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### Contexte général et diagnostic (Section 1)
- Face à l’aggravation des turbulences sur les marchés financiers mondiaux, des mesures décisives et cohérentes à l’échelle internationale s’imposent pour rétablir la confiance dans le système financier mondial.
- L’inversion de l’effet de levier s'est accélérée et est devenue plus désordonnée, marquée par l’effondrement des prix des actions des institutions financières, la hausse des coûts de financement et de la protection contre les risques de défaillance, et la dépréciation des actifs.
- Les mesures prises en ordre dispersé n'ont pas suffi à redonner confiance au marché, contribuant à un quasi-blocage des marchés monétaires mondiaux et à l’apparition de risques d'instabilité systémique, notamment après l’effondrement ou la quasi-faillite de plusieurs grandes institutions en septembre.
- Risque fondamental : intensification des interactions négatives entre le système financier et le reste de l’économie, renforcée par l’accumulation de pertes, la dépréciation des actifs et l’accentuation du ralentissement économique.

### Principes directeurs pour la riposte publique (Section 1)
- Cinq principes devant guider l’élaboration et la portée des mesures destinées au rétablissement de la confiance :
  - 1) adopter des mesures globales, prises en temps utile et clairement expliquées, visant à faciliter le financement (disponibilité, coût, échéances), injecter du capital pour soutenir les institutions viables et soutenir les actifs en difficulté en utilisant les bilans publics; éviter d’amplifier les effets procycliques; objectifs clairs et modalités transparentes.
  - 2) chercher la cohérence et la concordance des mesures entre pays pour maximiser l'impact et éviter des effets négatifs transfrontaliers.
  - 3) garantir une riposte immédiate grâce à la détection rapide des tensions, impliquant un haut degré de coordination nationale et internationale et des dispositifs décisionnels adaptés.
  - 4) veiller à ce que les interventions d’urgence soient temporaires et protègent les intérêts des contribuables, prévoir la participation privée aux risques et la participation des contribuables aux bénéfices, réduire l'aléa moral tout en tenant compte des contraintes de situation.
  - 5) poursuivre à moyen terme un système financier plus solide, plus compétitif et plus efficient, en réglant ordonnément les institutions non viables et en renforçant le cadre international de la stabilité macrofinancière (supervision, réglementation, mécanismes de discipline de marché); renforcer les marchés de financement et de titrisation, notamment via la compensation centralisée.

### Trois éléments connexes à traiter simultanément (Section 1)
- Objectif : casser la spirale d’interactions entre l'insuffisance de capital, la dépréciation et la valorisation incertaine des actifs, et le dysfonctionnement des marchés de financement.

Capital
- Estimation des besoins :
  - Les grandes banques internationales auront besoin d'environ 675 milliards de dollars EU de capital au cours des quelques années à venir pour permettre la croissance continue, même modérée, du crédit au secteur privé tout en améliorant les ratios de fonds propres.
- Mesures possibles :
  - Injection de capitaux publics dans les institutions viables lorsque le capital privé est difficile à mobiliser, en privilégiant des structures offrant une marge de gain aux contribuables et incitant actionnaires existants et nouveaux à apporter des fonds.
  - Résolution ordonnée des banques non viables pour démontrer la détermination à promouvoir un système bancaire compétitif et bien capitalisé.

Actifs
- Rôle des bilans publics :
  - Utilisation des bilans publics pour éviter la braderie d’actifs sinistrés lorsque les bilans privés se délestent d’actifs afin de réduire le levier.
- Mesures possibles :
  - Mécanismes publics d’achat d’actifs ou de financement à long terme pour les banques fortement engagées dans des actifs titrisés ou en difficulté, avec création d’une structure de gestion des actifs pour donner un cadre légal et de responsabilisation.
  - Appréciation plus poussée dans l’application des règles d’évaluation à la valeur de marché pour éviter d’accroître les besoins de fonds propres ; accompagnement par une supervision rapprochée et un niveau d’information approprié.

Financement
- Problématique :
  - Les institutions dépendant du financement de gros, notamment sur les marchés internationaux, font face à des risques de refinancement considérables.
- Actions entreprises et nécessaires :
  - Les banques centrales étudient l’octroi de financements à terme pour répondre aux besoins des institutions.
  - Renforcement des fonds propres, soutien à la valorisation des actifs et injections de liquidités pour stabiliser les marchés.
  - Réduction des risques de contrepartie via l’adoption de structures centralisées de compensation et de règlement.
- Mesures exceptionnelles temporaires envisageables :
  - Extension temporaire des garanties des dépôts au-delà des limites normales, éventuellement jusqu’à une garantie universelle en cas d’aggravation; ces mesures doivent rester temporaires et idéalement coordonnées au plan international.
  - Garanties temporaires couvrant les dettes privilégiées ou subordonnées, avec coûts pour les institutions couvertes (par ex. frais d’utilisation) et critères d’aptitude.

### Évaluation des pertes et implications sectorielles (résumé Chapitre 1)
- Objectifs du chapitre 1 :
  - Évaluer l'étendue des nouvelles pertes menaçant les institutions mondiales, mesurer le niveau d’inversion nécessaire de l’effet de levier, estimer la quantité d’actifs à céder et calculer le montant de capital à mobiliser.
- Conclusion :
  - Des ressources publiques seront nécessaires pour garantir le retour à la stabilité financière et une inversion plus ordonnée de l’effet de levier afin d’éviter une grave pénurie de crédit.
- Estimations spécifiques concernant les États-Unis :
  - Les pertes déclarées sur les prêts et les actifs titrisés des États-Unis devraient continuer d’augmenter, pour atteindre environ 1.400 milliards de dollars, c'est-à-dire considérablement plus que l’estimation de l'édition d'avril 2008 du GFSR.
- Conséquences macro-financières :
  - Contraction du marché immobilier américain et ralentissement économique générant une multiplication des impayés sur les emprunts hypothécaires de premier ordre, les prêts immobiliers commerciaux, les prêts aux entreprises et à la consommation.
  - Pertes s’étendant aux actifs non américains à mesure que le ralentissement s’intensifie; certains pays européens voient des difficultés accentuées par le repli de leurs marchés immobiliers locaux.
  - Processus d’inversion de l’effet de levier touchera plusieurs niveaux du secteur bancaire : cessions d'actifs, ralentissement de l’acquisition de nouveaux actifs et modification radicale des modèles de fonctionnement des banques.
  - Entités non bancaires (par ex. fonds spéculatifs) subissent également une réduction de la capacité de levier via la restriction du financement sur marge et des mises en pension privées.
  - Tensions sur les marchés de financement : augmentations des rachats de fonds de placement du marché monétaire et accroissement des risques de refinancement pour les entreprises.

### Répercussions pour les pays émergents (Section 1)
- Situation générale :
  - Les pays émergents ont globalement bien résisté initialement, mais connaissent récemment des tensions croissantes : financements devenus plus coûteux et plus difficiles; corrections prononcées des marchés d'actions; intensification des sorties de capitaux; resserrement des liquidités au niveau international et parfois national.
- Impacts sectoriels et macroéconomiques :
  - Emprunteurs et institutions des pays émergents font face à un environnement plus éprouvant : ralentissement de la croissance mondiale, tensions inflationnistes intérieures à effet décalé, affaiblissement de la confiance et reflux des capitaux.
  - Risque important d’accélération d’un passage à une phase descendante du cycle du crédit intérieur dans certains pays émergents.

### Rôle continu du secteur privé et mesures de renforcement internes (Section 1)
- Priorités pour le secteur privé et les autorités :
  - Le secteur privé doit recenser et corriger les défaillances pour restaurer une intermédiation financière solide; les autorités de réglementation et de contrôle doivent soutenir ces efforts.
- Principaux éléments à renforcer du côté des institutions financières :
  - Maintien d'un processus ordonné d’inversion de l’effet de levier : renforcer d’abord les bilans en attirant de nouveaux capitaux de préférence à la vente d’actifs; disposer de sources de financement adéquates selon le modèle d’activité.
  - Renforcement des systèmes de gestion des risques : aligner davantage les rémunérations sur les rendements corrigés des risques, adopter des pratiques de gestion des risques plus robustes et intégrer des considérations de long terme dans les structures de rémunération.
  - Amélioration des techniques de valorisation et de la communication d’informations : application des directives du Forum de stabilité financière, valorisation fréquente des actifs et communication d’informations en temps opportun pour réduire l’incertitude et améliorer la transparence sur la santé des contreparties.
  - Élaboration de meilleurs mécanismes de compensation et de règlement pour les opérations hors cote.

### Contexte général : conjonction de risques de liquidité et de solvabilité (Section 2 / Chapitre 2)
- Conjonction de risques de liquidité et de solvabilité engendrant :
  - Écarts prononcés de taux d’intérêt à court terme et baisse sensible des volumes de transactions; marchés de financement restés tendus pendant une durée exceptionnelle.
  - Incapacité des marchés de financement à distribuer efficacement les liquidités entre banques et quasi-banques, affectant la transmission de la politique monétaire.
- Tendances structurelles influant sur la transmission :
  - Expansion des activités des quasi-banques.
  - Recours accru aux marchés des financements de montants élevés.
  - Rôle croissant des titres à court terme dans les financements au détriment des dépôts de nature stable.
- Dégradation de la fiabilité des prévisions des taux prêteurs depuis le milieu de 2007 jusqu’à juin 2008, plus prononcée pour les États-Unis que pour la zone euro.

### Fonctionnement des taux à court terme : LIBOR, Euribor, OIS (Section 2)
- Observations :
  - Modes de fixation des taux à court terme, notamment LIBOR et Euribor, restent opérationnels.
  - Estimation : le LIBOR sous-tend actuellement environ 400 billions de dollars de contrats sur dérivés financiers.
  - Craintes de défaillance devenues déterminantes pour les transactions en dollars dès début 2008, expliquant les écarts entre le LIBOR et l’overnight index swap (OIS).
  - Écarts entre l’Euribor et l’OIS et le LIBOR et l’OIS pour les transactions en livres sterling imputables aux écarts de taux des swaps de devises, indiquant propagation des tensions en dollars à d’autres monnaies.

### Recommandations principales (Chapitre 2)
- Amélioration de l'infrastructure des marchés de financement :
  - Pour le calcul du LIBOR, constituer un échantillon plus vaste de banques et de cotations, comprenant aussi les financements à terme non garantis de sources non bancaires.
  - Publication de données de volume agrégées pour renforcer la confiance des opérateurs dans ces taux de référence.
- Attention accrue des autorités aux risques de crédit et de liquidité :
  - Écarts interbancaires principalement tributaires des risques de difficultés bancaires; l'accès aux liquidités d'urgence des banques centrales est peu susceptible d'atténuer ces tensions seul.
  - Les autorités publiques devront continuer à faire face aux risques de contrepartie.
- Soutien indirect limité aux marchés monétaires :
  - Facilités de prêt des banques centrales conçues pour inciter à la reprise des négociations entre acteurs du marché et permettre un désengagement ordonné des banques centrales après détente des tensions.
  - Modification de la politique de garantie de la Banque centrale européenne citée comme pas dans cette direction.
- Encouragement de la coopération et de la communication entre banques centrales :
  - Importance des marchés de swaps de devises en complément des marchés monétaires locaux.
  - Intervention concertée de grandes banques centrales pour répondre aux besoins de financement en devises lors de la dernière crise de liquidité.
  - Réduction des incertitudes par publication régulière des actions des banques centrales et harmonisation des procédures opérationnelles.

### Chapitre 3 — Comptabilité à la juste valeur et procyclicité
- Observations et conclusions :
  - La comptabilité à la juste valeur a pu jouer un rôle procyclique dans l’évolution et le résultat du cycle de crédit actuel.
  - Simulations basées sur des données comptables réelles de cinq types représentatifs d'institutions financières montrent que, selon les actifs et passifs au bilan, les chocs amplifient les fluctuations cycliques des valorisations.
  - Ajustements comptables possibles peuvent lisser les variations cycliques mais produisent des valorisations qui ne reflètent pas des valeurs justes.
  - La comptabilité à la juste valeur peut produire des valorisations sans rapport avec les paramètres fondamentaux à long terme, les flux de trésorerie ou les risques considérés, notamment lorsque les marchés sont hautement illiquides ou en période d’extrêmes difficultés.
  - Conclusion générale : la comptabilité à la juste valeur reste valable, mais doit être affinée pour atténuer les effets exagérés de certaines techniques de valorisation; nécessité de concilier méthodes comptables, prudentielles et de gestion des risques pour la stabilisation du système financier.

- Recommandations principales (Chapitre 3) :
  - Compléter sélectivement les informations servant de base à la valorisation :
    - Compléter les valorisations comptables par des informations supplémentaires telles que la variation attendue des valorisations sur la base de la juste valeur, les techniques de modélisation et les hypothèses retenues.
  - Relever le volant de capital de précaution et les provisions :
    - Le relèvement des volants de capital et l'utilisation de provisions prospectives aideraient à se prémunir contre la phase descendante du cycle.
    - Simulation : pour une protection complète pendant toute la phase descendante du cycle, il conviendrait de constituer un volant de capital supérieur d’environ 30 à 40 % aux niveaux ordinaires en période faste pour amortir les chocs les plus graves.
  - Divulguer des informations ciblées sur les risques :
    - Fournir des informations plus ciblées selon les besoins des différents utilisateurs.
    - Rapports courts à intervalles plus rapprochés pourraient être préférables à des rapports longs et moins fréquents, selon le public visé.

### Chapitre 4 — Marchés d'actions des pays émergents et contagion
- Observations :
  - Les pays émergents n'ont pas été frappés de plein fouet par la crise, mais restent vulnérables aux effets d'entraînement.
  - Facteurs externes/mondiaux et facteurs intérieurs/fondamentaux jouent tous deux un rôle important dans les valorisations des marchés d'actions des pays émergents.
  - Indicateurs de corrélation signalant une augmentation des possibilités de contagion aux marchés d'actions des pays émergents.
  - Mouvements de prix pouvant influer sur la consommation et l'investissement dans les pays émergents, bien que les liens macro-financiers soient jugés peu importants et tendent à produire des effets progressivement.

- Mesures recommandées pour renforcer la résilience des marchés émergents (Chapitre 4) :
  - Élargir et diversifier la base d'investisseurs :
    - Encourager la diversification des investisseurs, notamment les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d'assurances) ayant des horizons d'investissement à long terme.
  - Faciliter le processus de détermination du prix :
    - Supprimer les obstacles à la détermination du prix en évitant de retarder artificiellement la révélation du prix ou de limiter les mouvements de prix.
  - Soutenir le développement des infrastructures :
    - Adopter des règles légales, réglementaires et prudentielles conformes aux meilleures pratiques internationales.
  - Veiller à ce que les bourses de valeurs soient bien gérées :
    - Développer un environnement avec un système d'échange solide et des infrastructures propices à la négociation d’actions et de nouveaux instruments financiers.

*Source : Rapport sur la stabilité financière dans le monde — Résumé analytique, Octobre 2008 (Section 1). Source: sumfpdf - Section 2*

### Section 1

### Section 1

### Contexte général et diagnostic
- Face à l’aggravation des turbulences sur les marchés financiers mondiaux, des mesures décisives et cohérentes à l’échelle internationale s’imposent pour rétablir la confiance dans le système financier mondial.
- L’inversion de l’effet de levier s'est accélérée et est devenue plus désordonnée, marquée par l’effondrement des prix des actions des institutions financières, la hausse des coûts de financement et de la protection contre les risques de défaillance, et la dépréciation des actifs.
- Les mesures prises en ordre dispersé n'ont pas suffi à redonner confiance au marché, contribuant à un quasi-blocage des marchés monétaires mondiaux et à l’apparition de risques d'instabilité systémique, notamment après l’effondrement ou la quasi-faillite de plusieurs grandes institutions en septembre.
- Le risque fondamental est l’intensification des interactions négatives entre le système financier et le reste de l’économie, renforcée par l’accumulation de pertes, la dépréciation des actifs et l’accentuation du ralentissement économique.

### Principes directeurs pour la riposte publique
- Cinq principes devraient guider l’élaboration et la portée des mesures destinées au rétablissement de la confiance :
  1) adopter des mesures globales, prises en temps utile et clairement expliquées, visant à faciliter le financement (disponibilité, coût, échéances), injecter du capital pour soutenir les institutions viables et soutenir les actifs en difficulté en utilisant les bilans publics; éviter d’amplifier les effets procycliques; objectifs clairs et modalités transparentes.
  2) chercher la cohérence et la concordance des mesures entre pays pour maximiser l'impact et éviter des effets négatifs transfrontaliers.
  3) garantir une riposte immédiate grâce à la détection rapide des tensions, impliquant un haut degré de coordination nationale et internationale et des dispositifs décisionnels adaptés.
  4) veiller à ce que les interventions d’urgence soient temporaires et protègent les intérêts des contribuables, prévoir la participation privée aux risques et la participation des contribuables aux bénéfices, réduire l'aléa moral tout en tenant compte des contraintes de situation.
  5) poursuivre à moyen terme un système financier plus solide, plus compétitif et plus efficient, en réglant ordonnément les institutions non viables et en renforçant le cadre international de la stabilité macrofinancière (supervision, réglementation, mécanismes de discipline de marché); renforcer les marchés de financement et de titrisation, notamment via la compensation centralisée.

### Trois éléments connexes à traiter simultanément
- Il est essentiel de casser la spirale d’interactions entre : l'insuffisance de capital, la dépréciation et la valorisation incertaine des actifs, et le dysfonctionnement des marchés de financement.

Capital
- Estimation des besoins : les grandes banques internationales auront besoin d'environ 675 milliards de dollars EU de capital au cours des quelques années à venir pour permettre la croissance continue, même modérée, du crédit au secteur privé tout en améliorant les ratios de fonds propres.
- Mesures possibles :
  - Injection de capitaux publics dans les institutions viables lorsque le capital privé est difficile à mobiliser, en privilégiant des structures offrant une marge de gain aux contribuables et incitant actionnaires existants et nouveaux à apporter des fonds.
  - Résolution ordonnée des banques non viables pour démontrer la détermination à promouvoir un système bancaire compétitif et bien capitalisé, malgré la délicatesse politique.

Actifs
- Utilisation des bilans publics pour éviter la braderie d’actifs sinistrés lorsque les bilans privés se délestent d’actifs afin de réduire le levier.
- Mesures possibles :
  - Mécanismes publics d’achat d’actifs ou de financement à long terme pour les banques fortement engagées dans des actifs titrisés ou en difficulté, avec création d’une structure de gestion des actifs pour donner un cadre légal et de responsabilisation.
  - Appréciation plus poussée dans l’application des règles d’évaluation à la valeur de marché pour éviter d’accroître les besoins de fonds propres ; cette appréciation doit s’accompagner d’une supervision rapprochée et d’un niveau d’information approprié.

Financement
- Les institutions dépendant du financement de gros, notamment sur les marchés internationaux, font face à des risques de refinancement considérables.
- Actions entreprises et nécessaires :
  - Les banques centrales étudient l’octroi de financements à terme pour répondre aux besoins des institutions.
  - Les mesures de renforcement des fonds propres, de soutien à la valorisation des actifs et les injections de liquidités en cours devraient aider à stabiliser les marchés.
  - Réduction des risques de contrepartie via l’adoption de structures centralisées de compensation et de règlement.
- Mesures exceptionnelles temporaires envisageables :
  - Extension temporaire des garanties des dépôts au-delà des limites normales, éventuellement jusqu’à une garantie universelle en cas d’aggravation; ces mesures doivent rester temporaires et idéalement coordonnées au plan international.
  - Garanties temporaires couvrant les dettes privilégiées ou subordonnées, avec coûts pour les institutions couvertes (par ex. frais d’utilisation) et critères d’aptitude.

### Évaluation des pertes et implications sectorielles (Chapitre 1 résumé)
- Le chapitre 1 évalue l'étendue des nouvelles pertes menaçant les institutions mondiales, mesure le niveau d’inversion nécessaire de l’effet de levier, estime la quantité d’actifs à céder et calcule le montant de capital à mobiliser.
- Conclusion : des ressources publiques seront nécessaires pour garantir le retour à la stabilité financière et une inversion plus ordonnée de l’effet de levier afin d’éviter une grave pénurie de crédit.
- Estimations spécifiques concernant les États-Unis :
  - Les pertes déclarées sur les prêts et les actifs titrisés des États-Unis devraient continuer d’augmenter, pour atteindre environ 1.400 milliards de dollars, c'est-à-dire considérablement plus que l’estimation de l'édition d'avril 2008 du GFSR.
- Conséquences macro-financières :
  - La contraction du marché immobilier américain et la généralisation du ralentissement économique entraînent une multiplication des impayés sur les emprunts hypothécaires de premier ordre, les prêts immobiliers commerciaux, les prêts aux entreprises et à la consommation.
  - Les pertes s’étendront aux actifs non américains à mesure que le ralentissement s’intensifie; certains pays européens voient des difficultés accentuées par le repli de leurs marchés immobiliers locaux.
  - Le processus d’inversion de l’effet de levier touchera plusieurs niveaux du secteur bancaire : cessions d'actifs, ralentissement de l’acquisition de nouveaux actifs et modification radicale des modèles de fonctionnement des banques.
  - Entités non bancaires (par ex. fonds spéculatifs) subissent également une réduction de la capacité de levier via la restriction du financement sur marge et des mises en pension privées.
  - Tensions sur les marchés de financement : augmentations des rachats de fonds de placement du marché monétaire et accroissement des risques de refinancement pour les entreprises.

### Répercussions pour les pays émergents
- Les pays émergents ont globalement bien résisté initialement, mais connaissent récemment des tensions croissantes :
  - Financements devenus plus coûteux et plus difficiles.
  - Corrections prononcées des marchés d'actions.
  - Intensification des sorties de capitaux, resserrement des liquidités au niveau international et parfois national.
- Les emprunteurs et institutions des pays émergents font face à un environnement macroéconomique plus éprouvant, combinant ralentissement de la croissance mondiale, tensions inflationnistes intérieures à effet décalé, affaiblissement de la confiance et reflux des capitaux.
- Risque important d’accélération d’un passage à une phase descendante du cycle du crédit intérieur dans certains pays émergents.

### Rôle continu du secteur privé et mesures de renforcement internes
- Le secteur privé doit continuer à recenser et corriger les défaillances afin de restaurer une intermédiation financière solide; les autorités de réglementation et de contrôle doivent soutenir ces efforts.
- Principaux éléments à renforcer du côté des institutions financières :
  - Maintien d'un processus ordonné d’inversion de l’effet de levier : renforcer d’abord les bilans en attirant de nouveaux capitaux de préférence à la vente d’actifs; disposer de sources de financement adéquates selon le modèle d’activité.
  - Renforcement des systèmes de gestion des risques : aligner davantage les rémunérations sur les rendements corrigés des risques, adopter des pratiques de gestion des risques plus robustes et intégrer des considérations de long terme dans les structures de rémunération.
  - Amélioration des techniques de valorisation et de la communication d’informations : application des directives du Forum de stabilité financière, valorisation fréquente des actifs et communication d’informations en temps opportun pour réduire l’incertitude et améliorer la transparence sur la santé des contreparties.
  - Élaboration de meilleurs mécanismes de compensation et de règlement pour les opérations hors cote.

*Source : Rapport sur la stabilité financière dans le monde — Résumé analytique, Octobre 2008 (Section 1).*

### Section 2

### Chapitre 2

### Contexte général : conjonction de risques de liquidité et de solvabilité
- La conjonction de risques de liquidité et de solvabilité a engendré une période marquée par des écarts prononcés de taux d’intérêt à court terme et par une baisse sensible des volumes de transactions, les marchés de financement étant restés tendus pendant une durée exceptionnelle.
- Incapacité des marchés de financement à jouer leur rôle de distribution des liquidités entre les banques et les quasi-banques, avec des conséquences sur le mécanisme de transmission de la politique monétaire par les taux d’intérêt.
- Trois tendances lourdes influant sur le mécanisme de transmission : l'expansion des activités des quasi-banques, le recours plus marqué aux marchés des financements de montants élevés et le rôle croissant des titres à court terme dans les financements au détriment des dépôts de nature stable.
- Depuis le milieu de l'année 2007 jusqu’à juin 2008, la fiabilité des prévisions concernant les taux prêteurs s’est dégradée tant pour les États-Unis que pour la zone euro, mais de façon plus prononcée pour les États-Unis.

### Fonctionnement des taux à court terme : LIBOR, Euribor, OIS
- Les modes de fixation des taux à court terme, notamment pour le London Interbank Offer Rate (LIBOR) et l’Euribor, restent opérationnels.
- Des améliorations sont souhaitables puisque, selon les estimations, le LIBOR sous-tend actuellement environ 400 billions de dollars de contrats sur dérivés financiers.
- Les craintes de défaillance sont devenues le facteur déterminant pour les transactions en dollars à partir du début de 2008, expliquant les écarts marqués entre le LIBOR et l’overnight index swap (OIS).
- Les écarts entre l’Euribor et l’OIS et le LIBOR et l’OIS pour les transactions en livres sterling sont imputables aux écarts de taux des swaps de devises, indiquant une propagation des tensions en dollars à d’autres monnaies.

### Recommandations principales (Chapitre 2)
- Amélioration de l'infrastructure des marchés de financement :
  - Pour le calcul du LIBOR, constituer un échantillon plus vaste de banques et de cotations, comprenant aussi les financements à terme non garantis de sources non bancaires.
  - Publication de données de volume agrégées pour renforcer la confiance des opérateurs dans ces taux de référence.
- Une plus grande attention des autorités aux risques de crédit et de liquidité :
  - Les écarts interbancaires étant principalement tributaires des risques de difficultés bancaires, l'accès plus facile aux liquidités mises à disposition en urgence par les banques centrales est peu susceptible d'atténuer les tensions interbancaires.
  - Les autorités publiques devront continuer à faire face aux risques de contrepartie, car les institutions privées peinent de plus en plus à le faire.
- Soutien indirect limité aux marchés monétaires :
  - Les facilités de prêt des banques centrales visant à rétablir le bon fonctionnement des marchés interbancaires doivent être conçues pour fournir des incitations à la reprise des négociations entre acteurs du marché et permettre un désengagement ordonné des banques centrales une fois les tensions relâchées.
  - Les modifications que la Banque centrale européenne apportera à sa politique en matière de garantie à partir de l'année prochaine sont citées comme un pas dans cette direction.
- Encouragement de la coopération et de la communication entre banques centrales :
  - Importance des marchés de swaps de devises qui fonctionnent bien, en plus des marchés monétaires locaux.
  - La dernière crise de liquidité a été contrée par l’action concertée de grandes banques centrales pour répondre aux besoins de financement en devises.
  - Les banques centrales peuvent réduire les incertitudes en rendant publiques régulièrement leurs actions et les raisons qui les sous-tendent et en harmonisant leurs procédures opérationnelles.

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### Chapitre 3 — Comptabilité à la juste valeur et procyclicité
- Le chapitre examine le rôle procyclique que l'application de la comptabilité à la juste valeur a pu jouer dans l’évolution et le résultat du cycle de crédit actuel.
- Simulations basées sur des données comptables réelles de cinq types représentatifs d'institutions financières montrent que, selon les actifs et passifs présents au bilan, les chocs amplifient les fluctuations cycliques des valorisations.
- Les ajustements possibles aux méthodes comptables peuvent lisser les variations cycliques, mais entraînent des valorisations qui ne reflètent pas des valeurs justes.
- La comptabilité à la juste valeur peut produire des valorisations sans rapport avec les paramètres fondamentaux à long terme, les flux de trésorerie ou les risques considérés, notamment lorsque les marchés sont hautement illiquides ou en période d’extrêmes difficultés.
- Conclusion générale : la comptabilité à la juste valeur reste valable, mais doit être affinée pour atténuer les effets exagérés de certaines techniques de valorisation ; nécessité de concilier les méthodes comptables, prudentielles et de gestion des risques pour la stabilisation du système financier.

### Recommandations principales (Chapitre 3)
- Compléter sélectivement les informations servant de base à la valorisation :
  - Compléter les valorisations comptables par des informations supplémentaires telles que la variation attendue des valorisations sur la base de la juste valeur, les techniques de modélisation et les hypothèses retenues, pour permettre une appréciation adéquate des risques.
- Relever le volant de capital de précaution et les provisions :
  - Le relèvement des volants de capital et l'utilisation de provisions prospectives contribueraient à se prémunir contre la phase descendante du cycle.
  - Pour une protection complète pendant toute la phase descendante du cycle, les simulations indiquent qu'il conviendrait de constituer un volant de capital supérieur d’environ 30 à 40 % aux niveaux ordinaires en période faste pour amortir les chocs les plus graves.
- Divulguer des informations ciblées sur les risques :
  - Fournir des informations plus ciblées en fonction des besoins des différents utilisateurs.
  - Des rapports courts à intervalles plus rapprochés seraient peut-être préférables à des rapports longs et moins fréquents, selon le public visé.

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### Chapitre 4 — Marchés d'actions des pays émergents et contagion
- Les pays émergents n'ont pas été frappés de plein fouet par la crise, mais restent vulnérables aux effets d'entraînement.
- Analyse des marchés d'actions des pays émergents montre que les facteurs externes/mondiaux et les facteurs intérieurs/fondamentaux jouent tous deux un rôle important dans les valorisations.
- Les indicateurs de corrélation indiquent une augmentation des possibilités de contagion aux marchés d'actions des pays émergents, suggérant une multiplication des vecteurs de transmission des mouvements de prix des actions.
- Ces mouvements peuvent influer sur la consommation et l'investissement dans les pays émergents, bien que les liens macro-financiers soient jugés peu importants et tendent à produire des effets progressivement.
- Implication pour les décideurs : poursuivre durablement les efforts pour accroître la résistance des marchés financiers locaux.

### Mesures recommandées pour renforcer la résilience des marchés émergents (Chapitre 4)
- Élargir et diversifier la base d'investisseurs :
  - Encourager la diversification des investisseurs, notamment les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d'assurances) qui ont en général des horizons d'investissement à long terme.
- Faciliter le processus de détermination du prix :
  - Supprimer les obstacles à la détermination du prix en évitant de retarder artificiellement la révélation du prix ou de limiter les mouvements de prix.
- Soutenir le développement des infrastructures :
  - Adopter des règles légales, réglementaires et prudentielles conformes aux meilleures pratiques internationales.
- Veiller à ce que les bourses de valeurs soient bien gérées :
  - Développer un environnement avec un système d'échange solide et des infrastructures propices à la négociation d’actions et de nouveaux instruments financiers, en articulant correctement améliorations et innovations.

*Source: sumfpdf - Section 2*

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