## Anticipations d’inflation et implications pour la politique monétaire

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### Tendances récentes des anticipations
- Contexte
  - En 2022, l’inflation a atteint, dans de nombreux pays, des niveaux jamais observés ces dernières décennies.
  - L’inflation globale a ralenti depuis, parallèlement à l’atténuation des perturbations des chaînes d’approvisionnement et du recul des prix des produits de base.
  - L’inflation hors alimentation et énergie se révèle plus tenace.
- Comportement des indicateurs d’anticipations
  - Les anticipations des prévisionnistes professionnels, des marchés financiers, des ménages et un nouvel indicateur sur les perceptions des entreprises concordent sur la dynamique générale de l’inflation.
  - Depuis 2022, les anticipations d’inflation à court terme ont sensiblement grimpé dans différents pays, tandis que les anticipations à long terme (à un horizon de cinq ans) sont globalement restées ancrées.
  - Les trajectoires à court terme (horizon 12 mois) des différents types d’agents sont globalement semblables : envolée à partir de 2021, pics en 2022, puis début de désescalade.
  - Indicateur d’entreprises : un nouvel indicateur construit par analyse textuelle des téléconférences sur les résultats a été utilisé pour pallier la rareté des données d’entreprises.

### Rôle des anticipations dans la dynamique de l’inflation
- Durée de retour après épisodes d’anticipations élevées
  - Les épisodes historiques où les anticipations ont augmenté pendant au moins un an montrent qu’il faut en moyenne environ trois ans pour que l’inflation et les anticipations d’inflation à court terme (12 mois) reviennent à leur niveau antérieur à l’épisode, compte tenu de la réponse adoptée par la banque centrale.
- Importance relative des horizons
  - Les anticipations à court terme expliquent mieux l’inflation actuelle que les anticipations à long terme.
  - Les anticipations à cinq ans présentent des coefficients normalisés plus petits que les anticipations à court terme.
- Estimations chiffrées (courbe de Phillips hybride)
  - Une hausse de 1 point de pourcentage des anticipations à court terme est associée à :
    - 1,1 point de pourcentage d’augmentation de l’inflation effective dans les pays avancés (spécification de base, anticipations CT des prévisionnistes professionnels).
    - environ 0,8 point de pourcentage d’augmentation de l’inflation effective dans les pays émergents (spécification de base).
  - Estimations causales (variables instrumentales) :
    - Les estimations causales des effets des anticipations CT sont 30 percent plus faibles que les estimations associatives.
    - Effets causaux quantifiés : en cas de hausse de 1 point de pourcentage des anticipations CT :
      - l’inflation augmenterait d’environ 0,8 point de pourcentage dans le pays avancé moyen.
      - l’inflation augmenterait d’approximativement 0,4 point de pourcentage dans le pays émergent moyen.
  - Une hausse d’un écart‑type des anticipations à court terme est associée à une augmentation de 0,7 écart‑type de l’inflation effective (coefficient non corrigé compris entre 1,1 et 1,4 pour les anticipations non normalisées).
- Non‑linéarité
  - La répercussion des anticipations sur l’inflation actuelle est plus marquée lorsque l’inflation est élevée (supérieure à la médiane) : le coefficient passe de 0,6 lorsque l’inflation est faible à 0,9 lorsque l’inflation est forte (différence statistiquement significative pour les pays avancés).

### Formation des anticipations, hétérogénéité des agents et modélisation
- Modèle DSGE enrichi
  - Introduction de deux types d’agents selon la formation des anticipations : agents à apprentissage prospectif et agents à apprentissage rétrospectif.
  - Dans le modèle calibré : individus rétrospectifs ≈ 20 percent dans un pays avancé représentatif et ≈ 30 percent dans un pays émergent représentatif.
  - Les anticipations à long terme n’influencent l’inflation que via leur effet sur les anticipations à court terme.
- Conséquences de l’hétérogénéité
  - Après un choc de hausse des prix, l’inflation demeure élevée plus longtemps quand les agents sont hétérogènes (présence d’agents rétrospectifs).
  - La capacité de la politique monétaire à influer sur l’inflation est moindre quand la part d’individus rétrospectifs est plus élevée, car ces agents n’anticipent pas pleinement les effets futurs de la politique monétaire.
- Taux de sacrifice
  - Définition : pourcentage de perte de production pour parvenir à une baisse de 1 point de pourcentage du taux d’inflation en trois ans.
  - Le taux de sacrifice est plus élevé dans le modèle à agents hétérogènes que dans le modèle à anticipations rationnelles.
  - Le taux de sacrifice est généralement plus élevé dans les pays émergents que dans les pays avancés (proportion plus grande d’individus rétrospectifs).

### Impacts macroéconomiques et trajectoires temporelles
- Résultats modélisés pour un pays avancé représentatif
  - Si les banques centrales cherchent seulement à ramener rapidement l’inflation vers sa valeur cible, elles pourraient atteindre l’objectif deux ans plus tôt qu’indiqué par les projections, mais au prix d’une contraction plus sévère de l’activité.
  - En arbitrant entre ramener l’inflation vers la cible, porter la production à son niveau potentiel et lisser la trajectoire des taux directeurs, il faudrait probablement trois à quatre ans environ pour que l’inflation et les anticipations s’approchent de nouveau de la cible.
- Bien‑être social
  - Pour une fonction de bien‑être identique, le bien‑être social est environ 20 percent plus élevé avec des anticipations rationnelles qu’avec des anticipations hétérogènes.

### Encadrés empiriques et résultats complémentaires
- Encadré 2.1 — Anticipations d’inflation des entreprises et degré d’attention
  - Indicateur d’attention des entreprises (ECFACB) construit par analyse textuelle des téléconférences.
  - Les entreprises qui accordent une plus grande attention à la politique monétaire révisent à la baisse leurs anticipations d’inflation d’environ 1 percent d’un écart‑type de plus que la moyenne au bout de quatre trimestres.
- Encadré 2.2 — Cadre de politique monétaire, dette publique et anticipations
  - Nouvel indicateur IAPOC : Indépendance et Responsabilité; Politique et stratégie Opérationnelle; Communication.
  - Une dette publique élevée est associée à des anticipations d’inflation élevées, effet plus marqué pour la dette publique en devises et la persistance des déficits.
  - L’amélioration du cadre (IAPOC) réduit la sensibilité des anticipations au niveau de la dette.
- Encadré 2.3 — Subventions à l’énergie, inflation et anticipations (zone euro ; simulation FMI)
  - Mesures de soutien: ont fait refluer l’inflation de 0,9 point de pourcentage en 2022 et d’un demi‑point de pourcentage en 2023.
  - Effet sur anticipations d’inflation hors alimentation et énergie : net neutre en 2022, augmentation de 0,7 point de pourcentage en 2023–24 (supposant agents conscients du caractère temporaire).
  - Scénario alternatif (erreur de perception sur la durée) : amplifie la baisse de l’inflation en 2022 (de –0,9 à –1,1 point) mais entraîne un rebond lorsque l’erreur est corrigée.

### Implications pour la conduite de la politique monétaire et recommandations
- Principes généraux
  - Comprendre les processus de formation des anticipations est crucial pour calibrer la politique monétaire et la communication.
  - Les anticipations à court terme sont un moteur essentiel de la dynamique de l’inflation et ont pris un poids croissant depuis 2022.
- Recommandations opérationnelles
  - Maintenir une orientation restrictive jusqu’à ce que la désinflation soit fermement engagée, pour ancrer les anticipations à court terme.
  - Renforcer et améliorer le cadre de politique monétaire (indépendance, transparence, stratégie) pour accroître la part d’individus prospectifs.
  - Améliorer la communication des banques centrales : simplification des messages, augmentation de la fréquence, meilleur ciblage des destinataires.
  - Investir dans la collecte de données et le suivi des anticipations par catégories d’agents; utiliser des méthodes complémentaires (ex. analyse textuelle) pour pallier la rareté des séries.
  - Utiliser des mesures budgétaires ciblées pour protéger les plus vulnérables tout en évitant des interventions non ciblées qui fragilisent l’ancrage des anticipations.
- Arbitrages temporels
  - Améliorations du cadre et de la communication peuvent réduire l’inflation et les anticipations à un coût de production plus faible que des resserrements monétaires purs, mais elles peuvent être longues ou difficiles à mettre en œuvre.
  - Si la banque centrale double le poids accordé à l’inflation dans sa fonction d’objectif, le retour à la cible pourrait intervenir en environ trois ans; ne donner aucune importance à l’écart de production ramènerait l’inflation à la cible en environ deux ans mais accroîtrait les pertes de bien‑être.

### Limites et mises en garde méthodologiques
- Données et couverture
  - Limites de comparabilité entre sources et rareté de données d’entreprises; analyses centrées sur anticipations moyennes.
- Identification causale
  - Les estimations causales reposent sur une stratégie IV utilisant valeurs retardées; robustesse testée, mais résultats peuvent rester corrélatifs si hypothèses violées.
- Portée illustratrice des modèles
  - Le lien stylisé entre amélioration du cadre/communication et hausse de la proportion d’individus prospectifs est illustratif; d’autres interventions institutionnelles ou structurelles peuvent jouer un rôle similaire.

*Fonds monétaire international | Extrait du chapitre 2 « Anticipations d’inflation et implications pour la politique monétaire », Perspectives de l’économie mondiale : Des trajectoires divergentes — Octobre 2023.*

### Introduction 53

### Introduction 53

### Tendances récentes des anticipations d’inflation 57
- Section title: "Tendances récentes des anticipations d’inflation"
- Page: 57

### Le rôle des anticipations dans la dynamique de l’inflation 60
- Section title: "Le rôle des anticipations dans la dynamique de l’inflation"
- Page: 60

### Formation des anticipations et définition de la politique monétaire 63
- Section title: "Formation des anticipations et définition de la politique monétaire"
- Page: 63

### Conclusions 69
- Section title: "Conclusions"
- Page: 69

### Encadré 2.1. Anticipations d’inflation des entreprises, degré d’attention  
et efficacité de la politique monétaire 71
- Box title: "Encadré 2.1. Anticipations d’inflation des entreprises, degré d’attention  
et efficacité de la politique monétaire"
- Page: 71

### Encadré 2.2. Imprudence budgétaire et anticipations d’inflation : le rôle du cadre  
de politique monétaire 73
- Box title: "Encadré 2.2. Imprudence budgétaire et anticipations d’inflation : le rôle du cadre  
de politique monétaire"
- Page: 73

### Encadré 2.3. Subventions à l’énergie, inflation et anticipations : analyse des mesures prises  
dans la zone euro 74
- Box title: "Encadré 2.3. Subventions à l’énergie, inflation et anticipations : analyse des mesures prises  
dans la zone euro"
- Page: 74

### Bibliographie 76
- Section title: "Bibliographie"
- Page: 76

### Chapitre 3. Fragmentation et marchés des produits de base : vulnérabilités et risques 79
- Chapter title: "Chapitre 3. Fragmentation et marchés des produits de base : vulnérabilités et risques"
- Page: 79

*Source: text - Introduction 53 (https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2023/october/french/text.pdf)*

### Introduction 79

### Introduction 79

### Aperçu et trajectoire actuelle
- L’économie mondiale poursuit un lent rétablissement après la pandémie, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la crise du coût de la vie.
- Croissance mondiale prévue :
  - "3,5 percent en 2022 à 3 percent cette année, puis à 2,9 percent l’année prochaine" (notation d’origine conservée).
  - Révision à la baisse de "0,1 point de pourcentage pour 2024" par rapport aux projections de juillet.
- Inflation globale prévue :
  - "9,2 percent en 2022 à 5,9 percent cette année et 4,8 percent en 2024 (en glissement annuel)".
  - Inflation hors énergie et alimentation attendue à "4,5 percent en 2024".
- Scénario dominant : un scénario d’« atterrissage en douceur » avec inflation diminuant sans repli majeur de l’activité, en particulier aux États-Unis (chômage anticipé de "3,6 percent à 3,9 percent, d’ici à 2025").

### Principaux moteurs et canaux d’ajustement
- Trois forces mondiales déterminantes :
  - Reprise du secteur des services quasiment achevée; demande de services intensive en main-d’œuvre a soutenu l’activité et maintenu une inflation des services plus élevée et plus tenace.
  - Durcissement de la politique monétaire pèse sur marchés immobiliers, investissement et activité ; transmission inégale selon les pays.
  - Choc sur les prix des produits de base l’année précédente, avec répercussions différenciées selon dépendance énergétique (impact plus marqué pour les pays très tributaires des importations énergétiques de Russie).
- Marchés du travail :
  - Conditions d’emploi demeurent dynamiques dans les pays avancés avec taux de chômage historiquement bas, peu de signes d’une « spirale prix–salaires », et salaires réels encore inférieurs aux niveaux antérieurs à la pandémie.
- Investissement :
  - L’investissement reste en dessous des tendances pré-pandémie dans toutes les régions, en raison des taux d’intérêt plus élevés, du retrait des aides budgétaires, d’une demande affaiblie et de l’incertitude liée à la fragmentation géoéconomique.

### Projections additionnelles et constats chiffrés
- Autres chiffres et projections fournis dans le texte :
  - Croissance (détaillée) : "3,5 percent en 2022 à 3,0 percent en 2023 et 2,9 percent en 2024".
  - Dans les pays avancés : croissance passant de "2,6 percent en 2022 à 1,5 percent en 2023 et 1,4 percent en 2024".
  - Pays émergents et pays en développement : croissance de "4,1 percent en 2022 à 4,0 percent en 2023 et 2024".
  - Projections à moyen terme : "3,1 percent".
  - Inflation mondiale alternative (autre passage) : "8,7 percent en 2022 à 6,9 percent en 2023, puis à 5,8 percent en 2024".
  - Production mondiale en 2023 estimée inférieure de "3,4 percent (ou environ 3 600 milliards de dollars en prix de 2023)" aux niveaux prévus avant la pandémie.
  - Pertes relatives à la trajectoire antérieure : Chine "autour de 4,2 percent", pays à faible revenu "6,5 percent en moyenne".
- Hypothèses macroéconomiques (extraites de la section Hypothèses et conventions) :
  - Cours moyen du baril de pétrole présumé à "80,49 dollars le baril en 2023 et de 79,92 dollars le baril en 2024".
  - Rendement des obligations d’État à trois mois présumé :
    - États-Unis : "5,3 percent en 2023 et à 5,4 percent en 2024".
    - Zone euro : "3,0 percent en 2023 et à 3,2 percent en 2024".
    - Japon : "–0,2 percent en 2023 et à –0,1 percent en 2024".
  - Rendement des obligations d’État à 10 ans présumé :
    - États-Unis : "3,8 percent en 2023 et à 4,0 percent en 2024".
    - Zone euro : "2,4 percent en 2023 et à 2,6 percent en 2024".
    - Japon : "0,5 percent en 2023 et 0,6 percent en 2024".

### Principaux risques
- Risques macroéconomiques identifiés :
  - Aggravation de la crise immobilière en Chine, avec risques pour la stabilité financière et des effets mondiaux via les échanges et la demande.
  - Instabilité accrue des prix des produits de base en cas d’intensification des tensions géopolitiques ou de nouvelles perturbations climatiques ; hausse récente des prix du pétrole depuis juin (augmentation "de 25 percent environ" mentionnée dans le texte).
  - Ancrage persistant de l’inflation sous-jacente, nécessitant potentiellement des mesures monétaires plus vigoureuses si les anticipations d’inflation à court terme restent élevées.
  - Érosion de la marge de manœuvre budgétaire dans de nombreux pays (endettement élevé, coûts de financement en hausse).
  - Risque d’une forte réévaluation des risques conduisant à une appréciation du dollar, sorties de capitaux et hausse des coûts d’emprunt, en particulier pour les pays émergents.

### Recommandations de politique publique
- Politique monétaire :
  - Maintenir une orientation restrictive jusqu’à ce que le processus de désinflation soit fermement engagé ; éviter un assouplissement prématuré qui annulerait les progrès.
  - Une fois l’ancrage des anticipations obtenu, une révision à la baisse des taux directeurs peut être envisagée tout en préservant les taux d’intérêt réels.
- Politique budgétaire :
  - Soutenir la stratégie monétaire et faciliter la désinflation ; éviter des politiques budgétaires procycliques, particulièrement aux États-Unis.
  - Reconstituer les marges de manœuvre budgétaires (par exemple en supprimant les subventions à l’énergie) et cibler la protection des plus vulnérables.
- Réformes structurelles :
  - Accélérer des réformes axées sur la gouvernance, la réglementation des entreprises et l’ouverture extérieure pour renforcer la croissance potentielle.
  - Réformes du marché du travail pour accroître la participation et atténuer les pressions inflationnistes à moyen terme.
- Coopération multilatérale :
  - Préserver la circulation des minerais essentiels et des produits agricoles par des approches communes (ex. "corridors écologiques") pour réduire l’instabilité et faciliter la transition écologique.
  - Éviter des mesures contraires aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.
  - Renforcer les cadres multilatéraux fondés sur des règles, la transparence et la lisibilité de l’action publique.
- Rôle du FMI :
  - Maintenir un dispositif solide de protection financière mondiale avec un FMI doté de ressources suffisantes au centre de ce dispositif.

*Fonds monétaire international | Octobre 2023 — Introduction 79.*

### 1. Pertes de PIB réel

### 1. Pertes de PIB réel

### Choc de la COVID-19 et retour à la normale
- Les chaînes d’approvisionnement perturbées par la pandémie ont largement retrouvé un fonctionnement normal : les coûts de transport des marchandises et les délais de livraison des fournisseurs sont revenus à leurs niveaux d’avant la pandémie (graphique 1.2).
- En mai 2023, l’Organisation mondiale de la Santé a annoncé qu’elle ne considérait plus la COVID-19 comme une menace sanitaire de portée mondiale.
- Aux États-Unis, la vigueur de la consommation soutient la résilience économique malgré une pénurie d’offre de main-d’œuvre.
- Au deuxième trimestre 2023, le PIB mondial a crû de 3,4 percent par rapport à l’année précédente, dépassant les pronostics, y compris ceux de l’édition d’avril 2023 des PEM.

### Signes de ralentissement après la résilience de début 2023
- Érosion de l’épargne excédentaire : l’encours d’épargne constitué pendant la pandémie s’amenuise dans les pays avancés, surtout aux États-Unis (graphique 1.3).
- Ralentissement du rattrapage dans les services et le tourisme :
  - Les arrivées de touristes internationaux se rapprochent des chiffres antérieurs à la pandémie.
  - La reprise des voyages entre 2021 et 2023 a soutenu fortement la croissance dans les pays à forte part touristique, mais l’effet d’entraînement s’atténue à mesure que l’activité touristique revient à la normale.
  - Un écart de 10 points de pourcentage de la part du tourisme dans le PIB s’accompagne d’un écart de 12 points de pourcentage de croissance cumulée en 2021–23 ; en revanche, pour l’année 2023 seule, cette corrélation est plus de deux fois moins marquée.
- Ralentissement persistant de l’activité manufacturière :
  - Contraction ou ralentissement généralisé dans le secteur manufacturier, accompagné de baisses de la production industrielle, de l’investissement et des échanges internationaux de marchandises (graphique 1.5).
  - Facteurs contributifs : réorientation de la consommation vers les services, baisse de la demande liée au renchérissement du coût de la vie, retrait des aides publiques, durcissement des conditions de crédit, incertitude liée au morcellement géoéconomique.
- Mesures d’autorités monétaires :
  - Le resserrement mondial des politiques monétaires a contribué au ralentissement, mais il porte ses fruits pour réduire l’inflation.
  - Après un pic en 2022, l’inflation mondiale est en baisse constante, sur fond de raréfaction du crédit et de ralentissement des marchés de l’immobilier résidentiel.

### Ralentissement de la croissance en Chine
- Croissance : baisse de 8,9 percent au premier trimestre 2023 à 4,0 percent au deuxième trimestre 2023 (taux trimestriels annualisés et corrigés des variations saisonnières).
- Inflation : estimée à 0,2 percent (en glissement annuel) au deuxième trimestre 2023.
- Secteur immobilier :
  - La crise immobilière est le principal facteur défavorable à la croissance.
  - Country Garden rencontre de graves problèmes de liquidité, indiquant que les difficultés touchent aussi les grands promoteurs.
  - Les promoteurs subissent des contraintes de financement empêchant l’achèvement des logements achetés sur plan, ce qui pénalise la confiance des acheteurs.
  - L’investissement immobilier et les prix du logement continuent de baisser, comprimant les recettes des autorités locales issues des ventes de terrains et menaçant des finances publiques fragiles (graphique 1.6, plage 1).
- Marché du travail et consommation :
  - Chômage des jeunes : niveau supérieur à 20 percent en juin 2023 (graphique 1.6, plage 2).
  - Confiance des consommateurs morose malgré la réouverture.
  - Production industrielle, investissement des entreprises et exportations en repli, affectés par la baisse de la demande extérieure et l’incertitude géopolitique.
- Exposition internationale : pays exportateurs de produits de base et pays impliqués dans les chaînes d’approvisionnement industrielles asiatiques sont les plus exposés à l’essoufflement chinois.

### Inflation : évolution et déterminants
- Évolution globale :
  - L’inflation mondiale est passée d’un pic de 11,6 percent au deuxième trimestre 2022 à 5,3 percent au deuxième trimestre 2023 (taux trimestriels annualisés).
  - Environ quatre cinquièmes de l’écart entre le pic de 2022 et la moyenne annuelle antérieure à la pandémie de 3,5 percent se sont comblés.
  - Au deuxième trimestre 2023, l’inflation globale allait de –0,1 percent en Chine à 2,8 percent dans la zone euro et à 2,7 percent aux États-Unis (graphique 1.7).
- Prix des matières premières :
  - La chute des prix de l’énergie et, dans une moindre mesure, des denrées alimentaires explique en grande partie la baisse de l’inflation globale.
  - Les baisses décidées par l’OPEP+ ont été partiellement compensées par la forte croissance de la production hors OPEP, en particulier aux États-Unis.
  - Les prix du gaz naturel sont bien en deçà du pic de 2022 en raison de stocks abondants et d’approvisionnements depuis la Norvège et l’Afrique du Nord.
  - Les prix des denrées alimentaires ont légèrement baissé en 2023 ; le retrait de la Russie de l’Initiative céréalière de la mer Noire en juillet a réduit l’offre de blé sur les marchés mondiaux.
- Inflation hors alimentation et énergie :
  - Mondialement, l’inflation hors alimentation et énergie est passée d’un pic à 8,5 percent au premier trimestre 2022 à 4,9 percent au deuxième trimestre 2023 (taux trimestriels annualisés), soit presque les deux tiers de la baisse nécessaire pour revenir au taux annuel moyen de 2,8 percent observé avant la pandémie (2017–19).
  - Au deuxième trimestre 2023, l’inflation hors alimentation et énergie allait de 0,3 percent en Chine à 4,6 percent dans la zone euro et à 4,7 percent aux États-Unis.
  - Données de juillet indiquent une hausse de l’inflation hors alimentation et énergie dans la plupart des pays avancés ; des données supplémentaires sont nécessaires pour évaluer pleinement la trajectoire de l’inflation sous-jacente.
- Facteurs explicatifs et transmission :
  - Déterminants : pressions du côté de la demande (marchés du travail), effets de transmission de chocs passés sur les prix relatifs (notamment énergie), et anticipations d’inflation.
  - Dans la zone euro et au Royaume-Uni, l’effet de transmission de fluctuations passées des prix relatifs (notamment énergie) a récemment joué un rôle plus important que chez les États-Unis dans l’accélération de l’inflation hors alimentation et énergie.
  - Aux États-Unis, la pénurie d’offre de main-d’œuvre a joué un rôle décisif.
  - Le ratio postes à pourvoir / chômeurs a diminué récemment, laissant entrevoir une certaine amélioration du marché du travail (graphique 1.10).
  - La croissance des salaires reste limitée et, de manière générale, il n’y a pas de spirale prix–salaires durable dans les pays avancés (graphique 1.11).
  - Les salaires les plus faibles ont augmenté plus vite que la moyenne, comprimant la distribution des salaires.
  - Les anticipations d’inflation à plus long terme sont restées bien ancrées et ont peu contribué aux récentes fluctuations de l’inflation hors alimentation et énergie.

### Autres constats macroéconomiques
- Bénéfices et salaires : les bénéfices des entreprises affichent une solide augmentation depuis deux ans, tandis que les salaires ont augmenté plus lentement que les prix (graphique 1.12).
- Échantillon et couverture : les 35 pays étudiés pour certains graphiques représentent environ 81 percent de la production mondiale en 2022.
- Indicateurs de confiance et d’activité : la production industrielle et les échanges commerciaux montrent un affaiblissement continu ; le rebond des services s’essouffle et la confiance des consommateurs et des entreprises reste faible (graphique 1.5).

_Projet : Chapitre 1, Perspectives et politiques mondiales — Fonds monétaire international | Octobre 2023._

### 2. Zone euro

### 2. Zone euro

### Inflation, salaires et marges
- Dans la première phase de la pandémie (2020–21), la majeure partie de l’augmentation des prix s’expliquait par la hausse des bénéfices.
- Depuis 2022, le coût du travail contribue de manière croissante à la hausse des prix, en particulier aux États-Unis.
- La hausse des bénéfices (produit des ventes moins l’ensemble des coûts) n’implique pas nécessairement un renforcement monopolistique : les bénéfices peuvent augmenter quand une forte hausse de la demande se heurte à des contraintes sur l’offre.
- Analyses basées sur des données d’entreprises : entre 2019 et 2022, au sein des principaux pays avancés, les marges des entreprises ont peu varié.
- Résultats sectoriels en Allemagne et en Italie : en 2022, malgré des augmentations des bénéfices, les marges des entreprises ont été constantes ou en baisse dans plusieurs secteurs d’activité.
- Graphique (Graphique 1.11 et 1.12) : peu de signes d’une spirale prix–salaires ; contributions respectives des bénéfices et de la rémunération du travail présentées en pourcentage, valeur annualisée, pour 2010–19, 2020–21 et 2022–T1 23.

### Politique monétaire et resserrement du crédit
- Les grandes banques centrales dont l’objectif d’inflation n’est toujours pas atteint ont relevé leurs taux en juillet : Banque du Canada, Banque d’Angleterre, Banque centrale européenne et Réserve fédérale.
- Banque du Japon : a poursuivi l’assouplissement monétaire, mais a décidé en juillet d’accorder plus de flexibilité dans le contrôle de la courbe des taux, de sorte que le taux à 10 ans peut désormais augmenter jusqu’à 1 %.
- Chine : l’inflation globale est modérée et inférieure à l’objectif des autorités ; la Banque populaire de Chine a réduit ses taux en juin et en août.
- Resserrement de la politique monétaire observé : taux réels supérieurs aux taux neutres, qui devrait perdurer jusqu’en 2025.
- Impact sur le crédit et l’activité :
  - Les banques ont considérablement restreint l’accès au crédit au cours de l’année écoulée et devraient continuer de le faire au cours des prochains mois.
  - Dans les pays avancés, la demande de crédit et d’investissement s’est contractée pendant la première moitié de l’année.
  - Les marchés immobiliers résidentiels : dans plusieurs pays, les prix augmentent plus lentement ou baissent depuis le début du cycle de resserrement monétaire.
  - Taux de faillite : augmentation dans certains pays (de 20 % aux États-Unis au cours de l’année écoulée).
- Canal du crédit (Graphique 1.14) : indicateurs pour la zone euro et les États-Unis montrent un durcissement des normes de crédit, une baisse de la demande d’investissement et une contraction du crédit (variation en pourcentage, glissement mensuel ; séries couvrant Juin 2021–Juil. 23).

### Hypothèses et trajectoire des taux d’intérêt
- Hypothèses de politique monétaire retenues pour les projections :
  - Réserve fédérale (2023) : taux directeur devrait culminer à environ 5,4 %.
  - Banque d’Angleterre (2023) : pic attendu d’environ 6,0 %.
  - Banque centrale européenne (2023) : pic attendu à 3,9 %.
  - Prévision 2024 : ces trois banques centrales devraient réduire leurs taux directeurs.
- Les prévisions de taux directeurs à moyen terme ont été revues à la hausse, notamment pour le Japon (2026–28) en raison des modifications du cadre de contrôle de la courbe des taux.
- Conséquence : les taux d’intérêt réels sont susceptibles de rester élevés même lorsque les taux nominaux commenceront à diminuer.
- Coordination des politiques monétaires : diminution de la coordination — certaines banques centrales entament un cycle d’assouplissement plus tôt (ex. Banque centrale du Brésil).

### Hypothèses sur les prix des produits de base et perspectives
- Prix des combustibles : devraient chuter de 36 % en moyenne en 2023.
- Cours du pétrole : baisse d’environ 17 %.
- Gaz naturel : baisse prévue de 61 %.
- Charbon : baisse prévue de 51 %.
- Produits de base hors combustibles : baisse prévue de 6,3 % en moyenne en 2023.
- Métaux de base : baisse prévue de 4,7 % en raison d’inquiétudes liées à l’investissement immobilier en Chine.
- Denrées alimentaires : après une hausse de 14,8 % en 2022, elles devraient céder 6,8 % en 2023, restant toutefois bien supérieures à leurs niveaux de 2022.
- Révisions récentes : la révision à la hausse des cours du blé (suite à la suspension de l’Initiative céréalière de la mer Noire) est globalement compensée par des révisions à la baisse des cours d’autres denrées.

### Politique budgétaire et dette publique
- Orientation budgétaire (moyenne) :
  - Pays avancés : assouplissement de la politique budgétaire en 2023 après une hausse des soldes budgétaires en 2022.
  - Pays émergents et pays en développement : orientation budgétaire neutre en 2023.
  - 2024 : rééquilibrage des finances publiques attendu dans les deux groupes de pays.
- L’orientation budgétaire devrait être plus restrictive dans les pays qui ont connu récemment une forte hausse de leur dette publique.
- Relation dette–ajustement : une hausse de la dette publique de 10 points de pourcentage du PIB au cours de la période 2019–22 est associée en moyenne à un rééquilibrage budgétaire (hausse du solde primaire structurel) de 0,8 point de pourcentage du PIB au cours de la période 2022–.

_Source : calculs des services du FMI._

### 24. Parmi les exceptions à cette tendance, on peut

### 24. Parmi les exceptions à cette tendance, on peut 

### Neutraliser les divergences dans les perspectives de croissance
- La croissance mondiale devrait passer de 3,5 percent en 2022 à 3,0 percent en 2023 et à 2,9 percent en 2024 (tableau 1.1).
- Le chiffre pour 2024 a été révisé à la baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport à la projection de la mise à jour des PEM de juillet 2023.
- La Mise à jour des PEM de janvier 2022 prévoyait une croissance mondiale de 3,8 percent en 2023 et de 3,4 percent en 2024.
- La croissance prévue pour 2023–24 est inférieure à la moyenne annuelle de 3,8 percent sur la période 2000–19.
- En glissement annuel, la croissance mondiale a atteint son point le plus bas au quatrième trimestre 2022; dans certaines grandes puissances économiques, le point le plus bas interviendrait au second semestre 2023.

### Prévisions de croissance pour les pays avancés
- Agrégat : baisse de 2,6 percent en 2022 à 1,5 percent en 2023 et à 1,4 percent en 2024 ; prévisions de la mise à jour des PEM de juillet 2023 globalement inchangées.
- Environ 90 percent des pays avancés devraient voir leur croissance ralentir en 2023.
- Chômage : hausse annuelle moyenne de 0,1 point de pourcentage sur 2022–24; hausses plus prononcées attendues au Canada (1,0 point de pourcentage), au Royaume-Uni (0,9 point de pourcentage) et aux États-Unis (0,2 point de pourcentage).
- Prévisions de chômage en 2024 sont en moyenne inférieures de 0,4 point de pourcentage à celles de l’édition d’avril 2023 des PEM.

- États-Unis :
  - Croissance prévue : 2,1 percent en 2023 et 1,5 percent en 2024.
  - Révisions par rapport à la mise à jour de juillet 2023 : +0,3 point de pourcentage pour 2023 et +0,5 point de pourcentage pour 2024.
  - Taux de chômage : passage de 3,6 percent au deuxième trimestre 2023 à un pic de 4,0 percent au dernier trimestre 2024 (pic inférieur aux prévisions précédentes de 5,2 percent et 5,6 percent).
- Zone euro :
  - Croissance prévue : 3,3 percent en 2022, 0,7 percent en 2023 et 1,2 percent en 2024.
  - Révisions par rapport à la mise à jour de juillet 2023 : –0,2 point de pourcentage pour 2023 et –0,3 point de pourcentage pour 2024.
  - Allemagne : prévision revue à la baisse de 0,2 point de pourcentage à –0,5 percent.
  - France : prévision revue à la hausse de 0,2 point de pourcentage à 1,0 percent.
- Royaume‑Uni : croissance de 4,1 percent en 2022 à 0,5 percent en 2023 (révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage).
- Japon : croissance de 1,0 percent en 2022 à 2,0 percent en 2023 (révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage).

### Projections de croissance dans les pays émergents et les pays en développement
- Agrégat : 4,1 percent en 2022 à 4,0 percent en 2023 et 2024; révision à la baisse de 0,1 point de pourcentage en 2024 par rapport à la Mise à jour des PEM de juillet 2023.
- Pays en développement et pays émergents d’Asie :
  - Croissance : 4,5 percent en 2022, 5,2 percent en 2023 et 4,8 percent en 2024.
  - Révisions : –0,1 et –0,2 point de pourcentage en 2023 et 2024, respectivement.
  - Chine : 3,0 percent en 2022; 5,0 percent en 2023 et 4,2 percent en 2024; révisions à la baisse de 0,2 et 0,3 point de pourcentage.
  - Inde : croissance forte à 6,3 percent en 2023 et 2024; révision à la hausse de 0,2 point de pourcentage pour 2023.
- Pays émergents et pays en développement d’Europe :
  - Croissance : 0,8 percent en 2022 à 2,4 percent en 2023 et 2,2 percent en 2024.
  - Russie : –2,1 percent en 2022 à 2,2 percent en 2023 (révision à la hausse de 0,7 point de pourcentage).
  - Ukraine : prévision revue à la hausse de 5,0 points de pourcentage en 2023, croissance attendue à 2,0 percent.
  - Türkiye : révision à la hausse de 1,0 point de pourcentage pour 2023, croissance attendue à 4,0 percent.
- Amérique latine et Caraïbes :
  - Croissance : 4,1 percent en 2022 à 2,3 percent en 2023 et 2024.
  - Révisions : +0,4 et +0,1 point de pourcentage pour 2023 et 2024, respectivement.
  - Brésil : croissance attendue à 3,1 percent en 2023 (révision à la hausse de 1,0 point de pourcentage).
  - Mexique : croissance attendue à 3,2 percent en 2023 (révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage).
- Moyen‑Orient et Asie centrale :
  - Croissance régionale : 5,6 percent en 2022 à 2,0 percent en 2023 et 3,4 percent en 2024.
  - Arabie saoudite : 8,7 percent en 2022 à 0,8 percent en 2023 (révision à la baisse de 1,1 point de pourcentage).
  - Soudan : projection de –18,3 percent pour 2023 (révision à la baisse d’environ 20 points de pourcentage liée à un conflit).
- Afrique subsaharienne :
  - Croissance : 4,0 percent en 2022 à 3,3 percent en 2023 et 4,0 percent en 2024.
  - Révisions : –0,2 et –0,1 point de pourcentage pour 2023 et 2024, respectivement.
  - Nigéria : 3,3 percent en 2022 à 2,9 percent en 2023 et 3,1 percent en 2024 (révision à la baisse de 0,3 point de pourcentage pour 2023).
  - Afrique du Sud : 1,9 percent en 2022 à 0,9 percent en 2023 (révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage).

### L’inflation devrait progressivement refluer jusqu’à l’objectif
- Inflation mondiale annuelle : 8,7 percent en 2022, 6,9 percent en 2023 et 5,8 percent en 2024 (tableau 1.1).
- La prévision pour 2024 est révisée à la hausse de 0,6 point de pourcentage en raison d’un niveau plus élevé que prévu de l’inflation hors alimentation et énergie.
- Inflation globale en glissement annuel : pic à 9,5 percent au troisième trimestre 2022; 5,9 percent au quatrième trimestre 2023; 4,8 percent au quatrième trimestre 2024.
- Désinflation plus marquée dans les pays avancés : baisse moyenne de 2,7 points de pourcentage en 2023; baisse moyenne de 1,3 point de pourcentage pour les pays émergents et en développement.
- Pays en développement à faible revenu : inflation en moyenne supérieure ou égale à 10 percent et ne devrait pas refluer avant 2024.
- Inflation hors alimentation et énergie mondiale : 6,4 percent en 2022, 6,3 percent en 2023 et 5,3 percent en 2024.
- Révisions à la hausse de l’inflation hors alimentation et énergie : +0,3 et +0,6 point de pourcentage pour 2023 et 2024, respectivement, par rapport à la Mise à jour des PEM de juillet 2023.

*Fonds monétaire international | Octobre 2023*

### 2. Zone euro

### 2. Zone euro

### Inflation : trajectoire et dépassement des cibles
- En moyenne annuelle, plus de la moitié des pays ne devraient pas connaître de baisse de l’inflation hors alimentation et énergie en 2023.
- En variation entre le quatrième trimestre 2023 et le quatrième trimestre 2022, environ 86 % des pays disposant de données trimestrielles devraient enregistrer une baisse de l’inflation hors alimentation et énergie.
- Dans la plupart des cas, il faudra attendre au moins jusqu’à 2025 pour que les taux d’inflation retrouvent les valeurs visées par les banques centrales.
- Comparaison des cibles d’inflation officielles avec les dernières prévisions pour 72 pays ayant adopté un régime de ciblage de l’inflation (34 pays avancés et 38 des principaux pays émergents et pays en développement) :
  - En 2023, les taux moyens d’inflation annuelle devraient dépasser les valeurs visées (ou la valeur médiane des intervalles visés) dans 93 % des cas.
  - En 2024, dans 89 % des pays, le taux d’inflation devrait encore dépasser les valeurs visées (ou la valeur médiane des intervalles visés), à hauteur d’un écart médian d’environ 1 point de pourcentage.
  - À l’horizon 2025, dans la plupart des pays, l’inflation devrait se situer dans une fourchette de 0,2 point de pourcentage autour du taux visé (ou des valeurs médianes des intervalles visés).
- Exemples nationaux mentionnés : la Chine, la Thaïlande et le Viet Nam devraient voir leur taux moyen d’inflation rester en deçà de la valeur visée par les autorités, pour des raisons spécifiques exposées (sous-utilisation de l’appareil productif et baisse des coûts de l’énergie pour la Chine ; effets de la baisse des prix de l’énergie et recul de l’inflation du logement pour la Thaïlande ; ralentissement de l’activité et baisse des prix de l’énergie pour le Viet Nam).

### Perspectives de croissance mondiale à moyen terme
- Les prévisions de croissance mondiale à moyen terme sont à leur niveau le plus bas depuis des décennies.
- Dernières prévisions des PEM concernant la croissance mondiale en 2028 : 3,1 %.
- Comparaisons historiques :
  - Projection de croissance à moyen terme juste avant la pandémie (Mise à jour des PEM de janvier 2020) : 3,6 %.
  - Projection juste avant la crise financière mondiale (édition d’avril 2008 des PEM) : 4,9 %.
- Plus de 80 % des pays ont vu leurs perspectives de croissance se dégrader depuis la publication de l’édition d’avril 2008 des PEM.
- Les trois quarts de la baisse de croissance mondiale s’expliquent par la détérioration des perspectives de croissance du PIB par habitant, plutôt que par un simple ralentissement démographique.
- Principaux facteurs de la détérioration des perspectives de croissance par habitant :
  - Ralentissement de l’accumulation potentielle du capital par travailleur.
  - Ralentissement de la croissance de la productivité totale des facteurs de production.
  - Fléchissement du taux d’activité dans les pays avancés (contribution d’environ un tiers de la baisse globale des prévisions de croissance du PIB par habitant), dans un contexte de vieillissement de la population.
- Conséquence : il est peu probable, compte tenu des politiques en vigueur, que la production mondiale retrouve sa trajectoire d’avant la pandémie.
- Perte de production mondiale prévue par rapport aux projections antérieures à la pandémie pour 2028 : environ 5,0 %, soit 6 400 milliards de dollars aux prix de 2023.

### Commerce mondial et positions extérieures
- Croissance du commerce mondial :
  - 5,1 % en 2022.
  - 0,9 % en 2023 (prévision).
  - 3,5 % en 2024 (prévision).
  - Moyenne 2000–19 : 4,9 %.
- Facteurs expliquant la baisse prévue en 2023 : trajectoire et composition de la demande mondiale (favorisant les services intérieurs), effets décalés de l’appréciation du dollar (facturation en dollars ralentissant les échanges), multiplication des obstacles aux échanges.
- Restrictions aux échanges :
  - En 2022, les pays ont imposé environ 3 000 nouvelles restrictions aux échanges.
  - En 2019, moins de 1 000 nouvelles restrictions avaient vu le jour.
- Soldes des transactions courantes au niveau mondial :
  - Devraient s’améliorer en 2023 après une nette dégradation en 2022.
  - La dégradation en 2022 était largement due au renchérissement des produits de base déclenché par la guerre en Ukraine, affectant la balance commerciale pour le pétrole et d’autres produits de base.
- Encours des créanciers et des débiteurs :
  - Ont atteint des niveaux historiquement élevés en 2022, principalement en raison de la hausse des soldes des comptes courants.
  - Sont attendus en légère décélération à moyen terme, au fur et à mesure que les soldes courants diminueront.
  - Dans certains pays, les engagements extérieurs bruts restent historiquement élevés et posent des risques pour le secteur extérieur.

### Risques, incertitudes et scénarios plausibles
- Les risques de dégradation ont diminué depuis l’édition d’avril 2023 des PEM, conduisant à une répartition plus équilibrée des risques pesant sur les perspectives de croissance mondiale.
- Améliorations récentes ayant réduit les risques immédiats : meilleure résistance de l’activité économique que prévu, inflation sur une trajectoire descendante, résolution des tensions sur le plafond de la dette des États-Unis, interventions rapides des autorités suisses et américaines pour limiter les turbulences dans le secteur bancaire.
- Malgré cela, les craintes concernant l’inflation mondiale et la récession demeurent, et la balance des risques reste orientée à la baisse.
- Scénarios plausibles de révision à la hausse des prévisions (atterrissage en douceur) :
  - Baisse plus rapide que prévu de l’inflation sous-jacente, via :
    - Transmission plus forte que prévu de la baisse des prix de l’énergie.
    - Compression des marges bénéficiaires absorbant les hausses de coûts.
    - Baisse du nombre de postes vacants, conduisant à une réduction du ratio postes vacants/chômeurs et réduisant la nécessité d’un resserrement monétaire supplémentaire.
  - Rétablissement plus rapide de la demande intérieure, soutenu par l’épuisement incomplet du stock d’épargne excédentaire accumulé pendant la pandémie et par une consommation encore inférieure aux tendances d’avant la pandémie, laissant place à une reprise possible plus rapide.

*Source : calculs des services du FMI, extrait du chapitre 1 « Perspectives et politiques mondiales », PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DES TRAJECTOIRES DIVERGENTES (Octobre 2023).*

### 2. Position extérieure globale mondiale

### 2. Position extérieure globale mondiale

### Aperçu et contexte
- Les craintes de récession et d’inflation sont suivies via Google Trends (indice, 100 = niveau le plus élevé dans le monde entre 2008 et 2023).
- Depuis la crise financière mondiale de 2008, les projections de croissance mondiale à cinq ans des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) sont passées d’un pic de 4,9 percent (prévision d’avril 2008 pour 2013) à 3,0 percent (prévision d’avril 2023 pour 2028).
- Le repli des perspectives de croissance mondiale à moyen terme entre 2008 et 2023 s’élève à 1,9 point de pourcentage, dont 0,8 point de pourcentage attribué aux pays avancés et 1,1 point de pourcentage aux pays émergents et pays en développement.
- Les dix premières puissances économiques contribuent largement à la révision à la baisse; la contribution combinée des cinq principaux pays émergents (Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Russie) représente environ 0,9 point de pourcentage du repli des perspectives de croissance mondiale à moyen terme entre 2008 et 2023.

### Principaux risques susceptibles de conduire à des révisions à la baisse
- Poursuite du ralentissement de la croissance chinoise, avec risques de propagation via les liens banques—État—entreprises et les intermédiaires financiers non bancaires.
- Surcroît de volatilité des cours des produits de base en raison de chocs climatiques et géopolitiques :
  - Le phénomène El Niño a, dans le passé, "fait grimper les prix alimentaires mondiaux de plus de 6 % en un an" (calculs de la Banque centrale européenne cités par Schnabel, 2023).
  - Suspension de l’Initiative céréalière de la mer Noire en juillet et attaques contre des installations céréalières ukrainiennes augmentent les risques d’instabilité des prix alimentaires.
  - Une hausse des prix du pétrole liée à une baisse de l’offre pourrait réduire l’activité économique mondiale et faire augmenter l’inflation (voir encadré cité).
- Persistance de l’inflation sous-jacente due à des pénuries de main-d’œuvre et à des revendications salariales, et à des anticipations d’inflation à court terme élevées.
- Réévaluations sur les marchés financiers entraînant une hausse soudaine des anticipations de taux d’intérêt et une baisse des prix des actifs, avec risques de contagion pour banques et établissements financiers non bancaires fortement exposés à l’immobilier commercial.
- Surendettement en hausse :
  - La part des pays émergents et des pays en développement dont les écarts de taux sur la dette souveraine sont supérieurs à 1 000 points de base s’élevait à 24 % en août, contre 9,3 % il y a deux ans.
  - Pour l’Afrique subsaharienne, les écarts de taux dépassent encore 680 points de base dans plus de la moitié des cas.
  - La proportion des pays à faible revenu en situation ou à haut risque de surendettement est de 56 % ; pour les pays émergents, elle est de 25 %.
- Intensification de la fragmentation géoéconomique au détriment de la coopération multilatérale, pouvant réduire le PIB mondial annuel de 7 % à long terme (Aiyar et al., 2023).
- Reprise possible des troubles sociaux, surtout en cas de nouvelles flambées des prix des denrées alimentaires et des combustibles.

### Évaluation quantitative des risques (probabilités issues des PEM)
- Probabilité que la croissance mondiale en 2023 tombe en dessous de 2,0 percent : environ 5 percent (contre 25 percent dans l’édition d’avril 2023 des PEM).
- Probabilité que la croissance mondiale en 2024 tombe en dessous de 2,0 percent : environ 15 percent (contre 25 percent dans l’édition d’avril 2023 des PEM).
- Probabilité qu’en 2024 le PIB réel mondial par habitant se contracte : inférieure à 10 percent.
- Probabilité qu’en 2024 la croissance mondiale dépasse 3,8 percent (moyenne historique 2000–2019) : inférieure à 20 percent.
- Probabilité que l’inflation hors alimentation et énergie soit plus élevée en 2024 qu’en 2023 (au lieu de baisser à 5,3 percent, contre 6,3 percent en 2023) : environ 15 percent.

### Données et constats sur la dette et les coûts de service
- Dans les pays à faible revenu, les paiements d’intérêts représentent "près d’un huitième" des recettes publiques.
- Les écarts de rendement observés sur les obligations souveraines des pays émergents et des pays en développement présentent une distribution régionale avec des valeurs élevées (graphique illustratif présenté).

### Mesures prioritaires pour l’action publique (court et moyen terme)
- Mesures donnant des résultats à court terme
  - Rétablir durablement la stabilité des prix :
    - Les banques centrales doivent généralement conserver une orientation restrictive jusqu’à signes évidents de ralentissement de l’inflation sous-jacente.
    - Dans les pays où l’inflation est déjà inférieure au taux visé, une orientation plus accommodante peut être nécessaire.
  - Composer avec l’incertitude sur le chemin de la désinflation : prendre en compte difficultés d’estimation des taux neutres et retards de transmission monétaire.
  - Coordonner politiques monétaire et budgétaire : prévisions législatives de réductions de dépenses ou augmentations d’impôts peuvent renforcer la crédibilité des stratégies de désinflation.
  - Assurer le suivi des conditions financières et être prêt à employer des outils de stabilité financière pour contenir les tensions.
  - Renforcer la surveillance et remédier aux tensions dans le secteur financier : mise en œuvre des normes de Bâle III, combler les lacunes dans la surveillance du secteur financier non bancaire, mesures macroprudentielles préventives, recours à des instruments de liquidité ciblés, et intervention plus énergique de l’administration centrale en Chine pour traiter les tensions immobilières.
  - Normaliser la politique budgétaire : resserrement d’orientation budgétaire justifié dans de nombreux cas pour rétablir marges de manœuvre, réorientation des dépenses vers des postes ciblés pour soutenir la demande lorsque les marges sont limitées.
  - Aider les plus fragiles : concevoir l’ajustement budgétaire pour protéger les plus vulnérables via aides ciblées aux ménages ; retrait progressif des mesures budgétaires non ciblées lorsque les prix de l’énergie reviennent aux niveaux d’avant la pandémie.
  - Éviter le surendettement : accélérer coordination et résolution de la dette via le cadre commun du G20 et la table ronde mondiale sur la dette souveraine ; exemple récent positif cité (accord entre la Zambie et son comité de créanciers officiels).
  - Renforcer la sécurité alimentaire : lever les interdictions d’exportation de produits alimentaires dès que possible et resserrer la coopération multilatérale en matière de sécurité alimentaire.
  - Stimuler l’offre de travail : réformes du marché du travail, programmes de formation, politiques favorisant l’emploi des femmes et des personnes âgées, politiques d’immigration actives dans les pays avancés.
- Mesures donnant des résultats à moyen terme
  - Accélérer les réformes macrostructurelles : trains de réformes bien planifiées pourraient augmenter le niveau de la production de 4 percent en deux ans et de 8 percent en quatre ans dans les pays affichant d’importants écarts structurels.
  - Accélérer la transition écologique et atténuer les effets du changement climatique :
    - Tarification du carbone, subventions aux investissements verts, mécanismes d’ajustement carbone aux frontières bien conçus et conformes aux règles de l’OMC.
    - Investissements dans l’adaptation au changement climatique et renforcement des filets de sécurité et des assurances.
  - Mettre en place un "corridor écologique" et renforcer le partage des données : préserver le commerce international des minerais essentiels à la transition écologique, diversifier les sources d’approvisionnement, et améliorer la collecte et la normalisation des données sur les minerais essentiels.
  - Renforcer la coopération multilatérale : rétablir un mécanisme contraignant de règlement des différends à l’OMC et clarifier l’application des règles de l’OMC aux mesures prises pour le climat ; régulation internationale des technologies émergentes (par ex., intelligence artificielle).

### Observations sur la trajectoire de convergence et la productivité
- Le repli des perspectives de croissance à moyen terme tient pour une large part à une baisse anticipée de la productivité totale des facteurs (PTF) :
  - Pour les pays avancés, le repli est imputable principalement à l’érosion de la croissance de la PTF, suivie par la baisse du taux d’activité et le ralentissement de l’accroissement du ratio capital/travail.
  - Pour les pays émergents et pays en développement, la baisse de la PTF explique environ 60 percent du recul prévu, suivie par l’essoufflement de l’accroissement du ratio capital/travail.
- Effet sur la convergence des revenus :
  - Les prévisions d’avril 2008 impliquaient un taux de convergence absolue de 0,9 percent par an (pondéré par la population). Les projections d’avril 2023 supposent un taux de convergence de 0,5 percent par an.
  - La "demi-vie" attendue pour que les pays émergents et pays en développement comblent la moitié de l’écart de revenu par habitant avec les pays avancés a été révisée, sur une base pondérée par la population, de 80 ans (prévisions d’avril 2008) à quelque 130 ans (prévisions d’avril 2023).

*Source : calculs des services du FMI, extrait de "Perspectives de l’économie mondiale : Des trajectoires divergentes", Octobre 2023.*

### 1. Pays avancés

### 1. Pays avancés

### Contributions à la croissance par habitant et convergence des revenus
- Graphiques comparant les périodes 2000–04 et 2024–28 : les barres bleu foncé et rouge foncé représentent la moyenne pour la période des projections à cinq ans des taux de croissance par habitant ; les barres bleu pâle et rouge pâle représentent les contributions, en points de pourcentage, à la réduction totale de la croissance par habitant au cours des périodes 2000–04 et 2024–28.
- Échantillon : comprend des pays pour lesquels un ensemble complet de projections est disponible pour toutes les variables, et représente environ 60 % du PIB mondial en parités de pouvoir d’achat en 2023.
- Hypothèses de capital : la base de données des PEM comporte des prévisions pour la formation brute de capital fixe, utilisées pour construire le stock de capital ; les taux de dépréciation historiques sont tirés du tableau Penn World (et sont supposés constants à partir de 2019). Le stock de capital initial est estimé sur la base des ratios capital/production tirés du tableau Penn World, en supposant une part du capital dans la production égale à 0,35.
- Estimations de convergence (Graphique 1.1.5) :
  - β = –0,5401***
  - β = –0,0019
  - β = –0,8509***
  - β = –0,3021***
- Observations qualitatives : les régressions pondérées accordent davantage de poids aux pays plus peuplés et affichant une croissance plus rapide (par ex. Chine et Inde). Les régressions non pondérées indiquent des taux de convergence attendus encore plus lents se rapprochant de zéro dans les projections d’avril 2023 des PEM. Les pays plus pauvres ont déjà subi des pertes de revenu plus importantes durant la reprise consécutive à la pandémie.

### Intervalles de confiance : méthode et principaux résultats
- Méthodologie : s’appuie sur le modèle G20 (Andrle et al., 2015) ; chocs économiques implicites échantillonnés non paramétriquement et réinjectés pour générer des distributions prédictives ; agrégation des distributions nationales pour obtenir des distributions pour les variables macroéconomiques mondiales.
- Deux changements par rapport à avril :
  - Les chocs ne sont plus suréchantillonnés à partir de 1982 ; échantillonnage uniforme pour refléter des risques devenus plus équilibrés.
  - La distribution pour les chocs de 2023 s’est rétrécie puisque les résultats pour le premier semestre de l’année sont connus.
- Probabilités clés pour la croissance mondiale :
  - Probabilité de 70 % que la croissance mondiale de 2023 s’établisse entre 2,6 % et 3,4 %.
  - Probabilité de 70 % que la croissance mondiale en 2024 soit comprise entre 1,9 % et 4,0 %.
- Probabilités clés pour l’inflation mondiale :
  - Probabilité de 70 % que l’inflation globale pour 2023 soit supérieure ou inférieure d’environ 0,7 point de pourcentage au niveau actuellement projeté.
  - Probabilité évaluée à 25 % que l’inflation globale soit plus élevée en 2024 qu’en 2023 (contre moins de 10 % en avril).
  - Probabilité estimée à 15 % que l’inflation hors alimentation et énergie dépasse son niveau de 2023 en 2024 (contre environ 5 % en avril).
- Risque de croissance mondiale inférieure à 2 % en 2024 : évalué à 15 % environ (contre 25 % en avril).

### Scénarios analysés (aléas haussiers et baissiers)
- Aléas haussiers
  - Désinflation mondiale plus marquée que prévu liée à l’atténuation des perturbations des approvisionnements :
    - Hypothèse : prix à la consommation des biens manufacturés par rapport aux services renouant avec le niveau tendanciel à horizon deux ans (actuellement estimé à 1 % au-dessus de la tendance globale avant la pandémie).
    - Impulsion dans le scénario : –20 points de base d’inflation hors alimentation et énergie en 2023 et –50 points de base en 2024 (par rapport au scénario de référence) ; pour les autres pays (sauf Chine), l’impulsion équivaut aux deux tiers ; la Chine subit un choc moindre.
    - Effets : inflation plus faible augmente le pouvoir d’achat mondial et permet des baisses plus rapides des taux par les banques centrales, stimulant consommation, investissement et commerce.
  - Redressement plus prononcé de l’investissement dans les pays avancés :
    - Contexte : formation brute de capital fixe mondiale près de 10 % en deçà de la tendance antérieure à la pandémie.
    - Hypothèse : l’investissement dépasse de 3 % le niveau de référence d’ici à 2025 pour le groupe des pays avancés.
    - Effets : hausse modeste de la production mondiale, mais pression supplémentaire sur l’inflation (courbes de Phillips supposées deux fois plus sensibles à la demande).
- Risques baissiers
  - Confiance en berne en Chine :
    - Hypothèse : contraction plus forte du secteur immobilier, baisse de la consommation et absence de soutien efficace ; conséquence : consommation privée et formation brute de capital fixe de la Chine diminuent jusqu’en 2025 d’environ 5 % et 3,5 %, respectivement, par rapport au scénario de référence. Le choc s’estompe au‑delà de 2025.
  - Délais de transmission plus longs et effets plus marqués du resserrement monétaire :
    - Hypothèse : effets plus prononcés qu’attendu se matérialisant d’ici à fin 2023 et surtout en 2024 ; calibration fondée sur comparaisons entre modèle G20, FRB/US et modèles pour la zone euro.
    - Groupes les plus touchés : pays avancés (Australie, Canada, États‑Unis, Royaume‑Uni) et certains émergents (Brésil, Mexique).
  - Durcissement des conditions financières dans les pays émergents :
    - Hypothèse : primes sur les titres souverains et d’entreprises augmentent respectivement de 200 et 150 points de base environ au premier semestre de 2024 par rapport au scénario de référence, le durcissement se poursuivant partiellement au second semestre de 2024 et en 2025.
    - Hypothèse monétaire : monnaies des pays émergents se déprécient de 10 % par rapport au dollar au premier semestre de 2024.

### Répercussions chiffrées sur la production et l’inflation mondiales
- Format : effets sur le PIB mondial exprimés en écarts en pourcentage par rapport au niveau de référence ; effets sur l’inflation mondiale hors alimentation et énergie exprimés en écarts en points de pourcentage par rapport au niveau de référence.
- Principaux résultats par scénario :
  - Scénario désinflationniste :
    - Inflation mondiale hors alimentation et énergie : point le plus bas à –0,4 point de pourcentage en 2024 par rapport au niveau de référence.
    - PIB mondial : accroissement de 0,5 % en 2024, qui perdure en 2025.
    - Taux directeurs dans les pays avancés : diminuent de 0,3 point de pourcentage par rapport au niveau de référence.
  - Scénario de redressement de l’investissement dans les pays avancés :
    - Production mondiale : augmentation modeste pouvant atteindre 0,3 % d’ici à 2025.
    - PIB dans les pays avancés : impact culminant à 0,6 % en 2025.
    - Inflation hors alimentation et énergie : hausse de 0,3 point de pourcentage.
    - Taux directeurs : nécessité de relever d’environ 0,75 point de pourcentage par rapport au niveau de référence.
    - Retombées sur les pays émergents : limitées.
  - Scénario pessimiste pour la Chine :
    - PIB de la Chine : amputé de pas moins de 1,6 % en 2025 par rapport au niveau de référence.
    - Inflation hors alimentation et énergie : baisse d’environ 1 point de pourcentage en 2025.
    - Impact sur la production mondiale : –0,6 % d’ici à 2025.
  - Scénario de délais plus longs de transmission de la politique monétaire :
    - Production mondiale : diminution d’environ 0,4 % d’ici à 2024.
    - Inflation mondiale hors alimentation et énergie : recul modeste de –0,1 point de pourcentage en 2024.
    - Effets dans les pays avancés : –0,6 % pour la production et –0,2 point de pourcentage pour l’inflation hors alimentation et énergie.
    - Taux directeurs : abaissés de 50 points de base dans les pays avancés en 2024 par rapport au niveau de référence.
  - Durcissement des conditions financières dans les pays émergents :
    - Production mondiale : réduction de 0,5 % d’ici à 2024.
    - Effets plus marqués dans les pays émergents ; pays avancés également pénalisés via perte de compétitivité.
    - Différences initiales de réaction de l’inflation entre groupes : désinflation modérée initiale dans les pays émergents (monnaie se déprécie) et désinflation plus prononcée dans les pays avancés (monnaie s’apprécie), avant convergence en 2025.

*Fonds monétaire international | Octobre 2023*

### 2. Incidence sur l’inflation hors alimentation

### 2. Incidence sur l’inflation hors alimentation et énergie

### Évolution des marchés des produits de base
- Indice global : baisse de 7,5 percent entre février et août 2023.
- Métaux de base : chute de 15,7 percent entre février et août 2023.
- Gaz naturel européen (TTF) : plonge de 36,0 percent entre février et août 2023, atteignant une moyenne mensuelle de 10,7 dollars le million de BTU.
- Pétrole brut :
  - Hausse de 4,4 percent entre février et août 2023, restant nettement en deçà du pic de 115 dollars atteint en juin 2022.
  - Réductions de production annoncées par l’OPEP+ : 1,2 million de barils par jour en avril ; réductions volontaires supplémentaires de 1 million de barils par jour (Arabie saoudite) et de 0,3 million de barils par jour (Russie).
  - Forte croissance de la production hors OPEP, en particulier aux États‑Unis : +1,1 million de barils par jour prévue cette année.
- Prévisions et marchés à terme :
  - Cours du Brent attendus en moyenne à 80,5 dollars le baril en 2023 (baisse de 16,5 percent en glissement annuel, contre 96,4 dollars en 2022).
  - Cours du Brent prévisionnel à 72,7 dollars en 2026.
  - Incertitudes importantes : risques de hausse (nouvelles réductions OPEP+, escalade en mer Noire, investissements insuffisants) et risques de baisse (repli mondial de l’activité, ralentissement de la demande chinoise, pénétration plus rapide des véhicules électriques).
- Gaz naturel et GNL :
  - Prix du GNL asiatique : recul de 26,4 percent entre février et août 2023.
  - Prix Henry Hub (États‑Unis) : augmentation de 8,6 percent depuis février, atteignant 2,6 dollars le million de BTU en moyenne en août 2023.
  - Courbes à terme TTF : moyenne annuelle anticipée passant de 13,6 dollars le million de BTU à 17,5 dollars le million de BTU en 2024, puis retombant à 9,1 dollars le million de BTU d’ici à 2028.
  - Henry Hub prévu : moyenne annuelle de 2,7 dollars le million de BTU en 2023 à 3,9 dollars le million de BTU en 2028.
- Produits agricoles :
  - Indice des prix des denrées alimentaires et des boissons : repli de 6,7 percent entre février et août 2023.
  - Prix des céréales : diminution continue ; en août, inférieurs de 20,7 percent aux niveaux de février, mais supérieurs de 7,7 percent à la moyenne des cinq dernières années.
  - Risques haussiers : fin de l’initiative céréalière de la mer Noire, effets aléatoires d’El Niño, multiplication des restrictions aux exportations (ex. Inde pour le riz).
- Métaux et or :
  - Révision à la baisse des prévisions des métaux de base : -4,7 percent en 2023 et -7,1 percent en 2024.
  - Cours de l’or : restent élevés en raison du ralentissement du resserrement de la Réserve fédérale et d’une demande de couverture contre l’inflation.

### Canal des prix des produits de base de la politique monétaire
- Rôles théoriques par lesquels la politique monétaire américaine influence les prix des produits de base :
  1. Canal du coût de portage (coût d’opportunité du stockage).
  2. Canal de l’économie réelle (consommation actuelle et future).
  3. Canal de la liquidité et du portefeuille (conditions financières et liquidité des marchés).
  4. Canal des taux de change (produits de base libellés en dollars).
- Particularité de la Réserve fédérale : influence majeure via le dollar et le cycle financier mondial.

### Méthode empirique et réactions à haute fréquence
- Méthode : projections locales (inspirées de Jarociński et Karadi (2020)) pour évaluer l’effet des surprises de politique monétaire sur les prix des produits de base (1990–2019, prix libellés en dollars).
- Réactions estimées à un choc de politique monétaire de 10 points de base (surprise) :
  - Indice des métaux de base : repli de 2,5 percent (pic après environ 20 jours).
  - Prix du pétrole : baisse de 2 percent (pic après environ 20 jours).
  - Coton et caoutchouc : baisse similaire.
  - Produits alimentaires (ex. céréales) : réaction moindre (moins de 1 percent) et estimée avec moins de précision.
  - Or : diminution de 1,1 percent après 23 jours (réaction estimée de façon précise).
  - Dollar : appréciation de 0,4 percent (impact éphémère).
- Interprétation : résultats compatibles avec les canaux du coût de portage et de l’économie réelle ; effets plus marqués pour les produits faciles à stocker.

### Effets de retour domestiques et retombées internationales
- Effets agrégés d’un relèvement de 10 points de base du taux des fonds fédéraux :
  - Prix du pétrole : baisse de 2 percent au moment de l’impact, effet perdurant pendant huit mois.
  - Prix des denrées alimentaires : diminution de 1 percent, effet moins durable.
  - Réactions de l’IPC global, de la production industrielle et du taux de change : compatibles avec un resserrement monétaire.
- Contribution du canal des prix des produits de base à la baisse de l’IPC global :
  - Référence : baisse observée de 0,12 point de pourcentage de l’IPC global au cours des six premiers mois après le choc.
  - Scénario sans réaction des prix du pétrole et des denrées alimentaires : baisse de 0,07 point de pourcentage de l’IPC global sur six mois.
  - Implication : contribution estimée du canal des prix des produits de base égale à 41 percent sur les six premiers mois.
  - Temporalité : contribution similaire pour la première année, puis décroissante au fil du temps à mesure que l’inflation hors alimentation et énergie devient le moteur principal.
- Rôle prépondérant du pétrole : influence directe sur les prix alimentaires ; sens inverse moins marqué.

### Résultats synthétiques et horizons
- Horizons typiques des baisses maximales observées après un choc de 10 points de base (jours) : métaux de base (18), pétrole brut (21), coton et caoutchouc (18), boissons (14), métaux précieux (23), céréales (8), oléagineux (18), alimentation (18), viande (1).
- Incertitudes et limites :
  - Réactions des prix du gaz naturel (Henry Hub) non prises en considération dans l’estimation d’ensemble en raison d’évolutions structurelles ; pour 1990–2019, pas de réaction générale, mais sous‑échantillon 2016–19 montre une baisse sensible après resserrement US.
  - Résultats robustes à différentes découpes temporelles (avant/après 2004) sauf pour le gaz naturel.

_Source : calculs des services du FMI._

### 2. Cours des denrées

### 2. Cours des denrées

### Effets de la politique monétaire sur les prix des produits de base
- La politique monétaire a un impact prononcé et direct sur les prix des produits de base, en particulier sur ceux des produits de base industriels et stockables comme le pétrole et les métaux.
- Les chocs de politique monétaire aux États‑Unis ont rapidement des effets de retour et des retombées sur les autres pays.
- Après un choc de politique monétaire de 10 points de base, la baisse des prix du pétrole et des denrées alimentaires sur une période de six mois réduit l’inflation intérieure et celle des autres pays de 0,05 % en moyenne.
- Le canal des prix des produits de base de la politique monétaire des États‑Unis a des retombées plus fortes sur les autres pays que les effets de retour sur les États‑Unis.

### Quantifications clés (moyennes et contributions)
- Contribution moyenne des prix des produits de base sur une période de six mois : 43 %.
- Pour le pays moyen de l’échantillon, le canal des prix des produits de base explique 66 % des retombées totales de la politique monétaire des États‑Unis sur l’inflation au cours des six premiers mois.
- La contribution du seul prix du pétrole s’élève à 48 %.
- Pour les États‑Unis, le canal des prix des produits de base représente 41 % du repli total de l’IPC global des États‑Unis.
- Résultats d’impulsions indiqués dans le tableau (réaction moyenne de l’IPC à une hausse de 10 points de base du taux d’intérêt) incluent des valeurs telles que : –0,12 ; –0,09 ; –0,07 ; –0,06 ; –0,02 ; –0,01 (ventilation sur horizons 0–6 mois, 0–12 mois, 12–24 mois et contributions entre parenthèses indiquant le canal des produits de base).

### Transmission et hétérogénéité entre pays
- Les retombées des chocs de politique monétaire aux États‑Unis tendent à être plus importantes pour les prix à la consommation dans les autres pays avancés.
- La réaction des prix à la consommation dans les pays émergents et leurs canaux des prix des produits de base sont estimés de manière moins précise, les pays émergents tendant à avoir des prix plus réglementés.
- Il n’existe pas de canal des prix des produits de base significatif pour l’inflation hors alimentation et énergie.

### Asymétries et ampleur des chocs
- Pour l’inflation alimentaire : aucune preuve que les répercussions sont plus fortes en cas d’envolée des prix des produits de base qu’en cas de chute, ni que les répercussions sont plus marquées pour les hausses que pour les baisses.
- Certaines données montrent que les répercussions de vastes chocs du prix du pétrole sur l’inflation énergétique intérieure pourraient être deux fois plus fortes que pour des chocs de faible ampleur.
- Pour l’inflation alimentaire : les répercussions sur les prix des denrées alimentaires sont plus prononcées en cas de chocs de plus grande ampleur.

### Implications pour la conduite des banques centrales
- Les grandes banques centrales, lorsqu’elles fixent leurs objectifs, devraient prendre en considération leurs effets de retour et leurs retombées par le canal des prix des produits de base.
- Elles devraient anticiper des répercussions plus fortes durant les périodes d’amples fluctuations des cours des produits de base (par rapport aux périodes de faibles variations).
- Le canal des prix des produits de base pourrait être renforcé durant les périodes de grande coordination des politiques monétaires, la Réserve fédérale donnant souvent le ton de l’orientation de la politique monétaire mondiale.

*Sources : Agence d’information sur l’énergie des États‑Unis ; Bloomberg L.P. ; Conseil des gouverneurs du Système fédéral de réserve ; Bureau of Labor Statistics des États‑Unis ; Organisation des Nations Unies, base de données Comtrade ; Banque mondiale ; calculs des services du FMI.*

### 2. Réaction de l’inflation de l’énergie à une hausse de 1 %

### 2. Réaction de l’inflation de l’énergie à une hausse de 1 %

### Réponse estimée et notes méthodologiques
- Courbe de réponse (échelle verticale) : valeurs observées indiquées de "0,0", "0,1", "0,2", "0,3", "0,4", "0,5".
- Axe des abscisses : nombre de mois écoulé après le choc, de "0" à "12".
- Sources : Ha, Kose et Ohnsorge (2021) ; calculs des services du FMI.
- Note méthodologique : La zone ombrée correspond à un Intervalle de confiance à 90 %. Le coefficient sur les fluctuations de grande (faible) ampleur des prix est estimé à partir d’un sous-échantillon de variations de prix supérieures à un écart-type (inférieures ou égales à un écart-type).

### Extraits de projections macroéconomiques par région et pays (sélection d’éléments fournis dans les tableaux)
- CHAPITRE 1 — PERSPECTIVES ET POLITIQUES MONDIALES (extraits de tableaux d’annexe)
- Europe (ligne d’agrégat telle que présentée) : "Europe2,71,21,515,410,59,42,02,02,1........."
- Pays avancés (agrégat) : "Pays avancés3,50,0 71,28,55,93,31,92,52,66,06,06,0"
- Zone euro (agrégat) : "Zone euro4, 5 3,30,71,28,45,63,3–0,71,21,46,76,66,5"
- Monde — production réelle mondiale par habitant (récapitulatif) : "Monde 2,32,01,92,52,51,7–4,05,33,02,01,9"
- Pays émergents et pays en développement (agrégat, production par habitant) : "Pays émergents et pays en développement4,32,82,83,33,32,3–3,15,73,52,92,9"
- Chine (production par habitant) : "Chine9,46,56,26,46,35,62,18,43,15,04,2"
- Inde (production par habitant) : "Inde6,26,77,05,65,32,8–6,78,26,55,55,3"
- Afrique subsaharienne (production par habitant) : "Afrique subsaharienne2,50,4–1,30,20,50,4–4,32,11,40,81,4"

### Observations tirées du contenu fourni
- La figure montre une réponse positive de l’inflation de l’énergie à un choc de 1 % des cours mondiaux des denrées alimentaires, avec des coefficients allant de "0,0" jusqu’à "0,5" sur l’horizon de 12 mois.
- Les intervalles de confiance (90 %) sont affichés (zone ombrée) pour illustrer l’incertitude des estimations.
- Les tableaux d’annexe fournissent de larges séries de projections macroéconomiques par pays et par région (PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant en pourcentage du PIB, chômage en pourcentage), avec valeurs pour 2022 et projections pour 2023–2024 telles qu’énoncées textuellement dans les tableaux.

*Source : extrait du PDF fourni (estimations et calculs des services du FMI).*

### 102924.  https:// doi .org/ 10 .1016/ j .jdeveco .2022 .102924.

### Anticipations d’inflation et implications pour la politique monétaire

### Tendances récentes
- En 2022, l’inflation a atteint, dans de nombreux pays, des niveaux jamais observés ces dernières décennies.
- L’inflation globale a ralenti depuis, parallèlement à l’atténuation des perturbations des chaînes d’approvisionnement et du recul des prix des produits de base.
- L’inflation hors alimentation et énergie se révèle plus tenace.
- Les anticipations des prévisionnistes professionnels, des marchés financiers, des ménages et un nouvel indicateur sur les perceptions des entreprises concordent sur la dynamique générale de l’inflation.
- Depuis 2022, les anticipations d’inflation à court terme ont sensiblement grimpé dans différents pays, tandis que les anticipations à long terme (à un horizon de cinq ans) sont globalement restées ancrées.

### Rôle des anticipations dans la dynamique de l’inflation
- Les épisodes passés où les anticipations d’inflation ont augmenté pendant une période d’au moins un an montrent qu’il faut en moyenne environ trois ans pour que l’inflation et les anticipations d’inflation à court terme (à un horizon de 12 mois) reviennent à leur niveau antérieur à l’épisode, compte tenu de la réponse alors adoptée par la banque centrale.
- Les estimations empiriques mettent en évidence l’importance croissante des anticipations à court terme pour comprendre la dynamique de l’inflation.
- Un nouveau modèle macroéconomique introduit deux types d’agents selon leur formation des anticipations : agents à apprentissage prospectif et agents à apprentissage rétrospectif.
  - Dans les pays où les agents rétrospectifs sont plus nombreux, les tensions sur les prix sont plus durables et la capacité d’influence de la politique monétaire est plus faible, car ces agents ne prennent pas en compte les effets futurs de la politique monétaire.
  - Les estimations indiquent que la part de ces agents rétrospectifs est plus élevée dans les pays émergents que dans les pays avancés.

### Implications pour la politique monétaire et recommandations
- Favoriser l’augmentation de la proportion d’individus prospectifs peut :
  - Faciliter un retour de l’inflation à sa cible plus rapide.
  - Réduire le coût en termes de production associé au retour de l’inflation à la cible.
  - Accroître les chances d’un « atterrissage en douceur ».
- Des mesures ciblées comprennent :
  - Amélioration du cadre de politique monétaire.
  - Renforcement de la stratégie de communication des banques centrales pour influencer les anticipations, en particulier les anticipations à court terme.

*Source : Extrait du chapitre sur les anticipations d’inflation (texte fourni).*

### Introduction

### Introduction

### Contexte général
- Après les chocs provoqués par la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’inflation, en 2022, a atteint dans le monde des niveaux jamais observés depuis des décennies, nettement supérieurs à l’objectif fixé par les différentes banques centrales, en particulier dans les pays avancés.
- Le resserrement monétaire réoriente progressivement la demande vers la production potentielle, les perturbations des chaînes d’approvisionnement s’estompent et les prix des produits de base reculent : l’inflation globale ralentit, mais les tensions tendancielles sur les prix (mesurées par l’inflation hors alimentation et énergie) demeurent élevées.
- Les prévisionnistes professionnels estiment que les taux d’inflation devraient s’approcher de la cible définie par les différentes banques centrales en 2024, parallèlement à un déplacement de leur écart médian vers zéro et à un net rétrécissement de leur distribution. Toutefois, ils considèrent également que les taux ne reviendront vraiment à leur valeur cible qu’en 2026, en moyenne.

### Questions de recherche du chapitre
- Quelle est la trajectoire des anticipations d’inflation, selon le type d’agents ou l’horizon considéré, avant et après la pandémie dans les différents pays ? Observe-t-on des signes de désancrage des anticipations depuis 2021 ? Ou bien, le relèvement rapide des taux directeurs en 2022 semble-t-il avoir contenu les risques ?
- Dans quelle mesure les anticipations déterminent-elles la dynamique de l’inflation, en particulier depuis le choc provoqué par la pandémie de COVID-19 ? Le niveau effectif de l’inflation (faible ou élevé) a-t-il une incidence sur le pouvoir explicatif de ces anticipations ?
- Comment les anticipations influent-elles sur l’efficacité de la politique monétaire et comment la politique monétaire influence-t-elle les anticipations ? Comment le processus de formation des anticipations affecte-t-il les arbitrages que les autorités monétaires doivent opérer pour ramener le taux d’inflation vers sa valeur cible ?

### Principaux résultats empiriques et modélisés
- Trajectoires des anticipations à court terme (horizon de 12 mois) :
  - Les trajectoires des différents types d’agents sont globalement semblables et montrent une forte augmentation en 2022.
  - Les indicateurs étudiés incluent les prévisionnistes professionnels et les ménages (enquêtes), les anticipations implicites des marchés financiers et un nouvel indicateur des anticipations des entreprises construit pour ce chapitre (analyse textuelle des téléconférences sur les résultats financiers).
- Anticipations à long terme (horizon de cinq ans) :
  - Malgré l’envolée de l’inflation en 2022 dans de nombreux pays, les anticipations d’inflation à long terme sont restées stables dans le pays moyen.
  - Plusieurs indicateurs (écarts par rapport à la valeur cible, variabilité des anticipations, divergences d’anticipations) indiquent que les anticipations à long terme demeurent bien ancrées dans la plupart des pays.
- Durée de retour après épisodes d’anticipations élevées :
  - L’étude d’épisodes passés où les anticipations ont augmenté de façon continue et durable suggère que ces dernières ne baissent que lentement : il a fallu environ trois ans pour que l’inflation et les anticipations à court terme reviennent à leurs niveaux antérieurs à l’épisode concerné.
  - Les taux directeurs réels sont en moyenne plus élevés maintenant que lors de ces épisodes passés, suggérant que l’ampleur du resserrement monétaire appliqué depuis 2022 est inhabituelle.
- Rôle des anticipations dans la dynamique de l’inflation :
  - Les anticipations à court terme sont un moteur essentiel de la dynamique de l’inflation et expliquent une part croissante de l’inflation effective depuis 2022.
  - Dans les pays avancés, le chapitre met en évidence le rôle substantiel des anticipations d’inflation via une nouvelle stratégie d’identification causale pour estimer des courbes de Phillips.
  - Dans les pays émergents, l’inflation retardée constitue aussi un facteur important, ce qui indique un poids plus grand des individus formant leurs anticipations sur une base rétrospective.
  - Des signes indiquent que l’impact des anticipations d’inflation sur l’inflation est généralement plus marqué lorsque l’inflation est forte.
- Modélisation (DSGE avec agents prospectifs et rétrospectifs) :
  - La perte de production générée par un resserrement monétaire s’amplifie avec la proportion d’individus rétrospectifs dans l’économie et avec le niveau de l’inflation effective.
  - Améliorer le cadre et les messages de politique monétaire (simplification, augmentation de la fréquence des messages, meilleur ciblage des destinataires) accroîtrait la proportion d’individus prospectifs et ferait baisser un peu plus vite les anticipations d’inflation et l’inflation effective ; ces mesures peuvent être longues ou difficiles à appliquer.
  - Si les banques centrales cherchaient seulement à ramener rapidement l’inflation vers sa valeur cible, elles resserreraient encore plus leur politique et atteindraient leur objectif deux ans plus tôt qu’actuellement indiqué dans les projections, mais au prix d’une contraction plus sévère de l’activité.
  - En arbitrant entre ramener l’inflation vers la cible, porter la production à son niveau potentiel et lisser la trajectoire des taux directeurs, il faudrait probablement trois à quatre ans environ pour que l’inflation et les anticipations s’approchent de nouveau de la cible fixée par la banque centrale, d’après un scénario modélisant un pays avancé représentatif dans le contexte actuel d’inflation.

### Tendances récentes des anticipations d’inflation
- Comparaison des anticipations des prévisionnistes professionnels, des marchés financiers, des ménages et des entreprises :
  - Les anticipations à court terme (12 mois) des quatre catégories d’agents suivent des trajectoires globalement similaires : une envolée à partir de 2021, des pics en 2022, puis un début de désescalade.
  - Pour surmonter la rareté des données d’entreprises, un nouvel indicateur a été construit à partir d’une analyse textuelle des téléconférences sur les résultats financiers.
  - Les valeurs de chaque indicateur, pour les différentes catégories d’agents et économies, sont comprises entre deux écarts-types et demi et plus de quatre écarts-types, soulignant l’amplitude extraordinaire de la montée des anticipations d’inflation durant la reprise après la pandémie par rapport à leur évolution depuis le début des années 2000.
- Similarité inter-agents :
  - D’une économie à l’autre, les anticipations à court terme des prévisionnistes professionnels, marchés financiers, ménages et entreprises dessinent une courbe tendancielle commune, malgré des fluctuations différentes.

### Limites et mises en garde méthodologiques
- Données :
  - Les limites inhérentes aux données restreignent l’analyse empirique, en particulier les comparaisons entre types d’agents ; l’approche macroéconomique adoptée se centre sur les anticipations moyennes (souvent celles des prévisionnistes professionnels) plutôt que sur la distribution individuelle, souvent indisponible.
- Interprétation causale :
  - L’interprétation causale des estimations de la courbe de Phillips dépend des hypothèses de la stratégie d’estimation utilisant des variables instrumentales reposant sur des valeurs retardées ; les résultats sont globalement robustes lorsque l’on fait varier l’échéance des instruments, mais si les hypothèses sous-jacentes ne sont pas vérifiées, les estimations doivent être considérées comme de nature corrélationnelle.
- Ruptures structurelles :
  - Si l’activité a enregistré des ruptures structurelles, les analyses empiriques et historiques peuvent être moins instructives ; le modèle intègre une forme limitée de changement structurel via l’hypothèse d’apprentissage des individus.
- Portée illustrative des résultats modélisés :
  - Le lien stylisé entre l’augmentation de la part d’agents prospectifs et l’amélioration du cadre et des messages de politique monétaire a une portée illustrative ; d’autres interventions institutionnelles ou structurelles (niveau d’études, cadre budgétaire, gouvernance) peuvent aussi être associées à une modification du processus de formation des anticipations.

### Implications pour la politique monétaire et recommandations
- Comprendre les processus de formation des anticipations est crucial pour les banques centrales afin de calibrer la politique monétaire et la communication.
- Adapter les stratégies de communication et mettre en œuvre des réformes structurelles visant à accroître l’indépendance et la transparence des banques centrales est recommandé.
- Investir davantage dans la collecte des données et le suivi des anticipations, y compris par catégories d’agents, est souhaitable ; des méthodes alternatives comme l’analyse textuelle des téléconférences d’entreprises peuvent faciliter ce suivi.
- Mesures de communication possibles :
  - Simplification et augmentation de la fréquence des messages de politique monétaire.
  - Meilleur ciblage des destinataires des messages.
  - Ces mesures peuvent accroître la proportion d’individus prospectifs et accélérer la baisse des anticipations et de l’inflation, mais elles peuvent être longues ou difficiles à mettre en œuvre, par opposition à des resserrements cycliques plus coûteux en termes de croissance.

_Extrait du chapitre "Introduction", PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : DES TRAJECTOIRES DIVERGENTES, Fonds monétaire international | Octobre 2023._

### 2. Zone euro

### 2. Zone euro

### Résumé des observations principales
- Les anticipations d’inflation des ménages présentent davantage de bruit et, selon le cas, précèdent (dans la zone euro) ou suivent avec un peu de retard (au Royaume-Uni) les mouvements des anticipations des autres agents.
- Les anticipations implicites des marchés financiers sont disponibles en continu mais il est difficile de distinguer le signal des anticipations des fluctuations de la prime de risque.
- En règle générale, les anticipations à court terme des entreprises ont été les plus élevées durant la récente poussée inflationniste.
- Les anticipations des prévisionnistes professionnels constituent un signal important, disponible le plus largement en termes géographiques, temporels et d’horizon ; les analyses de ce chapitre reposent principalement sur ces anticipations.

### Écarts par rapport à la cible et ancrage des anticipations
- En étudiant de nombreux pays, les écarts par rapport à la cible des banques centrales se sont creusés pour les anticipations à court terme tandis qu’ils sont restés globalement stables pour les anticipations à long terme (graphique 2.3).
- Pour les pays avancés (PA) :
  - La période précédant la pandémie (jusqu’au T1 2020) a été caractérisée par des anticipations à court et à long terme légèrement inférieures à la valeur cible.
  - Les anticipations à court terme ont fortement augmenté après 2021 tandis que les anticipations à long terme se rapprochent de la valeur cible depuis la pandémie.
- Pour les pays émergents (PE) :
  - La distribution des anticipations d’inflation à court terme est un peu plus large et orientée à la hausse, reflétant une plus grande variation de l’inflation effective, en particulier au cours des derniers trimestres.
  - La courbe des anticipations d’inflation à long terme médianes s’est légèrement déplacée vers le haut de 10 points de base.
  - L’intervalle interquartile des anticipations à long terme s’est réduit et s’est quelque peu décalé vers le haut.
- Dans l’ensemble, les tendances indiquent que les anticipations d’inflation à long terme demeurent stables et ancrées, bien que cet ancrage ne doive pas être tenu pour acquis et soit vraisemblablement en partie dû à l’action déterminée des décideurs pour atténuer les tensions sur les prix.

### Comparaison historique et dynamique récente
- Les trajectoires actuelles de l’inflation effective concordent, jusqu’à présent, avec les médianes historiques des épisodes antérieurs caractérisés par une montée des anticipations d’inflation à court et long termes durant plus d’un an.
- Les anticipations d’inflation à court terme ont affiché une augmentation plus brusque et une baisse plus rapide que durant les épisodes antérieurs.
- Historiquement, après une période de hausse continue des anticipations pendant plus d’un an, il fallait habituellement environ trois ans pour que l’inflation globale et les anticipations à court terme reviennent à leurs niveaux antérieurs à l’épisode, l’inflation hors alimentation et énergie étant plus tenace.
- Contrairement aux épisodes antérieurs :
  - Les taux directeurs réels en 2022 étaient nettement inférieurs à ceux appliqués lors des épisodes antérieurs, en raison de la vive et brusque accélération de l’inflation.
  - Les taux réels sont désormais nettement supérieurs à la médiane historique, en lien avec le rapide resserrement monétaire et le récent reflux de l’inflation globale.
  - Les anticipations d’inflation à long terme ont été inhabituellement stables au cours de la récente période de forte inflation, corroborant leur ancrage (jusqu’à présent).

### Indicateurs et définitions utilisés
- Les graphiques mentionnés (2.3 et 2.4) présentent :
  - PA = pays avancés ; PE = pays émergents.
  - Anticipations d’inflation : 12 mois à venir (PA et PE) et 5 années à venir (PA et PE).
  - Les scores z calculés sur la période allant du premier trimestre 2004 au deuxième trimestre 2023 à une fréquence trimestrielle.
  - Les zones ombrées mettent en évidence la période à partir de 2021, lorsque l’inflation effective a commencé à augmenter de manière notable.
- Sources de données citées : Commission européenne ; Consensus Economics ; Haver Analytics ; NL Analytics ; S&P Capital IQ ; sites Web des banques centrales ; calculs des services du FMI.
- Voir l’annexe 2.1 en ligne pour plus de détails sur la valeur cible de l’inflation et la sélection des pays.

*Fonds monétaire international | Octobre 2023*

### 6. Taux directeur réel

### 6. Taux directeur réel

### Le rôle des anticipations dans la dynamique de l’inflation
- Cadre : courbe de Phillips hybride liant l’inflation actuelle aux anticipations d’inflation, à l’inflation retardée et à l’écart de production.
- Objectifs de l’analyse :
  - Évaluer le pouvoir explicatif des anticipations selon les catégories d’agents et l’horizon.
  - Estimer l’effet causal des anticipations d’inflation à l’aide d’une approche par variables instrumentales.
  - Décomposer les contributions des facteurs à la dynamique récente de l’inflation pour le pays avancé moyen et le pays émergent moyen.
  - Tester si l’effet des anticipations varie selon le niveau de l’inflation effective.

### Principales constatations empiriques
- Échantillon et définitions :
  - Période d’échantillonnage : du quatrième trimestre 1989 au premier trimestre 2023 (couverture exacte variant selon la situation économique).
  - 32 épisodes historiques recensés, dont 16 dans les PA et 16 dans les PE.
  - Les anticipations à court terme (CT) = taux d’inflation attendus pour l’année suivante ; anticipations à long terme (LT) = taux d’inflation attendus dans cinq ans.
  - Les taux directeurs réels sont construits sur l’inflation anticipée.
- Pouvoir explicatif des anticipations :
  - Les anticipations à court terme expliquent mieux l’inflation actuelle que les anticipations à long terme.
  - Les anticipations à cinq ans (marchés financiers ou prévisionnistes professionnels) présentent des coefficients normalisés plus petits que les anticipations à court terme.
  - Les anticipations à court terme des prévisionnistes professionnels, des marchés financiers et des entreprises sont remarquablement proches.
  - Une hausse d’un écart-type des anticipations à court terme est associée à une augmentation de 0,7 écart-type de l’inflation effective (coefficient non corrigé compris entre 1,1 et 1,4 pour les anticipations non normalisées).
  - Le coefficient relatif aux anticipations à court terme des ménages se situe entre ceux des autres agents.
- Estimations de la courbe de Phillips hybride (spécification de base, anticipations CT des prévisionnistes professionnels) :
  - Une hausse de 1 point de pourcentage des anticipations à court terme est associée à :
    - 1,1 point de pourcentage d’augmentation de l’inflation effective dans les pays avancés.
    - environ 0,8 point de pourcentage d’augmentation de l’inflation effective dans les pays émergents.
  - L’inflation retardée :
    - Faible pouvoir prédictif dans les pays avancés (effet légèrement négatif, non statistiquement significatif).
    - Impact différé d’environ 0,2 point de pourcentage statistiquement significatif dans les pays émergents.
  - L’écart de production est statistiquement lié à l’inflation pour les deux groupes, un peu plus fort dans les pays émergents.

### Estimations causales (variables instrumentales) et implications
- Stratégie IV :
  - Variables instrumentales : valeurs retardées des anticipations d’inflation à court terme et de l’écart de production.
  - Justification : forte corrélation sérielle et absence d’incidence directe des valeurs retardées sur l’inflation actuelle dans la spécification.
- Principaux résultats causaux :
  - L’ampleur des estimations causales des effets des anticipations CT est 30 % plus faible que celle des estimations associatives.
  - Effets causaux quantifiés :
    - En cas de hausse de 1 point de pourcentage des anticipations à court terme :
      - l’inflation augmenterait d’environ 0,8 point de pourcentage dans le pays avancé moyen.
      - l’inflation augmenterait d’approximativement 0,4 point de pourcentage dans le pays émergent moyen.
  - Interprétation : une partie de la variation observée des anticipations CT tient à un effet de causalité inverse (l’inflation actuelle alimente les anticipations) ou à des facteurs omis affectant conjointement anticipations et inflation.
  - Formation des anticipations : les pays émergents semblent, en moyenne, former leurs anticipations de façon plus rétrospective que les pays avancés.

### Contribution des facteurs à la dynamique récente de l’inflation (2021–22)
- Décomposition (pays avancé moyen) :
  - L’essentiel de l’accélération de l’inflation en 2021–22 s’explique par des facteurs autres que les anticipations et l’inflation retardée.
  - Ces facteurs incluent : chocs communs mondiaux (perturbations liées à la pandémie de COVID-19), fortes fluctuations des prix des produits de base, problèmes des chaînes d’approvisionnement mondiales, renchérissement de l’énergie propres à chaque économie, et écart de production.

_Source : Fonds monétaire international, Octobre 2023._

### 2. Pays émergents

### 2. Pays émergents

### Contributions à l’inflation et évolution récente
- Les barres du graphique montrent les contributions à l’inflation globale moyenne par groupe économique par rapport aux contributions observées au quatrième trimestre 2019.  
- Les contributions sont calculées à l’aide de coefficients estimés par des variables instrumentales regroupées avec des données trimestrielles sur la période allant du deuxième trimestre 1991 au premier trimestre 2023.  
- Les lignes noires indiquent l’inflation globale moyenne, mesurée par l’indice des prix à la consommation, corrigée des variations saisonnières et annualisée, d’un trimestre à l’autre par rapport au quatrième trimestre 2019.  
- La catégorie « Tous les autres facteurs » recouvre les contributions des effets fixes dans le temps (facteurs mondiaux communs), l’ensemble des autres variables explicatives et le facteur résiduel.

### Rôle croissant des anticipations d’inflation
- Le graphique 2.8 met en évidence l’incidence importante et croissante des anticipations d’inflation à court terme dans la dynamique de l’inflation au cours des derniers trimestres, contrairement à l’inflation retardée, qui est un déterminant mineur.  
- Dans le cas du pays émergent moyen, le pic d’inflation en 2022 tient à d’autres facteurs que les anticipations et l’inflation retardée.  
- En moyenne, les anticipations ont joué un rôle considérable, mais plus faible, dans l’inflation globale que dans les pays avancés.  
- En revanche, l’inflation retardée explique plus de la moitié de la hausse moyenne de l’inflation depuis le premier trimestre de 2020.

### Non-linéarité : sensibilité des effets d’anticipations au niveau d’inflation
- La répercussion des anticipations sur l’inflation actuelle est plus marquée lorsque l’inflation est élevée (supérieure à la médiane de l’échantillon de la catégorie de pays considérée).  
- Estimations (graphique 2.9) : le coefficient de répercussion passe de 0,6 lorsque l’inflation est faible (inférieure à la médiane) à 0,9 lorsque l’inflation est forte; cette différence est statistiquement significative pour les pays avancés.  
- Conclusion : le canal des anticipations pourrait être un déterminant encore plus important dans la dynamique actuelle de l’inflation, puisque l’inflation demeure élevée.

### Formation des anticipations et modélisation
- Le chapitre étoffe un modèle d’équilibre général dynamique stochastique standard en ajoutant des apprentissages relatifs aux anticipations (Alvarez et Dizioli (2023)).  
- Le modèle comporte : des courbes de Phillips des prix et des salaires, une courbe IS et une fonction de réaction de la politique monétaire.  
- Deux caractéristiques nouvelles :  
  - Agents hétérogènes : proportions variables d’individus rétrospectifs et prospectifs. Les premiers apprennent à partir de leur expérience récente; les seconds ont une anticipation rationnelle basée sur la connaissance de l’économie. Dans le modèle à agents hétérogènes, les individus rétrospectifs constituent environ 20 % des agents dans le pays avancé et quelque 30 % dans le pays émergent.  
  - Interaction entre anticipations à court terme et à long terme : les anticipations à long terme n’ont un impact sur l’inflation que par leur effet sur les anticipations à court terme.

### Effets des anticipations hétérogènes sur la dynamique et l’efficacité de la politique monétaire
- Après un même choc de hausse des prix (par exemple un renchérissement inattendu de l’énergie et des produits de base), l’inflation demeure élevée plus longtemps lorsque les agents sont hétérogènes que lorsqu’ils suivent tous une approche prospective.  
- Les individus rétrospectifs supposent que si l’inflation actuelle est élevée, l’inflation future le sera également, ce qui prolonge la période de tensions inflationnistes.  
- La capacité de la politique monétaire à influer sur l’inflation est moindre quand les agents sont hétérogènes, parce que les individus rétrospectifs ne prennent pas en compte l’impact de la politique monétaire sur les coûts marginaux futurs; la politique monétaire n’a d’incidence sur les anticipations que par ses effets directs sur l’écart de production.  
- Réponses aux chocs (graphique 2.10) :  
  - Choc sur les coûts qui élève l’inflation de 1 point de pourcentage : anticipations et inflation plus sensibles et plus durables dans le modèle à anticipations hétérogènes.  
  - Choc de politique monétaire temporaire augmentant le taux directeur de 100 points de base : l’effet sur l’inflation atteint son apogée après cinq trimestres dans le modèle à anticipations hétérogènes et après trois trimestres dans le modèle à anticipations rationnelles.

### Taux de sacrifice et dépendance au contexte
- Définition utilisée : taux de sacrifice = pourcentage de perte de production pour parvenir à une baisse de 1 point de pourcentage du taux d’inflation en trois ans.  
- Résultats (graphique 2.11) :  
  - Le taux de sacrifice est plus élevé dans le modèle à agents hétérogènes que dans le modèle à anticipations rationnelles (indépendamment de la catégorie du pays).  
  - Le taux de sacrifice est généralement plus élevé dans les pays émergents que dans les pays avancés, car les pays émergents comptent par hypothèse une proportion plus grande d’individus rétrospectifs.  
  - Dans un environnement de forte inflation, les individus rétrospectifs se comportent comme si l’inflation allait rester forte de façon permanente, ce qui engendre un léger désancrage endogène de l’inflation et complique la tâche des autorités monétaires.

### Renforcement des cadres et communication : baisse des incertitudes et meilleure désinflation
- Des mesures d’amélioration des cadres de politique monétaire (indépendance, transparence, stratégie de communication) peuvent rendre les anticipations d’inflation plus prospectives et améliorer l’efficacité de la politique monétaire.  
- Exemple concrets mentionnés :  
  - Décision de la banque centrale brésilienne de modifier l’horizon de l’objectif d’inflation de 3 %, qui deviendra continu et non plus relatif à une année civile à compter de 2025, visant à réduire les incertitudes et renforcer l’efficacité.  
  - Publication en avance du calendrier des réunions de politique monétaire (Pakistan, Uruguay).  
  - Définition de la stabilité des prix comme objectif premier avec cibles numériques claires (Chili, Thaïlande).  
- Le modèle sert de laboratoire pour quantifier de manière stylisée les effets potentiels d’interventions destinées à accroître la part des individus prospectifs dans l’économie.

### Liens empiriques entre qualité du cadre et rationalité des prévisions
- Il existe un lien entre la qualité du cadre de politique monétaire et la probabilité qu’un test simple de rationalité des prévisions des anticipations d’inflation moyennes soit rejeté (graphique 2.12).  
- Lorsque le cadre de politique monétaire est moins solide (indépendance, transparence, communication), la probabilité que le test de rationalité des anticipations soit rejeté est généralement plus élevée, concordant avec une proportion plus importante d’individus rétrospectifs.  
- Les indicateurs relatifs à la qualité du cadre de politique monétaire sont tirés de Unsal, Papageorgiou et Garbers (2022).

*Fonds monétaire international | Octobre 2023 — Chapitre 2 : Politique monétaire et inflation : le rôle des anticipations*

### 2. Pourcentage de pays dans lesquels la rationalité prévisionnelle est

### 2. Pourcentage de pays dans lesquels la rationalité prévisionnelle est rejetée sous réserve de la qualité du cadre de politique monétaire

### Preuves empiriques et relations clés
- Il existe une corrélation négative entre l’ampleur des écarts des anticipations d’inflation à court terme (ou des taux d’inflation effectifs) par rapport à l’objectif d’inflation et la qualité du cadre de politique monétaire.
- Plus les cadres de politique monétaire s’améliorent, plus les écarts par rapport à l’objectif sont faibles, ce qui signifie que l’inflation revient plus rapidement vers sa valeur cible, en moyenne.
- La qualité du cadre et des messages de politique monétaire est, en moyenne, plus élevée dans les pays avancés (PA) que dans les pays émergents et pays en développement (PEPD).
- La différence de la part d’individus rétrospectifs entre le pays émergent représentatif et le pays avancé représentatif est de l’ordre de 8 %.

### Rôle de la formation des anticipations et hétérogénéité des agents
- Lorsque la part d’individus prospectifs est plus élevée, un resserrement monétaire suivant la trajectoire prévue a un impact plus fort sur les anticipations d’inflation.
- La politique monétaire est plus efficace parce que:
  - les individus prospectifs comprennent les effets de la politique monétaire sur les coûts marginaux futurs, et
  - ils savent que la proportion d’individus rétrospectifs est plus faible, ce qui conduit à un raisonnement encore plus prospectif.
- La transmission plus rapide de la politique monétaire aux anticipations entraîne une trajectoire d’inflation effective plus basse et un atterrissage plus en douceur, avec seulement une faible perte de production additionnelle.

### Interventions publiques analysées (hypothèses et effets)
- « Améliorations du cadre de la politique monétaire et de la stratégie de communication » :
  - Hypothèse : la part des individus prospectifs augmente, par rapport au scénario de référence, à hauteur de la différence entre les parts estimées dans les modèles des pays avancés et dans les modèles des pays émergents.
  - Effet : réduit l’inflation et les anticipations avec des pertes de production nettement plus faibles, car agit principalement via la formation des anticipations.
- « Rééquilibrage budgétaire » :
  - Hypothèse : les dépenses budgétaires sont réduites de 1 % du PIB pendant deux ans et la politique monétaire ne tente pas de compenser les effets des ajustements budgétaires.
  - Effet : fait baisser l’inflation et les anticipations, mais s’accompagne de pertes de production plus élevées.
- « Resserrement monétaire » :
  - Hypothèse : une hausse initiale de 100 points de base du taux directeur à l’impact, qui diminue ensuite de manière endogène.
  - Effet : fait baisser l’inflation et les anticipations, mais à un coût de production plus élevé.
- Remarque : ces interventions ralentissent dans un premier temps la demande globale; au fil du temps, leurs effets sur l’inflation se répercutent sur les anticipations.

### Scénarios de choix optimal de la banque centrale et horizons temporels
- Scénario de référence (banque centrale minimise une fonction de perte qui pondère de manière égale l’écart de production et les écarts par rapport à la cible d’inflation, tout en lissant le taux directeur) :
  - Choix optimal : ramener l’inflation à sa valeur cible en quatre ans environ.
- Double pondération sur l’inflation (banque centrale double le poids de l’inflation dans sa fonction d’objectifs) :
  - Choix optimal : viser un retour de l’inflation à sa valeur cible dans un délai d’environ trois ans.
- Aucune importance accordée à l’écart de production (banque centrale ne se préoccupe que de l’inflation) :
  - Choix optimal : faire revenir l’inflation à sa valeur cible en deux ans.
  - Avertissement : ce choix entraînerait une baisse de bien-être si la société accorde la même valeur aux écarts de production et aux écarts par rapport à la cible d’inflation.
- Économie composée uniquement d’individus prospectifs :
  - Choix optimal : ramener l’inflation à sa valeur cible dans un délai d’environ trois ans.
- Si le choc de hausse des coûts était deux fois moins long que dans le scénario de référence :
  - Il serait toujours optimal pour la banque centrale de faire revenir l’inflation à sa valeur cible en deux ans environ.

### Conclusions principales et implications pour la politique
- Les anticipations d’inflation à court terme ont fortement augmenté dans de nombreux pays après la reprise postpandémie et les chocs de hausse des coûts de 2022; les anticipations à long terme sont restées globalement stables, en moyenne.
- L’analyse historique montre qu’il a fallu environ trois ans en moyenne pour que l’inflation et les anticipations d’inflation à court terme reviennent aux niveaux antérieurs à un épisode de hausse conjointe, avec de fortes différences d’un épisode à l’autre.
- D’après une estimation d’une courbe de Phillips hybride, les anticipations à court terme jouent un rôle plus important dans l’inflation actuelle que les anticipations à long terme, en particulier dans le pays avancé moyen.
- Lorsque la part d’individus rétrospectifs est plus grande :
  - Les anticipations moyennes sont plus tenaces et peuvent rester à un niveau élevé lorsque l’inflation est forte pendant une longue période.
  - Cela affaiblit la capacité d’influence de la politique monétaire et augmente le taux de sacrifice (coût en termes de perte de production).
- Les améliorations du cadre et de la stratégie de communication sont des instruments complémentaires aux outils monétaires habituels : elles réduisent l’inflation et les anticipations à un coût de production plus faible, mais sont difficiles à mettre en œuvre de manière opportune et efficace.
- La politique budgétaire complique l’impact sur l’inflation et les anticipations : des positions budgétaires moins favorables (dette publique plus élevée et déficits chroniques) peuvent affaiblir l’efficacité d’un cadre monétaire solide; en revanche, des mesures budgétaires temporaires peuvent atténuer un choc inflationniste brutal selon la durée d’application perçue par les consommateurs.

*Fonds monétaire international | Octobre 2023*

### 2. Bien-être social par rapport au niveau de référence

### 2. Bien-être social par rapport au niveau de référence

### Hypothèses et description du scénario de référence
- Le graphique suppose qu’un choc sur les coûts fera croître l’inflation de 2 points de pourcentage au‑dessus de l’objectif initial.
- Le choc a une demi‑vie estimée de 14 trimestres.
- Dans le scénario de référence, la politique de la banque centrale vise à réduire au maximum la perte de bien‑être, mesurée par une fonction de bien‑être social stylisée qui :
  - comprend une durée de lissage des taux d’intérêt ;
  - attribue une pondération égale à l’écart de production et aux écarts d’inflation.
- Plage 2 sur le bien‑être : différences résultant du processus de formation des anticipations.
- Scénario alternatif « Choc moins persistant » : demi‑vie du choc réduite à 6,5 trimestres.
- Variante de pondération évaluée : « Double pondération sur l’inflation » et « Aucune importance accordée à l’écart de production » figurent parmi les comparaisons.

### Résultats quantitatifs sur le bien‑être social
- Pour une fonction de bien‑être identique, le bien‑être social est environ 20 % plus élevé avec des anticipations rationnelles qu’avec des anticipations hétérogènes, reflétant :
  - une efficacité accrue des politiques ;
  - une moindre persistance endogène des chocs.

### Indicateur d’attention des entreprises et efficacité de la politique monétaire (Encadré 2.1)
- Construction de l’indicateur :
  - Indicateur d’attention des entreprises (ECFACB) établi par analyse textuelle des retranscriptions de téléconférences sur les résultats financiers ; mesure l’intensité des discussions liées à la Réserve fédérale.
- Méthodologie empirique :
  - Réponses dynamiques calculées à l’aide de projections locales ;
  - Spécification inclut interaction entre un choc de politique monétaire (mesure tirée d’Acosta, 2023) et l’indicateur d’attention, des effets fixes temporels et par entreprise, et des variables de contrôle au niveau de l’entreprise (croissance des ventes, endettement, emploi, total des actifs, part des actifs courants dans le total des actifs).
- Effets estimés :
  - Les entreprises qui accordent une plus grande attention à la politique monétaire revoient à la baisse leurs anticipations d’inflation d’environ 1 % d’un écart‑type de plus que la moyenne au bout de quatre trimestres (graphique 2.1.2).
  - Cette révision correspond à une amplification d’à peu près un quart de la réponse négative moyenne du secteur.
- Intervalles de confiance reportés :
  - Graphique présente intervalles de confiance à 68 % (extérieur) et à 90 % (intérieur).

### Cadre de politique monétaire, dette publique et anticipations d’inflation (Encadré 2.2)
- Nouvel indicateur IAPOC (Uns al, Papageorgiou et Garbers, 2022) : évalue la solidité du cadre de politique monétaire selon trois axes — Indépendance et Responsabilité (I et A), Politique et stratégie Opérationnelle (P et O), Communication (C).
- Principales conclusions empiriques :
  - Même après prise en compte des facteurs propres à chaque pays et des caractéristiques stables dans le temps, une dette publique élevée est associée à des anticipations d’inflation élevées, pour un niveau donné de solidité du cadre de politique monétaire (graphique 2.2.1, plage 1).
  - L’effet est encore plus marqué pour l’encours de dette publique en devises (graphique 2.2.1, plage 2) et lorsque le déficit budgétaire est persistant.
  - À mesure que la qualité du cadre de politique monétaire s’améliore (évolution de la distribution de l’IAPOC entre 2007 et 2021), les anticipations d’inflation deviennent moins sensibles au niveau et à la composition de la dette publique et à la persistance du déficit budgétaire.
- Implication : un cadre de politique monétaire fort peut atténuer les difficultés de gestion des anticipations d’inflation liées à des niveaux élevés de dette publique, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement.

### Effets des mesures budgétaires de soutien liées à l’énergie sur l’inflation et les anticipations (Encadré 2.3)
- Cadre de simulation : modèle issu du système souple de modèles mondiaux du FMI, choc de hausse des prix de l’énergie en 2022 supposé temporaire et s’estompant progressivement ; simulation inclut effets directs et effets indirects via chaînes d’approvisionnement.
- Effets sur l’inflation effective :
  - Les mesures budgétaires de soutien ont fait refluer l’inflation de 0,9 point de pourcentage en 2022 et d’un demi‑point de pourcentage en 2023 (graphique 2.3.1, plage 1).
  - Ces mesures lissent l’impact du renchérissement de l’énergie sur l’inflation, entraînant une inflation plus élevée en 2024–25 par rapport au scénario d’absence de mesures.
- Effets sur les anticipations d’inflation :
  - Ces mesures ont un effet net neutre sur les anticipations d’inflation hors alimentation et énergie en 2022, mais les accroissent de 0,7 point de pourcentage en 2023–24.
  - Ces résultats supposent que les agents sont pleinement conscients du caractère temporaire des mesures de soutien.
- Considérations additionnelles :
  - L’efficacité et l’intérêt de subventions, baisses d’impôts et plafonds de prix dépendent de facteurs hors du périmètre de l’encadré (conséquences sur marchés de l’énergie, mauvaise allocation des ressources, viabilité budgétaire, modalités précises).
  - Souscription de nouveaux emprunts budgétaires pour financer les subventions stimule la demande, mais son effet sur l’inflation hors alimentation et énergie peut être plus que compensé par la réduction des coûts liés aux chaînes d’approvisionnement.

*Source : calculs des services du FMI.*

### 3. Anticipations

### 3. Anticipations

### Incidence des mesures d’allégement budgétaire dans le secteur de l’énergie sur l’inflation hors alimentation et énergie
- La plage 1 montre l’incidence marginale sur l’inflation des mesures d’allégement budgétaire annoncées dans le secteur de l’énergie, mesuré en utilisant le système souple de modèles mondiaux du FMI.
- Les barres bleues représentent les effets directs des mesures (subventions, réductions d’impôt ou plafonnement des prix à la consommation de l’énergie).
- Les barres rouges représentent les effets indirects via les variations de la demande globale, des coûts de la chaîne d’approvisionnement et des anticipations d’inflation hors alimentation et énergie.

### Scénarios d’anticipations des agents et conséquences sur l’inflation
- Scénario de référence (plage 2) : les mesures d’allégement budgétaire sont supposées prises en 2022, comme annoncé initialement.
- Scénario alternatif : les ménages perçoivent de façon erronée que les mesures dureront une année de plus qu’annoncé.
  - Dans ce scénario alternatif, les anticipations d’inflation refluent de façon plus marquée en 2022.
  - Les entreprises baissent davantage leurs prix en 2022, anticipant une inflation hors alimentation et énergie plus faible en 2023.
  - Le recul des anticipations d’inflation accroît l’impact de la politique budgétaire sur l’inflation :
    - l’ampleur passe de –0,9 point de pourcentage à –1,1 point de pourcentage en 2022,
    - et de –0,5 point de pourcentage à –0,6 point de pourcentage en 2023.
  - Quand les agents réalisent leur erreur et corrigent leurs prévisions, les anticipations d’inflation et l’inflation effective rebondissent, soulignant l’importance du canal des anticipations.

### Analyse synthétique et implications macroéconomiques
- Le canal des anticipations amplifie ou atténue l’effet des mesures budgétaires sur l’inflation hors alimentation et énergie selon la perception par les ménages et les entreprises de la durée des mesures.
- Une erreur de perception (pensant que les subventions dureront plus longtemps) peut intensifier la baisse de l’inflation à court terme, mais conduit à un rebond une fois l’erreur corrigée.

### Conclusions et recommandations de politique
- L’importance du canal des anticipations rend cruciales :
  - des communications claires et crédibles sur la durée et les modalités des mesures budgétaires liées à l’énergie ;
  - la prise en compte des effets indirects (demande globale, coûts de chaîne d’approvisionnement, anticipations) lors de l’évaluation de l’impact inflationniste des subventions énergétiques.
- Au-delà des effets nationaux, le document souligne des risques globaux liés à la fragmentation des marchés de produits de base :
  - la fragmentation pourrait entraîner d’amples fluctuations des prix et accroître leur instabilité,
  - les pays à faible revenu largement dépendants des importations agricoles risquent d’être touchés de manière disproportionnée, faisant craindre des problèmes d’insécurité alimentaire,
  - la fragmentation des marchés des minéraux pourrait alourdir le coût de la transition vers une énergie propre et conduire à un sous-investissement dans les énergies renouvelables et les véhicules électriques.
- Recommandation multilatérale : renforcer la coopération au niveau des politiques commerciales, y compris des accords sur un « corridor écologique » pour les minerais essentiels et sur un « corridor alimentaire », afin de prévenir à la fois le changement climatique et l’insécurité alimentaire.

*Source : Extrait de "3. Anticipations", Fonds monétaire international | Octobre 2023.*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et inversion récente
- Depuis la fin de la Guerre froide, l’intégration des marchés des produits de base a progressé sous l’effet de la libéralisation des échanges commerciaux, de l’innovation technologique et de la baisse des coûts du transport.
- La guerre en Ukraine a inversé la tendance : pétrole brut, gaz naturel et blé ont été largement utilisés pour exercer des pressions, des restrictions aux exportations et des contre-sanctions ont été imposées, contribuant à la montée en flèche de l’inflation en 2022, à l’insécurité alimentaire dans les pays à faible revenu et au ralentissement de la croissance mondiale.
- L’utilisation accrue des mots-clés liés à la fragmentation dans les retranscriptions de téléconférences sur les résultats des entreprises a été rare avant la pandémie de COVID-19 et a fortement augmenté après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
- Le chapitre simule un scénario stylisé où les échanges de produits de base entre deux blocs géopolitiques sont durablement perturbés, en utilisant le vote de 2022 aux Nations Unies comme point de départ transparent; d’autres scénarios (pays neutres, recompositions de blocs) sont également explorés.

### Portée, données et questions traitées
- Couverture : quasi‑totalité des pays et concentration sur 48 produits de base (y compris agricoles, énergétiques — charbon, pétrole brut et gaz naturel — et minéraux).
- Méthodologie : construction d’une base de données unique sur la production, l’utilisation et le commerce bilatéral de ces produits; combinaison de statistiques descriptives, d’analyse empirique et de simulations à partir de modèles.
- Questions clés posées :
  - Pourquoi les marchés des produits de base sont-ils vulnérables en cas de fragmentation ?
  - Les marchés des produits de base sont-ils fragmentés et, le cas échéant, comment cela se manifeste-t-il ?
  - Quels produits de base sont les plus vulnérables face au dérèglement du commerce international ?
  - Quelles seraient les conséquences économiques d’une fragmentation des marchés des produits de base dans les différents blocs et pays, ainsi que sur l’économie mondiale ?
  - Quelles incidences cette fragmentation est-elle susceptible d’avoir sur la transition vers une énergie propre ?

### Principales conclusions (résumé)
- Les marchés des produits de base sont vulnérables en cas de fragmentation :
  - Les trois principaux fournisseurs de minéraux représentent environ 70 % en moyenne de la production mondiale.
  - La demande de ces produits est peu élastique et ils sont des intrants essentiels en amont pour de nombreux processus de fabrication et technologies.
  - Beaucoup d’importateurs dépendent d’un petit nombre de fournisseurs seulement.
- Les marchés des produits de base sont de plus en plus fragmentés :
  - Les mesures qui restreignent le commerce de ces marchandises ont fortement augmenté en 2022, bien plus que celles visant les échanges d’autres biens.
  - Pour certains produits, les écarts de prix d’un marché à l’autre se sont creusés.
  - L’investissement direct étranger (IDE) et les fusions–acquisitions transfrontières dans le secteur des produits de base étaient en recul avant la guerre en Ukraine.
- La fragmentation pourrait entraîner de fortes variations des prix :
  - Les simulations à l’aide de modèles d’équilibre partiel montrent des effets sur les prix particulièrement prononcés pour certains minéraux indispensables à la transition écologique et certains produits agricoles très demandés.
  - La flambée des prix des produits de base agricoles pourrait accroître l’insécurité alimentaire dans de nombreux pays à faible revenu.
- La fragmentation rendrait aussi les prix plus instables :
  - Des marchés plus petits offriraient moins de marge de manœuvre pour absorber les chocs, avec des prix qui réagiraient davantage.
  - Les producteurs de matières premières seraient incités à modifier leur allégeance à un bloc en raison de différences de prix d’un bloc à l’autre, générant plus de chocs sur l’offre, plus d’instabilité et plus d’incertitude.
- Répercussions macroéconomiques pour les pays dépendants des produits de base :
  - Pour certains pays à faible revenu et pays émergents, les simulations indicatives avec des modèles commerciaux montrent des pertes de production à long terme supérieures à 2 %.
  - Au niveau mondial, les effets nets semblent modestes car les pertes et gains entre pays producteurs nets et consommateurs nets se neutralisent souvent mutuellement; toutefois cela ne rend pas compte d’autres perturbations potentielles des flux de biens et services, de financements, de technologies et de savoir‑faire.
  - La fragmentation accroîtrait la volatilité et l’incertitude, complexifiant l’élaboration des politiques et alourdissant les coûts.
- Impact sur la transition énergétique :
  - Dans un scénario de réduction à zéro des émissions nettes de carbone, la demande de ressources minérales critiques augmenterait fortement.
  - Ces minéraux sont très concentrés géographiquement et la demande et l’offre sont faiblement élastiques; une désorganisation des échanges accentuerait la pression à la hausse sur leurs prix dans le bloc où la demande excède l’offre.
  - Le bloc disposant de ressources minérales abondantes ne pourrait pas augmenter rapidement les capacités de raffinage.
  - Dans la simulation illustrative, la fragmentation conduit à des investissements dans les énergies renouvelables et les véhicules électriques inférieurs de 30 % aux besoins mondiaux en 2030.

### Pourquoi les marchés des produits de base sont vulnérables
- Concentration de la production :
  - La première phase de fabrication dépend de la dotation en ressources naturelles, souvent très concentrée géographiquement.
  - Les trois premiers producteurs mondiaux représentent en moyenne environ 65 % de la production agricole mondiale, 50 % de la production d’énergie et 70 % de la production de matières premières minérales.
  - Pour les minéraux, la concentration existe à la fois à l’extraction et dans la transformation; relocaliser l’extraction est souvent impossible à court ou moyen terme.
- Élasticités de l’offre et de la demande :
  - L’élasticité–prix de l’offre est relativement faible pour les produits de base à court terme.
  - Augmenter la production nécessite de gros investissements, des permis environnementaux et des consultations publiques; exemple : il s’écoule en moyenne 16 ans entre l’exploration et la mise en production d’une mine de cuivre (AIE, 2021).
  - La mise en place de capacités de transformation comporte des difficultés (réglementation, accès au savoir‑faire et à la technologie, main‑d’œuvre qualifiée, infrastructures, coûts du travail).
  - Côté demande, de nombreux produits de base sont des intrants essentiels ou indispensables aux ménages, avec une faible élasticité‑prix surtout à court terme.
- Importance des échanges commerciaux :
  - Avec une production concentrée et une demande répartie entre de multiples pays, les produits de base font l’objet de très nombreux échanges commerciaux; leur homogénéité et leur fongibilité favorisent ces échanges malgré les fragilités structurelles.

*Fonds monétaire international | Octobre 2023*

### 1. Part moyenne de la production mondiale des trois principaux

### 1. Part moyenne de la production mondiale des trois principaux producteurs de produits de base

### Caractéristiques générales et exposition commerciale
- En moyenne, environ 30 % des produits agricoles et énergétiques sont destinés au commerce.
- En moyenne, la part destinée au commerce est d’approximativement 45 % pour les minéraux, avec une part considérablement plus élevée pour de nombreux produits de base.
- La part de la production donnant lieu à des échanges internationaux est, pour la plupart des produits de base, supérieure au ratio commerce mondial/production brute.
- Malgré des échanges importants, la part des matières premières dans le commerce total des marchandises a baissé, passant d’environ 45 % dans la première moitié du XXe siècle à environ 13 % en 2019–21 (référence graphique en ligne).

### Concentration des fournisseurs et vulnérabilité aux ruptures d’approvisionnement
- À peu près la moitié des pays du monde achètent leurs minéraux à trois pays tout au plus.
- Un quart des pays se fournissent auprès d’un seul pays pour leurs minéraux.
- Les pays à faible revenu importent en moyenne plus de 80 % du blé qu’ils consomment, rendant ces pays particulièrement vulnérables aux perturbations des échanges et aux pénuries alimentaires en raison de capacités de stockage limitées.
- Les dépendances élevées aux importations peuvent entraîner une exposition importante aux fluctuations des prix alimentaires et au risque d’insécurité alimentaire.

### Sensibilité à la géopolitique et lien avec les alliances militaires
- Les équations gravitaires montrent que les flux bilatéraux d’échanges de produits de base sont inversement proportionnels à la distance entre deux pays alliés sur le plan militaire.
- Une augmentation d’un écart-type de la distance des alliances militaires (approximativement la distance entre l’Inde et le Maroc en 2018) est associée à une contraction d’environ 15 % des échanges de produits énergétiques et à une diminution de plus de 35 % du commerce des minéraux.
- L’évolution des alliances militaires liée à la montée des tensions géopolitiques irait de pair avec une désorganisation des flux commerciaux et contribuerait à la fragmentation du commerce des produits de base.

### Signes et mesures de fragmentation des marchés
- Le nombre de nouvelles interventions dans le commerce des produits de base augmente chaque année depuis 2018.
- En 2022, il y a eu six fois plus de nouvelles restrictions au commerce des matières premières qu’entre 2016 et 2019 en moyenne.
- Par contraste, le nombre de mesures de restriction visant les échanges de manière générale a été multiplié par 3,5.
- La dispersion géographique des prix s’est accentuée en 2022 sur les principaux marchés des produits de base, en particulier pour certains minéraux comme le lithium et pour les produits énergétiques.
  - Exemple : en septembre 2022, le charbon russe s’échangeait à un prix presque trois fois inférieur à celui du charbon australien.
- La dispersion des prix pour le pétrole brut et le gaz naturel s’est également accentuée avec la guerre en Ukraine et les sanctions qui ont perturbé les échanges.

### Indicateurs additionnels et méthodologie (résumés)
- Les graphiques fournissent des mesures visuelles pour :
  - la part moyenne de la production mondiale des trois principaux producteurs (plage 1),
  - la répartition des élasticités–prix de l’offre et de la demande (plage 2),
  - le positionnement sur les chaînes de valeur (plage 3),
  - la part de la production mondiale faisant l’objet d’échanges (plage 4),
  - la part des pays dont les importations proviennent d’un, de deux ou de trois fournisseurs seulement (plage 5),
  - la vulnérabilité face à l’insécurité alimentaire : blé (plage 6).
- Notes méthodologiques importantes :
  - Le terme « énergie » englobe le charbon, le gaz naturel et le pétrole brut.
  - Les données utilisées dans les graphiques datent de 2019 pour éviter des distorsions dues à la pandémie et par manque de données.
  - Dans les plages 2 et 4, les lignes horizontales dans les barres représentent la médiane ; les carrés, la moyenne ; les barres, l’écart interquartile ; les « moustaches » représentent les valeurs minimale et maximale pour les produits du groupe.
  - La plage 3 calcule le positionnement en amont du secteur comme la position moyenne pondérée de la production d’une industrie dans la chaîne de valeur (Antràs et al., 2012).
  - La plage 4 n’inclut pas le palladium et le platine en raison de la qualité insuffisante des données.
  - La plage 5 présente la moyenne simple des produits de chaque groupe.
  - La plage 6 présente la moyenne simple des pays de chaque groupe de revenu pour 2019 (PA = pays avancés ; PE = pays émergents ; PFR = pays à faible revenu).

_Italic: Sources indiquées dans le document (Agence internationale de l’énergie ; Antràs et al. (2012) ; British Geological Survey ; Dahl (2020) ; Département de l’Agriculture des États-Unis ; Fally et Sayre (2018) ; Institut d’études géologiques des États-Unis ; Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ; Gaulier et Zignago (2010) ; calculs des services du FMI)._

### 3. Investissements directs étrangers et fusions

### 3. Investissements directs étrangers et fusions et acquisitions transfrontalières

### Évolution récente des IDE et des fusions–acquisitions
- Les données utilisées portent sur le nombre de projets par an (graphique plage 3).
- Sources citées : Argus Media, Inc. ; base de données Global Trade Alert ; Bloomberg Finance L.P. ; FDI Markets ; Organisation des Nations Unies, Comtrade ; Refinitiv Eikon ; calculs des services du FMI.
- Remarques méthodologiques :
  - Les interventions des pouvoirs publics sont ajustées pour tenir compte des retards de rapport.
  - Les interventions de libéralisation des échanges sont exclues des calculs.
  - L’analyse se concentre sur le nombre plutôt que la valeur des IDE et des fusions–acquisitions (valeurs limitées et souvent estimées).

### Scénarios de fragmentation modélisés
- Scénario principal :
  - Deux blocs hypothétiques fondés sur les votes à l’ONU en 2022 sur la guerre en Ukraine : le « bloc États‑Unis–Europe+ » (pays ayant voté pour le retrait de la Russie) et le « bloc Chine–Russie+ » (autres pays).
  - Hypothèse stylisée et extrême : absence totale d’échanges d’un produit donné entre les deux blocs, tout en maintenant le commerce interne aux blocs inchangé.
- Étendue de l’analyse :
  - 48 produits de base analysés.
  - Le modèle d’équilibre partiel est calibré sur les flux d’échanges observés en 2019.
  - Encadrement des scénarios moins rigides traité dans l’encadré 3.2 et annexes en ligne (mais hors champ du présent chapitre).

### Produits de base les plus vulnérables
- Principes d’exposition :
  - La vulnérabilité dépend de 1) déséquilibres offre/demande entre blocs avant fragmentation et 2) élasticités‑prix de l’offre et de la demande.
  - Les produits avec déséquilibres très prononcés et élasticités‑prix faibles sont les plus vulnérables.
- Exemples et constats clés :
  - Minéraux essentiels à la transition verte (cobalt, lithium, cuivre, nickel) : prix augmenteraient sensiblement dans le bloc Chine–Russie+ dans la simulation principale.
  - Minéraux raffinés (transformation concentrée en Afrique du Sud, Chine et Russie) : hausses de prix possibles dans le bloc occidental.
  - Énergie et la plupart des produits agricoles : variations potentielles de prix plus discrètes en raison d’une production moins concentrée.
  - Huile de palme et soja : exceptions notables — produits à plus de 80 percent produits dans le bloc États‑Unis–Europe+ mais consommés essentiellement dans le bloc Chine–Russie+.
  - Manganèse : l’Afrique du Sud produit un tiers du manganèse mondial ; si ce pays passait dans le bloc États‑Unis–Europe+, le prix du manganèse pourrait augmenter de plus de 800 percent dans le bloc Chine–Russie+.
- Sensibilité aux configurations des blocs :
  - Une autre configuration (tous les pays émergents ou en développement, à l’exclusion des pays d’Amérique latine, de l’Inde et de l’Indonésie, affectés au bloc Chine–Russie+) montrerait que le bloc États‑Unis–Europe+ pourrait voir le prix de certains minéraux et de certains produits agricoles (ex. cacao) et du pétrole brut augmenter fortement.

### Volatilité accrue des prix : canaux et exemples
- Canaux d’accroissement de la volatilité :
  - Marchés de plus petite taille : réactions de prix plus importantes aux mêmes chocs d’offre.
  - Pays changeant de blocs : reconfigurations géopolitiques des producteurs peuvent provoquer pénuries et variations de prix considérables.
  - Autres canaux possibles : effets sur l’écosystème financier lié aux produits de base (dérivés, assurance, etc.).
- Illustration quantitative :
  - Exemple sur le blé :
    - Les États‑Unis représentent environ 7 percent de la production de blé dans le monde et 15 percent de la production du bloc États‑Unis–Europe+.
    - Un choc de trois écarts‑types perturbant les récoltes aux États‑Unis correspond à environ 60 percent de la production de blé américaine, soit 4 percent de la production mondiale (les prix du blé restant constants).
    - L’exercice utilise une élasticité–prix de l’offre de 0,2 et une élasticité–prix de la demande de –0,85.
    - Dans cet exemple, la fragmentation multiplierait encore par deux l’effet sur le prix.
- Présentation des effets graphiques :
  - Graphique 3.5 : variations de prix dues à la fragmentation — effets plafonnés à 500 percent pour lisibilité ; carrés noirs = médiane ; barres = écart interquartile ; moustaches = points < 1,5 fois l’intervalle interquartile ; points = valeurs aberrantes.
  - Graphique 3.6 : hausse des prix du blé dans le bloc États‑Unis–Europe+ suite à un choc de trois écarts‑types — comparaison Monde intégré vs Monde fragmenté.
  - Graphique 3.7 : distribution des hausses de prix maximales dues au changement de bloc d’un seul exportateur — effets plafonnés à 800 percent pour lisibilité.

### Répercussions macroéconomiques et méthodes d’analyse
- Trois approches complémentaires utilisées :
  1. Modèle d’équilibre partiel à produit unique — variation du surplus total (producteurs + consommateurs) comme indicateur des répercussions économiques.
  2. Modèle statique multisectoriel d’échanges multilatéraux (équilibre général) — simulation des pertes de PIB à long terme associées à la fragmentation du commerce de tous les produits de base et examen du rôle des blocs neutres.
  3. Modèle d’équilibre général stochastique dynamique plurirégional — étude des effets dynamiques sur le PIB et l’inflation, incluant l’énergie et les minéraux critiques.
- Principales conclusions du modèle d’équilibre partiel :
  - Les inefficiences liées à la limitation des échanges font diminuer le surplus total au niveau des blocs : l’économie mondiale est moins prospère quand le commerce de divers produits de base est fragmenté.
  - Le résultat s’explique par la perte des gains liés à l’allocation efficiente des ressources et à la spécialisation selon l’avantage comparatif.
- Remarques méthodologiques complémentaires :
  - L’exercice ne modélise pas explicitement le stockage, qui joue un rôle important dans le lissage de la volatilité.
  - Aucune des méthodes n’examine les effets de la fragmentation sur la productivité et l’innovation, ni le rôle du secteur financier dans le périmètre du chapitre.

_Source: text - 3. Investissements directs étrangers et fusions, Fonds monétaire international | Octobre 2023._

### 2. Variations de l’excédent des deux plus importants exportateurs

### 2. Variations de l’excédent des deux plus importants exportateurs

### Principales observations et résultats empiriques
- Les variations du surplus total au niveau de chaque bloc sont généralement minimes, masquant toutefois d’importantes hétérogénéités d’un pays à l’autre.
- Dans chaque bloc, certains pays verraient leur surplus augmenter et d’autres enregistreraient une baisse ; rapportés aux dépenses nationales brutes, ces changements seraient discrets pour la plupart des pays, mais potentiellement considérables pour une poignée d’importateurs et d’exportateurs de produits de base.
- Exemple chiffré : la fragmentation du cuivre au stade de l’extraction réduirait le surplus de 2,5 %, voire 5 %, des dépenses nationales brutes au Chili et au Pérou, tandis qu’elle se traduirait par des gains substantiels au Kazakhstan et en Mongolie.
- Les baisses de surplus tendraient à être généralement plus marquées dans le bloc hypothétique Chine–Russie+. Les produits de base très vulnérables sont davantage consommés dans ce bloc.

### Ce que montre le modèle commercial multipays et multisectoriel
- Les pays à faible revenu pourraient enregistrer des pertes moyennes de 1,2 % du PIB à long terme, car ils sont fortement tributaires du commerce des produits agricoles.
- Pour certains pays, les pertes pourraient s’élever à plus de 2 % du PIB.
- La perte de PIB mondial, d’approximativement 0,3 %, est modeste au total parce que les effets se compensent entre pays.
- Les pertes de surplus les plus importantes au niveau d’un bloc liées à la fragmentation d’un seul produit peuvent dépasser 1 % des dépenses nationales brutes (cas d’huile de palme ou cuivre) et dépasser 0,5 % pour minerai de fer ou soja (simulation principale).

### Ce que montre le modèle macroéconomique dynamique (cadre DSGE augmenté)
- La fragmentation du commerce des sept produits de base modélisés (pétrole brut, charbon, gaz naturel, cuivre, nickel, cobalt, lithium) entraîne :
  - Une perte de PIB global d’environ 0,3 %.
  - Des pertes plus importantes dans le bloc Chine–Russie+.
  - Dans le bloc États‑Unis–Europe+, l’Europe observerait un effet considérable sur l’inflation (jusqu’à 100 points de base, voire plus) et sur le PIB, essentiellement imputable à la fragmentation des marchés pétrolier et gazier.
- Canaux d’effet identifiés :
  - Réorientation des dépenses et détournement des échanges suite à l’interdiction du commerce entre blocs.
  - Déséquilibres temporaires offre/demande provoquant des fluctuations des cours des produits de base.
  - Rigidités ralentissant l’ajustement de la production, de la consommation et des échanges.

### Impacts sur la transition vers une énergie propre (minéraux critiques)
- Dans le scénario zéro émission nette d’ici 2050, l’AIE (2023) prévoit pour 2030 :
  - demande de cuivre multipliée par 1,5,
  - demande de nickel et de cobalt multipliée par 2,
  - demande de lithium multipliée par 6.
- En partant d’un monde intégré et de la trajectoire zéro émission nette, le modèle indique que les cours mondiaux des quatre minéraux essentiels pourraient augmenter d’environ 90 % en moyenne d’ici 2030.
- Si les marchés des minéraux sont fragmentés :
  - Le bloc Chine–Russie+ verrait les prix des minéraux augmenter de 300 % en moyenne.
  - Il y aurait environ 70 % de nouveaux véhicules électriques en moins dans le bloc Chine–Russie+ si le monde était fragmenté plutôt qu’intégré.
  - L’investissement net mondial dans les technologies renouvelables et la production de véhicules électriques serait inférieur d’approximativement 20 % à celui du scénario de référence en cas de fragmentation des marchés des minéraux.
  - En utilisant les émissions de gaz à effet de serre pour agréger, le repli d’investissement atteindrait environ 30 %.
- Coût budgétaire pour la Chine du soutien aux investissements visant à se replacer sur la trajectoire « zéro émission nette » dans le scénario de fragmentation : compris entre 1½ et 2 % du PIB.

### Scénarios alternatifs et sensibilité
- Les répercussions économiques sont bien moindres si les restrictions commerciales entre blocs sont partielles ou s’il existe un bloc non aligné : variations à long terme du PIB mondial négligeables dans ce scénario, à l’exception de pertes notables pour la Russie dans l’illustration fournie.
- Les pertes de PIB mondial résultant de la limitation des flux de produits de base entre blocs représentent environ 15 % de la perte liée à la limitation de tous les échanges commerciaux. À titre de comparaison, les produits de base ne représentent que 10 % du commerce total.
- Tester une plus grande substituabilité technique : doubler l’élasticité de substitution des quatre minéraux atténuerait le recul de l’investissement dans les technologies à base d’énergies renouvelables, de 20 à 12 %.

### Conséquences agrégées et distributionnelles
- Un monde fragmenté serait plus instable : volatilité accrue des cours des produits de base, dynamique d’inflation plus instable et complexification de la politique monétaire.
- Les effets varient considérablement d’un pays à l’autre ; les pertes se compensent parfois entre pays consommateurs et producteurs, d’où des pertes mondiales modestes mais des impacts sévères pour certains pays.
- Les pays à faible revenu souffriraient de baisses de production à long terme sensiblement plus importantes, surtout si la fragmentation concerne les produits agricoles (la désorganisation du commerce des produits alimentaires entraînerait à elle seule des pertes de PIB de 1 %).
- Risque accru d’insécurité alimentaire dans les pays à faible revenu dépendant des importations agricoles.

### Recommandations et options de politique publique
- Priorité à la prévention : empêcher la fragmentation des marchés des produits de base via la coopération multilatérale.
- Renforcement des règles multilatérales : améliorer les règles de l’Organisation mondiale du commerce relatives aux restrictions quantitatives, aux droits de douane à l’exportation, aux mesures de subvention discriminatoires, aux prescriptions relatives à la teneur en éléments d’origine locale et à d’autres mesures commerciales concernant les produits de base.
- Accord a minima : aménager un « corridor écologique » pour préserver des marchés intégrés pour les minéraux indispensables à la décarbonation ; accords similaires pour des « corridors alimentaires » afin de réduire les risques humanitaires.
- Amélioration des données : créer une plateforme ou une organisation pour améliorer les échanges et la normalisation de données internationales sur la production, la consommation et les stocks de minéraux (inspirée de la Joint Organisations Data Initiative et du système d’information sur les marchés agricoles).
- Mesures d’atténuation nationales et internationales :
  - Favoriser l’investissement dans l’extraction, l’exploration et le recyclage des minéraux critiques.
  - Diversifier les sources d’approvisionnement.
  - Investir dans l’infrastructure pour réduire les coûts du commerce et améliorer l’intégration des marchés.
  - Soutenir l’innovation pour accélérer le progrès technique, développer des substituts et constituer des réserves stratégiques.
  - Renforcer les cadres macroéconomiques, structurels et budgétaires ; constituer des volants de sécurité budgétaire et financière ; élaborer des plans de préparation aux perturbations soudaines de l’offre.
  - Renforcer les filets de protection sociale pour protéger les ménages vulnérables contre la hausse des cours et la volatilité accrue.
  - Prévenir la désorganisation des marchés d’instruments dérivés sur produits de base et prévenir l’instabilité financière.
- Les politiques industrielles et de délocalisation vers des pays « amis » sont des solutions de troisième choix et doivent être limitées aux contextes particuliers (défaillance manifeste des marchés, préoccupations de sécurité nationale précises), en tenant compte des risques de distorsions et de coûts budgétaires.
- Établir un cadre pour des consultations internationales sur les pratiques de relocalisation vers des pays amis afin d’identifier et d’atténuer les répercussions négatives mondiales.

*Source : Extrait du chapitre 3, « Fragmentation et marchés des produits de base : vulnérabilités et risques », Perspectives de l’économie mondiale, Fonds monétaire international, Octobre 2023.*

### 9524. Les

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### Notes nationales et ajustements méthodologiques
- Données ajustées jusqu’en 2019 pour comparabilité; de nombreuses remarques pays par pays, notamment :
  - Érythrée : données et projections 2020–28 non figurantes en base de données pour contraintes de communication.
  - Inde : taux de croissance du PIB réel tirés des comptes nationaux, année de référence 2004/05 pour 1998–2011 et 2011/12 pour années ultérieures.
  - Iran : conversion du PIB nominal en dollars basée sur le taux de change officiel jusqu’à 2017; à partir de 2018, conversion à partir du taux NIMA.
  - Italie : données et projections fondées sur informations disponibles en date du 21 septembre 2023.
  - Liban : données 2021–22 estimations des services du FMI; projections 2023–28 omises en raison d’une incertitude élevée.
  - Libye : projections n’intègrent pas l’impact des inondations de septembre 2023.
  - République dominicaine : périmètre des séries de finances publiques précisé (secteur public consolidé pour dette/service de la dette et soldes corrigés; autres séries pour administration centrale).
  - Royaume‑Uni : projections ne prennent pas en compte révisions à la hausse considérables des statistiques du PIB de 2020 et 2021 aperçues le 1er septembre 2023 (avant publication le 29 septembre 2023).
  - Sierra Leone : unité monétaire changée le 1er juillet 2022; données en monnaie nationale exprimées en ancien leone dans l’édition d’octobre 2023 des PEM.
  - Sri Lanka : projections 2023–28 non publiées en raison d’entretiens en cours sur la restructuration de la dette souveraine.
  - Soudan : projections fondées sur hypothèse d’une fin du conflit d’ici la fin de 2023.
  - Syrie : données exclues depuis 2011 en raison de la situation politique incertaine.
  - Türkiye : projections fondées sur informations disponibles au 8 septembre 2023; n’intègrent pas pleinement hausse de taux directeur et nouveau cycle de resserrement quantitatif intervenus depuis.
  - Turkménistan : PIB réel estimations des services du FMI selon SCN; traitement spécifique des recettes d’émissions d’obligations intérieures et privatisations dans estimations/projections budgétaires.
  - Ukraine : comptes nationaux révisés disponibles à partir de 2000; exclusion de la Crimée et Sébastopol à partir de 2010.
  - Uruguay : passage aux comptes nationaux SCN 2008 en décembre 2020 (2016 année de base); transferts au système public de retraite (loi n° 19.590) enregistrés comme recettes et affectant données/projections 2018–22 (valeurs exactes listées).
  - Venezuela : grandes incertitudes (absence d’entretiens, métadonnées incomplètes); comptes budgétaires et portée précisés; données 2018–22 pour la plupart estimations des services du FMI; prix à la consommation exclus des données de groupe des PEM.
  - Zimbabwe : redéfinition récente des statistiques des comptes nationaux après adoption en 2019 du dollar à règlement brut en temps réel (dollar du Zimbabwe).

### Classification des pays — structure et principes
- Deux groupes principaux : pays avancés (41 pays) et pays émergents et pays en développement (155 pays).
- Sous-groupes analytiques pour pays émergents/pays en développement :
  - Régions : Afrique subsaharienne; Amérique latine et Caraïbes; Moyen‑Orient et Asie centrale; Asie; Europe.
  - Par source de recettes d’exportation : combustibles vs autres produits (seuil principal > 50 % exportations moyennes 2018–2022).
  - Par finances extérieures/revenu : pays créanciers nets, débiteurs nets, PPTE, PDFR, PE&PRI.
- Exclusions notables : Cuba et République populaire démocratique de Corée (non‑membres du FMI); Syrie exclue de certaines classifications pour insuffisance des données.

### Principales hypothèses de politique budgétaire (Encadré A1)
- Hypothèse générale : projections budgétaires s’appuient sur budgets/lois de finances annoncés ou sur mesures jugées probables; à moyen terme jugement quant à trajectoire la plus probable; solde primaire structurel censé rester inchangé en l’absence d’informations suffisantes.
- Exemples de traitements nationaux (sélection) :
  - Afrique du Sud : hypothèses tiennent compte du budget 2023; recettes non fiscales excluent transactions sur actifs/passifs financiers liées notamment à plus‑values sur taux de change.
  - Allemagne : projections reposent sur budget 2023, programme de stabilité 2023, projet de loi de finances fédérales 2024, plan budgétaire à moyen terme, mises à jour Destatis et ministère des Finances (ajustements macro).
  - Arabie saoudite : projections fondées sur compréhension de la politique gouvernementale mise en évidence dans budget 2022; recettes pétrole exporté reposent sur hypothèses PEM relatives aux cours du pétrole et interprétation des quotas OPEP+.
  - Inde : projections fondées sur informations disponibles sur programmes budgétaires; présentation des autorités/institutions diffère sur divers éléments (désinvestissement, recettes nettes/brutes, traitement des subventions alimentaires).
  - États‑Unis : projections budgétaires reposent sur scénario de référence de mai 2023 du Congressional Budget Office, derniers états financiers mensuels du Trésor, corrections FMI; incorporent effets de la Fiscal Responsibility Act.
  - Royaume‑Uni : projections reposent sur projections de mars 2023 de l’Office for Budget Responsibility (OBR) et informations ONS (septembre 2023); projections FMI corrigées pour différences d’hypothèses; données présentées sur année civile.
  - Türkiye : projections reposent sur solde budgétaire défini par le FMI qui exclut certains postes inclus par les autorités.

### Hypothèses de politique monétaire (Encadré A1, suite)
- Cadre général : politique monétaire suppose en général non‑accompagnement (taux augmentent si inflation attendue > cibles) ; se référer à la partie Hypothèses pour détail des trajectoires de taux.
- Sélections d’hypothèses par pays :
  - Afrique du Sud : compatibilité avec fourchette cible inflation 3 %–6 % à moyen terme.
  - Arabie saoudite : maintien du rattachement au dollar.
  - Argentine : conforme cadre macroéconomique d’ensemble et régime de parité mobile.
  - Canada : prise en compte d’une fin progressive de l’orientation restrictive vers un objectif moyen d’inflation de 2 % atteignable début 2025.
  - Chine : orientation générale légèrement accommodante en 2022 et supposée rester généralement accommodante en 2023.
  - Japon : hypothèses correspondent aux attentes des marchés.
  - Zone euro : hypothèses reposent sur modèles (semi‑structurel, DSGE, règle de Taylor), anticipations des marchés et communications du conseil des gouverneurs de la BCE.

### Perspectives macroéconomiques et indicateurs clés (sélection de tableaux A)
- Tableaux synthétiques et projections essentiels présentés dans l’appendice statistique (A1–A15). Extraits clés (variations annuelles en pourcentage), valeurs exactes préservées selon source :
  - Production mondiale (Tableau A1, ligne "Monde") : Monde3,93,43,23,83,62,8–2,86,33,53,02,93,1
  - Pays avancés (Tableau A1) : Pays avancés1,52,31,82,52,31,7–4,25,62,61,51,41,7
  - Pays émergents et pays en développement (Tableau A1) : Pays émergents et pays en développement6,04,34,44,84,63,6–1,86,94,14,04,03,9
  - Par région (Tableau A1) :
    - Pays émergents et pays en développement d’Asie8,36,86,86,66,45,2–0,57,54,55,24,84,5
    - Amérique latine et Caraïbes3,40,3–0,81,31,10,2–7,07,34,12,32,32,5
    - Afrique subsaharienne5,53,21,53,03,33,2–1,64,74,03,34,04,3
  - Inflation (Tableau A5) :
    - Déflateurs du PIB, Pays avancés1,51,31,01,51,71,51,63,25,44,02,81,9
    - Prix à la consommation, Pays émergents et pays en développement6,24,84,44,54,95,15,25,99,88,57,85,0
  - Prix mondiaux et commerce (Tableau A9) :
    - Commerce mondial — Volume4,72,82,92,25,64,01,2–7,810,95,10,93,5
    - Prix moyen du pétrole (en dollars le baril, moyenne historique/estimée) : En dollars le baril83,6264,4950,9143,2652,9868,5361,4341,7769,2596,3680,4979,92
  - Scénario de référence moyen terme (Tableau A15) :
    - PIB réel mondial (variations annuelles)3,93,06,33,53,02,93,93,2
    - Pays avancés1,51,75,62,61,51,42,81,8
    - Pays émergents et pays en développement6,03,96,94,14,04,04,74,0
    - Taux mondial d’intérêt réel à long terme (moyennes pondérées)1,2–0,7–2,5–5,0–1,40,6–2,01,3

### Analyse des risques, recommandations et priorités de politique (examen par le Conseil d’administration, septembre 2023)
- Évaluation générale des administrateurs :
  - Souscription aux perspectives, reconnaissance de la résilience continue mais préoccupation pour divergence régionale de la croissance et affaiblissement de la convergence des revenus pour de nombreux PEPD.
  - Identification des principaux risques : persistance de l’inflation sous‑jacente mondiale (nécessité de taux directeurs élevés pouvant provoquer correction des marchés financiers), volatilité des prix des produits de base (chocs climatiques/géopolitiques), risque d’aggravation du secteur immobilier en Chine, risque de surendettement dans les PEPD dépendants d’emprunts extérieurs, banques fragiles dans certains grands pays.
- Recommandations de politique avancées par les administrateurs :
  - Politique monétaire : maintenir orientation restrictive adaptée à chaque pays jusqu’à stabilisation de l’inflation; clarté et transparence des communications pour éviter désancrage des anticipations.
  - Politique budgétaire : durcir progressivement la politique budgétaire tant que déficits et dettes restent élevés; mobiliser recettes via renforcement des capacités fiscales; augmenter efficience des dépenses; préserver mesures ciblées pour protéger les plus vulnérables; certains pays surendettés pourraient nécessiter une restructuration préventive et ordonnée.
  - Croissance et réformes : faciliter investissements et mener réformes ciblées et bien échelonnées du côté de l’offre pour soutenir productivité et atténuer pressions inflationnistes.
  - Transition climatique : accélérer décabonation avec combinaison de mesures de recettes et dépenses, tarification du carbone accompagnée d’outils pour remédier aux défaillances du marché, catalyser financements privés et atténuer effets redistributifs; coordination internationale pour réduire coût de la transition, en particulier pour pays à faible revenu; considération de conformité OMC pour mesures comme mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.
  - Stabilité financière : surveillance accrue des risques financiers, renforcement de la supervision, évaluation de l’application des normes internationales de régulation bancaire, attention aux vulnérabilités de l’immobilier commercial et au secteur financier non bancaire.

*Source : Appendice statistique, Perspectives de l’économie mondiale : Des trajectoires divergentes — Fonds monétaire international, Octobre 2023.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2023/october/french/text.pdf_
