## AVANT-PROPOS

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### Contexte et choc initial
- La guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février 2026 a assombri brusquement les perspectives mondiales.
- La fermeture du détroit d’Ormuz et les graves dommages aux installations de production essentielles dans la région peuvent provoquer une crise énergétique d’une ampleur inédite.
- La guerre met fin à une trajectoire de croissance auparavant régulière, balayant des forces sous-jacentes : essor des investissements dans le secteur technologique, atténuation des tensions commerciales, mesures de soutien budgétaire et conditions financières accommodantes.

### Impacts économiques et vecteurs du choc
- Trois vecteurs déterminent l’impact global :
  - Effet direct du renchérissement des produits de base : choc d’offre négatif augmentant le coût des biens et services à forte intensité énergétique (engrais, produits chimiques, denrées alimentaires, transports, chauffage), perturbant les chaînes d’approvisionnement, attisant l’inflation globale et entamant le pouvoir d’achat.
  - Effets de second tour : salaires et prix pouvant s’ajuster à la hausse, avec risque de spirales prix-salaires plus élevé où les anticipations d’inflation sont mal ancrées, nécessitant un resserrement monétaire plus rigoureux.
  - Réaction des marchés financiers : aversion au risque comprimant la valeur des actifs, gonflant les primes de risque, provoquant un exode des capitaux et une appréciation du dollar, freinant la demande globale.
- Groupes de pays particulièrement vulnérables :
  - Pays importateurs d’énergie, en particulier pays en développement à faible revenu présentant déjà des vulnérabilités macroéconomiques et disposant de réserves limitées.
  - Pays exportateurs d’énergie de la région du Golfe, en raison des dégâts et arrêts de production, contraintes sur les exportations, ralentissement du tourisme et de l’activité économique.
  - Pays d’origine des travailleurs migrants, susceptibles de voir les envois de fonds chuter.
- Conséquences budgétaires : baisse des recettes et accroissement des besoins de dépenses pouvant forcer des réductions de l’épargne nette et la mobilisation de ressources extérieures, faisant grimper les taux d’intérêt réels mondiaux et durcir les conditions financières.

### Scénarios et projections
- Prévisions de référence (supposant un conflit de courte durée) :
  - Croissance mondiale prévue à 3,1 % cette année, soit une révision à la baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport aux projections de janvier.
  - Inflation globale prévue d’accélérer, passant de 4,1 % en 2025 à 4,4 % en 2026.
- Scénario défavorable (conditions de marché observées vers la fin mars) :
  - La production mondiale devrait tomber à 2,5 %.
  - L’inflation grimperait à 5,4 %.
- Scénario pessimiste (perturbations dans les marchés de l’énergie jusqu’à l’année prochaine, désancrage des anticipations d’inflation et resserrement des conditions financières) :
  - L’économie mondiale frôlerait la récession.
  - La croissance avoisinerait 2 % cette année et l’année prochaine.
  - L’inflation globale mondiale se chiffrerait à près de 6 %.
- Les risques de dégradation sont qualifiés de colossaux.

### Leçons de la crise énergétique de 2022
- En 2022, l’inflation mondiale avait atteint des niveaux jamais enregistrés depuis les années 70, entraînant un resserrement général et synchronisé des politiques monétaires, suivi d’une désinflation sans récession.
- Différences par rapport à 2022 :
  - Aspect favorable : marché du travail moins tendu, bilans du secteur privé revenus à la normale, tensions inflationnistes antérieures plus faibles, ce qui, si le choc reste modéré, suggère un impact sur l’inflation plus limité.
  - Aspect défavorable : le niveau des prix est désormais plus élevé, rendant les anticipations d’inflation plus sensibles, surtout lorsque la crédibilité des banques centrales paraît affaiblie.
  - La courbe d’offre est aujourd’hui beaucoup plus plate qu’en 2022, rendant la désinflation potentiellement plus coûteuse pour les banques centrales.

### Politiques publiques — recommandations et limites
- Priorité absolue : une fin rapide et ordonnée de la guerre pour limiter les dommages à l’économie mondiale.
- Rôle des banques centrales :
  - Ne pas tenir compte du choc d’offre tant que les anticipations d’inflation restent bien ancrées.
  - Si les anticipations d’inflation commencent à augmenter, resserrement monétaire vigoureux pour réancrer les anticipations, cet objectif devant primer sur les préoccupations de croissance à court terme.
  - Réponse monétaire progressive et modulable : ignorer le choc si les anticipations restent stables, indiquer clairement qu’un désancrage entraînera une riposte vigoureuse.
  - La flexibilité des changes sert d’amortisseur et permet à la politique monétaire de se concentrer sur la stabilité des prix.
  - Si le choc est durable, un resserrement monétaire coordonné entre pays pour freiner la demande mondiale peut aider à faire reculer les prix de l’énergie.
- Politique budgétaire :
  - Éviter les mesures budgétaires inutiles, particulièrement compte tenu de marges de manœuvre budgétaires plus faibles.
  - Les subventions énergétiques et plafonnements des prix sont souvent mal conçus et très coûteux ; ils risquent d’augmenter le prix hors subventions ou d’entraîner du rationnement.
  - Privilégier des mesures de soutien budgétaire bien ciblées, temporaires, assorties de clauses de caducité automatique et conformes aux plans budgétaires à moyen terme.
  - Utiliser, le cas échéant, des transferts directs et ciblés pour les plus vulnérables plutôt que des mesures universelles coûteuses.
- Si les conditions financières se dégradent nettement et la demande mondiale s’affaiblit :
  - Réorienter politiques monétaire et budgétaire vers le soutien de l’économie et du système financier.
  - Mettre en œuvre des mesures financières et de liquidité appropriées.
- Importance de préserver les signaux de prix : contrôles des prix et restrictions à l’exportation ne résolvent pas la pénurie et peuvent avoir des effets négatifs transfrontaliers.

### Fragmentation, multipolarité et marchés des minéraux essentiels
- La guerre illustre la menace persistante pesant sur l’ordre international : affaiblissement des anciennes alliances, nouveaux conflits, montée des enjeux de sécurité nationale dans l’élaboration des politiques.
- Tendance vers un monde plus multipolaire : recherche de nouveaux partenaires commerciaux et accroissement des accords commerciaux régionaux.
- Risque de repli sur soi accru ; le marché des minéraux essentiels est un exemple clé :
  - Extraction et raffinage des minéraux indispensables à la transition écologique et numérique sont géographiquement concentrés.
  - Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement des terres rares entraînent des pertes de production considérables.
  - Préférence pour une politique industrielle coordonnée multilatéralement plutôt que des actions unilatérales.

### Perspectives à moyen terme et transition technologique
- Avancées en matière d’intelligence artificielle (IA), notamment l’émergence de l’IA agentique, offrent des gains de productivité potentiels importants, déterminants pour l’amélioration des niveaux de vie.
- Risques associés :
  - Enthousiasme des marchés pour ces technologies pourrait avoir dépassé les fondamentaux, entraînant un risque de correction des prix des actifs.
  - Transformation technologique rapide pourrait rendre de nombreux emplois obsolètes, freinant la demande globale.
- Recommandations pour les décideurs :
  - Encourager la diffusion et l’adoption des nouvelles technologies.
  - Garantir des investissements suffisants dans les compétences pour faciliter une transition plus fluide du marché du travail.
  - Accélérer l’adoption des énergies renouvelables pour accroître la résilience face aux chocs sur les prix de l’énergie, améliorer la sécurité énergétique et appuyer la transition climatique.

### Conclusion
- L’économie mondiale fait face à un nouveau défi majeur ; multipolarité croissante ne doit pas conduire à plus de fragmentation.
- Actions clés : cessation immédiate des hostilités et réouverture du détroit d’Ormuz pour limiter les dommages.
- Rôle des institutions financières internationales : promouvoir la coopération et l’intégration économiques et financières pour préserver la prospérité mondiale.

*Fonds monétaire international | Avril 2026*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2026/april/french/foreword.pdf_
