## L’économie mondiale dans une situation délicate — MISE À JOUR, JUILLET 2024

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### Vue d’ensemble et projections globales
- Croissance mondiale prévue : 3,2 % en 2024 et 3,3 % en 2025.
- Dynamique variable de l’activité au début de l’année a réduit quelque peu les divergences de production entre pays via une atténuation des facteurs cycliques et une meilleure adéquation de l’activité avec son potentiel.
- Inflation des prix des services freine la désinflation et complique le retour à la normale de la politique monétaire, augmentant les risques d’accélération de l’inflation et la probabilité de taux d’intérêt plus élevés pour encore plus longtemps.
- Recommandation générale : échelonner soigneusement le dosage des mesures afin de stabiliser les prix et reconstituer les réserves réduites.

### Activité économique et commerce — premiers trimestres et régions
- Activité et commerce mondiaux se sont raffermis au début de l’année, soutenus par de fortes exportations en provenance d’Asie, en particulier dans le secteur des technologies.
- États-Unis :
  - Ralentissement plus fort que prévu au début de l’année lié à une modération de la consommation et à une contribution négative des échanges nets.
  - Prévision de croissance revue à la baisse à 2,6 % en 2024 (0,1 point de pourcentage de moins par rapport aux prévisions d’avril).
  - Croissance prévue à 1,9 % en 2025.
- Japon :
  - Croissance plus faible que prévu au 1er trimestre principalement en raison de perturbations temporaires de l’offre liées à la fermeture d’une grande usine automobile.
  - Prévision 2024 révisée à la baisse de 0,2 point de pourcentage.
- Zone euro :
  - Activité proche d’un plancher ; reprise modeste attendue.
  - Croissance attendue : 0,9 % en 2024 (révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage).
  - Croissance attendue : 1,5 % en 2025.
  - Faiblesse persistante de l’industrie manufacturière, reprise plus lente dans des pays comme l’Allemagne.
- Chine :
  - Rebond de la consommation privée et vigueur des exportations au 1er trimestre.
  - Prévision révisée à la hausse : 5 % en 2024.
  - Prévision 2025 : 4,5 %.
  - Moyen terme : décroissance continue jusqu’à 3,3 % en 2029, en raison du vieillissement de la population et du ralentissement de la croissance de la productivité.
- Inde :
  - Prévisions revues à la hausse.
  - Croissance prévue : 7,0 % en 2024.
- Amérique latine et Caraïbes :
  - Ajustements pays par pays.
  - Brésil : croissance revue à la baisse en 2024 (inondations), revue à la hausse en 2025 (reconstruction, accélération de la production d’hydrocarbures).
  - Mexique : croissance revue à la baisse en 2024 (ralentissement de la demande).
- Moyen-Orient et Asie centrale :
  - Production pétrolière et conflits pèsent sur les perspectives.
  - Arabie saoudite : prévision 2024 revue à la baisse de 0,9 point de pourcentage (prolongation des réductions de la production de pétrole).
  - Soudan : prévisions nettement revues à la baisse en raison de la persistance du conflit.
- Afrique subsaharienne :
  - Prévisions revues à la baisse, principalement en raison d’une révision à la baisse de 0,2 point de pourcentage pour le Nigéria.

### Commerce mondial
- Reprise du commerce : croissance du commerce mondial prévue à environ 3¼ % par an en 2024–25 (après quasi-stagnation en 2023).
- La hausse du 1er trimestre devrait s’atténuer car l’activité manufacturière reste faible.
- Malgré des restrictions accrues aux échanges transfrontaliers, le ratio commerce mondial/PIB mondial devrait rester stable dans les projections.

### Inflation et conditions financières
- Désinflation mondiale en ralentissement, trajectoire accidentée due à dynamiques sectorielles divergentes :
  - Inflation des prix des services persistante.
  - Désinflation plus forte pour les prix des biens.
- Salaires nominaux restent soutenus, supérieurs à l’inflation dans certains pays, partiellement liés aux résultats des négociations salariales et aux anticipations d’inflation à court terme supérieures à l’objectif.
- Aux États-Unis, accélération de l’inflation séquentielle au 1er trimestre a retardé le retour à la normale de la politique monétaire ; d’autres pays avancés (zone euro, Canada) ont devancé les États-Unis dans le cycle d’assouplissement.
- Conditions financières mondiales globalement accommodantes malgré l’augmentation des rendements à long terme ; valorisations élevées des entreprises ont contribué à maintenir l’accommodation.
- Risque : augmentation des rendements susceptible de peser sur la discipline budgétaire dans certains pays.

### Hypothèses des prévisions et prix des matières premières
- Révisions des cours des produits de base :
  - Augmentation de 5 % des prix des produits autres que les combustibles en 2024.
  - Cours des produits énergétiques attendus en baisse d’environ 4,6 % en 2024, soit moins que prévu en avril 2024, en raison des fortes réductions de l’offre décidées par l’OPEP+ et d’une diminution, quoique toujours présente, de la pression sur les prix due au conflit au Proche-Orient.
- Taux directeurs des principales banques centrales devraient encore baisser au second semestre 2024, avec des divergences selon les situations d’inflation.

### Principaux risques et canaux d’exposition
- Risques accrus d’accélération de l’inflation liés à :
  - Désinflation insuffisante dans le secteur des services.
  - Pressions sur les prix en cas de regain des tensions commerciales ou géopolitiques.
- Mécanismes d’amplification :
  - Fixation simultanée des salaires et des prix dans les services, main-d’œuvre importante dans les coûts.
  - Croissance plus forte des salaires nominaux combinée à faible productivité peut empêcher la modération des hausses de prix.
  - Escalade des tensions commerciales peut augmenter les coûts des biens importés le long des chaînes d’approvisionnement.
  - Hausse des attentes d’inflation à court terme en réaction à données décevantes sur l’inflation.
- Conséquences potentielles de taux d’intérêt plus élevés plus longtemps :
  - Aggravation des risques extérieurs, budgétaires et financiers.
  - Appréciation prolongée du dollar pouvant perturber les flux de capitaux et entraver l’assouplissement monétaire prévu.
  - Hausse des coûts d’emprunt et risque pour la stabilité financière si les améliorations budgétaires ne compensent pas la hausse des taux réels.
- Risque politique :
  - Changements d’orientation importants des politiques économiques liés aux élections augmentent l’incertitude ; peuvent se traduire par des dérapages budgétaires, aggravation de la dynamique de la dette, hausse des rendements à long terme et intensification du protectionnisme.

### Recommandations de politique à court et moyen terme
- À court terme :
  - Dans les pays où le risque d’inflation s’est concrétisé, les banques centrales devraient éviter d’assouplir prématurément et rester prêtes à resserrer si nécessaire.
  - Quand les données montrent un retour durable à la stabilité des prix, l’assouplissement devrait être progressif, parallèlement à un rééquilibrage des finances publiques.
  - Les dérapages budgétaires récents peuvent nécessiter une position nettement plus restrictive que prévu ; engagements de rééquilibrage budgétaire doivent être sérieusement respectés via des cadres budgétaires solides et une augmentation des ressources.
- Pour les pays émergents et en développement :
  - Gérer les risques de volatilité des devises et des flux de capitaux en laissant le taux de change s’ajuster, tout en utilisant la politique monétaire pour maintenir l’inflation proche de l’objectif.
  - Utiliser les réserves de change avec prudence, les préserver pour des sorties de capitaux potentielles, conformément au cadre stratégique intégré du FMI.
  - Utiliser des mesures macroprudentielles pour atténuer les vulnérabilités liées à une forte exposition à la dette libellée en devises étrangères.
- À moyen terme :
  - Agir pour redynamiser la croissance potentielle : renforcer le dynamisme des entreprises, réduire la mauvaise allocation des ressources, remédier aux carences de productivité.
  - Stimuler l’offre de main-d’œuvre en intégrant mieux les femmes et les immigrés pour atténuer les pressions démographiques et accroître les gains potentiels de croissance.
  - Atténuer les coûts de l’émigration qualifiée via mesures tirant parti des réseaux de la diaspora, maximisant les avantages des envois de fonds et élargissant les opportunités sur le marché du travail intérieur.
- Recommandation commerciale :
  - S’abstenir de politiques de repli et de mesures faussant les échanges ; renforcer le système commercial multilatéral et favoriser la coopération multilatérale pour faire face aux enjeux mondiaux, y compris le changement climatique.

### Encadré 1 — MISE À JOUR DU RAPPORT SUR LA STABILITÉ FINANCIÈRE DANS LE MONDE — JUIL. 2024

- Auteur et portée :
  - "Le présent encadré a été rédigé par la division de l’analyse des marchés mondiaux du département des marchés monétaires et de capitaux."
  - Objet : fait le point sur l’évolution des marchés depuis l’édition d’avril 2024 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde.

#### Politique monétaire et attentes de marché
- Incertitude élevée entourant les perspectives d’inflation a conduit les banques centrales des principaux pays avancés à se montrer "un peu plus prudentes" quant au rythme de l’assouplissement de leur politique, par rapport à leur position à la fin du premier trimestre.
- Les attentes des marchés concernant le nombre de réductions des taux directeurs à réaliser en 2024 ont été revues à la baisse.
- Hypothèse de réduction mentionnée : "Il est supposé qu’une réduction est de l’ordre de 25 points de base."

#### Rendements obligataires et composante de prime de risque
- Les rendements à long terme ont généralement évolué parallèlement à la réévaluation des trajectoires de politique monétaire.
- Aux États-Unis, les rendements à moyen et long terme sont restés inchangés, en termes nets, depuis avril.
- Épisodes transitoires de pression à la hausse dus aux variations des taux réels, en partie conséquence des fluctuations de la demande de bons du Trésor et de changements structurels dans la base d’investisseurs de ces titres.
- Incertitude entourant la trajectoire des taux réels américains à long terme, mesurée par le niveau de la prime de risque réelle, reste élevée par rapport à la moyenne historique.
- Définition : "La composante prime de risque des taux réels traduit la rémunération que les investisseurs exigent pour supporter l’incertitude qui entoure la trajectoire future des taux d’intérêt et des perspectives économiques."

#### Taux de change et interventions
- Évolution des taux d’intérêt a provoqué des fluctuations du taux de change du dollar par rapport aux monnaies des principaux pays avancés depuis le mois d’avril.
- Le yen a subi des pressions soutenues à la dépréciation par rapport au dollar, caractérisées par des variations excessives qui ont amené les autorités à intervenir sur le marché.
- Les monnaies des pays émergents ont, d’une manière générale, été soumises à des pressions à la dépréciation.
- Certaines monnaies de pays émergents avec des perspectives économiques relativement plus solides, ou d’exportateurs de produits de base comme le cuivre, ont pu compenser ces pressions.

#### Flux de capitaux et financement des émergents
- Les pays émergents ont globalement bien résisté, malgré une variabilité du comportement de leur monnaie.
- Les pays émergents ont connu des sorties nettes de capitaux depuis avril, et ont montré une sensibilité aux changements dans les attentes concernant la trajectoire de la politique monétaire des États-Unis.
- L’émission d’obligations souveraines internationales a ralenti.
- Quelques pays préémergents procèdent à un préfinancement de remboursements prévus pour le prochain trimestre, malgré des coûts de l’emprunt élevés, afin d’atténuer un risque de refinancement très attendu.
- Méthodologie : "Une définition restreinte des flux de capitaux est utilisée ici, limitée aux seuls flux d’investissements de portefeuille, en raison des retards dans la disponibilité des données officielles."

#### Actifs à risque et valorisations d’entreprises
- Les actifs à risque se sont appréciés par rapport aux niveaux élevés du premier trimestre, en partie grâce à la résilience des entreprises.
- Solides bénéfices des entreprises ont fait grimper les valorisations des actions aux États-Unis et dans la zone euro, les sociétés ayant affiché des bénéfices supérieurs à ceux attendus.
- Valorisations des actions dans les principaux pays émergents ont été contrastées.
- Écarts de taux sur les obligations des entreprises continuent de rester faibles dans la plupart des régions.
- Conséquence : des valorisations élevées des entreprises ont permis de maintenir des conditions financières accommodantes.

#### Risques et implications pour la stabilité financière
- Un ralentissement du rythme d’assouplissement de la politique monétaire aux États-Unis et dans d’autres pays avancés, dans un contexte d’incertitude persistante quant aux perspectives économiques mondiales, pourrait :
  - exacerber la volatilité des marchés financiers,
  - remettre en question les valorisations élevées des entreprises.
- Les monnaies des pays émergents pourraient être soumises à de nouvelles pressions avec le resserrement des différentiels de taux d’intérêt par rapport aux États-Unis.

*MISE À JOUR DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, JUILLET 2024*

### Section 1

### L’économie mondiale dans une situation délicate — MISE À JOUR, JUILLET 2024

### Vue d’ensemble et projections globales
- La croissance mondiale devrait être conforme aux prévisions d’avril 2024 des PEM : 3,2 % en 2024 et 3,3 % en 2025.
- La dynamique variable de l’activité au début de l’année a réduit quelque peu les divergences de production entre les pays, via une atténuation des facteurs cycliques et une meilleure adéquation de l’activité avec son potentiel.
- L’inflation des prix des services freine la désinflation et complique le retour à la normale de la politique monétaire, augmentant les risques d’accélération de l’inflation et la probabilité de taux d’intérêt plus élevés pour encore plus longtemps.
- Recommandation générale : échelonner soigneusement le dosage des mesures afin de stabiliser les prix et reconstituer les réserves réduites.

### Activité économique et commerce — premiers trimestres et régions
- Activité et commerce mondiaux se sont raffermis au début de l’année, soutenus par de fortes exportations en provenance d’Asie, en particulier dans le secteur des technologies.
- États-Unis : ralentissement plus fort que prévu au début de l’année, lié à une modération de la consommation et à une contribution négative des échanges nets.
  - Prévision de croissance revue à la baisse à 2,6 % en 2024 (0,1 point de pourcentage de moins par rapport aux prévisions d’avril).
  - Croissance prévue à 1,9 % en 2025.
- Japon : croissance plus faible que prévu au 1er trimestre principalement en raison de perturbations temporaires de l’offre liées à la fermeture d’une grande usine automobile.
  - Prévision 2024 révisée à la baisse de 0,2 point de pourcentage (ensemble des motivations expliquées dans le texte).
- Zone euro : activité proche d’un plancher ; reprise modeste attendue.
  - Croissance attendue : 0,9 % en 2024 (révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage).
  - Croissance attendue : 1,5 % en 2025.
  - Remarque : faiblesse persistante de l’industrie manufacturière, reprise plus lente dans des pays comme l’Allemagne.
- Chine : rebond de la consommation privée et vigueur des exportations au 1er trimestre.
  - Prévision révisée à la hausse : 5 % en 2024.
  - Prévision 2025 : 4,5 %.
  - Moyen terme : décroissance continue jusqu’à 3,3 % en 2029, en raison du vieillissement de la population et du ralentissement de la croissance de la productivité.
- Inde : prévisions revues à la hausse.
  - Croissance prévue : 7,0 % en 2024.
- Amérique latine et Caraïbes : ajustements pays par pays.
  - Brésil : croissance revue à la baisse en 2024 (inondations), revue à la hausse en 2025 (reconstruction, accélération de la production d’hydrocarbures).
  - Mexique : croissance revue à la baisse en 2024 (ralentissement de la demande).
- Moyen-Orient et Asie centrale : production pétrolière et conflits pèsent sur les perspectives.
  - Arabie saoudite : prévision 2024 revue à la baisse de 0,9 point de pourcentage (prolongation des réductions de la production de pétrole).
  - Soudan : prévisions nettement revues à la baisse en raison de la persistance du conflit.
- Afrique subsaharienne : prévisions revues à la baisse, principalement en raison d’une révision à la baisse de 0,2 point de pourcentage pour le Nigéria.

### Commerce mondial
- Reprise du commerce : croissance du commerce mondial prévue à environ 3¼ % par an en 2024–25 (après quasi-stagnation en 2023).
- La hausse du 1er trimestre devrait s’atténuer car l’activité manufacturière reste faible.
- Malgré des restrictions accrues aux échanges transfrontaliers, le ratio commerce mondial/PIB mondial devrait rester stable dans les projections.

### Inflation et conditions financières
- Désinflation mondiale en ralentissement, trajectoire accidentée due à dynamiques sectorielles divergentes :
  - Inflation des prix des services persistante.
  - Désinflation plus forte pour les prix des biens.
- Salaires nominaux restent soutenus, supérieurs à l’inflation dans certains pays, partiellement liés aux résultats des négociations salariales et aux anticipations d’inflation à court terme supérieures à l’objectif.
- Aux États-Unis, accélération de l’inflation séquentielle au 1er trimestre a retardé le retour à la normale de la politique monétaire ; d’autres pays avancés (zone euro, Canada) ont devancé les États-Unis dans le cycle d’assouplissement.
- Conditions financières mondiales globalement accommodantes malgré l’augmentation des rendements à long terme ; valorisations élevées des entreprises ont contribué à maintenir l’accommodation.
- Risque : augmentation des rendements susceptible de peser sur la discipline budgétaire dans certains pays.

### Hypothèses des prévisions et prix des matières premières
- Les projections reposent sur des révisions à la hausse des cours des produits de base :
  - Augmentation de 5 % des prix des produits autres que les combustibles en 2024.
  - Cours des produits énergétiques attendus en baisse d’environ 4,6 % en 2024, soit moins que prévu en avril 2024, en raison des fortes réductions de l’offre décidées par l’OPEP+ et d’une diminution, quoique toujours présente, de la pression sur les prix due au conflit au Proche-Orient.
- Taux directeurs des principales banques centrales devraient encore baisser au second semestre 2024, avec des divergences selon les situations d’inflation.

### Principaux risques et canaux d’exposition
- Risques accrus d’accélération de l’inflation liés à :
  - Désinflation insuffisante dans le secteur des services.
  - Pressions sur les prix en cas de regain des tensions commerciales ou géopolitiques.
- Mécanismes d’amplification :
  - Fixation simultanée des salaires et des prix dans les services, main-d’œuvre importante dans les coûts.
  - Croissance plus forte des salaires nominaux combinée à faible productivité peut empêcher la modération des hausses de prix.
  - Escalade des tensions commerciales peut augmenter les coûts des biens importés le long des chaînes d’approvisionnement.
  - Hausse des attentes d’inflation à court terme en réaction à données décevantes sur l’inflation.
- Conséquences potentielles de taux d’intérêt plus élevés plus longtemps :
  - Aggravation des risques extérieurs, budgétaires et financiers.
  - Appréciation prolongée du dollar pouvant perturber les flux de capitaux et entraver l’assouplissement monétaire prévu.
  - Hausse des coûts d’emprunt et risque pour la stabilité financière si les améliorations budgétaires ne compensent pas la hausse des taux réels.
- Risque politique : changements d’orientation importants des politiques économiques liés aux élections augmentent l’incertitude ; peuvent se traduire par des dérapages budgétaires, aggravation de la dynamique de la dette, hausse des rendements à long terme et intensification du protectionnisme.

### Recommandations de politique à court et moyen terme
- À court terme :
  - Dans les pays où le risque d’inflation s’est concrétisé, les banques centrales devraient éviter d’assouplir prématurément et rester prêtes à resserrer si nécessaire.
  - Quand les données montrent un retour durable à la stabilité des prix, l’assouplissement devrait être progressif, parallèlement à un rééquilibrage des finances publiques.
  - Les dérapages budgétaires récents peuvent nécessiter une position nettement plus restrictive que prévu ; engagements de rééquilibrage budgétaire doivent être sérieusement respectés via des cadres budgétaires solides et une augmentation des ressources.
- Pour les pays émergents et en développement :
  - Gérer les risques de volatilité des devises et des flux de capitaux en laissant le taux de change s’ajuster, tout en utilisant la politique monétaire pour maintenir l’inflation proche de l’objectif.
  - Utiliser les réserves de change avec prudence, les préserver pour des sorties de capitaux potentielles, conformément au cadre stratégique intégré du FMI.
  - Utiliser des mesures macroprudentielles pour atténuer les vulnérabilités liées à une forte exposition à la dette libellée en devises étrangères.
- À moyen terme :
  - Agir pour redynamiser la croissance potentielle : renforcer le dynamisme des entreprises, réduire la mauvaise allocation des ressources, remédier aux carences de productivité.
  - Stimuler l’offre de main-d’œuvre en intégrant mieux les femmes et les immigrés pour atténuer les pressions démographiques et accroître les gains potentiels de croissance.
  - Atténuer les coûts de l’émigration qualifiée via mesures tirant parti des réseaux de la diaspora, maximisant les avantages des envois de fonds et élargissant les opportunités sur le marché du travail intérieur.
- Recommandation commerciale :
  - S’abstenir de politiques de repli et de mesures faussant les échanges ; renforcer le système commercial multilatéral et favoriser la coopération multilatérale pour faire face aux enjeux mondiaux, y compris le changement climatique.

*Fonds monétaire international | Juillet 2024 — MISE À JOUR DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, Section 1*

### Section 2

### Encadré 1. MISE À JOUR DU RAPPORT SUR LA STABILITÉ FINANCIÈRE DANS LE MONDE — JUIL. 2024

### Politique monétaire et attentes de marché
- Une incertitude élevée entourant les perspectives d’inflation a conduit les banques centrales des principaux pays avancés à se montrer "un peu plus prudentes" quant au rythme de l’assouplissement de leur politique, par rapport à leur position à la fin du premier trimestre.
- Les attentes des marchés concernant le nombre de réductions des taux directeurs à réaliser en 2024 ont été revues à la baisse.
- Hypothèse de réduction mentionnée : "Il est supposé qu’une réduction est de l’ordre de 25 points de base."

### Rendements obligataires et composante de prime de risque
- Les rendements à long terme ont généralement évolué parallèlement à la réévaluation des trajectoires de politique monétaire.
- Aux États-Unis, les rendements à moyen et long terme sont restés inchangés, en termes nets, depuis avril.
- Ces rendements ont connu des épisodes transitoires de pression à la hausse dus aux variations des taux réels, en partie conséquence des fluctuations de la demande de bons du Trésor et de changements structurels dans la base d’investisseurs de ces titres.
- L’incertitude entourant la trajectoire des taux réels américains à long terme, mesurée par le niveau de la prime de risque réelle, reste élevée par rapport à la moyenne historique.
- Définition fournie : "La composante prime de risque des taux réels traduit la rémunération que les investisseurs exigent pour supporter l’incertitude qui entoure la trajectoire future des taux d’intérêt et des perspectives économiques."

### Taux de change et interventions
- L’évolution des taux d’intérêt a provoqué des fluctuations du taux de change du dollar par rapport aux monnaies des principaux pays avancés depuis le mois d’avril.
- Le yen a subi des pressions soutenues à la dépréciation par rapport au dollar, caractérisées par des variations excessives qui ont amené les autorités à intervenir sur le marché.
- Les monnaies des pays émergents ont, d’une manière générale, été soumises à des pressions à la dépréciation.
- Remarque : certaines monnaies de pays émergents avec des perspectives économiques relativement plus solides, ou d’exportateurs de produits de base comme le cuivre, ont pu compenser ces pressions.

### Flux de capitaux et financement des émergents
- Les pays émergents ont globalement bien résisté, malgré une variabilité du comportement de leur monnaie.
- Les pays émergents ont connu des sorties nettes de capitaux depuis avril, et ont montré une sensibilité aux changements dans les attentes concernant la trajectoire de la politique monétaire des États-Unis.
- L’émission d’obligations souveraines internationales a ralenti.
- Quelques pays préémergents procèdent à un préfinancement de remboursements prévus pour le prochain trimestre, malgré des coûts de l’emprunt élevés, afin d’atténuer un risque de refinancement très attendu.
- Méthodologie : "Une définition restreinte des flux de capitaux est utilisée ici, limitée aux seuls flux d’investissements de portefeuille, en raison des retards dans la disponibilité des données officielles."

### Actifs à risque et valorisations d’entreprises
- Les actifs à risque se sont appréciés par rapport aux niveaux élevés du premier trimestre, en partie grâce à la résilience des entreprises.
- Les solides bénéfices des entreprises ont fait grimper les valorisations des actions aux États-Unis et dans la zone euro, les sociétés ayant affiché des bénéfices supérieurs à ceux attendus.
- Les valorisations des actions dans les principaux pays émergents ont été contrastées.
- Les écarts de taux sur les obligations des entreprises continuent de rester faibles dans la plupart des régions.
- Conséquence : des valorisations élevées des entreprises ont permis de maintenir des conditions financières accommodantes.

### Risques et implications pour la stabilité financière
- Un ralentissement du rythme d’assouplissement de la politique monétaire aux États-Unis et dans d’autres pays avancés, dans un contexte d’incertitude persistante quant aux perspectives économiques mondiales, pourrait :
  - exacerber la volatilité des marchés financiers,
  - remettre en question les valorisations élevées des entreprises.
- Les monnaies des pays émergents pourraient être soumises à de nouvelles pressions avec le resserrement des différentiels de taux d’intérêt par rapport aux États-Unis.

### Auteur et portée de l’encadré
- "Le présent encadré a été rédigé par la division de l’analyse des marchés mondiaux du département des marchés monétaires et de capitaux."
- Objet : fait le point sur l’évolution des marchés depuis l’édition d’avril 2024 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde.

*MISE À JOUR DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, JUILLET 2024*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2024/update/july/french/text.pdf_
