## Introduction

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### Contexte et principaux vecteurs d’impact
- Conflit déclenché fin février 2026 au Moyen-Orient, avec fermeture du détroit d’Ormuz et dommages aux installations de production d’hydrocarbures.
- Trois vecteurs déterminent l’impact global sur l’économie mondiale :
  - Effet direct : renchérissement des produits de base (énergie, engrais, produits chimiques, denrées alimentaires, transports, chauffage), perturbation des chaînes d’approvisionnement, hausse de l’inflation et perte de pouvoir d’achat.
  - Effets de second tour : hausses salariales et de prix pouvant engendrer des spirales prix–salaires, surtout là où les anticipations d’inflation sont mal ancrées.
  - Réaction des marchés financiers : aversion au risque, compression de la valeur des actifs, augmentation des primes de risque, exode des capitaux et appréciation du dollar, freinant la demande globale.
- Groupes les plus vulnérables :
  - pays en développement à faible revenu importateurs d’énergie présentant des vulnérabilités macroéconomiques et des réserves limitées;
  - exportateurs de la région du Golfe exposés aux dommages, arrêts de production et ralentissement du tourisme;
  - pays d’origine des travailleurs migrants exposés à une baisse des envois de fonds.

### Scénarios et projections (hypothèses et résultats)
- Hypothèses générales :
  - Taux de change effectifs réels : constants aux niveaux moyens observés entre le 10 février et le 10 mars 2026, sauf monnaies du MCE II fixées nominalement par rapport à l’euro.
  - Cours moyen du baril de pétrole : 82,22 dollars le baril en 2026, et 75,97 dollars le baril en 2027.
  - Rendement des obligations d’État à trois mois (moyenne) : 3,5 % en 2026 et 3,3 % en 2027 pour les États-Unis; 2,0 % en 2026 et 2027 pour la zone euro; 0,9 % en 2026 et 1,4 % en 2027 pour le Japon.
  - Rendement des obligations d’État à 10 ans (moyenne) : 4,0 % en 2026 et 3,8 % en 2027 pour les États-Unis; 2,8 % en 2026 et 3,0 % en 2027 pour la zone euro; 2,3 % en 2026 et 2,4 % en 2027 pour le Japon.
  - Estimations et projections fondées sur les statistiques disponibles au 1er avril 2026.
- Prévisions de référence (conflit de courte durée) :
  - Croissance mondiale : 3,1 % en 2026 (révision à la baisse de 0,2 point par rapport à janvier); 3,2 % en 2027.
  - Inflation globale mondiale : 4,4 % en 2026 (contre 4,1 % en 2025); 3,7 % en 2027.
- Scénarios alternatifs :
  - Scénario défavorable : croissance mondiale 2,5 % en 2026; inflation 5,4 %.
  - Scénario pessimiste : croissance mondiale avoisinant 2 % en 2026 et 2027; inflation globale mondiale proche de 6 % d’ici 2027.
- Effets différenciés :
  - Révision à la baisse pour les pays émergents et en développement : 0,3 point de pourcentage pour 2026 (par rapport à la Mise à jour de janvier).
  - Conséquences sur les pays émergents et les pays en développement près de deux fois plus importantes que sur les pays avancés dans les scénarios défavorables.

### Scénarios calibrés (extraits de modélisations et calibrations)
- Scénario défavorable (calibration) :
  - Prix du pétrole (gaz) augmentent de 80% (160%) à partir du deuxième trimestre de 2026 par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2026; anticipations d’inflation à un an augmentent de 50 (90) points de base dans les pays avancés (les pays émergents hors Chine); primes de risque des entreprises augmentent de 50 (100) points de base dans les pays avancés plus la Chine (les pays émergents hors Chine); écarts de rendement souverains augmentent de 50 points de base dans les pays émergents hors Chine; resserrement s’estompe en 2027.
- Scénario très défavorable (calibration) :
  - Prix du pétrole (gaz) supérieurs de 100% (200%) à la Mise à jour des PEM de janvier 2026 à partir du deuxième trimestre de 2026 et restant à ce niveau en 2027; prix des produits alimentaires augmenteraient de 5% (10%) en 2026 (2027); anticipations d’inflation à 1 an augmentent de 100 (130) points de base dans les pays avancés (les pays émergents hors Chine).

### Effets macroclés tirés des projections consolidées
- Production mondiale (taux de croissance) : 2025 = 3,4 ; 2026 = 3,1 ; 2027 = 3,2.
- Prix moyen du pétrole (hypothèses) : 2026 = 82,22 dollars ; 2027 = 75,97 dollars. Le cours moyen du pétrole en 2025 était de 67,74 dollars le baril.
- Inflation mondiale (agrégat) : 2025 = 4,1 ; 2026 = 4,4 ; 2027 = 3,7.
- Hypothèses monétaires spécifiques :
  - États‑Unis : taux des fonds fédéraux atteint environ 3,1% d’ici la fin de 2027.
  - Zone euro : taux directeur augmente de 50 points de base dans le courant de l’année 2026.
  - Japon : taux directeur atteint progressivement un niveau neutre d’environ 1,5%.

### Exemples d’impacts régionaux et sectoriels
- Révisions régionales : pays à faible revenu importateurs nets d’énergie voient des révisions à la baisse de 0,5 point (scénarios sévères); pays avancés importateurs d’énergie révisés à la baisse de 0,2 point.
- Effets sur les prix des produits de base : cours énergétiques de base augmenteraient de 19% en 2026; prix du pétrole +21,4% correspondant à un cours moyen du pétrole au comptant (indice APSP) de 82 dollars le baril; cours du gaz naturel plus touchés que le pétrole; prix des denrées alimentaires haussent plus que prévu en octobre 2025.

### Leçons comparatives et dynamique inflationniste
- Comparaison avec 2022 :
  - Différences : marché du travail moins tendu, bilans du secteur privé normalisés, tensions inflationnistes antérieures plus faibles — suggérant qu’un choc modéré pourrait avoir un impact inflationniste plus limité qu’en 2022.
  - Contrepoids : niveau des prix plus élevé et anticipations d’inflation plus sensibles; la courbe d’offre est aujourd’hui plus plate, rendant la désinflation potentiellement plus coûteuse.
- Estimations empiriques sur le risque géopolitique :
  - Une augmentation d’un écart‑type du risque géopolitique associée à une baisse du PIB réel d’environ 0.8 percent un an après, et un niveau de prix supérieur d’environ 2.5 percent à celui du scénario de référence sans choc trois ans après.

### Recommandations de politique publique (principales orientations)
- Priorités générales :
  - Mettre fin rapidement et ordonnément au conflit pour limiter les dommages économiques.
  - Préserver la stabilité des prix et la stabilité financière.
  - Garantir la viabilité des finances publiques.
  - Mettre en œuvre rapidement des réformes structurelles.
- Politique monétaire :
  - Faire abstraction des chocs d’offre tant que les anticipations d’inflation restent bien ancrées.
  - Si les anticipations d’inflation se désancrent, la banque centrale doit agir vigoureusement pour les réancrer, priorisant cet objectif sur la croissance à court terme.
  - Favoriser la flexibilité des changes comme amortisseur; envisager un resserrement monétaire coordonné si le choc devient durable.
  - Maintenir transparence et indépendance des banques centrales.
- Politique budgétaire :
  - Éviter mesures budgétaires non ciblées (subventions énergétiques généralisées, plafonnement des prix).
  - Favoriser mesures de soutien ciblées, temporaires, assorties de clauses de caducité automatique et conformes aux plans budgétaires à moyen terme (par ex., transferts directs ciblés aux plus vulnérables).
  - S’abstenir de relance budgétaire en période d’accélération de l’inflation.
  - Si la détérioration financière s’intensifie, réorienter politiques monétaire et budgétaire vers le soutien de l’économie et du système financier, avec mesures financières et de liquidité adaptées.
  - Reconstituer les réserves : mobiliser recettes, redéfinir dépenses prioritaires, optimiser efficience des dépenses et gérer prudemment les recettes exceptionnelles.
- Stabilité financière et gestion des flux :
  - Surveillance prudentielle rigoureuse, analyses de scénarios, maintien de niveaux adéquats de fonds propres, liquidités et réserves.
  - Interventions temporaires sur le marché des changes et mesures de gestion des flux de capitaux peuvent se justifier en cas de fluctuations excessives ou désordonnées, si cohérentes avec la politique monétaire et budgétaire.
- Politique commerciale et coopération internationale :
  - Éviter le repli sur soi et les restrictions au commerce; privilégier coopération et actions coordonnées.
  - Renforcer l’intégration des échanges via des cadres commerciaux prévisibles, transparents et clairement communiqués.
- Mesures sectorielles et structurelles :
  - Encourager diffusion et adoption des technologies (IA) tout en investissant dans les compétences.
  - Accélérer l’adoption des énergies renouvelables pour accroître la résilience aux chocs énergétiques.
  - Favoriser coordination multilatérale pour les politiques industrielles relatives aux minéraux essentiels (terres rares).

### Risques géopolitiques, fragmentations et défis à moyen terme
- Tendance vers un monde plus multipolaire et potentiel accroissement de la fragmentation géoéconomique : réorientation des chaînes d’approvisionnement et multiplication d’accords commerciaux régionaux.
- Dépenses de défense :
  - Hausse des capacités de défense pourrait stimuler l’activité à court terme mais engendrer pressions inflationnistes, fragiliser viabilité budgétaire et extérieure, et évincer dépenses sociales.
- Technologies et IA :
  - IA agentique et investissements technologiques promettent des gains de productivité mais posent des risques de correction des prix des actifs et d’obsolescence de certains emplois; nécessitent politiques d’accompagnement.
- Principaux risques à la baisse :
  - Escalade géopolitique et crise énergétique majeure.
  - Désancrage des anticipations d’inflation et dégradation des conditions financières.
  - Fragilisation des institutions (perte d’indépendance des banques centrales).
  - Révisions à la baisse des attentes de profit liées à l’IA provoquant recul de l’investissement et correction des marchés financiers.

### Hypothèses, conventions et données clés
- Période de référence des données : disponibles au 1er avril 2026.
- Conventions notables :
  - « ... » indique données non disponibles ou non pertinentes.
  - – entre années ou mois indique la période couverte inclusivement.
  - / entre deux années indique un exercice budgétaire.
  - Par « points de base » : un centième de point (de pourcentage); 25 points de base = ¼ de point.
  - Référence au « dollar » = dollar des États-Unis sauf indication contraire.
- Changements institutionnels récents :
  - Le 1er janvier 2026, la Bulgarie est devenue le 21e pays membre de la zone euro; ses données figurent désormais dans les agrégats de la zone euro et des pays avancés.
  - Révisions pour le Yémen : données couvrent le territoire sous le contrôle du gouvernement internationalement reconnu.

*Source: Introduction, Perspectives de l’économie mondiale (PEM), Fonds monétaire international, Avril 2026.*

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Table of contents and major themes
- Introduction — 51
- Macroéconomie des dépenses de défense : introduction — 54
- Booms des dépenses de défense — 57
- Conséquences macroéconomiques des dépenses de défense : données empiriques — 60
- Conséquences macroéconomiques des dépenses de défense : simulations par modélisation — 65
- Conclusions et recommandations — 68
- Encadré 2.1. Montée en puissance des dépenses de défense : le cas de la Pologne — 70
- Encadré 2.2. Retombées des dépenses de défense — 71
- Bibliographie — 72
- Chapitre 3. Les conséquences macroéconomiques des conflits et des reprises — 75

*Source: text - Introduction, https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2026/april/french/text.pdf*

### Introduction                                                                                                            

### Introduction

### Contexte et principaux vecteurs d’impact
- Conflit déclenché fin février 2026 au Moyen-Orient, avec fermeture du détroit d’Ormuz et dommages aux installations de production d’hydrocarbures.
- Trois vecteurs déterminent l’impact global sur l’économie mondiale :
  - Effet direct : renchérissement des produits de base (énergie, engrais, produits chimiques, denrées alimentaires, transports, chauffage), perturbation des chaînes d’approvisionnement, hausse de l’inflation et perte de pouvoir d’achat.
  - Effets de second tour : hausses salariales et de prix pouvant engendrer des spirales prix–salaires, surtout là où les anticipations d’inflation sont mal ancrées.
  - Réaction des marchés financiers : aversion au risque, compression de la valeur des actifs, augmentation des primes de risque, exode des capitaux et appréciation du dollar, freinant la demande globale.
- Groupes les plus vulnérables : pays en développement à faible revenu importateurs d’énergie présentant des vulnérabilités macroéconomiques et des réserves limitées; risques aussi pour les exportateurs de la région du Golfe (dommages, arrêts de production, ralentissement du tourisme) et pour les pays d’origine des travailleurs migrants (baisse des envois de fonds).

### Scénarios et projections (hypothèses et résultats)
- Hypothèses générales de la publication :
  - Taux de change effectifs réels : constants aux niveaux moyens observés entre le 10 février et le 10 mars 2026, sauf monnaies du MCE II fixées nominalement par rapport à l’euro.
  - Cours moyen du baril de pétrole : 82,22 dollars le baril en 2026, et 75,97 dollars le baril en 2027.
  - Rendement des obligations d’État à trois mois (moyenne) : 3,5 % en 2026 et 3,3 % en 2027 pour les États-Unis; 2,0 % en 2026 et 2027 pour la zone euro; 0,9 % en 2026 et 1,4 % en 2027 pour le Japon.
  - Rendement des obligations d’État à 10 ans (moyenne) : 4,0 % en 2026 et 3,8 % en 2027 pour les États-Unis; 2,8 % en 2026 et 3,0 % en 2027 pour la zone euro; 2,3 % en 2026 et 2,4 % en 2027 pour le Japon.
  - Estimations et projections fondées sur les statistiques disponibles au 1er avril 2026.
- Prévisions de référence (hypothèse d’un conflit de courte durée) :
  - Croissance mondiale : 3,1 % en 2026 (révision à la baisse de 0,2 point par rapport à janvier); 3,2 % en 2027.
  - Inflation globale mondiale : 4,4 % en 2026 (contre 4,1 % en 2025); 3,7 % en 2027.
- Scénarios alternatifs :
  - Scénario défavorable (hausses plus fortes et durables des prix de l’énergie) : croissance mondiale 2,5 % en 2026; inflation 5,4 %.
  - Scénario pessimiste (perturbations prolongées jusqu’à l’année suivante, désancrage des anticipations d’inflation et resserrement des conditions financières) : croissance mondiale avoisinant 2 % en 2026 et 2027; inflation globale mondiale proche de 6 % d’ici 2027.
- Effets différenciés :
  - Révision à la baisse pour les pays émergents et en développement : 0,3 point de pourcentage pour 2026 (par rapport à la Mise à jour de janvier).
  - Les conséquences sur les pays émergents et les pays en développement seraient près de deux fois plus importantes que sur les pays avancés dans les scénarios défavorables.

### Leçons comparatives et dynamique inflationniste
- Comparaison avec la crise énergétique de 2022 :
  - En 2022, inflation mondiale très élevée et resserrement synchronisé des politiques monétaires, suivi d’une désinflation sans récession.
  - Différences actuelles : marché du travail moins tendu, bilans du secteur privé normalisés, tensions inflationnistes antérieures plus faibles — suggérant qu’un choc modéré pourrait avoir un impact inflationniste plus limité qu’en 2022.
  - Contrepoids : niveau des prix plus élevé et anticipations d’inflation plus sensibles; la courbe d’offre est aujourd’hui plus plate, rendant la désinflation potentiellement plus coûteuse.

### Recommandations de politique publique (principales orientations)
- Priorités générales :
  - Mettre fin rapidement et ordonnément au conflit pour limiter les dommages économiques.
  - Préserver la stabilité des prix et la stabilité financière.
  - Garantir la viabilité des finances publiques.
  - Mettre en œuvre rapidement des réformes structurelles.
- Politique monétaire :
  - Faire abstraction des chocs d’offre (par ex., hausse des prix de l’énergie) tant que les anticipations d’inflation restent bien ancrées.
  - Si les anticipations d’inflation se désancrent, la banque centrale doit agir vigoureusement pour les réancrer, priorisant cet objectif sur les préoccupations de croissance à court terme.
  - Favoriser la flexibilité des changes comme amortisseur; envisager un resserrement monétaire coordonné si le choc de l’offre devient durable.
  - Maintenir transparence et indépendance des banques centrales pour préserver la crédibilité.
- Politique budgétaire :
  - Éviter les mesures budgétaires non ciblées (subventions énergétiques généralisées, plafonnement des prix) qui sont souvent mal conçues et coûteuses.
  - Favoriser des mesures de soutien ciblées, temporaires, assorties de clauses de caducité automatique et conformes aux plans budgétaires à moyen terme (par ex., transferts directs ciblés aux plus vulnérables).
  - S’abstenir de relance budgétaire en période d’accélération de l’inflation.
  - Si la détérioration financière s’intensifie, réorienter politiques monétaire et budgétaire vers le soutien de l’économie et du système financier, avec mesures financières et de liquidité adaptées.
  - Reconstituer les réserves : mobiliser recettes, redéfinir dépenses prioritaires, optimiser efficience des dépenses et gérer prudemment les recettes exceptionnelles.
- Stabilité financière et gestion des flux :
  - Autorités de contrôle financier : surveillance prudentielle rigoureuse, analyses de scénarios, maintien de niveaux adéquats de fonds propres, liquidités et réserves.
  - Interventions temporaires sur le marché des changes et mesures de gestion des flux de capitaux peuvent se justifier en cas de fluctuations excessives ou désordonnées, si cohérentes avec la politique monétaire et budgétaire.
- Politique commerciale et coopération internationale :
  - Éviter le repli sur soi et les restrictions au commerce qui nuisent à la production; privilégier coopération et actions coordonnées.
  - Renforcer l’intégration des échanges via des cadres commerciaux prévisibles, transparents et clairement communiqués.
- Mesures sectorielles et structurelles :
  - Encourager diffusion et adoption des technologies (IA) tout en investissant dans les compétences pour atténuer les pertes d’emploi et soutenir la demande.
  - Accélérer l’adoption des énergies renouvelables pour accroître la résilience aux chocs énergétiques et soutenir la transition climatique.
  - Favoriser la coordination multilatérale pour les politiques industrielles relatives aux minéraux essentiels (terres rares), afin de limiter pertes de production liées aux perturbations des chaînes d’approvisionnement.

### Risques géopolitiques, fragmentations et défis à moyen terme
- Tendance vers un monde plus multipolaire et potentiel accroissement de la fragmentation géoéconomique :
  - Réorientation des chaînes d’approvisionnement et multiplication d’accords commerciaux régionaux.
  - Risque d’un recours accru à des politiques industrielles unilatérales pour sécuriser l’accès aux minéraux essentiels.
- Dépenses de défense :
  - Hausse des capacités de défense pourrait stimuler l’activité à court terme mais engendrer pressions inflationnistes, fragiliser viabilité budgétaire et extérieure, et évincer dépenses sociales.
- Technologies et IA :
  - Emergence de l’IA agentique et investissements technologiques promettent des gains de productivité mais posent des risques de correction des prix des actifs et d’obsolescence de certains emplois; nécessitent politiques d’accompagnement.
- Principaux risques à la baisse :
  - Escalade géopolitique et crise énergétique majeure.
  - Désancrage des anticipations d’inflation et dégradation des conditions financières.
  - Fragilisation des institutions (perte d’indépendance des banques centrales) augmentant les anticipations d’inflation.
  - Révisions à la baisse des attentes de profit liées à l’IA provoquant recul de l’investissement et correction des marchés financiers.

### Hypothèses, conventions et données clés
- Période de référence des données : disponibles au 1er avril 2026.
- Conventions notables :
  - « ... » indique données non disponibles ou non pertinentes.
  - – entre années ou mois indique la période couverte inclusivement.
  - / entre deux années indique un exercice budgétaire.
  - Par « points de base » : un centième de point (de pourcentage); 25 points de base = ¼ de point.
  - Référence au « dollar » = dollar des États-Unis sauf indication contraire.
- Changements institutionnels récents :
  - Le 1er janvier 2026, la Bulgarie est devenue le 21e pays membre de la zone euro; ses données figurent désormais dans les agrégats de la zone euro et des pays avancés.
  - Révisions pour le Yémen : données couvrent le territoire sous le contrôle du gouvernement internationalement reconnu.

*Source: Introduction, Perspectives de l’économie mondiale (PEM), Fonds monétaire international, Avril 2026.*

### 1. Importations des États-Unis

### 1. Importations des États‑Unis

### Flux commerciaux liés aux technologies — données et observations
- Graphique 1.4 illustre une « Poursuite d’une croissance vigoureuse des flux commerciaux liés aux technologies (En pourcentage, en glissement annuel) » pour :
  - Importations des États‑Unis (série temporelle avec points : Juin 2023, Sept. 23, Déc. 23, Mars 24, Juin 24, Sept. 24, Déc. 24, Mars 25, Juin 25 — échelle montrant valeurs comme 25, 50, 75, 100, 125, 150, 175, 200).
  - Exportations de la Chine (série temporelle avec points : Juin 2023, Sept. 23, Déc. 23, Mars 24, Juin 24, Sept. 24, Déc. 24, Mars 25, Juin 25, Sept. 25 — échelle montrant valeurs comme 60, 70, 80, 90, 100, 110, 120, 130).
- Sources cités pour ces séries : Antràs et Presbitero, 2026 ; Trade Data Monitor ; calculs des services du FMI.
- Note méthodologique : Moyenne mobile sur trois mois des valeurs en dollars non corrigées des variations saisonnières, sur la base des données sur les expéditions transfrontalières provenant de Trade Data Monitor. Ces données peuvent différer de celles de la balance des paiements.
- Catégories d’exportations technologiques indiquées :
  - Exportations technologiques vers les É.-U.
  - Autres exportations
  - Exportations technologiques vers le RDM
  - Total des exportations

### Définition et couverture des exportations « technologiques »
- Les exportations « technologiques » regroupent les codes 8419 et 8470 à 8473, et le chapitre 85 du Système harmonisé.
- Agrégat « Asie » : Cambodge, Chine, Corée, Indonésie, Japon, Malaisie, province chinoise de Taïwan, Singapour, Thaïlande, Viet Nam.
- Pour le Viet Nam, données incluent : ordinateurs, produits électroniques et pièces détachées ; téléphones, téléphones mobiles et pièces détachées ; fils et câbles isolés.
- RDM = reste du monde.

### Risque géopolitique et marchés financiers
- Graphique 1.6 : Risque géopolitique mondial (Indice ; dollars É.-U. par once) présente :
  - Indicateurs temporels couvrant Janv. 2016 à Mars 26.
  - Indices et échelles mentionnées : VIX (janv. 2016 = 100) ; cours de l’or au comptant (échelle de droite).
  - Sources : Caldara et Iacoviello, 2022 ; Chicago Board Options Exchange (CBOE) ; London Stock Exchange Group, Datastream ; calculs des services du FMI.
- Note : Indice mensuel mondial de risque géopolitique de Caldara et Iacoviello (2022). Données téléchargées depuis https://www.matteoiacoviello.com/gpr.htm le 2 avril 2026.
- Observations qualitatives :
  - Le déclenchement du conflit au Moyen‑Orient a provoqué un resserrement modéré des conditions financières mondiales.
  - Augmentation des rendements obligataires et baisse des cours des actions.
  - Appréciation du dollar ; volatilité des marchés restée relativement modérée.
  - Fortes fluctuations du cours de l’or mentionnées.

### Hypothèses mondiales et projections clés (extraites du texte)
- Hypothèse de base sur la durée du conflit : durée relativement courte, reprise progressive et normalisation de la production et des exportations de la région d’ici la mi‑2026.
- Projections des cours des produits de base :
  - Les cours des produits énergétiques de base devraient augmenter de 19% en 2026.
  - Les prix du pétrole devraient augmenter de 21,4%, correspondant à un cours moyen du pétrole au comptant (indice APSP) de 82 dollars le baril.
  - Les cours du gaz naturel devraient être plus touchés que ceux du pétrole.
  - Les prix des denrées alimentaires devraient augmenter plus que prévu en octobre 2025.
  - Les cours des métaux de base et des métaux précieux devraient maintenir la hausse enregistrée en 2025.
- Projections concernant la politique monétaire :
  - États‑Unis : le taux des fonds fédéraux devrait diminuer progressivement pour atteindre son niveau final d’environ 3,1% d’ici la fin de 2027.
  - Zone euro : le taux directeur devrait augmenter de 50 points de base dans le courant de l’année 2026.
  - Japon : le taux directeur devrait augmenter progressivement pour atteindre un niveau neutre d’environ 1,5%.
- Projections concernant la politique budgétaire :
  - Pays avancés : politique budgétaire, en moyenne, neutre en 2026, puis se resserrant au cours des dernières années de l’horizon de prévision.
  - États‑Unis : le ratio du solde budgétaire des administrations publiques rapporté au PIB devrait se détériorer de 0,7 point de pourcentage en 2026 pour s’établir à 7½%, en raison de l’adoption de la loi dite « One Big Beautiful Bill Act » (OBBBA), partiellement compensé par des recettes douanières supplémentaires.
  - Zone euro : le déficit de l’Allemagne devrait se creuser de plus de 1 point de pourcentage, à 3,8%.
  - Japon : déficit devant s’accroître de 1 point de pourcentage du PIB en 2026; maintien d’une politique budgétaire modérément expansionniste jusqu’en 2030.
  - Dette publique (sous politiques actuelles) :
    - États‑Unis : devrait passer de 124% du PIB en 2025 à 142% en 2031.
    - Zone euro : ratio dette/PIB passant de 87% en 2025 à 90% en 2031.
    - Pays émergents et pays en développement : dette publique devant augmenter de 74% en 2025 à 86% du PIB en 2031.
- Hypothèses relatives aux politiques commerciales :
  - Projections reposent sur les politiques en vigueur à fin mars.
  - Droits de douane effectifs des États‑Unis sous‑tendant les projections : 13,5% (contre 18,7% dans les prévisions d’octobre 2025).
  - Droits de douane effectifs imposés par le reste du monde sur les importations provenant des États‑Unis : 3,5%.

### Prévisions de croissance mondiale et scénarios alternatifs
- Prévisions avant le conflit (hypothèse ascendante) : croissance mondiale de 3,4% en 2026 et de 3,2% en 2027.
- Prévisions de référence (intégrant une guerre relativement courte) : croissance mondiale de 3,1% en 2026 et de 3,2% en 2027; production mondiale aux taux de change du marché : croissance de 2,6% en 2026 comme en 2027.
- Revision par rapport aux PEM avant le conflit : croissance à court terme revue à la baisse de 0,2 point de pourcentage.
- Disparités : pays à faible revenu importateurs de produits de base particulièrement pénalisés par la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires et par la dépréciation des taux de change.
- Scénarios modélisés (graphique 1.8) :
  - Scénario défavorable (calibration) : prix du pétrole (gaz) augmentent de 80% (160%) à partir du deuxième trimestre de 2026 par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2026; anticipations d’inflation à un an augmentent de 50 (90) points de base dans les pays avancés (les pays émergents hors Chine); primes de risque des entreprises augmentent de 50 (100) points de base dans les pays avancés plus la Chine (les pays émergents hors Chine); écarts de rendement souverains augmentent de 50 points de base dans les pays émergents hors Chine; resserrement s’estompe en 2027.
  - Scénario très défavorable (calibration) : prix du pétrole (gaz) supérieurs de 100% (200%) à la Mise à jour des PEM de janvier 2026 à partir du deuxième trimestre de 2026 et restant à ce niveau en 2027; prix des produits alimentaires augmenteraient de 5% (10%) en 2026 (2027); anticipations d’inflation à 1 an augmentent de 100 (130) points de base dans les pays avancés (les pays émergents hors Chine).

*Source : Fonds monétaire international, Avril 2026 (extraits du chapitre 1).*

### 2027. Troisièmement, les primes de risque des entreprises augmentent de 100 (200)

### 2027. Troisièmement, les primes de risque des entreprises augmentent de 100 (200)

### Hypothèses de choc et modifications des primes de risque
- Les primes de risque des entreprises augmentent de 100 (200) points de base dans les pays avancés plus la Chine (les pays émergents hors Chine) en 2026–27.
- Les écarts de rendement sur les obligations souveraines augmentent de 100 points de base dans les pays émergents hors Chine au cours de la même période.
- PEM = Perspectives de l’économie mondiale.

### Principales projections macroéconomiques (extraits)
- Production mondiale (taux de croissance, variations en pourcentage) : 2025 = 3,4 ; 2026 = 3,1 ; 2027 = 3,2.
- Pays avancés : 2025 = 1,9 ; 2026 = 1,8 ; 2027 = 1,7.
- Pays émergents et pays en développement : 2025 = 4,4 ; 2026 = 3,9 ; 2027 = 4,2.
- Chine : 2025 = 5,0 ; 2026 = 4,4 ; 2027 = 4,0.
- Inde : 2025 = 7,6 ; 2026 = 6,5 ; 2027 = 6,5.
- Prix moyen du pétrole (hypothèses, dollars le baril) : 2026 = 82,22 dollars ; 2027 = 75,97 dollars. Le cours moyen du pétrole en 2025 était de 67,74 dollars le baril.
- Prix à la consommation dans le monde : 2025 = 4,1 ; 2026 = 4,4 ; 2027 = 3,7.
- Hypothèses de taux d’inflation pour 2026 et 2027 : zone euro = 2,6 percent et 2,2 percent ; Japon = 2,2 percent et 2,3 percent ; États‑unis = 3,2 percent et 2,1 percent.

### Scénario défavorable (adverse)
- Chocs sur les prix :
  - Les prix du pétrole augmentent de 80 percent à partir du deuxième trimestre de 2026 par rapport au scénario de référence de la Mise à jour des PEM de janvier 2026, avant de retomber à environ 20 percent au‑dessus du niveau de référence en 2027.
  - Ce profil correspond à un indice APSP d’environ 100 dollars le baril en 2026 et d’environ 75 dollars en 2027.
  - Les prix du gaz augmentent de 160 percent pour l’Europe et l’Asie au deuxième trimestre par rapport au scénario de référence, cette hausse se résorbant en grande partie en 2027.
  - Les prix des denrées alimentaires augmentent de 2,5 percent.
- Anticipations d’inflation :
  - Les anticipations d’inflation à 1 an s’accroissent de 50 points de base dans les pays avancés d’ici 2027.
  - Les anticipations d’inflation à 1 an s’accroissent de 90 points de base dans les pays émergents hors Chine sur la même période.
  - Les anticipations d’inflation restent inchangées en Chine.
- Conditions financières et primes de risque :
  - Un épisode d’aversion pour le risque entraîne une hausse des primes de risque des entreprises de 50 points de base dans les pays avancés et en Chine.
  - Les pays émergents hors Chine enregistrent une hausse de 100 points de base des primes de risque des entreprises ainsi qu’une augmentation de 50 points de base des écarts de rendement sur les obligations souveraines.
  - Le resserrement des conditions financières s’estompe en 2027.
- Réponse des autorités :
  - Compte tenu de l’effet considérable sur les anticipations d’inflation, la réponse des autorités monétaires accorde moins d’importance qu’on ne le suppose généralement à la stabilisation de la production.

### Scénario très défavorable (very adverse) — éléments signalés
- Choc sur les prix des produits de base plus prononcé et persistant :
  - Les prix du pétrole augmentent de 100 percent à compter du deuxième trimestre de 2026 par rapport au scénario de référence de la Mise à jour des PEM de janvier 2026, et se maintiennent à ce niveau en 2027, avant de s’estomper en 2028.
- (Le texte signale d’autres effets plus sévères sur les prix, l’inflation et les conditions financières dans ce scénario très défavorable.)

### Effets sectoriels et régionaux notables
- Révisions de croissance par région et pays (extraits du tableau) : plusieurs pays et régions voient des révisions à la baisse par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2026, y compris des révisions de l’ordre de 0,2 à 0,5 point de pourcentage pour certains pays avancés et pays à faible revenu importateurs nets d’énergie.
- Pays à faible revenu importateurs nets d’énergie : prévisions révisées à la baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2026.
- Pays avancés importateurs d’énergie : prévisions révisées à la baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2026.
- Pays exportateurs nets d’énergie : prévisions révisées à la hausse ou neutres.

*Source : Fonds monétaire international, Avril 2026.*

### 2022. Les groupes sont composés en utilisant des pondérations en parité de pouvoir

### 2022. Les groupes sont composés en utilisant des pondérations en parité de pouvoir

### Scénarios de choc lié au conflit (défavorable et très défavorable)
- Hypothèses communes (extraits)
  - Prix du pétrole : indice APSP d’environ 110 dollars le baril en 2026 et d’environ 125 dollars en 2027.
  - Prix du gaz en Europe et en Asie : progression de 200% sur la même période.
  - Prix des denrées alimentaires : augmentation de 5% en 2026 et de 10% en 2027.
  - Anticipations d’inflation à un an : accroissement de 100 points de base dans les pays avancés d’ici 2027 et de 130 points de base dans les pays émergents hors Chine.
  - Aversion pour le risque : hausse des primes de risque des entreprises de 100 points de base dans les pays avancés et en Chine en 2026 (maintenues en 2027); pays émergents hors Chine voient leurs écarts de rendement souverains s’élargir de 100 points de base et leurs écarts de taux sur les obligations d’entreprise augmenter de 200 points de base.
  - Réponse monétaire : vise à contenir les pressions inflationnistes plutôt qu’à stabiliser la production.

- Scénario défavorable — effets mondiaux
  - Croissance mondiale : recul de 0,8 point de pourcentage pour s’établir à 2,5% en 2026.
  - Effet en 2027 : léger effet négatif de 0,2 point de pourcentage portant la croissance mondiale à 3,0% en 2027.
  - Inflation : supérieure de 1,5 point de pourcentage en 2026 (5,4%) et de 0,4 point de pourcentage en 2027 (3,9%).
  - Origine des effets : hausse des prix de l’énergie explique la plupart des effets sur l’inflation et plus de la moitié de ceux sur la croissance en 2026; en 2027, persistance due au durcissement des conditions financières et à la hausse des anticipations d’inflation, impliquant un léger relèvement des taux directeurs de 50 points de base dans les pays avancés d’ici à 2027 et une hausse un peu plus marquée dans les pays émergents.

- Scénario très défavorable — effets mondiaux
  - Croissance mondiale : baisse de 1,3 point de pourcentage en 2026 (frôlant la récession mondiale, croissance inférieure à 2%).
  - Croissance en 2027 : recul de 1,0 point de pourcentage pour s’établir à 2,2% en 2027.
  - Inflation : plus élevée de 190 points de base en 2026, atteignant 5,8%, et de 260 points de base en 2027, à 6,1%.
  - Effets énergie sur croissance : réduction de 0,6 point de pourcentage en 2026 et de 0,5 point de pourcentage supplémentaire en 2027.
  - Amplification par anticipations et conditions financières : réduction de la croissance de 0,7 point de pourcentage en 2026 et de 0,5 point de pourcentage en 2027, partiellement liée à une riposte monétaire plus agressive.
  - Taux des fonds fédéraux : augmentation de 50 points de base en 2026 et de 100 points de base en 2027 par rapport au scénario de référence.

- Incidence différenciée
  - Dans les deux scénarios, l’incidence sur les pays émergents est plus importante que sur les pays avancés.
  - Scénario défavorable : croissance en 2026 inférieure de 1,3 point de pourcentage dans les pays émergents hors Chine (par rapport au scénario de référence) et de 0,6 point de pourcentage dans les pays avancés.
  - Scénario très défavorable : baisse de la croissance en 2026 de 1,9 point de pourcentage dans les pays émergents hors Chine, soit près du double de la baisse observée dans les pays avancés.
  - Mécanismes : plus grande exposition à la hausse des prix des produits de base, perturbations de la production d’énergie, augmentation plus forte des anticipations d’inflation, durcissement plus prononcé des conditions financières.

### Prévisions de croissance — pays avancés
- Prévisions de référence
  - Croissance dans les pays avancés : 1,8% en 2026 et 1,7% en 2027.
  - Effet net du conflit au Moyen-Orient : croissance recule de 0,2 point de pourcentage en 2026 par rapport aux prévisions établies avant le conflit.

- États-Unis
  - Croissance : 2,3% en 2026; 2,1% en 2027.
  - Révision : révision à la baisse de 0,1 point par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2026.
  - Facteurs : politique budgétaire, effet différé des baisses du taux directeur en 2025, rebond de l’activité au T1 2026, progression de la productivité, impact limité des barrières commerciales et de la décision IEEPA sur recettes douanières.

- Zone euro
  - Croissance : 1,1% en 2026 et 1,2% en 2027 (contre 1,4% en 2025).
  - Révisions : revues à la baisse de 0,2 point de pourcentage pour chaque année par rapport à la Mise à jour des PEM de janvier 2026.
  - Facteurs : retombées négatives du conflit, renchérissement continu de l’énergie depuis l’invasion de l’Ukraine, appréciation réelle de l’euro, effet décalé des hausses programmées des dépenses de défense.

- Japon
  - Croissance : 0,7% en 2026 et 0,6% en 2027 (contre 1,2% en 2025).
  - Révisions : prévisions pour 2026 révisées à la hausse par rapport aux projections d’octobre 2025.
  - Facteurs : plan de relance budgétaire annoncé, effets de report de la demande intérieure, mesures pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie, contrebalancées par la demande extérieure et le conflit.

- Royaume-Uni
  - Croissance : 0,8% en 2026 (contre 1,3% en 2025) et 1,3% en 2027.
  - Révision : révision à la baisse de 0,5 point de pourcentage par rapport aux prévisions d’octobre 2025.
  - Facteurs : guerre et ralentissement de l’assouplissement monétaire, effets persistants de la hausse des prix de l’énergie.

- Canada
  - Croissance : 1,5% en 2026 (contre 1,7% en 2025) et 1,9% en 2027.
  - Facteurs : essoufflement de la dynamique fin 2025, ralentissement de la croissance démographique, soutien de l’assouplissement monétaire antérieur et d’une politique budgétaire accommodante.

### Prévisions de croissance — pays émergents et pays en développement
- Agrégat
  - Croissance : 3,9% en 2026 et 4,2% en 2027 (contre 5,5% en 2025 pour la sous-région Asie mentionnée plus bas).
  - Incidence nette du conflit : recul de la croissance de 0,3 point de pourcentage en 2026 par rapport aux prévisions établies avant le conflit.

- Asie (pays émergents et en développement)
  - Croissance régionale : 4,9% en 2026, puis 4,8% en 2027 (contre 5,5% en 2025).
  - Chine : 4,4% en 2026 (révision à la hausse de 0,2 point par rapport aux prévisions d’octobre; révision à la baisse de 0,1 point par rapport aux projections de janvier); 4,0% en 2027.
  - Inde : 7,6% en 2025 (révision à la hausse de 1,0 point par rapport aux prévisions d’octobre); 6,5% en 2026 (révision à la hausse de 0,3 point par rapport à octobre; 0,1 point par rapport à janvier) et 6,5% en 2027.
  - Philippines : révision à la baisse de 1,5 point de pourcentage pour 2026 par rapport aux prévisions de janvier.

- Moyen-Orient et Asie centrale
  - Croissance régionale : 3,6% en 2025, 1,9% en 2026, puis 4,6% en 2027.
  - Iran : prévisions abaissées de 7,2 points de pourcentage en 2026 par rapport à janvier, à -6,1% en 2026; prévisions pour 2027 révisées à la hausse de 1,6 point de pourcentage, à 3,2%.
  - Arabie saoudite : prévisions pour 2026 revues à la baisse de 1,4 point de pourcentage par rapport à la mise à jour de janvier, à 3,1%; prévisions pour 2027 révisées à la hausse de 0,9 point de pourcentage, à 4,5%.
  - Hétérogénéité : ralentissement plus prononcé à Bahreïn, Iran, Iraq, Koweït, Qatar; moins important en Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Oman.

- Afrique subsaharienne
  - Croissance régionale : 4,3% en 2026 et 4,4% en 2027.
  - Nigeria : croissance prévue à 4,1% en 2026 et 4,3% en 2027.
  - Afrique du Sud : croissance prévue à 1,0% en 2026 et 1,3% en 2027.
  - Autres pays de la région : croissance passant de 5,6% en 2025 à 5,2% en 2026 et 2027 (révision à la baisse de 0,6 point de pourcentage en termes cumulés par rapport aux projections de janvier).

- Amérique latine et Caraïbes
  - Croissance régionale : 2,3% en 2026 et 2,7% en 2027.
  - Brésil : 1,9% en 2026 (prévisions inchangées par rapport à octobre); 2,0% en 2027. Effet net positif d’environ 0,2 point de pourcentage en 2026 dû au statut d’exportateur net d’énergie.
  - Mexique : 1,6% en 2026 et 2,2% en 2027.

- Europe (pays émergents et en développement)
  - Croissance régionale : 2,0% en 2026 et 2,1% en 2027 (contre 2,0% en 2025).
  - Russie : révision à la hausse de 0,3 point de pourcentage de la croissance en 2026 par rapport aux prévisions de janvier, portant celle-ci à 1,1% en 2026; 1,1% en 2027.
  - Türkiye : croissance attendue pour 2026 révisée à la baisse de 0,8 point de pourcentage, à 3,4%.

### Prévision d’inflation
- Inflation mondiale (agrégat)
  - 4,1% en 2025, 4,4% en 2026, 3,7% en 2027.
  - Révision : hausse de 0,7 point de pourcentage pour 2026 par rapport aux PEM d’octobre 2025, tenant compte de la hausse attendue des prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
- Facteurs et divergences
  - Divergences entre pays alimentées par la persistance de l’inflation des services et par la part croissante de l’inflation imputable à des facteurs propres aux pays.
  - États-Unis : inflation hors alimentation et énergie devrait retrouver sa cible de 2% en 2027.
  - Mécanismes de désinflation : croissance forte et soutenue de la productivité convergeant lentement vers les normes historiques contribuera à une désinflation induite.

*Fonds monétaire international | Avril 2026*

### 1. Inflation mondiale moyenne

### 1. Inflation mondiale moyenne

### Tendances et projections d’inflation par pays
- Royaume‑Uni : l’inflation, qui a augmenté en 2025 en partie à cause des modifications ponctuelles des prix réglementés, devrait repartir temporairement à la hausse pour atteindre environ 4 percent avant de revenir à sa cible à la fin de 2027, lorsque les effets du renchérissement de l’énergie s’estomperont et que l’affaiblissement du marché du travail continuera d’exercer une pression à la baisse sur la croissance des salaires.
- Japon : l’inflation devrait reculer en 2026 par rapport au taux enregistré en 2025 et converger vers le niveau cible du pays d’ici à la fin de 2027, grâce à la baisse des prix de l’alimentation et des produits de base.
- Zone euro : l’inflation globale devrait s’accélérer temporairement pour dépasser 2 percent en 2026 et rester supérieure à son niveau cible en 2027. L’inflation hors alimentation et énergie devrait augmenter dans une moindre mesure, tout en restant supérieure à 2 percent jusqu’en 2028.
- Chine : le taux d’inflation, encore faible, devrait commencer à grimper.
- Inde : l’inflation devrait revenir à un niveau proche de sa cible après un net ralentissement en 2025, sous l’effet de l’atonie des prix alimentaires.

### Composantes et sources de variation
- La plage 1 représente l’inflation moyenne dans 27 pays pour lesquels des données sont disponibles. Tous les chiffres sont des moyennes simples.
- La plage 2 montre la part de la variation de l’inflation au niveau national non expliquée par l’inflation mondiale, représentée par la première composante principale de l’inflation dans 27 pays, calculée sur une fenêtre mobile sur deux ans.

### Incidences macroéconomiques des chocs géopolitiques sur l’inflation et le PIB
- Une augmentation d’un écart‑type du risque géopolitique est associée à :
  - une baisse du PIB réel d’environ 0.8 percent un an après le choc initial, du fait du recul de la consommation et de l’investissement privés.
  - un niveau de prix supérieur d’environ 2.5 percent à celui du scénario de référence sans choc trois ans après le choc.
  - une dépréciation du taux de change nominal d’environ 1.8 percent un an après le choc.
- La demi‑vie des épisodes de risques élevés est estimée à environ deux trimestres.
- Environ 10 percent de l’impact estimé sur le PIB peut être attribué à l’effet direct de la hausse des prix du pétrole, indiquant que d’autres canaux de transmission jouent un rôle beaucoup plus important.
- L’inflation hors alimentation et énergie augmente aussi, quoique de façon plus modérée, laissant supposer que l’effet inflationniste est principalement causé par les répercussions sur les prix des produits de base et les perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement alimentaire et énergétique.

### Scénarios de détérioration et conséquences sur les prix alimentaires
- Intensification des conflits et apparition de tensions politiques intérieures : volatilité des prix des produits de base, perturbations des chaînes d’approvisionnement, dépréciation des taux de change.
- Sécurité alimentaire menacée : perturbations sur les marchés des engrais à l’approche de la saison des semis entraînant une forte inflation des prix alimentaires.
- Effets sur pauvreté et balance des paiements : érosion des revenus réels et augmentation de la pauvreté dans les pays importateurs de produits de base, aggravation des déséquilibres extérieurs, difficultés de balance des paiements et troubles sociaux dans les pays aux réserves limitées.

### Indicateurs graphiques (extraits)
- Graphiques et mesures présentés dans le document :
  - Échelles illustrant l’inflation moyenne (plage 1) et la part de variation nationale non expliquée par l’inflation mondiale (plage 2) pour 27 pays.
  - Estimations de l’incidence des risques géopolitiques sur le PIB, la consommation, l’investissement, l’IPC global et l’IPC hors énergie et alimentation (échelles en pourcentage, trimestres en abscisse).

### Implications politiques et points d’attention
- Les aléas liés à la guerre au Moyen‑Orient et aux risques géopolitiques dominent les perspectives à la baisse et peuvent amplifier les pressions inflationnistes via les prix des produits de base et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
- Les politiques budgétaires et l’allocation des ressources (par exemple, accroissement des dépenses militaires) peuvent stimuler l’activité à court terme mais fausser l’affectation des ressources et imposer des arbitrages macroéconomiques non négligeables.
- Suivi nécessaire des prix alimentaires et des marchés d’intrants (engrais) en vue d’atténuer risques de fortes hausses de l’inflation alimentaire et de détérioration de la sécurité alimentaire.

_Extrait du chapitre « 1. Inflation mondiale moyenne », Perspectives de l’économie mondiale, Fonds monétaire international | Avril 2026_

### 4. Taux de change

### 4. Taux de change

### Méthodologie et données
- L’analyse utilise des projections locales, en neutralisant l’effet des risques géopolitiques décalés propres à chaque pays et de l’évolution des variables macroéconomiques, ainsi que des effets fixes pays et temps.
- Le risque géopolitique est mesuré à partir d’archives de journaux. Voir Caldara et al. (2026) pour de plus amples informations.
- Les données nationales ont été téléchargées à partir du site https://www.matteoiacoviello.com/gpr.htm.
- Les lignes correspondent aux estimations ponctuelles, et les zones ombrées, aux intervalles de confiance à 90 %.
- IPC = indice des prix à la consommation.

### Observations et impacts récents (extraits pertinents)
- Les fluctuations des taux de change peuvent amplifier les effets de la hausse des prix des produits de base sur l’inflation et la stabilité financière.
- Le dollar s’est déprécié de 6 % entre le 1er avril et la fin décembre, ce qui a:
  - dégagé des marges de manœuvre pour la politique monétaire à court terme,
  - renforcé les bilans dans les pays émergents et les pays en développement,
  - amélioré la compétitivité des pays dont les monnaies sont arrimées ou étroitement liées au dollar.
- Les fluctuations excessives ou désordonnées des taux de change peuvent amplifier l’inflation et la volatilité des marchés financiers.

### Analyse des risques et canaux de transmission
- Une dépréciation du taux de change accentue la transmission du choc des prix des produits de base à l’inflation domestique, variable selon:
  - l’exposition aux marchés des produits de base et la situation géographique,
  - la solidité de l’ancrage des anticipations d’inflation,
  - l’ampleur de la dépréciation du taux de change.
- Des anticipations d’inflation moins bien ancrées peuvent conduire à des effets de second tour plus marqués que lors de l’épisode 2021–22.
- Les tensions sur la viabilité des finances publiques peuvent se traduire par une réévaluation des coûts d’emprunt, resserrer les conditions financières globales et accentuer la volatilité des marchés financiers, avec retombées potentielles sur les taux de change et les flux de capitaux.

### Recommandations de politique liées aux taux de change
- Maintenir un régime de change flexible, mais ordonné:
  - Les taux de change doivent évoluer avec souplesse en réaction aux forces du marché afin de faciliter l’ajustement macroéconomique.
  - Le cadre stratégique intégré (Integrated Policy Framework) du FMI fournit des orientations pour prendre des mesures adaptées au contexte national lorsque des risques de fluctuations excessives sont imminents.
- Interventions et gestion des flux:
  - Dans certains cas, des interventions temporaires sur le marché des changes ou des mesures ciblées de gestion des flux de capitaux peuvent se justifier, parallèlement à des politiques monétaires et budgétaires judicieuses.
- Préserver l’indépendance et la crédibilité des banques centrales:
  - L’indépendance juridique et opérationnelle est essentielle pour ancrer les anticipations d’inflation et éviter une domination de la politique budgétaire.
  - Les banques centrales devraient être en mesure de maintenir une politique restrictive pendant une période prolongée si nécessaire.
- Renforcer la surveillance et la résilience:
  - Consacrer des ressources suffisantes pour recenser, quantifier et gérer les risques sur la stabilité financière, y compris l’impact des variations des taux de change sur les bilans publics et privés.
  - Maintenir des marges de manœuvre monétaire et budgétaire suffisantes ainsi que des niveaux adéquats de liquidités, de fonds propres et de réserves de change.
- Communication:
  - Les banques centrales doivent communiquer de manière claire et cohérente en temps utile pour préserver l’ancrage des anticipations d’inflation et réduire le risque de mouvements de change désordonnés.

*Fonds monétaire international | Avril 2026*

### 1. Biens

### 1. Biens

### Graphique 1.2.2 — Incidence de la distance géographique sur le commerce bilatéral
- Mesures présentées pour :
  - 1. Biens
  - 2. Services
- Périodes comparées : 2004–06; 07–09; 10–12; 13–15; 16–18; 19–21; 22—23.
- Méthodologie et notes :
  - Résultats fondés sur une estimation en panel d’un modèle de gravité structurel avec contrôles usuels; effets fixes importateur–temps, exportateur–temps et importateur–exportateur; et un coefficient variable dans le temps sur la distance géopolitique.
  - La «distance géopolitique » est mesurée comme étant la distance par rapport au point idéal entre les partenaires commerciaux.
  - Les lignes horizontales correspondent aux valeurs de 2004–06 pour chaque plage.
  - Les moustaches représentent les intervalles de confiance à 95 %.
  - Sources : Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) ; calculs des services du FMI.
  - Voir Li et al. (2025) pour de plus amples informations.

- Variante méthodologique pour la distance géographique :
  - Résultats fondés sur des estimations en coupes transversales répétées d’un modèle de gravité structurel, avec contrôles usuels et effets fixes pour les importateurs et les exportateurs.
  - La « distance géographique » est la distance moyenne pondérée entre les villes les plus peuplées des partenaires commerciaux.

### Encadré 1.3 — Évaluation des risques qui entourent les prévisions de référence
- Modèles utilisés :
  - Modèle du Groupe des Vingt (G20) du FMI pour calculer les intervalles de confiance autour des prévisions de référence des PEM.
  - Modèle monétaire et budgétaire mondial intégré (GIMF) du FMI pour analyser l’incidence de chocs et politiques plausibles non inclus dans les prévisions de référence actuelles.
- Trois scénarios envisagés :
  - A) Un renforcement des forces divergentes qui influent actuellement sur les perspectives.
  - B) Un retournement de l’expansion en cours liée à l’intelligence artificielle (IA), conjugué à un épisode mondial d’aversion pour le risque.
  - C) Un scénario de réforme.
- Caractérisation générale des scénarios :
  - Scénario A : neutre pour l’activité au cours de l’horizon couvert par les PEM, mais creuse les déséquilibres mondiaux.
  - Scénario B : négatif pour l’activité, mais réduit les déséquilibres.
  - Scénario C : positif pour l’activité et réduit les déséquilibres.
  - Ces scénarios sont distincts du scénario de choc sur les produits de base présenté dans le chapitre et sont complémentaires.

### Intervalles de confiance et probabilités
- Approche :
  - Le modèle du G20 génère des distributions autour des prévisions de référence en se fondant sur des chocs extraits des données historiques (Andrle et Hunt, 2020).
  - Distribution ajustée en suréchantillonnant les années marquées par des chocs négatifs sur la croissance.
- États-Unis :
  - Probabilité qu’une récession se produise en 2026 (croissance annuelle < 1 %) : estimée à 35 %.
  - Probabilité estimée dans les PEM d’octobre 2025 : 30 %.
  - Probabilité que l’inflation globale aux États-Unis dépasse les 4 % en 2026 : environ 33 % (contre 17 % en octobre 2025).
- Monde :
  - Probabilité que la croissance mondiale tombe en dessous de 2 % en 2026 : 25 % (inchangée par rapport à octobre).
  - Probabilité que l’inflation globale mondiale soit supérieure à 5 % en 2026 : 38 % (contre 25 %).

### Scénario A — la fracture s’élargit (principales strates et effets)
- Hypothèses et mécanismes :
  - Adoption de l’IA aux États-Unis entraîne un surcroît d’investissement concentré dans la puissance de calcul et l’infrastructure.
  - L’investissement est supérieur de 5 % aux prévisions de référence à l’horizon 2030 et demeure supérieur de 2 % au-delà.
  - Intensité en importations de l’investissement américain augmente (une large part des biens d’équipement liés à l’IA provient de pays émergents d’Asie).
  - En Chine : subventions à l’emploi dans le secteur exportateur augmentent progressivement de 4 % du PIB sur l’horizon des PEM, compensées par une baisse des transferts aux ménages; ces subventions entraînent une perte progressive de productivité dans le secteur exportateur (0,5 %).
  - Zone euro : à partir de 2026, la croissance de la productivité totale des facteurs progresse moins qu’escompté et est inférieure de 0,1 point de pourcentage par an sur cinq ans; contribution spécifique de l’investissement à la productivité recule de 0,05 point de pourcentage par an sur la même période; après 2030, la croissance retrouve le niveau des prévisions, mais l’effet sur la productivité est permanent.
  - Hausse persistante du taux d’épargne privée : de 1 point de pourcentage d’ici à 2030.
  - Droits de douane : à compter du milieu de 2026, Chine, zone euro et États-Unis imposent de façon permanente des droits de douane supplémentaires de 20 points de pourcentage sur l’ensemble de leurs échanges commerciaux.
- Effets quantifiés (2026–27) :
  - États-Unis : PIB croît de 0,2 % par rapport aux prévisions de référence en 2026 (0,5 % en 2027).
  - Investissement aux États-Unis : hausse comprise entre 2 et 4 % en 2026–27; une bonne part de l’impulsion va aux importations (de 2 à 3 %).
  - Dollar : dépréciation en termes réels et nominaux d’environ 3 %.
  - Inflation aux États-Unis : accélération modérée, de 10 à 20 points de base.
  - Taux des fonds fédéraux : révision à la hausse modeste, moins de 25 points de base d’ici à 2027.
  - Production mondiale : essor de 0,3 % en 2026–27.
  - Pays émergents d’Asie : principaux bénéficiaires de la forte hausse des importations des États-Unis (mention sans valeur chiffrée supplémentaire dans le texte).

### Scénario B — l’IA déçoit, épisode d’aversion pour le risque (principales strates et effets)
- Hypothèses et mécanismes :
  - Réévaluation des gains de productivité attendus de l’IA déclenche une baisse brutale de l’investissement réel dans le secteur des technologies, concentrée aux États-Unis.
  - Chute de l’investissement total de 3 % en 2026 par rapport aux prévisions de référence.
  - Intensité en importations de l’investissement est plus élevée qu’en temps normal.
  - Strate de baisse des prix des actifs et durcissement des conditions financières :
    - Marchés boursiers aux États-Unis chutent de 20 % en 2026.
    - Actions en dehors des États-Unis perdent 15 %.
    - Primes de risque des entreprises augmentent temporairement de :
      - 75 points de base aux États-Unis,
      - 50 points de base dans d’autres pays avancés et en Chine,
      - 75 à 100 points de base dans d’autres pays émergents.
    - Primes d’échéance sur obligations souveraines : hausse modérée et temporaire de 30 à 50 points de base dans les pays avancés et de 75 à 100 points de base dans les pays émergents.
  - Choc concentré aux États-Unis exerce des pressions à la baisse sur le dollar.
  - Les chocs devraient s’estomper sur l’horizon couvert par les PEM (hypothèse dans le texte).
- Effets (présentation graphique dans le texte) :
  - États-Unis, zone euro, Chine et monde : impacts négatifs sur le PIB (écarts en pourcentage par rapport aux prévisions de référence affichés dans les graphiques; valeurs graphiques non listées textuellement au-delà des chiffres ci‑dessus).

### Scénario C — des réformes permettent une reconfiguration (principales strates et effets)
- Hypothèses et mécanismes :
  - Chine :
    - Expansion budgétaire à court terme d’environ 0,5 % du PIB — hausse des dépenses sociales, entraînant une réduction du taux d’épargne, et mesures de soutien de l’investissement résidentiel — suivie d’un rééquilibrage progressif.
    - Soutien à la politique industrielle divisé par deux et efforts pour accroître le dynamisme entrepreneurial, stimulant la productivité.
  - Zone euro :
    - Investissement public augmente pour atteindre 1 % du PIB d’ici à 2027 et se maintient à ce niveau jusqu’en 2030; après 2030 il demeure en permanence supérieur de 0,4 % aux prévisions.
    - Sur l’horizon couvert par les PEM, environ deux tiers de l’essor des dépenses sont financés par le creusement du déficit; à compter de 2030, réallocation des dépenses existantes permet aux ratios d’endettement de retrouver progressivement leur niveau des prévisions.
    - Réduction permanente des coûts de financement des entreprises de 25 points de base grâce à des progrès vers l’Union des marchés de capitaux.
  - États-Unis :
    - Réformes budgétaires visant à réduire inefficiences des dépenses fiscales mal ciblées, déplacement de la charge fiscale du travail vers la consommation, maîtrise des coûts des soins de santé.
    - Réduction permanente de la consommation des administrations publiques.
    - Primes d’échéance : baisse de 50 points de base à compter de 2026.
    - Déficit budgétaire global : recule progressivement de 1 % du PIB après cinq ans.
  - Politiques commerciales :
    - Droits de douane imposés depuis janvier 2025 définitivement supprimés.
    - Réduction des taux effectifs sur les importations des États-Unis d’environ 10 points de pourcentage par rapport aux prévisions de référence.
    - Les partenaires commerciaux suppriment aussi les droits de douane sur les exportations américaines; exportations des États-Unis vers la Chine voient leurs taux effectifs baisser d’environ 10 points de pourcentage.
    - Réduction de l’incertitude équivalente approximativement à la valeur absolue du pic observé en 2018–19 dans la mesure de l’incertitude entourant les politiques économiques dans le monde (Davis, 2016).
- Effets (présentation graphique dans le texte) :
  - Scénario C génère des effets positifs sur le PIB pour les États-Unis, la zone euro, la Chine et le monde (écarts en pourcentage par rapport aux prévisions de référence affichés dans les graphiques; valeurs graphiques non listées textuellement au-delà des chiffres ci‑dessus).
  - Note : « Long terme » signifie au moins 50 ans.

_Encadré rédigé par Jared Bebee, Benjamin Carton, Chris Jackson, Gene Kindberg-Hanlon, Dirk Muir, Rafael Portillo, Pedro Rodriguez, Philippe Wingender et Rachel Zhang. Fonds monétaire international | Avril 2026 (text - 1. Biens)._

### 4. Monde

### 4. Monde

### Scénarios et impacts macroéconomiques généraux
- Scénario A (effets combinés de politiques et incertitudes commerciales)
  - Augmentation de la production mondiale de 0,3 à 0,4 percent (à court terme).
  - Chine : gains modestes de 0,5 percent du PIB à l’horizon 2030 par rapport aux prévisions de référence.
  - Termes de l’échange de la Chine : dégradation de 5 percent d’ici à 2030.
  - Inflation en Chine : inflexion de 40 points de base d’ici à 2028.
  - Exportations réelles de la Chine : niveau supérieur de 5,5 percent aux prévisions de référence d’ici à 2030.
  - Importations de la Chine : recul de 3 percent.
  - Taux d’épargne privée en Chine : augmentation de 1 percent du PIB.
  - Investissement mondial : modeste réduction des taux d’intérêt réels à l’échelle mondiale (moins de 10 points de base).
  - Europe : baisse de la productivité réduisant le PIB de la région de 1 percent d’ici à 2030.
  - Zone euro : investissement et consommation reculent respectivement de 1,5 et 3 percent d’ici à 2030.
  - Excédent du compte courant de la zone euro : augmentation de 0,7 percent du PIB.
  - Strate de hausse des droits de douane :
    - Réduit la production mondiale de 0,2 percent en 2026 et de 0,7 percent à long terme.
    - Incidence sur l’activité en 2026 : environ 0,75 percent pour la Chine et la zone euro; PIB des États-Unis recule de 0,4 percent.
    - Inflation dans les pays visés par les droits de douane : progression de 10 à 20 points de base en 2026–27.
    - Effets désinflationnistes dominent après 2027, particulièrement en Chine.
  - Effet conjugué du scénario A :
    - Négatif pour la zone euro.
    - Modérément négatif pour la Chine.
    - Modérément positif pour les États-Unis.
    - Excédents du compte courant dans la zone euro et la Chine continuent de gonfler; déficit courant des États-Unis se creuse d’une ampleur comparable.

### Scénario B (correction des valeurs liées à l’IA et choc financier)
- Incidence initiale sur l’investissement aux États-Unis : baisse de l’ordre de 3 à 4 percent en 2026–27.
- Effet sur le PIB des États-Unis : recul de 0,3 percent en 2026 et de 0,6 percent en 2027 par rapport aux prévisions de référence (effet atténué par forte intensité en importations).
- Activité en Asie (Chine, Japon et pays asiatiques émergents) : décroissance de 0,2 à 0,4 percent du PIB.
- Production mondiale : repli de 0,2 à 0,3 percent en 2026–27 dû à cette strate.
- Effets amplifiés par la correction du prix des actifs et le durcissement des conditions financières :
  - Consommation aux États-Unis : repli de 1 percent du PIB en 2026 via effets de patrimoine.
  - Consommation dans les autres pays : repli de l’ordre de 0,5 à 0,7 percent.
  - Investissement mondial : fléchit d’environ 1,5 percent (États-Unis et pays émergents enregistrent des baisses plus marquées).
  - Cette strate retranche 0,6 à 0,7 percent à la production mondiale en 2026–27.
- Effets additionnels sur les marchés financiers :
  - Resserrement des primes d’échéance : retranche 0,3 percent au PIB mondial en 2026.
  - Baisse de la demande d’actifs américains : neutre à l’échelle mondiale mais provoque une dépréciation du dollar de 6 percent en termes effectifs nominaux.
  - Dépréciation du dollar favorise la demande extérieure d’exportations américaines, aggravant le durcissement des conditions financières aux États-Unis.
- Effet conjugué du scénario B :
  - Baisse marquée du PIB des États-Unis de 1,5 percent en 2026 par rapport aux prévisions de référence.
  - Activité dans la zone euro : diminution de 1 percent.
  - Incidence sur la Chine : plus modérée, 0,3 percent.
  - Activité mondiale : chute de 1,2 percent.
  - Inflation et taux directeurs aux États-Unis : plus faibles que dans les prévisions de référence malgré la dépréciation du dollar.
  - Déséquilibres mondiaux : réduits sur la période couverte par les PEM.
    - Solde du compte courant américain : amélioration (le déficit se réduit) d’environ 1 percent du PIB.
    - Excédents du compte courant en Chine et dans la zone euro : s’amenuisent (incidence immédiate en Chine atténuée par dépréciation temporaire en termes réels du renminbi).

### Scénario C (réformes et désengagement des droits de douane)
- Chine :
  - Réformes abaissant le taux d’épargne privée de 2 percent, stimulant la consommation privée.
  - Relance de l’investissement résidentiel au cours de la période 2026–28.
  - Amélioration de la productivité à long terme et du potentiel de production de près de 2 percent.
  - PIB : augmentation de 1 à 2 percent au cours de l’horizon des PEM.
  - Inflation : hausse liée à la demande intérieure de 0,7 percent en 2027–30.
  - Excédent du compte courant : tassement de 1,5 percent du PIB sous l’effet de cette tranche.
  - Taux d’épargne durablement plus bas réduit la demande chinoise d’actifs étrangers et, en régime de change flexible, entraîne une appréciation en termes réels du renminbi.
- Zone euro :
  - Réformes : font monter le PIB entre 1 et 1,4 percent en 2026–27.
  - Inflation : accélération d’environ 30 points de base sur l’horizon des PEM.
  - Taux directeurs : relevés de 60 points de base sur la même période.
  - Accumulation de capital public accroît la productivité et le potentiel de production.
  - Excédent du compte courant de la région : s’affaiblit.
- États-Unis :
  - Réformes budgétaires réduisent la dette publique de 25 percent du PIB à long terme.
  - PIB : hausse de 0,7 percent en 2026–27 due à mesures favorables à la croissance et primes plus faibles.
  - Inflation nette des effets fiscaux : légèrement supérieure, tout comme les taux directeurs.
  - Reflux des déficits budgétaires : contribue à une diminution du solde du compte courant américain.
- Retrait des droits de douane et réduction de l’incertitude :
  - Augmentation du PIB mondial de 0,6 percent en 2026 (effets similaires d’un pays à l’autre).
- Effet combiné du scénario C :
  - Augmentation de la production mondiale de 1,2 percent d’ici à 2026 (1,5 percent à long terme).
  - Réduction des déséquilibres mondiaux.

### Évolution récente et risques sur les marchés des produits de base
- Prix du pétrole :
  - Hausse de 57,6 percent entre août 2025 et mars 2026, pour atteindre 105,8 dollars le baril.
  - Pic à 119 dollars le 10 mars (Brent), puis repli après annonces politique et cessez-le-feu.
  - Réduction des exportations de pétrole brut d’environ 8,5 millions de barils par jour suite à l’arrêt du transit par le détroit d’Ormuz.
  - Transit habituel : environ 20 millions de barils par jour (20 percent de la consommation quotidienne mondiale), dont 15 millions contiennent du pétrole brut.
  - Réserves commerciales et stratégiques mondiales : 8 milliards de barils (plus haut niveau depuis 5 ans).
  - Courbe des contrats à terme : fort déport (prix au comptant supérieurs aux prix à terme), signalant perturbations et risque géopolitique élevé.
- Prix du gaz naturel :
  - TTF (Europe) : hausse de 61 percent entre août 2025 et mars 2026, pic à 17,7 dollars par MMBTU.
  - GNL asiatique : hausse de 80,6 percent depuis août 2025, atteignant 20,8 dollars par MMBTU.
  - Henry Hub (États-Unis) : augmentation de 4,9 percent, atteignant 3 dollars par MMBTU.
  - Marchés à terme TTF : déport persistant, atteignant 7,5 dollars par MMBTU à l’horizon 2031 (anticipation d’un doublement des capacités d’exportation des États-Unis d’ici à 2027).
  - Prix Henry Hub à terme : devraient osciller aux alentours de 3,5 dollars par MMBTU jusqu’en 2031.
- Métaux :
  - Indice des cours des métaux du FMI : bond de 36,6 percent entre août 2025 et mars 2026.
  - Or : hausse de 44,4 percent, atteignant des prix records dépassant les 5,000 dollars l’once avant la correction récente.
  - Cuivre : hausse de 29,5 percent après accidents dans des mines au Chili et en Indonésie.
  - Aluminium : hausse de 29,8 percent à la suite de la mise à l’arrêt de fonderies en Islande, au Mozambique et au Moyen-Orient (environ 9 percent de la production mondiale).
  - Tendances : prises de bénéfices et relèvement des anticipations de taux d’intérêt/ appréciation du dollar ont provoqué une correction sur les métaux précieux depuis le début du conflit; prix des métaux de base restent sous pression haussière.
- Denrées alimentaires et boissons :
  - Indice des prix des denrées alimentaires et des boissons du FMI : gain de 4,7 percent entre août 2025 et mars 2026.
  - Boissons : baisse de 24,8 percent ; cacao : chute de 57,4 percent (météo favorable en Afrique de l’Ouest), café : baisse de 9,9 percent (récolte historique au Brésil et amélioration de l’offre au Viet Nam).
  - Denrées alimentaires (hors boissons) : augmentation prévue de 6,0 percent en 2026.
  - Céréales : rebond après niveaux historiquement bas au premier trimestre de 2026, en raison d’inquiétudes météorologiques dans de grandes régions de production.
  - Risque de hausse additionnelle : si le conflit se prolonge, augmentation des prix du transport et des engrais (produits à partir de gaz naturel) combinée à une demande accrue de matières premières pour agrocarburants pourrait entraîner une hausse plus marquée des prix des denrées alimentaires, notamment des céréales.
- Pénuries de terres rares :
  - Dossier spécial conclut que de telles pénuries pourraient imposer d’importantes pertes de PIB aux pays importateurs.
  - Recommandation : éviter les tensions et les restrictions commerciales; promouvoir un approvisionnement stable par la coopération entre importateurs.
  - Remarque : politiques industrielles ciblées pour réduire les risques sur les chaînes d’approvisionnement sont coûteuses budgétairement, mais ces coûts sont moindres lorsqu’elles sont menées simultanément par plusieurs importateurs.

*Source : estimations des services du FMI.*

### 2. Projections des prix du pétrole brut de Brent

### 2. Projections des prix du pétrole brut de Brent

### Contexte
- Depuis 2020, des vagues successives de restrictions aux échanges imposées par tous les grands blocs économiques ont nui à la coopération internationale et à la croissance.
- En avril 2025, peu après l’annonce par les États-Unis de droits de douane considérables visant la plupart de leurs partenaires commerciaux, la Chine — le premier producteur de terres rares (TR) au monde — a instauré un système de licences d’exportation obligatoires pour sept TR et les aimants permanents en TR, entraînant des perturbations de l’approvisionnement temporaires, mais graves, pour les producteurs de produits manufacturés du monde entier.
- Le dossier spécial vise à répondre à deux questions :
  - 1) quelle serait l’incidence macroéconomique d’une perturbation majeure des approvisionnements en TR sur différents secteurs et pays ?
  - 2) quel serait le coût d’une réduction suffisante des risques liés à la chaîne d’approvisionnement en TR au cours de la prochaine décennie ?

### Importance et usages des terres rares (TR)
- Les TR sont un groupe de métaux chimiquement proches, classés en terres rares légères (LREE) et terres rares lourdes (HREE).
- Propriétés : magnétisme et amélioration catalytique exceptionnels, utilisées en petites quantités mais essentielles pour :
  - industrie automobile (véhicules électriques),
  - énergies renouvelables,
  - raffineries de pétrole,
  - systèmes de défense,
  - semi-conducteurs,
  - électronique grand public.
- Les aimants permanents constituent sans doute l’application la plus importante des TR ; ils contiennent jusqu’à quatre TR combinées avec du fer et du bore.

### Taille du marché et concentration de la valeur
- Marché en 2024 :
  - oxydes de terres rares (OTR) : quelque 6 milliards de dollars,
  - aimants permanents : approximativement 25 milliards de dollars (Market Data Forecast, 2025).
- Quatre éléments portent la valeur croissante du marché : néodyme, praséodyme (LREE), terbium, dysprosium (HREE).
- Ces 4 éléments clés des aimants s’adjugent 96 percent de la valeur du marché de la totalité des OTR alors qu’ils ne représentent que 23 percent de leur production en poids.
- L’application principale des TR — les aimants permanents — explique 83 percent de la valeur de la totalité des OTR.

### Chaîne d’approvisionnement : étapes et contraintes
- Principales étapes : extraction minière → concentration → séparation d’éléments similaires (par solvants) → raffinage des métaux ou alliages → fabrication d’aimants permanents.
- La séparation est particulièrement exigeante techniquement (centaines de phases de traitement) et très polluante.
- La mise en place de nouvelles capacités de séparation et de raffinage nécessite des milliards d’investissements en capital, des approbations réglementaires sur des années et un savoir-faire technique spécialisé, rendant la diversification rapide extrêmement difficile.

### Domination de la Chine et points de blocage
- Diversification minière des LREE a réduit la part de la Chine dans la production mondiale : de 97 percent à son pic en 2010 à 58 percent en 2024 (graphique cité).
- Cependant, la Chine conserve :
  - 88 percent de la capacité mondiale de séparation des oxydes,
  - 93 percent du raffinage des métaux.
- Pour les HREE, la Chine est en quasi-monopole sur l’ensemble de la chaîne :
  - 98 percent de l’extraction minière (dont opérations au Myanmar),
  - 97 percent de la séparation des oxydes,
  - 95 percent du raffinage des métaux,
  - 90 percent de la production d’aimants permanents (Bedford, 2025).
- Cette concentration crée des points de blocage potentiels, particulièrement aux étapes de la séparation et du raffinage où la quasi-totalité des concentrés de terres rares transite par des installations de traitement chinoises.
- La production d’aimants permanents est aussi largement dominée par la Chine (90 percent du marché), bien que des producteurs existent au Japon, aux États-Unis et en Europe à une échelle plus modeste.

### Implications et constat d’urgence
- La structure concentrée de la chaîne d’approvisionnement, le potentiel de perturbations et les obstacles à une diversification rapide constituent des facteurs menant à des points de blocage lorsque réunis.
- La nature stratégique de l’industrie manufacturière moderne et la fonction centrale des TR dans la transition vers les énergies propres rendent urgente la compréhension de l’économie des TR et l’accélération des efforts de relocalisation et de diversification des sources d’importation.
- La diversification de l’exploitation minière seule ne suffit pas : les goulets d’étranglement majeurs se situent aux étapes de la séparation et du raffinage, qui exigent investissements, réglementations et savoir-faire sur le long terme.

*Source : Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale : L’économie mondiale menacée par la guerre (Avril 2026).*

### 4. Exportations chinoises d’aimants

### 4. Exportations chinoises d’aimants permanents en terres rares

### Données et sources
- Sources : Banque mondiale, World Integrated Trade Solution (WITS) ; Bedford, 2025 ; calculs des services du FMI.
- Remarques sur les données : les données des plages 1 et 2 sont basées sur la production de 2023–24, synthétisée dans Bedford (2025). Les données des plages 3 et 4 datent de 2024 (issues de la plateforme WITS).
- Définitions : LREE = terres rares légères ; HREE = terres rares lourdes.
- Série de commerce utilisée pour les aimants : « CN : Export : HS 8 : Permanent Magnets or Articles Going to Be Permanent Magnets, of Rare‑Earth Metals », code HS 850511.

### Substituabilité des terres rares et des aimants permanents
- Les HREE sont plus difficiles à remplacer que d’autres éléments : score de 78 sur 100 sur l’indice de substituabilité (100 indique l’absence de substitut approprié) contre 57 pour les éléments qui ne sont pas des TR (Graedel et al., 2015).
- Certaines terres rares sont non substituables ; d’autres peuvent être partiellement remplacées par des solutions de qualité inférieure si suffisamment de temps et de ressources sont mobilisés.
- Les performances supérieures des aimants permanents rendent une substitution à grande échelle improbable dans un avenir proche.

### Incidence macroéconomique des perturbations de l’approvisionnement
- Chronologie récente des restrictions et impacts :
  - 4 avril 2025 : la Chine instaure des exigences spéciales en matière de licences, principalement pour les HREE et produits connexes, notamment les aimants permanents.
  - Entre avril et juin 2025 : net ralentissement mondial des exportations d’aimants permanents ; exportations chutant d’environ 70 percent en glissement annuel à fin mai 2025.
  - Octobre 2025 : la Chine annonce un nouveau durcissement des règles d’octroi des licences.
  - Novembre 2025 : ces licences sont suspendues au titre d’un accord avec les États‑Unis.
  - Janvier 2026 : la Chine restreint les exportations de HREE vers le Japon.
  - Janvier–février 2026 : la croissance soutenue des exportations de TR se poursuit.
- Importance économique aval : les TR, bien que marché relativement modeste, permettent de débloquer des milliers de milliards de dollars de création de valeur en aval dans de multiples secteurs mondiaux.
- Estimations de la dépendance sectorielle (analyse FMI fondée sur USGS) :
  - Les TR sont utilisées comme intrants dans 34 des 405 secteurs de l’économie américaine (Nassar et al., 2025).
  - Ces secteurs ont créé 233 milliards de valeur ajoutée en 2017, soit 0,8 percent du PIB nominal des États‑Unis.
  - Parts estimées de la valeur ajoutée tributaire des TR dans d’autres pays :
    - Allemagne : 2,5 percent
    - France : 0,4 percent
    - Inde : 1,3 percent
    - Japon : 1,7 percent
    - Royaume‑Uni : 0,6 percent
- Aux États‑Unis, les aimants permanents représentent environ 70 percent de la « valeur ajoutée à risque » (VAAR).

### Modélisation et simulation des perturbations
- Cadre : modèle de petite économie ouverte intégrant interconnexions en réseau, calibré sur tableaux entrées‑sorties intégrant les TR (Silva et al., 2024; extension incorporant contraintes importées liées aux TR).
- Scénario simulé : réduction persistante de 80 percent de tous les intrants de TR — oxydes, métaux, alliages et aimants — appliquée à un ensemble de grands pays dépendants des TR (scénario calé sur concentration moyenne des importations auprès d’un fournisseur unique).
- Résultats majeurs :
  - Sous faible possibilité de substitution (scénario de base, horizons courts < 1 an), amplification via interconnexions en réseau :
    - Chute du PIB de 1,5 percent aux États‑Unis — près de deux fois la perte anticipée par la VAAR.
    - Chute du PIB d’environ 1,2 percent en Allemagne — alors que la VAAR annonce 2,5 percent.
  - Sous forte élasticité de substitution (réflexion d’ajustements à moyen terme, horizons supérieurs à cinq ans), les pertes de PIB deviennent négligeables : seulement 0,006 percent en moyenne.
- Paramètres d’élasticité illustratifs :
  - Scénario à forte élasticité : élasticité de substitution de 0,8 entre les biens importés et leurs variétés (référence Alfaro et al., 2025).
  - Scénario à faible élasticité : élasticité de substitution de 0,015.

### Réponses adoptées et instruments de politique
- Stratégies d’adaptation observées :
  - Constitution de stocks : protection à court terme mais limitations pratiques et ne résout pas les dépendances structurelles.
  - Recyclage : prometteur à long terme mais insuffisant pour répondre à une expansion rapide du marché.
  - Relocalisation et diversification des importations : principales réponses à moyen terme, mais coûteuses et soumises à des défis de mise en œuvre (délais, coordination, main‑d’œuvre qualifiée).
- Politiques industrielles mises en œuvre après avril 2025 :
  - Prix planchers et accords d’achat de la production pour sécuriser les investissements sur des marchés instables ; mention d’un prix du néodyme d’environ 55 dollars/kg.
  - Soutien financier direct (apports de fonds propres, prêts et subventions) pour fournir des capitaux et signaler un engagement à long terme.
  - Accords multinationaux (octobre 2025) entre les États‑Unis et l’Australie, le Japon, la Malaisie et la Thaïlande, et plan d’action du G7 sur les minéraux critiques — visent un financement conjoint et des passations des marchés coordonnées.
  - Montant mobilisable estimé : quelque 6,4 milliards de dollars de fonds publics et privés pour réduire les risques pesant sur les chaînes d’approvisionnement en TR.
- Effets observés sur les marchés financiers : amélioration des perspectives financières d’entreprises cotées du secteur hors Chine (échantillon final : 89 entreprises).

### Quantification des coûts et de l’efficacité des politiques industrielles
- Modèle commercial dynamique calibré du marché mondial des terres rares : producteurs de différents pays investissent dans capacités d’extraction et de traitement pour produire TR brutes et transformées.
- Objectif d’illustration : instruments calibrés pour obtenir 25 percent d’autosuffisance dans le traitement des terres rares aux États‑Unis à l’horizon 2035 (repère supérieur de 15 points de pourcentage au scénario de base).
- Conclusions de l’analyse de coût‑efficacité :
  - Interventions considérables nécessaires pour atteindre 25 percent d’autosuffisance.
  - Scénario unilatéral (subventions à l’investissement ciblant les raffineurs américains) : subventions doivent couvrir 77,2 percent du total des coûts d’investissement pour atteindre 25 percent d’autosuffisance d’ici à 2035.
  - Scénario unilatéral (prix plancher) : prix plancher équivalant à 2,4 fois la taille du marché sur la période.
  - Mise en œuvre internationale (raffineurs situés en dehors de la Chine) : subventions à l’investissement mises en œuvre à un taux de 77,8 percent ; prix planchers mis en œuvre à un prix fixé à 2,2 fois le prix du marché sur la période.
- Hypothèses de demande mondiale retenues pour le scénario de référence : croissance de la demande mondiale de 4,7 percent sur la période 2025–29, et de 1,42 percent sur la période 2030–34.
- Remarque : des objectifs plus ambitieux (p.ex. 50 percent d’autosuffisance) font l’objet d’analyses complémentaires dans l’annexe en ligne 1.1, partie III.

*Fonds monétaire international | Avril 2026*

### 1. Niveau d’autosuffisance

### 1. Niveau d’autosuffisance

### Résumé des conclusions principales
- Les capacités existantes d’extraction et de raffinage des TR étant déjà vastes, l’élargissement de la production sur un marché bien fourni entraîne une baisse des prix et des profits.
- Les interventions publiques doivent être plus généreuses afin d’induire la mise en place de capacités supplémentaires lorsque les prix et profits chutent.
- Les subventions à l’investissement sont généralement plus efficientes sur le plan budgétaire que les prix planchers en valeur actualisée nette pour atteindre un objectif d’autosuffisance donné.
- Une action simultanée des pays importateurs réduit le coût budgétaire nécessaire pour atteindre un niveau donné d’autosuffisance.

### Comparaison des instruments (subventions à l’investissement vs prix planchers)
- Subventions à l’investissement :
  - Visent les nouvelles capacités.
  - Génèrent moins d’effets d’aubaine en faveur des producteurs historiques.
  - La valeur actualisée nette des subventions versées est inférieure à celle des interventions liées à un prix plancher pour un même objectif d’autosuffisance.
- Prix planchers :
  - Soutiennent la production existante en plus des nouvelles capacités.
  - Gèrent des effets d’aubaine plus importants pour les producteurs historiques.

### Effets temporels et coût budgétaire à court terme
- Les subventions à l’investissement sont plus coûteuses à court terme que les prix planchers parce qu’elles concentrent en début de période les dépenses budgétaires (voir graphique 1DS.8, plage 2).
- Sur le long terme, les coûts des subventions baissent une fois que l’investissement se limite en grande partie à remplacer le capital déprécié.

### Scénarios et incidence de l’action simultanée
- Objectif d’autosuffisance de 25 % dans le cadre du scénario unilatéral :
  - Les coûts budgétaires pour les États-Unis relatifs aux subventions à l’investissement au cours de la première décennie s’élèvent à 141 % de la taille du marché annuel dans le pays — l’équivalent de quelque 1,19 milliard de dollars (sur la base d’un marché de 0,81 milliard de dollars).
- Action simultanée :
  - Réduit le coût budgétaire permettant d’atteindre un niveau donné d’autosuffisance.
  - Permet d’atteindre l’autosuffisance grâce à une montée en capacité moins concentrée, une partie du coût budgétaire étant supportée par les économies qui mettent en place ces incitations.
  - Ces pays peuvent tirer parti de l’efficience accrue des États-Unis dans le traitement des TR et enregistrer des gains considérables en matière d’autosuffisance, moyennant des coûts budgétaires comparativement plus faibles.

### Chiffres clés
- Objectif d’autosuffisance examiné : 25 %.
- Coût budgétaire estimé pour les États-Unis (subventions à l’investissement, première décennie, scénario unilatéral) : 141 % de la taille du marché annuel aux États-Unis.
- Équivalent monétaire mentionné : 1,19 milliard de dollars (sur la base d’un marché de 0,81 milliard de dollars).
- Taille du marché mondial des TR : environ 6 milliards de dollars.
- Part de marché des États-Unis : 14 % = 0,81 milliard de dollars.

*Source : PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : L’ÉCONOMIE MONDIALE MENACÉE PAR LA GUERRE (extrait).*

### Conclusion

### Conclusion

### Perturbations de l’approvisionnement en terres rares (TR) et impacts macroéconomiques
- Des perturbations de grande ampleur de l’approvisionnement en terres rares pourraient faire reculer sensiblement le PIB dans de nombreux pays, notamment à court terme lorsque les options de substitution sont limitées.
- Éviter les tensions et les restrictions commerciales demeure l’option à privilégier pour favoriser un approvisionnement stable en TR.
- Une analyse par modélisation indique que la réduction des risques pesant sur les chaînes d’approvisionnement au moyen de politiques industrielles ciblées est coûteuse sur le plan budgétaire.
- Les coûts sont moindres si :
  - cette réduction des risques est menée par divers importateurs de manière simultanée, et
  - les instruments mis en œuvre par les pouvoirs publics visent directement la création de nouvelles capacités de production.
- Selon les travaux de recherches du FMI, il convient de recourir aux politiques industrielles avec prudence (Baquie et al., 2025).
- Politiques structurelles complémentaires recommandées :
  - octroi simplifié des permis miniers,
  - investissements dans les compétences spécialisées requises par le secteur — de la chimie de la séparation à la métallurgie —,
  - allocation concurrentielle des subventions.
- Pour une analyse plus détaillée, voir Bogmans, Cuadros Bloch et al. (à paraître).

*Source : Conclusion (text - Conclusion), Fonds monétaire international — Avril 2026.*

### Tendances récentes et effets macroéconomiques des dépenses de défense
- Tendances observées :
  - Au cours des cinq dernières années, la moitié environ des pays du monde ont augmenté leur budget militaire.
  - En 20 ans, les ventes d’armes des plus grandes entreprises mondiales d’armement ont doublé en termes réels.
  - L’étude puise dans un ensemble de données couvrant 164 pays depuis 1946.
- Caractéristiques des booms des dépenses de défense :
  - En règle générale, en période de boom (qui dure plus de deux ans et demi), les dépenses de défense progressent d’environ 2,7 points de pourcentage du PIB.
  - Environ deux tiers de cette progression sont financés par un creusement des déficits.
- Effets à court et moyen terme :
  - Le renforcement des capacités de défense peut stimuler l’activité économique à court terme — en augmentant la consommation et l’investissement, en particulier dans les secteurs liés à la défense — mais il entraîne aussi une accélération temporaire de l’inflation et crée d’importantes difficultés à moyen terme.
  - En moyenne, le déficit budgétaire se creuse d’environ 2,6 points de pourcentage du PIB.
  - La dette publique croît d’environ 7 points de pourcentage dans les trois ans suivant le début du renforcement.
  - Les soldes extérieurs se dégradent car la demande s’oriente vers le matériel importé.
- Effets en temps de guerre :
  - En temps de guerre, les booms sont particulièrement coûteux : la dette publique bondit de 14 points de pourcentage du PIB environ, tandis que les dépenses sociales reculent en termes réels.
- Multiplicateurs et hétérogénéité :
  - Les multiplicateurs des dépenses de défense sont en moyenne proches de 1, mais ils varient largement en fonction de la durée des dépenses, de leur mode de financement et de leur répartition, ainsi que de la quantité de matériel importé.
  - Une augmentation du budget de la défense principalement financée par le déficit et allouant la majeure partie des dépenses à la consommation produit un maximum d’effets sur la demande à court terme, mais risque d’entraîner une surchauffe de l’économie et requiert une étroite coordination avec la politique monétaire.
  - Un renforcement des capacités de défense qui privilégie l’investissement public et favorise des marchés plus intégrés pour la production de matériel militaire pourrait soutenir la croissance de la productivité à long terme.

*Source : Conclusion (text - Conclusion), Fonds monétaire international — Avril 2026.*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et évolution récente
- Avec la fin de la Guerre froide, le nombre de conflits a diminué, puis les tensions géopolitiques ont réapparu au milieu des années 2010 et le nombre de conflits a nettement augmenté depuis.
- Sur la période 2020-24, 50 % des pays du monde ont relevé leur budget alloué à la défense.
- En 2024, près de 40 % des pays ont consacré plus de 2 % du PIB à la défense, contre 27 % en 2018.
- Les ventes d’armes des 100 premières entreprises d’armement mondiales ont doublé en termes réels au cours des 20 dernières années, selon la base de données SIPRI.
- En juin 2025, les membres de l’OTAN se sont engagés en juin 2025 à porter leurs dépenses annuelles de défense et de sécurité à 5 % de leur PIB d’ici 2035, un chiffre plus de deux fois supérieur à la directive de 2 % donnée précédemment.
- Contexte de contraintes concurrentes : niveau élevé et croissant de la dette publique et pressions grandissantes sur les dépenses pour les infrastructures, services publics, transition écologique, soins de santé et pensions (références citées : Acalin et al. 2025 ; Eble et al. 2025).

### Objectifs et approche du chapitre
- Questions centrales traitées :
  - Caractérisation des booms des dépenses de défense : fréquence, ampleur, durée, différences entre temps de guerre et temps de paix et entre pays avancés et pays émergents/pays en développement, modalités de financement.
  - Arbitrages macroéconomiques associés : surchauffe à court terme, risques pour la stabilité macroéconomique à moyen terme, incidence sur déficits publics, dépenses sociales et soldes extérieurs.
  - Estimation des multiplicateurs des dépenses de défense et dépendance à la structure nationale, profil de la relance (durée, teneur en importations, répartition courant/investissement) et réactions des politiques monétaire et budgétaire.
- Données et méthodes :
  - Ensemble complet de données annuelles sur les dépenses de défense et variables macroéconomiques de 164 pays depuis 1946.
  - Définition d’un boom des dépenses de défense : période pendant laquelle la moyenne mobile sur deux ans des dépenses de défense croît d’au moins 1 point de pourcentage du PIB et qui dure tant que les dépenses de défense ne diminuent pas en proportion du PIB.
  - Approches : faits stylisés, estimations empiriques inédites sur un large échantillon, simulations par modélisation.

### Principaux constats (faits stylisés)
- Fréquence, ampleur, financement
  - Les booms des dépenses de défense sont devenus plus fréquents depuis le milieu des années 2010 et sont plus fréquents dans les pays émergents et les pays en développement.
  - Ils accroissent les dépenses de défense d’environ 2,7 points de pourcentage du PIB et durent plus de deux ans et demi en moyenne.
  - Environ deux tiers des dépenses supplémentaires sont financés par un creusement du déficit budgétaire, surtout dans le cas des booms temporaires; contribution plus modeste de la mobilisation des recettes et de la redéfinition des dépenses prioritaires.
- Effets de demande et d’offre
  - À court terme, les dépenses de défense stimulent la consommation et l’investissement privés par des effets positifs de demande, en particulier dans les secteurs liés à la défense, entraînant une augmentation de la production et des prix.
  - Analyse au niveau des entreprises : puissant canal de la demande favorable aux entreprises du secteur de la défense ; les booms associés à une hausse de la dette publique réduisent l’investissement privé en renforçant les contraintes de financement.
  - Les goulets d’étranglement dans les redéploiements sectoriels peuvent atténuer la stimulation de la demande.
  - À moyen et long terme, les booms sont suivis d’une augmentation du stock de capital et d’une hausse de la productivité totale des facteurs.
- Coûts budgétaires et extérieurs
  - En moyenne, un boom des dépenses de défense est suivi d’une hausse du déficit budgétaire d’environ 2,6 points de pourcentage du PIB.
  - Environ trois ans après le début du boom, le ratio dette publique/PIB s’élève d’environ 7 points de pourcentage.
  - En temps de guerre, la dette publique bondit de 14 points de pourcentage du PIB, tandis que les dépenses sociales diminuent en termes réels, indépendamment du mode de financement.
  - La demande accrue s’oriente en partie vers l’importation de biens étrangers (matériel militaire), ce qui dégrade le solde des transactions courantes.
- Multiplicateurs
  - Le multiplicateur des dépenses de défense est proche de 1 en moyenne, mais varie selon :
    - degré des déperditions dues aux importations,
    - composition du financement,
    - répartition courant/investissement,
    - persistance de l’augmentation des budgets,
    - réactions des politiques monétaire et budgétaire.
  - Multiplicateurs plus faibles lorsque les pays recourent fortement aux importations d’armes ou lorsque le boom est temporaire.
  - Multiplicateurs plus élevés lorsque les hausses sont financées par le déficit et concentrées sur les dépenses courantes (frais de personnel, dépenses de fonctionnement).
  - Politique monétaire accommodante peut élever le multiplicateur mais augmente l’inflation et dégrade le déficit courant.
  - Compensation budgétaire immédiate peut contenir pressions sur l’inflation mais atténuer les effets sur la production.
  - Achats groupés au sein de blocs régionaux et réduction de la teneur en importations pourraient accroître les effets sur la production et contenir les déséquilibres extérieurs.

### Caractéristiques spécifiques des dépenses de défense (canaux de transmission)
- Redéploiement sectoriel
  - Les dépenses de défense sont très concentrées sur quelques secteurs (aérospatiale, matériels de transport, électronique et instruments, équipement et matériaux de spécialité) et prennent souvent la forme de contrats publics, provoquant des redéploiements coûteux du capital et de la main-d’œuvre.
- Composition consommation vs investissement
  - Une part élevée des dépenses de défense est généralement allouée à la consommation publique plutôt qu’à l’investissement public.
  - Pour 35 États membres de l’OTAN et de l’Union européenne disposant de données, les dépenses courantes représentent environ 80 % du total des dépenses publiques de défense.
  - L’investissement public en défense et la R&D peuvent être plus importants dans des pays comme les États-Unis (effet des programmes administrés par la Defense Advanced Research Projects Agency).
  - La consommation publique liée à la défense tend à générer des effets plus modestes et moins durables sur la production potentielle que l’investissement public.
- Déperditions dues aux importations
  - Forte concentration de la production mondiale d’armement : près de la moitié des recettes totales d’armement des 100 plus grandes entreprises est générée aux États-Unis; l’Europe représente environ 14 % (22 % en incluant le Royaume-Uni); la Chine 12 %.
  - De nombreux pays sont des importateurs nets de matériel militaire (ratio atteignant 80 % pour les États membres de l’Union européenne selon Draghi 2024), réduisant l’impact sur la valeur ajoutée intérieure et dégradant le solde extérieur.

### Arbitrages liés au financement
- Modes de financement et effets macroéconomiques :
  - Financement par l’impôt : tend à évincer la consommation privée, atténuant les effets expansionnistes sur la production et l’inflation.
  - Redéfinition des dépenses prioritaires : peut réduire les transferts et la fourniture de services publics, pesant sur le revenu disponible et la consommation privée; entraîne un arbitrage « beurre-canons » si prioritaire.
  - Financement par le déficit : effets plus importants sur la demande à court terme (éviction immédiate moindre), mais risque que les ménages prévoyants réduisent la consommation actuelle anticipant de futures hausses d’impôts; recours prolongé à l’emprunt accroît les vulnérabilités à moyen terme (coûts d’emprunt plus élevés, éviction de l’investissement privé).
- Espace budgétaire différencié :
  - Pays avancés : généralement plus de marge pour lisser les augmentations temporaires par l’emprunt.
  - Pays émergents : espace budgétaire plus restreint et primes de risque plus élevées, augmentant la probabilité d’éviction et d’arbitrages plus brutaux.

### Recommandations de politique (synthèse)
- Tenir compte de la modestie probable des effets agrégés sur la production et de leur dépendance aux caractéristiques structurelles et choix stratégiques.
- Anticiper des arbitrages à court terme :
  - Une relance financée par le déficit optimise l’effet sur la demande.
  - Une allocation importante aux dépenses courantes (personnel militaire) stimule l’emploi et la demande intérieure mais peut provoquer une surchauffe; coordination étroite avec la politique monétaire est indispensable.
  - Une enveloppe orientée vers le matériel (surtout importé) réduit les pressions inflationnistes mais atténue l’effet sur la demande et dégrade le solde courant, sauf si la production intérieure augmente pour réduire les déperditions d’importations.
  - Les dépenses d’investissement en défense, en particulier orientées vers la R&D et sans évincer d’autres investissements productifs hors défense, peuvent promouvoir l’innovation et la croissance à long terme.
- Préserver la viabilité budgétaire et extérieure :
  - Intégrer les décisions relatives aux dépenses de défense dans un cadre budgétaire et macroéconomique à moyen terme pour protéger la viabilité des finances publiques, atténuer les vulnérabilités extérieures et préserver les dépenses sociales et génératrices de croissance.
  - Choix critiques : mode de financement et répartition des dépenses (courant vs investissement) pour limiter risques d’éviction des dépenses sociales et d’érosion graduelle en termes réels.
- Mesures complémentaires suggérées :
  - Promouvoir des achats groupés régionaux et réduire la teneur en importations pour augmenter les bénéfices domestiques des dépenses et limiter les déséquilibres extérieurs.
  - Prévoir des dispositifs de financement durables (augmentation des recettes ou changements durables de la composition des dépenses) pour limiter les vulnérabilités à moyen terme.

*Fonds monétaire international | Avril 2026*

### 1. Historique des booms des dépenses de défense

### 1. Historique des booms des dépenses de défense

### Définition et aperçu statistique
- Les épisodes de boom des dépenses de défense sont définis comme des périodes pendant lesquelles la moyenne mobile sur deux ans des dépenses de défense croît d’au moins 1 point de pourcentage du PIB et qui durent tant que les dépenses de défense ne diminuent pas en pourcentage du PIB.
- Booms en temps de guerre (en temps de paix) : survenue (absence) d’un conflit local un an avant ou dans les trois ans suivant le début du boom.
- 215 booms des dépenses de défense enregistrés depuis 1946 dans 164 pays.
- Environ la moitié des booms sont classés comme booms en temps de guerre.
- 88 percent des booms concentrés dans les pays émergents et pays en développement (PEPD).
- Environ 11 percent des booms se sont produits en Europe (pays avancés).

### Caractéristiques des booms : durée et ampleur
- Le boom moyen dure plus de deux ans et demi.
- Le boom moyen représente une hausse des dépenses de défense d’environ 2,7 points de pourcentage du PIB.
- Pour les pays avancés (PA) pendant un conflit : durée moyenne d’environ trois ans et demi et ampleur d’environ 4,5 points de pourcentage du PIB.
- Les booms permanents ont des dépenses supérieures de 0,7 point de pourcentage du PIB par rapport aux booms temporaires.
- Les booms enregistrés après la fin de la Guerre froide ont été légèrement plus courts et leur montant plus faible.

### Financement des budgets de défense lors d’un boom
- La plupart des dépenses de défense sont effectuées au cours de la première année d’un boom ; presque toutes les autres dépenses sont réalisées dans les trois ans qui suivent le début du boom.
- Le déficit budgétaire augmente d’environ 1,1 point de pourcentage du PIB la première année et atteint à peu près 2 points de pourcentage en cumulé la troisième année.
- Contribution de la mobilisation des recettes : environ 0,2 point de pourcentage du PIB la première année et 1,2 point de pourcentage au total.
- Redéfinition des dépenses prioritaires : rôle limité au départ, prend de l’importance les dernières années.
- En moyenne sur l’échantillon :
  - Le déficit est la source de financement dominante, représentant 39 percent des booms, en particulier en temps de paix.
  - La mobilisation des recettes est le premier canal dans 35 percent des cas.
  - La redéfinition des dépenses prioritaires est le canal principal dans 26 percent des cas.
- Dans le cas d’un boom temporaire moyen, il est intégralement financé par le déficit dans les trois premières années.
- Pour les booms permanents, l’augmentation des recettes représente environ la moitié de la progression des dépenses de défense sur trois ans.

### Renforcement des capacités de défense
- Les dépenses de défense réelles croissent d’environ 60 percent dans les trois ans qui suivent le début du boom — un chiffre équivalent à presque 2 percent du PIB.
- Hausse du Composite Index of National Capability : 7 percent.
- Volume des importations d’armes : augmentation de 55 percent en trois ans.
- Expansion du personnel militaire : environ 13 percent.
- Les dépenses additionnelles se concentrent sur le matériel militaire, les frais de personnel et les dépenses de fonctionnement.
- Adoption accrue de technologies militaires de pointe (artillerie, véhicules blindés, avions, hélicoptères).

### Conséquences macroéconomiques empiriques et dynamique après un boom (temps de paix)
- Les booms en temps de paix ne sont pas prévisibles sur la base de la croissance du PIB réel, de la dynamique des recettes publiques ou des indicateurs de récession (après exclusion des pays fragiles, touchés par un conflit ou exportateurs de produits de base).
- Après un boom en temps de paix :
  - Le PIB réel est supérieur de plus de 3 percent à ce qu’il serait en l’absence de boom, l’augmentation se matérialisant environ deux ans après le début du boom et persistant à moyen terme.
  - Ce profil correspond à un multiplicateur des dépenses de défense supérieur à 1.
  - Pour les booms liés à une augmentation permanente des dépenses, le PIB réel progresse de plus de 5 percent en 5 ans.
  - Les prix à la consommation augmentent de près de 3,6 percent en moyenne par rapport aux périodes sans boom ; cet effet inflationniste est temporaire et s’estompe à moyen terme.
- Composantes de la demande :
  - Consommation publique progresse d’environ 9 percent en 3 ans.
  - Consommation privée augmente d’environ 3 percent en 3 ans.
  - Investissement total : réaction positive comparable à la consommation, reflétant hausse de l’investissement public en matériel et infrastructure de défense et accélération de l’investissement privé, surtout dans les secteurs liés à la défense.
- Secteur extérieur et déséquilibres :
  - Creusement des déséquilibres extérieurs : dégradation de la balance des transactions courantes et de la balance commerciale.
  - Accélération des importations ; exportations globalement inchangées.
- Facteurs de production :
  - Augmentation consécutive du stock de capital.
  - Hausse de la productivité totale des facteurs, potentiellement liée à une évolution dans l’utilisation des capacités et à l’apprentissage par nécessité.
  - Remarque : l’effet sur la productivité totale des facteurs n’est plus statistiquement significatif lorsque l’utilisation des capacités est neutralisée, mais une augmentation à horizon plus long est observée (composante R&D des dépenses de défense).

*Source : calculs des services du FMI.*

### 1. PIB réel

### 1. PIB réel

### Effets sur la production et les prix
- Graphique 2.6 montre la production et les prix après un boom des dépenses de défense en temps de paix (variation en pourcentage).  
- Les lignes pleines indiquent des estimations ponctuelles ; les zones ombrées indiquent un intervalle de confiance à 90 %.  
- Période d’échantillonnage : 1946 à 2024.  
- Les pays fragiles ou touchés par un conflit, ainsi que les pays émergents et les pays en développement exportateurs de produits de base, sont exclus de l’échantillon.

### Canaux de transmission des booms des dépenses de défense (Graphique 2.7)
- Mesures présentées : variation réelle en pourcentage et contribution à la croissance du PIB, à trois ans.  
- Composantes du PIB réel évaluées : Consommation publique, Consommation privée, FBCF, Importations, Exportations.  
- Facteurs de production évalués : Stock de capital, Emploi, PTF (productivité totale des facteurs).  
- Les plages représentent les coefficients à trois ans issus des projections locales estimées des réactions cumulées aux booms des dépenses de défense en temps de paix.  
- Les barres en bleu foncé signalent des coefficients statistiquement significatifs au niveau de 10 %.

### Données au niveau des entreprises concernant les dépenses de défense et l’investissement privé
- Base de données : plus de 4,6 millions d’entreprises privées non financières dans 41 pays entre 1995 et 2023.  
- Méthode : estimation de la sensibilité de l’investissement aux flux de trésorerie (indicateur standard des contraintes de crédit) autour des booms des dépenses de défense, en distinguant les épisodes associés à une expansion de la dette publique et ceux sans effet sur le budget.  
- Principales constatations :
  - L’investissement des entreprises devient moins sensible aux fonds internes pendant les épisodes de boom des dépenses de défense (effet demande assouplissant les contraintes), soutenant l’investissement global.  
  - Quand les booms coïncident avec une augmentation de la dette publique, les conditions de financement se durcissent et évincent l’investissement des entreprises, illustré par une plus forte sensibilité de l’investissement aux flux de trésorerie.  
  - Dans les secteurs liés à la défense, pendant les booms sans effet sur le budget, la sensibilité de l’investissement aux flux de trésorerie tombe à zéro, suggérant que la demande publique compense intégralement les frictions de financement.  
  - Dans les pays gros importateurs (importations d’armes supérieures à la moyenne internationale), le canal de la demande est atténué et les sensibilités de l’investissement pendant les booms restent inchangées par rapport aux périodes normales.  
- Graphique 2.8 : coefficients de régression mesurant la sensibilité de l’investissement aux flux de trésorerie. Les barres bleues = pas de boom ; rouges = boom sans hausse de la dette ; jaunes = boom avec hausse de la dette. Intervalle de confiance à 90 % indiqué.

### Coûts budgétaires des booms des dépenses de défense (Graphique 2.9)
- Dans les trois ans suivant le début d’un boom :
  - Le déficit public se creuse d’environ 2,6 points de pourcentage du PIB.  
  - Le ratio dette publique/PIB augmente de près de 7 points de pourcentage de plus que celui des pays qui n’accroissent pas leurs dépenses de défense. (Graphique 2.9, plage 1)  
- Réaménagement des dépenses prioritaires (boom principalement financés en redéfinissant les dépenses prioritaires) :
  - Les dépenses primaires hors défense reculant de plus de 20 % en termes réels (environ 2 % du PIB) dans les 3 ans qui suivent un boom.  
  - La baisse des dépenses sociales représente environ 1 point de pourcentage du PIB et couvre plusieurs catégories : protection sociale, santé, éducation. (Graphique 2.9, plage 2)  
  - Pour les pays avancés, la baisse des dépenses sociales est plus faible, environ 7 % en termes réels.  
- Différences selon le contexte de conflit :
  - Les booms en temps de guerre sont suivis d’une forte expansion de la dette publique et d’une contraction des dépenses sociales réelles.  
  - Les booms en temps de paix bénéficient d’effets positifs sur la production et, en moyenne, ne sont pas suivis d’une augmentation du ratio dette/PIB ni d’une éviction des dépenses sociales. (Graphique 2.9, plage 3)  
- Notes méthodologiques : Les plages représentent les coefficients à trois ans des projections locales estimées des réactions cumulées. Les booms en temps de guerre sont définis par la survenue d’un conflit local un an avant ou dans les trois ans suivant le début du boom. Période d’échantillonnage : 1946 à 2024.

### Estimation des multiplicateurs des dépenses de défense (Graphiques 2.10 et 2.11)
- Objectif : estimer les multiplicateurs des dépenses de défense pour un large échantillon de pays, en excluant les pays fragiles ou touchés par un conflit.  
- Résultats clés :
  - Deux exercices visant à atténuer l’endogénéité donnent des multiplicateurs généralement plus proches de 1.  
  - Première approche : méthodes narratives pour repérer un sous-ensemble de booms motivés par des événements géopolitiques extérieurs ; utilisation de ces booms narratifs comme instruments conduit à des multiplicateurs estimés voisins de 1. (Graphique 2.10, plages 1 et 2).  
  - Deuxième approche : restreindre l’échantillon aux membres d’alliances de défense (OTAN et IMCTC) ; les estimations restent proches de 1 mais ne sont pas toujours statistiquement significatives. (Graphique 2.10, plages 3 et 4).  
- Facteurs modulant les multiplicateurs :
  - Plus élevés lorsque le renforcement des capacités de défense est permanent.  
  - Plus élevés pour les exportateurs d’armes (probablement en raison de moindres pertes dues aux importations).  
  - Plus élevés lorsque les dépenses de défense sont principalement financées par le déficit plutôt que par la mobilisation de recettes ou par une redéfinition des dépenses prioritaires.  
  - La composition des dépenses compte : multiplicateurs plus élevés pour les dépenses courantes (frais de personnel et dépenses de fonctionnement) que pour les dépenses en capital (matériel et infrastructure) — évoquant une forte propension marginale à consommer pour les dépenses courantes et une forte teneur moyenne en importations pour les dépenses en capital.  
  - Multiplicateurs plus élevés dans les pays avec un régime de change fixe et où l’investissement public est plus efficient.  
- Plages et méthodologie :
  - Graphique 2.10 : multiplicateurs cumulés ; périodes d’échantillonnage : 1946 à 2024 pour la plage 1, 1991 à 2024 pour les plages 2–4.  
  - Les lignes pleines indiquent des estimations ponctuelles ; les zones ombrées indiquent un intervalle de confiance à 90 %.  
  - Les multiplicateurs rapportés dans la littérature varient largement (exemples cités : de 0,6 à 1,2 centrés sur 1, et études allant de moins de 1 à environ 2 ou plus), reflétant différences d’échantillons, périodes, caractéristiques nationales et méthodes empiriques.

*Source : calculs des services du FMI.*

### 3. MCO : Membres de l’OTAN4. MCO : Membres de l’IMCTC

### 3. MCO : Membres de l’OTAN4. MCO : Membres de l’IMCTC

### Hypothèses de modélisation
- Modèle utilisé : Système flexible de modèles multinationaux du FMI, modèle DGE stochastique annuel multirégional (Andrle et al. 2015).
- Calibration : expansion prévue des dépenses de défense dans un groupe représentatif d’États membres de l’Union européenne, en octobre 2025, mesurée comme écart par rapport aux niveaux antérieurs à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
- Augmentation moyenne des dépenses de défense : 1 % du PIB en 2026, puis 1,3 % du PIB d’ici à 2030 (plage 1).
- Profil temporel : niveau constant en part du PIB jusqu’en 2035, puis diminution linéaire pour atteindre 75 % du niveau de 2030 en 2050.
- Composition des dépenses : 80 % alloué à la consommation, 20 % aux investissements (Commission européenne 2025).
- Teneur en importations : 20 % pour les dépenses publiques ; teneur en importations de la composante investissement « bien plus élevée », y compris vers les États-Unis.
- Financement : entièrement financé par l’emprunt jusqu’à la fin de 2028 ; mesures compensatoires progressivement introduites et intégralement mises en œuvre d’ici à 2033, moment où « toutes les dépenses sont sans effet sur le budget ».
- Début de la simulation en 2026 traité comme un choc non anticipé, impliquant un biais positif potentiel des effets à court terme.

### Scénarios de modélisation (résumé des variantes)
- Scénario de base : calibration décrite ci‑dessus (plage 1 des graphiques).
- Politique monétaire accommodante : la banque centrale n’applique pas une règle standard de hausse des taux ; effet multiplicateur plus élevé.
- Mesures budgétaires immédiates : compensations budgétaires mises en œuvre immédiatement (lignes rouges).
- Plus forte part d’investissement dans les dépenses de défense : 40 % d’investissement (au lieu de 20 %) (lignes rouges, graphique 2.13).
- Dépenses de défense coordonnées : réduction de la teneur en importations du choc, réduction des primes de risque exogènes de 20 points de base pendant la période de financement par emprunt, et augmentation de 20 % de la productivité de l’investissement public (lignes bleues). Exemple d’instrument cité : facilité de prêt SAFE de 150 milliards d’euros pour acquisitions conjointes.

### Principaux résultats et effets macroéconomiques (scénario de base)
- PIB réel (pays européens) : hausse de 0,7 point de pourcentage en 2026 et de 0,9 point de pourcentage d’ici à 2028 ; puis stabilisation globale.
- Multiplicateur budgétaire à moyen terme : environ 0,8 (légèrement inférieur à l’unité), comparable aux estimations récentes de la BCE.
- Inflation : pic voisin de 28 points de base en 2029 ; inflation permanentement supérieure de 0,16 point de pourcentage par rapport au scénario sans relance.
- Taux directeur et taux d’intérêt long : augmentent en réaction à l’accélération de l’inflation.
- Taux de change : s’apprécie, conduisant à perte de compétitivité extérieure.
- Solde courant/PIB : dégradation culminant à 0,4 % du PIB en 2028, puis stabilisation à 0,3 % du PIB.
- Déficit public : se creuse jusqu’à la fin de 2029 (période de financement par emprunt), puis baisse rapidement lorsque les mesures compensatoires entrent en vigueur.
- Dette publique/PIB : hausse d’environ 2 points de pourcentage d’ici à 2030, puis décrue vers la valeur de référence grâce à la progression du PIB.
- Solde budgétaire à long terme : amélioration d’environ 0,2 % du PIB grâce à la hausse du PIB.

### Effets comparés des scénarios (points saillants)
- Politique monétaire accommodante :
  - Demande plus forte : plus forte hausse de la consommation privée et de l’investissement.
  - Multiplicateur : supérieur à 1 à moyen terme.
  - Inflation hors alimentation et énergie : accélération d’un demi-point de pourcentage.
  - Solde courant/PIB : détérioration de 0,5 point de pourcentage du PIB malgré une dépréciation du taux de change (effets de revenu puissants).
- Mesures budgétaires immédiates :
  - Déficit maîtrisé et dynamique budgétaire plus favorable.
  - Relance moins efficace ; multiplicateur tombant à environ 0,7.
- Augmentation de la part d’investissement à 40 % :
  - Augmente le stock de capital public et la productivité à long terme.
  - Attire l’investissement privé et soutient la demande de main-d’œuvre.
  - Effets plus marqués sur la production à long terme (effet R&D et externalités de connaissances).
- Dépenses de défense coordonnées :
  - Hypothèses : moindre teneur en importations, réduction de 20 points de base des primes de risque, +20 % de productivité de l’investissement public.
  - Résultats : investissement réel et consommation réelle plus élevés à court terme ; multiplicateur à court terme proche de 1.
  - Dette publique : hausse plus modeste qu’en scénario de base.
  - Inflation : hausse plus forte.
  - Solde courant/PIB : amélioration à moyen terme en raison de moindres pertes dues aux importations, malgré la demande plus forte.

### Implications politiques et arbitrages
- Composition des dépenses (consommation vs investissement) a des effets durables sur la productivité et la trajectoire du PIB : une part plus élevée d’investissement (jusqu’à 40 %) génère des bénéfices à long terme.
- Timing des mesures budgétaires : mise en œuvre immédiate des mesures compensatoires limite l’accroissement de la dette mais réduit l’efficacité de la relance (multiplicateur plus faible).
- Coordination (achats conjoints, réduction de la fragmentation de l’industrie, accompagnement des marchés financiers) peut améliorer les retombées économiques, réduire les pertes liées aux importations et augmenter la productivité de l’investissement public, tout en comportant un risque d’inflation plus élevé.
- Politique monétaire : accommodement amplifie la demande et les multiplicateurs mais accroît les pressions inflationnistes et le déficit courant.

*Fonds monétaire international | Avril 2026*

### Conclusions et recommandations

### Conclusions et recommandations

### Conclusions principales
- Après plusieurs décennies de baisse des dépenses de défense au niveau mondial, l’intensification des risques géopolitiques et la fréquence accrue des conflits militaires poussent les pays vers un point d’inflexion, plusieurs d’entre eux augmentant leurs dépenses de défense.
- Le renversement de tendance intervient à un moment où les pressions sur les dépenses sont déjà fortes, obligeant les décideurs à opérer d’importants arbitrages lors d’une augmentation du budget de la défense.
- Une analyse portant sur un échantillon de 164 pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale montre que les pouvoirs publics ont souvent décidé d’accroître fortement leurs dépenses, principalement en recourant à l’emprunt.

### Résultats empiriques et modélisation
- Le renforcement des capacités de défense agit comme un choc de demande sectoriel spécifique et :
  - relève la production et les prix à court terme, surtout lorsque l’augmentation des dépenses de défense est permanente;
  - peut rehausser la croissance à moyen terme par une augmentation du stock de capital, voire des gains de productivité.
- Données au niveau des entreprises :
  - les booms de dépenses stimulent l’investissement dans les secteurs liés à la défense;
  - ils peuvent évincer l’investissement privé lorsqu’ils sont associés à une accumulation de dette.
- Simulations par modélisation (scénario de base) :
  - prédisent des gains de production modérés, cohérents avec le multiplicateur moyen estimé, qui est proche de 1;
  - l’inflation enregistre une accélération modeste et temporaire, entraînant un durcissement de la politique monétaire;
  - le compte des transactions courantes se dégrade sous l’effet de l’augmentation des importations (y compris de matériel militaire);
  - la dette publique s’accroît dans les premières années, mais se stabilise progressivement lorsque des mesures budgétaires compensatoires sont mises en œuvre.
- Rôle des autorités :
  - lorsque la politique monétaire accompagne le choc, l’effet sur la demande est plus marqué et le multiplicateur plus élevé, mais au prix d’une accélération de l’inflation et d’un creusement du déficit courant;
  - lorsque la politique budgétaire se durcit afin de limiter l’accumulation de la dette publique, l’effet de la relance est plus faible et le multiplicateur est plus faible.

### Conséquences macrofinancières et scénarios de risque
- Les booms des dépenses de défense fragilisent souvent les soldes budgétaire et extérieur :
  - en temps de guerre, ils sont suivis d’une forte hausse de la dette publique et d’une forte baisse des dépenses sociales;
  - en temps de paix, les booms tendent à accroître la production sans dégrader la dette ni évincer les dépenses sociales.
- Scénario opposé (risque de marché) :
  - une augmentation ponctuelle des primes de risque de 50 points de base est considérée pour modéliser les implications possibles d’un creusement des écarts de rendement face à l’expansion des dépenses, surtout dans les pays dont l’espace budgétaire est limité, sans coordination;
  - ce scénario produit une réaction de la production et des prix plus atténuée et une augmentation plus forte de la dette publique;
  - une hausse durable des rendements des obligations souveraines, en particulier lorsque l’expansion des dépenses de défense est jugée non viable sur le plan budgétaire, pourrait créer des vulnérabilités macrofinancières en fragilisant les établissements financiers nationaux et en amplifiant les tensions sur les marchés d’obligations souveraines.

### Effets internationaux et transmission
- Les dépenses de défense sont souvent élevées, persistantes et caractérisées par des chaînes d’approvisionnement internationales complexes, propageant leurs effets à d’autres pays via les importations directes et indirectes.
- Indicateurs construits des dépenses de défense à l’étranger (agrégation pondérée par les échanges commerciaux) permettent de quantifier la transmission internationale des chocs.
- Résultats empiriques :
  - les retombées sur les pays avancés sont statistiquement significatives après 1990;
  - les retombées sont plus faibles et non statistiquement significatives pour l’ensemble de l’échantillon 1948-2023;
  - rien n’indique que ces dépenses aient des retombées sur les pays émergents et les pays en développement.
- Mécanisme et amplitude :
  - la plupart des retombées découlent des liens commerciaux entre pays avancés et stimulent le PIB d’environ 0,2 percent après un choc de dépenses de défense de 1 percent du PIB des partenaires commerciaux;
  - les retombées sont encore plus fortes dans les zones de libre-échange, telles que l’Union européenne;
  - les retombées des dépenses de défense des pays émergents et des pays en développement sont proches de zéro.

### Étude de cas : montée en puissance des dépenses de défense — le cas de la Pologne (encadré 2.1)
- Classements et évolutions :
  - Parmi les États membres de l’OTAN, la Pologne consacre le plus à sa défense en pourcentage du PIB.
  - Entre 2021 et 2025, ses dépenses de défense sont passées de 2,2 percent du PIB à un chiffre estimé à 4,5 percent en base caisse.
  - À 46,7 milliards de dollars, le budget de la défense polonais se classe aujourd’hui au cinquième rang européen.
- Composition et importations :
  - les dépenses de matériel sont passées de 0,7 percent à 2,4 percent du PIB et représentent aujourd’hui plus de la moitié des dépenses de défense totales;
  - l’expansion a largement fait appel aux importations (80 percent du montant total des dépenses en capital, selon des estimations privées), en particulier auprès de la Corée et des États-Unis.
- Emploi et personnel :
  - les forces armées sont passées de 116,200 personnes en 2020 à 233,800 en 2025;
  - les dépenses de personnel sont passées de 0,9 percent à 1,2 percent du PIB entre 2021 et 2025.
- Effets macroéconomiques :
  - entre 2021 et 2025, la Pologne a relevé ses dépenses publiques totales de 6,5 percent du PIB en comptabilité d’exercice, dont environ 2 points de pourcentage sont imputables à la défense;
  - compte tenu du niveau initialement faible de la dette publique (48 percent du PIB en 2022) et de facilités d’accès aux financements, l’augmentation des dépenses a été presque intégralement financée en creusant le déficit;
  - la progression des seules dépenses de défense a probablement eu un effet modeste en raison de leur forte teneur en importations;
  - l’assouplissement de la politique budgétaire a contribué à stimuler la demande intérieure et a probablement tracé une trajectoire de la politique monétaire plus restrictive qu’elle ne l’aurait été sans cette progression des dépenses.

### Recommandations politiques
- Intégrer l’augmentation des dépenses de défense dans un cadre budgétaire à moyen terme crédible :
  - planifier les dépenses dans des cadres budgétaires à moyen terme afin de préserver la viabilité budgétaire, sachant que lors des booms de la défense, les dépenses sont généralement concentrées en début de période et financées par l’emprunt;
  - en temps de guerre, établir des plans d’intervention pour faire face à l’augmentation des dépenses de défense dans le contexte de conflits, comprenant des mécanismes pour protéger les personnes vulnérables et préserver les services essentiels;
  - ces considérations sont particulièrement importantes pour les pays fragiles ou touchés par un conflit, qui n’ont pas d’industrie nationale de la défense et ont un potentiel limité d’expansion des recettes, et des cadres budgétaires fragiles.
- Gérer soigneusement la situation macroéconomique pour prévenir la surchauffe et les coûts de friction :
  - coordonner avec les autorités monétaires pour éviter les pressions inflationnistes tout en maintenant une marge pour l’investissement privé productif;
  - lisser le rythme d’augmentation des dépenses lorsque c’est possible afin d’atténuer les goulets d’étranglement, surtout si d’importants redéploiements intersectoriels sont attendus.
- Considérer la composition des dépenses de défense :
  - les dépenses courantes produisent des multiplicateurs à court terme plus élevés;
  - les dépenses en capital peuvent soutenir la productivité à plus long terme si elles sont dirigées vers la R&D et n’évincent pas l’investissement productif non lié à la défense;
  - reconnaître que l’expansion des investissements dans la défense requiert généralement un important engagement initial et des dépenses prolongées, et est plus exigeante sur le plan budgétaire que l’augmentation des dépenses courantes.

*Fonds monétaire international | Avril 2026 — Chapitre 2 : Dépenses de défense : conséquences et arbitrages macroéconomiques*

### 2. Par partenaire commercial correspondant

### 2. Par partenaire commercial correspondant

### Méthodologie et définitions (notes de figure)
- La plage 1 représente les réactions des partenaires commerciaux à un choc de dépenses de défense positif de 1 %.
- La plage 2 représente les réactions à un choc de dépenses de défense positif de 1 % du PIB dans les pays partenaires sur la période d’échantillonnage 1990–2023.
- Les réactions sont pondérées par la part moyenne des exportations des pays du groupe sur l’échantillon associé.
- La plage montre la plus forte réaction sur l’horizon de cinq ans depuis la survenue du choc.
- Les barres indiquent des estimations ponctuelles et les moustaches un intervalle de confiance à 90 %.
- Définitions utilisées :
  - PA = pays avancés.
  - PEPD = pays émergents et pays en développement.
- Libellés d’impacts croisés mentionnés :
  - « PA sur PA » : retombées des dépenses de défense dans les PA partenaires commerciaux sur les PA.
  - « PEPD sur PA » : retombées des dépenses de défense dans les PEPD partenaires commerciaux sur les PA.
  - « PA sur PEPD » : retombées des dépenses de défense dans les PA partenaires commerciaux sur les PEPD.
  - « PEPD à PEPD » : retombées des dépenses de défense dans les PEPD partenaires commerciaux sur les PEPD.

### Principales conclusions empiriques et enseignements (guerres et conséquences macroéconomiques)
- Champ d’analyse :
  - Données mondiales sur les conflits postérieurs à la Seconde Guerre mondiale.
  - Approche multi-méthode : analyses empiriques, études de cas et simulations par modèles.
- Effets directs et contagion :
  - Les conflits entraînent des pertes de production considérables et durables dans les pays où se déroulent les combats.
  - Les conflits ont des effets de contagion notables dans d’autres pays.
  - Ces pertes sont supérieures à celles liées aux crises financières ou aux graves catastrophes naturelles.
- Caractéristiques des reprises post-conflit :
  - Les reprises économiques sont lentes et inégales, et dépendent fondamentalement de la pérennité de la paix.
  - Quand la paix s’installe dans la durée, la production rebondit, mais le regain est souvent modeste par rapport aux pertes occasionnées par la guerre.
  - Quand la paix est fragile et que le conflit redémarre, il est fréquent de voir la reprise s’enliser.
  - Les redressements, modestes, sont principalement tirés par le facteur travail, tandis que l’accumulation de capital et la productivité demeurent atones.

### Politiques et prescriptions pour le redressement durable
- Mesures immédiates et stabilisation :
  - Une stabilisation macroéconomique rapide est centrale pour rétablir la confiance.
  - Une restructuration résolue de la dette facilite le redressement.
  - Le soutien international, notamment sous forme d’aide et de développement des capacités, joue un rôle clé.
- Réformes structurelles et renforcement des capacités :
  - Les efforts de redressement sont plus efficaces s’ils s’accompagnent de réformes intérieures visant à :
    - reconstruire les institutions et rétablir les capacités de l’État;
    - promouvoir l’inclusion et la sécurité;
    - limiter les pertes de capital humain.
- Coordination et composition des mesures :
  - Une analyse par modèle indique que des trains de mesures globaux et bien coordonnées donnent de meilleurs résultats que des approches fragmentaires.
  - Les politiques qui atténuent l’incertitude et reconstituent le stock de capital créent des externalités positives, renforçant les anticipations.
  - Des anticipations renforcées encouragent les entrées de capitaux et facilitent le retour des populations déplacées.

*Source : calculs des services du FMI et texte du chapitre « Dépenses de défense : conséquences et arbitrages macroéconomiques ».*

### Introduction

### Introduction

### Contexte et principaux constats
- Les conflits ont atteint des niveaux inédits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
- En 2024, plus de 35 pays, dont la moitié environ sont considérés comme des États fragiles ou touchés par un conflit, étaient le théâtre d’affrontements sur leur propre territoire.
- En 2024, quelque 45 percent de la population mondiale vivait dans des pays touchés par des conflits.
- Rien que depuis 2010, les conflits ont fait plus de 1.9 million de morts.
- Les indicateurs relatifs aux menaces géopolitiques restent en hausse et les dépenses militaires devraient augmenter fortement (voir le chapitre 2).
- Le chapitre utilise de grands modèles de langage pour établir une cartographie mondiale exhaustive des conflits postérieurs à la Seconde Guerre mondiale.

### Effets macroéconomiques généraux des conflits
- Coûts immédiats et canaux :
  - Perturbations de la production et du commerce.
  - Affaiblissement des institutions.
  - Dommages durables aux capacités productives.
- Canaux d’amplification (offre et demande) :
  - Offre : destruction du capital physique, réduction de l’offre de main-d’œuvre (pertes humaines et déplacements), réallocation vers des usages militaires, détérioration de l’efficacité du capital et du travail (infrastructures, santé, scolarité, expérience).
  - Demande : recul de la consommation et de l’investissement privés du fait de la chute du revenu et de l’incertitude ; réorientation des dépenses publiques au profit de l’armée.
- Conséquences sur les finances publiques et le secteur extérieur :
  - Capacité de collecte fiscale affaiblie ; pression sur la dépense publique (dépense militaire, besoins humanitaires, réparations d’infrastructures).
  - Difficultés d’accès aux marchés de capitaux ; primes de risque élevées ; tentations de financement monétaire, accumulation d’arriérés, voire défaut.
  - Dégradation des capacités d’exportation ; relocalisation du commerce ; pénuries de devises ; rationnement des importations.
  - Pressions sur le taux de change, fonte des réserves, tensions inflationnistes ; contrôles des mouvements de capitaux possibles.
  - Les économies en guerre s’appuient souvent sur un éventail restreint de sources de financement extérieur, y compris d’afflux contracycliques (envois de fonds, aide, etc.).
- Dans un pays moyen en proie à un conflit, la production chute brutalement au début, avec des pertes cumulées d’environ 7 percent sur cinq ans.
- Ces pertes persistent même une décennie après et sont généralement supérieures à celles liées à une crise financière ou à une grave catastrophe naturelle.
- Les pays voisins et partenaires commerciaux subissent aussi des pertes de production à court terme, modestes mais non négligeables.

### Définitions et propriétés des données
- Définition pratique utilisée : un épisode durant lequel l’usage de la force armée entre deux groupes provoque au moins 25 décès liés aux combats en une année civile.
- Classification des pays vis-à-vis d’un conflit (méthode de Federle et al., 2026) :
  - Pays en proie à un conflit : territoire théâtre d’opérations militaires.
  - Pays belligérants : parties à un conflit ne se déroulant pas sur leur territoire.
  - Pays tiers : non parties au conflit, mais exposés du fait d’une frontière terrestre commune ou de liens commerciaux.
- Dimensions des conflits (pour les pays en proie à un conflit) :
  - Type d’acteur : conflits interétatiques ou intraétatiques.
  - Intensité : faible (entre 25 et 999 décès liés aux combats) ou majeure (au moins 1 000 décès liés aux combats).
  - Durée : brève (deux ans au maximum) ou longue (plus de deux ans).
- Observations tirées de la base de données affinée :
  - La majorité des conflits postérieurs à la Seconde Guerre mondiale ont opposé des acteurs intraétatiques.
  - L’augmentation régulière des conflits résulte surtout d’une multiplication des conflits mineurs depuis le début des années 60.
  - Le taux d’incidence des conflits majeurs est resté globalement stable, bien que leur fréquence ait augmenté ces dernières années.
  - Les conflits mineurs sont généralement de plus courte durée ; les conflits majeurs tendent à se prolonger, en particulier dans les pays exportateurs de produits de base.
  - Répartition géographique inégale : l’Asie et le Pacifique, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (Afghanistan et Pakistan inclus), et l’Afrique subsaharienne concentrent une part substantielle de la conflictualité mondiale.

### Dynamiques de la reprise après conflit
- Caractéristiques générales :
  - Les reprises sont souvent lentes et inégales et dépendent fondamentalement de la paix.
  - Quand la paix est durable, la production rebondit mais reste modeste par rapport aux pertes engendrées par la guerre et très variable selon les pays.
  - La reprise repose principalement sur le facteur travail ; l’accumulation de capital et la productivité demeurent atones dans un contexte d’incertitude et de restrictions financières.
  - Le redémarrage du conflit (paix fragile) sape les perspectives de reprise ; la production ne parvient alors pas à se redresser.
- Politiques et facteurs favorisant une reprise plus vigoureuse :
  - Restructuration rapide et résolue de la dette — restaure la viabilité budgétaire et crée une marge de manœuvre pour la stabilisation macroéconomique après le retour à une paix durable.
  - Stabilisation macroéconomique : inflation basse et stable et taux de change effectif réel stable ; réduit l’incertitude.
  - Financements fournis en temps opportun et soutien international (aide et développement des capacités).
  - Rétablissement rapide de l’approvisionnement, points d’ancrage nominaux réalistes et rééquilibrage budgétaire, souvent avec le soutien de programmes appuyés par le FMI.
  - Coordination efficace des autorités budgétaires et monétaires pour gérer les afflux d’aide pendant les épisodes d’apports substantiels, atténuant les risques d’appréciation du taux de change ou de syndrome hollandais.
- Réformes nationales complémentaires nécessaires :
  - Rétablir les institutions et les capacités de l’État.
  - Promouvoir l’inclusion et atténuer les pertes persistantes de capital humain.
  - Renforcer les cadres de lutte contre la corruption.
  - Reconstruire l’appareil judiciaire et les institutions chargées des investissements publics.
  - Créer une marge de manœuvre budgétaire pour les dépenses non militaires et sociales.
  - Faciliter la réinsertion sociale des anciens combattants.
- Approche coordonnée recommandée :
  - Les trains de mesures globaux, centrés sur la dissipation des incertitudes et la reconstitution du capital, permettent une reprise plus solide que des approches fragmentaires en raison d’externalités positives et de complémentarités entre politiques.
  - Réduire l’incertitude et reconstituer simultanément le capital peut déclencher une dynamique de renforcement via les anticipations, les entrées de capitaux, les salaires et les migrations de retour.

### Réserves et limites
- Hétérogénéité des situations de conflit : facteurs déclenchants, conjoncture économique initiale, capacités institutionnelles et statistiques exigent des diagnostics spécifiques au pays.
- Qualité de la reprise dépend de facteurs d’économie politique (dispositifs de partage du pouvoir, garanties de sécurité, droits civiques) souvent difficiles à quantifier et hors du champ de l’analyse.
- La paix peut demeurer fragile ; le risque de redémarrage des combats peut freiner la dynamique de reprise et peut être endogène aux politiques économiques.

_Extrait : Introduction, Chapitre 3 — Les conséquences macroéconomiques des conflits et des reprises (Perspectives de l’économie mondiale : L’économie mondiale menacée par la guerre)._

### 1. Conflits par intensité

### 1. Conflits par intensité

### Effets macroéconomiques — méthodologie
- Deux approches complémentaires :
  - Analyse empirique comparative conjuguant projections locales et méthode des doubles différences (Dube et al., 2025).
  - Analyse empirique utilisant des données issues d’enquêtes auprès de personnes de 50 ans et plus pour évaluer les séquelles à long terme sur la santé.
- Cadre d’identification : suit l’évolution des variables de résultat après le déclenchement d’un conflit en comparant les pays touchés avec un groupe témoin de pays qui ne le sont pas.
- Définition opérationnelle :
  - Conflit majeur : nombre de morts liés aux combats supérieur à 1 000 par année civile.
  - Conflit mineur : sinon.
  - Un conflit est considéré comme « terminé » quand le nombre de morts liés aux combats tombe au-dessous du seuil de référence utilisé dans ce chapitre (25 par année civile) et reste inférieur à ce seuil pendant au moins 5 années consécutives.

### Conséquences sur la production (principaux résultats)
- Impact moyen d’un conflit sur la production dans les pays concernés :
  - Baisse brutale au début du conflit d’approximativement 3 percent.
  - Poursuite de la baisse les années suivantes, avec des pertes cumulées avoisinant 7 percent au bout de cinq ans.
  - Pertes visibles dans tous les secteurs et encore perceptibles dix ans après.
- Comparaisons :
  - Le coût estimé des conflits en matière de production est généralement supérieur à celui lié aux crises financières (crises bancaires, de change et de la dette) et à celui engendré par une grave catastrophe naturelle.
- Hétérogénéité :
  - Pertes légèrement plus importantes pour les conflits majeurs, pour les conflits plus brefs et pour les conflits intraétatiques.
  - Les conflits de plus faible intensité s’accompagnent eux aussi de pertes de production statistiquement significatives à leur début, du même ordre que les pertes imputables aux crises de change.

### Effets de contagion et impacts sur pays tiers
- Pays belligérants :
  - Estimations ponctuelles en moyenne négatives mais non statistiquement significatives pour les pays belligérants, possiblement en raison de protection relative contre certains canaux destructeurs et d’effets compensatoires liés à l’augmentation des dépenses militaires.
- Pays tiers :
  - Dans les pays tiers, les effets négatifs sur la production s’élèvent au maximum à environ 1 percent pendant les deux premières années suivant le déclenchement du conflit, les pertes diminuant progressivement ensuite.

### Arbitrages macroéconomiques dans les pays en guerre
- Composantes de la demande :
  - Contraction prolongée de l’investissement et de la consommation privée.
  - Consommation publique demeure à peu près stable, avec une évolution de la composition des dépenses au profit du secteur de la défense (dépenses militaires augmentent au début des conflits).
- Situation budgétaire et vulnérabilités :
  - Détérioration de la situation budgétaire et creusement de la dette publique dans les premières années du conflit.
  - Sorties de capitaux (baisse concomitante de l’investissement direct étranger et des flux de portefeuille).
  - Dépendance accrue à l’aide et parfois aux envois de fonds pour financer les déficits commerciaux.
  - Recours fréquent au contrôle des changes.
- Balance commerciale et réserves :
  - Importations diminuent fortement, toutefois moins que les exportations, entraînant un ratio d’échanges plus défavorable.
  - Solde commercial rapporté au PIB d’avant le conflit augmente pendant les quatre premières années du conflit (en raison de la baisse des importations), puis les importations diminuent davantage les années suivantes compte tenu de l’insuffisance des réserves.
  - Fonte des réserves et tensions inflationnistes durables.
- Inflation et politique monétaire :
  - Hausse d’approximativement 35 percent observée cinq ans après le déclenchement d’un conflit.
  - Les autorités monétaires relèvent le taux directeur nominal à court terme en réponse.

### Séquelles durables — stock de capital, emploi, productivité, santé
- Stock de capital et emploi :
  - Cinq ans après le déclenchement, les conflits sont associés à une diminution d’environ 4 percent du stock de capital.
  - Recul d’environ 3 percent de l’emploi dans les pays qu’ils frappent.
- Productivité :
  - La productivité totale des facteurs diminue aussi dans les premières années d’un conflit, avec un large intervalle de confiance entourant les estimations ponctuelles à moyen terme.
- Mortalité et déplacements :
  - Augmentation notable du nombre de décès, surtout les toutes premières années.
  - Augmentation des déplacements forcés.
- Santé des survivants :
  - Données individuelles (échantillon de 41 pays) : les personnes ayant connu la guerre sont susceptibles de vieillir en moins bonne santé.
  - Exposition à la guerre associée à des effets négatifs sur les indicateurs composites de la santé, sur les capacités cognitives mesurées, et sur les capacités physiques et la santé mentale déclarées.
  - Ces résultats concordent avec des effets transgénérationnels observés dans des études antérieures (répercussions négatives sur l’éducation, la fécondité et l’état de santé).

### Dynamique macroéconomique après un conflit — éléments d’analyse et identification
- Objectif : évaluer la manière dont une économie se stabilise et se redresse après la guerre.
- Approches utilisées :
  - Analyse comparative (projections locales + méthode des doubles différences) pour estimer trajectoires post-conflit moyennes des principaux résultats macroéconomiques (production, inflation, capital, emploi, productivité).
  - Analyses complémentaires (études de cas et analyses microéconomiques) pour identifier conditions et politiques corrélées avec des reprises plus solides.
- Distinction d’épisodes post-conflit :
  - Épisodes « non fragiles » : paix d’au moins cinq ans.
  - Épisodes « fragiles » : redémarrage du conflit dans les cinq ans.
  - Tests de robustesse avec une fenêtre de 10 ans donnent à peu près les mêmes résultats.
- Limites d’interprétation :
  - La stratégie d’identification postule que le déclenchement ou la fin du conflit est exogène au cycle conjoncturel en cours ; par conséquent, les estimations sont interprétées comme des corrélations.
  - La situation de départ dans le pays et les politiques conduites durant le conflit peuvent aussi influer sur la dynamique macroéconomique ultérieure.

_Source : calculs des services du FMI, d’après UCDP/PRIO Armed Conflict Dataset version 25.1 et analyses présentées dans le chapitre (PDF fourni)._

### 1. Séquelles macroéconomiques

### 1. Séquelles macroéconomiques

### Résumé des conclusions macroéconomiques
- Environ 40 percent des périodes qui ont suivi un conflit depuis la Seconde Guerre mondiale voient les combats reprendre avant cinq ans.
- La paix s’installe ensuite plus durablement : la part des épisodes post-conflit durant lesquels un pays est resté en paix ou a vu les hostilités reprendre est suivie sur 10 ans (1946–2015), la première année de paix étant normalisée à 100 %.
- Quand la paix est fragile (fin de conflit suivie d’une reprise des combats dans les cinq ans), la production ne se redresse pas ; quand la paix est durable (période de paix d’au moins cinq ans), la production augmente progressivement d’environ 3,9 percent dans les cinq années suivant le conflit.
- Environ la moitié seulement de la perte de production observée est compensée cinq ans après le début du conflit.
- Les reprises sont plus atones après un conflit intraétatique qu’après un conflit interétatique.
- Les pays exportateurs de produits de base ont tendance à voir la reprise s’enliser, mettant en évidence le besoin de diversification.
- Le rebond modeste de la production peut s’accompagner d’une hausse des prix ; la demande semble se rétablir plus vite que l’offre, mais cet effet n’est pas statistiquement distinguable de zéro.

### Dynamique des facteurs de production
- Le rétablissement du stock de capital et de la productivité après un conflit diffère assez peu de ce que l’on observe dans les pays non touchés ; la réaction est discrète.
- Le facteur travail augmente plus vite, notamment lorsque la main-d’œuvre précédemment mobilisée est réaffectée à des activités civiles et que les réfugiés reviennent progressivement.
- Après la Seconde Guerre mondiale, le rebond de la production après un conflit est dû principalement à la dynamique du travail ; l’insuffisance persistante de l’accumulation de capital et de la productivité freine la reprise.
- Un conflit est considéré comme terminé quand le nombre de morts liés aux combats repasse au-dessous du seuil utilisé dans le chapitre (25 par année civile) et reste inférieur à ce seuil au moins cinq années d’affilée.

### Corrélats macroéconomiques de la fragilité de la paix
- Les épisodes où la paix est fragile présentent, en moyenne :
  - une stabilité intérieure moindre (approchée par la croissance et le niveau et la volatilité de l’inflation),
  - une tendance à l’appréciation des taux de change réels,
  - des déficits budgétaires et une incertitude accrus,
  - une aide plus faible,
  - des dépenses publiques généralement moins élevées.
- Les indicateurs macroéconomiques comparés entre paix fragile et paix durable incluent : Croissance du PIB réel, Inflation, Volatilité de l’inflation, Croissance du TCER, Indice d’incertitude, Ratio déficit public/PIB, Ratio aide/PIB, Ratio dépenses publiques/PIB.

### Politique économique et reprise post-conflit (corrélats)
- Des politiques judicieuses sont corrélées avec de meilleurs résultats pendant la reprise :
  - Stabilité macroéconomique : inflation peu élevée et stable, taux de change effectif réel stable.
  - Financements et aide internationale : restructuration de la dette et mobilisation pour le développement des capacités sont positivement corrélés avec une reprise plus vigoureuse.
  - Politiques inclusives : hausse des dépenses sociales associée à une croissance post-conflit plus soutenue.
- Indicateurs analysés : « Inflation basse », « Inflation stable », « TCER stable » (égalent 1 si la mesure est inférieure à la moyenne de l’échantillon), « Restructuration de la dette » (égal à 1 si la restructuration a lieu), « Développement des capacités » (mesuré par le logarithme du nombre de participants aux formations du FMI).
- Les régressions relient ces indicateurs au centile de la distribution de la croissance pour chaque horizon t = 1–5 ans ; les barres montrent estimations ponctuelles avec intervalles de confiance à 90 %.

### Cas de redressement rapide (exemples)
- Six cas étudiés : Bosnie-Herzégovine (1992–95), Cambodge (1989–98), Côte d’Ivoire (2010–11), Népal (1996–2006), Rwanda (1990–2001), Sri Lanka (1983–2009).
- Dans ces pays, la croissance annuelle moyenne de la production pendant les cinq premières années suivant le conflit a varié de 4,5 percent au Népal à 24,5 percent en Bosnie-Herzégovine.
- La stabilisation macroéconomique (réduction du niveau et de la volatilité de l’inflation, évitement d’une appréciation excessive du taux de change réel) a été essentielle.
- Dans la plupart des cas, la restructuration de la dette — souvent avec des réductions substantielles — a eu lieu dans les cinq premières années pour aider à restaurer la viabilité des finances publiques ; des programmes appuyés par le FMI ont soutenu la stabilisation.
- L’assistance internationale a été particulièrement importante : en Bosnie-Herzégovine et au Rwanda, les apports d’aide annuels ont avoisiné en moyenne 20 percent du PIB pendant les cinq premières années de la reprise.
- Des réformes institutionnelles larges (amélioration de la gouvernance, lutte anticorruption, renforcement judiciaire, stratégie d’investissement public réaliste, réduction de la part directe de l’État dans les actifs productifs, amélioration des capacités de collecte et d’analyse des données) ont accompagné la reprise rapide dans plusieurs cas.

### Rôle de l’aide et de la qualité de la mise en œuvre (données microéconomiques)
- Les projets de développement financés par l’aide peuvent soutenir la reprise après un conflit, mais leur efficacité dépend du contexte et de la qualité de la mise en œuvre.
- En moyenne, les projets mis en œuvre pendant les périodes de paix consécutives à un conflit obtiennent de meilleurs résultats que les projets conduits dans des pays épargnés par la guerre.
- Les projets ont plus de chances de réussir lorsque la surveillance est de qualité et lorsqu’ils concernent l’éducation, la santé ou les infrastructures.
- Les projets concernant le secteur privé obtiennent en moyenne de piètres résultats, probablement en raison de l’incertitude persistante ; une surveillance renforcée et un ordonnancement rigoureux peuvent améliorer les résultats.

### Implications de politique
- Une stabilisation macroéconomique réaliste, une restructuration de la dette, des aides extérieures et des efforts importants au niveau des politiques économiques nationales sont indispensables au rétablissement d’un pays après un conflit.
- Les efforts visant à améliorer la situation des finances publiques ne devraient pas conduire à couper dans les dépenses productives pendant les périodes d’après-conflit.
- La coordination entre autorités budgétaires et monétaires est importante pour gérer les pics d’aide, via des stratégies d’absorption et de dépense ou d’absorption sans dépenses selon les priorités (investissement vs réduction de la dette).
- L’efficacité de l’aide dépend fortement de la qualité de la gestion de projet ; une gestion de projet rigoureuse peut abaisser la conflictualité dans les régions bénéficiaires.

*Source : calculs des services du FMI, extrait de "CHAPITRE 3 LES CONSÉQuENCES MACROÉCONOMIQuES DES CONFLITS ET DES REPRISES", Avril 2026.*

### conclusions contrastées (voir par exemple Doucouliagos et Paldam,

### text - conclusions contrastées (voir par exemple Doucouliagos et Paldam,

### Efficacité de l’aide après un conflit
- L’analyse se concentre sur l’efficacité de l’aide après un conflit, période où les difficultés de financement sont particulièrement contraignantes.
- Exploitation de nouvelles données collectées au niveau des projets et à l’échelle infranationale.
- Pour plus de détails sur la méthodologie, voir les annexes 3.6 et 3.7 en ligne.
- Référence bibliographique mentionnée : Doucouliagos et Paldam, 2009.

### Résultats des projets et facteurs temporels
- Les attentes initiales pour les projets d’après-conflit sont vraisemblablement moins élevées que pour des projets en pays en paix.
- Les données sur les résultats des projets peuvent être affectées par un biais de subjectivité.
- L’analyse inclut un large éventail d’effets fixes : pays, année, donateurs, secteur/année d’approbation et secteur/année d’évaluation, afin de traiter les facteurs de confusion non observés liés à la situation locale.
- Les résultats restent similaires si l’on se concentre exclusivement sur les projets d’investissement.
- L’efficacité des projets est particulièrement importante lorsqu’ils sont mis en œuvre en dehors des périodes d’expansion rapide des investissements publics.
- Si les projets sont réalisés dans une phase d’envolée des investissements, les effets restent positifs mais sont mesurés moins précisément, indiquant l’impact des limites des capacités d’absorption (Presbitero, 2016).
- Les résultats s’améliorent à mesure que la paix s’installe durablement; durant les toutes premières années suivant un conflit, la capacité d’absorption n’est pas forcément supérieure à la normale mais augmente ensuite de manière notable (voir aussi Chauvet, Collier, et Duponchel, 2010).

### Preuves infranationales : aide, gouvernance et reprise locale
- Au niveau infranational, l’aide est corrélée positivement avec une reprise économique locale.
- La reprise conditionnée à l’aide est nettement plus soutenue quand les efforts nationaux aboutissent à une meilleure gouvernance (voir aussi Burnside et Dollar, 2000).
- Quand la gouvernance reste médiocre, les bénéfices de l’aide et le rythme de la reprise non conditionnée à l’aide sont plus modestes.
- Graphique 3.11 (estimations de régressions, coefficients) :
  - Les plages 1 et 2 illustrent l’effet de la paix suivant un conflit sur les résultats des projets (échelle de Likert 1–6 ; méthode des doubles différences).
  - La plage 3 illustre l’effet post-conflit marginal, dépendant de l’aide, sur l’intensité lumineuse nocturne pour les régions administratives correspondant au district (ADM2).
  - Sources des données mentionnées : Honig, Lall et Parks, 2023 ; Bomprezzi et al., 2024 ; Li et al., 2020 ; Crombach et Smits, 2024.
  - Les repères indiquent des estimations ponctuelles et les segments verticaux des intervalles de confiance à 90 %.
  - Catégories sectorielles mentionnées : Édu.–santé = éducation et santé ; Infra. = infrastructures ; Prod. = secteurs de production.

### Preuves au niveau des entreprises : dynamique du capital et de la productivité
- Les données d’entreprises montrent un redressement modéré du stock de capital et de la productivité après la fin des conflits, avec de fortes variations selon les secteurs et les entreprises (graphique 3.12).
- En moyenne :
  - Les entreprises survivantes développent modestement l’emploi après le conflit.
  - Le stock de capital demeure faible.
  - La productivité progresse assez peu.
- Ce schéma indique une substitution au profit du facteur travail dans un contexte où la reconstitution des fonds propres est compliquée par l’incertitude persistante et des obstacles financiers probables.
- Hétérogénéité observée :
  - Entreprises des secteurs à forte intensité de capital, exportatrices, et celles avec un bilan plus solide :
    - Enregistrent des gains en emploi et en productivité.
    - Bénéficient d’adaptations de l’utilisation du capital existant, d’un rendement marginal élevé des fonds propres supplémentaires et d’un meilleur accès aux marchés extérieurs.
  - Entreprises des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre et non exportatrices :
    - Développent principalement l’emploi.
    - Les stocks de capital restent très inférieurs aux niveaux d’avant le conflit.
  - Entreprises en difficulté financière :
    - Confrontées à une insuffisance chronique de capitaux propres.
- Implication : la reprise est tirée par les entreprises plus solides qui réaffectent une partie de leurs facteurs; d’autres entreprises plus faibles, mais potentiellement viables, peuvent souffrir de séquelles persistantes sur le capital.
- Recommandation implicite : prévoir des politiques d’assouplissement des restrictions de crédit et de soutien à la reconstitution des fonds propres dans le sillage d’un conflit.

### Élément probant tiré d’un modèle d’économie ouverte
- Utilisation d’une extension d’un modèle d’économie ouverte à générations imbriquées (Auclert et al., 2024), avec frictions sur les marchés de capitaux internationaux, pour étalonner les effets des chocs provoqués par des conflits et évaluer les répercussions de différents scénarios de redressement post-conflit sur l’équilibre général.
- Le modèle est calibré sur un pays à faible revenu moyen (voir l’annexe 3.9 en ligne pour plus de détails).
- Les ordres de grandeur fournis par le modèle coïncident globalement avec les éléments empiriques du chapitre.
- Canaux de transmission explicitement pris en compte :
  - Pertes humaines : décès, déplacements forcés, conséquences à long terme sur la santé, diminution de la fécondité, etc.
    - Ces chocs affectent l’accumulation de capital humain et la dynamique démographique.
    - L’incorporation de ces canaux permet d’évaluer les répercussions macroéconomiques de la réintégration des personnes déplacées pendant la phase de reprise.
    - Les chocs démographiques touchant la population d’âge actif tendent à avoir des effets notables mais transitoires sur l’activité économique.
    - Les bouleversements engendrés par un conflit peuvent marquer durablement les cohortes plus jeunes et affecter les trajectoires de croissance à long terme (graphique 3.13).
- Variables modélisées/présentées : Capital ; Productivité totale des facteurs ; Travail.

*Source : Extrait du chapitre (annexes 3.6, 3.7, 3.9 référencées) — Fonds monétaire international, Avril 2026.*

### 3. Hétérogénéité des caractéristiques des entreprises

### 3. Hétérogénéité des caractéristiques des entreprises

### Effets empiriques de la paix post-conflit sur les entreprises
- Estimations par les moindres carrés ordinaires des effets de la paix post-conflit sur la dynamique des entreprises; variables dépendantes en logarithme : capital, travail et productivité totale des facteurs (PTFQ).
- Variable explicative clé : variable muette = 1 pendant les cinq années suivant un conflit dans un rayon de 20 kilomètres autour d’une entreprise.
- Spécifications de régression : prises en compte de l’âge de l’entreprise, de sa taille, de son endettement et de son statut exportateur; incluent des effets fixes entreprise, pays-année et secteur-année.
- Données microéconomiques utilisées : Orbis.
- Présentation des résultats : estimations ponctuelles et intervalles de confiance à 90 %; contributions différentiées selon :
  - Intensité de capital (Faible / Élevée)
  - Intensité de main-d’œuvre (Faible / Élevée)
  - Valeur nette du patrimoine (Non / Oui)
  - Exportatrice (Non / Oui)
  - Confiance de la population
  - Destruction de capital
  - Population active / Population inactive
  - Risque pays
  - Choc combiné

### Mécanismes macroéconomiques et simulations de modèle
- Canal principal initial : destruction du capital physique.
  - Les simulations indiquent que la destruction de capital explique largement la baisse de production initiale.
  - Sans chocs additionnels sur l’investissement, l’effet du canal du capital physique tend à s’estomper à mesure que l’augmentation du produit marginal du capital stimule l’investissement.
- Double mécanisme confiance–risque :
  - Primes de risque pays élevées et incertitude provoquent fuite de capitaux en début de conflit, hausse des taux d’intérêt, puis chute prolongée de l’investissement.
  - Les économies plus ouvertes : plus vulnérables à la fuite des capitaux en début de conflit, mais tendent à rebondir plus vite une fois la confiance revenue.
- Calibration du pays représentatif : valeurs moyennes de la croissance de la production, du ratio dette/PIB et du ratio impôts/PIB dans les pays à faible revenu.
- Horizons temporels des simulations illustrés jusqu’à 19 ans après le début du conflit.

### Scénarios de politiques et hypothèses de simulation
- Stabilisation macroéconomique
  - Hypothèse : les distorsions créées par le double choc de confiance reviennent à leurs niveaux d’avant le conflit en l’espace de huit ans.
  - Rôle : réduire les primes de risque pays et restaurer la confiance; programmes appuyés par le FMI peuvent aider à diminuer les primes de risque pays.
- Financement
  - Constat : recettes fiscales représentent en moyenne 15 % de leur PIB dans de nombreux pays touchés par un conflit.
  - Scénario (2) : efforts intérieurs permettent de relever le ratio impôts/PIB de 3 points de pourcentage en 15 ans; aide additionnelle fournie par des donateurs, en moyenne 0,5 % du PIB par an pendant les 5 premières années de la reprise post-conflit.
  - Rôle : combinaison de mobilisation de recettes intérieures, emprunt et réorientation des dépenses; financements concessionnels souvent décisifs.
- Efficience des investissements publics
  - Mesure de référence : Moniteur des finances publiques, édition d’octobre 2025.
  - Scénario (3) : efficience des investissements publics augmente de 10 points de pourcentage par rapport à la moyenne indiquée dans l’édition d’octobre 2025 du Moniteur des finances publiques.
  - Effet : stimule les gains de production d’une reprise financée par les recettes fiscales d’environ 1,4 point de pourcentage.
- Politiques pour limiter les pertes de capital humain
  - Mesures : encourager migrations de retour, augmentation de l’offre de logements, renforcement de la sécurité, amélioration de l’accès aux services de base, politiques d’aide à la réinsertion professionnelle.
  - Scénario (4) : retour des populations s’échelonne progressivement sur quatre ans.
- Effets d’interaction et complémentarités
  - Combiner les quatre niveaux d’action facilite davantage la reprise que l’application isolée de chacune des mesures.
  - Existence d’externalités positives : réduction de l’incertitude, reconstitution du stock de capital, assouplissement des contraintes d’accès au crédit, entrées de capitaux plus importantes, hausse des salaires et retour des travailleurs déplacés.
  - Remarque : complémentarités dépendantes des capacités institutionnelles et de la qualité de mise en œuvre; interactions peuvent générer des effets de seuil (effets potentiellement ambivalents si investissement public de faible qualité).

### Résultats généraux et implications
- Pertes de production :
  - Dans les pays directement touchés, pertes substantielles, durables et supérieures aux pertes usuelles liées aux crises financières et aux catastrophes naturelles graves.
- Moteurs de la reprise post-conflit :
  - Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les reprises sont principalement sous-tendues par la dynamique du travail (retour des travailleurs et des réfugiés).
  - Accumulation de capital et productivité restent souvent modérées en raison d’incertitude et de difficultés de financement persistantes.
- Conditions d’une reprise robuste :
  - Restructuration résolue de la dette rapide.
  - Stabilisation macroéconomique fondée sur une inflation faible et stable et un taux de change stable.
  - Assistance internationale (soutien financier, développement des capacités, aide).
  - Réformes nationales pour rebâtir les capacités de l’État et améliorer la gouvernance (ex. : restauration des capacités de collecte de l’impôt, renforcement de la lutte anticorruption).
  - « Dividende de la paix » : réduction des dépenses militaires dégageant marge budgétaire pour dépenses non militaires et sociales; politiques de retour et réinsertion des réfugiés.
- Importance d’un train de mesures globales et coordonnées pour dissiper les incertitudes et reconstituer le capital; l’efficacité finale conditionnée à une paix durable.

### Encadré : gestion de la crise économique en Ukraine et stabilisation post-24 février 2022
- Choc initial
  - Effondrement de l’économie ukrainienne : production a chuté de plus d’un tiers au deuxième trimestre 2022.
  - Mesures immédiates : loi martiale, mobilisation, maintien des fonctions essentielles de l’État.
- Phase 1 (2022) — gestion de la crise économique
  - Réaffectation rapide des dépenses publiques à la défense; dépenses sociales préservées.
  - Financements temporaires : financements monétaires, financements d’urgence du FMI, assistance macrofinancière de l’Union européenne, aides en nature pour la défense; suspensions des paiements du service de la dette.
  - Banque nationale d’Ukraine (BNU) : contrôle draconien des sorties de devises, arrimage du taux de change, puis dévaluation en juillet après un relèvement de 1 500 points de base des taux directeurs.
  - Mesures opérationnelles : transformation numérique, projet Power Banking, réparations rapides des infrastructures énergétiques facilitées par des aides extérieures.
- Phase 2 (à partir de 2023) — stabilisation et croissance
  - Programme MEDC : programme sur quatre ans au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) proposé par le FMI.
  - Financement extérieur obtenu : 130 milliards de dollars pour la période couverte par le programme.
  - Politiques : discipline budgétaire hors défense, mobilisation de ressources intérieures, suppression de certains allégements fiscaux initiaux, renforcement des administrations fiscale et douanière, hausses d’impôt sélectives.
  - Abandon progressif du financement monétaire; BNU passe à un taux de change administré avec stratégie de suppression progressive du contrôle des changes sous conditions.
  - Restructuration de la dette : moratoires prolongés et stratégie globale de restructuration.
  - Résultats : reprise de la croissance (19,3 percent en glissement annuel au deuxième trimestre 2023); inflation en recul avec arrêt des financements monétaires, atténuation des chocs sur l’offre et bonnes récoltes.

*Source : calculs des services du FMI.*

### introduction du

### introduction du

### Gestion économique de l’Ukraine en temps de guerre
- Mesures et instruments mentionnés :
  - Power Banking ; arrêt des financements monétaires ; IFR (guichet « chocs alimentaires »).
  - Approbation du MEDC ; premier décaissement de 2,7 milliards de dollars.
  - Mise en place du corridor de la mer Noire.
  - Entrée en vigueur de la Facilité pour l’Ukraine de l’UE.
- Facteurs ayant facilité la stabilisation :
  - Préparation forgée par l’expérience de 2014 (annexion de la Crimée).
  - Conditions initiales saines.
  - Engagement des autorités en faveur d’un cadre de réforme ambitieux.
  - Soutien reposant sur le MEDC, des financements concessionnels à grande échelle, la Facilité pour l’Ukraine de l’Union européenne, et des aides en nature.
- Objectifs du programme de réforme :
  - Couvrir l’accroissement des recettes, gestion des finances publiques, gouvernance et lutte anti‑corruption, et infrastructure financière.
  - Jeter les bases d’une économie d’après-guerre.

### Stabilisation après un conflit : enseignements tirés du Rwanda et de la Côte d’Ivoire
- Contexte et impacts initiaux :
  - Rwanda (après le génocide de 1994) : effondrement quasi-total des capacités de l’État, violence omniprésente, déplacements massifs, arrêt presque total de l’activité économique.
  - Côte d’Ivoire (crise post‑électorale 2010–11) : crise plus courte et plus circonscrite géographiquement mais perturbation sévère de la production et de l’administration publique.
- Chiffres macroéconomiques et trajectoires :
  - Rwanda, à la fin du génocide (1994) :
    - PIB réel diminué de 42 %.
    - Inflation grimpé à 42 %.
    - Dette publique atteignant 171 % du PIB (contre 60 % en 1993).
  - Rwanda, cinq ans après (≈1999) :
    - Croissance économique revenue à quelque 3 %, puis accélération à 6–9 % par an dans les années suivantes.
    - Inflation refluant à 2 %.
    - Dette baissant pour atteindre 78 % du PIB.
  - Côte d’Ivoire, pendant la crise (2010–11) :
    - Production contractée d’environ 5 %.
    - Inflation passée de 1,2 % en 2010 à 4,9 % en 2011, puis retombée à quelque 1,4 % en moyenne trois ans plus tard.
    - Taux de change effectif réel resté stable.
    - Dette publique augmentée de 46 % à environ 50 % du PIB entre 2009 et 2011.
  - Côte d’Ivoire, cinq ans après :
    - Croissance économique accélérée à environ 7 %.
    - Dette publique tombée à 31 % du PIB.
- Rôles des aides extérieures et des politiques nationales :
  - Rétablissement rapide de l’offre, ancrages nominaux crédibles, aides extérieures substantielles.
  - Aides finançant des importations essentielles et atténuant pénuries (Rwanda).
  - Ancrage monétaire (Union économique et monétaire ouest-africaine) facilitant la stabilisation des prix (Côte d’Ivoire).
  - Correction des déséquilibres budgétaires via dons d’urgence, stricte maîtrise des dépenses, allégement général de la dette (Rwanda), apurement des arriérés et allégement multilatéral (Côte d’Ivoire).
  - Programmes appuyés par le FMI soutenant stabilisation macroéconomique et rééquilibrage budgétaire, favorisant la confiance des donateurs.
- Mobilisation des ressources intérieures et réformes :
  - Rwanda : élargissement de la base d’imposition, création de l’Office rwandais des recettes, introduction d’une taxe sur la valeur ajoutée.
  - Côte d’Ivoire : progrès dans le civisme fiscal et dématérialisation du recouvrement des recettes.
  - Effet sur ratios impôts/PIB :
    - Rwanda : ratio impôts/PIB augmenté de 9 à 13 %.
    - Côte d’Ivoire : ratio impôts/PIB augmenté de 10 à 13 %.
- Flux d’aide et investissement :
  - Rwanda : entrées nettes d’aide publique au développement grimpées jusqu’à environ 95 % du revenu national brut en 1994, puis restées élevées à 15–20 % du revenu national brut; investissements directs étrangers passés d’un niveau quasiment nul à 2–3,5 % du PIB en 2007.
- Rôle de la volonté politique et des mesures anti‑corruption :
  - Tolérance zéro vis‑à‑vis de la corruption, renforcement du système judiciaire, stratégie crédible d’investissements publics, réintégration des anciens combattants (Rwanda).
  - Normalisation rapide et réformes appuyées par le programme favorisant investissement et croissance (Côte d’Ivoire).

### Mouvements de réfugiés pendant et après les conflits et politiques de retour
- Poids humain et déplacement :
  - En 2024, quelque 25 millions de réfugiés, soit approximativement 80 % des réfugiés dans le monde, étaient originaires de pays où il existait des zones de conflit actif.
- Dynamique des départs et retours :
  - Cinq ans après le déclenchement d’un conflit majeur, le nombre cumulé de départs de réfugiés est supérieur d’environ 95 % au nombre enregistré l’année précédant le conflit.
  - Quand les combats cessent et que la paix s’installe durablement, les retours de réfugiés augmentent progressivement pour atteindre environ 60 % cinq ans après la fin des conflits.
  - Comparaison entre entrées post‑conflit et départs antérieurs suggère que tous les réfugiés ne reviennent pas même après plusieurs années de paix.
- Enquêtes sur intentions de retour (UNHCR) :
  - Enquêtes couvrant quelque 17 000 personnes originaires du Nigéria, du Soudan du Sud et de l’Ukraine.
  - Facteurs augmentant la probabilité de retour :
    - Personnes âgées.
    - Réfugiés vivant dans des pays d’accueil voisins.
    - Réfugiés ayant des proches dans le pays d’origine.
  - Facteurs réduisant la probabilité de retour :
    - Réfugiés occupant un emploi dans leur pays d’accueil.
  - Facteurs liés à la situation politique et aux services dans le pays d’origine corrélés positivement avec l’intention de retour :
    - Augmentation des logements disponibles.
    - Renforcement de la sécurité.
    - Amélioration de l’accès aux services de base (eau, éducation, soins).
    - Politiques d’aide à la réinsertion professionnelle.

### Statistiques clés extraites du texte
- Premier décaissement MEDC : 2,7 milliards de dollars.
- Réfugiés en 2024 : quelque 25 millions ; approximativement 80 % originaires de pays avec zones de conflit actif.
- Rwanda (1994) : PIB réel −42 %; inflation 42 %; dette publique 171 % du PIB (contre 60 % en 1993).
- Rwanda (≈1999 et années suivantes) : croissance ≈3 % cinq ans après puis 6–9 % par an ; inflation 2 %; dette publique 78 % du PIB.
- Rwanda aide publique au développement : jusqu’à environ 95 % du revenu national brut en 1994 ; restée à 15–20 % du revenu national brut par la suite ; IDE 2–3,5 % du PIB en 2007.
- Côte d’Ivoire (2010–11) : production −environ 5 %; inflation 1,2 % en 2010 → 4,9 % en 2011 → ≈1,4 % en moyenne trois ans plus tard.
- Côte d’Ivoire dette publique : 46 % → environ 50 % du PIB entre 2009 et 2011 ; tombée à 31 % du PIB cinq ans plus tard.
- Ratios impôts/PIB : Rwanda 9 → 13 %; Côte d’Ivoire 10 → 13 %.
- Départs de réfugiés : cumul cinq ans après le déclenchement ≈95 % de plus que l’année précédant le conflit.
- Retours de réfugiés : environ 60 % cinq ans après la fin des conflits.
- Enquêtes UNHCR sur intentions de retour : couverture d’environ 17 000 personnes.

*Fonds monétaire international | Avril 2026 — Extraits du chapitre 3 : Les conséquences macroéconomiques des conflits et des reprises*

### 2. Corrélats de l’intention de retour

### 2. Corrélats de l’intention de retour

### Données et méthodologie
- Sources : enquêtes du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés sur les intentions de retour des réfugiés originaires du Nigéria (septembre 2021), du Soudan du Sud (novembre 2021) et d’Ukraine (août 2024) ; calculs des services du FMI.
- Plage 1 : estimations (projections locales par la méthode des doubles différences) du nombre de réfugiés après le déclenchement et la fin (signe opposé) d’un conflit. Observation : on observe des tendances similaires avec les données sur les flux de réfugiés et les migrants de retour.
- Plage 2 (régression affichée) : tient compte des caractéristiques socioéconomiques et des effets fixes par pays d’origine, pays (ou région) d’asile et statut juridique.
- Présentation des résultats : lignes et balises = estimations ponctuelles ; zones ombrées et segments verticaux = intervalles de confiance à 90 %.
- Variable dépendante présentée : Probabilité (0–1).

### Principales conclusions empiriques
- Décomposition des déterminants :
  - Facteurs d’ordre politique expliqueraient environ 54 % des intentions déclarées de regagner le pays d’origine.
  - Caractéristiques socioéconomiques expliqueraient environ 20 % des intentions déclarées de regagner le pays d’origine.
- Robustesse et comparaisons :
  - Les estimations issues de la méthode des doubles différences (plage 1) et la régression contrôlant pour caractéristiques socioéconomiques et effets fixes (plage 2) montrent des tendances cohérentes.
  - Les tendances empiriques sont similaires lorsqu’on utilise des données sur les flux de réfugiés et les migrants de retour.

### Intervalles de confiance et incertitude
- Les intervalles de confiance représentés sont à 90 %.
- Les résultats font apparaître des estimations ponctuelles accompagnées d’incertitudes quantifiables (zones ombrées et segments verticaux sur les graphiques).

### Recommandations de politique publique
- Politiques essentielles pour encourager le retour et soutenir une reprise durable après un conflit :
  - Promouvoir la sécurité post-conflit.
  - Améliorer l’offre de logement.
  - Faciliter la réinsertion sur le marché du travail.
  - Rétablir les services de base.
- Ces politiques ciblées répondent aux déterminants politiques (≈54 %) et socioéconomiques (≈20 %) des intentions de retour et visent à créer les conditions favorables à des retours sûrs et durables.

*Source : "2. Corrélats de l’intention de retour", PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE : L’ÉCONOMIE MONDIALE MENACÉE PAR LA GUERRE (Fonds monétaire international | Avril 2026).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/weo/2026/april/french/text.pdf_
