## menap0416f

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### Aperçu régional
- La faiblesse des cours du pétrole et l’aggravation des conflits pèsent sur l’activité économique dans la région MOANAP.
- Perspectives de croissance :
  - Taux de croissance des pays exportateurs de pétrole : passage de 2 % en 2015 à 3 % en 2016 (révision nette à la baisse depuis octobre), en grande partie en raison de l’accroissement de la production pétrolière en Iraq et en Iran après la levée des sanctions.
  - Activité dans les pays du CCG : prévue en ralentissement selon les projections.
  - Importateurs de pétrole MOANAP : après quatre années de stagnation, croissance passée de 3 % (2011–14) à 3¾ % en 2015; devrait se maintenir aux alentours de ce niveau en 2016–17.

### Nouvelle réalité du marché pétrolier et projections de prix
- Chute des prix :
  - Les cours du pétrole ont baissé de près de 70 % depuis la mi-2014, s’établissant aux alentours de 40 dollars le baril.
- Marchés à terme et estimations :
  - Prix moyen du baril en 2015 = 50,79 dollars
  - Prix supposé à partir des marchés à terme = 34,75 dollars en 2016 et 40,99 dollars en 2017
  - Les marchés à terme n’anticipent qu’une légère remontée à 50 dollars le baril d’ici la fin de la présente décennie, avec une forte incertitude entourant cette prévision.

### Pertes de recettes et conséquences macroéconomiques
- Perte des recettes d’exportation : diminution de 390 milliards de dollars en 2015 (17½ % du PIB) pour les pays exportateurs de pétrole MOANAP.
- Soldes courants et déficits :
  - Solde des transactions courantes combiné des pays du CCG et de l’Algérie : passage d’un excédent confortable à un déficit attendu d’environ 8 % du PIB en 2016.
  - Déficit des autres pays exportateurs de pétrole MOANAP : projection de 4¾ % du PIB en 2016.
- Soldes budgétaires :
  - Amples excédents des pays du CCG et de l’Algérie ont cédé la place à d’importants déficits projetés en moyenne à 12¾ % du PIB en 2016 et à 7 % à moyen terme malgré des mesures de réduction des déficits.
  - Déficit global des autres pays exportateurs MOANAP : en moyenne 7¾ % du PIB en 2016 et se résorbant progressivement avant la fin de la décennie selon les projections.

### Mesures d’ajustement engagées et en projet
- Ajustement budgétaire centré sur les dépenses :
  - Réductions de dépenses en capital : Algérie, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Iraq, et, dans une moindre mesure, Oman.
  - Réductions des dépenses courantes : Bahreïn, Oman, Qatar.
- Mesures nouvelles de recettes :
  - Oman : augmentation de l’impôt sur les sociétés.
  - Bahreïn : taxes sur le tabac et l’alcool.
  - Iran : réduction des exonérations et amélioration de l’administration fiscale.
  - Pays du CCG : adoption envisagée d’une TVA au cours des prochaines années.
- Réformes des prix de l’énergie :
  - La plupart des pays du CCG ont augmenté les tarifs des carburants, de l’eau et de l’électricité; certains ont adopté des mécanismes de fixation automatique (Émirats arabes unis, Oman).
  - L’Algérie et l’Iran ont aussi relevé les prix de l’énergie.
  - Malgré ces hausses, les prix locaux de l’énergie restent très inférieurs aux prix de référence mondiaux dans la plupart des pays.
- Politique monétaire et change :
  - Certaines autorités ont laissé leur monnaie se déprécier (Algérie, Iran), augmentant les recettes budgétaires en monnaie locale tirées des exportations pétrolières, mais ces gains dépendent d’un contrôle des dépenses, notamment la masse salariale publique.
  - Pays du CCG : utilisation des avoirs extérieurs nets pour préserver les parités fixes; pressions sur ces taux fixes se sont intensifiées sur les marchés des changes à terme.

### Besoin de nouvelles mesures budgétaires et choix structurels
- Besoin de financement et déficit cumulé :
  - Déficits budgétaires cumulés des pays du CCG et de l’Algérie projetés à près de 900 milliards de dollars sur la période 2016–21.
  - L’Algérie, l’Arabie saoudite, Bahreïn et Oman deviendront débiteurs durant ces années; leurs besoins de financement devraient dépasser les réserves liquides actuelles.
- Mesures nécessaires :
  - Réformes ambitieuses d’assainissement pour soutenir les régimes de taux de change fixe tout en limitant l’impact à court terme sur la croissance et en améliorant l’équité et les perspectives à moyen terme.
- Potentiel d’économies et recettes additionnelles :
  - Nouvelles réformes des tarifs de l’énergie pourraient permettre d’épargner quelque 2 % du PIB.
  - Adoption d’une TVA de 5 % pourrait rapporter l’équivalent d’environ 1½ % du PIB.
- Options de financement :
  - Utilisation des réserves, émission d’obligations (favorise le développement des marchés nationaux de capitaux mais peut évincer l’investissement privé) et emprunt extérieur.
  - Coûts de financement en hausse en raison de la baisse des cours du pétrole et de la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis.

### Perspectives de croissance et principaux risques
- Révisions de croissance :
  - Effondrement des cours du pétrole et durcissement budgétaire ont entraîné des révisions à la baisse pour presque tous les pays exportateurs.
  - Production pétrolière et activité hors pétrole en Iran après la levée des sanctions, et reprise projetée en Libye et au Yémen en cas d’apaisement des conflits, devraient porter le taux de croissance global des pays exportateurs de pétrole MOANAP de 1,9 % en 2015 à 2,9 % en 2016 et 3,1 % en 2017.
- Croissance hors pétrole dans les pays du CCG : projection de 3¼ % en moyenne au cours des cinq prochaines années, en recul par rapport aux 7¾ % enregistrés sur 2006–15.
- Principaux risques baissiers :
  - Ajustement budgétaire freinant davantage la croissance que prévu, aggravé par un durcissement des conditions financières.
  - Offre mondiale de pétrole restant supérieure à la demande, possibilité d’une nouvelle chute des cours (par ex. en cas de ralentissement chinois).
  - Prolongation des conflits régionaux perturbant l’activité économique.
  - Hausse plus rapide que prévue des taux d’intérêt américains alourdissant la charge de la dette extérieure et favorisant une hausse des taux locaux.

### Risques et vulnérabilités financières
- Liquidité et crédit :
  - Détérioration des soldes budgétaires et ralentissement de l’activité entraînent une stagnation des dépôts bancaires des secteurs public et privé, réduisant la liquidité du système financier.
  - Hausse des taux directeurs observée en Arabie saoudite, à Bahreïn, dans les Émirats arabes unis et au Koweït après la hausse de la Fed en décembre 2015, entraînant un ralentissement de la croissance du crédit au secteur privé.
- Mesures de stabilisation :
  - Augmentation des ratios prêts/dépôts (Arabie saoudite).
  - Annulation des adjudications de titres du Trésor (Qatar).
  - Disposition à réactiver les facilités de prêt de la banque centrale (Algérie).
- Qualité des actifs :
  - Qualité des actifs bancaires à risque de se dégrader en raison du ralentissement de l’activité hors pétrole; toutefois, les fonds propres bancaires restent solides dans l’ensemble.
- Recommandation générale : renforcement de la surveillance et des politiques financières face à la montée des risques.

### Mesures financières et coopération réglementaire (Section 2)
- Actions prioritaires :
  - Concevoir et mettre en œuvre des mesures permettant d’observer et de gérer efficacement les liquidités.
  - Rendre opérationnelles les facilités de crédit des banques centrales.
  - Développer des régimes de garantie appropriés.
  - Renforcer les stratégies de gestion de la dette publique.
  - Renforcer la coopération entre autorités de surveillance nationales et étrangères en raison du développement des activités transfrontalières des banques.

### Réduction de la dépendance pétrolière et réformes structurelles
- Urgence :
  - La détérioration des perspectives de croissance à moyen terme rend urgente la réduction de la dépendance à l’égard du pétrole.
  - Le modèle de croissance basé sur la redistribution publique n’est plus viable en raison des mesures de consolidation budgétaire et de l’accroissement rapide des populations actives.
- Réformes structurelles prioritaires :
  - Améliorer l’environnement des entreprises.
  - Réduire l’écart entre les salaires du secteur public et du secteur privé.
  - Mieux adapter l’éducation et les qualifications aux besoins du marché.
  - Privatisation des entreprises publiques pour améliorer la productivité et l’efficience (exemples : Arabie saoudite et Oman).
  - Pour l’Iran, les gains de croissance après la levée des sanctions dépendent de la mise en œuvre des réformes intérieures indispensables.
  - Dans les pays en conflit (Iraq, Libye, Yémen), amélioration de la sécurité comme condition préalable à la diversification.

### Activité économique et vulnérabilités dans les importateurs de pétrole (Section 2)
- Situation socioéconomique :
  - Taux de chômage élevé à 10 %, et 25 % pour les jeunes.
  - Reprise récente : croissance moyenne de 3¾ % en 2015 contre 3 % (2011–14).
  - Prévisions : taux de croissance moyen proche de 4 % en 2016–17.
- Facteurs soutenant la reprise :
  - Hausse de l’investissement liée aux réformes des subventions et à la baisse des cours du pétrole.
  - Consommation soutenue en raison des importantes masses salariales publiques.
  - Épargne liée à la chute des cours du pétrole soutenant la consommation.
- Obstacles :
  - Risques sécuritaires et retombées des conflits (afflux massif de réfugiés, perturbations des échanges).
  - Ralentissement de la croissance chez les partenaires exportateurs de pétrole (pays du CCG).
  - Reprise inégale entre pays (exemples : Mauritanie, Tunisie, Jordanie, Liban, Égypte, Maroc).

### Positions extérieures, réserves et inflation
- Positions extérieures :
  - Affaiblissement des positions extérieures en raison du ralentissement des exportations et des envois de fonds, partiellement compensé par la baisse de la facture énergétique.
  - Exportations de marchandises diminuent surtout vers la zone euro et la Chine (35 % et 5 % des exportations de la région, respectivement).
  - Dégradation de la compétitivité-coûts confirmée par l’appréciation des taux de change réels.
- Projections et réserves :
  - Déficit extérieur courant de la région prévu inchangé en 2016 pour la troisième année consécutive à 4½ % du PIB.
  - Augmentation d’un mois de la couverture assurée par les réserves, portée à 6¼ mois d’importations.
  - Cas particuliers :
    - Égypte : solde des transactions courantes attendu déficitaire à 5¼ % du PIB en 2016; réserves couvrant 3 mois d’importations; dépréciation de la monnaie nationale de 13 % par rapport au dollar en mars 2016.
    - Soudan : accès limité aux financements extérieurs; réserves internationales maintenues à un faible niveau.
- Inflation :
  - Recul de l’inflation amorcé à la mi-2014 devant se poursuivre; taux devant tomber à 6 % cette année selon les projections.
  - Baisse de 1 point de pourcentage par rapport à l’année dernière et de 3½ points depuis 2014.
  - Facteurs d’appui : baisse des prix de l’alimentation et de l’énergie (là où la baisse des prix internationaux s’est répercutée localement) et appréciation des monnaies nationales par rapport aux monnaies des principaux partenaires d’importation (Chine et zone euro, 15 % et 25 % des importations, respectivement).
  - Freins à une baisse plus rapide : suppression progressive des subventions énergétiques, monétisation des déficits budgétaires et, dans certains cas, dépréciation des monnaies.

### Principaux risques et recommandations budgétaires
- Risques baissiers majeurs :
  - Aggravation de la situation sécuritaire ou des tensions sociales.
  - Lassitude à l’égard des réformes.
  - Amplification des retombées des conflits régionaux compromettant la mise en œuvre des politiques.
  - Risques extérieurs : durcissement de la situation financière mondiale, ralentissement de la croissance en Chine, affaiblissement de la croissance dans les pays du CCG et dans la zone euro.
  - Facteur positif potentiel : regain de confiance rapide suscité par les réformes pourrait stimuler la croissance.
- Recommandations pour l’assainissement des finances publiques :
  - Mesures fiscales ciblant les tranches supérieures de revenu.
  - Recouvrement plus efficace de l’impôt via l’adoption d’un système reposant sur les nouvelles technologies.
  - Achever les réformes des subventions énergétiques et avancer avec la fixation automatique des prix pour réduire les pertes des entreprises publiques du secteur de l’énergie.
  - Maîtriser les masses salariales publiques par des réformes de la fonction publique et des retraites.
  - Épargner les gains budgétaires là où les vulnérabilités sont grandes pour constituer des marges de manœuvre.
  - Là où il existe déjà de solides marges de manœuvre, utiliser en partie les gains pour financer des dépenses propices à la croissance et créatrices d’emplois.
  - Une plus grande flexibilité des taux de change appuierait l’assainissement budgétaire et améliorerait les positions extérieures en renforçant la compétitivité.

### Emploi, niveaux de vie et réformes pour la croissance inclusive
- Objectif : une croissance beaucoup plus forte et plus inclusive nécessaire pour créer des emplois et améliorer les niveaux de vie.
- Réformes structurelles ciblées :
  - Meilleure protection des droits des investisseurs.
  - Infrastructures plus efficaces et de meilleure qualité.
  - Réforme des réglementations pour réduire le coût des activités commerciales et les goulets d’étranglement de l’offre.
  - Amélioration de l’efficience des marchés du travail et adaptation de l’éducation aux besoins du secteur privé.
  - Extension du champ couvert par les bureaux d’information sur le crédit pour faciliter l’accès au financement.
  - Plus grande ouverture commerciale pour s’intégrer dans les chaînes mondiales d’approvisionnement manufacturier.

### Conflits, réfugiés et coût humain (Encadré 1 et Section 3)
- Coût humain et impacts :
  - Pour la Syrie uniquement : 250.000 tués et plusieurs millions de déplacés; plus de 600.000 personnes ont fui le pays entre octobre 2015 et mars 2016, portant à près de 5 millions le nombre de réfugiés syriens.
  - Acteurs non étatiques violents ont effectué plus d’une trentaine d’attaques contre la population civile dans la région (hors Syrie), tuant plus de 800 personnes et blessant des centaines d’autres.
  - Coûts en Iraq, Libye, Syrie et Yémen : pénurie de denrées alimentaires et de produits de première nécessité, infrastructures et institutions endommagées, montée de l’inflation, atteinte à l’épargne, aggravation des positions budgétaires et extérieures, impact économique important.
- Effets macroéconomiques localisés :
  - PIB syrien inférieur de plus de la moitié à ce qu’il était avant le début des hostilités.
  - Contraction du PIB réel par habitant du Yémen estimée à plus de 40 % depuis 2010.
  - La Banque mondiale estime que, depuis son déclenchement, le conflit syrien a amputé chaque année la croissance du PIB réel du Liban de près de 3 points de pourcentage.
- Pressions sur pays d’accueil :
  - Accueil massif de réfugiés soumet budgets, infrastructures et services publics à d’énormes pressions.
  - Exemple de mesures d’adaptation : subventions temporaires à l’emploi; expansion de la scolarisation des réfugiés; soutien aux autorités locales pour la prestation des services publics; projets d’infrastructure.
- Appel international :
  - Nécessité d’accroître et de mieux coordonner l’aide, y compris l’aide au développement pour reconstruire les infrastructures et renforcer la résilience.
  - Les engagements internationaux (ex. conférence Soutenir la Syrie et la région, Londres, février 2016) doivent se traduire par une aide rapide et efficace sur le terrain.

### Principaux indicateurs économiques de la région MOANAP (extraits chiffrés, 2000–17)
- MOANAP (Moyenne 2000–12 / 2013 / 2014 / 2015 / 2016 / 2017) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,2 2,3 2,8 2,5 3,1 3,5
  - Solde des transactions courantes : 9,5 10,0 5,5 -3,6 -6,9 -5,2
  - Solde budgétaire global : 2,9 -0,3 -2,9 -9,2 -10,0 -8,2
  - Inflation (progression annuelle) : 6,8 10,0 7,0 5,7 5,2 4,9
- Exportateurs de pétrole de la région MOANAP :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,4 1,9 2,7 1,9 2,9 3,1
  - Solde des transactions courantes : 13,9 15,0 8,9 -3,1 -8,0 -5,6
  - Solde budgétaire global : 6,7 4,0 -0,6 -10,1 -11,6 -9,4
  - Inflation (progression annuelle) : 7,5 10,4 5,8 5,3 5,0 4,0
- Conseil de coopération du Golfe (CCG) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,1 3,2 3,5 3,3 1,8 2,3
  - Solde des transactions courantes : 17,1 21,3 14,5 -1,0 -7,0 -4,1
  - Solde budgétaire global : 10,8 10,2 3,3 -9,9 -12,3 -10,8
  - Inflation (progression annuelle) : 2,8 2,8 2,6 2,5 3,3 1,9
- Hors CCG :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,8 0,5 1,7 0,3 4,2 4,0
  - Solde des transactions courantes : 9,1 4,1 -0,9 -6,9 -9,6 -8,0
  - Solde budgétaire global : 2,6 -3,0 -5,0 -10,3 -10,9 -7,7
  - Inflation (progression annuelle) : 12,5 19,0 9,5 8,6 7,0 6,4
- Importateurs de pétrole MOANAP :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,6 3,1 2,9 3,8 3,5 4,2
  - Solde des transactions courantes : -2,3 -5,1 -4,2 -4,6 -4,5 -4,6
  - Solde budgétaire global : -5,4 -9,4 -7,7 -7,3 -6,6 -5,7
  - Inflation (progression annuelle) : 5,5 9,1 9,4 6,6 5,8 6,7
- Monde arabe :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,5 3,0 2,2 2,8 2,7 3,2
  - Solde des transactions courantes : 11,2 11,4 6,4 -4,5 -8,6 -6,5
  - Solde budgétaire global : 4,2 1,3 -3,0 -11,2 -12,7 -10,5
  - Inflation (progression annuelle) : 4,1 4,9 4,8 4,6 4,7 4,1

*Source : Département Moyen-Orient et Asie centrale — Mise à jour des PER, avril 2016 (Sections 1–3, extraits du PDF fourni).*

### Section 1

### menap0416f - Section 1

### Aperçu régional
- La faiblesse des cours du pétrole et l’aggravation des conflits pèsent sur l’activité économique dans la région MOANAP.
- Les perspectives de croissance des pays exportateurs de pétrole ont été revues nettement à la baisse depuis octobre, la projection globale anticipant que le taux de croissance des pays exportateurs de pétrole passera de 2 % en 2015 à 3 % en 2016, en grande partie en raison de l’accroissement de la production pétrolière en Iraq et en Iran après la levée des sanctions.
- L’activité économique devrait encore ralentir dans les pays du CCG selon les projections.
- Après quatre années de stagnation, l’activité commence à s’intensifier chez les importateurs de pétrole MOANAP : le taux de croissance est passé de 3 % sur la période 2011–14 à 3¾ % en 2015, et devrait se maintenir aux alentours de ce niveau en 2016–17.

### Nouvelle réalité du marché pétrolier et projections de prix
- Les cours du pétrole ont baissé de près de 70 % depuis la mi-2014 pour s’établir aux alentours de 40 dollars le baril.
- Les marchés à terme n’anticipent qu’une légère remontée à 50 dollars le baril d’ici la fin de la présente décennie, avec une forte incertitude entourant cette prévision.
- Valeurs tirées des marchés/estimations : prix moyen du baril en 2015 = 50,79 dollars; prix supposé à partir des marchés à terme = 34,75 dollars en 2016 et 40,99 dollars en 2017.

### Pertes de recettes et conséquences macroéconomiques
- Les recettes d’exportation des pays exportateurs de pétrole MOANAP ont diminué de 390 milliards de dollars en 2015 (17½ % du PIB).
- Solde des transactions courantes combiné des pays du CCG et de l’Algérie : passage d’un excédent confortable à un déficit attendu d’environ 8 % du PIB en 2016.
- Le déficit des autres pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP devrait atteindre 4¾ % du PIB en 2016 selon les projections.
- Soldes budgétaires : amples excédents des pays du CCG et de l’Algérie ont cédé la place à d’importants déficits projetés en moyenne à 12¾ % du PIB en 2016 et à 7 % à moyen terme malgré des mesures de réduction des déficits.
- Le déficit global des autres pays exportateurs MOANAP devrait représenter en moyenne 7¾ % du PIB en 2016 et se résorber progressivement avant la fin de la décennie selon les projections.

### Mesures d’ajustement engagées et en projet
- L’ajustement budgétaire a consisté surtout en réductions de dépenses (notamment dépenses en capital dans l’Algérie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Iraq et, dans une moindre mesure, Oman) et réductions des dépenses courantes (Bahreïn, Oman, Qatar).
- Mesures nouvelles de recettes : Oman (augmentation de l’impôt sur les sociétés), Bahreïn (taxes sur le tabac et l’alcool), Iran (réduction des exonérations et amélioration de l’administration fiscale). Les pays du CCG envisagent d’adopter une TVA au cours des prochaines années.
- Réformes des prix de l’énergie : la plupart des pays du CCG ont augmenté les tarifs des carburants, de l’eau et de l’électricité; certains ont adopté des mécanismes de fixation automatique (Émirats arabes unis, Oman). L’Algérie et l’Iran ont aussi relevé les prix de l’énergie.
- Malgré ces hausses, les prix locaux de l’énergie restent très inférieurs aux prix de référence mondiaux dans la plupart des pays.
- Certaines autorités ont laissé leur monnaie se déprécier (Algérie, Iran), ce qui a augmenté les recettes budgétaires en monnaie locale tirées des exportations pétrolières, mais ces gains dépendent d’un contrôle des dépenses, notamment la masse salariale publique.
- Pour préserver les parités fixes, les pays du CCG ont utilisé l’ampleur de leurs avoirs extérieurs nets; toutefois, des pressions sur ces taux fixes se sont intensifiées sur les marchés des changes à terme.

### Besoin de nouvelles mesures budgétaires et choix structurels
- Les déficits budgétaires cumulés des pays du CCG et de l’Algérie devraient, d’après les projections, atteindre près de 900 milliards de dollars sur la période 2016–21.
- L’Algérie, l’Arabie saoudite, Bahreïn et Oman deviendront débiteurs au cours de ces années, leurs besoins de financement devant dépasser les réserves liquides actuelles.
- De nouvelles mesures d’économie sont nécessaires à moyen terme pour rétablir la viabilité budgétaire, reconstituer les réserves et épargner pour les générations futures.
- Les pays du CCG doivent mettre en œuvre des mesures ambitieuses d’assainissement pour soutenir les régimes de taux de change fixe; calendrier et teneur des mesures doivent limiter l’impact à court terme sur la croissance tout en améliorant l’équité et les perspectives à moyen terme.
- Réductions potentielles et recettes additionnelles estimées :
  - Nouvelles réformes des tarifs de l’énergie pourraient permettre d’épargner quelque 2 % du PIB.
  - L’adoption d’une TVA de 5 % pourrait rapporter l’équivalent d’environ 1½ % du PIB.
- Choix de financement : combinaison d’utilisation des réserves, émission d’obligations (favorise le développement des marchés nationaux de capitaux mais peut évincer l’investissement privé) et emprunt extérieur. Les coûts de financement ont augmenté en raison de la baisse des cours du pétrole et de la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis.

### Perspectives de croissance et risques
- Impact sur la croissance : l’effondrement des cours du pétrole et le durcissement budgétaire ont conduit à des révisions à la baisse des projections de croissance pour presque tous les pays exportateurs.
- Malgré le choc pétrolier, la production pétrolière et l’activité hors pétrole en Iran après la levée des sanctions, et la reprise projetée en Libye et au Yémen en cas d’apaisement des conflits, devraient porter le taux de croissance global des pays exportateurs de pétrole MOANAP de 1,9 % en 2015 à 2,9 % en 2016 et 3,1 % en 2017.
- Croissance hors pétrole projetée pour les pays du CCG : 3¼ % en moyenne au cours des cinq prochaines années, en net recul par rapport aux 7¾ % enregistrés sur 2006–15.
- Principaux risques baissiers :
  - Mesures d’ajustement budgétaire freinant davantage la croissance que prévu, aggravées par un durcissement des conditions financières.
  - Offre mondiale de pétrole restant supérieure à la demande, avec possibilité d’une nouvelle chute des cours (ex. en cas de ralentissement chinois).
  - Prolongation des conflits régionaux perturbant l’activité économique.
  - Hausse plus rapide que prévue des taux d’intérêt américains alourdissant la charge de la dette extérieure et favorisant une hausse des taux locaux.

### Risques et vulnérabilités financières
- Détérioration des soldes budgétaires et ralentissement de l’activité entraînent une stagnation des dépôts bancaires des secteurs public et privé, réduisant la liquidité du système financier.
- Hausse des taux directeurs observée en Arabie saoudite, à Bahreïn, dans les Émirats arabes unis et au Koweït après la hausse de la Fed en décembre 2015, entraînant un ralentissement de la croissance du crédit au secteur privé.
- Mesures prises pour réduire les pressions sur la liquidité : augmentation des ratios prêts/dépôts (Arabie saoudite), annulation des adjudications de titres du Trésor (Qatar), disposition à réactiver les facilités de prêt de la banque centrale (Algérie).
- Qualité des actifs bancaires à risque de se dégrader en raison du ralentissement de l’activité hors pétrole; toutefois, les fonds propres bancaires restent solides dans l’ensemble.
- La montée des risques appelle à un renforcement de la surveillance et des politiques financières.

*Source : Département Moyen-Orient et Asie centrale — Mise à jour des PER, avril 2016 (Section 1).*

### Section 2

### menap0416f - Section 2

### Mesures financières et coopération réglementaire
- Concevoir et mettre en œuvre des mesures permettant d’observer et de gérer efficacement les liquidités.
- Rendre opérationnelles les facilités de crédit des banques centrales.
- Développer des régimes de garantie appropriés.
- Renforcer les stratégies de gestion de la dette publique.
- Le développement des activités transfrontalières des banques impose une plus étroite coopération entre les autorités de surveillance nationales et étrangères.

### Besoin urgent de réduire la dépendance pétrolière
- La nette détérioration des perspectives de croissance à moyen terme liée à l’effondrement des cours du pétrole rend encore plus urgent la nécessité de réduire la dépendance à l’égard du pétrole.
- Le modèle de croissance reposant sur la redistribution des ressources par les pouvoirs publics n’est plus viable en raison des mesures de consolidation budgétaire et de l’accroissement rapide des populations actives.
- Les réformes structurelles nécessaires pour favoriser la diversification et la croissance des secteurs non pétroliers visent en priorité :
  - améliorer l’environnement des entreprises;
  - réduire l’écart entre les salaires du secteur public et du secteur privé;
  - mieux adapter l’éducation et les qualifications aux besoins du marché.
- La privatisation des entreprises publiques pourrait améliorer la productivité et l’efficience (exemples cités : Arabie saoudite et Oman).
- Pour l’Iran, les dividendes de la croissance après la levée des sanctions dépendent de la mise en œuvre des réformes intérieures indispensables.
- Dans les pays en conflit (Iraq, Libye, Yémen), l’amélioration de la sécurité est une condition préalable à la poursuite du développement et de la diversification.

### Activité économique dans les pays importateurs de pétrole (MOANAP)
- Depuis 2011, les pays importateurs de la région MOANAP ont du mal à offrir l’amélioration du niveau de vie et de l’accès aux possibilités commerciales et à l’emploi demandées par leurs populations.
- Le taux de chômage reste élevé à 10 %, et il est de 25 % pour les jeunes.
- La reprise récente : croissance moyenne de 3¾ % en 2015, contre 3 % sur la période 2011–14.
- Prévisions : le taux de croissance moyen devrait se maintenir proche de 4 % en 2016–17.
- Facteurs soutenant la reprise :
  - hausse de l’investissement liée aux réformes des subventions et à la baisse des cours du pétrole;
  - consommation soutenue, principalement en raison des importantes masses salariales publiques;
  - épargne liée à la chute des cours du pétrole soutenant la consommation.
- Obstacles et fragilités :
  - risques sécuritaires et retombées des conflits (afflux massif de réfugiés, perturbations des échanges);
  - ralentissement de la croissance chez les partenaires exportateurs de pétrole (pays du CCG);
  - reprise inégale entre pays : ralentissement des exportations en Mauritanie; tourisme et confiance affectés en Tunisie; retombées du conflit syrien nuisibles à la Jordanie et au Liban; Égypte confrontée à inquiétudes sécuritaires et vulnérabilités extérieures; Maroc ralenti par la baisse de la production agricole.

### Positions extérieures et réserves internationales
- Les positions extérieures s’affaiblissent en raison du ralentissement des exportations et des envois de fonds, mais sont soutenues par la baisse de la facture énergétique.
- Les exportations de marchandises diminuent surtout vers la zone euro et la Chine (35 % et 5 % des exportations de la région, respectivement).
- Deterioration de la compétitivité-coûts confirmée par l’appréciation des taux de change réels.
- Projections : le déficit extérieur courant de la région devrait rester inchangé en 2016, pour la troisième année consécutive (à 4½ % du PIB).
- La baisse des importations et la stabilité des flux financiers doivent permettre d’augmenter d’un mois la couverture assurée par les réserves et la porter à 6¼ mois d’importations.
- Cas particuliers :
  - Égypte : solde des transactions courantes attendu déficitaire à 5¼ % du PIB en 2016; réserves couvrant 3 mois d’importations; dépréciation de la monnaie nationale de 13 % par rapport au dollar en mars 2016.
  - Soudan : accès limité aux financements extérieurs; réserves internationales maintenues à un faible niveau.

### Inflation
- Le net recul de l’inflation amorcé à la mi-2014 devrait se poursuivre, taux devant tomber à 6 % cette année selon les projections.
- Cela représente une baisse de 1 point de pourcentage par rapport à l’année dernière et de 3½ points depuis 2014.
- Facteurs : baisse des prix de l’alimentation et de l’énergie (là où le repli des prix internationaux s’est répercuté localement), appréciation des monnaies nationales par rapport aux monnaies des principaux partenaires pour les importations (Chine et zone euro, 15 % et 25 % des importations, respectivement).
- Freins à une baisse plus rapide de l’inflation : poursuite de la suppression progressive des subventions énergétiques (y compris pour l’électricité), monétisation des déficits budgétaires et, dans certains cas, dépréciation des monnaies.

### Principaux risques (orientation baissière)
- Risques baissiers importants :
  - aggravation de la situation sécuritaire ou des tensions sociales;
  - lassitude à l’égard des réformes;
  - amplification des retombées des conflits régionaux compromettant la mise en œuvre des politiques.
- Risques extérieurs :
  - durcissement et plus grande volatilité de la situation financière mondiale résultant de l’évolution du taux d’intérêt américain et des turbulences récentes des marchés financiers mondiaux (hausse des coûts d’emprunts extérieurs, impact sur les taux intérieurs, ralentissement des entrées de capitaux);
  - ralentissement de la croissance en Chine réduisant le financement des infrastructures (Égypte, Pakistan) et pesant sur les cours des matières premières (impact sur les réserves internationales des pays exportateurs de ces produits, notamment la Mauritanie);
  - affaiblissement de la croissance dans les pays du CCG pouvant freiner les envois de fonds, le tourisme, les exportations, l’investissement et l’aide financière publique;
  - fléchissement de la croissance dans la zone euro ou dans les pays émergents ayant des effets similaires.
- Facteur positif potentiel : un regain de confiance rapide suscité par les réformes pourrait stimuler la croissance.

### Situations budgétaires : amélioration mais vulnérabilités persistantes
- Le déficit moyen dans la région devrait tomber à 6½ % du PIB en 2016 après avoir culminé à 9½ % en 2013.
- Amélioration attribuée surtout aux réformes des subventions.
- Là où les réformes ne sont pas achevées (Égypte, Soudan, Tunisie), la baisse des cours du pétrole a réduit la facture des subventions énergétiques.
- Une partie des économies réalisées grâce à la réduction des subventions énergétiques est utilisée pour financer infrastructures, santé, éducation, aide sociale ciblée et masse salariale (exemples cités : Égypte, Maroc, Pakistan, Tunisie).
- Pressions à la hausse sur les dépenses liées au besoin de résoudre les tensions sociales et à l’accroissement des coûts des services publics de base, notamment du fait de l’accroissement du nombre des réfugiés (Jordanie, Liban).
- Les recettes fiscales pâtissent de la baisse des recettes tirées des taxes ad valorem sur les carburants (Jordanie) et des insuffisances du recouvrement de l’impôt.
- Mesures attendues pour augmenter les recettes : suppression d’exonérations (Pakistan), réduction des niches fiscales, réformes de l’impôt sur le revenu (Jordanie), augmentation des impôts sur la consommation, renforcement des administrations fiscales.
- Aide financière des pays du CCG susceptible de ralentir avec leur moindre activité économique.
- Ratios de dette publique encore élevés, surtout en Égypte, Jordanie et Liban, où ils se situent entre 90 % et 145 % du PIB.
- Risques associés : ébranlement de la confiance des investisseurs, hausse des coûts du service de la dette et des besoins de financement; forte concentration des prêts sur le secteur public pouvant présenter des risques pour la stabilité du système bancaire.
- Recommandations pour assainir les finances publiques :
  - mesures fiscales ciblant les tranches supérieures de revenu;
  - recouvrement plus efficace de l’impôt via l’adoption d’un système reposant sur les nouvelles technologies;
  - achever les réformes des subventions énergétiques et avancer avec la fixation automatique des prix pour réduire les pertes des entreprises publiques du secteur de l’énergie;
  - maîtriser les masses salariales publiques à l’aide de réformes de la fonction publique et des retraites;
  - économiser les gains budgétaires là où les vulnérabilités sont grandes pour constituer des marges de manœuvre face aux chocs adverses;
  - là où il existe déjà de solides marges de manœuvre, utiliser en partie les gains pour financer des dépenses propices à la croissance et créatrices d’emplois;
  - une plus grande flexibilité des taux de change appuierait l’assainissement budgétaire et améliorerait les positions extérieures en renforçant la compétitivité.

### Création d’emplois et amélioration des niveaux de vie
- Une croissance beaucoup plus forte et plus inclusive est nécessaire pour créer des emplois et améliorer les niveaux de vie.
- Réformes structurelles ciblées indispensables pour stimuler la croissance :
  - meilleure protection des droits des investisseurs;
  - infrastructures plus efficaces et de meilleure qualité;
  - réforme des réglementations pour réduire le coût des activités commerciales et les goulets d’étranglement de l’offre freinant la productivité;
  - amélioration de l’efficience des marchés du travail et adaptation de l’éducation aux besoins du secteur privé pour réduire le chômage et accroître la productivité;
  - extension du champ couvert par les bureaux d’information sur le crédit pour faciliter l’accès au financement;
  - plus grande ouverture commerciale pour s’intégrer dans les chaînes mondiales d’approvisionnement manufacturier créatrices d’emplois.

### Encadré 1 — Feuille de route pour aider les pays à sortir des conflits (points saillants)
- Les conflits violents continuent d’affliger la région MOANAP avec un coût humain considérable.
- Estimations citées : pour la Syrie uniquement, 250.000 tués et plusieurs millions de déplacés; plus de 600.000 personnes ont fui le pays entre octobre 2015 et mars 2016, portant à près de 5 millions le nombre de réfugiés syriens.
- Des acteurs non étatiques violents ont effectué plus d’une trentaine d’attaques contre la population civile dans la région (en dehors de la Syrie), tuant plus de 800 personnes et blessant des centaines d’autres.
- Les coûts en Iraq, Libye, Syrie et Yémen continuent d’augmenter : pénurie de denrées alimentaires et de produits de première nécessité, infrastructures et institutions endommagées, montée de l’inflation, atteinte à l’épargne, aggravation des positions budgétaires et extérieures, impact économique important.

*Département Moyen-Orient et Asie centrale — Mise à jour des PER, avril 2016*

### Section 3

### menap0416f - Section 3

### Impact of prolonged conflicts on affected countries
- Le PIB syrien est aujourd’hui inférieur de plus de la moitié à ce qu’il était avant le début des hostilités.
- La contraction du PIB réel par habitant du Yémen est estimée à plus de 40 % depuis 2010.
- Les conflits réduisent les ressources et les détournent des dépenses et transferts sociaux indispensables ainsi que des dépenses d’équipement, compromettant les perspectives économiques des pays.
- Les pays de la région sont de moins en moins disposés à entreprendre les réformes politiquement difficiles, mais nécessaires.

### Répercussions régionales et pression sur pays d’accueil
- L’accueil d’un grand nombre de réfugiés a soumis budgets, infrastructures et services publics à d’énormes pressions.
- La détérioration de la sécurité et de la confiance a pesé sur les échanges, l’investissement et le tourisme, affaiblissant la croissance.
- La Banque mondiale estime que, depuis son déclenchement, le conflit syrien a amputé chaque année la croissance du PIB réel du Liban de près de 3 points de pourcentage.
- L’aggravation de la crise en Syrie et en Iraq en 2015 a eu aussi un effet négatif sur la croissance économique en Jordanie.
- Graphique 1.1 (données présentées) : Réfugiés (Pourcentage de la population totale) — Jordanie et Liban, série 2010–2015 (valeurs présentées graphiquement dans le PDF).  
  - Note de source graphique : UNHCR; estimations des services du FMI.  
  - Note additionnelle : Total de réfugiés inscrits et de personnes se trouvant dans une situation assimilable. En Jordanie, il est estimé que le nombre de réfugiés non inscrits est aussi élevé que celui des réfugiés inscrits.

### Adaptation des pays de la région
- Certains exportateurs libanais, ayant vu chuter la demande émanant de Syrie, ont trouvé de nouveaux débouchés.
- Pour répondre aux besoins des réfugiés et des communautés qui les hébergent, les pays d’accueil, en coopération avec les Nations Unies et d’autres organismes d’aide, ont pris des dispositions telles que :
  - l’octroi de subventions temporaires à l’emploi,
  - l’expansion de la scolarisation des réfugiés,
  - la fourniture d’un soutien aux autorités locales pour la prestation des services publics,
  - divers projets d’infrastructure.

### Appel à une mobilisation accrue et mieux coordonnée de la communauté internationale
- Il est nécessaire d’accroître et de mieux coordonner l’aide face à la montée des coûts des conflits.
- Outre l’aide humanitaire, l’aide au développement devrait inclure un appui à long terme pour :
  - reconstruire les infrastructures dans les pays en guerre,
  - renforcer la résilience dans l’ensemble de la région.
- Les besoins de financement sont considérables ; les pays d’accueil ont besoin de nouveaux apports financiers pour financer les projets liés aux crises.
- Les organismes d’aide manquent de fonds.
- Exemple d’engagements internationaux : la conférence Soutenir la Syrie et la région, organisée à Londres en février 2016, a débouché sur des engagements d’accroissement de l’aide financière destinée aux réfugiés et aux communautés qui les accueillent.
- Il est impératif que ces engagements se traduisent par la fourniture d’une aide rapide et efficace sur le terrain.

### Principaux indicateurs économiques de la région MOANAP (2000–17) — extraits chiffrés
- MOANAP (Moyenne 2000–12 / 2013 / 2014 / 2015 / 2016 / 2017) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,2 2,3 2,8 2,5 3,1 3,5
  - Solde des transactions courantes : 9,5 10,0 5,5 -3,6 -6,9 -5,2
  - Solde budgétaire global : 2,9 -0,3 -2,9 -9,2 -10,0 -8,2
  - Inflation (progression annuelle) : 6,8 10,0 7,0 5,7 5,2 4,9
- Exportateurs de pétrole de la région MOANAP :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,4 1,9 2,7 1,9 2,9 3,1
  - Solde des transactions courantes : 13,9 15,0 8,9 -3,1 -8,0 -5,6
  - Solde budgétaire global : 6,7 4,0 -0,6 -10,1 -11,6 -9,4
  - Inflation (progression annuelle) : 7,5 10,4 5,8 5,3 5,0 4,0
- Dont : Conseil de coopération du Golfe (CCG) :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,1 3,2 3,5 3,3 1,8 2,3
  - Solde des transactions courantes : 17,1 21,3 14,5 -1,0 -7,0 -4,1
  - Solde budgétaire global : 10,8 10,2 3,3 -9,9 -12,3 -10,8
  - Inflation (progression annuelle) : 2,8 2,8 2,6 2,5 3,3 1,9
- Dont : hors Conseil de coopération du Golfe :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,8 0,5 1,7 0,3 4,2 4,0
  - Solde des transactions courantes : 9,1 4,1 -0,9 -6,9 -9,6 -8,0
  - Solde budgétaire global : 2,6 -3,0 -5,0 -10,3 -10,9 -7,7
  - Inflation (progression annuelle) : 12,5 19,0 9,5 8,6 7,0 6,4
- Importateurs de pétrole de la région MOANAP :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 4,6 3,1 2,9 3,8 3,5 4,2
  - Solde des transactions courantes : -2,3 -5,1 -4,2 -4,6 -4,5 -4,6
  - Solde budgétaire global : -5,4 -9,4 -7,7 -7,3 -6,6 -5,7
  - Inflation (progression annuelle) : 5,5 9,1 9,4 6,6 5,8 6,7
- Monde arabe :
  - PIB réel (croissance annuelle) : 5,5 3,0 2,2 2,8 2,7 3,2
  - Solde des transactions courantes : 11,2 11,4 6,4 -4,5 -8,6 -6,5
  - Solde budgétaire global : 4,2 1,3 -3,0 -11,2 -12,7 -10,5
  - Inflation (progression annuelle) : 4,1 4,9 4,8 4,6 4,7 4,1

- Sources : autorités nationales; calculs et projections des services du FMI.
- Remarques :  
  - Monde arabe : Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, Iraq, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Mauritanie, Oman, Qatar, Soudan, Syrie, Tunisie et Yémen.  
  - Pays exportateurs de pétrole hors CCG : Algérie, Iran, Iraq, Libye et Yémen.  
  - Pays importateurs de pétrole de la région MOANAP : Afghanistan, Djibouti, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Soudan, Syrie et Tunisie.  
  - Note : Les données se rapportent aux exercices indiqués pour les pays correspondants : Afghanistan (21 mars/20 mars) jusqu'en 2011 et 21 décembre/20 décembre par la suite, Iran (21 mars/20 mars) et Égypte et Pakistan (juillet/juin).  
  - Les données relatives à la période 2011–17 excluent la République arabe syrienne.

*Source : menap0416f - Section 3 (extrait du PDF fourni).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/websites/imf/imported-flagship-issues/external/french/pubs/ft/reo/2016/mcd/menap0416f.pdf_
