## RAPPORT SUR LA STABILITÉ FINANCIÈRE DANS LE MONDE — RÉSUMÉ ANALYTIQUE

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### Risques à court terme
- Les risques à court terme pesant sur la stabilité financière mondiale se sont atténués depuis l’édition d’avril 2016 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (GFSR).
- Facteurs d’atténuation :
  - Redressement des cours des matières premières après leur point bas en début d’année.
  - Ajustements dans les pays émergents favorisant la reprise des flux de capitaux.
  - Diminution des inquiétudes immédiates quant au ralentissement de l’économie chinoise grâce aux efforts d’accompagnement de la croissance.
  - Politique monétaire accommodante dans les pays avancés ayant affermi les prix des actifs et ravivé l’appétit pour le risque.
  - Les marchés ont absorbé le choc initial du Brexit (référendum de juin 2016 au Royaume-Uni en faveur de la sortie de l’Union européenne) et réévalué les risques baissiers potentiels.

### Risques à moyen terme
- Les risques à moyen terme s’accumulent en dépit de la détente à court terme.
- Facteurs aggravants :
  - Ralentissement persistant de la croissance mondiale entraînant des anticipations d’une longue période d’inflation faible et de taux d’intérêt bas.
  - Instabilité du climat politique dans de nombreux pays, croissance nulle des revenus et creusement des inégalités favorisant le populisme et le repli sur soi.
  - Risque d’un enlisement progressif dans la stagnation économique et financière.
  - Difficultés des institutions financières à préserver l’intégrité de leurs bilans, freinant la croissance et la stabilité financière.

### Situation des banques et institutions financières
- Faible rentabilité des banques des pays avancés :
  - Plus de 25 percent des banques des pays avancés (dont les actifs totalisent environ 11.700 milliards de dollars) resteraient affaiblies et confrontées à de graves difficultés structurelles.
  - Une reprise conjoncturelle seule ne suffirait pas à résoudre le problème de la faible rentabilité.
  - Modèles de gestion en difficulté, notamment en Europe et au Japon ; banques japonaises exposées à des risques de financement en dollars en se développant à l’international.
- Assurance-vie et fonds de pension :
  - Solvabilité menacée par une période prolongée de taux d’intérêt bas, problématiques liées au vieillissement démographique et à la rentabilité faible ou irrégulière des actifs.
  - Montée des inquiétudes pourrait accroître l’épargne et alourdir la tendance à la stagnation financière et économique.

### Vulnérabilités des pays émergents
- Contexte : croissance mondiale ralentie, baisse des cours des matières premières et contraction du commerce mondial.
- Endettement des entreprises :
  - Près de 11 percent des dettes des entreprises (plus de 400 milliards de dollars) sont le fait de sociétés dont les capacités de remboursement sont affaiblies.
  - Scénario de référence : l’endettement ne diminue que lentement en raison de niveaux d’endettement élevés et de capacités excédentaires des entreprises.
  - Risque d’un ajustement en ordre dispersé si les primes de risque mondiales augmentent alors que les bénéfices diminuent, ce qui pourrait épuiser les marges de fonds propres des établissements bancaires dans certains pays émergents.
- Chine :
  - Croissance rapide du crédit et développement des produits du système bancaire parallèle accroissent les risques systémiques.
  - Créances compromises élevées dans le secteur des entreprises ; complexité accrue par les créances hors emprunts.
  - Les récents efforts de réforme ont favorisé une croissance plus équilibrée, mais il faut remédier sans tarder au surendettement des entreprises et autres vulnérabilités via une stratégie globale.

### Mesures recommandées — ensemble de politiques plus énergique et coordonné
- Principes généraux :
  - Maintenir une politique monétaire accommodante pour accompagner la reprise, tout en allégeant le fardeau des banques centrales par un ensemble plus vaste de mesures budgétaires, structurelles et macroprudentielles.
  - Urgence d’action budgétaire et structurelle pour doper la confiance et accélérer la croissance mondiale.
  - Mettre en place un dispositif macroprudentiel pour renforcer les fondements du système financier mondial.
- Scénario négatif :
  - Un scénario de stagnation financière et de protectionnisme risquerait de se solder par un recul d’environ 3 percent de la production mondiale jusqu’en 2021.
- Actions ciblées pour les banques :
  - Réduire l’encours considérable de créances compromises, rationaliser les bilans et revoir les modèles de gestion dépassés.
  - Dans certains cas, procéder à des fermetures d’établissements en difficulté pour préserver la capacité prêteuse et la santé sectorielle.
  - Les gouvernants doivent finaliser les réformes réglementaires sans accroître sensiblement les ratios de fonds propres globaux tout en préservant l’intégrité du dispositif.

### Recommandations régionales et sectorielles précises
- Zone euro :
  - Remédier d’urgence au montant excessif des créances improductives et aux obstacles structurels à la rentabilité.
  - Priorité à la réduction des créances improductives et au renforcement des fonds propres des banques fragilisées.
  - Réformes pour accélérer le recouvrement des actifs et faciliter les procédures collectives ordonnées.
  - Effets projetés :
    - La cession des créances improductives grâce à ces réformes produirait un gain total d’environ 60 milliards d’euros, au lieu d’une perte de 80 milliards d’euros.
    - Amélioration de l’efficacité opérationnelle (rationalisation des réseaux, instruments de financement et coûts) pourrait faire diminuer les dépenses d’environ 40 milliards d’euros.
- Japon :
  - Intensifier la supervision des banques pour veiller à leur rentabilité, à un profil de financement adéquat et à la conformité aux normes réglementaires mondiales.
- Réglementation mondiale :
  - Réduire l’incertitude réglementaire et éviter la procyclicité dans la mise en œuvre des ratios de fonds propres de Bâle III.
  - Préférence pour s’entendre sur un solide système de pondération des fonds propres même si sa mise en place prend plus de temps, plutôt que d’affaiblir le système afin de respecter la date butoir de fin-2016.
  - Échelonnement possible de la mise en place pour éviter des retombées procycliques.
- Sociétés d’assurance-vie et fonds de pension :
  - Régulateurs et contrôleurs doivent agir sans retard : identifier les risques de faillite et déficits de financement à moyen terme, étoffer les plans de réforme, renforcer l’encadrement des modèles internes et des normes de fonds propres et améliorer la transparence.

### Recommandations pour les pays émergents
- Trois fronts d’action :
  1. Gérer l’impact des difficultés des entreprises : comptabiliser rapidement et de manière transparente les créances improductives et renforcer les systèmes de procédures collectives.
  2. Étoffer la surveillance et les capacités de réaction : réformes des dispositifs macroprudentiels et de la supervision.
  3. Maintenir l’accès aux services financiers internationaux : renforcer la réglementation et la supervision pour amoindrir la perception du risque et soutenir l’activité des banques correspondantes.

### Rôle des financements non bancaires et implications pour la politique monétaire
- Transformation des marchés financiers au cours des dix dernières années : montée en puissance des intermédiaires financiers non bancaires (gestionnaires d’actifs, compagnies d’assurance, fonds de pension).
- Observations :
  - La crainte d’une perte d’efficacité de la politique monétaire due au rôle croissant des financements non bancaires ne s’est pas matérialisée : en moyenne, la transmission de la politique monétaire semble plus efficace dans les pays avec un secteur financier non bancaire plus développé.
  - Les intermédiaires non bancaires réduisent souvent leurs bilans davantage que les banques en cas de contraction de la politique monétaire.
  - Les taux d’intérêt bas ont probablement favorisé une augmentation de la prise de risques parmi les intermédiaires bancaires et non bancaires.
  - L’expansion du secteur non bancaire rend la collecte de données sur ces intermédiaires essentielle pour l’analyse et la surveillance.

### Gouvernance d’entreprise dans les pays émergents
- Progrès :
  - Qualité de la gouvernance d’entreprise et protection des investisseurs généralement améliorées au cours des vingt dernières années, tant au niveau des entreprises qu’au plan national.
  - Des écarts importants persistent entre pays émergents, et des améliorations sont possibles.
- Effets bénéfiques de la meilleure gouvernance :
  - Renforce la résilience face aux chocs financiers mondiaux.
  - Améliore l’efficience des marchés boursiers et favorise le développement de marchés de capitaux plus profonds et liquides, améliorant l’absorption des chocs.
  - Les pays émergents avec une meilleure gouvernance d’entreprise ont généralement des bilans d’entreprises plus solides.
- Recommandations :
  - Affermir les droits des investisseurs extérieurs, en particulier des actionnaires minoritaires.
  - Mettre les règles de déclaration en conformité avec les meilleures pratiques internationales.
  - Promouvoir une plus grande indépendance des conseils d’administration.

*Source : Résumé analytique, Chapitre 1 — Rapport sur la stabilité financière dans le monde, octobre 2016.*

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