## Section 1

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### Aperçu général
- La croissance mondiale devrait être de 3,1 % en 2024 et de 3,2 % en 2025.
- Les prévisions pour 2024 sont supérieures de 0,2 point de pourcentage à celles de l’édition d’octobre 2023 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM).
- Les prévisions pour 2024–25 sont inférieures à la moyenne historique (2000–19) de 3,8 %.
- L’inflation globale au niveau mondial devrait tomber à 5,8 % en 2024 et à 4,4 % en 2025.

### Principaux éléments affectant les perspectives
- Facteurs positifs potentiels :
  - Une désinflation plus rapide que prévu pourrait conduire à un nouvel assouplissement des conditions financières.
  - Une politique budgétaire temporairement plus souple que prévu pourrait stimuler la croissance à court terme (au risque d’un ajustement plus coûteux ultérieur).
  - Une dynamique de réformes structurelles plus vigoureuse pourrait stimuler la productivité et entraîner des effets d’entraînement entre pays.
- Facteurs négatifs potentiels :
  - Une inflation sous-jacente plus persistante ou de nouvelles flambées des prix des produits de base dues à des chocs géopolitiques, y compris la poursuite des attaques en mer Rouge, et à des perturbations de l’offre.
  - L’aggravation des difficultés du secteur immobilier en Chine.
  - Un virage déstabilisant vers des hausses d’impôts et des réductions des dépenses dans certains pays.
- Défi à court terme pour les dirigeants :
  - Bien gérer la descente finale de l’inflation vers les objectifs fixés en modulant la politique monétaire selon la dynamique de l’inflation sous-jacente.
  - Une fois les pressions sur les salaires et les prix dissipées, adopter une orientation monétaire moins restrictive.
  - Accent renouvelé sur l’assainissement des finances publiques dans de nombreux cas pour rétablir une capacité budgétaire, dégager des recettes pour de nouvelles priorités et freiner la hausse de l’endettement public.
  - Mettre en œuvre des réformes structurelles ciblées et bien échelonnées pour renforcer la croissance de la productivité et la viabilité de la dette.
  - Renforcer la coordination multilatérale, notamment pour la résolution de la dette, afin d’éviter les situations de surendettement et d’atténuer les effets du changement climatique.

### Évolution récente et facteurs conjoncturels
- Reprise post-pandémie, invasion de l’Ukraine et crise du coût de la vie :
  - La reprise économique mondiale s’avère étonnamment résiliente.
  - L’inflation recule plus vite que prévu par rapport au pic de 2022 et a des répercussions moins néfastes que prévu sur l’emploi et l’activité.
- Offre et marché du travail :
  - Amélioration de l’offre grâce à une augmentation généralisée du taux d’activité, résolution des problèmes de la chaîne d’approvisionnement, réduction des délais de livraison.
  - Atténuation des pénuries de main-d’œuvre : baisse des offres d’emploi, légère hausse du chômage, augmentation de la main-d’œuvre disponible (dans certains cas liée à un afflux massif d’immigrés).
  - La croissance des salaires est généralement restée modérée, sans spirales prix–salaires.
- Rôle des banques centrales et coûts d’emprunt :
  - Principales banques centrales ont relevé leurs taux directeurs à des niveaux restrictifs en 2023, ce qui a :
    - fait augmenter les coûts hypothécaires,
    - rendu plus difficile le refinancement de la dette des entreprises,
    - resserré l’accès au crédit,
    - affaibli l’investissement des entreprises et l’investissement immobilier.
  - Conséquences financières :
    - Anticipations de baisse des taux directeurs ont contribué à une réduction des taux d’intérêt à long terme et à une hausse des marchés boursiers.
    - Coûts de l’emprunt à long terme restent élevés dans les pays avancés et les pays émergents et en développement, en partie à cause du creusement de la dette publique.
  - Asynchronie des décisions de politique monétaire :
    - Brésil et Chili : taux d’intérêt en baisse depuis le second semestre 2023.
    - Chine : inflation presque nulle, politique monétaire assouplie.
    - Banque du Japon : taux directeurs à court terme proches de zéro.
- Politique budgétaire :
  - Gouvernements des pays avancés ont assoupli leur politique budgétaire en 2023.
  - États-Unis : assouplissement budgétaire plus marqué que dans la zone euro.
  - Dans les pays émergents et en développement, orientation budgétaire généralement restée neutre, avec exceptions (Brésil, Russie).
  - Pays à faible revenu : paiements d’intérêts représentent en moyenne 13 % des recettes des administrations publiques, soit environ le double du niveau d’il y a 15 ans, comprimant les liquidités et empêchant les investissements nécessaires.
  - En 2024, l’orientation budgétaire devrait se resserrer dans plusieurs pays avancés, pays émergents et pays en développement afin de reconstituer une marge de manœuvre budgétaire et de freiner l’augmentation de la dette.

### Inflation : évolution et causes
- L’inflation a ralenti plus rapidement que prévu, avec des relevés mensuels récents proches de la moyenne antérieure à la pandémie pour l’inflation globale et l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie).
- Au quatrième trimestre 2023, l’inflation globale au niveau mondial a été inférieure d’environ 0,3 point de pourcentage aux prévisions d’octobre 2023 des PEM (en données corrigées des variations saisonnières d’un trimestre à l’autre).
- Principales causes du recul de l’inflation :
  - Dissipation des chocs sur les prix relatifs, notamment ceux sur les prix de l’énergie.
  - Répercussions sur l’inflation hors alimentation et énergie.
  - Atténuation des pénuries de main-d’œuvre.
- Note : Selon les estimations, le cours annuel moyen du pétrole a baissé d’environ 16 % en 2023.

### Prévisions détaillées (groupes de pays et grands pays)
- Projection mondiale :
  - Croissance estimée à 3,1 % en 2023, 3,1 % en 2024, 3,2 % en 2025.
  - Révision à la hausse d’environ 0,2 point de pourcentage pour 2024 par rapport à octobre 2023 (révisions pour la Chine, les États-Unis et de grands pays émergents et pays en développement).
- Commerce mondial :
  - Croissance du commerce mondial prévue à 3,3 % en 2024 et 3,6 % en 2025.
  - Moyenne historique du commerce mondial (2000–19) : 4,9 %.
  - Les pays ont imposé environ 3 200 nouvelles restrictions au commerce en 2022 et environ 3 000 en 2023, contre environ 1 100 en 2019 (données de Global Trade Alert).
- Hypothèses sous-jacentes :
  - Baisse des prix des produits de base (combustibles et autres) en 2024 et 2025.
  - Moyenne annuelle des cours du pétrole prévue en baisse d’environ 2,3 % en 2024.
  - Prix des produits de base autres que les combustibles prévus en fléchir de 0,9 %.
  - Taux directeurs de la Réserve fédérale, de la Banque centrale européenne et de la Banque d’Angleterre supposés rester à leurs niveaux actuels jusqu’au second semestre 2024, avant de diminuer progressivement.
  - Banque du Japon : politique globalement accommodante.
- Pays avancés :
  - Croissance prévue : 1,6 % en 2023, 1,5 % en 2024, 1,8 % en 2025.
  - Révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage pour 2024 (croissance plus forte aux États-Unis, contrebalancée par zone euro).
  - États-Unis :
    - Croissance prévue : 2,5 % en 2023, 2,1 % en 2024, 1,7 % en 2025.
    - Révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage pour 2024 depuis octobre 2023 (effets de report statistique).
  - Zone euro :
    - Croissance prévue : 0,5 % en 2023, 0,9 % en 2024, 1,7 % en 2025.
    - Révision à la baisse de 0,3 point de pourcentage pour 2024 par rapport à octobre 2023.
  - Royaume-Uni :
    - Croissance prévue : 0,5 % en 2023, 0,6 % en 2024, 1,6 % en 2025.
    - Révision à la baisse de 0,4 point de pourcentage pour 2025 (réévaluations statistiques).
  - Japon :
    - Croissance prévue : 1,9 % en 2023, 0,9 % en 2024, 0,8 % en 2025.
- Pays émergents et pays en développement (ensemble) :
  - Croissance prévue : 4,1 % en 2024, 4,2 % en 2025.
  - Révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage pour 2024 depuis octobre 2023.
  - Asie (pays émergents et en développement) :
    - Croissance prévue : 5,4 % en 2023, 5,2 % en 2024, 4,8 % en 2025.
    - Révision à la hausse de 0,4 point de pourcentage pour 2024 (attribuable à la Chine).
    - Chine : croissance prévue de 4,6 % en 2024 et 4,1 % en 2025 (révision à la hausse de 0,4 point de pourcentage pour 2024).
    - Inde : croissance prévue de 6,5 % en 2024 et 6,5 % en 2025 (relèvement de 0,2 point de pourcentage par rapport à octobre 2023 pour les deux années).
  - Europe (pays émergents et en développement) :
    - Croissance prévue : 2,7 % en 2023, 2,8 % en 2024, 2,5 % en 2025.
    - Révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage pour 2024 (imputable à la Russie).
    - Russie : croissance prévue de 2,6 % en 2024 et 1,1 % en 2025 (révision à la hausse de 1,5 point de pourcentage pour 2024).
  - Amérique latine et Caraïbes :
    - Croissance prévue : 2,5 % en 2023, 1,9 % en 2024, 2,5 % en 2025.
    - Révision à la baisse de 0,4 point de pourcentage pour 2024 (due à une croissance négative en Argentine).
    - Brésil : révision à la hausse de 0,2 point de pourcentage pour 2024.
    - Mexique : révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage pour 2024.
  - Moyen-Orient et Asie centrale :
    - Croissance prévue : 2,0 % en 2023, 2,9 % en 2024, 4,2 % en 2025.
    - Révision à la baisse de 0,5 point de pourcentage pour 2024 et à la hausse de 0,3 point de pourcentage pour 2025 par rapport aux projections d’octobre 2023.

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### Section 2

### Révisions liées à la production pétrolière et croissance non pétrolière
- Révisions principalement attribuables à l’Arabie saoudite en raison d’une baisse temporaire de la production de pétrole en 2024, conforme à un accord OPEP+ et à des baisses décidées unilatéralement.
- La croissance non pétrolière devrait rester soutenue.

### Afrique subsaharienne : trajectoire de croissance et révisions
- Croissance prévue :
  - 2023 (estimé) : 3,3 %
  - 2024 : 3,8 %
  - 2025 : 4,1 %
- Révision à la baisse pour 2024 de 0,2 point de pourcentage par rapport à octobre 2023, principalement expliquée par une projection plus faible pour l’Afrique du Sud en raison de contraintes logistiques, y compris dans le secteur des transports, pesant sur l’activité économique.
- Motifs de reprise : atténuation des effets négatifs de chocs météorologiques antérieurs et résolution progressive des problèmes d’approvisionnement.

### Perspectives d’inflation mondiale
- Inflation mondiale (moyenne annuelle) :
  - 2023 (estimé) : 6,8 %
  - 2024 : 5,8 % (prévisions inchangées par rapport à octobre 2023)
  - 2025 : 4,4 % (prévisions revues à la baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport à octobre 2023)
- Différenciation par groupe de pays :
  - Pays avancés : inflation prévue à 2,6 % en 2024 (recul de 2,0 points de pourcentage en 2024)
  - Pays émergents et en développement : inflation prévue à 8,1 % en 2024 (fléchissement de 0,3 point de pourcentage)
- Révisions spécifiques :
  - Prévisions revues à la baisse pour 2024 et 2025 pour les pays avancés.
  - Prévisions revues à la hausse pour 2024 pour les pays émergents et en développement, principalement en raison de la situation en Argentine (réalignement des prix relatifs, élimination des contrôles de prix hérités, dépréciation passée de la monnaie et répercussions sur les prix).
- Observations additionnelles :
  - Environ 80 % des pays : la moyenne annuelle de l’inflation globale et de l’inflation hors alimentation et énergie devrait diminuer en 2024.
  - Dans les pays ayant un objectif d’inflation, l’inflation globale devrait être supérieure de 0,6 point de pourcentage à l’objectif pour le pays médian d’ici au quatrième trimestre 2024 (écart estimé à 1,7 point de pourcentage à la fin de 2023).
  - La plupart de ces pays devraient atteindre leur objectif (ou le point central de leur fourchette) d’ici à 2025.
  - Dans plusieurs grandes puissances économiques, la révision à la baisse des projections de l’inflation, conjuguée à une légère amélioration de l’activité, devrait permettre un atterrissage moins brusque que prévu.

### Facteurs susceptibles de modifier les perspectives (chocs à la hausse)
- Désinflation plus rapide :
  - Répercussion plus forte que prévu de la baisse des cours des combustibles.
  - Nouvelle diminution du ratio nombre d’emplois vacants/nombre de chômeurs.
  - Compression des marges bénéficiaires pour absorber des augmentations de coûts antérieures.
  - Effets : possibilité d’assouplissement de la politique monétaire, amélioration du moral, accélération de la croissance.
- Retrait plus lent que prévu des dispositifs d’appui budgétaire (période 2024–25) :
  - Effet à court terme : croissance mondiale plus élevée.
  - Risque : accentuation de l’inflation, hausse des coûts d’emprunt, ajustements de politique déstabilisants à terme.
- Accélération de la reprise en Chine :
  - Réformes du secteur immobilier, restructuration plus rapide des promoteurs insolvables, ou appui budgétaire plus marqué pourraient stimuler la demande privée et produire des retombées internationales positives.
- Intelligence artificielle et réformes de l’offre :
  - Potentiel de stimulation de la productivité et des revenus à moyen terme, dépendant de l’exploitation des possibilités.
  - Avantage probable plus précoce pour les pays avancés (structures d’emploi plus axées sur des postes à forte intensité cognitive).
  - Pour les pays émergents et en développement, des progrès plus rapides dans les réformes d’offre pourraient accroître les investissements, la productivité et la convergence des revenus.

### Risques de révision baissière des prévisions
- Flambées des prix des produits de base liées à des chocs géopolitiques et météorologiques :
  - Région Moyen-Orient/Gaza/Israël : environ 35 % des exportations mondiales de pétrole et 14 % des exportations de gaz.
  - Mer Rouge : transite 11 % du commerce mondial.
  - Risques : nouveaux chocs d’offre, hausse des coûts de l’alimentation, de l’énergie et du transport, augmentation des frais de transport par conteneurs, instabilité continue au Moyen-Orient, fragmentation géoéconomique restreignant les flux de produits de base.
  - Chocs climatiques extrêmes (inondations, sécheresses) et El Niño : flambées des prix des denrées alimentaires, accentuation de l’insécurité alimentaire, mise en péril du processus de désinflation.
- Persistance de l’inflation hors alimentation et énergie et nécessité de resserrer la politique monétaire :
  - Causes possibles : pénuries de main-d’œuvre persistantes, regain de tensions dans les chaînes d’approvisionnement.
  - Effets : hausse des anticipations de taux d’intérêt, baisse des prix des actifs, risques accrus pour la stabilité financière, durcissement des conditions financières mondiales, renforcement du dollar, conséquences négatives sur le commerce et la croissance.
- Essoufflement de la croissance chinoise :
  - Absence de mesures complètes de restructuration du secteur immobilier → baisse plus forte et durable de l’investissement dans ce secteur.
  - Risque de rééquilibrage involontaire des finances publiques (collectivités locales), baisse de la consommation des ménages.
- Virage déstabilisant vers un rééquilibrage budgétaire :
  - Nécessité de rééquilibrer les finances publiques face à l’augmentation des ratios d’endettement.
  - Risque d’un passage trop brutal à des hausses d’impôts et à des réductions des dépenses → ralentissement marqué de la croissance à court terme.
  - Pays sans plan d’assainissement crédible ou en risque de surendettement : ajustements sévères imposés par les marchés.
  - Pays à faible revenu et pays émergents : risque de surendettement élevé limitant les investissements nécessaires pour stimuler la croissance.

### Priorités de politique économique
- Objectif à court terme pour les banques centrales :
  - Assurer un atterrissage en douceur en évitant d’abaisser les taux ni trop prématurément ni trop tard.
  - Adapter les décisions aux moteurs et à la dynamique d’inflation propre à chaque pays.
  - Quand les indicateurs d’anticipations et d’inflation sous-jacente convergent vers les objectifs, ramener les taux vers des niveaux plus neutres tout en affichant une détermination à maintenir la stabilité des prix.
  - Dans certains pays émergents : calibrer le rythme des réductions de taux sur la base d’un large éventail d’indicateurs.
  - Surveiller attentivement les conditions de financement et être prêt à employer des outils de stabilité financière.
- Reconstitution de réserves et viabilité de la dette :
  - Procéder à un assainissement des finances publiques sur la base de plans à moyen terme crédibles, le rythme dépendant de la situation propre à chaque pays.
  - Accroître les soldes budgétaires durant une période prolongée tout en préservant les investissements prioritaires et l’aide aux groupes vulnérables.
  - Initiatives recommandées : accroître les recettes intérieures, remédier aux rigidités en matière de dépenses, renforcer les cadres budgétaires institutionnels.
  - Pour les pays en surendettement ou à risque élevé : restructuration ordonnée de la dette peut être nécessaire.
  - Coordination accélérée et efficace en matière de résolution de la dette via le cadre commun du Groupe des Vingt et la table ronde mondiale sur la dette souveraine.
- Stimuler la croissance durable à moyen terme :
  - Réformes structurelles ciblées et soigneusement échelonnées pour renforcer la productivité et inverser les perspectives de ralentissement de la croissance.
  - Mise en œuvre groupée de réformes pour atténuer les contraintes sur l’activité et générer rapidement des gains de production.
  - Politiques industrielles possibles lorsque des externalités ou défaillances du marché sont bien établies, conformes aux règles de l’OMC, complétées par des réformes nationales et des cadres de bonne gouvernance.
  - Mesures pour la transition verte : tarification du carbone, subventions aux investissements verts, réduction des subventions à l’énergie, mécanismes d’ajustement carbone aux frontières — définies pour être compatibles avec l’OMC.
  - Investissements dans les infrastructures et activités d’adaptation au changement climatique pour une plus grande résilience.
- Accroître la résilience par la coopération multilatérale :
  - Intensifier la coopération pour atténuer les coûts de la scission de l’économie mondiale.
  - Priorités : coordination pour la résolution de la dette, atténuation du changement climatique, facilitation de la transition vers des énergies vertes (COP28), sauvegarde du transport des minerais essentiels, restauration de la capacité de l’OMC à régler les différends commerciaux, usage responsable des technologies comme l’intelligence artificielle (amélioration des cadres nationaux et harmonisation des principes mondiaux).
  - Importance de l’approbation par les pays membres de l’augmentation de leur quote-part respective suivant la Seizième révision générale des quotes-parts.

### Encadré : mise à jour du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (janv. 2024)
- Depuis octobre 2023 :
  - Pressions inflationnistes : atténuation continue.
  - Anticipations de taux d’intérêt : baisse considérable en décembre → rebond généralisé des cours des actifs risqués.
  - Conditions financières mondiales : assouplies depuis octobre, en termes nets, via hausse des valorisations des actions, baisse de la volatilité et compression des écarts de taux sur les obligations d’entreprise.
  - Rendements obligataires mondiaux : nettement baissés en valeur nette depuis octobre, en particulier pour les échéances les plus longues.
  - Taux réels : baisses sur l’ensemble de la courbe dues à la réévaluation par le marché des futurs taux d’intérêt.

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### Section 3

### Encadré : évolution des marchés depuis octobre 2023

- Taux d'intérêt et rendements :
  - Aux États-Unis, les taux réels à 10 ans, après avoir atteint des niveaux inégalés avant la crise financière mondiale, sont désormais inférieurs à 2 %.
  - Les rendements ont augmenté depuis le début de l’année 2024, en lien avec un modération des attentes des investisseurs concernant l’ampleur et le rythme de l’assouplissement de la politique monétaire des principales banques centrales.
  - La corrélation entre les actifs des pays émergents et les rendements du Trésor américain s’est accrue dans un contexte de forte volatilité des taux d’intérêt.

- Qualité du crédit et risque bancaire :
  - L’optimisme des investisseurs quant aux perspectives macroéconomiques contraste avec la détérioration de la qualité du crédit parmi les emprunteurs.
  - La croissance du crédit bancaire a chuté, en partie parce que le relèvement des taux d’intérêt en 2023 a pesé sur la demande de prêts.
  - Les banques continuent de faire preuve de moins de tolérance au risque.
  - Les défauts de paiement continuent de s’accumuler pour certaines catégories d’emprunteurs.
  - Les banques américaines font face à des pertes latentes élevées sur les titres disponibles à la vente et les titres détenus jusqu’à leur échéance.
  - Malgré le rebond des marchés boursiers en fin d’année, les ratios cours/valeur comptable des banques régionales américaines ne se sont pas encore totalement remis des turbulences de mars 2023.

- Liquidité et fonctionnement des marchés :
  - Jusqu’à présent, la réduction des bilans des banques centrales s’est faite de manière ordonnée.
  - Certains signes indiquent cependant que la diminution des liquidités dans le système financier commence à peser sur le fonctionnement des marchés.
  - Des tensions ont été observées sur certains marchés de financement à court terme : les taux de financement des prises en pension de titres américains ont augmenté de façon épisodique au cours des derniers mois.

- Immobilier commercial et expositions bancaires :
  - L’exposition du système bancaire à l’immobilier commercial reste préoccupante.
  - La faiblesse de la demande dans certains pays et la hausse des coûts de l’emprunt accentuent les risques de défaillance des emprunteurs ayant contracté un prêt immobilier commercial.
  - L’insolvabilité récente d’un géant européen de l’immobilier illustre les fragilités du secteur dans le contexte actuel de volatilité des taux d’intérêt et de chute des prix de l’immobilier.

- Pays émergents et flux de capitaux :
  - La hausse des rendements dans les pays avancés a provoqué des sorties de capitaux dans les pays émergents.
  - Cette tendance s’est inversée depuis novembre pour les actifs libellés en monnaie locale.
  - Les conditions financières dans ce contexte de taux plus élevés pourraient continuer de poser des problèmes à certains pays, en particulier aux pays émergents les plus faibles et aux pays dont les écarts avec les taux d’intérêt américains se réduisent rapidement.

*MISE À JOUR DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, JANVIER 2024, Fonds monétaire international*

### Section 1

### Le recul de l’inflation et la stabilité de la croissance ouvrent la voie à un atterrissage en douceur

### Aperçu général
- La croissance mondiale devrait être de 3,1 % en 2024 et de 3,2 % en 2025.
- Les prévisions pour 2024 sont supérieures de 0,2 point de pourcentage à celles de l’édition d’octobre 2023 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM).
- Les prévisions pour 2024–25 sont inférieures à la moyenne historique (2000–19) de 3,8 %.
- L’inflation globale au niveau mondial devrait tomber à 5,8 % en 2024 et à 4,4 % en 2025.

### Principaux éléments affectant les perspectives
- Facteurs positifs potentiels :
  - Une désinflation plus rapide que prévu pourrait conduire à un nouvel assouplissement des conditions financières.
  - Une politique budgétaire temporairement plus souple que prévu pourrait stimuler la croissance à court terme (au risque d’un ajustement plus coûteux ultérieur).
  - Une dynamique de réformes structurelles plus vigoureuse pourrait stimuler la productivité et entraîner des effets d’entraînement entre pays.
- Facteurs négatifs potentiels :
  - Une inflation sous-jacente plus persistante ou de nouvelles flambées des prix des produits de base dues à des chocs géopolitiques, y compris la poursuite des attaques en mer Rouge, et à des perturbations de l’offre.
  - L’aggravation des difficultés du secteur immobilier en Chine.
  - Un virage déstabilisant vers des hausses d’impôts et des réductions des dépenses dans certains pays.
- Défi à court terme pour les dirigeants :
  - Bien gérer la descente finale de l’inflation vers les objectifs fixés en modulant la politique monétaire selon la dynamique de l’inflation sous-jacente.
  - Une fois les pressions sur les salaires et les prix dissipées, adopter une orientation monétaire moins restrictive.
  - Accent renouvelé sur l’assainissement des finances publiques dans de nombreux cas pour rétablir une capacité budgétaire, dégager des recettes pour de nouvelles priorités et freiner la hausse de l’endettement public.
  - Mettre en œuvre des réformes structurelles ciblées et bien échelonnées pour renforcer la croissance de la productivité et la viabilité de la dette.
  - Renforcer la coordination multilatérale, notamment pour la résolution de la dette, afin d’éviter les situations de surendettement et d’atténuer les effets du changement climatique.

### Évolution récente et facteurs conjoncturels
- Reprise post-pandémie, invasion de l’Ukraine et crise du coût de la vie :
  - La reprise économique mondiale s’avère étonnamment résiliente.
  - L’inflation recule plus vite que prévu par rapport au pic de 2022 et a des répercussions moins néfastes que prévu sur l’emploi et l’activité.
- Offre et marché du travail :
  - Amélioration de l’offre grâce à une augmentation généralisée du taux d’activité, résolution des problèmes de la chaîne d’approvisionnement, réduction des délais de livraison.
  - Atténuation des pénuries de main-d’œuvre : baisse des offres d’emploi, légère hausse du chômage, augmentation de la main-d’œuvre disponible (dans certains cas liée à un afflux massif d’immigrés).
  - La croissance des salaires est généralement restée modérée, sans spirales prix–salaires.
- Rôle des banques centrales et coûts d’emprunt :
  - Principales banques centrales ont relevé leurs taux directeurs à des niveaux restrictifs en 2023, ce qui a :
    - fait augmenter les coûts hypothécaires,
    - rendu plus difficile le refinancement de la dette des entreprises,
    - resserré l’accès au crédit,
    - affaibli l’investissement des entreprises et l’investissement immobilier.
  - Conséquences financières :
    - Anticipations de baisse des taux directeurs ont contribué à une réduction des taux d’intérêt à long terme et à une hausse des marchés boursiers.
    - Coûts de l’emprunt à long terme restent élevés dans les pays avancés et les pays émergents et en développement, en partie à cause du creusement de la dette publique.
  - Asynchronie des décisions de politique monétaire :
    - Brésil et Chili : taux d’intérêt en baisse depuis le second semestre 2023.
    - Chine : inflation presque nulle, politique monétaire assouplie.
    - Banque du Japon : taux directeurs à court terme proches de zéro.
- Politique budgétaire :
  - Gouvernements des pays avancés ont assoupli leur politique budgétaire en 2023.
  - États-Unis : assouplissement budgétaire plus marqué que dans la zone euro.
  - Dans les pays émergents et en développement, orientation budgétaire généralement restée neutre, avec exceptions (Brésil, Russie).
  - Pays à faible revenu : paiements d’intérêts représentent en moyenne 13 % des recettes des administrations publiques, soit environ le double du niveau d’il y a 15 ans, comprimant les liquidités et empêchant les investissements nécessaires.
  - En 2024, l’orientation budgétaire devrait se resserrer dans plusieurs pays avancés, pays émergents et pays en développement afin de reconstituer une marge de manœuvre budgétaire et de freiner l’augmentation de la dette.

### Inflation : évolution et causes
- L’inflation a ralenti plus rapidement que prévu, avec des relevés mensuels récents proches de la moyenne antérieure à la pandémie pour l’inflation globale et l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie).
- Au quatrième trimestre 2023, l’inflation globale au niveau mondial a été inférieure d’environ 0,3 point de pourcentage aux prévisions d’octobre 2023 des PEM (en données corrigées des variations saisonnières d’un trimestre à l’autre).
- Principales causes du recul de l’inflation :
  - Dissipation des chocs sur les prix relatifs, notamment ceux sur les prix de l’énergie.
  - Répercussions sur l’inflation hors alimentation et énergie.
  - Atténuation des pénuries de main-d’œuvre.
- Note : Selon les estimations, le cours annuel moyen du pétrole a baissé d’environ 16 % en 2023.

### Prévisions détaillées (groupes de pays et grands pays)
- Projection mondiale :
  - Croissance estimée à 3,1 % en 2023, 3,1 % en 2024, 3,2 % en 2025.
  - Révision à la hausse d’environ 0,2 point de pourcentage pour 2024 par rapport à octobre 2023 (révisions pour la Chine, les États-Unis et de grands pays émergents et pays en développement).
- Commerce mondial :
  - Croissance du commerce mondial prévue à 3,3 % en 2024 et 3,6 % en 2025.
  - Moyenne historique du commerce mondial (2000–19) : 4,9 %.
  - Les pays ont imposé environ 3 200 nouvelles restrictions au commerce en 2022 et environ 3 000 en 2023, contre environ 1 100 en 2019 (données de Global Trade Alert).
- Hypothèses sous-jacentes :
  - Baisse des prix des produits de base (combustibles et autres) en 2024 et 2025.
  - Moyenne annuelle des cours du pétrole prévue en baisse d’environ 2,3 % en 2024.
  - Prix des produits de base autres que les combustibles prévus en fléchir de 0,9 %.
  - Taux directeurs de la Réserve fédérale, de la Banque centrale européenne et de la Banque d’Angleterre supposés rester à leurs niveaux actuels jusqu’au second semestre 2024, avant de diminuer progressivement.
  - Banque du Japon : politique globalement accommodante.
- Pays avancés :
  - Croissance prévue : 1,6 % en 2023, 1,5 % en 2024, 1,8 % en 2025.
  - Révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage pour 2024 (croissance plus forte aux États-Unis, contrebalancée par zone euro).
  - États-Unis :
    - Croissance prévue : 2,5 % en 2023, 2,1 % en 2024, 1,7 % en 2025.
    - Révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage pour 2024 depuis octobre 2023 (effets de report statistique).
  - Zone euro :
    - Croissance prévue : 0,5 % en 2023, 0,9 % en 2024, 1,7 % en 2025.
    - Révision à la baisse de 0,3 point de pourcentage pour 2024 par rapport à octobre 2023.
  - Royaume-Uni :
    - Croissance prévue : 0,5 % en 2023, 0,6 % en 2024, 1,6 % en 2025.
    - Révision à la baisse de 0,4 point de pourcentage pour 2025 (réévaluations statistiques).
  - Japon :
    - Croissance prévue : 1,9 % en 2023, 0,9 % en 2024, 0,8 % en 2025.
- Pays émergents et pays en développement (ensemble) :
  - Croissance prévue : 4,1 % en 2024, 4,2 % en 2025.
  - Révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage pour 2024 depuis octobre 2023.
  - Asie (pays émergents et en développement) :
    - Croissance prévue : 5,4 % en 2023, 5,2 % en 2024, 4,8 % en 2025.
    - Révision à la hausse de 0,4 point de pourcentage pour 2024 (attribuable à la Chine).
    - Chine : croissance prévue de 4,6 % en 2024 et 4,1 % en 2025 (révision à la hausse de 0,4 point de pourcentage pour 2024).
    - Inde : croissance prévue de 6,5 % en 2024 et 6,5 % en 2025 (relèvement de 0,2 point de pourcentage par rapport à octobre 2023 pour les deux années).
  - Europe (pays émergents et en développement) :
    - Croissance prévue : 2,7 % en 2023, 2,8 % en 2024, 2,5 % en 2025.
    - Révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage pour 2024 (imputable à la Russie).
    - Russie : croissance prévue de 2,6 % en 2024 et 1,1 % en 2025 (révision à la hausse de 1,5 point de pourcentage pour 2024).
  - Amérique latine et Caraïbes :
    - Croissance prévue : 2,5 % en 2023, 1,9 % en 2024, 2,5 % en 2025.
    - Révision à la baisse de 0,4 point de pourcentage pour 2024 (due à une croissance négative en Argentine).
    - Brésil : révision à la hausse de 0,2 point de pourcentage pour 2024.
    - Mexique : révision à la hausse de 0,6 point de pourcentage pour 2024.
  - Moyen-Orient et Asie centrale :
    - Croissance prévue : 2,0 % en 2023, 2,9 % en 2024, 4,2 % en 2025.
    - Révision à la baisse de 0,5 point de pourcentage pour 2024 et à la hausse de 0,3 point de pourcentage pour 2025 par rapport aux projections d’octobre 2023.

*Fonds monétaire international | Janvier 2024*

### Section 2

### Section 2

### Révisions liées à la production pétrolière et croissance non pétrolière
- Révisions principalement attribuables à l’Arabie saoudite en raison d’une baisse temporaire de la production de pétrole en 2024, conforme à un accord OPEP+ et à des baisses décidées unilatéralement.
- La croissance non pétrolière devrait rester soutenue.

### Afrique subsaharienne : trajectoire de croissance et révisions
- Croissance prévue :
  - 2023 (estimé) : 3,3 %
  - 2024 : 3,8 %
  - 2025 : 4,1 %
- Révision à la baisse pour 2024 de 0,2 point de pourcentage par rapport à octobre 2023, principalement expliquée par une projection plus faible pour l’Afrique du Sud en raison de contraintes logistiques, y compris dans le secteur des transports, pesant sur l’activité économique.
- Motifs de reprise : atténuation des effets négatifs de chocs météorologiques antérieurs et résolution progressive des problèmes d’approvisionnement.

### Perspectives d’inflation mondiale
- Inflation mondiale (moyenne annuelle) :
  - 2023 (estimé) : 6,8 %
  - 2024 : 5,8 % (prévisions inchangées par rapport à octobre 2023)
  - 2025 : 4,4 % (prévisions revues à la baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport à octobre 2023)
- Différenciation par groupe de pays :
  - Pays avancés : inflation prévue à 2,6 % en 2024 (recul de 2,0 points de pourcentage en 2024)
  - Pays émergents et en développement : inflation prévue à 8,1 % en 2024 (fléchissement de 0,3 point de pourcentage)
- Révisions spécifiques :
  - Prévisions revues à la baisse pour 2024 et 2025 pour les pays avancés.
  - Prévisions revues à la hausse pour 2024 pour les pays émergents et en développement, principalement en raison de la situation en Argentine (réalignement des prix relatifs, élimination des contrôles de prix hérités, dépréciation passée de la monnaie et répercussions sur les prix).
- Observations additionnelles :
  - Environ 80 % des pays : la moyenne annuelle de l’inflation globale et de l’inflation hors alimentation et énergie devrait diminuer en 2024.
  - Dans les pays ayant un objectif d’inflation, l’inflation globale devrait être supérieure de 0,6 point de pourcentage à l’objectif pour le pays médian d’ici au quatrième trimestre 2024 (écart estimé à 1,7 point de pourcentage à la fin de 2023).
  - La plupart de ces pays devraient atteindre leur objectif (ou le point central de leur fourchette) d’ici à 2025.
  - Dans plusieurs grandes puissances économiques, la révision à la baisse des projections de l’inflation, conjuguée à une légère amélioration de l’activité, devrait permettre un atterrissage moins brusque que prévu.

### Facteurs susceptibles de modifier les perspectives (chocs à la hausse)
- Désinflation plus rapide :
  - Répercussion plus forte que prévu de la baisse des cours des combustibles.
  - Nouvelle diminution du ratio nombre d’emplois vacants/nombre de chômeurs.
  - Compression des marges bénéficiaires pour absorber des augmentations de coûts antérieures.
  - Effets : possibilité d’assouplissement de la politique monétaire, amélioration du moral, accélération de la croissance.
- Retrait plus lent que prévu des dispositifs d’appui budgétaire (période 2024–25) :
  - Effet à court terme : croissance mondiale plus élevée.
  - Risque : accentuation de l’inflation, hausse des coûts d’emprunt, ajustements de politique déstabilisants à terme.
- Accélération de la reprise en Chine :
  - Réformes du secteur immobilier, restructuration plus rapide des promoteurs insolvables, ou appui budgétaire plus marqué pourraient stimuler la demande privée et produire des retombées internationales positives.
- Intelligence artificielle et réformes de l’offre :
  - Potentiel de stimulation de la productivité et des revenus à moyen terme, dépendant de l’exploitation des possibilités.
  - Avantage probable plus précoce pour les pays avancés (structures d’emploi plus axées sur des postes à forte intensité cognitive).
  - Pour les pays émergents et en développement, des progrès plus rapides dans les réformes d’offre pourraient accroître les investissements, la productivité et la convergence des revenus.

### Risques de révision baissière des prévisions
- Flambées des prix des produits de base liées à des chocs géopolitiques et météorologiques :
  - Région Moyen-Orient/Gaza/Israël : environ 35 % des exportations mondiales de pétrole et 14 % des exportations de gaz.
  - Mer Rouge : transite 11 % du commerce mondial.
  - Risques : nouveaux chocs d’offre, hausse des coûts de l’alimentation, de l’énergie et du transport, augmentation des frais de transport par conteneurs, instabilité continue au Moyen-Orient, fragmentation géoéconomique restreignant les flux de produits de base.
  - Chocs climatiques extrêmes (inondations, sécheresses) et El Niño : flambées des prix des denrées alimentaires, accentuation de l’insécurité alimentaire, mise en péril du processus de désinflation.
- Persistance de l’inflation hors alimentation et énergie et nécessité de resserrer la politique monétaire :
  - Causes possibles : pénuries de main-d’œuvre persistantes, regain de tensions dans les chaînes d’approvisionnement.
  - Effets : hausse des anticipations de taux d’intérêt, baisse des prix des actifs, risques accrus pour la stabilité financière, durcissement des conditions financières mondiales, renforcement du dollar, conséquences négatives sur le commerce et la croissance.
- Essoufflement de la croissance chinoise :
  - Absence de mesures complètes de restructuration du secteur immobilier → baisse plus forte et durable de l’investissement dans ce secteur.
  - Risque de rééquilibrage involontaire des finances publiques (collectivités locales), baisse de la consommation des ménages.
- Virage déstabilisant vers un rééquilibrage budgétaire :
  - Nécessité de rééquilibrer les finances publiques face à l’augmentation des ratios d’endettement.
  - Risque d’un passage trop brutal à des hausses d’impôts et à des réductions des dépenses → ralentissement marqué de la croissance à court terme.
  - Pays sans plan d’assainissement crédible ou en risque de surendettement : ajustements sévères imposés par les marchés.
  - Pays à faible revenu et pays émergents : risque de surendettement élevé limitant les investissements nécessaires pour stimuler la croissance.

### Priorités de politique économique
- Objectif à court terme pour les banques centrales :
  - Assurer un atterrissage en douceur en évitant d’abaisser les taux ni trop prématurément ni trop tard.
  - Adapter les décisions aux moteurs et à la dynamique d’inflation propre à chaque pays.
  - Quand les indicateurs d’anticipations et d’inflation sous-jacente convergent vers les objectifs, ramener les taux vers des niveaux plus neutres tout en affichant une détermination à maintenir la stabilité des prix.
  - Dans certains pays émergents : calibrer le rythme des réductions de taux sur la base d’un large éventail d’indicateurs.
  - Surveiller attentivement les conditions de financement et être prêt à employer des outils de stabilité financière.
- Reconstitution de réserves et viabilité de la dette :
  - Procéder à un assainissement des finances publiques sur la base de plans à moyen terme crédibles, le rythme dépendant de la situation propre à chaque pays.
  - Accroître les soldes budgétaires durant une période prolongée tout en préservant les investissements prioritaires et l’aide aux groupes vulnérables.
  - Initiatives recommandées : accroître les recettes intérieures, remédier aux rigidités en matière de dépenses, renforcer les cadres budgétaires institutionnels.
  - Pour les pays en surendettement ou à risque élevé : restructuration ordonnée de la dette peut être nécessaire.
  - Coordination accélérée et efficace en matière de résolution de la dette via le cadre commun du Groupe des Vingt et la table ronde mondiale sur la dette souveraine.
- Stimuler la croissance durable à moyen terme :
  - Réformes structurelles ciblées et soigneusement échelonnées pour renforcer la productivité et inverser les perspectives de ralentissement de la croissance.
  - Mise en œuvre groupée de réformes pour atténuer les contraintes sur l’activité et générer rapidement des gains de production.
  - Politiques industrielles possibles lorsque des externalités ou défaillances du marché sont bien établies, conformes aux règles de l’OMC, complétées par des réformes nationales et des cadres de bonne gouvernance.
  - Mesures pour la transition verte : tarification du carbone, subventions aux investissements verts, réduction des subventions à l’énergie, mécanismes d’ajustement carbone aux frontières — définies pour être compatibles avec l’OMC.
  - Investissements dans les infrastructures et activités d’adaptation au changement climatique pour une plus grande résilience.
- Accroître la résilience par la coopération multilatérale :
  - Intensifier la coopération pour atténuer les coûts de la scission de l’économie mondiale.
  - Priorités : coordination pour la résolution de la dette, atténuation du changement climatique, facilitation de la transition vers des énergies vertes (COP28), sauvegarde du transport des minerais essentiels, restauration de la capacité de l’OMC à régler les différends commerciaux, usage responsable des technologies comme l’intelligence artificielle (amélioration des cadres nationaux et harmonisation des principes mondiaux).
  - Importance de l’approbation par les pays membres de l’augmentation de leur quote-part respective suivant la Seizième révision générale des quotes-parts.

### Encadré : mise à jour du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (janv. 2024)
- Depuis octobre 2023 :
  - Pressions inflationnistes : atténuation continue.
  - Anticipations de taux d’intérêt : baisse considérable en décembre → rebond généralisé des cours des actifs risqués.
  - Conditions financières mondiales : assouplies depuis octobre, en termes nets, via hausse des valorisations des actions, baisse de la volatilité et compression des écarts de taux sur les obligations d’entreprise.
  - Rendements obligataires mondiaux : nettement baissés en valeur nette depuis octobre, en particulier pour les échéances les plus longues.
  - Taux réels : baisses sur l’ensemble de la courbe dues à la réévaluation par le marché des futurs taux d’intérêt.

*MISE À JOUR DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, JANVIER 2024, Fonds monétaire international*

### Section 3

### Encadré : évolution des marchés depuis octobre 2023

### Taux d'intérêt et rendements
- Aux États-Unis, les taux réels à 10 ans, après avoir atteint des niveaux inégalés avant la crise financière mondiale, sont désormais inférieurs à 2 %.
- Les rendements ont augmenté depuis le début de l’année 2024, en lien avec un modération des attentes des investisseurs concernant l’ampleur et le rythme de l’assouplissement de la politique monétaire des principales banques centrales.
- La corrélation entre les actifs des pays émergents et les rendements du Trésor américain s’est accrue dans un contexte de forte volatilité des taux d’intérêt.

### Qualité du crédit et risque bancaire
- L’optimisme des investisseurs quant aux perspectives macroéconomiques contraste avec la détérioration de la qualité du crédit parmi les emprunteurs.
- La croissance du crédit bancaire a chuté, en partie parce que le relèvement des taux d’intérêt en 2023 a pesé sur la demande de prêts.
- Les banques continuent de faire preuve de moins de tolérance au risque.
- Les défauts de paiement continuent de s’accumuler pour certaines catégories d’emprunteurs.
- Les banques américaines font face à des pertes latentes élevées sur les titres disponibles à la vente et les titres détenus jusqu’à leur échéance.
- Malgré le rebond des marchés boursiers en fin d’année, les ratios cours/valeur comptable des banques régionales américaines ne se sont pas encore totalement remis des turbulences de mars 2023.

### Liquidité et fonctionnement des marchés
- Jusqu’à présent, la réduction des bilans des banques centrales s’est faite de manière ordonnée.
- Certains signes indiquent cependant que la diminution des liquidités dans le système financier commence à peser sur le fonctionnement des marchés.
- Des tensions ont été observées sur certains marchés de financement à court terme : les taux de financement des prises en pension de titres américains ont augmenté de façon épisodique au cours des derniers mois.

### Immobilier commercial et expositions bancaires
- L’exposition du système bancaire à l’immobilier commercial reste préoccupante.
- La faiblesse de la demande dans certains pays et la hausse des coûts de l’emprunt accentuent les risques de défaillance des emprunteurs ayant contracté un prêt immobilier commercial.
- L’insolvabilité récente d’un géant européen de l’immobilier illustre les fragilités du secteur dans le contexte actuel de volatilité des taux d’intérêt et de chute des prix de l’immobilier.

### Pays émergents et flux de capitaux
- La hausse des rendements dans les pays avancés a provoqué des sorties de capitaux dans les pays émergents.
- Cette tendance s’est inversée depuis novembre pour les actifs libellés en monnaie locale.
- Les conditions financières dans ce contexte de taux plus élevés pourraient continuer de poser des problèmes à certains pays, en particulier aux pays émergents les plus faibles et aux pays dont les écarts avec les taux d’intérêt américains se réduisent rapidement.

*Préparé par la division de l’analyse des marchés mondiaux du département des marchés monétaires et de capitaux.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2024/update/january/french/text.pdf_
