## mreo1015f

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### Choc pétrolier : nouvelle conjoncture et hypothèses
- Cours du pétrole : passés d’environ 110 dollars à moins de 50 dollars le baril entre juillet 2014 et janvier 2015; remontée à environ 65 dollars le baril au printemps avant retombée à moins de 50 dollars.
- Facteurs d’offre : révolution du schiste; décision de l’OPEP de protéger sa part de marché; levée attendue des sanctions imposées à l’Iran.
- Demande mondiale faible (inquiétudes sur la croissance en Chine).
- Scénario de référence : prix du pétrole à 52 dollars le baril en 2015 et autour de 63 dollars en 2020 (moyenne simple des bruts Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate).
- Incertitude notable sur la rapidité du retour de la production iranienne; production des pays en conflit susceptible de fluctuer.

### Effets macroéconomiques et projections clés
- Perte de recettes pétrolières : 360 milliards de dollars pour l’ensemble des pays exportateurs de la région MOANAP en 2015.
- Comptes courants :
  - Pays du CCG : solde des transactions courantes de 15% du PIB en 2014 à un déficit de ¼% en 2015; retour à un excédent de 2% du PIB à moyen terme.
  - Pays exportateurs non membres du CCG : déficit extérieur courant de 8¾ % du PIB en 2015, contre 1½ % du PIB en 2014; à moyen terme excédent d’environ ¼ % du PIB.
- Croissance :
  - Pays du CCG : croissance hors secteur pétrolier prévue à peine 4% en 2015 et 2016, soit une baisse de 1¾ % par rapport à 2014.
  - Pays exportateurs non membres du CCG : PIB stationnaire en 2015 après une progression de 1¾ % en 2014; accélération à environ 5% en 2016 et au‑delà sous normalisation des conflits et assouplissement des sanctions en Iran.
- Encadré 1.1 (choc pétrolier durable de 10 dollars/baril) :
  - MOAN : ralentissement de la croissance de ¼ à ½ point en 2016; ½ à ¾ point en 2017–18; à moyen terme croissance inférieure de ¼ à ½ point.
  - CAC : baisse de la croissance n’excédant pas environ ¼ de point du PIB chaque année.

### Finances publiques et ajustement budgétaire
- Détérioration prononcée des soldes budgétaires; déficits budgétaires attendus : 13 % du PIB dans la région du CCG et 12 % ailleurs (période immédiate) avant légère diminution à moyen terme.
- Ajustement nécessaire : formulation rapide de vastes programmes d’ajustement budgétaire et communication efficace; prioriser croissance tirée par le secteur privé, création d’emplois et diversification économique.
- Mesures recommandées :
  - Prioriser projets d’investissement très rentables; économies de coûts via gestion concurrentielle et transparente.
  - Revue de la tarification de l’énergie pour rendre l’ajustement budgétaire plus favorable à la croissance.
  - Mettre en place cadres budgétaires à moyen terme et stratégies de communication.
- Estimations d’ampleur d’ajustement :
  - Ajustement moyen requis pour équilibrer les budgets : 12–13 % du PIB dans les pays de la région MOAN; 3½ % dans la région CAC.
  - Étude d’Escolano et al. (2014) : ajustement soutenu médian d’environ 5 % du PIB; un quart seulement des pays analysés a procédé à un ajustement de plus de 7½ % du PIB.
- Options de recettes et dépenses :
  - TVA de 5 % sur large assiette : recettes équivalant à 1–2 % du PIB.
  - Réduire dépenses courantes hors intérêts à leur niveau antérieur : économies de plus de 3 % du PIB possibles dans la région du CCG.
  - Gains d’efficacité de l’investissement public : économiser environ 2 points de PIB.

### Amortisseurs fiscaux et trajectoires de la dette
- Amortisseurs (années avant que les actifs publics bruts deviennent négatifs sous absence d’ajustement) : la plupart des pays (sauf EAU, Koweït, Qatar) épuiseraient leurs amortisseurs en moins de cinq ans avec mesures envisagées.
- Encadré 4.1 — marges :
  - CAC : épargne couvrant quinze ans au moins (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Turkménistan).
  - CCG : Émirats arabes unis, Koweït et Qatar — plus de vingt ans; Arabie saoudite, Bahreïn et Oman — moins de cinq ans.
- Scénarios : sans ajustement, ratios d’endettement augmenteraient rapidement; scénario de référence (avec ajustements prévus) offre perspectives plus favorables mais dette publique augmente dans de nombreux pays exportateurs du CCG et de la région CAC même dans ce scénario.

### Conflits, fragilité et coûts économiques
- Conflits (Iraq, Libye, Yémen, Syrie) pèsent sur croissance hors pétrole et génèrent volatilité de la production pétrolière.
- Estimation d’impact des conflits : au cours des cinq dernières années, les conflits ont amputé en moyenne, chaque année, de 2¼ points la production des pays qu’ils ravageaient.
- Effets additionnels : baisse de la confiance, perte de capital humain et physique, déplacements de population, et contagion aux voisins.
- États fragiles identifiés : Afghanistan, Cisjordanie et Gaza, Iraq, Somalie, Soudan, Libye, Syrie, Yémen.
- Données d’évaluation des politiques (sélection) :
  - Afghanistan scores : 2006 = 2,6; 2010 = 2,6; 2014 = 2,7.
  - Soudan : 2006 = 2,5; 2010 = 2,4; 2014 = 2,4.
  - Yémen : 2006 = 3,3; 2010 = 3,2; 2014 = 3,0.
- Besoins d’aide : soutenue et flexible; rôle du FMI : stabilité macroéconomique, assistance technique, catalyseur du soutien des donateurs.

### Systèmes bancaires : vulnérabilités et canaux de transmission
- Principales vulnérabilités structurelles :
  - Exposition aux secteurs immobilier et BTP.
  - Dépendance aux dépôts publics liés au pétrole (Algérie, Iraq).
  - Dollarisation élevée des bilans.
  - Forte concentration des prêts (secteur public, immobilier).
  - Pratiques de gouvernance faibles et lacunes prudentielles dans certains pays (Iran, Tadjikistan).
- Observations empiriques :
  - CAC : hausse des prêts improductifs; rentabilité en recul; pressions sur fonds propres via dépréciations monétaires et dollarisation.
  - MOAN : résilience généralement meilleure; ratios de fonds propres élevés; liquidité élevée dans pays exportateurs membres du CCG malgré ralentissement des dépôts.
- Scénarios si bas prix durables :
  - Accroissement du risque de crédit, ralentissement du crédit au secteur privé, pression sur la liquidité et besoins de recapitalisation, surtout dans la CAC et dans exportateurs MOAN non membres du CCG.
- Tests de résistance : besoins de recapitalisation plus significatifs pour la région CAC que pour MOAN; banques dans certains pays MOAN non membres du CCG pourraient présenter besoins substantiels.
- Recommandations micro- et macroprudentielles :
  - Renforcer supervision, cadres prudentiels et gestion des crises.
  - Réduire la dollarisation et développer instruments de couverture.
  - Maintenir provisions adéquates et règles de provisionnement strictes.
  - Préparer réponses macroprudentielles ciblées pour préserver liquidité en monnaie locale.

### Emploi, diversification et éducation
- Effet sur emploi public dans le CCG :
  - Plus de 2 millions de ressortissants nationaux devraient rejoindre la population active d’ici à 2020 (exclusion EAU).
  - Si l’emploi privé suit tendances passées et emploi public suit projections budgétaires, plus d’un demi‑million de nouveaux arrivants seraient au chômage en plus du million de sans-emploi actuel.
  - Taux de chômage agrégé CCG : passage de 12¾ à 16 %.
- Hors CCG : population active accrue d’environ 8 millions en cinq ans; taux de chômage moyen attendu passer de 14 à 15½ %.
- Gains d’éducation : rendre l’enseignement secondaire accessible et garantir compétences de base pourrait améliorer la croissance à long terme; estimations d’impact sur le PIB : Arabie saoudite +1,25 point; Oman +1,7; Qatar +1,3; Iran et Bahreïn ≈ 1 point.

### Pays importateurs de pétrole : impacts et politiques
- Mesures d’assainissement et réformes énergétiques (Égypte, Jordanie, Maroc, Pakistan, Soudan) : économies partiellement réorientées vers infrastructures, aide sociale, éducation, santé.
- Réduction facture importations d’énergie : en moyenne de 1¼ % du PIB en 2015–16.
- Croissance du PIB réel hors pétrole projetée à environ 3,8 % par an en 2015–16 (contre 5,9 % sur 2012–14).
- Projections de long terme : croissance à moyen terme de 5 percent ; avec 5 percent, chômage diminuerait de 2¼ points pour atteindre 9¼ percent en 2020. Pour ramener chômage à 6 percent, croissance > 7 percent nécessaire.
- Recommandations budgétaires et structurelles :
  - Poursuivre assainissement budgétaire; promouvoir mécanismes automatiques de fixation des prix de l’énergie.
  - Améliorer qualité et efficience des dépenses publiques; élargir assiette fiscale et renforcement administration fiscale.
  - Accroître flexibilité des taux de change accompagnée de réformes structurelles.
  - Développer marchés obligataires domestiques et émissions souveraines internationales (exemples cités : Égypte, Maroc, Pakistan, Tunisie).

### Effets de l’accord avec l’Iran
- Prix du pétrole : possible baisse additionnelle de 5 à 10 % à moyen terme dans des hypothèses plausibles; production iranienne pourrait augmenter la production mondiale de pétrole d’environ 1½ % d’ici à 2020.
- PIB mondial (hors Iran) : progression d’environ ¼ de point à moyen terme (principalement via baisse des prix du pétrole et échanges non pétroliers accrus).
- Échanges non pétroliers iraniennes : importations prévues +50 % en cinq ans (passant de 75 millions de dollars cette année à 115 millions de dollars en 2020).
- Bénéficiaires potentiels : E.A.U. (levée des sanctions pourrait ajouter 1¼ point au PIB réel 2016–18 via exportations hors hydrocarbures), Turquie, Chine, Inde, certains pays CAC via rôle de transit.
- Risques : pression à la baisse sur recettes et exportations des exportateurs de pétrole concurrents; effets de second tour sur pays liés à Russie et autres partenaires.

### Contagion Russie → Caucase–Asie centrale (CAC)
- Contexte russe : PIB réel attendu en repli de 3,8 % en 2015; rouble déprécié de 45 % entre août 2014 et août 2015.
- Vecteurs de contagion : échanges commerciaux (ex. Turkménistan >9 % du PIB exportations vers Russie), envois de fonds (2014 : Russie ≈ 43 % du PIB tadjik, 30 % kirghize, 20 % arménien), IDE russe, exposition bancaire.
- Impacts observés : révision en baisse des prévisions de croissance (importateurs CAC : plus de 2½ points de pourcentage de la révision en baisse par rapport à avril 2014); monnaies dépréciées; remises de fonds réduites de 25–50 % au 1er semestre 2015.
- Réponses politiques dans CAC : resserrement monétaire, assouplissement budgétaire (stabilisateurs automatiques), plans de relance (Kazakhstan jusqu’à 6 % du PIB sur 3–5 ans), interventions sur marché des changes (ventes >20 % des réserves brutes dans certains cas).
- Recommandations : laisser dépréciations nécessaires, renforcer surveillance financière, réduire dollarisation, améliorer cadres de gestion des crises et transparence.

### Conclusions synthétiques et rôle du FMI
- Nécessité d’un assainissement budgétaire plus ambitieux et crédible pour la plupart des pays exportateurs de pétrole des régions MOAN et CAC; reconstitution progressive des marges de manœuvre budgétaire.
- Intégrer évaluations d’effets sur croissance et répartition lors de la conception des ajustements.
- Rôle du FMI : conseils, assistance technique, formation et, le cas échéant, soutien financier; assistance ciblée sur cadres budgétaires à moyen terme, réformes fiscales, prix de l’énergie et gestion de l’investissement public.
- Mesures prioritaires à moyen terme : cadres à moyen terme pour viabilité budgétaire et équité intergénérationnelle; reconstitution des marges; atténuation de la rigidité des dépenses; transparence budgétaire accrue; plans d’urgence face à l’incertitude des prix du pétrole; intensification de la diversification économique.

*Source : mreo1015f - Extraits des chapitres 1, 2, 4, 5, 6 et 7 (Perspectives économiques régionales : Moyen‑Orient et Asie centrale).*

### 1. Pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP :

### 1. Pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP :

### Nouvelle conjoncture et baisse des cours du pétrole
- Les cours du pétrole sont passés d’environ 110 dollars à moins de 50 dollars le baril entre juillet 2014 et janvier 2015; ils ont remonté à environ 65 dollars le baril au printemps avant de retomber à moins de 50 dollars.
- Facteurs d’offre mentionnés : révolution du schiste, décision de l’OPEP de protéger sa part de marché, levée attendue des sanctions imposées à l’Iran.
- Faible demande mondiale (notamment inquiétudes sur la croissance en Chine) contribue également au repli des cours.
- Hypothèse du scénario de référence : prix du pétrole à 52 dollars le baril en 2015 et autour de 63 dollars en 2020 (moyenne simple des bruts Brent, Dubaï Fateh et West Texas Intermediate).
- Forte incertitude sur la rapidité avec laquelle l’Iran pourra accroître sa production pétrolière; production des pays en conflit susceptible de fluctuer.

### Impact macroéconomique et projections clés
- Perte de recettes pétrolières de 360 milliards de dollars pour l’ensemble des pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP en 2015.
- Effets sur comptes courants :
  - Pays du CCG : solde des transactions courantes de 15% du PIB en 2014 à un déficit de ¼% en 2015; à moyen terme retour à un excédent de 2% du PIB.
  - Pays exportateurs de pétrole non membres du CCG : déficit extérieur courant de 8¾ % du PIB en 2015, contre 1½ % du PIB en 2014; à moyen terme excédent d’environ ¼ % du PIB.
- Croissance :
  - Dans les pays du CCG, croissance hors secteur pétrolier prévue à peine 4% en 2015 et 2016, soit une baisse de 1¾ % par rapport à 2014.
  - Les soldes primaires hors pétrole devraient s’améliorer en moyenne de 1¼ point de pourcentage en 2015.
  - Dans les pays exportateurs de pétrole non membres du CCG, le PIB devrait rester stationnaire en 2015 après une progression de 1¾ % en 2014; perspective d’accélération à environ 5% en 2016 et au‑delà si normalisation des pays en conflit et assouplissement des sanctions en Iran.

### Finances publiques et assainissement budgétaire
- Détérioration significative des soldes budgétaires provoquée par la baisse des cours du pétrole.
- Déficits budgétaires attendus : 13 % du PIB dans la région du CCG et 12 % ailleurs, avant une légère diminution à moyen terme.
- Nécessité d’ajustements durables des politiques de dépenses et de recettes pour assurer viabilité budgétaire, équité intergénérationnelle et reconstitution des marges de manœuvre.
- Mesures recommandées (synthèse des points du chapitre 4) :
  - Formulation rapide de vastes programmes d’ajustement budgétaire et communication efficace pour maintenir la confiance.
  - Prioriser la croissance tirée par le secteur privé, la création d’emplois et la diversification économique.
  - Dans l’ajustement budgétaire, privilégier projets d’investissement très rentables et économies de coûts via gestion concurrentielle et transparente des investissements.
  - Revue de la tarification de l’énergie pour rendre l’ajustement budgétaire plus favorable à la croissance.

### Croissance, conflits et canaux de transmission
- Conflits (Iraq, Libye, Yémen) pèsent sur la croissance hors pétrole et entraînent volatilité de la production pétrolière.
- Les conflits affectent l’activité via destruction d’infrastructures, pertes de capital humain, déplacements de population, dislocation des méthodes de production et baisse de la confiance.
- Risques :
  - Si les conflits durent plus longtemps que prévu, projections de croissance devront être revues à la baisse et contagion régionale possible.
  - Les conflits peuvent accentuer la pression budgétaire (dépenses sécurité/défense, accueil de réfugiés) au détriment des dépenses sociales.
  - Canal financier : réduction des dépôts publics et pétroliers dans le système bancaire, moindre financement du crédit, risque accru en cas de forte dépréciation sur la charge de la dette en devises.

### Inflation et autres tensions macroéconomiques
- Inflation modérée dans la plupart des pays du fait du ralentissement des prix alimentaires et de l’appréciation du dollar (taux de change lié au dollar pour de nombreuses monnaies).
- Taux d’inflation observés :
  - CCG : 2,6 % en 2014 attendue à 2,4 % en 2015.
  - Iran : stabilisation autour de 15 % (après 35 % en 2013).
  - Accélération de l’inflation en Algérie (forte dépréciation du dinar par rapport au dollar) et surtout au Yémen (à cause du conflit).
- Risques liés à la normalisation monétaire dans les pays avancés :
  - Une normalisation moins progressive ou harmonieuse pourrait accroître les coûts de financement et restreindre l’accès aux marchés pour la région au moment où la baisse des cours du pétrole augmente la nécessité d’emprunter.
  - Renforcement durable du dollar (si les perspectives US s’améliorent) pourrait durcir procycliquement les conditions monétaires dans les pays liés au dollar.
- Incertitude supplémentaire liée aux faibles résultats récents en Chine, ayant amplifié l’instabilité des marchés mondiaux de capitaux; un ralentissement chinois plus marqué pourrait accroître les pressions sur les cours du pétrole et détériorer davantage les soldes budgétaires et extérieurs.

### Encadrés analytiques — principaux résultats
- Encadré 1.1 (Effet sur la croissance d’un choc pétrolier durable de 10 dollars le baril en dessous du niveau de référence, période 2016–20) :
  - Pays exportateurs de pétrole de la région MOAN : ralentissement de la croissance de ¼ à ½ point en 2016; ½ à ¾ point en 2017–18; à moyen terme croissance inférieure de ¼ à ½ point environ au niveau de référence.
  - Pays exportateurs de pétrole de la région CAC : baisse de la croissance n’excédant pas environ ¼ de point du PIB chaque année.
  - Hypothèses : pertes de recettes progressivement compensées par de nouvelles mesures de recettes et dépenses; calcul basé sur multiplicateurs budgétaires estimés (Cerisola et al., 2015; Espinosa et Senhadji, 2011).
  - Effets potentiellement atténués dans certains gouvernements disposant d’amortisseurs financiers importants (utilisation d’avoirs, laisser filer la dette), mais risques d’amplification via canaux financiers (réduction de dépôts publics/pétroliers, dépréciation et charge de la dette en devises).
- Encadré 1.2 (Estimation des coûts économiques des conflits) :
  - Fréquence et intensité des conflits en hausse dans la région MOANAP depuis les années 2000; tendance accrue des conflits internes et rôle croissant d’acteurs non étatiques violents (ex. EIIL).
  - Méthode : utilisation des données du Center for Systemic Peace (échelle d’intensité 0–10) pour estimer les effets des épisodes de violence sur l’activité économique, la confiance et le capital humain/physique.

*Source : mreo1015f - 1. Pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP : aux prises avec la baisse des cours du pétrole et les conflits (PDF).*

### 1. PAYS EXPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP

### 1. PAYS EXPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP

### Ajustements budgétaires et amortisseurs
- Les mesures budgétaires actuellement envisagées par la plupart des pays ne permettront probablement pas d’assainir suffisamment les finances publiques à moyen terme.
- Ces mesures conduiraient les pays, à l’exception des Émirats arabes unis, du Koweït et du Qatar, à épuiser leurs amortisseurs en moins de cinq ans du fait de l’ampleur des déficits budgétaires.
- Au regard de l’hypothèse du revenu permanent, aucun des pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP n’épargne suffisamment de recettes d’hydrocarbures pour les générations futures.
- La forte instabilité persistante des prix du pétrole exige que les amortisseurs soient reconstitués à moyen terme pour pouvoir affronter en bon ordre toute nouvelle crise.
- Définition opérationnelle utilisée: les amortisseurs sont le nombre d’années pouvant s’écouler avant que les actifs publics bruts ne deviennent négatifs dans l’hypothèse de l’absence d’ajustement budgétaire (par exemple, le rapport entre le solde primaire hors pétrole et le PIB hors pétrole reste au niveau de 2014) et de recours à l’emprunt public.

### Effets macroéconomiques des conflits
- L’analyse empirique confirme que les conflits violents ont des effets fortement négatifs sur les performances macroéconomiques.
- Estimation d’impact: au cours des cinq dernières années, les conflits ont amputé en moyenne, chaque année, de 2¼ points la production des pays qu’ils ravageaient.
- Effets additionnels observés:
  - Même les pays non directement en proie à un conflit accusent généralement une baisse de croissance du PIB si un voisin connaît un conflit violent.
  - Les conflits ont aussi un effet négatif sur l’inflation (le plus souvent avec un décalage d’un an) et sur les entrées nettes d’investissement direct étranger, tant dans les pays touchés que dans leurs voisins immédiats.
  - Ces effets sont généralement cumulatifs pendant la durée des conflits.
- Conclusion: la montée des conflits dans la région MOANAP menace la stabilité macroéconomique au-delà des zones directement concernées.

### Normalisation de la politique monétaire américaine: canaux et effets différenciés
- Contexte: la normalisation interviendrait généralement dans un contexte d’amélioration des perspectives de croissance et d’intensification des pressions inflationnistes aux États-Unis.
- Mécanismes généraux: une accélération de la croissance américaine devrait renforcer l’activité économique mondiale et les prix des produits de base; mais la hausse des taux d’intérêt américains risque de provoquer sorties de capitaux, dépréciations monétaires et durcissement des conditions de financement pour les pays émergents.
- Effets probables selon groupes de pays:
  - Pays membres du CCG:
    - Effet global probablement neutre: hausse de la demande américaine augmente les recettes pétrolières, mais la normalisation monétaire peut accroître le coût des emprunts extérieurs et déstabiliser marchés de capitaux.
    - L’ancrage des monnaies au dollar amplifierait l’effet sur le coût des emprunts et pourrait ralentir l’investissement privé hors pétrole.
    - La diminution du crédit privé ne devrait pas affecter notablement l’activité, principalement stimulée par les dépenses publiques.
  - Autres pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP:
    - Retombées positives comparables de la croissance américaine; conséquences négatives de la normalisation devraient être moins marquées en raison de liens financiers plus limités et d’une transmission monétaire faible.
  - Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP:
    - Bénéficieraient d’effets positifs via l’amélioration des exportations et des transferts de fonds, malgré l’instabilité accrue des marchés de capitaux.
    - Les pays ayant rattaché leur monnaie au dollar subiraient une appréciation nominale par rapport à l’euro, nuisant à leur compétitivité.
  - Pays de la région CAC:
    - Devraient moins profiter de l’augmentation de la croissance américaine en raison de fortes dépendances à la Russie; risques de pressions sur les monnaies et bilans privés via dollarisation croissante.
    - Les pays exportateurs de produits de base de la région CAC verraient cependant une augmentation de leurs recettes d’exportation.

### Perspectives d’assainissement budgétaire et mesures recommandées
- Progrès envisagés: des progrès sont néanmoins attendus dans l’assainissement des finances publiques (graphique 1.7).
  - Dans les pays membres du CCG, l’ajustement à moyen terme devrait principalement résulter d’une réduction de l’investissement et de la suppression des dépenses ponctuelles.
  - L’ajustement projeté dans les pays non membres du CCG moins tributaires des recettes pétrolières (comme l’Iran) est plus modeste.
  - Les pays en proie à un conflit (Libye, Yémen) sont obligés d’assainir leurs finances publiques en raison du faible niveau de leurs amortisseurs.
- Composition souhaitable de l’ajustement:
  - Viser en priorité à freiner les dépenses courantes tout en maintenant les dépenses publiques d’équipement très rentables et les dépenses sociales essentielles.
- Réformes déjà engagées:
  - Plusieurs pays (Émirats arabes unis, Iran, Koweït) ont adopté des réformes de tarification des produits énergétiques, réduisant l’écart entre prix locaux et prix internationaux; les économies budgétaires directes restent toutefois limitées car le coût des faibles prix de l’énergie est souvent implicite.
- Mesures institutionnelles recommandées:
  - Mettre rapidement en place des cadres budgétaires à moyen terme accompagnés d’une bonne communication pour maintenir la crédibilité des politiques, d’autant que plusieurs pays ont commencé à émettre des titres d’emprunt pour financer leurs déficits (favorisant le développement de marchés obligataires domestiques).
  - Dans certains cas, rendre l’ajustement budgétaire plus supportable par des mesures complémentaires telles que des politiques de change et des réformes structurelles.
  - Les pays appliquant un régime de parité fixe et à faible diversification (notamment pays du CCG) devraient maintenir leur régime de change tout en mettant en œuvre des programmes appropriés d’assainissement budgétaire à moyen terme.

### Santé des secteurs financiers et vulnérabilités
- Situation générale: les systèmes bancaires des pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP sont généralement bien placés pour faire face au choc des cours du pétrole, même si les profits peuvent être affectés.
- Mesures macroprudentielles: adoption ayant réduit les vulnérabilités liées aux risques immobiliers et à l’endettement des ménages.
- Éléments de fragilité identifiés:
  - Ralentissement de l’accroissement des dépôts affectant la croissance du crédit dans certains pays (Arabie saoudite, Oman).
  - Algérie et Iraq: risques macrofinanciers accrus en raison de dépendance des banques aux dépôts liés au pétrole et engagements envers entreprises publiques liées au pétrole.
  - Algérie: plafonnement du financement du commerce extérieur pourrait affecter la rentabilité des banques privées.
  - Yémen: secteur bancaire exposé à des risques souverains en raison de l’importance de l’endettement de l’État et de la dégradation des indicateurs budgétaires.
  - Iran: banques pâtissent d’avoirs de médiocre qualité et d’une capitalisation insuffisante, en partie du fait de politiques de crédit imposées et d’un pouvoir limité des organismes de supervision; la levée des sanctions devrait toutefois stimuler la croissance et aider à la réinsertion dans le système bancaire international.
  - Pays du CCG: vulnérabilités liées à la forte concentration des prêts sur un seul emprunteur et/ou un seul secteur (immobilier).

### Emploi, diversification du secteur privé et politiques d’éducation
- Effet attendu de la baisse des cours du pétrole sur l’emploi public:
  - La baisse des cours du pétrole contraindra les gouvernements à embaucher moins de fonctionnaires.
  - Dans les pays du CCG (à l’exclusion des Émirats arabes unis), plus de 2 millions de ressortissants nationaux devraient rejoindre la population active d’ici à 2020.
  - Si l’emploi privé suit tendances passées et que l’emploi public suit projections budgétaires actuelles, plus d’un demi-million de nouveaux arrivants sur le marché du travail finiraient par être au chômage et viendraient s’ajouter au million de sans-emploi actuels.
  - Le taux de chômage pour l’ensemble des pays du CCG passerait de 12¾ à 16 %.
  - Hors CCG: la population active doit s’accroître d’environ 8 millions de personnes au cours des cinq prochaines années; sur la base des taux de croissance projetés et de l’élasticité de l’emploi observée antérieurement, le taux de chômage moyen devrait passer de 14 à 15½ %.
  - Remarque: le chômage serait plus élevé si des mesures d’ajustement budgétaire limitent le recrutement public.
- Nécessité de diversification:
  - Le secteur privé devra se substituer au secteur public comme principale source d’emplois; l’expansion du secteur privé et la diversification hors hydrocarbures ont été difficiles.
  - La plupart des pays restent sensiblement tributaires du secteur des hydrocarbures, à forte intensité de capital et créateur de peu d’emplois directs.
  - Le secteur privé, dépendant des dépenses publiques, doit devenir autonome et plus concurrentiel, y compris sur les marchés d’exportation.
- Politique d’éducation et gains potentiels:
  - Il est primordial d’inciter les ressortissants à travailler dans le secteur privé hors hydrocarbures en améliorant et adaptant leurs compétences aux besoins du secteur privé via une amélioration de la qualité de l’enseignement.
  - Résultats de travaux: rendre l’enseignement secondaire accessible à tous et garantir les compétences de base pourrait améliorer la croissance à long terme; estimations d’impact sur le PIB: Arabie saoudite gagnerait 1,25 point de PIB, Oman 1,7, le Qatar 1,3 et l’Iran et Bahreïn environ 1 point.
- Mesures recommandées pour les pays hors CCG:
  - Améliorer le climat des affaires, bien que difficile dans les pays en conflit et à capacités institutionnelles limitées.

*Source: mreo1015f - 1. PAYS EXPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP*

### 1. PAYS EXPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP

### 1. PAYS EXPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP

### États fragiles : situation et diagnostic
- Huit pays et territoires de la région MOANAP sont actuellement considérés comme «fragiles» en raison de la faiblesse de leurs capacités institutionnelles et/ou de l’existence d’un conflit.
- Pays fragiles nommés : Afghanistan, Cisjordanie et Gaza, Iraq, Somalie, Soudan, Libye, Syrie, Yémen.
- Cinq pays sont fragiles depuis plus de dix ans : Afghanistan, Cisjordanie et Gaza, Iraq, Somalie, Soudan.
- Trois pays sont devenus fragiles au cours des dernières années : Libye, Syrie, Yémen.
- Causes et facteurs aggravants :
  - Gouvernance déficiente et institutions politiques et économiques non inclusives.
  - Faiblesse des capacités institutionnelles, qui n’ont guère été améliorées au cours des dix dernières années dans l’Afghanistan, le Soudan et le Yémen (voir tableau 1.4.1).
  - Conflits régionaux et chocs particuliers (par ex. retrait des troupes étrangères d’Afghanistan, sécession du Soudan du Sud, dégradation de la sécurité en Cisjordanie et à Gaza).
- Effets observés :
  - Dans les États fragiles exportateurs de pétrole (Iraq, Libye, Yémen), l’intensification des conflits a provoqué une chute brutale du PIB en 2014–15.
  - En Syrie, le PIB aurait diminué de moitié depuis 2010, d’après les estimations.
  - Les États fragiles ont enregistré une inflation beaucoup plus forte que les autres pays.
  - Pertes considérables de capital humain et d’infrastructures physiques ont rendu la reprise économique beaucoup plus difficile.
  - Marges de manœuvre réduites : épuisement fréquent des réserves internationales et creusement des déficits budgétaires.

### Données d’évaluation des politiques et institutions (tableau 1.4.1)
- Note : Les notes vont de 1 (minimum) à 6 (maximum) et sont accordées à partir d’un ensemble de 16 critères rattachés à quatre grands domaines.
- Afghanistan : 2006 = 2,6; 2010 = 2,6; 2014 = 2,7
- Soudan : 2006 = 2,5; 2010 = 2,4; 2014 = 2,4
- Yémen : 2006 = 3,3; 2010 = 3,2; 2014 = 3,0

### Indicateurs macroéconomiques clés (sélection)
- Croissance du PIB réel (Moyenne 2000–11; projections 2012, 2013, 2014, 2015, 2016) — Moyenne régionale :
  - Moyenne 2000–11 = 5,5
  - 2012 = 5,9
  - 2013 = 1,9
  - 2014 = 2,6
  - 2015 = 1,8
  - 2016 = 3,8
- Exemples de trajectoires pour pays affectés :
  - Iran, République islamique d’ : 2000–11 = 5,2; 2012 = –6,6; 2013 = –1,9; 2014 = 4,3; 2015 = 0,8; 2016 = 4,4
  - Iraq : 2012 = …; 2013 = 13,9; 2014 = 6,6; 2015 = –2,1; 2016 = 0,0; projection ultérieure = 7,1
  - Libye : 2000–11 = –1,0; 2012 = 104,5; 2013 = –13,6; 2014 = –24,0; 2015 = –6,1; 2016 = 2,0
  - Yémen : 2000–11 = 3,0; 2012 = 2,4; 2013 = 4,8; 2014 = –0,2; 2015 = –28,1; 2016 = 11,6
- Inflation des prix à la consommation (moyenne annuelle, sélections) :
  - Moyenne régionale : 7,4; 2012 = 10,4; 2013 = 10,4; 2014 = 5,8; 2015 = 6,0; 2016 = 5,1
  - Iran, République islamique d’ : 15,1; 2012 = 30,5; 2013 = 34,7; 2014 = 15,5; 2015 = 15,1; 2016 = 11,5
  - Iraq : 18,5; 2012 = 6,1; 2013 = 1,9; 2014 = 2,2; 2015 = 1,9; 2016 = 3,0
  - Yémen : 11,7; 2012 = 9,9; 2013 = 11,0; 2014 = 8,2; 2015 = 30,0; 2016 = 15,0
- Solde budgétaire global des administrations publiques (Pourcentage du PIB, sélections) :
  - Moyenne régionale : 6,7; 2012 = 7,3; 2013 = 4,2; 2014 = –0,8; 2015 = –12,7; 2016 = –11,1
  - Algérie : 4,6; 2012 = –4,0; 2013 = –1,5; 2014 = –7,9; 2015 = –13,9; 2016 = –11,4
  - Arabie saoudite : 7,8; 2012 = 12,0; 2013 = 5,8; 2014 = –3,4; 2015 = –21,6; 2016 = –19,4
  - Libye : 11,5; 2012 = 27,8; 2013 = –4,0; 2014 = –43,5; 2015 = –79,1; 2016 = –63,4
  - Yémen : –2,4; 2012 = –6,3; 2013 = –6,9; 2014 = –4,1; 2015 = –8,5; 2016 = –9,2
- Solde des transactions courantes (Pourcentage du PIB, sélections) :
  - Moyenne régionale : 12,9; 2012 = 17,3; 2013 = 15,2; 2014 = 8,9; 2015 = –3,4; 2016 = –4,3
  - Algérie : 14,1; 2012 = 5,9; 2013 = 0,4; 2014 = –4,5; 2015 = –17,7; 2016 = –16,2
  - Libye : 24,0; 2012 = 29,1; 2013 = 13,6; 2014 = –30,1; 2015 = –62,2; 2016 = –49,1
  - Yémen : 0,4; 2012 = –1,7; 2013 = –3,1; 2014 = –1,7; 2015 = –5,3; 2016 = –5,4

### Besoins d’aide et rôle de la communauté internationale
- Les États fragiles devront bénéficier d’une aide extérieure à la fois soutenue et flexible pour permettre leur stabilisation et leur reconstruction, stimuler la résilience et favoriser une croissance solidaire.
- Nature requise du soutien :
  - Pluridimensionnel pour couvrir les nombreux aspects de la fragilité.
  - Modulable et bien coordonné entre tous les acteurs.
- Rôle du FMI :
  - Aide à la stabilité macroéconomique, cruciale pour la reprise économique et l’emploi.
  - Fourniture d’assistance technique dans la gestion des finances publiques, la mobilisation des recettes budgétaires et les statistiques macroéconomiques.
  - Catalyseur du soutien des donateurs.
  - Engagements récents : consultations au titre de l’article IV en Somalie; aide financière à l’Iraq et au Yémen; programmes de référence en Afghanistan et au Soudan.
- Importance d’une étroite coordination entre donateurs et autorités nationales.

### Recommandations de politiques et priorités de réformes
- Priorités à viser, en tenant compte des particularités nationales et des risques politiques et sécuritaires :
  - i) Obtenir un consensus politique et rétablir la paix et la sécurité, notamment en démobilisant les combattants et en assurant leur réinsertion dans la société.
  - ii) Soutenir la stabilisation de l’économie.
  - iii) Renforcer les capacités et les institutions, y compris en consolidant les institutions budgétaires et en améliorant la transparence et la responsabilisation.
- Le soutien externe doit permettre aux États fragiles d’accéder rapidement et durablement à la résilience.

*Encadré préparé par Nabil Ben Ltaifa, Abdikarim Farah, Shamiso Mapondera et Eric Mottu; données et projections : autorités nationales; estimations et projections des services du FMI.*

### 2. PAYS IMPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP

### 2. PAYS IMPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP

### Assainissement des finances publiques, subventions et effet sur l’investissement
- L’espace budgétaire créé par l’assainissement des finances publiques et la baisse des prix du pétrole a permis d’augmenter les investissements favorables à la croissance.
- Les principaux éléments de l’assainissement ont été la réforme des subventions énergétiques (Égypte, Jordanie, Maroc, Pakistan et Soudan) et, jusqu’à un certain point, la privatisation des entreprises publiques (Pakistan).
- Les économies budgétaires ont été partiellement réorientées vers l’accroissement des dépenses d’infrastructure, une aide sociale ciblée, l’éducation et les soins de santé.
- Réduction de la facture des importations d’énergie : en moyenne de 1¼ % du PIB en 2015–16.
- Couverture assurée par les réserves internationales maintenue aux alentours de cinq mois d’importations.
- Dans les pays n’ayant pas achevé la réforme des subventions énergétiques, les économies réalisées servent à stabiliser la dette publique.

### Effets sur la croissance, envois de fonds et demande extérieure
- Croissance du PIB réel hors pétrole projetée à environ 3,8 % par an en 2015–16, contre 5,9 % sur la période 2012–14.
- À court terme, l’impact de la baisse des cours du pétrole sur les envois de fonds devrait être faible.
- À moyen terme, l’impact dépendra du rythme de l’ajustement budgétaire dans les pays du CCG ; un ajustement budgétaire plus rapide ou l’introduction d’une taxe spéciale sur les envois de fonds pourrait entraîner un nouveau ralentissement des transferts.
- L’intensification de l’activité dans la zone euro accroît la demande d’exportations, du tourisme et des envois de fonds au Maghreb.
- La croissance robuste dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) continue de soutenir les envois de fonds vers le Mashreq, malgré un ralentissement de la demande d’exportations de ces pays.

### Investissement public : rôle, corrélations et contraintes
- Conclusion empirique : la corrélation entre l’investissement public et la croissance est faible dans les régions MOANAP et CAC.
- Le ratio investissement public/PIB tend à être corrélé positivement avec la croissance trois à cinq ans après l’accroissement initial de l’investissement.
- Dans les pays exportateurs de pétrole, liens avec la croissance très forts à court terme (dépendance des dépenses publiques).
- Dans les pays importateurs de pétrole, corrélation négative à court terme mais positive à moyen terme, plus nettement que dans les pays exportateurs, en raison d’une focalisation récente de l’investissement sur les goulets d’étranglement d’infrastructures affectant l’offre.
- L’investissement public a fortement diminué dans la région MOANAP (à l’exception des pays du CCG) et il est faible dans la région CAC, contribuant à une dégradation des perspectives de croissance à moyen terme.
- Les pays du CCG ont annoncé d’ambitieux programmes d’amélioration des infrastructures d’une ampleur dépassant plusieurs fois leur production économique annuelle, mais l’investissement public pourrait ralentir si les cours du pétrole restent bas.

### Recommandations structurelles pour accroître l’impact de l’investissement public
- L’amélioration de l’efficience de l’investissement public par :
  - une meilleure évaluation préalable et une meilleure sélection des projets,
  - des examens indépendants centralisés,
  - une analyse coût–rentabilité rigoureuse,
  - une évaluation du coût des risques,
  - l’application des principes du budget base zéro,
  - une meilleure exécution des projets.
- Optimisation des synergies avec l’investissement privé en privilégiant les infrastructures qui éliminent les pénuries d’énergie et d’eau et en élevant aux niveaux mondiaux l’offre et la qualité des infrastructures de communication, des routes et des transports publics.
- Amélioration du climat des affaires via l’élargissement de l’accès des petites et moyennes entreprises au crédit, un enseignement de meilleure qualité, un plus large recours aux technologies modernes et une ouverture commerciale.
- Diversification des sources nationales et internationales de financement de l’investissement public pour réduire le phénomène d’éviction, y compris :
  - émission d’obligations souveraines (classiques ou Sukuks),
  - établissement de partenariats public–privé sur la base d’une grande transparence financière.
- Réallocation : une réduction des autres types de dépenses (subventions énergétiques, par exemple) en faveur d’un accroissement de l’investissement public peut aussi réduire les effets d’éviction.
- Effet potentiel : la production annuelle pourrait être augmentée de plus de 60 milliards par an si les ratios d’investissement public des régions MOANAP et CAC étaient portés aux niveaux observés dans les pays émergents et en développement, à l’aide des mesures structurelles ci-dessus.

### Inflation, conditions monétaires et transmission externe
- Après une forte baisse, l’inflation s’est stabilisée.
- En 2015, des écarts de production négatifs importants et le faible niveau des prix des produits alimentaires ont réduit l’inflation de près de 3 points et ramené son taux à 6½ %, augmentant le revenu disponible réel des ménages.
- Les suppressions progressives des subventions énergétiques, les dépréciations du taux de change, la monétisation des déficits budgétaires et des politiques monétaires accommodantes ont partiellement contrebalancé cette baisse.
- D’après les projections, l’inflation devrait encore, quoique légèrement, diminuer en 2016, en raison du fléchissement des prix alimentaires.
- La baisse des prix internationaux du pétrole ne se répercute que de façon limitée sur les coûts de production et le revenu des ménages dans les pays qui maintiennent des subventions ou manquent de concurrence (sauf en Jordanie, au Liban, au Maroc et au Pakistan).
- Les hausses attendues des taux d’intérêt américains ne devraient être répercutées qu’en partie et lentement dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP du fait de la faiblesse de leur intégration financière et des mécanismes de transmission de la politique monétaire.

### Obstacles intérieurs et extérieurs, vulnérabilités et risques
- Obstacles freinent l’essor économique : risques sécuritaires persistants, tensions sociales, répercussions des conflits régionaux, accroissement des réfugiés (pression sur les dépenses publiques).
- Détérioration de la situation sécuritaire liée à l’intensification des activités terroristes de l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), de ses affiliés en Afrique du Nord et dans le Mashreq, et des talibans en Afghanistan.
- Goulets d’étranglement d’offre : coupures d’alimentation électrique (Djibouti, Égypte, Liban, Pakistan), agitation sociale (Tunisie).
- Accès limité des PME au crédit ; banques financent en grande partie les déficits des administrations et des entreprises publiques, avec forte concentration des prêts sur le secteur public, présentant des risques pour la stabilité bancaire.
- Compétitivité dégradée par l’appréciation des taux de change effectifs réels due à l’appréciation des taux de change nominaux par rapport à l’euro (renforcement du dollar américain auquel les monnaies de certains pays sont officieusement rattachées).
- Vulnérabilités persistantes :
  - Dette publique élevée : à un niveau compris entre 90 et 140 % en Égypte, en Jordanie et au Liban.
  - Couverture par les réserves internationales reste faible en Égypte, au Pakistan et au Soudan.
  - Chute brutale des envois de fonds au Soudan liée au processus de réduction des risques et aux sanctions, accroissant les pressions sur les réserves.
- Risques sur les perspectives : orientation baissière. Une aggravation des obstacles intérieurs et extérieurs (sécurité, retombées des conflits régionaux), des revers dans les transitions politiques ou la mise en œuvre des réformes pourrait affaiblir les échanges, le tourisme, la confiance et compromettre la stabilité macroéconomique.

*Source : PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : MOYEN-ORIENT ET ASIE CENTRALE (extraits).*

### 2. PAYS IMPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP

### 2. PAYS IMPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP

### Risques externes et incidence des chocs mondiaux
- Un ralentissement de l’activité économique en Chine plus prononcé que prévu pourrait réduire le financement des infrastructures, surtout dans le secteur de l’énergie (Égypte, Pakistan), et accroître la volatilité des marchés de capitaux.
- Une augmentation de l’aversion pour le risque et de l’instabilité sur les marchés mondiaux de capitaux pourrait :
  - augmenter le coût des emprunts extérieurs,
  - contribuer à une hausse des taux d’intérêt intérieurs,
  - freiner les exportations, le tourisme, les envois de fonds et les concours financiers (effet renforcé si le ralentissement chinois s’étend aux autres pays émergents et à la zone euro).
- Une nouvelle baisse des prix du pétrole, provoquée par un ralentissement en Chine, soutiendrait la croissance des pays importateurs de pétrole, mais un fléchissement des prix d’autres produits de base pourrait affaiblir l’activité économique et les réserves internationales des pays exportateurs de produits de base (Mauritanie, Pakistan).

### Croissance nécessaire, emploi et projections
- Projections actuelles de taux de croissance à moyen terme : 5 percent.
- Avec une croissance à moyen terme de 5 percent, le taux de chômage ne devrait diminuer que de 2¼ points pour tomber à 9¼ percent en 2020.
- Dans le contexte de forts risques baissiers, il faudrait une croissance à moyen terme de plus de 7 percent pour ramener le taux de chômage au niveau moyen de 6 percent observé dans les pays émergents et en développement et porter les niveaux de revenu par habitant à ceux enregistrés par certains de ces pays.
- Graphique (qualitatif) : croissance soutenue nécessaire à moyen terme pour que les IPMOANAP atteignent les niveaux de revenu par habitant des pays comparables d’ici 2035 (revenu par habitant en PPA, dollars 2012 constants).

### Réformes budgétaires, monétaires et structurelles — conclusions et recommandations
- Maintenir et poursuivre l’assainissement budgétaire pour pérenniser les progrès récents, en particulier dans les pays fortement endettés ; stabiliser puis réduire les ratios d’endettement.
- Promouvoir des mécanismes de fixation automatique des prix pour tous les produits énergétiques afin de :
  - limiter les pertes des entreprises publiques,
  - réduire la place occupée par les industries grosses consommatrices d’énergie au profit d’industries à forte intensité de main-d’œuvre.
- Améliorer la qualité et l’efficience des dépenses publiques pour réduire les pressions budgétaires.
- Mesures fiscales recommandées (exemples observés ou envisagés) :
  - suppression des exonérations (Pakistan),
  - correction des lacunes de la législation fiscale,
  - réformes de l’impôt sur le revenu (Jordanie),
  - augmentation des droits de consommation,
  - introduction ou relèvement d’impôts sur les biens immobiliers de valeur élevée,
  - renforcement de l’administration fiscale.
- Mesures de dépense et d’investissement :
  - affecter une partie de l’épargne tirée de la réforme des subventions et de l’augmentation des recettes à l’éducation, la santé et l’infrastructure,
  - évaluer, hiérarchiser et mettre en œuvre soigneusement les projets d’investissement public,
  - rationalisation progressive des effectifs du secteur public dans le cadre de réformes profondes de la fonction publique.
- Réformes du marché financier et de la dette publique :
  - émettre plus régulièrement des obligations libellées en monnaie locale, avec des échéances plus longues, des rendements déterminés par le marché et une base d’investisseurs plus large,
  - envisager des émissions souveraines sur les marchés internationaux (exemples : Égypte, Maroc, Pakistan, Tunisie) pour renforcer l’intégration financière, accumuler des réserves et élargir l’accès au crédit du secteur privé.
- Politique monétaire et taux de change :
  - une plus grande flexibilité des taux de change, accompagnée de réformes structurelles, est nécessaire pour rétablir la compétitivité et réduire les vulnérabilités extérieures,
  - le maintien d’une politique monétaire accommodante complétera l’assainissement budgétaire,
  - la hausse des taux d’intérêt américains entraînera un durcissement des conditions monétaires pour les pays dont la monnaie est rattachée au dollar.
- Réformes structurelles ciblées : climat des affaires, marchés du travail, marchés de capitaux et ouverture commerciale.
  - renforcer la protection des investisseurs, alléger les réglementations, améliorer infrastructures et efficience pour diminuer le coût des activités commerciales ;
  - faciliter l’embauche et le renforcement des aptitudes, développer la formation professionnelle en collaboration avec le secteur privé ;
  - mise en place et utilisation de bureaux du crédit pour améliorer l’accès au crédit, notamment des PME ;
  - favoriser une intégration commerciale plus poussée et une intégration verticale dans les chaînes mondiales d’approvisionnement manufacturier.

### Soutien international
- Le financement public bilatéral et multilateral, associé à une stratégie de réforme crédible et à une mise en œuvre déterminée, peut :
  - réduire les pressions budgétaires,
  - catalyser des financements privés,
  - venir en aide aux réfugiés (qui représentent maintenant un quart de la population libanaise et un cinquième de la population jordanienne).
- Les accords récents du FMI avec plusieurs pays importateurs de pétrole de la région MOANAP portent sur un engagement de plus de 15 milliards de dollars en faveur de la Jordanie, du Maroc (ligne de crédit contre les chocs extérieurs), du Pakistan et de la Tunisie.
- Sans solides réformes, les financements internationaux ne feront que retarder la correction des déséquilibres fondamentaux, qui risque d’être brutale et plus douloureuse à l’avenir.
- Le soutien international peut aussi revêtir la forme d’assistance technique, d’initiatives de renforcement des capacités et d’un élargissement de l’accès des produits et services de la région aux marchés d’exportation.

### Indicateurs économiques clés (sélection)
- Projections de croissance du PIB réel (Variation annuelle en pourcentage) — Moyenne 2000–11 : 4,8 ; 2012 : 2,9 ; 2013 : 3,1 ; 2014 : 2,9 ; 2015 : 3,9 ; 2016 : 4,1.
- Exemples pays (croissance 2015/2016) :
  - Afghanistan, République d’... : 3,0
  - Cisjordanie et Bande de Gaza : 3,9
  - Djibouti : 7,0
  - Égypte : 4,3
  - Jordanie : 3,7
  - Liban : 2,5
  - Maroc : 3,7
  - Mauritanie : 6,4
  - Pakistan : 4,5
  - Soudan : 4,0
  - Tunisie : 3,0
- Inflation des prix à la consommation (Variation annuelle en pourcentage) — Moyenne 2000–11 : 6,8 ; 2012 : 9,3 ; 2013 : 9,1 ; 2014 : 4,6 ; 2015 : 6,6 ; 2016 : 6,6.
- Solde budgétaire global des administrations publiques (Pourcentage du PIB) — Moyenne 2000–11 : –5,1 ; 2012 : –8,4 ; 2013 : –9,5 ; 2014 : –7,9 ; 2015 : –7,3 ; 2016 : –5,8.
- Solde des transactions courantes (Pourcentage du PIB) — Moyenne 2000–11 : –2,0 ; 2012 : –6,2 ; 2013 : –5,2 ; 2014 : –4,2 ; 2015 : –4,2 ; 2016 : –4,2.

### Chute des cours du pétrole : impacts sur pays exportateurs (points saillants)
- Cours du Brent : moyenne prévue en 2015 = 53 dollars par baril ; niveau au premier semestre de 2014 ≈ 110 dollars/par baril.
- Recettes d’exportation des régions MOAN et CAC : chute respective de 360 milliards de dollars et de 45 milliards de dollars au cours de 2014.
- Projection du Brent d’ici la fin de la décennie : environ 66 dollars le baril.
- Recettes d’exportation projetées en 2020 : régions MOAN et CAC respectivement 345 milliards de dollars et 30 milliards de dollars (en deçà du niveau de 2014).
- Effets budgétaires : dans les pays fortement tributaires des exportations pétrolières (CCG, Algérie, Iraq, Libye), les recettes budgétaires vont fléchir de 10 à 20 points de PIB.
- Déficits hors pétrole observés : Arabie saoudite, Bahreïn et Oman de l’ordre de 15 à 25 points du PIB hors pétrole ; Libye atteignant plus de 50 percent du PIB hors pétrole.
- Scénarios de dette publique : sans ajustement, les ratios d’endettement public augmenteraient rapidement ; le scénario de référence (tenant compte des politiques d’ajustement prévues) conduit à des perspectives à moyen terme plus favorables, mais les ratios de la dette publique continuent d’augmenter dans de nombreux pays exportateurs du CCG et de la région CAC même dans ce scénario.

*Source : mreo1015f - 2. PAYS IMPORTATEURS DE PÉTROLE DE LA RÉGION MOANAP (Perspectives économiques régionales : Moyen-Orient et Asie centrale).*

### 4. AJUSTEMENT BUDGÉTAIRE FACE À LA BAISSE DES COURS DU PÉTROLE DANS LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE MOAN ET CAC

### 4. AJUSTEMENT BUDGÉTAIRE FACE À LA BAISSE DES COURS DU PÉTROLE DANS LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE MOAN ET CAC

### Leçons tirées des précédentes chutes des cours pétroliers
- Deux flambées des cours dans les années 70 avaient suscité une hausse généralisée des dépenses publiques; les pays exportateurs MOAN étaient mal préparés à une chute brutale des prix.
- La baisse des prix au début des années 80, puis leur effondrement en 1986, ont fortement réduit les recettes pétrolières, même dans les pays qui limitaient leur production pour soutenir les cours internationaux.
- Conséquences observées :
  - Réduction substantielle de l’investissement public, surtout après 1986.
  - Resserrement moins prononcé des dépenses courantes.
  - Mesures limitées d’accroissement des recettes non pétrolières.
  - Déficits budgétaires prolongés pendant une quinzaine d’années dans des pays comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, avec une hausse sensible de la dette publique et extérieure.
- Les prix du pétrole se sont stabilisés aux deux tiers du niveau maximum atteint en 1980 et sont restés faibles jusqu’aux années 2000; leur chute a été provoquée par la forte augmentation de l’offre hors OPEP et l’atonie de la demande.

### Politiques d’ajustement aujourd’hui — ampleur requise et réponses observées
- Estimations et besoins d’ajustement :
  - Déficits actuellement assez faibles, de 5 % (au plus) du PIB hors pétrole dans les Émirats arabes unis, l’Iran, le Qatar et les pays exportateurs de la région CAC, sous réserve des hypothèses du scénario de base du FMI.
  - Pour simplement équilibrer les budgets, l’ajustement moyen requis est de 12–13 % du PIB dans les pays de la région MOAN, et de 3½ % dans ceux de la région CAC.
  - Ajustement plus élevé recommandé pour assurer l’épargne intergénérationnelle et constituer des réserves de précaution.
  - Étude d’Escolano et al. (2014) : ajustement soutenu (médian) type d’environ 5 % du PIB; un quart seulement des pays analysés ont réussi à procéder à un ajustement de plus de 7½ % du PIB.
  - Exemple historique : certains pays MOAN (Algérie, Arabie saoudite, Libye) ont, par le passé, opéré des ajustements identiques ou plus élevés, surtout par une forte réduction des dépenses.
- Mesures annoncées et observées en 2015 :
  - La moitié seulement des pays exportateurs des régions MOAN et CAC ont adopté des mesures significatives en 2015.
  - Les autorités comptent puiser dans les réserves lorsqu’elles en ont et rationaliser les dépenses non essentielles; une partie des déficits globaux va diminuer automatiquement du fait de la réduction des subventions liée à la baisse des prix du pétrole et de la suppression progressive des dépenses ponctuelles antérieures.
  - Mesures concrètes d’assainissement (augmentation des impôts, compression des dépenses) ne dépassent 1 point du PIB hors pétrole que dans : Algérie, Émirats arabes unis, Iraq, Koweït et Qatar.
  - L’Arabie saoudite devrait enregistrer un déficit de plus de 20 % du PIB cette année.
  - Seuls le Koweït et le Qatar afficheront un excédent budgétaire en 2015, une fois pris en compte le revenu estimé de leurs fonds souverains.
- Exemples nationaux de mesures (à fin juin 2015) — extraits :
  - Bahreïn : augmentations progressives des prix du gaz (à compter d'avril 2015), de l’assurance maladie des salariés et des frais de visa; économies d’environ ½ % du PIB en 2015 et en 2016; mesures d’économie approuvées de 396 millions de dinars (soit 3½ % du PIB environ).
  - Koweït : réforme des subventions aux carburants; relèvement des prix du gazole et du kérozène (économie de ½ % du PIB).
  - Oman : budget 2015 prévoit réduction des dépenses militaires; dépenses en capital préservées.
  - Qatar : resserrement des dépenses courantes et plafond sur l'investissement public à moyen terme.
  - Arabie saoudite : importants programmes de dépenses budgétaires annoncés en janvier et en avril 2015.
  - E.A.U. : relèvement des tarifs de l'eau et de l'électricité en janvier 2015 (économie de ½ % du PIB); réduction des transferts en capital aux entités du secteur public d'Abou Dhabi envisagée.
  - Algérie : gel des embauches dans le secteur public en 2015; loi de finance complémentaire diminuant les dépenses en capital de 2¾ %.
  - Iran : budget 2015/16 prévoit relèvement de la part des recettes d'exportations allouée au budget; dépréciation du taux de change officiel (de 10 %); augmentation du taux de TVA, réduction des exemptions fiscales et amélioration du recouvrement.
  - Iraq : augmentation des taxes non pétrolières, maîtrise des dépenses, redéfinition des priorités en dépenses en capital.
  - Libye et Yémen : marge d’action gravement restreinte en raison de troubles politiques et de sécurité; suspension du programme de réforme pour le Yémen.
  - Azerbaïdjan : légère augmentation des droits d'importation; sous-exécution budgétaire envisagée de 10–15 % en 2015, essentiellement via réduction des dépenses en capital non prioritaires.
  - Kazakhstan : plan de relance de 3 à 5 ans financé par 12 milliards de dollars (5¾ % du PIB) de marge budgétaire et 7 milliards de dollars (3 % du PIB) de prêts des banques multilatérales.
  - Turkménistan : budget 2015 établi sur la base d'un prix du gaz naturel bas; moitié des investissements ruraux projetés en 2016 pourraient être passés en dépenses extraordinaires.
  - Ouzbékistan : nouveau programme d'investissement public de 41 milliards de dollars pour 2015–19 (11 % du PIB).
  - Kazakhstan, Arabie saoudite et Ouzbékistan ont pris des mesures de relance budgétaire en 2015.

### Mesures budgétaires souhaitables — principes et priorités
- Objectifs généraux :
  - Assurer la viabilité des finances publiques et l’équité intergénérationnelle.
  - Reconstituer progressivement l’espace budgétaire pour permettre des politiques anticycliques.
  - Établir des programmes d’ajustement à moyen terme avec objectifs précis et scénarios de crise.
- Rythme d’ajustement :
  - Pays disposant d’une marge de manœuvre (y compris capacité d’emprunt) peuvent ajuster plus lentement pour atténuer l’effet négatif sur la croissance à court terme.
  - Pays sans marge de manœuvre ni accès aux marchés doivent procéder rapidement à l’ajustement, en choisissant des mesures limitant les effets macroéconomiques défavorables à court terme et renforçant l’équité et les perspectives de croissance à moyen terme.
- Composantes d’un assainissement favorable à la croissance et équitable, fondé sur un cadre budgétaire à moyen terme :
  - Fiscalité équitable : élargissement de l’assiette fiscale, progressivité plus forte de l’impôt sur le revenu, application élargie de la TVA, augmentation des impôts fonciers (Jewell et al., 2015).
  - Priorité à la réduction des dépenses courantes plutôt qu’à la réduction des dépenses en capital.
  - Réformes des prix de l’énergie (Coady et al., 2015).
  - Cadre à moyen terme prenant en compte les aspects intergénérationnels.

### Encadré 4.1 — Marge de manœuvre budgétaire dans les pays exportateurs de pétrole (synthèse)
- Valeur des actifs financiers de l’État (marge de manœuvre budgétaire) comme indicateur clé :
  - Selon les projections fondées sur les tendances actuelles, tous les pays exportateurs de pétrole de la région MOAN hors CCG devraient se trouver à court d’actifs financiers liquides au cours des trois prochaines années.
  - Les pays de la région CAC disposent d’une épargne couvrant quinze ans au moins (d’après les données disponibles pour l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan).
  - Les pays du CCG se répartissent en deux groupes :
    - Marges importantes : Émirats arabes unis, Koweït et Qatar — plus de vingt ans.
    - Marges relativement plus faibles : Arabie saoudite, Bahreïn et Oman — moins de cinq ans.
- Trajectoires de la dette publique :
  - Les pays exportateurs ont accumulé la plus grande part de leur dette entre le milieu et la fin des années 90; le ratio d’endettement médian a atteint près de 50 % du PIB, et celui de plusieurs pays 100 % voire plus.
  - Projections des ratios d’endettement public jusqu’à la fin de 2020 s’inscrivent globalement dans ces normes historiques pour la plupart des pays exportateurs, mais supposent déjà un certain degré d’ajustement budgétaire.
  - Dans le scénario «sans ajustement» présenté, les ratios d’endettement augmenteraient rapidement après quelques années, surtout dans la région du CCG.
- Notation souveraine et capacité d’emprunt :
  - Quasiment tous les pays du CCG (hormis Bahreïn) ont des notes similaires à celles des pays avancés les plus performants, mais leurs ratios d’endettement sont considérablement inférieurs — de 20 à 40 points de PIB environ — à ceux des pays avancés comparables.
  - Même constat pour les deux pays notés de la région CAC (Azerbaïdjan, Kazakhstan).
- Remarque : Cet encadré a été préparé par Martin Sommer et Bruno Versailles, avec l’assistance de Greg Auclair.

*Source : mreo1015f - 4. AJUSTEMENT BUDGÉTAIRE FACE À LA BAISSE DES COURS DU PÉTROLE DANS LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE MOAN ET CAC (PDF).*

### 4. AJUSTEMENT BUDGÉTAIRE FACE À LA BAISSE DES COURS DU PÉTROLE DANS LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE MOAN ET CAC

### 4. AJUSTEMENT BUDGÉTAIRE FACE À LA BAISSE DES COURS DU PÉTROLE DANS LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE MOAN ET CAC

### Résumé des conclusions principales
- La marge de manœuvre budgétaire varie considérablement entre pays des régions MOAN et CAC: certains disposent d’une épargne abondante, de faibles ratios d’endettement et d’un accès aux marchés internationaux; d’autres ont une marge très restreinte en raison du faible montant de leur épargne, de problèmes de sécurité et de facteurs géopolitiques.
- Les pays sans marge de manœuvre budgétaire doivent engager immédiatement un ajustement, quels que soient leur cycle conjoncturel et leur contexte.
- Les pays disposant d’une marge peuvent l’utiliser pour lisser l’ajustement et soutenir la croissance, mais doivent néanmoins opérer un assainissement des finances publiques à moyen terme car les cours du pétrole devraient rester bas.
- Un excès d’optimisme est risqué: une dette publique qui augmente rapidement peut provoquer une éviction du crédit au secteur privé et nuire à la croissance hors pétrole.
- Il convient d’établir dès maintenant des programmes précis d’ajustement des politiques budgétaires et de reconstruction des marges de manœuvre budgétaire à moyen terme.

### Évaluation de la marge de manœuvre et indicateurs clés
- Méthode: «distance jusqu’à la limite d’endettement» (Ostry et al. 2010; Ghosh et al. 2013; Moody’s).
- Groupes notés comparables:
  - Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït et Qatar: marge analogue à celle de la Norvège.
  - Oman: groupe intermédiaire (avec Royaume-Uni).
  - Azerbaïdjan, Bahreïn et Kazakhstan: niveau d’endettement les place en situation plus vulnérable.
- Exemples chiffrés et estimates:
  - Une TVA de 5 % prélevée sur une large assiette pourrait procurer des recettes équivalant à 1–2 % du PIB.
  - En ramenant les dépenses courantes hors intérêts à leur niveau antérieur, des économies de plus de 3 % du PIB seraient réalisables dans la région du CCG.
  - Un investissement public plus efficient pourrait permettre d’économiser 2 points de PIB environ.
  - La dette publique de la Norvège représente environ 30 % du PIB.
  - Les émissions obligataires devraient couvrir 22 % des besoins de financement des déficits de la région du CCG cette année, contre 62 % dans les pays de la région MOAN non membres du CCG et 54 % dans la région CAC.
- Temporalité et données citées: références à 2004–14, 2014, 2015 et projection 2020 selon tableaux et graphiques.

### Mesures d’ajustement budgétaire recommandées
- Augmenter les recettes non pétrolières:
  - Intensifier les efforts sur la fiscalité hors pétrole; l’Iran et l’Iraq ont déjà adopté des mesures sérieuses.
  - Consolider le cadre régional de TVA dans le CCG et préciser le calendrier de mise en application.
- Réduire les dépenses courantes:
  - Réduire les postes salariaux et administratifs et certaines dépenses liées à la sécurité là où c’est possible, tout en préservant la santé, l’éducation et autres dépenses sociales essentielles.
  - Réformes de la fonction publique et dispositifs incitatifs pour orienter les fonctionnaires vers le secteur privé.
- Restructurer et rendre plus efficient l’investissement public:
  - Examiner les projets d’infrastructures pour atteindre les mêmes résultats avec un niveau de dépenses inférieur de 20 % en moyenne dans les régions MOAN et CAC (Albino‑War et al. 2014).
  - Éviter des réductions d’investissement non justifiées et élaborer un cadre détaillé de gestion de l’investissement public.
- Mettre en place des cadres budgétaires à moyen terme:
  - Définir objectifs à moyen terme, plans d’urgence, et formaliser décisions relatives aux budgets annuels.
  - Accompagner ces cadres d’une stratégie de communication convaincante pour mobiliser l’adhésion.

### Options de financement et développement des marchés obligataires
- Financement des déficits:
  - Emprunt garanti par réserves pétrolières et vente de participations dans les secteurs pétrolier et non pétrolier.
  - Émissions obligataires en monnaie locale pour développer les marchés domestiques et les marchés d’obligations d’entreprise.
- Développement des marchés obligataires dans le CCG (Encadré 4.2):
  - Avantages: renforcer résilience, faciliter la politique monétaire, appliquer normes de liquidité de Bâle III, résoudre l’asymétrie des échéances.
  - État actuel: marchés en phase liminaire; émission récente d’Arabie saoudite (première émission souveraine locale depuis 2007); Koweït et Oman prévoient une émission de Sukuk; seul le Qatar a progressé systématiquement.
  - Mesures essentielles proposées:
    - Se concentrer d’abord sur le segment à court terme via un marché liquide des bons du Trésor avec mécanisme transparent d’équilibrage des prix.
    - Établir une base diversifiée d’investisseurs institutionnels nationaux et étrangers (fonds de pension, caisses d’assurance, fonds communs de placement).
    - Créer une infrastructure institutionnelle efficace: système de notation crédible, normes de gouvernance d’entreprise, transparence et adoption des normes comptables internationales.
    - Améliorer microstructures: mécanismes d’échange, systèmes de conservation et de règlement pour accroître liquidité et efficience.

### Mesures complémentaires: change et structurelles
- Dépréciation du taux de change:
  - Certains pays ont laissé leur taux de change se déprécier (Algérie, Azerbaïdjan, Iran, Turkménistan), ce qui a dégagé des recettes supérieures des ventes de pétrole en monnaie locale et atténué la nécessité d’un ajustement budgétaire.
  - Limites: effets bilanciels pervers dans les économies dollarisées (notamment CAC); efficacité variable selon diversification, réactivité des exportations/importations et effets de bilan.
  - Quand une dépréciation n’est pas indiquée (p. ex. pays du CCG ancrant leur monnaie), l’ajustement budgétaire doit jouer un rôle plus important.
- Réformes structurelles:
  - Renforcer cadres fiscaux hors pétrole, stimuler croissance et recettes non pétrolières; réformes nécessaires mais de long terme.

### Risques, scénarios et implications
- Risques à court terme:
  - Recours au financement monétaire dans certains pays sans marge de manœuvre, créant des risques inflationnistes.
  - Intensification potentielle des risques pour les financements extérieurs, y compris effets liés à la zone euro et normalisation de la politique monétaire américaine.
- Scénarios de politique:
  - Ajustement immédiat et ambitieux pour les pays sans marge.
  - Utilisation graduelle des marges disponibles pour soutenir la croissance, couplée à plans d’assainissement à moyen terme pour les pays disposant de réserves.
  - Émission souveraine pour développer marchés locaux tout en surveillant que les emprunts publics n’évinceraient pas l’investissement privé.

### Conclusions et rôle du FMI
- Conclusion synthétique:
  - Les pays exportateurs de pétrole des régions MOAN et CAC doivent aller beaucoup plus loin pour formuler et mettre en œuvre des mesures d’ajustement budgétaire à moyen terme; beaucoup n’ont pas encore établi de programmes d’assainissement crédibles malgré une utilisation partielle des marges.
  - Il est crucial d’intégrer l’évaluation des retombées sur la croissance et les effets de répartition lors de la définition des politiques d’ajustement.
- Rôle du FMI:
  - Fournir conseils, assistance technique et formation, et, le cas échéant, soutien financier.
  - Assistance technique et formation couvrant: formulation de programmes budgétaires à moyen terme; examens des dépenses; réformes de la fiscalité, des prix de l’énergie et de la gestion de l’investissement public; stratégies de communication.
- Mesures de moyen terme prioritaires:
  - Formuler des cadres à moyen terme pour la viabilité budgétaire et l’équité intergénérationnelle.
  - Reconstituer graduellement les marges de manœuvre budgétaire.
  - Atténuer la rigidité des dépenses budgétaires et accroître la transparence budgétaire, y compris intégrer dans le budget les entités opérant hors budget, surtout dans le secteur énergétique.
  - Élaborer plans d’urgence face à l’incertitude des prix du pétrole et intensifier la diversification économique pour stimuler la croissance et les recettes non pétrolières.

*Source : 4. AJUSTEMENT BUDGÉTAIRE FACE À LA BAISSE DES COURS DU PÉTROLE DANS LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE MOAN ET CAC (mreo1015f).*

### 4. AJUSTEMENT BUDGÉTAIRE FACE À LA BAISSE DES COURS DU PÉTROLE DANS LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE MOAN ET CAC

### 4. AJUSTEMENT BUDGÉTAIRE FACE À LA BAISSE DES COURS DU PÉTROLE DANS LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE MOAN ET CAC

### Encadré 4.3 — Effets généraux de la baisse des cours du pétrole sur les pays importateurs de pétrole (régions MOANAP et CAC)
- Pour la plupart des pays importateurs de pétrole des régions MOANAPAP et CAC, les revenus exceptionnels découlant du repli récent des prix du pétrole ont été absorbés par des effets de chocs négatifs concomitants.
- Mécanisme attendu de la baisse des prix du pétrole dans les pays importateurs :
  - hausse du revenu réel disponible;
  - diminution des coûts de production;
  - augmentation de la consommation;
  - accroissement de l’investissement.
- Facteurs neutralisant ces gains dans plusieurs pays importateurs des régions MOANAP et CAC :
  - contagion défavorable de la Russie dans la région CAC;
  - baisse des valeurs unitaires d’exportation pour de nombreux producteurs de produits de base non pétroliers (ex. Arménie, Mauritanie, Tadjikistan) liée au recul des prix des métaux et du coton;
  - risque de diminution des transferts de fonds et de l’aide extérieure en provenance des pays du CCG, notamment pour plusieurs pays du Machrek et pour le Pakistan (risque substantiel).
- Résultat : dans certains cas, les chocs négatifs ont plus que neutralisé les effets positifs de la baisse des prix du pétrole sur la croissance, au moins à court terme.

### Incidence sur les soldes budgétaires et canaux de transmission
- La baisse des cours du pétrole améliore généralement le compte des transactions courantes pour les pays importateurs des régions MOANAP et CAC, mais ses retombées sur les soldes budgétaires sont contrastées.
- Rôles spécifiques :
  - réglementation des prix intérieurs de l’énergie : une part des gains de revenu réel provenant de la baisse des prix du pétrole va aux comptes budgétaires ou quasi budgétaires, et non aux usagers finaux;
  - faible répercussion des cours mondiaux du pétrole sur les prix de détail dans ces pays (Graphique 4.3.1 — Indice, 2013 = 100).
- Exemples et situations nationales :
  - certains pays voient leurs comptes budgétaires et/ou quasi budgétaires se redresser grâce aux économies sur les subventions énergétiques;
  - dans d’autres pays, ces gains sont neutralisés par des pertes sur les taxes ad valorem sur les carburants (ex. Pakistan, République kirghize — Graphique 4.3.2);
  - dans la région CAC, effets réduits parce que les prix des importations de carburant étaient fixés par des contrats internationaux à long terme avec la Russie et à cause des problèmes d’approvisionnement en essence (notamment République kirghize).

### Recommandations de politique budgétaire liées aux revenus exceptionnels
- Les pays bénéficiant de recettes exceptionnelles doivent décider du pourcentage à épargner au regard des vulnérabilités et des risques conjoncturels.
- Priorités lorsque fortes vulnérabilités :
  - mise en réserve des revenus exceptionnels;
  - réduction de la dette publique;
  - consolidation des volants budgétaires.
- Priorité lorsque les écarts de production sont importants :
  - dépenser les revenus exceptionnels.
- Attention : si les incitations budgétaires à court terme ne sont pas modulées en fonction du programme de réforme des prix de l’énergie à long terme, la baisse des cours du pétrole risque de compromettre la réforme (ex. report de la réforme en Égypte).

### Occasion pour accélérer les réformes des prix de l’énergie et entreprises publiques
- La faiblesse des cours du pétrole offre une fenêtre politique pour :
  - libéraliser complètement les prix intérieurs de l’énergie, ou adopter une formule de fixation automatique des prix;
  - réformer les entreprises du secteur public.
- Utilisation recommandée des économies dégagées :
  - financer des transferts ciblés aux groupes socialement vulnérables;
  - financer des dépenses de soutien à la croissance.
- Nécessité d’une stratégie de compensation ciblée et d’une stratégie de communication efficace, vu la longue tradition de maintien de prix de l’énergie bas dans de nombreux pays du Moyen-Orient.
- Observation : la réforme des prix de l’énergie figure au programme de la plupart des pays; exemples d’avancées concrètes : Jordanie, Maroc, Pakistan.

### Tableau 4.3.1 — Progrès de la réforme des subventions dans certains pays (synthèse)
- Égypte :
  - Réforme des subventions budgétaires : le programme de cinq ans visant à supprimer les subventions à l'électricité est bien engagé; la réforme des subventions aux carburants a connu des dérives.
  - Entreprises publiques : pas de progrès tangibles dans la réforme d'EGPC et d'EGAS.
- Jordanie :
  - Réforme des subventions budgétaires : Terminée. Les transferts monétaires conditionnels seront maintenus dans le cas où le cours du pétrole dépasserait 100 dollars par baril.
  - Entreprises publiques : en bonne voie pour parvenir au recouvrement des coûts de l'électricité à l'horizon 2018.
- Mauritanie :
  - Réforme des subventions budgétaires : Les subventions à l'essence ont été supprimées; les subventions au gaz naturel liquifié ont été supprimées.
  - Entreprises publiques : pas de programme de réformes pour les entreprises publiques du secteur de l'énergie.
- Maroc :
  - Réforme des subventions budgétaires : La réforme visant à supprimer les subventions à l'énergie a été lancée, mais progresse lentement.
  - Entreprises publiques : pas de programme de réformes pour les entreprises publiques du secteur de l'énergie.
- Tunisie :
  - Réforme des subventions budgétaires : La réforme visant à réduire les subventions à l'électricité progresse.
  - Entreprises publiques : les subventions croisées entre les entreprises du secteur énergétique ont été supprimées; programme élaboré pour résoudre le problème des arriérés des entreprises publiques du secteur de l'électricité.
- Pakistan :
  - Réforme des subventions budgétaires : Les réformes visant à réduire les subventions à l'électricité se déroulent conformément aux prévisions.
  - Entreprises publiques : les autorités ont élaboré un programme pour résoudre le problème des arriérés des entreprises publiques du secteur de l'électricité.
- Note : EGAS = Egyptian Natural Gas Holding Company; EGPC = Egyptian General Petroleum Corporation.

### Graphique 4.3.2 — Effet de la baisse des prix du pétrole sur les soldes budgétaires (indicateur clé)
- Présentation : effet direct de la variation du cours moyen du pétrole sur le marché au comptant (APSP) entre 2014 (96,25 dollars) et les hypothèses des Perspectives de l'économie mondiale pour 2015 (51,62 dollars) et 2016 (50,36 dollars), en maintenant la production de pétrole/gaz et d'autres facteurs constants au niveau de 2014.
- Exemples de variations pour 2015 et 2016 (en pourcentage du PIB) indiquées pour : Jordanie (estimation incluant une entreprise publique d'électricité), Égypte, Tunisie, Liban, Maroc, Arménie, Soudan, Tadjikistan, Géorgie, Pakistan, République kirghize.

*Encadré préparé par Gohar Minasyan.*

*Source : mreo1015f - 4. AJUSTEMENT BUDGÉTAIRE FACE À LA BAISSE DES COURS DU PÉTROLE DANS LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE MOAN ET CAC (PDF).*

### 5. RéPeRcuSSIoNS écoNoMIqueS de l’accoRd avec la RéPublIque ISlaMIque d’IRaN

### 5. Répercussions économiques de l’accord avec la République islamique d’Iran

### Effets mondiaux
- Prix du pétrole :
  - La résolution des incertitudes sur le retour de l’Iran sur le marché pétrolier et l’expansion de l’offre mondiale laissent entendre que les prix du pétrole pourraient encore baisser.
  - Selon des hypothèses plausibles (y compris en partant du principe que les pays membres de l’OPEP ne compenseraient pas la hausse des exportations de l’Iran), cette baisse de prix pourrait se situer entre 5 et 10 % à moyen terme.
  - Un renforcement progressif de la production iranienne de pétrole pourrait se traduire par une hausse de pratiquement 1½ % de la production mondiale de pétrole d’ici à 2020.
- PIB mondial :
  - Le PIB mondial (hors Iran) devrait progresser d’environ ¼ de point à moyen terme, principalement en raison de la baisse des prix du pétrole, mais aussi de l’augmentation des échanges non pétroliers avec l’Iran.
- Impacts différenciés :
  - Les réductions de la prime de risque de l’Iran et des coûts des échanges pourraient avoir des répercussions internationales et régionales nettement moins fortes que le repli des cours du pétrole.

### Échanges non pétroliers et partenaires commerciaux
- Dynamique des échanges non pétroliers de l’Iran :
  - Les échanges commerciaux non pétroliers entre l’Iran et le reste du monde restent encore limités, mais devraient progresser en raison de la hausse des revenus en Iran et dans le reste du monde et de la baisse des coûts de transaction.
  - Prévision : hausse des importations iraniennes de 50 % au cours des cinq prochaines années, passant de 75 millions de dollars cette année à 115 millions de dollars en 2020.
  - Les niveaux d’exportations non pétrolières de l’Iran se situent à moins de la moitié de leur potentiel, selon estimations gravitationnelles et comparaisons avec d’autres exportateurs de pétrole.
- Pays et régions susceptibles de bénéficier :
  - Émirats arabes unis : l’Iran est la deuxième destination de leurs exportations après l’Inde. La levée des sanctions pourrait apporter plus de 1 point de pourcentage au PIB réel des Émirats arabes unis au cours de la période 2016–18, simplement par l’augmentation du volume des exportations hors hydrocarbures.
  - Turquie : accord commercial préférentiel déjà signé; échanges rapidement progressés.
  - Chine et Inde : croissance modérée mais solide, renforçant leur importance comme partenaires commerciaux de l’Iran.
  - Pays CAC : pourraient tirer d’importants avantages à long terme en devenant des points de transit pour le commerce accru entre Chine, Inde, Iran et autres pays, sous réserve de réussite d’initiatives régionales ambitieuses.
- Gaz naturel régional :
  - Outre les exportations de pétrole, l’offre de gaz naturel iranien à d’autres pays de la région (comme Oman, le Pakistan et l’Arménie) pourrait se renforcer au fil du temps, sous réserve de la construction de nouveaux gazoducs.

### Effets régionaux par pays (synthèse des tableaux 5.2 et 5.3)
- Pays exportateurs de pétrole (MOAN, non-CCG et CAC) :
  - Pétrole : la hausse attendue de la production de pétrole exercera une pression à la baisse sur les prix, réduisant recettes budgétaires et recettes d’exportation; concurrence accrue pour les parts de marché (notamment en Asie).
  - Exemples :
    - E.A.U. : fort potentiel commercial et touristique; fin des sanctions pourrait ajouter 1¼ point à la croissance en trois ans par la seule augmentation des exportations hors hydrocarbures.
    - Koweït, Bahreïn, Algérie, Libye, Yémen : généralement peu d’échanges; peu d’effets attendus pour certains.
    - Oman, Qatar : potentiel accru lié à des projets de gazoducs et coopération gazière.
  - CAC (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Turkménistan, Ouzbékistan) : opportunités d’accroissement des échanges, d’infrastructures (chemin de fer Kazakhstan–Turkménistan–Iran) et de coopération gazière; IDE et coopération financière susceptibles de s’améliorer post-sanctions.
- Pays importateurs de pétrole (MOAN et CAC) :
  - Pétrole : la baisse des prix avantage les importateurs par la réduction des factures d’importations énergétiques et l’augmentation du revenu disponible si les prix inférieurs sont répercutés.
  - Exemples :
    - Liban : possibilités d’amélioration des échanges; en 2010 le Liban a signé 17 accords commerciaux bilatéraux avec l’Iran.
    - Pakistan : la levée des sanctions pourrait aboutir à l’achèvement d’un gazoduc.
    - Arménie, Tadjikistan : échanges importants ou en hausse pendant les sanctions; reprise possible via infrastructures (chemin de fer) et investissements énergétiques.
  - Risques de second tour : repli des prix du pétrole aura un impact négatif sur la Russie et les exportateurs MOANAP, pouvant induire des effets négatifs de second tour sur des importateurs CAC et MOANAP.

### Impacts sur les systèmes bancaires des régions MOAN et CAC
- Exposition générale :
  - L’effondrement du prix du baril soulève des interrogations sur la stabilité financière, surtout pour les pays exportateurs non membres du CCG et pour la région CAC, qui combinent baisse des cours, retombées de la situation russe et autres chocs dans un contexte de vulnérabilité bancaire élevée.
  - Si les bas niveaux des prix du pétrole perdurent, certaines banques pourraient se trouver en difficulté, particulièrement là où les marges de manœuvre pour politiques contracycliques sont limitées ou les cadres réglementaires/ de supervision insuffisants.
- Canaux et mécanismes de transmission vers le secteur bancaire :
  - Pays exportateurs de pétrole :
    - Baisse des cours pèse sur le bilan des compagnies pétrolières et de l’État, augmentant risques de crédit et de liquidité via effets macroéconomiques.
    - Dans certains pays (où l’État ou une compagnie pétrolière détient la majorité du capital de banques suivies par les agences), la baisse peut fragiliser la solidité intrinsèque des établissements et renchérir le coût du financement international.
    - Concentration des prêts sur secteurs cycliques (immobilier, BTP) peut amplifier le risque de crédit.
    - Dépendance aux dépôts du secteur hydrocarbures (Algérie, Iraq) expose les banques à risques lorsque ces dépôts déclinent.
    - Influence de l’État (ex. Iran) peut favoriser relâchement des normes de garantie, fragilisant la qualité des actifs.
    - Exposition à risque de dette souveraine et engagements excessifs auprès d’emprunteurs souverains (Iraq, Yémen) augmentent risques de liquidité et de dette souveraine.
  - Pays importateurs de pétrole :
    - Exposition via liens financiers et commerciaux avec pays exportateurs, notamment remises de fonds des travailleurs expatriés (Jordanie, Liban, et dans une moindre mesure Égypte) qui alimentent liquidité et marchés des changes.
    - Dollarisation élevée, ratio de prêts improductifs élevé et large exposition à la dette souveraine accroissent risques d’instabilité en cas de brusque ralentissement des économies du CCG.
    - Exposition aux secteurs immobilier et BTP, sensibles au cycle, joue un grand rôle dans la vulnérabilité.
  - Pays du Caucase et d’Asie centrale :
    - Effets combinés baisse des prix du pétrole, ralentissement économique russe, dépréciation des monnaies locales et hausses de taux d’intérêt ont accru risques de crédit, liquidité, change et solvabilité bancaire.
    - Stratégies de financement basées sur intermédiation de dépôts en dollars et autres vulnérabilités structurelles amplifient les risques.
- Facteurs aggravants :
  - Lacunes des cadres prudentiels et de gestion des crises, faibles amortisseurs fiscaux ou marges de manœuvre, et dollarisation élevée augmentent la probabilité d’instabilité financière.

### Mesures et orientations de politique pour atténuer les risques macrofinanciers
- Mesures recommandées (tirées du diagnostic) :
  - Maintien de politiques macroéconomiques saines.
  - Renforcement de la supervision, des cadres prudentiels et de la gestion des crises.
  - Réduction de la vulnérabilité des banques, en particulier découlant de la dollarisation.
  - Renforcement des cadres macroprudentiels et des dispositifs de surveillance pour combler les lacunes d’information et permettre une surveillance efficace du secteur financier.
- Objectifs escomptés :
  - Atténuer les risques d’instabilité financière liés à une baisse durable des prix du pétrole.
  - Limiter l’amplification des chocs par boucles de rétroaction entre secteur réel et bancaire.

*Source : estimations des services du FMI.*

### 6. EN QUOI LA BAISSE CONTINUE DES PRIX DU PÉTROLE PEUT-ELLE AFFECTER LES SYSTÈMES BANCAIRES DES PAYS MOAN ET CAC?

### 6. EN QUOI LA BAISSE CONTINUE DES PRIX DU PÉTROLE PEUT-ELLE AFFECTER LES SYSTÈMES BANCAIRES DES PAYS MOAN ET CAC?

### Vulnérabilités structurelles du secteur bancaire
- Exposition directe aux secteurs de l’immobilier et des BTP : Prêts hypothécaires, prêts immobiliers et prêts à la construction (pourcentage du total des prêts, fin 2014).
- Dépendance à l’égard des dépôts publics liés au pétrole : Dépôts du secteur public (pourcentage du total des dépôts, fin 2014).
- Dollarisation des bilans bancaires : Dépôts/prêts en devises (pourcentage du total des dépôts/prêts, dernières données disponibles).
- Croissance du crédit bancaire au secteur privé : Variation annuelle en pourcentage, moyenne 2012–14.
- Forte croissance du crédit au secteur privé avant le choc des prix du pétrole constatée en Arménie, en Azerbaïdjan, en Géorgie, en République kirghize et au Tadjikistan.
- Pratiques de mauvaise gouvernance des banques et des entreprises publiques bénéficiaires (Tadjikistan) ayant engendré des risques de crédit.
- Lacunes importantes des cadres prudentiels et de gestion des crises, limitant la capacité de réaction en cas de matérialisation du risque des banques à problèmes.

### Comment les banques ont-elles été touchées jusqu’ici? — CAC
- Indicateurs de solidité financière (ISF) récents dénotent une fragilisation des banques de plusieurs pays de la région CAC.
- Tendance observée :
  - Prêts improductifs en hausse.
  - Rentabilité en recul.
  - Ratios de fonds propres restent élevés mais diminuent dans la plupart des pays.
- Effets de la dépréciation monétaire :
  - Positions de change ouvertes se sont élargies ; la dépréciation a creusé les pertes de réévaluation et accéléré l’érosion du capital.
  - Dollarisation des bilans a amplifié les pertes liées à la réévaluation et augmenté le risque de crédit indirect chez les emprunteurs en devises étrangères.
  - Progression de la dollarisation des dépôts, fuite des dépôts et contraintes sur la liquidité en monnaie locale (exemples : Arménie, Kazakhstan).
- Problèmes de transparence et de provisionnement :
  - Typologie et méthodes de provisionnement inappropriées (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Tadjikistan).
  - Diminution récente du nombre de prêts improductifs liée en partie à des retraits de licence (BTA Bank JSC) et à des changements fiscaux, comptables et juridiques, plutôt qu’à une nette amélioration des actifs.
  - En Azerbaïdjan, sous-estimation des prêts improductifs due à la mesure limitée à la part capital et intérêts en souffrance.
- Réponses publiques et interventions (exemples) :
  - Injections de liquidité (Arménie, Azerbaïdjan, Kazakhstan).
  - Abaissement des réserves obligatoires (Azerbaïdjan).
  - Placement de dépôts de l’État et dépôts en devises de la Banque nationale auprès des banques commerciales (Tadjikistan).
  - Contrats d’échange sur devises pour couvrir les dépôts en tenge (Kazakhstan).
  - Relèvement des fonds propres réglementaires (Arménie).
  - Abaissement des provisions obligatoires pour pertes sur prêts restructurés (Azerbaïdjan).

### Comment les banques ont-elles été touchées jusqu’ici? — MOAN
- Résilience globale meilleure que dans la CAC, mais avec disparités importantes entre pays.
- Ratios de fonds propres : restent élevés.
- Prêts improductifs : généralement faibles, sauf dans les pays déjà affectés avant les chocs récents.
- Liquidité : reste élevée dans les pays exportateurs de pétrole membres du CCG (Algérie, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Iran, Oman, Qatar), malgré un ralentissement de la croissance des dépôts.
- Croissance du crédit : modération générale, exception notable pour le Qatar où les investissements liés à la Coupe du monde de football de 2022 alimentent la demande de prêts.
- Pays du CCG : solidité soutenue par des amortisseurs financiers suffisants permettant d’éviter des coupes brutales de dépenses publiques.
- Exportateurs de la région MOAN non membres du CCG (exemples) :
  - Algérie : dépréciation et ralentissement économique ; contrôles des expositions au marché des changes et restrictions sur les prêts aux ménages atténuent les risques.
  - Iran : tensions imputables aux sanctions internationales et à des problèmes de gouvernance bancaire ; impact limité de la baisse des prix du pétrole.
  - Iraq : ralentissement économique et crise budgétaire accentuant le risque d’instabilité financière en raison de la part croissante des financements bancaires dans les opérations budgétaires.
  - Yémen : bas prix du pétrole et intensification des conflits fragilisent la situation budgétaire et augmentent le risque de crédit et de liquidité en raison de l’exposition aux emprunts d’État.
- Importateurs de pétrole de la région MOAN : ont bénéficié d’une amélioration récente des performances économiques ; baisse des prix du pétrole allégeant les pressions budgétaires et soutenant la liquidité des banques via les envois de fonds.

### Canaux de transmission et résultats économétriques
- Les banques tirent la majeure partie de leurs revenus du marché intérieur et des prêts aux ménages et au secteur non pétrolier.
- Analyses économétriques pays par pays confirment un lien étroit entre les prix du pétrole et les performances bancaires dans les régions MOAN et CAC.
- Croissance du PIB : la variable qui exerce le plus fort impact sur l’augmentation des prêts improductifs.
- Mécanisme principal : les prix du pétrole influencent souvent les prêts improductifs à travers le PIB et parfois via d’autres variables économiques (taux de change).
- Dans la région CAC :
  - Taux de change : rôle important sur l’encours de prêts improductifs.
  - Taux d’intérêt : déterminant en Géorgie.
  - Inflation : déterminante pour les prêts improductifs en Azerbaïdjan.
  - Tadjikistan : dépendance élevée aux envois de fonds de Russie ; risque de crédit plus marqué pour les entreprises que pour les ménages.
- Liens financiers externes : canal important de transmission des chocs pour certains pays de MOAN, notamment via les flux de capitaux entrants (exemple : Égypte) et la portée régionale des banques (exemple : Bahreïn inclut des banques de détail et de gros).

### Perspectives et scénarios de risque en cas de prix du pétrole durablement bas
- Effets attendus si le bas niveau actuel des prix du pétrole perdure :
  - Difficultés économiques accrues pour les banques des régions MOAN et CAC.
  - Accroissement du risque de crédit, amplifié par la concentration des prêts sur certains secteurs (immobilier, BTP) et sur des emprunteurs spécifiques.
  - Frein potentiel à la croissance des dépôts et au crédit au secteur privé.
  - Modération des risques de liquidité possible via les facilités des banques centrales, mais risque persistant d’érosion du crédit si la liquidité se resserre.
- Effets différenciés par sous-région :
  - Caucase et Asie centrale :
    - Sensibilité accrue en raison de la moindre qualité des bilans des banques et des emprunteurs, de l’effet non linéaire des chocs macroéconomiques, de la diminution des amortisseurs (notamment contre le risque de liquidité dans des systèmes dollarisés) et des lacunes des cadres de surveillance.
    - Exposition simultanée aux ralentissements économiques des partenaires commerciaux comme la Russie ou la Chine.
  - Pays membres du CCG :
    - Position initiale de force, mais risque d’instabilité financière en cas de révision à la baisse brutale de l’investissement public ou de recul des prix de l’immobilier.
    - Risque d’érosion de la croissance des crédits si les conditions de liquidité se resserrent, les dépôts liés au marché pétrolier représentant une source essentielle de financement.
  - Exportateurs MOAN non membres du CCG :
    - Domination des banques publiques, dépendance aux dépôts liés au pétrole et exposition aux entreprises d’État augmentant les risques systémiques (Algérie, Iraq), aggravés par les pressions budgétaires (Iraq, Yémen).
  - Importateurs MOAN (Égypte, Jordanie, Liban) :
    - Ralentissement de la croissance dans les pays du CCG susceptible d’affecter les envois de fonds et les dépôts bancaires, avec des répercussions sur le crédit bancaire et les marchés des changes.
    - Dollarisation modérée : risques d’instabilité augmenteraient en cas de pression sur les taux de change.
- Tests de résistance :
  - Montrent des écarts similaires entre MOAN et CAC, mais aussi une forte dispersion des risques au niveau des établissements.
  - En général, le risque de crédit demeure le risque le plus sérieux, surtout au Caucase et en Asie centrale, où il est amplifié par les risques de change, de taux d’intérêt et de concentration.

### Conclusions synthétiques et implications de politique
- Les répercussions macrofinancières du bas niveau des prix du pétrole pourraient ne pas encore s’être pleinement matérialisées en raison des décalages et de la persistance de l’effet des ralentissements économiques sur les risques de crédit.
- Principales implications :
  - Renforcer les cadres prudentiels et de gestion des crises pour améliorer la capacité de réaction face aux banques à problèmes.
  - Surveiller étroitement la dollarisation des bilans et développer des instruments de couverture afin de limiter l’effet des réévaluations sur les fonds propres.
  - Maintenir des provisions et des pratiques de provisionnement adéquates pour éviter une sous-estimation des prêts improductifs.
  - Préparer des réponses macroprudentielles ciblées pour préserver la liquidité en monnaie locale et gérer les sorties de dépôts.
  - Tenir compte des canaux externes (liens financiers régionaux et envois de fonds) lors de l’évaluation du risque systémique.

*Source : mreo1015f - 6. EN QUOI LA BAISSE CONTINUE DES PRIX DU PÉTROLE PEUT-ELLE AFFECTER LES SYSTÈMES BANCAIRES DES PAYS MOAN ET CAC?*

### 6. EN QUOI LA BAISSE CONTINUE DES PRIX DU PÉTROLE PEUT-ELLE AFFECTER LES SYSTÈMES BANCAIRES DES PAYS MOAN ET CAC?

### 6. EN QUOI LA BAISSE CONTINUE DES PRIX DU PÉTROLE PEUT-ELLE AFFECTER LES SYSTÈMES BANCAIRES DES PAYS MOAN ET CAC?

### Impact sur la solidité des systèmes bancaires
- Les systèmes bancaires affichent une certaine capacité de résistance, mais les chocs néfastes peuvent entraîner la sous-capitalisation d’un certain nombre d’établissements.
- Les risques de financement liés à la dollarisation et, dans certains cas, la dépendance des dépôts des non-résidents constituent des menaces pour la stabilité bancaire.
- Dans les pays disposant de peu de réserves excédentaires, le financement par l’émission d’emprunts d’État peut évincer le secteur privé et accélérer le ralentissement des prêts, rendant les banques plus hostiles au risque de crédit.
- Les pays dont les banques sont fortement exposées au secteur public font face au risque souverain, et leurs volants de capitaux sont surévalués par la pratique consistant à accorder une pondération de risque zéro aux emprunts d’État.

### Résultats des tests de résistance et besoins de recapitalisation
- Les tests de résistance menés lors des consultations du titre de l’article IV ou par les pouvoirs publics des pays membres du CCG montrent que les importants volants de capitaux et le faible nombre de prêts improductifs constituent des amortisseurs, même si certaines banques peuvent être vulnérables à des chocs négatifs sévères.
- De manière générale, les besoins de recapitalisation étaient plus significatifs pour les pays de la région CAC que pour ceux de la région MOAN.
- Les tests de résistance des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord non membres du CCG ne sont pas encore terminés, mais l’analyse des données bancaires disponibles suggère que les banques pourraient pâtir des risques de crédit et de liquidité et présenter des besoins de recapitalisation substantiels.
- Les engagements budgétaires conditionnels pourraient également croître dans les pays caractérisés par une forte présence des banques d’État.

### Boucles de rétroaction entre secteur bancaire et économie
- Une diminution durable des prix du pétrole pourrait engendrer des boucles de rétroaction négatives entre le secteur bancaire et l’économie, dans les régions CAC et MOAN.
- La montée des déficits budgétaires financés par des obligations souveraines jugées totalement dépourvues de risque représente un potentiel d’investissement pour les banques et peut avoir des retombées positives sur leurs fonds propres, mais risque d’évincer le financement privé.
- L’inaction doit être évitée : les prêts restructurés doivent s’accompagner de provisions adaptées, et les actionnaires devraient être sollicités pour apporter des fonds en cas de besoin.

### Contagion de la Russie vers les pays du Caucase–Asie centrale (CAC)
- Contexte macroéconomique russe :
  - Le PIB réel de la Russie est attendu en repli de 3,8 % en 2015, avant d’entamer un redressement en 2016.
  - Le rouble s’est déprécié de 45 % par rapport au dollar américain entre août 2014 et août 2015.
- Principaux vecteurs de contagion :
  - Échanges commerciaux : le Turkménistan représente la plus large part des exportations vers la Russie (plus de 9 % du PIB).
  - Envois de fonds : en 2014, les envois de fonds provenant de la Russie représentaient environ 43 % du PIB tadjik, 30 % du PIB kirghize et 20 % du PIB arménien.
  - IDE : le stock d’IDE russe est le plus important en Arménie et au Tadjikistan (plus de 5 % du PIB).
  - Secteur financier : l’influence est plus limitée, mais la part des actifs des banques russes peut atteindre de l’ordre de 10 % du total des actifs du système bancaire dans certains pays.
- Effets observés :
  - Révision en baisse très sensible des prévisions de croissance pour l’ensemble de la région CAC ; pour les importateurs de pétrole de la région, les répercussions défavorables de la situation russe en 2015 représentent plus de 2½ points de pourcentage de la révision en baisse des prévisions de croissance par rapport à avril 2014.
  - Pour les exportateurs d’énergie de la région, les effets ont diminué les prévisions de croissance de 1½ point de pourcentage.
  - Les monnaies de la plupart des pays de la région CAC se sont dépréciées ou ont été dévaluées.
  - Pressions inflationnistes à la hausse en raison de la dépréciation des monnaies.
  - Les remises de fonds vers les pays de la région ont diminué dans des proportions de 25 à 50 % au premier semestre de 2015.
  - On s’attend à un ralentissement du rythme de réinvestissement des bénéfices, même si aucun chiffre n’atteste encore une diminution de l’IDE pour le moment.

### Mesures déjà mises en place dans la région CAC
- Politique monétaire : la plupart des pays ont resserré leur politique monétaire.
- Politique budgétaire : la plupart ont assoupli la politique budgétaire en 2015, souvent en s’appuyant sur les stabilisateurs automatiques.
- Réactions différenciées :
  - Kazakhstan : plan de relance budgétaire proactif pouvant représenter jusqu’à 6 % du PIB à l’horizon de trois à cinq ans; le gouvernement a également sollicité 2 milliards de dollars (environ 1 % du PIB) d’aide budgétaire à la Banque mondiale.
  - Ouzbékistan : réductions d’impôts, notamment sur les bénéfices des sociétés.
  - Turkménistan et Azerbaïdjan : réductions des plans de dépenses publiques pour cause de contraintes de capacité et d’investissements antérieurs importants.
  - Arménie et République kirghize : mise en œuvre de politiques contracycliques grâce à des financements apportés dans le cadre de programmes soutenus par le FMI; certains gouvernements (Arménie, Tadjikistan) ont recherché l’aide de donateurs supplémentaires.
- Taux de change : presque tous les pays ont permis une dépréciation ou une dévaluation de leurs taux de change nominaux en 2014–15; dans certains pays, les ventes sur les marchés des changes ont représenté plus de 20 % des réserves brutes.

### Recommandations de politiques publiques pour atténuer les risques d’instabilité financière
- Mesures macroéconomiques et surveillance :
  - Des politiques macroéconomiques bien conçues et une surveillance financière accrue sont décisives pour réduire les risques d’instabilité financière dans les régions CAC et MOAN.
  - Les mesures de soutien à la croissance aident à maintenir la stabilité financière et doivent être complétées par une meilleure surveillance des risques de crédit, de liquidité et de solvabilité, ainsi que par des tests de résistance.
  - Les lacunes statistiques doivent être comblées pour assurer l’efficacité de la surveillance.
- Renforcement prudentiel et gestion des crises (priorités différenciées) :
  - Région CAC :
    - Réduire la dollarisation.
    - Renforcer les cadres prudentiels et de gestion des crises.
    - Traiter le crédit dirigé et améliorer la gouvernance des entreprises.
    - Pour réduire la dollarisation : améliorer la crédibilité des politiques publiques, développer les marchés financiers, et établir une différenciation des besoins en capital requis pour prêter aux emprunteurs sans couverture.
    - Appliquer des limites des positions de change ouvertes et accompagner les prêts restructurés de provisions adaptées.
  - Pays membres du CCG :
    - Prêter attention aux implications sur la liquidité du bas niveau des prix du pétrole et à l’impact inégal du ralentissement sur les banques islamiques et traditionnelles.
    - Coordonner l’action de la banque centrale et du gouvernement pour le financement des déficits publics afin de réduire au minimum les chocs de liquidité.
    - Rééquilibrer les émissions entre obligations ordinaires et Sukuk pour offrir des conditions comparables aux banques islamiques et traditionnelles.
    - Mettre au point des indicateurs du risque immobilier et développer les outils macroprudentiels pour améliorer la résistance face aux risques cycliques.
  - Pays exportateurs de pétrole de la région MOAN non membres du CCG :
    - Renforcer les cadres prudentiels et de gouvernance des entreprises.
    - Réduire l’éviction du secteur privé par le public.
    - Mettre en place des politiques macroprudentielles et des cadres de gestion des crises, renforcer la réglementation et la surveillance microprudentielles, améliorer la gouvernance des banques et entreprises publiques, et résoudre les lacunes statistiques généralisées.
  - Importateurs de pétrole de la région MOAN :
    - Associer des politiques macroéconomiques et des mesures de surveillance pour réduire au minimum les risques d’instabilité.
    - Traiter les failles dues à la dollarisation, les expositions à la dette publique, la médiocre qualité des actifs et les déficiences des cadres prudentiels.

*Source : mreo1015f - 6. EN QUOI LA BAISSE CONTINUE DES PRIX DU PÉTROLE PEUT-ELLE AFFECTER LES SYSTÈMES BANCAIRES DES PAYS MOAN ET CAC?*

### 7. EffEts dE contagion dE la RussiE vERs lEs autREs pays du caucasE–asiE cEntRalE

### 7. EffEts dE contagion dE la RussiE vERs lEs autREs pays du caucasE–asiE cEntRalE

### Réponses des régimes de change et ajustements
- Tadjikistan : ventes importantes sur les marchés des changes (pratique de moins en moins tenable).
- Géorgie et République kirghize : autorisaient un flottement plus libre de leur monnaie.
- Exportateurs d’énergie :
  - Kazakhstan : dévaluation préventive de 19 % décidée en février 2014 ; a continué d’administrer le taux de change tenge/dollar avant de passer à un régime de changes flottants en août 2015.
  - Turkménistan : dévalué sa monnaie de 19 % face au dollar (janvier 2015) en réaction à la dépréciation du rouble et à la chute des prix de l’énergie.
  - Azerbaïdjan : dévalué le manat de 34 % (février 2015).
  - Ouzbékistan : a conservé un rythme d’ajustement de sa parité à crémaillère inchangé par rapport à 2014, mais l’écart entre le taux de change officiel et ceux du marché parallèle a plus que doublé en 2015.
- Observation : Dans la plupart des cas, les ajustements de taux de change n’ont pas fait l’objet d’une communication claire, ce qui a entamé la confiance.

### Politiques monétaires et instruments macroprudentiels
- Politiques monétaires : resserrées en réaction aux pressions sur les monnaies et sur l’inflation dans une majorité de pays.
  - Arménie, République kirghize, et dans une certaine mesure Tadjikistan : recours à un large éventail d’instruments pour resserrer la politique monétaire, y compris le relèvement des taux directeurs et autres mesures, ou l’absorption des excès de liquidité.
  - Limitation : altération des canaux de transmission des effets des taux d’intérêt et parfois taux directeurs réels à peine supérieurs à zéro, réduisant l’efficacité des politiques monétaires.
  - Ouzbékistan : position contradictoire — resserrement en freinant la croissance des agrégats monétaires mais politique détendue par des taux d’intérêt peu élevés.
- Mesures macroprudentielles face à la dollarisation :
  - Révision à la hausse des réserves obligatoires pour les dépôts en devises (Arménie, Tadjikistan).
  - Augmentation des provisions pour les prêts en monnaie étrangère (République kirghize).
  - Durcissement des prêts à la consommation et hypothécaires (Azerbaïdjan).

### Court terme : recommandations et priorités
- Nécessité d’ajuster encore davantage les taux de change et de permettre ces ajustements sans résister aux tendances à l’œuvre (République kirghize, Tadjikistan).
- Ouzbékistan : accélérer le rythme de dépréciation nominale de sa monnaie pour alléger les pressions sur la balance des paiements.
- Arménie : après importantes cessions sur les marchés des changes et baisse des réserves, limiter les interventions futures et laisser le dram flotter plus librement en cas de résurgence des pressions sur les marchés.
- Kazakhstan : suite à la décision de laisser flotter le tenge, renforcer les instruments de politique monétaire et améliorer la gestion des liquidités pour corriger les déséquilibres macroéconomiques.
- Surveillance du secteur financier :
  - Attention particulière à la stabilité du secteur financier compte tenu de la forte dollarisation.
  - Renforcement de la surveillance des risques et des cadres de gestion des crises par les banques centrales du Caucase–Asie centrale.
- Politique monétaire : les conditions pourraient devoir rester restrictives si la dépréciation entraîne des pressions inflationnistes soutenues (République kirghize, Ouzbékistan, Tadjikistan).
- Politiques budgétaires : conçues pour que l’orientation accommodante à court terme (Arménie, Kazakhstan, République kirghize) reste durable à moyen terme ; dépenses bien ciblées vers les populations pauvres et en vue des objectifs de croissance à moyen terme.
- Géorgie : laisser faire en partie les stabilisateurs automatiques pour concilier réduction des déséquilibres externes et sauvegarde de la croissance.

### Moyen terme : recommandations et réformes structurelles
- Rationalisation du secteur public et dépenses publiques efficaces pour créer l’espace budgétaire nécessaire dans les pays à la marge de manœuvre réduite et éviter des comportements procycliques forcés.
- Pays disposant d’un espace budgétaire suffisant : viser en priorité le redressement de la croissance potentielle et la pérennité budgétaire à moyen terme.
- Banques centrales : intensifier la surveillance des établissements bancaires (surtout ceux d’importance systémique) et mettre en place des politiques de sortie de la dollarisation dans un contexte d’ajustement des taux de change, de taux d’intérêt élevés et de croissance faible.
- Améliorations des cadres de politique macrofinancière requises :
  - davantage de transparence,
  - communication plus efficace,
  - meilleurs outils et pratiques.
- Réformes structurelles accélérées : améliorer les institutions, l’efficience des marchés du travail et des produits, rationaliser la réglementation des entreprises pour accroître la croissance à moyen terme et améliorer la résistance aux effets de contagion négatifs.

*PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : MOYEN-ORIENT ET ASIE CENTRALE — Extrait du chapitre*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/websites/imf/imported-flagship-issues/external/french/pubs/ft/reo/2015/mcd/mreo1015f.pdf_
