## AVANT-PROPOS

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### Résilience et tableau d’ensemble
- La croissance mondiale reste stable malgré de nombreux chocs (perturbations des chaînes d’approvisionnement, guerre en Ukraine provoquant une crise énergétique et alimentaire mondiale, poussée de l’inflation et resserrement synchronisé de la politique monétaire).
- Le monde a évité une récession généralisée ; le système bancaire s’est montré globalement résilient et les principaux pays émergents et pays en développement n’ont pas connu d’arrêt brutal de l’activité.
- La poussée d’inflation n’a pas provoqué de spirales prix–salaires non maîtrisées.
- En glissement annuel, la croissance mondiale a atteint son point le plus bas, 2,3 %, à la fin de 2022, peu après que le taux médian d’inflation globale eut atteint un pic de 9,4 %.
- Projections : la croissance pour 2024 et 2025 restera stable autour de 3,2 %, et le taux médian d’inflation globale baissera, passant de 2,8 % à la fin de 2024 à 2,4 % à la fin de 2025.
- Les conditions financières se sont assouplies en réaction à la perspective d’un desserrement monétaire ; valorisation des actions en hausse ; flux de capitaux dynamiques vers la plupart des pays émergents et pays en développement, à l’exception de la Chine ; certains pays préémergents et pays à faible revenu ont regagné un accès aux marchés.

### Facteurs expliquant la résilience et la désinflation
- Amélioration de l’offre : dissipation des chocs sur les prix de l’énergie et rebond marqué de l’offre de main-d’œuvre soutenu par des flux d’immigration importants dans de nombreux pays avancés.
- Mesures décisives de politique monétaire et amélioration des cadres de politique ont contribué à ancrer les anticipations d’inflation.
- Transmission monétaire possiblement plus modérée dans des pays comme les États-Unis en raison d’une part croissante de crédits hypothécaires à taux fixe et d’un moindre taux d’endettement des ménages depuis la crise financière mondiale.

### Risques inflationnistes et priorité de politique
- Les derniers taux d’inflation globale et d’inflation hors énergie et alimentation indiquent une hausse quelque peu préoccupante.
- Progrès sur l’inflation largement imputables à la baisse des prix de l’énergie et de l’inflation des biens ; néanmoins, l’inflation des services reste élevée, ce qui pourrait faire dérailler la désinflation.
- Priorité : ramener l’inflation à la cible.

### Divergences régionales et risques spécifiques
- États-Unis :
  - Performance exceptionnelle et moteur de la croissance mondiale.
  - Forte dépendance à des facteurs liés à la demande, dont une orientation budgétaire incompatible avec une viabilité des finances publiques à long terme.
  - Risques : courte échéance pour la désinflation ; long terme pour la santé budgétaire et la stabilité financière mondiale via une hausse potentielle des coûts de financement.
- Zone euro :
  - Croissance qui s’accélérera en 2024 mais à partir de niveaux très bas.
  - Freins : effets prolongés d’une politique monétaire restrictive, coûts antérieurs de l’énergie, rééquilibrage budgétaire prévu.
  - Risque : si la croissance des salaires reste élevée et que l’inflation des services persiste, le retour de l’inflation au niveau cible pourrait être retardé.
  - Nécessité pour la Banque centrale européenne d’orchestrer un assouplissement monétaire progressif pour éviter un ralentissement excessif et une inflation inférieure à l’objectif.
- Chine :
  - Fléchissement persistant du secteur immobilier ; phases d’essor et d’effondrement du crédit longues à se résoudre.
  - Demande intérieure susceptible de rester léthargique sans mesures et réformes décisives.
  - Dynamique de la dette publique préoccupante surtout si la crise immobilière devient une crise des finances publiques des administrations locales.
  - Risque d’augmentation des excédents extérieurs et d’exacerbation des tensions commerciales.
- Pays émergents et pays en développement :
  - Beaucoup bénéficient d’une reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales et de tensions commerciales sino-américaines ; leur empreinte sur l’économie mondiale s’accroît.
- Pays en développement à faible revenu :
  - Divergence inquiétante : croissance révisée à la baisse et inflation révisée à la hausse.
  - Estimations des séquelles économiques de la pandémie révisées à la hausse pour ces pays, indiquant des difficultés persistantes à dépasser la pandémie et la crise du coût de la vie.
  - Recommandations : réformes structurelles pour promouvoir investissements intérieurs et IDE, renforcer mobilisation de ressources intérieures, améliorer le capital humain d’une population jeune.

### Dette, marges budgétaires et recommandations de politique
- Alors que l’inflation recule, les taux d’intérêt réels ont augmenté et la dynamique de la dette souveraine est devenue moins favorable, en particulier pour les pays émergents très endettés.
- Nécessité de reconstituer la marge de manœuvre budgétaire :
  - Quand il est crédible, le rééquilibrage budgétaire réduit les coûts de financement et améliore la stabilité financière.
  - Le rééquilibrage budgétaire a plus de chances de réussir s’il est entrepris en période de croissance plutôt que sous la pression des marchés.
  - Exemple historique cité : épisode de rééquilibrage budgétaire et d’assouplissement monétaire mené en 1993 aux États-Unis.

### Croissance à moyen terme, productivité et intelligence artificielle
- Perspectives de croissance à moyen terme restent historiquement faibles.
- Chapitre 3 attribue surtout le ralentissement à une décélération de la croissance de la productivité globale des facteurs, liée en grande partie à une plus grande mauvaise allocation du capital et de la main-d’œuvre au sein des secteurs et des pays.
- Mesures possibles : accélérer la réallocation des ressources et améliorer leur efficience pour stimuler la croissance.
- Intelligence artificielle :
  - Suscite de grands espoirs pour des gains de productivité à moyen terme.
  - Risques élevés de perturbations dans les marchés du travail et de la finance.
  - Pour que l’IA profite à tous : améliorer l’infrastructure numérique, investir dans le capital humain et s’entendre sur des règles mondiales.

### Fragmentation géoéconomique et commerce
- Augmentation des mesures restrictives de politique commerciale et industrielle depuis 2019, entraînant une transformation des liens commerciaux mondiaux et des pertes d’efficience.
- Effets plus larges : atteintes à la coopération mondiale et au multilatéralisme.

### Transition climatique et investissements verts
- Besoin d’énormes investissements pour un avenir climato‑résilient et vert.
- Réduction des émissions compatible avec la croissance ; toutefois, les émissions continuent d’augmenter.
- Bon rythme d’accroissement de l’investissement vert dans les pays avancés et en Chine.
- Les autres pays émergents et pays en développement doivent accélérer considérablement la croissance des investissements verts et réduire l’investissement dans les combustibles fossiles.
- Besoins : transferts technologiques des pays avancés et de la Chine ; financements importants, principalement du secteur privé, avec une portion concessionnelle.
- La réduction des subventions nuisibles aux combustibles fossiles peut aider à créer de l’espace budgétaire pour les investissements verts.

*Fonds monétaire international | Avril 2024 — AVANT-PROPOS*

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