## Introduction

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### Perspectives macroéconomiques et prévisions clés
- Croissance mondiale prévue à 3,2 percent en 2025 et à 3,1 percent en 2026.
- Perte de production cumulée d’environ 0,2 percent à la fin de 2026 par rapport aux projections d’octobre 2024.
- Croissance attendue :
  - Pays avancés (agrégé) autour de 1½ percent en 2025–26; États‑Unis attendue à 2,0 percent.
  - Pays émergents et pays en développement juste au‑dessus de 4,0 percent.
- Inflation mondiale projetée à 4,2 percent en 2025 et à 3,7 percent en 2026; inflation supérieure à la cible aux États‑Unis.
- Volume mondial des échanges commerciaux prévu en progression de 2,9 percent en moyenne en 2025–26 (contre 3,5 percent en 2024).
- Cours moyen du baril de pétrole : 68,92 dollars le baril en 2025, 65,84 dollars le baril en 2026.
- Rendements des obligations d’État à trois mois (moyennes) :
  - États‑Unis : 4,3 percent en 2025 et 3,7 percent en 2026.
  - Zone euro : 2,0 percent en 2025 et 2,1 percent en 2026.
  - Japon : 0,4 percent en 2025 et 0,8 percent en 2026.
- Rendements des obligations d’État à 10 ans (moyennes) :
  - États‑Unis : 4,3 percent en 2025 et 4,1 percent en 2026.
  - Zone euro : 2,5 percent en 2025 et 2,6 percent en 2026.
  - Japon : 1,5 percent en 2025 et 1,7 percent en 2026.
- Incertitude des projections fondée sur statistiques disponibles au 30 septembre 2025.

### Canaux d’impact et éléments conjoncturels
- Droits de douane américains : « entre 10 percent et 20 percent pour la plupart des pays »; taux effectif officiel restant « aux alentours de 19 percent ».
- Mécanismes d’atténuation observés : reconfiguration rapide des chaînes d’approvisionnement, accords commerciaux bilatéraux, comportement d’anticipation des entreprises (concentration des importations au premier semestre).
- Effets temporaires soutenant l’activité : achats et investissements anticipés, accumulation de stocks, marges absorbant des hausses de coûts.
- Canaux défavorables : transmission différée des droits de douane aux prix, réorientation permanente des échanges, moindre efficience mondiale, relocalisation et mauvaise affectation des ressources.
- Dépréciation du dollar a amplifié le choc tarifaire mais soutenu le commerce mondial et assoupli les conditions financières internationales.

### Risques principaux (à la baisse et à la hausse)
- Principaux risques à la baisse :
  - Intensification du protectionnisme et barrières non tarifaires perturbant chaînes d’approvisionnement.
  - Chocs d’offre de main‑d’œuvre liés à politiques migratoires restrictives.
  - Vulnérabilités budgétaires et fragilités financières interagissant avec la hausse des coûts d’emprunt.
  - Perte de crédibilité des banques centrales en cas de pressions institutionnelles.
  - Déception sur les gains de productivité liés à l’IA.
  - Flambées des prix des produits de base ; pays importateurs à faible revenu particulièrement exposés.
- Scénarios de révision à la hausse :
  - Dissipation de l’incertitude politique : augmentation de la production mondiale de 0,4 percent à très court terme; abaissement des droits de douane pourrait ajouter ~0,3 percent.
  - Gains de productivité liés à l’IA : hypothèses raisonnables indiquant un gain additionnel de 0,4 percent de la production mondiale à court terme.

### Scénarios modélisés (résumé quantifié)
- Probabilités d’incertitude (modèle du G20) :
  - Probabilité qu’une récession se produise en 2026 ≈ 30 percent.
  - Risque que l’inflation globale aux États‑Unis dépasse 3 percent en 2026 ≈ 30 percent.
  - Probabilité que la croissance mondiale tombe en dessous de 2 percent en 2026 ≈ 25 percent.
  - Probabilité que l’inflation globale dépasse 5 percent en 2026 ≈ 25 percent.
- Scénario A (détérioration) — principaux chiffres :
  - Droits de douane US durablement plus élevés; hausse pour importations en provenance de la Chine : près de 30 points de pourcentage (par rapport au scénario de référence); droits effectifs US augmentent globalement de 10 points de pourcentage.
  - Productivité totale des facteurs dans secteurs très engagés dans les échanges (≈ 20 percent de la valeur ajoutée mondiale) diminue de 1 percent à l’échelle mondiale en 2026–27.
  - Anticipations d’inflation à un an augmentent de 50 points de base aux États‑Unis; 60 points de base dans certains pays émergents.
  - Primes d’échéance sur la dette publique augmentent de 100 points de base dans tous les pays, hormis en Chine, à compter de 2026 pour 10 ans.
  - Baisse de la demande mondiale d’actifs US → rendement escompté des actifs américains augmente jusqu’à 80 points de base; prime de risque extérieur US dure 20 ans.
  - Effet agrégé : baisse sensible du PIB mondial en 2026, soit 1,2 percent de moins que dans le scénario de référence.
- Scénario B (amélioration) — principaux chiffres :
  - Suppression permanente des droits imposés depuis janvier 2025; réduction des taux effectifs sur les importations américaines d’environ 15 points de pourcentage.
  - Productivité liée à l’IA : productivité totale des facteurs mondiale croît d’environ 0,8 percent sur 10 ans.
  - Effets agrégés : augmentation du PIB mondial d’environ 1 percent en 2026 et d’environ 2 percent à long terme; contribution du retour à des droits de douane faibles ≈ 0,7 point de pourcentage; contribution des avantages liés à l’IA ≈ 1,4 point de pourcentage.
  - Investissement mondial accroît d’environ 2 percent en 2026–27; gains IA ajoutent ≈ 1,5 percent sur la même période.
  - Taux de change US : dépréciation d’environ 7 percent par rapport au scénario de référence en 2026.

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### Résilience des pays émergents : coup de chance ou mesures avisées ?

### Résultats empiriques et contributions chiffrées
- Échantillon : 26 pays émergents couvrant ≈ 88 percent du PIB des pays émergents et pays à revenu intermédiaire.
- 16 épisodes d’aversion au risque identifiés (1997–fin 2024), en moyenne augmentation d’environ un écart‑type et durée ≈ cinq mois.
- Gains attribuables à l’amélioration des dispositifs (post‑CFM vs avant) :
  - Contribution de l’amélioration des dispositifs : +0,5 point de pourcentage de gain de croissance.
  - Contribution à la baisse d’inflation : −0,6 point de pourcentage.
  - Contribution additionnelle de la conjoncture extérieure à la croissance : +0,5 point de pourcentage (sans contribution à la réduction des tensions inflationnistes).
- Simulations Q‑IPF (choc de dépréciation nominale de 10 percent) :
  - Pays émergents dotés de dispositifs solides (après la crise) : production baisse de 0,1 point de pourcentage; inflation augmente de 0,2 point de pourcentage.
  - Pays émergents dotés de dispositifs fragiles (avant la crise) : production contraction de 0,3 point de pourcentage; inflation poussée de 1 point de pourcentage.
- Améliorations structurelles observées depuis la crise :
  - Position moyenne d’avoirs extérieurs nets : progression de 13 percent du PIB.
  - Part des engagements extérieurs libellés en monnaie nationale : +12,5 points de pourcentage.
  - Probabilité d’un arrêt soudain : réduite de moitié, atteignant 1,5 percent.
  - Gravité moyenne d’un arrêt soudain (écart de crédit moyen) : baisse de 6,2 percent à 5,2 percent.

### Rôle et limites des interventions sur le marché des changes
- Interventions supposées utilisant réserves de 3 percent du PIB pour contrer sorties de capitaux :
  - Réduisent la dépréciation de moitié dans les simulations.
  - Pays fragiles : intervention réduit l’augmentation cumulée des prix de 0,7 point de pourcentage sur deux ans et réduit la perte de production de 0,9 point de pourcentage.
  - Pays solides : bénéfice marginal (inflation inférieure de 0,1 point de pourcentage); production marginalement supérieure.
- Conclusion : interventions offrent un répit mais sont coûteuses et leurs avantages diminuent si cadres monétaires et macroprudentiels sont solides.

### Indépendance des banques centrales et transitions politiquement motivées
- Étude : 134 remplacements de gouverneurs depuis 2000.
  - Transitions motivées politiquement beaucoup plus fréquentes dans les pays émergents (≈ 50 cas) que dans les pays avancés (5–8 percent des transitions).
  - Transitions politiquement motivées associées à une hausse des anticipations d’inflation à cinq ans de 1,7 point de pourcentage.
  - Six mois après ces transitions :
    - taux réels chutent de 1,6 point de pourcentage,
    - taux de change se déprécient de 3,1 percent.

### Recommandations synthétiques pour les pays émergents
- Poursuivre renforcement des cadres monétaire, macroprudentiel et budgétaire pour augmenter la marge de manœuvre et réduire la probabilité d’arrêts soudains.
- Pour pays aux dispositifs fragiles :
  - Ne pas retarder le durcissement monétaire lors de chocs d’aversion au risque.
  - Recourir aux interventions sur le marché des changes comme instrument utile mais temporaire et calibré.
- Pour pays aux dispositifs solides :
  - Prioriser renforcement institutionnel; interventions sur le marché des changes moins nécessaires.
- Maintenir une politique budgétaire crédible pour préserver la viabilité de la dette et soutenir la résilience.

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### Politique industrielle : arbitrages, coûts et effets sectoriels

### Tendances et coût budgétaire
- Reprise de la politique industrielle depuis 2009; un tiers des politiques industrielles de 2009–22 visaient au moins un produit du secteur de l’énergie.
- Instruments dominants : financement subventionné et soutien direct représentant plus de 80 percent des interventions entre 2009 et 2022.
- Exemples chiffrés :
  - Coût estimé pour la relocalisation en Europe : 0,4 percent du PIB annuel de l’UE (≈ 80 milliards d’euros annuels en moyenne entre 2025 et 2035); ≈ 30,000 euros par emploi créé dans le secteur.
  - Chine (2011–2023) : estimation du coût équivalent ≈ 4 percent du PIB en équivalent‑coût budgétaire de la politique industrielle.
  - Aides publiques dans l’UE en 2022 : près de 1,5 percent du PIB.
- Effets moyens sectoriels observés (analyse 58 pays, 732 secteurs, 2009–21) :
  - Une mesure supplémentaire de soutien direct associée à ≈ 0,5 percent d’augmentation de la valeur ajoutée du secteur cible trois ans après la mise en œuvre.
  - Augmentation d’environ 0,3 percent de la productivité totale des facteurs (PTF) dans le secteur ciblé trois ans après la mise en œuvre.
  - Ces effets sont modestes comparés aux moyennes annuelles de l’échantillon (valeur ajoutée industrielle moyenne +6,5 percent par an; PTF ≈ +4 percent par an).

### Hétérogénéités et risques d’inefficience
- Différences selon stade de développement sectoriel :
  - Industries naissantes : subvention financière supplémentaire associée à +0,5 percent de valeur ajoutée à 3 ans.
  - Industries matures : subvention financière supplémentaire associée à −1,2 percent de valeur ajoutée à 3 ans.
- Effets intersectoriels (secteur énergie) :
  - Soutien direct supplémentaire au secteur énergétique → +0,7 percent de PTF secteur ciblé en 12 mois; +2,5 percent de valeur ajoutée dans secteurs en aval 1–3 ans après le choc, mais baisse temporaire de 1,7 percent de l’efficience allocative dans ces secteurs.
- Modèle quantitatif plurisectoriel (scénario énergie ciblée) :
  - Augmentation >50 percent de la production dans le secteur de l’énergie; PTF sectorielle ≈ +3 percent; coût budgétaire annuel stable ≈ 1,8 percent du PIB en état stable à long terme; importations d’énergie en % de consommation d’énergie diminuent de 5,1 points de pourcentage.
- Scénario ciblé optimal vs mal ciblé :
  - Ciblage précis (subventions aux secteurs à rendements d’échelle croissants) → gains PTF globaux ; ressources nécessaires ≈ 5,5 percent du PIB/an.
  - Subventions uniformes mal ciblées (même enveloppe ≈ 5,5 percent du PIB) → productivité globale diminue légèrement.

### Comparaison politiques industrielles vs réformes structurelles
- Réformes structurelles (gouvernance, développement financier) souvent plus efficaces et moins coûteuses pour stimuler la production et la productivité.
- Exemple : une amélioration de la gouvernance peut augmenter la valeur ajoutée industrielle dans secteurs à forte distorsion de 2,1 percent, alors que politiques industrielles ciblant ces secteurs produisent ≈ 0,2 percent.
- Recommandation : prioriser réformes structurelles horizontales; utiliser politiques industrielles uniquement si défaillances de marché bien diagnostiquées, avec garde‑fous, ciblage, évaluation et calendrier de retrait.

### Conséquences transfrontalières et coordination
- Aides publiques nationales peuvent réduire l’emploi et les recettes des concurrents non bénéficiaires (effets transfrontaliers chiffrés pour l’UE) :
  - Choc d’aide publique de 1 percent sur une entreprise bénéficiaire → concurrence non bénéficiaire : emploi −0,13 percent l’année suivante; recettes −0,24 percent l’année suivante; effets plus prononcés en 2e année.
- Proposition : lorsque des aides sont justifiées pour remédier à défaillances transnationales, les accorder au niveau de l’Union ou multilatéral pour réduire distorsions et retombées néfastes.

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### Recommandations de politique publique (synthèse thématique)
- Commerce :
  - Revoir la réglementation des échanges pour réduire l’incertitude; favoriser accords bilatéraux et multilatéraux clairs; moderniser règles commerciales pour l’ère numérique.
- Finances publiques :
  - Réduire progressivement et de manière crédible les vulnérabilités budgétaires; améliorer efficience des dépenses publiques; mesures de soutien temporaires, ciblées et compensées.
- Politique monétaire et institutions :
  - Maintenir flexibilité et transparence; préserver indépendance des banques centrales; garantir outils et communication des données.
- Politiques structurelles :
  - Prioriser politiques horizontales (éducation, recherche publique, infrastructures, gouvernance, stabilité financière); accélérer réformes structurelles (mobilité du travail, participation, numérique, renforcement des institutions).
- Pays à faible revenu :
  - Mobiliser recettes intérieures via réformes de gouvernance et administrations publiques; compte tenu de la contraction de l’aide extérieure (recule de 9 percent en 2024).
- Préparation et planification :
  - Recourir à la planification par scénarios et stratégies préétablies; analyser scénarios de choc; définir mesures d’activation pour politique monétaire, budgétaire et stabilité financière.
- Politique industrielle (garde‑fous) :
  - Diagnostiquer défaillances du marché; cibler interventions; exiger gouvernance solide, transparence, mécanismes de responsabilité, évaluations régulières; coordonner avec réformes structurelles.

_italicized source: text - Introduction and selected chapters (PDF), IMF World Economic Outlook, October 2025._

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Sections and page references
- Introduction — 57
- Résilience des pays émergents aux épisodes d’aversion au risque — 62
- Évolution des dispositifs de politique économique des pays émergents — 63
- Contribution des dispositifs de politique économique à la stabilisation macroéconomique — 69
- Comment faire face aux chocs d’aversion au risque futurs : résultats des simulations modélisées — 70
- Conclusions et conséquences pour l’action publique — 73
- Encadré 2.1. Accords appuyés par le FMI et résilience des pays émergents — 76
- Encadré 2.2. Principaux jalons de l’élaboration des dispositifs de politique monétaire — 77
- Encadré 2.3. Conséquences macroéconomiques de la remise en question de l’indépendance des banques centrales — 78
- Bibliographie — 80

### Liens au Chapitre 3 (début du chapitre)
- Chapitre 3. Politique industrielle : gérer les arbitrages pour favoriser la croissance et la résilience — 83
- Introduction — 83
- Le retour de la politique industrielle — 85
- Politique industrielle pour protéger les industries naissantes — 88
- Enseignements tirés des principales politiques industrielles passées et présentes — 91
- Politique industrielle et résultats du secteur — 96
- Retombées intersectorielles et effets globaux — 98

*Source: text - Introduction (PDF), IMF World Economic Outlook, October 2025.*

### Conclusions et conséquences pour l’action publique 100

### Conclusions et conséquences pour l’action publique

### Conclusions principales
- Croissance mondiale prévue à 3,2 percent en 2025 et à 3,1 percent en 2026.
- Perte de production cumulée d’environ 0,2 percent à la fin de 2026 par rapport aux projections d’octobre 2024.
- Croissance attendue des pays avancés autour de 1½ percent en 2025–26 ; croissance des États-Unis attendue à 2,0 percent.
- Croissance des pays émergents et des pays en développement just au‑dessus de 4,0 percent.
- Inflation mondiale projetée à 4,2 percent en 2025 et à 3,7 percent en 2026, avec une inflation supérieure à la cible aux États‑Unis.
- Volume mondial des échanges commerciaux prévu en progression de 2,9 percent en moyenne en 2025–26 (contre 3,5 percent en 2024).

### Éléments conjoncturels et canaux d’impact
- Les droits de douane américains ont atteint des niveaux élevés en avril, mais se situent ensuite « entre 10 percent et 20 percent pour la plupart des pays »; taux effectif officiel des droits de douane américains restant élevé « aux alentours de 19 percent ».
- Mécanismes d’atténuation observés : reconfiguration rapide des chaînes d’approvisionnement, accords commerciaux bilatéraux, comportement d’anticipation des entreprises (concentration des importations au premier semestre).
- Effets temporaires soutenant l’activité : achats et investissements anticipés, accumulation de stocks, marge bénéficiaire permettant d’absorber des hausses de coûts.
- Canaux défavorables émergents : transmission différée des droits de douane aux prix, réorientation permanente des échanges, moindre efficience mondiale, relocalisation et mauvaise affectation des ressources (notamment en Chine).
- Dépréciation du dollar qui a amplifié le choc tarifaire mais a soutenu le commerce mondial et assoupli les conditions financières internationales.

### Données et hypothèses macroéconomiques clefs (extraits)
- Cours moyen du baril de pétrole : 68,92 dollars le baril en 2025, 65,84 dollars le baril en 2026.
- Rendement des obligations d’État à trois mois (moyennes) :
  - États‑Unis : 4,3 percent en 2025 et 3,7 percent en 2026.
  - Zone euro : 2,0 percent en 2025 et 2,1 percent en 2026.
  - Japon : 0,4 percent en 2025 et 0,8 percent en 2026.
- Rendement des obligations d’État à 10 ans (moyennes) :
  - États‑Unis : 4,3 percent en 2025 et 4,1 percent en 2026.
  - Zone euro : 2,5 percent en 2025 et 2,6 percent en 2026.
  - Japon : 1,5 percent en 2025 et 1,7 percent en 2026.
- Incertitude des projections fondée sur statistiques disponibles au 30 septembre 2025.

### Risques et scénarios
- Principaux risques à la baisse :
  - Nouvelle intensification du protectionnisme (y compris barrières non tarifaires) perturbant chaînes d’approvisionnement et investissement.
  - Chocs d’offre de main‑d’œuvre plus importants liés aux politiques migratoires restrictives.
  - Vulnérabilités budgétaires et fragilités financières interagissant avec la hausse des coûts d’emprunt.
  - Perte de crédibilité des banques centrales en cas de pressions institutionnelles.
  - Déception sur les bénéfices et gains de productivité liés à l’IA pouvant déclencher une correction des marchés financiers.
  - Flambées des prix des produits de base (chocs climatiques ou géopolitiques), lourdes pour les pays à faible revenu importateurs.
- Scénarios de révision à la hausse :
  - Dissipation et réduction de l’incertitude politique (accords commerciaux clairs) : augmentation de la production mondiale de 0,4 percent à très court terme; abaissement des droits de douane pourrait ajouter ~0,3 percent.
  - Gains de productivité liés à l’IA : hypothèses raisonnables pointant un gain additionnel de 0,4 percent de la production mondiale à court terme.

### Conséquences sectorielles et structurelles signalées
- En Chine : subventions massives au secteur manufacturier contribuant à une mauvaise affectation des ressources; contrastes entre gains de productivité dans secteurs précis (véhicules électriques, panneaux solaires) et stagnation de la productivité globale.
- Politiques industrielles mondiales en hausse mais souvent coûteuses (coûts budgétaires et coûts cachés), avec arbitrages entre court terme et long terme dépendant du taux d’apprentissage et des caractéristiques sectorielles.
- Réorientation des flux commerciaux et relocalisation accélèrent l’adoption de certaines technologies mais impactent différemment la production nationale selon les choix de politique.

### Recommandations de politique publique
- Commerce :
  - Revoir la réglementation des échanges pour tenir compte de l’évolution des relations commerciales et réduire l’incertitude.
  - Favoriser accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux clairs et durables; moderniser les règles commerciales pour l’ère numérique.
- Finances publiques :
  - Réduire progressivement et de manière crédible les facteurs de vulnérabilité budgétaire.
  - Améliorer l’efficience des dépenses publiques pour attirer l’investissement privé.
  - Si de nouvelles mesures de soutien sont nécessaires, qu’elles soient temporaires, bien ciblées et compensées par des économies réelles.
- Politique monétaire et institutions :
  - Maintenir la flexibilité et la transparence de la politique monétaire.
  - Préserver l’indépendance des banques centrales et des institutions techniques; garantir les outils et la communication des données.
- Politiques structurelles et productivité :
  - Prioriser politiques horizontales : investissements dans l’éducation, la recherche publique, les infrastructures publiques, bonne gouvernance, stabilité financière et macroéconomique, cadre réglementaire conciliant flexibilité et maîtrise des risques.
  - Accélérer réformes structurelles : mobilité de la main‑d’œuvre, participation au marché du travail, passage au numérique, renforcement des institutions.
- Pays à faible revenu :
  - Mobilisation des recettes intérieures par réformes de gouvernance et administrations publiques, compte tenu de la contraction de l’aide extérieure.
- Préparation et planification :
  - Recourir à la planification par scénarios et aux stratégies préétablies pour améliorer préparation et crédibilité des pouvoirs publics en période d’incertitude.

### Implications pour les différents groupes de pays
- Pays avancés : risques budgétaires accrus par orientation budgétaire plus expansionniste dans plusieurs grandes économies; importance de rétablir marges de manœuvre budgétaires.
- Pays émergents et en développement : résilience notable grâce à cadres d’action renforcés et conditions financières plus souples (dépréciation du dollar), mais vulnérabilité accrue en cas d’aggravation des chocs externes.
- Pays à faible revenu : particulièrement touchés par la réduction de l’aide publique au développement (recule de 9 percent en 2024) et par les hausses des prix des produits de base.

*Source: text - Conclusions et conséquences pour l’action publique 100, Fonds monétaire international, Octobre 2025.*

### 2. Zone euro

### 2. Zone euro

### Contexte et principaux constats
- La hausse de l’incertitude liée notamment aux politiques commerciales et budgétaires a des effets profonds sur plusieurs économies orientées à l’exportation et freine l’investissement des entreprises.
- Les marges de manœuvre budgétaires réduites limitent la capacité des États à stimuler la demande intérieure lorsque nécessaire.
- Au sein du groupe des pays à faible revenu, certains pays enregistrent une croissance atone (inférieure d’environ 2 points de pourcentage à celle des autres pays comparables de ce groupe). D’autres pays fragiles, en proie à des conflits, décrochent davantage.
- Les marchés financiers ont connu une brève aversion au risque (édition d’octobre 2025 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde) suivie d’un rétablissement rapide des cours des actions — l’un des plus rapides de l’histoire.
- Les conditions financières mondiales restent historiquement accommodantes, et une grande part des plus-values boursières provient de l’appréciation des actions des entreprises du secteur de l’IA.

### Effets et mécanismes de l’incertitude
- Les effets néfastes de l’incertitude se matérialisent via deux canaux principaux :
  - Report d’investissements et d’achats irréversibles (cadre des options réelles).
  - Attitude prudente des ménages menant à une hausse de l’épargne et un frein à la consommation.
- Des estimations empiriques indiquent qu’une augmentation d’un écart-type d’un indicateur de l’incertitude entourant la politique économique d’un pays entraîne une baisse des investissements de 2 %, qui atteint son maximum environ deux ans après le choc d’incertitude, avant de prendre fin à l’horizon de trois ans (Londono, Ma et Wilson, 2025).
- S’agissant de l’incertitude entourant la politique commerciale, les estimations vont de 0,7 % à 2 % ; la plus forte baisse intervient au cours des premiers trimestres, avant de s’effacer au cours de la deuxième année.
- L’incertitude peut d’abord entraîner une concentration des dépenses par anticipation (constitution de stocks), provoquant une hausse temporaire de la production, avant de se transformer en choc de demande négatif lorsque l’effet d’anticipation s’estompe.

### Preuves empiriques et exemples
- Expérience du Brexit : les indicateurs d’incertitude ont fortement augmenté avant le référendum de 2016; les investissements des entreprises ont continué d’augmenter après la décision, ne commençant à baisser régulièrement qu’au début de 2018 (Banque d’Angleterre, 2019).
- Modélisation des chocs d’incertitude autour des droits de douane (Ghironi et Ozhan, à paraître) :
  - Choc immédiat d’incertitude : hausse provisoire de la production et des importations en début de période puis reflux de l’activité et baisse de l’inflation à mesure que les marges sont comprimées.
  - Annonce d’un accroissement d’incertitude futur : concentration des importations par constitution de stocks, augmentation graduelle et plus tenace (mais d’ampleur moindre au total) de l’inflation.

### Droits de douane et transmission vers l’inflation
- À ce jour, l’augmentation des droits de douane et la réorganisation des chaînes d’approvisionnement ont eu des effets modestes sur les pressions inflationnistes aux États-Unis : l’inflation globale et l’inflation hors alimentation et énergie n’ont que légèrement accéléré.
- Une hausse plus visible des prix des biens essentiels a été observée aux États-Unis dans l’inflation hors alimentation et énergie (courbe bleue, graphique 1.6, plage 3), tandis que l’inflation des services est restée persistante.
- Les droits de douane effectifs annoncés diffèrent des droits de douane réels effectivement payés à la douane (graphique 1.7, plage 1) ; facteurs atténuants : constitution de stocks, pauses dans la hausse des droits, réacheminement des échanges.
- Dans certaines catégories, seule une petite partie de la hausse attendue s’est répercutée sur les prix à la consommation (graphique 1.7, plage 2) — par exemple : répercussion sur les prix de l’électroménager, mais pas sur le textile ou les denrées alimentaires.
- Données à haute fréquence suggèrent que, dans les catégories assujetties, les prix des biens importés comme des biens nationaux sont touchés (Cavallo, Llamas et Vazquez, 2025).

### Rôle du taux de change et variation sectorielle
- Classiquement, l’imposition de droits de douane est associée à une appréciation de la monnaie nationale (Mundell, 1960 ; Jeanne et Son, 2024). Cependant, l’épisode actuel se caractérise par une dépréciation nette du dollar en avril et en mai, puis une stabilisation à ce niveau affaibli, contrairement à l’épisode de 2018–19 (graphique 1.8, plage 1).
- Le prix global à l’importation hors droits de douane aux États-Unis est resté relativement stable depuis le mois d’avril 2025 (graphique 1.8, plage 2).
- La dépréciation du dollar réduit les marges des exportateurs qui facturent en dollars ; combinée à la universalité des droits de douane, cela réduit la probabilité que les exportateurs absorbent les droits en rognant leurs marges.
- Observations sectorielles :
  - Aux États-Unis, le prix à l’importation des biens d’équipement a nettement augmenté depuis avril 2025.
  - Le prix à l’importation des automobiles, secteur fortement touché par les nouveaux droits, a peu augmenté depuis avril 2025.
  - Au Japon, le prix à l’export des véhicules de tourisme destinés au marché nord-américain s’est affaissé de plus de 20 %, tandis que les prix vers le reste du monde sont restés stables (graphique 1.8, plage 3).
  - Les prix à l’exportation des voitures coréennes montrent un phénomène similaire; les voitures allemandes exportées hors UE sont restées relativement stables jusqu’à présent.

### Risques et perspectives
- Les valorisations excessives et le calme relatif des marchés face à certaines difficultés augmentent le risque d’une forte volatilité et d’une correction des prix des actifs si l’incertitude commence à peser plus fortement sur les indicateurs économiques, notamment sur les gains de productivité attendus des investissements dans l’IA générative.
- L’investissement global pourrait chuter assez fortement, sachant que la croissance récente des investissements s’est largement concentrée sur les centres de données et l’IA.
- À terme, si les entreprises, confrontées à des marges sous pression, décident de répercuter les hausses de coûts sur les consommateurs, l’inflation pourrait s’accroître progressivement plutôt que brutalement.

*Source : calculs des services du FMI. Note : Les chiffres sont calculés à l’aide de séries corrigées des variations saisonnières. Les résidus sont inclus dans la contribution des investissements.*

### 3. Prix à l’exportation japonais : voitures particulières standard

### 3. Prix à l’exportation japonais : voitures particulières standard

### Dynamique des prix à l’exportation et échanges commerciaux
- Les épisodes d’augmentation des droits de douane de 2018 ont pour mois et semaine 0 la semaine et le mois du 6 juillet, date à laquelle les États-Unis ont imposé 25 % de droits de douane sur 34 milliards de dollars de biens chinois et la Chine, 25 % de droits de douane sur 34 milliards de dollars de biens des États-Unis.
- Pour l’épisode de 2025, la semaine et le mois 0 correspondent au 4 avril, après l’annonce du « jour de la libération » du 2 avril.
- À la plage 2, les prix à l’importation comprennent la valeur de transaction des biens et la valeur des services réalisés pour livrer les biens depuis la frontière du pays exportateur jusqu’à la frontière du pays importateur (coût, assurance et fret), mais pas les droits de douane.
- À la plage 3, l’année de base est 2020 et les exportations sont comptabilisées à la valeur à la frontière.
- Acronymes mentionnés : TCEN = taux de change effectif nominal ; TDE = termes de l’échange.
- Observations sectorielles et géographiques :
  - Les exportations de biens vers les États-Unis en provenance de grands pays européens — en particulier d’Allemagne, d’Espagne et du Royaume‑Uni — ont considérablement reculé au deuxième trimestre.
  - Les exportations totales en provenance des pays de la zone euro tiennent le choc grâce à l’augmentation des échanges commerciaux intraeuropéens.
  - En Chine, la décrue des exportations vers les États‑Unis a été partiellement contrebalancée par une augmentation des ventes à destination des pays de la zone euro et de l’ASEAN, facilitée en partie par la dépréciation du renminbi par rapport à la majorité des autres devises (à l’exception du dollar).
  - Le découplage des échanges bilatéraux entre la Chine et les États‑Unis semble intervenir plus tôt que lors du choc des droits de douane de 2018–19.

### Soldes courants et positions extérieures
- Défices/excédents récents (première moitié de 2025 / premier semestre 2025) :
  - Le déficit courant des États‑Unis a atteint 4,6 percent du PIB pour la première moitié de l’année 2025, soit un creusement de 1,9 point de pourcentage par rapport à la moyenne de 2013–24, principalement en raison d’une augmentation des importations de biens.
  - L’excédent courant de la zone euro s’est établi à 1,9 percent du PIB au premier semestre de 2025, contre 3 percent au premier semestre de 2024 et 2,3 percent entre 2013 et 2024.
  - En Chine et au Japon, les excédents courants ont atteint 3,2 percent et 4,7 percent du PIB, respectivement; ces niveaux sont plus élevés qu’au premier semestre de 2024 et que les moyennes historiques de la période 2013–24.
- Position extérieure globale nette (PEGN) :
  - Aux États‑Unis, hausse plus importante du côté du passif, alimentée par des entrées record d’investissements directs étrangers, des achats d’actions de sociétés américaines et des achats de bons du Trésor.
  - Dans la zone euro et au Japon, augmentation plus importante du côté des actifs que du côté des passifs.
  - En Chine, tendances à basse fréquence indiquant une relative stabilité de la PEGN.

### Dosage macroéconomique : assouplissement budgétaire et divergence monétaire
- Tendances budgétaires et contraintes :
  - De nombreux pays avancés ou en développement mettent en œuvre une politique budgétaire trop accommodante; les projections de déficit primaire restent bien supérieures aux niveaux observés avant la pandémie, à l’exception du Brésil et de l’Inde.
  - Pour ramener les ratios dette publique/PIB à leurs niveaux de 2024, la plupart des pays doivent rééquilibrer considérablement leurs comptes publics; compte tenu des projections de soldes primaires pour 2025, les ratios d’endettement devraient augmenter, assez nettement dans certains cas (Brésil, Chine, France et États‑Unis).
  - Le vieillissement de la population, la défense et la sécurité énergétique aggravent les risques de dette, surtout en Europe.
- Pressions sur la viabilité de la dette :
  - Facteurs compliquant la viabilité : niveau élevé des ratios d’endettement, détérioration des soldes primaires, hausse des taux d’intérêt et dégradation des perspectives de croissance.
  - Le relèvement des taux directeurs en réaction à la flambée inflationniste de 2021–22 a fortement augmenté les taux d’intérêt à court terme et a renchéri le service de la dette.
  - Depuis fin 2023, les taux des segments à moyen et long terme de la courbe des rendements augmentent légèrement.
  - Le recours accru au financement par les bons du Trésor (échéance ≤ 1 an) raccourcit l’échéance moyenne des emprunts et accroît l’exposition au risque de refinancement.
  - Les pays émergents dont les notes de crédit sont insuffisantes et les pays à faible revenu font face à des conditions défavorables sur les marchés obligataires.

### Politique monétaire : divergence et implications
- Orientation monétaire mondiale :
  - Les autorités monétaires passent d’une orientation très restrictive à une position plus nuancée, neutre, voire accommodante.
  - Les orientations de politique monétaire sont appelées à diverger, ce qui est susceptible d’entraîner de fortes fluctuations des taux de change.
  - Les banques centrales peinent à assurer à la fois la stabilité des prix et la stabilité financière en raison d’inquiétudes liées à l’excès de volatilité et à des risques de refinancement souverain.

### Hypothèses mondiales et projections clés
- Projections des cours des produits de base :
  - Les cours des produits énergétiques de base devraient baisser de 7,9 percent en 2025 et de 3,7 percent en 2026.
  - L’indice des prix au comptant du pétrole devrait s’établir en moyenne à 68,90 dollars le baril en 2025 et baisser à 67,30 dollars d’ici 2030.
  - À l’exception d’une hausse temporaire liée à la guerre entre Israël et l’Iran à la mi‑juin, les prix se sont situés dans une fourchette de 60 à 70 dollars depuis le début du programme d’accélération de la production de l’OPEP+ en avril.
  - Les prix des produits de base hors combustibles devraient augmenter de 7,4 percent en 2025 et de 4,1 percent en 2026; trajectoire légèrement inférieure à celle prévue en avril en raison de la baisse prévue des prix des denrées alimentaires et des boissons (cours du blé, du riz, du café et du cacao reculant plus rapidement que prévu).
- Projections concernant la politique monétaire :
  - États‑Unis : le taux des fonds fédéraux devrait être réduit selon une trajectoire légèrement plus rapide que prévue en avril; s’établir à 3,50–3,75 percent à la fin de 2025, puis atteindre sa fourchette finale de 2,75–3,0 percent vers la fin de 2028.
  - Zone euro : les taux directeurs devraient rester stables à 2 percent.
  - Japon : les taux directeurs devraient être relevés selon une trajectoire semblable à celle supposée en avril, portant progressivement les taux à moyen terme à un niveau neutre d’à peu près 1,5 percent, de manière que l’inflation et les anticipations d’inflation demeurent ancrées au niveau de 2 percent visé par la Banque du Japon.
- Projections concernant la politique budgétaire :
  - Le groupe des pays avancés devrait conserver une politique budgétaire globalement neutre, marquant un changement par rapport à la politique budgétaire plus restrictive envisagée en avril 2025.
  - États‑Unis : le ratio du solde budgétaire des administrations publiques rapporté au PIB devrait se détériorer de 0,5 point de pourcentage en 2026, en grande partie en raison de l’adoption de la loi dite « One Big Beautiful Bill Act » (OBBBA).

*Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2025/october/french/text.pdf*

### 2. Projections sur la politique monétaire

### 2. Projections sur la politique monétaire

### Aperçu des projections macroéconomiques
- Source : calculs des services du FMI.
- Données et représentations : les lignes continues représentent les projections des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) d’octobre 2025 et les lignes en pointillés celles de l’édition d’avril 2025 des PEM.
- Hypothèse de change : il est supposé que les taux de change effectifs réels restent aux niveaux observés entre le 1er et le 29 août 2025.
- Remarque méthodologique (plage 3) : le solde budgétaire utilisé est le solde primaire structurel des administrations publiques exprimé en pourcentage du PIB potentiel. Le solde primaire structurel est le solde primaire corrigé des variations cycliques excluant les paiements d’intérêts nets, ainsi que d’un ensemble plus vaste de facteurs non cycliques, tels que les variations des prix des actifs et des produits de base.

### Prévisions de croissance (principales séries et constats)
- Croissance mondiale :
  - 2024 : 3,3 percent
  - 2025 : 3,2 percent
  - 2026 : 3,1 percent
  - Croissance mondiale (taux de change du marché) : 2025 et 2026 : 2,6 percent (contre 2,8 percent en 2024)
- Ritmo séquentiel : en glissement annuel au quatrième trimestre, croissance mondiale 2024 : 3,6 percent; 2025 : 2,6 percent; 2026 : 3,3 percent.
- Pays avancés (agrégé) : 2025 et 2026 : 1,6 percent (baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport à 2024 et à l’édition d’octobre 2024 des PEM).
- Principaux pays et régions (sélection de chiffres du tableau 1.1, variation en pourcentage) :
  - États-Unis : 2024 : 2,8; 2025 : 2,0; 2026 : 2,1
  - Zone euro : 2024 : 0,9; 2025 : 1,2; 2026 : 1,1
  - Allemagne : 2024 : −0,5; 2025 : 0,2; 2026 : 0,9
  - Japon : 2024 : 0,1; 2025 : 1,1; 2026 : 0,6
  - Royaume-Uni : 2024 : 1,1; 2025 : 1,3; 2026 : 1,3
  - Pays émergents et pays en développement (agrégé) : 2024 : 4,3; 2025 : 4,2; 2026 : 4,0
  - Chine : 2024 : 5,0; 2025 : 4,8; 2026 : 4,2
  - Inde : 2024 : 6,5; 2025 : 6,6; 2026 : 6,2
  - Amérique latine et Caraïbes : 2024 : 2,4; 2025 : 2,4; 2026 : 2,3
  - Brésil : 2024 : 3,4; 2025 : 2,4; 2026 : 1,9
  - Mexique : 2024 : 1,4; 2025 : 1,0; 2026 : 1,5
  - Afrique subsaharienne : 2024 : 4,1; 2025 : 4,1; 2026 : 4,4
- Tendances et révisions :
  - Les prévisions de croissance ont peu changé depuis la Mise à jour des PEM de juillet 2025 mais restent nettement inférieures à la moyenne de 3,7 percent avant la pandémie.
  - Les prévisions 2025–26 sont cumulativement inférieures de 0,2 point de pourcentage par rapport à l’édition d’octobre 2024 des PEM, en grande partie en raison des évolutions des politiques commerciales.
  - Prévisions régionales spécifiques : nette baisse attendue en 2025 pour les pays émergents et pays en développement d’Europe (ex. Russie : 2024 : 4,3; 2025 : 0,6; 2026 : 1,0).

### Prévisions d’inflation (principales séries et constats)
- Inflation globale (mondiale) :
  - 2025 : 4,2 percent
  - 2026 : 3,7 percent
- Pays avancés (agrégé) : 2025 : 2,6 percent; 2026 : 2,5 percent (tableau 1.1 donne 2,6; 2,5; 2,2 selon ligne de notes — conserver chiffres du tableau principal).
- Pays émergents et pays en développement (agrégé) : 2025 : 7,9 percent; 2026 : 5,3 percent (tableau 1.1).
- Points pays :
  - États-Unis : inflation 2025 : 2,7 percent (contre 1,9 percent prévu dans l’édition d’octobre 2024 des PEM); inflation prévue revenir à 2 percent en 2027 selon projection narrative.
  - Royaume‑Uni : inflation globale amorcée en 2024 et devrait continuer à progresser en 2025 avant de revenir au niveau visé par les autorités monétaires à la fin de 2026.
  - Brésil et Mexique : prévisions d’inflation revues à la hausse (Brésil : stabilisation des anticipations d’inflation au‑dessus des taux visés; Mexique : volatilité des prix de certaines catégories de biens et inflation des services plus tenace).
  - Plusieurs pays émergents d’Asie voient leurs prévisions d’inflation revues à la baisse (ex. Chine, Inde, Thaïlande), liées à des résultats économiques moins solides, aux prix des denrées alimentaires et de l’énergie et aux prix réglementés.
- Hypothèses de taux d’inflation (note) : pour 2025 et 2026 respectivement : Zone euro : 2,1 percent et 1,9 percent; Japon : 3,3 percent et 2,1 percent; États‑Unis : 2,7 percent et 2,4 percent.

### Fiscalité, dette publique et hypothèses commerciales (extraits)
- Dette publique et trajectoires :
  - États‑Unis : dette publique 2024 : 122 percent du PIB; projection 2030 : 143 percent du PIB (soit 15 points de pourcentage de plus que dans les prévisions d’avril).
  - Zone euro : ratio dette/PIB 2024 : 87 percent; projection 2030 : 92 percent.
  - Pays émergents et pays en développement : dette publique moyenne 2024 : un peu moins de 70 percent du PIB; projection 2030 : 82 percent du PIB.
- Politique budgétaire :
  - Zone euro : solde budgétaire attendu se détériorer, avec creusement du déficit de 0,8 point de pourcentage en Allemagne dû à l’augmentation des dépenses d’infrastructure et de défense.
  - Pays émergents et pays en développement : resserrement budgétaire moyen en 2026 d’environ 0,2 point de pourcentage du PIB, inversant la tendance prévue en 2025.
  - Chine : déficit devrait se réduire légèrement jusqu’en 2030, après s’être creusé de 1,2 point de pourcentage en 2025.
- Hypothèses relatives aux politiques commerciales :
  - Les droits de douane annoncés et mis en œuvre à début septembre sont pris en compte dans le scénario de référence.
  - On suppose que ces mesures resteront en vigueur indéfiniment, même lorsqu’une date d’expiration est explicitement mentionnée, impliquant que les suspensions des droits de douane les plus élevés devraient se poursuivre au‑delà de leur date d’expiration et que les taux les plus élevés ne devraient pas entrer en vigueur.
  - Incertitude élevée en matière de politique commerciale en 2025 et 2026, notamment en raison d’une nouvelle suspension concernant les droits de douane les plus élevés entre la Chine et les États‑Unis (s’appliquant tout au long du mois de novembre) et de procédures judiciaires en cours aux États‑Unis concernant l’utilisation de l’International Emergency Economic Powers Act comme base juridique pour l’imposition de droits de douane.

### Perspectives du commerce mondial et des déséquilibres mondiaux
- Volume du commerce mondial (biens et services) :
  - Croissance prévue 2025–26 : moyenne 2,9 percent (contre 3,3 percent prévue dans l’édition d’octobre 2024 des PEM).
  - Volume du commerce mondial (tableau 1.1) : 2024 : 3,5 percent; 2025 : 3,6 percent; 2026 : 2,3 percent (différences entre tableaux et texte reflétant séries et définitions).
- Déséquilibres mondiaux des comptes courants :
  - En 2025, les déséquilibres mondiaux devraient dépasser les niveaux prévus dans l’édition d’octobre 2024 des PEM, puis se réduire par la suite.
  - Mécanismes de réduction : réorientation des politiques commerciales (hausse des coûts d’importation aux États‑Unis freinant les investissements et la demande d’importations), effets sur l’épargne publique et privée, et impact sur les excédents/déficits (déficit américain creusé temporairement, excédent chinois gonflé par la concentration des transactions en début de période).
- Canal d’impact des droits de douane :
  - Droits de douane sur intrants intermédiaires agissent comme une taxe sur les fabricants nationaux, augmentant les coûts de production pour les exportations et les biens concurrents domestiques, rendant difficile l’évaluation nette sur le compte courant.
  - Anticipation d’une baisse de l’effet de concentration des transactions en début de période au fil du temps.

### Observations ciblées et implications
- Effets conjoncturels :
  - Concentration des transactions en début de période (anticipation des droits de douane) stimule temporairement le commerce et la production en 2025 mais conduit à une normalisation ensuite.
  - Les réorientations de politique commerciale et les incertitudes qui en découlent pèsent sur les investissements et les perspectives de croissance, en particulier dans les pays avancés et pour certains pays émergents fortement intégrés aux chaînes commerciales internationales.
- Risques :
  - Pour les États‑Unis : risques haussiers pour l’inflation et risques baissiers pour l’emploi si les effets de second tour des droits de douane sont plus importants que prévu.
  - Pour les pays à faible revenu exportateurs bénéficiant d’accès préférentiel (ex. Lesotho, Madagascar) : fin de l’accès préférentiel (African Growth and Opportunity Act expirée en septembre) devrait avoir des effets négatifs considérables.
- Trajectoire différenciée :
  - États‑Unis : ralentissement plus marqué de la croissance en 2025 avec inflation plus élevée que prévu antérieurement.
  - Chine : croissance ralentit moins et inflation reste modérée; projections 2025 supérieures de 0,3 point de pourcentage à l’édition d’octobre 2024 des PEM.
  - Inde : croissance projetée 2025 : 6,6 percent; 2026 : 6,2 percent, avec révisions différenciées selon effets des droits de douane et résultats du premier trimestre.

_Source : text - 2. Projections sur la politique monétaire (PDF chapter) — calculs et tableaux extraits des services du FMI._

### 1. Croissance de 2025 moins croissance de 2024

### 1. Croissance de 2025 moins croissance de 2024

### Commerce mondial et canaux d’ajustement extérieur
- Effets des modifications des politiques commerciales :
  - Hausse unilatérale des droits de douane s’accompagne généralement d’une appréciation de la monnaie du pays qui l’impose, ce qui amortit le choc des droits de douane.
  - Dépréciation récente du dollar : renforce la compétitivité des prix à l’exportation des États‑Unis et freine la consommation à forte composante d’importations, ce qui pourrait contribuer à réduire les déficits extérieurs des États‑Unis.
  - Dépréciation du dollar tend aussi à assouplir les conditions financières mondiales à court terme, mais cet effet peut être neutralisé par une accélération de l’inflation aux États‑Unis par rapport au reste du monde et par l’ajustement du taux de change effectif réel associé.
- Interactions commerce–budgets :
  - La Chine et l’Allemagne ont annoncé et mis en œuvre de nouvelles dépenses publiques pour stimuler la demande intérieure, réduisant l’épargne nette et les excédents extérieurs.
  - La loi OBBBA aux États‑Unis devrait creuser le déficit budgétaire à moyen terme par rapport aux projections des précédentes éditions des PEM, malgré des réductions de dépenses concentrées en fin de période et d’importantes recettes douanières, ce qui pèse sur l’épargne publique et tend à creuser le déficit des transactions courantes.

### Soldes courants et positions extérieures
- Graphique 1.13 (solde des transactions courantes et positions extérieures globales) met en évidence les contributions par région/groupe : créanciers européens, États‑Unis, débiteurs européens, Chine, Japon, autres, exportateurs de pétrole, et solde global (échelle de droite).
- Ajustements observés entre PEM d’octobre 2025 et PEM d’octobre 2024 (Graphique 1.14) : les variations prévues du solde courant sont présentées en points de pourcentage (chaque point montre la différence, par rapport à l’année précédente, du solde courant en pourcentage du PIB entre éditions).

### Perspectives de croissance à moyen terme
- Projections et comparaisons historiques :
  - La production mondiale devrait progresser à un rythme annuel moyen de 3,2 percent entre 2027 et 2030.
  - Ce chiffre est décevant par rapport à la moyenne historique de 3,7 percent enregistrée avant la pandémie (2000–19).
- Détérioration par rapport à 2019 :
  - Les perspectives à moyen terme sont nettement moins favorables aujourd’hui qu’en octobre 2019; la détérioration touche environ deux tiers de l’économie mondiale (mesurée à parités de pouvoir d’achat), et est plus prononcée pour les pays émergents et les pays à revenu intermédiaire.
- Hétérogénéité des révisions :
  - Révisions à la baisse plus marquées pour les pays émergents et les pays en développement, particulièrement les pays en développement à faible revenu.
  - Les pays les plus pauvres, notamment ceux en proie à des conflits prolongés, risquent une détérioration de la dynamique de croissance et un creusement de l’écart de revenu par habitant avec les pays avancés.

### Aide publique au développement, recettes et service de la dette
- Tendance de l’APD et conséquences :
  - Baisse significative des flux de financement pour les pays les plus pauvres, en raison de la réduction des dons et des prêts concessionnels et d’une dépendance accrue aux créanciers opérant aux conditions du marché.
  - L’aide publique au développement représente une part importante du revenu national brut de certains des pays les plus vulnérables du Moyen‑Orient et d’Afrique.
  - Annonces de donateurs laissent prévoir des réductions d’aide en proportion du RNB pour des pays comme l’Afghanistan, la République centrafricaine et la Somalie.
- Effets macroéconomiques et structurels :
  - Impact macroéconomique direct à court terme dépendra des modalités et de la réaction des gouvernements bénéficiaires.
  - Risques d’aggravation de l’accès à l’énergie et du capital humain, réduisant le potentiel de production et entraînant des coûts humanitaires.
  - Baisse de l’APD pourrait aggraver l’instabilité géopolitique, les pressions migratoires et les risques d’insécurité, et accroître la dépendance des pays bénéficiaires à un ensemble disparate de donateurs.

### Migration, main‑d’œuvre et envois de fonds
- Stocks et rôle des migrants :
  - Nombre total de migrants internationaux estimé à 285 millions en 2022, dont 168 millions dans la population active.
  - Environ 15 percent de la population des pays avancés est composée d’immigrés en moyenne.
  - Envois de fonds des diasporas : réduisent la pauvreté et, dans certaines circonstances, augmentent modestement mais durablement le PIB.
- Effet des politiques migratoires restrictives :
  - Aux États‑Unis, les nouvelles politiques d’immigration pourraient retrancher au PIB entre 0,3 percent à 0,7 percent par an.
  - Une baisse de l’offre de travail immigrée réduirait le potentiel de production et pourrait restreindre la dynamique désinflationniste récemment observée aux États‑Unis.
  - Secteurs particulièrement exposés : bâtiment, hôtellerie, services à la personne, travaux agricoles — pressions inflationnistes plus fortes possibles.
- Conséquences pour la politique monétaire :
  - Toute nouvelle baisse des taux directeurs devrait être menée avec prudence et se fonder sur les dernières données disponibles, compte tenu des risques inflationnistes sectoriels liés aux changements dans l’offre de travail.

*Source : https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2025/october/french/text.pdf*

### 2. APD, service de la dette et recettes des PDFR

### 2. APD, service de la dette et recettes des PDFR

### Facteurs baissiers
- Prolongation de l’incertitude en matière de politique commerciale et renforcement des mesures commerciales protectionnistes :
  - Perturbation des chaînes d’approvisionnement et annulation d’une partie des gains d’efficacité obtenus par la libéralisation des échanges (édition d’avril 2025 des PEM).
  - Multiplication des mesures protectionnistes (tarifaires et non tarifaires, contrôles à l’exportation des nouvelles technologies) susceptible d’accroître la fragmentation des chaînes d’approvisionnement et d’alimenter des représailles.
- Chocs sur l’offre de travail :
  - Durcissement des politiques d’immigration dans les pays avancés → réduction de l’offre de travail → choc d’offre négatif affectant le potentiel de production et hausse possible des prix des services et de l’inflation hors alimentation et énergie.
- Facteurs de vulnérabilité budgétaire et fragilités financières :
  - Envolée des rendements des obligations souveraines à long terme dans les grands pays avancés.
  - Hausse des coûts d’emprunt, érosion du « rendement d’opportunité » des obligations souveraines (Furceri, Goncalves et Li, 2025).
  - Augmentation du service de la dette dans les pays renouvelant une part importante de l’encours chaque année → réduction d’autres dépenses essentielles (investissement, soutien aux ménages).
  - Réduction des flux d’aide publique pour de nombreux pays à faible revenu → dépendance accrue à l’égard de créanciers privés.
  - Risques accrus via asymétries d’échéances et effet de levier des établissements financiers non bancaires → corrections d’actifs et effets sur bilans des ménages et entreprises.
  - Essor rapide des jetons indexés → substitution monétaire possible ; vente massive pourrait menacer la stabilité des actifs sous-jacents (obligations d’État à court terme, dépôts à vue) et représenter un risque systémique (voir chapitre 1 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde, édition d’octobre 2025).
- Correction des valorisations dans le secteur des nouvelles technologies :
  - Anticipations excessives concernant l’IA → risque de réévaluation à la baisse et correction des marchés.
  - Risque d’un éclatement d’une bulle de l’IA comparable, potentiellement, à l’éclatement de la bulle Internet en 2000–01.
  - Concentration des capitaux dans un petit nombre d’entreprises technologiques et importance du crédit privé peu réglementé accentuent le risque systémique.
- Détérioration de la gouvernance et perte d’indépendance des institutions :
  - Pressions politiques sur banques centrales → perte de crédibilité et ancrage des anticipations d’inflation affaibli (Binder, 2021 ; Drechsel, 2025).
  - Pressions sur organismes de collecte et diffusion des données → confiance érodée dans les statistiques officielles et complexification des décisions de politique.
- Nouvelles flambées des cours des produits de base :
  - Chocs climatiques, conflits régionaux ou tensions géopolitiques → hausse durable des prix des denrées alimentaires, carburants et produits de base.
  - Pays importateurs particulièrement exposés ; pays à faible revenu touchés de manière disproportionnée.

### Facteurs haussiers
- Percées dans les négociations commerciales :
  - Baisse des droits de douane et politiques plus prévisibles → gains d’efficacité (encadré 1.2 pour analyse des gains potentiels).
  - Renforcement de la coopération sur le commerce des services, réglementation et intégration des marchés de capitaux.
- Accélération des réformes structurelles :
  - Réformes macroéconomiques pour accroître les taux d’activité, améliorer l’allocation des ressources sur les marchés du travail et des capitaux, et promouvoir l’innovation.
- Adoption et diffusion de l’intelligence artificielle :
  - Adoption rapide de l’IA pourrait générer de forts gains de productivité si des politiques judicieuses accompagnent la transformation (revalorisation des compétences, requalification).

### Politiques propices à la confiance, à la prévisibilité et à la durabilité
- Ancrer les échanges commerciaux dans un cadre réglementaire prévisible :
  - Feuilles de route claires et transparentes en matière de politique commerciale pour réduire la volatilité et soutenir l’investissement.
  - Moderniser les règles commerciales pour tenir compte des services, du commerce numérique, des flux de données, des subventions complexes et de la sécurité des chaînes d’approvisionnement.
  - Favoriser interopérabilité des normes de données et de services, plateformes pour faciliter commerce et investissements, et mécanismes de règlement des différends fiables.
  - Mener négociations bilatérales, régionales et multilatérales visant à abaisser barrières (droits de douane, quotas, frictions intérieures) tout en évitant des obstacles discriminatoires envers des pays tiers ; envisager des clauses d’adhésion ouverte.
  - Éviter les dispositions relatives au commerce réglementé (promesses d’achat, restrictions quantitatives) en raison de distorsions et réorientations.
- Conjuguer diplomatie commerciale et rééquilibrage macroéconomique :
  - Europe : augmenter les investissements publics dans les infrastructures pour combler l’écart de productivité avec les États-Unis.
  - Chine : rééquilibrage en faveur de la consommation des ménages via mesures budgétaires axées sur dépenses sociales et secteur immobilier; réduire politiques industrielles.
  - États-Unis : rééquilibrage budgétaire crédible pour atténuer pressions de la demande et répercussions mondiales sur les taux d’intérêt.
- Reconstituer les marges de manœuvre budgétaire et préserver la viabilité de la dette :
  - Rééquilibrage budgétaire crédible à moyen terme pour reconstituer réserves tout en protégeant dépenses pour populations vulnérables.
  - Élargir l’assiette fiscale, mieux administrer les recettes publiques, et réorienter dépenses vers postes à fort effet multiplicateur (infrastructures, développement des compétences, protection sociale ciblée) (édition d’octobre 2025 du Moniteur des finances publiques).
  - Stabilisateurs automatiques devant jouer à plein ; cadres solides, institutions budgétaires indépendantes et transparence de l’endettement nécessaires (Acalin et al., à paraître).
  - Mesures discrétionnaires justifiées doivent être ciblées, chiffrées, provisoires, avec clauses d’extinction claires et calendrier de retrait annoncé à l’avance.
  - Lorsque la dette est insoutenable, restructuration nécessaire : progrès dans mécanismes internationaux (Cadre commun du G20) et convergence via la Table ronde mondiale sur la dette souveraine.
  - Assurer viabilité de la dette par publication de cadres budgétaires à moyen terme, points d’ancrage clairs et trajectoires d’ajustement annoncées (FMI, 2025b); mention explicite des garde-fous contre le financement monétaire du déficit public.
- Priorité des autorités monétaires : politique sur mesure, transparente et indépendante :
  - Calibrer la politique monétaire selon la situation nationale ; ne baisser les taux que si l’inflation est durablement basse et stable.
  - Droits de douane provoquent chocs d’offre alimentant l’inflation ; examen attentif des droits visant des secteurs particuliers.
  - Communication claire des banques centrales : énoncer la fonction de réaction, publier scénarios d’inflation et d’activité, messages adaptés aux publics, calendrier et format prévisibles (Bernanke, 2024).
  - Sauvegarder l’indépendance des banques centrales : défaillance mène souvent à politique monétaire restrictive prolongée pour rétablir crédibilité (Pastén et Reis, 2021). Encadré 2.3 du chapitre 2 recense 134 cas de démission de gouverneurs de banques centrales pour raisons politiques depuis 2000.
- Préserver la stabilité macrofinancière :
  - Priorité à la maîtrise des risques de liquidité dans le secteur financier non bancaire et maintien de la résilience du système bancaire classique.
  - Conformément au Conseil de stabilité financière : fonds de crédit privés doivent limiter création de titres et fréquence des remboursements.
  - Imposition d’outils de liquidité et tests de résistance réguliers ; mise en œuvre intégrale des normes internationales en matière de fonds propres et de liquidité pour le secteur bancaire.
  - Cadre réglementaire et prudentiel complet pour cryptoactifs afin d’atténuer risques liés à l’essor rapide des jetons indexés (voir chapitre 1 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde, édition d’octobre 2025).

### Politiques d’atténuation en cas de choc grave
- Recours accru à l’analyse de scénarios :
  - Élaboration d’un scénario de référence et d’un petit ensemble de scénarios plus pessimistes mais plausibles, couvrant risques macroéconomiques et financiers.
  - Chaque scénario doit être accompagné d’un aperçu des mesures plausibles pour structurer les anticipations privées.
  - Pour la politique monétaire : différentes trajectoires des taux d’intérêt, options relatives au bilan et modèles de communication.
  - Pour la politique budgétaire : usage calibré des stabilisateurs automatiques et dispositifs de soutien ciblés et limités dans le temps.
  - Pour la stabilité financière : dispositifs de soutien à la liquidité et seuils d’activation des amortisseurs macroprudentiels; mesures relatives aux mouvements de capitaux, si justifiées et conformes au cadre stratégique intégré du FMI.

### Mesures donnant des résultats à moyen terme
- Usage prudent et discipliné de la politique industrielle :
  - Diagnostiquer clairement les défaillances du marché et limiter les interventions ciblées aux cas où externalités et élasticités sont bien identifiées.
  - Cadre institutionnel et macroéconomique solide, coordination interinstitutionnelle et maintien de la discipline budgétaire nécessaires.
  - Objectifs explicites et mesurables pour les interventions (création d’emplois, progrès technologique, augmentation de la production nationale).
  - Gouvernance solide : processus de sélection transparents, surveillance indépendante, mécanismes de responsabilisation, évaluations et réajustements réguliers.
  - Éviter politiques industrielles visant à accroître les exportations pour compenser perte de marchés ; préférer instruments prévus dans accords internationaux et aides prudentes, ciblées et limitées dans le temps.
- Réformes structurelles urgentes :
  - Mesures pour accroître utilisation de la main-d’œuvre et potentiel de croissance : modernisation des services publics de l’emploi, plateformes numériques, aides à la mobilité, transférabilité des avantages sociaux, garde d’enfants abordable, congés parentaux.
  - Systèmes de retraite favorisant une vie professionnelle plus longue et retraite progressive (pensions partielles, horaires de travail échelonnés) (Nikolova et Graham, 2014).
  - Politiques migratoires calibrées pour pallier pénuries de compétences (voir chapitre 3 des PEM, édition d’avril 2025).
  - Investissements complémentaires aux avancées numériques et IA : compétences, gestion, infrastructures interopérables, marchés concurrentiels, gouvernance des données, cybersécurité (Gopinath, 2023).
  - Réformes pour renforcer concurrence et fonctionnement des marchés de produits afin de faciliter entrée de nouvelles entreprises et redistribution vers entreprises productives.
- Renforcer la mobilisation des recettes intérieures dans les pays à faible revenu :
  - Rationaliser dépenses publiques, renforcer transparence, lutter contre la corruption, engager réformes administratives pour améliorer prestation des services de base.
  - Bailleurs de fonds : mobiliser davantage d’aide au développement, respecter engagements existants, concentrer l’aide en début de période, privilégier dons et financements très concessionnels.

### Observations empiriques et éléments quantitatifs (extraits)
- Encadré sur virage commercial des États-Unis en 2025 :
  - Différences entre virage de 2025 et changements de 2018–19 : 2025 caractérisé par augmentations plus vastes touchant davantage de pays et forte hausse de l’incertitude entourant les politiques commerciales.
  - Exportations chinoises vers les États-Unis : diminution d’environ 6 percent sur deux ans (graphique 1.1.1).
  - Graphique 1.1.1 : indices (févr. 2018 et févr. 2025 = 100 ; lignes continues = hausse des droits de douane de févr. 2018, pointillés = hausse de févr. 2025).  

*Fonds monétaire international | Octobre 2025*

### 1. Exportations depuis la Chine

### 1. Exportations depuis la Chine

### Redistribution géographique des échanges et comparaison 2018–19 vs 2025
- Les données brutes indiquent une réorientation des exportations chinoises vers des pays tiers, en particulier vers l’Asie et l’Europe, plus rapidement entre février et avril 2025 qu’entre février et avril 2018.
- En 2018–19, les pays asiatiques et ceux de l’accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) ont en grande partie absorbé la baisse des exportations chinoises vers les États-Unis.
- Depuis février 2025 :
  - Le Canada et le Mexique ont représenté une faible part de la variation des exportations chinoises et ont apporté une contribution négative à la croissance des exportations des États-Unis, contrairement à l’épisode de 2018–19.
  - Les droits de douane élevés sur les produits non conformes à l’ACEUM et sur la teneur en acier et en aluminium sur la base de la valeur ajoutée, un durcissement et une application plus stricte des règles d’origine peuvent contribuer à ces différences.

### Substituts et compléments à la Chine
- Les pays sont classés comme substituts (exportations augmentent lorsque les exportations chinoises sont taxées) ou compléments (exportations diminuent lorsque les exportations chinoises sont taxées), selon l’élasticité de substitution par rapport à la Chine.
- Les variations sont calculées à l’aide de sommes mobiles sur 12 mois pour lisser les fluctuations saisonnières.

### Observations sectorielles
- Les premières données sectorielles indiquent :
  - Réorientation vers l’Asie dans l’automobile et les pièces détachées.
  - Réorientation vers l’Europe dans les secteurs de l’acier et de l’aluminium.
- Certaines corrélations sectorielles suggèrent que les détournements d’échanges vers d’autres marchés peuvent être plus importants que ce que révèlent les données commerciales brutes, laissant la possibilité d’une combinaison de redistribution et de réacheminement.

### Simulations et estimations quantitatives
- Simulations de redistribution à long terme (Rotunno et Ruta, 2025) :
  - Une fois l’incertitude levée, les exportations chinoises vers les marchés hors États-Unis pourraient croître de 4 % à 6 % dans le scénario de référence.
- Incertitudes et facteurs additionnels à isoler :
  - Fluctuations des taux de change et des prix relatifs.
  - Transformations de compétitivité propres aux pays.
  - Mesures visant à réduire les redistributions (durcissement des règles d’origine, contrôle douanier des transbordements, imposition de droits sur le contenu à valeur ajoutée, contrôles renforcés des investissements directs étrangers).

### Temporalité et limites
- Il est trop tôt pour évaluer l’ampleur d’une redistribution à plus long terme : en 2018–19, l’accélération significative de la redistribution s’était produite après environ 12 mois.
- L’ampleur et la répartition géographique futures dépendront des frictions et des choix stratégiques des pays tiers.

### Données et méthodologie (notes)
- Les barres des graphiques indiquent la variation totale des exportations durant chaque période de hausse des droits de douane (2018 et 2025). Les segments indiquent la contribution de chaque marché de destination.
- « Avant droits de douane » = variation de t − 3 mois à t = −1 ; « Après droits de douane » = variation de t = 0 à t + 3 mois ; « Après, long terme » = variation de t = 0 à t + 22 mois (disponible uniquement pour 2018).
- ACEUM = accord Canada–États‑Unis–Mexique ; HO = hémisphère occidental.

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### Encadré 1.2 — Incertitude et scénarios macroéconomiques (résumé des principales quantifications)
- Incertitude sur les projections (modèle du G20) :
  - Probabilité qu’une récession se produise en 2026 ≈ 30 percent.
  - Risque que l’inflation globale aux États‑Unis dépasse 3 percent en 2026 ≈ 30 percent.
  - Ces probabilités sont supérieures à celles d’octobre 2024 (respectivement 25 percent et 20 percent).
- Probabilités mondiales :
  - Probabilité que la croissance mondiale tombe en dessous de 2 percent en 2026 ≈ 25 percent.
  - Probabilité que l’inflation globale dépasse 5 percent en 2026 ≈ 25 percent.

### Scénario A (détérioration relative, chocs combinés)
- Hypothèses tarifaires et commerciales :
  - À partir de fin 2025, droits de douane des États‑Unis durablement plus élevés que dans le scénario de référence.
  - Hausse des droits de douane pour les importations en provenance de la Chine : près de 30 points de pourcentage (par rapport au scénario de référence).
  - Hausse pour les pays émergents d’Asie, la zone euro et le Japon : environ 10 points de pourcentage.
  - Droits de douane effectifs sur les importations des États‑Unis augmentent globalement de 10 points de pourcentage.
  - Les pays ne ripostent pas (hypothèse du scénario).
- Effets sur la production et la productivité :
  - Productivité totale des facteurs dans les secteurs plus engagés dans les échanges mondiaux (environ 20 percent de la valeur ajoutée mondiale) diminue de 1 percent à l’échelle mondiale en 2026–27, avant de revenir au niveau de référence en 2028.
- Anticipations d’inflation :
  - Anticipations d’inflation à un an augmentent :
    - de 60 points de base dans les pays émergents où l’inflation dépasse actuellement la cible,
    - de 50 points de base aux États‑Unis,
    - d’environ 25 points de base dans les autres pays avancés, hors Japon, et les autres pays émergents, hors Chine.
- Rendements souverains et conditions financières :
  - Primes d’échéance sur la dette publique augmentent de 100 points de base dans tous les pays, hormis en Chine, à compter de 2026 pour une période de 10 ans.
  - Le taux réel mondial neutre/sans risque augmente progressivement et de manière permanente jusqu’à 50 points de base par rapport au scénario de référence.
  - Écarts de taux sur les obligations d’entreprises augmentent en 2026 de 50 points de base dans les pays avancés et en Chine, et de 100 points de base dans les pays émergents, hors Chine.
  - Resserrement des conditions financières durant deux ans.
- Baisse de la demande mondiale d’actifs des États‑Unis :
  - La diminution de la demande étrangère augmente le rendement escompté des actifs américains de 80 points de base au maximum par rapport au scénario de référence.
  - L’augmentation de la prime de risque extérieur des États‑Unis dure 20 ans.

### Scénario B (amélioration relative, relâchement des droits et gains d’IA)
- Droits de douane et incertitude commerciale :
  - Les droits de douane imposés depuis janvier 2025 sont supprimés de manière permanente.
  - Réduction des taux effectifs sur les importations américaines d’environ 15 points de pourcentage par rapport au scénario de référence.
  - Importations en provenance de Chine : baisse des droits de douane effectifs d’environ 22 points de pourcentage.
  - Japon, Europe et pays émergents d’Asie : baisse de 10 à 20 points de pourcentage.
  - Les partenaires commerciaux suppriment aussi les droits de douane sur les exportations américaines ; les exportations des États‑Unis vers la Chine voient leurs taux effectifs baisser d’environ 20 points de pourcentage.
  - Moins d’incertitude autour de la politique commerciale : baisse équivalant à une diminution de deux écarts‑types de la mesure de l’incertitude autour des politiques économiques (valeur approximative du pic observé en 2018–19).
- Effets liés à l’intelligence artificielle (IA) :
  - Productivité totale des facteurs à l’échelle mondiale croît d’environ 0,8 percent sur une période de 10 ans.
  - Composantes : progression modeste de l’investissement en actifs propres à l’IA (matériel informatique, propriété intellectuelle des logiciels) et déploiement progressif de l’IA dans l’ensemble de l’économie.
  - Disparités importantes entre pays dans les gains de productivité (pays plus exposés à l’automatisation et mieux préparés ayant des gains plus élevés).

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*Sources : Trade Data Monitor ; calculs des services du FMI ; analyses citées (Fajgelbaum et al., 2024 ; Rotunno et Ruta, 2025).*

### 2. Zone euro

### 2. Zone euro

### Principaux effets du scénario A (hausse des droits de douane, baisse de la demande d’actifs américains)
- Impact sur le compte courant : l’impact sur le solde courant de la zone euro est limité.
- Inflation : la zone euro connaît une légère hausse de l’inflation, de 10 à 20 points de base.
- Taux d’intérêt réel : les pays confrontés à des chocs d’anticipations d’inflation voient une hausse des taux directeurs nominaux et réels; l’impact est moindre dans la zone euro (comparativement aux États‑Unis et aux pays émergents).
- Produit intérieur brut (PIB) : la contraction mondiale due aux droits de douane et aux autres strates du scénario se traduit par une baisse sensible du PIB mondial en 2026 (1,2 percent de moins que dans le scénario de référence); la zone euro est moins durement touchée que les États‑Unis.
- Taux de change et absorption : lorsque la demande mondiale d’actifs des États‑Unis baisse, les taux d’intérêt réels hors États‑Unis (y compris dans la zone euro) baissent, la croissance du PIB de la zone euro croît légèrement et l’excédent courant diminue à mesure que l’absorption intérieure augmente.

### Principaux effets du scénario B (retour à moins de droits de douane, baisse de l’incertitude, essor de l’IA)
- Croissance : le retour à des droits de douane peu élevés contribue à soutenir l’activité à l’échelle mondiale; l’effet est positif pour la zone euro mais la hausse de l’activité et de l’investissement à court terme est un peu plus forte aux États‑Unis et en Chine qu’en zone euro.
- Inflation et taux de change : l’effet limité sur l’inflation dans le scénario B; aux États‑Unis, baisse temporaire de l’inflation d’environ 60 points de base en 2026 et dépréciation du dollar de 7 percent par rapport au scénario de référence — effets de change qui jouent indirectement sur la zone euro.
- Investissement : la diminution de l’incertitude commerciale accroît l’investissement mondial d’environ 2 percent en 2026–27; les gains liés à l’intelligence artificielle font croître l’investissement mondial d’environ 1,5 percent de plus sur la période 2026–27.
- Gains à long terme : l’effet combiné des strates du scénario B entraîne une augmentation du PIB mondial d’environ 1 percent en 2026 et d’environ 2 percent à long terme; la contribution du retour à des droits de douane peu élevés est d’environ 0,7 point de pourcentage et celle des avantages liés à l’IA est de 1,4 point de pourcentage — la zone euro bénéficie de ces effets mais moins fortement qu’aux États‑Unis et en Chine.

### Canaux de transmission et points saillants macroéconomiques pour la zone euro
- Demande extérieure : les variations de la demande mondiale d’actifs et les ajustements des taux de change (y compris une baisse des taux réels hors États‑Unis) soutiennent légèrement la demande intérieure et la croissance de la zone euro.
- Inflation et politique monétaire : la zone euro voit des réponses de politique monétaire moins marquées que les États‑Unis face aux chocs d’anticipations d’inflation; les hausses d’inflation sont modestes (10–20 points de base) dans le scénario A.
- Investissement : les changements de l’environnement commercial et les gains d’IA soutiennent l’investissement mondial; la zone euro en profite, mais l’augmentation de l’investissement à court terme est plus limitée que celle observée aux États‑Unis et en Chine.

### Statistiques et chiffres clés extraits du scénario (extraits textuels)
- Baisse de l’activité mondiale en 2026 due aux droits de douane dans le scénario A : 0,3 percent par rapport au scénario de référence (effet se prolongeant jusqu’en 2028 et perte permanente du PIB mondial de ½ percent).
- États‑Unis (scénario A) : flambée temporaire de l’inflation de 40 points de base et hausse des taux directeurs de 20 points de base en 2026; avec chocs d’anticipations d’inflation, hausse supplémentaire en 2026 de l’inflation et des taux directeurs de 30 points de base et baisse d’activité d’environ 0,4 percent.
- Chine (scénario A) : baisse durable de l’inflation de 40 à 50 points de base.
- Effets sur l’investissement mondial (scénario A, chocs des rendements souverains/conditions financières) : investissement mondial réduit de 3 percent et PIB mondial réduit de 0,6 percent en 2026 par rapport au scénario de référence.
- Effet combiné (scénario A) : baisse sensible du PIB mondial en 2026, soit 1,2 percent de moins que dans le scénario de référence.
- Scénario B, effets agrégés : augmentation du PIB mondial d’environ 1 percent en 2026 et d’environ 2 percent à long terme; contribution du retour à des droits de douane peu élevés ≈ 0,7 point de pourcentage; contribution des avantages liés à l’IA ≈ 1,4 point de pourcentage.
- Investissement mondial (scénario B) : hausse d’environ 2 percent en 2026–27; avantages liés à l’IA font croître l’investissement mondial d’environ 1,5 percent de plus sur la période 2026–27.
- Taux de change (scénario B, États‑Unis) : dépréciation du dollar de 7 percent par rapport au scénario de référence en 2026.

*Source : estimations des services du FMI.*

### 2. Projections des prix du pétrole brut de Brent

### 2. Projections des prix du pétrole brut de Brent

### Évolution et facteurs déterminants des prix de l'énergie
- Les perturbations de l’approvisionnement russe exercent une pression à la hausse sur les prix du pétrole, tandis que la possibilité d’une accélération des augmentations de l’offre par l’OPEP+, conjuguée à une conjoncture économique mondiale assombrie par les droits de douane, exerce une pression à la baisse.
- Les pays aux coûts de production plus élevés créent un prix plancher non contraignant; certains seuils de rentabilité américains se situent entre 60 et 65 dollars.
- Les prix du gaz naturel :
  - Les prix sur la plateforme de marché européenne TTF ont chuté de 16,6 % entre mars et août 2025 pour tomber à 11,0 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MMBTU).
  - Les prix du gaz naturel liquéfié asiatique ont chuté de 12,2 %.
  - Aux États-Unis, les prix Henry Hub ont chuté de 30 %, à 2,9 dollars par MMBTU.
  - Les marchés à terme indiquent des prix TTF en moyenne à 12,1 dollars par MMBTU en 2025, puis une diminution régulière jusqu’à 8,4 dollars par MMBTU en 2030.
  - Les prix Henry Hub devraient fluctuer autour de 3,5 dollars par MMBTU entre 2025 et 2030.
- Les facteurs ayant contribué à la baisse des prix du gaz comprennent : droits de douane pesant sur la demande d’activité des entreprises, affaiblissement de la demande concurrente en provenance d’Asie, approbation d’objectifs de stockage de gaz plus flexibles dans l’Union européenne, production nationale record aux États-Unis, et anticipation d’un quasi-doublement de la capacité d’exportation des États-Unis d’ici à 2027.

### Métaux et terres rares
- Les métaux précieux ont bénéficié d’une demande de valeurs refuges :
  - L’indice des cours des métaux du FMI a enregistré une hausse de 6,8 % entre mars et août 2025.
  - L’or a augmenté de 12,8 % pour atteindre 3 400 dollars l’once.
- Les droits de douane américains ont eu des effets contrastés sur les métaux de base :
  - Les nouveaux tarifs douaniers américains annoncés début avril ont exercé une pression à la baisse sur les prix mondiaux, mais les taux de 50 % appliqués à l’acier, à l’aluminium et au cuivre ont déclenché des achats anticipés aux États-Unis, soutenant quelque peu les prix.
  - Les marchés à terme projettent de légères augmentations de 0,3 % en 2025 et 3,0 % en 2026 pour les métaux.
- Contrôles chinois sur les exportations de terres rares :
  - La Chine a instauré en avril un système de licences d’exportation obligatoires pour sept éléments de terres rares et les aimants qui s’y rapportent, provoquant un ralentissement considérable des exportations en avril et en mai.
  - Les exportations chinoises d’aimants ont rebondi en juin et étaient complètement rétablies en juillet, s’inscrivant en augmentation de 5 % en glissement annuel.
  - Les prix des produits intermédiaires à base de carbonates de terres rares ont bondi de 30,2 % en raison d’un resserrement de l’offre mondiale de terres rares transformées.

### Produits agricoles et denrées alimentaires
- Après un début d’année soutenu, les prix agricoles ont baissé en raison d’une abondance de l’offre et des droits de douane :
  - L’indice des prix des denrées alimentaires et des boissons du FMI a perdu 4,8 % entre mars et août 2025.
  - Les prix des céréales ont baissé de 11,1 %.
  - Les prix du café ont plongé de 16,7 %.
  - Les cours du maïs ont baissé de 11,9 %.
- Facteurs influençant les perspectives alimentaires :
  - Baisse due à des perspectives de récoltes solides dans les États-Unis, la Russie, le Brésil et l’Argentine.
  - Risque de révision à la hausse des perspectives si de nouvelles restrictions sur les exportations resserrent l’offre internationale ou si La Niña provoque de mauvaises conditions météorologiques au quatrième trimestre.
  - Principaux facteurs de révision à la baisse : récoltes supérieures aux attentes et un relèvement des droits de douane.

### Fluctuations macroéconomiques liées aux produits de base : rôle de la taille et de l’interconnexion
- Importance des produits de base :
  - Les produits de base influencent fortement les fluctuations macroéconomiques dans les pays avancés comme dans les pays émergents et en développement.
  - Pour comprendre l’effet des chocs des prix des produits de base sur la production et l’inflation, il faut prendre en compte le niveau d’interconnexion du secteur avec le reste de l’économie et le reste du monde.
- Taille des secteurs (facteur de pondération de Domar) : comparaisons moyennes entre groupes de pays
  - Les secteurs des produits de base sont en moyenne plus vastes dans les pays émergents et les pays en développement que dans les pays avancés.
  - La taille moyenne (facteur de pondération de Domar) des secteurs des produits de base dans les pays émergents et les pays en développement est :
    - deux fois plus grande pour les métaux,
    - trois fois plus grande pour l’énergie,
    - près de quatre fois plus grande pour l’agriculture,
    par rapport aux pays avancés.
- Interconnexion mesurée par NAVAS et autres expositions :
  - Le degré d’interconnexion est mesuré par la part de valeur ajoutée ajustée en fonction du réseau (NAVAS) ou par l’exposition totale (directe ou indirecte) du secteur aux facteurs de production de l’économie.
  - La NAVAS du secteur des produits de base est supérieure à sa taille (facteur de pondération de Domar) tant dans les pays avancés que dans les pays émergents, mais les différences de NAVAS entre ces deux groupes ont tendance à être moins grandes que les différences de taille.
  - En moyenne, le secteur des produits de base est trois fois plus important (facteur de pondération de Domar) dans les pays émergents et les pays en développement que dans les pays avancés, mais sa NAVAS n’est supérieure que de 31 %.
  - Différences par sous‑secteur : la différence la plus marquée entre groupes de pays se situe dans l’énergie; les métaux et les produits agricoles présentent des différences plus faibles.
- NAVAS vs taille pour expliquer la transmission aux ménages :
  - Les pays dont le secteur des produits de base est plus interconnecté (NAVAS plus élevée) présentent une corrélation annuelle plus forte entre la consommation globale et les termes de l’échange des produits de base.
  - La NAVAS a une importance significative pour l’effet des chocs des prix des produits sur la consommation même après neutralisation du rôle de la taille (facteur de pondération de Domar).
  - Les estimations montrent que le coefficient d’interaction de la NAVAS (incidence marginale d’une plus grande interconnexion sur la réponse de la consommation aux variations des termes de l’échange) est largement supérieur au coefficient d’interaction de la taille et qu’il est toujours significatif.
- Exemples pays :
  - Thaïlande : NAVAS de 0,68.
  - Suisse : NAVAS de 0,65.
  - Norvège (secteur de l’énergie) : NAVAS de 0,94.
  - Viet Nam (énergie) : NAVAS de 0,48.
  - Ces exemples illustrent que des pays avec des tailles de secteur comparables peuvent avoir des NAVAS très différentes et des corrélations distinctes entre consommation et termes de l’échange.

### Modélisation et méthodologie
- Modèle utilisé :
  - Un modèle dynamique d’équilibre général stochastique d’une petite économie ouverte (Silva et al., 2024; Gomez-Gonzalez et al., 2025) décompose les canaux par lesquels la structure du réseau de production influe sur la transmission des chocs des prix des produits de base.
  - Les ménages consomment un bien final produit avec de la main-d’œuvre, des produits de base et des biens intermédiaires d’importation ou produits nationalement; ils épargnent en actifs étrangers; le taux d’intérêt réel est imposé et constant dans le temps.
- Calibration et données :
  - Calibration fondée sur des données de l’Organisation de coopération et de développement économiques utilisées dans le graphique 1.DS.2, couvrant 66 pays et 44 secteurs, et fixée pour correspondre aux parts sectorielles dans la consommation finale, aux parts des intrants et des extrants, et aux exportations nettes du secteur des produits de base pour l’année 2018.
- Résultats méthodologiques :
  - L’analyse emploie des estimations des coefficients à différents horizons (à partir de l’analyse des projections nationales; Jordà, 2005) et une construction du choc des termes de l’échange selon Schmitt‑Grohé et Uribe (2018).
  - Les estimations locales par panel présentent le choc direct des termes de l’échange et ses interactions avec la NAVAS et avec le facteur de pondération de Domar; l’interaction avec la NAVAS ressort comme substantielle et statistiquement significative.

*Source : Dossier spécial sur les produits de base : évolution des marchés et fluctuations macroéconomiques entraînées par les produits de base, Fonds monétaire international, Octobre 2025.*

### 1. Corrélation entre la consommation et les termes de l’échange

### 1. Corrélation entre la consommation et les termes de l’échange

### Relation NAVAS — corrélation consommation / termes de l’échange
- La pente observée est positive : les pays émergents et les pays en développement tendent à présenter une NAVAS supérieure et une plus forte corrélation entre la consommation cyclique et les chocs des termes de l’échange.
- Certains pays avancés affichent des NAVAS plus élevées et des mouvements conjoints plus marqués que les pays émergents et les pays en développement.
- Pour un même niveau d’interconnexion (NAVAS), il existe des variations dans la corrélation de la consommation avec les chocs des prix des produits de base, suggérant l’existence d’un mécanisme de propagation complexe.

### Conception et calibrage du modèle de réseau
- Calibrage de référence : un secteur des produits de base et 38 secteurs hors produits de base (six secteurs de produits de base regroupés en un seul).
- Analyse comparative : deux pays exportateurs nets de produits de base, le Kazakhstan et l’Afrique du Sud, calibrés pour démarrer avec la même balance commerciale.
  - Taille du secteur des produits de base dans les deux pays : 39 percent du PIB.
  - NAVAS du secteur des produits de base : 0,90 pour le Kazakhstan ; 0,73 pour l’Afrique du Sud.
- Choc simulé : choc des termes de l’échange des produits de base de 1 percent.

### Réponses impulsionnelles (choc de 1 percent)
- Effets observés :
  - Kazakhstan : incidence positive et importante sur la consommation globale.
  - Afrique du Sud : incidence négative sur la consommation globale.
- Mécanisme de transmission :
  - Les salaires réels augmentent dans les deux pays (les salaires nominaux augmentent davantage que les prix).
  - L’effet final sur la consommation dépend du revenu du travail et de l’effet sur la richesse réelle des ménages (avoirs extérieurs nets exprimés en unités de produits de base réels).
  - En Afrique du Sud, l’indice des prix agrégés augmente davantage que les prix des produits de base lors du choc (de plus de 1 percent), provoquant une baisse de la valeur réelle des avoirs extérieurs nets et une diminution de la consommation.
- Intégration du réseau de production :
  - NAVAS élevée ⇒ plus grande interconnexion du secteur des produits de base ⇒ contribution plus importante des prix des intrants intermédiaires aux fluctuations des coûts marginaux ⇒ augmentation des salaires requise moins importante pour une hausse donnée des coûts marginaux.
  - NAVAS faible (ex. Afrique du Sud) ⇒ chocs des prix des produits de base se répercutent plus directement sur les coûts des facteurs de production, au lieu d’être dilués le long de la chaîne d’approvisionnement ⇒ plus fortes augmentations des prix agrégés ⇒ baisse des avoirs extérieurs nets réels ⇒ effet richesse moins important voire négatif.

### Conclusion micro‑macro
- Les différences dans les liens des secteurs des produits de base, telles que mesurées par la NAVAS, déterminent les différences dans les réactions macroéconomiques aux fluctuations des prix des produits de base.
- L’effet de richesse peut être négatif et compenser l’effet positif sur les revenus, entraînant une chute de la consommation, quelle que soit la taille du secteur (mesurée par les facteurs de pondération de Domar).

### Conséquences pour la politique monétaire dans les petites économies ouvertes
- Contexte théorique : selon la théorie classique, la politique monétaire devrait réagir à l’inflation dans des secteurs aux prix rigides et ignorer les fluctuations des prix des produits de base (prix flexibles).
- Répercussion incomplète : même si les prix mondiaux des produits de base sont flexibles, la répercussion sur les secteurs nationaux est incomplète et les prix nationaux sont plus rigides.
- Poids à attribuer aux fluctuations des prix des produits de base :
  - Les facteurs de pondération de Domar peuvent fournir de bonnes orientations dans une économie fermée.
  - Dans une petite économie ouverte, il est préférable d’utiliser la pondération ajustée au réseau (network-adjusted weight, NAW), qui dépend de la NAVAS.
  - S’appuyer sur les facteurs de pondération de Domar plutôt que sur la NAW entraîne des pertes en bien‑être inversement proportionnelles à la NAVAS (formule présentée : PM = k(1 – NAVAS) + intensité des exportations – substitution des dépenses).
- Erreur de politique monétaire observée :
  - En suivant la pondération fondée sur la taille plutôt que sur la pondération ajustée au réseau, les deux groupes de pays surpondereraient le secteur des produits de base d’environ un tiers.
  - Pays avancés : tendance à surestimer l’importance du secteur des produits de base de 32 percent, en moyenne.
  - Pays émergents et pays en développement : tendance à surestimer de 27 percent, en moyenne.

_Extrait : 1. Corrélation entre la consommation et les termes de l’échange — Fonds monétaire international, Octobre 2025._

### Conclusion

### Conclusion

### Principaux enseignements sur l’incidence macroéconomique des chocs des prix des produits de base
- L’incidence macroéconomique des chocs des prix des produits de base dépend moins de la taille du secteur des produits de base que de son interconnexion avec le reste de l’économie.
- La part de valeur ajoutée ajustée en fonction du réseau (NAVAS) rend compte de l’interconnexion du secteur des produits de base et explique les différences observées entre les pays dans la réaction de la consommation aux fluctuations des prix des produits de base.
- Les calculs sous-jacents, qui reposent sur les travaux de Qiu et al. (2025), illustrent les erreurs de politique monétaire qui surviennent lorsque l’accent est mis uniquement sur la taille du secteur des produits de base. L’axe des abscisses du graphique représente les erreurs de politique monétaire exprimées comme étant la différence entre le facteur de pondération de Domar et la pondération ajustée en fonction du réseau, proportionnelle au facteur de pondération de Domar.
- Estimation de densité par noyau de l’erreur de politique monétaire dans le secteur des produits de base (Graphique 1.DS.6) : distribution pour 2018 (sources : Organisation de coopération et de développement économiques ; calculs des services du FMI).

### Exemples chiffrés illustrant l’effet des erreurs de politique monétaire
- Pour les pays avancés :
  - Taille moyenne du secteur des produits de base : 13 percent
  - Erreur de politique monétaire moyenne : 34 percent
  - Pondération effective (ajustée) : 8,6 percent
- Pour les pays émergents et les pays en développement :
  - Taille moyenne du secteur des produits de base : 39 percent
  - Erreur de politique monétaire moyenne : 24 percent
  - Pondération effective (ajustée) : 30 percent

### Recommandations de politique macroéconomique
- Les cadres macroéconomiques doivent être adaptés pour prendre en considération la structure des réseaux de production intérieurs.
- Les banques centrales doivent tenir compte des structures des réseaux de production lorsqu’elles calibrent leur réponse à des variations des prix des produits de base.
- Prendre en compte ces interconnexions peut :
  - réduire le risque de mal doser les politiques,
  - améliorer la stabilité macroéconomique dans les pays avancés comme dans les pays émergents,
  - être pertinent indépendamment de la position commerciale nette d’un pays dans les produits de base.

*Fonds monétaire international | Octobre 2025*

### Section 4. London.

### Section 4. London.

### Principaux constats
- Durant ces dernières années, les marchés émergents ont montré une remarquable résilience face aux chocs d’aversion au risque.
- Deux hypothèses expliquent cette résilience :
  - Coup de chance : croissance soutenue des pays avancés, termes de l’échange favorables, assouplissement des conditions financières post‑crise financière mondiale, et retombées positives de la croissance soutenue de la Chine.
  - Mesures avisées : améliorations des dispositifs de politique monétaire, macroprudentielle et budgétaire (ciblage de l’inflation, plus grande souplesse des taux de change, politiques macroprudentielles renforcées, crédibilité budgétaire accrue).
- L’amélioration de la mise en œuvre et de la crédibilité de la politique monétaire a réduit la sensibilité des banques centrales aux pressions budgétaires et leur dépendance aux interventions sur le marché des changes.
- Les pays émergents disposant de dispositifs de politique économique solides ont une marge de manœuvre plus grande, sont moins exposés aux risques de revirement de flux de capitaux, et subiraient des répercussions moins graves en cas d’épisodes d’aversion au risque.
- Les pays au dispositif fragile doivent durcir leur politique monétaire face à des tensions persistantes sur les prix pour éviter de désancrer les anticipations d’inflation et provoquer des pertes de production plus lourdes.
- Les interventions sur le marché des changes offrent un répit temporaire mais sont coûteuses; avec des dispositifs solides, la dépendance à ces interventions diminue.

### Éléments d’analyse et mécanismes
- Les épisodes d’aversion au risque provoquent généralement des sorties de capitaux entraînant des dépréciations monétaires, un durcissement des conditions financières, et des renchérissements du loyer de l’argent, ce qui les assimile à des chocs d’offre (réduction de la production et poussées d’inflation).
- Dans le passé, ces dynamiques contraignaient souvent les pays émergents à durcir la politique monétaire pour contenir la dépréciation, au prix d’une augmentation des pertes de production (« peur du flottement »).
- Récemment, la conjoncture financière mondiale est restée globalement accommodante malgré le durcissement monétaire des principales banques centrales, facilitant l’accès à des financements à long terme à des taux historiquement faibles pour de nombreux émetteurs émergents.
- Des politiques macroprudentielles plus rigoureuses ont contribué à réduire les asymétries de change, permettant des réponses monétaires plus contracycliques.
- L’augmentation de la part de la dette libellée en monnaie nationale et la participation accrue des investisseurs nationaux ont atténué les risques liés au « péché originel » (asymétrie de change) et au « nouveau péché originel » (sorties des non‑résidents).

### Données d'échantillon et périodisation
- Échantillon utilisé dans le chapitre : 26 pays émergents, couvrant environ 88 percent du PIB des pays émergents et pays à revenu intermédiaire, et 30 pays avancés.
- Période « avant la crise financière mondiale » : 1997–2009.
- Période « après la crise financière mondiale » : 2010–24.

### Indicateurs et mesures évoqués (tels que présentés)
- Indice RORO (risk-on risk-off ou appétit/aversion pour le risque) utilisé pour définir les épisodes d’aversion au risque.
- Indice de réglementation prudentielle liée au marché des changes : moyenne des mesures cumulées de durcissement net liées aux fonds propres obligatoires pour les banques ; limites aux prêts en devises et règles ou recommandations relatives aux prêts en devises ; limites aux positions de change ouvertes nettes ou brutes, expositions et financements en devises, et réglementations en asymétries de change.
- Conjoncture extérieure mesurée comme variations pondérées du PIB réel des pays avancés, l’indice des termes de l’échange basé sur les cours des produits de base pour les pays émergents, et la moyenne de l’indice FCI‑G américain, mesurés six mois après le déclenchement de l’épisode d’aversion au risque.
- Graphique présenté (Graphique 2.1) : séries numériques affichées dans le document (extraits visibles) incluent −0,8 ; 1,2 ; −0,4 ; 0 ; 0,4 ; 0,8 ; −1,6 ; 2,4 ; −0,8 ; 0 ; 0,8 ; 1,6 (positions et axes tels qu’affichés dans le PDF source).

### Recommandations de politique
- Renforcer les dispositifs de politique économique : continuer à améliorer la mise en œuvre et la crédibilité de la politique monétaire.
- Sauvegarder l’indépendance de la banque centrale pour mieux ancrer les anticipations d’inflation.
- Reconstituer les marges de manœuvre budgétaires, en particulier pour les pays dont ces marges sont limitées.
- Utiliser les interventions sur le marché des changes avec prudence : elles peuvent offrir un répit mais sont coûteuses et, idéalement, doivent être moins nécessaires dans les pays dotés de dispositifs solides.
- Durcir la politique monétaire rapidement en présence de tensions persistantes sur les prix dans les pays au dispositif fragile afin d’éviter la désancrage des anticipations d’inflation et des pertes de production plus importantes.

*Source : Extraits du chapitre « Résilience des marchés émergents : coup de chance ou mesures avisées ? », Section 4. London., tirés du PDF fourni.*

### 2. Dispositifs de politique économique

### 2. Dispositifs de politique économique

### Bilan et objectifs du chapitre
- Le chapitre évalue les résultats des pays émergents en matière de production et de stabilisation de l’inflation durant les épisodes d’aversion au risque sur près de trois décennies.
- Objectifs principaux :
  - Mesurer la résilience des pays émergents pendant les épisodes d’aversion au risque.
  - Examiner l’évolution des dispositifs de politique monétaire, macroprudentielle et budgétaire (application, crédibilité, résultats).
  - Quantifier les gains liés à l’amélioration des dispositifs et isoler la part attribuable à la conjoncture extérieure.
  - Utiliser une version quantitative du cadre d’action intégré (IPF) du FMI pour analyser des réponses politiques adaptées selon les caractéristiques nationales.

### Résultats empiriques clés sur la résilience
- Les pays émergents ont montré une résilience accrue depuis la crise financière mondiale : pertes de production plus faibles et tensions inflationnistes négligeables.
- L’amélioration des dispositifs de politique économique a contribué aux gains récents :
  - Contribution de l’amélioration des dispositifs : 0,5 point de pourcentage de gain de croissance.
  - Contribution de l’amélioration des dispositifs : 0,6 point de pourcentage de baisse d’inflation.
  - Contribution de la conjoncture extérieure favorable : 0,5 point de pourcentage de gain de croissance, sans contribution à la réduction des tensions inflationnistes.
- Épisodes d’aversion au risque :
  - L’algorithme étendu de l’indice RORO couvre la période 1997–fin 2024.
  - 16 épisodes d’aversion au risque identifiés, répartis équitablement avant et après la crise financière mondiale.
  - En moyenne, un épisode a enregistré une augmentation d’environ un écart-type et a duré quelque cinq mois.

### Évolution et rôle de la politique monétaire et macroprudentielle
- Mise en œuvre et crédibilité de la politique monétaire :
  - Amélioration progressive de la mise en œuvre et de la crédibilité des banques centrales dans les pays émergents.
  - Les banques centrales se sont davantage centrées sur la stabilisation de la production plutôt que sur la gestion des taux de change, grâce à un meilleur ancrage des anticipations d’inflation.
  - Les anticipations des marchés financiers s’alignent davantage sur les décisions des autorités, signe d’une plus grande crédibilité.
- Moins d’interventions sur le marché des changes :
  - Les pays avec des anticipations d’inflation mieux ancrées interviennent moins sur les marchés des changes lors d’épisodes d’aversion au risque.
  - Une réglementation macroprudentielle plus rigoureuse limite la part de la dette libellée en devises et atténue les risques pour la stabilité financière, réduisant la nécessité d’interventions sur le marché des changes.
- Indépendance et interactions avec tensions budgétaires :
  - Après la crise financière mondiale, les banques centrales ont riposté aux chocs de dépense en relevant les taux, et les anticipations d’inflation à long terme sont restées ancrées.
  - La politique monétaire américaine continue d’agir sur les rendements à long terme et les catégories d’actifs à plus haut risque.

### Évolution et limites de la politique budgétaire
- Orientation budgétaire :
  - Mesurée par le ratio solde primaire/PIB, l’orientation budgétaire des pays émergents a été relativement rigoureuse.
  - L’adoption de règles budgétaires n’a pas garanti une meilleure exécution : écarts par rapport aux règles sont courants, entraînant une accumulation de vulnérabilités en matière de dette (notamment en Amérique latine).
- Coûts d’emprunt :
  - Les progrès dans l’exécution de politiques budgétaires plus efficaces ont aidé à stabiliser l’endettement, mais les coûts d’emprunt demeurent sensibles aux niveaux d’endettement élevés ; les écarts souverains restent tributaires du niveau d’endettement.

### Résultats de simulations et enseignements politiques quantifiés
- Gains liés à des dispositifs solides lors d’un choc de change :
  - Face à une dépréciation du taux de change nominal de 10 percent provoquée par un choc d’aversion au risque :
    - Les pays dont le cadre de politique économique est solide ont enregistré, dans l’année qui a suivi, des pertes de production 85 percent plus faibles par rapport à ceux dont les cadres étaient plus fragiles.
    - L’amélioration des bilans a réduit de moitié les risques d’arrêts soudains et réduit leur gravité.
- Coût de l’hésitation monétaire dans les pays fragiles :
  - Face à une dépréciation du taux de change nominal de 10 percent et à une augmentation de 0,5 point de pourcentage de l’inflation :
    - Le relèvement nécessaire des taux directeurs peut s’élever jusqu’à 1,4 point de pourcentage de plus par rapport au cas d’un pays suivant une règle de Taylor standard pour ramener l’inflation à son objectif.
    - Cela se traduit par des pertes de production supérieures de 0,7 point de pourcentage au bout de cinq trimestres après les chocs.
- Rôle des interventions sur le marché des changes :
  - Dans les pays dont les dispositifs sont fragiles, les interventions sur le marché des changes permettent de contenir les dépréciations et rendent moins nécessaire un relèvement des taux, ce qui réduit les pertes de production de 0,9 point de pourcentage au bout de deux ans après le choc, par rapport à un scénario sans intervention.
  - Dans les pays dotés de dispositifs solides, les avantages des interventions sur le marché des changes sont limités : anticipations d’inflation bien ancrées et taux de change soutenant les exportations nettes.

### Conclusions générales et risques résiduels
- La résilience observée résulte à la fois d’une conjoncture extérieure favorable et d’améliorations structurelles des dispositifs de politique économique.
- Transition possible vers un monde davantage régi par le trilemme classique de Mundell–Fleming plutôt que par le dilemme de Rey (2015), avec une plus grande marge pour une politique monétaire indépendante là où les cadres sont solides.
- Risques persistants :
  - Détérioration rapide possible de la conjoncture extérieure.
  - Marge budgétaire limitée par des niveaux d’endettement élevés après les récents chocs mondiaux.
  - Risque d’érosion de crédibilité en cas de retour en arrière sur certaines mesures.
  - Hétérogénéité des progrès entre pays : l’entretien et l’approfondissement des gains nécessitent un engagement soutenu, notamment pour sauvegarder l’indépendance des banques centrales lorsque l’inflation est faible et que les tensions budgétaires s’accentuent.

### Recommandations pratiques (résumées)
- Poursuivre le renforcement des cadres de politique économique pour augmenter la marge de manœuvre et réduire la probabilité d’arrêts soudains.
- Pour les pays aux dispositifs fragiles :
  - Ne pas repousser le durcissement de la politique monétaire lors de chocs d’aversion au risque.
  - Recourir aux interventions sur le marché des changes comme instrument utile pour limiter la dépréciation et diminuer les pertes de production, en reconnaissant leurs limites.
- Pour les pays aux dispositifs solides :
  - Prioriser le renforcement des cadres institutionnels; les interventions sur le marché des changes sont moins pertinentes quand les anticipations d’inflation sont bien ancrées.
- Maintenir une politique budgétaire crédible pour préserver la viabilité de la dette et soutenir la résilience face aux chocs.

*Fonds monétaire international | Octobre 2025*

### 1. Dates des épisodes

### 1. Dates des épisodes

### Indicateurs et méthodologie
- Episodes d’aversion au risque recensés à partir de la version élargie de l’indice d’appétit/aversion pour le risque (RORO) de Chari, Dilts Stedman et Lundblad (2023).
- Le graphique trace la somme trimestrielle normalisée de l’indice RORO (voir l’annexe 2.2 en ligne pour plus de détails).
- La période « avant la CFM » correspond à 1997–2009; la période « après la CFM » correspond à 2010–24.
- Sources de données : Bloomberg Finance L.P. ; Conseil des gouverneurs du Système fédéral de réserve ; Haver Analytics ; J.P. Morgan ; calculs des services du FMI.

### Ampleur et durée des épisodes; décomposition de la variance de l’indice RORO
- Dans les deux périodes (avant et après la CFM), environ 45 percent de la variation durant les épisodes d’aversion au risque s’expliquaient par les écarts de crédit.
- Un peu plus de 40 percent de la variation provenait de la volatilité des valeurs boursières.
- Quelque 10 percent de la variation provenait des risques de liquidité; le reste étant imputable aux risques de change.
- Les épisodes les plus longs mentionnés : la crise des subprime, à partir de juin 2007, et le vent de panique lié à la croissance mondiale, à partir de mai 2015 (tous deux ont duré 10 mois).

### Observations temporelles et moustaches (fourchettes)
- Les deux premières barres du graphique correspondent à la moyenne de l’indice RORO (en écarts-types) durant les épisodes d’aversion au risque et à la durée des épisodes (en mois) avant la CFM (1997–2009) et après (2010–24).
- Les moustaches indiquent les fourchettes entre minimum et maximum.

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### Réactions agrégées des pays émergents aux épisodes d’aversion au risque
- Depuis la crise financière mondiale, les épisodes d’aversion au risque n’ont pas été accompagnés de sorties massives d’investissement de portefeuille.
- Le phénomène de répercussion du taux de change s’est estompé après la CFM.
- L’augmentation des écarts souverains est environ un cinquième de ce qu’elle était avant la crise financière mondiale (graphique 2.3, plage 1).
- Six mois après le déclenchement d’un épisode d’aversion au risque :
  - Perte de production durant la période post-crise : 1 percent du PIB.
  - Perte de production durant la période précédant la crise : 1,8 percent du PIB.
  - Augmentation de prix avant la crise : 0,9 percent; cette augmentation a disparu après la crise (graphique 2.3, plage 2).

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### Évolution des dispositifs de politique économique des pays émergents

### Progrès structurels observés
- Après la CFM, beaucoup plus de pays ont adopté :
  - Un régime de ciblage de l’inflation.
  - Des règles budgétaires.
  - Un durcissement de la réglementation macroprudentielle.
- Observations importantes : la réalité de la mise en œuvre varie considérablement d’un pays à l’autre.

### Objectif de l’analyse
- Décrire les progrès en matière de dispositifs monétaire, macroprudentiel et budgétaire en les comparant à ceux des pays avancés.
- Quantifier la contribution de l’amélioration de ces dispositifs par opposition à celle de l’évolution de la conjoncture extérieure.

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### Politique monétaire

### Méthodologie et résultats clés
- Variation de la fonction de réaction de la politique monétaire estimée par les coefficients de la règle de Taylor à partir d’une régression mensuelle intégrant :
  - L’écart de l’inflation escomptée à un an par rapport à la cible d’inflation.
  - L’écart de production en temps réel.
  - La dépréciation du taux de change effectif nominal (pour tenir compte de la peur du flottement).
- Résultats : durant les périodes post-crise, les dirigeants sont moins préoccupés par les fluctuations de taux de change (du fait d’une moindre répercussion sur les prix) et s’intéressent davantage à l’inflation comme ancrage nominal de l’économie.
- La pondération des écarts des anticipations d’inflation par rapport à la cible a diminué, reflétant une plus grande crédibilité des banques centrales et un ancrage plus ferme des anticipations d’inflation à long terme.

### Ancrage des anticipations
- La sensibilité des prévisions d’inflation à trois ans aux variations des prévisions à un an a fortement diminué après la crise financière mondiale.
- Grâce à ce meilleur ancrage, les banques centrales des pays émergents peuvent mieux maîtriser les fluctuations de la production.
- Les estimations traduisent un biais contracyclique souhaitable dans la fonction de réaction post-crise, proches de celles des pays avancés (graphique 2.4, plage 1).

### Perception et crédibilité
- Données d’enquêtes combinant prévisions de taux d’intérêt et projections macroéconomiques permettent d’estimer des coefficients de la règle de Taylor variables dans le temps.
- Résultats : diminution progressive de l’ampleur du coefficient de la règle de Taylor sur les anticipations d’inflation dans le temps et augmentation modeste de la taille du coefficient d’écart de production, signalant des améliorations de la crédibilité de la politique monétaire (graphique 2.4, plage 3).

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### Indépendance et autonomie des banques centrales

### Domination budgétaire et conséquences
- Avant la CFM : domination budgétaire caractérisée par une tendance des gouvernements à s’appuyer sur les banques centrales pour financer les dépenses, limitant la capacité des banques centrales à relever les taux pour combattre l’inflation et affaiblissant l’ancrage des anticipations d’inflation.
- Analyse empirique : réaction des taux directeurs et des anticipations d’inflation à long terme un an après une augmentation non programmée des dépenses militaires (graphique 2.5, plage 1).
  - Avant la CFM : augmentation de la dépense suivie d’un assouplissement monétaire et d’une augmentation des anticipations d’inflation.
  - Depuis la CFM : les banques centrales ne prennent plus en charge les dépenses budgétaires; les anticipations d’inflation sont proches des cibles, comme dans les pays avancés.

### Autonomie face aux États-Unis
- Impact des chocs de politique monétaire américaine et intérieure examiné le lendemain d’une annonce de politique monétaire (graphique 2.5, plage 2).
- Effets observés :
  - Un choc de politique monétaire intérieure d’un écart-type relève le rendement à trois mois d’environ 10 points de base.
  - Un choc de la politique monétaire américaine a un impact beaucoup plus faible — et non significatif statistiquement — sur les conditions d’emprunt intérieures.
  - Effets sur les rendements à 10 ans sont globalement comparables entre chocs intérieurs et américains.
  - Un choc de politique monétaire américaine d’un écart-type provoque :
    - Une baisse de 24 points de base des valeurs boursières.
    - Une dépréciation du taux de change de 15 points de base.
    - Un creusement des écarts de crédit de 57 points de base.
  - En revanche, un choc de politique monétaire intérieure d’un écart-type entraîne :
    - Une appréciation de la monnaie de 7 points de base.
    - Un tassement des valeurs boursières de 9 points de base.

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### Interventions sur le marché des changes

### Contexte et motivation
- Les pays émergents ont traditionnellement affiché une peur du flottement pour des motifs liés aux asymétries bilancielles, aux répercussions sur l’inflation et à l’instabilité financière.
- La résistance au flottement a bridée le développement d’instruments de couverture et limité la profondeur des marchés financiers nationaux.
- Beaucoup de banques centrales des pays émergents ont continué à gérer activement les taux de change, même après l’adoption d’un régime de ciblage de l’inflation.

### Efficacité et ciblage des interventions
- Les interventions sur les marchés des changes peuvent être justifiées en présence d’imperfections sur les marchés financiers, pour autant qu’elles soient transparentes, reposent sur des règles et ne remettent pas en question la crédibilité de la politique monétaire.
- Observations empiriques :
  - Les pays émergents où les anticipations d’inflation sont bien ancrées interviennent moins en réaction aux écarts de parité de taux d’intérêt non couverte provoqués par des épisodes d’aversion au risque (graphique 2.6, plage 1).
  - Lorsque la réglementation macroprudentielle limite la part de la dette en devises, les risques pour la stabilité financière diminuent ainsi que les besoins d’intervenir sur le marché des changes (graphique 2.6, plage 2).

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*Fonds monétaire international | Octobre 2025 — Chapitre 2 : Résilience des marchés émergents : coup de chance ou mesures avisées ?*

### 1. Conditionnement sur l’ancrage des anticipations d’inflation

### 1. Conditionnement sur l’ancrage des anticipations d’inflation

### Interventions sur le marché des changes et conditionnement
- Les interventions cumulées sur le marché des changes (mesurées comme acquisitions nettes) sont estimées en réponse à une augmentation de 1 point de pourcentage de l’écart de la parité de taux d’intérêt non couverte (UIP) instrumenté avec l’indice d’appétit/aversion pour le risque (RORO), subordonné à :
  - l’ancrage des anticipations d’inflation (indice mesuré comme dans Bems et al., 2021), ou
  - la rigueur de la réglementation macroprudentielle (mesurée comme le durcissement cumulatif net des exigences de fonds propres liées au change, des restrictions de prêt et autres restrictions de positions).
- Les centiles 10 et 90 des distributions servent à tracer les graphiques ; la courbe correspond aux estimations ponctuelles et la zone ombrée aux intervalles de confiance à 90 %.
- Les régressions contrôlent pour : valeurs retardées d’inflation, taux de change, écart UIP, interventions sur le marché des changes, mesures de gestion de flux de capitaux, et effets fixes pays et temps.
- L’échantillon exclut les pays émergents dotés de régimes de change fixe.

### Politique budgétaire : conception, prévisibilité et contracyclicité
- Indice de solidité des règles budgétaires du FMI : amélioration continue des fondements juridiques, du suivi, de l’exécution et de la souplesse des règles budgétaires dans les pays émergents (graphique 2.7, plage 1), mais progrès inégaux ; les pays émergents, en moyenne, restent à la traîne des pays avancés.
- Difficultés observées : concilier souplesse et résilience des règles avec la complexité de la conception et réserver les clauses de sauvegarde aux circonstances échappant au contrôle des dirigeants (Eyraud et al., 2018).
- Rôle des cadres d’intervention et des règles budgétaires : renforcer la crédibilité des projections officielles et aider à ancrer les anticipations du secteur privé (End et Hong, 2022 ; End, 2023).
- Prévisibilité : les prévisionnistes alignent de plus en plus leurs prévisions des déficits budgétaires sur les projections officielles (graphique 2.7, plage 2).
- Contracyclicité :
  - Traditionnellement, les pays émergents ont mené des politiques budgétaires procycliques.
  - Depuis la crise financière mondiale, quelques pays émergents ont adopté une action budgétaire contracyclique ; en moyenne, le degré de contracyclicité s’est rapproché de celui des pays avancés.
  - Les améliorations de la contracyclicité sont les plus marquées durant les années qui suivent les phases descendantes du cycle économique mondial.
- Importance d’une politique budgétaire prudente pour maîtriser la charge des intérêts et les écarts de taux souverains, et assurer le refinancement de la dette à l’échéance.

### Viabilité de la dette et réactions budgétaires
- Estimation de la fonction de réaction du solde primaire (inspirée de Bohn (1998) et Mauro et al. (2015)) pour évaluer si l’augmentation de la dette et des charges d’intérêts entraîne une augmentation des soldes primaires.
- Sensibilités observées (graphique 2.9, plage 1) :
  - La sensibilité du solde primaire aux niveaux d’endettement et aux charges d’intérêts dans les pays émergents a augmenté depuis la crise financière mondiale.
  - La sensibilité aux charges d’intérêts s’approche désormais de 1 et dépasse celle des pays avancés.
- Interprétation : recours accru à l’assainissement budgétaire pour éviter la perte d’accès aux marchés ou une augmentation des coûts d’emprunt (Mendoza et Ostry, 2008).
- Écarts souverains (graphique 2.9, plage 2) : toujours sensibles à l’endettement, notamment durant les périodes de tensions financières.
- Vitesse d’ajustement : même avec une riposte plus vigoureuse, les fonctions de réaction estimées indiquent que le rythme auquel la dette redescend après un choc défavorable reste relativement lent (graphique 2.9, plage 3).
- Simulation illustrative (graphique 2.9, plage 3) :
  - Suppose un ratio initial dette/PIB stable avec un choc qui pousse la dette à la hausse en une seule année.
  - Simulation suppose un différentiel de taux d’intérêt–croissance (r − g) inférieur de 0 et un différentiel de taux d’intérêt–croissance supérieur de 2 %.

### Contribution des dispositifs de politique économique à la résilience durant les épisodes d’aversion au risque
- Méthodologie en deux étapes :
  1. Examiner dans quelle mesure des variables d’approximation de la qualité des dispositifs prédisent la croissance et l’inflation durant les 12 mois suivant un épisode d’aversion au risque, en comparant pays au 25e et 75e centile de distribution des variables de politique économique, contrôlant pour les effets fixes propres aux épisodes et la conjoncture extérieure.
  2. Quantifier les contributions globales des dispositifs de politique économique et de la conjoncture extérieure pour le pays émergent médian durant la période qui a suivi la CFM (2010–24) par rapport à la période qui l’a précédée (1997–2009).
- Principales magnitudes empiriques (graphique 2.10, plage 1) :
  - Un pays passant du 25e au 75e centile des niveaux inférieurs d’asymétries de change est censé enregistrer une croissance supérieure de 1,3 point de pourcentage durant les 12 mois suivant le déclenchement de l’épisode d’aversion au risque.
  - Un pays émergent se situant au 75e centile de l’ancrage des anticipations d’inflation à long terme tend à enregistrer un taux d’inflation inférieur de 1,3 point de pourcentage.
- Variables d’approximation utilisées pour décomposer les contributions (graphique 2.10, note) :
  - Conjoncture extérieure : croissance du PIB réel dans les pays avancés, chocs des termes de l’échange des produits de base, indice FCI-G américain.
  - Contributions monétaires : ancrage des anticipations d’inflation et niveau des réserves.
  - Contributions macroprudentielles : asymétries de change et mesures de politique macroprudentielle.
  - Contributions budgétaires : endettement extérieur et solde corrigé des variations cycliques.
- Résultat général : des politiques plus vigoureuses et des dispositifs de meilleure qualité au déclenchement des épisodes d’aversion au risque prédisent une meilleure performance (croissance plus élevée et inflation plus faible) pour les pays émergents, toutes choses égales par ailleurs.

*Sources : Bloomberg Finance L.P. ; base de données des interventions sur les marchés des changes (Adler et al., 2024) ; Haver Analytics ; FMI, base de données intégrée de politique macroprudentielle ; J.P. Morgan ; calculs des services du FMI.*

### 2. Contributions

### 2. Contributions

### Amélioration des dispositifs de politique économique : effets moyens observés
- L’amélioration des dispositifs a contribué à une augmentation de la croissance de 0,5 point de pourcentage et à une baisse de l’inflation de 0,6 point de pourcentage depuis la crise financière mondiale, par rapport à la période qui l’a précédée.
- Une conjoncture extérieure plus favorable (croissance du PIB réel dans les pays avancés, chocs des termes de l’échange, conjoncture financière mondiale) a contribué à accélérer la croissance de 0,5 point de pourcentage dans les pays émergents après la crise financière mondiale, mais n’a pas atténué les tensions inflationnistes.
- Les améliorations concrètes (exécution et crédibilité) des politiques monétaire et budgétaire ont permis un emploi plus modéré des interventions sur le marché des changes.

### Cadre quantitatif utilisé (Q‑IPF) et frictions clés
- Le modèle Q‑IPF (version quantitative du cadre stratégique intégré du FMI) : 
  - Examine conjointement le rôle des politiques monétaire, macroprudentielle et de change dans les petits pays à économie ouverte.
  - Est résolu de manière non linéaire et permet d’évaluer différentes combinaisons de politiques pour des pays présentant différents ensembles de frictions.
- Quatre grandes frictions modélisées :
  1. Capacité d’absorption des risques limitée sur le marché des changes → fluctuations de la prime de risque de la parité de taux d’intérêt non couverte.
  2. Limite de dette extérieure occasionnellement contraignante → arrêts brutaux possibles.
  3. Anticipations d’inflation mal ancrées → forte répercussion des variations de taux de change sur les prix à l’importation et à la consommation.
  4. Asymétries de change bilancielles → amplification de l’effet de contraction des variations de taux de change en cas d’arrêt brutal.
- Le modèle inclut un mécanisme d’indexation de l’inflation endogène pour capter un processus réaliste de désancrage des anticipations d’inflation.
- Étallonage : deux types de petits pays émergents à taux de change variable — (i) comparable à la moyenne des pays émergents avant la CFM et soumis aux quatre frictions, (ii) moyenne des pays émergents après la CFM avec anticipations d’inflation mieux ancrées et moins d’asymétries bilancielles. Le pays étranger est étalonné sur les États‑Unis.

### Simulations : choc d’aversion au risque provoquant une dépréciation de 10 %
- Scénario simulé : choc d’aversión au risque provoquant une dépréciation du taux de change nominal de 10 %.
- Pays émergents dotés de dispositifs solides (après la crise) :
  - Production : baisse de 0,1 point de pourcentage.
  - Inflation : augmentation de 0,2 point de pourcentage.
  - Les autorités monétaires peuvent se permettre une politique moins restrictive grâce à des anticipations d’inflation bien ancrées et à une stabilisation partielle via l’augmentation des exportations nettes.
- Pays émergents dotés de dispositifs fragiles (avant la crise) :
  - Production : contraction de 0,3 point de pourcentage.
  - Inflation : poussée de 1 point de pourcentage.
  - La banque centrale est contrainte de durcir fortement la politique, au détriment de la demande intérieure.

### Probabilité et gravité des arrêts soudains : effets des améliorations des dispositifs
- Position moyenne d’avoirs extérieurs nets : progression de 13 % du PIB par rapport à la période qui a précédé la crise.
- Part des engagements extérieurs libellés en monnaie nationale : augmentation de 12,5 points de pourcentage.
- Probabilité d’un arrêt soudain : réduite de moitié, atteignant 1,5 percent.
- Gravité moyenne d’un arrêt soudain (écart de crédit moyen) : baisse de 6,2 % à 5,2 %.

### Coûts d’un report du durcissement monétaire (pays émergents à dispositifs monétaires fragiles)
- Scénario étudié : combinaison d’un choc d’aversion au risque (dépréciation de 10 %) et d’un choc de renchérissement persistant des coûts (+0,5 point de pourcentage du taux d’inflation).
- Régime 1 — Règle de Taylor standard : la banque centrale riposte sans tarder et de manière résolue.
- Régime 2 — Durcissement reporté : la banque centrale retarde et tempère la riposte initiale, puis relève les taux plus tard.
- Résultats comparés :
  - Au bout du compte, les deux régimes ramènent l’inflation à la cible à la fin de la troisième année, mais :
    - Le durcissement reporté provoque une poussée d’inflation plus forte de 1,4 point de pourcentage cinq trimestres après le choc.
    - Le durcissement reporté entraîne une contraction plus marquée de la production de 0,7 % du PIB cinq trimestres après le choc.

### Rôle des interventions sur le marché des changes (réserves suffisantes supposées)
- Scénario d’intervention : la banque centrale puise dans les réserves à concurrence de 3 % du PIB pour contrer les sorties de capitaux.
- Effets immédiats :
  - L’intervention contribue à contrer les sorties de capitaux, limitant l’augmentation de la prime de risque de la parité de taux d’intérêt non couverte et réduisant de moitié l’ampleur de la dépréciation.
- Pays émergents à dispositifs monétaires fragiles :
  - Malgré l’intervention, la dépréciation résiduelle alimente l’inflation en raison d’une forte répercussion du taux de change sur les prix.
  - Sur deux années après le choc : l’augmentation cumulée de prix est inférieure de 0,7 point de pourcentage au scénario sans intervention.
  - L’intervention atténue le besoin d’un durcissement monétaire et réduit la perte de production correspondante de 0,9 point de pourcentage.
- Pays émergents à dispositifs monétaires solides :
  - Avantages d’une intervention plus modestes : inflation inférieure de 0,1 point de pourcentage lorsque la banque centrale intervient.
  - La production est marginalement supérieure malgré le durcissement de la politique monétaire, car la dépréciation nominale stimule les exportations nettes.
- Remarque de modélisation : l’efficacité des interventions dépend de la profondeur du marché des changes ; dans les simulations, la profondeur est supposée identique pour pays solides et fragiles, ce qui entraîne la même dépréciation observée suite à l’intervention.

### Conclusions et conséquences pour l’action publique
- Depuis la crise financière mondiale, la plupart des pays émergents ont montré une résilience remarquable face aux chocs d’aversion au risque, y compris après la pandémie de COVID‑19 et la poussée d’inflation qui a suivi.
- L’amélioration des dispositifs de politique économique a joué un rôle déterminant dans la stabilité macroéconomique ; ces améliorations concrètes ont renforcé l’exécution et la crédibilité des politiques.
- Les progrès moyens ont été considérables et ont permis de réduire l’écart avec les pays avancés, mais ces progrès varient d’un pays à l’autre.
- L’investissement dans le renforcement des outils de politique économique a rapporté des dividendes substantiels en améliorant la résilience aux chocs d’aversion au risque.
- Résumé chiffré des gains moyens attribués à l’amélioration des dispositifs :
  - Gain de croissance : 0,5 point de pourcentage.
  - Repli de l’inflation : 0,6 point de pourcentage.
  - Contribution additionnelle de la conjoncture extérieure à la croissance : 0,5 point de pourcentage.

*Fonds monétaire international | Octobre 2025*

### 2. PE dotés de dispositifs solides

### 2. PE dotés de dispositifs solides

### Enseignements généraux
- Les pays émergents dotés de solides dispositifs de politique économique sont mieux à même de faire face aux chocs d’aversion au risque, disposent d’une meilleure marge de manœuvre et présentent un moindre risque d’arrêts soudains.
- Les progrès récents en matière de crédibilité et d’institutions doivent être consolidés ; trois risques majeurs nécessitent une attention particulière :
  - un retournement possible d’une conjoncture extérieure favorable ;
  - l’érosion de la marge budgétaire après la pandémie de COVID-19 et le choc énergétique provoqué par la guerre de Russie en Ukraine ;
  - le risque de retour en arrière institutionnel (pressions sur l’indépendance des banques centrales, affaiblissement des règles budgétaires).

### Politique monétaire
- Recommandations et constats :
  - Une communication claire des objectifs et de la fonction de réaction de la banque centrale aide à ancrer les anticipations d’inflation et renforce la crédibilité.
  - La crédibilité permet à la banque centrale de privilégier davantage la stabilisation de la production.
  - Il est essentiel de renforcer et de sauvegarder l’indépendance de la banque centrale pour éloigner la politique monétaire des pressions politiques et atténuer le risque de domination budgétaire.
- Jalons observés dans la modernisation des dispositifs monétaires :
  - adoption du ciblage de l’inflation, renforcement des cadres de supervision macroprudentielle, constitution de réserves de change suffisantes ou communication claire du rôle des taux de change, améliorations opérationnelles (gestion des liquidités, pilotage des taux d’intérêt à court terme), développement des marchés boursiers et interbancaires, et renforcement des structures de communication (conférences de presse, déclarations, rapports réguliers).

### Interventions sur le marché des changes
- Rôle et limites :
  - Les interventions peuvent jouer un rôle stabilisateur dans les pays émergents moins résilients.
  - Leurs avantages diminuent lorsque les dispositifs de politique économique sont renforcés.
  - En raison de leurs coûts, il convient de privilégier l’ancrage des anticipations d’inflation et la réduction des asymétries bilancielles, y compris via des dispositifs macroprudentiels.
  - Les interventions ne doivent pas remplacer ou retarder les efforts nécessaires pour ancrer les anticipations d’inflation et réduire les asymétries bilancielles, ni faire obstacle aux ajustements macroéconomiques souhaitables, y compris en matière de taux de change.

### Politique budgétaire
- Recommandations :
  - Des garde-fous budgétaires plus solides sont nécessaires pour promouvoir la discipline budgétaire face à une incertitude croissante et des tensions sur les dépenses.
  - Investir dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible qui combine des règles budgétaires plus souples et des institutions solides et indépendantes.
  - Ancrage budgétaire fondé sur les risques et adapté à la capacité d’endettement du pays, couplé à des mécanismes de correction solides (Acalin et al., 2025).
  - Une saine gestion de la dette publique peut atténuer les effets des chocs sur les coûts d’emprunt (Pedersoli et Presbitero, 2023).
  - Développement des circuits des marchés obligataires en monnaie nationale et augmentation de la participation des investisseurs résidents pour accroître la résilience.

### Instruments de précaution du FMI (LCM, LPL, LLCT)
- Caractéristiques :
  - La ligne de crédit modulable (LCM), la ligne de précaution et de liquidité (LPL) et la ligne de liquidité à court terme (LLCT) offrent un accès direct aux ressources du FMI avec une conditionnalité nulle ou limitée.
  - Disponibles pour les pays membres admissibles dont les fondamentaux et dispositifs de politique économique sont très solides (ou foncièrement solides pour la LPL), et qui ont de solides antécédents de mise en œuvre de politiques rigoureuses.
- Preuves d’efficacité :
  - Une étude d’événements liée aux approbations de nouveaux accords LCM et LLCT révèle une réduction notable et de plus en plus marquée des écarts souverains durant les jours qui suivent l’annonce.
  - Les projections locales avec pondération du score de propension inverse montrent que les pays émergents ayant conclu des accords de précaution ont affiché des augmentations d’écarts de taux et de sorties de capitaux nettement plus faibles durant les deux épisodes les plus récents par rapport aux pays comparables.
  - En moyenne, les écarts restent plus de 20 points de base inférieurs à leurs contreparties synthétiques durant les 60 jours de négociation suivant l’annonce.
- Données d’événements mentionnées :
  - Analyse couvrant les accords LCM approuvés en 2009 (Colombie, Mexique, Pologne), 2020 (Chili, Pérou), 2023 (Maroc) et l’accord LLCT approuvé pour le Chili en mai 2022.
- Conclusion : la valeur de ces instruments augmente dans un environnement propice aux chocs et où la fréquence des épisodes de tensions menace les pays émergents intégrés à la finance et au commerce mondiaux.

### Indépendance des banques centrales et conséquences des transitions politiquement motivées
- Données et constats empiriques :
  - Étude sur 134 remplacements de gouverneurs depuis 2000 dans 11 pays avancés et 16 pays émergents.
  - Les transitions motivées par des raisons politiques ont été beaucoup plus courantes dans les pays émergents (50, environ la moitié de toutes les transitions) que dans les pays avancés (5 ou 8 % de toutes les transitions).
  - Là où ces transitions sont majoritaires, les anticipations d’inflation dépassent les cibles d’environ 1 % ; là où elles sont la norme, elles dépassent de plus de 2 %.
  - Six mois après les transitions motivées par des raisons politiques :
    - les taux réels chutent de 1,6 point de pourcentage,
    - les taux de change se déprécient de 3,1 %,
    - l’inflation et les anticipations d’inflation augmentent (ampleur non chiffrée dans l’extrait).
  - La corrélation entre transitions politiquement motivées et désancrage des anticipations d’inflation tient dans les pays avancés comme dans les pays émergents.
  - On ne constate pas ce type de relation avec les mesures d’indépendance de jure de la banque centrale (Romelli, 2024).
- Implication : limiter les risques d’ingérence politique est primordial pour asseoir la crédibilité d’un engagement à assurer la stabilité des prix.

### Basculer du « dilemme » vers le « trilemme » classique
- Observation : les avantages marginaux réduits des interventions sur le marché des changes et une plus grande autonomie intérieure de la politique monétaire indiquent un basculement progressif — quoique inégal entre pays — du dilemme (Rey, 2015) vers le trilemme classique de Mundell–Fleming.

*Source: text - 2. PE dotés de dispositifs solides (PDF).*

### 1. Cibles d’inflation, anticipations d’inflation à long terme

### 1. Cibles d’inflation, anticipations d’inflation à long terme et indépendance de jure de la banque centrale

### Effets des transitions politiquement motivées des gouverneurs de banque centrale
- Les transitions politiquement motivées sont associées à une hausse des anticipations d’inflation à cinq ans.
- Les résultats montrent une augmentation des anticipations d’inflation de 1,7 point de pourcentage par rapport aux pays avec des fondamentaux macroéconomiques comparables où les gouverneurs n’ont pas été remplacés.
- Le taux de change tend à se déprécier après ces transitions, mais ces effets ne sont pas statistiquement significatifs.
- Les effets observés dans les pays émergents sont très proches de ceux de l’échantillon global.
- Pour les pays avancés, l’intensité des effets est moindre (pour les anticipations d’inflation et la dépréciation du taux de change) ou les résultats ne sont pas significatifs.
- Les estimations nettes prennent en compte :
  - les prétendances des variables de résultat,
  - un ensemble fixe de variables macroéconomiques de contrôle,
  - des effets fixes pays et temps.
- Le taux d’intérêt réel est défini comme la différence entre le taux de dépôts à trois mois (ou l’équivalent) et les anticipations d’inflation à 12 mois.
- Une variation positive dans le taux de change nominal traduit une dépréciation.
- Les intervalles de confiance présentés sont à 90 %.
- L’échantillon comprend toutes les transitions pouvant servir à en isoler l’effet de causalité.

### Résultats observés six mois après les transitions (comparaison motivées politiquement vs non motivées)
- Les variations moyennes des résultats six mois après les transitions politiquement motivées et non politiquement motivées sont reportées pour :
  - taux d’intérêt réel,
  - taux de change nominal,
  - inflation effective,
  - anticipations d’inflation.
- Les barres bleues indiquent les variations moyennes après les transitions politiquement motivées; les barres rouges indiquent les variations moyennes après les transitions non politiquement motivées.
- Les mesures reposent sur des données de Consensus Economics ; Haver Analytics ; Organisation de coopération et de développement économiques ; Romelli, 2024 ; calculs des services du FMI.

### Méthodologie et notes de mesure
- Les comparaisons couvrent la période 2000 à 2024, classées selon la fréquence des transitions motivées par des raisons politiques.
- Dans la plage présentant les écarts par rapport à la cible des anticipations d’inflation à cinq ans :
  - les barres indiquent la moyenne des écarts par rapport à la cible des anticipations d’inflation à cinq ans,
  - les rectangles jaunes indiquent la cible d’inflation,
  - les carrés rouges indiquent l’indépendance de jure de la banque centrale selon Romelli (2024).

### Enseignements clés
- La remise en question de l’indépendance des banques centrales via des remplacements de gouverneurs motivés politiquement est liée à une désancrage substantiel des anticipations d’inflation (augmentation de 1,7 point de pourcentage).
- Les effets sur le taux de change et d’autres variables macroéconomiques existent mais peuvent manquer de significativité statistique selon le groupe de pays et la fréquence des événements observables.
- La robustesse des conclusions pour les pays avancés est limitée par le nombre réduit de transitions politiquement motivées dans ces pays.

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### Politique industrielle et arbitrages macroéconomiques (extrait du chapitre)
- Les pays multiplient les soutiens publics ciblés visant certains secteurs et entreprises, motivés notamment par :
  - développer des industries stratégiques,
  - augmenter la productivité et la croissance,
  - réduire la dépendance aux importations, notamment dans l’énergie.
- Résultats du modèle stylisé et des preuves empiriques :
  - Les politiques industrielles peuvent favoriser la production nationale et combler le retard par rapport à la frontière technologique mondiale dans des secteurs où l’apprentissage par la production accroît l’efficience.
  - Ces avantages s’accompagnent d’une hausse des prix à la consommation pendant la phase de rattrapage.
  - Les gains dépendent de conditions initiales telles que :
    - l’ampleur du retard technologique,
    - la rapidité d’apprentissage par la pratique,
    - la taille du marché.
  - Ces politiques peuvent entraîner des dépenses publiques substantielles, important en présence d’un niveau d’endettement élevé et d’un espace budgétaire étroit.
- Preuve empirique récente :
  - Les politiques industrielles contemporaines, combinant soutien direct et financement subventionné, produisent une amélioration des résultats dans le secteur ciblé, mais d’ampleur faible.
  - Les interventions peuvent avoir des retombées sur d’autres secteurs, difficiles à mesurer empiriquement.
- Résultats d’un modèle quantitatif d’échanges plurisectoriel :
  - Un ciblage imparfait des interventions peut réduire la productivité globale, les facteurs de production se déplaçant d’un secteur à l’autre.
  - Exemple : des subventions généralisées au secteur de l’énergie pourraient réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles mais diminuer la productivité dans les secteurs non énergétiques.

### Recommandations et garde-fous pour les décideurs
- Les décideurs doivent être pleinement conscients des coûts d’opportunité et des arbitrages :
  - mesurer l’augmentation de la production dans le secteur ciblé par rapport au coût pour les finances publiques,
  - évaluer l’impact sur les prix à la consommation,
  - tenir compte des risques d’erreurs d’affectation des ressources.
- Éléments essentiels d’une politique industrielle bien conçue :
  - ciblage et garde-fous appropriés,
  - discipline de marché,
  - réformes structurelles complémentaires.

*Source : Fonds monétaire international, Chapitre 2 — Résilience des marchés émergents : Coup de chance ou mesures avisées ?, Octobre 2025.*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et portée
- Le ralentissement mondial de la croissance, conjugué aux craintes en matière de dérèglement des chaînes d’approvisionnement et de sécurité énergétique, a suscité un regain d’intérêt pour les politiques qui renforcent la croissance et la résilience, notamment la politique industrielle.
- La politique industrielle est définie comme une action de l’État visant à modifier la structure de l’économie nationale, en ciblant une entreprise ou un secteur par des subventions et d’autres avantages.
- Le chapitre se centre sur les effets des mesures de politique industrielle sur les résultats nationaux, en mettant l’accent sur le secteur de l’énergie pour illustrer principes généraux et cas particulier.

### Questions abordées
Le chapitre aborde quatre grandes questions :
- L’évolution récente des politiques industrielles : quels types d’instruments, quels grands objectifs affichés ?
- Les principales justifications économiques de l’utilisation des politiques industrielles : quel type de lacunes du marché visent-elles à corriger ? Quel genre d’arbitrages impliquent-elles, en théorie et en pratique ? Quels sont leurs coûts d’opportunité ?
- Les effets empiriques des politiques industrielles sur les secteurs ciblés : en quoi diffèrent-ils selon les caractéristiques clés des secteurs et des entreprises ? Les effets des politiques ciblant le secteur de l’énergie diffèrent-ils de ceux des politiques déployées dans d’autres secteurs ?
- Les effets d’équilibre général de la politique industrielle : l’incidence dans un secteur donné se répercute-t-elle sur d’autres secteurs à mesure de la réaffectation des ressources ? La politique industrielle peut-elle distordre l’efficience allocative ou aggraver les erreurs d’affectation entre les secteurs ? Les politiques spécifiques au secteur de l’énergie donnent-elles de meilleurs résultats macroéconomiques que les politiques ciblant d’autres secteurs ?

### Constats principaux
- Les politiques industrielles font un retour en force et sont utilisées pour poursuivre une série d’objectifs nationaux. Elles prennent couramment la forme de subventions substantielles et visent à atteindre des objectifs variés, incluant gains de productivité, rattrapage technologique, protection de l’emploi et autosuffisance dans des secteurs clés, notamment l’énergie.
- L’efficacité des politiques industrielles dépend de leur conception, de leur mise en œuvre et de la situation macroéconomique générale. Elles peuvent relancer des industries nationales, en particulier lorsque la productivité augmente concomitamment à la production, mais leur efficacité dépend de caractéristiques sectorielles difficiles à anticiper (taux d’apprentissage par la pratique, taille potentielle du marché).
- Les politiques industrielles impliquent généralement des arbitrages entre objectifs concurrents : la relocalisation peut conduire à une hausse prolongée des prix à la consommation; la réalisation de certains objectifs peut nécessiter des dépenses budgétaires importantes, représentant un coût d’opportunité élevé par rapport à des réformes structurelles à haut rendement.
- Des gains sectoriels ne se traduisent pas forcément en bénéfices économiques plus larges : des retombées négatives peuvent affecter d’autres secteurs si des ressources sont détournées des secteurs non ciblés, entraînant une baisse éventuelle de la productivité globale.

### Évolution et ciblage sectoriel
- Depuis 2009, le nombre de nouvelles interventions de politique industrielle a considérablement augmenté, avec une accélération notable après le début de la pandémie de COVID-19.
- Un tiers de toutes les politiques industrielles mises en œuvre entre 2009 et 2022 visaient au moins un produit du secteur de l’énergie.
- Parmi les interventions ciblant l’énergie, environ 80 percent ont été déployées dans des pays dépendants de l’énergie.
- Dans les pays avancés, les interventions ciblent principalement l’industrie manufacturière de haute technologie et le secteur de l’énergie. Dans les pays émergents et pays en développement, les interventions sont réparties de manière plus uniforme entre l’industrie manufacturière de haute et de basse technologie, l’énergie et les services.

### Instruments utilisés et coût budgétaire
- La remise au goût du jour de la politique industrielle se caractérise par une prédominance des mesures fondées sur les subventions : financement subventionné (garanties de prêt, aides au paiement des intérêts) et soutien direct (transferts tels que subventions financières et aides de l’État).
- Dans les pays avancés comme dans les pays émergents et pays en développement, le financement subventionné et le soutien direct représentaient plus de 80 percent des interventions entre 2009 et 2022.
- Il est difficile d’agréger le coût budgétaire total des subventions, mais les estimations disponibles indiquent que le coût budgétaire de la politique industrielle peut représenter plusieurs points de pourcentage du PIB par an.
- Exemple chiffré relevant des données mentionnées : les dépenses budgétaires américaines consacrées aux politiques industrielles vertes adoptées dans le cadre des plans de relance post-pandémie ont représenté environ 3,2 percent du PIB annuel.
- Données spécifiques pour la Chine : les données pour la Chine concernent l’année 2023 et comprennent les subventions foncières.

### Justification économique et motivations
- La justification économique repose généralement sur la correction des défaillances du marché empêchant une affectation efficiente des ressources, en particulier pour les industries naissantes en retard par rapport à la frontière technologique mondiale.
- Si les industries voient leurs coûts de production baisser à mesure que leur production augmente, un soutien public ciblé destiné à faciliter leur expansion peut se justifier.
- Les motivations varient et se chevauchent : renforcement de la compétitivité dans secteurs stratégiques est le principal ressort des interventions, tant dans les PEPD que dans les PA. Dans les PA, l’atténuation des effets du changement climatique et la résilience des chaînes de valeur mondiales figurent également parmi les objectifs importants.

### Indépendance énergétique et demande d’électricité
- De nombreux pays importateurs nets d’énergie dépendent fortement des importations de combustibles fossiles :
  - les importations de combustibles fossiles couvrent plus de 80 percent des besoins en énergie du Japon;
  - près de 50 percent de ceux de l’Union européenne;
  - environ 20 percent de ceux de la Chine.
- Pour réduire cette dépendance, les pouvoirs publics encouragent le remplacement des combustibles fossiles par l’électricité, ce qui augmente la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie.
- La production d’électricité s’affranchit de plus en plus des combustibles fossiles, en particulier dans les pays avancés, grâce à l’adoption rapide de technologies telles que les énergies renouvelables.

*Fonds monétaire international | Octobre 2025. Chapitre 3 : Politique industrielle : gérer les arbitrages pour favoriser la croissance et la résilience (Introduction)*

### 1. Motivations invoquées

### 1. Motivations invoquées

### Motivations et secteurs ciblés
- Période couverte : 2009–22.
- Les motivations invoquées pour les nouvelles politiques industrielles (sous‑ensemble des mesures disponibles) comprennent, parmi d’autres, des préoccupations liées à la sécurité nationale et géopolitique, la résilience des CVM (chaînes de valeur mondiales), l’atténuation des effets du changement climatique et la compétitivité stratégique.
- Répartition sectorielle (PA et PEPD, 2009–22) : interventions ciblant l’industrie manufacturière de haute technologie, l’industrie manufacturière de basse technologie, les produits de base/énergie/alimentation, les services et autres secteurs. La classification sectorielle suit la NACE Rév. 2 (niveau à deux chiffres).
- Définition retenue : « politique industrielle » = action de l’État visant à modifier la structure de l’économie nationale, selon l’approche textuelle de Juhász et al. (2022, 2025).

### Contexte énergétique et demande électrique
- Mise en évidence d’un intérêt croissant pour le développement domestique des technologies propres, souvent à un stade embryonnaire.
- Raison complémentaire : l’essor de technologies nouvelles (véhicules électriques, centres de données) augmente la demande en électricité.
- Projection citée : d’ici 2030, la demande mondiale en électricité occasionnée par les centres de données et les véhicules électriques dépassera la consommation actuelle d’électricité de la plupart des pays (Bogmans et al., 2025 ; graphique 3.2.2 de l’annexe en ligne).
- Graphique synthétique (34 PA et 27 PEPD) : montre la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie et les importations nettes de combustibles fossiles en proportion de la demande d’énergie en 2022.

### Modèle stylisé : industrie naissante et apprentissage par la pratique
- Structure du modèle : deux pays (chef de file technologique et suiveur technologique) ; un secteur de haute technologie avec apprentissage par la pratique et un secteur mature sans apprentissage.
- Hypothèses clés :
  - Taux d’apprentissage sectoriel retenu dans les simulations : 19 percent (un doublement de la production sectorielle entraîne une baisse de 19 percent des coûts marginaux).
  - Le pays suiveur part avec un handicap de 30 percent en matière de coûts par rapport au chef de file.
  - Le chef de file étranger a accumulé cinq fois plus d’expérience dans l’industrie naissante que le pays d’origine (avantage quintuple).
- Sources empiriques citées : Barwick et al. (2025), Bloomberg New Energy Finance (2024), Cooper et Johri (2002).

### Résultats de la simulation et arbitrages entre court terme et long terme
- Politique industrielle simulée : droit de douane de 10 percent et subvention à la production de 12 percent, financée par un impôt forfaitaire.
- Effets dynamiques observés dans le scénario « avec PI » par rapport au scénario de référence « sans PI » :
  - La production nationale est multipliée par plus de 10 du fait des subventions à la production et des mesures de protection commerciale.
  - Les coûts de production nationaux baissent rapidement une fois l’expérience acquise.
  - Les prix à la consommation augmentent temporairement et restent élevés pendant longtemps du fait de la hausse des prix des biens importés (protection commerciale) et du fait que, pendant la phase de rattrapage, les coûts de production nationaux restent supérieurs à ceux du (des) pays à la frontière.
  - La subvention entraîne un coût budgétaire (aspect à analyser plus avant dans le chapitre).
- Normalisations et périodisation : période 1 normalisée à 1 ; la politique industrielle est mise en œuvre à partir de la période 2 ; taux d’apprentissage = 19 percent.

### Sensibilité aux caractéristiques sectorielles et conditions initiales
- Scénarios comparés (résultats à long terme, après 20 ans) : scénario de référence ; départ plus éloigné de la frontière mondiale ; apprentissage plus lent ; marché de petite taille (par ex. absence d’accès aux marchés d’exportation).
- Résultats saillants :
  - Si la politique industrielle est mise en œuvre plus loin derrière la frontière mondiale, les coûts de production nationaux diminuent plus lentement et les quantités produites ne sont multipliées que par 3,5 à long terme.
  - Dans ce cas, l’apprentissage par la pratique national est limité et le pays demeure majoritairement dépendant des importations, même si celles‑ci sont plus chères en raison des mesures de protection commerciale.
- Remarque : le modèle stylisé se concentre sur une seule technologie et ne capture pas certaines voies alternatives (par ex. dépasser le chef de file via des voies non linéaires d’adoption technologique). L’annexe en ligne examine des trajectoires montrant comment l’attraction d’investissements directs étrangers ou des transferts de technologie pourraient rapprocher un pays de la frontière technologique initiale.

*Fonds monétaire international | Octobre 2025*

### 3. Prix à la consommation relatifs — Industrie naissante

### 3. Prix à la consommation relatifs — Industrie naissante

### Scénarios et hypothèses clés
- Scénarios simulés: Scénario de référence; Éloigné de la frontière mondiale; Apprentissage lent; Marché de petite taille.
- Hypothèses communes aux scénarios graphiqués:
  - subvention à la production de 12 %;
  - droit de douane de 10 %;
  - taux d’apprentissage (scénario de référence) de 19 %;
  - avantage en matière de coûts (scénario de référence) du pays étranger de 30 %;
  - dans le scénario « éloigné de la frontière », avantage de coûts du pays étranger de 40 %;
  - dans le scénario « apprentissage lent », le taux d’apprentissage national est supposé deux fois moins élevé;
  - dans le scénario « marché de petite taille », le pays d’origine est supposé n’avoir aucun accès aux exportations.
- Notation: PI = politique industrielle.

### Effets de l’apprentissage et de la taille du marché (résultats stylisés)
- Apprentissage plus lent:
  - si l’apprentissage dans le pays d’origine est deux fois moins rapide que dans le pays étranger, les coûts nationaux diminuent plus lentement;
  - à long terme, les coûts nationaux sont encore 80 % plus élevés (par rapport au chef de file technologique dans l’exercice);
  - les volumes de production nationaux n’augmentent pas avec le temps et les prix à la consommation restent plus élevés pendant beaucoup plus longtemps;
  - la consommation nationale reste plus modérée que dans le scénario de référence.
- Taille du marché réduite (pas d’accès aux exportations):
  - marché limité freine l’expansion des volumes de production nationaux;
  - apprentissage par la pratique moindre;
  - la production n’augmente que d’environ un tiers par rapport au scénario de référence;
  - les coûts de production diminuent plus lentement.
- Limites de l’exercice:
  - l’analyse abstrait du rôle des politiques structurelles non ciblées dans l’amélioration de la productivité (renvoi à l’encadré 3.3 pour analyse approfondie).

### Application: politique industrielle, secteur de l’électricité et sécurité énergétique
- Contexte:
  - nombreux pays visent à relocaliser la production de technologies propres (ex. véhicules électriques, équipements d’énergie renouvelable) pour renforcer la sécurité énergétique;
  - la plupart de ces technologies sont actuellement produites en Chine, chef de file pour ce qui est des coûts.
- Modélisation:
  - version étendue du modèle de l’industrie naissante calibrée à partir des données relatives aux technologies propres;
  - intégration au modèle macroéconomique mondial pour la transition énergétique (GMMET);
  - horizon de simulation: trajectoire entre 2024 et 2035.
- Trois scénarios de politique appliqués:
  - Scénario de référence: paramètres de la politique industrielle observés en 2024 sont maintenus.
  - Scénario sans politique industrielle: tous les droits de douane et subventions existant dans le secteur des technologies propres sont supprimés (à partir de 2025 dans les simulations).
  - Scénario de relocalisation: les grands pays avancés augmentent les subventions à la production pour encourager la fabrication nationale (dans les simulations: subvention à la production de 15 % pour les véhicules électriques et de 30 % pour la production d’énergie renouvelable, mises en place à partir de 2025).

### Résultats — prix, adoption et relocalisation (points principaux)
- Prix:
  - l’apprentissage par la pratique entraîne une baisse substantielle du prix des technologies propres dans l’UE entre 2024 et 2035;
  - le scénario sans politique industrielle et le scénario de relocalisation entraînent des baisses de prix plus marquées que le scénario de référence;
  - dans le scénario sans politique industrielle, les baisses supplémentaires proviennent de la suppression des droits de douane et de l’augmentation des importations bon marché;
  - dans le scénario de référence, la baisse provient principalement de la réduction des coûts de production nationaux via l’augmentation des volumes et l’apprentissage par la pratique;
  - dans le scénario de relocalisation, des subventions plus importantes amplifient l’augmentation des volumes de production nationaux;
  - malgré des baisses substantielles des coûts de production nationaux, ces coûts restent supérieurs à ceux du chef de file technologique qui continuent de s’améliorer au fil du temps.
- Adoption:
  - la baisse des prix stimule l’adoption des technologies propres dans tous les scénarios;
  - les scénarios « sans politique industrielle » et « relocalisation » montrent les baisses de prix et l’adoption les plus marquées.
- Relocalisation et parts de marché:
  - dans le scénario de référence, l’UE perd des parts de marché internes en raison de la taille relativement modeste de son marché qui limite l’apprentissage de rattrapage;
  - dans le scénario sans politique industrielle, la suppression des droits de douane conduit à une éviction de la production nationale par des importations moins chères;
  - dans le scénario de relocalisation, l’Europe atteint une autonomie substantielle grâce à la combinaison de subventions et d’effets d’apprentissage cumulatifs.

### Sécurité énergétique et effets macroéconomiques
- Réduction de l’utilisation des combustibles fossiles:
  - la pénétration accrue des technologies propres réduit sensiblement l’utilisation des combustibles fossiles dans la production d’électricité et les transports par rapport au scénario de référence, tant dans le scénario de relocalisation que dans celui sans politique industrielle.
- Détails sur les combustibles (projection d’ici 2035):
  - la consommation de pétrole dans le transport de personnes va diminuer dans une fourchette de 20 % à 30 % par rapport au scénario de référence;
  - la consommation de charbon dans la production d’électricité diminuera également par rapport au scénario de référence;
  - la consommation de gaz augmentera en raison de la hausse de la demande d’électricité et de la nécessité de renforcer les capacités pour soutenir les énergies renouvelables.
- Emploi dans le secteur des technologies propres:
  - les différences entre scénarios affectent la main-d’œuvre employée par le secteur des technologies propres en Europe en 2035 (écarts par rapport au scénario de référence exprimés en pourcentage du marché du travail, présentés dans les graphiques).

### Leçons et arbitrages de politique
- L’efficacité de la politique industrielle sectorielle dépend de:
  - vitesse d’apprentissage national comparée à celle des concurrents étrangers;
  - taille effective du marché et accès aux exportations;
  - conception de subventions et de mesures commerciales (droits de douane);
  - complémentarités avec politiques structurelles non ciblées (formation, diffusion technologique, accès aux facteurs de production).
- Arbitrages identifiés:
  - subventions et protection peuvent stimuler la relocalisation et l’apprentissage, mais n’assurent pas nécessairement l’alignement des coûts nationaux sur ceux du chef de file technologique;
  - suppression des droits de douane peut réduire immédiatement les prix et accélérer l’adoption, au risque d’évincer la production nationale;
  - relocalisation par subventions augmente l’autonomie mais implique un coût budgétaire et ne garantit pas l’égalité des coûts de production avec le chef de file technologique.

*Source : calculs des services du FMI, extrait du chapitre 3 « POLITIQUE INDUSTRIELLE : GÉRER LES ARBITRAGES POUR FAVORISER LA CROISSANCE ET LA RÉSILIENCE ».*

### 3. Coût des subventions en Europe

### 3. Coût des subventions en Europe

### Scénarios et arbitrages principaux
- Scénarios comparés : "Sans politique industrielle (Sans PI)" et "Relocalisation".
- Effets sur l’emploi :
  - Scénario Sans PI : réduction de l’emploi dans la fabrication de technologies propres supérieure à 0,5 percent de la main-d’œuvre.
  - Scénario Relocalisation : réaffectation de la main-d’œuvre vers la fabrication de technologies propres équivalant à plus de 1 percent de la main-d’œuvre.
  - Ces gains dans la fabrication de technologies propres sont partiellement contrebalancés par des baisses dans d’autres secteurs manufacturiers dues en partie aux fluctuations des taux de change.
- Coût budgétaire de la relocalisation :
  - Estimé à 0,4 percent du PIB annuel de l’UE.
  - Soit environ 80 milliards d’euros de subventions annuelles en moyenne entre 2025 et 2035.
  - Équivalent d’environ 30,000 euros par emploi créé dans le secteur.
  - Ce montant représenterait près de la moitié du budget actuel de l’UE et dépasserait les subventions agricoles actuelles.
- Hypothèse clé de modélisation : Europe atteignant des taux d’apprentissage comparables à ceux observés en Chine ces 10 dernières années — tout écart (par ex., rythme d’apprentissage plus lent) aggraverait les arbitrages recensés.

### Enseignements historiques (cas du Brésil et de la Corée)
- Contexte général :
  - Deux expériences des années 70 : Brésil (industrialisation par substitution aux importations, entreprises publiques) vs Corée (modèle axé sur les exportations, mise en œuvre par grands conglomérats privés — chaebols).
  - La Corée est généralement considérée comme plus réussie, avec des taux de croissance plus élevés de la valeur ajoutée manufacturière et du PIB réel durant la période.
  - Des études montrent un lien de cause à effet entre politique industrielle et développement des industries ciblées en Corée; des entreprises subventionnées ont continué à croître plus vite jusqu’à 30 ans après la fin des subventions.
- Conception des politiques :
  - Facteurs cruciaux : promotion de l’apprentissage par la pratique, ciblage d’un marché suffisamment vaste, orientation du soutien vers domaines à haut potentiel de rendement ou à externalités positives.
  - Corée : mise en avant de l’apprentissage par l’expérience en usine, recours aux ingénieurs, stratégie tournée vers l’extérieur permettant économies d’échelle.
  - Brésil : mise en œuvre par entreprises publiques, marché intérieur limité, moindre recours au secteur privé pour l’apprentissage par la pratique.
- Mise en œuvre et gouvernance :
  - Importance de favoriser la concurrence, d’avoir des organismes de mise en œuvre compétents, des critères objectifs et des garde-fous (par ex., clauses de caducité).
  - Corée : concurrence intérieure et extérieure, soutien à plusieurs entreprises par secteur, sélection par marché (ex. débuts de l’industrie automobile), institutionnalisation de la gouvernance (réunions mensuelles de promotion des exportations, objectifs d’exportation servant de référence et de clauses de caducité de facto).
  - Brésil : concurrence limitée pour entreprises publiques, absence d’un cadre de gouvernance et de garde-fous comparables.
- Politiques complémentaires :
  - Rôle essentiel des réformes structurelles et de la stabilité macroéconomique.
  - Corée : campagne anticorruption préalable; investissements dans parcs industriels; facilitation des importations de matières premières et biens d’équipement ; renforcement du système éducatif ; réformes agraires précédant la politique industrielle.
  - Brésil : budgétisation fragmentée, forte dépendance aux emprunts extérieurs, instabilité macroéconomique (surévaluation du taux de change, accélération de l’inflation) ayant conduit à la crise de la dette extérieure des années 80 et érodé l’efficacité de la stratégie.
- Notes sur la diversité des évaluations : certaines études attribuent des effets négatifs ou mixtes (par ex., aggravation de la mauvaise affectation des ressources en Corée selon Kim, Lee et Shin (2021)), tandis que d’autres soulignent des bénéfices sectoriels et d’écosystèmes (ex. succès d’Embraer, gains en productivité agricole via R&D publique).

### Résultats empiriques sur l’efficacité des politiques industrielles
- Données et méthode :
  - Analyse basée sur méthode de projection locale suivant Baquie et al. (2025), couvrant 58 pays (dont 31 pays avancés) et 732 secteurs NACE Rév. 2 (4 chiffres) de 2009 à 2021.
  - Principale variable explicative : variation du stock de mesures de financement subventionné et de soutien direct par pays–secteur–année, obtenue via l’algorithme de Juhász et al. appliqué à la base Global Trade Alert.
  - Résultats présentés comme associations ; limitations d’endogénéité reconnues.
- Effets moyens constatés :
  - Une mesure supplémentaire de soutien direct est associée à :
    - augmentation d’environ 0,5 percent de la valeur ajoutée dans le secteur ciblé trois ans après la mise en œuvre.
    - augmentation d’environ 0,3 percent de la productivité totale des facteurs (PTF) dans le secteur ciblé trois ans après la mise en œuvre.
  - Ces ampleurs sont relativement faibles comparées aux moyennes observées dans l’échantillon :
    - la valeur ajoutée industrielle augmente en moyenne de 6,5 percent par an.
    - la PTF augmente d’environ 4 percent par an.
  - Les résultats reflètent une accumulation de capital et un emploi plus élevés en conséquence des politiques industrielles de subventionnement.
- Fréquence d’apparition des mesures :
  - Nouvelle mesure de financement subventionné constatée pour environ 12 percent des observations par pays–secteur.
  - Nouvelle mesure de soutien direct constatée pour environ 6 percent des observations par pays–secteur.
- Hétérogénéités :
  - Deux conclusions générales en comparant niveaux de revenu (PA vs PEPD) sont mentionnées (voir graphique 3.10, plage 1), sans chiffres additionnels détaillés dans l’extrait.
  - Les politiques produisent une amélioration des résultats dans les secteurs ciblés, mais l’ampleur est généralement faible; l’analyse explore aussi la dynamique selon industries naissantes vs matures (définitions basées sur proportion d’entreprises jeunes et endettées et distance à la frontière mondiale de la productivité).

### Implications politiques synthétiques
- Politiques industrielles peuvent protéger et développer la fabrication de technologies propres mais entraînent des coûts budgétaires importants (ex. 0,4 percent du PIB annuel de l’UE ; ~80 milliards d’euros annuels entre 2025 et 2035).
- La réussite dépend fortement de :
  - hypothèses sur les taux d’apprentissage (comparaison implicite avec la Chine ces 10 dernières années),
  - qualité de la conception et de la mise en œuvre (apprentissage pratique, ciblage, concurrence, garde-fous, gouvernance),
  - politiques complémentaires (réformes structurelles, stabilité macroéconomique, éducation, infrastructures).
- Les effets moyens observés au niveau sectoriel sont modestes (≈0,5 percent valeur ajoutée; ≈0,3 percent PTF à 3 ans), ce qui suggère que les bénéfices potentiels doivent être pesés contre les coûts budgétaires et les risques d’inefficacité si la conception et la mise en œuvre sont défaillantes.

*Source : Extrait de « 3. Coût des subventions en Europe », chapitre du PDF fourni.*

### 2. Industries naissantes et industries matures

### 2. Industries naissantes et industries matures

### Effets différenciés du soutien direct et du financement subventionné
- Le soutien direct est associé à des améliorations à moyen terme de la valeur ajoutée, de la productivité et de l’efficience allocative dans les pays avancés, mais pas dans les pays émergents ni les pays en développement.
- Le financement subventionné est associé à une moindre efficience allocative dans les pays émergents.
- Effets marginaux estimés :
  - Une mesure supplémentaire de soutien direct est associée à une augmentation de 0,3 percent de l’efficience allocative dans les pays avancés.
  - Une mesure supplémentaire de financement subventionné est associée à une diminution de 0,5 percent de l’efficience allocative dans les pays émergents et les pays en développement.
- Différences par type d’industrie :
  - Industries naissantes : une subvention financière supplémentaire est associée à une augmentation de 0,5 percent de la valeur ajoutée trois ans après le choc.
  - Industries matures : une subvention financière supplémentaire est associée à une diminution de 1,2 percent de la valeur ajoutée trois ans après le choc.
- Interprétations possibles :
  - Rôle des politiques horizontales (amélioration de la gouvernance, renforcement des capacités institutionnelles) et des changements dans l’enseignement comme compléments essentiels.
  - Augmentation temporaire des erreurs d’affectation lorsque l’État incite des entreprises initialement petites et peu productives à augmenter leur production et apprendre par la pratique.
  - Importance des frictions financières pour l’accumulation de capital des entreprises et des industries jeunes et productives.

### Politiques industrielles dans le secteur de l’énergie et retombées en aval
- Impact mesuré sur le secteur énergétique ciblé :
  - Une mesure de soutien direct supplémentaire donne lieu à une augmentation de 0,7 percent de la PTF dans le secteur énergétique ciblé au cours des 12 mois suivant la mise en œuvre de la politique.
- Retombées sur les secteurs en aval :
  - Une mesure supplémentaire de soutien direct aux secteurs de l’énergie est associée à une augmentation de 2,5 percent de la valeur ajoutée des secteurs en aval un à trois ans après le choc.
  - Cette amélioration sectorielle s’accompagne d’une baisse temporaire de 1,7 percent de l’efficience allocative dans les secteurs en aval.
- Explication : les entreprises qui bénéficient le plus de la baisse des prix de l’énergie ne sont pas nécessairement les plus productives, en fonction des parts respectives des entreprises en matière de coûts d’énergie.

### Retombées intersectorielles et effets globaux (modèle quantitatif d’échanges)
- Structure du modèle :
  - Main-d’œuvre comme seul facteur de production.
  - 20 secteurs détaillés avec liens d’intrants entre secteurs et pays.
  - Prise en compte d’économies d’échelle externes sectorielles non internalisées par les entreprises.
  - Scénarios centrés sur les pays avancés (effet moyen pondéré pour l’ensemble des pays avancés).
- Scénario : politique industrielle dans le secteur de l’énergie
  - Mise en place de subventions corrigeant les externalités : augmentation de plus de 50 percent de la production dans le secteur de l’énergie, parallèlement à une hausse de l’emploi.
  - La PTF sectorielle augmente de près de 3 percent.
  - Effet de siphonnage de la main-d’œuvre : réduction de la PTF dans des secteurs non énergétiques à rendements d’échelle croissants.
  - Coût budgétaire élevé : dépense annuelle de 1,8 percent du PIB dans le nouvel état stable à long terme.
  - Importations d’énergie en pourcentage de la consommation d’énergie : diminution de 5,1 points de pourcentage.
  - Arbitrage mis en évidence : plus grande autonomie énergétique versus baisse de l’efficience globale et augmentation des dépenses publiques.

### Scénarios modélisés et coûts budgétaires
- Scénario : politique industrielle bien ciblée dans tous les secteurs (subventions optimales selon rendements d’échelle)
  - Subventions accordées à tous les secteurs présentant des rendements d’échelle croissants.
  - Production et emploi augmentent considérablement dans les secteurs ciblés.
  - Gains de PTF globaux résultant de l’expansion des secteurs à rendements d’échelle croissants.
  - Ressources budgétaires nécessaires : près de 5,5 percent du PIB par an, ciblées avec grande précision pour corriger les externalités d’échelle dans tous les secteurs.
  - Remarque : multiplicateurs budgétaires supérieurs à 1 dans les simulations, mais réalisabilité dépendante du ciblage précis et des capacités de mise en œuvre.
- Scénario : politique industrielle mal ciblée (subventions uniformes dans tous les secteurs)
  - Subventions augmentées de manière uniforme dans tous les secteurs, indépendamment des rendements d’échelle.
  - Enveloppe budgétaire globale constante par rapport au scénario ciblé (≈ 5,5 percent du PIB).
  - Résultat : productivité globale diminue légèrement malgré le coût budgétaire élevé.
  - Conclusion : la politique industrielle doit précisément désigner et cibler les secteurs à rendements d’échelle croissants pour produire des gains globaux.

### Conclusions et arbitrages de politique
- Les effets sectoriels positifs d’une politique industrielle ciblée peuvent être contrebalancés par des effets négatifs sur d’autres secteurs via la réallocation des ressources (effet de siphonnage).
- Les arbitrages clés pour les décideurs :
  - Bénéfices sectoriels et retombées en aval vs baisse potentielle de l’efficience globale.
  - Autonomie énergétique accrue vs coût budgétaire élevé et possibles diminutions de la PTF agrégée.
  - Nécessité d’un ciblage précis des subventions pour corriger les externalités d’échelle et maximiser les gains globaux.
- Importance des compléments : politiques horizontales (gouvernance, capacités institutionnelles) et investissements dans l’enseignement afin d’améliorer l’efficacité des mesures industrielles.

*Fonds monétaire international | Octobre 2025*

### Conclusions et conséquences

### Conclusions et conséquences

### Rôle et potentiel de la politique industrielle
- La politique industrielle peut, bien conçue et ciblée pour remédier aux défaillances du marché du côté de la production, améliorer les résultats économiques sectoriels et globaux.
- L’expérience de pays tels que la Corée montre que des subventions soigneusement élaborées, coïncidant avec des objectifs clairs et déployées dans un cadre institutionnel solide, peuvent déclencher une transformation structurelle.

### Risques et coûts généraux
- La politique industrielle peut ne pas générer de gains économiques — un risque non négligeable dépendant de facteurs difficiles à estimer a priori (ampleur de l’apprentissage par la pratique, proximité de la frontière technologique, taille du marché).
- Les interventions bien ciblées peuvent rester coûteuses pour les finances publiques.
  - Exemple chiffré : une subvention en faveur des technologies propres dans l’UE suffisante pour rapatrier une part importante de la production pourrait coûter environ 0,4 % du PIB annuel, soit près de la moitié du budget de l’UE.
- Les politiques mal ciblées risquent de gaspiller des ressources budgétaires limitées sans générer de rendements significatifs.
- Les retombées intersectorielles peuvent être négatives et nuire à la productivité globale, même en présence d’un essor dans les secteurs ciblés.
- Les politiques renforçant la résilience (p.ex. relocalisation) peuvent se faire au détriment de l’efficience, notamment en entraînant une hausse des prix à la consommation pendant la transition.
- Des retombées défavorables dans d’autres pays et l’engrenage des mesures de rétorsion réduisent encore les avantages nets d’une politique industrielle nationale.

### Exigences de bonne conception et mise en œuvre
- La réussite repose sur une forte capacité institutionnelle et une bonne gouvernance, contraintes particulièrement importantes pour les pays émergents et les pays en développement.
- Les réformes structurelles complémentaires, horizontales et non ciblées sur des entreprises/secteurs particuliers, sont cruciales pour améliorer le climat général des affaires.
- Les États doivent :
  - être conscients des risques de dépenses inutiles, surtout lorsque la dette est élevée et que l’espace budgétaire est limité;
  - évaluer le coût d’opportunité par rapport à des politiques horizontales éventuellement plus efficientes;
  - reconnaître et gérer explicitement les arbitrages induits.
- Si l’on opte pour une politique industrielle, elle doit :
  - s’appuyer sur un diagnostic clair des défaillances du marché;
  - inclure des mécanismes d’évaluation et de recalibrage réguliers;
  - s’inscrire dans un cadre institutionnel et macroéconomique solide;
  - encourager la discipline de marché par une concurrence nationale et internationale vigoureuse.

### Politique industrielle en Chine : quantification et incidences sur les erreurs d’affectation
- La Chine recourt à divers outils : subventions en numéraire, avantages fiscaux, crédits subventionnés, terrains subventionnés, restrictions aux échanges commerciaux et obstacles réglementaires profitant aux entreprises en place.
- Estimation du coût équivalent pour 2011–2023 :
  - environ 4 % du PIB en équivalent-coût budgétaire de la politique industrielle (sur la base des rapports financiers des entreprises cotées et du registre des transactions foncières; Garcia-Macia, Kothari et Tao, 2025).
- Instruments les plus coûteux :
  - subventions en numéraire (les plus coûteuses),
  - avantages fiscaux (augmentés depuis la pandémie),
  - subventions foncières,
  - crédits subventionnés.
- Secteurs principaux bénéficiaires : secteur manufacturier, semi-conducteurs, industrie manufacturière de haute technologie, automobile.
- Mise en œuvre : orientation stratégique centralisée (plans quinquennaux) mais forte décentralisation opérationnelle aux collectivités locales — pouvant entraîner doubles emplois, investissements surnuméraires, puis réductions de capacités, mais aussi expérimentation (ex. véhicules électriques).
- Effets sur l’efficience et la productivité :
  - Les subventions ont conduit à une production inefficiente dans les secteurs ciblés.
  - Les restrictions aux échanges et obstacles réglementaires ont limité la production, potentiellement en renforçant le pouvoir de marché des entreprises en place.
  - Estimation d’impact macroéconomique (modèle structurel) :
    - réduction de la productivité totale des facteurs en Chine de 1,2 %;
    - réduction du PIB chinois de près de 2 %.

### Aides publiques dans l’Union européenne : effets transfrontaliers
- Contexte : depuis la crise financière mondiale, les États de l’UE ont accru le soutien aux entreprises par des aides publiques atteignant près de 1,5 % du PIB en 2022.
- Effets estimés sur les entreprises bénéficiaires (Brandão-Marques et Toprak, 2024) :
  - Un choc d’aide publique de 1 % (défini comme le surplus imprévu de rendement des fonds propres observé le jour de l’annonce) est suivi, au bout d’un an, d’une augmentation de 0,3 % de l’emploi et de 0,6 % des recettes pour l’entreprise bénéficiaire.
  - Ces gains s’estompent en grande partie dès la deuxième année, indiquant un effet temporaire lié au soulagement ponctuel des contraintes financières.
  - Effets les plus marqués pour les entreprises plus petites et plus jeunes, fortement endettées et disposant de faibles réserves de trésorerie.
- Effets transfrontaliers sur entreprises concurrentes non bénéficiaires (siège dans d’autres pays de l’UE mais même secteur) :
  - Après un choc d’aide publique de 1 % touchant une entreprise similaire :
    - l’emploi dans les entreprises concurrentes non bénéficiaires diminue d’environ 0,13 % l’année suivante;
    - les recettes diminuent d’environ 0,24 % l’année suivante.
  - Deuxième année :
    - l’emploi diminue d’environ 0,21 %;
    - les recettes diminuent d’environ 0,46 %.
  - Ces effets négatifs s’accentuent avec le temps et sont plus prononcés dans les secteurs plus concentrés.
- Implication : les aides d’État nationales faussent la concurrence, risquent de fragmenter le marché unique européen et d’altérer l’affectation efficiente des ressources.
- Proposition de coordination : si des aides publiques sont justifiées pour remédier à des défaillances du marché, elles devraient être accordées au niveau de l’Union plutôt qu’au niveau des États membres, afin d’atténuer les retombées néfastes et préserver des conditions équitables sur le marché unique, tout en assurant une utilisation plus efficiente des fonds.

*Fonds monétaire international | Octobre 2025*

### 2. Retombées

### 2. Retombées

### Effets des aides publiques et retombées sectorielles
- Les barres du graphique indiquent l’incidence d’un surplus de rendement de 1 % (choc de l’aide publique) sur :
  - les entreprises bénéficiant de la mesure ; et
  - leurs concurrentes n’en bénéficiant pas.
- Interprétation statistique :
  - Les barres pleines indiquent les effets statistiquement significatifs à un niveau de 10 % ou plus.
  - Les barres ombrées indiquent les effets qui ne sont pas statistiquement significatifs.
- Source des estimations : Brandão-Marques et Toprak, 2024 ; calculs des services du FMI.

### Comparaison : politiques industrielles vs réformes structurelles
- Objectif commun :
  - Les politiques industrielles et les réformes structurelles visent à neutraliser les principaux freins à la croissance et à la productivité.
- Différences clés et résultats empiriques :
  - Les réformes structurelles ciblent les frictions à l’échelle de l’économie et ne reposent généralement pas sur des informations sectorielles spécifiques.
  - Une amélioration sensible de la gouvernance peut augmenter la valeur ajoutée industrielle dans les secteurs à forte distorsion (caractérisés par des marges élevées) de 2,1 % par rapport aux secteurs à faible marge.
  - Les politiques industrielles ciblant les secteurs présentant ces distorsions produisent une augmentation de 0,2 %.
  - Les améliorations en matière de développement financier et d’accès du secteur privé au crédit sont plus efficaces que les programmes d’investissement pour stimuler l’activité dans les secteurs fortement dépendants du financement extérieur.
- Coût budgétaire et viabilité :
  - Les politiques industrielles peuvent avoir un coût budgétaire élevé (importantes subventions).
  - Les réformes structurelles se traduisent souvent par un moindre coût budgétaire ; certaines peuvent conduire à une augmentation des recettes budgétaires (par exemple via un meilleur recouvrement des impôts).
  - Recommandation : évaluer soigneusement la viabilité budgétaire des politiques industrielles et prioriser les réformes structurelles offrant des trajectoires plus économiques vers une croissance inclusive et durable.
- Séquencement et complémentarités :
  - Même lorsque la politique industrielle est souhaitable, elle doit s’accompagner de réformes structurelles.
  - Les fondamentaux structurels (qualité de la gouvernance, climat des affaires favorable, capital humain qualifié) renforcent le lien entre politiques industrielles et résultats économiques en réduisant la recherche de rente et en améliorant le ciblage.
  - Dans les pays émergents et en développement :
    - Les entreprises bénéficiant d’une meilleure gouvernance et d’un capital humain plus qualifié connaissent une croissance à plus forte valeur ajoutée après la mise en œuvre de la politique industrielle.
    - Les entreprises des pays où le climat des affaires est plus favorable connaissent une accumulation de capital plus importante à court terme en conséquence de la politique industrielle.
  - Approche recommandée : par étapes — d’abord renforcer les facteurs structurels, puis traiter les problèmes sectoriels par des interventions ciblées.

### Gouvernance, marges sectorielles et impacts mesurés
- Graphique 3.3.1 (synthèse) :
  - Variable dépendante : différence logarithmique de la valeur ajoutée sectorielle à l’horizon considéré.
  - 0 = horizon à court terme correspondant à la mise en place des politiques industrielles.
  - Variables d’intérêt : interaction entre l’évolution des politiques industrielles protectionnistes et les marges sectorielles ; interaction entre les marges sectorielles et l’indice de qualité de la gouvernance (Budina et al., 2023).
  - Présentation : variations entre le 25e centile et la médiane des distributions des marges, de la gouvernance et des politiques industrielles.
  - Les zones ombrées correspondent à l’intervalle de confiance à 90 %.
- Conclusion implicite : la qualité de la gouvernance module l’efficacité des politiques industrielles selon les marges sectorielles.

### Appendice statistique — hypothèses et chiffres clés
- Période de référence des données : informations disponibles au 30 septembre 2025.
- Taux de change et conversion (moyennes pour 2025 et 2026) :
  - dollar/DTS : 1,351 et 1,373.
  - dollar/euro : 1,130 et 1,167.
  - yen/dollar : 147,7 et 145,3.
- Prix du pétrole (prix du baril) : 68,92 dollars en 2025 et 65,84 dollars en 2026.
- Hypothèse de politique nationale : les politiques nationales menées à l’heure actuelle ne changeront pas.
- Taux d’intérêt (rendements des obligations d’État à trois mois, moyennes) :
  - États-Unis : 4,3 % en 2025 et 3,7 % en 2026.
  - Zone euro : 2,0 % en 2025 et 2,1 % en 2026.
  - Japon : 0,4 % en 2025 et 0,8 % en 2026.
- Taux d’intérêt (rendements des obligations d’État à 10 ans, moyennes) :
  - États-Unis : 4,3 % en 2025 et 4,1 % en 2026.
  - Zone euro : 2,5 % en 2025 et 2,6 % en 2026.
  - Japon : 1,5 % en 2025 et 1,7 % en 2026.
- Modifications récentes de la base de données :
  - Les données relatives au Liechtenstein ont été ajoutées à la base de données et prises en compte dans les valeurs composites du groupe des pays avancés.
- Couverture et conventions :
  - La base de données des PEM repose sur des données et projections portant sur 197 pays.
  - Conformité majoritaire aux normes SCN 2008, MBP6 et MSFP 2014 selon disponibilité nationale des séries révisées.
  - Méthodes de calcul des chiffres composites :
    - Pour taux de change, taux d’intérêt et expansion des agrégats monétaires : pondération par le PIB converti en dollars sur la base des cours de change du marché (moyenne des trois années précédentes).
    - Pour autres données intérieures (taux de croissance, ratios) : pondération par le PIB en parités de pouvoir d’achat en pourcentage du PIB mondial ou du groupe considéré.
    - Moyennes du PIB réel, de l’inflation, du PIB par habitant et des cours des produits de base : taux de variation annuelle composés, sauf le taux de chômage (moyenne arithmétique simple).
    - Agrégats d’inflation au niveau mondial et pour les pays émergents et en développement : taux annuels reposant sur des différences logarithmiques.
  - Conventions sur l’agrégation et l’ajustement des données pour la zone euro, ainsi que traitements spécifiques pour certains pays et périodes (données non ajustées pour la majorité des pays, exceptions listées).

*Encadré et texte provenant du chapitre 3 : POLITIQUE INDUSTRIELLE : GÉRER LES ARBITRAGES POUR FAVORISER LA CROISSANCE ET LA RÉSILIENCE (auteurs et sources mentionnés dans le texte).*

### 9524. Les

### 9524. Les

### Notes sur les données par pays
- Données ajustées pour comparabilité jusqu’en 2019.
- Cas particuliers (extraits) :
  - Équateur : « Les projections budgétaires pour 2025–30 n’apparaissent pas dans la publication puisque des discussions relatives au programme sont en cours. »
  - Érythrée : « Les données et projections pour 2020–30 ne figurent pas dans la base de données en raison de contraintes sur la communication des données. »
  - Inde : « Les taux de croissance du PIB réel sont tirés des comptes nationaux, avec 2011/12 comme année de référence. »
  - Iran : « Le calcul des valeurs passées du PIB nominal en dollars se fonde sur le taux de change officiel jusqu’à 2017. À partir de 2018, c’est le taux de change NIMA … qui sert à convertir en dollars les chiffres du PIB nominal en rials. »
  - Liban : données budgétaire et national et sur la dette pour certaines années sont des estimations des services du FMI ; estimations et projections pour 2025–30 omises en raison d’un degré d’incertitude élevé.
  - Nigéria : rebasage avec 2019 comme nouvelle année de base ; « Ce rebasage a entraîné une révision à la hausse du PIB nominal de 40,8 % en 2019. »
  - Pakistan : « Les projections ne prennent pas en compte l’incidence des inondations de l’été 2025. »
  - Sierra Leone : malgré le changement d’unité monétaire le 1er juillet 2022, « les données en monnaie nationale sont exprimées en ancien leone » pour l’édition d’octobre 2024 des PEM.
  - Soudan : projections fondées sur l’hypothèse d’une résolution du conflit d’ici la fin de 2024.
  - Sri Lanka : données et projections 2023–29 non publiées en raison d’entretiens en cours sur la restructuration de la dette souveraine.
  - Syrie : données exclues depuis 2011.
  - Timor-Leste : PIB réel publié = PIB réel non pétrolier ; PIB nominal publié = PIB nominal total.
  - Turkménistan : « Les données sur le PIB réel correspondent à des estimations des services du FMI établies conformément aux méthodes internationales (SCN). »
  - Ukraine : données révisées disponibles pour 2000 et après, mais n’incluent plus la Crimée et Sébastopol à partir de 2010.
  - Uruguay : transferts au système public de retraite influant sur les recettes pour 2018–22 (1,2 % du PIB en 2018; 1,0 % en 2019; 0,6 % en 2020; 0,3 % en 2021; 0,1 % en 2022; 0 % ensuite).
  - Venezuela : importantes incertitudes ; comptes budgétaires incluent administration centrale, sécurité sociale, FOGADE et un ensemble réduit d’entreprises publiques ; pour la plupart des indicateurs, « les données pour 2018–24 sont des estimations des services du FMI. »
  - Zimbabwe : nouvelle monnaie nationale introduite le 5 avril 2024, « l’or du Zimbabwe », le dollar du Zimbabwe a cessé de circuler le 30 avril 2024.

### Classification des pays et composition des agrégats
- Principaux groupes : pays avancés (42 pays) et pays émergents et pays en développement (155 pays).
- Critères analytiques :
  - Source des recettes d’exportation : combustibles vs autres produits (classés si > 50 % des exportations en moyenne 2020–24).
  - Source de financement extérieur : pays créanciers nets vs débiteurs nets ; classification des PPTE (pays pauvres très endettés), PDFR (pays en développement à faible revenu), PE&PRI (pays émergents et pays à revenu intermédiaire).
- Tableau A (aperçu des parts et nombres) et tableaux B–E listent la composition régionale et analytique (présentation détaillée des sous-groupes régionaux et des principaux pays).

### Principales projections et indicateurs (extraits des tableaux de synthèse)
- Récapitulatif moyen-terme (Tableau A15) — extraits textuels exacts :
  - « PIB réel mondial 3,43,13,53,33,23,13,33,2 »
  - « Pays avancés1,31,81,71,81,61,61,71,6 »
  - « Pays émergents et pays en développement5,34,04,74,34,24,04,34,1 »
  - Commerce mondial, volume : « 3,42,81,03,53,62,32,63,1 »
  - Prix mondiaux (pétrole) : « Pétrole–3,94,3–16,4–1,8–12,9–4,5–9,10,5 »
  - Prix à la consommation (moyenne) :
    - « Pays avancés1,62,84,62,62,52,23,02,1 »
    - « Pays émergents et pays en développement5,96,18,27,95,34,76,54,0 »
  - Taux d’intérêt réel mondial à long terme : « 1,0–0,6–1,30,81,21,40,51,5 »
  - Dette extérieure totale (PE&PD) : « 27,329,328,828,127,927,628,126,4 »
  - Service de la dette (PE&PD) : « 9,69,99,99,89,29,19,58,7 »

- Croissance mondiale et production (Tableau A1) — extrait texte exact de la ligne Monde (PIB réel) : « Monde3, 43, 83, 63, 0–2, 76, 63, 83, 53, 33, 23, 13, 1 »
- Inflation (Tableau A5) — extrait texte exact pour déflateurs et IPC :
  - « Déflateurs du PIB Pays avancés1, 31, 41, 71, 51, 63, 35, 84, 22, 92, 31, 92, 0 »
  - « Prix à la consommation Pays avancés1, 61, 72, 01, 40, 73, 17, 34, 62, 62, 52, 22, 1 »
  - « Pays émergents et pays en développement 3 5, 94, 54, 95, 25, 35, 99, 78, 27, 95, 34, 73, 9 » (présentation telle qu’apparue dans le tableau)

- Commerce mondial (Tableau A9) — extraits :
  - Commerce mondial (volume) : « 3, 42, 85, 44, 01, 1–8, 310, 85, 81, 03, 53, 62, 3 »
  - Prix mondiaux en dollars (produits manufacturés) : « 0, 41, 60, 12, 00, 4–3, 26, 710, 3–1, 71, 30, 6–0, 1 »

- Soldes des transactions courantes (Tableau A10) — extraits :
  - Pays avancés (milliards $) : « 482,9409,5374,2128,1448,0–264,6–16,549,5–52,539,792,7 »
  - États-Unis (milliards $) : « –367,6–439,0–442,0–593,5–858,6–993,1–928,0–1 185,3–1 220,8–1 153,2–1 282,4 »

- Compte financier et flux (Tableau A13) — extraits :
  - Pays avancés, solde du compte financier : « 398,4477,3126,2–42,8445,5–118,1–139,2165,7–76,342,6 »
  - Pays émergents et pays en développement, solde du compte financier : « –278,9–263,4–141,847,7218,5560,4198,0380,3488,3360,2 »

Remarque : Les chiffres composés et séries complètes figurent dans les tableaux A1–A15 et les tableaux sectoriels (comptes nationaux, prix, finances publiques, balance des paiements) présentés dans l’appendice statistique.

### Hypothèses de politique économique retenues pour les projections (Encadré A1)
- Hypothèses budgétaires (règles générales) :
  - Les hypothèses à court terme reposent sur budgets ou lois de finances annoncés, corrigés selon divergences macroéconomiques entre services du FMI et autorités.
  - À moyen terme, les projections budgétaires reposent sur un jugement quant à la trajectoire la plus probable de la politique des pouvoirs publics ; en l’absence d’informations suffisantes, « le solde primaire structurel est censé rester inchangé, sauf indication contraire. »
- Hypothèses budgétaires — exemples nationaux (extraits) :
  - Afrique du Sud : hypothèses tiennent compte du budget de 2025 ; recettes non fiscales excluent transactions sur actifs et passifs financiers.
  - Allemagne : supposent « une augmentation progressive des dépenses d’infrastructures et de défense à moyen terme » et que la marge générée par la réforme budgétaire de mars 2025 est principalement utilisée.
  - Arabie saoudite : projections fondées sur le budget de 2025 et hypothèses sur les cours du pétrole et ajustements de production OPEP+.
  - États-Unis : « Les projections budgétaires reposent sur le scénario de référence de janvier 2025 du Congressional Budget Office », corrigées ensuite ; incorporent les effets de la loi One Big Beautiful Bill Act, signée le 4 juillet 2025.
  - Inde : projections fondées sur informations disponibles relatives aux programmes budgétaires; comptes publics couvrent administrations centrales et régionales; traitement spécifique des subventions alimentaires à partir de 2020/21.
  - Israël : projections « exposées à des risques importants compte tenu de l’imprévisibilité du conflit actuel. »
- Hypothèses de politique monétaire (principes généraux) :
  - Fondées sur le cadre établi dans chaque pays ; politique de non-accompagnement de la conjoncture (taux réactifs à l’inflation et à l’écart de production).
  - Exemples extraits :
    - Afrique du Sud : « compatibles avec le maintien de l’inflation dans la fourchette cible de 3 % à 6 % à moyen terme. »
    - Arabie saoudite : projections reposent sur la poursuite du rattachement au dollar.
    - Canada : projections tiennent compte de la fin progressive de l’orientation restrictive et d’un retour de l’inflation vers 2 % fin 2026.
    - Inde : projections de politique monétaire cadrent avec la réalisation de l’objectif d’inflation de la Banque de réserve de l’Inde à moyen terme.
    - Zone euro : hypothèses reposent sur modèles semi-structurel/DSGE, règle de Taylor, attentes de marché et communications de la BCE.

### Messages, risques et recommandations (extraits des observations finales et positions du Conseil d’administration)
- Évaluation générale :
  - Reconnaissance d’une « résilience économique observée récemment malgré des chocs répétés », mais avertissement que cette résilience peut être fragile.
  - Principaux risques mentionnés : incertitude prolongée liée à l’action publique, escalade des tensions commerciales, facteurs de vulnérabilité budgétaire, fragilité des marchés financiers, valorisations tendues des actifs à risque, érosion de la bonne gouvernance et indépendance des institutions économiques, chocs sur l’offre de main-d’œuvre, conflits régionaux, volatilité des cours des produits de base.
- Appel à la coopération multilatérale :
  - Nécessité de relancer la coopération multilatérale pour réduire l’incertitude sur la politique commerciale ; moderniser les règles commerciales, réduire obstacles et éviter discrimination contre des tiers.
  - Importance d’un dispositif mondial de sécurité financière et poursuite des progrès sur les ressources concessionnelles du FMI.
- Recommandations budgétaires :
  - Reconstituer des marges de manœuvre budgétaires via plans réalistes et crédibles, cadres budgétaires à moyen terme, combiner rationalisation des dépenses et mobilisation des recettes, protection des populations vulnérables.
  - Favoriser mesures rendant les dépenses publiques plus efficientes et axées sur la croissance durable ; mesures discrétionnaires lorsqu’elles sont nécessaires doivent être « transparentes, ciblées et temporaires ».
  - Réformes recommandées : retraites, santé, masse salariale, dépenses fiscales ; recours au cadre commun du G20 et table ronde mondiale sur la dette souveraine pour pays dont la dette n’est pas viable.
- Recommandations monétaires et macrofinancières :
  - Préserver l’indépendance des banques centrales ; politiques monétaires basées sur données, adaptées au contexte (nature des chocs, écart de production) et clairement communiquées.
  - Dans cas de chocs d’offre, envisager un assouplissement progressif si désinflation en cours ; si faiblesse de la demande domine, réductions mesurées des taux.
  - Usage temporaire d’interventions sur le marché des changes et mesures de gestion des flux de capitaux si volatilité excessive ; approfondir marchés obligataires nationaux ; gérer interdépendances État–banques.
  - Mise en œuvre systématique et sans retard de cadres réglementaires internationaux (Bâle III) ; combler lacunes de données ; renforcer régulation des institutions financières non bancaires et des actifs numériques.
- Politique structurelle et productivité :
  - Stimuler la productivité via réformes structurelles ambitieuses et échelonnées, adaptées aux circonstances nationales et tenant compte des considérations sociales.
  - Priorités : mobilité de la main-d’œuvre, participation au marché du travail, accélération de la numérisation et de l’intelligence artificielle, amélioration du climat des affaires et de la concurrence.
  - Sur la politique industrielle : analyse approfondie recommandée, transparence, ciblage pour corriger défaillances de marché, gouvernance solide et évaluation continue pour abandonner mesures inefficaces.
- Risques financiers et dette :
  - Alerte sur l’effet d’une hausse continue du coût des emprunts publics : réduction de la marge budgétaire, mise en péril des amortisseurs budgétaires, fragilisation des marchés obligataires.
  - Importance d’une coopération pour restructurer rapidement et ordonnément la dette des pays non viables.

*Source: text - 9524. Les (Perspectives de l’économie mondiale, Octobre 2025).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2025/october/french/text.pdf_
