
  - Prioriser la gestion de la dette et la transparence pour gérer les risques et réduire la nécessité d’une restructuration.

### Rôle des institutions et gestion de la dette
- Des institutions fortes sont fondamentales pour assurer une réduction pérenne de la dette.
- Des cadres budgétaires et monétaires solides :
  - Peuvent empêcher les opérations préjudiciables aux efforts de réduction de la dette.
  - Aident les pays à tirer parti des forces mondiales qui poussent le taux d’intérêt naturel à la baisse.
- Élaboration d’un cadre budgétaire crédible à moyen terme pour gérer une dette élevée tout en procédant à des ajustements budgétaires et en reconstituant les réserves.
- Une stratégie de gestion de la dette à moyen terme offre une approche structurée pour évaluer coûts et risques des options de financement.

### Réformes du marché dans les pays émergents et en développement
- Les réformes du marché peuvent favoriser la croissance et la viabilité de la dette en améliorant les marchés des produits, du travail et financiers.
- Analyse empirique (62 pays émergents et pays en développement, période 1970–2014) : effets estimés d’une augmentation d’un écart-type d’un indicateur de réforme :
  - Augmentation de 0,6 % du PIB réel sur cinq ans.
  - Réduction à moyen terme du ratio de la dette publique par rapport au PIB de 1,5 point de pourcentage.
- Les réformes semblent également :
  - Augmenter les recettes.
  - Réduire les écarts souverains.
  - Accroître la consommation publique, avec seulement une légère amélioration temporaire du solde budgétaire global.
- Dans les pays dont la taxe sur la valeur ajoutée est plus efficace, les réformes tendent à entraîner des améliorations budgétaires plus prononcées.
- Pour préserver les bénéfices des réformes sur les finances publiques :
  - Orienter les recettes supplémentaires vers des investissements publics favorables à la croissance.
  - Améliorer l’assiette fiscale par une collecte de l’impôt plus efficace.

*Source : Conclusions et conséquences (texte extrait du chapitre).*

### 2. Ratio dette publique/PIB

### 2. Ratio dette publique/PIB

### Réponses empiriques et éléments analytiques clés
- Graphique 3.1.1 et Encadré 3.1 : présente la "Réponse impulsionnelle empirique à la suite de réformes structurelles" (effet cumulé après un choc d’un écart-type). Source citée : Aligishiev et al. (à paraître).
- Encadré 3.2 : traite des "Interactions entre les politiques monétaire et budgétaire" et analyse la dynamique du taux effectif pertinent pour la charge du service de la dette (la charge d’intérêts divisée par l’encours de la dette de la période précédente).
- Échantillon et méthode : l’échantillon comprend des pays avancés, des pays émergents et des pays en développement ; données annuelles sur la période 1970 à 2021. La zone ombrée des graphiques indique l’intervalle de confiance à 95 %.

### Effets de l’inflation sur le taux réel effectif (charges du service de la dette)
- "Une hausse de 1 point de pourcentage de l’inflation des prix à la consommation fait baisser le taux réel effectif d’environ 0,5 point de pourcentage au moment de l’impact et n’entraîne pas de hausse du taux réel effectif à terme."
- Observations corrélées : "Les pics d’inflation, et non pas les hausses d’inflation attendues, peuvent réduire durablement le ratio dette/PIB."

### Transmission des taux de marché au taux réel effectif
- "Une augmentation de 100 points de base du taux réel du marché au comptant pour une obligation d’État à 10 ans est en fait associée à une augmentation du taux réel effectif d’environ 20 points de base seulement, en moyenne, au moment de l’impact."
- Hétérogénéité selon cadres institutionnels : pour "les pays émergents et les pays en développement dont les cadres institutionnels sont plus faibles et ceux dépourvus d’une banque centrale qui fixe des niveaux cibles d’inflation, l’estimation ponctuelle augmente toutefois jusqu’à environ 60 points de base."
- Conclusion empirique : "une hausse des taux au comptant se répercute donc sur les taux effectifs dans une proportion bien inférieure à un pour un."

### Facteurs atténuants et vulnérabilités
- Allongement moyen de l’échéance de l’encours de la dette au cours des dernières années : contribue à amortir la transmission des hausses de taux et d’inflation aux coûts du service de la dette.
- Rôle de la crédibilité des banques centrales : "la crédibilité de la banque centrale peut contribuer à maintenir les anticipations d’inflation bien ancrées."
- Tendance préoccupante : "La part de la dette de l’administration centrale dont l’échéance est inférieure ou égale à 12 mois a toutefois augmenté au cours des cinq dernières années, tant dans les pays avancés que dans les pays émergents et les pays en développement, ce qui pourrait rendre les pays plus vulnérables aux risques de refinancement."

### Perspectives à moyen et long terme
- Risque à court/moyen terme : "Les pressions inflationnistes persistantes font peser le risque d’un environnement de taux d’intérêt « élevés pendant longtemps »."
- Perspective à plus long terme : "une fois que les pressions inflationnistes se seront atténuées, les taux d’intérêt réels d’équilibre devraient rester bas en raison de forces structurelles (voir le chapitre 2), ce qui devrait également contribuer à maîtriser les coûts réels du service de la dette."

*Source : https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2023/april/french/textf.pdf — Fonds monétaire international, Avril 2023*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et objet du chapitre
- La montée des tensions géopolitiques et l’inégale distribution des gains de la mondialisation alimentent un manque de confiance dans le multilatéralisme et renforcent l’attrait des politiques de repli.
- Le chapitre se concentre sur la fragmentation de l’investissement direct étranger (IDE), défini comme les investissements transfrontières par lesquels des investisseurs étrangers exercent une influence stable et durable sur des entreprises locales.
- Canaux évoqués de la fragmentation géoéconomique : échanges, flux de capitaux et migrations. Le présent chapitre traite exclusivement du canal IDE.

### Évolution récente de la mondialisation et de l’IDE
- L’IDE mondial est passé de 3,3 percent du PIB dans la première décennie 2000 à 1,3 percent entre 2018 et 2022.
- L’IDE représente environ 12 percent en moyenne du stock de capital intérieur mondial.
- Les nouveaux investissements (de création) constituent la mesure principale de l’IDE utilisée dans ce chapitre.
- Base de données utilisée : fDi Markets, compilant des données sur quelque 300,000 investissements entre 2003 : T1 et 2022 : T4.

### Forces motrices et manifestations de la fragmentation
- Facteurs observés :
  - Brexit, tensions commerciales États‑Unis–Chine, invasion de l’Ukraine par la Russie.
  - Politique industrielle nationale (ex. CHIPS and Science Act, IRA, European Chips Act).
  - Relocalisation, relocalisation de proximité et relocalisation dans des pays amis (friend‑shoring) pour réduire l’exposition des chaînes d’approvisionnement.
- Indicateurs empiriques :
  - Augmentation de l’intérêt pour la relocalisation (occurrences dans les téléconférences sur résultats financiers) concomitante à une hausse du risque géopolitique (moyenne annuelle, 1985–2019 = 100).
  - Les entreprises montrant un intérêt pour la relocalisation sont, en moyenne, plus grandes, plus productives et ont une plus forte proportion d’actifs incorporels que les autres.

### Questions de recherche et méthode
- Questions posées :
  1. Existe‑t‑il des éléments concrets d’une réorientation des IDE (fragmentation croissante des flux) ?
  2. Les considérations géopolitiques déterminent‑elles les flux d’IDE bilatéraux ?
- Approche empirique :
  - Indice multidimensionnel de vulnérabilité à la réallocation de l’IDE combinant : distance géopolitique émetteur–récepteur, part des entrées d’IDE dans des secteurs stratégiques, degré de pouvoir de marché du pays récepteur.
  - Analyses microéconomiques (données d’IDE au niveau de l’investissement et enquêtes internationales auprès d’entreprises) et macroéconomiques (relation pays entre croissance du PIB et IDE distinguant IDE horizontal et IDE vertical).
  - Scénarios illustratifs à l’aide d’un modèle d’équilibre général stochastique dynamique multirégional modélisant une hausse durable des obstacles à l’investissement entre blocs opposés centrés sur la Chine et les États‑Unis.

### Principales conclusions
- Divergence par pays et par secteur :
  - Le ralentissement récent de l’IDE suit des tendances divergentes selon les pays récepteurs, notamment dans les secteurs stratégiques comme les semi‑conducteurs.
  - Constat d’une concentration croissante des flux d’IDE au sein des pays alignés géopolitiquement depuis 2018.
- Vulnérabilité des pays émergents et en développement :
  - L’indice de vulnérabilité indique que, en moyenne, les pays émergents et les pays en développement sont plus exposés à la réorientation de l’IDE que les pays avancés.
  - Cette vulnérabilité tient surtout à leur dépendance aux IDE émis par des pays géopolitiquement éloignés.
  - Une meilleure qualité de la réglementation est associée à une plus faible vulnérabilité ; les politiques favorables au développement du secteur privé peuvent réduire l’exposition.
- Effets économiques de la perte d’IDE :
  - L’IDE vertical, plus susceptible d’être ciblé par des politiques de relocalisation, est associé à la croissance économique en raison de sa forte intensité de connaissances.
  - Entrées d’entreprises multinationales génèrent des effets positifs directs : concurrence accrue et gains de productivité dans les pays avancés ; transferts de technologies et hausse de la demande locale d’intrants dans les pays émergents et en développement.
- Scénarios et coûts globaux :
  - Dans les scénarios modélisés à titre d’exemple, une fragmentation de l’IDE pourrait faire baisser la production mondiale d’environ 2 percent à long terme.
  - Pertes et gains seraient répartis de manière inégale : les pays émergents et en développement ayant un accès limité aux pays avancés seraient particulièrement affectés (moindre formation de capital et réduction des gains de productivité).
  - Certains pays pourraient initialement bénéficier d’une réorientation des intrants, mais les effets indirects d’une baisse de la demande extérieure peuvent réduire ces gains.
  - Les régions non alignées pourraient obtenir un pouvoir de négociation, mais leur incertitude quant au rattachement à un bloc pourrait restreindre leur attractivité pour l’investissement.
- Recommandation de politique :
  - Des efforts doivent être déployés pour préserver le dialogue multilatéral afin d’éviter une poursuite de la fragmentation de l’IDE.
  - Il convient de mettre soigneusement en balance les motivations stratégiques de la relocalisation, y compris le friend‑shoring, et les coûts économiques pour les pays eux‑mêmes et pour des parties tierces, en particulier via des consultations multilatérales visant à réduire l’incertitude.

### Premiers signes empiriques de fragmentation
- Données observées :
  - Flux d’IDE stratégiques à destination des pays asiatiques ont commencé à diminuer en 2019 et restent peu relancés.
  - Flux d’investissements stratégiques vers les États‑Unis et l’Europe se sont montrés plus résilients ; au quatrième trimestre de 2022, les IDE stratégiques destinés à l’Europe représentaient environ le double de ceux reçus par les pays asiatiques.
  - Depuis le début de la pandémie, l’IDE a reculé de près de 20 percent entre 2020 : T2 et 2022 : T4 par rapport à son niveau moyen entre la crise financière mondiale et la pandémie.
  - L’Asie, et en particulier la Chine, ont cédé du terrain comme émetteur et comme récepteur d’IDE ; l’IDE en provenance et à destination de la Chine a connu un recul bien supérieur à celui de l’Asie en moyenne.

_Chapter authors and contributors as listed in the source._

### 1. Dans des secteurs stratégiques

### 1. Dans des secteurs stratégiques

### L’IDE de plus en plus sensible à l’alignement géopolitique
- Les flux d’IDE sont de plus en plus concentrés au sein de pays ayant des vues géopolitiques semblables.
- L’importance de l’alignement géopolitique s’est accrue au cours de la dernière décennie, de façon plus marquée que celle de la distance géographique, notamment pour l’IDE dans des secteurs stratégiques.
- Depuis 2018, parallèlement à l’exacerbation des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, les flux d’IDE sont devenus plus sensibles aux facteurs géopolitiques.

### Résultats quantitatifs issus du modèle de gravité
- Dans la spécification de référence d’un modèle de gravité bilatéral, une augmentation de la distance par rapport au point idéal du premier au troisième quartile de la distribution (équivalant, par exemple, au passage de la distance entre le Canada et le Japon à celle entre le Canada et la Jordanie) est associée à une baisse de l’IDE entre pays d’environ 17 percent.
- L’effet moyen est nettement plus marqué lorsque l’émetteur ou le récepteur de l’IDE est un pays émergent ou un pays en développement.
- L’influence de la distance géopolitique est statistiquement significative et économiquement importante même après prise en compte de contrôles: distance géographique, culturelle et institutionnelle, indicateur historique des liens coloniaux, annonces et application d’obstacles aux échanges bilatéraux, volume des échanges bilatéraux, effets des taux de change.
- Les résultats restent valides si l’on:
  - traite séparément l’IDE dans les secteurs manufacturiers et dans les services;
  - exclut les centres financiers ou la Chine;
  - mesure l’IDE en volume plutôt qu’en nombre d’investissements;
  - s’intéresse aux fusions–acquisitions transfrontières plutôt qu’à l’IDE de création.

### Indice multidimensionnel de vulnérabilité à la fragmentation géoéconomique
- L’indice de vulnérabilité combine trois sous-indices:
  - Indice géopolitique: pour chaque pays récepteur, somme pondérée de la part des investissements provenant de chaque pays émetteur multipliée par la distance géopolitique entre l’émetteur et le récepteur. Les PEPD (pays émergents et pays en développement) sont généralement plus vulnérables que les PA (pays avancés) selon ce sous-indice.
  - Indice de pouvoir de marché: les IDE dans un secteur sont considérés comme peu vulnérables si le pays récepteur fait partie des 10 plus grands exportateurs dans ce secteur; sinon, vulnérabilité totale. La majorité des pays présente un faible niveau de protection, mais des grands pays (Allemagne, Chine, États-Unis) sont relativement protégés.
  - Indice stratégique: mesure la fraction des entrées d’IDE dans des secteurs stratégiques et révèle un chevauchement important entre pays avancés et PEPD.
- Construction de l’indice agrégé:
  - Indice agrégé = indice stratégique + (indice géopolitique × indice de pouvoir de marché).
  - Rationnel: le pouvoir de marché peut modérer l’influence de la dimension géopolitique pour les secteurs où le pays récepteur est un grand exportateur; l’indice stratégique s’ajoute car il reflète l’exposition accrue des investissements dans des secteurs ciblés par des politiques de relocalisation.
- Principales observations empiriques sur la vulnérabilité:
  - Les dimensions géopolitique et stratégique sont faiblement corrélées et décrivent des vulnérabilités différentes.
  - Certains grands pays émergents (Brésil, Chine, Inde) figurent parmi les groupes particulièrement exposés selon les deux dimensions.
  - 14 percent des pays émergents et des pays en développement présentent un indice de vulnérabilité inférieur à la valeur médiane de l’indice pour les pays avancés.
  - La distribution régionale montre une position privilégiée de l’Europe, les autres régions affichant des niveaux supérieurs et similaires de vulnérabilité.

### Risques et implications
- Si les pays devaient s’éloigner davantage sur le plan géopolitique, la concentration des flux d’IDE au sein de blocs de pays alignés sur le plan géopolitique est susceptible d’augmenter.
- Les risques de fragmentation concernent également les flux hors IDE: forte hausse de l’exposition des pays au risque de fragmentation financière, pouvant entraîner une importante réallocation des capitaux en cas de montée des tensions géopolitiques.
- Les tensions géopolitiques peuvent provoquer un retournement brutal des flux de capitaux transfrontières, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement.

### Politiques et atténuation
- L’indice agrégé décrit l’exposition des stocks existants au mouvement de relocalisation mais ne présage pas des vulnérabilités futures: les pays peuvent prendre des mesures pour réduire ces dernières.
- Une meilleure qualité de la réglementation est généralement associée à:
  - une moindre vulnérabilité agrégée au redéploiement des IDE;
  - un volume plus élevé d’exportations, qui peut offrir une protection contre les pressions liées à la réallocation.
- Outre les initiatives multilatérales visant à préserver la coopération, des politiques nationales peuvent atténuer certains risques même dans un contexte de tensions géopolitiques aiguës.

*Fonds monétaire international, Chapitre 4 — Fragmentation géoéconomique et investissement direct étranger (avril 2023).*

### 2009. La ligne horizontale indique la valeur médiane de l’indice stratégique,

### textf - 2009. La ligne horizontale indique la valeur médiane de l’indice stratégique,

### Retombées des IDE dans les pays récepteurs
- Les entrées d’IDE ont des effets directs sur la création d’emplois et la formation de capital, ainsi que des répercussions sur les entreprises locales via la diffusion de technologies, les liens en amont et en aval et les gains de productivité engendrés par l’intensification de la concurrence.
- Les résultats empiriques sont contrastés et hétérogènes ; l’impact dépend du capital humain (Borensztein, De Gregorio et Lee, 1998), de la qualité des institutions (Kose et al., 2009) et du développement financier (Alfaro et al., 2004).
- Les études focalisées sur des types précis d’IDE et sur leurs répercussions dans la chaîne de valeur sont généralement plus informatives (Harrison et Rodríguez-Clare, 2010).

### IDE horizontal et IDE vertical
- Définitions :
  - IDE horizontal : entreprises étrangères entrant pour desservir directement les marchés locaux.
  - IDE vertical : entreprises étrangères entrant pour produire des intrants fournis à des entreprises affiliées.
- Principaux points :
  - L’IDE vertical est plus exposé au risque de fragmentation que l’IDE horizontal (ex. relèvement des obstacles aux échanges favorise l’IDE horizontal).
  - L’IDE vertical est souvent axé sur des technologies de pointe intégrées dans la production d’intrants et peut être ciblé par des politiques de relocalisation.
  - L’IDE vertical est positivement corrélé à la croissance économique car concentré parmi les producteurs de biens intermédiaires adoptant des technologies plus sophistiquées (Atalay, Hortaçsu et Syverson, 2014 ; Ramondo, Rappoport et Ruhl, 2016).
  - L’IDE horizontal concerne davantage les producteurs de biens finaux, transférant souvent une technologie d’assemblage simple et à forte intensité de main-d’œuvre.

### Retombées au sein des secteurs et entre eux
- Données au niveau de l’entreprise (Enquête de la Banque mondiale, >120 000 entreprises, 150 pays, 2006–2021) :
  - Retombées intrasectorielles : l’IDE engendre des retombées positives pour les entreprises locales appartenant au même secteur ; ces retombées positives intrasectorielles sont observées uniquement dans les pays avancés.
  - Retombées intersectorielles : les fournisseurs locaux bénéficient de l’entrée d’entreprises étrangères dans les secteurs en aval (augmentation de la demande locale d’intrants ; apprentissage par la pratique) ; ces retombées positives se produisent dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Aucun élément n’atteste d’effets positifs pour les clients locaux, même dans les pays émergents et en développement, possiblement parce que les entreprises étrangères des secteurs en amont vendent principalement à l’étranger.

### Calcul par modélisation des coûts d’une fragmentation de l’IDE
- Approche :
  - Modèle : modèle d’équilibre général stochastique dynamique multirégional (modèle monétaire et budgétaire mondial intégré du FMI).
  - Variable de substitution utilisée : flux transfrontière bilatéral d’intrants utilisés dans l’investissement (le modèle n’inclut pas explicitement la participation étrangère au capital productif).
  - Scénarios tablant sur une diminution de plus de 50 % de ces flux d’intrants liés à l’investissement.
  - Estimations empiriques de la corrélation entre flux d’IDE et productivité du travail pour encadrer les pertes de productivité.
- Régions considérées (jusqu’à huit) et parts du PIB indiquées dans le modèle :
  - États-Unis : 16,0
  - Chine : 17,5
  - UE+ (Union européenne et Suisse) : 15,6
  - Autres pays avancés : 13,8
  - Inde et Indonésie : 9,6
  - Asie du Sud-Est : 4,0
  - ALC (Amérique latine et Caraïbes) : 6,5
  - RdM (Reste du monde) : 17,0

### Scénarios et résultats clés
- Scénario de base (monde divisé en trois : bloc centré sur les États-Unis, bloc centré sur la Chine, pays non alignés) :
  - La production mondiale est inférieure d’environ 1 % après cinq ans par rapport au scénario d’absence de fragmentation.
  - La production à long terme diminue de 2 % par rapport au scénario d’absence de fragmentation.
  - Les pertes de production sont généralement plus importantes dans le bloc de la Chine (principalement des pays émergents).
- Effets pour les pays non alignés :
  - Deux canaux opposés : (i) baisse de la demande extérieure réduisant exportations nettes et investissement ; (ii) réorientation des flux d’investissement pouvant augmenter l’investissement et la production si la substitution est suffisante.
  - Si l’élasticité de substitution entre régions émettrices d’investissements est égale à la valeur de référence, le premier canal prime et les non alignés subissent une légère baisse de production.
  - Si l’élasticité est plus élevée (deux fois la valeur de référence), la réorientation des flux d’investissement peut entraîner une légère augmentation de l’investissement et de la production.
- Incertitude sur l’alignement futur des non alignés :
  - Scénario illustratif d’incertitude élevée : les investisseurs estiment une probabilité de 50 % que la région non alignée se rallie au bloc opposé (scénario 50–50).
  - Sous cette incertitude, les pertes sont nettement plus importantes pour les régions non alignées, car elles subissent une réduction des flux d’investissement en provenance des deux blocs.
- Autres points tirés des scénarios d’alignement :
  - Si l’UE+ reste non alignée, ses coûts et ceux des pays du bloc de la Chine sont nettement inférieurs ; cependant, l’UE+ pourrait subir des coûts élevés si ce choix accroît le risque de barrières avec les États-Unis en raison d’une incertitude accrue quant à son alignement futur.
  - Dans le scénario de référence, les régions non alignées voient généralement leur situation se dégrader si elles rejoignent un bloc plutôt que de rester neutres, mais elles peuvent s’améliorer si elles rejoignent le bloc des États-Unis, source principale de flux d’investissement.
  - L’incitation des blocs à attirer des pays émergents et en développement crée un pouvoir de négociation pour ces régions, mais peut aussi générer une incertitude préjudiciable à l’investissement.
- Paramètres et résultats de régression mentionnés :
  - Moyenne des variables sur la période 2010–19.
  - Régressions de l’indice de vulnérabilité global par rapport à l’indice de qualité de la réglementation, en tenant compte du logarithme du PIB réel, des échanges commerciaux (en pourcentage du PIB) et des entrées d’investissement direct étranger (en pourcentage du PIB) ; coefficient de l’indice de qualité de la réglementation égal à –0,057 (p-valeur = 0,000).
- Exemples chiffrés supplémentaires :
  - Scénario de fragmentation de référence : obstacles engendrent une baisse de 50 % des flux d’entrées d’investissement entre le bloc de la Chine et celui des États-Unis.
  - Elasticité de substitution faible : 1,5 (barres foncées dans les graphiques).
  - Elasticité de substitution plus élevée : deux fois la valeur de référence (barres claires dans les graphiques).
  - Effet maximal estimé : la production mondiale pourrait enregistrer une baisse allant jusqu’à 2 % sous l’effet de la fragmentation.

*Fonds monétaire international | Avril 2023 — Extrait de "Chapitre 4. Fragmentation géoéconomique et investissement direct étranger"*

### 1. Impact du non-alignement de l’UE+, avec et sans incertitude

### 1. Impact du non-alignement de l’UE+, avec et sans incertitude

### Effets simulés sur le PIB et scénarios d’alignement
- Graphique (différences en points de pourcentage par rapport à un scénario avec incertitude) montre des variations allant de –4 à 1 pour l’UE+ et le bloc de la Chine.
- Les pertes sont généralement plus faibles lorsqu’il n’y a pas d’incertitude sur le non-alignement d’un pays à l’avenir.
- UE+ = Union européenne et Suisse.

### Ralliement de régions non alignées à un bloc (Graphique 4.17)
- Scénarios considérés :
  - Non-ralliement des deux régions.
  - Ralliement des deux régions au bloc de la Chine.
  - Ralliement des deux régions au bloc des États-Unis.
- Impact sur le PIB des pays appartenant à un bloc (écart en pourcentage par rapport à un scénario avec incertitude) : variations marquées entre –2,5 et 0,5 selon le scénario.
- Les blocs ont intérêt à attirer des régions non alignées et à les décourager de rejoindre l’autre bloc.
- Les régions non alignées incluent l’Inde et l’Indonésie et l’Amérique latine et les Caraïbes.
- Courbes additionnelles indiquant ralliement au bloc de la Chine ou au bloc des États-Unis présentent des impacts marginaux entre –0,2 et 0,4 selon le type de bloc et la présence de nouveaux membres.

### Mesure et interprétation
- Les pertes liées à la fragmentation sont amplifiées par l’incertitude concernant la position géopolitique future d’un pays, surtout pour les pays non alignés.
- Les coûts économiques de la fragmentation concernent les concurrents, les pays non alignés, le pays appliquant des politiques de fragmentation et les pays sur la même ligne géopolitique.

### Conséquences et recommandations générales
- Défense vigoureuse de l’intégration mondiale justifiée compte tenu des coûts économiques élevés et généralisés de la fragmentation.
- Accroître la diversification internationale de l’approvisionnement en intrants (réduire la place des sources locales) peut augmenter la résilience des chaînes d’approvisionnement sans imposer de coûts à l’économie mondiale.
- Adapter le système multilatéral fondé sur des règles aux mutations de l’économie mondiale et mettre en place des « garde-fous » crédibles pour atténuer les externalités mondiales.
- Mettre en place des politiques nationales ciblant ceux qui pâtissent des conséquences de l’intégration mondiale.

### Réduction de l’incertitude et coordination multilatérale
- Réduire l’incertitude entourant la position géopolitique future d’un pays par un dialogue multilatéral améliorerait la confiance et limiterait les pertes liées à la fragmentation.
- Élaboration d’un cadre pour des concertations internationales (par exemple sur le recours à des subventions pour inciter à la relocalisation de l’IDE, notamment dans des pays amis) pour anticiper et limiter des conséquences indésirables et réduire l’incertitude.

### Politiques pour réduire la vulnérabilité et attirer l’IDE
- Promouvoir le développement du secteur privé pour réduire la vulnérabilité face à la réallocation des IDE.
- Mesures pour accroître l’attractivité d’un pays comme destination d’investissement :
  - Réformes structurelles (Campos et Kinoshita, 2010).
  - Création d’une agence de promotion des investissements pour réduire l’asymétrie de l’information et faciliter les procédures bureaucratiques (Harding et Javorcik, 2011 ; Crescenzi, Di Cataldo et Giua, 2021).
  - Amélioration des infrastructures (Chen et Lin, 2020).
- Un monde plus fragmenté, avec relocalisations d’IDE vers des pays amis, peut représenter une opportunité pour certains pays d’attirer de nouveaux IDE.

### Contexte : montée des tensions commerciales (encadré récapitulatif)
- Événements marquants des tensions États-Unis–Chine depuis 2001 : doublement du volume des échanges mondiaux depuis l’accession de la Chine à l’OMC en 2001 ; mise en place de droits de douane en juillet 2018 ; accord de « phase 1 » début 2020 ; contrôles à l’exportation sur semi-conducteurs ; CHIPS and Science Act ; Inflation Reduction Act ; projet européen sur les semi-conducteurs visant 20 % de la capacité mondiale d’ici 2030 avec plus de 43 milliards d’euros d’investissements.
- L’argumentaire en faveur de politiques industrielles régionales de repli a pris de l’ampleur (ex. alliance Chip 4 ; projet de loi européenne sur les semi-conducteurs).

### Exposition financière au risque de fragmentation (encadré méthodologique et résultats)
- Mesure définie comme le stock d’avoirs (engagements) extérieurs hors IDE investis dans des (empruntés auprès de) pays ne partageant pas les mêmes vues géopolitiques.
- Données et méthode :
  - Données : Enquête coordonnée sur les investissements de portefeuille (ECIP) du FMI et statistiques bancaires territoriales de la Banque des règlements internationaux.
  - Réaffectation des avoirs de portefeuille enregistrés aux centres financiers à leurs pays émetteur et récepteur effectifs (Coppola et al., 2021).
  - Agrégation des investissements bancaires et de portefeuille pour obtenir avoirs et engagements extérieurs bilatéraux sur la période 2001–21 pour 38 pays représentant 86 % du PIB mondial.
  - Pondération des positions par un indice continu de proximité politique (0 = pays le plus politiquement éloigné, 1 = pays le plus proche).
  - Exposition à la fragmentation = différence entre positions non actualisées et positions actualisées politiquement.
- Résultats clés :
  - Les positions brutes d’investissement extérieur (avoirs plus engagements), en proportion du PIB, ont été multipliées par plus de deux depuis 2001.
  - Les positions assorties de pondérations politiques n’ont pas augmenté aussi rapidement, indiquant un investissement croissant dans des pays aux divergences politiques accrues.
  - Expositions concentrées du côté des avoirs dans les pays avancés et du côté des engagements dans les pays émergents.
  - Au total, ces expositions atteignent désormais 42 % du PIB et 24 % des avoirs transfrontières hors IDE.
  - Forte hétérogénéité des expositions au sein du G20.

*Source : calculs des services du FMI. Encadrés et analyses dans le chapitre 4, PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE REPRISE CAhOTEUSE, Avril 2023.*

### 2. Expositions, pays du G20 en 2021

### 2. Expositions, pays du G20 en 2021

### Exposition au risque de fragmentation géoéconomique — conclusions principales
- Une fragmentation des échanges pourrait faire baisser la production dans la plupart des pays, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement.
- Les divergences d’alignement géopolitique entre pays constituent un obstacle aux échanges au niveau bilatéral et sectoriel.
- L’effet est concentré dans certains secteurs : l’alimentation (Produits alimentaires et boissons), le matériel de transport et les autres activités de fabrication (Autres ind. manufacturières), qui représentent une part importante des échanges dans les chaînes de valeur mondiales à forte intensité d’IDE.

### Méthode, scénario calibré et classification des pays
- Estimations fondées sur des régressions d’un modèle de gravité structurelle au niveau sectoriel couvrant 189 pays et 10 grands secteurs manufacturiers.
- Ces estimations servent à calibrer un modèle d’équilibre général multisectoriel des échanges multilatéraux.
- Scénario de fragmentation :
  - augmentation de l’alignement des pays au sein de trois groupes : le bloc des États-Unis, le bloc de la Chine et le groupe des non-alignés;
  - réduction de l’alignement entre ces groupes;
  - doublement de la sensibilité estimée des obstacles commerciaux au phénomène d’alignement géopolitique.
- Classement des pays : chaque pays est assigné à un groupe selon que ses traités géopolitiques actuels le lient plus étroitement aux États-Unis ou à la Chine, ou indifféremment à ces deux pays.
- Note méthodologique : contrairement à l’analyse du corps du chapitre, les non-alignés ici subissent une augmentation des obstacles aux échanges avec les blocs de la Chine et des États-Unis dans le scénario.

### Facteurs déterminant l’exposition d’un pays à la fragmentation
- Taille de l’économie : un relèvement des obstacles aux échanges est plus préjudiciable aux petits pays (en termes de population et de PIB) en raison d’une dépendance plus grande au commerce international.
- Avantages comparatifs : la fragmentation affecte davantage les pays qui importent des biens et services dans les secteurs dont les obstacles aux échanges sont très sensibles à l’alignement géopolitique.
- Alignement géoéconomique : au sein d’un bloc, la fragmentation est plus défavorable aux pays qui n’ont pas de liens étroits avec les États-Unis ou la Chine.

### Impacts macroéconomiques estimés
- La fragmentation géoéconomique entraîne des pertes de revenu pour la plupart des pays.
- Effet différencié par catégorie de pays : plus préjudiciable aux pays émergents et pays en développement qu’aux pays avancés.
- Exemples quantitatifs tirés des simulations :
  - Les pertes de revenus réels sont deux fois plus importantes dans le pays émergent médian en Afrique et en Asie centrale que dans le pays avancé médian (voir distribution illustrée par Graphique 4.3.2).

### Résultats sectoriels (mesures d’équivalent tarifaire)
- Régressions au niveau du secteur indiquent que la baisse d’un écart-type de l’alignement géopolitique augmente l’équivalent tarifaire de l’obstacle aux échanges de façon hétérogène entre secteurs.
- Secteurs explicitement mentionnés comme sensibles : Agriculture et pêche; Produits alimentaires et boissons; Matériel de transport; Équipements électriques et machines; Autres industries manufacturières; Produits pétroliers, chimiques et non métalliques; Métaux; Textiles et habillement; Bois et papier; Activités extractives.

### Hypothèses macroéconomiques et projections utilisées pour 2023–24
- Taux de change effectifs réels des pays avancés : constants au niveau moyen mesuré durant la période allant du 15 février au 15 mars 2023.
- Taux moyens de conversion pour 2023 et 2024 :
  - 1,334 et 1,333 pour le taux dollar/DTS
  - 1,063 et 1,054 pour le taux dollar/euro
  - 135,4 et 137,4 pour le taux yen/dollar
- Prix du baril de pétrole (moyenne) :
  - 73,13 dollars en 2023
  - 68,90 dollars en 2024
- Hypothèse de politique : Les politiques nationales menées à l’heure actuelle ne changeront pas.
- Taux d’intérêt (rendement obligations d’État à trois mois) — moyennes :
  - États-Unis : 5,1 % en 2023 et 4,5 % en 2024
  - Zone euro : 2,8 % en 2023 et 3,0 % en 2024
  - Japon : –0,1 % en 2023 et 0,0 % en 2024
- Taux d’intérêt (rendement obligations d’État à dix ans) — moyennes :
  - États-Unis : 3,8 % en 2023 et 3,6 % en 2024
  - Zone euro : 2,5 % en 2023 et 2,8 % en 2024
  - Japon : 0,6 % en 2023 et 0,6 % en 2024

### Données, conventions et portée statistique
- Base de données des PEM : 196 pays; données et projections établies conjointement par le département des études et les départements géographiques du FMI.
- Principales sources : services nationaux des statistiques et institutions internationales pour l’harmonisation des méthodes.
- Conformité aux cadres statistiques : la plupart des pays suivent le SCN 2008; les normes sectorielles du FMI (MBP6, Manuel et guide d’établissement des statistiques monétaires et financières, MSFP 2014) ont été alignées sur le SCN 2008.
- Méthodes d’agrégation :
  - Moyennes pour groupes de pays : moyennes arithmétiques pondérées (sauf inflation et croissance monétaire en PE, moyenne géométrique).
  - Pondérations par PIB en dollars aux cours de change du marché pour taux de change, taux d’intérêt, agrégats monétaires.
  - Agrégats intérieurs autres : pondérés par PIB en parités de pouvoir d’achat en pourcentage du PIB mondial ou du groupe.
  - Données budgétaires composites : sommes après conversion en dollars aux taux de change moyens du marché.
  - Statistiques du secteur extérieur : sommes après conversion en dollars aux cours moyens (balance des paiements) et aux cours de fin d’année (dette libellée hors dollar).
- Notes particulières sur pays : exemples de traitement des données pour l’Afghanistan, l’Algérie, l’Argentine, le Bangladesh, le Costa Rica (extraits signalés).

*Source : encadrés et appendice statistique (CHAPITRE 4) du document fourni par les services du FMI.*

### 9524. Les données jusqu’en 2019 sont ajustées

### 9524. Les données jusqu’en 2019 sont ajustées

### Ajustements et notes pays (données, périmètres, omissions)
- Les données jusqu’en 2019 sont ajustées pour des raisons de comparabilité.
- Équateur : les autorités révisent les données budgétaires rétrospectives avec l’appui technique du FMI. Les prévisions relatives au secteur budgétaire sont exclues des publications pour la période 2023–28 en raison d’entretiens en cours sur un programme.
- Inde : les taux de croissance du PIB réel sont tirés des comptes nationaux, avec comme année de référence 2004/05 pour la période 1998–2011 et 2011/12 pour les années ultérieures.
- Liban : les données et les projections pour 2021–28 sont omises en raison d’un degré d’incertitude inhabituellement élevé.
- République dominicaine : périmètre des séries de finances publiques — la dette publique, le service de la dette ainsi que les soldes corrigés des variations cycliques et soldes structurels se rapportent au secteur public consolidé ; les autres séries portent sur l’administration centrale.
- Sierra Leone : changement d’unité monétaire le 1er juillet 2022 ; les données en monnaie nationale sont exprimées en ancien leone dans l’édition d’avril 2023 des PEM.
- Sri Lanka : certaines projections pour 2023–28 ne sont pas publiées en raison d’entretiens en cours sur la restructuration de la dette souveraine.
- Syrie : les données sont exclues à compter de 2011 en raison de la situation politique incertaine.
- Turkménistan : PIB réel = estimations des services du FMI conformes au SCN ; estimations/projections du solde budgétaire établies sans tenir compte des recettes provenant d’émissions d’obligations intérieures et d’opérations de privatisation, conformément au MSFP 2014.
- Ukraine : l’ensemble des projections pour 2024–28 sont omises en raison d’un degré d’incertitude inhabituellement élevé. Les données révisées des comptes nationaux sont disponibles à partir de 2000, mais n’incluent pas la Crimée et Sébastopol à partir de 2010.
- Uruguay :
  - En décembre 2020, les autorités ont commencé à communiquer les données des comptes nationaux selon le SCN 2008, avec 2016 comme année de base ; les nouvelles séries commencent en 2016.
  - Le périmètre des données budgétaires est passé du secteur public consolidé au secteur public non financier à partir de l’édition d’octobre 2019 des PEM.
  - Depuis octobre 2018, le système public de retraite reçoit des transferts enregistrés comme recettes (méthodologie FMI) ; ces transferts ont représenté 1,2 % du PIB en 2018, 1,1 % du PIB en 2019, 0,6 % en 2020 et 0,3 % en 2021, et devraient représenter 0,1 % du PIB en 2022 et 0 % par la suite. Cette note s’applique aux séries relatives aux recettes et à la capacité/au besoin de financement.
  - Dans le périmètre budgétaire non financier, les actifs et passifs détenus par le secteur public non financier avec la banque centrale comme contrepartie ne sont pas retranchés des chiffres de l’endettement ; les obligations de capitalisation émises auparavant par l’État en faveur de la banque centrale font désormais partie de la dette du secteur public non financier.
  - Les estimations de la dette brute et nette pour la période 2008–11 sont préliminaires.
- Venezuela : établissement des perspectives rendu difficile par l’absence d’entretiens avec les autorités (dernières consultations article IV en 2004), métadonnées incomplètes et difficultés de rapprochement; comptes budgétaires incluent administration centrale, sécurité sociale, FOGADE et un ensemble réduit d’entreprises publiques (dont PDVSA). Données rétrospectives révisées à partir de 2012 ; pour la plupart des indicateurs, les données pour 2018–22 sont des estimations des services du FMI. Les prix à la consommation du Venezuela sont exclus de toutes les données de groupe des PEM.
- Zimbabwe : adoption du dollar à règlement brut en temps réel en 2019 (rebaptisé dollar du Zimbabwe) ; redéfinition des statistiques des comptes nationaux en cours ; dollar du Zimbabwe avait cessé de circuler en 2009 (régime multidevise 2009–2019, unité de compte dollar américain).

### Classification des pays (composition et effectifs)
- Pays avancés : 41 pays (le Tableau B fournit la liste complète).
- Pays émergents et pays en développement : 155 pays.
- Groupes régionaux des pays émergents et en développement : Afrique subsaharienne ; Amérique latine et Caraïbes ; Moyen-Orient et Asie centrale (incluant « Caucase et Asie centrale » et « Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan ») ; Asie ; Europe.
- Classification analytique (critères) :
  - Source des recettes d’exportation : pays classés « Combustibles » si la principale source dépasse 50 % des exportations en moyenne 2017–2021 ; sinon « Autres produits ».
  - Position extérieure nette / source de financement extérieur : pays créanciers nets vs débiteurs nets ; pays débiteurs nets identifiés par position extérieure globale nette négative ou solde courant cumulé négatif entre 1972 (ou antérieur si disponible) et 2021.
  - Autres catégories : Pays pauvres très endettés (PPTE), Pays en développement à faible revenu (PDFR), Pays émergents et pays à revenu intermédiaire (PE&PRI).

### Hypothèses de politique budgétaire (règles générales et exemples pays)
- Principes généraux :
  - Hypothèses court terme fondées sur budgets/lois de finances annoncés, corrigées pour différences macroéconomiques entre services du FMI et autorités.
  - À moyen terme, jugements quant à la trajectoire la plus probable de la politique.
  - En l’absence d’informations suffisantes, le solde primaire structurel est supposé rester inchangé, sauf indication contraire.
- Exemples et précisions pour certains pays (hypothèses mentionnées) :
  - Afrique du Sud : hypothèses basées sur la déclaration de politique à moyen terme de 2022 ; recettes non fiscales excluent transactions sur actifs et passifs financiers.
  - Allemagne : projections reposent sur les budgets de 2023 et mises à jour de Destatis et du ministère des Finances.
  - Arabie saoudite : projections tenant compte du budget 2022 et des hypothèses des cours du pétrole et de la politique d’exportation sous l’accord OPEP+.
  - Argentine : projections reposent sur résultats et plans budgétaires de l’administration fédérale et sur les programmes appuyés par le FMI.
  - Espagne : projections fiscales à partir de 2023 supposent des mesures de soutien en matière d’énergie représentant 1 % du PIB en 2023; projections pour 2021–25 tiennent compte des décaissements au titre de la facilité pour la reprise et la résilience de l’Union européenne.
  - États-Unis : projections budgétaires reposent sur le scénario de référence de février 2023 du Congressional Budget Office, corrigé pour les hypothèses macroéconomiques des services du FMI ; incorporent les effets de la Bipartisan Infrastructure Law et de l’Inflation Reduction Act.
  - Inde : projections fondées sur les informations disponibles relatives aux programmes budgétaires des autorités, avec ajustements pour les hypothèses du FMI ; présentation des autorités inclut des différences (désinvestissement, enregistrement net/brut, prêts au secteur public).
  - Japon : projections s’appuient sur mesures budgétaires annoncées par le gouvernement, avec ajustements FMI.
  - Royaume-Uni : projections reposent sur dernières données relatives au PIB publiées le 21 janvier 2023 et sur prévisions de l’Office for Budget Responsibility du 15 mars 2023 ; données présentées sur la base d’une année civile.
  - Russie : autorités ont suspendu la règle budgétaire (réaction aux sanctions après l’invasion de l’Ukraine) ; nouvelle règle budgétaire entrera pleinement en vigueur en 2025 (permettra de dépenser surcroît de recettes pétrolières/gazières tout en ciblant réduction du déficit structurel primaire).
- Autres précisions : nombre important de pays (liste par pays dans l’encadré A1) pour lesquels les hypothèses budgétaires spécifiques sont décrites; voir les rubriques pays individuelles pour les ajustements méthodologiques.

### Hypothèses de politique monétaire (cadres adoptés)
- Principes généraux :
  - Hypothèses reposent sur le cadre établi pour chaque pays, généralement une politique de non-accompagnement (taux augmentent si inflation attendue dépasse cible).
- Exemples et orientations par pays :
  - Afrique du Sud : maintien de l’inflation dans la fourchette cible de 3 % à 6 % à moyen terme.
  - Arabie saoudite : hypothèses reposent sur la poursuite du rattachement au dollar.
  - Argentine : projections conformes au cadre macroéconomique, plans budgétaires et politique monétaire sous régime de parité mobile.
  - Canada : projections tiennent compte du durcissement de la politique monétaire de la Banque du Canada et d’un maintien des taux à un niveau élevé pour l’essentiel de 2023, attendu pour ramener l’inflation à sa cible d’ici fin 2024.
  - Chine : orientation légèrement accommodante pour 2022 et généralement accommodante en 2023.
  - Inde : projections cadrent avec la réalisation de l’objectif d’inflation de la RBI à moyen terme.
  - Japon : hypothèses correspondent aux attentes des marchés.
  - Royaume-Uni : trajectoire des taux d’intérêt à court terme reposant sur les anticipations des marchés.
  - Singapour : hausse de la taxe sur les biens et services programmée (7 % → 8 % le 1er janvier 2023, puis à 9 % le 1er janvier 2024); taxe carbone augmentant de 5 dollars singapouriens par tonne à 25 dollars en 2024–2025 et à 45 dollars en 2026–2027 (mesures de recettes spécifiées par les autorités et intégrées aux projections).
  - Zone euro : hypothèses monétaires reposent sur modèles (semi-structurel, DSGE, règle de Taylor), anticipations de marché et communications du conseil des gouverneurs de la BCE.

### Principaux chiffres et indicateurs (extraits des tableaux A)
- Classification : 41 pays classés comme Pays avancés ; 155 pays classés comme Pays émergents et pays en développement.
- Uruguay : transferts au système public de retraite représentant successivement 1,2 % du PIB (2018), 1,1 % du PIB (2019), 0,6 % du PIB (2020), 0,3 % du PIB (2021), 0,1 % du PIB (2022) et 0 % par la suite.
- Tableaux synthétiques (sélection) :
  - Tableau A1 — Production mondiale : récapitulation (variations annuelles en pourcentage) : projection Monde pour 2023 : 3,0 et pour 2024 : 3,0 (valeurs telles que présentées dans le tableau A1).
  - Tableaux de prix et inflation (A5–A7) : indicateurs d’inflation pour Pays avancés et Pays émergents et pays en développement figurent dans les tableaux A5–A7 (voir la page correspondante pour séries détaillées).
  - Tableau A8 — Principaux pays avancés : solde budgétaire et dette des administrations publiques (en pourcentage du PIB) : séries par pays (Prêt/emprunt (net), Écart de production, Solde structurel, Dette nette, Dette brute) disponibles dans le tableau A8.
  - Tableau A9 — Commerce mondial : volumes et déflateurs (variations annuelles en pourcentage) : indicateurs détaillés pour biens et services, prix mondiaux (pétrole, produits manufacturés, produits primaires hors combustibles).
  - Tableau A10–A12 — Transactions courantes : soldes en milliards de dollars et en pourcentage du PIB par groupes et par pays (résumés et projections).
  - Tableau A14 — Capacité ou besoin de financement (en pourcentage du PIB) : agrégats par région et par classification analytique.
  - Tableau A15 — Scénario de référence à moyen terme (récapitulatif) : PIB réel mondial et principaux agrégats projetés (voir tableau A15 pour valeurs détaillées).
- Remarque : les tableaux A1–A15 contiennent des séries détaillées par pays et par région ; pour les analyses comparatives et les projections précises, se référer aux tableaux correspondants de l’appendice statistique.

### Risques et implications méthodologiques repérées dans le texte
- Incertitude élevée pour plusieurs pays (Liban, Ukraine, Syrie) entraînant l’omission des séries/projections sur certaines périodes.
- Données et périmètres budgétaires modifiés (ex. Uruguay, République dominicaine) affectant comparabilité temporelle et niveaux de dette.
- Traitements méthodologiques divergents entre estimations du FMI et présentations des autorités (ex. Inde, Turkménistan, Uruguay), notamment pour les recettes exceptionnelles (émissions d’obligations intérieures, privatisations) et pour les transferts aux systèmes de retraite.
- Venezuela : indicateurs macroéconomiques projetés entourés d’une grande incertitude en raison d’hyperinflation et manque de données ; prix à la consommation du Venezuela exclus des séries de groupe des PEM.
- Le changement d’unité monétaire (Sierra Leone, Zimbabwe) et les révisions de base (Uruguay, Inde) demandent une attention particulière lors des comparaisons rétrospectives.

*Source : Document « 9524. Les données jusqu’en 2019 sont ajustées », Appendice statistique, Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2023 (Fonds monétaire international).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2023/april/french/textf.pdf_
