## _cr12249f

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### 1. Une réduction rapide et continue de la pauvreté exige une croissance inclusive — constats et conclusions (2000–2008)
- Conditions pour réduire rapidement la pauvreté:
  - La croissance doit être (i) forte et durable; (ii) s'étendre à tous les secteurs; (iii) créer des emplois productifs; et (iv) faire appel à la majeure partie de la population active.
- Niveau et évolution de la pauvreté:
  - En 2008, 42 % de la population se trouvaient en deçà du seuil national de pauvreté.
  - Mesure pluridimensionnelle: la proportion de pauvres ressortait à 62 % en 2007.
  - Réduction limitée: le taux de pauvreté n'a baissé que de 5 points pendant la période 2000–2008.
- Disparités urbain/rural et régionales:
  - Taux de pauvreté en milieu rural: dépassent 60 %; incidence de la pauvreté extrême double de celle observée en milieu urbain.
  - Taux de pauvreté régional en 2008: varie de 15,5 % à Nouakchott à 68 % dans la région de Tagant.
- Indicateurs de bien-être et inégalités:
  - Pourcentage de ménages déclarant ne pas avoir les moyens de satisfaire les besoins nutritionnels: 40% en 2000, 60 % en 2008.
  - Coefficient de Gini: 39 en 2000 et 38 en 2008.
  - Part des dépenses consacrées à l'alimentation: a augmenté de 2000 à 2008 (contraires à la loi d'Engel).
  - Indice de développement humain (IDH): assez faible; récemment inférieur au niveau observé dans la plupart des pays d'Afrique sub-saharienne.
- Croissance et impact différencié par sous-période:
  - 2000–2004:
    - Hausse moyenne de la consommation réelle par habitant: 1.4 (en %).
    - Croissance pro-pauvre au taux de pauvreté initial: 2.3 (en %).
    - Accroissement du PIB par habitant: 1.1 (en %).
    - Conclusion: croissance favorable aux pauvres; consommation réelle par habitant des ménages pauvres a augmenté à un taux annuel de 2,3 %.
  - 2004–2008:
    - Hausse moyenne de la consommation réelle par habitant: 1.7 (en %).
    - Croissance pro-pauvre au taux de pauvreté initial: 0.5 (en %).
    - Accroissement du PIB par habitant: 2.8 (en %).
    - Conclusion: croissance non inclusive; consommation réelle par habitant a augmenté de 3,4 % par an dans la classe moyenne et diminué de 0,5 % parmi les 20 % des ménages les plus pauvres.
- Facteurs limitant l'inclusivité (2004–08):
  - Chocs politiques et dépenses discrétionnaires: deux coups d'État militaires et premières élections présidentielles démocratiques; découverte de pétrole en 2006 (non confirmée) a entraîné forte progression des dépenses publiques sans bénéfices évidents pour les plus pauvres.
  - Augmentation de la masse salariale publique: doublement des salaires de tous les fonctionnaires de 2004 à 2008, correspondant à une hausse annuelle de 15 % en termes réels; taux de pauvreté chez les fonctionnaires: 22 %; concentration des fonctionnaires à Nouakchott aggrave les disparités régionales.
  - Subventions énergétiques: près de 80 % des subventions vont aux 40 % les plus riches; subventions mal ciblées en 2008.
  - Structure productive et marché du travail: exportations dominées par produits miniers: 75 %; industrie manufacturière en début de développement; terres fertiles et pêche sous-exploitées; inadéquation du système éducatif et taux de chômage des jeunes élevés.
- Recommandations synthétiques:
  - Améliorer l'impact distributionnel des dépenses publiques: promouvoir décentralisation administrative; s'abstenir d'augmenter les salaires du secteur public pour réduire la pauvreté; privilégier mesures ciblées pour fonctionnaires faiblement rémunérés.
  - Accélérer transition vers des subventions bien ciblées; renforcer programme de transferts en numéraire.
  - Faciliter accès aux services de santé et d'éducation: étendre unités de soins, développer réseau d'enseignement secondaire.
  - Créer infrastructures favorisant insertion: construire des routes dans zones reculées.
  - Améliorer accès aux services financiers: 17 % des adultes ont un compte bancaire en Mauritanie (selon une récente enquête de la Banque mondiale); ouvrir davantage le secteur bancaire.
  - Améliorer qualité des dépenses pro-pauvres: maintenir un plancher des dépenses pro-pauvres; exclure dépenses aux bénéfices marginaux pour les pauvres; surveiller qualité de la prestation des services publics; renforcer responsabilisation et suivi.

### 2. Choc positif sur les termes de l'échange en 2010/11, liquidité bancaire et transmission monétaire
- Nature du choc et canaux de transmission:
  - La hausse des prix des produits de base a fortement augmenté les entrées de devises, notamment liées aux exportations de minerai de fer.
  - Autorités ont constitué un "matelas" de réserves officielles de change, gonflant le bilan de la Banque centrale et accru la liquidité bancaire.
  - Mode de rapatriement:
    - SNIM : compte en monnaie locale à la Banque centrale; en 2011, à peu près 80 % de ses rapatriements ont créé de la liquidité.
    - Sociétés minières étrangères : comptes dans banques commerciales; cession obligatoire des devises (nouvelle règle de la Banque centrale) fait que leurs rapatriements augmentent directement la liquidité bancaire sans stérilisation.
- Effet sur financement du Trésor et composition des actifs bancaires:
  - Augmentation des recettes minières de la SNIM a réduit l'incitation du Trésor à émettre des bons auprès des banques.
  - Résorption des arriérés de paiement et transferts aux entreprises publiques déficitaires réduisent leur besoin de crédit bancaire.
  - Conséquence: réserves libres progressent après remboursement des bons du Trésor au second semestre de l'an dernier.
- Politique de stérilisation et accommodation monétaire:
  - En l'absence d'une politique active de stérilisation, choc a entraîné une accommodation des conditions monétaires.
  - Instruments limités: réserves obligatoires (non utilisés en raison d'importantes différences de liquidité entre banques) et cession de devises (recours limité par objectif d'accumulation des réserves).
  - Excès de liquidité illustré par baisse des rendements des bons du Trésor à un niveau sans précédent d'un peu moins de 3 %.
- Comportement du crédit et masse monétaire en 2011:
  - Crédit au secteur privé: +10,6 % en 2011.
  - Masse monétaire au sens large: +19,9 % en 2011.
  - Entrée de nouvelles banques: deux nouvelles banques sont entrées sur le marché l'année dernière.
- Canal du crédit et rôle des réserves:
  - Canaux taux d'intérêt, prix des actifs et taux de change peu développés; canal du crédit bancaire le plus pertinent.
  - Théorie: banques ciblant ratio optimal réserves/crédit; choc exogène sur réserves entraîne un mouvement du crédit si réserves et crédits sont substituts imparfaits.
  - Banque centrale contrôle réserves via interventions sur marchés de change, opérations de refinancement et coordination avec le Trésor.
- Analyse empirique (période 2006–11):
  - Instrument exogène: exportations de poissons (16 % du total des exportations de biens pendant les cinq années jusqu'en 2011).
  - Résultat: variation des réserves résultant du rapatriement des recettes d'exportation du poisson n'a pas d'effet sur l'activité de crédit des banques.
  - Spécifications alternatives (crédits à l'État, crédits commerciaux à court terme) n'affichent pas de relation robuste entre réserves et crédit.
  - Interprétation: transmission monétaire faible voire inefficace dans pays à bas revenu.
- Facteurs limitant l'influence de la politique monétaire:
  - Dimension structurelle: en 2008 "écart de crédit" positif de 5,1 %; usage répandu du numéraire et sous-développement du système de paiement limitent mobilisation de financements bancaires.
  - Concurrence: douze banques commerciales, dont cinq sous contrôle étranger; entrée de trois banques étrangères de 2006 à 2010 a intensifié la concurrence.
  - Concentration du crédit: 20 prêts les plus importants aux entreprises publiques ou affiliées représentaient 30 % de l'encours des crédits (fin 2010).
  - Faiblesses institutionnelles: asymétrie d'information; bureau de crédit créé en 2005 n'opère pas encore un échange régulier en temps réel; droits limités des créanciers; procédures judiciaires longues; planchers et plafonds de taux d'intérêt perturbent l'allocation du crédit.
  - Qualité des actifs et réglementation: créances en souffrance au 31 décembre 2011 = 28,7 % du montant brut des concours; provisionnées à 91 %; insuffisances de gestion interne du risque identifiées en 2010; adoption récente d'une réglementation sur systèmes de gestion interne des risques.
- Statistiques clés (extraits):
  - Années de choc: 2010/11.
  - SNIM: en 2011, à peu près 80 % de ses rapatriements ont créé de la liquidité.
  - Rendement des bons du Trésor: un peu moins de 3 %.
  - Crédit au secteur privé (2011): +10,6 %.
  - Masse monétaire au sens large (2011): +19,9 %.
  - Part du poisson dans les exportations de biens (cinq années jusqu'en 2011): 16 %.
  - En 2008: "écart de crédit" positif de 5,1 %.
  - Structure du système bancaire: 12 banques commerciales, dont 5 sous contrôle étranger.
  - Entrée de banques étrangères: 3 entre 2006 et 2010.
  - Grandes expositions (fin 2010): 20 prêts les plus importants = 30 % de l'encours des crédits.
  - Créances en souffrance (fin 2011): 28,7 %; provisionnées à 91 %.
  - Taux débiteur officiel: actuellement 9 % (plafond = taux officiel + 8 points).

### 16. Failles réglementaires, supervision parfois passive et implications
- Failles de la réglementation et actions récentes:
  - Jusqu'en mars 2012, la réglementation limitait l'exposition à une seule société et non à un groupe, permettant dépassement des engagements sur le groupe; faille désormais supprimée et réglementation alignée sur normes internationales.
  - Autorité de contrôle n'a pas toujours pris des mesures rapides de redressement pour violations concernant parties liées et limites de concentration des risques.
- Preuve empirique du rôle de la supervision:
  - Régression (préservée telle quelle):
    - Ecart crédit_it =    0.3   + 6.0 supervision proactive_it - 2.9 régime de change de fait_it + 0.5 inflation_it (0.0) (2.5) (-4.1) (2.6) + 0.5 stabilité_it + 0.2 ouverture commerciale_t - 0.5 concentration du secteur bancaire_it (1.4) (7.2) (-6.9)
    - R2: 0.61
    - Observations: 62
  - Résultat clé: dans pays avec contrôle bancaire intrusif, "écarts de crédit" au secteur privé supérieurs de 6 % du PIB en moyenne.
- Marché interbancaire et transmission:
  - Marché interbancaire étroit; banques importantes et liquides prêtant rarement aux autres; rôle de prêteur en dernier ressort par la Banque centrale incertain.
  - Conséquence: banques réticentes à utiliser réserves excédentaires pour prêter au secteur privé; changes de trésorerie d'une banque n'influencent pas le reste du système.
- Diagnostics et statistiques saillantes:
  - 78 % du passif des banques financé par des dépôts internes.
  - Financement transfrontalier réduit: 7 % du PIB en 2011.
  - Endettement des banques auprès de contreparties externes en 2011: 124 millions de dollars, dont 73 % pour l'Europe (à peine 2 % du PIB).
  - Établissements européens détiennent 7 % des actifs bancaires en Mauritanie.
  - Entrées de capitaux privés en 2011: près de 23 % du PIB.
  - Aide: flux d'aide s'élèvent à 13 % du PIB; environ 80 % des flux bilatéraux émanent de l'Europe.
  - Envois de fonds des émigrés: moyenne à 2 % du PIB; 54 % des envois viennent de l'Europe.
- Recommandations clefs pour élargir le champ d'action du système bancaire:
  - Rendre la supervision bancaire plus performante en appliquant réglementation sur concentration des risques et crédits aux personnes apparentées.
  - Veiller au renforcement des capacités de gestion des risques des banques; mettre en œuvre instruction sur systèmes de gestion interne des risques.
  - Atténuer asymétrie de l'information: renforcer bureau de crédit et cadre juridique des auditeurs nationaux.
  - Réduire incertitude judiciaire: créer juridictions commerciales spécialisées.
  - Renforcer mécanismes de garantie: simplifier mise en gage d'actifs immobiliers/fonciers; augmenter nombre de titres de propriété foncière; développer capacités des cadastres publics.
  - Améliorer cadre de gestion de la liquidité: éponger liquidité excédentaire au moyen d'un titre à court terme sous contrôle exclusif de la Banque centrale pour stimuler le marché interbancaire.
  - Mesures d'accompagnement côté demande: incitations fiscales et réglementaires pour formaliser entreprises; mise en place d'un système de contrôle de la qualité pour la profession d'auditeur.

### 3. Exposition aux chocs en provenance d'Europe et mécanisme de contagion (1985–2011)
- Exposition synthétique:
  - Exposition de la Mauritanie aux chocs émanant de l'Europe: 60 % supérieure à la moyenne des pays à bas revenu.
  - Exposition comparable au Sénégal et au Mali; inférieure à celle du Maroc et de la Tunisie.
- Méthode empirique:
  - Période des données: 1985–2011; cycles conjoncturels calculés au filtre Hodrick–Prescott avec lambda = 6.25.
  - Estimation: moindres carrés ordinaires gaussiens locaux pour coefficients variables dans le temps.
- Effets empiriques et quantification:
  - Évolution: coefficients faibles et non significatifs en 1985–1999; répercussions significatives et en hausse après 2000.
  - Résultat chiffré: "quand la croissance européenne est inférieure d'1 point de pourcentage à son potentiel, celle de la Mauritanie est en moyenne inférieure d'1.5 point au sien."
  - Sensibilité des exportations: semi-élasticité estimée = 3,2, i.e., "une décélération d'1 point du PIB en Europe ferait baisser de 3,2 % les exportations en volume de la Mauritanie vers cette région."
  - Changement dans composition des exportations vers l'Europe: part du minerai vers l'Europe passée de 71 % en 2000 à 83 % en 2011; part des poissons passée de 27 % en 2000 à 16 % en 2011.
- Résultats de panel et coefficients standardisés (extraits):
  - Intensité des échanges avec l'Europe: 0.0598 (0.513)
  - Ratio des rapatriements de fonds des émigrés/PIB: 0.312** (2.432)
  - Dépendance à l'aide européenne: 0.0830*** (3.130)
  - Intensité des échanges * Muette Mauritanie: 0.655** (2.001)
  - Rapatriements de fonds * Muette Mauritanie: -0.302** (-2.291)
  - Dépendance à l'aide * Muette Mauritanie: -0.425* (-1.703)
  - Indice d'exposition: 0.193*** (4.139)
  - Indice d'exposition * Muette Mauritanie: 1.353*** (9.647)
  - Observations: 83
  - R²: colonne [1] 0.94; colonne [2] 0.34
  - Signification: *** p<0.01, ** p<0.05, * p<0.1
- Effets totaux calculés pour la Mauritanie:
  - Effet total des échanges commerciaux: 0.71
  - Effet total des envois de fonds des émigrés: 0.01
  - Effet total de l'aide étrangère: -0.34
  - Effet total de la vulnérabilité en Mauritanie: 1.546
- Conclusions et recommandations politiques:
  - Conclusion: la Mauritanie est devenue de plus en plus dépendante de la conjoncture européenne, principalement via le canal du commerce.
  - Recommandations: poursuivre diversification des produits et des marchés d'exportation (notamment développer base industrielle locale); adopter politique macroéconomique contra-cyclique pour constituer des réserves de précaution en périodes favorables.

*Source: _cr12249f (extraits du PDF fourni).*

### 1.      Une réduction rapide et continue de la pauvreté exige une croissance inclusive

### 1.      Une réduction rapide et continue de la pauvreté exige une croissance inclusive

### Constats principaux sur la croissance et la pauvreté (2000–2008)
- La croissance doit être (i) forte et durable; (ii) s'étendre à tous les secteurs; (iii) créer des emplois productifs; et (iv) faire appel à la majeure partie de la population active.
- En 2008, 42 % de la population se trouvaient en deçà du seuil national de pauvreté.
- Disparités urbain/rural: les taux de pauvreté en milieu rural dépassent 60 % et l'incidence de la pauvreté extrême est le double de celle observée en milieu urbain.
- Mesure pluridimensionnelle: la proportion de pauvres ressortait à 62 % en 2007.
- Croissance macroéconomique: de 2000 à 2008, le PIB a progressé de 4,5 % en moyenne annuelle.
- Réduction limitée de la pauvreté: le taux de pauvreté n'a baissé que de 5 points pendant la période 2000–2008.
- Indicateurs du bien-être entre 2000 et 2008:
  - Pourcentage de ménages déclarant ne pas avoir les moyens de satisfaire les besoins nutritionnels: 40% en 2000, 60 % en 2008.
  - Coefficient de Gini: 39 en 2000 et 38 en 2008.
  - Part des dépenses consacrées à l'alimentation: a augmenté de 2000 à 2008 (contraires à la loi d'Engel).
- Indice de développement humain (IDH): assez faible; récemment inférieur au niveau observé dans la plupart des pays d'Afrique sub-saharienne.

### Effets inégaux de la croissance par période et groupe
- 2000–2004:
  - Hausse moyenne de la consommation réelle par habitant: 1.4 (en %).
  - Croissance pro-pauvre au taux de pauvreté initial: 2.3 (en %).
  - Accroissement du PIB par habitant: 1.1 (en %).
  - Conclusion: la croissance a été favorable aux pauvres; la consommation réelle par habitant des ménages pauvres a augmenté à un taux annuel de 2,3 %, près du double de la moyenne nationale.
- 2004–2008:
  - Hausse moyenne de la consommation réelle par habitant: 1.7 (en %).
  - Croissance pro-pauvre au taux de pauvreté initial: 0.5 (en %).
  - Accroissement du PIB par habitant: 2.8 (en %).
  - Conclusion: la croissance n’a pas été inclusive; la consommation réelle par habitant a augmenté dans la classe moyenne de 3,4 % par an, alors qu'elle a diminué de 0,5 % parmi les 20 % des ménages les plus pauvres.

### Disparités régionales: incidence et corrélations
- Taux de pauvreté régional en 2008: varie de 15,5 % à Nouakchott à 68 % dans la région de Tagant.
- Corrélations observées (croissance pro-pauvre vs. accès aux services/infrastructures):
  - Accès à l'eau: régions où les ménages sont à plus de 30 minutes d'une source d'eau (ex. Brakna, Hodh El Chargui) ont subi une baisse de la consommation réelle par habitant pendant 2004–08.
  - Accès à l'électricité: les régions avec bon accès à l'électricité affichent une croissance pro-pauvre plus élevée.
  - Accès aux services de santé: régions avec meilleures unités de santé (ex. Nouakchott) ont vu une progression supérieure de la consommation réelle des ménages.
  - Présence d'une école secondaire dans le village ou à proximité: forte corrélation avec la croissance pro-pauvre régionale; taux de pauvreté parmi ménages dont le chef a un niveau secondaire ou supérieur: 16 %.
  - Accès aux transports publics, marchés d'alimentation, services financiers, et services d'état civil: liés à une croissance pro-pauvre élevée.
- Mesure de profondeur de la pauvreté: la profondeur de la pauvreté varie entre régions et influe sur l'évolution du taux de pauvreté.

### Facteurs limitant l'inclusivité de la croissance (2004–08)
- Chocs politiques et dépenses discrétionnaires:
  - Deux coups d'État militaires et les premières élections présidentielles démocratiques ont marqué une période politiquement agitée.
  - Découverte de pétrole en 2006 (qui ne s'est pas confirmée) a entraîné une forte progression des dépenses publiques, notamment rémunérations et subventions, sans bénéfices évidents pour les plus pauvres.
- Augmentation de la masse salariale publique:
  - Doublement des salaires de tous les fonctionnaires de 2004 à 2008, correspondant à une hausse annuelle de 15 % en termes réels.
  - Taux de pauvreté chez les fonctionnaires: 22 %.
  - Concentration des fonctionnaires à Nouakchott: près de la moitié d'entre eux; ils représentent 20 % de la population de Nouakchott et moins de 8 % des chefs de famille dans certaines régions.
  - Effet: creusement des écarts entre régions pauvres et riches.
- Subventions énergétiques:
  - Près de 80 % des subventions vont aux 40 % les plus riches.
  - Subventions mal ciblées en 2008; les boutiques de solidarité mieux ciblées n'existaient pas en 2008.
- Structure productive et marché du travail:
  - Exportations dominées par les produits de l'activité minière: 75 %.
  - Industrie manufacturière: en début de développement.
  - Terres fertiles et pêche largement sous-exploitées.
  - Sous-développement du secteur privé; entrepreneurs confrontés à de multiples obstacles (sondages de la Banque mondiale sur le climat des affaires).
  - Inadéquation du système éducatif: taux de chômage des jeunes parmi les plus élevés de la région.

### Conclusions et recommandations de politique économique (synthèse)
- Priorités générales: améliorer l'impact distributionnel des dépenses publiques et la qualité des dépenses pro-pauvres; certaines recommandations sont déjà dans le programme gouvernemental.
- Améliorer l'impact distributionnel des dépenses publiques:
  - Promouvoir la décentralisation de l'administration pour faciliter l'accès aux services administratifs (par exemple l'état civil), en particulier dans les régions mal desservies.
  - S'abstenir d'augmenter les salaires du secteur public dans l'intention de réduire la pauvreté; préférer des mesures ciblées pour les fonctionnaires faiblement rémunérés.
  - Accélérer la transition vers des subventions bien ciblées; appliquer énergiquement la réforme en cours et renforcer le programme de transferts en numéraire.
  - Faciliter l'obtention des services de santé et d'éducation: étendre les unités de soins aux régions pauvres; développer le réseau d'établissements d'enseignement secondaire.
  - Créer des infrastructures favorisant l'insertion: construire des routes dans des zones reculées pour améliorer mobilité, accès aux facteurs de production et aux marchés.
  - Améliorer l'accès aux services financiers: 17 % des adultes ont un compte bancaire en Mauritanie (selon une récente enquête de la Banque mondiale); ouvrir davantage le secteur bancaire pour permettre épargne et investissement.
- Améliorer la qualité des dépenses pro-pauvres:
  - Etendre la portée de ces dépenses: maintenir un plancher des dépenses pro-pauvres; exclure les dépenses dont les bénéfices pour les pauvres sont marginaux (par exemple certaines subventions à l'énergie) ainsi que les salaires du secteur public; envisager une dimension régionale pour suivre l’impact distributif.
  - Surveiller la qualité de la prestation des services publics: renforcer responsabilisation et suivi; les récentes mesures de gouvernance (réforme de la fonction publique, législation anti-corruption) devraient aider.

*Source: _cr12249f - 1.      Une réduction rapide et continue de la pauvreté exige une croissance inclusive (extrait du PDF source).*

### 1.      En 2010/11, la Mauritanie a connu un important choc positif sur les termes de

### 1.      En 2010/11, la Mauritanie a connu un important choc positif sur les termes de l'échange

### Choc sur les termes de l'échange et incidence sur la liquidité bancaire
- La récente hausse des prix des produits de base a fortement augmenté les entrées de devises en Mauritanie, notamment liées aux exportations de minerai de fer.
- Les autorités ont profité de l'amélioration externe pour constituer un "matelas" de réserves officielles de change, ce qui a gonflé le bilan de la Banque centrale et accru la liquidité du secteur bancaire.
- Modes de transmission des rapatriements d'exportations vers la liquidité bancaire :
  - SNIM : compte en monnaie locale à la Banque centrale ; rapatriements stérilisés jusqu'aux tirages pour dépenses. En 2011, à peu près 80 % de ses rapatriements ont créé de la liquidité.
  - Sociétés minières étrangères : comptes dans des banques commerciales ; depuis une nouvelle règle de la Banque centrale l'été dernier, la cession obligatoire des devises fait que leurs rapatriements augmentent directement la liquidité bancaire sans possibilité de stérilisation.
- Changement du mode de financement du Trésor et baisse des emprunts des entreprises publiques :
  - L'augmentation des recettes minières de la SNIM a réduit l'incitation du Trésor à émettre des bons auprès des banques.
  - Résorption des arriérés de paiement et accélération des transferts aux entreprises publiques déficitaires, réduisant leur besoin de crédit bancaire.
  - Conséquence : modification de la composition des actifs bancaires, les réserves libres progressant après le remboursement des bons du Trésor au second semestre de l'an dernier.
- En l'absence d'une politique active de stérilisation, le choc a entraîné une accommodation des conditions monétaires :
  - Pour la première fois depuis des années, les besoins de financement du Trésor ont été inférieurs à l'objectif de stérilisation de la Banque centrale.
  - Instruments disponibles limités : réserves obligatoires (non utilisés en raison d'importantes différences de liquidité entre les banques) et cession de devises (recours limité par l'objectif d'accumulation des réserves de change).
  - Excès de liquidité illustré par la baisse des rendements des bons du Trésor à un niveau sans précédent d'un peu moins de 3 %.

### Comportement du crédit face à l'abondance de liquidité
- Malgré l'abondance de liquidité, l'intensification de la concurrence et une situation économique généralement favorable, la distribution du crédit s'est modérément accrue :
  - En 2011, le crédit au secteur privé a augmenté de 10,6 %.
  - La masse monétaire au sens large a progressé de 19,9 %.
- Entrée de nouvelles banques : deux nouvelles banques sont entrées sur le marché mauritanien l'année dernière, ce qui devrait, en principe, alimenter la concurrence et l'activité de crédit.

### Canal du crédit bancaire et rôle des réserves
- Dans le contexte mauritanien, les canaux (i) taux d'intérêt, (ii) prix des actifs et (iii) taux de change sont peu développés ; le canal du crédit bancaire est le plus pertinent.
- Théorie : banques ciblant un ratio optimal réserves/crédit ; un choc exogène sur les réserves entraîne un mouvement du crédit dans le même sens si réserves et crédits sont des substituts imparfaits.
- La Banque centrale contrôle les réserves bancaires via interventions sur les marchés de change, opérations de refinancement et coordination avec le Trésor pour l'émission de bons du Trésor.
- Le rapport optimal réserves/crédits varie selon les banques et dans le temps ; facteurs déterminants au niveau bancaire : (i) risque des actifs, (ii) aversion au risque, (iii) instabilité de la base de financement. Facteurs généraux : (iv) contexte institutionnel, (v) état de la demande, (vi) concurrence entre banques.

### Analyse empirique du lien réserves — crédit (période 2006–11)
- Utilisation des exportations de poissons comme instrument exogène des réserves : le poisson représentait 16 % du total des exportations de biens pendant les cinq années jusqu'en 2011; rapatriement obligatoire des recettes de pêche augmente les réserves des banques qui opèrent ces rapatriements.
- Résultat empirique principal : la politique monétaire, mesurée par la variation des réserves résultant du rapatriement des recettes d'exportation du poisson, n'a pas d'effet sur l'activité de crédit des banques.
  - L'analyse empirique portant sur la période 2006–11 de six banques mauritaniennes ayant des relations établies avec le secteur de la pêche ne permet pas de discerner un lien entre changements de la politique monétaire et crédit bancaire.
  - Spécifications utilisant comme variables dépendantes les crédits à l'État et les crédits commerciaux à court terme n'affichent pas non plus de relation robuste entre réserves et crédit.
- Interprétation : cohérente avec la littérature selon laquelle le mécanisme de transmission monétaire est faible, voire inefficace, dans les pays à bas revenu.

### Facteurs limitant l'influence de la politique monétaire en Mauritanie
- Dimension structurelle :
  - Sur la base d'estimations structurelles, en 2008 la Mauritanie présentait un "écart de crédit" positif de 5,1 % (le niveau effectif du crédit dépassant le niveau prévu).
  - Malgré une performance relative favorable pour les ratios crédit au secteur privé/PIB et dépôts/PIB, la Mauritanie peut mobiliser davantage de financements bancaires en raison d'un usage répandu du numéraire et du sous-développement du système de paiement.
  - La concentration des banques empêche d'attirer des ressources à long terme d'investisseurs extérieurs.
- Concurrence :
  - Il existe douze banques commerciales, dont cinq sont sous contrôle étranger.
  - Une banque est une co-entreprise entre la "Libyan Foreign Bank" et l'État mauritanien ; six appartiennent à d'importants conglomérats internes à capitaux familiaux.
  - L'entrée de trois banques étrangères de 2006 à 2010 a intensifié la concurrence et ramené le ratio de concentration des trois plus grandes banques à un niveau comparable à celui des pays comparateurs.
- Structure de l'activité bancaire et concentration du crédit :
  - L'activité des banques se concentre sur la prestation de services au groupe mère et à des personnes apparentées.
  - Autres sources de revenus : lettres de crédit, crédit à la consommation à court terme, prêts à l'État et aux entreprises publiques.
  - Au 31 décembre 2010, les 20 prêts les plus importants aux entreprises publiques ou parties affiliées représentaient 30 % de l'encours des crédits.
- Faiblesses institutionnelles :
  - Asymétrie fréquente de l'information ; peu d'acteurs présentent des états financiers fiables ; le bureau de crédit créé en 2005 n'opère pas encore un échange régulier en temps réel des informations bancaires.
  - Droits limités des créanciers : peu de garanties à valeur prévisible ; application des droits (saisie immobilière) entravée ; procédures judiciaires longues et coûteuses ; antécédents d'annulation de contrats financiers par les tribunaux.
  - Planchers et plafonds de taux d'intérêt : taux débiteurs maximums = taux officiel — actuellement 9 % — majoré de huit points ; si le rendement exigé par les banques dépasse ce niveau, elles rationnent le crédit aux emprunteurs non affiliés.
  - Plafonds/planchers sur taux d'épargne : planchers de taux d'intérêt pour une catégorie particulière de compte d'épargne (“compte sur livret”) peuvent décourager l'attraction de dépôts internes importants ; autorités en cours d'assouplissement de cette obligation de taux d'intérêt minimum.
- Qualité des actifs et réglementation :
  - Au 31 décembre 2011, les créances en souffrance représentaient 28,7 % du montant brut des concours et étaient provisionnées à 91 %.
  - Insuffisances de la gestion interne du risque de crédit identifiées dans l'audit de 2010 des états financiers des banques commerciales.
  - Les autorités ont récemment adopté une nouvelle réglementation appliquant des normes minimales aux systèmes de gestion interne des risques.

### Statistiques clés et indicateurs (extraits)
- Années de choc : 2010/11.
- SNIM : en 2011, à peu près 80 % de ses rapatriements ont créé de la liquidité.
- Rendement des bons du Trésor : niveau sans précédent d'un peu moins de 3 %.
- Evolution du crédit et masse monétaire en 2011 :
  - Crédit au secteur privé : +10,6 %.
  - Masse monétaire au sens large : +19,9 %.
- Période d'analyse empirique : 2006–11.
- Part du poisson dans les exportations de biens (cinq années jusqu'en 2011) : 16 %.
- En 2008 : "écart de crédit" positif de 5,1 %.
- Structure du système bancaire : 12 banques commerciales, dont 5 sous contrôle étranger.
- Entrée de banques étrangères : 3 entre 2006 et 2010.
- Grandes expositions : 20 prêts les plus importants = 30 % de l'encours des crédits (fin 2010).
- Créances en souffrance (fin 2011) : 28,7 % du montant brut des concours ; provisionnées à 91 %.
- Taux débiteur officiel : actuellement 9 % (plafond = taux officiel + 8 points).

*Résumé établi à partir du contenu fourni du document _cr12249f.*

### 16.      Les failles de la réglementation et une supervision bancaire étant parfois passive

### 16.      Les failles de la réglementation et une supervision bancaire étant parfois passive

### Failles de la réglementation et rôle de la supervision
- Jusqu'en mars 2012, la réglementation relative aux crédits aux personnes apparentées limitait l'exposition à une seule société, et non à un groupe, permettant aux banques de cumuler des engagements sur leur propre groupe dépassant 25 % des fonds propres tout en respectant les règles. Cette faille est désormais supprimée, la réglementation ayant été alignée sur les normes internationales.
- L'autorité de contrôle n'a pas toujours pris des mesures rapides de redressement lorsqu'elle a constaté des violations des règles concernant les parties liées et les limites de concentration des risques.
- Une régression internationale (méthode de Barajas, Chami et Yousefi (2012)) utilisant une variable de l'enquête de la Banque mondiale montre l'importance d'un contrôle très actif des banques pour l'approfondissement des marchés financiers.
- Équation empirique fournie (préservée telle quelle) :
  - Ecart crédit_it =    0.3   + 6.0 supervision proactive_it - 2.9 régime de change de fait_it + 0.5 inflation_it (0.0) (2.5) (-4.1) (2.6) + 0.5 stabilité_it + 0.2 ouverture commerciale_t - 0.5 concentration du secteur bancaire_it (1.4) (7.2) (-6.9)
  - R2: 0.61
  - Observations: 62
  - Source: Calculs des services du FMI.
- Résultat clef: Dans les pays où le contrôle des banques est intrusif, les "écarts de crédit" au secteur privé se révèlent supérieurs de 6 % du PIB en moyenne à ce que l'on observe ailleurs.

### Marché interbancaire, liquidité et transmission monétaire
- Le manque de développement du marché interbancaire gêne le crédit et la transmission monétaire:
  - (i) le marché est étroit; certaines des banques les plus importantes et les plus liquides ne prêtant presque jamais aux autres malgré les obligations relatives aux garanties;
  - (ii) il n'est pas clairement établi que la Banque centrale puisse jouer son rôle de prêteur en dernier ressort.
- Conséquences:
  - Les banques sont réticentes à s'engager dans des déséquilibres d'échéances en utilisant des réserves excédentaires pour prêter davantage au secteur privé.
  - Les changements de trésorerie des différentes banques n'influent pas en général sur le reste du système, entraînant une répartition non optimale de la liquidité.

### Diagnostic de la situation bancaire et effets sur la politique monétaire
- Le secteur bancaire mauritanien finance un nombre limité d'acteurs et d'activités économiques, réduisant l'influence de la politique monétaire.
- Caractéristiques des banques:
  - Fortes expositions à un seul emprunteur.
  - Propension à prêter à des parties liées.
- Conséquence empirique: Les changements exogènes des réserves bancaires en Mauritanie (ex. 2011) ne se sont pas traduits par un gonflement du crédit par le passé.

### Statistiques et faits saillants (valeurs préservées)
- Expositions internes et financement:
  - 25 % des fonds propres (limite contournée par faille antérieure).
  - 78 % du passif des banques financé par des dépôts internes.
  - Financement transfrontalier réduit: 7 % du PIB en 2011.
  - Endettement des banques auprès de contreparties externes en 2011: 124 millions de dollars, dont 73 % pour l'Europe (à peine 2 % du PIB).
  - Les établissements européens détiennent 7 % des actifs bancaires en Mauritanie.
- Entrées de capitaux privés en 2011: près de 23 % du PIB (prépondérance de l'IDE et des prêts à la société qui extrait le minerai de fer).
- Aide:
  - Flux d'aide s'élèvent à 13 % du PIB, l'essentiel provenant des institutions multilatérales.
  - Environ 80 % des flux bilatéraux émanent de l'Europe; ils ont représenté quelque 5 % du PIB dans la période récente.
  - Moyenne PBR pour l'aide bilatérale: 10 % du PIB (comparaison fournie dans le texte).
- Envois de fonds des émigrés:
  - Moyenne à 2 % du PIB en Mauritanie depuis une dizaine d'années.
  - 54 % des envois viennent directement de l'Europe.
- Diversification et dépendance à l'égard des exportations:
  - Exportations vers l'Europe ont plus que doublé entre 2000 et 2010 et représentent maintenant 30 % du PIB.
  - Produits miniers et de la pêche ont représenté respectivement 74 % et 23 % du total des biens écoulés en Europe durant la dernière décennie.

### Conclusions et recommandations de politique économique (mesures clefs)
- Objectif général: élargir le champ d'action du système bancaire et accroître l'efficacité de la politique monétaire en incitant les banques à diversifier leurs emprunteurs et leurs prêts.
- Mesures indispensables pour accroître l'offre de crédit:
  - Rendre la supervision bancaire plus performante en appliquant la réglementation sur la concentration des risques et les crédits aux personnes apparentées. La réduction des expositions élevées à un emprunteur unique pourrait rendre les banques plus résistantes et les inciter à rechercher d'autres possibilités de crédit.
  - Veiller à ce que les banques renforcent leurs capacités de gestion des risques. L'adoption récente de l'instruction sur leurs systèmes de gestion interne des risques est une première mesure à mettre rapidement en œuvre.
- Améliorations de l'infrastructure institutionnelle:
  - Atténuer l'asymétrie de l'information: renforcer un bureau de crédit et améliorer le cadre juridique des auditeurs nationaux.
  - Réduire l'incertitude des décisions de justice: créer des juridictions commerciales spécialisées composées d'experts juridiques bien formés.
  - Renforcer les mécanismes de garantie: simplifier la procédure de mise en gage d'actifs immobiliers ou fonciers, augmenter le nombre de titres de propriété foncière en circulation et développer les capacités administratives des cadastres publics.
  - Améliorer le cadre de gestion de la liquidité: éponger la liquidité excédentaire au moyen d'un titre à court terme placé sous le contrôle exclusif de la Banque centrale pour augmenter le nombre d'emprunteurs sur le marché interbancaire; à mesure que ce dernier se développera, les changements de trésorerie des banques se répercuteront sur le reste du système, renforçant le lien entre variations des réserves et crédit au secteur privé.
- Mesures d'accompagnement côté demande:
  - Incitations fiscales et réglementaires pour faire entrer davantage d'entreprises dans le secteur formel (constitution d'actifs servant de garanties, états financiers certifiés).
  - Mise en place d'un système de contrôle de la qualité pour la profession d'auditeur.

*Source: Calculs des services du FMI.*

### 3.      En faisant la somme de tous ces éléments, on s'aperçoit que la Mauritanie est

### _cr12249f - 3.      En faisant la somme de tous ces éléments, on s'aperçoit que la Mauritanie est

### Exposition synthétique aux chocs en provenance d'Europe
- L'exposition de la Mauritanie aux chocs émanant de l'Europe est 60 % supérieure à celle de la moyenne des pays à bas revenu.
- L'exposition de la Mauritanie est comparable à celle du Sénégal et du Mali, mais inférieure à celle du Maroc et de la Tunisie.
- Indice construit par agrégation (analyse en composantes principales) des canaux bilatéraux: exportations, aide publique, migrations (période de référence de l'indice indiquée comme 1990–2010 pour le graphique).

### Méthode empirique: estimation de l'effet de contagion
- Période des données: 1985–2011.
- Données annuelles; cycles conjoncturels calculés à l'aide du filtre Hodrick–Prescott (HP) avec lambda fixé à 6.25.
- Spécification économétrique: régression mesurant la corrélation des cycles conjoncturels du PIB réel de chaque pays i avec le cycle du PIB réel en Europe, en contrôlant pour le cycle du PIB réel mondial afin d'isoler les chocs mondiaux.
- Méthode d'estimation: moindres carrés ordinaires gaussiens locaux pour coefficients variables dans le temps; procédure pour tenir compte de paramètres de régression variables avec le temps (référence à Aghion et Marinescu (2008) et Ebeke (2011)).
- Comparaison couvrant tous les pays du Maghreb (y compris l'Egypte) pour homogénéité.

### Effets empiriques observés entre l'Europe et la Mauritanie
- Évolution temporelle de la synchronisation:
  - Période 1985–1999: coefficients faibles et statistiquement non significatifs (absence de parallélisme).
  - Période postérieure à 2000: répercussions significatives et en hausse.
- Résultat clé chiffré: "quand la croissance européenne est inférieure d'1 point de pourcentage à son potentiel, celle de la Mauritanie est en moyenne inférieure d'1.5 point au sien."
- Facteurs expliquant l'accroissement de la transmission:
  - Intensification des échanges: la dépendance des principales recettes d'exportation de la Mauritanie aux marchés européens est le canal principal. Les effets de l'aide étrangère et des rapatriements de fonds sont plus réduits que dans d'autres pays.
  - Changement dans la composition des exportations: part des exportations de minerai vers l'Europe passée de 71 % en 2000 à 83 % en 2011; part des exportations de poissons passée de 27 % en 2000 à 16 % en 2011.
  - Sensibilité empirique: estimation par régression linéaire simple indique une semi-élasticité de 3,2, c'est-à-dire "une décélération d'1 point du PIB en Europe ferait baisser de 3,2 % les exportations en volume de la Mauritanie vers cette région."
  - Transformation structurelle: déplacement relatif de l'économie mauritanienne d'une base agricole instable (1985–1999) vers une dépendance accrue aux exportations de métaux (après 2000), augmentant la vulnérabilité aux chocs de la demande européenne.

### Résultats de l'annexe: déterminants de la synchronisation (panel)
- Panel utilisé pour l'estimation: Mauritanie, Tunisie, Maroc, Égypte et Djibouti.
- Spécification: régression des coefficients de synchronisation variables dans le temps sur indicateurs bilatéraux (échanges commerciaux, rapatriements de fonds des émigrés, aide étrangère), avec une variable muette identifiant la Mauritanie et effets fixes pays.
- Estimation par moindres carrés pondérés (pondération = inverse de l'écart-type de Theta); observations pondérées par la moyenne-pays de l'inverse des erreurs-types associées à chaque ߪ̂௜௧.

- Coefficients standardisés reportés (extraits du tableau):
  - Intensité des échanges avec l'Europe: 0.0598 (0.513)
  - Ratio des rapatriements de fonds des émigrés/PIB: 0.312** (2.432)
  - Dépendance à l'aide européenne: 0.0830*** (3.130)
  - Intensité des échanges * Muette Mauritanie: 0.655** (2.001)
  - Rapatriements de fonds des émigrés * Muette Mauritanie: -0.302** (-2.291)
  - Dépendance à l'aide * Muette Mauritanie: -0.425* (-1.703)
  - Indice d'exposition: 0.193*** (4.139)
  - Indice d'exposition * Muette Mauritanie: 1.353*** (9.647)
  - Constante: colonne [1] 1.671** (2.363); colonne [2] 0.343*** (6.070)
  - Observations: 83
  - R²: colonne [1] 0.94; colonne [2] 0.34
  - Statistiques de signification: *** p<0.01, ** p<0.05, * p<0.1

- Effets totaux calculés pour la Mauritanie (tirés du document):
  - Effet total des échanges commerciaux en Mauritanie: 0.71
  - Effet total des envois de fonds des émigrés en Mauritanie: 0.01
  - Effet total de l'aide étrangère en Mauritanie: -0.34
  - Effet total de la vulnérabilité en Mauritanie: 1.546

### Conclusions et recommandations politiques
- Conclusion principale: la Mauritanie est devenue de plus en plus dépendante des évolutions de la conjoncture économique en Europe, principalement par le canal du commerce.
- Recommandations proposées:
  - Poursuivre la diversification des produits et des marchés d'exportation, notamment en développant une base industrielle locale.
  - Adopter une politique macroéconomique contra-cyclique visant à constituer des réserves de précaution lorsque la conjoncture est favorable pour faire face aux chocs mondiaux éventuels.

*Source: estimations et texte fournis dans le document extrait (services du FMI).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/websites/imf/imported-publications/external/french/pubs/ft/scr/2012/_cr12249f.pdf_
