## Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale (sreo0414f)

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### Perspectives à court terme — situation et projections
- Croissance régionale : 4,9 % en 2013 et devrait passer à environ 5½ % en 2014.
- Inflation moyenne : 6,3 % en 2013; projections : 6,2 % en 2014 et 5,8 % en 2015.
- Investissement total attendu : 23,8 percent du PIB en 2014 et 2015.
- Déficit extérieur courant moyen : passé de 2,6 percent du PIB en 2012 à 3,5 percent du PIB en 2013; déficits extérieurs courants devraient se creuser à l’horizon 2015.
- Nigéria : croissance prévue d’environ 7 percent en 2014 et 2015.
- Exemples d’effets pays :
  - Rand sud‑africain : perdu environ 13 % par rapport au dollar entre mai 2013 et juin 2013.
  - Cedi ghanéen : perdu environ 15 % en 2013.
  - Kwacha zambien : dépréciation de 7 %.
  - Franc rwandais : dépréciation d’environ 7 %.
- Ajournement d’émissions d’obligations souveraines d’un montant total d’environ 4 milliards de dollars, prévues initialement pour fin 2013.

### Principaux aléas et vulnérabilités
- Ralentissement de la demande des pays émergents (en particulier la Chine) réduisant la demande d’exportations et pesant sur les prix du cuivre et du minerai de fer.
- Resserrement des conditions financières mondiales lié à l’abandon progressif des politiques monétaires accommodantes dans les pays avancés, exposant la région à un ralentissement ou un retournement des flux de capitaux.
- Accentuation des déséquilibres budgétaires dans certains pays ayant utilisé l’espace budgétaire en 2009–10 et poursuivant des politiques expansionnistes (ex. Ghana, Zambie).
- Fragilité sécuritaire dans certains pays (République centrafricaine, Soudan du Sud, menaces terroristes dans le Sahel) entraînant dommages directs et retombées régionales.

### Sources internes de croissance et risques macroéconomiques
- Moteurs : investissements publics et privés massifs dans infrastructures, secteur minier, énergie; demande intérieure et expansion du crédit privé dans certains pays.
- Exécution budgétaire : investissements publics soutenus (Mozambique, Namibie, Ouganda, Swaziland, Togo) malgré sous‑exécution dans certains pays (Botswana, Côte d’Ivoire, Libéria).
- Viabilité budgétaire : nombre de pays où la dette s’est accrue de 25 en 2010 à 31 en 2013; ratios dette/PIB généralement faibles au niveau régional mais vulnérabilités localisées.

### Recommandations macroéconomiques prioritaires
- Maintenir la stabilité macroéconomique et renforcer la résilience des économies.
- Profiter de la croissance pour reconstituer les amortisseurs et consolider les finances publiques, tout en préservant dispositifs de protection sociale et investissements productifs.
- Pays dépendant des flux d’investissements de portefeuille : viser la stabilité pour préserver les objectifs de développement à long terme et être prêts à ajuster les programmes budgétaires en cas de chute des financements extérieurs.
- Laisser les taux de change s’ajuster lorsque nécessaire; orienter la politique budgétaire vers la reconstitution des amortisseurs quand l’accès aux financements extérieurs est relativement sûr et la croissance est à son potentiel.
- Renforcer les cadres monétaires là où les marchés financiers sont plus développés : cadres plus prospectifs et plus souples, gestion de la liquidité, capacités analytiques et communication (voir chapitre 3).
- Poursuivre l’intégration régionale (ex. progrès de la Communauté de l’Afrique de l’Est — accord en vue d’une union monétaire dans les dix années à venir).

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### Pour une croissance durable et plus solidaire

### Diagnostic et constats clés
- Croissance soutenue depuis plus d’une décennie dans nombre de pays : taux de l’ordre de 5 % à 6 % contribuant à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des niveaux de vie.
- PIB médian par habitant : augmentation de 75 % entre 2000 et 2013.
- Taux de pauvreté : environ 45 %.
- Progression des indicateurs sociaux : amélioration des taux de scolarisation primaire, baisse de la mortalité infantile et maternelle, recul de la sous‑alimentation, accès élargi à l’eau propre et à l’assainissement.
- Problème central : transformation structurelle insuffisante; productivité limitée et part élevée de l’emploi agricole persistent.

### Priorités politiques pour une croissance plus solidaire
- Faciliter la création d’emplois, en particulier dans les entreprises familiales actives dans l’agriculture et les services.
- Assurer l’accès généralisé aux services financiers.
- Rehausser la productivité du secteur agricole qui emploie la plus grande partie de la population.
- Poursuivre les transformations structurelles via l’investissement dans le capital physique et humain et le renforcement des institutions.
- Améliorer le climat des affaires, fournir une meilleure formation technique, réduire le coût des transactions financières, exploiter les nouvelles technologies (p. ex. services bancaires par téléphone portable).

### Preuves empiriques et enseignements (Mozambique vs Viet Nam)
- Même rythme de croissance initial entre Mozambique et Viet Nam, mais recul de la pauvreté plus rapide au Viet Nam :
  - Mozambique : indice numérique de la pauvreté en baisse de 2,4 % par an entre 1996 et 2007.
  - Viet Nam : indice numérique de la pauvreté en baisse de 4,6 % par an entre 1992 et 2004.
- Différences expliquées par gains de productivité agricoles plus élevés et création d’emplois manufacturiers mieux rémunérés au Viet Nam.
- Encadré 2.3 (35 pays, 1996–2010) — élasticités de la pauvreté (indice $1,25/jour) :
  - Agriculture : -0,410 ** (p-value 0,047) ; service : -0,280 *** (p-value 0,000) ; industrie manufacturière : -0,130 (p-value 0,160) ; activités extractives : -0,080 * (p-value 0,092).
  - Conclusion : croissance agricole a la plus forte incidence sur la réduction de la pauvreté, suivie des services.

### Accès aux services financiers — observations et recommandations
- Distinction : approfondissement financier (ratio crédit/PIB) vs généralisation de l’accès (pourcentage d’adultes titulaires d’un compte).
- Corrélation positive entre amélioration de l’accès financier et progrès de l’indice de développement humain surtout pour pays avec ratio crédit/PIB entre 10 % et 30 %.
- Obstacles pour les pauvres : coûts d’intermédiation élevés, moindre élasticité de l’accès aux services financiers par rapport au revenu.
- Mesures recommandées :
  - Encourager agents bancaires, bureaux de poste, réseaux d’agents pour desservir zones non bancarisées.
  - Améliorer les centrales de crédit et le cadre juridique (protection des consommateurs, confidentialité, interopérabilité).
  - Associer élargissement de l’accès à un renforcement parallèle de la réglementation et de la surveillance pour réduire l’arbitrage réglementaire.
  - Exploiter le progrès technologique (transferts par téléphone portable, argent électronique) et favoriser l’interopérabilité.

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### Amélioration des cadres de politique monétaire en Afrique subsaharienne

### Contexte et évolutions observées
- Inflation descendue en dessous de 10 percent dans beaucoup de pays; relation monnaie–inflation affaiblie (corrélation inflation–M2 : 0,88 durant 1989–2000 à 0,20 sur 2001–12).
- Transition générale : ancrages centrés sur les agrégats monétaires → cadres plus éclectiques, prospectifs et fondés sur les taux d’intérêt.
- Pays ayant officiellement adopté un régime de ciblage de l’inflation : Afrique du Sud, Ghana et Ouganda.
- En 2013 (échantillon de onze pays) : tous recourent à une forme de taux directeur; huit pays sur dix se réfèrent à la masse monétaire au sens large comme cible intermédiaire; huit pays sur dix indiquent avoir un régime de change flottant.

### Contraintes et limites opérationnelles
- Données inadéquates et manque d’indicateurs à haute fréquence de l’activité réelle ; en de nombreux pays seules des séries de PIB annuelles existent.
- Compréhension imparfaite des canaux de transmission et faiblesse des bilans bancaires.
- Excès structurel de liquidité dans certains pays réduisant l’efficacité des taux directeurs.
- Indépendance opérationnelle limitée des banques centrales et manque de responsabilisation/transparence là où les cadres sont récents.

### Instruments et bonnes pratiques recommandés
- Disposer d’instruments pour gérer l’excès de liquidité (opérations d’open‑market, prises en pension, couloir autour du taux directeur).
- Développer marchés monétaires et instruments de court terme, infrastructures juridiques et une gestion quotidienne souple de la liquidité.
- S’appuyer sur données à haute fréquence, modèles analytiques solides et indicateurs avancés pour prévoir l’inflation et guider les interventions.
- Adopter une stratégie de communication claire pour ancrer les anticipations et expliquer les écarts ex post.
- Renforcer la supervision et la réglementation macroprudentielle pour stabiliser le secteur financier pendant la transition.
- Exemple d’actions récentes :
  - Banque de réserve d’Afrique du Sud : relèvement du taux des prises en pension de 50 points de base en janvier 2014.
  - Banque centrale du Ghana : relèvement des taux directeurs de 200 points de base en février 2014.
  - Zambie : introduction d’un taux directeur en avril 2012 initialement fixé à 9 % et adoption d’une bande de 400 points de base pour les taux interbancaires.

### Résultats empiriques sur la transmission (échantillon 2003–13)
- États montrant forte transmission du taux directeur aux taux interbancaires et taux prêteurs : Afrique du Sud, Ghana, Kenya, Ouganda, Mozambique.
- Exemples chiffrés (corrélations et impacts estimés) — extraits :
  - Afrique du Sud (réaction à long terme des taux interbancaires) : 410 (impact à long terme présenté dans le tableau, unités en points de base pour une hausse de 100 points de base du taux directeur).
  - Ghana, Kenya, Ouganda, Mozambique et autres pays présentent des réactions contemporaines, à court terme et à long terme variables (tableaux détaillés fournis dans le chapitre).
- Observation : l’efficacité du canal des taux dépend du cadre de politique monétaire, de la profondeur des marchés et de la gestion de la liquidité.

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### Synthèse des conclusions et implications politiques

### Messages essentiels
- Perspectives à court terme favorables : croissance régionale attendue autour de 5½ % en 2014 et 2015, soutenue par investissements et maturation d’investissements existants.
- Principaux risques externes et internes : ralentissement des émergents (notamment Chine), resserrement des conditions financières mondiales, aggravation des déséquilibres budgétaires et risques sécuritaires localisés.
- Politique budgétaire : renforcer solde budgétaire, reconstituer amortisseurs, préserver dépenses sociales et investissement productif, améliorer efficience des dépenses et élargir la base de recettes.
- Politique monétaire : adapter cadres vers des approches plus prospectives et fondées sur les prix (taux directeurs), améliorer gestion de la liquidité, développer données et modèles, et renforcer communication.
- Politiques structurelles : accélérer la transformation structurelle, rehausser la productivité agricole, faciliter la création d’emplois, généraliser l’accès aux services financiers et exploiter les technologies mobiles.
- Intégration régionale : promouvoir baisse des barrières, faciliter circulation des facteurs et préparer cadre institutionnel pour une intégration plus poussée.

### Conséquences pour le FMI et recommandations opérationnelles
- Évaluation accrue des conditions monétaires dans les programmes du FMI, tenant compte des changements de cadres et de la capacité institutionnelle.
- Assistance technique et formation nécessaires pour développer modèles de prévision de l’inflation, outils de gestion de la liquidité et capacités d’analyse des banques centrales.
- Pour les pays où le sous‑développement financier ou la prédominance de la politique budgétaire persistent, maintien du ciblage des agrégats monétaires peut rester le choix le plus approprié jusqu’à renforcement des capacités.

*Source: sreo0414f - Sub‑Saharan Africa (Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne, édition d’avril 2014).*

### 1. Economic forecasting — Africa, Sub-Saharan — Periodicals.  2. Africa, Sub-Saharan —

### Sub-Saharan Africa

### Publication metadata
- Series: World economic and financial surveys
- Classification: HC800.A1 R445
- ISBN-13 : 978-1-47557-894-2 (version imprimée)
- ISBN : 978-1-48434-925-0 (version PDF)
- Ordering information:
  - International Monetary Fund, Publication Services, P.O. Box 92780, Washington, DC 20090 (U.S.A.)
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  - Télécopie : (202) 623-7201
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### Table des matières — principaux thèmes et chapitres
- Sigles et acronymes
- Remerciements
- Résumé analytique

- Chapitre 1 — Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale
  - Introduction et résumé
  - Nouvelle donne mondiale : que signifie-t-elle pour l’Afrique subsaharienne?
  - La persistance des déficits budgétaires : faut-il s’en préoccuper?
  - Perspectives à court terme, aléas négatifs et actions recommandées

- Chapitre 2 — Pour une croissance durable et plus solidaire
  - Introduction
  - Évolution récente de la croissance et du développement humain
  - Le rôle de la productivité dans la réduction de la pauvreté : les expériences du Mozambique et du Viet Nam
  - Le défi de la création d’emplois
  - Le défi de l’accès généralisé aux services financiers
  - Conclusion

- Chapitre 3 — Amélioration des cadres de politique monétaire en Afrique subsaharienne
  - Panorama des politiques monétaires en Afrique subsaharienne
  - Aperçu des cadres de politique monétaire en Afrique subsaharienne
  - Principaux facteurs d’évolution des cadres de politique monétaire en Afrique subsaharienne
  - Relever les défis
  - Pour des politiques monétaires plus efficaces dans les pays d’Afrique subsaharienne

### Noted analytical and policy focus areas (as indicated by chapter headings)
- Assessment of global “nouvelle donne mondiale” implications for Sub-Saharan Africa
- Fiscal sustainability concerns stemming from persistent budget deficits
- Short-term outlook, downside risks, and recommended actions
- Strategies for sustainable and more inclusive growth, including:
  - Productivity’s role in poverty reduction with country experiences (Mozambique and Viet Nam)
  - Employment creation challenges
  - Expanding access to financial services
- Strengthening monetary policy frameworks:
  - Survey of existing monetary policies and frameworks
  - Drivers of change in monetary frameworks
  - Challenges to be addressed and policy recommendations for more effective monetary policy

*Source: sreo0414f - Sub-Saharan Africa (IMF World economic and financial surveys) — PDF chapter/section*

### Conclusions ............................................................................................................

### Conclusions

### Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale
- Perspectives à court terme :
  - La croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait s’accélérer et passer de 4,9 % en 2013 à environ 5½ % cette année.
  - L’activité repose sur des investissements de grande ampleur dans les infrastructures et le secteur minier, et sur l’arrivée à maturité de certains investissements.
  - L’inflation devrait rester contenue dans la plupart des pays.
  - Les soldes budgétaires devraient en général s’améliorer en 2014, compte tenu des politiques et des perspectives actuelles.
  - Les déficits extérieurs courants devraient rester prononcés, en raison notamment du niveau élevé des investissements d’infrastructure en cours et des importations liées aux IDE.

- Principaux aléas et risques :
  - Ralentissement de la demande en provenance des pays émergents (en particulier la Chine) pouvant réduire la demande d’exportations et peser sur les prix de produits de base comme le cuivre et le minerai de fer; un resserrement des conditions financières en Chine pourrait réduire les investissements chinois à l’étranger.
  - Resserrement des conditions financières mondiales lié à l’abandon progressif des politiques monétaires accommodantes dans les pays avancés, exposant la région à des conditions financières moins favorables et à un ralentissement ou un retournement des flux de capitaux privés.
  - Accentuation des déséquilibres budgétaires dans certains pays ayant utilisé l’espace budgétaire en 2009–10 et maintenant encore menant des politiques expansionnistes malgré un retour de la croissance à des niveaux d’avant crise ; pays particulièrement vulnérables : ceux qui ont financé des déficits élevés par des entrées d’investissements de portefeuille.
  - Fragilité des conditions de sécurité dans certains pays (République centrafricaine, Soudan du Sud, menaces terroristes dans le Sahel) entraînant des dommages directs et des retombées régionales.

- Recommandations de politique macroéconomique :
  - Accent sur le maintien de la stabilité macroéconomique comme pilier de la croissance.
  - Les pays dépendant fortement des flux d’investissements de portefeuille doivent viser la stabilité pour préserver les objectifs de développement à long terme et être prêts à ajuster les programmes budgétaires en cas de chute des financements extérieurs.
  - Laisser les taux de change s’ajuster comme il se doit lorsque cela est nécessaire.
  - Quand l’accès aux financements extérieurs est relativement sûr, orienter la politique budgétaire vers la reconstitution des amortisseurs, à condition que la croissance soit à son potentiel.
  - Profiter de la période de croissance vigoureuse pour s’assurer que le rythme de recouvrement des recettes fiscales suive ou dépasse celui de l’augmentation des dépenses.

### Pour une croissance durable et plus solidaire
- Constat :
  - Nombre de pays d’Afrique subsaharienne ont enregistré depuis plus d’une décennie des taux de croissance de l’ordre de 5 % à 6 %, contribuant à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des niveaux de vie.
  - La transformation structurelle n’a pas été suffisante pour assurer une baisse continue de la pauvreté dans tous les pays (exemple comparatif : Mozambique vs Viet Nam, même rythme de croissance mais recul de la pauvreté plus rapide au Viet Nam en raison d’une transformation structurelle plus accélérée et d’une transition vers des emplois mieux rémunérés dans l’industrie et les services).

- Domaines d’action à court terme pour rendre la croissance plus solidaire :
  - Faciliter la création d’emplois.
  - Assurer l’accès de tous aux services financiers.
  - Rehausser la productivité du secteur agricole, qui emploie la plus grande partie de la population.
  - Poursuivre les transformations structurelles à travers l’investissement dans le capital physique et humain et le renforcement des institutions.

- Instruments et mesures concrètes :
  - Améliorer le climat des affaires.
  - Fournir une meilleure formation technique.
  - Réduire le coût des transactions financières.
  - Exploiter les nouvelles technologies (par exemple l’utilisation des téléphones portables pour effectuer les transactions bancaires).

### Améliorer les cadres de politique monétaire
- Constat et défis nouveaux :
  - Avec une inflation descendue en dessous de 10 % dans beaucoup de pays de la région, les banques centrales sont confrontées à de nouveaux défis.
  - La relation entre monnaie et inflation s’est affaiblie à mesure que les pays ont ouvert leurs comptes de capital et approfondi leurs marchés financiers.
  - Le resserrement des politiques monétaires dans les pays avancés exposera les pays pionniers à une hausse des coûts de financement et à un risque accru de retournement des flux de capitaux.

- Réformes et mesures recommandées pour accroître l’efficacité de la politique monétaire :
  - Disposer d’instruments permettant de gérer la liquidité excédentaire.
  - Accéder à des données à haute fréquence pour déterminer le moment opportun des interventions.
  - S’appuyer sur des modèles analytiques solides pour prévoir l’inflation.
  - Adopter une stratégie de communication claire pour ancrer les anticipations.
  - Accorder moins d’attention aux cibles quantitatives et davantage à l’évaluation approfondie des conditions monétaires.

- Progression déjà observée :
  - Un certain nombre de pays d’Afrique subsaharienne ont déjà pris des mesures en ce sens.

*Source : Conclusions, Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne, édition d’avril 2014*

### 1. Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale

### 1. Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale

### Introduction et résumé — situation et perspectives générales
- La croissance économique de l’Afrique subsaharienne est restée robuste et devrait s’accélérer en 2014.
- Après avoir progressé de 4,9 % en 2013, la production devrait augmenter d’environ 5½ % en 2014.
- Les projections supposent que le ralentissement attendu de la croissance dans les pays émergents et le resserrement des conditions monétaires dans le monde n’auront qu’un effet limité sur la région.
- Risques potentiels mentionnés :
  - Ralentissement de la croissance dans les pays émergents pesant sur la demande d’exportations et sur les prix des produits de base.
  - Désordre sur les marchés lié au retrait progressif des politiques monétaires non conventionnelles déclenchant une forte hausse des coûts de financement.
  - Risques d’origine locale, notamment des déséquilibres budgétaires prononcés dans certains pays et des conflits (ex. République centrafricaine et Soudan du Sud).
- En 2013 :
  - Croissance régionale : 4,9 % (même niveau qu’en 2012).
  - Inflation moyenne : 6,3 % en 2013, contre 9 % environ en 2011–12.
  - Les déficits budgétaires et déficits extérieurs courants se sont creusés dans nombre de pays, avec de fortes disparités.
  - Les recettes budgétaires ont diminué dans les pays exportateurs de pétrole.
  - Depuis juin 2013, les monnaies de l’Afrique du Sud et de certains pays pionniers se sont affaiblies sous l’effet des sorties de capitaux induites par le resserrement des conditions monétaires mondiales et, dans certains cas, par le déséquilibre prononcé des finances publiques et des comptes extérieurs.
- À court terme, perspectives favorables :
  - Croissance attendue autour de 5½ % en 2014, portée par l’amélioration des perspectives dans de nombreux pays (notamment la plupart des pays exportateurs de pétrole, plusieurs pays à faible revenu et États fragiles).
  - Facteurs concrets d’accélération : rebond de la production au Nigéria après correction des perturbations d’offre; amélioration politique/sécurité au Mali; investissements dans infrastructures et secteur minier (République démocratique du Congo, Libéria); arrivée à maturité des investissements (Mozambique, Niger).
  - En Afrique du Sud, légère amélioration attendue liée à l’augmentation de la demande des pays avancés partenaires commerciaux.
  - Niveau modéré des prix alimentaires et politiques monétaires prudentes devraient soutenir de nouvelles baisses de l’inflation, et le solde budgétaire devrait s’améliorer dans plusieurs pays (recettes se redressant au Nigéria; ajustement poursuivi au Kenya).
  - Le déficit extérieur courant moyen ne devrait pas diminuer, en raison de perspectives peu favorables pour les prix des produits de base et la demande d’importations des pays émergents, et du niveau élevé des importations liées à l’IDE.

### Nouvelle donne mondiale : canaux d’impact et vulnérabilités
- Principaux canaux d’exposition de la région aux changements mondiaux :
  - Commerce et demande extérieure via les pays émergents (dont la Chine).
  - Prix des produits de base et flux d’investissement.
  - Conditions financières mondiales (afflux puis éventuel reflux de capitaux lié au retrait des politiques monétaires non conventionnelles).
- Faits et chiffres clés :
  - Un tiers des exportations non pétrolières de la région ont désormais pour destination le groupe des BRIC, alors que la proportion était inférieure à 10 % il y a dix ans.
- Effets attendus du ralentissement des émergents et du rééquilibrage de la Chine :
  - Réduction de la demande et baisse des prix des produits de base, en particulier des intrants industriels tels que le cuivre et le minerai de fer.
  - Resserrement des conditions financières en Chine pouvant accroître les coûts de financement pour les banques chinoises et réduire l’investissement extérieur des entreprises chinoises.
- Durcissement des conditions financières mondiales :
  - Le retrait progressif des politiques monétaires non conventionnelles dans les pays avancés entraînera des conditions financières extérieures moins favorables pour la région, avec un ralentissement des entrées de capitaux privés voire un retournement des flux.
- Effet différencié selon pays :
  - Impact vraisemblablement négatif pour les pays fortement tributaires des exportations de produits de base et des flux de capitaux.
  - Bénéfice probable pour les pays ayant des liens étroits avec les pays avancés, du fait de l’accélération de la croissance dans ces derniers.

### Sources de croissance interne et dynamique de l’investissement
- Croissance largement tirée par l’investissement et la demande intérieure :
  - Croissance vigoureuse de la région à 4,9 % en 2013, alimentée par la demande intérieure et la forte croissance du crédit au secteur privé dans certains pays.
  - Investissements publics et privés soutenus dans les activités minières, les infrastructures de transport et de communication, et la production d’énergie.
  - Expansion des échanges commerciaux, des communications et autres services; augmentation de la production agricole dans plusieurs pays.
- Exemples de pays bénéficiant d’effets spécifiques :
  - Côte d’Ivoire et Mali : profitent de la stabilisation après conflits.
  - Mozambique, Niger : arrivée à maturité des investissements.
  - République démocratique du Congo, Libéria : investissements importants en infrastructures et secteur minier.
- Note sur exécution budgétaire :
  - Les investissements publics sont restés soutenus dans toute la région et ont augmenté particulièrement au Mozambique, en Namibie, en Ouganda, au Swaziland et au Togo, même si dans certains pays la sous-exécution des programmes d’investissements publics a contribué à contenir le déficit budgétaire (Botswana, Côte d’Ivoire, Libéria).

### Politiques recommandées pour préserver la croissance et renforcer la résilience
- Objectifs généraux des politiques macroéconomiques et financières :
  - Préserver la stabilité et renforcer la résilience des économies.
  - Éviter la formation de déséquilibres macroéconomiques.
- Actions prioritaires proposées :
  - Profiter de la dynamique de croissance pour renforcer le solde budgétaire, reconstituer les amortisseurs et consolider les finances publiques.
  - Préserver les dispositifs de protection sociale et les investissements productifs tout en maîtrisant l’inflation.
  - Là où les marchés financiers sont plus développés, renforcer la politique monétaire par l’adoption de cadres plus prospectifs et plus souples (améliorer capacité d’analyse, de prévision et de gestion de la liquidité — voir chapitre 3).
  - Poursuivre l’intégration régionale pour rendre la croissance plus durable (progrès de la Communauté de l’Afrique de l’Est — accord en vue d’une union monétaire dans les dix années à venir).
- Meilleur remède contre une conjoncture extérieure défavorable :
  - Maîtriser les déséquilibres des finances publiques et des comptes extérieurs (expérience récente : pays ayant le plus souffert des perturbations de mai 2013 et janvier 2014 étaient ceux où ces déséquilibres étaient très prononcés — exemples : Ghana, Zambie — et/ou où existaient d’autres sources d’incertitude domestique — Afrique du Sud, Nigéria).

### Risques domestiques spécifiques évoqués
- Vulnérabilité budgétaire : exemples cités — Ghana et Zambie.
- Instabilité politique et sécurité : retombées possibles d’un regain d’instabilité politique et d’aggravation de l’insécurité en République centrafricaine et au Soudan du Sud.
- Marchés financiers et monnaies : affaiblissement des monnaies de certains pays pionniers depuis juin 2013 lié aux sorties de capitaux et aux déséquilibres macroéconomiques.

*Chapitre préparé par Alfredo Cuevas, Montfort Mlachila, Jesus Gonzalez-Garcia, Marco Pani et Juan Treviño, sous la direction d’Abebe Aemro Selassie et avec le concours de Cleary Haines en matière de recherche.*

### 1.  Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale

### 1.  Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale

### Contexte politique et performance économique
- Les élections au Kenya se sont déroulées sans accrocs, témoignant de progrès en matière de stabilité politique.
- Un nouveau conflit interne a gravement freiné l’activité économique en République centrafricaine; l’éruption de violence a accru l’incertitude au Soudan du Sud vers la fin de l’année.
- Taux de croissance en hausse dans les pays exportateurs de pétrole, malgré une baisse de la production en Guinée équatoriale et au Tchad.
- Le Nigéria a connu une croissance économique généralisée qui a en partie compensé les pertes liées aux vols de pétrole sur grande échelle.
- Le Soudan du Sud a recommencé à produire du pétrole en juillet après une interruption de dix-huit mois.
- En Afrique du Sud, la croissance a continué de ralentir en raison de l’atonie de l’investissement privé, du manque de confiance des consommateurs et des investisseurs, des tensions entre employeurs et salariés, et de la fragilité de l’approvisionnement en électricité.

### Perspectives mondiales et impact sur la région
- Croissance économique mondiale projetée : passage de 3 % à 3,6 % en 2014.
- L’impulsion devrait provenir pour une large part des pays avancés, en particulier des États-Unis.
- Croissance dans les pays émergents : légère accélération en 2014, mais reste relativement faible dans des partenaires clés tels que le Brésil et l’Inde.
- Risques structuraux dans certains grands émergents (Brésil, Chine, Inde) pouvant prolonger les décélérations.
- Chine : les autorités s’efforcent de contenir le crédit et de rééquilibrer la croissance; croissance attendue autour de 7½ % en 2014; après 2014, la croissance de la Chine ne devrait pas retrouver les niveaux spectaculaires des dernières années en raison d’un rééquilibrage en faveur de la consommation.

### Prix des produits de base et effets sectoriels
- Révisions par rapport à l’édition d’octobre 2013 des Perspectives de l’économie mondiale :
  - Prévisions 2014 pour l’indice composite des prix des produits de base non pétroliers relevées d’environ 1 %.
  - Prévisions pour les prix du pétrole revues à la hausse de 2,8 %.
- Conséquences attendues :
  - La consommation globale de produits de base devrait continuer de s’accroître, mais la demande pour certains produits primaires (cuivre, minerai de fer) devrait augmenter moins vite.
  - Pays particulièrement affectés par la moindre demande de cuivre et de minerai de fer : République démocratique du Congo, Guinée, Libéria, Zambie.
  - Par rapport à 2013, prix du minerai de fer et du charbon connaissent les plus fortes baisses; prix du cacao et du café augmenteront.
  - Baisse des prix de l’or au cours des trois prochaines années affectera surtout Burkina Faso, Ghana, Mali, Tanzanie.
  - Hausse des prix du cacao et du café bénéficiera aux exportations de Côte d’Ivoire, Ghana, Ouganda, Rwanda.
- Entrées nettes d’IDE : la baisse des prix des produits de base et le ralentissement dans les émergents pourraient réduire les entrées nettes d’IDE, retardant ou révisant des projets d’exploration et de mise en valeur de nouvelles ressources.

### Resserrement de la liquidité mondiale et marchés financiers
- Effets apparus en 2013 lors de l’annonce par la Réserve fédérale américaine de la fin progressive des mesures monétaires non conventionnelles : retrait de capitaux de certains pays pionniers d’Afrique subsaharienne et dépréciations monétaires.
- Évolution des monnaies et marchés (exemples chiffrés) :
  - Le rand sud-africain a perdu environ 13 % par rapport au dollar entre mai 2013 et juin 2013.
  - Le cedi ghanéen a perdu environ 15 % en 2013.
  - Le kwacha zambien s’est déprécié de 7 %.
  - Le franc rwandais s’est déprécié d’environ 7 %.
- Coûts d’emprunt et marchés obligataires :
  - Rendements augmentés sur certains marchés obligataires (Afrique du Sud, Nigéria).
  - Marges sur les obligations souveraines et taux d’intérêt de marché accrus; hausses les plus prononcées au Ghana et en Zambie.
  - Ajournement de plusieurs émissions d’obligations souveraines d’un montant total d’environ 4 milliards de dollars, prévues initialement pour fin 2013.
- Volatilité plus prononcée dans les pays à situation budgétaire et comptes extérieurs fragiles; investisseurs ont discrimné en fonction de la solidité des politiques et des fondamentaux.

### Inflation et politiques monétaires
- Risque : de nouveaux épisodes de dépréciations monétaires pourraient raviver des tensions inflationnistes, malgré une inflation généralement retombée en 2013 grâce à des politiques monétaires prudentes, de bonnes récoltes et une stabilité des prix internationaux des produits alimentaires et des carburants.
- Projection de la hausse des prix à la consommation (en chiffres annuels) :
  - 6,2 % en 2014.
  - 5,8 % en 2015.
- Facteurs pouvant pousser l’inflation à la hausse dans certains pays : répercussion des dépréciations monétaires éventuelles (ex. Malawi), effets différés des hausses de salaires récentes et prévues (Tanzanie), abondance de liquidité ou croissance rapide du crédit au secteur privé (Mozambique), rééquilibrage des finances publiques non terminé (Ghana, Zambie).
- À moyen terme, les taux d’intérêt mondiaux ne devraient pas connaître une très forte hausse en raison de facteurs maintenant les taux bas, notamment des taux d’épargne élevés dans les pays émergents d’Asie et des taux d’investissement modérés en Europe.

### La persistance des déficits budgétaires : observations sur la viabilité
- Après 2009, la plupart des pays de la région ont évité une politique budgétaire procyclique; beaucoup ont même mené des mesures anticycliques.
- Aujourd’hui, de nombreux pays continuent d’afficher des déficits budgétaires élevés alors que la croissance et les recettes ont retrouvé (ou presque) leur niveau d’avant la crise.
- Raisons des déficits :
  - Dans la plupart des cas, politique favorisant l’augmentation des dépenses en capital tout en maintenant la dette à des niveaux soutenables.
  - Dans d’autres cas, reconfiguration des dépenses publiques au détriment de l’investissement, entraînant de nouvelles hausses de la dette publique.
- Historique et observations :
  - En 2009, la région a subi une décélération marquée de l’activité économique se traduisant par un «écart de croissance» d’environ 2 points de pourcentage de la croissance médiane du PIB réel par rapport à la trajectoire 2004–08.
  - La situation budgétaire s’est nettement dégradée en 2009 par rapport aux années d’avant la crise, permettant toutefois de préserver des dépenses sociales et d’équipement pendant la récession.
- Tableau récapitulatif de l’inflation (IPC) — variation en pourcentage, en fin de période (extraits du tableau 1.2) :
  - Afrique subsaharienne (total) : 8,8 9,0 7,2 10,2 7,7 5,9 6,2 5,8
  - Dont : Pays exportateurs de pétrole : 9,5 11,4 10,3 9,2 9,9 6,4 6,5 6,2
  - Pays à revenu intermédiaire1 : 7,2 7,0 4,3 6,4 6,0 6,0 6,6 5,8
  - Dont : Afrique du Sud : 6,4 6,3 5,3 6,1 5,7 5,4 6,3 5,6
  - Pays à faible revenu1 : 10,1 7,1 7,4 18,9 8,5 5,8 6,1 5,5
  - États fragiles1 : 11,3 15,4 8,0 9,3 4,7 2,6 3,2 4,1
  - Pour mémoire : Monde : 4,1 3,2 4,2 4,7 3,8 3,3 3,7 3,5
  - (Notes : séries couvrant 2004–08, 2009–2015 ; «États fragiles» non compris dans certaines catégories.)
- Mesure de prudence : l’analyse précédente concluait que, pour la majorité des pays, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter outre mesure de la viabilité budgétaire, car ils n’étaient pas gênés par un niveau d’endettement élevé; toutefois, certains pays présentent des vulnérabilités à surveiller.

_Extrait : sreo0414f - 1.  Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale_

### 1.  Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale

### 1.  Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale

### Rééquilibrage laborieux des finances publiques et endettement
- Malgré la reprise de la croissance économique, les déficits à l’échelle de la région sont restés généralement inchangés depuis 2010.
- Les recettes se sont rapidement améliorées et ont retrouvé leurs niveaux d’avant la crise en 2013, mais le solde budgétaire global de l’Afrique subsaharienne n’a pas changé.
- Le nombre de pays où la dette s’est accrue en proportion du PIB est passé de 25 en 2010 à 31 en 2013.
- Les ratios dette/PIB restent en général faibles au niveau régional et ne suscitent pas de préoccupation particulière du point de vue de la viabilité des finances publiques pour la majorité des pays, mais plusieurs pays ont connu une augmentation rapide de la dette publique.
- Dans certains cas, les pouvoirs publics favorisent de plus en plus les dépenses courantes au détriment de l’investissement.

### Comportement des recettes et des dépenses (2010–13)
- Quinze pays de la région ont réussi à diminuer les dépenses primaires en pourcentage du PIB en 2010–13.
- Dans la plupart des cas où les dépenses primaires ont augmenté, cette hausse s’explique par l’augmentation des dépenses en capital, en particulier dans les pays exportateurs de pétrole (sauf la Guinée équatoriale et le Tchad) et les pays à revenu intermédiaire (Lesotho).
- La rémunération des salariés a sensiblement augmenté dans certains pays, souvent à un rythme supérieur à la croissance des dépenses en capital (exemples cités : Malawi, Mozambique, Namibie).
- Dans d’autres pays (Madagascar, Malawi, Namibie, Zimbabwe), les dépenses en capital ont diminué.
- Les autres dépenses primaires se sont accrues rapidement dans plusieurs pays, en particulier les pays exportateurs de pétrole et certains pays à revenu intermédiaire (Namibie, Swaziland).
- Le ratio recettes/PIB a augmenté dans à peu près la moitié des pays d’Afrique subsaharienne pendant la période 2010–13. Exceptions notables parmi les exportateurs de pétrole : l’Angola (recettes fiscales en réalité diminué) et la Guinée équatoriale.
- Le ratio recettes/PIB a diminué en particulier en Angola et dans les États fragiles, notamment en République centrafricaine, au Burundi et à São Tomé-et-Príncipe; dans ce groupe, les dons ont reculé en proportion du PIB au cours de la période.

### Cas du Ghana et de la Zambie
- Au Ghana, l’augmentation des dépenses primaires en 2010–13 a résulté surtout d’une hausse de la masse salariale induite par un nouveau barème et d’une augmentation des dépenses en capital.
- En Zambie, un net relâchement de la politique budgétaire a eu lieu en 2010–13, en raison surtout des dépassements de dépenses ordinaires, essentiellement au titre des subventions et des salaires; les salaires ont augmenté d’environ 45% en 2013.
- Les agences de notation internationales ont abaissé la note de ces pays, ce qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour la viabilité de leur dette.
- Dans les pays qui ont relâché leur politique budgétaire et où le ratio dette/PIB a augmenté rapidement, la composition des dépenses primaires devrait être revue pour ne pas menacer la viabilité à long terme de la dette publique et la stabilité macroéconomique.

### Perspectives à court terme et projections
- La croissance économique régionale devrait continuer de s’accélérer et s’établir autour de 5½ percent en 2014 et 2015.
- L’investissement total devrait rester à 23,8 percent du PIB en 2014 et 2015, et augmenter quelque peu dans les pays à faible revenu et les États fragiles, soutenu par l’IDE dans les industries extractives et les infrastructures.
- La croissance devrait s’accélérer dans tous les groupes de pays, surtout les États fragiles et les pays exportateurs de pétrole.
  - Au Nigéria, la croissance devrait reposer sur une large base et atteindre environ 7 percent en 2014 et 2015, les principaux oléoducs étant réparés et la production non pétrolière continuant de se développer.
  - Dans les pays à revenu intermédiaire, la croissance devrait augmenter d’environ 0,3 point de pourcentage en 2014 et continuer de s’accélérer en 2015, appuyée sur un niveau soutenu d’exportations, les investissements en cours et l’amélioration de la confiance des chefs d’entreprise.
  - Dans les pays à faible revenu, la croissance devrait nettement s’accélérer dans les États fragiles (si stabilité accrue en République démocratique du Congo et amélioration au Mali) et rester vigoureuse ou s’accélérer ailleurs grâce à des investissements massifs dans les infrastructures (Éthiopie) et le secteur minier (Libéria, Mozambique, Ouganda).
- Les soldes budgétaires devraient s’améliorer entre 2013 et 2015 dans la plupart des pays de la région, l’ajustement étant opéré essentiellement par la maîtrise des dépenses; les recettes seront aussi mises à contribution dans certains cas (Guinée, Nigéria).
- Sous l’effet de la croissance, du niveau soutenu de la demande publique et de l’augmentation des investissements, le déficit extérieur courant moyen de la région est passé de 2,6 percent du PIB en 2012 à 3,5 percent du PIB en 2013; à l’horizon 2015, les déficits extérieurs courants de la région devraient se creuser encore.
- L’augmentation des importations est liée aux grands investissements, tandis que la diminution des exportations concerne surtout les pays exportateurs de pétrole; la contribution des exportations nettes à la croissance devrait encore diminuer.

### Aléas négatifs (début de l’exposé)
- Les perspectives économiques de la région restent exposées surtout à des aléas négatifs; le texte annonce en particulier quatre grands risques à court terme (énumération et détail non inclus dans l’extrait fourni).

*Source : sreo0414f - 1.  Préserver la croissance face à la nouvelle donne mondiale (extrait du PDF fourni).*

### 1. Les facteurs de vulnérabilité budgétaire se sont

### 1. Les facteurs de vulnérabilité budgétaire se sont accentués dans plusieurs pays

### Aggravation des vulnérabilités budgétaires et pays concernés
- Les dépenses s’accroissent à un rythme qui n’est pas tenable dans plusieurs pays, notamment au Ghana et en Zambie.
- En Zambie, les rémunérations des fonctionnaires ont fortement augmenté en 2013.
- Au Ghana, les déficits jumeaux (finances publiques et comptes extérieurs) seront particulièrement difficiles à gérer en 2014 compte tenu du faible niveau des réserves de change.
- Dans certains pays devant tenir des élections (par exemple au Malawi et au Nigéria), les incertitudes entourant l’action des pouvoirs publics pourraient s’accroître à mesure que les incitations à dépenser s’intensifieront.
- Dans les pays très endettés tels que le Cap-Vert, la Gambie et les Seychelles, la marge de manœuvre est relativement limitée pour faire face à des chocs éventuels.

### Détérioration de la sécurité et conséquences macroéconomiques
- Forte aggravation de l’instabilité politique et détérioration de la sécurité en République centrafricaine et au Soudan du Sud.
- Effets attendus :
  - Impact humanitaire sévère.
  - Perspectives de croissance fortement dégradées.
  - Restriction des échanges commerciaux (par exemple avec le Kenya et l’Ouganda).
  - Augmentation possible des dépenses de sécurité dans les pays voisins.

### Ralentissement de la croissance mondiale et exposition des pays exportateurs
- Risque important pour les pays exportateurs de ressources naturelles (dont l’Afrique du Sud) lié à :
  - Baisse des prix des produits de base.
  - Fléchissement de la demande, surtout pour les produits de faible valeur.
- Rééquilibrage prévu en Chine au profit de la consommation et au détriment de l’investissement :
  - Affaiblissement de la demande de produits liés aux investissements.
  - Resserrement des conditions financières en Chine (principale source de nouveaux financements pour les États et d’IDE pour l’Afrique subsaharienne) pouvant faire monter les coûts d’emprunt et peser sur l’IDE, en particulier pour les projets miniers entièrement nouveaux.

### Normalisation et resserrement futur de la politique monétaire dans les pays avancés : canaux de transmission et effets potentiels
- Retournement des flux de capitaux induit par le resserrement des conditions monétaires à l’échelle mondiale, avec aléas négatifs pour la région, surtout pour les pays pionniers économiquement fragiles.
- Principaux canaux de transmission :
  - Pressions sur les prix des actifs, les taux d’intérêt et les taux de change.
  - Tensions potentielles au sein de certaines banques et systèmes financiers, réduction de la demande intérieure et relance possible de l’inflation.

- Effets détaillés :
  - Augmentation des coûts d’emprunt et des risques de refinancement pour les États
    - Départ des investisseurs étrangers réduirait la liquidité sur les marchés obligataires locaux, faisant monter les coûts d’emprunt.
    - Raréfaction de la liquidité et réévaluation du risque accroîtraient les taux d’intérêt de référence et les marges des euro-obligations internationales.
    - Pays pionniers auraient plus de difficultés à mener à bien les émissions obligataires prévues.
    - La facture d’intérêts de l’État augmenterait; certains gouvernements (Ghana, Zambie) pourraient avoir de plus en plus de mal à refinancer les obligations arrivant à échéance et à financer leurs déficits.
    - Durcissement des conditions de financement pourrait précipiter un ajustement budgétaire brutal et/ou encourager une monétisation inflationniste du déficit.
    - Risque de dépréciation de la monnaie pouvant alourdir considérablement le coût du service de la dette publique.
  - Durcissement des conditions de financement du secteur privé
    - Pays avec marchés financiers relativement développés (Afrique du Sud, Kenya, Nigéria) pourraient subir corrections des valorisations boursières et des prix des obligations d’entreprises, répercutées sur d’autres actifs comme l’immobilier.
  - Tensions dans le secteur financier
    - Banques prêtant en devises pourraient voir augmenter leurs créances improductives après une forte dépréciation monétaire.
    - Banques dans les pays à systèmes bancaires développés (Afrique du Sud, Kenya, Nigéria) pourraient subir pertes sur investissements de portefeuille intérieurs et en actifs réels, et hausse des créances improductives liées aux crédits garantis.
  - Regain de tensions inflationnistes
    - Répercussion des évolutions du taux de change sur les prix intérieurs, surtout en cas d’ajustements de grande ampleur ou désordonnés et dans les pays fortement tributaires des importations.

### Indicateurs macroéconomiques (Tableau 1.4 — valeurs reportées telles qu’indiquées)
- Inflation, fin de période : 8,8 9,0 7,2 10,2 7,7 5,9 6,2 5,8
- Solde budgétaire : 1,9 0,3 -4,0 -1,3 -2,2 -4,2 -3,3 -3,0
- Dont : hors pays exportateurs de pétrole : -0,7 -1,7 -4,5 -3,9 -4,0 -4,4 -4,3 -4,0
- Solde extérieur courant : 0,7 -1,6 -1,0 -1,0 -2,7 -3,6 -3,6 -3,9
- Dont : hors pays exportateurs de pétrole : -5,0 -3,0 -4,3 -5,0 -7,7 -8,0 -7,8 -7,6
- Couverture par les réserves (mois d'importations) : 4,7 3,6 4,1 4,4 4,9 4,8 4,7 4,7

### Actions recommandées (synthèse des principales recommandations)
- Politique budgétaire
  - Devenir plus résistants aux chocs en développant la base de recettes et en évitant que les dépenses n’augmentent trop vite.
  - Pays à croissance forte : renforcer leur solde budgétaire.
  - Pays avec besoins de financement extérieur élevés : poursuivre le rééquilibrage budgétaire même si la croissance fléchit, tout en préservant la protection sociale et les investissements favorables à la croissance.
  - Pays avec déficit budgétaire élevé ou dette croissante (par exemple le Ghana et la Zambie) : maîtriser les dépenses pour redonner une assise plus solide aux finances publiques.
  - Pays à faible revenu : accroître leurs recettes pour répondre aux besoins sociaux et d’investissement.
  - Rehausser l’efficacité des dépenses publiques et investir dans le développement des capacités énergétiques et les infrastructures essentielles.
  - Pays exportateurs de pétrole : profiter du niveau encore élevé des prix du pétrole pour stopper et inverser la détérioration de leur solde budgétaire.
- Politique monétaire
  - Maintenir l’orientation sur la consolidation des progrès accomplis en matière d’inflation, déterminée par la situation macroéconomique particulière de chaque pays.
  - Resserrement indiqué dans les pays où le crédit au secteur privé, en particulier aux ménages, s’est accru rapidement, et où la croissance est vigoureuse et l’inflation élevée et/ou en augmentation.
  - Là où la dépréciation monétaire menace l’inflation (Afrique du Sud, Ghana, Malawi), resserrer éventuellement la politique monétaire.
  - Adapter les cadres traditionnels fondés sur des cibles quantitatives : adopter des cibles plus prospectives et plus souples, s’appuyer davantage sur les instruments du marché tels que les taux directeurs.
  - Renforcer capacités d’analyse, de prévision et de gestion de la liquidité; développer la capacité institutionnelle des banques centrales, renforcer leur indépendance opérationnelle, améliorer transparence et responsabilité.
  - Exemples récents : Banque de réserve d’Afrique du Sud a relevé le taux des prises en pension de 50 points de base en janvier 2014; Banque centrale du Ghana a relevé ses taux directeurs de 200 points de base en février 2014.
- Faire face aux effets du resserrement des conditions financières mondiales
  - Préserver la flexibilité budgétaire et durcir les politiques lorsque les facteurs de vulnérabilité sont cruciaux.
  - Adopter un ensemble complet de politiques — monétaire, budgétaire et de change — pour s’attaquer aux racines des vulnérabilités.
  - La restriction des flux de capitaux peut être utilisée temporairement dans un ensemble plus large d’actions, mais ne remplace pas les ajustements nécessaires.
  - Adapter les programmes de financement en cas d’accès restreint aux financements extérieurs tout en laissant le taux de change jouer le rôle de première ligne de défense.
  - Anticiper les emprunts pendant les périodes favorables lorsque cela est possible.
  - Mettre en balance le risque d’une répercussion du taux de change sur l’inflation et le risque qu’un resserrement monétaire en période de difficulté amplifie l’instabilité et freine la croissance.
- Intégration régionale
  - Promouvoir l’intégration régionale en abaissant barrières tarifaires et non tarifaires et en facilitant la circulation des personnes, des biens et des capitaux.
  - S’inspirer d’initiatives régionales réussies, notamment la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et son protocole d’union monétaire.
  - Préparer le passage à une monnaie unique en développant cadres institutionnels et opérationnels, et en dotant les institutions régionales des pouvoirs adéquats pour superviser et faire respecter les critères de convergence.
  - Une union bancaire bien conçue est essentielle, nécessitant supervision, cadres robustes de résolution des défaillances bancaires, coordination transnationale et dispositifs robustes de sécurité financière.

*Source : sreo0414f - 1. Les facteurs de vulnérabilité budgétaire se sont (Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne).*

### 2. Pour une croissance durable et plus solidaire

### 2. Pour une croissance durable et plus solidaire

### Introduction — diagnostic général
- De nombreux pays d’Afrique subsaharienne connaissent une croissance économique robuste et soutenue depuis une vingtaine d’années, liée à la mise en œuvre de politiques économiques saines, au renforcement des institutions et à un accroissement des investissements publics et privés.
- Cette croissance s’est traduite, dans la plupart des pays, par une hausse du niveau de vie, un recul de la pauvreté et une amélioration des indicateurs sociaux; dans d’autres pays, les progrès ont été décevants et la croissance a bénéficié de façon disproportionnée aux classes aisées.
- Actions publiques prioritaires identifiées :
  - créer des emplois, surtout dans les entreprises familiales actives dans l’agriculture et les services, pour tirer parti de l’accroissement prévu de la population en âge de travailler;
  - élargir l’accès aux services financiers et au financement, en réduisant les coûts d’intermédiation (p. ex. opérations bancaires par téléphone portable, réseaux d’agents bancaires).
- L’amélioration des infrastructures est une condition nécessaire mais non suffisante pour assurer une croissance durablement partagée; des mesures complémentaires sont indispensables pour accélérer la création d’emplois et d’entreprises.

### Évolution récente de la croissance et du développement humain
- Le PIB médian par habitant en Afrique subsaharienne a augmenté de 75 % entre 2000 et 2013.
- Les indices de développement humain (IDH) se sont généralement améliorés, surtout dans les pays qui étaient les moins bien classés au départ.
- Progrès sectoriels observés :
  - taux de scolarisation et d’achèvement du primaire : remarquables progrès;
  - mortalité infantile et maternelle : considérablement diminuées, et plus vite que dans d’autres pays en développement pendant la dernière décennie;
  - prévalence de la sous‑alimentation : très sensible recul;
  - accès à l’eau propre et à l’assainissement : élargi dans l’ensemble de la région.
- Malgré ces progrès, le PIB par habitant n’a augmenté, après 2000, qu’au même rythme que dans le reste du monde, sauf pour les dix pays les plus performants.
- Conduites démographiques importantes :
  - trois pays d’Afrique subsaharienne sur quatre figurent dans le quartile supérieur pour la répartition des taux de croissance démographique dans le monde (expansion d’une population jeune due à une forte fécondité et à la baisse des taux de mortalité infantile).
- Les progrès de l’IDH accusent un certain retard par rapport au niveau mondial; les progrès vers les OMD ont été inégaux, moins rapides que dans d’autres pays en développement et trop lents pour atteindre les cibles fixées pour 2015.

### Facteurs explicatifs et rôle des politiques macroéconomiques
- Les pays les plus performants (ex. Angola, Burundi, Éthiopie, Ghana, Mozambique, Ouganda, Rwanda, Sierra Leone, Tanzanie, Zambie) ont bénéficié d’améliorations macroéconomiques et de la situation politique; beaucoup ont tiré parti d’un allégement de la dette publique dans le cadre de l’initiative PPTE.
- Observations empiriques :
  - huit de ces dix pays ont plus que quadruplé leurs exportations (sur les 14 pays d’Afrique subsaharienne ayant sensiblement accru leurs exportations pendant la période considérée, sur la base de prix en dollars constants);
  - huit de ces pays ont sensiblement réduit leur taux d’inflation; six l’ont ramené sous la barre de 10 %;
  - seuls trois de ces pays sont fortement tributaires des ressources naturelles.
- Une régression transversale indique que les facteurs contribuant à l’amélioration du PIB par habitant incluent :
  - politiques macroéconomiques stables,
  - investissements dans le capital humain et le capital physique,
  - transformation structurelle créant de la valeur en dehors de l’agriculture.
- Mesures complémentaires importantes : surmonter les obstacles structurels à la compétitivité, renforcer l’efficience du marché du travail et développer le marché financier.

### Emploi, transformation structurelle et exemple comparatif
- Problème clé : manque de diversification économique lié à la faiblesse des gains de productivité, freinant la transformation structurelle; la majeure partie de la population active demeure sous‑employée dans l’agriculture.
- Comparaison Mozambique — Viet Nam :
  - les deux pays ont obtenu de bons résultats de croissance, mais le Viet Nam a enregistré des gains de productivité beaucoup plus élevés dans l’agriculture et la création d’emplois mieux rémunérés dans le secteur manufacturier, permettant une réorientation de la main‑d’œuvre agricole vers des secteurs plus productifs;
  - au Mozambique, la part de l’emploi agricole dans l’emploi total est restée pratiquement inchangée; l’accumulation de capital y a été concentrée dans des secteurs à forte intensité de capital, avec un moindre impact sur l’emploi et la réduction de la pauvreté.

### Réduction de la pauvreté — constat et défis
- L’Afrique subsaharienne a sensiblement réduit la pauvreté, mais le taux reste élevé à environ 45 %.
- Les enquêtes récentes auprès des ménages montrent des progrès, mais la pauvreté demeure très répandue et s’est aggravée dans quelques pays.
- Conclusion de politique : pour rendre la croissance plus solidaire et tirer parti du dividende démographique, il faudra accélérer le rythme de création d’emplois et d’entreprises en levant les obstacles à l’investissement dans les services et l’agriculture.

### Recommandations de politique publique (synthèse)
- Favoriser la création d’emplois, en particulier en soutenant les entreprises familiales actives dans l’agriculture et les services :
  - lever les obstacles à l’investissement dans le secteur des services et dans l’agriculture;
  - promouvoir les gains de productivité agricoles pour accélérer la transformation structurelle et réduire la main‑d’œuvre agricole.
- Généraliser l’accès aux services financiers :
  - créer un environnement favorable à la réduction des coûts de transaction;
  - exploiter les nouvelles technologies (opérations bancaires par téléphone portable, réseaux d’agents bancaires) pour élargir l’accès aux services financiers.
- Poursuivre des politiques macroéconomiques stables, renforcer le capital humain et physique, améliorer les infrastructures et surmonter les obstacles structurels à la compétitivité; compléter ces actions par des réformes du marché du travail et du marché financier.

*Source: sreo0414f — 2. Pour une croissance durable et plus solidaire*

### 2.  POUR UNE CROISSANCE DURABLE ET PLUS SOLIDAIRE

### 2.  POUR UNE CROISSANCE DURABLE ET PLUS SOLIDAIRE

### Tendances récentes et observations empiriques
- Le PIB par habitant a augmenté dans presque tous les pays pour lesquels on dispose de données sur les 24 dernières années, et la pauvreté a reculé dans à peu près trois sur quatre de ces pays.
- Graphiques d’enquêtes auprès des ménages pour six pays montrent que les profils de répartition de la consommation se sont améliorés avec l’augmentation du revenu.
- 37 % des 43 pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels on dispose de données se situaient dans la tranche de 25 % supérieure de la distribution mondiale des taux de croissance du PIB entre 2000 et 2013.
- Indice numérique de la pauvreté :
  - Mozambique : diminution de 2,4 % par an entre 1996 et 2007.
  - Viet Nam : diminution de 4,6 % par an entre 1992 et 2004.
- Pendant les cinq premières années après le décollage de leur croissance (1989 pour le Viet Nam et 1992 pour le Mozambique), le PIB par habitant a progressé de 50 % dans les deux pays.

### Facteurs structurels et corrélations statistiquement observées
- Corrélations positives entre la pauvreté et les facteurs suivants (encadré 2.2 / régressions transversales) :
  - Population rurale, proportion (pourcentage) : 0,58
  - Part de l'agriculture dans le PIB (pourcentage) : 0,62
  - Accès services financiers (comptes/1000 adultes) (signe négatif dans la table, ajustement AfSS) : 0,59 (tableau 2.2.1 indique impact lié à l’accès)
  - Infrastructures (rang) : 0,61
  - Inflation (2000–13) (rang) : 0,56
  - Volatilité du taux de change réel (rang) : 0,54
  - Droits de douane (pourcentage) (tableau montre signe négatif dans certains spécifications) : 0,55
  - Concurrence (rang) : 0,47
- Corrélations positives entre le classement en PIB par habitant et les variables suivantes (encadré 2.1 / tableau 2.1.1) :
  - Taille du marché (rang) : 0,41
  - Population rurale, proportion (pourcentage) : 0,69
  - Part de l'agriculture dans le PIB (pourcentage) : 0,77 (interaction AfSS indiquée)
  - Santé et éducation (rang) : 0,71
  - Qualité de l'éducation (rang) : 0,53
  - Capacités technologiques (rang) : 0,82
  - Santé (rang) : 0,80
  - Espérance de vie (rang) : 0,76 (tableau signale ajustements)
  - Efficacité du marché du travail (rang) : 0,51
  - Développement du marché financier (rang) : 0,54
  - Facilité d'accès au crédit (rang) : 0,49
  - Accès services financiers (comptes/1000 adultes) : 0,55 (ajustement AfSS)
  - Qualité des institutions (rang) : 0,65
  - Coefficient de Gini (pourcentage) : 0,42
  - Environnement macroéconomique (rang) : 0,47
  - Inflation (2000–13) (rang) : 0,52
  - Infrastructures électriques (rang) : 0,84
  - Infrastructures de transports (rang) : 0,69
  - Qualité des infrastructures (rang) : 0,67
  - Concurrence (rang) / Prééminence sur le marché (rang) : 0,57 / 0,53
- Résultats de régressions multivariées (tableau 2.1.2) : variables robustes pour expliquer le classement en PIB par habitant incluent la santé (rang) avec pentes de l’échantillon complet listées (0,0039(9); 0,0039(9); 0,0029(6); 0,0041(10) selon spécification), infrastructures (rang) pentes 0,0022(5), population rurale proportion 0,0024(4), part de l'agriculture 0,0062(5), et environnement macroéconomique 0,0005(2) à 0,0008(3) selon spécification.
- Écarts de développement (tableau 2.1.3) : PIB par habitant (PPA, 2000) total 14.784, AfSS 4.259, hors AfSS 18.485; autres indicateurs montrent des écarts notables pour la ruralité, la part de l’agriculture, la santé, l’accès aux services financiers et les infrastructures.

### Implications pour la transformation structurelle et la réduction de la pauvreté
- Principales priorités pour augmenter la productivité et réduire la pauvreté :
  - Assurer la stabilité de l’environnement macroéconomique et surtout le maintien d’un faible taux d’inflation.
  - Moderniser les infrastructures.
  - Diversifier la structure économique via des réformes visant à renforcer la compétitivité et réduire progressivement la part de l’agriculture dans le PIB.
  - Promouvoir des systèmes financiers sains permettant d’étoffer le secteur financier et de le rendre accessible à tous.
- Pour remédier au manque réel d’infrastructures, il est nécessaire de créer un environnement favorable aux investisseurs locaux et étrangers.
- La transformation structurelle devrait simultanément :
  - Rehausser la productivité dans l’agriculture (modifier les cadres juridiques et institutionnels régissant les activités agricoles).
  - Stimuler la compétitivité pour permettre la création de valeur en dehors de l’agriculture de base, favorisant la diversification économique.
  - Avertissement : une plus grande ouverture et diversification peuvent s’accompagner temporairement de bouleversements sociaux.
- Rôle de la politique budgétaire :
  - Dégager l’espace budgétaire nécessaire pour investir dans le capital humain et le capital physique.
  - Améliorer le recouvrement des recettes : élargir la base d’imposition et renforcer les moyens administratifs de recouvrement des impôts.
  - Améliorer la progressivité des dépenses publiques en délaissant les subventions généralisées au profit de dépenses bien ciblées, tels que les transferts monétaires (FMI, 2014b).

### Leçons tirées des expériences nationales (Mozambique et Viet Nam)
- Les deux pays ont connu une augmentation similaire du PIB par habitant (50 % pendant les cinq premières années après le décollage), mais des trajectoires différentes de réduction de la pauvreté :
  - Mozambique : indice numérique de la pauvreté en baisse de 2,4 % par an (1996–2007).
  - Viet Nam : indice numérique de la pauvreté en baisse de 4,6 % par an (1992–2004).
- Ces différences illustrent l’importance des gains de productivité agricoles pour la réduction de la pauvreté et l’impact différencié des transformations structurelles selon la nature des réformes et des gains de productivité.

*Source : sreo0414f - 2.  POUR UNE CROISSANCE DURABLE ET PLUS SOLIDAIRE (extraits du PDF fourni).*

### 2.  POUR UNE CROISSANCE DURABLE ET PLUS SOLIDAIRE

### 2.  POUR UNE CROISSANCE DURABLE ET PLUS SOLIDAIRE

### Corrélations et régressions sur la pauvreté (Afrique subsaharienne)
- Les corrélations observées dans l’analyse ne sont statistiquement significatives que pour l’Afrique subsaharienne.
- Dans une régression multivariée centrée sur l’Afrique subsaharienne, la pauvreté est associée positivement à :
  - une déficience des infrastructures (Infrastructures (rang) coefficient 0,390(7)),
  - une forte contribution de l’agriculture au PIB (Part de l'agriculture dans le PIB (pourcentage) coefficients 0,594(4), 0,497(3), 0,347(3) selon spécification),
  - des droits de douane plus faibles (Droits de douane (pourcentage) coefficients -1,532(-2), -1,966(-3), -1,957(-5)),
  - une moindre prééminence sur le marché (Prééminence sur le marché (rang) coefficients -0,072(-2), -0,151(-3), -0,174(-5)),
  - une inflation plus élevée (Inflation (rang) coefficients 13,127(2), 20,962(3), 14,814(4)).
- Relations spécifiques avec d’autres variables :
  - Développement du marché financier (rang) coefficient 0,159(3).
  - Efficacité du marché du travail (rang) coefficient 0,035(1); l’efficience du marché du travail ne semble pas significative quand les infrastructures sont retirées de la régression.
  - Variable muette pour l'Afrique subsaharienne coefficients 17,061(2), 15,951(2), -6,039(-1).
- Statistiques de régression :
  - Observations 43, 43, 43 (pour les trois spécifications indiquées).
  - R 2 ajusté 0,742, 0,795, 0,891 (selon spécification).
- Interprétations et limites :
  - Les régressions n’impliquent pas l’existence d’une relation de cause à effet mais sont compatibles avec l’idée que :
    - améliorer les infrastructures, diversifier l’économie et maintenir le pouvoir d’achat de la monnaie nationale tendent à réduire la pauvreté;
    - la baisse des droits de douane et le renforcement de la concurrence peuvent provoquer des bouleversements sociaux à court terme, légitimant des mesures de protection des pauvres et d’accroissement de leur productivité;
    - la généralisation de l’accès au système financier apparaît significative quand l’inflation est exclue, suggérant que les pauvres épargnent moins dans le système financier, ou ne peuvent le faire, quand le pouvoir d’achat de leur épargne est en jeu.

*Source : Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde; calculs des services du FMI.*

### Expériences comparées : Mozambique et Viet Nam
- Sur les cinq premières années suivant le décollage économique :
  - La part de l’agriculture a diminué de 12 points au Viet Nam et de 11 points au Mozambique.
- Différences notables dans la création d’emplois hors agriculture :
  - Part de l’emploi agricole :
    - Restée presque constante au Mozambique entre 2002 et 2008.
    - Diminuée de 10 points au Viet Nam entre 2000 et 2006.
  - Emplois créés dans l’industrie :
    - Viet Nam : plus de deux millions d’emplois.
    - Mozambique : environ 160.000 emplois, dont environ 40.000 emplois salariés.
- Productivité agricole :
  - Au Viet Nam, la productivité agricole a augmenté plus vite et pendant plus longtemps qu’au Mozambique.
  - Au Mozambique, la productivité agricole est restée stationnaire ces dernières années.
- Facteurs ayant favorisé le Viet Nam :
  - Réformes initiales : droits d’utilisation des sols, privatisation des actifs collectifs, libéralisation des prix, rationalisation des subventions agricoles.
  - Disponibilité d’une main-d’œuvre abondante, qualifiée et bon marché.
  - Proximité des grandes économies régionales.
  - Investissement direct étranger (IDE) en provenance des pays asiatiques : représenté près de 45 percent de l’IDE cumulé (FMI, 2014e).
- Enseignement principal :
  - Accumulation de capital concentrée dans des secteurs créant peu d’emplois (enclaves d’exploitation de ressources naturelles) peut générer croissance rapide mais ne réduit pas notablement la pauvreté sans mesures de partage des fruits de la croissance.

### Le défi de la création d’emplois et la démographie
- Motifs pour accroître l’emploi et la productivité :
  - La plupart des habitants d’Afrique subsaharienne vivent du revenu de leur travail et le nombre de pauvres reste élevé.
  - Dividende démographique : en 2020, plus de la moitié de la population d’Afrique subsaharienne sera âgée de moins de 25 ans (graphique 2.15).
- Risques :
  - Nécessité d’intégrer la population en âge de travailler dans des activités productives pour réduire la pauvreté et éviter tensions sociales et politiques, surtout dans un environnement caractérisé par la faiblesse des institutions.
- Structure des marchés du travail (hors pays à revenu intermédiaire) :
  - Très bas niveau d’emploi dans le secteur formel (10 percent environ de la population active).
  - Très faibles taux de chômage (2 percent à 3 percent environ).
  - Population active nombreuse conduisant au sous-emploi.
  - Les services sont fournis en large mesure par des entreprises familiales.
- Transition structurelle :
  - Déplacement de la main-d’œuvre vers des secteurs plus productifs réduira progressivement la part de l’agriculture dans le PIB.
  - Nécessité d’accélérer l’urbanisation pour permettre le passage à des activités à plus forte valeur ajoutée (manufacture, exportation de services).
  - Importance d’un espace budgétaire et d’investissements dans les infrastructures urbaines et la planification des infrastructures pour limiter les risques de bouleversements sociaux.

### Productivité agricole, potentiel et obstacles
- Importance de l’agriculture :
  - Agriculture est de loin le premier employeur en Afrique subsaharienne (graphique 2.16).
  - La croissance des cultures de base réduit la pauvreté plus décisivement que celle des cultures de rapport (FMI, 2013b).
- Tendances de la productivité :
  - La productivité agricole progresse plus lentement en Afrique subsaharienne que dans les autres pays et l’écart s’est creusé (graphique 2.17).
  - La croissance en Afrique subsaharienne a principalement résulté de l’adjonction de facteurs de production (terre et travail).
  - Le continent combine vaste superficie de terres arables non cultivées et rendements agricoles relativement faibles, représentant un potentiel considérable.
  - La superficie cultivée a augmenté dans la région, contrairement au reste du monde où l’urbanisation l’a réduite.
- Obstacles :
  - Obstacles structurels importants et politiquement difficiles à résoudre.
  - Certains pays (Éthiopie, Rwanda) ont accru nettement leurs rendements; d’autres ont stagné.
- Estimation externe citée :
  - McKinsey (2010) : adoption de cultures de meilleur rapport, accroissement des rendements et extension des terres cultivées pourraient permettre de faire progresser la valeur de la production agricole du continent deux fois plus vite au cours des 20 prochaines années que pendant la décennie écoulée.

### Mesures à prendre pour créer des possibilités d’emploi
- Investissements requis :
  - Investissements publics et privés dans le capital humain et le capital physique pour améliorer la productivité agricole et encourager la diversification vers des activités à forte intensité de main-d’œuvre.
- Ciblage des efforts publics :
  - Ressources limitées : efforts pour réduire la pauvreté doivent être bien ciblés.
  - Stratégie de réduction de la pauvreté doit viser à rendre les entreprises familiales plus productives (puisqu’elles absorbent la majeure partie de la population active).
- Actions gouvernementales pour soutenir les entreprises familiales :
  - Éviter de les faire crouler sous le poids de l’impôt ou de la réglementation; actuellement, ces entreprises sont souvent soumises à un taux d’imposition plus élevé que les grandes entreprises sans recevoir beaucoup en échange.

### Encadré 2.3 — Réduction de la pauvreté et composition sectorielle de la croissance
- Variations dans la réduction de la pauvreté au cours des 20 dernières années selon les pays d’Afrique subsaharienne.
  - Exemple : Éthiopie a fait sortir le quart de sa population de la pauvreté entre 2000 et 2010.
- Rôle de la composition sectorielle de la croissance :
  - Dans l’Éthiopie analysée, la croissance s’est surtout produite dans l’agriculture et les services; dans d’autres pays, les activités extractives ont été le moteur principal.
- Résultats empiriques (groupe de 35 pays, 5 périodes triennales, 1996–2010) — dépendante : indice de pauvreté à 1,25 dollar par jour (PovcalNet) :
  - Agriculture : -0,410 ** (p-value 0,047) ; spécification alternative -0,430 *** (p-value 0,000).
    - Interprétation : une croissance de 1 % dans l’agriculture fait sortir 0,41 % de la population de la pauvreté (estimation globale).
  - Services : -0,280 *** (p-value 0,000) ; spécification alternative -0,200 *** (p-value 0,000).
  - Industrie manufacturière : -0,130 (p-value 0,160) ; spécification alternative -0,050 (p-value 0,250).
  - Activités extractives : -0,080 * (p-value 0,092) ; spécification alternative -0,090 * (p-value 0,006).
  - Bâtiment et travaux publics : -0,190 (p-value 0,123) ; spécification alternative -0,080 (p-value 0,111).
  - Services publics : 0,070 (p-value 0,533) ; spécification alternative -0,040 (p-value 0,761).
  - Gini (contrôle) : 0,250 *** (p-value 0,000).
- Conclusions :
  - La croissance a un impact significatif et négatif sur la pauvreté dans tous les secteurs considérés séparément (à l’exception des services d’utilité publique).
  - L’ampleur de l’impact varie fortement selon le secteur : agriculture a la plus forte incidence sur la réduction de la pauvreté, suivie des services.
  - Les résultats restent valables si le coefficient de Gini est inclus comme variable de contrôle.
- Encadré préparé par Isabell Adenauer et Samba Mbaye.
- Source des estimations : calculs des services du FMI; valeurs P indiquées entre parenthèses; ***, ** et * dénotent signification à 1 percent, 5 percent et 10 percent respectivement; estimations obtenues selon la méthode des moments généralisée.

*Source : calculs des services du FMI; Banque mondiale; PovcalNet; Nations Unies; Ministère de l’agriculture des États-Unis (détails dans le document).*

### 2.  POUR UNE CROISSANCE DURABLE ET PLUS SOLIDAIRE

### 2.  POUR UNE CROISSANCE DURABLE ET PLUS SOLIDAIRE

### Accès aux services financiers et enjeux pour l'emploi et la croissance
- Les ménages et les entreprises doivent avoir accès à l’épargne, à l’assurance et aux autres services financiers pour faciliter leur gestion de trésorerie; l’accès à des comptes d’épargne a des effets positifs sur l’épargne, l’investissement productif, la consommation, les soins de santé préventifs, la productivité et le revenu (Demirgüç-Kunt, Beck et Honohan, 2008).
- Le travail reste la principale source de revenu pour la vaste majorité de la population de la région.
- Un accès restreint au crédit limite la mise en œuvre de nouveaux projets, surtout les plus innovants qui mettent plus de temps à arriver à maturité.
- L’approfondissement du système financier peut augmenter l’investissement, stimuler l’innovation, faciliter les transferts de technologies et obtenir une répartition plus efficiente des capitaux entre les secteurs (Dabla-Norris et al., 2013).
- Distinction conceptuelle :
  - Approfondissement financier mesuré par le ratio crédit/PIB.
  - Généralisation de l’accès mesurée par le pourcentage d’adultes titulaires d’un compte dans un établissement officiel.
- Observation empirique : une fois atteint un niveau critique d’accès, de nouveaux progrès dans l’approfondissement peuvent encore accroître épargne et investissement, mais dans les pays à faible revenu, sans élargissement notable de l’accès aux services financiers, l’approfondissement aura un impact moindre sur la création d’emplois et le développement d’activités commerciales profitant aux pauvres.

### Preuves empiriques et inégalités d’accès
- Analyse basée sur la base de données Global Financial Inclusion de la Banque mondiale : comparaison de la performance en matière d’accès aux services financiers ajustée en fonction du PIB à l’évolution des indices de développement humain entre 2000 et 2011.
- Corrélation positive observée pour les pays à niveau intermédiaire d’intermédiation financière (ratio crédit/PIB compris entre 10 % et 30 %).
- Les pays qui passent d’un faible niveau à un niveau élevé d’intermédiation financière enregistrent la plus nette amélioration des indices de développement humain.
- Le problème de l’intermédiation financière est plus pressant pour les pauvres :
  - Les coûts d’intermédiation plus élevés entraînent une moindre élasticité de l’accès aux services financiers par rapport à l’évolution du revenu.
  - L’accès aux services financiers est plus sensible à l’évolution du PIB par habitant pour les populations «riches» (quintile supérieur de revenu) que pour les populations «pauvres» (quintile inférieur de revenu).
  - Quand on utilise l’indice de développement humain, l’écart entre riches et pauvres est encore plus marqué, suggérant que des composantes comme l’espérance de vie et le niveau d’études expliquent en grande partie les différences d’accès.

### Rôle du progrès technologique et exemples de transformation
- Le progrès technologique contribue à réduire les coûts d’intermédiation et a un effet positif sur l’activité économique et le bien‑être.
- Expansion des guichets automatiques et des transferts monétaires par téléphone portable : transformation profonde de la fourniture des services financiers en Afrique subsaharienne.
- Transferts monétaires par téléphone portable devenus courants au Kenya; Angola et Kenya en avance pour l’utilisation du téléphone portable pour des opérations autres que les transferts.
- Recherche sur le succès kényan (Gutierrez et Singh, 2013) : le juste équilibre entre certitude et transparence de la réglementation (contrats électroniques, protection des consommateurs, interopérabilité, «know your customer», banque à distance, argent électronique) explique le succès.
- Études empiriques suggèrent que le téléphone portable pourrait améliorer le bien‑être des consommateurs et des producteurs et favoriser le développement économique (Aker et Mbiti, 2010).

### Mesures visant à élargir l’accès aux services financiers (recommandations concrètes)
- Créer un environnement favorable et adopter des produits innovants avec souplesse.
- Encourager la concurrence et supprimer les imperfections des marchés qui empêchent les pauvres d’avoir accès aux services financiers.
  - Faciliter le recours aux agents bancaires, aux bureaux de poste, aux supermarchés, aux épiceries et aux stations d’essence pour représenter les banques en dehors de leur réseau de succursales.
- Focaliser les améliorations sur les infrastructures financières et du crédit dans les domaines où cela aura un plus fort impact sur les frais financiers et les coûts de transaction.
  - Mieux identifier les emprunteurs pour atténuer la réticence des banques à accueillir des clients à faible revenu.
  - Favoriser une meilleure information pour intensifier la concurrence et faire baisser les coûts.
- Faciliter les activités des centrales de crédit en établissant un cadre juridique approprié pour :
  - protéger les droits des consommateurs,
  - atténuer les risques pesant sur l’accès à l’information,
  - assurer l’équité et la transparence entre les participants (Brown, Japelli et Pagano, 2009).
- Chercher un juste équilibre entre initiatives de marché, surveillance macroprudentielle appropriée et calibrage des politiques publiques :
  - Les mesures visant à élargir l’accès aux services financiers doivent s’accompagner d’un élargissement concomitant du périmètre couvert par la réglementation et la surveillance afin de réduire l’arbitrage entre réglementations et les risques pour le système financier.
- Synergies à promouvoir :
  - Interactions entre agents bancaires, bureaux de crédit et services bancaires par téléphone portable pour permettre aux utilisateurs à faible revenu de faire leurs preuves et faciliter, à terme, un accès au crédit plus durable que des programmes spéciaux.

### Autres politiques structurelles pour une croissance inclusive
- Maintien de politiques macroéconomiques bien conçues et suppression des distorsions structurelles nécessaires pour soutenir l’expansion économique et créer des emplois.
- Nécessité d’une nette amélioration des infrastructures pour réduire le coût des activités commerciales et accroître la production.
- Accumulation soutenable de capital nécessaire pour rehausser la productivité totale des facteurs, qui a soutenu l’expansion économique pendant la décennie écoulée.
- Meilleure productivité agricole et transformation structurelle indispensables pour continuer de faire reculer la pauvreté en Afrique subsaharienne au moins pendant les prochaines décennies.

*Source : sreo0414f - 2.  POUR UNE CROISSANCE DURABLE ET PLUS SOLIDAIRE*

### 3. Amélioration des cadres de politique monétaire

### 3. Amélioration des cadres de politique monétaire en Afrique subsaharienne

### Contexte et enjeux récents
- L’inflation est descendue en dessous de 10 percent dans nombre de pays d’Afrique subsaharienne depuis le début de la décennie 2000.
- Le rapport entre masse monétaire et inflation s’est relâché dans un contexte d’inflation basse, d’ouverture des comptes de capital et de diversification des marchés financiers.
- Le resserrement des politiques monétaires dans les pays avancés fait monter les coûts de financement pour les pays pionniers et accentue le risque d’un retournement des flux de capitaux.
- La crise financière mondiale a remis en question les principes établis de la politique monétaire et a conduit à une réévaluation des objectifs, des règles décisionnelles et des instruments.

### Définition et composantes du « cadre de politique monétaire »
- Processus collectif des banques centrales dans les régimes de change flottant ou de flottement dirigé pour:
  - fixer des objectifs et des cibles intermédiaires,
  - analyser les évolutions pertinentes,
  - utiliser divers instruments pour atteindre les cibles intermédiaires,
  - communiquer des informations sur la politique monétaire.

### Évolutions observées en Afrique subsaharienne
- Transition d’un ancrage centré sur les agrégats monétaires vers des cadres plus éclectiques et parfois prospectifs.
- Diminution de l’usage des banques centrales pour le financement des budgets et plus grande flexibilité des taux de change favorisent cette transition.
- Pays ayant officiellement adopté un régime de ciblage de l’inflation: Afrique du Sud, Ghana et, plus récemment, Ouganda.
- Autres pays réduisent l’importance accordée aux agrégats monétaires et intègrent:
  - un recours accru aux taux d’intérêt pour la transmission de la politique monétaire,
  - une meilleure gestion de la liquidité,
  - des capacités d’analyse renforcées,
  - des stratégies de prévision et de communication améliorées.

### Principales contraintes et obstacles institutionnels
- Absence de données adéquates pour mesurer correctement l’inflation (dichotomie villes/campagnes dans le panier de consommation).
- Compréhension imparfaite des canaux de transmission.
- Responsabilisation insuffisante concernant les objectifs de politique économique et la transparence des processus décisionnels.
- Attention insuffisante aux stratégies de communication.
- Vulnérabilité aux évolutions défavorables des termes de l’échange, approfondissement financier en cours, et évolution des régimes de change.
- Faiblesse des bilans des banques commerciales qui peut limiter l’effet des mesures de politique monétaire.

### Recommandations concrètes pour améliorer les cadres de politique monétaire
- Moins s’appuyer sur la politique monétaire pour concilier des objectifs contradictoires:
  - éviter l’usage de la politique monétaire pour atteindre des objectifs multiples incompatibles, sous peine de réduire son efficacité et sa crédibilité.
- Améliorer les données:
  - collecter en temps opportun des données macroéconomiques à haute fréquence pour guider les interventions monétaires.
  - les rapports du FMI sur les consultations au titre de l’article IV évaluent l’adéquation des données et indiquent les domaines d’amélioration.
- Renforcer les capacités d’analyse:
  - développer des modèles analytiques pour évaluer la transmission monétaire et prévoir la trajectoire à moyen terme de l’inflation.
  - assistance technique nécessaire pour améliorer ces capacités.
- Élaborer une stratégie de communication:
  - expliquer les raisons des changements d’orientation de la politique monétaire et des prévisions d’inflation pour assurer crédibilité et ancrage des anticipations.
  - expliquer les écarts ex post par rapport aux objectifs déclarés et les mesures correctrices.
- Élargir la panoplie d’instruments utilisables:
  - privilégier les instruments fondés sur les prix, comme le taux directeur, et développer le marché monétaire et les instruments de court terme.
  - réformes nécessaires pour rendre les marchés monétaires et de change plus efficients, et mettre en place des infrastructures juridiques adaptées.
- Améliorer la gestion de la liquidité:
  - les pays avec des régimes de ciblage flexible des agrégats monétaires doivent mieux gérer la liquidité à court terme pour stabiliser la volatilité des taux d’intérêt du marché monétaire, en particulier en contexte de surabondance structurelle de la liquidité.
- Stabiliser le secteur financier:
  - renforcer la réglementation et la supervision pour améliorer la transmission des signaux de politique monétaire.

### Aperçu historique et justification des choix de cadres
- Dans les années 90, l’ancrage sur un agrégat monétaire se justifiait par la disponibilité des données monétaires et par la contribution à la discipline budgétaire.
- Les hypothèses sous-tendant le ciblage monétaire (contrôle parfait de la masse monétaire et stabilité de la relation entre croissance monétaire et croissance du revenu nominal) ont été largement récusées.
- Recul de l’inflation et de sa volatilité durant la dernière décennie a conduit les autorités à accorder moins d’importance aux variations de la masse monétaire (graphique 3.1 mentionné dans le texte).
- Le continuum des cadres de politique monétaire va de l’utilisation des agrégats monétaires comme point d’ancrage au ciblage formel de l’inflation, en passant par des cadres hybrides intégrant inflation et taux de change selon les caractéristiques structurelles du pays.

*Document: sreo0414f - 3. Amélioration des cadres de politique monétaire (IMF).*

### 3.  AMÉLIORAtIOn des cAdRes de pOLItIque MOnÉtAIRe en AfRIque subsAhARIenne

### 3.  AMÉLIORAtIOn des cAdRes de pOLItIque MOnÉtAIRe en AfRIque subsAhARIenne

### Évolution générale des cadres de politique monétaire
- Transition vers des cadres plus flexibles à rythme variable selon les pays.
- Échantillon de onze pays (2013) : tous recourent à une forme de taux directeur; un seul indique ne pas s’intéresser au taux interbancaire comme cible opérationnelle.
- Huit pays sur dix se réfèrent à la masse monétaire au sens large comme cible intermédiaire.
- Huit pays sur dix indiquent avoir un régime de change flottant.
- Les comités de politique monétaire sont devenus partie intégrante des dispositifs institutionnels (ex. Angola, Kenya, Ouganda), améliorant la transparence et la communication.

### Objectifs, cibles et instruments observés
- Maintien d’un taux d’inflation bas est l’objectif premier dans la plupart des pays; le niveau ou l’échéance sont souvent non précisés.
- Certains pays pratiquant le ciblage monétaire utilisent aussi un taux directeur en complément (ex. Kenya, Nigéria).
- Tous les cadres s’appuient sur une série comparable d’instruments de politique monétaire, mais le recours à chacun varie selon les pays.
- Usage intensifié d’instruments de marché : opérations d’open-market, ventes/achats de devises, prises en pension; 17 des 25 pays déclarants vendent directement des titres d’État pour la politique monétaire; 16 pays déclarent recourir aux prises en pension.
- Seulement 5 pays (Comores, Érythrée, Namibie, Swaziland et Zambie) déclarent continuer d’utiliser une forme ou une autre d’instrument direct.

### Principaux facteurs d’évolution des cadres
- Relation moins étroite entre monnaie et inflation
  - Corrélation inflation–M2 en Afrique subsaharienne : recul de 0,88 durant 1989–2000 à 0,20 sur 2001–12.
  - Régressions transversales (pays à faible revenu) : coefficient de croissance de la masse monétaire passé de 0,64 en 1990–2002 à 0,29 en 2002–12.
  - Étude du FMI : coefficient de régression pour la croissance de la masse monétaire dans les pays à forte inflation (supérieure à 10 %) est supérieur de 30 % à 50 % à celui observé dans les pays à faible inflation.
  - Corrélation positive entre modifications de la vitesse de circulation de la monnaie et l’inflation est considérablement moindre; demande de monnaie moins influencée par variations de l’inflation.

- Instabilité de la vitesse de circulation de la monnaie et des multiplicateurs monétaires
  - Depuis 2001, vitesse moyenne de circulation de la monnaie dans la région a diminué, principalement en raison d’une demande accrue de monnaie liée à la monétisation et à la sensibilité aux taux d’intérêt.
  - Dans la plupart des pays ciblant les agrégats monétaires, la vitesse de circulation a baissé encore plus depuis 2007.
  - Multiplicateurs monétaires généralement orientés à la hausse depuis 2001 dans les pays pratiquant le ciblage monétaire, malgré variations entre pays.
  - Études sur la CAE : multiplicateurs monétaires ont connu des variations importantes au Kenya, Ouganda et Tanzanie à court terme, puis ont progressé.
  - Facteurs expliquant la variation du multiplicateur : progrès technologique (transactions mobiles), changements des coefficients de réserves obligatoires, fluctuations des taux d’intérêt affectant la tendance des banques à constituer des réserves.
  - Monnaie centrale a fluctué de manière erratique en fonction des flux de capitaux, y compris des entrées d’aide.

- Moindre prééminence de la politique budgétaire
  - Financement des États par les banques centrales : baisse de plus de 12 % du PIB en moyenne (1990–2000) à presque 2 % en 2012.
  - Financement par les banques centrales reste important dans les États fragiles (ex. Érythrée : environ 50 % en moyenne ces cinq dernières années).
  - Amélioration la plus marquée dans les pays à revenu intermédiaire.

- Flexibilité accrue des taux de change
  - Nombre de régimes de parité souple : passé de 28 en 2007 à 11 en 2012.
  - Adoption de régimes de change plus flexibles a élargi la marge de manœuvre pour une politique monétaire indépendante et permis d’utiliser les taux de change pour amortir les chocs.
  - Couplée à l’assouplissement des restrictions sur les mouvements de capitaux (ex. Ghana, Kenya, Ouganda), cette flexibilité a conféré aux taux d’intérêt un rôle plus important.
  - Corrélation renforcée entre taux directeurs et inflation; corrélation entre taux directeurs et taux de change légèrement accentuée.
  - Résultat : recours plus intensif aux instruments monétaires de marché.

- Modifications du paysage financier
  - Approfondissement des systèmes financiers : augmentation du crédit au secteur privé et des dépôts auprès des banques commerciales.
  - Approfondissement attendu améliorer la transmission monétaire, même si les écarts de taux d’intérêt restent élevés et tendent à stagner en raison d’obstacles structurels et d’une perception de risque élevée chez les prêteurs.

### Encadré 3.2 — Politiques monétaires et détérioration des termes de l’échange (2007–08 et 2010–11)
- Épisode 2007–08
  - Inflation moyenne en Afrique subsaharienne : de 9 % à 15 %, surtout suite à la hausse des prix de l’alimentation (de 10 % à 20 %) et de l’énergie (de 12 % à 19 %).
  - Après l’aggravation de la crise financière mondiale, tensions inflationnistes rapidement atténuées; taux d’intérêt restés bas en attente des répercussions de la récession mondiale.
  - Conseils de politique économique : accompagner les effets immédiats des chocs.

- Épisode 2010–11
  - Effets sur l’inflation plus diversifiés selon les pays.
  - Pays pratiquant le ciblage de l’inflation (ex. Afrique du Sud) : effets surtout limités aux prix des importations.
  - Ghana : inflation peu variée par rapport à l’année précédente.
  - Pays à croissance rapide et régime de change flottant ayant maintenu des taux d’intérêt bas longtemps : combinaison de détérioration des termes de l’échange et croissance vigoureuse du crédit a généré des tensions inflationnistes importantes.
  - Dépréciation des taux de change a amplifié l’effet inflationniste (Kenya, Ouganda, Tanzanie).
  - Taux d’inflation avoisiné ou dépassé 20 % au quatrième trimestre de 2011 au Burundi, en Éthiopie, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.
  - Réponses : mesures monétaires et budgétaires anticycliques, avec des rythmes différents selon les pays.

### Implications analytiques et orientations de politique
- La déconnexion accrue entre agrégats monétaires et inflation réduit l’utilité des cibles monétaires strictes comme guide principal de politique.
- La flexibilité des régimes de change et le développement d’instruments de marché renforcent le rôle des taux d’intérêt et la conduite de la politique monétaire par des mécanismes de marché.
- La baisse du financement des États par les banques centrales et la montée des comités de politique monétaire renforcent l’indépendance et la transparence des banques centrales; toutefois, des disparités persistent entre groupes de pays (États fragiles vs pays à revenu intermédiaire).
- L’approfondissement financier et les progrès technologiques (ex. transactions mobiles) modifient la demande de monnaie et les multiplicateurs, rendant nécessaire l’adaptation des cadres et des instruments monétaires.
- Le FMI a revu son approche de la conditionnalité pour donner plus de flexibilité aux pays appliquant des cadres plus prospectifs dans le cadre de programmes du FMI.

*Source : chapitre « 3. AMÉLIORATION des CADRES de POLITIQUE MONÉTAIRE en Afrique subsaharienne » (document fourni).*

### 3.  AMÉLIORAtIOn des cAdRes de pOLItIque MOnÉtAIRe en AfRIque subsAhARIenne

### 3.  AMÉLIORAtIOn des cAdRes de pOLItIque MOnÉtAIRe en AfRIque subsAhARIenne

### Obstacles à la formulation des politiques
- Les points d’ancrage que constituent le taux de change et les agrégats monétaires ont largement contribué à la stabilité macroéconomique et au recul de l’inflation en Afrique subsaharienne.
- Les transformations structurelles révèlent les limites d’un respect strict des cibles monétaires et incitent à des cadres plus «souples».
- La politique monétaire est de plus en plus sollicitée pour contrer des chocs divers : volatilité des prix de l’énergie et de l’alimentation, irrégularité des flux de capitaux.
- Dans certains pays, la politique monétaire doit aussi poursuivre d’autres objectifs : soutien au développement du crédit, compensation des effets expansionnistes de la politique budgétaire, etc.
- Contraintes opérationnelles et structurelles qui compliquent la conduite de la politique monétaire :
  - indépendance limitée de la banque centrale sur le plan opérationnel et financier;
  - persistance d’un excès structurel de liquidité qui réduit l’efficacité des taux d’intérêt et des instruments de marché;
  - problèmes de gestion de la liquidité, y compris de l’aide extérieure;
  - niveaux élevés de dollarisation et asymétrie des monnaies de libellé des actifs et passifs, accroissant la sensibilité des bilans aux fluctuations des taux de change.
- Limitations pratiques et techniques :
  - informations limitées sur les évolutions de l’économie, en particulier peu d’indicateurs avancés et d’enquêtes prospectives;
  - incertitude sur le fonctionnement et l’efficacité des mécanismes de transmission monétaire;
  - difficulté d’identifier relations et mécanismes structurels pendant des transformations économiques;
  - crédibilité des cadres de politique monétaire encore faible là où le respect des objectifs est récent ou où il n’existe pas de cadre de responsabilisation;
  - marchés financiers peu profonds n’offrent pas de «rétroactions» utiles aux autorités.

### Tendances d’adaptation des cadres
- Plusieurs banques centrales (Kenya, Maurice, Ouganda, Seychelles, Tanzanie, Zambie) révisent leurs cadres pour mieux comprendre les facteurs influant sur l’inflation.
- Réévaluation de l’utilité des agrégats monétaires pour ancrer les anticipations inflationnistes; nécessité d’une plus grande flexibilité pour réagir aux chocs extérieurs tout en promouvant l’approfondissement financier qui exige des taux relativement stables.
- Transition progressive vers des instruments fondés sur le marché :
  - Combinaison d’instruments fondés sur les taux d’intérêt avec des cibles monétaires (agrégats) et élaboration d’indicateurs avancés.
  - Les autorités cherchent d’autres sources d’information après manquements répétés aux cibles de monnaie centrale.
  - Le choix simultané de deux cibles opérationnelles (taux d’intérêt et monnaie centrale) est problématique mais possible si variations des agrégats et des taux envoient un signal cohérent.
  - Plusieurs banques centrales ont introduit un taux directeur modulé pour indiquer l’orientation de la politique monétaire (Kenya, Maurice, Ouganda, Tanzanie, Zambie).
- Variations dans le rôle des taux directeurs :
  - Dans certains pays (Tanzanie), le taux directeur a un rôle moins influent que dans d’autres (Kenya, Ouganda), reflétant un mécanisme de transmission monétaire moins efficace.
  - Fixer le taux directeur dans le compartiment court de la courbe (opérations à court terme au jour le jour ou à 7 jours) renforce son rôle d’indicateur et le découple des taux à plus long terme (ex. titres à 90 jours).
  - Passage d’un instrument à plus long terme à un instrument à plus court terme (ex. Kenya) a renforcé les signaux de politique monétaire.
- Objectif : stabiliser les taux courts, améliorer la gestion de la liquidité et rendre la politique monétaire plus prospective tout en préparant l’adoption éventuelle d’un régime de ciblage de l’inflation.

### Encadré 3.3 — Expériences nationales pour adapter les cadres
- Ouganda
  - Forte volatilité des taux d’intérêt à court terme fin 2008 liée à des opérations de carry trade a conduit la Banque d’Ouganda à plus de flexibilité en 2009.
  - Séparation des opérations en deux volets : programme structurel mensuel pour la gestion de la liquidité (objectif de monnaie centrale) et réglage minutieux de la liquidité à horizon journalier/hebdomadaire pour stabiliser les taux du marché monétaire.
  - En juillet 2011, transition vers un régime «allégé» de ciblage de l’inflation et introduction d’un taux directeur pour guider les taux interbancaires vers le milieu du «couloir» défini par les facilités permanentes.
  - Prise en compte d’une large gamme de variables macroéconomiques (inflation, taux d’intérêt, taux de change, etc.) et recours à des indicateurs à haute fréquence de l’activité économique.
  - L’introduction d’un taux directeur a facilité l’annonce des orientations et renforcé l’effet de signal.

- Kenya
  - Confronté à deux chocs majeurs sur les cours mondiaux des produits alimentaires, causant une inflation intérieure rapide; difficulté à accompagner l’essor de la demande intérieure.
  - Adoption progressive d’un cadre de ciblage de l’inflation; maîtrise de l’inflation est l’objectif premier.
  - La cible d’inflation à moyen terme a été fixée à 5 %, avec une marge de variation de plus ou moins 2,5 %.
  - Introduction d’un taux directeur; depuis 2012, les décisions du comité de politique monétaire s’appuient, entre autres, sur une analyse des politiques et un modèle de prévisions.
  - Le taux directeur doit guider les taux courts; la banque centrale mène des opérations d’open-market pour garantir la stabilité du marché interbancaire et des taux courts.
  - Pour éviter un accroissement excessif du crédit à l’État compromettant la viabilité future, la croissance des avoirs intérieurs nets est plafonnée.
  - L’objectif de monnaie centrale n’étant pas contraignant, le cadre opérationnel laisse aux autorités une marge d’appréciation.

- Zambie
  - Économie très dépendante du cuivre; crise financière mondiale a entraîné une dégradation des termes de l’échange et un reflux des investissements étrangers en titres publics.
  - Réduction des prêts au secteur privé, hausse de la demande d’actifs liquides; réaffectation des actifs et ralentissement de la croissance de la monnaie au sens large ont baissé le multiplicateur monétaire.
  - Accumulation de liquidités reflétant l’aversion accrue au risque a envoyé un mauvais signal sur l’orientation de la politique monétaire.
  - Besoin d’un cadre plus souple reposant sur une gamme plus large d’indicateurs avancés pour mieux évaluer des évolutions rapides lors de chocs extérieurs.
  - Introduction d’un taux directeur en avril 2012 pour substituer progressivement la monnaie centrale comme outil principal.
    - Taux directeur initialement fixé à 9 %.
    - Adoption simultanée d’une bande de 400 points de base pour les taux interbancaires, visant à stimuler le marché interbancaire et encourager la gestion de la liquidité par les banques.
  - Objectifs : stabilisation des taux courts, politique monétaire plus prospective et, à terme, adoption d’un véritable régime de ciblage de l’inflation.

*Source : FMI, base de données du Système d’information sur les instruments de politique monétaire (ISIMP); encadré préparé par Bozena Radzewicz-Bak.*

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### Ancrage par un taux directeur et rôle du canal des taux d’intérêt
- L’adoption d’un taux directeur assure un ancrage plus efficace et remplace à terme la monnaie centrale ou les avoirs intérieurs nets comme cible opérationnelle.
- Le taux directeur devient le principal instrument de la politique monétaire, soutenu par une gestion appropriée de la liquidité.
- Le canal des taux d’intérêt peut devenir plus efficace et, sous réserve d’un assouplissement simultané du régime de change, contribuer à améliorer le mécanisme de transmission monétaire, offrant ainsi une marge de manœuvre accrue pour une politique monétaire indépendante.
- Ces effets de transmission par les taux d’intérêt et les taux de change semblent être à l’œuvre en Afrique de l’Est, où les cadres de politique monétaire se sont adaptés lorsque l’inflation a fortement progressé fin 2011.

### Résultats empiriques (Mishra et Montiel, 2012) — différences par régimes
- L’étude a examiné la transmission du taux directeur aux taux interbancaires et aux taux prêteurs des banques commerciales dans dix pays représentant divers cadres de politique monétaire.
- Principaux résultats (graphique 3.8) :
  - Dans les pays ayant un régime de ciblage de l’inflation à part entière (Afrique du Sud, Ghana), ou préférant une forme allégée de ciblage de l’inflation (Ouganda), ou pratiquant un ciblage monétaire souple (Mozambique) :
    - Les taux interbancaires ont réagi fortement et de façon positive aux modifications des taux directeurs.
  - Dans les pays ciblant l’inflation d’une manière ou pratiquant un ciblage flexible de la monnaie :
    - Le taux directeur a aussi influé davantage sur les taux prêteurs, et les banques ont réagi plus vite aux évolutions des coûts de financement, en particulier en Afrique du Sud, au Ghana, au Kenya, au Mozambique et en Ouganda.
  - Dans les pays dotés d’un cadre de politique monétaire «hybride» (Maurice) :
    - L’effet de transmission du taux directeur aux taux interbancaires a été, semble-t-il, peu prononcé, expliqué essentiellement par l’excédent de liquidité dans le système que la banque centrale est peu encline à absorber pour des raisons de rentabilité.
    - De ce fait, les taux interbancaires restent très inférieurs au taux directeur, et ce dernier ne constitue pas un point d’ancrage très efficace.

### Instruments opérationnels : couloir autour du taux directeur et gestion de la liquidité
- L’introduction d’un taux directeur peut être accompagnée de la définition d’un couloir vers le milieu duquel doivent tendre les taux courts.
- Dans ce cadre :
  - Le taux directeur devient le taux le plus bas pour les opérations d’injection de liquidité et le taux le plus haut pour l’absorption de liquidité.
- Pays ayant introduit avec succès des couloirs : Afrique du Sud, Cap-Vert, Lesotho, Maurice, Mozambique, Namibie, Ouganda, Rwanda et Zambie, entre autres.
- Conséquences et implications :
  - L’instrument implique une gestion plus active de la liquidité, avec de possibles opérations de prise et de mise en pension.
  - Le couloir peut améliorer le mécanisme de transmission monétaire, la gestion de la liquidité et stimuler le marché interbancaire, y compris dans des pays où le taux de change demeure un point d’ancrage (ex. Cap-Vert).
  - Dans les pays confrontés à un excès de liquidité intérieure, le couloir contribue généralement à limiter la volatilité des taux courts et à créer une demande pour les garanties admissibles de la banque centrale.
- Choix de la largeur du couloir :
  - Arbitrage fréquent entre i) créer un marché interbancaire actif (un couloir large) et ii) limiter la volatilité des taux interbancaires au jour le jour en les rapprochant du taux directeur (un couloir étroit).
  - Le recours excessif aux facilités de banque centrale signale que le marché interbancaire ne joue pas son rôle et que la banque centrale devrait élargir le couloir.
  - À l’inverse, des taux interbancaires particulièrement instables peuvent indiquer la nécessité d’un couloir plus étroit.

### Encadré 3.4 — Le mécanisme de transmission monétaire dans les Tropiques : présentation narrative (Afrique de l’Est, octobre 2011)
- Contexte :
  - En octobre 2011, face à une inflation élevée et croissante, les banques centrales du Kenya, d’Ouganda, du Rwanda et de Tanzanie ont décidé un resserrement coordonné de leurs politiques monétaires.
  - Ce resserrement était consécutif à des chocs précis (choc sur les prix des produits de base, activité économique vigoureuse, tensions sur la balance des paiements et politique d’accompagnement) et était à la fois inattendu et inhabituel par son ampleur.
- Effets observés après la forte hausse du taux d’intérêt à court terme :
  - Les taux prêteurs et autres taux d’intérêt ont augmenté.
  - Le taux de change s’est apprécié.
  - La production a chuté.
  - La croissance nominale du crédit a ralenti.
  - L’inflation a diminué.
- Analyses complémentaires :
  - Les résultats descriptifs sont confirmés par l’analyse fondée sur des modèles, notamment pour la hausse initiale de l’inflation et la contribution de la politique à la stabilisation de l’inflation (Benes et al., 2013).
  - Exemple spécifique : au Rwanda, le durcissement de la politique monétaire pendant toute l’année 2011 et un taux de change stable ont empêché l’inflation de décoller.
- Rôle du régime et du degré de développement financier :
  - La nature du régime en place est décisive pour la transmission, quelle que soit la structure du système financier.
  - En Ouganda, la transmission a été la plus clairement observée malgré un système financier moins développé que le Kenya, en raison d’un cadre «allégé» de ciblage de l’inflation plus simple et plus transparent.
  - Au Kenya, la transmission est devenue effective lorsque les autorités ont explicitement indiqué l’orientation de la politique monétaire au moyen d’un taux directeur et annoncé un objectif d’inflation.
  - En Tanzanie (régime de jure de ciblage des agrégats monétaires) et au Rwanda (arrimage de facto du taux de change), la transmission aux taux d’intérêt prêteurs est moins évidente.
- Période et données graphiques :
  - Graphique 3.4.1 présente les principales variables macroéconomiques pour l’Afrique de l’Est, janvier 2010–13 (crédit au secteur privé, inflation, écart de production), avec séries pour Kenya, Ouganda, Tanzanie, Rwanda.
  - Sources citées pour les graphiques : FMI, International Financial Statistics; estimations des services du FMI.

*Source : sreo0414f - 3.  AMÉLIORAtIOn des cAdRes de pOLItIque MOnÉtAIRe en AfRIque subsAhARIenne*

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### Effets des variations des taux directeurs sur les autres taux d’intérêt (échantillon, 2003–13)
- Période considérée : 2003–13; données mensuelles.
- Équation estimée : ∆y_it = β_0 + β_1 ∆y_it-1 + β_2 ∆y_it-2 + β_3 ∆x_it + β_4 ∆x_it-1 + β_5 ∆x_it-2 + ε_it, où y est le taux interbancaire (taux prêteur) et x est le taux directeur (taux interbancaire); dans le panneau en bas à droite, y est le taux prêteur et x le taux directeur.
- Effet à court terme : β_3 représente l’effet à court terme.
- Effet à long terme : (β_3 + β_4 + β_5) ∕ (1 − β_1 − β_2).
- CI = ciblage d’inflation; CM = ciblage monétaire.

Variations des taux interbancaires en réaction aux changements du taux directeur (corrélation contemporaine, à court terme, à long terme, R^2, cadre de politique monétaire de facto)
- Af  rique   du Sud — 0,  670,  410,  930,  83 CI souple
- Ghana — 0,  340,  431,  570,  39 CI
- Keny  a — 0,  421,  080,  890,  41 Régime   hy  bride   CI allégé
- Ouganda — 0,  300,  780,  800,  28 CI allégé
- Moz  ambique — 0,  520,  581,  400,  54 CM souple
- Mauric e — -0,010,  000,  400,  05 CI hy  bride
- Nigéria — 0,  120,  310,  590,  37 CM
- Tanzanie — 0,  370,  850,  750,  34 CM souple
- Rwanda — 0,  070,  210,  540,  08 CM souple
- Burundi — 0,  230,  200,  180,  06 CM

Pour mémoire :
- Pays av  ancés — 0,  280,  820,  950,  32 Surt out CI et   autres
- Pays émergents — 0,  310,  720,  590,  93 Surt out CI et   autres
- Pays à   faible    revenu — 0,  220,  290,  40,  31 Surt out CM et   ancrage   du taux de change

Variations des taux prêteurs en réaction aux changements du taux directeur (corrélation contemporaine, à court terme, à long terme, R^2, cadre de politique monétaire de facto)
- Af  rique   du Sud — 0,  980,  920,  960,  95 CI souple
- Ghana — 0,  210,  210,  650,  10 CI
- Keny  a — 0,  340,  140,  380,  36 Régime   hy  bride   CI allégé
- Moz  ambique — 0,  290,  330,  180,  10 CM souple
- Ouganda — 0,  200,  050,  180,  18 CI allégé

Variations des taux prêteurs en réaction aux changements du taux interbancaire (corrélation contemporaine, à court terme, à long terme, R^2, cadre de politique monétaire de facto)
- Af  rique   du Sud — 0,  721,  500,  980,  82 CI souple
- Keny  a — 0,  280,  080,  230,  32 Régime   hy  bride   CI allégé
- Moz  ambique — 0,  250,  140,  120,  07 CM souple
- Ouganda — 0,  080,  050,  170,  09 CI allégé

Illustrations chiffrées d’impacts (extraits du graphique) :
- Impact à long terme sur le taux interbancaire d'une hausse de 100 points de base du taux directeur (points de base) : valeurs présentées pour Burundi, Maurice, Rwanda, Nigéria, Tanzanie, Ouganda, Kenya, Afrique du Sud, Mozambique, Ghana (échelle 0–180 points de base).
- Impact à court terme sur le taux interbancaire d'une hausse de 100 points de base du taux directeur (points de base) : valeurs présentées (échelle -200 à 120 points de base).
- Observation : Il y a une correspondance entre la réaction à court terme et la réaction à long terme des taux interbancaires aux changements du taux directeur.

### Gestion de la liquidité à court terme
- Objectif dans les cadres de ciblage flexible de la monnaie : stabiliser les taux courts du marché monétaire (exemples : Kenya, Zambie).
- Approche : réglages de précision à un taux d’intérêt donné, plutôt que ciblage d’un volume (comme dans les régimes fondés sur un ciblage strict de la monnaie centrale).
- Pratique additionnelle : certains pays fixent un plafond au montant total de l’adjudication de liquidité après évaluation des conditions de liquidité (Cap-Vert, Ouganda, Seychelles, Tanzanie).
- Exemple pratique : la Banque de Zambie a initialement défini un couloir large, de 400 points de base, pour développer un marché interbancaire actif; l’absence de recours aux facilités de banque centrale au jour le jour doit inciter la banque centrale à rétrécir le couloir.

- Risque principal : des prévisions journalières erronées de liquidité entraînent probablement des écarts entre les taux du marché monétaire et le taux directeur.
- Conséquence : une volatilité marquée des taux du marché monétaire et des écarts prolongés et prononcés peuvent affaiblir les signaux envoyés par le taux directeur.

### Données de meilleure qualité et capacité analytique
- Les banques centrales de la région améliorent l’accès à des statistiques à haute fréquence fiables pour prendre des décisions de politique monétaire.
- Résultats observés : adaptation des régimes de ciblage monétaire pour les rendre plus souples et plus prospectifs; dans certains cas, facilitation de l’abandon progressif du ciblage strict de la monnaie ou renforcement des cadres de ciblage de l’inflation.
- Banques centrales ayant le plus progressé : Afrique du Sud, Ghana, Ouganda, Rwanda — mise en place d’enquêtes régulières sur les anticipations inflationnistes et sur le climat économique entre les banques et le secteur privé.
- Indicateurs intégrés au processus décisionnel des comités de politique monétaire : enquêtes d’anticipations inflationnistes, indicateurs à haute fréquence, indicateurs économiques coïncidents et avancés.
- Condition nécessaire : disposer d’infrastructures institutionnelles adaptées et de moyens d’analyse suffisants pour effectuer des modélisations.

### Orientations pour des politiques monétaires plus efficaces en Afrique subsaharienne
- Constat : la relation entre monnaie et inflation s’est affaiblie dans plusieurs pays en développement, en partie à cause de la mobilité accrue des capitaux internationaux et des innovations financières rendant instable la vitesse de circulation et les multiplicateurs monétaires.
- Tendance : de nombreux pays en développement s’orientent vers des cadres de politique monétaire plus flexibles et prospectifs.
- Faits : entre 2003 et 2011, environ 40 percent des pays émergents et 20 percent des pays à faible revenu ont renoncé au ciblage strict de la monnaie (FMI, 2014d).
- Situation en Afrique subsaharienne : le Kenya et l’Ouganda, entre autres, sont en train d’abandonner le ciblage strict de la monnaie; l’Afrique du Sud et le Ghana avaient adopté antérieurement le ciblage de l’inflation.
- Nécessité pour l’adoption d’un cadre prospectif : développement des capacités des banques centrales et renforcement des cadres institutionnels.
- Mesures indispensables (extraits) : améliorer le fonctionnement des marchés monétaires et de change pour que les signaux de la politique monétaire soient pertinents.

*Source : sreo0414f - 3.  AMÉLIORAtIOn des cAdRes de pOLItIque MOnÉtAIRe en AfRIque subsAhARIenne (PDF).*

### 3.  AMÉLIORAtIOn des cAdRes de pOLItIque MOnÉtAIRe en AfRIque subsAhARIenne

### 3.  AMÉLIORAtIOn des cAdRes de pOLItIque MOnÉtAIRe en AfRIque subsAhARIenne

### Gestion de la liquidité et marchés monétaires
- Les banques centrales doivent se doter d’un certain nombre d’instruments en vue de gérer l’excès de liquidité dans le système financier tout en équilibrant la demande de monnaie émanant des marchés et en atténuant l’apparition de tensions inflationnistes.
- La possibilité d’instaurer une gestion journalière souple de la liquidité dépend du degré de développement du marché monétaire.
- Un marché monétaire manquant de profondeur peut ne pas refléter l’évolution de la liquidité au jour le jour, auquel cas une gestion plus souple de la liquidité à court terme peut être souhaitable.
- Dans les pays où le marché monétaire est relativement développé et où les taux d’intérêt réagissent donc aux évolutions des marchés, la gestion de la liquidité à court terme devrait viser à stabiliser les taux du marché monétaire.

### Outils de prévision, analyse de la transmission monétaire et renforcement des capacités
- Il faut concevoir de nouveaux outils de prévision de l’inflation et d’analyse de la transmission monétaire.
- La compréhension des canaux par lesquels la politique monétaire influe sur l’inflation facilitera les arbitrages entre les prix et la stabilité de la production.
- Le FMI a déjà organisé des formations pour les agents de plusieurs banques centrales subsahariennes dans les domaines suivants : analyse de la politique monétaire, élaboration de modèles de prévision de l’inflation et diverses questions touchant aux politiques monétaires et de change, à la gouvernance des banques centrales, à la gestion des réserves et à la création des infrastructures nécessaires aux marchés financiers.
- Le renforcement des capacités institutionnelles prend du temps et il reste encore beaucoup à faire.

### Données macroéconomiques à haute fréquence
- Pour qu’une banque centrale puisse définir une politique monétaire, il est essentiel qu’elle dispose en temps opportun de données macroéconomiques à haute fréquence.
- Bien que de nombreux pays puissent s’appuyer sur des séries fiables de taux d’inflation, d’intérêt et de change mensuels, rares sont ceux qui ont construit des indicateurs à haute fréquence de l’activité réelle.
- Nombre de pays ne disposent que de séries de PIB annuelles.
- Ces lacunes soulignent la nécessité d’élaborer des indicateurs à haute fréquence couvrant un large spectre de secteurs intérieurs et extérieurs essentiels pour l’évaluation de l’état de l’économie tout au long du cycle économique.
- Il est crucial que les autorités interviennent à temps pour atténuer les effets négatifs des déséquilibres macroéconomiques.
- Cette leçon est illustrée par les mesures prises par un certain nombre de marchés pionniers d’Afrique subsaharienne pour gérer les afflux massifs de capitaux qui étaient dus à des facteurs cycliques autant que structurels (édition d’octobre 2013 des Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne).

### Taux directeurs et coordination des politiques
- L’un des principaux piliers de la transition vers des cadres de politique monétaire plus prospectifs est le recours accru aux taux directeurs.
- L’utilisation d’instruments fondés sur les prix pour informer les marchés du coût marginal des financements permettrait une communication plus claire et transparente sur l’orientation de la politique monétaire.
- Parmi les pays se préparant à cette transition figure l’Ouganda, dont la banque centrale a introduit un taux directeur qu’elle utilisera pour maintenir le taux d’inflation bas et stable.
- Les pays voulant se doter de cadres de politique monétaire plus prospectifs devront d’abord améliorer la coordination de leurs politiques budgétaire et monétaire.
- Les responsables politiques au plus haut niveau devront s’engager avec plus de détermination en faveur de la discipline budgétaire, afin de rendre la politique monétaire plus crédible en faisant savoir à l’opinion que la banque centrale bénéficie du soutien sans réserve du gouvernement dans l’accomplissement de sa mission première, qui est de garantir la stabilité des prix.
- Il est important de communiquer au public des informations sur l’inflation présente et future et d’expliquer plus clairement pourquoi les cibles ont été manquées de manière à former les anticipations inflationnistes et à renforcer la crédibilité de la banque centrale.

### Approfondissement du secteur financier et stabilité financière
- La suppression des obstacles à l’approfondissement du secteur financier est un bon début pour les pays qui cherchent à accroître l’efficacité du mécanisme de transmission monétaire.
- Pendant la transition, une des principales préoccupations des banques centrales est de savoir si les banques pourront réagir aux signaux de la politique monétaire sans compromettre la stabilité du secteur financier.
- Une des principales leçons de la Grande Récession est que la stabilité financière est tout aussi importante que la stabilité des prix.
- Les banques centrales doivent réformer leurs systèmes bancaires en adoptant un modèle de surveillance fondé sur les risques, en recapitalisant les établissements les plus fragiles, en améliorant le provisionnement, en assurant la communication d’informations correctes et en prenant en compte les créances improductives.

*Source: sreo0414f - 3.  AMÉLIORAtIOn des cAdRes de pOLItIque MOnÉtAIRe en AfRIque subsAhARIenne*

### conclusions

### conclusions

### Évolution des cadres de politique monétaire
- Alors que le panorama des politiques monétaires évolue, en raison notamment de l’intégration plus poussée des pays dans l’économie mondiale et de l’approfondissement de leurs secteurs financiers, un certain nombre de pays d’Afrique subsaharienne se sont mis à incorporer des éléments prospectifs dans leurs cadres de politique monétaire.
- Cette tendance s’est accélérée parallèlement à la baisse soutenue de l’inflation et à un affaiblissement manifeste du lien entre les agrégats monétaires et l’inflation.
- Néanmoins, la transition vers des politiques monétaires plus efficaces nécessite un certain nombre de réformes qui supposent un renforcement des capacités des banques centrales.

### Nouveaux outils et renforcement des capacités
- Il faudra concevoir de nouveaux outils, y compris des instruments pour gérer les excès de liquidité.
- Il faudra disposer de données à haute fréquence pour apprécier la situation macroéconomique et déclencher des interventions opportunes.
- Il faudra développer des modèles analytiques de prévision de l’inflation qui s’appuient sur une bonne compréhension du processus de transmission monétaire.
- Une stratégie de communication claire expliquant l’orientation de la politique monétaire et ses inflexions ultérieures devrait à terme permettre d’ancrer les anticipations inflationnistes et renforcer la crédibilité de la politique menée par les autorités.

### Conséquences pour les programmes du FMI et implications politiques
- Toutes ces évolutions ne seront pas sans conséquence pour les programmes du FMI dans les pays subsahariens, en ce qui concerne notamment l’évaluation de l’orientation de la politique monétaire.
- De plus en plus, cette évaluation se fondera sur une appréciation plus rigoureuse des conditions monétaires qui sous-tendent l’évolution des agrégats monétaires et de l’inflation.
- Dans certains pays, le sous-développement du secteur financier, la prééminence de la politique budgétaire ou le manque de capacités institutionnelles empêcheront l’adoption d’un tel cadre de politique monétaire.
- Pour ces pays, le choix le plus judicieux sera de conserver le régime de ciblage des agrégats monétaires.

*Source : conclusions (contenu fourni).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/websites/imf/imported-flagship-issues/external/french/pubs/ft/reo/2014/afr/sreo0414f.pdf_
