## _030515f

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### Contexte et cadre analytique
- Données montrent des avantages macroéconomiques de la diversification en dépit de la théorie traditionnelle de la spécialisation (paragraphe 1).
- Dans les premiers stades du développement, la diversification de la production et de l’emploi accompagne une augmentation du revenu par habitant (Imbs and Wacziarg, 2003) (paragraphe 1).
- Diversification liée à une faible volatilité de la production et à une plus grande stabilité macroéconomique (paragraphe 1).
- Catégories de pays (PFR, PRI, PHR) conformes à la définition de la Banque mondiale de 2009 en raison de la couverture temporelle des jeux de données jusqu’en 2009 (note 2, paragraphe 3).

### Problématique observée dans les pays à faible revenu (PFR)
- Concentration répandue des exportations, des partenaires commerciaux et de la production intérieure sur une petite gamme de produits de base et de marchés d’exportation (paragraphe 2).
- Production nationale et exportations souvent concentrées dans des secteurs peu sensibles aux progrès technologiques et à faible croissance de la productivité (paragraphe 2).
- Malgré un fort accroissement du PIB par habitant ces vingt dernières années et une amélioration de la stabilité macroéconomique, la capacité à maintenir ces résultats sans transformation structurelle reste incertaine (paragraphe 2).

### Objectifs analytiques du document (paragraphe 7)
- Évaluer rythme et ampleur de la diversification économique et de la transformation structurelle dans les PFR (productivité sectorielle, diversification production/exportations, relèvement de la qualité) à partir d’un nouveau jeu de données transnationales et d’études de cas.
- Mieux appréhender relations entre diversification, croissance et volatilité en allant au-delà d’associations simples.
- Identifier moteurs de diversification dans les politiques économiques.
- Contribuer au débat sur la manière dont diversification et transformation structurelle peuvent améliorer la stabilité macroéconomique et la croissance à moyen terme.

### Principaux constats synthétiques (paragraphe 8)
- i) Lien solide entre croissance économique et diversification pour les PFR.
- ii) Plus grande diversification s’accompagne d’une baisse de volatilité de la production.
- iii) Depuis le milieu des années 1990, les PFR se sont détournés de l’agriculture vers les biens manufacturés.
- iv) Potentiel énorme d’amélioration de la qualité des exportations, notamment agricoles.

### Limites des données et implications
- Analyse de la diversification et de la qualité des exportations repose uniquement sur le commerce de marchandises, excluant les services.
- Qualité des données sur production et emploi par secteur dans les PFR est inégale; disponible à un niveau d’agrégation élevé, limitant granularité des analyses.
- Ces limites ne remettent pas en cause les grandes conclusions mais soulignent l’impératif d’améliorer les données.

### Mesures de diversification et définitions clés
- Deux dimensions de la diversification des exportations :
  - marge extensive : instauration de nouvelles gammes de produits ou nouveaux partenaires commerciaux;
  - marge intensive : dosage plus équilibré des produits existants ou des partenaires.
- Indice de Theil utilisé pour mesurer la diversification des exportations (valeurs plus basses = plus grande diversification).
- Définitions opérationnelles (Encadré 1) : diversification extensive et intensive, diversification de la production (indice sur sept secteurs), relèvement de la qualité, échelle de qualité, transformation structurelle.

### Nouvelle panoplie d’outils et sources de données (Encadré 2)
- Base de données des services du FMI (FMI, 2012) :
  - indices de diversification entre produits et entre partenaires; désagrégation en marge extensive et marge intensive;
  - source principale : version actualisée de la base ONU-NBER harmonisant COMTRADE au niveau à 4 chiffres de la CTCI (révision 1);
  - période couverte : données remontant jusqu’en 1962 et couvrant la plupart des PFR.
- Mesures de qualité (Henn et al., 2013) :
  - base couvrant 178 pays et 851 produits sur 1962 - 2010, à partir de plus de 20 millions d’observations année/importateur/exportateur/produit;
  - qualité estimée à partir des valeurs unitaires corrigées pour coûts de production et distance;
  - normalisation par rapport au 90ème percentile de qualité dans chaque binôme produit-année.

### Tendances temporelles et régionales de diversification
- Depuis le milieu des années 90 : diversification des produits d’exportation s’est accélérée pour de nombreux PFR.
  - Période 1965-1995 : peu de diversification pour de nombreux PFR.
  - Accélération après 1995, particulièrement en Asie du Sud.
  - En AfSS, expériences variées : exemples de diversification (Tanzanie, Ouganda, Kenya) et retards ailleurs.
- Évolution sectorielle marquée en Asie de l’Est et du Sud :
  - part des exportations agricoles passée de 40 % en 1965-1970 à 15 % en 2006-2010;
  - part moyenne des exportations manufacturières passée de 17 % en 1965-1970 à 66 % en 2006-2010.
- En AfSS : forte diminution de la part agricole mais légère hausse des manufactures.
- Diversification géographique : progrès dans toutes les régions; forte augmentation de la marge extensive; échanges moins avec l’Union Européenne et davantage avec l’Asie (la Chine en particulier).

### Relèvement de la qualité — tendances et potentiel (Section B)
- Depuis le milieu des années 80 :
  - niveaux de qualité des exportations ont constamment progressé en Asie de l’Est et du Pacifique;
  - qualité a régulièrement régressé en AfSS;
  - niveaux restés relativement stables dans d’autres régions.
- Amélioration de la qualité est particulièrement rapide dans les premières phases de développement; convergence largement atteinte une fois que le pays devient pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.
- Lien qualité-revenu le plus fort dans le manufacturier; possibilités considérables d’amélioration dans l’agriculture.
- Position sur l’échelle de qualité sectorielle indique potentiel d’amélioration; PFR se situent généralement bas sur ces échelles.

### Diversification de la production et transformation structurelle
- Mesures doivent porter sur le secteur intérieur et le processus dynamique de transformation, pas seulement sur les échanges.
- Depuis 1990–2010 :
  - PFR avec exportations plus diversifiées ont enregistré une plus forte réduction de la part de l’agriculture.
  - Sortie plus rapide de l’agriculture observée dans les pays ayant connu une amélioration plus rapide de la qualité.
  - Redistribution sectorielle a tendu à renforcer la productivité nationale (passage de travailleurs vers activités plus productives).
- Remarque : une part importante de l’écart comblé par la hausse d’activités non échangeables plutôt que par l’industrie manufacturière dans certains pays.

### Marges de la diversification des produits d’exportation (marge extensive) — observations 1990–2010
- Diversification dépend de :
  - i) nombre de nouvelles variétés lancées dans l’année;
  - ii) taux de survie des nouvelles variétés;
  - iii) taux de croissance des variétés survivantes.
- Exemples des six études de cas (Malaisie, Viet Nam, Tanzanie, Rwanda, Bangladesh, Angola) :
  - Malaisie : nombre de nouvelles variétés le moins augmenté; fortes parts des variétés en place (faible expérimentation).
  - Viet Nam : beaucoup de nouveaux produits; nouvelles variétés ont de fortes chances de survie.
  - Tanzanie : moins de nouvelles variétés mais forte croissance des survivantes.
  - Rwanda : bons résultats d’expérimentation au début des années 2000.
  - Bangladesh : taux d’expérimentation inférieur; forte concentration actuelle.
  - Angola : exclu de cette analyse pour manque de données.

### Diversification, croissance et stabilité — résultats empiriques
- Méthode: Instrumental Variable Bayesian Model Averaging (IVBMA) pour traiter endogénéité et incertitude des modèles.
- Seuil de signification : déterminant jugé «effectif» si probabilité d’inclusion > 50 %.
- Effets quantifiés (PFR) :
  - Un accroissement d’un écart type de la diversification des produits d’exportation dans les PFR augmente leur taux de croissance d’environ 0,8 point de pourcentage.
  - Un accroissement d’un écart type de la diversification de la production dans les PFR augmente leur taux de croissance annuel moyen d’environ 1,4 point de pourcentage.
- Amélioration de la qualité corrélée à une croissance plus forte, surtout lorsque l’amélioration intervient dans le manufacturier.
- Convergence de la qualité :
  - PFR où la convergence vers la qualité de référence mondiale a été rapide ont affiché une croissance supérieure de plus de 1 % (1 percentage point) par an durant la période de convergence après 1995.
  - Effet légèrement plus marqué en incluant les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.
  - En Afrique, impact positif inférieur mais > ½ point de pourcentage par an après 1995.
  - Petits états : convergence rapide de la qualité a ajouté 2 points de pourcentage par an à la croissance annuelle par habitant par rapport aux pairs à convergence lente.

### Diversification et volatilité
- Diversification des exportations et de la production liées à baisse de la volatilité de la production.
- Effet expliqué essentiellement par la marge intensive (meilleur équilibre de la gamme existante de produits).
- Exemples chiffrés :
  - Vagues de diversification (61 épisodes identifiés post-1962, couvrant 51 pays en développement) durent en moyenne 13 ans, jusqu’à 20 ans en Asie de l’Est et du Pacifique.
  - Dans les PFR, la volatilité de la production diminue de 0,5 point de pourcentage à l’issue d’une vague de diversification.
  - Effet de diversification sur volatilité subsiste même lorsque pays sont plus ouverts (part exportations + importations dans le PIB).
- Diversification des partenaires commerciaux contribue aussi à réduire la volatilité du PIB par habitant.

### Facteurs associés à la diversification des produits d’exportation
- Point critique (PC) pour le PIB par habitant identifié à 25.000 dollars américains (PPA 2005) : en deçà, pays sont en phase de diversification; au-delà, tendance à reconcentration.
- Associations observées (interprétées comme associations statistiques) :
  - Meilleure qualité de l’enseignement et institutions (protection des droits de propriété) associées à plus forte diversification.
  - Systèmes financiers plus profonds (ratio crédit secteur privé / PIB) associés à plus forte diversification.
  - Mondialisation (indice KOF) associée à accroissement de la diversification.
  - Croissance des échanges Sud-Sud et hausse de la part des exportations associées à plus forte diversification.
  - Pays enclavés présentent des économies moins diversifiées.
  - Réformes (libéralisation des échanges, réformes agricoles) associées à diversification; réformes agricoles ont impact le plus fort aux premiers stades de développement.
  - Sous-évaluation du taux de change réel (TCR) associée à plus forte diversification, avec avertissement sur coûts potentiels d’une sous-évaluation durable (inflation élevée ou accumulation de réserves).
- Méthodologie : PC pris en compte par inclusion du PIB par habitant et de son terme quadratique; échantillon couvre tous les pays (en développement et émergents).

### Facteurs de mutation sectorielle et leviers de productivité
- Politiques/institutions influent sur réallocations entre secteurs (valeur ajoutée, emploi).
- Politiques associées à hausse de la part de l’emploi manufacturier :
  - Libéralisation du marché de l’électricité.
  - Assouplissement du crédit.
  - Allègement des règles relatives au marché du travail et aux entreprises.
- Amélioration de l’enseignement liée à hausse de la part de la valeur ajoutée dans l’industrie manufacturière et les services.
- Réduction des tarifs moyens à l’importation accompagnée d’un redéploiement de la main d’œuvre hors de l’agriculture.
- Réformes stimulant productivité sectorielle :
  - Élimination des barrières douanières et allègement des contrôles des taux d’intérêt — effet positif sur productivité, notamment agricole.
  - Réformes du secteur financier intérieur, libéralisation du compte de capital (IDE), amélioration des infrastructures routières et de l’enseignement — facteurs clés pour productivité manufacturière.
  - Libéralisation des industries de réseaux (télécommunications) source de gains de productivité dans les services.

### Rôle du capital humain et des institutions dans la qualité des produits
- Lien positif entre qualité du capital humain, qualité des institutions et croissance de la qualité des produits (référence: Stockey, 1990).
- Exemples chiffrés :
  - Viet Nam a augmenté d’environ 50 % en à peine vingt ans le nombre moyen d’années de scolarité de sa main d’œuvre.
  - Le Rwanda a allongé la scolarité pour tous jusqu’à la fin du collège.
- Mesures :
  - Qualité des institutions mesurée via contraintes sur la variable d’exécution de «Polity IV» (résultats similaires avec Kaufmann-Kraay-Mastruzzi).
  - Capital humain mesuré par taux d’achèvement des études secondaires (Indicateurs du développement dans le monde).

### Demande sur marchés destinataires et potentiel d’amélioration de la qualité
- Potentiel d’amélioration de la qualité pour les PFR ne semble pas limité par la demande sur leurs marchés d’exportation.
- Graphique 25 (interprétation) : niveau moyen de qualité importé par les marchés destinataires est nettement plus élevé que niveau moyen de qualité exporté par les PFR.
- Conséquences :
  - PFR n’ont pas besoin de changer de marchés pour améliorer la qualité.
  - Plus le revenu du pays exportateur est faible, plus l’écart d’amélioration restante est important.
  - Petits états présentent potentiel d’amélioration plus limité sur leurs marchés actuels de destination.

### Enseignements tirés des études de cas (six pays)
- Pays étudiés :
  - PFR avec revenu par habitant < 1.000 dollars : Rwanda, Tanzanie, Bangladesh.
  - Angola : pays exportateur de pétrole, revenu intermédiaire.
  - Viet Nam : seuil du statut de pays à revenu intermédiaire.
  - Malaisie : pays à revenu intermédiaire, multiplication par 20 du revenu par habitant en 40 ans.
- Résultats synthétiques :
  - Diversification des exportations :
    - Angola : concentration accrue due au pétrole.
    - Bangladesh : diversification via habillement puis reconcentration.
    - Tanzanie : recul des exportations de cultures vivrières depuis les années 90.
    - Rwanda : diversification à partir d’un niveau bas.
    - Malaisie : historiquement très diversifiée, recentrage avec domination électronique dans les années 90; récemment produits de base regagnent du terrain.
    - Dans tous, part de l’agriculture dans les exportations a régressé; part des manufacturés augmentée sauf en Malaisie.
  - Diversification de la production :
    - Cinq pays ont vu diversification de production augmenter; exception Viet Nam (diversification globale régressée dans les années 2000) mais forte augmentation de la part manufacturière.
    - Pays ayant connu la croissance la plus rapide du PIB par habitant ont enregistré la croissance la plus rapide de la production manufacturière.
  - Amélioration de la qualité :
    - Malaisie : niveau moyen de qualité le plus élevé parmi les six.
    - Viet Nam et Rwanda : plus forte amélioration de la qualité depuis les années 90.
    - Tanzanie : qualité moyenne exportée a régressé malgré forte diversification des produits.

### Politiques recommandées — synthèse
- Objectif stratégique : considérer transformation structurelle et diversification comme composantes centrales de la stratégie de développement pour renforcer croissance et réduire volatilité.
- Actions clés :
  - Réaffectation des ressources vers secteurs plus productifs.
  - Diversification vers nouveaux produits.
  - Amélioration de la qualité des produits existants.
- Agriculture :
  - Ne pas négliger l’agriculture; fort potentiel de gains de productivité et qualité; source majeure d’emplois.
  - Transformation agricole peut accroître productivité, favoriser produits agricoles à forte valeur ajoutée et passage à une agriculture marchande.
- Politiques «horizontales» efficaces :
  - Amélioration de l’enseignement et des infrastructures.
  - Amélioration de l’environnement institutionnel et réglementaire.
  - Amélioration de l’accès aux nouveaux marchés d’exportation.
  - Réformes structurelles (libéralisation des échanges, réduction des subventions agricoles et contrôles de prix, approfondissement financier).
- Politiques ciblées :
  - Mesures très ciblées discutables; politiques larges pour remédier à défaillances du marché (favoriser agglomération industrielle, fournir information pour nouvelles industries exportatrices) ont aidé à lancer nouvelles activités.
  - Risque de capture des subventions en cas de faible gouvernance.
- Approche recommandée : démarche souple et individualisée selon contraintes nationales (ressources, accès à la côte, enclavement, fragilité).

### Outils pratiques pour l’analyse pays
- Services du FMI ont développé une panoplie d’outils de diversification pour accéder à données désagrégées par produit sur diversification des exportations et qualité des produits.
- Indices calculés : indice global de Theil, indice intensif, indice extensif (définitions de Cadot et al., 2011).
- Mesure de la qualité : méthode de Hallak (2006) modifiée et estimations séparées pour 851 catégories de produits; normalisation au 90ème percentile à chaque étape d’agrégation; résultats typiques entre 0 et 1,2.
- Décomposition de la croissance agrégée de la productivité du travail :
  - Premier terme : effet de réaffectation sectorielle (variation de la part de l’emploi pondérée par productivité sectorielle).
  - Deuxième terme : contribution de la croissance de la productivité à l’intérieur du secteur (croissance sectorielle pondérée par part de valeur ajoutée initiale).
- Sources de données : parts de valeur ajoutée par secteurs (Nations-Unies, 1970–2010); parts de l’emploi par secteurs (OIT, 1969–2009).

*Source: Extraits du document PDF fourni — FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL, «Diversification et transformation dans les PFR» (contenu fourni).*

### INTRODUCTION  __________________________________________________________________________________  6

### INTRODUCTION

### Contexte et cadre analytique
- Les données montrent des avantages macroéconomiques de la diversification, en dépit de la théorie traditionnelle des échanges prônant la spécialisation (paragraphe 1).
- Dans les premiers stades du développement, la diversification de la production et de l’emploi va de pair avec une augmentation du revenu par habitant (Imbs and Wacziarg, 2003) (paragraphe 1).
- La diversification est liée à une faible volatilité de la production et à une plus grande stabilité macroéconomique (paragraphe 1).
- Pour les besoins analytiques du document, les catégories de pays (PFR, PRI, PHR) se conforment à la définition de la Banque mondiale de 2009, en raison de la couverture temporelle des jeux de données qui s’arrêtent en 2009 (note 2, paragraphe 3).

### Problématique observée dans les pays à faible revenu (PFR)
- La faible diversification des exportations, des partenaires commerciaux et de la production intérieure est une caractéristique largement répandue des PFR; la plupart dépendent d’une petite gamme de produits de base et d’un petit nombre de marchés d’exportation (paragraphe 2).
- La production nationale et les exportations sont souvent concentrées dans des secteurs peu sensibles aux progrès technologiques et à faible croissance de la productivité (paragraphe 2).
- Malgré ce manque de diversification, le PIB par habitant a connu une forte croissance ces vingt dernières années, accompagnée d’une amélioration de la stabilité macroéconomique, mais l’aptitude à maintenir ou améliorer ces résultats sans transformation structurelle reste incertaine (paragraphe 2).

### Rôle de la transformation structurelle
- La transformation structurelle — la réaffectation dynamique des ressources depuis des secteurs moins productifs vers des secteurs plus productifs — est un ingrédient essentiel du développement économique (paragraphe 4).
- Les expériences des Tigres et des bébés Tigres d’Asie de l’Est illustrent la métamorphose d’économies agraires en économies manufacturières (paragraphe 4).
- Dans les PFR, la transformation implique notamment de relever la qualité des produits agricoles à faible valeur ajoutée et de développer les secteurs qui soutiennent la production intérieure et les exportations (paragraphe 4).

### Objectifs du document (paragraphe 7)
- i) Évaluer le rythme et l’ampleur de la diversification économique et de la transformation structurelle dans les PFR, en examinant hausses de la productivité sectorielle, diversification de la production et des exportations, et relèvement de la qualité, à partir d’un nouveau jeu de données transnationales récemment créé, complété par des études de cas.
- ii) Mieux appréhender les relations entre diversification, croissance et volatilité, en allant au-delà des simples associations et en tentant de définir des liens solides.
- iii) Identifier les moteurs de diversification dans les politiques économiques.
- iv) Contribuer au débat général sur les façons dont la diversification et la transformation structurelle peuvent aider les PFR à améliorer leur stabilité macroéconomique et à parvenir à une croissance solide et pérenne à moyen terme.

### Principaux constats (paragraphe 8)
- i) Il existe un lien solide entre croissance économique et diversification pour les PFR.
- ii) Une plus grande diversification s’accompagne d’une baisse de volatilité de la production.
- iii) Les PFR, dans leur ensemble, se sont détournés de l’agriculture pour se diversifier vers les biens manufacturés depuis le milieu des années 1990.
- iv) Les PFR ont encore un énorme potentiel d’amélioration de la qualité de leurs exportations, notamment agricoles.

### Conclusions de politique générale (paragraphe 9)
- Les stratégies de développement dans les PFR doivent être davantage axées sur la diversification, compte tenu de son rôle fondamental pour doper la croissance et réduire l’instabilité de la production.
- Les politiques de développement dans les PFR doivent inclure l’agriculture plutôt que l’abandonner; l’agriculture est le secteur le moins productif dans ces pays et présente moins de possibilité d’amélioration de la qualité que le secteur manufacturier, mais il est néanmoins possible d’y relever la qualité et d’instaurer des produits à plus forte valeur ajoutée.
- Il n’existe pas de recette miracle pour élargir la diversification; toutefois, les autorités des PFR peuvent l’encourager en :
  - améliorant les réseaux d’infrastructures et d’échanges commerciaux;
  - réduisant les obstacles à l’entrée pour les nouveaux produits;
  - améliorant la gouvernance;
  - approfondissant le secteur financier;
  - renforçant le capital humain;
  - réformant l’agriculture;
  - favorisant l’amélioration de la qualité.
- Les données utilisées dans l’analyse seront présentées dans une boîte à outils d’accompagnement pour aider autorités et équipes de mission à analyser les évolutions, définir les problématiques propres à chaque pays et mettre en place les politiques appropriées.

### Limites des données et implications (paragraphe 9)
- L’analyse de la diversification et de la transformation structurelle est limitée par l’insuffisance de données :
  - L’analyse de la diversification et de la qualité des exportations repose uniquement sur les données relatives au commerce de marchandises, excluant le rôle croissant du secteur des services.
  - La qualité des données sur la production et les niveaux d’emploi par secteur dans les PFR est inégale; ces données sont généralement disponibles à un niveau d’agrégation élevé, limitant la granularité et la profondeur des analyses de transformation structurelle.
- Ces limites n’affectent pas la solidité des grandes conclusions mais soulignent l’impératif d’améliorer considérablement les données pour des analyses plus détaillées.

### Structure du document et contenu à venir (paragraphe 10 et section suivante)
- La suite du document examine :
  - les grands modes de diversification entre pays par groupes de revenus et groupes géographiques, pour la production et le commerce extérieur;
  - les tendances passées et récentes de diversification et de relèvement de la qualité;
  - les liens entre diversification, volatilité et croissance;
  - les principaux moteurs de diversification, de productivité sectorielle et d’amélioration de la qualité dans les PFR;
  - une synthèse des conclusions utiles au débat sur la stabilité macroéconomique et la promotion de la croissance via la diversification.
- La section suivante décrit le rythme et l’ampleur de la transformation et de la diversification dans les PFR, comparaisons inter-pays et études de cas, en analysant conjointement diversification des exportations, diversification de la production et relèvement de la qualité (paragraphe «ÉVOLUTIONS RÉCENTES ET FAITS STYLISÉS»).
- Observation synthétique : depuis le milieu des années 1990, les PFR ont progressé dans la diversification des produits et des partenaires d’exportation, avec une augmentation relative des exportations manufacturières et une régression des exportations agricoles; néanmoins, les niveaux de qualité exportée restent relativement faibles, laissant un large potentiel d’amélioration notamment dans le secteur manufacturier et aussi dans le secteur agricole.

*Document: INTRODUCTION (première section) — Diversification et transformation dans les PFR*

### 11.      La diversification des exportations peut se faire soit au niveau des produits soit au

### _030515f - 11.      La diversification des exportations peut se faire soit au niveau des produits soit au

### Aperçu général
- La diversification des exportations peut se faire soit au niveau des produits soit au niveau des partenaires commerciaux.
- Deux dimensions principales de la diversification :
  - marge extensive : instauration de nouvelles gammes de produits ou nouveaux partenaires commerciaux;
  - marge intensive : dosage plus équilibré des produits existants ou des partenaires.
- L’indice de Theil est utilisé pour mesurer la diversification des exportations : plus les valeurs de l’indice sont basses, plus la diversification est importante.

### Relation avec le revenu par habitant
- Une augmentation du revenu par habitant est fortement associée à une plus grande diversification des produits d’exportation, au moins jusqu’à ce qu’un pays atteigne le statut d’économie avancée (PIB par habitant de 25.000 à 30.000 dollars).
- Cette relation apparaît :
  - dans les séries pays-année (graphique 1, plage de gauche);
  - dans la variation transversale et les séries chronologiques (graphique 1, plage de droite);
  - de façon non linéaire, possiblement liée à des "cônes de diversification" (référence à Cadot et al., 2011).
- Mesure utilisée : indice de Theil (valeur plus basse = plus grande diversification).

### Cas particuliers et hétérogénéité
- Niveaux de diversification très hétérogènes, même après prise en compte du revenu par habitant.
- Deux cas spéciaux distincts :
  - Petits états (population de moins de 1,5 million d’habitants) : production et exportations relativement peu diversifiées en raison de ressources limitées, marchés intérieurs restreints, et économies d’échelle.
  - Pays exportateurs de matières premières : relativement peu diversifiés; chez eux, la hausse des revenus n’est en général pas associée à une plus grande diversification.
- Échantillon de pays exportateurs de matières premières : 44 pays producteurs de matières premières.

### Définitions clés et cadre conceptuel (Encadré 1)
- Diversification : passage à une structure de production plus variée, via lancement de nouveaux produits ou développement de produits pré-existants (qualité incluse).
- Diversification extensive des exportations : augmentation du nombre de produits exportés ou du nombre de partenaires.
- Diversification intensive des exportations : prend en compte les parts respectives des volumes d’exportations des différents produits/partenaires.
- Diversification de la production : indice sur sept grands secteurs (données de valeur ajoutée).
- Relèvement de la qualité : amélioration de la qualité des produits existants.
- Échelle de qualité : amplitude de l’hétérogénéité de la qualité entre variétés d’un produit, indiquant le potentiel d’amélioration.
- Transformation structurelle : réaffectation des ressources entre secteurs/produits au fil du temps, souvent vers une productivité plus élevée.
- Relations d’interdépendance : diversification des exportations et diversification de la production intérieure sont généralement liées, surtout quand les marchés intérieurs sont limités.

### Nouvelle panoplie d’outils de diversification (Encadré 2)
- Base de données des services du FMI (FMI, 2012) :
  - indices de diversification entre produits et entre partenaires commerciaux;
  - désagrégation en marge extensive et marge intensive;
  - source principale : version actualisée de la base ONU-NBER harmonisant COMTRADE au niveau à 4 chiffres de la CTCI (révision 1);
  - période couverte : données remontant jusqu’en 1962 et couvrant la plupart des pays à faible revenu.
- Mesures de qualité (Henn et al., 2013) :
  - base couvrant 178 pays et 851 produits sur la période 1962 - 2010, à partir de plus de 20 millions d’observations année/importateur/exportateur/produit;
  - la qualité est estimée à partir des valeurs unitaires corrigées pour facteurs tels que coûts de production et distance;
  - normalisation par rapport à la limite mondiale de référence définie comme le 90ème percentile de qualité dans chaque binôme produit-année;
  - toutes les estimations de qualité sont exprimées par rapport au 90ème percentile et la normalisation est répétée à chaque étape d’agrégation.
- Méthodologie de la base : regroupe données importateurs/exportateurs pour exhaustivité et cohérence interne en utilisant la méthode d’Asmundson.

### Tendances temporelles et régionales
- Depuis le milieu des années 90, les pays à faible revenu ont, dans une certaine mesure, diversifié leurs exportations en termes de produits.
  - Période 1965-1995 : peu de diversification pour de nombreux pays à faible revenu.
  - Accélération après 1995 pour de nombreux pays en développement, en particulier plusieurs pays d’Asie du Sud.
  - En AfSS (Afrique subsaharienne), expériences variées : certains pays (Tanzanie, Ouganda, Kenya) ont nettement diversifié leurs exportations récemment; d’autres ne l’ont pas fait.
- Évolution sectorielle observée :
  - En Asie de l’Est et du Sud, part des exportations agricoles passée de 40 % en 1965-1970 à 15 % en 2006-2010.
  - Dans la même région, part moyenne des exportations manufacturières passée de 17 % en 1965-1970 à 66 % en 2006-2010.
  - En AfSS, part des exportations agricoles a nettement diminué mais la part des exportations manufacturières n’a que légèrement augmenté.
- Diversification géographique :
  - Toutes les régions, y compris l’AfSS, ont progressé vers une plus grande diversification des partenaires commerciaux.
  - Forte augmentation de la marge extensive (exportations vers de nouveaux partenaires).
  - Changement des partenaires : les pays à faible revenu échangent moins avec l’Union Européenne (UE) et davantage avec l’Asie (la Chine en particulier) et l’AfSS.

### Relèvement de la qualité (Section B)
- Le développement repose aussi sur l’amélioration de la qualité des produits existants.
- L’amélioration de qualité peut s’appuyer sur les avantages comparatifs existants et augmenter le potentiel de recettes d’exportations via des techniques à plus forte intensité de capital physique ou humain.
- Potentiel de relèvement de la qualité varie par produit :
  - Ressources naturelles : tendance à avoir moins de potentiel de relèvement de la qualité que les produits agricoles ou manufacturés.
  - Produits agricoles et manufacturés : généralement plus grand potentiel de relèvement de la qualité.
- Pour les pays aux premiers stades de développement, il peut être plus faisable d’améliorer d’abord la qualité des produits existants plutôt que de se lancer dans un grand nombre de nouveaux produits (coûts et économies d’échelle limités des petits pays).

*Source: _030515f - 11. La diversification des exportations peut se faire soit au niveau des produits soit au niveau des partenaires commerciaux (extraits).*

### 18.      Depuis le milieu des années 80, les niveaux de qualité générale des exportations ont

### _030515f - 18.      Depuis le milieu des années 80, les niveaux de qualité générale des exportations ont

### Tendances de la qualité des exportations par région
- Depuis le milieu des années 80, les niveaux de qualité générale des exportations ont constamment progressé dans les pays en développement d’Asie de l’Est et du Pacifique, mais ont régulièrement régressé en AfSS et se sont relativement maintenus aux mêmes niveaux dans d’autres régions.
- La réussite en Asie de l’Est et du Pacifique a découlé du secteur manufacturier.
- En AfSS, une légère amélioration de la qualité dans le manufacturier a été éclipsée par une diminution considérable de la qualité dans le secteur agricole, entraînant une baisse régulière de la qualité au niveau agrégé.

### Relation entre amélioration de la qualité et revenu par habitant
- L’amélioration de la qualité est particulièrement rapide durant les premières phases de développement.
- La convergence vers le niveau de qualité mondiale est largement atteinte une fois que le pays parvient au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.
- Implication : les pays à faible revenu ont énormément à gagner d’un relèvement de la qualité.
- Le lien entre relèvement de la qualité et revenu est le plus fort dans le secteur manufacturier, mais il existe aussi de considérables possibilités d’amélioration de la qualité dans le secteur agricole.
- Les perspectives d’amélioration de la qualité en agriculture vont généralement de pair avec :
  - un rééquilibrage vers des produits à plus forte valeur ajoutée,
  - une hausse de la productivité.

### Échelles de qualité sectorielles et potentiel d’amélioration
- La position d’un pays sur l’échelle de qualité sectorielle indique le potentiel d’amélioration de la qualité au niveau de ses produits existants.
- La taille et l’échelle de qualité varient considérablement d’un secteur à l’autre; la position relative d’un pays peut varier considérablement d’un secteur à l’autre.
- Les pays à faible revenu, essentiellement entraînés par l’Asie, ont entamé la diversification vers des produits manufacturés de bas de gamme (notamment l’habillement).
- En général, les pays à faible revenu se situent sur les échelons relativement bas de ces échelles, indiquant un potentiel considérable d’amélioration de la qualité.

### Diversification de la production et transformation structurelle
- Les mesures de diversification doivent porter sur le secteur intérieur et le processus dynamique de transformation structurelle, pas seulement sur les échanges.
- Historiquement, les décollages de la croissance dans les pays à faible revenu se sont accompagnés de fortes hausses de la productivité dans de vastes secteurs : agriculture, industrie et services.
- La diversification de la production s’est produite dans toutes les régions au cours des 40 dernières années; toutefois l’écart entre AfSS et Asie du Sud s’est creusé depuis le début des années 80.
- Au cours des dix dernières années analysées, la part de l’agriculture dans la production des pays à faible revenu a considérablement régressé.
  - L’écart a été comblé en grande partie par des activités non échangeables (travaux publics, commerce de gros, transports) plutôt que par des activités manufacturières.
- La nature et l’ampleur des ressources sorties de l’agriculture et l’identité des secteurs qui se sont développés varient considérablement d’un pays à l’autre.
- Conclusion : il n’y a pas de solution unique; des modèles de croissance différents peuvent être nécessaires selon les caractéristiques (richesse en ressources, accès à la côte, enclavement).

### Diversification, qualité et productivité
- Sur la période 1990-2010 :
  - Les pays à faible revenu ayant des exportations plus diversifiées ont enregistré une réduction plus importante de la part de l’agriculture.
  - Une sortie plus rapide de l’agriculture a aussi été observée dans les pays ayant connu une amélioration relativement plus rapide de la qualité des exportations.
  - La redistribution sectorielle a eu tendance à renforcer la productivité des économies : les travailleurs sont passés d’activités moins productives à des activités plus productives.
- Le lien étroit entre diversification des produits d’exportation, convergence des niveaux de qualité, et évolution sectorielle de la production intérieure est notable et laisse entrevoir des répercussions positives même lorsque tous les produits ne sont pas échangeables.

### Enseignements tirés des études de cas (six pays)
- Pays étudiés et contextes :
  - Pays à faible revenu avec revenu par habitant inférieur à 1.000 dollars : Rwanda, Tanzanie, Bangladesh.
  - Angola : pays exportateur de pétrole, pays à revenu intermédiaire avec problèmes de développement liés aux ressources naturelles.
  - Viet Nam : pays au seuil du statut de pays à revenu intermédiaire.
  - Malaisie : pays à revenu intermédiaire dont le revenu par habitant a été multiplié par 20 au cours des 40 dernières années.
- Résultats synthétiques :
  - Diversification des produits d’exportation :
    - Angola : concentration accrue des exportations sous l’impulsion du pétrole (guerre civile, syndrome hollandais).
    - Bangladesh : diversification par l’habillement puis reconcentration des exportations.
    - Tanzanie : recul considérable des exportations de cultures vivrières traditionnelles depuis les années 90.
    - Rwanda : diversification des exportations à partir d’un niveau initial bas.
    - Malaisie : historiquement la plus diversifiée, puis recentrage avec domination croissante des produits électroniques dans les années 90; récemment les produits de base regagnent du terrain.
    - Dans tous les pays, la part de l’agriculture dans le total des exportations a régressé; la part des produits manufacturés a augmenté dans tous sauf en Malaisie.
  - Diversification de la production :
    - Cinq pays de l’échantillon ont vu leur diversification de production augmenter; exception : Viet Nam (diversification globale régressée dans les années 2000) mais forte augmentation de la part manufacturière et rapide régression de la part de l’agriculture.
    - Les pays ayant connu la croissance la plus rapide du PIB par habitant ont enregistré la croissance la plus rapide de la production manufacturière.
  - Amélioration de la qualité :
    - Malaisie : niveau moyen de qualité le plus élevé parmi les six pays.
    - Viet Nam et Rwanda : plus forte amélioration de la qualité des exportations depuis les années 90.
    - Tanzanie : qualité moyenne des produits d’exportation par rapport à la norme mondiale a régressé malgré une forte diversification des produits d’exportation sur la même période.

### Marges de la diversification des exportations (marge extensive)
- La diversification des produits d’exportation dépend de :
  - i) nombre de nouvelles variétés de produits lancées au cours d’une année donnée,
  - ii) taux de survie des nouvelles variétés,
  - iii) taux de croissance des variétés qui survivent.
- Observations sur 1990–2010 (variations importantes entre pays et dans le temps) :
  - Malaisie : le nombre de nouvelles variétés a le moins augmenté; les variétés en place représentent la plus grande part des exportations — faible expérimentation associée au recentrage récent.
  - Viet Nam : beaucoup de nouveaux produits; nouvelles variétés ont de fortes chances de survie.
  - Tanzanie : nombre de nouvelles variétés a moins augmenté, mais celles qui ont survécu ont connu une forte croissance, faisant régresser la part des variétés en place.
  - Rwanda : bons résultats d’expérimentation au début des années 2000.
  - Bangladesh : taux d’expérimentation inférieur à la Tanzanie; variétés en place ont moins progressé — explique le niveau actuel exceptionnellement élevé de concentration.
  - Angola : exclu de cette analyse pour faute de données suffisantes.

### Diversification, croissance et stabilité
- Résultats économétriques synthétisés :
  - Existence d’un lien solide entre croissance et diversification (diversification des exportations et de la production) dans les pays à faible revenu.
  - L’amélioration de la qualité et la redistribution sectorielle des ressources sont positivement liées à la croissance.
  - La diversification des exportations (produits et partenaires) est liée à une plus faible volatilité de la production.
- Implication : diversification et transformation structurale sont importantes pour accompagner la croissance et renforcer la stabilité macroéconomique dans les pays à faible revenu.

*Source : COMTRADE, UN National Accounts database, WEO database, IMF staff estimates, analyses et études de cas présentées dans le document.*

### 29.      Après une longue période de résultats médiocres, les pays à faible revenu sont

### 29.      Après une longue période de résultats médiocres, les pays à faible revenu sont

### Croissance récente et hétérogénéité
- De nombreux pays à faible revenu ont connu une croissance très rapide ces 15 dernières années; l’AfSS est la deuxième région dont la croissance est la plus rapide, juste après les pays en développement d’Asie.
- Les cours favorables des matières premières dans les années 2000 ont contribué, mais les pays à faible revenu non exportateurs de produits de base ont aussi enregistré de bons résultats.
- L’amélioration de la stabilité macroéconomique, la solidité renforcée des institutions économiques et politiques et des réformes structurelles de grande envergure ont contribué à l’accélération de la croissance.
- Les pays fragiles ont été moins nombreux à ressentir la poussée d’activité économique après 1995; l’hétérogénéité est aussi visible en matière de diversification (encadré 3 en annexe).

### Lien entre diversification des exportations et croissance
- La diversification initiale présente en moyenne un lien positif avec la croissance ultérieure, bien que ce lien soit très hétérogène (graphique 14).
- Il existe une corrélation entre «vagues» de diversification (poussées de diversification) et «accélérations» de croissance : les poussées de diversification sont liées à de fortes accélérations ultérieures de la croissance, et réciproquement (graphique 15).
- Ces résultats sont plus prononcés dans les pays à faible revenu non fragiles.

### Preuve causale : méthodes et résultats
- Problèmes empiriques adressés : causalité potentielle (la croissance peut entraîner diversification) et vide théorique sur les effets de la diversification sur la croissance.
- Méthode utilisée : Instrumental Variable Bayesian Model Averaging (IVBMA) pour tenir simultanément compte de l’endogénéité et de l’incertitude des modèles (voir supplément, note 1).
- Seuil de signification : un déterminant est considéré comme «effectif» si sa probabilité ultérieure d’inclusion est supérieure à 50 %.

### Résultats empiriques clés
- La diversification des exportations et de la production est l’un des moteurs clés de la croissance, mais uniquement dans les pays à faible revenu.
- La diversification des exportations est l’un des facteurs effectivement les plus déterminants de la croissance dans les pays à faible revenu (graphique 16).
- Résultats comparables selon que la diversification est mesurée par la marge extensive ou la marge intensive.
- Effets quantifiés :
  - Un accroissement d’un écart type de la diversification des produits d’exportation dans les pays à faible revenu augmente leur taux de croissance d’environ 0,8 point de pourcentage.
  - Un accroissement d’un écart type de la diversification de la production dans les pays à faible revenu augmente leur taux de croissance annuel moyen d’environ 1,4 point de pourcentage.

### Amélioration de la qualité et croissance
- L’amélioration de la qualité est corrélée à une croissance plus forte (graphique 17), surtout lorsque l’amélioration intervient dans le secteur manufacturier.
- L’agriculture offre aussi des opportunités d’amélioration de la qualité impliquant un rééquilibrage vers des produits à plus forte valeur ajoutée et des gains de productivité libérant des ressources.
- La part du secteur manufacturier dans le PIB tend à augmenter à mesure que la qualité s’améliore.

### Convergence de la qualité et gains de croissance
- Les pays à faible revenu où la convergence vers la qualité de référence mondiale a été rapide ont affiché une croissance supérieure de plus de 1 % (1 percentage point) par an par rapport aux pays à faible revenu à convergence lente durant la période de convergence de qualité après 1995.
- Cet effet est légèrement plus marqué en incluant les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.
- En Afrique, l’impact positif de l’amélioration de la qualité sur la croissance a été plus faible, bien que supérieur à ½ point de pourcentage par an dans la période après 1995.
- Les petits états ont bénéficié d’une convergence rapide de la qualité donnant à leur croissance annuelle par habitant un supplément de 2 points de pourcentage par an par rapport aux pairs à convergence lente (graphique 18).

### Redistribution sectorielle et productivité
- La croissance de la productivité du travail national provient des contributions de la croissance de la productivité par secteur et des mutations sectorielles (annexe 2, section C).
- Pour les pays à faible revenu :
  - Agriculture et manufacturier ont été principales sources de gains de productivité en Asie.
  - Le secteur des services a été relativement plus dominant en Europe et en Asie centrale (EAC), au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MOAN), ainsi qu’en AfSS.
  - Le secteur minier a joué un rôle important en Amérique latine et dans les Caraïbes (ALC).
- Le redéploiement de la main d’œuvre a entraîné les gains de productivité les plus élevés dans les pays d’Asie; sa contribution a été négative dans certains pays d’Amérique latine et des Caraïbes et surtout dans ceux d’AfSS (graphique 19).

### Écarts de productivité agricole et potentiel
- Les écarts de productivité entre le secteur agricole et le reste de l’économie restent importants dans les pays à faible revenu.
- Mesure : valeur ajoutée réelle moyenne par travailleur agricole en pourcentage de celle dans les secteurs de l’industrie et des services.
- Valeur observée : ces écarts ont avoisiné en moyenne 30 % en 2005 dans les pays à faible revenu, avec une forte dispersion entre pays (graphique 20).

*Source : Extraits du chapitre «Diversification et transformation dans les PFR», FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL (contenu fourni).*

### 38.      Les pays à faible revenu d’Asie semblent être plus avancés que ceux d’AfSS dans le

### 38.      Les pays à faible revenu d’Asie semblent être plus avancés que ceux d’AfSS dans le

### Transformation structurelle : Asie vs AfSS (1990–2010)
- Entre 1990 et 2010, les économies asiatiques, telles que le Viet Nam, ont nettement réduit la taille de leur secteur agricole et redéployé la main d’œuvre vers des activités manufacturières à plus forte valeur ajoutée.
- Au cours de la même période, les pays d’AfSS ont relativement peu réaffecté leurs ressources en dehors du secteur agricole, dont la productivité est en général très faible.
- L’industrie reste peu développée dans les pays d’AfSS et le secteur des services, même s’il est relativement dynamique, est fortement concentré dans des activités à faible valeur ajoutée.
- Après l’année 2000, l’Afrique a commencé à montrer des signes de transformation structurelle : la réaffectation des ressources a commencé à apporter une contribution positive à la croissance générale de la productivité sur le continent.

_Source: IMF staff calculations._

### Diversification et volatilité
- La diversification des exportations et celle de la production sont liées à une baisse de la volatilité de la production dans les pays en développement.
- Selon l’analyse empirique (Supplément, note 2), l’effet de la diversification sur la volatilité s’explique essentiellement par un meilleur équilibre de la gamme existante de produits d’exportation (marge intensive).
- Cet effet subsiste même lorsque les pays sont plus ouverts aux échanges internationaux (mesurés par la part des exportations et des importations dans le PIB).
- La diversification de l’économie peut accroître la résilience aux chocs exogènes et atténuer les vulnérabilités liées à la mondialisation et à l’ouverture aux échanges (canaux : demande extérieure, termes de l’échange).
- Les pays en développement qui se diversifient hors de l’agriculture vers le secteur manufacturier et les services connaissent une inflation moins volatile, car les chocs importants et irréguliers sur l’offre alimentaire pèsent moins sur la dynamique de l’inflation.
- La diversification des partenaires commerciaux contribue également à réduire la volatilité du PIB par habitant.

### Vagues de diversification des produits d’exportation (post-1962)
- Les services du FMI ont identifié 61 épisodes de forte diversification des produits d’exportation dans la période postérieure à 1962, portant sur 51 pays en développement (tableau 1).
- Les vagues de diversification ont été plus fréquentes dans les années 60 et 90, et se répartissent de façon égale entre les régions (en tenant compte du nombre de pays).
- Ces poussées durent en moyenne 13 ans, et vont jusqu’à 20 ans dans les pays d’Asie de l’Est et du Pacifique.
- Des exemples historiques : Chili, Malaisie, Thaïlande, Ghana, Madagascar, Mauritanie ont connu de rapides poussées de diversification dans les années 70 et 80.
- La Malaisie a connu une forte diversification dans les années 70 et 80, mais ce processus s’est arrêté dans les années 90.

### Effet des vagues de diversification sur la volatilité
- Les vagues de diversification des produits d’exportation s’accompagnent d’un recul de la volatilité du PIB par habitant dans les pays en développement.
- Effet particulièrement prononcé dans les pays à faible revenu : la volatilité de la production diminue de 0,5 point de pourcentage à l’issue d’une vague de diversification (graphique 24).
- Dans le reste de l’échantillon, l’effet est important mais de l’ordre de la moitié de ce qu’il est dans les pays à faible revenu.

### Facteurs de diversification des produits d’exportation
- L’analyse de régression met en évidence des associations entre diversification et un ensemble de paramètres économiques fondamentaux et de politiques ; ces relations sont interprétées comme des associations statistiques plutôt que des liens de causalité.
- Un point critique (PC) pour le PIB par habitant est identifié à 25.000 dollars américains en parité de pouvoir d’achat 2005 ; en deçà de ce niveau, les pays sont au stade de la diversification, au-delà ils tendent à reconcentrer leur structure d’exportation.
- Associations constatées :
  - Des niveaux plus élevés de la qualité de l’enseignement et des institutions, notamment une meilleure protection des droits de propriété, s’accompagnent d’une plus forte diversification des produits d’exportation — résultat significatif économiquement pour les pays en développement (ceux situés en deçà du PC).
  - Des systèmes financiers plus profonds (mesurés par le ratio crédit secteur privé / PIB) s’accompagnent d’une plus forte diversification des produits d’exportation dans les pays en développement (ceux situés en deçà du PC).
  - La mondialisation (indice de mondialisation du KOF) se traduit par un accroissement de la diversification des exportations pour tous les pays.
  - Les échanges Sud-Sud en croissance et l’augmentation de la part des exportations dans les économies en développement s’accompagnent d’une plus forte diversification des exportations.
  - La proximité des marchés importe pour la diversification; les pays enclavés ont des économies moins diversifiées.
  - Plusieurs réformes — libéralisation des échanges, réformes de l’agriculture — vont de pair avec la diversification; les réformes agricoles ont l’impact le plus fort sur les pays aux premières étapes de développement.
  - La sous-évaluation du taux de change réel (TCR, mesuré par rapport à un TCR d’équilibre calculé sur la base de la parité de pouvoir d’achat, en tenant compte de l’effet Balassa-Samuelson) s’accompagne d’une plus forte diversification des exportations, probablement parce qu’elle améliore la rentabilité des entreprises productrices de biens échangeables.
    - Avertissement : maintenir un taux de change relativement déprécié à long terme peut conduire soit à une hausse continue de l’inflation (à mesure que le TCR s’équilibre par des ajustements des prix intérieurs), soit à détourner l’épargne nationale vers une accumulation d’avoirs financiers extérieurs à faible rendement (réserves), deux résultats défavorables à la croissance.
- Note méthodologique : le PC est pris en compte en incluant à la fois le PIB par habitant et son terme quadratique dans la régression. L’échantillon porte sur tous les pays (en développement et émergents).

### Facteurs de mutation sectorielle et de productivité
- Les politiques et les institutions affectent directement l’ampleur des réallocations de ressources entre secteurs (valeur ajoutée ou emploi).
- Analyse pour un groupe de pays à faible revenu (1995–2010) : les mutations sectorielles réagissent au cadre réglementaire et aux infrastructures, influant sur la mobilité du travail.
- Politiques associées à une hausse de la part de l’emploi manufacturier :
  - Libéralisation du marché de l’électricité.
  - Assouplissement du crédit.
  - Allègement des règles relatives au marché du travail et aux entreprises.
- L’amélioration de l’enseignement est liée à une hausse de la part de la valeur ajoutée dans l’industrie manufacturière et les services.
- La réduction des tarifs moyens à l’importation dans ce groupe de pays à faible revenu s’accompagne d’un redéploiement de la main d’œuvre vers d’autres secteurs que l’agriculture (Supplément, note 3).
- Réformes stimulant la croissance de la productivité sectorielle :
  - Élimination des barrières douanières et allègement des contrôles des taux d’intérêt : effet positif sur la croissance de la productivité, notamment en améliorant l’efficacité de l’agriculture via meilleur accès au marché et à la technologie.
  - Réformes du secteur financier intérieur, libéralisation du compte de capital (IDE), amélioration des infrastructures routières et de l’enseignement : facteurs importants pour la productivité de l’industrie manufacturière.
  - Dans les services, la libéralisation des industries de réseaux, en particulier des télécommunications, est une source de gains de productivité (concurrence, innovation, IDE, meilleur accès à moindre coût).
- Données et mesures : les changements au niveau de l’emploi sont la méthode de choix pour mesurer les mutations sectorielles, mais les données d’emploi sectoriel dans les pays à faible revenu sont de qualité médiocre et de portée inégale ; l’analyse complète la mesure de l’emploi par la valeur ajoutée disponible dans la base de données des Nations-Unies sur la comptabilité nationale.

_Source: IMF staff calculations._

### 45.      La qualité à la fois du capital humain et des institutions révèle un lien positif avec une

### La qualité à la fois du capital humain et des institutions révèle un lien positif avec une croissance de la qualité des produits

### Lien entre capital humain, institutions et qualité des produits
- Les estimations de régression montrent qu’un déplacement vers le haut de la chaîne de valeur s’accompagne d’une main d’œuvre plus qualifiée (référence: Stockey, 1990).
- Le passage à un secteur manufacturier de milieu de gamme au Viet Nam a été facilité par d’importantes améliorations de l’enseignement secondaire et tertiaire.
- La qualité des institutions présente un lien positif avec la qualité des produits, probablement parce que de solides cadres institutionnels encouragent les investissements nécessaires pour améliorer les processus et les produits.
- D’autres facteurs favorables à l’amélioration de la qualité mentionnés: régimes libéralisés d’échanges, politique agricole, et marchés financiers intérieurs.
- Ces liens sont significatifs à la fois statistiquement et économiquement (Supplément, note 4).

- Mesures et définitions:
  - La qualité des institutions est mesurée au moyen des contraintes sur la variable d’exécution de la base de données «Polity IV»; des résultats similaires sont obtenus avec les indicateurs Kaufmann-Kraay-Mastruzzi.
  - Le capital humain est mesuré au moyen du taux d’achèvement des études secondaires, extrait des Indicateurs du développement dans le monde.

### Potentiel d’amélioration de la qualité et contrainte de la demande
- Le potentiel d’amélioration de la qualité dans les pays à faible revenu ne semble pas limité par la demande sur les marchés destinataires.
- Le graphique 25 montre que le niveau moyen de qualité importé par les pays à faible revenu (barres bleues) est nettement plus élevé que le niveau moyen de qualité exporté par ces pays (barres rouges).
- Interprétations:
  - Les pays à faible revenu n’ont pas besoin de changer de marchés de destination pour réaliser leur potentiel d’amélioration de la qualité; la demande de qualité sur leurs marchés actuels d’exportation n’est apparemment pas un obstacle.
  - Plus les revenus du pays exportateur sont faibles, plus l’amélioration qui reste à faire est importante (c-à-d l’écart entre les barres rouges et bleues).
  - Ce schéma se retrouve dans tous les sous-groupes de pays à faible revenu: les pays les plus fragiles montrent un écart plus important que leurs pairs non fragiles; les pays à faible revenu d’ensemble de l’Afrique ont un écart plus important que les pays de la même catégorie à revenu supérieur.
  - Les petits états présentent un potentiel d’amélioration plus limité sur leurs marchés actuels de destination.
  - Les pays à faible revenu commercent avec des pays destinataires qui importent des produits dont la qualité est inférieure à celle exportée par des pays à plus haut revenu.
  - Conclusion: la réorientation des échanges vers des marchés à plus haut revenu n’est pas urgente à ce stade pour tirer parti du potentiel d’amélioration de la qualité.

- Note méthodologique:
  - Le niveau moyen de qualité des importations est calculé chez tous les exportateurs vers ces marchés destinataires (notamment les exportateurs à haut revenu et à revenu intermédiaire).

### Études de cas par pays — facteurs récurrents de diversification et transformation
- La diversification et la transformation structurelle s’appuient souvent sur des mesures et des réformes d’ordre général; bien que les trajectoires diffèrent, des similarités indiquent que la diversification réussie repose sur des mesures de politique générale et des facteurs économiques (Supplément, note 5).
- Éléments observés dans les pays étudiés:
  - Stabilisation macroéconomique: le Viet Nam, le Rwanda et la Tanzanie montrent une coïncidence entre diversification réussie et amélioration des politiques macroéconomiques et de la stabilité.
  - Réduction des obstacles à l’entrée: tend à doper la diversification en réduisant les coûts et en encourageant les entrepreneurs à s’étendre (exemples: Viet Nam, Rwanda, Tanzanie, Bangladesh).
  - Investissement en infrastructures: réduit les coûts opérationnels des entreprises; l’État a un rôle important comme producteur et/ou régulateur des infrastructures.
  - Investissement en ressources humaines: fondamental pour progresser sur l’échelle de qualité.
    - Exemples chiffrés: le Viet Nam est parvenu à augmenter d’environ 50 % en à peine vingt ans le nombre moyen d’années de scolarité de sa main d’œuvre; le Rwanda a allongé la scolarité pour tous jusqu’à la fin du collège.
- Réformes menées en «vagues»:
  - Les réformes adaptées au stade de développement sont cruciales; étapes initiales (main d’œuvre peu qualifiée) peuvent privilégier la déréglementation des prix intérieurs, la réforme de l’agriculture et la libéralisation des échanges.
  - À des stades ultérieurs, priorité au perfectionnement des compétences et à l’approfondissement du système financier.
  - Exemple: le Viet Nam est passé en moins de vingt ans d’exportateur de produits agricoles de qualité médiocre à exportateur performant de produits manufacturés de milieu de gamme.
- Rôle des politiques ciblées par secteur:
  - Leur contribution reste débattue; certains pays (Malaisie, Viet Nam, Bangladesh) ont soutenu des secteurs particuliers avec des succès mitigés.
  - Les politiques industrielles facilitant l’agglomération industrielle (zones industrielles, zones franches) ont été efficaces pour produire économies d’échelle, diffusion des compétences, et liaisons en amont/aval («externalités marshalliennes»).
  - Risque: subventions explicites au secteur peuvent être captées en cas de faible gouvernance; choix du «modèle gagnant» est de plus en plus difficile à long terme du fait du progrès technologique et de la mondialisation.

### Conseils de politique générale — synthèse et recommandations
- Objectif stratégique:
  - Les pays à faible revenu doivent considérer la transformation structurelle et la diversification comme composantes fondamentales de leur stratégie de développement pour renforcer la croissance et réduire la volatilité.
  - Actions clés: réaffectation des ressources vers des secteurs plus productifs, diversification vers de nouveaux produits, amélioration de la qualité des produits existants.
- Complémentarité diversification / amélioration de la qualité:
  - Les deux sont souvent complémentaires; par exemple, se lancer dans des produits ayant une longue échelle de qualité présente un potentiel important d’amélioration de la qualité.
- Caractéristiques particulières:
  - Le rythme de transformation varie considérablement; il existe encore un potentiel considérable d’amélioration, en particulier pour: pays riches en ressources naturelles, petits états, états fragiles — nécessitant des approches spécifiques.
- Agriculture:
  - La politique de développement ne doit pas négliger l’agriculture en raison du fort potentiel de gains de productivité et de qualité et de son importance comme source d’emplois.
  - La transformation agricole peut augmenter la productivité et la qualité, encourager les produits agricoles à forte valeur ajoutée, produire de nouveaux produits, et favoriser le passage d’une agriculture de subsistance à une agriculture marchande.
  - Le potentiel d’amélioration de la qualité ne se limite pas au manufacturier; la qualité des produits manufacturés et agricoles augmente sensiblement avec le développement.
- Politiques «horizontales» efficaces:
  - Amélioration de l’enseignement et des infrastructures.
  - Amélioration de l’environnement institutionnel et réglementaire.
  - Amélioration de l’accès aux nouveaux marchés d’exportation.
  - Réformes structurelles: libéralisation des échanges, réduction des subventions agricoles et des contrôles de prix, approfondissement financier par des réformes du secteur bancaire.
  - Ces politiques se sont avérées efficaces pour favoriser la diversification, le transfert des ressources intersectorielles, et l’amélioration de la qualité.
- Politiques ciblées:
  - Les mesures très ciblées restent discutables; des politiques plus vastes visant à remédier à des défaillances particulières du marché (favoriser l’agglomération industrielle, fournir des informations pour les nouvelles industries exportatrices) ont joué un rôle dans l’adoption de nouvelles activités économiques.
- Approche recommandée:
  - En pratique, l’hétérogénéité entre expériences et contraintes nationales exige une démarche souple et individualisée par pays.

*Source: Extraits du document PDF fourni.*

### 53.      Pour faciliter une analyse plus détaillée au niveau des pays, les services du FMI ont

### _030515f - 53.      Pour faciliter une analyse plus détaillée au niveau des pays, les services du FMI ont

### Outils de diversification
- Les services du FMI ont élaboré une nouvelle panoplie d’outils de diversification permettant d’accéder facilement à des données très désagrégées, au niveau de chaque produit, sur:
  - la diversification des exportations;
  - la qualité des produits.
- Objectifs: permettre aux autorités, aux équipes des missions, aux chercheurs et analystes d’évaluer plus minutieusement toutes les possibilités de transformation et d’amélioration de la qualité existantes.

### Mesure de la diversification (indices de Theil)
- Types d’indices calculés: indice global de Theil, indice intensif (à l’intérieur d’un secteur) et indice extensif (entre secteurs), selon définitions et méthodes utilisées par Cadot et al., (2011).
- Classification des produits:
  - «traditionnel»: bien exporté au début de l’échantillon (valeur de substitution constante dans le temps);
  - «non échangé»: bien sans exportation sur l’ensemble de l’échantillon (valeur de substitution constante);
  - «nouveau»: produit non échangé pendant au moins les deux années précédentes puis exporté pendant les deux années suivantes (valeur de substitution pouvant évoluer).
- Indice extensif de Theil (pour chaque pays/année):
  - T_B = ∑_k (N_k/N) (μ_k/μ) ln(μ_k/μ),
  - où k représente chaque groupe (traditionnel, nouveau, et non échangé), N_k est le nombre total de produits exportés dans chaque groupe, et μ_k/μ est la moyenne relative des exportations dans chaque groupe.
- Indice intensif de Theil (pour chaque pays/année):
  - T_W = ∑_k (N_k/N) (μ_k/μ) {(1/N_k) ∑_{i∈I_k} (x_i/μ_k) ln(x_i/μ_k)},
  - où x représente la valeur d’exportation.

### Mesure et estimation de l’amélioration de la qualité
- Les indices de Theil mesurent l’ampleur de la diversification entre différentes catégories de produits; ils ne mesurent pas l’amélioration de la qualité (niveau moyen de qualité à l’intérieur de chaque catégorie).
- Méthode de référence (voir Henn et al., (2013) pour détails): évaluation de la qualité en fonction de valeurs unitaires, version modifiée de Hallak (2006) pour assurer une couverture maximale.
- Hypothèse de base (prix d’échange en valeur unitaire équivalente):
  - ln p_{mxt} = ζ0 + ζ1 ln θ_{mxt} + ζ2 ln y_{xt} + ζ3 ln Dist_{mx} + ξ_{mxt}   (équation 1)
  - indices: m = importateur, x = exportateur, t = période;
  - prix reflètent: qualité inobservable θ_{mxt}; revenu par habitant de l’exportateur y_{xt}; distance Dist_{mx}.
- Équation de gravité augmentée de la qualité (par produit):
  - ln(Imports)_{mxt} = ImFE + ExFE + α ln Dist_{mx} + β I_{mxt} + δ ln θ_{mxt} ln y_{mt} + ε_{mxt}   (équation 2)
  - ImFE et ExFE: effets fixes importateurs et exportateurs; I_{mxt}: matrice de facteurs déterminants du commerce (littérature sur la gravité).
- Remplacement du paramètre de qualité non observable par paramètres observables conduit à l’équation estimée (3) avec transformations des coefficients (ζ′, ξ′).
- Estimation:
  - L’équation est estimée séparément pour chacune des 851 catégories de produits à quatre chiffres ou plus de la CTCI, donnant 851 ensembles de coefficients.
  - Méthode: moindres carrés en deux étapes.
- Calcul des estimations de la qualité:
  - Quality_estimate_{mxt} = δ ln θ_{mxt} = ζ1′ ln p_{mxt} + ζ2′ ln y_{xt} + ζ3′ ln Dist_{mx}.
  - Production d’un jeu complet d’estimations de la qualité (plus de 20 millions de combinaisons produit-exportateur-importateur-année).
  - Normalisation: toutes les estimations de la qualité sont d’abord normalisées à leur 90ème percentile dans le binôme produit-année correspondant.
  - Résultats typiques: valeurs de qualité généralement réparties entre 0 et 1,2 (notation française avec virgule).
  - Agrégation: estimations agrégées en utilisant les valeurs d’échange en cours comme pondération jusqu’aux niveaux sectoriels (1, 2, 3, et 4 chiffres de la CTCI, totaux par pays), avec renormalisation au 90ème percentile à chaque étape.
  - Agrégations également faites selon le classement BEC et sur trois grands secteurs: agriculture, biens non agricoles et biens manufacturés.
  - Pour comparaison avec les valeurs unitaires, celles-ci sont aussi normalisées au 90ième percentile qui correspond à l’unité.
- Remarque méthodologique:
  - Il est noté que taux de change et tarifs douaniers peuvent influencer les prix d’exportation/importation; toutefois, tous les prix sont exprimés en dollars américains et les effets non temporels des grilles tarifaires et des taux de change sont partiellement contrôlés par les effets fixes importateurs/exportateurs.

### Productivité sectorielle et mutations entre secteurs
- Notation:
  - productivité du travail: y;
  - parts de l’emploi: s;
  - parts de la valeur ajoutée: s_Y;
  - secteurs: j;
  - première différence: d.
- Décomposition de la croissance agrégée de la productivité du travail (pour un pays donné sur une année donnée):
  - Premier terme de droite: effet de réaffectation sectorielle — variation de la part de l’emploi d’un secteur pondérée par la productivité de ce secteur (par rapport à la productivité agrégée initiale).
  - Deuxième terme: contribution de la croissance de la productivité à l’intérieur du secteur — croissance de productivité du secteur pondérée par la part de valeur ajoutée initiale du secteur.
- Sources de données:
  - parts de valeur ajoutée dans 7 secteurs: Nations-Unies (1970–2010);
  - parts de l’emploi dans 7 secteurs: OIT (1969–2009) (classification à 1 chiffre).

### Annexe 1. Liste des pays à faible revenu
- Afghanistan
- Bangladesh
- Bénin
- Burkina Faso
- Burundi
- Cambodge
- République centrafricaine
- Comores
- Congo (Rép. dém.)
- Érythrée
- Éthiopie
- Gambie
- Ghana
- Guinée
- Guinée-Bissau
- Haïti
- Kenya
- Kirghize (Rép.)
- Lao (Rép. Dém. Pop.)
- Libéria
- Madagascar
- Malawi
- Mali
- Mauritanie
- Mozambique
- Népal
- Niger
- Ouganda
- Ouzbékistan
- Rwanda
- Sénégal
- Sierra Leone
- Tadjikistan (Rép.)
- Tanzanie
- Tchad
- Togo
- Viet Nam
- Zambie
- Zimbabwe
- Source: Banque mondiale (Indicateurs du développement dans le monde), 2009.

*Fonds monétaire international — DIVERSIFICATION ET TRANSFORMATION DANS LES PFR*

### 10.000 dollars (Henn et al., 2013). Les petits états ont

### _030515f - 10.000 dollars (Henn et al., 2013). Les petits états ont

### Qualité des exportations et position sectorielle des petits États
- Les petits états ont « considérablement amélioré la qualité dans le secteur manufacturier depuis le début des années 2000, à partir de niveaux déjà hauts, et sont actuellement en train de rejoindre le niveau mondial de référence pour les produits manufacturés. »
- Dans l’agriculture, la qualité des exportations des petits états reste faible, bien qu’« une certaine mise à niveau de la qualité se soit produite depuis le milieu des années 90. »
- La position des petits états sur l’échelle de qualité sectorielle est « relativement élevée, surtout dans les secteurs des produits manufacturés, produits chimiques, matériel de transport et équipements mécaniques. »
- Observation méthodologique : pour les petits états analysés, 16 pays sur 25 se sont situés au-dessus de 0,8 sur l’échelle de qualité de référence mondiale dans le secteur manufacturier.
- Limitation : « Les données et la méthodologie ne permettent toutefois pas de ventiler la position des différents produits de base dans la chaîne de valeur », ce qui peut conduire à enregistrer des pays comme exportant des produits finaux à forte valeur ajoutée alors qu’ils ne réalisent que le montage final ou la finition.

### Différences entre pays à faible revenu fragiles et non fragiles — diversification et qualité
- Définition : les pays à faible revenu dits fragiles présentent des institutions politiques, économiques ou sécuritaires en état de faiblesse ou de défaillance.
- Évolution de la diversification (comparaison 1965-1990 vs 1991-2010) : les pays à faible revenu non fragiles ont davantage diversifié leurs économies que les pays à faible revenu fragiles.
- Niveau moyen de qualité : à la fin des années 80, le niveau moyen de qualité des exportations des pays à faible revenu non fragiles faisait partie des 5 % les plus bas de tous les pays; depuis lors ces pays ont amélioré leur niveau moyen de qualité, sous l’impulsion du secteur manufacturier.
- Écart de qualité et croissance : les pays à faible revenu fragiles n’ont pas convergé vers ces niveaux et demeurent parmi les exportateurs dont la qualité est la plus faible au monde. Cet écart peut en partie expliquer la différence de croissance annuelle du PIB par habitant entre ces deux groupes depuis 1990 — 1,1 % contre 3,4 %.
- Vagues de diversification et accélérations de la croissance : les vagues de diversification s’accompagnent généralement ensuite de fortes accélérations de croissance, particulièrement pour les pays à faible revenu non fragiles; les accélérations de croissance sont suivies d’un accroissement de la diversification dans ces mêmes pays non fragiles.
- Secteurs clés : dans trois secteurs CTCI à 2 chiffres importants pour les exportations des pays à faible revenu — fruits et légumes; café, thé, cacao et épices; et habillement — les pays à faible revenu non fragiles dépassent de très loin leurs homologues fragiles.
- Produit spécifique : « Les pays à faible revenu non fragiles ont réussi à transformer les améliorations de qualité en gains de parts de marché dans le secteur du café, thé, cacao et épices. » Les fragiles ont commencé à inverser les baisses de qualité depuis le début des années 2000 mais n’ont pas encore gagné des parts de marché.

### Transformation structurelle, volatilité de l’inflation et politique monétaire
- Mécanisme : le passage de l’agriculture à l’industrie manufacturière et aux services modifie la composition de l’Indice des prix à la consommation (IPC) parce que les ménages consacrent une part plus élevée de leurs dépenses à l’alimentation aux premiers stades du développement.
- Conséquences :
  - La rigidité des prix diminue au fur et à mesure que l’économie se détourne de l’agriculture, ce qui renforce le rôle de la politique monétaire pour stabiliser prix et activité.
  - Aux premiers stades, l’inflation est fortement influencée par les chocs de productivité agricole et par les fluctuations des prix alimentaires relatifs; les chocs généralisés sur les prix jouent un rôle plus limité.
  - Les économies à large secteur agricole sont moins capables de s’adapter aux chocs sur la production alimentaire, rendant le prix relatif de l’alimentation plus sensible à chaque choc et l’inflation moins volatile.
- Données empiriques :
  - Portillo et al. (2014) : la volatilité des prix alimentaires représente 50 % de la volatilité de l’inflation en Afrique, contre seulement 2 % aux États-Unis.
  - L’inflation est quatre fois plus volatile dans un échantillon de 16 pays d’Afrique qu’aux États-Unis, et « la transformation structurelle représente environ 16 % de l’écart de volatilité. »

### Taux de change réel (TCR), diversification et croissance
- Débat théorique : un TCR sous-évalué peut favoriser la croissance en subventionnant le secteur des biens échangeables (Rodrik, 2008), tandis que d’autres soulignent que tout désalignement durable du TCR est symptomatique de déséquilibres macroéconomiques nuisibles à la croissance.
- Effets potentiels d’un TCR sous-évalué :
  - Il peut encourager la diversification et la transformation structurelle en réduisant le risque associé à l’investissement dans de nouveaux secteurs orientés vers l’exportation (Razmi, 2013).
  - Il peut subventionner la prise de risques dans le secteur des biens échangeables en dopant la rentabilité des entreprises.
- Evidence empirique :
  - Un échantillon de 90 pays en développement (49 pays émergents et 41 pays à faible revenu) pour 1962–2010 montre que la sous-évaluation du TCR va de pair avec une diversification des exportations vers de nouveaux produits et partenaires; résultat confirmé dans un échantillon de 116 pays (Wang, 2014).
  - La relation est évaluée comme une corrélation conditionnelle contrôlant pour le revenu par habitant (tendance quadratique), la volatilité du taux de change nominal, l’ouverture, la profondeur financière, l’investissement, l’éducation, et des effets fixes pays.
  - Corrélation observée : plus le TCR est sous-évalué (valeurs positives du désalignement), plus forte la diversification des produits d’exportation et des partenaires; plus il est sur-évalué (valeurs négatives), moins diversifié le pays.
- Limites et coûts d’une politique de TCR délibérément sous-évalué :
  - Maintenir une sous-évaluation durable implique d’accepter soit des niveaux d’inflation élevés et instables, soit une accumulation constante de réserves extérieures élevées, ce qui peut nuire à l’allocation de l’épargne nationale.
  - Si la dépréciation corrige d’autres distorsions, il est préférable de cibler ces distorsions institutionnelles et défaillances de marché plutôt que d’utiliser une politique de promotion des exportations fondée sur le taux de change.

*Source: Extraits du PDF fourni (Comtrade, IMF staff estimates; travaux cités: Henn et al., 2013; Portillo et al., 2014; Rodrik, 2008; Razmi, 2013; Wang, 2014; Dabla-Norris et al., 2013; Walsh, 2011).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/websites/imf/imported-publications/external/french/np/pp/2015/_030515f.pdf_
